Bède le Vénérable - Multa anima agit, illa ipsa... - Agnès Arbo...

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Histoire et littérature de
l'Europe du Nord-Ouest
Bède le Vénérable
- Stéphane Lebecq, Michel Perrin et Olivier Szerwiniak (dir.)
La postérité

Multa anima agit, illa ipsa
nesciente : notes sur le
Musica Theorica attribué à
Bède le Vénérable
AGNÈS ARBO ET ALESSANDRO ARBO
p. 267-280

Résumé
Among the works traditionally attributed to Bede, there is a known treatise called
Musica Theorica whose authenticity had long been undisputed. It has only recently
been discovered that the treatise is in fact nothing more than a collection of scholia
added over the centuries to Boethius’ De Institutione Musica and gathered together at
an unspecified time by one or more unknown commentator. An analysis of the
philosophical and musicological content of the treatise, which until then had hardly
attracted any attention whatsoever, actually highlights the apocryphal nature of the
work. This is particularly evident with regard to the unconscious activity of the soul, the
place given to the senses and even the harmony of the spheres, where one notices a
certain degree of autonomy in the reasoning which belongs more to the second half of
the Middle Ages (perhaps the XIIth century) than to Bede’s times.

Texte intégral
1

1 di 15

Parmi les œuvres traditionnellement attribuées à Bède le Vénérable1, on en
trouve quelques-unes qui touchent plus ou moins directement à la musique, au
nombre desquelles figurent deux traités répertoriés par l’editio princeps des
opera omnia2, le Musica Theorica et le Musica quadrata seu mensurata (qui
porte le sous-titre de Musica practica). Si l’authenticité du second a été très tôt

09/01/14 21.03

invité en Northumbrie par Wilfrid. Il a étudié de manière approfondie la métrique et la poésie7. rien ne prouve en particulier qu’il ait jamais eu accès aux calculs de Boèce.. ne montrent pas que Bède en avait une connaissance théorique . 2 3 2 di 15 http://hleno. est restée en revanche longtemps indiscutée. Son De Orthographia liber et son De arte metrica liber contiennent en outre d’instructives définitions de termes musicaux (buccina.revues. On raconte même qu’il rendit l’âme en entonnant le Gloria Patri6.. on a très tôt mis en évidence que le Musica quadrata seu mensurata contenait des éléments qui ne pouvaient remonter au-delà du XIIe siècle15. l’omission de l’Alléluia pendant le Carême et sa réapparition pendant la semaine de Pâques9.Bède le Vénérable . M. les recherches d’U. cantator. ces références. en dépit d’une structure un peu étrange et de propos souvent décousus. dont certains aspects philosophiques et musicologiques sont susceptibles de confirmer les résultats de la philologie. Ses Homélies nous renseignent encore sur l’emploi du Gloria in Excelsis et de l’Agnus Dei durant la messe. Son témoignage est également crucial à propos de la diffusion du chant grégorien en Angleterre au haut Moyen Âge10. rhythmos.org/352 contestée3. celui-ci confesse ainsi que « tout en observant la discipline de la règle et en veillant chaque jour à chanter à l’église. Pizzani17.03 . Nous allons pour notre part nous intéresser au contenu même du texte. Il fait ainsi allusion à un Étienne surnommé Aeddi.Agnès Arbo. Bower18 ont démontré de manière définitive le caractère apocryphe de cet opuscule. le premier évêque d’origine anglaise à avoir enseigné aux Angles les usages catholiques en vigueur jusque-là uniquement dans le Kent11. On continue en revanche à ignorer les raisons de l’attribution de ce pseudo-traité à Bède le 09/01/14 21. Cependant.Multa anima agit. En fait. « qui avait appris parfaitement des successeurs des disciples du bienheureux pape Grégoire dans le Kent à chanter et à moduler les sons »13. l’origine du premier. qui inspirèrent toute la théorie musicale médiévale. tout en constituant une source irremplaçable sur la pratique de la musique au haut Moyen Âge. illa ipsa. organum) et des discussions sur les mètres et les rythmes qui éclairent certains passages de traités musicaux plus tardifs8. puis celles de M. « magister cantandi ». Bède est ici l’un des premiers à mettre en relation le nom de Grégoire avec une manière romaine de chanter14.. Bernhard et C. indissociables de la musique au Moyen Âge. On a seulement récemment commencé à démontrer avec des arguments philologiques que ce dernier essai ne pouvait en aucun cas avoir été composé par Bède et était en fait constitué de séries de scholies ajoutées au De Institutione Musica de Boèce et rassemblées de manière indépendante à une époque relativement tardive. . à Jean. d’enseigner ou d’écrire »4 et présente la psalmodie et la pratique du chant comme autant d’éléments indispensables à la vie spirituelle et au cheminement vers la sainteté5. La musique semble avoir occupé une grande place dans la vie et l’œuvre de Bède le Vénérable : dans l’Historia Ecclesiastica. et surtout au chantre Maban.. qui n’est rien d’autre qu’un recueil de certaines scholies du De Institutione Musica de Boèce composées à partir de l’époque carolingienne en marge ou entre les lignes de nombreux manuscrits ayant transmis cette œuvre et peut-être rassemblées en forme de manuel au XIIe siècle par un (ou plusieurs) commentateur(s) inconnu(s)19. archicantor de l’Église romaine12. Il était donc difficile de confirmer l’authenticité des deux traités qui s’étaient glissés dans l’editio princeps de ses Opera Omnia et créditaient Bède d’une formation musicale complète. il [lui] a toujours été doux d’apprendre. Et si le Musica Theorica a été régulièrement attribué à Bède jusqu’à notre époque16.

