Madame Christiane TirimagniHurtig

La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 : épuisement ou
impasse ?
In: Revue française de science politique, 24e année, n°2, 1974. pp. 309-327.

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Tirimagni-Hurtig Christiane. La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 : épuisement ou impasse ?. In: Revue française de
science politique, 24e année, n°2, 1974. pp. 309-327.
doi : 10.3406/rfsp.1974.418677
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1974_num_24_2_418677

Abstract
The end of the 1965 Indo-Pakistani war: exhaustion or dead-lock?, by Christiane Tirimagni-Hurtig
The end of the 1965 Indo-Pakistani war appears to be perfectly applicable to the analytic model
proposed by J.-P. Derriennic, for the salient features of the end of this conflict are: the timing of the
cease-fire (shortly before the eventual internationalisation of the conflict) - the circumstances in which
both the cease-fire and the subsequent Tashkent settlement were established (through intervention by
the Great Powers without clear victory having been obtained) - the substitution of Soviet mediation for
the bilateral type of settlement envisaged by the Security Council. In reality, though, the timing of the
cease-fire can hardly give rise to a comparative analysis of the costs and stakes in that it was imposed
by the Great Powers and, from the standpoint of the only Power capable of continuing hostilities - India,
was in line with the policy it had already decided. As to the circumstances of the settlement and the role
played by Soviet diplomacy, closer examination shows that in this specific case intervention by the
Great Powers in order to prevent the conflict from reaching a higher level froze the situation less than
between 1957 and 1963, because this time the United States agreed not only about the need to limit the
conflict, but also about the balance of power to be maintained in the sub-continent, and it is this that
explains the success of Soviet mediation.
[Revue française de science politique XXIV (2), avril 1974, pp. 309-327.]
Résumé
La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 : épuisement ou impasse ?, par Christiane TirimagniHurtig
La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 semble devoir s'appliquer très bien au modele d'analyse
proposé par J.-P. Derriennic car les faits saillants de cette fin de conflit sont : le moment où est
intervenu le cessez-le-feu (peu avant l'éventuelle internationalisation du conflit) - les conditions dans
lesquelles ont été instaurés et le cessez-le-feu et le règlement ultérieur de Tashkent (par intervention
des grandes puissances et sans qu'il y ait eu une victoire nette) - la substitution de la médiation
soviétique au mode de règlement bilatéral envisagé par le Conseil de sécurité. Mais, en réalité, le
moment du cessez-le-feu ne donne guère lieu à une analyse comparée des coûts et des enjeux dans la
mesure où il était imposé par les grandes puissances et où il correspondait, pour la seule puissance
capable de continuer la guerre, l'Inde, à une ligne politique déjà arrêtée. Quant à l'étude des conditions
du règlement et du rôle joué par la diplomatie soviétique, elle fait apparaître que, dans ce cas précis,
l'intervention des grandes puissances pour empêcher le conflit de passer au niveau supérieur a moins
gelé la situation qu'elle ne l'avait fait entre 1957 et 1963 parce que, cette fois, les Etats-Unis étaient
d'accord non seulement sur la nécessité de limiter le conflit mais aussi sur l'équilibre des forces à
maintenir dans le sous-continent, ce qui explique le succès de la médiation soviétique.
[Revue française de science politique XXIV (2), avril 1974, pp. 309-327.] intervention by the Great
Powers in order to prevent the conflict from reaching higher level froze the situation less than between
1957 and 1963 because this time the United States agreed not only about the need to limit the conflict
but also about the balance of power to be maintained in the sub-continent and it is this that explains the
success of Soviet mediation .Revue fran aise de science politique XXIV 2) avril 1974 pp 309-327.

LA FIN DES CONFLITS ARM LA FIN DE LA GUERRE DE INDO-PAKISTANAISE 1965 épuisement ou impasse CHRISTIANE TIRIMAGNI-HURTIG QUELQUE MOMENT ON LA SITUE la fin de la deuxième guerre indo-pakistanaise de 1965 pu paraître déconcertante car elle consacré ni une victoire ni une défaite elle pas résolu le différend vieux de dix-huit ans dont elle était le produit et son règlement final néanmoins été considéré comme un succès de la diplomatie soviétique En réalité si on fait abstraction du côté théâtral de annonce du cessez-le-feu que Bhutto ministre des Affaires étrangères du Pakistan accepté devant le Conseil de sécurité au moment même où le conflit armé semblait devoir étendre aux Etats-Unis et la Chine et de la résonance dramatique donnée la déclaration de Tashkent par la mort du Premier ministre de Inde Lai Bahadur Shastri aucun des aspects frappants de cette fin en deux temps est très surprenant Aussi bien si elle retenu attention est surtout parce que son caractère spectaculaire contrastait avec la quasi-clandestinité du début des opérations armées Pourtant la qualité du spectacle pas tenu entièrement la mise en scène le ressort dramatique été fourni par la nature de enjeu au moment du cessezle-feu comme celui du rebondissement de Tashkent si intérêt est renouvelé entre les deux est que le jeu des acteurs est demeuré ambigu en dépit des contraintes qui pesaient sur eux Ceci justifie que on interroge encore sur les circonstances du cessez-le-feu sur ses dispo sitions et surtout celles de la déclaration de Tashkent et sur les négociations Malheureusement la chronologie étant un des éléments explication essentiels il est nécessaire de retracer en partie le dérou lement une crise déjà maintes fois analysée Absurde dans sa formulation la caractéristique principale du cessezle-feu paraît être il failli intervenir trop tard autrement dit que 309 .

