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Cours

Réassurance et Echanges de Risques

2014-2015

Définition de l’Assurance et de la Réassurance


L’assurance peut se définir comme la mutualisation de
risques homogènes et de même nature dans l’espace
et dans le temps.
La réassurance peut se définir comme l’assurance de
l’assurance...
…avec comme première finalité :

diminuer le risque pris par l'assureur…on parle de division verticale
des risques par opposition à la division horizontale (la coassurance)

« L’assurance des assureurs » … mais encore ?

Qu’apporte le marché de la réassurance à une compagnie
d’assurance ? À quels besoins peut il répondre ?

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Principes de base et définitions des termes
• Le risque « L'objet de la garantie » : la chose assurée, un bateau, une usine,
une récolte, la personne assurée
• Le péril : ce contre quoi on est assuré : incendie, grêle, tempête,…
• Le sinistre : la matérialisation du risque : il peut être, pour chaque péril :
isolé : une cause x un risque = 1 sinistre
cumulatif : une cause x plusieurs risques = 1 événement
aggrégatif : plusieurs causes x plusieurs risques = 1 aggregate
• La cédante : la compagnie qui se réassure (qui cède son risque ou se protège
contre un sinistre)
• Le réassureur : celui qui l ’accepte
• La capacité : la somme maximum qu’un assureur (ou réassureur) peut accepter
sur un risque / sinistre / événement

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Assurabilité et Inassurabilité
Risques inassurables : concerne les cas où le risque ne peut être assuré parce
que
 la possibilité de survenance ou la fréquence de la perte est si élevée,
 la cause de la perte est considérée comme illégale, criminelle, ou allant
contre les politiques publiques
 la perte est certaine plutôt que possible
Pour qu’un risque soit assurable, il doit être :
 Aléatoire : la localisation, le montant et la fréquence des sinistres doit être
imprédictible au moment de la signature du contrat. La survenance doit
être indépendante de la volonté de l’assuré (pas d’aléa moral).
 Quantifiable : la fréquence et la sévérité des événements doivent pouvoir
être estimées et quantifiées avec un degré de confiance raisonnable.
 Mutualisable
 Economiquement viable

 La réassurance, comme assurance au second degré, suit en général la
vision que l’on peut avoir du risque en termes d’assurabilité

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l’assureur ne connait le coût ou prix de revient de son produit que bien longtemps après l’avoir vendu L’assureur est donc confronté au problème posé par la possibilité de survenance de sinistres susceptibles d’entrainer des pertes importants pour l’entreprise. faillites en chaine Sinistres de tarification caractériser par une mauvaise appréhension d’un nouveau risque ou d’un risque subissant une forte évolution dans le temps : la RC.… 5 . Exemples de sinistres importants : • • • • • Sinistre de pointe :  15 mars 2001 : Explosion de la plateforme pétrolière PETROBAS coût de sinistre 500 M$  2001 Angleterre : Un range-river bloqué sur la voie ferrée fait dérailler un train.Problématique Une compagnie d’assurance est évaluée en fonction de son chiffre d’affaires et de ses résultats Or tout le problème réside dans le fait que l’activité assurantielle se caractérise principalement par l’inversion de son cycle de production qui est due au fait que les entreprises d’assurance perçoivent les primes avant de payer les sinistres. coût estimé à 75 M€ Sinistre de conflagration :  21 septembre 2001 : Explosion du site AZF Toulouse et les risques voisins un coût estimé de l’ordre de 1100 M€ et plus de 45 000 sinistres. Epidémie du bétail.  11 septembre 2001 : World Trade Center avec un cout entre 40 et 60 milliard de dollars (60% payés par la réassurance) Sinistre d’accumulation caractériser par une seul cause générant une multitude de petits sinistres sur des mêmes garanties : Tempêtes.  Contrairement à l’industrie. les nouveaux risques technologiques.… Sinistres de propagation Tels que virus informatique. tremblement de terre.

