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Marie-Claire Ropars-Wuilleumier

Sur le désoeuvrement : l'image dans l'écrire selon Blanchot
In: Littérature, N°94, 1994. Réalismes. pp. 113-124.

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Ropars-Wuilleumier Marie-Claire. Sur le désoeuvrement : l'image dans l'écrire selon Blanchot. In: Littérature, N°94, 1994.
Réalismes. pp. 113-124.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/litt_0047-4800_1994_num_94_2_2334

1955. 44) pour qu'advienne « la parole pluriel le ». « idées ». Si le désœu vrement a affaire avec le désastre. Université Paris VIII SUR LE DESŒUVREMENT : L'IMAGE DANS L'ÉCRIRE SELON BLANCHOT De l'image aussi. La nuit libérée d'étoiles. mais pour la nuit libérée d'étoiles. 1971. la nuit devenue multiple par la présence négative de la lumière. 1959El L'Entretien infini. 1980. 113 . 13). p. A : L'Amitié. Gallimard. soit à « l'absence d'œuvre » et à « l'interruption » dans l'idée même de l'œuvre {El. c'est-à-dire de celui qui n'est pas l'un. selon l'Écriture du désastre elle-même. nuit multiple » {ED. « l'espace sans limites d'un soleil qui témoignerait non pour le jour. Paris. Paris. Paris. il se place du même geste sous le signe de l'autre. Pensée de l'autre et penser par l'écrire vont ainsi de pair. Gallimard. le désœuvrement ne dit pas la perte de l'œuvre. Mais si le désœuvrement se doit alors de s'arracher à l'œuvre de parole pour se rendre au dehors du langage. Ainsi relié au désastre. Gallimard. p. Telle est la force critique de Blanchot. Paris. Gallimard. La perspective est d'autant plus risquée que l'idée d'image ne fait pas l'objet. Gallimard. ED : L'Écriture du désastre. p. 111) ne cesse d'avoir lieu. c'est d'abord au sens où il fonde la condition même de l'écriture sur l'éloignement de l'astre : en d'autres termes. c'est dans le langage lui-même et en lui seul que ce « dehors de toute langue » {El. « idées ». Paris. Il peut donc sembler arbitraire de relier l'acte du désœuvrement à une intervention de l'image. LV Le Livre à venir. 44) *. il est difficile rigoureusement.Marie-Claire Ropars-Wuilleumier. p. On n'enten dra donc pas le désœuvrement comme désastre de l'œuvre ou impossibilité d'écrire après la catastrophe de l'Histoire. mais la condition paradoxale d'une écriture « où cesse le discours » {El. L'Entretien de parler infini Si l'écrire selon Blanchot appartient au désœuvrement. mais qui toujours parle au lieu de l'un. 1969. et son impact dans la théorie : la mise en crise des idées d'être et d'unité relève de l'essence même de l'écriture telle qu'elle s'expose dans le désœuvrement. chez : : : • Références des citations de Blanchot : EL L'Espace littéraire.

par la singularité de son statut. dans L'Espace littéraire. et s'il regarde. sans se prêter à une définition stable. aussi bien que le symbole. où le flottement de la notion contribue précisément à empêcher la stabilisation du discours dans un énoncé unitaire. que Blanchot va éclairer par un 114 . on a voulu lire dans L'Entretien infinite renoncement de Blanchot à tout rapport avec l'image : ainsi du fameux chapitre « Parler ce n'est pas voir ». travaille sur les marges du texte. alors qu'il ne rejette que le pouvoir de la vision. elle intervient aussi comme un opérateur anagogique. incidence oblique. certains traits par lesquels l'idée d'image éclaire le paradoxe du désœuvrement. et parce qu'elle permet d'éprouver la négativité de la forme : il ne s'agit certes pas d'ajouter l'image au langage pour entrer dans l'ordre de l'écriture plurielle. vers une pensée de ce qu'il y a de proprement impensable dans l'exercice de l'écrire. où a commencé l'écrire. interdisant l'édification conceptuelle . l'image n'intervient le plus souvent que sous la forme de ces annexes. depuis le regard d'Orphée dans L'E space littéraire jusqu'à celui de Narcisse dans L'Écriture du désastre: ceci veut dire que l'image. mais le premier versant nous ramènera sans cesse à l'exigence de ne pas construire une théorie de l'image là où l'image intervient d'abord pour désavouer le repli théorique du discours. où le sens se substitue à la figure. LE DÉDOUBLEMENT Récusant l'allégorie. mais ie pluriel ne peut agir dans le langage qu'à travers la médiation d'un double qui lui fasse ombre. 2) L'image est co-extensive à l'invention du désœuvrement. du « rapport » ou de la « réécriture ». d'une approche frontale. ou digressions analogiques qui. fût-il discours de et sur l'écriture. et de ce point de vue rien n'est plus étranger à la pensée de Blanchot que la recherche de l'étoilement hiéroglyphique . Insistant au conuaiie sur le lôle de l'image dans ia mise en jeu de l'écriture. En ce sens l'image n'est pas seulement un facteur d'analogie.Sur le désœuvrement Blanchot. l'autre nuit. dans ce qu'il offre à la fois d'inaccompli et d'incessant . et non le recours au geste de voir. compris comme un désaveu du regard. qui s'analysent en tant que tels. Si Orphée se retourne. où la figure se dissout dans la profusion du mystère. j'engagerai ici une double hypothèse : 1) L'image est une constante marginale qui accompagne toute la réflexion critique de Blanchot. tout orienté par le double jeu du poète qui ne va chercher Eurydice que pour la ramener vers la nuit. vont baliser le détour constitutif de l'écriture. l'expérience de l'écrivain a affaire à la réalité matérielle et attestable de l'image : tel est le « secret du Golem ». mais sous une forme négative. en prenant appui sur un mythe consacré au détour du regard : ainsi du « regard d'Orphée ». n'est-ce pas précisément pour en finir avec la vue ? Bien davantage. L'IMAGE. comme c'est au contraire le cas pour les notions constitutives de l'écriture plurielle : à la différence du « fragmentaire ». en cela qu'elle nous conduit.