La fin des conflits armés les belligérants ont poursuivi les hostilités un point extrê mement dangereux de escalade et que ce point franchi ils auraient pas eu de raisons propres de les interrompre En effet le cessez-le-feu est intervenu au moment où entrée en guerre de la Chine semblait imminente et les Etats-Unis avaient averti la Chine ils soutiendraient Inde au cas où celle-ci aurait faire face une double menace Un bref appel de évolution du conflit devrait montrer comment la situation pu paraître critique mais aussi comment en fait elle avait déjà cessé de être au moment où opinion mondiale craignait le pire Si la guerre proprement dite commencé au mois de sep tembre 1945 des groupes armés par le Pakistan1 et entraînés la guerrilla avaient commencé infiltrer dès le août le long de la ligne de cessez-le-feu séparant Azad Cachemire Cachemire libre) ou Cachemire sous domination pakistanaise du Cachemire indien ancien Etat princier du Jammu et Cachemire était en effet divisé depuis le cessez-le-feu du 1er janvier 1949 conclu la suite de la guerre déclenchée par invasion du Cachemire par les tribus pathanes de la frontière du Nord-Ouest pakistanaise en octobre 1947 en deux parties placées une sous autorité indienne autre sous autorité du gouver nement pakistanais Du point de vue indien comme du point de vue pakistanais le Cachemire formait cependant un tout et est ce tout qui était contesté Le Pakistan faisait valoir que acte adhésion par lequel ancien maharajah du Cachemire avait conclu le rattachement Inde pour obtenir de Inde aide militaire dont il avait besoin avait été assorti une promesse de plébiscite de la part de Lord Mountbatten alors gouverneur-général de Inde et que par conséquent le ratta chement était conditionnel Inde après être montrée longtemps favorable un plébiscite condition que les troupes pakistanaises se retirent du Cachemire) estimait que la décision par laquelle Assemblée constituante librement élue du Cachemire indien avait le 17 novembre 1956 consacré le rattachement Inde avait valeur de plébiscite comme dans le cas des anciens comptoirs fran ais elle opposait donc au plébiscite et revendiquait la totalité du Cachemire Lorsque en août 1965 des éléments pro-pakistanais venant de Azad Cachemire Ce fait est mentionné dans le rapport fait par Thant au Conseil de sécurité le septembre Il est fondé sur les constatations des observateurs de 1ONU placés le long de la ligne de ie-feu De source indienne on indique que les infiltrateurs auraient été découverts par la dénonciation un jeune berger du Cachemire qui deux hommes auraient voulu acheter des cigarettes et que leur ignorance des prix aurait signalés comme étrangers et suspects Pour plus de commodité nous parlons du Cachemire pour désigner le Cachemire indien et de Azad Cachemire pour désigner le Cachemire pakistanais 310 .

La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 ou même du Pakistan étaient infiltrés dans la Vallée principal objet de contestation les autorités indiennes avaient entrepris diverses opérations pour cerner et désarmer ces groupes qui avaient pour mission de favoriser un soulèvement civil dans Etat du Jammu et Cachemire et organiser une guerre révolutionnaire Devant échec des incitations la révolte armée pakistanaise avait été amenée intensifier progressivement son aide ces groupes et des affrontements une gravité croissante étaient produits le long de la ligne de cessezle-feu Le 16 août Inde occupait trois postes pakistanais commandant la route Srinagar-Leh Ladakh dans la région de Kärgil au nord de la ligne de cessez-le-feu Le 23 août Y.B Chavan alors ministre de la Défense de Inde dénon ait devant le Lok Sabha chambre basse le soutien croissant apporté aux guérilleros par armée régulière pakis tanaise le 22 déjà armée pakistanaise avait fait une incursion au Cachemire indien Le 28 août après plusieurs avertissements les forces indiennes franchissaient la ligne de cessez-le-feu réoccupaient plusieurs postes situés le long de cette ligne et emparaient du col de ji Pir principale voie infiltration vers le Cachemire indien La seconde étape marquante de escalade bien elle ait été peu remarquée époque avait été le franchissement en force de la ligne de cessez-le-feu par les troupes pakistanaises le 1er septembre Les Pakistanais avaient cette occasion employé un régiment de chars Patton et Inde avait eu recours aviation autre date importante de escalade militaire celle qui été mise en relief par la presse mondiale avait été celle du septembre jour où les forces indiennes avaient passé la frontière internationale dans leur avance sur trois fronts en direction de Lahore Inde voulait ainsi faire relâcher la pression de armée pakistanaise au Cachemire où attaque dans la région de Chamb mena ait isoler la province de Jammu et de se prolonger en Inde même au centre de communications vital Akhnur Parfai tement justifiée sur le plan militaire cette riposte indienne devait avoir importantes conséquences sur le plan diplomatique et notamment sur le déroulement des débats au Conseil de sécurité Ce point pas être discuté ici mais signalons toutefois que la réprobation un certain nombre de pays et spécialement de la Grande-Bretagne3 contribué Le septembre un communiqué du gouvernement britannique transmis appel suivant de Harold Wilson Je suis profondément inquiet devant les hostilités croissantes entre Inde et le Pakistan et tout spécialement devant les nouvelles annon ant que les troupes indiennes ont attaqué hui le territoire pakistanais par delà la frontière internationale du Pendjab La dangereuse situation qui été ainsi créée peut avoir les conséquences les plus graves non seulement pour Inde et le Pakistan mais aussi pour la paix du monde 311 .

La fin des conflits armés au sentiment isolement de Inde et donc au durcissement de sa position Pendant que les combats intensifiaient ainsi activité diplomatique connaissait elle aussi une accélération Au communiqué transmis le 24 août par Thant et faisant état une grave et dangereuse menace pour la paix la lettre envoyée par Kossyguine Shastri Premier ministre de Inde et au président Ayub Khan avaient fait suite un appel de Thant au respect de la ligne de cessez-le-feu des messages personnels de Harold Wilson Shastri et Ayub Khan et les et septembre des appels au cessez-le-feu immédiat lancés par le Conseil de sécurité unanime La Chine dont le gouvernement avait le septembre publié une déclaration dénon ant agression indienne exprimant son soutien au Pakistan et avertissant solennellement le gouvernement indien il porterait la responsabilité de toutes les conséquences de son agression criminelle est vraiment intervenue que le septembre par une protestation adressée Inde contre une agression et une provocation indienne le long de la frontière du Sikkim La veille déjà aide militaire britannique et américaine aux belligérants avait été suspendue dans un effort concerté pour arrêter escalade4 Parallèlement le gouvernement soviétique avait dans un nouvel appel du même jour demandé Inde et au Pakistan de retirer leurs troupes en-de de la ligne de cessez-le-feu en soulignant que évolution des événements faisait le jeu des forces qui appliquaient opposer deux Etats récem ment décolonisés Après le septembre intensification des opérations militaires marquée par offensive indienne dans la région de Siaikot seconde base militaire pakistanaise après Rawalpindi) par des bombar dements et des parachutages pakistanais en divers points du Nord de Inde compris en Assam) devait provoquer une tentative de rapprochement Thant qui effectua une mission dans les deux capitales du au 15 septembre ainsi une offre de bons offices de URSS et surtout des mises en garde de URSS et des Etats-Unis adressées la Chine Les et septembre plusieurs pays avaient fait connaître leur position dans le conflit la plupart en faveur de la paix ou de négo ciations Ceylan Malay sie Ethiopie France Allemagne fédérale et exclusivement Cet embargo américain affectait alors essentiellement que linde parle ailleurs Pakistanplus dontdépendante armementdeétait la Grandepresque Bretagne dont le Pakistan ne recevait rien ce moment-là recevait également de arme ment soviétique et fran ais et fabriquait elle-même une partie de équipement dont elle avait besoin notamment le fameux avion Gnat qui permis son aviation de remporter des succès dont opinion indienne pour cette raison été très fière 312 .

