Rapide rappel de mathématiques

BA1 en chimie, mathématiques et physique.

Quelques mots. . .
Les étudiants qui rentrent à l’université proviennent d’horizons parfois fort différents, c’est
évident. Cela semble particulièrement bien vérifié en ce qui concerne le cours de mathématiques ;
c’est la raison d’être du présent document et des “séances de rappels” organisées en début d’année.
Nous avons rassemblé dans ce document divers rappels théoriques ainsi que quelques exercices
concernant une partie des mathématiques vues (ou censées l’être) durant les études secondaire.
Pour l’étudiant, l’intérêt majeur est de se mettre à niveau, ou au contraire de se rassurer sur
l’état de ses connaissances, bref d’éviter les surprises.
Pour le professeur, c’est d’avoir une base mathématique sur laquelle il peut se baser et une
référence à laquelle il peut se référer, bref d’éviter les surprises.
Historique Année 2009-2010 Première version.
Année 2010-2011 Deuxième version.

Table des matières
Quelques mots. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

i

1 Fonctions
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.2 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.3 Injectivité et surjectivité . . . . . . . . . .
1.4 Les fonctions exponentielles et logarithmes
1.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . .

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

1
1
3
3
5
5

2 Dérivées
2.1 Approche intuitive . . . . . .
2.2 Sens physique de la dérivée .
2.3 Dérivée partielle . . . . . . .
2.4 Règles simples de dérivation .
2.5 Règle de dérivation en chaîne
2.6 Exercices . . . . . . . . . . .
3 Trigonométrie
3.1 Systèmes de coordonnées du
3.2 Le radian . . . . . . . . . .
3.3 Cercle trigonométrique . . .
3.4 Symétries . . . . . . . . . .
3.5 Triangles . . . . . . . . . .
3.6 Exercices . . . . . . . . . .

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

9
9
10
11
12
13
13

plan
. . .
. . .
. . .
. . .
. . .

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

17
17
18
18
19
21
22

.
.
.
.
.
.

4 Les nombres complexes

27
i

ii

TABLE DES MATIÈRES
4.1
4.2
4.3
4.4
4.5

Définitions . . . . . . . . . . . . .
Plan de Gauss . . . . . . . . . . .
Forme polaire ou trigonométrique
Racine ne d’un complexe . . . . .
Exercices . . . . . . . . . . . . .

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

27
27
28
29
29

5 Analyse vectorielle
5.1 Introduction : scalaires et vecteurs . . . . . .
5.2 Addition de vecteurs . . . . . . . . . . . . . .
5.3 Composantes d’un vecteur et vecteurs de base
5.4 Produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . .
5.5 Produit vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . .
5.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.

31
31
31
32
33
34
35

6 Intégration
6.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
6.2 Rappels et exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

39
39
41

Document réalisé par : Nicolas Brouette, Jonathan Demeyer, Thomas Lessines, Nicolas Richard.

4] .1. pour une fonction f : A → B. La différence est subtile car en pratique elle n’a pas toujours un intérêt flagrant. L’image de la fonction f : [0. de la fonction f est la collection des f (x) pour x parcourant A. Quant à la fonction h : R+ → R+ : x 7→ x2 qui à chaque réel positif associe son carré.Chapitre 1 Fonctions 1. il faudra pouvoir y faire attention.1 Généralités Une fonction f est la donnée d’un ensemble de départ A. elle est clairement différente des deux précédentes car son domaine n’est pas le même. c’est bien un sous-ensemble de la droite réelle. 1 . Image d’une fonction L’image. 1. Formons maintenant quelques définitions. Une autre fonction serait g : R → R+ : x 7→ x2 qui à chaque réel associe son carré. d’un ensemble d’arrivée B. 2] → R : x 7→ x2 est [0. que l’on résumera sous la forme f : A → B : x 7→ f (x) où f (x) est l’élément de B qu’on associe à l’élément x de A (il faut évidemment donner f (x) pour n’importe quel x de A). Exemple. on parlera parfois de « la fonction f (x) » (qui n’est en réalité qu’un élément de B. En écrivant le symbole « f » on suppose avoir ces trois données. qu’on pourrait écrire f (A). plus précisément « l’ensemble image ». Exemple. Il faut cependant la voir. pas une fonction) ou de « la fonction y = f (x) » (qui n’est qu’une égalité. f : R → R : x 7→ x2 est une fonction qui à chaque réel associe son carré. Par abus de langage. pas une fonction). C’est un sous-ensemble de B. car quand son intérêt apparaitra. et d’une règle qui à chaque élément de A associe un unique élément de B. il est noté Im f . Cet ensemble est représenté en trait gras sur la Fig. La subtile différence est que l’ensemble d’arrivée n’est pas le même : ici c’est l’ensemble des réels positifs (zéro inclus).

2: Le graphe de (1.0 4.2). . 2] → R : x 7→ x2 .0 x -0.2 CHAPITRE 1. Antécédent Si x. 1.0 x Figure 1. On remarquera (ce n’est pas évident) qu’ici.5 -1.1: Le graphe de [0.0 1.0 2.0 y = x2 3. Il est parfois utile de préciser l’expression algébrique d’une fonction (c’est-à-dire donner la formule) sans préciser le domaine.0 6 5. élément de A.0 -2. +∞) ⊂ R → R : x 7→ ln(x − 1) .0 -1. qu’il faut rechercher ensuite.0 1. on le note aussi dom f . le domaine de définition s’obtient en projetant le graphe sur l’axe des abscisses (en gras sur la Fig.0 2. Exemple. l’ensemble image est de la forme (−∞. Sur le graphe de la fonction. x Domaine de définition Le domaine de définition de f est l’ensemble A. Un élément y de B peut très bien avoir plusieurs antécédents ou n’en avoir aucun.0 3. Le domaine de définition A de la fonction f : A ⊂ R → R : x 7→ ln(x − 1) x est (1. et l’image s’obtient en projetant le graphe sur l’axe des ordonnées. FONCTIONS y 6.5 Figure 1.5 -2. vérifie f (x) = y. ∞). ln(x−1) x 6 1. on dit que x est un antécédent de y (pour la fonction f ).0 2. a] pour un certain réel positif a nonexprimable à partir des fonctions “usuelles”.

La fonction cos(x) est une fonction paire et la fonction sin(x) est une fonction impaire. Définition.3 1. Exemple.3: Composition de fonctions Exemple. Nous définissons et illustrons (voir Fig. Ceci nous définit une nouvelle fonction entre ces deux ensembles. 1. Parité Une fonction f : A → B. . COMPOSITION 3 E1 E2 g E3 f R R  f ◦g Figure 1. La composée de deux fonctions f : A2 → A3 et g : A1 → A2 se note f ◦ g et est définie comme suit : f ◦ g : A1 → A3 : x → 7 f (g(x)) On résumera la situation en écrivant que f ◦ g est la composée des flèches g f E1 −→ E2 −→ E3 ce qui est également illustré sur la figure Fig. Les antécédents de 4 par la fonction f : R → R : x 7→ x2 sont −2 et 2.2 Composition Que se passe-t-il si l’on applique successivement une fonction g puis une fonction f ? On passe de l’ensemble de départ de g à l’ensemble d’arrivée de f . on a −x ∈ A et f (x) = f (−x). Cette fonction s’appelle la composée de g et f . on a −x ∈ A et f (−x) = −f (x). mais ln(x − 1)/x n’est ni l’un ni l’autre.1. 1.3 Injectivité et surjectivité Soit encore une fonction f : A → B. de bijectivité et d’inversibilité. Par contre −4 n’a aucun antécédent pour cette fonction. de surjectivité.2. ∗ impaire si et seulement si pour tout x de A. avec A ⊂ R et B ⊂ R est : ∗ paire si et seulement si pour tout x de A. 1. L’unique antécédent de 0 est 0.4) les notions d’injectivité.