précipitant l'image au sein de l'objet. mais comme futilité vide — tels sont les attributs que reçoit Eurydice deux fois perdue dans le regard d'Orphée (EL. Corps fermé. le devenir immortel de l'homme — ne doit pas occulter la relation fondamentale que la découverte de l'image entre tient avec la condition d'écrire : l'écrivain séjourne auprès de l'image. exceptionnellement mais sans doute symptomatiquement. et ce séjour « est son œuvre » (LV. séduit par l'une d'entre elles. pp. 136-138). il précipite en elle la mise à mort de la représent ation par la transformation du corps en son image. Elle est ainsi rendue à la nuit. Ce qui importe d'abord. devient image à son tour et meurt dans le sillage de ces ombres devenues immortelles (LV. comme le propose la seconde version de l'imaginaire. le statut machinique et filmique de ces images — très exceptionnel chez Blanchot. C'est là le paradoxe instauré avec l'image et. devenu soi-même son propre double et comme l'ombre de soi. un détournement radical du principe mimétique le désœuvrement renonce à la distinction rassurante entre la chose regardée et son élaboration esthétique. Mais ce dévoilement de l'image dans la chute mortelle de l'être humain — qui est aussi. et par là à l'inspiration d'Orphée . dont elle précipite le devenir fantomal. à titre d'ombre. un regard-machine. p. Je ne retiendrai pas ici. mais en s'inscrivant dans la représentat ion elle-même. affecterait toute vue. qui lui succéderait . mais. il fait du devenir image de cette chose la condition même d'un écrire qui. comme Morel. b) loin de se substituer à la chose ou à l'être regardé. dans ce mythe borgésien qui rejoint le mythe d'Orphée. paradoxalement. par le regard. présence voilée. précédant et informant le regard humain . Ainsi Orphée. elle ouvre en même temps le réseau de la ressemblance qui de texte en texte 115 . du moins pour l'instant. l'image s'insinue au cœur de l'objet. où la vision du cadavre offre un exemple radical du devenir-image de l'homme dans et par la mort : j'y reviendrai ultérieurement. par le regard. c'est une double composante de l'expérience d'ima ge : a) l'image est attestable. 228-233). dans la mesure où elle naît du regard porté sur l'objet — ici. regardant Eurydice. Sans doute convient-il de relier cette expérience à celle de la mort. Il y a là. dans la mesure où il est renoncement à ramener l'œuvre au jour.Réflexions critiques : produits par la caméra diabolique d'un savant démiurge. pp. L'image s'oppose à la représentation. voilà sans doute l'apport le plus fondamental de Blanchot à une pensée de l'image qui. attirent dans leur séjour un fugitif qui. 136). visage scellé. se détournerait de la représentation et de la signification qu'elle implique. à travers elle. qui écarte tout rapport de l'image avec la fabrique médiatique de l'audio visuel. entre-t-il dans la logique du désœuvrement à partir du moment où. constitutif du détour de l'œuvre. dans le geste d'écrire : parce qu'elle est une opération de doublage — l'imitation imageante ne consiste-t-elle pas à proposer un double du réel ? — elle va rendre visible et évident un dédoublement originaire qui ne permettra plus de distinguer le double et le réel.

