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Publiéesousles auspices ela s d SOC!ÉTÊ ARCHÉOLOGIQUEET HISTORIQUE DU LIMOUSIN PAR 1 EMILE RUBEN,
PAUL

FÉLIX
DUCOURTIEUX de cette Société.

ACHARD
1

Membres

AVEC

DEUX

PL&MCHES

LITHOSR&FHtÈES

LIMOGES
M"V"H.DUCOURTIEUX', RUE 5, ÉDITEUR DES ARÈNES, 5

M DCCC LXTUt

Tous

droits

réservés.

NOTICE

BIOGRAPHIQUE

T-\UBEN (Jean-Baptiste-Émile), naquit à Limoges, le i5 avril i\i823. Après avoir fait de très bonnes études au Lycée de cette ville, il se rendit à Poitiers, puis à Paris, en :8~j.6, pour y suivre les cours de l'École de droit. Inscrit comme avocat stagiaire au barreau de Paris en i85o, il rentra à Limoges pour et Ht devant la y exercer la profession qu'il venait d'embrasser Cour d'appel des débuts qui furent remarqués. Mais, privé de une carrière fortune, il ne tarda pas à être obligé d'abandonner demande un stage fort long, pour s'assurer des moyens qui d'existence plus certains. Il accepta donc vers la fin de j85z le poste de chef de bureau des contributions à la mairie de son caractère, ses aptitudes cadraient Limoges. Son tempérament, mal avec ses nouvelles bien plus fonctions, qui constituaient pour lui un moyen de subvenir aux besoins de son existence modeste qu'un métier, et, le i~ octobre i853, il les abandonnait pour prendre, à la mairie, la direction du service de la statistique et des archives municipales. Deux ans après, ses connaissances ses études, son intelligence le désignaient au choix spéciales, de M. Armand Noualhier, comme le alors maire de Limoges, successeur de M. Léon Du Boys, bibliothécaire de la ville, qui venait de mourir. Émile Ruben avait enfin trouvé sa voie, celle dans laquelle sa modestie, son grand amour de la science, son activité nerson esprit de suite pouvaient le mieu'x veuse et énergique, s'exercer à l'aise, loin de tous les froissements que le commeree-

~')

journalier des hommes, surtout dans les carrières politiques et administratives et dans le barreau, amené pouf les coeurs haut placés, délicats et honnêtes. L'œavre était rude; mais Ruben ne se montra pas un seul instant au-dessous de la tâche laborieuse, ingrate, obscure qu'il s'était imposée. La Bibliothèque de Limoges était encore à ''état embryonnaire, se composant de 13,ooo volumes, présentant raspect disparate de livres de toutes provenances, encore plongés dans le chaos indescriptible où les avaient laissés les administrations révolutionnaires qui les avaient recueillis un peu partout, chez les émigrés, dans les couvents et les corporations supprimées. Le rôle de M. Du Boys, prédécesseur de.Ruben, avait été bien moins de mettre de l'ordre dans cette collection que de faire des travaux historiques pour exciter la curiosité publique et grouper autour du précieux dépôt des protecteurs et des sympathies. Il manquait encore a la Bibliothèque limogienne, au moment où Ruben fut appelé à en prendre la direction, une administration municipale bien disposée et un bibliothécaire actif, intelligent, jeune, pouvant continuer l'œuvre de propagande entreprise en l'étayant sur des travaux sérieux,, faits pour révéler au grand jour les richesses du dépôt et réveiller les sentiments patriotiques des hommes pour lesquels les gloires historiques et littéraires de leur pays ne sont pas choses indifférentes. Ruben fut bien l'homme de cette situation. En vingt mois, comme il l'écrit lui-même dans sa Notice sur la 2HM!pt/:t~Me communale de L!'MMg'~ le nombre des livres de la Bibliothèque fut porté de i3,otz&i4)8a5, soit.près de mille volumes que, ses démarches auprès des ministères et des particuliers, il par avait pu faire entrer dans les collections. Il s'occupa immédiatement de la rédaction d'un catalogue déEmtif en refondant les divisions qui existaient déjà, collationnant les analyses rédigées par ses prédécesseurs et appliquant au classement les nouvelles méthodes bibliographiques. Un premier crédit de i,$00 franco voté par le conseil municipal, permit l'impression du premier volume de ce catalogue, comprenant là section Histoire, en t858. En mars t86o, parut le deuxième volume comprenant la et les Belles-lettres; en j863, le troisième comprePo/rg')'A:e nant la section Sciences et Arts. Ces catalogues, rédigés avec un soi i des plus minutieux et une scrupuleuse exactitude, avec des notes de références ingénieusement combinées pour. la facilité

vi)

lui valurent le précieux et la sûreté des recherches, sunrage de M. Brunet, le savant auteur du Manuel du libraire, qui réservait au catalogue seul de Ruben cette mention « Ca~/og'Me fort bien rédigé. a Ce témoignage d'un homme aussi compétent et à étaaussi difficile en fait'd'œuvres bibliographiques suffirait blir la réputation de bibliographe de Ruben. Malheureusement une mort prématurée est venu le frapper le 18 décembre 1871, au moment' où il allait mettre la dernière main à l'immense travail qu'il avait entrepris, et il a laissé le quatrième volume de sa publication (.Re~o?!)-terminé sur fiche et transcrit en partie, du Limousin) tout prêt à être et le cinquième volume (Histoire livré à l'imprimeur. Mais un esprit aussi laborieux et aussi cultivé que Rubert ne pouvait se contenter des rudes travaux du bibliographe. il lui restait le Après ses heures de travail réglementaires, temps et l'énergie de la pensée nécessaires pour diriger la grande des Registres co!MM/d'rM de Limoges, pour écrire publication des ouvrages d'imagination fort remarquables ù tous les points de vue, et enfin pour semer les journaux et publications périodiques de la contrée d'articles très appréciés. Nous ne croyons pouvoir mieux faire que de donner ici une nomenclature complète de l'oeuvre de notre regretté collègue et ami e i" ~o<ce sur la ~!&o~~Me communale de historique Z,MM~-M. Limoges, Chapoulaud, 1857, brochure in-8"; 2° Catalog ue méthodique de de la .B~/M~A~Me communale 3 .yol. in-8" 1858-1863, Limoges, Chapoulaud, Limoges. ET (HISTOIRE, un Vol.; BELLES-LETTRES, Un Vol.; SCIENCES ARTS, un vol.); la section: HisRELIGION, et le catalogue spécial TOIRE DU LIMOUSIN, sont en préparation; 3o Registres consulaires de la ville de Limoges (i5o~j.-j58i). Chapoulaud, Limoges, 1867-1869, 2 vol. in-8" (le tome III, entièrement transcrit et annoté de la main de Ruben, i5g2-i662, est sous presse); (i) de 4° Annales M~MM~Cr~e~ Limoges, dites MMK!MC?'~ J~ Avec de nombreuses annotations. En collaboration avec M. Félix Achard. Limoges, v° H. Ducourtieux, i8y3, un vol. in-8";

1) V. A~mef~c~ ~'MfTM~, 1867, p. 50.

vit)

5"J. FOUCAUD. –Poe'M édition philoen patois ~'MtOM~M, logique, eo?M~eHMHt rg/b~Ke pour ror~p~r~pAi*~ augmentée d'une étude sur le patois ~K ~tM~-I.tMMK~i'K, ~M)! essaisur les ~'KMe~a~Kc~o)! littérale, de notes pA~o~o~ Fabulistes patois, Limoges, v" H. Dnçourtieux, et Paris, ques et ~'K): glossaire. Firmin Didot, i866,gr.in-8'(t) 6"De quelques !tK!~<foH~patoises des fables de La ~OK~tne. Limoges,. Chapoulaud~i86!,uti vol. i.n-8"; (2)7° Ce que coûte une réputation. Pans, Michel L.<!yy, 1864, un vol.gr.in-: 8; (3) 8° Historiettes humoristiques. Paris, Degorce-Cadot, j868~ un vol. gr. in-iS. Limoges, v" H. Ducûurdeax, un vol. in-8" pot vecgé, édition etzévirienne, tirée à cent exgjnpiaires' nutnërotës; (~) 9~ Les Roués (trois contes en vers). –Limoges, imprimerie H.Ducourtieux,i863,gr.in-i8de68pages,(5) Depuis 1866, Ruben était le rédacteur principal de l'Umi:MMC/! I h'MO:M!'M. l a publié dans cette intéressante collection des poésies en patois limousin et des PafpMe~tM qui sont de petits chefs-d'œuvre dans leur genre. Nous citerons -Br<tMC<MyoK jM PM~ ~'K~OM Fi eb~Hf?-6~(i865) (t86~); (<863) Notre To:'KO (t866); Chronique patoise, et T'!S:OM TarneM Lou ~e~f de ~o F~o-rM (nécrologie) (1866).; (1867); Chronique patoise (i868) JVo<ro'D~mo-~e-.PrMer)'oc!(i869), Hauloiseries limousines auxquelles les Felibres provençaux ont souvent fait l'honneur du plagiat.
Nous publiés devons dans encore divers ToKfo:Me~ signaler journaux par M. des et de articles recueils Juillac de critique Recherches (Bulletin littéraire Mr ?

ea!p{~OM<<!t de

A'S'oe!'<~<f

du Limousin a décerne icptixqMitMtMennaI de SOOAanct (1) La Société archéologique à. M. Ruben pour cet otrn'age, en la66. H en a paru des enU~ues dans, l*.â~ma?M6~ de 1866, p. 70, et dans le Coo't't'c)' du Cfti~'e, Cn 1SS5. (2) Ce travail a paru pour ta première fois dans le jBt<!h'f<'t ~e la Rae~etc are/tec~ V. AhiKHMC/t limousin, du CeK~fj yi'~tM, t. X. t8G2, p. 51 –.CoKn'Mf a* du 2!) mats 1861. (3) V. jd.&tMHacA&'moMSt'nttMM, p. 74; –~&HS)!!a'AN;MOtt!t'M, 1M5, p. 80. (4) V. ~UmmtacA limousin, 1969, p. Gj. ~) Le volume les noués se compose de quatre contes au lieu de trais: ~s<'r~'t*~ J'tmtt; le Bouchon; le /t'ep:. Ces contes ont paru dans le Gi'~cÏ Louise; ~c~Me fantaisiste, joumal bimensuci de Parts, a publie~ dans ses trois (t962-C~). premiers numéros (février et mars 186!), .~OM~ Dans les numéros <Utt'ants, ce le jCoKC/!C~ les ~n~oM/?6S. Ce dermec journal annonce comme devant paraître çonte n'a jamais paru nulle part qncneassachM)n<.

)X du Limousin, t. VI). –Z.:KM~M au ~C-?:!e' archéologique siècle, par M. Laforest (dans le Grelot, 1862). –.RecAerc/fH;' lafolie instantanée, par le docteur Mandon. (Même journal.) dans la généralité de Essai sur l'administration de Turgot du Centre, 1859.) Limoges, par Gustave d'Hugues. (Courrier Préface aux poésies de Charles Valette. (Paris, Lachaud, 1870, in-i8.) Mélanges, par le docteur Mandon. (Lettres charentaises, juillet 1871.) Parmi ces œuvres dé Ruben, nous ne pouvons nous dispenser de signaler d'une manière toute spéciale son édition philologique des JFa&/e.s de Foucaud, qui montrent un nouveau côté de sa science d'érudit l'étude sur le patois du Haut-Limousin qui sert d'introduction à cet ouvrage est pleine d'aperçus entièrement nouveaux et portant le cachet de son esprit primesautier, au paradoxe. Mais ces qualités original, et visant quelquefois et ces défauts aimables se révèlent surtout dans un ouvrage qui, sous une forme excessivement cherchée, brodé sur une idée laisse voir le scalpel impitoyable du burlesquement vraie, Nous voulons parler de ses Historiettes philosophe misanthrope. qui auraient suffi pour faire la réputation d'un humoristiques, homme de lettres moins modeste que lui. Ces pages d'une âcreté de son cœur qui fait mal, semblent être le suprême ricanement ulcéré. Ruben faisait partie de la Société archéologique et historique du Limousin depuis i85z. Le i~ janvier i856, cette société le nommait son secrétaire archiviste, puis, en 1862, son secrétaire en 1866 le prix quinquennal général. Elle lui accordait qu'elle des Reg istres coK.SKavait fondé et le chargeait de la publication laires qu'il avait eu le premier l'idée d'éditer. II était encore un des administrateurs les plus acti& et les plus intelligents du de la Société des Amis des Arts et de la Musée céramique, Bibliothèque populaire de Limoges, dont il fut un des princifondateurs. paux Homme d'une probité inébranlable, d'une délicatesse de sentiments presque inconnue de nos jours, Ruben avait une nature franche et aimante; il avait des amis ou des ennemis, point de relations incertaines ou douteuses. !I aimait sincèrement et profondément, jusqu'au sacrifice, tous ceux qui une fois pour toutes lui avaient plu, et savait se faire aimer d'eux malgré l'inégalité d'humeur que la maladie qui le minait depuis long

temps et des chagrins domestiques avaient imprima à son caractère. Fort peu mêlé par position aux luttes politiques, il avait cependant des convictions républicaines très accentuées qu'il sut conserver sous l'Empire à l'abri de toute atteinte, grâce à l'indépendance de' son caractère et à sa modération, et qu'il manifesta après le 4 septembre dans des articles écrits avec la verve humoristique qui caractérise son style métaphorique et tendant toujours à l'apologue, car La Fontaine, son auteur préféré, et les autres fabulistes avaient déteint sur lui d'une façon curieuse. Tel fut Ruben, bibliographe logique et consciencieux, écrivain distingué, poète aimable mais surtout ami dévoué et fidèle, âme délicate et honnête, grand cceur! Quelque modeste qu'ait été sa vie, quelque modestes qu'aient été ses travaux, le souvenir de cet homme de bien restera toujours gravé dans la mémoire de ceux qui l'ont connu, dans le coeur de ceux qui ont été ses amis, et la postérité lui conservera une large place parmi les hommes qui ont le plus contribué au réveil littéraire et artistique du Limousin depuis une vingtaine d'années.
FEUX ACHARD.

PRÉFACE

Les douloureux événements dont la France a été le théâtre depuis deux ans ont arrêté la publication de ce livre, qui devait paraître en 1870. Après la guerre, M. Ruban, privé de la collaboration de M. Achard, nommé archiviste à Avignon, du Manuscrit de 1638; reprit avec ardeur la transcription malheureusement pour ses amis et pour la science, la mort l'a enlevé au moment où il achevait ce travail. Nous allons essayer, avec l'aide des notes qu'il nous a laissées, de faire l'histoire du Manuscrit de 1638. Ce manuscrit est un volume in-f de 381 pages, déposé à la Bibliothèque communale de Limoges. Il contient l'histoire chronologique des événements survenus à Limoges et dans le Limousin depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1638, d'où son titre. Ce titre est loin d'être justifié puisqu'on y trouve la mention d'événements qui se rapportent aux années 1666, 1671 et 1676, ainsi que les éditeurs l'ont fait remarquer (1). les notes des pages 347 et 861. La note de la page 7 cons(~ tate que le nom de (-. Louis Durfé de Lascaris qui termine la liste des évoques est d'une écriture postérieure. Le prédécesseur de cet évêque était François de Lafayette, mort en t676.

IIQuoiqu'il eu soit, ce manuscrit, a été très savent consulté et cité par les auteurs qui se sont occupés 'de l'histoire du, Limousin, et il paraissait utile aux éditeurs_ de le.publier, ne fùt-ce qu'à titre de pièce justiûcative.. Les éditeurs, trompés par l'importance qu'on avait faussement accordée à ce manuscrit avaient d'abord pensé qu'il constituait un ouvrage original et non une compilation. Mais au cours de la transcription, en rapprochant certains passages du manuscrit do passages semblables dans Bouchet Bonaventure Bandel Bernard Guidonis, Adhémar de Chabannes, Geoffroy de Vigeois et les autres chroniques qui forment le tome II de la JVot~B~o~cca manMxcr~pïonMK. de'Labbe; Pierre Coral, Bernard. Itier, Gérard de Étienne Maleu et les autres chroniques insérées Frachet, au tome XXI du Recueildes AM<o?'MMS (~Ca~& los.éditeurs ne tardèrent pas à reconnattre qu'ils possédaient une compilation~). Ce point établi, ils se demandèrent si du. inotns cette compilation était originale. Sur ce dernier point la réponse' fut encore négative. Le peu de respect du :copiste 'pour les noms propres et pour les textes indiquait de sa part, sinon une grande ignorance de ce qu'il écrivait, du moins une indifférence que l'auteur de la compilation .n'aurait jamais eue. La plus grande partie des fautes relevées dans les notes sont de celles que commettent habituellement les copistes. L'opinion dénnitive de M. Ruben fut qu'on n'avait entre les mains qu'une des nombreuses copies faites sous différents titres d'un manuscrit type, dans lequel avaient été réunis les faits mémorables de l'histoire .du pays (2). Ce manuscrit se rapproche beaucoup des manuscrits .connus, mentionnés ou cités par les auteurs sous les noms de ~faH.M~crtt Nadaud, MsMMM! de LcpMM,~faMM~o'~ Legros,
(!) V. les notes des pages <72,<9SàM4etS~. (3)~esnote5despagcst89ct3S9. il, 89,&t,90, iOT,J3S;13t, tCt~

–!H–

et, pourra certainement les suppléer après rectification des fautes nombreuses et de diverses natures-dont il est émai]lé. Quel est maintenant l'original Quel est le nom du compilateur? des Annales TnaMusc?'

Telles sont les deux questions que nous nous sommes posées et auxquelles il nous est d'autant plus difficile de répondre que, d'une part, nous sommes dans l'impossibilité de connaître les manuscrits que possèdent les anciennes familles du département: et que, d'autre part, l'inûdélité des copistes à reproduire les textes qu'ils avaient sous les yeux créent entre les diEérents manuscrits copiés sur le même Tantôt le copiste original des différences inappréciables. ou écourtait ujn passage et, dans le premier cas, allongeait il laissait des blancs qu'il remplissait plus tard (1), tantôt il supprimait complétement certaine partie du manuscrit, comme nous l'avons fait ressortir pour le ~aKK~cr~ Legros. Les différents auteurs limousins nous donnent le titra ou des extraits de quinze manuscrits à peu près conformes au en deux caténôtre. Nous avons divisé ces manuscrits les manuscrits dont nous gories la première comprenant ne connaissons que le titre ou des extraits de si peu d'importance, quil est bien difficile de se faire une opinion sur des ceux dont l'importance eux; la seconde comprenant extraits ou la faculté que nous avons eu de les consulter nous ont permis d'appuyer plus sérieusement nos observations.
PREMIÈRE CATÉGORIE.

i° .~MUMcr~ ~a~NMO?!com~tM~ede la ville de Limoges. de de la transcription de notre manuscrit ( i 6'71 -1676), A l'époque

(t) Les notes préviennent ie lecteur lorsque ces blancs se sont présentes et lorsque l'écriture a paru être d'une date posterieureà à celle de la copie du manuscrit.

IV les livres sur le Limousin n'existaient qu'eu manuscrit. aussi les personnes qui voulaient, se procurer des,copies dç ces manuscrits étaient-elles à l'aHut de ceux que possêdaien' les maisons religieuses, afin d'obtenir l'autorisation de'Ies copier. Ce besoin de prendre copie des ouvrages sur le pays fit connnettre un vol à la Maison de ville par un homme que son poste de confiance aurait dû retenir .Voici commeo.~ Collin (FM~5a:?Ks~M L!M:OM~ saint Calmin, p. 341) nous raconte le fait L'ancien manuscrit de la maison com» mune do la ville de Limoges est unvieuxlivrej.nscritâ la main, d'une lettraet d'un stile François fort ancien~ ') qui par l'adresse d'un capitaine do soldats gagez, fut-il y » a quelque temps soustrait dans la maison de ville et quia N couru par les mains des habitants et bourgeois curieux » de l'antiquité, duquel on a fait plusieurs exemplaires, tous c » uniformes en substance. » Notre manuscrit serait-il un des « exemplaires » dont il est question ici? L'époque de cette soustraction s'accorderait bien avec celle de sa transcription et decelle d'autres Chro<M~MM Le livre de Collin a paru en 1612, et la phrase (t). « fut, il y a quelque temps, soustrait, » indique bien que le vol du manuscrit était encore de fraîche date. m du pays, Vieilles~MtO:M dM pN~, 2° .4MCt~M registres .NcnMtrM Limoges, Recherchesdes Antiquités de Limoges, cités par notre compilateur, pages 24,89, 99 et 176.– Nous ne savons si notre compilateur a voulu parler de quatre manuscrits ou s'il a donné plusieurs noms au même manuscrit. Le P. Bonaventure a relevé plusieurs fois les erreurs des manuscrits portant les mêmetitres que ceux dont parle notre compilateur. (V. le n" 6, page vi.)
(<) Dans les manuscrits de Legros, de Nadaud et dans la fraction de celui copié par Pierre Mesnagier à la fin du sien, la liste des évêques s'arruLe & François de Lafayettc, mort en d676. Le nom de son successeur, Louis d'Urfé de Lascaris, a été ccrijt postérieuremem dans ces différents manuscrits, ce qui indique bien qu'ils ont été transcrits dans !cs environs de l'année tSTi.

v « L'abbé Bandel, qui mourut 3° ~H~u~M de Limoges. Traité de la dévotion des le l" juin 1639, et dont le livre anciens Chrétiens à saint Martial, fut imprimé pour la première fois chez Barbou, en t'638, cite au nombre des maLes Antinuscrits qu'il a consultés pour faire son livre quités de Limoges. On trouve à la fin du chapitre vi que « Louis XI, entrant par Manigne, vint à Saint-Martial, au ') rapport du livre des ~n:Mt~M Limoges, oui ACHÈVE )) L'AN 1538. » L'abbé Texier, dans son introduction à la deuxième a laissé des mémoires manuscrits édition de Bandel, dit qu'il sur l'histoire du Limousin dont s'est servi très avantageusement le P. Bonaventure. Il ne peut être question de notre continué bien après la mort de Bandel. )) (Note manuscrit, ~j!f.~u&)(l) 4° Chronique manuscrite. Duroux (Essai historique sur de Limoges, passim) rapporte plusieurs faits la Sénatorerie qu'il appuie- sur une CAroMt~Memanuscrite. Tous ces faits s'accordent parfaitement avec nos Annales (2). 5° Chroniques manuscrites. M. Leymarie (Limousin histo« t. P' p. 100) dit Nous nous servons de deux rique; manuscrites dont la première, qui est une comchroniques au xvn° siècle des pilation faite vers le commencement DIVERSES chroniques de Limoges, nous a été communiquée par M. Bourgoin, de'Saint-Junien. La seconde est en notre poset nous paraît être une de ces histoires limousines session, écrites au xve siècle. Du reste, l'une et l'autre s'accordent ordinairement avec les chroniques imprimées dans les deux De ~M~Mc~s Mtor:~Bscriptores, et HistoA ouvrages intitulés rM? /fs?ïcorMm scriptores; mais plus particulièrement avec celles de Gervais (Gervasius), et de notre Geoffroi de Vigeois (Gofridus Fo~?MM,) qui écrivait à l'époque même que nous » étudions.

la note de !npa!;c97G. ()))' (2) F,'a note de tapage 238.

VI

DEUXIEME CATÉGORIE. b"JtfcmoM'~dM pays, ~femoM'M maHKSC~HC!'eKS n~M~'Œ du pays, VieillesChroniques, CAt'oM~MMmaKM~crSM, C/t)'o!nde Limoges, tels sont les différents <j'uM~Mpa~, C~?'o?n~Me titres des manuscrits dont le P. Bonaventure de SaintAmable parle à chaque instant dans le tome III de la Vie de saint Afartial. Plusieurs de ces dénomina~ons ressemblent d celles employées par notre compilateur. Ce d&roie]' av~it certainement entre les mains quelques-uns des manuscrits dont s'est servi le P. Bonaventure. Quel est celui de ces titres qui s'applique à nos Annales? nous l'ignorons. M. Ruben a constaté dans plusieurs notes la. ressemblance de notre manuscrit avec le texte de quelques-uns de ceux que nous avons cité, notamment avec ïes ~Mî~M c~roM!~UM(i). 7° C~ro~tguM manuscrites de JHMM~M CAroHî~MM ou ~MHOMdans nos notes Ms. Bourgoîn. Le lecx:~M, désigné teur a pu lire ce que M. Ruben dit de ce manuscrit dans 1~. note de la page 189 nous avons donné aussi, au sujet des manuscrites qui étaient en sa possession, l'appréC7t?'oMt~MM ciation de M. Loymarie sur ce manuscrit. La ressemblance entre les loags~extraits dece manuscrit que le Limousin historique contient et nos ~Hta~ nous font regretter bien vivement qu'il ait été perdu. Nous y aurions trouvé très probablement quelques indications sur le manuscrit original. 8" et 9° Manuscrits ~<ïM?-tM ~~m:. Nous exprimerons les mêmes regrets pour la perte des manuscrits dont M. Ardant a donné des extraits dans le BttM. de la ~o~. <~?-!c., années 1839et 1840 (2). t0° ~fs~uscr~ de J<*aM ~TuaMd. Ce manuscrit, apde

(t; f. les notes des pages 61, S9, ~9, )5i. {2)f')esnotesd€Spagcs27tf'tM8.

tSO et 182.

Y!t faisait, partie parvenant à M. Piaot, curé de Saint-Michel, de la bibliothèque de feu M. Muret de Pagnac et avait passé Il contient à celle de feu M. le chanoine Chavastelon. 128 pages chiffrées. A la page 1, on lit « A Monseigneur de la » Bermondet, seigneur de St-Laurent-sur-Gorre, ? Quintaine et de Plenavayre, conseiller du Roy n~ sire, et président au siège présidial de Limoges et son lieu tenant» général aud* siège, Jean de Lavaud, procureur aud. siège, » salut;. » » Au recto du feuillet précédent, non numéroté ~ptgramme (suit la dédicace comme dans Pierre Mesnagier). » Le manuscrit ne va que jusqu'à la prise de la cité par ta prince de Galles, en 1370, et se termine c Les Anglois se retirèrent au chasteau de Chaslucet. » FIN. PÉTINIAUD. a

1660.
» A ce manuscrit est attaché, au moyen d'une épingle, un feuillet in-12, bonne écriture, relatant des événements postérieurs à 1638. Nous avons corrigé les dernières pages de nos Annales d'après ce feuillet. M Voici doux notices sur Jean de Lavaud « LAVAUD (Jean), procureur au présidial de Limoges en fit des recherches et une étude particulière de l'his15! 2, ? toire do notre province; traduisit en français une chroni)) que. de Limoges composée en latin par un moine de M Saint-Martial, l'an 1271, et la continua jusqu'en 1512. H Lavaud dédia son ouvrage à M. de Bermondet, seigneur M deSaint-Laurent-sur-Gorre, de la Quintaine et à M. Pléconseiller du roi et président au siège présidial )) uavayre, )) de Limoges. » Son ouvrage n'a jamais vu le jour, et nous avons

"ii!
)' remarqué que Lavaud avait peu de gont et encore tnoins' M de Critique. Les erreurs fourmillent dansj'autem'. qu'il a » traduit et dans les additions qu'il y a faites; Tanna» liste de Limoges a voulu se servir de ces mémoires en leaf )< corrigeant, mais il l'a fait avec très peu de succès. f~aHa/~de BaMte-FtM~, M" 24, -m&rdi ~4'mars 18t2.) « Jean LAVAUD/néau Grand-Bourg, mort en 1512, procu» re.ur au présidial de Limoges, est auteur .d'une. C~<MH?M<? » de Limoges depuis son origine jusqu'à 1512, ouvrage » pou estimé de l'auteur des ~nKa~M tht ~&MO:~M. qui a » relevé plusieurs erreurs de cette CA?'c;ngM6Qu'il. A pnisE » POURBASEDESON TRAVAIL,» (JOCLMETTOK,NMfOM'C la de ~rc/M, t. II, p. 100.) » JeandeLavaud n'est pas mort, comme le dit JouIIietton, en 1512, puisqu'il a dédié sa C/M'OMKj'uc Gauthier de Bera mondet (i), lieutenant-général au siège prësidial de Limoges, et que le siège a été créé en '.i55i. » (iy~ note de MM. Lavaucl.) jf. ~M6en contient tout ce qui prccMë ~M;' Si nous ne connaissons pas le nom du moine de SaintMartial qui a le premier rédigé cette C/M'oHM~uc,nous connaissons du moins son traducteur. Nos ~Ma~M ressemblent comme fonds à ce manuscrit; mai.s la forme et la. disposition des faits sont souvent très diSércntes, Elles ressemblent bien davantage au feuillet in-12_at-taché avec une épingle, dont il est parlé. Ce qui semblerait indiquer que celui qui possédait ce manuscrit, en 1638, avait connaissance de nos Annales. Nous devons à l'obligeance de M. Robert de Lastcyrie les « Nous n'avons pas à Paris de suivants renseignements ') manuscrit offrant le même texte que Ic~a)UMcn'f~e t638~i )' mais eu revanche nous avons quatre copies du manuscrit H de Lavnud. Les trois promu'rc's portent, à la Bibiiothcqu&

il) Hauthicr de Bcnnondct ~t~it le dcuxt&me Ms de PiBTre (MSn§sin<; en tSt3; et d'Anne Petiot. ![ est le chef de la branche de }{t <~)!Un<ain('ctdpSa)nt-L!i'.trctH-s)!)'-Gorr!

IX-

.< nationale

les numéros 9,!93 latin. (1'°77' 5,002 français, ') et Duchesne 48 (f26J, V). Le premier (9,193) est une H copie faite par Dom Col sur un manuscrit de Solignac; le second (5,002, ancien Colbert 2,246) a été écrit eu 1604 par un procureur au présid'al de Limoges. Il est le seul des Mtrois manuscrits qui contienne la dédicace à Monsieur )) Bermondet et l'épigrsmT'e en Jatin. Les trois manuscrits M se .terminent en l~TQ par c<s mots « y fust mis le canM délabre de cuyvre qu'on y \eoid présentement. H Je n'ai H pu. trouver la phrase qui termine le manuscrit Lavaud et. M que vous citez dans votre préface. Le manuscrit de Dom a Col contient de plus que les autres cette mention précieuse « Achevé d'eycriro à grandissime peilie et hâte le xxj° juin mil VC ii. Voilà, viij je crois, la date exacte du travail de ') Jean Lavaud (!). » La quatrième copie de Lavaud, française, est un petit ') cahier de papier de vingt-neuf feuillets, qui se trouve au u cabinet des titres dans le dossier 2,MKo~<?.s. d.Sêre fort Elle ,peu dos autres, cependant le texte est tantôt un peu plus M long, tantôt uu peu plus court. Elle se termine quelques » lignes plutôt que If's autres, aux mots « n'en avoit aucune M pitié ny douleur tant avoit le coeur donné à la vengeance.') » » Il serait très possible que le manuscrit original de Lavaud soit celui que Dom Col a trouvé à Solignac. Voici 1" c'est le seul qui perte la date de 1508; 2" il « pourquoi était difficile à lire, car la copie de Dom Col est pleine de lacunes et de mots mal lus, ce qui me semble une prode .) habilité pour qu'on puisse y voir un autographe » l'auteur. » « Justel (P~"M!<' de ~;fMNMOTt t CA)'MM'?.!C /HMyM.

(i) Le sioge présidât de Limoges a été crée' en ~j5f. Si Jean Lavaud, procureur près ce siège, dédiait son manuscrit ù M. Bermondet, président, il ne pouvait t'avoir écrit en f508. En supposant qu'il ait écrit ce manuscrit à i'age de vingt-cinq a~s, en <808, il aurait etc' nommé procureur su prcsidiai à l'âge de soixante-huit ·,nc r.o~rnin··,tmnnnrnhflhl~

x

de de ?*M)'eHne. 18) cite une CAroMgMe Limoges dont R p. donne l'extrait que nous avons reproduit page 430. Notre manuscrit (page l'i2) ne raconte pas le fait de la même façon.')rs (A~c~M..RM6eK.) M. de Lasteyrie nous écrit « Le manuscrit de Justel est » le même que les copies de Lavaud qui sont à la. BiMio» thèque nationale. J'ai collationné le passage qu'il cite. )) C'est identiquement la même chose. )) t2° if~KMer~ Pierre ~~Msy:c?'. Pierre Mesnagier, ainsi qu'il le déclare, n'est que le copiste de Lavaud. Son manuscrit, est-un petitin-f sur papier de 372feuilles,ctnNrées, appartenant à la Bibliothèque communale de Limoges. La copie du manuscrit de Lavaud va jusqu'à la page 43~ et se termine par la même phrase que les trois copies de la Bibliothèque nationale plus ces mots « nnct d'icelle. ? Les pages 218 à 254,281 à 285, 308 à 324, 337 a 346, dans lesquelles Pierre Mesnagier raconte les faits dont il est contemporain, de 1629 à 1676, forment la partie véritablement L intéressante de ce manuscrit. A partir de la page 328, on trouve dans ce manuscrit 1° les mutations, destructions et démolitions de Limoges, les noms des proconsuls, comtes et usurpateurs de Limoges~ 2° la liste des évoques de Limoges(i). Cette liste, qui est 'la même que celle de Legros, s'arrête, comme dans le ms. Legrosetnos~MKa~,aunomde«LouisDm'Ë3deLasearis,~ écrit postérieurement 3"la liste des abbés de Saiat-Martial qui s'arrête à Jean de Laubespine; 4" les'noms des ducs ° d'Aquitaine qui ont été couronnés à Limoges. Toutes ces listes sont semblables à celles du ms. Legros. Pierre Mesnagier a eu certainement entre les mains une copie de nos ~KMa~s,et, comme toutes les listes ci-dessus a (<) Pierre Mesnagier reproduit la liste des évoques du manuscrit Legros,que celui-ciavait copiée sur ceHe redire par M. Chabrol, prêtre. L'abb6Nadaudqui constatete chosedanssesJMfM'~es, ajouteque « cène liste a (''t6empruntée Ala chronologie'de CoUin, qui fourmilled'erreurs. »

XI-

se trouvent à la fin de son manuscrit, nous pensons qu'ils dû les copier vers 167t. 13° CAroH~MM manitscrites de Dom Col, bénédictin.– L'abbé Legros a écrit en marge de la première page de ses FdtNOtrM forme d'histoire ~r Limousin, que nous allons examiner plus loin « Corrigé su-r l'exemplaire de D' C&I, bénédictin.)) Nous lisons dans Limoges aM XTii''Mec~(p. 110) que Dom Col était abbé de Saint-Augustin-lez-Limoges en 1766. M. Ruben, désirant avoir des renseignements plus complets sur Dom Col, écrivit à M. Gustave de Reucogne, archiviste à Angoulême. Voici ce qui lui fut répondu « Je ne sais rien de l'origine de Dom Col. Nous avons eu. Men Angoumois les Col de Villars et les Col-Puygelier; ces .) derniers existent encore dans l'arrondissement de Ruffec. Le religieux bénédictin dont vous me parlez a laissé des x manuscrits huit ou neuf volumes,. considérables, je o crois, qui sont à la Bibliothèque nationale, que j'ai conu sultés plusieurs fois et qui contiennent notamment des )) extraits nombreux des protocoles des notaires limousins. o Il vous sera facile d'avoir le détail exact du contenu de » ces volumes. sur ~Ne pouvant vous donner de détails biographiques H le personnage qui vous intéresse, j'ai pensé qu'il pourrait » être utile de vous envoyer trois lettres qui proviennent de Ml'intendance de Limoges et qui sont relatives à la rex cherche d'un manuscrit intitulé Privilegia urbis lemo)) vicensis. » La première de ces lettres adressée par Turgot à M. Bertm, ministre, datée du 23 septembre 1779, se termine ainsi « Les personnes les plus en état de vous procurer des )) éclaircissements sur ces objets sont D. Col, religieux Hbénédictin à l'abbaye de Saint-Augustin de Limoges, MM. Roulhac, lieutenant M. Juge, avocat du Roy général, a au Présidial, et M. de L'Épine, secrétaire de la Société » Cette recherche fut sans résultat. d'agriculture. de M. de Lastoyrie, le manusD'après les renseignements

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cnt de Dom Col q,te p<~sedo la Bibiioth~qu.s naEjLonale ;n" 9,193, latin (f 777) est une copie faite par Iri sur un manuscritde LaSolignac, copié lui-même sur,celui:de vaud. (V. ce dernier manuscrit page vi et suivante). 14° Chroniques MMtHMCt't~M ~'A*pMe ou Nadaud. àe M. de L'Épine, écuyer, sieur de Masueuf, subâëlÉgue de l'intendaat de la généralité de Limoges, a faiM'm't'tmt.aIre de l'abbaye de Grandmont, en t771 (t). Il étatt. secré~i'e dela_ société d'agriculture uuû riche coMoction d'ouetpos'Mait vrages sur le Limousin. Oa a pu voir par les Itgnesqdi précèdent qu'il se trouve au nombre des persoMQOs désignées par Turgot au ministre Bertin, comme pouvant lui fournir des renseignements sur un manuscrit intitulé f~t~M urbis lemocensis. L'exemplaire des C/M'o~uM que_M. de L'Épine possédait était copié sur celui de l'abbé Nadaud, au dire de l'abbé Legros. Comme dans le ms. Legros, l'ordre chronologique des événements s'arrête à l'année 1556 dans ce manuscrit. Nous ne savons ce qu'il est devenu. M. Nadaud, curé de Teyjac, est l'homme qui a le plus t'dt pour l'histoire du Limousin; nous donnons ci-dessous, ses nombreux manuscrits que possède la bibliola liste de telle que la donne M. l'abbé thèque du Grand-Séminaire, dans sa notice biographique sur l'abbé Roy-Pierrefitte au tome I"' du .~bMMM'e Nadaud, de OPUSCULES Epe<jfMM Limoges, tableau synoptique d'une à Limoges chez Chapoulaud, en 1770. fouille, imprimé des CardMMM.c ~Ntom~S) au CaChronologie des Pa?M lendrier de 1774. au Chronologie d<?~M:~neuMet~soMM?'a~:sdM~~OMStK, Calendrier de 1775. MANUSCRITSPoMtMeOMAfMKOM'M rAM<0:re du dtM~M pour de Limoges, 2 vol. in-f*. Nobiliaire du diocèse et de la généralité de- Limoges, 2 vol. in-f, comprenant 2,734 pageest reproduit dans le ~.tntOMStn M$<ort~MC,

,'<; Cet inventai' pagel89.

X!

~? ~f~ce~ de ~M:oj'e~, J/eM~t/'MHai~<t'<'<WA.~X.j' 6vol.in-f". ~MMM'M poM?' ~u~' <{ ~'AMfo~'e ~«Ma~/e de <?/'a/:<HO~t, 1 vol. iu-f. Recherches, 1 vol. in-fa de 35 2 pages. Histoire (ÏM~<motM<M,1 ?"of. in-f" de plu~ de 300 p~ges. 06M?'ua~b?t~~Mrles bréviaires dn diocèse de Limoges, 32 pages grandiu-f". « A la mort de Nadaud, arrivée en 1775, ses manuscrits furent acquis par l'abbé Legros, humble vicaire de la colléoiale de Saint-Martial. L<~ïos otH le courag'o de transcrire' tous ces manuscrits en y ajoutant, heure par heure, ses recherches personnelles, continuées jusqu'à sa mort, arrivée ea {81t. » (Note de Ruben.) Nous avons eu la bonne fortune de pouvoir consulter les manuscrits de Nadaud et de Legros, à la bibliothèque du soit qu'ils aient été pris, soit qu'ils (jrand-Seminaire mais, f~cut été prêtés, nous avons constaté avec regretque les trois nous renseigner sur l'origine de ouvrages qui pouvaient notre manuscrit n'y étaient plus, c'étaient l'~&r~c des- Annales, la Co~MMa~'o?t de ~&)'<c des ~?MM/&;et l'Me'! ~M?' Limoges, par l'abbé Legros. Nous n'avons pas trouvé nonplus les Chroniques de Nadaud, copiées par M. de L'-Epine. Voici ce que nous avons noté On lit au tome P' f 245, des Jfémoires de l'abbé Nadaud « J'ai vu bon nombre de Chroniques de Limoges; elles se copient successivement pour les premiers temps, et sont de préjugés et d'erreurs également remplies quant aux. proconsuls. e Le titre du tome li des Af~a~e.! de l'abbé Legrosest ainsi conçu: Mélanges ou Recueil de pièces justificatives du pour servir à 'l'histoire 'de Limoges
et de la province du Limousin

diocèse

tome II

–XIV aHecf&~Mcto~Ka~s, ainsi ~M8. CoM<etM<~p~MtM'A'pM:c~ des COpM~NM{/MMft~MMded:~eMf:C~ M!tJ/'<?SM~ ~M~'Œ~M~M~ de cA?'OKMjfMe~ ~<OMteHMïa?MMC~c{~'ct~eMM:c~fMrc. etc., recueillis et réunis ici sous l'ordre chronologique en 1786. Nous trouvons à la suite un premier cahier petit in-f, sans titre ni couverture, commençant en tête de la'page par ces mots avoir combattu vaillamment contre les .ennemis )) d'Auguste sur le sommet d'une mpnmgùe;;fust surnommé Capreolus, et ayantsceu, led. Zenobrum, ledûcès de DuraH tius,so:ibeau-pere, etc.» (p. 26, ligne 15 de nos ~n?M~), pour se terminer à la gnérison ,mi.racule!iso de Sigisbort't par le bâton de Saint-Martial (p. ,39, ligne 12.de nos ~Ha~f). Le copiste s'est arrêté en têted~une page et le cahier contient plusieurs pages blanches. Tout ce qui est copié, sauf des variantes insignifiantes, est conforme à nos Annales; Un second cahier en très mauvais état, contenant trentecinq feuillets chi&'ès au recto, sans titre ni couverture, ayant fait partie d'un cahier beaucoup plus volumineux, puisqu'il est écrit en marge du feuillet 17, à la suite d'un renvoi sur saint Léobon, « voyez au f" 375 ». Le premier feuillet commence ainsi '< Limoges,jusqu'à la venue de César, etc. ~> (page 2, ligne 12 de nos~iuM~). Ce manuscrit porte en marge la date des événements commec.eluLd.e Legros et de l'écriture même de ce dernier. Le texte ost.~ peu de chose près le même que celui de nos ~ma~, qui contiennent cependant plus de faits. Cemanuscrit a dû être rédigé antérieurement au nôtre; il n'y est pas question de la ~SecAercAë des Antiquités de jMmo~M cite notre compilateur, page99. que Serait-ce ce livre lui-même? L'inscription de la porte Mamgne, qui se trouve à la page 93 de nos~?ma~, est reproduite dans ce manuscrit, accompagnée de celle du clocher de Saint-Martial que nous n'avons pas', immédiatement avant la liste des abbés de Saint-Martin, page H9. Il n'y est pas question du j!M des Ardeitts (p. i29 de nos A~Ma~). Le

-XV verso du feuillet 33 ne contient que neuf lignes et se termine à la déposition de l'évêque Humbaud, ligne 11, 144 de nos Annales. Après ces neuf lignes, le reste du page verso et le feuillet 35 et dernier contient, de la main de l'abbé Legros, une pièce intitulée Copie d'un acte de ?'ecMsation et d'appel M~cr~tc par le p~'ocMrcMrgénéral de /'eu<!</Me de Limoges, contre l'abbé de Grandmont, soi-disant conservaleur c!Mpriviléges, et, d'exemption ~Mchapitre de la cathédrale de Limoges, de l'an 1453. L'abbé Legros termine en renvoyant à la page 291, que nous n'avons pas trouvée. En te~e du verso du feuillet 35, on lit Annales ~eZMHO~M, 4 A. L'abbé Legros avait eu très certainement l'idée de collectionner toutes les différentes copies de nos ~:na~, afin de les compléter les unes par les autres. C'est ce qu'il a fait du reste en transcrivant le manuscrit dont nous allons parler au numéro suivant. 15" ~MKOtr~ en forme d'histoire de Limoges, désigné dans « Je dois à l'obligeance de nos notes Ms. Legros (1). M. Pierre Laforest un manuscrit petit in-4°, papier appar-

(<) Le premier volume du Nobiliaire de Nadaud, publié sous les du par auspices de la Société archéologique et /tM<or~!<e Z.MtOMMK, M. l'abbé Roy-Pierrefitte, contient une notice biographique sur l'abbé Legros de laquelle nous extrayons la liste de ses ouvrages conservés a la bibliothèque du Grand-Séminaire (f~~ t° Abrégédes Annales du Limousin, ou Suite chronologique des MMgpro~Me~. in-4", 6~3 pages; /at<s qui tK~'rMseMt faits ~Mtintéressent cette province. CM ~M~e des Annales du Limousin, <&83-f79&, 2" Continuation de ~~t'~ in-4", 443 pages:
3° Pott~M du dMCgs~, 2 vol. in-f"; 4" Table cAromo!o~t~M8~M eMr~ du d!oeMg, in-f" S" ToMg eArOKo/o~t~M~ ccc~'stMft~Mg, ~789, ia-f" 6° Table e/M'OMOto~ue CtM<g, in-f°; 7" ~M0t7'~ pOMr les a~at/es du ~<woMStK, in-f", 637 pages, 8" Af<MNOtnM /MS<or!'<j'MM pOMr les e/tapttMs du Z,tMO!MMt,n-f"; i 9° Më~m~M, 3 vol. in-f". f0° Dictionnaire des ~'a?t~ &oMttMM LtMOMStK,in-f°; du ~° MMf~<t<MK~!fr snMt< ~<!f<tn; suivi d'une .Pt'M~o~'on sur

–XVt–
tenant a sa bibliothèque et qui semble avoir été rédioè, sauf sur le mannscri!. quelques variantes, typoCe manuscrit est écrit eu entier de la m~in de l'abbe Logros, et je crois que c'est celui dont il s'est servi pour annoter le P. Donaveature. M II commence ainsi

MÉMOIRES E~!FORME D'HISTOIRE DE LIMQSES-, CONTENANTL'OaMINË ET LES ANTIQUITÉS DU LIMOUSIN, ÊCtUTSE~ 1556 OU ENVIRON s Ot't après 1568 Mu~~H~~t, ou encore MM~HïM~ ~'a't 1506.' ËPILOSUË DES MUTATIONS DE LIMOGES. « Limoges, la venue de JujQsjOésa.t', a couru jusqu'à » même fortune que le reste des Gaules. Ce~e vUl&d.emeut'a_ sur l'origine des lions CKp!Crre qui soni à ~.M!M~ et d'un A!'dfno:'rB 97 pages; ~p~aMd~Joco7:dMc.in-4°.) ~° hlémoires pour s6)'Mt;'à l'histoire des ~f~MM de Limoges, in6C7 pages i3" ~Mat /tMto)'t~K0 SM'' Limoges e< ses Bn~!)'oMs,ta-t' ~St pnges~ <4" H~ette~ d'inscriptions et (<'((.M~mfgs de L:i~6x, tN-4", 4&) p.; 15" M~notre historique et c/trMo~t~M ~M!r Fr<t?~ots dp 7) pages; Lo/oi/cfff, e~usde Limoges, in)C" Mc'mo<)-csMr~)'de L<t?!~gttc,c~<j'M~dcNm' !n{t pages )7" Vies des Saints dit Limousin, 6 vol. m-4", d~SàGOOp~gcs; <8"motrc pMM' .Mr~M' à l'histoire des ~Mërre~dg ff~M~BN Ce cahier est aNjûjird'hu~lar propriété Limousin, in-4", 93 pages. de M. Rouard de Cars, de Limoges <9''HM!otn'derK&~<'dt!G''<Mtdmon~. L'abbe Legros a collaboré très activement aB Cn/eadrM?' ccc~ e iiM~t~ttg et civil d:t LtmoM-SMt t à la FcMtHe.~6~dO))!~datf6. Les archives de la ~'octg~d'a~rtct~tMrs possèdent, de lui deux m6~~chsrcffM'~M.r ~fMi~M~ mpires sans nom d'auteur ? $M< ment des mines dit L:!KOMX;'tt; Dissertation SMr Fort~n:< les pro2" grès et la décadence, de 7a langue K?KOMMM. il a pab)ie 4" en i778, sans nom d'auteur, un,ta.bJoa.i}.synoptique Intitulé ~dteatcM)' du diocèse de I.tmo~seMPpMtHedt~scMrt' 2" en i8i ), une brochure in-<8 intitut6c Rëe/M~A~ M~or~MS SKr LM?:x de ~( t't~f-df.'itMMy~t ~Me p~roMsuft: de .at~t'/M'f-gs

XV » sous l'empire romani jusqu'en 488; alors les Visiguts5 » s'en emparèrent, etc. » » Legros a fait de nombreuses corrections au texte co~ié de par lui et a écrit en marge: «Corrigé sur l'exemplaire » D. Col, bénédictin. » » Ce volume in-4° contient » 1" Les mémoires susdits ne vont que postérieurement à du roi et do la reine de Navarre, et finissent l'entrée « Apres le deccds de Gésaf de Bourgoigne, succéda à l'éve» clié de Limoges R. P. M. Sébastien de Laubospine, cn M rang 81, qui tint ledit éveché 24 ans. » Fin du quatrième livra dos Antiquités Limoges. )) Cette partie a 267 pages. » 2"FemotrM de la généralité ~6 Limoges, écrits en 1698, copiés en 1774,96 pages chlOrës à part » 3° Etat ecclésiastiquedu diocèse de Limoges, écrit en 1698. De la, page 97 à la page 120. (Cet état faisant partie des JMeTKOM'&sla ~e7Kira~t<e) de » 4° ~MM/c~g sur ~'apo~e~atK~tfar~a~ 20 pages à part On lit à la fin « Se trouve signé RocHE, procureur. » » A la page 767, tom.'IM, du P. Bonaventuro, à l'occasion de la sécularisation de Saint-Martial, en 1537, Legros'relate, dans des notes manuscrites, certains faits qui ne se trouvent pas dans le manuscrit copié en entier de sa main. Ces faits sont tirés d'autres chroniques et notammanuscrites, ment d'un manuscrit Manuscrit de que Legros appelle Lépine ou Nadaud. » Donc le ms. de Lépine est le même que le ms. Nadaud. » (Une note de ~f. Ruben contient tout ce qui précède sur le ?m. Legros.) Le manuscrit sur 'lequel l'abbé Legros a pris sa copie contenait plusieurs fautes semblables à celles de nos ~K~N~M, mais la plus grande partie de ces fautes était relevées par lui au courant de la plume, grâce à sa connaissance parfaite de

XYtt!

de l'histoire du pays, ce que tout autre copiste n'aurait pu faire. Nous remarquons que son manuscrit ne contient pas à saint Jfat'1° l'extrait de la DauotM~ des a~c:6Hs c/M'e~MMM tial, par l'abbé Bandel (p. 242 à 247 du présent livre)) 2" la de Prose en ~'Ao?M:eMr saint MsrtM~ de M. Dardon (p. 247 à 249) 3° les Stances sur saint Jfar~c~, par Jacques Dorât (p. 250 à 252); 4" l'État des M~~Me~des eyh'~ a!e Limoges (p. 253 et 265); et 5° l'article sur l'église de Saiot-MicheIdes-Lions (p. 2~6 et 267), probablement parce qu'il possédait déjà sur ces matières des renseignements plus étendus que ceux qu'il trouvait dans le manuscrit qu'il copiait. (1) Nous sommes donc en présence de trois manuscrits presque semblables 1° du ms. de Nadaud; 2" (lu ms. de L'Epine qui n'est que la copie de celui de Nadaud et 3" de celui de Legros qui s'est servi des deux premiers pour écrire ou corriger le sien. Ces trois manuscrits ont appartenu à des hommes connus par leurs travaux historiques, et qui, pour accomplir ces travaux, avaient dû se procurer toutes les copies des manuscrits limousins qu'ils pouvaient connaître. Leurs recherches ont eu pour résultat la copie d'un manuscrit presque conforme au nôtre. Noua pouvoils donc avancer, sans trop de hardiesse, que nos ~M~a~ sont la copie, sauf de légères variantes, des manuscrits connus sous les noms ~e ~<~pHM, A'a~aM~ Legros. et Quant au nom du chroniqueur, voici ce jjue les éditeurs écrivaient dans la circulaire qui annonçait la publicatio.n des .~?MM~ « Nous lisons au verso du dernier feuillet du Ma/MMc~t » de 1638 ces mots, qui ont été biffés
» PÉRIÈRE DE LA GARDEHE.

» et au-dessous <(~?tMoDoHUH{i7t7.)) » (<)~.)csnotcsdcspac;cs!86,398ct.30t.

XIX » Cette date, les lignes ci-dessus en ont fait justice. » Quant au nom PmuÈKE DE LA GARDELLE, nous avons a quelques raisons d'y voir une révélation. MNous connaissons trois Périere écrivains » f Un Jean Périere, jésuite, mort en 1713, d'après la H B~o~e~ue /~o~</Me du P. Lelong (1) » 2° Un autre Périère, chanoine de Saint-Martial (2), Mauteurs tous les deux d'oraisons funèbres remarquables; » 3° Et enfin un Henri de Périere, sieur de La Gardelle, » auquel les Annales de la NaMte-Fïentte, dans le n" du a 15 janvier 1813, ont consacré une courte notice biogra» phique. « Ce seigneur de La Gardelle, y est-il dit, est une » des lumières de notre barreau. On a de cet auteur une )) ~araM~Me prononcée eH.l'audience de let Sénéchaussée et siége Mp;'<~d<a~ de LtMO~M. sur la prMemta~OK et ~apM~ca~SH « des lettres de {?'M haut et très puissant prince Henri de La » Tour-d'Auvergne, vicomte de Turenne, maréchal de Fronce, x pour le ~OMt)e/'netHe?z! Haut et Ba~îmoM~~t, du le 5 jan» vier i654.) A Limoges, chez Mal Chapoulaud, in-12. » » Comme on le voit, ces trois Périère étaient des hommes » lettrés. C'étaient aussi, au moins deux d'entre eux, des )) hommes de talent, ainsi qu'on peut s'en assurer par la

(i) Aatcur de l'Oraison funèbre de haute et puissante dame Julieduchesse de ~ontftMSMT', /.t<et)ted'~))<ye?:Hes, prononcce dans I'6g)ise cat)n''dra)e d'AngouICmc, te 3 jour de décembre 167), par le P. Périère, de la compagnie de Jésus.- Angoulême, Mathieu Pelard, imp. d'Elisabeth d'Aubus(s. d.), in- de 29 pages; de rOrsMoM/MKe~re 1704, in-4"; et de l'Éloge .!OK~f<!FeMtMaJe,a6~e~e.–Limoges, de funèbre de F?'et;e'?'tc-jVaM)':ec La ï'oM)'-d'~Muer~):e.– Tulle, 1708, in-t". e d /MKë<'t'ee très A<m.ft très puissant prince (2) Auteur de l'Or<tisoM //e.'tr: de Ln Tour-d'Auvergne, vicomte da TM)'eKMe. prononcée en présence de Mgr l'évêque de Limoges célébrant pontiticatement dans son église cathédrate, le <0° septembre 1675.–A Limoges, chez. François Charbonnier Pachi, imprimeur de l'Hostet de Ville et du CoDege, t675. iri-4" de 44 pages et de t'OraMOK /M<~re f.'cMM.s!'reFrançois de La Ff!fHe. prononcée dans la cathédrale de Limoges, le 2 juin IG7G.. Limoges; 167C, in-4".

xx

tt lecture des oraisons funèbres que possède la. Bibllot-hô~ae de Limoges. Il n'y a donc pas trop Je témérité à Mattribuer à l'un des Périère le manuscrit dit de 1638, et à a croire que, si le' sieur de La Gardelle n'est; pas l'historien o que nous cherchons, il tenait au moins le manuscrit de n l'un des membres de sa famille. » La date 1717, qu'il ne faut pas perdre de vue, nous fait penser que Périere étaitsimplement le nom du dorp~er possesseur de B05.4MMN/c:. Le nom du compilateur sera aussi dimcile à trouver que I'o''iginal de la compilation. Aucun des manuscrits que nous venons de.passer en revue ne portent de nom, excepté cependant. ceux de Lavaud et de Pierre Mesnagier. Au sujet de ~e Batt~Lavaud, nous avons remarqué que les AMMSJM {''t'gMen'en font que le traducteur d'une chronique de Limoges composée en latin par un moine de Sain.t-Martial, fin 1271. Nos ~MM~s auraient-elles été écrites dans l'abbaye de Saint-Martial? Nois laisserons le lecteur se prononcer. Le petit nombre de personnes instruites en dehors du clergé, à l'époque où nos Annales ont été écrites, la connaissance qu'avait l'auteur de plusieurs de nos chroniques et la quantité des livres cités par lui à une époque où ils étaient très rares et par consequonttrôscoùteux(i),,nousfont penser que, si cet auteur n'appartenait pas a l'une des grandes abbayes de Limoges, au moins était-ce un prêtre ayant ses entrées dans ces abbayes. Les couvents seuls posentre autres livres Vtcms SEQUESTEp, (<)ï.e compiiatcnrcttf ~c/!ttntnf~!fi. paru~n )SOO: NtnuLE Gn.u;s, Zsst)' e~<tnfe.{.et f');tt<'MXMf:MHa~&i' i5~3; p!r:(;imEt5:iERHts, A~crp. PMa~HWt. t3o3; BOUC:tET,~KKft/esd'Aqui!)t.'j; i'OSTf~f/Mft)t)-t) t.'X'/Mt-f~'t'f' ~'nf. i'~roMftMMy'tMtorMm. )55T; <)RMpn' i~<)~)t, )nS8: Cft.MEAU (J.), Ht.t: ~M Bt't')'f/ 4&56; G)!!<EHt)A;;N GtLMM'), '7tr.~)io~rnp&M. )5(n; V)?iET{ËUE), ~tt{:ÇM<~ de SQMt'~aMa't. t:i74; TnÈ\'ET (André), CoSMo~TapAteuniverselle. 157S; TRmtÈME Jean), ~omHK's tMM~t'rs ~c ~'or~c ~e SMM?< Bs'?o~ iCQL (F. pour i~s !itrcs d6tai)[ps de c:'s ouvrages la BtM/n~rftpM~, page 43:t.)

–X~I–

sédaient des copies de nos premiers historiens, dans les ordres religieux (1). Dirons-nous maintenant combien

presque tous

de recherches histoet philologiques ce livre a coùté riques, bibliographiques à M. Ruben, il suffira au lecteur de jeter un coup d'œil sur la liste des cent cinquante ouviages qu'il a cités dans les notes pour s'en convaincre. Ceux qui ont parcouru les des Ca~o~MM de M. Ruben et son édition philologique de FoMcaM~, savent avec quelle conscience et quel /M amour de la vérité il écrivait. Il pensait que l'histoire, pour <tre écrite, devait toujours s'appuyer sur une base sérieusement contrôlée. C'est dans cette pensée qu'il engagea la Société etrc/:eo/o~Me et -M!or~Me du Limousin à publier les Registres con~u/at'r~ de Limoges, auxquels il a attaché son nom par la transcription qu'il en a faite et les notes savantes dont il les a accompagnés. Notre travail, dans cette préface, s'est borné à coordonner les notes laissées par M. Ruben. Nous avons placé à la fin de ce volume le complément des rectifications de nos Annales d'après le manuscrit de l'abbé Legros. Ces rectifications avaient été indiquées eu notes par M. Ruben à partir de la page 289 seulement, parce qu'il ignorait l'existence

(<) « Foi/M sur les sources de l'histoire du Limousin une importante notice de M. l'abbé Texier, insérée au Chroniqueur du Po't~M~~uM~~ann~e~M, » Ademar deChabannes, Geoffroy de Vigeois, Bernard Itier, Bernard Guidonis, édites plusieurs fois. » Manuscrits du bénédictin Estiennot, conservés à la bibliothèque Gérard de Frachet, Pierre Coral. nationale, contient » Manuscrits du Séminaire Chronique de l'abbaye de Grandmont pn grande partie inédite. Mettons en première ligne cent cinquante manuscrits précieux, provenant de Saint-Martiat de Limoges, et acquis en -f730 par la ~ib!iothequeroya)e. » Le P. Bonaventure y puisa pendant trente ans les éléments de t'histoiro provinciale la plus considérable qui existe (suit une apprét i.)tion de Bonaventure). » (A'o~cde ;)/. /iM&~n.)

–XXïï–

~u manuscrit. Legros au commencement de l'impression. Quelques additions d'après diQ'érents manuscrits, la liste des ouvrages cités dans les notes et la table alphabétique, terminent l'ouvrage. Si les Annales manuscrites n'ont pas l'authenticité des elles R~Mt/'M coMSM~H'cs, contiennent pour la période qu'ils embrassent, un très grand nombre de faits qui n'y sont pas rapportés (t.). Elles ont déjà servi bien souvent à éclaircit' certains points de notre histoire limousine, et les auteurs les ont consulté avec fruit. Notre but sera atteint si en éditant les ~MMt~ MtN~M.Mft~ dans leur entier, nous avons rendu la tâcheplus facile a ceux qui plus tard voudront entreprendre sérieusement l'histoire de notre pays.
PAUL DUCOURTIEUX. (t) Le Premier ~M!rc consulaire, t. U, ne contient absolument que les noms des consuls é!us pour les années ~S67 à <590, 1S77 et 578. M. Ruben a fait, pages 3M et 348 de ce tome II, un extrait de nos Annales, afin de combter la lacune des annÊes 486T à ~870.1] a emprunté aussi à nos Annales les lettres patentes de Charles IX relatives à L'élection des conseillers répartiteurs cri 871. contient Le DeM~ëMC Registre consulaire, qui est à l'impression, des lacunes malheureusement plus considérables, que nos Annales aideront à combter. Pendant les années i597 â~COt, ~603, 1004, <606, t609, <6H à )6)t, 16i6 à ~6M, !(;26 h ~30, tG34 à i638 bien au delà, on n'y trouve que'tes noms des consuls et des eonseitters répartiteurs élus.

RECUEIL

DES ANTIQUITÉS LYMO&ES DE VtLLE CYTTÉ ET
ET CHOSES ADVENUES LES PLUS REMARQUABLES

PUISSA PREMIÈRE FONDATION

[LIVRE Au Lecteur, sattut,

PREMIER.]

Je désire, amy lecteur, te fère service aggréable ez vénérable antiquité, considérant qu'en les choses escriptes, veu rutittité recueillies, amassées et mises au rangt au mieux qui m'a esté possible, donnant occasiou aux successeurs les lisantz, d'avoir esgard ez péritz et fortunes passées de leurs et dilligemment pourvoir à celles à venir, prédécesseurs, l'esprit curieux se void communément affectionné à sçavoir son origine et vraye nation, et qui fust le premier qui luy imposât nom, qui est chose rare à le sçavoir et difficille d'en juger pour la grande longueur de temps et défaut d'escriture de nos pères antiens, s'addonnans plus aux plus beaux faits d'armes, contans d'une temporelle renommée, que rédigerpar escript leurs gestes et mémoires. Les historiographesbailhent Fhonneur à Samothëe, filz de Japhet, filz de Noë, disant que la Gaulle a print le nom de Gatatheus, et de Jove-Celta a esté dite Celtique, où, selon mon petit pouvoir, ponr te satisfaire, je me suis enquis par des croniques, subscriptions, pan-

1

2 chartes et vieilles mémoires du pays et tout ce que j'ay peut Sner, de la très antique ville, cytté et chasteau de Lymoges, et du traitté d'autruy, et ay tiré ez pièces et coppies la matière pour en dresser un beau chef-d'euvre qui mérite un bon et meilheur architectè que moy pour décorer ce bastiment (car, de ma part, je n'ay escript que les choses maigrement et simplement ainsi que j.e les ay trouvées), qui fera fin. Priant Dieu de faire la grâce à un autre de les parachever et fère mieux en nous remplissants de ses grâces et bénédictions. Amen 1 A Dieu 1

~p~o~Medes mutations de Lymoges.
[JI!utotiuns de 1

Lymoges, jusques à la venue de Césard a courut la mesme fortune que le reste des Gaulles. Et demeura soubs l'empire des Romains jusques en l'an 488, que les Vuisigots le gardèrent, jusques. t'an §09 qu'il demeura à la couronne de France, jusques l'an 663 qu'il fust possédé par aucuns ducs de Ga.scougne, jusques l'an 763 qu'il retourna aux,roys de France. Or, l'un 448, le royaume d'Aquittaine fust érigé en duché. Soubz lesquelz ducs Lymoges demeura pour un temps, puis retourna aux roys de France jusques l'an 1181 que Lymoges fust aux Anglois qui le gardèrent jusques l'an 1200. Quatorze ans après, Lymoges retourna aux Anglois qui le gardèrent jusques l'an 1292, parquoy Lymoges retourna aux François jusques l'an 13S6 qu'il retourna encore aux Anglois, qui le gardèrent jusques l'an 1372, qu'il retourna aux François, qui depuis l'ont gardé.

~Destructions -Je~mn~cRJ

Lymoges a esté cinqt séparation La première,

fois destruite

et démolie

avant sa

par Alaric, roy des Vuisigots, l'an 488;

3 La La La La seconde, par Théodebert, filz de Chilpéric, l'an 5~~ troiziesme, par Pépin, roy de France, l'an 763; quatriesme, par les Normans et Dannois, l'an 848 cinquiesme, par les Normans et Strelins (1), l'an 91i.

La présant ville fust démolie trois fois La première, par Guilhaume, duc d'Aquittaine, l'an 988; La seconde, par Henry, roy d'Angleterre, l'an il5S; La troiziesme, par Richard-Cœur-de-Lion,I'an J183; Finallement surprinse par Guy (2), vicomte, l'an 1202.
t Démolitions de Limoges. J

La présant citté a esté démolie deux fois La première, par la royne d'Angleterre, l'an 1190 La seconde, par le Prince de Galles, l'an 1370. Les noms des PfOCOMSM~Z d'Aquittaine Le premier fust Duratius, Proconsul des Celtes. Senobrum, gouverna l'antienne Aquitaine. Lucius Capreolius, proconsul. Léocadius fust duc, qui fust père de S~ Valérie. Junius Sillanus, à présant duc Estienne. Calminius, qui fist des actes saincts. Sergius Galba, gouverneur. ~Jutius Agricota, gouverneur. Les premiers Jocundus, père de Sainct iricrs, Martialis Dampnolenus. comtes
Comtes de Limoges.]

(3) [ Proconsuls
J'Aquitame.~

(1) Strelins, Estrelins, Sterlings, habitants de la ville et province de Sterling en Ecosse. vicomte de Limoges, 9~8-1023. (3) Guy (3) Comparer cette liste avec celle donnée par le P. Bonaventure, tOmcH!,p.33.

Ceux qui ont MSïtrpJ Lymo~M
[Usurpateurs de Limoges.

Loppes, Savarry, Heringue, Bogis, mary de Saincte Ode, Eude, Vueyfert, Hunault. D~Z d~~MïMet~e qui ont p?'MS à l'église de L~o~ dMCoHc COi{?'O~M8

~Ducs J'At[uitaiaa.~

Eude, environ r&nIlS Charles-le-Chauve, roy de France, 838; Eudes 2, environ l'an 881 CharIes-Ie-StMtpïe,roy de France, 920 Guithaume, duc de Guienne, 988 Guilhaume Geofroy, t0~5 Rtchard-Cœur-de-Lion, H67 couronné à l'égItseSatnct Pierre d~ Henry-te-Jeune–fust Queyroir, causant les affères, l'an H81 Ceux qui ont esté ducs d'A~aïMe Le premier '2 3 4 S 6 7 (~

Ranutphe, Guithaume premier, EbMesi~, Ebbes~, Cuilbaume Hugues2°. B eus), sonffèt'e EMes é\'esque de Limoges. Gui!ï)aume~, surnon)méTeste-d'Estoupe. Gnyi~,

(i) Voir le P. Bonaveu-tm'e, 'ïM~H, p. RS. Cansu}teraHSs! pour toutes ces listes et celle des vicomtes de LunogeSt }<- C~~K~ ecclésiastique et civil du Limousin, année i7TS.

5 8 9 10 Guilhaume 4", qui fist grandes abstinances, et canonisé; Guilhaume S% qui laissat une fille qui fust mariée avec Louis '7", roy de France; Louis, roy de France, qui répudia ladite sa femme, et lui randit ses terres; puis elle se se maria avec Henry, qui fust roy d'Angleterre; d'où sorti grandes guerres; Richard-Coeur-de-Lion, Otto, empereur, s'estant retiré en France la tint deux ans; Jean-Sans-Terre, Louis 8" du nom, roy de France, Sainct Louis, qui divisa la duché d'Aquittaine et en fit la duché de Guienne qu'il bailla a Henry, roy d'Angleterre Louis 11e, roy de France, Chartes 8*=,roy de France, Louis 12", roy de France, François premier, roy de France. de Lymoges (i) [Ét~es de '-i'] ]

il 12 2

13 14 15

16 17 î 18 19

Le nom des E~tjfM~ Le premier 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1i 12

Sainct Martial, S"'Aurétien, S~ Emilie ou Evolius, Actue, Eumenius, Hermogenianus, Adelphius, Daptinus ou Dalterius, Adelphius 2, nepveu du susdit Adelphius, Exupperius, Astidius, Rusticie,

(i) Cette liste ne se trouve pas d'accord avec celle de l'abbé Nadaud publiée, ea 1860, par M. t'abbe Arbeltot; nous renvoyons )e lecteur cette dernière.

6 13 14 13 16 17 18 i9 20 21 32 23 34 as 26 37 38 39 30 31 32 33 34 35~ 36 37 38 39 40 41 42 43 44 ~ 4 4S 46 47 48 49 oO M o2 53 Rusticits, Sainct Androchius, SainctFérëot, Sainct Asclippe, Simplicius, EceHx, Adelphius, Sainct Loupt, Hergenobertus, Cesarius, Sainet Rorice, Ronce 2, Emerarius, Ermenius, Saiutaris, Aggericus, S~ Sacerdos ou Sadroc, Ausindius, S~ Cësatcm', Ebbonus, Remigibertus, Odoacre, Christiauus~ Stodillius, Aldon, Gerlon, Anselme, Turpin, Ebbtes,ouEboius, Ildegarius, AIdoyuus ou Udodu), Geraldus, Jordanus de Loron, IIitier, Guy de Loron, Hutubault, Guîthe!mus de Claustras, PctrcdeBourdeaux, Eustorgius, Gératdus 2, qui fonda le pnicuré de S~ UendJ,. SebrandChabott

54 55 56 57 58 59 60 Cl 62 63 64 65 (!6 67 68 69 70 71 7~

73
74 75 76 77 î 78 79 80 81 82 83 84 85(1)

-!ean de Vcyrat, Bernard de Ftavcna, CuydnOuseau, GuiHiaumeDnPuy, Durandns, Eymeric de Serre, Gitbet't de Matemof')., Pierre de Seperit, Regnautt du Port, Jean de Crusc, Eymeric Chat, Bernard de Bonnevai, Hugues de Laugeac, Nicoias Viaud, Hanutphe de Peyrusse, Hugues de Ruuigtiac, Pierre dcMoHtbruti, Jean Berthûti, JeauBer),hou2,

d Reguaude Prie,

Philipes de Moumuraucy, Charles de Viniers, ÂHhoiue de Tende, Jeau de Langheae, Jean du BeUay, cardinal, Césard de Bourgoune, itaticu, Sebastien de Laubcspiue, Jean de Laubespine, Henri de la Martonie Raymond de la Martonie, François de Lafayette, Louis Durfé de Lascaris,

Le nom des a6~2 de S'" ~e~Mi! (~ Le premier,Dodo ou Odo, 2 Alhonus,
~1) Cette ligne est d'une écriture postérieure. (2) Comparer cette liste avec celte donnée par la G«~M cAn'stKMM,
~AU.K! .ieSMt-MmtM)~

3 4 5 6 '7 8 9 10 0 il 13 13 14 i5 i6 fi 17 ï 48 i9 20 23 a3 24 25 26 2'7 28 29 30 31 32 33 34

Benedictus, Egosindus, Fulbertus, Fulbertus 3, Estephanus, Aymondus, Eymericus, Ma!acorona, Guilhelmus Vîrgo, Guiguo, Geoffroy, Adebalde, Geoffroy 2, Huguo, Alderic, Antherius, Pierre Albert, Meynardus, Pierre Aubonis, Eyniard, Bernard Aty Amb!arddeC!ugni, Albert, Pierre, prieur de Ctugui, Pierre de Barri, Isambert,, Hugues de Brosse, Petrus Anno (1), Alesmius, Petrus de Gersac, Guilhaume de GeHouUta, Hst ierc.Jtes ctoistres, Raymond Gausselin

t. colonne SSS. Voir surtout l'exemplaire de là BiMiothëquc communale, où se trouvent de nombreuses annotations manuscrites de l'abbé Nadaud. L'abbé Nadaud a également donné une Table chronologique des abbés de St Martial dans le Calendrier'de 1773. et (1) Le seul Pierre que l'on trouve dans la CaHta cArM~MHMdans le Calendrier entre Hugues de Brosse et Guillaume de Jouinac est Pierre V, de Naillac; l'annaliste n'aurait-il pas pris ~MKO (année) pour un nom propre?

9 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 î 48 49 50 Si S2 53 S4 55 56 57 ï 58 59 60 61 62 les fist achever, Guy Amaleus, Guy de Marneil, Jacques, prieur de Chaslux, dit de Calaure, Pierre, prieur de S~ Vaury, Geraldus, Guilhaume Feydy, Guy de la Porte, Gailhard de Miramond, D'Angeoffre de Chabrigaac, Guilhaume de Vantadour, Hélies de Lodie de Cataurc, Eymeric du Brueil, Gérald Jouvion, Estienne d'Almonis, Pierre Jouvion dit de Drouilies, Bartholome Audier, Pierre de Vezeil, fust évesque de Meaux, Jacques Jouvion, Albert Jouvion, Mathieu Jouvion, Le Cardinat de Lavantcourt, Louis de Genoulhac, Jean de Foncèques, Jean de Laubespine, Léonard Cluzeau (n'a jamais été abbé) (i), Pierre Verdier, de Vieufville (évesque de Renne) (2), Henry de la Motte Houdancourt, archevesque d'Ausq (3).

[M une page en blanc dans le M!SK!MC?'

(!) Les mots entre parenthèses, sont d'une autre écriture. (2) Idem. (3) Archevêque d'Auch en iC62.

-10– des mutations

~/)~Me

~S d~CS fr~M!a.M<~

~MBOMC~(').
!Muht.Ms La Gautted'Aquittaine fust entre tes mains de ses pre!mcrs .t,)umin..j habittateurs, desquelz Catatheus fust te premier roy, selon Bérose, jusques SO ans avant t'fucarnatiou de rostre seigneur Jësus Christ; et Poictou, qui est uue comte dudict pays, entre les mains des Scytes ditz poictevins, depuis la destruct-Mti de Troye jusques audit an SO ans avant rincafaution. Auquel temps, JuUes Césard, qui apprès fust prém!cF empcr6U)', couquist toutes 'les GanMes, et furent !csd)ts pays de Poictou et toute rAqutttatne entre les mains et soubz la puissance des Rotnams, depuis ladite coaqueste faite par .tuiles C<!sard, jusqucs à rut) 6" de rempercm' Honnpi'ius, qm fust i'an de HOtre saitut 4~9t que Aquittaine fust bailhec aux Vuisigots pat* appoiutcmcHt, dont Vuallia fust le p)'cm!er roy, l'an 417. Le.sditz Vmsig'ots tindreut ladite Gaulle soubz 6 ro~s de km' gét)ë<'adoa jusques à l'an desaUm S09, que le roy Clovis. pfennet' roy clrrestien des François en expelia et chassat lesdits Vuisigots. Et parce, Aquittaine fust entre les mains des Romains 471 ans ou environ, et entre les mains des Vuistgots Mans. Clovis et ses successeurs rois de France ou leurs cohefttters tindreut tousjours Aquittame, et en furent rois jusques e!) l'au 663, qui sont 188 ans. Et audit temps 663 que commença régner Clotaire 3° du nom, pour sa pusillanimité et des autres rois de France ses successeurs, et de leurs mutations, Aquittaine fust usurpée par aucuns scÏgneurs dud!c<. pays qui se disoient rois de Gascougne, contre lesquelz la conquist Chartes Martel qui la laissat à son filz Pépm-tc-Brcf, lequel fust depuis roy de France, en t'an 1SO. Toutesfois tëdtt Pépin n'en fust paisible jusques en t'anderuierdé son règne qui fust lan 768. Et parce fust Aquittaine hors des mains des rois ac France, et toujours eu querelle par 180 ans. ou environ. Despuis ledict temps T68, qui fust l'an dernier du règne de Pcpin, Aquittaine demeura ez mains desTois de France ou

(!) Voir Bouchot, ~y?K(:~fr~M!~tM.,<!pitoguc.

u
ieurs enfans jus<)uc's i'an 832, qui sont 84 ans, et toujours gouvernée par t'ois. Auquel au le roi Chartcs-te-Chauve supprima le nom de roy, et en fist duché qu'il donnât à ÂRNULPHE <}uifust le premier duc; et par ce fust Aquittaine gouvernée par 24 rois, 433 ans ou environ. Depuis ladite année 852jusques en l'an 1137, y eust huict ducs françois et le 9me fust Louis-le-Jeune, roi de France, par le moyen de ce quil espousat madame Aliénor, fille du duc S*~ Guilhaume, audit an 1137. Et parce ladite duché [fust] entre les mains des François 285 ans ou environ, sans être possédée par les rois de France, jusques audict roy Louis-IeJeune, qui la tint jusques lan 1151, qui sont 14 ans. Et audict an 1151, parce que ladite Aliénor fust répudiée par ledit Louis et se maria aveq Henry 2~ de ce nom, qui fust roy mains des rois d'Angleterre, ta dicteduchéd'Aquittaincfustez d'Angleterre jusques l'an 1200, qui sont 49 ans. Et, audict temps, retourna par confiscation ez mains desdictz rois de France, et y fust jusques l'an 1255 ou environ que le roy S"~ Louis en bailla partie (sçavoir est, la duché de Guienne, qui conciste en trois sénéchaussées, Bordeaux, les Lannes et Bazas, avec Xaintonge, Périgord, Agénois et Limousin) au roy d'Angleterre Henry 4° de ce nom. Et furent lesdits duché de Guienne et autres pays susditz faisans partie d'Aquittaiue entre les mains d'Angleterre jusques en l'an 1453, que le roy Otaries 7° de ce nom recouvra ladite duché de Guienne et pays susdits. Et depuis ledit recouvrement, les rois de France ont estés ducz de toute Aquittaine, comme est encores. Les rois d'Aquitaine après
FMM!~S.

les ~o~aï~s

(')

[i~.t~n..i,i..
après les liomaina 1

1 2 3 4 3 6

Vualia, Théodorict, Thurismodus, Théodoric, Koric, Alaric,

(1) Pour cette liste et les suivantes, voir Bouche), .i;!i!t~< 'r/J~M'laine, cpitogup.

–i3–

Rois de France.

7 8 9 10
1i

Clovis, Clodomires, Clottaire, Gontrand,
Sig!sbert,

12 13 14 1S 16 17 î 18 19 20 2i 22 23 24

Chitdebert, Théodebert et Théodoric ensemble~ Ctottaire2, Héribert, Dagobert, Clovis 2, Clottaire 3, Charles Martet, Pépin-le-Bref, Charlemagne, Loms-le-DéboHnah'e, Pépin 2, Charles-le-Chauve, qui ta supprima et en fist duché dont le premier [duc] fust Ranutphe, comme il [est] dit cy-deyant et tes smvatttz. Rois d'AngleterredepuisGM:~eM<K6-~g-B<!s<af(!, qui COM~MM! royaume, ~MC Normandie.

Le premier 2 3 4 5 6 7

Guilhaume-Ie-Bastard, Guilhaume-le-Roux, Henry, Estienne, Henry 2, Henry 3, vivant son père et mourust aussy (~)(1), Richard-cœur-de-Lion,

(i) H y a dans Boucbet. « Quifut couronnédurantle vivant dudit Henry2, son père, et mourut avant lui. »

–i3– 8
9 ~0 11 d2

Jean,
Louis,nlz de France, Henry 4, filz dudit Jean, Edouard, son filz, Edouard 2", son filz et de Marguerite de France, qui espousa Isabeau, fille de Philippes-le-Bel. Edouard 3e, Richard 2e, son filz, Henry S, comte d'Herby, Henry 6, qui se fist couronner roy de France, Edouard 4~, Henry"?, Henry 8, qui régnait l'an 1519,

13 14 15 16 47 î '18 .19

~DMCs Guienne, qui est partie d'Aquittaine. de Henry, roy d'Angleterre, 4~ du nom, Edouard, roy d'Angleterre, 1er du nom, 3 Edouard 4 Edouard 3<=. 5 Edouard 5°, ë Richard, son filz, 1 Henri S", 8 Henn 6~, 9 Chartes roy de France, iQ Louis il~, roy de France, frère dudict Louis. Et après sa mort ii Charles~ ladite duché a esté unie à la duché d'Aquittaine. des rois de France, de -leur décedz, et où ilz ~s~K~ successive et année 1 [D°cs de Guienne

CAro~o~o~

[R~ ~Fran~.)

2 3 4 5 S

Pharamond, regne30ans,mourutran417,surIemontFerken')bert. Clodion, 20 450, gist à Cambray. 10 459. Mérovée, 26 4M. Chilpéric, Clovis Premier, chrestien,– 30 514,âS"Geneviefve. 45 Childebert, 559, à S' Germain-des-Prez.

–14– 7 8 9 M 11 12 13 14 15 16 17 18 19 30 21 22 Clotaire, Ch6rebert, Chitpcric, Clotaire 3", Dagobert, C!ovis2', Clotaire 3", Childéric, Théodoric, C!ov:s3", Childebert2', Dagobert 3', CIotairc4< Chilpéric 2", Théodoric 2' CMIddric 2' règne 8 ou 8 ans, mourut FanS64, &S"~ëdard.d.eSo!ssONS. -.g 9 !)73,àS~Romain.deB)aye. 23 S87,aS~Germain. -44 631,àS~Germain, 16 64~,aStDenis. 17 ou 18 663,~S~ Denis. 4 66' à Chelles. 12 670, à S"t Germain.. 14 r 693,&S~Vuastd'Arras. 4 697. 17 718, à Nancy. 719, Nancy. 3 721, à Nancy.. 5 736, à Noyon. 1S 740, à S~Denis. 9 753, fust fait moyne. ~ace de P~pHt, l'autre estant ~M:e. 33 M 28 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 Pépin, rëgnel8ans,mourutraH76_8,àS~Dems. 47 Charlemaignc, 814, à Aix-la-Chappelle. 27 Louis-le-Débonnaire, 840, à Metz. 36 CharIes-te-Chauve, 878, à S~Denis. Louis 2" le-Bègue, 2 880, à S~Cornille, 5 LouisetCarIoman, Louis-Fën~antet Chartos-le-Gros,règnent 7 ans, furent déposes. Charles mourut en 890. Eude, régnât 9 ans, mourut l'an 899, fut déposé. 87 7 Charles-le-Simple, 926,àStEourcy,àPëronne.' 2 Raoul, 929, à S~ Colombe, à Sens. Louis d'Outre-mer, 27 7 955, à SI Remy de Reims. 31 Lotairc, 986, à S~Remy de Reims. Louis S' i 98T,âS~Co:-nine,àCompiegne /C!?!M!<~?'CC6<!MP~!K~. 36 37 38 39 40 41 .M 43 44 4S Ilue Capet, Robert, Henry, Philippe, Louis-le-Gros, Louis-le-Jeune, Philippe- Dieudonné, Louis 8, Sainct Louis, PhiHppc-tc-Hitrdy. 9 34 30 49 28 43 43 3 44 15 996, à S~ Bénis. 1030, à S'Denis, 10GQ, SI DCJlis. à 1109, à St Benoist-sur-Loirc.. 1137, à SLDenis. 1180, à Barbeau, abbaye. 1223, à SLDenis. 1237, à St Denis. l270,àS'Demsl28S,âStDenis.

!S 'iC 47 48 -19 50 51 S2 53 54 55 S6 57 58 59 60 Cl C2 03 (34 ~5 Phdippe-tc-Bct, Louis-Iluctin, Phitippc-Ie-Longt, Cliarles-le-Bel, Philippe de Valois, Jean, Charles 5, ChadesC", Charles 7", Louis 11'e, Charles S, Louis 12, François 1~ Henry 2, François 2, Charles 9, Henry 3, Hcnrv4, Louis 13. Louis 14(1),j, règne 28 ans, mourut l'an 1314, à SI Denis. 2 1315, aS'Denis. 5 1321, à SI Denis. 7 1327, à SI Denis. 23 1350, à S'Denis. –14 1364, à S* Denis. 16 1380, à S~ Denis. 43 1322, à S'Denis. 38 1461, à S'Denis. 33 1484,âCIery. 14 1.497, à S'Denis. 17 1514, à St Denis. 22 1347, à S"t Denis. 13 15S9.àStDenis. < -r~60, à S' Denis. 14 lS74,àS~Denis. 15 1589, àCompiègne. tCtO.aS'Denis. 1643, à S'Denis.

(t) Cette dernu'rptignc

est ()'unc écriture

postérieure.

[QM~f~S [~nM:

!MO?MMM<?M~ Limoges.]

L'Andeix du Vieux-Marché faict en forme octangulaire, à chasque coingt y ayant une fourche de fert. portant autres Yimi-MnK~.] barres de fert qui font le tour, au milieu duquel est un pillier portant des coulomnes qui vont poser sur les fourches, apellé de quelques uns la Vigne-de-Fert, à cause dé la vigne qu'on y avait planté, qui couvroit toutes lesdites colomnes, les fuelles de laquelle randoit le cerne (i) agréable. Lesquelles fourches et barres furent faictes ran i~36, comme dit est ~. i foHoi88(2).
[Ici le dessin de ~H~~S; (3).] Dans ledict Andetx, ou triangle antiennem~nt s'exersoit la justice desVigîers, officiers du vicomte, !esque!zpreno!eat garde aux poidz etmesures, mettant prix ratsonnaMeaubIed, paîn et vin, exersant la justice et police, comme dit audit fuei~et~88.

de [Ici le dessin du <t'MK~~ Mam~np]. Le triangle de Man!gne, dite au vu!gai:'e la Croix de rAn[Triante 'JeManigop.~ deix de Manigne, scituée au carré des rues de Grouchador(4), 1 du Montant de Manigne qui va à la place publique des Bancz, ou halle, et à la rue qui descend à la porte de iMLanigne autour de laquelle [croix] y avoit une murette couverte detables fesant
a Cernevant'autant comme cercle s (1) Cerne, enceinte (ROQUEFORT). (Trésor de N:coT,1606.) (2) I! s'agit du f" du manuscrit. Ces citations se reproduiront souvent. Le lecteur devra consulter la table des matières. (3) Ce dessin et ceux dont il est parlé ci-après ont été reproduits MOMM'nMM~f. assez exactementparTn!pON,FM<of!~Ms Limoges, i83T, in-4". ou (4) Rue des CfOMC/M~OMMfabricants de crochets, actuellement et par corruption, rue Cruche-d'Or

~/MM'/S' ~?

Z~y~

Q'z;'e~ ~J!H6'?r~ de j~J6

p. ~y

'For~m.e

du C~eva~et fi

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/7&7~y&),

0~~ 7~-nu~cr~ de ~J<3

–'n–
le triangle, de la hauteur de la jambe, dans lequel y avoit un marché. Ledit triangte fust devait l'an 4631, incommodant la rue, car il aiïoit joindre les ruisseaux.

[Ic~ le dessin représentant les lions.] C'est la figure des deux lions qui son dans la place, devant le clocher et église de Sainct-Michel, et par ce dite Sainct-Micheldes-Lions. !t y en a un autre devant la grand porte de l'église Sainct-Martiat, duq uel est parlé à f° 97; autre au portal Nimbert, lequel a la guelle percée jusques au dernier (3) de la teste, tous de pierre grize. li y en a un autre à l'entrée du cémitière des Arènes, du costé de la porte Momma!Iier,sur lequel est la croix, le tout de pierre grize. [Lions. ]

[7c! le dessin de la fontaine d'oM~Mg.] ] La fontaine d'Aigoulène, fondée par Aigoland, comme dit est à f° 107, où sontjougnant deux estangtz que l'eau d'icelle rempli, séparés par une digue sur laquelle on passe pour aller à icelle. Lesquels fontaine et estangtz sont au plus haut de la ville, ayant iceux quatre conduictz qui donnent l'eau par toutes les rues de la ville et faux bourgtz de Manigne et Boucherie, commodité très belle pour nettoier les rues, esteindre le feu, les commodités nettoyer et autres immondices. La figure de Sainct Martial y fust mise l'année 1647. Auparavant l'eau sortoit au milieu de la couppe qui est très grande, par un gros tuyau, en plus grande habondance qu'elle ne fait, qui est cause que partie se pert. Les estangtz furent faictz, caussant le feu qui ravageoit fort la ville, comme dit est à fol. 183 et à folio 189.
f Funtnine d'Aigfmïène.]]

[fc!

dessin de la fontaine appelée du Chevalet et du tKa?'cA~ y <tM6?<aM<.] ] daChevalet. J]

La dite fontaine apellée du Chevalet, comme dit est à fo(ct)Demère.
3

–t8– !io59. La première fondation est du temps de Constantin, empereur, comme dit est. Devant icelle est un carre on triangtc dans lequel autresfois estoit tin marché comme aux autres triangles, au coingt duquel est un abreuvoir pour les chevaux. Laquelle fontaine et triangle sont dans la grand rue des Combes et près de t'Hospitat de S"~ Martiat. Tous icsquetz marchés sont à présant réduitz près la haUc ou boucherie des Banetz, au Gras et aussi pour le poisson, et à ia porte PonHa!ière pour le gibier et voiaHhc. H y [a] plus haut, près l'arbre de Beauvais, a présent l'égtise des Fit!es-de-Nost!'e-[Dame], une autre fontaine faite en piramide, dite des Barres, de la mesme source de ia susdite fontaine.

d [Ici /C~CMM: e /'a~?'<' ~CBeauvais.]
1.re de Bt,;urais 1

L'arbre de Beauvais. dans le cerne [cercle] des Combes, autour duquel y avoit un triangle de muraille couvert de tables de pierre, dans lequel estoit autresfois un marché, comme aux autres triangles, de petites denrées. Au corps de l'arbre, soubz la première branche, cstoit une barre pour y tenir une lampe ou lanterne. Lequel fut planté l'an ISO'7, par les consulz. A folio 300 (1). ()) Les Registres Consulaires ne font pas mention '!c ce fait.

i9

MÉMOIRES
ANTIQUiTE TANS

EN

FORMF. D'HtSTOIRE,
DE LA VILLE DE

CONTENANT
ET S'EST

L'ORIGINE
DES

ET

LYMOGES CE QUI

MOEURS PASSÉ

HABISA

D'ICELLE,

ENSEMBLE JUSQUES

PUIS

)'REM!ERE

FO~DATtON

A PRÉSENT.

~f~!M<?. Lymoges, que les Grccz appellent Limotz [~f/.o:], /ames, selon Phtotémëe, livre 3, ch. 7 (1), et les Latins Lemovices, et Lemovicenses et le pays, Lymoges la ville, et le pays Lymousin. Antiennement la ville s'appeloit Ratiastum. Cette diction grecque convient très bien à la nature du pays, dénotant la terre estre iëgère et affamée, comme à la véritté elle est, laquelle, pour la randre féconde en fertillité de biens, a besoint d'estre séjournée et engressée. Pourtant ne demeure le pays d'estre abondant en fruits naturelz de diverses espèces que la terre y produit, y ayant quantité de fontaines, bois, préz et autres pasturages, qui nourrissent grand quantité de bestial. Ladite ville a retenu son antien nom, nonobstant la coustume usitée entre les Gaullois de changer le nom ez pays par eux conquis et habités, les uns par honneur et les gens d'armes par ruses. Et ne luy est ce nom et origine sans grande raison réservé, estant le peuple d'icelle contrée en grande estime et réputation, du temps de César, comme appert en ses Commantaires. Mais il faut que je confesse de n'estre résolu de la source et premier origine de la fondation d'icelle ville et cyté de Lymoges; et tout ce que je puis déposer de l'eage d'icelle, c'est que Lymoges avoit bruit et grande renommée avant la venue de nostre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ,
(1) Dans Ptolémée n'est pas question de ~o;, /aMK. Voici ]a phrase telle que nous la trouvons dans la traduction latine de Pirckheimerus donnée à Bâle en 1545 « In rnediterranea autem Pictonibus subjacent Limuici [Af/Mutxo:] civitas Ratiaston ~pKT<K!?-o~. et H Sur cette question géographique consultez les ouvrages de M. Deiocbe cités plus bas page':2; en note.
origine t!f Limoges.]

–~0– comme tesmoigne César en son 8" livre de ces Commantaires, et ne doubte point que !ad!te ville n'aye print son origine longt temps auparavant. Toutesfois je m'en remets à Dien comme le plus certain. C'est donq apprès Ptholémée, César qui est le plus anticn qui aye parlé de Lymoges et qui en aye plus escript. Aussi les hystoriens les plus probables n'an ont escript que depuis Julles César, car on n'a sceu trouver de eroniques que les Druides nous ayent laissé par escript. Or communément on void les armoiries signiffier ou dëmonstrerl'ins~Mion dc~ceux qui les proposent. Je dis cecy parceque nos pères antiens firent dépeindre les armoiries d'iceilè en un chef (t) d'argent et) champt de guelles. Or le sit du pays est tel que ce qui )ui deffant il l'apprand (3) aisément de ses Toisins pour argent. Du depuis, ez dites armoiries y sont estés adjoustces, sçavoir la face de Sainct Martial, et, par permission des rois de France, trois fleurs de lis dans une barre azurée. La constitution de la très antienne ville et cyté de Lymoges print l'origine le longt du neuve de Vienne, en la région du pont Sainct-Martial, tirant sur un petit promontoire, où, à~ cime d'icelluy, fust apprès édiSSé un chasteau où les princes romains du temps d'Auguste fesoient leur demeure comme proconstilz et ducz d'Aquittaine. Postel (3), en ses E.t;p~!<!oas Gaulloises, dit Sainct Martial avoir trouvé à Bourdeaux et'à Deo ~M0<o '< < Lymoges les temples et autelz aveq ces tiltres invisibili, le Dieu inconnu et innénarrable, lequel devoicjit croire les Hfébrieux sans le nommer par son hautt nom, jusques au temps des apostres. Il j~ne]nous reste rien plus de merque que les Druides nous ayent laissé, sinon le mot et terme de réjouissance de.GM!aMeM/'(4). Or, pour ne me rendre suspect de mensonge, il m'a semblé bon de réctttcr deux diverses oppinions qu'on tient de nostre ville et pays de Lymousin. Ceux qui ont les Troyens en cervelle disent qu'apprès le sac et ruine de la grand ville de Troye, aucuns princes Phrigiens, (1) Buste. (2) Hle prend, ctppre/MK~t. (3) Guillaume PosTEL,l'Btsto~ wëHM)'aMe~s <?~~ftOMs ~epM:s le <MM< ~MtM par les Gcnt!o</s FT~Hpût/x. Paris, 1SS3, m-16. ou (~) F. sur !e Guilhanncuf, P. LAFOREST, JMB!0<~ <ta xyn'' sM~, !862, in-8"

21
connue Alverinus et ses enfans Gergovix, Limovix et Pictovix, accompagnés de Narbon, tous parants du roy, voulants éviter la fureur d'Hercules, furent contrainctz d'abandonner leur pays de Frigie, et, navigeant sur la mer Méditerannée, arrivèrent par fortune de temps en Languedoctx, où fust fondé parNarbon la cytté de Narbonne, sur la rivière d'Ausq(l). Puis lesdits Alverinus, Gergovix, Lemovix et Pictovix, marchants outre, le longt de la rivière Haillière(2), dans la Limagne, victorieux des Géans dépopulan icelle contrée, la nommèrent Auvergne, selon Lucan; où firent fortiflier un beau lieu et entourner de plusieurs palaix et fossés, puis y assemblèrent plusieurs gentilz de la région susdicte, entre lesquelz exercèrent actes de grand louange et mémoire éternelle, comme avoient veu faire dans Troye, préservoient ce peuple d'oppresledit Alverinus pour leur sions, et librement constituèrent ~seigneur sur icelluy pays. Et, apprèsson décedz, son fils Gergovix, l'aisné, succéda au gouvernement et seigneuries dudict pays, depuis la ville appeltée Clermont. Quelque temps apprès, le belliqueux et magnanime Lemovix, équippé de bon nombre de combattans, poursuivants les tirans en tous endroictz, arriva au lieu où est à présant assize la cyté de Lymogcs, et [de] la beauté duquel se délectant, y fondat, laditte cytté, apprès la création du monde 2682, au tiers eage, avant l'Incarnation du filz de Dieu 1482. rnile] fust premièrement nommée, de Lemovix, Lemovices, et ceux de la contrée Limousins. En icelle ordonna des loix nottables et fasson de vivre a ses subjects. Et envoya apprès certain temps son fils Tolie Limousin aveq bon équippage de gens de guerre sur les frontières du Languedoct. Lequel fonda Thoulouse, la nommant. de son nom, comme récite Lucas Thadensis (3), historiographe espagnol. Ce faict, les antiens Gaullois de l'Occidant, creignants perdre leur antienne liberté, firent grand guerre au premier Lemovix, lequel finallement les combatist entre le Clain et Vienne, où fust occis son frère Pictovix toutesfois la victoire demeura aux Troyens. En mémoire duquel nom du seigneur Pictovix, Lemovix, son frère, fonda le vieux Poic(1) Notre auteur veut parler de l'/tM~e. (2) AUier. Tudensis ëpMeopMS. Lucas, évêque de-Tuy, dans la (3) Z~MMs, Galice.

Karbonae.

.lacergne.

Clermont.

Lymuges.

Thuuluuse.

Poicticr~.

-22tiers et, revenu à Lymoges, y décéda, et ..fust enscpveU au lieu à présant appelé Soubrevas, près ladite viUe; lequel avoii préservé longtemps sa ville, retenant son antien nom jusques à la venue de Julles Césard, comme dit Strabon. L'autre oppinion est que ta ville cyttp de Lymoges fust fondée par un roy de Barbarie, nation des Géans, nommé Lemoux, et print son nom d'iccMuy~ au temps que Gédcou jugeoit les Hébrieux, l'an 9T8 apprès le déluge, et 2482 avant l'incarnation du filz de Dieu. Le roy Louis régna apprès luy, qui fist grandes ordonnances et fist forger grande quantité de monnoye qu'on appelait ~H'~<M~KMs(i),dans laquelle estoit ses un chef ayant une grande armoiries et dansrescussony.avoit barbe. Voillà l'oppinion. Desquelz j'en laisse le jugement à Dieu, ne sachant les accorder. Lymoges est une ville fort antienne, scttuét; au pays d'Aquittaine, province des Gaulles, terminée, du costé de l'orient, d'Esmoutier; dcl'ocidant, Confolant; midy, Périgueux, et du septentrion, Argcnton. Ayants vescu les Limousins par tant de ciècles en liberté et autborité. ayant couru la mesme fortune que les restes des Gaulles, comme dit Césard en ses livre 7, chapitres 2 et 20 (2), mesmes Commantaires, allors que Veregentoris fist sy grand amas dergens, puis apprès, quand les Gaullois se révoltèrent pour recouvrer leur antienne liberté et qu'il fust concludque chacune nation et cytté, eust [eu] esgard à son pouvoir et authorité, ibrah'oient bon nombre de gens d'armes. Et furent taxés !esBeauvoisins:a dix mille, et autant les Limousins, par leur prince et capitaine nommé SéduUus, lequel choisit cinquante des plus vaillants de toutes les armées des cyttés renommées de vail(1) Ces barbarins n'étaient autre chose qu'une monnaie limousine d 7fM<Otrs u portant le buste de saint Martial. F. à ce sujet LEYMAME, L:'HtOMStn,t.!I,page326. F. à ce sujet la Disser(2) Chap. LXXVde l'édit. Panekonebo. tation de MM. De!oche, les Lemovicesde r~r)~M~ae; et le grand sur ouvrage du même auteur, .EtM~M la ~~?'(!p~e /iM(or:~Mde M. Gaule, et spécialementsur les divisions ~r~<C)':g~S f~ ~MMÛMStM tM(~fti-«~<Pans i 864,ia-4".

2~– ~nce, aux Sus d'assaillir César devant l'Arzois (t) en Bourgogne Toutesfois iceux vailhants Gaullois furent vaincus par les Romains, comme dit. Ccsard, livre 7, de Ftt~s Ga~orMm, « Sedulius, dux et princeps Lemovicum et). 23 et 24 (2) occiditur; Vergasillanus, alveruus, vivus in fugàcomprehenditur. » Lymoges dès tors, ou Lymousins, se virent servir soubz l'Empire romain, esquelz tindrent foy et ioyautë, ainsiu qu'il appert au 8e livre des Commantaires, ch. 9 (3), allors que grande multitude de Gaullois assemblés ez parties de Poictou et partie de la ville de Poicticrs s'estoient realliés. De laquelle le prince Duratius évada et se jetta dans Limoges, et y fust receu pour autant qu'il fust appelle amy du peuple romain. Auquel lieu il fut enclos et assiégé par Uunnacus[Uumnacus], chef de la susdite aveq grand multitude de gens. Mais, sachant venir Caninius Rabilius [Rebolus], lieutenant de César, pour le secours de Duratius, pour le combattre, leva le siège de devant Lymoges, et allat audevant; où, après plusieurs escarmourches et perte de gens, Dunnacus et ses gens laissèrent les Romains et retournèrent assiéger Limoges, où ne gaignèrcnt rien car, sachants la venue de Caius Fabius approcher de Lymoges au secour de Duratius, Dunnacus et ses gens n'attendirent le choc, et, levant le siège hastivement, se dcspartirent de devant Lymoges, ne se santans asseurés que l'armée Gaulloise n'cust passé la rivière de Loire

(I) On a déjà pu s'apercevoir que notre auteur respecte fort peu les noms propres. Il veut probablement en cet endroit parler du mont Auxois ou du pays d'Auxois, où est située Alise-Sainte-Reine. Notre auteur serait donc de l'avis de M. Rossignol et autres; mais son témoignage dans la circonstance n'a aucune valeur. L'opinion qui place l'antique Alesia à Alaise en Franche-Comté est, comme on le sait, toute récente, et l'annaliste n'a pu que suivre les historiens, ses devanciers, qui avaient suivi eux-mêmes l'opinion du moine Herric. (2) Chap. LXXXVIII, de rcditionPanckoucke. (3) Chap. XXVf. de t'ëdition Panckoucke.

--24–

Du proconsulat de DMre~Ms SOM&.S J~Hes César, e?Kpereur, avant la nativité de JesMs-C~ns~ 44 ans.
(Proconsulat de Duratius. 1

Les antiens regestres du pays nous font foy que Duratius estoit filz de Cédulius, et qu'il succéda à ses seigneuries, et fust esleu gouverneur au pays de Poictou, apprès la mort du père; et que, apprès que Crassus eust conquis partie du pays d'Aquittaine, César visita le pays, où il fust receu pompeusement, et luy furent envoyés ambassadeurs et ostages de tous les endroitz des provinces. Sur ce, César ayant recordation de la fidélité du prince Duratius et habittans de Lymoges, dhuementadverti que la nation Limousine estoit une des nobles et antiennes des Gaulles, par advis et délibération de son conseil, ordonna que Duratius seroit proconsul et principal gouverneur d'icelluy pays des Gaulles, et que ladite ville de Lymoges auroit rauthoritté principalle et supérintance sur les autres villes du pays. Et installa dans Lymoges le sénat, que nous appenons aujourd'huy parlement, et la forme de faire de la ville de Rome. Et ordonnat que les gens d'armes du pays y feroient leur demeure, et que le revenu des Gaulles et tribut annuel payé aux Romains y fust apporté et payé, comme fust apprès antièrement. observé. Les historiens s'accordent que toutes les provinces furent attribuées les unes à Césard et les autres au peuple celles qui appartenoient au peuple s'appeltoient consulaires ou prétoriennes, ou. estoit envoyé de Rome au gouverneur un proconsul, lequel avoit puissance de mettre des lieutenants en chasque ville, pour commander et procurer les deniers fiscaux, ainsin que nous trouvons avoir esté observé à Limoges durant le règne du duc Estienne, comme nous dirons cy apprès. Duratius, surnommé Ponnerianus Audius, estant constitué par César le premier des Celtes, gouverna la Gaulle Celtique, et Cénobrum ou Zénobrum, l'antienne Aquittaine, où ilz assambtèrent grands tbrésors, dont aquirent plusieurs pocessions, fortiulèrent et embélirenttes cyttés où ilz fesoient leurs demeures et résidanse. Mesment Duratius édinia dans Lymoge& un théâtre sur la rivière, beau et magnifique, où il y à deux.

–25–
fontaines quisevoyentàprésant, sçavoir t'une près le cémitière de Snte Féticité près le pont Sainct-Martiat, et l'autre dans le chemin qu'on va de ladite église au Jeu-d'Amour; et un palais de grande excellance près le lieu où est à présant !'égtise de S°~ Félicité, au pont Snt Martial, près lequel palais estoient de beaux jardrins. Et plusieurs temples, tours, palais, prétoires et forteresses furent de son temps ëdiSiës audit lieu par les nobles Celtes qui dedans fesoient leurs résidance, lors que ez Gaulles rëgnoit une souveraine paix, parceque César avoit emmené aveq luy tous les gens de guerre. C'estoit beau de voir fleurir les cyttés et augmenter un chascun de richesses. Et allors commença Duratius à édiffier le pataisdjB Crouchat à une lieue de Lymoges, et un autre surnommé Le Palays, à l'honneur d'Auguste César, lequel il fist paver de marbre, et faire construire les baingtz chaux dessou, aveq plusieurs autres grands édiffices de grand sumptuosité. Dudict théâtre cy-dessus désigné apparoissent des vestiges jusques aujourd'huy, entre ledit cémitière et les vignes et mesme près la rivière, de 40 pas géométriques et 18 pieds de haut, tirant sur le midy, espais 7 pieds, le tout basti à chaux et ciment de petites pierres carrées. M y en avoit beaucoup l'an 1593 tirant vers la Roche au Got (i) et celui près S"~ Félicité, n'en reste que fort peu, qu'on void dans le cimetière jougnant les vignes, et dans icelles jusques au jardin des Jacobins, soubz lequel se void des conduitz et eaux.

Croudlal,

le Palai5.

DM

procoMSM~ avant

de

LMMMS-Capreo~s Na~~e de JesMS-CAn~

soM&z

AM~MS~e, 41 ans.

empereur,

Ensuitte Auguste, gcs, mesmes

les empereur,

antiennes octroya que

regestes d'exceHeutz ta ville fust

du

pays

nous

disent à

que Lymo-

priviHéges nommée

[Proconsutat Je Lucius.Caprcolus.

vouUust

Augustoritum.

(1) Ce lieu est désigne sous le nom de Roche au ~us, dans un acte de 1487. –Fotr p. 98 du I" vol. des Registres consulaires. Limoges, Chapoutaud, 1867, in-8". Gua veut dire gué. C'est donc jhusivement qu'on a écrit et prononcé, plus tard Roche aM Goth, et La Roche (ju'on a forge là-dessus une légende invraisemblable. <<!< Goth est située sur la rive droite de la Vienne, à 500 mètres environ au-dessous du pont Saint-Martial.

–26–

'Htmtjauvy.

I~e Creux Arr~s Vitnt.

Sy conserva tes armoiries de la ville, qui sont un chef d'argent en champt de guettes, donna pouvoir de forger monnoye merquée desdites armes, que les romains appeloientDa~~w'HM. Parquoy, les. nations voyants que le tribut se payoit à Lymoges où estoit le sénat estably, et tnesmcsy avoitcappià Rome, ta tolle, palais, théâtre et amphithéâtrë,comme nommèrent 5ëCMM~e Roma, métropolitaine de toutes les autres cyttés d'Aquittaine, franche et libre de tribu. Le dit Lucius, ainsi qu'il se trouve, estoît 61z de Zetiobrum, gendre du susdit Duratius, lequel Duratius donna audit Zénobrum le revenu annuel de la seconde Aqmtta!nc, limitée de la mer Océane, des monts Pirennées et du fteuvc de Gat'onne. Et, en la guerre que César Auguste eut contre les llascains dits Cantabres, ledit Zénobrum filzLucius combatirent vailhamment. Et lequel Lucius, pour avoir combattu contre les ennemis au sommet d'une montagne fust surnommé Cappreolus. Zënobrumayuntsceuledccedz de son beau père Duratius, vint en Aquittaine, et, voulant s'emparer de l'administration du pays, fust cmpesche par aucuns seigneurs du pays soubz la conduittedu cappitaine Donnius. Mais l'empereur Auguste, de ce advcrti, les accorda, en sorte que ledit Lucius Capreollus, filz dudit Zénobrum, demeura proconsul des Celtes et Aquittaniens, et que ledit Lucius demeureroit à Âugustoritum, aliàs Rat!ashMK, de présent Limoges. Zénobrum estant décédé fustensepveli à Lcsparc; partant ledict Lucius jouyst paisiblement des deux Aquitaines, sans rien muer de l'ordonnance d'Auguste. Et, de son temps, les Lémoviques ëdif&erent un temple au plus haut de leur cité, dédié à Jupiter, et puis le lieu appelé Mont ~Na~M,et à présant Monjauvys (1), et firent édiffier le susdit amphithéâtre des ArrcHnes et autres temples, à la mode des Gaullois. Lequel amphithéâtre estoit ordonné pour faire exercer les nobles Celtes au fait de la guerre, et voir courrir les lions et autres (1) Voyez, pour l'étymologie de ce nom, un article de M. Grellett. tM, p. 103.), Dumazeau (Bulletin de la SoezeM ftreMo~MS, et le comptc-retidn de la discussion soulevée sur ce point à !fi. Sociëte archéologique (tt~. p. H8). Sans prendre parti dans !n. question, nous pouvonsaffirmer que le peuple prononce i'!fo!(!t ~!Mt't <'n faisant M. diphthongue.

2'7-

bestes sauvages, a l'imitation des Romains. H Sst construire de Lymoges, le chasteau et forteresse de Chasiucs, à lieues et nommé de son nom Castel LMCMCap~'eoM et de présant Chastux Chabroi. Icelluy Lucius n'avoit qu'un frère nommé ManMius Corintus, gouverneurde Bourges, lesquelz estoient restés de onze qu'ilz estoient filz de Duratius, les autres estants mors au service de l'Empire. Duquel ManHius Corintus descendit une seulle fille nommée Susanne. Lucius visita souvant l'empereur Tibère après la mort d'Auguste, et lequel n'ayant qu'un filz nommé Léocade, qui fust nourry avec Drusus, fils de Tybère. Lequel [Léocade], après avoir esté fait chevallier, fust renvoyé à son perre aveq l'authoritté du proconsul d'Aquitaine, pour la foy qu'il avoit trouvé en ses enceptres, et le Ust procureur de César au lieu de son père Lucius, et fust des Celtes appellé duc pour ce qu'il conduisait les gens d'armes d'Aquittaine ez guerres des Romains. Lucius fist espouseraudict Léocadius Suzanne, fille de son frère Manilius Corintus.

c'i~cs.

Du

du duc Leocadius, père de Saincte 50M&.S Vallérie, Tybère, e?KpereMr; apprès la nativité de J~M~-C/~M~ 18 ans.
[ Procolltlula1 de [cocaJius.1

Proconsulat

Le duc Leocadius, pour gaigncrrintégrité de sesprédcccsscurs, espousa sa cousine germaine nommée Susanne, seuUe héritière de Maiinius Corintus, alias Manilius Armitus, frère du susdict Lucius, qui avoit esté légat prétorien delà province de Berry, de laquelle environ l'an 18 de l'empire de Tybère. Lequel eust de ladite Suzanne une fille nommée Vallérie, puis un filz nommé Luciuius, qui mourust quetques temps en un lieu nommé Bourgaprès, revenant de Bourges Dieu (1). Chonimeau (2), en l'Histoire de Berry, livre 2', ch. 9, dit que Auguste envoyat Léocade, son parant, affinqu'H enregistra lcs Gaullois et receut le tribut deubt aux Romains. Et, en te4~ an de son empire, que nostre Seigneur nasquit, Tybère fist ce
(1) Aujourd'hui Dco)s, dcpartcuic:)). de l'Indre. (3) Jean Chaumeau, seigneur de Lassay, Hts<0t;'<3du ~er~ L!/OM,Cr~/iMfA', iSCC, in-fol.

–28–
Lëocadc prince des Caulles, où cstoit sa femme Suzanne et Vailérie, sa fille. Les vieilles panchartes sur la Bourgougne disent que la première citté de sa principauté estoit lors comme co~mnc des Romains, et l'autre Bourges. Bouchet, en ses Aunalles d'Aquittaine, nomme Limoges comme célèbre entre les villes de la seconde Aquitaine, et appelle les duetz rois, disant que, puisque Hérode, en ces. temps, portoit le tiltre de roy, les ductz que nous disons avoient le mesme tiltre. Et ceux de Lymoges disent qu'icelluy Leocadius fesoit sa demeure à Cbaslux. Icelluy nst bastir un beau palays à Bourges, au lieu où à presaut est bastie l'église cathëdralle, et un fort beau dtasieau, à deux. lieues de Lymoges, qu'il nomma CtM~ LMe~, du nom de son filz Lucillius, à présant nomme Cl~asiuseet (1), entre les rivières de Briance et la Ligouro. Lequel Leocadiu? fust tué en une bataille que ses voisins avoient contre les Romains, et laissa sa femme Susanne aveq sa SMe Vallërie, seulle unique.

Du Proconsulat

Sillanus, que nous ~Fp~H~fons le ~'Mc Estienne, soM&x Claude, e~~cMr; 42 ans. après la nativité de Jésus-Christ

de Junius

l Proconsulat e Junius Sillunns.]

H est à remarquer que, l'empereur Tybëre estant décédé, Caius Caligula luy succéda, te 9° apvnt, de nostre~alut l'an 38 lequel espousa en premtèrc& nopces Octave 8tHa!re, fille d'Appius Sillanus et de Octave Agr!ppe, fille de Marcas Agrippa. Lequel ayant sceu que Leocadms avoit esté tué par tes Anglois, où il avoit esté mandé par i'Empereu!' d'aUet' attaquer, dans lequel pays voulant entrer, estant repoussé par lesditz Anglois, fust tellement combattu, qu'apprès la submersion de plusieurs vaiseaux et meurtre de gens, les Gaullois
Château (i) V. l'abbc ÂRBELLOT, <;MMCM<s historiques. Limoges, pages. foy. aussi le Château de 1863. Limoges, Sourilas-Ardillier, de C/Kt!MSMt,dcso'tpt:o?t et doArdillier fils, i8Si, in-8~ de 56 CAo!t<egt, par Louis GutEEM. grand in-18 de S8 pages.

–29–
furent repoussés et ledit Leocadius occis; et laissa sa fille Val!ërie seulle unique aveq sa mère Susanne. Ce que ayant sceu l'Empereur confirma pour seigneur Junius Sillanus aveq l'office de proconsul des Celtes, et, partant, il fust duc de l'une et l'autre Aquittainc aveq mesme pouvoir que les autres cydevant. Lequel vint à Limoges ayant mené aveq luy plusieurs nottables seigneurs romains (tous députés de l'empereur. ayants charge en Aquittaine, les uns pour réformer les cérimonies des sacrifices selon l'erreur payenne, comme estoyent Aurelius Creta ou Cotta et Acterius Anthonius, les autres pour servir de gouverneurs particuliers aux villes, comme Sigisbert en la ville et comté de Bourdeaux, Arcade en la en Combraille, dont la capitalle compté de Poictiers,Arnulphe estoit Tulle, qui lesquelz furent receus très maguifnquement, principallement de la duchesse Susanne et de sa fille VaIIérie et des gentilhommes du pays), aveq pouvoir d'espouser ladite fille Vallérie. Laquelle ayant vue, [Junius Sillanus] fust espris de sa beauté et la demanda en mariage, suivant la charge que luy en avoit donné l'Empereur. Laquelle luy fust accordée par advis des Estats du pays, soubz le bon plaisir de l'Empereur, et le jour déterminé pour faire le mariage. Mais il arriva que, sur le pourparler, l'Empereur mandast audit Junius Sillanns d'assembler toutes ses forces et l'aller trouver sur les costes d'Angleterre; comme il fist aveq tel heur que dans six mois ledit pays fust remis soubz l'obéissance de l'Empereur. Pendant lequel temps Sainct Martial vint à Lymoges. Aucuns escrips font foy que ce duc Estienne s'appeloit Junius Sillanus. Et l'empereur Claude aymoit souverainement la famille des Sillanus, tant pource qu'ilz estoient ses cousins, que leur renommée antienne, que pour la nouvelle alliance de la fille VaIIérie. Parquoy ce Junius Sillanus, duquel le nom fust changé en son baptesme par Sainct Martial, fust appelle Estienne. Lequel estant proconsul de l'une et l'autre Aquittaine fust constitué son procureur [de Claude] aveq toute puissance, etc. Je le dis affin d'estre raisonnable qu'on voye s'il est de juger ainsi, car ez légendes de l'Eglise, ny en l'histoire de la vie de Snt Martial, pareilhement Bouchet en ses Annales d'Aquittaine, ni Chommeau en l'Histoire de Berry, ne parlent nullement de ce nom de Sillanus, mais du duc Estienne; et le vulgaire du pays Estienne-le-duc, et, en leur langue,

–30–

TA~o-~OM-~MC, duquel sera parlé ment.

cy apprès plus ample-

La venue de Sa~Mc~ ~f~r~aL
{Saint MjrtM.)]

Sainct Martial, estant envoyé par divine Providancc à Lymoges, apprès avoir résuscité Snt Austridimenetjettéle ma!!in esprit du corps de la fille d'Arnulphe, an château de. Thou en Combraille, ou Tulle de présantBommëe, et resuscite le filz de Nerva, chef, pour les Romains, du sénat d'Aquittaine, lesquelz furent baptisés et avec eux trois mitie six cens personnes, et, par sa prière, fist recouvrer la vue aux prestres.des idolles d'Ahu (i). Lesquelz ayant perdu la vue pour avoir faict battre le sainct, furent demander secours à leurs Dieux, et voyantz qu'Uz ne leurs randoient responce, furent, pour la dernière fois, consulter Fidole Jupiter, qui fist responce que les autres ne pouvoientparler, mesmes elle, depuis qu'un Esbreut estoit entré dans le Temple, et que l'ange les avoit liés de chaisnes. Ce que entandant, lesdits prestres furent trouver Sainct Martial anin de pouvoir recouvrer leur vue, ce que le sainct leur ottroya. Lequel, après avoir faict sa prière à Dieu fist recouvrer leur vue et après baptiser, et aveq eux deux mille six cens personnes ('2). Nostre Seigneur ayant adverti S Martial d'aller à Lymoges, estant pour lors la plus florissante de ce temps, comme dit est, vint à Limoges, où, au palays, guéry un frénétique et converti la duchesse Susanne aveq sa fille VaHerie en la foy de Jésus-Christ. Lesquelles estants baptisées areq leurs doS' Martial mestiques au nombre de six cens personnes, apprès, preschant l'Evangille, fust battu, et lié de chaisnes, et

(!) Agedunum, Ahun, ville de la Marche limousine, à trois lieues de Guéret, et cinq de Toulx-Sainte-Croix. V. sur_'cetto question, et dans T~M~ ~~M~, C&M<MMMM6 t'tMtfMM6,par:M. J. Coudert deLaYiUatc(Guëret,18S6,in-8"). (3) Confronter avec le récit du Père Bonaventure, ÏÏI~ partis. p. 50. Nous renvoyons aussi à l'ouvrage de M. t'abbc ArbeHot: OMse~atMKMtr ~<tpo~o~<~s(n~M&?'<M~ (Limoges, ~8SS, in-8~, a dans lequel on trouvera une bibliographie anssico(!)pictc. que possible de ce qui a été écrit sur notre saint.

–31– mis en prison par Aurelius Cotta et Aithcrius Anthonius, souverains pontifes des idollcs. Mais les portes des prisons les chaisnes se rompirent, et y eut par toute s'ouvrirent, fitté grand tramblement de terre aveq tonnèrcs et esctairs espouvantables, desquels furent lesditz pontiffes occis. Lesquelz, à la prière de sainct Martial, furent résnscitës puis baptises, et aveq eux vingt-deux mille personnes. Puis sont aitës au temple de Jupiter, Mercure, Vénus et Diane pour briser les idolles et consacrer le temple à Dieu, au nom de S"' Estiennc, premier martyr. de l'Histoire de S"' Martial.
~SaintMart!~ snHt'/j

Exorde

Sainct Martial, autrement apellé Cœpbas, cstoit de la lignée de Bcinjamin, natif de la ville de Ramatha en Judée, sur le fust baptisé par chemin qu'on va de Japha en Hiérusalem S"' Pierre avec Marcel, son père, etElisabet, sa mère, en l'eage et non de 15 ans, et apprès receu disciple des appostres sans cause -car il avoit demeuré trois ans à la suitte de JésusChrist aveq tes apostres. Et fust celluy petit enfant qui portoit les cinqt pains d'orge et deux poissons dont Nostre Seigneur rassasia cinqt mille personnes,comme il est escript en S"'Jean, chap. 6, et celluy que Nostre Seigneur monstra à ses apostres lui mettant la main sur le chef, comme est escript en S"' Mathieu, ch. i8 Et t~oc~M.! J~MS ps~M/Km. En mémoire de ce paroissent encore les merques et intersignes des doigts de Nostre Seigneur sur le chef dudict Saingt, ce qui fust mià Rome, dans l'église Snt Pierre, un jour raculeusement, le diacre disoit l'Evangille, proférant apprès les mots que Vocans Jesus parfM~MtKMa?'<M/e?M,prœSM/etK LëMt~COt'KHï et fust ainsi trouvé escript dans le livre. En mémoire de quoy fust dressé un autel dans ladite égtise S"' Pierre de Rome à l'honneur de S"' Martial. De plus, il assista au résuscitement de Lazare et à la mort et passion de Nostre Seigneur JésusChrist. Aussy estoit-il à la S"'° Cène, et mist l'eau au bassin, quand Nostre Seigneur lava les pieds à ses apostres. H estoit aveq les appostres quand Nostre Seigneur vint sur eux en tangues de feu, mesmes quand il monta aux cieux; et receut toute puissance de luy aveq les autres apostres et disciples. H accompagna tousjours la Saincte Vierge. C'est pourquoy il

–?luy fust loisible de prescher l'EvangiMeau nom de Dieu aussy bien que les autres apostres et disciples. Il demeura en Judée aveq S"' Pierre 5 ans, puis le suivit en Antioche, et de là à Rome, où iIpreschatl'Evangnie; et y demeura environ deux ans aveq Alpinien et Austriclinien. Puis fust envoyé par Sainct Pierre à Lymoges aveq lesditsAIpinienetÂustriclinien, pour annoncer aux Gaullois la parole de Dieu. Et, comme ils furent à deux journées" de Rome, en un lieu, Eise (1), Austriclinien mourust, qui fust cause que Snt Martial retourna à Rome pour en advertir S°~Pierre, lequel lui bailhasonbaston pastoral. Auquel lieu estant retourné et faict sa prière à Dieu, touchant le corps mort dudit baston, fust aussitôt résuscité; puis vindrent courageusement en Limousin. Sainct Martial avoit pour sa garde, que Dieu lui ayoit donné, six anges. Et, estant au Bas-Limousin, au pays de Combraille, il fist les miracles susdits, comme aussy à Limoges. Apprès, vint à décéder la bonne dame Susanne,mère de Saincte VaUérie laquelle, iHuminéeduSainct-Esprit, cognoissant la fragilité humaine, voua à Dieu sa virginité, en présance de S"*Martial, estant encores le duc Junius SiUanus en Angleterre, qui, de ce adverty, cuida se désespérer, et en fist plainte à l'Empereur, pour autant qu'il avoit approuvé le mariage; lequel lui permist d'aller Lymoges, et, au cas que ladite Vallérie feroit refus de l'espouser, !uy permistde la faire mourir, par forme de colère, pour mieux s'excuser sy" les Gaullois en vouloient murmurer, et depputa Hortarius, centurion romain, pour faire cet exploit.

CoMMMCt~Vallérie ~MS< S" dJCO~.
~DtScoU&tion ~c~aiafeVa~rie~1

JuNius SiLLASus, revenu à Lymoges, logeast au palays de Lucius, qui estoit dans la ville, près le pont S"' Martial, etenvoyast quérir la princesse Vallérie pour traiter le mariage aveq luy, ce que elle refusa, disant qu'elle vouloit vivre et mourir en chasteté, et en avoit fait vœu à Dieu. De quoi ledit Junius indigné la fit incontinant vuider de devant sa face, et

(i) Au bord de* !a rivière d'jE~s, (CûLUN).

sur sa route de Sienne à Pise

–33–
commanda audit Hortarius de la suivre et de faire sa charge. Leque) Fattrappa dans le jardin du palays, du costé de midy, et, là, lui trancha la teste, environ l'an 16apprès l'Assention de Nostre Seigneur Mais, par miracle, arrivat une grande ciarté, et la sainte se leva debout, comme sy elle fust esté vivante, prenant entre les. mains son chef sangtant, sortit du jardin et s'en allast au lieu oit est à présant la chappelle de on elle trouva S"' Martial S"'Martial, dans FégHse S"Estienne, sacriffiaut pour son martyre, duquel il avoit esté adverti par révélation divine. Laquelle vierge posat son chef sur la pierre de marbre de Fautet on le saiuct fesoit le sacrifice, sur lequel ont demeuré les merqucs rouges dudit sang, et s'agenoulhant sur la pierre du marchepied, ses genoux furent imprimés, ce qui fust faict présant ledit Hortarius. Laquelle ayant receu la bénédiction de S" Martia), son âme fnst portée par les anges au ciel. Lequel Hortarius, esmervei[hédete!smirac)es, courust vers ledit Junius Sillanus, auquel, après avoir récité ce que dessus, ledit Hortarius, centenier, tombât mort sur la place. De quoy ledit Sillanus fust fort troublé, creignant mesme accidant, ne sachant à quoy se résoudre. Sur quoy vinrent Aurelius et Atterius, nommés en leur baptesme par sainct Martial Aurelius et Andreas, lesquelz récitèrent les faits et actes merveilheux qu'ils avoient veu faire à Snt Martial depuis son partement, luy conseilhant de l'envoyer quérir, ce qu'il fist. Lequel saint estant venu devant ledit Junius, après avoir faict sa prière à Dieu, résuscita ledit Hortarius en la présance dudit duc Junius. Lequel Hortarius demanda estre baptisé, après avoir dit plusieurs choses de l'autre monde, ayant confessé que le Dieu que preschoit saint Martial estoit le vray Dieu et sauveur des humains, parquoy il demandoit incessamment estre baptisé, ce qui fust faict avec ledit duc Junius, lequel fust appellé Estienne (parquoy nous n'userons plus du nom de Junius Sillanus, mais du duc Estienne), et aveq luy estants en nombre de quinze mille. Lequel, pour l'expiation de ses fautes, fondat deux ausmonneries ou hospitaux pour nourrir chascune, en l'une trois cens pauvres, et l'autre cinqt cens, et Sstpublier par toutes ses terres d'adorer un seulDieu, et fist fère un précieux tumbeau sur le corps de Sainte Vallerie, et donnast plusieurs richesses à ['église. 3

;)5

)'~M~ livre en p&)-C/!eM.M monastère C~. {.E;h'atC<c!'MKiy ~at?!e<-N'arcM!.](1) Tune, sanctus pt'esul ad Stephanum ducem venire est dignatus, quem, cum cerneret dux, eadem hora, cum lachrimis misit se ad pedes ejus, et cunctus excercitus ejus cum primatis Romanis. Ac Beatus Marcialis, videns potentes seculi paratos ut eis \eritatem fidei demonstraret, ad credendum, tenens « Ressuscitet te Dominus meus et manum deffuncti, ait Magister meus Jesus Christus, quem Judei cruxiR'x.erunt, et tertia die resurrexit a mortuis, qui apostolo sup Petro me sociare dignatus est, et per eum misit me in istam provin!n ipsius nomine, sta ciam, ut gtoriam ejus manifestarem supra pedes tuos! » Qui, illico surgens, provolutus pedibus Sancti Marcialis, (dixit) « Tu es vere poutifex Dei. Peccavi occidens sanguinem justum sed da michi, obsecro, baptistum christianorum et fac me christianum. Beatus vero Marciatis tam ipsi qui ressuscitatus fuerat a mortuis quam Stephano duci et satrapis ejus, cunctoque exercitui suo, crederc parato, penitenciam induxit. et baptizavit eos numero quindecim miHa. Corpus vero Sancte Valerie, una cum capite secto a cervice, sepelivit beatus Marcialis honore preclaro, astante duce et cunctis optimatis ejus. Hoc dum credendum est absque dubio, quod convercionem sponsi sui spiritus Sancte Valerie impetravit in celis, que multas pro eo preces fuderat in terris. Nam hoc sensisse predictum ducem hic perpenditur, quod omnia que dotis nomine Sancte Vaieriepertestamentum dederat, facta solempni donatione, Sancto Marciali tradidit, ut aurum eidem et ipse ea prout sibi videbatur dispensaret; argentum multum ac mutta preciosa munera dux obtulit pontifici, ut exinde fabricaret ecctesias quas esset fabricatu-

(i) Comme cette pièce, extraite, ainsi que le dit plus bas l'annalyste, du t. !'=''des Registres consulaires, a été très inexactement copiée, nous ia rétablissons d'après ces Registres. Le dessin à la plume ci-contre accompagne la pièce dans tes Registres eonsM<a:res;'mais ne se trouve pas dans notre manuscrit. (P. t. t~, p. 252 de édition en cours de publication.)

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rus. Et, beato antistite et consilium prebeute, construxit tuspitale pauperum, et illud redditibus terrarum repluvit, ut quothidie pauperes trecenti ibidem aierentur in honorern Christi, pro recordatione beate virginis et martiris Vaterie. Le ~<M~M~!C~~C<?'a!C< de la MMMOKCM~a~C, C en /raKpoM.' ~'a~M~

« Sainct Martial estant venu devant Estienne-le-duc, et H voyant qu'iceliuy duc et sa trouppe avec les princes romains o estoient prosternés les genoux en terre devant luy, s'estants » préparés pour se faire baptiser et croire en Dieu, avec » grandes larmes, print la main du deS'unct et dit « Morr, lève toy Dieu qui a esté crucifié des Juifs et qui est résus» citté le tiers jour de mort, et qui m'a accompagné de Pierre, » son apôtre,-par le commandement.duque! j'ai esté envoyé » en cette province pour prescher son Evang!He, te resus» citte! Et, au nom de Jésus Christ, tève-toy debout! o LeMquel défunct, se levant, se jette aux pieds de Snt a dit « Tu es certâinement le vrai pontife de Dieu. ,T'ai » péché espandant le sangt juste, mais je te prie me bapti» ser et faire chrestien. H Lors S"' avec le Martian~baptisat. n duc Estienne et toute sa trouppe, le nombre de laqucHtT estoit de quinze mille, et ensepveli te corps et la teste de S" Vatérie en la présance du duc et des plus grands sei» gncurs. Ce qui est à croire sans doubte (f). ') Ledit due apprès baiUa par sotempnpUe donation a Sainct MMartiat grand nombre d'or pt d'argent avec de beaux pré» sanfs pour éditSer ég!ises. Dcquoy S"~ Martiat nst .édiffiet* M nn hoste! auquel il bailla moyen pour nourrir trois cens pauvres, et ce à l'honneur de saincte Vaterie- » L<-doc Estienne vescut en bon chrestien _h; reste dp sa vie cotHaic sera dit cy-appres. ('-<)K ![ està croire sans doute que Famé de Sainte Valérie obtint dans le ciel la conversion de son fiancé, elle qui avait tant prié pour !ui sur la terre. Car il est à croire que c'est ce que pensa le susdit duc, puisqu'il donna à Saint Martial tout ce dont il avait, dispose par testament en faveur de Sainte Valérie, afin qu'il l'employât comme il le jugerait convenable. n lui donna aussi beaucoup d'or et d'at'~fnt, etc. )' [.f C,om))itateura omis de traduire ce passage.

–3~-

Ilildebert

/~zd".4/'ca~e, compte de Poictiers, et coKt)ers!o~ des Bordelois (t).

r~Msc~,

Les Saxons et. tes Frisons s'estaus rëvottés contre l'Empire et faict beaucoupt d'esmotions de guerre sur la mer occéane, !e duc Estienne fust mandé par l'Empereur d'assembler gens de guerre de tous costés, et leur donner dessus, ce qu'il fist. Et, avant son départ., print congé de Snt Martia), auquel il portoit grande rëvérance. Mais, comme les ennemis virent qu'il avoit passé la rivière du Rhin, ilz se retirèrent et laissèrent. le pays libre. De quoy le duc Estienne fust fort content, persuada aux gens qui estoient aveq tuy, qui s'estoient fais randre grâces à S "~Martial, estimant ie (;hresttens,d'a)ter bon heur estre venu par son intercession. Et comme l'armée fust arrivée au palais JaeoHCMt(2) ou Jocgentia, près Limoges d'une lieue, sur ia rivière de Vienne, ayants tandu leurs tantes et pavilhons, aucuns gentithommes se mirent dans l'eau pour se baigner e), rafraîchir, entre autres Hildebert, filz du compte Arcade de Poictiers. Loquet, approchant d'un certain gouifre pcrithieux. appellé G~Kt'~ery (3), fust submerge par les diables
(1) Cff. /lc~t ~ffMctoritm, 30 ~'M?!it,pag. 53&, col. t in tine; Ordericus VrrAns, apud /:f:.sto)'t<B normannorum scriptores fLuteciœ, M. Maurice Ardant a donne une tra)<)t9, in-f"), p. 431 in fine. duction de ce passage d'Orderic Vital, ainsi que de plusieurs autres relatifs à S"' Martial, dans ses 0~ëKSM)M (Limoges, Barbou, 1848, in 18). (2) L'abbé Nadaud, dans un jVewot'rg manuscrit sur un palais des rois de France de la seconde race, dans le Limousin, qui se trouve à la Bib)ioLhèque de Limoges, et dont Allou, Description des moMMments o~s?'i'M dans la //aM~-P'MKK~ (Limoges, 1821, in-4") a donné un résumé, place JoeMK~tae à Condat, à une lieue en aval de Limoges, rive gauche de la Vienne. Cependant les raisons qu'il donne en faveur du Palais, rive droite de la Vienne, à 8 kilom. environ en amont de Limoges, et qu'il s'efforce de détruire ensuite, nous semblent mériter M. t'abbe Arbellot (Pierre le ~e/to/a~~Mg, quelque considération. Fragments aiMpo~mg~.S'" ~OT'(M< Limoges, 1857, in-8o, p. 24), adopte hardiment l'opinion favorable au Palais. (3) Ordéric Vital appelle ce lieu Gnrricics. L'abbé Nadaud, dans son M. t'abbé Arbellot .~emotM MaK!MC)'!<déjà. cité, le nomme Jsmc; dit qu'il est encore connu sous le nom de « ~ou ;/o«r de CnT?' »

–38–
cachés en icelluy gonfU'e. De quoy le père fust fort centriste, et heust recours à S* Martial, lequel allast audit lieu depuis Limoges, teste et piedz nudz, vestu de haire, et passant audit du duc Estienne et de ceux. Pallais, fust honnorablementreceu de t'armée, lesquetz accompagnèrent le sainct jusques au bord de la rivière, où, par son commandement, apparurent visiblement sur l'eau deux esprits immundes en forme de pourceaux noirs et espouvantables, lesquelz, ayants jetté le corps dudit Ildebert à terre, apparurent encor plusieurs autres espritz en figures de Mores, couverts de cheveux, jettans feu et flammes puants par teurs bouches et narines, tenants des chaisnes de feu aux mains, l'un desquelz s'appetoit Neptune et l'autre MiHe-Mestiers(.l); et, au commandement du sainct, tous se retirèrent dudict lieu le laissant vuide. Ce faict. le sainct résuscita ledit Hildebert, présant tous, lequel raconta comme tes diables le voulloient porter en enfer, lequel fust deHandu par un ange parce qu'il estoit baptisé et avoit vescu en chrestien. Puis sont venus a Lymoges avec sainct Martial. et dans régtise S"' Estienne sont venus randre grâces à Dieu. Et, depuis Fheure, ne voulust plus retourner aveq ses parans, et demeura tousjours aveq sainct Martial, faisant pénitance avoq luy. De recbei fust publié un édit, par commandement du duc Rstienne, que tous beussenta à advouer un seul Dieu vivant, à peine de la vie. H est à notter que ledit duc ayant son armée dans l'Itallie, après avoir soubmis tes Saxons, icelluy duc fust visiter Sainct Pierre, auquel il parla, et récita les faits merveilheux de Snt Nartiai. Dont S"' Pierre fort resjoui randist grâces à Dieu, connrma le baptesme du duc et lui donnasL sa bénédiction de ce qu'il avoit fait mourir Saincte Vaitérie, !uy en ayant demandé pardon. Puis [le duc) offrit à Snt Pierre deux cens livres d'or qu'il avoit receu de i'empereur Néron, ce qu'il refusa; et [lui dit] de les porter à S"' Martial, Icelluy duc fust sy bien instruit par Sainct Martial, qu'on lui donna le nom de persécuteur des inhdeiïes et protecteur des pauvres, veufves et orphelins, vivant fort austèrement et [eii] chasteté, jeusnant le mero'edy, vendredi et samedy, et ne benvant vin. .)'. K Ego vocor M~<f;h' quia miHc habco artcs ad dcci})ic:Ldunt gémis hutnauutu. '') (Ur~<')'tY' VfTAL.)

[ 4'i,ite du nlue I'stienne .i.~mtPifrrc!

–39– En ce temps, Je comte de Bordeaux, nommé Sigisbert, estoit perdus de ses membres par une paralysie lequel, ayant ouy parier des actes mervei!heux de S"' Martial, eust recours a tuy, et y envoyat en bon équippage sa femme, nommée Benoiste, pour impétrer santé. Laquelle, estant venue à Lymoges devant S"' Martial fust par tuy instruite et baptisée et ceux de sa compagnie; puis saint Martial donnât sa verge à ladite « Va trouve:' ton mary Sigisbert et mets dame, luy disant icelle verge sur son corps, et il sera guéry. tncontinant ladite dame partit de Limoges et s'en retourna à Bourdeaux. Et, comme iadite dame arrivat à Bourdeaux, le diable, qui estoit caché dans l'idolle de Juppiter, révéla au principal sacriScateur des Bordelois qu'il estoit contrainct aveq ses compagnons de quitter la ville de Bourdeaux, par l'admonestement d'un Hébreu voulant parier de S°' Martial, qui estoit aveq [comme] amy de Dieu qui avoit députté douze anges pour le garder jour et nuit, duquel icelluy obtenoit tout ce qu'il demandoit, ne beuvant vin, ne mangeant chair, et ne portoit linge depuis qu'il estoit venu d'Antioche. Laquelle dame estant arrivée en sa maison, ayant faict prière à Dieu et mis la verge sur son mary, comme S"' Martial lui avoit dit, incontinant fust guéry et en parfaicte santé. Et ayant sceu ce que le diable avoit révélé, la bonne dame fist tout incontinant habattre toutes les idolles. Puis, )e susdict Sigisbert se prépara pour aller à Lymoges randre grâces à S"~Htartiat et se faire baptiser, ce qu'il fist aveq grande compagnie de gentilhommes qui furent baptisés aveq tuy; puis offrist plusieurs donts à S"' Martial, lesquels il refusa. Quelque temps apprès, le feu s'estant mis dans la ville de Bourdeaux, portant grand dommage, ladite dame heust recours à ladite verge, et l'apporta devant la flamme, ayant faict sa prière. Le feu s'esvanouy incontinant, et en sorte qu'il ne se trouva aucun intersigne. La CMCrMOH de neuf OgHMMMC~.
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Sainct Martial allast [en] plusieurs endroits publier FEvangille; il fust dans !'Agénois, près la rivière de Garonne. Entre autres lieux, il arriva en une ville nommée Mortagne('t), où il '~) Jtfc[!fr!fftn!(!, ortagne sur-Gn'ondc. M

-40– baptisa grand nombre de peuple qui estoit !a assemble, ou H demeura environ trois mois. Pendant lequel temps, hiyfust envoyé de Bourdeaux neuf démoniacles encbaisnésdeehaisnes de fer, qui furent tous guéris par le sainct. Et, au lieu de Mortaigne, le sainct fust au temple de Jupitter, de rido!!e duquel il fist sortir le diable en forme de More. jettant feu et flamme, lequel, par son commandement, s'esvanouy. Puis, faisant le signe de la croix sur les maiades qu'an avoit amené, furent tous guéris et baptisés aveq plusieurs autres.

