Ma rencontre avec Jésus Christ

En 1982, lors d’un séjour au centre d’ Edgar Cayce à Virginia Beach, j’ai vu un diaporama qui m’a fortement touché et j’ai eu l’intuition d’aller au "Center for the Living Force" dans un lieu dit : Sevenoaks, Je séjourne depuis un mois et demie dans le centre rural en Virginie du North à Madison. Je participe à un programme du Pathwork (Le Travail de la Voie) qui propose une approche remarquable qui uni une des voies les plus connues de la psychologie corporelle et la spiritualité. L’un des sommets de la bioénergie le docteur John Pierrakos et sa femme Eva sont les créateurs de cette synthèse. Juste avant le repas d'un soir, une tristesse m'envahi et la vision du dernier repas de Jésus s'impose à moi. Cela se répète les jours qui suivent, l'image du dernier repas du Christ devient insistante, l'intensité de la tristesse augmente. J'ai du mal à avaler car ma gorge se noue. Finalement, je me dis que ça ne peut continuer ainsi, je quitte le repas et je décide d'aller dans le bois de jeunes pins proche du bâtiment pour donner libre cours à mes émotions dans ce lieu solitaire. La nuit tombe lentement et le bois commence à plonger dans une douce pénombre. La température de l'air est agréable dans cette soirée de l'été nord américain. Je reste debout, ouvert à mes sentiments et à leur expression. Sans le moindre effort, une très profonde tristesse déborde, je sanglote et pleure à chaudes larmes, mes émotions sont d'une extrême intensité. Cette intensité gagne bientôt toutes mes perceptions. Tout se met à vibrer autour de moi, les couleurs deviennent très intenses et tout ce que je vois devient une danse exaltante d'énergie. Je suis tellement ému. J'en suis médusé. Soudainement le bois paisible dans cette soirée d'été en Virginie du nord disparaît devant un tout autre paysage totalement inattendu, l'intensité de mon expérience est incroyable comme si tous les atomes vibraient de toutes leurs forces. Je suis maintenant debout dans une foule très vaste, ma conscience individuelle laisse la place à une conscience collective, un doute immense anime toute la foule, une question cruciale est présente dans tous les esprit: EST-IL UN DELINQUANT, EST-IL LE FILS DE DIEU? Ce questionnement est lancinant. Se répétant constamment.

Le paysage est dantesque. Un murmure empli soudainement la foule, Jésus apparaît, il porte sur sa robe blanche une bure brun foncé. Il marche devant la foule venant de la gauche, se dirigeant vers la droite. Il avance avec peine sous la lourde croix qu'il porte, il est très maigre et fragile et paraît très fatigué.
Il titube, on craint qu'il ne tombe sous le poids de la croix, on imagine la souffrance qui doit être la sienne. Le doute s'est intensifié dans la conscience collective de la foule: EST-IL UN DELINQUANT, EST-IL LE FILS DE DIEU? Le long corps de Jésus est presque plié en deux, on craint qu'il s'effondre, ça fait mal à voir. Un grand silence se fait: Jésus s'est arrêté, se tourne vers la foule, son regard semble rechercher quelqu'un. Je rencontre son regard qui plonge dans mes yeux. Une telle lumière dans son visage, un amour sans faille dans ses yeux, la joie d'un danseur universel qui émane de toute sa personne. C’est un contraste absolu avec ce que j'avais cru voir juste auparavant. Jésus sourit avec une immense bonté. Il est connu dans les zones les plus intimes de mon être. Où ai-je pu rencontrer ce visage qui est celui qui est le meilleur, le plus doux de tous mes amis, je cherche mais sans trouver. Un bonheur sans pareil m'envahit, la vérité est –enfin- évidente: Jésus est bien le Fils de Dieu. Je suis émerveillé, il n'y a plus de foule, de confusion, tout est -enfin- clair. Un amour intense m'unit à Jésus. Ce moment est indescriptible, il dépasse toute représentation. C’aurait été impossible de l'anticiper. Ah, je suis réellement apaisé. Jésus apparaît entièrement Libre de tout le drame qui se joue