Et la logique extrême de ce « ressembler » intransitif apparaît dans le regard de Narcisse qui ne se reconnaît pas en son image — c'est le détail essentiel qu'a oublié Ovide — parce que ce que voit Narcisse est une image. c'est-à-dire à être pure ressemblance. et donc le double dans la parole elle-même. le dédoublement et le devenir étranger.Sur le désœuvrement désigne. affectant la vue du corps propre véhiculé par le rêve. le dédoublement qui nous fait ressembler à nous-même nous conduit à ne ressembler à rien. p. La ressemblance inscrite dans l'être n'est pas seulement la disparition du sens. dit L'Amitié à propos du rêveur (pp. et que « la similitude d'une image ne renvoie à personne. 229). Et Narcisse ne fait que resserrer. fait l'expérience de l'expropriation et de la mort en Eurydice : « lui-même. Ce devenir il de je s'éprouve sans doute dans l'infini de l'entretien. l'autre au lieu de l'un. Tout d'abord. éclairant son rôle dans la recherche de l'écrire : non seulement elle eioigne du corps. on retrouve la composante « spectrale » — le terme est de Blanchot (EL. où je devient //sans pour autant s'abriter sous le couvert d'une impersonnalité figurable en une personn e. divisée de soi par l'ombre qui l'attire hors de soi dans l'acte même de parler. 566) — qui caractérise l'image et qui atteint aussi bien les porteurs de parole que la narration elle-même. p. qu'en ramenant toujours le fantôme dans chacune des voix. Ainsi le devenir image s'insinue jusqu'au sein de la voix dans la mesure où le propre de l'image serait d'attirer. La voix narrative « tend toujours à s'absenter en celui qui la porte » (EL. est absent » {EL. ayant pour caractère de ne ressembler à rien » (ED. Si j'ai insisté sur cette logique paradoxale du dédoublement que l'image introduit dans l'être et par la semblance même de l'être. p. le rapport entre le devenir-image et l'exil hors de soi. dont la singularité. Narcisse engage ainsi le paradoxe fondateur de l'image. En cette « troisième personne ». elle permet de comprendre comment la référence à l'imagement peut subsister alors même que la mention d'image a disparu du texte : si LEntretien infini semble en finir avec la vue et avec le récit c'est qu'il se dirige vers la découverte d'une « voix narrative ». 566) : corps d'une voix q/f sans corps. 359) . p. Avec le terme d'attirance intervient une seconde composante de cette image fantomale. érigé en « pur semblant » (EL. 192). tient à ce qu'elle renvoie le sujet parlant à l'exil hors de la personne et de la parole. en reliant l'image au fantomal. le tour d'écrou déclenché par la vue de l'image qui. en le renvoyant sur la propre image de soi. en y imprimant la 116 . dévoile en même temps l'attirance de l'autre dans le double propre. où chaque voix se tient entresol et l'autre voix qui la double en écho . p. exposée à travers une critique de la notion de narrateur. chez Blanchot. 167-168). l'absence à soi dans le regard porté sur soi. qui propose simultanément l'empreinte et l'exil. regardant Eurydice. c'est qu'elle comporte deux traits fondamentaux pour l'approche de l'écrire selon Blanchot. par la ressemblance. en dévoilant le double dans l'autre. Mais déjà Orphée. devenant soi-même impersonn el : " il ressemble ». en ce regard. où chacun retrouverait son identité. mais cette double parole ne peut échapper au risque du dialogue.

puisque. Telle Eurydice rendue à la nuit. p. L'image est duplice. En cela. inconstituable en un lieu. écrire n'est plus que « l'approche de ce point où rien ne se révèle » (EL. comme s'il reportait sur lui-même la puissance d'occultation qu'il comporte. DUPLICITE DE L'IMAGE La duplicité de l'image agit dans l'ordre du désœuvrement. Mais en abordant de front « la profondeur du désœuvrement ». 27). Approche et négation de ce vers quoi l'on s'approche. p. telle est sa règle paradoxale. il ne le voit pas à proprement parler » (EL. Le point où l'œuvre nous conduit. 45) . et ce qui se donne à voir dans le « sans figure ». p. ce qu'il voit. Fascination et in-figuration vont ainsi de pair . p. la dissimulation ne dissimulerait rien d'autre que le double jeu d'Orphée. et l'image est ce biais.Réflexions critiques d'étrangeté. et ce ne pas voir. 167). et de l'autre l'absence . D'un côté l'attrait. qui répond à l'exigence du détour (l'interdit du regard sur Eurydice) en reportant ce détour sur le rapport à l'œuvre : « La littérature (dit le secret du Golem) est cette dissimulation » (LV. Or le terme de dissimulation se dérobe à l'analyse. le texte intitulé « Approche de l'espace littéraire » désavoue toute interprétation qui verrait alors dans la « disparition » de l'œuvre la <■ condition de son apothéose ». fait la duplicité de l'image qui à la fois attire vers l'autre nuit et à la fois assaille un regard livré à la « folie du jour » : ainsi de J. pp. 136). qui précipite l'image. par où elle ne cesse d'œuvrer au désœuvrement alors même qu'elle se soustrait à la vue. 28) — tel sera l'enjeu de l'écrire lorsque la solitude essentielle l'aura fait entrer dans l'expérience de l'image. enveloppé par la dissimulation. qui pourrait à son tour s'emparer du regard : « quicon que est fasciné. p. c'est aussi celui où elle ne peut jamais nous conduire (EL. Dans « Le secret du Golem ». elle fascine . et de l'autre le désaveu de la vue dans une image vide. dans L Arrêt de mort. car c'est elle qui révèle l'appartenance de l'art et de la littérature à la dissimul ation. mais en outre elle fait jouer un attrait — désir d'Orphée ou amour de soi de Narcisse — qui précipite en elle la duplicité et la constitue en cette « proximité inacessible » dont parle L'Amitié à propos du rêveur-image (A. mais aussi d'un côté le regard. l'image séduit. mais la fascination où conduit la solitude essentielle tient au dévoilement de l'impersonnel dans « l'immense quelqu'un sans figure » (EL.« La dissimulation apparaît » (EL. fût-ce sous une forme négative : elle relève du seul geste d'écrire. p. la dissimulation désigne simplement la condition paradoxale du poète qui doit renier l'œuvre afin d'entrer dans le devenir de l'œuvre : « pour exercer son art. 48) : point doublement paradoxal. 27) . p. déjà évoqué. inscrit au cœur de la vision. il lui faut un biais par où échapper à l'art» (LV. figure d'une 117 . elle attire et entraîne à voir. dans la mesure où ce geste répond au double mouvement contraire imputable à la duplicité de l'image. c'est alors l'absence à soi de la figure devenue pure image. la dissimul ation ainsi entendu n'autorise plus l'accomplissement de la littérature. et. ne serait-ce précisément que voir la présence de l'image émerger dans la chose : en cela. il se résout en pure approche d'un dévoilement désigné comme dessaisissement de la révélation. 135-136).