ô'OMsecrc~OMl'église S~-P:en'e, devant de
le sepulcre
~Cun~et'aHuu du t'~gHsu Saint-t'!prrp.J]

de Snt ~farifML,

Le t1htblc cR1rc dans corps Jn eomtfi t!c Tours et

~)~~t-noutt,e[ Cltri~tinl"

Sainct Martia), estant Je retour à Lymoges, eust révélation que S"' Pierre et Snt Pol avoient souffert martyre. Parquoy il commanda d'achever l'oratoire qu'il avoit co.mmancé à fore bastir pour luy et pour le duc, lequel il dédia à Sainct Estienne, et y ierc un tumbcau pour luy, et un autre sépulcre pour le duc Estienne, l'autel duquel fist couvrir d'or et autour six couronnes d'or, six lampes d'or pour fère [mettre] bruiïcr six chandelles. Et le temple au devant icelluy, auquel y avoit paravaut des idolles, ayant esté réparé, le sainct fist dresser un autel qu'il tist aussy couvrir d'or, puis mettre dessus un propitiatoire d'or ayant aux quatre coingtz quatre couronnes, et devant i'autel sept lampes d'or pour tenir feu jour et nuit, plus six chandeliers d'or et un encensoir d'or, et une croix d'or, pour l'ornement d'icelle. Puis adverti. le due pour fere préparer le peuple pour assister à la dédicace, ce que le duc Bst publier par toutes ses terres. Parquoy, le !andcmaîn, après que le peuple fust assemblé, Sainct Martial ceîëbraeH_grand,solempnitc la dédicace à Dieu, au nom de S"~ Pierre et &Pol; à fust vu par toute l'église une clarté admirable, et le laquelle sainct entoure d'une lumière extraordinaire et te)le qu'on n~ le pouvoit voir. U advint pendant icélie un t'eut éponvantaMe, car les diables vont entrer dans le corps d'un jeune seigneur, compte de Tours, nommé Arneus, et de sa femme, nommée Chrcs-_ tienne; lesquelz furent griefvement tourmentés. Hais S"* Maftial ne les souû'rit en ce martyre; les Msunts venir devant

–4i–
luy, furent. incontinaut dëtivrés. Lesquelz diables, estants interrogés pourquoy ils s'en estoient saisis, dirent « Pour ce qu'iiz n'ont ensuivi tes commandements, n'ayants demeuré le jour d'hier en chasteté. » Dont ilz firent pénitance. Et fust icelle consécration le 6" des nones de may, l'an 14° du règne de Néron. A présant la commémoration se fait le 2~ may. Cela estant faict, Snt Martial institua en ladite église SainctPierre aucuns prestres pour faire le service divin chasque jour, vivants très religieusement, sçavoir Aurélien et André qu'il avoit résuscitës, Ildebert, filz du comte Arcade, qu'il avoit aussy résuscité, aveq trente-six clercs pour servir Dieu, ausquetz le duc Estienne donna pour vivre. Et outre, il ordonna douze pour garder le bien de l'église et vaisseaux consacrés, esquelz aussy furent assignées des rantes. L'Ordonnance des Quatre T'emp5 par et décedz du ~Mc Estienne. S~ Mar~a~,

t Orgaui~utiun du scrcice divin

à Saint,Pierre.]

Apprès que Sainct Martial eust consacre lès églises susdites et celles de Thoulouse, Bourdeaux et Poictiers, il ordonna les quatre-temps pour gaigner les pardons, en cette sorte que tous les habittans d'Aquittaine viendroient, chacune anà Lymoges, en l'église née, aux quatre-temps ordonnés, Sainct-Estienne, lieu où il avoit estably son premier siège, et, là, faire prières, vœux et oraisons, aveq la cendre et haire, obtations et luminaires, et, de là, s'en aller à régHse S"Pierre par l'espace de trois jours, pour entendre la prédication et recevoir la bénédiction de l'abbé dudit lieu. Et ordonna son et ledit duc Estienne le sépulcre en ladite égtise S"Pierre, sien aussy, lequel il avoit fait faire, comme dit est, par Amasius, architecte. Quelque temps apprès, le duc Estienne fust à Rome visiter S"' Pierre, lequel luy donna sa bénédiction, qui le receu bénignement, aveq grand joye, au lieu où est à présant )e Vatican. Et parce que ledit duc estoit chrestien et vivoit eu grand austérité, il fust moqué de t'empereur Claude César, cmdant qu'il t~ i'aisoit par avarice ainsin que rapporte (,oi-iielitis Tacitus, et par luy appeté ~ccM~e~ cutr~, l'appelant ~<'&~~'or. Néantmoingtx il fust esleu proconsul d'Asie, laquelle [charge] il acepta par commandement de Sainct Pierre.

[ Institution fl1!S1

~ÏOtE t thtducLtmnnel 'l

–43– Et, ledit empereur estant décédé, succéda Nérûn. Mais comme la vertu a pour compagne l'envie, Aggrippina, mère de Néron, creignant que son filz fast troublé en t*empu'e par le due Estienne, trouva moien de le faire empoisonner par Publius Celerius, chevalier romain, et Elius, serviteur dudit duc ~). Duquel le corps fust envoié quérir par les exécuteurs de son testament Aurelius et Andréas, et porté tant par mer que par terre à Lymoges, ou il avoit esiÊU sa sépulture, où Sainet ~îartiat fist ses obsèques. Et firent les exécuteurs construire sa sépulture par ledit Amasius, et le portait de marbre noir qui se void de présant. Cella faict, Aurelius et Andreas retournèrent à Rome pour vendre leurs biens, le prix desqueiz.its délivrèrent à Snt Pierre et S"' Pol pour distribuer aux pauvres, puis retournèrent à Lymoges. Le duc Estienne, avant que de partir pour aller en son proconsulat d'Asie, obtint pour gouverner l'Aquittaine un noble chevallier romain, nommé Sabinius Calminius, duquel sera parie cyapprès. de l'Histoire de S~Mc~

Bref

sommaire

~fat~M~,

et son décedz.
[Mmt t ~e Snml Vturllnl.

Sainct Martial demeurant en ce monde fust, de grâce spécialle de Dieu, préserve et gardé des anges, accompagne de (1) Voici la traduction du passage de Tacite (édition Panckoucke, Annales, t. HI page &) &La première victime du nouveau règne fut Junius Silanus [le duc Estienne], proconsul d'Asie; Néron l'ignora, » Agrippine avait tramé sa perte la violence de son caractère ne »l'avait pas provoquée il était indolent et si méprisé sous les autres règnes, que Caligula avait coutume de l'appeler la brebis d'or M [pecMdeM Mais ŒM?'ef[M]. Agrippine, qui avait machiné ta. mort de B son frère L. Silanus, craignait un vengeur, et la voix publique répétait qu'on devait préférer à Néron, à peine sorti de l'enfance Met maitre de l'empire par un forfait, une personne d'un âge mûr, MirréprochaMe, noble, et, ce qui était alors considéré, un descenx dant des Césars. Car Silanus était arrière-petit-fils du divin Au)< gusto ce7fat la cause de sa mort. Ses assassins furent P. Celer, » chevalier romain, et l'affranchi Relius, chargés de l'administration ~)des biens du prince en Asie. Par eux fut donné le- poisonau pro)' consul à table, et si ouvertement que personne n'en douta. »

–43–
&esdeux saints disciples Alpinien et Austriclinien, lesquelz, à la sainte foy chrespar leurs prédications, convertirent tienne plusieurs milliers de personnes. On lit qu'à sa prière il a résuscitté six morts, sçavoir Austriclinien, son disciple, venant de Rome avec lui, qui mourust à Elsa ou Lincolne (1) en Toscane, ce qui contraignit Sni Martial retourner à Rome advenir S"' Pierre, lequel luy donnat son baston pastoral, et [lu! dit de] toucher le corps dudict deffunct, avec la prière qu'il t'eroit, [et] seroit résuscité; ce qui fust faict, comme il est dit cy-devant. Il résuscita le ttlz de Nerva, Aurëlian et Andreas, filz du comte Arcade, et prestres des idolles Ildebert la teste à Saincte Vallérie. [H] illumina Hortarius, qui couppa les aveugles et prestres des idolles d'Ahu, [fist] marcher les impotents et contrefaits, parler les muets, sauter les para[li]ticques, chasser les diables des corps, les contraignants, par vertu de Dieu, apparoir en monstres visibles aux hommes, déclarans leurs astuces et malices; bref, plusieurs autres grands miracles. Apprès avoir presché à tous ses peuples et leur avoir enseigne le chemin de vertu et sallut, fondé plusieurs églises et hospitaux, comme sont estés par luy les églises de Lymoges .'lieu premier ou il estably sa chaire), Bourges, Clermont, Le Puy, Mende, Rodeix, Cahors, Agen, Périgueux, Thoulouse, Poictiers, Saintes, Angoulesme et Bordeaux (2). Entre autres se trouve de prësant les espitres envoyées a [ad] T/M~OM~os j8M?'<M</(t/ëtMM (3). L'an '73 de nostre salut, 4° de la résurrection de JésusChrist, et 3° de l'empire de Vespasien, et de l'eage de S" Martial 59, ledict sainct, ayant évangélisé à Lymoges 28 ans, Nostre Seigneur apparust à S°~ Martial aveq grande

(l)Co~. (3) Avons-nous besoin d'avertir qu'il y a là une lacune dans les idées du compitateur? t. II, (3) Voir au sujet de ces épitres la Gallia Christiana « eo wro p. 499, où elles sont considérées comme apocryphes de )' <~M!po?'euo a~tta~a est ~MOM~o S. M<t'r<to.<M q apostolatu, opporfMMC f~per~p .'iKMt[epMto~e] in sacrario <'(tst!:ea' S. Petri urbis T Z,~M:01'Ma',Philippo in Gn~tM regnante. ~erMM non est quod ~tM tmM:OMtKMT' t'Mr<t'CMM~s, pM)K<!&OKttt'&MS in p~Kg repro6eK<M)' tM(;:<ntM ~ett'tffr ne SMppos!t-t(~, ettnm Possf.t't~o, Bs~«r)?tt<!o.

-44– esplaudeur, luy dit « Paix soit avect to.y! H est temps que » tu sois récompancé de tes travaux. A Ce que entandant, Snt Martial raudist grâces à Dieu, puis fist assembler les Aquittaniens, et ayant ordonné pour son successeur à l'ar.chevesché de Lymoges Aurélien, apprès avoir vacqué en prières, suivant sa coustume, et célèbre la messe, il se fist porter hors la citté, près la porte appelée Callamenea (i), où il prescha longt temps, et pressé de la fièvre, bailla au peuple la S"~ bénédiction en disant «Le Dieu omnipotens vous bénie de sa grâce, avec la cognoissance de sa loy catholique et persévérance en icelle.a Puisse fist retourner dans l'église Snt-Estienne, vestu de haire, se mettant sur la cendre à genoux. Comme il estoit en prière, s'apparutsurtuy [une lumière à Dieu, l'an de son éclatante], et lors il randist l'esprit cage S9, le 30 juing. Le jour suivant, s'approcha un paralitique du cercueil du Snt, lequel incontinaut recouvra santé. Lorsque l'on portoit son corps au tumbeau par luy.préparé, aveq la face descouverte, on le voyoiten plusieurs endroitz ouvrir les yeux et monstrer par signes le chemin par où il vouloit que son corps fust vu et conduit au sépulcre. Âpprès sa sépulture, S"' Alpinien fist plusieurs miracles par l'attouchement de son suaire, au nom de Jésus-Christ. Le pape Clément escrit de Set MartiaL: « Fero /MMC/M':s<!discipulus Hostcr GaMMorKM zn ~~f~tania. A pcpM~s !? carne vivent. a sa~a~ors Kox<t'oproj?os~KS est M! eXëmp~Mm (2). »
» Mtr<xo,Lc<)<'eo. Ces critiques sont reproduites de la j!M:o~MC des Pères (t. II, p. 106,edit. de 1677), où Fon trouvera les deux ëpitres de saint Martia) aux Bordelais et aux Thoulousains. L'~stotrs HMgr~M'c de <a.France (L 1,1' partie, p..106), considère également ces épitres comme apocryphes. Cette question se trouvant intimement Hée à celle de l'époque de la venue de saint Martial dans les Gaules, nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer le lecteur au consciencieux saint ouvrage de M. l'abbé Arbellot Dmerta~OH. s!{f l'apostolat M<M~M[L (t) Ca.<ctMc(M.AR[)ANT,Os<6nMOK~). la bulle du pape (2) M. l'abbé Arbellot a publié intégralement Oen~ent VI sur l'apostolat de saint Martial, dans ses DccMNMMtsMMMt~ sur cette question, p. 73, et dans le Congrès scM~t/t~Ma de Limoges, t. II. p. 'Mi Mais le passage attribué par notre compilateur à un

–45– De luy sont demeurées deux épinres plaines de foy et de doctrine, l'une ad TAo~<Ko.~ et l'autre ad BMt'a~n. Le pape Jean 19e du nom, en une décretalle envoyée à Jordan de Loron, ëvesque de Lymoges, et autres évesques de la Gaulle, ordonne que Sni Martial soit tenut pour apostre, ayant faict dresser autel à Rome en l'église de Sainct-Pierre dédié à Sainct Martial, l'ayant fait mettre dans le Bréviaire. Il y eust un concille tenu à Lymoges, l'an 1031, pour ce subject. A f° 141.

Du Proconsulat

de Sabinus

Calminius

soubz

Claudius

empereur. Aucuns escrits font foy que le susdit duc Estienne, pour ester la tristesse et souvenance de la mort de la vierge Vallérie, devant que mourir, il allast à Rome pour demander pardon et bénédiction à S"' Pierre, et aussy de ce qu'il avoit toutes les nuitz de grandes visions et songes. Parquoy S"' Pierre luy ordonnast de tenir un cierge allumé toute la nuit d'où pourroit bien dériver de là la chandelle qui doit estre perpétuellement à son sépulcre. Et, avant que partir pour l'Asie, atfin que l'église de Limoges ne demeura sans gouverneur chrestien qui soustint la il fist tant vers l'empereur. foy catholique en,Aquittaine. Claude, qu'en son nom fust créé proconsul des Aquittaniens, un noble Romain appelé Sabinius Calminius, lequel estoit chrestieu, qui soutint la foy. Lequel aida à réduire le pays à la S" foy catholique, et endobter les églises du patrimoine de S" Vatléric; et y employa du sien beaucoupt. En casuelle saison fist séparer la Gaulle Lionnoise du proconsulat d'Aquitpape Clément, n'est ni de Clément VI, ni de Clément V, qui n'a rien écrit sur saint Martial, il est de Bernard Guidonis. Le P. Bonaventure le cite en marge (t. 11, p. 76, 2' col.). Notre auteur, qui n'est guère latiniste, comme on a déjà pu s'en apercevoir, a tellement tronqué et défiguré ce passage que nous croyons devoir le restituer « Vere felix iste Christi discipulus, noster Galliarum in Aquitania in carne viventibus in exemplum apostolus, qui ipsis apostolisadhuc propositus est. )'

[ Proconsulat de Sabinus CaÏmIntus.~1

–46–

PonittMf, Ch&migny.

taine, et y fust Junius Lesus, pour l'empereur Claude, natif de Lion, de laquelle il a escript plainement. Calminius gouvernant l'Aquittaine paracheva la nouvelle cytté de Poictiers r fesant commancer sa résidance au lieu de Chauvigni, qui fust de luy, depuis, nommé Calvinius ou Ca~MMCMm. Lequel Calminius ne voullust souffrir la persécution de Néron sur les chrestiens dans les terres de son obéissaBce, soustenant les chrestiens, tellement que plusieurs catholiques de diverses contrées, persécutés, se retiroyent à son refuge. De quoy Néron assçavante. le déposat de sa charge et y establi Sergius Galba. Lequel Calminius, pour évitter la fureur de Galba, qui estoit venu en Aquittaine pour persécuter les chrestiens et pour le desposer de sa charge, se retira au lieu de Lagueno (1) en Limousin, sur la rivière de Dordougne, où il se sauva à cause de la forteresse dudict Iteu. Puis, ayant habandonné tous biens et honneurs mondaMs, fondat une église en sa pocession au pays d'Auvergne, du nom deS~ Théodose (2), où il se retira, vivant eu soUuairejusquesà à son trépas auquel lieu repose son S" corps. 11 est dit qu'il fondast au pays d'Auvergne le collège S"JeoS're (3) et qu'il vescu solitairement au lieu de Lagueno, et que son corps repose resplandissant en miracles, ce qui est le plus probable. Le dit Galba ne fist rien, n'ayant demeuré qu'un an. Du proconsulat ~t; Julius ~§TtCO~. provensal,

[ Proconsnl.,1

En

ce temps,

gouvernoit

un noble seigneur

<~e Julius Agricota~

~OU. Bibl., t. 1, p. 632). (t) Aquina (LABBE, L'Aguaine ou t. Ht, p. 61). La GM~e, près de Tulte, r~~MtMg(BoNAVENTCRE, en bas Limousin (CoLUN, . 339; LABtCHE, I, p. 2i?). La Guennc, t. p C arrondissement et canton de Tulle. (2-3) « H fit des excursions jusques dans le Vellay, où r6n dit qu'estant en compagnie d'un saint hermite qui $'6toit associé à luy, il bailla commencement à ce beau monastère qtti porte anjourd'huy ie nom de StttMt-C~M/j~ ou de TMo/f~~s, martyr, au pied de cette montagne d'où la rivière du Loire tire son jorigine, appelée ~faMSSMCtMs [Mansac].(COLLIN, p. 346.) -–SiHKt-C/t~rc ne serait qu'une corruption de Saint-Theoffre ou Saint-Th<!ophr<!de, LAB'ccs ( BEREtGNEFORT, p. 2i8.) t.

–4-7– pour les Romains, nommé Julius Agricola, natif de Fréjus, homme de grand vertu et prudance. H tint la province ea paix, sans aucune persécution faite aux chrestiens, durant trois ans qu'il eust l'administration. Et, après qu'il eust fini son proconsulat, lorsque Domitian, filz de l'empereur Vespasian, estoit venu demeurer à Lion, colonie de nouveau érigée par les Romains, lesquelz, pour icelle ramplir, fist gouverner les deux Aquittaines par un légat du proconsulat, les réduisant à mode de province, soubz son administration généralle des Gaulles. SAtNCTAURÉLIAN,après le décedz de sainct Martia), succéda à l'archevesché de Lymoges, estant Vespasiau, empereur. H escrivit éloquemment la vie et miracles de S"~ Martial, en un volume (qui, pour les grandes guerres qui depuis ont couru en ce pays, a esté perdu), comme il est escript.aux miracles de S nt Martial, en sa translation. Lequel tint le siège après Snt Martia! environ 5 ans, et décéda le jour devant les nonnes de may. Le susdict Sergius Galba ne fist rien aux chrestiens, suivant son ordre, mais remist ledit Aurelius en leurs charges. Exinde prOfXMCMB /t~M~K:6e uno p~O fuit Sergius Galba (SuÉTONE) (i). Le trespas des de Sainct disciples Martial, sallut 70. soubz Vespasian. l'an de
[Saint Aunitim.;

Aï.pïN)EN et AusTR)CL!NiEN, disciples et coadjuteurs de adhérans continuellement à luy, furent imittateurs Martial, de sa saincteté et perfection de vie, firent beaucoupt de mira<')es. Lesquelz survescurent S"' Martial environ 5 ans. Ledit Alpinien fust asçavanté par révélation divine que dans peut de temps après mouroient, luy le premier, Aurélien, 2'évesque de Lymoges, Alterius, André, Ildebert, Amasius, Celsius, Nice, Hortarius et Austriclinien mourroyent; ce qu'il raconta à ses compagnons, qui en randirent grâces à Dieu, s'esjouis« Exin prowmct'œ ~) H y a dans Suétone (édition Panckouek~) On a déjà pu s'apercevotr que ~ÇM~SM!<Banno fere p~iB/M!<.)) notre autenr ne respcctf pas beaucoup t~s textes.

'[HortJ~tMtip)~ <)e Saint MjrtitL:

–48– santz d'avoir en bref~temps] le fruit de victoire et rétribution. Parquoy, vacquant sans cesse en prières et oraisons, attandans l'heure de leur vacation, et convoqué te clergé, amn que le siège ne demeura sans pasteur, consacrèrent pour evesque de Limoges un dévot personnage, plain de lettres, nommé E voues ('i), pour succéder à Aurélius. Dont tous les chrestiens furent joyeux d'avoir recouvert un tel pasteur, lequel souffrit de grandes persécutions. ALP!NtAN, peut de jours après, rendit l'esprit à Dieu, la S"~ calande de may, et fut ensepveli à la sénextre de la sépulture de Snt Martial. Son corps repose à Ruuëct-Ie-Chasteau ou Ruffect-en-Berry (2), comme sera dit cy-apprés. SAINCTAuRËLlAN) second évesque de Lymoges, avoit eset miracles de Snt Blartiat, dont le criptéloquemmentlavie livre s'est perdu par les guerres. H tint le siège apprès S~ Martial environ S ans, et décéda le jour devant les nonnes de may, que nous disons le 8° may, et fust ensepveli en Fégiise S"' Pierre, devant le sépu!cr& de S°~ Martial, puis translaté en !'ég!ise de présant dédiée à S"~ Cessateur, hors les murs de la ville de Lymoges. Mesmes l'on void dans la cave de ladite église, dans le mur où te sépulcre est, deux ouvertures en rond, l'une plus grande que l'autre, où antiennement les sourds et autres malades mettoient la teste pour obtenir par ses prières guérisons. Et tout auprès estoit un autel ayant la table de marbre noir; mais, à cause des guerres, son corps saint fust porté dans la ville, dans unechappelle de son nom, en taqueite il repose dans une cliapse et sou chef dans un demy corps d'argent, où l'on void sur le chef les marques de t'escrasement qui fust fait lorsque Saincte Vallérie fust coupt. (i) H est appelé Ebulus dans la Gallia CAt'H~a.KŒ, II. est (2) « Ro~ac~s~ cœKo&tMM, vulgo Rofec, s~Mm in Biturigibus ad Crausiam amnem. )) (/ie~ sanctor. 27 avril.) Collin, p. ~23, dit que les reliques de saint Alpinien sont à présent (1672) pour la plus grande partie dans l'église de Castel-Sarazin, au diocèse de Montauban. Ces reliques étaient depuis longtemps à Ruffec, puisque Geoffroy, prieur de Vigeois, dit qu'Isambert, moine de Saint-Martiai et prieur de Ruffec, fit faire pour les reliques de saint Alpinien une châsse d'un travail admirable. (r. Chronique de Geoffroy de Ft~fOMf traduite par François BoNNÉM'E. Tulle, 1864, in-8"

–49– pée la teste, puis ré~uscité par S°~Martial. Il y grande dévotion. Aucuns appellent ledit Aurelius, Aurelius Cozno(l), dérivé de Aurelius, comme escrit Macrobius, livre 2", Satur?!Mm, de ~M~~ (2). De la translation, il en sera parié cynprès. ANDREAS,ainsi nommé en la légende de Snt Martial décéda six mois après, qui fust ta 4e calande de juin, et fust ensepveti près S"' Martial, et puis transféré à La Souterraine, en Limousin, ou it repose de présaut. HILDEBERT, tiiz du comte Arcade de Poictiers, décéda la 16~ calande de juillet, qui semblablement fust ensepveli près S"' Martia!, et ce, près le sépulcre. AMASius, architècte, décéda le 2<'juillet, et fust ensepveli soubz la chappelle de la Courtine, près t'égHse Snt-Martial, où il avoit édiffié sa sépulture. JusTtNtEN, jeune enfant baptisé par Snt Martial, décéda la 18" calande d'aoust, et fust ensepveli dans l'église Snt-Pierre, devant le sépulcre, du costé du septantrion, et y reposa jusques au temps que Fœtix. Aubeolus (3), comte de Périgord, lieu de Pauinat.près pèredeS*'Cibard,donnastte Limeuil, au monnastère de S"Martial, pour y estre édiuié un monastère, où fust transféré ledit corps, et fust retenu ledit chef eu laditte Fégtise S"Pierre, où il est dans la chapse où est S"Nice. CELSE, frère dudict Justinieu, décéda le 30 aoust, et fust du costé d'Orient, ensepveli dans ladite église S"Pierre, puis transféré au lieu de Rocque, près de Brive, diocèse de Lymoges, retenu le chef, et, aveq luy fust translaté audit lieu uu autre nommé Sainct Nice. NICE, un des frères de l'église Sainct-Pierre, plain de grande

(1) Marcus Aurelius Cotta, dans les Fastes consulaires de Cassiodore (COLLIN, t38). p. ~2) Nous n'avons pu trouver le passage. P'MSdes Saints, t. V, p. 19). (3) ~M?'gohM.–F~M; Oriol (BAILLET, 4

–so–
saincteté et dévotion, fust inhumé au mitlieu du tem~h; S" Pierre, et décéda le 31~ aoust. Son corps repose dans l'église dans une chapse de bois, laquelle t'ust ouverte S "Pierre, l'année 16.. (i), par aucuns dé Messieurs les chanoisnés de l'église S~-Martial, .apprès avoir fait les préparations pour ce faire, s'estans à cet effect préparés, car ilz n'en avoient aucune mémoire. Et dans icelle fust trouvé le corps et chef de S"' Nice avec l'escripteau. AusTRicuNiAN décéda aux ides de décembre, et fust ensepveli à la dextre du corps de Snt Martial. A présant il repose dans une chapse, au temple S"Sauveur, qui est la sur l'autel S~-Croix, soubz grand église ditedeSainût-MartiaI, les orgues; laquelle fust ouverte avec la susdite, et fust trouvé le corps dans une malle, sans le chef, ensemble quelques linges. HORTARIUS,centurion, qui avoit couppé le chef de Vallérie, après estant mort soudainement puis résuscité S"' Martial et baptisé, vescut fort sainctement. Apprès décèdz, fust ensepveli à gauche du sépulcre de Saincte térie. CoMiM?6M<DOMM~MM, empereur, priva Limages liberté octroyée par Auguste, r~H 82. S"" par sou Val-

de la

<lai~mitt"tt.

~[~ru)it)n Domitiam, la famille

filz de Vespasian, frère de Titus, le dernier de Flaviène, tint l'Empire 18 ans, au détriment de la chose publicque. Luy, voullant destruire la foy de Jésus-Christ, j~ connrmée par l'universel monde, fist publier édits de sa cruelle persécution, commandant de bruller tous les In t'es de la religion chrestienne et aussy les histoires antiennes des Gaulles, pour oblier la mémoire de la gloire millitaire des fncpptres, et prohiber qu'ez Gaulles n'eussent plus à culti-

(1) Le manuscrit -ne porte que les deux premiers chiffres dit millésime. Labiche de Reignefort (t. p. 360) dit que l'église de SaintPierre-du-Sépulcre n'était censée faire qa'une seule et même église avec la grande basilique de Saint-Martial, et qu'on trouva les reliques de Saint Nice avec celles de Saint Justinien, en ~Ml.

–51-er les vignes, montant à sy grande arrogance qu'il se voul!ust faire adorer dieu, combien qu'en grand tirannie vivant, se plongeant en l'abisme de toute volupté. Le sénat luy fust tout contraire il fist mourir plusieurs sénateurs et les autres exiller. Ceste persécution fust exercée en Aquittaine cruellement, tant que l'évesque Evolius fust contraint d'abandonner Lymoges, et se retira secrètement à Evou ('!), où il mena une vie solitaire par certains déserts, tant que cette persécution dura, pervageant (3) l'Empire sans miséricorde d'où i'Egiise des chrestiens fust appellée antièrement de plusieurs cytés déserte, et n'y avoit plus de prescheurs. Les Lémoviques se révoitèrent contre les persécuteurs et en occirent quelques-uns. Parquoy Domitiam envoyast ses légions et les Lymousins de la liberté qu'Auguste leur avoit donprivat née, et fust régi le pays par gouverneurs. Auquel temps et en l'an 12 dudit Domitiam, S"' Jean fust relégué en l'isle de Pahmos (3). Et un an après fust décolé S"' Denis Aréopagite aveq Rustiq et Eleutère, à Montmartre, près Paris. Le 15" [an] dudit empire, fust bruHëe SnteFlavie, eu l'isle de Ponte (4), de laquelle le corps ne receut aucun dommage. H des Religieuxrepose à présant en l'église de S"Augustin en propre chapse, resptandissanten Bënédictins-tez-Lymoges, miracles. La feste est le 7° may. Le 10" de l'empire de Trajan, fust la troiziesme persécution des chrestiens, en laquelle plusieurs furent martirisés. Et estoit pour lors que la chrestienté commançoit grandement à multiplier en Aquittaine.
(-t) Evaux (Creuse). du lat. pervagari. (2) Parcourant (3) « Patmos, ite du nombre des Sporades, dans la mer Egée, dite 1739, l'Archipel, du côté de l'Asie» (Baillet, Vie des Saints.-Paris, in-~o, t. X). (4) (Ponce, PomttiZ, vulgairement .PoMM, vulgairement Ps~ctfo~, etc. Petites îles voisines de la mer de vulgairement S~m~-MarM, Toscane. Ponza est presque vis-à-vis de Gavottes (7~.).

[Sainte

Fhïie.] 1.

Persécution des chféfiens Trajan. j] sous

;:)2-

au

lieu

soubz
~CitUft~ra de Sl1in~.AI'CUstin.

Lémoviques, OM est à présant S"M~US~M-~Z-L~K0~6S~ Anthonius Pius, 6?KpereMr, FcM j30 OM140.

Le cHKe~'e

des

Anthonius Pius prohiba qu'on n'eust plus à faire de sépultures ny ensepvelir les corps des deffuncts dans les cyttés, imposât sur payne de quarante escus contre les infracteurs, et aussy, contre les magistrats qui souffriroient cette ordonnance enframdre, semblable payne, appliquée au Hsque, ordonnant en outre les laits et faitz religieux estre confisqués. A t'occasion de cette loy, les Lémoviques establireut hors de la citté, pour les sépaltures, le lieu ou. à présant est et abbaye de S"Augustin. l'église Lequel cimetière a esté en pratique du temps que les Anglois ont gouverné Lymoges, comme c'est apparu sur divers tumbeaux en langue angloise. Lequel [cimetière] j'ai veu, et mesmes des noms gravés et armes sur lesdits sépulcres, lesquelz sont estes ostés, depuis que les religieux Bénédictins ont réformé ladite abbaye, pour faire leurs bastiments. Lequel cimetière est à présant en pré, 1 et ce tout le longt de Féglise. Le revenu desquelz sépulcres, par succession de temps, fust pour entretenir certain nombre de prestres et ériger une église pour célébrer le S"' Office. Auquel temps estoitSalvius, légat d'Aquittaine. Ëvonus ayant régy Févesché de Lymogcs l'espace de 4S ans et fondé l'église d'Esvou (i), succéda à tuy E Mi n L s(2), 3" évesquede Lymoges, ayant tejnu le siége4S ans et sousfert grandes persécutions pour soustenir la saincte foy catholique, décéda; et lui succéda ALTRICUSou AcTRiNus, l'an de sallut 433, lequel estant

'E~H!S

1

~Â.ttK't)8~ ~tuQ~adaatt.'

(i)U'Ëvaux. (2) Nadaud Et~It'MS.

ne fait qu'un

seul personnage

d'E~~x,

Ewfh'ti-! 0[L

,3 disciple dudict Emilius, le suivit en son exil et persécutions. Il gouverna l'évesché 37 ans, consacra le lieu où est à présant S~-Augustin, suivant la constitution du pape Eugène. Soubz le règne de Lucius Anthonius Commodus, empereur, mourut EuMENius, 5e évesque de Limoges, qui tint le siège des fidelles 39 ans, combien que par les payens, durant la persécution, y furent établis autres évêques de leur sorte, qui estoit causse de fort débiliter en Limousin la saincte foy catholique, ce qui ne fust. Et après, luy succéda Comment les antiennes furent prérogatives supprimées. de Lymoges

Emetinu5. MbnNa~.t.]

ERMOGENiANus fust le 6" évesque de Lymoges, homme de grandes lettres de son temps. Les évesques d'Aquittaiue avoient en luy recours comme à leur métropolitain ou primat, tant pour la dévotion du siège de S"' Martial, que pour la grand vertu et religion du prélat. Les autres évesques, estans esleus, estoient consacrés par tuy. Lequel, venant le cas, ledit évesque de Lymoges se fesoit consacrer par Févesque de Bourges. [Ce] qui fust, de premier, gardé par l'ordre des Romains, qui divisèrent leur monde soubz eux par régions et proviuces, sçavoir, les parties en régions, les région en provinces, les provinces en cittés, les cittés en parceres (1) ou paroisses. Auquel temps Claudius gouverna en Aquittaine. Jean Chommeau, en son Histoire de Bgrr:/ dit, selon Vibius Pane (3), de Vërronne, que Trajan, .Se~M~)' (2) et Ot)opA?'M(s fust instruit aux lettres par Plutarque, et qui adopta Nerva, fust esleu empereur en la Gaulle Belgique, et Cologne lors appellée Ag'rippine, comme dit Uion Cassius. Il eust paix aveq les Gaullois, car il estoit prudent et docte. C'estoit l'an de sallut iOO. Cestuy-cy divisa et fist deux provinces en Aquittaine, dont la première est Bourges, et primat métropolitain, et la seconde Bourdeaux.

L I4crmoeenionus sclon \a~iaud.~

(i) K Parcert'a, vox apud Arvernos usitata. vu)go pftrttërg, qusevts par5CtporHoinreanqua.))(DcCA~'GK.) c!c <aCi<&!M. (2) V)H)CSSEQL'HSTER, /!Mmt?!tti<.<,/bK<t&M.S, ''3) 0.'<upHRn P.~TiNn ~g!'onftMt.'i.~5<o?'Hm~tib.V.

_g~_

La cinquiesmeper~CM~oK soubz Septimus ~oen(s, empereur, l'an i9ë.
5' Persécution. 1

'Mctttmm de Limoffes.1

Soubz ledit Severus fust la S" persécution des chrestiens, laquelle ne dura guières en Aquittaine par la vertu des vrais chrestiens qui se soustenoient, comme il est escript "P~* idem <e!HpMs~$M!~K!~ ecclesia appostolica consacrata est; et si /M?'Svel ~?HpMSpersecutionis Gentilium pa~M~'ïf /0!0r, <Bme?t in ea C/M'M<am:<asiclolatria aut /M?'M: pre~a~M~.M C'est-à-dire « L'église d'Aquittaine a esté confortée par Jésus Christ; jaçoit qu'elle fust plus de temps de la persécution des Gentilz, loutesfois le christianisme a prévalut l'idolatrie et l'hérésie. A En ce temps, la citté de Lymoges diminuoit de pouvoir et authorité grandement. Car, apprès que Domitiam eust osté le proconsulat d'Aquittaine et la libertédes Lémo\'iques,Albiniu$ Clodius retira le tribut à Lion du payement des provinces d'Aquittaine..Peu après furent les antiennes prérogatives et demeura ladite citté pour la pluspart vague, L supprimées, non fréquentée ny peuplée comme auparavant, dont les vieux palais et anciens théâtres, temples somptueux et autres magnifiques édisfices tumberent en ruine. Depuis le régime ptébée ~) i'a toujours amoindrie. D''aMCMMSëPM~MM ~</?KO~

~j.h.tt~.j

J

L'an '2~1 fust faict évesque (le Lymoges un sainct homme, de grandes lettres, nommé ÂMLpmcs, '?" en rangt des orthodoxes et fideltes chresticns, premier dit nom, qui tint le siège ans. Soubz Licurus (~) Vaterianus, empereur, l'an 23S°, Fust es)eu évesque de Lymoges DAi/TEtuus, en rangt 8% qui fust dépossédé comme plusieurs autres; au lieu duquel fust intronisé ADE~PHKJS, 2s du nom et9'' en rangt, qui tin~ te siège 3.3 ans. (i; P)cb~n;n. (2; Licinius.

,U.ttima, .rlun ladauA.~

t~)).).i..s)t.)

~~N –S8– Soubz Valerius Auretianus, empereur, l'an 2'72, EXUPERIUSfust évesque de Lymoges, en rangt 10°, homme de grand vertu et dévotion, qui souffrit plusieurs persécutions et exil aveq autres fidelles chrestiens, durant la persécution de Diocietiam et Maximiam, Il tint le siège empereurs. 35 ans. Soubz Tacitus, empereur, l'an 2T7, L'antienne ville de Limoges fust assiégée par les Allemants qui coururent toute l'Aquittaine, desquelz le pays de Limousin souffrit plusieurs persécutions, soubz Proculus et Preciosus. Soubz Dioclétiam, empereur, l'an 286, Dacian courust l'Aquittaine, qui fist mourir, en la citté et Félician, desquelz les corps reposent d'Agen, Capraisse (1) en Limousin, et aussi S'" Foy, vierge. En ce temps, les espîtres de S"' Martial aux Tholosains et Bordelois furent cachées dans un tumbeau de pierre et trouvées (2). ASTUDIUS fust il" évesque de Lymoges, en l'an de sallut 303, qui tint le siège 18 ans. Jusques à luy demeura la primauté des Aquittaniens à Lymoges, pour l'authorité du siège de S"' Martial, laquelle fust érigée à Bourges, comme sera dit cy-upprès. Hélies Viguier(3), en ses Antiquités de Bourdeaux, dit que

[1;1111~erius ]

(Siége

do Limogea par les

Allemands

~Capraise, Félicien, SdmteFoi.~

~Astuttus, selon Madaud. ]

Dmision de l'Aquitt.ins. 1

(t) Caprasius, Capraise. (2) Le reste manque. Nous complétons d'après la Bibliothèque des Pères, t. Il, p. 107, édition de Lyon, 1677 « Notandum utramque illam [epistolam] primùm fuisse inventam anM no circiter 1060.tnsacrarioB.Petri.intumu!o cujusdam, ubi sepulDtura antistitum antiquitùs fuerat, ut -narrat qui centum post annis Hvivebat Gaufridus, prior Vosiensis in Chronico quod editum est M II, iVoMBBt~tOt/MME t. mss. librorum, pag. 288. Unde mirum Mvidetur, quo doctore usus Possevinus dixerit, epistolas illas, quaN )e%cunque sint, sua aetate, dum esset in Gallia, repertas fuisse in )) sacrario Basihcse S. Petri in urbe Lemovicensi, ubi eatenus laMtuerant in arca saxea sub terra defossa, quse ob nimiam antiquij) tatem vix poterant tegi. » (3) L'~K<~Mt<ede BoMrdea;f. par Elie V)ro:T. Bourdeaux, 1874, in-4'.

–se– ce furent, les mmistres de l'Eglise c)))'esHeU!t<rqui dh'tserent nostre Guienue, non pas les rois et setgucm's d'icelle, où coustituèrent qMtre villes métropoUtaines, qui sont Âusqtx, Bourdeaux, Tours et Bourges. Toutesfots ne sont déuotamées en la Guienue que deux des dittes villes, qui sont Bourges et Bourdeaux. Et, dëpartantainsm!aGuienne en deux provinces, ils l'ont appetiëe l'une ~~MïMammprima, et l'autre Aquittania ~MKH~a. La première ville d'Aquittaine est Bourges, et la seconde Bourdeaux. de la fontaine de CoM~aM~K, ~Kas ~M Cheestant empereur Constantin <?<M<t~M!0~.

Origine OŒ
ronfumf ttuC~t-r~f~.j j

L'an de sallut 3i0, apprès que Constantin fust instruy à la foy catholique par Sainet Silvestre, pape, l'an 314, cûnvoltaot soubz la monarchie tout l'Empu'e romaîn, pour ce que Gallus et Constantiua avoient aydë Licintus, leur Annavatianus(i) beau-frère, contre Constantin, meuresmentgueft'eetiesdeSit, mesmes Anavalianus, qui gouvernoit !'Aquitt&ine, [et] avoit usurpé sur les églises de la contrée le patnmome de S°'"Va!lérie, fustpariedttConstanttn, empereur, vatncu et prostré et tuy fist passer sou cheval sur la teste dudit par terre Anavatianus, restituant aux. églises d'Aqmttaftte ce qui leur avoit esté toUu; en commémoration de cette victoire, fust audit pays faict la ugure de Constantin, en divers endroits, tnouté sur un cheval mettant le pied sur la teste dudict Anavatianus, lequel enfin Constantin fist mourir. Ceux de la citté de Lymoges, vivants sonbz i'empcreui' Constantin en plus grand iiberié qn'itz n'avoient faict soubz Anavatianus, firent venir par conduits dans teur citté une fontaine qu'ilz nommèrent de son nom, alias de Chevalet. Et, pour mémoire de ce qu'il tes avoit délivrés de la persécution dudict Anavauanus et ses frères, par aucuns remps exercée en )'Aquitt;)ine, fust~mispen la fontaine appeUée duCh<h'aj)ct
.'i)!at«<iaM!M, selon le P. Bona\'outurc, qui (fémentson existeoce et pa)' conséquent toute la légende. F. At.Lou, D~o't'~t'o~ ~f.'i<MMi(;M<');h,f<c..[).)Si. et TniM~fp. 66), qui se contente (te' = ''opter ;\)!f)u.

–5~–

la figure de Constantin, séant sur uu cheval mettant le pied sur la teste d'Anavalianus, laquelle figure estoit de bronze, très bien faite. Laquelle fust enlevée de nostre temps par un seigneur de marque, qui la fist mettre dans la basse-cour de son chasteau. ;Vo~s que aucuns voudront dire que ceste fontaine ne pou\oit estre i l'endroit qu'elle est de présant, qui est dans la grand rue des Combes. Pour raison, je dis que cela peut estre, estant proche de l'hospital de Sainct-Martial, et que la rue des Combes est aussy antienne que le chasteau de Lymoges. !1 est vray que ceste considération fait dire que c'cstoit comme un fauxbourgt dessandant par le portail ~imbert, contme sera dit en son lieu, D~ l'agrandissement dit <M.aK, s prt''Â'<tt~la ville de Lymoges. Kn ceste saison estoit évesqne de Limoges KusTicus (1), premier du nom, en rangt 12* homme de grande saincteté et lettres, qui souffrit grands exil ez persécations de Dioctétian. l'an Cof<sTA~T!K,CoxsTAM'i'tus et CONSTANT, 340, divisèrent le second, eust l'Ocidant aveq l'Aquitl'Kmpire. Constantius, sans raison. Ainsin taine, lequel esmeut guerre Constant que follement s'abandonnoit aux périlz, fust par ses gens uccis. Or Constant, a qui estoit escheu l'Italie, fist par deux ans la guerre ez Gaulles pour les recouvrer, car ilz tenoient pour Constantin. Dont les Lémoviques et autres, leurs voisins, furent grandement gastés. Mais, certiffiés du voulloir de Constantin fesant la guerre aux Perses, recourent Constant, sur la tin du régne de Flavius Claudius Julianus. t~us'Dcus, nepveu du précédant, estoit évesque de Lymogt's, honnne de saincteté et vie, en rangt des évesques 13, et a environ ['au 364. H tint le siège 38 ans. ti avoit esté disciple de Sainct llilavre. SA!Kc'r HvLAtRË, évesqne de Poictiers, vint visiter te sépulcre de Sainct Martial a Lymoges; et avoit aveq luy S"' Juste,
!t:micet.] 1

Cnnstantia~ Constance ttCMstanL] 1

[Rurico!), d'aNrts \ndaud. i

1 Saint Hilaire, Saint jU~l.)

);Ru)'icc),d'.)prC~i\'A])AL')',Hmi[icUSsiL'gCMi[Ct!7H.

-58– [Saint L2unie.~

en l'année 361, etS'"Liène(l).S"'Justefustmisdanstachappelle de Notre-Darne, près Périgueux, et y demeura plusieurs années, fesant là de grandes austhéritcs et, après avoir assisté au trépas de Sainct HMayre, retourna en !ad!te église et y porta des reliques que S"' HUaire avoit porté de Rome. Après avoir longuement vescu en toute saincteté, H décéda en ladite cellule. Son corps gist à deux lieues de Limoges, en régtise de son nom, en une chapse. L'on fait sa feste le [~3 janvier]. Finalle destruction par Alaric, de FaM~e~Mg C!~e cytté de l'an 488.

Lymoges
~Destruetton de Limoges partMYmg'.ts.] ]

roy des ~MïS~o~,

Les Gotz, Vuisigots et Ostrogotz, Vandalles, Bourguignons et Alains sont une mesme Hation, ainsin divisée et nommée du uom de leurs conducteurs et supperieurSt lesquelz, selon l'oppimou de Cornelius Tacituse en t'Htstotre germanique, et Atbauus, sortirent de GoUandte~iHe de mer, confins de Germanie, tandant au septentrion, et occupèrent certain temps le pays deLivonie, soubz leur roy Bërith, et passèrent la rivière de Thanis (2), et arrivèrent sur le fleuve d'Istre (~3) puis, par Thrace et Dace, soubz Futmière(4), leur-roy, arrivèrent en la régton de Mésie, où Hz esleurent deux roys, sçavoir Athanaric et Frigiterius (S), lesquels se batirent plusieurs fois, dont fust vaincu Frigiterius, lequel demanda secours à Flavius-leVailhant, ce qu'il luy accorda, à la charge de se faire baptiser. Donc Frigiterius, garny de secours, nst la guerre contre Athanaric et le vainquist, qui fust cause que les Gotz se séparèrent et marchèrent les uns vers orient, parqupy furent apelés Ostrogots, et les autres vers occidant, nommés Vuisigots. Lesquelz, baptisés par prestres arriens, furent de1 mesme (1) Saint Léonie, vulgairement. Saint Lienne, disciple de Saint Htt. laire, dont la fête est le 1" février (LABtCHE DEREiGNEFORT, H~ p. 99, Vie de Saint JttSt). (~) Tanaïs, le Don. (3) Ister, le Danube. (4) Filemère, d'après BoucnE'r, Annales ~yif~cune, p. 86. 'S) ~r!tt<yM''tou F)'M<'H<j~?'K.

S9 secte comme estoit pareilhement l'empereur Valens, par permission duquel les Vuisigots demeurèrent quelque temps sur la rivière d'Yvei-ne(4), ez lieux circonvoisins. Mais voyant l'empereur que cette nation barbare commettoit de cruelz actes, les vont) ut chasser, ce qu'il ne peut faire aisément. Ayant prins les armes pour les chasser, ilz les prindrent aussy et se deSandirent en telle sorte qu'ayant tiré une sagette envenimée qui fust laschée par Sorgeterius contre l'empereur, dont il fust blessé, et conduit hors la presse, en une petite maison couverte de chautme. Quoy sachant, les Vuisigots y mirent le feu et le tirent bruller, l'an 13 de son empire et de nostre saitut38L Non contans, poursuivirent leur victoire, attarent camper leur armée devant Constantinople où estoit l'impératrice veufve dudict Valens laquelle leur baitha quelque somme pour lever le siège. Puis, environ l'an 383, régissant l'Empire d'Ocidant Gratian, son filz, il assotia à l'empire Théodoze, qui poursuivi tettement par armes les Vuisigots qu'il tes vainquist en champt de batailhe; de quoy il triumpha à Constantinople, en grand fust fait une paix entre ledit magnificence. Néautmoingtz, empereur et les Vuisigots, par laquelle Athariaric, leur roy, forthonuorabtement. fustreceuàCoustantinopte Et, estant décette nation demeura soubz la puissance dudict empecédé, reur, sans aucun roy, jusques environ l'an 398, du temps d'Honorius et Arcadius, enfans dudit Théodose que lesdits Vuisigots esleurent un roy nommé Alaric, de la familhe des Baitons, qui régna 1S ans. En ce temps, vindrent en Aquittaine grand nombre de Vaudattes infidettes, conduits par Carocus, leur roy, qui occist grand nombre de chrestiens en Périgord, Poictou et Xaint.ouge,desque!z, un de leurs capitaines nommé Hirodien (2) fist trancher la teste à sainct Silvain devant la ville d'Ahu, en Limousin. Pour lesquelz chasser de la chrestienté, les empereurs baithèrent en patrimoine aux Vuisigots la région d'Aquittaine, pourveu qu'ils chassassent lesdits infidetles, ce qui fust faict. Bouchet, en ses .4Mna/M (3), dit que lesditz Van-

(1) De iYoMë' (BoucHMT) D(~«!M, Danube (?h .9)~rac~<'(CoLDN). :a) Page 58.

-66–
dalles vindrent l'an 4t0, et que partie de Poictiers avec furent détruitz, puis qu'ilz passèrent par l'église S'ÎIilair& Gascoune, et qu'Mz furent vaincus près Arles par Marius, capitaine romain, et Carocus, leur roy, prins prisonnier. Honorius et Theodosius, pour se descharger desdits Vuisigots, [leur] donnèrent l'Aquittaine pour perpétuelle habittation, l'an 4~9, laquelle fust possédée spubz six rois de leur nation, jusques à l'an S09 que Clovis, premier roy de France chrestien, les chassa comme sera dit oy-après. Les Gotz, après avoir faict mourir leur roy Sigericus, nommèrent Vualia pour leur roy, qui ordonna pour sa demeure Thoutouse, changeant les loix et ordres de leurs subjects n religion, estants arriens. Et le dit Vua!'a décède l'an 440, et lui succéda Théodoric. Théodoric, 2° roy des Gots en Aquittaine, régna 14 ans. A luy succéda Thurismondus, en rangt 3"'°, puis Théodoric, un de ses frères, en rangt 4°, puis Eoric, en rangt 8", qui régna' en Aquittainei9ans, s'eSbrçant d'oeupper toutes les GauUes, persécutant griefvement les vrais orthodoxes, faisant mourir les vrais chrestiens qui ne voulloient consentir à leurs erreurs, commandant de clore les temples, affin que, pour la difficulté des entrées, on mit du tout la religion chrestienne en destruction, destruisant cette tempeste les neufs cittés plus peuplées des Gaulles, et les deux de Germanie, tellement que, en Aquittaine, les évesques estoient bannis et expellés de leurs éveschés, les clercs n'osoient administrer les saincts sacrements qu'en secret, dont tout le pays fust fort ailtigé. Il fust intronisé un Got après le décedz de l'évesque Rus~ ticus (4), que les Lémoviques ne voullurenu'ecepvoir, à cause que Snt Justz s'y opposat contre rhërésie arrrenne. Et demeurèrent les Lémoviques sans évesque orthodoxe n ans, ou: Eoric avoit fait ordonner un évesque arrien, lequel, cogneu en son erreur, ne fust receu des vrais chrestiens, et par lesquelz fust nommé un dévot personnage appelé
[Kxottu~.j

EuxoctUL'H (~) ou Androchius, vray chrestien, homme de lettres et saincte vie, qui souffrit de grandes persécutions et (t) ~MD'ccf7, d'après KAnA~n. '3' E.MttX.S E.t'OCHtf!~ (NADAUt)) E~OC/tMM, EsO~<M (C'AL. CHMSt.);

61 exitz. Icettuy Eoric fist taut d'opression aux chrestiens d'Aquittaine que, après sa )nort, le pays se révolta et ne vouturent recepvoir Alaric, sou filz, à suppérieur, s'il n'ostoit les évesques arriens pour remettre les vrais évesques qui par l'iniquité de son père avoieut estés exillés occasion de quoy, fist la guerre en Aquittaine, fort grande. Il fust massacré. comme dit [est] à fol. 68. Et, advenant l'an de sallut 488, Alaric, roy des Vuisigots, voyant qu'il ne pouvoit mettre fin à la guerre d'Aquittaine, envoyât quérir secours au roy Théodoric, son ayeul maternel, estant sur les Marches de Piedmont, faisant la guerre à Gondebault, roy des Bourguignons, ausquelz fist paix, et donnat en mariage sa seconde fille à Sigismond, premier filz de Gondebaud et, pour cette afnnité, fust donné passage et secours à Théodoric et Ostrogots pour entrer en Aquittaine avec grosse puissance. Lesquelz, ayants passé le Rosue, destruisirent le pays de Languedoct, car les Vuisigots veuoient d'Espagne avec Alaric et se joignirent ensemble près Carcassonne, où les Aquitanois estans en petit nombre, se confiants sur la foy et bonne cause contre les Arriens, batathèrent fort; où fust occis nombre d'une part et d'autre, mais finallement fut la desconfiture sur les Aquittaniens. lesquelz furent chassés. Attors Theodoric entra dans Thoulouse par force, où tant de gens furent tués que tout un jour courust le sangt comme un ruisseau parmy la citté; et fist couronner Alaric roy d'Aquittaine, ainsi qu'escript Capita lunea (1) « Théodoricus vero, rex Gottorum, cum Gattorum stragem magnam fecisset, Athataricnm juvenem ex filia nepotem, regem Totosseconstituit.a »

(<) Captto/MMS. Toute la citation latine est tronquée dans le manuscrit. Le P. Bonaventure (t. H! p. 136) relève )esK contradictions et antiehronismcs » de ce passage copié sur ce qu'il appelle les « faux mémoires du pays. ))

–62– de Prinse de Lymoges où estoit JocMM~MS., coM~~ Lymoges,père de Snt Me?~. [Prim del,imoff"'] Conquérant ges que pour
Litaol'Aquittaine, il [Théodoric (i)Jassiégea lors commandât le bon compte Jocundus, vray orthodoxe, ensemble l'évesqueJËuxochius, qui voyantslaperdition et prinse de leur citté se sauvèrentala fuittesecrettement. Lesquelz furent bannis, et, Arrédius, filz au comte Jocundus, jeune enfant, fust fait prisonnier et mené en Bourgougne. Pour batre ladite citté, ledict Théodorie avoit faict fère plusieurs tours de bois sur puissantes roues, lesqueltes, avec nombre de pionniers fesoit rouller contre la muraille, deffandues par une grande trouppe d'archers. Lesquelles murailles il fist percer en beaucoupt d'androits, et apprès fist mettre le feu aux prochaines maisons, lequel ,ga'gna sy avant qu'il ne cessa jusqu'à ce qu'il heut ruyné les hautes tours, palays, églises, maisons et autres édifices. Les habitans qui De peurent se sauver furent tous masacrés. La pauvre ville ainsin sacagée demeura habandonnée, ensemble tout le pays, pour un longt temps, pendant lequel les bois crûrent tant audit pais qu'il devint en forestz. Mais une troupe de ceux qui s'estoient sauvés prindrent courage et allèrent bastir sur !es cendres et ruynes de leurpauvre ville. Lesquelz ne demeurèrent guières sans estre attaqués par les Arriens, lesquelz chassèrent l'évesque Euxochius de son siège, ensemble les évesques Quintian de Rodeix (2), et Ambroise de Cahors et autres. Environ l'an 460, florissoit S"~ Prosper, docteur et poette, natif du Lymousin, lequel a escript de belles sentances et et envoyé contre eux éloquemment contre les hérétiques, vers l'Orient et aiiheurs par S"~ Léon-le-Grand, pape, lequel luy donnat t'ëvescbé de Regio en Lombardie, où son sainct corps repose. Ledit S" Léon en parle en sesiescriptz, et ie (i) Limoges fut prise d'abord par Alaric, ensuite par Theodebert. C'est lors de cette seconde tuerie'qu'aurait eu Heu, d'après Collin, la captivité de saint Yrieix. Du reste les auteurs Limousins ne s'act. ![!, cordent pas. (~. le P. BoNAVENTURE, p. 1SO.) (2) Rodez.

-63surplus en sa légende, au 25 juin. Il décéda l'an 466. Dans la Vie des Saints il est apellé Sainct Prosper d'Aquittaine. Aucuns tiennent qu'il estoit enfant de Lymoges. Du roy Clovis, premier roy chrestien. [CM,.)

Dieu suscita en ces temps le bon roy Clovis de se faire chrestien. Ayant esté couronné roy le 4" mars l'an 488, régna payen i5 ans, puis baptisé par Sainct Remy, archevesque de Raims. Et auquel temps vivoit Sainct Vuast, natif de Lymousin, disciple de Sainct Remy, qui aydat fort à la conversion du roy, et après fust pourveu de l'évesché d'Arras, après avoir presché par tout le pays et converti plusieurs. Après avoir longt temps vacqué au service de Dieu et conversion de plusieurs, décéda à Arras le. 6~febvrier, où son sainct corps repose resplandissant en miracles.

(SamtYaMt.] ]

LIVRESECOND

MÉMOIRES

EN

FORME

D'HISTOIRE ROY DE

DE

LIMOGES,

SOCBZ

CI.OV!S,

FRANCE.

r Clovis,suite. 1

'ûtntAndrochiua mnrhrisd.

Les nobles d'Aquittaine, informés que Clovis, roy de France estoit chrestien, le requirent recepvoir à protection contre Alaric, arrien, le priant de faire chasser les évesques hérétiques et y remettre les vrays evesques textiles, comme Euxochiusde Lymoges, Quintanus (1) de Rodebc, Ambroise de Cahors, et autres. Sur ce ClovisËstadmQnnesterlersyAlaric par ses ambassadeurs, par lesquelz entrevues furent faictes des deux rois à Amboise, l'an 506, où fust faict quelque acord, lequel Alaric faussât. Dans laquelle paix estoit dit que Alaric remettroit les évesques exillés chascuns en son siége. Et parce que Euxochius, évesque de Lymoges, s'estoit retiré devers le pape Simmachus à Rome, et delà en Angleterre, ayant sceu ladite paix, retourna à Lymoges, et voyant son siège occupé par un autre, n'osa se manifester, ains s'en al!a visiter le sépulcre de Sainct Martial, où il fust recognu par les Arrieus et misérablement tué par iceux devant le sépulcre de Sainct Martial, et aumesme lieu honnorablementensepveli par les chrestiens. La commémoration duquel se fait le 24" septembre. Depuis, le corps a esté transféré dans une chapse, dans la chappelle de Nostre-Dame, dans la carolle de la église Snt-Martial, où le corps saint est encore de grande présant, réservé le chef. Laquelle chapsefust ouverte l'année

(f) .S' Quintian, évéque de Rodez (Con,m).

–6S–
!6.. (1) par certains de Mess' les chanoines, et fust trouvé corps avec Fescriteau; lequel est appelé Androchius ~).

De//aïc~ des Vuisigots par Clovis, l'an 509.
Clovis, roy de France, estant adverti de la mort. de l'évesque Androchius et d'autres choses que fesoient les Vuisigots contre le traicté qui avoit esté faict, amassa gens de toutes parts, tant des Gaulles que de Germanie, parce qu'il doutoit que Théodoric, roy d'Italie, donneroit secours à Alaric. Lequel Alaric aussy se fortiffia. Clovis, ayant assamblé ses gens, print le chemin de Tours et envoya fère ses dévotions à S"' Martin; et, entraus dans régtisc les gens dévotz qu'icelluy roy avoit envoyé, ou ['on disoit matines, le chappier comme, mança à chanter le verset du psautier Py'tBCM!a;ï.<! Do~Me, virtute ad bellum, XM~p/NK~S~' in me, !M6'Mr~eH<6~ me 5M~<MS et MKmZCO~ ?)!80& dedisti mihi do?'~Mm, et odientes me dï'g?~!s~, « Mon Dieu, tu m'as tié par tes vertus à bac'est-a-dire
(1) Les deux derniers chiffres de la date manquent dans le manuscrit. Ni CoMin, qui fit paraître sa Vie des Saints en 1672, ni le P. Bonaventure, dans son T. IH, publié en 1685 (p. 153), ne parlent de l'ouverture de la châsse. Le P. Labiche de Reignefort dit que le nom de Saint Exoce se trouve dans un bréviaire mss. de l'église de Saint-Martial, du xiv siècle, et qu'il est aussi nommé dans la légende du nouveau bréviaire de Limoges, au mois de juillet. Nous ne voyons figurer ni Androchius ni Exochius dans aucun des bréviaires ou missels limousins que nous avons à notre disposition. !t n'en est pas fait mention dans le ~Ms~ MmoMM~in-foL, imprimé à Paris, par Jean Dupré, en 1483. LaCaMt'o. christiana est très réservée relatifs à E.rottMS, et se contente de citer quant aux renseignements quelques vers de Fortunat auquel elle renvoie. (2) V. CoLLiN, Histoire sacrée de la vie des Saints (Limoges, d6'?2), in-12, p. 299 et suivantes. Collin, qui renvoie à Bernard Guidonis, évêque de Lodève, ne fait qu'un seul personnage de Exotius et Andronhius. Le P. Labiche de Reignefort (Six mois de la vie des SaM!~). ne parle que de Saint Exoce, évêque de Limoges, et ptace, comme Collin, sa fête au 6 août, au lieu du 24 septembre, comme le dit notre annaliste.
5

[BahiUe de Vouillé. J

-66taille, tu as supplanté soubz ma seigneurie ceux qui contre tu as donné fuitte à mes ennemis et moy sesontestevés, » destruit'meshayneux.H Ce qu'estant rapporté au roy, il tint pour bon présage, et promist à Dieu et S"~ Martin, s'it gaignoit la victoire, le cheval sur lequel il seroit monté. Et, suivant son chemin vers Poictiers, dans laquelle ville Alaric estoit fortifné, croyant que ledit Alaric le voyant approcher sortiroit d'icelle ville de ,Poictiers pour aller à Bourdeaux, parquoy le roy print résolution de luy coupper chemin et le renfermer, et, pour ce, envoyast des gens devant tuy. Le roy continuant son chemin vers Poictiers avec le reste de son armée, et estant aune ilieue de Cbastéteraud, pansants passer la rivière de Vienne à gué, où est à présent appellé le port de Senon, par batteaux mais, à causse que la rivière estoit enCée, et qu'itz ne pouvoient assès avoir de batteaux pour passer sy grand nombre de gens, le roy fust fort estonné. Parquoy il eust recours à Dieu par ta prière qu'il fist en secret, dont voici la teneur, ainsin qu'il est dit « 0 bon Dieu, vray seigneur de tout le monde, qui aves toute puissance sur vos créatures, regardés mon voulloir et affection! Vous sçavès que ces malheureux Vuisigots ont infecté tout ce pays de t'erreur arrienne et que ma principalle délibération est de vous vanger par glaive, c'est-à-dire d'estre exécuteur quand à ce de~vostre divine justice, et habolUr ceste hérésie. Je vous prie que me soyès en ayde à passer ce dangereux passage, en sorte que je puisse rencontrer mon ennemi ~t fêre de !ui ce qu'il vous p!èra m'ordonner. » La nuit, Clovis fust inspiré d'envoyer partie de son armée tout le longt de Vienne jusques à Lussact, qui pour lors estoit une forte place, et y avoit un pont pour passer ladite rivière de Vienne, ce qu'il fist le taitdemam ~)our ranconu'er Alaric et ses gens s'its prenoiént le chemin de Thoulouse ou Auvergne. Et estoit i~a principa!!e demeure à Thoulouse. Et,.comme les soldats de Clovis fe.soient bruit à leurs parlements, une biche sortit d'un boccage, après laquelle on se mit à crier pour la prandre et suivre jusques à la rivière. Laquelle biche passat ladite rivière sans nager. Quoy voyant, te roy Clovis fist aller des gens après la biche pour sonder te gué qu'ils nommèrent bon, par lequel le roy Clovis et tout le reste de son armée qui estoit de plus de soixante

–67-mil combatans passèrent. Ce que voyants, ceux. qui estoient à Lussac furent fort estonnés par quoy ne l'attendirent et la rivière sur les ponts pour aller au devant d'Alapassèrent ric. Quoy voyants, les François se tindrent sur les bords de la rivière attandant le roy Clovis, lequel estoit parti de Poictiers pour aller au devant d'Allaric, lequel Alaric, s'estoit sauvé de Poictiers, pansant trouver passage sur les pontz de Lussac, lesquelz il trouva rompus par ses gens mesmes. Lequel estant près Cubort apperceut d'autres François. Alarict, voyant ses ennemis d'un costé et d'autre, fist campt entre le lieu de Cubort et ledit chasteau de Lussac, en un lieu qu'on appelle de présant Cyvaux, où Clovis et les François présantèrent bataitte, qui fust longue et cruelle, et sans cognoistre qui auroit du meilheur. Les Vuisigotz et Auvergnats de prime face voulloient prandre la fuitte, n'eust [été] leur roy qui estoit hardy parquoy les remist eu ordre. Finallement le roy Clovis et Alaric se rancontrèrent dans la meslée, testea-tcste, où se combattirent longuement. Lequel Clovis, enfin, tua ledit Alaric par quoy les François, reprenant plus fort leur courage, mirent en tel désordre les Vuisigots et Auvergnats qu'ils prindrent la fuitte. Lesquelz estants suivis, en fut tant tué que les chemins en estoient plains. Et fust la bataille depuis Cyvaux jusqu'à la paroisse des Églises, près Chauvigny, tant deçà que delà la rivière de Vienne. Et encores void-ont des tumbeaux et séputcres de pierre par les chemins et audit lieu de Cyvaux. où y a cimetière, en si grand nombre et si bien arangés les uns près les autres et dessus les autres que c'est chose admirable, lesquelz y sont estés mis miraculeusement plutost que par mains d'hommes, ce qui est à croire. ALMARic, filz dudict Alaric, et Apollinaire, comte d'Auvergne, aveq le reste de leurs gens se retirèrent, sçavoir Almaric en Espagne, et Apollinaire en Auvergne. Lequel Atmaric fust poursuivy par Théodoric, filz aîné de Clovis, et [fut] print Lymousin, Quercy, Languedoc, Rouergue et Auvergne. Et Clovis demeura à Poictiers, puis s'en allast à Bourdeaux, où il passa l'hyvert, et après s'en allast à Thoulouse, où il trouva les principaux trésors du roy Alaric, qu'il emporta. Le roy, revenant de Thoulouse avec sa femme Clotilde, vint à Lymoges, où ils séjournèrent aucun temps,

[ Amatric.j ]

--68–
ft en forme de pèlerins visitèrent De ~OÎMC~ LeOMTd, le séputcrcdeS~' ~6n?M~. (') MartiaL

Clovis a Bourdeaux, ce perdant que son H!x [S'IÍnt" Lluu,d.) estoit à ayant séjourné Thoulouse, lequel ayant receu t'o&éissauce des boones villes de Gascougne, ledit Théodoric s'en revint par Albig'eois, Rouargue, Auvergne et Lymousin, et vint a Lymoges, où il trouva son père Clovis chassant aux bestes sauvages, en ce temps y en ayant grande quantité, le pays estant déseft à cause des guerres gottiques. Auquel lieu la royne OotHde vint voir le roy, estant enceinte. Un jour se trouvant mattade d'enfant sy fort qu'on n'y attandoit vie, estant en un chas' [eau sur la rivière de Vienne, apelé j!VoMKaCMM, distant 4 lieues de Lymoges, où, dans la forêt, ~esoit sa demeure Sainct Léonard, hermite, vivant en grande austérité, lequel estant apellé, par ses prières et intercesstons, ayant mis sa sainture autour de la royne, elle se dé!iv!'a miraculeusement sans aucune douleur, et acoucha d'un filz, dont le roy et toute la cour, furent grandement contants. Lequel roy, ayant offert plusieurs dontz à Snt Léonard, qu'il ne voulut :'pc<*pvoir, mesmes de le retirer de son hermitage, lequel il ne voutust aussi quitter, Sainct Léonnar demandât seulement au roy [que] le circuit qu'il feroit en une nuit fust franche do taille, ce que le roy luy ottroyat. Et despuis a esté bastic une ville nommée dudict sainct, et ontjouydu depuis les habittans d'icelle de ladite franchise, et une lieue tout autour d'icettc. Le corps dudict sainct y repose dans une belle chusse, dans une belle église bastie à son honneur, où il s est faict de très grands miracles et s'en faict tous les jont-s. Les femmes cilceintes luy ont une grande dévotion, comme aussi les prisonniers et captifs. C'est merveitheux du nombre de chaisnes, forts, crappaux, enfarges (~), manottes e~antrcs effroyables ferts qui sont pandus dans ladite église, qui sont estes portes Histoire de la vie et du culte Saint L~MS?'<M (1) F. OROUX, Z.moMSM. –Pans, Barbou, 1760, in-i2. r. surtout ARBELLS'r, t'M de Saint L~OMfn'd, olitaire en ~MNOttMK, miracles et $OK 2-1 s ses culte. Paris, Jacques Lecot'tre, 1863, !n-8. (2) EK/sr~fs. chaînes (DucANGr.).

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p~r ceux qui sont estes st'ro~h)ci'uy;tbiG()'cii(H)'cic ront, voir. estant sy grand qu'il dctivrés, nombre, (tue tes dëvoLieux pour-

SAtNCTLÈo.\A!tDetSA[KC)'L)):)''AHT(t)estoient6tzdeLingoumeris (2), comte du Mans, lequel Clovis, étant encore payen, fi,t tuer ledict comte, parquoy les enfans Léonard et Liefart se retirèrent vers Sainct Remy qui les receut amiablement, lesquelz il instruisit jusques à i'eage de connoissance. Lesquelz se retirèrent., sçavoir Sainct Léonard en. Limousin, après avoir demeuré quelques années avec son frère Liet'art le longt de Loire (et tient-on par assenré que Clovis avoit porte sur les fonts baptismaHes ledit S"~ Léonard, et que son père estoit son proche parent), et Sainct Liefart demeura à [Meung, avec S. Urbicc'j (3). Tritemius Canisieux (4) parle des S" Léonard et Liefart, frères, en son Martyroioge, et que S'~ Léonard décéda le 6 novembre l'an SS9. Génébrard (5) en dit de mesme. Plusieurs rois, princes et seigneurs sont venus ou ont envoyé à son sépulcre, et plusieurs prisonniers, après teur délivrance, tant des pays estrangers que du royaulme lesquelz estants délivrés des cachotz et prisons ont apporté les ferts dont itz estoient attachés, comme il se void maintenant à son égtise, ce qui ne peut estre rapporté, vue la grande quantité, que par la visite des dévotieux. Ses miracles sont dans sa vie, sans comprendre ceux qui se font tous les jours à t'endroit des prisonniers et femmes en travail d'enfans et autres maladies. (6) L'année
(1) Lifardus. (~. Acta sanctorum, 3~'MKM).– BaiHetditqueron. croit que Saint Lifart était frère de Saint Léonard de Vendeuvre et non de celui de Limoges (Vie des Saints, 1739, t. IV, p. S6i.) ,2) Lt~OMer. (3) 11y a )à une lacune dans le manuscrit. Nous renvoyons aux Bollandistes, 3 juin. (4) Le compUateur confond en un seul deux auteurs différents Jean TiuTHÈ~E. auteur du 7'ratM des hommes illustres de l'ordre de Saint Bgnott, cité par M. t'abbé Arbellot (Vie de Saint Léonard, p. 24S),et Jacques CArusujs, traducteur de la Vie des Saints, de RIBADEKEIRA. (S) GiibertiGKNEBRARm e~ro!i0'/)'ftp/tt((.sriniis, ta67, iti-foiio. (G) Ce qui suit, jusqu'à la fiu de t'ttinéa, est f)c la mc'ne écriture, )n;)is parait avoir été écrit postérieurement.

[Saint

LihrJ.~

–-M–
1638, fust députté nu chanoine et un consul pour porter une relique du saint à [iajroyne de France. estant encein te de Monle dauphin, à présent Louis 14' Roy. [S.VMtty.] seigneur de saiïut L'an S28, Sainct Vaulry, natif de Germanie, vint en Aquittaine, oàii édiffia un monnastèrf: dans le Limousin, on il demeura longt temps, resptandissant de grandes vertus et miracles, tant en sa vie qu'après sa mot't qui fust le (t ). De la restitution du comte Jocundus.

~Jocondus, SamtMIchet-~ePfstono.j

Après que Clovis eust deffaict te roy Alaric aveq ses Vuisigots, .!ocundus, comte des Lémoviques, qui avoit esté exillé par Théodoric, fust par Clovis restitué en son premier estât lequel Snist ses jours à Lymoges en grand austérité et pénitance, et apprès son décedz ensepvely au monastère de Saitttà présant en cure, où son corps repose Michet-de-Pistorie, dans la chappelle qui est costé de FaMet, soubz l'ancienne tribune des PénUans Noirs, soubz une arcade, dans un cercueil de pierre-eslevé, au devant duquel sont estevëes des fleurs de lis en rose ou en rond. On le tient pour un sainct. Icelle église dëpando~t de l'église de Sainct-Martm-de-Tours, laquelle S"~ Iriers, filz audit ;!ocundus, soubzmit à son nepveu Eytier, abbé de Vigeois, avec l'abbaye de Rançon. IceHe. église est fort antienne par plusieurs remarques dans une petite chappelle qui est dernier [derrière le sëpuicre dudit Jocundus, le marche-pied de t'autet estoit pavé de petites pierres blanches et autres, à la mosaïque. Et au miltieu de ladite chappelle se trouva, dans un cercueil de pierre soubz terre, un corps avec ses habitz, lesquelz ayant vu i'air se mirent en cendres, qu'on n'eut le temps -de discet'ser. Et dans le mur de l'église, où estoit antiennnment le gran~daute!, estoit un autre cercueil de pierre blanche, où* le corps estoit, les os estants blancs comme ivoire. H reste encore de Fan: tiquité le ctoc~er ou la tour en quarrë, au haut de laquelle l'on attumoit des lampes aux vigilles de l'antienne église. L'an. 1630, certaines personnes du pont Sainct-Martial ayant dé,1; La date manque.

votion au tumbeau du susdit Jocundus firent tant envers le vicaire de ladite égtisc qu'elles obtindrent des ossements du sépulcre dudict Jocundns, )esque!x ayantx dans leurs maisons, il y eust tant de tintamarc jour et nuit et mesmes chès ledit vicaire lesquelz ne sachants d'où cella provenoit, pansoient ne pouvoir plus hahiter dans tenrs maisons, jusques [à ce] qu'ayant demandé advis à quelques religieux, furent contraintz de !es remettre audit vicaire, lesquelz il remist dans ledit cercueil, et en fut tout repantant, et despuis le tenoit pour sainct, et te tenoit en grande vénération, comme il se peut vérinie).

Co?~M<Mcc?7!e~ bastiment de la Gitté. dM
En ceste saison, commencèrent tes habitans de la Citté de Lymoges, estants en nombre compétant, à restaurer de nouveaux murs leur Cytté, n'y comprenant t'antienne région du pont Sainct-Martial, origine première, comme estant de tropt grande estandue, comprenant seulement en icelle nouvelle édifScation et dans le circuit d'icelle ce que nous appelons la Cytté, qui comprand despuis la rivière ou le pont SainctEstienne et le Naveix, tirant à la Porte Pané et de là à S" Maurice, puis traversant entre le faux bourgt Boucherie et la porte qu'on entroit venant du fauxbourgt Manigne, et tout le longt des murs jusques à la porte qui estjougnant l'abbaye de la Reigte, taqucHe abbaye après estoit fermée de mur jusques à la rivière. Et dans l'anclos d'icelle estoient l'église cathédraHe de S '-Estienne et maison ëpiscopaite et, au devant d'iceUe, t'égtise de S°' -Jean, parochialle, anexe de la cathédralle (ie curé d'icelle ayant droit de baptiser depuis Pasques jusques à la Pentecoste, seul sur les autres paroisses de la ville et citté, et, le cas advenant, sans avoir sa permission; les cnfans baptisés en icelle ont droit de porter surpeli aux autres paroisses à leur choix); ladite abbaye de la Reigle, des religieuses de l'ordre de S°'-Benoist; l'église S~-Grégoire, à présant nommée de S"Dampnoiet à cause du corps sainct qui la prioré de Sainct-'André, a présant possédée par y repose; les rëyét'andz pèrps Carmes Deschaux, estant aussy curialle,
Enceinte hCité.] ] do

;S.FMot.)

iafoation de laquelle est transféréeà !a cm'Gde8")atCpnotet; autre petite chappelle, anexe du prioré de Sainct-Juiien-danstcs-murs, au dessus de la Porte Pané a présant destruite, appelée de Saincte-AiTre; et, plus bant, !'égUse pat'rochiate appelée de Sainct-Maurice, plus autre petite église dédiée à Sainct (1), que les religieuses de Sa!ncte-C!ai)'e out teau. A présant la tiennent les religieuses de S"Josept', dites de la Providence. Despuis les religieuses de Saincte-Oaire on fait leur égtisc et bastimems. SA!NTFÉRÉOLfust le 18° évesque de Lymoges, tequeLvescut fort sainciement, et tint le siège 38 ans, et décéda le 18" septembre, auquel jour l'Eglise de Lymoges célèbre sa feste. Son corps repose en Fég!ise de Neixon, à 4 Heues de Lymoges, duquel il sera parlé cy-apprès. Le royaume ~A</M~a:Me s:tppnMg, 6~ coM~e?~ -So~c~ Iriers entra en reK~oK.

[FittJeh JutainatioQRomaine 'L'uA~uitaina.]

~5uccessenrs du ChxM.j

~CMadom!r.]

Après que Clovis eust remis t'Âquittaine a son obéissance et supprimé le royaume, n'estant plus subject aux Romains les Lémoviques vescurent en paix et tà'cherent à bastir teurs maisons et peupler leur nouvelle citté. Clovis estant décédé laissa trois filz tégitimes et un bastard. CbUdebert partit le royaume aveq ses frères, et !uy demeura roy de Paris et tout le pays de NcusU'ienu Normandie, et fust seul roy de France ocidantate et estoit !e siège estabti à Paris. Clottaire eust le pays de Soissoas et Picardie Ciodomires eust Orléans et le royaume d'Aquitaine et fùst le 8~ roy, et Tbëodoric eust l'Austriche, Loraine et Bt'abant. Ledict Clodomires, à la requeste de sa mère Clotilde, ne pouvant retirer ses droitz qu'elle avoit en Bourgoug'nc, nst la (1) Le nom manque. II nu peut être question que de ta chapelle de Kotre-Dame-du-Puy-en-Velay ou se tixercnt les Dames de la Prov!jB~c~ /tMdcnce, [e 13 décembre }6S9. (~. Fabbe RoY-PtERREFtTTE~ f<ML:HM)MMKSt~C ~~(H'C/fe. GuCrot Ct. tort~MMSMt'les MOKSsMfCS Limoges. ).S6~et suiv.~ in-8.

–~3– guerre à Gondemar et Sigismond, roys de Bourgougne, ses cousins germains qui occupoient le bien de ladite royne où Sigismond fust prins, avec luy sa femme et ent'ans, Clotilde; lesquelz moururent à Orléans, et poursuivit Gondemar qui restoit, qui avoit une puissante armée. Et Clodomires avoit avec luy la puissance d'Aquitaine, sçavoir. Gascons, AuverPoictevins et guatz, Berruiers, Lymousins, Tourangeaux, mirent en fuitte les Bourguignons et leur roy autres, qui Condemard, lequel fust poursuivy par Ctodomires, lequel s'estougna tropt de ses gens. Lequel Gondemard, retournant sur Clodomires, le tua; puis se retira Gundemard, dans la ciné d'Autun où il fust assiège par les frères de Oodomires 'et en fin tué. Lequel Clodomires laissa trois filz apelés Gontier, Théodoal et Clodoal (d), qui demeurèrent à la charge et conduite de leur ayeulle Clotilde. Laquelle désirant les estever jusques à l'eage de pouvoir jouyr des biens de leur père, quelques temps apprès, Childebert et Clottaire, oncles desditz à Paris et conclurent entre eux de enfans, s'assemblèrent faire mourir ou tondre en religion les trois enfans de leur frère, qui c'stoient eu la compagnie de leur mère, et pour ce mandèrent à letirdite mère Clotilde de vonHoir leur envoyer leurs nepveux, anin de leur départir les biens de leur père, ce que la bonne royne fist, estant joyeuse que cella vinst plutost d'eux que si elle les en avoit requis. Lesquelz estants arrivés devant leurs oncles, incontinant iceux Chiidebert et Clottaire, oncles desditz enfants, envoyèrent vers leur mère Ctottilde un messager avec une épée nue et des scizeaux, et luy dirent la(jueUe des deux elle ayme mieux pour ses trois petits-filz. Laquelle esmue de tel changement, elle dit qu'elle aymeroit mieux l'espée, estimant en elle que l'espée estoit voccation mi!litaire, que les cizeauxestoient de les reciure par force, ce qui seroit desplaisant au service de Dieu parquoy elle choisit l'espée. Ce qu'estant rapporté ausditz Chitdebert et Clottaire, ledit Childebert prand ladite espée et tua l'aistté, puis venant au segond, lequel s'enfuit a son oncle CtoHaire, ['enbrassant t.'i cuisse, lui criant miséricorde (te le sauver. Ce que voulant faire, ledit ChHdebcrt luy dit que s'it i'cmpeschoit, il le tue-

.t)Co!)thcr,Thcudo\a)dptChfodowatd.

M.M.\K'nN..

–T4–

~cStuntCtou'f.

roit luy-mesme, ayant consanti à leur mort; -parquoy il déprint i'enfant qui fust anssytost meurtry. Sur !aquette dis-~ = pute, Clodoal ou Oond, le pins jeune, se sauva secrettement derniers les soldatz qui estoient là présants, et trouva moyen d'esvader, et se sauva dans une religion socrettement qu'on ne sceut trouver, et y vescu saiutcme~; parquoy est mis au rangt des sainctz, et se cétèbre le Les septambre. Aquittaniens devroient avoir singuHère dévotion à iuy, car, par la mort de ses frères, il estoit roy d'Aquittaine. Dont la royne Clotilde fust fort faschée. Théodebert, roy de Metz, fist Arredms son chanceUer, tequel nous apellons S"' Iriers, fUz de .tocundus cy-.devant dit. Lequel 8°' Iryers, estant adverti du decedz.de soit père, )'an 542, laissat le monde pour entrer en un monastère, pour servir Dieu, édiffiant plusieurs églises en Lymousin, mesmement le monastère d'Hatour ou Athano (1). à~prësant !'cgtise de Sainct-Iriers, à six lieues de Lymoges, dans son patrimoine, où il mist le corps de Saincte Pu!agie, sa mère, de laquelle Grégoire de Tours met, au Hvrc de ses miracles, entre les saintz, descrivant son trespas merveiHieux. Ledit S"' Iriers vescut fort sainctement, et, après avoir vescut ton(2). guement, il décéda Agé de cent ans, le Clotaire, seul roy l'an 560, avoit eu cinqt femmes, la dernière desquelles fust Saincte Radegonde, de laquelle U n'eust d'enfans. Par certaines raisons eUe le quitta et se mist dans un monastère pour servir Dieu. De la troisième Heust un filz nommé Cram, outre d'autres qu'il avoit de sa première et autres. Lequel Cram se porta roy d'Aquitlaine contre le voulloir de son père. Lequel [Cram] rançonnoit te pays pour survenir à ses desbauches, ce que ayant sceu, douaire envoyât t contre CramAribertet Gontrand, ses autres entants, aveq partie de son armée. De quoy Cram estant adverti, parti d'Auvergne pour aller trouver son oncle ChHdebert qui lui avoit promis ayde contre son père. Sy entra en Limousin accomt. (1) ,4fOK (G&UFREDUS LABBH, H, (CoHj!N);/1MŒHMS VoS:E[!StS_~pK~ p. 386). (2) 35 août, d'après Labiche de Reignefort, 36 aoSt, d'après CoUhit le 2S ou le 26 suivant les anciens bréviaires,

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–'75– pagne de meschaus gens, prenant, toutes les forteresses qu'it pouvait, et plusieurs maux. qu'itz fesoient telz, que le peuple du plat pays se tenoient aux lieux les plus forts pour se garantir de luy. Lesquelz Aribert et Gontrand suivirent jusques au chasteau de Monbrun où ilz Fasiégèrent, et le firent sommer de remettre a teur père les deuiers qu'i) avoit levé indhuement sur le peuple et, là, y eut quelque appointement et ne voulurent combatre par quoy se retirèrent en Bourgougne, et Cram se retira vers le roy de Bretagne, nommé Chonorber. Et, estant poursuivi de rechef par son père Oot'airc, avec puissante armée, fust donnée batailhe où ledict Cram fust prins avec sa femme et enfans, lesquelz tous [C!ottaire] fist mettre dans une petite maison couverte de chaulme, et les fist tous bruller dedans. D'aucuns Lymousin, sainctz personnages natifs du pays soM&z CAere~er~ roy de France, l'an de 566.

Clottaire mort, ses enfants partirent le royaume Gontrand eust le royaume d'Orléans et Aquittaine, qu'il tint neuf ans, ft après bailha celluy d'Aquittaine à Sigisbert. En ce temps, florissoit Sainct Eutachius, évesque de ChasIons (1), natif de Lymoges, qui avoit esté pourveut à l'évesché a la requeste du roy Sigisbert; lequel décéda à Rodez, revenant d'Espagne d'où il portoit les reliques de Saincte Eullalie, vierge, par commandement du roy. Il eust un frère nommé Lomer, lequel eust beaucoupt de et vesquit en grande austéritté, rcsptandissant perturbations en miracles, lequel ftnist ses jours eagé de '7S ans (2). En ce temps, norissoit Sainct Bolosus, natif de Lymoges, auquel, assigné lieu par t'évesque de Bretagne ou de Rennes, nommé Cilles, au pied d'une montagne, édifua une abbaye et, certain temps apprès, en édiffia une autre au hau[t d'une grande montaignc. [) demeura -M ans ou environ vivant en grande austérité et pënitance, où apeHa un sien nepveu,
(J)Châ)ons-sur-Marnc. (3) Foygx sur Saint. Elaphe et Saint. Luniier t.[![,p.'202,ctCoLL!N.

{Samt!)a)'he.1

(Saint

t.lImirr.'

;~intBas~'

le P. Bo~EKTURt'

-76– nommé Balsanus, aussy de la ciné (ie Lymoges, anquel il laissa le gouYernemcMuprès son décedz, l'an 56é. Balsanus, suivant les ve~Uges de son oncle, par aucuns temps, tint ladite scelle en jeusne et ora!sons'cont!nue!!cs, taisant œuvres méritoires contre les infideHesY~andaUesqui, en ceste saison, com'roient le pays et raytSSOtCtt). out. t

[Stun~ U(tisane.}

DM grand ~~Mor que Gontrand, trouva en Limousin, dont il de .S~ Mar~a~ d'or, l'an 58S.

roy d'A~îM~aMe, couvrir la châsse

Ih~8 de Gontrand; Iléco\1\t'rCe el'un tresur. 1

H est escript ez vielles 'pancltartes du pais que Gontrand, roy d'Aquitaine et d'Orléans, estant beningt de nature, sage, tibéral et pieux, et de bonne conduitte, chassant par le Limousin, sur le chaud du jour, il eust vollonté de..dormu', descendit de son cheval et se reposat près d'un petit ruisseau, à l'ombre d'un bois, à la garde de son escuyer. Lequel, comme il dormoit, l'escuyer vit une petite belette sorti!' de la bouche du roy, cherchant le longt du ruisseau passage. Ce que voyant, l'escuyer tira son espée et l'appuya sur tes deux bordz du ruisseau, ou. la bellette passat, s'en entrant dans un trou soubz une montagne, et, à peu de temps, sortit, et repassât sur ladite espée, et s'en retourna dan's -la bouche du roy dont ledit escuyer fut fort émerveîihé. Le roy estant éveilhé contat audit escuyer un songe qu'il avoit fait pandant sou sommeil c'estoit qu'il estoit venu sur une rivière il ne pouvoit passer sans pont, et, cherchant, il eu (aquellc avoit trouvé un de fert sur lequel il avoit traverse la rh'tère, et estoit entré dans une grotte au pied d'une montagne, où il l'avoit trouvé plaine de très grandz thrésors. Lors l'escuyer tuy compta ce qu'il avoit vu pandant qu'il dormoit, monstrant où it avoit mis son espée sur le ruysseau et le lieu où avoit entré la belette. Ce qu'entandantle roy fust curieux de savoir la veritté de son songe, appela des manouvriers et gens propres pour la conduitte d'iceux, et (!St_fouyr au lieu où avoit entré la belette au dire de l'escuyer, ou, apprès quelque temps, trouvèrent dans une cave un roy et une royoe «t autres moindres qui estoient leurs Riz, assis à une table, le

,"1tout d'or massif, lesdites figures cstantz des mesmes grandeurs de. ceux qu'itz représantoient, et y avoit des lettres les personnes, le tout de très grande estimaqui signifnoient tion dont ledit Gontrand fist couvrir la chasse de Sainct Martial d'or et fondat un prioré de Sainct-Martiat près Chasion-sur-Sône, qu'il mist soubs l'obéissance de S'" Martial, et fist de grandes aumosnes. Nicole Gilles, en ses ~4)M:a~&!de d'accord du songe et non pas des figures, Ff<:Hef(i),demeure mais d'un très grand thrésor d'or et d'argent. L'on tient que le susdit trésor fust trouvé près le palais Jocguntia, à une iieue de Limoges, que Duratius, premier duc d'Aquittaine, avoit fait bastir, comme dit est à fol. 28(2), lequel Duratius estoit fort riche, et que c'estoit sa figure et de sa famme, car il s'en trouva un autre a Chaslux, samblable en figure, du tampsde Richard, roy d'Angleterre, comme sera dit cy-apprès. Seconde 6~, ruine et démolition de Chilpéric, de Lymoges par roy de France, Théodeestant

filz Sigisbert roy d'M!~o!Me.

Tous les historiens's'accordeut touchant les grandes guerres qu'eurent Chilpéric, roy de France, et Sigisbert, roy de Metz et Aquittaine, son frère, taqueUe guerre dura longuement comme Chitpéric fesoit mener cette guerre par Théodebert, son fils, et Sigisbert, soustenu par Gondebaut, guerroyant i'Aquittaine, et fust print Théodebert. Oit fust fait accord, lequel ne dura, car, l'an 5T7, ledit Chilpéric envoya en Neustrie, à présant Normandie, sondict filz Théodebert aveq grande armée estant de l'obéissance de Sigisbert, où il fist pilhier et destruire plusieurs beites places, et, départant de là, vint en Aquittaine. A i'encontre duquel vint Gondebaut, Heuteuaut du roy Sigisbert, lequel perdit la bataille et
annalles des trespreux, tresnobles, ~1) Les treselegantes et COpMMSB~ <?'McA?'M~'eKS excellens tKO(~rC[<gM)'S et des belliqueîtses Gaulles. maistre Nicole Gilles. Paris, 1533, in-fol., t. I, eomp~M par. fol. 22. (2) V. ci-dessus, p. 37.

[Raine

tIeUmoj~'9

par TMMiibcrt.]]

–T8– s'enfuit à Poictiers. Thëodebert, ayant obtenu cette victoire, marcha sans aucuns empeschemens, exillant le pays jusques à Lymoges, et, trouvant la Citté dépourvue de gens et de tout ce qui estoit nécessaire pour la garder, la prinst soudainement d'assaut, la mettant en estrange désolation, sans espargner clercs, faisant mourir tous ceux qu'itz rencontroient, sans rien esparnier, violant filles et vierges consacrées à Dieu. Ce que S"' Grégoire de Tours dit de luy qu'il fust en Touraine, Poictou, Saintonge et Lymousin et Quercy, pillant, ravissant femmes et filles, n'espargnant rien, mettant le tout à feu et sangt, ce qui n'avoit jamais este faict par les infidelles et barbares aux précédantes guerres, Voicy ce que en « Monasteria rapporte Nicolles Gilles, prins de Snt Grégoire servorum et ancillarum Dei devastans, monacho&siveciericos tormentis, sanctimoniales vero turpibus dehonestamentis affiOioctetiaciens, ut talisvisussitAcquittanicisqua!isquondam nus fuit catholicis ».

La mort du comte BowpMOi'e~MS. [MortJu Icelluy Théodebert se gouvernoit plutost comjne un tirant SaHttDomnoipt.j 1 que comme filz du roy chrestien. Auquel temps deffandoit la
ville lllartialis Dampnolenus, qui en estoit compte, homme de saincte vie, lequel voullant deffandre sa vme fust tué aveq grand nombre de ses cytadins, s'estant réfugié dans son église dédiée à S' Grégoire, qu'i! avoit faict nouvèiement bastir, et dans laquelle il fut inhumé à l'entrée d'icelle, à costé gauche, comme on void encore de prësaot. Son corps fust relevé le 3° apvril 1S34, comme est dit cy apprès (1). Les autres citadins qui furent tués furent tous retepvés longt temps auparavant, dont les ossements sont dans la cave soubz ladite église, desquelz il y en a grand nombre et de saints personnages. M y a grand dévotion et s'y fait bon recommander, s'y fesant des miracles, principallement pour les person-

(i) Ce fut le i2 avril et non le 2, comme notre mteur to dira plus loin, et comme le dit du reste le P. BoNAVENTORE, t.U, p. 76~~ coi.a.àiafm.

–T9– ttes qui viennent proches de la mort, pour lesquelles l'on faict dire messes et alumer la lampe qui est audit sépulcre. Mesmes, par tradictiou et remarque des antiens, lorsque lesdits ossements viennent à s'abbaisser, c'est signe que la contagion est proche; et, la santé revenue, ilz se retournent en leur premier estat. Ce qui fust remarqué aux dernières contagions de l'année 1631, où lesditz ossements baissèrent de trois à quatre piedz, puis, la santé venue, furent en leur premier estat, chose digne de remarque (1). Saincte Radegonde estant à Poictiers dans son monastère, desplaisante de ces insolances faictes à Lymoges, portant grande amityé au compte Dampnoienus pour sa saincteté de vie, l'ayant en recommandation, escripvit une espitre aux trois frères rois pour les induire à paix; où, apprès plusieurs offres faites par Sigisbert à Chitpéric et Théodebert, lesquelz ne voulluretit acepter, parquoy Sigisbert dressa une grosse tU'mée d'Allemauts pour recouvrer ses terres d'Aquittaine. Mais l'entreprinse fust rompue à la poursuitte de Gontrand, lequel fist promettre à Chilpéric de remettre ce que son filz avoit usurpé en Aquittaine. A ceste cause Sigisbert envoya en Aquittaine gens pour recepvoir ses terres; mais Théodebert n'en tint compte. Parquoy Sigisber), envoyast Gondebautt, son lieutenant, aveq Gaudegessis(3)etGoutraudBosson, bien accompagnés de gens de guerre, lesquelz sommèrent Théodebert d'effectuer la promesse de son père; laquelle il ne voullust, et se mist en desfance. Mais enfin il fust chassé de Tours, Poictiers, Angoutesme, et en fin fust tué et ensepvely à Angoulesme; et, par ce moyen, la guerre fust finie entre lesdits frères. Les habittans, qui avoient eschappé de la destruction de leur citté de Lymoges, estants grandement travaittés des les vieux pallays et autres antiens édifices ayants guerres, estes démoiis, firent travailher à clore leur citté, y conti!)uans jusques l'an 515. Dans lequel cerne avoient enclos t'égiise S"' Pierre, où est le sépulcre de sainct Martial. Lesquelz ne furent longt temps en repos.

Intervention de Sainte Radegonde en fa\'eur

de la paix.

[Encemt. dehCittSj

<t)~.teP.BoNAVËNTURE,t.[n,p.20~. "2) Godegisil (BONAVKNTUHE;.

-80-

Comment~farc, commissairepourlever un gros tribut, Fffust chassé, et ce qui advint. Le dec~~e réol et de SainctIriers.
[Troubtosau sujet J(i l'impAt sur tc~in.j 1

[Saint

FMo).~

[S.intYrim.]

Après plusieurs guerres, Chiipéric, rdy, vint en Aquittaine, l'ayant mise en son obéissance, après la mort de Sigisbert, où il fist de nouvelles descriptions, collectes et exactions, imposant sur un chacun de grosses sommes excessives que les habittans ne pouvoient payer. H fist faire un édit que ceux qui cultivoient les vignes seroient tenus de payer chacun an 48 pots de vin. Pour lever ledict subçide fut commis en Limousin uu nommé Marc, qui vint à Lymoges ez calandes de dont le vin mars, une année que les vignes ne portèrentrien, estoit bien cher, et ne pouvoient payer ladite imposition. Mais, sans avoir esgard à ce, s'efforça troptinjuricusement. Parquoy il fust chassé par le peuple, qui tuèrent tous ses compagnons, bruDèrent les cartes des collectes. Dont (~ulpéric, indigné contre les Lémoviques, envoya secrettemenj. des gens de la cour bien accompagnés, qui desmolirent certaines petites villes au pays,. et aucuns particuliers firent mourir, les autres affligés de paynes corporelles. Ceux qui s'absentèrent furent multés (1) par la connscation de leurs biens. Et y eusj. des prestres, prieurs et abbés liez publiquement à poteaux, et affligés de plusieurs paynes corporelles. Et en eust esté d'avantage, n'eust esté les prières du bon évesque Féréo), qui avoit sauvé la vie audict commissaire Narc. Et depuis, les Limousins furent opprimés de tant devexactions que plusieurs habandonnèrent le pais. Cepandant, au mois de septembre, les pluyes ayant continué plusieurs jours, les rivières très grosses et le pays inondé d'eaux, que les laboureurs ne peurent couvrir les semances, à cause de ce s'ensuivit de grandes malladies. Allors les Lymousinst prièrent Aredius ou Sni Iriers, qui se tenoit en son monnastère d'Athano, d'aller devers le roy Chilpéric luy remonstrer la grand pauvreté du pays, pour avoir rabais des tailles et subcides. Et tant fist (t) Lat. multare, punir.

-81– ledit sainct que, par ses prières et sainteté de vie, luy ottroya sa requeste à la persuation de la royne Frédégonde, et retourna en Limousin, Incontinant après mourust aagé de cent ans, resplandissant en de très grands miracles. Et fust ensepveli dans son église qui est à présant régie par un doyen et chanoisnes et autres prébandes, et depuis le lieu, en ville, qui porte le nom dudict sainct, le corps duquel repose dans une chapse d'argent. 1 En ce temps décéda sainct Féréot, évesque de Lymoges, le corps duquel repose de présant au bourgt de Nexon, à 4 lieues de Lymoges, resplandissant en miracies. Et après luy fust esleu SAINCTAscupEDtus, ou ASCLIPE, homme plain de saincteté et vie, plain de grande cbarittë et dévotion, qui, après son décedz, fust ensepveli à l'église Sainct-Pol-les-Lymoges (I) et transféré au monastère de Sainct-Augustin aussy lez puis où il repose dans une chapse. La célébration duLymoges, quel est le 23 décembre.

;j]..rt<i" Saint Ferréol.'

[Saint

Asc)epe.~

D'aMCWM eue~M~ de Lymoges.
Asclipius estant décédé, succéda à l'évesché SmpLictus (2), en rangt des évesques 17. Après la mort de Childebert, Tierry fust roy de Bourgougne et d'Aquittaine, et ce environ l'an 619. Clotaire, roy de'France, s'empara de l'Aquittaine pendant la minorité des enfans. Après te trespas de Simplicius, fust esleu évesque FoEux, en rangt des évesques de Lymoges i8, qui tint le siège neuf ans. Et après, luy succéda ADELpmus, en rangt des évesques 19 après le décedz duquel l'évesché fust vacante. Parquoy le peuple s'assambla au sépulcre de Sainct Martial pour impétrer de Dieu la grace d'eslire un bon pasteur au proffit de l'Église et contentement du diocèse. Dont fust accordé qu'Hz envoyeroient au roy Clot~SttNpUcios.] ]

[F.U..1

[AJelphiM.]

(1) Aujourd'hui la chapeHe des Repenties. (2) Entre Saint Asctipe et Simplicius, Nadaud pi:)ce Saint Loup, sacré iel2mai6i~. 6

?–

[Samt~ou['.J ]

[cre deux pre&tres de saincte vie et honuestc conver~utiot). Le premier s'appelloit Luppus, e'. l'autre (i), lesquelz hn'cnt_en cour, où ilz demeurèrent longuement sans avoir audience, pour exposer leur délégation. Cepandant le peuple prioit Dieu iuccssam mant qu'il luy pleust illuminer le roy de nommer le plus idoine et cognu du roy de saincte vie. Ce qui arriva par un miracle qui fust faict dans le palais du roy, à l'endroit de son filz atnë détenu mallade d'une grosse fièvre continue, sans espérance de guerison, au dire des médecins. Et estant apelé Luppus pour le voir et faire sa prière, laquelle ayant faite et donné sa bénédiction, ledit malade fust guéry et ds tout hors de fieuvre, ce qui le fist respecter. Et ayant scen je roy sa délégation, luy donna aussitost ladite évesché, puis l'envoya à son diocèse. Lequel estant venu à Lymoges fust receu très béningnement et en grand joye. Laquelle dignité n'et~fta.point son orgueil, mais augmenta son abstinance. vjvant dans une comme il avoit faict cy-devant lorsqu'il estoit prostré et gardien du sépulcre de Sainct Martial, auquel lieu, par ses prières, jeunes et veilnes audit sépulcre, il avoit obtenu toutes ces grâces. Laquelle vie il continua le surplus de ses jours faisant plusieurs miracles, et mesmes après son décedz, qui fust le 2~ may, auquel jour l'église de Lymoges faict mantion. -Et fust ensepvely dans l'église de SainCt-Michel-dcs-Lions de n'estoit si grande comme de présent, auLymoges, laquelle quel lieu son corps repose dans une chapse,-et void-on son cercueil de pierre au-dessus de la porte de la sacristie, resplandissant en beaucoupt de miracles. Et, pour dire de la dévotion, des peuples de touts sexes venoientjle toutes parts du diocèze en dévotion la veille de la feste, et cou~choientdans l'église jusques au l'endemain. Laquelle coustume a discontinué puis quelques années par ordre de monseigneur François de La Fayette, évesque de Limoges, causant quelques choses mal séantes à la dévotion. Le peupte ne laisse de venir faire
(i) Le nom manque. K L'un de ces bons prostrés nous gst.inconncu par son nom, mais non pas par sa suffisance, Car on demeure d'accord que c'cstoit un très-habité et vertueux personnage et trèspropre pour estro évesque » (CoLLiN, p. )S1.) Les BoUandistes ne donnent pas non plus le nom du personnage qui accompagna Saint Loup.

–83–
sa dévotion en très grand nombre. Voyez la translation au fueillet 155. Notta que le corps sainct reposoit dans une chapse de cuivre surdoré et le chef dans des couppes d'argent. Mais un dévot prestre de ladite égHse nommé messire Jean Iabraud demandant à un sien amy orpheuvre, par forme de devis, combien cousteroit de couvrir la chapse d'argant, ce que luy ayant esté dit, de ce pas va fère son testament et tègue icelle somme pour ce fère. Lequel estant décédé, son héritier ne voullut payer, mais fère perdre, s'it eust peu. Ce qui ne fust, car les bailles de la frériede Saint-Loupt le firent actionner, et tant fust plaidé que plusieurs jugements seroient survenus, et enfin, par arrest ledit héritier fust condampné à payer ladite somme léguée, aveq les intérestz et despans qui montèrent beaucoupt. LaqueUe somme n'estant suffisante pour faire un beau dessaingt, les habitans aydèrent, et fust faicte ladite chasse i'auuée [1645], laquelle pèze cinquante huict marcz d'argent, et fust faicte à Paris. Pandant lequel procès, il arriva de grands accidans audit héritier, par la cheute de partie d'une maison, où furent tués de ses enfans (1). A S"' Loupt sucéda à l'évesché de Lymoges HERTONOBERTUS en rangt des évesques 21, régnant en (2), France Dagobert, premier du nom. De Sainct Eloy.
Boi.] J

[Reliques de Saint Loap.;

[ncrtj;<!noi)trLj

Environ l'an 635 commança à fleurir Sainct Eloy, natif du
de Saint(1) V. Recherches historiques sur l'église paroissiale Mt'c/tg~LtOMS. Limoges, Bargeas, 1811, in-13, page 40. L'auteur, l'abbé Legros, dit que la châsse fut faite en 1645, que cette châsse et les coupes d'argent qui contenaient le chef de Saint Loup, furent entevées et détruites pendant la Révolution, et renvoie, pour d'autres détails, au P. Bonaventure, t. III, p. 232 et p. 849. Au reste ni Legros, ni Bonaventure ne parlent du procès. Ce dernier auteur dit que le cercueil de pierre était, non au-dessus, mais près de la porte de la sacristie. Nous ne savons ce qu'il est devenu. (2) Hertgénobert, d'après Nadaud qui place Simplicius et Félix entre Saint-Loup et Hertgënobert. Cette erreur, que Collin partage avec notre compilateur, est réfutée par le P. Bonaventure, t. P. 232.

[Saint

-84– village de Soubz rue('l); près du bourgt de Cbaptaia:, a deux lieues de Lymoges, filz de Euchère et Théorigie('2). Lesquelx, quand il fust un peut grand, le mirent ;) L~noges ch&s nn horpheuvre, soubz lequel il apprinst le mesti<H'; lequel auparavant avoit esté instruit a la langue latine, dont !1 avoit, aprins vaquer à Foraison aussi bien qu'au U'avail, lequel il ne fesoit jamais sans premier avoir fait sa prière. Duquel art il se randist fort bon ouvrier et le meilheurde son temps. En l'cage de 22 ans, il se retira vers Paris du tamps du roy Clottaire 2~, père de Dagobert, où il fust travaithe~chès i'horpheuvre du roy, lequel le receut à causse de son bon travail 0 et grand esprit. Un jour que le roy vouuoit faire fère une selle d'or et d'argant pour son cheval, fust employé S"~ Eloy, auquel donna le dessaingt et l'or et argant pour ce faire, lequel fust pesé. Lequel Eloy travailha [tant] qu'en moins de la moitié du temps pour faire une selle- il en fist deux samblables et du mesme poidz de l'or et argant que luy avoit esté délivré, l'une desquelles il apporta au roy qui en fust très contant et la trouva mieux faite qu'on n'avoit ordonné, ne sachant comment payer ledit sainct d'un sy beau ouvrage. Lequel dit au roy « J'ai encore une antre sejie samblabte de l'or et argant que m'avès délivré. » Laquelle Uprésanta, dont il fust esbay, ensamble les seigneurs qui estoient là présans. Lequel roy s'enquis de quel pays il estoit; et-sa façon de vivre estant rapportée, et que tout ce qu'il gaignoitille donnoitaux pauvres ce que ayant scen le roy, le print a son service. Et, apprès le décedz dudit roy, Dagobert régna, lequel fist faire audit Sainct Eloy plusieurs châsses et nutreg_choses d'or et les châsses des saincts Qenis, Rustiq et d'argant, sçavoir couvertes d'or fin et pierreries; mesmes une croix Eteutère, d'or enrichie de pierreries, laquelle on void M trésor de S°' Denis la châsse de S"' Germain, évcsque de Paris, de S"' Quentin et Lucian, de S~Séverin, abbé de Sainete-Geneviefvc, 2_ de S"' âlaurice-en-Walais, de S"' PictQ)), évoque et martir, de S"' Maximian, S*~Julian, S'° Colombe, de S"' Brice et de: S°' Martin-de-Tours, où il mist beaucoupt de pierreries que le roy Dagobert luy fornissoit; la table du grand autel de Sainct(i) Sousrue, commune de Chaptetat, an'ondtssemetit. de Limoges. ('2jEMC?(eretT'M.

–85–
Ftenis, reluisante en variété de pierreries preneuses, de prix. et autres choses qu'on ne sçauroit dire (1). H ixestunabie fust faict par le roy évesque de Noyon. et fist bastir ou restaurer l'église de Sainct-Martia! dans )'is!e du Palais à Paris, à laquelle il apporta de Lymoges des reiïques de S"' MartiaL Lesquelles portant, passant par Bourges, les prisons s'ouvrirent d'cites mesmes, oit les prisonniers suivirent la procession. H fonda aussy a Paris un monastère de reti~ieuses où S" Aure fust abesse. H fonda l'abbaye de Sotompnac (3), à deux lieues de Limoges, et y mist abbé un dévot, personnage nomn)é Rémactc, lequel pour sa saincteté est en la iégende dessainc)x(3); lequel fust faict. évcsque deTongres(4)au de Liège, où son corps repose. H fist bastir, aucuns dipays sent qu'il fonda, l'abbaye de Sainct-Martin-tez-Limog'es, où estoient ensepvetis ses père et mère, auquel lieu il donna la maison et bien de son père et autres biens pour nourrir vingt aSainct défaisant l'administration religieux, (5), son et plusieurs grands biens qu'il fist à la conversion germait), de plusieurs. Bref, après avoir vaqué en toute sainteté, il décéda à Noyon, le premier décembre, où son saint corps nns, resrepose en grand vénération, âgé de soixante-dix plandissant eu miracles (6).
(1) Pour tous les détails artistiques nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer à l'excellent ouvrage de feu M. l'abbé Texier, notre Dictionnaire compatriote d'or/ëvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (Paris, Migne. 1857, grand in-8'), aux mots HisToiR& DE L'ORFÈVRERIE. (2) V. A'ottM historique et descriptive sur l'abbaye de Solignac, par l'abbé TEXIER. (Paris, Victor Didron, 1860, brochure in-'t"). DE (3) 3 septembre. (V. LAMCHE REiGNEFORr,t. H, p. 1). (~) Non de Tongres mais de Maëstricht. Son corps repose à Stavelo, abbaye dans les environs du pays de Liège. On gardait à Solignac un des bras de saint Rémacle, que les moines de Stavelo y avaient envoyé en d2G8. (Ibid.) (5) Le mot est surcharge et nous ne pouvons le lire. H s'agit de Atduin ou Heidoiu, prétre de Limoges, frère de Godefroi, abbé de Saint-Martial, et de Widon, vicomte. L'abbaye de Saint-Martin fut fondée par Alicius, frère de saint Eloi. (Gallia c/tfM<MM, t. !t, p. 582). V. aussi la C/u'OKtÇMe ~.Ceo/yroy de Vigcois. Brunet (6) Les biographies spéciales de MintEtoi sontnotubreuses. en donne quelques-unes dans sa 7'<f~< Mf<o~i~M~, numéro 22,)63 :dernière cdit.).

–86–

[Cœsarius.J

CESAïuus succéda al'évesché de Lymoges après IIergenobertus ou Hertonobertus, en rangt des évesques de Lymoges32.

Fondation du monastère de iSaïMc~~M~~K-~s-jL!moges, du règne de Clovis, 2" dit nom, roy de France, r~662.
[Uonl1s!i'I'O 1ft) Sainl .\uBu~fill, J

Du règne de Clovis, du nom, roy de France, fust Roricius ou Roricus, premier du nom, en rangt des évesques de Lymoges 23 (1). Lequel, comme on lit, fonda le monastère de Sainct-Augustin hors les murs de Lymoges, assignant rantes et revenus pour le soustènement des religieux ou chanoines ·_ réguliers qui y furent par luy establis. Auquel lieu, depuis le temps de l'empereur Anrelius Adrianus, on avoit accoustumé d'ensepvelir les corps des deffunctz de la citté de Lymoges, servant de cemitière commun, par révesque EjnHius, comme dit est cy-devant [pageS2] .Le corps dudict Roricius ou Rorice repose dans l'église dudit Saint-Augustin, en une chasse, a costé du grand autel. De SaMc~ Amand et JMKMK, fondation de ~JMM~K (2). de l'église

l Saint Aeiiand ctiiiHnBjtHn~'n.!

En ce temps florissoit au tieu pour lors appelé de Commo()) Dans le Tableau des évdques de Nadàucf, après Ceesarius ott trouve Ermenus ou Ermenarius « qui siégeait en 6~3 H. Nous avons déjà vu (p. fi7, en note) que notre compilateur a confonds Rorice avec Rusticus. D'après Nadaud, Rusticus qui « siégeait en 71& N succedtt à Salutaris, lequel avait succédé à Ermenius, et fut le vingt-cinquicmc' évêque de Limoges; mais il s'agit bien réellement ici de Rorice t' qui fonda l'église de Saint-Augustin au ve siècle. (F. CaHtft cArMtiana, t. II, p. S7S, etROYPjERREFJTTE, Etudes historiques sur tes MO" nastères du Limousin et de la Marche).. (2) ~.C/t?'om:Mgde Ms~K.,eAa.KO:K6c!eSa!Kt-jMKt&K,MO)'~Kl32~, publiée pour /? première fois avec des notes &~M'(~MMS, .'iM.tMtë' et <~ documents /H's!on~MM la ville de SnM~-jMNUM., M.'C!U)b& sM!' par AKMLLOT. Saint-Junien., Barrct, tM'?, in.-S".

–8-?-

<'iathiuc(t), sur le fleuve de Vienne, à sept lieues de Lymoges, Sainct Amand, natif du de la Meixe, aussy près de (2) lieues de Lymog'cs. Auquel Heu de CommodaHhat ,il fesoit grand pémtance. Auquel vint a luy un jeune homme natif de Cambray, nommé Juuicn, lequel ayant quitté tous biens et pays se retira avec ledit S"' Aman. Lequel imitta si bien sa vie qu'il sucéda à la cellule dudit S°' Aman et fist des miracles. Advint qu'un gentilhomme nommé Rorice, nepveu de t'évoque Rorice de Lymoges, fust possédé du diable, lequel fust délivré' à la prière dudit Sainct .!uuien, lequel Rorice âpres parvint à l'évesché. Lequel estant parvenu, se resouvenant du bien que tuy avoit randu Sainct .tunien, fonda à son honneur une nottabte ëgHse audit lieu de Commodailhac, auquel lieu ledit saint repose en une chapse. Et despuis, plusieurs, y ont basti (eitement que c'est à présant une ville assez grande et bonne, et près lai rivière de Vienne. Et dopta (adite église de plusieurs revenus, érigée de présant en beau collége de prévosté et chanoines séculiers et autres prëbandes. Apprès le décedz de Sainct Rorice, évesque de Lymoges, succéda audict évesché son nepveu appellé aussy RoRtCE (3) en rangt des évesques 24, et après luy fust esleu ERMERARIUS ExiMENAR:us et Ex!MER;o, en rangt 25. De ou son temps vivoit à l'abbaye de Solompnac un sainct religieux nommé Theau. Et advint que le susdit évesque par vieillesse vint tout à faict aveugle, et, venant à décéder ledit Saint ~heau~ il voullut assister à ses obsèques, et, par l'intercession dudict sainct, il recouvra la vue. A Ermerarius sucéda àt'évesché de Lymoges ËRHENtus ou EpMENio (4), en rangt 26. Et auquel sueédaSALUTARts, en rangt 2~. Et à luy sucéda AGGEmcus, (S) en rangt des évesques 28.
(t)Comodoiiac. (2) Environ 30 ki)otn. au sud de Limoges. est le 13" évêque, d'après Badaud. Cet auteur dit (3) Ce Rurice qu'il fut surnommé Proculus. Il siégeait au vie siècle et était petit-fils et non neveu de Saint Rurice. (~) Nadaud ne fait qu'un seul évoque de Ermenarius et Ermenus. (5) Entre Salutaris et Aggericus se trouve, dans le 7'n/~coM de Nadaud, Rnsticus dont notre auteur a d<ja par!(~ page S7 k confondant avec Rurice.

[RuriceU.]

[Ennenanus.~

}

[TeSt)OuTi[tnn.~

]

'Ermcnns.j [s,1nhm.j [.\););H'icUf.j

–88–

D'NMCMM~SSM!C~ du Limousin. Un temps dudict Aggericus, évesque de Lyntoges, Sorissoit S"' Gouhault ou Gouhart (1), filz de George et Va!)er!e, natif du Lymousin, lequel allast fère sa pénitance près la rivière du Rhin en Allemagne (2), resplandissant en miracles ;Sainct Bolosus, natif des montagnes du Limousin, lequel se retira pour fère ses pénitances à [Saint-Basic] au diocèse de ~Reims] à présant abbaye (3). Odo, second abbé de Ctugni, fust premièrement abbé de Tulle en Limousin, puis gouverna l'abbaye de Ctugny, réforma l'abbaye deSainct-MartiaLde Lymoges,6naHement décéda à Tours, après avoir mené saincte vie, où soff~orps repose au monastère de S~-Juiien. Sainct Mande, natif du diocèze de Limoges, duquel le corps repose au diocèze de Tours, en ['église S"~Mande, près S~ Catherine de Férebois (4). S°' Lëobon, natif du village de Foursat (3), près la Sputérainne, n'ayant aucunes lettres, fist de grandz miracles duraut sa vie, mesmes après sa mort; et à la transtation du corps de S"' Martial, ledit corps estant porté à Lymoges, passant par ta Jonchière, fust guery quantité de malades. Son corps repose au bourgt de Sallagnac (6). tt décida le 14° octobre.

Sainlt3nar,J

~SdintEo!osc.j

_.).). <b~d<:t;)tiu;.] J

~SamtMtu.ie.) J

~amtLeuLon.] J

t. I!I, (t) V. sur Saint Goar le P. BoKAVENTURE, p. MO;LAMCHE, t. L p. 3. ~2) Sur le territoire de la petite ville d'Ober-Weset, dans l'évêché de Trèves. t. III, t. .3) V. BONAVENTURE, p. 207; LAMCHE, III, p. 112. ~) Nous ne trouvons sur Saint Mande que cette note du P. Bonaventure (t. IH, p. 2SO) « Les mémoires du pays mettent sous Clottaire I!I Saint Mande, natif du Limosin, lequel repose dans le diocèse de Tours, en l'église qui porte son nom, proche de Sainte-Catherine de Fierbois B. On le voit, les deux auteurs ont copié le même passade du manuscrit primitif. (5) Fursac. ((P)K Sa)agnae, à deux lieues de Fursuc et dix de Lunoges, da eotÉ du levant d'été. » (CoLUN.)

89 S*' Goussan, confesseur et hermite, reposse dans son églisse <!<'S"Gaussaut, dans la montagne. Comment citté de Lymoges ficst assiégée par Loppes, duc des Gascons, et comment il fust tué, soubz Clottaire 3e. la
{5aint Gu«ssa«6.

En l'an 663, Clottaire 3e fust roy de France, et autres rois qui s'ensuivirent; et, dans peut de temps, se révoltèrent en Aquittaine aucuns gouverneurs, qui usurpèrent le domaine de la couronne aveqtotaHeauthorité. Sur ce les antiennes mémoires de Lymoges (i) [disent] que Loppes ou Lopùs. extraict d'antienne noblesse, fust créé de Gascons duc, lequel fist plusieurs confédérations et alliances aveq ses voisins. Et, après qu'il eust réduit à son obéissance l'antienne Aquittaine, assize entre les monts Pirenées et la mer Océane et le fleuve de Garronne, il passa avec grande puissance et subjuga l'Agénois, Quercy et Périgord. Désirant non seullement conquester ce qui restoit de l'Aquittaine seconde, outre ce, taschoit de mettre à son obéissance toutes les Gaulles et chasser de France le roy Clottaire et Ebrom, son connestable. Il vint assiéger la citté de Lymoges par telle fureur que tout le peuple frémissoit, mesmes tout le pays devant luy. Lequet mandast à Févesque, gouverneur et habittants de luy faire comme les autres cittés avoient faict, et, pour lui randre responce, fust requis par les cytoyens un bref délay, qui leur fust ottroyé. Cepandant Loppes vint à l'égtise Sainct-Pierre, au devant du sépulcre de S"' Martial, laqueHc église estoit pour lors hors la citté, plutost pour pillier les trésors dudict sépulcre que par dévotion lequel Loppes avet aveq luy nombre de gens qui n'estoient que des brigantz, et tous bien arntés, advisans çà et là s'ilz voyoicut quelque chose à prandre, et ainsin descendu dans le sépulcre de S"' Martial, ledit Loppes voyant une baudrier très riche donné par dévotion, pandant au dessus de ta chapssc ou sépuicrc où reposent les

[Sit'~R'le

Limoges.] 1

(i) Comparez ce passage avec celui du P. Konaventurc (). 253), qui parle également des « Mémoires du pays ».

(t. III,

90

1 &nrnrr.] ( Sa~hewas.

[Saint Sa.ordo.. ]

'C~.I

]

cendres du glorieux Sainct Marna!, lequel bMdrier il prinst et mist autour de luy, disant qu'il luy siéroit mieux que demeurer sur la perche, devant le sainct qui n'en avoit point de besoingt. Ad ce, voyant un habittantde Lymoges, nommé Proculus, petit homme de stature, mais haut_de courage, indigne du sacrilège et téméritté dudict Loppus,se mesla parmy la presse des assistans, tant qu'il approcha de Loppus, auquel de son pougnard luy donna un coupt sur la teste, duquel il fust ranversé par terre; dont chacun fust escandalizé tellement qu'ilz se jettèrent sur ledit Proculus qn'itx tuèrent et mirent en pièces sur le champt. Ledit Loppus requerit avoir de rhuUle des lampes qui tuisoient devant le corps de S°~Martial pour infuser dans sa ptaye, pansant par ce moyen avoir guérison par les mérites de ce!uy qui Favoit otTancé auparavant; et rien ne lui profntta, car soudain que t'huine fust dans la playe, il en sortit une fumée puante furieusement, dont ledit Loppes mourust btentost. apprès. Par la mort duquel ses gens se desbanderent en plusieurs parties, tellement que toute son armée fust toute rompue, lesdits soidatz ayants telle crainte de Sainct Martial que la Citté de Lymoges fust délivrée de grand péril. Audict Loppes sucéda Savary, qui tint Bordeaux, et la moyenne partie de l'antienne Aquittaine, Et Antherius tint le Languedoct et la seconde Aquittaine. A Aggericus, évesque de Limoges, succéda audit évesché SAtNCTSACERDosou SADROC,en rangt desj!vesques29, (1) natif du diocèse de Bourdeaux. Il fust du tamps de Glovis Premièrement il fust moyne, puis abbé, finallement évesque. receu Ayant trouvé son père, nommé Laban, mortsans'avoir le Sainct Sacrement, fust resuscité à sa prière. Ayant vescu fort sainctement, il décéda le 8° may. Son corps repose n Sarlat, en une châsse, en l'église qu'il fonda dans son patrimoine. A Clottaire 3~ sucéda à la couronne de France Çhildéric 2", en l'an 668, et Théodoric, l'an 680. Icelle année Bonba,~ roy d'Espagne, vint avec puissante armée entrer en Gascougne, et subjuga les Gascons et le Languedoct et la ptuspart
f~i) Le 27'' évêque, d'après Nadaud.

–9i–
de la Seconde Aquitaine. Après vint. Héringue, qui donna le gouvernement des terres de Languedoct et d'Aquittaine à Bogis, mary de saincte Ode, lequel les garda bien, recouvra le Languedoct avec la ptuspart de la Seconde Aquittaine. Et fust environ Fan '715(1). Commet Eude vint en Aquittaine e~ qualité de duc.

Eude vint en Aquittaine, en estant duc, avec puissante armée, pour secourir Chilpéric contre Chartes Marte! toutesfois furent vaincus par Marte! au lieu de Venant, et mis en fuitte. Lesquelz avec leurs trésors se sauvèrent jusques à Orléans, et, ne croyants estre en seuretté, ledict Eude mena Chilpéric en Acquittaine, lesquelz Martel suivit. Des lions pars donnés aEMC~.

~«JfS, ductt'Afjnitame.]

Les vieilles mémoires du pays nous rapportent que ce Eude fust couronné de couronne ducale Lymoges par la tradiction lie l'anneau de Saincte Vallérie, suivant l'antienne coustume et fasson de faire, et que, durant le temps qu'il demeura paisibie au pays, pour son asseurance fist fortiuier plusieurs villes, entre lesquelles estoit la cittéaprès dite le Chasteau (2)et a présant la ville de Lymoges, qu'il fist entourer de puissants murs et grosses tours deffancibles, la randant quasy imprenable. I[ fist reclore dans icelluy circuit l'église de SainctPierre et sépulcre de Sainct Martial. Auquel temps succéda à i'ëvesche
(i) Nous prévenons une fois pour toutes le lecteur que nous donnons le manuscrit tel qu'il est avec toutes ses erreurs et tous ses anachronismes. Nous aurions trop à faire si nous voulions relever les fautes, surtout en ce qui touche l'histoire générale. Pour ce qui concerne l'histoire du Limousin, nous continuerons à donner, quand il y aura lieu, des interprétations sommaires et à renvoyer aux ouvrages spéciaux. (3) La Cité et le Château, ou la ville de Limoges, n'étaient point séparés dans te principe. La séparation eut licu entre le vm" et le i\ siectes. (LEYHARŒ,~M(. dit A.:moM.<;w, I, p. 64.) A partir de t. cette ëpoque, la Cité et le Château formèrent deux agglomérations bien distinctes, ayant chacune son enceinte, son administration, ses privilèges.

[E(f!es fait ftn-tJtPf Limp~e?.'j 1,

--93–
i Ausin~lus.) ~D.'fa'fc <!es~-3t-a.:mspar Cfmr~'s-~hr'at.J l

~jons~fpx.'rtc

AusiKDL's ou Dussinde, en rangt des évesques 30 (i). Après Cbitpéric sucéda la couronne de France tt Ttx'odoric, i'an T2'7. Eude voullant recommander !a guerre, se voyant estre le plus foible, appella à son ayde les Sarrazins qui pour lors occupoient l'Espagne, lesquelz vifidreut au nombre de quatre cens-mille, amenants aveq eux femmes et enfans, pensants s'abbituer en France. Hz pithèrent Bourdeaux, Poictiers et autres villes, passèrent par le Lymousin et n'entrèrent à Lymoges, causant la garnison qu'Eude y avoit mis. Eude, ayant esté surpnns de sy grand sombre, pour se despélrer d'iceux, fist paix aveq Charles Marte!, car ledit Ende pansoit avoir le secours de sou oncle Peiegius, roy d'Espagne, et à son filz FuzeUa qui tenoit les Astures et Catstillela-Nove, lesquelz il avoit faict prier. Mais, parcequc ledit roy d'Espagne et de Castille avoient les susditz infidelles qui occnpoient leurs terres, et, pour s'en deschaygc! !eurs donnèrent entendre qu'i)z se pourroient habituer en France par le moyen du secours qu'Hz donneroient audict Ende. Charles Marte!, estant adverti du grand degast que fesoieM!esditz Sarrazins, assembla son armée composée de quarante mille personnes, s'accorda aveq ledit Eudes, soubz promesse de te laisser paisible pocesseur en son paysd'Aquittaine, à la charge de la tenir à foy et hommage de la couronne de France, et par ce jouignirent leurs forces et altèrent, trouver les m-, fidelles près de Tours, en sorte qu'il en demeura trois cens quatre-vingt mit avec Abiramus, (2) leur roy, et, de Charles mille cinqt cens; et fust la bataille donnée os est a~prësant se porta Et, parce qu'Eude apetlé Sainct-MarUn-le-Bel. vathammant contre lesditcz barbares, le pape Grégoire 3" octroyat au ducz d'Acquittaine de porter en leurs armes des j léopards en cbampt de guelles qu'itz ont tousjours porté. Et, pour perpétuer l'Aquittaine Eude fist faire des grands lionspars de pierre grise, lesquelz il fist mettre ez bonnes villes et cittés de son obéissance (3), desquelz il se void à Limoges'

~) Ausindus succéda à Saint Saccrdos et fut te 3S'' 6v6que, d'après te !'<:MMKde Nadaud. (3)Abdërame. '.3) V. sur ce point un article de M. Greliet.-Rnmazca.H (B<tHetm ~MMOKM'<<'~SûCM' crc/igo~o~t~K~, tome II) AUou (Descrtp~oT!.

-93– un au portait Nimbert, qui autresfois estoit porte de ville deux devant i'égiise et clocher de Sainct-Mictie!, et par ce se regardant l'un et Vautre; et appelé S"Michet-des-Lions, te plus grand devant la porte de l'église S"Martiai, sur un pierre sur taqueHe est engravé samblables lettres Le bob ~'M~ua di banise dis ist. H y a aussi dans le cemitière des Arrennes, un autre lion sur lequel Porte-Monmailhier, tout de pierre. II est aussi à croire que la Porte-Manigue temps dudict Eude ou bastie par luy, comme les deux tours, sur le portail, entrant dans lame de cuivre, semblables lettres (1) du costé de la est la croix, le estoit bastie du Fou void entre la ville, sur une
d. Porte Manie"] In 1

DH'LVS GART LA VILA E S. MARSALS LA SEN EV MVRS E LAS PORTAS E MA DOMINA S:TA MARIA GARTHOSA EVDE (2) MAtNANtA AM. L'an 731 ledit Eude tourna s'estever (3) contre Charles-MarHMM<s. tc., p. 333 et suivantes), où se trouvent indiqués plusieurs e mémoires traitant la même question. (i)'Nous rétablissons d'après ALLOU (Description des monuments, etc., p. 223), l'inscription par trop informe qui se trouve dans notre manuscrit. On donnait autrefois à cette sculpture le nom de Goo ou de Bod. L'inscription avait été enlevée lorsqu'on déplaça le lion, à l'époque de la démolition de l'abbaye de Saint-Martiat. (2) Nous rétablissons encore ci-dessous d'après ALLOU 260) cette (p. inscription qui n'a pas de sens telle que la donne notre auteur Dieus. gart. la, vila. e. s. Marsals. la gen. eu. murs. e. las. portals. e. Ma. Donna. Sta. Maria. gart. thos. aqueu. de. Ma.tK.oMtC[. Amen.. Dieu garde la ville et Saint Martial les gens, les murs et les portes, et madame Sainte Marie garde tous ceux de Manigne. Ainsisoit-il » Nous ne voyons rien dans cette inscription qui puisse faire supposer que la porte Manigne ait été bâtiH par Eudes ou de son temps. Il a fallu que notre auteur ait fait une faute bien grossière en lisant Ga~/MM EUDE au lieu de gart thos aqueu de. nouveau, expression limousine. ~3),S'g~a
[W.iffe.J

-94tel; parquoy ledit Charles fust en Guienne contre ledit Eudcr, lequel enfin fust tué, et laissa deux filz, l'un nomme Vuayfer et l'autre Unalde, autrement Hunault. Et poursuivant Charles Martel l'Aquittaine qu'il subjugua, par ce fust roy d'Aquittaine. Ledict Vuayfert se porta pour duc 'd'Aquittaine. Lequel assembla grande armée l'année ensuivant et reprint plusieurs places que Martel tenoit, qu'il avoit printsur son père. Parquoy Martel revint aveq grande puissance, print Bourdeaux, Blaye et autres places, et eu chassa lesditz Vueyfer et Unalde, et tient-on qu'ils avoient appelé à leur aide les Vuisigotz et Arrieus, qui gastèrent partout où ilz passoient, bruslant jusques à la Bourgougne lesquelz furent chassés. AAusinde, évesquedeLymoges, succéda, environ Fan 73ë, [SaintCessatcur.)CESSATORIS,dit Sainct Cessateur, en rangt des évesques 3d, ('!) très savant et sainct, qui batailha longuement contre les infidelles Vuandalles, qui estoient descendus en France lesquelz il mist en fuitte devant la ville de Sens (2). Après son décedz fust ensepvely hors les murs, en l'église qui porte son nom (3), resplandissant en miracles. Le corps de S"' Cessateur, causantles guerres, fust transporté aveq les autres corps saincts, causant les infidelles lequel fust transporté au chasteau de Malemort, au Bas-Limousin, qui pour lors estoit une place très forte, et à présant il est dans régtise de Saint-Santin (4) lequel, après les guerres, au lieu de le remettre, donnèrent un autre corps supposé et cachèrent icelluy sainct dans le grand autel de laditte église, le gardant à cause des miracles qui se fesoient. Et l'église de Saint-Cessaieur-IezLymoges aussy fust ruynée tout à faiet et sans aucune habittation, et achevée, causant les malladies de l'année iSM (S), et n'y resta qu'un peu de couverture et le sépulcre. En l'an (1) 29" en rang, d'après Nadaud. t. (2) V. Bern. GuiDoms, apM~t~ABBE, !I, p. 267; CbLUN, p. 873;. LABICHE t. III, DEREtGNEFORT, p. M. (3) Vulgairement les Pénitents-Rouges. (4) Près de Bnves. (S) Au sujet de cette .épidémie, V. DeuxièmeR~{?'e corisulaire, fo iS3 suiv., et le Lï~re de la ~cep~ et Muss pour la /f~0 du StSacrement de S<-PMn'M-QM~'o~,f'' 194, Ce registre esta taBibUathèque de Limoges.

-9S–

i6S9, M" Jean Coudin, prestre, prieur et curé de ladite église et de S"Aurétien, son anexe, preschant t'advent et caresme à Brive, ne sachant an vray où estoient les reliques du sainct, eust advis qu'elles estoient au susdict Sainct-Santin, à deux lieues de Brive, et que les Révérandz Pères de la doctrine, qui possèdent !aditteég)ise, avoient trouvé ledict corps, puisquelques années, dans le grand autel, le voulant remuer, avec le tittre. Icelluy prieur y fust pour leur réquérir une des reliques dudict sainct, ce qui luy fust octroyé, et emporta uu bras aveq attestation, qu'il mist dans régHse de Sainct-Aurélieu de Lymoges, aveq la permission de monseigneur Frande la Fayette, évesque de Lymoges, comme il se void çois dans un t'eliquère à demy-corps. Laquefle église de S"Aurélien fust agrandie de son temps, comme aussy, à sa poursuitte, fust [te] revenu d'icelle adjugé par arrest du Grand Conseil contre plusieurs qui en jouyssoient et par sa prudance fust institué la compagnie de Messieurs les Péuitans Pourpres, qui n'avoieut jamais peu avoir la permission de Monseigneur que par luy et, par ce, ladite égiise a esté remise, y ayant beaucoupt contribué. Et après son décedz y voullut estre ensepvely, qui fust le 26 décembre 1663, devant le grand autel, en deçà des batustres.

~JesaCuudia.

1

[ PfnUcnfs

Rouges

~a 3° destruction de L!/mo<yes ar PeptH- ~e-Br~ roy p de France, l'an 760 OM 63. Mor~ ~e VMa?//er~; et, d'icelle antienne citté, le don après la des~rMC~oM aux églises (i). qu'il fist Absant Pépin de France, à son retour de Rometrouva que
Yuayfert et Hunaul, son frère (2), avoient prins toute l'Aquittaine, lesquelz avoient estably comtes à chasque province à
!i) V. au t H du BttH~Mt de la Société archéologique ~MLMKOM~t?:, un article de M. Grellet-Dumazeau sur Vaïfre, duc d'Aquitaine, et sur la lionne de Saint-Sauveur, et un autre article de M. Bonaparte Wyse sur le tombeau du duc Vaïfre. V. aussi ~M~'?'<' de ~itluitaine, par M. de Verneilh-Puiraseau (Paris, ')824. 3 vol. in-8°\ t. H, p. 74 et suiv. :2) Son père, suivant M. de Verneith.
Dt'ilrudion Limogl's. j J~

–96– leur volonté, lesquelz entretenoient un grand nombre de sotdats à la grand foule du pays, uzurpant le patrimoine des églises d'Aquittaine, dont lesditz prélatz avoient fait leurs plaintes. Mais voyant Vuaifert qu'il avoit à faire de ses gens les soutenoit. Ce que voyants, les prélatz implorent te secours de Pépin, qui, pour réintégrer les prélatz en leurs églises, envoya son filz Charles en Aquittaine aveq puissante armée. Contre lesquelz Vuaifert envoyast, et, ne pouvant résister aux forces du roy, trouva moyen de faire paix., environ l'an 7S8, par laquelle il promist de randre à l'église le bien par luy usurpé, et tenir l'Aquittaine à foy et homage dudit roy. Puis le roy Pépin, par commandemant du pape la Zacharie, allast combatre les Sarrazins, qui occupient Biscaye, les Astures et le royaume de Gallice dont ilz avoient chassé le roy SiMa, gendre d'Alphonse. Et fust tellement combattu qu'il y eut quantité de seigneurs françois tués, bien que le champt de batailhe leur demeurast, sy bien que le bruit courust que les François avoient estés battus ce qui anima le courage à Vuayfert de lever ses forces pour se vanger. Lesquelles il conduisit en propre personne, et, ayant passé la rivière de Loire, entra en Bourgougne où il fist plusieurs maux, mesmes ez pays de Masconnois et Chaslons, poursuivant la Champagne, mist au fil de l'espée tout ce qu'il rancontroit. Pépin, de ce adverti, fust fort fasché, et se résout de s'en délivanger. Parquoy ayant subjugué les susditzSarazins, béra de venir poursuivre Vuayfert. Ce quesachant, Vueyfert se retira par le Nivernois et repassa Loyre, faisant bruller maisons et vivres partout ou il passoit, affin d'empescher que l'ennemy ne peut vivre. Ce nonobstant Pépin passa facillement et occuppa le Berry, Bourbonn.ois, Auvergne, Foretz, Vellay, Givaudan, Poictou et Touraine, et vint assiéger Lymoges, l'an 760, sans y rien gaigner, car Vuayfert l'avoit tellement fortiffié qu'il estoit imprenable, parquoy se retira. Finallement, estant venu Pépin pour la quatriesme fois en Aquittaine, vint de rechef assiéger la cytéde Lymoges, ayant assamblé son conseil'à Orléans, environ l'an 763, fust, environ la S°'-Jehaa-Baptiste, audit siège aveq telle fureur et batterie qu'elle fust prinse par force, et les habittans tous massacrés. Puis fust mis le feu partout, qui consumma toutes les églises tant dedans que dehors, et furent démolis tous lesbastiments sumptueux et autres édifices, les tours et mu-

–97– raihes abbattues jusques à fleur de terre, chose tpès pitoyable à voir. Après ce Pépin eust votonté d'aller visiter les ruynes, lesquelles voyant et tant de peuple mort, fust fort triste et eust quelque repantance, récompansa les églises, sçavoir celle de S°'-Estienne, église cathédralle, de la seigneurie de Sallagnac qu'il leur bailha; à l'abbaye de S~-Martia), la ville de S'Vau)ry et fist réparer à neuf i'égtise de Nostre-Damede-la-Raigle. (Toutesfois il n'est fait mantion qui l'a fondée. !i estvraysambiabte que ce fust Snt Martial qui y institua des vierges pour servir Dieu, et qu'eu ce lieu il eust révélation du jour de son trespas.) Et donna [Pépin] à l'abbesse [de la RègtejGontrade les terres assises entre les neuves de Gartempeet Creuse ctKncta(i).Etaussy remyptusieurs monastères, comme S"Pot-hors-tes-Murs, où sont de présant establis la comBleus, soubz le titrede S"'Hiërosme, pagnie de M~tesPénitans puis l'année 16 (2) régtise de Saiuct-Michei-de-Pistorie, toutes entièrement destruites, érigée en cure, dont il est parlé cy-devant [page ], où sont institués messieurs les Pénitents Noirs, soubz le titre de Saincte-Croix, par vénérable Me M~ Bernard Bardon, prebu'e, homme de saiucte vie, l'an 1S98, duquel il sera parte cy apprès. EBBONus(3)estoit évesque, en rangt32, au temps de ladite destruction. Pépin vouloit transférer t'évesché à Tulle, ce qu'il empeschat. Vuayfert s'estant encore estevé contre Pépin, qui fust la neufviefme fois, et enfin fust tué en bataiHe, aucuns disent par ses gens ennuyés de luy à cause des guerres qu'il fesoit sans subject. Donc, Pépin, après la mort dudit Vayfertqui fust près Engoulesme, print sa femme nommée Berte et ses enfans qu'il emmena à Saintes, lesquelz il fist traiter honnorablement. En laquelle batailhe fust prins Remistant, frère d'Eude oncle
(1) Voir l'acte de donation en latin ainsi que la traduction franV. aussi Gallia Chrisçaise dans le P. Bonaventure, t. If, p. 239. ~'CM6[,t.n,p. 609, où l'on conteste la tradition qui attribue: 1° à Saint Martial l'origine de l'abbaye de la Régie 2° à Pépin, roi de France, la donation ci-dessus. Ce fut Pépin, roi d'Aquittaine, fils de Louis-lePieux, qui fit cette donation. (2) Les deux derniers chiffres du miiïesime sont en blanc. ~3) Ebulus, ou Ebulo, ou Ebbo, qui fut le 30'' évêque, d'après Nadaud, 7

[N.-D.<)~nf.

