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LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

Supplément Économie 9

LE MOUVEMENT ANTIGAZ DE SCHISTE RÉVÈLE UNE SITUATION EXPLOSIVE DANS LA RÉGION

LE SUD SUR UN BARIL
DE POUDRE

D. R.

N

os gouvernants semblent prendre les choses à la légère concernant le traitement du dossier gaz de schiste. C’est leurrer les citoyens que de faire croire que les mesures prises par le chef de
l’État en direction des populations du Sud suffisent à apaiser la colère des citoyens d’In-Salah. De telles décisions ne paraissent pas à la hauteur du danger que représentent la radicalisation de la protestation
antigaz de schiste et sa généralisation aux autres régions du pays sur
la sécurité intérieure de l’Algérie. Un grand risque de division du pays
se profile si on ne pare pas à cette grogne par des actions plus audacieuses.
Une mégapole à Tamanrasset, une université des hydrocarbures à Ouargla, un lancement rapide de chantiers d’autoroutes du Nord au Sud,
la multiplication des centres de formation d’ingénieurs et de
techniciens dans les villes proches des gisements de gaz et de pétrole pour favoriser l’emploi des jeunes du Sud pourraient avoir une portée symbolique, l’intérêt des gouvernants à la partie méridionale de
l’Algérie.
Parallèlement, il convient de répondre à l’inquiétude des citoyens d’InSalah par d’autres garanties présentées par les pouvoirs publics sur la
qualité des travaux de forage préservant la santé et l’environnement
des zones d’exploration. On doit assurer que l’utilisation des eaux de
la région ne s’effectuera pas au détriment des habitants et de l’avenir
agricole ou économique de la région. Un audit environnemental effectué
par un organisme indépendant externe à Sonatrach, rendu public, pourrait rassurer davantage les citoyens.
Il faudrait, également, un autre plan de communication. Que les responsables de la compagnie pétrolière nationale, que les représentants
des plus hautes autorités se rapprochent de ces habitants, qu’ils leur

La symbolique
de la kheïma
contre les
pyromanes
PAR K. REMOUCHE

libecosup@yahoo.fr

expliquent dans un langage simple l’importance de l’exploration de
ces ressources, des dividendes en termes d’emploi et de revenus qu’ils
pourraient tirer de cette activité.
La symbolique d’échanges sur le dossier autour d’un thé sous une kheïma et sous l’habit des Touareg mettrait beaucoup d’eau sur le feu de
la colère des citoyens d’In-Salah. En des temps plus apaisés, des responsables ont déjà utilisé cette pratique.
Une telle attitude placerait en porte-à-faux les pyromanes qui, par leur
comportement dédaigneux des habitants du Sud, jettent de l’huile sur
le feu.
S’il est clair que le gaz de schiste constitue une carte décisive aux mains
de l’Algérie pour garantir sa sécurité énergétique à long terme et maintenir sa place de grand exportateur gazier pendant plusieurs décennies, il n’en demeure pas moins que subsistent des incertitudes sur
la rentabilité du gaz de schiste et l’importance des réserves commercialement exploitables d’hydrocarbures non conventionnels.
En attendant que des études confirment ce potentiel considéré comme l’un des plus importants dans le monde, commençons d’abord par
maîtriser les conditions environnementales liées à cette activité. Dans
la foulée, on ne comprend pas dans ce dossier le silence de l’Agence
de régulation des hydrocarbures censée exercer un contrôle rigoureux
des activités de forage de Sonatrach.
En somme, nos gouvernants n’en font pas assez pour convaincre les
citoyens de la région et pas suffisamment pour désamorcer cette potentielle bombe qui peut remettre en cause l’intégrité territoriale du
pays, pour laquelle des millions d’Algériens du Nord et du Sud se sont
sacrifiés.
K. R.

Mercredi 11 février 2015

10 Supplément Économie

LIBERTE

LE SUD SUR UN BARIL DE POUDRE
RENTABILITÉ DU NON-CONVENTIONNEL  

Un talon d’Achille
à ne pas négliger
La commercialité, talon d’Achille dans le processus de production des gaz de schiste, fait débat
en Algérie et ailleurs.
eule certitude aujourd’hui :
au prix actuel du marché,
Sonatrach ne rentera pas
dans ses frais, si elle s’engage dans le schiste, ainsi que
le confirment de nombreux
experts en énergie. Indépendamment
de la polémique qui entoure actuellement l’exploitation
Par : YOUCEF du non-conventionnel, la compaSALAMI
gnie nationale
d’hydrocarbures projetait de mettre sur
la table 70 milliards de dollars par an
en investissements sur une période de
vingt ans, soit 1 400 milliards de dollars en vingt ans, avec comme objectif de forer 200 puits par an, soit 4 000
puits, pour produire 20 milliards de
mètres cubes par an, c’est-à-dire 400
milliards de mètres cubes en 20 ans.
Ambitions démesurées ? Les 400 milliards de mètres cubes à produire en
vingt ans sont en fait produits aujourd’hui en deux ou trois ans, car la
production actuelle de gaz conventionnel est d’environ 145 milliards de
mètres cubes par an et avec quatre fois
moins de puits. Un puits de schiste
produit généralement 50 millions de
mètres cubes par jour, pendant quatre
ans, avec un  coût de revient de 20 millions de dollars. Il ne peut pas être rentable, affirme Mohamed Saïd Beghoul,
expert en énergie. M. Beghoul estime
à 35 milliards de mètres cubes de gaz
conventionnel, c’est l’équivalent de

D. R.

S

La compagnie Sonatrach lance des études de faisabilité de l’exploitation du gaz du schiste.

