LA QUADRATURE DU CERCLE

Savoirs et Connaissance, des Maçons Opératifs aux Spéculatifs
Louis TREBUCHET

Août 1999

De nos jours, n’importe quel gamin muni d’une calculette avec écran, que l’on
exige en première et en terminale, peut dessiner sur son écran, avec la précision du
pixel, le carré de même surface ou de même périmètre qu’un cercle, ou l’inverse, en
écrivant s= r², ou p=2 r. Ce faisant il n’imagine sans doute pas la signification
exotérique de son geste, aboutissement de millénaires d’évolution de la science et de
la technique. Mais il est vraisemblablement encore plus loin de se douter de la
profonde signification ésotérique de ce passage du carré au cercle, et du cercle au
carré, objet millénaire de la quête initiatique, de la recherche du lien entre la matérialité
de la Terre, symbolisée par le carré, et le monde spirituel, symbolisé par le cercle qui a
représenté le Ciel dans la plupart des civilisations. Même dans l’Empire du Milieu, la
Cité Interdite, siège et symbole du pouvoir, est structurée à l’équerre, alors que le
Palais du Ciel est constitué de trois monuments circulaires.

L’évolution du Savoir Mathématique
Remontons donc dans le temps pour fixer l’état des connaissances concernant la
circonférence et la surface du cercle, c’est à dire en fait concernant le nombre . Nous
n’irons pas jusqu’aux scribes sumériens, qui, 2000 ans avant JC, ont laissé des
tablettes utilisant la valeur approchée de = 3 1/8, ni jusqu’aux Egyptiens qui
utilisaient vers 1650 avant JC la valeur 4(8/9)² ou jusqu’aux Hébreux qui, à l’époque
du Roi Salomon, semblaient avoir perdu cette connaissance et multipliaient tout
simplement par 3, non, nous essaierons simplement de cerner les outils intellectuels
dont disposaient nos frères opératifs lorsqu’ils ont bâti les Cathédrales.
Avant guerre, avant que ne débute le règne des ordinateurs et des machines à
calculer, on pouvait déjà, avec un livre de mathématiques ou une table des
logarithmes, une règle graduée et un compas, tracer la quadrature du cercle avec la
précision que l’on souhaitait, suivant le nombre de décimales de utilisées. On pouvait
même se passer de livre, avec une bonne mémoire et des moyens mnémotechniques
pour se souvenir des décimales de . Déjà la mémoire, impérative quand on n’a pas de
livre, et la notion de précision pour la quadrature du cercle. Car la quadrature du cercle
totalement précise n’existe pas. Alors qu’on peut parfaitement, par exemple, diviser un
carré en deux surfaces rigoureusement égales, avec une précision totale, on ne peut
pas atteindre cette précision parfaite pour la quadrature du cercle.
C’est la différence entre les nombres rationnels, qui peuvent s’exprimer par la
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puisque en définitive la précision doit s’adapter à l’ouvrage à réaliser. quelques rares manuscrits dans les bibliothèques des moines. en écrivant les chiffres Arabes. exactement identique à l’abacus Romain avec ses calculi. du zéro et de la virgule. et en particulier Isaac Newton. Il ne savait compter ni à plume. mais pour un maçon. un micron six chiffres après la virgule. appelé l’Arithmétique de Trévise. ne peuvent être la solution d’aucune équation polynomiale. en imprimant le premier livre. en 1478. en latin puis en anglais. la Bible. la connaissance scientifique est par contre bien plus avancée chez ceux qu’on appelle les Sarrasins. comme une sorte d’échiquier à colonnes sur lequel on déplaçait des jetons que l’on comptait. Deux japonais de l’Université de Tokyo ont calculé 51 milliards de décimales de . il n’y avait guère de temps que les maçons. et réservé à une élite. dont sans doute des maçons acceptés. de plus. Le calcul en écrivant les chiffres arabes. d’où le titre de Chancelier de l’Echiquier pour le ministre des finances Britannique. une révolution pour l’Europe. comme tous les scientifiques. en utilisant les jetons. que vers 1725. mais pour apprendre la multiplication et la division. En 1401 donc. et nous avons vu que récemment un jeune polytechnicien en a calculé la mille milliardième décimale. C’est en 1882 qu’a été démontrée par Carl von Lindemann la transcendance du nombre . cependant. l’introduction du chiffre même. conservateurs s’il en fût. mais son travail ne fut publié. un des hommes les plus cultivés de son siècle. c’est déjà bien superflu: un millimètre. dont on a prouvé que le nombre de décimales est fini. il lui fallait passer au moins trois ans dans une université Italienne. et qui donc peuvent être exprimés avec une précision totale. ont d’ailleurs gardé ce système de comptabilité jusqu’à la Révolution Française. ni à get. puisque Gutenberg n’inventera l’imprimerie que 55 ans plus tard. c’est à dire dans la civilisation arabe de Perse. De nombreux membres de la Royal Society. beaucoup plus facile à utiliser. Les Anglais. n’est apparu pour la première fois en Europe que sur un manuscrit de 1478. l’honnête homme. A l’époque de Newton. du Moyen Orient. utilisaient les chiffres. 16 chiffres après la virgule ce n’est peut-être pas assez précis pour des astronomes. En effet. mais nous ne pourrons jamais avoir une quadrature du cercle totalement précise. il était resté l’apanage de quelques scientifiques de pointe. et en utilisant le zéro. d’Afrique du nord et d’Espagne. 2 . dont le nombre de décimales est infiniment grand et les nombres transcendantaux qui. A quoi cela servirait-il de toutes façon. En 1401 toujours. les nombre irrationnels. l’introduction du calcul avec les chiffres. Montaigne. qui apparût pour la première fois dans un calcul européen en 1592. On pouvait conseiller à un étudiant du XVIème siècle d’aller apprendre l’addition et la soustraction dans des universités Françaises ou Allemandes. parce qu’il se faisait toujours sur une abaque à jetons. point de chiffres. en 1456. ni à plume ». c’est au cours du XVIème siècle seulement que la Renaissance effectua une profonde mutation dans les méthodes mathématiques. Newton calcula les 16 premières décimales de en 1666.division d’un nombre entier par un autre nombre entier. Point de livres non plus. point de divisions ou de multiplications. pouvait écrire en 1575: « Je ne sais compter ni à get. pour diffuser l’information. Le calcul arithmétique de cette époque était en effet resté complexe. puisque même Montaigne avouait ne rien y connaître. c’est trois chiffres après la virgule du mètre. puisque les chiffres arabes ne sont arrivés que 77 ans plus tard. Et on voit qu’un siècle après. ont fait avancer le calcul approché de au cours de la fin du XVIIème et du début du XVIIIème siècle.