[Ebuh.s.]

]

[MortdeWaihe.

98 de Vayfert, qui t'UStpandu et cstrangle. !/Ot'nf!maQt qne Vaytct't. portoit en ses bras aux festes sotampneUes, enrichi de pie' t-eries preUeuses, fust porté à S"-Denis, et ce environ l'an '7ë8, estant évesque de Limoges Remigibertus (4). de SaîHc~SaMpeMr de

Origine

de ~~d~ce

de l'église

Lymo<j~, à présant ditte SctïMc~-Mor~ct!, <~première translation du corps de Sainct Martial sm(&z Charles Me~M.
~HaetÏc Smnt-Mart'aLj

i Linuntl iJO SaintSauveur, tt'ff ln (.'A'

H est dit ez Annalles de France comme Charlesmagne fist couronner ses deux filz Pépin et Louis à i~ome par te pape Léon, Fan 8(H. Pépin fust roy d'Italie et Louis royd'Aquittaine. Sur' ce, rapportent nos vielles mémoires que ce bon roy Louis, surnommé le Débonnaire, fist édïnier le temple de Snt-Sauveur de Lymoges, à présant apelé S~-Martia!, et y mist la première pierre, et, par ceux de rëgUsefust mis dans la muraille regardant devant ta fontaine de la ciotstr&, près la grand porte de Fégtise, une devise qui est une lionne ('2) tenant deux lionceaux signiuiant Vuayfert, qui avoit esté couronné en icelle, l'avoit opprimée et estoient gravés en vers latins, sur une lame de cuivre, qui sont cy-apprès, à costé de la lionne, lesquelz n'y sont plus, y estans du temps d'André Thévet(3):
ÂLMA LE~SNA DUCES S~EVOS PARtT WAYFER LUIT ATQCE; CORONAT. ALUMNAM POKNAS (4). OpPRIMtT 8ED HANC NATCS MALESANtTS SCB POKDERE

PRESSUS

GRAVITATE,

(1) Regimpertus (NAM.UD).H siégeait en 793 et 817. (S) Sur Valfre, sur la lionne de Saint-Sauvenr et sur ['msct-iptioti qui va suivre, F. un article de M. GrGUet-Dmnazeau (Bw~Mt de la Société archéologique du LîNtOMSM!,. H,, p. CS)_. t (3; La Cosmographie universelle, par André Thëvet.Paris, tS7.S, in-fol., t. U. (.1) Voici la traduction en vieux vers irançais telle que la donne Tripon, (p. 38) <t La nourricière lionne les ddes cntante.et corone. Vaïfer opprunant, insensé! sa nourrice

_gg_
Et sur la grand porte de t'égUse HICSACRA JUSTICIE VENERATURUMINA L PORTE(1). n est dit par de bons autheurs que ledit roy Louis-le-Débonnaire assista à la dédicace de ladite église, qu'il avoit faict bastirt'ëgHse de Sainct-Pierre, qui, devant le sépulcre de S"' Martial, estant tropt petit pour recevoir le peupte qui venoit de toutes pars, tant du royaume de France que d'antres royaumes, au bruit des miracles de S"' Martial, il est dit en cette sorte (2) Estant empereur et roy de France Louis surnommé le Débonnaire, estant pape Grégoire 4e, l'an 833, indiction il, il y eust ptusieurs évesques, princes et grands seigneurs aveq grande quantité de peuple deGuienne assemblés à Limoges; et fust faicte la première translation du corps de S"' Martial présant ledit empereur qui estoit logé au palays de Jogentia. A laquelle translation fust faicte de très grandz miracles. Laquelle translation l'église célèbre le 10~ octobre. Et on tient qu'audit temps ledit empereur donna le chasteau de Lymoges il Sainct-Martiat. L'autheur de la H~c~'cAe des antiquités de Lymoges [?] dit l'an 8f7, fist ses enfants rois, sçaque Louis-le-Dëbonnaire, voir Lottaire, d'Italie et Pépin, d'Aquittaine, Louis, deBaTranslation du corps de Saint Martial 1

Qui l'avait engendré, cette atroce matic& Attire un châtiment, qui lui cause la mort, Ses subjets contre luy bandant tout leurs efforts, c Duroux (Essai historique sur la se'M&torefte de Limoges, Limoges, Martial Ardant, 18H, in-4°, p. 109) dit que « la Lionne ou Chiche fut transportée à Paris, dans les jardins de M. Choiseuil-Gouffier, et de là aux Petits-Augustins, au Musée des pierres antiques. » (1) L'inscription donnée par Tripon (p. 38) est un peu différente HICSACRA. JUSTtGt/E VENERATUR MNWAPORTA. L'une et l'autre sont intraduisibles. Peut-être faut-il lire JUSTtC!jEVENERANTUR LIMINAPORT~. HIC SACRA Ademari Chabannensis, apud LABBE, t. IL p. t59 (~) CA~OMMOTt » Tune Ludovieus conventum generalem tenait in palatio Jogen-

tiaco in Lemovieino, et cum gloria magna dedicare jussit basilicam Salvatoris regalem, mense octobri, et levatum corpus Sancti MartiaM lis, anno incarnationis Domini DCCCXXX.

–10U–

~.4~.)tM.] ]

%ic!'c. Engorius, ducd'Aqnittaim', reccutia comté da Lymogcs, estant pour lors évesque du Lymoges OcoAiRE, en rangt des évesques de Lymoges 34 (1). Toutesfois Nicole Gille dit que ce fut i'an 823 ('3) qu'il 6st Lottaire roy d'Italie, Pépin roy d'Aquittainc et Louis de Bavière et Germanie dite Allemagne, et ne parle d'autres.

Pus"c" do Louislo-Ubbunnairo L

Ainsi que rapportent les antiennes panchartes de Lymoges, vint à Lymoges visiter le l'empereur Louis-te-Débonuaire Limoges i donnsépulcre de Sainct Martial, l'an 833. Lequel, ayant trouve li.on'it'attps~t't'achevée de bastir, il fist transforer de t'egMse S"Sauveur f;iïso de io}oillt~ son authorité, toutesfois aveq très grand réverance, de son M.jr'htt.t sëpu~re le corps de Sainct Martial et le nst mettre sur le grand autel, dans un coffre d'or de ladite église de SainctSauveur, pansant bien faire. Allors il y eust sy grande inondation d'eaux dans le Lymousin que tout péri&soit; et, ne sachant d'où cella pouvoit arriver, le prélatzct gen~devotx s'assemblèrent et urent prière; lesquelz jugèrent que le sainet voulloit retourner dans son sépulcre. Parquoy fust asigné jour pour ce faire, ce qu'itz firent, et remirent le corps sainet dans son sépulcre sans en donner advis audit empereur Louisle-Dëbonnaire, lequel, avant que partir de Lymoges, avoit fait couronner son filz Charles surnommé Je Chauve, roy d'AquIttaine. Aucuns disent que cefusta son autre voyage. De laquelte remise du corps de. SainctMartiaLen son sépulcre ledit empereur en fust aucunement fasché, maisluy ayant remonstré l'occasion pourquoy il l'avoit remis, il eust repantance. Partaut, dès l'an 838, il vint de rechef à Lymoges, et, pour plus ample preuve de sa piété, vint, piedz nudz et teste nue, en habit de péterin, portant Ja hairc, et aveq Iny trois cents chevalliers, visitter le sépulcre de Sainet Martial en très grande dévotion. Il avoit donné à ladite église sept églises et ledit chasteau de Lymoges. Puis, partant de Lymogcs, donnast coagé à ses deux enfans, qu'il avoit faict couronner roys, de retourner chascuus en son royaume.

33" cvëquo, stu(1) Audachar, chapelain de Louis-le-IMbonnaire, vantNadaud. (3) F" 37 v", de l'édition de t533. D'après NteoM GILLE, ce fut en 82 et non en 822, qu'eut lieu ce partage.

-101–
tangt 35, après ïnoges. CuRtSïtA~L's (i ) succéda a ['uvesche de Lymoges en Odoacrie on Odunirc, evcsque dudit Ly[t.hr.ùtiilnus.j J

L'e~pereM?'

avoit CAar~Mûtg'Me Sainct ~)'<M/.

grande

dévotion

à

It se trouve aussi que l'empereur Chartesmague, pour t'honneur qu'il portait à Sainct Martial, fist randre à t'égHse lé lieu de Paunact (2), en Périgord, qui avoit esté usurpé par ses prédécesseurs, uni a son domaine et, pour autre dévotion, il envoyast a Sainct-Martiat le corporathier apeté Praf/<-Mm(3), qu'il avoit receu du patriarche de Hiérusatem, duquel il s'cstoit servy disant la messe sur le saint Sépulcre de Nostre-Seignenr Jésns-Christ. Lequel estant scellé fust mis dans une bouette au millieu du grand haute! de t'égtisc S°'-Sauveu)', et y fust trouvé environ l'an 1040, en remuant ledit grand autel, aveq du baume et Sainct-Cresme que ledit patriarche avoit envoyé audict Chartesmagne. Ledit empereur ayant faict couronner ses deux filz, il avoit donné à Charles les terres qu'il possédoit depuis la rivière de Meuse et Rosnejusques aux monts Pirénées, comprenant de la mer Occéane à la mer Méditéranée, et te surplus détaisa a son filz Lottaire, excepté les terres de Bavière que tenoit Louis. Lequel ne se contenta, uy aucuns barrons d'Aquittaine tenant le parti des jeunes Pépin et Charles, titz de Pépin, roy d'Aqnittaine, et voullant ve~ir Pépin le jeune au lieu de son père Gérât de Roussilhon, tenant le party de l'empereur, l'empescha dont sortit grandes guerres en Aquittaine. Sur ce, aucuns Gascons et nobles d'Auvergne, de la seconde Aquittaine, assaithirent les Limousins et Poictevins, lesquelz envoyèrent Hbronius (4), évesque de Poictiers vers t'empereur pour
<? C/t/'M~'a.HM~, en 833 et 8~0, est u (NADAuu.) ~M <MCM)M e/tretMKS par )'abM TExiER. à

~Chartcmagncrcstifae le lieu de Puunalt à Saint-:ltur-

tm).] ] [Lu/~fïj~/fifm.j J

~Sufrres. cnA-tnf:t!n('.]

(t)

suppose,

près (2) Pautnat, (3) P)'aK<ffMM. .Sa:'Mf ~ortM~, Limoges, Et'roinus.

Limeuit, Dordogne. f. 7'ra!<e ~6 ~g~'otM): DANDEL, seconde 1858, de in-i8, t'oiLiers.

par Jean Ducourtieux. 39''

édition, 3G. page (Ca//ia

(4) tto6.)

e\'eq):c

67u'M<.

t.

!I,

c'oh

–102–
avoir secours. Lequel envoyast ses ambassadeurs aux gouverneurs d'Aquittaine, assignant jour pour )cur faire droit au mois de septembre, à Chastous, ou estoit estably sou parlement. Apprès, descendit l'empereur avec sa femme Judith et son jeune filz Charles, et, sans donner aucune chose aux susdictz Pépin et Charles, Pépin âgé de neuf ans, filz de Pépin, roy d'Aquittaine et filz dudict empereur, fist couronner sondict filz Charles en la citté de Limoges, auquel i) ust fère hommage, punissant griefvement ceux qui ne vouiïoient obéir. Pai'quoy il jouist paisiblement. Origine
.t")u!cne. n~

de ~a/OM~ïM~ ~</MM~M<?

"¡a'lllicitc.

Les anciens escrits du pays nous rapportent que, absent Chariesmagne et Louis son filz, guerroyants les Saxons et autres ennemis de la chrestienté, il arriva un roy d'Ât~rique en Espagne, un roy nommé Aigolant, lequel voûtant employer ses gens qui estoient en grand nombre, les envoyast secourir les payens contre Mutgarin, roy de Castille, qui faisoit la guerre contre La Noue, filz bastard d'Atphonce, qu'il randist tributaire. Aygotant voulant passer outre descendist en Aquittaine qu'il usurpa certain temps. Lequel estant venu à Lymoges n'estant encore fortimëc puis la dernière destruction faite par Pépin, entra sans empeschement dans la ville. Lequel prenant plaisir à la sonmitë de la situation sy propre et commode, le tout considéré, proposa d'y fère quelque acte n)émoratif pour y randre son nom immortel. Et, pour ce fère, assambtast son conseil, qui ne peurent satisfaire à son vonttoir. Allors un habittant de Lymoges luy inventa la façon en trouvant la source de la fontaine, laquelle i! allast voir, et trouvant la source bette, s'y employast en gf'ande dilligence, fesant chercher d'autres sources de fontaines pour joindre à icelle. Et, pour ce faire, Aigotant donnast son chade Limoges, DUROux, Essai historique .<M;'/a..scKa~r~'M (1) p. HU; TR)PON,~MtOr~Mg monumental du Limousin, p. 67 AD.UU, de Description des moK!MM6K~ la Haute-Vienne, p. 1S2 ARBEf.LOt, ~6t)MSarchéologique et historique de la ~OM~-P'~KK~, p. 47. Tous, ces auteurs s'accordent pour rt'jctcr la fable ridiculc d'Aigolant.

–')03–
riot d'or enrichi de pierreries prétieuses, sur lequel il se fesoit porter en triumphe, comme fesoient antiennement les princes romains; du prix duquel furent faits les conduitz et recherche des autres sources qui se jettent dans icelle. Lesquelz conduitz sont H'ès beaux et grandz, tant des autres sources qui se jettent en icelle que le grand conduit qui vient jusques à la ville, lesquelles eaux s'assemblent toutes en un endroit grand et spatieux. Et fust appettéed'Aigottantetdepuis icelle Aigoulesne; et se rand à prësant à la sommité de la ville dans une très grande couppe de pierre grixc (1), et au delà, ayants [quatre] mufles qui vuident la couppe à costé, est un gros mune qui jette de l'eau pour abrever les chevaux l'eau de laquelle fontaine faict deux estangtz séparés par une digue qui sert pour aller à ladite fontaine. Lesquelz estangtz sont pour retenir l'eau ausquelz sont quatre canaux qu'on ouvre pour nettoyer tes rues, l'eau desqueiz passe par toutes, et aussy pour nettoyer les commodités des maisons de la ville et faux bourgs de Boucherie et de Manignë, et aussy par accidant de feu. Et est encore de présant la dite fontaine apettée Aygoulesne, et au language vulgaire Aigottène, dérivant du nom d'Aigotant, quoy qu'il y en aye quelques-uns qui veulent dire que laditte fontaine aye prins son nom, non pasduditAigotant, mais à cause de ses esgouts coulans qui viennent de divers endroits, qui veut dire en tangue vutgaire du pays <t«j'oleno (2) d'anthennete, et à présant <M<yaM~'Mp. Lesquelz estangtz servoient d'abreuvoir et autres services de l'antien chasteau de Limoges, qui estoit jougnant lesditz estaugts, où est la place de la Motte, n'estant la ville si grande comme de présant. Dont il en est parlé cy après. Laquelle ville a tousjours porté le nom de Chasteau de Lymoges, pour la séparer de la Ciné (3). L'eau de laquelle foutaine s'est beaucoupt perdue par le défaut des consulz mais, recherchée par les cousulz de t'année 1647, qui n'eu recouvrèrent que partie et firent faire t'ymage de Sainct Martial qui est au mitieu de la couppe de pierre grize. Laquette eau n'ayant assès d'espace pour sortir, faict que la grande quan.-

't)D y a ici un b)anc clans )c manuscrit. (3)Eaudou!'c. (:!)~. ci-dessus la note 2 de !apage9t. >

--404--

tité l'aict crever tes canaux de plomb, sortant auparavant par un gros canal de plomb qui jettoit de gros bouthonnementz d'eaux avec liberté. Et, sy la source estoit en estât, comme elle estoit, l'eau pouroit courir continuellement par les rues, outre la plénitude des estangtz, qui furent faitz du temps de Pierre Audier, sénéchal de la Marche, comme dit est à folio 183.
~Chm'ïfs-le-ChauVtt (torno il Fouï~ucs

dont il est parle cy-devant, estant roy Chartes-le-Chauve, d'Aquittaine, et par le décedz de son père, roy de France et t~sconf~sdoScas, empereur, Louis-le-Débonnaire, il fust roy de France, et [it '~Hmttgesetdc ~întt'sjf ] eut') grandes guerres. Lequel espousa la fille du comte de de RousSens, lequel comte décéda sans hoirs masies.~éral silhon s'empara de son authorité privée de tadite comte de Sens contre le roy Charles, qui, de ce indigné, luy eopfisqua toutes ses terres et seigneuries, et le bannist du royaulme, estant pour lors le seigneur Dragmon, père dudict Ccra!d, prisonnier par les Sarrazins, ayant esté prins'à Carcassonne. Et, parce que ladite comté de Sens'appartenoit a Foutques, filz de Eude, nepveu dudict Gérai de RousstHon, il la luy restitua avec les comtés de Lymoges et Saintes, puis le maria, et bailla à Seguin, frère dudict Futques, la comte de Bordeaux et autres terres en Gasgougnc. L'an 841, les filz de Pépin, roy d'Âquittaiae, estans soubz u Cbdrl\ -h.. ChaU\u le gouvernement d'aucuns barrons de Gaacougne temms~ 111\-1 J~ns un 11111t main forte pour eux, jouyssoient de la ptuspart de la Seconde T HMt'-n'~f[nnt't t:Oria.a sva nuAquittaine, fesant la guerre aux comptes Seguin et Fouques \t;U1i. et autres seigneurs d'Aquittaine, qui à eux n'avoyent \'ou)u adhérer. Toutesfois Chartes les prinst et les Ost tondre et mist en un monastère. H est ditatheurs que ce fust t'au 852('l).
(t) Jean Bouct:ET,M?MM<Md'.4~M! v"

iSS'f<~6A

K)8
de ~M~n~Mc rMM!eet d!e~o~!<tOM l'antienne c~e de Lymoges par les Normans et Dannois, et le corps de 5~ ~ar~a~ porté à Solompnac, .soM~z Charles~e-C~ŒM~e. L'an 848, les Normanset Daunois,Frisons et autres, soubz
[QtmtrH'niG<ït-strt)ctiondcUmo~a.~

la conduite de Rorice ou Hastingo et Hic!' Costc-de-Fer, [et] selon Nicole Gille (1 ), l'an 846, entrèrent aveq une puissante armée par la rivière de Gironde en Aquitaine, fesamptusieurs maux. Coutre lesquelz Foulques, comte d'Auvergne, Limousin ctXaintonge, etSeguin, comte de Bourdcaux, aveqtes Aquittaniens, voulurent tenir teste; et fust donné batailhe à laquelle furent tués lesditz deux comtes et grand nombre détours gens. De laquelle victoire lesditz Normans enfles furent sy fortpuissans qn'itz coururent sans empeschement tout le pays pandant deux ans. Lesquelz pithèrentet bruHëreniBourdeaux, Bazas, PériXaintes, Engoulesme, Cahors, Agcn et plusieurs augueux, tres, bref, tirent plusieurs maux. Les Lémoviques sentans venir sur eux la fureur desdits Normans, après la mort de leur comte, transportèrent le corps de S*' Martial à l'abbaye de Soiompnact, à deux lieues de Limoges, piace pour lors très forte, pansans te porter plus toingt, et ne peurent passer outre, partant furent contrains à demeurer là, parce que la ville de Lymuges n'estoit fortifïiée puis la dernière démolition, et les habitans ~abandonnèrent leur ville. Le roy Charles avoit son année contre Néoménius, roydcs Bretons, sur lesquelz il gaigna deux bataittes, en taqueite [dernière] ledit Breton fust tué avec son filz. Chartes revenant victorieux fist paix avec Rorice. Puis s'en retournèren.t en leur pays (2). Les Annales de Nicole Gilles disent (3) que Chartes-tcChauve combatit les Normans fort rudement, et qu'ilz fuirent

[ Translation du corps de Saint MartI~ f~So!ij;.ac!

[Mfa~c <)e!\mm.'nhts, roi ¡!P3 1

l CLarles-Ic-

Clmuco

hatIcsKorttmftJs.j

(1) Les très g~ot~M et copieuses a?t!M<g~,édition de iu33, t'"6t v". Nicole Gilles dit seulement que les Normands et les Danois entrèrent par la Seine et vinrent jusqu'à Paris. (3) Jean Bouchot,, f" (i~\o. (3) F" 61 r".

–106–

L" rnrps nle Saint thrti~rappmtf a LiuHJIJ~s. j

en Bretagne, et de !aen teur pays; et qu'il se meust. entre leurs rois sy grand guerre qu'ilz se destruisirèm eux-mesmes, et n'en resta d'un sy grand nombre de gens qu'un. Voillà la rëcompance de leurs travaux, et comme Dieu les punist des maux qu'Hz avoient faictz Les Limousins apprès voulurent aller a Sotompnact pour rapporter en son église le corps de S"~ Martia), ce qu'Hz ne peurent, jusques à ce que les chanoisnes de S~-Mardat se furent reformés, et [eurent promis de] laisser l'habit séculier. Lequel ayant promis, les murailhes, qui estoient très fortes, Plu(umberent jusques à Heur de terre miraculeusement. sieurs des plus grans, [qui] voulurent empescher présumantz de te retenir par force, moururent dans un jour, ce qui donna :)n peuple moyen de rapporter le corps dudict sainct dans son hëputcre ou se fist plusieurs miracles (1).

Comment les fession C/mr~ le premier
'Le rn.numc ~pt)tat)n't''n~ a·n dacl~o.l

c/MMOMcs de Samc~fo~M~ ~r<??~ prola re!~<'e de S"~ BcMOM~ présant le roy tenant ses estatz à L~HO~ss, (~ rem848; abbé.

Chartes-te-Chauve, :'oy de France et d'Aquîname, tenant ses estatz à Lymoges, a!nsiu que dit Bouchet ~3) et autres, il fust advizé de supprimer le royaume d'Aqu!uaine et ériger en duché, dont le siége principal fust mis à Bourdeaux, et partout des comtes et gouverneurs pour résister aux. Normans. LaqucUc érectton de duché et'étab)issement de comtes et gouverneurs, il n'y estoit comprins seuHcmen! que le pays Guiennois, c'est a dire Gascougne et trois sénéchaussées les Lande.z, Bazas et les pays Bourdeaux, adjacens. Et voulust qu'elle fust tenue de la couronne de France à foy et homaige, comme aussy toutes les comtés de rAquittainc. Toutesfois les ducz de Gu!eune ont esté appelés par les historiens de France ducz d'Aquinahie, et y ont estés

')) L'ah)~B.\KnHt., y)'<M<fû la ~'M~MK &SatK< Fft~Mf, chapitt't''i.!V;ftOK.\VKNTUnE,t.nt,p.3)T. ~iF"60v".

–i07–
comprinses par aucuns temps les comiés de Jjymousin, Périgord, Xaintonge et Poictou. Or, suivant la résolution et détibération des chanoisnes de en présence du roy Charles et des évesques d'AS"Martia[, firent profession de la religion de Sainct Benoist, à quittaine, l'exhortation de Aueard(i), prieur pour lors dudict monastère. Sur quoy STODHjLE(2), évesque de Lymoges, en rangt 36, s'opet les posa le premier, mais après bailla son consentement, nouveaux esleurent pour abbé DûDO~'ou ODON,abbé religieux de Sainct-Savin en Poictou, lequel les instruisit pandant trois ans en la reigte. Et auparavant il estoit appelé provincial des chanoines, comme prince de l'église S°'-Martiai, et partant fust le premier abbé. Geoffroy, 'trésorier dudict cottëge, ne voullust fère profession, adhérant à i'évesque Stodille qui fust cause d'oster au monastère de S~-Martiat le coitége de Sainct-Junien et la paroisse de S~-Pierre-du-Queyroyr, qui despandoient entièrement dudit Saint-Martiat. Les cAaKo~ps de ~Es~eMMee~ antiennement ~-Afar~ai! MM~. estoient

~Lri)ci.am'inps<!e Saittt-MartMt adoptent la rèule du Saint BcMit.] J

Sy t'en adjoust.e foy aux escrits antiens du moyne Geoffroy, de l'abbaye de Sainct-Martial (8), qui dit, partant des ordres de ladiuc ë~tise, qu'au temps passé une mesme !ëgion et congrégation de chanoines ont régy et, gouverné les deux églises de Sainct-Martiai et Sainct-Estienne, ~en] ceste sorte. La congrégation qui demeuroit à S'MarLia! descendoit, la vigiHe de Noët, à Sainct-Estienne, et y demeuroit jusques à ta veille de S"Jean-Baptiste. Et, de mesme sorte, la congrégation de S'Estienne attoit demeurer àS'Martiatjusquesà à

[ Cbanoillt,~ de Saint-):lienne et

JcSjm~-MMtiai.)

Gallia Christiana, t. H, col. 855, où ['on tran(1) Aimard. scrit à ce sujet un passage d'une chronique manuscrite de SaintMartiat. (2) Ancien abbé de Saint-Yrieix, 33-- évêque, d'après Nadaud et la C'aHMt Christiana. (3) it s'agit ici, non du trésorier de Saint-Martial cité queiques lignes plus haut, mais de Geoffroy de Vigeois dont la chronique est insérée dans la Bibliothèque de LABBE,t. H, p. 79 et suiv.

t08
la veiïhe de S'Jean, et puis vcnoicnt à S"Est!entfc, et les autres'rcvenoient à S "Martial. Et, quand ceux de S'Estienne et de S ~-Martial sortoient, les cloches de chacune église sonnoient et s'accordoient fort bien pandant ladite procession, disant d'avantage que les chanoines de S'Martia), ayants prins l'habit de moynes, divisèrent et partirent aveq les chanoines de S"Estienne les processions antiques de Saincte-VaItërie, qu'elle avoit laissé et que !educ Estienue avoit baillé ausdites églises. Mais Geoffroy etComodoUanns(i) de S")nnien, lesquetz par droit les moynes devroient tenir; et, parce que les autres pocessions sont nottoires à tous, ne les a voulu incérer en sacronique. 11 est dit alheurs duele moyne Geoffroy dit en sa cronique (2) a!ioicnt scuUcmcnt'ta que les chanoines de Sainct-Estienne veille et le jour de la feste de SainCt Martia! à rëglise de Sainct-Martiat pour y dire matines et la grand messe, ce qui n'a esté discontinué qu'au dernier ciècle. Il adjouste que c'es)oi) une coustume de près de six cens ans, seUon sou compte, de visiucr, le jour de Noël apprès la messe dit point du jour, le sepntcre de Sainct Martial pour y faire des prières, et que, au jour des Hameaux, on faisoit une station a Sainct-Martial, apprès avoir esté au cimetière de Sainct-Po! et à S" Martin. L'abbé de Sainct-Martia) doit entretenir devant tetumbcau au sépuichre de Sainct Martial six chandeiicsjonr et nuit aHuniées, et une chandeHeaussy devant le sépulcre du dnc Estienne, le tout de cire, et, outre ce, faire dire messe haute a diacre et soubz diacre audit sépuiere, tous les matins, sçavoir en esté à quatre heures, et en hyyet'ta ch'qt heures. Et ce que dessus fust confirmé par arrest de la cour de d.udict seputparlement de Bourdeaux pour rentretènemaut
(t) C~roMco~ comodoliacense, seu ecc~SKX Scme~-JtMKaK! a~ Viab MCCCXFf, & S~ep/MMO '/<MK<!M, anno D ad SMMM.m MAt.EU. Cette chronique a été éditée en 1847 par M. l'abbé Arbellot. Notre :)nnaliste, en faisant de Comodoliac un nom d'auteur, prend ici le Piree pour un homme. Du reste la phrase est inintcHigibtc. On trouve la liste des églises données à Saint Nartiat ou érigées en son honneur, dans le livre de t'abbt! Uandch TM:M~ la ~o~o~ ft L'~t!);< ~trtM<, p. 133. (3) ~!«< L,\BBE, t. II, p. 3it.

–109– crc, comme appert par icelle sur une lame de cuivre à l'entrée du seputcre, eu datte du 16 juin ~598 (t). Apprès l'évesque Stodille, succéda e ÂL'DON, n rangt des évesques 3 (2). A Odon, premier abbé de Sainct-Martial, succéda ALDON ÂLBON,en rangt 2" des abbés (~). H tiut t'abbaye ou 11 ans. Auquel temps Rodolphe, archevesque de Bourges, fonda le monastère de Bellec (4) au Bas-Lymousin, de l'ordre de S nt-Benoyst, dans [son] patrimoine, et d'où il estoit natif. Et s'appeHoit ledit lieu Beaulieu. Dans laquelle église reposent saincts Primus et Féticianus, frères, qui furent martyrises soubz l'empereur Décius. Couronnement d'EM~e à Lymoges, so?t&z Louis l'an 881.
[ Cuuronnement (PEudusaLnuogfsj J

[AUo.] ]

[AL)m.] ]
Cundation de Cell3

l Ceaulicu 1. Saints I'rimus <'tF~tic!ant)'<. )e9j.u.

et

Car~o?KCtM~ rois de France,

Raymond dit Rasmond, compte de Provence, ayant faict retirer t'empereur Richard qui estoit venu luy donner secours, avec sa fille et son filz Charles, en Vienne, qn'H tenoit paisiblement a cause de Bitride, sa femme, et le pays de Provance, Savoye, aveq la plus grande partie de Bourgougne, tant pour raison de ses prédécesseurs que de la comtesse Ive, file de Richard, duc de Bourgougne, que son filz Eude avoit espousee, lesqnelz tenoieut la compte d'Angers aveq la pluspart des douze comtes d'Aquitaine, que le roy Pépin avoit donne en appanage à CritTon, son frère, dont lequel Raymond estoit descendu pour cette cause, ledit Rasmond envoya son h)x Eude gonverneur d'Aquittaine, lequel fust receu par les princes et barrons du pays, apelé roy et couronne à Lymoges

(1) Des détails sur cet arrêt sont donnés plus loin (~. la table). Quant à ['inscription, nous n'avons pas été assez heureux pour la trouver. (3) 34'' Évêque, d'après Nadaud. col. 555. (3) Gal. Christ., )!, Cartulaire de t'(t&&a~6de Beau(4) Belloc, Belluec, Bellec. lieu en Limousin, publié par .11. Maximin DELOCHE;Paris, In~priinédits << merie impériate, 1859, in(Collection des Doc?<mgM'(s l'histoire de FraKce.)

110
par Rodutphe, archevesque de Bourges, qui depuis, par s~ saincteté de vie, resptandistpar miracles, et[est]mis au catha-~ des sainctz. logue

Translation de
~Uranstatiomiu Cnrps do Samt4!pinicn.1

~~eM.

[Gerto.] ] [SicgotIoPartspar les NOI'IDa"Ib,l

Dans une antienne charte de Sainct-Martiat il est dit que Raymond, compte de Lymoges, donna à Pabbaye de SainctMartiat le lieu de RuS'ect en Berry, qu'il avoit faict. édiffier dans son patrimoine et ériger en prioré. Auquel lieu donna pour nourrir et entretenir dix-huict religieux, où Abbon, abbé de Sainct-Martiai et Dodo, abbé de S~-Junien, portèrent le corps de Sainct Atpinien, disciple de S* Martial, audit Ruffect. A la translation duquel furent faits plusieurs miracles, et ce l'an 850, au rapport du livre delà dévotion envers S"' Martial, composé par M° Baudel, chanoine et ouicial de Lymoges, chapitre '7 (1). A Aldon, évesque de Lymoges, succéda &ERLON,en rangt des évesques 38 (2). Eude, roy d'Aquittaine, et Robert le marquis, son frère, furent assiégés dans Paris par les Normans; lesquelz firent une sortie sur lesditz Normans, qu'ilz prindrent au dépour" veu, tellement qu'ilz levèrent le siège et prindrent la fuitte. Suitte de ce qui advint après Rasmond. ~dece~ du seigneur

fEu<!cs r"i<AqH~tainfj 1

L'an 890 décéda Gératd de Roussilhon sans enfans. Auquel sucéda ledit Eude, roy d'Aquittaine, qui fust monarque de France neuf ans après. H fit battre monnoye de son nom et armes, tant à Lymoges que alheurs. Jouissant entièrement du royaume de France, itfust puissant et riche, il traversa [si] fort les Dannois [tant~ par batailles, surprinses et assauts que rancontres, qu'il les destruisit et extermina. I! gouverna le l'Aquittaine onze ans il restitua à Charles-le-Simple

B) P. ~t de l'édition de i8SS. (2) 3~ Evêque, d'après Nadaud.

-111 royaume.de France il divisa ses terres à ses enfants, sçavoir a Hugues il donna la duché d'Arles en Provence à Rodu)phe, l'aisné, la duché de Bourgougue avec le surplus des terres (car son frère Robert tenoit la comté d'Angiers, Limoges et Paris Louis, Boson, ses autres frères, tenoierit Savoyeet autres terres en Austrasie) et à sa fille mariée aveq Guilhaume, comte d'Auvergne, délaissa la duché de Guienne. A Gerlon, évesque de Lymoges, sucéda ANSELHus, en rangt des évesques 39 ()), lequel voyant que les Normans estoient derechef estevés en Guienne et avoient pithé Touthouse, Cahors, Agen, Bourdeaux, Périgucux, Rodez, Saintes et Poictiers, et venoient a Lymoges, s'enfuit à Turenne, comme sera dit cy-apprès. A Albon, abbé de S'Martia), sucéda BENOIST,en rangt 3; et auquel sucéda EcosiNDus ou Gousmelanus (2), en rangt .4, prestre sécuiier et abbé commandataire de ladite abbaye, laquelle il tiut dix-huit ans. Et luy sucéda FULBERTUS en rangt des abbés S qui tint ['abbaye 6 ans FULBERTUS 2", en rangt 6" des abbés.
~Âtisetmc.} 1

[Abbés

de Saint-

iMa!'tM:Bt'ttoist, Gunsindus, FuibErtust, 1, F.,tbei-tustï.) 1

Cinquiesme ruine et démolition de Lymoges par les Normans. Le corps de Sainct ~far~a~ transporté à Turène. ~ïmde/a~ ait sépulcre dudict Snt. Le livre de sa vie &rM~e. L'an911, Raout, duc des Normans,après plusieurs pitberies et incursions faictes, assiegea Paris, dont il fust rebuté par le comte Robert. Parquoy Raoul tira en Angleterre au secours du roy Adaiesiant (3), contre lequel aucunes provinces du pays s'estevére~t et taschèrent à luy ester le gouvernement du royaume. Lequel Raoul après voullant retourner en France pour envayr le royaume, de quoy Char)es-!c-Simp)e,
(1)36'' Ëveque, d'après Nadaud. (2) Gunsindus ou Gozilenus (Gf[«. C/tM.ft. t. H. col. HH5). (3)Adestan(JeanBoucnET,to65r").
[Cmqun'tttf de i

H2–
roy de France, ayant esté adverti, envoya t'arc'.evesquede France audit Raou) pour traiter de paix. Mais Radutphe, duc de Bourgougne, Riz du roy Eude, et Hugue, son frère, puis Robert, comte de Paris, et autres barons de France, jugeant ladite paix estre tascheté aux Chrcstiens, le dissuadèrent et impétrèrent trefves pour trois mois. Lesquelz finis, Raout vint à Paris, où il ne s'arrêta, et passant outre vint à Sens, Auxerre, Troye, entra en Bourgougne et Lionnois, descendit par Forestz et Auvergne, pittant et exiUant te pais, et par ie Nivernois vint à Estampes. L'autre partie des Normans qui estoit descendue par la rivière de Loire pilla Bretagne, Nantes, Vannes, bref, tout le pays, tellement que Matindonus, (~ comte de Porboet, duc de Bretagne, et son filz Alain BarbeTorte furent contraints fuir en Angleterre à Attestant, roy, où ilz demeurèrent jusques à l'an 919. Lesquciz Normans bruttcrent Angers, prindrent Tours, piihèrent les habitans d'Orléans, bruaèrent le monastère de Sainct-Benoist-sur-Loire et tuèrent tes .religieux. La tierce bande des Normans entra par Garonne, prindrent Bourdeaux, Agen, Thoulouse, Cahors, Lymoges, Périgueux, Rodez, Saintes et Poictiers, pillanis eChruHans tout. Allors les Lémoviques portèrent par tes montagnes le corps de Saint Martial au fort cbasteau de Turenne, habaudonnant leur ville aux Normans, estant encore ruynée depuis la dernière ruine d'iceux, parquoy les citoyens ne la pouvoient deffandre. Lesquelz [Normans] arrivés en icelle, ne trouvant personne, y mirent le feu. Lesquelz habitans aveq leur évesque Anselme suivirent ledit corps sainct. Auquel temps il y eut un nommé Etiseus(3) lequel estoit paralitique de tout soncorps, ayant été porté au sépulcre de Sainct Martial, pour, par l'intercession du sainct, recevoir guérison, lequel Eliseus ne pouvant fuir fut délaissé audict sépulcre. Etlesquelz habittans estans de retour trouvèrent tedict Elisons SUdit sépulcre, en vie, lequel récent santé miraculeusement.~ JSn ce temps fust brutté le livre de la vie de Sainct Martial, compose par Aurelius Cotta, dit Sainct Aurétieu, successeur de Snt Martiat,

~Lt;coï['a ~'Samt~Mt)~ ['or~aTuront:c.] 1

(t) Mathuède. in-t'p.t90. (2) Hélisec,

F. D'ÂRGENTRÈ, Ilistoire

de Bretagne, Paris, 1C04,

Cot.L'N, Vie des saints du L!MO«.StM,p. 363..

1i3 ainsin qu'il est escrit au commancement des miracles de la translation dudit Sainct Martial. Lesditz Normans firent de grandzmauxau royaume et plus les barbares, ayants demeuré fort longt temps, et jusques que que, par le moyen de Francon, archevesque de Rouan, fust faict appointement aveq ledit Raoul, auquel le roy de France donna sa tille nommée Gille aveq le pays de Netisti,ïe, appellée Normandie dérivant de leur nom, à la charge qu'elle seroit du fief de la couronne de France et que ledit Raoul, se feroit baptiser et ses gens, ce qui fust accompiy en la ville de Rouan, Il vescut. en très bon chrestien et fit de grands biens aux églises tant de Rouan, Esvreux, S"Michet-en-Lher (~) et autres. Pandant la guerre i)x emportoient les corps saintz, meubles ecctësiasti(iues, livres et volumes des Sainctes Escriptures en estranges pay~, et mesmes, par ce, pourroient avoir emporté le livre de Sainct Martial. qui est cause que le voiume dans lequel est sa vie aujourd'hui n'est prolixe [que] parce que ie principa) volume est perdu. Restauration dM MoH?M~ére de 5'AMg'M~~MEt d'OMCM?M~MCZ.

[BaptCmedeRa&a~

/M-L;O~M.

duc de Guienne et comte d'AuverGuilhaume-ie-Piteux, maria sa fille avec le comte Gëratd de Poictiers. De gne, laquelle sortit un filz nommé Ebolus ou Ebbles. L'an 929, ledit duc trespassa et délaissa Ebolus âgé de 1S ans. qui fust duc de Guienne et comte d'Auvergne, tenant la comté de Poictou à causse de sondit père, se nommant de Poictiers, d'où ont retenu le nom les ductz d'Aquittainejusques à Hélies de Poictiers. TuRpm fust le 40°évesque de Limoges, extraict de ta noble maison du Busson (3) et oncle de Robert, qui fust le premier vicomte dudict lieu. Lequel par grande abstinance et sainteté de vie fust grandement aymé des pauvres par la charitte.
[Tnrpio]

Saint-M'cheI-en-1'Hermite, f!) Saint-MichRi-en-L'Hcrm. départe:npnt de la Vendée. (2) Turpio, de la maison d'Aubusson, 37'' évêque, d'âpres Nadaud. 8

.)) 4
lt~.stanr.Ji~m .)!n[tu;t~.]

Odon, abbé de Ougny, a sa requeste (t\ composa la vie de S'' Geratd d'Orttiac (2) et un [ivre intitute De cox~.s'MM )?!KH~/(3). Ccstuy Turpin restaura le monnastèrc de S"Ângustinde-Lymoges, qui souvent avoit esté destruit, et y institua inoyues pour servir l'église, donnant au monastère le lieu de La Bachélerie (4) contenant dix mcstérics pour t'cntrctènement des reHgieux. Auparavant la désolation, il y avoit audict lieu un coUëgedeprestres séculiers, et iaestoitantiennenientérigé le cimetière des Lémoviques, comme il est dit cy-devant [page o~j. Ledit Turpin, évesque, apporta de Rome ptusieurs reliques, et depuis avoit impetré tuy estre donné une mâchoire et cinqt dents du chef de S'" Augustin, qui fust cause que le bon évesque fist ladite fondation et donna le nom à tadhe abbaye. Lequel décéda audit lieu du Busson(S), et fut porte son Dans l'église de S"Augus!iu corps ensepveHr a S"Vaury. sont plusieurs sainctes reliques, dont le registre est a cyaprès.

~t~~ca~n
HIÏl-lliljl.:¡t~\¡¡l Jt'ht. Il'

Je~aC~c.

Uu temps dndict Tm'pin, ta Cittc ni )c Ghasteun de Lyn)t)g('sn'fs).uient[)U)nU~n)t's.jt.yavo!tpPU(t'i)abiU:)))snsse!t)bif's,(.)i)icunHt):)!icè)'ent.atè!'et'dttîiersu)'!est'ni))esett'c))f)t'est';)ictespark'sNo!'nit)t)s.Ëtne['essmnbtni).[~yu!o~cs )ettred<~ia qu'un bourgL un vilia~e, r;o,urme apper~t par qtr'tm bourl;t utt vidage, <;q)nme:tpppi'tpai'ta l:t lettre dr, la ibndauu)) de tadite abbaye, o)t it ttK't D~t ï'n ~a~o ~Mo!'tC~t!.«(6).

(f) A ta requête de Turpio. (~ )';e de Saint G<raM~,comte ~'rtMr~~e, e'fr~g ~t MM par Saint <!< fM OnoN,second a6~ C~M~y, t!'<t~Mt<e /raneaM par M* (Co)t!)K(;).AuriUae,mS,in-12. tKMM~t. (3) De COMtgtKptM col. F. ace sujet Get~. Christ. t. ![, tnstfM?Menf<i, 168. )'t; (H) Aubusson. Le compitateur traduit i.<i;GaM.Christ. t. H, MStfMm.co). iG8. ma). Pa~Ms veut dire circonscription territoriale et non bourg. ()'. ~M~MSMr/a ~g'O~t'ap/tM t!8 !)F.LOCHE, /'M<07't~M<! G~M~, et .!pfe!'a~'MMf sur ~Md(!'M!'OK~f?'t07'a~6' f~M ~WM!MMftM HiO~H <J<;< ~ r:)fis,18C),in-t'.

~3

CoMro?me~eM<

de C/Mr~es-mp~e, de la èomté de Lymoges,

et supprimation l'an 920.

Charles surnommé le Simple, roy de France, voullut recouvrer les terres d'Aquittaiue lesquelles lui appartenoient, possédées par Robert, comte de Paris. Parquoy il vint à Lymoges et se fist couroiiner roy d'Aquittaine par Gautier, archevesque de Sens. De ce s'esmeut grand guerre contre le roy Charies, qui dura deux ans car Robert, comte de Paris, <;stoit favorise de Guiihaume, duc de Guienne, Rodulphe, duc de Bourgougne, Géra), comte de Poictiers, Hugues, ducd'Arles, et autres; mais eufm (chartes fust victorieux., et fust tué Robert, frère d'Eude. At)ors fust supprimée la comté de Lymoges et unie à la couronne de France, par iarébetiion du vassal contre le seigneur; et depuis n'y a eu de comté. Allors les barrons de Lymousin convindrent à tenir leurs terres en perpétuelle authorité du roy, comme fesoit le comte et vicomtes, comme Thurenne, Vantadour, Ségur, Aubusson, Combort, Bré, Brigueit, Bridier, Brosse, Rochechoua.rt et autres, pour cette victoire. Le roy Chartes pouvoit réduire à son obéissance la pluspart des terres d'Aquittaine, qui par sa simplicité se contenta d'avoir recouvert ce qui tuy avoit esté usurpé, qui fust causse a plussieurs de faire des usurpations; car les ecclésiastiques supposaient Saincte Vattérie avoir esté duchesse d'Aquittaine, et son patrimoine délaissé parie ducEstienne pour estre distribué aux pauvres, selon t'ordonnance de t'Egtise primitive; et se sont depuis dits seigneurs, s'attribuant à eux tajurisdiction temporelle, au préjudice du souverain, en plusieurs endroitz.

[Cha'tcs.tc-Sm'p'L', roid'A~nUamt'.J

[Réunion

du comlé

de Limoges h la Ctturoune.]

D'aMCMMS de Guienne. ducs
L'an 92'7, GuHhaume-te-Pitteux fust duc de Guienne pour le gouvernement des deux Aquitaines; et, comme duc, jouissoit de Lymoges du consentement de Raoul, roy de Bour-

[ Guillaume. Ic.PitM~.J

H6
Deux ans après le décedz dud!). GuUhaume,Ebb;es, comte de Poictiers, fust duc de Guienne, et décéda l'an 93S. (ûtHUaamc-Hugnc.] Guilhaume Hugue avec un sxeo frère nomJ Auquel succéda [Enba)m.] Ebolus ou Ebo'e (i), qui depuis fut évesque de Lymoges 1 mé et succéda à Turpin; duquel sera parlé cy-après. Ledit Guilhaume Hugues s'efforça d'usurper les terres de la Seconde Aquittaine comme son père.
(1) Eubalus, 38<'év&que (NADAuo).

[t;b)M.)gougne. ]

LIVRE TROISIEME

Briefve

description

des abbés lez-Lymoges.

de Sawc~M~~M-

Sainct-Augustin, lieu antiennement dédié au cimetière des Lémoviques, comme dit est cy-devant [page S2], fust fondée l'abbaye qui est à présant par Sot Rorice, 23" évesque de Lymoges (1), le corps duquet est en ladite église de S"Augustin, l'au 662. Et estant ruinée par les guerres en l'an 763, fust restaurée par Turpin, évesque de Lymoges, en !'ang't40 [en rang 37]. Noms 1 2 3 4 5 Mm'tinus, Vixdo, Atbertus, (~ë)'atdns, (juidonus, des abbés (~.

[Saint-Augustin.1

(i) Rurice 1* i2'' ëvëque, fin du v siècle. donne une (2) L'abbé Roy-Pierrefitte (~OMS~~MS t~MAt)MO?tszM) liste d'abbés, dressée par l'abbé Nadaud, qui complète, dit-il, celle qui ~e trouve dans la Gallia Christiana. Mais elle n'a aucun rapport avec celle de notre auteur. L'abbë Roy-Pierretitte cite cgaiement une liste des )j prcntiersabbcs, tirée, dit-ii, d'un manuscrit de la Biblio-

H8
C 7 8 t) 10 li1 12 ~3 3 14 1S h !6 i'7 i 18 !H a) 30 3i 23
Ptcn-e-Rjrthfn).!

Stcphanus, PhiHppus, P.deBarry, Ramondus, Huguo Guichehnus, Huguo Bncn, Eymer icus, Bouha, (.craldus Bounet, MarUaUs, MeUusdeMon(.étuéty, P. Bertonnet, Geoffre de Bouuevat, Franciscusdeta ('t), Martiatis penedict.), Johannes de Montruoi, Andreas (2).

digne de mémoire de Pien'e Berthon ~3), abbé de Stet de Soto~pnac, Augustin possédant par esiection tes deux il estoit aussy prévost de Varneit et des Seichercs abbayes; et prieur de Nontrond. il a 0 En son abbaye de S"Augustn!, de ta et., en tomes choses en pédagogue, parte en présidant ville. Il se plésoit fort. à l'estude, et pour ce il avott quanuté de livres, et grand nombre de missetx qu'il corigea. H GStoit tilz du noble chevatHer le seigneur de Monbas et frère de

Chose

thequc impériale, portant l'ancien numéro 5,tS~. Comme cette liste est à peu près conforme, sauf t'orthographe, à ccMa.de notre mnnus- p~ cnt, nous la transcrivons ici pour que le tccteur puisse faire luimême les corrections. 3. 'Wernido; 3. Albertus; –.{-. Geraldus i. Martin; 6. Stephanus; 7. Philippus; 8. Petrus dcu 5. Guido; Barri;). Raymondus;–10. Hugo;–H.Winelmus;–1~.Hug&. 13. Aimericus de Bonhac; H. Geraldus domus Sancti-" Buccii 1S. Amelius de tiontecuculli. Martiatis (ij Le nom est en btanc. Peut-être François 'de la Vergne. ;~) !) y a ici dans le manuscrit un blanc réserve sans doute au com-. picment de Laliste. (;all. C/!)-Mt., t. H, cot. M3); Pt.oY-P)i.,tUtE-' (3) Pierre Barthon~. t'rtTE, :VonnsM)'M du ~t'm~ttsM!, abbaye ~SoM~?:n.c~

–H9– i'archcvesquc de (t). Par plusieurs jours et cours de i'anuce, il a régy par esiection t'évesché de Lymoges, et par divine grâce la resigna à son nepveu Jean Berthou, lequel il avoit estably son vicaire généra! en toutes choses spirituelles' et temporelles, sans aucune exception, et son ofïicia!, lequel a vigoureusement fleuri en ce qu'il estoit pardessus les autres comme le soleil entre les estoilles. H avoit plusieurs donts de Dieu qui seroieut )ongtz à rëcitter. Il décéda le 24~ aoust 1S05. Son corps repose audit S"Augustin, où est maintenant le cœur, devant le grand autel de ladite église, insérant deux eliappelles qui font t'égtisc en croix. H fist ferc deux belles cloches de métai), entre lesquelles est la plus grosse. Il fist t'ère de nouveau la maison abbatiale jougnant le cœur de ladite église, plus la maison du raffe~oir, et autres lieux sainctz. Le Mo~ des abbés de ~J/ar~t~ ~i.
l~nac,; Jc'jN!)).n'h~.j

L'an 1012, llildoiu (3), évesque de Lymoges, comme il est dit cy-après au ('uei)tet 133, mist à 8"Atartin des religieux d<' l'ordre de (4). Le premier abbé fustun moyne de TuHe nommé Rodutphe (5); Béranger, 3 Donadeus, aussi moine de Tulle, pren)ierpénitancier,bon religieux, par ieque! l'on dit que Nostre Seigneur, à sa prière, a (aict de beaux miracles. H ttonna te bras de Sainct Martin de Tours a laditc église; 4 .tordan 3 Géraid, moine de TuHe, duquel t'on liet qu'it atioit par

(t) En htanc. D'après la G<t«. C/trM< Pierre H.u'ton était frère de l'évêque de Limoges Jean Barton, né en 1.H7 mort en H97, qui fut nommé archevêque deNazareth, suivant le ïa~ertM de Nadaud. .~KMft<M ordinis (2) Cn~. Christ., t Il, col. S83 et suiv.; MAILLON, S. tiencdicti (Paris, 'tj07), t. [V, p. 235. (3) Aiduin ou Ileldoin. S.uut.-nenoiL (.1,) ~) Sauf t'nrLhographc des noms pruprcs et qudques transpositions, cette liste est. peu près conforme à celle de la Ga~:n C/trMiMtM.

–120–
le diocèze demandant pour Dieu pour t'entretènement des religieux, aportant dernier son chcvat ce qu'on tuy donnoit; C Regnault. H apportât le brevière du monastère d'Ahu, l'usage duquel l'on void encores Guilhaume, ësteu 8 Pierre, prieur de Ciugni, natif de Pterrebui'nère, iequct fust bon religieux et bien lettré. 11 despandist grand somme de deniers pour paye:' les debtes de l'abbaye, laquelle il régist 37 ans et, causant la gue''rc des Angtois et la désolation dndit lieu, se rc).i''a à Ciugni, et, csta))t. rnppc)é, ne vouiul retourne)' H Ranutpbe; tO Chardomiieres; '!i Guiihaume. Hx tHrcttt six abés d'une ntesme !igne~, tous gens de bien i~ Raymond de Ve)'u!h:)(', fist fèrc Audier sé'i~'ita) audit pays pour le roy d'Ângteterrc L'an '!30i tus!, grande famine. Le monasK't'c deubt U'ante soiz; les maisons furent chargëes de grandes dcMcs, les nues badhces aux secuHers. Aceste causse, t'abbe re:nist aux bourgeois du Chasteau, c'est a direja ville de présaut, la question qui avoit este mcuhe par devers Guiitiaume, archevesque de Bourges; et devint te couvent de la sy pauvre qu'il fattut vandre les c!j;)ppcs ceux Sousteraiue. Cest abbé estoit facille a se laisser dëcepvoir. Appres son décedz, il ne se trouva homme qui voulust estre abbé a cause d~qnoy t'ëvesque Jean y mis) un des prestres de Sainct-Estiennenptnmc !3 Guilhaume, recteur de Moujauvy, qui fist beaucoupt de biens à ladite abbaye et payast beaucoup). t4 Bernard, ccttérter de Solompnac, paya&t le reste des dcbtes t5 Bernard Vigier, fist venir la fontaine et Hst iere te pressoir qui est au delà de la rivière de Vienne, t'an '!2't4 ie Pierre de Mazieres. De son temps fust traite de remuer Fabbaye à Beaune, 2 lieues de Lymogcs, qui appartient a ladite abbaye. Toutesfois ledit abbé en Just diverti par plusieurs, t'abbé tsambert, de~ainct-Martia),outiuht_ «'tenir ladite abbaye de S"Martin pour en tet'e un priore.

–m– L'ëvesque Jeun en voulust fère une église co)!ëgiaHe de chanoines; enfin il fust conctud qu'il demcnrcroit cumn)H ilz avoient commaucé !'7GuydcMa!cguise; i8 Guy de Lheur i9 Eymeric). de La Burtie; ~0 Pierre de Lheur; ~1 Gét'atd Jouviou, apprès la desu'ttc~iui) de Cate; 3'2Ëst.ienneMaihat; ~Pierre des Vallées; ~4 François Mathieu (1), qui fist faire la claustre de la cave ainsin qo'estoit avant le brullement e).rasement du couvent. Ht, parce que je n'ay sceu voir aucune lettre qui fasse foy des autres subsëquens abbés, je in'en desporte et dis seuHement que Jean Jonvion fust abbé l'au 1842, et Pierre Reignautt l'an ~S94. Et du dernier abbé qui estabiy en ladite abbaye les Pères Fouinants dit est cyaprès. ~epara~'o~ de l'antienne ~aMM-d'OM~er, Citté de Lymoges l'an 929. SOM&2

Certaiu temps apprès que les Nurmans eurent laissé de <;our)'ir le royaume de France, ceux qui commancèrcnt à édifHcr l'abbaye de S°'-Martiat sur les ruyues et cendres de se voyants muitipiier en nombre, reprindrent. ieur Lymoges, communeautë, et esiireut consulz à leur mode antienne pon:' la police de leur ville, estabiissaut. ofucicrs pour administrer la justice. Et, parce qu'il se trouva que le sacristin du sëput-

i Uvisiun de III MCb.tte.i~~C~)

¡lia

(1) Jean Mathieu. La Ca~to. C/tn~MHft. complète ainsi la tist.c 2o. Guillelmiis IV Sonlier (i-H7 et. H37,M. PetrusVIdc Droui)27. Johannes If de Lezis ()438); 28. Petrus VM (t~l); les 30. GuiHe)musV(i455);–31. AIbertusdeJovion;–32.Jaeohus !I de Jovion (1456); 33. LeonardusBidonis(14S9-1479); i.. Eustachius Cidonis (i~SO) 35. Johannes III de Jovion (H92) 36. Miehac) de Joviou (1306~520) 37. GuiHcimus IVde Jovion 38. Jacobus III de Jovion (1S42-1S48); 39. Jo ~324-1542);– hannes III L!crn)ondcL; 40. Josephus t Juliani '~oG~ ~). Josc42. Ludovicus Marchandon. phus I! Juiiani

1 <'rc de S:ti)«;(. Marnât avoi~eust quoique pocession de conuoiKtre des din'éreuts que de premiei' uvuicit). esté chtt'e les hub:tm)s,n![orsqu't[ bourgeois, p:n':)ccct'dfai<;t y avuit.peadc cutre Fabbe et uonsutz, fust convenu), qu'i) seroit dc!aisse a): prévost des Combes de ladite abbaye eL a!:di). bourgL la juridiction des Combes, pour couuoist.i'e des causes, taqueHe a (turéjusques à présant. De Fec~Me E~e, et ~teM~/h< de C~/c. et rcc~ca~o~

Jaris~lic~inn ~i~ c'uUihn;,

Ehulu'i

ou E~ul,),

HttOLE, en rangt des évesques de Ly'noges 4t'' (t) fus), faict <vesque du règne du roy Louis 4. Ay:utt. d'aun'cs bénéfices, il reediiïi:) le tnunastèt'e de Saint-Mm'Ua!, et, en temps de caresmc, i[ expliqua aux reiigieux la rnigte de Sainet Bcnois). et donnajttnsict.n'sHvt'es et urnt'mentsde son pi'opre a l'ëgtise. H fis),veni)' an couvent un riette bénéfice, il rëëdifHa l'abbaye de Suinct-Maixan et deS"Mic!)et-cn-rHer, uuauBas-Poiet.ou; que! iicn, après son dëcedx, il fnst. inhnine. E) parce qu'il ne pum'oit yacquer au H.ouvefnenient de i'ëvesché de Lyntoges, causant ses autres bénéfices, il eust un sun'rag'unt nunxnë Benuist, qn'ii aymoit, et le iist fére évesque portatif (2), iequct le comte de Périgord fist crever les yeux, comme dit-est n cy-après. Ledict évesque usurpa sur les citoyens tajurisdiction temporeHe, qui commancèrent a rëëdifticr près t'ëgtise cathëdratte de Sainct-Estienne, tant par i'authoritë de sou frère se disant duc de Cuienne et comte de Lymoges, que parce que
(1) Ebulus, Ebulo ou Ebbo est le 30" évêque, d'après Nadaud. H t siégeait en 761 (V. BotAVENTL'RE,. H, p. 238). Louis IV, surnommé (t'OM~-Jt/er, fut sacré à Reims en 936, époque qui n'est pas suffisamment rapprochée de 761. D'un autre côte, la C/tt'oK~Mg d'Adémar et la Gallia C/n'MtMKa s'accordent à faire vivre Eblus ou Ebutus du temps de Louis d'Outre-Mer. H faut donc croire que, cette fois, c'est notre annaliste qui est dans te vrai, et que le P. Donaventure et après lui f~idaud ont commis un anachronisme. Eblus fut le 38' évoque d'après ta (ia~MC/tr~MMM. 3) H y a dans le texte d'Ademar C/tO)v/sc()~!fM, chorevequc, c'cst-a-dirc suppteantdc t'évoque da!)s le village.

h'dit évesque avoit employé grands deniers à faire cto,re certaine portion de ladite Citté, et aussy édifïier le palais épiscoavoit desja compal près ladite égtise, que t'évcsqne.Turpin inancé. L'an '790 monrust Guithanme Hugues, duc de Gniennc, auson tilz. quel sucëda Guithaume-Teste-d'Estoupe, Dc'M~itMa~oM de la Ville et Citté ra~ de Lymoges 956.
1 b primitifs à la ctiijaCik~ ille

&'o«~z Lottaine,

Le roy Loltaire vint en Aquitaine pour recouvrer ies terres son ayeul, pour la ré<'on6squees au roy Charies-tc-Simpte, bellion du roy Robert, lesquelles Guilhaume-Teste-d'Estoupe <}ueretoit à cause de sa femme. Le roy estant à Lymoges commanda aux consutz, bourgeois et à l'abbé Estienne, de S'MartiaL en ratfgt '7°, qui avoit succédé à Fulbert, de ciore et fortiffier le chasteau de Lymodes habittans, pour se ges selon sa grandeur et habitation du duc Guilhaume qui tes vouHoit soubmettre à la dugarder <'hé de Guienne car, despuis tes ruines dannoises, n'avoit esté renfermée ni peuplée. Allors l'abbé Estienne aveq les bourgeois commancèrent a clore ledit Chasteau, c'est à dire la présant ville. L'abbé y tist fère deux pourtaux, l'un du costé de la Citté nommé voire Argoule(~), alias Porte-Poissonnerie et 'Escuderie(4), Pou!athière, à cause du gibier qu'on y vandoit. L'autre porte du costé des Arrennes fust apelée Sustine (3). Or ledit abbé voulloit fère apeter ('este ctosture du Chastcau séparée de la Citté E.s<e~/MK~M, de son nom S~ );Ms. (~e que voyants, plusieurs nobles édifnérent des tours et maisons grandes, qu'itx nommèrent de leurs noms et entre autres
t. If, co). Sut). M faudrait lire ~Cttter-te.C'était (t)t'.t'a«.C/{!'tst., la porte près de laquelle se tenaient les fabricants de boucliers, se!t<f:rM. I (2) Argolet (BAR~'yDE RoMANET, listoire de Lt'mo~M. Limoges, )82t,in-8")).H\ cette porte/MSj;tt'tC,mais it faut (3) La (jaM.6'/<rMt.(i:t'd.)appc)tc )[['efMst(Mtf.

~2.-i.

P/'eHM~'M maisons

dit CA«6'<Cf{;(de ~ymo~. Guain,

Ptenavaire, La Motte de Caviflat, Porta) Nimbert, (~)arbonnières, La Peyrusse, et autres (1).

de

Ledit abbé Estienne tint l'abbaye 37 ans. Auquel sucéda Aymondus(2), en rang), des abbés 8e (it est appelé alheurs Aymond Durand), lequel la garda 6 ans et mourust ez nonnes de may l'an 993. Auquel sucéda A;:ttU!C Eymenc, en rangt 9e. Allors demeura l'abbaye sans légititnc pHSteur 30 ans. Et sy avoit ledict Eymeric radministra[ion, et faict sèrement de prandre l'habit sëcutier,jusques o'ois jours avant son décedz qu'il récent l'habit de religion, De son cr<'igttai)t d'avoir encouru fortune d'excommunication. se bruita )e monastère de S"Martia) (3), où le feu Estemps !iefti)e, abbé, avoit fait i'ëre sur te grand haute) defëgUse S"Sat!vcur une formanc.' d'église d'or et d'argent, enrichie <)e pierres prétieuses, qu'on upcioit le dont. Pour revenir a nostre viite, les murailles d'icelie nouvelle Circuit la noucelle ville ciosture comprenaient l'abbaye de S"Martia!. iaqueite, du <lite Ch:udeau. costë d'orient, outre le ntur estoit. recluse d'un estangi jusques au Pont-Hërisson, jougnant t'bospita) deSainct-Martiu), tirant la fosse vers la fontaine d'Eujoumard, laquelle fontaine est de présant au couvant des religieuses de Nostre-Dame, et de la fontaine susdite tiroit au porta) Nimbert, auquel estoit pour iors les prisons, puis a la Porte-Sustine (4), près ou est a et par la Motte desc-endoit prësant Sainct-Michet-dcs-Lions.; a la Porte-Pouiaticre, y coniprenant te cimetière et monastère de Sainct-Martia!, cinquiesme partie du cerne, parquoy ledit abbë payoit le cinquiesme des murs et réparation des fossés. CireutttieiaC~t'. Or, pour bien entandre la dénomination de nostre viHe,rëcerne y vesque Ebolle ayant faict clore la Citté, lequel avoit comprins rëgHse cathédratte de Sainct-Estienne ensamt

t. ~M~Otrg~M/.t'MO~.StK,I, cha[). X. (t) )'. LK-YMARIE, ;2} Aymo ou Aymonius, frère de Turpio, cvcque de Lymoges (;;n«. C/t?'~t.. t. H, col. 556). ~ (~ Ca~. C/n-M<. tf/. (.t) Fusti~ie.

~s

rivière de Vienne et bteFabbayedeta Raigle, jusques ta icelle partie de vielle dénommèrent pont Sainct-Estienne, vitte Citté, où se tient l'évesque et les habitans citadins, et l'autre susdite partie Chasteau, comme ayant esté édiffiée sur les cendres et ruynes de l'antien chasteau de Lymoges; lequel mot s'est entendu sur la présaut ville jusques au temps du grand roy François, premier du nom, ainsin qu'on void par divers tiltres de plusieurs maisons et autres lettres et !mémoires consulaires. Son premier nom d'antienne ville séparée de la Citté a prins son nom despuis, ledit Chasteau ou ville ayant esté despuis grandement augmenté de circuit, comme sera dit en son lieu, et est appellée Ville, faux-bourgtz et Pont-S"Martiai despandant d'icelle. Parquoy d'une ville eu voillà trois, à cause de quoy nous n'userons plus du mot de Chasteau pour notre ville, pour faire que plus aisément soit cntandu le mot d'icelle ville et citté. Sont deux remarques que l'on tient pour asseuré que lorsque Sainct Martial vint a Lymoges la ville estoit scituée près l'église Saincte-Vatiérie, jusques à la Roche-au-Got, comme est dit cy-devant parlant de l'antienne ville. Et mesme appert par les vestiges qui se voyent encores dans les vignes, et aussy les ruines d'une tour dans lequel il y a un vuide comme une caverne, qui sert de couvert aux voisins qui ont les vignes jougnant. Et à la Roche-auCot y avoit un beau pont de pierre qui fust démoli par Henryle-Vieux, 'oy d'Angleterre, comme il est dit cy-après. Mesme il est à croire que S"Miche)-de-Pistorie et )a Ciné estoient comprises dans l'antienne ville, comme dit est cy-devant, par les vestiges qui sont trouvées au chemin qu'on va de la Citté au Pont-Sainct-Martia), par un gros mur de la largeur de six à sept piedz, de grandes pierres longues, venant sous le jardin des Jacobins, continuant dans les vignes, tirant vers la Citté. Et dans tomes tes vignes se trouvent des fondemantx de maisons et caves, mesme s'est trouvé des médalles de bronze. Démolition de la ville soubz de Lymoges ~M'o~ appeloit N~e Capet, l'an 988. et ruine >i'~ffl;l
Oc J.imogt>s. j

C/Ms~t,

Cepandant que Hue Capet, roy de France, et Charles, duc de Lorraine et de Brabant, se fesoient la guerre, Guilhaume

–~6–
de Poicticrs, duc de Guienne, ayant occasionne recouvrer tp&. tCl'I'es J' Aquilwineqne terres d'Aquittaine que le roy Clottaire luy.avott interdittes lllY J}voit 1.~ (-, l'oy comme estant confisquées au royaume de France par la rébellion du roy Robert, ledit duc vint aveq une grosse armccL loger dans la Citté de Lymoges où Ebolle, son oncle, estOtt évesque, et où tes nobles du Lymousin le viMrent recepvoir comme duc d'Âquittaine. Sur ce, les bourgeois du Chasteau, c'est à dire de la présant ville, ne le voullurent recepvoir, parquuy furent assièges. Pandant lequel temps souffnrentbeaucoupt. Cependant envoyèrent devers le duc de Lon'a!ne pour avou' secours, lequel ayant d'autres affaires à desmeller ne leur eu peut donner aucun. Parquoy lesditz assiégés se!. voyants presses se randirent. Loquet duc tist abbatre !es et autres fortifïications de la pauvre ville, et estabty portes pour gouverneur Eymard, vicomte de Ségur, lequel avoit un frère plain de bonnes lettres nommé Benoît, évesque portatif (i), pour soulager Ebolle, évesque de Lymoges, donnoit les ordres, visitoit l'évesche. Sur ce, dttBoucheten scsA?!KaMes(2) que EKe, comte de Périgord. eust quelque envie sur luy, lequel il fist prandre prisonnier et tni HSt crever les yeux, dont l'évesque Ebolle fust fort desplaisant, eten eust faict fère réparation, n'estoit qu'il décéda, comme dit est cydevant.

CoM'ro~MemeM~ Guilhaume. dMduc
`C~mrnnnoment Hitdebert, Hdoiu et Estienne Ceoure, et une (!He nomGuy, 'ht.iu''<)Uittantne.] Emine ou Edomalde, taq~ello fust depuis retenue au sermée
vice de la duchesse Agnès et de la cour du duc, et pour sa Limousine. Ledit duc Guilgrande beauté fust nommée haume se tist couronner duc des deux Aquittaines à Lymoges. Les Vénitiens ~e)MMH< ~0/~C~CtjL~O~M<3). que antienneDe Aymard, comte de Sëgur, sortirent quatre filz, scavoi)' a

Les vieux registres du pays nous rapportent
!LfS\t~ntîcns 6ivI.¡mou,s.:

(i) Prêtre qui portent le titre d'évêque, tandis qu'un autre t0)i-* chait les revenus de t'évêche. (2) F" 67 vo. (3) F. les Vénitiens à Limoges, par F. de Verneilh. (eAt'otM~M&Mf du Périgord et du /,tWOMSMt, in-4", t. !.)

–-j~– ment [<'s Vénitiens, traftiquantdes marchandizes d'Orient, ne pouvant passer )eurs navires et gatières descendans du Levant par la mer Méditerranée dans t'Océant par le destroit de Gibatdar, a cause de quelques rochers fesant empeschement audit destroit, parquoy vindrent demeurer a Lymoges, auquel lieu estabtirent la bource de Venise, faisant apporter les espicerics et autres marchandizes du Levant, descendre à Aiguesmortes, puis de ta les fesoient conduire a Lymoges muletz a voicture, et de ia à La Rochelle, Bretagne, Aupar gieterre, Escosse et h'tande. Lesqueiz Vénitiens demeurèrent a Lymoges longuement, et se tenoientprès.t'abbaye deSainctMartin qu'itx reetUtuerent sur les vieiites ruynes taittes par tes Dannois, jusqu'à ce que le destroit fust ouvert, que pour ce l'aire fattut rompre plusieurs rochers aveq grandes despances. Lequel destroit estant facille i passer, lesditz Vénitiens se rctircrent, [ce] qui porta grand perte a Lymoges, veu 1'.tfflu,iiice qui veuoit de toutes parts à Lymoges pour avoir des espiceries, veu le grand débitte qui se fesoit. Il se void de présantdes caves jusques à t'égtise de Sainct-Pot, et foudementz de maisons en divers endroit ('t). L'an 989, après que le duc Guilhaume eust réduit le Limousin à son obéissance, it délibéra de recouvrer la terre enfin it réduit aveqteQuercyetAgénois. dePerigord.taqueHc A Aymard, vicomte de Ségur, sucéda Guy, son filz, qui fust fort sage, et lui bailha le duc Guilhaume le Limousin'pour gouveri)cment. A Eboie, évesquc de Lymoges, sucéda a i'évesché HtLDËGAtr~de Ségur(~), en rangt42, par le voutioir du duc. Loquet évesque restaura te monastère d'Ahu et y estably moyncs. Après te décedz de la duchesse Agnès, le duc Guilhaume, âgé de 60 ans et pins, espousa la susdite Emine de Ségur,
J. GuiMJAU, Sur (i) FfO~fM du COmWterMA LftKO~M. Limoges, Uargeas, 1822, in-12 de 92 pages. (2)Hitdcgaire. successeur d'Eubatus, iits du comte de Poitou, est te :!8-'évoque, d'après Nadaud il est )e 3!)', d'après la ~s~M C/n'MtMKn, qui, d'accord avec notre auteur, nomme son prédécesseur Ëbte ou Ehote (co). S09;.

[Cuitlamuc à son

rt'~uit oLéissance

à

]ttPcritïor' Qu<'rcyL't!'Ag~nuis. ~(;uy, gnnccrneur uu f.inmasin.j

le

,fariage .h.<toG~n..u.e ;1\ l'j' l::Ulinl'. )

–128– !~t

dite la LM)iOM.wi< n'ayant qu'un enfant de ladite Agnès, nommëGeon'roy.
Halaeorona. ~f!) J

[Guido.]

En cette saison sucéda a i'abaye de SaiuCt-Martiat Matacorona. en rangt 10 (1), apprès luy luy sucéda Guillaume Virgo, en t'augt li; lequel, après l'avoir tenue 7 ans mourut l'an 991 et fust enterré à S°~-C!bartd'Angoulesme, d'où il estoit aussy abbé. Au temps du susdit abbé, le temple de S'5îarHa[ fust brullé d'une chandette mal esta!nte jettée entre nombre d'autres. Et après luy, par l'ayde du duc Gm))aume, à ta poursuitte de t'évesque et du vicomte Guy, fust pourvu à l'abbaye de Sainct-Martia! Guido (2) ou Guy, en rangt des abbés 1'2. Hildegard, évesque de Lymoges, revenant du concile de l'an 992. AuReims, mourust et fust ensepvely à S"Denis, quel succéda à t'evesché Il HILDOIN, en rangt 43 (3). Il estoit frère dud;tHi!degard. fust consacré à Angoulesme par Gombaut, archevesque de Bourdeaux, Frotier, évesque de Périgueux,et.AU)on,évesque de Saintes. Cestui Hildoin osta ies religieux du monastère d'Ahu et que Hitdebert y avoit mis, et y estably des chanoines. H fistbeaucoupt de biens, comme sera dit. (Ij Aimeric Mahcorona est le neuvième abbé; d'après l'abbé RoyPierrefitte (Monastères du Limousin). Son successeur est Guigo ou Guigues (tM~.). Il mourut en 989, d'après une note manuscrite de l'abbé Nadaud, en marge de la Gallia Christiana, col. 557. (2) On ne trouve de Guido ni dans l'abbé Roy-Pierrentte ni dans la Gallia Christiana. Il est à croire que notre auteur a fait deux abbés d'un seul personnage. Du reste il se trouve complètement en désaccord avec lui-même. Voir la liste qu'il a donnée plus haut (page 7). Le successeur de Guigo est Geoffroy, qui porte le n" 13. (3) Alduin, Hilduin ou Audoin, le 40'' évéquo, d'après Nadaud et la GttMM COt.Stl. C/!7'M<M?M[,

~iMnin)

i~9
Ma~d~e du feu volage, l'an 994, parquoy (~. translation de 5'~ hlartial ~Ms~ faict

En l'an 994, tumba sur les humains une peste de feu sy aspre et sy furieuse qu'elle bruiïoit les corps indistinctement, tant que tout estoit infect de maladie, dont l'historien dit (2) l'église estoit en repos, l'estat temporel en trouble, la monaschie estant tumbée entre les mains d'un roy qu'on n'espéroit pas, ce qui causa beaucoup! de confusion, chacun faisant ce que bon luy sambloit, et provoquant l'indignation de Dieu qui advertit les hommes de leurs dcbvoirs par des paynes salutaires et se fait reconnoistre de temps en temps aussi bien roy de justice que de miséricorde. D'aiHeurs les peuples ne randoient pas à Sainct Martial les honneurs qu'ilz avoient accoustumcs, sy bien qu'estans destitués de son intercession, la vangeance de Dieu, ne trouvant rien qui l'empeschàt pour punir les hommes, fist descendre sur la terre un feu très ardant et ensouffré qui donna subject extraordinaire d'estonnement à tout le monde. Les vivants en estants frappés estoient consumés jusques à mourir. Les uns se santoient pris au piedz, les autres aux mains, et, de ces extrémités le mal gaignoit le cœur petits, grandz, jeunes et vieux, hommes et femmes estoient infectés de ceste peste, et l'accrimonie en estoit telle que l'on aymoit mieux mourir que vivre. Dans l'excès de ces douleurs, on s'essayoit parfois de trouver soHagemeut en jettant de l'eau sur les parties affectées pour les ram'aichir, et on voyoit iucontinant qu'it s'entevoit une La force du mal vapeur aveq une puanteur insupportables. en telle sorte qu'itz demandoient qu'on leur couppat pressoit les cuisses, les autres les bras, et aveq cela ilz n'esvitoient pas la mort. Les plaintes et les cris s'entendoient de. tous costés tant de jour de nuit. On ne saurait dire com(i) F', au Bulletin de la Société archéologique du Limousin, un article de M. GreHet-Dumazeau, qui renvoie aux sources historiques. aussi le P. Bonaventure, t. II. p. 6'M. (2) L'auteur veut parler de Jean Bande). Tout ce qui suit, en effet, est extrait du Traité de la Dévotion des anciens chrétiens à Saint Mor~M~, chap. xv. '9

[Mal des Ardents.]1

i30 bien de millier de personnes il mourust. On chercholt quelque altégement, et il ne s'en tronvoit point; au contraire le mal se randoit plus violant. On ne voyoit partout que maladie, que frayeur, que désolation et mortalité. On vint principallement à Lymoges pour y trouver remède par l'intercession de Sainct Martial; plusieurs y furent guéris, les autres n'en pouvant plus randoient l'esprit. Quelques uns y estoient nourris des aumosnes de l'Eglise. C'est pourquoy les prélats s'assamblèrent, jugèrent que c'estoit une punission de Dieu. On désigna un jour certain pour relever les reliques de Sainct Martial, où toute la Guienne accom'ust pour voir son patron. Ceux de Berry, Auvergne, Languedoct, Poictou, Gascougne et Touraine y vindreut de toutes parts en multitude innombrable. Tous les prélats, tant de près que de loingt s'assemblèrent en la ville, et grands seigneurs. L'on indist en mesmes temps trois jours de jeusne. L'évesque de Lymoges se prépa-: roit dévottement à ce grand ouvrage aveq quelques religieux craignants Dieu. La nuit commançant, i!z s'employèrent à ce rcverance. qu'ilz avoient entrepris. On commauçal'ofSceaveq la messe y fust ditte à quatre et dévotion extraordinaire; heures après minuit. Cependant le peuple qui estoit venu en très grand nombre estoit hors la ville, n'y ayant aucun Iicu_ vuide à deux lieues autour. La terre estait esclairée de tant_ de luminaires qu'il sembloit estre jour. Tout le service estant achevé, l'évesque présante des outilz à ses assistans pour ouvrir la terre, et, les voyants saisis d'nne crainte sy respectueuse qu'ilz sambloient estre ravis et n'y osoient toucher, il leur dit « Courage! quittons cette crainte servillc, et nous confians en l'amour de Dieu, accomppiissons sa volonté. » Apprès avoir donc creusé, ilz trouvèrent trois cercueUz rnn sur l'autre le premier estoit de pierre semblable au marbre, le second de vray marbre et le troiziesme de plomb, où estoient les reliques du glorieux sainct. Comme on eust levé ce trésor incomparable, tout entier envellopé d'un drap de on sentit aussitost une senteur sy douce qu'elle surpassoye, soit toutes odeurs arromathiques. Durant que l'on touchoit ces saintes reliques, ceux qui estoient dehors furent surpris d'une telle frayeur qu'ilz estoient comme mjorts, et sambla a ceux qui estoient dans l'église que la terre trembloit. Le texte des Evangiles, couvert d'argent, aveq le bois de la croix, se baissa trois fois devers le sépulcre les croix et bannières des

–i3i– autres processions en firent de mesme un démoniacle, qui estoit dans l'église, qui se débattoit et crioit horriblement, fust délivré. Et fust mis le corps sainct dans une châsse d'or; les moynes le portèrent du séputcre au grand autel sur les espaules. Incontinant le feu qui brulloit les corps cessa. Le corps saint demeura tout le jour sur le grand autel, et n'y ayant assès de place dans Fégtise Sainct-Sauveur, quoique bien grande, qui ['cetaj donna occasion de porter ce sacré trésor hors la ville, affin d'cstre veu de tout te peuple. Et fust porté en un lieu esminant apetté Afo~-GaM~M (1), a présant Monjauvy, distant deux cens pas de la ville. Et à ceste soiempnité fust apporté plusieurs sainctz dans leur châsse, de divers lieux. Et dura cette translation solempnelle quarante jours; le peuple resjouy de leur santé chantoit incessamment les louanges de Dieu, par t'intercession du sainct. Les reliques qui furent portées à ceste solempnité furent Il fust apporté de Chambon le chef de Saincte Vallerie, où fust guéry quatre ardans, qui attendoient pour le suivre; de du bourgt de SaHagnact, où se fist plusieurs miS'Léobon, ractes mesme, passant à La Jonchère, comme il est dit par sa légende (2) et plusieurs autres sainctz. Les archevesques de Bourges et de Bourdeaux, les évesques de Saintes, Clermont, Le Puy, Périgueux et Angoulesme y assistèrent. Depuis, l'on faict la feste d'icelle translation le 10e novembre. Et fust bastie l'église de Monjauvy en mémoire de ce. Il faudroit un long temps pour mettre en escrit tout ce qui se passa en ceste translation; partant je finis la présante, priant Dieu nous préserver par les intercessions du glorieux Sainct Martial, duquel il sera encore parlé en d'autres endroitz. (1) V. note p. 26. Vie D (2) Au 13 octobre (V. LABICHE E REIGNEFORT, des saints du Diocèse de Limoges, t. I!, p. 200). Le compilateur, qui n'a pas achevé sa phrase, veut parler de la guérison de plusieurs malades, opérée par l'emploi, comme remède, du vin béni ayant servi à laver les ossements de saint Léobon.

133

Com?MMc'MMeM~ vicomté de Limoges soM&z ro~ de la environ r~t 997 et ~MMe fille enlevée a ~o& ce qui ~M~esfrères de ra~M, S~a~M~p~r suivit. w
[~tioffr~'j~Lé ticSafnt-~ïartiat.J

Estienne

fl;u.,

virnmU·

,ieLim<~M.;

.Tr-t <<t\ Tt ~~t~'t. À le décedz de r' Guigo, et fust en rangt i3 (1). H estoit, à ce qu'on la susdite translation. Environ l'an 1001,, a dit, abbé, au temps de ledit abbé Geoffroy supporte [eut à souffrir de ta conduite] de ses frères qui gouvernoient la spiritualité et temporalitté, firent plusieurs insolances à Lymoges contre l'état de religion. On lit qu'un jour de Nostre-Dame dej[Nars,!e peuple assambté dans l'église de S"Sauveur pour ouyr matines, s'y esmeut grand bruit et tumulte touchant le ravissement d'une jeune fille, oit les fuyarts furent tellement pressés pour sortir à la porte de l'église qu'il fust estouSe cinquante deux personnes, les consulz y voulant mettre ordre, ce qu'ilz ne peutrent, car te duc séduit par sa femme, sœur dndit abbé, ne. tenoit comte des informations. Sur lequel escandaUe plusieurs choses furent déguisées, et tellement que la vériito connue y mist confusion. Allors l'abbé se dit et porta pour seigneur du Chasteau de Lymoges, c'est à dire de la ville de présant, et maintint que Louis-te-Débonnaire avoit donné au monnastère de SainctMartiat ta justice et seignëuriede ladite ville. Et, pour ce qu'il n'estoit puissant pour tenir tes habitans à sa subjection, il

Geoffroy

succéda

à l'abbaye

de

Samct-MarUat

par

(1) Ce Geoffroy (Josfredus) fut le 10" abbé, d'après Adémar (Apud t. LABBE, M, p. 273), et le 11< d'après la GttHMLC~MtïfMM. H., (t. col. SS7). Ce Geoffroy, surnommé BeM/cotM't, ourut le U octobre m 698 (Rot-P!EnnEFn"[Ë).Un autre Geoffroy,JaM/~rs~KS qui fut le ff, 13<'abbé et succéda à Adabaldus, n'aurait été élu .qu'en 1008. Auquel des deux abbés faut-il rapporter les faits mentionnés ici à la date de iOOi? Nous croyons que notre compilateur a 'confondu les deux personnages. La mort des cinquante-deux, personnes eut lieu, d'après l'abbé Roy-Pierrefitte, le 8 mars 1018. Le P. Bonaventure (t. Ht, p. 387) rapporte cet évènement à 10i7, et traite do mensongères les Chroniques limousines qui parlent deTenIovement de la jeune fille.

–133– donna à son frère Guy la justice de ladite ville avec pouvoir de recepvoir hommage de Pierrebufflère et Chasteau-Chervix, et le nomma depuis vicomte de Lymoges. Ce vicomte Guy, pour tenir plus facillement la ville sous son obéissance, esleu dix des plus nobles et puissant du pays qui avoient plus de crédit et authorité, esquelz il communiqua et donnast la justice, lequel exercice fust apellé des V!~Mt's, leur attribuant le tiers du proffit qui provieudroit des amandes et confiscations, qu'Hz prindrent de luy à foy et hommage pour eux, leurs hoirs et successeurs. Le susdit évesque Hildoin fist beaucoup[ de biens. H est dit qu'il restaura le monnastère de Sainct-Martin-lez-Lymoges, qui avoit esté destruit par les Normans, où il establit des retigieux, et dottans de plusieurs rantes et revenus, et y institua abbé un religieux de Tultc (1), extraict de la noble maison de Chante-MiauHe, près d'Ahu. Les Vénitiens y aydèrentbeaucoupt, lesquelz demeuroient proche dudict SainetMartin, comme il est cy-devant dit; et ce l'an i0i2. H réédiffla le monastère de Sainct-Martial, ainsin que dit bouchot(2). Audit au t012, ledit évesque commauça les fondemantz de régHse catbedralie de Lymoges du costé d'orient. Au bruit des miractes de Sainct Martiat, ptusieursd'Itatie \'indrent à Lymoges eu dévotion et ce l'an 4010 (3). H releva le corps de Sainct Justz, disciple de S"' Hilayre (4), tequel reposoit devant le grand autel de t'égtise S"Martm. Et par son décedz, qui fust à Hahu, le jour de Sainct-JeanBaptiste, l'an 1014, le bastimcnt de l'égtise cathédraUe demeura imparfait jusques l'an 1273, comme dit est cy-après.

~Viemers.]

(Hilduin resfaure la
monastère Je St M~rtm-tps-t.imo Ses.]]

fR~(!ific:ttiwi llu de Saitit-~art~~ [ Fondation de la cathédrale dtiLunoges.j J

(Translation des reliques (lu Saint-Jusl. J

(t) H s'appelait Ranulplie (Gall. Christ., t. II, col. Si2). j2) F" 68 v°, de l'édit. de 1SS7. '.3j~M. 't) Le P. Bonaventure (t. ïït, p. S42) e!èye quelques doutes sujet de cette translation.

au

–134–

Le duc GiM~CMMMe se laisoit gouverner par sa jeune femme, et ce qui [lui] a~fM e~a elle.
Ledit duc, à l'exortation de sa famme, tist pourvoir à l'evescbé de Lymoges un sien nepveu nommé GÉRALB(1), filz dupremier vicomte de Lymoges, lequel estoit trésorier de l'église collégialle de Poictiers. apelée S~-Hiiayre. H fusten un jour pourvu aux ordres d'acolite, diacre, sous-diacre et prestre, et tinallement consacré évesque, dont sortit grand dispute en cour de Rome. Toutesfois le duc appaisa le tout pour complaire à sa femme. = ~Lo ditelieuse limiu~ L'an 1018, la duchesse Ëmine de Ségur estant en fleur 'Jt cnlorte par d'eage, possédant le duc Guilhaume fortàgé~ esleva fort haut fjuHhumo'1'aiUufer ses parans, parquoy elle encourut la hayne de plusieurs, teMë un nommé qu'elle fust accusée de maintenir secrettement Guilhaume Vulgrain, filz d'un forgeron. Lequel estant sur ce fait attrappé fust tué, et elle, de crainte, s'enfuit aveq autres qui plus ne furent vus. Et pour ce fist publier qu'elle s'estoit envolée, comme rou Hguroit antiennement les lubriques, par fiction poétique, en centaures Agrippines (2). L'évesque Gérald troublé de l'ignominie de sa tante, retournant de son diocèze, mourrust à Charroux. Le vicomte Guy estima à faire eslire un sien 61z évesque de ')tuubïc!i pour Ï'~ft:<ioodt:l'~Y<!qm Lymoges, non sans grand dispute, outre le vice de simonie, car s'esmeut grand division entre les chanoines, occasion de quoy le peuple limousin fist processions et oraisons. Allors le duc Guilhaume, fesant escruppule pour avoir faict recepvoir trois évesque en la chaire deSainct-MartialàIasuassio&dc sa femme, parquoy voullust estre pourvu par eslection liberalle. Non obstant la mortalité qui pour lors estoit à Lymoges, commandat aux chanoines de l'église cathédraHe de s'assembler à Sainct-Junien le jour dit pour ledict acte céle~GdraldÏj~uo tteLimoges.]

fl) Gall. Christ., t. p. St3. (2) Emma, femme de Guillaume, fut, d'après Geoffroy de Vige(ës 'chap. xn), enlevée par Guillaume Taillefer, 6ts de ~V!grain, comled'AngouIëme. Notre auteur traduit Taillefer (se6t0?'/8fyt) par forgeron, d'où les prétendues basses mœurs d'Emma ou Émine.

135 brer auquel il se trouva aveq son filz aisné Guilhaume Geoffroy. La vicomtesse de Lymoges fist sa requeste tant au duc que élisans en faveur de son niz, offrant de parachever FédifHce, commancé par Ildoin, de l'égfise, et fesant encore d'autres offres, lesquelles rejettées sans aucune faveur, fust nommé un dévot homme nommé JoRDANDE LopON (1), prévost de l'église collégialle de SntLéonard, en rangt des évesques de Limoges 4S, lequel fust intronisé à Lymoges au mois de janvier, présant le duc et multitude de prélats et barrons d'Acquittaine, combien que le vicomte à son eslection y mist empeschement, le prétandant pour son filz. Consécration et satisfaction à rarcAece~Me faite par ledit de Bourges. évesque

J [Jol'dan do Loron. )

Le duc Guilhaume allast à Rome par dévotion, et commanda à son filz Geoffroy de fère consacrer le dit Jordan évesque de Lymoges. Toutesfois Gauselenus (2), archevesque de Bourges, différa ladite consécration par aucuns temps, par~ les moyens du vicomte, demandant quelque chose laquelle ledit Jordan ne voullut accorder. Pour cestc cause, le sabmedy de la my-caresme, ledit Geoffroy le fist consacrer à Sainct-Jean-d'AngéH, par Islo, archevesque de Bourdeaux(3), Arnault, de Périgueux (4) et tsamber (5), évesque de Rodez. A cause de quoy ledit Gausselenus voyant Fauthorité de sa primauté mespriséed'un sien suffragant, excommunia le duc et Jordan, interdisant le diocèze de Lymoges, imposant partout le cept (6), excepté FégHse de Sainct-Martial.

[DIUfCuttës relatives il la consécration dcJurdan doLoron)

CABANEN(1) Bern. GU)DONIS, pud LABBE,t. II. p. 268 ÂDEMARUS a sis, ibidem, t. H, p. 180; Gallia Christiana, t. H, p. 514. (2) Gauslinus, GaMxhM (Cs«. Christ.). (3) Evêque de Saintes, coadjuteur de l'archevêque de Bordeaux (Gall. CArMt.). (4) Evêque de Rodez (Gall. Christ., t. I, p. 203). (5) quatre evêques, et non trois, assistèrent à cette consécration Islon, Arnauld, Boson et Isembert. Ce dernier était éyêque de Poitiers, comme du reste notre auteur le reconnaît plus loin (p. 136). exactio (Du CANGE). (6) C~PTUS,vel CAPTURA,

–136–
Concille provincial
( Premier concile do Limogea.]

~M

~KO~.

Bientost après, en un concille tenu à Lymogcs devant le
roy Robert et de plusieurs prélats de France, auquel concille Gausselenus, archevesque de Bourges, prohiba audit Jordan l'esrecti'on de sa charge, lequel, combien qu'il eust Matière d'apel à Rome et se purger de sa coulpe, car iL n'avoit procuré à estre consacré ainsi, pour obvier au vice de simonie, sans lequel l'archevesque de Bourges ne le voulioit consacrer, ce néanmoints, pour satisfaire à l'authorité métropolitaine, fi nudz piedz, accompagné de cent clercs, allast a Bourges en grand -humiliité. L'archevesque de Bourges, ~e ce adverti, vinst au-devant de luy, lequel il receut bonnorabtcment, luy donnast abscHution et leva l'interdit imposé sur le diocèse. Notta qu'il est dit aiheurs qu'au temps de ceste assembtce le roy Robert, Guilhaume, duc de Guienne, les archcvesques de Bourges, Bourdeaux et de Tours, ayeq Isambert, évesque de Poictiers, Arnaui de Périgueux., iisto de Saintes, Rohon d'Angouiesme, Jordain de Lymoges, et leurs autres confrères, en une lettre escrite au pape BenoistVIII reconnais« Totam sent. que Sainct Martial a converti toute Guienne a via erroris ad veram vitam quan Aquitanicam gentem Christus est perduxit, etc. (1). » !t n'est pas dit que ledit Jordan fust prohibé, toutesfois je m'en rapporte. A cestuy Jordain le pape Jean 20''(2) iuy escrMt, définiasant par ces bulles Sainct Martiai estre apostre, ordonnant estre inséré ez litanies entre les apostre et de lui estre fait ez diocèzes par luy érigés office comme d'apostrc, déclarant le nom d'apostre estre nom d'office et non limite de certain nombre. Le duc Guilhaume estant de retour de Rome ne tint p!u& compte du vicomte Guy, luy ostant le gouvernement du Lymousin, confirmant les antiennes eoustumes de J~ymoges, BANDEL, M&ftM~ Apostolat de SCtt'Kt (1) Chap. X; ARBELLOT, CftM.Ch}'M<. instrum., t. H, col. 't61 et suiv. p. -tS; (2) Jean XVIII, d'après la ~aM. C/M'M~. qui, à ce sujet, renvoie à. LABBE, CoKCtL,t. IX, col. 856.

~~[nbhs~entcntftes uncïenncs coutume&AbJieatiotïdnJacGaitlaamc.]

–13f– i'estabtissant le Consulat et justice comme ilz estoient auparavant t'ërcction de la vicomté; combien que ledit vicomte se jugeoit fort à rentrer en grâce, suivant tousjours la cour du duc et contre sa volonté, lequel [vicomte] it [le duc] ne voultoit voir ny ouyr, tellement que, pour le chasser de Poictiers, lorsqu'il fesoit grand froid, le duc fist interdire par proclamation publique que nul ne fust sy osé à luy donner du bois pour son chantage, affin que par froid il fust contraint s'absanter de la cour. Ce nonobstant, le vicomte achepta des vielles vignes, faignant icelles voulloir planter, et par ainsi pourvut à la froidure, fesant bruUer tes ceptz, circonvenant le duc en ce cas et en plusieurs autres, tant que le duc, ennuyé des affaires du monde, délaissa à son filz aisné le gouvernement de ses terres et seigneuries, et se mist dans t'abbaye de S" Ciprian de Poictiers, où il finist ses jours religieusement. Après le décedz de t'abbë Estienne Geofroy cy-devant dit, frère dudit vicomte, fust nommé Adebalde, en rangt 14, combien que le susdit vicomte à son eslection y mist empeschement le prétandant pour son filz. Lequel Adebalde tint l'abbaye 9 ans (1). De son temps décéda le doyen Adalber, homme de grand vertu et religion. L'an 1022 décéda le vicomte Guy, et luy sucéda son filz Eymeric, qui tint le nom de vicomte de Lymoges, et ses successeurs après tuy. AM<?'e ~aM~a~oM de Snt Mar~a/ (2).
[A)JebaMc,abMde Sainl-:llurlial,~

(Eymeric,

cicumfu

dc Lill~oue'l

Il se trouve que l'an 1025 fust faite la 5= translation de Sainct Martiai pour porter ce sacré trésor à Angely, à l'invantion du chef de S"' Jean-Baptiste et tes reliques qui sont a S~-Estienne [y furent aussi portées]. Où les chanoines de et religieux de S~-Martiat chantoient S'Estienne alternativement à la conduitte desdittes reliques, où assistèrent estant évesque de Lymoges Géplusieurs grands seigneurs

[Cutt)ui<'im:h':in~Mtion des reliotues dn Saint Martiat.}

(l)De998âl007(Ca<LC~M<.). (2)F.BAKDEL,chap.XV!I.

–138– ratd, et. Geoffroy abbé de Saiuct-Martiat. Lequel évesque eëtébra la messe et bénist le peuple aveq le chef de Sanicf.Jenn. Et furent de retour le 5" jour avant la Toussa!nctz.

Il se trouve ici de l'erreur aux dates

CoMroMMeme?~ du duc Gm~~MWë
`~4uurunnecuenf <!uthtc<~mHaume GtL'ufft'oy.J

Geoffroy.

L'an 1025 décéda le susdict duc Guilhaume surnomme Teste-d'Estoupe, âgé de 80 ans, auquel succéda Guilhaume. son filz, qui fust sacré et coronné juc à Lymoges, Geoffroy, comme son père, où il y a office pour ledit couronnement, lequel est cy-apprès, Sou frère Eymeric, comte de Potctiers, ne jouissoit encore de rien, lequel estoit filz de laditte Ëmine de Ségur. A Adebalde, abbé de Sainct-Martial succéda Geoffroy, 3° du nom, en rangt 1S", et ce t'a.n 10~9. H tint l'abbaye 6 ans ('i). U fist fère une couronne d'or qui pandoit devant le corps deSainct Martial, enrichie de pierreries. Il fist commancer la basilique de Sainct-Sauveur, d'ouvrage magnifique, la 3" de son abbaye.

~euffroyUjabbë 'isëaint-Mar)iat.J

Fondation de Bénevant r~K iQ38 ~)
~n'~tiott Un chanoine de Lymoges nommé M~ Robert (3) com~ança a J"UfHK~t-ttt.) construire le monastère de Bénavent, de chanoines réguliers,

au village de Sécundé!as(4), à di~iieues de Lymoges, du consentement du chapitre et évesque Jordah, lequel luy donna le nom de Eénavent en commémoration, des reliques de Sainct Barthélemy qu'il donnast audit lieu, lesquelles il avoit apporté de risfe du Tibre, en un voyage qu'il fist à Rome, lesquelles avoient estés transportées d'une ville de CëciMe nommée Béuavent que l'empereur Othon avoit destruite, en laditte iste.
(t) Douze ans, de 1008 à 1019 (CcH. C~M~. v~.). t. .~) BONAVËNTURE, HI, p. 396; Ro'ï-flEHMFtTE, tht LttHOMSMt t <~ e tUar~M. (3) Aubert et non Robert (Bern. GaiDO~tS). f-t) Segondélas, paroisse de Salagnac (BoNAVEtircm;).

NOMa~Mt'C

–t89– Lequel évcsquu fist la dédicasse. Ledit abbé a une chère a t'église cathcdralle. Ledit Jordain, évesque, consacra le monastère d'Arnac, où repose le corps de Sainct Pardoulx('l), à l'honneur de la Très-Saincte-Trinité, le 15 juillet 1028. Lequel consacrement fust faict ez présances de Guy de Lastour et sa femme Endalcie, Eymard de Loron, son gendre, Ebbolus de Combort, filz d'Arcambaud de Combord, Aymard, filz du comte Guy de Lymoges, Bernard Chabot avec Frimier qui bailla la chappelle de Bré aux moynes de Vigeoars (~). H décéda environ l'an 1082. H fust ensepvely en la nefs de Sainct-Martial. Au temps dudit Jordain, évesque de Lymoges, Leyster (3) Sainct Gaultier, abbé dudiet lieu. florissoit à

l'ar,lou1.l ~SJÍllt

[Saint GaulÎl'r.]

L'an 1031 fust tenu un concille à Lymoges (4), par lequel Sainct Martial fut déclaré apostre, et les Grectz, dans leurs litanies, le tiennent pour apostre, ce qui fust vériEHé audit concilie par deux prestres grectz. Com~a?~ MCOH~e cAasso les reK~MM~c de SeuMC~-Nctr~a~.

(Ucuaièma concile de Limoges.] J

En Fan 103S(S), Aymard second, vicomte de Lymoges, s'efforça de faire bornage à t'abbë [de] S"Martia[ Adebalde de la justice de ia vi[[e. Mais on tuy fist reffus. Ë)) haine de quoy y proposa mettre Fabbaye soubz l'obéissance de Ctugny. Les-

~Lm

abbés

de Clu

ny de l'abbaye ahrhat.] de Saint-

(1) Vie de saint Pardoux, par M. J. CODDEM DE LAVfLLATTE. Guéret, Dugenest, 1833, in-8o, pag. 34 et suiv. (2) Engalcie ou Èmaisie, Aymard de Léron, leur gendre, Ébles de Comborn, fils d'Arcbambaud Jambe-Pourrie, Aymard, fils du vicomte Guy, Bernard Chabroi et Firmin, qui donna la chapelle de Bré aux moines de Vigeois. (Chronique de GEOFFROY VIGEOIS,chap. ix.) DE (3) Lesterpt, près de Confolens. V. COLLIN,Vie des 6'aMt~, p. 145. (4) Ce fut le second. Le premier avait été tenu en 1028. (ÂRBELLOT, Dissertation sur l'apostolat de Saint Martial, p. 39 et 44.) (S) En 1068. V. le P. Bonaventure (t. III, p; 410). qui réfute plusieurs erreurs des Chroniques manuscrites. V. aussi M.\BHLON. .4mKa~ S. Bene~eM, t. IV, p. 647.

–i40–

Iluiuos de Clunp, aM~.JeMt-~artiat.j

qudz firent venir à Lymoges secreHement certain nombre de religieux, taditte abbaye vaquant par le,décedz de Geoffroy 2, et se cachèrent ou retirèrent où a prësant est Fëgtisc de SainctMichet-des-Lions et palais; puis, la 3" nonne d'aoust, le vicomte Aymard entra dans l'abbaye de S'Martial accompagne de plusieurs gens de guerre, et parlant aux rctigieux, les exortoit à estire pour leur abbé Hugon de Œugny. Auquel les religieux respondirent que dans te monasiére de Sainct" Martial y avoit des gens de bien, comme Geoffroy de Nyeulh, Guy Paute et Gëratd-ie-Gt'ansmërien, desquelz ilz pouvoient en esHrc un d'iceux. Ainsin qu'Hz traitoictit de ladite eslection, le vicomte ne disoit mot, la teste baissée, pansant à son auaire. Sur ce Geoffroy de Nyeulh, sachant )a.venue de ceux de Ciugny, dit tout haut au vicomte « Nous n'ignorons ceux de Ciugny estre venus en cette ville à votre mandement pour nous mettre hors de nostre monnastère, mais ne savons sy cella sera. Atiors le vicomte, ne pouvant plus dissimuler, print le religieux par son cappuchon, et par force le jetta hors du cioistre. Les autres religieux, voyants ainsin-traitter celluy qui'ilz réputtoient pour le plus apparent, s'enfuirent, et n'y demeura que les novices. Lequel vicomte, se voyant maistre, fist entrer ledit Hugo de Ctugny et ceux qui estoient aveq luy, lequel il fist recepvoir par les novices. Ledit vicomte chassoit les susditz religieux avec teurfrotzjusquesàiaportedu cimetière, à présant SoM~g~-At'&?'M, où se ranconu'èrent, déclarant iceux appélations et réclamations qui ne servirent de rien; et partans, par voye d'effect et puissance royalle, furent chasses les naturelz religieux du couvent, nonobstant leurs aclamations, et, nonobstant le tout, fust receu abbé ledit Hugo ('!), en rangt 16, lequel aussitost se saisit des chartres et documens de la liberté antienne de ladite abbaye, et brulla ce qui luy estoit contraire, puis envoya les novices comme exiliës en divers monastères, n'en retenant aucun, craignant qu'à l'advenu' ilz luy heussent peu nuire ou à ses successeurs. Ceux de la ville, connoissant la réformation très utille, tindrent pour ledit Hugo durant six ans qu'il vescut; lequel
,1; D'après la C~M. Christ., Hugo fut abbé de 10i8 à 103S. Ce fut Afiémar qui fut imposé à l'abbaye par les moines de Gluny. (~ GaM. <t)-M<t.n,co).5S9.)

44t travailla à faire mettre ez litanies et invoquer Sainct Martial au rang), des apostrcs et de luy estre faict office comme d'un apostre. A ceste fin obtint bulle du pape Jean 20'=. Ledit Guillaume Geoffroy estant prisonnier entre les mains de Geoffroy Marte), comte d'Anjou, bailha la cité de Bourdeaux et terres de Guienne pour sa rançon jusques à ptène satisfaction. En ce temps mourust Jordain de Loron, évesque de Lymoges, l'église estant fort affligée de plusieurs perturbations, tant qu'elle fust contrainte à requérir ayde aux princes séculiers, lesquelz esieurent pour évesque un noble homme nommé fTYHR, seigneur de Chasiux, rampli de bonnes mœurs~et grande dévotion, estant esleu du consentement du comte de Poicticrs, duc de Gnienne, et de tout le peuple contre son voulloir, l'an 10S2, et en rangt desévesques 46('!). [t avoit fait ëdifucr le chasteau de Chaslux Fraisanges.

[MortdeJorJan de

[ïticrjëv~que deLimoGes.}

L'an après se bruHa l'église de Sainct-Martia) (2) avect toutes [tncendtedet'ëgtise les cuisines et officines dudict monnastere. Allors se perdirent dt-SaInt-Hai-tiaJ-J de prétieux ornements et plusieurs nobles priviHéges. n y fust estaingt trois retigieux sur le sëputcre par la fumée ou parla tlamme de feu, sçavoir, Bernard, Arnutphe et Guy. Le doyen et chanoines de Sainct-friers recouvrèrent le monastère de Rauselie (H) par l'ayde du comte Guilhaume d'Auvergne. Otdéric (4) fust le t~ abbé de Sainct-Martia). 1) fist édifner le chef de l'église de Sainct-Sauveur et escrire les livres de la librairie, et t'ccouvra deux monnastéres a i'abbaye, et, avec l'aide des bourgeois de la ville, fist fère grande quanUté de murailles d'icelle, que le duc Guilhaume avoit abbaMnes. Il décéda la 5° catande d'octobre ['1040].
[OJ<')ric,abb<' jeSa'mt-MartM.]

(1) Dans le Tableau de Nadaud, cet évêque, le 43* est appelé Hicterius de Chalas de Fraisenjas. DE (2) V. Chronique de GEOFFROY VIGEOIS,chap. XtV. ~oMNistgt'tMtK ~aM.so<MB, (3) que M. Bonnélye traduit par le couYentdeRosei). etc., (4) )'. au sujet d'0do)f'ic, ALLOU.Description des MtOKMmgM<s, p. 111. Odolric est le 13'' abbé de Saint-Martial, d'après la Cft< Christ.

i42

[Antheritts~ ]

~ffc\rt.

Auquel succéda à ladite abbaye Antberius, en rangt ~8, qui ne tint beaucoupt l'abbaye, et décéda environ l'an 1064. Et à lui succéda Pierre Albert, en rangt des abbés 19 ~7°], estant Aymard second vicomte de Lymoges. Il fist faire le portail de Mommaither pour reclore les Combes dans la ville. Par le décedz de l'éyesque Ityer, fust pourveu Guy DE LoRON à t'évesche de Lymoges, en"rangt 47 j_44], lequel décéda environ l'an ~95; auquel sucéda à Févesché Hu~tBAuL, en rangt 48 [45], lequel fust dëchassé, comme sera dit cy-aprés.

[Guy de Loron. évêque. [Humbaot!, cvëqae.J ]

fM~M~o~de l'ordre de GmM~ûK<(~.
[Institution de~'or<!ro JsGrandmont.J ]

L'an iO'74 vint au lieu solitaire de Muret Samct Estienne, filz du comte de Tiers et de Candide, sa femme, gens craignantz Dieu; lequel nasquit l'an 1044 [i04S] et se retira audit lieu de Muret, pour fère ses austérités, eagë do 30 ans, séant à Rome le pape Grégoire [VU], Et audit lieu institua Et des religieux, duquel ordre il fust le pretnierinsUtuteur. est à présant l'abbé d'icelle abbaye chef de tout l'ordre, qui a beaucoupt multiplié en divers endroitz. Et ne reste du lieu de la première fondation que partie de l'église et quelques vestiges du premier bastiment audit lieu de Muret, qui est,à à4lieues de Lymoges, dans un lieu de montagne et rochers; et depuis a esté basti au lieu de Grandmond, où il y a très belle église couverte de plomb, dans laquelle son corps repose dans une chasse. Eu laquelle église sont des chefz des Saintz Innocentz, des chefz d'aucuns des compagnons de Saincte Ursule, des reliques de Sainct Martial, une croix, à double bras de la Vraye Croix de Nostre Sauveur Jésus-Christ, dans un

(1) V. Annales ordinis Grandimontis. ctMtAo~ et collectore F. JoaMM~ LEVESQUE, Trecensi, priore FtMawea'MMp. Trecis, apud Eustachium Regnault, 1662, in.-12. Opusculum ~M!<s et sententiarum Stephani, institutoris ordinis Grandimontensis, vulgo BOMOî'MM. Hominorum. Studio et opera R. P. ~?0?~ BARNÏ, 7't07'M P B. M. de Fagio ac vicarii generalis ordinis Groa~MOK~M~M. Parisiis. 1850. in-24.

–143– Retiquère d'Argant fermant à deux portes, ausquelles sont gravés certains moiz, qui fust envoyé par Amaury, roy de comme dit est ci-après, et autres saiuctes Hiérusateml'anH'74, Le couvent est très beau et bien ranté. Ledit reliques (-t). S"' décéda le 8 febvrier 1124, âgé de 80 ans et [le] 50° de sa profession. L'et'~MeNM?M6aMd(~~cMMe, du pape Urbain 2'' à Limoges, et pourquoi. régnant Venue

Plailippes.
[L'ÉYG({ae Uamb.md estdcposc.J

A la nomination dudit Hunibaud, évesque, l'abbé de SainctMartial n'estant apeté suivant la coustume, donnast occasion audit abbé de s'opposer, lequel s'adressa au pape Urbain 2", qui par sa bulle déclara l'eslection nulle. Ce que voyant ledit Hunibaut s'efforça d'avoir des bulles déprécatoires audit abbé, qui luy furent refusées. Parquoy il fist falciffier unes bulles par le conseil de l'archidiacre de Lymoges (3) et d'un orpheuvre (4), contenant !a substance que, nonobstant ladite annulation d'eslection, faite à Rome, comme dit est, le pape prioit l'abbé de recepvoir ledit esleu. Ausquelles l'abbé obéy, et demeura paisible ledit évesque jusques l'an 109S que le pape Urbain vint à Lymoges, apprès avoir cétébré le concitte de Ctermond en Auvergne, exortant tous les princes chrestiens à prandre les armes pour conquester la Terre Saincte (a cause de quoy toutes les nations se croisèrent, entre les autres Ceou'roy de Lastour, baron de Lymousin, ledit pape accompagné des archevesques de Lion, Bourges, Bourdeaux, de Pize, de Rège [Rhegio], des évesques de Segni(5), Poictiers, Saintes, Périgueux, Rodès etLymoges), et donné après de belles bulles (6).
au Bulletin de la Société archéologique et historique du Li~1) Note sur mousin, t. VI Inventaire de Grandmont. fait en 6C6 le Trésor de l'abbaye de Grandmont, par t'abbé TExiER. ~) HMmtaMMS S. Severa. Il succéda à Guy de Loron. L'abbé de Saint-Martial qui s'opposa à son élection, s'appelait Adémar. (Gall. Christ., t. II, col. 518.) (3) J) se nommait Ë[ie de Gimel. ~G& Christ.) (4) Nommé Vitalis. (J&td.) ~3) Brunon de Seignie. UE ;6~ Chronique de GEOFFROY ViGEOIS,chap. XXVH,XXVfH.

Icelluy pape visttta !e corps de Sainct Martial et consacra les églises de Sainct-Estienne et l'église Sainct-Sauveur, Nostre-Dame-de-la-Raigle. AMors le .pape voullust sçavoir de l'abbé de Sainct-Martia! comme sans son licence on avoit reçeul'éycsque Hunibaud. L'abbé luy dit que par son commandement et, à sa descharge, exhiba les huiles falciffiées. Le pape connoissant la fausseté excommunia les falcificateurs et déposa publiquement ledit en Burry, usant le surHunibaud, qui se retira à S "Sévère plus de sa vie comme Layc aveq ses frères, seigneurs, dudit lieu. Et en sa place fust évesque frère
[GotilaamotJeCneï, ~T~ce.j]

GuiLHAUNEDE CLAUSTRAS (1), qui fust en rangt des éves-c ques 49 (2). !l estoit prieur de l'abbaye de Sainct-MartiaL Il résista aux mauvaises moeurs des pernitieux, à cause de quoy il fust empoisonné, trois ans après, par un nommé Martint Chrestien. Et fust ensepvely à Sainct-Martial devant l'hautel de Sainte-Croix. r De son temps furent trouvées les épistres(3)d.e Sainct Martial escrites aux Tholosains et Bordelois, dans un tumbeau de pierre jougnant le sépulcre, et estoient là .depuis la persécution de Uioclétian.

Mt!ainan!as,aï)bô <t"Samt-MarHa!.] J

L'abbé Meynardus succéda à l'abbé Albert, en rangt des abbés de Sainct-Martial 20 (4). Il empliffia le monnastère de~ sumptueux édifSces plus qu'aucuns de ses prédécesseurSt fist fèrela nef de Sainct-Sauveur depuis l'autel Sainte-Croix jusIl ques au clocher, et paindre le dedans honnestement. donna plusieurs ornemants et reliquères, nst fère la librérie, les grandes cloistres, raffectoir, dortoir et chapitre, infirme-

(1) Nous ne savons où notre auteur a pu prendre Guillaume de L C<aMs<rss, a Gallia Christiana (t. 11, col. SIS) FappeUe Gst!MtMM de Uriaco ou de !M~; Geoffroy de Vigeois le nomme Guillelmus de Uf~fc. V. pour les détails la Chronique de cet auteur, chap. xxv:n. (2) 46* d'après Nadaud. (3) F. ce que nous avons dit au sujet de ces épitros à la note 3° de la page 43. f~) Mainardus n'est que le 18'' abbé de Saint-Martial, d'après la t.CtHM C/M'MtMM.

H.S

fie et autres officines tt tint le monastère de Vigeois et Terrasson. Il décéda en septambre. Il gist au chapitre. Après le déccdz de Guilhaume, évesque de Lymoges, suceda PIERRE DE BORDEAUX homme de grandes lettres, mais (1), tant tropt adonné à sa bouche, mangeant immodérammant, qu'il fust contrainct par Hnnrmité de sa nature de laisser sa chaire pour la guerre qui estoit à Lymoges, combien qu'en son lieu exerçoit la charge Guithanme de Charbonnières, lequel ne peut obtenir la dignité épiscopa!te.° En ceste saison mourust Aymard 3" du nom, vicomte de Lymoges; et luy sucéda Guy 2°. Du BarroM de La~OMrs, et son voyage Saincte. de la Terre

l'inrru

Yiro:d\l,

é, l'II tIC.

Les chrestiens conquérans Hierusatem gaignérent an porf, de Farfard (2) la première bataille, et obtindrent victoire, le 5° mars [i096], à Nichée [Nicëe]. Parquoy assiégèrent la ville d'Acre, où donnèrent plusieurs assautz. Advint que les chrestiens estans en tropt grand nombre pour assaillir, se partirent distribuant les compagnies selon les nations, et, par [cet] ordre, donnoient lieu de combatre les uns aux autres. Bref, Geoffroy de Lastours (3), conduisant les Limousins, eust, comme les autres, rangt de combatre pour assaillir la citté. Lequel après avoir bien exortë sa bande, les Limousins, par grand hardiesse et générosité, prindrent la citté par force, tuant tous les citoyens qu'ilz trouvèrent, le restant s'estant sauvé par le tacaveq des batteaux qu'ilz avoient préparés, ou ledit de Lastours et Limousins receurent grand gloire et honneur. It advint, un jour, que, ledit de Lastours s'en allant en fourage aveq quelque escouade de ses gens, ainsi qu'itzpassoient L dans un bois prochain, il trouva un serpent d'excessive gran-

s~ ~GoufB.TS.teLa! tours, sun coyaSain~ ç;e en'ferra tl',

son lion.}

(i)t~.C/n'M<t.n,coLMO. f2) fffr/'ftr. Damasci Huvius (CM<L de 7'?'. dans )c /fceMC!'<~f. ~Mton<x~f.sf;)-oMft~ex.t.[,<C4, dans Geoffroy <)cY'igpois. (3;. (tOut'tiersdff~astours,
it) ) L

i46 deur qui combattit aveq un lion, et tant avoit combattu que !e lion commançoit à défaillir. De quoy esmeu, ledit de Lastours, ayant compassion dudit lion, ie secourust, et tua de sa lance le serpent. AHors. le lion, comme s'il eust été cappabie de raison, s'humittia audict chevaHie!' et offrit par signes extérieurs de le suivre en tout et partout; comme, de fait, il l'accompagna aveq telle obéissance qu'il sembloit estre aprivoisé, et ne faisoit mal à personne. Jusques à ce que, ledict de Lastours voutiant monte)' sur mer pour s'en retourner, les uautonniers ne vouiturcnt jamais permettre que ledit lion entra dans leur navire, tellement que ledit de Lastours fust contraint de ie laisser; mais ramitië que ledit lion !uy avoit fust causse qu'il se mist a la n:'ge dans'ia mer, et suivit son maistre tant qu'il luy fust possible, et que, las de nager, il se noya ('!). Choses MM~oraMe.s Louis-le-Gros,
i ~<CMrn .trehYt~.c) faC'i~ uf à Liuw-

advenues roy

à Lymoges Fro~c~.

~OM&z

L'an H03, sR brun:t la n):)]C:R'e partie de i~ymoges, et deux ans npprès, y eust gt'and guen'e entre les habitans de la Ville pt ceux de la Citté, sy grande que ceux de la Ville, au mois de juillet, firent bruUer la Cittc et église S"Esuenne.aveq ses le monastère de la Reigle, Sainct-Maurice, appartenances, Saim't Jean-Baptiste, la Trinité, S'Genie!'etS"Dampnoiet.(~. L'an '!i0'7. fust abbé de S"?)!artia! Pierre Aubonis (3), du chasteau de Maitemort, en rangt ~[. de la race des chevatiiers de i'Ordre. !i nst beaucoupt de biens a )'Eg)ise. !i !ist conduire une pierre de marbre noir de la rue appciee Mazia, laqueiie

'i'i..rr.-aA.f.ni., ~bb~fitj ~~l ti.1

Saint-

DE (<) chronique de GEOFFROY V:r.EOfs, chap. xxvn. t. BO~AVKKTURE, !!{, p. 4~6. (2) (: Pierre Il Aubonis, t'utabbij de Srunt-Martiat eu 1063, d'après le t.ft~M C/:fM~'a?:ct. A cette date, on trouve en eS'et, dans GeoSroy de Vigeois l'histoire d'un marbre des Pyrénées qui fut transporté miraculeusement à Limoges et "placé plus tard comme tabie de maître-autel dans l'église de Saint-Martial. Est-ce à ce f~it que notre auteur fait allusion ?. QueHe est cette rue Mazia dont il pnr!(; -? ?

–i4Tfust emptoyée à fère la tasse de la fontaine des Cloistres, qu'on void de présant ('!). H décéda 22 ans après son ordination, le 6° septembre. H fust e!)sepve!i dans les Cloistres, devant l'autel de ssincte Marie. Aymard, qui lui succéda, désirant voir ledit Aubonis comme qu'il devoit mourir bientost, parquoy se retira à Arnact jusques au jour de ses obsèques, et partant, fust ledit Aymard abbé de S~-Martiat, en raagt 22(2). Et auquel succéda Bernard de C!ignact(3), auquel succéda en rangt23, homme fort dévot. Et
r nbbé Sahtt-Mtt'tmL~ ~1~·

(Bernnrd don,

de ahb6

Branflu

Samt-NartM).] [AmU~<)nC!<;ny, at.b..]

Amb!ard de C)ugny(4), en rangtdes abbés 24. Il estoit prieur de Sa)igny(S)en Bourbonnois, hommedegrandehonnesteté et religion. 11 repara les cloistres, monastère et officines et autres (6)lieux bruHés, lesquelz il fist fère plus beaux qu'ils H'es-

(~ s'agit du c)o!i.re où se tenait le marché au b!é et du cloitre boursier, qui se trouvaient tous les deux dans la rue des Taules, adosses à Feg'Hse Saint-Martia), comme on le voit par un acte inséré au premier H~M~ëeo?~M/S!fe (t. f, p. <S9~. Dans le plan de Limoges, dressé vers la fin du dix-septième siècle par A. Jouvin de Rochefort, trésorier de France, on voit, en effet, qu'il y avait une fontaine dans le marche au Me. (F. aussi le P. Bo~'AVF.~TURE, II, p. 404.) t. L'eau de cette fontaine avait une grande vertu aux yeux de nos émaiUeurs, qui venaient y puiser. (2) 30°abbë, d'après la liste de Nadaud. (V. Gal. ecelesiast., ann. <77;! et Gallia ChfMt qui le nomme Adémar, et rapporte la date de sa nomination à l'année !063. V. aussi à ce sujet RoY-PtERREFiTTE, Monastères dit Limousin et de la ~ar~/tt'.) C'est h cette date qu'il faut rapporter l'installation par violence des moines de Cluny à l'abbaye de Saint-Martia), ainsi que les faits racontés par notre compilateur à la page 'i39. alors (3) A Adhémar succéda Bernard de Brancion (iii.iS), Cette abréviation (Cluniac.) aura été prieur de Cluny, prior C<MKM!C. lue Clignact par notre auteur, d'où sa méprise. i~. les auteurs déjà cités.) (4.) V. !& (5) Souvigny (Silviniacus). Geoffroy de Vigeois dit qu'il était prieur de Solignac (f.hap. xxx\'H<). (6) Dans le grand incfndi~ qui put lieu le 31 août tM, selon

-~48–

toient auparavant. H achepta du vicomte Guy un champt & Eysidueil [Excideuil], et fist planter en vignes, eL y Rstbastir une chappelle avec sa maison. Il gouverna le monastère 18 ans. H ptédatongt temps t'éveschë de Lymoges contre Gérât. nepveu de l'évesque (1).
')t'.tfH-t~f~i

EusTORGlus, qui succéda à Févesché par le décedz de Pierre deBourdeaux,etfusten rangtdesévesquesSi (2).I{nstrebasth' le chasteau de Chaslucet, où il demeura par crainte du duc Guilhaume. Auquel palays il décéda la 4" nonne [de] décembre l'an H3'7. Il fùst ensepveli à Sainct-AugnsHn-iez-Limoges. Le susdit Amblard, abbé de Sainct-MarUaI, fist basHr la maison dite d'Amblard, dans la Citté. Aucuns lui donnent te titre d'évesque.

r"aint

~:ansln·r.~

Sainct Gauchier (3), natif de Normandie, vint, environ l'an 1128, au lieu d'Aureil, duquel it fust prieur. Et y avoient des moynes. Auquel lieu son corps repose dans une châsse; fa commémoration duquel se fait le neufapvrit. L'église est très belle, ayant doubles chères. Les Pères Jésuiltes possèdent ledit prioré, qui est très beau. Audict temps, fust trouvé le corps de Sainct Martial, qui avoit esté caché, causant les guerres, par Vntgrin, arche-

l~i~enti.n de saint

ntu corps STnrtinl.~

Geotîroy deVigeois, et en m 2, selon le P. BonavGnture,et.qui consuma, outre le monastère de Saint-Martial, les Églises de Saint. Pierre, de Saint-Miche!, de Saint-Martin et les quartiers adjacents. (<) Après la mort d'Eustorgius, Amblard fut nommé par quelquesuns évoque de Limoges d'autres élurent Gérald, doyen de Samt-rieix et neveu de l'évoque. Amblard finit par se désister. Plus loin notre w auteur donne des détails sur cette compétition. Le 48" évêque (Gall. Christ.). Geoffroyde Vigeois et Bernard (~) Guidonis (LABBE, 1.1!, p. 869 et 304), disent qu'Enstorge, avec Arnaud de Bérault et Bernard de Janillac, fit bâtir, et non pas seulement réparer, le château de Ghâlusset, où ils demeuraient tous les trois, n'osant habiter Limoges par crainte du comte de Poitiers, duc. d'Aquitaine. (V. Château de CMhtSM;,description et ~MtKMM~A!'S~W~M<'S, Limoges, ~851, in-8", p. t3.) 9 f!p?':7.; BONAVENTUKE, p. 4iS. t. Ill, (3) Acta .<!CMe<On<M,

–149– wsque de Bourges, Eymeric, évesque de Clefmoud, bard, abbé de Sainct-Martial (1). et Am-

Environ Fan H30, sortit un ruisseau dedans le sépulcre de en telle sorte que, sy l'on n'eust pourveu à donS'Mardal. ner cours à l'eau par un conduit qu'on y fist fère du côté d'orient, de grandes pierres fesant sortir L'eau par dehors la fontaine de Combe-Ferrade, l'église en fust esté plaine. Laquelle fontaine estoit où est la piramide du petit Cloistre. DM schisme touchant la papauté ~).

(~I~racuus au sy,ul~ cru dc saint lfar !)

Durant la prinse du pape Innocent 2°, les Romains esleureut uu nommé Pierre Léon, ou Perléon, qui fust apetté Anacletus. Au moyeu de quoy, y eust grands chisme en l'Eglise. Les uns obéissoient à Anacietus et les autres à Innocent mesmement ez Gaulles qui adhéroient audit Innocent, réservé la province de Bourdeaux qui tenoient pour Anaclète. A la requestedu duc Guilhaume d'Aquittaine qui fesoit pour le roy de Naples et le duc de Catabre, ses parents, Eustorgius, évesque de Lymoges, et Guilhaume, évesque de Poictiers, estants tieux notables prélats, admonestés par ledit duc de tenir pour Anacletus, n'en voulurent rien faire, mais se déclarèrent publiquement pour ledit Innocent. Parquoy, en haine de ce, les fist chasser de leurs sièges et ériger en leurs places un ttommé Pierre, à Poictiers, et Ranulphedu Dorat, à Lymoges, i)ar un légat dudit Perléon en Guienne, aveq Gératd, évesque d'Angoulesme, dont le vicomte n'estoit contant. Pour mettre iin audit schisme, ledit Innocent trouva moyen de se retirer en France où il fust receu du roy Louis-le-Gros bénignement, où s'assemblèrent plusieurs prélats de Gaulle et Germanie. S~ Bernard s'y trouva aveq tes évpsques l~ustorge, de Lymooù le pappe Innocent fust ges, et Guiihaume, de'Poictiers; le concille tenu à Reims, et Pertéon et ses approuvé par et en furent udhérans déclarés schismatiques et excommuniés x'mis lesditz évesques de Poictiers et Lymoges. Le dm;

~ctiismt'tn"' MntOt'tt'i.r. Lfun

(tj Cfi~. Ch)'i6t., 1,. )). Su9; Gu~AYK~TL' t. H, P. ~'S!). C:!)Bo~KN'H'KH,t.tU,p.4C7.

–-150–

Guilhaume vivoit pire qu'un payeu, dont sainct Bernard te voulust plusieurs fois reprandre, partant ne gaisnoit rien, jusques à ce qu'il lui aparut plusieurs choses, et entre autres choses que Ranulphe, qu'il avoit fait évesque de Lymoges, estoit tumbé de dessus sa mu!!e et s'estoit rompu ta teste, dont il fust fort esbuy. Ce que voyant, Pierre, qu'il avoit à Poictiers faict évesque, vint devant ledict duc et renonça audit évesché; et plusieurs autres choses qui advinrent.
~A\[ncr'c,~airLrc!o d'dntiuc6a,l

L'andi34, fust éleu patriarche d'Antioche Eymeric, Lymousin, qui tint le siège 50 ans (i). Auquel sucéda Radulphe S", soubz-diacre de Lymoges et 4" patriarche d'Antiocbe, qui tint te siège 33 ans. FoMt~ïOM du de -S"GeraM-~z-MO<ye~ prioré l'an iiS8 (~.

'<~t:ttd

Hector do

C~t.'r;cYC~uf.J

Après le décedz de l'évesque Eustorgius,ii il y eust discorde, pour la nomination, entre les chanoines. Une partie desqueiz nommèrent Amblard, abbé de Sainct-MartiaL et i'amre partie nommèrent Géraid, nepveu dudit Eustorgius(3), lequel estoit de Sainct-tryers doyen parquoy y eust grand procès entre les esleus tant à Bourges qu'en cour de Rome. Finalement, apprès que Gérât se fust purgé que, pour avoir esté esleu, il n'avoit donné ny promis aucune chose, et affirmé par sept nobies personnes, fust par le pape ordonné presse et consacré évesque. Lequel fust fort riche et libéral aux pauvres, et fonda le prioré conventuel de Sainct Gérald lez les murs de la ville de Limoges, l'an HS8 (~'t). Lequel prioré estoit gran(!) « AimericMatefayda ou de Matefaye. naquit au commencement du douzième siècle dansle bourg de Saint-Viance, en bas Limousin. !i mourut en i !87 H (Biog. J//e/:i'(M~.D'après le P. Bonaventure (t. JH, p. 474), l'élection d'Aymeric eut lieu en 'M et non en H34. les j~. aussi Du CA~GE, Familles d'outre-mer, pubtiees par E.-G. Rey;. Collectiondes doeM?M. !M~. SM7' l'hist. de France, 1869, in- p. 473.) t. H}. Gérald Hector de Cher fut le 49° (~) BoNAVEKTURE, p. 486. cvëque d'après Kadaud. Élu en 1 i37, mort en «77. col. 522. (3) Gail. christ, t. (4) Ainsi que l'hôpital. Geoffroy de Vigeois (chap. uv) dit qu'il y avait antérieurement au m~'melieu une église dédiée à saint Gérald.

–iS~

dément bien basti et y avoit belle église, le tout ayant esté demoly causant ies guerres. A présant la aominatio!! du prière <~troyaMe; les religieux apetësde Cbancellade occupent la p!ace des antiens moynes qui estoient audit priorë, comme dit est ci après. L'an 1140, fust rebastie i'égtisedeSaincte-Vatiërieau métne lieu où elle avoit souffert martyre, ayant esté démolie par les où à présaot se void sou tombeau, au-dessus duquel guerres est une belie voûte portée sur des arcades, au milieu de la'juc.He, au dedans, sont !es armes de la saiucte. Les Pères ~ecutetz y sont de présant, qui ont ta uu beau bastiment, comme dit est ci après. Comment le Limoges r6<oMf?M au roy de France par fille d'u duc GM~Aa;t~e
~Hfic.itt.'n.iur' ;~t'.t)SanU< itl¡, j

mariage r~M i-i38(~.

d\4M~or,

Guilhaume, duc d'Aquittaine, ayant renoncé au monde, laissa Atiénor et Aliz, ses deux filles. Laquelle AHénor il vouloit qu'eite fust espouséea à Louis-le.Jeune, filz de Louis-ieGros, ruy de France, et lui constituoit la duché d'Aquittaine, et à l'autre les seigneuries qu'il avoit eu Bourgougne. Laquelle A!iénor ledit Louis-le-Jeune espousa à Bourdeaux; et par ce moyen, les Limousins retournèrent à leur naturel seigneur, dont ils avoient [été] privés depuis le décedz du roy Robert.t. Lesquelz furent receus à hommage du roy Louis 7, qui leur donna de beaux privilèges, confirma les antiennes coustumcs octroyées par les ducz de Guipnue, se& prédécesseurs. Ledit Louis répudia quelques temps [après] ladite Atiënor, commH sera dit cy-après, dont s'ensuit grandes guerres.
d (1) GRELLET-!)u)tAZEAU, e la Do?K;K.Ott'0~ n?!(~a:M.!M!' Cet'tM'MM Soc. s!7t<'o<. du profMces ~'Otn'g-t.otM, au t. !f du BM~eh' de tm. Le mariage eut lieu en i i37, et non en f );iS. i.e P. Bonavenventure HI. p. ~74) corrige cette erreur ainsi que beaucoup d'autres, dont il faut, dit-il, purger les chroniques du pays; ce qui prouve encore une fois que notre manuscrit a ct<' rédige sur ces neiïieschroniquea.

iLn"·o-,lnr.na rl,uuso Ain4mr d'tj.

<(H~ti.j.

152flln'n]¡e ); ` ni·; 1 inltl-

L'an lt41 fust derechef bruttée la ville de Lymoges, le jour de la nativité de saint Jean, avect les clochers (1) de SainciMartial et de Sainct-Michel. Lymoges MM~z Anglais ~).

!«!tt-mn'r' 11J'I,t' '\}.Ù 1"1'

Louis-le-Jeune estant aité en la Terre-Sainte pour la conquérir, avec sa femme Aliénor, laquelle Aliénor avoit fait quelque promesse avec le souldan Saladin (3). Duquel le roy Louis fust adverti et n'en dit mot jusques à ce qu'ils seroient de retour ea France. Lequet~estant arrivé, fist assembler plusieurs prétatz à Baujency, ensemble plusieurs princes et grandz seigneurs du royaume. Parquoy, toutes choses représantées à ladite assemblée authorisée du pape Eugène, fust déclarée ladite répudiation, quoyque le roy eust bie't de la payne à en Ycnir là, car il l'aymoit pour sa beauté, bonne gtâce et autres catiuës d'une grande princesse, outre ce qu'ilz avoient de leur mariage deux. tittes, et [que] ladite princesse [fust] àgëeseuttemt nt de 2T ans. De cette séparation la reyne fust fort affligée et demeura tong temps espamée; etapprès elle se retira à Poictiers. Ce queayant sceu Henry, ducde Normandie, comted'Anjou, qui devoit sucéder au royaume d'Angleterre, luy envoyast desdéputtës pour traitter mariage entre eux. Ce que sachant, le roy Louis y mist tous les empeschementz qu'il peut. Elle, du commancement, n'y vouloit consentir; mais par plusieurs rai(t. 1; BoKA\'E\TL'RKH!, p. 479) dit /M e~c/t~' et non les c~ocAer~et' renvoie à Geon'roydeVigeois.qui rapporte cet incendie à )'année i i67 et parie du ctocher, et non passeutement des cioches. [ChroM.,ch.LXVt.' Lt'M., t. ti et Ht <~ <ctDoMnV. BM~~tKJe /ft 6'oe. ftre/t. ~M !tat;'OM aM~~Meo!<fye-Z,otf< M. GRELLET-DuMAzEAU. par (3) L'explication de cette phrase obscure se trouve dans Jean Bou~M?:. d'~Mtt., ~57, t'" 78, r" ~.HET,
'f Aucuns ont escript que, si ledict roy Loys n'eust faict emmener H son espouse Aliénor, par le conseil de son oncle, duc Haymond, elle avoit délibéré dctaisser te roy et se marier avec le soudan Sa)adin par le moyen duquel mariage, tcdict duc Haymond recouvrcroit toutes ses terres, en haync de ce que ledict roy Loys avoit ce qui fut rapporte refuse luy donner secours pour les recouvrir audict roy Loys, qui n'en (tis) jamais rien a.Uienor, jusques à cr' )'. aussi i&t~ f" 79; v" et suiv. qu'il tut <'t! [''ran('e..H

–153–
sons qui lui furent, remonstrées, d'autant que le roy de France par ladite séparation lui remettoit toutes les terres d'Aquittaine, et, sy elle ne prenoit un parti pour résister au roy de France, elle n'en jouyroit; ce. qui enfin la fist consentir audict mariage. Parquoy ledit Henry, qui estoit à Rouen, partit aveq grand compagnie et vint trouver ladite Aliénor à Poictiers, auquel lieu il l'espousa en grand solempnité. Par lequel mariage sont venus plusieurs maux en France et Aquittaine, car le roy luy remit ladite duché d'Aquittaine et comté de Poictiers à fief et homage de France. Henry, ayant la pocession de la duché d'Aquittaine, visita ses terres, vint à Bourdeaux, où les barrons, vassauts et subjectz vindrent fère homage des seigneuries et terres qu'ilz tenoient de luy à cause de sa femme. Entre autres luy fust amené Aymard,' vicomte de Lymoges, qui luy fist homage des terres qu'il tenoit en Lymousin. Henry, croyant que tout. le pays de Lymousin fust à luy comme vicomte de Lymoges, traitta mariage de sa niepce Sarra, fille du comte Romalde de Cornuatle, son frère, qui pour-luy avoit esté tué pour recouvrer le royaume d'Angleterre. Et comme Henry s'anquist des biens et revenus dudict vicomté, il luy fust donné à entandre que le vicomte jouyssoit du pays de Lymousin, excepté de la ville de Lymoges, que les habitants ne voulloient laisser jouyr. Après que le mariage fust solempnisé à Bourdeaux, Henry et Aliénor, sa femme, vindrent à Lymoges, où ilz turent receus en grand solempnité. Lesquelz logèrent dans la Citté. Henry, ayant prins la garde de la personne et biens du vicomte Aymard, pour sa jeunesse, sans s'informer du droit du vicomte en ladite ville de Lymoges, il commanda à ses omciers de fère jouyr Aymard sans ouyr les parties. Quand les bourgeois de Lymoges ouyrent parler de recevoir le vicomte Aymard et luy obéir comme seigneur, furent fort troublés, et, voyant que l'on procédoit à l'exécution, soudain prindrent les armes et chassèrent les officiers dudict duc lequel, indigné, assiégea Lymoges mal pourvu de provisions. Lesquelz sousundrent par aucuns temps le siège, mais, à la fin, se randirent recevoir leviconne. et turent contraints Lequel, combien eust l'obéihsance, n'ent.rfprint aucune chose sur le dt'j't <)u'i) auticn-Jcs <;onsu!x, mais les laissa, jouir des coutumes

~[mri.'t.~t.'n. nunt ç iU..(;

a t.i-

~'risf')cL'm"s; deslrucliun cl,·~ portes l'1 dl'S muniH)es.]

–~4–
ncs; et, comme vigio'.s'etîbt'sa à ériger une motte de terre un il y vouloit faire b~tir une maison, fesatit le duc abattre les portes et murailles de la ville et remplir les fossés ('<). Ledit Aymard estoit fils de Guy, vicomte de Lymoges, q)t! décéda l'an 1155, auquel il sucéda en ratigt 4~ du nom. Après le décedz de l'abbé Amblard, succéda à l'abaye de Sainct-Mmuat Abei'ms, eu rang 25 (2), lequel administra l'abbaye i3 ans. I[ augmenta la spn'ituaUté et temporaiité. H recouvra à l'abbaye eeUe de Terrasson e). les cbapeUes d'Aide, avec la terre d'Eysurat. Il bailla plusieurs chappes et oraeniants à i'égHse. 11 orduntia faire mémoire solempueHe des tre&passés le tundy aprèstei5°dePasques. De r<3t'Hc
,r'nr~~fSatn!<<"r.

pil~ert

¡,¡¡,JI'; dl.!

`..i .1(artia:

~M pr?'orc de 5<'M~-Gef<~ (3)~

Géra!, de Lymoges, ns),ëditïief' te prioré L'anHS8,rëvpsque conventuel de Sainc~Géraid aveq son hospital mais après, causant les guerres de Lymoges et par :)!Ulquité de temps, tout vint en ruyne. Toutefois [Just] rebasti de nostre temps par messire Martial Benoisi, vicaire géner:)t et official de i'evesché, archidiacre de Lymoges, chanoine de SainctEstienne prieur de Sainct-Gérald. Translation de SaMC~-LoMp~ ?. fust relevé le corps de sainct Luuj!),,

du 1,~ de saint Loup, 1; ¡(c'I'lcmbrc.l

Ladite année tl88,

,'t; Cette légende est racontée difïeremmeut par Geoffroy de Vigeois (chap. uv) et par le P. Bonaventure (t. Hl. p. 48:}). '2; Aibert de O.nnrceiUcs e.st ip 2: abbé, d'après la Table e/i?'oMOinserce au C([<f)t(<ne!' <tM. de n73. L'abbe Roy-PierreHtte ')ft}, le cite. comme3S'' abbé et l'appelle Albert de CourciUas ~i t43-t!56). V. sur cet abbf; ta notice ([tu lui est consacrée dans les Ef'M~f'.s<M<o/ les m.oK~A'~h'cs Z,!mo'n.–Cueret, ~M t863, iu-8°, p. 4). !ue.<Mr Bo!<AVE.\TL'f!E. p. ~80. (h,OFF['j\ i)K Vjcrot", ~i; f!o.vt:xn'p.K, t. tH, p. !S7. (4)

–1SS– ëvesque de Lymoges, lequel reposoit dans l'église de SainctMichet-des-Lions de Limoges, !aque)te égUse n'estoit sy grande comme elle est de présant, ayant esté bastie à neuf, comme verrés. L'on void son cercueil de pierre sur la porte de la sacristie et son corps sainct dans une châsse de cuivre surdoré, et depuis transféré dans une d'argant, comme dit est cy devant. [V.p. 82] Le sol pour livre en France et Angleterre.
[fmynt thr~ 3u !WU pl'ur

Et advenant l'an 116'7, les rois de France et d'Angleterre et mirent un grand impost sur leurs subjects parlementèrent tant ecclésiastiques que autres d'un sol pour livre, lequel impost dura quatre ans, et lequel argant on disoit envoyé pour conquérir la Terre-Sainte et Hiérusalem. Queique temps après le roy d'Angleterre et ladite Aliénor, lesquelz avoieut df teu:' mariage Richard, qui fust surnommé Cœ;t?'-dë-oH, Henry-ie-Jeune, Geoffroy et Jean-SansTtirre (i). L'an USO ou 60(3), Thibault, comte de Biois, revenant de S"Jaques, passa à Lymoges, où i! fustbien receu. Et à la les religieux de S"Martial chantèrent 0 ~ïtsm procession et lui fust monstré le chef gloriosus miles .SHHCtKS Martialis de S"Martiat, l'octave de l'Ascention. H donna pour offrande six marcz d'argent. Comme~~ Henry, roy d'A~e~rre, ~~2 a~MM. ~a/a ses deux

d'Hmri .i'Ahtuor.]

