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MIREILLE CALLE-GRUBER, PROFESSEUR ET ÉCRIVAIN, À "LIBERTÉ

"

OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PAR
LES DÉPUTÉS BRITANNIQUES

Les pratiques
de la HSBC
Bank en
question P.4

EN : les ex-locaux
doutent P.23

Liberté

“La langue française a
énormément gagné avec Assia
Djebar en poésie” P.16/17

CONSÉQUENCE DE L’ATTITUDE DE CHRISTIAN GOURCUFF

LIBERTE
LE DROIT DE SAVOIR, LE DEVOIR D’INFORMER

ILS ONT CARRÉMENT INSTALLÉ
LEURS TENTES À MÊME LA PISTE
MENANT VERS LES PUITS

Les militants
antigaz de schiste
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accès
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site
ite d’Ahnet
d’Ahnet PP.4
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QUOTIDIEN NATIONAL D’INFORMATION. 37, RUE LARBI BEN M’HIDI, ALGER - N° 6842 MERCREDI 11 FÉVRIER 2015 - ALGÉRIE 20 DA - FRANCE 1,30
30
0 € - GB 1£
£2
20
0 - IS
ISSN
SSN
SN 11111111- 429
4290
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GRÈVE DANS LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION

Les syndicats affichent
leur volonté pour le dialogue
Supplément Économie

P.3

MAL RÉALISÉE ET TOUJOURS
EN CHANTIER

LE MOUVEMENT ANTIGAZ DE SCHISTE RÉVÈLE UNE
SITUATION EXPLOSIVE DANS LA RÉGION

Le Sud sur un
baril de poudre

L’autoroute
payante en
2016 P.8
DJEZZY A RÉVÉLÉ, HIER, SA
NOUVELLE IDENTITÉ VISUELLE

P.9 à 13
Louiza/Liberté

Vincenzo Nesci :
“Notre partenariat
avec le FNI constitue une véritable
force de frappe” P.6
LES SYNDICALISTES DE ROUIBA
SORTENT DE LEUR SILENCE

D. R.

“Des parties
occultes veulent
accaparer les
richesses du pays”
Publicité

P.7

Mercredi 11 février 2015

2 L’actualité en question

LIBERTE

À L’EST ET À L’OUEST DU PAYS

Un taux de suivi moyen,
la guerre des chiffres
La première journée de grève dans les établissements scolaires a été marquée par un suivi mitigé à l’est et à l’ouest du pays.
e mot d'ordre de grève des syndicats
autonomes a été partiellement suivi
dans les établissements du primaire
et du moyen de l'est du pays. C’est le
cas à Guelma, où les écoles MouloudFeraoun, Med-Laïd El-Khalifa, Fatma-Zohra Régui, Imam-Malek et Émir-Abdelkader affichaient un taux de suivi de 45 à 82%,
selon nos constatations, et ce sont essentiellement
les suppléants et les contractuels qui ont assuré
les cours. Au niveau des autres établissements implantés dans les daïras de Oued Zenati et de Bouchegouf, cet arrêt de travail a été observé à des
degrés variables. Le responsable de l'Unpef estime que la grève a atteint un taux de plus de 65%
et le chef de cabinet du directeur de l'éducation
annonce en revanche un taux de 11, 83% !
Même constat dans la wilaya de Constantine, où
la quasi-majorité des élèves des trois paliers ont
rejoint leurs écoles, du moins celles du centre-ville. Cependant, on annonce un taux variant
entre 15 et 25% dans les établissements scolaires
de la nouvelle ville Ali-Mendjeli.
À Annaba, le taux de suivi de la grève dans le primaire a été estimé, selon la direction de l’éducation, à 31,5%, alors que dans le moyen, le taux
était de 19,82%. Concernant le palier du secondaire, le taux de participation a été estimé à 0%.
À Jijel, le mouvement de protestation a, par
ailleurs, été très peu suivi, avec quelque 4%, selon le secrétaire général de la Direction de l’éducation. Dans la wilaya d’Oum El-Bouaghi, la grève a été très peu suivie. Le président du bureau
de wilaya de l'Unpef avance un taux de 35 à 42%.
Les chiffres de la Direction de l'éducation donnent un taux global, tous paliers et tous personnels confondus, de 0,51%.

L

Le mouvement de grève a touché 13 lycées sur
50, 16 CEM sur 114 et 41 écoles primaires sur 356.
Le nombre des enseignants grévistes s'élève à
679 sur un total de 7 938. Enfin, à Bordj Bou-Arréridj, la majorité des établissements scolaires du
primaire et du moyen ont été paralysés par la grève. Selon Abdelhakim Bourahli, représentant de
wilaya de l’Unpef, le taux dans le primaire était
de 65%, alors que dans le moyen, il était de 70%.
Cependant, selon la Direction de l'éducation, la
grève n'a pas dépassé les 10%.
Des chiffres contradictoires à l’Ouest
“Les propos tenus par la ministre de l’Éducation
ont eu le mérite de mobiliser nos adhérents et l’ensemble des enseignants.” C’est le constat du représentant du CLA à Oran. L’appel a connu un sui-

vi plus que satisfaisant, selon les syndicats des enseignants. En effet, le CLA annonce, pour l’ensemble de la wilaya, un taux de suivi ayant dépassé les 80%, et le Snapest confirme cette tendance en expliquant, néanmoins, que la grève n’a enregistré que 60% de suivi dans certains établissements. Au lycée Castor, le suivi de la grève était
de 100%, nous a-t-on assuré.
Dans des établissements de la ville d’Oran ou dans
des communes, des pressions, pour ne pas dire
des intimidations, émanant de l’administration
auraient été exercées à l’encontre de stagiaires et
de vacataires. À Sidi Bel-Abbès, le débrayage a été
évalué, à midi, à 60%, selon l’Unpef. Pour sa part,
la Direction de l’éducation a estimé que le mouvement de grève a été timidement suivi par les
enseignants des différents paliers, soit 31,22% au

niveau du cycle primaire, 22,46% pour celui du
moyen et 16,69% pour le secondaire.
À Mostaganem, la grève a été massivement observée et le mouvement de protestation a touché
quasiment tous les lycées, avons-nous constaté.
À Mascara, le taux enregistré au cours de cette
première journée a atteint 72%, selon l’une des
organisations syndicales, alors que pour la Direction de l’éducation, le taux de participation
n’est que de 13,19%. À Relizane, l’Unpef avance le chiffre global de 53,98% de suivi, 58,02 pour
le primaire, 55,35% pour le moyen et 12,26
pour le secondaire, alors que la Direction de l’éducation donne 5,53% de taux global du suivi de la
grève avec 6,19% pour le primaire, 8,41% pour
le moyen et 0% pour le cycle secondaire.
DE NOS CORRESPONDANTS

POINT DE PRESSE DU SATEF À TIZI OUZOU

Le “Regroupement des retraités de l’éducation” est né

n Le Syndicat autonome des travailleurs de
l’éducation et de la formation (Satef) a animé
hier un point de presse à son siège à
Tizi Ouzou où il a annoncé la naissance du
“regroupement des retraités de l’éducation”.
Organisé sous l’égide du Satef, M. Meridji,
coordinateur provisoire de ce groupe, a affirmé
que “cette frange de travailleurs qui a tant
donné pour l’éducation mérite le respect et la
gratitude de la part de la société et de la
tutelle.”
Pour cela, la coordination appelle tous les
retraités de l’éducation à joindre son
mouvement pour exiger “de bénéficier des
prestations accordées par les œuvres sociales,
de garder le logement de fonction tant que le
retraité n’a pas où habiter et le droit d’être reçu

respectueusement dans les différents services
des Directions de l’éducation”. L’autre point
évoqué lors de cette rencontre avec la presse
est la gestion des œuvres sociales qu’il qualifie
d’“opaque”. “On exige une commission
d’enquête sur la gestion des œuvres sociales du
secteur de l’éducation par l’ancienne et
l’actuelle commission nationale. Il y a des
dilapidations”, accuse ouvertement, de son
côté, le secrétaire national du Satef, Boualem
Amoura. L’autre point évoqué par les
conférenciers est la gestion des logements de
fonction. “Beaucoup de logements sont occupés
par des personnes qui n’ont rien avoir avec
l’éducation et nous exigeons une enquête. Dans
la wilaya, il y a plus de 1 000 logements
indûment occupés”, relève Hand Ouali. Pour M.

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Meridji, coordinateur provisoire du
regroupement des retraités de l’éducation, “les
retraités de l’éducation doivent reconquérir
leurs droits” et de se demander “pourquoi ces
retraités ne bénéficient pas d’un programme
spécial d’attribution de logements comme cela
est observé chez d’autres secteurs. Nous
exigeons aussi une demi-journée par semaine
pour recevoir ces retraités aux Directions de
l’éducation (DE) et l’installation d’un
médiateur au niveau des DE pour prendre en
charge les problèmes de ces personnes qui se
sont sacrifiées pour nos enfants”, a-t-il conclu.
Par ailleurs, le coordinateur local du Satef,
Hand Ouali, a souligné qu’à Tizi Ouzou, le taux
de suivi de la grève est de 65%.
K. TIGHILT

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

L’actualité en question

3

GRÈVE DANS LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION

Les syndicats affichent leur
volonté pour le dialogue
Un suivi de 80%, selon les syndicats, plutôt “mitigé”, à en croire le ministère de l’Éducation. Au-delà de la guerre
des chiffres, les deux parties savent que le conflit ne peut être dénoué que par la voie du dialogue.
a Coordination des syndicats de l’éducation a finalement maintenu son
mouvement de grève de
deux jours. Ni les appels
au dialogue lancés par la
ministre de tutelle ni le cri d’alerte des
parents d’élèves n’ont eu raison de la
détermination de membres de la Coordination à mener leur action qui a
commencé hier et qui devrait se
poursuivre aujourd’hui.
À côté de la “réussite” de l’action de
protestation des sept syndicats, les initiateurs ont, à l’unanimité, appelé au
dialogue avec la tutelle. “Nous sommes
pour le dialogue”, mais “un dialogue
et des engagements sérieux et sincères”, ont-ils exigé.
Les sept syndicats réunis dans la coordination ont affirmé, dans un communiqué rendu public, que leur mot
d’ordre a été suivi dans toutes les wilayas du pays. Contactés par Liberté,
les responsables des syndicats ont
évoqué un suivi à hauteur de 80%
dans certaines wilayas, à l’image de
Khenchela et de Béchar.
Le taux le plus faible a été enregistré,
selon l’Unpef, à Bouira et à Batna avec
40% de suivi, alors qu’il est de 53% à
Béjaïa, de 62% à Guelma, de 60% à
Constantine et Tizi Ouzou, de 65 %
à Naâma, Aïn Témouchent et Sétif…

L

Archive Zitari/Liberté
Les syndicats demandent “un dialogue et des engagements sérieux et sincères”.

De son côté, le ministère a évoqué,
hier, un suivi mitigé à travers différentes régions du pays. Selon un

compte rendu de l’APS, seuls
quelques établissements ont observé
la grève à travers plusieurs localités du

BLIDA, BÉJAÏA ET BOUIRA

Mouvement largement suivi
dans le primaire
es enseignants de la wilaya de
Blida ont répondu, hier, de façon plutôt mitigée, à l’appel à la
grève de deux jours lancé par sept syndicats du secteur de l’éducation. Certains collèges et écoles primaires ont
été carrément paralysés, alors que
d’autres ont partiellement assuré des
cours aux élèves. Selon Farid Menadjlia, coordinateur de sept syndicats
du secteur dans la wilaya, le taux de
suivi de cette grève a été de 53%. Il atteste, également, que dans certains
établissements, la grève a été suivie à
100%, alors que dans d’autres, le
taux de suivi n’a pas dépassé les 15%.
Le syndicaliste estime que ce sont les
établissements primaires de la région est de la wilaya, comme les
communes de Larba et Bougara, qui
avaient marqué le taux le plus élevé.
En revanche, aux CEM, le syndicaliste
a reconnu que c’est un fiasco du fait
que les enseignants de ce palier de
l’éducation dépendent en majorité du
syndicat Cnapest. Selon lui, ce sont les
surveillants et les agents d’assainissement uniquement qui avaient répondu à l’appel à la grève dans les
CEM.
Dans la wilaya de Bouira, le mot
d'ordre de grève lancé par les syndicats de l’éducation a été partiellement
suivi. Et si les syndicats annoncent un
taux de suivi de 40%, la Direction de
l’éducation, elle, le situe à 10,06% à
l’échelle de la wilaya (19,29% au primaire, 5,63% au moyen et 0% au secondaire).
Hier matin, une tournée à travers la
ville de Bouira nous a permis de
constater de visu que l’appel à la

L

grève était presque un non-événement
dans certains établissements, notamment les lycées. Cela a été le cas
au lycée Abderrahmane-Mira, connu
pour ses mouvements de grève et de
protestation, ou encore dans les autres
établissements du secondaire, Mohamed-Seddik-Benyahia et colonel
Amar-Ouamrane.
Idem pour le CEM Mohamed-Khider. Pour Aziez Rachid, du SNTE, le
taux enregistré à travers la wilaya dépasse les 40%. Pour lui, la grève a été
largement suivie dans les régions de
Haïzer, Bouira, Sour El-Ghozlane, Aïn
Bessem et Lakhdaria. “Nous avons enregistré plus de 70% au primaire,
40% au moyen et 8% au secondaire”,
nous a-t-il déclaré.
Par ailleurs, ils étaient nombreux les
établissements scolaires de la wilaya
de Béjaïa à avoir été paralysés, hier,
suite à la grève des enseignants.
Selon un syndicaliste, joint par téléphone, le taux de suivi au niveau des
trois paliers de l’enseignement (primaire, moyen et secondaire) aurait atteint les 83%. Ceci témoigne, selon lui,
de “l'adhésion massive du corps enseignant à cette grève”, a confirmé un
membre du Syndicat national des
travailleurs de l'éducation (SNTE) à
Béjaïa.
On réclame, entre autres, la révision
du statut particulier, un rappel avec
effet rétroactif pour les travailleurs des
corps communs ayant bénéficié d’une
intégration en 2012, l’égalité dans
les promotions et l’amélioration des
conditions de travail. Mais, selon la
cellule de communication de la Direction de l’éducation de Béjaïa, le

taux de suivi de la grève se situerait
entre 12 et 15%.
K. FAWZI/A. DEBBACHE/MOUSSA O.

pays. Ce qui laisse place à une guerre des chiffres entre les grévistes et leur
tutelle.
Messaoud Amraoui, porte-parole de
l’Unpef, a estimé que l’appel de la Coordination a eu l’écho attendu auprès
des enseignants. “Notre appel à la grève a été suivi d’une manière satisfaisante”, a-t-il dit, ajoutant que “nous
sommes disposés à dialoguer avec la tutelle”. “Les syndicats n’accepteront
pas  de fausses promesses”, a encore
souligné M. Amraoui.
Il a rappelé que la ministre avait été
interpellée depuis la rentrée scolaire
sur plusieurs aspects liés à la situation

L’ÉDITO

professionnelle des enseignants, “mais
elle n’a pas jugé nécessaire de répondre”. “Elle s’est contentée de fausses
promesses”, a encore ajouté M. Amraoui, qui a informé, par ailleurs,
que la ministre aurait saisi le Premier
ministre à propos des revendications
des syndicats de la Coordination.
“Nous aurions aimé une réaction de la
tutelle avant la grève”, a-t-il indiqué,
non sans s’assurer de la volonté des
syndicats de préserver “le droit des
élèves”, à travers des pourparlers pour
aboutir “à une solution durable”.
Même son de cloche chez Idir Achour
du Conseil des lycées d’Algérie (CLA),
qui a affirmé que la grève a paralysé
tous les établissements. “Le taux de
suivi de la grève est convaincant”, at-il estimé. “Nous étions en sit-in de
soutien aux enseignants contractuels
au Ruisseau, mais l’action a été réprimée”, a-t-il ajouté. “Ils étaient des
centaines de représentants des contractuels à prendre part à l’action”, a-t-il
précisé.
Concernant la grève, il a ajouté qu’un
conseil national et des regroupements auront lieu pour décider de la
suite à donner à l’action. “Nous souhaitons un dialogue responsable avec
la ministre”, a-t-il dit, précisant que
“tous les syndicats sont très attentifs
aux déclarations de la ministre et
leur attente se résume à des engagements sincères à travers un dialogue sérieux”.
Maintenant que la grève est lancée,
que deux jours de cours sont “grillés”,
les deux parties sont appelées, plus
que jamais, à se réunir autour d’une
même table pour trouver les solutions
idoines à ces problèmes qui surgissent
chaque année. Il y va de l’avenir de
millions d’écoliers.
MOHAMED MOULOUDJ

PAR OMAR OUALI

Cour de récréation

L

À écouter les
deux parties
affichant
ainsi de bonnes
intentions, on peut
considérer qu’on est
plus dans le quiproquo
qui est, justement, à
l’origine de la
radicalisation du
mouvement. Une
fenêtre d’opportunité
s’ouvre, donc, pour la
reprise du dialogue.”

a grève, à laquelle l’intersyndicale de l’éducation a appelé, a bien eu lieu hier.
Suivi mitigé, selon le ministère de l’Éducation ; large adhésion, selon les organisateurs. Mais toujours est-il que le déroulement des cours a été sérieusement perturbé. Du coup, on peut considérer que le message de détermination
des syndicats est suffisamment bien fort pour être entendu par les pouvoirs publics. La balle est désormais dans le camp de ces derniers. Mais, en attendant le
retour d’écoute, l’intersyndicale devrait tempérer un brin son corporatisme pour
replacer au centre de ses préoccupations l’intérêt des élèves.
Dans ce sens, des signaux positifs ont été envoyés hier par des responsables du
CLA et de l’UNPEF en exprimant leur disponibilité pour “un dialogue sincère”. Le
même état d’esprit semble être celui de la ministre de l’Éducation qui a exprimé
son “engagement” à trouver des solutions aux questions qui préoccupent les fonctionnaires. Néanmoins, a-t-elle expliqué, la réponse aux revendications, notamment celles dites “transversales”, c'est-à-dire qui impliquent d’autres institutions
que le ministère, exige un peu plus de temps. “Accordez-nous ce temps et faitesnous confiance”, a lancé Mme Benghebrit.
À écouter les deux parties affichant ainsi de bonnes intentions, on peut considérer
qu’on est plus dans le quiproquo qui est, justement, à l’origine de la radicalisation
du mouvement. Une fenêtre d’opportunité s’ouvre donc pour la reprise du dialogue.
À charge, maintenant, pour les deux parties de dépasser les blocages psychologiques
et se mettre autour d’une table pour examiner, une bonne fois pour toutes, les revendications et fixer, aussi, un échéancier de mise en œuvre. Mais ce dialogue doit
être aussi l’occasion et, une bonne fois pour toutes, encore, que les choses soient
dites en toute sincérité et en toute responsabilité. C’est-à-dire que la partie syndicale se doit de formuler ses revendications loin de toute surenchère et que le ministère, de son côté, accepte de lâcher du lest par rapport aux “incohérences” du
statut particulier, qui reste la pomme de discorde. Et si l’intelligence et le réalisme l’emportent sur les coups fourrés, il y aura une bonne raison de croire à une
solution définitive qui pourrait asseoir “le pacte de stabilité” que Mme Benghebrit
ne cesse de prôner et en finir avec cette perpétuelle cour de récréation. n

Mercredi 11 février 2015

4 L’actualité en question

LIBERTE

OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PAR LES DÉPUTÉS BRITANNIQUES

Les pratiques de la HSBC
Bank en question
La commission des comptes publics de la Chambre des communes britannique va sommer la HSBC Bank de fournir
des éléments pour expliquer ses pratiques qui ont aidé certains de ses clients, notamment de riches industriels
et des personnalités politiques, à cacher des milliards de dollars pour leur éviter de payer des impôts.
e géant bancaire HSBC
étant d’origine britannique,
des députés, membres de la
commission des comptes
publics de la Chambre des
communes, ont annoncé
lundi l’ouverture rapide d'une enquête
sur les pratiques de cette banque, dont
le siège est à Londres. “Les révélations
concernant la HSBC démontrent une fois
de plus l’opacité d’une industrie mondiale
au service d'une élite nantie”, a déclaré
Margaret Hodge, la présidente de la
commission, à la BBC. Elle affirmé que
“la commission des comptes publics va
ouvrir d'urgence une enquête et demander à la HSBC de fournir des élé-

L

ments — et si nécessaire lui ordonner de
le faire”. Il faut croire que les banquiers de HSBC Suisse ne reculaient devant rien pour satisfaire leur clientèle.
Il s’avère qu’ils se sont rendus dans au
moins 25 pays sur quatre continents
pour rencontrer en toute discrétion et
souvent dans l’illégalité leurs clients
ayant placé des fonds non déclarés. Ce
sont les nouvelles révélations entrant
dans le cadre de l’opération SwissLeaks
publiées hier par des médias suisses.
Entre 2004 et 2005, les documents de
SwissLeaks, soit les données volées à
HSBC Suisse par l’ex-informaticien
Hervé Falciani, montrent qu’il y a eu au
moins 1 645 rendez-vous à l’étranger

dans 25 pays avec des clients de la
banque, écrivent mardi les journaux
suisses Tages Anzeiger et Le Temps.
Ces banquiers, qui prenaient régulièrement l’avion pour voir leurs clients au
bout du monde ou en Europe, étaient
appelés des “Relations Managers”, ou
RM. Ils étaient aux petits soins pour
leurs clients ou futurs clients, qu’ils rencontraient dans des salons privés de
grands hôtels, à Tel-Aviv ou à Paris,
dans un piano bar d'Anvers, à l’aéroport
de Pointe-Noire au Congo, ou dans “une
résidence d'été de Copenhague”. Ces
rendez-vous se déroulaient la plupart du
temps dans des hôtels de luxe ou des restaurants gastronomiques.

Lorsqu’il s’agissait de simples visites de
courtoisie, ces visites étaient légales.
Mais lorsque le banquier en profitait
pour faire des opérations, comme la récupération de nouveaux fonds et d'aides
au contournement des impôts, ces visites étaient illégales. Cinq de ces
25 pays, à savoir les États-Unis, la France, l’Argentine, l'Espagne et la Belgique
ont engagé des procédures judiciaires
contre HSBC Suisse. Selon une fiche de
SwissLeaks, un retraité, né en Turquie,
a rencontré à Paris en janvier 2005 un
RM. La note rédigée par ce chargé de
clientèle indique que “le client voulait me
voir pour discuter de la fermeture de deux
comptes chez Barclays et UBS et le

transfert chez nous. Au vu des portefeuilles, on pourra recevoir approximativement 1 million de dollars”. Ces banquiers profitaient aussi de ces visites
pour proposer à leurs clients des solutions pour échapper à une taxe européenne sur les dépôts en Suisse détenus
par des Européens, appelée ESD (European Savings directive), entrée en
vigueur en 2005. Cet impôt frappe à
hauteur de 15% au moins les intérêts de
cette épargne européenne en Suisse.
Tous ces voyages étaient illégaux car ces
banquiers n'avaient pas de licence bancaire pour proposer leurs services dans
ces pays.
MERZAK T./AGENCES

ILS ONT CARRÉMENT INSTALLÉ LEURS TENTES À MÊME LA PISTE MENANT VERS LES PUITS

Les militants antigaz de schiste bloquent l’accès au site d’Ahnet
t si le mouvement de protestation contre le
gaz de schiste est parti pour durer autant de
temps que nécessiteraient les travaux du
chantier d’exploration lancé à In-Salah ? De toute façon, ce ne sont pas les déclarations des officiels, encore moins les “assurances” des responsables de la Sonatrach, qui peuvent, à présent,
convaincre les “résistants” de cette ville du Sud, déterminés à ne pas baisser les bras avant que l’État ne décide de renoncer à ce projet et fermer les
puits déjà forés à quelques dizaines de kilomètres de leurs domiciles.
Pis encore, la dernière sortie du P-DG intérimaire
de la Sonatrach, Saïd Sahnoun, soutenant que le
projet d’exploration du gaz de schiste sera mené
jusqu’au bout, a davantage attisé la colère des citoyens d’In-Salah. Désormais, l’escalade de leur
mouvement, jusque-là pacifique, n’est plus écartée. Et pour cause, les militants antigaz de schiste sont passés, depuis l’après-midi d’avant-hier, à
une nouvelle forme de protestation pour le moins
audacieuse : ils ont tout simplement décidé de fermer la piste menant de la RN1 vers le chantier “non

E

conventionnel” de Sonatrach. Et depuis hier,
ils ont carrément installé un campement au
PK 35 (point kilométrique, au sud de la ville d’InSalah, d’où bifurque justement cette piste. Il y a
trois tentes qui y sont plantées pour accueillir les
manifestants résolument décidés d’empêcher,
notamment, les camions qui transporteraient
des produits chimiques utilisés dans la technique de fracturation hydraulique.
Ils sont au moins une centaine de jeunes à occuper les lieux du matin jusqu’au soir, alors qu’une
garde est assurée la nuit. L’objectif de cette action,
explique Abdelkader Bouhafs, membre du collectif
citoyen, dit “groupe des 22”, est de “veiller à ce que
l’opération du fracking (fracturation hydraulique)
ne se produise pas dans le deuxième puits prévu par
Sonatrach”. Notre interlocuteur insiste là-dessus
: “Pour nous, il n’est pas question que cette opération se poursuive sur ce site. On fera tout pour empêcher la fracturation dans le deuxième puits”, juret-il, non sans souligner, au passage, que des
conseils sont constamment donnés aux manifestants pour éviter que des incidents ou autres ac-

crochages avec les éléments des forces de l’ordre
surviennent. Selon le même membre du “groupe
des 22”, les camions transportant les produits chimiques appartiendraient à la multinationale Halliburton et seraient aisément identifiables par les
manifestants.
Parallèlement à cette action, et comme pour
exercer davantage de pression sur les pouvoirs publics, un autre groupe de jeunes manifestants a décidé de fermer, dans la matinée d’hier, l’accès d’un
autre site d’exploitation du gaz conventionnel de
Hassi-Moumen, à 35 km au nord de la ville
d’In-Sallah. Dans le même temps, le rassemblement se maintient toujours à la place de la Résistance (face au siège de la daïra) où les habitants
d’In-Salah ont élu domicile depuis déjà le 1er janvier dernier ! Pour le même combat, Abdelkader
Bouhafs regrette, par ailleurs, qu’aucune réponse n’ait été jusqu’à présent donnée par le ministère de l’Énergie concernant la demande du collectif citoyen d’In-Salah pour la mise en place
d’une commission locale technique de suivi et du
contrôle du processus de l’arrêt des forages et le

nettoyage des lieux. “Nous avons tenu une réunion
avec le chef de daïra et la commission sécuritaire,
jeudi dernier, et avons formulé une demande officielle pour la mise en place d’une commission technique de suivi et de contrôle que nous proposons
avec 7 membres, des spécialistes en forages et en environnement. Selon la commission sécuritaire,
notre demande serait, depuis, parvenue aux services
du ministère de l’Énergie, mais malheureusement,
ce dernier tarde à nous donner sa réponse”, déplore
M. Bouhafs, qui n’écarte pas l’éventualité de voir
le mouvement de protestation se durcir davantage
dans les jours à venir.
Le collectif citoyen antigaz de schiste, indique notre
interlocuteur, prépare, par ailleurs, une nouvelle lettre pour demander au président Bouteflika
de “décréter un moratoire” sur le projet d’exploration du gaz de schiste. La relance du projet du
gaz de schiste, exigent les contestataires, doit attendre les résultats du débat national préconisé.
Pour les militants antigaz de schiste, c’est même
une condition sine qua non…
FARID ABDELADIM

SIDI-AÏCH (BÉJAÏA)

Un sit-in pour exiger un plan de développement
ne cinquantaine de personnes
environ a observé, hier, un rassemblement devant le siège de
la wilaya de Béjaïa. Elles sont censées représenter les habitants de la daïra de
Sidi-Aïch. Leur mot d'ordre : exiger un
plan de développement. Le rassemblement auquel avait, en vérité, appelé le
maire de Tinebdar n’a pas drainé beaucoup de monde. Une action à laquelle
avaient pris part certains élus du FFS et