Rappel de certains principes de l'assurance Le principe de la mutualisation : conformément à la loi des grands nombres. mais il risquerait de ne plus être concurrentiel. 6 . l'assureur va faire en sorte que les écarts autour de la sinistralité moyennes soient les plus faibles possibles. afin de pouvoir souscrire et se développer. il est vital de savoir quelle part de ses fonds propres elle risque de perdre au cours d'un exercice. Pour réduire sa probabilité de ruine. l'assureur va souscrire le plus grand nombre possible de risques (collecter le plus de primes) similaires. avec le risque de perdre une certaine autonomie. Il pourrait décider :  D'inclure des chargements importants dans ses tarifs. les sinistres vont osciller autour d'une moyenne statistique) Pour une compagnie d'assurances.  De limiter ses souscriptions. de façon à être capable de payer les sinistres qui vont survenir (En réalité. mais ses actionnaires ne seraient peut-être pas d'accord .  D'utiliser la coassurance. et avec quelle probabilité.  D'accroître ses fonds propres.  L'assureur préférera donc se réassurer. c'est à dire restreindre sa clientèle et ne pas se développer . tout en étant protégé contre les écarts de sinistralité.

Le Plein de rétention ● Compte tenu des problèmes d’équilibre de portefeuille. pour souscrire les risques qu’il souhaite. dont un des axes sera l’analyse de la capacité de souscription : Capital maximum pour lequel l’assureur peut s’engager par le contrat d’assurance directe Le plein de souscription = Le plein de conservation + La capacité apportée par la coassurance et la réassurance Capitaux assurés Plein de souscription Réassureurs Assureur Capacité apportée par la réassurance Plein de rétention ou conservation 7 . l’assurreur va devoir mettre en place une stratégie.

Le Plein de rétention Le plein de conservation ou plein de rétention est le montant maximum que l'assureur décide de conserver à sa charge sur chaque risque qu'il souscrit.2% à 2% des primes brutes de la branche.5% à 5% des fonds propres. ● Une fois que l'assureur a fixé son plein de conservation. ● Difficulté à calculer un plein de conservation. De la probabilité de sinistre : le plein est d'autant plus bas que la probabilité de sinistre est plus élevée . La détermination du plein de conservation relève d'une décision stratégique. dans la profession. Des marges de sécurité sur les tarifs . il doit déterminer de quelle capacité il a besoin pour pouvoir souscrire.     du marché international et des conditions imposées par les réassureurs.  De la répartition des capitaux assurés : plus l'éventail des sommes assurées est large. mais. nous pouvons observer qu'il peut varier de :  0. ● Le plein de souscription sera la somme de son plein de rétention et des capacités qu'il a pu obtenir en réassurance. De la législation locale . plus le  nombre de risques qui devront être réassurés sera important . qui est fonction :  Du niveau des fonds propres : il est d'autant plus important que la compagnie est plus riche .  De la composition du portefeuille : il varie selon les branches . De la politique commerciale menée par la compagnie d'assurance . sans mettre en péril ni sa trésorerie ni son patrimoine. 8 .  0.

 Tous les risques dont les sinistres accumulés peuvent présenter un caractère catastrophique.  Tous les risques dont la loi statistique est encore mal connue. 9 .Quels risques transférer à la réassurance ? l'assureur va céder au réassureur :  Tous les risques dont la taille nuit à l'homogénéité de l'ensemble du portefeuille.  Tous les risques dont le nombre est insuffisant pour que la loi des grands nombres puisse s'appliquer et donc pour que l'écart entre les sinistres réels et les sinistres théoriques reste dans le seuil tolérable.

• la réassurance de personnes (Accident & Health). • la réassurance non vie. • la réassurance de responsabilité civile (casualty).Quels risques transférer à la réassurance ? Les différents types de réassurance suivent dans les grandes lignes ceux des assurances. On peut également citer plus spécifiquement • Le Marine Aviation Transport • La construction • Les risques techniques •… 10 . dite aussi de dommage (non life). La réassurance non vie se divise ensuite entre : • la réassurance de biens (property). Il s’exerce donc une première différence entre : • la réassurance vie ou réassurance de personnes (life).

