ASSOCIATION SPÉLÉOLOGIQUE CHARENTAISE

2

Sommaire
Résumé

4

Situation et zones de prospection

6

Liste des participants

8

Bilan financier

9

Compte-rendu journalier

10

Localisation des cavités en cours d’exploration

22

Topographies

HS 12

Hoyos Sengros

23

Croquis

TA 103 - 104 - 105

Torre de Altaiz

24

JO 42 - 100 - 101

Jou Oscuro

25

P 51

Padiorna

P 50

Padiorna

26

ES 30

Escondida

28

LL 8

LLorosa

30

Topographies

Édition et impression :
Association Spéléologique Charentaise
Rue Marcel Pierre
16000 ANGOULEME

3

Mise en page et édition :
Bernard Hivert
Avec la collaboration de :
Javier Sánchez

Résumé
Date :

Objectifs :

L’équipe :

19 juillet au 26 juillet 2014

Comme
d’habitude,
les
principaux objectifs étaient :

Le groupe français était constitué
seulement de quatre personnes,
toutes charentaises. Plusieurs
désistements de dernière heure se
sont produits, dus aux aléas du
travail.
Les Espagnols, habitués de ce
camp, ne sont venus qu’à partir
du 2 août, ce qui fait que nous ne
nous sommes pas rencontrés
directement, mais les échanges
par mail ou par téléphone ont été
fréquents.

Historique :
Depuis 1971, l’ASC établit un
camp spéléo dans les Picos de
Europa, au début uniquement
entre
Français,
et
depuis
plusieurs années en collaboration
avec le club CES Alfa de Madrid
et d’autres spéléos espagnols.

¨ Prospection et recherche de
nouveaux trous
¨ Désobstruction et suite
d’exploration de cavités en cours
¨ Ré exploration de puits
comblés par la neige (nouvelles
possibilités selon l’enneigement)

Réalisations :

Un isard curieux vient voir qui sont ces intrus qui s’introduisent sur son
territoire.
Photo : Raphaël Geneau

4

La
grotte
glacée
HS4
découverte en 2011 et explorée
en 2012 jusqu’à -260 m, était
notre principal objectif. Mais
comme l’an dernier, l’épaisseur
de neige, très importante encore
cet été, ne nous a pas permis
d’accéder à l’entrée, entre névé
et paroi. Nous craignons qu’il ne
faille attendre encore longtemps
pour retrouver le niveau habituel.

Bien déçus, ainsi que Manuel, un
scientifique espagnol spécialisé
dans
les
microclimats
souterrains, nous avons décidé
d’abandonner la zone des 2350
m d’altitude pour prospecter au
niveau du camp de base, vers
2000 m.

Repérage : Bien que les trous
soient marqués et répertoriés, il
est utile de noter leurs
coordonnées, vu que l’utilisation
du GPS est assez récente, et leur
localisation traditionnelle à la
boussole manquait de précision.
Ce fut donc une occupation
quotidienne.

Découvertes :
ES30 : Sur les hauteurs
d’Escondida, une faille quasi
verticale entre la roche mère et
les rochers recouverts d’un névé
avait nécessité deux jours de
désobstruction en 2013. Le
passage avait été ouvert, mais il
y avait un risque d’éboulement.

Nous avons donc fixé deux
poutres en fer pour stabiliser le
puits
d’entrée.
Mais la suite n’a pas été à la
hauteur de nos espérances. Un
cheminement entre des blocs
instables, aux pieds et au
plafond, se termine à -27 m.
Seule partie intéressante : un P15
vertical et bien net, mais qui
débouche dans la dernière salle
chaotique.

P50 : Sur les flancs de la
Padiorna, une belle entrée de 7 m
de long donne vue sur un névé.
À -75 m, nous avions repéré
deux lucarnes à visiter. Après
escalade, le passage donne sur
une cheminée qui communique
avec un puits déjà connu.
L’exploration
semble
donc
terminée, mais nous avons pu
prendre
des
photos
d’un
magnifique méandre.