Telle est la position de la Chine et elle ne sera jamais modifiée quel que soit le nombre de ceux qui pourraient vous venir en aide Américains révisionnistes modernes ou encore une ONU contrôlée par les Etats-Unis Le 18 septembre la date limite de ultimatum chinois avait été repoussée de trois jours et le 19 alors que le Conseil de sécurité mettait au point une résolution exigeant un cessez-le-feu entre en vigueur le 22 septembre GMT 12 30 heure du sous-continent heure de New York soit le jour de expiration de ultimatum chinois Kossyguine proposait pour la première fois Ayub Khan et Shastri de se rencontrer Tashkent pour négocier Le 21 septembre Inde acceptait le cessez-le-feu sous réserve que le Pakistan en fasse autant et des accrochages se produisaient la frontière du Sikkim semblant souligner imminence un conflit entre Inde et la Chine Ce est que dans la nuit du 21 au 22 que on devait apprendre quelques auraient La été Chine volés exigeait des Tibétains également par lalesrestitution Indiens ce de qui 800 moutons provoquéet une de 59 manifestation yacks qui où des troupeaux de moutons ont défilé devant ambassade de la Chine Delhi 313 .La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 avec précautions Algérie) quelques-uns en affirmant un soutien nuancé Turquie et Iran ou ferme Indonésie au Pakistan Mais seule la Chine avait réellement pesé sur évolution des événements Le 10 septembre agence Chine nouvelle critiquait Union soviétique accusant avoir toujours soutenu les visées expansionnistes de Inde sur le Cachemire et George Ball secrétaire Etat adjoint américain faisait état une possibilité intervention chinoise est pourquoi le 12 une décla ration autorisée de agence Tass contenait une mise en garde contre ceux qui visaient exciter les passions au moyen de déclarations et dont la politique contribuait envenimer le conflit Malgré cela et malgré les avertissements américains contenus dans une déclaration du secrétaire Etat Dean Rusk du 13 et réitérés dans des conversations secrètes Varsovie le lendemain la Chine adressait Inde le 16 un ultimatum exigeant le démantèlement installations militaires indiennes qui auraient été construites des fins agression la frontière du Sikkim La Chine demandait également que Inde cesse immédia tement toute intrusion dans la région de la frontière sino-indienne et de la frontière entre la Chine et le Sikkim donnait Inde soixantedouze heures pour démanteler les installations militaires en cause et rappelait Tant que le gouvernement indien opprimera le peuple du Cachemire la Chine ne cessera de le soutenir dans sa lutte pour autodétermination De même tant que le gouvernement indien pour suivra son agression contre le Pakistan la Chine ne cessera de soutenir ce pays dans sa juste lutte.

La fin des conflits armés heures intervalle que la Chine franchissait un pas dans la désescalade et que le Pakistan acceptait le cessez-le-feu En effet la Chine avait déjà annoncé par radio que Inde avait démantelé ses fortifications la frontière du Sikkim lorsque Bhutto arrivant New York après une réunion du cabinet pakistanais avait demandé être entendu par le Conseil de sécurité après avoir déclaré que son pays était prêt combattre mille ans pour la libération du Cachemire il avait quelques minutes après expiration du délai fixé par le Conseil lu un télégramme du président Ayub annon ant que dans intérêt de la paix le Pakistan acceptait le cessez-le-feu mais se retirerait de ONU si le problème du Cachemire était pas résolu 24 heures heure indienne le délai fixé par ultimatum chinois se passa sans incidents le cessezle-feu entra effectivement en vigueur le 23 et les troupes chinoises massées le long de la frontière commencèrent reculer le 24 Pendant les mois qui suivirent de nouveaux accrochages se produisirent chacune des parties essayant améliorer un peu ses positions Le 21 novembre Kossyguine renouvela Shastri et Ayub Khan son offre de les accueillir Tashkent pour des négociations bilatérales et cette offre fut rapi dement acceptée par Inde puis par le Pakistan Le rappel des événements qui ont immédiatement précédé le cessezle-feu semble montrer que la menace chinoise aurait pu se concrétiser La Chine avertie avance de la décision pakistanaise aurait fait savoir avant que cette décision devînt officielle que Inde avait déman telé ses prétendues fortifications afin de justifier son inaction Cette interprétation est autant plus vraisemblable que le gouvernement indien lui-même été averti avance de acceptation du Pakistan par un télégramme de Thant lui demandant de proclamer unilaté ralement le cessez-le-feu ce il refusé comme irréaliste) La nuit du 21 au 22 septembre donc été moins dramatique elle pu le paraître époque Deux questions demeurent cependant le Pakistan pouvait-il vraiment refuser le cessez-le-feu Si les combats étaient poursuivis la Chine serait-elle vraiment intervenue Sur le premier point il semble maintenant assuré que la réponse était négative Divers observateurs militaires ont remarqué que dans les derniers jours des combats armée pakistanaise plus durement atteinte que armée indienne par embargo sur les armes américaines économisait des munitions elle avait en stock que pour deux mois Cela impliquait évidemment pas que les combats dussent se terminer le 23 septembre plutôt que quelques jours plus tard mais compte tenu du fait que armée pakistanaise avait également perdu avantage la poursuite des opérations ne présentait guère intérêt La position 314 .

