LE MOCI

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Libre-échange : Washington,
Pékin et New Delhi leaders
Moniteur du Commerce International depuis 1883

Colombie
Guide business Colombie 2014 - Dossier Cameroun

Guide business

2014

Dossier spécial

Cameroun

N° 1976

Yaoundé mise sur un nouveau partenariat
économique avec l’Europe
N° 1976 - Bimensuel - Du 27 novembre au 10 décembre 2014 - 10 € - ISSN : 0026-9719

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U N D O S S I E R S PÉC IAL

EN COUVERTURE

Colombie
Guide business 2014
Longtemps « oubliée » en raison de la violence, la Colombie, troisième économie d’Amérique latine, est en pleine croissance et se
classe dans la catégorie des « nouveaux pays émergents ». La
France, qui dispose d’une présence industrielle importante et d’une
excellente image, a une vraie carte à jouer.
ne économie en croissance de 5 % cette
année, un endettement public faible, une
inflation de l’ordre de
3 % et une monnaie stable. Telles
sont les principales caractéristiques de l’économie de la Colombie. Alors que la plupart des pays
latino-américains sont suspendus
aux décisions à venir de politique
monétaire de la Réserve fédérale
des États-Unis, les autorités
colombiennes sont sereines. « Les
fondamentaux de l’économie sont
sains. La Colombie dispose d’une
capacité à surmonter les turbulences financières internationales », affirme Pierre Sentenac,
chef du Service économique pour
la Colombie et l’Équateur. Le
passé plaide d’ailleurs pour le
pays. Le système bancaire est
solide et a bien résisté à la crise
de 2008-2009. La Colombie,
pays traditionnellement bien géré
du point de vue financier, a toujours honoré sa dette extérieure,
même aux pires moments de la
crise de la dette latino-américaine
des années 80. L’économie n’a
connu qu’une seule année de
récession depuis quarante ans, en
1999.
À cela s’ajoutent d’autres atouts :
l’abondance des ressources naturelles (pétrole, gaz, hydro-électricité, charbon, or, etc.) ; l’existence
d’une base industrielle ; la taille du

U

marché intérieur (47 millions d’habitants) et un revenu par habitant
qui se situe au-dessus des
12 000 dollars en termes de parité
de pouvoir d’achat (PPA) ; une
position géographique avantageuse au nord de l’Amérique du
sud, etc. Mais tous ces avantages
n’ont pas pu être véritablement
capitalisés jusqu’ici en raison de
la violence et de l’insécurité, résultat de l’action des narcotrafiquants,
des groupes de guérilla et de la
délinquance ordinaire.
Une grande rupture s’est produite
à partir du premier mandat du président Alvaro Uribe 2002-2006 :
la politique de « sécurité démocratique » a permis de pacifier la
Colombie. « Cette politique a permis de repousser les groupes de
guérilla dans des zones reculées
du pays. Désormais, il est possible de circuler sur les principaux
axes routiers du pays sans courir
le risque d’être enlevé », note un
homme d’affaires colombien. Le
président Juan Manuel Santos, élu
en 2010 et réélu en 2014, a franchi une étape supplémentaire, et
capitale, en décidant d’ouvrir une

négociation avec le principal
groupe de guérilla, les FARC
(Forces armées révolutionnaires de
Colombie), afin de conclure un
accord de paix durable. « D’autres
tentatives de paix ont échoué. La
différence cette fois réside dans le
fait que la guérilla est durablement
affaiblie », note un entrepreneur
français installé en Colombie.
Le processus a été engagé à la fin
de 2012 et les deux parties sont
tombées d’accord sur plusieurs
volets, dont celui des terres agricoles. Même si la négociation est
encore loin d’aboutir, le gouvernement prépare déjà le « postconflit ». Le président Santos s’est
rendu en Europe début novembre
pour rencontrer plusieurs chefs
d’État, et notamment François Hollande, et les responsables de
l’Union européenne pour obtenir
un soutien politique et sonder les
possibilités de recevoir une aide.
Un véritable « plan » est en cours
d’élaboration. « Nous allons mettre l’accent sur l’éducation et la
lutte contre la pauvreté. L’objectif
est de faire de la Colombie le pays
le plus éduqué d’Amérique latine

L’économie colombienne
n’a connu qu’une seule année de
récession depuis quarante ans
LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

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PAYS & MARCHÉS

Guide Business
Colombie 2014

rale de la présidence de la République. Il s’agit d’attaquer les
causes profondes de la violence :
les inégalités et la pauvreté.
La conclusion éventuelle d’un
accord de paix ouvrirait une situation nouvelle en Colombie. Elle
déclencherait une nouvelle vague
d’investissements étrangers. Des
secteurs durement touchés par le
conflit (agriculture, mines, etc.)
connaîtraient un regain d’activité.
Le tourisme, qui enregistre une
reprise liée au succès de la « sécurité démocratique », serait promis à
un bel avenir compte tenu de la
diversité et de la richesse des paysages. De fait, la paix pourrait bel
et bien garantir une croissance
continue de l’économie pendant
plusieurs années.
Cette perspective encourageante
ne doit pas masquer le fait que la
Colombie est confrontée à des
défis plus immédiats. Le pays doit
faire face à un déficit en matière
d’infrastructures, encore aggravé
par l’orographie du pays (trois cordillères en parallèle selon un axe
nord-sud), qui constitue un lourd
handicap. Le gouvernement parie
sur une politique d’ouverture commerciale et la signature d’accords
de libre commerce dont celui avec
l’Union européenne, en vigueur
depuis le 1er août 2013, et l’Alliance
du Pacifique, conjointement avec
le Chili, le Mexique et le Pérou. Un
vaste programme de construction
d’autoroutes a été lancé.
Les entreprises colombiennes sont
confrontées à la nécessité de se
moderniser. Dans le département
d’Antioquia, dont Medellín est la
capitale et qui est le berceau de
l’industrialisation de la Colombie,
les entreprises sont structurées en
puissants « clusters » (énergie
électrique, textile et mode, TIC,
construction, etc.). « Les entreprises d’Antioquia sont celles qui
ont été le plus touchées par l’ouverture commerciale, ce sont aussi
celles qui ont réagi le plus vite.
Elles travaillent beaucoup en
termes d’innovation, de renouvel16

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

D. Solano

Le metro de en 2025 », affirme Maria Lorena
Medellín. Gutierrez Botero, secrétaire géné-

lement de gamme, d’amélioration
des procédés et de modernisation
de la supply chain », indique Jaime
Echeverri, vice-président de la
Chambre de commerce de Medellín, en charge de la planification et
du développement. Le Moci a pu
constater sur place que des
grands groupes colombiens sont
très ouverts à des solutions innovantes qui leur permettent d’accroître leur compétitivité.
Les défis de la Colombie représentent autant d’opportunités pour
les entreprises françaises y compris pour les PME. La France a
une solide présence dans ce pays
grâce en particulier aux filiales des

entreprises françaises (Renault,
Casino, Sodexo, SEB, etc.), qui
emploient plus de 83 000 salariés
colombiens. De plus, la France
jouit d’une excellente image dans
ce qui est probablement le pays le
plus francophile de l’Amérique
latine hispanophone. Mais, attention, les Français ne sont pas
seuls ! Les atouts du pays attirent
des entreprises du monde entier
et les Colombiens sont désormais
très courtisés. En octobre 2014,
la princesse Astrid de Belgique a
présidé une mission d’entreprises
qui a mobilisé… 240 participants !
Daniel Solano,
envoyé spécial en Colombie

CHIFFRES-CLÉS
Superficie : 1 141 748 km²
Population : 47,1 millions d’habitants (2013)
Principales villes : Bogota : 7,7 millions ; Medellin : 2,4 millions ;
Cali : 2,3 millions ; Barranquilla : 1,2 million ; Carthagène des Indes :
1 million
Produit intérieur brut (PIB) : 378,4 milliards de dollars en 2013
PIB par habitant : 8 031dollars en 2013
Croissance du PIB : + 4,7 % en 2013, + 4,8 % en 2014, + 4,5 %
en 2015
Inflation : +3,3 % en octobre 2014
Chômage : 8,9% en octobre 2014 (sur douze mois)
Exportations : 58,8 milliards de dollars en 2013
Importations : 59,4 milliards de dollars en 2013
Source : FMI et DANE.

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Colombie 2014

PAYS & MARCHÉS

Les principales infrastructures
de communication de la Colombie
Santa Marta
Barranquilla

OCÉAN
AT L A N T I Q U E

Carthagène

Soledad
Valledupar

PA N A M A
Montería

Cúcuta

VENEZUELA

Barrancabermja
Bucaramanga

Bello
Medellín

OCÉAN
PA C I F I Q U E

Manizales
Pereira

Buenaventura

Bogotá
Ibagué Soacha
Villavicencio

Cali
Neiva

Pasto

BRÉSIL
É Q U AT E U R

PÉROU

Grande ville

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LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

Nouveau centre
de consommation

Port

Aéroport

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Colombie 2014

PAYS & MARCHÉS
DÉVELOPPEMENT URBAIN

Medellín parie
sur l’innovation
Capitale mondiale du crime au début des années 90, la ville de Medellín a entrepris une transformation à marche forcée. De grands projets de
développement urbain ont été lancés et la municipalité fait un pari audacieux : faire de la ville le hub latino-américain de l’innovation.

D. Solano

Pour construire la
première ligne du
tramway sur un
terrain en pente,
c’est la solution
du tramway
sur pneus de
Translohr qui a été
retenue.

