Z Renan 4014(2

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Paris 1884-87

Hamy, Ernest-Théodore Décades americanae. Mémoires d'archéologie et d'ethnographie américaines
amerlcalnes

Tome

2

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MÉMOIRES

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D'ARCHÉOLOGIE

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AMÉRICAINES
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DEUXIÈME LIVRAISON
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ÉDITEUR
ASIATIyl T. VIVAXTIS. KTi:.

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2 28. HI'K IlliXAl'AHTK. S I88.'i

IX TZOMPAKTM

33

VI •\ LK TZO.MI'A.NTI.1

Leshorrililo»sflcrilict's qui entraient pour une si large part dansJes rites religieux des Aztèques avaient pour épisode final l'expositiondes têtes des malheureuses victimes, qui s'uccumulaicnl en divers endroits des temples, spécialement destinés it les recevoir. Tantôt les crânes étaient alignés au-dessus des édiculus supérieurs des léocallix tantôt un les plantait au sommet de poteaux érigés à dessein tantôt enfui on les fixaità des barres transversales, adaptées « desmadriers verticaux et formant un ensembledésigné sous le nom de tsompantli 11y avait dans le grand temple de Mexico plusieurs édificesdo co type. Le premiers'appelait MixcoapanIzompant/i.« C'était là, iiousditSaliagiiu',qu'onconservait les tûtesdes victimes sacrifiées au dieu Mixcoall. On se servait pour cela de madriers plantés dans le sol et s'élevant à la hauteur de deux estados ils étaient percés de distance eu distance, donnant ainsi passage à des barres transversales, au nombre de sept ou huit, de la grosseur d'un bois de lanceou un peu plus. C'était à ces barres que l'on fixaitles tètes, en tournant leurs facesdans ladirection du midi. » Torquentada trace une description plus longue mais moins claire dece même tzompantli Ouy voit entre autres choses que les étaitdevenu habituel, dans certains de si 1) CedeVor crâneshumain.* que couronné par uneron«lors d temples formnil en terrecuite.monument, il partieintégrante u géedoMesmodelées sacrifiéousle s 2) C'étaitle cas,en particulier, la télédujeune homme pour nom Tezcat Je aumoisîleîiwntl de.chaque année lî. de Sahapun, (Fr. lipoca, rhuses iteluXiturtlk''Kspinjne, llistùirc dis trad.fr. par1).Jourdanel ijiio'rale et R.Siméfiii, l'iiris, 1KSH, p. 02,fie., liv. 11,ch.v elxxiv.) in-K,
el jmnlli, pieu. 173. \) Sulmgun, rf lu taille moyenne d'un liomn.e. r est cil. p. lit l/ctfmh 6) Fr. Juan de Torquuiinda, Stiundii parte itr />.s rrinle y un librus hilw.1rs n ili.imr'iuid hvliuHU.libr. VIII. ch, xij, '> (dit. Madrid, \"23, in-folio. T, Il, p, I 3) De tiom, sommet,èlil

34

DÉCADESAMÉMCAINKS

porches étaient alternativement nlus hautes et nlus basi perches plus plus basses que les crânes étaient t'iililés par les tempes, après avoir été dépouillés de leurs parties molles qu'ily en avait des files de cinq cents, do mille et plus que lorsque par vétusté quelqu'un

'II

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Ki«. 8. Hiéroglyphe de Tzompauco, il'upros le muiiuscrlt Aubin (p. 18).

de ces trophées tombait de sa perche, on le remplaçait par un autre; enfin que les Mexicains,en déposant dans leurs temples ces sortes d'ornements, avaient pour objet de témoigner tout à la fois de leur valeur et de leur piété envers les dieux. Undeuxième tzompantli (tout purle Torquemada existait dans le Quauhxicalco C'était « comme un ossuaire particulier » que hantait parfois à des heures indues le dieu Tillacahua, sonnant de lit trompe. Le prêtre consacré au servicede ce lieu sacré, que l'on nommait Yopoch, entrait alors dans la Casa de Ca/aoeras, et y présentait l'encens à la divinité. L'n troisième Tzompantli, que Sahagttn décrit en quelques lignes bien précises « consistait on trois ou quatre madriers plantés dans le sol et traversés par des barres, comme ois de lances, b étaient lixées les lûtes de ceux qu'on tuait. » C'était le auxquels Tzompuntliproprement dit k et de 1)Lesléles(lesseigneurs descnpiUiinis rnnrrjun é a étiiient corchéesvec leurscheveuxt leurs e barbes,puisdi'ss«.-li<V's etréduites tel pointqu'onles a auraitprisessanslaIjUiIjc des télésd'unlants, C'étaitdoncquelque etc. pour chose auxchuiwlutx desJivarosti:lui'ls<lr ; (l'analogue rt'quali'ur. libr. c t2) Torf|uemàda, VJII, h.xiij,«/. t«V, II, p.14'.». «/. :<)TraU.cit., p. 175. Cf:Torquenmda, cil.,t. 11,p. 119-150.

u; On on pouvait voir un

tzoupantm où l'on conservait les

3S tôtes

quatrième

dos captifs, mis à mort on l'honneur des dieux Omacatne ou Omacatzitzin Un cinquième, le uei Tzornpuntli', placé devant le temple principal, « sorvait ù recevo.ir les tète»des captifs que l'on sacrifiaiten l'honneur de ce temple, chaque année, à propos de la fête de l'urtyreet~alzt~li' t~, C'est ce uei Tzompanlli qu'a décrit Andrès de Tapia dans les termes suivants « Il y avait, enfoncées en face de cette tour i, soixanteou soixante-dix poutres, éloignées de la tour d'une portée d'arbalète, posées sur un grand théâtre fait de chaux et de pierre, et sur les gradins d'icelui beaucoup de tètes de mort fixées avecde la chaux et les dents tournées en dehors, autant que l'on pouvait voir, et les poutres séparées l'une de l'autre d'un peu moins d'une varo do mesure (84 centimètres) et depuis le haut de ces poutres jusqu'en bas étaient disposés des bâtons, autant qu'il en pouvait tenir, et dans chaque bâton cinq tètes de inortélaientenlilées par les tempes. Coluiquidécrit cecielun certain Goraalode Umbria ont compté les butons qu'il y avait et multipliant par cinq tètes chaque bâton de ceux qui étaient entre poutre et poutre, comme je l'ai dit, nous trouvâmes qu'il y avait cent trente-six mille tètes » Un sixième appareil, le ijopku Tzontpantli, servait à ranger les têtes de ceux qui étaient sacrifiés dans la fête de Tlacaxipeua. liztli. « Il n'y avait pas plus de trois ou quatre tètes dans chaque rangée, » dit Torquemada °. Enfin un septième tzompantli, do même construction « était destiné a recevoir les tètes de ceux que l'on tuait à la fête iVYacatecuhlli, dieu des marchands. » s centdeux 1)Tmd. p. 1Î7, – Cesacrificee faisaittouslesdeux cit., jours duranttroisjourset deuxcents victimes plus(Torqueet (SulmgunJ toi.cil., t. Il, p. 151.)comprenait mada). d ') «civeut ire grand. tmd. 3)Saliugun, fit., |>. 178. d h)Imléwutli u grandtemple. heclui clténor AndrèsleTapiu ( tubretuMiquiatu Mwieo. 5) Macinn por de (Collection tledocumentas G. paralu hishmideMexico, i>arî. Icuzbalceta, puLl. t. 11. . 583,Mexico, 1K0O, p in-8.) 6)VA. t. H,p. 153. Sahagun,rad, cit.,p. 179. cit., t

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DÉCADKS MÉRICAINES A On sp féru une idée iissm/ exacte iln l'aspect dfi ces sombres iili'c assez nvw.tn do I'ukiiacI de Un se fera la figure que nous reproduisons ci-dessus, L'auteur