B Chavan Chavan répondu une interview que Shastri qui était plutôt favorable la prise de Lahore était incliné devant avis contraire des experts mili taires alors que lui-même aurait souhaité que on passât outre en raison de effet psychologique aurait eu la prise de la ville7 Toujours est-il que même si le gouvernement pakistanais ensuite présenté la situation au moment du cessez-le-feu comme lui étant favo rable Inde avait après le 16 septembre franchi en plusieurs points le système de fortifications installé le long du canal Ichhogil et protégeant Lahore et autour du 20 septembre elle avait remporté deux très importantes batailles une dans la région de Siaikot où son armée avait réussi occuper importantes lignes de communication pakistanaises et autre dans la région de Khem Karan où les forces indiennes en nombre inférieur8 étaient parvenues détruire un nombre important de tanks pakistanais En outre les 20 et 21 septembre armée pakistanaise avait échoué dans sa tentative de regagner diverses positions perdues sur les deux fronts de Lahore et de Siaikot opération politique ayant échoué il avait eu quelques mouve ments de révolte au Cachemire mais Inde avait jamais perdu le contrôle de la situation) la situation militaire tournant avantage des Indiens les combats ne pouvaient en aucune manière se poursuivre très longtemps et le Pakistan avait tout intérêt accepter le cessezNAYAR Kuldip) The critical years Delhi Vikas Publications 191 KRISHNAN T.V Kunhi) Chavan and the troubled decade Bombay Somaiya Publications 1971 147 De source indienne on dit que le rapport des forces était de il était moindre mais estimation pas été considérée comme très exagérée La caractéristique essentielle de la bataille de Khem Karan est que les Indiens ont su exploiter leur faiblesse en dissimulant leurs chars dans des champs de canne sucre alors que les Pakistanais utilisaient mal les chars Patton ils ont employés Pour cette raison elle est considérée comme une grande date par les Indiens 375 .La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 de force de Inde pas été très remarquée époque car depuis le septembre armée indienne semblait piétiner dans les environs de Lahore sans parvenir emparer de la ville Or il est un point qui semble maintenant tout fait certain est bien que les Indiens ont jamais voulu prendre Lahore ville extrêmement peuplée et bien défendue dont la capture et occupation aurait coûté très cher armée indienne sans il en résultât aucun avantage militaire décisif Le général Choudhury commandant les forces indiennes expliqué dans des déclarations et dans ouvrage il publié après la guerre il avait jamais voulu prendre Lahore Kuldip Nayar éditorialiste du Statesman un des quatre grands quotidiens indiens le confirme et selon T.V Kunhi Krishnan biographe de Y.

K Krishnan ou par Union soviétique sans doute mieux informée de existence de ce risque Toujours est-il que est dans cette région de la frontière que la pénétration chinoise avait été la plus désastreuse pour Inde en 1962 Mais surtout un calcul politique élémentaire rendait abstention plus bénéfique terme Le même genre de raison nement qui avait dicté au gouvernement indien sa modération dans la conduite des opérations militaires con ues plus pour détruire le potentiel militaire pakistanais et empêcher une nouvelle guerre que pour occuper des territoires 10 probablement joué en ce qui concerne le Pakistan oriental Car il est frappant non seulement que Inde pas cherché pénétrer mais elle de plus évité de se laisser entraîner le faire comme semblaient inviter les parachutages en Assam et le bombardement de Calcutta le septembre lequel ne 45 desAusuffrages Bengaleexprimés oriental dans Misscette Jinnah province candidate au lieude deopposition 25 environ avait au remporté Pakistan occidental) du 2410 septembre Cela étéainsi exposé que dans par lediverses général interventions Choudhury de dansChavan une conférence et Shastri de devant presse le Parlement indien En ce qui concerne invasion du Pakistan oriental S.La fin des conflits armés le-feu dans intérêt de la paix plutôt révéler au grand jour sa défaite potentielle Ces considérations étaient renforcées par le fait que le Pakistan oriental où les élections présidentielles du printemps avaient montré impopularité du régime9 était très exposé et que opinion bengalie marquait du ressentiment égard une politique inspirée par les seuls intérêts de élite dominante La guerre pour le Cachemire avait pas seulement placé le Bengale oriental la merci une éventuelle invasion indienne elle avait aussi interrompu une partie des commu nications entre les deux ailes du Pakistan ce qui nuisait économie du pays tout entier et rendait les mouvements opinion du futur Bangladesh difficilement contrôlables En fait le risque une invasion du Pakistan oriental jamais été très réel pour plusieurs raisons tout abord parce que même si le Bengale oriental était défendu que par une seule division pakista naise Inde aurait dû pour envahir utiliser des forces qui étaient stationnées dans Est du pays autant pour faire face une éventuelle menace chinoise que pour garder la frontière pakistanaise ensuite parce il semble bien que est précisément dans hypothèse de représailles indiennes au Pakistan oriental que la Chine serait intervenue Inde a-t-elle été avertie par les Etats-Unis comme indique T.V.M Burke explique également foreign policy An historical analysis 338 que la Chine avait prévenu les Etats-Unis Varsovie que si Inde attaquait le Bengale oriental elle interviendrait 316 .

La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 semble pas avoir été très important est entre le et le 11 septembre que le risque extension Est semble avoir été le plus grand est aussi le septembre que la Chine envoyé sa première protestation Inde contre une agression le long de la frontière du Sikkim et est les 12 et 13 septembre que URSS et les Etats-Unis ont pris de manière différente fermement position contre ingérence de Pékin Faut-il en conclure que dès ce moment-là hypothèse une entrée en guerre de la Chine était exclue est ce que pense Russel Brines 11 qui cite W.N Kaul de la préoccupation de Union soviétique devant la menace chinoise 13 En avril-mai 1965 un différend territorial portant sur le Rann de Kutch zone marécageuse la limite du Gujarat indien avait provoqué un affrontement entre troupes indiennes et pakistanaises Le cessez-le-feu conclu le 30 juin grâce aux bons offices britanniques prévoyait le retour des forces indiennes et pakistanaises aux positions elles occupaient avant le 1er janvier 1965 GOVERNMENT OF INDIA Foreign Aj airs Record 317 .K Nehru ambassadeur Washington et Dean Rusk issue de ces entretiens B.E Griffith absence action militaire chinoise montré que Washington probablement dissuadé la Chine attaquer Inde Il est possible et même probable comme semblent le penser la plupart des spécialistes de la Chine que le gouvernement chinois ne voulait pas courir le risque une confrontation avec les Etats-Unis qui comme le souligne Brines pouvaient frapper partir du Vietnam Mais partir de quel point ce risque devenait-il réel Même si on considère que la Chine poussé sa menace au point-limite partir duquel il lui aurait fallu courir un risque elle ne voulait pas assumer la preuve elle disposait une certaine marge appréciation et de man uvre est que des incidents ont effectivement eu lieu la frontière du Sikkim en dépit de argumentation du professeur Griffith Dans ces conditions toute erreur appréciation aurait pu concrétiser le risque est sans doute la raison pour laquelle le Conseil de sécurité accordé suffisamment de considération la menace chinoise pour lancer dans sa résolution du 20 septembre un appel tous les Etats pour ils abstiennent de toute action susceptible aggraver la situation dans cette partie du monde En tout cas ce qui semble important est que Inde cru la menace chinoise 12 Mais ce serait sans doute mal comprendre les motivations spéci fiques de la politique étrangère indienne que expliquer par ce seul fait la modération du gouvernement indien Certes opinion indienne rendue très amère par accord du 30 juin 1965 sur le Rann de Kutch 13 11 BRINES Russel) The Indo-Pakistani conflict London Pall Mall Press 1968 377 12 Le 17 septembre des entretiens ont eu lieu entre T.N Kaul ambassadeur de Inde Moscou et Kossyguine ainsi entre B.K Nehru déclarait il croyait la Chine en train de se préparer attaquer Inde En outre selon AFP Kossyguine aurait fait part T.