Pendant plusieurs années, Medellín a été la ville de Pablo Escobar,
des narcotrafiquants et de la violence. Les équipes municipales,
qui se sont succédées à la tête de
la ville depuis dix ans, ont profondément changé l’image de la ville
en réalisant des investissements
sociaux dans les quartiers les plus
défavorisés, tout en améliorant la
transparence. La municipalité a
ainsi « reconquis » des territoires
où les différentes bandes criminelles régnaient impunément,
même si l’insécurité n’a pas été
totalement éradiquée. Le taux des
homicides est tombé de près de
381 pour 100 000 habitants en
20

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

1991, un record mondial, à moins
de 30 actuellement. Les projets
de développement urbain de la
deuxième ville de Colombie
(2,5 millions d’habitants) comportent une dimension d’« inclusion
sociale ». La première ligne du
téléphérique urbain (Métrocable),
fourni par POMA, relie le quartier
déshérité de Santo Domingo à
une station de métro. Il permet à
ses habitants d’éviter d’utiliser les
autobus et de réduire de manière
substantielle le temps passé dans
les transports en commun. Des
travaux d’urbanisme social
(espaces verts, etc.) figurent également au projet. À cela s’ajoutent

les centres d’éducation et de loisirs, les UVA. La rénovation
urbaine a même donné lieu à un
tourisme spécifique, celui des
experts et visiteurs étrangers qui
viennent constater sur place les
progrès enregistrés. « Les habitants proches de la dernière station du téléphérique ont peint la
façade de leurs maisons »,
explique un responsable de la
municipalité.
En matière de transports urbains,
Medellín fait figure de ville pionnière, et ce bien avant les années
2000. C’est en effet la seule ville
de Colombie qui dispose d’un
métro inauguré en 1995 (deux

Uraba se cherche un nouvel avenir
La région d’Uraba se trouve au nord du département d’Antioquia, autour du Golfe du même nom, et
a une frontière commune avec Panamá. Connue
pour être une zone de culture de bananes, l’Uraba a
été aussi pendant plusieurs décennies une zone de
non-droit, caractérisée par la violence et la prééminence des groupes illégaux.
Les autorités du département d’Antioquia ont mis
en place un plan de développement de l’Uraba. Prenant appui sur le programme de construction d’autoroutes lancé par le gouvernement central, qui
devrait désenclaver la région, le plan comprend plusieurs projets d’infrastructures, dont la création d’un
port en eaux profondes sur la cote (« Puerto Anti-

lignes, 28,8 km en tout). Une
deuxième ligne du Métrocable a
été inaugurée en 2008 et deux
autres sont actuellement en travaux. Pour construire la première
ligne du tramway (4,3 km), sur un
terrain en pente, c’est la solution
du tramway sur pneus de Translohr qui a été retenue. Le projet et
les deux lignes du Métrocable
bénéficient d’un financement de
l’Agence française de développement (AFD). Le métro, le Bus à
haut niveau de service (Metroplus),
les lignes du Métrocable et le futur
tramway constituent un système
de transport intégré unique en son
genre en Amérique latine.
La société EMTVA (Empresa de
Transporte Masivo del Valle de
Aburra), qui gère l’ensemble du
système de transports urbains,
envisage des investissements
ambitieux dans le plan directeur
2006-2030. Le portefeuille de projets à l’étude inclut : une deuxième
ligne de tramway (13,5 km), des
extensions du métro, de nouvelles
lignes de téléphériques, etc. Le
rythme d’exécution dépendra, bien
évidemment, des financements
disponibles.
Il est vrai que Medellín est une
entité solide du point de vue financier. La ville est la capitale du
département d’Antioquia, un des
plus riches de la Colombie, et
héberge les sièges sociaux de plusieurs grands groupes industriels

oquia ») et une zone franche à Apartado, déjà en
fonctionnement.
« La construction d’infrastructures n’a pas de sens si
en parallèle il n’y a pas de progrès en matière de
développement local, de prise en compte de l’environnement et de la biodiversité, d’action sociale et
surtout d’éducation qui est le moteur de la transformation sociale. Tout doit être mené en même
temps » affirme Luis Fredy Mejia Betancur, gérant
régional du projet de développement de l’Uraba.
L’AFD appuie ce projet et apporte un appui technique en matière de valorisation de la biodiversité
et développement de filières durables dans l’Uraba.
D. S.

et financiers. Les finances sont
bien gérées et l’endettement est
faible.
Autre particularité, la municipalité
dispose d’un important secteur
public dont le fleuron est EPM
(Empresas Publicas de Medellín)
qui opère les services de base :
eau, assainissement, électricité,
gaz et télécommunications. La
société dispose de ses propres
unités de production hydro-électrique et a investi en Amérique
latine, devenant ainsi une « multilatina » colombienne. Surtout,
EPM, qui est une société rentable,
transfère chaque année une partie
de ses dividendes à la municipalité. « La privatisation d’EPM n’est
pas à l’ordre du jour », précise
Felipe Hoyos, maire adjoint de
Medellín, en charge des questions
économiques. La municipalité a
une marge de manœuvre appréciable pour réaliser des projets et
envisage de poursuivre la transformation urbaine de Medellín. Il y
a d’abord le projet du Parc de la
rivière Medellín, qui consiste en un
aménagement des berges du
cours d’eau qui traverse la ville. La
première étape (1 km) doit débuter
en 2015. Le coût total du projet
est estimé à 3,8 milliards de pesos
(1,4 milliard d’euros) L’autre grand
projet consiste à créer une « ceinture verte » sur le haut des pentes
qui entourent la ville afin de bloquer la progression des construc-

tions illégales tout en créant un
espace de loisirs.
Mais la ville veut franchir une étape
supplémentaire. « Nous voulons
transformer Medellín en une ville
innovante et entrepreneuriale »,
affirme Felipe Hoyos. Medellín est
la seule ville de Colombie qui a mis
en place un plan de développement de la science et de la technologie.
La municipalité est à l’initiative,
conjointement avec EPM et l’entreprise de télécommunications
UNE, de la création de Ruta N,
une agence municipale pour le
développement de l’innovation.
« Nous avons sélectionné trois
secteurs prioritaires : l’énergie, la
santé et les TIC » explique dans
un français parfait David Sierra,
gérant des projets spéciaux de
Ruta N et diplômé de l’École nationale des ingénieurs de Metz
(ENIM). Le siège de l’agence est
implanté dans ce qui sera le District de la science, la technologie
et l’innovation, un véritable « quartier de l’innovation », sur un espace
de 168 hectares dans la partie
nord de la ville. Ce projet s’étale
sur une période de dix ans. L’objectif est d’y héberger des entreprises innovantes et de créer près
de 29 000 emplois. « Nous voulons être le hub de l’innovation en
Amérique latine » explique Paulina
Villa, gérante du projet.
Daniel Solano
LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

21

PAYS & MARCHÉS

Guide Business
Colombie 2014

Trois questions à Anibal Gaviria Correa

D.R.

« Pour les entreprises françaises, le meilleur est à venir en matière
de possibilités d’affaires »

Anibal Gaviria
Correa, maire de
Medellín.

LE MOCI. La France est très présente dans
votre ville. Qu’en pensez-vous ?
Anibal Gaviria Correa. Au cours des vingt
dernières années, Medellín a connu une véritable métamorphose. Réputée pour être la ville
la plus violente du monde, Medellín est devenue une agglomération résiliente, innovante et
une terre d’opportunités aussi bien pour ses
habitants que pour les investisseurs locaux et
internationaux. Cette transformation a été
obtenue grâce à un effort dans le domaine
social, notamment dans l’éducation, et à la réalisation de projets de développement urbain
ayant vocation à intégrer les populations défavorisées comme le téléphérique urbain (Métrocable) et les unités d’éducation et de loisirs
(UVA).
La France a contribué de façon décisive à
cette transformation de plusieurs façons. Au
plan culturel, il y a la présence de l’Alliance
française. Les entreprises françaises installées
ici sont source d’emplois et de revenus et participent au développement local. À cela s’ajoute
la contribution essentielle au développement
urbain par le biais de projets d’infrastructures

emblématiques tels que le Métrocable ou la
première ligne du tramway, actuellement en
construction. Je pense cependant qu’à l’avenir les possibilités d’affaires pour les entreprises françaises seront à la fois plus nombreuses et plus intéressantes.
LE MOCI. Pour quelles raisons ?
AGV. Il y a deux domaines qui peuvent les
intéresser. Nous avons lancé le projet du « District de l’Innovation », destiné à accueillir des
investisseurs dans trois secteurs prioritaires :
santé, énergie et TIC.
En 2023, 1 million de m2 de bureaux sera disponible : c’est une grande opportunité d’investissement pour les entreprises françaises.
La transformation urbaine de Medellín va se
poursuivre pendant les quinze prochaines
années. La moitié de la ville sera rénovée, ce
qui va créer des opportunités variées dans les
transports urbains (extension du métro, nouvelles lignes de tramway et de téléphérique)
et le développement des infrastructures (éducation, santé, télécommunications, etc.).

D. Solano

Des projets de
développement
urbain ont vocation à
intégrer les populations
défavorisées comme
les unités d’éducation
et de loisirs (UVA).

