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SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE

ISBN : 978-2-9814939-3-4

Mars 2014

Réalisation
ATELIER DE
DÉVELOPPEMENT
TERRITORIAL

L’ENCLUME

Collaborateurs

Partenaires

3

SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE
Portrait du patrimoine culturel et identitaire
Cahier

Boucherville
Brossard
Longueuil
Saint-Bruno-de-Montarville
Saint-Lambert

Dans le cadre de l’Entente administrative sur le développement de la culture pour le territoire de l’agglomération de
Longueuil 2010-2011, la Conférence régionale des élus de l’agglomération de Longueuil (CRÉ), le ministère de la Culture et
des Communications (MCC) et le Forum jeunesse Longueuil en collaboration avec le Conseil montérégien de la culture et des
communications (CMCC), souhaitent identifier et valoriser, à travers une approche concertée, les éléments patrimoniaux
identitaires des cinq municipalités se trouvant sur le territoire de l’agglomération.
La première partie de ce mandat vise d’abord à colliger, bonifier et documenter l’information préalablement recueillie par
l’agglomération, les villes et leurs partenaires, entourant les éléments patrimoniaux identitaires et distinctifs du territoire.
À ce sujet, la notion élargie de patrimoine, telle que présentée dans la Loi sur le patrimoine culturel, a servi de référence.
Cet exercice a mené à l’élaboration de cinq portraits mettant en lumière les éléments distinctifs qui caractérisent les
différentes municipalités de l’agglomération. Ce cahier présente les éléments phares du patrimoine culturel et identitaire
de la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville. Rappelons que l’objectif n’est pas de dresser un inventaire précis ou exhaustif,
mais plutôt de mettre l’emphase sur les saillances identitaires du territoire montarvillois.
La seconde partie du mandat, non incluse dans ce cahier, a pour objectif de faire l’analyse de l’ensemble du territoire
dans le but de faire ressortir les éléments patrimoniaux et identitaires communs ou jumelables des cinq municipalités
en vue d’élaborer des pistes d’action à entreprendre et devant mener à la mise en place d’une démarche de valorisation
patrimoniale applicable à l’échelle de l’agglomération.

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TABLE DES MATIÈRES

TERRITOIRE ET GÉOGRAPHIE................................................................................................................ 6
ÉVOLUTION HISTORIQUE DU TERRITOIRE........................................................................................... 10
ARCHÉOLOGIE..................................................................................................................................... 16
CADRE BÂTI.......................................................................................................................................... 17
PAYSAGES D’INTÉRÊT........................................................................................................................... 22
MONUMENTS ET ART PUBLIC............................................................................................................. 23
CONCLUSION....................................................................................................................................... 25
BIBLIOGRAPHIE.................................................................................................................................... 26

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TERRITOIRE ET GÉOGRAPHIE
N

N

Carte 1. Positionnement à l’échelle métropolitaine

Carte 2. Positionnement à l’échelle de l’agglomération

La localisation et l’accessibilité
La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville, d’une superficie de
43,28 km2, se situe sur le flanc ouest du mont Saint-Bruno,
au sein de l’agglomération de Longueuil, en Montérégie.
Les limites du territoire de la municipalité correspondent
au nord-est à celles du parc national du Mont-Saint-Bruno
et à la jonction des autoroutes 20 et 30 au nord-ouest. Son
urbanisation s’étend jusqu’à la route 116.
En plus d’être rattachée à un réseau routier et autoroutier
étendu, la municipalité s’inscrit au sein d’un système
ferroviaire consolidé. De fait, la municipalité détient une

6

gare qui appartient au réseau des trains de banlieue de
l’agence métropolitaine des transports sur l’axe MontréalMont-Saint-Hilaire. Les voies ferrées du Canadien National
qui parcourent la ville permettent également de la
connecter à Montréal, à la Gaspésie ainsi qu’aux provinces
atlantiques pour le transport de marchandises.
Présentant une urbanisation relativement compacte, SaintBruno-de-Montarville s’est développée selon une logique
centralisée, c’est-à-dire autour d’un noyau villageois et
d’un élément naturel dominant, le mont Saint-Bruno.

N

Parcs et espaces verts
Territoires agricoles

Carte 3. Limites administrati ves de la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville

Secteurs voués à l’urbanisati on

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TERRITOIRE ET GÉOGRAPHIE
La géomorphologie et les milieux naturels
La colline montérégienne

La plaine laurentienne

L’élément marquant du paysage de la municipalité est
le mont Saint-Bruno, culminant à 218 mètres. Situé
au nord-ouest de la ville, il fait partie des neuf collines
montérégiennes qui ponctuent le territoire régional entre
le mont Royal et le massif du Mont-Mégantic. Il s’agit
d’un culot de roches éruptives datant de l’âge géologique
du Crétacé (124 millions d’années A.A.1). Les dépôts
sédimentaires typiques de la vallée, les schistes Utica,
se sont durcis au contact du magma et ont su résister à
l’érosion. Le mont Saint-Bruno, avec ses flans raides et son
sommet aplati, illustre bien la silhouette et le relief propres
aux collines montérégiennes.

La structure géologique de la plaine laurentienne est
dominée par la présence d’argile marine, les shales d’Utica,
reconnue pour leur apport à la fertilité des sols. Son
épaisseur varie de 6 à 50 mètres et provient d’un dépôt
sédimentaire issu de la Mer de Champlain durant la période
ordovicienne moyenne (460 millions d’années A.A.).
Des terres agricoles, partiellement exploitées, sinon
laissées en friche, de même que quelques massifs boisés
ceinturent la zone d’urbanisation de la municipalité.