96 millions de mètres cubes par jour,
la consommation interne. Pendant ce
temps, le grand laboratoire dans le domaine du schiste, les Etats-Unis, fait
toujours parler de lui. Pourquoi les
grandes  compagnies s’y ruent-elles,
alors qu’il n’est pas rentable ? Et l’expérience américaine est-elle transposable à l’Algérie ? Deux principaux facteurs sont à l’origine de l’importance
prise par le schiste dans ce pays : une
baisse drastique des réserves  conventionnelles, et une demande interne en

LES TROIS QUESTIONS
QUE VOUS VOUS POSEZ
Faut-il aller vers l’exploration
du gaz de schiste ?  

n Le ministère de l’Energie et la direction de
Sonatrach estiment qu’il faut s’y mettre,
parce que le gaz de schiste devra venir en appoint aux besoins énergétiques internes du
pays au-delà de 2030. Ils se disent même
convaincus de la matérialité du projet des gaz
de schiste en Algérie, notamment avec l’expertise des cadres algériens qui maîtrisent la
fracturation hydraulique. Les opposants à
l’exploitation du gaz de schiste estiment que
cette activité est polluante et qu’elle
consomme beaucoup d’eau, ce qui peut réduire les quantités d’eau potable mises à la
disposition des habitants et compromettre
l’avenir économique du sud du pays.

Faut-il avoir peur du gaz
de schiste ?

n Selon une étude publiée par un biogéochimiste américain, professeur à l’université
Cornell (État de New York), et reprise par le
journal le Monde, “3,6% à 7,9%” du gaz de
schiste produit aux États-Unis s’échapperait
dans l’atmosphère. Or, ce gaz (principalement
composé de méthane (CH4)) a un potentiel
d’effet de serre “beaucoup plus fort que le
CO2”. Il est néanmoins moins polluant que le
charbon.

Fracturation hydraulique :
est-elle polluante ?

n L’opération requiert l’utilisation de 10 000 à
20 000 m3 d’eau. Or, entre 20 et 80% du fluide
injecté remontent en surface lors de la mise
en exploitation du puits. Quand l’eau remonte, elle est chargée des éléments chimiques présents sous terre qui peuvent polluer s’ils ne sont pas traités.

énergie explosive. Le pays ne disposait
que de 4% des réserves mondiales de
gaz. Il consommait pas moins de 660
milliards de mètres cubes (22% de la
demande mondiale) dont 100 milliards de mètres cubes importés et
570 millions de tonnes de charbon.
Aussi fallait-il trouver de nouvelles
sources d’énergie. Les Etats-Unis ont
décidé d’investir dans le schiste pour
reconstituer des réserves, pour une indépendance énergétique. Le gaz de
schiste revient à sept dollars, et est ven-

du à trois dollars, aux Etats-Unis. Le
différentiel est de taille, mais semble
supportable, parce que le pays subventionne le non-conventionnel, avec
une série de taxes, note Saïd Beghoul.
Mieux, ajoute-t-il, l’Etat intervient
pour aider des compagnies dont les
opérations de forage se révèlent non
concluantes. L’Algérie ne peut-elle
pas en faire de même ? Sentencieux, M.
Beghoul estime irrationnel de débourser profusément d’argent
pour voir une torche allumée. Cela, on

peut le faire même à El-Harrach, ironise-t-il. Abdelatif Rebah, spécialiste
également des questions énergétiques,
estime, lui, que dans l’air des incertitudes, l’on ne peut pas avancer des prévisions sur la rentabilité ou pas des gaz
de schiste, dans dix ou quinze ans. Aux
Etats-Unis, le schiste est, selon lui, une
“option géostratégique et géopolitique”,
les sociétés pétrolières et gazières opèrent à crédit, ce sont les banques qui les
renflouent. Dans ce pays, indique-t-il,
la rentabilité se rapporte à des plages
de prix de pétrole, elle diffère d’un périmètre à un autre. M. Rebah rappelle que les plateaux de production déclinent tellement vite qu’il faut un
rythme de forage soutenu. La Chine
s’est également mise au schiste. Mais
Sonatrach n’a pas les épaules de la Chine, dit-il. Pour MM. Rebah et Beghoul,
il y a encore du  gaz conventionnel à
découvrir et à récupérer, en mettant en
place les moyens nécessaires pour le
faire. Ce sera beaucoup plus intéressant
que de vouloir se mettre à une énergie
à la rentabilité hypothétique. Au plan
logistique, Sonatrach seule, ou avec ses
associés, a besoin d’une “armada”
d’appareils (une centaine) de camions
adaptés, de toute une chaîne industrielle pour pouvoir constituer ce que
seront les plateformes du schiste. Tous
ces éléments-là sont à intégrer dans la
structure du prix du gaz.             
Y. S.  

GAZ DE SCHISTE

Une logistique sophistiquée
et coûteuse
Dans un pays où les hydrocarbures comptent pour 97% des recettes
d'exportations, cette potentielle manne gazière issue des gaz de schiste a
largement pu suffire à convaincre les autorités de s’y lancer.
ecourir aux hydrocarbures
non conventionnels serait,
en effet, un moyen de répondre à l’explosion de la demande interne qui afPar : SAÏD fecte les capacités
et à respecter les
SMATI
engagements interna- tionaux de l’Algérie.
D’ailleurs, le 27 décembre 2014, Sonatrach a mis en service le premier
puits-pilote algérien d'exploration
de gaz de schiste dans le bassin
d'Ahnet, dans la région d'In Salah
(Sud de l'Algérie). Reste que cette
aventure nécessite à la fois de
lourds investissements et des équipements spécifiques. Contrairement au conventionnel où c’est
l’exploration qui est difficile et qui
comporte beaucoup de risque,
pour le non conventionnel, la difficulté et le risque sont dans l’exploitation. Les formations géologiques visées ne peuvent être exploitées qu’à partir de puits horizontaux avec une fracturation étagée. Cette technologie, la seule qui
permette aujourd’hui d’extraire
pétrole et gaz de schiste, est deve-