et se note f −1 . Une telle fonction est appelée une injection. 1. f −1 −1 = f. def Exemple. C’est équivalent à dire que si f (x) = f (y) pour un x et un y de A. Injection La fonction f dite injective lorsque tout élément de l’ensemble d’arrivée de f a au plus (c’est-à-dire au maximum) un antécédent par f . Bijection La fonction f est dite bijective (ou est une bijection) si elle est à la fois injective et surjective. En d’autres termes. C’est équivalent à dire que pour a ∈ B. l’équation f (x) = a possède toujours une solution x. Propriété. alors forcément x = y. Ceci veut dire que les éléments du domaine et les éléments de l’ensemble d’arrivées se correspondent parfaitement par f . Attention à ne pas confondre f −1 (x) avec f (x)−1 = 1/f (x) ! Par exemple.4: Injectivité. Une fonction est inversible si et seulement si c’est une bijection. Fonction réciproque La fonction f : A → B est inversible si il existe une fonction g : B → A telle que g(f (x)) = x ∀x ∈ A et f (g(y)) = y ∀y ∈ B.4 CHAPITRE 1. f est surjective si et seulement si son image est l’ensemble d’arrivée tout entier. Surjection La fonction f est dite surjective lorsque tout élément de l’ensemble d’arrivée est image par f d’au moins un élément de l’ensemble de départ. FONCTIONS Surjection Injection Bijection (pas injectif) (pas surjectif) (injectif et surjectif) Figure 1. Si g est l’inverse de f . En d’autres termes. alors f est l’inverse de g. 2. Une telle fonction est appelée une surjection. . La fonction g est appelée l’inverse ou la fonction réciproque de f . les fonctions f : R0 → R0 : x 7→ x et g : R0 → R0 : x 7→ 1 x vérifient f (x)−1 = g(x) pour tout x ∈ R0 . par contre f −1 = f et g −1 = g (exercice facile). surjectivité.

iv. Lorsqu’on parle de la fonction exponentielle. 2[ → R : x 7→ x2 f : ]0. ou logarithme népérien (hommage à l’écossais John Napier). Logarithmes et logarithme naturel Les fonctions logarithmes sont les fonctions réciproques des fonctions exponentielles. ∞) : x 7→ x2 n’est pas injective (donc n’admet pas de réciproque). Les fonctions logarithmes sont définies sur le domaine R+ 0 et ont pour ensemble image R.1. c’est la fonction def exponentielle dont la base est a = e( = 2. Le domaine de la fonction exponentielle est R. y ∈ R. 5 La fonction f : [0. Il y a deux fonctions logarithmes fort utilisées : le logarithme décimal. appelé la base de l’exponentielle.4 Les fonctions exponentielles et logarithmes Les fonction exponentielles sont les fonctions du type f (x) = ax pour un certain réel positif a. Décrire le domaine dom f et l’ensemble image Im f pour les fonctions suivantes : f : [0. b > 0 et x.4. dx Cette propriété en fait une fonction omniprésente dans la description de nombreux phénomènes naturels.5 Exercices 1. 2[ → R : x 7→ x2 f : ]−2. ln(ax ) = x ln a 1. e0 = 1 et ln 1 = 0. . ∞]. C’est est une raison pour laquelle on parle de la fonction exponentielle. en base 10.1) : d x e = ex . Elle a pour propriété remarquable d’être sa propre dérivée (voir section 2. ∞) → [0.). et le logarithme en base e. ∞) → [0. La fonction réciproque de l’exponentielle en base a est la fonction logarithme en base a. 1[ → R : x 7→ x3 . ∞) : x 7→ √ x mais par contre la fonction f : R → [0. ∞) : x 7→ x2 est bijective et admet la fonction réciproque f −1 : [0. ii. a. Ici. eln a = a et ln(ex ) = x. LES FONCTIONS EXPONENTIELLES ET LOGARITHMES Exemple. souvent noté simplement log. C’est ce dernier qui est le plus souvent utilisé en mathématiques. i.718281 . à chaque fois qu’une quantité varie proportionellement à sa valeur instantannée. . iii. 2[ → R : x 7→ x2 f : ]−1. son image est l’ensemble R+ 0 = ]0. elle se note loga . Identités importantes Les identités suivantes sont essentielles. ex+y = ex ey et ln(ab) = ln(a) + ln(b). 1. il est appelé logarithme naturel. souvent noté ln.

5: Graphe de ex et de ln x. f (0). Représenter la fonction et sa fonction réciproque sur le même graphique. (g ◦ f )(π/2) et (f ◦ g)(π/2) b) Quelles sont les expressions algébriques de f ◦ g et g ◦ f ? 3.6 CHAPITRE 1. 4. Pour chacune des fonctions suivantes. √ a) y = x q 2x+1 b) y = 3(x−1) c) R− → R+ : x 7→ x2 .   x + 2 si 2 < x. b) Esquisser le graphe de f . f (2) et f (3). f ◦ f et f ◦ f ◦ f . Si f (x) = 1/(1 − x). donner les domaines et expressions algébriques de f . f (3/2). Vrai ou faux ? La fonction f : R → R : x 7→ x2 + 3x + 2 est a) injective b) bijective c) inversible d) surjective 6. Soit f la fonction définie par  1  si x < 0. a) Calculer f (π/2). FONCTIONS Figure 1. c) Déterminer le domaine de définition et l’image de f . 5. expliquer pourquoi. On donne les fonctions f et g définies sur R par f (x) = 2x et g(x) = sin(x). a) Calculer f (−2). Ces deux graphes sont symétrique par rapport à la droite d’équation y = x. d) Déterminer la fonction réciproque de f si elle existe . x f (x) = x2 si 0 ≤ x ≤ 2. si elle n’existe pas. g(π/2). 2. déterminer le domaine de définition et la fonction réciproque si elle existe.

Les séismes sont des phénomènes qui vont d’un léger mouvement des couches profondes de l’écorce terrestre. dans R. Néanmoins. 78 · 108 I0 – Los Angeles. à partir d’une mesure de l’amplitude A donnée par un sismographe. Résoudre. la différence est considérable. est basée sur le logarithme décimal. La fonction notée log est le logarithme en base 10. en 1971 : I = 5. Application numérique L’énergie E libérée au foyer du séisme est liée à la magnitude par log E = a + bM où a et b sont des constantes. 1. c’est à la fois vrai et faux. C’est pour cela que l’échelle de mesure de l’intensité des tremblements de Terre. On entend parfois que l’échelle de Richter comprend 9 degrés. Sans calculette. 01 · 106 I0 b) Déterminer les valeurs de a et de b. lui-même libérant une énergie de 0. sachant qu’un séisme de magnitude 8 met en jeu environ 30000 fois plus d’énergie qu’un séisme de magnitude 5. en 1906 : I = 1. à une catastrophe gigantesque qui peut alors changer complètement la topographie d’une région. Autrement dit. simplifiez :  2 a) ln e 3 b) e1+ln 6  4 c) ln e 32 e5 8.1. entre ces deux extrêmes. les équations : a) ln(x2 ) = ln(12 − x) b) ln x + ln(x + 6) = 1 2 ln 9 9. a) Placer sur l’échelle de Richter les séismes : – San Francisco. développée en 1935 par le sismologue américain Charles-Francis Richter. à peine perceptible en surface. c’est simplement qu’un tremblement de Terre dont la magnitude soit supérieure à 9 ne se produit que tous les deux siècles environ. Il s’agit.   A M = log A0 Ainsi. On obtient alors la magnitude M du séisme 1 . les propriétés vues pour le logarithme naturel restent valables pour le logarithme en base 10. une différence de un degré sur cette échelle correspond à un rapport des amplitudes de 10.5. c’est-à-dire la fonction réciproque de f (x) = 10x . En fait elle n’a aucune limite. 2 · 1020 J. EXERCICES 7 7. . de la comparer à une amplitude A0 de référence.

.

et deux points P1 = (x1 . normalement déjà introduite dans le secondaire. Tout en restant sur cette courbe. La dérivée f 0 au point x2 est alors le quotient a lorsque P1 tend vers P2 . y2 ) sur la courbe d’équation y = f (x) (c’est-à-dire y1 = f (x1 ) et y2 = f (x2 )). y1 ) et P2 = (x2 . c’est la limite 1 : f (x2 ) − f (x1 ) f 0 (x2 ) = lim a = lim x →x P1 →P2 x2 − x1 1 2 6 y 6 y P2 ∆y P1 y = f (x) P P1 2 y = f (x) ∆x - - x x Figure 2. Qu’advient-il alors de la droite reliant ces deux points ? Pour P1 suffisamment proche de P2 . Une approche rigoureuse. La variation de la fonction entre ces deux points est donnée par ∆y = y2 − y1 . autrement dit. on ne distingue plus la différence entre la courbe et la droite entre ces deux points. La droite en question se confond avec la notion intuitive de tangente à la courbe au point P2 . On peut rapporter (diviser) cette variation ∆y à la variation ∆x = x2 − x1 de la coordonnée x entre ces deux points.1: La droite entre deux points d’un graphe. nous obtenons le quotient a= ∆y ∆x qui indique dans quelle proportion varie la fonction f entre les deux points : c’est la pente de la droite reliant P1 à P2 (voir Fig.1).Chapitre 2 Dérivées 2. 2.1 Approche intuitive Prenons une fonction quelconque f . 1. 9 . sera vue plus tard et on réintroduira à cette occasion la notion précise de limite. qui traduit l’intuition qu’on a d’un déplacement infinitésimal. supposons maintenant que l’on approche le point P1 du point P2 .