Dans l’ensemble c’est surtout la première série de scholies (I-XXXIV) qui retient l’attention. du demi-ton et de l’enharmonie. à souligner. Quelques-unes. à l’aide d’une citation de saint Ambroise.Bède le Vénérable . tout simplement peut-être parce qu’elle correspond à une des parties les plus philosophiques du De Institutione Musica. le scholiaste25 signale sa plus grande « dignité »26. la définition du ton sur la base du rapport de 9/8 et. les différences de quantité et de rapport qui définissent la quinte. La production des sons sur le monocorde sert à illustrer. Le Musica Theorica est un ensemble de soixante-dix scholies21. à revoir la démonstration par l’absurde que la consonance de diapason appartient au genre multiple33. avec quelques brèves explications destinées à illustrer les ressemblances des noms des cordes dans les différents genres28. l’octave et la seconde. Tout en suivant de près sa source. la vision d’un Pythagore charismatique29. l’impossibilité de le subdiviser en deux parties égales27. Il aborde en revanche ensuite à peine une des questions les plus centrales chez Boèce. à parcourir un raisonnement mathématique qui n’est pas toujours clair30. Le reste est un extrait synthétique de la source. 1 à I.. Néanmoins.revues. en montrant que l’addition de plusieurs comma ne peut constituer ni le demi-ton mineur ni le majeur35.. qui commente pratiquement tout le texte de Boèce22.Agnès Arbo. Elle se concentre sur les tout premiers paragraphes de ce livre (I. à montrer comment la moitié d’un rapport de 4/3 ne constitue pas un rapport de 9/8. . correspondant au ton entier31.. Le genre enharmonique est l’objet d’une admiration particulière : si Boèce l’avait qualifié de « plus étudié » et de « plus harmonieux »24. Boèce avait expressément admis que son examen ne pouvait faire abstraction de la manière dont celle-ci frappe nos sens. où l’auteur discute la nature et le rôle des sens et de la perception. à l’intérieur duquel on distingue deux séries : la deuxième (XXXV-LXX). Certaines gloses constituent de simples éclaircissements étymologiques37 ou linguistiques38 du texte de Boèce. Dès les premiers chapitres de son ouvrage. à mettre en évidence que quinte et quarte ne peuvent être comprises parmi les multiples et sont donc des inégalités de type superpartiel34.Multa anima agit. la quarte. La glose XXXV cherche ainsi à préciser les définitions du ton.org/352 Vénérable20.. le comma. cependant. qu’ils soient d’ordre théorique (le calcul des proportions relatives à la production des sons) ou 09/01/14 21. comporte des gloses si longues que l’on a longtemps cru à un traité véritable23. surtout.03 . avec un procédé typiquement pythagoricien. voire une paraphrase des points les plus techniques du De Institutione Musica. ce thème ne prend jamais une réelle importance par rapport à d’autres centres d’intérêt. 4 5 6 7 3 di 15 http://hleno. tout en affirmant que la musique est science du nombre. 15)36. témoignent d’une certaine autonomie de raisonnement : ainsi en est-il de la manière d’appréhender le sens et le rôle à lui attribuer à côté de la raison41. à retracer le calcul mathématique qui parvient à déterminer la valeur du plus petit intervalle (inaudible). D’autres se contentent d’expliquer le plan adopté par celui-ci39 ou encore reprennent ses calculs de proportions dans la détermination des consonances40. ce long fragment semble néanmoins adopter un critère plus empirique pour expliquer les intervalles et les rapporter aux différentes portions d’une corde mise en vibration. illa ipsa. à expliquer arithmétiquement le rapport entre les intervalles à l’intérieur de l’octave32. Celles-ci constituent généralement un commentaire très littéral.

. cet argument a été exploité pour démontrer la nécessité de se fier à la raison plutôt qu’au sens. dans le vision. et en particulier dans la mention du fameux décret par lequel les Spartiates avaient banni Timothée de la cité pour avoir ajouté quatre cordes à la lyre42). en vertu de cette ambivalence qui est la sienne. ce changement est clairement perceptible50. ne sont pas immédiatement saisis. avait écrit Boèce49.revues. C’est surtout la vue qui atteste la présence du corporel : il suffit de réaliser qu’il est plus difficile de distinguer un corps lorsque nous entendons le bruit qu’il produit que quand nous le voyons. on pourrait dire qu’elle participe à la fois du divin (incorporel et invisible) et du mortel (corporel et visible). si une grande partie des scholies reproduit la substance de la théorie des intervalles. mais seulement la forme qui reste imprimée en lui. ou après plusieurs jours. entre les êtres spirituel et matériel. Traditionnellement. l’eau retrouve vite son aspect premier. La vue et l’ouïe peuvent être considérées toutes deux comme des sens « externes » du fait qu’elles ne se limitent pas à enregistrer les passions ou les modifications de notre corps. Mais le glossateur ne signale pas cette conséquence : il se contente d’expliquer comment de petites perceptions non immédiatement saisissables et pourtant réellement présentes sont possibles. C’est dans le contexte de ces observations que l’on trouve une explication intéressante des petits changements d’intonations. pour un temps plus ou moins limité. « parce qu’ils sont administrés par le corps »45. et correspondant à la moitié d’un demi-ton mineur) ce changement « n’est pas immédiatement perçu. à travers l’oreille. la forme du corps reste imprimée dans le sens : en s’inspirant de l’exemple de l’anneau dans la cire formulé par Aristote48. mais finissent par entraîner des transformations profondes qui. d’Augustin à Malebranche. Augustin avait noté qu’un objet plongé dans l’eau laisse une trace tout le temps qu’il y reste immergé.. Depuis l’Antiquité. tandis qu’une fois qu’il en est tiré. Pour expliquer une telle expérience. il est intéressant de noter l’absence de la question éthique43. le sens représente pour le commentateur « le lien du corps et de l’âme »44. Nous nous situons ici dans la ligne d’une problématique augustinienne dont le scholiaste exploite certaines implications.Agnès Arbo. L’ouïe est corporelle et invisible et.. 09/01/14 21. où Boèce reconnaît que le sens de l’ouïe est incapable de saisir des différences trop grandes ou trop petites52. primordiale pour Boèce. si la musique monte ou descend d’un demi-ton ou d’un dièse (c’est-à-dire de l’intervalle le plus petit existant dans le système enharmonique. .org/352 éthique (perceptible surtout au début. De même. la manière dont se structure la perception était surtout analysée d’après la vision.03 . mais aussi invisible « parce que ce que l’on appelle ouïe ou vue ne peut être vu »46. D’une manière générale. illa ipsa. Le Pseudo-Bède cherche à prouver que l’addition de ces mêmes différences produit un effet sensible. parviennent jusqu’au cœur. Cette comparaison semble tenir compte d’un autre passage du De Institutione Musica. avec le temps. L’être des sens eux-mêmes est d’une certaine manière corporel. jusqu’à ce que ces parties s’accroissent en plus »51. la volonté d’éclaircir les questions ayant trait au sentir. Or. mais renseignent sur ce qui arrive dans le monde..Bède le Vénérable .Multa anima agit. Ceux-ci. 8 9 4 di 15 http://hleno. Le passage que le commentateur emprunte au De Trinitate47 décrit ainsi comment. et. Il cherchait par là à démontrer que l’objet sensible ne génère pas le sens. L’objectif de la réflexion semble être l’exploration d’un champ ontologique intermédiaire entre l’âme et le corps. inversement. le scholiaste se sert d’un cas analogue : si l’on parvient difficilement à saisir l’allongement du jour consécutif au changement de saison.