Les pools : mettre en commun des capacités d’assurance pour traiter un risque difficile au niveau marché Les organismes de contrôle (publique) : contrôlent la solvabilité des réassureurs …. 11 .Principes de base et acteurs Les agences de notation : délivrent des notations sur la solidité financière des réassureurs (capacité à payer les sinistres.…) Les agences de modélisation : développent des modèles pour mieux évaluer les besoins de réassurance.

12 .Objets et motivations de la Réassurance  La réassurance vise à réduire la variabilité de la sinistralité et à rendre plus homogène les risques conservés par la cédante La prise en compte de la réassurance dans le calcul de la marge de solvabilité et le savoir-faire des réassureurs dans la conception de produits et la maitrise des risques sont autant d’éléments qui accroissent l’intérêt de la réassurance.

Améliorer la trésorerie de l’assureur (dépôts des réserves)  Nouveaux produits & grand risques : Recherche d’expertise technique en tarification ou en sélection des risques (sélections médicales. réduire la probabilité de ruine et protéger le bilan des compagnies d'assurances  Financer : Financement des frais d’acquisition ou le redressement d’un portefeuille.vision globale et expertise internationale 13 . souscrire davantage de risques  Homogénéiser/écrêter : Réduire l’hétérogénéité du portefeuille. réduire la variance du résultat.Objets et motivations de la Réassurance  Capacité : Augmenter la taille du portefeuille assuré à fonds propres Constants…. risques spéciaux…)…. réduire la variabilité de la sinistralité  Sécurité/Solvabilité : Réduire les besoins en fonds propres à engagements identiques (utilisation des fonds propres du réassureur). céder les risques de pointe.

 Fonds propres réduits = souscription réduite Si un sinistre exceptionnel frappe un assureur ses fonds propres seront réduits. Il ne pourra peut-être plus continuer d’assumer ses promesses sur l’ensemble du portefeuille résiduel. . 14 .En « moyenne » la tarification permet d’y faire face. La pérennité du système dépend de la capacité de l’assureur à tenir cette promesse. mais l’assureur doit pouvoir faire face à des cas rares mais extrêmes de sur-sinistralité.Les fonds propres comme moteur de l’activité d’assurance  L’assurance est une promesse. .Il pourra incorporer un chargement de sécurité dans la prime mais devra dans tous les cas disposer de fonds propres suffisants et liquides pour faire face à une sur-sinistralité importante.

exigences d’agence de notation…) afin de garantir un niveau de pérennité supérieur aux simples exigences réglementaires  Prise en compte de la réassurance en déduction des exigences de solvabilité : La cession des risques augmente le ratio de solvabilité de l’assureur ou libère du capital pour un autre usage (développement de nouvelles affaires).Les fonds propres comme moteur de l’activité d’assurance  Des Fonds propres requis minimaux réglementés… La nécessaire protection du consommateur et pérennité du marché de l’assurance conduisent les régulateurs à imposer un niveau de fonds propres minimal.  … mais des exigences en capital qui peuvent s’avérer supérieures L’attractivité d’une entreprise d’assurance pour un investisseur dépend de sa pérennité et de sa capacité à délivrer des revenus significatifs et stables. 15 . Les besoins en capital peuvent donc être supérieurs aux Fonds propres requis réglementairement (décision interne (capital économique).

L’accès à ce capital est souvent plus simple et parfois meilleur marché que de recourir au marché ou de solliciter ses actionnaires (émission d’actions.  Bien sûr. dettes subordonnées. Cet outil est gage d’une stabilité des résultats pour l’actionnaire. celui de la faillite du réassureur. Le ratio écart.  La pression des autorités réglementaires.Les fonds propres comme moteur de l’activité d’assurance  L’écrêtement comme outil de transfert de volatilité des résultats Si on écrête les plus gros sinistres on homogénéise le portefeuille conservé et on garantit une plus grande stabilité des résultats.  La réassurance est un moyen de fournir du capital aux assureurs pour garantir leur pérennité ou les aider à poursuivre leur développement. si la réassurance permet de diminuer le risque technique. émission obligataire). des agences de ratings ou même des actionnaires poussent les sociétés d'assurance à se réassurer dans certaines branches.type/espérance se réduit à mesure que la cession augmente. elle introduit par ailleurs pour la cédante un risque de contrepartie. 16 .