R

nue l’objet de toutes les peurs.
Certes, il y a peu de différence
entre les deux systèmes, sauf que
pour le conventionnel nous possédons le savoir-faire et l'expertise,
pour le non conventionnel il faut
maîtriser certaines nouvelles techniques et notamment la fracturation hydraulique.
Au-delà des problématiques environnementales, l’exploration et
l’exploitation des gaz de schiste nécessitent une grosse logistique. En
moyenne, pour produire 1 tcf (28
bcm) de gaz de schiste, il faut 333
puits sur 169 km2 (13 kmx13km).
Cela donne un aperçu sur le
nombre de puits à forer. Quant on
sait que depuis 1962, l’Algérie n’à
foré qu’un peu plus de 5 000 puits,
l’écart est phénoménal. Selon les estimations de la Sonatrach, l'Algérie devrait forer quelque 200 puits
par an pour pouvoir produire 20
milliards de m3 annuels. Pour atteindre les objectifs voulus, on
sera obligé de forer autour de 200
000 puits sur 30 ans alors que le
parc d’appareils de forage en Algérie est insuffisant. Les spécialistes

estiment qu’il faudrait au minimum 200 ou 300 appareils de forage, alors qu’actuellement l’Algérie n’en dispose que de 70. On sait
aussi que les non conventionnels
ont besoin de beaucoup d'eau
(entre 10  000 et 15  000 m2 par
puits), donc des installations hydrauliques pour l'acheminement de
cette eau et des installations pour
la récupération et le traitement de
l'eau après utilisation. Selon le ministère de l’Énergie, Sonatrach
aura besoin de 1,2 milliard de
mètres cubes sur toute la période.
Quant au traitement de cette eau
utilisée, on a recours à de grosses
installations qui doivent être démontées au bout de 5 ans maximum (durée d'exploitation d'un
puits). Ajoutez à cela toute la logistique qui va avec, en termes de
parc roulant et installations annexes. De plus, tout un réseau de
pistes devra relier entre eux tous ces
puits pendant la période de forage
pour permettre le passage d'engins
et camions, et après, pendant la
phase d'exploitation, si le gaz est
évacué par citernes. Si le gaz est

évacué par gazoduc, c'est tout un
réseau de gazoducs à construire
pour relier tous ces puits d'abord
entre eux puis à un centre d'évacuation sur le réseau national.
Certes, les interconnections entre
gisement sont maîtrisées par Sonatrach et sont déjà couramment
réalisés pour les cas conventionnels.
Mais pour les non conventionnels
la donne change compte tenu de la
durée de vie très courte des puits.
En effet, le déclin de la production
est de l’ordre de 70% après trois années seulement d’exploitation.
Ce qui suggère que le développement éventuel de cette activité à des
niveaux significatifs exigerait des
investissements récurrents de grande ampleur pour maintenir une
production au-delà de quelques
années. Par ailleurs, le coût d’un
puits de schiste peut s’évaluer aujourd’hui entre 15 et 20 millions de
dollars, avec des délais de réalisation 25% plus longs que pour un
puits conventionnel. Ce qui soulève
la question de la rentabilité des gaz
de schiste.
S. S.

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

Supplément Économie 11
LE SUD SUR UN BARIL DE POUDRE

NAZIM ZOUIOUÈCHE, ANCIEN P-DG DE SONATRACH

“Il faut surtout mettre l’accent
sur les hydrocarbures
conventionnels”
Dans cet entretien, ce spécialiste des questions énergétiques soutient que
l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste présente des risques sur
l’environnement qu’il convient de maîtriser. Il plaide pour le développement de
l’énergie solaire, comme sérieuse alternative et comme l’une des solutions à la
couverture des besoins énergétiques de l’Algérie à moyen et long termes.
foggaras. On est donc allé plus vite que le chef d’orchestre.

Liberté : Comment commentez-vous la
communication officielle sur le dossier gaz de
schiste ?
Nazim Zouiouèche : La communication a été en
deçà. On aurait dû expliquer aux gens d’In-Salah,
commencer par eux.
Entretien réalisé par : On revient au début.
K. REMOUCHE    Comme ce gaz de
schiste pose problèmes, il aurait fallu un débat plus
ouvert avec notamment les experts nationaux, tous
les gens concernés. On a lancé l’exploration du gaz
de schiste sur le fait accompli. On revient à la campagne d’explication. Je comprends parfaitement
qu’on ne peut le mettre à côté (ne pas envisager
d’utiliser la carte du gaz de schiste). Ce que je crois,
c’est qu’on est allé trop vite en besogne. Si on avait
dit aux gens d’In-Salah qu’on allait faire des
études, des travaux complémentaires pour avoir
une idée claire des ressources, on n’aurait pas eu
cette protestation. Il ne fallait pas dire qu’on allait exploiter le gaz de schiste.

D. R.

Pensez-vous que des risques subsistent
dans l’exploration et l’exploitation de gaz de
schiste ?
Il y a des appréhensions. Je ne veux pas dire qu’il
va y avoir des catastrophes. Il y a une possibilité
de retombées négatives, en particulier l’eau qui est
rejetée dans la fracturation hydraulique. Elle
peut créer des problèmes de pollution si elle
n’est pas traitée. On a d’autres retombées négatives dans une région où l’eau est sacrée. On a mal
expliqué les choses à la population, à la société civile. Les gens de la région craignent que l’eau aille
en se raréfiant et que de ce fait sera remise en cause l’économie de la région.