pythagoricien à l’origine56. mais également. poursuit le pseudo-Bède. Cependant. parce qu’elle nous invite à vérifier une thèse métaphysique à partir d’une expérience perceptive que chacun de nous peut tenter. Toute aussi significative est l’observation qui conclut l’ensemble du passage : 09/01/14 21. Cette dernière réflexion est digne d’être relevée. pas plus. Aristote avait déjà déclaré son scepticisme : si les corps ne se meuvent pas d’un mouvement qui leur est propre (comme les astres. Le Pseudo-Bède reprend la question59 à partir d’un passage de Pline l’Ancien. extrait du livre II60 de l’Histoire Naturelle : « l’univers est-il immense au point que le son d’une si grande masse tournant en une révolution incessante échappe à notre sens de l’ouïe. On partait traditionnellement de l’idée que. d’une suavité incomparable. ma foi. d’abord parce qu’elle prend en considération l’effet de plaisir produit sur l’auditeur. Car pour nous qui vivons jour et nuit à l’intérieur. si le même bruit parvenait aux oreilles d’un étranger.être encore à Pline l’Ancien64 : bien que le fracas des chutes du Nil parvienne effectivement aux oreilles des habitants du katabathmon.. comme celui de la circulation pour un citadin). Mais telle ne semble pas l’intention du commentateur inconnu. en revanche.. un extra-terrestre. Boèce.revues. avaient voulu avant tout mettre en évidence son efficacité heuristique : les proportions harmoniques valent comme instrument ou modèle d’explication du cosmos55. ne peut se déplacer sans émettre aucun son. 10 11 5 di 15 http://hleno. consiste à utiliser une déduction fondée sur un constat que nous pourrions qualifier de phénoménologique : un corps.Bède le Vénérable . Les penseurs du Moyen Âge qui. que je ne pourrais dire si le résonnement des étoiles se déplaçant ensemble en cercle et roulant sur leurs orbites constitue une douce harmonie.03 . à partir d’une perspective platonicienne ou néoplatonicienne. Une déduction vient renforcer l’idée d’un excès de plaisir : si la musique terrestre. illa ipsa. à cause de l’habitude. le monde glisse en silence »61.Multa anima agit. Dans la glose suivante62. demeure convaincu de l’existence d’un tel son et se sent alors obligé d’ajouter que « cela doit nécessairement dépendre de nombreuses causes »58. ils ne doivent pas forcément produire un son57. ceux-ci. ou peut. Même s’il avait reconnu l’ingéniosité de cette théorie. et elle lui plairait au-delà de ses forces »66. s’il est grand.Agnès Arbo.org/352 La référence de Boèce à la célèbre théorie de l’harmonie des sphères53 retient ensuite assez longuement son attention.. qui cherche surtout à démontrer l’existence de cette harmonie en se fondant sur une réflexion sur le fonctionnement de la perception. De la même manière. note le commentateur qui produit un exemple emprunté à Cicéron63. nous découvrons une explication ingénieuse : avant de nous étonner de notre incapacité à entendre distinctement cette « musique céleste ». je ne saurais facilement l’affirmer. cet effet sera à plus forte raison obtenu par l’harmonie parfaite qui règle le mouvement des astres67. plus généralement. . quelqu’un provenant d’un monde différent du nôtre (l’autorité d’Augustin est ici invoquée à l’appui de l’hypothèse de l’existence d’un être semblable) « l’entendrait [l’harmonie des sphères] sans aucun empêchement. comparables aux parties d’un navire qui se déplacent avec lui). L’intérêt de cet argument. comme les corps célestes sont très grands et leur mouvement très rapide. avaient repris ce thème antique54. nous devrions réfléchir à des cas où l’on ne perçoit pas un son à cause de sa présence incessante. ce dernier s’en rendrait immédiatement compte.. finissent par ne plus l’entendre65 (c’est un bruit de fond sur lequel l’attention ne se concentre plus. que nous pourrions difficilement considérer comme « dépourvue de toute incongruité » provoque en nous du plaisir. celui-ci ne peut être silencieux.

Agnès Arbo.Bède le Vénérable . elle en était également très proche. qui est enfouie sous le silence.. mais de toutes les opérations que l’âme réalise sans que nous nous en avisions : un peu à cause de l’habitude.org/352 « Et il faut noter que. et peut-être sa foi en la possibilité d’une mise en évidence de la racine numérique de la 09/01/14 21. Et le pseudo-Bède fait à cet égard une réflexion significative : « La vivacité de la pensée n’est autre que la puissance de pensée de l’âme.. Platon avait cherché à expliquer la valeur que l’antique paideia avait attribuée à la musique n’était-il pas déjà voisin de l’idée d’une assimilation inconsciente du sens de la proportion ? Quant à la notion de musica humana. non celle d’Aristoxène. Nous pourrions voir en cette idée une annonce de celle par laquelle Leibniz a suggéré de corriger les thèses cartésiennes : le champ de la perception ne coïncide pas avec celui de la conscience. Alors elle se mêle au corps. (par exemple. comme le confirment encore les choix du scholiaste. dans le troisième livre de la République70. les cheveux et les ongles qui poussent). conformément aux indications fournies par la psychologie aristotélicienne. de même que l’âme accomplit de nombreuses actions sans s’en rendre compte elle-même.revues. est « informée de rationnel et d’irrationnel »72. celui-ci peut être associé à la volonté d’expliquer ce qui se manifeste dans l’expérience (le plaisir provoqué en nous par les consonances). qui deviennent visibles seulement après une quantité notable de temps : la croissance des cheveux ou des ongles).03 . Quoique spéculatif. Nous devons néanmoins mettre en évidence la présence – peut-être souterraine. que Boèce avait exposée dans son traité71 et qui sera plus tard reprise dans le cadre d’une réflexion physiologique par les théoriciens de l’époque humaniste. . La musique constitue une sorte de pont entre les différentes parties de l’âme qui. au-delà du niveau de la clarté (confuse ou distincte) existent des perceptions obscures (ou petites perceptions. mais pas aussi invisible que l’on est souvent amené à le croire – dans la tradition spéculative occidentale d’une problématique fondant la constitution de l’objet sonore sur une opération qui précède le champ de la conscience. son effet est décrit en termes d’augmentation de puissance ou de vivacité de la pensée. mais constantes. de nombreuses choses passent dans son audition qui lui échappent à cause de l’habitude.. 14 6 di 15 Le son comme signe extérieur d’une puissance de pensée qui agit silencieusement à l’intérieur de l’âme : si nous nous avisons que « pensée » traduit « ratio » – qui veut également dire « calcul » – nous sommes en mesure de saisir combien est voisin l’argument de l’arithmétique inconsciente. La tradition qui l’a fait naître est celle de Pythagore et de Ptolémée. de même également. illa ipsa. http://hleno. un peu à cause du caractère minime des transformations qui sont enregistrées en-deça du seuil de la conscience (on doit ici remarquer que les exemples concernent encore des modifications petites.. En ce sens. dans lequel on doit prendre en considération – aussi bien pour Leibniz que pour le commentateur inconnu – l’expression d’un plaisir sensible69. précisément) qui influent de manière appréciable sur le résultat final de notre expérience. comme les sons des planètes etc »68. 12 13 Pour décrire ce que nous entendons. nous ne devrions pas tenir compte uniquement de ce qui tombe sous le coup de notre conscience. L’argument par lequel.Multa anima agit. quand elle sort à l’extérieur formellement par les sons »73. Il serait exagéré de faire de ces lignes l’anticipation d’une théorie en général associée à la pensée moderne.