édifices eu examinant d'après un manuscrit

de la collection Aubin. de ce manuscrit, qui est un rapide résumé chronolode l'histoire des Aztèques le nom de gique ayant à représenter l'une des stations occupées par ce peuple dans le Tzompaneo, cours de ses migrations vers Tenochtillnn-Mexico, adessiné une de Tsompantli avec un crâne mis en placo. On voit fort travée nettement sur cette curieuse figure deux montauls verticaux, percés l'un et l'autre de trois trous ù des distances égales et que traversent trois barres dont la médiane porte un crâne humain de son maxillaire inférieur. privé que les familles mexicaines ont habité à deux reprises pendant quatre et cinq ans avant de gagner, les unes Xaldevait son nom, suivant la tradition locan et les autres Apazco it un sacrifice humain qui s'était accompli dans cette localité. Tzompaneo, dès lors dnns leur petite tribu les Les Mexicains pratiquaient rites sanguinaires, ont voué plus tard leur nation, devenue qui des peuples du voisinage 4. Un Chichi' puissante, à l'exécration mèque, pris dans un combat, avait été sacrifié à Huitzilopochtl", 1) Ce manuscrit, que les historiens modernesde Mexico désignent sous le nom <k peinture Aulin, du nom de son propriétaire, a fuit autrefois partie de la i-ollcctionde Botturtni (VIII, li) qui l'a décrit en ces termes « Histoire de )n nation mexicaine partie «n figures et caractères, partie en prose nalmall, écrite par un anonyme en 1570, et continuée de la mêmemanière par d'autres auteurs indiens jusqu'en 10O8. » Le toxlo mexicain,ajout» M. Auhin, est l'explication des figures; je possède l'original et la copie de (inma, qui cite quelquefois cet ouvrage suffisant à lui seul pour donnerla clef del'écriture et de I iconographie mexicaine. « M. Aubin l'a l'ail lilltograpliier et de rares exemplaircs de cette reproduction existent dans quelques bibliothèques spéciales. Jj Ttotnpanco et Xallocin sont deux lagunes au nord de celle de Tezcuco, où devait !• fonder plus tard IVnochlillan (Mexico). de lux :)) Cwtdrt hiat'invn <jirtnjlitk<> In /wirjnnieioii </<• trilius Astfou: i/w de pMirun • vulle de ileriro, aevmpaAtufo alijuna» ejrplivaeiones pumsu inO-lh/fticiupor D. Josi': Fernando Kamiiwt (A'te {ivngraficn, estatlistho e Itislor'ko de ht Repiihlim MexieaM, formadopor Antonio Oarciu y Cubas, Mexico in-fol, lam. 32, 33.) iHT>H, Aiî.cs céréinonii's que les Mexicainsfaisaient en l'honneurdo ritzilopochtli.dit Saliagun, fnri-nt copies rie celles dont. l'usajrç avait prévalu dans la sierra meme de Coatepec, c'est-à-dire dans le pays où, suivant la légende, était né ce personnage divinisé, bien longtemps avant que les émiprants arrivassent à f» Tzompanco (Cf. Saliagun, liv. II les en.t, trad. fr. p. 203). On voit d'ailleurs, sur l'une des peintures représentant migrations (Garcia y Cubas, lam. 33), un sacrifice humain s'accomplir presque au départ de Hueycolhuacan.

l.KTZ0MPANTL1
et sa tôte, posée sur un pieu, avait inauguré panl/i le premier

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tsom» = t

dans le (sompanTxonipauco en a tiré son nom, qui signifio (ti\ L'écrivain indigène de 1570 représente le vocable par la figure simplifiée de l'édifice décrit parTapia, Sahagun et Torqueninda, en associant toutefois au signe figuratif deux signes phonétiques. La télé (izom, tête, sommet) est, en effet, surmontée, dans la peinture, du drapeau [pamitl), et la lecture de l'hiérole suffixe co n'étant pas haglyphe donne les syllabes tzom,pan, exprimé. recueils de peintures Tisompanco figurait déjà dans d'autres dans la mappe d'Ixtlilxochitl, indigènes; par exemple5 et dans colle de Bntlurini, l'une et l'autre publiées par Rainirez dans l'atlas de Garcia y Cubas 4 dans la Cordillcra de TribiUo* de Lubdans la Itaccolta de Mendoza, dans une des planches de Clavigero, etc. Mais aucune do ces ligures ne pouvait donner une renzana i)« VnChichinieca que auin tomadaen vna guernlo saerificoà de los Mexicanos,y la cai)ezadosto pusirron on vn pnlo,y por estoUchilogos,dios se lltunnua este que palu do espeta cab'eças de ombres. » (!•>. pueblo Ziimpiiugo," quiere «Jestir herimrdinode S. Francisco, JJistoriu tic los Mexicanos sus pinturas, cap. xi por (Ann. dcl Mus. Xnr. de Mexico, t. H, p. {M). Une autre localité, Tzompatitlan (près du IzoïDpiinllijoue aussi un rtlo [lu usla légende de Huilzilopoclitli.(SuImgun. tnui, vit, p. 202.) '£)Le suffixe ro, très rréqu^niment employépour les nomsde lieux terminésen /W,/(, in, est ri'inJu pur les iiuleurs espagnols par les prépositions en ou denlro. 3) Je donne ce nom &la pivmiûw des deux peintures (laïu. 32) publiées dans l'atlas de Gurcia y Cubas, et dont jMslorien l). Kemamlo de Alba Ixtlilxochitl esl le plus ancien possesseur connu.-Lu seconde (lam. 3.'{),qu'on peut voir actuellement nu musée de Mexico (t'ytafayn de lus coleccioneshistorien ytirtjucoXannuul de Me.rienarreglado por G. Mendqzay J. Sanchei logicudel Musc» {Ànn. tel Htm. Xuc.de Mexiro,t. Il, p. 407) vient de Botturini,*qui l'a décrite ( somiuaircnientsous le numéro t du paragraphe vu du catalogue de sa colléetion. 4) La première avait été déjù publiéepar Gemeili Carrori. qui en avait reçu communicationde IX Carlos de Siguenza y (îongora qui la tenait d'Ixtlilxoehill (Giro (let vol. p. 3ti, Nllpoli HOO,iii-12); puis par Ciavigero (S/I), riu imttea del Messie»,Cesena, 1780,in-i, vol. II, p. 192; par llumboldl( Vues des Cordiltièrcs et monuments des peuples indigïiies de l'Ami'rii/ue. Paris, IStO, gr. in-folio, texte, p. ^'3 et atlas, pi. XXXII) par Kingshorough. (Op. ci/.).1 par Farai'oy {Ihmimeiils/iii1i«j//i/;i/iiV/«e.« emportés d'Assyrie ff consente en C/iincpt en Âuirrii/ur sur le dtlwjc de X«r, les di.r <jtwratvM.\munile déluge, l'exislew-e d'un premier hommeet celle du péché oritjind, Pari: 1838, br. in-4) enfui par Cuiuplido, dans fa tnuluflion de l'rescolt. (Xptndiee à lu historia de lu mnnuisUi,etc..Mexico, 1840.) La deuxième niuppe, ou utnppe de IMlurini, avait été reproduite par Beullocl) (Fae-similc «f nu iiritjinul Mn-kmt Itieroijlyphic Vuintiiujfrom the ColiMiuit •>[IMurini. br. <\oSi pp.) par Kingsborougli (mil. rit,) par Cumplidu bituellement

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DÉCADES AMÉRICAINES

idée bien netto du lugubro appareil qu'elles étaient destinai il nctto destinées représenter. Lo Tzompantlide la mappe d'ixtlilxochitl n'est qu'une espèce de barrièi1" dont la traverse supporte un objet informe, dans lequel on a bien de la poiiii'ù reconnaître les éléments d'une tète – – – –r I t. t u.i «~.

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Fig. 9. Le grand tvinplo il" Mexicoavec ses dépendances, d'après uu plan, agrandi quatre fois. de MexieoTemixtilan (sic) atsiétjé par fortes. – Ou v voit deux tzompantti (capita merifieatorum). J. vue de «Hé, dont l'œil soraitrefoulé en arrière de la branche montantde la mandibule, eldont le profil facial serait formé par deux lignes verticales. On reconnaît plus aisément les caractères d'un crâne à l'objet, (Ap, cil,), enfin par Schoolcrall (Ilixtorictil and statut mil Information respeeling llistnru, < inulHionnml Prospects nf the imtùm Tribvs or the United tîntes.)

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LE TZOMI'ANTM

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donné de face, que supportel'appareil sur la Manne de liait iirini · «innorto l'annaroil sur Mappede Ruttiirini mais le support n'est, à vrai dire, qu'une espèce de eraniophore, qui s'écnrte sensiblement des «Inscriptions que l'on a pu lire plus haut. C'est unemachine à peu près semblable, qui porte, à lu premit'i'opage du manuscrit de Mendoza, la tôte présentée de profil; on retrouve, il est vrai, assezbien dans cette peinture la tête humaine, et surtout la maudibule, mais la tôte est singulièrement empalée d'avant en arrière, a travers l'occipital La seconde figure de la collection Mendoza et les reproduclions qu'en ont données Lorenzanaet Clavigero nous montreront au-dessus d'une barrière de planches ou de poutres une sorte de châssis portant uno masse irrégulière qui rappellera bien plutôt l'aspect d'une pièce de viande enfilée dans une broche et munie de son étiquette, qu'elle ne suggérera l'idée d'une tôle humaine (tzom)que surmontorait un drapeau {pamill). Les anciens dessins espagnols ont leur valeur, en tant que renseignements généraux, mais représentent les objets ;ï mutrop petite échelle pour pouvoir <Hrebien utiles dans l'étude de leurs détails. On verra néanmoins avec intérêt (fig. 9) lo dessin agrandi quatre fois, que nous reproduisons par la photographie, d'après un plan de Mexicoassiégé par Cortès, qu'a publié, il y a quelques années, h un petit nombre d'exemplaires, la Commission dite « de la vallée ». En présence do ligures aussi imparfaitement dessinées que toutes celles dont il vient d'être question, les commentateurs devaient forcément s'égarer. Siguenza s'était assuré, il est vrai, que la signification de l'hiéroglyphe de la Mappe d'Ixtl'dxochitl devenue sa propriété, était bien colle de Tsompanco,et il avait écrit sur l'original, à côté de la lignre, ce mot que Gemelli Carreri a reproduit en publiant le premier co précieux document. Mais le voyageur italien a traduit Tzompnneo par Calvarw loctts.Humboldt, qui necomprenait pas mieux que son prédéces(2« p i) Latroisième ligurorlulympantli«luinêmcmanuscrit partie, i. xix) decelle-ci. n'estqu'une répétitionimpliltëe s