Plus le rating d'un réassureur est élevé. fastidieux. plus il est considéré financièrement sûr. il est important pour la cédante que son réassureur soit présent et solvable pour encore de nombreuses années. Elle peut en théorie fouiller dans les bilans et autres rapports d'entreprise de chaque réassureur mais ce travail est long.  La sécurité financière d'un réassureur est donc l'un des choix les plus importants de la cédante.Evaluation des compagnies Le rating Les sinistres pouvant avoir des développements très long sur plusieurs décennies (exp : en responsabilité civile). ● La notation juge de la capacité du débiteur à remplir ses engagements 17 .  La plupart des cédantes consultent les ratings présentés par les agences spécialisées dont la plus renommée est Standard & Poors (S&P). perpétuel et demande un vrai savoir faire. Les notations vont de AAA (triple A = qualité maximale) à C (grand danger de défaut).

EVOLUTION DES NOTATIONS DES 25 RÉASSUREURS LES PLUS IMPORTANTS 05/11/2014 18 .

NOTATIONS POUR LES ACTEURS DU SECTEUR NOTES PAR S&P 05/11/2014 19 .

LE MARCHE MONDIAL DE LA REASSURANCE Quelques Ordres de Grandeur .

VOLUMES DE PRIMES MONDE 2012 Source : Sigma 2013 05/11/2014 21 .

SEGMENTATION MONDE 2012 Assurance Réassurance 4 613 milliards USD 230 milliards USD Vie 28% Non Vie 43% Vie 57% Non Vie 72% Source: Sigma 2013 pour la partie Assurance 05/11/2014 22 .

MARCHÉ MONDIAL RÉASSURANCE 1990-2012 (MDS USD) Source : SCOR. IAIS 05/11/2014 23 . S&P GRH.

00% • Le taux de cession moyen est important en IARD. les résultats étant plus volatils.30% IARD Vie TOTAL 2. • En Vie.50% 5.TAUX DE CESSION 2012 8. 05/11/2014 24 . la partie Epargne est très peu cédée en réassurance.

ORIGINE DEMANDE ET OFFRE DE RÉASSURANCE Primes brutes cédées Primes brutes acceptées • L’Europe est très exportatrice de capacité de réassurance : elle offre 60% de la capacité mondiale et ne cède que 38% des primes. 05/11/2014 25 .

l’activité sur la base des primes brutes **** Transatlantic : volume de primes depuis l’acquisition d’Alleghany le 6 mars 2012 Source: Scor.CLASSEMENT RÉASSUREURS VIE / NON-VIE PRIMES NETTES 2012 * Munich Re : segment réassurance uniquement. sur la base des rapports annuels des réassureurs 05/11/2014 26 . hors santé ** Primes nettes émises brutes ventilation de 12 *** China Re: primes brutes.

• Les 10 premiers réassureurs représentent 60% du marché en 2012 (22% en 1980). 05/11/2014 27 .CONCENTRATION DU MARCHÉ DE LA RÉASSURANCE • Les 5 premiers réassureurs représentent 45% du marché en 2012 (17% en 1980).

FUSIONS ET ACQUISITIONS DANS LE SECTEUR DE LA RÉASSURANCE SUR 20 ANS 05/11/2014 28 .