24

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

LE MOCI. En octobre 2015, des élections
municipales auront lieu et vous ne pouvez
pas vous représenter. Y a-t-il une garantie
de continuité ?
AGV. Medellín, comme l’ensemble des métropoles latino-américaines, est confronté à deux
grands défis : les inégalités et la violence. Au
cours des vingt dernières années, des progrès
substantiels ont été réalisés, mais nous
sommes encore très loin des objectifs que
nous nous sommes fixés. Pour les atteindre,
nous avons opté pour l’innovation et l’internationalisation de Medellín afin de créer une ville
plus équitable et plus respectueuse de la vie.
Notre objectif final est de construire une ville
qui facilite la vie. Il y a un consensus fondamental parmi les forces politiques de la ville
sur la stratégie de développement urbain. La
continuité est une valeur clé. Les différentes
administrations qui se sont succédées depuis
vingt ans ont été diverses, excellentes et synchronisées. Il n’y a aucune raison pour que cela
change à l’avenir.
Propos recueillis par
Daniel Solano

ENTREPRISES

Comment gagner
en Colombie
Pour réussir dans ce pays d’Amérique latine, il faut remplir au moins
trois conditions : présenter une offre bien adaptée aux besoins, comprendre le marché et ses évolutions et s’adapter à un contexte local
souvent semé d’embûches. La preuve par « quatre » dans des secteurs
variés, avec les témoignages de Poma, L’Occitane en Provence, Seb et
IHR Consultancy.

de support pour le groupe et la
maison mère sur la Colombie et
l’Amérique Latine. Celle-ci fut
créée pour donner une plus

grande proximité aux clients sur la
zone, en profitant de la zone
horaire ainsi que de la langue commune à la moitié sud du continent.
Les activités concernent avant tout
les activités de maintenance sur
les appareils existants sur la zone,
mais aussi la gestion des projets
de construction d’appareils neufs
et phases d’avant-projets. « La
filiale est basée à Medellín, zone
centrale et stratégique sur la zone,
qui est de plus un des principaux
pôles de compétence dans le
domaine du transport urbain par
câble. Nous sommes en quelque
sorte un « hub » pour le groupe
Poma en Amérique Latine »,
conclut Frédéric Demoulin.

Frédéric
Demoulin,
directeur général
de Poma
Colombia.

D.R.

Le Métrocable de Medellín est une
référence et un modèle pour le
groupe POMA. La première ligne,
inaugurée il y a dix ans, mobilise
1 million de personnes par mois,
alimentant le réseau de métro de
la ville. « Les Métrocables sont un
modèle pour la société à Medellín,
car ils sont le lien entre des quartiers à l’époque marginaux et la
ville en elle-même. Ce moyen de
transport a amélioré notablement
la qualité de vie des personnes
vivant dans ces quartiers, leur donnant un accès rapide à leur lieu de
travail par exemple ou pour avoir
permis de développer des commerces à proximité. Nous sommes
fiers d’avoir participé à ce projet »,
explique Frédéric Demoulin, directeur général de Poma Colombia.
Le groupe est en train de
construire deux nouvelles lignes de
Métrocables qui seront reliées au
tramway du secteur d’Ayacucho,
lui aussi en construction. Des
appels d’offres devraient sortir
aussi à la fin de cette année et en
2015 sur de nouvelles lignes à
Bogota et Medellín. « Nous espérons pouvoir participer aussi à ces
futurs projets », précise Frédéric
Demoulin.
La filiale Poma Colombia a un rôle

D.R.

Poma Le Métrocable qui change la vie
des habitants de Medellín

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

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PAYS & MARCHÉS

Guide Business
Colombie 2014

Sébastien
Girardot,
fondateur et
président de
Provenzal, la
société
importatrice et
distributrice des
produits de la
célèbre marque
provençale.

Totalement inconnue en Colombie
il y a dix ans, L’Occitane en Provence a fait une entrée en force
sur le marché colombien avec 12
boutiques, dont 7 à Bogota. « Une
de nos boutiques, située dans le
centre commercial Andino de
Bogota, fait partie des cinq premières boutiques de distributeurs
de la marque au niveau mondial
et se place, avant celle du Dubai
Mall », explique Sébastien Girardot, fondateur et président de Provenzal, la société importatrice et
distributrice des produits de la
célèbre marque provençale, via son
réseau de boutiques en propre.
L’histoire de la marque en Colombie est celle d’un pari osé. Sébastien Girardot est arrivé très jeune
avec sa famille dans ce pays où il a
passé son bac. Il fait ses études
universitaires en France mais
retourne en Colombie pour se lancer dans l’hôtellerie. Il signe en
2002 un contrat d’exclusivité avec
L’Occitane en Provence. La première boutique est ouverte en
2003. L’intuition initiale est bonne :
la croissance est fulgurante et
coïncide avec la période de prospérité de l’économie colombienne.
Outre Bogota, la marque est présente à Medellín (3 boutiques),
Barranquilla (1) et Cali (1), ainsi
que dans un spa de Carthagène
avec un corner.
L’ensemble des produits de L’Oc-

D.R.

L’Occitane en Provence Une offre de beauté
naturelle premium soutenue par de la publicité

citane en Provence sont commercialisés en Colombie et les raisons
du succès sont les mêmes que
dans les autres pays : l’attrait du
concept de beauté naturelle et le
renouvellement permanent de l’offre. Mais il y a aussi des différences. À Barranquilla et à Cali, les
parfums sont très vendus, les
Colombiennes étant de grosses
utilisatrices en raison du climat tropical et des coutumes locales.
Cependant, la percée de la
marque a nécessité aussi des
investissements pour la faire
connaître. « Un gros effort a été
réalisé en matière de publicité,
mais je suis parti du principe que
plus on est présent plus on est
connu », souligne Sébastien Girardot. En raison de ses prix de vente,
L’Occitane en Provence a un positionnement premium : les clients
se situent dans la classe moyenne

et les classes aisées. Tous les produits viennent de Manosque et la
Colombie est un pays ouvert aux
importations, ce qui est un avantage par rapport à d’autres pays
de la région. Les contraintes se
situent plutôt à l’intérieur. Les procédures d’homologation des nouveaux produits sont encore
longues et coûteuses. Le principal
problème réside dans le coût élevé
de la logistique. La distance entre
Carthagène, le port d’importation,
et Medellín, où se trouve le stock
central, est de 460 km à vol d’oiseau, mais elle est presque trois
fois supérieure par la route en raison du relief. De plus, l’état de la
route est inégal. Il faut environ une
semaine pour acheminer la marchandise. Le transport routier est
cher et il faut, de plus, avoir un
stock de sécurité d’au moins trois
mois.
Les perspectives de croissance du
marché sont encourageantes. La
ville de Bogota demeure un marché crucial en raison de sa taille
et du niveau élevé du pouvoir
d’achat. Une quatrième boutique
sera ouverte à Medellín en 2017
et la société mise également sur
l’ouverture de corners. Par ailleurs,
une ligne de produits d’accueil
pour l’hôtellerie a été développée
qui permet de faire connaître les
produits et de renforcer le positionnement premium.

D.R.

L’Occitane en
Provence a un
positionnement
premium : les
clients se situent
dans la classe
moyenne et les
classes aisées.

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LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

Seb La confiance en des marques locales sur tous
les segments de prix
Juan Guillermo
Sanchez Zarama,
président du
Cluster Andin
du Groupe Seb
Colombia.

D.R.

Le groupe Seb est entré en
Colombie en 1998 avec le rachat
d’une société locale, Industrias
Volmo, détentrice de la marque
Samurai. Puis en 2011, il a pris le
contrôle d’un acteur clé du secteur
du petit équipement domestique,
Imusa. Ces opérations ont permis
au groupe d’acquérir des marques
renommées et d’être en position
de force sur le marché colombien :
Imusa détient une part de marché
de 55 % sur le marché de la cuisson. Mais Seb a fait également de
la Colombie sa plateforme afin de
couvrir les pays andins, l’Amérique
centrale et les Caraïbes. « Cela
représente en tout un marché de
165 millions de consommateurs »,
affirme Juan Guillermo Sanchez
Zarama, président du Cluster
Andin du Groupe Seb Colombia.
La situation semble donc a priori
idéale pour répondre à la progression du marché, liée à l’augmentation des rangs de la classe
moyenne et au boom de la
consommation des ménages. Juan
Guillermo Sanchez Zarama
apporte cependant un bémol.
« L’expansion de la consommation
a davantage profité au commerce
qu’à l’industrie. Beaucoup de produits importés sont arrivés sur le
marché : ils ont profité d’un taux

de change surévalué », explique-til. À l’export, la tâche n’a pas été
facile non plus. Le peso fort a
affecté la compétitivité des produits « made in Colombia », tandis
que la crise vénézuélienne a signifié la quasi-disparition d’un important flux d’exportations.

« Nous avons réagi en en nous
réinventant », explique Juan Guillermo Sanchez Zarama. D’où une
amélioration des procédés, une
rationalisation de l’outil de production, tout en renouvelant la
gamme grâce au riche portefeuille
du groupe. « Quand le revenu aug-

« Quand le revenu augmente,
le consommateur
recherche de l’innovation »

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

27

PAYS & MARCHÉS
mente, le consommateur recherche de l’innovation », explique Juan
Guillermo Sanchez Zarama. La
filiale a lancé sur le marché colombien « Actifry », l’appareil qui permet de faire des frites avec une
seule cuillère d’huile. « Ce produit
importé a reçu un très bon accueil
en Colombie », précise-t-il. À la différence de la France, la théorie du
sablier (la conjonction de beaucoup
de haut de gamme cher et de bas

Guide Business
Colombie 2014
de gamme bon marché) ne s’applique pas en Colombie. « Ici, pour
réussir, il faut être présent sur tous
les segments de marché », complète le président de la filiale. Les
perspectives sont encourageantes
et la filiale devrait enregistrer une
croissance à deux chiffres au cours
des prochaines années. La filiale a
développé une ligne de produits
destinés aux utilisateurs professionnels du secteur hôtellerie-res-

tauration-cafés, un segment à fort
potentiel de croissance. Quant au
développement du commerce électronique, encore balbutiant en
Colombie, Juan Guillermo Sanchez
Zarama se montre optimiste :
« dans l’achat en ligne, le consommateur doit choisir parmi une multiplicité de produits. Les marques
joueront un rôle essentiel dans la
décision d’achat car l’acheteur sait
qu’il peut leur faire confiance ».

