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SECTION 4

:

LA PREUVE DU CONTRAT

Il est plus que capital de comprendre l’importance des preuves dans un
système
Juridique donné. Lorsqu’une partie co-contractante veut faire reconnaître
ses prétentions sur la base d’un contrat déterminé, il faut qu’elle fasse la
preuve, sinon
Comment pourrait-elle être crédible? Normalement, personne ne doit rien
à personne ; sauf si on prétend le connaître. il faut en faire la preuve.
1/les divers modes de preuve :
1.1 l’écrit : il existe deux sortes d’écrit : l’acte authentique et l’acte
sous seing privé.
L’acte authentique est un écrit émanant d’un officier public : notaire,
huissier, officier de l’état civil… l’acte seing privé est établi simplement
par des particuliers.
1.2 Preuve par témoins : on appelle « témoin » une personne qui a
constaté elle-même, par ses propres sens, le fait ou l’acte au sujet
duquel elle porte son
témoignage. Ce type de preuve doit être accueilli avec un esprit critique.
Beaucoup
de faux témoins sont conscients, mais beaucoup d’autres déforment aussi
de mauvaise foi la réalité. Ce sont de mauvais observateurs.
1.3 Présomptions : on distingue deux catégories :
A/ présomptions légales : elles se définissent comme les conséquences
que la loi tire
d’un fait connu. Celui en faveur de qui la présomption légale a été posée
n’a pas à prouver ces conséquences, puisque par hypothèse la loi ellemême les présume.
Exemple 1 : selon la loi, les parents sont responsables des dommages
causés par
leurs enfants mineurs habitants avec eux. Le législateur présume que
l’enfant a été mal surveillé par ses parents. La victime est donc disposée
de prouver la faute
des parents.
Exemple 2 : la cour présume de mauvaise foi les fabricants c.a.d les
présume connaître les vices cachés des produits qu’ils fabriquent. Ils
doivent réparer toutes les conséquences dommageables du vice caché.
L’utilisateur est dispensé de prouver la connaissance du vendeur.
Deux types de présomptions légales sont à distinguer :

d « renvoie la balle » à son adversaire qui n’a le choix qu’entre deux attitudes : .à. présomptions simples (exemple 1) dans lesquelles on peut apporter la preuve. Il existe deux sortes de serment : A/ le serment décisoire : celui qui est « déféré » par l’un des plaideurs à son adversaire. La preuve la plus parfaite est l’aveu judiciaire c. Exemple : un créancier ne possède aucun moyen de preuve de sa créance et ne peut espérer obtenir l’aveu de son debiteur. B/ le serment supplétoire : il est demandé par le juge qui désire s’éclairer davantage . 1. Ainsi le serment décisoire « décide » de l’issue de litige. Les parents peuvent éviter la condamnation en prouvant qu’ils ont bien éduqué et Surveillé leur enfant.  Ou le debiteur refuse de prêter serment et dans ce cas il est condamné.5 Le serment : le serment est l’affirmation solennelle de la véracité des faits ou d’un acte dont dépend l’issue du litige.jurer qu’il est bien créancier et obtient automatiquement gain de cause . B/ les présomptions de fait : c’est l’ensemble des éléments connus qui peuvent servir à la preuve d’un fait inconnu. .  Ou bien il « réfère » le serment c. Dans ce cas précis trois hypothèses se présentent :  Où le debiteur jure qu’il ne lui doit rien et dans ce cas le procès se termine en sa faveur. Les traces de freinage laissées sur la chaussée permettent de supposer à peu près à quelle vitesse roulait le véhicule lors de l’accident.  Présomptions « irréfragables » contre lesquelles aucune preuve contraire n’est possible (exemple 2).4 L’aveu : c’est la reconnaissance par une personne de la véracité du fait ou de l’acte que son adversaire invoque afin d’établir son droit contre elle. ce prétendu créancier appelle son prétendu debiteur en justice et lui demande de jurer qu’il ne lui doit rien.à. qui nie au contraire sa dette. 1. Est retir2 au fabricant la possibilité de prouver qu’il ne connaissait pas les vices cachés des biens fabriqués. Ultime recours.d celui qui a été fait devant le tribunal appelé à trancher la difficulté.refuser de jurer et il perd son procès.