) dérobe. du côté du dehors. Derrida.si":i\s :i::!:::n:i.. par la brisure de la vitre. et « La ligne et la lumière ». Ainsi le détour est inhérent à l'image en elle-même. parce qu'il a toujours affaire au retournement de l'image dans le renoncement du regard. mais l'attrait et en même temps l'impossibilité d'une vue unifiée : « car l'image. l'image dévoile le vide. Séminaire XI. Mémoires diircuvlc. là où la chose redevient image. Si donc la fasci1.Sur le désœuvrement Eurydice ne renvoyant à celui qui la regarde qu'un autre regard. 27). l'unité dont elle est l'image » {EL.r. elle ne fuit pas comme l'image-mouvement de Deleuze . ia suiguiântc et l'cuangcté uc ce vide tenant à ce qu'il ne se révèle jamais comme tel. sans qu'aucune symétrie ne puisse faire de ce regard renvoyé la projection en abyme du regard propre.. 92). accompagnent la découverte du vide à travers le regard ne peuvent intervenir que par la répétition d'une même scène — un même ciel — qui offrirait à la fois l'ordinaire de la vision quotidienne (pour qui la vitre est transparente) et le vertige d'une vue soudain précipitée. devient allusion à ce qui est sans figure » {EL.). où l'un se reconnaît en se méconnaissant en l'autre : l'œil n'est pas dans le tableau. le <• voir qu'on ne voit pas » ne prendra donc jamais l'allure d'une révélation unique . qui comporte en lui-même sa propre exclusion. ne peut jamais être atteinte. J..'. c'est disposer le langage sous la fascination (. ne conduit pas à l'aveuglement du Tcgaro mais au viuage oe ia vision. Or cette série de gestes contradictoires ne donne jamais lieu à une confrontation dialectique. Éprouvé par l'image. mais elle agit au sein même de l'arrêt..:x. Seuil. en outre. où « ce que l'on voit saisit la vue » {EL. en tant qu'image. \'::r. pp. 65-74. le rapport entre l'écrire et le désœuvrement. 1.r. interminable par définition. échappe à la logique perspectiviste de Lacan ' comme à la poussée aveuglante de Derrida 2. Regardée. 2. qui ne lui appartient pas et qu'il ne peut pas voir. Lacan. l'œil est le retrait même de l'image. 26). mais sans lui donner la consistance d'une vision unitaire . L'expérience de la vue n'engage pas. où l'image. dès L'Espace littéraire. mais ce voir propose l'expérience d'un « ne pas voir » ou d'un « voir que ne pas ». des :r. Devenir qui s'exerce jusque dans la fixité : l'image n'est pas mobile chez Blanchot..wv. pp. à la fois née du regard et dispersant celui-ci. où il se diviserait en se retournant . 118 . n'étant qu'un pur devenir-image. p.i:. chez Blanchot. L'image attire et en même temps arrête le regard . d'allusion à une figure. et elle (. l'image provient du fait de voir. où se joue. à la fois duplice et inachevable. puisqu'il dépend du mouvement de l'approche. dans la mesure où la duplicité ne peut se penser en termes de dualité : le propre de l'image serait donc de ne pas être en tant que telle.">'. et les pleurs de joie qui. Le point n'est pas un point. et c'est en cela que le désœuvrement relève de l'expérience de l'image. p. la schize du regard. À ce titre la dérobade de l'image. p. 1973 (• La schize de l'œil et du regard». «Écrire. dans L'Écriture du désastre. 85-94). qui précisément n'arrête pas. Et la fascination. W-jv. !'". Paris. où l'exil désavoue la possibilité de centrer le sujet. l'image regarde. Renouons brièvement les fils de la duplicité imageante.