Aujourd’hui protégé et exploité par la Société des
établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), le mont
Saint-Bruno a été désigné en 1985 comme parc national.
D’une superficie de 5,9 km2, le parc permet d’admirer une
richesse floristique et faunique unique. À cela s’ajoutent les
nombreux lacs et ruisseaux présents sur la montagne.

Fig. 1. Le chemin seigneurial
Nous privilégions ici le terme « avant aujourd’hui » et son abréviation « A.A ». Il s’agit d’une expression fréquemment utilisée par les archéologues et géologues
pour décrire l’année où un échantillon a été daté. Parce que le « aujourd’hui » continue de changer, la pratique courante consiste à définir le point de début en
1950, moment où la méthode de datation par le carbone 14 a commencé à être utilisée, et de compter à rebours.

1

8

TERRITOIRE ET GÉOGRAPHIE
Le profil sociodémographique
La démographie de Saint-Bruno-de-Montarville se
démarque au sein du Québec et du Canada. Entre
2006 et 2011, la municipalité connaît une croissance
démographique de 7  % pour atteindre une population
totale de 26 107 habitants ; une hausse supérieure à celle de
la province (4,7 %) ou même du Canada (5,9 %). L’évolution
de la population par groupes d’âge est néanmoins similaire
aux grandes tendances observées ailleurs au Québec. Les
habitants de 45 à 70 ans sont dominants, ce qui fait état
d’un vieillissement de la population.

Pour ce qui est des caractéristiques linguistiques, 85,7  %
de la population de Saint-Bruno-de-Montarville parle le
français à la maison contre 10,7 % pour l’anglais. Seulement
1,6  % ne parle aucune des deux langues officielles au
domicile familial. Le profil ethnique confirme cette
homogénéité au niveau de la population alors que 87  %
des Montarvillois déclarent avoir des origines canadiennes
et nord-américaines.2

PYRAMIDE DES ÂGES

ÉVOLUTION DE LA POPULATION
85 ans et +
80 à 84 ans
75 à 79 ans
70 à 74 ans
65 à 69 ans
60 à 64 ans
55 à 59 ans
50 à 54 ans
45 à 49 ans
40 à 44 ans
35 à 39 ans
30 à 34 ans
25 à 29 ans
20 à 24 ans
15 à 19 ans
10 à 14 ans
5 à 9 ans
0 à 4 ans

30 000
25 000
20 000
15 000
10 000
5 000

2011

2001

1991

1979

1969

1961

1933

0

LANGUES

Francophone (86 %)
Autres (3 %)
Anglophone (11 %)

Sources : Statistique Canada 2006 et 2011.
La catégorie des origines canadiennes et nord-américaines désigne les recensés qui se reportent sur au moins trois (3) générations à des ancêtres français,
britanniques, américains ou à d’autres groupes provinciaux et régionaux.

2

9

ÉVOLUTION HISTORIQUE DU TERRITOIRE

Concessison de
la Seigneurie de
Boucherville

Construction du
premier moulin
à farine

Érection de la paroisse de SaintBruno-de-Montarville

Création du
Parc national du
Mont-Saint-Bruno

Inauguration de la
nouvelle gare

1710
1664

1725

1848
1842

Création de la Seigneurie
de Montarville

1958
1904

Arrivée du chemin de fer

1985

Obtention du statut de
ville

Les premières occupations (4500 A.A.-1635)
Selon plusieurs recherches archéologiques, la présence
de population humaine au Québec remonterait à environ
12000 A.A. Cela dit, il semble peu probable que l’on puisse
retrouver des vestiges de cette époque sur le territoire de
l’agglomération de Longueuil, à l’exception peut-être du
secteur du mont Saint-Bruno.
En fonction des connaissances actuelles et de l’avancement
de la recherche archéologique, les premiers groupes

autochtones font leur apparition dans la vallée du SaintLaurent il y a 4500 à 5000 ans peut-être davantage.
Certaines hypothèses avancent qu’à cette époque, le
mont Saint-Bruno aurait possiblement été utilisé par les
Amérindiens comme poste d’observation, leur permettant
ainsi de contrôler les mouvements de population dans la
plaine de Montréal.

La montagne de Boucherville (1635-1710)
En 1635, la Compagnie de la Nouvelle-France concède à
François de Lauzon la seigneurie de La Citière qui s’étend
de la rivière Saint-François à la rivière Châteauguay en
largeur, et du Saint-Laurent jusqu’aux environs de l’océan
Atlantique en profondeur. Cette concession marque le
début de l’implantation de la trame seigneuriale sur la rive
sud du fleuve, aux alentours du village de Ville-Marie.
Cette seigneurie est par la suite divisée en plusieurs autres
le long du fleuve, dont celle de La Prairie-de-la-Magdeleine
(1647), la seigneurie de Longueuil (1657) et la seigneurie
10

de Boucherville (1664). À cette époque, le Saint-Laurent
s’impose comme l’axe naturel qui oriente l’occupation
et l’organisation du territoire. Les premières seigneuries
s’alignent côte à côte organisées en longues bandes
parallèles ayant front sur le fleuve.
C’est donc en 1701, à la suite de la signature de la grande
Paix de Montréal avec les Iroquois que les colons de la
rive sud peuvent recommencer à cultiver pleinement les
terres laissées en friche durant les périodes de guerres.
Les seigneuries de La Prairie-de-la-Magdeleine et de

ÉVOLUTION HISTORIQUE DU TERRITOIRE
Boucherville se développent alors plus vite que la seigneurie
de Longueuil, devenue baronnie depuis 1700. Face à cette
recrudescence de l’exploitation agricole sur ses terres,
Pierre Boucher (1622-1717) commence à s’intéresser aux
terres de l’intérieur de sa seigneurie et à la montagne dite
de Boucherville (mont Saint-Bruno) située à proximité. Il
voit également d’un très bon œil le potentiel d’exploitation
de la ressource hydraulique générée par les dénivellations
entre les lacs situés sur la montagne. Il désire en tirer profit

pour permettre aux colons de Boucherville et des environs
d’accéder à un moulin beaucoup plus fiable et constant
que les moulins à vent et à eau en bordure du fleuve.
En 1707, en raison de son âge avancé, Pierre Boucher
demande à son fils aîné, Pierre Boucher de Boucherville
(1653-1740), de revenir de Détroit afin d’entreprendre des
démarches de succession.