Les ressources hydriques du pays seront-elles entamées si on atteint le profil de production projetée, à savoir 20 ou 30 milliards de gaz de
schiste par an à l’horizon 2025-2030 ?
Les réserves en eau dans le continent intercalaire sont importantes. Dans ces régions, l’eau de l’albien affleure. Si vous exploitez le gaz de schiste,
vous baisserez le niveau de la nappe. Ce qui compromettrait cette agriculture ancestrale faite de

Faut-il aller vers l’exploitation du gaz de
schiste ?
Il faut d’abord connaître exactement quelle est l’importance de notre potentiel en gaz de schiste et
quelles sont les meilleures méthodes pour l’exploiter. Quand on aura une idée précise des réserves
exploitables, on pourra envisager leur exploitation.
Jusqu’à présent, on ne connaît que les ressources.
On ne connaît pas exactement quelles sont les réserves exploitables. Les musiciens vont plus vite
que le chef d’orchestre. Il faut forer deux ou trois
puits d’exploration pour identifier avec précision ces réserves. Mais le grand problème, c’est
qu’on n’a pas une idée de ce que cela va nous coûter. Par ailleurs, il faut savoir que notre demande
en électricité ne fait qu’augmenter.
C’est une croissance annuelle à deux chiffres. Le
gaz de schiste, il convient de rester en veille. Affinons donc d’abord nos connaissances sur nos
réserves de gaz de schiste. Il ne faudra se préparer à le produire que quand les conditions économiques, environnementales et techniques seront maîtrisées et si possible avec le maximum de
moyens nationaux.
Ne sommes-nous pas focalisés sur le gaz de schiste jusqu’à négliger nos ressources conventionnelles et nos réserves en Tight Gas qui sont importantes ?
Il faut surtout mettre l’accent sur le conventionnel parce qu’il y a la possibilité d’améliorer les performances de nos gisements de pétrole et de gaz
conventionnel. Nous avons des réserves exploi-

tables dans le Tight Gas (gaz compact) et le Tight
Oil (pétrole compact). Il convient également de relancer l’exploration. L’Algérie reste sous-explorée.
Il faut, enfin, développer les énergies renouvelables
comme cela se fait dans les autres pays du monde. Dans ce domaine, en Algérie, il y a beaucoup
de paroles mais pas beaucoup d’actions. Nous
avons la possibilité de développer une ressource
infinie qui est le solaire. On dit que le solaire coûte très cher. Je suis persuadé qu’au jour d’aujourd’hui, le gaz de schiste coûte plus cher.

Le lexique
qui fâche
Gaz de schiste : le gaz de schiste est un gaz
naturel retenu à grande profondeur dans
certains schistes des bassins sédimentaires.
Il est emprisonné dans la roche elle-même,
contrairement au gaz conventionnel situé
dans des couches perméables faciles d’accès.

Fracturation hydraulique : c’est la
dislocation ciblée de formations
géologiques peu perméables par le moyen
de l’injection sous très haute pression d'un
fluide composé essentiellement d’eau, de
sable et d’additifs chimiques, destiné à
fissurer et micro-fissurer la roche.

Additifs chimiques : c’est un cocktail de
produits chimiques, à hauteur de 1% du
fluide, injecté dans la roche pour rouvrir des
fissures déjà existantes ou en créer de
nouvelles.

MOURAD PREURE, SPÉCIALISTE PÉTROLIER INTERNATIONAL, CONSULTANT

“Le gaz de schiste et la misère au Sud,
la corruption au Nord”
ontacté par Liberté, Mourad Preure, spécialiste international en énergie et consultant sur les questions économiques, n’a pas caché son mécontentement sur ce qui passe au sud du pays. Si la situation n’est pas prise en charge rapidement par nos gouvernants, elle risque de menacer la stabilité du pays, de diviser l’Algérie, aPar : K. R. t-il souligné
Avec ce mouvement antigaz de schiste, cette
grogne qui risque de s’exacerber et de faire tache d’huile dans toutes
les régions du sud du pays, se pose un sérieux problème de sécurité. “Le sud est assis sur un baril de poudre”, a-t-il averti. D’autant plus que cette région n’est pas éloignée des frontières qui représentent une véritable menace sur la sécurité du pays, avec la
situation au Mali et en Libye.
Toute cette colère est le résultat d’une organisation administrative trop centralisée et d’un pouvoir central qui a pendant longtemps ignoré les difficultés socioéconomiques du sud du pays.
“Le gaz de schiste n’est qu’un pretexte. Les simples citoyens d’InSalah ne comprennent pas les enjeux économiques et géostratégiques
du gaz de schiste. Ils sont surtout mécontents de l’attitude des gouvernants à Alger. Ils disent : Nous avons l’eau et le gaz. Ils nous les
prennent sans pour autant profiter de la manne pétrolière, d’où leur
colère”.
Un message des protestataires qui pose le problème de la répartition de la rente. En d’autres termes, cette protestation antigaz
de schiste est l’effet de la situation de grande misère que vivent

C

les populations du Grand-Sud du pays. Un véritable problème de
développement local.
Mourad Preure n’est pas également satisfait de la communication
officielle en direction des habitants d’In-Salah. “Un haut responsable est venu à In-Salah, suite au mouvement de protestation. Il
a rencontré les autorités locales, les notables. Mais n’a pas daigné
se rapprocher de la population, des représentants de la société civile”.
En d’autres termes, il les a nargués, il les a vus de haut. Cette attitude ne fait que jeter de l’huile sur le feu. Il faut se rapprocher
de la population, leur expliquer si on veut jouer à l’apaisement.
Mourad Preure n’exclut pas une manipulation externe et interne derrière le mouvement antigaz de schiste.
Ce qui exacerbe également la situation, c’est cette représentation
du Nord par de nombreux jeunes du Sud. “Le gaz et la misère au
Sud, la corruption au Nord”, a résumé Mourad Preure. Une conséquence de la médiatisation des affaires Sonatrach, Khalifa, de l’autoroute Est-Ouest. “Nous voulons notre part du pétrole”, disentils dans leur élan de protestation.
Selon lui, il convient rapidement de prendre des actions en direction du développement économique de ces régions. Il préconise
une régionalisation pour une plus grande autonomie des collectivités locales.  
Pourquoi pas créer une mégapole à Tamanrasset avec une grande université, des hôpitaux et des autoroutes Nord-Sud, comme
mesures urgentes à mettre en œuvre sur le terrain pour mettre fin