U

du RND. Sur les banderoles brandies,
on pouvait y lire entre autres : “Pour un
plan d’urgence du développement pour
la wilaya, pour une répartition équitable
des richesses nationales”. Dans son intervention, le maire de Tinebdar, Braham Benadji, en guerre actuellement
contre le wali de Béjaïa, n’a pas manqué
de tirer à boulets rouges sur le chef de
l'exécutif qu'il assimile à un goulot
d’étranglement à tout projet de déve-

loppement économique de la région.
L’édile local de Tinebdar s’appuie dans
ses déclarations sur les nombreux projets bloqués dans la région. Le CHU, la
pénétrante, les CET et le complexe pétrochimique sont autant de projets
structurants qui n’ont pas vu le jour
dans la région. Le président de l'APW,
Mohamed Bettache, a, de son côté, appelé l'assistance à plus de vigilance tout
en assurant que l'Assemblée qu'il diri-

ge est aux côtés de la population.
“L’APW n’a bloqué aucun projet”, a-til martelé, et d'insister dans la foulée que
l’élu local est dépouillé de toutes ses prérogatives. Cela est valable et pour le code
de wilaya et pour le code communal. Le
président de l'APW, dont l'Assemblée
populaire qu'il préside traverse une
crise aiguë, affirme que le budget primitif 2015 est approuvé par le ministre
de l’Intérieur contrairement à ce que “la

radio locale a colporté”. Une radio locale
que le président de l'APW n’a pas manqué de vilipender pour son manque “de
professionnalisme”. Se voulant plus explicite, il dira avec insistance que “c’est
une radio qui est à la merci du pouvoir
qui l’instrumentalise à des fins autres que
l'intérêt de la population puisque ses représentants y sont exclus. Un seul son de
cloche y est autorisé”.
L. OUBIRA

TIZI GHENIFF (TIZI OUZOU)

Les habitants de M’kira se mobilisent pour la sécurité
omme prévu, aucun commerce et même
l’APC et autres édifices publics ont fermé,
hier, en réponse à l’appel lancé par un collectif de citoyens en vue d’exiger la sécurité aussi
bien au chef-lieu que dans les villages de toute la
commune. Cette fois-ci, donc, l'action “M’kira : ville morte” a réussi. Les organisateurs ont désigné des
vigiles pour encadrer la foule, alors que plus
d’une soixantaine de personnes, dont pour la
plupart des commerçants, ont observé un sit-in à
l’intérieur du siège de la daïra de Tizi Gheniff, à
50 kilomètres au sud du chef-lieu de la wilaya de
Tizi Ouzou, sans perturber le fonctionnement d’aucun service. Ces protestataires sont venus encore exiger des autorités la création d’un corps de sécurité dans leur commune après avoir exposé cette revendication à maintes reprises dont la dernière

C

en date remonte au mois de novembre dernier.
“Nous n’avons pas refusé la réalisation d’une brigade de gendarmerie. C’est le choix du terrain qui
ne nous a pas plu. On aimerait que cette structure
soit réalisée sur un autre terrain, en dehors des habitations”, nous expliquera un membre du mouvement associatif de M’kira. Vers 10h, le chef de
daïra, en compagnie du commissaire de la sûreté
de daïra et du chef de la brigade de gendarmerie,
a accueilli une forte délégation représentant les protestataires. “Votre problème est le nôtre. Toutes vos
doléances ont été transmises aux autorités de la wilaya. Depuis notre dernière rencontre, les patrouilles ont commencé. Hélas, elles n’ont pas eu,
peut-être, les résultats escomptés, mais je suis sur le
point de relancer cette dynamique. Aujourd’hui,
j’irai encore une fois exposer ce cas au wali. Dans

un premier temps, on essaiera de redynamiser les
éléments de la section d’intervention qui sont sur place à M’kira en leur affectant d’autres gendarmes de
Tizi Gheniff”, dira, dans son intervention, le chef
de daïra. Car, estimera-t-il, la réalisation de la brigade risque de tarder encore au moins deux à trois
ans. Au cours de leurs différentes interventions, les
représentants des commerçants et de la société civile ne demanderont que du concret. “La peur règne
à M’kira. Nous demandons des actions urgentes. Personne n’échappe à ces attaques et à ces agressions.
Nos filles fuient leur lycée de peur d’être agressées.
Il faut passer à l'action et on ne doit pas rester au
stade des écrits”, s’élèvera une voix de l’assistance.
Prenant la parole, le président de l’APC proposera comme mesure d’urgence l’implantation d’un
barrage fixe gendarmes-ANP au lieudit “Quatre-

chemins”. Et d’apporter des explications : “En
voyant ces agents en tenue, ces voyous seront dissuadés et quitteront les alentours du lycée. Quant
au corps de la police, il sera le bienvenu dans notre
commune. Au moins, il sécurisera le chef-lieu et la
périphérie en attendant la réalisation de cette brigade. Il faut aussi obliger les gendarmes qui sont sur
place à sortir de leur cantonnement en faisant des
rondes partout. La sécurité est notre affaire. Il faut
seulement une coordination entre les différents corps.
J'admire le courage de ces citoyens qui ont pris cette décision et qui se sont élevés contre l'insécurité.
C'est un engagement citoyen.” Au terme de cette
réunion, il a été décidé qu’aujourd’hui en plus du
chef de daïra et du maire, une délégation de citoyens ira discuter de ce problème avec le wali.
F. I.

LIBERTE

5

Mercredi 11 février 2015

LE RADAR

DE LIBERTÉ

PAGE ANIMÉE PAR M.-C. LACHICHI
radar@liberte-algerie.com

SA VISITE N’A PAS ÉTÉ RENDUE PUBLIQUE

Que fait un responsable du FMI à Alger ?

ASSIA DJEBAR Y SERA INHUMÉE VENDREDI
ÉLISABETH ROY Y
SERA LA 10e FEMME
AMBASSADEUR

n La présence, ces jours-ci, à Alger, d’Ahmed Masood, directeur
du département Moyen-Orient,
Afrique du Nord et Asie centrale
au Fonds monétaire international (FMI), n’est pas passée inaperçue. Loin s’en faut ! Cette
visite, en catimini et non rendue
publique, fait actuellement les
gorges chaudes des chancelleries
où on la commente à qui mieux
mieux.
Beaucoup y voient, en effet, le
signe d’une “panique” du gouvernement algérien face à la
chute drastique des cours du pétrole. Bref, voilà encore un nouveau secret de Polichinelle pour
les diplomates accrédités en Algérie !

Vers des funérailles
grandioses à Cherchell

Un nouvel
ambassadeur du
Canada en
Algérie

LES RIVERAINS ABANDONNÉS PAR LES AUTORITÉS LOCALES

Tsunami destructeur à Aïn Taya

n D’après des sources
diplomatiques, le nouvel
ambassadeur du Canada
en Algérie arrivera le
26 février prochain.
D’après les mêmes
sources, Élisabeth Roy,
puisque c’est d’elle qu’il
s’agit, a vécu en Algérie
durant les années 1970. Il
est à signaler qu’Élisabeth
Roy sera la 10e
ambassadeur femme en
Algérie sur les 85 chefs de
représentation
diplomatique accrédités.

n D’après les échos qui nous
parviennent des quatre coins
du pays, il est à croire que vendredi, Cherchell, l’ancienne
Cuicul, va renouer avec sa
gloire estivale. Ainsi, de nombreux admirateurs de la défunte Assia Djebar ont affiché
leur intention de se rendre aux
obsèques de l’académicienne.
On apprend, à cet égard, que

sa dépouille arrivera jeudi à
l’aéroport d’Alger à 14h par un
vol d’Aigle Azur.
Après une halte au salon de
l’aéroport, le corps de la défunte sera ensuite dirigé vers
le Palais de la culture du plateau des Annassers pour un
ultime hommage. La veillée
funèbre aura lieu le même
soir à Tipasa.

TAYEB LOUH Y AUTORISE L’ORGANISATION DE LA COUPE D’ALGÉRIE

Du football dans les prisons

n Des vagues déferlantes de
très grande hauteur viennent
de submerger le rivage de la
région d’Aïn Taya (Surcouf)
dans la wilaya d’Alger, inondant les terrains et emportant
tout sur leur passage. Du ja-

mais vu  ! Ces vagues ont
causé l’impraticabilité de plusieurs chemins et la destruction de maisons englouties
sous les yeux des riverains
impuissants et livrés à euxmêmes. Face à ce phénomè-

ne naturel, les habitants,
désemparés, se demandent
pourquoi les autorités locales ne se manifestent pas et
ne viennent pas à leur aide.

UN CHEMIN DE CROIX POUR LES CONTRIBUABLES

Les timbres fiscaux
de 20 et 40 DA
introuvables à Aïn
Témouchent
n Nombreux sont les citoyens qui sont à la
recherche de timbres fiscaux pour les apposer sur
des documents officiels comme exigé par les
services concernés. À Aïn Témouchent, ils
doivent s’adonner ainsi à une mission impossible
puisque les timbres fiscaux de 20 et 40 DA
demeurent introuvables, et ce, aussi bien dans les
recettes des impôts que dans les bureaux de
poste. Si certains doivent se rabattre sur les
wilayas voisines pour s’en procurer, d’autres
préfèrent combiner plusieurs timbres de 5 et
30 DA pour s’acquitter desdits droits.

n Dans le cadre de l’insertion sociale des détenus, Tayeb Louh, ministre de la Justice et Garde des sceaux, vient de donner son accord à l’association Ouled El-Houma pour l’organisation,
en collaboration avec la direction générale de
l’administration pénitentiaire et de la réinser-

tion, de la 8e édition de la Coupe d’Algérie de
football des établissements pénitentiaires.
À cet effet, une formation d’arbitres de football
sera assurée par le président de l’association Ouled El-Houma, Abderrahmane Bergui, ancien
arbitre international.

ARRÊT SUR IMAGE

Précisions

n Suite à notre Radar du 6 janvier dernier, maître Aliane Malek, avocat conseil de la Sarl Istanbul, nous apporte des précisions : “Votre article, du début à la fin, contient plusieurs contrevérités. Mon client est à la tête d’une entreprise algérienne avec un capital et un gérant algériens. Cette entreprise est soumise au droit algérien et ne bénéficie d’aucune couverture administrative ni politique. Elle tire notamment sa force de la qualité de ses produits et de ses services qui sont conformes aux normes internationales, contrairement à ce qui a été rapporté dans
l’article en question. Mon client respecte les délais contractuels et accorde des garanties prévues
par la loi et même plus !” Dont acte.

VU À DAR EL-BEÏDA (ALGER)

L’entente cordiale

Mercredi 11 février 2015

6 L’actualité en question

LIBERTE

DJEZZY A RÉVÉLÉ, HIER, SA NOUVELLE IDENTITÉ VISUELLE

Vincenzo Nesci : “Notre
partenariat avec le FNI constitue
une véritable force de frappe”
“Go”, “Good” et “Line” sont également annoncées en guise de nouvelles offres,
en plus de l’avènement du E-payement.
jezzy reprend du poil de la bête
et réussit une entrée en matière
des plus remarquées en ce début
d’année , et c’est loin d’être banal. Tout est pensé dans les
moindres détails jusqu’à l’endroit choisi pour révéler sa nouvelle identité visuelle. Hier, lors de la rencontre avec la presse au
Musée d’art moderne et contemporain d’Alger
(Mama), l’opérateur a allié culture et technologie pour une balade dans le temps passé-futur à
travers duquel l’épopée “Djezzy” s’écrit en lettres
d’or, et ce n’est pas fini… “C’est une nouvelle page
dans l’histoire de Djezzy”, dira Vincenzo Nesci,
président exécutif d’OTA, en guise de mot d’introduction pour annoncer le ton d’une valse qui
se dansera, désormais, au rythme de la java. Djezzy redéfinit, ainsi, la course à la 3G en redessinant les contours d’une concurrence basée sur
la qualité du réseau autant que sur la couverture, si ce n’est plus. “Nous avons entamé un nouveau chapitre avec le lancement de la 3G de Djezzy qui correspond au 5 juillet 2014 et le choix de
la date est loin d’être fortuit”, a-t-il fait remarquer
pour signifier tout le génie et les efforts consacrés à chaque avancée dans les règles de l’art et
non pour le simple fait de franchir le Rubicon.

D

Partenariat Djezzy-FNI : “Une plus grande
ouverture sur des marchés publics”
“Nous sommes là pour nous battre et nous

sommes là pour gagner”, avertit Vincenzo en message clair à l’adresse de ses concurrents, reconnaissant que le nouveau partenariat qui le lie désormais au FNI “ne fait que le fortifier davantage” et lui donnerait accès “à plus de déploiement
dans des secteurs qui jusque-là étaient réservés à
un opérateur précis”.
Que du nouveau alors depuis la conclusion définitive de la transaction avec le Fonds national
d’investissement (FNI) qui lui confère 51% du capital de Djezzy et tout ce que cela suppose comme changements : “Le staff de Djezzy, ses 4 000
travailleurs et environ 100 000 personnes qui gravitent autour de l’opérateur ont tous la volonté de
vouloir faire de ce partenariat public-privé un véritable succès car nous sommes aujourd’hui une
entreprise publique à mentalité privée.” Vincenzo Nesci se refuse catégoriquement de verser dans
la “stérile polémique” du n°1 et s’intronise au rôle
de leader par la force du génie entrepreneurial
et communicatif.
À la question de savoir à quels changements doiton s’attendre dans la nouvelle configuration organisationnelle, le patron de Djezzy s’est plutôt
montré avare en réponses faisant valoir son habituel génie diplomatique, se contentant, ainsi,
de répliquer : “Le FNI devra désigner des personnes
au niveau du management comme il jouit du droit
de veto sur des décisions importantes à même d’engager l’entreprise.”
Autrement dit, le FNI en tant que banque d’in-

Publicité

vestissement tiendra à tirer profit pour ses
propres actionnaires et assurer en même temps
sa mission institutionnelle pour développer
l’économie du pays. Aussi, Vincenzo Nesci estime que “c’est là une véritable force de frappe”
que l’opérateur compte mettre à profit.
“Go”, “Good”, “Line”, ces nouvelles offres
en plus du E-payement : maintien
du leadership à l’ère de la data et 3G
De fil en aiguille, l’offre prépayée “Go” évolue vers
“Good” pour plus de bonus, de voix, de data, de
SMS, de 3G, de gaming et de sites internet gratuits. “Line”, quant à elle, présente l’offre la plus
généreuse en post-paid qui repousse, au plus loin,
les barrières de la limite et de l’illimité dans une
extrême générosité.
En ces termes, Lamia Rouaz, directrice marketing, présente les nouvelles offres Djezzy en
rappelant le chemin parcouru depuis 2002 : “Il
était question au départ de permettre à chaque Algérien d’avoir un téléphone. Ils sont aujourd’hui
18 millions à être fidèles à Djezzy en exprimant
de nouveaux besoins.” Très sobre, le nouveau logo
de l’opérateur illustré par la tête d’une flèche (triangle rouge) est synonyme, selon ses concepteurs,
de cette ambition d’aller toujours de l’avant. “Le
nouveau logo de Djezzy engage l’entreprise dans
un nouvel élan et impulse une nouvelle dynamique
basée sur des valeurs : progrès, partage, passion,
proximité, innovation”, précise-t-on. Une mutation qui en dit long sur la volonté de Djezzy de
s’inscrire dans une course de fond à même de
réussir uniquement à ceux qui travaillent l’endurance. Façon de dire aux concurrents que “le
retard pris dans le lancement de la 3G n’est aucument un handicap”. C’est d’ailleurs signifié en
termes clairs par Lamia Rouaz qui a souligné à
ce propos : “La 3G n’est pas uniquement une question de couverture ou du simple fait de placer une
BTS quelque part. C’est surtout la qualité du réseau et du service qui fait toute la différence.”
Les chiffres également ne semblent pas inquiéter, outre mesure, l’opérateur qui ira jusqu’à inviter tout un chacun de définir avec exactitude
le sens même d’un abonné 3G.
Le marché de la téléphonie mobile, en ce sens,
avec l’avènement de la 3G qui a récemment bouclé une année de lancement a grand besoin, en
effet, de réajustement, notamment après le recours “tardif” à la numérotation unique. Après

cette bataille gagnée, l’enjeu futur se jouera au niveau du déploiement et de la maîtrise des arcanes
de la distribution. Le sport n’est pas en reste dans
le politique marketing de l’opérateur qui, en plus
des clubs champions, oriente son sponsoring vers
le handisport et l’action sociale sans occulter la
culture.
Le jeune bloggeur Djelloul, mascotte 3G
de Djezzy : la jeunesse algérienne en offre-cible
Dans la continuité de son esprit innovateur, Djezzy focalise sur les jeunes Algériens et leur voue
tous les égards pour rester en adéquation avec
leurs besoins. Aussi, l’opérateur, qui encourage
les jeunes développeurs, associe, par ailleurs, son
image au jeune bloggeur Djelloul, qui a brillé par
ses podcasts, pour présenter des offres-cibles.
Après la proposition d’une heure d’illimité à seulement 40 DA lancée depuis un mois, voilà que
l’opérateur récidive et propose l’abonnement 3G
le moins cher à seulement 400 DA en plus de
l’offre Daily Social Network ou “Amigo” conçue
tout spécialement pour les jeunes (150 DA = 200
Mo/1semaine + accès illimité à facebook, Twitter et Whatsapp).
NABILA SAÏDOUN

Mobilis lance
le nouveau pack
prépayé LG
n Mobilis annonce la commercialisation
d'un nouveau “Pack Mobile”, de marque
LG, a destination des clients prépayés, à
travers ses 166 agences commerciales
réparties à travers les 48 wilayas du pays.
À compter de ce mercredi 11 février 2014,
Mobilis propose un téléphone multimédia
compatible 3G de marque LG “L 20” pour
seulement 5 900 DA/TTC, commercialisé
sous forme de pack, comprenant un
Smartphone et une SIM Mobtasim 2G/3G
dotée d'un crédit initial de 100 DA et d'un
bonus mensuel en appel, SMS et interne
valable 30 jours vers tous les réseaux
nationaux, durant (03) trois mois.

LES TRAVAUX SERONT LANCÉS EN JUIN PROCHAIN

Jijel : le complexe sidérurgique
de Bellara se concrétise
n Dans le but de concrétiser le projet du complexe sidérurgique de Bellara (El-Milia), une
réunion de coordination a été tenue en début de semaine sous la présidence du wali de Jijel
et en présence des hauts cadres des ministères de l’Énergie, des Ressources en eau, de la
Société nationale du transport ferroviaire (SNTF), de Sonelgaz et des responsables locaux de
la wilaya. Le lancement des travaux est prévu pour le mois de juin de l’année en cours, et ce,
après la signature du contrat au mois de mars prochain, ont indiqué les responsables de la
société mixte Algerian Qatari Solb et le groupe italien Danieli. Selon les mêmes
responsables, la mise en service de ce complexe sidérurgique est programmée pour
décembre 2016. Lors de cette réunion de travail, les représentants des ministères concernés se
sont engagés à être au rendez-vous en réalisant tous les réseaux nécessaires, tels que le
réseau d’AEP, la réalisation du chemin de fer, l’électricité et le gaz, afin de mettre en service ce
projet d’envergure ayant une importance nationale et internationale. Les contrats portant
sur la réalisation des laminoirs du complexe sidérurgique vont être signés prochainement
par la société mixte algéro-qatarie (Algerian Qatari Solb) et le groupe italien Danieli.
Ce dernier sera chargé de la construction du complexe, dont les travaux seront réalisés dans
un délai de 20 mois pour un montant de 1,2 milliard de dollars, a-t-on précisé. Ce projet, qui
vise à répondre aux besoins nationaux en matière de rond à béton, permettra à la wilaya de
Jijel d’être un important pôle industriel, notamment avec la capacité de production qui
atteindra deux millions de tonnes par an, avant de passer à quatre millions de tonnes.
En matière d’emploi, ce projet qui boostera l’économie locale et nationale permettra la
création de 2 000 postes de travail.
Notons qu’une centrale électrique d’une capacité de 1 600 KVA est en cours de réalisation
dans la zone industrielle de Bellara.
MOULOUD SAOU

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

L’actualité en question 7
LES SYNDICALISTES DE ROUIBA SORTENT DE LEUR SILENCE

“Des parties occultes veulent
accaparer les richesses du pays”
Les syndicalistes de la zone industrielle de Rouiba menacent de sortir dans la rue au cas où les pouvoirs publics
et la Centrale syndicale persisteraient à afficher leur silence face aux menaces ouvertes de privatisation
du secteur public annoncées par des responsables du patronat.

S’

dicale, notamment les membres de l’ex-secrétaces dernières années
riat, les accusant de se préoccuper de licencier,
par les pouvoirs
comme en des temps révolus, des cadres syndipublics,
estime
calistes pour le seul tort qu’ils se sont portés canM. Messaoudi. “Cetdidats au secrétariat de l’UGTA, et ce, au moment
te entreprise est blooù des menaces sont proférées contre le secteur
quée depuis 11 mois
public.
à cause de la non“Comment peut-on licencier un membre du seapplication d’une
crétariat national et un cadre syndical à la veille
décision du CPE dade la tenue de la CEN ?”, s’est-il demandé et
tée du 6/11/2014 qui
d’ajouter : “Nous sommes solidaires avec les
instruit le ministre
deux syndicalistes et nous demandons la levée de
des Transports et celeurs suspensions arbitraires que tout le monde sait
lui des Finances à
qu’elles ont été décidées pour des considérations
lever le blocage de
et des calculs purement électoraux.” M. Messaoudi
la pièce de rechange
ménage, toutefois, Sidi-Saïd et accuse son enentreposée dans le
tourage de prendre des décisions qui portent un
port d’Alger.”
grand préjudice à l’UGTA de Aïssat Idir. “Sinon
L’orateur, qui exhicomment expliquer que le code du travail, qui
be le document siconsacre la précarité de l’emploi et dépouille les
gné par le Premier
travailleurs de leurs droits les plus élémentaires,
ministre, s’interroge
a été passé sous silence lors du dernier congrès de
sur cette bureaucral’UGTA de même pour le 87 bis dont on ne sait
tie qui, selon lui,
Les syndicats manifestent leur mécontentement aux privatisations d’entreprises.
pas encore s’il a été abrogé ou redéfini ?”, s’est-il
épargne curieusement les entreprises privées et étrangères concur- s’est acharné à détruire le tissu industriel productif interrogé. Les syndicalistes, visiblement très dérentes de la SNVI. M. Messaoudi met au défi les en le remplaçant par des réseaux articulés autour çus par la centrale syndicale, semblent détermiresponsables du FCE à lui présenter une conven- de l’import-export. Une politique qui a fait qu’en nés à ne pas se laisser faire.
tion collective d’entreprise ou un procès-verbal 2014, la valeur des importations dépasse le mon- “L’UGTA n’est la propriété de personne, l’UGTA
tant global des recettes externes du pays”, affirment ce sont les travailleurs, l’UGTA c’est nous”, ont
de création d’un comité de participation.
“Comment peut-on faire confiance à des entre- les syndicalistes de Rouiba dans une déclaration scandé hier les syndicalistes à l’issue de cette
prises qui ne respectent pas les lois de la République votée hier par les participants à cette rencontre. réunion.
notamment la législation de travail ?”, se demande Les syndicalistes n’ont pas ménagé la centrale synM. T.
le responsable de l’union locale qui enchaîne sur
Publicité
les dernières décisions de la tripartite. “Nous rappelons que le patronat privé est, depuis plusieurs
années, celui qui bénéficie le plus des différentes
tripartites avec les facilités financières et fiscales
dont il a bénéficié sans aucune retombée réelle sur
l’économie nationale ou l’emploi et encore moins
le droit du travail”, renchérit M. Messaoudi.
“Il ne faut pas s’étonner dans ce cas que l’industrie, qui représentait 16% du produit intérieur brut,
n’en représente aujourd’hui que 4% parce qu’on
Archives/Yahia/Liberté

exprimant lors d’une réunion tenue hier au siège de l’union locale ayant regroupé les cadres syndicaux de la zone industrielle,
M. Messaoudi, secrétaire général
de l’union locale, s’en est pris au
FCE et à “certaines parties occultes” qui aspirent,
selon lui, à accaparer les richesses et les commandes du pays.
“Nous ne savons pas qui décide dans ce pays car
nous constatons qu’il y a deux discours contradictoires, l’un prône la sauvegarde du secteur public, l’autre affiche un silence obscur sur les menaces qui pèsent sur ce même secteur public”, s’interroge le même responsable. Et d’ajouter : “Au
moment où on demande aux travailleurs de se préparer à se serrer la ceinture, on assiste, ces derniers
jours, à une offensive sans précédent des tenants
du capital privé qui veulent s’approprier les richesses et les commandes du pays en annonçant,
sans aucun démenti des pouvoirs publics ni de la
centrale syndicale, que tous les secteurs sont éligibles à la privatisation.” M. Messaoudi souligne
que la base syndicale n’est pas contre le privé qui
crée la richesse et les emplois tout en respectant
les lois de la République, mais contre ces vautours
qui rôdent autour des entreprises publiques
comme cela a été le cas dans les années 90 où des
centaines d’entreprises bénéficiaires ont été dissoutes et des milliers de travailleurs licenciés, précisera-t-il. M. Messaoudi dénonce le complot qui
se trame contre certaines entreprises comme Air
Algérie et la SNVI.
“Nous sommes solidaires avec notre compagnie aérienne objet d’une campagne de dénigrement orchestrée ces derniers jours pour permettre l’ouverture du secteur au privé, c’est pourquoi nous
affirmons que la souveraineté nationale sur l’espace aérien algérien est un gage de sécurité nationale qui ne saurait être sacrifié sur l’autel de l’argent au profit des multinationales.” Les mêmes
menaces pèsent sur la SNVI qui, elle aussi, fait
l’objet d’un complot bien qu’elle ait été soutenue

UNE ENQUÊTE DE L’ONS LE RÉVÈLE

Le salaire moyen mensuel
des femmes plus élevé
que celui des hommes en 2011
e salaire moyen mensuel des femmes en Algérie était “relativement plus élevé” par
rapport à celui des hommes en 2011, pour
une raison de qualification, révèle une enquête
de l'Office national des statistiques (ONS). Selon
une enquête décennale sur les dépenses de
consommation et le niveau de vie des ménages
de 2011, dans son volet salaire, qui vient être publiée par l'ONS, le salaire moyen mensuel des
femmes était de 33 900 DA, alors que celui des
hommes était de 28 700 DA.
“Ce petit différentiel résulte en partie de la structure globale des effectifs de salariés par qualification”, explique l'enquête. L'enquête a relevé que
44,4% des salariés de sexe féminin avaient un niveau universitaire, contre 10,70% seulement
pour les salariés masculins. Cette différence de
structure par niveau d'instruction entre les deux
sexes fait que le salaire moyen chez les femmes
est relativement plus élevé. “Globalement, le niveau d'instruction a beaucoup d'incidence sur les
salaires moyens. Le salaire moyen augmente nettement avec le niveau d'instruction, il variait de
22 568 DA pour les sans instruction à 42 383 DA
pour le niveau supérieur”, a-t-on affirmé de
même source.
Par ailleurs, le salaire net mensuel global, issu de
l'activité principale, s'élevait en 2011 à 29 500 DA.
Cependant cette moyenne variait selon l'activité, le secteur juridique, mais aussi certaines caractéristiques sociodémographiques, notamment l'âge et le niveau d'instruction.

L

L'enquête a démontré que le salaire moyen dans
le secteur public était de 36 084 DA par mois,
alors que dans le secteur privé il était estimé à
22 872 DA. Le secteur public se distinguait par
la proportion de cadres qu'il emploie (71,3%),
contrairement au secteur privé où la prédominance était au personnel d'exécution (60,3%).
L'enquête a également révélé que la classe médiane des salaires correspondait à la tranche de
15 000 DA à 25 000 DA et le salaire médian, tous
secteurs confondus, était de 24 468 DA.
Selon le secteur juridique, dans le secteur public,
30% des effectifs avaient un salaire mensuel de
moins de 25 000 DA et 30% du personnel salarié touchait plus de 40 000 DA, alors que 5% des
effectifs du public avaient un salaire moyen
inférieur au SNMG. Concernant le secteur privé, 73,5% des effectifs percevaient moins de
25 000 DA, alors que 6% seulement du personnel touchaient un salaire moyen supérieur à
40 000 DA et 26,2% avaient un salaire inférieur
au SNMG. L'enquête sur les dépenses de consommation et le niveau de vie des ménages de 2011,
a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 12 150 ménages algériens, répartis sur l'ensemble du territoire national.
L’un des objectifs de cette enquête est d'approcher les revenus salariaux pour donner un
aperçu sur les niveaux des rémunérations mensuelles des salariés permanents et non permanents.
R. N./APS

Mercredi 11 février 2015

8 L’actualité en question

LIBERTE

MAL RÉALISÉE ET TOUJOURS EN CHANTIER

L’autoroute payante
en 2016
L’autoroute Est-Ouest ne sera plus gratuite à compter de 2016, année durant laquelle le péage deviendra effectif.
assertion, déjà en vogue depuis
quelques mois, a été certifiée
vraie, hier, par le ministre des
Travaux publics, Abdelkader
Kadi, invité de la rédaction de la
radio Chaîne III. Pour rappel, le
directeur général de la gestion des autoroutes, Ali
Khelfaoui, avait déjà indiqué, fin décembre
2014, que le péage sur l’autoroute Est-Ouest sera
instauré dès 2016. Dès que cette perspective a été
annoncée, la spéculation autour du coût est allée bon train. Des chiffres, y compris les plus fantaisistes, ont été avancés. Or, selon le ministre des
Travaux publics, le coût n’a, à ce jour, pas été déterminé.
“À ce jour, il n’y a eu ni calcul ni péage concernant l’autoroute Est-Ouest. Pour pouvoir décider
de la procédure à suivre, il faut le faire sérieusement”, a précisé Abdelkader Kadi, démentant, du
coup, ce qui a pu être dit ou écrit à ce propos.
“Jusqu’à nouvel ordre, nous n’avons pas les éléments nécessaires qui nous permettent de calculer ce péage”, a-t-il encore indiqué, informant
qu’“un appel d’offres a été lancé pour trouver un
bureau d’études qui peut assister le ministère pour
faire les calculs nécessaires”. Le ministre des Travaux publics a raison de soutenir, par ailleurs,
qu’il n’était pas raisonnable de procéder au calcul du coût du péage alors que l’autoroute est toujours en chantier, du moins sur de nombreux
tronçons, suite aux dégradations de la chaussée,
des glissières mais aussi aux affaissements.
Fin décembre dernier, le directeur général de la
gestion des autoroutes avait prévu la réception
totale de l’autoroute Est-Ouest pour le 2e semestre

Liberté

L’

Les tarifs des péages seront fixés ultérieurement, selon le ministre des Travaux publics.