et par cette menace. mais quelques magnifiques édifices ne sont point encore sortis de terre. se produisit une scission au sein du Devoir. pratiqué par les Compagnons Tailleurs de Pierre. C’est sous cette forme que se trouve retracée. celle de l’antériorité des Tailleurs de pierre Enfants de Salomon. selon les autres. Bien que certaines théories voient dans ce compagnonnage des Enfants de Salomon. dit Parisien le Soutien du Devoir. en raison d’une cabale. sous la direction de Jacques Moler. le nom d’Enfants de Salomon. nous raconte qu’en 1401. Jacques Moler et Soubise obtinrent du Parlement le bannissement de tous les Corps d’état organisés. il semble qu’aucun Devoir ne remette en cause l’antériorité du rite des Enfants de Salomon. si les enfants de Maître Jacques eussent existé seuls. enfants de Maître Jacques. qui se disent Enfants de Salomon. il y a près de 90 ans que Jacques de Molay convoquait ses bourreaux devant le Tribunal de Dieu du haut de son bûcher. je penche pour ma part pour l’hypothèse inverse. lui-même Gavot. dans la débâcle peu glorieuse de la dernière croisade. selon les uns. dans le XIIème ou XIIIème siècle. » La légende Compagnonnique. et de Soubise de Nogent. Avignonnais La Vertu. parce que c’est la date à laquelle les Compagnons fixent. d’Adoniram. Des Serruriers. 1401. dit La Flèche d’Orléans. où il est question d’Hiram. et il fut décidé dans la même assemblée que tout ouvrier non catholique ne serait plus reçu compagnon. et si une fraction détachée de leur société eut pris tout à-coup. Une nouvelle règle du Devoir fut déclarée. En effet. reprenant ainsi l’opinion exprimée par Agricol Perdiguier: « On conteste rarement aux Compagnons Etrangers la qualité de doyens du Compagnonnage. laissant une large place aux épreuves de la Passion et aux paraboles Christiques. c’est à dire du même Devoir mais Compagnon Menuisier. une grève. une branche nouvelle constituée de protestants quittant les Devoirs catholiques après la Révocation de l’Edit de Nantes. organisée parmi les ouvriers. à part quelques Tailleurs de Pierre. La fin de l’ordre des Templiers? Non. chez la plupart des auteurs 3 . écrivait. mais je laisse cette fable pour ce qu’elle vaut ».Les Compagnons Etrangers du Devoir de Liberté Pourquoi 1401 me demanderez-vous? Parce que c’est le début d’un siècle? Ou la fin d’un autre? La fin des siècles de croisade? Non. lors du début de la construction des tours de la cathédrale d’Orléans. Selon la légende rapportée par François Icher. les Compagnons Etrangers. « On fait courir sur eux une vieille fable. m’ont dit plusieurs fois : Nous reconnaissons les compagnons Etrangers pour nos pères en compagnonnage. ou plutôt l’histoire légendaire du compagnonnage. Saint Louis est mort depuis plus de 131 ans. Dans l’histoire légendaire transmise par la Tradition Compagnonnique. Jacques Moler et Soubise décidèrent alors de détruire les anciens titres et manuscrits relatifs au Compagnonnage. on y voit des crimes et des châtiments. Charpentiers et Menuisiers qui souhaitèrent rester fidèles aux règles édictées par Salomon. et de se proclamer fondateurs d’un Saint Devoir de Dieu dont le maître spirituel n’était autre que le Christ. rassemblèrent sous leur autorité la plupart des compagnons. appelé depuis la scission Devoir de Liberté. en 1839. Ce Devoir à propos duquel Agricol Perdiguier. la scission d’Orléans. dans leur légende. ou elle eut péri sous le poids du ridicule. ou je me trompe. La fin du siècle des Cathédrales? Certes la fin de cette époque féconde approche.

et se transmettent la Légende d’Hiram. ne s’ouvrit jamais à d’autres corps d’état. au cœur du Pentagone étoilé. condamnant au bûcher non seulement les manuscrits mais ceux qui les écrivent. ni chiffres. Je ne peux m’empêcher personnellement de faire le parallèle entre cette scission de 1401. mais ils savaient comment le reconstituer. transmission exotérique des Savoirs liée intimement à la transmission ésotérique de la Connaissance. aboutissant à la création de nouveaux Devoirs sous l’aile protectrice de l’Eglise Catholique. où les compagnons se disent Enfants de Salomon. restant limité aux métiers de la Construction. Certains. qui prit la dénomination de Devoir de Liberté. l’équerre et le compas. aucune signification. mais ceci est une autre histoire. Ils nous éclaireront sur la transmission traditionnelle. qu’il est tentant d’analyser comme une O. ni division. Peu importe. Cela n’avait à cette époque. Charpentiers et Menuisiers. les Valmes et les Giordano Bruno. sans livres. Ce compagnonnage eut à faire face à des pouvoirs publics royaux et locaux qui. De même pour diviser une rosace en sept parties égales.4285714. interdisaient les confréries de corps de métiers. la canne et la corde à 12 nœuds. sans chiffres. ni multiplication. XIIème et XIIIème siècles. sans référence à l’Eglise Catholique. (et en Allemagne des Frei-Maurer). des livres.A. par exemple. Ce qui compte. on ne cherchait pas sur son rapporteur l’angle de 51. Ce sont ces Compagnons qui seront les acteurs de nos développements suivants. privilégiant les corporations municipales ou royales. Salomonien. c’est ce compagnonnage d’origine. sans calcul arithmétique. traditionnellement construits de toute antiquité. avec seulement l’Art du Trait. réécrivant les constitutions et brûlant les vieux manuscrits à la fureur des Ancients. de constructeurs.P. était un angle de 108°. et Serruriers. avec peut-être de rares manuscrits. sur la Maçonnerie Opérative réussie par quelques membres de la Royal Society et de l’Eglise Anglicane. comme Martin Saint-Léon. quelle qu’en soit la date exacte.. Qu’on ne parle donc pas de la valeur initiatique ou symbolique d’un angle de 33°. d’ailleurs. et à une Eglise qui posait une chape de plomb sur le progrès scientifique. On voit bien qu’à partir du XVIème siècle il y avait plusieurs Devoirs. ou faire sept absidioles derrière le chœur.Compagnonniques. et 1717. puisque 360 n’est pas divisible par 7.. Tailleurs de Pierre. Les Savoirs de la Quadrature du Cercle Il n’y avait donc. finalement. grâce au compas et à la règle.° D’ailleurs çà ne tombe pas juste. à partir du Devoir des Enfants de Salomon. et qui. il n’y avait en France qu’un seul Devoir. en 1285. à cette époque héroïque. 4 . placent la scission d’Orléans sous l’égide de Jacques de Molay. dans le monde européen et méditerranéen en tout cas. l’arrivée des chiffres arabes et du calcul à plume. et qui n’aura de cesse de contrôler ce compagnonnage d’une manière ou d’une autre.. la scission des Devoirs de Maître Jacques et du Père Soubise.. Ni Compagnon ni Maître ne savaient que l’angle principal des frontons si élégants. alors que pendant les deux siècles majeurs de construction des Cathédrales gothiques. limité aux métiers de la construction. et vraisemblablement des contacts grâce aux croisades avec une civilisation arabe débordante de découvertes dans tous les domaines. ce qui est d’ailleurs à l’origine de la notion de semaine inventée par les Sumériens.