Qu’est-ce qu’un tracé fondateur ?

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Ra

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des

Vin

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Les tracés fondateurs correspondent aux
premiers chemins aménagés ayant structuré le
développement des villes au cours des premières
étapes de leur évolution. Ceux-ci épousent
généralement certaines contraintes géophysiques
(cours d’eau, colline, etc.). Dans d’autres cas,
ils correspondent à des chemins aménagés
parallèlement au lotissement seigneurial,
permettant d’accéder à de nouvelles concessions
à l’intérieur des terres. L’intérêt du tracé
fondateur tient principalement à son importance
historique, à son caractère pittoresque et dans
certains cas à la concentration de bâtiments
d’intérêt patrimonial le long de son parcours.

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Carte 4. Les tracés fondateurs

Tracés fondateurs

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ÉVOLUTION HISTORIQUE DU TERRITOIRE
Une nouvelle seigneurie (1710-1807)
C’est donc en 1710 que Philippe de Rigaud, marquis de
Longueuil et gouverneur de la Nouvelle-France, concède
à Pierre Boucher de Boucherville la seigneurie de
Montarville. Située à l’intérieur des terres et englobant une
partie importante de la montagne de Boucherville (mont
Saint-Bruno), la seigneurie de Montarville est l’une des
premières en Nouvelle-France à ne pas avoir un accès à un
cours d’eau.
Lorsque Pierre Boucher décède en 1717, Pierre Boucher de
Boucherville (son fils aîné), déjà seigneur de Montarville,
hérite de la seigneurie de son père (la seigneurie de
Boucherville). Bien qu’il soit seigneur de Montarville depuis
1710, ce n’est toutefois qu’en 1718 que Pierre Boucher fils
prend possession des terres situées derrière l’ancienne
seigneurie paternelle.
Dès lors, des travaux sont entrepris en vue de construire
un barrage permettant de hausser le niveau de l’eau du
lac Seigneurial et en 1725, Pierre Boucher de Boucherville

et Charles Le Moyne s’entendent au sujet d’un projet
de construction d’un moulin à eau. À ses débuts, le blé
moulu au moulin provient essentiellement des seigneuries
voisines puisque les terres de la seigneurie de Montarville
ne sont pas encore cultivées.
Il semble que ce n’est que vers 1746, soit 36 ans après la
fondation de la seigneurie et 20 ans après la construction
du premier moulin, que les premières concessions sont
accordées à des colons. La même année le seigneur plante
les premiers pommiers sur son domaine, marquant ainsi le
début d’une longue tradition de pomiculture sur le mont
Saint-Bruno.
En 1780, une centaine de concessions sont attribuées,
mais le territoire demeure peu défriché et majoritairement
boisé. On ne peut donc pas encore parler de la présence
d’un village. Cette situation perdure jusqu’au milieu, voire
jusqu’à la fin du 19e siècle.

Le développement du village (1807-1890)
Ce n’est qu’en 1807, soit presque un siècle après la
concession de la seigneurie de Montarville, que celle-ci
accueille en permanence un représentant de la famille
Boucher. François-René Boucher de la Bruère quitte alors
Boucherville et s’installe dans son nouveau manoir situé
entre les lacs seigneurial et du Moulin.
Son arrivée incite de nombreux censitaires, pour la
plupart de Boucherville, à venir s’installer au pied de la
montagne où ils commencent à défricher et à cultiver la
terre. Sous les pressions exercées par les habitants, de plus
en plus intolérants à l’idée de devoir se déplacer jusqu’à
Boucherville ou à Chambly pour aller à l’église, la paroisse
de Saint-Bruno-de-Montarville est érigée en 1842. En

1847, le seigneur de l’époque, François-Pierre Bruneau,
fait don d’un terrain en vue d’y ériger l’église paroissiale
dont la construction n’est terminée qu’en 1851. Quant au
presbytère, sa construction se poursuivra jusqu’en 1852.
À partir de la seconde moitié du 19e siècle, le village
se développe au croisement de la montée d’En Haut
(boulevard de Montarville), qui relie la seigneurie de
Montarville à celle de Boucherville, et du chemin De
La Rabastalière. C’est par conséquent autour de cette
intersection que sont implantés une école et les premiers
commerces.

L’âge d’or de la villégiature (1890-1910)
L’arrivée du chemin de fer de la compagnie St. Lawrence
& Atlantic Railroad à Saint-Bruno-de-Montarville en 1848
favorise le développement de la villégiature. Un hôtel est
construit en 1890 tout juste à côté de la gare, située à
l’angle de la montée du dépôt (rue des Cèdres) et de la
route 116.
12

La gare est néanmoins la proie des flammes en 1902 en
raison d’un tison perdu qui provenait d’une locomotive
en marche. En 1904, la compagnie du Grand Tronc,
propriétaire du chemin de fer depuis 1853, inaugure une
nouvelle gare. Cette même gare, qui a depuis été restaurée
et déplacée, se trouve dorénavant dans le parc des Serres
(aujourd’hui le parc Quincy-Sains-Sénart).