WTC  Augmentation des tarifes après 2001 Katrina Source: S&P Global Reinsurance Highlights. Mise en place de nouvelles contraintes de solvabilité (Solvency 2) 05/11/2014 29 . vote d’une directive sur le contrôle des réassureurs . recherche de solution marché pour certains périls (terrorisme) . * estimation 2012  Après ces mauvais années de nombreuses mesures ont été prises pour assainir le marché : Rigueur accrue dans le domaine contractuel et tarifaires . sauf si les produits financiers viennent compenser l'insuffisance des primes par rapport aux coûts d'assurance.RÉASSURANCE NON VIE (1988-2012) RATIO COMBINÉ NET (%) Ratio combiné = Sinistres(payés +suspens + IBNR) / Primes nettes (de coûts externes + coût internes) Un ratio supérieur à 100 % ne permet pas à la compagnie d'assurance de réaliser un profit. introduction de limitations . Nouvelles exclusions .

LES DIFFERENTES FORMES DE REASSURANCE TRADITIONNELLE 30 .

Comment l’assureur va-t-il réassurer ses risques? Deux Formes Juridiques Un par Un (risque par risque ou police par police) Facultatives OU Par ensemble de risques de même catégorie (portefeuille ou ensemble des garanties) Obligatoires ou Traités Facultative-Obligatoire AVEC UN PARTAGE Deux Formes Techniques Proportionnel Quote-part Excédent de plein OU Non Proportionnel Excédent de sinistre Excédent de perte 31 .

 La réassurance obligatoire se fait sur un groupe de risques. mais le réassureur a obligation d'accepter tout ce qui lui est cédé. selon des modalités définies dans un contrat appelé « traité de réassurance » ● Facultative / obligatoire (FACOB) : facultative pour la cédante mais obligatoire pour le réassureur  l'assureur a la possibilité de céder ou non. ou sur la totalité d'un portefeuille. selon des conditions définies au préalable…rare car dangereux pour le Réassureur 32 . et le réassureur n'est pas obligé d'accepter.LES FORMES JURIDIQUES DE REASSURANCE Deux Formes Juridiques Un par Un (risque par risque ou police par police) Facultatives ● OU Par ensemble de risques de même catégorie (portefeuille ou ensemble des garanties) Obligatoires ou Traités Facultative-Obligatoire Facultative : facultative pour la cédante et pour le réassureur  l'assureur n'est pas obligé de céder.  La réassurance facultative se fait risque par risque ● Obligatoire ou Traités :  l'assureur est obligé de céder et le réassureur est obligé d'accepter.

commission etc. avec un dossier parfaitement documenté et un « slip » (note de caractéristiques) aussi détaillé que possible . ● Mais elle suppose :  Une gestion affaire par affaire. qui. Danger d’anti-sélection. que la cédante soumet à différents réassureurs.. si à la fin ce placement n'est pas effectué à 100%. dans les cas où : ● ● ● ● Les capacités automatiques excluent ce risque ou sont saturées . coûts de gestion élevés pour l’assurreur et le réassurreur  Donne une meilleur connaissance du marché ainsi que du risque 33 .  De recevoir une assistance technique du réassureur. voire de le tarifer.LES FORMES JURIDIQUES DE REASSURANCE La facultative « Les FACS »  La réassurance facultative s'effectue au moyen d'une proposition décrivant précisément chaque risque. très souvent.  Un placement auprès de différents réassureurs.. Elle est utilisée dans de nombreuses branches. Le portefeuille est petit et ne peut pas donner de matière suffisante pour un véritable traité de réassurance . qui est parfois long et difficile . limite contractuelle d'indemnité (LCI). La taille du risque et/ou sa nature justifient d'une approche individuelle. lesquels sont libres d'accepter ou de refuser. se charge d'inspecter le risque.  Cette forme de réassurance est la plus ancienne. La réassurance facultative permet à l'assureur :  D'obtenir une capacité plus grande. l'assureur ne pourra pas réaliser l'affaire. franchise originale.  La réponse doit être donnée dans les plus brefs délais (généralement moins de 48 heures)  Le réassureur s'accorde avec la cédante sur les conditions de la police : taux de prime.