Rafael Prieto,
directeur général
d’IHR
Consultancy
Colombia.

Spécialisé dans la recherche et
l’évaluation de cadres, le cabinet
de conseil international IHR
Consultancy s’est implanté en
Colombie en 2011. Il est arrivé au
bon moment : la croissance des
investisseurs étrangers a entraîné
une augmentation des besoins en
recrutement de cadres dirigeants
pour les filiales installées en
Colombie, dans un contexte général de croissance des marchés
latino-américains.
« Un bon cadre dirigeant en
France ne le sera pas forcément
en Colombie. Et le facteur humain
est essentiel pour la réussite d’un
projet en Colombie. La personne
choisie doit donc être capable de
s’insérer dans le contexte local et
de comprendre les codes culturels
colombiens », explique Rafael
Prieto, directeur général d’IHR
Consultancy Colombia, dont les
clients sont principalement des
filiales d’entreprises françaises,
européennes et américaines. Le
cabinet a mis au point sa propre
méthodologie de travail, basée sur
une évaluation très rigoureuse des
profils. « Nous sommes des

D.R.

IHR Consultancy Trouver des profils adaptés
à des postes difficiles en entreprise

experts des postes difficiles : notre
valeur ajoutée réside dans notre
capacité à apporter des prestations sur mesure », précise-t-il. Les
ressources humaines en Colombie présentent des caractéristiques originales. À la différence
d’autres pays d’Amérique latine, la
Colombie dispose d’un tissu d’entreprises et d’un bon système de
formation. Les groupes français
peuvent puiser localement des
talents et constituer de véritables
équipes colombiennes. Ainsi, la
direction de Sofasa, la filiale de

« La personne choisie doit être capable de
s’insérer dans le contexte local et de
comprendre les codes culturels colombiens »
28

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

Renault, est constituée de Colombiens à l’exception du directeur
financier, de nationalité française.
Et les cadres locaux sont mobiles.
« La Colombie est un pays exportateur de talents : on trouve des
cadres colombiens à des postes
de responsabilité dans les autres
pays d’Amérique latine. Ils ont une
excellente réputation », affirme
Rafael Prieto.
Par ailleurs, la Colombie est un
véritable pays plate-forme : de
nombreuses sociétés étrangères
établissent leurs sièges régionaux
dans ce pays. IHR Consultancy en
a fait de même, la filiale colombienne est la base d’opérations en
Amérique latine. « Nous sommes
en mesure d’identifier des talents à
l’échelle de la région », indique
Rafael Prieto. Le cabinet travaille
en liaison étroite avec le siège en
France et les autres filiales dans le
monde.
L’implantation d’IHR Consultancy
en Colombie est d’ores et déjà
une réussite. Le 1er janvier 2015,
la filiale va emménager dans de
nouveaux locaux et embaucher
trois salariés supplémentaires pour
porter l’effectif à huit personnes.
Les perspectives sont donc
encourageantes. Les entreprises
étrangères s’intéressent de plus
en plus à la Colombie. Selon
Rafael Prieto, « c’est le bon
moment d’y entrer ».
Daniel Solano

RELATIONS BILATÉRALES

France-Colombie
Une relation au beau fixe

D. Solano

La France détient de solides positions commerciales et industrielles en
Colombie. Le traité de libre-échange avec l’Union européenne ouvre
des perspectives nouvelles dans un contexte de renforcement de la
relation bilatérale : plusieurs visites officielles sont prévues en 2015.

En moins d’une décennie, les
échanges commerciaux francocolombiens ont triplé, passant ainsi
de 490 millions d’euros en 2004
1,6 milliard en 2013. L’an dernier,
les seules exportations françaises
ont augmenté de 25 % grâce à
des livraisons de matériel aéronautique pour atteindre 1,05 milliard.
Depuis 2006, le solde affiche un
excédent au bénéfice de la France.
Plus encore, l’entrée en vigueur le
1er août 2013 de l’accord multipartite entre l’Union européenne,
le Pérou et la Colombie, ouvre des
perspectives très favorables pour
les exportations tricolores. À l’issue d’une période de transition, les
produits industriels ainsi que les
produits de la pêche seront libéralisés, tandis que les échanges de
produits agricoles seront plus
ouverts même si quelques produits
ont été exclus tels que le riz, le

maïs ou la viande de porc. Certains produits ont bénéficié d’un
accès libre immédiat, sans droit de
douane, comme le vin pour lequel
les ventes françaises ont progressé de 52 % pendant les huit
premiers mois de 2014, atteignant
ainsi un montant de 3,5 millions
d’euros. Pour l’Hexagone, c’est un
nouveau débouché qui s’ouvre
dans un secteur traditionnellement
dominé par les producteurs argentins et chiliens.
L’offre française est bien en phase
avec un marché colombien demandeur de biens de consommation

et de biens d’équipement. La
France occupe d’ailleurs une
bonne position : 8e fournisseur de
la Colombie en 2013 (2,4 % du
marché), elle occupe le deuxième
rang européen après l’Allemagne
(3,7 % du marché). Les États-Unis,
qui ont également signé un traité
de libre-échange avec la Colombie, entré en vigueur le 15 mai
2012, sont solidement installés
avec une part de marché de 27,6 %
en 2013.
Un autre point fort de la présence
française réside dans l’importance
des investissements étrangers.
Plusieurs grands groupes français
disposent d’une présence historique en Colombie : Renault,
Casino, qui contrôle le Groupe
Exito, leader de la distribution,
Saint-Gobain, Sodexo, etc. « Ces
grands groupes sont restés en
Colombie malgré les crises », souligne Jean-Hugues Chailley, président de la section Colombie des
Conseillers du commerce extérieur
de la France (CCEF).
Au cours des trois dernières
années, il y a eu un net regain d’intérêt pour la Colombie. Le succès
de la politique de « sécurité démocratique » du président Alvaro
Uribe et la croissance de l’écono-

Plusieurs grands
groupes français
disposent d’une
présence
historique en
Colombie, dont
Renault avec sa
filiale Sofasa.

L’offre française est en phase avec
un marché colombien demandeur
de biens de consommation
LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

29

Guide Business
Colombie 2014

PAYS & MARCHÉS

L’AFD finance le tramway et le Métrocable
à Medellín
Les financements de l’Agence française de développement (AFD) ne sont pas directement liés à l’activité exportatrice française. L’AFD se veut cependant soucieuse, au travers des projets qu’elle
finance, de valoriser le savoir faire français. Un prêt
de 250 millions de dollars à la municipalité de
Medellín permet ainsi de financer la ligne de tramway
de 4,2 km (société Translohr) et deux lignes de
Métrocable (entreprise POMA). Depuis l’ouverture

mie, ont incité plusieurs grands
groupes tricolores à investir en
Colombie par le biais de rachats
partiels ou complets de sociétés.
« Plusieurs groupes du CAC 40
qui ne s’étaient jamais intéressés à
la Colombie ont pris pied sur le
marché », confirme Jean-Hugues
Chailley.
Ainsi, Essilor a créé une filiale en
2012 puis racheté en 2013 Servi
Optica, numéro un de la distribution de verres ophtalmiques. En
2012, L’Oréal a acquis la marque
Vogue, le leader du maquillage en
grande diffusion. La même année,
Sanofi a pris le contrôle de Genfar, leader de la fabrication de
médicaments. Grâce à cette opération, Sanofi est devenu le
numéro 1 du marché pharmaceutique colombien et a élargi sa présence en Amérique latine, Genfar
étant présent commercialement
dans une douzaine de pays de la
région. Le dernier gros investissement en date concerne le groupe
Axa qui a acquis en 2013 51 %
de Colpatria Seguros, un des principaux acteurs du marché colombien des assurances, pour un
montant de 279 millions d’euros.
Les PME s’intéressent également
au marché colombien, mais l’exportation prend le pas sur l’investissement, du moins dans un premier temps. La Colombie reste en
effet un marché ouvert aux produits étrangers. Cependant, on
assiste à un développement de la
présence d’entrepreneurs individuels dans les secteurs les plus
variés : distribution alimentaire, ser30

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

en 2009 de son bureau à Bogota, l’AFD a accordé
au total une dizaine de prêts en Colombie pour un
total de 1,2 milliard d’euros. L’Agence finance deux
types d’acteurs : le gouvernement central colombien
pour accompagner les politiques de décentralisation, de gestion intégrée des ressources en eau et
de protection sociale en matière de santé ; et les
collectivités et entreprises publiques territoriales,
essentiellement du département d’Antioquia. D. S.