ÉVOLUTION HISTORIQUE DU TERRITOIRE
Cette nouvelle accessibilité attire des investisseurs. En
1897, Edson Loy Pease se porte acquéreur de 405 hectares
sur le mont Saint-Bruno. Il procède alors au lotissement
du pourtour du lac Seigneurial en une trentaine de lots
et fait construire sa résidence secondaire sur la berge
du lac du Moulin. Pease fonde ensuite la Mount Bruno
Association. Cette association est formée de riches familles
montréalaises désireuses de se doter d’une grande villa
dans la nature, à l’extérieur de la métropole. Présidée
par Edson Loy Pease jusqu’à sa mort en 1930, la Mount
Bruno Association gère le vaste domaine en copropriété et
s’occupe de la vente des lots.
Personnage historique
Qui est Edson Loy Pease ?

Ce projet de villégiature attire plusieurs membres de la
bourgeoisie anglophone, dont les familles Drummond,
Brown, Birks et Meredith, qui y font construire de vastes
maisons, entourées de jardins. Pour ce faire, plusieurs
d’entre eux font appel aux meilleurs professionnels
du temps, tels que les architectes Edward et William
Sutherland Maxwell et l’architecte paysagiste Frederick
Todd. L’ancien moulin seigneurial, alors situé à l’intérieur
du Domaine de la Mount Bruno Association, est converti
en chapelle où les membres y célèbrent des mariages, des
baptêmes et des messes.
Passionné de plantes, Edson Loy Pease fonde également,
vers 1907, la Mount Bruno Floral et fait construire dès
1908 d’immenses serres sur le mont. La compagnie produit
et transporte jusqu’à la gare des roses, des œillets, des pois
de senteur, des violettes, des lys et des chrysanthèmes en
vue de les acheminer vers de plus gros marchés.
En raison du transport difficile des fleurs jusqu’à la gare, plus
particulièrement lors de la saison hivernale, la Mount Bruno
Floral érige d’autres serres sur un terrain de 85 arpents à
proximité de la voie ferrée. Quatre serres sont d’abord
construites sur le site, puis au fil des années, plusieurs
autres s’y ajoutent. Les installations vont continuer d’être
utilisées jusqu’en 1988, faisant de cette industrie la plus
importante que Saint-Bruno-de-Montarville ait connue. En
sa mémoire, la municipalité nomme le parc situé près du
chemin de fer, le parc des Serres.

Fig. 2. Edson Loy Pease (1856-1930)
Source : Musée McCord, II-60716.1

Fils d’Orton Pease, commerçant, et de Mary Hare, Edson
Loy Pease est né à Coteau-Landing près de Valleyfield en
1856. Inspiré par un ami, il part travailler vers 1873 pour
une compagnie de télégraphe dans l’État de New York. Deux
ans plus tard, il devient commis à la succursale montréalaise
de la Banque canadienne de commerce. Ensuite engagé
comme comptable pour la Banque des marchands, il
devient vite l’instigateur d’une nouvelle stratégie ambitieuse
et progressiste de croissance au sein de la compagnie.
Nommé directeur d’une succursale à Montréal, Pease
est alors chargé du développement de nouvelle clientèle
auprès des gens d’affaires. C’est alors qu’il entre en contact
avec certains des hommes d’affaires les plus influents de
Montréal, dont George Drummond, Hugh Graham et LouisJoseph Forget. Sous l’initiative de Pease, la Banque des
marchands devient La Banque Royale du Canada en 1901.
Sous sa direction, la Banque Royale acquiert cinq banques
régionales canadiennes entre 1910 et 1925 et ouvre des
succursales à l’étranger. Edson Loy Pease prend sa retraite
en 1922 et décède en France en 1930.

Fig. 3. Gare de Saint-Bruno de Montarville vers 1904

Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec

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ÉVOLUTION HISTORIQUE DU TERRITOIRE
L’apport des communautés religieuses (1910-1950)
Installés au Sault-au-Récollet (dans la partie nord de
Montréal), les Jésuites souhaitent construire un nouveau
noviciat dans un lieu plus tranquille, à l’abri des menaces
de l’urbanisation. À l’instar d’autres communautés
religieuses, les Jésuites désirent aussi dénicher un endroit
propice à l’agriculture, qui permettrait de subvenir à leurs
besoins. Dans cette perspective, et pour demeurer près de
leur maison de retraite située à Boucherville, les Jésuites
choisissent de s’établir à Saint-Bruno-de-Montarville. En
1910, ils procèdent à l’achat d’un premier terrain le long du
rang des Vingt-Cinq. Puis, à la suite d’achats successifs, les
religieux deviennent propriétaires d’un domaine de près
de 1000 acres du côté ouest de la montagne.
Entre temps, les Frères de Saint-Gabriel, qui possèdent
eux aussi un noviciat au Sault-au-Récollet, voisin de celui
des Jésuites, envisagent, à leur tour, élire domicile à SaintBruno-de-Montarville. Cette volonté est notamment
motivée par leur désir de maintenir la relation privilégiée
qui s’était établie entre les deux communautés. En 1911,
les Frères de Saint-Gabriel achètent un premier terrain sur
le rang de la Rabastalière. Onze ans plus tard, leurs voisins
Jésuites décident de se départir de leur exploitation et leur
vendent l’ensemble de leur domaine, nommé la Villa GrandCoteau. Dès lors, les Frères de Saint-Gabriel y cultivent des