La tin des conflits armés aurait souhaité aussi bien la prise de Lahore une victoire nette sur le Pakistan Mais il faut tenir compte du souci constant de Inde de justifier son rôle sur la scène internationale Linde toujours affirmé sa volonté de paix avec autant de force que sa résolution de conserver la vallée du Cachemire14 il agisse de son attitude devant la répression de la rébellion hongroise de 1956 de ses rapports avec les pays arabes ou de sa réaction devant la mise au pas de la Tchécoslo vaquie en 1968 tout ce qui pu sembler en contradiction avec les principes affichés de la politique étrangère indienne ou presque explique en partie par le souci de conserver le Cachemire En 1965 le gouvernement indien avec beaucoup de cohérence suivi la même politique il dès le 15 septembre accepté la proposition de cessez-lefeu transmise par Thant sous réserve il ne comporte aucune dispo sition relative un plébiscite ce exigeait entre autres conditions le Pakistan Inde savait évidemment une acceptation aussi condi tionnelle était purement platonique Mais le cabinet indien cependant décidé de la donner pour bien montrer le contraste entre sa bonne volonté et intention du Pakistan de poursuivre la guerre lors même que état-major indien préconisait le refus du cessez-le-feu afin de se donner le temps atteindre quelques autres éléments du système de défense pakistanais Il faut également remarquer que la politique officielle de Inde consistant empêcher autant que possible le Pakistan de nuire nouveau était pas uniquement destinée convaincre le concert des nations de la fidélité du gouvernement aux principes posés par Nehru préférence pour un règlement pacifique des différends foi en ONU ete mais était aussi usage interne dans son message la nation du 11 septembre le président Radhakrishnan déclarait Nous ne nous considérons pas en guerre avec le Pakistan nous avons de amitié friendly feelings pour le peuple du Pakistan. juinfaisant les en été indépendance mains placée 1965 valoir un et sousdécidait ettribunal que administration étaitla donc en portion arbitrage casdevenue dedededésaccord territoire Or ancien territoire Inde revendiquée persistant prince indien contestait le depar maharajah lesremettre lefondements Pakistan lede différend avait Kutch du différend toujours avant entre 14 En 1963 et 1964 deux plans successifs vraisemblablement inspiration amé ricaine avaient envisagé le partage du Cachemire que Nehru avait officiellement proposé au Pakistan dans des termes qui comportaient le rattachement au Pakistan une infime partie de la Vallée et constituaient en fait une rectification de la ligne de cessez-le-feu de 1949 le plan de partage avait été retiré en août car le Pakistan acceptait le partage que si celui-ci lui remettait essentiel de la Vallée ne laissant Inde que le Jammu majorité hindoue et quelques autres portions de territoire du Cachemire proprement dit un condominium ou une confédération indo-pakistanaise dans le cadre desquels le Cachemire aurait été autonome Ces plans que Inde avait plus ou moins acceptés dans leurs grandes lignes représentaient le maximum de concessions elle était prête consentir Par la suite elle avait de facto accepté le partage suivant la ligne de cessez-le-feu 318 ..

La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 Nous ne souhaitons pas frapper le Pakistan pour sauver Inde Nous avons fait que ce qui était nécessaire pour contrecarrer cette agression pour frapper les bases où cette attaque était lancée et pour prévenir autres attaques le long de la frontière que 1s Pakistan avait de toute évidence préparées Cette politique était en partie dictée par le souci éviter des heurts entre communautés religieuses et de faire échec aux tentatives pakista naises de transformer les communautés musulmanes en cinquième colonne et exploiter tous les particularismes était la mission des parachutistes lâchés en divers points de Inde Mais si elle été massivement approuvée et soutenue par les Indiens est parce que les principes fondamentaux avec lesquels elle accordait étaient conformes au besoin souvent ressenti par les Indiens de trouver une justification morale action politique Que ce besoin soit irritant pour les nations qui ne comprennent pas toujours les références morales en cause soit il en est pas moins un des éléments majeurs explication de la politique indienne et devait de toutes fa ons conduire Inde accepter le cessez-le-feu en 1965 comme en 1971 alors elle était en position de force Sa position aurait sans doute été différente si ce elle estimait être son droit conserver la vallée du Cachemire avait été sérieusement menacé mais précisément il ne pas été Le plus étonnant est que le rattachement Inde de la vallée du Cachemire pas été davantage remis en cause Tashkent et que le Pakistan qui avait annoncé son intention de quitter ONU si le problème était pas résolu au fond accepté les termes de la déclara tion du 10 janvier 1966 dite de Tashkent qui ne faisait référence au Cachemire que sous la forme suivante Le Premier ministre de Inde et le président du Pakistan sont convenus que les deux parties doivent unir leurs efforts pour rétablir des relations de bon voisinage entre Inde et le Pakistan en accord avec la Charte de Organisation des Nations Unies. est précisément dans cette optique on étudié le cas du lammu et du Cachemire et chacune des parties exposé son opinion ce sujet Décevante pour le Pakistan la déclaration de Tashkent était aussi bien un moindre degré pour Inde Shastri était parti Tashkent après avoir fait savoir que le sort du Cachemire ne serait pas négociable que Inde accepterait pas de renoncer aux postes commandant les voies infiltration le col de ji et un autre poste dans la région de Kärgil et il entendait obtenir du Pakistan le traité de non-belligérance maintes fois demandé par Nehru ou au moins un traité amitié Or Inde cédé les deux postes dont la possession lui 319 .