à partir du tracé du pont. 1) Tracer le cercle de centre O et les diamètres perpendiculaires Tracer le milieu du rayon horizontal M le joindre à l’extrémité du rayon suivant L Le cercle de centre M et de rayon MO coupe LM en P Le cercle de centre L et de rayon LP coupe le cercle initial en C et D Il coupe OL en F La droite CF coupe le cercle initial en E La droite DF coupe le cercle initial en B ABCDE découpe le cercle initial en 5 parties égales 5 . donc. vous verrez que chaque pierre est unique. on utilisait son compas et son équerre. ancêtre de la géométrie descriptive mise en forme plus tard par notre F Gaspard Monge. de la façon suivante : A E B O M F P D C L (fig. quand il indique que l’on n’entendait sur le chantier du Temple de Salomon aucun bruit de marteau ou de ciseau: le Trait était si précis. Allez voir à Paris les assises du Pont Alexandre III. qu’il n’était besoin d’aucune rectification sur le chantier du Temple. Le Trait a permis à un Honnête Compagnon Passant Tailleur de Pierre du Devoir. et de les assembler sans ajustement majeur à leur arrivée à Paris. et les pierres si bien taillées dans la carrière par les compagnons d’Hiram. Sans remettre en cause la signification ésotérique de l’abandon des métaux. construit bien plus tard. A l’époque qui nous intéresse. de dessiner chaque pierre. Joli Cœur de Coutras. c’est aussi à l’Art du trait que rend hommage le Livre des Rois.Les compagnons se transmettaient l’Art du Trait. Dans une voûte. pour diviser un cercle en 5 parties égales. Art du Trait qui permet de tracer des formes. de les faire tailler dans une carrière à 25 km de Paris. en 1899. chaque pierre a une forme particulière. en utilisant uniquement le compas et l’équerre. de projeter des volumes et des courbes sur des surfaces.

que ce soit. appelé aussi section dorée ou proportion divine. qui consiste à obtenir le carré de même périmètre que la circonférence du cercle ou que ce soit le problème scientifique de la quadrature classique des surfaces. rapport du cercle extérieur au cercle intérieur. sont en effet des expressions du Nombre d’Or. que dans les proportions de la Cathédrale Sainte Sophie de Constantinople. selon Phidias.Cette construction géométrique est en fait celle du Nombre d’Or. selon Hérodote. Toutes les relations au sein du pentagramme étoilé. Déjà une tablette sumérienne indiquait que l’on trouve dans le pentagone étoilé autant de fois le nombre d’or qu’un homme a de doigts aux mains et aux pieds. du partage en moyenne et extrême raison. et nous après eux. Un des tracés de cette quadrature périmètrique. est la quadrature dite «Egyptienne» : F A E N B M O D G C L (fig. non pas transcendantal mais irrationnel. proportions de découpe des segments. la quadrature périmètrique. tel que (A+B)/A = A/B = c’est à dire ² = + 1 C’est sans doute la raison pour laquelle le pentagramme étoilé a été considéré par Pythagore et ses disciples comme l’expression même de la géométrie. que l’on retrouve aussi bien dans la hauteur la Pyramide de Kheops. Cette construction permet d’obtenir de plusieurs manières la quadrature du cercle. parallèle à AL à une distance égale à CD Le cercle de centre A et de rayon AD coupe cette parallèle en H La droite AH coupe le rayon horizontal ON en M Par un cercle de centre O reporter M sur les 4 rayons perpendiculaires Tracer le carré aux cotés parallèles à ces rayons et passant par ces points Le périmètre de ce carré est égal à la circonférence du cercle. etc. Les compagnons ont conservé l’Etoile Flamboyante comme signe symbolique.. sur la façade du Parthénon. comme l’expression même de leur art. et que l’étoile à cinq branches a été adoptée par les Pythagoriciens comme signe mystérieux de reconnaissance. ce nombre. avec une précision de 6 . 2) Tracer FG. traditionnellement. basé sur le pentagone étoilé.

que l’on retrouve. d’après L. mais d’une quadrature par les surfaces. Un deuxième tracé de quadrature a été mis en évidence par H. (fig. l’approximation serait trop grossière: 13. et s’appuie sur la construction de la Rosace à sept branches que l’on peut tracer à partir de la corde à 12 nœuds ou avec l’équerre et le compas: A B C O 7 .5%. d’une précision de l’ordre de 1% ([2+( -1) ( +2)]/ ). 3) Une autre quadrature par les surfaces. pourrait s’appeler la quadrature par les trois tables. et qui porte en elle une symbolique particulière. Charpentier.un pour dix mille ( /4). dans le tracé de la Cathédrale de Chartres. Cevey dans le tracé du Chœur de Notre Dame de Lausanne : Il s’agit en fait non pas d’une quadrature périmètrique.