céréales, des pommes de terre et des légumineuses et y
tiennent une production laitière. Ils poursuivent le travail
bien entamé par les Jésuites en plantant des pommiers
et en produisant aussi du miel, du sirop d’érable et des
conserves.
En 1925, les Frères de Saint-Gabriel inaugurent, sur
le territoire de la Villa Grand-Coteau, un juvénat et y
accueillent le premier groupe de juvénistes composé de 57
garçons. Ce bâtiment sera démoli en 1991.
Dans le cadre du développement de cette nouvelle
institution, la communauté aménage à proximité un
important jardin à des fins éducatives. Cet arboretum,
réalisé par le frère Gabriélis, comptait à l’époque 176
espèces d’arbres indigènes et exotiques. Le frère Gabriélis
rassemblait aussi des spécimens d’oiseaux, de mammifères
et de minéraux en vue d’en faire un musée de sciences
naturelles.
Aujourd’hui, l’héritage horticole des communautés
religieuses est toujours présent, bien que significativement
amoindri. L’Arboretum Gabriélis, d’une superficie de
0,51 hectare, comprend environ la moitié des espèces
initialement plantées, et il ne reste que quelques-uns des
pommiers du verger datant de l’époque des religieux.

Personnage historique
Qui est Frère Gabriélis ?

Né en France en 1886 sous le nom de Jean-Louis Seznec, Frère Gabriélis reçoit d’abord une
formation scientifique dans son pays natal, puis poursuit sa formation en autodidacte à son
arrivée au Québec en 1904. Passionné de botanique, il enseigne quelques années les sciences
naturelles au juvénat des Frères de Saint-Gabriel au Sault-au-Récollet. Sa santé fragile le
force toutefois à abandonner cette fonction. Il est alors transféré au juvénat de Saint-Brunode-Montarville en 1925. Dès son arrivée, il caresse l’idée d’aménager un jardin botanique à
proximité du juvénat afin d’offrir aux jeunes les meilleures conditions nécessaires à l’étude de
la nature. Sous son initiative, plus d’une centaine d’espèces indigènes et exotiques d’arbres
sont plantées. L’arboretum de très grande qualité constitue l’élément central de son œuvre
mené sur le mont Saint-Bruno pendant plus de trente ans. Le Frère Gabriélis décède le 7
décembre 1959 et est inhumé au cimetière des Frères de Saint-Gabriel sur le mont SaintBruno.

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ÉVOLUTION HISTORIQUE DU TERRITOIRE
Une banlieue résidentielle cossue (1950-2013)
À partir des années  1950, des vétérans de la Deuxième
Guerre et des citadins, principalement en provenance
de Montréal, viennent s’installer à Saint-Bruno-deMontarville. La population augmente considérablement
passant de 1818 en 1951 à 6760 en 1961. Afin de gérer
ces importants changements démographiques, le village
de Saint-Bruno-de-Montarville obtient le statut de ville en
1958.
Les années  1960 sont marquées à Saint-Bruno-deMontarville par la construction de plusieurs églises de
différentes confessions. La Mount Bruno United Church
est d’abord construite sur l’avenue Lakeview en 1960
pour desservir les protestants. Par la suite, la Trinity
Anglican Church est érigée sur la rue Beaumont en 1961.
Finalement, les catholiques anglophones obtiennent leur
église en 1966, la Saint Augustine of Canterbury Church.

Au début des années  1970, des citoyens se mobilisent
pour protéger le mont Saint-Bruno d’un nouveau
développement résidentiel. La population exige qu’une
partie de la montagne soit transformée en parc régional.
La mobilisation porte fruit et entraîne la création du parc
national du Mont-Saint-Bruno en 1985. D’une superficie de
5,9 km2, le parc est aujourd’hui très achalandé et fréquenté
tant par les Montarvillois que par les visiteurs venant de
l’extérieur.
Depuis la fin des années 1970, la Ville de Saint-Bruno-deMontarville a poursuivi son développement en offrant un
cadre de vie typiquement associé à celui de la banlieue
moderne. On y retrouve notamment un centre commercial
(Promenades Saint-Bruno) et plusieurs autres commerces
de services.

Fig. 4. Juvénat St-Gabriel

Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec

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ARCHÉOLOGIE
Le potentiel archéologique de la montagne
En date de 2013, aucune étude archéologique approfondie
n’a été faite sur le territoire de la Ville de Saint-Brunode-Montarville. À partir de fouilles menées ailleurs dans
l’agglomération de Longueuil et en Montérégie, les
archéologues pensent être en mesure de trouver dans le
secteur du mont Saint-Bruno des vestiges qui dateraient
de l’époque archaïque, qui s’est déroulée de 10000 A.A à
3000 ans A.A., et de la période du Sylvicole, qui a débuté
en 3000 A.A. et qui s’est terminée à l’arrivée des premiers
Européens au 16e siècle.

Fig. 5. Vieux moulin seigneurial

16

Certaines archéologues font aussi l’hypothèse que le
mont Saint-Bruno pourrait révéler des vestiges associés à
des groupes semi-nomades qui dateraient de la période
paléoindienne qui s’étend de 12000 A.A. à 8000 A.A.
Ces groupes auraient fréquenté le mont Saint-Bruno
notamment pour profiter du promontoire naturel qu’il
offrait sur la mer de Champlain, puis sur la plaine naissante
du Saint-Laurent. Le secteur avait peut-être aussi une
fonction de sépulture ou de culte.
À noter que le secteur du Vieux-Moulin et celui le long
du Grand Boulevard Ouest sont considérés comme des
secteurs à fort potentiel archéologique historique.