LL8 : La zone près du camp a
été prospectée des dizaines de
fois, et nous ne pensions pas

découvrir un nouveau trou à cinq
minutes des tentes. Mais c’était
sans compter sur le flair
d’Olivier qui a décidé de retirer
des cailloux dans un recoin
banal. Au bout d’une heure, il
s’est retrouvé à la tête d’un P17
qu’il a fallu dégager de ses blocs
coincés. Après élargissement
d’une chatière, nous avons
descendu un P33 bien vertical,
comme d’habitude dans ce
massif. Mais la suite est un
méandre très étroit, dont
l’agrandissement se fera peutêtre l’an prochain, s’il y a des
personnes
suffisamment
motivées.

Conclusion :
La grosse déception due à
l’obstruction des entrées par la
neige nous a permis tout de
même de nouvelles découvertes.
Même si l’on a l’impression que
tout a été vu, il faut garder l’œil
en éveil et avoir l’espoir que le
prochain trou descendra encore
plus bas !
Bernard HIVERT

5

Situation

6

Zones de prospection

C

EL CABLE

LL LLOROZA
ES

ESCONDIDA

track ZPC
track ZPLL
track ZPES

TA TORRE ALTAIZ

track ZPTA

JO JOU OSCURO

track ZPJO

ST

HOYO SIN TIERRA

track ZPST

V

CABAÑA VERONICA

track ZPV

HR HORCADOS ROJOS

track ZPHR

T

TESORERO PICO

track ZPT

SA

STA ANA PICO

track ZPSA

CV CANAL DEL VIDRIO

track ZPCV

PV PEÑA VIEJA

track ZPPV

PO PEÑA OLVIDADA

track ZPPO

M

MINAS PROVIDENCIA

PR PEÑA REMOÑA

track ZPMP
track ZPPR

P

PADIORNA PUERTOS

track ZPP

N

COLLADINA NIEVES

track ZPN

HS HOYOS SENGROS

Cette
vaste
étendue
karstique a été divisée en
divers
secteurs
reconnaissables
sur
le
terrain. Délimitées par les
accidents géographiques tels
que les vallons, creux,
failles, lignes de crêtes, et
limites provinciales, la
répartition et la prospection
de ces zones ont été
attribuées conjointement au
club français ASC et au club
madrilène CES Alfa par la
fédération espagnole de
spéléologie, depuis plus de
dix ans.

Track ZPHS

7

Actuellement, la localisation et
le marquage des cavités sont
facilités par l’établissement des
contours de chaque zone, lignes
pouvant être enregistrées sur les
GPS. Ainsi l’on peut facilement
vérifier dans quel secteur se
trouve le point à marquer.

Participants
S
19

D
20

L
21

M
22

M
23

J
24

V
25

S
26

Participants

Club

Bernard Hivert

ASC

1

1

1

1

1

1

1

0,5

7,5

Olivier Gerbaud

ASC

1

1

1

1

1

1

1

0,5

7,5

Raphaël Geneau

Goulus

1

1

1

1

1

1

1

0,5

7,5

Jérémy Durand

Goulus

1

1

1

1

1

1

1

0,5

7,5

1

Manuel Gomez Lende
Total journées-repas

4

5

1
4

Responsable d’expédition :
Bernard HIVERT
10 rue de Chez Bâtisse
16380 CHAZELLES
bernard.hivert@free.fr

ASC :
Association Spéléologique
Charentaise
Siège social : Rue Marcel Pierre
16000 ANGOULEME.

Parrainage :
Fédération Française de Spéléologie
CREI, Commission des Relations et
des Expéditions Internationales
28, rue Delandine
69002 LYON

Autorisation :
Ministerio de Medio Ambiente
Parque nacional de los Picos de
Europa
Arquitecto Reguera, 13
33004 OVIEDO.

8

Total

4

4

4

4

2

31

CES ALFA :
Club de Exploraciones Subterráneas
ALFA
Responsable : Francisco Javier
Sánchez Benitez
Po del Arroyo n°34 vivienda 159
28935 MOSTOLES (MADRID)

Bilan financier
Alimentation

Transports

Total alimentation

433 €

Véhicules personnels

800 €

(réparti en 54 journées participants)

Portage sur pistes (ASC)