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DÉCADESAMÉRICAINES a._ _L_

.a_ seur la signification du symbole, rendait v_ mémo nom de lieu le in périphrase lieu d'ossements humains. Or les termes par mexicains qui correspondent à cette traduction sont omicalU (omiti, os calli, maison), casa do lutesox ouomitlatiluijan (lugar donde toshuesos est(in ammitados). Ramirez, auquel j'emprunte cette rectification, u rétabli la véritable signilication de l'hiéroglyphe de Tzompanco, et la publication récente du texlo de Bornaniino de San Francisco, que l'on doit u D. Joachiin Garcia Icavibalcela, a achevédo mettre en évidence les liens traditionnels qui rattachent le nom du lieu ù la pratique barbare dont il tire son origine. L'étude du manuscrit Aubin, rapprochée dos textes de Tapia, Sahagun, Torquemada, etc., dont elle est en quelque sorte l'illustration, vient compléter celle histoire du tzvmpautli mexicain, l'une des manifestations les plus caractéristiques du génie sanguinaire des sectateurs de Huilzilopochtli.

!lk ANTIMOPOUTIH! DK LA OlAUELOm:

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VII i:x AXïnitoi»or.riuK la nuADKLom: de Les anthropolilhesde la Guadeloupe ont joui d'une véritable célébrité au commencement de ce siècle. Découverts en 180Î1 au Port du Moulu dans une sorte de tuf calcaire, ces prétendus fossiles humains ont été l'objet do mémoires nombreux et variés. Le général lïrnouf sommairement expose dans les Annalesdu Muséumde Paris1 les diverses hypothèses qui avaient cours sur leur origine. Konig1, H. Davy, Moroaude Jnnnfes3,Ouvier' ont fait, ù différents points de vue, J'examen dos squelettes et ctolit roclte qui les renferme et déterminé la i-rnnpositionchimique, l'état minéralogique, la nature des débris organiques, et par suite le mode de formation do ce tuf pélagique, ainsi que l'a nommé Moreau do Jonnes. Mais quelque de précision degré qu'aient atteint les démonstrations que je viens de rappeler, l'àge des squelettes du Port du Mouleest demeuré jusqu'à présent indécis. L'étude de la gangue des anthropolithes démontre cependant qu'ils sont enfouis au sein d'un dépôt qui continue ù se former aujourd'hui; l'examen des coquilles incluses dans le tuf prouvequ'elles sont d'espèces vivant sur l'ile ou dans la mer voisine. Bref Cuvier démontre que ces pseudo-fossilessont loin d'avoir la haute antiquité que leur attribuent encore quelques vulgarisateurs ignorants ou prévenus8. Mais entre l'explication, combattue par le grand naturaliste, qui faisait des roches ossifères du Port du Moule les « débris d'un monde disparu » et 1)T. V, p.-loi,i8or>, iti-i. 2) "onigtOn f~srif a lmurnn sk~:(eron f;ttml~·/ottpe. fr~rm MM~<hT«t~-M~ m \tiU"n\ lusei)h B"nksvol. l'«<K'#. Trwmtet, CIV.p. 107el pi. m, îoi-i»in– ) i 1822 ^n-T" deJ°"n*8'm'oirf P'"Jsi'li'<- Anlith* d>-s frmwisn, t. |,p. 516, 1.~¡~ 4)°-,Cuvicr.fl'*«)«««!•/« * Ihrurie lu tmv,servant.lïnlroduction de aux Hecherdies surlesossements fossiles, Paris,1821,n-i, i 5)Cf.Boitard, 'Univers L avantles/tommes, »'5lA le.LXVI 481. p.

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DÉCADESAMÉRICAINES

l'hypothèse qui, rajeunissant outre mesure les débris osseux envoyés on Europe par Cochrane et par Doiizelot, leur donnait une date toute récente, ii s'était produit dos opinions intermédiaires parmi lesquelles, il défaut de renseignements précis, Cuvier n'avuit pas cru devoir choisir. C'est l'une de ces dernières, celle d'Ërnouf, acceptée par Zimmermatm et quelques autres écrivains, que vient appuyer une petite découverto.quej'ai faite, il y a quelque temps déjà1. t, On sait que le premier squelette (lit Port an Moulefut enlevé par sir Alex. Cochrane et présenté par l'amirauté britannique au British Muséum, où il est encore déposé Le Muséum d'histoire naturelle en possède doux autres. Le premier seul a été étudié par Cuvier, et la figure et la description qu'il eu a données unt été souvent reproduites. Un second bloc,

Pig. 10 a 12. Amulette, pu juJi-, en forme de grenouille, trouvée au cmi «l'un antliropolithe de lu Guadeloupe, gr. nat. {Mus.Hitt. Nat. (le Paru.) envoyé à Paris un peu plus tard par Donzelot, en tout semblable nu premier, mais dont le squelette était bien plus mal conservé, ne paraissait devoir rien ajouter aux renseignements fournis par son devancier. qui renfermait montrer aux Il ne fut pas dégrossi, mais exposé à côte de celui le premier squelette en partie dégagé, il servit à visiteurs l'état naturel des bancs ossifbres dits

Maçonne-lfon-Dictt. i) Cf. Compt. ttend. Acnd. Se. 10 fi-vr.1873. L')« Ils furent découverts, dit Cuner(/oc, ciï.) p.n 4805, par M. Manuel Cortès v Campomanès, alors olïicicr d'étal-major de sprvien dans la colonie. La général Ernouf, gouwnicur, en fit extraire un nvec beaucoup de peine, auquel il manquait la Ifit^ et prost|iii>toutes les extrémités supérieures on l'avait déposé ù la Guadeloupe, et on attendait d'en awrir un plus complet pnur les envoyer ensembte à Paris, lorsque nie fut prise par les Anglais. L'amiml Cochrane avant trouve ce squelette au quartier général, t'envoya à "amirauté anglaise qui .l'offrit uu Muséum britannique. 11est encore dans celle collection. où je l'ai vu on i«18. <>(Cuvier, Discourspréliminaire, p. LXVt.)

UN ANTHROPOLITITÈ DE LA GUADELOUPE

43

C'est dans ce second bloc, dont une large fonte, lentement agrandio, a fini par détacher un assez gros fragment, quo j'ai trouvé le bijou caraïbe dont la figure est reproduite ci-coniro. La fissure qui dissociait, ainsi qucje l'ai dit, le squelette du Port du Moule, dessinait ses sinuosités au-dessus dos fragments ossoux qui représentaient le thorax du sujet, et lorsque la partie supérieure s'est détachée, elle a montré dans son épaisseur la moitié droite du maxillaire inférieur, dont la dentition se rapportait à colle d'un enfant de huit ans environ. Cette indication s'accordait aveccolles que fournissaient déjà les diaphyses des membres, saillantes à la surface dola roche, humérus, fémur, tibias, etc. Sous cette mandibule et un peu au-dessus de débris osseux qu'il était aisé de reconnaître pour quelques bouts de côtes supérieures et la portion moyenne d'un humérus, apparaissaient doux petites taches verdâtres et, au milieu do l'une d'elles, un petit cercle blanc. Je dégageai [avec précaution la pierre verte, qui se détachait sur le fond gris blanchAtrede la roche et, après quelques minutes do travail, je pus tirer de la gangue une amulelle on jade do 20 mm. do longueur sur 17de largeur et 9 d'épaisseur,reproduisant grossièrement la figure d'un batracien La tète et les membres antérieurs sont séparés du reste du corps par une rainure transversale, chacune des saillies qui représentent les pattes de devant est adroitement percée do deux trous', l'un sur la face externe et l'autre sur la face inférieure, à l'aide desquels la grenouille de jade était suspendue au cou du jeune sujet. Deux petits renflements simulent les yeux de l'animal, deux traits obliques circonscrivent ce qui répond aux membres postérieurs et une saillie ovale dessine les contours de la région lombaire. J'ai dit que co bijou est d'origine caraïbe. Cette appréciation, la i) M.Jannettaz a étudié densité etlesnulres aractères c de qui physiques cettepièce, reconnu a ù à qu'elleppartient lavariété jade,propre l'Améa a étéconfirméede centrale. détermination Cette rique F de purM. ischer, Fribourg, duntonconnaitesimportantes l recherchesurla néphrite, indèite, s la etc. 2)C'estl'unde cestrous,rempli tuf,quisedessinait de enblanc surle fond vertdela portion bijou jadeque la fenteavaitmise jour. du en à