. Toutefois.  Exceptions : A/ une preuve quelconque peut venir compléter un « commencement » de preuve par écrit de l’acte juridique. Cette impossibilité peut être matérielle (dépôt fait en cas d’incendie ou de naufrage par exemple) ou moral (il est difficile pour un fils qui prête à son père d’exiger un écrit constatant une reconnaissance de dettes). Il faut un écrit. le demandeur possède une lettre de son adversaire dans laquelle il parle avec intérêt du projet de ce contrat. Exemple : un contrat dont l’existence est nié à l’adversaire n’a pas été rédigé par écrit. il pourra compléter la preuve de l’acte par tous les moyens. quelqu’un prétend faire entendre dix personnes qui ont assisté à la conclusion d’un contrat. Le serment supplétoire n’est qu’un complément de preuves. les seuls modes de preuve admis sont l’écrit. Chaque fois que la valeur de l’acte juridique dépasse une somme conventionnellement admise de 1000 DA. B/ la preuve des actes juridiques est encore possible par tous les moyens quand il a été impossible de se procurer un écrit. Pour prouver un contrat forme par simple échange de consentement. Le choix du mode de preuve : le choix du mode preuve n’est pas libre. le tribunal refusera d’entendre ces témoins car La preuve n’est pas libre.Et former son opinion. L’aveu judiciaire et le serment décisoire restent toutefois très rares. la fraude peut être établie par tout moyen. D/ si l’acte est frauduleux. C/ la preuve est libre en matière commerciale (article 30 du code du commerce). Ayant ainsi un commencement de preuve par écrit.

SECTION 5 : EFFETS DES CONTRATS (FORCE OBLIGATOIRE DU CONTRAT) Elle se manifeste sous trois aspects : le contrat s’impose 1. En cas de décès des personnes.au juge législateur 3. Aux parties. Ils deviennent par conséquent créanciers ou débiteurs à la place de leur auteur : on dit que ce sont les ayants causes universels du défunt. Seul la force majeure peut libérer le débiteur.d liées par les obligations créées (créanciers ou débiteurs). L’obligation d’exécuter le contrat s’impose à toutes les parties. En cas de représentation. les héritiers et les légataires universels recueillent le patrimoine du défunt sauf renonciation.à. les créances ou les dettes naissent directement en la personne représentée. il convient d’assimiler celles qui est appelées à prendre leur place.au 1/ Entre les parties : les parties sont obligées c. Conséquences : a) L’obligation d’exécuter le contrat traduit la force obligatoire entre les parties. Sont encore assimilables aux parties ceux qui bénéficient d’une cession de créance (Cessionnaires de créances). Dans les autres cas l’inexécution sera sanctionnée. .aux parties 2. qu’elles aient été présentes lors de la conclusion du contrat ou seulement représentées.

par maladresse. c) Les contrats doivent être exécutés de bonne foi. Il y a alors matière à interpréter et à défaut d’accord amiable. il faudra recourir au juge. En réalité.b) Le contenu du contrat devient irrévocable . les juges sont tenus d’appliquer le contrat tel qu’il est et n’ont pas le droit de le modifier. Les clauses du contrat s’interprètent les unes par rapport aux autres. le législateur a le pouvoir de modifier les effets des contrats en cours : il suffit de le préciser clairement dans le texte de la loi. par conséquent il ne peut être modifié unilatéralement. ainsi qu’une coopération entre les parties (Renseignements. le contrat s’interprète en faveur de celui qui a contracté l’obligation. Dans le doute. Pour faire obstacle aux prétextes et aux prétentions d’interprétation des juges. SECTION 6 : L’INTERPRETATION DES CONTRATS Les contestations qui portent sur l’existence du contrat ne sont pas des difficultés d’interprétation mais de preuves dans un contrat. Une clause peut être ambiguë ou obscure ou bien elle comporte des lacunes telles qu’il y a incertitude sur la volonté des parties. Cette obligation impose l’exécution fidèle des obligations. par incompétence ou par ignorance. Les termes susceptibles de 02 sens doivent être pris dans celui qui convient le mieux à la ma-tière du contrat. les cours ont admis la possibilité d’un pouvoir ou d’un appel lorsque les juges ont en réalité « dénaturé » des clauses claires et précises. A/ Règles d’interprétation : le code civil fournit au juge un certain nombre de directi-ves en la matière : 1/ Recherche de la volonté des parties : (ou commune intention) Dans les conventions. 2/ A l’égard du juge : en cas de conflit entre les parties. assistance technique. Seul l’accord des deux parties le permettra lors de la conclusion d’un avenant. etc …). on doit rechercher la commune intention des parties contra-ctantes plutôt que de s’arrêter au sens littéral du contrat car des mots ou des expressions peuvent être utilisés à tort. On comprend aisément le principe dans la mesure où il y va de la sécurité contractuelle dans la vie des affaires. . Conseil : soigner la rédaction des clauses du contrat. 3/ A l’égard du législateur : une loi nouvelle ne s’applique pas en principe aux effets futures des contrats conclus antérieurement à sa promulgation (effet non rétroactif).