et le réassureur s'oblige à accepter une part de tous les risques qui entrent dans ce cadre.puis elle propose à d’autre réassureurs de prendre une part du traité en fonction du programme annoncé et des conditions négociés ● Ce mode de Réassurance fait intervenir des traités :  Simplicité et clarté des engagements  Simplification du travail administratif (un contrat pour un ptf de risques)  Pas d’anti-sélection des risques 34 . sans qu’il soit besoin d’autorisation. ● La compagnie d’assurance fixe chaque année les conditions de ses traités avec son réassureur principal que l’on nomme APERITEUR « leadeur »…. et selon des conditions pré-établies.LES FORMES JURIDIQUES DE REASSURANCE L’obligatoire « Les traités» ● L'assureur s'engage à céder une part déterminée de tous ses risques dans une branche clairement définie. du réassureur. ● Tous les contrat couverts par un traité sont automatiquement protégés. au cas par cas.

le réassureur perçoit une prime pour compenser le risque qu'il prend. Il existe deux formes techniques de réassurance proportionnelle : la quote-part et l'excédent de plein. En contrepartie. ● La prime demandée par le réassureur est calculée en fonction de l’exposition du portefeuille et des statistiques sinistres. ● ● Le sort de la cédante est alors très lié à celui de son réassureur.  REASSURANCE NON PROPORTIONNELLE : ● Le réassureur s'engage à payer à l'assureur un certain montant. appelé franchise (ou priorité – en anglais : deductible) ● Il existe deux formes techniques de réassurance non proportionnelle : l'excédent de sinistre et l'excédent de perte. ● La couverture de réassurance est déclenchée quand le coût d’un sinistre dépasse (ou excède) un seuil fixé à l’avance. 35 .Les formes techniques de la réassurance traditionnelle Deux Formes Techniques Proportionnel Quote-part Excédent de plein OU Non Proportionnel Excédent de sinistre Excédent de perte REASSURANCE PROPORTIONNELLE ● La réassurance est dite proportionnelle lorsque les sinistres payés par le réassureur sont proportionnels aux primes qu'il a reçu. ● De plus. à condition qu'un événement défini (un sinistre individuel ou somme de sinistres) se réalise. ce qui limite l'aléa moral. le réassureur paiera un pourcentage des primes représentant une part des frais administratifs et commerciaux engagés par la cédante. C’est ce qu’on appelle la commission.

Le réassureur prendra à sa charge le même pourcentage de tous les sinistres qui surviennent. et reçoit.La réassurance proportionnelle La Quote-part ou QP (Quota Share ou QS) ● C'est la forme de réassurance la plus simple : l'assureur cède au réassureur un pourcentage a constant des risques qu'il souscrit. exactement le même pourcentage des primes originales. 36 . pour prix de ce service.

sans augmenter ses fonds propres et sans dégrader sa marge de solvabilité . ce cas sera étudié dans la partie "Réassurance non proportionnelle".La réassurance proportionnelle La Quote-part ou QP (Quota Share ou QS) ● ● ● Le traité en quote-part est facile à mettre en œuvre et à gérer.  La rétention à l'intérieur de la quote-part peut être protégée par un excédent de sinistre . afin de diversifier leurs expositions. l’assureur peut souscrire plus.  La part que l'assureur conserve pour son propre compte doit être significative (au moins 5%). 37 . mais en cédant beaucoup de primes y compris sur de petits risques qu'ils pourraient bien garder pour son propre compte. mais il ne rend pas le portefeuille de l’assureur plus homogène ou plus équilibré :  ne permet aucun nivellement des risques  un mauvais résultat réassuré en quote-part restera toujours un mauvais résultat. sinon il s'agit d'un simple "fronting".  En cas de faiblesse des fonds propres. Plus la rétention est élevée et plus l'assureur montre qu'il a confiance dans le risque et plus le réassureur sera enclin à lui apporter son soutien …partage du sort équitable. ● Dans certains cas une réassurance en quote-part peut néanmoins se justifier :  Pour une compagnie qui  démarre ses activités et qui veut simplifier sa gestion. pour respecter la marge de solvabilité définie par la réglementation : En d’autres termes. Déviation du coût ou de la fréquence de sinistres (Auto …) Le quote-part réduit l'engagement de l'assureur.  Pour servir de réciprocité dans le cas où deux compagnies décident de s'échanger leurs cessions en réassurance.  commence à souscrire dans une nouvelle branche. Le quote-part permet d’amortir l’effet cumulé d’un grand nombre de sinistres : Accumulation due à un événement .