2015. Dans l’intervalle, a-t-il encore soutenu,
l’opération relative à la mise en place des équipements (installations de péages, aires de repos,
stations-service, signalisation) sera achevée.
L’autoroute devra être dotée de 92 voitures qui
auraient pour mission de rappeler les limitations
de vitesse, ainsi que d’installations pour le
guidage GPS.

Le pari est un peu risqué, vu les nombreux chantiers de réfection qui ont essaimé le long du tronçon de 1 260 km mais aussi les lenteurs constatées dans leur exécution. Faisant partie des
grands projets structurants, lancés en 2004,
l’autoroute Est-Ouest, véritable gouffre financier,
est au cœur d’un scandale. L’affaire dite affaire
de l’autoroute Est-Ouest est enrôlée par la jus-

tice. Un procès, impliquant 23 personnes parmi
les anciens cadres du ministère des Travaux publics et 7 entreprises étrangères, est programmé
pour le 25 mars prochain au tribunal criminel
d’Alger. Parmi ces entreprises, le consortium japonais Cojaal dont le contentieux avec les pouvoirs publics algériens pourrait être réglé à
l’amiable.
Le ministre des Travaux publics a affirmé que
“l’ambassadeur japonais à Alger est intervenu afin
de trouver un compromis et régler cette affaire définitivement”. Abdelkader Kadi a estimé qu’une
telle sortie est souhaitable, tout en rappelant qu’il
n’y a pas de crainte, par ailleurs, à ce que le litige soit réglé par la justice. “Nous favorisons un
règlement à l’amiable mais s’ils veulent aller en
justice nous sommes prêts à nous défendre.” Le
contentieux avec le consortium japonais est né
autour de la réalisation du tunnel de Djebel
Ouahch à Constantine. Abdelkader Kadi a indiqué que le tunnel en question sera ouvert à la
circulation en 2015. Cela étant, le ministre des
Travaux publics a souligné que l’austérité budgétaire décidée par le gouvernement ne touchera pas le projet de l’autoroute Est-Ouest et, de manière plus générale, la chute du prix du baril,
n’impactera pas sur le plan de charge de son département, sauf en cas de choc majeur. Abdelkader Kadi a indiqué aussi que 8 entreprises du
secteur ont manifesté leur volonté de s’exporter,
certaines, a-t-il précisé, ont déjà décroché des
marchés au Niger. Et dire que, à l’intérieur, c’est
toujours l’entreprise étrangère qui a la mainmise sur les marchés.
SOFIANE AÏT IFLIS

IL DÉCROCHE LA 2e PLACE AVEC 41 802 VENTES

Peugeot réalise sa 3e performance historique en Algérie
eugeot Algérie a tiré son épingle
du jeu en 2014 dans un marché
qui a reculé de 19%. Avec sa
3e performance historique et une 2e place loin d’être usurpée devant de farouches concurrents, la représentation
française a réalisé 41 802 ventes, soit
12% des parts de marché. “Nous
sommes heureux de ces réalisations
dans un marché qui a enregistré une
chute brutale”, dira, d’emblée, Pierre
Foret, le directeur général de Peugeot
Algérie, qui a animé une conférence de
presse à l’hôtel Hilton. Celui-ci révélera que 12 586 ventes ont été réalisées
sur Peugeot 208 (1er dans son segment)
et 3 457 autres ventes sur Peugeot 308
(2e dans son segment). Et pour la
troisième année consécutive, le conces-

P

sionnaire a également vendu 9 603 véhicules utilitaires, soit 14,8 des parts de
marché, notamment grâce à l’unité
semi-industrielle de transformation, située à Dar El-Beïda, et qui a atteint
1 000 unités livrées aux entrepreneurs
de l’Ansej et de la Cnac sur des délais
de livraison record allant de 15 à
30 jours. “Le carnet de commande est
important et nous avons enregistré un
retour positif chez nos clients.” Il faut
dire que le succès de Peugeot en 2014,
en Algérie, est aussi dû aux formules
offertes sur les véhicules, comme Legend Fennec sur les Peugeot 301, 208
et Partner, l’introduction de Peugeot
308, véritable référence dans son segment, de la RCZ-R (270 Ch), du Peugeot 2008 Erg et l’investissement

opéré dans le créneau du sport, avec la
venue en Algérie du patron de Peugeot
Sport, Bruno Fumo, pour présenter
Peugeot 2008 DKR du Dakar. Et pour
continuer sur cette lancée, M. Foret a
annoncé que l’année 2015 sera riche en
nouveautés et tout sera dévoilé au
Salon d’Alger qui aura lieu au mois de
mars. À commencer par la nouvelle
Peugeot 508, des véhicules sport et
d’autres surprises que le conférencier n’a pas voulu divulguer. Très attaché  à ses valeurs fondamentales,
Peugeot Algérie mettra le paquet sur
le sport, la prévention routière, la
proximité avec le client, la professionnalisation du réseau et la qualité
de service. “Je vous le dis, 2015 sera
l’année du réseau. On ouvrira encore

FARID BELGACEM

Les gérants de stations-service
privées protestent

Vers la suppression de la taxe de sortie
pour les Maghrébins

L

en cette prestigieuse marque.” À la
question de savoir si le concessionnaire
a revu à la hausse ses tarifs, M. Foret
a révélé que “Peugeot a procédé à une
augmentation de 2% dès mi-janvier. Ce
n’est pas substantiel, car toutes nos
offres font partie du rapport qualitéprix-équipements”. Du reste, le patron
de Peugeot Algérie a remis les clés d’un
fourgon aménagé à l’IR Boufarik
(équipe handisport de basket-ball) et
a annoncé avoir renouvelé son contrat
avec l’association El-Baraka et la FAF
pour une durée de cinq ans. Le conférencier a conclu par l’apport du partenariat entre Peugeot Algérie et AXA
Assurances dans l’activité carrosserie.

PÉNURIE DE CARBURANT À BORDJ BOU-ARRÉRIDJ

TUNISIE

a situation dans le Sud-Est tunisien était, dimanche et
lundi, au bord de l’explosion. À Dhéhiba, village frontalier avec la Libye, les citoyens ont accompagné, lundi, à sa dernière demeure, un jeune tué la veille, par les balles
réelles des agents de la garde nationale. La situation s’est,
relativement, calmée après le
De notre correspondant retrait de ces agents conformément aux exigences de la
à Tunis :
MOHAMED KATTOU population de ce village, encadré, désormais, par des unités de l’armée nationale. Toutefois, les citoyens qui avaient
saccagé ou incendié des sites de souveraineté semblent décidés à aller de l’avant dans leurs revendications relatives
à l’emploi et au développement. D’autant plus que l’imposition de la taxe de sortie exigée par le gouvernement sortant de Mehdi Jomaâ aux non-résidents libyens a eu pour
conséquence immédiate la réduction du trafic commercial
entre les deux pays, trafic qui constitue une ressource pour
les citoyens du village. À Benguerdane, ville située à une cinquantaine de kilomètres du poste frontalier de Ras Jédir, la

11 agences, dont 10 Blue-Box aux dernières normes internationales, avec
cet engagement d’aller vers le FullService. Nous avons des objectifs ambitieux et nous comptons défendre
notre place au soleil”, précisera encore M. Foret. Avec la plus jeune gamme du marché, un service Premium
sur 308, 508, RCZ-R (Pack service valable pour 4 ans), un programme intitulé Podium (formation), des enquêtes clients et des visites mystères,
la marque au Lion a multiplié les
offres service basées sur la qualité.
“Toutes les enquêtes client et qualité ont
démontré que Peugeot est la marque
préférée des Algériens. Cela veut dire
une chose : les Algériens ont confiance

situation était, lundi, aussi préoccupante. D’où la prise en
main directe et immédiate de ce dossier par le gouvernement. Ainsi, lors de sa première réunion, depuis l’installation du nouveau gouvernement, le Conseil  des ministres
s’est penché sur la question et semble décidé à supprimer
cette taxe au profit de tous les citoyens maghrébins, conformément à l’esprit de la charte du Grand Maghreb arabe signée en 1989. La décision n’a pas été, encore prise, mais tout
semble indiquer qu’elle serait effective très prochainement,
selon la déclaration faite à la fin des travaux de ce Conseil.
Cependant, toute décision tunisienne n’aurait aucun sens
si elle n’était pas suivie d’une autre similaire à prendre du
côté libyen. En effet, le problème n’est plus, seulement, national puisque la Libye a vite fait d’appliquer la règle de réciprocité contre les non-résidents tunisiens. Toujours estil que les citoyens de ces régions, qui ont bravé l’autorité de
l’État, ne comptent pas s’arrêter en “si bon chemin”. Ils poursuivent leurs grèves et leurs protestations jusqu’à avoir “gain
de cause”, disent-ils.

n Les gérants de stations-service privées se sont rassemblés, dans la soirée
de lundi à mardi, devant le centre de distribution du carburant à Bordj
Bou-Arréridj pour protester contre la pénurie de carburant. Ces derniers
réclament également une distribution équitable.
En effet, les longues files d’attente se forment de plus en plus, depuis
plusieurs jours, devant les stations-service, pénalisant ainsi les
consommateurs dont certains repartent sans pouvoir s’approvisionner.
“Depuis plus de cinq jours, nous sommes sans aucune goutte de gasoil”, dira
un des gérants que nous avons rencontré sur les lieux de la protestation.
Un autre renchérit : “Pourquoi les stations Naftal sont-elles alimentées plus
régulièrement que les stations privées ?” Il va sans dire que les exploitants
de stations-service sont très remontés et bien décidés à poursuivre leur
mouvement, “tant qu’aucune solution ne sera apportée”.
Notons que la crise de carburant ne cesse de s’aggraver à Bordj BouArréridj. Plusieurs automobilistes, camionneurs, bus et engins des travaux
publics sont à l’arrêt à cause du manque de ce produit. Même les
déplacements et certaines activités ont baissé de plus de la moitié.
“Bordj Bou-Arréridj tourne au ralenti”, ironise un des habitants de la ville.
“Il faut avoir des véhicules qui marchent à l’air”, ajoute un autre.
En attendant des jours meilleurs, les Bordjiens se demandent pourquoi les
responsables sont aux abonnés absents.

M. K.

CHABANE BOUARISSA

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

Supplément Économie 9

LE MOUVEMENT ANTIGAZ DE SCHISTE RÉVÈLE UNE SITUATION EXPLOSIVE DANS LA RÉGION

LE SUD SUR UN BARIL
DE POUDRE

D. R.

N

os gouvernants semblent prendre les choses à la légère concernant le traitement du dossier gaz de schiste. C’est leurrer les citoyens que de faire croire que les mesures prises par le chef de
l’État en direction des populations du Sud suffisent à apaiser la colère des citoyens d’In-Salah. De telles décisions ne paraissent pas à la hauteur du danger que représentent la radicalisation de la protestation
antigaz de schiste et sa généralisation aux autres régions du pays sur
la sécurité intérieure de l’Algérie. Un grand risque de division du pays
se profile si on ne pare pas à cette grogne par des actions plus audacieuses.
Une mégapole à Tamanrasset, une université des hydrocarbures à Ouargla, un lancement rapide de chantiers d’autoroutes du Nord au Sud,
la multiplication des centres de formation d’ingénieurs et de
techniciens dans les villes proches des gisements de gaz et de pétrole pour favoriser l’emploi des jeunes du Sud pourraient avoir une portée symbolique, l’intérêt des gouvernants à la partie méridionale de
l’Algérie.
Parallèlement, il convient de répondre à l’inquiétude des citoyens d’InSalah par d’autres garanties présentées par les pouvoirs publics sur la
qualité des travaux de forage préservant la santé et l’environnement
des zones d’exploration. On doit assurer que l’utilisation des eaux de
la région ne s’effectuera pas au détriment des habitants et de l’avenir
agricole ou économique de la région. Un audit environnemental effectué
par un organisme indépendant externe à Sonatrach, rendu public, pourrait rassurer davantage les citoyens.
Il faudrait, également, un autre plan de communication. Que les responsables de la compagnie pétrolière nationale, que les représentants
des plus hautes autorités se rapprochent de ces habitants, qu’ils leur

La symbolique
de la kheïma
contre les
pyromanes
PAR K. REMOUCHE

libecosup@yahoo.fr

expliquent dans un langage simple l’importance de l’exploration de
ces ressources, des dividendes en termes d’emploi et de revenus qu’ils
pourraient tirer de cette activité.
La symbolique d’échanges sur le dossier autour d’un thé sous une kheïma et sous l’habit des Touareg mettrait beaucoup d’eau sur le feu de
la colère des citoyens d’In-Salah. En des temps plus apaisés, des responsables ont déjà utilisé cette pratique.
Une telle attitude placerait en porte-à-faux les pyromanes qui, par leur
comportement dédaigneux des habitants du Sud, jettent de l’huile sur
le feu.
S’il est clair que le gaz de schiste constitue une carte décisive aux mains
de l’Algérie pour garantir sa sécurité énergétique à long terme et maintenir sa place de grand exportateur gazier pendant plusieurs décennies, il n’en demeure pas moins que subsistent des incertitudes sur
la rentabilité du gaz de schiste et l’importance des réserves commercialement exploitables d’hydrocarbures non conventionnels.
En attendant que des études confirment ce potentiel considéré comme l’un des plus importants dans le monde, commençons d’abord par
maîtriser les conditions environnementales liées à cette activité. Dans
la foulée, on ne comprend pas dans ce dossier le silence de l’Agence
de régulation des hydrocarbures censée exercer un contrôle rigoureux
des activités de forage de Sonatrach.
En somme, nos gouvernants n’en font pas assez pour convaincre les
citoyens de la région et pas suffisamment pour désamorcer cette potentielle bombe qui peut remettre en cause l’intégrité territoriale du
pays, pour laquelle des millions d’Algériens du Nord et du Sud se sont
sacrifiés.
K. R.

Mercredi 11 février 2015

10 Supplément Économie

LIBERTE

LE SUD SUR UN BARIL DE POUDRE
RENTABILITÉ DU NON-CONVENTIONNEL  

Un talon d’Achille
à ne pas négliger
La commercialité, talon d’Achille dans le processus de production des gaz de schiste, fait débat
en Algérie et ailleurs.
eule certitude aujourd’hui :
au prix actuel du marché,
Sonatrach ne rentera pas
dans ses frais, si elle s’engage dans le schiste, ainsi que
le confirment de nombreux
experts en énergie. Indépendamment
de la polémique qui entoure actuellement l’exploitation
Par : YOUCEF du non-conventionnel, la compaSALAMI
gnie nationale
d’hydrocarbures projetait de mettre sur
la table 70 milliards de dollars par an
en investissements sur une période de
vingt ans, soit 1 400 milliards de dollars en vingt ans, avec comme objectif de forer 200 puits par an, soit 4 000
puits, pour produire 20 milliards de
mètres cubes par an, c’est-à-dire 400
milliards de mètres cubes en 20 ans.
Ambitions démesurées ? Les 400 milliards de mètres cubes à produire en
vingt ans sont en fait produits aujourd’hui en deux ou trois ans, car la
production actuelle de gaz conventionnel est d’environ 145 milliards de
mètres cubes par an et avec quatre fois
moins de puits. Un puits de schiste
produit généralement 50 millions de
mètres cubes par jour, pendant quatre
ans, avec un  coût de revient de 20 millions de dollars. Il ne peut pas être rentable, affirme Mohamed Saïd Beghoul,
expert en énergie. M. Beghoul estime
à 35 milliards de mètres cubes de gaz
conventionnel, c’est l’équivalent de

D. R.

S

La compagnie Sonatrach lance des études de faisabilité de l’exploitation du gaz du schiste.

96 millions de mètres cubes par jour,
la consommation interne. Pendant ce
temps, le grand laboratoire dans le domaine du schiste, les Etats-Unis, fait
toujours parler de lui. Pourquoi les
grandes  compagnies s’y ruent-elles,
alors qu’il n’est pas rentable ? Et l’expérience américaine est-elle transposable à l’Algérie ? Deux principaux facteurs sont à l’origine de l’importance
prise par le schiste dans ce pays : une
baisse drastique des réserves  conventionnelles, et une demande interne en

LES TROIS QUESTIONS
QUE VOUS VOUS POSEZ
Faut-il aller vers l’exploration
du gaz de schiste ?  

n Le ministère de l’Energie et la direction de
Sonatrach estiment qu’il faut s’y mettre,
parce que le gaz de schiste devra venir en appoint aux besoins énergétiques internes du
pays au-delà de 2030. Ils se disent même
convaincus de la matérialité du projet des gaz
de schiste en Algérie, notamment avec l’expertise des cadres algériens qui maîtrisent la
fracturation hydraulique. Les opposants à
l’exploitation du gaz de schiste estiment que
cette activité est polluante et qu’elle
consomme beaucoup d’eau, ce qui peut réduire les quantités d’eau potable mises à la
disposition des habitants et compromettre
l’avenir économique du sud du pays.

Faut-il avoir peur du gaz
de schiste ?

n Selon une étude publiée par un biogéochimiste américain, professeur à l’université
Cornell (État de New York), et reprise par le
journal le Monde, “3,6% à 7,9%” du gaz de
schiste produit aux États-Unis s’échapperait
dans l’atmosphère. Or, ce gaz (principalement
composé de méthane (CH4)) a un potentiel
d’effet de serre “beaucoup plus fort que le
CO2”. Il est néanmoins moins polluant que le
charbon.

Fracturation hydraulique :
est-elle polluante ?

n L’opération requiert l’utilisation de 10 000 à
20 000 m3 d’eau. Or, entre 20 et 80% du fluide
injecté remontent en surface lors de la mise
en exploitation du puits. Quand l’eau remonte, elle est chargée des éléments chimiques présents sous terre qui peuvent polluer s’ils ne sont pas traités.

énergie explosive. Le pays ne disposait
que de 4% des réserves mondiales de
gaz. Il consommait pas moins de 660
milliards de mètres cubes (22% de la
demande mondiale) dont 100 milliards de mètres cubes importés et
570 millions de tonnes de charbon.
Aussi fallait-il trouver de nouvelles
sources d’énergie. Les Etats-Unis ont
décidé d’investir dans le schiste pour
reconstituer des réserves, pour une indépendance énergétique. Le gaz de
schiste revient à sept dollars, et est ven-

du à trois dollars, aux Etats-Unis. Le
différentiel est de taille, mais semble
supportable, parce que le pays subventionne le non-conventionnel, avec
une série de taxes, note Saïd Beghoul.
Mieux, ajoute-t-il, l’Etat intervient
pour aider des compagnies dont les
opérations de forage se révèlent non
concluantes. L’Algérie ne peut-elle
pas en faire de même ? Sentencieux, M.
Beghoul estime irrationnel de débourser profusément d’argent
pour voir une torche allumée. Cela, on

peut le faire même à El-Harrach, ironise-t-il. Abdelatif Rebah, spécialiste
également des questions énergétiques,
estime, lui, que dans l’air des incertitudes, l’on ne peut pas avancer des prévisions sur la rentabilité ou pas des gaz
de schiste, dans dix ou quinze ans. Aux
Etats-Unis, le schiste est, selon lui, une
“option géostratégique et géopolitique”,
les sociétés pétrolières et gazières opèrent à crédit, ce sont les banques qui les
renflouent. Dans ce pays, indique-t-il,
la rentabilité se rapporte à des plages
de prix de pétrole, elle diffère d’un périmètre à un autre. M. Rebah rappelle que les plateaux de production déclinent tellement vite qu’il faut un
rythme de forage soutenu. La Chine
s’est également mise au schiste. Mais
Sonatrach n’a pas les épaules de la Chine, dit-il. Pour MM. Rebah et Beghoul,
il y a encore du  gaz conventionnel à
découvrir et à récupérer, en mettant en
place les moyens nécessaires pour le
faire. Ce sera beaucoup plus intéressant
que de vouloir se mettre à une énergie
à la rentabilité hypothétique. Au plan
logistique, Sonatrach seule, ou avec ses
associés, a besoin d’une “armada”
d’appareils (une centaine) de camions
adaptés, de toute une chaîne industrielle pour pouvoir constituer ce que
seront les plateformes du schiste. Tous
ces éléments-là sont à intégrer dans la
structure du prix du gaz.             
Y. S.  

GAZ DE SCHISTE

Une logistique sophistiquée
et coûteuse
Dans un pays où les hydrocarbures comptent pour 97% des recettes
d'exportations, cette potentielle manne gazière issue des gaz de schiste a
largement pu suffire à convaincre les autorités de s’y lancer.
ecourir aux hydrocarbures
non conventionnels serait,
en effet, un moyen de répondre à l’explosion de la demande interne qui afPar : SAÏD fecte les capacités
et à respecter les
SMATI
engagements interna- tionaux de l’Algérie.
D’ailleurs, le 27 décembre 2014, Sonatrach a mis en service le premier
puits-pilote algérien d'exploration
de gaz de schiste dans le bassin
d'Ahnet, dans la région d'In Salah
(Sud de l'Algérie). Reste que cette
aventure nécessite à la fois de
lourds investissements et des équipements spécifiques. Contrairement au conventionnel où c’est
l’exploration qui est difficile et qui
comporte beaucoup de risque,
pour le non conventionnel, la difficulté et le risque sont dans l’exploitation. Les formations géologiques visées ne peuvent être exploitées qu’à partir de puits horizontaux avec une fracturation étagée. Cette technologie, la seule qui
permette aujourd’hui d’extraire
pétrole et gaz de schiste, est deve-

R

nue l’objet de toutes les peurs.
Certes, il y a peu de différence
entre les deux systèmes, sauf que
pour le conventionnel nous possédons le savoir-faire et l'expertise,
pour le non conventionnel il faut
maîtriser certaines nouvelles techniques et notamment la fracturation hydraulique.
Au-delà des problématiques environnementales, l’exploration et
l’exploitation des gaz de schiste nécessitent une grosse logistique. En
moyenne, pour produire 1 tcf (28
bcm) de gaz de schiste, il faut 333
puits sur 169 km2 (13 kmx13km).
Cela donne un aperçu sur le
nombre de puits à forer. Quant on
sait que depuis 1962, l’Algérie n’à
foré qu’un peu plus de 5 000 puits,
l’écart est phénoménal. Selon les estimations de la Sonatrach, l'Algérie devrait forer quelque 200 puits
par an pour pouvoir produire 20
milliards de m3 annuels. Pour atteindre les objectifs voulus, on
sera obligé de forer autour de 200
000 puits sur 30 ans alors que le
parc d’appareils de forage en Algérie est insuffisant. Les spécialistes

estiment qu’il faudrait au minimum 200 ou 300 appareils de forage, alors qu’actuellement l’Algérie n’en dispose que de 70. On sait
aussi que les non conventionnels
ont besoin de beaucoup d'eau
(entre 10  000 et 15  000 m2 par
puits), donc des installations hydrauliques pour l'acheminement de
cette eau et des installations pour
la récupération et le traitement de
l'eau après utilisation. Selon le ministère de l’Énergie, Sonatrach
aura besoin de 1,2 milliard de
mètres cubes sur toute la période.
Quant au traitement de cette eau
utilisée, on a recours à de grosses
installations qui doivent être démontées au bout de 5 ans maximum (durée d'exploitation d'un
puits). Ajoutez à cela toute la logistique qui va avec, en termes de
parc roulant et installations annexes. De plus, tout un réseau de
pistes devra relier entre eux tous ces
puits pendant la période de forage
pour permettre le passage d'engins
et camions, et après, pendant la
phase d'exploitation, si le gaz est
évacué par citernes. Si le gaz est

évacué par gazoduc, c'est tout un
réseau de gazoducs à construire
pour relier tous ces puits d'abord
entre eux puis à un centre d'évacuation sur le réseau national.
Certes, les interconnections entre
gisement sont maîtrisées par Sonatrach et sont déjà couramment
réalisés pour les cas conventionnels.
Mais pour les non conventionnels
la donne change compte tenu de la
durée de vie très courte des puits.
En effet, le déclin de la production
est de l’ordre de 70% après trois années seulement d’exploitation.
Ce qui suggère que le développement éventuel de cette activité à des
niveaux significatifs exigerait des
investissements récurrents de grande ampleur pour maintenir une
production au-delà de quelques
années. Par ailleurs, le coût d’un
puits de schiste peut s’évaluer aujourd’hui entre 15 et 20 millions de
dollars, avec des délais de réalisation 25% plus longs que pour un
puits conventionnel. Ce qui soulève
la question de la rentabilité des gaz
de schiste.
S. S.

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

Supplément Économie 11
LE SUD SUR UN BARIL DE POUDRE

NAZIM ZOUIOUÈCHE, ANCIEN P-DG DE SONATRACH

“Il faut surtout mettre l’accent
sur les hydrocarbures
conventionnels”
Dans cet entretien, ce spécialiste des questions énergétiques soutient que
l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste présente des risques sur
l’environnement qu’il convient de maîtriser. Il plaide pour le développement de
l’énergie solaire, comme sérieuse alternative et comme l’une des solutions à la
couverture des besoins énergétiques de l’Algérie à moyen et long termes.
foggaras. On est donc allé plus vite que le chef d’orchestre.

Liberté : Comment commentez-vous la
communication officielle sur le dossier gaz de
schiste ?
Nazim Zouiouèche : La communication a été en
deçà. On aurait dû expliquer aux gens d’In-Salah,
commencer par eux.
Entretien réalisé par : On revient au début.
K. REMOUCHE    Comme ce gaz de
schiste pose problèmes, il aurait fallu un débat plus
ouvert avec notamment les experts nationaux, tous
les gens concernés. On a lancé l’exploration du gaz
de schiste sur le fait accompli. On revient à la campagne d’explication. Je comprends parfaitement
qu’on ne peut le mettre à côté (ne pas envisager
d’utiliser la carte du gaz de schiste). Ce que je crois,
c’est qu’on est allé trop vite en besogne. Si on avait
dit aux gens d’In-Salah qu’on allait faire des
études, des travaux complémentaires pour avoir
une idée claire des ressources, on n’aurait pas eu
cette protestation. Il ne fallait pas dire qu’on allait exploiter le gaz de schiste.

D. R.

Pensez-vous que des risques subsistent
dans l’exploration et l’exploitation de gaz de
schiste ?
Il y a des appréhensions. Je ne veux pas dire qu’il
va y avoir des catastrophes. Il y a une possibilité
de retombées négatives, en particulier l’eau qui est
rejetée dans la fracturation hydraulique. Elle
peut créer des problèmes de pollution si elle
n’est pas traitée. On a d’autres retombées négatives dans une région où l’eau est sacrée. On a mal
expliqué les choses à la population, à la société civile. Les gens de la région craignent que l’eau aille
en se raréfiant et que de ce fait sera remise en cause l’économie de la région.