à ce mouvement de protestatation. Il nous citera le calvaire de ces
habitants du Grand-Sud qui mettent 4 jours pour rallier Alger pour
une hospitalisation ou un rendez-vous médical.
Il préconise le brassage entre Algériens. “Il faut le mélange entre
Algériens (dans le sens d’une mobilité : déplacements fréquents des
citoyens de l’Ouest à l’Est, du Sud au Nord. Beaucoup d’habitants
du Nord ne connaissent que leur quartier ou leur ville”, a-t-il
ajouté.
À cela, il convient d’ajouter la multiplication de centres de formation techniques dans les métiers des hydrocarbures dans les
zones proches des gisements de gaz et de pétrole pour favoriser
le recrutement du personnel local et réduire ainsi le chômage des
jeunes dans le Sud. Pourquoi pas une université des hydrocarbures
à Ouargla, avait suggéré Nazim Zouiouèche.
La responsabilité sociale de Sonatrach est également engagée. Elle
devrait s’impliquer davantage financièrement pour mettre fin aux
îlots de misère proches des gisements au Sud-Est et au Sud-Ouest.
Quant aux dépenses énormes consenties par l’État pour financer
les programmes de développement du Sud puisées des recettes fiscales pétrolières, on peut s’interroger sur leur efficacité. Si des progrès significatifs indéniables dans les domaines socioéconomiques ont été enregistrés, l’effort de l’État n’a pas empêché la grande misère dans le Grand-Sud.
K. R.

12 Supplément Économie

Mercredi 11 février 2015

LIBERTE

LE SUD SUR UN BARIL DE POUDRE
RESSOURCES NON CONVENTIONNELLES

La part de vérité et celle
des manipulations
Le discours des dirigeants a suscité des doutes.
a polémique enfle, les experts se sont exprimés avec
leur point de vue selon
leur compétence et
conscience personnelle.
Les pouvoirs publics ont
manifesté leur volonté de concertation
et tentent de convaincre. Mais de quoi
s’agit-il exactePar A. HAMMA ment  ? Il nous
semble, que
dans cet imbroglio, il faut faire la part des choses. L’Algérie se situe géographiquement dans
une région au climat semi-aride, caractérisé par un stress hydrique structurel. Il est donc légitime que les populations, notamment celles de Sud, se
préoccupent de la ressource en eau,
comme source de vie.
Mais faut-il pour autant exagérer plus
qu’il n’en faut ? Une expérimentation
pour évaluer notre potentiel en gaz de
schiste qui, selon les experts internationaux, serait le troisième au monde,
soulève une “tempête” qui nous pousse à nous interroger quant aux arrièrepensées de ceux qui l’ont provoquée.
Au demeurant, ces expérimentations
ne concernent pas uniquement le Sud
mais engloberont d’autres régions du
pays tels les Hauts-Plateaux ou le SudEst et même les régions du Centre.
Alors s’agit-il de l’appréhension des
conséquences sur l’environnement ou
de manipulations politiques dans le
sillage desquelles une certaine opposition tente de s’y engouffrer ? Sinon,
comment interpréter la sortie “aven-

L

D. R.
Les Sudistes expriment leur opposition à l’exploitation du gaz du schiste.

tureuse” du leader du MSP, qui compare le forage à titre expérimental
d’un puits de gaz de schiste à celle de
la bombe atomique commise odieusement par le colonisateur français à
Régane (Gerboise bleue) ?
La justice aurait dû, en principe, s’autosaisir contre de tels propos qui sèment la division et la fitna et portent
atteinte à l’unité nationale. S’il faut se
réjouir de la prise de conscience citoyenne quant à la protection de l’environnement, celle-ci ne doit pas être

exploitée à des fins politiciennes. Dans
ce cas, ceux qui se targuent de démocratie auront raté, à l’évidence, leur objectif. Un grand homme d’État, dont
nous tairons le nom par respect à sa
mémoire, nous disait, dans le cadre
d’un groupe de travail restreint, que
“l’Algérie a deux ventres mous, le Sud et
la Kabylie sur lesquelles les ennemis de
l’État et de la nation algérienne vont
jouer”. Il avait ajouté que “les populations de ces deux régions sont viscéralement attachées à l’unité nationale et

à l’intégrité du territoire national, pace
qu’ayant subi, comme toutes les régions
du pays, les affres du colonialisme et participé au combat libérateur de notre
peuple. Les noms de leurs martyrs sont
inscrits sur le fronton de la république”.
La paix des braves que De Gaule avait
proposée après la découverte du pétrole, en espérant séparer le Sud du
Nord, a été totalement rejetée par nos
compatriotes de cette région.
De même que le petit jeu malsain de
Kadhafi, avec son “fumeux” projet de

EN TOUTE LIBERTÉ

création de l’État du sahel en tentant de
manipuler les populations targuies, a
eu le sort que l’histoire lui a réservé. Au
demeurant, nous en subissons les
conséquences aujourd’hui. Mais en
vérité, l’État algérien, jusqu’à preuve du
contraire, est souverain.
Il a le droit et même le devoir d’explorer toutes les potentialités du sol et du
sous-sol dont la nature nous a dotés.
Dans un contexte économique international morose, une machine économique nationale qui peine à démarrer, une montée considérable des
besoins socioéconomiques de notre
population qui frise les 40 millions
d’habitants, une jeunesse légitimement impatiente… que faire ?
Telle est la question. Dans le cas du gaz
de schiste, le pouvoir a péché par un
manque de communication et de
concertation avec les notables locaux.
C’est, nous semble-t-il, le seul reproche qu’on peut lui faire.
D’autant que les propos que Fabius, ministre des Affaires étrangères françaises, aurait tenu dans un grand journal français, en affirmant que la France est en pourparlers avec les autorités
algériennes pour l’exploitation du gaz
de schiste, ont rajouté une couche de
doutes par rapport au discours de nos
dirigeants. Le peuple algérien exige
simplement la transparence dans la prise de décision des questions qui engagent son devenir. Il faut être à son
écoute, sinon toutes les manipulations
seront possibles.
A. H.