Ce profil peut être vu comme le graphe de la fonction qui donne pour chaque valeur y du déplacement au sol l’altitude h(y) de l’avion. ou encore le quotient de deux infinitésimaux 2 . Enfin dans la région 4 et 5. On suppose dans un premier temps qu’il se déplace en ligne droite (voir Fig. La dérivée est la fonction qui à x associe f 0 (x). les pentes dans ces régions sont donc négative. Ensuite l’avion se stabilise à une certaine altitude. présenté dans le premier graphe. 2.2: Représentation de la dérivée (à droite) d’une fonction simpliste (à gauche) ce qui s’utilise en pratique sous la forme f 0 (x) = lim h→0 f (x + h) − f (x) . la pente. La pente α de chacun de ces segments de droite peut alors être reproduite sur un autre graphique. Ceci peut être utile si la fonction f contient des constantes et qu’il faut évidemment ne pas dériver par rapport à celles-ci ! De plus. Le deuxième graphe représente la dérivée du profil d’altitude de l’avion. Dans la première région l’avion monte. La notation f 0 est indiquée si l’on considère l’objet qu’est la fonction dérivée. évolue par sauts. La dérivée se note aussi parfois df dx où l’on indique clairement la variable par rapport à laquelle on dérive. l’avion entame sa descente . On peut aussi considérer un profil similaire de vol courbe.10 CHAPITRE 2. l’avion monte quelque peu mais avec une pente moins importante que dans la région 3. qui correspondent aux brusques changement de direction de l’avion. Dans la région 3. Comme on le voit sur la figure 2. h Le nombre dérivé f 0 (x) d’une fonction f en un point x correspond à la pente de la tangente à la courbe au point (x. cette notation rappelle que la dérivée est la limite d’un quotient. Le choix de l’utilisation d’une notation ou de l’autre dépend généralement du contexte. DÉRIVÉES 6 α 6 1 h 2 1 3 3 y 2 4 5 4 5 y Figure 2.2. 2. . considérons le graphe de l’altitude h d’un avion au cours d’un vol.2 Sens physique de la dérivée Pour prendre un premier exemple. par rapport au déplacement au sol y. La notation df est indiquée lorsque la dérivation par dx rapport à plus d’une variable est possible. plus proche de la réalité. qui donne le rapport de proportionnalité entre h et y.2). en conséquence la pente est nulle dans la région 2. f (x)). On parlera parfois de déplacement infinitésimal. Cette pente est donnée par le rapport de la variation de l’altitude ∆h entre deux points du même segment sur la variation ∆y du déplacement au sol. la pente α est donc positive. On peut remarquer la similitude entre le graphe de la dérivée 2. La dérivée h0 (y) représente alors la pente de l’ascension (ou de la descente) de l’avion près de y. Néanmoins les deux notations sont courantes et acceptées.

v(t) = 2.3: Représentation de la dérivée (à droite) d’une fonction plus réaliste (à gauche) ci-dessus et le graphe de la pente dans le premier exemple. ∆t La position d’un objet pouvant être comprise comme une fonction du temps. les points d’inflexions de h correspondent aux maxima et minima de h0 . qui est la dérivée de cette fonction est elle-même une fonction du temps et on écrit dx(t) dt c’est-à-dire que la vitesse est la dérivée de la position par rapport au temps.3 Dérivée partielle Considérons la fonction S de deux variables qui associe à la longueur l et à la largeur L d’un rectangle l’aire de celui-ci : S(L. Si l’on dérive la fonction S ∗ par rapport à l. l) = L l Supposons maintenant que nous faisons varier uniquement la longueur l de notre rectangle en gardant sa largeur L fixée à une certaine valeur b.2. elle passe par l’origine car S ∗ (0) = 0. la vitesse instantanée. Appelons cette fonction S ∗ : S ∗ (l) = b l Le graphe de cette fonction est une droite de pente b. mais qui ne dépend plus que d’une seule variable (la longueur l). DÉRIVÉE PARTIELLE 11 6 6 h0 (y) h(y) y y Figure 2. on obtient donc : dS ∗ (l) =b dl Ce qui nous indique dans quelle proportion varie l’aire du rectangle lorsque l’on augmente (ou diminue) la longueur l.3. De même. Noter aussi que les maxima et minima de la fonction h correspondent aux positions où la dérivée h0 s’annule. Dans ce cas nous pouvons définir une nouvelle fonction donnant la surface du rectangle. La dérivée h0 donne en effet la pente de la courbe d’équation z = h(y) pour un déplacement ∆y infinitésimal. on obtient la vitesse instantanée de l’objet v = lim ∆t→0 ∆x . . alors que la largeur L est fixée. Si l’on considère cette vitesse moyenne sur un intervalle de temps infinitésimal. Autre exemple : la vitesse moyenne d’un objet est définie comme étant le quotient de la distance ∆x parcourue par cet objet sur l’intervalle de temps ∆t mis par cet objet pour parcourir cette distance.

. . la dérivée partielle par rapport à la j e variable s’écrit ∂f (x1 . x2 . . . . la dérivée partielle de la fonction S ci-dessus par rapport à l donne ∂S(L. DÉRIVÉES Ce type de calcul peut être réalisé pour des fonctions de plusieurs (et pas uniquement deux) variables plus compliquées pour déduire comment varient ces fonctions lorsque toutes les variables sont fixées.12 CHAPITRE 2. on ne dérive donc la fonction f que par rapport à la variable xj en considérant les autres comme des constantes. . . xn ) ∂xj Dans la pratique. xn . . sauf une que l’on fait varier. l) =L ∂l et l’on peut faire le lien avec l’exemple ci-dessus : . x2 . Par exemple. On appelle ce genre de dérivée une dérivée partielle et on la note comme suit : pour une fonction f de plusieurs variables x1 .

l) . dS ∗ (l) ∂S(L.

.

=b = dl ∂l .

La dérivée d’un produit : si f et g sont deux fonctions.L=b où la barre verticale avec l’égalité L = b signifie que l’on évalue la dérivée partielle en donnant à la variables L la valeur b. alors (f g)0 = f 0 g + f g 0 4. d(xk ) = k xk−1 dx 5. on a d(f α ) = α f α−1 f 0 dx Application directe : La dérivée d’un monôme. 1. alors (f + g)0 = f 0 + g 0 3. on a (af )0 = af 0 2. La dérivée d’une somme : si f et g sont deux fonctions. 2. Si a est une constante et f une fonction.4 Règles simples de dérivation Voici quelques règles pratiques qui peuvent grandement faciliter le calcul d’une dérivée : Propriété. La dérivée d’un quotient : Si f et g sont deux fonctions. La dérivée d’une puissance : si f est une fonction et α une constante. alors  0 f f 0 g − f g0 = g g2 A condition que la fonction g ne s’annule pas au point où la dérivée est considérée ! ! ! .

2.5.5 13 Règle de dérivation en chaîne Soit deux fonctions f : E2 → E3 et g : E1 → E2 et considérons la composée f ◦ g : E1 → E3 de g et f . On peut exprimer la dérivée de cette composée en terme de la dérivée de f et de g par la règle de la dérivation en chaîne : (f ◦ g)0 (x) = [(f 0 ◦ g)(x)] g 0 (x) ou encore . RÈGLE DE DÉRIVATION EN CHAÎNE 2.

dg(x) df (u) .

.

df (g(x)) = dx du .