~M~~i')n<)cT~b:lull¡ E).,is.] c':mlu du

Le roy Louis de France et Henry, roy d'Angleterre, traitèrent de mariage, scavoir, de Marguerite, fille dudict Louis et de Constance, sa femme, avec Henry-Ie-Jeune, filz de Henry,

~hrM~tnriJeune et dn Mar4 1~I!t'ritt!. fille roideF~anccj. du

(1) La phrase n'est pas ierminoe. (2) Le P. BoxAYEKTCRE Ui, p. ~90; rapporte (t. ranncuH6').

cet événement à

i.56

".n.t..)~hM~ U' et .i Il. et

..).)“;

roy d'At)g)eterre, et de Atiénord, duchesse d~Aquittaiue, s; femme. Pour te traité duquel Henry, roy d'Aogteterre, dontia à son fUz la duché de Normandie. Etdepuis, ledictHenry traita de mariage de son filz Richard. qui fust apflé Cœur-de-Lion, avect la fille du comte de Barcetonue; et, en faveur dudict mariage, ledict Henry promist audict Richard la duché d'Aquittaine. Laquelle fille dudict compte s'appelloit Pétronme Rotitde,. qui fist destruire la Citté de Lymoges, comme sera dit en son lieu (t). Quelques temps après les mariages faits, le roy Henry

Voici, relativement à Pctronitte Rhotiltle et aux faits relatés une note que nous devons à l'obligeance de par le chroniqueur, M- )'abbe Arbellot, curé archiprêtre de Rochochouart, dont l'autorité en ces matières est incontestable Le tombeau de Rhotilde. de L'an 16t3, les Bénédictins de l'abbaye de Saint-Augustin Limoges, voulant rebâtir leur monastère, utilisèrent, à cette intention les pierres des tombeaux qui étaient placées autour de leur église, et ils enlevèrent en particulier une dalle tumulaire qui se trouvait t:ous le ctocher, et sur laquelle était gravée, disent les chroniques du temps, la ligure d'une reine avec tous ses ornements royaux. Or ses habits, avant vu l'air avec le corps, se fondirent et réduisirent en cendres, parmi lesquels on trouva sa couronne d'argent doré, bagues, ceintures et autres choses, tant d'or que d'argent, et selon le rapport d'un. pierreries, qui montoient à plus de900ecus, ancien religieux de ce monastère (Ai. » La dalle tumulaire était sans doute ornée d'une inscription sur laquelle on lisait le nom de Rhotilde, puisque les chroniques qui parlent de la découverte de ce tombeau l'appellent « le tombeau de Rhotilde. » Quelle (''tait cette Rhotilde ? c'est la question que se posèrent les sa couarchéologues du temps. C'était une reine, à n'en pas douter ronne et ses riches joyaux en faisaient foi. Mais quelle reine? Coinme on savait que la première pierre de l'église Saint-Augustin avait f'te posée en 1)72 par Richard Cueur-de-Lion et sa mère Aliéner, les t'rudits d'alors supposèrent que cette Rhotiide. qu'ils appelèrent même (nous ne savons pourquoi) Petroniltc Rhotilde, était t'épouse l'. Bo~ AVH~rruE,t. 111. p. jt').

)5r Vrm en Aquittaine pour fère consentir la donnation de la duché d'Aquittaine,
de Richard

la reyne Aliénor H promise à Richard

1~, roi d'Angleterre, et qu'elle était fille d'un roi d'Aragon. H n'y avait à cela qu'un inconvénient, mais il était considérable c'est que l'épouse de Richard Cœur-de-Lion s'appelait Bérengère. et non pas Rhotilde; c'est qu'elle étaifta. fille d'un roi de Navarre, c'est qu'enfin aucun historien, aucun -,etnon pas d'un roi d'Aragon chroniqueur du douzième siècle ou du treizième n'avait t'ait mention de cette reine Rhotilde. line fois entré dans cette voie de suppositions, le compilateur des chroniques ne s'arrêta pas en si belle route; il supposa que cette reine Rhotilde avait saccagé la cité de Limoges et fait semer du se! dans les rues, et que, le troisième jour du massacre; frappée d'une mort subite, elle était allée rendre compte au juste juge de ses actions (A). Le P. Bonaventure, en rapportant ces faits, sur la foi des -chroniques de Limoges, s'étonnait à bon droit que les historiens du moyen âge n'en eussent rien dit. M. Grettet-Dumazeau, dansle BMM~t'M ~,Soc!~c[7'c/K'(~o~Mg(s!. <~ a fait justice de ces faits, inventés par un chroniqueur ignorant. Toutefois la découverte du tombeau de Rhotilde est incontestable. Si cette prétendue reine n'était pas l'épouse de Richard, roi d'Angtcterre, qu'était-ce que cette Rhotilde? Rhotilde était une vicomtesse de Limoges, morte vers la fin du dixième siècle; c'était l'épouse de Gérard ou Gératd, vicomte de Limoges, la mère du vicomte Gui 1~, des évêques de Limoges, Hitdegaire et Hilduin, et d'Aimeric Ostofranc, premier vicomte de Rochcchouart, et tige de cette illustre famille (c). Cette Rhotilde est mentionnée dans une charte du vicomte Guy, de l'an 102S, publiée par le Gallia Christiana MOMt(o). La vicomtesse Rhotilde avait été inhumée sous le clocher de l'abelle avait contribaye de Saint-Augustin, parce que, apparemment, bué à le faire construire or ce clocher fut bâti vers la fin du dixième siècle, sous l'abbé Gui 1er(E), prédécesseur de Gérard, abbé de SaintAugustin, à qui Adémar, l'an d038, adressait sa lettre sur l'apostolat de saint Maniât. ( L'Abbé A MELLOT.) t. .A.) P. BONA.VEKTURE,III, p. S49. t (B) Bulletin de la Société archéologique dit ~t'moM.MM,. II p. 93)!. t. (C) P. BONNAVHNT., III, p. 338. –MORÉHt, D/CtMKK., é<)!t. t79.'<. art. Limoges, Hoe/tM/MK<M'<. (D) Gallia C/M'Mt/atM nova, t. H, hMh'Mm., p. 338. P. BONAVENT., . )! t tE) Gallia C~Mt&tKft nova, t. !t, p. SPC.

p. 3S3

!S8

°Ru!t).'r.]dttCt! f~'i'a'necfmr'mno a I.lmolJl's'l

en traitant dudict mariage avec ladite P&troniUe Roti!de; mais la reine AHénor ne voulust s'accorder. Parquoy le roy Henry la fist mettre en prison. Bref le roy fist tant envers ladite Aliénor qa'H )a fist consentir à ladite donnation de la duché d'Aquittasne en faveur dudict Richard, lequel fust couronné à Lymoges, comme ses prédécesseurs.
~F>ei~nndarca dea

~raLnnç,ms

{ 1 ),1

Environ ces temps, courroyent par le pays environ vingt compagnies de gens qui volloient et destroussoient toutes sortes de gens, lesquels on apeloient Hrabaasoas et Cousteretz [Cottereaux], ayants pour conducteur uu nommé Guilhaume Le Clerc pilhantz églises et [faisant] plusieurs maux indois. Parquoy fust faict assemblée par Févesque Géra! des nobies du pays à Lymoges, lesquelz suivirent ses gensjusques au lieu de MaUemort, lequel s'appelloit Beanfort, eh ceste sorte à ta première pointe estoit Aymard, vicomte de Lymoges à la seconde, Archambaudt de Combord~; à la troisième, Olivier de Lastours à ia 4", Stuard de Cha.baneix (3), ainsi le moyne Geoffroy, qui gaignÈrent la bataille que rapporte et en tuèrent 2,SOO, et ce te jour du Jet!dy-&ainct, ~i apvri); », et, par ce, le chasteau apetlé Beaufort fu:.t. apeHé N'sHe mort r près Brive.

~Sebrit!~ Chabot, e~qt!<

L'an 1170 décéda Gérafd, évesque de Lymoges, et sucéda, par nomination des chanoines de Lymoges, SEBRANDCHABOT,en, rangt des évesques~S3 (3), natif dq~ Poitou, contre le vouloir du roy d'Angteterro qui haïssoit )'antienne race des Chabotz à cause que, l'année pre'cé.dante, luy avoient faict la guerre. Parquoy il <;xi!!a )es chanoines et l'évesque, tellement que l'évesché et chapitre fust vaquant pandant un an et neuf mois, et après, les remist, à la requeste du roy Louis de France, Ladite année le roy Henry d'Angteterre filz Henry roy d'Angleterre, à Londres. nst couronner son,

~Cntlronnl!ml'nl .Uuort-Jctm-t.j

DE t. H!, (t) GEOFFROY VtGEOtS; BONAVENTURE, p. SOS. PE ('2)GEOFFBOY VtSEOts (cbap. Lxx) !e somms Esclunard ou pIatôL r.schivatdeChaba.nez. 3')S<'brand-Chabot esUe 80" évoque, d'après Nadaud. 11 fut 6ht fnHTSotmourut.enHOS.

–i59– Après !e d~cedx de t'abbé Aibert sucéde à l'abaye Pierre. priem'de Ciagny, homme de ~r~tide religion eLhonnestete, fust en rungt des abbés de S°'-MartiuI 26 (i). qui L'an M'74, Georges (2), évesque de Lide en la Terre~ Sainte, venant de Crandmond de la part d'Amaulry, roy de Hierusaicfn, vint à S'MartiaL ~e?t~Jc?iKe, roy <;o?~f<? son vouloir. Mo~es avec la royne; d'Angleterre, son père quitte vient à ~y~e~ry-eM~ et autres choses.
[nenri~ relire Ic-Jcuu~ à la se cwre j[f!t-t-te'!oCt)H)Y. abbé Martial] <if! Saint-

<!aLïdJf,r.Tt.t Saint-hlar~icl

ér~q\¡r~ x j

L'an il'73, Henry-ie-Jeune ayant esté couronné roy fust si o)'Ë;uei!heux qu'il vouloit tout gouverner, dont le père n'estoit content. l'arquoy, un jour, sans rien dire, accompagné de certains chevathier~, se retira devers le roy de France, qui les receut bénignement comme ses (i!z. L'année après, qui i'ustt'an'H'74,Henry-!e-V)euxet)a reyne A)iénor (3) avec Henry-le-Jeune et sa femme, Richard-Cœurde-Lion, Raymond, comte de Thouiouse, qui fist homage a Richard, duc d'Aquittaine, de !a comté de Thoulouse, ainhin qu'il avoit esté accordé, et ce à Chinon et de là à Limoges, où ledit comte pariant privativement à Henry-le-Vieux 'iuy déciara que la royne Aiiénor et son fi1z Henry-ieJeune et Geotï'i'oy, ses enfans, n'aprouvoient la donnation leur mère avoit faite audit Richard, ayant esté faite par que furce et par contrainte, l'advertissant qu'itz avoientdëiibéré de iuy jouer un mauvais tour, dont il debvoit se donner garde. A ceste cause le roy Henry-ie-Vieux, parti de Lymoges, Ct'ignant aller à la chasse, fist garnir ses places de munitions de guen'e, nst ~randre sa femme et Marguerite, sa brutz,

do France.]

~Henri~e-Ytcu~t Alidnor

,.t

cienn,.ut

.tLiu]u~es.]

''t) 24" ab))~ suivant Xadaud; 23e selon l'abbé Roy-Pierrentts ~oco cit.), qui le nomma Pierre Ht de Petiviers (') !56-~60). ;2) C'est Bernard, et non Georges, évoque de Lidde, qui fut envoyé par Amaury auprès des moines de Grandmont pour leur faire t. BoNAVF.xTURE, iH, p. ~0~ ~KMft~ présent d'une Vraie Croix. ordinis ~ra?~tmo?:tM, !082, p. 'f38.) (3) Ajoutez pour le sens vinrent à Limoges.

–-ieo– lesquelles il fist conduire en Angleterre et mettre au chasteaM de Salbritz [Salisbury]. De ce temps décéda Pierre de Barry, abbé de S~-Martia!, homme de grande dévotion et correcteur des vices. H augmanta le monnastère, édifHant les cloistres, infirmerie et tes maisons des i'eHgîeux, du costé d'Orient, H acquist les dismeë d'Aixe; il fist refaire la librérie qui avoit esté brtiUée il contraignit le prévost de Varneil, CouzeU, Roussat et Rosières de faire obédiance; il donna plusieurs ornements à réglise. H fust ensepvely au cloistre, jougnant t'abbé Albert. Et lui sucéda Isambert, en rangt 28 (4), duquel sera parlé cy-après. Translation
la

MM.tefK'rr.'do <tc tt-trri~ab!)'' *!ain)-Mar)H).)

[tffmbcrtËscoMart, aLhn le ~ainl.~artiat.J

de~oMzc~~e~~);

Translation

cot'pattttSHmt* Yrici:.

Par t'évcsque Sebrand de Lymoges, Guilhaume de Vigeois, Odon de Branthome, Estienne de Chartres, abbés, aveq les prieurs de Castres, et de Lartige le corps de Snt ïryers fust transféré de son tumbeau et mis en une châsse. Le vicomte Aymard aveq les princes de hastours et autres innombrabtes seigueurs y furent pour porter le sainct corps, comme it estoit de coustume. Laquelle châsse a esté depuis refuicte d'argent par M° Léonard Baysse, orpheuvre de Lymoges, rand64L L'an ln8,se brutta entièrement l'abbaye de Solompnact, le dimanche 6 callande de juin. Comment la guerre fust déclarée entre J~M~ Vieux (f), ïoy d'Angleterre, et son ~eMryJeune (J7), estant roy de France P/M~ppë-jMeMdonné, surnommé Auguste (3). Heury-le-Jeune et Geoffroy, son h'ère, furent advertis

jlncrmlie

fit! I~nb-

tfaye '!c Sct'jtnac.~

fGnprrft'ntrt'H);nri-Il'N' ¡l'UX tJt 5011 fils J~n.' l nenn-to-

(4)izembertEscoMart(<tT4-H98),86"abbé, d'après !'abb6 RoyPierreHtte. (1) V. BoNAYE~TURE p. SOS), u! rapporte ce), événement Ït (t. H!, q t'année~S~. (3)Cetter6be!!ton commença en t'!79 et se-termina fn 083, d'aprôs te P. Bonaventure IH, p. 807). (t.

–i61comme leur père avoit fait prisonnières dans le chasteau de Salbritz (!) Aliénor, leur mère, et Marguerite, femme dudit Henry-le-Jeune. Parquoy, se mirent en campagne aveq grand nombre de gens, querélantz la duché d'Aquittaine contre leur frère. Et vindrent à leur ayde Richard-Cœur-de-Lion, les comtes de la Marche, Périgord et Angoulesme, puis le vicomte de Turenne, Aymard, vicomte de Lymoges, Geoffroy de Lusignan et autres, qui, par la conduitte du vicomte Aymard, entrèrent facillement dans Lymoges car les murailles avoient esté habbatues, comme dit est, du temps d'Henry-leVieux et avoient esté seullement remises. Hz sommèrent les consulz et bourgeois de la ville de faire ce homage et tenir pour duc d'Aquittaine Henry-le-Jeune car ilz que les consulz diHérèrent de faire de prime-face, avoient donné leur foy au duc Richard, nonobstant les menaces du vicomte, qui pour douceur ne les avoit peu attirer. Or le vicomte marcha par le Lymousin aveq grand nombre de gens réduissant le pays à la puissance d'Enry-le-Jeune et priut Aixe, ville et chasteau, où il mistdouze cens Basques en garnison. Il assiégea S"' -Laurent-de-Gorre aveq Robert de Berry, qu'ilavoit faict de nouveau chevallier, accompagné de grand nombre de Béarnois et Biscaiens. Auquel lieu furent advertis comme Richard-Cœur-de-Lion venoit sur eux du costé d'Enl'assaut, le vicomte se goulesme. Parquoy, habandonnant retira par S"t-Priest à Lymoges, et Robert de Berry ayant la conduitte des piétons fust attrappé par les gens de Richard, où fust deffait et plussieurs de sa suitte. Le Pont de la Roche-au-Got roMpM ?.
[ Pont d. la Koche au-Go.) ]

Le duc Richard, coustoyant la rivière de Vienne, print Aixe, où furent tués et noyés la pluspart des Basques de la garnison, et aux autres Richard fist crever les yeux puis vint à la Citté de Lymoges pour la deSandre, car ses frères y avoient donné trois assautz. Incontinant, vindrent de toutes parts gens au secours du duc Richard parquoy il dressa une puis('!) Salisbury (~. ci-dessus, p. <60). Henri-Ie-Vicux, (2) r. BONAVENTU!)E, p.S~.Ccfut qui détruisit le pont.

et non Richard,

i62

p,· Les LimUl11\itHI. puHMcnt t'arma ¡rUl'nri-lt' -Vit'UI. 'M&ng''t)t.~

santé armée pour combatre en campagne ses frères. "Et, ayant mis garnison dans la Citté fist asseoir son campt ail pont Sainct-Martial, tirant à Sainte-Vallérie, où, pour meilheur assurance, fist rompre le pont de la Roche-au-Guë, dit Got(i), affin d'empescher le passage à ceux de la ville; lequel pont n'a jamais esté reffaict, et n'y parroit que quelques vestiges dans l'eau. Et estoit icelluy pont sur lequel sainct Martial passa quand il vint à Lymoges, estant pour lors en icelle région la ville antienne de Lymoges, comme, dit est cydevant au commancement du présent livre. Henry-le-Vieux fust adverti de la guerre de ses enfans à Lymoges. Apprès avoir faict, assembler de ses forces en Gasconne, [il j s'achemina pour le secours de R.ich&rdà Lymoges, et à peu de bruit s'approcha. Où, par advanture, Geoffroy, son filz estoit sorti de la ville aveq quelques U'ouppes des gens d'armes pour escarmoucher t'armée du duc Richard à SainctGcraid, et bien commançoient às'escarmoHcheràiaCroixMandonnaud, destroussant les fourriers de leurs adversairesrevenants d'Isle et Aixe, qu'ilz tuèrent, et en prindrent plusieurs prisonniers. Or celluy qui faisoit le gué au clocher de Nostre-Dame-des-Arrennes descouvrist l'armée d'Henry-leVieux, lequel venoit du costé du Got-de-Verthamond, et, pour la poussière, doubta que ce fust quelque embuscade pour enclore ledit Geoffroy par le dernier (~). Et, ttuin quHz ne prinsent garde et ne s'en doubtassent, il trouva ledit Geoffroy, lequel (ist esmouvoirle peuple, criant alarme dans la ville. Sur l'heure un chacun sortit en armes, du costé de S" -Cessadre, au-; un peu eri quel lieu rencontrèrent l'armée d'Enry-le-Vieux, deçà de Naujat. Lesquelz ayants estés reconnus pour ennemis, [ceux de Limoges] se jettèrent sur eux tant qu'ilz rompirent te premier rang et les mirent en fuitte. Et, par cas, poursuivans lesditz ennemis, fustrancontré Henry-Ie-Vieux, qui fust porté d'un coup de lance par terre, où il receut plusieurs coups des communes qui ne le connoissoient, et l'eus j)) La Hoc/a.M-CMC(qu'on prononce go en patois), et non La Roche-au-Goth. Il faut se défier des historiens étymotogistes et des h'gendes fantaisistes fabriqués en vue d'expliquer l'intervention de~ Goths dans notre Histoire Limousine. .~) Expression patoise par derrière.

–163–

sent tué, n'eust esté un anglois qui le reconnust à son accoustrement, lequel l'ayant laissé, à peyne peut-il après se remettre pour remonter sur son cheval, et de là, luy et ses gens s'enfuirent et se sauvèrent daas le chameau d'Aixe, et en fust tué beaucoupt. Et depuis, le lieu est apelé Naujac, qui veut dire noize y eust (1). Ledit Henry-le-Vieux jura qu'il chastieroit les deux filz Henry-le-Jeune et Geoffroy, et qu'il raseroit le chasteau de Lymoges, et puniroit les habitants d'icelluy. Apprès ce que dessus fait, pour s'excuser, Henry-le-Jeune et son frère Geoffroy, estants marris de ce qu'ilz avoient faict contre leur père, allèrent à Aixe, où estoit leur père Henryle-Vieux, accompagnés des bourgeois et consulz de la ville, lesquelz ne furent bienreceus, ne les 'voullant ouyr et mesmes qu'Hz se présentassent devant sa face, mandant aux consulz et bourgeois que dans bref les iroit destruire entière-

(Henr"-Ie-Vicu! çoit très mal,

re à

Aixe~sesEIsancompaçnés botirgeois mugf!F.i des de Li-

ment.

Couronnement

et fortification et d'E~ry-JeMMe, d~CAct~eaM, dMMrcM~ cM/m~Msem~~ctMMe, est de pre~a?~. DëmoH~o~ des e<y~6s de ~M~Me ~Vos~e-DŒ)Me-r'r6Mes, S~GemM. SMt-~faMhce et S~ar~M.
[Les habitants de

Les habinants du chasteaude f~ymoges,creignans les menasses du roy H~nry-te-Vieux, fureut fort estonnés, et furent par le vicomte sollicités à fère hommage à Henry-te-Jeune de la duché d'Aquittaine, lequel bien les deffandroit, ce qui i'obtigeroit. Allors, considérans que la plus grande partie des murailles de leur ville tumboient par terre, et d'autres, sy les garnisons s'en alloient à faute de fère le sèremeut de ndétité dudit hommage, despourvus de secours, ils seroient en danger d'estre pillés et de tumber ez mains de leur ennemy mortel, lequel
~) Encore une étymologie dont nous ne garantissons pas l'exactitude. Quant, à la rectification des faits historiques, nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer au mémoire de M. Grellet Huma* ?.pau, déjà cite (Bullet. de ~.Scc. ~re/t. du Lim. t. II et !).

Limo~es font magaaïlt'nii-icJe~ne.1 ]

i64

~r.]nfruct!onJt:s muraillcs, \m\Ta~ ~t~f\.n')'

n'auroit aucune pitié d'eux, à ceste causse, firent les consuiz le sèrement de fidélité et hommage à Henry-!e-Jeuae du Chasteau, c'est à dire de la ville de présant, et ce dans l'éd'icelle ville, où il fust gtise de Saint-Pierre-du-Queyrois couronné duc d'Aquittaine, tuy promettant de le secourir rie corps et biens. Allors en dilligence édiffièrent tes murailles de la ville, tours, barbecanes, et [firent] rectore les bresches, concaver profondz fossés, planter palais (2), ériger propugnacutes et autres deffances tant de bois que de pierre réparants ponts, portes et barrières, rasteaux (3) et autres choses nécessérps exhortant l'un et l'autre à se fortiffier pour le commun .sattut. Comme aussi fust faict bonne provision de vivres. Et, pour autant que les abbés de Sainct-Martial, depuis la démolition des murailles faite par Henry-te-'Vieux avoient hantés diverses sortes d'arbres et faict jardin de plaisance dernier tenr monastère, alias appellé le Vcrger-aax-Moynes Vieittes-Oaux (4), iceux arbres fureat couppés et abbatus pour fortiffier les murailles de ia ville. Dans lequel cerne reciurent les Combes, le Pont, a~ l'arbre d'Eigoutcne (5), tes Bancz, rue Tortc, Vieux-Marciu', Banteger, les Pousses, Manigncs, Cruchadors, Rauihou, Boucherie et tout le Queycomme dit est, reclos dans roys où est l'église S'Pierre, l'enceinte des murailles. Pour lesquelles faire, firent abbattre plusieurs maisons et pressoirs hors la ville, avec les le couvent, église et églises de Nostre-Dame-des-Arrennes, de Sainct-Gérald, i'égtise Sainct-Maurice aveq ta tour hospita! et clocher S"Martin, ensemble les eloistres et dortoirs; et, n'eust esté la garnison royalle qui estoit dans la Citté, on !'eust destruite estièrement avec régtise cathédratte. Le duc richard n'y estoit pas, ayant suivi son père à Bourdeaux. Firent aussy brutier les maisons duPont-Sait)ct-Mar!ia!(6)
H!! ,t) GEOFFROY VfGEO!S, /<~CM~<CC,Ctia?. \ft. (2) Pour paHs, palissades. Le patois Limousin a p«Kt:s dans le mcrnc sens. (~ « Rns<c~M.s, cataracta in portis urbium, t~aitico f/e?'sc, ita). .~(tS~'t'~0 H (Du KAKGE). ('i) Aujourd'hui Viraelaud. > C))L'arhrp de Beauvais, dans le cerne des Combes. (~. ci-dessus p. 8.~ ~C) BoNAVEND'nr:,p. 5~.

!U<)– dit CA~M Procc~'MM, et cierge ~C ~</<~(~/d.S, /'M&~~t);dit dj"CM~ fr~cc~c 0.
jSi(~Of!~Liuic'(;t.3.]

C()~MCM< 'P:< gée.

L'an de sa))ut i!83, après que HcHry-le-Vicux cust convoqué ses vassauts d'Aquittaine, Touraine et Normandie, ayant fait venir grand nombre d'Anglois, )esque)zestaus tous assem Uiés, vint assiéger Lymoges, te jour de mardy gras, premier jour de tnars, et ce du custe du Pont-Saiuci.-Martiat. C'est.uit chose admirabte de voir les pavillons et tantes des comtes et vicomtes et autres graridz seigneurs tendues en sy grand aombre qu'à peyne tes sçauroit-ou déclarer. Ce nonobstant, les garnisons de la ville faisoient tous les jours des sorties', provoquant leurs ennemis au combat, et faisoint de beaux etïects. Cependant le roy Ilenry se logea dans la Ciné et Rtles priuccs et chard, son utz, aux faux bourg' S"VaHcric barrons tout autour. Les religieux de Sainct-Martiat, tes clercs et menu peup!c, tous ies jours, faisoient processions circuaut la ceinture et murailles de la ville, portant en grand dévotion la châsse de sainct AustricHnieu, où reposoit le chef de saint Martiat et autres reliques, priauts Dieu les préserver de leurs ennemis. Les dames de iavitie firent faire une roue de chandelle de cire de la longueur de i8i6 brasses, autant que contenoit la ceinture des murailles. de la ville, !aqueHe offrireRt àSainctMartial pour faire le service divin. Et fust apporté le corps de S"Justz et autres reliques du monastère de Sanict-Martinlez-les-Murs a S~-Martia!.

p'l~c.?ssl.)n: p¡ihé.~1 1 ]

Siège levéde devant Lymoges.
Henry-le-Jeune souvent rompoit courragc aux Anglois et Normans, creignant les menasses de son père, promettant de son père beaucoup aux habittans, avt'q commandement soi disant estre receu duc et de sa voUonte. Nolla que ledict Henry avait droit de la terre d'Âquitiaine de la part de sa fncre.Heury-tc-Vtcux ayant faict coîamaudcmcat par ses pa(~ BOKAVC!<ii.RE, j). ~12.
'LeY~~usi'~gp.J J

-166–

tentes de recevoir Henry-le-Jeune, sou filz, vicomte de Limoges ce que voyant, les habitants Srent hommage et jurèrent ndellité. Ce nonobstant et aveq tort !uy faisoieat la guerre dans l'héritage de sa propre mère, tant que an chacun en estoit troublé. Cependant Henry-le-Vieux fust adverti que Guithaume, roy d'Escosse, et Richard, comte de Ciocestre, s'estoieut saisis de la pluspart du royaume d'Angleterre, y fesant grand guerre. Sur ce, advenant la fin du mois de mars, il fist grands vents, pluyes et froidures sy fortes que les gens d'armes plièrent bagage, levant le siège, estant contraintz de se retirer de de` vant Lymoges. le trésor de l'église Ne~M'y-~e-JgMMepreMd e!" en quoi consiste (~. ~ctf~s~
~Em.'ttOM'r'Ht'nrih--Jl'onc.

de Sainet-

Henry-le-Jeune ayant exposé ses moyens pour souldoyer ses gens fist sommer les bourgeois de Lymoges à ce besoingt le secourir, lesquelz tay donnèrent vingt mille so!z d'or, outre ce qu'iiz avoient frayés durant le siège, vivres et gens de Ce que guerre, craignans que les soldats se mutinassent. voyant Henry, et que les bourgeois n'en pouvoient plus fère, il requist les religieux de Sainct-Martial de lay prestér le trésor de l'église qu'ilz avoient, ce qu'ilz n'osèrent sans permission de t'abbéisambert, A qui estoit à la Sousteraine. ceste cause, Henry-le-Jeune de nuit, et entra aucloistre chassa les religieux, à la réserve de quatre ou cinqt qui favorisoient son parti. Allors il prinst(2) les retaures (3) du grand autel et du sépulcre, print une table d'argent, et des ugnres~ et des lampes, et, dans l'église Sainct-Sauveur la table du grand autel d'argent, enrichie de cinqt figures d'or pur, avec les croix et calices d'or et d'argent, un vaisseau somptueux que Arnault de Montasier (4) avoit donné, rauberjon que Guy de Grandmond avoit donné, de grand valleur; Bref, l'or pesoiA

GEOFFROYViGMIS,.~pp~M~tCe, DE ehap. X!H,XIV. '3, f. )e P. BoNAVENTURE,traduit Geoffroyde VtgGoIs. qui :3)Retables. 'ArnauddcMontasir.GËC'F.pEY'c.).

i67 einquante deux marcz, et ceatcinquante trois marcz d'argent, estimés à vingt et deux mille sotz, sans For et pierreries. Et du tout fist une promesse de restituer, pour asseurance. Henry-le-Jeune p~e E~OM~e~Me, l'abbaye de la Cola citstode de CraMdmo~d~). roMHe,pre~d
fittago d'\n{;o't-

Heary-te-Vieux fist fère la solempnité de Pasques dans la Citté, où Henry-le-Jeune, voyant t'armée de son père rompue, après avoir laissé dans la Ville bonne et suffisante garnison pour la garder, partit de Lymoges avec ses gens, et, par surprinse, le jour de Pasques, print Engoutesme, où, au lieu de chanter ~g/M~/a. on n'entendoit que cris et tumu!tes des soldats qui pilloyent leur ville, à cause que les habitants soustenoient le parti de son père Hemy-te-Vieux contre leur comte Henry-le-Jeune. Hent'y-te-Vieux, certiffié de ce que dessus, partit de ta Citté de Lymoges pour secourir son pays. Ce que sachant, Henryle-Jeune pitha l'abbaye de la couronne, près Engoutesme, et, passant par Grandmond, emporta un aigle d'or, où le Sainct Sacrement reposoit et la custode. Estant à Lymoges, fist assaillir la Citté en divers endroits, mais ceux de dedans se prindrent à tirer des pierres sur lay et ses gens, [teUement] que plusieurs y furent tués et blessés, mesme luy, assailhant une tour nommé Aleresias assize près le Naveix. Et fust frappé à la teste d'une pierre de laquelle blessure il n'en sortit que peut de sangt. Parquoy fust contraint de se retirer l' et laisser l'assaut. Les Citadins luy crioient qu'ilz ne voulioient à seigneur celluy qui pilloit et profanoist les temples de Dieu (2). Prinse d'Aixe.

~mf,<'tc.}

[PI!c<Jo!)M);)yc J~ la couronne. ]

Cependant mi bourgeois d'Aixe nommé Hymeric, faignattt porter amitié au\ soldats de la garnison, tes invitt:) a banquet.f en sa maison, à certain jour et heure que Hcnry-te Jeune
DE ;t'! GEOFFROY VK.EOfS. f}~p6?!~i'Cf. chap. X\L ~/&

[Fri.<3(!'Ai!f.;

168 se devoit trouver pour assaillir le chasteau. Qui, de ce tout adverti, surprint en désarroy ceux qui estoient dehors, !esquelz, par ce moyen, ne peurent entrer dans la forteresse eau sant la grande résistance. Et n'y avoit resté dans ledict chasteau que douze sergens, deux chevailhers et un prestre, parquoy furent contraintz de rendre la place (I). Durant ce que dessus, arriva plusieurs Brabansons et autres gens d'armes venantz de Bourgougne, que le duc euvoyoit, et aussi en venoit de la part du comte de Thoutouse au secours d'Henry-le-Jeune, mangeant le pays attandant qu'on les mist en besougne. D~cedz d'Enry-le-Jeune
jM~rtJ')!enn-ïfJeun! )

?.

Cependant Henry-le-Jeune s'achemina à Nostre-Dame-deRochamadour, où il avoit fait vceu d'aller à cause du coup de pierre qu'il avoit heut assaillant la Citté de Lymoges. Estant à Userche, le dimanche avant l'Ascention, les reUgieux vindrent au devant en procession lequel ne fust content, car il prétandoit avoir de l'argent (3). Parquoy, despartant pat* Donzenat,vint à Brive, et le sabmedy, à Martel, où il fist courir ses chevaux, ensemble le vicomte Raymond de Turenne. Puis, le lendemain, arriva à Rochamadour, portant forme de pèlerin. Mais, incontinant, traitta d'avoir de l'argent des abbés d'Aubazine, de Vigeoas et de Mon, puis retourna à Martel, où il se trouva mallade, en la seconde feste de Pentecoste, se confessa àl'évesque de Cahors, et receut le SainctSacrement aveq grande contriction, renonsant toutes compagnies et à la guerre qu'il avoit cemmancée, requérant pardon à son père par une espîu qu'il luyescrivit, qui commance « Delicta juventutis meae ad ignorantias meas ne meminerîs, domine, » suppliant très humblement son père de bien traiter sa mère Aliéner, qu'il tenoit prisonnière à Sallebry[SaIisbury]en Angleterre, aussy de pourvoir Marguerite, sa femme, d'estat compétant, et donner paix aux
DE (t) GEOFb'Koy ViGEOis, Appendice, chap. xv:. (2) J'<chap. x\x\-u; CoHBET,RM~Ot~ d'Uxcreh~ p. 88 et ~uiv. f3)Tl~fhnsC7.)-n!<f<ttt~rc!r</Cn<e!KO?Kf('S:~0?tHCMM.

–169– Limousins, restituant à l'église Sni-Martial ce que injurieusement il avoit prins et ravy, et aux autres églises, et mesmes ce qu'il avoit ravy des habitants de Lymoges, sans les dommaiges qu'il leur avoit porté. I! voulust qu'après son décedz son corps fust porté par la vi!le de Lymoges dans l'église S°'-MartiaL où, pour ptège (1), jusqu'à plénière satisfaction,on laissât devant le grand hautel de l'église S"Sauveur ses boyaux, ventre, yeux et cerveau, et de. là son corps fust porté ensepvelir à Nostre-Dame-de-Rouan. Obsèques d'Enry-le-Jeune, et composition /a!C~e aveq

~~srd-CeeMr-de-L~OM~ auquel partant la ville fust destruitte.

Lymoges se roM~

Henry-le-Vieux, roy d'Ângteterre, sachant la maladie de son filz, print résolution de l'aller voir; lequel n'eust assez de temps, car ledit filz décéda le samedy, après avoir receu la dernière onction. Le vicomte Aymard et plusieurs barrons du pays vindrent à ses obsèques pour traiter des funérailles. L'abbé d'Uzerche fist faire le luminaire, et procura de porter ie corps à l'église, et chanta messe de requiem, où à payne fust offert dix-huict deniers tant les nobles du Limousin estoient apauvris pour soutenir la guerre, tellement qu'il fallut vandre le cheva! dudict delfunct roy pour le fère porter à Lymoges (3). Henry-te-Vieux vint en grand puissance pour assiéger Lymoges. Estant sur la rivière de Briance en un lieu appelé Las Salessas vint à tuy frère Bernard de Peysat, religieux de Grandmond, auquel le roy demanda des nouvelles d Eury-teJeune, son filz. Lequel luy respondit à basse voix qu'il n'estoit l'ange Gabriel, car il ne portoit pas bonnes nouvelles. Allors ie ruy se doubtant de la mort de son filz commança à pteurer en recepvant les lettres que son filz tuy avoit escript, lesquel. les ouvertes, à peyne les peut lire. Quoy voyant, chacun s'enfuit de devant sa face, pour le grand dueit qu'il menoit; par(t) « ~f~c, gage, caution » (ROQUEFORT). ~M~pt'rc d'U~re/tg, p. 89. (2) COMMET,

{ OLsèques le Jeune.

d'II~'Dt'i

( flunri le vie.1 &K~o I.nuoi;fS) f'S3.}

as-

iTO'–
quoy le laissèrent dans ta maison d'un paysan dudit- tieu, où ih s'estoit retiré à cause de la grand chatteur qu'il fesoit; puis, le lendemain, le roy vinst asseoir son camp devant Lymoges, le 16 juin. Les consutz et bourgeois, advertis de la mort d'Enry-teJeune, se voyants desnués de secours et grand disette de vivres, ne pouvant recueilir les .bleds estants pretz à coupper, ilz traitèrent paix, laquelle ilz obtindrentà à meilleur condition qu'itz ne pansoient, et randirent la ville à RichardCœur-de-Lion, le jour de la Nativité S"' -Jean-Baptiste. Le duc Richard fist raser les murailles jusques aux fondementz et houllier (1) les fossés, puis laissa dans la ville un senéchal pour achever la ruyne. Ce qui fust empesché par Henryle-Vieux, s'estant bien informé que le vicomte Aymard tenoit de la justice de la ville à foy et homage l'abbé de S~-Martia), force il avoit faict recepvoir aux. consulz pour lequel par seigneur et vicomte de Lymousin, et en faveur du mariage de sa niepce Sarrat, qui depuis estoit morte Et, qui plus, le vicomte estoit le seul cause de faire ceste guerre, car il avoit emmené ses enfans à Lymoges et faicts recevoir par les consulz et habittans, dont ilz avoient tant soufferts de dommaiges, comme ilz firent voir par les lettres que Henry-leJeune luy escrivit, et que, sur ce, il eust pitié de la pauvre ville. Ce que voyant, il commanda de cesser la ruyae, pardonnant aux consulz et habittants, puis priva le vicomte de la vicomté de Lymoges. Allors les consulz firent derechef de la seigneurie de la hommage à Ricbard-Cœur-de-Lion ville, qui leur ottroyats faculté de pouvoir fère réédiSier lesdites murailles par ses lettres patentes. fust porté a Pour conclusion, le corps d'Henry-le-Jeune ou Tristant, evesque de Lymoges à t'égtise Sainct-Martiat Nevers, Bertrand, évesque de (3)etSebf'a[id, évesque
ne s fj) Du GANGE donne ouliare que dans [e'sens de c~Mse?' nous au contraire, qu'il faut prendre oullier dans le sens de croyons, DE remplir, combler, comme remploient nos vignerons. GEOFFROY VtCEO's, ~tppft~ice, chap. x\'m, dit textuellement que le roi « fit cornbter les foss6s. » En blanc. Il faut ainsi retabtir ces noms propres, d'âpre Geoffrov de igeois, chap. xx Jean, évêque de Kevers Bertrand, cv.Cfpte (t'A~cn Schrand, de Limoges; et Thibaut, abbé de Ctuny.

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m de Lymoges fr'eut le service. Et, auparavant que d'enterrer les boyaux, ventre, yeux etcerveau du deffunct, comme il avoit promist fère ordonné, Guilhaume, prieur de Grandmond, randre à [par] son père Henry le-Vieux les trésors que son filz avoit ravy aux églises, car l'évesque Sebrand l'avoit excommunié, et d'autant que le père n'estoit au service. Les entrailles furent enterrées; puis, ayant remply te corps d'odeurs et embausmé, puis reclos dans un cuir bien estroittement serré et envelloppé dans un linge blanc, et, par dessus le tahu (1) d'un sandal vert (2), le portèrent au Mans, et de là à Nostre-Dam,e-de-Rouan, et Ià[fust]ensepveli. Comment l'évesque, Sebrand deffit six mille hommes

qui pilhoient

e~roM.g'eoïeM~

le pays.

H84(3).
[Malte 1 des Bm. 1

Les gens d'armes qui avoient tenu le parti d'Enry-le-Jeune durant la guerre de Lymoges se joindrent et firent un gros aveq ceux qui estoient venus de Flandres, Brabant et Bourgougne, que le compte de Thoutouse avoit envoyé. Ilz firent des maux innumérables au pays. Entre lesquelz se joindrent plusieurs autres, faisans le nombre de trente mille, establissants pour cappitaines entre eux les nommés Despires et Malinvaux. Lesquelz pitloient tout ce qu'ilz pouvoient attrapper, et n'y avoit personne qui osoit aller en campagne et sortir des places fortes, qui ne fust destroussé et pillé et par ainsin, continuèrent tout l'hiver jusques aujourdePasques, l'an H84, qu'ilz furent battus, comme sera dit cy-apprès. Ledit évesque Sebrand ayant compassion de ses diocézains, les voyants destruire par ces pilhards, il convoqua les communes du Lymoasin, lesquelz, après avoir receu le S~-Sa-

(t) « Ta/me, ~hMt, bierre, cerceuH » (ROQUEFORT). (2) « Par dessus lequel était un manteau vert qu'on appeUe senc!a<)) (GEOFFROY DE~icEOfs, chap. xx, trad. par F. Box~ELYE). (3) Le Ga~MC/M'M~MM, t. H, col. S26, rapporte ce fait à tannée «86:«Anno H8C, Sebrandus, vicecomes, milites et poputus pugnaverunt contra sexmiliia Barbansonum, eccte&iam Dei vastantium. totamque patriam depoputantium; eosquc per totam Comhraihiatn pprsequentes fere omnes peremerunt. B

na–
crement et invoqué le divin secours, par grand vertu tes (iht assainir desquelz firent demeurer sur ta place six mille, Les autres furent suivis et chassés par Hahu [Ahun] et Chamet hors Combraittësjusques en Auverbon-Sainte-Vattérie, gue, où se rassemblèrent une grosse trouppe appelée tt's frères porteur'de paix (1), frérie nouvettemeut érigée à Nosen Auvergne. tre-Dame-du-Puy, Lesdits pithardz, affriandis dans le pays, ne le quittèrent mais altèrent dans le Berry vers le Bourgt-Dieu (2), pour le roy d'Angleterre contre le roy de France. ConMK<~ Citté de Lymoges par
au sujet [[.t~fnJc la d~~ dcslruelion <!otftC)t6~ar t\'tn'tHHc R'Jt~n.!

fust destruitte

c~6rMM~

la reyne

d'Angleterre.

L'an 1187, Richard, ducd'Aquittaine fist hommage au t'oy de France de la duché d'Aquitaine; et, )'aHnée'H89t décéda Henry-le-Vieux, auquel sucëdaaa royaume d'Angteterrë ledict Richard, son 6!z, qu!hastivementprint pocëssion de'Fouraine et Normandie, puis passa la mer et descendit en Angleterre et se (ist couronner roy, où après U demeura quelques temps disposant des affaires du royaume. Pendant lequel séjour, PétronUte Rotilde, sa femme, faisoit sa résidance dans la Citté de Lymoges, laquelle, pour quelques cas, fust diffamée des citadins. Parquoy, indignée, se voyant royne d'Angleterre, sortit de la Citté et fist venir un grand nombre de ces roniers et pillards qui courroyent le pays de Lymoustn, lesquelz assemblés aveq les cappitaines et gens de guerre que le roy avoi), laissé au pays eu cas de besomgt,'et croyants s'enrichir du pillage, altèrent assiéger ladite Citté. Et comme les habittans tes virent approcher, fust depputté des principaux pour aller au devant, laquelle ne les voulut voir n'y furent contraints à s'en retourner, et sy trououyr. Lesquelz blés qu'ilz n'eurent le cœur à pourvoir aux dcffpnces de la-

DE it) Pacifères. f. GEOFFROY VmEOfs, ~t~SK~ce, chap, xxn; RONAVENTURë,t.t!t,p.!)<5. (2) Bourg-DuoIs ou Courg-Dieu, abbaye c6!&bre ')(; l'ordre rie Suint-Benoît. (S)~)anoteJGhpagc!S6.

–~3–

ditte Ciné dans laquelle ladite dame et ses gens entrèrent ~ans empeschement, et tuèrent tous ceux qui se trouvèrent dans ladite Ciné, et pi)hèrent tout ce qu'Hz trouvèrent, puis mirent le feu par tout, sans espargner les églises de S"André et la Raig)e, aucuns disent aussy t'égtise cathédratte, ce qui n'a iicu, it est vray qu'il ne resta autre chose, et, par side malédiction, fist semer du sel partout. Laquelle malégne diction tumba sur elle, car, trois jours après, elle mourust misérablement de mort soubdaine, et fust ensepveiie soubz le ctocher de Sainct-AngustiH, antien cimetière, lequel corps fust trouvé comme s'ensuit. ~Vo~a que les révérands pères Bénédictins faisans bastir le corps de leur grand bastiment, faisant rentrée du costé de l'entrée de t'égtise, et pour faire leditz bastimpnts prindrent plusieurs tables qui couvraient les séputcres des antiens Lémoviques, et desquelles les Anglois estants au pays venant cimetière dans le pré, aydécéderseservoient.Etestoitie ccmme dit est cy-devant. Vonians fère une chambre pour le une table] sur laportier soubz ledit clocher, [trouvèrent table estoit gravé la figure d'une rayne, taqueHe ilz qoeUe avèrent, et, creusant pour chercher le cercueil qui estoit !<.)ntde pierre couvert d'un autre, taqueUe ayant ievé, virent tout uneroyne aveq ses habitz et couronne. Ht ayant veu cela se fondist et vint en poudre, ne restant que les ossements et les ornements d'or et d'argent, qui consistoient en une couronne d'argent doré, ses bagues des doigtz, sainture. chaisnes et autres choses, desquelles ilz en firent plus de neuf i'entz escus, ainsin qu'un antien reiigieux a rapporté à un de s' amis. Les susditz soidatz estants affriandis du pillage de la Cit'é de Lymoges, et voyants le temps propre pour se vanger de ce qui leur avoit esté fait par l'évesque Sebrand, prindrent et pitbèrent Saint-Jumen, le Pont de Nouaitiias, Chaslux, Nontrond, Autefort, Aubusson, Clouis et plusieurs autres places du Lymousin (i).

Los

BrnLnnçnns

Ircennentctpillent f]ncrsf'svit!<;3<!u lu I,imonsin.

(!) Ces faits sont postérieurs .Ht, p. 523.)

à i'anncc ')t92 ou <19.3. (BoNAVENTunE,

n4
Le trésor des églises print pour Richard.
EXa~t1onspour In run~nJf Richard.j

rançon du roy

En l'an H93 (i), fust faict des exactions sur le peuple, et fust prins des églises d'Aquittame croix, calices et reliquères pour payer la rançon du roy Richard qui estoit prisonnier par l'empereur; lequel [Richard] paya pour sa rançon deux centz mille marcz d'argent.

e~ E~~ce du clocher de 5~~-EsMëMMg, les murailles de la Citté, et Saint-Léonard circuit de r~ees murs, l'an 1197.
[E~tise dcSaint-L~o1

Le roy Richard d'Angleterre ayant payé sa rançon, comme dit est, estant en liberté, par dévotion fust à SaÏnt-Léonard, et là fist édiffier l'église, clore et édIESer certains portaux de la ville. Pendant le temps que les rois de France et d'Angleterre fesoient guerre aux infidelles, les habittans de la Citté qui restèrent bastirent leur Citté sans crainte, refirent les m.urailhes et réparèrent leurs églises. Auquel temps, l'évesque, doyen et chanoines de Sainct-Estienne firent édiSler le clocher de leur église et Féglise continuer. La susditte année décédai) le susdit é~esque Sebrand Chabot, ayant tenu l'évesché 21 ans, et fust ensepvely à Sainctet succéda à l'évesché Augustin-lez-Lyrnoges, JEANDE VEYRAT,enrangtdesévesques de Lymoges S4(3)~ il sera parlé cy-après. duquel

1Reconstruction de Cité do Liwot;.s.)]

Cloc6er Je SaintÉtiennu.

~Jfatid~Ysyrac~

t) !BoNAVENTURE(t.HI, 5ai),quirappoft~cG faità!'ann6ci't9~. = p. t. &UfDON;S, XH,apud. LABBE, I!, p. 270. i'S) BEHNARD cap., f3) Jean de Veyrac, élu en H98 mort en ~t8, pgUe S~abM d'a~ y G pr~s Nndaud. F. aussi BAMAKOutDoms,chap. XMt.

-nsLe susdit Lambert, abbë de Sainct-Marda!, se retira à la Sousteraiae, causant les guerres d'entre les roys Henry-leIl fust Vieux et son filz Henry-le-Jeune, rois d'Angleterre. 'homme vertueux. H avoit esté prieur de Ruffect-Ie-Cbasteau, où il avoit faict édiffier les cloistres, maison et officines du prioré, et augmenté de plusieurs meubles. Il fist fère la châsse deS~-AustricHnien dans l'haute! de qui se void présant Saincte-Croix, soubz les orgues de l'égiise de Sainct-Martial, où sont les reliques réservé le chef. Lequel, après avoir gouverné l'abbaye 24 ans un mois, il résigna la charge abbatialle ez mains de l'abbé de Ciugny et religieux, en ptain chapitre, qui, en sa place, firent eslection du futur abbé. Et, icelle faitte, décéda entre leurs mains, et ce dans le chappitre, où il fust ensepvely par Jean, évesque de Lymoges, Grégoire, évesque de Cahors. et Hugo, qui fust abbé après luy, et six autres abbés, l'an 1 199, durant les trefves du roy d'Angleterre. [)~mtK'ft,!iU)(i.) Saint-Mar~ha., mor!(~j i

[La chdssc

de saint

A'j9tricli!i~[!.]

Hugo, abbé de Sainct-Martia!, fust en rangt 29 (2). Lequel n'usa de prudance comme son devantier, mais causa beaucoupt de maux parquoy mourust misérable, comme sera dit dans la suitte de son temps. Du grand trésor trouvé ~tcAard en Lymousin, d'Angleterre. et mort du roy

[tf~eHt)cCMse,abL6<]<:S<untMart:a[.]

En l'an 1199, le sieur de Chaslux trouva dans son chasteau une grotte profonde soubz terre, où il y avoit un grand trésor, sçavoir des images, grands de la stature d'homme et femme, et de moindres, le tout d'or pur de grand valeur et estime. Lequel trésors, dit Nicole Gilles en ses ~NHa~ (3) que ce
;t) Chron. HEUX DE ROFIACI, ftpM~. LABBE, t. I1, p. 27~ RoyAfOMC~t. /.tM. du PfERREFITTE, (2) Hugue II de Brosse (t) 98-~ 4) fut !e 27~ abbé de Saint-Martiat, d'après l'abbé Roy-Pierrefitte, loco cilato. F. sur cette légende le M6m. (3) F'' 94 v°, de l'édition dp <533. de N. Grellet du Mazeau, inséré au t. (p. 130) du Bullet. de la Soc. arch. du Limousin.

[Trésor

de Cttâtus,

mortdBHichard Cœur-dc-Lion# l

116

fust ungentilhomme qui les trouva, et quec'estoient les figures d'un empereur, sa femme, leur filz et filles, de leurs grandeur, assis en une table, le tout d'or massif qu'il y avoit des lettres qui donnoient entendre celluy qui les avoient faits fère et règne dudit empereur. Toutesfois l'autbeur des ~M<tque ~MïM~s<!e~nïO<j'M[dit] ces figures estoient de Lucius CapreôMus,proconsul d'Aquittaine, qui avoit faict bastir ledit chasteau appelé de son nom Castel L!<c:tCapreolli, comme il est dit cy-devant [page 28} lequel Lucius de sojt vivant estoit fort riche, ayant de grands trésors. Autant en dit-on de ceites qui furent trouvées au palais de Jogencia (1), sur la rivière de Vienne, à demi lieue de Limoges, que Gontrand, roy d'Aquittain~ trouva l'an 585; lesquelles estoient les figures de Duratius, proconsul, père dudict Lucius, ou les figures des empereurs soubz lesquels ilz régnoient, comme dit est ci-devant [page ?6]. Comment le roy Richard d'AHgf~~erre voullust avoir le trésor et comment il mourust.
~f..r)J<!ttif.bm)Cm.jr-U(m.] 1

Le roy Richard ayant sceu qu'on avoit trouvé un trésor dans ses terres, voullust l'avoir, et, pour ce que ledict seigneur de Chaslux, qui l'avoit trouvé, ne le voulust donner, il l'assiégea dans son chasteau aveq aucuns de ses parants et amis. Et lequel trésor appartenoit de droit audit seigneur de Chalux légitimement, à causede ses prédécesseurs. Lequel se voyant assiégé, un de ses parents estant en santinelle sur la nuit apperceust le roi Richard venant en sa tante, le choisit sy bien que d'une sayette (2) luy donuastdans l'ceil, tellement qu'il en mourust tost apprès. Son corps fust porté enterrer en l'abbaye de Frontevaux et son cœur àNostre-Dame-de-Rouan. Et par ce moyen fust délivré ledit seigneur [de Chaslux]. Nicole Gille parle dudit trésor et mort dudit roy, toutesfo~s, il dit qu'il fust blessé au pied, mais le plus certain (3) est à l'œil, estant plus mortel, ou que la Hèche fust envenimée.
1 ~) Jocundiac. (F. la note de la page 37.) (2) Saiette, sagette, Sèche, !at. M~tMa. (3) Z<M$ certain n'est nullement certain ainsi

que le démontre

Î

L'an 1200, fust brullée par accidant Lymoges. CoMMMe~~ftMe de

partie de la ville de

((ncendie d'une partir, de la ville <le Limo~C).]

Lymoges /'MS< surprinse vicomte, et ce qu'il fist.

p~r

L'an 1202, la reyne Aliénor (2), duchesse d'Aquittaine et comtesse d'Anjou, décéda où le roy Jean, son filz, s'estoit saisy de ses terres, et, par faute de faire hommage au roy Philippe de France, entrèrent~en guerre. En laquelle saison, aucuns marchands de Lymoges, édiffiants au Vieux-Marché les maisons brullées et ruynées contre les murs, entre Pisse-Vache et Banléger, deschargeoint les terres et vuidages. Lesquelles terres et vuidages, chargeant par trop, pressèrent sy fort tes fondements qu'ilz firent tumber deux cens coudées de mur dans les fossés, les remplissants .jusques à fleur de terre, pourquoy l'on pouvoit entrer facillement dans la ville de ce costé, ce qui espouvanta les habittans. Lesquelz, pour fère rebastir lesdictz murs, fust dit qu'un chacun payeroit un sol pour livre des biens qn'itz tenoient en la présant ville. Et ayant remonstré à l'abbé Hugo, en le priant de contribuer comme tous, lequel n'en voullust rien faire, partant entrèrent en courroux, et tant se passa de choses que les consulz et bourgeois s'en prindrent. Où il advint aucuns inconvéniens, tellement que les consulz et bourgeois furent excommuniés par l'évesque, duquel ilz furent appelans, et, sur ce, entrèrent en procès, estant pour lors le pays tout plain de guerre pour le comte de Bretagne. Or le vicomte réallié aveq le compte (3) et abbé de SainctMartiat, prenans leur temps, pour [par] le secours du roy de
MM. GreHet, du Maxeau dans le mémoire que nous avons cité à la page<75. (i)BONAVEKTURE,t.f!t,p.o~5. (2) Etconore de Guienne mourut en 4203 à t'ahhaye df Fontcvrau)d. Sa mort est donc postérieure aux événements que va racontfr le compilateur de ces fameux ~'m.OM'M ~Mpc[! auxquels renvoie Ip P. Bonaventure (t. Hf. p. 529!. (3)LevicomK'<.uiH).~oxAv).TunE,t&t~.p.J30.;

~TmuLlcs

il. l'oc!-a-

SifmtJc~impôtd't licre sou. ponr ticstmHare~'Yfr tcsatur~!)es.'{

[Limoges surpris par !e\)Comtt:Gui.l

-~8 France qu'il avoient ;i), tenant le party d'Artus d'Albret et de Bretagne, surprindrem Lymoges, et prenant la ville d'abbprt, où le dit vicomte se fist recepvoir à hemmage par l'abbé Hugo de la justice de la Ville, non de la Monnoye, que ledit abbé donna à Guy de Burcia, son frère, lequel depuis la quitta aux consulz, comme appert par lettres sur ce passées. Sy tost entré, le vicomte par ses gens fist saisir les portes, tours et muralhes, fortiffications.de la ville et autres, prenant prisonniers les principaux et plus apparentz, les envoyants ez chasteaux d'Aixe, Chervix, Nontrond, Eysidueil et autres places, affin d'estre mieux obéi; puis restablit les vigiers en leur bailhant l'administration de la justice. Ce faict, il imposa un nouveau subside sur les habittants de chasq ue mes tier, payable chasque sabmedy par ceux qui tenoient tes bon tiques et mestiers en laditte ville, affin d'extirper tes gens de guerre de la morte paye (2) establys dans laditte ville. Et, pour subpéditer (3) la commune, furent faitz plussieurs exactions, prenant la marchandize des marchands sans payer, tellement que cette persécution appauvrit fort les habittans. Lesquelz le vicomte contraignit par prison à le reconnoistre pour seigneur et tuy devoir tous les ans, de-sens et rante sur leur biens, la somme qu'il luy ptaisoit imposer usurpant tous droits seigneuriaux. Et, pour exécuter sa tirannie, fist fère dans la tour de Mayrebuoast (4), servant pour lors de prisons, un instrument nommé la Dromg (5), servant de tor(!) On trouve dans te recueil des ~oyeMM ~M trésor ~M C/tarfM, un acte par lequetAymardV, publié par AI.Teu)et(in-t.I,p.20f), vicomte de Limoges et son fils Gui se reconnaissent hommes liges du roi de France. Cet acte est du mois d'avril H99. Il est vrai que, d'après des lettres de paix en date du mois de mai 1200, insérées au même recueil, p 3)7, Jean, roi d'Angleterre recevait à hommage le vicomte de Limoges. ('i!) <( Lessoldats de la mo)'~p<t;/c sont des troupes entretenues pour la garde ordinaire d'une place, qui n'en sortent point. » (TRÈvoux.) lat. Suppeditare, (3) Pour pourvoir au besoins de la commune, être nécessaire:). (~) A/t'rg~a;M/ H y a encore une rue de ce nom près ta place Saint-Pierre. Paris, J. Lecottre, i863, (3) L'abbc ArbeUot(P'Md~ .S'nt~MoMr~.

[!mp6tsat'h.<m~i.]

~'ttrcsemchut~iju ]~, \icl):nft'.]'

–i79– ture contre ceux qui ne le vouloient reconnoistre à seigneur et payer les imposts. Et, pour mettre fin à une telle tirannie, les consulz connaissantz cette persécution, l'origine venant de l'abbé de Sainct-Martiat, compromirent sur le différend (1) et s'addressèrent au dire et ordonnance de Guy, archidiacre de Lymoges lequel ordonna que l'abbé de Sainct-Martiat seroit à l'advenir exempt et quitte de toutes les réparations des murs de la ville en payant chacun an la somme de dix livres de rante à percevoir sur le mas SteVattérie. Allors l'évesque et l'abbé Hugo, tollues les fulminations, remonstrèrent la désolation de la pauvre ville au vicomte, le priant de mettre à délivrance les prisonniers détenus en captivité dans ses forteresses. A quoy ne voulust respondre ny entendre sans payer grosse ranson, dont aucuns particuliers s'accordèrent, et d'autres y moururent aymants trop leur liberté (2). Co~~aK~ reM.~Mt? de ~</Mop'M chassa les Brabansons deiSaMC~-LcoKard<'3).

Durant quelques temps séjournèrent dansla ville deSaiuct- {SM~Saint-UoMn),M)<S(M.j Léonard grand nombre de soldats dits Brabansons, routiers avoient servi le roy Jean d'Angleterre et de guerre, tesquetz par courses pilhoient le pays de Lymousin réduit à l'obbéissance du Roy de France; Lequel roy Jean, aveq les commuet en nes du pays et le vicomte, chassèrent dans S'Léonard tuèrent plusieurs; puis, quelque temps apprès, l'évesque et le vicomte entrèrent dans Saint-Léonard et en tuèrent plusieurs et chassèrent les autres. Au moyen de quoi l'évesque fist fère hommage au roy Philippes de laditte ville et autres places qu'il tenoit de luy en Lymousin, et il fust receu en pacte
WaMM. in-8", p. 56 et suiv.) appette cet instrument de supp)ice ~'ous renvoyons à cet ouvrage pour la description de cette torture et l'indication des sources où l'auteur a puisé. dans Bonaventure, t. f[f, p. 531, l'acte dressé à ce sujet (')) par Jean de Veyrac, evequc de Limoges. t. Ht, p. 330. (2) BO~-AVENTL'KE, arc.'t~ ~M Li'm.. t. [V,p. 308; BoN. '3)V.B:t~t.S'of. t vt"<TURH,. !![, p. 532.

–i80–
que le roy ne mettroy jamais hors sa main !'cv6sque, ce que fust enregistré. L'évesque poursuivit le reste des Brabansons jusques à Pompadour, desquelz en fust tué grand nombre, et prindrent la place par force. CoMM~M~ l'évesque et abbé et vicomte faites à Lymoges ~tr6K~ punis 0. (f<?.<

insolances

,At<'tmus

nomma

ct~te~eSNintMartial) mais nnn

~h).–rtf).-r".t<t.in~.J

Apprès que le roy Jean d'Angteterre eust accordé le pays à Hugues-te-Brua, comte de la Marche, et es!argy Sayarry de Mauléon, Geoffroy de Lusignan et autres bafrocs de Poictou, puis devant Mirebeau, il fust adverti des insolances que le vicomte Guy avait faites à Lymoges. Parquoy!e fist prandre pnsonHier à Branthôme, où à sa prin&e luy furent tués deux cens Ledit vicompte demeura iongtnobles, puis amener Chinon. temps en grand captivités L'abbé Hugo, qui estoit cause de tout !e mal, commedit est, entendant la prinse~et traittement dudict vicomte, fust tellement effrayé de peur qu'il tumba mallade, perdant toute mémoire, tant qu'il fnst répudié imbécille.de gouverner l'abbaye; et, par punition, !e roy d'Angleterre, par un iégat du pape nommé Robert de Corce (3), fist desposséder ledit abbé, et y fist pourvoir un retigieux d'Angleterre nommé Atesmius (3), confesseur dudict roy, qui eut grand procès à Rome contre Petrus de Gersa (4), qui avoit esté esleu des reli(t) LeP. nonavetiture de Saiat-AmaMe, prend NcccssMrement)e qui parti des moines de Saint-Martial, et consequemmcntde t'évequc et du vicomte, réfute (t. Ht, p. 83!) ce qu'H appelle « !ss mensonges du ° compilateur des chroniques de Limoges. a Robert de Corso. «En f2t3, t'abbé Hugues d$ Brosse était de('2) venu tout cbete; en sorte que !e Mgat du pape RoBert de Corso, qui tétait venu à Limoges prêcher la croisade contre les AMgeois (BAcrut LuzE,t. VI, p. 5~3, .MscgMaK~M), de son devoir de 'Je deposer pour incapacité; il usa pourtant de modération, et sut obtenir du malade qu'il lui ccdât l'administration de Fabbaye~ ce que de Brosse fit avant de se retirer à Saint-Benoît du Sault, ou it mourut te 3 mai 1218. » (ROy-PIEII.RKFITTE, tltonasi. du Lim. aaini-a2arlinl, p.~0.) ~M JMfMM~. RoY-PtEMEFfTTE, <a~ <~8. )) (ROY-P:EMEF!TTE, i.3~t'. sur Alelmus ou Atermus, ~M LtNt. ,S'a!K~M~,p.SO.) et ~ttUM CArMt.,t. H, eoL 5Gt. (.{:Pierre de Cirssa ou Grisa, pn'vost du Roussac, en Limousin.

–i8i– gieux, qui fust confirmé par' t'évesque après la mort dudit Hugo. Lequel Alesmius est au cathalogue (1) des abbés en rangt 31 et ledit de Gersa en rangt 32, d'autant qu'avant iceux Il s'en trouve un, nommé Petrus Anno, en rangt 30. Lequel il faut que, paadant l'infirmité du susdit Hugo il exersoit la charge, et que ledit de Gersa fust apelé Petrus Anno. L'évesque, creignant le roy d'Angleterre, se retira à Rome où estoit par appel le dévolut du procès de confirmation de Pierre de Gersa par luy faite. Fust par le pape infirmée, et i'évesque grandement blasmé de l'avoir confirmé et [fust] depPar fère recepvoirteditAlesmius. putcjugesapostoliquespour devant lesquelz ceux de Clugni firent empescher la réception par un docteur nommé Légales. Où, après plusieurs allées et venues, certain temps apprès, voyant Alesmius que les a8'è res du roy Jean se portaient mal en Aquittaine, se contenta de la prëvosté de la Sousteraine et quitta le droit de sa nomination et provision et sy fust après nommé Petrus de Nailhac, prévost de S~-Vautry, en rangt des abbés de S"Martial n'estant insin dans tecatha(2); logue. Et quoy qu'il en soit, il régna 4 ans 3 mois. Le roy Jean privast le vicomte de la justice de la ville et déposa les vigiers, excepté Hélies de Rases, seigneur de Mortemar, lequel se sauva. Et ne peut esvitter lois de Dieu, car ta 2~calande de mars, l'an i'210, luy estant couché dans la tour de Rasès, à t'haube du jour, tumbat ladite tour du costé qu'on estimoit le plus fort, et y fust tué aveq deux de ses enfans et une fille. Les autres vigiers, le roy fist finir leurs jours misérablement. L'évesque Jean, se voyant chassé de toutes pars, s'en alla à
(t) Auquel catalogue? Ni le Gallia, ni le tableau inséré au Calend. cce~ (an. 1773), ni l'abbé Roy-Pierretitte ne comptent Alermus au rang des abbés, pas plus, du reste, que Pierre de Girssa et Pierre Anno. Voyez au sujet de ce dernier abbé ce que nous avons dit ci-dessus à la note de la page 8. Le chiure est en blanc. Pierre de Nailhac ou d'Analac est le abbé d'après t'ahhe Hoy-i'ierretitte, {~m-H20) auquel nous renvoyons le tecteur.

[PierroJeNtuthaf, abbédeSaintMmtht.] ]

[Le

roi Jean ddFosc

iesv~uit'rs.Mot-t d'Élie de 4nxt.s.)

( \tort Joan.1

do

l'vAque

[82–
Acre ou Acron, où il mourust l'an 1217 (1), exitté deson evesché, duquel ne jouist que cinq années. Veilla la fin deceux qui causèrent tant de maux à la ville de Lymoges et pauvres ha bittans et pour sy peut de chose.
~C'j~Srnmtt'mtfes pfhih;6C~ du U. mou". ] Prisadc la SuutCf' raine.

T

Lesquelz habittans, estants remis en leur liberté, firent par leur roy confirmer aux consulz les priviiléges de la ville et exercice de la justice ottroyée sellon les antiennes coustumes (2). Le compte de ta Marche, ayant recouvert sa comté, assiégeast la ville de la Sousteraine apartenant à l'abbé de S~-Mar tia!, laquelle il print par force, et fist abbattre les maraitles que l'abbé Isambert avoit faites fère, affin qu'ils ne se mutinassent plus contre luy. Institution de la frérie de JVos~e-Daime da.MS l'église de SaMc~aM'oe~ ditte à présant Sa~mc~ar~ aveq la coppie du titre ou statut d'icelle en mesme à Lymoges. language ~M'OMparloit

~'jtnt-name <to Sattit-Sauvcur.J

En l'année 1213, les bourgeois de Lymoges 6rent une frérie dédiée à ta vierge et fut appelée deNotre-Dame-de S~-Sauveur, laquelle se fesoit dernier le grand autel de l'église de S"' -Sauveur à présent ditte de S"' -MartiaL Où ilz firent fère l'image de la vierge qui se void à la nef de ladite église. Et, le jour de la célébration dicelle feste, on fesoit descendre ledit image par un cable. Mais, creignant le danger, fust aretté comme il est de présant. Lequel statut en original fust trouvé l'an 1646, dontsensuit la coppie; le language duquel est fort différand de celluy qu'on parle à présant, estant plutost cathelane langue que lymousine (3). (<) En 1218, d'après le Gallia C&rMt.,. !t, col. Sâ7, On trouTera au t t. IV du BMH~. Soc. arcA. dû Lim., p. !43, le texte d'une lettre de reproches et de menaces à ce sujet, adressée par !e pape Innocent Ht à Jean, roi d'Angleterre. Cette lettre avait déjà été publiée par Baluze. (2) « Le compilateur des chroniques dit que Louis vint à Limoges, et Hernard Ithiers, lors vivant et écrivant, le conErme. Le premier assure qu'il fut bien reçu à Limoges et qu'il confirma teurs anciennes coutumes. » (BoNAVEMURE, p. &39.) t. i!L ALLOU, f3) DeSC)'~)<. MMM?!MW., 160. ~ p.

–i83– En houor de Dieu (1) e de mi domps S'* -Maria an establit u na cofrairia ly prodome de Lemogey, e prezen [pregen] los coErars que a lors vida la tenhan secon lor poder. E chacun cofrais deu a jurar e convenir a la honor de la mair de Dieu. E an establit que una lampa arja de noch e jorn devant la grand maesta de nostra dompna sobre saint Salvador et a totas las festas annas v j aus dibsades. E los premier setges daquesta cofrairia es lo premier dément davens; e los segons es lo dicment apres lo SI-Marsal. E es establit que degus no i mene efan. E adonc deu chascul deu cofrars balhar iiij denier per oli. E au setge aprop la sen Marsal, deu hom mudar los paguedors. E can lo cofrair sera malaptes, deu mandar au paguedors, e li paguedors deven li presentar lo befach de la cofrairia, e, si ha mestier, deven Ihi secore en sa malaptia dosca a v sol. E, si Dieu fai son commandamen de lui, deven Ihi far dire douâ messas,
frérie la cont Staluls. ~c Notrn-ÎXttm: 1

est tronquée. Le (1) On s'apercevra facilement que t'orthographe sommairement parteP.Bonaventure taitestrapporte qui ne donne pas la teneur de cet acte; mais, en marge d un des exemplaires de l'Histoire du /,tmoMS:K que possède la bibliothèque, et qui est annoté « j'ai copie de on voit la note manu-.crhe par t'abbë Legros, ~M<!pièce. ') EUese trouve en e't'et au Séminaire parmi tes manuscrits du savant abbé. i/abbe Hoy.Pierretitte, qui l'a reproduite (Notes historiques sur le culte de <s5{8-e7'<j;e dans le diacèse de Limoges. –Limuges, t858, in-8", p.34), dit que cette copie avait été faite an naturel, en 15i5 sur l'original que l'on consercait dans l'abbaye de Saint-Martial. Il dit aussi que la traduction qu'il en donne pournnt bien n'être pas comptetement exacte. Nous avons en (;uet constate plusieurs erreurs, et nous croyons pouvoir hasarder la traduction suivante En l'honneur dt'. Dieu et de Madame Sainte-Marie, ont ctT.b!i une confrairie les prud'hommes de Limog.'s, et prient les confrères d'en observer, pendant leur vie, les statuts selon leur pouvoir, ce que ctiaque confrère doit jurer et consentir en l'honneur de la mère de Dieu. Et ont établi qu'une iampe brulerait de nuit et dit jour devant la grande majesté de Notre-Dame sur [t'autet de] saint Sauveur, et a toutes les fêtes annuelles cinq ainsi que tes samedis. Et la première réunion de cette confrairie est le premier dimanche d'Avent, et la seconde est le dimanche après la Saint-Martial. Et est établi que personne ne puisse y mener d'enfant. Et adonc doit chacun des contre-

184 una etla sobostura e autra au septime; e a chacuna.deveu profère vj denier. E si de vespras en avant SK'r deu estre guachatz, e tuch li cofrair deven estre a la guacha a non dever far jornal dosca sia sebelhitz. E deven ardre ij chandelas cofrairia chacuna duna liura, tant cum estera sobre terra. E seu qui ne sera a la guacha deu pajar un cler de iij que ni deu aver.de la cofrairia. E a lasobosturadeven tuch estre a la soluptio, chacul ab una chandela dun quartairo de cera. E deu chacul melha per almosna; e por~lo befach daquesta cofrairia mossenhor labes e lo chapitres Monsenhor Sen Marsal acolen parsonniers los coffrars daquesta cofrairia en totz los bes qui son fach en mostier .Mosenhor sen Marsal, e en tos los membres e los uautre en âitalpartida cum il volen a lors ops. E au coffrar mordeu hom balhar la crotz de largen e lo pali. E deu anar lochopelos e lou clerez. E deu naver Io chapelos ij denier et lo clerez i denier; e lo messagetz que iro a la crotz deu profère un septime; e
r''s donner quatre deniers pour l'huile. Et à ta. t-éMion qui suit ta Saint-Martial, on doit changer les payeurs. Et quand le confrère sera malade il doit en prévenir les payeurs, et les payeurs doivent lui offrir les secours de la confrérie, et, s'il en a besoin, le secourir dans sa maladie jusqu'à concurrence de cinq sols, et, si Dieu le rappelle à lui, ils doivent lui faire dire deux messes, l'une le jour de la sépulture et l'autre te septième jour [après] et a chacune ils doivent offrir six deniers. Et le soir avant qu'il meure, il doit être veillé et tous les confrères doivent assister à la veillée, et ne doivent vaquer à leur travail journalier jusque ce qu'il soit enseveli; et doivent brûler deux cierges de la confrairie chacun d'une livre, tout le temps qu'il .sera sur terre. Et celui qui n'assisterait pasàta veitlée doitpayer un de~trois clercs assistants de la confrairie. Et, auservice funèbre, tous doivent assistera l'absoute, avec un chandelle en cire d'un quarteron. Et chacun doit une maille (A) pour aumône. Et, pour aider cène confrérie, Monseigneur l'abbé et le chapitre de Monseigneur Saint-Martial admettent les confrères de cette confrérie au partage de tous les dons qui sont faits au monastère de Monseigneur Saint-Martial et à chacun do ses membres, et les nôtres doivent partager avec eux. ce qu'ils reçoivent, en telle proportion qu'ils veulent, selon leurs besoins. Et au confrère mort ou doit donner la croix d'argent et le drap mortuaire. A) La moitié d'un denier. L'abbé Roy, traduit ne connaissons pasc.et.te monnaie. un m.éalb. Nous

185 los coffrars mâr deu aisso pajar si pot. E li cofrar daquesta cofrairia an lo perdo deu mostier aichament cum las autras cofrairias. E si cofrar a tenssa ab lautre, non o deu monstrar a senhoria dosca que o am mostrar au paguedors. E li padeven lor guedors, auvit lo clam e apresa las vertas donar patz. E seu qui no volria tener laccort deu estre gitatz de lo cofrairia. E si lo cofrars moria fors desta villa, deu lhom far son ordre cum si era prezens, e deu far leicha a la cofrairia segon son poder. E lo courial deu dir au secresta cant lo coffrars ei mortz, e lo secresta deu o dir en chapitre e li senhors deven li far labsolucio. ActMM.anHO Domini mccxij. Et escript plus bas E a chacun menjar deu dir lo chapelos de la cofrairia una messa per los mors e far la sapsolutio cuminal. E deu hom, a
Et doivent assister à la sépulture le chapelain et le clerc. Et doivent avoir, le chapelain deux deniers et le clerc un denier. Et le messager qui portera la croix prendra un septième. Et le confrère mort doit aussi payer, s'il peut. Et les confrères de cette confrérie ont part aux indulgences du monastère, tout aussi bien que les autres confréries. Et si un des confrères est en contestation avec un autre, il ne doit et pas s'adresser au justicier avant d'en avoir informé les trésoriers, les trésoriers, après avoir entendu la plainte et appris la vérité, doivent les réconcilier. Et celui qui ne voudrait pas reconnaître l'accord doit être renvové de la confrérie. Et si le confrère mourait hors de cette ville, on lui doit les mêmes prières que s'il était présent, et il doit laisser quelque chose à la confrérie suivant sou pouvoir. Et le courrier doit avertir le sacristain quand le confrère est mort, et le sacristain doit le dire au chapitre, et les seigneurs moines doivent lui faire l'absoute. Fait l'an du seigueur mil deux cent douze. Et à chaque (A), doit dire le chapelain de la confrairie une messe pour les morts et faire l'absoute commune. Et l'on doit, à la procession des miracles, porter deux torches ardentes. Fait comme dessus. Cette a~M~t'on a été faite ~MC[nc!.<ct date était mise, mais avant qu'on C~ptMSt SCMM. (A) L'ahhé Roy traduit par mis le mot qu'il a lu menjar, et qui en effet a bien cette forme dans le manuscrit que nous avons sous les yeux, nous sommes plus prudents que lui. t'eut être faut-il traduire ~<f!r par manppr. repas (le corps.

-~86–
iaprocessiudeumiragles, portai-ij tortiixardeas. .xttpra. S~'<p~'o /<~c/ac!a Mtpo~daMMtH, /sc<aaH~ ~'0?MM!M~~(i). ~c<Mnn~ app~'t-

Ledict titre estoit scelté, comme il appert par iceUuy. A laquelle année qu'il fust trouvé, il cstoH. couvert d'un autre parchemin et au dessus TzMre de la /rcne, signé (~UEYROYS 1545. La couverture maa~ëe des rats. Et, quand un confère estoit décédé, on le portoit à ladite égt!se, et estoit veillé suivaut ledit statut jusques à sa sépulture, comme j'ay vu dans un manuscript (2).

(t) Apr~s avoir reproduit l'acte roman (N~M.)o<M' r&~Mtt'f!des j «~0!/es du ~Mc~e Lt'KO~ p. 92), Legros ajoute '( ~Vottt.'ai copie cet acte sur les m~moirÈSde M~Nadaud. Bfpuis, j M. de l'Epine, subd6)f''gu6det'intendantà.I~!moges,m'fna communique une autre copie où il y a quelques variantes~ptiu oss.onticties; q mais à la fin de !aqucHe on trouvées qui suit « Titre de la fondation ou de confrairie de Notre» .Damede Saint-Sauveur, duquel l'office se fait derrière le grand au» tel de Saint-Martial, de ce temps dit Satnt-SanyetLr. Et est. l'ia mage dans les voutes, desquelles les baûes ont [g§clefs et mûtn~. » y a des reliques saintes, desquelles j'en 'laisse le nom. Toutefois, » en passant je dirai qu'ii y a deux vraies épines de ta couronne de a Nôtre-Seigneur et autres reliques saintes. » Chose remarquable qu'ayant demeuré le titre d'icelle, la couverture d'icelui avant demeuré dans un coffre qui fut remué lors') que les piliers furent posés an devant le grand autel qui fut érige » en l'an ~646 se trouva un parchemin an:dessus duquel y avait signé Queyrois 184S, tous mangé de rats, et. dans lequel s'est trouvé te titre au vrai, duquel j'en ai inséré la copie au naturel, l'original ayant trouvé moy même, lequel est grandement bien » ccrit suivant le temps; et, pour le langage, H.est fort dtt'ferent de » celui qui se parle, étant mieux catelan que limousin; duquel » langage on ne peut douter d'autant que les Catelans parlent & présent même langage, et pour encore, le miRUX_d6hoterje'e&t que dans Sarragosse parlent même langage, et même que leur f' viM comte était Limousin. » ~) Uans un autre manuscrit. Notre auteut'n'avait sans doute pas pu traduire le titre qu'il avait sous les yeux.

)8~

Origine

des trois tours

des D~c~
l 'i'ours tour des Dt'gds;

Pour réédiffier les murailles de la ville tombées par la forme ci-devant ditte, tes consuls firent queste entre les habitants de dix deniers pour livre et expeHèrent et chassèrent de la ville les Ballagiers (2), qui n'avaient faiet bon, qui, par leur négligence, [étaient cause que] le vicomte estoit entré et avoit surprint ladite ville, aussi pour avoir surchargé les mucause de quoy s'esmeut rait!esdeIeursd~e~(3)etterres.A car Audebert, comte de la Marche, soustint lesgrand guerre, dits Banlagiers. Mais enfin fist la paix, où fust accordé que les dits Banlagiers feroient bastir trois tours ez murailles de la ville, ce qu'ils firent. Lesquelles, depuis, sont estées appelées Les Tours des D<'< et au vulgaire Limousin Las Tours deu dit Gel. Et allors, furent reçus enta ville comme habitants (4). En ce temps, décédèrent à Limoges quatre chevatiiers, sçavoir Jordan du Brueil, Bar Bernard, Captard Vigier et Guitlaume Pienavaire. Audit temps fust trouvé dans le grand autel de l'abbaye La Raigle plusieurs sainctes reliques. de

(Décès

fJcqo:)!)e rc

cluwalicrs. f

( IW entinn

de reli-

uiues à La P~éele.1

(t) Une de ces trois tours était entre la porte Banc-Léger et la porte Manigne, les deux autres entre la porte Manigne et la porte Boucherie. Le P. Bonaventure (p. S~) dit que « ces trois tours sont au-dessous de la tour de Pissevache (ou tue vache, espag. pisar, frapper). La rue Pissevache existe encore dans le quartier de la Boucherie. » (3) « t) y avait la tour des Bancxalgiers ou Banciagier, famille qui (tonna son nom au quartier qu'elle habitait. ') (LEYMARiE. ~M<. du Lim. t, L, p. 3M.) N'était-ce pas, peut-être, une aglomération de marchands étalagistes? (3~ Décombres, immondices, balayures, etc. D'où le nom de ces tours. (~ r. TR)PON,Ristort~tM morzum. Explication des planches, p. 31. !!o~A\'ENTURE Ill, p. 540) réfute ce que dit le compilateur reiative(t. Marche, mort eu ttHO, c'est-H-dire nipntàAudebcrt.comtedeta ans auparavant. cinquante-quatre

i~–

Comment. LoMM~<!zde Philipes, ro~ de France rgpeMà Lymoges, l'an '!2!3.
l'assane a LimoRt.'s

/'M.s~

uluLouis, fils

tIc

£'hilippc.lugllstc

taine, soubsmettant le pays à l'obéissance d'e son père. Il fust receu à Lymoges, confirma les antiennes coustumes de Lymoges, sans préjudice des droits du vicomte. Ausquels se unirent~!) par le moyen des vigiers qui pour lors estoient, des plus nobles et apparents, et alliez des principaux de la ville. Soubz l'autorité desquels le commun peuple s'accordèrent de vivre, avec certains pactes et conventions. Ledict Louis randit ses devoirs à Saint-Martiat (2), comme ont de coustume les rois et princes venans à Lymoges.

Louis, filzde Philipes,roy de France, descendit en Aquit-

'Hetie.fef.im.'L– TransIaliutt ~amt.t~t.j de

En ce temps vivoit HéHas (3), chantre de Sainct-Estienne, lequel s'estoit nourry aveqS'Guithaume. archevesque de Bourges lequel, après sa canonisation, il fist mettre dans le bréviaire de Lymoges. tceHuy Hélias composa plusieurs belles oraisons à l'honneur dudit S~-Guithaume, il fist cétébrer la feste de S"Vincent en ladite église, et fist aussy plusieurs belles oraisons à l'honneur etdévotion dudit sainct, l'an ')218. Plus, il assembla plusieurs gens de bien pour aller quérir le corps de S"' Just, qui estoit en la puissance de certains volleurs, sans aucun honneur et faire aucun service divin. Et enlevoient les fruitz de l'église S"Just, distant deux lieues de Lymoges, où despuis il repose dans une châsse. Ledit Hélias a rapporté (4) l'ordre de la bénédiction des
(t) L'explication de cette phrase obscure est donnée par le P. Bonaventure(t.IH.p.539): « Le compilateur des chroniques dit que Louys vint à Limoges, et Bernard Itier, lors vivant et écrivant, le confirme. Le premier assure qu'il fut bien reçu à Limoges, et qu'il confirma leurs anciennes coutu~ mes, sans vouloir préjudicier aux droits du vicomte, et f/K't'b s'unirgMteMMm~g.etc.') » Traité de la dévot. à saint Man-tM~, f8K8, p. -i. (3) BAKDEL, t. .3) Hélie de Gimel. (BoNAVENT. IH, p. 5M.) « a composé les cérémonies Lisez, d'après le P. )!onaventure ~'t prières dont on usait au couronnement des ducs d'Aquitaine. » r. sur ce sujet B!<<M~e~S'<)Cif<c~)~)'!Ct~<M)'e~eL!m~M, .iuuce )8:iS, p. !U1 et suiv.

t89 ducz d'Aquitaine, qui se fesoit à l'église de Lymoges, dontia coppie est cy apprès. V LE LE VICOMTE EUTRÉDUIRE HMOUSIN LUY(!). A L'an 't217, le vicomte, ayant les habitans de la ville à son commandement, pensant, soubz ombre de la vicomté, soubsmettre tout le Lymousin, par amour ou par force, à,luy estre subject, il pria les habittans et Vigiers à prandre les armes, ce qu'Hztuy accordèrent; et, marchants en campagne, prindrem La Pourcherie par force, aveq les chasteaux de Rousiers (2), Chasiucetet Aixe sur les Angtois. Pierre Audier, sénéchal de la Marche, anglois en ce temps vint demeurer à Lymoges. H édiffia de belles maisons dans la ville de Lymoges. Ayant acheté le lieu de Laborie, près la ville, à un mil d'icelle, fist clore la forteresse dudict lieu de belles murailles. H fist caves soubz terre pour aller de sa maison de Lymoges audit Laborie, indirectement. It trouva le moyen d'amener l'eau de la fontaine d'Aigoutenne, où, après, furent faits les estangtz pour garder l'eau pour estaindre le feu qui affligeoît pour lors souvant ladite ville. ït décéda l'année 1255. Et furent faitz les estangtz [en] 1244, comme dit est ci-après (3). A Pierre de Gersa (4), abbé de Saint-Martiat, sucéda Guilhaume de Janaithac ou Genoillac, prieur de Montmoritt ) Pour comprendre le paragraphe qui va suivre, il faut lire tout au tong ce qui concerne la vicomté de Limoges dans le /nMM.M lIisloride </MC, Leymarie, p. 348 et suiv.M. Leymarie a reproduit, dit-il, les Chroniques manuscrites de Limoges, communiquées parM.BourgoinMétice, de Saint-Junien. On remarquera (p. 3S5) que le paragraphe de ces chroniques relatif à la prise de la Porcherie, etc., est presque identique, quant aux termes, à celui de notre annaliste. Evidemment il a existé ou il existe encore un manuscrit type sur lequel ont été faites différentes copies. Nous avons remarqué les mêmes coincidences dans l'ouvrage du P. Bonaventure. H eût été curieux de comparer notre manuscrit tout entier avec celui de M. Bourgoin-Métice: malheureusement lt. Bourgoin-Métice a prêté son manuscrit, qui ne lui a pas été rendu. Royères, dans te manusc. appart. à M. Bourgoin-Métice. 3) F.' Au.ou, /)<sr)'<. des mo~M?t., p. 5~ et suiv. (.i) A t'icrre df .iH:n' <'t non de C.ersac) succéda, d'après te
[Prise de par Je fiLimoge.. Ch3lns-

de La Purclmrie, HouzicrsJ sptftAixc.j

t.ftLut'it'.

i.t'sesfanpz.

t Gnillaame gnac

de Jouiabbé J..

Suint-Mitrtiat-!

–190bon, en rang des abbés 33. H gouverna rabbayec!nqt ans cinqt mois (1). Il mourust !a veilhe S~-George, Fan 1236.

d .pK..) eSavbnr, BERNARD Fi,AYENA(3),en rangtdes évesques 8S. Ureeeut DE ~'V¡\tpW'l les Pères Jacobins à Limoges. On dit de luy
vant Avignon, fesant la guerre contre fusttué.LorsdesoneUection,nestQit Bonneval.

L'an 1217, mourust FévesqueJean, exii~é;

et à iay sucéda

qu'il ~mourut~jdeles héréUques, où il curé de S~-HMre-

ltort de Gaucelm t'tt.tit.]

L'an 1330, mourust, au service deS~DussauJt, en Provence, surnommé d'Argent (3), Anselme-Faydy (4), antien poëte natif d'un village du Limousiu~ nommé Ucercomique. tii(8). Et en Fan 1~23, mourust Bernard de Vantadour, et poëte provençal(6). Limousinr

1 ~lul'l du (icrnard -kYt'nUdMr.)*'

La CMsse~g S~-Mar~M~epor~o~A~procM.~o~ des R~~eaMa;[CttàssctIosaintAustr~sliniun pllrtl¡~ :1 In yracession atu·: :un"a" n

ordre à Saînct-MartiaL en délaisL'anl224, fustfa!ctun sant l'antienne coustume de porter, le jour des Rameaux, la chapse d'or de Sainct-MarciaL en procession, s'it ne survenoit

~aMt'acyM'tstto.ma. l'abbé Legros (Ca~M~. gcet& ann. 47T3). Guilet faume de Jouignac ou de Jaunac, qui fut 39~ abbé. Le Ga,H:'a CArMt~ og~Ms rappelle aussi de Janailliac, ainsi que notre auteur. (1) Cinq ans et six mois, d'après le Gallia. (2) A Jean de Veyrac, succéda Bernard .d.eSav&ne, et non de Fia~ vena, qui fut le S~ évêque, et non le SS", (raprès le Tableau, de, et NA~AUD, qui installa à Limoges les Dominicains, et non les Jacobins, d'après le Gallia et le P. Bonaventure(t. Ut~p. 848). < Provence (Lyon, t61~ in-fol.} p. <70~ (3)NosTRAOAMus~Mt.c!s Lisez au service daS''d'Agonlt. seigneur de Sault, V. aussi pour de les détails, rifM~O!')'eMMr<MMla France, t. XVII, p. 86. et suiv. Galerie des Hist. lit. des ï'<'ou&<t~OM?'<7M,t~IU. MtLLOT, ffonM)Ms illustres de la Co)')'< publiée par M. Ai.BF.BT. (4; Anselme ou Gaucelm Faydit. (5; Génitiflatin mal orthographié, qu'il faut traduire par Uxerche. (f~V. liist. ~)'t.XY. p..t67 et les autres onyragRS cites à la tiota

–-i9i
urgente nécessité; et, au lieu de laquelle, portèrent la châsse de sainct Austrictinien, laquelle est dans l'atitel de SaincteCroix, soubz les orgues (1). L'an 1223, mourust Guy 3e, vicomte de Lymoges; et luy succéda, Guy 4", qui espousa en premières nopces !a fille de Tibaut, compte de Blois (2). L'an 1326, décéda GuinaumedeJana!hact, abbé de S" Martiat, et à luy succëda Raymond Gausselin, en rangt des abbés de Saint-Martia) 34(3), homme digne de mémoire. 11 délivra l'abbàye de grands debtes dont elle estoit par trop chargée, et tellement qu'apprès son éslection, il la voullust résigner en plain chapitre. Mais, réformés tes teiigieux, recommancèrent les miracles de biens afftuoient de toutes S~Martia[àmu!tip![er,oùtantde au monastère que, en bref, satisfit les créditeurs. parts
IL FIST FÈRE LES CLOISTRES ET AUTRES CHOSES.

Raymond

Gausse-

))n,ab!~t]cS:ut))~rtiat']

Il fist fère le ctoistre où sont les appostres et autres figures [Ch)nn's<)<!Saintj d'excellent ouvrage, et des plus belles figures de France, le Martin) tout peint d'excettante beauté; avec les c!oistres et vitres, desquelles ne reste rien que les apostres et autres figures, en nombre de 23, de la hauteur d'un homme, qui coustèrent vingt mille solz. Et, outre ce, édiffia la maison abbatialle tout à neuf, qui cousta trente mil livres.
U (1) V. Chron. de GEOFFROY E VIGEOIS, hap. XDI le P. BoNAYENc TURE,t.I!t,p.S18. t. (3.! Le P. BoNAVE~TURE, fi!, p. 554, rapporte le même fait, tire, dit-il, des mémoires du pays, et. qu'il placeà l'année i~36. Cependant la liste donnée dans le Ca~Md?'~?- ecclésiastique pour t77S, ne s'accorde nullement avec notre auteur. C'est Gui VU qui succéda à Gui VI, en 1230. D'après le même Bonaventure (t. III, p. 339). ce fut bien Gui JV qui succéda à Gui !!I (mais ici en 1930). Guy IV épousa Marguerite de Bourgogne, fille d'Hugues IV, et non de T)nbaut. f. encore la Chronique de GEOFFROY E VjGEOis, hap. xu. D c Raymond GauceHn ne fut que le 30" ahbe, d'après la '?aA/g inscrceau C~/e/:< fcc/M.. ann. ~773, et le Ca~. Christ. V. aussi Etudes /tMt..SMr les ??tOKS.<. M Limousin, et le P. ~ KOY-PlERRF.FtTTE, t. Bo~AVEXTCRE. III, p. j50.

192Ué1i\'rJnrc dc la Sualarraine.

U délivra la ville de la Sousteraine des mains du comte de la Marche, qui par viollance l'avott usurpée aveq ta jusUce, exigeant tailhe sur les habittans pour luy et une pour sa femme, eontesse d'AngouIesme, jadis royne d'Angleterre, pour maintenir son estât. Parquoy ledit abbé obtint arrest; et permutta avec le monastère de Chambon-Sainoie-VaUérîe, où il fist porter te corps de sainte VaHér!e (i). Puis il mist en pro" cès ceux de Clugny par [pour] robbëd!anceuzurpëe sur le monastère de Sa!nct-51arHal, les poursuivant durant sa vie. M receut l'homage de Guy, vicomte de Lymoges. Il acquit à s~n adveu La Hotte-Chambon Suinte-Vallérie. H décéda l'an i24S. De Sainet Gaucher, pneMr d~Mre:

Gauct'fr.~ Audict an 1336, SorissoU Sainct-Gaucher _a Aureilz, natif ~Samt de Normandie, lequel fist édifBer FëgUse dud!ct tteu S'Âurei), à 3 lieues de Limoges, estant prieur en ïce!te, resplandissant par miracles. Le corps duquel est en ladite église en propre chasse. L'église célèbre sa feste le 9o avril. Il décéda l'an 1230. Les Pères Jésuites de Lymoges possèdent la prioré (2).
~Loms VU. reçoit luu serment do fiMlité des Limou1

Le roy Louis envoya son légat à Limoges pour prendre serment, lequel fust bailbé libéralement. Et luy fust envoyé deux cens arbalestiers qu'il demandoit (3).

'M-

VeMue des

Pères

Jacobins

à

père 6?cS'aMc~-LoM~

Lymoges, ~224

~OM~z Louis ('). [r.t'S Ja('ohin~.]

Au temps dudict Bernard de Flavena [V. ci-dessus page i90], fvesque de Lymoges, vindrent audict Lymoges pour s'y placer les perres de l'ordre de Sainct Dominique dictz Jacobins, ou frères prescheurs. Lesquelz ledict évesque receut béninnement et nourrit. Lesqueiz firent pour un temps l'office divin à i'égtise Sainctë-FéUcité, près te pont Sainct-Martia), où ilz demeurèrent jusques à ce qu'ilz furent placés par ledict évesque où i!z sont de présant, au bout des faubourgtz de Man!et couvent. Et tiennent que gne, où ilz ont trèsbe!ieëg[:se c'est le second de leur ordre en France institué. Duquel est sorti de grandz personnages. Sainct-Anthoinede vint gadoue, de l'ordre deS'François, à Lymoges en t'année ~36 pour y instituer son ordre dit des Cordetiers, et print lieu près la fontaine de Menudo(2), fesantt l'office divin à l'église de Sainct-Pol, où ilz demeurèrent quelque temps, jusques ace qu'ilz se retirèrent où ilz sont de presant. Qui fust au mois de septambre l'an 1243. Pandant le temps que ledit saint demeura à Lymoges, il fist de grandz miracles. Guv DU CmsEAU (3), doyen de Saiuct-Iryers et archidiacre de Lymoges, succéda à l'évesché de Lymoges, en rangt 56, par le décedz de Bernard de Flavena. M tint le siège 9 ans et décéda l'an ~36.

[ Les Cordelit!rs.l

[Gni

Je

OuKt.

~ùj~e.]

(')) V. hOY-PtERR:;t')TTF., J/OMMt. clu Lim. les Dominicicins en Li)~OMM'K. fut, d'après cet auteur, en 020 que les Jacobins s'étaCe blirent Limoges. (2) «Ils se portèrent, dit le P. Bonaventure (t. ttl, p.547), premicrement au proche de Saint-Martial ou à la fontaine de ~o?:d6t ou au lieu où ils sont maintenant, .Vc~Mdct, 'd'où ils se remuèrent proche de la Porte-Boucherie. » (3) D'après le Tableau de Nadaud, Gui de Clozel ou Cluzel, successeur de Bernard de Savene, et non de Flavena, est le 53" évêque, et non )p 5C' Il mourut en 1335, et non en ~36.

43

194– i Vicuv marché J

Ladicte année 1236, furent faittes les fourches de fer du triangle du vieux marché, et ce par M*" Thomas Sarlaadier. Dans lequel triangle s'exerçoit lajusttcedesvigiers(i),prenant garde aux mesures, aunages et poids, mettant pM raisonnable aux bleds, pain et vin justice et police, et autres choses à ce concernant. Les femmes de Lymoges d'habits e~ ce temps.

c~ng'e~

[t..ca femmes sa coUfunttiLtchaper.u. ]

En ce temps, les femmes de Lymoges couvrirent leurs testes de chaperons, à la persuasion des Frères de sainct Dominique, ditz Jacobins, au lieu qu'elles portoient des couvrechefs. GutLHAUME DnpuY, chanoine d'Engoulesme, succéda à l'évesché de Lymoges par le décedz de Guy du Cluseau, et fust en rangt S'?" (3). U estoit homme vénérable et magnanime, jeune d'eage et antien de moeurs, tant que le diocèze estoit réputé heureux d'avoir recouvert un tel prélat. Lequel décéda dans l'an avant qu'estre consacré, l'an i337. Auquel succéda DURAND,archidiacre de Lymoges (3), d'une partie du chapitre étant en discorde sur la confirmation, dont le procès dura longuement, et ce jusques l'an 1240 qu'il fust paisible. Il mourut l'an 1248 et fust ensepveli au milieu du chœur des Jacobins de Lymoges. Environ l'an 1237, fust grand cherté de vivres en Aquittaine, ce qui engendra une espèce de feu voilant, brullant les corps humains.

~GtMUMmnduPuy, l 6v<!f]uo.~

fOuranttfi'OrIhac ~ue.J ]

~)isf;ttc,<ipi'nno.

(1} V. LEYHA.ME, NMt.

du

~NK.,

t.

p.

<70.

(2) 54", d'après Nadaud. (3) « Le clergé de Limoges s'assembla pour nommer un autre 6vcque, et les suffrages étant partagés, Durand, archidiacre de Limoges et prévôt de Saint-Junien, fut élu par une partie, et y ayant procès en cour de Rome. Enfin Durandl'emporta et eut ses bulles, l'an 1841, après que le siège de Limoges eut demeuré vacant presque durant DESA!NT-AMABLE,t. p. SM.) quatre ans. » (BOKAVENTOnE H!,

i95–
La prinse 6~ c~ct~~eaM de Brc, et le premier 5€Mec~J' de Lymousin, SOM&2~<-Z,OMM, roy.
[Prise'Juchilfean de8r<]

Et advenant t'an 1242, le vicomte de Lymoges (1), accompagné des habittans de la ville, mist le siége devant le chasteau deBré, le 3~jourd'octobre,!equet,en6n,itzprindrentpar force. Qui fust cause qu'il fust abattu. De laquelle destruction vint un grand bruit, car t'ëvesque6st sa ptainte au roy contre les habittans de Lymoges, lesquelz firent responce qu'ilz n'estoient tenus de i'escandaUe ny excès, estans au service du vicomte, dont ilz furent receus par des seigneurs circonvoisins. Icelle année, le royS'Louis envoya en ladite ville de Lymoges Guy de MaHemort (2), sénéchal de Lymousin, Périgort et Quercy, pour gouverner le pays soubz son obéissance. Ce fust le premier sénéchal de Lymousin (3). L'an i243, les CordeHers de Limoges se remuèrent du lieu

[ Premier séniciel, duLimoasm.]

~LesC'.rdeUcrss'ës'é [ Les tablissent près de l'étang PatvMy.j

t. (1) Comparez le P. Bo~'AVE~TURE, fil, p. 559 « Les mémoires du pays disent que Guy, quatrième vicomte de Limoges, mit le siège Le devant le château de Bré, qu'il prit par force et démolit, etc. Pouillé inédit de Nadaud donne un Bré, « annexe ruinée de Coussac (tans l'archipretré de Lubersac. » (2) « Le compilateur qui met, cette année (12 M), GuydeMaIemort, sénëchal de Limoges, se trompe au nom, et n'est pas le premier, comme nous avons dit ci-devant. » (BoNAVEKTURE.) On lit eneffet, page 596 « Le premier sénéchal d'Aquitaine que je le second, Brandis, sénétrouve est Vasius, anglais, ') f86et H90 chal du roi d'Angleterre, l'an 'H94; le troisième, Pierre Audier, l'ayant été de la Marche, le fut du Limousin pour l'Anglais, et mourut en')206;ie Henri, est dit sénéchal de Limoges, quatrième, le cinquième, Bertrand de Kardillar, sénéchal pour l'an1227. glais, 1260. » (3) Pierre Coral, dans sa grande Chronique Limousine, insérée au t. XXI du Recueil des ~M<. des Gaules, met cet événement à la date de 12i3. On remarquera que ce paragraphe de notre manuscrit, ainsi que beaucoup d'autres qui vont suivre, n'est en quelque sorte qu'une traduction )ittpra)p de Pierre Coral.

196–

de Menudo (i), où ilz estoient de premier au lieu ou i)x sont de présant, appelé auparavant de Palvezyx, ou i!z ont très belle égtise, cloistres et autres bastimantz~
(uc"n1Iio dehthtt?.' 1l-tant;~

L'an ~244, !e feu fist grand dommage a Lymoges, oa se = brHUpt'ent, dans la rue du Clocher, vingt et cte&x maisons, et fère les g d'autres en divers endroits. Qui fust la cause défère se voient aujourd'hui, que i'eam ~de la fùMa'ce estangts qui d'Aigoutesne faict.

Le roy sainct Louis vint il Lymoges.
1 LOUIS ,10 8ainth Limo:iu~

Icelle année 1244, le roy sainct Louis, Bianche, sa mère, et trois (rèrps (~passèrent à Lymoges allans à Rochamstdoar. Lesquelz furent en grand honneur receus, !e ~"avriit et firent leurs dévotions à S~-Martia!. EYKERtcDE SARB.& fust esteu évesque de Lymoges, aprèp (3) !e décedz de l'évesque Durand, et fust en, rangt 89. Il estmt tint !{* prévost de S'" -Junien et archidiacre de la Marche. ü 26 ans et demy. Il estoit riche. I! pOMsuMt rediuice de siège l'église Sainct-Estienne, que l'évesque Hdoin avoit cy-deva"t commaccé, comme dit est cy devant. f ~c~épeM~M~ des cloistres de l'abbaye de L~mo~es. de Ssme~-JF~M~

Pirncric ~M~f.j

'.b

S~rrc.

'Huillanll1C

Amn-

luin,aL6é~eSaintMMUtt.)

Après ie décedz de l'abbé Raymond GaussetS,

qui 6st beau-

té « L'an <3.t.3,les Frères Mineurs, ditsCordeIi6rg,chang&t'ent leur demeure de la Fontaine de illenudet au sont liendePab'6zy,o&ila maintenant. » (BONAVEXTURE, p. S59.) t. III, « Cet emplacement se trouve partager presque (aujourd'hui 1883) l'espace qui sépare la rue des Tanneries de !a statue du marécha! jDurdan.B~RoY-PtEMEFtTTE.~OMMt.~MLîmoMSt~.) (2) Il y avait aussi le comte de Boulogne, d'après Bande!, édition de t'abbé Texier, ~8S8, p. 38. L'abbé Texier date c&t 6v6nement' de l'année <9.i3 (t&M,page 176). Notre-Dame de Rocamadour éiait déjà r un lieu célèbre de pèlerinage. (3) Aimeric do Serre dcMatemort esHcS6' ovéque, d'après N&daud. !) fut élu en février ~t6 et mourut !e juillet ~79:

–1U1–

coupt de biens, cosnme dit est, succéda à l'abbaye de SainctMartial GuitLetmus A<naieus, en rang!, des abbés 35 (I), lequel fist parachever par Guilhaume Rafflard (2), architecte, ce que la cloistre du son devancier avoit desja commancé, scavoir costé du chappitre, qui cousta seize mille solz la seconde, devers le monnastère, vingt mille solz, et la troisiesme partie, du costé de la cellerie, huict mille solz, et la quatriesme, du costé du raffetoire [rëfectoirej.six mitiesoiz. IttintrabbayeiS ans et 8 mois et décéda l'an 136 L'an 1248, fust bruUëe la ville de Fë)emi (3). L'an i252, les habittans de Lymoges assiégèrent qu'ilz prindrent par force (4). Incendie à Limoges.
( Grand autcl de J [ inccti.Uu do Ff!!et.n.j < [Frise Je Comrhcf~j

Corbefis,

L'an 1353, fust consacré le grand autel de t'égHse de SainctMartial par Filippes, archevesque de Bourges, soubz la dédicace de Sainct-Sauveur. L'an 1255 (S), ez rues Sainct-Nicolas, Beauvais, le Temple et le Cioche: dans Lymoges, se bruUèrent environ cent maisons. –Et, queique temps après, furent faits les conduits de la fontaine de S°'-Martia), venant l'eau de Combe-Ferrade. L'an 1259. il se brulla au fauxbourgs Sainct-Martin-iez-

Stint-M.tr~Mt.J

[tMenJie.]

]

[autre

i:tcen<He.]

()) Guillaume Amaluin est le 31 abbé de Saint-Martial (Calend. ft'c~MM! dH Z.t'mousi'n. année 1773). Il fut élu en ~.io. (3) C.Rat'art,d'aprésP.Corat(<ococ<t'p. 767), qui rapporte cet t'vénement il l'année m8, et dit que, à cette époque, fut commencé et non~Mt'nc/MM le cloître. Pour le reste, le compilateur; n'a fait que traduire Il. Corai. (3j V. sur Felletin A'ottM /:Mtorï'~Mg sur la ville de Felletin, par G.-A.-F. QL'E\R.T, Limoges ~86~, iu-8". ~ (.) Y. A'o~ceSKy ~'o/j~tf~tM GaM~oi'~ c Co<tr&< par F. DEYERNEH.. ËM~ft. de /(t Soc. M'p/tf'o~. f~t~tM. t. XH!. (5j Le P. Bonaventure rapportecet c'.énement a ['année 1~52; ma'.s P. Cora) l'enregistre bien a la 'i.tte df f2.')."<.

198
Lymoges vingt et trois maisons, la veille de Sainct Gervais et Prothais(l). Comment Limoges d~iM~Tf,
it.t!Um<'ustQ,lc ).'erigorJ,e[c.,ccJt'aaaroid'AQg!t<Tro.] ] Id

re~oMrMs soubz

l'obéissance

du roy

soubz Sainct-Louis.

Et advenant l'an 1289 (3), le roy Henry d'Angleterre, aveq le comte Regnier de Lincestre, autres princes et prélats de son royauime, vindrent en France visitter le corps de SainctDenis. Lesquelz furent receus, du roy Sainct-Louis à Paris, en grand honneur.. Allors, le roy d'Angieterre fist remonstrer au roy de France le droit qu'il avoit ez duchés de Normandie et Guienne, Anjou, le Mayne, et Tourenne, lesquelles estoient tenues par le roy en tiltre de confiscation faite par constumace. Le conseil du roy dit qu'il en avoit plus juste titre, que la pluspart des dites terres avoient esté usurpées par les ducz de Guienne, estants entièrement de patrimoine aux du roy Sainct-Louis en estandant ladite prédecesseurs Guienne, qui est partie portion de l'antieone Aquittaine d'Auguste, lesquelles il avoit jouy iongt temps sans aucun titre aveq le parricide d'Artus de Bretagne commis par Jean Sans-Terre. Finallement, firent un traitté de paix par lequel le roy sainct Louis délaissa au roy d'Angleterre et à ses successeurs, pour tout te droitque luy pourroit appartenir ez susdites,duchës et comtés, les sénéchaussées de Lymoges, Perigord, Agénois, Quercy, Sainctonge, jusques à la rivière de Charante le surplus demeuroit au comte de Poictiers; lequel accord aceptépar le roy Henry, du consentement de son ~rèrc Richard pourluyet les siens, sauf et réservé l'homage lige qu'il seroit tenu de fère au roy de France, son souverain. Et, pour ce, le roy de (<) PtERRECoRAL (ibid., p. 767), rapporte cet événement à la date de!25<. Dg~~OM! III, (2) CB'BONAVEN'n!M:,t. p. S69;GRELLBT-DUMAZEAU inséré aux nation anglaise dans les provinces d'outre-Loire, mémoire t. I! et I!! du Bullet. de la Soc. archéol. du LtmoMSM!. V. aussi au de t. XV du même bulletin le Ft~HMMS plusieurs lettres des rois de France, Louis VIII et Louis IX, et des rois tMM~~yg, ~MM Hf et Edouard relatives aux priviléges de la commune de LtMO~es, Nous renvoyons surtout à Pierre Coral (loco éit., p. 760.)

–199–
France, pour garder sa souveraineté, establit esdittes séoécbaussées garde-des-sceaux royaux, qui connoissoient des obligations passées soubz le sceel de France, qu'on nommoit juges Cartulaires, car les sénéchaux tenoient pour les ducz de Guienne. Et auquel temps, [le duc de Guienne] confirma les coustumes antiennes de la ville de Lymoges et voullurent les consulz exercer soubz son authorité la justice et plus n'obéir au vicomte ny a ses vigiers, ny les habittans aller au service dudict vicomte. Venue des Pères Carmes s Lymoges.
[Les Carmes, ]

[CoBjErmationfÏes cootomea de LimogMS.] ]

Les Pères Carmes vindrent à Lymoges en l'année 1260 (i). Leur première retraite fust au pont Saiact-Martiat puis se retirèrent près les ruines de l'Amphitéatre, ou Creux des Arrennes, où ilz sont de présant. Et là, ont belle égiise, belles cloistres et couvent, qui fust commencé à bastir l'an 126S. Le clocher fust basti I'anlS06. Et, l'an ~619, furentréformés. En l'année <626, lesditz religieux ostèrent le chœur de devant le grand autel, où ilz fesoient le chœur pour chanter l'office, et le portèrent dernier l'autel. Guillaume de Maruei! (2) succéda à l'abbaye de Sainct-Martial, en rangt 36, par le décedz de Guilhaume Amaleus, qui décéda l'an 1261. Il fist fère la maison abatialle et somilherie [sommeHerie] aveq les despandances, où estoient les cuisines.
(<) Ce fut bien en 1260 que l'abbé Pierre de Mileton posa la première pierre de l'église des Carmes, aux Arènes (B~MMMKtMK. ChrotMCOM Lemovicence; Rec. des hist., t. XXI, p, 807) mais les religieux de Notre-Dame du Mont~Carmel s'étaient établis en ~44 à Limoges, t. près de Sainte-Félicité, au pont Saint-Martial (BONAVENTURE, 111, p. 559). Cependant Pierre Coral dit que ce fut en ~60 que les Carmes -vinrent à Limoges. (2) Guillaume deMareuil, élu en ~6i, mort en <37<, est le 3~ abbé de Saint-Martial, et non le 36", d'après la Table chronologique" insérée au Calend. ecc~'s. du Limousin, année <773.

[Guillaume de Mareuil, nLL6 nle Samt.Marttat.] ]

~00
et L'antienne procession des jRo~KMM~deJMss~ poMrgMoy(~
~thf~rftUau~s"j~ dctapru~tisst~a dçs R!1JUeüU1\.]

~t{;U~fl'S.}

L'année 1263, fust délaissée la très antienne cou~mme des Rameaux, qui estoit, que le jour des Rameaux, tout le clergé de la Ville et CUté s'assembloit à l'église cathédralle, ensemble les religieux des couvents de Sainct-AugusUn et de SainctMartia.aveq les autres religieux, chascuas avec leurs croix, suivant ta procession au cimetière Sainct-Po! puis à l'égtise Sainct-Martin. Par un autre costé venoient les religieux de Sainct-Martia! en chantans, et, après le sermon, Févesque béaissoit les jBem's de l'évesque, l'abbé de S~Martia!; ou rameaux; deffaut ou à deffaut aussy, l'abbé de S~-Augustin, ËnaHemeBt, l'abbé de Ce faict, les chanoines de Saicct-Estienne et les S"Martin. autres ecclésiastiques, excepté les religieux de S~-Martia), qui Dieu àSainctdemeuroientàS~-Martin, aUoientraadregracesà Martial, puis chacun s'en retournoit à ,son ëgit&c. Or le différend fust, la présante âHpëe, que les chanomes de Sainct-Estienne disoient que les religieux de Saiact-Martiat debvoient, au partir du cimetière de S'Pol pour venir à S'Martin, partir les premiers de la place. Par quoy, par six ou sept ans furent en uoubie pour ladite procession, tant que, finallement, les chanoines et moynes se mirent en arbitrage de l'évesque de Périgueux, quis'estoit mis de l'ordre des des Frères Prescheurs (2), et du prieur dudict couveNt, qui firent quelques appointements l'an 1268. Du despuis, en est perdue la mémoire. îet'He année 1263, le vicomte de Lymoges, se voyant expeitë par le roy d'Angleterre, fist ses vigiers dans~ !es CoEdenier~ et receut l'homage, leur taissant l'exercice de la jusUce avec. !e tiers des amandes (3).

-20t de Puisibot, genti!Icelle année, mourust Giibert[Gaubert] homme Limousin, qui a écrit en langue provençaHe un traitté appeié Las 6aMS:asd'AmoMf ~cs Baisers d'amour J. L'an i264, Henry, roy d'Ângteterre, vint fère sa résidance pour un temps à Grandmont, et, sitost arrivé, il chassa le vicomte Guy de Lymoges et y envoya Guy de Lusigoan et Bertrand de Cadilhact pour recepvoir serment de fidellité des habittans de Lymoges, de plus n'en faire à i'advenir au vicomte (i). ~eMOMue~ef~c?~ de la guerre vicomté à (2).
entre [e [Gucn'~ vicomte de Linmges et It:'s LuLi[M"rtt!jf;aubct-i (fûPuvcitjut.j 1

llIe!j, ~'etcrre,à muj)[. ]

roi ~f'.tnGrand-

Lymoges,

cousant

la

L'an 1266, Guy, vicomte de Lymoges, espousa en secondes nopces Marguerite, fille du duc de Bourgougne duquel masortit Marie. Au traité duquel mariage, fust promis riage graad secours des Bourguignons pour assubjectir les habittans de Lymoges. Parquoy le vicomte restablit ses vigiers. Allors commença la guerre. Et advenant l'an '1269, ie vicomte accompagné du comte de Nevers, frère de la vicomtesse, aveq grand nombre de gens de guerre, vindrent à Lymoges le iS juin, où grandement se mais vivetravathèrent, pansant les praudre par surprinse ment repoussés par les habittans, fust le comte de Nevers

tauls.1 1

[Sit~ge Je Umu~s.

à ce sujet, LnyHAniE (//t's<o:r6 du Litoujours des juges mtct'ieurs. le passage suivant des Chroniques moMS<K,t.I,p.~70),quire)ate manuscrites « Le vicomte Guy, pour tenir plus facilement la ville » soubz son obéissance, esleut dix des plus nobles et puissants dudict B lieu, et qui plus y avoient authorité, auxquels il commit l'exercice a de la justice; lesquels furent appelés viguiers, et leur octroya le ') !:ersdu")'o;it qui provenait des amendes et confiscations, ce a qu'ils prirent à ibi et hommage pour eux, les leurs et leurs succes') seurs. » Kous ne voyons pas ce que les Cordeliers viennent faire ici. (~) Tout cela est réfuté par le I'. Bonaventure (t. HL p. 572). On ne trouve rien de relatif à ce prétendu séjour du roy d'Angleterre GrattJmonf. dans les /tMM~ -ie notre qui -a suivre i)otrc, manuscrit avec -le ma(~) Coiiiparez pour ce qui va siiivr~(1 Comparez nuscrit communique par M. [!ourgoin-.WH<'e, de Saint-Junien,ail

209

tué et ses gens chassés. Par le décedz duquel comte de Nevers, fust donnée la comté à Jean Tristam, filz du roy de France. Or le vicomte se retira dans la Citté, où, par le moyen de ~!cs parties convienneiltda pral'évesque Eymeric, fust accordé que le roy de France connoislire le roi de Franco troit.dudifTeranddes parties, et ta guerre cessa pour un poor arbitre. temps. Et y furent envoyés commissaires pour s'enquérir du droit do vicomte. r Mort des parties. Cependant que l'enqueste se faisoit, le vicomte –MarguerUadf H'torgogEe.]] vint à décéder à Branthome, lequel laissa une seulle fille nommée Marie, fort jeune, et laquelle, Marguerite de Bourgougne, sa mère, eust la charge et la tutelle de sa personne et biens. Laquelle donna bien de la peyne à Lymoges, comme il sera dit. Saint-Louis comme Le roy Sainct-Louis, avant son deppart pour aller à la Terre ïeacoMuh do taire saincte, voullust marrier son filz Robert aveq -ladite Marie, SarmeotJoCJ~filledudict vicomte de Lymoges, voyant que son fils et, ladite lité. ] Marie estoient d'eage compétant l'un pour Pautre et que les terres du Lymousin estoient proches d'Auvergne. Parquoy, envoya son baiihif pour saisir les terres de la vicomté, lequel estant à Lymoges au mois d'apvril, il somma les consulz et habittans de faire le serment de Hdélitté comme estant des appartenances et chef de la vicomté (i). Les consulz firent responce qu'ilz feroient telz homages f~tponao des cnnsuîs.jj qu'il désireroit, mais non comme estant chef ny partie de la vicomte, car le chasteau de Lymoges, c'est-à-dire la ville de Lymoges, ilz la tenoient nueument (2) du duc de Guienne, et non du vicomte de Ségur, exhibant pour contre preuves leurs antiennes coustumes. Dequoy le roy sainct Lou!s adverti, délaissa le traicté dudict mariage, car il pensoit que le vicomte fust seigneur du pays de Lymousin entièrement.
feu M. Leymarie, qui en a reproduit tout ce qui a trait aux vicomtes de Limoges dans son Limousin historique. (Limoges, ~837. in-8", p.3-i.8etsuiv.) (t) P. CORAL, loco cit. a~ annum 1269, p. 775. (2) ~VMmetit,immédiatement, sans intermédiaire.

203

Comment

les habbitans chasteau

d'e 0.

oss~éreH~

leur

Le peuple d'Aixe, en cette saison, estoient opprimés d'exactions par Aymard de Maumond, chevallier, cappitaine et recepveur dudict lieu, avec ses frères Gëral et Hélies de Maumond, [qui] fesoient de mesme. Parquoy les assiégèrent dans le vertueil (2) et forteresse d'Aixe, eux et leur famille, à laquelle travallèrent grandement pour la prandré. Et fallut que le sénéchal de Lymousin (3) y vint pour les détivrer. Auquel lieu les parties s'accordèrent de gens sur le differand, promettants par serment les croire et garder de costé et d'autres. Cependant ceux de Maumond, nonobstant le compromis, munirent la place de vivres nécessaires et autres munitions, puis irrittèrent les habittans, fesant de grands maux, jettans pierres, carreaux du haut du chasteau en bas, tellement que personne n'osoit passer sur le pont; occasion de quoy furent réassiéger ledit chasteau et assaillir vivement. La vicomtesse s'efforça fort à fère lever le siége, ayant apellé les. Bourguignons à ayde, affin de destruire la ville. Pour obvier aux inconvéniens, l'évesque s'y transporta aveq certains abbés, où estant à Beynac un jour de Pantecoste, voullant trouver quelque expedient de payx, les gens de la vicomtesse se jetteront sur eux, les mettans en fuite, battirent le rencontré sur les derniers. A prieur des frères Prescheurs, cette cause, l'évesque fust en cour remonstrer l'affaire au roy, lequel luy envoyast le baillif d'Orléans aveq des conseillers pour s'enquérir. Lesquetz ne firent rien, car pour empescher l'enqueste, la vicomtesse compromist du tout à l'ordre de l'évesque, qui avoit donné une sentance que ceux d'Aixe demeureroient en paix, et que Aymard de Maumond et ses frères

[Siége du ehâleau d'A.M.j]

()) V. ~OMo~rap/K'e du eoKtoM d'~M~, par t'abbé RouGERiE, au t. XIV du BM~Mt de la Soc. <tM/<.du Z.tm., p. 6S et suiv. BonAYE~TURE,t.!t!,p.i75. « ~<')'fK< som(~) F~r<Me~, Je ~t'tte:<(m, sommet, émincncf. met, extrémité » (ROQUEFORT). '~) Pierre de Serviant (Box.E~TLRF., p. o75..

2M– se rutireroientaChastuxouaitheurs. riLesqueiz,nonobstant, !~nt tousjom'sdes \'ioUances et oppressions, tant que Boyer de La Bourdeihe et Hélies (!), chevaiiiers, et autres tuèrent ledict Aymard de Maumond, duquel Gérald s'en p!aint au t'oy. Comment la vicomtesse fortes
''<!a'm'rttt'dt:Buur;;t>lIe ,] ruine le

pour

~ar~MOH. 6M ses <yMe~o</er L ymoges ~).

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Intrn~e~liun u.} }

~e l'é

[.~vft;ontt'eMa! ;ntufattjjaEtftj i!n';i[tato:tAir'. LusItuurgL-ujsf~ [.nu~snovf~

Le roy sainct Louis estant en voyage de Thunes [Tunis], et Edouard, roy d'Angleterre, en Sirie, Marguerite de Bourgougne, vefve du feu vicomte, désirant recouvrer la ville de Ly moges, s'esforça d'y entrer par plusieurs fois pour se faire recepvoir, espérant que facillement réduiroit te pays à son obéissance. Parquoy establit garnison de grand nombre de pilhars dans Chaslux, ruynant tout le pays, faisant maux infinis aux bourgeois de Lymoges, destroussant les vivandiers et marchands qui venoient apporter vivres ou achetter marchandizes à Lymoges. L'évesque, esmeu, les fist prier de cesser telles actions, mesmes escrivist à la vicomtesse affin de tes fère vuider, ce qu'elle ne voulust entendre, mais au contraire les renforsoit. Ce que voyant, il fist assembler les communes incorporées aveq les habittans de la ville, lesquelz surprindrent une grosse bande hors de leur fort, qu'ilz tuèrent. Puis assiégèrent Chaslucet, à deux lieues de Lymoges, qu'iJz pressèrent fort estroitement, tant qu'ilz furent contraincts de randre la place ez m~ins de l'abbé de Solompniact, pour ce qu'il est tenu du tief de son abbaye. Ce qui le préserva d'estre abattu. ija vicomtesse, de ce indingnée contre les habittans de la ville, prétandoit avoir droit de battre monnoye à cause de à l'abbé de S°'-Martiat, fist Fhomage faict à ses prédécesseurs de forger à Aixe une espèce de monnoye, appeiëeLemovix(3)

i) Hoy.ott <ie Kardeitte et He)ie Ftanienc (8oK.\VE!TURE, . 576. p MoxAYF.ruK!;;).. i)f, j). 5'7.S. qui raconte à ce sujet ce (;ue (2.) disent «ies mémoires uu pays. » dans la Chronifjne f3)Cc!tf'monnai! appelée/.e;HO)if:oa,<'f)!f).!a n'était autre que iest~tr<Sai!)!-E!]pnnef!eLin)na;s.an)!<'e~<i.'},

0

grande antienneté, ppcuiiiéres des Lémoviques. LaquetteIcR s bourgeois de Lymoges ne vouUurent permettre avoir cours, combien qu'elle fust de la scizalhant comme adhultérine, poidz et ailoy accousmmë. Duquei en sortit grand procès devant te roy Philippes, etennn fust ordonné que la monnoye Ce que la neseferoitqu'auneuaccoustuméantienûement. vicomtesse accorda par transsaction, et fust la monnoye fondue. Chaslux, succéda à l'abbaye Jacques de Ca!au)e,prieurde de Sainct-MarUai, en rangt des abbés 3'7" (i), à Guillaume de Maruei). Lequel Jacques tinst teste contre laditte vicomtesse touchant i'bommage, comme sera dit cy après. Apprôs le décedz de l'évesque Eymeric, furent esleus en dtscordz Messire Clément de S~-Hiiayre et Simon de Rochechouard. Le premier mourust à la poursuite du procès, et de Bourdeaux (~). Et Fautre fust pourveu de rareheveseué fust nommé GILBERTDE MALmMORT,en rangt des évesqués de Lymoges 60 (3), duquel sera parlé cy apprès. Origine de la tour de ~aMmo~d de Lymoges ~). dans la Cytté

lrnt cette

pus rerevoir

:t:n[tnaie.n{)i ''simiseaacn~)s~-t.j

de

Cu:unres

abbcdcSa'intMartM.;

(Gttbt.rtJ<!M!i!emort)6v<!qm'

L'an 12î2, Gérald de Maumond eust i'ofïice de conseiller du
barins dont acte question ci-dessus à la page 48. Consultez à ce sujet Du Cange, qui renvoie aux sources et cite notamment le passage de la chronique de Saint-Etienne (~. P. Coral, <ocoe~p. '7T7;, où se trouve mentionné le fait relaté par notre compilateur « BttnjfensM Ca~rt LgMMMCgtMM /ece?'MKtpaeh<?)t <?!;mj/f!?'~are<o ~<M ~MMs BMr~MK~ife relicta t)M~cot?t;'<t? ~emofMen.cM, et moneta ~Ma' vocatur Lemona (alias Lemocia) M&t ~mt mom~M vicecomitis oMKZMo aussi BoNAVENTURE, 578;–LEYMMargttfT', licetesset legalis. x– p. MARtE,Lim. hist., p. 36~. ;i) Jacques de Calaure ()37~-f276) est le 33< abbé, d'après t'abbe du Roy-Pierrpntte (;VoMC!st. ~m.). ~) Conforme au tableau de badaud. 3) 57e évoque, d'après Nadaud. BO~VE.\ILRF., t. !!f, p..18). ~)

[Tout-t]u.~hu!)tout!

206 roy. Pais achetta deMargueritedeBourgougnete chasteau de Chastucet, etfist lever fourches patibulaires en la paroisse de Boyseit, dans la terre du chapitre de Eymoges, où il 6st exécuter un homicide. H fust apprès archidiacre de Lymoges, et fist bastir dans la Citté de Lymoges, près le pallais de i'évesque, une forte touf carrée, qui depuis fust appellée la tour de Maumond. Depuis, elle fust achettée par l'évesque Regnault des hoirs de Maumond. La moitié fust démoliepar le prince de Galles, cent ans apprès, et finallement par Jean Langheac, évesque, entièrement destruite, l'an 1S33. Et au lieu d'icelle, [on] commança un très beau chasteau et forteresse, qui se void à présent, apeUé l'Evescaut. La continuation cessa par son décedz, et depuis par la ville à causse de la force (1). Continuation de l'église ca~ed!?'oHe ~).

L'an [K)tMm)o<!eSMt- 1273, les chanoines de Lymoges amplifBèrent le chef de t'égtise Sainet-Estienne, c'est à dire la nef ou youtte aveq Etimnr.] tout ce qui se void de l'église, et ce au mois de juin, où Hélies de Mallemort assist la première pîerre,prësant te chappitre en procession. (3) Laquelle [cathédrale] avoit esté cy devant commancée par l'évesque Udoin, comme il estdit (4), et puis par l'évesque Eymeric.
Rencontre entre tfshal)itsntsfic UmogesetcfM d'Atie.j

GMerre renouvellée pour la vicomté (S). Marguerite de Bout'gougne ne laissoit de se péner et tra(1) Rétablir ainsi, d'après le P. Bonaventure, ,cette phrase imn« Et au lieu d'icelle on commença un beau château, qui a telligible demeuré imparfait jusqu'à nos jours, et, selon les apparences, ne sera de longtemps achevé. » ce que dit à ce sujet M. l'abbé Arbellot dans FjSMtoM'e (2) description de la cathédrale de Limoges. (Bullet. de la Soc. arch. du LMK., t. H!, p. <S7.) F. aussi BONAVENTCRE 111) p. S81), qui repro(t. duit à peu près textuellement le paragraphe de notre manuscrit. ;3) P. CoRAL, Loco cit., p. 780. (4) Ci-dessus page 433. (5) Comparez ce qui suit avec le manuscrit de M. Bourgoin-Melice Hist. ~N~ t. Il, p. 237 (~.MM. ist., p. 362).– Y. aussi LEYMAME, h <;t suiv.– surtout. P. CORAL,<oeo ett., p. 781 et suiv.

–20'7–
vailler les habittans de Lymoges tant par prières que menasmesmes avoit gaigné par dontz ou ses, afin de la recepvoir promesses aucuns particuliers, et d'autres endettas et criminelz craignans estre punis de leurs mesfaits, qui ne désiroient que changements et mutations d'offices, combien que la majeure partie du corps de la ville aymoient ta liberté et le repos du bien public, viollemment résistoient. De quoy grandement indignée, [elle] establit garnison ez chasteaux d'Aixe et Chaslucet pour pither les pocessions des bourgeois de la ville contraires à son parti. Parquoy firent des maux infinis, ravissant fruitz et marchandizes, eouppant oreilhes et cués [queues] aux chevaux des voituriers, jettans grains et vin par terre quand ilz ne les pouvoient porter, combien que le roy de France l'eust deffandu, et aussy le chappittre, vacquant le siège Ce nonobstant, en épiscopal, à peyne d'excommunication. de mal en pis, le 11" novembre l'an 1273, nombre procédant sortirent de la ville de Lymoges, les habittans en armes, qui en tuèrent de la garnison d'Aixe, prins et chargés du pillage, et les autres chassèrent dans Aixe, dans laquelle ville en tuèrent et blessèrent force. Et en prindrent de prisonniers à mode hostille, pour réparations des excès et injuresà eux faittes, lesqueiz le roy mandat de délivrer incontinant. Or Edouard, roy d'Angleterre, ayant faict homage au roy de France Philippes de la duché de Guienne et comtés qu'il tenait en la seconde Aquittaine, le roy de France dit aux gens de la vicomtesse qu'elle choisist au mieux qu'ette pourroit du différend par elle prétandu aveq les habittans de la ditte ville de Lymoges. Car attandu que Edouard, roy d'Angleterre, avoit esté receu à homage des terres d'Aquittaine, il ne scavoit plus que faire. Sur ce, arriva à Lymoges la royne d'Angleterre, femme dudict Edouard, le 24 juillet d274, et fust receue honnorablement et logea en la maison abbatialle de SainctMartial. Ce nonobstant, ladicte vicomtesse, femme de grand hardiesse, ne laissa de'faire la guerre à Lymoges, assemblant gens de toutes pars pour raffraichir ses garnisons, faisant incursions et ribleries ('!) ez terres des bourgois de Limoges.
débaucher une femme; d'où Riblerie, débauche, li(<)«jR.!&/<M-, « Ilibler, courir la nuit hertinage H (Du GANGE,Glossaire français). ~'omme font les titoux. tes débauches, les traineurs d'épée » ~TRÉvorx).

[La

reine

d'Angte-

terre

à Limoges.j

-~i8Ul'l1eoutro ('n~rc

\ÍWl't I.il110IH-'S

Le roy Edouard, adverti de ce que dessus~ envoyast sort sénéchal pour le secours des habittans de Lymoges. Lequel obtint une victoire sur les gens de la vicotntesse, enne Aixe et Lymoges, où iby eustdes tués et blessés, et fuat gàigaée l'enseigne de Gilbel d'Estammes(i), cappitaine des gens cb<*vaf de ladite vicomtesse, qui furent rempu et mis en h)!t,).e. Et le 10'jourd'aoustl2T4,y y eust autre Fancontre, où ilz furent semblablement battus, et y perdirent cbe~aux et harnois. Sortie S'K?' les ~!C'M~?M.

Sortie des Iahit~ntt de Umo~m. rnu~re la gamiË'mJ'Ane.~

Les cousue et bourgeois de Lymoges ayants presté te serement à Guy de Lusignan (2), tieutenant du roy d'Angleterre, exhibant leurs pièces, où estoient contenues ~scoustumes autiennes qui furent connrmées par le roy, envoyant la vicomtesse de ne faire la guerre ny exactions aux bourgeois et habittans de la ville de Lymoges. A quoy elle ne vou!!u&; entendre, fes'm). sortir ses gens ez garnison d'Aixe, renforces de plusieurs Bourguignons. Lesqueiz, le $6* de septambre~ vindrent frapper sur les vandangeurs d'Mc et Balezis, par" quoy ies habittans sortirent sur eux, lesquetz Hz rempirenj: et mirent en fuitte, les poursuivans jusques a ÂLxe, où mirent le feu ez plusieurs maisons et pressoirs, et à. Hmérienr de !a ville en tuèrent et blessèrent grand nombre. Puis, le tendemain, jour de dimanche, firent les Lemoviques une sortie aveq tronijjcnes,bussines[buccines], ctéronset tambours, passant!~ Vienne au-dessoubz de Satnci-Mest, à gué, entrèrent dan& ia terre d'Aixe, brullant le bourgt, pillèrent i'ég!ise, cierges ej. chappes, et autres ornementz d'égtise, où reposoit !e corps de sainct Martin (3) des Anades, confesseur dM roy Cliarles-leGrand, le corps duquel reposoit audict Samct-Prieds'-oubz'Aixe.

de ()) De Tamines, d'après P. Coral et le mss. Bpnrgoin-McHcc Thémines, d'après le P. Bonaventure, p. 583. P. Donaventurë (3; D'autres mémoires portent, selon la relatioadn :p. 58)), que ce fut au comte de Bigorre, pour le roi d'Angteten'c, que tes bourgeois de Limoges prêtèrent le serment de MNii.te. '3) Saint Martin des Arcades, confesseur de Charlemagne. (Manus,, 7 Bor)MO!7<; ~O~AVESTURE, S8!.) p.

309 Donc venusàAixe.brullèrent deux rues de la ville, bref jusques aux portes du chasteau. Or les premiers s'advansèrent pour retourner rebrousser leur chemin à Lymoges. Un nombre de jeunes escoliers, n'ayants jamais veu aucuns exptoits de guerre, s'admusèrent [au] pillage, parquoy furent ceux de la garnison, en leur couppant le pont attrapés par par l'ayde du peuple qui estoit retraint dans le chasteau. Occasion dequoy, laditte compagnie print la fuitte à travers les bayes et buissons, jettans leurs armes par terre. Desqueiz en fust tué 37 et deux bannières perdues aveq leurs escus, targes, arbalestes et autres arnois. GILBERTDE MALLEMORT, filz à Gérald de Mallemort, archidiacre de Lymoges, fust esleu évesque de Lymoges le jour de Sainct-Louis, l'an i2"?o, en rangt des évesques de Lymoges 60 (1). H fust cons acré [à] Bourges le 21" mars, et print pocession en juin 1276. Il tint l'cveschédix-huict ans. ~M!~e de la </?~<??-rg pour la vicomté
[Incursion lIes ¡rr!lS d~· la v¡'cnllltc¡'(I' an pont Saint[U.r!<!t.M.' morf~ Ëcèc~uc.

La vicomtesse ayant assemblé les communes de sa terre, incorporées aveq gens d'armes de sa maison et garnisons, vindrent le 18e septamhre 't274 jusques au pont S"Martial brutler des pressoirs et cabanes des vigners. Donct auscuns furent surprins par les Lémoviques passants sur le pont et aussy le gué de la Roche-au-Got. Lesquelz se voyants enclos perdirent plusieurs hommes et chevaux. Le 3e octobre, les gens de la vicomtesse retournèrent courrir sur les vandangeurs à Montjauvy, lesquelz se deffandirent et suivirent jusques auprès d'Aixe, où ilz tuèrent quelques-uns et prindrent bon nombre de prisonniers. Sur ce, le roy de France, à la requeste de la royne, fist prohiber par son hérault aux habittans de Lymoges de plus faire la guerre, soubz grandes p~ynes, et délivrer les prisonniers à ladicte vicomtesse, assignant jour aux parties à la quinzaine prochaine apprès la S"Martin par devant luy. !ncont!na))t,les
Nadaud. 7./)ti./tt'.s<p. SC.'i et P.

ju,is.i

[LcruideFt-ancK dbfrnd d. de e.rr..] aax LahiLimoge' conliuuer J In

1)

57,

d'après

~)CfF. CoRAL,~OC[)Ct<.

)pm.inusfritHonrp;f)in-Hf(~ife

)

–210– furent randus. Cepandant Géra)d de Maumont prisonniers allast devers le roy de France pour faire voir la véritté de la chose. Ce que le roy de France voyant, manda au roy d'Angleterre par ses lettres, de quitterle sérement de nde)!ittë que les consulz et bourgeois de la ville de Lymoges luy avoient faict, et les habandonner et les renvoyer à la vicomtesse pour les punir par justice ou par armes, ainsy que bon luy semb[eroit(!). Le roy d'Angleterre nst responce que, comme duc d'Aquittaine, il soustiendroit les bourgeois de la ville ses vassauts, car Hz tenoient de luy nuement la ville et sur ce, [i!] manda aux barrons et sénéchaux de leur donner secours et ayde eu cette cause, car laditte vicomtesse ny ses prédécesseurs vicomtes n'avoient jamais estés receus à homage de ladite ville par les ducz d'Aquittaine. Ea ce temps, un homme dévot, nommé Geoffroy commança à édiffier le monnastère du Chastard-Peyruuthier, près Sainctavoit demeuré destruit despuis le temps des DanIryers, qui nois (2). L'an i2'75 (3),!e roy Philippes de France, à son retour de Lauguedoct, passa à Lymoges. Et arriva la veille de Pasques, et le iendemain s'an allast. Il est dit alheurs qu'il y demeura huict jours, accompagné de son filz, et visita Sainct-Martiat, comme d'ordinaire ont fait les autres rois et princes.
(~) On trouvera dans la Chron. de P. Coral, loco citato, la tettre adressée par le roi de France au roi d'Angleterre. Cette lettre est de ~73. par le P. Bonaventure, t. 1II, (3) Cette assertion est contredite 583. Sur le Chalard-Peyroulier, voyez ARBEn.oT,/~t)Mg archéol. p. de la Haute-Vienne, 't8M, p. i9S. (3) Il y a là une confusion. On ne connait d'autre passage de Philippe à Limoges que celui de l'année 1272, dont il a été parlé cidessus.