mais la perfection dernière et la force de la connaissance se situent dans la raison. que se réfère la définition de la dissonance : en ce cas. Les scholies suivantes restent beaucoup plus proches de leur source. d’une traduction de la qualité en quantité74. qui. « celui qui est trop aigu n’est pas renvoyé vers le grave comme il lui convient et celui qui est trop grave se refuse à être quelque peu rehaussé »78. car sa simple subordination à l’arithmétique76 ne semble plus être au glossateur quelque chose allant de soi. alors que le jugement des sens peut être très différent de celui de la raison82. il convient néanmoins de s’en remettre à la seconde au cas où se vérifieraient des discordances . . confuse. tandis que dans les rapports superpartiels elle paraît avoir trait à la quantité continue propre à la géométrie et à l’astrologie75. en s’en tenant à des règles déterminées. mais en partie à l’ouïe et en partie à la raison. comme l’avait écrit Boèce. celui qui s’éloigne le plus de la simplicité80. dans la mesure où « ils n’attribuent pas la faculté de discerner ni complètement aux oreilles.. mais les différences de consonances à la 09/01/14 21..Multa anima agit. Ce commentaire est en réalité une explication du caractère désagréable de ces intervalles. « L’ouïe – avait écrit Boèce – constitue d’une certaine manière le fondement et son rôle est d’avertir.revues.. des deux sons qui forment l’intervalle. au fait que les deux sons demeurent distincts (ce qui manque est la fusion.org/352 réalité sensible. qui dans les rapports multiples des « équisonances » se réfère à la quantité discrète et se rapproche ainsi de l’arithmétique. note le scholiaste anonyme en marge de sa source. Mais peut-être trouvons-nous ici avant tout à l’œuvre la volonté d’éclaircir la place occupée par la musique dans l’encyclopédie des sciences. mais aussi le caractère déséquilibré d’un discours qui après avoir reconnu au sens un rôle primordial. 15 16 17 7 di 15 http://hleno. C’est en revanche à un principe très général de reconduction de la variété à l’unité. Déjà la manière dont Boèce et son commentateur définissent la position des Pythagoriciens est significative : celle-ci ne constitue pas l’attitude la plus rationaliste mais une voie médiane. au moins en partie. la tension réciproque vers l’unité)79. Comme c’était déjà le cas pour la thématisation du plaisir sensible et de la perception. le son aigu ou grave à l’ouïe. Si le sens est aussi important que la raison dans la discussion du son. ses notes sur ce point apparaissent symptomatiques. On en trouve une confirmation dans le rapport numérique qui conditionne la sensation : le propre des dissonances est le rapport superpartiel. grâce à celle-ci nous connaissons les différences entre les consonances83. d’origine augustinienne. Cette possibilité même semble d’ailleurs souligner le caractère plus général de la musique. la « symphonie ». dû. nous pourrions entrevoir ici l’annonce d’une topique qui deviendra commune au XIIIe siècle77.. illa ipsa. Nous pourrions également dire qu’il s’agit de donner une direction à un discours qui se révèle hésitant sur de nombreux aspects. En dépit de leur ambiguïté. Là est l’intérêt principal de la reprise de la légende pythagoricienne. et découlant d’un renouveau d’intérêt pour la philosophie aristotélicienne. et une connaissance rationnelle capable de vérité84.Bède le Vénérable .03 . ne tombera jamais dans aucune erreur »81. ni complètement à la raison. aussi bien chez Boèce que chez ses exégètes médiévaux : mettre en évidence la différence entre une perception sensible contrainte à demeurer. comme en témoignent non seulement les principaux passages relatifs à la définition des proportions qui sous-tendent la production des différents intervalles et la définition du ton comme unité non subdivisible en deux parties égales.Agnès Arbo. confie à la raison la tâche de décider de la validité de ce que nous entendons.

seule la raison peut nous garantir une authentique liberté de jugement et il déclare même que. Contrairement à ce qui avait été annoncé91. illa ipsa. mais aussi à connaître : sans sa confirmation. Le critère suivi ici est falsificateur89 : dans la mesure même où il échoue à trouver une preuve du contraire. en partie aussi du fait d’accidents extérieurs. à la fin du premier livre. Mais surtout. et en partie soumise aux variations de l’âge même ». seul ce dernier peut être considéré comme un vrai musicien.] ab eis non nisi auribus explorantur »86). jointes à la volonté de 09/01/14 21. le texte comporte une ambiguïté qui n’avait peut-être pas échappé au commentateur : tout en soulignant le rôle primordial de la raison dans le jugement des consonances. Son essai d’explication de l’harmonie des sphères. comme nouvelle preuve de l’exactitude de ce qui a été établi par le raisonnement. réalisant dans des cannes de différentes longueurs le double et la moitié et y adaptant toutes les autres proportions.revues. non seulement comme moyen d’enquête (« quaedam [. cependant.org/352 raison »85..03 . Ces particularités. sans jamais vraiment se démarquer du De Institutione Musica. On peut donc constater que... [puisque] ce qui doit être discerné parvient d’abord aux sens et est senti à travers les sens et enfin est discerné par la raison »94. Le commentateur avait en effet déjà souligné leur valeur ontologiquement intermédiaire95 et persiste ici à nuancer le texte qu’il explique. après avoir déterminé les proportions et les règles des symphonies. . Une telle thématique apparaît étrangère aux scholies. le pseudo-Bède interprète souvent d’une manière personnelle ses affirmations.Multa anima agit. partout où il n’y a pas rationalité. en effet. qui tend à écarter l’exemplarité du constructivisme mathématique pour chercher une preuve empirique de son existence.Agnès Arbo. 18 19 http://hleno.. La théorie est donc supérieure à la praxis : entre le praticien et le théoricien. il obtenait. 20 21 8 di 15 Derrière ces lignes se profile peut-être la suggestion faite par Augustin de considérer les sens comme une réalité tout à fait digne de respect et appartenant dans une large mesure au monde spirituel. et de s’attacher scrupuleusement à calculer les intervalles87 ... qui posent le problème dans les termes (aristotéliciens) d’un simple ordre progressif : « À l’occasion des sens sont produits des impulsions ou des mouvements des arts et de la vie. Or. Pythagore juge exactes les règles obtenues par le calcul90. du moment qu’il connaît rationnellement ce que l’autre peut faire d’une manière complètement inconsciente et donc servile93. il y a esclavage92. une certitude absolue »88). on continue en même temps à utiliser l’oreille.Bède le Vénérable . tantôt. mais. ainsi qu’il apparaît dans le récit de la célèbre expérience de Pythagore : celui-ci y affiche clairement son dessein de ne pas se fier à l’oreille « changeante en partie par nature. Boèce n’en continue pas moins à proclamer que. adaptant à des cordes des poids égaux et jugeant de leurs consonances avec l’oreille. comme le sens se révèle souvent impuissant. il met autant de zèle à découvrir une preuve empirique capable de confirmer ses recherches (« tantôt. également. Son intérêt pour l’activité de l’âme ayant trait à la perception sensible donne lieu à des gloses assez originales qui développent le thème de l’audition à travers l’analyse psychologique des petites perceptions. grâce à la diversité des expériences. semble procéder – malgré le scepticisme affiché par le Stagirite lui-même à propos de cette théorie – d’une méthodologie plus aristotélicienne que platonicienne. il est évident que l’oreille ne sert pas seulement à apprécier. nous ne pourrions pas être certains de la justesse du calcul des intervalles.