et même elle s'oppose à l'espace. : DEHORS IMAGE/ESPACE «. La contradic tion pourrait sembler flagrante avec les textes de L'Espace littéraire où au contraire l'image est approche de l'espace. appartient à la fois à l'exil du dedans et à l'impossibilité du dehors lui-même. la distance et le contact. p. maintient active au cœur de l'espace la résiliation de toute configuration. c'est qu'il relève à la fois de l'intimité et de l'extériorité : nous appelant toujours hors de nous tout en interdisant la constitution d'un lieu. sous l'attrait incessant duquel on ne cesse d'écrire. Si « l'ima ginaire parle sans parler d'images ni par images » {EL. où l'image regarde. il nous renvoie ainsi à une familiarité d'autant plus menaçante qu'elle ne nous permet pas de nous y tenir. p. p. 567). mais si 119 . p. écrire n'est que mouvement d'écrire . Mais l'image. 475). opérations qui s'éprouvent dans la fascination d'un regard se retournant contre soi-même — « voir est un contact à distance » {EL. 471). 44). fût-elle formée par le vide. dans la mesure où elle touche encore à la figuration. lorsque dans « l'absence d'images » s'impose « la présence de l'espace d'écriture » {EL. p. c'est qu'il désavoue tout glissement de la perception vers l'imagination .. telle est la réponse que L'Entretien infini attend de l'absence d'œuvre {EL. sans se confondre ni s'affronter. chez Blanchot. où se conjuguent. le mouvement d'écrire sous l'attrait du dehors». 25). att irance et détournement). l'attirance du fond et l'absence de profondeur. avec « l'énigme de l'image ». cette multiplicité devient. en se livrant à l'espace. Blanchot émet cette réserve à l'égard de Bachelard d'avoir lié l'image poétique à une émergence de l'image. Mais la caractéristique première de ce dehors. alors qu'il appartient déjà au vide. parce que celui qui écrit ne peut en finir avec l'arrêt de l'image. le dehors constitue sans doute l'essence même d'un écrire qui. et l'attrait du dehors. ce qui en fait « l'étrangeté » jamais maîtrisable {EL. p. p. dans son acception générale. on entendra cette passion au sens contraire qu'elle comporte de désir et de désastre. c'est qu'il met en jeu des dimensions multiples . p. « sans lieu et sans repos » {EL. 168). La passion de l'image introduit en fait à l'espace du dehors. romprait avec l'accomplissement de l'art par et à travers le temps..Réflexions critiques nation peut être désignée par Blanchot comme « la passion de l'image » {EL. Ce qui caractérise l'espace. l'enveloppement et l'éloignement . par sa constitution paradoxale (ressemblance et dédoublement. le rapport non-phénoménologique qu'elle entretient avec l'imaginaire. « Vague » {EL. 330). C'est là le rôle essentiel de l'image : nous amener à l'impensable du dehors. par le recours à un opérateur imageant dont la duplicité tient à la capacité de convoquer à la fois le mouvement — celui de l'approche — et l'immobilité — celle de l'arrêt. 25). si l'analyse de Blanchot ne finissait par établir une équivalence entre présence et absence de l'image : rotation où se déclare. jamais résolu en aucune région assignable. En ce sens. 24). lorsque le double remonte lentement « de la profondeur vers la surface » {A. L'image pourtant n'est pas l'espace. mise en question de la dimensionnalité elle-même. Certes l'image n'est pas l'espace. p. Célébrant la Poétique de l'espace dans L 'Entretien infini.