MUSTAPHA MEKIDECHE
mustaphamekideche@ymail.com

Gaz de schiste en Algérie : un débat utile mais encore asymétrique

E

n dépit des récupérations politiciennes inévitables et des interférences extérieures (il
y en aura toujours), le débat social et technicoéconomique qui se développe sur le gaz de
schiste en Algérie est tout compte fait utile bien
qu’asymétrique. Cette asymétrie dans la connaissance et la vision du sujet rend cependant les positions affichées et les dialogues entre les acteurs
sociaux, les populations et les experts d’une part
et les pouvoirs publics d’autre part, assez difficiles
à conduire et à clarifier.
Pour tout dire, le débat risque de déraper et
même d’aller dans tous les sens. A l’inverse, un problème bien posé est à demi résolu. Aussi il
convient d’abord de quitter le champ des arguments faciles ou superficiels que j’ai entendus çà
et là du type “on nous ment, l’Algérie n’a pas d’experts ou bien encore qu’il n’y aucun risque”. Il faut
que les uns et les autres fassent quand même l’effort d’identifier au préalable les termes d’un débat social utile sur la question ; l’irruption puis l’implication des populations et des élites locales
concernées dans ce débat étant plutôt une bonne nouvelle.
Pour ma part, je tenterai ici de mettre en perspective les termes de ce débat, qui ne fait que commencer, en rejetant d’emblée l’option du passage
en force mais aussi celle de l’insulte gratuite et souvent anonyme (quel courage) que l’on retrouve sur
les réseaux sociaux. Expurgée donc de ces excès,
on peut segmenter les termes du débat  en trois
niveaux problématiques, ou perçus comme tels,
sur lesquelles les désaccords doivent être précisés
puis réduits et les convergences construites. Un
premier palier, qui est préjudiciel, devra répondre
à la question suivante : est-ce vraiment nécessaire
de recourir au gaz de schiste et à quel horizon tem-

porel pour assurer notre sécurité énergétique ? Un
deuxième niveau qui aura pour objet de traiter des
conditions de sécurité d’exploration, d’exploitation
et de protection de l’environnement mises en avant
avec force par les populations locales. Et enfin un
troisième niveau qui examinera les conditions économiques et financières d’exploitation de cette ressource insuffisamment étudiées pour l’heure,

En 2013,
la consommation
nationale de gaz a été
de 36 milliards de m3 de gaz.
Cette dernière doublera en 2030
et triplera probablement en
2040. Sauf à importer du gaz
naturel, je vois mal comment
satisfaire la demande à cet
horizon. Le compte n’y sera pas,
même si l’on accélère la
réalisation du programme des
énergies renouvelables
approuvé par le gouvernement
en 2011.”
sachant d’ores et déjà que l’exploitation de cette
dernière est une opération industrielle qui ne générera pas de rente. Commençons par le premier
niveau de désaccord : à quoi bon recourir au gaz
de schiste si les réserves de gaz conventionnelles
suffisent à couvrir les besoins à long terme du
pays ? Force est de constater que malheureusement tel n’est pas le cas. La production nationa-

le de gaz naturel conventionnel, après le pic de
2005, dû à une exportation massive finalement non
justifiée économiquement et financièrement,
est entrée dans un déclin avéré de l’ordre de
7,5%. Ce n’est pas les déclarations officielles d’un
doublement de la production gazière qui y changeront quelque chose, car il s’agit, pour l’essentiel,
de la mise en production de projets en retard tels
que celui de Gassi Touil.
Je dirais même plus : cette annonce a été une erreur de communication qui a brouillé le débat, car
l’opinion publique est en droit de s’interroger :
pourquoi développer dans ces conditions de disponibilité de gaz conventionnel le gaz de schiste ?
En vérité, le bilan gazier est très préoccupant à long
terme. Le profil moyen d’évolution de notre demande gazière à l’horizon 2030 s’élèvera à 37 milliards m3 pour la génération d’électricité auxquels
il convient d’ajouter 40 milliards pour la consommation des ménages et des industries, soit 77 milliards de m3 par an (source Amina Seghali, Sonelgaz). En 2013, la consommation nationale de gaz
a été de 36 milliards de m3 de gaz. Cette dernière
doublera en 2030 et triplera probablement en 2040.
Sauf à importer du gaz naturel, je vois mal comment satisfaire la demande à cet horizon. Le
compte n’y sera pas, même si l’on accélère la réalisation du programme des énergies renouvelables
approuvé par le gouvernement en 2011.
Le deuxième niveau de débat contradictoire devrait porter sur les conditions de recherche, d’exploitation et de protection de l’environnement. On
peut repérer deux dangers potentiels majeurs dans
ce processus d’exploration et de production du gaz
de schiste. Le premier peut provenir d’une imperméabilité et d’une étanchéité du tubing non
assurées. A ce propos, la grande catastrophe éco-