V.org/352 jeter quelque lumière sur les rapports entretenus par la musique avec les autres sciences du quadriuium. Paris. par exemple G. il est également le moyen d’expression privilégié de celle-ci : le chant apparaît ainsi comme un don de Dieu (ibid. IV. col. mais au plus tôt à l’époque carolingienne et pendant les siècles qui suivirent et à juger tout à fait plausible l’hypothèse déjà avancée96 d’une composition du recueil vers le XIIe siècle. Molinier-Arbo. Et tout comme il constitue la manière la plus directe de s’adresser à la divinité. 8 Cf. col. http://hleno. V. HE. Elfassi. cf..Agnès Arbo.. 4 HE. I et II. un recueil d’hymnes en mètres et rythmes variés et un autre d’épigrammes en mètres héroïques ou élégiaques et rédigea enfin un traité de métrique : cf. 1999. cit. Sadie. Macmillan. I. illa ipsa. III. HE. 7 . p. Tous les passages traduits de l’Historia Ecclesiastica cités dans cet article sont extraits de l’Histoire Ecclésiastique de Bède le Vénérable. op. semper aut discere aut docere aut scribere dulce habui ». 1999. Il medioevo I parte II. Finscher. Ce Jean fut envoyé en Angleterre en 681. 11 HE. Christian Meyer pour ses précieux conseils et les nombreuses indications bibliographiques qu’il nous a fournies. par L. 22). III. Les nouveaux convertis doivent avant tout apprendre à chanter les Psaumes (ibid. notamment ibid. 6 Sur cette anecdote. V. Die Musik in Geschichte und Gegenwart. Storia della musica. II. 7 Il composa ainsi une Vie de Cuthbert en vers héroïques. IV. 24. et la sainteté d’un homme est signifiée par le chœur des anges chantant des Psaumes ou des cantiques sur le lit de mort ou la tombe de l’élu (cf. Bower) . 18. F. 2 Publiée par l’humaniste suisse Johannes Heerwagen et parue à Bâle en 1563. 8 . 3 Voir infra. Paris. Cattin. 1980. IV. 345 (article de C.. Londres New York. 20). Les Belles Lettres. O. 908-937) de J.Bède le Vénérable . 24 : « inter obseruantiam disciplinae regularis. éd. Notes 1 Nous tenons ici à remercier M. sans nous permettre de situer plus précisément les scholies. . 1984). 2. Kassel. éd. 1950 (3e éd. et cotidianam cantandi in ecclesia curam.Multa anima agit. Chailley. 12 Ibid.03 . 9 Voir The New Grove Dictionary.. J. IV. Bourgne. nouv.. Ce passage tend d’ailleurs à prouver que déjà à l’époque de Grégoire s’était créée à Rome une hiérarchie entre les chantres : cf. P. notamment J. 27). Les deux traités ont notamment été reproduits dans la Patrologia Latina (XC. 22). p. ibid. IV. Bärenreiter. 3 . « La Roue à Livres ». 27). 12). 19 . (Personenteil). nous amènent à confirmer que celles-ci n’ont pas été rédigées pendant le Haut Moyen Âge. note n° 14. p. éd.. PUF. Szerwiniack. I... 26 . Histoire musicale du Moyen Âge. Lescuyer et A. M.. 345. 10 Du moins à en croire une notice discutée de l’Historia Ecclesiastica (V. 48.revues. 5 La psalmodie est toujours présentée comme l’un des exercices spirituels préférés des missionnaires et des saints (cf. 25 . II. The New Grove Dictionary of Music and Musicians. Le chant est en effet le meilleur moyen d’amener les hommes à Dieu et au désir de la vie céleste (cf. éd.. coll. par 9 di 15 09/01/14 21. vol. 640-641. S. Migne.

Bower. p. ou encore The New Grove Dictionary. 1979. M. éd. Mus. en particulier. op. p. p. Wissenschaftliche Buchgesellschaft. M. Bernard.. I. p. nous parlons toujours du « scholiaste». 110. Romanobarbarica. chaque fois qu’une scholie fait l’objet d’une réflexion particulière. Ogiilvy.. 17. Jahrhundert von Johannes de Garlandia bis Franco ». EDT. 23 Cf. attirée plutôt par les problèmes mathématiques complexes . A. 27 Le problème peut sembler captieux : en réalité son importance – attestée notamment par sa récurrence permanente de Boèce à Zarlino – découle du fait qu’il comporte un trop grand décalage entre théorie et pratique. en effet.03 . cit. Glossa Maior. Bernhard et C. Zaminer. 22 De I. éd. la conclusion d’Aristoxène – le ton est divisible en deux parties égales – est en revanche plus problématique : d’un point de vue mathématique. le stemma proposé par ces deux auteurs. p. étant entendu que nous avons affaire à un ensemble de gloses rédigées par de nombreuses mains à partir de l’époque carolingienne et peut-être rassemblées au XIIe siècle par un ou plusieurs auteurs anonymes.. « Die Musiklehre im 13. M. Haas. (« Geschichte der Musiktheorie ». 24 Inst. I. cf. dont l’œuvre fut attribuée entre autres à Bède le Vénérable. en particulier op. K. 25 Par commodité. « [Bedae Presbyteri] Musica Theorica ». 1959. vol. 17 « Uno pseudo-trattato dello pseudo-Beda ».revues. par exemple H. Riemann Musik Lexikon. 15 Il s’agit en fait d’un traité de Lambertus (environ 1215-1280).. du « commentateur » ou du « glossateur » au singulier. cit. op. IX-XII »). 1984. Eggebrecht. Pizzani. Éd. Entonner un demi-ton n’est pas une entreprise particulièrement compliquée . p. 1993. 11 qui déclare que « le premier.Bède le Vénérable . 26 XXXV : Enarmonium totam possidet armoniam et sui dignitate alias praecellit. Turin. op. 63. V. du Cerf. 326-357. 18 Glossa maior in institutionem musicam Boethii. 28 XXXIX. Die Mittelalterliche Lehre von der Mehrstimmigkeit. Ph. 1996. A. D. Mediaeval Academy of America. 10 di 15 09/01/14 21. Books known to Anglo-Latin writers from Aldhelm to Alcuin (670-804). surtout intéressée par les questions philosophiques et esthétiques. G. http://hleno. Bède. 20. Darmstadt. III. Paris. Cambridge (Mass. 13 Ibid.Agnès Arbo. n’est pas un traité. col. Bower classent le recueil de scholies édité par J. 21 : « enarmonium uero optime atque apte coniunctum et. magister anglais théoricien de la musique proportionnelle. 16 Le musicologue H. 1980. p. art. tout en mentionnant également systématiquement celle de M. 345 et p. Quentin. plus généralement. 19 Dans leur édition des gloses au De Institutione Musica de Boèce. F. cit. . Paris. F. Paris BN lat.. mais. Munich. au moins dans sa première partie. art. W. LXXIII. était encore convaincu de l’authenticité du traité : cf. p.. Sachs. Du chant romain au chant grégorien. Gallo. Musica Theorica. que de la tradition germanique. illa ipsa. Il medioevo I parte II. Bayerische Akademie der Wissenschaften (« Veröffentlichungen der Musikhistorischen Kommission. Mainz. Dictionnaire d’Archéologie chrétienne et de Liturgie. 123 . H. F. voir encore par exemple J. Nous signalons également les leçons restituées par ces deux auteurs qui ont collationné un très large éventail de manuscrits. à la fin du siècle dernier.. la division n’arrive pas à un nombre trop complexe. n. magis coaptatum est ».. Gurlitt.. V. B. 16 à V. 1936. 36-48 . Riemann.. Cattin. Storia della musica. J. représentée principalement par un manuscrit d’Echternach de la fin du Xe siècle. 61. ed. M. 10275 (Pe) et qui est héritière aussi bien de la tradition française.). (« Studies and documents II »). p. « [Bedae Presbyteri] Musica Theorica siue scholia in Boethii de institutione musica libros quinque ». Schott’s Söhne. 646. Hucke. 21 Nous citons la numérotation d’U. un recueil de gloses sur un texte absent ». M. cit. V). Haas. plus loin : enarmonium uero quod est. 1957. p. 20 Cf. 55. 1924.. cit. Heerwagen (Hwg) à l’intérieur d’une tradition qu’ils appellent « Rhein-Maas ». IX. 697 (article de H. Bernhard et C. 14 On considérait généralement qu’Egbert d’York et le pape Hadrien étaient les premiers à attester le rôle prépondérant joué par Grégoire dans la diffusion du chant : cf. Cabrol. Maia.Multa anima agit.org/352 la Società italiana di musicologia. dans H. « Gregorian and Old Roman chant ») et. 300-361.