Mourir est la tâche de l'écrire : je ne peux écrire que si « la mort écrit en moi »..1 OliJL£4. donc de vivre dans le temps : telle est la leçon d'un texte décisif de L'Espace Littéraire.Sur le désct'uvrement l'imaginaire nous donne accès « à la réalité propre de l'irréel . et la mort en Eurydice que connaît Orphée lorsqu'il la regarde signifie aussi « la perte du pouvoir de mourir » (EL.CII1O 1 UCUVl^ \^1 1 ll\_l V KX\* 1^/LCll IV^l 1WL. p. non parce qu'elle débouc herait sur quelque immensité de l'invisible. qui est également l'impossibilité de commencer. La tâche de mourir n'aura pas de fin. Jamais je ne meurs. p. 477). L'image est ainsi « figure de l'infigurable ». perceptible dans sa relation contraire à l'espace. Mais la relation de l'image à la mort n'est pas celle que pourrait avaliser une lecture trop hâtive de la seconde version de l'imaginaire ou même du regard d'Orphée. à travers le regard. Mais je voudrais d'abord dégager un ultime paradoxe de l'image. Si donc la mort « ne s'accomplit jamais une fois pour toutes » (ED. et Narcisse mourant ne meurt pas. En cela. visible. Or ce réseau du mourir impossible gouverne toute la réflexion de Blanchot sur l'écrire et le désœuvrement. cette découverte de la mort restera toujours étrangère à l'expérience du sujet. où la mort travaille à l'exil du sujet. la conception d'un espace « vaste comme la nuit ». où Blanchot revient sur le mythe d'Orphée à travers un commentaire des Sonnets à Orphée de Rilke. « fait de moi le point vide où l'impersonnel s'affirme » (El.(EL. qui nous permet d'aborder. mais parce que. 196) . elle défie sa propre visibilité. En cela l'image propose ■< l'infigurabilité de la mort » (ED. où l'homme se défait à son image.V4. 195). ayant vu dans l'image qu'il ne reconnaît pas « la part divine. où l'immensité ne se figurerait que par l'impossibilité de sa figuration. mais il s'inscrit du même geste dans une logique de l'inachevable.11\_\. Orphée ne cessant de mourir en Eurydice. si elle figure l'attirance du vide mais en lui retirant toute forme figurable. écrire se rend à l'attrait de l'image. 113). Sans doute L'Écriture du désastre. à l'attraction de la mort : tel était aussi l'enjeu du récit de Casares que j'évoquais au début de cette intervention. Je reviendrai sur l'intérêt théorique d'une conception qui engage simultanément l'évidence de la visibilité et la fracture d'une invisibilité opérant au sein même du visible et pour lui seul. et la présence de l'absence qu'elle convoque. qui jamais n'est le sujet de sa mort. p. Si l'image se découvre dans le corps cadavérique. c'est que l'image où elle se reconnaît défie la possibilité de la figurer. se situe-t-elle i dans le nas au-delà fie i F\f>rii■>> !itii>r(Hrr mil esî nimie inni iicciinr 120 . toujours intériorisé. la part non vivante d'éternité ». et c'est par elle que passe l'inextricable réseau qui relie l'interminable de l'écrire à l'inachevable du mourir : enfant toujours à tuer et toujours déjà mort. c'est qu'elle convoque un dernier attribut qui ^-AL/llVJUV \JiX L/V. Si l'image est à la fois symptôme et masque de l'espace. p. 108). -Lj ill Id t^V^ Ci rapport au regard et. car l'image — c'est là le sens du mythe de Narcisse — est « incorruptible » (ED. Narcisse mourant d'être immortel. mais devient immortel. p. en s'attachant à la relation du mourir et de l'écrire sans fin. alors il a affaire au <■ lieu » même de l'image. p. puisque jamais je ne peux dire je meurs. par sa présence absente. 330).

cette ombre portée par où le langage lui-même s'altérerait sans pour autant devenir un autre langage. et la seconde version de l'imaginaire dans la première. Mais de l'un à l'autre de ces deux livres éloignés.). une constante semble bien faire de l'image le point de distorsion extrême qui. pourrait être précisé en termes syntaxi ques : facteur de disjonction interne co-extensive à l'exercice du signe. et cependant inaltérable. pas non plus un langage qui ferait image — et il n'y a pas. sur le plan de la verticalité. attrait de l'autre nuit dans la nuit. inviterait à considérer.Réflexions critiques par la nécessité de faire émerger le détour dans l'œuvre. sans pour autant être présente. l'image serait alors à la fois la condition et l'érosion du langage : le doublant. et ne le faisant parler qu'en rappelant l'impossibilité de la négation qui l'entraîne. Pur devenir. 48) et où parler n'engagerait que « l'ombre de la parole » (ibid. Blanchot réfléchit lui-même à l'éventualité d'un langage-image : certes pas un langage de l'image — et en cela Blanchot se situe au plus loin de toute considération sémiotique sur l'image . de concession esthétique dans ce recours à l'image . Soustraite à la logique de l'affirmer et du nier. l'événement et l'impossibilité d'advenir. À ce titre. UN LANGAGE-IMAGE ? Combinant l'exil et l'attrait. sa récurrence dans les textes les plus entraînés vers l'abstraction de la pensée nous invitent à nous interroger pour finir sur l'intervention de l'image dans l'acte scriptural lui-même. désignant la mort tout en la désavouant. Par là l'image apparaît comme le vecteur d'une négativité sans négation : figurer le ne pas du mourir en figurant l'incompatibilité de la mort et de la figuration. en ce sens. Ce pas en-deça de la parole. mais c'est dans la mesure où elle accompagnerait le travail du langage qu'elle pourrait jouer le rôle de double agissant négativement au sein de la parole. l'insistance de ce double. en déployant dans l'ordre de la phrase le mouvement contraire d'un dire sans cesse détourné de soi. la profondeur et la surface. 121 . l'image seule ne saurait œuvrer à l'effacement interne de la négation que j'évoquais à l'instant . l'image nous est apparue jusqu'ici comme un médiateur dans la pensée de l'écrire : sa duplicité éclaire le double jeu du désœuvrement et l'inconstituabilité du dehors. on pourrait se demander si l'image ne tiendrait pas dans la pensée de Blanchot le simple rôle de métaphore de l'écriture. l'image est une défaite au double sens possible de ce terme. Fissure imperceptible. venant doubler d'une expérience sensible le paradoxe théorique engagé dans le rapport à l'écrire. mais un langage « qui ne serait encore que son image » {EL. en offrant simultanément le mourant et l'impossibilité de mourir — le fantomal et l'incorruptible — inscrirait en l'attrait du dehors l'impossible achèvement du temps. Dans une note de L'Espace littéraire. puisque défaisant le vivant elle ne fait pas advenir — elle fait ne pas advenir — l'événement de la mort. p. où l'image fantôme précipiterait le devenir fantomal du langage. l'image serait partie prenante d'un double pas de la syntaxe qui. Telle « celui qui ne m'accompagnait pas ». Toutefois.