100 €

Matériel ASC

Total transports

900 €

Édition de ce compte-rendu

200 €

Total général

1684€

Matériel pour désobstruction

100 €

Mousse expansive

30 €

Gaz

21 €

Total matériel

151 €

ALIMENTATION

NOM

DEPENSE

CARBURANT

RECETTE

DEPENSE

TOTAL ASC

RECETTE

DEPENSE

ASC

9,94

9,94

ASC

115,78

115,78

ASC

142,56

142,56

ASC

67,09

67,09

ASC

98

98

ASC

100

RECETTE

100

Bernard HIVERT

108

108

Olivier GERBAUD

108

108

Raphaël GENEAU

108

108

Jérémy DURAND

108

108

TOTAL
Résultat

433,37

432

100
100

-1,37

9

0

533,37
101,37

432

Compte-rendu journalier
Samedi
19 juillet
Installation
Après une courte nuit à notre
bivouac habituel et sans même
prendre le temps de boire un
café, on décolle vers 10 h en
direction de Potes pour faire les
dernières courses. Après cette
courte escale on décide de faire
un premier voyage jusqu’au
camp avec Olivier et Bernard
pour monter une partie du
matériel pendant que Raphaël
s’occupe d’acheter le traditionnel
Moscatel.
Après une heure de 4x4 sur les
chemins chaotiques qui nous
mènent au camp, on arrive enfin
sous un temps pluvieux. On
s’empresse de décharger le 4x4
et Olivier repart rapidement
chercher Raphaël pour faire le
deuxième et dernier tour.
Au camp rien n’a bougé, mis à
part un des murs de la cabane qui
s’est
un
peu
effondré,
probablement à cause des chutes
de neige hivernale. Pendant que
Bernard s’occupe de sa tente, je
commence à remonter le mur de
la maison et je fais des allers et
retours à la mine pour chercher
les bâches et le matériel pour le
toit de la cabane.
Vers 13h30 Olivier et Raphaël
arrivent. Après avoir avalé une
boîte de calamars on commence
le montage du camp. Une heure
nous suffit pour installer le toit ;

Le camp est installé sur le seul endroit plat de la montagne constitué des
décombres de la mine voisine, au pied de la Torre de Altaiz.
Photos : Raphaël Geneau

eh oui, on commence à être coucher de bonne heure pour être
rodés ! Vers 18h00 tout est en en forme le lendemain.
place et on attaque l’apéro !
Jérémy
Après un bon repas on va se
10

Dimanche
20 juillet
Objectif : HS4 :
Repérer le niveau d’enneigement de
l’entrée et voir si ça passera cette année.
Bernard, Olivier, Jérémy, Raphaël, Manu.

Météo maussade, un peu dans le blizzard toute la journée,
mais pas pire.
Préparatifs efficaces, lever relativement tôt (9 h). Manu
nous rejoint pour voir l’entrée du HS4. Pour nous, c’est la
quatrième tentative depuis le repérage de ce gouffre en
2008. Nous faisons l’approche bien motivés, mais au fur et
à mesure de la montée nous constatons qu’il y a beaucoup
de neige dans l’ensemble. C’est plutôt mauvais signe… Ça
sent l’échec ! Enfin, nous n’allons pas renoncer pour
autant ; tant que nous ne l’avons pas constaté, on n’est pas
sûr que ça ne passe pas !
Nous retrouvons les ancrages posés l’an dernier, donc pas
plus de neige, mais pas moins, « igual » comme qui dirait.
Nous insistons bien quand même avec Jérémy et parvenons
à nous introduire enter rocher et glace, mais trop dans la
neige, trop froide, trop molle, pas engageant ; bref on
renonce. Le HS4 ne
s’offrira pas à nous de
sitôt.
Il
faudra
probablement plusieurs
années avant de pouvoir
y
retourner,
malheureusement.

Très déçu, Manu constate que cette
année encore il ne verra pas ce
monde glacé souterrain dont il est
spécialiste.