52 Cf. 2. Glossa maior. traitant de la théorie générale des sens et de la perception. ou la scholie XXXI.. Bragard. qui est une simple paraphrase. p. cf. art. 33 XLVI. ou encore la XII. 35 LXII. Reallexikon für Antike und Christentum. 45 (I. Il est certes possible qu’il s’agisse d’un argument développé avec des finalités différentes et à l’intérieur d’un genre qui ne prévoyait pas ce type de réflexion . Speculum. Pépin. est cité seulement par deux manuscrits du XIe siècle. 1981 . nous nous contenterons ici de citer quelques titres parmi les plus synthétiques et les plus récents : J. 206-213. « L’harmonie des sphères selon Boèce ». Bernhard et Bower I. 2-3 (I. http://hleno. 48 De Anima. op. XXX. Karl Alber. 42 Inst. quando augetur uel minuitur per hemitonia uel diesin. 1929. 44 II : « Est autem sensus uinculum corporis et animae » . Il faut noter que ce passage.. I. 5:61).Bède le Vénérable . « Harmonie der Sphären ». XLIX (introduction en anglais). M. M. 40 Scholies XV-XVIII. p. 179. p.. I. 1. 57-115. 191c-d. XXXVIII. 50 V : « Nam sicut quando augetur dies uel minuitur non statim sentitur nisi post multos dies » . 1986. col. cit. 32 XLV. où sont traduits en latin des termes grecs musicaux. 31 XLIV. 1. 46 Ibid. XI. Sur ce passage. p. cf. 39 Cf. 41 Ces thèmes sont développés notamment par les gloses II à V et XXIV à XXVII. déclare qu’aucun genre musical ne précède cette discipline. IV. : « quia illud quod dicitur auditus uel uisus non potest uideri ». en particulier R. 45 III : « Corporalia sunt. cf. 2269 (Wq).. Mus. Harmonia Mundi. et maioribus saepe confunditur ». qui restituent la leçon animae et corporis. 24:22). cf. 4-5/I. 181. 51 Ibid. 49 Inst. 53 Ibid. 1. p. Stuttgart. 593-618 . XXI. quia corpore administrantur » . commentant la volonté de Boèce de parler d’abord du tétracorde. post uero magnam facere differentiam et per aures ad animum usque delabi ». 24:18). Mus. illa ipsa. op.03 . I. Bernhard et C. 36 U. 10-11 (I.. p. Bernhard et Bower I. Br/München. la glose XXXIII où le scholiaste. 1.. qui définit le terme speculatio. 54 L’harmonie des sphères a suscité une littérature abondante . cité dans la glose IVb (Bernhard et Bower I. cit. non continuo percipitur donec illae partes supercrescant ». Die Harmonie der Sphären. 424a.Agnès Arbo. Musica e filosofia nell’antichità.. XLI. Glossa maior. 47 De Trinitate. Voir également Platon Theet. 18:355). Inst. On en relève également trois dans la deuxième partie : XXXVII. en plus d’Heerwagen . 2. 326-341. Freiburg i. Bernhard et Bower I. 178. cf. Bower. Paris BN lat.. p. encore Bernhard et Bower I. 1 : « Hic maxime retinendum illud est quod si quomodo per paruissimas mutationes hinc aliquid permutaretur. XIII. Music and Philosophy in the 11 di 15 09/01/14 21. recens quidem minime sentiri posset..Multa anima agit. 37 XXVIII. Schavernoch. Pizzani. Sur les différentes catégories de gloses repérables sur le texte de Boèce. « [Bedae Presbyteri] Musica Theorica ».. 10275 (Pe) et Wien NB cod. Nam neque minima sentire propter ipsorum sensibilium paruitatem potest. cit. . 43 Cette lacune pourrait constituer un indice supplémentaire du caractère apocryphe des scholies. 30 XLIII.revues.. H. mus. Die Geschichte der Idee des Weltanklanges und der Seelenstimmung. XLIV-XLVII (introduction en anglais). 34 LII. I. qui proposent la leçon corporales. 178. cf. 9 : « Ipse enim sensus aeque maximis minimisque corrumpitur. p. : « musica. 38 Voir par exemple la scholie XXXIV. 1.. il reste néanmoins surprenant qu’un auteur aussi porté à souligner le côté édifiant des événements ait pu passer à côté d’une telle matière sans chercher un tant soit peu à l’annoter.org/352 29 XL.