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de l'11!D('e au roi

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touchant

Le 8" may 127S, le roy d'Angleterre entra à Lymoges, en grand honneur des habittans. Et apprès tequetfustreceu des chanoines, abbés de S~-Augustiu et deSainct-Martin, vindrent à son logis, à Saioct-Martiat, accompagnés des Frères Mandians et autres nottabtes prélats, le supplier de'donner telles provisions à la guerre qu'elle cessât en Lymousin. A cette causse, le roy envoyast ses ambassadeurs devers le roy de France pour y mettre fin. Et cependant, ne taissoient de s'escarmoucher les uns contre les autres, mesmes durant son séjour à Lymoges. La vicomtesse fist tuer certains voieturiers qui conduisoient certaines marchandizes à Lymoges. Par ses garnisons de Bridiers.Eymerict Brun, comte de la en faisoit autant en d'autres lieux, vottant. toutes Marche, tes marchandizes qu'il pouvoit pour ladite vicomtesse. alloit souvant à la chasse du (répandant le royld'Angleterre costé de Grandmond et de Veyrac, tourtioyanties montagnes <')<attandant ses ambassadeurs. à ta Lesquelz retournèrent (in du mois~qui n'avoient faict aucune chose en cour, noi: seullement ne peurent avoir surséance de guerre ou tresve jusques à ce que ledict roy Edouard d'Angleterre eust parlé au roy de France. Et plus fist Gératd de Maumoat, gouverneur des affaires de la vicomtesse, par unes simples lettres qu'il escripvit à la royne de France, au nom de sa maitresse la vicemtess", que ne firent les orateurs du roy d'Angleterre. Allors, les bourgeois de la ville voyants que cella ne se passeroit sans guerre, requérant au roy de leur donner quelque cappitaine pour les conduire, attandu que le comte de la Marche et autres en faveur de la royne s'estoient déclarés leurs ennemis. Mais le roy d Angleterre ne te vouitust faire, causant les inhibitions que le roy de France luy avoit escrittes. Bien teur accorda de faire la guerre, s'ilz vouitoient a!r en personne devers le roy de France.
i PtF.RRECnnAL.~fo~~o. CffntIpSf)psir)psdfma[i27},ft

l Le roi ,rAne:1dcl'rl:" t'l'ç'n à. Li:ltrl¡;es.

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nr)nen~'73.q'ir']proiE'')~HardvintàLin]oa'fs.Tn:;tffquiv!t suivre dans nmre]])~)]usf'rit<;s!p'\()'aitr)cPifrrcCo)'n).

–212–

[Laroieercmtsux pridres des boor. guuis.

A la parnn, les cousulz et bourgeois luy portèrent les clefs de la ville, les luy randans en le suppliant en disposer à son ptaisir, ou les ayder à deffandre sa terre, qui de tuy, comme dit est, la tenoient nuement, et sy mieux il n'aymoit les donner à ta vicomtesse. Ces piteuses remontrances le firent pleurer, aveq autres qui estoient présants. Une fois, estoit en délibération de les quitter; tontesfois, le landemain, au partir de Lymoges pour aller devers le roy de France, déclara qu'il ne quitteroit point le droit qu'il avoit acquis par serement des cpnsulz et bourgeois. Lequel bailha dans la ville des hommes d'armes, non pour faire la guerre, sinon pour garder les habittans d'op pressions. Ceux du pont de Noualhas (1 ) estans en garnison, tenans t~ plasse pour Eymerict Brun, tuèrent dix sergens et prindrent teurs chevaux à S~-Pried. Lesquelz sergens estoient sortis de Lymoges pour fère quelques exploitz. Sortie de Lymoges sur les vicomtins.

~j{lI'tiu

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Limagog lu

aurtc9f;fn~(tetu fjCtunt~so~

~S't'Ai~

Le roi d'Angleterre, voyant qu'il ne pouvoit rien faire aveq te roy de France touchant la guerre de Fymoges, il envoya son oncle, Guilhaume de Valleuf (2), et deux barrons d'Angteterre et plusieurs autres pour conforter Lymoges. Lesquetz arrivèrent an mois de juillet, la guerre estant chaude entre les vicomtains et Lémoviqaes (3). La vicomtesse avoit assemblé à Aixe gens de toutes parts. Ce que sachant, les habittaus de Lymoges sortirent, deux cens hommes à cheval et quatre mille hommes à pied. Lesquetx entrèrent dans Aixe, tuans et chassants les gens de la vicomtesse jusques dans le vertueil du chasteau, où ilz sefortifBèrent. Lesquelz furent assiégés du costé de ta, ville par le sieur ~) Du pont deNobtac? Hv ~VoMMctcg~MMdans!aC/t!'0!t. de a P. Coral. (2, Sic. Guilaume de Valence H~. de FM~cnsM(P. CoaAL),loco c~n.io,p.T'84. ~MC<tn<OK t6t(t; l'abbé ROUGEME, d'~t~, (;t) F. P. CORAL, Af<)?M~. .m t. XIV du Bullet. de la Soc. <t)'c~.dM~tM.

213 '!e Valensa, en attendant les barrons d'Aquittaiue, qui ne faitiirfnt de s'y trouver pour assiéger le chasteau de toutes parts. Il est à notter qu'il y fattoit trois puissants sièges, desEt firent ceux de Lymoges quellz nu! ne peut secourirl'autre. de grands maux ez vignes, bleds et autres fruitz. Ceux du chasteau estoient trois mille et plus, lesquelz tenoiect les deux ponts de Vienne et Hxsète ('t), et bien se defandoieot. Sur ce, arriva le sénéchal d'Angteterre aveq grand nombre de Gascons et Périgourdins, lequel assist sou campt du costé de Beynac, estant le plus foibte. Ceux de Lymoges envoyèrent engins, souffres, darts, cordes, cables et autres choses nécessaires pour jetter feu, pour assaiiiir et démolir la place. Les engins furent dressés par uu tnaistre ingénieur nommé Cidres (2), lesquelz commançans à traire et crevantaient fort la place. Lesquetz assiégés jettoient duchastean plusieurs pierres et carreaux sur ceux qui s'approcboient tropt près dudict chasteau, Mais, sur ce, advint un hérautt du roy de France, qui deffandit aux bourgeois de Lymoges de n'assaiitir la place, sur payne de confiscation de corps et de biens, et de lever le siège, assignant jour aux parties au prochain parlement. La vicomtesse requérant permission de justiffier ses hommes de ta ville par justice ou par armes, aiusin que bon luy sembleroit, et, pour preuve de ce qu'elle demandoit, produit !"s recognoissances qu'aucuns particuliers avoient fanes au vicomte Guy, 3° de ce nom, du temps du roy Philippes-DieuDonné; Aussy l'euqueste que le vicomte Guy 4°, dernier décédé, par certainsconseithers [avoit faict tere], environ l'an 1~0, par ):)quet)e munstroit la pocession que Guy en avoit heue audit Lymoges. Lesditz consulz, voultant detïandre les bourgeois ouiigés, appeDèrettt le roy d'Angieterre à garrieut [garantie] comme ducd'Aquiuaine, Tutne~fois, qui printtegarritnent. audit parlement, par le roy fust prononcé que le roy d'Angteterre ne failliroit à recepvoir et deffandre les hommes de la vicom-

~Lt}f'~du!')-jn<~ omlonnv an A hOIIl'd. du 1. <A~.j I.¡mll\ lo si.

t)L'Atxette, petite rivière qui se jette dans La Vienne. 2) t'tprre Corat ne donne pas le nom de cet inpenieut-.

ai4
tesse du chasteau et ville de Lymoges(i), aPeuëontredeiaditte vicomtesse au uom qu'elle procédott, qu'Hz ne fussent ses" Et sy ne deSandit poinj. la guerre entre les justiciables. parties. Dn'MtOK f'MfM ~M ~a~oMs ~OM'r rMCppofr !)~co?~-

tesse o Lymoges.
e.1tre h3111fanls If's sOc 1.

1 ¡¡IlICt'\¡nu517~' .10 lit r¡'t:cI.lioll nÎs· l 1Y4n111ItaSe,

Les bourgeois, connoissauLs ta faveur qu'avoy la vicomtesse en cour, considérants qu'ilz pourroiec). encourir l'indignation, du roy de France s'ilz poursuivoient leur dcp!t par justice, ctsy par armes les vouUoieot deffandre, [i!$j pourroient estre cause de plusieurs inconvéniens et peut-estrê de leur totaHe destruction parquoy commancèrent à diviser les corps de la communauté en deux factions, dont ceux qui estoient descendus des obt!gés, et aucuns voulant temporiser, voullant avoir la bienvueillance de !a vicomtesse, coNpromir~nt sur tout le diEférand et querelles qu'ilz avoient ensemble, au dit et arbitrage desdits Gérât et Héties de M&ufnond, frères, combien que tousjours eussent estés, principaux conseilhers. de la vicomtesse et solliciteurs des susditz procès pour icelle, comme dit est, s'obligeant par foy et sérement à tenir la santance arbitraire qui seroit par lesditz arbitres prononce [e]. Dequoy fust passé instrument et opposé peynes contre ceux qui. ne voudroieut tenir. La ptus saine partie des habittans, nommés les preadhomme de l'ospital, aymaus mieux mourir que de perdre ieur liberté, comme mesme ceux des Combes, Me_YOu)urent acepter ledit arbitrage, n'y consenth'aucunnemeBt, doutse retirerent aucuns devers le roy d'Angteterre (2h

(t; Pierre Coral dit « Dans ce parlement, qui eut lieu au mois ds' septembre, la cour décida que le roi d'Angleterre n'avait aucun droit sur le cttâteau (tavIUe) de Limoges, etque les bourgeois étaient justicia-' bles, et en toute justice, de la vicomtesse de Limoges.Dans ce parlement, la cour ne prohiba pas la guerre. » « Cette sentence arbitrale, très longue et très curieuse, se trouve: fn latin aux pages86 et ST du troisième volume des Ot'~OMMMM f~ 'f roM~FrnMce.Ette fut rendue exécutoire en <ï7S par des lettre; do Phttippf te ~e), et confirmée par ~ne or.donaMCp du r.oi ~f'H)~

–2i5

'Co~me~

utcom~se bannières

eM<m dans ouvertes.

Lymoges

à

St-Martin, aucuns particulliers de Le.dimancbc(l)aprèsla Lymoges, procurans recouvrer [de ta] vicomtesse leurs parents ou aucuns détenus en ses prisons, luy portèrent, tes clefs de la ville. Allors la vicomtesse fist délivrer les prisonniers qu'elle avoit en sa puissance, et puis elte vint à Lymoges, où elle entra sans contredit, à bannières ouvertes, ayant aveq elle plusieurs gens de guerre. Où elle receut le sérement du compromis des parties des habittans. Mais les preudhommes de l'hospital ny ceux des Combes ne le vouliurent faire, desquelz l'abbédeS"Martiala a la jurisdiction. Car l'abbé Jacques le leur avoit deffandu, disant que ce droit prétandu du vicomte tant au chasteau et ville de Lymoges, avoit esté donné à ses prédécesseurs par les abbés de S). Martial à homage, qui n'avoitestétaict aucunement par elle. La vicomtesse, pour randre plus enclin les habittans à passer le compromis, déclara par ses lettres patentes sce!iéesdes sceaux d'elle et de Marie de Ségur, sa fille, les habittans de laditte ville et faux bourgts estre francz et libres de toute servitude, et exempta perpétueilement tant en leurs personnes que biens. Laquelle franchise et liberté, tant pour sa fille leur ottroya pour en jouir, uzer et tenir à tousjours main, à faculté et pourvoir de s'en aller et venir à leur volionté, en payant, à cause de leurs biens, les debvoirs accoustumés. Donné la 3" nonne de mars l'an 1274. Le mercredi ensuivant, la vicomtesse partit de Lymoges et laissa dedans ses prévosts et vigiers, lesquelz estoient interdits d'aucune jurisdiction jusques ce que les arbittres auroient prononcé leur sentance. Certain temps apprès. Gérai et Hp)yes de Maumond, arbittres susdits, prononcèrent le laudz (2) arbitraire adjugeant à la « au mois de mai de l'année i3o6, et non pas ~50, comme le dit In n P. Bonaventure qui, du reste, n'indique pas la source où il a puisé ce document a (Note de M. A. [jeymarie, ~tM.tMt. p. 368.j i loco (<) P. CORAL, cil., p. '73t. 3) « f.ftMet. arbitrage, décision M(RoQf!f.FonT\

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( Oppusition t.lt'5 pt'UIt!11U11fOlU5 OUt~tIAfUlUl '!t ,1"8 C"I11bM.] 1

LPranohisex

et

Ina

Ih'rt{'¡J 3t'Clll.{i, !.nit.]

[Départ

du

h

i. Í.

COIJltc~S'l

Sentence

nrLilrnlu par

j'ronon~t~f. G'')aMf'tEHt)dM Maulllont. 1

-2i6–

vicomtesse, au nom qu'elle prenoit, tous les debvoirs et subbordes qu'elle demandoit à ses hommes de la ville et chasteau de Lymoges, dont le peuple appella. Le 23 juillet ensuivant, Marie de Ségur fust mariée dans Tours aveq Artus de Bretagne, et par ledit mariage d'icelle, fust transportée la vicomté de Lymoges audit Artus. ConMMëK~J~qj~M~eCa~Mrg, la jurisdiction fist mettre à sa main.
1-"1II11'hl'5 }lIlli1.nh,h~~C~ ~a-f:hc/

abbé de la

e~e~ar~a~ ville de Lymoges

!j~j)!s<!(:C.n;iUre,at)be<)eSah~~L)rti.t!)~e&a~it dl' In juridicliuu

.!cht'~if.;

Apprès la pronontiation de la sentance des arbittres, la vicomtesse, au nom et comme tutrice de ladite Marie de Ségur, sa fille, nonobstant l'appel interjetté par le peuple de la ville, fist ériger des fourches patibuières à )a Croix de la Chiéze, où elle fist pendre un malfaiteur (1). L'abbé Jacques (2), voyant que la vicomtesse jouissoit de la justice de la ville, en vertu du bail et homageque jadis avoit t faict i'abbé Geoffroy, premier de ce nom, à son frère Guy de Ségur, du temps de t'évesque Hdoin, pour conserver le droit de son abbaye, il fist sommer lavicomtesse à luy faire homage qui luy appartenoit. Et par deffaut de ce faire, certain temps apprès, il fist mettre ia jurisdiction de la ville à sa main comme suppérieur, et députta commissaires pour la gouverner. Dont la vicomtesse appella au roy et à son parlement, où )a cause fust appellée. Devant lesquelz furent produits pour ledict abbé certains homages, adveufs et dénombrement faitz à ses prédécesseurs abbés. A la réception desqueiz ie procureur du roy d'Angleterre s'opposa, disant que à Juy, comme duc d'Aquittaine, appartenoit recepvoir l'homage de la ville de Lymoges, comme le lieu principal de la duché,. oùtesducz avoient accoustumé à recepvoir la couronne, mouvant de luy nuement. De quoy estoit fondé par disposition de droit commun, sy l'abbé ne monstroit de coustume ou

t Lne note manuscrite de l'abbé Legros, miseau bas de la page 59n" c)n t. !H de P. Bonaventure. rapporte ce fait aux « Mémoires manuscrits sur le Limousin, de l'abbé badaud, t. H. p. to'S. ~))'.BO's'L'F.MrKE,p.)')0.

–an– privilège au contraire. [Ce] qui fust cause de différer le prode ces pour l'heure, tellement que ledit abbé, retournant Paris, décéda à Grassay (1), le lendemain de S'°-Agathe, l'an I2T7. Son corps fust porté à Lymoges. Apprès le décedz dudit abbé, la vicomtesse mist grande disseution entre tes religieux, lesquelz par force elle voulloit contraindre postuller (5) un cuidam à elle propice. Ce qu'ilz ne voulurent, et, pour ce, elle fist venir dans l'abbaye bon nombre de gens d'armes, dont le peuple s'esmeut contre eux, et les chassèrent de la ville. Et fust esleu Pierre, prieur de S~-Vautry, en rangt des abbés 38 (3), ft confirmé par l'évesque, Gilbert de Mattemort. Auquel abbé la vicomtesse fist hommage, comme sera dit cy apprès. Le dit abbé fist apparoir, devant le roy de France comme antiennement solloyent fère hommage a t'abbé de Sainct-Martial. Parquoy fust dit qu'elle le feroit au nom de sa fille, ce qu'elle fist en plain chappitre, l'an 12T7. L'an 1278 mourust GëratdBerneyix(4), gentilhomme limousin, surnommé la Mer (5) des poettes provansaux. H est le premier qui a invanté les sonnets et cantures (6) en Provance.

[Dissenlion tion du 1

à Saint-

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« I[ y a un (')) Grassay, dans le Berri (BONAVENTURE, ibid.). Jean chapitre fondé en 1002, par Bernard il, seigneur de Graçay. duc de Berri donna cette terre au chapitre de la Sainte-Chapelle de univ. f~/s~rattM.) iiourges, en 't48-i. » (SAUGRA!N,D/c. (2) Postuler, en matière bénéficiale, nommer une personne qui ne peut être élue canoniquement pour quelque défaut. (TRÉvoux, Dictionnaire, t. V.) (3) 34", d'après l'abbé Roy-Pierrentte. (4) F.CÈSARDENosTRADAMUs.~t.s.gtcAr.dg Provence, ~614, in-fol. p. 3S9 –MiLLoi, Hist. litt. des ~OM&ft~OK7's. )-774, t. H,p. t et suiv. (5) LE MAITRE, « .Mct~t-e del t/'o&a~ors. )) (RAYNOUARD, C/tOt'.Bde poésies des troubadours <820, t. V, p. j66.) f6) Lisez, avec Nostradamus, C<tK<c[T'< « C(tM~f)'c<.petit chant. » RA\OL'A)D, LM't6 t'OMft?!

5)8–

Comment

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vicomtesse

fust e.xco?MHm/«ee ~e Lymoges 0.

et classée

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Il'H'r snn C'C'IIUruouic.atton] 1

Peut de temps après, la vicomtesse, soubz ombre d'authoritté qu'elle avoit recouvert à Lymoges, vouilust infère!' que tout le pays de Lymousin estoit d'elle tenut soubz le nom de la vicomté de Lymoges. [Ettej s'y efforsa par armes à soubzrnettre ses voisins et les contraindre à obéir, et, pour ce que ceux d'Uzerche furent les premiers refusans, elle les viu~t assiéger l'an 1279, les pressants de toutes parts à ia reconnoistre dame d'Uzerche, comme membrede la vicomté. Lesquelz, pour la nécessité, eurent recours à l'évesque Gilbert, lequel tist souva.nt prier de lever le siège. A quoy elle ne voulust fust excommuniée (3)et toute la vicomté entandre,parquoye))e supposée à l'interdit, Lequel ceux du chasteau, c'est-à-dire de la ville de Lymoges, ne voulurent garder, disants n'estre aucunement de la vicomté,combien que les Frères Prescheurs ft Mineurs le gardassent. Laquelle vicomtesse de ces fulminations et'interditz appella à Bourges, où elle obtint absolution quand à elle de prime face (3). Apprès,[e))e] obtint deFévesque de Lymoges abt-otution, et vint en la ville faisant plusieurs oppressions aux habittans qui ne la voulloient reconnoistre pour dame. Dont le peuple indigné s'esleva, et la chassèrent aveq les officiers de la ville, et bientost apprès, elle mourust, délaissant sa fille Marie seulle héritière. L'an 1280, Artus de lame, donnèrent audit tance arbitraire qu'il habbituns de Lymoges Bretagne et ladite Marie de Ségur, sa Gérald de Maumond, pour ladite sanavoit randue à leur profilt contre les (4), !a terre et jurisdictiou de Cuasfux-

:G(\I',¡¡,IJt. jlaumont, ~rtfoCtMt~Ch..hro).!

1) Compare?. le manuscrit Bourgnin-.Ufiicp, /o~CMt.. p. 370, t.V HMAVE~'n'RF.,t. !!f, p. 59) –COHRHT, M: ffU~r~ p. i0). ''3:! V. ~MOKymMm .Sftne~' ;V<tft;o<t'.s c/t.t'on./ro); f'"or/M ~M /t~(., t. XXI, p. 803 et 804., (3; De la Primace ~Mss. Bourgoin-Mt'ticR\ r. fi-r]psstis,page~'i~r.a)!ssi Ro~AVE'-TL'RE,t.H[,p.;iD2, .4M?n/MMM .S'fn;c<t.Xnrt/n~i rAroniro;?, loco ('< p. SOi.

2!i) Chabrol aveq toutes ses appartenances. Duquel prinse la povint en armes, accompagné de plusieurs gens de cession, pour le difguerre, contre Aymard, vicomte de Rochouard, et ce férend de la justice du boijrgtd'Aaradour-sur-Vayrey, le je de septambrc. Le roy Philippes de France vint à Lymoges, où il fust maplusieurs fois voulust accorder gni8quetnentreceu;et,par les Lëmuviq~e;) aveq le duc de Bretagne et sa famme, en modifîiant la santance donnée par les arbitres, ce que les habittans ne vouiturent acepier. En l'an 1284, Pierre de S"Vau)ry, abbé deS'Martia), voyant que Artus de Bretagne, à cause de sa famme, jouyssoit de la justice de Lymoges qu'il tenoit de l'abbaye de S~-Martial, il fist saisir et mettre à sa main icelle par deffaut d'homsge, et interdisant le juge prévost et sergens que ledit Artus avoient députtés. Et, le 4e jour de febvrier, fist bailher la commission à Guilhaume de Snt-Vaulry, nepveu dudict abbé, qui establit juge pour exercer la jurisdiction M" Jean ne dura que jusques au lundy ensuivant, que Oary.iaqueUe ledict roy de France arriva à Lymoges, ayant en sa compagnie deux de ses enfans, Philippes-le-Bel, roy de Navarre, et Chartes, roy d'Arragon. Lesquelz furent receus des bourgeois en grand triomphe et toges dans l'abbaye de Sainct-Martia), où le roy, à plain informé du droit des parties prétandant sur la justice et seigneurie de la ville de Lymoges, octroya lettres à l'abbé, par lesquelles la justice fust mise à sa main, comme suppërieur. En signe de ce, fust faict proclamation par toute la ville à son de trompe, comme s'ansuit DE PARLE ROY, seigneur de Lymoges, prohibons et deffandons, interdisons à tous autres juges et officiers de n'exercer que pour le roy de France, ny rien entreprandre à son
[ 1~ h~-)..H.r.)i(i). 1':11-

[I.~Mm.),! )1arIÍat de

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loco c~a.to, p. 80o, .)~ Y. /it!OM!;mMm.iftnc~ iMo'Oa~x c/o~cott, «~nfiMuM,)~m,;Bo~vE.\Tum'p.i94. f9 .i;)0?t;/tKH'm.S'at!c~t .f<?'</o<~ ~/tro?!:cot), ad (tn)!Mt!t ~320 c<wf/)!!Mntnt.rori/p.8tO,et.ieI'.Bonavent,ure.p.)t.,qui~rentitielcsprreursducompihtpur;))–)'ahb(''noY-Pir.nR):FtTTK.aMt;T)'!')< .M/(''Z.))')~f'.<.p.

320
préjudice, et à aucune cour etjurisdictionconuoîssancc, tous autres de n'obéir qu'à ces officiers.
;("'r<t.)Ft)<ht<HMi Jr ~I¡nt-1iirtial.J

et à

Ledit abbé décéda peu de temps apprès. Et luy succéda Gératdus, en rangt des abbés de S"Martial 39 (1). Le [t'an] dernier du roy Philippes, Artus de Bretagne arriva à Lymoges aveq sa femme. Lequel fist rompre, briser et brui!er les portes de l'abbaye de S°~-Martial. Outre ce, se jetteront sur les moynes, lesquelz furent battus. Et de plus, [Artus] changea leurs oHiciers députtés à gouverner la justice de Lymoges, saisie à lamain du roy de France. [Us] rompirent les conduitz des fontaines. Dont bientost mourust ladite Marie de Ségur, sadite femme, qui délaissa Jean et Guy, ses cnt'aus. Co~maK~ ville de L~MO~es fust mise à la main du SOM&2 ~aK i28G (3). PA~ïppes-B~~

mlcnrc .Ju ,icomte 'tt'r~'i'.d'baYC'tt} '(.~h~i.);2'.)

roy de France,

'n~<))"fj)t Apprès le couronnement du roy PhHippes-Ie'Be!, EdouardHf'ht'ttj'pctf'D~t] aux-Longues-Jambes, roy d'Angleterre, vint fèje bornage au fm d'.qU1taino de France de la duché d'Aquittaice. L'année i387, Jeau a()hÍHpre J roy rrnel. de Bretagne, Jean, comte de Richemond, son GÏz et de Béatrix, fille du roy d'Angleterre, avoient receu Artur, fust marié aveq Marie de Ségur, vicomtesse de Lymoges. En laditte année mourut Edouard-aux-Longues-Jambes, auquel suscéda son filz, Edouard, surnommé Carmenan. \thh.on Eu ce temps, commança la communaulté de Masteu ouMastéon en Lymousin (4).

(~) Gérald Faydit ~28o-!29~. est le 35e abbé, d'après l'abbé RoyPierrei'tte,~M. ibid. Le P. Bonaventure (p. 598) rapporte (2) Roy-PierreStte ces faits à l'année !J!90. (3) V. /tMK(!~ <~<jftHtf!tKf, ~37. f" tOl recto. ,5at!C<! .Vft!'<!a~ chron.. ~(.'o c~ (.t) V.h;o~mKnt p. 81, (~ CMHHM)289.

~i à )'abbayedeS°'-MarUa),en Guilhaume Fey()i(l)sucëda raugt 40, par le décedz de t'abbé Gérât, et décéda t'ati 1300. L'an 1292, Edouard, roy d'Angleterre, apprès qu'il eust faict homage au roy Philippes et serment de fidélité, ce nonobstant, commançala guerre, fesant ses gens plusieurs excès et rebellions. Parquoy, le roy Philippes fist mettre à sa main Lymoges, Périgueux, Saintes, Engoutesme, Agen et Cahors par Renault, comte, de son connestable et de Charles de Vallois, son frère. Venue des Pères Augustins à Lymoges, FoM1290 ~).
Les lucusl1us s'Óta~ [CutdoLdt'ortt-, abbëdc Martial. [Rfpriso ftfs hostiSaiut-

lités entre E~louurd rd ctPtiilippe-tuB.t.)

L'an 1290, tes frères hermittes appelés Augustins vindrent à Lymoges, et commancèrent à édiffier leur couvent aux faux bourgs de Montma!)ier. Rt onze apprès, le jour de FAsà célécommancèrent somptiondeNostre-Uame,ran130i, brer dans leur église, qui estoit très belle. Laquelle fust destruite aveq partie du couvent, causant les guerres. Duquel ne reste que le portal d'icelle, comme dit est [plus loin]. Et en l'année 1638, ilz ont commancé à fère bastir l'église et leur bastiment. PIERRE DE SEPERtE(3),natifde Donzenat, chanoine d'Evreux, plain de doctrine etde bonté, par iedécedzdet'ëvesque Gilbert, qui décéda i':u) 1294, fust esleu évesque de Lymoges, en rangt 6t. Laquelle eslection luy fust présantée par Regnault du Port ou de La Porte, chanoine et archidiacre de Lymoges. Lequel, s'excusant, la refusa tout à plain. Semblablement, il avoit~refusë Fëveschë d'Alby. Parquoy, à son reDU fus, fust ledit REGNAULT PoRT es!eu évesque de Lymoges,

LHs-.t-nt~Lim~g~.sj

!Raynau.tt!t-ta~'ftc.ëv~mi.j

(1) C'est une erreur de notre compilateur. A Ccratd Faydit succéda Gui de la Porte, frère de Raynaud, evêque de Limoges, d'après le Ga~M Chr~ttaKa et t'abbé Roy-Pierrefitte. t'. aussi B?'et)Ms)MMH! C/M'otMCOM ~mot';ef?Me ~or~.s des /u.st., t. XXI, p. 807J. f3)V. /)~oM/MtMM.SaH(~t A/cn';ta~s ch)-OK;'eoM, loco <<. p. 8<. (3) V. ~)'?;nr~;GuMoHM HOMM!t rfMCo~or!<m. /.<'m. (Rec. ~M~M<. des Gntf~s.t. XXf. p. 7.~6.;

en rangt 62. Lequel tist beaucoupt de choses remarquables, comme sera dit chacune en son rangt (1). L'an ~300, mourust Guilhaume Feydy, abbé de S"~ Marna!. Auquel succéda Guy de la Porte, frère du susdit évesque, en rangt des abbés 41 ('2), estant avant abbé de Vigeoas. Lequel fist grand poursuitte à Paris contre Artus de Bretagne, a_ cause de ses enfants, pour avoir l'homage de la justice de la vi!ié de Lymoges. Incontinant après, fust ledit Guy déposé par le pape Boniface, grand ennemy de la France, qui en déposa plusieurs autres. Lequel pourveut à l'abbaye Gadbard de Miramond, en rangt des abbés 42 (3). Audit an, mourust Gérald de Maumoud, cy devant archidiacre et conseiller du roy, à Chastux lequel fust enterré à S"~ Pardoulx !a-Rivière, que la vicomtesse avoit fondé. En ce temps, Jean Faure (4), chancelier de. France, fist contmancer la datte des contractz au 35'' mars, et non a Pasques, comme on avoit de coustume.
Ch)'OH!c: /,gmO!):MMSM seCMK~M~ SMpp<CMMt);t,'V..M(!;OfM ~<.M. au ~i~~Mf!~des historiens des Gaules, t. XXI, p. 191. Notice sur la vie et ;'(~MCOpa<~e ~at/tMKd de La Porte, par ARMANDE LAf'oRTK, D au t. Xi, p. 139, du Bullet. de la Soc. arch. du Lim. (2) Guy de La Porte (1~98-<3.) est le 36'' abbé, d'après Roy-Pierrefite.i'ococt'ato. (3)GaiHarddeMiraumont(<302-<3«),37e&bM,t&M~. (4) « Pierre Fabri (M. de La Porte, loc. dit. l'appeHe Nicolas Fabri;, chancelier et garde des sceaux de la cour de Limoges, changea la dhte des lettres et contrats, qui se faisoit au jour de Pâques dans le diocèse de Lymoges, et ordonna qu'elle se Hgt doresnaYant à l'Annonciation de la Vierge, qui échoit au S5 de mars. » (BoNA.YENTURE. p. 604.) Voici le texte latin du passage de la chronique anonyme de saint Martial, traduit par le compilateur 1 fe !tem nota quod data litterarum solebat mutari qu~tibet anno in festo Paschœ in dioecesi Lemovicenci sed ïNagister Petrus Fabri, » cancetlarius et custos sigilli curim Lemovicensis, institnit quod M data mutaretur quolibet anno in festo Annuncia.ttonis heata~ M:iriK*: p: prima mutatio fuit anno Domini M. CGC. primo, a ~Cor.i ~f's~istot'M'M. des Gaules, t. XXt, p. 8)0.,

f.'uJ.UPurte ahbo du sn;.ItM..rtit~

t.~HarJdc~timttmtmi~aht~'Jn ~atnt-Harftit).'

.)M h'ttr"s d rmlretv

2~ En l'an 1305, fust esleu pape Berthrand Gotto (1), archevesque de Bourdeaux, et fust nommé Clément. V", natif de Lymousin. Le jour de son sacre à Lion, fust tué Jean de Bretagne par la cheute d'une muraille qui tumba sur luy et autres, et le pape blécé, lequel y perdit une escarboucle estimée six mille ducatz (2). Comment Lymoges envoyé retourna MH bourgeois aux /iM~~OM, OM fust
[E~n~d~C~-

mfiitV.

de Lymoges.
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En iaditte année 1305, estantmortEdouard-aux-Longues-Jam bes,roy d'Angleterre, qui laissa de la comtesse de Poictiers (3), sa première famme, Edouard S% surnommé Carmenan (4). Lequel, apprès qu'il fust couronné roy d'Angleterre, espoussa en faveur duquel Izabelle, fille du roy Philippes de France mariage luy furent randues les terres et seigneuries d'Aquittaine, que le dit roy Philippes avoit faites mettre à sa mai:), desquelles ledit Edouard fist homage au roy de France. Les consulz de Lymoges ayants sceu comme Edouard, roy d'Angleterre, avoit esté receu à homage des terres d'Aquittaine que le roy lui avoit délivrées, envoyèrent à Londres Simon Boyol, bourgeois de la ville, homme honnorab!e, aveq pouvoir des habittans, pour avoir ia connrmation des privi!éges et coustumes antiennes (S). La jM~~ce de la Citté et S~-Lëo~ar~ Icelle année 1305, l'évesque Renault (6)_

1 LI''> consuls

cn-

vuj( n: Simun Bo}'ol il LOlldrc:I la pnur connblenir firmation

des pri.

vjlcgesdehviitd~

l'ar:a¡~o ,Jo la Ci!ê ftdeSamt-L~o-

de La Porte asseur~

tard.] ]

Les événements indiqués par notre com(<) Bertrand de Got. pilateur sont racontés dans la Biographie ~)/!c/taM~. V. aussi Ann. surtout Bernard Guidonis, <ococt'<. ~MtMt?!6,<557,f"102v",et p. 71S.
(8) BERNARD GulDONtS, /OCO Ctt., p. 7t5.

Ann. fr~Mt~t:'M~ ta57, fo d03, r"; (3) De Ponthieu (J. BOUCHET, Edouard! né en~Si., dans le pays de~GaHes, à Caernavau (4) dont il retint le nom, que notre annaliste peu scrupuleux écrit CarwtgKan.. r. aussi J. Bo~cHET,bid. i (5) Le P. Bonaventurf. p. 609, rapporte ce fait à la date de ~308. ~c' 'f!) On trouve au t. \Ut, p. 205, du recueil des Ur~o~Mf!?;c<'s )

224

France à ta justice de i~Citté ~associa] le roy Pbiiippesde de Lymoges et de Sainct-Léonard, craignant estre troublé. !5t depuis, sont tenues en commun pariage, avec pacte que, sy t'ëvesque n'y avoit droit, le roy le seroit par moit'é à icelle. Dont fust faict par les ecclésiastiques de la. Citté procession.
'tfmr de Haumoot.Jî

L'an 1307, Pierre et Guilhaume de Maum~nd,çhevaU!ers, et héritiers de feu Gérald leur oncle, vandirent t'ëvesque Renaud ta tour de Maumond, que ledit Gérald avoit fait bastir dans la Cité de Lymoges (1) et, d'avantage, firent eschange aveq le roy Philippes des terres qu'ilz tenoient en Lymousin. Et, eneschange, teRoyteurdonnaToMay-Boatonne,prèsS~Jean-d'Angely (2). Hommage faiet à roMe [~] ~-iFoî'~o~ forme (3). et la

[tton~Mgafaitpnr duc de L'an. Br~ta~np h rabM ~Stunt-Martiat~

Apprès le décedz de Jean duc de Bretagne, Artus, son filz, obtint la duché, qui [tequet] de sa première femme, Marie de Ségur, vicomtesse de Lymoges, avoit eu deux. enfants, seavoir Jean et Guy. Lesquelz voyants qu'itz ne pouvolent jouy)' de Lymoges pour l'empeschement que Fabbé de S~-Martiat luy faisoit à cause de Fhomage, Jean, filz aisné d'Artus, duc de Bretagne, fust envoyé par son père à Lymoges pourpratidre pocession des terres de sa mère au pays de Limousin. Lequel fist bornage à l'abbé de S"Marna), appelé Gailhard de Miramond, dans le chappitre, en la forme qui s'ensuit. Scavoir: un serment de fidellité pour ta justice de Lymoges, laquelle it advoua tenir dudit abbé n)M de ffftMee de la trOtSMMe race, des iettres, datées de Chino". ')43t. par lesquelles Charles VI! confirme le pariage pour la, Cité de Limoges et Samt-Léona.rd.et dans lesquelles sont t~ut a.u long rapportées les lettres de Philippe le Bel, du mois de septembre ~30T, et non de <305, comme te dit notre. compHateur. (P'. LEY5M.ME, du ~Mt. /UtMn(!e~LMMMStH,ann6e LtM: t. )1, p. 273 18~9, p. 9;– Bo~AVENTURE,607.) p. .;<)f. ci-dessus. Sm!c<!Ma?'~c[!t.chronicon, <oMcil., p. 8H, ad (2) V. /tMOM.ymMM tMMmt30C. '3' V. ~);W..p. sn,offn!t)!Mn: ~M7.

225 Item, un autre serment de fidélité et baiser pour le droit à à recevoir l'homage de luy donné et à ses prédecesseurs Pierre-BumèreetdeChervix('!). Cella fait, il disna au reffectoir de ladite abbaye aveq l'abbé et religieux, puis députta ses officiers de la justice ordinaire de la ville. Venue du pape Clément à Lymoges, et le chef de Snt Martial mis dans une châsse.
[Clément Y )<Umoges.]

L'année i30'7, fust mis le chef de sainct Martial dans une châsse. Toutesfois, il est dit alheurs que le pape Cfément 5° vint à Lymoges, et desira voir le chef de Sat-Martial, et, apprès l'avoir regardé révèremment, te baisa en pleurant, le tenant entre ses mains, [te] jour de dimanche, 24° avril 1306 (2), qui peut bien estre l'année qu'il fust mis dans une châsse par ledit pape. Il est plus certain de l'année 1307, car Jacques, roi de Majorque, retournant de Poictiers, où il estoit allé pour voir le pape Clément 5, vint à Lymoges faire sa dévotion àS" Martial, et fust reçeu en grande solempnité, le 13 juin 1307. Dam Geoffre de Chabrignact (3) fust esleu abbé deS" Martial, en rangt des abbés 43, par le décedz de Gailhard de Miramond.

[ÉHe.GfofTroyda Chabngnac,abb6 de Saint-Martia).}1

lllonast. du ~tm. Saint-Martial. (<) V. ROY-PIERREFITTE, p. 58; et le P. Bonaventure (p. 608), qui cite à ce sujet les « Chroniques de )} ~c[!MtMa;r<t<n!) F. BoNAVENTURE, HI, p. 607. Les annales de Grandmont disent t. (2) que ce fut en 1306 que le pape fit visite au monastère avec sept cardinaux et sa cour (Ann. ord. Grand., p. 330). C'est égâ)ement à l'année ~306, et non à l'année ~307~ que Jean Bouchet (Annales d'Aaussi quitaine), rapporte le séjour de Clément V à Poitiers. BERNARDGUIDONIS, BANDEL,chap. IV, Dévot. à MMt.tKarft'a~; loco cit. p. 7<6. est le 38" abbé d'a(3) Elie Gaufridi de Chabrinhac ()3~-1338) près Roy-Pierrefitte, loco cttfr~o.

1.7,

336

Des Mco~es qui ont prétandu
Mm~.i'A!~r.h Urfta~nf.]

droit a LïMo~

Environ ranl3i2,mourastArtus

de Bretagne, et/laissa Jean

et Guy, comme ditest, de ladite MarîedeSégur; et de Yolant. fille du vicomte de Narbonne (1), comtesse de Montât, sa seconde femme, Jean, qui fust comte de Mootfort, et quatre filles. L'aisnée espousa le comte de Barbe (3), seigneur de Laval; la seconde, le comte de Vandosme; la troislesmeetquatriesme furent religieuses. Et Jean, l'aisné, tint la duché de Bretagne 28 ans, et délaissa à son frère Guy les terres et seigneuries à eux escheues à cause de Marie de Ségur, leur mère, aveq la comte de Ponthaumur (3) et la seigneurie de Gresse (4). Le duc Jean espousa en premières nopces la soeur du roy Philippes de Vallois, de laquelle n'eust aucuns enfans, comme aussy des autres deux, scavoiritsabeau, sœur du roy d'Espagne, et de Jeanne de Savoye, esquelles assigna pour dhouaire la ville de Lymoges et la vicomté de Ségur. En ce temps, les templiers furent chassés, et leurs biens furent baillés aux chevalliers de Rodes (6). H y en avoit dans la ville de Lymoges, et leur temple et demem'erestoit devant S"Martiat, au bout de la rue du Temple, qui faict le coingt
duc de Narbonne, vicomte de Bourges et de (l)Fi)ted'Amaury, f" <OS ~ Carcassonne, comte de Montfort. (J. BOUCHET, a~. <Ntf., recto.) ~) Lisez ~iar, et rëtablissez ainsi la phrase, d'après J, Bonchet ff Lapremière des filles épousa le comte de Bar; la seconde, le seigneur de Laval; la tierce, le comte de Vendôme et la quarte fut religieuse à Poissy. » d (:!) Lisezla Co?Kt<! e PëMiMure, d'après-J. Bouchet. (4) De Grelo. (J. BOUCHET.) au t. IX du Bullet. de la Soc. a.rch. du ~tM. P)'oe~ des (5) Templiers, procuration de Jean fils a!ne du duc de Bretagne, nomm~ BoNAle 29 avril <308, pour le représenter au procès des Templiers VENTURE, 608. p. (6) V. dans leBulletinde la Soc. ~}'e& t. IX, un art. de feu M. Maurice Ardant Chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de ~fM$a<~M t~ Rhodes et de AfftHg.

'Lt~tt.-tnpHt'ntfS).]

227

tirant à la porte Poutatière, dont les voutes de leur temple paroissent encores dans quatre maisons jougnantes. Comme aussy ilz tenoient la commanderie du Palais. TMMSMOM de Aurélien.
[ Translation saint de

L'an 1315, fust relevé lecorpsde sainctAurélien, 2e évesque de Lymoges, gissant en t'égiise Sat-Cessateur, hors les murs, par le susdict évesque Rëgnautt, et ce le 15e febvrier (1). Ledit corps sainct repose dans une châsse de cuivre surdoré, et le chef dans un demy-corps d'argent enrichi de pierreries de peu de valleur, auquel est grave Béchameil (8) de Las Portas me ~y/ar~sK i365. A présant, il repose dans la chapelle bastiel'an 1475, qui porte son nom, au bout de rue Torte, Partant le prieur et curé annexéeàrëg)iseS'Cessateur. est df l'une et l'autre. Le vicomte achette une maison dans Lymoges. de Lymo-

AU1'élien. J

En ce temps, 1315, estoit vicomtesse dhouairière ges Jeanne de Bretagne.

Guy de Bretagne,-second filz d'Ârtus de Bretagne, aquist à Lymoges, pour sa demeure, la maison du convent de Peyrusse, jougnant où à présent est l'église de Sainct-Michet-desLions. Laquelle, apprès, fust la maison curialle, puis eschanaveq le curé, pour y placer gëe pour les dismes de S"Lazare le siège présidial (3) et sénéchal, où il [est] à présant, appetié le Palais.

[Maison <]upr<!stJt:(ï de I.imog(.s.)

(<) Le 15 des calendes de mars, d'âpres une Chronique anonyme saint .Var~a/ et la chronique de Ma)eu, insérées toutes deux au Corps des Hist. des Gaules, t. XXI, p. 8!3. )'. an sujet de cette translation Bo~AVExTURE, III. p. 613. t. (3) Dans l'exemplaire du P. Bonaventure que possède ~a Bibliothèque de Limoges, lequel exemplaire a appartenu à )'abbe Legros et est annoté de sa main, le nom propre Bechameit a été biffe et rem« H~L f/sK??f/i!M OM /~t)MM~. » placé par la note marginale Le sicge presidia) fut etabti en <o5). ~.Box.\VE~'T('r.R ~p. 607). (3)

228

Du pape J~M22, qui divisa l'évesché deux, soubz P/M~pes-LoM~
~Ltf!'Uon~t'~t'd~.tttTfUc.]~

de Lymo~~

rundation

do cou-

'.e)tt9aM~)';inar.]

Environ l'an 1316, fust esleu pape Jean 3~ du nom, natif de Cahors. Lequel, apprès quelque temps divisa t'ëvesche de Lymoges en deux, érigeant l'abbaye de Tulle en évesché, desmembrée de celle de Lymoges. Du temps dudit pape Jean, le cardinal de Mortemar fonda audit lieu, duquel il estoit natif(2),trois couvents, scavoir de Chartreux, Augustins et Carmes, lesquelz il doua rtchement. Lesquelz Chartreux ont qmtté aux autres. Environ l'an 1319, le comte de la Marche, frère du roy Philippes de France, fust à Lymoges, et ne visita SainctMartiat ni n'entra au monastère, ce qui fust dit estre innouy, car tous les princes ont tousjours accoustumé d'honnorer Snt Martial (3).
Hist. Tutelensis, 17t7, p. <89, 190. Y. surtout a (1) V. BALuzE. Joannis pttptB XXII de erecl'Appendice du même ouvrage BM~tB lione episcopatus Tutelensis, anno 1317; ejusdem pcpts cpH~o!oad ~eeMCttomg l'hilippum )'m. FMMCOfMm episcopalus Tutelensis anno ad 13! 7,' ~<M~em.pa.p<Bep!5to!ft ~ifKaMtMK s~e~M.M.Ï'Mtë~K~M, ut nonobstante quod nondum habeat litteras apostolicas de provisione CpMCOp<tiMS,pOSMt ~C~CSMBTM~n. aec:pë!*e n~HHHtStrftttOKMH. et parrochiis ccc~s~ ÏM~~MSts, <Ms~ew pap~ h')'<B de KtKtM&MS anno 1318, etc. t. (2) V. Historia epMCOpOrMnt ~Utt'MtOf!0)'~MStU. apud IjABBE, I, V. aussi ROY-PtERREHTTE, ~CAa~)'eM.B6MLztHOt<S:?t. p. 509-SiO. (Etudes sur les monast. du ZMM.) J'en tire la preuve de ce que je trouve dans un ancien (3) « manuscrit contenant plusieurs mémoires de divers temps "et. finissant t'an<3)9, qui porte qu'à la fête de saint Grégoire, le frère de Philippe, roi de France, comte de la Marche, fut à Limoges et ne visita point le saint ni n'entra au monastère, ce qu'il dit être inoui: « Non visitavit SCMMttfM, !'K~CH)tt ?M$M6 MMtMS!M':M!n, C~ MMM<jTM({ t~tMK.? (BANDEL~D~Mt. &saint J~M'~M~, chap. VU.)– V.OKt/MMMK tS~MCtt-Ma.rtta.~s Chronicon ad anftMMt)390 coKf!'MMa~fm. (Corps des HMt.t. XX!, p. 8~4.)

ft'ti~aa~hLnnnpM do du M~hc.j J La

2~9 (~.
(Cunfirmntinn de mo~.t. drs Li-

Spt~z

Charles-le-Bel,

4° du

nom, roy

de France

L'an 132S,Isabeau,reyne d'Angleterre, vint en France aveq' Edouard de Vinderose [de Windsor] son filz, lequel fist homage au roy Chartes son oncle, de toutes les terres et seigneuries qu'il tenoit en France, puis confirma les antiennes coustumes de Lymoges. Soubz Philippes de Valois.

L'an 1328, mourust Guy de Bretagne, comte de Pantbièvre, délaissant une seulle fille nommée Jeanne, boiteuse (2), en ta garde de Jean, duc de Bretagne, son frère; lequel, n'ayant laissé d'enfants de trois femmes qu'il eust, Est laditte Jeanne son héritière apprès son trespas,la mariant avec Charles de Chastillon, filz du comte de Blois et de Marguerite, sœur du roy Philippe. Guilhaume de Ventadour fust esleu abbé de S~-Martiat, en rangt 44, (3) par le décedz de Dam Geoffre de Chabrignact, abbé. Ledit de Ventadour estoit frère du Se de Donzenac. Du pape Clément 6°.

( Joannn thiiK~.j

de

i'en-

de tadou[',abb6tlo

~'on-

SaiuL-L~lar(ial.1

Environ l'an 1340, fust pape Clément 6e, Limousin, lequel estoit appeté Mre Pierre Rogier, archevesque de Sens. Il fust premièrement simple moine, puis prieur de S~-Babitle, après, abbé de Fescamps, après, évesque d'Arras, puis, archevesque de Sens, après, translaté en l'archevesché de Sens, et faict cardi-

[OtmentVf, p,p.(<).j

(l)F.BONAVENTL'RE,t.tn,p.617. (~) Jeanne laBoiteuse, ibid., p. 63~.BoucHET.(/iMm.d'.4~t:t, <08, f°) rapporte la mort de Guy à l'année t330. (3) 39" abbé, d'après l'ahbe Roy-Pierrefitte. (4) V. dans la Galerie de Portraits des personnages célèbres de l'ancienne province du LttKOttMM,publiée par M. Albert ~8~8-~8., in 4°), une vie de Clément VI par M. l'abbé Tixier. Le P. Bonaventure rapporte l'élection de Pierre Roger a)'annee )342. En <'Het, Benoît XU mourut le avril 1342:

-?0--

nat, &aaHement,pape. Il eust toutes ces qualittés en moingtz de seize ans. H fonda une chappelle à l'honneur de saint Martial dans l'église de Sens, qu'il dotta de plusieurs rantes auquel il avoit grande dévotion, comme appert par sa bulle duT* juiHet 1343 (1).
'Pn.fJuch.))r.in (h~ (,fHIIIH¡rn

L'an 1348, un bngant nommé Bacco print le chasteau de Combort en Lymousin, qu'il tint par force pour un temps, fesant plusieurs volleries. Mais, enfin, le roy Philippes trouva moien de le retirer, et en fist son huissier d'armes, où, depuis, demeura en grand boixneur. Auquel temps, les babittans de Lymoges envoyèrent au comte d'Ailhe (2) ayant le gouvernement de Guiennepour le roy Philippes quatre gros engins, lesquelz par six jours battoient contre la forteresse d'Auberoche, tellement que tout le tenoient ceux de la garhautduchasteaufustrompu,etse nison ez chambres voûtées soubz terre. Le 4e may 1348, fust esleu ëvesque de Lymoges JEANDECROSE de Corsat(3), en rangt 63, natif du lieu ou ou commence la rivière de Creuse en la Marche. Il souffrit beaucoupt du prince de Galles, comme sera dit cy-apprès. ~OM&zle roy Jean de France. Hélies de Lodie (4), du lieu de Calaure, en Perigord, fust

lin(;ins

du r¡ut'rrl!

~It·f.iulog('

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't~ioUJoLuM, ..HM<)«Sa:nt<hr~i!t).]

«) En l'honneur de saint Martial apôtre. H y a deux bulles à la même date, et toutes les deux sur saint Martial. La'seconde est relat. tive aux ostensions. (BoNA\'ENTL'RE, III, p. 63!-63~.) .3) Le P. Bonaventure, p. 636, rapporte ce fait & l'année ~3~S, d'après « ies chroniques du pays. » Au iieu de comte d'~dhg, il faut tire comte de l'Isle, d'après le même auteur et probablement les Lirn. t. IJ, p. 389, dit que C'émêmes chroniques. Leymarie, Hist. tait le comte de t'Hte-Jourdain. (3) Jean de Cros de Calimafort, qui prit possession* de son 6vé~'hé le 26 octobre <3-i8, et mourut le 2t novembre ~383, est.le C~" 'veque, d'âpres le Tableau de Nadaud. (4) fff/a.s de Lodio, que l'at'hé Roy-Pierreutte (/c.c, c'~} tradui.t

23i csieu abbé de Sainct-Martia), en rangt 45, et ce environ l'an 1380. Et tint l'abbaye jusques l'an d361. L'an 1352, fust esleu pape Estienne Aubert, natif du Lymousin, lequel fust évesque de Clermont, puis cardinal d'Ostie, enfin pape, nommé Innocent 6e. Lequel fonda à Thoulouse un collége qu'il voulust estre appellé de S"MartiaI, auquel il avoit grande dévotion. En ce temps, fJorissoit Guido, Jacobin, natif de (1), lequel fust fait évesque de Lodève; qui rédigea trois gros volumes de livres intitulés La C~'o~Me des papes, emperois de France et comtes TAo~osaMs, et deux autres conreurs, tre tesAngtois et Germains, et le cathalogue des saintsdu Lymousin. Et dit que Snt Martia! a fondé les églises de Bourges, Clermond, du Puy, Mende, Rodez, Cahors, Agen, Périgueux, Thoulouse, Poictiers, Saintes, Angoulescne, Bourdeaux et Lymoges. Le corps dudit Guido repose en l'égtise des Jacobins de Lymoges. En l'année 13S3, mourust à Avignon Bernard Chascas (2), gentilhomme Limousin, poette en langue provansalle, excellant théologien et grand jurisconsulte, parant de Clément 6~et Innocent 6e, papes. SainctAnneius (3), enfant de Lymoges, florissoiten ce temps.
par Elie de Luys, est )e 40' abbé d'après cet auteur, et le 4i", d'après le Ga~MtCArt~MtM. I[ fut élu en ~310 d'après le Gallia, qui ne sait trop à quoi s'en tenir sur son véritable nom et qui l'appelle « Hélias I!, de Baudir, alias de Podio, dM PMt/, et etiam de Lodio, e loco de Caliers, alias de Cotauries, thoeMM PO}'ago!'tCg?!S!Soriundus. » (1) Le mot est en blanc. « Ex vico t)0(;sto RoERiA, prope ~MpfmV. au t. II de LABBE, Si 2 .Brep. Apis (près La Roche-FÂbeiUe). t'M Chronica de vita et moribus ac scrt'pïs et op6f;&MS Domini episV. aussi ROY-PtERREFITTE, J/OHnst. ~M Lim., copi Lo~OUMSM,etc. les Domireicains. V. ~'osTRADAML's, ~h'< (2) Lisez Pnscas. P?'of~Me6. ')6)4, in-f'\ p. 399 et suiv. (3) Lisez Amicus ou plutôt Amici, trad. latine du nom propre Lamy ou de Lamy, et voyez la vie de ce saint dans le P. BonavcnturH, t. III, p. G33.
(Innoceat t ni

~Orrnard nls. J

G..i,lo-

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[GtitU.mm-o

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]'!itrmrchoduJt; rlI~alem.j

233

H fust 22° patriarche de Hiérusalem et évesque de Chartres. Après son décedz, fust porté ensepvelir à l'église cathédralle S"' Estienne de Lymoges, dans la chappelte de Carmélo, et fust retevé le 9° juin 1360. Courses des Anglois et prinse dit ro!/ Jean devant Poictiers. de France

fLM

An~tjtist'n ,n

Cun'tHx'.j

L'an ~3S5 (1;, les Ângtois estans en Guicnne prindrcnt le chasteau de Nontrond, où Hélies de l'Estrade establit garnison.Et!editde!'Estradese mit dans (2)etLeBouttnerde L'Estrade dans Eysidueil. Lesquelz ayant augmenté leurs compagnies pilloient le Limousin, Périgord, Engoumois et le Poictou; prenants les forts de Cbassaingt, MorseUe, Segur, Chasteau-Chervix, Ayens, Aixe et autres places apartenant à Jeanne de Bretagne, laquelle, pour lors, estoit bien empescbëe de deffandre Ja duché de Bretagne. A Lymoges, faisoient grosse garde, se fortifHants, creignans les! surprinses angloises. Lesqueiz [Anglois] appercevans la petite résistance qu'Hz avoient trouvé ez terres de la vicomté, adve; tirent le prince de Galles, qui estoit à Bourdeaux. Lequel assembla gens de toutes parts, etvint en bataille jusques prèsLymoges; mais, connoissant l'advis des habittans, passa outre sans s'approcher, pillant le païs de Lymou&in. Et advenant lei9''septembre l'an i356, teroyJean de France fust prins devans Poictiers par ledit prince de Galies, anglois, à une lieue près appellé Champ-Beauvoir et Maupertuis. Le nombre des tués fust de cinqt à six nuits. Les chevalliers qui furent prias en cette batuiMe, le nombre estoit plus grand que n'estoit Fermée des Anglois deux fois. Et y mourust du Lymousin Jean de Maumond, Robert de Chaslux, Robert de Donzenac, Im.bert de Chambourand~ te vicomte de Rocbouard, Gautier de M,ontagut, Jean de Brie et plusieurs autres (3).
~CO Ctt., :1) )356. (LEYMÂME~ (3) Le mot est en blanc dans le manuscrit. / 3; f. BOUCHET,lnK. ~)~Mf<(!U!< )5§7, f°H-i,

fBata'HctfcH-mj'crtuM.

1;

–233– L'année 1360(1), la Guienne fust donnée avect autres terres, pour la ranson dudict roy Jean, au roy d'Angleterre. Parquoy fust mandé à Lymoges. Et advenant l'an i36!, Bouciquaud, mareschal pour le roy de France, vint à Lymoges aveq pouvoir exprès pour quitter le sérement de fidélité au nom du roy de France, que les consulz luy debvoient. En vertu de quoy, les quitta entièrement, présantant autres lettres de commandement du roy d'obéir et fère sérement de fidélitté au roy d'Angleterre. Allors, furent délivrées la Ville et Citté de Lymoges à Messire Jean Chandos (2), connestable du roy d'Angleterre, pour partie de la ranson du roy Jean, qui avoit expresse procuration pour recepvoiret accepter. Et, pour ce fère, [Jean Chanet de dos] estoit bien accompagné de noblesse d'Angkterre Gascougne. Et fust prinse la pocession de la ville la veilhe de la Conception. Pour ce que les bourgeois de la ville disoient n'estre tenus que faire un sérement de fidélité au vicomte, ledict connestable Chandos fist confirmer !es antiennes coustumes octroyées ausdits cor.sufz et bourgèois par tesducz d'Aquittaine, et fère les consulz à ia mode antienne. Lesquelz receus, supprimant les arrests du vicomte présant, Martial Briselon, trësaurier(:!). Allors Charles de Blois fist venir l'abbé de S"-Martial à
de 1t1 f.ession <'¡uiennn 311 cui d'Anglcterre.J

[Délivrance moges Chandos h J

f'ct. Jean

[Confirmalion coutuJllc!>.j

dt'!>

au Corps diplomatique de Dumont (f) Traité de Brétigny. de cession du comté de Guienne par 't7M, t. tf, p. l'acte Jean à Edouard III, fait à Calais, le 24 octobre t~GO. V. aussi Bot. ~'AVENTURE,!tt, p. 6~7. de la délivrance a Jean Chandos, commissaire (2) Procès-verbal du roi d'/iK~~fgt'M, des places françaises abandonnées par le traité r/e Brétigny, p!t!)~g' ~'aprg.f le manuscrit du ~/Mse'e britannique, par A. BARDO~ET, in-8°, p. 70. (3) Cette phrase n'est pas terminée et est inintelligible. Nous croyons devoir reproduire en entier le passage suivant, que le P. Bonaventure dit extrait des « chroniques du pays » « Et, parce que les bourgeois disaient n'être tenus à faire serment de tidétité qu'au vicomte de Limoges, selon que nous avons vu sous Chandoz, pour saper son autorité et établir celle Phitippe-ie-Hardi de son maître, permit qu'on fit les consulz à la façon ancienne, c'cst-dirp. indépendamment du vicomte et de sa juridiction. Ainsi

234 PoicUcrs, secrettement auquel il .fist bomage du Chasteau de c'est-à-dire la ville. Lymoges, 'CHtMud'Me.) En laditte saison, Févesque Jean commansa édimeria du chasteau d'Isle, dépandant de révesché. tour

tF~mfhc'tuBrctuf. Eymeric du Breuil, natif de Leychousier, sucéda à l'ab.<hh<)eSa:nt- baye de S"Martial, en rangt 46(1),parle décedz de Ré!ies de thrtM). Lodie. Ledict Eymeric fust novice dès son jeune cage, et instruit au monastère, maistre des c!ergeons(2),prieurdu cloistre et prévost de Roussac. Il obtint du pape Grégoire x.j F un concervatoh'e perpétuel et privUlëgede créer un penitancier lors de l'ostention du chef de S~ Martiat.~Et aussy fust envoyé par ledit pape le joyau ou reliquère pour mettre le chef de sainct Martial, qui sont les couppes où il est de présant, comme appert gravé en la couppe de desoubz PP. Gre~ortKs xj as donna las coupas. P. V!<M las fey l'an tMC'*c~ Ledit abbé décéda icelle année 1383. ;t)rt).mT.; Pour conctusion du 3° livre, apprès la mort du pape Innocent 6", les cardinaux furent en grand discordz à esHre pape. Car tes cardinaux de Boulougne et Périgord par grandes factions estimoient lequel des deux ce seroit, comme les plus apparents du clergé [ce] qui Est différer l'eslectioa des autres cardinaux, tant qu'itz compromirent à îceuuyquipar les deux susditz seroit esleu. Lesquelz esleurent Fabbé de S~-Victor de NarseiiteapeUéM~Guiihaume Grimoa!d(3), grand clerc et

les consuls ayant secoué ce joug qui leur était importun, rendiH rent hommage au roi d'Angleterre entre les maYn$doChandoz. MChartes de Blois, vicomte de Limoges, voyant cette oppression et M Ytjutant conserver ses droits, envoya chercher secrètement l'abbé ') de ~aint-Martia),qui )e vint trouver à Poitiers, et lui fit homntage du château de Limoges, c'est-à-dire de la ville. » it) Eymcric du Brcuil de Drouilles (1361-1384), né au château de i'Eychoisicr, est le 4<° abbé d'après l'abbé Roy-j'ierrefitts., loco ct<a~. .'a) n C~rpoK.<r;'oM, petit clerc, enfant de chosur,. ') (ROQUEFORT.) M. Fabb~ Roy-Pierrefitte traduit par ~VofMM. ~osn'ada'nus,f;'s<.<~P)'o!p.it); t'appeUeËrimaid Grisant,

335 homme de sainte vie, qui avoit grandement travaiité pour l'église tant en Lombardie que ailheurs, lequel estoit natif du Lymousin, qui fust nommé Urbain 5, et fust esleu pape à Avignon l'an 1362. Un an après, le roy Jean de France mourust à Londres. Les vicomtes deLymoges omt esté s'y aggrandis et honnorés à l'endroit de Charles-le-Gros, Charles-le-Simple, Lonis-d'Outre-Mer et Lottaire 3e, rois de France, qu'ilz leurs permirent de faire battre monnoye à Lymoges, de quoy ilz se sont pt'évalleus. J'ay veu de laditte monnoye d'argent, de grandeur d'un double tournois; d'un costé il y avoit un chef et autour: S. ~fart~/M, et de l'autre une croix tenant le rond, et autour d'icelle .L~o~ce?: ('!).
Limousin de nation, fils d'un très-haut personnage et savant docteur médecin anglais. Le paragraphe du t. Ht de P. Bonaventure (p. 650) relatif à ce pape et à son élection a été greffé par l'ancien propriétaire du vol., l'abbé Legros. ()) ÂLLOL', escript. cles WMMMtH., '26.4. D p.

LIVRE

QUATRIEME

L'ORDRE LA BÉNÉDICTION DE DESDUCSD'AQUITTAJtNE A L'ÉGLISEDE LIMOGES <
.(.r'~)tn~<!f)a fh'n~'hctioH la <it!3

ducsd'A~mta'tic.]

Premièrement, l'évesque doit venir en habit pontifical, aveq une cbappe de soye, et tous ceux du cœur aussy vestus de chappes de soye, à la grand porte de régUse,.ainsin qu'on a de coustume faire aux processions solempnelles, aveq le texte des évangiHes, ensensoirs et eau béniste. Et vest_!e duc d'un man. theau de soye, disant cette oraison Dieu tout puissant, éternel gouverneur des choses célestes et terrestres, qui aves daigné esiever ce tien serviteur N. de [en] la dignité ducalle, ottroye nous que iceiïuy nous detivre de toutes adversités, et du don de paix ecclésiastique, et par ta bonté il puisse parvenir à la joye de l'éternel repos. AUTREORAISON. Seigneur Dieu, l'oppération de l'effet de !a [ta] vertu assiste à nostre office, affin que, toy ouvrant Monsieur nostre duc N. à
(1) On a vu, page i88, que ce fut Elie de Gimel, chantre de SaintEtienne qui composa les cérémonies et prières en usage au cou-rotmement des ducs d'Aquitaine. M. H'aunce:Ardant a reproduit dans te Bulletin de la Société d'~yrMMKKrs de ~:M!0~ an. ~83S, ces cérémonies, extraites d'un autre manuscrit, en les faisant précéder d'une courte explication. Nous disons d'un autre manuscrit, caf on remarquera qu'une lacune de notre manuscrit est comblée dans la copie donnée par ;fI. Maurice Ardant. ~uant au texte, on le trouvera dans l'BMt.. des ducs de GM~?M:e, par J. Besly (16'{7, in-foL p. 187;. Ce texte est extrait, d'après l'historien, d'un manuscrit de t'église Saint-Ëtienne de Limoges.

23f eslire en l'honneur ducal, estant appuyé de ta grande puissance et garde, il puisse deffendre le peuple qui luy est subject eSicacement. Apprès, l'évesque luy baille sant l'anneau de Ste Vallérie, di-

Prenes icettuy anneau, et par icelluy connoisses en vous la car aujourd'huy vous estes insmerque de la foy catholique; titué duc et prince d'Aquittaine, affin qu'estant heureux en euvres et riche en foy, vous vous resjouissies au Seigneur des seigneurs, auquel soit honneur et gloire. Après, l'évesque luy met le cercle d'or sur cette oraison la teste, disant

Dieuéternpi tout-puissant, qui aves daigné estevercestuyN., tien servitteur, en honneur ducalle, nous vous supplions luy donner un secours mortel de ce siècle, qu'i! puisse tellement disposer ses subjectz au commun sallut de tous, qu'il ne se desvoye du droit sentier de la vérité, par nostre seigneur Jésus-Christ. R. Amen. Après, l'évesque luy présante renseigne, disant Prend la verge de vertu et équitté, par laquelle tu dois gratiHier les bons et espouvanter les meschands, remettre les desvoyés au bon chemin, et bailler la main à ceux qui sont tumbés, disperser les orgueilheux et relever les humbles, aymer justice et avoir en haine iuiquitté. Après, l'évesque dit ceste oraison Dieu, qui sais que le genre humain n'a pouvoir par aucune sciance et vertu, ne pouvoir demeurer en un mesme estat, donne-nous comme favorable que ton serviteur N.,tequet tu as vouttust estre préféré à ton peuple, qui [soit] tellement secouru de ton ayde qu'il puisse proffiter à ceux ausquelz il est préteré par Nostre Seigneur Jésus-Christ. Apprès, le duc, accoustré de telle fasson, entrera dans l'église, l'évesque le soustenant et le coeur suivant, le chantre commancera à chanter cette antienne ,Hono?' et virtus, etc. Le duc ira au grand autel et recepvra l'espée de la maiu de l'évesque, et les espérons du doyen, l'évesque disant Prenes le glaive pour la deffense de la Ste Eglise de Dieu, qui vous est divinement ordonnée, et soyes saiavement d'icelluy

938 Saintures vostre duquel le psalmiste a prophétise, disant espée sur vostre caisse, très virillement, aNu qu'en iceUe et. par icelluy qui est le Seigneur des Seigneurs, vous exercies la force d'équitté et deffandies la S~° Eglise et les fidelles, et les ayes en votre protection, et que vous lie haïssies moints ceux qui ont faussé la foy que les ennemis du. nom cbrestien, affin de destruire l'un et t'autre; que vous aydies aux. vefves et papilles aveq toute clémance et douceur, que vous remetties les désolés et conservies ceux. qui sont réunis et prenies vangeance des choses mal disposées, aveq l'aide de tre Seigneur Jësus-Christ qui vit et règne aveq Dieu. Le duc doit louer et promettre, fesant son sérement, que selon son pouvoir il deffandra et conservera les droits de t'E glise de Lymoges. Cella faict, il s'en retournera au cœur, et le chantre se mettra en la place du doyen, et le duc en la place du chantre, et ouira la messe aveq dévotion, en laquelle l'évesque dira les oraisons suivantes Dieu qui disposes toutes choses par un ordre admirable et tes gouvernes par un moyen indivisible [invisible~, nous te supplions nous ottroyer quo ton serviteur N., nostre duc d'Aquittaine, ordonne au cours de cesièciB cequisedoit accomplir, defasson qu'à tout jamais il te soitaggré~Me.
AUTRE ORAISON.

Dieu tout puissant, nous te prions nous ottroyer qu'estant appaisé à causse de ces sacrimces salluttaires que ton serviteur N., soit tousjours trouvé cappable pour accomplir le debvoir de sa digniué, et qu'il te son randu agréable A la cour celeste. 7 Ce faict, la messe estant célebrëe,devaat M~HMs Dei le devant due, de rechef, retourne à l'autel et, s'agenouHhant l'évesque qui célèbre, l'évesque disant sur luy Nosu'eSeigneHF te bénie et te garde. Ainsi comme il a volust que tu sois esté duc sur son peuple, ainsi qu'il te fasse heureux en ce monde. Que tu sois participant de la félicité éternelle, et qu'il te donne contre tous les ennemis visibles et invisibles de la foy chrestienne la victoire trmmphaute, et que tu sois très heureux fondateur de la paix et repos en plusieurs et divers lieux, en tant que toy tenant le gouvernement d'Aquittaine, le peuple estant à toy ~ubjeot, gardant les droits de )a religion chrestiennede toutes parts en seuretc,

~9
et qu'il jouisse de ta tranquiïitté et paix, et t'ayants prinsea l'assemblée des princes bien heureux, et nom méritoire, estre en la félicité éternelte. Après, i'oraison s'achève:

Dieu, lequel faict profïiter toutes choses à ceux qui t'ayment, donne au cœur de nostre duc une affection, affin que les désirs conceux par ton inspiration qu'ilz ne puissent par aucune tentation estre changés. Apprès l'achèvement de la messe, le duc s'en retourne de recbefà à l'hautel, et oHre sa robe et son cercle d'or, l'anneau et l'enseigne, et, cela faict et l'oraison dite par Févesque Dieu, duquel est toute puissance au ciel et en la terre, nous te prions d'uttroyer à nostre duc, lequel tu as voullu préférer à ton peuple par ta permission, et qu'il soit gouverné ainsi par ta prudence, affin qu'il ne domine sur son peuple en orgueil et abus, mais en toute humiHitté et justice provenant de Dieu le Père, auquel soit honneur et gloire a tout jamais. Cette oraison dite, l'autre s'ensuit Dieu, qui es le sallut de tous, sauve ton serviteur N., nostre duc, en corrigeant l'excès des erreurs et brisant les vices dépervertissant la cbrestienté.
AUTRE ORAISON.

Dieu, qui illumine tout homme venant au monde par la lumière de ta sapiance saHutaire, nous te supplions que tu illumines nostre duc, affin que, selon ta faveur, il prenne goust aux choses droittes et qu'il ordonne les choses justes. Ce bien dbuement faict, !e duc s'esjouissant en Dieu, par la grace d'ice!!uy retourne en sa maison, randant au jour de la sotempnitë un jour aux chanoines de ladite église de Lymoges, le prix pour un banquet qui leur est dcubf. Les faictz contenus en cechappitre, lequel on a par cy-dessus veu de la réception du duc d'Aquittaine, par t'admonitiot: de son chapphre, H~Has. humble chantre de S'Estienue de Lymoges, ainsin qu'il a entendu dire pargeas provides et honnorabies, a mis étëgamment et ctèrement par plusieurs conbidërations, c'est à scavoir que cy-après il ne puisse estre

-M.~ assouppy par oubly aveq quelle révérance, el, comme ON lit cy dessus, que le duc, à sa nouvelle réception~ estre orné de ses prémices de sa nouveauté (1). [Sémblabiement qu'il n'advienne jamais à l'église cathédrale de Limoges d'être frustrée de l'honneur de son droit, ou bien d'être privée de cette dignité, de laquelle, après avoir été privilégiée du temps passé excellent, comme par les institutions de leurs prédécesseurs, rage présentement le représente jusques à ce temps.] Quand à la nottice de ce que s'ensuit, nous avons bien estimé le publier, afSn qu'il ne puisse par aucune efficace [estre] mis en oubliance, mais au contraire en perpétuelle mémoire. Que l'eage présant donques sache et la future postérité connoisse que le prince auquel, par la grâce de Dieu, la dignitté ducalle d'Aquitaine estre dévoMue par droit héritage, devant qu'il estre fait et appellé duc. Premièrement~ il doit venir FégHse matrice de Lymousin, dédiée à l'honneur de Sn' Estienne, premier martir, église cappitalle de toute la province d'Aquittaioe, par certaine prérogative de dignité et excellence superémitmnte de nostre sainct Martial, apostre de Nostre-Seigneur Jésus-Christ, lequel a gaigné à Dieu le duc Estienne et saincte VaUérie, sa prétendue espouse, laquelle fust héritière et unique ÊHe de Léocadius, premier duc d'Aquittaine. Pour cette raison et considération, approuvée et retenue, quiconque sera duc d'Aquittaine et constitué.en cette dignitté ducalle par la grâce de Dieu, premièrement doit prandre sa principauté en la S~-Ëglise de Lymoges en la manière que s'en suit. C'est un oeuvre de Dieu que le seigneur d'Aquittaine, lorsqu'il est esleu à la dignitté ducalle, soit receu par l'évesque premièrement de Lymoges, et de tout le clergé, en solempnelle procession. A laquelle le prince doit venir accompagrié de multitude de barrons, et doit s'arretter hors l'église, eKloibt avoir en sa teste une guirlande d'or faitté en manière de cercle, laquelle, luy arrivant, luy sera ostée de la teste par l'é-

(1) Ce qui est entre crochets ne se trouve pas dans nou'e manuscrit. Nousle reproduisons d'après la version donnée par M. Maurice ~rdant,~eoM'f(!(o.

-241– vesque, et sera vestu d'un mantheau de soye, qui sera mis à travers d'une espaule à l'autre soubz le bras de l'une. Et après, ledit seigneur évesque luy mette cercle d'or sur la teste, et lors, il commance estre hoanoré de !a dignitté ducalle, disant l'oraison à ce propice. Apprès, il doit recepvoir de la main de l'évesque l'enseigne, puis après, l'anneau de saincte Valtérie, qui est en la sacristie de l'église de Lymoges; il commance estre vestu de la dignitté ducalle. Ce faict, assistant l'évesque le prince, en entrant en l'église aveq la procession, le chantre commance l'antienne Honor virtus, ou bien Deum time, ou bien une prose de S"' dux trônes. Et allors, le Estienne jHCû~omar~rM~pnmMs en signe de la victoire qu'il doit désirer sur les enneprince, mis, durant la procession, coronné du cercle dor, doit porter de sa propre main l'enseigne et une lance jus~ues à l'haute!, et là, il reçoit de l'évesque une espée enguainée, promenant par sèrement selon son pouvoir deffendre les droits de l'Eglise de Lymoges. Allors, sellon l'antienne coustume, il promet ndellittë. Par apprès, le doyen luy chausse les'esperons, [ce] qui signime qu'il doit estre prompt et hâtif pour la deffense du peuple qui luy est subject. Apprès, l'évesque se préparant pour dire la messe, il est mené au cœur et mis par le chantre en la place du doyen. Et là, doit ouyr la messe dévottement, et devant luy doit estre son sénéchal ou autre homme illustre qui luy pléra. Cependant qu'il ouyra la messe et durant icelle, le duc doit tenir l'espée qu'il a receu de l'évesque, eslevée en haut, et l'estandart estant de l'autre costé. Allors, l'office de la messe qui se dira sera chantée solempnellement aveq le chantre, et soubzchantre, et un chanoine qui asistera durant la messe, eux gouvernant le cœur. Lequel office, le Pa~r noster dit, le duc doit venir à la bénédiction épiscopalle l'hautel. Et là, incontinant la messe achevée, le duc en grande révérance doibt offrir à l'honneur de Dieu et en mémoire de sa réception, de sa dignité, tous les ornements desquelz il avoit estéhonnoré, lesquelz doibvenrestre préparés par ses ouiciers, et à son retour attandu sans difficulté, promptement estre randus; car en ce toutes choses parachevées, ildoit jourdesolempnittéetdejoye, baiHertteouetteHeprocurationauxchano!nesde Lymoges qu'il f(!

342

appartient à un tel seigneur nostre duc, Dieu augmentant en luy les dontz.de ses grâces. Quand !edict seigneur d'Âquittaine est vestu par l'évesque, en la procession, d'un mantbeau de soye, lors le mactheau ou chappe duquel il est vertu habillé et qu'il adespouittë, il doit estrë prins par les gardes de l'égtise de Lymoges, et estre leur. Car, tout ainsin que les despouilles des gens d'armes, lors qu'ilz exhibent homage à un seigneur, sont de droit aux vallets de chambre~ par semblables raisons et conditions, les vestements du duc~appartiennent aux parties, selon le droit des coustumes. q Duquel Heiias, chantre d'iceHe église cathédraHe de SainctEstienne, n rapporté ce que dessus, duquel il est parle cy devant. Venue du prince
1 Le IWÎl1ce ch, Gel!f9T[Lim'!gf&~

de Galles à Limoges

soM&~CAaf~s

8".

Quelque temps après la prinse de pocession de Lymoges, et ce, le premier jour de may 1364~ arriva Lymoges le prince de GaHes aveq sa femme. Et furent les consulz et habittans au devant de luy jusques à Aixe, au nombre de 130. Et fust bien receu dans la ville, où il demeura jusques au 7° juin ensuivant, où, apprès avoir v.eu le chef de sainct Martial, partit de la ville. Et Mre Jean Chandos fust fait connestable d'Aquittaine, et Richard d'Angleterre, mareschat et sénéchal de Lymoges. Auquel temps fust fait ostention du chef de sainct Martia! (1).

Des obstentionsdit chef de Snt ~îar~M~et processions faictes à son honneur, tiré dit livre M~~M~ f De dévotion dudict sainct, composé p~r ?" B~de~ c~oMOM~ee~ o/~cta~ de Lymoges, i638 ~).
Les autheurs de l'Histoire ecclésiastique remarquent, en di-

() ) « 363. Ostension extraordinaire faite à l'occasion de la visite du Le concours des:populations est prince de Galles, duc d'Aquitaine. immense et douze personnes sont étouffées dans la foule. » (L'abbé TEXtER,Kech. sur le cifMe de saint MarMa~, dans FouxTage do l'abbé Bande! déjà cité.) (2) Tout ce qui suit est, comme le dit le compilateur, lareproduc-.

–343– vers siècles, que les chrestiens ayant randu grande vénération aux reliques des saincts, ont tousjours faict estat particulier de conserver et honnorer leurs chefs, comme représentant'te vie. principal organe dontleS'Esprits'estoitservypandantlenr Cette considération a donné subject en plusieurs endroits de la chrestienté de séparer le chef du reste ducorps. Etquand le suppérieur des églises où i'on a gardé ces sacrés despots ont faict desdistributions des autres ossements, ilz ont ordinairement retenu la plus noble partie. Nous ne sçaurions dire précisément le temps auquel cette pratique a esté introduitte à Lymoges pour le chef de sainct Martial, et je n'en ay rien trouvé de plus antien que ce qui est rapporté par le moyue Geoffroy en sa Chronique (1). Il avait remarqué, parlant de la translation de l'an 1028, que le corps entier de Snt Martial fust remis au sépulcre. Ilditdepuis (2) que, en présance de Gérald, légat du pape, évesqued'Angoulesms,d'Eustorge,évesquede Lymoges, et Amblard, abbé de Sainct-Martial, ce sacré chef fust trouve dans une chasse d'or, au-dessus du grand autel de l'églis? de et que, pour preuve que c'estoit le vray chef de S"Sauveur, S"' Maniai, il se fist de grands miracles en cette première ostention, à la vue de plusieurs milliers de personnes qui y estoient en afiluance. Un autre recueil mauuscript contenant quelques mémoires historiques, et plus exact en sa cronologie, réduit cette ostention en l'année 1130, et adjouste que Vulgrin, archevesque de Bourges, et Eymerrit, évesque de Clermond s'y trouvèrent. Que, s'il est permis d'user de conjecture, je dirois que le chef de ce grand sainct fust séparé, ou à l'occasion de ce que nous avons dit (3), ou au subject de la dédicace faicte par le pape Urbain l'an 109S et que cella convenable affin qu'on peut honnorer sainct Martial futjugé dans un lieu spatieux comme la grande égtise y tenant le chef,

tien textuelle du chapitre xvm du Traité de la fMfo~oM des anciens à saint .Vc;M/, /r~MK~ r. aussi M. ÂRpar Jean !!ANDEt.. ))ANT,0~tfMSMn~. de Dr ''1) CAroMz'~M~ GEOFFROY V)REO)s, chap. x. !2)Chap.xm. (3) Ajoutez, avec Bande) «estre arrive, suria {in(i)i chapitre précèdent. » est question de la transiation des reliques « à Montjovis ou en la grande église, à t'oecasion de la n)a)adie du feu volage. »

244 et que d'aitheurs le restant du corps demeurast en vénération dans le sépulcre où le mesme sainctavoit choisy son principal domicille. Ceste première ostention du chef fust suivie de plusieurs particulières, et le moyne Geoffroy (1) fait mantion d'une environ l'an H62, lorsque les chanoines de L!nco!ne vindrent demander des reliques de sainct Martia!. Le jour, dit-it, de lu Toussaintz, après t'évangHte de la grand'messe, l'abbé nous monstra lechefd&sainct Martial en présance dupeupte. On en faisoit d'autres pour satisfaire !a dévotion des grands, comme de Thibaut comte de Blois (3). Je crois que les guerres des Anglois dont le Lymousin fust le téàthre ordinaire durant longt temps empeschèrent qu'il ne s'en fist de solempnelles. Et en effect, je n'en ay point trouvé quiayent suitte qu'es années 1286,1~90,1300,1309, spëciBées au recueil cy-dessus allégué (3), où il est dit queces ostentions furent faictes devant Fautei de Snt AustricUniea, depuis la feste desainctMiGhetjusquesài'octavedesainctNartin. [Depuis] nous voyons que la bulle du pape .Grégoire il'' donnée à Marseille la 5° des callandes d'octobre (4), l'an 6e de son pontiScat, présuppose la coustume des ostentions de ce chef, qui se fesoit de temps én temps, et qu'il y avoit grand concours de peuple y venant en dévotion. Caput 66a{tMc[t'<!aKsaliquibus ~?Kpcr~M et solempniter populo ostendi con,suevit,etc. Cum

(<) Chap. Lxi. (2) Rétablir ainsi la phrase, d'après Bandel « On en faisait d'autres pourlsatisfaire à la dévotion des grands, dont nous'ayons fait voir un exemple de Thibaud, comte de Blois, au chap. vit. )) sancti Martialis C?t?'ONMOK. des ~tS(. des (jReC. (3) V. ~MOM~NUtW t. XXI, p. S!3). « Nota quod capnt B. Marti&Iis apostoli fuit Gaules, ostensum publiée anno Domini 1286.ftgm.fuit ostensum aliâ vice, anno Domini ~90. f<St)tfuit ostensum alia vice, anao Domini 1300. J'~m fuit ostensum alia vice anno Domini 1308. J< hae quatuor ostensiones fuerunt factee ante altare sancti Austricliani ultra januas, interfestumsanctiMichaelisetoctabasfesti saacti illartini hyemalis. MVoici bien « les mémoires historiques, » ou~tme traduction de ces mémoires, que l'abbé Bandel a eu sous les yeu~. (~) Bulle du 2V septembre 1376. F. la traduction française de <eite butie dans le P. Bonaventure, t. III, p. 666.

–240– caput ipum sic ostendiiur illuc causa devotionis [magna consuemultitudo. Cella est confirme par un regisu~] accedere ~Mm tre de nostre chappitre, qui, avant cette bulle, met une ostention en l'an 1364, pandant laquelle le prince de Galles fust à Lymoges. Je traiteray des autres sommairement, suivant ce que j'en ay recueilly des archives de nostre église, des registres de la grande confrairie et d'autres méoïoires asseurés. L'an 1138 [1388] il y eust une autre ostention qui dura depuis le vendredy apprès l'Assention jusques au 14 juin, environ six sepmaines.

cession faite en l'église cathédralle roy et fertilité de la terre.

L'an 1399. 1404, du mardy de Pasques jusques au dernier may. 1408. 1424, du 10" avril au 8~juin. 1435,144S, 14S8,1464. 1481, un jour de dimanche, 1"I° febvrier, apprès la propour la prospérité

du

1496,1504, 1510, 1S19,1525. 1533, depuis le mardy de Pasques. 1540. 1542, le 22° jour d'octobre, jour de dimanche, l'évesque de Basas, assisté de Rolland Barthon, abbé de Solompnact, et de Guilhaume Jouvion, abbé de Snt-Martin, fist l'ostention du chef de S"' Martial qui dura depuis 7 heures de matin jusques après les vespres du mesme jour, où assistèrent en robes rouges messieurs les président et conseillers de parlement de Bourdeaux, tenants les grandz jours à Lymoges. 1554,jusques au mardy après la Trinité, 22" may, jour de Sainct-Loupt. 1561. 1S69, depuis !e mardy de Pasques. 15'75, jusques au mardy de la Pantecoste. 1582, 1S89.1596,1603, 1610,1617, 1624, 1631, 1638. La suitte de ces années faict bien voir que les ostentions de ce sacré chef ont esté continuées de temps en temps, mais non pas tousjours par mesmes intervalles d'années, en mesme saison ny en égalle durée, cella dépandant des divers rencontres de )a paix, de ta .guerre, des hpstitités, des pestes

246 et mortalités et des instantes prières que l'on faisoit pour jouir de ce bon heur. Et depuis mesme que nous voyons y avoir eu réglement de sept en sept ans, l'an ~833~ il y eust interruption l'an iS4"?(T), [à] cause de lagr&nde peste qui à Lymoges, comme j'ayvëa dans commançaaumoisdemars un journal de ce temps-là, où il est aussy dit qu'en Uan 1S68, des trouon fust en doubte sy l'on feroit Fostention, cause bles de restât ce qui ne fust résoiiu que le samedy avant le dimanche des Rameaux. L'usage de ces processions estant fort antien en l'Ëgiise, nous avons subject de croire que le clergé et le peuple limousin n'a pas manquëd'honnorer S"~ Martial par cette cérémonie, dans les premiers sièctes. Cella estconSrmé ctèrement par la coustume dont nous avons parlé dans les translations, on Fon trouvera plusieurs processions faites à l'honneur du mesme sainct, sinon que cette dévotion estbien fondée en Fautiquitté. Le moyne Geoffroy (2) fait mantion de cette qui fust faine du temps que Henry, roy d'Angleterre, assiégeait Lymoges contre son filz, Henry-le-Jeune, disant qu'on portaaùtour des muraiHes )a chapse d'or où estoit le chef de sainct Martial, et que les femmes firent le tour des murailles au dedans aveq du HHet qui servit à plusieurs cierges, que l'on distribua à S°tMartta! et aux autres églises. Pour les autres dont nous avons des preuves particulières, il y en eut d'extraordinaires, comme pour demander la conservation de restât contre les ennemis, pour le bien inestimable de la paix, pour divertir les fléaux de Dieu, dans les nécessités généralles ou particulières; mais il y en avoit d'ordinaires, qui se fesoient à certain temps et jour de l'année. Il estvrây que, par diverses considérations, on n'y a pas tousjours tenu une raigte certaine, comme ez annéesl386,1404; néantmoings, le plus commun usage,[depuisj a esté au mardy de Pasques. Je l'an 1385jusqnesàprësant, n'en sais point autre raison, sinon que, dès Fan H30, la chapse où estoit le chef n'ayant plus esté portée à la procession du dimanche des Rameaux, suivant le récit du moyne Geoffroy, on eust trouvé bon, pour la satisfaction des âmes dévottes, de la fère paroistre avec la mesme cérémonie au jour plus proche COMK~nH'cs ~0 L':Me de J) V. Re'y:st7'M S'i;)pC)tf!«'c,X! t. Z,~HO<?M. p. 4{2.

24-?
et ptus commode, qui est le mardy de Pasques. On pourroit aussy dire que cette dévotion a esté pratiquée en mémoire des grands miracles qui furent faicts par S"'Martial, l'an 1010 au temps de Pasques. Quoy qu'il en soit, il n'y a peut-estre en France aucune dévotion solempnelle qui donne plus d'édiSication, de consolation et des sentiments de piété que celle de cette procession, qui se fait tous les ans à Lymoges le mardy de Pasques, où l'on porte la chapse dans laquelle estconservé le chef de sainct Martial, suivie ordinairement de neuf à dix mille personnes, entre lesquelles il y a communément plus de quinze centz en chemises et piedz nudz, aveq cierges en main, comme aussy plusieurs femmes la suivant piedz nudz aveq cierges en main; entre les hommes il y en a ptusieurs des principalles familles, officiers et autres, sexagénaires et septuagénaires, bien souvant dans les incommodités du froid et des pluyes, dont pourtant on fait remarque commune qu'aucun n'a esté mallade. La continuation des ostentions du mardy de Pasques au mardy de la Pentecoste a esté ez années '1638, 1648, 16S2. Icelle année, en mesme temps fust le grand jubillé, où il vint piusieurs processions et affluance de peuple 1659,1666 (1). DE COMPOSÉE PROSE EN L'HONNEUR S"~MAKTIAL, ANNÉE PARMONSIEUR EN D'OSTENSION~). 1624, BARDOT, L'ANNÉE
Ga~ide, SANCTE MAMiAus, Qui tuis foves sub alis, Gregemtibisubditum, Digne prœsu!, pastor bone, Lemovicofum patrone, Et muninlen inclitum. Gaude, sancte MartiaUs, Cujus modo triumphalis Recurrit ostensio, Quam celebrat plebs devota, Toto corde, mente totâ, Transacto septenniol Gaude, sancte Martialis, Voce et re martialis, Dum vincis terrestria Qui Crucem pro armis gerens,

(~) Voici enfin un renseignement qui nous permet de fixer approximativement la date de notre manuscrit. Les ostensions qui suivirent celles de 1666 furent faites en t673. Notre auteur les eût certainement notées. C'est donc entre ces deux dates qu'a été écrite la compilation que nous éditons. (3) Cette prose se trouve reproduite :t la fin du t. !f, du P. Bonaventure.

248 Et Christum in corde ferens, Obtinescœlestiat 1 Gaude, qui discipulorum Septuagintaduorum Diceris ex numéro: De tribu Benjamin nate Puer; et dilecto sate Israëlis puero 1 Gaude, qui Petri cognatus Et Stephani coiïigafus Es cum illis sanguine Sed cognatione junctus Sanctitate sis conjuctus Majori ugamine' 1 Gaude, Martialis, gaude, Dominica fulgens faude, Cum audis puerulus In regnum HsternitaHs. Non ibitis, ni fiatis Sicut iste parvulus 1 Gaude, Christifer signate, Qui à primœva aetate Fers (ut est traditio) Christi digitos impressos, Ac cernentibus expressos tn tuo calvitio Gaude, qui ità tulisti Viventis stigmata Christi, Et fers adhuc insita; Cum manus ejus sacrata, Benedictione lata Tibi est imposita. Gaude, qui puer es ille, Cum Jesus quinquies mille Quinque cibat panibus, Qui prœ manibus tulisti Quinquepanes, quisuntChristi Benedicti manibus. Gaude, panis lator talis, Sub quo et panis vitalis Figuramcontuleras; Quem in largitione plena Christus dedit post m Cœna, Lbi simul aderas 1 Gaude, qui ngurse lator Fis, et veri attestator, Cujus subest daritas Cum Christus panem eœlestem.

Se dat, sic te habenstestem, Figura est. 'vedtas 1 Gaude, qui panes portasti Quinque, quintœ ministrasti Ferise, CoenoMo; Quinque digitis sacratus, Denique Christo dicatus Semper, in quinario ¡ Gaude, Christum elevatum In cruc.e, et s~citatum Qui videsàmortuis; Cum ubi adst.âs miratus Ipse jam clanficatus, Clausis intrat januis i Gaude, Christum ascendeniem AdPatrem OtHpipotentem Qui mereris cernere Et quam benedictionem Ante hanc ascBnsionem Dat suis accipere ¡ Gaude, qui numen promissum, A Patre Natoque missum In cordium intima Paractitumaccepisti Una cum eicctis Christi, Die quinquagesiût&t 1 Gaude, qni, Rétrojubente, tn Christum flagranti mente Te confers Lemovicas Ubi idola subvertis, Cunotum populum convertis, Coeti'viant indicas 1 Gaude, quthanoYirgam geris, Qua Petfns quem revereris Te dicatÛtscipulum; Unde sutnmi(sicut fcrunt) Pontifices jam non gerunt Pastoralem baculum 1 Gaude, ex hinc Hartialis, Cujus virga pastoralis, Per tot signaproQcit, Virgaqnae àEetro manat, Vitam reddit t .serres sanat, Et dasmones ej!c!t 1 Gaude, Austriclimanum, Decies quatriduanum, Excitans à mortuis, Qui hune et A!pinianum,

249 Per iter ad Cœtos planum, Dirigis, et instruis! Gaude, virgineum norem Per martini splendorem QuiservasVaIerise, Ac demum Stephanum ducem Versis tenebris in lucem, Christi capis acie. Gaude, qui AureHanum, Qui falsum cotebàt fanum, Mox consumptum fulmine, A mortuis suscitasti, Convertisti, elevasti Episcopi culmine 1 Gaude, qui nos Aquitanos, Tolosates, Occitanos Christo gignens dirigis Et qui has genitas oves Pascis, atis, ducis, foves, Hinc ad cœlos erigis. Gaude, rector animorum Et corporum intirmorum Salubre remedium, Suscitator mortuorum, Nirande miraculorum Operator omnium. Gaude, qui apostolatus Es et voce decoratus Et functus officio, Nudis pedibus incedens Rudi habitu procedens, Accinctus cilicio 1 Gaude, cujus cibus totus Panis est et aqua potus, Qui raptus es precibus, Humi cubans memor mortis, Memor Christi magis fortis, In innrmitatibus! 1 Gaude, qui virginitate Micas, cujus summitate Non altior summitas, Alba stola decoratus, Christum agnum comitatus Per quascumque semitas! 1 Gaude, qui dum vitam agis, !n terris cœ!estem magis Agisze!onimio, Atque in terris moranti Et in coelis commoranti Tibi conversatio 1 Gaude, Christi vir dilecte. Multis ab eo illecte Apparitionibus, Unde tua mors clarescit Illustraturetvigescit Gratiis coeiestibus 1 Gaude, qui ante prseseitam Mortem, sed potius vitam, Ardore prosequeris Tum populos convocasti, Convocatis prsedicasti, Et praedicans moreris 1 Gaude, cujus ('um exivit Anima in coelos ivit, Angelis cantantibus Quorum sonos audierunt Populi qui adstiterunt, Animis mirantibus 1 Gaude, tuorum laborum Prsemium regnum Cœtorum Qui triumphans possides Ubi fulgente corona, Quam ditant seterna bona, ,> Cum electis consides Gaude, qui tot successores, Qui tot sanctos, tot pastores Tuis illustras precibus Et prsesulem nunc sedentem Tuos suosque regentem, Exornas -virtutibus Gaude et ora pro grege Ut vivat sub Christi grege H:ectua plebs œmula; Et ut tandem vera vita Sit nobis per infinita Seculorum secula. Amen. BERNARDUS BARDONIUS
BRUNfUS, (tMMO ~62~

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STANCES SURLESLOUANGES D&SAINT !)fART!AL, APOSTRE COMPOSÉES M"~ PAR JACQUES D'AQUITAtfE, DORAT, AUNOSStER ROY, DU L'AN1634'').
Pour louer des mondains les œuvres peu Jouables, On va de leurs ayeulx les actes recherchant, Et pour les relever on forge mille fables, Soubz l'habit des vertus tous leurs vices cachant; Mais pour louer des sainctz les actions insignes, Il ne faut n'y mantir, n'y faindre, n'y flatter Ny pour de leurs vertus parer nos petits himnes, Des Grecs ny des Romains les brillantz emprunter. Je scay que ces bons sainctz, faitz compagnons des anges, Vivantz ont mesprisé du monde les honneurs, Et n'ont aucun besoingt de nos basses louanges, De l'odeur des parfuntz ny de chapeaux de Heurs. Mue si nous festoyons leur louable mémoire, C'est autn d'exciter les espritz généreux A suivre leurs sentiers qui guident à la gloire Ceux qui de leurs vertus se rendent amoureux. Et c'est la seulle fin qui ma fait entreprandre A dévouer ces vers au bon et sainct pasteur Qui premier travailla pour aux Gaullois apprendre Et le nom et les loix de nostre redempteur. e Que si je ne puis pas esgaller les oracles Qui ces rares vertus ont chanté tant de fois, Je pourray pour le moingtz, admirant ses miracles, A révérer son nom inviter ses bourgeois. L'Illustre Martial, dont les mains embausmée$ De l'odeur qu'il receut du sauveur des mortelz, Et qui nous a porte des plaines Idumées Le cresme qui nos cœurs peut randre des autetz, Suivit comme les -siensJésus dez son enfance, Attiré par l'esfort de sa puissante voix, Et Jésus daigna bien louer son innocence, Et se servir de luy et trois et quatre fois. ,); Ces stances se trouveut dans l'ouvrage sur !e.SC~~M~'M de feu M. Ardant, p. <0i, et dans les Poésies de Jac~~ Dorat, a)'c/Mdiacre de ~MM~,MCM6tHtM CtpM6~CS par feu ÂUGfSTE.DUDoYS. 'Limoges. <8Si, brochure in-8", p. ~iT.)

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H tuy fist pratiquer les divins exercices, Entendre ses secretz, ses conseilz révérer, Servir à ses festins, gousterde ses délices Et de l'amour parfaict le nectar savourer. H voulust recevoir de ses mains innocentes Le pain mistérieux et les sacrés poissons, Et par luy faire voir aux ames patientes Le vray chemin du Ciel en diverses façons. Il le fist caresser, de sa mère très saincte, Le mist au premier rang de ses premiers guerriers, Voulust que sur son chef sa main se vid empreinte, Et qu'il fust tout couvert de célestes lauriers, Atïin que mesprisant de l'enfer le tonnerre, La rigeur des bourreaux et la fureur des rois, Les faux dieux des Genti!z il fist mettre par terre, Et leurs autelz brisés fist servir à sa croix. Martial, eslevé soubz un si parfait maistre En l'apvril de ses ans fust de luy baptisé, Et, suivant ses conseilz, se fist sy bien paroistre Que parmy les dévotz il fust le plus prisé, Eust l'honneur d'assister en son banquet mistique, De porter le,bassin, verser l'eau sur les mains Des douze colounelz de ce roy pacifique, Et de le voir mourir pour sauver les humains. Après avoir baigné du torrent de ses larmes La croix et le tombeau de Jésus, son amour, Après avoir soufffrt pour son nom cent alarmes, H iuy fallut quitter de Sion le séjour, Suivre le général des invincibles princes, Qui par tout l'univers la croixaarboré, Patissant comme luy dans diverses provinces, Pour ranger soubz ses loix le bercail esgaré. M cot'stoya tousjours ce prudent chef de guerre, Aux veilles, aux travaux, aux jeusnes, aux combatz, Et Rome triumphant des trois parts de la terre, Sur ses premiers autelz lui vist hausser les bras. Aussi son nom fameux par tant de belles marques, Qui sur les montz latins tesmoignent ses beaux faitz, Fait que ses grands pasteurs, des ames les monarques, L'ont tousjours mis au rangt des saintz les plus parfaitz. Ils sçavent qu'il laissa la merveille du monde, Par le commandement du vray portier des Cieux, Et que sa charité, a tous pays féconde, Apprit aux vieux Gaullois te nom tres prétieux. Ils sçavent qu'il fonda aux champs Aquitaniques Le <-n)te du vray Dif'u sur des piliers si forts

–28~– Qu'ils bravent des Gentilz et des folzhërétiqùes Et braveront tousjours tous leurs maglins esfortz. Ils scavent qu'en ces champs il dompta la furie Des ministres d'Enfer contre luy conjurés, Guarit les languissants, convertit Vallérie, Remit à la raison les espritz esgares, Feit parler les muetz, taire les faux oracles,, Les démons enragés sortir de divers corps, Et tous les éléments feit d'insignes miracles, Les foudres excittant, ressuscitant les mortz. Ils sçavent qu'en nos montz sa voix et ses exemples Cent et cent mille cœurs unirent soubz Jésus, Qu'ilz firent consacrer beaucoup d'insignes temples A l'honneur des héraulz, de ses premiers éleuz; Que les comtes et ducz de toute l'Aquittaine Prindrent par son moyen le doux joug de la croix, S'asservissant aux chefs de l'église romaine, Et le chemin du ciel aprindrent aux François. Aussy ces dignes chefs de l'église fidelle Ont les thrésors du ciel, ouvert en sa faveur, Et promis le pardon à ceux qui d'un bon zelle, Un acte de vertu fairont à son honneur; Et pour faire louer ses actes héroïques, De sept ans en sept ans leurs abohtions Accordent à tous ceux qui près de ses reliques Dirigeront à Dieu toutes leurs actions. Qui sera donq celluy des voisins de la Vienne Qui de ce bon pasteur le nom n'exaltera, Qui parmy ses dévotz bien heureux ne se ttgnne, Quand son prétieux chef on luy présantera ? S'il s'en trouve quelcun que la vertu n'exci.tie A bénir l'éternel et ses samctz glorieux, Il ne faut point doubter, hélas,'qu'il neméritte Les peines de l'Enfer, non la gloire des Cieux. Moy chétif, aresté par des justes supplices, Ne pouvant visiter ses très saintz ossementz, Addresseray mes voeux à ses fave]irs propices, Croyant quelles feront adoucir mes tourmontz, Et que Dieu, qui par luy a faict tant de meryeHk's, Et près de son tumbeau en fait tant tous les jours, Enfin me prestera ses bénignes oreilles, Puisque d'un sien mignonj implore le secours.

Ledict sieur Dorat décéda l'att 1626. Ugtst. à Sainct-Augustin devant t'entrée du chœur de l'église,

253 Estat des reliques qui sont dans les églises de la ville et Citté de Lymoges, suivant le registre qui en a esté faict l'année 1666, année de l'ostention commançant le mardy de Pasques 27" avril, finissant au mardy de Pentecoste (~.
DANS SAINCT-MARTIAL.

Dans la chapse de Sainct Martial, d'argent doré, relevée de belles figures, qui fust faicte à Paris l'année (2), y a un coffret d'argent doré parsemé de fleurs de lis, et dans lequel sont deux couppes d'or données par le pape Grégoire XIe, l'an 1383 (3), comme il est gravé sur la couppe basse, et dans lesquelles repose le chef du glorieux sainct Martial, apostre de la Guienne, sur lequel paroist les sacrés merques des doigts de N.-S. Jésus-Christ. Plus,, dans icelle, trois ossementz dudict sainct, de ses cheveux, son suaire et autres linges. Deux os de S"~ Austriclinien. UnecostedeS"tBenoist. UnosdeS"tSu)pice. Une dent de Snt Sébastien. Des cailloux. dont S~ Estienne fust lapidé. Une pierre du S"t Sépulcre de Nostre-Seigneur. Une pierre du sépulcre de Ste Catherine. Et autres reliques desquelz les noms sont inconnus; desquelles n'est fait ostention que du chef de Snt Martial. Dans un coffret qui est dans la sacristie il y a Une croix d'argent de 3 pouces tout à plain de la croixde J.-C.
(1) Monsieur Maurice Ardant a reproduit cette pièce dans son livre des Ostensions (Limoges, Barbou frères, <848, in-<8, p. 89). Notre copie diffère notablement de celle que M. Maurice Ardant a eue sous les yeux, ainsi qu'on va le voir d'après les notes. Manuscrit MESSAGER (2) )645, le 30 mars. déposé à la Bibliot. thèque de Limoges, p. Mt BONAVENTURE,HI, p. 849. (T'~a:te~jVoMrtce (3) « L'une d'icelles l'an ~383.D Ardant.) C'est une erreur de date, le pape Grégoire XI mourut le 27 mars ')378. (BALuzE,~<<B papar. ~w~MMs., t. p. 4'«.)

asi.

Dans un cristal, deux espines de la couronne de Nostre Sauveur, à l'une desquelles paroist du sangt. Un ossement de S"t Jean-Baptiste, et un de sainct Médard; des machoires de saincte Valérie, enchâssées d'argent, sasainture où sont ses armes. Plus un os de S°t Nice, disciple de Snt Martial. Et dans l'enceinte de ladite église est le sépulcre du glorieux sainct, où sont ses cendres (1). Au devant sont allumées cinqt chandelles de cire, qui, par arrest, devroient demeurer allumées nuit et jour, comme il est porté sur une lame, à l'entrée d'iceMuy. Ce grand sainct est invoqué en toutes sortes de malladies et contre les quatre fléaux de Dieu, guerre, peste, famine (2), et pour les 6èvres et goutte.
<9' [t9'] may.

Au bout du sépulcre (3) se void le monumeat de sainct Estienne, duc et proconsul des Gaules (4), Ses ossementz et chef sont dans la mesme bierre de plomb renfermée d'une bierre de pierre très grande; au-devant duquel est un cierge allumé qui doit y estre nuit et jour, ce qui n'est, dont est dit par ledit arrest. Il est prié contre les illusion~ nocturnes et T* phantosmes, et Sèvres. Sur l'autel du sépuicre se monstre tous les Lundis, dans un bras d'argent, un os de S"~ Martial. (1) « Et aux deux côtés d'icelles sont les tombeaux de satHt Alpi» nien à la dextre, et de saint Austriclinien à la sescstre, sesdisci. » pleS". (M.A.) (~) « Et inondations pour les biens de la terre, maturité et récolte » d'iceux, auxquels les peuples ont recours de la (~uienne et la ville » de Limoges, faisant, en ces rencontres, dss processions solennelles » où sont portées les saintes reliques et des autres saints; comme aussi il est prié pour les fièvres et gouttes ». (M.A.) (3) « Au basde la cave du a. (M.A.) (.t) « M. de Gaujal a prouvé sans réplique, dans une dissertation sur ce nom populaire de Thcve-le-Duc, que c'est Waifre, le'duc d'Aquitaine, qui a été enterré dans la crypte, derrière le tombeau de saint Martial. » (Note de M. Ma.M)':cs Ardant; O~feMstOMS, 90.) p. Le Mémoire de M.de Gaujal se trouve au Bulletin de la SocM~ se. année 1833. t;)'tc'M!t. et arts de L:w:0(y<!S, 'C.

9~ se monstre un petit calice Plus, aux festes de S'Martiat d'argent, qu'on tient que S"~ Martial s'est servy (1). Au devant du sépulcre est l'antienne église dédiée par Snt Martia) au nom de S"~ Pierre et Snt Pol, sur l'autel de laquelle est une chapse de cuivre, où autresfois estoient les reliques de S's Valérie, dans laquelle sont de ses linges qu'on ne monstre pas (2). A costé dudit autel est une chapse de bois, dans taquette sont le corps et chef de Snt Nice, disciple de Snl Martial. Il est invoqué contre la tigne. Le corps de Snt Celse, le chef à t'égtise cathédralle Plus, le corps de S"'Justiuien, petit enfant fort jeune. Desquetz n'est fait ostention. A costé du grand autel de Snt Martial, dans un armoire, il y a une relique de sainte Agathe, dans un beau reliquère d'argent. Elle est priée contre le feu. Les miracles qui sont estés faitz sont merveilheux, qui seroient longtz à escrire. On l'expose le jour de sa feste (3). Et dans la carolle, dans la chappelle de l'Annontiation de Nostre-Dame, une châsse de bois, le corps de sainct Andro<;he, évesque de Lymoges, sans le chef, et de ses vestementz. Il fustmartirisé par les Gotz, du temps de Clovis, premier roy chrestien. Dans la chapelle (4) Snt Eutrope, dans un armoire, sont les retiques dudict sainct, qui se monstrent le jour de sa feste (5).
La dédicace 2"demay. le

31'aou~t.

7~aoum. 16~juillet.

5"febvrier.

6'aoust.

30' avril.

l'armoire où l'on met les chandelles du sépulcre (i)«Etdans » était le sépulcre de saint Aurélien. » ()t. A.) (~) « Lechef de la sainte est à Chambon-Sainte-Vaterie ». (M.A.) !'3) « Il y a une frérie de bourgeois. » (M.A.; (4) « A côté de. » (M.A.) ~) « Il y a une frérie. Les confrères, la vetHe de la fête dudit saint, donnent pour distribution de t'omce de )'ég)ise, dans le cha-

asc Sur l'autel Saincte-Croix, soubz les orgues, est une châsse decuivre surdoré, dans laquelle est le corps sans chef de Snt t5*octobre. Austriclinien, disciple de sainct Martia!, avec son suaire. IL est invoquécontre la mort soudaine. Desque!!es reliques ne se faict ostention que de Snt Martial et des reliques qui sont dans la sacristie (1).
DANS L'ÉGLISE DE SAMT-MICHEt.-DES-MO~S.

m!ty.

~S*octobre.

La chapse de sainct Loupt,laquelle cy devantestoit decuivre surdoré, et faicte d'argent en l'année (2), de beau ouvrage, à Paris, estant premier autheur un presse de ladite église dans laquelle est le corps et chef dudict sainct, le chef dans des couppes d'argent qu'on [met] dans un coure),d'argent doré, semé de fleurs de lys, puis dans ladite chasse. Il est invoqué contre les diarrées, mat des intestins et douleurs de ventre. Pius, un os du bras (3)dudict sainct, dans unbras d'argent. Du bois de la Saincte-Croix dans une grande croix d'argent. Plus le chef de Ste Bénigne, vierge et martire, dans un demy-corps d'argent. Plus, un coffret de cuivre surdoré, un oz de S"~Cappraise, de S"~Estienne de Muret et des Innocens.

pitre de messieurs de Saint-Martial, des pains à tous Messieurs et~ bas-chœur et officiers de l'église, appelés G~aMip, avec du vin et. desdits pains pour faire collation; et après les confrères font la leur chez les bayles. La confrérie susdite de sainte Agathe donne des gâteaux deux fois l'année, savoir la veille de sainte~a~ et la veille de la Fête-Dieu, qui est aussi la frérie de la Fête-Dieu de ladite église unies ensemble. Et les confrères ont droit de porter le poêle et les panonceaux lors de la procession du Saint-Sacrement de la M~ Dieu. » (M.A.) Que (<) « NOTA. l'autel est démoli, et était où est la porte de rentrée. du chœur, par le bas du côté des orgues; au-dessus est le jubé. Et ne se fait montre que du chef de saint Martial et du coffret où sont les épines de la couronne de notre Seigneur..)) (5t. A.) t81L Recherches SM)'~:K<oM-(~'s-~MH< (2) <64S. (LEGROS, 40: Manuscrit MESSAGE)!, 331.~ p. io-<2,p. f3' n Unbras. )) (M. A.

as?
Dans un bras de bois, des reliques de Snt Anthoine (1).
DANS SAINCT-AURÉLIEN.

Le corps et chef de S"t Aurélien, second évesque de Lymoges, dans une chapsse de cuivre surdoré. Le chef est dans un demy-corps d'argent couvert d'uue mitre ornée de pierreries et perles, faict l'an sur lequel chef paroissent les mardu coup de foudre qui le tua lorsqu:il fist emprisonner ques sainct Martial, qui le ressuscita (2). Il se monstre aussi la plataine et bout de crosse dont il s'est servy de son temps. II est invoqué contre le tonnère et foudre, et sourdité des oreilles. Plus, un os du bras de Snt Cessateur, évesque de Lymoges. Le surplus du corps est à Sainct-Santin, près MaHemort, au Bas-Limousin. Et fust apporté l'an (3) par M~ Jean Goude S~-AuréHen dans un demy-corps de bois din, père prieur surdoré. H est pour les galeux et lépreux avec grand succès. Plus, un osde S"t Médarddans un bras de cuivre; dans un reliquère du bois de la S~-Croix, et un os de Snt Btaise(4). Un os du bras de S"' Eustache, martir. Une dent de S"~ Laurans, enchâssée d'argent. Un bras d'argent, dans lequel est un os du poulce de S"' Christophle. Dans un reliquère, soubz un cristal, des cheveux de S" un deS"t Catherine; un os du crane de'S"'Jean-Baptiste; et de son sépulcre un de Snt Anthoine, hermite Eutrope une de celluy de une pierre du sépulcre de Nostre-Seigneur Ste Magdelène; une de Snt Estienne, martyr une sur laquelle la Ste-Vierge reposa estant en Egipte une sur laquelle N.-S. bénist les cinqt pains et deux poissons.
(t) « Plus, dans un cristal, un doigt de saint Jean-Baptiste. !~) « Avec Andréas, son compagnon. » (5[.J (~K~n~L~) (1)«« Et du bois de sa croix."()!. A. 17 » (H. A.)

~s

~00

Plus, des reliques de S"'s Agathe, et des I<mocen<z. Ptus, dans une double croix esmailiée, du bois de la S" Croix. Des os de Snt Pierreet Snt Pol, et de S~ Vincent, martyr. Dans une croix de nacle, contenant une petite gent, dans iaqueHe est du bois de la S~-Croix. croix d'ar-

`

DANSL'ËGUSEDE S~-PtERRE-DC-QUËTRO~. au bas Une effigie d'argent doré de sainct Jean-Baptiste, de laquelle est un os du dernier de la teste de S~Jean-Bap' tiste.
17'MUSt.

Le corps de S"~ Rustique, martyr, vre surdoré, et son chef dans des corps sainct fust porté de Rome l'an tention le 20" juillet pendant 8 jours

dans une châsse de cuicoupes d'argent. Ledict 1664, et en fast fait os– (i).

Un retiquère d'argent. Dans le milieu est du'bois de !a S'cCroix, et autres reliques autour. Une double croix ornée de pierreries, Vraye-Croix. ou est du bois de la

Un grand reliquère d'argent doré porté par deux anges. Dans le milieu, du foin de la creiche de N.-S. de son tombeau et de celluy de la Vierge Marie un os de S"' Nicoias de. ]a thunique de Snt François-d'Assize un os de la Magdelène. Plus, un reliquère de bronze surdoré, dans lequel sont un os et partie d'une coste de saiuct Pierre un os de Snt Pol; deux os de Snt André, apostres; trois os de S"~Apo!!inaire.
(!) « A la clôture l'on voulait faire procession où assistaient les religieux mandiants et MM. les prêtres de l'église et les compagnies pénitentes; lesquels tous étant assemblés, il y eut dispute entre tes: compagnies. causant les Noirs qui voulaient avoir te dessus de tout, dont il y eut quelques coups dans l'église, dont fut fort scandalisé le peuple qui était nombreux et pour ce n'en fut point fait. Par où de-~ vait passer la procession les maisons étaient tendues de tapisseries. » (M. A.) ï

289 martyr; des cailloux (i) de-Snt Estienne, Innocens. et deux os des

Plus, un reHquère d'argent doré, où est la figure de saincte Catherine dans lequel est un de ses ossementz. Plus, [dans] un reliquère Sébastien. de cuivre surdoré, un os de S"'

Plus une eS)g}e (2) de Ste Marguerite, dent, et au bas un os de Sn'Apolinaire. Plus, un bras surdoré,

où est une sienne

où est un os de S'"Antboine(3).

DANS L'ÉGLISECATHÉDRALLE S~-ESTIENNE (''). DE Se void le chef de S"'Cetse, disciple de S°'Martia), dans des couppes de cuivre surdoré (ë). Et dans une teste d'argent saincte Vuiërie. sont des machoires et os de
7'*aoust.

Et dans un coffret d'argent esmaillé, ia chemise de saincte Vatérie, faicte de toiHe de cotton (6). Et des linges de S"'Augus!m.

(])«Deuxcai!toux.))()t.A., (2) «D'argent-)) (M. A.) une relique de saint Fiacre. Dans icelle (3) « Et dans une etïigie. église est le tombeau de feu M. Bardon, prêtre, qui décéda !e')t) janvier 1623, en réputation de grande sainteté, et fut enseveli devant le marchepied de l'autel de saint Fiacre, et cinq jours après relevé et mis dans un cercueil de plomb. Et, parce que le lieu de sa sépulture était incommode à cause de la dévotion du peuple, fut fait )U) sépulcre, où Ufutmis le mercredi de la semaine sainte, 21 avril )(i66, présents M. t'ofïlfiat et son greffier, M. le curé et prêtres. dévotion de peuples qui MM.les mar~uiHiers et autres. Il y grande vont au dit tombeau. )) (x. A.) t. (4) V. BO.\AVEKTL'[!E, Il, p. 335. (5) <fDans (les coupes d'argent qui turent taitesFan iS.SO, étant auparavant de cuivre surdoré. » (H. A.) Cette date de l680 prouve que M. Maurice Ardant n'a pas eu sous iesyeux le titre original, puisque l'inventaire et de !G8C. (6~ «Ou paraît du sang. ))~M. A.

260 DANSL'EGUSE PARROCHtALLE S~-MAORtCE, DE LA CITTÉ DE DE LIMOGES. Une belle croix d'argent doré enrichie de pierreries, et au milieu d'icelle une petite croix de bois de la Vraye-Groix. A t'oratiou d'icelle sont soulagés plusieurs du mal des yeux et autres maladies. Et des vestementz de la sainte Vierge sont aussy dans icelle. Un os de sainct Victor, évesque de Marseilhe. Plus, dans un coffret esmaillé, une pierre du sépulcre de 8"'Estienne, une de son lapidement; partie d'une coste, un os un de S~ Maurice, de S"* Agricole, de S"' Denis-Arréopagite, et une dent de Snt Laurans. DE DANSL'ÉGUSE DE L'ABBAYE N.-DAME-DE-LA-REtGLE SONT PLUSIEURS REHQCES0. Une croix d'argent doré où est du bois de ta Vraye-Croix. Dans un bras d'argent, un os de S~ MartiaL Dans un autre bras d'argent un os de S"* Antboine. Dans un reMquère d'argent, un oz de S*~ Blaise. Dans un cadre faict en broderie d'or et d'argent, couvert d'une vitre, se void un os de Snt Jean-Baptiste, un deS"L Pierre, apostre; deS"~ Thomas, apos tre de Snt Clément, de Sni Loupt, de S"t Dampnolet, [de] S" de CeciKe,S'=Margueritte (9), S"~ Essence, S'Eata!ie, S°~ Dulcème, de S~ Macaire, de S"' Nicolas, évesque, aveq une fiole de liqueur qui descoule de son tumbeau un os de S"' Laurens, martir; un de Snt Avioli (3), un de S"~ AméHt, de S"~ Placide, de S"' Gérald d'Aurithac de S"~ Érasme, de S"' Benoist, de S~ Cloud (4), de Snt Anthoine, de Pade [Padoue) de S°t" Albine, de S"'° Julienne, S* Panafrette, de saincte Apollonie et de saincte Efance (S).
t. ~) BONAVENTURE,H, p. 242. (2) Sainte Madeleine- (BoNAVEKTURE.) ',3)«t)es!tm),Aur6Hen.a(M.A..) (4)«t)cs<unt'C!aud.H(N.A.' ~H)«Me sainte Efamôc.H~t.)

–26) Et en l'année 16i (1), lesdites dames ont receu de Rome ie corps de saincte Béatrix, vierge et martyre. L'ostention en fut faicte le (2).
DANS SNTDAMPNOLET. 95'juin.

Se void le chef dudict sainct dans des couppes d'argent et dans un coffret, son corps et son buffle ou pourpoint qu'il avait tors qu'il fust tué (3). Madame de Vertbamoud, abbesse de la Raigle, luy a donné une châsse d'argent, l'an ~67~. DANSL'ÉGLISEDU PRIORÈ DE S~-ANDRÉ DESPP. CARMESW DESCHAUX . Se void, dans une chapsse dorée, le corps et, dans des couppes d'argent, le chef de S"' Eugène, roy et martyr, qu'ilz receurent de Rome, l'an Plus, dans une autre chapsse, le corps de Snt Pudence, consul romain, premier hopte de S"' Pierre, et le chef dans des couppes d'argent, qu'ilz receurent aussy de Rome, l'an (5). Plus, [dansjdeuxemgiesàdemy corps des sainctz Flavius et Severin, martyrs, qu'ilz receurent de Rome, t'an les ossements desditz saints.
DANS L'ÉGLISE DE L'ABBAYE DE S~-AUGUSTtN.

~juiUct.

!~may.

tt y a quatre crânes (6) des chefs des S" Innocents. Plus, le corps de S"~Ftavie, vierge et martyre, avec son chef, dans des couppes d'argent, et dans une chasse émaillée. Plus fe corps de S"~ Ascleppe, évesque de Limoges, et celluy de S"' Rorice, aussy évesque, qui fonda ladite abbaye.
7e may.

2"déccmbre-

(1) Encore une date qui confirme ce que nous avons dit à !a note t <tc la page 247. Notre manuscrit a été écrit entre les années t67) et 1673. (3)« Cette année, pendant huit jours. » (M. A.) (3) « Au Puy-Lannaud. » (M. A.) t. (4) F. BONAVENTURE,M, p. 248. (3) « D'iceux fut faite ostension pendant huit jours. » fM. A.) (6) « Quatre corps et crânes. » (H. A.)

–262– Leurs cranes sont dans des couppes de cuivre, chapsse esmaillée. et dans une

Un os du bras de S°~Anthoine, hermitte. Un [du] bras de Snt Benoist, un de S~ Zénon, martyr. Un de S" Aurélie, v. martyre de S"~ Eulalie. Du chef et du bras de S~ Guy, martyr. Un os du bras de S"'° Radegonde, royne de France. Un poulce et de la cervelle de S* Berthe, v. martyre. Un poulce de S"~Eutrope, dans un reliquère d'argent. Un os de S"~Augustin dans un reliquère. Des charbons du martire de S" Fiavie. Une croix d'argent dans laquelle sont du bois de la VrayeCroix, et des drappeaux crèche. où il (Jésus) fut enveloppé dans la

Plus un ~randreiiquère faitea quarrë~ couvert d'un cristal, contenant quantité de re!!ques.
BANS L'EGUSE PAROCHIALLE t/ABBAYE DE S~CRRYST~m.E E&ÈS

DE S~-AUGUSTH!.

Une pierre du sépulcre de Nostre-Seigneur, De la chemise de 8"'° Anne, UnbetosdeS~ Gervais, Un [os] de S"~ Martial, Un de S" Jean-Baptiste, Unde S~ Léger, Un de S"~ Christophle, Un de S"~ Capprais, Un de S"' Laurans, Un de S" Ëioy, UndeS-"Mem(l), Sn° Un de S"~ CloHd, Un de S"' Léonard, Un de S"' Léobon, Un deS"'Beno!st., Un de S" Marthe, Un de S" Catherine, Un de S"' Augustin, Un de S" Barthetemy.
UANS L'ÉGUSE RE L'ABBAYE S~-MÂ&TtN.

Se void, dans deux demy corps surdorës, des os des martirs

de la légion dès Thébains, et, dans un bras doré, un doigt de Snt Thomas, àpostre, qu'il mit dans le costé de N.Se!gneu!
~DcMuntMëry." tt.A.)

263 la république de Venise, tenant bource commune donne par a Lymoges, l'an 1015. Dans un bras, un os de S"' Laurans, martyr. Dans un beau bras d'argent ayant des pierreries des os du bras de sainct Martin de Tours (1). Dans un bras, des os de S"' Blaise. Dans un reliquère d'argent, des os du bras des de S" Benoist. de sainct au doigt,

Dans un demy corps surdoré, Guilhaume, duc de Guienne.

ossementz

Le corps de S"'° Martine, v. martyre, dans un coffret doré, et son chef dans une éfigie à demy corps. Dans un reliquère aveq une croix. esmaillée, bangt de S"' Jean-Baptiste. une phiole du

Une phiole de liqueur du tombeau de S"' Nicolas. Un os de S"' Benoist.
DANS L'ÉGLISE DES PÈRES CORDELIERS.

La thunique de S"' Louis, archevêque de Thoulouse. L'escuelle de Snt François, estant de bois. Du crâne de saincte Agathe. Dans un reiiquère en pied d'argent, un os du doigt de S"'° Magdeteine. Un autre de S" Marthe et une pierre de son tumbeau. Une coste de Snt Hilayre, martyr. Un os de Snt. Romaine, martyre.
DANS L'ÉGLISE DU PRIORR DE S~-GÉRALD.

Dans un bras d'argent, un os du bras de Sni Gérald. Dans autre bras d'argent, un os de S"' Fortunat, martyr

(t) « Un chef de saint Clément, pape, dans une couppe d'argent, » depuis')734. ;)()!. A.)~.)anotc5deia page 2S9.

264 Dans un image de la Vierge, d'argent, un vertèbre de Snt Gessateur. Dans un petit reliquère d'argent doré, un os de S~Sîmphorian et un de Snt Gérard. Dans une petite châsse de cuivre esmaHIé, des os do bras de SntAnthoine, de Snt Christophte, de !'espau!e de S~ Blaise, de Snt Denis et de S"~Laurans. Dans un petit coffret, une coste et joincture du bras de Sni ` Jean, martyr. Une coste, plus un os de la nuque de S"~Maximin, martyr. Dusuaire des S~ martyrs thébains. Le cœur de S"' François de Salles, dans un taffetas. DANS L'ÉGLISE DESP. JACOBINS. En un demycorps doré, du crâne de S'Margueritte un os de Snt Vincent, martyr; un de Snt Cosme, martyr un bras de S°* Fabien, martyr. Et, dans une croix d'argent, un os de Snt Grégoire, martyr, et, à la teste de la croix, du bois de laVraye-Croix. Dans un reliquère en forme de soleil, un os du genouil de Snt Pierre, martyr Un os de S~ Phallier, natif de Lymoges. Dans un coffret, plusieurs s" reliques. Dans ladite église repose le corps du bienheureux Guidonis, évesque de Lodève, de Fordre des Jacobins. DANS 'ÉGHSE L DESPÈRES CARMES DESAR&NES. Un os apelé vertèbre de S"' Simon Stoch, général de l'ordre du Mont-Carme!, qui receut le SntScapulaire de la Vierge, dans un demy corps surdoré. Dans un bras surdoré, des reliques de S"~Alexandre, martyr. Dans un autre, des reliques de Snt Alexandre, martyr.

265 Dans un autre, des reliques de S"' Crespin, martyr. et de

Dans un coffret, des reliques de Snt Mutius, martyr, Snt Auxilius, aussy martyr (1).

DANSL'ÉGLISEDESP. AUGUSTINS, AUXFAUXBOURGTZ MONTMAUER. Dans un demy corps surdoré, le chef de saincte Ursule, vierge martyre. Plus, un os de Snt Jean-Baptiste. Dans un demy corps surdoré, un os de Snt (2). Dans un autre demy corps, un os de S"' (2). (3)

(1) « De saint Candide et saint Constance, martyrs, depuis quelques jours dans des demi corps des reliques. » (M.A.) (2) Les noms sont en blanc. (3) Ici se termine ce qui, dans notre manuscrit, a trait à l'inventaire de 1666. Le manuscrit de M. Ardant contient en outre ce qui suit: « Les religieuses Ursulines reçurent de Rome le corps et chef de Snt Elysée, martyr; l'ostension duquel fut faicte le jour de SaintMathias, 88 février, l'an 1672, qui dura jusqu'au dimanche 28 dudit mois, avec grande solemnité. » « Les Pères de la ~/MSMn, « Ils ont reçu, depuis l'année 1736, le chef de saint Fortunat. (M.A.)

~66

[Église dcSattit-Mtchel''cs-Uons.

Bastiment de l'église de~M!C/<dM-LMM~, et clocher d'icelle ~~se (~.
A l'honneur souverain et la vive mémoire Du grand Dieu tout puissant en son règne céleste, De sa mère sacrée et du bon sainct Michel, Et des biens heureux saincts du Paradis en gloire, L'an que l'oncomptoit mil trois cent soixante quatre, Le vingt-cinquiesme may, d'un premier fondement Le pied de cette église a prins commancement, Que l'injure du temps jamais ne puisse abattre. Dix neufs ans apprès, pour embélir ce temple, En l'an mil [)e] trois cens fetj quatre vingt [et] trois, Par les donts d'un chacun et iiberaux octrois Fust basti ce clocher que chef d'œuvre on contemple. Louons donc ce bon Dieu qui a toute puissance, Le premier s'emploiant à cet œuvre si beau Qu'il le conserve à soy, et son divin flambeau Sur tous ses bienfaiteurs luise pour récompence (~).

Ce que dessus est gravé sur une lame de cuivre au bas du clocher etentrée de laditeég[ise. Lesquelz vers estoient au fondement d'icelle église et ctocber, gravé sur une pierre près icelle lame mais le temps l'a mangée, estant à l'eau (3). Et faut advouer qu'on ne scaurait voir un plus beau clocher

i~
t)V.~6e/Mrc/iM/tis<or!<tMSMf l'église paroissiale tle 6'atMt-J/t[;/të<M-Lton~ de <a ville de Limoges, par l'abbé LEGROs. (LImo;L;cs, )!)). in-)~ de CSpages.) ') A la suite, <)p, ces vers, on lit dans Legros (loco cit.) et dans les «Reteve par Jean Verger et Jean Mersin (A), ~t''Mer~~Mde~7(i5: i'n)'an'!584.B » f3~ « Ou observe que cette inscription, qui avait été gravée, dans te principe, sur une pierre auprès de la porte du clocher, se trouvant table d'airain par presque effacée, fut transcrite et gravée sur une ces baltes .'ceux de la note ci-dessus) et mise auprès du les soins de hémtier. » fLEcnos, /oco cit.) peut être mieux. Mer)in.Yo~M.) A) KOuMerrin,on,

S6~ et mieux basti pour de la pierre grize et dure contenant dans icelluy huict cloches, et celle de l'orloge font neuf. Comme aussy est l'égtise, la nef ou voute portée par dix contenant en icelle pilliers très délicats pour la structure; vingt et deux autelz, comprins la chappelle de Nostre-Damedes-Aydes, de laqueHe l'image de la Vierge fust couppée la teste au pillory (1) par les Huguenotz, comme est dit en son lieu, en l'année 1560. Les chères pour célébrer l'oEBce divin furent faites par le curé et prestres d'icelle, comme appert aux quatre pilliers, incérant icelles sur une lame à chasque pillier, comme s'ensuit
L'an quarante et quatre et mille cinq cens, Les curé et prestres de céans, Par commune distribution Des biens, chacun sa portion, Selon sa calitté et pouvoir, Firent faire pour se assoir, four vaquer au service divin, Ces sièges que voys ainsin.

Au bas de la lame, de l'autre part du ba&timent, est gravé Relevé ps?'Jean Verger et Jean ~eW:?!, estant bailles, l'an iS84 (2). Commencement de guerre contre les ~M~~OM
[Les consuls dé-

L'an 1361, le 10~' may, fust fait une ordonnance en la mai&un de ville que tous voyages qui se feroient par le mandement du prince, et autres affaires concernant les affaires de la maison de ville, qu'on ne prandroit gaiges ou sallaires que les despans. Ce qui ne s'est observé jusques à présant, mais au contraire.

Ctdentqu'itnc seraperçtiau~ttri salaire pour les affaires de la ville. J

))Les/{f;/MtrM <'o)MM~fr~t. Il, p. M~j. qui parlent dè !a profanation, ne mentionnent pas cette partieutarite. ~tanote~ftetapage~CC. ;3)(. t'extrait du manusc.Bourgoin, F[!0)ss.U).~ft.s.');m.<'tC.tf. insereauLim./iM<p.39te'suiv.

268 Guerrecontre Icelle année I36T,aucuns seigneurs du Lymousia~scavoir ~sAn~his.] de Mallemort, de Marueil (1), Pierrebuffière et autres, pour ] les exactions que fesoit le prince de Galles de tant de tailles et subsides, se révoltèrent contre luy et se randirent François. -Et, deux ans apprès, fust fait taxe dans la maison consulaire de ceux qui bûchent le vin, et des trépasses. Or les seigneurs de Guienne firent plainte au roy Charlesle-Quint, roy de France, contre le prince de Galles, suppliant le roy, auquel le prince de Galles deyoit foy ethomage (2) dudit pays, de semonstrer souverain comme il estoit. Ce qu'il fist et fust donné adjournement personnel au prince de Galles, à Paris, pour ouyr les plaintes et griefs contre luy faits, auquel mandement ilnevoullustobéir.Parquoy commança la guerre; et eurent charge pour entrer en Aquittaine les ducz d'Anjou et l'autre par le Limousin, etdeBerry,l'unparrAgénois tous en telle-manière que !e duc d'Anjou et ses gens estoyent entrés par l'Agénois en Aquittaine, de mesme, les ducz de Berry et de Bourbon, d'Alenson, aveq les comtes de la Perche, de Blois, Jean d'Armagnac, Hugues, comte dauphin d'Auvergne, Jean de Villemur, Roger de Beaufort, le Srede Beaujeu, de Villard, de Sennac, de Montégnt, Mallemort, Marueil, Usès, Boulougne, Suilli, Tailleton, Confray, du Perche, d'Acon, Pechin, et autres barrons, chevalliers et escuyers, fesans environ le nombre de douze cens chevaux et trois mille lances, se hastans de conquester villes et chasteaux et forteresses; esquelz le pays se randoient vollontairement. Ainsin vindrent devant la Citté de Lymoges. Le roy Charles avoit tenu propos aux habittans de la villechasteau de Lymoges de se randre, lesquelz en avoient bon voulloir mais la crainte du prince résidant à Engoutesme leur fesoit peur. D'autre part, creignant Jeanne de Bretagne se disant vicomtesse de Lymoges, ayant perdu le tiltre de duchesse de Bretagne, qu'elle se voullust porter dame de la ditte ville, comme avoient fait ses prédécesseurs, pourquoi, voullants pourvoir à ces fins du différend, le firent remonstrer au dit

(i) « MarnueiHc. » (Mss. BounGOM.) f2) « Devait faire hommage.? (Z6M.)

–869– roy Charles, Lequel, pour randre les habittans de la ville plus enclins à se randre, fist admonnester la dite Jeanne à luy transporter le droit qu'elle prétandoit sur la dite ville et dont fust chasteau de Lymoges, ce qu'elle fist librement lettres (1), les choses demeurant ainsin imparfaites. passé MessireJean Chandos, connestable du prince en Aquittaine, entra dans Limoges bien accompagné d'Anglois pour garder la ville, car les ducz de Berry et de Bourbon et Allanson estoient proches. Comment France, brullé. la Citté de Lymoges se soM~zMt~ ~tM Roy de ~c[?'~<K et comment le fauxbourgt fust

La Citté de Lymoges estoit pour lors forte et bien munie de murailles, tours et fossés, et pouvoit battre la plaine par le moyen du clocher de Sainct-Estienne, qui commande partout. Cependant [que] le duc de Berry tenoit le siège devant Lymoges, Berthrand du Clesquin y arriva avec grand force, dont la compagnie en fust bien joyeuse. Pour l'heure, on estoit sur tes termes de se randre aux François (2), ce que diligemment [fut] poursuivy par l'évesque, qui, ce mesme jour, arriva dans la citté, venant d'Engoulesme, où le prince de Galles estoit mattade. Lequel dit et rapporta aux Citoyens, affin de les induire à se randre François, qu'il avoit veu ensepvelir le prince de Galles, lequel affirma pour certain estre mort. Ce qui fust causse aux cittoyens de se randre plus librement françois (3). Le duc de Berry et autres seigneurs entrèrent dedans, et se raffraichirent durant trois jours, pandant lequel séjour, les François assailhirent la ville de Lymoges. De laquelle sortit sur eux messire Jean Chandos et les Anglois, escarmouchans

1 La Cité se soumet au roi do France,

[ïnccndieduf'aubourg St-Mart.n.]

ces lettres, datées du 9 juH)et (')) On trouvera pM~aMm dg /<t Soc. arch. fht. LMM., p. ~30. H (fM.; (2) « t)c se t'andre François. ~8G9.tn ~danst'/t/m~nac/iLtMOMstMpour thentique de ta reddition de )a Cite.

1369,

au

1. Yt!

du

proccs-yerbat

au-

~0 entre la Ville et la Citté jusques aux barrières faictes entre les monastères de Sainct-Martin et de S'Gératd, et les couvents des Jacobins et Mineurs. En cet endfoit de Saînct-Nartin et Mineurs estoit un beau fauxbourgt (i) renfermé entre les deux villes, lesquelz furent destruitz et bruUés, dont a présent ne reste que des fondements et ~aves vers SainctMartin etS~-Pot. deLequel faaxbourgtestoit l'antienne meure des Vénitiens, comme il est dict cy.devant [page 136]. Le duc de Berry estant dans la Citté fust cojiseHié de rompre sa chevauchée, ainsi que le duc d'Anjou avoit faict, et qu'un chascun retournât ea son pays pour le deffendre contre Robert Canone, qui estoit entré en France aveq puissante armée du costé de Calais. Berthrand du C!esqa!Q demeura sur les frontières de Lymousin aveq trois cens lances pour reeouvret' tes terres de la vicomté pour sa maîtrasse'JeaHHe de Bretagne. Et fust establi pour garder la CtttéJean de Viitemur, Ro-

ger de Beaufbt'tet Hugues de La Roche aveq deux cens tàttces. Destruction
,n'tr'n'tiM'hC~to, t:!7U.

de ~c Citté par !epnMCe ~e Ca~e.$.

Le prince de Galles ayant entendu la révolte de la Citte de Lymoges fust fort fascbé, mesmes sachant que l'évesque, qui ebtoit son compère et chaaceUier, en avoit este cause. Par-' quoy n'eust en estime les gens d'église, comme !t souloît faire, jurant par l'âme de son père qu'il la recoavreroit quoi qu'il en couste, et que jamais à autre n'entendroit qu'il n'eust parfait ce que dit est. Ses gens estoient assamblés à,- Cougnact, fe-~ sant le nombre de 3,800 lances, six milles archers et trente Louis mille hommes de pied. Là estoit Michel d'Âogie (~ vicomte de Chasteieraud, ies seigneurs de ~oatz, Partenayt Puyaune, Tonnay-Boutonne, Persevac, Cos!ougne (3), Godefroy de Nontrond, Montferrand, Chaumond~ Languoyrand, Thouars (4), Pommiers, Mucidam, jLe§pare,"Chabanes, Rochouard, Thomas de Percy, les sieurs de Rosé (S), GuithaHme R'chard du Beauchamps, Michel de La Pouiite, Cousent {))« De beaux faubourgs. » (/&M~.) (2) Messire Guiohard d'Ang)e. (FMissAM.) ($) Pefccvat de Co-~ [ù~un. 'ff):<f.~ M) Avmcrv de Tarste. (~tf~'f– (S) Le sire <)GHos.J z, J~W.