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DÉCADES AMÉRICAINES "VQR'U.~07
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que m'ont suggérée des comparaisonsétendues1, trouve saconfirmation dans les textes dos vieux autours qui ont écrit sur1'iliBtoire naturelle et l'ethnographie dos Antilles. Rochefort, du Tertre, ote, parlent en ellot, à plusieursreprises, du goût des habitants de cet archipel pour certaines pierres vertes et rouges, et ce dernier raconte même' it proposde ces pierres, qu'il dit venir de la Terre Ferme, qu'il en a vu de diverses ligures, et en particulier une qui avait la forme d'une grenouille. Entre autres propriétés dont jouissaient ces pierres travaillées, « pendues au col », elles empêchaient de tomber du haut mal, soulageaient les femmes « en travail d'enfant », etc., etc. La rencontre d'une amulette, taillée suivant Informe spéciale indiquée par le vieil historien des Antilles, et suspendueau cou d'un des sujets enfouis dans les tufs pélagiques du Port du Moule, mcBonibl»bien prouver, d'une manière irrécusable, que ces squelettes appartiennent ù Yépoquecaraïbe, ainsi qu'Ërnonf l'avait supposé. On peut donc maintenant limiter l'âge des anthropolilhes, dont Konig, Cuvier, etc. s'étaient occupés, entre la première apparition des Caraïbes à la Guadeloupe et l'époque où Uochefort,du Tertre, etc., décrivaient ces anciens habitantsdes Petites Antilles, aujourd'hui presque complètement disparus. JI n'est pas inutile de rappeler en terminant cette notice que c'est sous le nom de Oaliùis, que nos compatriotes désignaient en 1805, les squelettes que l'on extrayait du Port du Moule. Or cette dénomination ethnique, qui s'appliquait jadis à un grand nombre de tribus des Guyanes, n'a point entièrement disparu des cartes modernes. en nombre grenouilles pierre ure, de en i) Onadécouvert effet,uncertain d soitaux Antilles, oitsur la TerreFerme. Fischern'enconnaissait s M. pas moins qualre,lorsqu'ilédigeait de sonmémoire Minentloijie llilfsuisDie <ils r u. s. llerurksichtiitnschnft ût Arrlui-aluijk; f Ktltn'iympMi' w. mil snetirUvr m r L ijnmj nkunmhr.ruulpturem (ÂrcAi'r. Anthrop,,el. X, i877.) agrefur de nouille, ymbole la pluie,était d'ailleurs fortsouvent chezles s représentée Indiensrfu blexique, l'Amérique de duCondinamiirca Pérou. Centrale, etdu Trarehin Xkanigua, ew- 1853,iu-8,p. 511. Etc.) (Cf.G. Squier, N York, desAntilles liabiUes lesFiançais. 2) ft. P.du Tertre,llisloiie yinéral? par t. Il, p. 78,1667, in-4.

1

DE ex AXTHOPOMTHBLA OL'AUKtOLTK

45 .1;

fl'osl il'aiUcurs de ces Galibiu de Torre Forme que descend l'une dos deux faces cjuise hoiUrencontrées dans l'archipel des Antilles loc. f) Cf.Konig, cit., |>.ili.

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DÉCADESAMÉRICAINES

VIII
LES LACA.NDONB LA IMUTK UZUMACI.NTA DK

M. Charnay a consacré quelques lignes d'un des meilleurs chapitres de son nouveau livre à une peuplade sauvage, particulièrement intéressante, dont il a rencontré plusieurs représentants au paso Yalchilan, sur les rives de l'Uzuniaeinta. Les Lacandons, qu'il nous fait rapidement connaître dans ce passage, appartiennent à la grande race des Mayas et parlent un dialecte de la langue du même nom. Dernier débris d'une nation autrefois florissante, ces pauvres Indiens sont un des exemples les plus remarquables, que l'on puisse aujourd'hui citer, d'un peuple jadis civilisé et retombé, sous l'influence de circonstances défavorables, dans un état voisin de la barbarie. Leurs ancêtres construisaient dans toute celte région presque déserte aujourd'hui, des villes importantes, qui renfermaient des monuments nombreux et variés. Ils possédaient une écriture compliquée, dont ils couvraient les parois de leurs édifices. Leur céramique était curieuse et des bizarre. Ils sculptaient bas-reliefs '%P1. surlesquels ilsrepréIl) sentaient leurs chefs' couverts de riches vêtements, tuniques, manteaux ou pèlerines, brodés avec un art véritable portant d'étranges bonnets surchargés d'ornements volumineux, des oreillères énormes aux découpures tourmentées, de gros colliers it larges médaillons, des manchettes, des jarretières à pendendes glands au tifs, des sandales à hautes talonnièrcs par cou de pied, etc. Les villes de jadis, abandonnéesà la suite des invasions espaL villes 1) D. Charnay. esanciennes duNouveau-Monde Voyaaes d'exploralionau MexUiuèel l'AmMque dans Paris, 1885. Centrale1807-1882). Haehelle, ( 1vol.in-i illustré. Cf.Rerued'Ethnographie, II,pl.4, 1883. tome 2)

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I.KS UCASDOSS DE LA HAI/TK CZVHACISU t. lu» sont gnolos, ne Kntil kilna !*nitp/*i2mitf^nu rma

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plus représentées que par modestes, assez bion tonus, nous dit-on, et qu'entourent de petits l champs relativement bien cultivés'. , Le secret de l'écriture des ancêtre» est si complètementperdu, que pus un Lacaadon n'en comprend un seul caractère. Tout leur art se borne à pétrir sur d'anciens modèlesdes vases qu'ils barbouillait do couleurs voyantes, à entaillorsans goût t les bois de leurs longues libelles(pi. III, lig. 1 à 4) ou à semer au hasard des taches rouges sur les grossiers tissus dont ils couvrent leur nudité'. Ils no possèdent d'autre vêtement qu'une large tunique à manche» courtes, faite d'un coton fort grossier; ils ne portent d'autre ornement que de lourds colliers de graines ou de dents, de grilles d'oiseaux ou de pli-ces de monnaie qu'ils ont reçues des blancs, ou bien encore des plumes d'aigle que leurs femmes plantent dans une chevelure mal soignée, flottant ù t'aventure. Enfin les seules armesqu'ils possèdent sont des armes de l'âge de pierre, qu'ils confectionnent d'ailleurs avec unu véritable négligence. M. Charnay mentionne des haches do pierre avec lesquelles ces pauvres Indiensabattraient les arbres « pour cultiver leurs champs. » Notre voyageur n'a pas pu se procurer une seule de ces haches, dont il ne parle que par ouï-dire; il a en revanche, une curieuse collection de flèches aimées de silex*, donl les figures ci-jointes mettent sous les yeux du lecteur les formes principales et font connaître les emmanchements. de t) ii Ilsvivent etde laculture leurschamps, sotil. de dechasse, pêche qui medit-on, ieuxcultivés t mieux m e tenusqueceuxdesblancs. herbedans Nulle leursmoissons. eurscases propres t l'on y trouve L sont e quelques rovisions p detabacet de coton,dumaïset desfruits. M.Charnay qu'ils n'ont de c'estuneerreur.Les acandous ajoute point poteriep. 3U9); ( L actuelsontdesvases f exactement formeseceux notre tes grossiers uireproduisent q d a trouvés ansles temples Lorillard le musée uTrocadérovoyageur d d que possède eux de City d iloceswises iotfmu'A'. M ?) Encoreet ornementudimentaire c r semble-t-il l'apanage titre deschefset «leleursemmes. f p. «Tuniques(Charnay, U08.) et colliers, 3) ditM. Charnay, semblent valeurnappréleur d'une i ciable, arj'essayai ainement v dom'en céder; t, comme échange leur faire c e je offrais nede meschemises, mirenti rire, trouvant en u ilsse i l'objetridicule; ils m'abandonnèrent regret eursarcs et leursflèches pointese mais sans l à d silex, donte lisprovision. (Op. it.) » j c

niii> «Lia hameaux f^«« des finmnaiiv fort

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DÉCADES AMÉHICAINKS

Les pointes de flèches des Lacandonsaffectent toutes laformo caractéristique desjlèches do pion* américaines, c'est -à-direque présentant lo type lancéolé plus ou moins allongé, elles portent nu voisinage de la base deux profondesencoches latéraleset symétriques, dans lesquelles passant les liens qui les fixentà la hampe, transversalement fendue pour recevoir son armature de pierre

d de.» •!<> vue Fi; i:t ot ( i. Pointe e llèelifen tiU-x Lav»iiilou.< l'asoYfilcliilm), de fueeet île profil,[lînmd.nul. Mil", l'lillmugr.Coll.Chaînai/.) i Nos figures i3 ù 17 permettent de se remue un compte exact «lu procédé d'emmanchement usité chez les Lacandons, comme chez un très grand nombre de peuplades aiieienm-s et modernes du nouveau monde. Le lien, tourné circulairement un certain nombre de fois, embrasse (ont ensemble les deux lèvres de la t)Cr. Hnu. The ArtlmoIrajknlColle'-timi Iht United States NationalMuof séumin diurne »! the SmUlimninn instilutiim Was/iiiifjhiib. C. (SmUfis<.>n Vontril>. 287.)\Vo8liiri(,'lon IK7G, p. 9-10. – Ktc. ii° City, in-4,