Les ressources hydriques du pays seront-elles entamées si on atteint le profil de production projetée, à savoir 20 ou 30 milliards de gaz de
schiste par an à l’horizon 2025-2030 ?
Les réserves en eau dans le continent intercalaire sont importantes. Dans ces régions, l’eau de l’albien affleure. Si vous exploitez le gaz de schiste,
vous baisserez le niveau de la nappe. Ce qui compromettrait cette agriculture ancestrale faite de

Faut-il aller vers l’exploitation du gaz de
schiste ?
Il faut d’abord connaître exactement quelle est l’importance de notre potentiel en gaz de schiste et
quelles sont les meilleures méthodes pour l’exploiter. Quand on aura une idée précise des réserves
exploitables, on pourra envisager leur exploitation.
Jusqu’à présent, on ne connaît que les ressources.
On ne connaît pas exactement quelles sont les réserves exploitables. Les musiciens vont plus vite
que le chef d’orchestre. Il faut forer deux ou trois
puits d’exploration pour identifier avec précision ces réserves. Mais le grand problème, c’est
qu’on n’a pas une idée de ce que cela va nous coûter. Par ailleurs, il faut savoir que notre demande
en électricité ne fait qu’augmenter.
C’est une croissance annuelle à deux chiffres. Le
gaz de schiste, il convient de rester en veille. Affinons donc d’abord nos connaissances sur nos
réserves de gaz de schiste. Il ne faudra se préparer à le produire que quand les conditions économiques, environnementales et techniques seront maîtrisées et si possible avec le maximum de
moyens nationaux.
Ne sommes-nous pas focalisés sur le gaz de schiste jusqu’à négliger nos ressources conventionnelles et nos réserves en Tight Gas qui sont importantes ?
Il faut surtout mettre l’accent sur le conventionnel parce qu’il y a la possibilité d’améliorer les performances de nos gisements de pétrole et de gaz
conventionnel. Nous avons des réserves exploi-

tables dans le Tight Gas (gaz compact) et le Tight
Oil (pétrole compact). Il convient également de relancer l’exploration. L’Algérie reste sous-explorée.
Il faut, enfin, développer les énergies renouvelables
comme cela se fait dans les autres pays du monde. Dans ce domaine, en Algérie, il y a beaucoup
de paroles mais pas beaucoup d’actions. Nous
avons la possibilité de développer une ressource
infinie qui est le solaire. On dit que le solaire coûte très cher. Je suis persuadé qu’au jour d’aujourd’hui, le gaz de schiste coûte plus cher.

Le lexique
qui fâche
Gaz de schiste : le gaz de schiste est un gaz
naturel retenu à grande profondeur dans
certains schistes des bassins sédimentaires.
Il est emprisonné dans la roche elle-même,
contrairement au gaz conventionnel situé
dans des couches perméables faciles d’accès.

Fracturation hydraulique : c’est la
dislocation ciblée de formations
géologiques peu perméables par le moyen
de l’injection sous très haute pression d'un
fluide composé essentiellement d’eau, de
sable et d’additifs chimiques, destiné à
fissurer et micro-fissurer la roche.

Additifs chimiques : c’est un cocktail de
produits chimiques, à hauteur de 1% du
fluide, injecté dans la roche pour rouvrir des
fissures déjà existantes ou en créer de
nouvelles.

MOURAD PREURE, SPÉCIALISTE PÉTROLIER INTERNATIONAL, CONSULTANT

“Le gaz de schiste et la misère au Sud,
la corruption au Nord”
ontacté par Liberté, Mourad Preure, spécialiste international en énergie et consultant sur les questions économiques, n’a pas caché son mécontentement sur ce qui passe au sud du pays. Si la situation n’est pas prise en charge rapidement par nos gouvernants, elle risque de menacer la stabilité du pays, de diviser l’Algérie, aPar : K. R. t-il souligné
Avec ce mouvement antigaz de schiste, cette
grogne qui risque de s’exacerber et de faire tache d’huile dans toutes
les régions du sud du pays, se pose un sérieux problème de sécurité. “Le sud est assis sur un baril de poudre”, a-t-il averti. D’autant plus que cette région n’est pas éloignée des frontières qui représentent une véritable menace sur la sécurité du pays, avec la
situation au Mali et en Libye.
Toute cette colère est le résultat d’une organisation administrative trop centralisée et d’un pouvoir central qui a pendant longtemps ignoré les difficultés socioéconomiques du sud du pays.
“Le gaz de schiste n’est qu’un pretexte. Les simples citoyens d’InSalah ne comprennent pas les enjeux économiques et géostratégiques
du gaz de schiste. Ils sont surtout mécontents de l’attitude des gouvernants à Alger. Ils disent : Nous avons l’eau et le gaz. Ils nous les
prennent sans pour autant profiter de la manne pétrolière, d’où leur
colère”.
Un message des protestataires qui pose le problème de la répartition de la rente. En d’autres termes, cette protestation antigaz
de schiste est l’effet de la situation de grande misère que vivent

C

les populations du Grand-Sud du pays. Un véritable problème de
développement local.
Mourad Preure n’est pas également satisfait de la communication
officielle en direction des habitants d’In-Salah. “Un haut responsable est venu à In-Salah, suite au mouvement de protestation. Il
a rencontré les autorités locales, les notables. Mais n’a pas daigné
se rapprocher de la population, des représentants de la société civile”.
En d’autres termes, il les a nargués, il les a vus de haut. Cette attitude ne fait que jeter de l’huile sur le feu. Il faut se rapprocher
de la population, leur expliquer si on veut jouer à l’apaisement.
Mourad Preure n’exclut pas une manipulation externe et interne derrière le mouvement antigaz de schiste.
Ce qui exacerbe également la situation, c’est cette représentation
du Nord par de nombreux jeunes du Sud. “Le gaz et la misère au
Sud, la corruption au Nord”, a résumé Mourad Preure. Une conséquence de la médiatisation des affaires Sonatrach, Khalifa, de l’autoroute Est-Ouest. “Nous voulons notre part du pétrole”, disentils dans leur élan de protestation.
Selon lui, il convient rapidement de prendre des actions en direction du développement économique de ces régions. Il préconise
une régionalisation pour une plus grande autonomie des collectivités locales.  
Pourquoi pas créer une mégapole à Tamanrasset avec une grande université, des hôpitaux et des autoroutes Nord-Sud, comme
mesures urgentes à mettre en œuvre sur le terrain pour mettre fin

à ce mouvement de protestatation. Il nous citera le calvaire de ces
habitants du Grand-Sud qui mettent 4 jours pour rallier Alger pour
une hospitalisation ou un rendez-vous médical.
Il préconise le brassage entre Algériens. “Il faut le mélange entre
Algériens (dans le sens d’une mobilité : déplacements fréquents des
citoyens de l’Ouest à l’Est, du Sud au Nord. Beaucoup d’habitants
du Nord ne connaissent que leur quartier ou leur ville”, a-t-il
ajouté.
À cela, il convient d’ajouter la multiplication de centres de formation techniques dans les métiers des hydrocarbures dans les
zones proches des gisements de gaz et de pétrole pour favoriser
le recrutement du personnel local et réduire ainsi le chômage des
jeunes dans le Sud. Pourquoi pas une université des hydrocarbures
à Ouargla, avait suggéré Nazim Zouiouèche.
La responsabilité sociale de Sonatrach est également engagée. Elle
devrait s’impliquer davantage financièrement pour mettre fin aux
îlots de misère proches des gisements au Sud-Est et au Sud-Ouest.
Quant aux dépenses énormes consenties par l’État pour financer
les programmes de développement du Sud puisées des recettes fiscales pétrolières, on peut s’interroger sur leur efficacité. Si des progrès significatifs indéniables dans les domaines socioéconomiques ont été enregistrés, l’effort de l’État n’a pas empêché la grande misère dans le Grand-Sud.
K. R.

12 Supplément Économie

Mercredi 11 février 2015

LIBERTE

LE SUD SUR UN BARIL DE POUDRE
RESSOURCES NON CONVENTIONNELLES

La part de vérité et celle
des manipulations
Le discours des dirigeants a suscité des doutes.
a polémique enfle, les experts se sont exprimés avec
leur point de vue selon
leur compétence et
conscience personnelle.
Les pouvoirs publics ont
manifesté leur volonté de concertation
et tentent de convaincre. Mais de quoi
s’agit-il exactePar A. HAMMA ment  ? Il nous
semble, que
dans cet imbroglio, il faut faire la part des choses. L’Algérie se situe géographiquement dans
une région au climat semi-aride, caractérisé par un stress hydrique structurel. Il est donc légitime que les populations, notamment celles de Sud, se
préoccupent de la ressource en eau,
comme source de vie.
Mais faut-il pour autant exagérer plus
qu’il n’en faut ? Une expérimentation
pour évaluer notre potentiel en gaz de
schiste qui, selon les experts internationaux, serait le troisième au monde,
soulève une “tempête” qui nous pousse à nous interroger quant aux arrièrepensées de ceux qui l’ont provoquée.
Au demeurant, ces expérimentations
ne concernent pas uniquement le Sud
mais engloberont d’autres régions du
pays tels les Hauts-Plateaux ou le SudEst et même les régions du Centre.
Alors s’agit-il de l’appréhension des
conséquences sur l’environnement ou
de manipulations politiques dans le
sillage desquelles une certaine opposition tente de s’y engouffrer ? Sinon,
comment interpréter la sortie “aven-

L

D. R.
Les Sudistes expriment leur opposition à l’exploitation du gaz du schiste.

tureuse” du leader du MSP, qui compare le forage à titre expérimental
d’un puits de gaz de schiste à celle de
la bombe atomique commise odieusement par le colonisateur français à
Régane (Gerboise bleue) ?
La justice aurait dû, en principe, s’autosaisir contre de tels propos qui sèment la division et la fitna et portent
atteinte à l’unité nationale. S’il faut se
réjouir de la prise de conscience citoyenne quant à la protection de l’environnement, celle-ci ne doit pas être

exploitée à des fins politiciennes. Dans
ce cas, ceux qui se targuent de démocratie auront raté, à l’évidence, leur objectif. Un grand homme d’État, dont
nous tairons le nom par respect à sa
mémoire, nous disait, dans le cadre
d’un groupe de travail restreint, que
“l’Algérie a deux ventres mous, le Sud et
la Kabylie sur lesquelles les ennemis de
l’État et de la nation algérienne vont
jouer”. Il avait ajouté que “les populations de ces deux régions sont viscéralement attachées à l’unité nationale et

à l’intégrité du territoire national, pace
qu’ayant subi, comme toutes les régions
du pays, les affres du colonialisme et participé au combat libérateur de notre
peuple. Les noms de leurs martyrs sont
inscrits sur le fronton de la république”.
La paix des braves que De Gaule avait
proposée après la découverte du pétrole, en espérant séparer le Sud du
Nord, a été totalement rejetée par nos
compatriotes de cette région.
De même que le petit jeu malsain de
Kadhafi, avec son “fumeux” projet de

EN TOUTE LIBERTÉ

création de l’État du sahel en tentant de
manipuler les populations targuies, a
eu le sort que l’histoire lui a réservé. Au
demeurant, nous en subissons les
conséquences aujourd’hui. Mais en
vérité, l’État algérien, jusqu’à preuve du
contraire, est souverain.
Il a le droit et même le devoir d’explorer toutes les potentialités du sol et du
sous-sol dont la nature nous a dotés.
Dans un contexte économique international morose, une machine économique nationale qui peine à démarrer, une montée considérable des
besoins socioéconomiques de notre
population qui frise les 40 millions
d’habitants, une jeunesse légitimement impatiente… que faire ?
Telle est la question. Dans le cas du gaz
de schiste, le pouvoir a péché par un
manque de communication et de
concertation avec les notables locaux.
C’est, nous semble-t-il, le seul reproche qu’on peut lui faire.
D’autant que les propos que Fabius, ministre des Affaires étrangères françaises, aurait tenu dans un grand journal français, en affirmant que la France est en pourparlers avec les autorités
algériennes pour l’exploitation du gaz
de schiste, ont rajouté une couche de
doutes par rapport au discours de nos
dirigeants. Le peuple algérien exige
simplement la transparence dans la prise de décision des questions qui engagent son devenir. Il faut être à son
écoute, sinon toutes les manipulations
seront possibles.
A. H.

MUSTAPHA MEKIDECHE
mustaphamekideche@ymail.com

Gaz de schiste en Algérie : un débat utile mais encore asymétrique

E

n dépit des récupérations politiciennes inévitables et des interférences extérieures (il
y en aura toujours), le débat social et technicoéconomique qui se développe sur le gaz de
schiste en Algérie est tout compte fait utile bien
qu’asymétrique. Cette asymétrie dans la connaissance et la vision du sujet rend cependant les positions affichées et les dialogues entre les acteurs
sociaux, les populations et les experts d’une part
et les pouvoirs publics d’autre part, assez difficiles
à conduire et à clarifier.
Pour tout dire, le débat risque de déraper et
même d’aller dans tous les sens. A l’inverse, un problème bien posé est à demi résolu. Aussi il
convient d’abord de quitter le champ des arguments faciles ou superficiels que j’ai entendus çà
et là du type “on nous ment, l’Algérie n’a pas d’experts ou bien encore qu’il n’y aucun risque”. Il faut
que les uns et les autres fassent quand même l’effort d’identifier au préalable les termes d’un débat social utile sur la question ; l’irruption puis l’implication des populations et des élites locales
concernées dans ce débat étant plutôt une bonne nouvelle.
Pour ma part, je tenterai ici de mettre en perspective les termes de ce débat, qui ne fait que commencer, en rejetant d’emblée l’option du passage
en force mais aussi celle de l’insulte gratuite et souvent anonyme (quel courage) que l’on retrouve sur
les réseaux sociaux. Expurgée donc de ces excès,
on peut segmenter les termes du débat  en trois
niveaux problématiques, ou perçus comme tels,
sur lesquelles les désaccords doivent être précisés
puis réduits et les convergences construites. Un
premier palier, qui est préjudiciel, devra répondre
à la question suivante : est-ce vraiment nécessaire
de recourir au gaz de schiste et à quel horizon tem-

porel pour assurer notre sécurité énergétique ? Un
deuxième niveau qui aura pour objet de traiter des
conditions de sécurité d’exploration, d’exploitation
et de protection de l’environnement mises en avant
avec force par les populations locales. Et enfin un
troisième niveau qui examinera les conditions économiques et financières d’exploitation de cette ressource insuffisamment étudiées pour l’heure,

En 2013,
la consommation
nationale de gaz a été
de 36 milliards de m3 de gaz.
Cette dernière doublera en 2030
et triplera probablement en
2040. Sauf à importer du gaz
naturel, je vois mal comment
satisfaire la demande à cet
horizon. Le compte n’y sera pas,
même si l’on accélère la
réalisation du programme des
énergies renouvelables
approuvé par le gouvernement
en 2011.”
sachant d’ores et déjà que l’exploitation de cette
dernière est une opération industrielle qui ne générera pas de rente. Commençons par le premier
niveau de désaccord : à quoi bon recourir au gaz
de schiste si les réserves de gaz conventionnelles
suffisent à couvrir les besoins à long terme du
pays ? Force est de constater que malheureusement tel n’est pas le cas. La production nationa-

le de gaz naturel conventionnel, après le pic de
2005, dû à une exportation massive finalement non
justifiée économiquement et financièrement,
est entrée dans un déclin avéré de l’ordre de
7,5%. Ce n’est pas les déclarations officielles d’un
doublement de la production gazière qui y changeront quelque chose, car il s’agit, pour l’essentiel,
de la mise en production de projets en retard tels
que celui de Gassi Touil.
Je dirais même plus : cette annonce a été une erreur de communication qui a brouillé le débat, car
l’opinion publique est en droit de s’interroger :
pourquoi développer dans ces conditions de disponibilité de gaz conventionnel le gaz de schiste ?
En vérité, le bilan gazier est très préoccupant à long
terme. Le profil moyen d’évolution de notre demande gazière à l’horizon 2030 s’élèvera à 37 milliards m3 pour la génération d’électricité auxquels
il convient d’ajouter 40 milliards pour la consommation des ménages et des industries, soit 77 milliards de m3 par an (source Amina Seghali, Sonelgaz). En 2013, la consommation nationale de gaz
a été de 36 milliards de m3 de gaz. Cette dernière
doublera en 2030 et triplera probablement en 2040.
Sauf à importer du gaz naturel, je vois mal comment satisfaire la demande à cet horizon. Le
compte n’y sera pas, même si l’on accélère la réalisation du programme des énergies renouvelables
approuvé par le gouvernement en 2011.
Le deuxième niveau de débat contradictoire devrait porter sur les conditions de recherche, d’exploitation et de protection de l’environnement. On
peut repérer deux dangers potentiels majeurs dans
ce processus d’exploration et de production du gaz
de schiste. Le premier peut provenir d’une imperméabilité et d’une étanchéité du tubing non
assurées. A ce propos, la grande catastrophe éco-

logique du golfe de Mexique en a été la raison et
pourtant il s’agissait de forages d’hydrocarbures conventionnels de BP. Le second danger potentiel est relatif aux conditions de récupération
et de traitement des effluents liquides qui servent
à la fracturation de la roche. La troisième problématique sujette à débat est de nature économique
et financière. Il ne faut pas se bercer d’illusions,
je le répète aux partisans de la rente perpétuelle
au risque de les décevoir, l’exploitation du gaz de
schiste est une opération industrielle qui ne génère pas de rente.
Pour plusieurs raisons : des coûts de production
élevés du fait du nombre très élevé des platesformes de forage pour obtenir la même production que pour du gaz conventionnel, la déplétion
plus rapide des gisements qui oblige à opérer
d’autres forages, d’où des charges opérationnelles et logistiques plus élevées. Il est évident que
la rentabilité sera d’autant plus faible et le retour
sur investissement plus long dans la situation
d’une baisse durable et significative du prix des
hydrocarbures.
En conclusion, l’équation de l’exploitation du gaz
de schiste est complexe, car le recours à cette technique de mise en valeur est inévitable à terme,
même si elle implique une vigilance environnementale inédite et une rentabilité modeste. D’où
la nécessité d’approfondir le débat social, technologique et économique sur cette question, loin
à la fois des surenchères et des certitudes superficielles que l’on a pu observer ces dernières semaines. La bonne nouvelle étant que ce débat a
été ouvert très tôt. Il ne faut surtout pas le fermer
prématurément ou le réduire à des incantations récurrentes sans intérêt.
M. M.

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

Supplément Économie 13
ENTREPRISE ET MARCHÉS

CROISANT DES CHÈVRES LOCALES AVEC DES GÉNITEURS DE RACES SAANEN

EN BREF

Un éleveur caprin
pas comme les autres

Installation de comptoirs
bancaires à l’étranger  

n Des comptoirs bancaires au bénéfice de la
diaspora algérienne seront installés dans les
mois à venir. Ils le seront soit par la création
d’un établissement dédié, ou bien par la
filialisation des banques déjà existantes sur
la place d’Alger.
Les Algériens vivant à l’étranger ne sont plus
concentrés dans un ou deux pays et leurs
besoins en matière de services financiers
(épargne, transferts familiaux de fonds,
financement des projets et crédits) étaient
divers.

N’étant pas nécessairement destiné à ce métier,
Ouaissi Sekkouti Aoumeur est devenu éleveur
caprin plus par passion pour la chèvre.
’est donc cette passion qui a fait
qu’il est devenu éleveur caprin
agréé à la tête d’une entreprise familiale Chèvre d’Or au lieu-dit
Smayma, commune de Tadmit, à
environ 60 km de Djelfa. Parti
d’un élevage familial qui
Par :
s’approvisionnait essenSAÏD SMATI tiellement des souks, l’éleveur a essayé de se procurer les meilleures chèvres. L’aventure a pris une
autre tournure en 2004, à la faveur d’une rencontre avec le directeur de la ferme pilote de Draâ
Ben Khedda, qui lui a permis d’acquérir deux chevreaux de race Saanen.
Cette acquisition constitue le début du croisement
des chèvres locales avec des géniteurs de race Saanen. Les résultats étaient satisfaisants, jusqu'au
jour où l’éleveur a butté sur la problématique de
la consanguinité. Il fallait donc changer les géniteurs, mais il était impossible d’en trouver, l'importation des chèvres n’étant pas autorisée. Depuis, l’importation a été autorisée, mais il faut,
cette fois-ci, faire face à la cherté des géniteurs
(90 000 à 150 000 DA), qui en plus sont de mauvaise qualité.
Certes, l’éleveur évoque la possibilité d’importer
de la semence, mais là il estime que nous n’avons
pas les moyens de pratiquer dans les bonnes
conditions l’insémination. Ouaissi Sekkouti reste convaincu de la pertinence de s’engager dans
cette aventure.
En effet, selon lui, le croisement de chèvres locales avec des géniteurs performants donne de
très bons résultats. Production laitière améliorée,
bonne production de viande et enfin des sujets
rustiques, sains et indemnes de maladie. Le lait
de chèvre possède des qualités nutritionnelles
bien plus importantes que le lait de vache. Par
rapport à ce dernier et rien que pour l’exemple,

Le Siag se tiendra en mars
prochain à Oran

C

n La troisième édition du Salon
professionnelle internationale “Siag” aura
lieu du 11 au 14 mars prochain au centre des
conventions d’Oran.
La manifestation a pour objectif premier de
contribuer à une meilleure connaissance du
potentiel du secteur industriel
agroalimentaire.
Le Siag a permis au fil des années,
l’instauration d’un espace privilégié de
rencontres permettant aux entreprises
locales et étrangères d’échanger leurs
expériences et de développer des relations
d’affaires mutuellement bénéfiques.

La Chine, la première
économie au monde
d’ici à 2030

D. R.
L’entreprise Chèvre d’Or se spécialise dans l’élevage de caprin.

le lait de chèvre contient plus du double de vitamine A et quatre fois plus de vitamines D.
Il est aussi riche en minéraux et oligo-éléments,
calcium, phosphore, vitamines B et C. La teneur
en potassium et en magnésium est nettement plus
élevée dans le lait de chèvre que dans le lait de
vache. Selon Ouaissi Sekkouti Aoumeur, l’élevage
caprin présente beaucoup d’avantages. La chèvre
peut produire de 800 à plus de 1000 l de lait par
lactation de 270 jours. Son lait est très recommandé pour les bébés et les personnes âgées : bonne digestibilité, le yaourt de lait de chèvre est un
bon remède. Par ailleurs, la viande de chèvre à

LU DANS LE JO
L’accord de coopération sur le nucléaire publié
’accord de coopération dans le domaine de
l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins
pacifiques entre le gouvernement algérien
et la Fédération de Russie a été publié au journal n°2 paru le 25 janvier dernier. L’objet du présent accord est de définir les axes et les conditions
de la coopération entre les parties dans le domaine du développement et de l’utilisation de
l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. La coopération entre les parties s’effectue sur la base
des dispositions du présent accord et dans le respect des programmes nationaux de leurs Etats,
dans le domaine de l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques ainsi que des engagements internationaux et de la législation des
Etats des parties.
Le terme “matières non nucléaires spéciales” signifie les matières qui ne contiennent pas ou ne
peuvent pas produire des matières nucléaires,
mais qui peuvent être utilisées dans des dispositifs/équipements destinés à provoquer une
explosion par la libération d’énergie nucléaire interne (explosion nucléaire). Le terme “fins militaires” désigne le développement et la production
d’armes nucléaires et n’inclut pas la livraison
d’énergie destinée aux bases militaires provenant
d’un certain réseau d’énergie ou la production de
radio-isotopes qui pourraient être utilisés à des
fins médicales dans des hôpitaux militaires et
d’autres utilisations similaires dont les parties
pourraient convenir. Y a été publié également le
décret présidentiel n°15-06 du 11 janvier 2015
portant approbation de l’avenant n°4 au contrat
de partage de production du 29 juin 1998, pour
le développement et l’exploitation des gise-

L

ments de gaz
naturel, situés
dans la région
d’In Amenas,
conclu à Alger,
le 15 décembre
2014, entre la
société nationale Sonatrach et
les sociétés BP
Amoco Exploration (In Amenas) Limited et
Statoil North
Africa Oil As.
Figurent également dans ce numéro le décret présidentiel
n°15-02 du 11 janvier 2015 portant approbation
du contrat pour la recherche et l’exploitation des
hydrocarbures sur le périmètre dénommé M’sari-Akabli (blocs : 332a, 339a1 et 341a3) conclu à
Alger le 29 octobre 2014 entre l’Agence nationale
pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft), la société nationale Sonatrach et les sociétés Enel Trade SPA et Dragon Oil
(Algeria Alpha) Limited. Y est publié aussi le décret présidentiel n°15-03 au 11 janvier 2015 portant approbation du contrat pour la recherche et
l’exploitation des hydrocarbures sur le périmètre dénommé Tinrhert Nord (blocs : 235b,
244b et 223b) conclu à Alger le 29 octobre 2014
entre l’Agence nationale pour la valorisation des
ressources en hydrocarbures (Alnaft), la société nationale Sonatrach et les sociétés Dragon Oil
(Algeria Alpha) Limited et Enel Trade SPA.

un taux de gras très faible par rapport aux
autres viandes, de ce fait elle est recommandée
aux personnes souffrant de cholestérol et aux personnes qui désirent éviter cette maladie. D’un
autre côté, le caprin donne des quantités de viande importantes. Pour la race alpine, le mâle adulte pèse entre 80 et 100 kg, la femelle adulte entre
60 et 80 kg. La race Saanen produit un mâle adulte pesant entre 90 et 110 kg, la femelle adulte entre
70 et 90 kg. La race Boer, pour sa part, donne un
mâle adulte pesant entre 100 et 120 kg, la femelle
adulte entre 80 et 100 kg. Actuellement, Ouaissi Sekkouti dispose d’un élevage de 350 têtes, sans
compter la production de cette année. L’éleveur
de Djelfa ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Son objectif est la création d'une pépinière, afin de diffuser des chevrettes améliorées en
vue de mettre à la disposition des jeunes Algériens des chèvres rentables pour créer des élevages
caprins performants.
D’ailleurs, il a déposé un dossier au ministère de
l’Agriculture, qui prévoit dès le départ un
nombre de 1000 têtes. Ce nombre est justifié par
la nécessité de lancer de grands élevages pour une
multiplication rapide entre la chèvre locale et des
géniteurs d’importation.

n Selon une étude publiée hier par le cabinet
de consultants PwC, la Chine sera sans
conteste la première économie au monde
d’ici à 2030.
PwC plaçait déjà la Chine en tête en 2014 en
parité de pouvoir d’achat (PPA) sur la base des
projections à long terme de la croissance du
PIB des plus grandes économies au monde
d’ici à 2050, qui représentent actuellement
84% du PIB mondial.
Le centre de l’économie mondiale
devrait continuer de se déplacer vers les
pays émergents au cours des 35 prochaines
années.

COURS DU DINAR
Achat
US dollars
93,5071
Euro
106,1586

Vente
1 USD
93,5221
1 EUR
106,2037

COURS DES MATIÈRES
PREMIÈRES
Brent
Once d’or
Blé
Maïs
Cacao
Café Robusta

57,85
dollars/baril
1238,50 dollars
187,75 euros/tonne
156,00 euros/tonne
2008 livres sterling/tonne
1944
dollars/tonne

S. S.

BOURSE D’ALGER

Séance de cotation du 09/02/2015
TITRES COTÉS
ACTION

SAIDAL

COURS

VARIATION

550,00

-5,00

TITRES NON COTÉS
ACTION

ALLIANCE ASSURANCES Spa
EGH EL AURASSI
NCA-ROUIBA

DERNIER COURS DE CLÔTURE

620,00
440,00
375,00

OBLIGATION

SPA DAHLI

10 000,00

PRINCIPAUX INDICATEURS BOURSIERS

Capitalisation boursière :
Valeur transigée :
Encours global des titres de créance :
Encours global des valeurs du Trésor :
Indice boursier théorique

TAUX DE VARIATION

14 973 278 070,00
34 410,00
2 360 140 000,00
385 088 000 000,00
1 206,52

0,89%

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

L’Algérie profonde 15
BOUZEGUÈNE (TIZI OUZOU)

BRÈVES du Centre

L’école d’Ihitoussène
sinistrée

BÉJAÏA

Deux dealers écroués

n Deux dealers ont été arrêtés la fin de la semaine passée
par la brigade antistupéfiants relevant de la police
judiciaire de Béjaïa, a indiqué la cellule de
communication de la Sûreté de wilaya. Il s’agit de M. Y., 19
ans, et Ch. S., 27 ans. Ils ont été arrêtés au niveau de
l’ancienne gare routière, précise la même source. Une
quantité de kif traité et un couteau ont été découverts en
leur possession. Les deux mis en cause, présentés devant
le procureur de la République près le tribunal de Béjaïa,
ont été écroués pour “possession de drogue avec intention
de revente”.

Les petits enfants grelottent dans des salles de classe inondées par les eaux
pluviales qui traversent les plafonds en mauvais état. Laissée à l’abandon
depuis plusieurs années, à l’instar de nombreuses écoles de la commune,
l’école d’Ihitoussène n’a cessé de se dégrader.
es élèves de l’école
primaire Chahid
Aliane Mohand
Ouamar, du village
d’Ihitoussène, relevant de la commune
et de la daïra de Bouzeguène, 60
km à l’est de Tizi Ouzou, poursuivent leur scolarité dans des
conditions lamentables.
Les petits enfants grelottent dans
des salles de classe inondées par
les eaux pluviales qui traversent
les plafonds en mauvais état.
Laissée à l’abandon depuis plusieurs années, à l’instar de nombreuses écoles de la commune,
l’école d’Ihitoussène n’a cessé de
se dégrader.
Les logements d’astreinte inhabités ont subi d’énormes dégâts,
notamment au niveau des toitures. L’affaissement des charpentes et l’effritement des plafonds de trois logements
construits en surélévation des
salles de classes constituent de
gros dangers au quotidien.
Les eaux pluviales et les chutes de
neige pénètrent dans les logements, traversent le béton des
terrasses et inondent les classes
depuis plusieurs mois. La peinture du plafond et des murs,
entièrement abîmée, s'écaille et
laisse apparaître d’énormes
traces de moisissure.
La situation perdure et s’aggrave comme ce fut le cas, tout récemment avec la neige qui s’est
accumulée à l’intérieur des logements ouverts aux quatre
vents. Les eaux de pluie ont
inondé le sol carrelé des salles de
classe qui sont transformées en
piscine. Des débris de plafond se
détachent, déplore-t-on, et l’eau

H. KABIR

484 accidents enregistrés durant l’année 2014

n Quelque 484 accidents ont été enregistrés sur les routes
de Béjaïa durant l’année 2014, a indiqué la cellule de
communication de la Sûreté de wilaya. 20 décès, dont 17
hommes et 3 femmes et 678 blessés, ont été déplorés,
précise la même source. Durant la même période, 3775
permis de conduire ont été retirés par les services de
Sûreté de wilaya. Quelque 21 948 contraventions ont été
établies et 16 5313 véhicules ont été contrôlés dans les
quatre coins de la wilaya. À l’issue de ces contrôles, 287
véhicules ont mis à la fourrière, a-t-on indiqué.