97'!
Pont-Chardon, Beaudoin de Francville, Simou Burte, d'AuGuithaumedeMarvitie gousse.Jeand'Euvreux, (t), Eustac.he d'Aubertincourt (2), Perducas d'Albret (3), Nontrond (4), et. grand nombre d'autres gens de guerre (a), lesquelz vindrent tous assiéger la Citté de Lymoges. Le prince de Galles ne pouvoit chevaucher, causant sa malladie, parquoy se fesoit porter dans une lictière; tant qu'il arriva devant la Giné de Lymoges, et se logea au couvent dp S~-Gératd, le comte de Lancastre aux Jacobins. Les comtes de Pannebrot [Pennebroch~ et Cantebruge togèreut au couvent de S"Augustin aveq les seigneurs Guienne. Ceux de Poict.ou, Saintonge, Périgord, Engoufmois et Lymousin togèrent à S"Martiu et [aux] Cordeliers. Et pardelà la rivière de Vienne furent iogés le captai de Buch, Thomas Féteton aveq cinq cens lances Hannuyers (6) à mille archers et dix mille Gascons. Et messire Jean Cbandos estoit iogé dans la ville dite Cbasteau ( i). Allors le prince de Galles fist serremen!. de ne se partir de devant ia Citté qu'il ne l'eust à son obéissance. L'evesque connoissant avoir heu tort d'avoir esté cause de ce, mais il n'y pouvoit plus remédier, car il estoit trop tard. Jean de Vitiemur, Hugues de la Roche et Roger de Beaufort (8) confortaient les habittans citoyens disants qu'ilz estoient assez forts pour les deffandre. Le prince ayant veu la situation de !a place de la Citté, par

<)De ?<euvi))e. (FttO)SSAnn.)–(2) D'Aubrecicourt. (/&M.)–(3) Perducas de Lahretto. (Mt~.) (5) La (4) Naudon de Bageraud. (/6~.)– liste donnée par Froissard est beaucoup plus rompicte. V. BM/~<. <~ <~ ~o~. ~t~rMtt~. du Li(6) Soldats fiu Hamaut. MOMSt?!annce )8'{0. M. Nfanricn Ardant. qui a reproduit,, en /'a&?' ;/g6[M~dit-il, ce qui dans notre manuscrit concerne le siège de ta Cité, dit à propos de ce mot H~?MMt)/M's <; Le mot est ainsi écrit dans tes deux manuscrits. a Un peu p)))s loin, il dit tout aussi formellen)ent Unautre manuscrit qne j'ai coNationne, etc. )) Ce qui pronve une fois de plus qu'il acte fait plnsieurs copies d'un manuscrit original. donne pas ces défaits topographiques. (7)Froissardne t~s nn.t. ~M /j!'Mt., un art. t. VH!, de (8) t'au~M/M M. t'abbe ArbeHot ~.M~'of. ~M~r.<; f~' ~[ Ci'tf'. A'<<s

212 l'advis de son conseil, fist venir ses /tMroM;c (i), gens bien expers pour miner, lesquelz il mit en besogne du costé du Naveix à l'endroit.d'une tour appelée de La JRsM (3), où la murailhe estoit bastie sur le tus [tuf] et non sur le roc. Ce faict, les huroux et pionniers ayants miné et appuyé le mur sur des pillottis de bois ensouffrés, ilz firent tant par leurs labeurs qu'ilz vindrent à bout du dessaingt de leur ouvrage, laquelle contenoit cent coudées de murailhes, sans comprandre ladite tour de l'AtTesM. Ilz mirent bois souffrés et autres matières seiches pour bruUer et consommer les piltottis~ puis advertirent le prince que, quand il luy plairoit, feroient renverser les murs dans les fossés, où ses gens pourroient facilement entrer. Ce qui fust faict, car, le lendemain, i9" septembre l'an 1370, les capittaines françois commandais dans la Citté furent advertis de lamine. Parquoyfirent une contremine, laquelle ne servit de rien, ayant failli le rencontre de l'autre. D'autre part Berthrand du Clesquin,aveq ses François battoit l'estrade nuit et jour aux champs, dont le prince estoit asçavanté à causse des plaintes mais pour ce ne voullust. lever le siège. Pour conclusion, le feu mis aux mmes et les murailles renversées dans les fossés, les Anglois estants en armes pretz à combattre, et l'assaut donné au cry des trompettes et clérons, les gens de pied donnèrent dedans, puis montèrent sur les murailles, couppant les portaux, pont-levis, barrières et autres deffances sy soudainement que ceux de dedans ne peurent empescher, tant ilz estoient estonnés delacheute' de la muraille, et incontinant, le prince entra dans la Citté accompagné du duc de Lanclastre, des comtes de Pannebrot, Canthebruge, Richard d'Angle, et autres, tuants tous ceux qu'iiz trouvèrent dans la Citté, hommes et femmes, enfans et filles

La copie de M. Maurice Ardant insérée au BMH~h'M, ft) Sic. mais Froissardj dont. notre m&nuscfit :HM?'OMa: OMp:'OMM)'s; porte n'est en quelque sorte que t'abrège, dit R!tro?tsOMMtK~fs. NMroMa; ne se trouve point, en eSet, dans les glossaires de l'ancien français mais Roquefort donne NMMK comme terme d'injure et de.mcpris. Mouscroyons qu'H faut Hre ~Krons, avec Fro!ss!trd. ;2; Ou ~M?'~M.

273 de tous eages se jettans à leurs piedz, criantz miséricorde au prince d'avoir pitié d'eulx, lequel prince ne les voulloit escoutter, au contraire les fesoit massacrer devant luy. Et vindrent en cette sorte depuis la porte Sainct-André, ditte porte Pané, jusques au devant de la porte et égtise de Sainct-Estienne, là où il y eust grand tuerie, parce que la pluspart des habittans s'estoientretirés dans icelle pansans estre en seureté et sauvegarde à cause du lieu, ce qui ne leurservit de rien. Et en fust tué ou~massacré plus de dix huictmitte(l),et laplus grand partie de ceux et celles qui estoient innocens de la rebellion. Et furent en grand danger ies religieuses de la Raigle. Parquoy c'estoit chose pitoyable à voir la pauvre Citté en tel estat et effusion de sang si grande (2). [Et de mémoire de ce, fust mise l'image de la Vierge tenant son fils Jésus qu'elle portoit devant, et couvrant son visage à cause de l'effusion du sang qui fut répandu lequel image étant dehors et dans le mur de l'église a ésté mis dans la chapelle joignant où elle est, l'année. (3), où il y a grand dévotion, étant appelée NotreDame-de .BoHHS-De/ïurttHcc]. De toutes parts entroient les Anglois dans la Citté sans contredit; une partie vinst au pallays de l'évesque, lequel ilz prindrent et lièrent. Lequel [fut] emmené devant le prince qui le renvoya de grand fureur, le menassant de luy faire trancher la teste, commandant qu'il ne le vist en sa présance. Or s'estoient retirés dans la tour de Maumond les capitaines françois. Parquoy, voyants la fureur un peu appaisée sortirent et vindrent devers le prince, qui estoit accompagné des-

sur le ()) Feu Henri Ducourtieux, dans une « Courte ~M.ser<a<tOK siège de la Cité, » insérée au t. XI du BM«g<. la Soc. arch. ~K ~ïm., p. <92, et dans l'Almanach /,t'mo:MtM pour )86~, conteste ce chiSrc ainsi que plusieurs des allégations de notre compilateur et des annalistes Limousins. Dans un autre article que l'on trouvera dans l'AlmatiacA Limousin pour ~63, Henri Dueourtieux revient sur le même sujet en réplique àun article de 31. Cuisson de Mavernier, inséré an Courrier du Centre du i janvier ~862. (3) La phrase mise entre crochets ne se trouve pas dans notre manuscrit. Nous la copions dans le texte communiqué par M. Maurice Ardant au Bulletin de la Soc. d'Agriculture. (3) « i) y a ici une lacune. » (;Yo<s de ,M..)/. Ardant. iH

~4
ditz duc de Lanclastre, CaMhebruge et PaMe~ut, et se randirent au prince, qui les receut à mercy selon le droit des armes. Charitté des habittans envers de leurs frères CAas~aM cittoyens.

de Lymoges
L.cnhabitants du [~ ''hâtcattrach~tent îes pnsonnt~d.-hCitc.t

La Ciné de Lymoges toute pilhée, le surplus des cittoyens que le glaive avoit pardonné estans prisonniers-en grand captivitté, après le feu, muraillies et tours abbattues, et les Anglois chargés de leur despou!hes~ furent racheptës par les habittans de la ville de Lymoges, ayants compassion de leurs parants et amis charnelz, vandans domaines et héritages, rempUssams la ville des pauvres citoyens n'ayants maisons pour se retirer ny meubles pour s'en servir. Les uns furent contraints de se retirer ez hospitaux et autres places couvertes, contre leur mode accoustumée. A cause de quoy, ez mois

de novembre et décembre, se print entre eux des maltadies

qu'il en mourust la plus grande partie, et peu se sauvèrent. Les Anglois se retirans abbattirent Ràncond et GhampagnaG (1), bruttèrent Nontmorition et autres. Le pays de Lymousin estoit en grand tributation, causant tes guerres ang!oises et i'ranço!ses. Le sénéchal de L!nf)ous!nj, appeUële seigneur de Vertincourt, fust prias à Pierrebuffière par Thibaut du Pont~ chevatier breton. Le duc de Lanclastre demanda au prince l'évesque, ce qui luy fust refuzé. Parquoy fust dit à la princesse que sy le prince ne le randoit, le pape t'excommunieroit et dëctarproit ses enfans illégitimes (3). Qu! causa que le prince renvoyast ledit évesque au pape Urbain en Auvergne lequel {cvesqne] après quelque temps, fust faict cardinat, dëtaissant s(Mi cvescM.

(<) « Je crois qu'il faut lire, au lieu de C/Mmpf~Mac, C'ON!prc:OH(!e~ lieu voisin de Rancon. » (Wo~cde, M. M. /ir(~:s{.) (2) « On voit que le pape portait un véritaMc intérêt à l'evëque de Limoges par l'avancement <'j'u'it lui donna. Mais la princesse de Galles avait deux motifs ponr redouter qu'il prit au souverain* pontife l'idée de déclarer son mariage non vatabtc d'abord il y avait la parenté, et ensuite les douhles nnnçainp'; de Jeanne de Kent avec

215 EvMERic CnAT (1), qui fust en rangt des évesques de Lymoges 64; lequel, causant les guerres, fust contrainct habbandonner son pallays, et se retira dans la ville. Le cardinal dit de Sarragosse ~e~oMc~a~). ensepveli dans l'église
[AimertcChatt, éveque.] ]

L'an 1369, décéda à Viterbe, ville d'Itallie, Guy d'Arfeulle, appellé te cardinal de Sarragosse, lequel voullut son corps estre porté à Lymoges et ensepveli dans l'église de SainctMartial, où il repose à costé du grand autel près la bénitière. Il fist de grandz biens à l'église. L'on void son tumbeau, qui est très beau, et son effigie en long sur icelluy, lequel Messieurs de Sainct-Martiat laissent tout rompre. Du pape Grégoire Xle ses bienfaitz de ~a!MC~far~a< (3). à l'église

[ Mort de Guillaume d'Arfeuil. le, cardinal de Saragosse. ]

Apprès le trespas du pape Urbain V~, Limousin, qui fust le ~9° décembre 1370, le 30° dudit mois fust esleu pape Messire Pierre Roger, appenétecardina) de Beaufort, enLymousin(4),

[ Grégoire XI pape. ]

lord Holland et avec lord Nontaigu. Or on pouvait revenir sur la décision du pape Oément VI, qui avait décidé en faveur du 'premier, et c'était à la mort de lord Holland que le Prince-Noir avait épousé sa cousine, devenue la plus riche héritière d'Angleterre. (~Vo<ede Ardant.) (1) Aimeric Chati de la Jauchat, près Saint-Yrieix, évèquc de Volterra, puis de Bologne, en Italie, mort le 8 novembre d390, est le 65" évëque, d'après le Tableau de Nadaud. mourut à Vi(8) Gui d'Argfeuille archevêque de Saragosse terbe, le 4 des nones d'octobre )369, fut enseveli au couvent des ermites de la Sainte-Trinitc. selon le Gallia purpurata, p. 360. V. aussi B.\LUZE, <t6 papftrMtM~)~K:OM~M..M:<?K, ahle, et BANDEL, ~ à lat Dévot. Asaint Martial, chap. v. (3) V. sa biographie par feu l'abbé Texier, dans la Galerie de portraits des personnages célèbres du Limousin, éditée par M. Albert; F. aussi BANDEL, évot. à saint .)~a)'<M~,chap. (v mais )'. surtout t D B,\LUZE,~!<<B paparum ~(feKton<??!.s:H'm. (4) Lisez, avec le P. Bonaventure;?. 660) « Pierre Roger de Montroux, de Maumont (près Aixe), comte de Beaufort, en Anjou. M

216

nepveudupapeCicmcHt VIe. Et fust nommé Gréguire on. ziesme. H avoit grand dévotion à sainct Nartia!. En t'an 1376, il permet par sa bu!!e à l'abbé et religieux de S'Martia! de choisir des confesseurs et les nommer !ors de Fgstenston du chef du glorieux S"~Martial, qui ayent mesme pouvoir que les pénitenciers de Rome, en date du 27" septembre (1). Par autre du ctnquiesme janvier 1379 (2), [Hdit] qu'à cause de la dévotion qu'it a vers saint Martia!, il envoyé à l'abbaye un image d'argent esmaiité, enrichi de pierreries, du poidz de sept cents marcs, pour servir de retiquère au chef de sainct Martial. Les couppes ou joyaux d'or où repose à présant le chef de sainct Martial, sont estés baillés ou envoyés par luy, et portés par le cardinal de Lymoges, jadis évesque, du temps de la destruction de la Citté, nommé Jeande Crpse~commeil est gravé sur ta couppe de bas XI PP. GrcyorîMs as donna las ccM~ps~.P. Vidal las ~'y an. m. CCC. ~aM;(3). Comment
{t.e;,]ttbit.TLnts<!e Limoges se soumettent au roi de France, t37I.J

~~He-c~as~eaM~ Lymoges se soM~x?KM< ~M roy de France Charles V (~.

L'an 8° du roy Charles S'\ !es habittans de Lymoges voyants tousjours les Anglois ransonner le peuple, et plusieurs auti'ps

(4) Il a, au sujet des pénitenciers, deux bulles totales par le P. Bonaventure l'une du 3" des nones de juillet ~37.3~ laquelle institue deux pénitenciers durant ['ostension l'antre Au 87 sÊptembre 1376, qui confirme la précédente et ajoute M jours du pouvoir des pénitenciers aux autres f-{.jours. ?) Le P. Bonaventure donne aussi le texte et la traduction 3c cef!f bulle qu'il rapporte, avec raison, à rannpe 1378 ceLactc, a!ns! q'~ ptusieurs détaiis retatifs à la donation, se trouve également dans ut) extrait d'un manuscrit de M. ['uroux, insoré an t!M<7~K NMM~M~, p. 4S2. (3) Cette date est fausse, Grégoire XI était mort en 1378. E'. la note ci-dessus t. III, dans BONAVENTORE, p. 6G) De !a.~OMt'MaMOMa!H~~MS (4) ~c les provinces c!'0~re-LoM'e, par M. &roilet-!)nmaxeati. ~MHct. t. Soc. ~eA. du 7..HK., H!, p. 32.)

~W maux et dommaiges qu'ilz souffroieut, ne les pouvants plus supporter, fust députté pour envoyer par devers le roy d'Angleterre à Londres un bourgeois de la ville nommé Pierre Boulhon, pour luy remoustrer les dommaiges sy longtemps soufferts au pauvre pays de Lymousin, le suppliant d'y pourvoir autrement ne pouvoient plus tenir soubz son obéissance. Ledit Boulbon fist très bien son légat, obtenant lettres adressantes à Jean de Urnes, gouverneur, et à messires Richard et Albert Buery (1), sénéchaux (2) audit pays pour le roy d'Angleterre, où estoit mandé de 1ère réparation aux habittans de Lymoges des dommaiges à eux faitz par les Anglois. Ce voyage fust de quatre mois onze ou douze jours. Cependant ledit de Urnes, Richard et Buery, sénéchal, retournèrent en Angleterre, habandonnant le pays sans gouoccasion de quoy les Auglois qui estoient au pays verneur, pilhoient plus fort le Lymousin. Pour conclusion, les consulz de Lymoges, du vouiloh' et consentement de la plus saine partie de la communauté de la ville, envoyèrent devers le roy de France Jean Bayard, Jean Martel (3) et Laurans Sarrazin, esquelz donnèreni. procura'ion expresse et pouvoir, selon leurs instructions et signe (4). de remettre le chasteau et ville de Lymoges à son obéissance. Lesquelz furent receus du roy à Paris, joyeusement, et en faveur de ce que les habittans de Lymoges, ville et chasteau, se mettaient de leurs libérales voMontés, sans estre sommés ny contraints, des premiers d'Aquittaine, Sa Majesté leur ottroya, tant aux consulz que habittans, de beaux et excellents privilléges, libertés et franchises, par ses lettres pattantes, scellées en cire verte et lactz de soye, dont s'ensuit l'extraict lesquelz, par la négligence des consulz, sont tout à fait abo!is(5).

())Lisez:,R:'e/:sr~c!i)J/a<mcs&r; (3)Lisez:MMg6'/[aL (3) Jean Martin. (BorfAVEKTL'RE.) (4) Ces instructions sont relatées en entier dans r~M<. fhtLMM.de M. Leymarie (t. H, p. 302 et suiv.).
Lettres en date du 28 décembre t37i, portant que la ville et (S) la chatcttenie de Limoges seront unis inséparablement à la couronne, des etque cette union ne portera aucun préjudice la juridiction

2'78 Extraict mémorial des privilléges de de Limoges, soubz C&sr~s c~~M~Me
[Prmteges.) J

~~Hs-'c~os~aM de France (<).

1. Le roy annexa le chasteau et v!Uede Lymoges à la couronne de France perpétuenement. 2. Par autre lettre, il bailla en recontpance à Jeanne de Bretagne la soEame'demille livres de rante sur le chasteatt de et Nemours, pour le droit par elle prëtandusHrtaditte~U!e chasteau de Lymoges, promit et jura garder et garantir pour t'advenir les habittans en leurs droitz et franchises, à l'encontre de ladite Jeanne de Bretagne et de ses enfans successeurs. 3. Par autre lettre, promist à rabbe de Sa!nct-Mar).!ai ëcompance pour le droit de Fhomage par luy prétandu sur ladite ville et chasteau de Lymoges. 4. Par autre lettre, donna de nouveau le chasteau et chasteUenie de Lymoges, aveq toute la juridiction haute, moyenne et basse, sens et autres choses, sans rien retenir et réserver, aux consulz, Manants et habittans de Lymoges. 5. Par autre lettre, donna aux habittans et consulz, pour les réparations de la ville et chasteau, lé souchet et imposition du vin qui seroit vandu. 6. Par autre, quatre deniers pour livre de toute la marchandi.se qui seroit vandue en ladite ville, laquelle itz pourconsuls de Limoges ni aux priviléges des habitants de cette ville. des (Ordo?ttMMCM rois de France, t. V, p. 430.) Lettres du janvier ~37~, par lesquelles le roi donne aux consuls et habitants du château de Limoges le château et la châtellenie de cette ville, qu'il s'engage à garder. (Ibid., p. ~43.)–F. aussi au t.XlVdTiB~Met. de la Soc. <n'cA., le vidimus général des privitéges donnés par le roi Henri U, en 1S5S. Le Limousin historique donne, p. S73 et suiv., le texte roman complet, avec la traduction française des ordonnances et franchises. de la ville de Limoges confirmées par le roi Charles V, connues sous'le nom dé CoM;MNMs Limoges. H a été fait un tirage de A part de ces coutumes, en 1839 (in-8" de 90 pages). (1) Nous connaissons deux autres copies de cet extrait l'une, imprimée dans l'ouvrage du P. Bonaventure, t. Ht, p. 66i, et-qui <.est, dit l'annaliste, dans les Chroniques du pays; )) l'autre, insérée par M. Maurice Ardant au Bulletin de /? ~oc~ d'J~'t'cM~urc de LitMf)~f. :mnco 035, p. il. Les trois textes diffèrent un peu..

279 ioient ester et renicttre toutes et quantes fois que bon leur semblera. 7. Par autre lettre, que les clefs des portes et forteresses de Lymoges demeureront en la garde des consulz, sans que autre en puisse prandre la charge. 8. Par autre lettre, que nul consul ou qui l'eust esté ne soit puny criminellement d'aucun délit par luy commis. 9. Par autre lettre, remist et quitta tous crimes et délitz (;ue les habittans de Lymoges pourroient avoir fait et commis contre Sa Majesté en aucune manière. 10. Par autre lettre, remist et quitta tous les debtes que les habittans pourroient debvoir pour cause de recepte du fait des monnoyes ou pour quelque autre que ce soit. H. Par autre lettre, confirma tous les droitz, privilléges, libertés et franchises que le prince de Galles et ses prédécesde la seurs avoient octtroyées aux habittans et communauté ville (1). }9. Par autre lettre, quitta aux consulz et habittans toutes désobéissances que contre Sa Majesté pouvoient avoir esté faites, et que, nonobstant icelles, tou.t ce qui leur avoit esté octroyé vallust et tinst. i3. Par autse lettre, il privilégea exprès et prit en sa protection et sauvegarde les consulz et habittans (2). i4. Par autres lettres panantes, scellées en cire blanche, le roy octroya privillége à tous les habittans de ladite ville de ne payer de dix ans, pour le royaume de France, aucun péage, imposition ou autre subvention. i5. Par autre lettre, qu'ilz ne fussent tenus recepvoir dans laditte ville aucun nombre de gens d'armes en garnison, sinon tel nombre qu'il leur plairoit. 16. Par autre lettre, que nul homme illégitime ne puisse tenir office en Limousin. 17. Par autre lettre, déclare les consulz et habittans quittes des despostz que le prince de Galles fist prandre entre !es mains lors qu'il destruit la Citté de Lymoges.
(1) H s'agit des coulumes de Limoges, publiées dans le Z.<tK. /tM<. ( V.ianoteS de la page 277). (2) «Qui sont douze lettres scellées en cire blanche. f7'~f<' '/<; .L~f(nf.)

280 18. Par autre lettre, que tous les etBciers du roy [qui] demeureront dans la ville seraient tenus contribuer aux tailles et autres charges de la ville. i9. Par autre lettre, révoqua toutes donnations qu'il pourroit avoir fait des biens d'aucuns particuliers de ladite ville et chastéau de Lymoges pour quelque cause que ce soit. 20. Par autre lettre déclara que aucunes marchandises [quij avoient esté prises et arrettées sur les chemins deppuis la paix, veut icelles estre remises et restituées à ceux à qui elles appartiendront. 21. Par autre lettre, veut et ordonne que tous les debtes que le feu roy Jean, son père, lors estant duc de Normandie, avoit fait en ladite ville et chasteau de Lymoges, qu'on pourroit monstrer par bons enseignements, fussent payés. 22. Par autre lettre, le roy promettoit payer soisante hommes d'armes pour un an, en cas de nécessitté, pour garder laditte ville. 23. Par autre lettre, mande au sénéchal de Limousin dans la vitte et chasteau, que sy aucun prélatmettoit te~(i) le faire os:er par prinse de son temporel. 24. Par autre lettre, que le procureur du roy ne postuleroit pour autres particuliers que pour ilintérest pubtiq et personne du roy seullement. 2S.–Par autre lettre, prohibe à tous ses" capittaines, gens de guerre et autres de ne prandre aucuns vivres qu'on apporteroit à ladite ville et chasteau de Limoges. 26. Par autre lettre, il prohibe aux consulz, manants et liabittans de Lymoges de payer aucuns subcides au duc de Bretagne. ~VoMoquej'ayveu dans un autien tiltre que ie roy doane aux consulz et habittans de Lymoges la place de La Motte

~lj Le texte donné par M. Maurice Ardant est identique au nôtre en cet endroit. Le P. Bonaventure, ne pouvant expliquer le mot ~y, traduit: « que si aucun prélat commettoit de l'excès dans la vi!!e de Limoges, le fasse oster par prise de son temporel, ce qui n'a guère de sens. Le mot lef ne serait-il pas la traduction du bas latin /.<< )cvce, tribut? « ~<'M<o.,<?'~KtKM,c.Baet<o"(B~oss<tn'!t~a.~ ~'n«. C/u'~f. t. !!); « L)<'o~cc;ft, h-t'&K(!~t% ~MOf!<?~t<Mret )' th (:(;); ~n;«r.

281 près les Estangtz, [de (i) laquelle place, depuis, les habittans de la rue de la Ferrerie, qui avoient leur derrier de maison prenans leurs clartés par taditte Motte, aucuns prenoient de la place, y plantant de la vigne, et y fesoient de petits jardins, commencèrent à usurper; dont y eust procès entre voisins en cour de parlement que j'ai veu les pièces. Et, les consulz intervenant finallement, les consulz en firent vente par permission du roy, se réservant rante payable à la maison de viHe lesquelles rantes sont à l'hospital général] (2). La recep~OMde~e~re Louis de Sanxerre, à Lymoges. de France, mareschal

Le 24~ jour d'apvril, l'an ~372, arriva à Lymoges messire Louis de Sanxen'e, mareschal de France, qui logea aux Jacobins, auquel les consulz et bourgeois allèrent faire la révérance. Ledit sieur les somma, tant consulz que habittans, de se mettre à l'obéissance du roy, ainsin qu'ilz avoient promis. Et, sur ce, délibération par les consulz, habittanset plus appa. rants bourgeois de la ville, [qui] bailhèrent l'obéissance et prestèrent le serment. Allors, monsieur le maréchal entra dans la ville en armes aveq ses gens, pour Je roy de France, enseignes desployées, lequel fist mettre ses bannières sur les portaux de la ville. Trois mois apprès ladite réception et obéissance faite, le roy octroya pareiues, samblables, et réitératives lettres et privilléges.
:'t) Ce qui est entre crochets ne se trouve pas dans notre manuscrit et est copié sur le texte donné par M. Maurice Ardant. L'ancien titre dont il est parlé n'est autre que l'ordonnance de Charles V, du 28 décembre 374. (2) Ici s'arrête le texte communiqué par M. Maurice Ardant. Le Bonaventure ajoute à la nomenclature « Voilà par lui donnée les priviléges que les Chroniques du pays mettent en abrégé. Pour plus forte preuve et plus claire intelligence, je produirai au jour ce qui est de principal dans les patentes des rois qui ont gratifié Limoges ou ses consuls et habitants, que j'ay eu entre mes mains, et en ay tiré copie pour m'acquitter du devoir d'un tidcte historien ); (t. Ht, p. 662). Suit l'analyse de diverses chartes des rois de France, documents intéressants, auxquels on t'eru bien de recourir.

du [ Réception Maréchal de Sancerrc.] ]

382
[LtjsAn~latsdc~:nts à Pierre bufïtèrc.] ]

Or le seigneur de BerUncourt, sénéchal pour le roy d'An gleterre, auquel te prince avoit donné lettres de ta vicomte de Ségur, que Bertrand du Clesquin chasiongeoit (i) après la destruction de la Citté de Lymoges, assçavanté de la révolte de laditte ville et chasteau, il assamb!a des gens le plus qu'il peut et s'en vint à Pierrebuffière pour guerroyer Lymoges. Auquel lieu il fust prins et ses gêna deffaitz par Tbibaultt du Pontbretôn, et aUors furent recouvertes sur les Anglois les terres de la vicomté. En l'an 1373, furent closes et murées les portes du S'Esprit, Pissevache, Banléger, VieiUe-Monnoye, S~-Martin et Mairebuaost (2), affin de lever mieux l'imposition (3). Il fust fait une ordonnance que lesconsulz seroient nommés le jour S~-Pierre de febvrier, pour mieux continuer les fortiffications de la v!tle. Comment la ville de Lymoges ~'a~ classer les Anglois ?. deniers pour

~P'tftesdela. ville murées. J

Ordonnance chan~eanttc le jour de la nomination des consuls. ]

1 Sacrifices par

faits

Limoges pour ckaMer t<N Angtais.1381.] ]

La ville de Lymoges estant au service du roy de France, pour chasser les Anglois du pays fraya grosses sommes de
(<) Le mot c~SH~&r ou chalanger est donné par le Dict. de Uucange avec la signitication de réclamer (Chalenge, demande en justice). Auxvt" siècle ce mot avait une acception plus étendue « C<slanger ou eAa~K~g)'uneterre, s'en emparer, la faire et maintenir sienne; c/ia~m~sr et défendre une terre contre un autre seigneur; et [;/M~m<jfe?' requerre une terre; eAa~m~)' et conqnerre une damoila mort de quelqu'un; chalenger une proye, etc. » selle c/M<<MMyer (Trésor de NicOT,1606.) (3) Le P. Bonaventure (t. III, p. 666) dit a Mairebeuf, quî est Saint-Martin. » (3) « J'estime que c'est celle que Charles cinquième leur permit, à sçavoir du souchet ou douzième partie du vili estranger, et quatre deniers pour livre des marchandises et autres chospg.:qui sevendoient, et peut-être encore pour payer le t'oùage que le roy avoit demandé. fr (BONAVENTURE, t'Mfî.) (4)LeP.Bonaventure rapporte ces avènements à l'annce 138t.– aussi LEYHANE, ~M~MK.,t. Il, [). 309 Ct Stnv.; JomMETTOK, lIist. ~Mt. t ~;U<!?'c~, t. p. 34t.

283 deniers à messire Berthrand du Guesclin, Louis de Sanxerre, Ollivier Blanchard et autres, pour chasser et mettre hors de Chaslucet et Corbefi les Anglois, qui gastoient tout le pays. Gautier dépassa, sénéchal de Lymousin, Semblablement, les Anglois ennemis du Chasteau Chervix (1). pour jetter Le duc de Berry tenant assiégée la ville de la Sousterraine, dans laquelle commandoit messire Jean d'Albret aveq grand quantité d'Anglois, les consulz et habittans de Lymoges envoyèrent au camp dudit duc vivres, engins, charpentiers, massons, manouvriers, et autres outilz de guerre. Eu fin la ville se randit au duc de Berry. Apprès ce que dessus, furent prins et 'chassés les Anglois du chasteau et ville de Rochouard, puis de Jumilhact (2), du et de La Vauguion, toutes lesquelles places Breuil, S"Vie tenoient pour les Anglois. Hrestoit encores au pays circonvoisin Sn' -Chamant ~(K), Chambaret, Chaslucet, Grandmond, Besse, les Cars, Corbefi, Snt -Jean Descolle (4) et autres places. Lesquelles, pour tes prandre et en chasser les Anglois, ladite ville de Lymoges donna ayde et secours d'argent, gens, brides, vivres et autres munitions de guerre. Grand nombre d'Anglois venans du <;ostë de Forestz en Auvergne passèrent les rivières de Loire et du Hattier [de l'Allier], Dordongne, le Lot, menassants Lymoges. [Ils] n'y gaignèrent rien, car il en mourust beaucoupt en ce voyage. Pour survenir aux affaires de la ville, causant le passage des Anglois, furent esleus vingt conseilhers. En laquelle saison, la ville paya plusieurs sommes aux capittaincs françois poursuivants les Anglois.

[ Prise de la Souterraine et autres places par les Français. ]

Il faut tire, d'après le P. (1) Cette phrase est incompréhensible. « Gautier de Passac, séneschal du Limousin, dépensa Bonaventure de l'argent pour faire sortir les Anglais de Château-Chervix. » (~) Une note manuscrite de l'abbé Legros, en marge de notre et renvoyant aux jt/gM. manusc. de exemplaire du P. Bonaventure, Nadaud, t. H, p. 456, porte: « Janailhac. » (3) «jSaint-Amand. » (Ibid.) « Saint-Jcan-dc-Co), en Périgord. » (/&)

284
Pr~se re~r~~e des chasteaux roy de de coî'~c~ et F?'eMC6,138t.

Ma~MC~soM6zCM}'~6'
~t'nn'delaSoaterrame.j ]

Pr~c ([cChà! usset par les Angttia.) ]

Au commancement du règne du roy Charles 6°, monsieur le mareschal de Sanxerre vint en Limousin pour reprandre laville de La Souterraine et en chasser ceux qui l'avoient prinse. Lequel, aveql'ayde des communes, contraignit les Anglois par composition quitter la place, qui, en se retirant, firent grandz maux en Lymousin. Mais, poursuivis vivement par ledit sieur* et {egères batailles. mareschal, y eut plusieurs rancontres Bref, en fin, les François eurent t'advantage. En laquelle saison, Peyrot de Béarneix et les Anglois prindrent le fort chasteau deCttastucet, à deux t!eues de Lymoges, où furent faits maux infinis et incroyables. Gératd Jonvion succéda à l'abbaye de S~-Narti~par !e d6cedz de Eymeric duBrueii, quifust !an jt3~, et, par ce, fust en rangt des abbés de S'Martiat 4~ (i). H 'àvo!t esté abbé de Snt-Martin et de Chasroux. Il fust esleu en febvrier i384, et tint l'abbaye jusques au S° mars 4393. Icelle année 1384, Guilhaume de Cbannac~cardinaLappe!é le cardinal de Monde, estant décédé en cour Se Rome (3), ou~ tre grands donnations qu'il tist à S~-Martia), et pour plus grand dévotion, y voullust estre inhumé. Et fust sou corps apporté à Lymoges en ladite église de S"Mardal, où il repose dans un beau sépulcbre, à costé du grand autel où l'on dit l'Évany~< BERN&RD BONNEVAL, DE natif du Lymousin, fust en rangt des évesques de Lymoges 68° (3), par !c décedz de Eymerict Cha[ti.] ~) Gôrald II Jauviond (1384-) 393) est lè 42° ~bb6 do SM-Marti~ d'après l'abbé Roy-PierreËtte. Il était né, dit cet aJMeur, à JoftMM~a~ n presTrcignac(Corrèzc). sur la biographie de GuiHamne(ie Chanac; . (~) A Avignon. if P. Donaventurc,t. M!,p. 6G4.Son testament en tatin se trouve aa t. !f, col. 933, des Viesdes pnpcs f{'/lu:~HO~, ar S.\M!XE. p de (3) 6C~6vequed'après Ta~~eaM Nadaud.

.~n~!ttdj~u\')ond, ~bbé de SaintMart~I.') 1

[\:<.rt.).'Gtn)hufnc'i'L'hanac.t J

Bernard

de BonJ

nftt)cvo')uc.j

285 ~Gcr~etïK.
Église de Saint Germain.] ]

Fondation

de l'église

L'an de sallut 138S (t), indiction 8", et 7° du pontiScat de (cément 7" du nom, pape, l'église parrochialle de Sainct-Germainen Lymousin fust érigée en collége de doyenné et chanoines, parla dilligente instigation devénérable Pierre, prestre de et Achillée, cardinal du tiltre de Saincte-Marie-auS"Nërëe Porche, diacre de la sainte Eglise romaine, exécuteur de Hugues Rogier, natif du Lymousin (2). Origine de la ville ~'E~MOM~e?'.

La ville d'Esmoutier fust antiennement édiffiée par Dagobert, roy de France, après avoir deffait et ruynë les Sarrazins, qui habbittoient en Lymousin. H la nomma ~6K~~ (3). Il édiffia aussy le monstier ou église, en signe de trophée de cette victoire. Elle fust destruitte par les Anglois, réservé le chasteau et le monstier. Despuis, elle fust édiffiée, du temps du roy Charles 6' comme elle est aujourd'huy, contenant de circuit neufs cens pas, cinqt grosses tours, quatre portes, murailles et fosses. Dans icelle sont deux beaux temples, dont t le premier est le monstier, dédié à Dieu soubz le tiltre de sainct Estienne, est le plus antien, patron de seize égfises parrochiatles, en Poictou, la Marche, Haut et Bas-Lymousin, i3 prëbandiers qui en dépandent. H y a un prévost 4 chantres, 18 vicaires (4). Vers orient est le costeau du chasteau antiennement des Sarrazins, duquel les ruines et fossés se monsti'f'ttt encores.
V (1) Lisez d384. V. Bf!/M'5!'Ms. itre pa;Mr. ~t'e~ Il, col. 97;) .~<?/n /itne!aMoKi's<'<e. (3) Il y a ici un blanc qui semble indiquer que le compitateur se F. la suite dans le P. !!onaproposait de compléter ce paragraphe. vpnture, t. [!f, p. 673. (3) Aënti Mto~Mterwm, Aëtense t):OMS!e?'!Mm., /iMi!)?to?tc;~r!M??! 7'g~~t!$MMmMO?!a~7'<M!H.(V. Gallia C/tr;x<!f{Mn,H, col. 548.) D'après Collin (Vie des saints du /.?m p. 188). ~/«M est le nom <h) Sarraxin qui occupait le territoire fr:e~<'MiH<<'</H:ft). ;)Bo~VF.'<T!'KE,t.[!P.C7:

~Eymu"tiers-J J

28(;

Surprinse faicte par le duc de Berry contre lés nepveux de Geoffroy Tgs~o~, qui tenoient Vanthadour (1). Et advenant l'an 1390, Geoffroy Teste-Noire décéda, et laissa la garde de la place à Alain et Pierre, ses nepveux, qui suivirent la mesme trace de leur oncle quand aux pilheries et nombre de gens de guerre, qui par force d'armes afuigèrent plusieurs fois lesdits Alain et Pierre. Dequoy indignés, en voulurent avoir revanche, et par faintize, promirent randre la place au duc de Berry pour certaine somme de deniers. Laquelle somme compromise leur fust envoyée par Guilhaume Le Bouteiller, qui bien exploicta, signiffiant esdits Alain et Pierre Teste-Noire sa venue. Lesquelz pansans, butiner les deniers, avoient faict embusquer trente hommes dansla forte tour du chasteau pour surprandre et enclore les François qui apportoient Fargeat, sytost qti'Hz auroient mis le pied dans le chasteau. Ce qu'Us ne peurent, par la prudancedudit Bouteiller, qui, de son costé, avoit dressé une forte ambuscadc pour garder les portes dudict chasteau. Et allors se virent prins au nez lesditz Alain et Pierre, car ledict Boutellier les contraignist, avant que toucher l'argent, d'ouvrir la ditte tour, et, au reffus, prindre tes clefs par force, et se rendireat maistres, prenants prisonniers ceux qu'Hz trouvèrent dedans. Où, après avoir faict laisser les armes, envoya lesditz Alain et Pierre et autres qui s'y trouvèrent au duc de Berry, qui renvoya le procès aveq eux au roy. Lesquelz, enfin, eurent la teste tranchée.
[ Rachat du château de ChalusMtjS).] J

Trois ans après la prinse de Vantadour, !e4 janvier d393J PeyrotFouquaud dit le Béarneix (3), qui, par l'espace de douze
(!) On trouvera dans M~t. dM B(M-M~, de Marvaud, et suiv., un récit d6ta!ll6 de toute cette affaire. (2)V. Châ<e<tM~CMhMS0t(Limoges, ')8M, m-S",?. L. GuicERT, ? CM~aM ~eC/tf!~MC~. (Limoges, 1863, et suiv.) ;3) Notre compitateur t'appette plus haut Peyrot de

t. U, p. SM 30 etsmv.j; m-<8, p. 37 BëM'neix, te

–28~– ans neuf mois, avoit gardé le fort chasteau de Chaslucet, faisantt la guerre aux hommes et bestes, brullant granges et villages, et plusieurs autres maux, fust mis hors, ladite année, par composition faicte au duc de Berry, moyenant certaine somme de deniers, dont la ville de Lymoges, désirant la liberté, en payèrent douze mille livres. Estienne Minonis, alias Allumin (1), natif de Vaubtanche en la comté de la Marche, en Lymousin, succéda à l'abbaye de Sainct-Martia!, en rangt des abbés 48, par le décedz de Gérald Jonvion, qui décéda l'année 1393. ditDELANGHEAT(2), en rangtdes évesHucuEs DE MAGNAC, ques de Lymoges 66, succéda audit évesché à Bernard de Bonneval. Icelluy de Langheat décora l'église de Lymoges de livres et chuppes e).autres ornementz. Tl donna le joyau du Corpus Domini et [fit] plusieurs autres belles réparations. Ii institua apprès son décedz le chappitre son héritier pour une moitié, et j~donnaj l'autre au monastère de Sainct-Martia), et Il décéda l'an 1412. [nt une] fondation à S'Estienne. ~epn?!$6~M procès de la Vicomté (3).
pour [Procès vicomté. ] la [Ktienne Almoynsabbéde Saint-Martial.] ]

[ Hugues de Magnac,evëque.]

Jean de Bretagne, filz de Charles de Blois, prinst à femme Margueritte de Clisson. Duquel mariage issirent Ollivier,
i'. Bonaventure le nomme Peyrot de Barneix;M. Grellet-Dumazeau de (B?;M6<. /? Soc. arc/t., t. ftf, p. 44) dit que Peyrot s'appelait le Bernois parce qu'il était de Berne, village du comté de Foix. ~M. t'abbe Arbellot, dans une note au bas de la page 33 du premier des deux ouvrages que nous venons de citer, « pense que Perrot s'appelait le Hernois ou plutot Béarnais, parce qu'il était de Béarn, province que Froissard appelle Berne. (V. FMisSAM~ liv. f!f, chap. xcix, c;.) (t) Etienne tt Almoyns, appelé Minonis dans le Gallia C/trM< est le 'H'' abbé de Saint-Martial, d'aprcs rahM Roy-Pierretitte. (2) Nous ne trouvons ce surnom nulle part. Hugues de Magnacest le GV évêque, d'après Nadaud. (3) Ici nous reprenons le L~MM.stK A/iit. a la page 373, et nous collationnons notre texte avec celui du manuscrit ayant appartenu à )~. à ce sujet M. Bourgoin-Metice et reproduit par M. Leymarie. ff!x<. ~M t.m.. t. H, chap. vn. LF.YHABiE,

–S88–

Chartes, Guilhaume et Françoise de Bretagne, mère du roy de Navarre. Ledit Jean de Bretagne ne demander aucune chose contre les consulz et habittans de Lymoges pour raison du vicomté, non plus que sa mère avoit fait; mais Olivier de Bretagne, l'an 1415, en vertu de certaines lettres royaux en forme de désistât, renouvella procès en la cour de parlement contre ceux de Lymoges, lesqueizobtindren]!: lettres du roy, par lesquelles fust prohibé audit Ollivier, sur payne de confiscation, de faire aucune poursuitte (1). Toute la procédure faite en parlement et pour companser Ollivier que son père avoit faicte à Jeanne de Bretagne pour la ville (2), le roy manda à ses ofHciers de Lymoges de certifier au vray que valloit ladite vicomté à ladite Jeanne, et de combien [de temps] elle jouissoit entièrement d'icelle. Lesquelz lui mandèrent par le menut, montant environ 2TOlivres pour un chacun an. Qui fist différer au roy de livrer lesdits mille livres de rante promis sur la comté de Nemours. Pour lors demeuroit (3) Margueritte de Clisson, vefve de feu Jean de Bretagne, au chasteau de Chasteauroux, avec laquelle estoit Ollivierde Panthieuvre, Charles et Jean. Le sieur de Laigie estoit au service du roy d'Angleterre, etGui!haumeaceMuyduroy(4)deCeciUe. Procès des consulz contre l'abbé, causa nt la justice 's).
[Proc~sentreie~ ceMubett'abbe de Saint-Martiatj ]

En ceste saison, l'abbé de Sainct-Martia! et les consulz de la ville de Lymoges eurent procès pour la justice de la ville. En fin, le roy octroya lettres aux consulz, ~terdisant l'abbe de ne poursuivre ny motester pour radvenirlesditz coMSU'z~ sur payne du prinse de son tempore!. euoeaMMM KMMam.~ ad (i)« Contre les Lémoviques, MMSOMt (MsS.BoURGOtN.) et ainsi, d'après tn (2) Phrase incompréhensible qu'it ta.ntrëtabUE « manuscrit Bourgoin-Mëlice: Pour compancerOUivierde !a.protnesseque son père avoitt'aicteà Jeanne de Bretagnepour taviUe.!n roy manda, etc.» !3) «Peur ce demeuraMadameMarguerite.» (~&t~.) !4)«Detareine.))(ZMf<.) )'. ~tst. /<); t. H, cbap. vu. fS~ LcYMAME, tt-M

-?9-Èn l'an 1412 décéda le susdict de Langheac [Hugues de Magnac], évesque de Lymoges; en son lieu fust créé, au mois d'octobre, VIAUD (1), en rangt des évesques JACQUES,alias NICOLAS 67, lequel ne vescut. Par )e décedz duquel fust pourveu par le pape HuGUESDE RoFF!GNAC,dont sortit grand procès contre messire RA~ULpHEDE PEYRUSSE,qui avoit esté esleu. En fin, le pape Martin 5° paciffia le tout; car il pourveut ledit de Peyrusse de l'évesché de Mende, et Roufïignact de i'évescbé de Rieux. Comment Jean de Laigle à Lymoges, voullust causant de faire essayer la f!co~~e (~). la

[ Nicolas

Viand,

df Ramnulphe Pe~TUsse,H!tgues de Roflignacjévëques.]

guerre

Les Anglois estans sur les Marches du Lymousin prindrent le chasteau d'Aixe (3), appartenant au comte de Panthieuvre. En cette saison, Jean de Laigte passa devant Lymoges, et, sans s'arrêter, alla droit à Aixe. Lequel envoya homme exprès à Lymoges, et ce au mois de juillet [1417], affin que les consulz vinssent parler à luy. Au mandement duquel envoyèrent messire Raymond de La Chapelle (4), juge ordinaire
~) Entre Hugues de Magnac et Nicolas Viaud ou Veau se trouve, au Tableau de Nadaud, Ramnulphe de Peyrusse des Cars, archidiacre de Tours. loco citato. V. LEYHAME. (3) Cff. manuscrit BouMO~-MÈucE, Hist. du Lim., t. H, chap. \n. Au moment où nous corrigeons l'épreuve de cette feuille, un des hommes qui se sont le plus consciencieusement occupés de l'histoire de notre pays, l'auteur de Limoges au X~ siècle, M. Pierre Laforest, nous communique un manuscrit faisant partie de sa bibliothèque. Ce manuscrit, copié en entier par l'abbé Legros, qui l'a, dit-il, collationné sur un autre manuscrit du bénédictin Dom Col, est à peu près conforme au nôtre quant a la rédaction, ne va que jusqu'en ')356. mais contient plus de faits. Nous croyons utile de reproduire dorénavant en note les événements dont notre manuscrit néglige de faire mention. (3) « Lisez d'Ayen. » (Mss. Bourgoin et Mss. Legros.) (4) « De La Chapoulic. » (Mss. Bo~ncotx.) Le P. Bonaventure le nomme Raymond de La Chartonie « ou, selon d'autres mémoires, de La Chapefie. » Legros, qui a eu sous les yeux des chroniques ma)9

~JeandeLaigie vent recommencer la guerre. ]

–390–

de la ville, et autres, qui furent bien receus et~festoyés.dudit t sieur de Laigle, leur disant qu'il ne désirait autre chose que l'amitié des habittans, s'excusant s'it n~est entréà Lymoges causant le bruit de la mortatUtté. Apprès avoir discouru de quelques propos tendant à connoistre si la ville le voulloit recepvoir, c'est à dire pour vicomte, il fist direparaucuns'qu'ilz iuydevoieRt faire obéissance et le recepvoir à seigneur. Mais voyant q~i;z tuy faisoient !a responce trop froide, à laquelle n'y avoit point de fondz, ies aurenvoya. Et luy, despartant d'Aixe, aUa à S'Ïryers, quel lieu eust plusieurs advis et conseil aveq certains seigneurs du pays contre les habbittans de Lymoges, aveq menasse de leur fère coupper leurs vignes par ses soldatz. Allors ledit sieur de Laigte envoya lettres de detnance à la ville. Parquoy messieurs les consulz envoyèrent devers monseigneur le Dauphin, qui estoit pour lors. régent en France, lequel envoya Berthrand Champion, son maistre d'ôte!, exprès pour deffandre audit de Laigte de porter aucun doumaige ausditz habittans de Lymoges, lequel fist bien sa commission. A cause de quoy, ledit de Laigle cessa de mesfaire pour un temps, [en]a),tandant, fèsant demander quelque somme d'argant aux habittans pour sa despance. Comment Lymoges donnèrent ayde ottiKEraMpoMpOMt' classer les Anglois des chasteaux d'Ayen et ChasJard'-P~yroM~Ker (1).
[Sacrifices faits par Limoges pour chasser les AngtaisJ

Les Anglois tenant le chasteau d'Ayen [1416] faisaient infinis larçins sur lès marchandz de Périgord et Lymousin. Parquoy creignants lestrois-estatz du pays qu'Hz se fortiffiassent et prinsent encored'autres places, il fust conc!ud les assiéger (2),
nuscrites qu'il appelle manuscrit de Lépine, a Mffé ce passage du P. Bonaventure et a mis en marge la note « de La StapouHe, s conformément au mss. Bourgoin cependant le manuscrit Legros porte « de la Charlonie. » (1) Cff. mss. Bourgoin. (~m,. hist., p. 400.) (2) « Pour les garder d'enjamber, » (Mss. BourgOtn.) « Pour les garder d'Mtaw&M.» (Mss-.Legros.)

–29t– ce qui fust fait. Auquel siége fust envoyé de Lymoges, Jean Dupont bourgeois de ladite ville, aveq bon nombre de gens garnis de traitz et artilheries et autres munitions requises où demeurèrent, i'7 jours, au bout desquelz la place se randit par composition, et [fust] le chasteau d'Ayen rasé. Le 8e febvrier 1415, fust brullée la chapse où reposoit corps de S°'Martia[ au Sépulcre (1). le
LachassedeSnt Martial brusiee.

Ez années ~4~()-11et.'I8, les consulz de Lymoges firent édiffier les murailles jà commencées, depuis la tour Braniand jusques à la porte MonmaiHer, dernier la rue Saincte-Vailérie (2). Le cappittaine Beauebamps, anglois, tenant le chastean d'Auberoche, sur les Marches du Lymousin, par un mois de mars i4i9 (3), vint faire course aveq deux cens lances jusques devant la ville de Lymoges, et print quelques prisonniers à t'cntrée du cbasteau d'is!e, se pansant sauver dans icelluy. Et ceux qui se sauvèrent de bonne heure se sauvèrent la vie. Creignant (4) que le sieur de Laigie, qui se tenoit au chasteau d'Isle, heust intelligence aveq eux, faisoient grand garde. Le tandemain, ledit cappitaine Beauchampt se retira au prioré du Chas!ard-PeyrouIiier, près S~-Iriers, s'y fortiffiant, fesant la guerre à tout le pays. A causse de quey, à Lymoges, s'assembla les trois-eatatz, où conclurent que le sieur de Marneil (8) les assiégeroit. Ce qu'il fist. Auquel se joignirent les sieurs de Mortemart, Lastours (6) et autres, aymans sousf! nir Sa patrie et suivre l'honneur de Monseigneur le Dauphm aveq les communes. Et fust tant la place battue durant un

[Murailles ville. j

de

la

[Courses des Anglais~).] 1

dnCha{Prise lard. ]

t. (<) BOKAVEXTURE,!!i. p. 69 L f. Bo~A\'EKTrr.E, t. ~2) V. /& p. 69'2. Cff. mss. Bourgoin. p. 693. (3) <420. (Mss. Bourgoin.) « Par uti 23 mars )~20. » (Mss. Legros. (t) « Limoges creignant. » (Mss. Bourgoin.) « A Limoges, cra't~'nanU])' (Mss. Lcgros.) (5) « Du Mareuit, séncscha) du Limousin. (f&M.) .6) « Dpstours. » ~Mss. tiourgoin.) « Df Las Tours. » (Mss. Lcgros.)

-292
mois, que les Anglois la quittèrent aveq leurs prisonniers, et vindrent leurs vies et bagues sauves, le 2i~ apyriH48i. Audit siège la ville envoya dix piesses d'artilherie et 500 hommes garnis de poudres, boulets et autres munitions, pour desmollir ladite place, A cause de quoy, les Anglois estants dans le fort ('1) de Périgord et autres lieux conceurent sy grande haine contre les habittans de Lymoges, qu'ilz 6rent après courses consécutives jusques à la ville, faisants maux infinis ez pocessions des habittans, pilhant le bestail et meubtes des paisans, les ransonnans et prenans prisonniers. Tant que, par le conseit de la ville, il fust publié que ceux qui voudroient combattre à gaigner sur les Anglois, on les armeroit et monteroit, sy expers [étaient] à cheval, au deppans du commun, et iroyent soubz la charge d'un nommé Pothon ~i), qa'ilz reiindrent à gaiges aveq SO lances. Allors se présanta un nommé Lespara et autres gens hardis, lesqueiz, en combattant, s'apprindrent sy bien à l'exercice de la guerre, qu'Hz tuèrent plusieurs Anglois, leur baillant une crainte sy grande, qa'ilz n'approchèrent de la ville sans grand perte, dont n'ozèrent venir comme ilz souloyent. Le différand des deux évesques cy-devant estant termine, comme dit est [page 289], fast esleu évesque de Lymoges PIERRE DE MoMBRUN, n rangt des évesques. '70, duquel il e sera parlé en son rangt, et de ses nepveux cy-après. Entrée
ËntréR du Dauphtn.MM~

~rtarredeMontbrun, cvéque.~

faicte

à ~oMse~MeM~

Dauphin

(3).

Sur la fin de l'année 1420 et ensuivant rannéc H21 (4), le 20 janvier, Monseigneur Charles, Dauphin de Viennois (5), (<)« Les forts. » (Mss. Legros.) (a)<(Ponthon.')(~.) (3) Cff l'extrait du manuscrit de M. Maurice Ardant ttiséfé au Bullet. de la Sof:. ~i~ du Lim., année 1839, p. 102, et le mss. Bourgoin, inséré au Lim. hist., p. 401. (4) Les'mots « ensuivant l'année t4~!l, » ne se trouvent pas dans !e. manuscrit Legros. C'est très certainement une addition de notre copiste. (5) Depuis, Charles VU.

–293– venantde Languedoc, passant par Lymoges, fust receu des habittans en grand honneur. Lequel, s'estant informé de la résistance que fesoient les habittans, bourgeois et consulz de la ville contre les Anglois, pour accroistre tecœurausditz habitans et servir la couronne de France de mieux en mieux, donna aux armoiries de la ville, qui sont un chef d'argent en champ de guelles, une bande azurée (1) avec trois fleurs de lis d'or (2). H donna privillége aux consuiz de la ville et à leurs successeurs à l'advenir, à perpétuité, puissance de tenir fiefs nobles, franchement, sans estre tenus de vuider leurs mains ny payer aucune redevance pour raison des francz fiefs et nouveaux acquestz (3). Ledit prince entra par la porte Manigne, où surluy fust porté par six consulz un riche pouelle, chose qu'il eust grandement agréable. Et, devant que partir de laditte ville, il commanda aux consuiz de faire changer la fasson des coiffages des bourgeoises, et prandre tel coiffage qu'il leur plairoit prandre et choisir, au port de France. LeIQ'detebvrierl'an 1421, la comtesse se retira d'Aixe (4) à S"ïryers. de Panthieuvre

Armes

de la Tille.

PriviUégedes franc-fiefz.

Coiffure des femmes changée.

[La comtesse de se Penthièvre retire à SaintYt'ieix.] ]

Environ ce temps, estoit abbé de S~-Martiat Pierre des Droulhes, autrement Jonvion, licentié ez loix, nepveu de feu frère Gérald Jonvion, son prédécesseur. H avoit esté prévost

[Pierre de'Drouilles, abbé de Saint-Martial.

(<)«Auchefduditécu.D(Mss.Legros.) C (2) Limoges porte de ~Mf:t<&s M chef de saint Martial d'argent, orKS à l'antique de même, OM&fe sable, accosté des initiales S. Af. au chef d'ax.Mr chargé de trois fleurs de lys d'or. Le noud'argent vel élément introduit dans les armes est donc un chef et non une bande. Les gravures d'armoiries de Limoges du xvi° siècle indiquent notre matoutes l'argent comme métal du buste de saint Martial nuscrit, conforme à celui de Legros, est du même avis. C'est à tort quelquefois ce buste comme étant que de nos jours on abtasonné d'or. (3) Voyez les lettres de Charles VM, régent, données à Limoges en janvier H.2i, et confirmées par Louis XI en juillet 't463, à Saint.tunien. (Or~OKMMCMdes rois de la troisième race, t. XVf, p. 28.) (4)«D'!ste.))(Mss.Lcgros.)

294 des Combes, official de Lymoges, abbé deS"Angustin, enfin abbé de S'Martia!. Il Sstfère la grille devantle sépulcre de Snt Martial et autres biens (t).

Sommairede la conspiration /<ïM~ par C~M~erde i Roy (~ contrela ville de Lymoges; comment l ~s~ et sa mort, l'an i426 ?. descouvert,
Jean de Bretagne, seigneur de Laigle, enst plusieurs consp!rattons(4), durant son séjour au pays de Lymousin, aveq aucuns seigneurs dudict pays pour recouvrer Lymoges. Et par !e moyen de Thibaut de la Comblaye, il paciffia (S) aveq un nommé Gautier Pradeau, autrement dit de Roy, natif de Leyter, depuis 35 ans ou environ en ladite ville, consul la présanté année i426, qu'on mouroit de peste, parquoy leshabittans s'estoient retirés à la campaigne en leurs mestéries et lieux circonvoisins. C'est pourquoy, la ville estant despeuplée, ledit Gautier accorda d'ouvrir la porte audit sieur de Latgle, et randre la ville, moyenant quelque certaine somme d'argant queleditde Laiglepromist payer auditPradeau, et, pour ce faire, fust assigné le 27" jour d'aoust, au point du jour, à la porte des Arrennes, laquelle pour lors estoit la plus foible. Or advint que les garnisons des Anglois, au commancement du mois d'aoust de la présante année i426, prindrent une place nommée Nantiat à il lieues de Lymoges, près Eysidueil. Donc, prinse occasion, ledit seigneur de Laigle 8st sommer les consulz de Lymoges de luy envoyer artilheries, arnois et munitions pour assiéger icelle place de Nantiac jougnant à ses

~Cojt&pn'attottde Gauthier Pradeau,I.KC.j

()) Pierre VI! ou VIII de Drouilles (~('9-14X3), nommé aussi de Joviond et que le Gallia C&rMt. nomme à tort Joumart, 44*'abbé, d'après l'abbé Roy-Pierrefitte. ~) « Gautier du Roi. » (Mss. Legros.) R;'st. ~MLim., t. n, p. 3-H et suiv.. et Cff. le mss. :3) LEYMARIE, / Bourgoin. (I.MM..M' p. 376.) f4) « Consultations. M(Mss. Legros. (5; « Pactisa. a (Mss. BourgoM).)

99S
terres (1). Ce néantmoings, le 27~ aoust, le sieur de Laigle, accompagné de deux cens lances et trois mille hommes de pied, soubz la charge de Jean de La Roche et des cappitaines Daneau (2), Bernardières, Aubeterre, Clays, Rocherol et Nontrond, se randirent devant Lymoges à trois heures devant jour, et s'enbuschèrent dans les vignes qui sont depuis l'église et porte S~-CessateurjusquesàIa porte murée ditte S"Esprit, des Arrennes, entre lesquelles, et dans le grand chemin allant à S*Cessateur, ledit Gautier Pradeau avoit une vigne, et dans icelle estoit la principalle embusche dressée. Et dans les autres vignes autour estoient les caches pour attandre l'ouverture de laditte porte pour prendre laditte ville, ce qui estoit facille, veu qu'elle estoit desgarnie de gens. Et n'eust esté Dieu tout premier et quelques passantz (3) qui avoient veu ordonner ladite embusche, qui le nottifnèrent au gué de la ville qui estoit sur les murs, lesquelz soudainement esveilhèrent les habittans qui courrurent aux armes, chacun en sa garde, et sans effroy mirent les deffances pour empescher et repousser les ennemis ou besoingt seroit. Le peuple, esmeu, sur l'haube du jour, trouva cinqt cappittaiues bretons en armes, bien montés, près ladite porte des Arrennes, attandant qu'on ouvrist la porte. Lesquelz furent prins et amenés dans la ville prisonniers. Quand Jean de Bretagne et ses gens curent longuement attandu nouvelles de leurs cappittaines, qui attandoient l'ouverture de la porte des Arrennes, voyants desjà estre fort tard, furent estonnés et crurent bien avoir faillist. Parquoy imputèrent le déffaut audit sieur de Laigle, qui les avoit menés aveq crudélitté, ayant donné foy aux simples parolles dudict Gautier de Roy. Lors ledit de Laigle exhiba aux assistans certaines lettres qu'il avoit reçeu de luy. Lesquelles sytost leues, les rompit, jettant les pièces cà et là par la vigne où estoit ladite embuscbe, laquelle vigne appartenoit audit de Roy. Mais apprès ce auandirent davantaige, attandant tous-

(')) « Ce que les consuls lui accordèrent librement. goinetLegros.) (3) « Daneor. » (/&<) (3) « (typique passant qui avait vu. » (Ibid.)

» (Mss. Bour-

396 jours qu'on ouvrist la porte, tant qu'il estoit heure de disner, dont chacun s'ennuyoit. Parquoy se retirèrent desdites vignes le plus couvert (1) qu'Hz peurent, et s'an allèrent au palais de !'évesque, dans la Citté, et au monastère' de la Raigle, ouilzdisnèrent. Après disner, eux estans raQraichis, vindrent escarmoucher à la porte de Boucherie les habiftans, lesquetx n'estant déppourvus les reppoussèrent aigrement et en tuèrent et blessèrent plusieurs. De quoy ledit sieur de Laigle indigné, fist coupper beaucoupt de vignes prestes à vandanger, et fist rompre plusieurs pressoirs et les bruller, rompre tous les moulins proches de la ville et plusieurs autres maux. Et en eussent fait d'avantage, n'eust esté qu'Uz furent empeschés par les habittans, qui leur résistèrent de toutes parts. Ce mesme jour, apprès que les embusches furent desparues des vignes, deux prestres voisins de Jadite ville s'approchèrent du lieu où avoit esté posée la principalle embusche, qui estoit dans la susdite vigne duditGautier de Roy, et trouvant les pièces de la lettre missive que ledit Gautier avoit escripte de sa propre main audit sieur de Laigle, l'exhortant à venir et ne faillir à fère armer vivement et gaigner la porte, arretter le pont-levis et rasteau, et plusieurs choses concernant l'entreprinse et trahison, que les prestres connoissoient par aucuns mots appartenir audit Gautier de Roy, vindrent à la porte de la ville, et, reconnus, entrèrent librement, trouvant ledict Gautier auquel voullurent randre les pièces de ladite lettre qu'ilz avoient trouvé dans sa vigne. En pansant ouvrir sa bource celluy qui les avoit pour les luy donner (3), ledit Gautier n'ayant le temps de pouvoir leur parler, et lesquelz connoissant, invitta à disner, et qu'apprès disner les verroit à loisir. Le disner fini et congé prins, les prestres s'en altèrent par la. ville sans se souvenir ny tenir aucun propos pendant le disner desdites pièces de la lettre, car, ayants entandu le bruit de l'escarmouche fait à la porte Boucherie,
:i) e Leplus courtement. » (Hss. Bourgoin.) « ttg plus couvertetcmcMt."jMss.LGgros.) (2~ « En pensant quvrir leur bourse où its les ayoietit mises, le. <itct Gautier, qui les bien connaissoit, t.es mvita, etc. f (Mss, Bour~oinctLcgros.j

2!Jï sortirent subittement aveq ledit Gautier de la maison (!). Lequel dit Gautier, fesant le bon consul et prévost qu'il estoit, estoit allé voir quel ordre se faisoit à ladite porte de Boucherie. Sur ce, les prestres, passants par la ville apprès l'esmutte, rencontrèrent deux cousuiz qui racontoient au canton ce qui s'estoit passé. Allors l'un d'iceux prestres dit à l'autre que pauvrement ilz avoient exploitté qu'itz n'eussent exhibé les pièces de la lettre missive qu'ilz avoient trouvé dans ladite vigne audit Gautier Pradeau, qui sy bien leur avoit donné à disner. Et allors les gettarent de leur bource, et les donnèrent auxdits deux consulz, qui les leurent, après avoir assemblé les pièces l'une à l'autre selon l'ordre de leur sustance. Adonc conneurent l'intelligence que ledit Gautier avoit avec le sieur de Laigte. Sur ce, informations faictes secrettement aveq plusieurs personnes dans la maison commune de la ville, ladite escripture [fut connue] estre de la main dudict Gautier. Lequel fust apellé, où, apprès sèrement de dire vérité, fust de ladite missive rompue à interrogé s'il connoissoitl'escriture luy exhibée, respondit que non, feignant ne la sçavoir lire. Il luy fust remonstré qu'iiz estoient asses informés qu'eite estoit escripte de sa propre main, comme on luy fist apparoir par comparaison d'autres lettres escriptes de sa main, à luy présantées. Il fust exhorté de dire la véritté, veu les indices véhéments et manifestes dont il estoit chargé. Toutes fois il percista en ses négatives. A ceste cause, commancèrent à le désarmer pour le questionner (2). De rechef il fust exhorté de dire véritté et ne permettre de gaster son corps. Lequel, voyant les apprestz de la torture prestz à luy donner, il confessa la vëritté, déclara avoir escript laditte lettre de sa propre main, déclarant la forme et manière comme ledict de Comblaye et Héliot de Peysac (3) luy avoient depuis machiné cette trahison, les convenances (4) et promesses d'icelle es-

t) « Sortirent subitement de la maison dudict Gautier, où, par la ville, rencontrèrent deux consuls. » (Mss.Bourgoin et Legros.) (2) Lui donner la question. ~.3)« Héliot de Pcyrat. » (Mss. Bourgoin.) « Iléliénot de Peysac. » (Mss. Legros.) se ~)CoHr<MKK!CM disait pour conventions aux xv!" et x\'n''sicctes. (D;ff. de ~)COT.)

-?8-toient dans son logis, en lieu secret dans sa chambre où il couchoit. dans une bouette de buitz, signées Ne la main dudict sieur de L'Aigle et scellées de son scel. Yfurent envoyées personnes publiques aveqtesmoingtz au lieu par luy désigné, on trouvèrent ladite bouette, convenances et promesses, tout ainsin qu'il avoit confessé apprès avoir rëconnust icelle bouette et pièces en icelle contenues, percistant par plusieurs fois et divers jours en sa confession première. Le iundy~ second de septembre, il fust condampné à avoir la teste tranchée, et son corps à quatre quartiers. Laquelle sentance fust exécutée au Pillory de Lymoges, où assistèrent les cinqt cappitaines bretons, nudz en chemise, la corde au col, lesquelz estoient entrés, le jour devant que la ville debvoit estre prinse, pour gaigner la porte au point du jour, aveq cinqt autres, qui debvoient estre dehors à la porte ouvrant. Ledit Gautier, interrogé plusieurs fois et enquis de ses coi'nplices consentant à ladite trahison, affirma ne sçavoir aucun coulpable que lesditz de L'Âig!e,de La Comb!ayeet dePeisac. (1) La teste fust mise sur le boulevard des Arrennes à !â pointe d'une lance. Mesmes à présant, se void la figure d'une teste de Pierre au mesme endroit qu'elle fust mise,pour mémoire à la postérité (2), Les quatre quartiers du corps sur les quatre portes de la ville, et les entrailles et surplus furent enterrés dans les treilles ou vigne où avoit esté faicte la principalle embuscade, où avoient estées trouvées les pièces de 1% lettre. En mémoire de ce, ledit jour 3"~ aoust, se fait procession, sçavoir une année à l'église Snt-Pierre, et l'autre année à Sainct-Michel-des-Lions, consécutives, où assistent-à icelle procession les Quatre-Mandiants-et Pères Recoletz (3), où suivent Messieurs les consulz enhabitz consuHaircs. Et, le

{)) Tout ce paragraphe manque dans le mss. Bourgoin, et dans te mss. Legros. Mais, dans l'exemplaire du P. B~naveatnre, annoté par l'abbé Legros, qui se proposait de'donner !~aeseconde ëditioa, de )'~M<o!'f~ .~mûM~, se trouvent plusieurs notes tNaNnscritSs du relatives à la procession eommémorath-e dont il vaêtre question, et renvoyant à une autre compilation manuscrite que Legros appelle .~<M:MSCft{~e.MpM!C. '~) Mss. de L'Épine, apud Bonaventure, p. 697. 'f A cette procession assistoient les paroisses de S<HBt-Pip!T<*

-?9-soir auparavant, passent les tambouis de la ville aveq un homme armé de capt à pied, portant un guidon ou estandard fort antien en la main et une ctefau costé, monté sur un cheval, et le lendemain, de la mesme sorte, devant la procession; et à chasque carefourt, fesoit faire trois tours à son cheval, où jouoit la trompette de la ville et en ceste sorte alloient devant ledit boullevard. Laquelle coustume dudit homme arme commance à se laisser à cause que ies enfans l'accablent de pierres, ce que on n'eust ozé faire, sur grosses paynes. La mémoire commance à se perdre dudit homme armé puis quelques années, et la procession se continue. Ledit sieur de l'Aigle, connoissant estre frustré de son intention, certiffié de la mort dudit Gautier, se retira de devant la ville de Lymoges aveq ses gens, bien qu'il eust juré de n'en bouger qu'il n'eust l'obéissance, ou mourir devant, 'ou estre prins. Le roy de France estant à Poictiers luy manda de se retirer, ce qu'il fist. Comment le Palais de ~E~es~M~/Ms~ abbatu, edt/~ces (1). et autres
[Le sieur de l'Aigle se retire.j

Apprès que Dieu eust préservé la ville de Lymoges de la conspiration 'susditte, les habittans, considérans les grandes guerres qui avoient couru en ce temps, dont il sembloit que Lymoges estoit le théâtre depuis plusieurs années, comme dit est cy-devant (et mesmes toute la France s'en est ressantie desditz Angiois), [comme] ledit sieur de l'Aigle voullant poursuivre son entrepriase s'estoit fortiHié devant le pallais de l'évesque assis dans la Citlé de Lymoges, jougnant le ciocher et église cathédralle, place assès forte où ne demeuroit personne
et (le Saint-Michel, les Mendians et les consulz en' grande pompe. Elle a été interrompue en 1768, attendu qu'on donnoit <0 livres à ~'haque corps de illendians pour y assister, et qu'on a été bien aise de supprimer cette dépense, M. Juge étant pour lors maire de la ville. 'Mss. de Lépine, note mss. sur cet endroit.' » (.YotgMtM. de l'abbé l LECROS, oco citato.) ';<) F. LEyM.\RiE,H~t. ~M/?: t. i), p. 350ctsuiv.

[ DémoUtion du palais de l'évèque et d'autres édinces.] ]

300
pour la deffandre, ny dans la Citté pareilhemect, depuis'la destruction et !'uyae faite par le prince de Galles, et s'estoient retirés dans la ville i'ëvesque et chanoines, dont il pouvoit venir un dommage irréparable à la ville, ainsin qu'ilz avoient peu voir par expériauce, et que le roy, par ses lettres pattantes, avoit commandé d'abattre et desmoltir toutes les forteresses qu'on ne pourroit garder, et aussy un commun bruit estoit que les Anglois se voulloient emparer de la Citié contre la ville, et pour ce avoient envoyé quérir secours à Bordeaux bref, pour obvier à tant d'inconvéniens et dommages, il fust ordonné que le palays et autres édimces ez environs de cette quatitté seroient desmolis; ce qui fust fait aussytost. Guerre renouvellée par le sieur de ville de L~og'e5. jE,a~~ coH~ë la

RonouveUement de la guerre entre Jean de Laiglu et les Limoustns.j J

L'an 1421, Jean de Bretagne, sieur de PAigte, fesoit la guerre aux habittans de Lymoges, en haine de ce qu'itz avoient fait mourir Gautier de Roy. Parquoy il fist prandre un marchand de Lymogesnommé (i), auquel il fist coupper la teste à Aixe, et à plusieurs autreS semblablement, tellement que plusieurs en souffrirent (~!). Et n'osoit-on aller aux champs sans sauf-conduit, que l'on ne fust tué ou vo!!é dont le pays estoit grand foulé (3). L'évesque travailla beaucoupt pour avoir tresves, lesquelles il obtint d'un costé (4) pour un an. L'an suivant, 1428, ledit Jean de Bretagne, sieur de Laigle, à la sollicitation des ecclésiastiques et nobles du pays, moyennant certaine somme de deniers qui luy furent donnés, prolongea les tresves pour certaines années. t. HI, (')) Bouchaud (BoNAVEKTUKE, p. 697); Réchaud (mss. Bour,ï ~oin); Rouchaud(mss. Legros).. (2) Le mss. Bourgoin paraît tout aussi naïf. « Tellement, dit-il, que plusieurs en furent occis; » mais le mss. Legros'ajoute « par causes très légères, » ce qui corrige un peu la première impression du ? lecteur. (3; « Estoit antièrement détruit. (Mss. Bourgoin.) (4.)<tDe part et d'autre. » (Ibid.) Legros a biffé'sur son inànuscrit, 't'nprcs cdui de D. Col, les mots « de part et d'autre, poor un an. s

301 L'an 1434, les tresves furent rpnouveHées entre le sieur de Laigte et les habittans de la ville de Lymoges. En cette saison, la ville faisoit bonne garde, posant les sentinelles ez clochers de S~-Estienne, S°'-Miche!, Monjauvy, faisants fortiffier les murs, tours, portes, boullevars et rampars de la ville. (1) L'an 1436, furent anicbées ez quatre portes (2)de la ville les armes de France et de la ville. CoMM~e?~ les habittans à Rodrigres de Lymoges empesc~ere~f de Villandras (3).
d'écor[Bandes Rodricheurs, gue de Villandras.]

le chemin

Rodrigres de YiHandras (4), cappitaine espagnol, destitué par le roy à gages, receut dans sa compagnie grand nombre de gens sans adveu, volleurs et larrons, lesquelz traversèrent tout le pays de Lymousin, fesants des maux infinis. Ilz passèrent devant Lymoges, en grand dangier, car on avoit empesché de passer des charettes ez passages qu'ilz prenoient près la ville et faux bourgs, chargées de pierres mises ez barrières, de fasson qu'ilz ne pouvoient courir ny advancer, sinon le petit pas, ny secourrir les uns aux autres, estants assaillis des vignerons dedans les vignes sy puissamment que Rodrigues et ses gens furent contraintz de lascher les prisonniers qu'Hz emmenoyent et restituer ce que les pauvres gens des

(1) « L'origine de la procession du mardi de Pâques fut la présante année 143S, le 10 avril. a (Mss. Legros.) (2) « Ez quatre portes capitales et entrées de la ville. » (Mss. Legros.) (3) Le P. Bonaventure, d'accord avec le mss. Legros, rapporte ces faits à l'année ')43G, c'est-à-dire à l'entrée de la postérieurement reine de France, relatée ci-dessous, et qu'il place, comme notre compilateur, à l'année ~435. Une note mss. de l'abhé Legros, en marge de ce dernier fait, dans notre exemplaire du P. Bonaventure, porte « Les chroniques mettent ce trait en H38, et que la reine arriva à Limoges le )9 et non le 29 mars. » Quelles chroniques? Ce ne sont toujours pas les nôtres. (~) « De Violundra sa (Mss. Legros. )

–302–

Entrée de la reine de France. ]

~Séjour du roi Ltmoges.]

à

champs monstroient leur avoir esté ravi et !eur appartenant. Dont Rodrigues eust grand haine contre Lymoges, teUement que quand il eust passé la ville, H Est pis, luy et ses gens, qu'ijz n'avoient faiet pour le passé, pour companser ies pertes qu'itz avoient faites à Lymoges. (i) En l'an 1435, la royne de France manda aux coasu!z de Lymoges de luy envoyer des guides pour conduire ses char:'[0tz. Laquelle arriva à Lymoges le ~9° mars, visitast le chef de S"' Martial, Fobstention duquel se fesoit !celle aanée~ commancant le mardy de Pasques. Le 2" mars 1438 (2), le roy ayant tenu son parlement pour le fait du concise de Basle à Bourges, arriva à Lymoges, aveq Monsieur le Dauphin, les ducz de Bourbon et d'Anjou, les comtes de Vandosme et de la Marche, les sieurs de Dunois et de La Fayette, l'archevesque da Thoulouse et autres. ÏL séjourna dix jours à Lymoges, puis partit.
(<) Le mss. Legros rapporte cette entres à l'année ')4~ et le 1$ mars, mais ici notre mss. à raison. C'est en M35que fut faite l'()s{eKsion.. La reine Mario d'Anjou.arriva à Limoges le 38 mars. (F. 5L ï'Mttë de ~ft ARDANT, SUrJ. BANDEL, 0~<SMSMMS,44 l'abbé TEX!ER, p. tMM)<.&saM~MfH'M~,p.8i.) .) (2) Ce passage est confirmé par une note en langue romane, de l'écriture du temps, mise en regard du 8 mars, dans un calendrier qui se trouve relié avec plusieurs autres pièces formant le volume désigné improprement sous le nom de premier registre eotMMhttt'~ page 96 du recueil; ce volume est déposé à ta biMiothëque communale de Limoges. V. dans BoNAVENTURE, p. 701, le long récit t. IH, de cette réception, tiré, dit l'auteur, desj)~<KOt~~8 xccîK! Martial, de Limoges. M.Maurice Ardant a donné au ,BMHet._ ~~pe. de de Lim., année 1843, page 108, la traduction française de cette replation, dont le textelatin (tiré d'un vieux registre de lachambreriede l'abbaye de Saint-Martial, et copié par l'abbé Nadaud) été insé! _a dans un volume des NeNMtrœ de !s Société des antiquaires de France. Plus tard, le même auteur a donné le texte latin lui-même avec la traduction française dans le Bullet. 4s Soc. arcA. (!~ L~m~. t. V, p. 55. L'abbé Legros a aussi publié cette relation dans_!aF<'M<</e hebdomadaire de 776.

3M
Comment M ville de surprins furent dont furent accusés le sieur de Mot~rMM, L~og'es, nepveu de l'évesque de Lymoges, et ce qui s'en suit. espions
[Prise et procès de deux espions.]

deux

L'an 1440, à Lymoges estants sur leurs gardes causant les troubles de Poictou, furent advertis que dans la ville il y avoit un Basque nommé Martin Lescalador, et son compagnon (1) Savoye, qui espioient la ville. Pour lors, causant les guerres qui avoient courust, tout le pays de Lymousin, lequel pays estoit tout couvert de gens de guerre, les consulz commandèrent au prévost de prandre lesditz deux espions pour sçavoir ce que ilz cherchoient. Savoye fust prins, et le Basque se sauva (2) dans les Carmes. Cepandant qu'on interrogeoit son compagnon, et gaigna au pied. Ledit Savoye, estant interrogé, confessa estre natif de Savoye et nommé Jean de Vitleardz (3), ayant tousjours servy le parti de l'Anglois, et servoit d'escaladeur aux fortes places et forteresses; lequel, par commandement de Jean de Monbrun, nepveu de l'évesque de Lymoges, et de Robert de Monbrun, estoit venu à Lymoges pour fère évesque d'Engoulesme, faire deux cousteaux à scie, six manches de plomb en forme de lime sourde et un pied-de-chieuvre, pour prandre Ribeyrac et une autre place angloise près de Nontrond, dont ledit de Monbrun avoit esté constitué cappitaine pour iedict comte de Panthieuvre et seigneur de Laigle; et qu'il avoit ouy dire à quatre hommes d'armes de la compagnie dudit de Monbrun que la ville de Limoges seroit en bref soubz l'obéissance dudit comte de Panthieuvre; et confessa qu'il y avoit entreprinse sur ladite ville, bien grande, car il avoit ouy dire audict de Monbrun, le jour des nopces de la bastarde de Panthieuvre, qu'à ce coupt voulloit avoir ladite ville de Lymoges. Il estoit ordonné entrer par la porte des Arrennes, qu'on édifHoit laquelle pour garder l'hyvert (4), on avoit couverte
(<) a Nommé François Savoye. (Mss. Legros.) (9) « Se mit en franchise. » (Mss. Bourgoin et Legros.) (3)<tDeViHard.(~.) i~) <t Pour conserver pendant l'hiver de l'injure du temps. » 7ttc!.)

304 de paille, et que une embuscade se debvoit asseoir dans un hospital proche la porte (tedit hospital estott l'hospitatS" Jacques pour les péterins, jougnant l'église du prioré des Arrennes)), fesant entrer à la porte ouvrant âne charette sur le pont, ayant premièrement scié les barrières, ce restant qu'à les abattre, tellement que, cella faict, on pourroit entrer facittement en suretté dans la ville en jettant des fusées sur la couverture de la tour affin de la faire brutler, n'estant qae de paille, ce qui pourroit empescher la d~ffance de la porte, et par ce moyen seroit légèrement gaignée la ville; 1) dit que Martial Borie lui fesoit lesditz outilz. Parquoy fust envoyé quérir pour sçavoir s'il estoit suspect, à cause qu'it estoit famillier fréquentant la maison de Paathieuvre, et pour ce, on lui avoit deffandu de faire aucuns outilz de guerre ny assister au gué. Lequel présanté à Savoye, confessa ~brement le connoistre et aussy Jean de Monbrun, nepveu desditz évesque de Lymoges et Engoulesme lequel Savoye etjean de Monbrun luy avoient fait fère quatre cousteaux de scie, manches de ptomb, deux terrières et un pied-de-chieuvre, iesquelz it exhiba en justice. A cette cause, fust ordonné que Jean de Ilonbrun seroit appelé et ouy. Et, d'autant que les gens du roy en voulloient avoir la connoissance, itz furent envoyés par devant eux. Lequel Savoye percista en sa déposition, et ledit de Monbrun ne voullust rien dire. Savoye luy fust présanté, qui se maintin en son premier dire; mais ledit de Monbrun aya le tout. Allors ledit Savoye luy dit que, passant un jour devant la porte des Arrennes, ledit de Motibrua !uy avoit monstré ses gens d'armes et la couverture (1) de ladite tour~ et que allors le trompette dudit de Monbrun Iuy avoit dit qu'il ne quitteroit sa part de butin de la ville pour trois cens écus. A ceste cause fust présantéeta question audit de Monbrun assès légèrement, par,quoy ne vouiust rien dire. Apprès, ledit Savoye le descbargea, mais auparavant avait déclaré par sérement qu'il avoit grande entreprinse contre ladite viUe. Et ledit Savoye fust condampné à avoir la teste trajnchëe, et ledit de Monbrun relaxé. Ledit Savoye fust exéeut&au pillory de Lymoges. Lequel exhorta les habittans de se garder; car il y

(i; <' nfpfnHc.

» (Mss. Lc:!)'os.)

308 avoit grande entreprinse contre eux, laquelle il ne voulust déclarer, ayant juré ne la révéler. Les deux oncles dudit de Monbrun firent de grandes poursuittes à Paris contre les consulz et habittans de Lymoges et y eu eust dix qui furent adjournés personnellement, lesmais quelz furent arrettés prisonniers en diverses prisons; enfin, la procédure vue, furent déctarës absoutz. En ce temps [i440],Ie roy de France aveq son connestable, le comte de ta Marche, et le bastard d'Orléans, aveq 800 hommes d'armes et deux mille archiers, vindrent à la Soustéraine et Guéret. Pothon Floquet, et Jean de Bresay [Brézé], estans de l'advangarde du roy, prindrent Chambon-SainteVallérie, où ceux qui furent dans l'église furent suivis par le connestable Pothon (i). Le roy Charles 7 vinst à Lymoges '~).
[Charges VII àLimogesjl44'j [Charles Vit dans la Marche.]

L'an -t442, le roy vinst à Lymoges, accompagné de Monseigneur le Dauphin, son filz, des ducz de Lorraine et d'Orléans et la duchesse, sa femme, et du comte du Mayne et autres grandz princes et seigneurs. Le roy fust mené en procession à Sainct-Martiai. Et passèrent les festes de Pantecoste à Lymog'es, où il receutadvis du siège de Tartras en Gascougne par les Anglois, qu'il alla secourir. Et pendant son séjour, il fis! grand l'este à Lymoges. Nicole Gilles, en ses annales, dit que le roy y fist haute feste (3).

t. 1, p. 264 et suiv. f<) t~. JouLLiETTO~,~Mt. ~6 <c[~arc/ (9) V. au BM~sf. de <? Soc. a!'(~r. /.<??., an. 1842, et au t. V du Bullet. de la Soc. o.re/t. du ~:M., la relation de ce passage tirée d'un de Saint-Martial et communiquée par vieux registre de lachambrerie feu M. Maurice Ardant. (3) « En l'an 1443, le roy alla à Lymoges, et là tint hanttc feste; et cstoit en sa compaignie Monseigneur le Dauphin, son filz, les ducz de Lorraine, d'Orléans et la duchesse, sa femme, le comte du Mayne et plusieurs autres princes. Et là eut nouvelles que les Anglois avoient mis le siège devant la ville de Tartas, etc. » (NICOLE GILLES, t533,in-f°.) ~0

soc

Comment
[~vtcumtede L'-

la

vicomté

est venue

aM rp!/ de ~Vaca.?Ts.

hiùgea passe au ioi du *<aYM[f.j

Apprès le décedz d'OtUvier de Bretagne, qui ne laissa aucuns enfans~moarns!: Charles de Bretagne, duquel ne demeura qu'une fille nommée [de] Panttueuvre. Nicolle, femme de Jean de Brosse, sieur de Bossat, et Jean de Bretagne, voyants qu'itz n'avoient point d'enfans, accorda aveq le duc de Bretagne de tous dïfféreutz, etretira GuUbaume sun frère de prison. Le roy paciffia Lymoges à cause de la vicomtesse de Lymoges (1), érigeait la comté de Nemours en duché, laquelle il donnast audit Jean de Bretagne. A cette çause'ne fist plus la guerre a Lymoges pour la vicomté. Jean de Bretagne, comte de Panth!euvrë, mourust t'aH 'i4S3 (2). Auquel succéda messire Jean de Brosse, à cause de sa femme, qui forma complainte contre Guilhaume de Bretagne, aveugle. 1 L'an 14~4, mourust ledit Guy ou Gu!Ihaume de Bretagne (3), lequel délaissa Françoise héritière universelle.. Le roy s'empara de la duché de Nemonrs et la laissa à Jacques d'Armanact, comte de la Marche (4). L'an 4460, Alain d'Albret pspousa la susdite Françoise de Bretagne. Duquel mariage sortit Jean d'AIbret, depuis roy de Navarre. Barthélémy Audier succéda à l'abbaye de Sainct-Martia! par le déccdz de Pierre Jouvion, en rangt 80 (8); lequel estoit prieur Dunet (6).
) ) « Le roi pour pac!Ser Limoges, érigea, M etc. (Mss. Legros.) (:') « Quoique Justel lui donne plus longue vie. » (BoK&vESTURE, p. 705.) (3) « Comte de Périgord, délaissée Françoise de Bretagne, sa fille, héritière universelle. » (Mss. Legros.) (4) « Le roi sépara ta duché de Nemours, qui étoit portion salique, laquelle ne tombe en quenouille, et la bailla à Jacques d'Armagnac, comte de la Marche. » ~&:d.) ~5) « 49. a (~&M.) (6) Barthétemy d'Audier. prieur de Dunet. est tejtS" abbë, d'âpre t'abb)'' Hny-Piprreiitte.

[BMthtkmy d'Audier, abbé de Saint Martia).}

307 Pierre lequel (4). fust de Vcrsei) faict (!) suf'cëdu de Npaux a J'abbayp, (3). en racgt Si (2); 7 Pierre de Versailles, abbé de Saint Martial.]

ëvesque

JEAN BERTHOND succéda à l'ëvesché de Lymoges, en rangt des évesques 71 (S), par le décedz de Pierre de Monbrun, evesque, qui fust i'an 4455. Icelluy Berthond estoit homme de lettres et bon conseil. Avant sa nomination, il estoit présidant aux enquestes, i Paris, et autres dignités en rEgHse, qu'it cedda audict évesché, duquel fust pourveu sou nepveu JEAN BËRTHOND, tuy fust pourveu de t'ëvesche de Nazaret. et. Il mourust au chasteau d'Isle, le 4° may i49'7. Lequel Berthond nepveu fust en rangt des évesques de Lymoges 72. H iist édiSer une partie du cbasteau d'tste, et pourveut ses parents, et mourust audit chasteau l'an d5!0. L'an !4S8, !s <'onsu!x de Lymoges firent fère !a justice à, six piiiiers de pierre de taitle à Sainct-Pri~d (R~.
(~. « Pierre dcVersemi. H r~fss. Legros.' (~KS~.H~) ~« Pierre YJ!I ouiX, de Versaiites ()43n-)43i), et non pas de Versittac(Bo~AvExTUf!F, p. C99). ni deVerseit (Ga~. C/u's<. no~f, t. VU!, col. ~~0;, ctait moine de ~aint-Denis, etc. (L'abbé Rot!')ERREi''[TTK.) (4) Ici &ptrouYt'. dans le mss. Lcgros, la notice sur Jacques JauYiond qui est portée plus ~in dans notre mss. (5) Jean Darton, né en 14)7, ch) en '!4~8, mort en 1497, est le 69" cvôque, d'après Nadaud.– dans 8oxAVE~TURE, III, p. 743, la t. ~ëneatogie de la maison Barton de Monbas. (6) Traduisez avec le P. Bonaventure, p. 7iS « Les consuls firent faire sur la cottine de Saint-Pricst tes six pilliers de pierre qui y sont pour exercer la justice. »

[JeanBarEon~c'c que.]

308

Entrée

faite

au

roy onziesme en sa f!~e en l'an 1462 (').

de Lymoges,

~M~ede t~n<X[àLimu!J

be roy Louis (5) estant de retour de Bourdeaux et pays de Languedoct, vint à Lym@ges. Les consulz, sachant son arrivée à Uzerche, députtèrent certains bourgeois pour aller suppfier Sa Majesté de visiter sa ville de Lymoges, ce qu'il promise nonobstant quelques empeschements. Rt fist son entrée le premier jour de juillet, heure de vespres, en cette sorte. Les consutz sachans que le roy disnoit à Boyseil [Boisseuil] montèrent à chevat, et aveq eux grand nombre d'honorabtes bourgeois (3). Lesquelz furent béningnement receus du roy, en leur disant « Vous vous estes bien gouvernés jusques icy, faites toujours de mieux en mieux. » Sur la plaine Sainct- Lazare estoient dressés les enfans de la ville, chacun une verge blanche en la main, à laquelle panl'escusson, estoient dépeintes trois doientpanonceaux,où,dans fleurs de liz, criants à haute voix Vive le roy en telle ordonnance, sur le pandant de la cotine, que t'uu n'empeschoit la vue de l'autre. Apprès estoient dressés les gens d'égiise en procession,

()) 14G3. C'est le 37 juin ~463 que le roi passa à Brive, selon une relation du temps en langue romane, insérée au t. XIX du Bullet. de la Soc. arch. du Lim., et c'est de Saint-Junien, 3 juillet t463, que sont datées les lettres portant concession aux habitants de cette ville d'un droit d'appétissement ou de huitième à prélever sur le vin, pour être employé aux réparations et entretiens de fa ville. (Ordon/MMCM~MfûM France, t. XY!, p. 2fi.) Pendant son séjour à Saintle roi confirma également les lettres du 28 décembre et 3 Junien, faveur des consuls et habitants des janvier <37t, etmait40Sen ville, château et châtelleniede Limoges. (Ibid.) Le P. Bonaventure a été induit en erreur par les « chroniques manuscrites a en rapportant à l'année <46~ l'entrée de Louis XI à Limoges. Du reste le mss. Legros porte également )462. manuscrit avec celui communiqué par M. Mau0) Comparez notre à la Soc.d'Agric. du Lim. (BM~M, année ~8X9, p. ~03). riceArdant à la nôtre. La relation donnée par le P. Bonaventure est identique oinciers et bourgeois de la vitte. » (H. A.) « D'hommes à cheval,

309 passantz devant le roy en grand humillitté et très bel ordre, qui tenoit jusques dans la ville. Le roy passa sur le pont Sainct-Martiat à travers eux jusques aux Jacobins, où l'évesque de Fégtise cathédralle se présanta et [le] receut honnorablement, et de là le conduisirent à t'égiïse cathédratie S~-Estienne, comme première d'Aquittaine. Lequel, ayant faict sa prière, s'en retourna par in mesme chemin, et par la porte Manigne entra dans la vittf, où les consulz portèrent sur luy un riche pouelle de drap d'or semé de fleurs de Hz. Lequel, estant à Sainct-Martia!, Est sa. dévotion puis se retira à son logis. Les rues par où passoit le roy estoient tendues de tapisserie de draps de soye et surriet (1), chose qu'il fesoit beau voir. Le roy avoit en sa compaignie son frère le duc de Berry, et plusieurs autres seigneurs et princes du sangt. Apprès luy avoir fait t'ostention du chef de sainct Martial, partit le lendemain et a))adisneràVarneit[VprneuH]etcoucher à S'Juuien, où il fist sa dévotion à l'église de Nostre-Dame-du-Pont. Les consulz nourrissoient dans les fossés de la ville, qui pour lors estoient trèsproS'ondz, trois cerfs (2)et trois biches, qui furent données au roy, qui les receut et les fist conduire a Amboise. L'an 146~ l'arceau de la porte Manigne (3) tirant bourgtz tumba par terre. Bastiment L'an 1475, t'ég!ise de l'église S~-AMreM~ ou chappelle (4). fust
~Egiise Saint-A urelien.j

aux faux

(Chùte de l'arcea u deiaporteMamgne.] J

de Sainct-Aurétien

à surciel. » (Mss. Eegros.) (1) K Couvert par-dessus Surciel, poureML«~MpgT'c~e!MtK.,supremumtegmen, baldachinum, umbella, Gallis ciel. » (Du CANGE.) (3) « Deux cerfs. » (Mss. Legros). tenant aux faubourgs (3) « L'arceau de la porte Saint-Martin tomba à terre (Nadaud, Mém. mss., t. H, p. 4S8) mss. de Lépine, note mss. sur cet endroit, où Nadaud lui-même dit que c'était l'arceau de la porte Manigne. » (Note mss. de Legros à la p. 718 du P. BoMaMKtMfg.) Le mss. Legros dit que ce fut l'arceau de la porte SaintMartial qui tomba. (-~) Ce paragraphe et le suivant ne se trouvent pas dans le mss. Legros.

–~f(J– bastie au bout de rue Torie, dans le circuit de la prioré et cure de Sainct-Cessateur.Laqueite dite ëgiisc est annexée à celle de Sainct-Cessateur (d), et en icelle repose le corps de sainct Aurë!ien,dans une chasse, et un bras de S"t Cessateu: et autres reliques.
Ja~['.t'35HJa~vn-):id,abbcde e Saint MartiaL;

Jacques Jonvion, nepveu des susditz Pierre et Gérald Jonvion, fust abbé de Sainct-Martia), en rangt des abbés S2 (3), apprès Pierre de Versei! [~deVers:u!!es], qui [fut] faiet évesque de Meaux. estoit prévostdeRithactet de la SousteIceiiuyJonvion raine, prieur de Sennat [Saignacj et abbé de Sainct-Cipriau de Poictiers et ailhertrs, qu'il estoit aussy prévost de S"Augustin. Il fist l'ère [rebâtir] ia maison abbatiale de S"Martia), de taqueiie ne reste que la tour du Degré, la maison prëvostaHe deC<jusei)z [CouxeixjetchasteaudeBeauvais. iidonuaune cbasubte d'or H)i monastère. Ayant permuté l'abbaye de S"-M~rtin, il fust faict évesque. Son corps repose au chappitrede S°'-Martiat,jougnant son oncle, Pierre Jonvion, dont les etHgies se voyent de pierre blanche. L'an 1414, Martin Bureau (3), valtet de chambre du roy, vint où il priiit six pièces de canon qui aLymogesaveqordre, furent envoyées à Bayonne.
./)) « Et annexée à Saint-Cessadre, suivant l'acte dtt 7 avril [47t, signé Amelin, étant évoque de Limoges Regnaud de La Porte. (Mss. de Lépine, note mss. sur cet endroit.) Il se trompe de date. ') (Lec;ros, note mss. a la p. 723 dn P. Bonaventure.) Kn eifet, en )~7) et en H75, était évoque Jean iiarton de Monbas, et non Regnaud de La forte qui vivait plus d'un siècle et demi auparavant. Cependant 1-es dates ci-dessus sont afeeptecs par t'abb~ Arhettot. (H<'t'. arc/t. f~M Z.!nt p. 83.) est le !7''abbé.. d'après t'ahhe (2)Jacquesnjauviond (H33-ii88' Roy-rierretitte. ') Morin [~n'eati. » (~!ss. f.e~rns 7

'St\

de capic. non condun-Gsà à Uavonne.jt

–3H–

E~'ec~oh

de l'office de maire et eschevins de la ville de Lymoges, causant le désordre de la nomination des coMSM~ (t).

Causant les grandes divisions qui furent, à Lymoges la présante année [14~0] pour la nomination des consulz, le roy envoya en laditte ville messire Pierre de Souresay (3) et Simon David, sieur de Saint-Pierre, maistres des requestes de sou hostel, pour connoistre du désordre procédé de plusieurs gens de petite condition et rëputtation, lesquelz estoient receus à donner voix ez eslections des consulz. Lesquelz nommoyent des gens incappables, dont en v!f)t désordre, parquoy fust changée la forme de ce faire. Et ;)')ur ce fust nommé cent bourgeois des plus apparents de laditte ville, lesquelz furent appelés centenaires (3), esquetz fust oiiroyé i'authoriné d'eslire tes consulz. Et, pour tenir la police en crainte, fust esleu prévost criminel de la ville Ba!tbasard Dupeyrat, lequel fust augmanlé de g'aiges selon sa qualitté et d'avantage on souldes gens pour !e servir. doya Et advenant l'an 14'76, François de Pontbrian, natif de Bretagne, seigneur de La Villatte en Lymousin, à cause de sa femme, à l'instigation de plusieurs autres habittans de Lymo~es, indignés de ne pouvoir gouverner les deniers communtz de la ville à leur appétit, il impétra l'office de maire de la ville de Lymoges du roy, durant sa vie, à six cents livres de gaiges par an. Combien que jamais il n'en fust parlé en laditte ville, dont fust fnémoire, iceituy office le chancellier DorioUe luy despëcha, en faveur [de ce] que le dit de Pontbrian avoit grand authoritté auprès du roy. C'est pourquoy il eust telles lettres qu'i! InypiHttsf,donnant à entendre au roy telles choses, qu'i! failust que i'ot'ficedt'meurât. Dont pritiscdo pocession et changement de g~t'.vet'np~ f'!t tauitt" \'i!ie, qui d'anquitté
H 1) )\ DONAVMTCHE, !H, p. 732; LEYHARIE, ist. du Lim., t. 1!, t. j). 404. et comparez notre mss. avec t'extrait du mss. Bourgoin reproduit dans le jLtm. hist., p. ~5. (~; &Sorizav. M'Mss. Bourgoin et [,<ros.) .T « ('.pn)cnnux.H(/6<.i

[OfCco de maire.')

–3i2–

avoit accoustumé estre administrée par douze coosutz, et fust transmuée en sept eschevins qui estoieniesleus par 75 conseilhers, et douze desquelz le maire et soubz maire étissoient sept eschevins des ditz douze personnages, te!z que bon leur fesoient sembloit, qui gouvernoientun an seullement, comme les consulz. Quand au maire, c'estoit unof&çecréé en la ville dudit Pontbr!ant(t). Lequel sustitua, pour la jar!sdtCHon tant civille que criminelle, pour icelle exercer, un soubz-maire nommé La Chome(2), Breton, qui le garda sept ans. Tant que les habittans, voyants que c'estoit la totale destruction dupeuple, se portèrent pour appelants tant de l'office de maire que rebeption de la substitution de soubz-maire, que aussy de la prinse de pocession, et autres [choses] de nouveau introduites contre les privilléges de ladite ville, se travaiUants grandement à relever l'appel, ce qu'ilz ne pouvoient pour la faveur que ledit Doriolle portoit audit de Pontbriant. Et furent les lettres en cas d'appel qui estoit de justice refusées en plaine chancellerie, dont ceux qui procuroient l'affaire en prindrent acte, et se portèrent pour appelants de ce qu'on ne voulloit sceller les lettres du relevé (3), et firent faire secrettement leurs instruments appellatoires qu'i!z gardèrent jusques à temps.
.Prccu~cntr~Jcau de Brosse et A!atn cl'Albr.et.)

L'an 1479, fust vuidé le procès de complainte à Paris, formé par messireJean de Brosse, seigneur de Bossât [Boussacj, contre Allain d'Albret, à cause de la comté du Périgord; et le premier chef estoit à cause de la vicomté de Lymoges. Icelle année, le roy manda aux habittans de Lymoges de luy fornir de bons marchandz pour aller demeurer et ncgotier en la ville d'Arras (4). André Rougier et Hélies Disnem:)J) «.A ta vie du dit de Pontbriant. » (Mss.tBourgoin.et Legros.) t. Ifl, .,2) « Ou La Chaume. » (Note mss, de Legros, Bo~AVENTURE, p. 723.) K La Chaume. (Mss. Legros.) « La Chosne Breton. » (illss,: Bourgoin.) (:~ « Du rcicvement d'appel, qu'étoit de justice. H (Mss. Logt'os-f (t) « Ce fait, dit J. Guineau (Pro~r~~M ~M~t'M s ~!Mo~c!, f 823,p. 29), est aussi attesté par Mardouin dans ses mémoires sur le chet'-iieu du département du Pas-de-Calais; il en B'stfait mention au ,V('tTitrcd'octobre t7ti', p. 3)5~. x

[Xe~omants Mjuo'tsj!ts a Ayrag.j

–3t3 tin promirent d'envoyer leurs enfans. Et se trouvèrent au jour assigné au pont de Mei)haud(l), ainsin qui est escript dans un acte en parchemin du 1S juillet 14'79, signé Mareschat (2). L'an 1481, Zaliab, filz puisné (3) de Mahomet, grand turc, empereur, lequel par 30 ans avoit persécuté les chrestiens, et pour les grandes guerres que son frère aisné nommé Zezum [sic, Bajazet] luy fist après la mort de son père, se randist au grand maistre de Rodes, qui l'envoya en Limousin, demeurer à Bourganeufaveq 18 ou 20 serviteurs; lequel Bourganeuf appartenoit audit grand maistre, où il demeura environ 12 ans (4). Lequel Zaliab fust baillé au pape Alexandre 10<\ qui, puis apprès, le redonna au roy de France, Charles 8e, estant à Rome (5). Mais quand le pape le donna au roy il estoit empoisonné, et ce l'an 1494, dont il mourust bientost apprès, qui fust grand perte pour la France, car le roy eust recouvert Constantinople. Supprimation de l'office de maire de Lymoges Charles 8e, l'an d484 (6). soubz

Charles 8e, estant à Baugency, supprima l'office de maire de Lymoges, destituant François de Pontbriant et son sustitué, remettant les consulz comme devant en leur premier

l Suppression de l'office de maire.j

(1) KMoulhaud. » (Mss. Legros.) (2) « Les Mémoires d'Aimoustié disent que les officiers du roi Louis XI ~choisirent du Haut-Limousin ~S(~hommes avec leurs familles pour aller peupler la ville d'Arras en Picardie. » (BoNAVENTURE.) (3) Sic. Bonaventure l'appelle aussi Zaliab (t. p. 731); le mss. Legros dit Zaliat. Ne faut-il pas lire Scelbi, nom de Zem ou Zizim ? V. sur l'histoire de Zizim: NM~. Pierre d'Aubusson, par le P. BouHOURS, Paris, '1C76, in-4", p. 86 et suiv. 179 et suiv. (4) On montre encore à Bourganeuf la tour de ZMt'm. (F. TnipON, /JM<. MOKMMt. j~MN.~837, in-4°.) ~M (5) « Qui Femmena à Naples; dont les Rhodiens avoient chacun eu grosse pension du Turc. » (Le mss. Legros termine ici le paragraphe relatif à Zixim.~ t'(!)Comparez ce paragraphe avec in mss. Bourgoin. (Lim. hist., )).51G.)

–3i4estât, confirmant leurs premiers privitteges octroyés cy-dcv:)nt aux habit taris de ;)jrChar!es 7° et autres, ses prédécesseurs, en sa première forme Lymoges. Allors, la commune,restituée et tiberté, ne voutlust attandre à fère la nomination des couveaux cousuiz du 22° febvrier, suivant t'aatienne constutïtf observée il y a cent ans; mais, sytost avoir receu les lettres, qui fust le 7~décembre 1484, ilz procédèrent à la notnittation des consulz, taqueUe à continué jusques à presaot (1), audit jour, jusques à i'aMée 1603, qu'i!z furent réduitz de 12 à six consulz, comme dit est cy-apprès. r~udM abatla Laditte année i484 (2), !e jour de S~-Marc, !e feu du ciet, pjnih! du cto- tumba par tennèresur le clocher de Sainct-Estienne, qui hanhurde saint- battit la pointe d'icelluy, de laquelle cheut des pierres qui i,t!nM.; tuèrent un jeune enfant de 15 ans, deux chevaux et une mu)!e près la salle de l'évesque. Laquelle poinc{e fust refaicte et couverte de ptomb. L'an 1488, fustbuptisë à l'ég)ise cathédralle un Turc appellé ~p(..m<.d'un rurcj Zatonat (3), un dimanche 16° novembre, lequel fust nommé par Jean Berthond, évesque de Lymoges, Jean, et fust .son parrain Anthoine Cassaigne (4), marchand de Lymoges, nt marrame Marguerite Lascure, vefve de feu Guiihafume Dubois. Ledit turc avoit SO ans. (.rHe trcmh~- L'année suivante 1489, jour de lundy premier de mars, enn~nt de tem. viron 9 heures de matin, fust sy grand grelle, suivie de tremC blement de terre et autres choses durant iceiÏayjour jusques a la nuit, que ies maisons en tremblèrent, et eu aucunes villes tumbèrem des maisons, murailles et clochers. ~) Ce qui suit ne se trouve pas dans le mss. Legros. 2) Le P. Bonaventure rapporte cet événement au 2G avril ~i83 (t. !II, p. 730!. '~i « Appartenant à Zaliab. » (Mss.Legros.) Ce Turc, dit le P. Bonaventure, qui copie les chroniques du pays {t. 111,p. 73)), appartfnait. à Ziximou XaH~. {'t' <' Antoinn de La Chassaigne. » (/~{~.)

"1" .)¡dj~e~oMue~M'!eK~ ~M procès i498. de /« t~;o?H~

A l'advénement de la couronne de Frunce de Louis '!2- ~Procès 'isujff a de la ,"icomt.i. A!ainctd'A)bret,aunomdesesenfans, requist au roy luy randre la duché de Nemours, que le duc .!e:)n, H!z du comte de la Marche, tenoit, délaissée par te roy Charies '7" à Jean de Bretagne, auquel Françoise de Bretagne [sa ffn)!ne] avoit succédé après le décedz de Guilhaume, son père, ou permettre à ses enfans poursuivre le procès intanté contre les consulz de Lymoges en désistat, t'an '!4i3, par Ollivier de Bretagne, et qu'il fust permis de rechercher les deffences faittes uuxditz consulz (~). (3). En l'année ISO~i, fust rëëdifSëe ta chappeHe de thé devant le cimetière Saiact-Po!, au coingt grand portail de la place des Cordeliers, sur ses ments (3). De laquelle n'y reste rien depuis la t'annëe~ëSt. Saincte-Maret devant le vieux fondecontagion de
j!!cédiScat.ionde la cliape(.e de Sainte-Marthe, j

i') « Le P. Bonaventurc, qui reproduit ce qui précède (t. I! p. 737 et suiv.), ajoute « Comme le sire d'A!bret estoit venu au secours de Louis tors duc d'Orléans et de François duc de Bretagne, Hgues ensemble contre Charles huitième, il n'y a pas de doute que te roy Louys ne vouiùt le favoriser en tout ce qu'il pourroit. Enfin cela fut si souvent batotté, que Fan 1537, les consuls perdirent iajustice de Limoges à cause de laditte vicomte, qui fut.unie au domaine du roy de Kavarre. » (-2)C'est a l'année t504que commencent les ~ef/Mf!'M. e<M.~<t:)'M MHe ~c LuKo~f.s, dont les deux premiers volumes, aHant jusqu'en [58t, ont. été puhties, et )e truisicme est en publication. Nos f'ousuts étaient des hommes prudents mais sincères le contrô)e de va donc !a plupart des faits locaux avances par notre chroniqueur devenir plus facile. Nous disons de la p~M/wrt des faits locaux, car nns consuls ont néglige d'en mentionner un certain nombre auxquels i!s n'attachaient pas une grande importance pour l'histoire de !'adminis! ration municipate. Ce qui s!t ne se trouve pas dans )e mss. f.egrr.s.

–316– ~t"her'tos<,at'1JI'l

L'année 1S06, fust édif6é le clocher des Carmes des Ârrcnnes, sur le portail de l'église. (1). L'année 1S07, les consuiz de Lymoges firent planter )'arbre appelé de Beauvais (2), au mitlieu du triangle, dans le cerne des Combes, au dessoubz du portait Nimbert. Au corps dudit arbre il y avoit une barre pour y mettre une lanterne, et dans lequel triangle estoit un marché de petites danrées. Lequel arbre estoit très beau et fust couppé le 2~octobre 1666. Duquel triangle n'y reste aussy rien que la place. (3). AJean Berthon, évesque de Lymoges, qui décédal'an iSiO, C succéda audit évesché REGNAUMDEPRiE(4),enrangtdes évesques 73, lequel fust cardinal. Et à luy succéda PmuppES DE MoNMORANCY, rangt des évesques ~14, en jeune homme [de bonnes] mœurs et lettré, duquei on avoit grande espérance. Lequel mourust bientost suivant la cour U du roy à Blois. L'an 1812, à cause du passage des Anglois, il fust fait as-

~Artn'~dcBca.u-

,H'~K'dct"te, f'hihppedc Montmorency, cveques.'

1

~As'.cmbtecRCïiérfdeàSatntt'ct'ald.]

(1) « L'an d'après 1507, y eut gros procès -entre l'abbé, les religieux de Saint-Martial et les consuls, pour cause de l'eau des fontaines du Chevalet et des Barres, chose qui intérëssoit fort le public. » (.Mss. Legros.) On trouvera le texte de l'appointement fait entre-les consuls et l'abbé, en date du 31 ao&t 1S08, au 1.1" desRegistres coM-. sulaires, p. 9. (3) V. Reg. consul. t. I, p. 14. (3) « L'an suivant (< S09)fut tenu le chapitre de la province" de Guienne et Toulouse ez Augustins, où se trouvèrent environ 400 ren Hgicux. H (Mss.Legros.) ..{ "(4) Le Tableau de Nadaud donne bien pour successeur à J. Berthon, René (et non Regnault) de Prie, et pour successeur à ce dernier, Phiiippe de Montmorency; mais le manuscrit de Legros n'est nullement conforme au nôtre. « En '!8t0, y lit-on, mourut Jean Barthon, evuque de Limoges, et furent élus en discorde GmUaurnpBarthon et Foucaud de Bonneval. »

3H– sambtée et monstre généralle à S-t-Gérald et ez Jacobins entrans par Manigne et sortans par Boucherie. Les villageois estoient les premiers, en nombre de 3 à 4 cens, basions longtz à pointes de fert, et SÛOarquebusiers (1). Leshabittans. de la ville estoient les derniers, fesants tous en gros 4,000 hommes (2). En ce temps 1512, estoit abbé de Sainct-Martial, Albert Jouviou, en rangt 53~, qui succéda [à] Jacques JouVion, son oncle. ![ estoit aussy abbé de S"Mar[in. Entrée faitte à M. le duc de Bourbon (3).
[Réception du Jm; deHuurttOn.] [AtbertUJauïiond,abbéde Saint-Martiat.] ]

Le 2S~ juillet 1512, arriva à Lymoges Monsr le duc de Bourbon et monsieur son frère, accompagnés de deux cens chevaux. Les consulz allèrent au devant, accompagnés des officiers et nottables bourgeois et marchands, au nombre de deux cens quarante chevaux. Sur le chemin de Sainct-Léoledict seigneur qui les receut joyeusenard rancontrèrent ment et rebroussant chemin, vindrent à l'église cathédralle, où le duc fust receu de messieurs les chanoines de ladite église. Lequel, ayant fait sa prière, .vint par le faux bourgtz de Manigne et entra dans la ville, où il fust receu par les ecclésiastiques. Tout premier estoient les quatre mandians, apprès tes prestres des parroisses, puis l'abbé de S'Martia! aveq ses religieux, chantans himnes et cantiques à la louange' de Dieu. Et sur les murs y avoit trompettes et clairons et autres instrumentz, et l'artillerie jouyoit à son tour, laquelle se faisoit ouyr de toutes parts, y en ayant pour lors bon nombre de pièces, ce qui n'est de présant. Toutes les rues par où il devoit passer estoient tandues de tapisserie. Vint à SainctMartial, où il fist sa prière, puis alla descendre à son logis du Brueil. Auquel lieu, à l'heure de vespres, les consulz et officiers et 40 dfs plus apparentz de laditte ville furent trouver ledict seigneur, qui leur demanda à voir le chef de mon(<) « 500 arbaiénet's. M(Mss. Legros.; (3) « Cela s'entend tout en un gros. De chacun feu il en avoit un. et des bonnes maisonsà l'avantage. » (/&) (3 V. fic<y.consM~.t. t, p. 57.

3)8

s't'ur S"' Martia!, de S"' Aurëtien et de S"' Loup. Parquoy !<st faict ostention Je samedy et dimanche. Et devant que par'ir, ledit seigneur visita les prisons et délivra les prisonniers. Et estant mandé en cour, se retira, laissant à la ville un grand contentement de iuy.
't'ha:e~d~V!ttei'3,c'.èqu~.t

A Phillipes de Monmorancy, évesque de Lymoges, succéda CHARLES ViLUERS, en rangt des évesques 7S (1). Il fist DE faire le candé)abre de l'église Sainct-Estienne. C'<e6r~o~ ~e la messe ~M Jubillé.

J <:IJil12..

Le grand pardon et jub:Hë fust transmis à Lymoges par Je pape Lëon 10e, l'année 'IS14. La messe du pardon fu~t or'iounëe pour estre célébrée à l'église cathëdraHeS~-Estienue, le 3e dimanche de caresme, mars 1514. Pour la cëiébration du service divin, fust faict un théâtre aux premières fenestres du clocher' de i'égiise cathëdratie, large et espatieux pour recepvois' 20 ou 30 personnes. Messire Guilhaume Berthond, doyen de laditte église, dit la messe du pardon. Le peuple y estoit sy pressé, que, par commune estimation, ou [y]jugeoitp!usde quatre vingt mille personnes. La messe iuh! chantée soiempneiiement et en silance. Icelluy jour, tumps estoit fort beau et chaud. Le service estant achevé, o;! !te pou\oit passer pour la multitude du peuple. Le poisson tust à meilleur marché qu'il n'avoit esté de toute rannée. 151~, fust faite la grand vouiie de la nef de régfise de S"Pierre-du-Quey!'oir (2), deppuis le grand hautei jusques

S.fint-Pien'e-fiuL'an Queyroi\.

r[ste-Ada)n,est!e73<= (),Char)esdeVi)ters,de évëque d'aprc.s -\adaud. !ei le manuscrit de Legros donne ['explication de ce qu'il d)tptusi)aut(p.3'!6,note4). "t~'annee suivante. tS~3,Kegnaud de Prit', cardinal fut pourvu de L'eveche de Limoges, litigieux entre Foucaud de Bonnevat. qui tut et Guillaume Barthon, c0f'u. ,'A] lui p.):n'vu de i'evt'chu deSoissons, t'aixS('')'eve('he<tc).eytOHrepou['pacit')erce)uideLi~'<)~es,<}!i'it neveu, fut pourvu." » .)'-f'!):iLq~('.)'uH:)rthnn,soti 'L!t.("!p.ir!<'da!:s)en)Ss.d<'f.<*p'rf)S.

319 au grand potiai). roydeFranct'. Auquet temps rëgnoit François de Vallois,

L'an 182Î, fust reprësanté par personnages le mistère de la passion de Nostre-Seigneur Jésus-Christ, le second dimanche d'aoust, finissant le 2° septembre. Lequel fust autentiqueles arbres de t'abbaye de S"Mur(ia[. ftietH.représamësoubz L'an suivant ~522, grand nombre de pilliardz, malfacteurs, qu'on appelloit les mille diables, vindrent passer devant Lymoges, à bannières despioyées, etjusques devant les portes de la ville, dont i!z furent chassez (3). L'an 1S23, arriva madame de Lautret, gouvernante en Guienne, laquelle fust receue des consutz ethabittans eu grand honneur. Lesquelz furent au devant et t'accompagnèrent jusques au monastère de S"Martiat, où elle fust receue de l'abbé et religieux, et !ogeast en ta maison abbatialle. Mathieu Jonvion, en rangt des abbés de S~-SIartiat 54 (5), succéda àAtbert Jonvion. Lequel, le ii" octobre ')S23, fist sou entrée à Lymoges, Les consulz et habittans le receurent devant les Carmes et le conduisirent à son égtise, où il céiébra la messe, puis donna à disner dans la maison abbatiatte aux consuiz et principaux habittans, en grand nombre (6). Le 20° aoust 1524, Messire Gailtot de Lastour, baron et séneschat de Lymousin, fist son euttée à Lymoges, oit il fust receu en grand honneur (7).

~Mystère

joué

a

Limoges(l;

~LesmiMe bles~).;

dia-

[Réeeptu~ndeM' dcLautrec(4).'

~Mathieu Jauabbé dc viond Satnt-u-!i~

[Recepuondu gouverneur CaUct ds Las Tours.}

Soc. frc/t. /.t'm. ;i)V. /ie< cûff.sML,t. I. p. <08; BztM~ t.i,p.5S. (2)V.jRefjr.eo?~M<t.t,p.<!9. (3) « Dont mal teur en prit. (Mss. Legros.; (4)V.coKSMt't.t,p.<3C. ~) Mathieu Jauviond (tS23-3~st)e49' abh~, d'après t'ahbûRuyPierrenttc. 'G)V.~<ro)!Lt.f,p.!3. '<)).).

380 LtM-otteeaLt. rtlolt:in.¡

t/an dS28 fust sy grand stérillitté de vivres générai!ement en Lymousin, chose par toute la Guienne, particulièrement sy pitoyable et misérable qu'on ne sauroit s'imaginer, laqueUe dura l'espace de cinqt ans (i).

Entrée /a!C~oMro~V~6trre,~desc~p~oMs (S). damas merques des coKSM~z
H''t'ept!ondurut dcN~varre.j

L'année 1829, Henry, roy de Navarre, venant à Lymoges. envoya au devant son lieutenant général et admirai de Guienne (3), où il fust publié par la ville de faire nettoyer les rues et abbattre les hauvants par où devoit passer le roy. A laquelle entrée les consulz commancèrent à porter le chapperon de damas cramoisy, pour marques consuUaires. Et fust fait en cette sorte: Les consulz, aveq leurs merques consulaires, leur portemasse, prévost et officiers', aveq les principaux bourgeois, au nombre de 160 chevaux, partirent de Lymogesie 7*'de janvier 1S29, et aUèrent au devant du roy jusques à la forestz de ledit seigneur roy, accomBeaubrueil, où ilz rencontrèrent pagné de monsieur le gouverneur et autres seigneurs. Et de là rebroussèrent chemin devers la Citté, et entrèrent par la les Quatre-Mandians porte Sainct-Maurice, où rencontrèrent et prestres des paroisses, en bon ordre. De là furent à SainctEstienne, où se présantèrent audit seigneur les doyen et chapitre, qui le receurent en grand honneur et cérémonies. Lesquelles achevées à l'église, le roy vint par la porte Manigne, où il fust saUué de l'artilherie, trompettes et ciérons en grand nombre. Allors se présantèrent en habits ponti&caux messire Mathieu Jonvion, abbé de S~-Martial, aveq ses religieux en chappes, ayant la croix d'or. Quatre consntz mirent un riche pouelle sur ledit roy, qu'iiz portèrent par la ville lequel estoit de satin, où estoient dépeintes la devise du roy et ses armoit, V. R~.cotMM! p. f?7. a; V. Ibid. p. ~8S. 3) Lisex avec le mss. Lclong « tit son entrée dans Limoges ncury, roi dr Navarre et lieutenant général, gouverneur et amiral de t.nienm'. »

321 ries. Par les carrefours où le roy fust content. de la ville, fust joué des commëdies,

L'an 1S30, la maison illustre de Pompadour fonda le coHége de Senna (1), dit de S~-Michel, à Paris, duquel Hz sont les collecteurs et patrons. Et pour ce faut que le principal et procureur soit lymousin d'autant que le lieu est affecté à la nation lymousine. Laditte année fust fait feu de joye pour les nouve!!es <ïë~a royne Éléonor de France, de monsieur le Dauphin et dnc d'Orléans, pour leur retour d'Espagne (3). Brief recueil de cherté des vivres (3!.

[Fondation coUégedeChenac.')

du

[Réjouissances pour le retour d'Espagne de la reine et des princes.]

L'an de sallut 't530, le temps s'addonnaà à sy grandespluyes, qu'elles durèrent sans cesser depuis la my-novembre jusques à la my-mars. Les semances ez valléez furent tout à faict perdues, et celles du plat pays perdues et gastées, (4), desnuées et desracinnées, à cause des innondationsd'eaux couvrant tout le pays (5). En décembre, les rivières de Vienne, Briance et Gardempe devindrent sy grosses, que plusieurs édiffices, pontz et moulins en furent emportés et plusieurs gens submergés, biens et bestiaux. Et, à la my-avril, fist de si grandes froidures, que les biens qui restèrent eurent beaucoup à souffrir, causant les innondations d'eaux, et gëcéraHement les de tout le pays (6). L'eau de la rivière de Vienne vint vignes jusques au mur de la Raigle, couvroit le moulin de Snt-Estienne; et, à S~-Junien, l'eau entra dans t'égtise de Nostre-Dame.. Allors, le peuple de Lymoges et pays circonvoisin ayantz recours à Dieu, se mirent en jeusnes et prières, faisantz pro(~) « De Cheuac. M (Mss. Legros.) consul., t. p. i93. ;2) V. Premier~. ':3)V.~M.,p.i98etsuiv. (~) « Gâtées de vers. » (Mss. Legros.) (S) « Qui couvroient ta terre du Limousin, qui est iegere. )) (7M~.) (6) Ce qui suit, jusqu'à la fin de !'a)inea, ne se trouve pas dans !e mss. Lesros. ~)

[Disette.] ]

–3~–
cessions jour et mut, en pleurs et larmes, les uns en simple chemise, teste et piedz nudz, portant les chapses de Snt. Martial et six ou sept autres, et le S'Sacremeot. Les ecclésiastiques, tant séculiiers que réguliers, portans cierges et flambeaux ardantz, imploroient l'assistance divine par l'intercession des saintzet saintes de paradis. La. messe fust chantée a S"Pierre (i). De tous estats et sexes, pleuroient incessament, criantz à Dieu miséricorde. H ne demeuroit personne dans les maisons; bref, tous suivoient la procession, tant grandz que petits, jusques aux plus innocents (2), chose plus lamantable qu'on ne sçauroit s'imaginer, et n'y avoit personne qui tes voyantz se peut tenir de pleurer. Les prédicateurs ne cessoient jamais de prescher et exhorter le peuple ez églises et couvents, où fesoient ordinèrement leurs stagens dévots et littérés(3) tions. Le sestier froment monta jusques au prix de 30 sols, et le seigle 40 solz. Entrée
du [Réception gouverneur Mann de MontcheDu,1532.J

faite

à monsieur

le gouverneur.

L'année 1831 (4), fist son entrée à Lymoges monsieur le gouverneur, lequel [fut] bien receu de messieurs les consulz, of8ciers et habittans. t~ont il y eut aitercassion entre les officiers de justice et les consulz pour l'honneur, mesme entre les bandes. Tant que pour les appaiser, monsieur le gouverneur dëctarast qu'il entendoit que les consulz, représantans les corps de ville, eussentl'honneur marchantzjougnaut sa personne. Ce que eutandants, ceux. de la basoche plièrent enseigne et [firent]
« ) Cette dernière phrase ne se trouve pas dans le mss. Legros. (~) « Fors que les petits innocents. » (Mss. Legros.) (3) « Descors et litteurs (?). » (Ibid.) (4) Le gouverneur fit son entrée le 21 septembre <;32; et nonen 153), comme le disent notre mss. et le mss. Legros. à ce sujet Ic.Prc-. mier Reg. consul., 1.1, p. 3 i 6. Voici du reste ce qu'on lit dans te mss. « Les Legros qui n'est nullement conforme au nôtre en c~t endroit du mois de septembre 031, furent au devant de M. Marin consuls, le de Montchcnu, gouverneur, jusqu'à l'Aurance, du côté de Nicul, accompagnés de 3 à 400 hommes, tant cuirassiers, picquicrs que autres, ~lUrc lesquels il y on avoit bon nombre armés &blanc. Les,.bouchers_

–323– tambour cesser, et à grand haste firent belle explanade, de l'assemblée. Apprès que le consul Cass'esvanouissantz saigne eust fait son arrangue à monsieur le gouverneur, tes bourgeois aveq leurs bonnetz, robes, montés à cheval, chemin vers la ville, aveq les six enseignes et rebroussèrent de gens de pied, aveq tambours, trompettes et compagnies clairons en grand nombre à leur suitte, marchans les officiers du consulat et homme armé à blanc à cheval, portant le et consulz coustoyants guidon de la ville le porte-masse monsieur le gouverneur. Estans à la porte Montmaitter, de la tatourfusttasché bon nombre de pièces d'artilherie, aveq beaucoupt de fusées tirant vers S~-Estienne. Apprès avoir faict son oraison, vint entrer par la porte de Manigne, auquel lieu, à sa louange fust joué une commédie. Puis entra dans la ville et alla loger à ta maison abbatialle de S~-Martia). Où, le landemain, fist un banquet dans le réfectoir, libre à tous les habittans, où s'y trouvèrent plus de quatre cens personnes. AxTHO~E DE TENDE(1) succéda à l'évesché de Lymoges, en rangt 76, par le décedz de Charles de Villiers, évesque. (2). JEAN LANGEAC,en rangt des évesques de Lymoges DE 77, succéda à Anthoine de Tende audit évesché. Lequel fist son entrée le 22 juin 1533, et fust receu en grand magnifissence.
[Antoine de Tendejévêque.]

[JeandeLangeac, évêque.]

étoient habiHes de livrée, enseigne, (inre et tambour. Entre les autres relnisoit une bande de bourgeois, habillés de velours noir, portant épées à deux mains, arquebuses et arondelles [boucliers]. La livrée du capitaine et enseigne étoit de couleur gris et noir. Au milieu du drapeau étoit dépeint un triomphe d'or, et dedans deux mains en forme de foi, où le gouverneur prit grand plaisir. » Ceux de la basoche s'étoient séparés en bande, marchant à part pour eux, avec leur enseigne et tambour, habittès de livrées de satin, les officiers jusques au lieu de Tcyssoniéras, où accompagnant ils rencontrèrent M. le gouverneur, et, rebroussant chemin devers la ville, rencontrèrent les consuls. H y eut altercation, etc. ». ()) Antoine de Lascaris de Tende, 74'' évoque, d'après Nadaud. (2) « L'an 033 y eut contagion en ladite ville. » (Mss. Legros.)

3~4 [Mystère.)

Au mois d'aoust, audit an, fust représanté S~(. Barbe par personnages (1). Translation de sainct Dampnolet

le mistère de

(3).

de [TtMstaLtion saint Domnotêt.)È

Le 12° apvril 1834, fust transféré de son sépulcre le corps de sainnt~Dampnoiet, comte de Lymoges, lequel fust tué par t'armée de Théodebert, l'an S37, qui destruisit la Citté, comme dit est. Et fust relevé par ledict Jean de Langeac, évesque, et mis dans une chapse, où it repose dans t'égUse de son nom dans la Citté, auparavant apellée de SP~Grégoire. Le chef dudict sainct Dampnolet est dans des couppes d'argant,~ lesquelles furent données par Madame de SainctèCroix, de la maison de Bourbon, abbpsse de l'abbaye de la Raigte, l'an 1S82, année d'ostention, ainsi qu'il est graivé sur icelles. L'année 1671, dame [Jeanne] de Verthamond, abbesse de ladite abbaye, fist fère une châsse d'argent pour mettre tedtt à la procession du mardy de e corps; sainct, et fustfportée Pasques icelle année, l'autre n'estant que de bois. tcette année, tadite*ég!ise fust agrandie comme se void. (3). Les religieux François de S~far~M~ premier, soubz secM~nseSj de France. W. roy

(Séc'jîaTisation <tes rfUgieux de S~mt-Martiat-]

En l'année iS37, les religieux: de Sa!npt-Mart!a! furem sécularisés et féduitz en un abbé, prévost, chantt'e et chanoines au nombre de et 12 grand:: vicaires, maistre de
(')) V. Premier Reg. consul. t. I, p.3:!6. « Leditj~ycque de Langeac 2) Le mss. Legros dit simplement H releva le corps de saint Domnolet~e<3a\'riH.534. « L'an <537, il [révëque] fit commencer ~di8er;spn chatem (3) aux murailles de la Cité, près son palais. a (Mss. Legros.) (A) V. Premier Reg. coKmL, t. t, p. 398. F.~daas l'~tSf. ~0 ~H!j:extraits ? la bulle de sÉcu&; M~tM~ par l'abbé Roy-Pierret!tte,'des risation, on date du < décembre '!a35. Le mss~LegrGs_dit simplement,acet endroit: a Icelle même année, les religieux de Samt-Marttaj

3~5 sdtette, et six enfans de cœur, suivant la bulle du pape Paul, 3e du nom, régnant en France François premier du nom. ('!). Entrée faite à la Royne de Navarre (~.
de [Réception reine de Navarre,1537.]

Madame Marguerite de France, sœur du roy de France, royne de Navarre, fist son entrée à Lymoges ie 28'' décembre IS37. Et furent au devant les consulz aveq leurs chaperons, assistés des bourgeois, marchans et principaux habittans de la ville, et d'un bon nombre d'enfans de la ville, ayants [les consuls] des casaques de velours noir, le propoint de satin cramoisi, le haut de chausse coutieur du drappeau, my-parti de gris et noir, et au millieu estoit dépeinte une foy d'or, et bon nombre de trompettes, fiffres et tambuurs qui jouoient qu'il fesoit beau voir. Et près la rivière de l'Aurance, ladite dame fust receue. Et lui fist arrangue maistre Jean Lamy, consul. Puis, rebroussant chemin, entrèrent par la porte Moatmathier dans la ville où i'artitherie jouoit à merveille. Les ecclésiastiques marchoient devant elle en procession. Elle venoit après dans une littière, sur laquelle quatre consutz portoient un riche pouelle de satin blanc, où estoient dépeintes les armoiries de Navarre entières, dans un chappeau de triomphe [oùj, au millieu, et par les quatre coingtz [estoient] my parties. Ladite dame estoit accompagnée de la sénéchalle de la Chasteneraye et beaucoup de dames et damoizelles et bon nombre de gentilhommes de la cour. Par les carrefours de la ville se fesoient des ballades aveq des chansons composées à sa louange, le tout représanté par des bergères et damoiselles, habillées en vertus. Et devant Saiact-Martiat se présanta M~ Mathieu Jouvion, abbé, qui luy bailla offrir
quittèrent l'habit de moines et se firent chanoines, l'an tS37. » Cependant l'abbé Legros a relaté, en marge de notre exemplaire du P. Bonaventure p. 767, un certain nombre de faits tirés d'autres et notamment du mss. « de Lcpine ou chroniques manuscrites Nadaud. » ()) « En icelle saison [fu3T], les consuls perdirent la justice de la \i)te à cause de la vicomte, » (Mss. Legros.) (3) Premier V. Reg. consul., t. i p. 302.

326

[à vénérer] unjreliquère. Puis ladite dame sortant par la porte Manigne, vint à FégUse de S"EstIenne, cathédrale, où fust receue par Févesque honorablement, et alla loger à la maison épiscopaïie. Trois jours apprès arriva le roy de Navarre, son marry, qui fust receu de la mesme sorte et aHatoger avec elle. Incontinant apprès vint Madame d'Estampes.
~Les consuls perdent la justice detavicomté.~ [Grêle et pluie de pterres.] ]

Icelle année [1538], les consulz de Lymoges perdirent la justice de la ville, causant la vicomté (1). Le jour de S'Urbe, l'an iS40, tumba de la grelle (2)s grosse comme noix par une tempeste. Ce qu! porta grand dommaige aux biens de la terre durant la banlieue; car l'impétuosité fust sy grande qu'elle gasta les vignes jusques aux vieux septz. Vë~Medes grands jours à L~Mo~s (s).

[Les grands jours &Limog09,154']

L'an i84i (4), !es grandz jours furent tenus à Lymoges. Les consulz furent advertis de leur venue. Lesquelz estoient Mess~tetroiziesme président de Bourdeaux, sieur de Brignon, conseilhers et advocatz, procureups, huissiers et autres officiers de la cour de parlement de Bourdeaux. Et arrivèrent le 31" aoust, environ vespres, et furent au devant d'eux Mess. les consulz et habittans en grand nombre. Mons'' le président logea au Brueil, et les autres omciers ez maisons bourgeoises. Ils commancèrent entrer pour tenir leur cour le premier jour de septembre, et ce dans fa grand saUe de la maison de ville, où'assistèrent Messieurs tes consuiz âveq

le Premier Reg. consul. (t. t, p. 320)~ qui donne un extrait (1) de l'arrêt. « de la pierre. » Le P. Bonaventure(3) Le mss. Legros dit « II tomba _de la. grde et des_ (p. 769) concilie les deux versions pierres. » (3) V. Premier Reg. consul., t. i,p.337.' Le récit qui se trouve dans ic mss. Legros est beaucoup moins détaIHo. (4) ~S.M, d'après le Premier He<y.consul., 1.1.

–327–
leurs merques consuilaires, et tindrent leur cour jusques au dernier octobre. Il est dit alheurs que ce fust l'an 1542 (1), ce qui peut estre, d'autant qu'il est dit qu'il fust faict ostention du chef de S"' Martial, le 22'' octobre, par l'évesque de Bazas, assisté de Rolland Barthond, abbé de Solompniact, et Guilhaume Jouvion, abbé de S"Martin, qui dura tout le jour, où assistèrent en robbes rouges lesditz sieurs. Auquet temps arriva la royne de France. Entrée faitte à la royne de France ~).
a ~Réception de la reine deFrance.] ]

Les consulz sachantz la venu~ de la royne de France, furent au devant jusques à Sainct-Léonard, pour la sattuer. Le deuziesme novembre et sur l'heure de 4 heures dudict jour., les consulz, assistés des principaux de la ville en grand nombre, aveq trompettes, clérons et instruments de musique, receurent laditte dame en grand honneur à la cbappette de Papaut(3),a~axBonne-Dompne, près Panazol. Et rebroussèrent chemin a S"Estienne, oùeHe fustreceue des doyens et chanoines de ladite église, et où elle fist sa dévotion. PuiseUe vint entrer par la porte Manigae où à l'entrée d'icelle estoit dressé un théâtre remply de joueurs d'instruments de mustque. Au surciel, il y avoit un triumphe semé de fleurs de lis, armoiries de France. Et se présantoit sur le théâtre deux personnages :un, nommé Lymoges, en habit de damoizeiïe; et l'autre, en habit d'homme, s'appeloit peuple comntMn; lesquelz, par beaux ditz et rondeaux salluèrent la Royne. Ce faict, quatre consuiz richement vestus luy mirent sur la teste un riche pouelle de velours cramoisy, semé de fleurs de lis, lettres et franges d'or. Estant au devant S"Martia!, se présantèrent messieurs les chanoines, qui la rcceurent en grand honneur. Au partir d'icelle église, ladite dame alla descendre au logis de monsieur le lieutenant criminel Chantois, et ses

(1) Notre annaliste a raison, comme on a pu le voir à la note précuftente. t. I. p. 339. f3) V. Premier 7!e~. MM! « l'apct )<(BoNAVENTURE, 770)~ ;3) « Pappot (Mss. Legros) p.

–328–
dames auprès d'elle; puis, le lendemain, elle partit pour aller en cour.
de Réception M.de Montréal, du gouverneur Ltmousm(l).j

L'an 1S43, Mons" de Montréal, gouverneur, fast receu à Limoges des cousulz et habittans avec trompettes et clérons et furent au devant près les Trois-Treilz (3). Où estoient messieurs les lieutenants général, criminel, civil et particuliers, ensemble les autres otSciers. Lesquelz tous ensemble rebroussèrent chemin à Snt-Estienne. Passant devant la porte Monmailhier, fust fait sallut d'artilherie. Apprès sa dévoUon faite à Snt-Estienne, vint à S~-Martial, puis alla descendre au Brueil. Et, le lendemain, il monta au siège, où il fist son arangue en latin fort réthorique. Au mois de febvrier ensuivant, fust faiet [un feu] de joye pour la naissance de Monsrle Dauphin. JEANnu BELLAY,en rangt des évesques ~8], succéda à Jean de Langheac, évesque de Lymoges, qui dëcéda le juillet iS41. Ledit du Bellay fust faict cardinal, et lui sucéda (4). CÉSAR BouRsOcectE, italien, en rangt des évesques '79. DE (8).

[feudejotepour la naissance Dauphin, (3)-] ~eanduBottay, évêque.]

du 1M3

[César de que.)

Borgo-

gnonibuSjéYe-

3S9. ()).V. Premier Reg. consul., t. p. (3) Lisez les Trois-Treuils et non les Trois-TreiH.es comme récrit. Legros. (3) V. Premier Reg. consul., 1.1, p. 370. (i) Entre J. du Bellay, 76" évëque, et César d$ Borgognonîbus, 77e évêque, Nadaud place Antoine Sanguin, nommé en 1S46 et demissionnaire en ~S47. (5) « L'an 'i5.M. et le 6 septembre, fut prononcé l'arrêt contre les V. le consuls, touchant la justice de la vicomte, a (Mss. Legros.) texte de cet arrêt prononce le S septembre, dans le Premier Re~. ronsul., t. t, p. 375 et suiv.

329
J~~et~e du peuple, causant certains qui coM~o~M~ loger dans la ville, sans a~peM 0.
assailli [Limoges par une bande de Gascons.]

Au commancement du mois de septembre 1544 la ville de Limoges eust advertissement qu'une grande bande de Gascons, gens sans adveu, estans en nombre de quatre mille hommes de pied et cinqt cens chevaux-légers, lesquelz avoient faict des maux infinis ez pays de Touraine, Poictou et Berry [arrivoient]. Leur rendes-vous estoit à Arnac; leurs dessaingtz estoieht d'assaillir les fauxbourgtz et Citté de Lymoges, puis la ville. Les gens de cheval estoieut cotte maillez, et aussy partie de ceux de pied portant piques allebardes espées à deux mains et arquebuses. Les habittans de Lymoges, considérantz comme telle trouppe de pillardz sans adve'i ny commission du roy tenoient les champs, apprès avoir faict offre aux fourriers de leur trouppe de leur deslivrer quantité de pain et vin et autres munitions, à la charge qu'ilz passeroient outre sans loger ez fauxbourgz et Citté, le fourrier fist responce que les colomnel et capitaines avoient délibéré de loger ez fauxbourgtz et Citté de Lymoges, mesmes où bon leur sëmbleroit. Ouy ce, les habitet fermer les tans résolurent de résister à leur entreprinse de la ville, ce qu'ilz firent, fesant bonne garde jour et portes nuit. Estant la bande à Beaubreuil à demy [deux] iieue de tuèrent Lymoges, au Pallais, Rithae et autres bourgades, environ 25 villageois, et en eussent tué d'avantage, n'eust esté les fossés des çhamps (2). Ils se jattoyent exécuter leur entreprinse contre la ville; contre lequel dessaingt, les consutz firent garnir les tours et murailles d'artitherie, et bon nombre de gens choisis des cantons de la ville, pour la garder. Et advenant le 10" (3) dudit mois, heure de 10 heures du matin, les bandes s'assemblèrent en un gros, puis se mirent

(1) « Émeute du peuple, conduit par le baron de Bëzc. » (Mss. LeV. Premier .Hg<y.eotMM!t. I, p. 387. gros.) (2) « (Ju'on avoit creuse pour empêcher leurs courses. (Uo~'AVE~rrRE, p. 77!.).1
!3! « Le !2. » (Mss. Legros.)

330

en bataille; les drappeaux. desptoyés, entrèrent dans la Citté et fauxbourgtz en toute force et vioHance. Les- gens à Gheval entrèrent dans les vignes, où tuèrent plusieurs qu'ilz trouvèrent des habitants dudit Lymoges; lesquelz voyantz les mauvais trétements de dessus les murs de la ville, contre le gré des consulz laschèrent bon nombre d'artitberie parrny leur trouppe, qui estoit près la porte de la Citté et maison de l'officiai. Quoy voyants, gaignèrent le pont Samet-MarUat, où ilz firent maux in6ms. Ce que entandans des murages de la ville, fust lasché quelques pièces de quatibre sur eux, qui mirent t'espouvente. Parquoy ilz destogèrent et Urèront à §o!ompaiact, et par ainsin se virent frustrés de leur entreprinse.
tPcste(t).]

L'an 1S47, la ville de Lymoges fust afQigée de peste. A cause de ce, la nomination des consul fust faitte soubz les arbres de Sainct-Martm!. Esn~o~o~ du peMp~e pour rc~so~ de la ~a&eHe, $OM~. Ilenry 2, roy de France (2).

~TrouMe au sujet de la gabelle, )5t8.}

Au mois de novembre 1S48, aucuns particuliers de la ville et autres vagabons forains, gens ramassés, intigués, pratiqués et cachez (3) par ceux qui courroient le pays de Guienne, par une nuit, ces gens se mirent en armes et se saisirent des clefs de la ville. Le lendemain rompirent les greniers à sel pithèreut et saccagèrent plusieurs maisons, tenantz pour leur grand nombre de gens le corps de la vH!eensubjcct!on et perplexité deux jours. Mais eu fin, le troiziesm.e, !es habittans avoient en partie assemblés en armes plusieurs, lesquelz mirent ces vagabons en fuitte.
(f) Le Premier Reg. comsMt., t. p. 4<3, dit qu'il mourut de six à sept mille personnes. (3) V. Premier jRs~. eottSM! t. p. 4)7, M3 et smv., 4.~ eL suiv. f,tmoM!Kf<<p.49~etsuiv. (.3) Dans une note manuscrite de Legros, en nurge de !a page 773 du P. Bonaventure, on lit « Gens exccraMes et instigues, pratiqués !t cachpt.tc. n Le mss. de Lcgros porte cgaieme.nt (rA.ma.s:s<~ pratiet Il = quesàcachette."