LEStACANDOXS OKLAHAUTE ZUJJAUNTA U

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>eot Immpe ol la portion la plus étroite du pédicule;de la flèche, puis lu m croise à diverses reprises en X, au niveau de co môme pédicule, pour venir se contourner de nouveau sur la hampe, à laquelle il est enfin fixé, après avoir encore décrit un certain nombre de tours. La hampe, longue, mince et flexible, est tantôt ronde et lisse (pi. HI,fig. 8), tantôtaplatie, triangulaire ou carrée et entaillée de nombreuses encoches (pl.HI, lig. 4 à 4). Ces barbelures, symétriquement disposées, forment des séries peu près régulières, qui varient en nombre de douze ù vingt et une, et sont disposées sur doux, trois ou quatre rangs. La hampe, ainsi construite, varie en longueur de 32 à 65 centimètres etse trouve emmanchée elle-même dans un roseau do 66 à 78 centimètres, empenné de deux plumes de perroquet*. La longueur lotule des flèches oscille entre l'03et 4",35.

(1

Fig. Vi, 16. fi. Trois poiutci ilf llècljcs cit silex des Liicuudons du Paso Yulcliiinn l'i'iwitf nat. Ment (/utfcrfioii.)

Ces flèchesdo pierre se lancent à laide d'un arc haut de lm,2G à lm,CcJ. arc est exlrèniemcnt simple, Cet arrondi, quelque peu fusifurme et saus aucune poignée ni garde-main. Il se tend à avait eux •Ua™lrm'y'P0"^SC liie",v""ir Lacandons, ramûss« f1iro pour euxa lavunco grandnombre eplumes<|PS un d d'ara. 4 4

30 .1 m

DÉCADES AMÉRICAINES

l'aide d'une cordo assez régulièreuiuut tordue, mais de force médiocre et qui se fixe aux extrémités de l'arc a l'aide d'une anse arrêtée par le relief de deux tortillons de coton. L'appareil des archers Lacandons, dont je viens de donner la description, est en somme très notablement inférieur à celui des peuplades des Guyanes, del'Amazone et de l'Orénoque, qui, sans .s'élever jamais au niveau qu'ont atteint un instant ces Mayasi redevenus sauvages, ont, du moius, inventé et conservé des engins de chasse beaucoupplus puissants elbion mieuxfabriqués que ceux dont il vient d'être question dans ce petit mémoire.

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[i'iNOUSTHIK HAJIEÇONMfcftE Uti |/aRCIJ1PKL CAUFOBMEX

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ix l'iSOL'STIUE IIAMKÇONXItiHK UI1K2 tKS AXCIKXSIIAItlTASTS UK l'arciiickl calii'ohxikn

Les fouilles pratiquées depuis quelques sur la côlo californienne et dans les îles qui en dépendent•, ont mis entre les mains des ethnographes des documentsextrêmement abondants, qui permettent de reconstituer, jusquedans ses détails les de peuplades (lui n'ont point plus infimes, la quotidienne connu les métaux. Tout est instructif dans les collections énormes, envoyées aux musées ethnographiques de Washington, de Cambridge ou <!< l'Institution Smilhsonieune, du PeaiParis, par les de Muséum et de notre Ministère de l'Instruction Publique. body Peu de séries sont toutefois aussi intéressantes que celle qu'a formée M. Léo» de Cessât des anciens engins do poche des insulaires de l'archipel Californien*. Le musée du Trocadéro possède, en particulier, une technologie complète des hameçons en coquille*dont je vais faire rapidement passer sous les yeux du lecteur les diverses transformations industrielles. Paul Schumacher a déjà, il est vrai, dans uni- courte note imprimée en 1873', appelé l'attention des hommesde science sur les procédés do fabrication des hameçonuiers californiens el M. Putnam est revenu sur le même sujet dans ses belles études sur l'archéologie des Indiens de l'Ouest'. un situé 33-:iS0 1)CesIles,(luiforaient uetil lat. sont au nombre ehuit San-.Mijfuel, archipel parAnacapa, N., d Santa-Hosa, Sanla-Crui, Sauta-Barbara, San-Nicolas, Santa-Calalina, San-Clemente. n'a 2) Cet explorateur pas ivcuoilli oins e 400 m d a objetsse rapportant ux industries ela pêche. d 3) Deux-ccnt-i'iiiquautc environ, dontun grandnombre répètent. se pièces d« s d Quarante cespiècesontentrées ansnosvitrines. P. Schumacher, Anftrtiyuwj An<jrllutk*n ttk «fcr i) nu»Muschelselmlen l-fi ilcnfrùheecnliewohwmtter Imelu in Sinilii-lhirbuni i'utvtl. [Arehirfùv M, VIII, . >>3-2M, in-1.) s Anthrop. l«7."i, 5) Fr. VV.Putnam. and Reporhuponurchxvhyical elliMloyiatt Collection

52 52

DÉCADK5 AMÉMCAINKK AMÉMCAINKK

Maïs ces deux savants ethnographes m* possùduiont pas, semble-t-il, un matérielaussi considérableque celui dont je puis d disposer, grâce aux collections e M. de Cessac,et les t'enseignements que j'ai réunis dans l«s pages que l'on va lire ne feront pas tous double emploi. La coquille do l'kiliotis, matière première do la plupart des hameçons califoruiens, est d'abord casséeen morceaux à l'aide d'une pierre (fig. 18), puisgrossièrement retouchée sur sos bords

Fijjt.18. Kig. 19. Fig. 20. Fig. 18.Fragment de coquilled'iialioti»ffrossièreiiuMit équnrri –Fig. !9. Fragment de la uiOujo coquille retouché à petits coups. – Fig. 20. Autre fragment avec un commencementde perforation.(Grand. nat. Mus.d'Elknogr. Coll. de Cessât.) (fig. 19). Les fragments ainsi préparés sont de dimension fort variables, les plus gros peuvent atteindre 8 centim. sur 6, et les plus petits, 2 centim. carrés. L'artisan perce ensuite vers son milieu le disque de coquille à l'aide d'un silex bien pointu (fig. 21 à 25). Le trou obtenu est de dimensions fort variables, j'en mesure qui ne dépassent point 2 à 3 millim. et plus. et d'autres qui atteignent au contraire i centim.

from cicinity of Santa-Barhwa,California, and from ruined puehlos of AriUixxn and New Mexico, and certain interior Iribes. (United States Gewjmphicnl Sumys wlsI of the une hundreth meridian, vol. VII, p. 223, 1879.) – Cf. W. H. Holmes.Art in Shell of the ancient Americans. (SecondAnimal Reportof the Bureau of Kthnologu lo the Secretary of the Smithsonian Institution. Washington, 1883, grand in-8, p. 209, pl. XXVIII.)

L'INDUSTRIE lUMEÇONNlfîRE DE l'aRCIIIPBL CALIFORNIEN

33

La plaque ainsi ébauchée est parfoisil peu près ronde, mais le plus souvent elle affectela forme d'un triangle à base rétrécie,

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Fig. 21 k 23. Porçoirs en silex taillé. ArchipelCalifornien.(Urand. ual. t, Mus, d'Klhnoijr. Colt. de Cetsac) tlout les plus longs côtés seraient sensiblement convexes (fig. 26

6~

~~Ë~S~

Kig. 26 et 27. Fragment* de coauillp avec perforation cenlrali». {Grand, nul. Mus. il'Elhnogi; Même collection.)

et 27). La hauteur du triangle pt>utvarier de 2 ù 8ceiiliin. Sa largeur à la base oscille entre 17 el 60 millim. Une nouvelle opération a pour but de régulariser les contours

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DÊCADK9 AM&HWAINK&

de la plaquo perforée que l'on vient d'obtenir; ollo s'accomplit à l'aicto d'un morceau de grès ajilnti dont on frotte la circonférence (fig\ 28).

1 3.i.y r:_u

Kig. M. Ui«|iic en coquillr? iloiit le contour a H(- uri ••(,MTontli. (thaml. Mut. d'Kthnngr. t'oit, de Censm.)

nul.

Le fabricant d'hameçons doit nnsuitc élargir ot arrondir l'ouverlure pratiquée au c. entrede sa plaque, cf qui d'abord se fait à l'aide d'un foret fusiforme on grès dur et rude, par la rotation prolongée duquel ce trou va prendre une forme très exactement circulaire (lig. 29 et suiv.).

.J ~-xn~frtrn'
Fitr. 29, 30 et 31. Troi~ fragmpntt do roqtiilles perfora régulnrlsé il t'aid.* -h) forut. ir%rnu.l. nat. ~m? dont le trou a été M~M'f~H.)