logique du golfe de Mexique en a été la raison et
pourtant il s’agissait de forages d’hydrocarbures conventionnels de BP. Le second danger potentiel est relatif aux conditions de récupération
et de traitement des effluents liquides qui servent
à la fracturation de la roche. La troisième problématique sujette à débat est de nature économique
et financière. Il ne faut pas se bercer d’illusions,
je le répète aux partisans de la rente perpétuelle
au risque de les décevoir, l’exploitation du gaz de
schiste est une opération industrielle qui ne génère pas de rente.
Pour plusieurs raisons : des coûts de production
élevés du fait du nombre très élevé des platesformes de forage pour obtenir la même production que pour du gaz conventionnel, la déplétion
plus rapide des gisements qui oblige à opérer
d’autres forages, d’où des charges opérationnelles et logistiques plus élevées. Il est évident que
la rentabilité sera d’autant plus faible et le retour
sur investissement plus long dans la situation
d’une baisse durable et significative du prix des
hydrocarbures.
En conclusion, l’équation de l’exploitation du gaz
de schiste est complexe, car le recours à cette technique de mise en valeur est inévitable à terme,
même si elle implique une vigilance environnementale inédite et une rentabilité modeste. D’où
la nécessité d’approfondir le débat social, technologique et économique sur cette question, loin
à la fois des surenchères et des certitudes superficielles que l’on a pu observer ces dernières semaines. La bonne nouvelle étant que ce débat a
été ouvert très tôt. Il ne faut surtout pas le fermer
prématurément ou le réduire à des incantations récurrentes sans intérêt.
M. M.

LIBERTE

Mercredi 11 février 2015

Supplément Économie 13
ENTREPRISE ET MARCHÉS

CROISANT DES CHÈVRES LOCALES AVEC DES GÉNITEURS DE RACES SAANEN

EN BREF

Un éleveur caprin
pas comme les autres

Installation de comptoirs
bancaires à l’étranger  

n Des comptoirs bancaires au bénéfice de la
diaspora algérienne seront installés dans les
mois à venir. Ils le seront soit par la création
d’un établissement dédié, ou bien par la
filialisation des banques déjà existantes sur
la place d’Alger.
Les Algériens vivant à l’étranger ne sont plus
concentrés dans un ou deux pays et leurs
besoins en matière de services financiers
(épargne, transferts familiaux de fonds,
financement des projets et crédits) étaient
divers.

N’étant pas nécessairement destiné à ce métier,
Ouaissi Sekkouti Aoumeur est devenu éleveur
caprin plus par passion pour la chèvre.
’est donc cette passion qui a fait
qu’il est devenu éleveur caprin
agréé à la tête d’une entreprise familiale Chèvre d’Or au lieu-dit
Smayma, commune de Tadmit, à
environ 60 km de Djelfa. Parti
d’un élevage familial qui
Par :
s’approvisionnait essenSAÏD SMATI tiellement des souks, l’éleveur a essayé de se procurer les meilleures chèvres. L’aventure a pris une
autre tournure en 2004, à la faveur d’une rencontre avec le directeur de la ferme pilote de Draâ
Ben Khedda, qui lui a permis d’acquérir deux chevreaux de race Saanen.
Cette acquisition constitue le début du croisement
des chèvres locales avec des géniteurs de race Saanen. Les résultats étaient satisfaisants, jusqu'au
jour où l’éleveur a butté sur la problématique de
la consanguinité. Il fallait donc changer les géniteurs, mais il était impossible d’en trouver, l'importation des chèvres n’étant pas autorisée. Depuis, l’importation a été autorisée, mais il faut,
cette fois-ci, faire face à la cherté des géniteurs
(90 000 à 150 000 DA), qui en plus sont de mauvaise qualité.
Certes, l’éleveur évoque la possibilité d’importer
de la semence, mais là il estime que nous n’avons
pas les moyens de pratiquer dans les bonnes
conditions l’insémination. Ouaissi Sekkouti reste convaincu de la pertinence de s’engager dans
cette aventure.
En effet, selon lui, le croisement de chèvres locales avec des géniteurs performants donne de
très bons résultats. Production laitière améliorée,
bonne production de viande et enfin des sujets
rustiques, sains et indemnes de maladie. Le lait
de chèvre possède des qualités nutritionnelles
bien plus importantes que le lait de vache. Par
rapport à ce dernier et rien que pour l’exemple,

Le Siag se tiendra en mars
prochain à Oran

C

n La troisième édition du Salon
professionnelle internationale “Siag” aura
lieu du 11 au 14 mars prochain au centre des
conventions d’Oran.
La manifestation a pour objectif premier de
contribuer à une meilleure connaissance du
potentiel du secteur industriel
agroalimentaire.
Le Siag a permis au fil des années,
l’instauration d’un espace privilégié de
rencontres permettant aux entreprises
locales et étrangères d’échanger leurs
expériences et de développer des relations
d’affaires mutuellement bénéfiques.

La Chine, la première
économie au monde
d’ici à 2030

D. R.
L’entreprise Chèvre d’Or se spécialise dans l’élevage de caprin.

le lait de chèvre contient plus du double de vitamine A et quatre fois plus de vitamines D.
Il est aussi riche en minéraux et oligo-éléments,
calcium, phosphore, vitamines B et C. La teneur
en potassium et en magnésium est nettement plus
élevée dans le lait de chèvre que dans le lait de
vache. Selon Ouaissi Sekkouti Aoumeur, l’élevage
caprin présente beaucoup d’avantages. La chèvre
peut produire de 800 à plus de 1000 l de lait par
lactation de 270 jours. Son lait est très recommandé pour les bébés et les personnes âgées : bonne digestibilité, le yaourt de lait de chèvre est un
bon remède. Par ailleurs, la viande de chèvre à