Science and Natural Order of the Universe.Agnès Arbo. 64 Nat. Révérend et P. réimp. 68 Le lien étroit entretenu par celui-ci avec les perceptions obscures est illustré chez Leibniz par la célèbre théorie de la mathématique cachée. p. alors que le Pseudo-Bède semble avoir utilisé une tradition plus fautive. : « Musica autem terrestris quamuis (quamuis terrestris selon Bernhard et Bower. : « Humanam uero musicam quisquis in sese ipsum descendit intellegit. 65 Xb ( = Bernhard et Bower I. de l’américain par F. 35-36. ut nihil aeque compaginatum. nisi quaedam coaptatio et ueluti grauium leuiumque uocum quasi unam consonantiam efficiens temperatio ? Quid est aliud quod ipsius inter se partes animae coniungat. Hist. VI. Gerhardt.. MacLachlan. C. Monaco. Resp. 19. tamen. 2:54). 61 Xa : Plinius Secundus in libro Naturalis Historiae : « An sit immensus mundus et ideo sensum aurium excedens tantae molis rotatae uertigine assidua sonitus non quidem facile dixerim.. 57 De Caelo. La musique des sphères. p. ex rationabili irrationabilique coniuncta est ? Quid uero. Mauro. uix sine aliqua incongruitate inuenitur ». 188. remplacé « conceptus » par « concentus ».. Musica e cosmologia : l’armonia delle sfere. Ravenne. 56 Les Pythagoriciens (voir encore Platon. quia e corpulentioribus elementis efficitur. éd. James. 2001. 55 Cf. 18. . 70 Inst. R. attesté par les meilleurs manuscrits ayant transmis le livre II de l’Histoire Naturelle. 290b) avait lui-même réfléchi à l’exemple du forgeron qui. : « Et hic notandum.03 . J. p. 2001. Cristatus. 290b-291a. quod (quia selon Bernhard et Bower ibid.org/352 Ancient World. 90/I. 2:54) : « Si autem aliquis in altero mundo nasceretur – si possibile esset ut Sanctus Augustinus affirmat – et in hunc mundum postea uenisset. Musique. G. 551) et dans de nombreux autres passages (cf. eam sine ullo impedimento audiret eique ultra uires placeret » (placuisset.revues. non hercle magis quam circumactorum simul tinnitus siderum suosque uoluentium orbes an dulcis quidam et incredibili suauitate conceptus. quod corporis 12 di 15 09/01/14 21. 1997). I. à force de vivre dans un bruit incessant. L. La musique des sphères. n’arrive plus à le percevoir . 1993 (trad. 1991 . La città del sole.. Éditions du Rocher. 2 : « Qui enim fieri potest ut tam uelox caeli machina. ut sonitus planetarum et cetera ». Pise-Rome.. W. 60 II. Stabile. 188. 67 Ibid. J. Nous avons. nihil ita commixtum possit intelligi ». op. appliquant à l’astronomie leurs principes d’acoustique.) nobis placuerit. 6.. http://hleno. 24-26. Quid est enim quod illam incorpoream rationis uiuacitatem corpori misceat. 27:42). p. Aristote (De Cael. Berlin. New York. éd. Hildesheim. 2. Longo. Espressione e intervallo nell’estetica illuminista.. 12-17). Nobis qui intus agimus iuxta diebus noctibusque tacitus labitur ». science et ordre naturel de l’Univers. 71 Ibid. ibid. cit. 59 Dans la glose Xa ( = Bernhard et Bower I.. IV. ibid. 2. Grove Press. tacito silentique cursu moueatur ? Et si ad nostras aures sonus ille non peruenit. 3.. exposée dans le compte rendu de l’article « Rorarius » du Dictionnaire historique et critique de Bayle (cf. selon Bernhard et Bower. 63 De Rep. I. Mus. VI.Multa anima agit. 2.. quae. 2. 1968. p. ut capilli ungulaeque crescunt.).) sicut multa anima agit illa ipsa nesciente. 92-93 (I. pour notre traduction. ut Aristoteli placet.. Olms. p. quod multis fieri de causis necesse est : non poterit tamen motus tam uelocissimus ita magnorum corporum nullos omnino sonos ciere. Naples. sic etiam multa in auditu ipsius aguntur quae eam propter consuetudinem latent. cf. 187. A. Arbo. 58 I. 617b). éd. Die philosophischen Schriften von Gottfried Wilhelm Leibniz. Istituti Editoriali e Poligrafici Internazionali. 62 Xb = Bernhard et Bower I. praesertim cum tanta sint stellarum cursus coaptatione coniuncti. James. dans La musica nel pensiero medievale. Wallace et B. La traccia del suono. 69 401d. 60. 181. p. 66 Ibid. The Music of the Spheres : Music.Bède le Vénérable . 1875-90 . 92-93-I. illa ipsa. Tim. ont été les premiers à conjecturer que le mouvement des sphères célestes produit des sons dont la hauteur et l’intensité dépendent de la vitesse de rotation de celles-ci et de leur distance par rapport au centre.

Hentschel. 74. aut partes sibimet rata coaptatione contineat ? » 72 XI ( =Bernhard et Bower I. sed partim auditui. 9 : « Sed principium quodam modo et quasi admonitionis uicem tenet auditus. 80 Inst. Nam secundum Aristoxenum in qualitate ». Nam dum sibimet misceri nolunt et quodammodo integer uterque nititur peruenire. ad sensum insuauiter uterque transmittitur ». 1998 . ces annotations tendraient à montrer que le recueil de scholies édité par Heerwagen provient d’une tradition d’école qui reconnaissait dans l’Institutio musica le texte-manuel par excellence. 81). ar. 7). p. cit. texte établi. 77 XXIII ( = Bernhard et Bower I.. 83 Cf.. . 28:131) : « Haec est uiuacitas rationis ipsa uis rationis animae. selon l’auteur de la glose XIII. p. p. I. (voir Institution arithmétique. 975-986 . 82 L’idée même du connaître prend chez Boèce une importance primordiale pour définir. quae certis regulis sese tenens nunquam ullo errore prolabitur ». p.. illa ipsa. p. Franz Steiner Verlag. 158/I. p. 192. 84 XXVI ( = Bernhard et Bower I. Brill. 1995. à la fin du premier livre. dans La musica nel pensiero medievale. 173/I. I. p. note 91. et « relatif » dans le cas de la musique) . CUF. 4. Haas. p. introduction. typique des rapports superpartiels qui. éd.. importantes pour définir cette problématique (cf. 27:41) : « Medio itinere feruntur quia nec e toto tribuunt discretionem auribus nec e toto rationi.revues. produisent tout de même. 142/I. I. 6. 6. Boèce (Inst. p. p. 111 . quae sub silentio (<in animo> selon Bernhard et Bower. mais « la géométrie et l’astrologie sont caractérisées par une quantité continue ». 9) avait écrit : « Pythagorici medio quodam feruntur 13 di 15 09/01/14 21.. 102/I. et musica.03 . 195. éd. dans le cas de l’arithmétique. Y. 5. Jahrhundert von Johannes de Garlandia bis Franco ». 131-133 . « Suono e musica in un enciclopedista del XIII secolo : Vincenzo di Beauvais ». cumque alter alteri officit. 174/I. Riethmüller. Morelli. Mus. M. des consonances. 78 Inst. traduit et annoté par J. F. F. « Die Musiklehre im 13. même s’il faut noter que l’on ne trouve dans les gloses du pseudo-Bède nulle allusion à la physique du son ou à la philosophie naturelle. Hentschel. cf. Guillaumin. 74 Cf. 193. Sinnlichkeit und Vernunft. 81 XXV ( = Bernhard et Bower I. 26:30) : « id est auditui et non rationi : multa enim uarietas est inter sensum et rationem ». qui pour formuler sa définition des sciences mathématiques avait mis en œuvre divers moyens de traiter le nombre (« en soi ». XLVIII-L. ibid.. 75 Cf. scholie XVIII ( = Bernhard et Bower I. par A. 1. 76 On pourrait aller jusqu’à évoquer le statut de la musique comme scientia media.) latet. Mus. quoique moins simples et non applicables aux équisonances. 1. op. 9.. p. Institution arithmétique. cit. ad discretam quantitatem pertinent. ar. Hentschel. 10 et la notice de J. Strategien der Konsonanzwertung und der Gegenstand der Musica Sonora um 1300. postrema uero perfectio agnitionisque uis in ratione consistit. Du Quadrivium aux scientiae mediae. quando formabiliter per sonos foras egreditur ». Inst. 139/I. XIII ( = Bernhard et Bower I. 79 Cf. 1969. op. infra. p. cit. Leyde. 8 : « Dissonantia uero est duorum sonorum sibimet permixtorum ad aurem ueniens aspera atque iniucunda percussio. Sinnlichkeit und Vernunft in der mittelalterlichen Musiktheorie. Musik und die Geschichte der Philosophie und Naturwissenschaften im Mittelalter. op. Tunc autem miscetur corpori... Inst. I. Bellarmin-Vrin. sonum uidelicet acutum uel grauem auditui. op. 8. quae consonantiarum demonstratrix est. geometria uero et astrologia continuae quantitatis sunt ».. 195. 24 :9) : « Arithmetica. 9. 168/I. 73 XIV ( = Bernhard et Bower I. Montréal-Paris. L’argumentation semble en tout cas assez différente de celle de Boèce. I. XLVII).Bède le Vénérable . A.. differentias autem consonantiarum rationi ». Paris. 188. 14:155) : « Transgreditur namque musicae consonantiam ideo quod plures partes excedit et a simplicitate discedit ». Boèce. F. cit. Y. 194. 6:17) : « grauitas et acumen in quantitate consistunt] Secundum Pythagoricos et Ptolomaeum. Boèce. 2.Multa anima agit.org/352 elementa permiscet. J. la supériorité de celui qui possède la faculté de juger par rapport à celui qui se limite à pratiquer la musique : cf. 195. Guillaumin. quae per se est. dans Arts Libéraux et Philosophie au Moyen Âge.. p. (« Beihefte zum Archiv für Musikwissenschaft ». Gagné. http://hleno. 2000. Stuttgart.. p. Plus vraisemblablement. partim rationi. L’arithmétique (« qui est par elle-même ») et la musique (« qui fait la démonstration de consonances ») « touchent à la quantité discrète » . Mus.Agnès Arbo. 10:41) : « ille qui nimis est acutus non reflectitur ad grauem ut ei conueniat et ille qui nimis est grauis non uult aliquid erigi ».