Les rluuxcircnnférenc~sinterne p) extcrnf 1(-nililit(te plus en au sommet plus It s'ltnrmonisnr, saufen un point qui ('01'1'(18£10011 du Irïangle dont je parlais plu~ haut, et qui fournira ))i<'nt(''ta l saillie destinée a1 suxpenclrr· Le fabricant ontamera 1'liami~çon. P"\1 it peu, pour nbtenir cette espèce d'auricule, ln portion titi'il a t'cscrv~e il la pcripho'in do la pièce, ainsi que le montrent les

l/lXOUBTMR riAMKÇONNlfcRK t/ARCUm I)B

CALIFORNIEN

Vu)

trois figures ci-jointes (flg. 20 îi 22)'. Il ne restera plus alors, pour achever l'hameçon, qu'à enlever à l'aide d'uni»pierre tran-

N%eg N~ffle Fia. 2, 3,34.Trois isque* S 3 d il'lml'iulisii'rfori1». i fitkiculioii dol'auriculc. [iîmml. Mm. ikiI. tTEtlinogi: deCtttue.) Cuil. chante une petite partie de lu circonférenceen avant de cette utirieule. Quand le hanieconnier aura appoint en l'usant le crochet qu'il vient d'obtenir, quand il aura creuse entre l'nuricule. et l'autre

~EËM~~
oiiliùri'iiinnt termine». Archipel |'°lg.:i'i, 'M,'M.Troi>liniucounsà petite miriecilc, CnlifuniiiM). (drniirf. ml. Mtmr cvlleelion.) extrémité tement de la pièce une légère terminé. rigole, son engin sera complè-

Les figures 3S à 37 représentent trois hameçon» do ce type qui de beaucoup le plus en usage chez les peuples pécheurs des était Les figures 38 et 39 représentent une rivages californiens'. 11 Cf. Pulnnm, op. «il., pi. XII, {!«.22, 27. 2) Cf. Schumacher, /oc. cii.,1%. 80; Pulnam, toc. fil., fig. 2î, 20.

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DÉCADES AJlftlUCAINES

variété moins commune du même type dans laquelle l'auriculo se montre bien plus allongÓe1 .th NI

Mg. 38, 39. Deux hameçons il auricule iillougée. (Grand. nat. Mm. (ftithnoai: Coll. de Cessac.)

De 4 à 12 millimètres qu'elle atteignait sur les hameçons du premier type, elle s'élève sur ceux-ci à 21 et 22 millimètres de longueur, c'est-à-dire qu'elle correspond an lier» et mémo aux deux cinquièmes de la courbe totale de t'engin.

–– F'8-«-

ma Fig.H.

FiR, 10 et 41. Deux humeçoiiB de coquille portant ilc3 Biicoches. ISUme Fig. 42. Autrii littiucçou clftcoquille avi-c trou de suspfiiisiou. -olleclion ) (M.)

^VMpr j2, i.-jg.

Les hameçons en coquille de l'archipel californien ne possèdent d'ailleurs point tous l'appendice plus ou moins long que je viens de décrire. M. tle Cessac en a trouvé quelques-uns qui avaient été fixésà lu ligne ù l'aide d'encoches transversales. Les figures 40 et 41 reproduisent deux spécimens de ce genre de suspension. D'autres hameçons encore (ceux-ci beaucoup plus *£• '*• ir*) Pulrwm> cit., %•25: C)i.Rau.Thearehx(,lot,kal collection oflhe umleaStates ftalional uséum. M {Smitlison n» Contrib., 287,Washington J Cilv 1876,n-4,p.§9,fig. 256.) i

L'iXDUSTRIE nAMEÇO.NNIÈRBDK t'ARCHIPKf, CAMFORNIE.V

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raves) sont percés d'un chtw (fig. 30) dans lequel était introduit et noué le fil suspenseur Ce que l'on viontde lire s'oppliquoexclusivementauxharneçons il fabriqués en coquille lYhaliotis San-Miguel,San-Nieolas, SantaGatalina et San-Clemento. Diverses tribus californiennes, cellesde Sanla-Cruy. n e particulier, combinaient l'usage d'hameçons en os il celui des hameçons en coquilles. W,

v
Fig. 43. Fig. 44. l'"ig. 43?ïlaiiieçon en os rira insulaires de Sania-Criu, muni d'un crochet réemrail et llxn a l'aide de hitume. (firamt. nal. Mm. (l'Hlfinoyi: Colt. de Cessac.) – Fif[. è-l. llauicçou presque geinblublu, en dent de cachalot, des iiisiilairos de larcliipcl Hawaii, [Grand, mil. Mua. (tElhnoijr. Coll. Unilieu.)

Cpsenginsprésentaient, gràco au crochet récurrent ménagé sur leur courbe externe, un peu au-dessous de la pointe (fig. 43), une grande supériorité sur ceux dont il vient d'être parlé. M. Schumacher a découvert quatorze de ces hameçons dans ses fouilles de Santa-Cruz; plusieurs étaient encore munis de leur ligne fixée dans une encoche tle l'os puis transversalement enroulée sur l'extrémité de l'engin à laquelle l'assujellissait une épaisse couche de bitume. Les deux pièces similaires de la collection de toc. 1)Cf. P. Schumacher, cit., fig. 81: Putnam, p.cil., pl. XI. flg. 2, 3 o et 4.

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na;n,rr.~ aatann.nwr.o DÉCADESAMÉRICAINES

Cossao au C.ossaoau Musée du Trocadéro (notre flguro 43 rc figure repréBonte la volumineusede ces doux pièces) sont semblables îi celles plus qu'ont représentées Schumacher et M. Putnam, mais on n'y voit aucun vestige de corde. Ces hameçonsen os sont (railleurs ù peu près identiques à ceux que lesHawaïen»confectionnaient jadis à l'aide de fragments de dents de cachalot.J'ai décrit, en 1879', un de ces hameçons, qui fait partie de la collection Ballieu, déposée actuellement an Musée du Trocadéro. Cette pièce (fig. 41)reproduit presque exactement les formesgénérales (les hameçons en os californiens. La seule différence notable entre ces deux types d'instruments consiste dans la direction de la rainure d'insertion de la ligne qui est longitudinale d'un côté, transversale au contraire de l'autre. L'auricule de l'hameçon hawaïen, réduite à son minimum, fait corps avec le reste de la pièce, au lieu d'en ètro séparée par un sillon, et la ligatures'opère à son niveau tant à l'aide de son bord inférieur qu'au moyen d'une encoche horizontale ménagé ù sa surface. C'est probablement it ces engins de pêche des anciensinsulaires de Hawaii quo fait allusion M. Rau quand il dit que les hameçons do Californie « ressemblent de très près » aux pièces de même nature en usage dans le Pacifique. Les hameçons de Taïti, de Samoa, etc., se montrent en effettrès différents de ceux di'Hîles californiennes, composés qu'ils sont de doux pièces, un crochet d'os ou do coquille, sans barbeluros,et une plaquette do nacre plus ou moins recourbée, il laquelle ce crochet est fixe au moyen de deuxliens qui le transpercent en travers. L'analogie de forme des hameçons de Hawaii et do Santa(îruz m'a d'autant plus intéressé qu'elle ne constitue point un fait isolé. C'est un argument de plus, que l'ethnographie vient fournir aux ethnologuesqui considèrent une certaine partie de la population côtière du nouveau continent oulro 30° et 40° de latitude nord, comme venue do l'ouest et originaire des archipels polynésiens. 1^E-T>.f'aT Cnlal'igiie descriptif t mi-tlmlique e del'ncpotitiw oi-aanisi'e »" « l'owtsion de n"JOu.(Bull,'»%<•. drlitogr. &si't., du i-mienain VHtIn mwt rie Cook, dela Sor, XVII. p. 1879)
P'r,n-

Uî SVASTIKA ET LA ROUF.SOMIHE EN A.MÉRIQCE

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LB SVASTIKA

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HOUIv SOI,A1HK K.\ AMfttlUCK