Nous ressortons sous la
pluie et bien déçus
quand même, mais bon,
c’est le jeu de la spéléo,
ça ne peut pas marcher à
tous les coups, rien n’est
cadeau dans la vie…
Retour en prospectant
un peu jusqu’au camp
de base et soirée assez
perplexe, en pensant aux
autres objectifs qui nous
attendent.
Raphaël

11

HS 4 : Malgré tous leurs efforts, Raphaël et
Jérémy n’arrivent pas à se frayer un passage
entre neige et rocher.
Photos : Bernard Hivert

Lundi 21 juillet
ES 30
Olivier, Bernard

Après la désobstruction de
l’année passée, vu les blocs plus
ou moins bien coincés qui
menaçaient le puits d’entrée,
nous avions préféré reporter la
suite de l’exploration à 2014,
après sécurisation de ce passage.
A cet effet, nous avions pris des
mesures pour préparer deux
grosses barres de fer à fixer
solidement pour éviter le
basculement des blocs.
Cette année, nous montons vers
le ES30 avec deux grosses barres
très lourdes. Les blocs ayant un
peu bougé pendant l’hiver, il faut
retrouver
le
meilleur
emplacement. Olivier commence
à percer la roche mère pour fixer
un goujon de 12 mm, mais la
perceuse ralentit et refuse de
continuer,
malgré
quelques
coups énergiques.

L’entrée du ES 30 fait face au cirque imposant de Veronica.
Photo : Bernard Hivert

D’où retour vers le campement
pour voir si la deuxième batterie
donne le même résultat, ce qui
est le cas. Olivier peste contre le
matériel Hilti, qui est hors de
prix, et sur lequel on ne peut pas
compter. Il envisage même
d’aller de suite à Potes, ou plus

loin, pour acheter une perceuse
d’une autre marque, étant donné
qu’il n’est plus question de faire
de la spéléo en plantant des spits à
la main.
Finalement, après nettoyage des
charbons du moteur, la perfo

ES 30 : Après la sécurisation du puits d’entrée par Olivier, Bernard peut enfin fixer la corde pour s’engager plus
profond.
Photos: Bernard Hivert et Olivier Gerbaud

12

retrouve toute son énergie. Donc
nous repartons pour le ES30 et
cette fois la sécurisation du
passage se fait sans problème.
Reste à injecter de la mousse
polyuréthane pour solidariser
toute la pierraille qui pourrait
tomber.
J’achève la descente du puits de
10 m et je prends pied sur une
pente d’éboulis avec plusieurs
ressauts où il faut marcher sur
des œufs. Une quinzaine de
mètres plus bas, les blocs de
rocher butent sur une paroi dure,
sans suite. Mais en remontant,
j’avise une lucarne étroite, où
après un peu de nettoyage il est
possible de jeter un coup d’œil.
En insistant, je force l’étroiture et
m’arrête sur un petit ressaut au
bord d’un beau puits bien sain
d’environ 15 m de profondeur.
Ce sera notre objectif de demain.
Bernard

La prospection demande de longues heures de recherche sur le lapiaz,
avec un résultat incertain.

ES 30 et prospection
Équipe : Raphaël et Jérémy

Météo : Ensoleillé
Après l’échec de la veille au
HS4, on décide avec Raphaël de
partir prospecter dans le secteur
de la Torre de Altaiz. On décolle
vers 10h30 avec Olivier et
Bernard et on fait un petit détour
par le ES30 où ils ont pour
objectif de mettre en place des
barres de fer pour sécuriser la
trémie.

Raphaël ne pensait pas que cette
barre de fer puisse être aussi lourde
Photo : Jérémy Durand

Après une petite halte à l’entrée
du ES30, on part en direction de
TA. En chemin, on croise
quelques trous déjà marqués
mais rien de suffisamment
intéressant pour enfiler la
combi ! On continue notre route
en traversant le secteur de TA en
direction des JO mais une fois
de plus, pas l’ombre d’un trou
non marqué à l’horizon…

13

Un peu frustré par ces deux
heures de crapahut dans le
lapiaz, Raphaël me propose de
rejoindre le secteur des JO par la
vire à pic, qui contourne le
sommet de TA. Raphaël n’étant
pas sûr de lui, on s’engage dans
un premier passage mais qui
rapidement débouche sur une
falaise infranchissable, on fait
demi-tour.
Après un bon détour pour
contourner une barre rocheuse,
on arrive à ce qui semble être la
fameuse vire à pic et on en
profite pour avaler une petite
collation avant de s’engager. De
là où on est, on aperçoit le camp
et on voit deux silhouettes entrer
dans le barnum. Pendant 20 min
on assiste impuissants à ce que
l’on croit être un pillage en règle
du camp (Olivier et Bernard
étant normalement sous terre)…
Après vérification le soir au
retour, ce n’était que nos deux
compagnons qui étaient rentrés
chercher du matos !