–331Monsieur le connestable estant à Bourdeaux, entandant ce que dessus, despescha Monsieur de La Fayette et de La Tarride (1), chascun sa compagnie de cent hommes d'armes et leur suitte d'archers, avec six enseignes de gens de pied, osants deux mille hommes, roullant quand eux deux pièces d'artiiherie aveq la munition, conduitz par le sieur de Grandmont, le vicomte d'Horte et Beffort (2), capitaine basque. Lesque!z arrivèrent à Lymoges et y séjournèrent dix jours, y vivant à discrettion. Or, deux jours auparavant, Monsieur Depassy (3), commissère des gens de pied, et nombre d'hommes d'armes et archers se saisirent des clefs de la ville et maison commune. Et à son de trompe fust publié une ordonnance dont voicy la coppie de l'imprimé (4), signé de Bermondet, à qui estoit pour lors lieutenant-général et Biays, grenier, dont voici la teneur Lymoges, De l'ordonnance de monseigneur le connestable, seigneur de ~OM~omHcy, premier barron et grand maistre de Ft'SMce. et gouverneur de L<ïH</Medoc~ duché de Guyenne, envoyé à Monsieur le sénéchal de Limousin ou Monsieur son lieutenant.
Ordonnance connétable Montmorency ausénéchaidu Limousin. Punition des habitants. du de

Il est enjoinct et faict exprès commandement à toutes personnes de la présant sénéchaussée de Lymousin, de quetque quatitté ou condition qu'ilz soient, excepté les gentilhommes estant à la solde du roy, qu'ilz et gens des ordonnances ayent, dans deux jours,, après la publication des présantes, à déposer, consigner et apporter incontinant toutes sortes comme piques, allebardes, javelines, eppieux, vould'armes, arbatestes, arcz, ges, basions à deux boutz, arquebutes,
~) « Tarrade ou Tarride, » d'après une note manuscrite de Legros, le loco e~ato; « Terride, » d'après son mss. « Terride d'après Premier, Reg. consul., t. I. (2) « D'Hortes et Belfonce'ou Bellefolenc, » d'après une note manuscrite de Legros; «d'Elte et Belfort, » d'après son mss.; « d'Orthe et Belsompse, » d'après le Premier .Rg<y. onsul., t. I. c (3) « De Bassy s (mss. Legros) « de Passi » (note manuscrite du même, en marge du P. Bonaventure). (~) Le mss. Legros ne reproduit pas la teneur de cette ordonconsul. (t. nance et le Premier p. -H7) n'en donne que le résumé.

33~
rondelles, boucliers, eppées, dagues, poiguardz, corceletz, animes, arnois, chemises de mailhe, et autres eppèces d'armes offencives et déSeucives qu'ilz ont et aurons en leur puissance, sans en rien retenir, sinon des cousteaux à leur usage. Scavoir est, à ceux des villes et fauxbourgtz, dedans les chasleaux, tours et lieux fortz desdittes villes, s'il y en a, sinon au lieu le plus fort et seurt desdittes villes, à la garde desquelz seront commis gens seurs et feables au roy et à sou s.ervice; et à ceux des villages et plat pays, dedans les chasteaux et maisons fortes des gentilhommes, seigneurs, chastelains et haut justiciers desquelz itz sont vassauts et subjectz, pour là estre conserver par lesditz seigneurs pour le bien du pays et tranquHitté des bons et loyautz subjetz et habittans consutz, d'icelluy. Aussy est faict commandement, tous eschevius, gouverneurs des villes, marguitiiers, sciudictz et procureurs des paroisses, et à tous abbés, prieurs et couvents de ladite sénéchaussée, chascun en droit soit, qu'Hz ayent, dedans dix jours après la publication des prësactes, pour tous délays, à faire abbattre, rompre et faire mettre en pièces toutes et chascunes tes cloches grosses et petites qu'ilz ont en leurs égtises, et qui se trouveront aux lieux communs et publictz desdittes villes, sans aucune excepter ne réserver. Et le métai) et brouse qui sortira desdites cloches apporter et consigner par bon invantaire et poidz pardevant M'' le sénéchal de Lymousin ou Mons~son lieutenant, à Lymoges, Ou du plus prochain juge royal du lieu où seront lesdittes cloches, pour le fère, par ledict sénéchal ou ledit jug6 royal, conserver eu lieu seurt au proffit de qui il appartiendra. Et est deHandu à tous de se fère faire ne remettre sur aucuns clochers et aucuns lieux de ladite sénéchaussée sans exprès congé, permission du roy. Le tout sur payne de confiscation de corps et biens, et d'estre très èstroitement pums comme infracteure des ordonnances et commandement du roy. Et est eujoinct à tous seigneurs, justiciers, leurs officiers et tous autres, en vertu de ladite commission et pouvoir par icelle donné, de faire publier à son de trompe, mettre et fère mettre à exécution d'heue ce que dessus par toutes les villes, chastetenies et paroisses de ladite sénéchaussée, lieux et Hndroictz qu'il appartiendra chascun en droit soit, et en artifupf ledit sénéchal ou son lieutenant incontinant après lesditz

333 détays escheus et passés, par procès sommaire, pour du tout estre fait procès et roolle, suivant lesdittes lettres et commission, et autres missives depuis envoyées par mondit seigneur connestable, et le total estre diligemment estre envoyé par devant luy, tant du dépost qui aura esté faict desdites armes et des lieux où auront estées mises, des noms ausquelz en aura été donné la charge et garde, que semblablement du nombre de toutes les cloches qui auront estés trouvées et fait abbatre en chacun lieu, église et paroisse, du poidz d'icelles et du lieu où auront estés mises et assemblées, et entre les mains de qui aura esté mis le métait et bronze, et de tout le contenu cy-dessus sur les peynes y contenues. Signé Bermondet et Biays, greffier. Les gens d'armes fesoient jour et nuit garde aux portes et aux murailles de ta ville, en attandant toute la trouppe. scavoir Laquelle entra dedans la ville en ordonnance l'home à pied le morion sur la teste, le chevallier la lance sur la cuisse, le tambour battant et trompettes jouantz, come prestz à combatre. Les hommes d'armes se logèrent dans la ville, et ceux de pied dans la Citté et fauxbourgtz. Monsieur de La Fayette fist descendre toutes les cloches et horloges des églises de la ville et Citté fauxbourgtz et lieux circonvoisins, sans excepter une petite. Lesquelles demeurèrent sans estre remises jusques l'an 1S51. Ledit sieur de La Fayette fist fère bresche ez murailles de la ville de huict toises, et un des principaux [portaux] rompu. La bresche fust faitte la prochaine tour de la porte des Arrennes (1), sortant à main gauche, ainsin qu'il se void de présant, et depuis appelée la tour de la Bresche. Cepandant fesoient garde jour et nuict, quoy que la ville fust ouverte par laditte bresche. Plusieurs tours furent rasées, qui estoient semblables à la tour Branlant, et autres petites sentinelles. Ce faict, le terme préfix, toutes les susdites trouppes deslogèrent, et en arriva d'autres toutes fraisches, soubz la con(')) Lisez « proche la tour, etc. » Le mss. Legros~ditj: « Les huit toises furent rompues près la porte des Arènes et te portail de la tour du Saint-Esprit. » Le reste de l'alinéa manque dans le même mss.

La ville reste trois ans, sans cloches.

Une brèche faite aux

est mu-

railles, plusieurs tours sont rasées.

334–

duitte de Monsieur de Bracelles (i), lieutenant du duc d'Estampes, où avoit 50 hommesd'armes ordonnés pour la garnison du Haut-Limousin, qui séjournèrent dans la ville quelques jours, durant lesquels firent le parlement, laissant pour le corps de la ville 2o hommes d'armes et leur suitte d'archers, le reste dans la Citté et villes de la sénéchaussée. Incontinant après, passèrent par Lymoges le colomnel des vieilles enseignes (2) fesant le nombre de deux mille hommes à pied. Il logea luy et ses gentHhommes dans ia ville, et ses soldats dans la Citté et fauxbourgtz esquelz la ville donna vivres, estape et munition pour deux ou trois jours. Tout à l'instant, arrivèrent trois cens chevaux légers conduitz par Monsieur de Nègrepetisse. Les principaux furent logés ez hostelleries de la ville, les autres vesquirent par estappe en ladite ville, Gitté et fauxbourgtz.
[Peste (3).]

L'an 1S49, la contagion retourna mois dejuing jusques en octobre.

dans la ville depuis le

~Naissance d*Henri de Bourbon, réjouissances M.]

L'année iS51, furent portées en procession solempaeMe les châsses des sainctz de la ville et Citté. Où fust faict feus de joye pour la naissance de Monsieur le prince, fils du Roy de Navarre, qui depuis fust roi de France et de Navarre, nommé Henry 4" du nom, etc. Esrection du sM~e présidial, i5St ~).

[Sicge

préaidia).]

Icelle année, le roy fist un édit de l'esrecHon des sièges contenant la toute puissance et règlement. Et présidiaux, depuis, fust publiée une amplification, où saut nommés les (<) « De Bussel (mss. Legros) « de Busset N (Premier Reg. eo?tm! t. I). Boinnel et Bensirgucs » (mss. Legros); lisez B.onnivet. (3) « Nommé (3) V. Premier Reg. consul., t. I, p. 433. (4) V. Premier Reg. consul., t. I, p. 4SI. (5) L'edit de création des sièges présidiaux est dn mois de janvier <68't ).F)LLEAu, des édits, etc., p. <38). L'ampliation est du mois Rec. de mars de la même année (Ibid., p. <37). La Cour présidiale fut installée le lundi 4 septembre 15S3, parMassiot, conseiller au parle-, ment de Bordeaux. (BoN&YENTURE, ~KK.du LttKOMSts, II!, p. 77S.) t.

335 villes et ressortz des sièges, entre Lymoges pour te Haut-Limousin. lesquelz est la ville de

(~.
Les triomphantes entrées a JL~oyes, du roy et royne rct~ 1555 ?. de Navarre

(1).

Après piusieurs monstres et reveues faites par les habitans de Lymoges, desirans voir les illustrissimes princes faire leur entrée en la ville de Lymoges (4). Estans advertis qu'iceux roy et Toynede Navarre estoient arrivés au chasteau d'Isle près Lymoges (5), les consulz furent les trouver et présenter les clefs de la ville. Auquel jour partirent lesditz roy et royne et vindrent loger au prioré Sainct-Géraid. Le 22 décembre, les bandez furent mises en ordre et équippage à la place des Carmes, et, partants sur les dix à 12 heures, prindrent !e chemin à la Croix-MandonnaHd, près S~-Gëraid, où se trouvèrent les gens d'église et enfants d'honneur prestz à marcher pour procéder au fait de cette réception. Le prince, adverti de ce, sortit de son logis de S'Gëra!d, accompagné des évesques de Mende et d'Oleron (6) et autres, aveq sa garde de Suisses. Et fust conduit sur un téatre eslevé de cinqt à six pieds, tapissé et entouré de ses armoiries, cou(1) « L'an ~5~5, fut le cens (le cène ou synode) généra! du diocèse, où assistèrent les curés et vicaires à la procession générale, le jour de S'-Marc. » ~Mss. Legros.) (2) Les Ostensions de <S47 furent remises à l'année <SS4, à cause de la grande peste qui commença à Limoges au mois de mars S47, trois ans à diverses reprises. (BoNAVENT.I,p.77S.) etcontinuapresque (3) Le mss. Legros porte 1336. Ce fut en effet le 80 décembre de cette année que les consuls allèrent recevoir les princes au château d'iste.–V. Premier Reg. consul., t. JI, p. '!03, iOSetsuiv.; Lim. /iM<or. p. 45 (4) « Ils séjournèrent quelques jours au château de Cars, d'où le seigneur les accompagna à Limoges. (~o<6 mM. (<eLegros M marge dMP.Bonaventure,t.!fI,p.776.) (5) « A demi-lieue de Limoges. )' (Mss. Legros.) (6) « Vêtus de rochets, avec les Se's de Montauban, baron de et autres gentilsBretagne, Les Cars, Lavauguyon, Pompadour, hommes du Limousin et d'ailleurs, en grand nombre, » (~t<)

[Entrée du roi et de la reine de Navarre.]

336 vert de verdeur, en la place de S~-Gëratd(i), ayant au devant de luy ses trompettes et autres jouants de divers instruments. Allors commancèrent à marcher les habittans(2) ea la forme que s'ensuit. marchoient (3) les Quatre Mandiantz et les Premièrement, prestres des paroisses de la ville (4). Le cappitaine Boyol (8), général, venoit après, couvert d'un mantheau de velours noir garny de boutons d'or, et une chaisne d'or au col, monté sur un cheval blanc richement harnaché, aveq un beau pennache flottant sur la teste. Et devant luy battoient quatre tambours, où marchoient dix personnages vestus de drapt rouge découppé à la_suisse, portantz chascun une atlébarde, et dernier iuy deax autres, vestus de mandilhe blanc, ayants chascun une pertuisanne à la main.. Ledit Boyol descendit de cheval, et se mist à genoux devant le roy, luy faisant une harrangue, lequel fust receu joyeusement; cependant les trompettes jouoient, les clorons et autres instrumentz. Sur ce, arriva le lieutenant (6), monté sur un cheval richement bardé. Ledit lieutenant estoit vestu de velours gris, conduisant les bandes; puis passa outre. A la suitte marchoient les cappitaines des cantons du Clocher et des Combes, vestus de velours incarnat, aveq les lieutenants et enseignes, où dans le drappeau estoient despaintes les armes dudict seigneur et dame. Les soldatz marchoient de cinqt en cinqt,. et passants devant le roy, le salluant tirant leur coupt, au nombre de 4SO. Après, marchoient les cappitaines des cantons de Lansecot et Ban-Léger, vestus de velours, richement ëquippés, lieute-

(1) « Ayant prospect au chemin (ayant vue sur Ie_cbcmm) que I'<m vient de la Croix-Mandonnaud en ladite ville. Le prince avoit audevant.B(NssLegros.) (3) « Du côté de la Croix-Mandonnaud. n (jfM.) (3)KDenxàdeux.N(~M.) (4) « Passant par le milieu du faubourg de Manigne, entrant dans i& ville. (7M.) (5) «.Bouyo!, receveur des taiHes.B(Z&) (6) « Dudit Bouyol. » (Ibid.)

33~ riants et enseignes, esquelz drappeaux estoient aussy peintes h's armes desditz seigneurs, en nombre de 21S(1) sotdatz. Puis marchoit le capitaine du canton de Boucherie(2), homme f'agë de 87 ans, en bon équippage, aveq son lieutenant, enseigne et sergentz. Sa compagnie estoit couverte de mandilles binnches, en nombre de 400. Pour le dernier marchoient les cappitaines des cantons deManigne et des Taulles ou Consulat, vestus de colets de velours incarnat, semé de boutons d'or, et bonnetz de mesme, leurs lieutenants vestus de velours incarnat, bordé de passement d'argant, les porte drappeaux, l'un vestu de velours incarnat, et l'autre de velours blanc(3), estatits les compagnies d'environ600. Après l'infanterie suivoit ledit colomnel monté à cheval, où marchoient devant luy deux jeunes enfans vestus de velours, ayantz chascun une targe d'acier en la main. Après venoit le capitaine des enfans d'honneur, monté a cheval, la scelle bordée et acoustrée de velours rouge, le panache flottant, vestu d'un collet de satin blanc decouppé, les chausses blanches, le haut de velours blanc découppé bouffantes de taffetas, les bottines blanches enrichies de velours incarnat et boutons d'or, espérons dorés, le mantheau de velours incarnat, bordé de passement d'argent, suivy du nombre de vingt-six, vestus de mesme parure. Le guidon estoit de taffetas btanc(4). Ledit cappitaiue descendit de cheval, et fist une harangue au roy à genoux, où le roy [fustj fort satisfaict puis remonsta à cheval et passa outre aveq les trouppes (5). A la suitte marchoient les gardes (6) de la ville, puis le porte-masse à chevat, suivi des bourgeois et marchands, advocatz et procureux, à cheval et bel ordre. Après venoient les consulz, vestus de juppes de damas noir, robes longues de

~) « 230. » (Note ms. de Legros, en marge du P. Bonaventure.) (~) « Pierre Nadaud. » (Ibid.) (3) « Les porte-drapeaux vêtus de velours incarnat MH'ë(crevé ou doublé?; de velours blanc. » (Ms. Legros.) et (~) « Où étoient dépeintes les armoiries desd. seigneurs dames, d'un côté. et celles de la ville, d'autre. » (~;d.' (5) K Avec ses trompettes et clairons. » (/t'td.) :<!) « Les gagers. » f~ a~

338 retours noir, aveq chaperons à bourtetz sur l'espaule, de damas rouge, montés à cheval, aveq housses jusques à terre. Descendirent de cheval pour salluerle roy, lesquelz furent bien receus, ,puis remonstèrent sur leurs chevaux et suivirent tes bandes. Ainsi que le roy voulust descendre de son théâtre, se trouvèrent devant.tuy ses oESciers de la ville aveq leurs sergens ou, après avoir fait une harangue, suivirent les précedans. Ett à l'instant se présantèrent messieurs du présidiat de la ville, lesquelz, après avoir sallué le roy et fait une harangue, suivirent les autres. A donc le roy monta à cheval accompagné desdits évesques et seigneurs, pages et ses suisses. Estant à la porte Manigne, trouva un théatre richement eslevé, où dans icelluy estoient les joueurs et un grand cœur de satin rouge, duquet sortit une fille richement vestue et ornée (').), qui bailha nnecief d'argant et aussy tost fust chanté et dancé un bergerage. Ce faict, les consulz descendirent de cheval, et mirent sur la teste du roy un pouelle de velours incarnat, où estoient dépeintes les armes, enrichi de bordure d'or. Par où le roy passoit, les rues estoient tandues de tapisserie. Au carrefour de la porte PoulatMère, sur un autre théâtre, fust représanté Vertu et Honneur. Et après jouèrent trois habittans aveq Lymoges sur la venue dudict seigneur. Puis le roy vintà Snt-Martiat, où il fust receu des chanoines en grand révérance et cérimonies; lesquelles parfaites, te roy at)ast descendre au logis du Brueil, au devant duquel yavoit une gallerie artificiellement couverte de verdure. En mesme forme fust receue(3)!a royne.àtroisheufesaprès midy, accompagnée de ses dames et damoizeiïes, et desditz seigneurs évesques et gentilhommes de sa cour. Et passèrent toutes les trouppes susdites devant elle, comme devant le Roy. La royne estoit vestue d'une robe de drapt d'or enrichie de montée sur une haquenée grise. A renparrure magnifique trée de la porte Manignefust chanté une chanson; puis et trois muses jouèrent Apollon Calliope, C~o et ~a[<]t'o~. Ce faict, les consulz mirent sur elle un pouelle de velours
(~ « Reprësentant Limoges. (BoNAVEKtURE, t. III, p. 777.) (2) « Sur te théâtre de la place St-Geratd. )) (Note ms. d9 l'abbé Legros. en marge du P. Bonaventure.

339 blanc, enrichi de bordure d'or, aveq ses armoiries. Sur le théatre de la porte Pouttatière fust chanté une autre chanson; Pallas et MeT'em'g. Ce fait, fust ladite puis représantèrent dame en grande humillité et honneur reçeue des chanoines de Sainct-Martia), où, achevée sa prière, sortant de ladite esgtise, alla descendre au Brueil, où estoit te roy logé. Or, la salle du palais royal (1) estoit tapissée et couverte de verdeur naturelle. Dans laquelle, sur le soir, fust faict un festin magnifique ez seigneurs, gentilhommes, dames et damoizelles. Le lendemain, le roy alla à t'égtisecathédratte ouïr la messe; où le doyen et chanoines le receurent en grand honneur. heure de relepvée, les consulz, accompagnés Lemesmejour, des principaux de la ville, allèrent trouver le roy etroyne si leur logis du Brueil, ausquelz en grand révérance présantèdoré de belle fasson, et deux pièces rent deux couppesd'argant d'or en rond, de la largeur de demypied, épesses de demy doigt. A celle du roy estoient ses armoiries, entourées du grand ordre de S"Michet, et par l'autre des trophées (2), estoient les armes de la ville; et autour de la piesse estoit escript ~K<AoH!MS, Dei gratia ?'&x ~Vauarras, j!)om!KMSsupremus e ,Rean!œ, dux, V!HdïKo<z'Knï t Bf/tnoKh'5, Cornes Arveniari et Petragoriensis, Vicecomes Lemovicum (3). A celle de la t'oyne, les armes d'un costé, et de l'autre, une Patias armée d'un corcetet et morion en teste, tenant à la main dextre une tarje, dans laquelle y avoit un chef de Gorgonie envetoppé de serpens, et à la senestre tenant une lance et chouette (4). A son costé estoient les armes de la ville, tout le champ de la terrasse semé de branches d'ollive. Et y avoit autour ce qui s'ensuit JuMCMna., Dei (y?'M<Mt, r<'<M A'~wrœ, domina ~«prems

(1) «Du siège présid)aI.D(N~ de Legros, en marge du P. Bonaventure.) (2) « Et au dessous desdits trophées. (Ms. Legros.) (.3) Rétablissez ainsi cette inscription, d'après )e Py~tKMr ~~M~ë ~o'MM~a~ (t. H, p. t26~
ANTOXtUS, Dux DEI GRATIA, ET REX NAVARRE, COMES DOMINUS ARMENtACI SUPREMUS BEARM~E, VfNDOCtNUM BELUMONTiS. ~336. ET PKTRAGGR!SENS!S,

ViC.ECOttES

LE)!0\')CL'tt,

(~) «Ayant à ses pieds des Hvres et une chouette. ') (Ms. Legros.i

–340ËHH'HeB Dt(.T F~&'COHKM Bellimontis, COMM~?'m6H&j! et et Pefra~ore?!s:s, Vicecomes LemouMM~ (1). Lesquetz présantx iceux prince et princesse receurent fort contents, et tes gardèrent en leurs cabinetz es métBoire perpétuette de leur entrée en la ville de 'Lymoges. Puis, ayant séjourné huict jours, ayantz visité le chef du glorieux Sut Mart!at, partirent de Lymoges (2) aveq grand contentement. Les se habittans les conduisirent une lieue; puis, prenantzcongé, ret!rèrent fort satisfaits.
Lejl!ubertde noccourt,abbé de Saint-Martiaf.)

Le cardinal de Lavancourt succéda à Fabbaye de S"Nartial, en rangt S5 (3), par le décedz de Mathieu Jouvion. i556. Ordre baillé à la c~e~d ~~res (~. Pour conclusion, au pays de Lymousin fust grand stéritthé de biedz en sorte que'la présante année, chacun avoit mangé presque le bled de sa provision. A cause de quoy vint une grand cherté au pays, car ceux de ta montagne, qui avoient accoustumé porter vendre leur bted en ta vitte, le venoient achetter en grand requeste et prix presque volontaire, tellement que, causant te transport, on ne s'enquéroit de la valleur, mais seultement d'où l'ou en pouvoit avoir pour argent, cessant l'apport du bled à la Cloistre (5). Les consulz et officiers du roy de Navacre y mirent telle police, tâchant de pourvoir les habittans des grains nécessères pour leur provision à prix modéré jusques à ta moisson, laquelle, moyennant ta grace de Dieu, assouvit à un chacun. Le sestier diminua jusques à 17 solz (I) Rétablissez ainsi cette inscription d'après le même registre; DEI RE6MA JOHANNA. GRATIA, NAVARRE, DOM!!<~UPREMABEARNt.E, S Â Dux ViNDOCtNUM MBELLIMONTtS COHES RMENIACf ETPETHAGOKtCENS!S, VtCECOMES LE~~O\')CUM. t. III, (2) « Le mardy 29 décembre ')SS6. B (BoNAVENTURE, p. 778.) (3) Robert de Lenoncourt (<843-<S6t) est le 80" abbé de Saintliartial, d'après t'àbbé Roy-Pierrefite. Son neYeu, Philippe de Lenoncourt, lui succéda. (~) V. Premier He~.cons., t. II, p. )38 et suiv.la note de la page <47. « La Claultre ou C!austr&.» (5) (Premier Reg. eoM.. t. I, p. )o9 en note, et t. IL, p. '!29,) deni~i-sen <5SC, 'nprÈs d (6') Le setier de froment valait 23 sols

Chertédes vivres; mesures prises par les consuls pour l'approviaoBnementdg la.viUe.]

–3~ !t se trouve un registre du fortëat de la maison de ville pour faire voir que le bled n'estoit cher à l'esgard du temps où nous sommes; car, t'annëe 163), il vallut jusques à 8 livres le sestîer, et despuis 6 livres, 5 livres et 4 livres, et le vin au prorata. L'année 1S89. le vin 34 solz 4 deniers la charge froment, 28 s. 4 d.; seigle, i6 s. 6 d. L'année 1561, le vin, 38 s.; le froment, 27 s. 8 d. le seigle, 16 s. 3 d. Entre juin etjuiHetl8S6, passèrent neuf enseignes de gens de pied, soubz la charge des capittames de Teneur (1) et Boisse, de Prix, de Tournon, de Seizat et de Monpotian, lesquelz togèrent ez quatre fauxbourgtz, Citté, pont Sn'-Estienne et et Naveix. Et sëjourcèrent huict jours, les pont S"Mart!at uns aUandant les autres. Esquetz fust distribué pain, vin, chair et autres choses nécessaires. Icelle année, fust le cène générât du diocèze, où assistèrent les curés et vicaires à la procession géuératte,lejour de SainctMarc (2).
de n~I [Passage enseignes.

[Synode général dudtocèse.~

Comment r/~rJsM de LM/e?'se mist dans Limoges; ~MMa~ede Vierge de ~a place coMpp~~a teste ~M châsse de scMMC~ P!Ho?' une pierre ~e~ee sur e~ autres c~o~M rcMMrgMa~M. jL'a?~ ~far~M~, i560 (3).
temps à Lymoges, caussa, cette année 1S60 grande division dans la ville, par le renversement des croix qui estoient

L'hérésie lutérienne ayant print peu à peu puis quelque

[Troubles religieux~l560.

les forléaux du seizième siècle copiés sur les registres de la mairie. Z (LEYHARIE, .MK./tM<Cr., t. U, p. 53 et suiv.) (<) «De La Nommuis, de Boisse, du Prix, de Thouron, de Seissat « De la Vauverne, de Boisse et de Montpouliant. a (Hss Legros.) (note ms. Legros), Duprez, Dethoron, de Seyssac et de MontpeiMan. t. (BONAVEXTURE,IM, p. 778.) (3) Le ms. Legros relate ce fait antérieurement. V. Premier Reg. consul. '~3)Reproduit dans le Lim. hist., p. 7. t. H, p. 202.

-M.2–

autour de la ville et des images, et, entre autres, de celluy de Nostre-Dame-de-ia-Piace, qui estoit aucoingt de !'ég!ise de Sainct-Michet-des-Lions et au dehors d'icelle; auquel, au mois de juillet, couppèrent à t'image de la Vierge la teste, et t'apportèrent, sur !ePt!tory de la place publique des Bantz.ou l'on exécute les malfaiteurs (t). Laquelle test&et image furent remis en procession so)fmptte!te en son lieu, dont Jeau Champsat, chanoine de Sainct-HsHeNne, iHenst de dévotiou, fist enfermer ledit lieu d'une cbappefte qu'il fist couvrir de plomb, ainsi qu'it se void à prësant; laquelle chapelle porte son nom ditte la chappelle de Champsat, et, à causse d'une frérie qui fust instituée, Nostre-!)ame-des-Aydes(2).
[Mesures prises ~jtï'!escotuu~

Ces trouHes croissants, donna occasion anx consulz de' créer un cjpittaine aveq des soldats pour fèreb garde; et te& ecclésiastiques mesme à garder leur église. En cette année, un ministre nommé La Fontaine, vint prescher dans le bois du Moutin-Btanc, où les Huguenoti!: gardoient les passages. Le sieur de Pontbriant, gouverneur, ne pouvant remédier à ces troubles, le comte de Vantadour fust envoyé par Sa Majesté pour informer du tout. Et, enfin, Monsieur le maréchal des Termes, avec dix compagnies et son ordonnance, et 1200 hommes, arriva à S~-Junien le 6" décembre iS60, et retenant la cavallerie autour de son infanterie, logea dans Aixe, ou les cousulz envoyèrent des
(t. (i) Le Premier Reg, consM~. I!, p. 802.) dit sëulentent qu'ils « trois-' sèrent et jectèrent par terre l'image de la benoiste Vierge Marie. » (2) « Le P. Bonaventure rapporte à l'an <S60 la construction de la chapelle de Notre-Dame-des-Aides, qui est un hors d'oeuvre, bâtie à côté de l'église de Saint-Michel, à l'occasion d'un_menrtre._commis auprès de cette église pendant les guerres civiles causées et soutenommé nues par les calvinistes. Un chanoine de la cathédrale de Chansat en fut le fondateur. Les pénitents bleus y font maintenant leurs exercices. (LEGROS, ~ec&. SM)' M:K<K!eM-<OK~ p. 33.) Y.~fM)KMr ncj/. consul., t. il, p. 203. V. /'?VtnM)' ~<'<jf. o)?~!t~ t. 11, p 20&~ e

~t.emin~tre UiFontaine.'

[Le comte de Ventin)our(3).i

;L9 tnaréehsti des Termes (.<)

–343– livres, jusques à ce que, par le décedz du roy François second, Monsieur de Thermes fust mandé. Les anau'es demeurèrent en paix. Et, à t'advènement du roy Charles neufiesme, les Huguenotz, qui avoicnt demeuré quelque temps en paix, reprindrent cceur, et preschèrent dans les mestairies ciconvoisines, comme à Laborie, LaCousture,Montjauvy, Sainct-Cessadre(l),etpuis dans t'égiïsh de Saincte-Vatiérie, de laquelle ne voulurent sortir (2) qu'après t'édit de l'an iS61, portant restitution de tempies; après lequel, se retirèrent dans les maisons et firent leurs prières en seureté, jusques à ce qu'ayants achetté la maison d'un nommé Jean Bertrand, orpheuvre, située près l'hospital de S"Martia), dans la basse-cour d'icelle dressèrent une chère et des bantz pour l'exercice de leur religion et fère prescher leur ministre Duparc, où affluoit quantité de peuple, mesme des cnfaHS de Lymoges. Et des Augustins y laissèrent le froc (3). En ceste année, prescha en Limousin un grand prédicateur nommé Gérés, qui fist beaucoupt de fruit (4). En l'an lë62 (5), le mardy de Pasques, fesant la procession, lorsqu'elle passoit devant la Croix-Neufve, une pierre fust jettée sur la chapsse de sainct Martial, de quoy fust subsonné un nommé Binloud (6), d'autant qu'on Favoitvu à sa fenestre le chappeau à la teste. De quoy le peuple indigné se jetta dans la maison, et, ne le trouvant pas, firent un grand dégast. Lequel escandalle donna occasion aux consutz de fère garder les portes pour serrer de près les Huguenotz, qui, pour cet
dont les (1) « Et dans l'hôpital et monastère de Saint-Gérald, habitants du faubourg Manigne les [chassèrent. (Note ms. de l'abbé Legros, en marge du P. Bonaventure.) (2) V. Premier Reg. cotM.u! t. Il; p. 223. Livre de la t'ecep~ mise (3) V. le ms. sur parchemin intitulé de Saint-Pierre-du-Queyroix, pour la frérie du Saint-Sacrement t'° 44, -v°, et la reproduction qui a été faite de l'extrait relatif aux calvinistes dans le Lim. Ats~ p. 9. t. (~) V. BONAVENTURE,HI, p. 782. (5) Ce qui suit a été reproduit dans le Mm. hist., p. 10. V. BONAVENTURE,Hl, p. 782 avec les annotations mss. de Legros. t. (6) « Billo, soi-disant de la religion prétandue réformée, » (Note ms. de l'abhé Legros, en marge du P. Bonaventure.)

(Prèches ugueh nots.]

[Prédicateur tholique.J

ca-

[Pierre jetée sur la châsse de Saint-Martial. ]

cS'ect., remuèrent leur presche à Sa!nct-Gératd, dans te jârdt'in de l'ospitat. Mais estans visités aux portes de ta ville torsqu'itz alloyent au presche et revenoient, pansèrent causer de ptos df grandz troubles. Et pour lors, mesme les fauxbourgtz Manigne se renfermèrent de trois ponrteaux de pierre, et. firent leur garde à part.
[Guerre ci~iïe.1

La guerre civile ayant commancë, tes uns prindrcut les armes contre le roy, et demeurèrent les autres de la reiigion un peu calmes, jusques à redit de paciScaUon, qui fost le 3" mars 186~. En l'an 1S62 (i), les consulz obtindrent permission de vandre tes jouyaux de régHse de la ville pour rembourser tes fraitz pour la conservation de la vittc, ce qui fust exécuté par la permission du roy, à la requeste des consutz, par le gouverneur, le S'' de Pombriant, en la prësance des advecatz et procureur du roy (2). COK/)'.du ~5a,t;)'0nte)!< t!s ~PM;'re, f" .M, (1) V. Livre MM. \° et suiv.; Premier'Reg. consul., t. ÏI~p. 349; et b P. Bonaventure (t. HI, p. 783) qui assure que c'est pour ce sacrilÉge que Limoges fut puni de la peste. (2) Le P. Bonaventure (p. 783), d'accord avec notre manuscrit, se contente de dire que les consuls obtinrent des lettres de Charles IX, en vertu desquelles ils mirent la main sur les trésors des églises, et assure que c'est pour ce sacrilége que la ville fut punie delà peste; mais il passe sous silence une circonstance bien atténuante selon nous. Charles !X, ainsi que'le racontent les cossuts eux-même t fPrcM. J~. coHSM~,. II, p. M9), avait fait un édit général qui ordonnait d'enlever les joyaux des églises pour les soustraire au pillage des huguenots, et aussi pour subvenir aux frais énormes que lui coûtait. la répression. Les consuls, gens pratiques et avisés, ne. commirent d'autre crime que de faire tourner au profit de la ville une .mesure générale. Du reste voici un document qui ne saurait être suspect. Il émane des bayles de la confrérie du Saint-Sacrement de Saint-Pierre, dont la bibliothèque publique possède les comptes manuscrits, in-fo, parchemin. Voici ce que nous lisons, f" 46, v" et suiv.Nous copions en entier ce récit, c'est une 'peinture de mœurs qui ne manque pas de couleur locale

~Le't consuls vendent les joyaux ~ftOK~~C~-i

~Extrait du livre ms. de la confrérie du Saint~3,nrement de !5amt-'Pierre.!

« S'ensuit ce que nous rendons à vous, messieurs les bayles, par nous esleuz. (Compte de l'année )S6MS63.) » En premier lieu, vous plaira d'entendre que !eSoy,au commaR-

–945
La paix susditte de l'année 1S63 n'ayant encor esic publiée a Lymoges, buict jeunes hommes du cos).ë de Hussidant, qui avoient autresfois porté les armes contre Sn Majesté, furent prins passantz près la ville, par commendement du gouverlieur, etcondampnés à estre pendus. Desquelz quatre furent exécutés, et, sans le messager de Mussidant, qut mefiasso.it. de traitter ceux qu'iiz avoient prisonniers de la mesme fa&son
[Exécution quatrejeuncs gensdeMnspidan,] de s

cément de nre d. année, voyant que ceulx de lad. religion nouvellement forgée pilloyent et volloyent tous les joyaulx qu'Ifz pouvoient des églises et luy en faysoyent guerre, que aussi, pour subvenir aux fraiz de la grand guerre qu'il avoit heu contre ceulx de lad. nouvelle sédition, par cedict général, il commanda de prandre et fondre les joyaulx tant d'or que d'argent des églises de France. Quoy sçaichant, messieurs les consulz et habitans de la présent ville mirent telle diligence qu'ils obtinrent pour se rambourcer des grandz fraiz qu'ilz avoyent faitz à la garde de lad. ville contre ceulx de lad. nouvelle religion, comme est contenu aux comptes de nos derniers prédecesseurs [lettres], suuyvant lesquelles lettres du roy, les joyaux d'or et tant de S"Martial., S"Pierre, S"t-Michel, que aussy d'argent, mesmes des couvens et aultres églises près lad. ville furent prins, et monsieur le gouverneur de Lymosin, assistant les gens de la justice avec les consulz de la présent ville, pour rambourcer, comme dit est, ceulx qui avoyent forny argent pour la garde de lad. ville. (Quant est messieurs les chanoines mirent en faict des joyaux de Sn'-Estienne, qu'ilz les avoyent vanduz pour souldoyer et payer ceulx qui avoyent gardé leur d. église.) Et par ce furunt prins tous les joyaulx de lad. frayrie, excepté le grand joyau d'argent douré, les calices et la grand croix d'argent que led. S'' gouverneur layssa par quelques remonstrances et requestcs que nous luy fismes. Aussi nous layssa les deux tilz couvers de feuilhe d'argent, parce que n'estoyent de grand valeur. Touchant les aultres joyaulx de lad. frayrie, led. sieur gouverneur les fyt pourter en la maison de Consulat, et les fit crier et délivrer au plus offrant et dernier enchérisseur. Nous, voyans que ceulx qui les avoyent achaptés les voloyent fère fondre, et qu'il se perdroit beaucoup, et considérans principallement que l'honneur de Dieu en seroit diminué, d'aultant que lesd. joyaulx servent presque fère et célébrer le divin et journellement pour plus honorablement sainct service et sacrifice, fismes plusieurs diligences et requestes aux principaulx et plus aysé~ de la parroisse, qu'il fust leur bon plaisir de prester de l'argent à lacl. frayrie pour rechapter et garder de fondre lesd. joyaulx, leur promettant de bailher lesd. joyautx en gaigc

<~g
que Lymoges traitoient les leurs, les autres quatre court'Otettt la mesme fm'mae que les autres, ce qut fust empesche.
Arrp~tfttionet mise en liberté dephMienmhu~ucnotR.'

Deux jours après, furent prins sur les chemins de Pierrebutïière un ministre, sa femme et plusieurs Huguenote) lesquelz estants arènes prisonniers, furent mis en Uberté,, l'édict estant arrivé. Les affaires estant paisibles à Lymoges à cause de l'édit, les

Prêche hupucnut,

jusques ad ce qu'ilz seroyent entièrement t'a!nbour<:6s mais ne trou~ vasmes personne qui vouloist prester argent, sinon le sire Marcial Verthamond, qui libérallement presta pour ung an sans profit la somme de seize-vingtz cinq livres, unze soubz, huict deniers, qu'estoyent montas et vandus les deux chandaliers d'argent, pour rechapter et garder de fondre lesd. chandaliers, En ce que, nous fist obliger ung chascun de nous bayles susd. pour le tout à luy randre lad.. somme dans ung an. Aussile sire François Martin, de bon cosnr, nous presta pour ung an, sans profit, la somme de sept-vingtz dix livres y pour rechapter les encensiers montans à lad. somme, lesquelz encen~ canette et paix luy layssasmes en gaige pour son argent. Tou-< siers, chant les deux anges d'argent, les quatre cornetz aussi d'argent, et une navette à tenir encens, avec ung culier et une chaynette y atta:; chée, le tout d'argent, Jehan Vidaud les ayans achapt6s, les fist fondre, nonobstant que l'heussions prié de ne les fondre, luy promectant en brief le rambourcement. Le dangier de peste passé par la grâcs de Dieu, et nous estans de retour en la présent ville, les sud, S" Verthamond et Martin demandarent estre r~mbourc~s, comme leur avions promis, de leurd argent qu'ilz avoyent presté libéra)emeut et sans aulcun profit pour ung an, lequel estoit passé, aultrement qu'ilz se pourverroyent comme de raison. JLors, nous bayieg susd. avec les bayles par.nous esleuz, alasmes fore plusieurs requcstes aux plus riches et aysés de la présent parroisse qu'il fust leur plaisi? de prester à lad. frayrie pour quelque temps de l'argent pour contenter lesd. Srs Verthamond et Martin, aum qu'on ne fust contrainct de fondre lesd. chandaliers et encessiers pour les contenter et payer, et qu'on bailheroit lesd. chandaliers et,encessiers en gaige ceulx qui presteroyent argent, jusques à entière satisfaction. Mais ne trouvasmes personne qui voulust fère comme lesd. sienrs Vertha-' mond et Martin. Quoy voyant, nous tous ensen!b!p, après avoir faict plusieurs aultres diligences de trouver moyen de garder de fondre 'fsd. chandaliers et encnssiers, nous rCtirasnTcs au sire Jeha))

34'? Huguenotz estant en Kbertë, fust estably pur iceux le presche, comme devant, dans la maisons de Miette, jougnant p:):' le dernier à cei!e dudit Bertrand. Et. se vuynntz ceux du parti incommodes à cause de disette, firent bource pour Jeu;' soitagement. En ce temps, les magistrats nrcnt porter beaucoupt de grains du costé d'Auvergne, duquet le peuple fust grandentent souitagë. Laquelle disette dura despuis febvrier jusqucs a juing(~). Z)'MM m!M<r~ qui /f~ p?'tpe de parole d!U~e. huguenotx par

proc~e~ce

En ces temps, quelques gendarmes

aitant semer

{Ucministrcpr')testant perd la parole en chaire.

Romanet, recepveur, et lors seul fabriqueur de lad. église, le priant de nous ayder et fère part de l'argent provenu de i'ymage du crucifix d'argent qui soloit estre sur le hauit de l'entrée du cheur de lad. église, lequel il avoit faict fondre; mais nous fist responce que de l'argent provenu dud. crucifix il en avoit poyé quelque argent que devoit lad. fabrique despuys que les cloches furent faictes, et qu'il il falloit qu'il fust rambourcé de plusieurs choses et deniers qu'il avoit despuys fourny pour lad. fabrique. Toutesfois nous dict qu'il avoit un bourdon d'argent appartenant à la frayrie de la my-aougst, lequel offroit de bailher, comme de faict il bailha. Lequel bourdon, ensemble le bourdon d'argent appartenant à notre d. frayrie, poisans tous deux ensemble dix marcz dix sept deniers, furent fondus et venduz xiiij livres x solz le marc, montans à la somme de vijxx vj livres vij solz. ); Nous susd. bayles avec noz successeurs, voyans que n'avions assès d'argent pour poyer lesd. Verthamond et Martin, allasmes par toutes les bonnes et aysées maisons de la présent parroisse, leur remonstrans que sans leur ayde on seroit contrainct de fondre lesd. chandaliers et encessiers pour rambourcer lesd. S~ Vertitamond et Martin, les priant de fere leur debvoir. En faisant laquelle queste, receusmes et amassasmes comme s'ensuit. etc. » (Signé au Registre ) Michei Tu~RAuo, A. VEYfUER, DuBOYs,i)AKCREZAS.M )J (i ) V. Premier Reg. eo<:s:(f ) t. !), p. 25o. .)/M. f/e /ff co~t'frtc du .')'a;n<S'ctcr~m~~( de Saint-Pierre, f" 45. Y".

-348–

la religion par le pays à coupt de pistollet, arre~tèrent quet-' ques jours à Monmorithon, dont la pluspart des habittans fust infectée. Leur principal estoit nommé La Pouge, homme d'esprit, vif, naturellement disert, lequel fust institué ministre dudit Heu. Arriva, peu de jours après que cest apostre monta en chaire pour prescher devant quelque peu d'auditeurs. A peine eust-il mis en advant quelques maximes de cette prétandue religion qui cbocquoient celles de l'ëgtise romaine, et proteste q'tf ce qn'il di~oit estoit vëritaMe, et que, n'ostants [non obstant] it voulloit perdre la paroUe s'il' ne disoit la pure vërUté nécessaire au sallut, tout à coupt, il se bentit frappé de puaitiun divine par la privation de faculté de !):n'!e)'. Cesillance succéda [3~}la vanitté de son caquet, qui en estonna plusieurs, qui abjurèrent rhérésie et rctouraèrt-nt à leur première [religion].
-;P<!sta(iel&63(t).]

Sa susditte année IS63, la contagion commança à Limoges p~ durant Pasques, et, s'eschauffant durant t'esie, obUgea !es habittans qui avoient des commodités de se retirer àjacam-~ nommèrent Raypagne. Durant lequel temps, tes consul mond, cappitaine, aveq 30 soldatz, pour garder la yiHe, aveq pouvoir audict Raymond d'exercer ta justice du juge ordinaire. Ilz cstabiirent aussi un chirurgien et un prestre. Et la malladie cessant à Noël dans la ville, s'espandit aux champs. Et mourust dans la ville et fauxbourgtz six mille personnes. Et furent faitz plusieurs aumosnes. L'année 1564, la royne de Navarre estant venue à Lymoges~ fist prescher ses ministres. Et pour cest effect, fist porter la chaire du prédicateur de S"Martia!, !aquet!e les chanoines après ne voullurent reprandre, mais rompre et fereb:uiter, et en firent faire une neuve (3). (I) V. Premier Reg, consul., t. M, p. 288 et 36.3; ~s.de la confrérie du ~'atnt-acrBMBK~de Saint-Pierre, fo ~S, y". (3) On sait que M. de Lépine découvrit une peinture sur verre représentant, à ce que l'on croit, Jeanne d'AIbret placée dans une chaire et prêchant au peuple. (V.TRIPON, Hist. monum. dit LNKOMSM!, Le PrëtMMr Reg. consulaire ne parle pas du passage de la p. 39. reine de Navarre à Limoges eu <S6i.)

~Â~r~vee de la reine de Navarre, qui fait prêcher sesministres.j J

349 Fn ceste niesme auuée se leva deux partis de jeunes gens <) so nomma la Bande joyeuse. Courrantz la nuit le pays commettoient beaucoupt d'insolences. A l'occasion de quoy, y <'i!&tut'rex). de la Cour de parlement de Bourdeaux, portant itihibiHon et deffances de telz noms et de telles assemblées. L'arrest est de l'année 1565 (1). DE SËBASTtEN L'AuBESp[NE,en rangtdes évesques de Lymo~cs 80 (~), succcdu à César de Bourgougne, aussy évesque. it régna 24 ans, et décéda )e2"juU[et.i582,commeditestcy-apprès. li fist t'ondat ion d'uuservice ledit jour, où il veut que deux consuiz de la ville y assistent, et six pauvres vestus de noir. Esrec<!OM des foires de 5~LoMp et Innocens et JM?'M~!C~OM de la Bource. (3),
[Foires de SaintLoup et des Innocents.] [La bande joyeuse.;

[Sébastien deLaubespine,éveque.]

En l'année 156') (4), les consulz obtindrent pouvoir d'eslire '33*' may, et des !nnoccns deux foires, de Sainct-Loupt, '28" décembre; comme aussy d'e~iffc c~u prc'jdhommcs, pjur asbister aux aHaires de la ville. Jurisdiction de la Bource pour les MarcAaM~ (S). bourgeois et

Eu ceste mesme année 1565 (6), les consulz,

(Bourse.] ]

(<) « H s'éleva un tas de jeunes gens dans Limoges, qui menoient deux partis et se contrequarroient quoiqu'ils portassent le même nom de Bande joyeuse. Les habitants n'osoient sortir de leurs maisons de peur de les remontrer, ce qui occasionna la Cour du parlement de Bordeaux de prononcer en 1585 un arrêt qui prohiboit cette Bande j'o~M~, les assemblées et le port d'armes. (C~?'. ms. de D. COL, bénéd., p. 332.] [Note mss. de Lpgros à la page 788 du P. Bonaventure.) (3) 79" évêque, d'après Nadaud. Le mss. de Legros se termine ainsi « Après le déceds de César de Bourgoigne, succéda à l'évêché de Limoges R. P. M. Sébastien~ de Laubespine, en rang 8), qui tient ledit cveché ~4 ans.B– « Fin du quatrième livre des antiquités de Limoges.» de la Haute(3) V. Premier Reg. consul., t. Il, p. 270~ -Annuaire Almanach limousin, <869. p. 9. Vienne, tSZ), p. 46. (4) Le Premier Reg. consul. (t. il, p. 3~) rapporte cette création l'année !866. (3) F. GuiNEAU, les progrès du commerce à Limoges, p. 26etsuiv. Sur (H) LePr<'m!e)'~<'<y. consul. (t. H, p. 970)d'tq<]c tes démarches fu-

380
marchandz de Lymoges obtindrent par éd!t .da roy un juge et deux consulz, apettés tes juges de la Bource, pour le faict des marchandises. Laqueite jurisdiction commança le S* mars de ladine année. A présant la nomination, se fatHe (i)may.
Louis de Genouilhac et Jean de Ponsèques, abbés de SamtM~rtt&L]

Louis de Genoulhact, en rangt des abbés de S"t.Ma! :ia! S6 (2), succéda après le cardinal de Loùvencourt. Et, après ledit de Genoulbact, abbé, succéda à ladite abbaye Jean de Fonsèques, en rangt 57. Commet ~Merre C!~He reco)MmaMps (s).

'Guerre civile.]

L'an 1867, !a guerre ctvHIe ayant recommences, obtigea les Huguenotz à quitter l'exercice de leur religion pour prandre les armes. Fust envoyé à Lymoges,pour gouverner, !e sieur de Ventilbact, qui fist fère beaucoupt de réparations pour fortiHter la ville. En ce mesme temps, pour contrecarrer tes Huguenotz, les catholiques ër!gèrent la feste de la SainteCroix, qui se célèbre le 3" may. Et le premier jour dudict moy, feste de S°~ Jacques et Philippe, les bailles d'icelle frérie font planter un arbre, qu'on appelle may, devant la maison du premier frère. Et fust le premier d'icelle institutiou sieur Mathieu Benoist. Laquelle nomination se fait depuis le jour de nostre dame de mars. Lequel premier frère donne à chascun des confrères une croix qu'on porte au
rent commencées en ~S63,et que la création de laBourseeutlieu en t864. « Fut Une note ms. de l'abbé Legros (p. 788 du. P. Bcmay.) porte commencé led. exercice le 8' de mars t866 dans la grand saUe du bâtiment où sont & présent les Recollets de S. François. (C/M*. M.) x M (<) Le quantième est également omis dans le P~n~)' B~. eoMSML, la HcMttc-FMMKe, our 1830.. t. M, p. 318. f. dans MM:t«M're p p. 866, le « Tableau des anciens présidents du tribunal de._commerce <'tab!i à Limoges par Charles IX, édit de RoussiMon du tnQis de juin !S64. Ses audiences commencèrent le 5 mars <S6S. '<) est le (3) Louis Ricard de Gourdon de Genouilhac_(4S6~-lSCf) M" abbé d'après l'abbe Roy-Pierrefitte. Jean de..Fonseques (')S6i)M3) est donc le 53~ abbé. (3) Y. PretKMr nc<y. eon~M~ t. I!, p. 344; BoNAVENTunn,t. !)I. p. 78'7 yon'nttt de P. de ,/nK'r:g< au M?K. At'sf., p. ~3 et suiv.

:m
~'happeau lesquelles [croix] n'estoient à présant on les donne d'argent. que d'estaingt, mais
[Le comte des Cars gouverneur-j

L'an ~568, le sieur de Ventilhact [Vertittac] estant décédé, le roy envoya le comte des Cars pour gouverneur, qui envoya Masset -dans la ville. Et passèrent cette année dans Lymoges les régiments de Monttuc (1), qui brullèrent les bancz charniers. L'an 1569, les consulz voyantz les approches du duc des 'Deux-Pontz, qui venoit joindre l'admiral pour venir ataquer Lymoges, escrivirent au duc d'Anjou, qui coustoyoit les ennemis, de les venir secourir, qui, partant de Sainct-Pardoux, vint loger la veilhe de la Feste-Dieu, à Couzeilz, où les consulz iuy portèrent les clefs. En ce temps mesme, la royne mère vint à Lymo~es, où elle fust visitée par le duc d'Anjou, le jour de la Feste Dieu. Lequel deslogeant de Couzeil, logea à Isle, et fist attaquer le faux bourgt d'Aixe(2), que les ennemis tenoient, et, le duc des Deux-Pontz estant mort à Nexon, emporta la ville d'Aixe. Et durant le séjour de t'armée à Lymoges, le pain de munition <;uysoi!. dans le raffettoir de Sainct-Martial, où estoient dressés des fours exprès. Le sieur de Masset ayant eust advis que les ennemis prenoient le chemin de la Roche-l'Abeilhe où il s'y transporta fust tué, et fust ensepveli dans l'église de S"Pierre-duQueyroy de Lymoges. Et sucéda à sa place le sieur de Jurniac.
(1) « Le neuvième de novembre tSC7. » (Journal historique de Pierre de Jarrige, viguier de St-Yrieix [t560-)57. continue par Pardoux de Jarrige, son fils [)374-<59i], publié par de Montegut, p. 56.) (S) V..MoKo~rsp/Kf! dit canton d'Aixe, par t.'abbé Rougerie, au t. XIV du Bulletin de la Soc. <ïrC/t.d;<Z.ttK. BOKAVEKTURE. t.U!, p. 788. (3) F. au t. Y du Bulletin de la Soc. nre/t. du Z.zm., p. 16) et suiv. .-tpgfpM sur les op~atton~ de la campagne de t S69 dans la .S'ftM~oM~, le Périgord et le ~fmoM':t'n par les armées catholiques et profM~aHfM, et plus pGff!eM~'g)'M!ft?f sur le combat de La /it)f/)<4&< par Cu. D'HEXi~.

[Arrivée du d'Anjou.]

duc

[Arrivée delàroine mère.-Prise d'Aixe par le

dncd'Anjou.]

[Combat de la Roche-l'Abeille e (3).]

382 ;Édit de pacificat)on,1570.)

L'an 1S70, fust faict un édit de paciHeaUon des secondz troubles, eujougnant a tuus de fere profession de la religion de la foy catholique-romaine (~). L'année i5'71 (5), M" de Vantadour fust receu comme gou~ verneur. M~Verthamond, présidant, estoit colomnët de rit)iamerie. en rangt des Jean de i'Aabespiue fust abbé de S'Mart! abbés 58 (3), par !e décedz de Jean de Fonsèques. Le feu ~M ciel sur le clocher de Snt-Estienne, les cloches furent toutes fondues (~). dont

[LeduedeVcntadour~gouverneur.]

~Jean de Laubespine,abbéde Saint-Martial.)

) Foudroiement du doeherdeSaitttÉtteane.') ]

L'an io'71, le dernier juingt, jour et feste de S~-Martiat, le feu du ciel tumba sur la pointe de l'esguilfe du clocher de S"t.'euue, qui fust sy grand, qu'on ne petitjama!sTesteindre. Laquelle pointe estoit couverte de plomb de la hauteur de deux piques. La bardèche ou bastiment qui porte les cloches fust toute bruUée, et onze cloches qui estoient dedans furent fondues aveq le susdit plomb, comme aussy l'horloge brustë. Lequel dommage fust grand. Laquelle pointe despuis n'a esté remise. Le tonnère a aussy despuis [destruit] les petits clochers, reservé un. Cy devant la pointe estoit de pierre, qui fust aussy destruite par tonnère l'an 1484, comme dit est cy devant [page 314].– L'aBnee fust infertille, n'y ayant pas de bled pour semer. (i) L'édit de Saint-Germain accordait au contraire la liberté dp conscience. (2) « En octobre ~70. » (Premier J~. con.stf! t. H, p. 362.) (3) Jean H de Laubespine ~SM-t89t) est le. 8~" abbé d'après l'abbé Roy-PierreCtte. e (~) V. Premier Reg. consM~ t. H, p. 370. F. aussi manuscrit de Jean de .Lavaud, dit à tort de Pierre Mesnager, p. 3H et stuv. Ce manuscrit appartient à la Bibliothèque publique de Limoges.

353 de police, et division des cantons. [Juges
depoUce(I-).}

Juges

Icelle année mit cinqt cens septante un, furent érigés à Lymoges six juges de police ayantz droit sur les grains, boutangers et autres choses despandantes de police. Lesquelz sont nommés tous les ans des .eonsu!z, qui élisent deux de justice, deux consulz et deux bourgeois. Icelle année, les cantons de Lymoges, qui estoient sept en nombre, furent divisés en h~ict (2). Lesquelz sept estoient Consullat, les Manignes, Lansecot, Banlégier, le Clocher, Boucherie et les Combes. Et furent réduits, sçavoir Consul-

~avme en huit

divisée cantons

,de police.]

()) « Cette année !S7i, les consuls de Limoges obtinrent lettres de six juges de police, afin qu'à l'avenir la ville fut mieux administrée. 'On la divisa en 8 cantons; auparavant elle n'était qu'en 7. 11 fut arrêté qu'un magistrat, assisté de deux capitaines, feroit tous les soirs la ronde par les murailles; et on mit sous la charge du capitaine 30 soldats 'soudoyés. (Ms. de L'Ëpine, note ms. sur cet endroit.) » (Note Tas. de l'abbé Legros à la page 789 du P. BonavenV. PresMerjR~. consul., 1.11, p. 325 et suiv. ture.) (2) Il s'agit de circonscriptions militaires et non de CN-eonsoriptions électorales pour l'élection des consuls, dont les limites étaient On lit à la différentes (LEYMARiE .HMtotfg du Lim., 1.1, p. 230). page 359 du t. Il, du Premier Reg. consul., année !S7< « Et pour garde du jour furent oontinués les HUiTcapitaines centeniers auparavant créés, » iCep&adant, vers 1522, pour réprimer les exactions d'une troupe de vagabonds appelée les Nille diables, les consuls avaient élus des capitaines pour chacun des dix cantons. (Premier Reg. consul., t. I, p. f 1.9.) Lors de la réception d'Antoine de Bourt)on, en 1537, BONSvoyons figurer (Ibid., t. Il, p. dH) les capitaines des cantons du Clocher, des Combes, de Lansecot, de Banc-Léger, de Boucherie, de Manigne et des Taules, ce qui ne fait que sept -cantons. Om lit au Deuxième Reg. consul., f" 83) que, lors de rentrée d'Henri IV, les troupes de la ville étaient divisées en neufcompagnies; .aux années Jt620 et 1625 (Deuxième Reg. consul., f< H7 v" et 130 v"), que les.capitaines nommés sont au nombre de huit, savoir: les Tauks, Manigne, les Bancs, le Clocher, Boucherie, Ferrerie, les Combes et le Vieux-Marché (les cantons du Consulat et des Taules étaient réunis aux années 1632 et < 633, il y a encore sous le même commandement); huit capitaines, un pour chacun des cantons suivants Consulat, Mani23

384–
lat, Manigne, Les bancz ou Bantéger. te Clocher, ta Ferrcrie et Arennes, Boueherie, Lancfcopt et tes Cotnbes,
~ouv~aux p6ta.)1 im

Icette année, il y eust à Limoges de nouveau imposittdns, et !a<!ottisat!o&estant mal faite, les habhtans furent au Conseil, tantpour les tailles que autres impositious. Et fast d!t ce que s'ensuit: Charles, par la grace de Dieu roy de France, au sénéchal de Lymousin ou son lieutenant ,et esleus de nos aydes et -tailles du Haut-Lymousin, et'chaeHn d~eux premier sur ce requis, sallut. Nous, ayants entendu en notre privé conseil les remonstrances à nous faites par If consulz et aucuns habiuans de la ville de Lymoges sur le despartement qui a esté faict de ia~somme de neuf mille livres, par nous ordonnée estre tevèe ceste année sur ladite ville et fauxbonrgtz pour la subvention gënëraUe; et après avoir ouy en notre conseil l'un d~sdits consulz et te d~putté des susditz habittans sur lesdites remoTtstrances, avons connu te différend qui est meu entre eux procéder de ce que les tailles et équivalent n'ont estés cydevant esgallement cottisés selon ies'biens, facultés et industrie d'un chascun. Pour à Quoy obvier à t'advenir et ester le susdit différend et totts autres qui se pourroient mouvoir entre

~Lettres patentes de Chartes IX.]

gne, les Bancs, le Clocher, Boucherie, Fsn'er~, les Combes et LanseNous pensions, au sujet du canton militaire Fcrren'~ qu'il y cot, avait là une erreur du copiste, et qu'il MIait lire LA. oMUE,un des F eantons pour l'élection des consuls, des pru&'hommes et des conseillers répartiteurs; mais nous trouvons constamment Fgrre?':e désigné comme un .canton de la milice bourgeoise. Cette remarque nous confirme dans notre idée que les ciconscriptions militaires n'étaient pas les mêmes que les circonscriptions civiles. Quant aux circonscriptions électorales, elles n'Éprouvèrent aucune modification de 1484 à 1602, ainsi qu'en font constamment foi les Registres consulaires. Le nombre des cantons était de~dix les Taules, la Porte, Manigne, le Marche, la Fourie, le Clocher, Boucherie, Lan-' secot, les Combes, le Vieux-Marche. Chaque canton élisait un con-" en sut les CroMMM!MSélisaient deux, ce qui portait à douzele nombre total des consuls.

35S
iceux habittaas à cause desdittes cotisations, et en ce soulager nos pauvres subjectz et fère esgaiïement départir nos deniers. vous mandons et ordonnons par ces présantes que vous enjougnès de par nous auxditz consulz qu'i)z ayent dans quinzaine à faire procéder à l'eslection de deux collecteurs des tailles de ladite ville, de chascun canton séparément, et pour cette année seullement, encore que lesditz coHecteurs l'ayent esté puis cinqt années en ça; et estantz iceux coHecteurs tous ensemble, nommeront deux officiers dudict siège présidial et deux desditz esleus; et sur un roolle qui sera pour cet effect dressé, où sera seullement escript.le nom de tous les habilantz de la présant viltc le fort portant le foible, le plus justement et égallement que fère se pourra, selon la faculté de leur bien et industrie, chacun desquelz consulz, collecteurs, officiers et esleus escrira ou fera escrire en un petit billet les taux qu'il sera d'advis que chacun desditz habitans doit porter; et estantz tous lesditz bilhetz escritz sur les taux de chacun habitant, Hz seront mis ensemble, et, après, leus l'un après l'autre par Fun des consul ou autre de la compagnie qui sera esleu par les susditz et, suivant le plus grand nombre des bilhetz semblables ou des autres approchants d'iceux, la cottisation des tailles et équivalent de ladite ville sera arettée sur chacun desditz habittans; et, lorsqu'il sera question de bailher lesditz bilhetz sur ie taux de chacun desditz consulz, collecteurs, omciers et esleux, il sera tenu de s'absenter de la compagnie, affin qu'aucun abbus n'en advienne; laquelle cottization sera ainsi continuée à l'advenir de dix en dix ans. Et, ce faict, nous eajougnons auxditz consulz que lorsqu'ilz procéderont au despartement des autres subcides qui seront par après imposés sur ladite ville, itz suivent les taux desdites tailles et équivalent, qui sera faict en la forme susdite, mesme celluy dudit équivalent, excepté des empruntz qui seront mis sur ladite ville auquel cas itz suivront la forme qui sera par nous ou par nos commissaires prescrite. Et estant faite la susdite cottization desdites tailles et équivalent comme dessus, vous faites cottizer et despartir de rechef la susdite somme de neuf mille livres; départie, tesditz consutz bailheront les rolles signés de vous, sénécha), ou votre lieutenant ou esleuz, et desditz consulz, à ceux qui auront fait la première levée de ta susdite somme de neuf mille livres, lesquelz seront tenus de rambourcer ceux qui auront tropt payé du premier taux,

–3S6–

-et recepvoir'le surtaux de ceux qui seront taxés à plus grand somme qu'ilz n'ont esté par le premier taux. Et, ayantz iceux consulz délivré le premier ro&lle aux susditz,d!z demeureront deschargés de fère ladite levée et ramboufcement, voulant estre procédé à tout ceque dessus après l'exécution de nos lettres patentes du S9*' u présant mois, portaH~contrainte de d lever ladite somme neuf mille livres, que voulons que, tous de affères postzposës,estreexecuHésselon leurforme et teneur et avant ces présautes. Et à ce faire souffrir contraignès ou faites contraindre tous ceux qu'il apartiendra, par toutes voyes et manières deues et raisonnables, nonobstant oppositions on appetlations quelconques faites ou à fère, relevées ou à relever,' et sans préjudice d'icelles,. pour lesquelles ne voulons estre diSéré. -Car tel estnostre plaisir, nonobstant aussy tous autres éditz, ordonnances, statuz, coustumes, deuences,a lettres impétrées et autres choses fesant au contraire. Donné à Fontainebleau le Séjour de juillet l'an de g~ceiSIl et de nostre règne le H". Signé P~ Roy 6~ son eoMsc! PoTTiER, et scellé du grand sceel en cire jaune.
['Limoge? envoie des canons au duc de Ventadour.~

L'an 1S?2, le sieur de Vantadour, pour assiéger le fort de Cazillac au Bas-Limousin, tenu par les Huguenotz, obtint des canons de Lymoges. Lors la place fust randue. [Ici se retrouve la reproduction du fait rapporté ci-dessus, p. 3~-7, à l'année iS63, et relatif au ministre La Pouge, qui perdit la parole en préchant.] La G6Hd?'oH~e de Lymoges; e~ c&6r~ ~6 ~Mcres.

(La geBéotUté établie de nouYeM&Limogea.]

L'an 181<3 (i), fust estably le bureau et officiers des thrésoHers généraux de France à Lymoges.

(<) « Aussiau dict moys de mars [~873~fut'envoyëe une commission par le dict sieur d'Anjou à Limoges, pour cotiser par forme d'emprunt sur les aides de la dicte ville et aultres villes de la seneschaussée de Limosin, la somme de 80,000 livres. (JoMrKa! historique de Pierre de Jon't~e, figuier de Saint-Yrieix (1560iS74),continué par Pardoux de Jarrtge,son fils (~87~9~), annoteet publié par DEmoNrËGUT, 68. (Acgouleme, Goumard, d868, in-8",) ~p.

–3ST– Et icelle année, y eust grand cherté de vivres,à cause du siège de La Rochelle. Le seigle vallut 8 livres le septiers, le bon vin 8 sol&, et 4 sots la pinte du commun (1). L'an 1574, Jacques de Maum&nt, sieur de S'A'vy, aveq une troupe de volleurs, se saisit du chasteau de Chaslucet, et s'y fôrtiSia si fort, qu'il le randy quasy imprenable. Incommodant et vollant les passantz, obligea le roy H~nri 3~ de commander de courir sus, ce que firent les habittans conduits par le capittaine Vouzelle.
[Cherté des vivres.~

[PrisadeChâlus* set par Jacques de.Maumotit(2).)

Comment

Limoges /s?M!< d'estre pilhé, et autres choses bien remarquables (3).

Le 16° aoust, la ville de Péngueux fust surprinse par Languoyrant et pillée. Laditte année (~), Gilbert de Levy, sieur de Vantadour, gouverneur de Lymoges, voulant, à l'exemple de Languoyrant, aveq lequel il avoit convenu se saisir de Lymoges par ruse pour la pilber, et n'ayant peu induire les consulz et habittans à le recepvoir aveq ses gens de guerre, qu'il disoit amener pour la conservation de la ville, se déclara ouvertement ennemi, se saisissant de la Citté et église de Sainct-Estienne,

[ Le de tente

gouverneur' Ventadour de piller

Limoges.-}

(i) V. Premier Reg. consul., t. H, p. 396, et ~.MK. hist., t. II, p'. 63 et suiv. Château de CM~MMS~,1851, in-8; V. aussi (2) V. l'abbé ARBELLOT, L. GUIBERT, Château de Chalucet, 2~ édition, 1872, in-18. le (3) Le Premier Registre consulaire (t. II, p. 405 et suiv.) ne raconte pas les faits de la même manière. H n'y fst pas question du pillage de la Cité ni de la démolition de Saint-Gérald, de Saint-Martin et des prieurés des Arènes et des Augustins. (4) « Le <6 octobre f676, Gilbert de Levi, comte de Ventadour, accompagné des seigneurs de Pompadour, de Bouchiet, de Courbiers, de Sedieves, de Lanthonie et de grand nombre d'autres, délogea de Saint-Léonard, y laissant bonne garnison pour l'assurance du retour, et alla droit à Limoges, a (BctNAVENTURE, 793 et 794, note ms. p. de l'abbé Legros, qui dit avoir corrigé d'après la page 33'S du ms. de D. Col.)

–3S8–

DémoUttOMde Saint-Géral, Saint Martin, prioré des Arènes et Augustins.

fLe~ habitants de Limoges poursuivent les gens de Ventadour.]

qu'il pilha (1), et logea ses gens dans les faubourgtz de Manigne et Boucherie, où itz se barricadèrent, ieshabittans ne les ayantz peu faire fleschir par -deux ou trois représactations qu'ilz avoient faites par des plus notables de la ville, desquelz en fust retenu quatre, sçavoir les sieurs Petiot, juge de la ville Guybert, advocat du roy Dubois et Coulomb, consulz, aveq le scribe. Ce que voyant, les habitans se mirent en deffence, et, par l'ordre du sieur de Chambaret, lieutenant du gouverneur, attaquèrent et rompirent lesdites barricades des fauxbourgtz, et repoussèrent les ennemis jusques dans la Citté. Desquelz en fust tué 140, et seullement deux des habittans. Lesquelz [~ennemis~ prévoyants qu'itz se vou!)0ient saisir des églises et maisons de S~-Gëra!, S'Martin le prioré des Arrennes et les Augustins pour tenir la vilte en bride, pour empescher l'abbord des vivres, y mirent le feu le 24° octobre, et desmolirent les bastimentz ensemble la pointe du clocher des Jacobins et officines des Cordeliers. Ce que voyant, ledit duc de Vantadour fist tirer contre la ville des vottëes, depuis S°'-Estienne, tout le jour, et ne se croioit asseuré en la maison du doyenné,-où il estoit logé,-et, le soir, se retira & la Raigle, où ayant passé la nuit en grand appréhension, le matin plia bagage et se retira à Snt-Lé,onard, ou il avoit laissé deux ou trois compagnies pour l'asseurance de sa personne ou retraite, etcontremanda le vicomte de Turenne, son nepveu, qui venoit à son secours, et envoya-le seigneur de Sedières pour se saisir de Brive, dont ledit sieur estoit gouverneur, ce qu'il fist le 29° octobre, s'estant faict porter les clefs auparavant, Et ayant faict advertir trois compagnies qu'il avoit fait à son entreprinse, envoya vers le roy. Et les consulz envoyèrent pareilhement le sieur Baittot, marchand, aveq lettres; lequel Baillot comparoissant devant Sa Majesté, loua les habittans de Lymoges, approuvant tout ce qu'ils avoient faict. Le sieur de Vantadour ayant laissé dans Sainet- Léonard pour commanderquatre compagnies~), te sieur du Buyobligea
(t) « Fict fondre la grande orgue pour en faire des boulets, mit le feu à la maison du doyen Boyol. (Notede Legros, en marge de BONAV.) o (3) « Le capitaine de l'une desquelles était le baron de Lo~tengcs.? (~M.)

3S9 fës habitans de Lymoges commander au cnpHt&ine Vouzette de tenir la campagne pour empescher leurs sorties et courses. Lesquelz étant venus aux rencontres au bourgt des Alois les ennemis furent mal traites, et, à leur retour, trouvèrent les fermées, qui, à ces fins, avoient t. portes de Sainct-Léonard demandé secours à Lymoges; et tes compagnons dehors se retirèrent les uns vers Chaslux, tes autres vers S" Anne près chassés Esmoutiers, desquetz lieux ttz furent pareilhement par ledit Vouzelle.
de Laditte année 1576 (1), la paix estant publiée, le sieur de Signature Chambaret se retira, et les Huguenotz firent tf'ur pt'esche à lat paix.–Lestniguenots revie'n rue de Manigne en ta-maison de sieur Joseph Verthamond. EtL ncntàLimoge; les consulz, appréhandantz'quelque trame, estabtirent inquisitoires aux portes, Pierre Jambier, dit Bouchaud, aveq q~an-c soldatz, pour voir que personne n'entrast en viHe aveq armfss à feu (2). ta

L'ànnée IS'H, le sieur de Vie. qui tenoit.Chaslucet, continua ses courses et volleries, et obligea les liabittans de Lymoges de l'assiéger. A ces fins, partirent le 14" octobre, ausquelz- se jougnirent les habittans de Sotompniac, de S" Léonard et Esmoutiers, lesquelz tous ensemble saisirent les advenues, tandis que ledit Vouzelle, aveq deux cens chevaux, battoit la campagne. Et enfin, le 19° octobre, sortit le capitaine par cappitulation aveq 60 soldatz, et le sieur de S"t-Vie s'estant retiré, le siège fust levé incontinant, et le fort desmbli. par les communes. En ceste saison, se leva dans Lymoges un party par les enfans, qu'on nommait les enfans de la Motte, qui se prenoient aux Huguenotz et à ceux qui avoient suivy le parti du gouverneur.

[PTi~e et de'-truction de Châtuaset (3~.]

(Enfant dctaMotte~

(1) « Le 20 avril. » (Note ms. de l'abbé Legros, en marge de la p. 794, t. H[ du P. Bonaventure.) (2) « Il recommença à exercer sa charge, le 15 avril. » (J&!<) V. l'abbé (3) V. Premier Regist. consul., t. H, p. 435 (la note). ÂRBELLOT,CM<Mtt Châlusset, 1851, in-8"; et L. GutBERT, CAafMM Chatucg~, )873, 2~ ëdiHon; grand in-18.

-s~o– PsMagednd'm- mesme année <8TT, 6!ons!eur le duc d'~Uanson~ revErLa d'Aten~on..] nant 6st son entrée à
d'Auvergne, Lymoges.
jAug<rmntatio<) tm la monnaie, J

En ceste année, les payements; avoientteUement rehaussé durant les guerres, que Fescu valloit 6 à 7 livres, les autres payements à proportion. En t'an i87S, arrrva M~ Sebast!en de L'AuBESftNË, vesque é de Lymoges, et fust reçetf eu cette quaHtté. L'an i5?9(i),arrtva à Lymoges Monsieur de Montpensier, soa filzet madame, condu!sani~ Madame de Sa!nte-Cro!x, abbesse de La Raigle. Et logèrent à la Cité, et y demeurèrent trois mois. Ladite abbesse estoit de la maison de Bourbon. E)îe donnales couppès d'argent où est le chef de sa!act Dampno!e!, l'année i882 (2), ainsi qu'il est gravé dessus. Au mois d'octobre, ? mesme année 1579, furent prins au fauxbourgtz de Manigne certains, lesquelz, attaintzetcottvaincus de conspiration contre la ville, furent punis, et eurent la teste tranchée le ~2° dadict (3). L'an ISSC, le sieur de La Motte fist son entrée comme gouverneur à Lymoges, et fust logé chez le général Benoist. Lequel après, par le moyen du canon et quelques trouppes de la ville, ataqua et prinst plusieurs places sur Ies Huguenotz. En l'année 1S82, le 2" juillet, décéda & Lymoges M"Sébastien de L'Aubespine, évesque de Lymoges, et fust son corps porté ensepvelir à l'église S~-Estienne de Bourges, et son
()) Le Premier Registre consulaire (t. ÏI, p'. 3TS) rapporte une première réception du duc de Montpensier et de M' de Sainte-Croix au 8 décembre <8T2. ci-dessus p. 353, Inventaire de 1666. (9) (3) C'est un peu bref, même pour un annaliste. Heureusement le Premier Registre consulaire (t. !I, p. 34<) donne les détails de cette importante conspiration qui coûta la tête à deux hommes Innocent de Prinçay, sieur dudit lieu en Berry, et Bigot, sieur du Bousehet en Poitou.

(Sébastien deLaubespine, evêquo de Limoges. [Arrivée du duc

deMontpensier et de M*" de Sainte-Croix, fille,] sa

(Arrestation

de

coM'tph'ifteur)!.]

[M. de la Motte, gouverneur,]

[JeandeLaubespinQ,évëque~

36i cœur à Sn-Estienne de Lymoges, où il a fait fondation. Et îuy succéda JEAN DE L'AcBEspiNE, en rangt des évesques 81 (i). Le Co~e~ Lymoges (2).
[CoHége de Limoges,)

L'an 1383, fust érigé à Lymoges un collége. Et fust faict principat monsieur M"* Malerbaud, docteur théologal de S" Estienne de Lymoges, et soubz luy six régents instt'uisantz la jeunesse, tant en langue grecque que latine. Et se tenoient ez murailles, où depuis sont establis près l'église 8"Pierre, les jésuittes. L'an ~84, se descouvrit la contagion, le jour des sainct Cosme et Da<nian au serviteur de Bouty(3), laquelle demeura jusqu'à Noel. Les Huguenots, n'obéissants à l'édit du Roi bannissant tous les ministres et huguenotz qui ne voudraient iere'profession de la foy catholique, courroyent ta campagne, et obligèrent tes habittans qui estoient à la campagne, causant la contagion, de se retirer tropt tost dans la ville. L'an JS86, t'estériHitë fust très grande, la guerre fort

[Peste de 158t.]

[Les huguenots tiennent la campagne.]

[Disette et peste de 1586.]

(1) 80", d'après Nadaud. Cet évoque, nommé en 1583, fut sacré et prit possession de son siège en 1584. (2) Le collége de Limoges fut établi en vertu d'une ordonnancr; de Charles IX datée de Fontainebleau (mars )S61), reproduite dans le Premier ~M/t'~re co~M~M'rf, 't. Il, p. 333. Le même registre dit (p. 236) que l'exécution de cette ordonnance fut remise à l'année suivante à cause des guerres entre les pays circonvoisins. L'histoire du collége de Limoges se trouve dans ~'ouvrage de M. Laforest, Limoges au x\i° siècle (p. ~4< et suiv.). La délibération de la ville de 1S98 contenant la liste de souscription des trois ordres pour l'érection et l'entretien du collége, c&t à l'appendice du même ouaussi LEYMARtE, Limousin A~orM~e, vrage, p. 596 et suiv. t. t, p. 43G et suiv. t (3) « Bouthin, marchand de Limoges, » (BoKAVENTURE,IH, p. 797.)

-362-

cschaufée, et la contagion sy grande, qu'on trouva dans la ville 610 maisons frappées. (t)
[Réception duchesse Maine.] de la du

Ceste mesme année, passa par Limoges Madame la duchesse du Mayne, qui fust honnorablement t'eceue. Icelle année, les Huguenotz faillirent à prandre main, près Magnact (2), ta veille S'Catherine. S"Ger-

fLet huguenots osMientde s'emparer de SaintGermain. ] Les huguenots essaient de s'emparer de SaintJunien.–Peste, disette et mttère.]

L'an 1587, tesHugHenotzfaimrentàpraadreS"Junien(3~). En iaqueHe année, la disette fust si grande, que !'autuance des pauvres et enfans qui se jettoient de tous côtés dans la ville heust causé plus grande contagion que les précédentes, sans la prévoyance des magistratz, qui donnèrent quartier aux au delà du Pont Sainct MarUat (4), où itz envoyèrent pauvres tous les jours des aumosnes. Ladite année 1587, après la bataille de Coutras, tes chanoines de Sainct-Ëtienno mirent garnison dans teur église, et vindrent faire le service divin aveq ceux de S"Martia). En laquelle année, le Roy envoya MI' de Turcant (5) pour intendant de la justice et police de Lymoges; et, lejom' de S"Jean-Bapt!ste, nst preuster le sèrement de ndëtiné aux habittans, et leur commanda, de par le roy, de ne plus tenir pour gouverneur le Sr d'Autefort, lequel ayant plusieurs partisans dans la ville, fust incontinant apeté, et arriva au fauxbourgtz de Manigne, [et] eust causé une sédiction, sy t~s

[Lc'chMomMdc Saint Étienne mettent garnison dans leur église, et officient à SaintMartiaL] [M.deTurcant, intendant à Limoges.j

'Le sieur d'HautefortcMate d'entrer dans la ~t)k.)

(<) Une note ms, de Legros, en marge du P. Bonaventure dit que le duc de Mayenne ravagea le Limousin en ~S86. (3) Magnac-Bourg. annoté par Legros, t. Ht, p. 800 et suiv. (3) t~. BoNAVENTCRE, (4) « Au village de Lascoux et de la MaUerie de Vourg. » (lbid.) ~ (5) M. Gay de Vernon, dans son ~mo~ t!M'!4<btMK:strot!0)} 8 prouMcc du LtMMusM (inséré au t. I' du BuM.~c la Soc. arch. ~M Ht):.), met la nomination de Charles de Turquant à rann~e )S93-

consulz n'y eussent pourvcu en redoublant tes gardes et [en] n'ouvrant que le guichet de Boucherie. Et fust fait roolle de quarante-huict maisons soupsonnées. Ceste mesme année, par le décès de Jean de l'Aubespine, évesque de Limoges, fust pourveu HENRYDE LA MARTHOKtE en rang des évesques de Lymoges82(l). En laquelle année, le Roy envoya Monsieur de Vic aveq mesme pouvoir que Monsr de Turcant.
[Henry de la Marthonie, évèque.1

[M. de Vie, intendant à. Limoges.]

Prodige arrivé à L ymoges our la confirmation p ~e foy.
Environ ce temps, un chanoine de l'église de Lymoges [Ardantj vint à décéder. Pendant son vivant, [tt] donnait scandalle pour ses pailhardizes. Le landemain de son trespas, il paroist dans la maison de son frère, où il habitoit. H est veu des domestiques et estrangers. II se montre aux fenestres, et ceux qui passent par la rue le peuvent voir. Cela dura environ six mois, jusques à ce qu'un bon ecclésiastique, avcq la permission de l'évesque, s'y transporta avec le S"Sacrement. Le défîunct est interrogé de sa qualité et du suject pourquoy il vient. Lequel, après une profonde révérance devant le S" se tint à genoux, dit estre le chanoine [Ardant], Sacrement, condamné aux flammes éternelles pour n'avoir gardé chasteté promise en recepvant les ordres sacrés, pour avoir plusieurs fois cétébré la saincte messe en mauvaise conscience, et que le souverain juge l'a obligé à se montrer, affin d'exhorter ses concitoyens à prandre sur luy exemple de sa meschante vie, dont il sent déjà une peine inexprimable. Cela dit, il disparut, et depuis ne fust veu (2).
(<) 8ie, d'après Nadaud. (2) Ce récit se trouve rapporté presque sans variantes dans le P. Bonaventure, t. !H, p. 802, col. DE aussi BARNY RoMANET, Limoges, 1821, in-8".
[ Prodige pour la confirmation de la foi.]

384

TrcM~ de
fLeahgueuMsur prennent Saint

L~Me~).

L'an 1589, les ligueurs, desquelz estoit le chef !e S~ de Pompadour, lieutenant au gouvernement de Lymousin, surYrieix.Legou prindrent Sainct-Yryers; lequel, sans effet, à cause du canon de h verneur Lymoges, fust assiégé par.le comte de la Voulte. [Et) de Voulto essai<de et d'autre firent plusieurs captures. Et, le premier jour de les chasser. part de mai, furent prins neuf habittans aux portes de Lymoges, et furent conduitz à SnLYryers, lesquels ayant estes bien traités furent mis à rançon. Ceste mesme année, fust receu pour gouverneur ledit comte de La Voulte, frère du duc de Vantadour. Monsieur le présidant Martin estait colomnelde l'infanterie. rent Ceste mesme année, les chanoines de Sainct-Estienne vinde rechef fère le service à Saînct-Martia!.

[Réception du gouverneur de I: Voutte.]

[Les chanoines d~ Samt-~tienm ofticientdenou veau à Saint Maftiat.] ~Assassinat d'Henrt H!. Troubles a Limoges, 1B8B.J

Les nouvelles de la mort d'Henri 3", roi de France (3), estant venues, et les obsèques faites à Sainet-Martial, l'évesque et plusieurs autres se desmembrèrent du consullat et se déctarèrent de la ville, par un dimanche 16° octobre. Desquelz ligués estoient chefs le juge Petiot, consut; Pierre de La Roche, vts-sénéchat Ctaude Rouard, capittaine, et Léonard de Lauze, mestre du Cheval blanc, aussy capittaine. Lesquelz se saizirent de l'église de Sainct-Miche~-des-Lione, ayantz rompu le sèrement qu'i!z avoient presté, parrurent, environ une heure après midy, en armes descouvertes ce qui mist la vHieen trouble. Car iceux ayantz faict sauverdes prisons cert. îtî, ()) F. BoNAVENtURE, p. 801et sui.v.–F. aussi Journal ?:<)<~Pierre deJarrige, viguier de Saint-Yrieix~ continuépar son t't'~M~ fils, Pardoux.deJarriges, p. 98 et suiv. (2) Le Deuxième r Registreconsulaire,f" 16j, ", en cours de publication,dit que les consulsenvoyèrent aussitôt saisir provisoirement le « chasteau d'isie, qui est à Monsieur l'évesque de Limogeset qui estfort et important.C'étaitl'evéque de Limoges,Henri deIaMarthonie, qui avait poussé les ligueursà la guerre civile,ce qui explique la précautionprise par les consuls.

36S [a{as prisonniers qui paravant avoient surprins le chasteau de Veyrac, les consulz, de ce avertis, députtèrent quatre de leur compagnies, savoir Messieurs Rolland Verthamond, Durand Brugtère, Estienne Pinchaud et Pierre Mazeutin, pour,etaveq t'authoritté de la justice, fère remuer les prisons à une des tours de la ville pour se tenir plus asseurés de leurs personnes. Or lesditz consulz ayantz leurs chaperons sur l'espaulle, qui sont les marques consulaires, arrivés en la place Sainctjmchet, aboutissant au Palays Royal, rencontrèrent les femmes des prisonniers, assistées de quelques autres, advertips de la rësotution consullaire, qui se prindrent à crier contre eux et les attaquer d'injures. Et à ce cry, certains des partisans de la conspiration, et suivant l'instruction qu'ilz avoient, prirent la <ause en main de ces femmes, et, après quelques propos insotentz, qui ne respiroient rien que rebellion, ilz viennent à crier aux armes et redoubler de plus en plus ce cry. Dont 't'atarme estant venue au canton du consul Petiot, y accourust aussytost quelque trouppe de séditieux, et parmy eux le capittaine Rouard. Or les consuls dëputtés, voyantz que la partie estoit mal faite, se retirèrent sur leurs pas, fesoient la retraite. Mais, passantz entre la maison du capittaine Rouard et l'église Sainct-Michet saisie desja par les rebelles, et, par conséquent, ayantz les ennemis des deux costés, le consul Pinchaud, receut un coupt d'arquebuzade, dont il mouru:)t sur-lechampt, et le consul Brugière y fust blessé, comme aussy le capittaine Lombard, lieutenant d'une compagnie entretenue, lequel mourust quelques jours après de la blessure. Ainsia <;es dëputtés des consulz se retirèrent non sans grand risque détours personnes, joinct que de Lauze survint en mesme temps aveq bon nombre de gens et s'en alla retirer dans l'église de S"Michel à son randez-vous, où vint aussytost le consul Petiot et le vissénéchal aveq tout ce qu'ilz avoient peu .promptement amasser et assembler des gens de leur parti. Cepandant l'alarme se donna par toute la ville, et la mort du consul Pinchaud s'estant espandue par toute la ville, monsieur le gouverneur fist fermer toutes les portes de la ville, principallement celle de Manigne qui estoit ouverte de jour, et, assisté du sieur de Montagnact et autres gentilhommes, du présidant Martin et lieutenant criminel, son frère,

36S et de quelques habittans, vint !oger dan~ t&maison de ville pour estre plus asseurë. Cepandant l'alarme vinst à la mesmc heure aux fauxbourgz de Manigne et Boucherie, et, de là, à la Cittë,ou!esieurëvesque estoit venu, te jour précédant, d'Isle. Donques, à ceste alarme, comme un signal donne, presque tous ies habittans de la Citté estant ligués sortirent en armes de leurs maisons, font un gros en la place des Bantz où se trouvèrent plusieurs ecclésiastiques, ensemble les domestiques dudit seigneur évesque. A !aqueJt!e heure, le capittaine Avril fist paroistre sa perfidie qu'il avoit tenue longuement secrette, car il avait preste !a foy et sèrement audit sieur gouverneur aveq les autres de tenir l'église de Sainct-Estienne soubz Fobéissance du roy, lorsqu'il fust estabiy de gouverner sur la garnison establie dans tceHe et contrevenant à sonsèrement, Hmist ladite église !a dévotion dudit sieur évesque, et parmy t'alarme, sorti-dehors suivi de la p!uspart de ses i-oidatz, vint se joindre aux autres, qui tous ensemble vont attaquer les maisons des autres qu'ilz apelloient Huguenotz et hérétiques, et en prindrent quelquesuns prisonniers, qu'ilz emmenèrent à ta maison épiscopalle, entre autres un nommé Pierre Cibot, prestre, bon théologien et homme sans aucune erreur ny autre reproche. Sur ce, les autres ligués sortent de S~-Michei au nombre de 100 ou i20, en armes descouvertes, cônduitz par !e consul Petiot, le visséuéchal Rouard et de Lauze. Fesoit marche devant eux un prestre nommé Uiërosme Blanchard, vicaire, vestu d'aube et estotte, qui portoit une grande croix, en Vive la croix et la liberté! (t). Passantz par le canton criant deLansecot, qui estoit à leur dévotion, et de )à,von!!oicnt (4) Une notems, de l'abbé Legros, en margé du P. Bonaventure,est ainsi conçue: « Ceux de Bechadie mirent îe feu à taChabrouiUe, appartenant à un consul; !e sieur de La Chapelle, chargeales gens du gouverneur près Solignac, et pour mettre fin aux contrariétés, les huguenots prirent les armes les uns contre les autres; de sorte que, le <3 octobre <S89, il y eut une grande émeute devant le clocher de, Saint-Michel et te consul Pinchaud yfuttué; Pétiot, chef de l'émeute, et le vice-sénechal Vouzelle firent marcher devant eux Jérôme B):inchard, vicaire de l'église Saint-Michel, ayant son_surpHs et portant une grande croix, criant FtM la e)'o:a; c< ta ~'et~ »

–?7–
aller joindre te'canton de Boucherie qui estoit de mesme et prétandoient en passantz de cette sorte que tous ceux de leur caballe les suivroient, tesquetz estoient en bon nombre, ce qui fust empesché. Car estantz dans la rue des Banctz, venantz du vieux marche, trouvarent un corps de garde qui les einpescha de passer, et, sur ce, vint le président Martin, qui leur estoit contraire, avec environ cent hommes, à l'escaret furent blessés le vissénéchal, de Lauze et son mouche sur 6)z en lieu non dangereux. Ce que voyantz, retournèrent et se randirent à la place S~-Michet, et se mirent leurs.pas en corps de garde. Le président Martin s'alla joindre avec le sieur de Montignact. Après avoir renvercé certaines barricades dressées en quelques endroitz, vindrent en la place de S"Michet, où ilz chargèrent furieusement les ligués, lesquelz furent contraintz se retirer dans Sainct-Michet, et lesquelz furent aussytost investis, car ayant saisi les maisons voisines, ladite église, la cour de mesmestePatays.quiestjouignant la jurisdiction.de la ville, où fust mis corps de garde pendant la nuit. Cepandant, monsieur le gouverneur craignant les cantons de Lansecot et Boucherie, se saisit de -la tour de SainctEsprit et de l'église Sainct-P.ierr.e, dont l'ordre fust mis incontinent. Le lundy matin, environ neuf heures, estants convenus à parlementer, ce qui fust accordé. Parquoy le vissénëcha) sort de Sainct-Michet et vient trouver monsieur le gouverneur en la maison de ville pour cappituler tant pour son chef que pour les autres ses compagnons. Mais ayant fait des demandes qui ne se pouvoient accorder, luy fust commandé de se retirer. Toutesïbis, au lieu de retourner dans-le fort, se retira chez un sien amy. Ce que sachant, le consul Petiot, Rouard et plusieurs autres en firent de mesme. Le restant qui estoit dans t'égtise sortit sans recepvoir aucun coupt, aucuns desquelz furent arettés <.t prins. qui furent ex~cuttés en la place où le consul Pinchaud avoit esté tué, temardy 17" octobre, dont le roy fust fort matcontent. Lequel donna depuis une déclaration de n'imputer à reproche les parents de ceux qui furent exécutés, aux femmes, enfans et leurs descendantz, à peyne de la hart(~).
,); Ces lettres patentes sont du mois de février 1596. En voici la

–368– 'teneur d'après une copie qui se trouve anx.archives du département: PARLA GRACE DIEUROY FRANCE DENAVA&RE, DE DE Et A HENRY, TOUS PRÉSENTS A VENIR ET SALUT.La continuation des guerres qui ont eu cours en n'" royaulme .despuis ses derniers mouvemantz a fproduict tant de malheurs et calamites publicques et privées que .plusieurs de noz subjecz ont resanti a leur dommage combien les parmy eulx pour les diviser leur ont praticquesquel'onafaictes apporte de perte, .ruyneet de prejudice. Entre lesquelz se seroient trouves aulcuns habitans de n"* ville de Lymoges. laquelle a este .aultant que nulle aultre de n" royaulme travalhee de divisions, .et dissentions, parHa~Htes haynes dom.estiques, de, maniere que sur lesd. divisions et 'partialitez il seroict intervenu plusieurs troubles et esmotions an n~ d. ville, mesmes pandant les années m va iiij" neuf et iiij~dix, lesquelles auroient cause diverses condempnetions .et executions de mort allencontre de plusieurs de noz s"bjectz et officiers de lad. 'ville. Ce que ayant este propose et remonstre au traicte de la paix generalle de nre royaulme, nous aurions accorde que toutes condampnations et executions de mort advenues en ladicte ville de Limoges esdictes années iuj" ix etiuj" x, pour J'effect des presents troubles et a l'occasion d'icenx seroient et demeureroient pour non advenues, la mémoire des decedes et 'Ihonneur de leurs familhes œstably, permis de faire funerailhes, et leurs testamentz et dispositions vallidees, commejl appert par l'ex~raict des articles particulhers accordes en ccmsequance de n~ ecdict de paix cy attache soubz le contrecel de n.Qstrechancelerye, que .signe de lung de noz secretaires destat; scAvomFAISONS nous, voulant entretenir en tout et par tout le contenu aud. traicte de paix et arracher en tand qu'il nous sera possible toutes semances de discord entre noz subjectz, et mesmes en n" d. ville de Limoges quy en a este grandement travailhee, et leur donner occasion de santretenir en paix et amitye mieulx quilz nont faict par le passe, .aNn de conspirer tous ensemble a loheyssance qui nous est dheue, .avons de n"' grace specialle, plaine puyssance et authorite royaU~ dict et declare, disons et declarons par ses presentes, voulons et nous plaist que toutes condampnations et exequtions de mort advenues en lad. ville de Limoges esd. années iiij' neuf et iiij**dix allencontre de nosd. subjectz habitans dicelle pour le faict desdpresentz troubles et aloccasion diceulx seront.et demeureront pour non advenues, la memoyre des deceddez et Ihonnejur de leurs familhes reintegre et restably en leur antienne splandeur, lustre et renommée, comme, entant quebesoing est, nous les~reintegrons etresiablissons, voulons et entandons .que leurs testemens et dispositions de dernierevollonte, sy aulcunes ilz ont faictes, tiennent et ayent lieu, et quelles soyent mainctenues, approuvées et authorisees par

–3G9– tous noz juges et officiers, sans que, pour raison desd. executions, elles puyssent estre disputees et debatues en quelle'sorte et maniere que se soit, les ayant a ceste fin vallidees et authorisees, vallidons et authorisons par ces presentes, permetans a leurs vefves, enfentz et heritiers de leur faire randre les honneurs funebres telz qu'ilz adviseront ainsin qu'il est accoutùme, sans que, pour cest effect, il leur soict donne aulcun empeschement. EN a noz âmes et feaulx les gens tenans SI DONNONS MANDEMENT n~ court de parlement de Bourdeaulx, seneschal de Limosin ou son lieutenant au siège dud. Limoges, et premier deux sur ce requis, que ses presentes ilz facent lire, publier et enregestrer, et du contenu en icelles jouir et user les vefves, enfentz et héritiers desd. decedes, sans en ce leur 'favre, mettre ou donner aulcun trouble, destourbier ou empeschement lequel, sy faict, mis ou donne estoict, le remectent ou facent incontinant remettre et reparer a playne et entiere delivrance et au premier estat et deub. Mandons en oultre a noz advocatzet procureurs generaulx ou leurs substitus de requerir et poursuivre instammant la veriffication et execqutions de sesd. présentes, sans aulcune remise ou modification, de sorte que les heritiers et parantz desd. decèdes en puyssent jouyr playnement et paisiblement, et sans contredict du contenu en icelles. CARTEL est n" plaisir. Et affin que se soiet chose ferme et stable a tousjours, nous avons faict mectre n" seel a sesd. presentes, sauf en aultre chose n' droict et laultruy en toutes. DONNEà Folembray au mois de feubvrier l'an de grace mil v<=quatre vingtz seize et de n"= regne le Par le Roy, DE NEurviLLE; et septièsme. Ainsin signe sur le reply scelle du grand seel de cire verte en las de soye rouge et vert Et a couste Visa contentor BALuoN. Et est attache soubzle contreseel ce que sensuiet': Extraict des articles accordes par le roy a aulcuns particuliers en faveur de Monsieur le duc de Mayenne, suyvant le traicte de paix, article xxiij'' et QUE TOUTEScondampnations executions de mort avenues en la ville de Limoges ez annees quatre vingtz neuf et dix, pour le faict des presentz troubles et a loccasion diceulx, seront et demeureront pour non advenuz, la mémoire des decedes et Ihonneur de leurs familhes restably, et permis de faire funerailhes, leurs testaments et dispositions vallidees. Et ez marge dud. article est escript Acordé, et au desoubz est escript collationne, DE NEUFVfLLE. Collationne sur loriginal des présentes estant en deheue forme dame Anne par les notaires royautx soubz signes, ce requérant Duboys, vefve de feu M" Claude Rouard, en son vivant grefEer criminel en la seneschaucee de Limousin; lesquelz originaulx sont demeures ez mains de Me Joseph de Petiot, juge de Limoges. Le v'* doctobre m. v°. iiij M seize. notaire royal; BR.UNET, notaire royal. (~tf~He) UESFLOTTES, M

3TO~Le S~ de Pumpadour s'empare dcIacH6) f

[Leducd'Epffnon chasse S~ de dour.

le

Pompa-' Ses la

gens pillent ctté.j

Le sieur de Pompadour et autres nobles appcU~spar t'c~sque et ceux de !a vit!e s'estàns saisis de la Citté (i), tors te duc d'Espernqn mandé par les consuïz vint aveq deux mille arquebusiers et cinqt cens chevaux. ~A] t'arnvëe duquft, le sieur de Pompadour (2) laissant te sieur de La CappeMeBiron dans la Citté pour commander. se retira dans S" Estienne et maison épiscopalle. Contre laquelle. église et maison rartitherie ayant esté routiëe, le steur de La CappeUe-. Biron capitulla, et sortit te lendemain octobre, jour de dimanche. Le. mesme jour, le due d'Espernon (3), gouverneur, et consulz furent a S"Martial chanter le Te DgKMt M~amMS, ~ ayant mis garnison dans la Citté et ég!iseS"EstieBne. Le lardemain, les gens du due d'Espernon p!n)èrent_!a Cittéentièrement, excepté ta Ra)g)e, les religieuses s'estants retirées dans la y!)!e~ faisatatz leur office dans }a chapelle de la Courtine, près S~-Martia!. Auquel temps !ama!soncp!scopalle fust ruynée. .L'an 1S90, le gouverneur mist dans S~-EsHenne Thomâ!:i Papond, et dans la viMe, le capitaine JR.OKmanet pour commander. J z Monsieur le gouverneur ayant print.sur iavilic d'EsmoHtiers,S~-Germain, Masseré, S'PoL et ass~gé Ladignact, assisté de beaucoupt de noblesse et des enfans de la ville, soubz la conduite du présidant Marnp, et avec !e canon nomtmé La ilfarcelle, sur lequel y avoHescript dessus iNANtA PELLO;lequel canon fust envoyé aveq un amre aussy gros au roy Louis i~ devant La Rocheile, i'année '1628. Lesquetz n'ont estés remis. Hz estoient des plus beaux. Au retour du susdict siège de. Ladignact, te S* de Pompa-

[Thomas Papon, ~a.pitaine~StEtienne. Romanet, capitaine à Limoges.) [Le duc d'Épernon s'empare d' Eym 0 utitrs, Saint-Germain, y StMasseret, Paul, et assiége Ladi~Dac.]

[Le Srde Pompadourbatics gens du gouverneur et s'empare deleurcanon-j

(f) « En JSS9. » V. Bull. de la Soc.arch. et AM. ~t~m., t. XVIIî, p.<28. (8) « Le sieur de Pompadour était assisté du sicur_ de la CapeUeBiron, des Restignats, '( Cougnac, » la Bastide, !e B~ran et autres.~ (Note ms. de Legros, en marge du P. BonaventuM,1.1! p. 803.) (3) « Le marquis de Ft:MRH.))(M:(~

-3~–
dour chargeant les gens du gouverneur près du Garreau (!) les mist en fuine, et enimena leur canon, qu'ilz ont depuis gardé à Pompadour. Les consuiz de Lymoges, appréhendant qu'au bruit de cette desfaite les ligués vinsent assiéger Lymoges, mirent une partie des murailles de la Citté par terre. Pour lors les religieuses de la Raigte se retirèrent en leurs maisons paternelles. L'an iS91, le roy envoya moas" de Turcant' aveq mesme pouvoir qu'il avoit cy-devant. Le vicomte de Pompadour ayant assiégé Snt- Iryers (2) avec quatre cens hommes de pied et deux cens chevaux et trois canons, pressoit si fort le sr de Chambaret qui estoit dedans, parquoy le s" gouverneur assembla plusieurs noblesses. a Le 39= mars 1591, estant arrivés à S'h-yers, contraignirent les ennemis de se serrer dans le faubourgt, qui, sachant le Sr de Monpesat le secours proche, mirent des mousquetaires en embusche dans des moulins et des maisons aux deux costés des grands chemins. Dans lesquelz s'estant jetté le sieur de la Rochefuucaud, pour empescher que le reste de l'armée n'y tombast, dit C~M haut! Lesquelles parolles mal entendues donnèrent l'espouvante à tous, et firent prendre fa fuitte, en laquelle fust faict~ grand tuerie par le Sr de Monpesat. Audit mois de mars, le sieur de La Guierche ayant assiégé avec 1,200 hommes la ville de Belac (3), et fait bresche et
[Les consuls font abattre les murailles de la cité. Les religieuses de la Règle se retirent dans leurs familles.]

[M. de Turcant envoyé de nouveau à Limoges] [Siège de SaintYrieix par le vicomte dePompadour.]

[Siège de Bellac par le S, de la Guietche.')

Les gens du gouverneur étaient commandés (1) « De Béchadie. t. par le comte de Ventadour. (BoNAVENTURE, III, p. 804.) (2) « Le <3 de mars et un mardi, à la pointe du jour, l'an ~59~. o (Journal h:stoT'~tt6 de PMn-0 de Jarrige, viguier de Samt-Yrieix, continué par Pardoux de Jarrige, son fils, p. 99). Angoulême, 1868,In-8". (3) « Le 2)- mai, avec 300 hommes, fit tirer 240 coups de canon. » V. Siége de (Note ms. de Legros, en margn du P. Bonaventure.)

372'–

t'uM't't e! donné plusieurs assautz eu vaiu, fust contrahictsë le siège, au bruit du secours que conduisoit le sieur de lever Chambaret.

Espouvantedu Bestail à la foire.
(Épouvante dubétaHtth foire.]

Le jour et feste de la grand S"Martial, denuer de juin 1891, la foire se tenant ledit jour, survint une espouvante a la foire, sy furieuse que ceux qui y estoient t&ehants à se sauver dans la ville par la porte Mopmattlier, qui estoit seuHe ouverte, furent tellement presses que la pluspart et quautilé de bestail furent estouffés dans le chjetnin soubz le cimetière des Arrennes, et autres. L'occasion vint que ceux qui gardoient les chemins d'Aixe et S~-Junien, qui, sur le cuaud du jour, se jouoient puis veooiéntaux. mains avec leurs espëes, donnèrent l'aprëbendon des ennemis dont le bestail, ayant eu peur,'se destacha de la foire aveq une fureur sy grande qu'oa ne sauroit s'imaginer et qu'on aye jamais ouy parler.' Et le subject le plus certain est par puniUon, d'autant que l'on n'observoitlafeste du glorieux patron de la Suieane.S" et particulièrement Lymoges qui ont son sacré corps Martial, en grand vénérat.ton, et ne chommoient ce jour. Laquelle foire n'a, tenu depuis ce jour, mais le lendemain. Et ne faut trouver estrange cella, d'autant que, à Cal'ors, ne fesoient observer laditte teste icelloyjour. Tous les ans, le jour de S~-NarUal, dans'ie diocèze arrivott dss incommodités incroyables de tempestes, de grelle, qui arrachoit les arbres et gastoit les fruitz. De quoy le Sr évesque M'" Simon de Popiant aveq les SSrs chanoines de l'église cathédralle se mirent à chercher la cause, et n'entrouvèrent d'autre sy ce n'est que S~-Martial n'e&toithonnorécejom' comme on fesoit entiennement, ce qui fust vériffié dans les entiens breyières, dans lesquelz on fesoit commémoration de Sainct-Martial en quatitté d'apostre et fondateur patron dé ladite égU&e.

~:Mca'e.P~oc, MOMpns en iS9i, par Genebrias, seul consul de Bellac, inséré au BMH.de la Soc. <H'e&. hist. du Ltm., 1.11, p. 2~ et et suiv.

C

313
La susditte année, le roy donna le gouvernement de Lymoges à Madame d'Engoutesme, et fist son lieutenant Mont.ieur de Chambaret. EsMo~oM des consulz, ~M peuple pour la nomination ro?t !891 et aM~res choses rgmar~Ma~es.
[Trouttespom l'élection i Le roi donne le t gouvernement de Limoges à M~" d~Angoulême.]

Ceste mesme année, le jour de la nomination des consu!z, .quantité de peuple s'assembia devant ta maison de ville, demandant, des consutz qui n'e fussent ny tiguésny Huguenotz. Et, parce que les portes estoient fermées, ils ne cessèrent de remuer les verrous, et furent iceux apetés les verroulhatz. Les consulz et le sieur de Turcant, commissère, n'ayant peu les appaiser, sortirent en armes par la porte de dernier, et paroissantz au bout de Consuttat et des Bantz, estonnerent tellement ceste troupe désarmée que tous prindrent la fuitte. Et tous ceux qui furent soubsonnés estre de leur parti furent expellés. Et, quoy qu'Hz fussent catholiques, ilz estoient ennemis des tigués. L'an 1592, le sieur de Chambaret, aveq le comte de Busset sieur de Chastux et beauceupt de noblesse, assiégea ledit Chasiux; et, l'ayant batm avec le canon de Limoges, s'en rendit maistre par capitulation (1). L'an ~593, ledit sieur de Chambaret fust receu à Limoges <'n quattitté de lieutenant de Madame d'Engoutesme.

des

consuls de 1591. –rLesuen'OM~~<s.]

[Siège de Chalus par le S~ de Chamberet.j

[Réception lieutenant Chamberet.]

duii de

(1) « Le sieur de Chamberet mena des gens devant le fort du Breuil et Genouillac; d'un autre côté, la Capelle-Biron fit une emMuscade près de Corbefi et surprit ceux de dedans, qui tenaient pour le roi et qui furent tous. taillés en pièces. Le S' de Chamberet surprit /sur le capitaine Labesse le fort de Châlus, et dans F église il y eut plusieurs meurtres. Le comte de Busset, pour retirer la place de' 'Châlus, pria plusieurs seigneurs, entre lesquels furent le vicomte d'Aubeterre, les sieurs de Lavauguyon, de Palissand, Oradour, etc., qui prirent la ville basse par le secours des sieurs de Chamberet, Samathie et Bonneval M'' des Cars obligea la Capelle-Biron de se Mtirer de Corbefi. » (Note de Legros en marge du P. Bonaventure.)

374 [Conversion d'Hen~ IV. RejoutM~nces.]

Le 7" aonst de ladite année, la ville de Lymoges receut la joyeuse nouvelle de la conversion du roy Henry 4°. De quoy 'fust randu graces à Dieu, et feu dejoye, où mist le ~eu ledit sieur de Chambaret, avec le commandeur du pallays et magistratz. Les seigneurs (1*)expeiies eurent pour'iors permission de veniràiaCittéetfauxbourgz. Au mois de novembre, le sieur de Chambaret estant a~!e à la cène qui se fesoit. hors la ville, escandaliza plusieurs (~). L'an 4594, le mardy 8° mars, fust puMiA& la déclaration du roy touchant sa conversion à la foy'catholique, apostolique et romaine.

[Scandale parie Chambe

causé S'de

et.] iPaMication de la conversion du poLj

Es~eme~
[Les croptaK~.]

des Croquantz, f~~ 1894 ?.

Les paisantz surnommés les Croquantz (4) t)e pouvant supporter tes impositions extraordinères, prindrenUPS armes en Limousin, Périgord et autres Ueux ch'coBYoisihs, et

annûté jpa~Legros, t. IH, (<) Lisez « les ligueurs. » BoNAVENTu&E, p.806. (3) Le Deuxième Registre eoMyM~M'e~S93-~662),_en cours~ de ( publication (f" 6, v" et suiv.), dit que les consuls de l'année <5&3 firent un « accord sur l'altercation et différent des médecins de Limoges; » ils publièrent 'plusieurs arr&tésaCn d~engsgerle& habitants qui, par m66ance, refusaient les 'vieux douxains (À),a accepter toutes sortes de monnaies fabriquées sous le eoinetannesdcFraNce ezmoaoyes établies par Sa Majesté et non aultres.B (3)V.Hm.NM(.,p.20, (4) «On.leur donna te. sobriquet de Tat'ttUtMX, et les gentilsliommes rejetèrent aussi sur eux celui de cr<MM!s, dont ces paysans les avaient voulu charger, parce que, en effet, ils croquaient et dévoraient ces pauvres gens de la campagne. Leur pfe~iere assemMëeseiit'en Limousin. Chamberet, qui en estoit gouverneur pour le roy, les battit et les dissipa.)) (MÉzERAY,NtstoM's FfaMep.) f/0 (A) Le douzain valait douze deniers ou un s&u; c'était une sorte de billon d'argent. Les douzains fabriquas en < S86contenaient trois deniers de En. (Jean RoizARD, ratM ~s tKOtMïKte~hap~- p. 17.) r c m,

37S

!~ayan)z vou!!u obéir à l'esdit portant cessation d'imposition et tes obligeant à cesser et quitter désarmes, extraordinaire !e sieur de Char~baret assembla la noblesse et feit un gros de '7 à huict cens hommes, les desnicha de Couzeitz aveq lé et enfin, s'estantz campés can.on, puis de S"Pried-Ligoure, au nombre de quatre mille au lieu des Pousses, )es chargea de telle furie que d'abbord ilz prindrei)!. la faite et en fust fait un grand carnage, te jour de S"' Jean-Baptihte. Le dimanche, dernier de.juiiiët ~4, fu~t fait procession généraHe, où les chapses des corps saintz furent portées pour obtenir par leurs intercessions le béa'! temps nécessaire pour la piuye ayant duré 40 jours, ce qui Laréco!tedes.frui)z, avoit grandement estonné le peuple. En ce temps les verrouibatz dans la ville et non les ligués. eurent permission d'entrer
[Procession pour lesrécoltes.J J

[Les u~~M~o~s rentrent dans la vile.] [Prise de Gimel de

En ceste mesme année, le sieur de Chambaret aveq mons'' de Bossize, M~ des requestes, prindrent par capitullation le fort et ville de Glmel, dont en sortit 30 cuirasses et cent arquebusiers. 'L'année i595('t), les chanoines deS~-Estienne., demeuré six ans hors de leur église, retournèrent ie service divin, comme devant, dans leur église. Ladite année 1S9S (2), la getiée fust qui avoient pour faire

par le S' Chamberet.j

[Les chanoines de Saint-Ëtienne retournent dans leurëgUse.] [Gelées de 1596.] ]

grande qu'elle dura

<est aussi l'étymologie donnée par de Thou et le P. Daniel. La. petite guerre des ero~ttaM, ainsi nommez pour ce que la première bande qui prit les armes fut d'une paroisse nommée Croc. de Limou-sin. » (D'AuB)GNÉ, M< t. 111,p. 382). « Ce qui, sans venir en confirH mation de t'étymotogie donnée par de Thou contredirait celle de d'Aubignô, c'est que Cro~:<snt se trouve dans Froissart. » (LITTRÉ, DiCf.) (1) « Le ~3 juillet.)) Note de Legros, en marge du P. Bonàventure. (S) D'âpres le Deuxième Registre eoHSMfatre (f" 16, v°),'Ies consuls, de l'année )S95 durent conserver la garde de cent arquebusiers aux frais de la ville, à cause de la guerre civile; ils prirent des mesu-

H76

et l'on apprèhendoit l'antière perte de -` .josquesatHS''aYri!, tous tes fruitz. Et, pour subvenir à la nécessite des pauvres, itz furent distribués par les maisons des bourgeois. Le seigle vat!ut 7 livres le sestier.
Restauration du petit clocher de Saint-Pierre-duQueyroix.] Le fait vicomte flotter de son

Chateauneu

bois.)

'Lejoar de S" Magdeiene, <e petit ctocber de Snt Pierredu Queyroy, qui avait esté abbattu du temps, !ust achevé de remettre. -nt. ~tr-~ L'an ~596, le vicomte de Chasteauneuf trouva moyeu de faire descendre le bois de ses forcstz par la rivière de Vienne au Naveix, ce qui n'avoit ptus esté. [Ce] qui sert beaucoupt à la ville de Lymoges. et Ladite année, fust l'o&teDsion du chef de S"Martial autres sainctz. A cause de quoy vindrenten procession les chanoines de Sainct-Germain et de S~-Lëonard. Le sieur de Chambaret estant décëdé ceste année, le sieur barron de Sa!!agnact lui sucéda, et Sst son entrée à Limoges comme lieutenant de madame d'Engoutesm~ (i). Lequel vou)ust réunir tous les habittans, trouva moyen en une asfaicte à ce subject qu'on ~ggréast semblée de viHeqmfust les Ligueurs entrassent, ce qu'il obtint. Il fust à la porte que Manigne, accompagné du sieur de Bossise et des consulz pour les recepvoir, et tous de compagnie furent à S"Martial chanter T~DëMMu'aMtfamMs (S). t'es contre la chertë des blés, ils eurent &s6ute:)'r plusieurs procès intentés contre la ville, et Us firent exécuter plusieurs réparations, notamment la reconstruction de la «Courtine des mur-ulhes, entre la tour de la Prison jusques à la tour du Puy-de-Vieithe-Monnoye. s Sur les réclamations du ~ontrôteur des Snanees Le Maistre, ils firent vérifier les privitégas de la vide de Limoges ({3~1)par la Chambre des comptes, (f. pour ces priviléges, p. 378 et suiv., BM/{. de la Soc. ~e&. et &M<. u Z,:M., t. XIV, p. ?,–F. aussi Ordond ~MMM;M(~s.RoM(!eFfaK<x,t.V.p.439.) f<) « Le 9 juillet ~S96, par la porte MontmaHIer; les consuls et les principaux habitants furent au-devant de lui, avec de l'infanterie « conduite par messite Fayan, médecin. » (Notede Legros, en marge du P. Bonaventure.) (8) Il est à croire que cet acte de réconciliation ne mit pas com<piétement terme aux dissensions. Des critiques s'clovcrent contre la

(OEtensions delS96.] ]

éception lieutenant

du de

SaUagnac. LesligueursrentrcntaLimoge!] J

3T7

Venue

des pères

Recoletz.

Le premier ('!)jou)'cTaoustlS96, les Pères Recoletz,'de i'ordre Sainct-Franço.is, prindrent pocession de i'ég!ise de et y commancèrent faire le Saincte-VaHérie-tez-Lymoges, service divin, le 3 dudict mois. Et, cependant, pa~ provision, On trouve par escript setogèrent au prioré de S"Géra!. qu'elle fust rpbastie i'an 1300. Et, au temps des Huguenotz, ilz ont aussy possédé iadite égtise, comme dit est. Et, depuis, ont basti lesd. religieux un beau couvent. Et aussy se sont ptacés dans la ville et y ont un couvent, l'égtise dédiée à sainct François. L'esq~etz servent bien la ville. L'an ~S97, le 8 juin, le duc d'Espernon fist son entrée à Lymoges comme gouverneur. Et furent au devant les sieurs de Saiiagnact, consulz et infanterie, au nombre de 800, conduitz par le présidant Martin. Et fust receu S" .Martial pur i'évesque et chanoines. Et, passant à la place des Bancz fust jo.ué une comédie son honneur (2) et

[Les RécoIlets.J

[Réception

du

gouverneurd'Épernon.]

composition du conseil de la commune. Et le bon fu: qui venait de les con/M-mer priviléges de la ville, saisit ce prétexte pour nommer lui-même et pendant trois ans dix des consuls sur douze, préludant ainsi à la réforme radicale qu'il devait opérer en ~602 (p. 38)). (Foy. Hist. du Limousin, t. 11, p. 4G3.) LEYHAME, (t) « Le troiziesme. (~M.xt~mg Reg. fo~MM! f° ~0, v".) Une noie manuscrite de t'abbo Legros, en marge du P. Bonaventure (t. I!L p. 824),'porte « L'an ~6)~ et le 14 d'avri!, les Pères RëcoMets furent mis en possession de la maison qu'on appéloit le Basti~MKt, où les bateleurs et les comédiens faisaient auparavant leurs exercices. La première pierre de la chapelle des Récollets fut posée le 44 juillet 1616. Ils y ont introduit une confrérie pour les femmes.): Në'K! ms., t. !I, p. 433.) On y a rétabli la comédie en 79<. (NADAUD, Il y avait en outre, depuis cette époque, un établissement de bain: et un café. Tous ces bâti'ments sont devenus propriété de la ville depuis un certain nombre d'années. » (2) Le DcM~wM Registre cot)Mt/atrcdit que cette comédie étai!

3~8

en ptusicurs
!enfL'juic ~l'occasion 'fc la reprise

ticux fure~

mis des chapeaux de triomphe ()).

d'Amiens.] 'rocessionàl'ocf'a~ion de

Le dernier septembre fust faict feu de joye pour la reprinse d'Amiens, et y mist le feu le sieur de Satiagnact, consulz et magistratz.
la 'a

entre paix Ft'a.n.cee[ l'Espagne.]

L'an iS98, vindrent les nouvelles de la paix entre France et Espagne, dont 'tust faict procession gënératte et feu de joye. Les Pénitens Noirs MM~<Mes.

;L';sPenitents noirs.–t; ".ir.tBardonde !nm.]

Ceste mesme année [1S98], fust instituée la compagnie de messieurs les Pénitens noirs, soubz le tiltre de Sainte-Croix, par vénérable M" Bernard Bardon, lequel a mené une vie très exemptère, ayant avant icelle institution fréquenté messieurs François de Salles et César de Bus, saintz personnages; comme aussy est décédé ledit Bardon en odeur de saintetés, eu l'année 1623. Duquel le Révérend P. Petiot, de la. compagnie de Jé~us, a faict un livre de sa vie (2). Lad!ue année, fust ,donné arrest de parlement de Bou! deuux (3), requérant M" les consulz et bailles du sépufchre de S~-Maniât, contre M'" Léonard Ctuzcau (4), abbé de

;f\)rtjtdupar[e~entde Hufdcaax.]

composée par M. Bardon, avocat. On ne connaît de Bernard Bardon de Brun qu'une tragédie en cinq actes et en vers aya'nt pour titre tS'OM~-Jae~MM,imprimée par H. Barbou, <596, in-8° de 't80 pages; mais dans le langage limousin, comédie signifie toute pièce de théâtre. Sur la vie de ce saint homme, voy. Biographie des ~OMmes.tHMstre~ de l'ancienne province dM Limousin, par A. du Boys et l'abbé Arbellot, et Limoges au xvn~ siècle, par P. Laforest. (!) D'après le jOëM~MmsRegistre consulaire (f°.23', r"), les consuls de l'année 597 réduisirent de moitié la garde de la ville; ils remboursèrent 400 écus au contrôleur des finances; ils remboursèrent aussi tes consuls de l'année 1S87, et firent diverses réparations. Le duc de Bouillon passa à Limoges au mois de février i397. (3) Limoges, Chapoulaud, )G68. « Du 16e juin 1S98. » Cefarrct fut mis à exécution (3) En marge !c 33 février f(i00. (BoNAVENTURE, H, p. S80.) t. (~) Léonard Ciouzeaud ~591~, a5'' abbé, d'après l'abbé Rpy-Pier-

3~9
touchant la messe et luminaire dudit sëputchre; S"MartiaL et ordonné; en eonfn'mant la sentence de Limoges, que la messe seroit ditte haute avec diacre et soubz-diacre à 4 heures de matin aux grandz jours, et heures aux petits, et qu'il y auroit cjntinueUement 7 chandeHes de cire aiumëes, et par chasque 'défaut 3 livres prins sur le revenu dudit abbé. Venue des Pères Jésuittes (~.
[Les Jésuites.)

L'an 1S99, les Pères Jesuittes de la compagnie de Jésus, ayantz demeuré quelque temps pour chercher à trouver moyen de s'installer dans Lymoges, enfin furent placés an Collége de la ville, où ilz sont de présant. Et Sreut leur ouvenure ie premier jour de caresme. Notta que pour avoir fond [s] pour iceux, !es consulz passèrent par la ville sçavoir ce que un chacun voudroit donner tous !es ans pour t'entretènement d'iceux, à cause du cottoge pour rms).ruction de la jeunesse, ce que tous promirent. Et, lettres du roy pour ayantz promis, iceux jësuittes~btindrent l'admortissement de ladite somme promise [par] cha:-cun, qu'ilz appeitoient rante, au solz la iivre, te!tcm<'t't, que celluy qui avoit promis vingt sols fust con!raiftc.t à douner vingt Et futcnt contraiutz les livres, et les .'utres proportion. i)abittans par toutes voyes d'exécution de meubles ou maret par ce moyen, furent fondez par chandises, sans apet les habittans. L'année 160'?, te H' juillet, fust posée la première pierre de leur égHiie par monseigneur Cëvêque de bymoges Henry de La Marthos'iu et Messieurs les coitsuix.
refittc. Fut nomme par la protection du vicomte de Chateauneuf et ne reçut pas ses bulles de Rome. On ne sait ni comment ni pourquoi il quitta, d'après le mcme auteur. (BM~. dg ~a Soc. arcA. et M~ dit « L'abbaye de Saint-Martial était tenue en /m., t. XU, p. 79). rontideuce par les seigneurs de Château'neui', sous te nom de Pierre Cluseau, qui n'avait pu avoir de bulles. (Ms. DE LÈp~E.) (Note de Legros en marge du P. Bonaventure.) (1) V. Dgu.EMm0~ COMSM/f° 78 et suiv.; Bull. de la Soc. arc/t. et /tMf.f/;< Z.MM.,t. p. V. surtout ~MKu~M ait i07,et t. HI, p. <60. xvn'' .M~e. par P. LAFORKST, !H et suiv., et p. M)() et suiv. p.

380

î~année 1608, le 18* febvrier, jour de dimanche gra&, commença t'oraison de 40 heures, et ce dans i'egtise~de S~où iccux pères disoîeat leurs messes puis Pierre-du-Queyroy, un an, à cause que leur chapelle estoit tumbee (1). L'annéei610,tes20, 3i et febvrier. à l'occasion de. l'oraison de 4<) heures, les pères Jésuines ~rent une procession d'escotiiers, les uns habUiès en anges, vierges, martyrs et.autres saintz~ Le S'' évesque fist la préd!c3LHon et clostnre du S"Sacrement. Au mois d'aoust.(2) 16~. fast faict procession générate pour la canonisation des S°~ Ignace et Xavier, ou assistèrent tous les ordres, mesmes les J6suittesavec_j]on nombre d'escolliers, chacun !eut'raagt,portàns un cierge à la main, passantz devant la procession. En mémoire de ce, fust mise la bannière dans t'égtise cathédraUe, et fantre daB~Ieur chappelle, et depuis, dans leur église, l'an !629, le 14'' aoust. Et t'nst consacrée à l'honneur de t'Àssomption de la Vierge par Mouseigtieur François de La Fayette, évesqoe de Lymoges. Le S~îMC~SocremeM~
:Lt: Saint-Sacre. rct.trenversE ~ux Jacobins.]

rcMcer~g 6ME~ Jaco&~s.

C~ste mesme année 1599. le )our de l'Octave Dieu, pendant que l'on faisoit la procession gënéraUe du~ Sainct-Sacrement, fust mis parterre le Sainct-Sacrement dans l'église des Jacobins. Ce que ayant es'6 sceu Soabz-tes-Ârbres, où se disoit la prédication heust causé une grande sédiction Mtns la prudence des magistratz. Et de ce furent accusés M~Nartiat 1 Deschamps et Martial Bonnin,nottères, qui furent absoubz; et furent condajapnés Ardant et Nobi& comme authetirs de !'escandaMe,tesquetzgaignèrent!etongL Ladine année, fust receu comme gouverneur à Lymoges Mons'te barron de Chasteauneuf. Les canons jouèrent à son entrée, et s'en fandit un.

[Rèceptiond' ~u'-erneurde Château.euf.j

(<) M. Laforest (Limoges au xv!i°~M<) dit. queles Jésuites purent rentrer dans leur chapelle restaurée le 3 avritt 608. ~oeo (2) KLe 12. )' (L&FOM.ST, c~aio.)

–381– Ceste mesme année, succéda à &~ Léonard Ciuzeau, abbé M''° Pierre Verdier, Htz du trésorier V~'r". deSainct-MarUa), dier, en rangt des abbés 60 (1). Lequel print pocession de ladite abbaye. (2).. (3).
(t) Pierre Xt Verdier (1898-i6S2) est !eS6" abbé d'après l'abbé Roy-Pierrefitte; il prit possession le 12 août 1899. (3) L~élection des consuls n'eut pas lieu en f899 à l'époque habituelle (le 7 décembre); elle fut reportée au 18 janvier 1600. Le Dea.BMme Registre consulaire (f° 30 v") parle de deux lettres adressées à ce sujet par Henri IV aux consuls, l'une du 8 novembre et l'autre du 2 décembre 1 S99. Nous n'avons pas pu trouver ces lettres. Déjà, en 1596, Henri IV change le mode d'élection des consuls, Se réservant la nomination pendant trois ans seulement. La nominatio.n des consuls se fait ainsi pour les années 1898-97,1S97-98 et 1598-99. Les pouvoirs que s'est donné le roi sont expirés et il semble qu'à la date où nous sommes arrivés, 1600, il y ait encore un nouveau mode d'élection. D'abord le jour traditionnel de l'élection (7 décembre) est passé, ensuite il paraît résulter ,du texte du Deuxième Registre consulaire que l'élection s'est faite sur une liste dressée par le roi sur une autre liste envoyée par la ville. L'année suivante 1601, un autre changement a lieu, le roi dresse une liste de trente notables parmi lesquels devront être élus les dix consuls des cantons, lesquels éliront eux-mêmes les deux consuls des Croissances. Les élections du 7 décembre 160) eurent lieu suivant l'ancien mode de nomination des consuls. Voici ce que le P. Bonaventure (t. III, p. 110) raconte « L'an 16M [lisez 160~ il y eut à Limoges grand conteste pour l'élection des consuls. M. le duc d'Espernon et le baron de Chasteauneuf ne les pouvant accorder, en écrivirent au roy, lequel ordonna qu'on les choisit à l'accoutumée. Ceux du parti des Huguenots appelèrent à la maison de vill.e plusieurs artisans (A) auxquels ils avaient donné des pièces de dix sols avec la liste des consuls qu'ils voulaient, et ainsi par cette fraude, ils l'emportèrent sur les autres et prêtèrent le serment. )' (3) V. le Deuxième Registre consulaire, f" 35, r", et suiv., pour le récit des réjouissances qui eurent lieu à Limoges au mois d'octobre 160,t à l'occasion de'la naissance de Louis XIII. M. Laforest a reproduit le récit des Registres consulaires dans son ouvrage (Limoges au xviie siècle, p. 38 et suiv.). (A) Legros ajoute nommés Gn~M. « Epingliers et autres gens de sac et de corde
{Pierre Verufer, p abbcdeSarntRIartiat.j

382– ~S~MMM~ du jPgMp~pOMr~~p&Mf~M; les CoKSM~s~Ms..ef~ '!2rca!M'~ 6. ~
L'an '~meute~t'occa-' ~602 (i), Lambert, chevaHier du guë d'Orléans, av<!q 'ijttndet'impôt.s~ ses archers arriva à Lymoges, et voullant publier am Gras du soupour . f l'imposition du sol -pour hvre où pancarte, ifustempesche par h~'e. Desti-e le tutionde9 le peuple; qui le &st fuyr aveq ses. archers et courir risque douze il fust assiégé avec le sieur de. consulnocitet desaviedans!eBraen,6ù n.tttoadesix.jCj C[b]~steauneuf par ptus de quatre mi!te personnes, mais déir livrés par le moyen des consulz et'présidant Martin, qui empescbaètappaisapar quelque moyen le p6upie(~). Etfust conduit horsbviue, et s'en alla à Beauvais appartenant à rabtfédeS~-Mart[at,etHstson procès-verbal de tout, qu't!* les consulz. Sa Majesté envoya au Roy/commeaussyRrent envoya le sieur de Jambeville (3) pour connoistre detûat, lequel, le 29" avril, en la matsda de ville, osta les ehapperoos aux douze coasutz qui estoient en charge, scavoh' (4) Mons'' Linaoges(!!<xvn'' ~Mc~.) Cet (i) « Le samedi 20 avril. » (LAFOREST, ouvrage donne beaucoup plus de détails que notre tnaNuscrit sur l'émeute de <603. (2)L'émotion fut très grande, ainsi que le remarque- le P. Botmventure de S~-Amable(t. HI, p. SU et suiv.), qui ne fait ça que!quc sorte qu'étendre te récit .de notre manuscrit. G'~< /n~. (3) Le Camus de Jambeville. (F', le P. AtfSjEt,MR, t. IV, p. 32.) ~(4) Voici la liste que contient'le-DëM~tK~~a~M~ccoK~a:~ (f" 40, r") « Du canton des Taules Sire François Nantiac, bourgeois et marchant; Du canton delà Porte Sire François Seliere, bour~ geois et marchant Du canton de Ma~ninie Sirc"Gumaume RonUiac, bourgeois et marchant; Du Barché: Honorable M° JehandeDouhct, président en l'csiectioa; Du canton de la Foune Sire Gerald de Proges,' bourgeois et marchant; Du canton du Clocher Sire Pierre Martin, bourgeois et marchant; Du canton de Boucherie.: Honorable M~ Ysaac Cybot, advocat du Roy; Du cantonade Lansecot: Sire Jehan Navieres, bourgeois et marchant; Du canton des Combes MeJacques Guyneau, procureur Du canton du Vieux-Marché Sire Jacques Besse, marchant et bourgeois; De Croissances: Honorable ? Guillaume Garreau, conseiller du Roy aud< siège; Honorable MeMathieu de Cbampagnac,visceneschal.))»

p

383 barreau, conseilher, Guilhaume Rouillac, François Nantiac, P. Martin, F. Cettière, .t. Navières, Champagnac, Vissénëcbat, Cibot, advocat du Roy.-Duchambon, J. Progit.J. Touret mist en leur place tes nion et Jean Guineau, procureur; six qui ensuivent, sçavoir M" Jean Maupte, tbrésorier, Jean de Petiot, juge, Gaspard Benoist, esleu, Durand Brugière, bourgeois et marchand, Pierre.Dubois sieur du Bouscheron, aussy bourgeois et marchand, et Jean Bon~n, procureur du Roy. Et ayant faict recherche des autheurs de la sédiction, furent exécutes en peinture, et les nommés Nambot et La Rocque en effect. Et ainsin fust la pancarte establie et levée jusques au mois de janvier et suivant, que le Roy ayant pitié de son peuple, la révoqua par édit du 37 novembre ('i). Ladite année ~602, le jour de la Feste-Dieu, furent prins' certains habittans, lesquelz, convaincus d'assassinat, furent condamnés à estre pandus. Et, après leur condampnatiou, ayantz déclaré quelque temps auparavant avoir desrobé la custode où reposoit le Sainct-Sacrement, croyantz estre d'aret mis le gent, dans l'église de S'Michet-de-Pihtorie, Sainct-Sacremeut dans le mur de la guirlande des Fossés, devant la croix de S~-Gëraid, auquel lieu ilz furent conduitz, puis de nouveau condampnés à estre rompus tous vifs, ce qui fust exécuté en la place S'Michet, devant le Palays, le et fust porté le S~-Sacrement en procession so~juin; àS"Esiienne. )empne!!e part'évesqueHenrydeLaMarthonie Et [fut décide] pour mémoire qu'it y auroit un petit armoire et une croix dedans audit lieu. Le premier janvier 1603 (2), les six consulz cy-devant créés par lé sieur de Jambeville furent confirmés et continués' pour la présante année, en laquelle manda que, pour fère la nomination des nouveaux consulz, sera faict eslection de cent et depuis preucFbômmes, ce qui fust faict le 7° de'décembre a continué.
(1) «Et fust la ville de Lymoges taxee pour lad. abolition à la somme de v<=Ix t/. » (Deuxième Registre consulaire, fo 44, r°.) (2) « Le 9 décembre ~602. » (Deuxième Registre eoMM/s!f°<t3, rO.) (3) Le règlement du mode d'élection des consuls arrêté par Henri IV au mois d'août 1602, se trouve en entier dans le Deuxième

[Abolitiorfc'el'impôt du sou pour livre.]

[Exécuuonsde plusieurs assassins etvo]eurs.~

[Continuation des pouvoirs des six consul.–Changements inti'ola d'nts dans mode d'élection des consuls, IC03(3)] ]

3~i.
'La fuudre tombe sur Saint Michet-des-Lions.]

icelle année, le tonnère mmba suf!c c)ocherdeSaioct-~tche:-des-tiôns.Âya;!t~tL dégast dans !ec)ocher,rQmpist {'hortoge,' cnt-ra dans t'egtise, tua que!c;nes personnes devant ieMtlistM! puis entra dans la sacristie, brulla toutes les plus riches chappes et ne toucha à celles de dessus, fust aux foatx baptismates, et j'Sst} autres maux. H parois.t.encores des merques au dehors du clocher (~\ (3). Lej~u!'deS'Ma)'c, Entrée faicteau. roy F6M~4°, etL~mo~ L'année 160S, Henry-te-Grand, roy de France et de Navarre, ayant faict donner advis à Limoges de son voyage, arriva A _m, Registre eoKSM~tt'ef° 4<, r°). Cs règlement a etejpprodutt dans !e ( BMH. Soc. atch. et /Ms<.~M Inn., t. VII, p. < 47 et salv. D'après ce regtement, les cousais en charge nommaient, le 6 décembre de chaque année, ayant midi, cent citoyens soumis à ia taille, c'est-à-dire dans le commerce ou la b()urgepisi6,()ix pour chaque canton, qui élisaient le lendemain, 7, les six conâuls pour l'année suivante. Les bourgeois électeurs appelés prud'hommes étaient tenus à la de satisfaire à leur mandat sous peine .d'MMMdc a.t~strB., discrétion des consuls. Une mesure analogue avait été prise en p. s~}. Le lecteur 1470,par Louis XI. (~.LEmAHE) ~tw. qui tiendra à se mettreau.coûrantdecette affaire, qui eut de si funestes résu~ats pour nos libertés mcnjcipales, ne pourra mieux faire que de lire le chapitre Ht de ~t'mo~ESaMxvn~siècle, par M. P. Laforest. rp, !es cpnsuis (1) D'après le Deuxième Registre con~cUrs. f~ de l~tnn~e ~G03s'occupèrent activement de la réparation"des murailles. La peste fit une courte apparition; dans ]a ville et les environs. Maisré leurs privilèges, les.monnayeurs furent forcés de con~tribuer à la taxe de mille écus. Registre coMSM~s,f" 47, va, donne la liste des (%)Le D~Ma:!6MM conseillers répartiteurs (deux pour chaque canton de la ville.) vingt élection était élus -par les cent prud'hommes le 18 mars "t60~.?'Cette faite auparavant par les habitants, suivant l'anctenne eontume. Les lettres patentes du mois d'août 1S02 ne concernent que l'élection dos .consuls, qui devait être. faite par cent prud'hommes. Nous n'avons pa d trouverl'actequi étendit aux répartiteurs ce nouveanmode 'élection.. Le ~7 avril 1608, les habitants nommèrent les vingt conseillers -=' ,= répartiteurs commeparte passée (3) V. Deuxième Registre consulaire (flSi, r") Discours de l'antique

[Entréed'HennFV aLimoges,1605 (3).]

385 Lymoges le 14° octobre, et n'y voulust entrer ce jour là que comme vicomte, et donner quelques jours aux habittans de se disposer à le recevoir comme roy, si bien qu'il sortist )e 20° et ala disner à Monjauvy, où estoit dressé un magniSque théâtre sur lequel le roy fust placé ,pour voir passer et recëpvoir tes honneurs des compagnies de la ville. Premièrement les ecclésiastiques aveq leurs croix, au nombre de ISOO, canduitz par le S'' Dupuy Moutinier, esteu, qui arrangua en suitte 50 jeunes hommes richement vestus et montés à l'advantage, conduitz par le sieur de Cempreignac, qui fist aussy son arrangue; après le vissénéchal aveq ses archers; en suitte Monsieur le présidant aveq messieurs du présidiat, qui harrangua; en fin messieurs les consulz aveq les plus nottaMes:bourgeois, et fust harrangué par monsieur Me Jean Mar-, tin, procureur, prévost consul. Et incontinant,' le roy descendant fust conduit par les consulz. Le chemin par où le roy passôit estoit tandu de tapisserie jusques à son logis et bordé d'un costé du régiment de ses gardes, et de t'autre, des compagnies de la ville. A la porte MontmaUier y avoit quantité de emblesmes et belles devises, comme aussyla représantations, A ladite porte, le roy récent les clefs de la ville, musique. qui tuy furent présantées par'un jeune enfant nommé Jean André Vidaud, descendant dans une nue, de la vatteur de SOOlivres. Puis, entrant dans la ville, fust reçeu, et mis sur luy un riche pouelle, qui cousta 1800 livres, porté par quatre consutz. Cependant t'artitherie jouoit. Et fust conduit à S" Martial, où il fust reçeu par le sieur évesque, et fust chanté Te DeMm ~M~awKM. Les chapses ouvertes, il baisa dévottement te chef de Martial, apostre de la Guienne, puis, sortant de l'église, reentra soubz son pouelle, et fust conduit, à tueur des flambeaux, par les rues de Manigne, Bancz et Ferrerie, à son-logis du Brueil. Et, le lendemain, les consulz furent merques consulaires luy porter deux médattes aveq-teurs d'or pesant deux marcz et d'autant qu'eites estoient impar-

fondation de la ville de Limoges et entrée de Sa Majesté en icelle, faict par M~ Simon Descoutures, advocat du 'Roy (t605), reproduit dans le LMK.hist., t. II, p. 84 et suiv. F. aussi LAFOREST, L:)KO~M aM xvn~siècle, p. 48 et suiv..

386

faietes, n'ayautz eust le temps, ie foy !es temist pour les faire achever et !es !uy envoyer. Et furent faictes par tes Masbareaux(i). enfans de Lymoges,qut après furent apetés pour aller demeurer aux ThuHheries du Louvre, à Paris; lesquelz ont faict les plus belles et rares pièces de leur temps, en or, argent, assier, fer, ivoire et autres métaux et bois. Sur la requeste de Messieurs les consulz prësantëe au roy, !uy requérant rexemption des taHtes et frMcz-flefz, il partit de Lymoges te 28' [~3J dudit octobre, et leur ppomist d'en communiquer à soa conseil, estant fort content de Lymoges.
[Condamnations pour lèse-maj<-Mc.]