vérifier qu’aucune cause d’exonération ne peut être invoquée. SECTION 7 : L’INEXECUTION DES CONTRATS L’inexécution des obligations contenues dans le contrat appelle une sanction qui se traduira généralement par la condamnation au versement de dommages et inté-rêts au profit du créancier.1. A. Exemple : la chose transmise par voie de fer doit être assurée. il faut d’une part que certaines conditions soient réunies.1. A/ Principes de la responsabilité contractuelle : A.1. Attribution des dommages et intérêts : pour que des dommages et intérêts puissent être attribués. 3/ Recours à l’équité : le législateur invite à ce que la démarche finale d’interprétation prenne en compte la partie se trouvant en position de faiblesse (le débiteur). d’autre part. Conditions    : elles sont au nombre de trois. . le législateur conseille alors de se référer aux règles supplétives si elles existent en la matière ou aux usages qui restent très nombreux en matière commerciale. Le dommage . le lien de cause à effet entre la faute et le dommage. C’est en ce sens que les juges ont par exemple considèré l’obligation du transporteur comme une obligation de résultat (souci d’équité pour protéger le voyageur souvent démuni devant un cocontractant qui impose ses conditions). La faute . 2/ Recours au cadre de référence : Si la volonté des parties ne peut être décelée. a) Faute contractuelle : Dans le domaine contractuel. il faut rechercher ce que le débiteur a promis et ce que le créancier était raisonnablement en droit d’attendre (Opposition des obligations de résultats ou de moyens).L’ambiguë s’interprète conformément aux usages du pays ou le contrat est passé.

la seule inexécution n’établie rien. Dans le premier cas.Dans certains cas. Concernant l’obligation de moyens. Le créancier devra prouver la faute qui sera celle que n’aurait pas commis ce modèle abstrait d’individu. Le législateur se borne à opposer la faute intentionnelle que l’on appelle dol (refus volontaire d’exécution de son obligation) : (A ne pas confondre avec le dol. dans d’autres. Ce lien de causalité exclu 02 types de préjudices : . le débiteur pourra en conséquence s’exonérer en prouvant que l’inexécution ne provient d’une cause étrangère qui ne lui est pas imputable (prouver l’absence de la faute). c) L’existence d’un lieu entre faute et préjudice : Il ne peut y avoir responsabilité que si le préjudice découle de la faute commise. c’est l’homme particulièrement soigneux et diligent qui a le sens de la responsabilité. la seule inexécution des obligations de résultat laisse présumer la faute du débiteur. b) Le dommage : L’octroi de dommages et intérêts suppose l’existence d’un dommage ou un préjudice.  les dommages et intérêts moratoires : Qui réparent le préjudice causé par le simple retard dans l’exécution. partielle ou simplement défectueuse d’un contrat. il est néce-ssaire de porter un jugement sur la conduite du débiteur en comparant ce qu’il a fait par rapport à ce qu’il aurait pu faire. Ce préjudice résulte de l’inexécution impliquant le simple retard dans l’exécution. Exemple : le bon père de famille. le débiteur s’engage à fournir un résultat précis (exemple : trans-porter telle ou telle chose en tel lieu) . vice de consentement » et la faute non intentionnelle). Si l’inexécution du contrat est imputable au dol du débiteur ce dernier doit réparer intégralement le préjudice. le débiteur s’engage simplement à mettre en œuvre tous les moyens dont il dispose pour permettre au créancier d’obtenir le résultat qu’il espère mais sans le lui garantir (exemple : soigner conscien-cieusement un malade). Il existe deux types de dommages et intérêts :  Les dommages et intérêts compensatoires : Qui réparent l’inexécution totale. La faute étant présumée.

1. le transporteur peut raisonnab-lement prévoir qu’elle renferme des vêtements ou des objets divers mais non des objets précieux. le cas fortuit est un événement interne se rattachant à l’acti-vité du débiteur (exemple : incendie de l’usine) et la force majeure. A.Le préjudice qui ne serait qu’indirect. ses biens ont été saisis et vendus à bas prix en raison de la perte des animaux. tempêtes. il faut trois conditions essentielles :    Une absence de faute de la part du débiteur ou de ses salariés (cause étranger) . Pour que le cas fortuit ou la force majeure dispense le débiteur de toute réparation. En revanche. Il sera responsable non seulement de la perte de l’animal mais encore de la perte de tout le troupeau s’il a été contaminé (suite directe et immédiate). l’absence d’une cause d’exonération : (inexécution non fautive) Dans le code civil. il n y a la qu’un dommage indirect non réparable. Donc en cas de parte de la malle la responsabilité se limitera à ce qu’il est d’usage de faire transporter par ce moyen (cette limitation ne joue pas s’il y a eu dol du débiteur c.à. a) Le cas fortuit et le cas de force majeure : D’une manière générale.2. foudre. Que l’événement ait été inévitable et imprévisible . Le principe cause étrangère étant le cas de la force majeure et le cas fortuit. la responsabilité contractuelle sera écartée si le dommage résulte d’une cause étrangère. Il peut s’agir également du fait d’un tiers ou du fait du créancier lui-même.Le préjudice impossible à prévoir (ces dommage exceptionnels non prévisibles ne sont pas réparés) : Exemple : lorsqu’un individu expédie une valise. inondation …). .. un événement externe (exemple : forces de la nature. Il faut un empêchement absolu. si le fermier n’a pu cultiver sa terre et que n’ayant pas payé ses créances. insurmontable et non pas une grande . Exemple : un marchand vend un animal qu’il sait infecter d’une maladie contagieuse.d faute intentionnelle). Que l’inexécution résulte directement de cet événement.