Les recherches poursuivies depuis quelques années par M. Alexandre Bertrand sur certains monuments anciens de l'Europe occidentale, ont conduit ce savantet judicieux archéologue it attribuer les symboles qui les particularisent, croix gammée roue, etc., à desintltrences religieusesdontil est allé chercheravee raison la source jusque dans l'Extrême Orient.La croix gammée dont il a étudié avec le plus grand soin la distribution géographique, est bien, en ollet, le svastika bouddhique la roue gauloise n'est autre que la roue solaire, celle du Buddhaimitée du disque de Vichnou', etc., etc. Je mo propose de montrer, dans cette courte note, que les mêmes signes ont franchi le Pacifique sous des iufluencostoutes semblables à celles que M. Bertrand vient de mettre en lumière en ce qui concerne l'Europe8, et qu'il s'est conservé dans les pratiques religieuses de certaines tribus du Nouveau-Monde des traces bien manifestes de l'intervention des disciples do Çakya Mouni. M. d'Eichlhal a déjà fait ressortir quelques-uns de ces traits de ressemblance entre l'Asie et l'Amérique dans l'important mémoire qu'il a donné en 1865à la Revue archéologique*. Je rappellerai seulement en passant ce que dit ce savant ethnographe des analogies qui existent entre le pock-honq des Maudans et le churnik-pouja des Indous du Bengale, entre les légendes rotatives it ta tortue chez nombre de tribus Peaux1)Cr,E Sennrt,Essnîsur la hyendïdu Biiddh'i, mmctiret sesorisnn e gines,2»éd. Paris,Leroux, K32, 1 pus*. –H.(i.iidoz.Uitùuqattlois duSoleil elle symbolisme roue.(id'c.Archi'iil'xj.,série,t. IV. pag.16etsuiv. dela 3' Juill. 1884.) 2) M.Bertrand defairedecesimportantes vient d'uncours questions'objet l trèsdétaillé duLouvre. à professél'Keole Hiutlfisurlesorij/ines de la 3) G. il'liiclilliul. amélimtd-.lhiiiues arilisalinn 1™ ricaine, partie.Paris,Didier, p. 4rtet suiv. 1805,

DÉCADE8 AMftRKAlNKS

Rouges, et les récits du second avalai- de Vichnou, enfin entre avalai' certaines sculpturesde l'alenqué (Chiapas)ou d'Uxmal (Yucatan) et d'autres copiéesk Ellnra dans l'Indo on h Bôrô-Boudour, dans l'Ile do Java. On trouverait dans une étude détaillée des monuments religieux des régions mexicaines bien d'autres arguments à faire valoir en faveurdes origvm asiatico-bouddhiques (le mot est de M. d'Eichthal), de l'uno au moins des civilisations qui ont anciennement fleuridans ces contrées. Je ne veux m'occuper aujourd'hui, comme le dit le titre de cet article, que de deux des symboles les mieux caractérisés du bouddhisme, c'est-à-dire du svastika et de la roue, qui ontsuggéré à M. Bertrand de si curieux rapprochements. Le svastika no s'est jamais rencontré, t ma connaissance du moins, sur aucun monument du Mexique proprement dit; mais les dernières recherchespoursuivies chez U&pueAlos Nouveaudu Mexique ont nettement démontré la présence de ce signe sur des objets encore aujourd'hui en usage dans certaines cérémonies de ces Indiens demi-civilisés. Ces Pueblos, dont la propagande catholique, quoique longuement poursuivie, n'a entamé ni les croyances, ni les habitudes religieuses, et qui ont conservé jusqu'à nos jours un rituel archaïque particulièrement curieux, brandissaient encore dans certaines danses, au moment do l'expédition de M. Stevenson (1879), des hochets formés d'une cachasse discoïde, ornée df peintures polychromeset dont le centre était décoré d'un svastika bien dessiné1 M. Stevensonvient de donner, sans commentaire, la représentation d'un decescurieux engins qu'il a recueilli chez les Wolpi', 1)Deuxcroix In coupent lignenoire(luiencadre circonférence la de la calebasse. obliques lUiulnilnl 2)J. Stevenson. Calnhum oUnined Inofllu:Collection ftomlhe jfaefoi Arivman 1879(S«o«rt und ilmnso( Aew i AnnualHn,orlof Bureau (lie lh>: «/ kthnoloyyj" Seeretnty the Smilkson ,,f instU.Washington 883in-8, 1 e p. m). Voici nqiulstermes .Stevenson cehochet e danse DanceM décrit d raitlemml vum smal ount, mMHshmlcolors fbhtck, edandwhite, he f n y e in r o T yourdis itcrforaltd enchsûte,throwjh al «7ii>/istickis passaifw «handk a l.mu S'soncach sié'.Secpy, 502.

LE SVASTIKA KT LA RODKSOI,IIU< EN AMltalG.UK

I) I

et le Muséo du Trocudéro doit à la générosité de M. Spenceru Baird, secrétaire de l'Institution Smilhsonieniu!, n autre instrument fort semblable dont la lig. 43 ci-jointo reproduit une des faces. On pourrait encore prendre pour autant de svastikas quelque peu modifiés, les lêtes d'oiseauxà longs becs gravées à la surface

Bî H dedanse desIndiens formO Fig.45- ochet Wolpi, end'unegourdeplatiepercée a de un maocho bols Le swastùta est
deux trous par lesquels patse léger. peint eu noir sur fond olauc, au centre de choque face et au milieu d'un disque grand, nul. Mus. ti'Ethnogr. Coll. Instit. Smith.) rayoauaot. (1/4

do plaques de coquilles découvertesù diverses reprises dans des mounds, M. Holmes a réuni dans les planches LVill etLlX. de son beau mémoire Art in Shell1 les dessins do quatre dee.es disques il tètes d'oiseaux, dont trois proviennentdes stoiieyraves du Tennessee'. Les deux premiers offrent au centre une figure en forme de roue dentée, à quatre rayons droits, encadréed'un triple carré bouclé ù ses quatre angles. Dansle troisième, l'ornement médian est réduit il un disque centré d'un petit rond sur le dernier, lo Amerhius. Annwil 1) W.Ii. liolmes.Art m Skll uftlv nm-ienl (Second of Report f theBureau Elltnolngg. 282-284, LV11I-L1X.) o p. pl. le est »sans 2) Troissont du Tennessee, quatrième étiqueté Mississipi « autresdétails. i

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DÉCADES ASIÉHICA1XKS

symbole a 6t6 eilucô par l'usure et l'on no peut plus voir que quatre larges œillets, destinés il attacher la plaque. Dochacuuo (lesfaces des carrés, entre les boucles angulairos, émergent, je l'ai déjà dit, des lûtes d'oiseaux it longs becs largement ouverts, qui regardent toutes dans lu même direction que les crochets terminaux des quatre bras du svastika des Puoblus. Ces tètes d'oiseaux rappellent de bien près les lûtes du chevaux qui formeulles exlréinilés de cette espèce Auscastiku que Lambert a rencontrésur quelques médailles gauloises Il n'est point sans intérêt de juxtaposer il ces observations sur ~Sti!af!&~

– Fig. 16. Disqui' festonné Umlb^d ,u,k\ n>prt<entaut figure solaire.(Uatnréê la uuckssiu tic .M.W. l'utmmi.) l'existence du svastika eu Amérique quelques renseignements relatifs à la roue, qui se rencontre parfois aussi sur des mouuments du Nouveau-Monde. Cette roue est te plus ordinairement. formée d'une sorte de croix grecque inscrite dans un cercle M. Holmes a représenté, U l'article The Cross de son mémoire déjà cité, quatorze roues simples à quatre rayons droits gravés ou découpés dans le cuivre, la coquille, etc. ». Deux autres sont gammées, c'est-à-dire que chacun des rayons se recourbe vers la t) Lambert. Essai sur la numiimalinueymiloisc, 2e partie, pi. XII, n" 10 i ADS; Ot)'J|lf)*'l, I 2) VV. H. rit. pi. L|, LU, LUI. Ces croix se montrent pour la 3) sur des Imusse-colen coquille hhell yorgets) provenant des mmiml-i u plupart d Tennessee, de du sont gravées sur pierres piintes, sur poteries ou l'Ohio, l'Illmois Daulres découpées en cuivre (\V H Holmes, «». cl., p. -SU). L'usée .le ces sArtf ywjeu ornés d'une rou« s'est chez quelques tribus imlieiincs, ce sont les « runtfM ». niiliiitcnu longtemps (I~1 lbi~t., p.?k ct suiv.~·t yl X\t\!I, -Ct: vol. III, p. ï9, pl. \:C1.) TriGex,