CADRE BÂTI
Le cadre bâti
En raison de son isolement par rapport aux différentes
voies de circulation navale (fleuve Saint-Laurent et rivière
Richelieu), Saint-Bruno-de-Montarville a mis plusieurs
années avant de se développer. Ce n’est qu’au milieu du
19e siècle que la ville accueille l’arrivée du chemin de
fer, permettant à de riches villégiateurs anglophones de
Montréal de venir profiter de la nature paisible et bucolique
des lacs et de la montagne.
En marge du secteur montagneux, Saint-Bruno-deMontarville demeure un village agricole jusqu’à la

première moitié du 20e siècle où sera aménagé un petit
noyau villageois autour de l’intersection du chemin De La
Rabastalière et de la rue Montarville. Ce n’est que durant
les années 1950 qu’on assiste à l’arrivée massive d’anciens
combattants et du même coup au développement
beaucoup plus extensif de la ville. Cette vague de
nouveaux arrivants mènera à la création et à l’expansion
de nombreux quartiers de type banlieue où le bungalow
moderne dominera le paysage.

Bâtiments résidentiels
La diversité stylistique des bâtiments résidentiels que l’on
retrouve aujourd’hui sur le territoire montarvillois est
intimement liée aux séquences de son développement.
On y retrouve donc essentiellement quelques maisons

villageoises datant du 18e et du 19e siècle, quelques
résidences de villégiatures cossues de la fin du 19e siècle et
plusieurs bungalows modernes et contemporains.

Fig. 6. Maison québécoise

Fig. 7. Maison à mansarde

Le style québécois

Le style à la mansarde

Le style québécois se distingue par son plan rectangulaire et sa
toiture à deux versants généralement courbée. Contrairement
au style d’esprit français, la répartition des ouvertures est plutôt
symétrique et on y remarque fréquemment la présence de lucarnes.
Les matériaux de revêtement extérieur traditionnels sont la planche
à feuillure, le bardeau de bois, la planche à clin, la tôle embossée ou
la planche unie verticale.

Le style à la mansarde fait essentiellement référence à la forme du
toit du bâtiment qui est composé d’un terrasson et d’un brisis sur
deux ou quatre côtés. Le plan du bâtiment est plutôt rectangulaire
et la répartition des ouvertures est généralement symétrique. Le
bois et la brique sont majoritairement utilisés comme matériaux
de revêtement extérieur, tandis que la tôle en plaque, pincée ou à
la canadienne est employée pour le recouvrement du toit. Notons
également la présence fréquente de lucarnes au brisis.

17

CADRE BÂTI

Fig. 8. Maison Boomtown

18

Fig. 9. Poste du gardien du parc national du Mont Saint-Bruno

Le style Boomtown

Le style Arts and Crafts

Le style Boomtown se caractérise principalement par son plan
rectangulaire, sa disposition perpendiculaire à la rue, la présence d’un
mur parapet implanté en façade et son toit à deux versants droits.
Souvent utilisé pour des bâtiments commerciaux, ce style comprend
parfois une vitrine ou un front en façade. L’extérieur du bâtiment est
habituellement constitué de bois ou de bardeaux d’amiante.

Le style Arts and Crafts se distingue principalement par son toit à deux
versants avec croupe aux extrémités. Le plan du bâtiment est plutôt
rectangulaire et les ouvertures sont disposées symétriquement. Le
bardeau d’amiante et le bois recouvrent l’extérieur du bâtiment
tandis que la tôle pincée ou en plaque couvre la toiture. Parmi ses
autres traits distinctifs, on note souvent la présence de lucarnes
interrompant l’avant-toit.

Fig. 10. Bungalow moderne

Fig. 11. Maison Lussier

Le style bungalow moderne

Maison Lussier (Roger D’Astous)

Le style bungalow moderne se démarque par un plan rectangulaire
sur un seul niveau, par un toit à deux ou quatre versants à angle
très faible ou encore par un toit plat. Son implantation est isolée sur
un lot généralement grand et éloigné de la rue. Sa fenestration est
plutôt généreuse. Dans plusieurs cas, un espace de stationnement
est aménagé (parfois même recouvert) le long d’une des façades
latérales. Les matériaux de recouvrement des murs extérieurs sont
multiples : bois, brique, pierre de recouvrement, stucco, aluminium,
tôle, etc.

Conçue par le célèbre architecte Roger D’Astous, cette maison incarne
par sa forme et ses matériaux plusieurs des caractéristiques de l’abri
rustique. Cette maison à l’architecture singulière, s’inscrivant dans
le courant Shed style des années  1960, présente une toiture en
appentis, composée de deux pentes descendantes vers le centre.
Selon l’architecte, cette maison a été dessinée de façon à optimiser
le confort de ses résidents durant la saison hivernale et correspond à
ce que D’Astous considérait comme la nouvelle architecture nordique
et canadienne.

CADRE BÂTI
Bâtiments institutionnels
On discerne sur le territoire de la Ville quelques bâtiments
institutionnels d’intérêt. Parmi ceux-ci figurent le vieux
presbytère de style néoclassique ainsi que quelques églises
principalement destinées à la population anglophone.
L’église St.Augustine of Canterbury se distingue par
son architecture résolument moderne et sobre où le
bois et le béton sont à l’honneur. Insérée au cœur d’un
quartier résidentiel, l’église est entourée d’une végétation
abondante et l’aménagement paysager s’harmonise à son
cachet et à son architecture.

Fig. 12. Église St. Augustine of Canterbury

Fig. 13. Vieux presbytère

19

CADRE BÂTI
Les sites d’intérêt et les bâtiments classés
N

5.
3.
4.
6.