L

H. KABIR

AGRESSION SUIVIE DU VOL DE 50 MILLIONS DE DA À BÉJAÏA

D. R.

Les auteurs arrêtés par la gendarmerie

L’état des classes est tel qu’il représente un véritable danger pour les enfants.

menace les équipements électriques, ce qui fait que personne
n’est à l’abri d’un court-circuit ou
d’un risque d’incendie.
Parfois, il faut couper l’électricité
de certaines salles pour éviter
d’éventuelles courts-circuits ou
électrocutions dans d’autres
salles. Devant l’état préoccupant de cette école, les enseignants ne savent plus à quel
saint se vouer. D’aucuns s’interrogent sur les raisons qui ont
laissé cette institution scolaire atteindre un tel degré de dégradation sans que les responsables

daignent réagir au bon moment.
Les parents d’élèves soucieux
de la santé de leurs enfants ont,
à maintes reprises, envisagé de
retenir leur enfants à la maison
et de fermer l’école afin d’attirer
l’attention des responsables de
l’APC et de la direction de l’éducation. Contacté par nos soins,
le P/APC de Bouzeguène nous a
affirmé qu’une commission diligentée par ses soins s’est déplacée, dernièrement, dans cette école et a établi un constat de
carence. Une enveloppe financière de 4 millions de dinars a été

dégagée pour les réparations des
dégâts. Au vu de l’importance
des travaux et pour ne pas perturber la scolarité des élèves, les
travaux ne pourront démarrer
qu’à partir du mois de juin,
c’est-à-dire, à la fin de l’année
scolaire en cours.
Cependant, le personnel enseignant et les parents d’élèves s’inquiètent et ne savent pas comment terminer l’année scolaire
dans de pareilles conditions surtout que des dangers permanents menacent les écoliers.
KAMEL NATH OUKACI

BOUIRA

Des transporteurs d’Ouled Bouchia
bloquent la RN5
es transporteurs d’Ouled Bouchia sont
revenus à la charge, avant-hier matin,
en barricadant la RN5 à l’intersection
menant vers la ville de Bouira et le CW127
reliant Sour El-Ghozlane. Pneus en flamme,
des fûts usagés, des branchages et autres barricades de fortune empêchaient toute circulation sur ce tronçon.
Dès le début de matinée, des altercations
entre usagers de la route et manifestants ont
éclaté alors que les gendarmes n’étaient
toujours pas intervenus.
La veille, ces mêmes transporteurs privés
avaient protesté devant le siège de l’APC de
Bouira pour réclamer l’aménagement et la
réfection de la route reliant leur localité au
chef-lieu de wilaya.
Ces transporteurs de la ligne n°7, reliant Ouled Bouchia, distante de cinq kilomètres de
la ville de Bouira, avaient manifesté leur mécontentement en interpellant les autorités
communales, à leur tête le P/APC. “La dégradation avancée de la chaussée malmène
sérieusement nos véhicules, sans parler des
clients qui se plaignent quotidiennement. La
route est tellement exiguë que, régulière-

L

ment, des tôles se froissent en croisant d’autres
véhicules”, fulmine Ahmed, un transporteur
privé exaspéré par le laxisme des autorités.
Il est à souligner que la boue couvre toutes
les crevasses et autres nids-de-poule en
rendant quasiment impraticable ce tronçon
de route. Cela serait dû, selon les protestataires, à la non finition des travaux de raccordement au réseau de l’assainissement.
Une délégation de ces transporteurs avait été
reçue, et les autorités communales ont promis d’étudier la situation pour y remédier
dans les plus brefs délais. Hier, le P/APC de

Bouira, qui s’est rendu sur les lieux, a une fois
de plus réitéré ses promesses en affirmant
que l’entrepreneur chargé des travaux de réfection de la route et de l’assainissement doit
reprendre les travaux incessamment. L’édile a même promis que l’éclairage public, une
des revendications soulevées également serait prise en charge très rapidement. Aux
alentours de 10h, les manifestants ont levé
le camp, non sans promettre de nouvelles actions de rue si rien n’est fait dans les
meilleurs délais.
HAFIDH BESSAOUDI

F. B.

MÉDÉA

Prise en charge des cas d’ectopies testiculaires
en milieu scolaire

n Une campagne de grande envergure sera lancée par la
direction de la santé et de la population de la wilaya de
Médéa pour la prise en charge chirurgicales des cas
d’ectopies testiculaires dépistés en milieu scolaire, selon
un communiqué émis à la presse. La 1re dans son genre,
l’opération se déroulera en 3 phases consistera en un
réexamen des cas recensés, la réalisation des bilans
préopératoires et avis spécialisés et la pratique des
interventions chirurgicales. Les interventions
chirurgicales se dérouleront pendant les vacances
scolaires du printemps et concerneront quelque 428 cas
recensés parmi les élèves des établissements
d’enseignement de la wilaya. Selon le même
communiqué, les interventions sont programmées du 3
au 12 mars 2015 au niveau de 8 polycliniques désignées
parmi les établissements de santé publique de la wilaya.
La 1re phase de l’opération sera menée sous la houlette de
médecins spécialistes en chirurgie qui seront assistés par
24 agents paramédicaux. L’opération consistant à
réexaminer tous les cas déjà dépistés afin de confirmer
les diagnostics et poser les indications chirurgicales
appropriées.
M. EL BEY

3 blessés dans une collision entre un bus
et 2 véhicules

n Un bus de transport de voyageurs a percuté 2 véhicules
légers circulant en sens inverse, avant-hier, au lieudit
Boukmouri, sur la RN1, dans la commune d’Aziz, faisant 3
blessés âgés entre 24 et 44 ans, lesquels ont reçu les
premiers secours par les éléments de l’unité secondaire
de la Protection civile de la daïra d’Aziz qui ont procédé à
leur évacuation vers l’établissement de soins de la même
ville pour des traumatismes divers.
M. EL-BEY

Incendie dans une habitation : 3 personnes brûlées

BLIDA

d’aucun moyen ou matériels antiincendie qui doivent être disposés dans
un magasin de stockage. L’intervention
rapide de la Protection civile de Boufarik a
permis d’éviter la propagation du feu vers
les maisons limitrophes et les voitures qui
se trouvaient tout près de l’entrepôt.

n Un incendie s’est déclaré dans une habitation située au
quartier Aïn Araïs, sur les hauteurs de la ville de Médéa,
suite à une fuite de gaz butane d’une bonbonne, faisant 3
blessés parmi les membres des occupants de l’habitation.
Selon les informations fournies par les éléments de la
Protection civile, les victimes ont eu des brûlures du 1er
degré au visage, à la tête et aux membres supérieurs.
L’incendie a aussi causé des dégâts matériels à la
construction sommaire recouverte de plaques ondulées et
de matériaux disparates.

K. FAWZI

M. EL BEY

Incendie dans une usine à Soumâa
n Un incendie s’est déclaré hier dans un
entrepôt d’une usine de fabrication de
serpillières, située au quartier Benaïssa,
au centre de Halouiya, relevant de la
commune de Soummâa. L’incendie s’est
vite propagé dans l’entrepôt qui contenait
des cartons d’emballage, des tissus et des
machines à coudre, et qui n’est doté

n Trois personnes, auteurs d’une agression suivie du vol
d’une somme d’argent estimée à 50 millions de DA dans
la ville de Béjaïa, ont été arrêtées par les gendarmes de la
section de recherches et présenté devant le procureur de
la République près le tribunal local qui les a placés sous
mandat de dépôt pour association de malfaiteurs et
agression suivie de vol, dont ont été victimes deux
employés d'une entreprise à El-Kseur (w. Béjaïa).
Rappelons que le comptable de ladite entreprise
accompagné du chauffeur à bord d'un véhicule de
marque Hyundai Accent, se dirigeant vers la ville de
Béjaïa, pour déposer la somme de 50 millions de DA à la
BNA, s'est arrêté dans la circonscription de Oued-Ghir,
suite à un accident matériel de la circulation routière
provoqué par le conducteur d'un véhicule de marque
Atos, qui était en compagnie de deux individus. Ces
derniers ont dépossédé les victimes de leur véhicule avec
la somme d'argent, avant de prendre la fuite en direction
de Béjaïa.

LIBERTE

L’Algérie profonde 15

Mercredi 11 février 2015

SKIKDA

Des experts italiens
pour former les artisans
en marbrerie

BRÈVES de l’Est
MILA

Les chasseurs traquent les animaux
dangereux

Cette formation entamée mardi sera encadrée par le Dr Morizio Martinelli, expert
international dans le domaine du marbre et de la pierre ornementale, et M. Umberto
Morescalchi, technicien supérieur et maître artisan qualifié.
ne trentaine d’artisans en marbrerie,
dont 20 de la wilaya
de Skikda, seront
formés par l’école
italienne des métiers
“Instituto Rinascenza Lysle” de Carrarra, à raison de 8 jours/mois pendant une période de 5 mois, au niveau des ateliers de l’Enamarbre de
Skikda, nous indiquera une source de
la Chambre d’artisanat et des métiers
de Skikda. La CAM, qui organise ce
projet de formation-apprentissage
dans le cadre de la coopération internationale entre dans le programme promotionnel du ministère du
Tourisme et de l’Artisanat de l’année
2013 et le programme du Fonds
national de promotion des activités
de l’artisanat traditionnel. L’objectif
principal est le transfert du savoir-faire des experts italiens aux artisans locaux. Cette formation théorique
dans le domaine du marbre, une richesse locale, est considérée, avec
l’apport du savoir-faire italien, de
haut niveau et concerne le sculptage, le polissage, la mosaïque, l’entretien et la restauration des anciens et
nouveaux objets en marbre, les techniques des formes ainsi que les produits artistiques et artisanaux. Elle
tend aussi à améliorer les compétences et le savoir-faire des artisans
experts dans le domaine du marbre
ainsi que des apprentis. Cette formation entamée mardi sera encadrée
par le Dr Morizio Martinelli, expert

U

D. R.
L’objectif principal est le transfert du savoir-faire des experts italiens aux artisans locaux.

international dans le domaine du
marbre et de la pierre ornementale,
et M. Umberto Morescalchi, technicien supérieur et maître artisan qualifié. Cette formation est dictée par
un besoin exprimé par les artisans
pour une meilleure professionnalisation de ce métier en vogue et
même par les exploitants qui éprouvent d’énormes difficultés à trouver

de la main-d’œuvre qualifiée pour
perpétuer cette tradition et partant
l’exploitation des gisements en
marbre locaux porteurs d’emplois. En
effet, la région de Filfila dispose
d’une importante carrière de ce matériau de qualité, comme les marbres
blancs et gris, qui sont très prisés,
particulièrement dans la décoration
des habitations et la sculpture. L’uti-

lisation du marbre remonte à
l’époque romaine où il a été abondamment exploité. Mais aujourd’hui, il reste relativement sous-exploité eu égard aux filons que recèlent les carrières de Skikda. Un créneau porteur qui peut favoriser la
création d’emplois, l’insertion des
jeunes et booster encore plus l’économie locale.
A. BOUKARINE

FORÊTS DE BATNA

La chenille processionnaire :
ennemi numéro un
l’instar des autres forêts du pays, celle de
la wilaya de Batna, qui reste parmi les plus
importantes en superficie et en variété, fait
face à une menace pourtant bien connue des services des forêt, en l’occurrence la chenille processionnaire du pin d’Alep. À la direction des forêts
de Batna, plus précisément au service de la faune et de la flore, le chef de bureau, M. Rezoughi
Abderahmane, nous dira que les larves sont
connues pour leur mode de déplacement en file
indienne, se nourrissent des aiguilles de diverses
espèces de pins, provoquant un important affai-

A

blissement des arbres. Aussi, pour lutter contre ce
fléau, notre interlocuteur nous explique
que “la campagne de lutte contre la chenille de procession est en réalité un programme qui touche 11
500 hectares à travers toute la wilaya. Nous avons
réalisé plus de 51% du programme, qui consistait
à enlever les nids des chenilles et leur incinération ;
l’opération est confiée à des forestiers qualifiés”. Et
de rajouter : “L’opération a lieu au moment où l’insecte confectionne son nid d’hiver, stades L3 et L5 ;
sachant qu’il y a un souci de santé publique, la chenille n’est pas uniquement dangereuse pour l’arbre”.

La prison ferme requise contre neuf faussaires 
Une peine de cinq ans de prison ferme a été requise, avant-hier, par le procureur de la
République près le tribunal de Batna à l’encontre de neuf personnes âgées entre 29 et 56 ans,
pour possession de matière et de matériel destinés à la fabrication de monnaie contrefaite.
Les faits remontent au 14 décembre 2012 lorsque les services de la police judiciaire (PJ) ont été
avertis, par un coup de téléphone, de l’existence d’un réseau qui s’adonnait à la contrefaçon
de monnaie. Agissant sur la base de cette information, la PJ a pu mettre la main sur deux
suspects, dans une embuscade, sur une route périphérique de la ville de Batna. Les deux
faussaires, qui se déplaçaient à bord d’un véhicule de tourisme, étaient en possession de
28 paquets de papier confectionné aux dimensions du billet de 1000 DA (2820 billets). Les
billets saisis étaient imbibées d’un produit verdâtre. Les autres membres du groupe faussaire
ont été appréhendés, plus tard, suite aux informations fournies par les deux individus
arrêtés. Il s’avèrera par la suite que les accusés procédaient à la manière des escrocs africains.
Ces derniers, faut-il le rappeler, faisaient croire à leurs victimes que le papier vert se
transformerait en billet d’argent, après un laps de temps déterminé.
LALDJA MESSAOUDI

En effet, en plus de se nourrir des aiguilles des pins,
entraînant une défoliation de l’arbre, la chenille
peut-être extrêmement dangereuse pour l’homme, l’insecte possède 600 000 poils urticants qui
sont projetés en l’air à la moindre agression,
pouvant provoquer  d’importantes réactions allergiques, mais aussi des troubles oculaires ou respiratoires. Selon le responsable du service, toutes
les dispositions sont prises pour que ce genre d’accidents n’arrive pas, sachant que les citoyens
sont informés de la dangerosité du nid mais
aussi de l’insecte, surtout dans les agglomérations
mitoyennes des forêts, soit urbaines ou suburbaines. Enfin, si la chenille possède quelques insectes prédateurs (ennemis naturels) à l’exemple
des guêpes, coccinelles, les mouches, ou certains
oiseaux à l’exemple de la mésange, le coucou ou
encore la huppe fasciée, le traitement  mécanique
reste le moyen le plus efficace et le plus radicale.
On apprend que les attaques à répétition donnent
d’autres maladies encore plus graves ; nos interlocuteurs nous disent vouloir faire le nécessaire,
que le mal se propage et du coup il passe à un stade plus dangereux. Jusque-là, 6351 hectares ont
été traités depuis janvier, période où la chenille est
la plus vorace. Ce traitement ne concerne qu’une
partie du programme, qui se poursuivra par des
opérations de lutte mécanique (échenillage) et incinération, dans l’espoir de réduire au maximum
le nombre de nids de chenilles.
RACHID HAMATOU 

Plus de 3 000 chiens errants et 300
sangliers ont été abattus, ces derniers
jours, en différents endroits de la wilaya
de Mila, lors de battues organisées par la
wilaya. En effet, pour réduire, un tant
soit peu, les dangers que représentent les
chiens errants, les sangliers et les
renards, la wilaya de Mila vient de
lancer de vastes opérations de chasse à
travers toute la wilaya. Objectif :
ramener la population canine errante et
le nombre de sangliers à des proportions
acceptables. Motivées par la
recrudescence, sans précédent, du
nombre de chiens errants et de sangliers
dans la région, des battues sont
organisées, ces derniers jours, à travers
l’ensemble des communes de la wilaya.
Cette opération, rendue possible grâce à
l’implication des chasseurs de toutes les
communes, s’est soldée, selon un
décompte encore provisoire, par
l’abattage de 3 038 chiens errants, 301
sangliers, 2 renards, une vache enragée
et un chat sauvage. En nombre de chiens
errants abattus, la ville de Chelghoum
Laïd détient temporairement la première
place avec 460 chiens tués, suivie par
Aïn M’louk, où le nombre des chiens
errants abattus a atteint les 238. Les
chasseurs de la commune de Rouached,
région montagneuse particulièrement
infestée de sangliers, ont réussi à
éliminer 71 têtes porcines depuis le
début de l’opération. Soulignons que les
chiens errants et les sangliers, en
constante progression au niveau
pratiquement de toutes les villes de la
région, sont devenus un réel danger pour
les populations locales, le cheptel et les
cultures maraîchères. On se rappelle
encore le cas de la petite écolière de
Arras mangée, il y deux ans, par un
chien errant, ou encore le cas des
cultivateurs séricicoles de la commune
de Baïnan qui, en 2013, avaient
abandonné leurs serres par peur des
hordes de sangliers qui écumaient la
région.
KAMEL B.

CONSTANTINE

Un mort dans un accident
de la route 
Un tragique accident de la circulation
est survenu avant-hier,
sur  l’autoroute  Est-Ouest entre la
commune de Aïn Smara et la cité
Zouaghi-Slimane, à Constantine. Un
camion a violemment heurté une
voiture à bord de laquelle se trouvaient
trois personnes. Le conducteur du
véhicule, un jeune homme de 30 ans est
mort sur le coup, alors que son épouse et
leur petite fille de 5 mois s’en sont
sorties indemnes. Le corps de la victime
a été transporté à l’hôpital de la nouvelle
ville Ali-Mendjeli. Les services de la
gendarmerie ont diligenté une enquête
pour déterminer les causes exactes de ce
drame.
HOUDA CHIED

KHENCHELA

Un motocycliste mortellement
percuté par une voiture 
Un jeune homme de 17 ans est décédé
hier, au CHU de Batna suite à un terrible
accident de la circulation qui s'est
produit à l’entrée ouest de la ville de
Khenchela, selon une source bien
informée. En effet, la victime qui était
sur sa moto a été violemment percutée
par une voiture venant dans le sens
inverse. Les services de sécurité ont
ouvert une enquête pour élucider les
causes exactes de ce drame. Il y a lieu de
rappeler que les éléments de la
Gendarmerie nationale de Khenchela
ont enregistré durant l’année 2014, plus
de 57 morts et 680 blessés dans 315
accidents de la route. Le bilan le plus
lourd a été enregistré sur la RN88 avec 93
accidents, a-t-on précisé.
M. ZAIM

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

L’Algérie profonde 15

SALON DE LA BOULANGERIE ET DE LA BISCUITERIE À ORAN

BRÈVES de l’Ouest

Les boulangers veulent
augmenter le prix du pain

SUITE À LA MANIFESTATION DE SIDI
ABDERAHMANE À TIARET

11 personnes sous
contrôle judiciaire
n 11 personnes parmi les manifestants
de Sidi-Abderahmane qui ont bloqué, la
semaine dernière, les RN 90 et 111, reliant
la wilaya de Tiaret à celles de Saïda et ElBayadh, ont été présentées ce dimanche
devant le procureur de la République
près le tribunal de Frenda qui les a
placées sous contrôle judiciaire en
attendant un complément d’enquête. Ces
dernières ont été arrêtées le lendemain
de la manifestation par les éléments de
la gendarmerie. Pour rappel, la
manifestation a commencé après un
tirage au sort entrepris en présence du
maire de Sidi-Abderahmane, du chef de
daïra d’Aïn-Kermes et supervisée par un
huissier de justice. Les mécontents ont
choisi la voie de la violence pour
dénoncer le tirage au sort qui a consacré
212 chômeurs bénéficiaires sur 600
demandeurs de terres agricoles.

Mais alors que le nombre de boulangers mettant la clé sous le paillasson augmente
chaque année, sur 800 boulangers recensés à Oran, ces dernières années, ils ne
seront que 500 dorénavant.

R. SALEM

BÉCHAR

D. R.

Arrestation de sept
dealers
n Les éléments du service de police
judiciaire de la sûreté de wilaya de
Béchar ont traité ces derniers jours 5
affaires de trafic de drogue qui ont
permis l’arrestation de 7 mis en cause,
tandis que deux autres dealers sont en
fuite. Selon un communiqué remis à
notre rédaction, l’âge des personnes
arrêtées varie entre 20 et 40 ans. Après
avoir exécuté un mandat de
perquisition, les policiers ont découvert
292,6 g de kif traité. Présentés au parquet
de Béchar, ils ont été écroués pour
détention de drogue destinée à la
commercialisation et à la
consommation.
R. ROUKBI
L’une des revendications des boulangers est la mise sur le marché de la farine “3SF” qui est d’une meilleure qualité est plus nutritive.

ORAN

a 3e édition du Salon de la boulangerie, de la biscuiterie et des équipements
des métiers de la bouche (Scobbi) a
ouvert ses portes lundi au centre des
conventions d’Oran et surtout sur
un nouvel appel des boulangers à
l’intention des pouvoirs publics. Le salon, qui regroupe quelque 40 professionnels du secteur de
la boulangerie, de la pâtisserie ainsi que des producteurs de matières premières et les grands
groupes de l’agroalimentaire et des équipementiers étrangers, a été l’occasion pour les représentants des boulangers de revenir une fois de plus
sur l’une de leurs plus anciennes revendications,
à savoir une augmentation des prix de la baguette de pain.
Ainsi, Baïche Fawzi, président de la section boulangers au sein de l’Union des associations des

L

commerçants, explique que les 10 DA actuels de
la baguette c’est un “prix qui a été fixé par le terrain, par l’informel. Le ministère avec qui nous
avons eu de nombreuses discussions a accepté ce
prix, mais c’est de manière informelle. Aujourd’hui
l’étude que nous avons faite avec des représentants
du ministère du Commerce montre qu’un prix réel
de la baguette serait de 11 DA”, assure notre interlocuteur. Mais alors que le nombre de boulangers mettant la clé sous le paillasson augmente chaque année – sur 800 boulangers recensés à
Oran, ces dernières années, ils ne seront que 500
dorénavant.
Ces derniers reprennent une autre de leurs revendications. Celle-ci concerne la mise sur le marché d’une farine spéciale la “3SF” qui aurait
comme atout d’être de meilleure qualité, permettant la fabrication d’un pain plus riche, plus

nutritif. En fait, il s’agit d’une farine mixte mêlant
semoule, son et farine qui permettra aussi de réduire la facture des importations, puisque contenant 30% de blé dur produit localement et 70%
de blé tendre.
Ce sont les Eriad qui auraient dû mettre sur le marché ce produit, or après quelques essais et analyses
économiques, les Eriad ont réalisé que le coût de
revient serait trop important, compte tenu des investissements très coûteux qui seront nécessaires
pour acquérir les équipements indispensables à la
mise en place de ce nouveau produit.
Ainsi le débat lancé au salon risque de perdurer,
alors que le salon en lui-même a cette particularité de mêler affaires et convivialité avec démonstrations de maîtres boulangers et pâtissiers
ainsi que le savoir-faire de vrais pizzaïolos.
D. LOUKIL

LUTTE CONTRE LA CRIMINALITÉ À ORAN

90% des affaires enregistrées
ont été traitées
es activités de la Sûreté de wilaya relatives à la lutte contre la
criminalité ont enregistré un
taux de traitement de plus de 90% en
2014 dans plusieurs affaires traitées
par les services compétents des sûretés urbaines d’Oran et de daïra.
Les chiffres font état de 3528 affaires
enregistrées, dont 2923 ont été traitées (82,85%) impliquant 3690 individus et 12 étrangers, soit 1919
mandats de dépôt, 42 autres mis sous
contrôle judiciaire, 42 citations directes et 720 relaxes pour les chefs
d’inculpation d’atteinte aux personnes (2159 cas) et destruction de
biens d’autrui (2539).
Concernant le volet des coups et
blessures volontaires, les services

L

de sécurité ont comptabilisé 1962
cas, dont 14 crimes de sang et 183
méfaits contre ascendant dans 2159
affaires enregistrées pour 1476 traitées, soit un taux de traitement de
68,36%. Le vol qualifié (1157), le vol
simple (1226) et le vol de véhicules
(149) ont connu 2523 affaires dont
1434 ont été traitées (56,83%).
Les affaires liées aux crimes économiques ont enregistré 12 cas, les
crimes financiers 146 dans 150 affaires qui se sont soldées par la mise
sous mandat de dépôt de 82 individus et 21 relaxes.
Les délits liés au faux et usage de
faux, l’escroquerie, l’abus de confiance, la fausse monnaie, le trafic de documents de véhicule ont enregistré

146 affaires ayant abouti à l’incarcération préventive de 138 individus.
Le trafic de drogue a connu une
courbe ascendante de 100% avec 744
affaires pour le même nombre traité. La saisie de 19 817 t de résine de
cannabis et de 12 709 comprimés de
psychotropes s’est soldée par l’arrestation de 811 individus, dont 4
étrangers, et la mise sous mandat de
dépôt de 669 inculpés.
Dans un autre contexte et en 2014,
les accidents de la circulation ont atteint 337 cas faisant 386 blessés et 47
décès. Le facteur humain est responsable de 299 accidents, 29 cas
sont dus à la vétusté du véhicule et
9 pour l’environnement. De ce
constat, il ressort 1891 cas de non-

respect du code de la route ayant
abouti à la mise en fourrière de
1378 véhicules et 8642 retraits de
permis de conduire.
Les contraventions dressées par les
services de police sont de l’ordre de
28 625, dont 24 664 ont été recouvrées par le Trésor public, a-t-on indiqué. Enfin, les 148 policiers activant sur les 31 plages ont procédé à
l’arrestation de 787 personnes pour
divers délits.
Les 160 interventions de cette police aux 10 postes du littoral oranais
ont permis de présenter à la justice
94 individus qui ont été écroués.
K. REGUIEG-ISSAAD

20 ans de prison pour les
assassins du clandestin
n La cour de justice d’Oran a condamné
ce lundi trois hommes accusés
d’homicide volontaire avec
préméditation, association de
malfaiteurs et vol, à 20 ans de prison
ferme alors que le procureur général
avait demandé, dans son réquisitoire, la
peine capitale. Les faits remontent à
avril 2013 quand les services de la
Gendarmerie nationale d’Aïn El Bia ont
ouvert une enquête sur la disparition,
signalée par sa famille, d’un homme de
28 ans. Son corps sera découvert dans
une ferme près du domicile familial. Les
premiers éléments de l’enquête
convergent vers un assassinat puisque la
victime trouvée ligotée avec du fil de fer,
avec une blessure crâne. Les
investigations des enquêteurs les
conduiront à identifier trois suspects, les
dernières personnecqu’il a rencontrées
avant sa disparition. Ces derniers,
interrogés, nieront leur implication dans
le meurtre mais seront confondus par le
témoignage du frère de la victime. Il dira
que le jour du match entre le MCO et
l’USMA, son frère, taxieur clandestin,
l’avait déposé au stade lui donnant
rendez-vous à la fin de la rencontre pour
le raccompagner. Mais il le rappellera
pour le prévenir de ne pas compter sur
lui puisqu’il avait été sollicité par trois
individus pour les accompagner à
Canastel. L’enquête relèvera qu’en cours
de route, les prévenus demanderont à la
victime de changer de cap et de les
déposer dans une boîte de nuit à Aïn
Turck. Profitant de la nuit, ils passent à
l’acte en lui portant des coups avec un
objet contondant à la tête, se
débarrassant ensuite du corps dans une
des fermes de la région. Le véhicule, une
Peugeot Partner, sera désossé et revendu
sous forme de pièces détachées.
AYOUB A.