On assiste à un développement de la
présence d’entrepreneurs individuels
dans les secteurs les plus variés
vices, conseil aux entreprises, etc.
La Chambre franco-colombienne
de commerce et d’industrie
(CFCCI) dispose d’une pépinière
qui héberge 17 entreprises.
Selon le Service économique de
Bogota, il y a 130 filiales d’entreprises françaises en Colombie,
employant 83 000 salariés. À cela
s’ajoutent les entreprises non
recensées, soit un total d’au moins
200 entreprises, source de
200 000 emplois directs et indirects. Ce poids économique de la
France ne s’est pas toujours
reflété dans la qualité des relations
bilatérales, surtout lors des tractations pour la libération d’Ingrid
Betancourt, qui ont froissé le président Uribe. Cependant, les
Colombiens ne sont pas rancuniers et souhaitent développer les
relations dans les domaines les
plus variés.
Du côté français, le rythme des
visites s’est intensifié au cours des
dernières années. Nicole Bricq,
alors ministre du Commerce extérieur, s’est rendue en Colombie à
la fin de 2012 et Laurent Fabius,
ministre des Affaires étrangères et
du développement international, en
2013. Une visite officielle du
président de la République de
Colombie, Juan Manuel Santos, en

France est prévue les 26 et 27
janvier. Le déplacement de Manuel
Valls, la première visite d’un
Premier ministre français en
Colombie, initialement prévu en
décembre 2014, a été reporté à
mars-avril 2015.
L’année 2014 a vu un événement
capital pour la relation bilatérale.
L’accord sur l’encouragement et la
protection réciproques des investissements entre la France et la
Colombie (APRI) a été signé le
10 juillet à Bogota. Le texte doit
être ratifié par les parlements des
deux pays et soumis à l’examen de
la cour constitutionnelle de Colombie. Un accord de non-double
imposition est actuellement en
cours de négociation. « Le texte
est quasiment finalisé et il y a une
volonté d’aboutir des deux parties », affirme-t-on à la Direction
générale du Trésor (DGT).
Le moment est donc propice pour
s’intéresser à la Colombie. L’expérience des grands groupes montre
cependant l’importance d’arriver au
bon moment. « Il faut se dépêcher,
car la concurrence est forte. Une
fois que les positions seront consolidées, le coût d’entrée sur le marché sera plus élevé », souligne
Jean-Hugues Chailley.
Daniel Solano

Trois questions à Alexandre Toulemonde

D.R.

« La Colombie est un pays d’opportunités pour les PME et les ETI
qui souhaitent s’internationaliser »

Alexandre
Toulemonde,
président de la
Chambre francocolombienne de
commerce et
d’industrie
(CFCCI).

LE MOCI. Pour quelles raisons les entreprises françaises doivent-elles s’intéresser à la Colombie ?
Alexandre Toulemonde. La Colombie est
un pays qui connaît un développement continu
de son économie depuis plusieurs années. De
fait, il n’y a eu qu’une année de récession
depuis quarante ans. La prévision de croissance du gouvernement pour 2014 est de
4,5 %. Ce dynamisme s’explique en particulier
par la solidité des banques et du système
financier, qui ont été peu affectés par la crise
internationale de 2008-2009. La Colombie
est un pays ouvert aux investissements directs
étrangers dans tous les secteurs de l’activité
économique.
Certes, il y a des nuages. Les dépenses
publiques vont augmenter fortement, surtout
si les accords de paix, actuellement en cours
de négociation avec la guérilla des FARC, se
confirment. De grands investissements sont
nécessaires en infrastructure, en équipements
sociaux et en réorganisation de la propriété
des terres. Cependant, la Colombie, qui est
une démocratie depuis 120 ans, a toujours su
faire face aux défis et a maintenu une stabilité
remarquable. C’est aujourd’hui la troisième
économie d’Amérique latine après le Brésil et
le Mexique et un pays d’opportunités pour les
PME et les ETI qui souhaitent s’internationaliser.
LE MOCI. Quelle appréciation portez-vous
sur l’environnement des affaires ?
A.T. La Colombie est un pays qui favorise l’investissement privé, local et étranger. L’accord
sur l’encouragement et la protection réciproques des investissements entre la France et
la Colombie (APRI), qui comprend un chapitre sur l’arbitrage international, représente un
progrès important. Un accord de non-double
imposition est actuellement en cours de négo-

ciation et devrait être signé prochainement.
Un autre dispositif favorable est celui des
zones franches qui permettent d’importer des
produits en vue de la commercialisation sur le
marché intérieur ou de la réexportation. La
position centrale de la Colombie au sein de
l’Alliance du Pacifique, qui comprend également le Chili, le Mexique et le Pérou, en fait
une excellente plateforme commerciale pour
attaquer les marchés latino-américains. L’environnement des affaires est donc globalement
favorable.
LE MOCI. Constatez-vous un regain d’intérêt pour la Colombie et quels conseils donneriez-vous aux entreprises françaises
intéressées par ce pays ?
A.T. Il y a eu depuis trois ans une nette augmentation des demandes de renseignement
adressées à la Chambre. Nous accueillons
chaque année une dizaine de missions organisées par les CCI françaises. La Chambre dispose d’une équipe à même de répondre aux
besoins des entreprises françaises.
Pour réussir en Colombie, il faut bien tenir
compte de ses spécificités. C’est un pays qui
dispose d’un tissu industriel développé et les
grandes entreprises colombiennes investissent
de plus en plus à l’étranger. On trouve ici un
personnel à la fois bien formé, travailleur et
compétent. Il ne faut pas venir ici avec un sentiment de supériorité. La Colombie est un vrai
gisement de talents et il ne faut pas hésiter à
nouer des alliances pour faire des affaires.
Par ailleurs, la Colombie demeure un pays procédurier. Il faut être attentif aux formalités
légales qui sont souvent pesantes et l’objet
d’administrations tatillonnes. Il faut savoir intégrer cette dimension pour pouvoir fonctionner
efficacement sur place.
Propos recueillis par
Daniel Solano

La Colombie est un pays ouvert
aux investissements directs étrangers dans tous
les secteurs de l’activité économique
LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

31

Guide Business
Colombie 2014

PAYS & MARCHÉS
SECTEURS PORTEURS

Infrastructures,
biens de consommation…
La Colombie offre des possibilités d’affaires dans une grande variété de
secteurs, depuis les infrastructures jusqu’aux biens de consommation
courants en passant par l’environnement et l’agroalimentaire. Dans la
mesure où la dynamique de croissance devrait se maintenir pendant
les années à venir, la Colombie devrait être un important marché porteur
pour les entreprises françaises.

7 000 km de
réseau autoroutier
doivent être
réhabilités.

34

En matière d’infrastructures, le
gouvernement a décidé de mettre les bouchées doubles, en
accordant la priorité au réseau
autoroutier. Le 31 octobre dernier
a eu lieu la réception des offres
pour le dixième projet de la première tranche des autoroutes dites
« de quatrième génération » (4G).
Les investissements prévus pour
l’ensemble du programme, qui est
piloté par l’Agence nationale de
l’infrastructure (ANI) et qui comprendra en tout trois tranches, doivent s’élever à 47 milliards de
pesos (18 milliards d’euros) en vue
de réhabiliter 7 000 km.
« La deuxième tranche comportera
quinze projets et le processus
d’adjudications démarrera en
février 2015 », affirme Maria
Lorena Gutierrez Botero, secrétaire générale de la présidence de
la République de Colombie, qui
est en charge du suivi des affaires
économiques. Le gouvernement
table principalement sur la participation du secteur privé sous la
forme de concessions.
L’enjeu est capital. Il s’agit de doter
la nation d’un véritable réseau
autoroutier moderne et d’abaisser
le coût de la logistique. Dans le
passé, plusieurs grands projets
ont été bloqués, en raison notam-

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

D.R.

Infrastructures Des concessions dans les routes
ou le fer

ment de déficiences dans les
études et la structuration des projets. Les responsables colombiens
affirment que les leçons des expériences passées ont été tirées.
En même temps, ces investissements devraient dynamiser le secteur de la construction et contribuer à la croissance de l’économie
nationale.
En matière d’aéroports, le projet
de modernisation de celui de
Bogota (El Dorado) est opérationnel et permet à la Colombie de disposer d’un véritable hub international. En septembre 2014, le
gouvernement a lancé les appels
d’offres pour la modernisation et
l’extension de capacité des aéroports de plusieurs villes de pro-

vince : Armenia, Popayán, Neiva et
Barranquilla.
Le gouvernement a décidé également de relancer les concessions
dans le secteur ferroviaire. La
Colombie a eu dans le passé un
des principaux réseaux ferroviaires
d’Amérique latine. Après plusieurs
années de déclin, des concessions ont été attribuées à la fin des
années 90. L’un des concessionnaires, Fenoco, en charge de la
Concession ferroviaire de l’Atlantique, construit actuellement une
nouvelle ligne. De nouveaux projets seront lancés en 2015. Pour
l’heure, le réseau ferré est utilisé
principalement pour le transport
du charbon depuis les mines
jusqu’à la côte des Caraïbes.

Agriculture La transformation, premier gisement
à exploiter
« L’agriculture colombienne a un
gros retard lié à l’insécurité. Si
les accords de paix avec la guérilla se concrétisent, il y aura une
grande expansion de ce secteur »,

affirme Alexandre Toulemonde,
président de la Chambre francocolombienne de commerce et d’industrie (CFCCI). La violence dans
les campagnes a provoqué l’exode

de 3,6 millions de paysans et a
bloqué les investissements pendant plusieurs décennies. Un des
principaux problèmes du secteur
réside dans le fait que la moitié

Matériel agricole : CFCAI perce dans le séchage
et le nettoyage des grains
Fabricant spécialisé de matériel agricole, le groupe CFCAI a
réussi une belle percée en Colombie. « À la fin de l’année,
nous aurons installé cinq séchoirs, d’une capacité allant de 5
tonnes/heure de séchage de grains en flux continu jusqu’à 30
tonnes/heure, pouvant sécher 600 tonnes en une journée de
travail », affirme Luis Felipe Gonzalez, responsable Amérique du
sud de CFCAI, basé à Bogota. Six unités de pré-nettoyage et
un équipement de classification très spécifique ont été également livrés. Tous ces matériels ont été importés et montés sur
place grâce à une équipe locale qui assure également la main-

tenance. « La Colombie est confrontée à la nécessité urgente
de développer son agro-industrie et d’adopter de bonnes pratiques en matière de production et de qualité », souligne Luis
Felipe Gonzalez. L’innovation apportée en matière de séchage
des grains (maïs, soja, riz, etc.) est une composante essentielle du succès de la société : il s’agit d’une solution avantageuse en termes d’efficacité et de coûts. « Il convient de souligner que la Colombie est également une plateforme d’entrée
vers les marchés d’Amérique du sud et d’Amérique centrale »,
complète Luis Felipe Gonzalez.
D. S.