L’approximation ainsi obtenue est exactement celle des Sumériens que l’on retrouve ainsi à 40 siècles d’intervalle : si 8 = 25. Cette approximation est illustrée dans un schéma d’une très élégante simplicité d’Albrecht Dürer. 7 fois L’Heptagone régulier ainsi tracé a une précision à 2. puis le carré qui a la même surface que le carré long.(fig. La projection de D sur AO permet de construire Le carré long EFGH centré sur 0. c’est à dire la construction de l’angle de 2 /7. construire AD. La quadrature par les trois tables s’obtient en utilisant de manière un peu différente la division du cercle en sept parties égales. En utilisant soit le compas. est égale à celle du cercle à 5 pour mille près (8 /25). E L I A F O D J C B H K G (fig.5 pour mille près. d’un point A de la circonférence. alors = 25/8 = 3 1/8. 4) Tracer le cercle de centre O et les diamètres perpendiculaires Reporter le rayon sur la circonférence: AB Projeter B sur le diamètre en C Reporter OC sur la circonférence. soit la corde à 12 nœuds. on obtient la base d’un carré long (double carré). ce qui est bien suffisant pour un maçon (2 /7-acos[5/8]). ou par la construction identique avec la corde à 12 nœuds. Le carré IJKF a même surface que le carré long La surface du carré et du carré long obtenus ainsi. 8 . 5) Suivant la division du cercle en 7 parties égales.

9 . cette fois-ci en trouvant le centre du cercle grâce à la corde à 12 nœuds appliquée au petit coté. 6) Le diamètre du cercle est égal aux 4/5èmes de la diagonale du carré En sens inverse. et la construction du cercle.(fig. le carré long de même surface que le carré. pour passer du carré au cercle. ce qui donne exactement la même construction et la même précision. on suivait le même chemin des trois tables.

et qu’est-ce qui devient toujours. le Symbole. du Narthex à la Nef. sans être jamais ?… » Les siècles des Bâtisseurs des Cathédrales sont aussi ceux où reste très vivante la quête de la Connaissance de cet autre monde au delà du monde matériel. et transmis à leurs apprentis non seulement une formation technique. XIIIème et XIVème siècles semblent en effet être restés encore très proche de cette formulation de Platon. et en elle. Cette connaissance. moyen de reconnaissance immédiate. mais une Connaissance. et de la Nef au Chœur. et pour donner à ses disciples une éthique de vie. René Guénon la décrit « intuitive et immédiate. en même temps que les symboles leur permettaient de mémoriser leurs procédés géométriques. dans la Musique des Sphères. Et c’est celui que voulaient nous faire suivre les Compagnons. ce contact total et parfait d’emblée. dans la République : « Si la Géométrie oblige à contempler l’Essence.(fig. en passant par la grande civilisation arabe de Perse. elle ne nous convient pas…Ne faut-il donc pas convenir encore de ce qu’elle a pour objet la Connaissance de ce qui est toujours et non de ce qui naît et pérît. le premier. la race des Hommes est divine ! La Nature sacrée leur révèle les plus secrets 10 . La Tradition Néo-Platonicienne de la Connaissance Les Compagnons des XIIème. sans doute en raison du vide scientifique imposé en Europe par les Barbares. une «petite étincelle» selon le mot inventé par Maître Eckhart. du carré au carré long puis au cercle. de la Terre au Ciel en passant par le Carré Long. soif d’une compréhension intuitive et globale. Si elle s’arrête au devenir. entre l’Empire romain et la Renaissance. puis l’Eglise. à mon sens de commencer par faire cette distinction : qu’est-ce qui est toujours. nous lance sur cette voie dans ses vers dorés : «Ayez courage. la Géométrie est en effet la connaissance de ce qui est toujours… » Ainsi la Géométrie est-elle aussi l’accès à cet autre monde au-delà du monde matériel. le sujet et l’objet sont unifiés et identifiés. Pythagore. Elle nous apprend que la seule possibilité de Connaissance de cet Un essentiel c’est qu’il y ait en nous une émanation de l’Un. comme le souligne René Guénon dans ses Etudes sur la FrancMaçonnerie et le Compagnonnage. ancêtre étymologique et sémantique du mode essentiel d’expression et de compréhension des Maçons spéculatifs. que ne satisfait pas le dogme religieux de l’Eglise toute puissante. enseigne que le seul mode de Connaissance de cette transcendance c’est l’identité qui se crée entre le connaissant et le connu. mais des outils pour vivre. depuis Platon jusqu’à nos jours. 7) Ce chemin. elle nous convient. à ce monde originel des idées que Timée décrit à Socrate : « Or il y a lieu. non seulement des outils pour travailler. de même les compagnons ont élaboré une symbolique de la relation de la Terre au Ciel. qu’illustre pour nous le «symbolein» grec. Il est d’ailleurs frappant de constater le peu de distance temporelle entre Pythagoriciens et Compagnons de l’époque des Cathédrales. des réponses à l’inexpliqué du monde. est celui que nous suivons en entrant dans les Cathédrales. De la même manière que Pythagore transposait l’usage de ses outils géométriques pour imaginer. Il est aisé d’en convenir. » Toute une lignée de philosophes. s’opposant en cela à la connaissance discursive et médiate de l’ordre rationnel…Elle est à la fois le moyen de la Connaissance et la Connaissance elle-même. Car. ces compagnons pratiquaient le symbolisme de la Science sacrée. sans jamais devenir. mais intellectuellement pure.