Pour trouver de nouveaux trous, il faut aussi s’engager sur des parois très aériennes.
Photo: Jérémy Durand

Après ce petit moment de psychotage, on s’engage dans la vire à pic. Dans un premier temps on
progresse assez facilement, jusqu’à un endroit un peu plus engagé où on trouve d’ailleurs deux spits mais
ça passe ! Dix minutes de crapahut plus tard, nous arrivons à un 2ème passage, cette fois-ci bien engagé et
là pas le moindre spit à l’horizon. Après un moment de réflexion et ne voyant pas de suite évidente, on
décide une fois de plus de faire demi-tour. On reprend notre route en direction des JO avec un objectif en
tête, trouver des cavités !
En montant par un pierrier, on repère une faille avec une série de
trous sur la face Ouest de ce que l’on croit être la Torre de Altaiz.
N’ayant rien de mieux à se mettre sous les dents, on décide d’aller
jeter un coup d’œil. Une petite escalade nous permet d’accéder à
une première lucarne, puis une seconde. Raphaël s’engage dans la
deuxième mais après quelques mètres de progression le verdict
tombe, ça queute !
On redescend et on reprend notre route en direction du sommet de
la TA. Le chemin est raide, très raide, et on a beaucoup de mal à se
repérer dans ce chaos de blocs. On continue à monter et on finit par
arriver à un pic que l’on pensait être celui de TA mais en voyant le
sommet de TA en en face de nous, on est bien obligé de se rendre à
l’évidence : on s’est planté pour la 3ème fois de la journée ! Après
s’être émerveillés devant le magnifique panorama, on redescend par
un passage particulièrement scabreux. Arrivée au camp vers 19h30
où l’on rejoint Olivier et Bernard qui rentrent juste du ES30.
Jérémy

14

Mardi 22 juillet
ES 30 : topo et fin
Olivier, Bernard

Nous retournons à l’ES30, bien
légers ce matin, le matériel
monté la veille étant resté dans
le lapiaz. Nous faisons la
topographie en descendant
jusqu’à la petite salle bien
ébouleuse visitée la veille. Il
faut rester concentré et une fois
en bas bien se cacher pour
éviter le parpinage du suivant.
Nous remontons en opposition
dans un mikado de blocs
jusqu’à la lucarne étroite où un
petit puits bien sain semble
prometteur.

ES30 : Bernard se concentre sur le
dessin de cette salle chaotique.
Photo : Olivier Gerbaud

Après une quinzaine de mètres
de descente, déception ! Nous
retombons dans la petite salle
ébouleuse. Nous continuons la
topo en remontant et retrouvons
le soleil après une sortie étroite.
Retour au camp avec de bons
kits ; fin de l‘exploration de
l’ES30 qui nous a demandé
beaucoup d’énergie et de prise
de risques pour pas grandchose !

Il faut sortir trois gros blocs.
Pour
cela,
nous
allons
récupérer de la corde et
quelques poulies. À ce
moment, Raphaël et Jérémy
reviennent au camp mais
comme ils ont fourni déjà pas
mal d’efforts aujourd’hui ils
préfèrent remettre ce chantier
au lendemain.
Olivier

Retrouver le TA 102 en
cours d’exploration et
prospecter dans la zone TA
Jérémy, Raphaël

Nous partîmes de grand matin
(11 h) après les préparatifs.
Après
avoir
rentré
les
coordonnées du TA 102 dans
le GPS, l’appareil nous
annonce 1,3 km à vol d’oiseau,

Olivier

LL8 : désobstruction
Olivier, Bernard

Vu qu’il n’est pas trop tard,
nous
décidons
d’aller
désobstruer le LL8 repéré le
samedi soir de notre arrivée, à
100 m du camp. Au bout d’une
heure de travail, ça sent bon :
un beau puits d’une quinzaine
Vue de l’utilisation de cordelette de mètres s’ouvre sous les
dyneema sur amarrage souple et éboulis.
amarrage foré.
Photo : Olivier Gerbaud

15

Un premier coup d’œil permet à
Jérémy d’évaluer l’intérêt de ce trou.
Photo : Raphaël Geneau

ça ne semble pas inaccessible
mais quand même bien loin de la
zone de la Torre de Altaiz (TA).
Bref on s’y rend en passant par
le chemin officiel des JO, sympa
mais ça fait bien loin quand
même. On trouve finalement un
trou non marqué pas loin des
coordonnées GPS du TA 102.