Guide Business
Colombie 2014

PAYS & MARCHÉS
des propriétaires agricoles n’ont
pas de titres de propriété.
Sans attendre la signature des
accords de paix, le gouvernement
du président Juan Manuel Santos
a fait de l’agriculture un des secteurs prioritaires de son action. Le
développement du réseau autoroutier devrait contribuer à faciliter
l’écoulement des productions. Les
initiatives se développent afin de
développer des produits de qua-

lité, notamment dans le cafécacao. Le gouvernement de la province d’Antioquia a lancé un programme d’appui aux caféiculteurs
afin de leur permettre de développer des productions de qualité.
Celles-ci sont présentées aux
acheteurs internationaux qui sont
demandeurs de ce type de variétés, dont le prix peut être plus de
vingt fois supérieur à celui du
cours ordinaire.

Le développement de l’agriculture
devrait ouvrir des débouchés pour
les entreprises françaises dans différents domaines : intrants, transfert
de savoir-faire, vente d’équipements, appui à la structuration de
filière, etc. Mais c’est surtout la
transformation des produits qui
ouvre des perspectives intéressantes. « La Colombie exporte
presque exclusivement des produits
bruts », souligne un consultant.

Biens de consommation L’émergence
de nouveaux acheteurs

D. Solano

« Les marques
étrangères se
placent en moyen
et haut de
gamme », souligne
Olivier Pradet,
comme Lacoste
par exemple.

« La consommation est très
dynamique en Colombie et la
classe moyenne représente le
plus gros potentiel », affirme Olivier Pradet, directeur du bureau
Ubifrance en Colombie. Comme
d’autres pays d’Amérique latine, la
Colombie a connu au cours de la

période récente une transformation de la structure des revenus.
Le taux de pauvreté est tombé de
49,9 % en 2002 à 34,4 % en
2011. Le nombre de personnes
appartenant à la classe moyenne,
définie comme ceux ayant un
revenu quotidien compris entre 10

et 49 dollars (en termes de parité
de pouvoir d’achat ou PPA) est
passé de 16,3 % de la population
en 2002 à 26,5 % (12,5 millions)
pendant la même période. Si on
ajoute les « émergents » ou « vulnérables » (36,8 % de la population, 17 millions), c’est-à-dire ceux
qui sont sortis de la pauvreté sans
pour autant atteindre le niveau de
vie de la classe moyenne, on
constate qu’il y a une masse critique de près de 30 millions, équivalente à environ 60 % de la population (47 millions au total).
Les statistiques colombiennes
mettent en évidence une croissance de la consommation des
ménages. Les ventes d’automobiles neufs ont été multipliées par
cinq entre 2000 et 2012 (de
60 000 à 316 000) ; celles de
motocyclettes par 10 (de 57 000
à 598 009) ; et celles de tablettes

Centres commerciaux : à la conquête des petites villes
L’augmentation du niveau de vie et l’élargissement de la classe
moyenne concernent désormais les villes ayant au moins
100 000 habitants. En témoigne la vague actuelle de
construction de centres commerciaux sur tout le territoire
colombien. Selon l’Association des centres commerciaux de
Colombie, 35 nouveaux centres commerciaux devraient être
construits dans des villes, telles que Quibdo, Apartado, Cartago, Tunja, Palmira, Popayán, Ipiales, Manizales ou Anapoima,
qui n’ont actuellement que peu ou pas de centres commerciaux. En Colombie, le centre commercial est le passage

36

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

obligé pour une marque qui souhaite ouvrir une boutique,
puisqu’il est pratiquement impossible de s’établir ailleurs. D’autre part, le centre commercial, qui est aussi un centre de loisirs
et de promenade, apporte une fréquentation et une clientèle
potentielle. Dans la mesure où les loyers des centres commerciaux des grandes villes ont tendance à grimper et, parfois,
à atteindre des niveaux astronomiques, les « villes de province »
sont des destinations à ne pas négliger pour les marques
étrangères. À condition, bien sûr, que la demande soit au rendez-vous.
D. S

Vendre : les conseils du Groupe Exito aux PME françaises
Le Groupe Exito, dont Casino détient
62 % du capital, est le leader de la
distribution moderne en Colombie
avec 539 points de vente répartis sur
tout le territoire national, y compris
dans des villes petites et moyennes.
« Il est très important d’offrir des produits nationaux provenant des différentes régions de la Colombie.
Actuellement, 94 % de nos ventes
sont générées par des produits achetés dans le pays », explique Felipe Da Silva, viceprésident financier et administratif du Groupe Exito.
Le Groupe est intéressé par les produits importés
dans la mesure où ceux-ci constituent un élément
d’innovation et de différentiation. Les produits français représentent actuellement 1 % des ventes : il
s’agit principalement d’articles de la marque Casino.

et d’ordinateurs importés par 73
(de 30 000 à 2,2 millions), selon
les statistiques colombiennes.
Cette explosion de la consommation, dans un contexte d’ouverture
aux importations, a créé un véritable d’appel d’air pour les marques
de confection étrangères. Les
Français en ont bien profité : dans
les centres commerciaux colombiens on retrouve des boutiques
Lacoste, Chevignon, Petit Bateau,
Celio, etc. « Les marques étrangères se placent en moyen et haut

de gamme », souligne Olivier Pradet. L’Occitane en Provence a fait
une percée rapide et spectaculaire
à Bogota avec 7 boutiques sur les
12 ouvertes en Colombie à ce jour.
Le phénomène nouveau est le
développement de centres commerciaux hors des grands centres
urbains traditionnels (Bogota, Cali,
Medellín et Barranquilla). Des villes
comme Manizales, Pereira, Neiva,
Cucuta, sont désormais de nouveaux pôles de développement de
la consommation des ménages.

Les vins, les biscuits et les fromages
sont les principaux produits importés
de France.
Felipe Da Silva adresse les recommandations suivantes aux entreprises
qui souhaiteraient vendre en Colombie via le Groupe Éxito :
• Se renseigner sur les exigences
techniques du Registre sanitaire de
Colombie.
• Tenir compte du fait que, selon le
type de produit, la documentation exigée peut varier.
• Étudier le marché pour identifier les possibilités
réelles du produit.
• Enfin, il est recommandé de proposer des produits
nouveaux et différenciateurs, c’est-à-dire des articles qu’on ne trouve pas sur le marché colombien.
D. S.
D.R.

Felipe Da Silva,
vice-président
financier et
administratif du
Groupe Exito.

Le potentiel du marché colombien
est loin d’avoir été épuisé. Dans
l’automobile, la marge de progression est réelle. Le taux de motorisation en Colombie est bien plus
faible que dans les pays voisins :
on compte 100 véhicules pour
1 000 habitants contre une
moyenne de 193 en Amérique
latine. « Nous tablons sur un marché de 500 000 véhicules à l’horizon 2020 », explique-t-on chez
Sofasa, la filiale colombienne de
Renault.

Environnement Combler le retard
dans le traitement de l’eau et des déchets
« La Colombie a posé sa candidature pour intégrer l’OCDE et
souhaite être exemplaire en
matière d’adoption de standards
internationaux en termes de
protection de l’environnement »,
affirme Olivier Pradet, directeur
du bureau Ubifrance en Colombie. Or, beaucoup reste à faire
pour satisfaire cette ambition.
Même si la Colombie est un pays
très bien approvisionné en ressources hydriques, on estime que
50 % des ressources en eau sont

non utilisables en raison de la pollution.
« Les habitants des villes colombiennes sont de plus en plus exigeants en ce qui concerne la qualité des produits et des services.
La pression est forte », explique un
expert. Le traitement des déchets
est devenu une priorité pour les
municipalités colombiennes, car
elles accusent un gros retard, les
décharges étant actuellement la
destination principale. L’heure est à
la recherche de solutions compor-

tant une séparation et un traitement des déchets. Au siège de la
société Empresas Publicas de
Medellin (EPM), qui gère les services publics de la deuxième ville
du pays, on reconnaît une ignorance complète dans ce domaine.
« Nous souhaitons créer plusieurs
unités de tri des déchets et
sommes intéressés par la valorisation. Nous allons nous rendre en
France en 2015, dans le cadre
d’une mission organisée par
l’Agence française de développeLE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

37

Guide Business
Colombie 2014

PAYS & MARCHÉS
Témoignage

Claudia Betancur, directrice exécutive de Biointropic
« Nous nous sommes inspirés du modèle des pôles de compétitivité français »

La Colombie
se classe au
deuxième rang
mondial après le
Brésil pour ce qui
est de la diversité
des plantes.

ment (AFD), afin de connaître le
système français », explique Juan
David Echeverri Rendon, directeur
des Relations extérieures d’EPM.
La biodiversité est un autre atout
de la Colombie. Ce pays se classe
au deuxième rang mondial après
le Brésil pour ce qui est de la
diversité des plantes, avec plus de
50 000 espèces végétales. Il y a
là une source d’ingrédients naturels pour toute une série d’activités : cosmétiques, aliments, chimie
verte, engrais, biocarburants, etc.
Au moment où les chimistes et l’industrie des cosmétiques souhaitent incorporer des produits natu-

un laboratoire de recherche, assister les entreprises en matière
de propriété intellectuelle, faciliter l’accès aux marchés, etc.
Elle est résolument tournée vers l’extérieur et veut promouvoir
des partenariats. « Nous souhaitons travailler l’Europe, car il y
a une conscience de l’importance de la biodiversité, et la
France est pour nous un partenaire stratégique. Nous nous
sommes inspirés du modèle des pôles de compétitivité français », souligne Claudia Betancur. Biontropic a signé des
accords de coopération avec plusieurs pôles : Cosmetic Valley et Vegepolys en 2011 et Valagro en 2014.
La valorisation de la biodiversité n’en est encore qu’à ses
débuts en Colombie. Bien évidemment, la conclusion de la
paix avec la guérilla ne pourra que donner une nouvelle impulsion. Pour les entreprises françaises, la Colombie pourrait
donc être une source d’approvisionnement et le lieu de développement de projets conjoints de valorisation.
D. S.