La dérivée de h est donc : h0 (x) = f 0 (g(x)) g 0 (x) = f 0 (x − x2 ) (1 − 2x) = 2(x − x2 ) (1 − 2x) En développant le carré dans h(x) et en dérivant. est y = f 0 (a)(x − a) + f (a). Exemple.6 Exercices 1. La dérivée de la fonction h : x 7→ (x − x2 )2 peut se calculer comme suit : on peut écrire h(x) comme la composée de la fonction f : x 7→ x2 et g : x 7→ x − x2 . Former les équations des tangentes à la courbe d’équation y = (x − 1)(x − 2)(x − 3) aux points d’intersection avec l’axe des abscisses. . Tracer la courbe et la tangente. on peut vérifier qu’on retrouve bien le même résultat. 2. les valeurs des dérivées première. deuxième et troisième des fonctions suivantes au point indiqué. a) y = x3/2 en x = 0 b) y = x + 1/x en x = 1/2 3. Calculer.u=g(x) dx ce qui peut se lire la dérivée d’une fonction composée est égale à la dérivée de la fonction externe évaluée en la valeur de la fonction interne fois la dérivée de la fonction interne évaluée en l’argument de la fonction composée. Calculer la dérivée première par rapport à x de √ a) y = t2 − 4t si t = 2x2 + 1 √ b) y = t − 3t2 si t = x2 − 6x + 3 √ c) y = 3t2 − 5t + 4 si t = x2 4. si elles existent. Rappel L’équation de la droite tangente à une courbe y = f (x) en un point (a. Calculer la dérivée des fonctions suivantes : a) y = x6 − 3x4 + 19x3 − 8x + 4 b) y = (2 − x)(1 − 5x) √ c) y = (2x + 1)(3x + 2) 3 3x + 2 d) y = x8 8(1−x2 )4 2. f (a)) de la courbe.

Calculer la dérivée première des fonctions suivantes : a) y = sin(x2 + 1) .14 CHAPITRE 2. quelle est la vitesse à laquelle augmente l’aire de la surface considérée. lorsque a) le rayon a 10 cm b) le rayon a 20 cm 8. La figure ci-dessous donne la variation de la vitesse d’un mobile en mouvement rectiligne en fonction du temps. v(t) (m/s) 1 0. Sachant que le rayon augmente à la vitesse constante de 0.1cm/sec. DÉRIVÉES 5. La figure ci-dessous représente le graphe d’une fonction. On considère un disque dont le rayon varie avec le temps.5 t(s) -1 0 1 2 3 4 5 -1 a) Que valent les vitesses minimales et maximales atteintes par le mobiles ? b) Combien de temps s’écoule-t-il entre ces deux valeurs extrêmes ? c) Durant quel(s) intervalle(s) de temps le mobile accélère-t-il (accélération positive) ? d) Durant quel(s) intervalle(s) de temps le mobile décélère-t-il (accélération negative) ? e) A quel(s) instant(s) l’accélération est-elle nulle ? f) A quel instant le mobile est-il le plus loin de son point de départ ? g) Quelle est la distance parcourue par le mobile pendant les 4 secondes du mouvement ? 6. Dessiner le graphe de sa dérivée. 6 1 1 −1 2 3 - −1 7.

6. La réciproque est-elle vraie ? b) Si f est impaire. Interpréter le résultat : que décrit cette dérivée partielle ? 12. Le volume d’un cône est donnée par la formule : V (r. quelle est la vitesse de variation a) de la surface de la sphère ? b) du volume de la boule ? 11. Que peut-on dire de f (x) (maxima. Le rayon d’une sphère augmente de 0. et h est la hauteur du cône. montrer que sa dérivée f 0 est impaire. montrer que sa dérivée f 0 est paire.25 m/sec. Soit f une fonction dérivable. points d’inflexion. y 6 1 a) −1 c) x 1 −2 −1 1 2 −1 −1 6 1 b) −3 −2 −1 1 2 3 - −1 10. h) = πr2 h 3 où r est le rayon du disque formant la base du cône. EXERCICES 15 b) y = cot(x)/ sin(x) c) y = (sin(x) + cos(x))/(sin(x) − cos(x)) d) y = arcsin(5x) 9. Calculer la dérivée partielle de cette fonction par rapport à r. Lorsque le rayon vaut 3 m. croissance.) ? Dessiner grossièrement f (x) si on suppose f (0) = 0. On donne le graphe de la fonction dérivée f 0 d’une fonction f ... décroissance. La réciproque est-elle vraie ? - . etc .2. a) Si f est paire. minima.

.

17 . on utilisera systématiquement les coordonnées polaires (ou leur généralisation tridimensionnelle : les coordonnées sphériques). Dans beaucoup de problèmes physiques. θ) où r est la distance à l’origine et θ est l’angle polaire orienté (dans le sens anti horlogique. Les lignes fines sont celles sur lesquelles une des deux coordonnées est constante. dans une multitude de cas. abscisse P P r ordonnée θ O Figure 3. En effet. il est clair que le seul paramètre géométrique important est la distance entre les deux objets.1).1: Coordonnées cartésiennes (à gauche) et polaires (à droite) du point P .Chapitre 3 Trigonométrie 3. le système étudié présente certaines symétries que l’on peut utiliser afin de simplifier la description mathématique des phénomènes qui s’y produisent. Les coordonnées polaires d’un point P sont données par le couple (r. Cet angle sera toujours. Fig.ainsi qu’une demi droite issue de ce point et de les utiliser comme système de référence.1 Systèmes de coordonnées du plan Le premier système de coordonnées qui vient à l’esprit est sans doute le système des coordonnées cartésiennes. ils correspondent à la distance du point par rapport à deux axes orthogonaux de référence. ou celui d’un électron autour d’un noyau atomique) isotrope (aucune direction privilégiée). sauf mention explicite du contraire. exprimé en radians. aussi dit sens trigonométrique) entre la demi droite de référence et le segment joignant le point P à l’origine (cf. où un point est représenté par deux nombres réels : l’abscisse et l’ordonnée . Si l’on veut par exemple étudier un problème à deux corps (par exemple. 3. Il s’agit alors de fixer un point O -l’origine. il n’est cependant pas particulièrement pratique d’utiliser les coordonnées cartésiennes. Dans ces cas. le mouvement d’une planète autour d’une étoile.

cos. l’angle en radian est adapté à la mesure des longueurs d’arc : l’angle vaut la longueur de l’arc divisée par le rayon du cercle. un arc dont la longueur est égale à celle du rayon (voir Fig. c’est aussi l’abscisse de l’intersection de la droite OP et de la droite horizontale d’ordonnée 1.2). En particulier.2: Angle d’un radian. Récapitulons les domaines et ensembles . Plus précisément. Le cercle trigonométrique est le cercle de rayon 1 centré en l’origine des coordonnées . 3. 180 Cercle trigonométrique Munissons un plan d’un système de coordonnées cartésiennes (deux axes orthogonaux et une origine) ainsi que d’un système de coordonnées polaires de même origine et dont la demi-droite de référence se confond avec la partie d’abscisse positive de l’axe horizontal des coordonnées cartésiennes. TRIGONOMÉTRIE B r r 1 rad O r A Figure 3. les fonctions sin. les fonctions sinus et cosinus peuvent être définies comme les fonctions envoyant un nombre réel θ sur. θ). La cotangente d’un angle θ est l’inverse de la tangente . de plus f (x) = f (x + 2kπ) où f est une des fonctions trigonométriques : sin. Ainsi un point de coordonnées polaires (r. θ) a pour coordonnées cartésiennes (r cos θ. si x est dans le domaine d’une des fonctions trigonométriques. tan et cot des fonctions définies sur un sous-ensemble de R. 3. respectivement. 3. r sin θ). De par sa définition. Le radian (rad) correspond à l’angle au centre d’un cercle qui intercepte sur la circonférence. géométriquement c’est l’ordonnée de l’intersection entre la droite OP et la droite verticale d’abscisse 1. son emploi simplifie les calculs.3 180◦ π 1◦ = π rad. l’ordonnée et l’abscisse du point P de coordonnées polaires (1. Les segments OA et OB sont de longueurs égales entre elles et égales à la longueur de l’arc de cercle AB. et 1 rad = 3. les points de la forme x + 2kπ (avec k entier relatif) sont également dans le domaine. on y définit les fonctions trigonométriques de manière géométrique (voir Fig.3). Cependant. tan ou cot. La tangente d’un angle θ est le quotient de son sinus et de son cosinus .18 CHAPITRE 3.2 Le radian L’utilisation du radian dans la vie courante est loin d’être fréquente. à 360◦ correspondent 2π rad. cos. Avec ces définitions. et ayant la propriété d’être périodiques : du fait que 2π représente un tour complet du cercle. tout en évitant des erreurs d’arrondi.

q. 3. il faut connaître ces valeurs et pouvoir reconstruire ce tableau angle 0 π/6 π/4 π/3 π/2 √ sin √0/2 √1/2 √2/2 √3/2 4/2 =0 = 1/2 =1 cos √1 √3/2 2/2 1/2 0 tan √0 3/3 √1 3 @ cot √@ 3 1 √ 3/3 0 et bien entendu. k ∈ Z} → R.3: Définitions des fonctions sinus. SYMÉTRIES 19 cot θ = 1 cos θ sin θ C B P (1. 1] et voici quelques valeurs importantes des fonctions trigonométriques . ce qu’on écrira plus souvent sous la forme cos2 θ + sin2 θ = 1. sin : R → [−1. 1] cos : R → [−1. cosinus. k ∈ Z} → R cot : R \ {kπ t. Elles découlent facilement de symétries géométriques. −1 images (= ensemble d’arrivée tel que la fonction est surjective) des fonctions trigonométriques : tan : R \ { π2 + kπ t.4 Symétries Les fonctions trigonométriques satisfont à des relations algébriques qu’il est utile de connaître. . le théorème de Pythagore appliqué dans le cercle trigonométrique implique l’importante relation (cos(θ))2 + (sin(θ))2 = 1. tangente et cotangente sur le cercle trigonométrique (illustrées ici pour l’angle θ = 2π/9 soit 40◦ ). θ) tan θ = sin θ sin θ cos θ θ O −1 cos θ A 1 Figure 3.4.q.3.