Omar Khayyâm (1048-1123). en décrivant le processus de l’émanation par lequel les réalités inférieures se déduisent des réalités supérieures. sans doute son plus célèbre ouvrage. c’est à dire aux cubes et aux objets qui ont de la profondeur. Al Kitab al Shifâ. et l’âme en est une forme… Et cette activité issue de l’Etre est devenue l’âme. tandis que l’esprit restait identique à lui-même. au cœur du monde arabe. une expression poétique inséparable du mode d’intuition de la Connaissance qu’ils transmettent : « Ceux qui par la Science vont au plus haut du Monde Qui. C’est ce parallèle que Platon développera largement dans l’allégorie de la caverne. en Egypte puis à Rome. que cette science n’est pas encore découverte…» Platon pouvait-il imaginer qu’un millénaire et demi plus tard. Platon poursuit dans la République l’étude de la Connaissance. plus d’un demi-siècle plus tard. le connaît et montre qu’elle est douée d’intelligence . C’est vrai. Socrate. En regardant d’où elle vient. la réflexion sur l’âme humaine de Platon dans le Timée. parce que la Connaissance perçoit la chose permanente universelle et s’unit à elle. dans la République. ils voient distinctement et montrent qu’ils sont doués de vue nette… Conçois donc qu’il en est de même à l’égard de l’âme . Avicenne. incorruptible et la mort n’aura plus de prise sur vous». traduisit lui aussi sa mystique en poèmes. vous serez Dieu. mais il me semble. (980-1036). après Al Kindi (796-870). parce qu’il est comme l’Un. comme un chemin ascendant : « Cet esprit. L’âme. elle. mais quand elle les porte sur ce qui naît et périt. Plotin reprendra. outre le Canon de la Médecine. et prolongèrent décisivement la quête platonicienne de la Connaissance. les savants iraniens qui mettraient au point la résolution des équations du troisième degré appartiendraient à cette école de penseurs et de savants qui tout à la fois créèrent l’algèbre.» En d’autres termes l’âme humaine est appelée à contempler ce monde originel et éternel des idées. fait partie de ceux qui développèrent à côté de leur écrits scientifiques. elle le comprend. Al Khwarismi (790-840). il y avait ajouté une science encore inconnue : «L’ordre exige qu’après ce qui est élevé à la seconde puissance on passe à ce qui l’est à la troisième. étape indispensable dans l’héritage de Platon et des Néo-platoniciens : « Il faut que l’on sache que la perception du concept par l’Intelligence est plus forte que la perception du sensible par le sens. et elle devient identique à elle d’une certaine 11 . de leur recherche philosophique et mystique. pareils aussi à la coupe du ciel La tête renversée. vous arriverez dans le plus pur éther. quand elle fixe ses regards sur ce que la Vérité et l’Etre illuminent. par l’Intelligence scrutent le fond des Cieux Ceux-là. immortel. en la comparant la Lumière : « Lorsqu’on tourne les yeux vers des objets qu’illumine le Soleil. crée des choses identiques en déchargeant une grande force. mais surtout écrivit le fruit de sa recherche métaphysique. décrivait les moyens nécessaires à cette Connaissance. elle n’a plus que des opinions. vivent dans leur vertige » Abou Ali Al Hossein Ibn Sinâ. et non ce qui appartient au monde corporel d’ici bas. crée sans rester identique. elle s’en remplit…» Quand Socrate. Al Farabi (870-950) et Firdoussi (933-1023). sa vue s’émousse. processus que la Connaissance reprend à l’envers. mettant en première place la Géométrie. après avoir abandonné votre corps mortel.mystères… Et quand.

obtint sa maîtrise de Théologie à Paris en 1302. et tous les hommes aspirent par nature à la Connaissance…Et c’est bien ce que Notre Seigneur entend quand il dit qu’un homme noble s’en fût : noble parce qu’il est un et que dans l’Un il connaît également Dieu et la créature. » Selon Henri Corbin. les Trois sont Un. Echec et mat Temps. Dans le temps et dans l’espace il fut ainsi très proche de nos ancêtres Frei-maurer. « Il est une autre façon de comprendre et d’enseigner ce que Notre Seigneur entend par «Homme Noble». coule le très suave Esprit à mesure très égale. Celui qui le premier considéra l’âme comme «une petite étincelle» de la Lumière divine consacra la totalité de ses sermons aux conditions nécessaires pour que l’âme atteigne à la pure Connaissance de l’Un. Des deux un fleuve d’Amour le feu.» Lui aussi allie à ses sermons et à ses essais théologiques des poèmes. Lui seul sait ce qu’il est Des Trois la boucle est profonde et terrible. Il identifie ainsi une Gnose Islamique. formes et lieu ! 12 . qui le verra condamné pour hérésie par l’église catholique. il personnifie bien la poursuite de cette quête de la Connaissance. Celui qui lui est justement inspiré par le désert nous ramène en un éclair à l’image du cercle et de son centre : « Au commencement. On doit savoir en effet que ceux qui connaissent Dieu sans voile connaissent en même temps que lui les créatures. comme il y eut une Gnose Chrétienne. là est le Verbe O le trésor si riche où le commencement fait naître commencement ! O le cœur du Père d’où à grande joie sans trêve flue le Verbe ! Et pourtant ce sein là en lui garde le Verbe. l’Un dans l’Un et. l’Un. Ibn Al Arabi (1165-1240) explique que le Savoir des Religieux est basé sur la Loi de Muhammad. avant de devenir Vicaire Général de Teutonie. il n’y a pas de comparaison entre elles. Il n’en est pas de même pour le sens à l’égard du sensible. au-delà du sens. on le connaît également au plus haut point…Là où l’âme prend forme dans la pureté première.manière. de tradition iranienne. «Les Maîtres disent que l’être et la Connaissance sont tout un . Car ce qui n’est pas on ne le connaît pas non plus. là où tout emploi d’un nom est exclu. à Strasbourg. » Maître Eckhart OP (1260-1328). jusqu’ici. Quoi ? Le sais-tu ? Non. n’a rattaché la pensée de Maître Eckhart à la Gnose. et Hermès. dans l’impression de la pure essentialité. figure derrière laquelle on devine. puis fut prieur de la province d’Erfurt. là où elle peut goûter Dieu avant qu’il n’endosse la vérité ou la cognoscibilité. c’est là qu’elle reçoit l’être dans l’égalité… Notre Seigneur dit par la voix du prophète Osée : Je conduirai la noble âme dans un désert et là je parlerai à son cœur : L’Un avec l’Un. dans la tradition islamique celles de Enoch. car la Connaissance est une Lumière de l’âme. alors que la Connaissance des Philosophes Islamiques est fondée sur la Loi d’Idris. inséparable. mais plus proche de nous et de nos prédécesseurs opératifs. Al Waled. Personne. l’Un de l’Un. dans l’Un. Aussi la délectation qui doit venir de notre Connaissance est supérieure à la délectation qui nous vient de la sensation . Ce contour là jamais sens ne saisira : Là règne un fond sans fond. éternellement Un. des deux le lien aux deux commun. qui reprend ici le mot même d’Avicenne. C’est vrai. presque jusqu’à sa mort. mais ce qui est au plus haut point. Seth. elle la perçoit de l’intérieur et non extérieurement.