.S Rajan15 la marge de man uvre du Pakistan était très réduite il aurait néanmoins pu faire échouer totale ment la négociation La Chine du reste encouragé la dureté Dès septembre elle avait manifesté son dépit du cessez-le-feu par la voix du vice-Premier ministre Po-I-po qui recevant une délégation pakistanaise avait dit le 29 Comme justement déclaré le président Ayub Khan Studies 15 RA1-2) AN M..S.-oct The 1966 Tashkent Numérodeclaration spécial retrospectrelations and prospect with Pakistan International 320 . chacun des deux pays se refuserait encourager toute propagande dirigée contre autre et encouragerait la propagande favorable au développement des relations amicales entre les deux pays titre IV) Le caractère purement formel de telles déclarations correspondait assez peu aux ux de Shastri même si elles étaient assorties de promesses verbales Pourtant le fait même que la déclaration ait pu être signée alors ouverture de la conférence les positions parais saient inconciliables était en soi un succès En effet dès les premiers jours la réunion de Tashkent est trouvée dans une impasse les deux parties opposant sur établissement du programme des discussions Inde souhaitait discuter de ensemble des relations indo-pakistanaises en vue du traité elle proposait mais refusait de remettre en cause le sort du Cachemire Le Pakistan acceptait de discuter de ensemble des relations indo-pakistanaises condition de commencer par régler le problème du Cachemire De longues entrevues de Kossy guine avec Ayub Khan et Shastri avaient permis de dégager un point accord minimum entre les deux hommes dont le dialogue était facilité par une estime réciproque Plusieurs auteurs ont dit Ayub Khan avait dû imposer son point de vue Bhutto qui préconisait plus de dureté Si comme le fait remarquer M.) juil.La fin des conflits armés semblait essentielle et elle pas obtenu le traité souhaité Les seules garanties évoquant ce auraient pu être les termes généraux un tel traité sont rechercher dans quelques formules émaillant et là la déclaration Le Premier ministre de Inde et le président du Pakistan proclament leur ferme résolution de rétablir des relations paci fiques et normales entre leurs pays respectifs de favoriser entente mutuelle et les rapports amicaux entre leurs peuples préambule) les deux parties doivent unir leurs efforts pour rétablir des relations de bon voisinage entre Inde et le Pakistan en accord avec la Charte des Nations Unies titre texte non souligné dans la déclaration) elles ont décidé un commun accord que les relations entre Inde et le Pakistan édifieront sur le principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures de un et de autre pays titre III) .

La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 la lutte est pas terminée elle est entrée dans une nouvelle phase 16 Elle choisit en outre le moment de la conférence de Tashkent commencée le janvier pour envoyer le une note dans laquelle elle mena ait le gouvernement indien de riposter strike back avec résolution si Inde continuait ses intrusions ses provocations ou ses attaques armées est-ce qui dans ces conditions permis aux conversations aboutir habileté personnelle de Kossyguine et le soin que URSS pris de tenir en tous points la balance égale entre les deux délégations pour gagner estime des deux parties certes mais cette seule explica tion est pas aussi convaincante que le voudrait M.S Rajan Russell Brines insiste sur le ait que Inde comme le Pakistan avaient un besoin urgent de voir reprendre aide économique américaine en une année de sécheresse et au moment où se posait le problème de la remise sur pied un potentiel économique éprouvé par la guerre Il estime en outre que la promesse armes soviétiques été un élément de pression décisif sur le Pakistan Il est très probable que ce facteur joué un grand rôle mais autant parce que le Pakistan ne voulait pas apparaître comme trop lié la Chine que parce il avait besoin armes vendues sans les restrictions que les Etats-Unis mettaient emploi de celles ils livraient Cette politique inscrivait dans la ligne du tournant esquissé depuis les premiers accords commerciaux entre URSS et le Pakistan conclus en 1963 et du rapprochement accentué par la visite du président Ayub Moscou en avril 1965 Ayub Khan explique du reste très bien dans Friends not masters 17 comment évo lution de la situation dans le sous-continent avait amené normaliser ses relations avec URSS et la Chine normalisation qui doit être envi sagée comme les deux volets une même politique plus que comme une succession initiatives contradictoires Enfin il ne faut pas oublier que parmi les dispositions concrètes de la déclaration de Tashkent figurent celles relatives non seulement au retrait des troupes sur les lignes avant le août et au rapatriement des prisonniers mais aussi celles relatives au rétablissement des commu nications interruption des communications entre les deux ailes du Pakistan était un handicap pour le pays tout entier mais spécialement pour le Pakistan oriental dont le mécontentement poussait une norma lisation des relations avec Inde même si opinion au Pakistan occi16 Cité par STEIN Arthur) India and the USSR the post-Nehru period Asian Survey 3) mars 1967 pp 165-176 17 AYUB KHAN M.) Friends not masters Apolitical autobiography London Oxford University Press 1967 passim notamment 139 327 .