20 CHAPITRE 3. TRIGONOMÉTRIE Symétrie par rapport à l’axe des abscisses x tan x sin x sin (−x) = − sin (x) cos (−x) = cos (x) cos x tan (−x) = − tan (x) −x Symétrie par rapport à l’axe des ordonnées π−x x sin x tan x sin (π − x) = sin (x) cos (π − x) = − cos (x) cos x tan (π − x) = − tan (x) Symétrie par rapport à l’origine x tan x sin x cos x sin (π + x) = − sin (x) cos (π + x) = − cos (x) tan (π + x) = tan (x) π+x .

rappelons les relations bien connues cos θ = côté adjacent hypothénuse sin θ = côté opposé hypothénuse tan θ = côté opposé côté adjacent . Pour le voir. TRIANGLES 21 Symétrie par rapport à la première bissectrice π 2 −x cot x sin x cos sin x tan cos x π 2 π 2 π 2  − x = cos (x)  − x = sin (x)  − x = cot (x) f (x) = x Angles décalés de 90˚ π 2 +x cot x x sin sin x cos cos x tan 3. Plus explicitement. tangente et cotangentes peuvent être matérialisées dans n’importe quel triangle rectangle.3.5. cosinus. il suffit de dessiner un cercle autour d’un sommet de sorte que l’hypothénuse en soit le rayon.5 π 2 π 2 π 2  + x = cos (x)  + x = − sin (x)  + x = − cot (x) Triangles Triangles rectangles Les définitions du sinus.

π 6 rad. quelle est la mesure de l’angle Cˆ ? 3. Loi des sinus Elle s’écrit : ˆ sin B sin Cˆ sin Aˆ = = a b c Loi des cosinus. on notera A. ˆ = 36◦ et AB = 300 m. que AB vaut 5 unités. On donne AB = 5 cm. Soit ABC un triangle . Aˆ = 105◦ . b et c les mesures des longueurs des segments BC. où AB est de longueur 3. Si ABC est rectangle en A. Sachant que les côtés AB et AD d’une part.6 Exercices ˆ= 1. et B situation.22 CHAPITRE 3. ou théorème d’Al-Kashi C’est une généralisation du théorème de Pythagore. qui s’écrit : c2 = a2 + b2 − 2ab cos Cˆ 3. Soit ABC un triangle rectangle en A. on donne les angles HAC demande de déterminer la longueur CH. Souvent en parlant d’un triangle ABC. On \ = 42◦ . On donne un trapèze ABCD. BC vaut 6 unités. on donne BC = 25. B 5. et a. et AD et DC d’autres part sont perpendiculaires. . Notons O l’intersection entre les diagonales BD et AC. Sur la figure. et déterminer les longueurs AC et BC. AD est de longueur 5 et CD de longueur 6. Déterminer le troisième 4. Représenter la 2. quelle est la \? mesure de l’angle BOA ˆ = 72◦ . AC = 36 et B côté et les deux autres angles. TRIGONOMÉTRIE Triangles quelconques ˆ B ˆ et Cˆ les angles en chacun des sommets. CA et AB respectivement.

le rayon visuel parti de son oeil effleure à la fois l’extrémité de la perche et le sommet de la falaise.3. Pour cela. l’angle d’élévation de l’arête du toît du plus grand édifice est de 40◦ . distance juste nécessaire pour que. Dessiner une figure. puis calculer la valeur trouvée pour la hauteur de la falaise. 9. Avant de se préparer pour l’escalade de cette falaise. déterminer les nombres suivants (valeur exacte) en utilisant les symétries adéquates. Calculer la hauteur du plus grand édifice. À l’aide du cercle trigonométrique. Des naufragés abordent les côtes balayées par le vent d’une île de l’Atlantique Sud. il recule de 5m. Deux villes sont vues depuis le centre de la Terre sous un angle de un degré a) Quelle est la distance qui sépare ces deux villes ? b) Quelle serait cette distance si l’angle était de un radian ? Le rayon terrestre vaut environ 6370 km. La plage est bien dégagée et recouverte de galets. mais une falaise barre le chemin vers l’intérieur de l’île où ils espèrent trouver du secours. après avoir vérifié que la perche est bien perpendiculaire au plan de l’horizon. à une distance de 150mde l’aplomb de la falaise. 7. Du toit du plus petit édifice. un membre de l’équipage se propose d’en mesurer la hauteur. . Ainsi fait. il plante une perche bien droite de 3 m de longueur. 111111111111 000000 000000 000000 111111 000000 111111 000000 111111 000000 111111 000000 111111 000000 111111 x 000000 111111 000000 111111 0000 1111 000000 111111 000000 111111 40 ˚ 0000 1111 h 000000 111111 0000 1111 000000 111111 0000 1111 40 m 000000 1111111111111111111 0000000000000000000 000000000 1111 11111 111111 000000 111111 60 m 8. EXERCICES 23 6. couché sur le sol. Deux édifices à toit plat sont distants de 60 m. qui a 40 m de hauteur.6.

En mesurant les angles B ◦ 0 53 40 : A 67◦ 200 B 53◦ 400 O C Calculer la valeur des distances AB et AC. 13. puis reporter 11. que vaut la tangente de x ? b) Si cos x = 13 . 7 16 . a) Si sin x = − 15 .5 m et d’une hauteur h de 54. Soit x ∈ − π2 . passant par O avec OA perˆ et C. l’édifice commence à pencher. TRIGONOMÉTRIE a) cos( 5π 6 ) d) sin( −π 2 ) g) cos( 5π 4 ) b) sin( −π 4 ) e) cos( 7π 3 ) h) cos( −7π 6 ) c) cos( 3π 4 ) f) sin( −4π 3 ) i) sin( 8π 3 ) 10. En déduire ensuite celle de la distance OA. 16. ˆ on trouve respectivement 67◦ 200 et pendiculaire à BC. Calculer la hauteur d’un phare pour que sa portée soit de 15 km.24 CHAPITRE 3. à tel point qu’elle est fermée au public en 1990. Représenter les graphes des fonctions l et f définies par l(t) = sin(2t + π) et f (t) = sin(2t) + π. avec l’installation de ses sept cloches. on définit le long d’une des rives un segment BC de 300 m.5 m. Dès la construction du troisième étage en 1274. La construction de la tour de Pise a commencé en 1173 et fut achevée en 1350. Démontrer les relations suivantes : sin4 (a) − cos4 (a) = sin2 (a) − cos2 (a) = 2 sin2 (a) − 1 1 1 tan2 (a) − tan2 (b) = − 2 cos (a) cos2 (b) sin2 (θ) − cos2 (φ) = 1 − cot2 (θ) cot2 (φ) sin2 (θ) sin2 (φ)   14. d’un diamètre intérieur de 7. quelles sont les valeurs possibles de la tangente de x ? 15. . C’est une tour creuse. 12. Trouver les valeurs exactes possibles de cos θ et tan θ sachant que sin θ = les arcs correspondants sur un cercle. π2 . Pour calculer la distance OA entre deux points situés sur les rives opposées d’un fleuve.

Il s’agit de déterminer l’inclination qu’avait la tour en 1990. 5 m θ 53◦ 46 m Des travaux très importants sont alors réalisés. Pour ce faire. par rapport à la verticale θ . qui ont permis de rapprocher le sommet de la verticale de 43 cm.3. la tour de Pise a retrouvé l’inclinaison qu’elle avait il y a deux siècles et peut réouvrir ses portes au public en 2001. – La distance d. . le centre du sommet de la tour s’était écarté de la verticale. Les scientifiques estiment avoir prolongé la survie du monument d’une centaine d’années. qui exprime de combien de mètres. Calculer : – La valeur de l’angle d’inclinaison. EXERCICES 25 d 54. et la mesure de l’angle d’élévation est de 53◦ . elle est observée à partir d’un point distant de 46 m du centre de sa base.6. Ainsi.