par la langue et la religion. au XIXème siècle en particulier. nous a été léguée par ces quelques hommes. Cet art faisait appel à la visualisation de symboles. en quelque sorte en creux. Un apprentissage long. un carnet de croquis semblable à celui que nous a légué Villard de Honnecourt. et de l’environnement spirituel dans lequel ils vivaient. par leur soif quasi mystique de cette Connaissance. Alsace. qui découlent naturellement. avec par exemple les documents statutaires de Strasbourg (1315) et de Ratisbonne (1459). cette recherche de l’harmonie entre ce qui est en haut et ce qui est en bas dans une perception intuitive du monde spirituel.Le cercle merveilleux est jaillissement. entre autres le Livre des métiers du prévôt de Paris (1268). Ecosse et Angleterre. et. intellectuel. mais si proches par leur pensée. dont notre Franc-Maçonnerie actuelle a hérité. sans doute. est aussi très présente dans l’Art des Compagnons. héritière de la Gnose sans être gnostique. à partir des écrits et décisions de leurs ennemis. son centre reste immobile… » Cette quête mystique qui nous ramène à la symbolique du cercle au détour d’un poème. pour retenir ces multiples constructions. à partir des témoignages de leurs successeurs. comme je le suppose. et qui ne se trouvent conservées naturellement dans aucun livre. à partir des écrits de leurs Frères. car il s’agit d’apprendre un art à la fois manuel. 7 ans. des expressions telles que « J’ai vu les trois cercles enfermant le cube sur les deux colonnes ». le manuscrit Regius (1390). voisins ou successeurs. d’ailleurs confinés le plus souvent dans les scriptoriums des Abbayes. et sacré. du fait de l’absence de livres mais aussi de ce que la plus haute spiritualité commandait tout l’enseignement. si fortement présente dans la spiritualité de cette époque. par la géographie. qu’ils nous ont légué. Celui-ci était purement oral. éloignés les uns des autres par les siècles. et peut-être aussi par les démêlés qu’ils ont eus avec les intégristes de leurs églises respectives. et dans le mode de transmission de la Tradition. tel un précieux secret. puisqu’il semble qu’ils n’ont laissé aucune trace écrite directe. Un apprentissage long. et sur de très nombreuses figures usant de l’Equerre et du Compas. à des phrases mnémotechniques que seraient. les statuts Shaw(1598). La transmission Traditionnelle de la Connaissance et des savoirs Nous voyons vivre les Compagnons de cette époque. que nous avons tenté de mettre en évidence. Peu d’apprentis par Maître. entre autres manuscrits et archives de Loges retrouvés en Allemagne. Cette vision de la Connaissance spirituelle. basé sur l’Art du Trait et de la Mémoire. Nous les voyons vivre à partir de ce qui nous reste des traditions antérieures. Mais nous apprendrons surtout en comprenant leurs modes traditionnels de transmission. Sans doute d’aucuns gardaient par-devers eux. fécondé par cette Connaissance. Frei-Maurer ou Free-Masons. basé sur la géométrie. à la fois de l’environnement objectif de cette époque et des Savoirs des Compagnons. de 13 . peut-être dans quelques manuscrits. de Maître à Apprenti. Et nos prédécesseurs opératifs ont été intégralement part de cette Tradition. l’édit de Villers-Cotterêts (1539) ou la condamnation de la Sorbonne (1655). le Cooke(1410). le bien le plus précieux à protéger et à transmettre. qui ne peuvent à cette époque justifier d’aucune démonstration mathématique.

et pour éviter de disséminer. Ce secret initiatique s’est accommodé. comme le relève justement Matila C. au secret d’appartenance. mots. pour nous. et par voie de conséquence aux signes. était en outre dramatiquement nécessaire. comme l’est devenue pour nous «Comment êtes vous devenu Maître Maçon ? En passant de l’Equerre au Compas». Et quoi de plus naturel que d’utiliser pour cette transmission le langage. maçons spéculatifs. mais aussi pour garder cet art à l’écart du bûcher des inquisitions qui condamnèrent aussi bien les détenteurs de ces savoirs que les mystiques de cette Connaissance.. pour qu’un nouvel apprenti ne mette pas en péril ce compagnonnage qui devait continuer à prospérer et à vivre malgré la pression croissante des pouvoirs publics et des corporations. Mais il est sans doute vraisemblable que les Enfants de Salomon se reconnaissaient aussi comme tels par la simple reconnaissance de leur art. mais une nécessité…» En outre on imagine bien que le « Je ne sais ni lire ni écrire. héritiers des Compagnons et des maçons opératifs? Passer de l’équerre. Cette éducation. de bouche à oreille. sculpter. au compas.. Ce long apprentissage.. de ces Compagnons. de techniques initiatiques et professionnelles. Là encore. et le moyen d’existence. Ghyka : « Sans l’invention de l’imprimerie. lorsque la lettre précédente était assimilée « . dont la tradition nous est restée. Une absence de livres et de manuscrits dus aussi à cette interdiction de graver. n’aurait eu de sens.. la portée de ce secret initiatique était bien amplifiée par le fait qu’une de ces constructions géométriques.Donne moi la première lettre je te donnerai la suivante ». tracer.bouche à oreille. mais sans doute plus tard. a conduit le Compagnonnage à la clandestinité. Le passage de l’Equerre au Compas Quelle signification a donc ce passage de l’équerre au compas. celtiques ou Pythagoriciennes. d’une éthique de vie. ou par la réaction immédiate à l’usage d’une de ces phrases mnémotechniques qui en devenaient autant de phrases de reconnaissance. de galvauder. de quelques moyens mnémotechniques gravés. Cette pression croissante. et attouchements. 14 . lui apportant personnellement l’étape suivante de son enseignement lorsque cela semblait possible. précisée d’ailleurs par les devoirs. base de la construction du carré. outil qui sert à tracer le cercle. le symbolisme même des outils et des techniques du métier. l’architecture serait encore restée ésotérique. comme il nous arrive de le faire lors d’une réunion ou d’une rencontre de travail profanes. la transmission des principes et des procédés par ‘initiation’ professionnelle était non pas le résultat d’un amour inexplicable ou puéril de l’occulte. ce savoir-faire qui restait la profonde valorisation. éventuellement dévoilée. comme j’imagine par exemple que l’est la Pendule à Salomon. certes. exotérique ou ésotérique. Le maître se devait donc d’être très présent pour son apprenti. semble avoir été la transmission tout à la fois d’une spiritualité. car en l’absence de textes imprimés accessibles à tous. qu’incompréhensible au non initié. suivant en cela des Traditions anciennes. en même temps que d’un savoir-faire. Leur apprendre «à respecter puis à connaître de ce grand art de Géomètre la Science et le Noble Esprit» dit le Regius. d’un petit nombre d’apprentis très proches du Maître. conduisant à des interdictions successives. » de l’apprenti n’était pas seulement symbolique à cette époque.