pp 198-202 322 .La fin des conflits armés dental était plutôt favorable la dureté parce que persuadée avoir gagné la guerre) En fait la négociation de Tashkent était pour le Pakistan la dernière chance de voir remettre en cause le statu quo au Cachemire Les négo ciations bilatérales de 1963 avaient échoué la mission effectuée après sa libération au début de 1964 par le cheikh Abdullah le lion du Cachemire avait tourné court18 la suite des efforts faits par le Pakistan pour gagner le soutien arabe la cause du Cachemire et la suite de la mort de Nehru au mois de mai En décembre 1964 linde avait achevé intégration du Cachemire Union en étendant cet Etat les dispositions de sa Constitution relatives la mise en uvre des pouvoirs spéciaux du Président en cas urgence rule et la rule avait effectivement été décrétée au Cachemire au début de année 1965 Malgré cela et malgré une nouvelle arrestation du cheikh Abdullah en mai 1965 parce il avait annoncé Alger son intention de représenter le Cachemire la conférence afro-asiatique qui préparait) les incitations insurrection étaient soldées par la dénonciation aux autorités indiennes des éléments pro-pakistanais armés La guerre ayant pas produit les résultats escomptés le Pakistan avait court terme du moins plus rien perdre en acceptant de rétablir des relations normales avec Inde Encore fallait-il que le gouvernement puisse sauver la face et faire état de concessions indiennes est ce qui conduit Shastri renoncer au col de ji Pir Comment Shastri a-t-il été également conduit renoncer la signa ture un pacte de non-agression Ce est pas uniquement parce que Inde avait besoin du blé américain et des armes soviétiques La meilleure explication semble celle donnée par Kuldip Nayar19 Selon lui Kossyguine aurait averti Shastri que si Inde se montrait intransigeante Union soviétique soutiendrait toute mesure que le Conseil de sécurité pourrait envisager pour imposer le retrait inconditionnel des troupes des deux parties Il précise en outre Plus tard Shastri confia aux journalistes indiens que devant la position prise par Kossyguine le Conseil de sécurité serait allé imposer des sanctions Inde Je avais guère le choix a-t-il dit Il est donc clair que Union soviétique joué un rôle de premier plan dans la solution du conflit et que la déclaration de Tashkent plus que le produit de négociations bilatérales est résultée une discrète médiation ans 18le cadre dans Libéré cheikhduleAbdullah planavril de était par condominium le entretenu gouvernement indo-pakistanais successivement indien après suravec leuneCachemire Nehru incarcération et Ayubde Khan onze 19 Op cit.

La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 Comment Union soviétique est-elle parvenue assurer ce rôle dominant qui consacrait sa vocation de puissance asiatique et lui valu un grand prestige On sait elle avait depuis longtemps de influence sur Inde avec laquelle elle entretenait des relations privi légiées depuis la visite de Khrouchtchev en 1955 et elle soutenait depuis 1956 en opposant son veto aux résolutions du Conseil de sécurité défavorables Inde On vu aussi que les ouvertures elle avait faites au Pakistan après la signature de accord frontalier sinopakistanais en octobre 1962 20 avaient trouvé un écho dans la doctrine du président Ayuib Khan et avaient en avril 1965 débouché sur un rapprochement sensible Par ailleurs la visite Moscou du président Radhakrishnan en septembre 1964 issue de laquelle il avait pas été comme de coutume fait mention du Cachemire avait montré de même que les dernières réunions du Conseil de sécurité de la même année une évolution de la position soviétique en ce qui concerne le Cachemire Mais si tout ceci justifie la politique de Tashkent et adhésion elle trouvée en Inde et au Pakistan il en ressort pas que la médiation soviétique devait être le meilleur moyen arriver un règlement est entente soviéto-américaine qui faisant pendant accord de fond anglo-américain avait permis la négociation un cessez-le-feu Elle avait donné une caution la diplomatie personnelle de Thant exercé une influence sur les membres du Conseil de sécurité et conféré une autorité nouvelle aux résolutions de ce Conseil Cela ne laissait pas prévoir que URSS capitaliserait seule le bénéfice de la coopération On aurait pu penser que les Etats-Unis principaux dispensateurs aide aux deux pays disposaient de moyens de pression plus efficaces que la Grande-Bretagne avait conservé une influence suffisante pour faire valoir ses bons offices proposés le 22 septembre par un porteparole du Foreign Office) ou encore que des groupes de nations comme le Commonwealth ou les pays non-alignés manifesteraient un pouvoir de persuasion supérieur sur Inde au moins en ce qui concerne les non-alignes En fait si le rôle principal été dévolu Union soviétique est parce que les intérêts des Etats-Unis et des pays occi dentaux coïncidaient suffisamment avec les siens pour que ce rôle lui soit abandonné au moment où elle se révélait comme la mieux placée pour assumer Cette convergence des intérêts soviétiques et occidentaux ne mérite pas de longs développements si on se rappelle que la Chine avait fait exploser sa première bombe nucléaire en 1964 et que toute 20 Cet accord avait remis région du Ladakh la Chine une bande de territoire cachemiri dans la 323 .

) op cit.K.V. tout spécialement devant les nouvelles annon ant que les forces indiennes ont attaqué hui le territoire pakistanais lui était parue aussi injuste que embargo sur les armes britanniques qui ne touchait elle le Pakistan en recevant pas La prise de position du gouvernement britannique que Wilson devait regretter par la suite21 avait choqué Inde en semblant prouver une fois encore en ce qui concerne le Cachemire la Grande-Bretagne pla ait sur le même plan agresseur et la victime et ce faisant sacrifiait honnêteté ses intérêts dans le golfe Persique et la solidarité musulmane Les mêmes considérations valaient pour les Etats-Unis qui avaient promis Inde en 1959 au moment de la signature du traité de 21 Voir KRISHNAN T. 114 en juillet 1971 Wilson aurait reconnu il avait eu tort et avait été mené en bateau par la faction pro pakistanaise des fonctionnaires britanniques 324 .La fin des conflits armés alliance de Inde ou du Pakistan avec la Chine contre autre rival mena ait tout équilibre des grandes puissances en Asie impuissance des non-alignés résultait autant de leurs divisions liées au différend idéologique sino-soviétique année où devait se tenir Alger le second Band ng afro-asiatique qui pas eu lieu que de embarras où les plongeait le conflit lui-même Indonésie ayant pris position pour le Pakistan alors que la Yougoslavie et la RAU observaient une attitude prudente Ils ont du reste peut-être joué un rôle car plusieurs consultations sino-égyptiennes ont eu lieu par voie ambassadeurs et le 20 septembre organisation afro-asiatique déclaré que le conflit entre Inde et le Pakistan représentait une intrigue impérialiste visant diviser pour régner ce qui revenait en fait désavouer intervention chinoise Collectivement le Commonwealth avait jamais voulu trancher sur le problème du Cachemire et ses quelques velléités appréciation avaient discrédité auprès de Inde en 1950 insistance de Liaquat Ali Khan avait obtenu que le problème soit discuté en marge de la conférence des Premiers ministres et la réaction indienne avait été très violente une partie de opinion ayant dans les années qui ont suivi demandé que Inde quitte le Commonwealth De plus plusieurs résolu tions défavorables Inde avaient été déposées ONU par des groupes de pays comprenant la Grande-Bretagne et Australie Inde ne pouvait donc croire impartialité du Commonwealth Elle croyait autant moins celle de la Grande-Bretagne que celle-ci avait vu sa médiation dans le conflit du Rann de Kutch très critiquée que la déclaration par laquelle le septembre Wilson était déclaré profondément inquiet.