.

cet ensemble porte une structure de corps et est noté C. La plupart des opérations sur les nombres complexes ont leur interprétation géométrique dans ce plan.2 Plan de Gauss Un nombre complexe étant représenté par deux nombres réels. L’ensemble des nombres de cette forme s’appelle l’ensemble des nombres complexes . où a et b sont des nombres réels appelés (et notés) respectivement partie réelle (a = Re(z)) et partie imaginaire (b = Im(z)) de z. on peut le représenter dans un plan appelé « plan de Gauss ». Le nombre complexe i = 0 + 1i est un nombre imaginaire qui a la particularité que i2 = −1. 4.1 Définitions Un nombre complexe s’écrit sous la forme z = a + bi. par opposition à la forme polaire que nous verrons plus tard. Deux nombres complexes a + bi et c + di sous forme cartésienne sont égaux si et seulement si a = c et b = d. c’est-à-dire leurs parties réelles sont égales et leurs parties imaginaires sont égales. Im z = a + bi b |z| arg z 0 a Re Figure 4.Chapitre 4 Les nombres complexes 4. Quand un complexe est noté a + bi (avec a et b réels) on dit qu’il est sous forme cartésienne.1: Illustration de nombres complexes dans le plan de Gauss 27 .

zz = z¯z¯0 et |zz 0 | = |z| |z 0 | . z¯ = z . La forme polaire d’un complexe est pratique pour calculer des produits et des puissances de nombres complexes : 0 Propriété. d’un complexe permettent de déterminer univoquement ce complexe puisqu’on a la formule z = a + bi = ρ (cos(θ) + i sin(θ)) où ρ = |z| et θ = arg z. LES NOMBRES COMPLEXES Pour z = a + bi un nombre complexe. Dans le plan de Gauss. Ceci explique pourquoi la notation |·| est la même pour la valeur absolue et le module. 4. 0 4. a La vérification du quadrant vient de ce que la tangente ne détermine l’angle qu’à π près. z = ρeiθ . √ √ On définit le module du complexe z par |z| = z z¯ = a2 + b2 . Propriété. on note z¯ = a − bi le complexe conjugué de z. z¯ = ρe−iθ . on a : 1. |z| = |¯ z| . ce module est simplement la valeur absolue. Le module. où par définition eiθ = cos(θ) + i sin(θ) Remarque. 1 ρeiθ = ρ1 e−iθ . on a 1. |z + z 0 | ≤ |z| + |z 0 |. Une notation courante et très commode est d’écrire z sous la forme d’une exponentielle complexe. souvent noté θ. sa partie imaginaire est nulle).1).3 Forme polaire ou trigonométrique Dans le plan de Gauss. il s’agit du symétrique de z par rapport à la droite réelle (généralement dessinée horizontalement.28 CHAPITRE 4. On appelle argument de z (noté arg z) l’angle (déterminé à 2π près) entre le demi-axe des réels positifs et la demi-droite qui part de 0 et passe par z. le module d’un complexe z représente la distance entre 0 et z. il s’agit de la distance entre 0 et z. Avec cette définition. 4. Dans le plan de Gauss. voir Fig. la notation z = ρeiθ garde un sens si ρ est négatif. Pour tout z = a + bi et z 0 = a0 + b0 i nombres complexes. généralement noté ρ. 5. si z est réel (c-à-d. mais que le signe de a et b permettent de lever cette indétermination. 3. 2. 2. L’argument de z se détermine via les formules a = cos(arg(z)) |z| b = sin(arg(z)) |z| ou encore par la formule b = tan(arg(z)) en vérifiant le quadrant. mais alors |z| = |ρ| (lire : « le module de z est la valeur absolue de ρ »). En particulier. . et n un entier. z z¯ = a2 + b2 . et l’argument. Si z = ρeiθ et z 0 = ρ0 eiθ sont deux nombres complexes.

n − 1 Exercices Ex. − r est également un nombre dont le carré est r.) On comprend l’intérêt de la notation exponentielle. mais des racines. de la multiplication d’un complexe par le complexe eiθ [utiliser la forme polaire] Ex. . 12 − i 23 9.. 2.  9. Racine ne d’un complexe 4.4 √ Rappelons que lorsque √ r est un nombre réel. . 3. dans le plan de Gauss. Si z est donné sous forme polaire ρeiθ (ρ ≥ 0). (1 − i)6  √ 20 8. n 4. (Cette dernière formule prend parfois le nom de « De Moivre ». . (1 + i) 7. √ (1−i 3)3 (−2+2i)4 √ (1+i)( 3+i)3 √ (1−i 3)3 . l’exponentielle complexe est une généralisation de l’exponentielle « usuelle » en base e = 2.4. 3−2i 2−3i 1 5+7i √ 1 ( 7−i)2 √ √ √3+i + √3−i 3−i 3+i (2+i)(5−2i) i Ex. . (1 + i)(3 + 4i) 5. on ne parlera jamais de la racine d’un nombre complexe. . . On appelle racine ne de z tout nombre complexe w tel que wn = z. ρeiθ = ρn einθ . 1. wn−1 définis par wk = 4. RACINE N e D’UN COMPLEXE 0 29 0 3. on note r l’unique nombre positif dont le carré vaut r. 2. 6i −3−3i √ 4+4 √ 3i 3+i 8 6. Donner une interprétation géométrique. mais la définition du √ symbole est sans ambigüité. alors les racines ne de z sont les nombres w0 . par contre. . Mettre sous la forme cartésienne les nombres suivants 1. . 4 3 + 2i 5 − − 17 + 3i 4 8. 1 + i + 3 + 4i 7. ( 23 + 12 i) 12 i −2 3. (ρeiθ )(ρ0 eiθ ) = ρρ0 ei(θ+θ ) . il n’existe pas de notion « agréable » de positivité. de l’addition d’un complexe avec le complexe a + bi [utiliser la forme cartésienne]. 16 + 3i 35 − 2i 10. . 718 . −√ 3+i 4. 1. Pour les déterminer. puisque les opérations décrites deviennent de simples applications des règles sur les exposants. Effectuer les opérations suivantes après avoir mis tous les facteurs sous forme polaire √ √ 1. 10. Évidemment. 2. (−1 + i 3)( 3 + i) √ 2. mieux qu’une simple notation. 11. nous avons la propriété suivante : Propriété. 3 + 7i + (−3 + 4i) 3.5 √ n ρ ei θ+2kπ n où k = 0. 5. 4.4. . Soit un entier n ≥ 1 et z un complexe. Dès lors. Il sera vu au cours que. Dans le cadre des nombres complexes. (3 + 7i)(3 − 7i)   6.

1 ≤ |z| ≤ 4 et π2 ≤ arg z ≤ π  4. Représenter les racines cubiques de 1 dans le plan de Gauss. Calculer 1. 7. Montrer que si (x + iy) est une racine carrée de (a + ib) où x. b sont des réels. 8. les racines sixièmes de −1. Par application de la formule de De Moivre. alors x et y sont solutions du système  2 2  x − y = a. LES NOMBRES COMPLEXES Ex. √   2 x + y 2 = a 2 + b2 2. les ensembles suivants 1. z 4 − 2iz 2 + 1 = 0 2. z 2 ∈ B  5. Déterminer les réels a et b pour que (i − 1) soit solution de l’équation   1 z 5 − a¯ z 3 + b |z| = Re z Ex. 2. x4 + x2 (1 − 2i) − 2i = 0 √  P4 8. a b  est le nombre de façon de choisir b éléments parmis a (coefficients bino- Ex. Ex. |2 + 3i − z| < 2}  3. 9. 2x2 − 3ix − 4 = 0 6. x2 − (3 + 2i)x + 5 + i = 0 où la notation miaux). C = z ∈ C t. z1 ∈ B . les racines cubiques de 1. les racines 4e de −8 − 8i 3. résoudre les équations suivantes : 1.30 CHAPITRE 4. U = {z ∈ C t. ix2 − (2i + 2)x + 6 − 3i = 0 3. Re(z) ≤ Im(z)} 2. Représenter.q.q. a. S’inspirer du point précédent pour déterminer les racines carrées de 4 + 3i. Dans C. 4. 6.q.q. 2x2 − 2x + 1 = 0 5. 10. y. 2xy = b. 5. exprimer cos(2x) et cos(3x) en fonction des puissances de cos(x) et sin(x). 1. (1 − i)x2 + 2x + 4 = 0 7. Ex. D = z ∈ C t. 3. √ 4. B = z ∈ C t. Déterminer l’équation du cercle de centre c et de rayon r > 0 dans le plan de Gauss [utiliser les interprétations du module comme une distance et de la somme comme d’une translation] Ex. x5 + 32 + k=1 k5 xk 25−k = 1 + 3i 4. les racines cubiques de 27i. Ex. A = {z ∈ C t. 5.q. dans le plan de Gauss. les racines carrées de i.