JO 41 repéré dans un chaos de TA 103 gros névé, petite entrée
blocs , on y mange à l’ombre, non sous la neige, gros bloc à retirer.
descendu : 30T 0350997 4780315
TA 104 descendu par Jérémy et
JO 5 avec P20 en entrée au Raphaël, blocs coincés, pas de CA
moins, neige en bas, non
TA 105 belle doline, descendu par
descendu : 30T 0351041 4780343
Jérémy jusqu’à -10 m ; étroitures,
blocs coincés. Dommage !
JO 42 descendu par Jérémy

JO 100 marqué par nos soins ;
Nous décidons de prospecter un descendu par Jérémy, pas de suite
peu dans cette zone avant de possible à priori.
retourner sur la Torre. Voici la
liste des grottes explorées et P 51 entrée 7m sur 5m, gros névé,
marquées ; mais comme nous ne descendu par Raphaël, comblé.
savons pas bien où en est la JO 50 remarqué, gros puits
numérotation, nous continuons d’entrée, névé au fond, pas
les marques à partir de : P→51 - descendu.
ES→31 - TA→103 - JO→100.

Voilà, de beaux repérages, de
belles entrées, mais rien de bien
sérieux. Bonne promenade tout de
même, bien contents de la journée,
et en plus les copains nous disent
avoir repéré un beau puits à
descendre près du camp, le LL8.
Nous nous y attaquerons demain !

Ce travail de repérage, de prise de notes, et de début d’exploration est la base de découvertes intéressantes.
Photos : Raphaël Geneau

16

Raphaël

Mercredi 23 juillet
Première au LL8
Équipe : Raphaël, Olivier, Bernard et Jérémy

Météo : Ensoleillé
Suite à la découverte du LL8 hier par
Olivier, on décide de tous partir là bas
pour stabiliser l’entrée de la cavité. La
marche d’approche est rapide, pas plus de
cinq minutes du camp, ça change de la
montée à Cabana Veronica ! On
commence par installer une corde pour
sortir les gros blocs coincés à l’entrée du
puits.
Après une petite heure d’effort, l’entrée
est sécurisée et l’accès au puits dégagé.
Vu d’en haut, on aperçoit le fond du puits
à une dizaine de mètres plus bas. Tout le
monde se réjouit de cette nouvelle, allonsnous découvrir un gros trou à quelques
enjambées du campement ?
Olivier attaque la descente, suivi de près
par Raphaël. Dix minutes plus tard,
Olivier me demande de les rejoindre.
Après un puits d’une dizaine de mètres,
on arrive dans une salle aux dimensions
« correctes » (7x3m) mais pas de suite
évidente. On insiste un peu et Olivier
trouve un petit conduit avec un courant
d’air obstrué par des blocs.
On attaque la désobstruction avec tous la
même question en tête, que va-t-on trouver
derrière ? Après de sérieux efforts, Olivier
s’engage dans le passage et quelques
instants plus tard on l’entend hurler : « Ça
continue, c’est du gros ! ».

Le LL 8 est très près du camp, dans une zone
parcourue des centaines de fois. C’était sans
compter sur le flair d’Olivier.
Photos : Bernard Hivert et Raphaël Geneau

17

LL 8 : Jérémy s’engage dans
l’étroiture qui vient juste d’être
élargie, mais pas assez à son goût.
Photo : Bernard Hivert

Je m’empresse de le rejoindre et
là j’aperçois Olivier au-dessus
d’un puits aux dimensions
prometteuses (2x2 m) ! Deux
coups de chignole et hop la
corde est posée, Olivier descend
sur une vingtaine de mètres et
arrive sur un petit palier ! Je
l’entends crier « C’est du
gros ! »