Mercredi 11 février 2015

16 Culture

LIBERTE

MIREILLE CALLE-GRUBER, PROFESSEUR ET ÉCRIVAIN, À “LIBERTÉ”

“La langue française
a énormément gagné
avec Assia Djebar en poésie”
Professeur à la Sorbonne-Nouvelle – Paris III et écrivain, elle est une importante spécialiste de l’œuvre d’Assia
Djebar à laquelle elle a notamment consacré un ouvrage. Dans cet entretien, Mireille Calle-Gruber nous éclaire
sur l’écrivain disparu, en revenant sur son parcours d’écriture, son travail au cinéma et l’écho de son œuvre.
en faisant le porte-parole, mais elle se donnait simplement la tâche de les faire entendre, de faire entendre leurs voix, et je trouve magnifique comme
elle était capable d’écouter les récits qu’on lui faisait, que ce soit les récits de la guerre, que ce soit
après plus tard les massacres qui ont eu lieu dans
les années 1990.
Dans, par exemple, Oran, langue morte, ce sont souvent des choses qu’on lui a racontées et qu’elle met
ensuite en fiction, parce qu’elle imagine. C’est un
moment très fort avec le fait aussi qu’elle relie ça
à des récits mythologiques comme notamment
Les Mille et Une Nuits. Au fond, elle prend pour modèle Shéhérazade et Dinarzade, les deux sœurs avec
l’une qui réveille l’autre, l’une qui aide l’autre à raconter, et chez Assia Djebar, il faut toujours être
au moins deux, au moins deux femmes pour pouvoir être forte. Et ça, c’est une grande leçon de ce
qu’elle appelait la sororité, qui est cette solidarité entre les femmes qu’elle a puisée évidemment
dans cette culture des femmes algériennes, des
femmes arabes qui savent qu’il faut être ensemble, et comment pour elle cette solidarité des
femmes finalement fait leur force en face de la domination patriarcale qui les subjugue. Lorsqu’elle dit par exemple dans L’Amour, la fantasia, en tout
cas l’homme n’a pas de chambre, il peut avoir
quatre femmes mais il a quatre chambres, si nous
on décide de le mettre à la porte, il n’a pas de place dans la maison. C’est quelque chose qu’elle a
compris, qu’elle a transmis et qui fait qu’elle a eu
une si grande importance dans la perspective de
l’émancipation des femmes.
Elle a su valoriser de ce que les femmes savaient
de chants, de danses, de récits, de sagas, de mémoire, c'est-à-dire qu’elle a vraiment montré
qu’il y a une culture des femmes. Les femmes ce
n’est pas seulement des personnes qui font des
enfants, font la cuisine, mais elles ont leur culture,
qui est une culture ancestrale, orale, qui est de la
poésie. Elle leur a redonné la voix, elle leur a redonné une dignité aussi, elle leur a redonné aussi une confiance en elles, et ça c’est évidemment
très beau.

Un manuscrit inédit donc ?
Oui, elle a certainement des choses inédites,
je pense. Ça laisse quand même un goût d’inachever, on se dit qu’elle est partie trop tôt, évidemment beaucoup trop tôt. C’est jeune aujourd’hui l’âge qu’elle a, elle avait encore des tas de ressources. Et puis, elle a vécu ces déchirements qui
sont quand même constitutifs et de nous et de tout
ce que nous vivons aujourd’hui. Ces déchirements culturels qui sont en même temps une
grande chance. Elle nous a toujours montré que
c’était une chance d’être dans les différences. Cela
dit, elle était aussi sans concession ; elle était très
critique, elle nous a appris à être critique, à être
franche, à être directe quand il fallait et à ne pas
lâcher sur des choses essentielles. Pour moi, c’est
ça la perte, elle est très profonde, elle est hélas irréparable.
L’œuvre djebarienne est associée à l’émancipation des femmes, à l’Algérie et à l’histoire.
Jusqu’à quel point cette observation peut être
juste ?
C’est vrai qu’elle a d’abord écrit ses quatre romans
dans les années 1950 et début 1960, et puis elle a
eu une interruption, et puis ensuite je crois que
vraiment le grand œuvre commence. Je lui en avais
parlé, d’ailleurs elle était assez d’accord. Je crois
que le pas décisif c’est quand elle recommence à
écrire en 1980 avec Femmes d’Alger dans leur appartement. Il faut dire quand même que c’est une
historienne de formation, donc c’est vrai qu’elle
a toujours écrit de la fiction mais avec toujours un

D. R.

Liberté : Que représente plus généralement la
perte d’un grand écrivain comme Assia
Djebar ?
Mireille Calle-Gruber : Pour moi, c’était une très
grande amie, je la connaissais depuis 1987 et on
a fait énormément de choses ensemble. Elle me
disait toujours que
Entretien réalisé par : j’étais sa sœur en
littérature. J’ai
SARA KHARFI
beaucoup travaillé
sur ses livres, elle me lisait aussi et c’était merveilleux. Donc, je suis effondrée, c’est vraiment terrible. Mais plus généralement, c’est un immense
écrivain qu’on perd, parce que je pense que le travail d’écriture et des langues, quand il est vraiment
sérieux, il touche aux questions les plus profondes
de l’être, et pour elle, c’était vraiment la question
d’être à l’Autre. Elle a connu la colonisation, la guerre d’Algérie, la décolonisation, donc elle est vraiment le témoin d’une histoire à la fois terrible et
fondatrice aussi des relations franco-algériennes.
Je pense toujours au prénom qu’elle a choisi “Assia”, c'est-à-dire la conciliation, celle qui console,
celle qui concilie, et c’est vrai qu’elle a été comme
cela : elle est dans la langue française parce
qu’elle ne pouvait pas écrire en arabe, mais elle a
toute une culture berbère, arabe, musulmane, française, et avec ça, elle écrit dans une langue superbe,
qui nous apprend à dépasser nos clivages ou plutôt à vivre avec, à vivre ensemble. Et je crois qu’aujourd’hui, avec les difficultés du vivre-ensemble
qu’on connaît, pas seulement en France, mais je
dirais en Europe et dans le monde entier, elle nous
montre vraiment la voie de quelque chose qui est
de l’ordre de la réconciliation, et on avait bien besoin d’elle. On a ses livres bien sûr mais ce n’est
pas la même chose, elle n’avait pas fini d’ailleurs
son œuvre. Donc, en outre, on n’aura jamais la fin
du quatuor. Elle avait programmé quatre livres
qu’elle appelait son quatuor algérien, L’Amour, la
fantasia, Ombre sultane, Vaste est la prison, et elle
était en train d’écrire Les larmes d’Augustin. Elle
m’en avait parlé, je pense qu’elle a écrit peut-être
une centaine de pages, mais voilà il ne sera jamais
terminé.

socle historique d’historienne. J’étais toujours
impressionnée comme elle allait dans les bibliothèques pour étudier les archives, que ce soit les
archives militaires des militaires français pendant
la colonisation où, là, je me souviens pour Les
larmes d’Augustin, elle allait en bibliothèque
pour lire des textes anciens, pour se documenter
sur Saint Augustin.
Il y avait ce travail-là, mais le changement est venu
lorsqu’elle a compris qu’il fallait qu’elle franchisse le pas vers l’autobiographie. Elle m’a dit
d’ailleurs une fois je savais qu’à un moment, il fallait que je franchisse le pas vers l’autobiographie,
sinon je n’étais pas dans une authenticité ou dans
une sincérité. Elle m’a aussi dit que c’était très dur,
parce que, dans la culture arabe, en principe on
ne se met pas en avant, on ne dit pas je, on ne fait
pas de l’autobiographie. Donc, elle se sentait
comme impudique.
Elle écrivait en fait dans les années 1970 mais ne
publiait pas. Le jour où elle a décidé de franchir le
pas et de se lancer dans l’autobiographie, ça a donné tout cet œuvre magnifique qui est à la fois l’histoire personnelle, l’histoire collective et l’histoire
de l’Algérie aussi. Je crois aussi qu’il y a eu les quatre
romans, disons de jeunesse, qui n’étaient pas rien
parce qu’elle a eu beaucoup de succès à ce moment-là, et il y a eu quand même les textes où déjà
il était question de la guerre d’Algérie, le maquis…
De plus en plus, le roman s’infléchissait vers
quelque chose de grave. Et lorsqu’elle a franchi le
pas, elle a trouvé en même temps une forme d’écri-

ture que je trouve absolument extraordinaire. Pour
moi, L’Amour, la fantasia c’est un immense roman,
je dis toujours quand on me demande, il faut commencer par lire L’Amour, la fantasia.
Pour beaucoup, c’est son chef-d’œuvre…
Après on se dit qu’ils sont tous des chefs-d’œuvre
à leur manière, mais je crois que c’est là que vraiment elle trouve la forme, elle trouve une sincérité et une tonalité qu’elle n’avait pas auparavant.
Comment s’est fait le travail sur la fiction
et l’autobiographie ?
Il me semble qu’elle n’a jamais fait de l’autobiographie personnelle, si j’ose dire. C'est-à-dire cette autobiographie a toujours été en relation avec
d’autres, avec des biographies, les biographies des
autres femmes, et elle s’est toujours considérée —
et je l’admirais beaucoup pour cela — comme, elle
disait, la diseuse ou la scripteuse ou la transmetteuse ou la passeuse de ses sœurs qui ne pouvaient pas écrire, qui étaient souvent analphabètes
à son époque —les filles n’allaient pas forcément
à l’école, c’était même assez rare. Donc, elle savait
qu’elle avait eu cette chance d’avoir un père qui
était comme elle disait joliment “instituteur arabe de la France”, et qui a choisi de lui faire des
études et de ne pas l’enfermer dans un gynécée.
N’ayant pas connu le voile, n’ayant pas connu la
claustration, elle a eu ce geste que je trouve extraordinaire de responsabilité vis-à-vis des autres
femmes. Elle n’a pas non plus joué à l’intellectuelle

Dans l’ouvrage que vous lui consacrez, “Assia
Djebar ou la résistance de l’écriture, Regards d’un
écrivain d’Algérie” (éditions Maisonneuve &
Larose, 2001), vous mettez dans le titre le mot
“résistance”, quel sens donnez-vous et donnait-elle à ce mot ?
Elle aimait beaucoup ce titre. Pour moi, avec ce titre
je jouais sur toutes les facettes du mot. Je pense
que le lieu de combat pour Assia Djebar a été la
littérature. Elle ne s’en est jamais départie. Elle
n’était pas quelqu’un qui allait à la tribune pour
faire un discours politique ou pour faire un témoignage, elle disait toujours mon combat est
dans la langue, dans l’écriture et c’est là, parce que
je suis écrivain, que je dois me bagarrer.
En outre, la résistance en électricité, dans la polarité, ça permet de faire passer des intensités, du
courant, de jouer sur les tensions, sur les forces et
les énergies, et je pense que c’est comme ça
qu’elle conçoit l’écriture. C’est une très belle écriture, c’est une écriture qui travaille dans la diversité
des langues. Je pense que la langue française a
énormément gagné avec elle en poésie, en intensité, en puissance parce qu’elle était toute nourrie de ce qu’elle appelait “les voix ensauvagées”.
Dans Ces voix qui m’assiègent, elle dit il y a la francophonie mais pour moi c’est une francographie, c'est-à-dire j’écris en langue française mais
la phonie est arabe, elle est berbère ; ce sont les voix
ensauvagées, les voix insoumises, et donc ça
donne un français d’une très grande beauté,
parce que c’est une langue de poésie, ce qu’elle appelait aussi son pays-langue.
SUITE EN PAGE 17

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

Culture 17

SUITE DE LA PAGE 16

La “construction” de la langue s’est, peut-être,
également, concrétisée par le passage au cinéma. Comment le langage cinématographique at-il approfondi ou transformé son œuvre par la
suite ?
Je pense que le cinéma a vraiment nourri son écriture, cette écriture qu’elle découvre à partir de 1980
avec l’autobiographie. Françoise Giroud pour
L’Express lui avait demandé une enquête sociologique et elle est allée dans la région de Cherchell
où elle a interviewé beaucoup de femmes, les a
enregistrées, et je pense qu’il y a quelque chose
de très fort qui s’est passé là, je crois que c’est là
qu’elle a découvert à quel point il y avait cette
proximité, cette solidarité et donc ça a déclenché
ce désir je crois de cinéma. Elle puise dans ses entretiens, elle puise dans son expérience de cinéma qu’elle raconte dans certains épisodes de
Vaste est la prison. Très vite, le récit cinématographique et le récit littéraire n’ont fait qu’un pour
elle, ou en tout cas se sont articulés comme une
sorte de complémentarité, peut-être aussi parce
qu’il y a cette question du voile et du dévoilement.
Elle dit qu’elle apprend à regarder avec le cinéma,
que derrière son appareil, elle peut regarder ce que
le voile lui interdit de regarder. Je me souviens
qu’elle disait quelque chose comme : nous qui regardons, nous qui commençons, nous les femmes.
Le cinéma est une expérience collective là aussi
et c’est quelque chose qu’elle vit avec les autres
femmes, qu’elle partage. Elle leur donne la parole. La Nouba des femmes du mont Chenoua est
quand même à base autobiographique mais ce
n’est pas elle qui joue, elle est dédoublée puisque
c’est une actrice qui lui ressemble énormément
qui joue. Je crois que du coup, ce côté pudique de
sa part se trouve satisfait dans la mesure où elle
est comme cachée, ce n’est pas elle qui est sur scène, elle est dédoublée, c’est un personnage en
même temps, donc ça lui permet de se projeter
sans être au premier plan, sans être exposée de
manière frontale. Mais ce qui m’a frappé dans ce
film-là c’est la tendresse qu’elle a envers ces
femmes, le regard très généreux qu’elle porte sur
elles. Les images sont superbes et elle aimait beaucoup les vêtements que portaient ces femmes, la
manière dont elles étaient maquillées ou tatouées. Il y avait cet amour-là de la grâce, d’une
certaine grâce féminine qu’elle voulait mettre en
relief qui est aussi une forme d’existence plénière, qui est leur manière d’exister à part entière,
d’exister dans un espace à elles, d’être pleinement
elles et de ne pas être des soumises, des diminuées,
des subjuguées. Ça faisait aussi partie de ce travail d’émancipation et de prise de conscience de
sa propre force, qui est une force faible, certes, mais
qui est une force gracieuse et généreuse. Dans Vaste est la prison, lorsqu’elle raconte les épisodes de
tournage, elle parle de la femme Arable, pas
Arabe mais Arable, et c’est très beau, c’est en même
temps la femme féconde, la femme fructueuse, la
femme capable de cette générosité. Je pense que
le cinéma a été un révélateur de ce point de vuelà et ça l’a nourri tout le temps. La zerda ou les
chants de l’oubli est extraordinaire parce que
c’est un film d’archives, c’est un film autrement
politique mais ça c’est son côté plus historienne
peut-être. Je me souviens qu’elle avait fait beaucoup de recherches dans les archives et elle aimait
beaucoup les scènes de danse, par exemple, dans
le sud de l’Algérie. Elle prenait un soin tout particulier à cadrer, à enchaîner, enfin, à composer,

D. R.

Elle disait toujours on peut être exilé de sa terre
mais on n’est jamais exilé de la langue. Je pense
qu’elle savait que s’émanciper ne voulait pas
dire se renier, c'est-à-dire que pour autant, elle était
toujours du côté des siens, elle reconnaissait les
siens, et, du coup, ça donnait évidemment dans
sa langue, dans son écriture, dans sa position aussi, une très grande tension, parce qu’elle n’était ni
du côté français ni du côté algérien, et du côté français et du côté algérien. Elle vivait ces contradictions, plutôt elle les écrivait de la manière la plus
forte et la plus sincère qu’il soit, ce qui n’est pas
facile. Je pense qu’elle-même d’une certaine manière, elle était une sorte de résistance dans son
corps, il y avait quelque chose de très fort qui passait. D’ailleurs elle était toujours dans une grande émotion. Je me souviens que pour Nulle part
dans la maison de mon père, elle pleurait lorsque
Marie-Christine Barrault lisait les textes. Au Colloque de Cerisy que j’avais organisé et où j’ai travaillé aussi sur Nulle part dans la maison de
mon père, elle pleurait également. Donc, elle
n’était pas seulement sincère, mais elle était
dans une émotion. Son corps était une sorte de passage de l’écrit. Marguerite Duras dit que l’écrit c’est
le train qui passe à travers votre corps, je crois
qu’Assia était comme ça, dans cette tension émotionnelle et qui fait que cette langue, elle est un
chant, une transe, un cri, et pas seulement de la
signification au premier degré.

Assia Djebar, Mireille Calle-Gruber et Andrée Chedid

comme ses romans, finalement. Je pense qu’il y
a un travail de montage qui, sans doute, se retrouve
dans ses romans. Ses romans ne sont jamais linéaires, alors, c’est vrai que c’est une narration qui
puise aussi beaucoup dans la culture narrative arabe – une narration qui a un temps multiple, une
lenteur, une sorte de mélopée – mais je crois aussi que ça vient du montage cinématographique
qui fait qu’on a, chaque fois, une architecture ou
une symphonie, aussi, avec les voix par exemple
dans “L’Amour, la fantasia”. Le modèle musical est
très important chez elle et c’est drôle parce qu’on
le retrouve au cinéma avec la “Nouba…”, ce film
est complètement construit sur les mouvements
de la Nouba. Les deux formes de récit se complètent, se nourrissent mutuellement et font qu’on
a des formes nouvelles et un peu hybrides qui se
construisent en miroir ou en échange.
Malgré son écho mondial, sa traduction en
plusieurs langues, son œuvre reste assez méconnue. Est-ce du fait de sa discrétion à elle ou
les raisons sont autres ?
C’est vrai qu’elle n’a jamais couru après les médias et elle s’est toujours un peu protégée. C’était,
je dirai, une grande dame de la littérature, une
grande dame tout court, elle avait énormément
de dignité et une sorte de grâce intérieure mais
c’est vrai qu’elle était toujours très réservée. Avec
moi, avec ses amis, elle était au contraire d’une très
grande proximité mais elle se livrait peu en public, elle avait toujours une petite distance, alors,
c’est sûr que les médias préfèrent des personnes
plus communicatives mais je pense qu’il y a
plein d’autres choses. D’abord, elle est très nuancée, ce n’est pas quelqu’un qui fait des choses carrées, simplistes, elle nuance toujours. Elle a une
langue qui demande, quand même, une certaine
attention, ça ne se lit pas à toute vitesse, c’est de
la poésie pure par moments, et c’est magnifique
mais il faut quand même le temps de rentrer dans
le livre. Alors, peut-être, il y a ça aussi parce que,
malheureusement, on est aujourd’hui de plus en
plus dans une rapidité de la communication qui
fait qu’on demande que le roman soit noir ou
blanc, qu’il nous dise que le personnage est comme ci ou comme ça, et, chez elle, tout est toujours
très imbriqué, très entrelacé, très nuancé. C’est une
littérature de la méditation, de la rêverie. Elle a des
images qui sont très belles, qui sont très fortes mais
qui en même temps sont nourries d’une très grande culture que, peut-être, certains dans les nouvelles générations n’ont pas. Par exemple, je
trouve une image très belle et très forte quand elle
parle de la main coupée de l’Algérienne que Fromentin, le peintre du XIXe siècle, ramasse dans une
oasis après que les Français ont fait un massacre
et elle dit je ramasse cette main de la mutilation
et je lui fais porter le qalam. C’est magnifique mais
en même temps, peut-être, aussi, que les jeunes
générations ne savent même pas qui est Fromentin. De même, elle fait des références à Ibn Arabi à Ibn Khaldoun, et je ne sais pas si en Algérie,
au Maghreb, ailleurs, on étudie encore ces texteslà, ça, ne je peux pas juger. Mais je pense qu’en
France, c’est peut-être aussi cela qui fait qu’on pense que c’est une littérature déjà d’un niveau assez
élevé. Personnellement, je ne le crois pas, je crois
qu’on peut la lire à différents degrés, vraiment, et
que par ailleurs elle nous parle de choses tellement
quotidiennes, tellement viscérales, qui sont toujours nos problèmes aujourd’hui, qu’elle est extrêmement non seulement d’actualité, ça ne
veut pas dire grand-chose mais elle nous parle de
tous nos problèmes, de toutes nos questions, que

ce soit l’émancipation des femmes, donc, aussi, celle des hommes, que ce soit les questions de rapport à la langue de l’autre, que ce soit le vivre-ensemble. Maintenant, il ne faut pas non plus négliger qu’elle est malgré tout très connue. Je
crois qu’en France, il y a un autre problème qui est,
malheureusement, toujours celui des rapports
franco-algériens. Je crois qu’en France, on n’a pas
encore regardé en face l’histoire de la France et de
l’Algérie, la Guerre d’Algérie, la décolonisation, on
a toujours beaucoup de mal que ça reste un peu
un sujet tabou, et le fait d’être à la fois une femme et d’être une Algérienne en France, il y a quand
même encore des sortes de tabous que par
exemple, il n’y a pas du tout en Allemagne. Elle
est très appréciée en Allemagne où elle a eu énormément de prix, tout comme ailleurs. Il a vraiment
fallu attendre 2005 pour qu’elle entre à l’Académie française mais, jusque-là, en France, elle
n’avait pas eu de prix. Et puis, peut-être, encore
autre chose, c’est que Assia Djebar est très courageuse et qu’elle ne mâche pas ses mots non plus.
Elle est très douce, a beaucoup de grâce et en même
temps, elle dit des choses très graves et notamment
à l’Académie française. Pour son discours, elle n’a
pas eu peur de rappeler que la colonisation avait
décivilisé, que la colonisation avait dégradé l’Europe. Ce sont des vérités qui ne sont jamais très
bonnes à dire, et en plus, elle les disait à l’Académie française où on a l’habitude d’avoir des
conventions, de polir le tout et de ne pas faire de
vagues. Je me souviens aussi qu’elle a dit que ce
n’était pas elle qui entrait à l’Académie française,
c’était la francophonie et qu’elle entrait avec
tous ses amis morts, massacrés en Algérie dans
les années 1990. Elle disait des vérités à la France, elle disait des vérités à l’Algérie, donc, je pense que son courage la dessert quelquefois un petit peu. La résistance est une éthique fondamentale chez elle. Quand on est un grand écrivain, je
pense qu’on est quelqu’un de courageux éthiquement et c’est seulement comme ça qu’on est
un grand penseur mais du coup c’est plus difficile
à accepter. Je pense qu’il faut du temps, mais que
Assia Djebar sera de plus en plus lue, de plus en
plus appréciée et de plus en plus indispensable.
En tout cas, je peux vous dire que moi, à l’université
et dans mon domaine, je vais m’y employer,
c’est pour moi une tâche, un devoir que j’ai envers
elle à la fois d’affection, d’amie et puis d’une œuvre
à laquelle je veux qu’on rende tout l’hommage
qu’elle mérite. J’espère que les jeunes femmes que
ce soit en Algérie ou dans d’autres pays vont la lire.
Elle ne parlait pas seulement pour les femmes algériennes, elle a toujours dit qu’elle parlait de
toutes les femmes au monde, elle n’est pas tombée non plus dans le piège du régionalisme si on
peut dire, elle dit bien qu’elle parle pour un arabe féminin, un arabe souterrain qui est aussi bien
la traduction de l’afghan, de la langue iranienne,
du swahili, de n’importe quelle langue au monde, qui serait une langue féminine qu’on n’entend
pas. Elle a vraiment travaillé et écrit pour nous tous
et il faut que nous recevions cet héritage. C’est quelqu’un de merveilleux et il faut la chérir. Je me souviens qu’elle disait toujours qu’elle avait souffert
de ne pas avoir de modèle féminin en littérature, maintenant elle est un modèle, elle a montré
la voie. Je pense qu’il y a des générations déjà, qui
dans les pays du Maghreb, partout dans le monde, écrivent dans son sillage. Elle a permis de l’audace et de la recherche.
Que pensez-vous d’Assia Djebar et le prix Nobel ?
Je pense qu’elle a été nobélisable pendant plusieurs

années. C’est une grande injustice qu’elle ne l’ait
pas eu, il faut le dire. Je crois que les Nobel ont été
trop frileux et que, finalement, ils ne lui ont pas
décerné ce prix parce qu’il y avait l’Algérie, parce
qu’il y a le problème palestinien, parce qu’elle est
musulmane. Je crois qu’il y a de ça.
Ils n’ont pas osé. Je ne m’explique pas autrement
cette frilosité-là, parce qu’elle aurait vraiment dû
l’avoir, et au contraire, je pense que ça aurait été
merveilleux, comme femme, comme Algérienne,
comme Arabe, musulmane… pour tous les points
de vue justement ça aurait été important, mais
voilà, il faut dire qu’elle est nobélisable depuis 4/5
ans au moins.
Je pense qu’elle est passée très près de ce prix, et
c’est vraiment un de mes grands regrets qu’elle
soit disparue avant de l’avoir. J’ai toujours espéré qu’elle l’aurait. Et je pense que les derniers Nobel français ne sont pas du tout au même niveau
que l’écriture d’Assia. Vraiment.

…SORTIR…
Portes ouvertes
n -Jusqu’au 15 février prochain au centre
culturel APC d’El-Mouradia, portes ouvertes
sur l’établissement Arts et Culture et les
conservatoires.

Rencontre
n -Les professeurs Ahmed Rouadjia et Adel
Abderrazak animeront un café littéraire
autour du livre Repenser l'université, samedi
14 février à 14h, au Théâtre régional
Malek-Bouguermouh de Béjaïa.

Cinéma
n -Jusqu’au 13 février à la salle El-Mougar,
projection du long-métrage Harraga Blues
de Moussa Haddad, à raison de 4 séances
par jour : 14h, 16h, 18h et 20h. Le 12 février,
deux séances seront maintenues : 14h et 20h
; le 13 février, deux séances seront
maintenues : 16h et 20h.

Concerts
n -L’ambassade d’Espagne et l’Institut
Cervantès d’Alger, en collaboration avec le
Musée public national d’art moderne et
contemporain (MaMa), organisent un
concert du quintette de saxophones du
Conservatoire supérieur de musique de
Séville (dans le cadre de la 6e édition du
Festival d’art contemporain d’Alger et de la
série de concerts «Figures Sonores IV»),
demain à 17h, au MaMa. Entrée gratuite.
n -Concert de musique chaâbie avec Kamel
Aziz, demain à 20h, à la salle Ibn Khaldoun
(12, rue Docteur Saâdane, Alger).

Théâtre
n -Représentation de la pièce Tivi, du
Théâtre régional de Tizi Ouzou, écrite et
mise en scène par Mekrab Ilyes, ce soir à 18h,
au Théâtre national algérien MahieddineBachtarzi.
n -Générale de la pièce Ali ar-Raâd du
Mouvement théâtral de Koléa (MTK),
demain à 18h, à la salle El-Mougar.

Des

20

Gens

& des

Mercredi 11 février 2015

Faits

LIBERTE

Vous écrivez des histoires et aimeriez les faire publier. Envoyez-les nous à l’adresse suivante : libertehistoires@gmail.com. Si après sélection, elles retiennent l’attention de la rédaction, elles seront publiées.

CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE
Récit de Adila Katia

L’inaccessible
1re partie

Premier chapitre  : La torture…

jourd’hui que cette rupture est pour de
bon, c’est pour t’éviter de souffrir !
Elle sursauta comme si elle venait
d’être frappée. La voix étranglée par la
colère, elle répète :
- M’éviter de souffrir ? Tu aurais pu le
faire il y a dix ans !
-Tu ne voulais pas m’écouter ! cria-til, serrant les poings. Chaque fois que
je me séparais de toi, tu tombais malade ! ça me faisait de la peine !
-Et maintenant, qu’est-ce que tu ressens
en sachant que je risque de mourir parce que nous nous séparons pour de
bon ?
- Tu peux te mettre en tête que je ne
mourrai pas avec toi ! Adieu !
Sur cet adieu qui arrache un cri puis
des larmes à Maria, il part sans se tourner une seule fois.
Elle pleura longtemps, toujours assise
au même endroit, sur ce banc en bois,
sous cet arbre aux basses branches qui
les avait dissimulés des regards indiscrets
et qui les avait protégés des rayons brûlants du soleil.
C’était la mi-août, et Maria avait froid et
se sentait comme abandonnée. Ne venait-elle pas d’être plaquée ?