La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 coopération américano-pakistanais que les armes ils fournissaient au Pakistan ne seraient jamais utilisées contre Inde et qui lorsque Inde avait riposté une attaque par des chars Patton en marchant sur Lahore avaient eux aussi décrété embargo sur les armes desti nation des deux pays appel Ayub Khan une médiation des Etats-Unis ou du Commonwealth lancé le 15 septembre ne pouvait que renforcer la suspicion de Inde bien que les Etats-Unis se soient montrés fort peu disposés répondre et aient préconisé le recours ONU Inde en revanche avait proposé une initiative soviéto-américaine pour laquelle URSS avait montré peu enthousiasme Dans ces condi tions URSS était effectivement la mieux placée pour réunir les deux chefs de gouvernement pour les négociations bilatérales que Thant avait préconisées dès le 15 septembre Il était cependant pas évident ce moment-là que le Pakistan accorderait tant de prix ses relations avec Union soviétique et on pouvait penser que évolution de la position soviétique sur le Cachemire soulignée par le traitement presque égal réservé aux deux parties au moment des hostilités aussi bien que par la collaboration avec les Etats-Unis aurait diminué influence de URSS sur Inde En novembre 1965 lorsque Inde puis le Pakistan avaient accepté le principe de la conférence de Tashkent nouveau proposée par Kossyguine le 21 le succès de entre prise était absolument pas garanti ils avaient pu le prévoir les Etats-Unis auraient-ils laissé toute initiative URSS Il est probable que oui et ils ont accepté ce moment-là de voir diminuer leur influence dans le sous-continent pour mieux laisser URSS opposer la Chine Car le gouvernement américain ne pouvait pas négliger le fait que pendant toute la durée des opérations URSS pas interrompu ses livraisons armes Inde pas plus elle avait lors du conflit sino-indien de 1962 remis en cause accord sur la livraison de Migs Inde22 Il ne semble donc pas exact affirmer en 1965 ni Inde ni le Pakistan avaient les moyens de poursuivre la guerre Celle-ci était devenue pratiquement impossible pour le Pakistan mais non pour Inde Néanmoins elle était devenue économiquement très coûteuse pour Inde parmi les morts il avait de nombreux officiers et surtout la poursuite de la guerre aurait remis en question image une 22 Le 17 septembre lors des consultations des ambassadeurs indiens avec Dean Rusk et Kossyguine Inde aurait re de URSS comme des Etats-Unis assurance elle continuerait ou recommencerait recevoir des armes en cas attaque chinoise cf YAnnuario di politica internazionale publié par Istituto per gli studi di politica internazionale de Milan volume de 1965 265) 325 .

-P Derriennic cf supra) celle selon laquelle les enjeux se modifient au fur et mesure de évolution du conflit Mais elle est surtout un bon exemple du coup arrêt que les grandes puissances et les belligérants eux-mêmes peuvent apporter un conflit qui risque de passer au niveau supérieur La seconde partie de la proposition relative la stabilisation qui en résulte est pas proprement parler vérifiée dans le cas particulier En effet si la conférence de Tashkent effectivement gelé la situation au sortir de la guerre de 1965 elle ne pas fait autant que le jeu antagoniste des intérêts américains et soviétiques après 1957 année du premier veto soviétique au Conseil de sécurité la limite on pourrait même penser que par rapport la période 1957-1963 il est produit un certain dégel dû infléchissement de la position soviétique il pas eu effets visibles est parce que évolution soviétique convergé avec une évolution en sens contraire de la politique américaine Cela infirme ailleurs pas la théorie avancée par J.La fin des conflits armés Inde respectueuse du droit et des organisations internationales au profit un avantage négligeable dans le sous-continent Car Inde ne pouvait pas reconquérir Azad Cachemire pour plusieurs raisons des raisons militaires la topographie jouait en faveur du Pakistan et les centres de communication et intendance de armée indienne étaient plus éloignés du Cachemire même de la Vallée que ceux du Pakistan et une raison politique la Chine occupait une partie du territoire cachemiri De ce point de vue la fin du conflit de 1965 illustre bien une des idées énoncées par J.-P Derriennic dans la mesure où le phénomène il signale est effectivement produit après la guerre de 1947 il ne est pas reproduit en 1965 est sans doute parce que intérêt commun de URSS et des Etats-Unis était plus seulement un intérêt au maintien de la paix mais aussi un intérêt limiter influence grandissante du jeu chinois En ce sens il une analogie entre les deux situations mais en 1965 la rivalité intérêts qui conduit au maintien du statu quo avait plus vraiment le même sens les protagonistes étant plus les Etats-Unis et la Grande-Bretagne contre URSS mais URSS et les Etats-Unis une part et la Chine de autre étaient pas dans la même position et le déséquilibre plus grand des forces limitait le rôle de la Chine En outre le Pakistan restait un allié des Etats-Unis par conséquent URSS et les Etats-Unis maîtrisaient mieux une évolution possible des rapports indo-pakistanais Les autres considérations il agisse par exemple de intérêt commun des belligérants limiter le conflit la coopération paraît avoir été réduite ici au strict minimum ou du rôle de la politique intérieure ont finalement joué un rôle secondaire dans arrêt des hostilités Il en 326 .

La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965 pas été de même Tashkent où le Pakistan de plus montré tout le pouvoir de marchandage que pouvait conserver la partie la plus facile Enfin le fait que issue des opérations ait pas été nette été un des facteurs permettant le rapprochement des points de vue Tashkent On pourrait presque penser que Tashkent représenté une espèce de solution Après Tashkent le partage pu sembler accepté Mais en 1971 armée indienne repris de nouvelles positions au Cachemire et le problème été nouveau posé mais non résolu Simla en juillet 1972 et Delhi en août 1973 Actuellement Inde semble efforcer obtenir la reconnaissance de la nouvelle ligne de contrôle comme frontière internationale tandis que le Pakistan veut reprendre examen du problème au fond Bhutto Premier ministre du Pakistan menace appeler une grève générale en vue de la réunification du Cachemire en liaison semble-t-il avec les difficultés de intégration nationale au Pakistan23 de avoir rallier 23étéIlincarcéré lesestmusulmans intéressant sous lededesoup toute constater onInde de au conspirer derrière même le gouvernement en moment vue de indépendance le cheikh de Mme Abdullah Gandhi du Cachemire efforce après en 1953 et 1965 .