ici, il exprime une joie sereine. Une angoisse étreint maintenant mon cœur car la gravité de la situation apparaît tout d’un coup: la crucifixion de celui pour lequel mon cœur s'est ouvert tout grand. Maintenant que j'ai réalisé qui Jésus est vraiment, la perspective de la crucifixion m’anéanti. L'amour me montre à l'instant son revers: l'angoisse et la peur que du mal ne soit fait à celui qu'on aime. Non, je ne veux pas qu'il soit crucifié au moment même où je découvre avec certitude qu'il est le fils de Dieu. Mon cœur se resserre pour atténuer l'infinie douleur qui le pénètre. Je réalise que je suis devenu complice de cette impardonnable injustice à cause de mon doute. Je me sens coupable et je frissonne d'horreur. L'idée de la crucifixion du Fils de Dieu est absolument insupportable. Je me condamne intérieurement au pire. Ma poitrine est étreinte par la peur : un grand trouble a gagné mon esprit au risque de le faire basculer. Le paysage est devenu cauchemardesque et je me sens totalement perdu. Mon cœur s'étant ouvert profondément à Jésus, j'ai aussi sans pourvoir le prévoir invité la douleur immense de la séparation. Aussi la culpabilité d’avoir fait du tort à un être aimé a pris des dimensions extrêmes car il s’agit vraiment du Fils de Dieu. Ça apparaît comme le pire des péchés, la crainte des foudres du Père est subliminale. Je suis entièrement démuni devant ces nouveaux sentiments tellement intrusifs. Jésus me regarde maintenant avec beaucoup d'intensité et de gravité, il me parle du regard avec une douce autorité: «Ne te prends pas pour l'auteur de cette action que tu te reproches si amèrement et si dramatiquement et ce avec tant de force! Seul le Père agit et tout ce qui se passe ici est le théâtre de son plan divin. Il assume l'ensemble de tous ces rôles. Laisse-Lui donc pour toujours la responsabilité des actions et des événements, et demeure comme moi, à jamais dans Sa Joie emplie de sérénité. » Je lui réponds par le regard: « Mon esprit peut le comprendre, mais pas mon cœur. » Jésus ajoute: « Dieu t'a pardonné avant même que tu aies péché. » Le regard de Jésus scrute maintenant mon être et il ajoute « Soit prudent de ne pas t'enfermer dans la culpabilité de ce meurtre et des ses infinies conséquences, et de devenir ton propre justicier car c’est un de tes penchants. Tu risques si tu t'attribues la culpabilité de la crucifixion du Fils de Dieu de t'enfermer dans l’autopunition» Après ce sérieux avertissement, la présence de Jésus s'estompe progressivement, l'intensité de l'expérience disparaît. En même temps, je reste encore émerveillé et totalement étonné de cette incroyable vision. Mais le conflit entre ces deux parties de moi est exacerbé, une qui veut renoncer est être l'acteur de mes actions en les laissant au Père et recevoir sa joie éternelle et l’autre qui s'y cramponne, et de ce fait me rend captif de ces puissants remous psychique. Ces sentiments sont tellement forts qu’ils me déstabilisent. Je me sens tellement impuissant devant eux. Revenant petit à petit dans à conscience d'aujourd'hui en 1982, je réalise que c'est ce conflit qui m’habite. Et par là, je crucifie encore le Christ en moi, cette fois-ci cela peut changer. Je pourrai sans doute un jour laisser prévaloir la Joie sereine du Père. Le bois de jeunes sapins réapparaît dans l’arrière fond. Je me suis maintenant stabilisé dans ma conscience ordinaire. Donovan (le directeur du centre), que je n'ai pas vu venir, me prend dans ses bras. Le message du Christ revient sans cesse. Je veux accéder tout de suite à la Joie salvatrice montrée par lui. Cette culpabilité venue de nulle part mais ayant de puissantes racines dans mon être, c'est l'obstacle majeur, mais comment y porter remède car elle crée tant de situations adverses. Mais grâce à cette vision qui dépasse vraiment tout entendement, un nouvel espoir apparaît de pouvoir dissoudre les ombres de mon esprit et de mon cœur.