Pourquoi m’avoir fait attendre ?
Maria sentit des larmes lui mouiller les
yeux. Mais elles ne coulèrent pas,
comme si elles s’étaient glacées devant
le regard méprisant de Yahia.
-Tu ne pouvais pas comprendre toute
seule ? lui reprocha-t-il. Une autre aurait compris bien avant que je ne le lui
dise de vive voix ! A plusieurs reprises,
je t’ai dit que tu ne tirerais rien de moi !
Ce n’était pas suffisant !
-Je croyais que c’était du côté matériel !
rétorqua Maria. Mais alors, pourquoi
revenais-tu après toutes les ruptures
qu’il y a eu  ? C’était toi qui insistais
pour qu’on reprenne ! lui rappela-t-elle.
Tu me faisais la cour au point de me
faire tourner la tête, de me faire oublier
les tortures par lesquelles tu m’as fait
passer ! Tout simplement parce que je
t’aimais ! Comme c’est encore le cas aujourd’hui… Mais qu’ai-je fait pour
mériter un tel châtiment ! Aimer un
homme qui ne pense qu’au plaisir, à
l’instant présent ! Qui refuse de songer
à l’avenir !
-Je t’avais avertie Maria  ! Inutile de
chercher à me troubler la conscience,
tu ne réussiras pas  ! Si je te dis au-

Dessin/Mokrane Rahim

Pourquoi ? Mais pourquoi ?
Maria l’avait presque crié. Elle tremblait
de colère devant tant d’injustice.
Était-ce là la récompense de Yahia,
l’homme qu’elle aimait depuis dix ans,
qu’elle attendait, qu’elle avait attendu,
croyant qu’il méritait tous les
sacrifices ?
- Mais pourquoi ? s’écria-t-elle à nouveau mais d’une voix presque implorante. Qu’est-ce qui me manque  ?
Pourquoi ne puis-je pas être ta femme ?
Qu’est-ce qui te répugne en moi ?
Yahia passa une main tremblante dans
ses cheveux blonds. Ses yeux bleus se
posèrent sur ceux de Maria, noirs
comme la nuit, puis passèrent sur son
corps mince pareil à celui d’une adolescente. Pourtant, elle avait trente-trois
ans. Ce n’était plus une adolescente
mais une femme. Et à ses yeux, elle exigeait trop de lui.
-Toi et moi, c’est les deux extrêmes ! Je
veux vivre au jour le jour  ! Intensément ! Sans avoir d’engagement ! Sans
avoir de compte à rendre en rentrant
le soir ! Tu vois, le mariage est impossible entre nous !
-Mais pourquoi m’avoir donné l’espoir ?

Ce qui la torturait, c’était que, depuis dix
ans, elle avait vécu avec des
illusions.
Elle savait aujourd’hui qu’elle avait eu tort
d’attendre. Cet homme ne voulait rien

donner de lui-même, et bien qu’il l’ait
plaquée, elle aurait voulu avoir quelque
chose de lui ! Cela l’aurait réconfortée
dans sa solitude retrouvée, imposée…
(À SUIVRE)
A. K

adilaliberte@yahoo.fr
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Récit de Yasmina Hanane

Dessin/Amouri

7e partie

Résumé : Lorsqu’on était venu demander sa main,
Mordjana avait tenté de cacher sa tache de vin avec un
foulard. Mais sa belle-mère le lui avait retiré. Saléha
avait assuré que sa fille avait reçu un tas de
prétendants, mais qu’elle acceptait le choix de son
paternel. Hasna avait rétorqué que son fils Samir
méritait mieux, mais que eux aussi passaient sous le
joug de son mari.

Mordjana

La jeune fille sentit les larmes piquer
ses yeux. Malika, sa belle-sœur, s’approcha d’elle et lui entoura les épaules :
-Allons Mordjana, ne soit pas triste…
Toutes les filles quittent tôt ou tard leur
famille.
Mordjana renifle. Non… ce n’était pas
de la tristesse… C’était… de la frustration  ! Comment pouvait-on proposer sa fille en mariage pour compenser un manque d’argent lors d’une
partie de cartes ?
Ne voulant pas trop se lamenter sur
son sort, elle se reprend et tente
d’ébaucher un sourire de convenance.
Les plus jeunes vinrent s’accrocher à
ses pans. Son cœur chavire. Maintenant, les larmes ruissellent franchement sur son visage. Elle était réellement triste de quitter “ses petits”. Qui
va donc s’occuper d’eux en son absence ? Qui va les nourrir, les laver, se
lever le soir pour voir s’ils étaient
bien couvert, organiser leurs anniversaires, et les suivre dans leur
scolarité ?
Elle jette un regard à Maroua qui lui
sourit en l’aidant à mettre son burnous
et son voile avant de lui chuchoter à
l’oreille :
-Ne te laisse pas démonter par ta belle-mère…Mets un frein à son animosité dès le début. Tu verras qu’ensuite elle te respectera. Malika me semble
très sympathique, tu pourras trouver
en elle une bonne compagne, et pourquoi pas une confidente.
Mordjana ne répondit pas. Son esprit
était ailleurs. Elle se demandait comment était Samir. Dans quelques
heures, ils seront ensemble et se découvriront mutuellement.
Elle pousse un soupir. Comment vat-il la trouver… ? Elle ne voulait pas
imaginer la suite, et se contenta de

suivre les femmes qui l’entouraient et
qui se dirigeaient vers la sortie. Au seuil
de la maison, elle relève son voile et
embrasse ses jeunes frères qui pleuraient à chaudes larmes. Les aînés
étaient dehors avec leur père, et euxmêmes lui avaient semblé tristes ces
derniers temps.
Quelqu’un rabat son voile et la pousse du coude vers l’extérieur. Il était
temps de partir. La route sera longue.
Maroua va l’accompagner ainsi que
son père et un de ses frères. Eux reviendront le lendemain…
Elle pousse un long soupir. Et elle… ?
Quand reviendra t-elle ? Va-t-elle faire long feu dans sa nouvelle demeure
ou bien va-t-elle se heurter à un mari
violent et incompréhensif ?
Malika lui avait assuré que Samir était
non seulement cultivé, mais très gentil et très affectueux.
Etait-ce vrai ou est-ce juste quelques
mensonges permis dans de telles circonstances ?
Elle s’engouffre dans la voiture, et
Maroua se met à ses côtés. Contrairement aux autres mariées, elle n’eut
droit ni à une fête ni même à des cadeaux. On dirait plutôt qu’elle embarquait dans un cortège funèbre qui
s’empressait de se diriger silencieusement vers un cimetière.
C’était aussi un peu vrai… Elle enterrait sa vie de célibataire, mais
ne connaissait encore rien de sa destination…
Lassée par les questions qui taraudaient
son esprit et fatiguée par les derniers
préparatifs, elle se laisse aller contre son
siège et s’endort. Son voile la gênait.
Maroua rabat un pan sur le côté et l’encourage à se reposer. Elle referme les
yeux et ne les rouvrit qu’à la première halte. On s’était arrêté à mi-trajet

pour remplir les réservoirs des véhicules et manger un morceau.
Maroua ouvrit la fenêtre et on lui tendit quelques sandwiches, des fruits et
des boissons. Mordjana regarde sa
sœur qui étalait une serviette sur ses
genoux pour déballer les sandwichs.
Elle n’avait pas faim, mais Maroua lui
tendit un morceau de pain qui contenait de la viande et du fromage :
-Tu devrais manger Mordjana, le chemin est encore long.
-Je n’ai pas faim… Je veux juste un peu
d’eau…
-Mange d’abord, sinon tu te provoqueras des douleurs au ventre. Déjà
que tu n’a rien pris depuis hier…
Mordjana mordit dans son sandwich.
La viande était bonne, mais le fromage avait un goût âpre qui lui souleva
l’estomac… Elle mâche une bouchée
de pain pour faire passer l’acidité puis
remet son sandwich à Maroua :
-Je n’en veux plus… Je n’arrive pas à
avaler quoi que ce soit…
Maroua lui propose une pomme,
qu’elle accepte contre son gré mais
qu’elle apprécia ensuite. Le fruit était
juteux à souhait, et elle ne regretta pas
de l’avoir mangé. Enfin, elle put boire un verre d’eau.
Malika vint s’enquérir de leur confort :
-Alors vous êtes bien dans ce
véhicule ?
-Très bien, répondit Maroua… Il fait
un peu chaud. Je pense que c’est le vent
du sud qui se lève…
-Je vais demander qu’on laisse les fenêtres ouvertes… J’espère que vous
avez bien déjeuné.
(À SUIVRE)
Y. H.

y_hananedz@yahoo.fr
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SONT LES BIENVENUS.

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

Sudoku

Jeux 21
Comment jouer ?

N° 1887 : PAR FOUAD K.

4
6 2

5
5 8
3 7
5 8
2
9
1
4
8 6
2
9 1
8 1
5 3
4
3
1 6

- chaque ligne contienne
tous les chiffres
de 1 à 9 ;
- chaque colonne
contienne tous les
chiffres de 1 à 9 ;

Cette grille est de niveau
moyen : elle contient
déjà 30 chiffres.

Solution Sudoku n° 1886

Citations

5 8 7 1 2 3 4 6 9

“Sourit même si ton
sourire est triste,
car il n'y a rien de
plus triste que de
ne pas te voir
sourire”.

9 1 2 4 8 6 7 3 5
4 6 3 7 9 5 8 2 1
6 7 1 3 5 2 9 8 4
2 4 9 8 7 1 6 5 3

7 9 6 5 3 8 1 4 2

7

8

9 10

de Mehdi

(21janvier-19février)
AUJOURD’HUI

Vous avez des projets en tête et
personne ne peut vous faire
changer d'avis. Vous foncez tête
baissée, sans pitié pour ceux qui
osent entraver votre chemin.
Attention, si le succès est au rendez-vous, les déboires peuvent
l'être aussi.

III
IV
V
VI

POISSONS

VII

(20février-20mars)
Vous changez d'avis toutes les deux
minutes. Votre partenaire va finir
par avoir le tournis. Prenez un peu
de recul et évitez les critiques
acerbes.

VIII
IX
X

BÉLIER

HORIZONTALEMENT - I - Déformer en courbant. II - Cardinal
- Ancienne mesure de longueur. III - Fortement liées. IV Support d’une balle - Arbuste épineux. V - Nœud - Arbre
majestueux. VI - Africain. VII - Ville d’Algérie - Suit un bon coup.
VIII - Voyelle double - Nord de l’Algérie - Initiales princières. IX
- Dernier pli - Volcan. X - Tracas - Situation.
VERTICALEMENT - 1- Hormone du cortex surrénal. 2 Entendues - Bagatelle. 3 - Futur glacier - Mot d’enfant - Sur une
borne. 4 - Demi-glossine - Pièce d’armure. 5 - Défalquer Inflorescence. 6 - Relatif à une communauté. 7 - Soleil de
Thèbes - Coupe des mendiants. 8 - Ancien royaume d’Afrique Technétium. 9 - Adverbe - Époque - Recueil de bons mots. 10 Rachèteras.

Solution mots croisés n° 5298
I
II
III
IV

VI
VII
VIII
IX
X

1

2

3

4

5

6

7

8

G
L
O
U
G
L
O
U
T
E

R E D I N E
I T A N I E
S
M O N
E L E
A P
E
J U S S
T E R
I
C T A N T
R
N E R F
I E N
I E
S S E N
R

R

9

10

I E
O T
O S E
S
R
I O N
R
U
I S E
S
R
S
A I S

Apte à recevoir
—————————————
Action de réapprovisionner

(21mars-20avril)
Cette journée, vous avez de l'énergie, mais gare aux excès : un ça va,
trois bonjour les dégâts. Si vous ne
voulez pas finir l'hiver sur les
genoux, ne courez pas dans tous les
sens et faites des pauses.

TAUREAU

(21avril-21mai)
En amour, vous serez entreprenant. Envolée votre timidité habituelle. Pour vous, cette fois, vouloir
est tout simplement pouvoir ! Voilà
une tactique qui portera certainement ses fruits.

GÉMEAUX
(22mai-21juin)

Veillez à adopter une alimentation
permettant d'optimiser l'apport en
calcium et en phosphore. Le foie
est particulièrement recommandé.
Alternez ces produits relativement
gras avec des céréales et des
légumes. Préférez les fruits secs à la
place des pâtisseries et sucreries.

CANCER

(22 juin- 22 juillet)

Ce sera l'harmonie et l'équilibre
entre votre moitié et vous, le bonheur quoi ! Pourvu que cela dure.
Pensez toujours à cultiver la tolérance et l'abnégation ; vos efforts
seront richement récompensés.

LION

(23 juillet - 22 août)
Le climat actuel vous semble assez
embrouillé. Vous serez tellement
bien sur une île déserte, loin des
tracas. Et pourtant, il va bien falloir
y faire face.

s

s

s

Campagnard
—————————————
Chaleur
animale

s

s
Parcouru
—————————————
Pas utilisé

s

s s

Usages
—————————————
Fin de verbe

s

s
Saison
—————————————
Portions

s

Sanie

s

Arsenic
—————————————
Vieux pertubé

s

s

Cinéma abrégé
—————————————
Liais
de nouveau

Possessif

s

s

Têta
—————————————
Singe d’Asie

Tamiseras

s

s

s

s

Négation
—————————————
Ville
d’Allemagne

Sur la borne

s

s

s

s
Située

s

Laine
de mouton
—————————————
Thymus
—————————————
Ascendant

s

Mutiler un animal
————————————————
Estera
————————————————
Vitesse
sédimentaire

s

s
s
Prince troyen

Cours d’eau

s

Champion

s

s

SOLUTION
DES MOTS FLÉCHÉS N°393

s

Saoul

s
Roi russe
————————————— Consonnes
Planète

SCORPION

Ne vous désolez pas parce que vous
rencontrez dans votre vie professionnelle de petites difficultés et
contrariétés. Elles vous aguerrissent et vous servent vraiment de
tremplin vers le succès.

CAPRICORNE

s

Consonnes

Juge
des enfers
—————————————
Erbium

s

s

(23septembre-22 octobre)

Le climat sentimental sera donc
très romanesque, mais non dépourvu de passion et de débordements.
Les cœurs solitaires pourraient
bien rencontrer l'âme sœur au coin
de la rue.

(23novembre-20 décembre)

s

s
s

s
Marquer
au fer rouge
—————————————
Iridium

BALANCE

SAGITTAIRE

s

Mer (ph.)

s

Impudent
—————————————
Chose latine
—————————————
Hautaine

s

s
Habileté
—————————————
Possessif

(23août-22septembre)

Si votre cœur est déjà pris, vous
aurez du mal à éviter une dispute
avec votre partenaire. Ah, comme il
est difficile d'avoir en même temps
le beurre et l'argent du beurre ! À
vous donc de choisir en bonne
connaissance de cause !

Les amours paisibles seront favorisées au détriment des passions
tumultueuses et fracassantes. Une
agréable idylle pourrait commencer à prendre les allures d'une relation plus stable et plus concrète.

s

s

VIERGE

(23 octobre- 22 novembre)

s

s

Écorcher
—————————————
Règle
—————————————
Poitrine

s

s
s s

s

Mouvement
brusque
—————————————
Paresseux
—————————————
Âne sauvage

Écorce de
chanvre
—————————————
Poèmes

s

Retirer (ph.)
—————————————
Trois
personnes

s

MOTS FLÉCHÉS N° 394

6

s

Par
Naït Zayed

5

L’HOROSCOPE
VERSEAU

V

1 2 5 6 4 7 3 9 8

4

II

“Le bonheur est
comme un papillon :
il vole sans jamais
regarder en
arrière”.
Robert Lalonde

8 3 4 2 1 9 5 7 6

3

N°5299 : PAR FOUAD K.

I

“L'amoureux qui
espère ressent plus
de bonheur que
l'amoureux qui a
obtenu !”
Albert Jacquard

3 5 8 9 6 4 2 1 7

2

1

- chaque bloc de 3X3
contienne tous les
chiffres de 1 à 9.

4 6

2

Mots croisés

Le sudoku est une grille
de 9 cases sur 9, divisée
elle-même en 9 blocs de 3
cases sur 3. Le but du jeu
est de la remplir
entièrement avec des
chiffres allant de 1 à 9
de manière que :

(21décembre-20janvier)
Vous devez faire attention à toutes
les questions d'argent aujourd'hui.
Il est prudent de rester sur une
position de défensive.

Pondération - Israélite - Ré - Na - SS -St - N - S - Dubitatives - Empli - Oseras - Le - Ln - Uélé - A - I - Se - Ur - Œil - Caire - N - U - Nu - Arc - Preste - B - Trapue
- Aider - E - Ivres - Nèpe - Sûr - Érode - As - S - E - Saurs - T - Esse - S - U - Set.

Mercredi 11 février 2015

22 Sport
CHAMPIONNAT DE LIGUE 1 MOBILIS

CAN-2015

L’Algérie empoche
600 000 dollars

n La Côte d'Ivoire, vainqueur de la
30e édition de la Coupe d'Afrique
des Nations CAN-2015, empochera
1,5 million de dollars contre un
million pour le Ghana, finaliste
malheureux, selon le barème des
primes divulgué par la
Confédération africaine de
football (CAF). Quant à la
sélection algérienne, qui avait
atteint les quarts de finale, sortie
par la Côte d'Ivoire (3-1), elle se
contentera de 600 000 dollars.
Cette somme permettra à la FAF
de payer la prime de qualification
au second tour pour les joueurs et
le staff technique, selon le barème
établi.
ANGLETERRE

Droits TV record
de 6,9 milliards d’euros

MCA 1 - MOB 0

Le Doyen n’est plus bon dernier !
e Mouloudia d’Alger a décroché hier une
précieuse victoire à Bologhine face au leader du championnat Mobilis, le MO Béjaïa par 1 à 0. La seule réalisation de la
partie a été inscrite par Gourmi en première période. Ce succès permet aux
Mouloudéens de quitter cette dernière place au classement général, mais de demeurer  toujours reléguables (14es avec 21 points).
Les protégés d’Arthur Jorge ont eu du mal à entrer
dans le match qui les opposait hier au leader, le MOB.
En effet, les joueurs d’Amrani ont appliqué un pressing très haut sur le porteur du ballon, ce qui a énormément gêné les Mouloudéens qui ne sont pas parvenus à développer leur jeu. Ainsi, et comme le jeu
était fermé de part d’autre, il aura fallu attendre une
vingtaine de minutes pour voir enfin une occasion
de but, grâce au capitaine Hachoud qui prend ses responsabilités et tente sa chance des vingt mètres, mais
le cuir passe légèrement à côté du montant gauche
du gardien béjaoui Mansouri. Les Crabes répliquent
deux minutes plus tard par Yaya qui, lui aussi, tente un tir mais rate le cadre. Karaoui aurait pu, lui aussi, débloquer la situation à la 23’, lorsqu’il a bénéficié d’un bon centre en retrait de son équipier Hachoud pour mettre une tête mais il a trouvé Mansouri à la parade. 
Néanmoins, l’ex-international n’a fait que retarder
l’échéance, puisque à la 27e minute de jeu, et suite à
une erreur monumentale de l’axe de la défense du
MOB, Hendou lance parfaitement Gourmi à la limite
du hors-jeu, celui-ci prend de vitesse les deux défenseurs béjaouis et s’en va gagner son duel avec le
keeper adverse. Ce but a soulagé les milliers de supporters mouloudéens qui se sont déplacés en nombre
au stade de Bologhine pour prêter main forte à leur
équipe favorite qui avait besoin des trois points de

L

0-0
2-0
1-0
1-0

Vendredi (16h)
JS Kabylie - NA Hussein-Dey
(à Sétif - à huis-clos)

Samedi (15h) :
RC Arba - USM Bel-Abbès
ES Sétif -JS Saoura
CS Constantine - MC Oran (16h)

Classement

Pts

1 . MO Béjaïa
35
2 . ES Sétif
32
3 . CR Belouizdad 31
4 . MC Oran
30
- . USM Alger
30
- . ASM Oran
30
7 . USM El-Harrach 29
8 . CS Constantine 26
- . RC Arba
26
10. JS Saoura
24
--. MC El-Eulma
24
12. JS Kabylie
23
13. USM Bel-Abbès 22
14. NA Hussein Dey 21
--. MC Alger
21
15. ASO Chlef
19

trés plus dangereux. À la 75’, ce dernier échappe au
piège du hors-jeu et se présente seul face à Chaouchi qui commet la faute sur lui dans la surface de réparation, Bichari n’a pas hésité à désigner le point
de penalty. Hamzaoui exécute la sentence mais rate
complètement le cadre. Le score reste inchangé jusqu’au coup de sifflet final de l’homme en noir. À noter l'expulsion d'Aouedj en fin de match suite à une
agression sur un joueur béjaoui.
S. M.

Un nul qui n’arrange personne
e derby algérois qui a opposé hier
au stade du 1er-Novembre de
Mohammadia l’USMH à l’USMA, a drainé la foule des grands
jours, et ce, en dépit de sa programmation en milieu de semaine et une
heure de boulot. Dès le coup d’envoi
donné par l’international Farouk
Houasina, les 22 joueurs sont vite
rentrés dans le vif du sujet en enclenchant les hostilités, les Harrachis, bien
menés par Aït Ouameur, Amada et
Gherbi, régnaient en maîtres absolus,
mais Abid n’a pas trouvé la faille au
sein d’une défense usmiste très hermétique, qui n’a rien laissé passer,
ajouté à cela la grande forme affiché

L

par le keeper Berrefane. Au fil des minutes, les Harrachis accentuaient la
pression par Benaldjia, Abid et Amada, et sont passés tout près de l’ouverture du score à la 29e minute lorsque
le longiligne Abid d’un tir puissant a
failli surprendre Berrefane bien placé.
Andréa, Ferhat, et le remuant Belaïli,
ont tenté quelques incursions mais en
vain, le jeune portier Kara s’interposant à chaque fois qu’une chaude alerte était déclenchée comme ce tir puissant de Belaïli détourné difficilement (39’). Le premier half s’est achevé sur un score vierge.
À la reprise de la seconde période de
jeu, Billel Dziri qui a coaché l’équipe,

pousse ses joueurs à aller un peu plus
vers l’avant et de ne pas se contenter
de jouer au milieu. Il a replacé son attaque pour créer des espaces. De son
côté Abdelkader Iaïche a procédé à des
réglages en décalant d’un cran son milieu pour créer le surnombre. Ces
changements tactiques, n’ont rien apporté aux deux équipes au tableau d’af-

fichage. À la 82e minute de jeu, les locaux ont eu la possibilité de trouver le
chemin des filets lorsque Abid hérite
d’une jolie passe d’Aït Ouameur, pour
sauter plus haut que son vis-à-vis et
placer une tête rageuse que Berrefane
stoppe in extremis suite à un reflexe inouï.
R. A.

Dziri touché par un projectile en plein visage

n À la fin de la rencontre, les supporters harrachis, en colère contre leur
équipe, ont balancé des projectiles sur la pelouse, qui ont fini par toucher
l’entraîneur Billel Dziri en plein visage. Il s’est affalé sur le terrain, et il a
fallu l’intervention du médecin de l’équipe pour le remettre sur pied.
Mais finalement, plus de peur que de mal pour Dziri.
R. A.  

ASMO 2 - ASO 0

Les Oranais enterrent Chlef
es Vert et Blanc de M’dina J’dida ont renoué
avec la victoire, hier après-midi, au stade Ahmed-Zabana, en prenant le meilleur sur une formation chélifienne qui s’enlise dangereusement
dans le classement, ce qui hypothèque grandement
ses chances de maintien parmi l’élite nationale.
Devant des gradins quasiment vides et qui n’ont, finalement, pas été envahis par les supporters du Mouloudia d’Oran contrairement à ce qui était “convenu” entre différents groupes d’“ultras”, la première

L

période aura été d’une piètre qualité. L’on enregistre,
en effet, cette tentative non cadrée de Djemaouni à
la 26e minute pour les locaux. Tout s’est joué, du reste, dans le dernier quart d’heure après le lancement,
par l’entraîneur oranais, Djamel Benchadli, de Benayada et de Bentiba. C’est d’ailleurs sur un service
parfait du défenseur asémiste que le dernier nommé
a pu trouver la faille et battre Salhi d’une jolie et imparable reprise de volée des dix-huit mètres (74’). K.O. debout, les Chélifiens encaisseront un second but

à l’ultime minute du temps réglementaire, œuvre de
Djemaouni qui a battu l’infortuné Salhi de près, après
une belle passe en profondeur de Tabti. Si, grâce à
cet important succès, les gars de M’dina J’dida ont
fait hier une très belle opération comptable qui leur
permet d’envisager l’avenir avec un maximum de sérénité, les Chélifiens n’ont, en revanche, jamais
semblé aussi proches d’un retour en Ligue 2 depuis
leur accession, voilà maintenant 12 ans…
RACHID BELARBI

COUPE D’ALGÉRIE : ESS 1 - ESMK 0

J
20
19
20
19
20
20
20
19
19
19
20
19
19
19
20
20

la rencontre afin de s’éloigner de la zone rouge. Surpris par ce but contre le cours du jeu, les hommes
d’Amrani tentèrent de répliquer par l’entremise de
Hamzaoui ou encore Yaya mais sans vraiment inquiéter Faouzi Chaouchi. Le referee Bichari envoie
les deux équipes aux vestiaires avec ce petit avantage au profit des Mouloudéens. Après la pause-citron,
les visiteurs ont tenté de revenir à la marque, mais
ils ont péché dans la dernière touche. Néanmoins,
et après l’entrée de Zerdab, les Mobistes se sont mon-

USMH 0 - USMA 0

Résultats
USM El-Harrach - USM Alger
ASM Oran - ASO Chlef
MC Alger - MO Béjaïa
CR Belouizdad - MC El-Eulma

Archives/Liberté

n La Premier League anglaise de
football a annoncé avoir vendu des
droits TV d'un montant record de
5,1 milliards de livres (6,9 milliards
d'euros) aux opérateurs Sky et BT qui
conserveront leurs parts respectives
pour la période 2016-2019. L'opérateur
historique Sky pourra diffuser en
direct 126 matches sur cette période
tandis que son ambitieux rival, BT, en
a obtenu 42. Ils ont conservé la
proportion de matches dont ils
disposaient actuellement et aucun
troisième opérateur ne s'est invité
dans ce partage. Cette somme
faramineuse (2,3 milliards d'euros par
saison) constitue un bond de 70% du
montant des droits pour la période en
cours (2013-2016), qui avaient déjà
atteint un record. En moyenne, les
opérateurs vont débourser 10,19
millions de livres pour pouvoir
diffuser chaque match (13,71 millions
d'euros). Cela représente trois fois le
montant de droits de la Ligue 1
française (748,5 m eur) et 2,25 fois les
droits italiens (915 m eur). “Sky Sports
et BT Sports ont accompli un travail
magnifique pour amener les matches
aux fans et fournir des revenus qui
permettent aux clubs d'investir dans le
football, les installations, la formation
des jeunes et de leurs communautés”, a
salué le directeur général de la
Premier League, Richard Scudamore.
“La prolongation et l'amélioration de
ces partenariats de diffusion
aujourd'hui valide ce que la Premier
League fournit”, a-t-il ajouté.
Dans le détail, Sky a obtenu cinq des
sept lots attribués par la Premier
League, dont les gros matches du
dimanche après-midi. Il a aussi
obtenu ceux du vendredi soir, une
nouveauté pour la Premier League qui
proscrivait jusqu'à présent tout
match ce jour de la semaine.

LIBERTE

Et Ziaya surgit…
Entente de Sétif est le premier
club à avoir composté son
billet pour les quarts de finale
de la Coupe d’Algérie en s’imposant
difficilement hier devant l’équipe de
l'ESM Koléa. En effet, les champions
d’Afrique en titre ont dû attendre les
dernières minutes pour inscrire
l’unique but de la partie, signé Ziaya.
Au prochain tour, les hommes de
Kheïrredine Madoui affronteront au
stade du 8-Mai-1945 de Sétif le vainqueur de l’affiche qui mettra aux prises
la JSK avec le CSC. Le match débute

L’

timidement bien que les Sétifiens se
soient mis en évidence en se créant
quelques situations de scorer sans
grand danger. On retiendra cette frappe de Djahnit qui, bien placé, tire dans
les décors (21’). Devant une équipe de
Koléa qui a préféré se regrouper “logiquement” en masse dans son camp,
les partenaires du jeune Bouchar se
créent d’autres occasions de but mais
sans pour autant trouver le chemin des
filets. Dans les dernières minutes du
premier half, Younès, bien servi par
Dagoulou, rate un but tout fait alors

qu’il n’était qu’à quelques mètres des
bois de Benmedour (43’). La mitemps est sifflée sur ce score de zéro
partout. Au retour des vestiaires, le jeu
s’anime davantage vu que les gars du
coach Mekhazni sortent de leur coquille. Cependant, ce sont les Sétifiens
qui se montrent les plus dangereux.
Zerara puis Younès ont été à deux
doigts de trouver le chemin des filets
mais en vain devant une défense de
Koléa bien compacte et qui procédait
par des contres rapides par Amokrane laissé seul en pointe de l’attaque. À

l’approche de la fin du match, les offensives se succèdent pour les Ententistes qui ont dû attendre les dernières minutes pour trouver la faille et
ouvrir la marque. Bien embusqué, en
effet, Ziaya profite d’un mauvais renvoi du portier Benmedour pour mettre
son pied et envoyer le cuir au fond des
filets après un coup franc direct de Dagoulou. Il est à noter, enfin, que le reste des rencontres des 8es de finale de
Coupe d’Algérie aura lieu les 20 et 21
février.
F. R.