LU DANS LE JO
L’accord de coopération sur le nucléaire publié
’accord de coopération dans le domaine de
l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins
pacifiques entre le gouvernement algérien
et la Fédération de Russie a été publié au journal n°2 paru le 25 janvier dernier. L’objet du présent accord est de définir les axes et les conditions
de la coopération entre les parties dans le domaine du développement et de l’utilisation de
l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. La coopération entre les parties s’effectue sur la base
des dispositions du présent accord et dans le respect des programmes nationaux de leurs Etats,
dans le domaine de l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques ainsi que des engagements internationaux et de la législation des
Etats des parties.
Le terme “matières non nucléaires spéciales” signifie les matières qui ne contiennent pas ou ne
peuvent pas produire des matières nucléaires,
mais qui peuvent être utilisées dans des dispositifs/équipements destinés à provoquer une
explosion par la libération d’énergie nucléaire interne (explosion nucléaire). Le terme “fins militaires” désigne le développement et la production
d’armes nucléaires et n’inclut pas la livraison
d’énergie destinée aux bases militaires provenant
d’un certain réseau d’énergie ou la production de
radio-isotopes qui pourraient être utilisés à des
fins médicales dans des hôpitaux militaires et
d’autres utilisations similaires dont les parties
pourraient convenir. Y a été publié également le
décret présidentiel n°15-06 du 11 janvier 2015
portant approbation de l’avenant n°4 au contrat
de partage de production du 29 juin 1998, pour
le développement et l’exploitation des gise-

L

ments de gaz
naturel, situés
dans la région
d’In Amenas,
conclu à Alger,
le 15 décembre
2014, entre la
société nationale Sonatrach et
les sociétés BP
Amoco Exploration (In Amenas) Limited et
Statoil North
Africa Oil As.
Figurent également dans ce numéro le décret présidentiel
n°15-02 du 11 janvier 2015 portant approbation
du contrat pour la recherche et l’exploitation des
hydrocarbures sur le périmètre dénommé M’sari-Akabli (blocs : 332a, 339a1 et 341a3) conclu à
Alger le 29 octobre 2014 entre l’Agence nationale
pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft), la société nationale Sonatrach et les sociétés Enel Trade SPA et Dragon Oil
(Algeria Alpha) Limited. Y est publié aussi le décret présidentiel n°15-03 au 11 janvier 2015 portant approbation du contrat pour la recherche et
l’exploitation des hydrocarbures sur le périmètre dénommé Tinrhert Nord (blocs : 235b,
244b et 223b) conclu à Alger le 29 octobre 2014
entre l’Agence nationale pour la valorisation des
ressources en hydrocarbures (Alnaft), la société nationale Sonatrach et les sociétés Dragon Oil
(Algeria Alpha) Limited et Enel Trade SPA.

un taux de gras très faible par rapport aux
autres viandes, de ce fait elle est recommandée
aux personnes souffrant de cholestérol et aux personnes qui désirent éviter cette maladie. D’un
autre côté, le caprin donne des quantités de viande importantes. Pour la race alpine, le mâle adulte pèse entre 80 et 100 kg, la femelle adulte entre
60 et 80 kg. La race Saanen produit un mâle adulte pesant entre 90 et 110 kg, la femelle adulte entre
70 et 90 kg. La race Boer, pour sa part, donne un
mâle adulte pesant entre 100 et 120 kg, la femelle
adulte entre 80 et 100 kg. Actuellement, Ouaissi Sekkouti dispose d’un élevage de 350 têtes, sans
compter la production de cette année. L’éleveur
de Djelfa ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Son objectif est la création d'une pépinière, afin de diffuser des chevrettes améliorées en
vue de mettre à la disposition des jeunes Algériens des chèvres rentables pour créer des élevages
caprins performants.
D’ailleurs, il a déposé un dossier au ministère de
l’Agriculture, qui prévoit dès le départ un
nombre de 1000 têtes. Ce nombre est justifié par
la nécessité de lancer de grands élevages pour une
multiplication rapide entre la chèvre locale et des
géniteurs d’importation.

n Selon une étude publiée hier par le cabinet
de consultants PwC, la Chine sera sans
conteste la première économie au monde
d’ici à 2030.
PwC plaçait déjà la Chine en tête en 2014 en
parité de pouvoir d’achat (PPA) sur la base des
projections à long terme de la croissance du
PIB des plus grandes économies au monde
d’ici à 2050, qui représentent actuellement
84% du PIB mondial.
Le centre de l’économie mondiale
devrait continuer de se déplacer vers les
pays émergents au cours des 35 prochaines
années.

COURS DU DINAR
Achat
US dollars
93,5071
Euro
106,1586

Vente
1 USD
93,5221
1 EUR
106,2037

COURS DES MATIÈRES
PREMIÈRES
Brent
Once d’or
Blé
Maïs
Cacao
Café Robusta

57,85
dollars/baril
1238,50 dollars
187,75 euros/tonne
156,00 euros/tonne
2008 livres sterling/tonne
1944
dollars/tonne

S. S.

BOURSE D’ALGER

Séance de cotation du 09/02/2015
TITRES COTÉS
ACTION

SAIDAL

COURS

VARIATION

550,00

-5,00

TITRES NON COTÉS
ACTION

ALLIANCE ASSURANCES Spa
EGH EL AURASSI
NCA-ROUIBA

DERNIER COURS DE CLÔTURE

620,00
440,00
375,00

OBLIGATION

SPA DAHLI

10 000,00

PRINCIPAUX INDICATEURS BOURSIERS

Capitalisation boursière :
Valeur transigée :
Encours global des titres de créance :
Encours global des valeurs du Trésor :
Indice boursier théorique

TAUX DE VARIATION

14 973 278 070,00
34 410,00
2 360 140 000,00
385 088 000 000,00
1 206,52

0,89%