« première tournure » (El. ne fera signe en lui-même. sur le plan syntaxique. L'image n'aura donc pas comme tâche de compenser mais bien d'accroître l'insuffisance du signe. Que l'image tende à ne plus apparaître comme telle dans l'œuvre de Blanchot ne change rien à l'exigence du recours : si l'image semble s'absenter de plus en plus. non pas nécessairement l'absence d'image. « Une pensée qui ne se laisserait pas penser » (Le Dernier Llotnme. de penser l'image pour elle-même. c'est suivant la logique d'une acception par où l'idée d'image comporte en elle l'absence . p. p. et la parole plurielle à laquelle convie L'Entre tien infini ne peut en finir avec la plénitude sémantique de l'énoncé sans injecter en celui-ci l'attirance d'un autre signe qui. l'image œuvre donc au seul dessaisissement du signe linguistique.Sur le désœuvrement l'image figure ainsi le pas même de l'écrire. qui défie tout autant l'effusion sensible que l'énoncé assertif : autre dimension. Le geste est à mesurer selon sa conséquence la plus radicale : le signe. ne saurait rompre par lui seul avec le pouvoir de signifier que convoque le discours . geste de torsion. p. L'image devient alors la seule figure du détour.iii i. 42) à laquelle Blanchot reconduit l'écrire en ramenant en lui la trace enfouie de ce double au noir. entrete nant avec elle ce « rapport du troisième genre » (El. 98) et que je gloserai aussi comme intervalle opérant au sein du seul langage. 20) : c'est ce « soupçon » — ce « moins qu'une pensée » (p. l'image inter vient dans l'écrire de Blanchot et comme facteur de l'écriture. à la fois attrait et défection constitutive de l'attrait . mais elle n'agit ainsi que parce qu'elle se dérobe à sa propre saisie. en prolongeant Derrida. C'est la première conclusion que je dégagerai. 94) qui échappe à l'horizon de l'Un : ni conflit ni confusion. mais bien insinuation de l'Autre. avec Blanchot. mais sans forme fixable . mais pour une soustraction. jouant par là. mais bien de faire entrer la pensée de l'image dans la mise en désœuvrement du langage. rythme. Il ne s'agit donc pas. se fait entendre le « murmure » ou le « ruissellement » il un ianyaye oui iie st~niii nuis joui <\ îhh c~i ouï ni-1 (icvK'ïKii. sans reste symbolique . que nous entendrons. Supplé ment. comme le détour du négatif dans le passage du signe. mouvement qui à la fois soutient et suspend le cours de la syntaxe.imiii. que Blanchot définit comme « pur intervalle entre l'homme et l'homme » (El. mais en-deçà de toute scansion . Loin d'être seule ment un médiateur dans la pensée du désœuvrement. pour y ouvrir la voie à l'inconnu de la langue. mais avant tout l'absence à soi de 1 imarre c'est-à-^'ir^ 1 altitude de 1 ima^e à s absenter de soi ■ écart interne. dans son abstraction linguisti que. le rôle d'un négatif qui empêcherait jusqu'à sa propre négation. 21) — que l'ombre de l'image — ou plutôt l'image à titre d'ombre — introduit dans les récits ou dans les textes les plus spéculatifs de Blanchot. fût-ce pour indiquer l'ineffable. en aucun cas. mais la singularité de ce détour tient à ce qu'il convoque simultanément l'indication d'un autre signe — ce serait ici la figuration iconique — et la décision de ne pas donner cours à ce signe. À travers le rapport ombrageux qui relie le signe à l'absence d'image. p.s 122 .