D. Solano

D.R.

Biointropic est une association créée en
2008 et basée à Medellín, qui rassemble
six universités et trois entreprises colombiennes, en vue de
favoriser des projets d’innovation collaboratifs. L’objectif est
de valoriser les ressources de la biodiversité colombienne. « À
court terme, nous travaillons dans trois domaines : l’agriculture, les aliments et la cosmétique », expose Claudia Betancur,
directrice exécutive de Biointropic. Les possibilités sont
immenses. Les ingrédients naturels peuvent fournir, par exemple, des biopesticides et s’inscrire ainsi dans le phénomène de
substitution des produits chimiques traditionnels. L’açai, qu’on
trouve dans la partie occidentale de la Colombie, est complémentaire de celui du Brésil. Il a comme ce dernier une série
de propriétés (antioxydant, prévention de maladies, etc.). L’association peut intervenir à différents stades d’un projet et de
différentes manières : chercher un partenaire industriel pour

rels, la Colombie dispose d’une
vraie opportunité, qu’elle souhaite
valoriser dans le cadre de parte-

nariats avec des institutions et des
entreprises étrangères.
Daniel Solano

Bus, métro… : les grandes villes ciblent le transport urbain
Après avoir opté de manière exclusive pour un système de
Bus à haut niveau de service (BHNS), avec Transmilenio,
arrivé aujourd’hui à saturation, la municipalité de Bogota a
engagé un important changement d’orientation. Elle souhaite
construire la première ligne du métro (27 km). Le projet, ayant
fait l’objet de plusieurs études ces dernières années, a un
coût évalué à environ 15 milliards de pesos (5,7 Mds d’euros).
Comme pour tous les projets de transport urbain, la principale contrainte est celle du financement. La municipalité travaille actuellement sur un schéma de financement et négocie
avec le gouvernement central son degré de participation. La loi
colombienne prévoit que ce dernier peut financer jusqu’à 70 %

38

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

du coût d’un projet de métro. La municipalité souhaite lancer
l’appel d’offres de construction en 2015.
D’autres projets de transports urbains sont envisagés dans
la capitale, notamment un téléphérique urbain et un tramway.
À Medellín (voir article précédent), la 1re ligne de tramway et
deux lignes de téléphérique urbain sont en construction et il
existe un important portefeuille de projets. Dans les autres
grandes villes colombiennes qui ont fait le choix, comme
Bogota, du BHNS, des évolutions sont constatées, comme à
Cali où on envisage de se doter d’un train léger. « Les projets ne manquent pas : la principale contrainte réside dans la
disponibilité de financements », explique un expert.
D.S.

Guide Business
Colombie 2014

PAYS & MARCHÉS
RÉGLEMENTATION

Ce qu’il faut savoir
pour investir en Colombie
Les différentes réformes adoptées en Colombie au cours des vingt
dernières années ont créé un cadre juridique favorable aux investissements étrangers. Le traité bilatéral de protection des investissements, qui
vient d’être signé par la Colombie et la France, renforce encore la stabilité juridique, explique un expert du cabinet Mayer Brown LLP.
I/ Le cadre général
La situation actuelle de la protection des investissements dans
le droit des affaires en Colombie.
Depuis 2000 (Décret n° 2080), la
Colombie a levé les entraves à
l’entrée d’investissements étrangers. Dorénavant, la règle de principe est l’ouverture de tous les
secteurs économiques aux investisseurs étrangers sans autorisation préalable du gouvernement.
On retrouve cependant les exceptions typiques à l’ouverture de certains secteurs à l’investissement
étranger, comme les activités de
défense et de gestion des déchets
toxiques, ou encore des restrictions sur le contrôle étranger de
certains médias publics. Notons
aussi que, comme dans de nombreux pays, les investissements
étrangers dans les secteurs des
hydrocarbures et de la finance doivent faire l’objet d’une autorisation
gouvernementale préalable.
Ce régime assure aux investisseurs l’égalité de traitement, interdisant toute discrimination et
garantissant la stabilité juridique
des conditions du retour sur l’investissement et du rapatriement
des bénéfices en monnaie librement convertible.
Afin de pouvoir pleinement jouir
des droits concédés aux investisseurs étrangers, notamment en
matière de contrôle de change et
de libre circulation du capital, il est
nécessaire de déclarer au Banco
42

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

de la República le capital investi,
sans qu’il soit pour autant requis
de créer une filiale locale. Cependant, si l’investisseur entend faire
des affaires de façon permanente
en Colombie, il devra ouvrir au
moins une succursale locale.

BON À SAVOIR
Des contrats de stabilisation
La Loi n° 963 de 2005 permet
aux investisseurs de conclure
des contrats de stabilisation,
garantissant le maintien de
règles juridiques existantes au
moment de la réalisation de
l’investissement, pour une
durée de 3 à 20 ans.

II/ Investir
L’importance du traité bilatéral
de protection des investissements qui vient d’être signé par
la Colombie et la France.
Le traité signé en juillet 2014,
devant entrer en vigueur à l’issue
de diverses procédures constitutionnelles, il aura une importance
capitale pour les entreprises françaises, car il leur offrira des protections spéciales et additionnelles.
De façon générale, le texte surprend par la minutie de ses dispositions. Contrairement à d’autres
traités de ce type, où les droits et
protections garantis aux investisseurs ne sont pas définis dans le

texte du traité, ce qui aboutit à un
important contentieux interprétatif,
ces droits et protections sont définis précisément dans le traité
franco-colombien.
• Quels investissements,
quels investisseurs ?
Le traité vise à protéger tant les
investissements à venir que les
investissements déjà réalisés. Ainsi,
les sociétés françaises déjà implantées en Colombie voient leurs
investissements couverts par cette
nouvelle protection. Par ailleurs, la
définition de l’investissement protégé est très large et inclut tout
intérêt économique. S’agissant des
investisseurs, le traité vise à la fois
l’investisseur direct et indirect, ce
qui permet de qualifier de société
française, et donc d’investisseur
protégé, toute société contrôlée
par une société française.
• Règlement des litiges
En cas de litige entre un investisseur et la Colombie, l’investisseur
aura trois options : (i) saisir un tribunal arbitral international CIRDI
ou CNUDCI ; (ii) saisir les juridictions compétentes de la Colombie ; ou (iii) saisir tout autre tribunal
ou juridiction convenu entre l’investisseur et la Colombie.
S’agissant de la procédure d’arbitrage international, le traité énonce
de nouvelles règles visant à clarifier et à rendre plus prévisible la
procédure.

• Limites au pouvoir de
réglementation de l’État d’accueil
Bien que le traité reconnaisse aux
États le droit d’adopter des
mesures environnementales, sanitaires ou sociales, il énonce néanmoins le droit à compensation en
cas d’expropriation ou si la mesure
porte atteinte à l’investissement de
façon discriminatoire ou dispro-

BON À SAVOIR
Responsabilité sociale
des entreprises
Répondant à des aspirations
de la société civile, le traité
incite – sans en faire une obligation – les investisseurs à
intégrer les principes directeurs de l’OCDE pour les multinationales dans leurs pratiques et politiques. L’adoption
de ces principes directeurs
n’est pas sans conséquences
pour les entreprises. En effet,
l’intégration de ces principes
par une entreprise peut être
considérée comme l’acceptation par celle-ci d’obligations
internationales en matière,
notamment, de droit du travail
ou de droits de l’homme.

portionnée. Les mesures des États
en matière fiscale ou de sécurité
sont en principe exclues de la protection du traité.

III/ L’importance
de l’arbitrage
Tant l’expérience que les chiffres
publiés montrent que l’arbitrage en
Colombie a connu un essor considérable : en 10 ans le nombre
d’arbitrages administrés de la
Chambre de commerce de
Bogota a été multiplié par 100.
C’est pourquoi, en 2012, la
Colombie a promulgué la Loi
n° 1563 sur l’arbitrage national et
international, à l’instar des législations les plus avancées en la
matière.
L’arbitrage international y est défini
de façon large et inclut les controverses touchant « les intérêts du
commerce international », ouvrant
ainsi l’accès à l’arbitrage international aux filiales locales de sociétés étrangères. La loi n° 1563
reconnaît très largement l’autonomie des parties, s’agissant du
choix du droit applicable, de la procédure, de la langue ou du siège.
Les sentences internationales rendues en Colombie peuvent faire
l’objet d’un recours en annulation

– l’appel étant exclu – pour les
mêmes motifs que ceux permettant de refuser la reconnaissance
et l’exécution d’une sentence
étrangère aux termes de la
Convention de New York.
Les arbitres ont le pouvoir d’ordonner des mesures provisoires
ou conservatoires, qui pourront
être exécutées par le juge d’appui.
Celui-ci peut également ordonner
des mesures provisoires ou
conservatoires tout au long de la
procédure arbitrale.
Finalement, tandis que l’arbitrage
international est perçu comme un
système d’administration de la justice autonome, l’arbitrage national
est assimilé à une justice déléguée
par l’État, avec une procédure
proche de celle judiciaire, sans
l’autonomie que permet l’arbitrage
international.