1.
2.

Carte 5. Les sites d’intérêt et bâti ments classés

Site et bâtiment

20

Statut

Construction

1. Vieux presbytère de Saint-Bruno

Classement

1851-1852

2. Église St.Augustine of Canterbury

n/a

1966-1967

3. Vieux moulin seigneurial

n/a

1761

4. Poste du gardien du domaine du mont Saint-Bruno

n/a

Début 20e siècle

5. Maison «Montarville»

n/a

Début 20e siècle

6. Maison Lussier

n/a

1962

PAYSAGES D’INTÉRÊT
Le mont Saint-Bruno
L’importance du mont Saint-Bruno dans le paysage régional
ne fait aucun doute. Faisant partie des neuf collines
montérégiennes, ce dernier se dresse au milieu d’une
plaine agricole, proposant ainsi une rupture topographique
et paysagère avec les basses-terres du Saint-Laurent.
Considéré comme un paysage emblématique, il constitue
un repère visuel et spatial important et, de ce fait,
participe indéniablement à l’identité de la Ville, voire de
l’agglomération et de la région.
Sa valeur écologique et paysagère est telle qu’un parc
national, protégeant près de 6  km2 de sa superficie, a

été créé en 1985. En plus d’offrir un paysage naturel
remarquable, le mont Saint-Bruno présente un paysage
humanisé d’intérêt. On y retrouve, entre autres, des traces
des vergers des Frères de Saint-Gabriel, les maisons de
villégiature de la première moitié du 20e siècle, le vieux
moulin seigneurial.
On ne saurait parler de la montagne sans mentionner le
capital paysager qu’elle génère. Les différents belvédères
et points de vue aménagés sur le mont Saint-Bruno
permettent d’apprécier des panoramas uniques de ses
environs.

Fig. 14. Le mont Saint-Bruno

Qu’est-ce qu’un paysage d’intérêt?

Le paysage est produit par une appréciation de ce qui est vu à travers un ensemble de filtres qui relèvent de notre culture
d’appartenance, de notre éducation, de notre formation professionnelle, de notre sensibilité esthétique, etc. En somme, un paysage
d’intérêt correspond à un territoire reconnu par une collectivité pour ses caractéristiques paysagères remarquables résultant de
l’interrelation de facteurs naturels et humains, méritant d’être mis en valeur en raison de son intérêt historique ou naturel et sa
valeur emblématique ou identitaire. Rappelons également qu’un paysage est toujours apprécié à partir d’un point de vue ou d’un
parcours, et que la préservation de l’intégrité de ceux-ci est inhérente à la mise en valeur des paysages jugés d’intérêt.

21

PAYSAGES D’INTÉRÊT
La plaine agricole
Particulièrement présentes dans la région de Saint-Brunode-Montarville, les terres agricoles ont depuis longtemps
participé à définir le paysage local. À partir de la moitié du
18e siècle, certains lots agricoles sont exploités au sein de la
seigneurie. Aujourd’hui il est toujours possible de constater
le découpage de ces lots, fidèles à leur orientation d’origine
et parallèles au boulevard de Montarville.

Ces paysages ruraux composés de champs de différentes
cultures, de bâtiments agricoles et de maisons de
ferme, de routes ponctuellement bordées d’arbres et
d’enclos à chevaux, sont principalement observables à
partir du Grand boulevard Ouest et du rang des VingtCinq Est. Le territoire de Saint-Bruno-de-Montarville
offre probablement les panoramas agricoles les plus
intéressants de l’agglomération, en raison notamment de
leur composition mettant parfois en scène la montagne en
arrière-plan.

Fig. 15. La plaine agricole

22

MONUMENTS ET L’ART PUBLIC
Monuments et l’art public
Les interventions au niveau de l’art public à Saint-Bruno-deMontarville s’inscrivent dans un désir de démocratisation
de l’art, de mise en valeur du dynamisme culturel et
d’embellissement des paysages de la municipalité. Dans
cette perspective, la Ville administre un centre d’exposition
dans le vieux presbytère et a mis sur pied un programme
d’art public (2010-2014). Ce programme prévoit, entre
autres, l’installation d’une œuvre d’art par année pour

Fig. 16. Nature, environnement… une mission avouée
Source : Ville de Saint-Bruno-De-Montarville

marquer chacune des entrées de ville. La première œuvre
installée a été celle intitulée Nature, environnement… une
mission avouée de Pierre Leblanc (voir plus bas) en 2010.
Une œuvre de Cozic, intitulée Éclosion, a suivi en 2011.
L’œuvre Tempus Folium de Claude Millette a été érigée
en 2012. Enfin, en 2013, l’œuvre Avoine de Linda Covit a
complété la collection.

Fig. 17. Avoine

Source : Ville de Saint-Bruno-De-Montarville, crédit photo :Jean-Michael Sminaro

Nature, environnement… une mission avouée – Pierre Leblanc

Avoine – Linda Covit

L’œuvre : inaugurée en 2010 à l’angle du boulevard Seigneurial et de
la rue de Chambly, cette sculpture, constituée d’aluminium brossé et
d’acier inoxydable, est inspirée d’éléments naturels qui caractérisent
l’environnement de Saint-Bruno-de-Montarville. Elle s’inscrit dans le
cadre du programme d’art public municipal qui vise à marquer les
entrées de la ville.