quoddam olfactum in naribus. cui adest facultas secundum speculationem rationemue propositam ac musicae conuenientem de modis ac rythmis deque generibus cantilenarum ac de permixtionibus ac de omnibus.. de qua posterius loquemur. 9. ut nullum inquirentem dubio fallat indicio ». aerium et serenum in auribus quod recipit formas colorabiles uocum quae fiunt ex superiori elemento igneo id est aere tenuissimo. 188. in Stéphane Lebecq.. partim etiam extrinsecus accidentibus permutantur. 92 Ibid. inde specialiter ad omnes sensus corporis producitur.. La surdité des hommes qui vivaient sur ses bords était proverbiale : cf. appelé encore « Catadupa ». 2. 96 Xb ( = Bernhard et Bower I. VI. IV. 8 :66b) : « Occasione sensuum producta sunt momenta uel motus artium et uitae. considéré surtout dans ses strates supérieures : « Hic nota aijsqhthvrion id est custodiam omnium sensuum.03 . gustus ex aqua. per quam magnitudines chordarum sonumque metimur.. id est descensum Nili ». ut quasi oboediens quidam famulusque sit sensus. 19 . au sens « poppérien » du terme.. IRHiS-Institut de Recherches Historiques du Septentrion (« Histoire et littérature de l'Europe du 14 di 15 09/01/14 21. Bède le Vénérable. . 7:1) paraît bien disposé à leur associer un élément matériel. quibus uero inter se distantiis consonantiae differant. VI. Michel Perrin et Olivier Szerwiniak (dir.. De Rep. « Multa anima agit. Villeneuve d'Ascq. p. I. 34. Ipsas enim consonantias aure metiuntur. sine ulla inconuenientia sonorissima comprehenditur : nam latenter e superioribus ad inferiora usque ad auditus nostros effunditur.. 90 Notamment en I. Sénèque.. Nam nec omne iudicium dedunt auribus et quaedam tamen ab eis non nisi auribus explorantur. 93 XXVI ( = Bernhard et Bower I. quod ex inferiori et crassiori aere conficitur . quarum sunt obtusa iudicia. quamuis eam propter consuetudinem non sentimus.Bède le Vénérable . 86 Ibid.Agnès Arbo. Quaest. cit. 5 et Pline l’Ancien. I. 18. Le katabathmon. Bower. tactus ad terram pertinet ». Le propre de l’ouïe. 200.Multa anima agit. sed regulis rationique permittunt. 95 Par M. 196. I. [quoniam] ea quae discernenda sunt primum sensibus accidunt et per sensus sentiuntur ac postremo ratione discernuntur ». Nat.]. illa ipsa nesciente : notes sur le Musica Theorica attribué à Bède le Vénérable ». Itaque inuenit regulam. Pour citer cet article Référence papier Agnès Arbo et Alessandro Arbo. quae ex re uocabulum sumpsit. en ce sens. ut est luminosum quiddam in oculis quod igneam habet naturam. de quibus posterius explicandum est. quarum sunt obtusa iudicia. 219/I. 177/I. p. 85 Ibid. 181. quanam ratione firmiter et constanter consonantiarum momenta perdisceret ». 2. 10 : « Qui nullis humanis auribus credens. illa ipsa. sed regulis rationique permittunt. était le nom donné à la première cataracte du Nil. quiddam mobile.. op. ut quasi oboediens quidam famulusque sit sensus.. 89 Celui de la falsification. 14. 91 Ibid. ac de poetarum carminibus iudicandi ». id iam non auribus. iudex uero atque imperans ratio ».. omnia haec inconsulta minimaeque aestimans fidei diuque aestuans inquirebat. 94 Il faut cependant noter que le fragment XXXII ( = Bernhard et Bower I. : « nihil sese diuersum inuenisse laetatus est [. 88 Ibid. : « Isque est musicus. 92-93-I. Bernhard et C. nunc uero in longitudine calamorum duplicitatem medietatemque restituens ceterasque proportiones aptans integerrimam fidem diuersa experientia capiebat ». penes quae saepe multa uarietas atque inconstantia nasceretur [. nullis etiam deditus instrumentis. 11 : « Nunc quidem aequa pondera neruis aptans eorumque consonantias aure diiudicans. M. partim ipsis uariantur aetatibus.revues.. 87 Ibid. quae primo in corde communiter continetur . iudex uero atque imperans ratio »..). Cicéron. nat. est l’air. id iam non auribus.]. quibus uero inter se distantiis consonantiae differant.org/352 itinere. 2 :54) : « Dum musica caelestis e subtilioribus conficitur. sicut sunt illi qui circa katabaqmovn habitant. quae partim natura. Hist. p. sed quod regula quaedam sit huiusmodi inspectio fixa firmaque. 9 : « Ipsas enim consonantias aure metiuntur. non quod regula sit lignea. http://hleno..

illa ipsa.org/352 Nord-Ouest ».revues.. Villeneuve d'Ascq. Michel Perrin et Olivier Szerwiniak (dir.revues. in Stéphane Lebecq.. . p.03 . IRHiS-Institut de Recherches Historiques du Septentrion (« Histoire et littérature de l'Europe du Nord-Ouest ».org/352 Auteurs Agnès Arbo Université de Franche-Comté Alessandro Arbo Université Marc Bloch-Strasbourg Droits d’auteur © IRHiS 15 di 15 09/01/14 21.Bède le Vénérable . no 34). 2005..). Bède le Vénérable. no 34). http://hleno. 2005 [En ligne]. consulté le 09 janvier 2014. 267-280. URL : http://hleno.. « Multa anima agit. illa ipsa nesciente : notes sur le Musica Theorica attribué à Bède le Vénérable ».Multa anima agit. Référence électronique Agnès Arbo et Alessandro Arbo. mis en ligne le 13 octobre 2012.Agnès Arbo.