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

Sport 23
CAN-2015

CONSÉQUENCE DE L’ATTITUDE DE CHRISTAN GOURCUFF

Mandi, seul Algérien
dans l'équipe-type

EN : les ex-locaux doutent
rrité par les choix tactiques
du coach Christian Gourcuff,
Hilal Soudani n’a pas caché sa
déception au lendemain du
premier match de la CAN
2015, contre l’Afrique du Sud.
Il n’a pas du reste hésité à le faire savoir à son entraîneur qui le maintient
néanmoins toujours sur le banc lors du
second match contre le Ghana.
Cependant, à la faveur de la blessure
de Slimani et surtout suite à la défaite contre le Ghana, Gourcuff titularise Soudani contre le Sénégal et donne
satisfaction. La presse, surtout l’ENTV
rue dans les brancards et martèle que
l’affaire Soudani est une invention
de la presse privée avide du sensationnel... Soudani vient même au micro de “l’unique” pour dire que “tout
va très bien, Madame la Marquise”. “Je
ne voulais pas mettre l’intérêt de l’équipe en danger”, confiera-t-il en coulisses
pour expliquer son intervention langue
de bois. Il est de nouveau titulaire
contre la Côte d’Ivoire, et c’est lui qui
égalise pour l’Algérie. Quelques minutes plus tard, il rate la balle du KO.
C’est l’attaquant le plus dangereux des
Verts dans cette rencontre, mais Gourcuff décide de le faire remplacer. Il n’en
peut plus. Il laisse éclater sa colère et
refuse de saluer Gourcuff à sa sortie du
rectangle vert. Un geste qualifié d’“inadmissible” par l’entraîneur national
lors de sa dernière conférence de
presse. L’affaire Soudani n’est finalement pas une vue de l’esprit d’une certaine presse. Il n’a qu’à bien se tenir,
affirment les mauvaises langues, à
l’avenir. Il est désormais dans le collimateur de la FAF et de Gourcuff qui
n’ont pas apprécié son attitude. Mais
il n’est pas le seul à se sentir menacé.
Islam Slimani a confié récemment à ses
proches qu’il a le pressentiment qu’il
sera la prochaine cible de Gourcuff
après Soudani. Il est reparti dans son
club à Lisbonne, pas du tout rassuré.
Idem pour Rafik Halliche qui a disparu
des plans de Gourcuff juste après la défaite contre l’Afrique du Sud. Moumen
Djabou quant à lui est hors course, cela

n L'international algérien Aïssa
Mandi a été choisi dans l'équipetype de la 30e Coupe d'Afrique des
nations établie par la Confédération
africaine de football (CAF), à l'issue
de la finale de l'épreuve remportée
par la Côte d'Ivoire face au Ghana
(0-0, 9-7 tab) dimanche à Bata
(Guinée équatoriale).
Le latéral droit des Verts participait
pour la circonstance à sa première
CAN, lui qui avait rejoint l'équipe
d'Algérie en novembre 2013. Il a pris
part à l'intégralité des quatre
rencontres livrées par la bande à
Gourcuff, sortie de la compétition
aux quarts de finale après sa défaite
face à la Côte d'Ivoire (3-1). Le joueur
de Reims (Ligue 1, France) est le seul
Algérien à figurer dans cette
équipe-type de la CAN-2015,
dominée par les Éléphants qui sont
représentés par cinq joueurs.

I

L'ÉQUIPE-TYPE DE LA CAN 2015 :

D. R.

fait longtemps qu’il a compris que
Gourcuff ne compte pas sur lui, et ce
n’est pas la déclaration assassine de ce
dernier, du genre “il ne suffit pas de faire des gestes techniques pour être un
grand joueur”, qui arrangera les choses.
La liste des mécontents s’étend même
à ceux qui n’ont pas pris part à la CAN
2015. Belkalem, forfait pour blessure,
trouve qu’il a été écarté de la liste un
peu trop vite, comme si l’on ne tenait
pas tellement à lui. Il n’aurait d’ailleurs
pas le profil idéal pour Gourcuff en défense. Les quatre joueurs cités plus
haut ont un dénominateur commun :
ce sont tous des ex-locaux, c'est-à-dire
des éléments ayant évolué dans le
championnat national avant leur départ à l’étranger. Ce quatuor, en compagnie du gardien Doukha, avait
d’ailleurs pris l’habitude de faire bande à part durant la CAN, et les vidéos
des différentes balades effectuées à
Mongomo et Malabo à la veille des

matches sont là pour le prouver. Selon
des indiscrétions, les ex-locaux sont
pris par le doute. Ils ne jouissent pas
de la confiance de Gourcuff, et c’est la
raison pour laquelle il y a eu réapparition de la dualité pros/locaux. Si

Gourcuff veut tourner la page de la
CAN avec eux, il a intérêt à crever l’abcès et non souffler sur la braise avec les
attaques inutiles contre Soudani et
Djabou.
SAMIR LAMARI

Vers un match amical Espagne-Algérie

n Le président du comité olympique espagnol, Alejandro Blanco Bravo, a
annoncé hier à Alger la programmation prochaine d'une rencontre
amicale de football entre les sélections d'Espagne et d'Algérie, après avoir
reçu l'accord du président de la fédération de la discipline de son pays,
Angel Maria Villar.
“J'ai discuté avec le président de la Fédération espagnole de football qui est
très favorable à l'idée d'organiser une rencontre amicale entre les sélections
des deux pays”, a affirmé Blanco Bravo, en marge de la signature de
l'accord de coopération et d'échange entre les comités olympiques
d'Algérie et d'Espagne.
“Il appartient maintenant aux présidents des Fédérations algérienne et
espagnole, qui sont de bons amis, de définir ensemble les détails relatifs à
l'organisation de cette rencontre”, a encore précisé le président du comité
olympique espagnol.

ARBITRAGE ALGÉRIEN ET ARABE À LA CAN 2015

Haïmoudi défend Abid-Charef
our sa première participation à une phase finale de la Coupe d’Afrique des nations qui s’est
déroulée en Guinée équatoriale, l’arbitre Mahdi Abid-Charef a eu à diriger une seule rencontre
(Côte d’Ivoire-Guinée), au cours de laquelle il a brandi cinq cartons jaunes et une expulsion contre l’attaquant ivoirien Gervinho. La commission d’arbitrage de la Confédération africaine de football
(CAF), que préside le Soudanais Mejdi Chamesdine, n’a pas jugé utile de confier à l’Algérien d’autres
rencontres. Elle a en outre préféré utiliser les chevronnés, tels Koman Coulybali, Eric Otogo, Bakary Gassama et autres Seechurn. Le plus surprenant,
c’est ce flagrant parti pris en faveur des arbitres issus de l’Afrique noire au détriment des Maghrébins
et Arabes. Ainsi sur les cinq arbitres arabes retenus
pour cette compétition continentale, en l’occurrence
le Tunisien Mohamed Saïd Kordi, le Marocain
Bouchaïb El-Ahrach, l’Égyptien Gehad Grisha, le

P

Soudanais Mohamed Hussein El-Fadil et l’Algérien
Mahdi Abid-Charef, la CAF les a désignés pour cinq
matchs seulement sur 32 disputés. Un bien maigre
bilan pour les arbitres arabes, y compris notre
compatriote, alors qu’en 2013, en Afrique du Sud,
Djamel Haïmoudi, tout seul, a dirigé quatre matchs
dont le match d’ouverture et la finale. Est-ce à dire
que les arbitres arabes n’ont plus la cote chez Issa
Hayatou ? On est en droit de le penser, sinon comment expliquer ce mépris affiché à l’encontre des
Maghrébins, pour ne pas dire autre chose ? C’est ce
qui explique que l’Algérien Abid-Charef, 34 ans, n’a
pas eu la chance qu’il espérait. Pour Haïmoudi qui
connaît parfaitement les arcanes de la CAF et le fonctionnement de la commission d’arbitrage, cette situation était attendue. “Il est vrai qu’on aurait souhaité voir Abid-Charef atteindre des tours avancés,
mais la commission a une autre stratégie de désignation. Étant donné que c’est sa première partici-

pation à une phase finale de la CAN et vu qu’il est encore jeune, la CAF l’a ménagé, elle l’a lancé dans le
bain. Le fait qu’il soit retenu pour la phase finale est
déjà une grande victoire pour l’Algérie qui a réussi à
placer un arbitre en cette CAN. Abid-Charef s’est imprégné de l’ambiance d’une phase finale, il a acquis
une expérience qui lui permettra à l’avenir de s’imposer”, nous dira Haïmoudi. Prié de nous donner un
avis sur le niveau technique de l’arbitrage, le mondialiste explique : “En dehors de la faute commise par
Seechurn lors du match Tunisie-Guinée équatoriale, je dirais d’une manière générale que l’arbitrage fut
bon. La CAF s’est appuyée sur les anciens arbitres pour
gérer cette compétition. La seule remarque que je fais,
c’est l’âge des arbitres, je préconise qu’à l’avenir la CAF
ne fasse pas appel aux arbitres âgés de 45 ans, car ils
faussent parfois la compétition. Globalement, l’arbitrage fut d’un très bon niveau.”
R. A. 

FÉDÉRATION DE HANDBALL

Le divorce avec Zéguili entériné
e bureau fédéral de la Fahb, réuni dimanche dernier au siège
social à Draria pour débattre
sur les dernières participations de
l’équipe nationale de handball au
championnat du monde à Qatar, qui
était de l’avis de tous les spécialistes catastrophiques, a débouché sur plusieurs décisions entre autres la non-reconduction de l’ex-sélectionneur national Réda Zéguili qui a été entendu
par les membres du bureau fédéral.
Dans un communiqué rendu public
juste après ladite réunion qui avait

L

duré plus de six heures, l’instance fédérale, présidée par Saïd Bouamra,
avait décidé de ne pas renouveler le
contrat de Zéguili.
Ce dernier n’est, donc, plus le sélectionneur national de l’équipe nationale
de handball. Désormais, la Fahb devra
lui désigner un successeur dans les
jours à venir. “Le bureau fédéral, réuni
le 8 février en vue d’examiner la participation de l'équipe nationale seniors hommes au championnat du
monde 2015, a entendu l'entraîneur national Réda Zeguili, conformément

aux relations de travail le liant à la fédération et au terme des missions qui
lui sont dévolues.
Ce dernier a relaté les conditions dans
lesquelles s’est déroulé ce championnat
et déclara assumer toute responsabilité vis-à-vis du résultat réalisé”, peut-on
lire sur le communiqué de la Fahb.
Ainsi, le bureau de Bouamra, et après
avoir entendu le sélectionneur national, a pris la décision de ne pas renouveler le contrat de Réda Zéguili qui
est à la tête de l’EN depuis 2013. Ce
dernier, faut-il le rappeler, avait an-

noncé sa démission après le dernier
match de classement perdu face au
Chili. “À l’issue de cette audience et des
débats qui se sont instaurés autour de
ce sujet, le bureau fédéral a décidé de
procéder à la restructuration des structures techniques de l’institution en
prévision des prochaines échéances
notamment les Jeux africains 2015, le
Championnat d’Afrique 2016 en Égypte et enfin le Championnat du monde
U21 en 2017”, a-t-on précisé dans le
communiqué.
SOFIANE MEHENNI

n Gardien de but : Aymen
Mathlouthi (Tunisie).
n Défense : Touré (Côte d’Ivoire),
Mensah (Ghana), Mandi (Algérie),
Bedimo (Cameroun).
n Milieu de terrain : Die (Côte
d’Ivoire), Yaya (Côte d’Ivoire),
Vilakazi (Afrique du Sud).
n Attaque : Gervinho (Côte
d’Ivoire), Ayew (Ghana), Bony (Côte
d'Ivoire)
RC ARBA

Les joueurs en colère

n Ce qui s’est passé avant-hier, à la
reprise des entraînements, explique
bien que la raclée subie face à
l’USMA (5-1) était due au moral des
coéquipiers de Zedam, qui était au
plus bas en raison du nonversement de leur dû. Les joueurs
ont d’ailleurs l’esprit ailleurs, et
seule l’intervention de Amani
dénouera la crise. Avant-hier, à la
reprise des entraînements en
prévision du match qui les attend
samedi à domicile contre l’USM BelAbbès, les coéquipiers de Fellah
n’ont pas daigné s’entraîner et ont
exigé la présence du boss Amani.
Après plus d’une heure d’attente, le
président Amani est arrivé et s’est
réuni avec les joueurs. Il leur a parlé
de la dernière déroute et leur a
demandé de se racheter coûte que
coûte contre Bel-Abbès. Pour leur
part, les joueurs ont réclamé bien
sûr leur dû non perçu au président,
notamment les deux primes de
matches et le retard dans le
versement des salaires. Le premier
responsable a rassuré les joueurs et
leur a promis qu’ils seront tous
régularisés au cours de cette
semaine. Pour rappel, Larbâa occupe
la 9e place au classement avec 26
points. Une victoire, samedi, contre
l'USMBA lui permettra de remonter
à la 5e place.
NASSER ZERROUKI

INCIDENTS DU MATCH JSS-MCA

Le dossier reste ouvert pour
“complément d'informations”

n La Ligue de football professionnel
(LFP) a laissé ouvert le dossier du
match JS Saoura - MC Alger (2-1),
vendredi dernier à Béchar, pour le
compte de la 19e journée du
championnat de Ligue 1, qui a été
émaillé d'incidents. La commission
de discipline de la LFP, réunie lundi,
est dans l'attente de compléments
d'informations au sujet de ces
incidents, a indiqué hier la structure
chargée de la gestion des
championnats des Ligues 1 et 2. Les
dirigeants de la JSS et du MCA se
sont échangé les accusations après
les incidents ayant marqué le
match. Chacune des deux parties a
transmis à la LFP un dossier
défendant sa cause. Les deux
formations luttent pour leur
maintien parmi l'élite. Grâce à sa
victoire, la JSS a accédé à la 11e place
avec 24 points, tandis que le MCA
reste lanterne rouge avec 18 unités.

26 Télé

Mercredi 11 février 2015

LIBERTE

NUMÉROS UTILES
URGENCES MÉDICALES : 115
- Samu 021 43.55.55 / 021.43.66.66
- Centre antipoison 021.97.98.98
- Sûreté de wilaya 021.73.00.73
- Gendarmerie nationale 021.76.41.97
- Panne gaz 021.68.44.00
- Panne électricité Bélouizdad
021.67.24.52
- Panne électricité Bologhine
021.70.93.93
- Panne électricité El-Harrach
021.52.43.29
- Panne électricité
Gue de Constantine
021.83.89.49
- Service des eaux
021.67.50.30 - No vert : 1594
- Protection civile
021.71.14.14
- Renseignements : 19
- Télégrammes : 13
- Gare routière Caroubier :
021 49.71.51/021 49.71.52/021 49.71.53 021
49.71.54
- Ministère de la Solidarité nationale, de
la Famille et de la Communauté nationale
à l’étranger. Personnes en difficulté ou
en détresse :
No vert : 15-27

SUPER NANNY UN PAPA EN
MANQUE
D'AMOUR
CHICAGO POLICE
DEPARTMENT 20H55
Stillwell réclame de l'argent à Voight pour
fermer les yeux sur ses activités parfois
troubles. Ruzek annonce à Burgess qu'il veut se
consacrer à sa fiancée. Hélas, Wendy craque :
elle ne supporte plus les contraintes du métier
de son futur mari. 

20H50

CANAL+

LES GAZELLES
21H00
Marie, 30 ans, travaille à Pôle emploi. Elle est
sur le point d'acheter un appartement avec
Eric, son compagnon depuis de nombreuses
années. Mais la jeune femme doute de plus
en plus de cet engagement et elle décide de
quitter Eric pour un temps.

HÔPITAUX

Rodrigue entend inculquer
les principes éducatifs qu'il
a reçus petit à ses quatre
filles. Aussi, n'hésite-t-il pas
à employer un ton très dur
avec elles. Rodrigue en est
arrivé à ne s'adresser à
elles que pour les rappeler
à l'ordre ou les punir.
Angélique, son épouse,
s'avère, quant à elle, bien
plus permissive et n'hésite
pas à le contredire. 

CHEFS 20H50

- CHU Mustapha: 021.23.55.55
- CHU Aït Idir : 021.97.98.00
- CHU Ben Aknoun : 021.91.21.63 021.91.21.65
- CHU Beni Messous : 021.93.15.50 021.93.15.90
- CHU Kouba : 021.28.33.33
- CHU Bab El Oued : 021.96.06.06 021.96.07.07
- CHU Bologhine : 021.95.82.24 021.95.85.41
- CPMC : 021.23.66.66
- HCA Aïn Naâdja : 021.54.05.05
- CHU El Kettar : 021.96.48.97
- Hôpital Tixeraine : 021.55.01.10 à 12
(standard)

Dans le cadre de
l'aménagement de sa peine de
prison, Romain, un jeune
serrurier tombé pour
escroquerie, intègre la brigade
d'un restaurant gastronomique
emmenée par son chef
talentueux et charismatique.
Affecté à la plonge, les premiers
jours sont difficiles. De plus, le
restaurant, malgré sa
réputation, est menacé de
fermeture, à cause des dettes
accumulées par le chef.

TOUT PEUT
ARRIVER 20H55

COMPAGNIES AÉRIENNES
AIR ALGÉRIE
1, place Audin 16001 Alger
- Tél. : +213 21.74.24.28
- +213 21.65.33.40
Réservation : 021.68.95.05
AIGLE AZUR
Aéroport d’Alger H - B
- Tél. :+213 21.50.91.91
21.50.91.91. Poste 49.31
AIR FRANCE
Centre des affaires
- Tél. :021.98.04.04
- Fax. :021.98.04.43

PARIS-SG / NANTES
COUPE DE FRANCE.
8es DE FINALE
20H50

CACHÉ 20H50
Présentateur d'une émission littéraire à la télévision,
Georges Laurent mène une existence paisible auprès de
son épouse Anne et de leur fils Pierrot. Mais depuis peu, il
reçoit d'inquiétantes vidéos et se rend compte que les
moindres faits et gestes de sa famille sont filmés. 

Pour son premier numéro,
“Tout peut arriver” ouvre le
bal avec James Blunt en
maître de cérémonie. Que
vous soyez tranquillement
installé derrière votre
écran, que vous soyez un
fan discret, ou que vous
soyez une star du petit
écran, de la cuisine ou de la
chanson... Tout est
envisageable ! Le tandem
d'animateurs ne recule
devant rien pour
surprendre et piéger tout
un chacun.

LA VIE RELIGIEUSE
Horaires des prières
21 rabî el thani 1436
Mercredi 11 février 2015
Dohr............................. 13h03
Asr................................ 16h00
Maghreb.................... 18h27
Icha................................. 19h46
22 rabî el thani 1436
Jeudi 12 février 2015
Fadjr............................. 06h13
Chourouk................... 07h40

Les Parisiens ont fait de la Coupe de France un de
leurs objectifs cette saison. Après un mois de
janvier difficile, les coéquipiers de Lucas Moura
et Marquinhos ont fait le dos rond pour rester
dans la course au titre en championnat et poursuivre leur aventure dans la compétition. 

LIBERTE

Directeur de la Publication-Gérant : Abrous Outoudert
e-mail : abrousliberte@gmail.com

Quotidien national d'information - Édité par la SARL - SAEC - Capital 463 000 000 DA
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Directeur de la rédaction : Saïd Chekri

DIRECTION ET RÉDACTION

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PAR
M. HAMMOUCHE

LIBERTE
LE DROIT DE SAVOIR, LE DEVOIR D'INFORMER

CONTRECHAMP

SwissLeaks et notre
tardive indignation
SwissLeaks a provoqué un vent de
stupeur dans les
chaumières. Non pas que l’Algérie
soit peuplée d’ingénus qui n’ont pas
conscience de l’œuvre de pillage organisé qui dévalise le pays. Mais c’est
une chose de savoir quelque chose et
c’en est une autre de la voir.
Quatre cent quarante concitoyens
qui ont clandestinement transféré
sept cent dix mille dollars dans des
comptes secrets, c’est précis, c’est
concret. Mais l’information a quelque
chose de mystificateur. Parce que l’Algérie y figure parmi une cinquantaine de pays victimes. Et parce que
Swissleaks pourrait passer pour le
scandale du siècle alors que, pour ce
qui nous intéresse, elle ne représente
que trois fois le montant concerné par
l’affaire Sonatrach 2 !
Selon l’ancien ministre Ali Benouari,
les comptes de recel abritent quelque
deux cents milliards de dollars déposés par des Algériens à l’étranger.
On peut se demander si l’émotion
nationale provoquée par les révélations
du journal Le Monde ne tient pas plus
de la curiosité que de l’indignation. Car,
enfin, la réalité de dilapidation méthodique des ressources publiques
ne tient plus du mystère. Et les procédés ne sont plus du domaine du secret.
Il n’y a pas que les “paradis fiscaux” qui
attirent l’argent de nos fortunes douteuses. D’ailleurs, la Suisse n’en est plus
un pour les pays qui se soucient de
l’évasion fiscale. C’est plutôt l’Algérie
qui est devenue un paradis fiscal ! Un
pays dont la moitié de l’économie
fonctionne dans l’informel, c’est-àdire à l’abri de l’administration fiscale, n’est-il pas un paradis fiscal ? Un
pays qui peine tant à recouvrer ses

créances fiscales, n’est-il pas un paradis
fiscal ? Le ministre des Relations avec
le Parlement déclarait en décembre
dernier que “les créances fiscales que
les entreprises et administrations algériennes doivent à l'État s'élèvent à 60
milliards de dollars, soit l'équivalent
d'une année entière de recettes pétrolières, principale ressource du pays !”
Dans le cas algérien, ce n’est pas le fisc
qui fait fuir nos fortunes. C’est que le
pays est conçu comme un gisement de
ressources qu’on exploite pour investir ailleurs. Les clans prévaricateurs projettent leur avenir dans d’autres pays
que celui qu’ils dévalisent pour pouvoir garantir l’avenir de leurs familles.
À la manière dont ils gèrent la ville,
l’école, l’environnement ou l’économie,
l’on devine qu’ils n’inscrivent pas le futur de leurs enfants dans ce pays !
Ce système, qui perçoit l’Algérie comme une corne d’abondance où il fait
bon s’enrichir mais où il ne fait pas bon
vivre, nous l’avons agréé. Notre émotion devant l’étalage de scandales de
types Khalifa ou Sonatrach, ou devant
les divulgations de type SwissLeaks, est
illégitime. Nous l’avons agréé parce
que chacun de nous, en tout cas,
beaucoup d’entre nous, lorgnait vers
sa part de rente en l’espérant la plus
copieuse possible. Mais le système,
même prodigue, ne peut pas éclabousser tout le monde.
L’on ne peut s’accommoder d’un système et s’étonner de ses effets. Nous
avons solidairement œuvré à la faillite qui s’annonce. Maintenant que la
source se tarit et que les orpailleurs
comptent leurs pépites, les laisséspour-compte n’ont plus qu’à assumer leur impuissance à s’indigner à
temps.

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ELLE ÉTAIT DÉTENUE PAR DAECH

Obama confirme la mort
de l'Américaine
Kayla Mueller 
Le président des États-Unis, Barack Obama, a
confirmé, hier, la mort de l'Américaine Kayla
Mueller, retenue en otage par l'organisation de
l'État islamique.
slamique. “Peu importe le temps que cela
la
a
prendra,
a, les États-Unis retrouveront eett ttr
traduiront
ra
ad
adu
duir
irro
iro
ont
nt
en justice
ice les terroristes respon
responsables
pon
p
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ab
a
ble
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té et de la mo
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Kay
K
Ka
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captivité
mort
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hot
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M. H.
musthammouche@yahoo.fr

Archives/Louiza

Le Forum de “Liberté” reçoit
Mohamed Nebbou 
Le Forum de Liberté recevra, lundi
16 février 2015, Mohamed Nebbou,
premier secrétaire du FFS. Notre invité
abordera les principales questions
politiques du moment.
La presse et le public sont conviés à 11h au
siège du journal à El-Achour. Vous pouvez
également adresser vos questions à
l'adresse électronique : forum@libertealgerie.dz.

IL OCCUPAIT LE POSTE DE SG DE LA WILAYA D’ALGER

Djamel Berrimi, nouveau wali
d’Annaba
d’Annaba, Sendid Mohamed Mounib,
avait été admis, à la fin du mois de novembre 2014, à l'Institut mutualiste
Montsouris (IMM) de Paris, pour des
soins intensifs. Il est décédé trois semaines plus tard. Depuis, de nombreuses personnes, dont des chefs de
partis politiques, ont appelé à une enquête approfondie sur la mort du wali,
pointant du doigt la mafia du foncier.
Par ailleurs, le poste de chef de la daïra d’Annaba est vacant depuis plus
d'une année, une situation qui a
conduit à un grand décalage entre les
engagements des plus hautes instances du pays en matière d'humanisation des rapports des services
publics et le citoyen.
BADIS B.

UKRAINE

15 morts et 63 blessés dans les
bombardements de Kramatorsk 
Quinze civils et militaires ont été tués hier dans les bombardements
de Kramatorsk, ville de l'est rebelle de l'Ukraine qui abrite l'état-major
de l'armée et qui est le siège de l'administration régionale pro-Kiev, a
annoncé un haut responsable ukrainien. “Quinze personnes ont été tuées
et 63 blessées, dont cinq enfants”, a annoncé Olexandre Tourtchinov,
secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, dans un
communiqué.

Des élèves du lycée mixte de Zéralda
au siège de “Liberté” 
Les élèves de la classe de seconde “S1” du lycée mixte de Zéralda ont rendu visite hier au siège du journal
Liberté, sis à Oued Romane. Accompagnés de la proviseure du lycée, Mme Fouar, et de leur enseignante,
Mme Chekaoui, ces élèves, comme souvent en pareilles
circonstances, ont visité les différents services du journal. Ils ont longuement abordé avec les journalistes, à
coups de questions qui ne manquaient pas de pertinence,
tout ce qui est inhérent au métier et à la liberté d’expression, avec, cependant, un intérêt particulier pour
l’affaire Charlie Hebdo. Les élèves, faisant partie de la
chorale, ont tenu à ponctuer leur visite par une note de
gaieté en entonnant un chant dans la salle de rédaction.

Louiza/Liberté 

Djamel Berrimi, qui assure actuellement la fonction de secrétaire général de la wilaya d'Alger, est pressenti
à la tête de la wilaya d’Annaba, dont
le poste est vacant depuis le 23 décembre 2014, apprend-on de sources
concordantes, même si du côté des officiels, rien ne filtre. “Officiellement,
la wilaya d’Annaba n’a rien reçu à ce
propos”, a affirmé le P/APW d’Annaba, Laïd Hadji. L'intérim, assuré depuis la mort de l’ex-wali d’Annaba par l'actuel secrétaire général de
la wilaya d’Annaba, est arrivé à son
terme. Avant cette nomination, le
nouveau chef de l'exécutif de la wilaya
d’Annaba, qui a une longue carrière
dans les collectivités locales, avait
également occupé le poste de wali délégué. Pour rappel, le défunt ex-wali

ILS ONT VISITÉ LES SERVICES DU JOURNAL ET ÉCHANGÉ AVEC LES JOURNALISTES

R. N.

LIBYE

Report des discussions de paix 
Les discussions de paix réunissant les protagonistes libyens, prévues sous l'égide de l'ONU afin de trouver une
issue à la crise dans le pays, ont été reportées au moment
où l'armée libyenne a repris aux milices islamistes la plus
grande base militaire de Benghazi. La mission des Nations
unies a annoncé la veille que le prochain round des discussions interlibyennes, prévu hier dans la ville de Ghadamès, se tiendrait la semaine prochaine, sans, toutefois,

préciser de date, pour des raisons de sécurité. La situation
sur le terrain reste précaire avec la poursuite des violences,
en dépit des appels de la communauté internationale à la
cessation des hostilités. L’armée libyenne a repris la plus
grande base militaire de Benghazi, deuxième ville du pays,
aux milices islamistes qui tiennent la ville depuis l'été, selon Wanis Boukhamada, commandant des forces spéciales.
R. I./AGENCES

VENTE DE RAFALE À L'ÉGYPTE

“Encore plusieurs jours” de discussions 
Les négociations sur la vente de
24 avions de chasse français Rafale à
l'Égypte, soit un contrat de 4 à 5 milliards d'euros, sont suspendues à un feu
vert du président Abdel Fattah alSissi et vont nécessiter “encore plusieurs
jours de dialogue”, a indiqué hier le ministère français de la Défense.
“Contrairement aux informations relayées ici ou là sur une approbation ou

une signature de l'offre francaise par le
président égyptien Sissi, aucune officialisation, signature ni approbation de
cette offre n'a été émise au Caire”, a relevé un porte-parole du ministère.
“Il reste encore plusieurs jours de dialogue pendant lesquels nous restons extrêmement prudents quant à toute annonce intempestive”. Les discussions
pourraient aboutir “cette semaine”,

a-t-on indiqué de source diplomatique française. “Nous leur avons fait
des conditions financières intéressantes.
On devrait y arriver. Dans la semaine.
Mais tant que ce n'est pas signé, ce n'est
pas signé”, a souligné cette source.
qu'ici preneur à l'étranger. Les discussions ont notamment tourné court
avec le Brésil, les Émirats arabes unis,
la Suisse et le Maroc.

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