KN SOI.AMK A.MÉHlyl'K I,K6VA8TIKA LAKOIK KT

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«•i.'tnlViit.ktkrt'i tlfinu uv<i&fil;ji l'uiiM t'Aitirrtllf*K /i/imnwk lu Ikmm iltt circonférencecomme dans le svastika, uans 1 uao ue ces roues lu» quatre gainnias, complètement imbriqués sont cantonnés d'autant do petits cercles; tlans l'aulro, l'extrémité de chaque rayons'élargit seulement un peu en une sorte do triangle irrégulier, en Uuodernièreroue est régulièrement déeouNéo huit secteurs, alternativement noirs et blancs uou plus droits, rauis courbes, et qui forment une sorte de tourbillon. de M. Holmesn encore groupé dans les planches îii, Sii et ÎSG son mémoiresept plaques dites festonnées(scallupeddisks)provenant de mounds ou tumulus et dont le centre représente, à mes yeux, du moins, autant (le roues à rayons courbes. Ces rayons ne sont plus qu'au nombre de trois ou de quatre, et sont encadrés d'abord d'un cercle, puis de deux rangées concentriques de médaillous, au nombre de six ou neuf pour l'interne et de treize à quatorze pourl'externe. La ligure 34 reproduit un de ces scalluped disks,publié par M.Pulnam dans l'un des rapports du Peubody Muséum'. Ces plaques, dont.la disposition générale rappelle, dans une certaine mesure, la célèbre piedra deholàc Mexico, sont, ù mon humble avis, dovéritables monuments solaires, et la ligure ceutrale y représente l'astre du jour sous une forme simplifiée qui s'écarlu peu de l'une de celles qu'il a prises dans quelques monuments antiques de l'Ouest du l'Europe. un M.J. Jones, qui a découvert dans le Tennessee de ces disques eu coquille et en a publié la description très détaillée a rapproché cette pièce de l'ornement symbolique dit Tae-heih que l'on voit reproduit dans certaines œuvres chinoises et dont nous donnons plus loin (lig. 47)la représentationd'après la céramique de Jacquemart « Dans sarcophage de pierreconstruit avec soin, dit l'archéoun de la Nouvelle-Orléaus, et dans lequel gisait un squelette logue e 1)\V. II.Holmes, -('(.,p.273-270t pi. LIV-LVI. ..y>. Atchtr<AiiijKtUilj')ilu>'ti()<i>iin Tiiimusiv (Eh'Vvnth Anniud vuj. < Meî'wMg .1/m.\v«im, tinxirtùfthe TntsOrs > Ihc AtiortijimU Ifrmaini Il, n" p. 310,1878'. 3) J. Joncs. Krplttntlwnuf »f Tcimcssm. (Smilltstm. u"'l'A). Smillisoii. (Umlrib. Ktwidalyc, <o tustit.,oct.1876,n-4, i Washitigtun, t. 1,p. 57. Mvrwille* Cà-ami'pte. delu l'aris, 180C, in-8, .1) «.)Jacquemart,
'£) I". \V. l'titnaiii

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M .,n.,·nn.l~t 1~1.1

DÉCADES .1.

AMÉMCAINE8

regardant vers le soleil couchant », a. trouvé co bel Ornementdu fut coquille, large do 4 pouces 4. Il reposait sur le sternum, la sur. face concave par-dessus. Cette surface concave avait «lé couverte de peinture rouge, dont il restait encore des traces bieu apparentes. La surface convexe correspondante est soigneusement polie ol
plane, à l'exception de trois

petits trous de suspension, bien apparents aussi sur la face concave ornée d'un petit cercle (ju'eulourenl quatre bandes concentriques de ditrérent relief. « La première bande est remplie par

marques

en coup

d'ongle

et de deux

Fig. 47. l.c Tae hci chinois, d'après Jacquemart.

une triple volute; la seconde est plane, la troisième est pointillés et porte gravées, à des distances iuégales, neuf petites bossettes rondes. La bande externe enfin est formée de quatorze autres petites bossettes elliptiques dont les contours «sternes forment le bord festonné de la pièce. » Le rapprochement proposé par AI..1. Joncs entre co symbole ni le symbole chinois qu'il lui juxtapose, n'est acceptable que dans une certaine mesure. Ainsi que l'observe,d'ailleurs lui-même le savant antiquaire, une division ternaire est substituée dans le disque américain à la division binaire essentielle au Tae-haides Chiuois cette dernière se trouve, au contraire, reproduite à peu 1)« Lesphilosophes chinois, <Jilnoireuteur,rl^prôs a Kr.Davis Clwuse. A Oenerul Description China Usinkabitanls, p. 117),(The de l'oand of Il. parlent

LE SVASTIKA ET LA m)UK SOLAIRE EN AMÉRIQUE

Gfi i

près telle quelle, sur dos objets recueillis chez les Chimau ot les Yuncas de la côte péruvienne. Je dois à M. Eugène Roban, antiquaire bien connu de toutes les personnes qui s'intéressent au passé de l'Amérique, la connaissance de deux terres-cuites duPérou, ornées l'une et l'autre d'une sorte de variante du Tue-heichinois. La première appartient à M.Abel Drouillon, et a été recueilli»

Kig. 48. Statuette en terre cuite de Caruielo. 1/2je (Colt, A. Brouillon.) dans des fouilles longuement de la Libertad. département poursuivies à Carmelo, près Viru. C'est une statuette en terre bien

cuite, du 9 à 40 centim. de hauteur, représentant un petit personnage, dont la bouche largement ouverte laisse voir les canines, rigine de toutes choses, sous le nom de Tae-heih. Ce signe est représenta dans leurs livres par une ligure ainsi former» sur le demi-diamètre d'un cercle donné décrive* un demi-cercle, et sur l'autre demi-diamètre, mais dans l'autre sens, décrirez un second demi-cercle. JI existe d'autres caractères chinois qui se rapprocheraient bien plus rlu symbole central des smllopcd disks du Tennessee, etc; par exemple le carnetêrt*Ô, i-Miiployé quelquefoispour représenter le soleil et qui se compose du cercle O ou soleilet du signe • ou hommeou t'Ire. « Dans un grand nombre de poésies chinoisesou annamites, m'écrit ù ce propos M. G. Uumoutier, il est fuit allusion a cette croyance qui a toujours été accréditée chez ces peuples, que si ('on regarde attentivement le soleil, ony découvre un corbeauà trois pattes qui lo divise en (rois segments. » Si l'on se refusait à à admettre, continue le même sinologue, la division du cercle solaire par le fatidique corbeau « (rois pattes, on pourrait voir dans la figure © le soleil jVQ ou dans l'ancienne forme'" avec un tchou radical qui signifie .«')<'Kt', MM«ff personnifiant unepuissance à son centre fe. 5 J

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DÉCADES AMÉRICAINES

symbole do la forceexclusivement réservé au Pérou aux figures divines (tig. 48). LeDieu presse de la main droite sur sn poitrine un disque que coupent un deux parties égales des volutes contigues qui rappellentd'assez près le symbole chinois dont parle M. J. Jones. La seconde dos pièces, que M. Boban m'a signalées, est une sorto de cruche hatitode 21 centimètres et large de 18, en assez mauvais état d'ailleurs, découverte dans lu célèbre cimetière

Fie. 49. Cruche de terre culte d'Anron. !/i yr. (Coll. Ilobun.)

d'Ancon, département de Lima (fig. 49). Au centre do ce vase J'artiste yuncaa peint dans un trapèze parsemé do petites figures noires indéterminées,qui pourraient bien représenter des étoiles, lieux volutes ayant lm point de départ commun et se développant d'une manièreà peu près symétrique, l'une en haut, l'autre en bas. Quel'on substitueà la figure irrégulièrement quadrangulairo qui encadre le signe, le cercle dont elle dérive, on retrouvera une fois encore,comme l'a observé le premier M. Li-TchaoPé, un ensemble assezanalogue au tac-hei Je ne voudrais pas exagérer ces ressemblances, qui en tous cas ne sont pas fortuites, j'observe seulement qu'elles sont bien sait l'astredujournV-tnit 1)On que soussa forme jamais apparente et parles Péruviens quetouteslos pièces reproduit ouonlorrc-cuite mnnen métal qui undisque facehumaine, trcnt à entouréde myons, «Jescontrefaçons. sont (Cf. Wiener, Vtouet J seules solaires ii>nuMme, . Les p b a représentalions seraient où cetastrese dissimule celles thentiques souslaformedu svmbole ` d que nousferions edécrire.

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LKSVASTIKA ETLAROUEOLAIRE AMÉRIQUE 67 S EN plus étroites que celle dont M. J. Jones entretenait tes lecleurs il y quelques années. Il reste acquis, en tous cas, et cola ne manque point d'offrir une réelle importance, il reste acquis, dis-jc, qu'il a existé chez les peuples civilisés de l'Amérique, une conception symbolique commune représentée par un cerclecoupé d'un nombre variable do secteurs plus ou moins incurves. Au Mexique, le signe du jour était ainsi cirettlaire et partagé en quatre secteurs courbes Un cercle à trois secteurs beaucoup plus incurvés, figurait au centre des scaUoped disks des Mounds buildors. Enfin chez les Yuncaset les Chimusde la côto péruvienne, le cerclen'était plus décomposéqu'en deux secteurs d'égaleétendue*. Quoiqu'il en soit d'ailleurs, toutes ces roues américaines,celles des scallopeddisksen particulier, rentrent dans Je type des roues solaires, et l'on peut s'expliquer leur diffusionù travers le Nouveau Monde, par la prédication bouddhique qui a importé dans los mêmes contrées !••svastikadont je parlais plus haut, tes attitudes spéciales, les croyanceset lescérémonies que M.G. d'Eichlhal a rappelées, enfin tout cet ensembled'institutions d'un caractère si particulier qui se résume danslete'noins de Qttelzalcoalt, d<'CwM/<?H~udf' de Cuculkanou de Viracocha. y\ ''"• r* iM l) Cf.Clavigero. StoeiaAutim Mmiço, Çesptm, in-4,t. II, p. 192, 4780, fif<.A.– Elc. Í K fait '>) ile partie.lela collection amécicàii/es M.Boban vient nue <TanUduit$B A remporter Mexico. •'•

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DÉCADES AMÉRICAINES.

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