Il s’agit par exemple des longueurs. lorsque l’on souhaite définir. Pour différencier les quantités vectorielles des autres dans le présent document.1 Introduction : scalaires et vecteurs Beaucoup de quantités peuvent être univoquement déterminées par leur grandeur. et de l’angle qu’il forme avec l’horizontale : sa direction. . 5. Un vecteur est donc déterminé à l’aide de sa longueur (ou norme ou encore module). considérons deux déplacements a et b..Chapitre 5 Analyse vectorielle 5. En écrivant à la main.2 Addition de vecteurs Afin d’illustrer l’addition de vecteurs. 31 . le symbole les représentant sera écrit en gras : on pourrait par exemple désigner par v un vecteur vitesse. par exemple. Ces quantités sont appelées scalaires et sont représentées par un seul nombre réel. . des masses. Par contre. Pour désigner le module d’un vecteur donné. Remarque. les règles du triangle (à gauche) et du parallélogramme (à droite) nous permettent de trouver le déplacement résultant a + b. des températures. on différencie parfois les vecteurs des scalaires en surmontant − le symbole représentant le vecteur d’une flèche : → x. nous avons besoin de préciser la distance parcourue lors de ce déplacement mais aussi la direction suivant laquelle il s’opère. On dit qu’un déplacement est une grandeur vectorielle. on l’écrira entre barres verticales : |v| est le module du vecteur v. un déplacement. Les vitesses et les forces sont d’autres exemples de grandeurs vectorielles.

ay . 0) et j = (0. ay ). horizontal. on peut l’écrire a = ax i + ay j + az k où ax . Ils ont donc pour composantes cartésiennes i = (1. ANALYSE VECTORIELLE 5.1: Composantes d’un vecteur dans le plan On peut également exprimer un vecteur en terme des vecteurs de base i. on trouve |a| = q ax = |a| cos θ ay = |a| sin θ a2x + a2y (c’est une illustration du théorème de Pythagore). on peut donc le définir par ses composantes cartésiennes (ax . k sont les vecteurs de base. on peut alors écrire a = ax i + ay j où ax et ay sont les composantes cartésiennes du vecteur a. son module et sa direction est donné par ( En particulier. La projection orthogonale de ce vecteur sur l’axe des x (axe des abcisses) donne la composante ax du vecteur a. Pour un vecteur a dans l’espace de dimension 3. Au lieu de définir un vecteur a par son module |a| et sa direction θ. Le lien entre les composantes cartésiennes d’un vecteur. . et j. tous deux de longueur 1.3 Composantes d’un vecteur et vecteurs de base Soit un vecteur a dans le plan de coordonnées xy. vertical.32 CHAPITRE 5. Avec ces vecteurs de base. j. az sont les composantes (cartésiennes) et i. 1). De même. la composante ay est obtenue en projetant le vecteur a sur l’axe des y (axe des ordonnées). y vy j v 6 3      6    i vx x Figure 5.

c nous avons (a + b) · c = a · c + b · c et a·b=b·a Il est donc utile de connaître le produit scalaire des éléments de base entre eux : · i j k i 1 0 0 j 0 1 0 k 0 0 1 On en déduit (le faire !) que le produit scalaire peut également s’exprimer en terme des composantes des vecteurs : a · b = ax bx + ay by + az bz .4 33 Produit scalaire Le produit scalaire est une opération qui. fabrique un scalaire donné par : a · b = |a| |b| cos(ϕ) où ϕ est l’angle formé entre les vecteurs a et b. b.5. c’est-à-dire que pour tous vecteurs a. Propriété. En particulier. le produit scalaire de deux vecteurs perpendiculaires est nul car cos(90◦ ) = 0. PRODUIT SCALAIRE 5.4. Le produit scalaire se distribue sur l’addition et est commutatif. avec deux vecteurs a et b.

Il faut donc veiller à orienter ses axes de coordonnées correctement (c-à-d. de dimension 3) donnés. est le meilleur choix pour éviter de se tromper : choisir l’angle plus grand que 180◦ revient à renverser le vecteur 1n et à changer le signe du sinus. en pratique. y. le produit vectoriel de deux vecteurs a et b est a ∧ b = |a| |b| sin(ϕ)1n où 1n est un vecteur unitaire (c-à-d. ϕ représente l’angle de a à b.5 Produit vectoriel Le produit vectoriel est une opération qui. compté positivement ! La règle de la main droite permet de déterminer le sens du vecteur unitaire comme illustré ci-dessous.34 CHAPITRE 5. Ici. mais par contre il n’est pas commutatif : il est anti-commutatif. Cette table suppose que les coordonnées x. Remarquons que la norme du produit vectoriel entre deux vecteurs est égale à l’aire du parallélogramme construit sur ces deux vecteurs. le produit vectoriel se distribue sur l’addition. b. Par définition. Comme pour le produit scalaire. C’est-à-dire que pour tous vecteurs a. . ANALYSE VECTORIELLE 5. fabrique un troisième vecteur. l’illustration suppose que l’angle choisi de a à b est entre 0◦ et 180◦ (ce qui. avec deux vecteurs (dans l’espace. ce qui ne modifie donc pas le produit vectoriel). z de l’espace sont orientées en suivant la même règle de la main droite. Attention. de module 1). de sorte que i ∧ j = k). c nous avons (a + b) ∧ c = a ∧ c + b ∧ c et a ∧ b = −b ∧ a Écrivons la table de multiplication du produit vectoriel sur les vecteurs de base : ∧ i j k i 0 −k j j k 0 −i k −j i 0 Remarque. et déterminé par la règle de la main droite. c-à-d. perpendiculaire à a et b.

6. comme suit : . la formule résultant de ce calcul peut s’exprimer en terme d’un déterminant.5. À titre mnémotechnique. EXERCICES 35 Il est donc possible de calculer tout produit vectoriel de vecteurs donnés en composantes.

.

.

i j k .

.

.

(ax i + ay j + az k) ∧ (bx i + by j + bz k) = .

.

ax ay az .

.

.

bx by bz .

2. 2. |a| + |b| . Ex. 15. Dessiner la résultante des forces qui s’applique sur chacun des objets. Trouver la vitesse résultante (grandeur et direction) du bateau. Trouver : 1. déterminer : 1. |b| − |a| . b a 7 unités de long et est dans la direction de l’axe des x négatifs. 12. Que vaut l’intensité et la direction de la force résultante dans chacun des cas ? Ex. q 2 2 |a| + |b| ? 4. Quelle relation doit-il exister entre a et b pour que le module de leur somme. On considère les forces et les objets suivants : 1. Soient deux vecteurs : a a six unités de long et fait un angle de +36◦ avec l’axe abcisses positifs .6 Exercices Somme et différence de vecteurs Ex. Étant donné les vecteurs déplacements a = (2i − 3j + 6k)m et b = (3i + 2j − 3k)m. 3. |a| − |b| . Un canot automobile fait route plein Nord à 20km/h dans une région où il existe un courant de 5km/h dans la direction 70◦ Sud par rapport à l’Est. = (ay bz − az by )i − (ax bz − bx az )j + (ax by − bx ay )k 5. Quel est son déplacement résultant ? Ex. puis 20m à 60◦ vers l’Ouest par rapport au Nord. . 14. Un homme parcourt à pied 10m à 37◦ vers le Nord par rapport à l’Est. 11. 16. la somme de ces deux vecteurs (solution graphique et en composantes) 2. 13. Ex. soit égal à 1. la longueur de la somme de ces deux déplacements . la différence entre ces deux vecteurs (solution graphique et en composantes) Ex.