L'Œil et l'Esprit. p. l'image dessaisit l'objet. le voile que la vision projette sur le réel contribue au dévoilement de l'Être dans sa « déhiscence » (L'Œil et l'Esprit)5 . qui appartient à la fois au regard et à la représentation : perceptive. L'INVISIBILITE DU VISIBLE Une seconde conséquence est à souligner : elle concerne cette fois l'approche théorique de la notion d'image. Merleau-Ponty. et la défaillance de la visibilité. même si c'est pour y éprouver le détournement intrinsèque au regard et l'épanchement à perte de la vue . 123 . 85. donc du désœuvrement. le visible ne laisse pas place à cette « doublure d'invisible ». La double appartenance de l'image. Mettant ainsi en cause sa propre visibilité. donc à la vigilance critique dans l'analyse comme dans l'entreprise de l'écriture. Par la dialectique du voyant et du visible. attestable matériellement. qu'une pensée para doxale de l'image vient ruiner. que Merleau-Ponty relève dans la relation croisée du regard à l'image. remet donc en question l'appréhension et du sujet et de l'objet. que Blanchot contribue à ébranler alors même qu'il ne s'y emploie pas directement. Avec Blanchot au contraire. que Blanchot ne cesse de rappeler oblique ment. le ne pas voir est interne à l'acte de voir. mais en lui.Réflexions critiques non plus complètement un langage . où elle provoque l'effondrement de la vision dans la vue . agissant au sein du visible et imputable à lui seul. du fait même qu'il parle. mimétique. mais en le maintenant comme corps d'une représentation. c'est par la fracture qu'y introduit l'ombre imageante : non pas l'aveu d'un au-delà. Gallimard. à l'unité donc à la vérité qui s'y confie. l'image provient d'un regard voué à ne pas voir. et l'expérience esthé tique nous rend sensible la réserve interne de l'invisible habitant le visible. par là. non à son retentissement dans l'imagination subjective . mais bien le retrait de l'être-là. et la dissimulation agit par la figurabilité elle-même. et. où se défait le rapport 3. l'image divise le sujet. de l'autre part. Si la parole désœuvrée désavoue l'être de la vérité. et qui à ce titre serait soustrait. qui se trouve simplement coupée de toute reference au modèle. Repris selon la torsion de l'image. l'esthétique se trouve ramenée dans l'orbite de l'écrire. c'est-à-dire à voir qu'il ne voit pas. mais en l'exilant de soi et sans le refigurer en abyme . le désœuvrement de Blanchot ne propose pas une poétique. Une double expropriation vient ainsi se nouer par la double insertion contraire de l'image. Ne nous trompons pas en effet sur le sens du détour : la pensée de l'image nous ramène à la vue. mais il nous rappelle à la nécessité aporétique de l'écrire. 1964. L'essentiel touche à la relation du visible et de l'invisible. l'expérience visuelle propose à la fois la découverte du visible. M. mais elle ne reconduit pas pour autant une visée phénoménologique qui autoriserait à terme leur restauration réciproque : l'image n'est pas devant le regard. Renouons ici les deux composantes du paradoxe : d'une part l'imaginaire a affaire à la présence de l'image. « folio ».

Le dernier mot reviendra à L'Écriture du désastre : « L'image. Paris. et cela jusque dans les images les plus machiniques de la modernité : si celles-ci nous séduisent.Sur le désœuvrement de l'art et de l'être . pp. et si elle reste figurante. comme l'a montré Foucault 4 : sans laisser place à la dérobade ou à l'oubli de l'être. 5. mais en proposant l'écart de tout sujet regardant . elle ne jouera ni du côté du voile dévoilé. voir pp. Vaisthesis de Blanchot nous renvoie d'abord à l'insoutenable de l'idée d'image : une image littérale. 6. C'est cette logique dé-figurante de l'image que Blanchot invite à regarder en face.. * Une première version de ce texte a été présentée sous forme de communication au 124 . 4. Et s'il subsiste quelque référence esthétique chez Blanchot. op. par où Derrida renoue avec Merleau-Ponty et peut-être avec Lacan (Mémoires d'aveugle) 5 ni du côté d'une « visualité » qui viendrait doubler la figuration et libérer en elle les puissances du rêve et de la pensée. et le retrait qui affecte la visibilité renvoie à la nécessité et en même temps à l'impossibilité de saisir le vide à l'œuvre dans l'œuvre même de la figuration. c'est parce qu'elle touche au regard. 1990. «La pensée du dehors ». L'invisibilité de l'image appartient en propre au visible. 56-57. Pontalis. Mémoires d'aveugle. juin 1966. Paris. sans virtualité . elle n'accepte pas d'autre doublure que l'irréel se découvrant dans la réalité de l'expérience imageante. actuelle. J. une image qui serait mcapai^iC uC soutenir ss propre présence autrement que par l'expansion du geste où elle se rend absente.-B. Foucault. ne serait-ce pas qu'elles dissimulent le détournement de la vue dans l'offre de vision ? Nous appelant ainsi à nous retourner pour voir l'intervalle ouvert par l'image au cœur des œuvres mêmes de l'image. 32-56. et cependant jamais donnée . s'offrant à la vue et laCiiariu iâ vision . comme le propose Pontalis lorsqu'il relit ensemble Valéry et Freud (La Force d'attraction)6. S'il s'agit alors d'une esthétique. c'est dans la mesure où elle montre le retrait de la représent ation sous l'attrait de l'image. toute image est attirante. n° 229. attrait du vide même et de la mort en son leurre » *. La Force d'attraction. cit. Critique. Minuit. M. Seuil. qui s'incorpore à elle sans pour autant s'y substituer.