en voyant en quelque sorte des courbes au lieu des droites. à la nuit tombée. et le compas. Que ce que nous croyions être une surface plate est en fait une sphère. élevons-nous un peu au-dessus de la surface de la Terre. inspectant un chantier. Cet effort permanent pour arriver à voir les événements de sa vie ou de celle des autres. celui-ci est introuvable. et du cercle au carré. à bord de la navette spatiale ou d’un satellite. où il construira le célèbre Labyrinthe. symbolisée par le carré de la matérialité. Le « G » que les compagnons ont inséré entre l’équerre et le compas. tracée avec des arcs de cercle et des angles courbes. comme la quête de l’interaction permanente entre le monde terrestre du carré et de l’équerre. On pourrait sans doute l’appeler le crime d’Hiram. «Il ne se passera guère de temps avant que Talos ne dépasse Dédale. De même qu’en prenant un peu d’élévation nous avons constaté que ce que nous pensions être des droites et des angles droits étaient en fait des arcs de cercles et des angles courbes. objet de quête initiatique. en quelque sorte le Hiram grec. il précipite Talos dans le vide. tracé avec des droites et des angles droits. que. Dédale. le maître d’architecture de l’école d’Athènes. que notre précarré. un monde spirituel. En fait. avec la vision d’en haut et non celle d’en bas. Dédale et Talos ne font 15 . En effet. ne pourrait-il donc signifier aussi Graal? Ce passage de l’équerre au compas qu’illustre la quadrature du cercle nous amènera ainsi à une conversion du regard et à une perception de plus en plus profonde de la réalité spirituelle au cœur du monde temporel. et de construire un monde meilleur. et situent donc notre recherche d’une compréhension spirituelle du monde matériel comme une quête. de son pays ou de son entreprise. de même dans un déclic du regard nous pouvons passer aussi de l’équerre au compas en découvrant que la surface de la Terre sur laquelle nous tentons de trouver notre chemin. Ces trois tables ne peuvent manquer d’évoquer immédiatement le Graal. a transformé Talos en un vanneau. jeune et pauvre fils de sa sœur. quant à lui. qui s’est envolé vers le ciel. comme nous au cœur de l’Etoile Flamboyante. nous pensions être un terrain de football. que la Terre est ronde. il en est la continuité. Ce mythe a beaucoup de liens symboliques avec le mythe d’Hiram. que c’est en fait un reflet du royaume du compas. et le monde transcendant du cercle et du compas. Mais voila qu’un jour. et à l’occasion d’une prétendue inspection des remparts. carrée.» Notre maître architecte ne peut supporter cette concurrence. le nez collé à la glèbe. est à mon sens le vrai passage de l’équerre au compas que doit accomplir le Maître Maçon. est une surface courbe. dans la compréhension symbolique du mythe. ceux de sa ville. n’est qu’en apparence le royaume de l’équerre. Bien sur. Nous constaterons alors. regardons de plus haut. inventeur de l’équerre. à celui du Ciel ? C’est ce que nous confirme le mythe grec de Dédale et de Talos. comme Galilée. et ronde. au cours de sa chute. Cette conversion du regard nous permet de voir comment il y a en permanence derrière la matérialité apparente de la vie.. symbolisé par le cercle. symbolique du passage du carré au cercle. et surtout le compas. Athéna. avec les yeux de la spiritualité et non ceux de la matérialité. ou une autre facette. rectangulaire. plus largement. qui a inventé nombre de nouveaux outils. dont on a vu qu’il se faisait par les trois tables. déesse de la Sagesse. est unanimement respecté.est bien une autre expression symbolique de cette quadrature. Mais lorsque qu’il arrive au pied des murailles pour cacher le corps.. et prenant un peu de recul. il entend deux ouvriers s’émerveiller devant les qualités d’architecte de Talos. Dédale. sera exilé à Cnossos. L’équerre appartiendrait-elle donc au Royaume de la Terre.