Le 23° décembre ensuivant, furent condampnés comme crimine)z de !èze-Majeste et exécutés au Pitiory de Lymoges cinqt gentiUtommes, scavoir Calveyra.c~ Grjspetz, Duchassaingt, PuigaudoN et Matheiin, frère bastard de Calveyrac (3). Leurs testes furent mises sur !es qttatfe Murs des portes de la ville. (3). (4). Paris, 185~, (1) M. l'abbé Tëxier (Di'et. ~'ot'/eureWe eA~M, de gr. m-8"), les appelle les Ma~'MMa:; M. Maurice Ardant (B-MH. la Soc. arcA. du L:m., t. XIII, p. 93), opte avec Nadaud pour breaux. Nous croyons'que l'orthographe de notre ms. est la bonne Il.est nous avons à Limoges des familles Afas&H.?'sM<{. à noter que la relation si détaillée de la réception 'd'Henri tV, .qui se trouve aux Registres consulaires, ne nomme pas l'habile ouvrier qui avait fait les deux médailles. (8) « Le baron de Calvayrac, dùQuercy; le capitaine Mathelin; les sieurs duChassein et de Pénigourdon, du Périgord; et Louis Renaud de Gris, du Limousin. x (L&?OREST, Limoges au xvW s:~e, p. 68 et suiv.) (3) Les consuls de l'année i60S distribuèrent, par un contrat dui4 août de cette année, entre les mains des personnes solvables, les sommesprovenant de la souscription pour le collège des Jésuites, à la charge par ces personnes de rembourser ces sommesà leurs successeurs. (f"69, r") coMs!fKre (4) On lit en marge du DeM~M~T! « L'arrest contre les coureurs de pavés est du febvrier 16&7,donné » à Bourdeaux. Et fust'publyé y&yle 22'' dud. moys parChapoulâud,~ Nous n'avons pu nous procurer'cet arrêt et nous en ignorons la teneur.

38'? L'année 1608, le 'ie avril, monsieur de Schombergt fist son entrée à Lymoges,et fust receu lieutenant de monsieur d'Espernon, gouverneur.
[Réception lieutenant du de

Sehomberg(l).]

Le 24~ avrit, furent pandus les nommés Lafaye, Petit, [Exécution plusieurs Marsaut, du Cros et autres coquins, qui fesoient des larcins teurs.] par.les maisons et boutiques de la vHte, S~- Léonard et autres~. et aveq lieux (ils se servaient d'une chandelle ensorcelée); eux, Firminet et Pataque, recelleurs. C'estoient une bande de-larrons-qui fesoient de grandz larcins. (2). estant décédé, fust envoy Le 14~ may 1610, teroy Henry 4*~ !es députtés de la ville pour asseurer Sa Majesté de fidélité des habittans de Lymoges (3).

de vo-

[Mort d'Henri IV, Limoges envoie deux délégués àParis.]

(1) « Henri de Schomberg, comte de Nanteuil et de Durestal, marquis d'Espinay en Bretagne, chevalier des ordres du roi, lieutenant gênerai de ses armées, conseiller en ses conseils d'état et privé, etc., né. au mois de juillet ~S7S, succéda à son père au gouvernement de la Hauteet Basse-Marche, et à sa charge de maréchal de camp général des troupes allemandes pour le service du roi; fut lieutenant du roi en ~608. Il fut pourvu des gouvernements des pays de Limousin, Généal. A~t., Saintonge et Angoumois, en 1622. » (Le P. ANSELME, t. YH, p. 469.) f~.aussi LAFOREST, Limoges au xvn<!siècle, -p. 159 et suiv. (?) Le Deuxième R~coMSM~ture (f" 62, v°) dit que les consuls de cette année (~08) eurent à soutenir et.gagnèrent le procès qu'ils avaient avec le généra! Mauple. Ils déléguèrent le S'' du Puymoulinier vers le comte de Schomberg afin d'obtenir que ses compagnies passent à quatre lieues de Limoges pour se rendre à Tulle. Ils organisèrent la réception du comte de Schomberg, lieutenant du duc d'Epernon, ainsi que les réjouissances qui eurent lieu à Limoges le 11 mai, à l'occasion 'de la naissance du duc d'Anjou. (5) Lesconsuls choisirent pour cette mission « Simon Descoutures, avocat du roi, et Pierre Duboys du Boucheyron. » Ceux-ci rapportèrent de la cour à leurs collègues une lettre de remerciements de la reine mère, .du 10 juin J 610, et des lettres de félicitations de d'Epernon et de Schomberg. Un service funèbre pour le repos de l'âme du roi fut célébré à la cathédrale, le 15 juillet ~0. (Deuxième Reg. consul., f" 96, r", et suiv.)

388 e c'e p 11 odu ~ouverBeur, M. dcCandaU's4

L'an 16H, le 80" décembre arrivast à Lymoges monsieur de Candalle, lequel fust t'eçeu comme gouverMur, et ue vautust recepvoir le poueUequi luy fust présanté, mais le fist passer devantluy par Messieurs les consulz. A son entrée, y avoit 1,400 hommes conduitz par monsieur le juge Petiot, cotomne!, lesqueiz furent au devant. Et fust receu a S" Te Martial par Monsieur Fabbé et chapitre, où fust chanté Deum ~MdsmMs, et de là conduit chez monsieur le générai Benoist; et, le iendemain, partit. Le dit jour, commança à faire sy grand froid et néger si fort qu'on ne sçauroit d'en avoir tant ven, car pendant si~ sepmaines, il ne cessa de néger, aveq un froid excessif sy fort que plusieurs en moururent.

[FfoM MCCKMf, (610.)

~M(C des Pères Bénédictinsen r~~&Ctye S<Ï<?!C~de ~M~MS~'M~Z-LîMO~ëS.
(LesBe~dietin-

L'année 1612 (1), les révérends pères BénédicUns, de l'ordre de Sainct Benoist, Yindrçnt à Lymoges en l'abbaye de Saiuct-Augustin, et réformèrent les antiens religieux qui se voulurent joindre à eux. à la raigte de S"~ Benoist, et les autres jouirent de leurs pansions, estant abbé de ladite abbaye M" Jean Renantt, qui procura ladite réforme, lequel, après son décedz [1632], fust ensepvely dans ladite église, à costé du grand autel, comme se void par un épitaphe. Et depuis, les abbés sont triannelz, nommés entre les religieux, Hz ont faict de très beaux bastimentz. Lequel lieu estoit J'antien cimetière des Lémoviques,, comme il est dit ci-devant [p. 83], et [égiise] fondée par S~-Rorice, évesquede Limoges [p. 86], estant destruite par les guerres, restaurée par Févesque Turpia[p. 113]; et dans laquelle égtise sont ensepvelis des evesques et autres, et mesme PétroniHe Rotitde, royne d'Angleterre, sous le clocher dudit Heu, comme est dit cy-devant (<) Jean Reynaud, l'abbé réformateur, avait été nommé abbé eommendataire, le ~0mai 1894. (LAFOREST, Limogesa!f x~t! siècle, p. 98.) Lisez dans cet ouvrage t'historique de i'abbaye de Saint-Augustint.ez-Limoges.

389 156. F. surtout la note]. Lesquelz re)igieux prindrent toutes les pierres.des tumbeaux antiens qui estoient dans le pred, mesme celluy de ladite royne, dans lequel trouvèrent des dorures qu'ilz en firent plus de mille escus, comme dit est. L'an 1613 [1614], suivant les ordres du roy, furent députtës pour assister aux Estatz M~ Henry de La Marthonie, évësque [pour le clergé], Mons'' de Bonneval, pour la deLymoges noblesse, et Mons' de Chastenet, lieutenant généra), pour le tiéts-estat; et, pour la ville, sieur Grégoire Decordes, bourgeois (1). (2). Han 1614, pour les appréhensions qu'on avoit de Monsieur le.-prince, qui menassoit fort Limoges, certains de Ja ville firent faire un cierge en roue de la pesanteur de 12Q livres de cire, qui fust offert à S"' Martial, contenant en longueur le circuit de la ville, qui est de 705 brasses (3). L'an 1615, Mons'' le prince ayant prins les armes contre Sà Majesté, obligea les consulz et habittans de fère bonne garde, f<jrtimer les murailhes et fère ptusieurs plattes-formes, mesmes une palissade hors la ville, tout autour du fort Saintà [Ctergeofferta saint Martial.] [DéputésMX États.] "1

[Les consuls met' tentt~villeen état de défense.]

,(1) « Seigneur du Haut-Ligoure. » (LAFOKEsr, MMO~s'~M xvn" .s!'edg,p.87.) (2) V. le DgM~tgmg B~M~ consulaire (P~ 89 et 90) pour les lettres de Louis XIII (d'avril <613), par lesquelles il accorde patentes amc.enfants mâles des consuls la transmission des privileges-à. eux accordés. (3) En souvenir du cierge offert à saint Martial en 1183 et.delà levée du siége de'Limoges par Henri-le-Vieux. (~~ ci-dessus p;J65). dit à ta page citée « que le circuit de la Remarquons quej'annaliste ville ,était de 18)6 brasses. » La brasse avait environ 6 pieds ou deux mètres, ce qui aurait fait pour le circuit de la ville,, non comprise la Cité, environ 3 kilomètres et demi, ce qui n'est pas possible. Le chiffre de 705 brasses, ou environ 1 kilomètre et demi, se rapprocherait assez de la vérité.~

390 Martin, !aque)te fust faite des arbres qui estoient au cimetière Sainct-Pct; ensemble, la porte des Atrenpes fust fortiMée ostant l'entrée qui regarde le faux bourgtz. Effust faite une platte-formeainsmqu'i! se void. Et fust faite rentrée du cesté du cimetière. Lequel prince estoit à Argenton, place forte et non toingt de Limoges.
[Le duc Jt-Never~fI).

Le Si" novembre audit an i6!S, tnocs!euf de Nevers allant à Bourdeaux passa par Lymoges; lequel fust bien receu. H alloit trouver le roy audit Bourdeaux pourmoyetiner la paix entre les princes. Le 26"dudict novembre, arriva à Lymoges monsieur te duc de Nemours, et logea chez monsieur Petiot près les Arrennes. Le lendemain, arriva monsieur le prince de Joaviiie, au devant duquel furent 330 habittans conduitz par monsieuf Benoist assesseur. Et fust l'antrée en la porte Nanigae, où il fust bien receu. (2). L'an i6n, fust faite la monstre ou cadran du clocher de S"Martial, regardant à la porte Poulalière, et ce aux despantz des voisins, qui l'entretenoient.

Le duc de Nemours.t

Leprince de .)c)it*iUe.)

iC~dran de SaintMMti!t).1

t't) Charles de f~onzague, duc de Nevers, puis duc de Mantoue. ''2) Le Deuxième Registre consulaire, f"' 98 et suiv., dit que les consuls de l'année tCiS s'opposèrent vainement à l'établissement de blanchisseries de toiles par Jean Martin le jeune, qui avait obtenu le privilége de cet établissement de Louis XU!, !e 34 avril )6t5; ces consuls réglèrent la quantité d'eau aFerente aux fontaines des Barres, du Chevalet et de La Ctaustre. Les eaux qui a'imentatcnt ces fontaines provenaient du lieu dit de La Roehe-Ferdêre. Par accord intervenu le 3t août 1508, les eaux avaient été divisées par moitié entre les fontaines du Chevalet et des Barres d'une part, et la fontaine de La Claustre, appartenant aux religieux de Sautt-Martiat, d'autre part. (PMMter ~eg'i'sfreconsulaire, t. i, p. 9 et suiv.)

39t'– Venuedes Carmélites.
J L'année 161'7, fust acbetté du sieur Pierre Decordes, sièur [Les Carmélites.] de Balezis, la maison scituée devant l'arbre de Beauvais, descendant du portal Nimbert la somme de six mille cinquante livres, pour placer les religieuses Carmétites, dont la suppérieure estoit espagnoiïe. Le dimanche, 3° novembre 1618, régtise où chappeUe fust sacrée par monseigneur Raymond de La Marthonie, évesque 6° décembre ensuivant, furent mises en deLymoges,et.Ie six religieuses, le susdit évesque portant le S"~ pocession Sacrement en procession généraHe depuis rég!ise S"Estienne jusques à leur église aveq mesme solempnité que le jour de l'Octave-Dieu; où assistèrent tes six religieuses, tous les corps de la viUë, aveq grand aiNuence de peuple. Le 10'= octobre ~618, décéda en la Cité de Lymoges Mre Henry de la Marthonie, évesque de Lymoges, et fust ensepS"Estienne devant le grand autel. Et luy sucve!yàrégHse céda son nepveu et coadjuteur ayant la survivance. Raymond de La Marthonie, en rangt des évesques de Lymoges 83(1).

de la [Raymond Marthonie, évèque.] de 1618.)

Ladite année, par~tst une très grande et prodigieuse co- [Comète mette, et fust aussy bien vue à Lymoges qu'atbeurs, ~âq~~e!)& dura longt temps. Elle estoit estrangement ionguet faite en forme de sabre ou coustelas, dont le pomnteau estoit l'estoilte, qui estoit c)ère, et le restant tout en feu rouge. Et 'en sùiMe, furent vus divers prodiges en l'air. Réformation de l'Abbaye de ~o~o~K~ac.

Le 26~ juingt 1619, monsieur de Baraud (2), abbé de .So-

[Réforme de t'abbayedeSolignac.]

(1) 83~, d'après le tableau de Nadaud. Cet 6véque, sacré en <6tS, n~m~en~M~ (2) Jean Joubert de Barraud, évêque de Bazas, abbé commendataire de Solignac. fRoY-PiERREFfTTE, Monastères 6!M Les Lim., Solignac, p. d3; G~<. Christ., t. II, col. 874.)

392
tomptiiac, mist en pocession six religieux de l'ordre de S°'Benoist pour reformer ledit couvent et les antiens moynes qui ne voulurent suivre ta réforme jouyrent de pansion durant leur vie. Lequel sieur abbé et arcbevesque d'Arles décéda en ladite abbaye.
Reforme~.du couvent des. Carmes des Ar6tte<.)

Laditte année. M' Jeat) Tuaud, provinciat de t'ordre P. Carmes, réforma les religieux du couvent des Carmes Arrènes de Lymoges (1).

des des

~Lesfehgieuscsdc '-Mnte Claire.]

Le mercredi, i9° novembre 1619 (%), arrivèrent les religieuses de Sainte-Claire en la Citté de Lymoges, et se retirèrent pour faire leur office dans t'ég)ise appeTHée de SainctGenier et maison auprès, où elles demeurèrent jusques à l'année que leur bastiment et église furent bastis (3). L'année i6i9, la royne mère s'estant retirée à Engouiesme, à l'ayde de monsieur d'Espernon, obligea les habittans de Lymoges à faire bonne garde et provision de vivres, biedz, farines et autres.

[Leah.ibtttmttde se Limoges tiennent'ur ~urs gardes et ~'approvi&ion- · t!at.j

t. 111, BONAVËXTURE, p. 828. (t) (~) « 16)9 ou t6â0 (ms. de Lépine, note ms. st[r cet endroit). e 'Note ms. de Legros, à la page 838 du P. Bonaventure.) (3) « Elles sont sous la direction des FF. Mineurs Cordeliers. François de La Fayette, évëque de Limoges, la bénit (l'église) et célébra te premier la messe, le 5 juin, jour de la Fête-Dieu <649. ~Mt. maiHMSc. (NACAUD, Km., t. H, p. 434) a. (Notems. de Legros, a la page 828 du P. Bonaventure.) Le.tfaKMScnT! Pierre Jf~K~t'~)' de dit « Et en cette année 164), les dames religieuses de SainteCtaire de la cité de Limoges ont fait bâtir leur église, et Monsieur de Châteauneufleur a baillé tout le bois à bâtir, et M" de La Feuillade fut fondatrice de l'église et la fit bâtir ses dépens, et se fit recevoir religieuse et fut abbesse dudict couvent et [après] quelques quatre ans qu'elle demeura religieuse (A), elle se maria avec 'Monsieur le marquis de Saint-Maixant. Et quelque temps après il fut empoisonné à Paris. (A)Jacqueline d'At'busson de La Feuittade, née le ~t mars i6~ prit l'habit de Saintc-Clairc te i6 octobre )63S et fit profession le i!) mars 1637; mais ses vceux furent déclarés nuts/en )6H. (~. sur cette atïaire le A'oMM!i'cc< t. ;VfK!<ï!«~ t, p. PS.)

393
Le sieur de Schombergt fesoit grand levée de gens de guerre, aveq tesqueiz it print Userche. Le 12° avril suivant, la paix fust faite, et publiée le 26~juin, qui resjpuit grandement les habittantz. L'année 1620, la royne mère ayant reprins les armes, tes habittansde Lymoges creignants monsieur d'Espernon qui sçavoit les deBences de la ville et forteresse des murailles, demandèrent secours au roy, qui leur envoya monsieur le de Jo[i]nyi)te aveq 4,000 hommes lequel estant arrivé prince à S'Léonard le 4~ aoust, receut les nouvelles de la paix et arriva à Lymoges le 16" dudict, qui réjouit grandement les habittans, et y demeura jusques au 20°. Au commancement dudit trouble, fust commis six bourgeois pour faire réparer tes murailles, qui coustèrent 1,900 livres. Le dimanche, 4° octobre, monsieur le prince de Condé estant sorti de la Bastille, où il estoit prisonnier, arriva à Lymoges en poste, et assista à vespres à S~-Martiat, où luy fust faict ouverture de la châsse de S"' Martial et tuy fust monstre le saint chef qu'il ne voulust baiser, descouvert par révërance. Et, le lendemain, partit pour. aller à Snt- Léonard, où il ouyt messe et communia, et luy fust monstré aussy chef de saint Léonard et donna cent escus de présent. Venue des Religieuses Urselines.
[Lesreligieusesde sainte Ursule.] [Prise d'Uzerche par le lieutenant de Schomberg.] [Publicationdela paix.]

[Le prince Joinville défendre ges.]

de vient "Limo-

aux [Réparations murailles.] ]

[Le prince .de Condé.]

Le lundy, 13" (1) novembre 1620, arrivèrent les religieuses de saincte Ursulle, et furent logées dans la maison de chez Dupeyrat, devant la fontaine du ctoistre S"Martiat;,dans Festage de laquelle maison firent leur chapelle, et demeurèrent jusques au mois de mars ensuivant, qu'elles se retirèrent près l'Andeix du Vieux-Marché, où elles sont de présant. (2). (1) (f Le 15, )) d'après les chroniques inédites de la communauté. e, (LAFOREST, Limoges au XVn" siècle, p. ~4.) (3) KL'anmil six cent vingt, il fit un si grand éclat de tonnerre qui vint du côté de )a Mauvendiere,près des Arènes, lequel tonnerre

394
Réception hcutenantde du

Le 2) [23] juin 16~ PMtïpes de Pompadour Sst.soa euh'ée à Lymoges, comme lieutenant de Mons~ le gouverneur. Et
furent au devant 1,100 hommes, conduitz par M~ Martial Beuoist Sr du Montin, colomnel. Et le 25e, ledit sieur de Pompadour monta à l'audiance pour faire publier ses tettt'es, où assistèrent les députtës de tous tes corps de ville. Il estoit assis en la place du président.

Pu!Mpa()ont.)

Fc~Kedes Pères FeutHaî!
~Les FeuiUants.]

Pères Feuillantz fuLe2S"(i)junteti622,!esrévërandz rent mis en pocession de l'abbaye de S&inct-Martin-tezLymoges, estMt pour lors abbé M"' [N.j Marchandon et chanoine de Sainct-Estienne. Les anUeas moynes qui ne voulurent suivre leur raig)e jouyrent de leur pension durant leur vie, comme aussy ledit S~ abbé et prévost. Et apprès le décedz dudit abbé, il fust ensepveli dans l'église, comme se void par son épitaphe. Et l'abbaye demeura ausditz religieux, qui nomment leur abbé trianneUement entre ëNX. L'abbaye est fort bonne. Le bastiment fust démoly par les guerres, comme dit est cy-devant, [et reconstruite] par les Vénitiens, ayant este destruite par !es Danois ~p. ~T], et puis destruite du remise par l'évesque temps d'Henri-te-Vieux [p.i64j,puis Hitdoin [p. 133]. Voyez au nom des abbés, ci-dessus [p. ii9], et la dernière destruction ci-dessus [p. 3S8], du temps des guerres civilles, l'an 1874.

tra\'er?a ta ville de Limoges et vint tomber sur le haut du clocher de t't'~tise Saint-Etienne, et abattit un des petits clochers de pierre qui 'tait demeuré depuis que le grand aiguillon était brûlé aussi par le feu du tonnerre [1S7)}.Lequel tonnerre ayant laissé encore deux des petits clochers que l'on y voit encore et ayant abattu l'autre il renvoya la plupart des quartiers de pierre de taille au dessus de la maibOnde Monsieur t'eycqne, qui lui portèrent grande perte. Lequel ''veque s'appelait François de La~ayette, enfant de UAuvergtic, lequel n'était que reçu évêque de quatre mois au-devant. (Ms. de Jean Lavaud, dit dé Pierre Mesnagier. !<) Le P. Bonaventure dit le %2juillet a n)ais Legrqs a biffu ces mots elles a remplacés par ceux-ci Ket par acte du 1S ».

39S Le dimanche, 7" (1) may 1633, fist son enn'ëe à Lymoges, et luy furent commé-gouverrteur, monsieur.de Schomberbt au devant ~OO hommes, conduitz par monsieur le juge Petiot, colomnel. Lequel sieur gouverneur refusa se meure soubzJe pouelle qui tuy fust présant.ë'par les consulz.
Réception du de gouverneur Schomberg.~

Venue d~s Pères

de l'Oratoire.
jT-esPères det'Oratoire.]

Le dimanche, 21 juillet 1654 (2), les révérendz Pères de l'Oratoire commencèrent à faire leurs exercices dans la maisou chez Dupeyrat, où cy-deva&t avoient esté les Urselines, finallement près l'Andeix ou Croix puis, près rArbre-Peint, de Maaigne, où ils sont de présant. Lasusditte année 1624, se fesoit ['ostension du chef de Mons'' S~-Martiai, commançant au mardy de Pasques et finissant au mardy de h Pentecoste, dont y eust affluance d'estrangers. Auquel temps, monsieur Bardon, qui vivo!). pour lors en grand austérité de vie, composa les vers qui sont sur le sépulcre de sainct Martial, et une prose en latin

-'[Ostensiocs de 16-24.]

(4) (rJLe 7 juin, d'après le Deuxième R~Mtre consulaire (f° 12S.et suiv.) qui donne un récit très étendu de cette réception. (8) Voici ce que dit le Manuscrit de Pierre ~esMc~ier n Et en cette présente année <640, vinrent à Limoges s'établir les Pères de l'Oratoire, et firent leur première demeure dans la rue de l'ArbrePeint, proche le logis des Feuillants; et firent quatre ans de séjour en ce quartier, et après ils achetèrent à l'Andeix de Manigne une maison'appartenant à messieurs Le Boyol et ont demeuré là depuis, et sont encore à présent. Et ils disaient la sainte messe dans une chambre sur le derrière de cette maison, et après ils Erentleur chapelle sûr le devant' et ont ainsi demeurés quelque temps. r H y a entre ces deux dates, <624et 40, seize ans de distance. Nous savons que Pierre Mesnagier est un annaliste contemporain des événements dans lequel on peut avoir connance, aussi croyons-nous qu'il a raison. Nous ne pouvons nous expliquer les erreurs de date que nous rencontrons à la fin de notre manuscrit, qu'en supposant que le compilateur:a.voulli utiliser les blancs qu'il avait laissés d'abord en certains endroits.

–396–
à l'honneur dudict sainct en vers sizains, commauçans Gasde, sancte Martialis, et tous-les suivants commencent par ~st~e, etc. Et sont en nombre 34 sizains qui sont cy-devant

[p.~].

Comme aussy Monsieur Dorât, aumonsnier du roy, composa des estances à rhonaeur de sainct MartiaL qui sont cy-devant [p. 350].

$
~Mort deBernMd C.n'don de Brun.)

Dece~x de Ilonsieur

Barbon.

L'an 162S, le i9<= janvier ('!), décéda vénérable M~ Bernard dit de Brun, et fust ensepveli le !andematn Bardon, prestre, de jour de S~-Sébastien en l'église de S"Pterre-du-Q).teyroir i~ymoges, devant t'haute! de S,,t-Fiacre, son corps ayant esté enlevé par les prestres de ladite église et paroissiens, nonobstant la réststance de certains qui voulloient qu'il fust enterré ailheurs et le pensoient fère transporter à certaines maisons Et fust. mis en terre à la huste. Auquel entèverdigieuses. ment furent plus de mille personnes attantz eu désordrp, comme l'on peut voir dans le Livre qui en a été composé par le Révérend père Petiot, jësuitte (2). Lequel, cinqt jours après, fust d~senterré et mis dans un ccrcue't de plomb, !e corps duquel avoit une odeur suave, la bouche vermeille et tes yeux à demy ouvertz aveq la bouche, le restant du corps estant blanc,'n'estant en rien corrompu à cause de la terre. L~n peut voir sa vie dans te susdit tivrp, taquctte est toute admirable. Ceux qui.se sont recommanda a ses prières pendant sa vie et après sa mort [sont nombreux]. t) « Le 30 janvier » (note ms. de Legros en marge de <apage 8M du P. Bonaventure). ()} La vie admirable et exemplaire de M. Bardon de Brun, prut.re. Par te R. P. EstiennePETiOT. Bordeaux, Millanges, )G36, in-S" Le Ccttf~.de la Bt6L K<tt;,t. IX, p. 377, indique trois éditions de cet ouvrage: lieux à Bordeaux, en 636, et une à limoges, impr. par Chapoutaud, en 16S3. Le P. Bonaventure, 1.111,p. 833, a donné aussi une vie dece pieux personnage tMM/. également F~ft~tuft saefMm /.eMMMMMe,o~)'&.). CoLLmt.~moftCM, Chapoutaud, 1673, in-H. p. 86; CoujN, ~e des Saints, Limoges, Barbon, !672, in-t2, p. tS; P. LAt'ORrST, KM S:Mg, p. 33Ï. ~!moS'<< X.Vn''

39'7

Ou, tous les jo.urs, plusieurs personnes vont à son sépulcre, où Hz trouvent soulagement, tant aux malladies que affaires particulières qui arrivent dans les familles, y ayant oraisons et prières en latin et françois pour ce subject. L'an 1666, le 21<= avril, jour de mercredy de la sepmaine saincte, sur le soir, te corps dudict feu monsieur Bardon fust transtéré de son sépulcre et mis dans un sépulcre neuf qu'on fist fère dans le mur du clocher de ladite église Sainct-Pierre, aveq la permission de Monseigneur l'évesque, lequel y envoya Monsr son omcial et gremer.

Venue des Pères Cartes DescMM~c.
Le 18''jui!)etl63S, les révérends Pères Carmes deschausséz furent mis en pocession de l'église et prioré et aussy paroisse de Sainct-André de la Citté de Lymoges, estant prieur messire François Vidaud, qui prinst l'habit, et un sien frère. Et, le 6e aoust, la croix y fust plantée, où assista monseigneur Raymond de La Marthonie, évesque de Lymoges. Et après, fust transférée !a paroisse à S~-Dampno!et.' La prioré est fort belle et bonne en revenu. Hz ontfaict depuis plusieurs bastimentz. L'an 1626, les pluyes furent si grandes, et extraordinaires que les dommages qu'elles portèrent en divers endroitz faisoient perdre espérance de pouvoir recueillir les grains ;sy bien qu'apprès plusieurs processions, jeusne de trois jours, les chapses furent portées, le 21~ juillet, aveqautant d'affluence de peuple que le mardy de Pasques. Et, le mesme jour, ,1e soHeil commança à se monstrer, et les grains se levèrent aveq faciiïité. Le 9~ janvier, 1627, la fontaine qui est entre la Citté et Et fust faite venir fauxbourgtz de Boucherie fustparrachevée. aux despans des habittaus dudict fauxbourgtz et Haute-Citté. Le 12~ [11] dudict mois, décéda M~ Raymond de la Marthonie, évesque de Lymoges, et fust ensepveli à l'église S~Estienne, près son oncle. Et à luy sucéda M'
[Les Carmes dé-

chaussés.]

[Procession pour les récoltes.]

de [Achèvement la fontaine entre la cité et le faubourg cherie.] Bou-

–398– Françom )'yettf, qug.; de La cvc-

FttA~çoïs DE LA FAY]STTE,en raagt des évesquM 84 (i); et, le 25° aou&t, fist son entrée, et le 38° [fust] mis en pocession. Icelle année 1631, au mois de septembre, l'aMuance des pauvres fustsy grande, comme aussy la disette telle qu'on fust contrainct de distribuer tes pauvres de la ville par les maisons. Laquelle disette dura iongt temps et jusques en l'an i63i, le saigte vallant 7 à 8 !'vres le sestier, et bien aise celluy qui eu pouvoit avoir ace prix. Dont s'en suivit la contagion. Le i2" novembre j~i6~8}, fust fait ~u de joye pour la réduction de La Rochelle. L'année 1630, le 8~ janvier, arriva dans S'Martia), issue de grand messe, contestation entre le sieur abbé et chanoines, telle qu'Hz vindrent aux mains, kdi.t abbé ayant prévu cft aSaire, ayant fait mettre des gens dans le chemiu qui va de !a sacristie aux ctoistres. Tellement qn'i! y eut des ehanoincs blessés et sang respandu, aveq grand seandalle de peuple, qui accourust au bruit. Ce, qui donna occasion au seigneur évesque de Lymoges de se transporter dans laditte église, et, sur le soir dudict jour et informations faittes veu le sangt, de !adtteég)iseàregUse de transporta le Sainct-Sacrement S"Pierre dite du Queyroy, où se trouvèrent à la suitte plus de quatre mille personnes, ce qui touchoit te cœur à tous, dont la piuspart avoient les larmes aux yeux, disautz quelque malheur devoit arriver. Do~t rëgiise de S~-Martiu!, dans iaqnetie se fesoit le service divin et visitée de la ptuspart des demeura sans aucun service ny cloches sonnées hâbittants, jusques au dimanche ensuivant, que rcg!ise fu&t reconcHtice solempnellernent par ledit seigneur évesgue, uù il y eust

jM~ere et disette AumOne!)

~Feudejoiepour la prise de ta Rocheiie.] fConteatattott entre l'abbè et les chanoines de St-Martia) f9).

()) 83', d'âpres le tableau de Kadaud. Cet. th'q.ne 37 novembre t62S et prit possession de son siège ~n rut)e3mai!67G. la note de la page i0t, où nous reproduisons (3) Je PM~'M .~esM~~)' que possède la bib!iotheqne de nMnuscrk rapporte cette contestation M'amee !63~.

fut. notnme !c ~638. U moule .VfUtMf'~f Limoges; c~

–399– grande multitude de peuple. Cepaudant les chanoines faiEt de ce soient leur ofSce dans ladite église Sainct-Pierre. fust intenté grand procès, et fust arretté prisonnier ledict et, sieur abbé et ses deux frères, dont l'un estoit chanoine enfin; y eust arrest. A ceste cause lesditz chanoines se soubzmirent la jurisdiction dudit seigneur évesque, dont, despuis, se sont repantis, car il n'avoit aucun droit ny justice sur eux. 5orc!6}'s et Sorcières ~gcM~s à Lymoges.

Ladite année ~630, au mois d'apvri!, furent attaingtz et [Sorcierset ,sorcièresexécutés convaincus de sort~tége trois paysantz proches de Lymoges, àLimoges.} nommés Jossou, Pautier et Galetou, lesquelz accusèrent trois et leurs corps bruliës au femmes, et lesquelz furent pandus, Creux des Arrennes. Jossou et Galetou furent repentans, et Pautier mourust sans repantance, ains demeuroit sans parter, ayant esté exhorté piusieurs fois, son démon ne l'ayant jamais quitté, car, estant à la_potence., un gros frelon estoit sur soa espaule, et, de temps en temps, alloit vo!ter autour de luy,' et passoit devant son visage et autour du bourreau qui !e.chassoit, etpuis retournoit surl'espaule, etpnis retourDoit si souvent que le bourreau en fust espou vanté, qui attandoit Musjours un mot de repentance, lequel jamais ne voutust parter. Lequel frelon s'approcha de la bouche dudit Pautier. Le bourreau tout enrayé luy donna le saut, y estant contrainçt, criant Je.-MS, Marm Descendant à grand haste de la potance, criant tousjours Jésus, Msna! fust vu, à la vue de tout le peuple, ledit frelon entouré d'une iumée monter en t'air fesant grand bruit, dont les plus proches furent fort enrayés et fust vu jusqu'à perte de vue. Les trois femmes furent exécuttées quelques jours après, dont deux femmes furent bruttées au susdit lieu du Creux des Arrennes. L'un desditzsortiersavoit ensorcelle une fille qui demeuroit servante chez un nommé Routhact, près l'arbre d'Eigoutène, laquelle estant exorcicée fesoit des extorsions de teste et corps, sortant ta langue de sa bouche de façon estrange comme aussy tournoit la teste devant dernier, et antres choses effroyables, aveq cris et hnrlementz.

400

U y eust aussy un jeune enfant de ladite maison qui fust aussy ensorcellé. Lesquetz, fille et enfant, après ies exercices et punition desditz, furent délivrés, à la réserve de l'enfant, qui demeura muet et paralitique de tout son corps, estant eagé de 'i0 ans ou environ; lequel fust guéri par l'intercession de sainct Martial l'année suivante, qui fust i'ostension, de cette sorte. La mère dudit enfant porta en dévotion ledit enfant à SainctMartiat, pour lui faire baiser le sainct chef. Arriva que le vendredi 9° et sabmedi 10" de may de l'année 1631, iceux jours ayant esté porté ledit enfant à Sainct-Martiat et baisé le chef du glorieux sainct, estant rapporte à !a maison le soir du vandredy, la nuit, l'enfant se seroit èsveillé et appelé sa mère, la priant de t'apporter de rechef à S'Martia!, pour baiser son s'" chef. La mère, estonnée d'entendte parler son filz, ayant demeuré sy longt temps muet, le lendemain matin, l'auroit porté en chemise, teste nue, aveq un cierge à la main. Où estant, demanda à baiser le chef de S"~ Martial, ce qui luy fust ottroyé. Après t'avoir baisé et présanté son cierge, demeura comme pasmé, et après s'estre remis, il se seroit levé et marché sans ses bastons, qui auparavant le supportoient, et seroit allé de ses piedz visitter les autres sainctes reliques qui sont dans et hors la ville. Et fu~t faict le miracle à la vue de trois de messieurs les chanoines et de plusieurs autres qui estoient là présants, le sabmedy i0'' may 1631. Commencement
Peste de IC30t63t.')

de la CoK~a~tOK.

Laditte année 1630, sur la fin de septembre (~), se descouvrit la contagion aux fauxbourgts des Arrenncs, ayant esté portée par un estranger qui mourust ait logis des Trois-Anges,

;i) V..Vs. Coa/'ntH't'edu 5a!'?!~ac''e??M?!<que possède la ;Wo?t. de bibliothèque, reproduit en partie dans Anou, 7~e?*/pt. la Haute-Vienne; p 8~'?, et en entier dans le ~!M. &)'s< t. l, p. 35 et suiv. F. aussi le .!f<MMMC)':< de JeaK Lavaud, dit à tort da Pierre à la bibtiothcque communale de Limoges. Mesnagier, appartenant au M. Pierre Laforest, dans son ~Mnos'<~ xvn' st'ëc~, p. 179 et suiv-, donne de grands détails sur cette peste à Umoges.

.~01 et sur ce d'autres; tellement qu'ayant continué peu après tout l'hivert, s'cschauS'a à ia prime de l'année 1631, sy fort qu'elle donna .subject aux habittans de se retirer à la campagne. Nonobstant la contagion qui s'eschauffoit tous les jours aux sepmaines sainctes de l'année 1631, i'ostenston du chef du glorieux sainct Martial fust faicte et des autres sainctes rèiiques, mais non avec affluance de peuple, à cause de la malladie, qui, au mois de may, fust par* tous les cartiers de la ville, qui donna subject aux habittans qui avoient de quoy se retirer à la campagne (1). Nonobstant tout, la closture des sainctes reliques ne fust faite qu'à l'ordinaire, le mardy de la Pentecoste. Auquel temps, la malladie estoit dans une grande yioUanceettebted fort cher; et valtut le seigle 7 à8 livres !e sestiers (2). Dont les consutz; prétoiautz la nécessité de la malladie et pauvres de la ville, comme aussy pour la garde d'icelle, pour laquelle fust commis Guilhaume Pénicàud (3).

(<) En présence de ces nombreux départs, les consuls durent prélever sur chaque personne sortant de la ville 'avec ses meubles une certaine somme pour subvenir aux dépenses que la contagion occacette somme devait leur être remboursée sionnait plus tard. o'" (DeM-MernsRegistre consulaire, f" 455, v".) Deuxième Registre consulaire (f° -!53, r°.) dit que le 18 avril (2) Le ~631,sur la proposition de Jean Descordes, lieutenant général de ta sénéchaussée, les consuls établirent une chambre de santé dont les membres furent pris dans les divers corps de ville. Elle. fut composée de quatorze membres. Cette chambre, sur la proposition du prévôt et des consuls, décidait sur toutes les affaires et les règlements concernant la contagion. (3) Nous avons été assez heureux pour trouver l'acte de nomination du capitaine Guillaume Pénicaud. 11 est écrit sur parchemin et porte les signatures des consuls en charge et le sceau de la ville. cette Nous pensons être agréable à nos lecteurs en reproduisant consM~M-e parle du pièce, d'autant plus que le Deuxième ~c~s~ capitaine Pénicaud sans donner l'acte de sa nomination « AùjouR!)'tnu huitième may mil six cent n'ente-un, en la chambre du Conseil de la Maison de Ville de Limoges, où étoient messieurs Decordes, lieutenant-monsieur Albiat, prévost; Benoist, Roger Descordes, David, consuls de ladite ville; Maledent, Reculès, consulset magistrats Descoutures; avocat du Roy; deVerthamont, président de police. Jean Jayat et Jacques consuls; Naledent-Chastagnac, juge M

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ptfur capitaine aveq ceot soidatz pom' garder les portes de la viHe, fesant pathroulhe la uu!t par les rues pour empescher qu'il oe se fist de \'o!)enes. Et, outre ce, conwiu'ent~des me' dfcips de la ville et esu'angers, dont )'un se tenoit dans la tour Branland (i)~ et l'autre'au lieu appellé de La Matbiartre, au dessoub~ de la Mauvandière, outre ce, des chtrm'gtecs tant habitants qu'estrangers. Et, pour la santé de Famé, it y eust des prostrés qui $'oKrireot volontairement, comme aussy des pères Jésuittes, Recoietz et autres. Rt furent faites des
Martin, sieur du Teillout, bourgeois, assembla pour les an'aires de ladite ville, ont remontré par ledit sieur Albiat, prévost consul, que comme environ depuis huit ou neuf mois en c&, les habitants de la présente ville quoique soit partie d'vceux, ont été frappés de la maladie contagieuse, laquelle c'est tellement augmentée depuis le commencement du printems que plusieurs en sont ~décèdes, ce qui a donné un tel éfroy et épouvante aux autres qu'ils ont depuis peu abbandonné la ville commefont encore tous les jours, de sorte qu'il seroit necessa.~e, ainsi qu'il a. toujours été usité en pareille occnrance, de créer un capitaine avecun nombre de soldats pour la garde de ladite ville et empescher que pendant'le tems que les dits habitants demeureront hors et qu'il plaira à Dieu nous affliger de ladite maladie, il ne se commette aucun désordre en iccile' par les habitants ou étrangers qui y pourroient arriver, compagnons à. pied,et requiert ledit sieur de vouloir délibérer sur ladite proposition et faire choix d'une personne de considération, hoRne renommée et qui soit capable de commander auxdits soldats, Sur quoy ouy ledit sieur Decoutures, avocat du Roy, a été arrêté et conclud que pour la garde &t conservation de ladite ville, il sera fait choix d'une personne $ufB.sante et capable pour commender à une compagnie de trente soldats et davantage s'il est besoin, tous habitants de la présente ville, et pour empêcher qu'il ne se commette aucun désordre en icelle, et après mure délibération a été trouvé bon de la part de la majeure de faire apeller Guilhaume Pénicaud, marchand de cette ville, pour commender auxdits soldats, ayant été juge capable de le faire. Et iceluy s'étant présenté et déclaré occuper ladite charge avec honneur, avons fait prêter le serment au cas requis, dont a été CQn$édéacte signé Albiat, prévost consul; Benoist, consul, et de Rogicr, consul, Decordes, consul, David, consul, et de Romanet, consul. Et signé pour expédition, David, greffier de l'Hôtel de Ville. N fti « D'ÂmbIard. » (LAFOREST, ~Mto~Mau xvn'' ~c~.) Cette tour était indifféremment appelée de l'un on de l'autre nom.

–403– maisons ou huttes pour loger les pauvres mallades soubz ta Maison-Dieu, dans le pred le longt du ruisseau. Pourlesqueiz frai.tz, tesditz sieurs consulz firent taxe sur ceux qui se retiroient de la ville, pour lesquelz faire payer empeschèrent qu'aucuns meubles ne sortissent. Laquelle somme ne fust bastânte ~sumsante] pour survenir aux fraitz qui furent faitz des pauvres qui pour la solde des soldàtz et nourriture estoient aux huttes, ausquélz on envoyoit alimentz pour tes tellement que les consulz firent beaucoupt d'advansustenter ces, desquelles ilz n'ont estés achevés de rembourcer, dont y a eu procès, qui dure encore; ce qui est injuste, car Hz sont louables de ce que, pandant ladite contagion, il n'y eust aucuns tarcins ny maisons pithées, si bien ilz avoient mis ordre. Laquelle malladie commança à cesser après la procession de sainct;Roch, où lesditz consulz assistèrent aveq leurs me! ques; et depuis ont continué d'assister, à la proces&ion que les prestres de Snt-Pierre font ledit jour de saint Roch, ensemble les confrères. En Iaque!!e église de Snt -Pierre le S" Sacreuient est exposé, et aussy à S~-Michet-des-Lioas (i). L'on faict'estat qu'il en mourust de personnes dans la vittë, Citté et fauxbourgtz et banlieue vingt mille personnes, et plus que moingtz, sans conter ceux des autres villages où ce mal passa. Et depuis, la feste est chommable (2). ïce!!e année [1632] fust fort fertille en grains, grande quantité de vin, qui soulagea beaucoupt avoient beaucoupt despancé, et autres pauvres. fruitz :et [Abondance es d ceux qui récoltes.]

(<)'<t-Levingt deuxième febvrier de l'année suivante fust indicte procession générale, avec convocation des ordres religieux; et dès lors, $?<!< phinees et cessavit quassatio; et ensuite, le lendemain, de la partie monseigneur le reverendissime évesque FRANçoKDE LA un FAyETTE, service général pour les âmes de ceux qui gisent incognus etingtorieux dans le sépulc~re ». (OM<a;:6tKe Registre consulaire, f" 186,v') (3) Apres la disparution de la peste, les consuls fondèrent une maison.de santé au prieuré de la Maison-Dieu, dépendant de l'abw baye de la Règle. (~)

4U4 Division entre les Pères ~ccoHg~z. ~BhbiondeBf Ent'annéei632,commança la division ou partage de la cotlets.] province de Guienne entre les Pères Recoletz, qui esciatta & Lymoges grandement. Le subject de ta conteste estoit la suppression des discretz,.et les autres mdiscretz, sy bien qu'en mesme temps on vist deux provinci'aux des deux parties, les uns nommés discretz et les autres indiseretz. Et fesoient leur garde, les uns dans Saincte-Yailérte, et à S"François, couvent, les uns contre les autres. Et après plusieurs disputer et batteries, les portes de Sa!nct-Frauçois furent rompues par monsieur de Pompadour, lieutenant de la province, qui donna le premier coupt de mail, et ensuitte la noblesse qui estoit aveq luy, qui aydoient à rompre; qui escandaMza plusieurs. Et dura laditte disputte jusques ran 1634, que Sa Saincteté donna règlement. Entrée du Roy Louis, Xm' Passage deLottie X!) dM nom.

Le 9'' novembre 1632, le roy Louis, i3* du nom, de France et de Navarre, revenant de Thoulouse (d), arriva à Lymoges en temps fort mauvais, fesant grand pluye, et ne voulust estre receu en magnificence, comme l'ou s'estoit préparé. Il eust au devant de luy les députés de la ville aveq plusieurs bourgeois etmarchandz à chevat, lesquelz furent au-detà de SainctLazarre (2). n entra par la porte Manigne, et luy furent présantées les clefs de la ville par un beau-filz nommé Jean Vidaud, 6tz de monsieur Vidaud, conseilher au siège présidial; et après, sur ledit roy fust porté un beau pouelle porté par quatre consul ayant des robes de vetours aveq les chiperons de damas. Et fust conduit à Sa!nct-Martia{,j)ù il ne voutust entrer. Le seigneur évesque et chanoines estantz soubz le
(1) Où il avait fait condamner le duc de Montmorency à avoir la tête tranchée. (3) « Le lieutenant général ayant commencé une harangue, le roi, d'un ton sec, l'interrompit « C'est bien ) !) dit-H, et l'orateur se tut. » ~LAFOREST, Ltmo~Mait xvH"siècle, p. 207.)

405
clocher en estat de le voulloir recepvoir, te roy voyant quête sieur évesque avoit quelque différent aveq l'abbé pour ladite réception (1). Quoy voyant, le roy passa outre et alla, descendre en son logis du Brueit. Par où le roy passa, les rues estoient tendues de tapisserie jusques sur le pavé. Et, le lendemain matin, partit pour aller tout droit à Paris; après de 8'Michet-des-Lions, avoir ouy la messe dans'léglise qui fustdite par un de ses aumosniers. Ledit sieur évesque y estoit'aveq ses habitz pontificaux, pendant la messe, et pour la susdite disputte, le roy ne visita point Sainct-Martiat. Pour faire les fraitz de ladite entrée, il fust fait taxe par les consuls, pour l'advancement de laquelle furent nommés huict bourgeois et marchandz, dont chascun advança trois cens livres, qui depuis furent régattées sur les babitans par

(l)e: Entre cet abbé et le prélat s'était étevé un contlit sur la question de savoir qui de l'un ou de l'autre ferait à S. M. les honneurs p.'aOS.)L'explication du différend qui empêcha del'église. a(LAFOREST, Louis XIII d'entrer à Saint-Martial est donnée par un autre annaliste limousin. Voici ce qu'on lit à la page 219 du Manuscrit de Pierre. ~H~Mai~r que possède la bibliothèque de Limoges « L'année mil six cent trente-deux, il arriva en'cette ville et église Saint-Martial un grand désordre entre monsieur du Verdier, abbé de Saint-Martial, et Messieurs les chanoines de ladite église. Et se battirent si fort qu'il fut répandu quantité de sang parmi le choeur, ce qui causa qui ne se dit aucune messe dans le chœur de l'église pendant un mois entier, et fallut que monsieur François de La Fayette retourna bénir et sacrer ladite église et, par ce moyen, il fut reçu des chanoines comme s'il eût été leur abbé. Et du depuis a eu la visite sur eux. Et furent prisonniers une partie des. serviteurs de l'abbé l'espace de Monastères du Limousin, Stdix-huit mois. D (F. RoY-PiERREFrrrE, Martial (p. 81). Cet auteur prétend, d'après le manuscrit de Téveché, que, quoiqu'on dise Bonaventure, p. 8 ÎO, l'évêque reçut Louis XIII. à Saint-Martial, le 9 novembre 1632. Simple copiste, nous n'avons pas à décider la question, nous ferons'seulement remarquer Que le Père Bonaventure ne fait que reproduire textuellement. le récit donné par notre manuscrit; 2° Que l'auteur des annales connues sous le nom de ~aKMscrH Pierre Mesnagier, et auxquelles nous venons d'emprunter notre dernière Citation, est contemporain des faits qu'il raconte. f. Ce que dit notre manuscrit, p. 398.

–4M ordre du roy. Le roy passant par Argenton n&t desmoilir la forteresse.
(Mortdugom'ertteurdcSchomterg.t

Le n" dudict mois et an [novembre 1632], décéda monsieur de Scbombergt, mareschal de France et nostre gouverneur, en la ville de Bourdeaux, d'une appoptésie, lequel fust grandement regretté de la ville et plat puys. Les consulz firent tére le service à rëguse Sainct-Pierre. L'oraison funèbre fust [dite] par le R. P. Thimottée, recoliet, prédicateur, cette année, à S°'-Mart!a!. Et succéda audit gouvernement monsieur le duc d'Aluin [HaHuyn], son filz, qui imita le père en son gouvernement (i). Le premier de septembre 1632, décéda monsieur Tatois, chanoine et ouicial de Lymoges, homme de grande érudition et de vie fort exemplaire, et fust ensepvely dans l'église des Carmelites, lesquelles, se retirant aux fau~boargz de Mani. ~ne, où eUes sont, transportèrent le corp& à teur église, aveq les corps de leurs religieuses à leur couvent. (3). L'année 1634, te i0'' décembre, monsieur le duc de Vantadour fist son entrée à Lymoges comme gouverneur. U y avo!t bon nombre d'infanterie et autres. Et fust reçeuaS~-Mar-

'Mort

de

M. de

Tatois,chanoiMetoftieiat.) ]

du iReceptteH de gouverneur V~ntadour.~

xvif siècle, p, t8$. «Le 13 juillet ,i) LAt'ORHS'f, Limoges <tM i633. ieduc lialluyn, gouverneur, du Languedoc et ci-devant gouverneur du Limousin, et sa femme passèrent Il Limoges. ~f!M;M)HC ? ~s~fo?MM<atM,f"t63.) une (3) Les consuls de l'année 1633 ctirent (ic 8 décembre <<332) commission chargée de pourvoir aux besoins des pauvres. Nous remarquons dans la liste des membres élus que huit cantons sont représentes au lieu de dix. Le duc de Pompadour passa par Limoges le 10 juin t633. Les consuls rééliront le <2 août la commission chargée de pourvoir aux besoins des pauvres; le ~8 août,ii& reçurent le premier président du parlement de Bordeaux; le 9 juin 1633, les consuls de l'année )G3< teur réclamèrent le remboursement de la somme de 4,938 livres i3 s. 6 d., avancëe par eux lors dela contagion. (PfiM'Mmc Rf~:s<r<*eoM!t~t?'< {'ft63 et suiv.)

401 liai par monseigneur t'evesque, où le Te Deu~K fus), chante; · et de tà'atta descendre au Brueil. (t). L'an 1635, décéda monsieur de Pompadour, lieutenant aa gouvernement, et fust m,isen sa plaçe Me de Laurière, par provision, durant te bas eage de son ntz. Et fist son entrée au mois de juin. [Il </ a t'Ct une ~M!<j~M 6 blanc dans le manuscrit.] Au cornmancement de cette année 1638, les habittants de Sainct-Lëonard ou certains particuHers obtiodrent du roy un siège de sénéchaussée pour teur ville, ce qui choquoit fort celle. de Lymoges. Par quoy eust opposition et fust faict enqueste et don gratuy par la ville de Lymoges, lequel ne fut bastant [sumsant]. C'est poùrquoy Messieurs du siège firent bourse entre eux, et les procureurs le surptus. Et pour eux rembourcer fust taxée chaque presatitation 16 livres. Et pour ce fust députté deux procureurs. Au mois d'avril de ladite année, fust dëputté à S"t-Lëonard ttti chanoine de l'église et un cousu) pour porter une relique de sainct Léonard à la royne étant enceinte de Monseigneur le Dauphin. Laquelle elle receut honnorablement, et la porta toujours sur elle. [cette année, le mardi de Pasques, commança t'ostension du chef de s"' Martial et des autres saints; et iàctosture, te e mardy de Pantecoste par monseigneur François de La Fayette, cvesque de Lymoges, où assista Monsieur l'abbé deS~-M&rtial, en ceste sorte le seigneur évesque portoit les couppes
[Sénéchaussée de Saint-Léonard.] g [M.deLauriëre, lieutenant.]

(Envoi d'une relique de SaintLéonard à la. reine ]

[Ostensions ftG38.J

de-

(1) Les consuls de l'année !63~, après àvott' ëonsta.te une maladie contagieuse dans quelques maisons de !a ville, décidèrent, pour éloigner la contagion, le renvoi hors la ville de tous les mendiants, Afin de pourvoir à la nourriture de ces mendiants, ils Hrent une coHecte chez tous les habitants et nommèrent pour collecteurs deux co~~M<f"i?'0, r"~ h&m'geoispar chaque canton. (OgM;MmgjRf(jf;s<)'e

408–

d'or où est le sainct chefentre les mains, aveq ses habitz pontificaux, et ledit sieur abbé, avec ses habitz et mittre, sans crosse. La procession, sortant dessous le ctocher, descendant par la grand rue et, de là, Soubz!es-Arb!'es,où fust faite la prédication, où estoient les châsses, et dans la grand chaire. y eust quelque dispute contre !edit abbé, auquel on fist tumber sa mittre, et fust chasse. Dont y eust grand scandalle, et ensuitte informations et grand procès, qui fust termine par arrest de la cour de parlement de Thou!ouse (i).
Mort de l'intendant dc Conti. M. Fremin le femptMB.')

« Audit mois d'apvril, ~décéda M. de Conti (3), intendant de tagënërattité de Lymoges. CcHuy-ci ne nst grand ma); toutefois les partizans ou leurs commis venoient en nombre. itfaudroit un gros volume pour escrire ce qui s'est passé despuis, des exactions et iogementz dont le pauvre peuple a scufïert, cnjougnantz à des cantonniers de lever grosses sommes sur les cantons (3) et exempter tous les ofBciers, jusques aux archiers. Lesquelz cantonniers, ne pouvant tqut lever, ~stoient contraintz par rigueur à payer pour les autres. Et
H) Le ms. de Jean de Lavaud, dit ms. de Pierre Mcsnagicr, ajoute '<Et les officiers dudit éveque avec le chanoine O~bois furent condamnés à faire réparation audit abbé et lui demander pardon. Ce qui fut exécute dans la maison dudit abbé, par acte reçu par Constant, notaire royal, (2) Le Manuscrit de Pierre ttf~nct~M)' 3~1 que possède ta bibtio(f° ), thèque de Limoges, dit « En l'année )639, est arrivé à Limoges un intendant qui av:iit femme et enfants, nommé Compty, que le roi avoit envoyé à Limoges, pour demander vingt mille écus, lesquels lui furent délivrés, Et en même temps arriva M. de Fremin, aussy sa fame et famille. Lequel estoit un des plus mechan intandant qui fut arivé an septe ville de Limoges, car il ransonnat de or et argant tous les plus grand de la viite, et après les marchant et artisant. la Lesquel artisant luy fesoy la nuict mille egarades__an maison qu'il (tcmeuroy, apartenant à'monsieur de Pinot, qui est au devan la fontène de semintierre de l'église de Sainct-Pierre-da-'Queyroy. Et demeurat an se lieu quelque troy années, et fu contrent de se retirer à Sain-Junien, car il crenoy for de estre tué dan la maisont avect sa famille et par tes petit artisant, lesquel lui chantoy tout le jour de injures. » (3) « L'administration des finances n'était pas seulement dure elle était déloyale. » (H. MAM-tN. ~M< t.'X!. p. t79.)

409 après ledit Conti, il en vint un plus meschant et des plus tirantz qu'on ~oe] sçauroit dire, nommé Guilhaume Fremin (i), lequel vint, sa femme, enfans, jusques à un .tësuitte. H Rst faussetés et autres mescbancetés des volleries, exactions, tant à Limoges, villes et plat pays où s'étandoit sa commission, si grandes que tous en soufroient. En ce temps, te roy imposa sur ta ville en forme de sucistance, vingt mille livres, En icelle année, le roy ayant demandé par forme d'emprunt sur Limoges la somme de cent 'trente mille livres, iaqueHe somme il voutoit estre taxée sur les plus riches et aizés, et furent depuftés deux consulz (2). pour en avoir'diminution, Laquelle fust réduitte à celle de soixante mille livres. Et, au lieu de la taxer suivant les ordres .que Sa Majesté désiroit, iceuxconsuiz taxèrent ~SO .marchants, artisans et quelques procureurs, pour fornir chascun 400 livres, ayantz lesdictz consulz deschargé tous les officiers et plus riches. Desquelz artisantz it y en eust qui ne peurent payer, ce qui donna subjet de se pourvoir au grand-Conseil. Nonobstant, ilz passèrent outre, les contraignants par toutes rigueurs, qui donna occasion à fermer les boutiques. Cependant, Hz lèvent, par composition, de chascun 200 livres, promettant de regaller le surplus sur les autres habittans. Après plusieurs assemblées de ville et autres rendès-vous, Hz se moquèrent; enfm, au commencement d'octobre de ladite année, on contrainct lesditz 430 payer le surplus par plusieurs rigueurs et viollances, mesmes par emprisonuement d'aucuns; et fust merveilles mais. iceux estants les plus qu'i)n'yeûtque]quesédictioD, faibles, n'ausèrent remuer, les consu!z ayantz tous les plus graudzet )a justice en main, eux ne desirantz que celta afin d'en faire pendre quelqu'un. Mais Dieu préserve les innocentz, tellement [que], après plusieurs poursuittes au conseil du roi, fust dit que lesditz consulz seroient tenus à fère pied pour le
[Impôt de 20 mille livres sur Limoges. [Emprunt .de 130 mille livres sur Limoges.]

(1) Le P. ,B,onaventure(t. III, p. 843), FappeUc Firmin. (2) «M. Decordes, élu, et M'' Descoutures, avocat du roi..)) (Ms. PierreMesnagier.)

4i0

rembourcement d'iceux iSO et condampnés aux despans. Ce que voyantz, les dëputtés desditz consulz s'ubttgèrent vers tes députés des 150 en leurs propres et privez noms d'ensuivre la teneur de l'arrest. Et y a encores procès pour en avoir rembourcement. On ne sauroit dire ta queue de cette affaire, car les pauvres disoient la faculté des riches publiquement, et mesmes devant l'intendant, etvoirejusquesau Grand-Conseil. Qui fust cause que plusieurs sommes sont estés mises sur la ville, desquelles les pauvres habitans ont tous souffert et souffrent tous les jours par vengeance, par togetnentz des gens de guerre, garnisons qu'on donnoit au menu peuple, estappes et autres exactions. Bref, un ne sauroit dire le mat.que cela a porte à la foule du pauvre peuple (i).
.~tefonted'une cloche de SaintMit-tiat.)

Sur la fin du mois de juin, fut refondue une cloche du ctocter de Sainct-Martiai, qui estoit fendue, et refaite par les bailles des âmes du purgatoire de ladite église. Et cousta, du mëtait, 300 livres, et fust nommé aveq l'augmentation Vatét ie. Ses parrain et marine furent deux pauvres de l'hôpital Sainct-Martia!. lcelloy jour, caMSant la levée des 400 livres, les boutiques furent fermées tout le jour, et le tendemain, cut'Mt de ta peine à les ouvrir, que par composition qui fust fausse. Icelle année 1638, les Pères Augustins commancèrent à faire bastir leur église et bastiment, qui avotent été démolis causant la guerre [en 1574], comme dit est [p. 358]. Icelle année, les Pères de Chancetade, qui depuis peu estoient venus au prioré de S'Géra!d, commancèt'ent à (ère 't) « Et depuis ce temps ne s'est vu dans tadUe ville que malheurr et traitresse, )cs*grands se voulant vanner des petits, et plusieurs choses qui se sont commises depuis au détriment du pauvre peuple, ainsy qu'il se pourra voir par les arrest qui depuis s'en sont donnés par ie conseil, en faveur des habitans. « (Ms.Pierre Mcsaagier.) )~&iine.e il stx cent m ~) Le ms. de Pierre Mesnagier 39!) dit trante-sept, les perres de la Chanselade de Sainct-Gëratd vinrent

~Fermeture dos boutiquetàt'oc'i"tondeh pRT''epttondes t'M livre-) ~C~nstructiondu m'<m'!tt!r.!de'. Au;;nst.ms.]

tC~nntr'tionde t't'<tMO()esPér~deChEHicctade ):!).)

–411 bastir leur église. Ce qui discontinua, causant quelques disputes qu'ilz eurent entre ceux de S"Genevi€fve,desque)z ceux de S"" Geneviefve reconnoissent ceux de S~-Gëratd.

demeurer à Limoges. Et l'an tranté huy commensare à bastir leur églisse, à'cause de monsieur de Baraut, évesque de Arles, leur avoy presté de l'argant pour bastir, et mourut prontemant. Et demeurat An la l'ëglisse à demy-fecte, comme l'on voy ~ncorre à présant. présante année mille six cant trante-neuf, fut fect le clochier des p6nitan blant de Sainct-Jehan-Batiste, qui fesoy leur congrégasion en la présante église de Sainct-Julient, aux desoux de la chapelle du Carmerre.. Lesquels pénitant Ere ferre tout le batiman par avant de fère le clochier. »

F)N DU MANUSCRtT ~638. DE

RECTIFICATIONS
D'APRÈS LE MANUSCRIT LEGROS

Nous avions imprimé jusqu'à la page 289, lorsque nous avons eu connaissance du manuscrit de l'abbé Legros que M. Pierre Laforest a bien voulu nous conter. Nous avons pensé que le lecteur nous saurait gré de compléter la coilation de notre manuscrit sur cetui de l'abbé Legros, jusqu'à la page 288. Page 2, ligne i9. Au lieu de « 448, » MMx[848]. (-)) 22. [Quatorze ans après cette ville fut vendue aux Franligne çois, qui la gardèrent jusqu'en 12S9, que Limoges retourna aux Anglois, qui la gardèrent jusques l'an <292, par quoi Limoges retourna aux François, jusques l'an )36<, qu'il retourna encore aux Anglois, qui le gardèrent finalement jusques l'an <372]. Page 3, ligne 9. Au lieu de « 1202, )) /M6S[1200]. 18. Au lieu ~8 ccJunius Sillanus, à présant duc Es-' ligne tienne, )) ~MM[Stephanus, duc]. 24. Au lieu de cc Martialis Dampnolenus, ') Hs~[Marligne tial et Domnolenus ou Damnolenus]. Page S, ligne 22. La liste des évoques que donne Legros diffère un peu de celle de notre compilateur et de celle de l'abbé Nadaud, publiée par M. l'abbé Arbellot; nous avons toujours renvoyé le lecteur à cette dernière. Page T~ligne 34. Legros ajoute [II demeura 49 ans, mourut le 3 mai 676, jour de l'invention de Sainte-Croix, environ midi, âgé de 85 ans, avoit été reçu en l'année 1627].

(l),Tout'ee

que nous empruntons

au ms. Legros

est entre

crochets.

;i4–
Sa liste se termine ainsi [86 Louis d'Urfé, mourut le [~juiHct 469S]. [87 François Carbone! de Canysi, arriva à Limoges le ~9 mai iC96~ à la lueur des i!ambcaux% [88 Antoine Charpin de Ge~etines~. Page 7, ligne 33. l.a liste des abbés de S.aint-Martiai donnée par Legros ne ressemble pas complètement à celle de notre compilateur. Nous avons renvoyé le lecteur à la liste donnée par M. l'abbé Roy-Pierrefitte, dans le Bull. de la Soc. a)'c~. dit L:'?n., t. XH, p. 48 et suiv. Au 39* abbé, 39~* d'après lui, Legros place, comme notre compilateur, [Petrus. Anno et HI mensis]; il ne parle pas du S9'' abbé, Léonard Cluzeau. Voici comment il termine sa liste f!iS Pierre du Verdier, mourut en octobre <6S2j. [59 Franeois-ChadesJ. [60 De 'VieusviHe fut reçu en février 653. Le steur de la VieusvUle changeat l'abbaye avec messifRde la Mothe Houdancourt, évesque de Rennes, à présent archçvesque d'Ausçti M (CAMM. M. D. Col, bénédictin, au commencement)]. [6t M'archev. d'Auch, obiitenfév. <684}. [62 Jacques de Courtavel de Péxe]. [63 M. de Banerej. Page 2&, ligne <7. [Du depuis, on a. ajoute deux lettres auxdittes armoiries, S. d'un côté, M.de l'autre; et ce, à l'honneur de SaintMartial, fondateur de la spiritualité}. Page & ligne 23. Au lieu da <c268!!ans apprès la créatiot), MM.~ [3683 ans~. Page 22, ligne 8. Au lieu de « 2482, a MM.&[a()S3j. Page 35, H~ne 13. Legros ajoute [Jo~Kh~afA deux mille près Li~a~M, l'honneur moges, et encore un autre surnomma lequel il fit paver de marbre et faire consd'Auguste-César, truire les bains chauds d'Ëvaux, avec plusieurs autres grands édifices de grande somptuosité (très probablement celui de Proetorium à La Jonchere.) (Chron. de <~w Co~.)} Page 26, ligne 8. Legros ajoute [Auditamphithéâtre restent encore, malgré l'injure de tems, quelques restes de ses vieux murs, comme se voit encore te portrait, et sans la destruction'qui fut faite Pannce 1568, ou en eut vu d'avantage. car ils furent rasés à fleur de terre pour se prévaloir de la pierre, et ntors on le fit remplir de terre. H y a.voitun pont (ou pan~ fie muraille du côté du rectusagc, haut d'une pique,M de l'autre, sur le chemin qu'on va de présant au semitierc des Aresnes aux Carmes, avoit des fossés ou caveroes bâties de même

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matière que le théâtre et palais susdits. Et à présent, ce qui reste'sur le mesme chemin, qui est tes fondemens, ressemble mieux à un rocher qu'un bastiment, si fort c'estoit; et dans le milieu dudit emphithéatre, pour grandes et longues pluies qui tombent dans icelui creux, ny demeure aucune goutte d'eau et ne sçait-onqu'elles deviennent. Aprésent le lieu est appelé le Creux des Aresnes, et s'y tiennent toutes les foires de bestail, estant la place fort commode. (Chron. de D. CoL fol. tt)]. Legros ajoute [Le proconsul Lucius fit consPage.27, ligne truire dans ce même temps un palais somptueux dans ladittë as~is entre l'église cité, qu'il augmenta considérablement, de Sainte-Valérie et le couvent des Prédicateurs, où se voient encore les fondements]. Page 28, ligne 4. Au lieu de « La première citté de sa principauté estoit lors, » /MM.[Lion]. 12. Au lieu de « Et ceux de Lymoges disent qu'icelligne luy Leoca.dius fësoit sa demeure à Chaslux, a /Mgx '[chez eux]. Page 39, ligne 35. Legros ajoute [Avec toute puissance dans laditte contrée, et Étienne fut appelé par les Gaulois, comme, ses prédécesseurs, duc d'Aquitaine]. Page 30,.ligne 7. [Au château de Toul en Combraille ['et non pas de Tulle, en Bas-Limousin, comme pensent quelques auteurs)]. Page 31, Iigne9. [Saint-Martial vint aux temples de Jupiter, Mercure, Vénus et Diane, et brisa leurs idoles. Il conserva néantmoins le temple de Jupiter Capitolin, qu'il purifia et le consacra à Dieu sous l'invocation de saint Étienne, premier martyr]. Page 42, ligne 4 1 [Le duc Étienne fut enseveli dans (ou plutôt à côté du) sépulchre de saint Martial]. Page 43, ligne 27. [Saint-Martial mourut le 30 juin de l'année 73, le 40<' de la résurrection de Notre-Seigneur J.-CJ. Page 45, ligne 3. /tM lieu de « Jean i9", <M<M [Jean 22"]. « du costé d'Orient, KMx [du Midi]. Page 49, ligne 25..4M ;MM 26. Au lieu de « Rocque, près de Brive, lisez [Roguo]. ligne [dont on retint le chef qui est auligne 27. Legros ajoute jourd'hui conservé dans l'église cathédrale]. Page:50, ligne 9. Au lieu de « aux ides de décembre, » lisez [d'octobre]. Page S2, ligne 23. Au lieu de « Salvius, a lisex [Salinus]. 29. Legros ajoute ligae [Et fondé l'église d'Hoi (ou d'Ahu, ou plutôt d'Evaux, en latin .EM~MM~)}.. 3t. Au lieu de « l'an de sailut t33 » lisez [l'an de ligne l'incarnation de N.-S. 123].

416 Page S3, ligne 3. ~Mlieu de a du pape Eugène ? ~M [Higene ou Higennense (ou mieux Higin)]. ligne 6. ~wlieu de « 39 ans, » lisez [29 ans]. [de ligne 7. ~M lieu de a de leur sorte, » ~Me~i leur sectf (sans doute des- Aruspices ou autres pontifes des idoles), furent cause que la sainte foi catholique s'affaiblit beaucoup dans le Limousin]. [Banosius]. Page SS, ligne <0. Au lieu ~6 «Preciosus, a ~tSM de ligne U. Au <MM « ran 28G, » Kse~[382]. Page 57, ligne 5. Legros ajoute [Cette figure y avoit resté jusqu'à nos jours mais depuis environ 17CO,des brigands ou coureurs de nuit l'ayant arrachée et volée parce qu'elle étoit de plomb; on n'y en a pas remis d'autre]. 58, ligne H. Legros ajoute [ L'année suivante fut le 89e juPage bilé]. Page 69, ligne 6. Legros ajoute [La Jonchère avoit un cMteau fort à remplacement de l'église, près de laquelle était une tour du nom de Sargaric, probablement fort d'Alaric, par corruption on en voyait encore, les restes au XVH" siècle}ligne 8. Legros ajoute [Par Gondebaud]. tigne M. Legros ajoute [Et au Heu du comte Jocundus, on établit à Limoges un autre prince ou comte nommé Martial. Après cela tout le reste de l'Aquitaine jusques à la rivière de Loire fut réduit à l'obéissance d'Alaric. Peu de temps après, Clovis, roi de France, eut guerre contre Gondebaud, et ayant rompu l'armée de Gondebaud, le mit en fuite jusques dans Avignon; alors Aredius, fils du comte Jocundus, homme prudent et de bon conseil, étant avec Gondebaud, consultant l'affaire de la guerre et Stége de Clovis, répondit à Gondebaud qu'il lui faiïoit abbattre la fierté de ses ennemis en quelque façon, afin qu'il ne périt lui-même. Alors Gondebaud connoissant que cet avis ou conseil étoit bon, lui donna entièrement la charge de trouver le moyen de faire sa paix avec Clovis, ce que fit Aredius, sortant d'Avignon. Et il fit tant auprès de Clovis, qu'en lui promettant que Gondebaud lui paycroit (à Clovis) un certain tribut chaque année, il (ledit Clovis) le )aisseroit vivre en paix]. tigne 3). Legros ajoute [de Riez, en Provence]. Page 64, ligne 8. Au lieu de « Ambroise de Cahors, t) h's&s[Am" brays]. Page 67. ligne 30. Legros ajoute [Les villes prises par force furent depuis gouvernées par des coutumes, comme les François, et cettes qui avoient appelé Clovis à leur secours se gouvernèrent par le droit écrit, demeurant comme auparavant dans leurs

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droits, franchises et libertés. (H seroit alors à souhaiter que l'auteur de ces mémoires nous eût dit quel fut alors le sort de Limoges en particulier)]. Page 68, ligne 4. Legros ajoute [s'empara des trésors d'Alaric et les envoya à son père]. ligne 14. [qui faisoit sa pénitence dans la forêt de Pammeux ou Pamumex (en latin on l'appelle PaMtm)]. ligne 17. Legros ajoute: [Dans une maison royale assise sur !a .rivière de Vienne]. Page 70, ligne 5. Legros ajoute [dans un ténement, dépendant de l'abbaye de Saint-Martial]. ligne 7. Legros ajoute [La même année mourut Thierry, et son fils Théodebert régna en Austrasie]. ligne 21. Au lieu de « Eytier, » HsexAstié ou Astier]. ligne 2<. Au lieu de « Rançon, ~MS& [Terrasson, qu'il avoit érigé à la prière de saint Sor, et mise sous l'obédience de ladite abbaye de Saint-MicheI-de-Pistorie]. Page'72, ligne <4. Legros ajoute [On célèbre sa fête le même jour que celle de saint Ferréol de Vienne, martyr, le t8 septembre]. Page 76, ligne 6. Legros ajoute [Le pays Ramissois (de Reims de la Champagne). II souffrit le martyr et fut décollé pour soutenir la sainte foi]. Page 75, ligne 24. Legros ajoute [Auquel lieu il fat intromis par ledit roi]. Page 77, ligne 7. Legros ajoute [Ceci est confirmé par d'autres anciennes chroniques des rois de France de l'année <483, où il y a ces mots « Gontran étant à la chasse, trouva un grand » trésor, et fit faire la châsse de saint Martial de Limoges, qui » est couverte d'or.,»] ligne t9. Legros ajoute [l'an 574]. Page 78, ligne 24..Legros ajoute [<' La ditte Citté qui n'étoit, comme on l'a dit, ni'bien fermée, ni restaurée des domages et ruines faites par les Gots]. Page 8~ ligne 20. Legros ajoute [Asclepidius fut nommé l'an 597]. ligne 28. Legros ajoute [En ce temps fleurissoit Bolossus, natif du bourg de la Meize,qui fut tué par les Visigots]. Page 82, ligne 25. [Il fut inhumé àSt-MicheI-des-Lions, l'an HS8]. Page 85, ligne <3. [M fit réparer le monastère de Saint-Martin où reposent les corps de ses parents, qui étoit alors tout ruiné depuis la destruction de Limoges, faite par Théodebërg. Saint Éloy donna à ce monastère la maison de son père et plusieurs autres biens, pour y entretenir vingt religieux, et en laissa l'administration et le gouvernement à saint Elipeix (ou Atieius), son germain (d'autres disent son frère)]. -¡

418 Page 85, ligne M. Legros ajoute [Et un an après sa mort it fut canonisé par t'Êgtise. !t fit bâtir l'église Saint-Paul hors des murs (de Paris), qui est à présent une belle paroisse]. Page 86, ligne 3. Legrosajoute [Et ce environ l'an 6t5]. Page 88, tigne 8. [Dont le corps reposa longtems dans son oratoire, au diocèse d'Utrecht, au lieu où il y a maintenant une abbaye de son non), vivoit dans le même tcms]. 10. Legros ajoute [L'an 937J. ligne 90, ligne 3~. Au lieu de a Antherius, a Ksp!5 [Anthenius]. Page ligne 30. Legros ajoute [Et de Mindans (Mondane)]. s [Aux champs de ComPage 91, ligne 9. /t« lieu de <c Venant, ~Mca bray (peut-être Cambrai, au lieu dit )e UsMM.c]. Page 93, ligne 4. [Et le plus grand à la Cfas~e ~oxTCtë~ de SaintMartial (ce dernier est maintenant à côté de la grande porte d'entrée de laditte église, du côté du midi, et sur la pierre où il est posé on a gravé le vers isnivant en semblables lettres Alma iesna ducesa~vos parit ttquecoronat. tCette pierre ni le vers n'existent plus)]. Page 96, ligne 8. [Waifer envoya contre lui Amingus, comte d'Auvergne, et Comingus, comte de Poitou, avec une grosse bande de gens qui furent défaits par Chartes, et les comtes mis a mort. Waifer, indigné, assembla toutes ses forces pour courir sur Charles, mais Pépin, qui en fut averti à propos, entra en Aquitaine avec une grosse armée etn marcha jusqu'à Thouars, en Poifou]. ligne 35. [Pépin revint encore pour la quatrième fois, et y entra par le Berry et l'Auvergne, et se rendit mattre de Bourbon, Chantilly et autres places, jusqu'à Limoges, dé-. vastant le pays, où il porta partout le fer et le feu. Jt vint encore pourra cinquième fois faire la guerre dans l'Aquitaine, l'an 761. Et l'année d'après 763, il assembla son conseil à Orléans, et pour mettre le Berry à couvert des incursions des Limousins, il fit fortifier le ch&teau d'Argenton, sur les confins du Berry. Enfin, l'annëe suivante, 763, les bleds étant prêts à couper, Pepin vint assiéger Limoges (cette ville étoit alors bien fortiiiée) apr~s avoir pris plusieurs autres places, et enfin il s'en rendit maître par force, aussi bien que des châteaux d'Escoraiite, de Turenne et de Peyrusse. Ledit Pépin fit tout détruire et brûler, sans en excepter même les églises et les monastères. Pour puntr t'opiniâtreté. des citoyens de Limoges, il résolut de transférer le siège épiscopal à Uzerche, Etbon étant alors le 33" éveque de Limoges]. [Bancyze~. Page 97, ligne 43. /)!< lieu de « Ëncta, B ~MM

4i9 Page 97, ligne 25. [L'année suivante, 764, les cités (ou villes) (FAngoulême, de Cahors, d'Agen, de Rodez, de Monde et des pays circonvoisins, se rendirent à Pépin. Puis, un an après, en 76S, ledit Pépin retourna en Aquitaine, où il soumit à sa domination tout le pays qui est en deçà de la Garonne, et se rendit maître de Xaintes. Et ayant pris la mère, les sœurs et les nièces de Waifer, il s'en retourna, jusqu'à l'an 767, qu'it revint donner une bataille à Waifer, près d'Angoulême, et dans laquelle ce dernier fut vaincu et chassé dans Périgueux. L'année suivante, 768, les Aquitains, lassés de toutes ces guerres; dont la longueur leur étoit fort à charge, prirent le parti de tuer Waifer et de se rendre à Pépin, ce qu'ils exécutèrent]. [L'an 769, Charles attaqua Bunaud, frère de Waifer, et le contraignit de se retirer .auprès de Loup (ou Lopez), duc des Gascons, lequel seigneur, de l'avis de son conseil, le rendit à Charles, avec la femme dudit Hunaud. Mais enfin Hunaud s'évada et se, retira vers Didier, roi des Lombards, où enfin il fut lapidé, comme ayant été cause.de leur ruine.. Et l'Aquitaine étant ainsi pacifiée, Charles rétablit les douze comtés que Pépin avoit donnés 'à Griffon et à ses enfants. Abbon eut le Poitou, Gureton le comté de Périgueux, Rogier celui de Limoges, Bu!le celui de Cahors, Lambert celui de Bourges, Corsun celui de Xaintes, tthier celui d'Auvergne, etc.]. [Le 34° évéque de Limoges fut Regimpertus (que l'auteur nomme Remigibertus)] [Après la mort de Hunaud, Roger, comte de Limoges, épousa la fille dudit Hunaud, nommée Ode, seule de sa postérité. De laquelle lui naquirent Druon ou Druamum, et Engelerius, comte de Provence, car Hunaud avoit' succédé à son oncle Marancus, comte de Provence. Et Engelerius fut comte'de Guienne]. Page 98, ligne 22..Legros ajoute: [Quant aux vers, ils n'y étoient mais les anciens de ce plus dès le milieu du xvie siècle tems-là assuroient les y avoir vus, et même André Theret, lorsqu'il passa à Limoges, les copia sur laditte inscription, à ce qu'il dit dans sa relation]. Au lieu de « 822, » lisez [8 t 7]. Page <00, ligue 6. Legros ajoute [Engerius, duc d'Aquitaine, reçut le ligne comté de Limoges]. 2t. 'Legros ajoute ligne [qui avoit donné au collége (ou chapitre) dudit lieu sept églises, savoir Paunac, Auzelines et autres].. Page 102, ligne <). Legros aj.oute [Cela fait, l'empereur Louis.vint à Saint-Martial, pieds nuds, portant la haire, visiter le sépùlchre

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du saint, accompagné de 330 chevaliers, puis il tira droit à Poitiers, pour y solemniser la fête de NoëF). Page i 03, ligne 8. Legros ajouta [Quelque tems après ce prince fut tué par Charlemagne,ou sous ses ordres, par Renaud de Bolande, et ses gens taillés en pièces]. ligne 10. Legros ajoute: [Ayant douze pieds de diamètre, cinq brasses, deux pieds et demi en rondeur. L'eau qui tombe dans sa coupe sort par un gros tuyau, puis elle est rejettée par douze muscles]. Page 106, ligne 2<. Legros ajoute [Et François de Cerliers, en son recueil en forme d'histoire d'Angoutëme]. ligne 33. Au lieu de « principal, » lisez [episcopai (c'est-àdire ducal)]. Page <07, ligne 6. Au lieu de « Aucard, » !M~ [d'Anca.rd]. ligne 2 1. Legros ajoute [Fait l'an <427]. Page itO, ligne 3. Legros ajoute [Les chroniques de France l'appellent Ramnulphe des Aquitains; d'autres le nomment Hasimond, et d'autres Bosand et Rosetz. Or, it se trouve par la donation qu'il fit à l'abbaye de Saint-Martial du lieu de RuSec-Ie-Château sur Creuse, qui était de son patrimoine, à cause de la comté de Berry, qu'il s'appetoit proprement Ramond]. ligne 21. Legros ajoute [Pour obvie:' aux incursions des Danois, plusieurs nobles du Limousin se retirèrent à Ségur, qu'ils fortinèrent aisément, à cause de la force natureHo du lieu, et se défendirent contre ces barbares. Héiimas, roi d'Albanie et de Serte, qui suivoit les Danois, fut pris par l'artifice de la dame Présive, femme du seigneur dudit Heu]. Page it2, ligne i5. Aulieu de « 919, a <fMa[836]. Page 03, ligne 3. Legros donne le texte latin des Hgnes t3 à i8 de cette page]. ligne 27. ~M lieu de « Hélies de Poictiers, a ~ï [Heiionor ou Alienor de Poitiersl. Page 115, ligne 20. Au lieu de « Bré, » lisez [Brebossat]. Page « 6, ligne 8 .4M <Mude « 838, » lisez [99S]. Page H7, ligne 8. Au lieu de a 662, ? ~M~ [660]. ligne <l. Voici la liste des abMs oe Saint-Augustin suivant le ms. de Legros 3 Albertus, 4 Geraldus, S Verdindo. [i Martinus, 5 Guido, 6 Sthephanus, 7 Phi!ippns, 8 P. de Barry, 9 Ramondus, il Hugo-Bucii, 10 Hugo-Guilieimus, <4 Geraldus-Bonus, <2 Eymericus, 13 de Roulhac, 13 S. Martialis, <6 Amelius de MontctucU, –<7 P. )8 Franciscus Berthonius, f9 Geoifre de Berthonius, 3t Martialis 90 Franciscus de Lavergne, Bonneval.

421 Andreas AuBenedicti, voisin]. PageH9, ligne f' [frère de l'archevêque Varacnisis de Nazareth. (Le mot latin est corrompu et inintelligible)]. ligne )5. Legros ajoute [Durant le tems de carême, il expliquoit à tous la règle de saint Benoît. Il donné à l'église plusieurs livres et autres ornements de son propre trésor. I! a fait à Habbaye et communauté un fort beau et riche bénéfice, tant pour lui que pour ses successeurs, non sans grande admiration de tout le monde, de sa grande bonté et infinie charité]. ligne 26. Legros ajoute [qu'il obtint de Mone, trésorier]. Page )20, ligne 19. Au lieu de « trante sols, lisez [trente mille sois]. )igne 2S. Au lieu de « chappes, » lisez [champs]. ligne 31. Legros ajoute [H paya quatorze mille sols]. ligne 33. Legros ajoute [L'an 1253, fut consacré le grand autel de ladite église, par Philippe, archevêque de Bourges]. Page ')22, ligne 10. Legros ajoute [fils d'Ebles, comte de Poitiers, duc de Guienne et frère de Guillaume-Hugues]. Page ~3, ligne 5. Au lieu de « 790, » lisez [970]. ligne 8. Au lieu de « 906, » lisez [986]. 23. Au lieu de « d'Escuderie, voire Argoule, » lisez ligne [Desendière, Noire, Argouletj. Page 12~, ligne 2. Au lieu de « de Cavillat, » lisez [do Canillatj. Page i37, ligne 28. [Hildegaire de Ségur (alias-de Limoges)]. Page 129, ligne 3. Le ms. Legros dit seulement [En l'année 994. tomba sur les humains une peste de feu si aspre qu'il brûloii les corps indistinctement, tant qu'ils étoient infectés le maladie. Par le conseil du duc Guillaume, t'évêque et l'abbé de Saint-Martial, son frère, firent assembler les reliques de tous les corps saints du Limousin et les firent porter au lieu de Montjauvy, à un stade de Limoges, où se trouvèrent les archevêques de Bourges et de Bourdeaux, avec les évoques de Saintes, Clermont, le Puy, Périgueux, Angoulême et celui de Limoges. On fit une procession, des jeûnes et des prières avec grande dévotion, et dans trois jours ce feu cessa miraculeusement. Du depuis on en a fait une fête et un office exprès (qui subsistent encore cette année 4775)]. Page 135, ligne 5. de l'église [cathédrale]. Page 136, ligne 29. Legros ajoute [Jordain fut consacré l'an 1020]. Page 137, ligne 23. Au lieu de « Evmerie, a /Mex[Aimard]. Page 138, ligne )8. Au lieu de « la 3', » lisez [l'an 3e]. 22 Joannes de Montcut, –23

·

4~2 Page <39, ligne G.Au lieu de « Endalcie, » ~fx [Ga!icle]. ligne <). Legros ajoute [sous les orgues, sous une tombe de marbre noir (laquelle tombe n'y est plus)]. ligne §3. Legros ajoute [En conséquence il machina avec un cavalier nomme Pierre Escoftier, qui demeuroit dans laditte ville, grand ami d'un nommé Hugo (saint Hugues, abbé de Cluny).]. Page t4), ligne <7. Legros ajoute [Son corps fepose dans l'église de Saint-Augustin-lez-Limogcs}. PagetH, ligne 3. Legros ajoute: [L'an <06t, mourut Aimar Il, vicomte de Limoges, auquel succéda Aimar !]. ligne 9. [Guy de Laron, neveu de Jordain, après la mort d'Ithier, lui succéda dans l'évêché de Limoges, M" en rang, l'au i079 et tint le siège jusqu'en 1093. !) fut d'abord enterré dans l'église cathedrate, devant l'autel de Notre-Dame, mais ('eratd, abbé de Saint-Augustin, le fit exhumer et porter dans son monastère de Saint-Augustin, en présence du comte de Poitiers, duc d'Aquitaine. Dans le mCme tems, (leurissoient Odi))e ou Odon à Cluny, saint Robert a )a Châsse-Diea (o/Mï ta Chaise-Dieu),et saint Gautbier aLeyterp en Limousin]. M3, ligne 5. /iMKett « H24, x MsM !a3]. Page [< ligne C. Legros ajoute [H donna une règle et forme de vie à ses frères, fut canonisé et mis au catalogue des saints confesseurs par Clément, pape, ta 3" année de son pontificat, l'an t)89 qui fut le 66° après la mort du saint. L'an t09~ fut trouvée une espèce et genre de poires sauvages par un paysan, au champ duquel le fruit fut appeûè vulgairement poires d'angoisse, et c'est ainsi qu'on les appelle en Limousin. Cette trouvaille se fit tout près du monastère de Saint-Yrieix, ainsi que t'a écrit Geoffroy, religieux de Saint-Martial, qui vivoit alors]. Page 1 H, ligne 1' [Le pape célébra à.Limoges la fête de Noël]. ligne ~2. Legros attribue M'abbëAim~r tout ce que notre compilateur a fait exécuter par l'abbé Mainardus. Page H6, ligne 15. Au lieu de « Farfard, » !tse%[Jaffa]. Page<H, ligne 4. Legros ajoute: [L'an tH3, un autre incendie désola le monastère de Saint-Martial, et celui de Saint-Martin, avec l'église de Saint-Pierre-du-~ucyroix]. Hgne 9. Au lieu de « Bernard de Clignact, a Ks~ [Bernard Aly, qui tint l'abbaye deux ans]. l'âge 148, ligne 5. ~tt lieu (~ s de l'évcque, » !M~ [d'Eustorge]. )igno 9. Au lieu de « Guillaume, 't ~se~ [Guillaume-Palais]. iigne H. [)t fit bâtir dans la cité (d'autres disent dans la ville), la tour d'Ambtard (appelée depuis par corruption la tnnr Branlant)].

-4~–
A Page 149, ligne 3. Au lieu de « H30, )) tMex[H37]. 31. Au lieu de « Reims, » lisez [Clermont en Auvergne]. ligne Page .180, ligne 10. Au lieu de « Radulphe S~, » lisez [Radulphe 2?]. Page ~Sl, ligne 28. Legros ajoute: [Ce prince eut de sa femme Aliénor deux filles, à savoir Marie, Fainée, et Alix, la plus le roi répudia sa femme, et jeune. Au concile deBoisgency, épousa en secondes noces Constance, fille d'Alfonse, roi d'Espagne, l'an H 80]. Page 183, ligne 17.* [Cette séparation déplut beaucoup à la reine Aliénor, qui se conserva la duché de Guienne à elle et aux siens, avec le comté de Poitou et d'autres terres qu'elle avoit dans la seconde Aquitaine, mais à la condition que le roi lui imposa de tenir le tout de la couronne de France à foi et nuement de hommage, et que lesdites terres relèveroient laditte couronne, comme elles faisoient auparavant]. Page <83, ligne 10. Legros ajoute [Ce mariage a causé de grandes guerrés contre les Anglois, car après la mort d'Étienne, roi d'Angleterre, Henry, duc de Normandie, comte de Poitou et d'Anjou, etc., lui succéda, l'an ~8~, sous le nom de Henry M]. Page i.S4, ligne 5. Legros ajoute [Ce dernier étoit alors mineur et en bas âge]. 8. Au liéu de « <3 ans, » lisez [trois ans]. ligne tO. Au lieu de « Eysur.at, » lisez [Uzurat]. ligne 8). Legros ajoute [Au commencement du dix-septième ligne siècle]. PageJ.88, ligne <4. Legros ajoute [Cependant le roi Henri en prit deux la première année]. Page .158, ligne 11. JM lieu de « Le Clerc, x H~M[Le Cerc]. Page 160, ligne 18. Au lieu de « de Chartre, » lisez [de Castres]. 16. Au lieu dg « de Castres, » lisez [du Châtenet]. ligne Page 161, lignes 20 et 3S. Au lieu de « Robert de Berry, » listz [Robert de Bary]. PageJ66, ligne 27. [Et s'empara .des rétables du grand autel et du sépulchre où il y avoit, en l'un cinq images, et en l'autre la figure de la majesté divine, de pur or, avec les croix, calices ét un vase somptueux, magnifiquement travaillé, qu'Arnaud de Montausier avoit donné, ainsi qu'on le disoit alors, le tout estimé à 180 marcs d'or et d'argent, fut évalué à 23,000 sols. Ledit Henry promit de tout restituer et, pour gage de sa proil messe, il laissa une cédule signée de sa main. De plus, t'embrion de Guy de Grandmont, qu'on gardoit.au emporta monastère, et tout ceci fut distribué à ses soldats]. chePage <68, ligne 5. Au lieu de '« deux chevailhers, Mh'sex [douze valiers]. ;-tt~/),,</)*)n~M.r<~

–4~4– Page i89, ligne 13. [Henry le Jeune s'étant résolu de venir voir son père, ne le pût]. ? Page <73. ligne 33..4u lieu de <fle Pont de NouaiD'as, !Mfx [te Pont, Nouaitthac]. tigne 3t. Au lieu de a Ctouis, » ~scx [Btois]. Page <74, ligne 7. Legros ajoute [L'abbe Richard, de Saint-Martia), paya ISOntarcs d'argent]. de Page 175, ligne 7. Au HCM « Austriclinien, » /MM [Atpinien]. ligne 9. Legros ajoute [Il fit de belles fondations dans les abbayes de Saint-Martial, du Bourg-Dieu près Chateauroux en Berry, de Saint-Pierre-de-Prulv, de Sainte-Marie de la Mercy et de Sainte-Marie de la Couronne]. 178, ligne 5. Au lim de « Guy de Burcia, lisez [Guy de BruPage ciers ou de la Brosse]. tigne ~&.[Dans les châteaux d'Aixe, deChervix, de Nontron, de Ségur, d'Excideuil]. ligne 24. Legros ajoute [Cette tour n'existe plus, et on a fait à sa place la porte de Tourny, ouverte en 1743]. Page <79, ligne 9. Au lieu de « le mas Sainte-Valérie, c lisez, [le marc de Sainte-Valérie]. ligne 15. [Mais plusieurs autres y moururent de chagrin de ne pouvoir recouvrer leur liberté). ligne %3.Au lieu de « Lequel roy Jean, -&hsex[Mais révoque Jean]. M«& [le viPage 180, ligner. ~K lieu de « L'évêque poursuivit, comte poursuivit]. lieu de a le pays, lisez [ta paix]. ligne 7. ~M ~!t lieu de sPetrus de Cersa, Hse&[Pierre de iigne~t. Gresa ou de la Griffe]. Page 18), ligne 92. ~!t lieu de Mortemart, ~s [de Moncocu]. Page 182, ligne C.Au lieu de « leur roi, » lisez [te roi Jean}. Page) 87, ligne 5. Au lieu de « les Battagiers, » lisez [tes habitants do Banléger, pour n'avoir fait bon guet]. du Breuït, Bas Bernard Chaptard, Vigier tigne)6.[Jordain et Guillaume de Pleinevaire, et la même année, on trouva plusieurs reliques dans le grand autel de l'église de N.-Dame de la Règle. L'an m.t, il fit à Limoges un si grand vent, que la croix et le coq du clocher de Saint-Martial furent abattus, aussi bien que beaucoup d'arbres dans les forêts]. Page <88, ligne 2. Au lieu de « 1213, lisez [12t4). ° Page )89, ligne 9. Au lieu de « Rousiers, ~'SM[RoyÈre]. du Sautt, en Page 190, ligne 9. [L'an 1220, mourut au service du s~ Provence, surnommé d'Atgout, Anselme Feydit, ancien poète comique et tragique, natif d'unvillage duLimousin, surnommé Nosala ou Tesata).

42S Page 191, ligne 4. Au lieu de « t223, ? ~M'as[<228J. Page <93, ligne 46. Au lieu de «Menudo, » Ksez [Menudet]. Page 194, ligner. Legros fait précéder cette ligne par celles-ci [Trois ans après (la construction de l'église d'Aureil en <S30) il y eut une grande cherté de vivres en Aquitaine, on il se pareouro.it une espèce de feu, brûlant les corps humains]. Page <93, ligne 12. [icelle année t243]. Page <96, ligne ~.[L'an.i347, par Me Guillaume Raffarl. Page ~97, lignes~ Legros ajoute ocelle année mounut Pierre Audier, qui en montra la façon de miner pour faire venir les eaux des fontaines dans la ville]. 23. ~MHtM ~6 « t2S9, » lisez [t.252]. ligne Page 198,, ligne 6..4M lieu de'« Regnier de Lincestre, » lisez [Roger de- Lancastre]. Page 199, ligne 23. Au lieu de « la maison abbatiale, » lisez [la maison.de l'abbé au cimetière]. Page 204,. ligne 3. Au lieu de « Boyer de la Bourdelhe et Hélies, » lisez [Boson de Bourdeilles et Hélie FIamarens]. Page 307, ligne 9. [Les possessions rurales]. Page 208, ligne 5. Au K~M « d'Estamines, lisez [deTamieux]. Aulieu de- <f26'' septainbre, »lisez [seizième sepligner. tembre]. Page 209, ligne 14. Au lieu de « Sainct-Louis, » lisez [Sainte-Lucie]. Page 2t3, ligne i. Au lieu de « de Valensa, » lisez [de Valence]. ligne 13. Au lieu de « Cidres, a MMs[Bridès et Ribaudequins]. [Gérai de Page 2) 7, ligne <8. ~M KgMde « Gérald Berneyix, lisez Bourneys]. Page 280, ligne ~8. [L'an 1887, mourut Jean de Bretagne]. Page 22~, ligne 27. [Parquo.i à l'instant fut élu led. Regnaud de La étant chanoine et Porte, natif d'Alassac, le ')S novembre, archidiacre de Limoges]. & Hses [Bertrand Gotto, Page 223, ligne 1. Au <MM «Berthrand Gothe). Page 226, ligne 4. [FHIe de Amaulry, vicomte de Narbonne]. 11. Au lieu de « la comté de Ponthaumur et la seiligne gneurie de Gresse, » lisez [la comté de Ponthieu et la seigneurie de Greslo]. 227, ligne 16. Legrosfait précéder cette ligne de celle-ci [AuPage quel temps tomba' la tour de Pissevache des murailles de la ville]. t321, et l'an 152S.]. Page 239, ligne 2. [Sous Philippe-le-Long, Page 330, ligne 6. Au lieu de « Bacco, » lisez [Bacoy]. ')'. [Environ l'an )34S, à Limoges, envoyèrent au comte -ligne d'Aille.]. Page S3<, ligne 8. [Natif de Limoges]. 23

4~6 Page :!3), ligne 18. /ttt lieu de «Ct'ascas, » ~t~ J'RachasJ. iigne 22. Au lieu de « Sainct Anneius, s ~s<'? fs' Amitiu5(CuittaumeLamy')]. Page 33%,ligne 7. Au lieu de « 1355, » lisez ~336J. tigne 9. [Et le susd. de Lestrade-se mit dans Auch.]. ligne 43. Une note du ms. Legros porte [<" Chassain ou Chasseing, alors petite ville ou bourg /)K< sur une éminenceprès d'Hautefort, anciennement admimstree par un consul. En HO~, d'aprÈs d'anciens titres, Peyrot Raynaud était consul de Chasseing. A présent ce n'est plus qu'un petit village. 2° Ou AfbrMsc~s,dans la paroisse de Genis; alors château fortifié sur un mamelon élevé, escarpé, entouré de tous côtés par te Dalon, petite rivière ayant titre de châtellenie avec haute justice, mesures parfMK~M. n n'en reste que des ruines, couvertes de broussailles et tout à fait inaccessibles. Hautefort et Cénis (DordogneiJ. ti~nc~l. A la suite du mot KLymoges,)) Legros a fait un renvoi ainsi conçu [A la tête de 300 hommes d'armes pt de ti.OOO arêtiers, ravagea i'Auyergne, le Limosin, le Berri. CONT)K-!<ANG)S-MO~)CE.de Pt'~O~nf, t. Ilist. p. 387. OpH<< badaud, ~m. rnss. /.MK., t. H, p. MS]. ligne 30. ~Mlieu de « Robert de Donxcnac;,N h'Mx Brouard de Uonxenac]. Page 933, ligne 32. Au lieu de « Martial Briseton, » lisez [Martiat Boisse]. Paf{e33'~ ligne 5. Au lieu de « Leychousier, ~'SM [L'Ëyehoisicr}. ? ligne tl. [De son temps fut envoyé te joyau et rétiquaire . pour mettre reposer le chef de S~-Martiai,et ce par le cardinal de Limoges, évoque jadis, du tems de la destruction detaCité]. Page 236, ligne 8. [Là, devant ta porte de l'église, le due doit assister. auquel est baillée par t'éveque de l'eau bénite, lequel le <vftit d'un manteau de soye, avec cette oraison :]. Faee 937, ligne 39. lu lieu de « et soyes sauvemen), » lisez [et soyez souvenans'J. i'a~o 938. ligne 18. Legros place en titre avant cette ligne le mot tCotleete'). tigne 23. Au lieu de « Autre oraison, » ~'M:s[Secrcttej. ligne ~8. Legros ajoute [(La post-communion ne suit pas)j. Pa~e 2!-0, tigne 3. La phrase entre crochets que nous avons reproduite d'après la version de M. Maurice Ardant, se trouve dans -tems.Legros. chantre Hélias vivoit du Page 21: ligne t3. Legros ajoute [Ledit s** tems de Sl Guiitaume, archevêque de Bourges, et furent nourris ensemble.– H a fait trois choses dignes de mémoire.

4~ saint Guillaume étant canonise et mis .au –Premièrement, nombre des saints par Honorius IU, du tems du roi Philippe second, surnommé Auguste, autrement DMM-DoK~f', roi de France, il composa plusieurs belles oraisons en l'honneur dud. saint, et fit que Fan célèbre sa fête en lad. église de Limoges. Secondement, il assembla beaucoup de gens de bien de Limoges, pour aller quérir le corps de M's' Just, qui étoit en la puissance de certains voleurs, sans honneur et sans service divin, qui enlevaient tous les aus les fruits de l'église S'-J.ust, distante deux lieues de Limoges, avec procession solemnelle, et fit solëmniser la fête. Il composa plusieurs belles et dévotes oraisons à l'honneur et dévotion il fit célébrer la fête de dudit sainct. Troisièmement, "s' Vincent en ladite église/et composa aussi plusieurs oraison en l'honneur et dévotion dudit saint; lequel service se fait encore pour le jourd'hui, et persévère depuis, qui fut environ l'an 1218]. ?age~66, ligne 1. [Icelle année (1364), an mois de mai, on commença à bâtir 'e fondement de l'église Saint-MicheI-des-Lions, et l'an <383, qui fut 49 ans après, fut édi6é le grand clocher de laditte église, ainsi' que porte une souscription engravée dans une pierre au pied dudit clocher]. Page 3.68, iigne 2. [De MaDevard, Mareuil et PierrebufSère]. 21. [. Bouligne d'Eissenat, Montagu~Maîeva~Mareuil, logne, Uzès, Sally, Taleton, Confolens, de Prochère, d'Achond, Purchin].. Page S70, ligne 3T. [Gaillard d'Angle, Louis, vicomte de Châtell.eraud, les seigneurs des Ponts, Partenay, Pinau, Tonay, Boutonne, Persenat, de Coulougne, Prunieres, Muoidam, Lespart.'e, Chabanois, Roehëchouard, Thomas de Percy, les sieurs de Rooz, Guillaume Beauchamps, Michel de La Poulie, Gonet Baudoin de Franeville, santon, Richard de Ponchardon, Simon Burlé, d'Angousse, Jean.d'Evpeux, Guillaume d'Hérouville, Eustache d'Avrincourt, Perducas d'Albret, Nardon de Bergerac, le bourg de Lesparre, le bourg de Comminges~ le bourg de Verteuil, Espiotte, Bernard de Lahuit.]. 373, ligne 39. [Accompagné du duc' de Lancastre, des comtes. Page de Panebrot et Cantbrige, Gaillard d'Angle et autres gens .de guerre]. Page .374, ligne 23. Au lieu de « de Vertincourt, )) ~MM [de Bertincourt]. Page 277, ligne 8. Au lieu de « Jean de Urnes, » lisez [Jean de Bruz~ ligne J9. Au lieu de «.Jean Bayard, » ~'Ms [Jean Boyol]. r'age 3?9, ligne 33. Legros ajoute [qui sont douze lettres cachetées, de cire vente]..

428
Pagf ~0, ligne t6. Au lieu de « pour un an, » lisez [par an]. )igne 26. Legros ajoute [qui sont onze lettres scellées en cire blanche]. ~'Mz [du Pont, Fage ~83. ligne 8. Au lieu de .< du Pontbreton, Breton]. de « S"t-Martin et Mairebuaost, ? » lisez, )igne'H.~M~MM [Mairebœut]. Pa~'i' SK3, ligne 2. Au lieu de « Olivier Blanchard, » lisez [Co)inie Blanche]. ligne 3. Au lieu de « Chasiucet, » ~MM [Châius]. ligne 4. Au lieu de « Gautier dépassa, » lisez [Gaultier de Passât]. ligne S. Legros ajoute [En cas pareil, au seigneur de S'Priest, pour racheter le château de Ségur. Outre les consuls obtinrent lettres pour abbattre les places qui se trouvoient défensibles]. ligne 7. Au lieu dg « Jean d'Albret, » lisez [Jean de Bret]. ligne )3. « Au lieu de « Jumiihaet, » lisez [Janailac]. ligne 18. Au lieu de « Chaslucet, » lisez [Châlus]. 23. Au lieu de « du Hallier, » h'sM [du Lys]. ligne ~84, ligne H. Au lieu de « Peyrot de Béarneix, » lisez [Peyrat !'aE;e ` de Brandis]. 12. ~M lieu de « Chaslucet a deux lieues de Limoges, » tigne lisez [Cbâius à deux (six) lieues de Limoges]. ligne ~8. Legros ajoute [Il recouvra le joyau et le verger aux moines].. t'a~H ~5, )igne 7. Au itMt dg «Diacre de la sainte Eglise romaine, » des Utem]. lisez [Diacre de taS"Eg!ise 8. Legros ajoute tigne [cardinal de la sIe église romaine sous le titre de SI-Laurens en Damaze, vulgairement appelée Deton et a baillé et tégué beaucoup de biens à ladite église et canoniale de SI-Germain. H vivoit du tems que cot!égia!e !es papes tenoient leur siège en Avignon, et pense-t-on qu'il fut parent des papes qui avoientpris leur origine et naissance de Touraine, mieux TM~eM~]. Pa~c 286, ligne 1. Legros fait précéder ce chapitre de ces lignes [Froissard, aux volumes de ses Chroniq2tes, raconte au long les faits d'armes et exploits et entreprises qui arrivoient en au château du Montvantadour en Limousin, particulièrement Limousin et comme il fut trahi et rendu aux Bretons et Angtois, le pays reçut un grand dommage]. ~'S7, ligne 1. ~M lieu de « Chaslucet, » lisez [Châtus]. Page 6. Legros ajoute [Comme il appert par le livre des iigne de la maison consulaire]. C/H'OtM'~MM Hgue 7. Au lieu de « Estienne Minonis. ~M.s Allumin, na-

29 tif de Vaublanchc, » ~s&z [Etienne Almoine, natif de Boubtanchej. Page 287, ligne M. [Jean de Bretagne, comte de Penthièvre]. Page 288, ligne ~9. Au lieu de « Chasteauroux. lisez [Chantonceaux]. 33. ~!t~6M~«duroydeCeciIIe," Ks~ [de la reine ligne deCastHIe]. [En 140.6 fut fait le petit ravelin de Hgtie ~3. Legros ajoute la porte Montmailler. Le jour de st Clément, < 407, commença le grand hiver, qui, sans dégeler, dura jusqu'à la Chandeleur. Au dégel les rivières furent si grandes qu'elles rompirent les ponts]. rage.389, ligne 1. [Hugues de Maignac, près la Porcherie, succéda à l'évéchë de Limoges'en rang 67, qui décora grandement son église de livres, chappes et ornemens. Il fit faire le joyau du corpMsDKt. 11'institua après son décès, le chapitre son héritier, par testament., en la moitié de ses biens, et le monastp.rn de Saint-Martial en l'autre moitié. Il mourut l'an )413].

CORRECTIONS

ET

ADDITIONS

P:)t;Ro3, note 3.M lieu de Onuphrii Pantinii, lisez aOnuphrii Panvinii. » Contrairement à ce que 'i~c S7, ligne 8. Fontaine ~MC/MM~. dit notre compilateur, nous voyons figurer la fontaine du Chevalet sur un plan de Limoges dressé vers la fin du xvt" siècle, par A. Jouvin de Rochefort, et connu sous le nom de Plan des Tt'~orto's de France. En conférant le ms. Legros, nous avons vu qu'en ~760 seutement des voleurs b'cmparcrent de la statue de plomb qui surmontait cette fontaine. Legros ajoute que depuis cette époque on n'a pas remplacé cette statue, ce qui prouve que la destruction de la fontaine est bien postérieure à i760. Pan<?77, ligne 8t. ~econ~ rMmc de LMKO$fM T/~0~~)' par Chitpcric n'a jamais eu de fils du nom de Theodebert. Notre compilateur avoutu sans doute parler de TModebert, fils de Thierry..Ce dernier avait eu en partage à la mort de Clovis, ''on père, une partie du pays entre le Rhin et la Meuse, ainsi qu'une partie de l'Aquitaine et de l'Auvergne. Ce'qui nous le fait croire, c'est que Labiche de Reignefort (Vie des Saints f?M /,tmotM!M, St-Yrieix, t. l, p. 330) dit que c'est en 83t et en M? que Limoges fut détruit. On a pu voir, page 3M, au sujet de la translation de saint Dompnolet, que notre compilateur '!it que ce saint fut tué en 537, et non en 577, par Théodebct't. tors de la prise de la cité par ce dernier. QKfttrtpmeruine de Limoges par les ~YomKMM~. r,)gc tC5, ligne –Justet(PrcMues~c~s maison de rKrgKHe, p. '<8) cite une Chronique de limoges dont il nous donne l'extrait suivant n Estoit lors Anselme évcsquc de Limoges, et passants de » t'cchet'ies Kormans infidetc~ila rivière de Gironde, an'iY'Tent en grand nombre en Aquitaine, et dcstruisircnt

431 a Agen, Bourdeaux, Tholose, Caors, Limoges, Périgueux, Ra» dez, Xaintes et Poictiers. Et desquelz payens voulan't évi» ter la furie, les Limousins abandonnèrent leur ville non » fortifiée et prindrént avec eux le corps s. Martial, et le por» tèrent, passans par les montagnes, au fort chasteau de » Turenne. » Page 174, note 3. Au lieu de Si'' abbé, lisez « St'= évoque ». Page'!7G, note 3. Ajoutez: Y. aussi Bull. de la Soc. d'agriculture, ~82~. Limoges sous les ~n<~aM, extrait d'un manuscrit limousin. (Ibid., année ')83~.) Page ~92, marginale 3. Au lieu de Louis VII, lisez «Louis VIII H. Page 304, note 3. Ajoutez F. aussi ~o<M'e/)Mtort~M8 sur la monnaie de Limoges, au Calendrier ecclésiastique du Limousin, année 4784. Page 24t, ligne 40. Au lieu de bailler tteou, Hsgx « bailler toute ». Page 357, ligne <3. Le gouverneur de Ventadour tente de piller Limoges. Le ms. de Jean de Lavaud (f" 220) dit K A l'anB née mille six cant trante et troys, Monsieur Hanne de » Levict, duct de Vantadour, gouverneur du Haut et Bas» Limosin, voulloy establir la gabelle par les villes de son » gouvernement, avect que Monsieur Biont, qui estoy coin» miserre du roy. Lequel Biont metoy par les villes du, )' resort du Limosin de jehan de guerre an garnison, et se » crôiant estre le plus for. Neanmouin, les petits artisant se » levarre contreles partisant qui estoy delà ville, avect que les » harmes an ment, et fire seser leur mauves desaint et entre» prinse. Et à l'année mille six cant trante quatre, vel!e des » trois roy, furent bruler la prison de la cour presidialle de M Limoges, qui commansare à bruler à deux heures de nuit et durat le feut jusques à douse heures du Iandement de )' rois. Et sant le secour qu'il fuct mit, les prisonniers .se B fuse tous brullés, que mesmes les grilles de fer qui.lu » estoy tonbare toutes par elles mesmes. Seux qui estoy danct le cartier de pierre incontinant fire rebatir la prison depuis le creux de basse fosses jusques aux aut de tuilles » le tout de pierre de talle, et sont ancorre an nature comme B l'on voy à présant. Page 3?4, ligne 44. Les Croquants. Le ms. de Jean de Lavaud (f" J 3~) appartenant à la bibliothèque communale de Limoges, dit « Lan <S94,'Ies paisant de la vicomté se ellevare an » armes et contreniet le hun le autres à l'asistance et fure » ansanble jusques à Cordellas, estant an nombre de quinze » mille qui fesoy de grand maut et prinsipallement à la no» blesse. Et ne voulloy paier aucune talle avin. Demesme » an fire seux du aux-Limosin, et venan jusques à la vellee

432 & (le la sainet Jehant t594, que il tare defect te jour, auprès ? du bour de Neysont. Et an demeurât sur la plasse de mort » jusques à dix-hui ou diseneof cencb par Mons!eur d!' » Ct)amberct, dabin la Chapelle au chan de Froisinet, et auB très senieur et jantillonies. » Le f~3G5du ms. de Jean Lavaud contient ces Hgnes « La transtation du corps de sainte Va~cnc eut lieu à )) Chambon dans l'église consacrée en <M. » Les pèfes Jacobins de Limoges ont été refbrrm's l'an » 42[9. H Les Cordetiers furent reçus l'an <3~3 à Bri\'c. Les Carmesdes Arènes furent reçus a Limogesl'an t~GU'

BIBLIOGRAPHIE

D LISTE ALPHABÉTIQUE ES AUTEURSOU OUVRAGESANONYMES MENTtONNÉSDANSLES NOTES.

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29

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ARBELLOT sur <'spos<o~<de saïrit Doemtt~K~ M! ji'abbe). .~?'<M<. Extrait du CûMg)'~ sceM~Me de~r<t~f',3C''s<'Mt'û)! Limoges, i860, 2 \'ot. in-8".
ARBELLOT (l'abbé. DU BOYS (A.) et NADAU)),

ApoANT (Maurice). DMOsteM~ons. Limoges, )S48, in-18. ApDANT de (Maurice). .SaMtt-Pif')v<<f:<-QM{;o!B ~nno~s. Limoges, <8St,in-8". AnGENTRÉ Paris, <0&4,in-f". {B'}. P~Mtre de Bretagne. BALLET F~ des Saints. Paris, )?3<), tO vol. )'n-{". (A.). B.4LUZE. Ft~s paparuin ~t'c)!:one;:s:!tM. Paris, tG!)3, 2 vol. m-4". BALUZE. NM<on'<e iM~~MSM. Parisiis, <7n, in-4". chrétiens à BAXML(Jean).–'ï'T'aïMde la ~M~'on des <:7te:<:HX édition revue par rahb6 Texicr, SaM~MarfM!, Limoges, )8S8, in-18. BARDOKNET /t (A.). .P)'Oa~Cr6(!! de la ~C~'t't'ftKM J~M C/MK~O~, -commissaire du roi d'Ang)eterr6, des places françaises abandonnées par le traité de Bretigny, publié d'âpres le manuscrit du Musée britannique, in-S". BARNY P. Albertus}. Opt<sctth<!K!'c<~<r et spn~ttfn'Mm. (R. tns~httorM or~tM~sGHMM!HMon:is. Pansiis, <6!ip,in-2i. StephMM BARNY ROMANET. .f~StO:r8 Limoges C~<fM DE (<g ~OMt <'t Bfti!-–< ~tMOMMM. Limoges, 182i, in-8". BESLY (J.)~ HtsMifs ~s deux ~Mi'tatRM. Paris, )6i7, in-fo. P. de ~a:)~a~:a~ BONAVENTURE(R. Saint-Amab)e).–N~<e~ Clermont et Limoges, t676-t683-168S, 3 vol. ia-f". du ~m<?HStM) L'exemplaire du troisième volume- (~MK<t~s que possède la Bibtiothèque de Limogesest annolé par t'âbbé Le~ros. BoNKELYE (François). Chronique de Geoffroy de ~<'6' Tulle, 1884, iù'8". BoucuET(Jean). ~?tnf:~ d'Aqititaine. Poitiers, <S57, in-f". BounonM (le P.).– Ht'stotM de Pierre d'~tt~KMOR. Paris, <G76,in-4". Chronicon. BROGUE (Ëlio de). Gu'gniaut et de Waitty, Recueil des historiens des G<t!t!fï,t. XXL BRUNET ~NTme~M h'~r~tr~c: de rama~M'dc <n!r~ (Jac.-Ch.). Paris, 1860-65, 6 vot. in-8". Bulletin de la <Sf)cf~M Limousin, archéologique et ~or~Mc t.IàXX.–Limoges,t846-t8.in-8" Bulletin de la Société royale d',Igrïculture, des Sciences et des Arts 18a2-{8.m-8". t~Lt'mc~Limoges, BOLLANBCS.~Ctft MMC/O'Mm. ~Mt!M~<«',i64!)-!884, 8&VOL in-f". Bibliothèque des Pères. Lyon, i6?7,30 vol,

435 Ca~Hdngr cecMsMMttfj~ et civil de Limoges, créé en )7G3 par:ïe Martial Barbou, t768-t790, chanoine Joseph dé Veyon.Limoges, a8voLin-18. (LaBibliothèque de Limoges possède la collection moins l'année <767.) de Calendrier ecclésiastique, t!<pt7 et wttt~tfe <!s la s~n~OM)'s Limoges, rédigé par Guineàu et les abbés Nada'ud, Legros et Vitrac. 8 vol. in-18. L~Earbou,t8Q6-t8f3, –Linioges, CÉSAR 3 vol. in-S". Paris, Panckouke,'tS38, (Jules). –~mCtfM. CBAUMEAU Histoire du Berry. (Jean). Lyon, Gryphius, 1566, < t vol-in-f". vie f/M.saM!fs ~M Limousin. COLUN(J.). HM~oM'gsacrée de < 672, in-< 8. -Limoges, sacrum .~gmouM~'s~, opéra J. Collini. CoLUN(J,), ~ort~K:~ 2.. L,emovices, <673, i vol. in-') CÔMBET. –FM<0!)-g de la f~Hg<!t du canton d'Uzerche. Tulle, !8S3~856, 4 vol. in-8". CoMPAiNG.– Vie desaint Géraud, coM~c ~ttfeHac, écrire en.latin par saint Odon, second abbé de Cluny, et traduite en français :par M'Auri!Iac,171S,in-)3. Congrès scMnft/Mg de FrsKcs, 36" session. Limoges, '1S60, 2 vol. in-8". COR&L ~M!o.M<;e<t~6. Guigniaut éi. de (Pet.). –VaytM c/M'oMMom t. XXI. WaiHy,~ge:sA~O!'MKsdesGfn< Hanovise– MDcxtn, in'-f' Co.~Ms-/)'a?i<'Mc<R./tM<07' DE COEDERT LÂVtLLATTE'(J.).– Vie de M'S~ Pardoux, patron de Guéret.Gn6ret,18S3,.in-8°.. CouttERT DELAVILLATTE rpu~ it A&~K, le christianisme dans (J.). rAquiiame.–Guéj-et,J.8S6,in-8' Catalogue ~M~~ des ca?'M<Mres t!cs ttre/Hoes d<ipofi!eMt6H.s,~publié:par la commission des archives dépai-tementaips et communales. –Paris, imp. royale, < 847, inde MT'mor~Me mentionnés ~aF DEMCHE (M.-).–LM~M!omc~ de Césa.r, Extrait du t..XXIH des.Afë'HKMMS la SoûM'tg <mp(ffM~e!M Antiquaires de France. Paris, 18S6, broch. in-8". DELOCHE et Etudes ~Mr~Nt ~0</?'apAtC (M.). ~ historique de la G<M~6 spécialement sur les divisions territoriales du Limousin au moyen 86~, in-.i. âge.Paris, DELOCHE CM'!M<aM-6~g ~0~ dg~aM~CMOt ~~MtOK.SM! (M.). des documents inédits Paris, imp. imper.. 1'859, in-(CoIiection sur l'Histoire de France.) DsSMAREST. Ephémérides de la ~gK~raMte de Limoges pour rannée1765.. Limoges, 't76.g, in-ia. Du Boys ~A.). PogMM Jacques Dom~, archidiacre de Reims.– de Limoges, J85), broch. in-8".

-.436–. DuBovsA.) AMËLLOT Mo?!tSt~ ( et (t'abbe).–Btp~rttpAf~M <HtM-' 1.1"jusqu'à !alettre inctusivement. imoges, F f)'&! ~MKOMStK, du L )884,b-S". Du C.cp. /.Mf<!?MtHcs ~'OM!re-.V<'r, parE.-G. ey. pubticcs R de Paris,i869,in-t".(Cot)ection desdocuments surl'Histoire inédite France.) Du CANUE.– G~osM!KW ad scrtptorcs e< MM~a?i'M~m~ ~{tMt~< 6vol.in-f". ~Mp~~KemiM'm, D. P. aMCfore Parisiis,1733-36, Carpentier. Parisiis. 4 yot.in-f". 1766, DuLÉRY i85S, (l'abbé). RoeAccAo!«! Limoges, in-8". DuMOKT. MKtMrs&~ ~ (!otKa<t({!~ttdroitdes.~Hs. Co~p.'i AmsterdamLaHaye, et itt-f'. )?â6-t73i,7voL Dunoux sur de (J*). ~Ma< Mtor~Ms ~KaMrerte /.imo~es. A i8t), Limoges, in-4". <~~WHO~M, 776. ft;MtMe /t6&<!oMadn!re FtLLEAU. jRK'M~ des~~S. FBAcnET do).– CAfOMt'eo)! f. Guigniàut deWaHïy, et (Gérard HfCMMt des~M'storMns desGaM~t. XX!. V.C/tOta? cAfOKt~aM e<ms?KOtrM FaotssAnn.–C&r07M$:{fs. surfAM/otM~'rnKCë, de avecnotes etnotices arJ.-A. uchon. A. B p –Paris,<83',3voLm-3". GaHM cArt~MHM.Parisiis, { i iC36, vo).n-f". ch)'M~sn~ <omMS xëeMM~K. Ga~ta. fHKftMns jEcc~sMM: [noua], ~MortM;M6M.E~c~StKtM~e?Mëm.Parisiis, YoL )740,~ in-f". de contient e d L'exemplaire quepossède BibliothèqueLimoges ta nombreuses marginales notes de)'abbéNadaud. GsM~Me~st'cstMM.Parisiis. m-f°. 1773, vo!. Ca<Msp:t)'pMM!s.par Frixon.Parisiis.<G88.t in-f". Pierre C/troKopMp&ia. GEDEBRABDus(6iIbert.). Parisiis, in-f~. t5C7, ÛEOFFRO~ de Vigeois. Labbe, et Bonn6)ye. f. t. G)LLES tye? 8< <MS aKK~M (Nicole). ~<M S~C[t:igS pt~MMS des~M tfMMoMM, c&t'g~gM &rce~/M <rM mo~ra~u~des&?Htpreux, Nicotes iHes. Paris, G<MMM. G ~!MMSM compUIees Maistres par 2 e i533,in-f", tomes n 1 volume. a~' GoDEL conM~M~MM. P'. Gui(Guin.). CAroH:'eott snoM~mc et de WaiUy, ~MMM; desM~o~ms~ GaM/M, d t. XX). gniaut efe GuiBERT –CAti~aM CM~ce~ Limoges, 3''edit., (Louis). 1872, un in-i8,avec pfan. grand GMDOxtS c/M'onteoMtm. (Bernard*.F /Ïort&!<s Fra~Me')~. r. Guigniaut deWaiHy, et jRcettF~ AMM)'MMs des t. XX! GaM!M, CtLAME,IL t. GmcMAUT ET uKWAtu.Y. cc!t< AM~rt~KS desCaK!M e< R <a/ft7?ee, XX). depuis t, i i msjusqu'en t338.–Paris,mp. mp6r., in 855,

437 GUILLAUME E Tvf~ D ~MMM~ des historiens ~MCrOM~eS. Paris.imp. royale, <841-~4, 3 vol. in-fo. GutNEAU(J.). Sur ;M pro~)-~ ~M'comMt~cs a. ~Mo~s. Limoges, <822,in-<8.. GRELEET-DUMAZEAU. g ~a.DOn!tWC{tOM D sur aM~~KSC Mrf~'K.6~ pf0~Soc. a'rc/t. et./tM~. ~tt~'m., t.H~MtCM ~'OM~re-Lot'rg, au BMH. Histoire HtMfaM'c la France. par des 'Religieux bénédictins'de la congrégation.de Saint-Mau.r.r;–Paris,733-63, vol. iniTtER (Bern.). C~rôKMaM. coniMMa/M')K a ~Mp~aModeSMuMMë~ et Helia de Bro~Ho. Y. Cuigniautet deWaiUy, ~6CM6~ des historiens des Gaules, t. XXI. JARRIGE (Pierre de), vignier.d& Saint-Yrieix;– JoMftta! h'M~ort~Me ~§60-~574), continué par Pardôux de Jarrige, son ËIs (f5'74-lS9)), annoté et publié parH.-B. de Montégut. Angoulême, 1868,.in~S". P~M.~e Limoges. Jouym DE RosHEFORT (A.). In-folio ptano (ji.d.Nnduxvi''siccle). !<MafChë et du pa~ JOULUETTON. NMtOtM CoM&MtMg. GuÉrët,18~4-tS,aYot.in-8" JuSTEL. Histoire généalogique ~& NtaMOM TMMMKe. Paris, 1645,.in-f"ng. LABBE(R. P. Phil.).– Nova &!&Hof/MCM manuscript'oruin. Paris, <6ST,~Yo!.in-f.. LABMHE DE REI&NEFORT. Six mot'S ~'M- ~gS ~MK~ ~MC~C de Limoges et de tout le L:M!oMStK. Limoges; 1888, 3 voL in~l3. LAFOREST (P.). Limoges au xvn° ~!ce~. Limoges, '1863, 1 YpL in-8~ LECLERC V. Nadaud. (l'abbé). LEGROS(l'abbé).gc/t~rcAes/tMtor~Me~ sur re~MM pftroMS~~ ~~cnK<-McA6;-dM-~Mms.–Limoges, 1811, in-ia. LEGROS(l'abbé). –Me)KOt?'6pOUff/tMtotM~MC[&&fH/gS~LtMO~M, manuscrit appartenant à la Bibliothèque du Grand-Séminaire de -Limoges. LEGROs(l'abbé). V.~ttMMso'~Le~fos. LE MAITRE.–j~oe~~g~<)'o6aa!o~ ~?tKfn"M ordinis G~~M~tm.om~M. LEYESQuE (F. Joannis). ï'rccM, )662, inLELoNG(leP. Jacques). -Bibliothèque historique ~~framec. Paris, 1768-78, 5 vol. in-f". LEYHARIE Histoire du ~'mOMMm. Zs jBoMfyMMM. (A.). Limoges, i845, 2 vol. in-8". LEYS!AHE(A.).–jLë Limousin historique. recueil de toutes les pièces manuscrites pouvant servir à l'histoire de l'ancienne provînce du Limousin. Le tome et deux livraisons du tome M ont seuls 1837-39, in-8" paru.–Limoges,

438
CaM~MM Mmo~ LKYMA~tE (A. te\t& roman et tatin. –Limoges, <839,in'-8". la récite et mise pour la /r~tf! dK SnMtt-~acrcmM~ t/<r L~~s SatH~-PiSTF-dK-Quërot~(de iS53à!a6n dux~" si.Èc}e),manuscrit sur parchemin appartenant à la BiMiotbêgne communale de Limoges. or~t'MM CcMdt'c~ MAptLLON. ~tKKcfes s. P~rtft.t.s, <707. in-f", AtARTtN ~t'~totfe Se France depuis les temps (Henri). plus reçues .?'!M~K's1789. Quatn&meédition.–Paria, 1855, ~7 \'o). in-8". MARVAUB.~Mtotrg du Bas-Limousin. Paris, <8{ï, 9 To). iacAt'ontco comodoliaci, ~[,Eu!Steph.).–JB Guigniaut et de des Wan)y, nfCt(Ct'< historiens des Gaules, t. XX!, et ArbeRot (l'abbé). .Uan:Mer~dit Premier Regist.re consulaire. Ce ms. improprement connu sous te nom de PMtKMr ~M<re consulaire appartient à la Bibliothèque communale de Limoges; c'est un in-~ sur parchemin, d'une écriture gothique, qui contient plusieurs pièces fort curieuses de <3t~ à ~2S~, assemblées sans ordre chronologique. f~. pour les titres des principales pièces la page SSi du voL /f~ott'e au Catalogue de la e t)t~<Ao~!<jf«c Bibliothèque communale de Limoges, par M. Emi)c Hnt)en.–Limoges, 808, in-8". ~KKScnt de Jean Lavaud. Ce ms. est un petit in-f" papier de 28 pages chifïrees.,auquel est attaché, au moyen, d'une épingle, un feuinet in-!3 relatant des evénpmem.s posterieufs a 1C38. L'ordre chronotogique des événements s'arrête à i370. Ce ms. appartient à M. Pinot, curé de Saint-Michci-dcs-Lions. ~(tnH~crttdsPt~TS ~MnagM?'. Ce ms., jusqu'à ta page <32, est la copie de celui de Jean Lavaud. C'est un in-f'* sur papier de HT~pages, qui contient plusieurs pièces sans ordre sur l'lùstoire du Limousin et s'arrête à t'année <676. H appartient à la Bibliothèque communale de Limoges, .Va~McWt ~s~t'os, ayant pour titre ~mc~ en /f)t'me d'histoire de ~HKp~s. corrigé sur l'exemplaire de i). Cot, bénédictin. L'ordre chronologique des événements s'arrête n )'nnn6e ]S88, < pages < à 367. 11 contient en outre Me'tKOtn's !&la ~MA-aH~ de chiffrées à part; .Etat Mc~t'a-t~M du ~.tmo~M,pages à 98 diocèse de ~M?M~,s,pages 97 il iaû, et ~t/e.<<csMf fMpOt'<o!a< ds saint M<t)'tM/,pages < it 20 chitirees à part. Ce ms. 'appartient à M.PierreLaforest. M.\RTÈXE.–r/M'Mt!rM. OUMS K monuan;'f.n<0)'H!:t. T/tfiSSMrMS Mten~orMMt –~«c/tert .;p~Ct!~tMM, eec~stM(!CO)':MM; Paris, ~a~hK. !7i7,SvoLin-f' J/e~!ptrM({<* Soc. des ~n;t~f<at)'csde FrftMM.–Paris,) 807-13,Cv. la i7.i-i. NcMifrc/'MHj'at.Paris, <8i) et anMtCiiAuoi'L.G.L–Dt'<rttp&<c:<t!rt't'<M<Paris. neessuivantcs,82Yu].in-8'

43!9

MiËLOT(l'abbé). '~M~OtM H~Mrtur~ i~M n'OM&<o&-r.s. par;;La Curnë.de S"PaIaye. mise en ordre et publiée 'par l'abM MiUdt.l-– Paris,U774,3yoI:in~M~H'moM~n.–Paris, Jean Dupré,! 483, in-fo. MoNTÉGUT r" (H.-B. de). F. Jarrigë (Pierre de). MoRERt (Louis). édition. CraM~DM~omMtrë/!M!6W~M6.Paris, de')78S,lOYQLin-f". NÀBAUD Tableau des. ~f'~MM Limoges, publié par (l'abbé). M. l'abbé Arbe)lot. Limoges, <860. in-plano. NADAUD (l'abbé). JK~mo~fe~a.~scr~t SM?' M?t pft/aM -~s )'o:s"~e F~~cede~sgeoM~rsc~ en Limousin manuscrit appartenant &la Bibliothèque communale de Limoges. NA~AUD (Fabbé).Vo~HatM ~.DtacesS et ~~M~aH~iSg Limoges, publié par la Société aye~~o!o$'tyug /M~o?'~MM!MHmc''&stm, :sous .la- direction de M. l'abbé Roy-PiëfreEtte et, âpres, sa. mort~ d~e M. l'abbé Leclerc. Les tomes 1 et Il 'ont seuls paru. Limoges, '!856--Ï8.in-8" _NicOT. Trésor de la ~M~ë/ram~M~Paris, 1606,1vô).,insf' NosTJtADANUS. v –FM~o~re~Fro~MM.Lyon, 16)4,in-f". Or~oM~ttnceS~yo~~eFroMcs~ 3" Tac~ recueillies par de Làurière.Paris,. 4 623-1847, 2.3 vol. in-'f" OKCux (l'abbé). Histoire <~ vie et du culte, de ~MKi-ontu'a! f!M.HM!OMM.Paris,')7CO,in~ PANVINius (Omphrius). F~~o~Mw, K~ft V, a Ro~M~ usque 'ft(< 7tH~. C/B~arem C~O~M F. ~MS~tMm.~M~M~MtK. feM~M MCLV:!I,-in-f' PiRGKHEtMERIUS. ~K~f~. P~O~MtCB~. BftSt~tS, <tKnoMDXIjV, ~Hnomina episcoporum ~Momcgn~tM'tK."F. PMO?'gs Grandimontis, -Guigniaut et de Wailly, Becueil des ~MMf~m.'i des Gaules, t. XXI. POSTEL(Guillaume). Histoire KM'MM~ë~ ~p~tiCKS depMM le déluge, /aM~s par les Gauloys ou Ff~mpo~s.– Paris, 'iSS~; in-"M. QUEYRAT. iVo~ce AMtor~Mg-~ur ~~6 FgHs~ Limoges, ;~M~ RAYNOUARD. ~ca;~M6 roman. Paris, ')864; 6volt in*8°t. RAYNOUARD. CAma: des poésies des troubadours; Paris, 18t6-'2i, -T 6vot.:in-8°. RoFfAx(ËHede).–F.LABHE,t.lL G~ossstre de ~~aM</M~)'<)mo,K& Paris, RoQucroRT,(J.-B.-B.). 808,-3 "vol. ic-8", avec un supplément in-8°.. Rov-PiERREFiTTE(l'abbé). –~M<otr6<BgHoc. Limoges, 185;t, vol.~in:-8' ROY-PlERREFtTTE Notes hMtOf~MM ~M?' CM~C (l'abbé). <S'om<0-yt6f~e dans ~'<HoeM6 ~M/to~M. Limoges, 18S8, in-8" ROY-PlERREFiTTE ËtM~M historiques sur les mOHastë)~ (l'abbé). -du Z,M!M!iSt)t t de la Mn.rc/tC.– Guéret et Limoges, 863,1 \'ol. in-8?.; e

–440
Une partie de cet ouvrage a paru par extraits dans )e PM~. <~<* 5of. nrf/i. et Ms<. ff?<7.tnt., pcMbM. NAnAM). RoY-PfERREFtTTE (l'abbé). RocGEME (l'abbé). extrait du JfoKpyrephtc du eantoM ~Kf, Soc. arch. et hist. du Lim., t. XIV. ~MM. consulaires de Z.M?M~, <S04-<T9i. RusExfËmiic). –R~M~rcs Trois registres in-f", sur papier, appartenant à la Bibliothèque de Limoges, publiés par la .$oc!sM arc~ëo~o~t~Ke et historique du t~MOMsin, sous la direction de M. Emite Ruben, secrétaire général de cette 464 feuillets) a seul paru Société. Le Prêter ~e.~M~(t50.1-!SS), en deux volumes in-8- (Premier voiumo, <SOi-<8M,paru en i8S?. Reuxieme volume, i353-iS8i, paru en <869). Le DcM.rMmeregistrc 23& feuillets), entièrement transcrit et annoté par ~5~-<662, M. Ruben, formera un volume. H est à l'impression en ce moment. ~U feuillets) sera publié aussitôt Le rroMM)KC~Mfrc(!66~-<79t, le Dett~tMe. après r. Guigniaut et de Wailly, SA.Lv<NtEc(Etienne de). –CAroKteoK. Recueil des historiens des Gaules, t. XXt. SACGRA)N Dictionnaire ttMtMMd France. (CI.-Marin). SuÈTONE. (JEMWM. Paris, Panckouke, ~8'26,3 3 vol. in-8°. TACtTE.–CEMffM. Paris, Panckouke, 1824, in-8", avec atlas in-4°. i862-i8.in-~< TEULET.–La~Mes ~{tr~or~c~or~Pads, Btc!!onn<t!re d'orfévrerie, de gravure et de TEXtEK (l'abbe). ('tSf~rc chrétiennes. Paris, Migne, 1887, grand in-8". TBXtER(t'abbé). Notice Mstor~MS et descriptive sur l'abbaye de Paris, <860, broch. in-t". Solignac. F. BANDEL. TEXtER~'abbô). La Cosmographie universelle. TuÈVET (And.). Paris, <S75, in-f",2tomes.en'tvot. TaÈvoux. .jPtCitOKKat~ «ritMrïc~ français e; latin. Paris, <T.t3, 6 vol. in-f°. TRtpor: (J.-B.). Historique moKKM<'t!:a~de l'ancienne prot'tHCC du Limousin. Limoges, 1837, 9vol. in-~ (i vol. de ` texte et < vol. de pianches). TRfTHEMtus. –OjMra historica. FfaKf-o/itfft, Moc!. in-f"(2 tomes en 1 vol.). ~Mtotre de r~~at~cctnc. 'VERNEim-PmRASEAU Paris, (de). t82M7,'3Yo!.in-8" VERNEUB-PutRASEAU (d*'). .CAfOHt~uëMr du P~)'t~0?'if ~t du HfMoMStR- Périgueux, <883-S6, 4 vol. in-i< VtBtUS SEQUESTER. De fluminibus, /OH~t<M,lacubus. Taurini, M.ceccc.. in-i", goth. de -t n'. Y~NET (Êlie).&'aH!t~<t(d~BoKr~aM~BoHrdcaux,<!)7~,in-l' ~c«K!f(;!<'<orMm. L«~<t<P. <C<&, in-f". YttALfOrder.).

TABLE ALPHABETIQUE

A
Abbés'de Saint-Martial, 7-9 (1). Abbés de Saint-Augustin, 117, 118. Abbés de Saint-Martin, 119-121. Abbo, abbé de Saint-Martial, 7, 109, 110. Actue, évoque (2), 5. <.37. Adalbert, doyen de Saint-Martial, Adelphius I", évêque, 5, 54, 81. Adelphius II, évêque, 6, 81. Adelphius, III, évèque, 6, 8<. 8. Adémar, abbé de Saint-Martial, Agen, ville, 43, 55, 105, 111, 112, 221. Agénois, province, H, 39, 89, 127, 198. Aggericus, évéque, 6, 87. Agnès, duchesse d'Aquitaine, 126-128. Ahun, ville, 30, 43, 59, 120, 127, 128, 133, 172. Aigolant, roi d'Afrique, 102. Aigoulène (Fontaine d'), 17, 102, ~)4. Aixe, ville, 154, ~0-163, 167, 178, 189, 203, 204, 207-209, 212, 2<3, 232, 242, 289, 290, 293, 300, 342, 351. Alaric, II, Visigoth, roi d'Aquitaine, 2, 11, 61, 64-67. Albèrtus, abbé de Saint-Augustin, 117. Albon, évéque de Saintes, 128. Albret (Alain d'), roi de Navarre, 306, 312, 315. Albret (Jean d'), roi de Navarre, 283, 306. Albret (Henri II d'), roi de Navarre, 320. Albret (Jeanne d'), reine de Navarre, 335340, 348. Aldebalde, abbé de Saint-Martial, Aido, évéque, 6, 109. 8, 137.

Alelmus, abbé de Saint-Mattiai, 8, 180,181. AIençon(Dued'),360. Alérésia, tour, 167, 272. Allemands, 55, 79. Allois (Les), bourg, 359. Almoyns (Étienne 11), abbé de Saint-Martial, 9, 287. Alpinien, saint, 32, 43, 44, 47,48, 110. Alterius Anthonius, 29, 31, 47. Amalaric, roi des Visigoths, 67. Amaluin (Guillaume), abbé de Saint-Martial, 8,196. Amand, saint, 87. Amasius, architecte, 4t, 42, 47, 49. Amblard, abbé de Saint-Martial, 8,147-150. Amboise, ville, 64. Ambroise, évéque de Cahors, 62, 64. Amiens, ville, 378. roi d'Aquitaine, 56; Anavalianus, Andeix du Vieux-Marché, 33, 41Andreas, disciple-de Saint-Martial, 43,47,49. 118. Andreas, abbé de Saint-Augustm, Androchius, saint (ooy. Exotius). m, «2. Angers,ville, Anglais, 2, 28, 52, 153, 198, 232, 268, 270, 282, 290, 291. Angouléme, ville, 43, 79, 97, 105, 128, 161, 167,221,269. Angouléme (Duchesse d'), 373, 392. Anjou (Marie d'). reine, 302. Anjou (Due d'), 351. 8. Anno (Petrus), abbé de Saint-Martial, Anselme, évéque, 6, H1. Anterius, abbé de Saint-Martial, 8, 142.

qu'il est question du personnage ou (~ Les chiffres r.e~iés par un trait-d'union indiquent de la ville dans les pages -intermédiaires. (2) Nous n'avons accompagnés les qualités du nom de la ville ou de la province que pour les personnages étrangers à Limoges ou au Limousin.

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442 Aathfnus,9&. Antoine de fadoue,samt,H'3. 5~. Antonin,empereur, Apû~inatre, comte d'Auvergne, 67. Il, :6-29,47,S5-57,60, Aquitaine, <0, 7?,89,9t,10I,)06,M5,)i6,l!:6,lM, M7.SN. comte de Poitiers, 29. ,j'eadc, ArehambauddeComborn,)39,!S8. .\rdant, chanoine, 363. Ardents (Mal des), )!9. Arènes (Creux des), 17, 26. Arènes (Cimetière et prieuré des), 93, 358, 37?. Arènes (Por