Ex.36 CHAPITRE 5. Démontrer à l’aide du produit scalaire que pour tout triangle de sommets A. 21. Trouver la distance entre les points (6. −3). 2) et (4. On tire sur un objet avec deux forces F1 = (3i − 5j)N et F2 = (2i − 3j)N . Trouver l’angle entre les vecteurs (2. 0. 3. Que pouvez-vous en déduire concernant l’angle entre ces deux vecteurs ? Ex. ANALYSE VECTORIELLE 2. 10) Produit scalaire Ex. la longueur de la différence de ces deux déplacements . 10) et (−4. fait un angle θ avec l’axe des z (axe des cotes). 20. B et C. 22. Trouver les composantes d’un vecteur qui a r unités de long. et dont la projection sur le plan oxy fait un angle ϕ (angle orienté !) avec l’axe des x positifs. 17. 8. 4. le vecteur déplacement 2a − 3b Ex. Ex. Calculer le produit scalaire de 8i + 2j − 3k avec 3i − 6j + 4k. 18. 19. . 1. Que vaut la résultante des forces (intensité et direction) ? Composantes Ex.

−→.

2 .

−−→.

2 .

−−→.

2 .

−→.

2 .

−−→.

2 .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

AB .

= .

AC .

+ .

BC .

− 2 .

AC .

.

BC .

Produit vectoriel Ex. 23. 1. 0. −2) par exemple ? . On considère trois points P = (−1. 2. Q et R soit rectangle en P . ainsi que sa hauteur par rapport à cette base. Ex. Montrer que a · (a ∧ b) = 0 2. 28. −3. Trouver l’aire du parallélogramme déterminé par les vecteurs 2i + 3j − k et −i + j + 2k. Soit a et b deux vecteurs. −1) et a · b = 9. 30. 3) et b = (α. Déterminer le produit vectoriel de 6i − 4j + 2k et i + 4j − 2k Ex. 2) et (4. 2. Ex. 0. −1) et c = (−2. −5). −8). 3. 29. 1. cos θ \ où θ est l’angle BCA. 1. Ex. 27. Un parallélépipède a comme arêtes concourantes les vecteurs a = (1. Comment arriver à ce résultat sans faire de calculs ? Ex. b = (2. Trouver un vecteur de module 5 qui soit perpendiculaire à la fois aux vecteurs (6. 24. l’aire de la base déterminée par b et c. 25. −2. β. k. Q = (2. 3. 0. −1). Ex. 2. 4) et (4. Déterminez α. β et γ pour que les vecteurs a = (1. 26. Déterminez les valeurs des paramètres réels k et m telles que le triangle de sommets P . Déterminez son volume. Le problème est-il possible si on impose plutôt a ∧ b = (1. −3). −1) et R = (m. −1). γ) vérifient les relations a ∧ b = (1. Déterminer le produit vectoriel de (2. 1). et les côtés P Q et P R soient de même longueur. Ex.

l’équation de la droite passant par (2. −−−→ 1. 5) est à une distance 7 du milieu du segment joignant A = (1. 2. Ex. Déterminer l’équation de la droite du plan passant par les points A = (1. 35. Ex. 3) et parallèle à la droite passant par les points (7. Déterminer l’équation de la droite du plan passant par les points A = (1. 0. Déterminer l’intersection des d’équation y = 2x + 3 et y = 2x + 8 Ex. 33. 6. 36. 2. −2) Ex.5. 3) et P2 = (2. ainsi que les coordonnées du milieu du segment les joignant. Déterminer l’intersection des droites d ≡ y = 2x + 3 et d0 ≡ y = −3x + 3. milieu du segment P1 P2 . 2. 38. Déterminer m en sachant que le point P = (2. 2. l’équation d’une droite perpendiculaire à la droite d’équation y + 2x = 3. Donnez les composantes du vecteur P1 P2 . l’équation d’une droite qui passe par (7. Trouvez l’équation de la droite perpendiculaire à la droite y = 3x−1 au point d’abscisse 5. Ex. Trouver : 1. Donnez les coordonnées du point M . 9) et (3. 8). Exercice récapitulatif Ex. 1. 5) et B = (−1. −2. et sa longueur. −−−→ −−−−→ 3. Ex. Déterminer la distance entre les points A = (3. −2). Déterminez-en la pente ainsi que les intersections avec les axes. EXERCICES 37 Géométrie Ex. 3) à B = (−1. 39. 31. Donnez les coordonnées du point P3 défini par P1 P3 = 3P1 P2 . 37. Soit P1 = (−1. 2). 6). 3) et parallèle à la droite d’équation y = 2x + 1. m). Ex. 3.6. 32. 34. −1. 3) et B = (5.

.

Une approche. on construit alors un rectangle (dont l’aire est facile à calculer) et on fait la somme des aires de ces rectangles pour obtenir une approximation de l’aire recherchée. b] → R. b] et à valeurs dans R. où l’épaisseur des zones est de plus en plus petite.1 Introduction Étant donnée une fonction f : [a. aire sous la courbe et primitives 6. définie sur un intervalle [a. on peut se demander comment calculer (et donc en particulier définir avec rigueur) l’aire qui se trouve entre le graphe de cette courbe et l’axe des abcisses. Cette méthode s’appelle la méthode des sommes de Darboux ou des sommes de Riemann. L’aire sous la courbe s’obtient alors comme un processus limite. est de subdiviser l’intervalle [a. qui sera détaillée et rendue rigoureuse au cours théorique le moment venu. et conduit à définir ce qui s’appelle l’intégrale de Riemann. 39 .Chapitre 6 Intégrales. b] en de petites zones qu’on imagine infiniment petites. Sur chacune de ces zones.

on peut interpréter l’intégrale comme une somme infinie : en chaque point x de [a. INTÉGRATION Étant donné qu’on s’intéresse à des rectangles de plus en plus fins.40 CHAPITRE 6. L’aire du rectangle vaut alors f (x) dx. b] telle que F 0 = f . on place un rectangle de largeur dx (qu’on imagine infiniment petit) et de hauteur f (x). Cette façon d’imaginer les choses a l’avantage de donner une interprétation intuitive à la notion d’intégrale. À toute fin pratique. alors Z b f (x) dx = F (b) − F (a) a . ce qui est naturel si on considère que f (x) dx L’intégrale ainsi « définie » (l’absence totale de rigueur n’aura pas échappée au lecteur) se Rb R Rb note [a. mais que si la courbe est en dessous de l’axe. Soit f une fonction dont on recherche l’intégrale sur un intervalle [a. Si F est une fonction définie et dérivable sur [a. b]. l’aire se soustrait à l’intégrale. L’aire possède donc un signe (positif ou négatif). b]. et il ne reste qu’à faire la somme sur tous les x de l’intervalle [a.b] f ou encore a f et même très souvent a f (x) dx. l’aire se rajoute à l’intégrale. entre x = a et x = b. le « Théorème fondamental du calcul différentiel et intégral » permet de calculer effectivement cette intégrale dans de nombreux cas. mais comme toute interprétation il faut la manier avec prudence. Définissons donc l’intégrale de la fonction f entre a et b comme « l’aire algébrique » comprise entre l’axe des abcisses et le graphe de f . Théorème 1 (Théorème fondamental du calcul différentiel et intégral). b]. Le mot « algébrique » veut dire que si la courbe est dessus de l’axe.

Dans les pages à venir sont développées des méthodes pour déterminer les primitives d’une fonction donnée. il est naturel de donner un nom auxR fonctions F dont la dérivée est R une fonction f fixée : F est une primitive de f et on note F = f ou encore F (x) = f (x) dx. À quelle position se trouve le mobile à l’instant t = 2 ? . où v est exprimée en mètres par seconde. Sachant 3.2.5 s ? 2. établissez l’équation horaire du mobile. est une liste de primitives à chercher. La vitesse d’un mobile est donnée en fonction du temps par l’expression v(t) = t+1 que le mobile se trouve à la position x = 3 à l’instant t = 0.2 Rappels et exercices Les trois premiers exercices sont des exercices d’application de la formule fondamentale à la physique. Au vu de ce théorème. sur un fichier à part. La vitesse d’un mobile est donnée en fonction du temps par l’expression v(t) = −3e−3t . fondamental comme son nom l’indique. avec à chaque fois une méthode pour y arriver. Sachant que le mobile se trouve à la position x = 3 m à l’instant t = 0 s. et t en secondes. et la position est exprimée en mètres . Que vaut la vitesse à l’instant t = 0. 6. 1.6. RAPPELS ET EXERCICES 41 Ce théorème. établissez l’équation horaire du mobile. À quelle position se trouve le mobile à l’instant t = 1 s ? 2 . La position d’un mobile s’exprime en fonction du temps par x(t) = sin(πt) t lorsque le temps est en secondes. l’argument du sinus étant exprimé en radians. lie donc la notion « d’aire sous la courbe » avec la notion de dérivée. La suite des exercices.