A. les dommages et intérêts ne consistent que dans la condamnation aux intérêts au taux légal (taux d’escompte de la banque). . Exemple : En matière de contrat de transport. Il en résulte deux conséquences concernant l’inexécution des contrats. lettre recommandée avec accusé de réception) à faire inscrire comme disposition dans le contrat.2. ce qui exclut notamment les salariés. b) Fait d’un tiers et fait d’un créancier : Si l’inexécution du contrat tient au seul fait du co-contractant.difficulté d’exécution (la grève et la guerre même ne sont pas des ces de force majeure). préjudice lié à un retard dans l’exécution de l’obligation (dommages et intérêts moratoires) et préjudice lié à l’inexécution de l’obligation (dommages et intérêts compensatoires). Les mêmes principes sont applicables lorsque le fait extérieur émane d’un tiers. Ce refus provisoire d’exécuter s’appelle « l’exception d’inexécution ». L’indemnisation (réparation matérielle ou morale) doit se faire.à.  Si les 02 obligations réciproques doivent s’exécuter en même temps. Dans le cas contraire c. un partage de responsabilité est possible. B/ Règles spéciales concernant l’inexécution des contrats synallagmatiques : Les contrats synallagmatiques présentent la particularité de réciprocité des obligations. a) Dommages et intérêts moratoires :  La mise en demeure : le dommage résultant d’un retard dans l’exécution. d’après la jurisp-rudence le jour du jugement (cas de l’inflation éventuellement). Différents types de dommages et intérêts : Les dommages et intérêts sont la contrepartie financière d’un préjudice . reste légitime tant que le débiteur n’a pas été officiellement invité à s’exécuter par une mise en demeure (sommation par huissier de justice. la compagnie ferroviaire. il est normal que le débiteur soit dégagé de toute responsabilité. le non paiement d’une somme d’argent peut aboutir à des procédures d’exécution sur le patrimoine du débiteur (saisies). Dans les obligations qui se limitent au paiement d’une certaine somme d’argent. b) Dommage et intérêts compensatoires : Subi à intenter une action en résolution du contrat avec dommages et intérêts. l’une des parties peut refuser d’exécuter son obligation tant que l’autre n’exécute pas la sienne.d s’il y a egale-ment une faute du débiteur. ne peut invoquer la faute d’un garde barrière pour s’exonérer. Le tiers doit être entendu comme toute personne étrangère à l’activité du responsable.

ou en équivalant (exemple: la chose a péri. On parle alors de résiliation (et non de résolution) du contrat. il peut également accorder des dommages et intérêts au créancier ou enfin. C/ Résolution des contrats :  Conditions de fond : c’est essentiellement l’inexécution de l’obligation par l’une des parties alors que l’autre a déjà exécuté la sienne. La nécessite d’une décision judiciaire peut être écartée par convention en insérant dans le contrat une « clause résolution de plein droit » (cette clause est dangereuse et donc interdite dans les contrats d’assurance). Tout se passe en principe comme en cas d’annulation si le créancier s’est exécuté. La résolution peut être demandée au tribunal. elle à été vendue à un acquéreur de bonne foi). elle peut être partielle ou défectueuse. Ce dernier peut accorder un délai au débiteur pour qu’il s’exécute .  Condition de forme : la condition de forme exigée est une décision judiciaire. il devra y avoir restitution en nature. contrat d’assurance. Toute « bavure » dans l’exécution du contrat ne peut entraîner automatiquement la résolution.  Effets de la résolution : le principe étant la disparition rétroactive du contrat. C’est au juge qu’il appartient de décider et de choisir entre l’octroi de dommages et intérêts et la résolution. l’exception d’inexécution n’est plus d’aucun secours. Concernant les contrats à exécution successive (contrat de travail. . L’inexécution ne doit pas nécessairement être totale. prononcer la résolution. contrat de bail …) il y’aura cessation des effets du contrat pour l’avenir. si l’une des parties a déjà exécut2 son obligation alors que l’autre ne veut ou ne peut le faire. La résolution du contrat sera la seule voie pour revenir sur l’exécution déjà réalisée.