IV/ La sécurité juridique
Malgré les difficultés qu’a connues
le pays par le passé, l’optimisme
est de rigueur. La Colombie jouit
en effet d’une étonnante stabilité
juridique et politique, érigée en
principe constitutionnel.
Ainsi, la Constitution de 1991 instaure de nombreuses garanties de
sécurité et de stabilité juridique,

Les pratiques de paiement
1/ Notes de risque pays
OCDE : 4/7 (17 octobre 2014)
Euler Hermes : risque faible, note BB (30 septembre 2014)
Coface : A4 (novembre 2014)
Credendo (ex. Ducroire) : court terme : 1/7 ; commercial : B (moyen) ; risque de transfert : 4/7
(novembre 2014).
2/ Moyens de paiement
Monnaie locale
Taux de change au 20 avril 2014 :
1 COP = 0,0003748 EUR
1 EUR = 2668,28 COP
1 USD = 1000,31 COP
1 COP = 0,0005179 USD
Monnaies de facturation des échanges
Le dollar américain (USD) en majorité, mais l’euro
est de plus en plus accepté.

Conseillés
Selon le montant et l’ancienneté de la relation avec
le client, crédit documentaire irrévocable et confirmé.
Virement bancaire Swift garanti par une lettre de
crédit stand-by ou une couverture assurance-crédit.
3/ Conditions de paiement
Délais de paiement habituels
Environ 30 % de paiement d’avance dans les transactions internationales. Sinon 30 jours maximum.
Risques de retards de paiement
30 % des factures sont payées sans retard et
65 % entre 10 et 30 jours…
Acomptes à la commande
En négocier est possible et même recommandé.
Extrait de la fiche Colombie de « l’Atlas 2014 des
risques pays à l’usage des exportateurs » du Moci,
paru le 12 juin 2014

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

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D.R.

PAYS & MARCHÉS

Guide Business
Colombie 2014

La Colombie jouit
d’une étonnante
stabilité juridique
et politique, érigée
en principe
constitutionnel.

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tel que le principe de non-rétroactivité fiscale.
D’une façon générale, la Colombie offre un cadre juridique sûr
et stable aux investisseurs
étrangers.
Par ailleurs, il convient de noter la
qualité exceptionnelle et la clarté
des lois en matière économique.
La Loi n° 80 de 1993 sur les
contrats d’État en est un exemple
patent, par la précision de la distinction entre le droit commun et
le droit administratif.
D’autres réformes législatives
récentes ont eu pour but de renforcer la confiance des administrés. À titre d’exemple, la Loi
n° 1607 de 2012 a renforcé les
droits des contribuables en
garantissant l’accès aux dossiers
de l’administration, le droit d’obtenir une réponse écrite complète,
claire et utile aux questions des
contribuables, ou bien encore le
droit à ne pas payer un impôt
contesté avant une décision définitive administrative ou judiciaire.
Cette loi encadre également le

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

pouvoir de sanction de l’administration, en interdisant, notamment,
les pénalités disproportionnées.
Enfin, les garanties constitutionnelles, qui peuvent être invoquées
directement devant les tribunaux
par les particuliers et les entreprises, peuvent mener à la déclaration d’inconstitutionnalité ou
d’inopposabilité d’une loi d’ores et
déjà entrée en vigueur.
Les garanties et nombreuses possibilités de recours constitutionnels représentent un couteau à
double tranchant pour toute entreprise commerciale active en
Colombie :
- d’une part, les entreprises peuvent efficacement faire valoir leurs
droits constitutionnels, y compris
s’opposer à la promulgation ou à
l’application d’une loi inconstitutionnelle ;
- d’autre part, les entreprises peuvent subir directement ou indirectement les conséquences d’une
action constitutionnelle intentée
par des tiers, notamment des
associations.

L’imprévisibilité résultant de ces
recours en matière constitutionnelle peut être illustrée par un arrêt
de 2009, aux termes duquel la
Cour constitutionnelle a annulé
une sentence arbitrale interne pour
la violation du droit à un procès
équitable prévue dans la constitution, droit qui n’était pas respecté
dans l’espèce. Or, la législation en
matière d’arbitrage ne prévoit pas
un recours en annulation de sentences arbitrales devant la Cour
constitutionnelle pour violation des
droits constitutionnels.
Si une telle décision d’inconstitutionnalité venait priver un investisseur de son investissement ou en
affectait la valeur, le traité francocolombien pourrait être invoqué
pour obtenir compensation. C’est
d’ailleurs une hypothèse bien réelle
puisqu’elle a déjà été invoquée
dans d’autres affaires impliquant
d’autres États devant des tribunaux arbitraux CIRDI.
José J. Caicedo,
Avocat aux barreaux de Bogota
et de Paris, Mayer Brown LLP

Pratique
Contacts utiles
En Colombie
• Ambassade de France
Ambassadeur : Jean-Marc Laforêt
http://francia.embajada.gov.co
efrancia@cancilleria.gov.co
• Service économique
Chef du S.E. : Pierre Sentenac
Tél. : + (571) 638 14 60
www.tresor.economie.gouv.fr/se/
colombie
• Bureau Ubifrance
Directeur : Olivier Pradet
Tél. : + (571) 638 14 70
www.ubifrance.fr/colombie/nosbureaux-a-votre-service.html
bogota@ubifrance.fr
• Conseillers du commerce
extérieur de la France (CCEF)
ccef.colombie@gmail.com
jhchailley@hotmail.com
• Chambre franco-colombienne
de commerce et d'industrie
(CFCCI)
Directeur : Victor Brun
Tél. : + (57 1) 622 43 62
www.france-colombie.com
comunicaciones@
france-colombie.com
• Procolombia
Présidente : Maria Claudia
Lacouture
Tel. : + (57 1) 560 01 00
www.procolombia.co

Programme
Ubifrance 2015

• Agencia de Cooperacion e
Inversion de Medellín y el Area
Metropolitana (ACI)
Directrice : Anamaria Botero Mora
Tel. : +(574) 320 34 30
www.acimedellin.org
comunicaciones@acimedellin.org
En France
• Ambassade de Colombie
Ambassadeur : Federico Renjifo
Tél. : 01 42 65 46 08
http://www.consulatcolombie.com/
• Bureau de Procolombia
Directrice : Vivianne Armitage
Tel : 01 56 03 66 51

Liens, rapports,
guides
• Portail de la présidence
de la République
www.presidencia.gov.co
• Portail d’informations
sur la Colombie
www.colombia.com
• Profil économique de la
Colombie
http://francais.doingbusiness.org
/data/exploreeconomies/colombia
• Ubifrance, Guide des affaires
Colombie
www.ubifrance.fr/001B1301309
A+guide-des-affaires-colombieedition-de-2013-mise-a-jour-enjuillet-2014.html

• Rencontres professionnelles
et dégustation de produits
agroalimentaire et vins français
Bogota.
Organisateur : Bureau Ubifrance
de Bogota. Du 27 et 28 avril.
Du 31 mai au 6 juin.
• Mission de prospection
du marché colombien des
technologies industrielles
Bogota.
Organisateur : Chambre régionale
de commerce et d’industrie.
Du 23 au 26 juin.
• Lait : de la transformation
à la distribution en Amérique du
Sud - rencontres professionnelles
Argentine, Brésil, Colombie, São
Paulo-Buenos Aires-Bogota.
Organisateur : Bureau Ubifrance
de São Paulo.
Du 28 au 30 juillet.
• Pavillon France sur
Colombiamoda, salon de la mode
et des accessoires de mode
Medellín.
Organisateur : Service mode,
luxe, culture.
Du 10 au 13 novembre.
• Pavillon France sur
Andinapack, salon
des équipements process
et emballage
Bogota.
Organisateur : Adepta.
Du 10 au 13 novembre.

Se rendre en Colombie
Les moyens de locomotion en ville
Les déplacements en ville se font généralement en bus ou en
taxi. Les grandes villes possèdent un service de bus à voie
rapide, plus rapide et plus sûr que le réseau de bus traditionnel. Le système de bus urbain « Transmilenio », à Bogota, a
connu un succès important depuis quelques années.
Les vols depuis la France
Il y a 8 630 km entre Paris et Bogota/Eldorado (BOG), soit
10 h 50 de vol direct.
Air France propose des vols directs en direction de Bogota
certains jours de la semaine. Iberia dessert aussi plusieurs
vols en direction de Bogota via Madrid.
Se déplacer par ses propres moyens
Il est recommandé de conduire avec la plus grande prudence

ou, mieux, de prendre un taxi réservé par téléphone. Le respect
du code de la route étant tout à fait aléatoire, c'est la loi du
plus fort qui prévaut. Les déplacements la nuit sont à proscrire. Un permis de conduire international est nécessaire.
Les déplacements entre villes se font généralement en autocar ou en avion selon les distances. Depuis la mise en place
des politiques de sécurisation du pays, les déplacements
entre grandes villes par la route sont relativement sûrs.
L'approvisionnement en carburant est assuré convenablement
et régulièrement sur l'ensemble du territoire.
Retrouver l’intégralité des informations pratiques pour préparer votre déplacement en Colombie sur notre site Internet
www.lemoci.com, « fiche pays Colombie ».

LE MOCI - N° 1976 - 27 novembre 2014

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