Je
le
rejoins
rapidement.
On
arrive sur une
grosse margelle et
le puits continue
sur une quinzaine
de mètres avec du
volume (5x7 m).
On voit le bas, ça
semble
intéressant ! Olivier
descend mais cette
fois-ci pas de
grands cris de joie.
On est bloqués
dans le fond d’un
puits où deux
petites
arrivées
d’eau se rejoignent
et se jettent dans
un méandre assez
étroit (15 à 20 cm
de large). C’est la
déception, il y a un
fort courant d’air
qui sort de ce
méandre mais on voit sur
environ 3 mètres et il ne semble
pas s’élargir !
Raphaël et Bernard qui suivent
en faisant la topographie nous
rejoignent. Après une petite
pause en bas, Olivier attaque la
remontée et je le suis de près.
Arrivé à environ 8 mètres du sol,
j’entends « pierres ! » et là je me
prends une pluie de petits
cailloux… Heureusement le bloc
a explosé sur les parois avant de
me tomber dessus !
Tout le monde ressort un peu
déçu du trou et on rentre au
campement. Au final, environ 50
mètres de première et 120 mètres
de développement.
Jérémy

LL 8 : Raphaël cherche où poser un
déviateur.
Photo : Bernard Hivert

18

LL 8 : Dans ce massif, les puits sont
bien verticaux, entrecoupés de
passages en général très étroits.
Photos : Bernard Hivert

Jeudi 24 juillet
dans des pentes raides, mais
Bernardo est pris d'un doute, il
n'est plus sûr d'avoir pris le bon
chemin, Olivier pense qu'il faut
passer par le cirque en direction
de la Cabana Veronica...
Bref, nous ne sommes pas sûrs
de notre coup, d'autant que le
brouillard
s'installe.
Nous
décidons avec Jérémy d'aller
chercher le GPS au barnum que
nous n'avions pas pris car
Bernard était sûr de retrouver !

LL 8 : Le P 32 semble très propre, mais attention aux chutes de pierres !
Photo : Bernard Hivert

Photos dans le LL8 et
recherche de passages
possibles
Participants:
Bernard,
Jérémy et Raphaël

Olivier,

Départ du camp en fin de
matinée, direction le fond du
LL8, à environ -50m. Je pars le
premier pour aller voir une petite
lucarne située au milieu du
dernier puits pendant que
Bernardo et ses deux assistants
s'efforcent de photographier les
puits sous leurs meilleurs
profils...
Après la pose de deux points
d'amarrages et au prix de
quelques acrobaties, je parviens
à me hisser dans la petite niche
verticale. Malheureusement, il
n'y a pas de suite possible, c'est
une arrivée d'eau, en revanche ce
petit réduit est couvert de boue,

c'est
toujours
Dommage !

agréable...

Fin de la séance photo puis
déséquipement de cette cavité.
Raphaël

Visite de la grotte
glacée de la Torre de
Altaiz
Retour au barnum pour une
légère collation, puis Bernard
nous propose une petite visite
touristique: la grotte glacée de la
Torre de Altaiz qu'il connaît
bien...
Nous partons avec tout le
matériel (cordes, crampons,
amarrages...) en direction de la
torre par l'ancien camp.
Nous marchons une bonne
grosse demi-heure sous la Torre
19

Arrivé au barnum, impossible de
trouver les coordonnées GPS de
cette grotte, il semble qu'elles
n'ont jamais été relevées, c'est
bizarre, peut-être ont-elles été
masquées volontairement car il
s'agit
d'une
grotte
"scientifique" ?
Nous retrouvons Olivier et
Bernard et décidons quand même
de poursuivre les recherches.
Après un gros névé, Bernard
monte même tout en haut du
pierrier pour aller voir une entrée
mais il ne la reconnaît pas...
Dommage, nous sommes obligés
de nous avouer vaincus, ce n'est
jamais agréable de se prendre un
"but", mais il faut se rendre à
l'évidence, nous ne trouverons
pas l'entrée aujourd'hui, surtout
avec ce brouillard.
Un peu dépités et déçus de ne
pas avoir trouvé et d'avoir
promené du matos pour rien sur
le lapiaz, nous reprenons la
direction du barnum. Bernard
semble "déboussolé"...
Raphaël