les ailes brûlées. le Grec et le Salomonien. aux courbes et aux cercles par lesquels l’astronome mesure le mouvement des astres. le coté Equerre du Maître que nous sommes. à travers cette mort intérieure. symbole grec de l’immortalité. comme l’hirondelle de l’été célébrée par la chanson de Genevois la Fraternité de Pleinpalais. mêlant intimement le Laurier. sur lesquels il convient de méditer en silence ». » Le cinquième degré. de la connaissance spirituelle et de la divination. donnant la nourriture. Dédale. Et c’est sous le signe de Talos et du compas que nous entreprenons notre quête de la Connaissance. ce miroir que Socrate tendait à ses interlocuteurs. et l’Olivier. continue à s’échiner dans un Labyrinthe. alors qu’il aspirait à la hauteur du Soleil. tandis que Talos. que l’on ne lit sans doute pas assez souvent. disait-il. Maître parfait. comme l’oiseau Talos. sur le chemin qui conduit traditionnellement à la Connaissance. Mais quelle douleur pour Dédale de voir son fils Icare projeté au sol. L’instruction au grade de maître. la lumière et la paix. Il faut qu’une partie de soi passe par la mort pour entamer son ascension vers le ciel. tu es l’image de notre Liberté. du domaine du tangible à celui des idées. et monter jusqu’au firmament. Ton cri joyeux est le salut souriant aux bâtisseurs avides de clarté. symbole Hébreu de l’arbre à huile. tant que durera cette ignorance il me semblera ridicule d’approfondir d’autres questions. accentue encore cette signification en se fixant sur la symbolique de la quadrature du cercle. » Ainsi se sont liés et répondus deux mythes. C’est sous ce double signe. de même qu’Hiram et les trois compagnons ne faisaient qu’un. et il ajoutait. Une fresque de la maison des Mystères à Pompéi met en scène le myste à qui l’on montre dans le miroir non pas son visage. vers la Connaissance spirituelle. Enfin le passage du M par dessus le tombeau fait allusion à de plus grands mystères.. « Gentil oiseau qui maçonne et nous vient d’orient. ceux du M enjambant le corps d’Hiram. peut jouir de la liberté du ciel.qu’un. transformé par sa mort. décrivent une courbe qu’on trace au compas : c’est donc le passage de l’équerre au compas. des lignes et des angles par lesquels le géomètre mesure la surface de la Terre. je ne suis pas arrivé à la connaissance de moi que prescrit l’Oracle de Delphes. alors que la partie compas. symbole . son neveu et concurrent. monte progressivement vers la transcendance. sur le passage permanent du carré 16 .» Ce miroir on le trouvait déjà dans les plus anciens mystères. comme pourrait se tresser une couronne de Laurier et l’Olivier. comme un petit oiseau. mais un masque de vieil homme. Vous commencez maintenant à pénétrer dans les hautes sphères de la connaissance spirituelle. Dédale et Hiram. Ce passage de l’équerre au compas est celui que nous avons franchi an accédant au degré de Maître secret : « Vous êtes passés de l’équerre au compas. nous parle aussi de cette connaissance : « Tandis que les pas de l’App et du Comp se font au ras du sol. «Jusqu’à maintenant. que le R E A A entraîne le Maître. La Quête de la Connaissance en Loge de Perfection La toute première expérience du nouvel initié qui vient de recevoir la Lumière dans la chaîne d’union est l’expérience du miroir..

sans révéler les secrets des grades. nous trouvons donc bien non pas un savoir. Le rituel moderne rappelle que chez les anciens des temples divers ont été consacrés à des dieux différents. Il s’agit alors bien d’une Connaissance du Cercle et de sa Quadrature qui n’a plus rien à voir avec les Savoirs géométriques et mathématiques. ou de cette transcendance et de cette immanence. La clef que nous recevons est bien la clef du lieu de la Connaissance. nécessairement toujours le même sous des noms différents. profonde. relation de soi-même avec l’Absolu. citant d’anciens rituels. c’est à dire à cette notion de l’Un. ce qui nous suggère une différence entre la Connaissance. cette révélation en sa conscience philosophique. Le septième degré. si son intelligence n’était pas une émanation de la cause première ». qui permet de vivre intimement le lien entre ce qui est en haut et ce qui est en bas. est en l’Homme. écho de l’unité retrouvée entre la « petite étincelle » et l’infiniment Un. est celui de la Connaissance cachée. Puisque le sixième degré. secrète. donc de la Transcendance se situe dans le cœur de l’initié. L’initié découvre cette vérité. le vert de la Table d’émeraude. et les savoirs ou la perception. nous apprend qu’ainsi. Le vert qui domine l’ensemble de ce grade. nous conduit à comprendre que la Connaissance à laquelle nous sommes appelés c’est celle de ces deux transcendances croisées. qui unit ce qui est en bas avec ce qui est en haut. symbole de cette Transcendance de l’architecture de l’Univers. étaient tous consacrés au même dieu. symbole de ce qui est l’Essence même de l’Univers. Unité de la Grande Architecture de l’Univers. mais ce lieu. Paul Naudon. du cercle de l’Infini au carré de la matérialité. par la victoire sur soi-même. nous incite tous. du Lieu de la Parole. à jeter un coup d’œil sur les degrés futurs. le Maître secret est invité à la «réalisation du principe élevé qui est en nous et non en dehors de nous». symbolise bien que la Connaissance du Temple. à relever ici ou là. tous symboles de l’univers. ne pourrait dérober à la Nature ses secrets les plus cachés. Maître par curiosité. symbolisés par le Grand Architecte de l’Univers. du seul Lieu où est prononçable le nom de celui qui est. que tous pourront néanmoins trouver dans tous les bons tuileurs. ce Saint des Saints. L’initié comprend que «l’Homme. je me sens autorisé. le Grand Maître Architecte trace les plans du Temple. Au cœur de la Tradition que nous ont légué nos prédécesseurs opératifs. mais qu’en réalité ces temples de pierre. de pierre blanche en pierre blanche. ni créer les Sciences et les Arts. La clef que nous recevons est bien celle du Saint des Saints. mais qui est la Connaissance de la relation intime entre les choses du ciel et celles de la terre. que sont le principe créateur ou l’ordre de l’Univers. infini suprême. ce Saint des Saints est en nous. si je puis dire. Au douzième degré. en quelque sorte. mais la Connaissance profonde de soi-même et de sa propre relation avec l’Univers et les Dieux. dans son assimilation entre les plans du Temple et le cœur d’Hiram. être fini. prévôt et juge. dans la succession des degrés de la Loge de Perfection. quelques autres pierres blanches qui nous éclaireront encore. symbolisé par l’Agapè.de la Terre au cercle du Ciel. ainsi qu’il est gravé sur la Table d’Emeraude : «Ce qui 17 . Là est pour lui la clef de la Connaissance. Ainsi notre chemin de Petits Poucets. et le lien d’amour qui unit tous les hommes. en parcourant le chemin de la Loge de Perfection.

est en bas est comme ce qui est en haut. pour réaliser le mystère de l’Unique.» 18 .