L’œuvre  : la découpe de graminées fait référence à la culture
historique de la Villa Grand Coteau. Selon Bernard Guilbert dans Les
frères de Saint-Gabriel  : agriculteurs et éducateurs à Saint-Brunode-Montarville, « La Villa Grand Coteau a sans doute été la plus
importante exploitation agricole montarvilloise. »

L’artiste : artiste québécois de renom, le sculpteur Pierre Leblanc a
participé tout au long de sa carrière à plus de 400 expositions solos ou
de groupe. Son travail est alimenté et inspiré de questions de société
et de préoccupations environnementales. Ses œuvres d’art public se
retrouvent dans plus de 30 municipalités au Québec.

L’artiste : Montréalaise d’origine, Linda Covit vit et travaille toujours
dans la métropole. Depuis 1975, elle présente des expositions
individuelles et participe à des expositions collectives dans plusieurs
villes du Québec, du Canada, de même qu’aux États-Unis, en Italie et
au Japon. L’artiste a produit un grand nombre d’œuvres d’art public,
dont une a été offerte par le gouvernement du Québec en 2011, sous
forme de don, au peuple de la province du Shandong (Chine).

23

MONUMENTS ET L’ART PUBLIC

Fig. 18. L’homme soleil (détail)

Source : Ville de Saint-Bruno-De-Montarville

L’homme soleil – Jordi Bonet

L’œuvre  : initialement créée vers 1975 en céramique, cette œuvre a été reproduite en 2010 à l’initiative de monsieur Guy Laliberté. Huit
exemplaires en bronze ont été créés et la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville en a reçu un exemplaire sous forme de don. Cette murale mesure
2,56 mètres de hauteur sur 1,28 mètre de largeur et elle est considérée comme une œuvre majeure de Bonet. Elle est exposée au Centre Marcel
-Dulude.
L’artiste : Catalan d’origine et Québécois d’adoption, Jordi Bonet est le créateur d’une centaine de murales au Québec et partout dans le monde.
Ses murales au Grand Théâtre de Québec, à la station Pie IX du métro de Montréal ou encore à la Place des Arts de Montréal sont des chefs
d’œuvres de cet artiste qui figure parmi les plus importants du Québec au moment de sa mort prématurée en 1979.

24

CONCLUSION
Avec plus de 300 ans d’histoire, Saint-Bruno-de-Montarville
possède un patrimoine et une histoire uniques. Ancienne
seigneurie, son paysage est marqué par la présence du
mont Saint-Bruno, une des neuf collines montérégiennes.
L’histoire de Saint-Bruno-de-Montarville est étroitement
liée à l’occupation du mont Saint-Bruno et par la mise
en valeur de ses ressources hydrauliques et écologiques.
Outre son riche patrimoine naturel et une importante
collection d’œuvres d’art public, le territoire de SaintBruno-de-Montarville possède plusieurs sites à fort
potentiel archéologique.

Intégrée à la dynamique métropolitaine depuis le début du
20e siècle, alors que la ville devient un lieu de villégiature
privilégié par la bourgeoise montréalaise, Saint-Bruno-deMontarville continue de se développer en offrant un cadre
de vie exceptionnel pour ses résidents de longue date ou
ceux récemment arrivés.

Fig. 19. Ancien bureau de poste de la ville de Saint-Bruno-de-Montarville

25

BIBLIOGRAPHIE
Articles et monographies
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1939. p.247-432.
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Ressources internet
Dictionnaire biographique du Canada en ligne : http://www.biographi.ca
SÉPAQ : http://www.sepaq.com
Statistique Canada : http://www.statcan.gc.ca
Répertoire du patrimoine culturel : http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca
Ville de Saint-Bruno de Montarville : http://www.stbruno.ca

26

TABLE DES FIGURES
Fig. 1. Le chemin seigneurial......................................................................................................................................................................................................11
Fig. 2. Edson Loy Pease (1856-1930)..........................................................................................................................................................................................13
Fig. 3. Gare de Saint-Bruno-de-Montarville vers 1904...............................................................................................................................................................13
Fig. 4. Juvénat St-Gabriel............................................................................................................................................................................................................15
Fig. 5. Vieux moulin seigneurial..................................................................................................................................................................................................16
Fig. 6. Maison québécoise..........................................................................................................................................................................................................17
Fig. 7. Maison à mansarde..........................................................................................................................................................................................................17
Fig. 8. Maison Boomtown...........................................................................................................................................................................................................18
Fig. 9. Poste du gardien du Parc du Mont Saint-Bruno..............................................................................................................................................................18
Fig. 10. Bungalow moderne........................................................................................................................................................................................................18
Fig. 11. Maison Lussier...............................................................................................................................................................................................................18
Fig. 12. Église St.Augustine of Canterbury.................................................................................................................................................................................19
Fig. 13. Vieux presbytère............................................................................................................................................................................................................19
Fig. 14. Le mont Saint-Bruno......................................................................................................................................................................................................21
Fig. 15. La plaine agricole...........................................................................................................................................................................................................22
Fig. 16. Nature, environnement… une mission avouée.............................................................................................................................................................23
Fig. 17. Avoine.............................................................................................................................................................................................................................23
Fig. 18. L’homme soleil (détail)...................................................................................................................................................................................................24
Fig. 19. Ancien bureau de poste de la ville de Saint-Bruno-de-Montarville..............................................................................................................................25

Carte 1. Positionnement à l’échelle métropolitaine....................................................................................................................................................................6
Carte 2. Positionnement à l’échelle de l’agglomération..............................................................................................................................................................6
Carte 3. Limites administratives de la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville................................................................................................................................7
Carte 4. Les tracés fondateurs....................................................................................................................................................................................................11
Carte 5. Les sites d’intérêt et bâtiments classés........................................................................................................................................................................20

27

ATELIER DE
DÉVELOPPEMENT
TERRITORIAL

L’ENCLUME

28

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