Vendredi 25 juillet
P 50 : Escalade et photos.
Bernard,
Olivier,
Jérémy, Raphaël
Nous retournons au P50
déjà vu l’an dernier,
mais où il restait une
incertitude dans la salle
du fond : deux fenêtres
en hauteur avaient été
laissées en suspens.
Après réinstallation des
cordes,
Raphaël
commence
une
escalade : la fenêtre la
plus basse apparaît tout
de suite bouchée.
La plus haute demande
plus d’efforts, avec
beaucoup de cailloux
instables. Mais elle ne
donne pas la suite
espérée : c’est la base
d’une
cheminée
parallèle
au
puits

ébouleux
que
nous
venons de descendre, qui
le rejoint vers le palier
intermédiaire
(liaison
effectuée à la lueur des
lampes). Pour nous,
l’exploration du P50 est
considérée
comme
achevée.
Il restait encore un doute
au pied du névé d’entrée,
mais cette année la neige
a même bouché le
passage. Nous avons tout
de même pris le temps de
faire plusieurs photos du
beau méandre remontant,
vers -40 m.
Bernard

P 50 : Un beau méandre à étages se déroule à miprofondeur.
Photo : Bernard Hivert

P 50 : Raphaël, en pleine escalade, essaie d’éviter les éboulis qui le menacent. Mais il ne trouvera pas la suite
espérée.
Photos : Bernard Hivert

20

26 juillet
Départ
Le rangement du camp est
simplifié par la venue prochaine
de nos amis du CES Alfa. Après
le chargement du matériel dans
le véhicule tout-terrain d’Olivier,
il reste encore la place des quatre
participants. C’est donc en un
seul
voyage
que
nous
redescendons par la piste.

Suite
Nos amis espagnols viendront du
2 au 9 août. Suite à un gros
orage, ils trouveront le toit chargé de 250 litres d’eau ; la vieille
bâche intérieure a rompu sous le
poids, mais le plastique extérieur
a montré sa robustesse. Il faudra
sans doute en acheter un neuf
pour l’an prochain.
En plus de la prospection, ils ont
retrouvé et exploré une cavité
dans les Hoyos Sengros, le
HS12, qui devient impraticable à
-54 m.
Espérons qu’en 2015 nous pourrons à nouveau nous réunir et
échanger nos impressions de
vive voix.

Il faut toute la dextérité d’Olivier pour piloter la voiture et sa remorque sur
les pistes défoncées, avant de rejoindre la vallée d’Aliva, beaucoup moins
périlleuse.
Photos : Raphaël Geneau

Bernard

21

Cavités repérées ou visitées en 2014
(European 1950) 30T

Cavités UTMx

UTMy

UTMz

Dével. Prof.

?

351084

4780698

2280 m

ES 30

352050

4781252

2086 m

HS 12

350675

4782198

2365 m

HS 4

350588

4782002

2349 m

I9

351808

4781139

2074 m

I 20

351625

4780848

2075 m

I 28

351613

4780843

Non visité

JO 5

351041

4780343

P20 neige en bas

JO 41

350997

4780315

Non descendu

JO 42

351038

4780353

6m

2014

Arrêt sur blocs

JO 100

351033

4780316

9m

2014

Arrêt sur blocs

JO 101

351026

4780332

8m

2014

Courant d’air

LL 8

352087

4780793

1956 m

120 m

49 m

2014

Méandre à élargir

P 50

351532

4780223

2081 m

160 m

75 m

2013

Exploration terminée en 2014

P 51

351092

4780279

15 m

2014

Neige et blocs

TA 103

351571

4780861

10 m

2014

Neige et blocs

TA 104

351559

4780884

5m

2014

Arrêt sur blocs

TA 105

351625

4780886

15 m

2014

Impénétrable

57 m

870 m

Année

Observations

27 m

2013

Dans plan de faille vertical,
sur face SO de la TA
Exploration terminée en 2014

54 m

2014

Impénétrable

260 m

2011

En exploration
Plan incliné sur 10 m
Non visité
Non visité

22

TOPOGRAPHIES
(European 1950)

23

Croquis d’exploration

Association Spéléologique Charentaise - Juillet 2014
Raphaël Geneau / Jérémy Durand

24

Association Spéléologique Charentaise - Juillet 2014
Raphaël Geneau / Jérémy Durand

25

26

27

28

29

30

31

Portraits en action

Jérémy

Olivier

Bernard

Raphaël

32