Pour les risques dont la somme assurée est supérieure à l’excédent. généralement défini comme un nombre donné de pleins. l’assureur soit supporter lui-même le surplus. 38 . comme c’est le cas dans la réassurance en quote-part. des primes et de l’ensemble des sinistres entre l’assureur et le réassureur. et cède au réassureur. Le plein de rétention peut être différent pour chaque catégorie de risque ● Le réassureur n’est pas tenu d’accepter le risque au-delà d’un excédent donné. ● Pour chaque risque réassuré. appelé plein de conservation. sur chaque risque. la partie qui dépasse ce plein.La réassurance proportionnelle L’Excédent de Plein ● L'assureur conserve sur chaque risque un montant identique. soit souscrire une réassurance facultative correspondante (ce qui est le cas le plus courant) ● Le réassureur n’est pas exposé à l’ensemble des risques. le ratio de la rétention rapportée à la cession détermine la répartition de la responsabilité.

La réassurance proportionnelle L’Excédent de Plein 39 .

police par police 40 . contrairement au traité en quotepart. un excellent moyen d’équilibre (d’homogénéiser) le portefeuille de l’assureur et donc de niveler les engagements de pointe : ● La rétention pouvant être plus ou moins élevée selon le type de risque et le sinistre attendu.La réassurance proportionnelle L’Excédent de Plein ● Le traité de réassurance en excèdent de plein constitue. ● Cette solution offre à l’assureur une meilleure capacité de souscription tout en conservant plus de primes … ● Mais elle implique en contrepartie une gestion plus lourde.

si le traité est en perte.  En réalité.  La commission de réassurance peut être fixe ou à échelle.  Du type de traité : plus le traité est déséquilibré. 41 .Les caractéristiques de la réassurance proportionnelle La commission de réassurance ● La commission de réassurance : C'est la participation du réassureur aux frais de l'assureur. C'est pour cette raison que le réassureur verse à la cédante une commission de réassurance établie par négociations.  Du marché : les frais de gestion changent d'un pays à l'autre. en fonction de la sinistralité…elle est toujours définie dans le contrat de réassurance.  Des résultats du traité : si les résultats sont favorables. A l'inverse. selon le niveau de vie . avec un maximum et un minimum. la commission de réassurance tend à devenir le prix que le réassureur est prêt à payer pour participer à un traité. ● Cette commission varie en fonction :  De la branche couverte . le réassureur cherchera à diminuer cette commission.. puisque celui-ci a dû rémunérer l'agent ou le courtier qui lui a apporté l'affaire. plus la commission de réassurance aura tendance à diminuer . Rappel sur ce qui constitue la prime d’assurance Prime Commerciale = prime pure + Marge pour risque + frais généraux Destinée à couvrir la sinistralité moyenne attendue Destinée à couvrir les frais de gestion et d’acquisition Mais le réassureur a moins de coûts de fonctionnement (administratifs) que la cédante et touche donc une portion de P incluant des frais généraux surestimés. la cédante voudra augmenter le taux de commission.

Les caractéristiques de la réassurance proportionnelle La commission de réassurance ● Exemple de commission à échelle : Commission maximum 35% et minimum 25% Sinistralité S/P en % Commission % supérieure à 50 25% De 45 à 50 27% De 40 à 45 29% De 35 à 40 31% De 30 à 35 33% Inférieure à 30 35% S = sinistres payés et en suspens pour un exercice donné. 42 . P = primes acquises pour le même exercice.