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LES ANNONCES DE LA SEINE

Lundi 11 octobre 2010 - Numéro 50 - 1,15 Euro - 91e année

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

José-Louis Desfilis, Michel Dufranc, Christian Charrière-Bournazel, Karinna Moskalenko, Bertrand Favreau et Comte Charles d’Ivernois

Prix Ludovic Trarieux 2010
XVème Prix International des Droits de l’Homme
Bordeaux - 8 octobre 2010
DROITS DE L’HOMME

Prix International des Droits de l’Homme
Ludovic Trarieux 2010
Se désolidariser par Bernd Häusler .....................................................
Simulacre de démocratie par Mario Lana ...........................................
Universalité par Yves Oschinsky...........................................................
Conscience de la réalité par Bertrand Favreau....................................

JURISPRUDENCE

Loi interdisant la dissimulation du visage
dans l’espace public
Conseil constitutionnel - décision n° 2010-613 DC - 7 octobre 2010 ...

VIE DU DROIT

Conférence des Bâtonniers
Assemblée générale du 8 octobre 2010 ..............................................

CHRONIQUE

2
3
4
4
8
9

Liberté d’accès et contraintes du recours à la médiation
comme mode institutionnel de solution des litiges
par Maurice-Antoine Lafortune........................................................

TRIBUNE

11

Le délit d’abus de confiance et la remise en pleine propriété

11
ANNONCES LEGALES ...................................................16
AVIS D’ENQUÊTE..............................................................22
DÉCORATION
Yves Delavallade
Chevalier de la Légion d’Honneur....................................................24
par Yvonne Muller............................................................................

ette année la remise du Prix international des Droits de l’Homme
Ludovic Trarieux 2010 s’est déroulée,
à titre exceptionnel, dans le cadre
prestigieux du Château de Montesquieu à La
Brède (Gironde) vendredi dernier.
25 ans après Nelson Mandela, l’avocate russe
Karinna Moskalenko, que le jury avait élue en
juin 2010 dans la salle du conseil de l’Ordre du
Barreau de Bruxelles, recevait cette prestigieuse
distinction qui illustre la souffrance des avocats
à travers le monde.
Cérémonie émouvante au cours de laquelle les
représentants des Barreaux européens (grec,
polonais, allemand, italien, belge, etc…) se sont
succédés pour rendre hommage à l’avocate qui
n’a pas hésité, face aux brimades et avanies, à
défendre les droits de l’Homme.
Le Bâtonnier de l’Ordre des avocats de
Bordeaux, Michel Dufranc, qui est également
maire de La Brède, s’est adressé à la lauréate en
russe, précédant en cela, Christophe Pettiti,
Secrétaire Général de l’Institut de Formation en

C

Droits de l’Homme du Barreau de Paris, Julie
Goffin, représentant le Président de l'Union
Internationale des Avocats, puis le Bâtonnier
Christian Charrière-Bournazel, Vice-Président
du Conseil National des Barreaux de France.
Enfin, le Bâtonnier Bertrand Favreau, qui est le
fondateur du Prix Ludovic Trarieux et le
Président du jury, évoquait les périls graves traversés par Karinna Moskalenko, avant que le
prix ne lui soit remis des mains d’Alain Rousset,
Président du Conseil Régional d’Aquitaine : ovationnée debout par de nombreux avocats et
personnalités, Karinna Moskalenko a dédié son
prix à tous les avocats courageux du Centre de
Protection Internationale, qu'elle a créé en
1994, et qui se consacre notamment à la
défense des détenus dans les prisons russes et
aux disparitions forcées en Tchétchénie.
Elle a déclaré que ceux qui voulaient faire disparaître les violations des Droits de l’Homme en
Russie étaient les vrais patriotes russes et a
appelé à une espérance nouvelle.
Jean-René Tancrède

J OURNAL O FFICIEL D ’A NNONCES L ÉGALES - I NFORMATIONS G ÉNÉRALES , J UDICIAIRES ET T ECHNIQUES
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Droits de l’homme

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Jean-René Tancrède

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Jacques Barthélémy, Avocat à la Cour
Thierry Bernard, Avocat à la Cour, Cabinet Bernards
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Antoine Bullier, Professeur à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne
Marie-Jeanne Campana, Professeur agrégé des Universités de droit
André Damien, Membre de l’Institut
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Serge Guinchard, Professeur de Droit à l’Université Paris II Panthéon-Assas
Françoise Kamara, Conseiller à la première chambre de la Cour de cassation
Maurice-Antoine Lafortune, Avocat général honoraire à la Cour de cassation
Bernard Lagarde, Avocat à la Cour, Maître de conférence à H.E.C. - Entrepreneurs
Jean Lamarque, Professeur de droit à l’Université Paris II Panthéon-Assas
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Philippe Malaurie, Professeur émérite à l’Université Paris II Panthéon-Assas
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Jean-François Pestureau, Expert-Comptable, Commissaire aux comptes
Sophie Pillard, Magistrate
Gérard Pluyette, Conseiller doyen à la première chambre civile de la Cour de cassation
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Yves Repiquet, Avocat à la Cour, ancien Bâtonnier de Paris
René Ricol, Ancien Président de l’IFAC
Francis Teitgen, Avocat à la Cour, ancien Bâtonnier de Paris
Carol Xueref, Directrice des affaires juridiques, Groupe Essilor International
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Légale et judiciaire :
Commerciale :

Se désolidariser
par Bernd Häusler

Didier Chotard
Frédéric Bonaventura

Commission paritaire : n° 0713 I 83461
I.S.S.N. : 0994-3587
Tirage : 13 165 exemplaires
Périodicité : bi-hebdomadaire
Impression : M.I.P.
3, rue de l’Atlas - 75019 PARIS

2009

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la période du 1er janvier au 31 décembre 2010, par arrêtés de Messieurs les Préfets :
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Val-de-Marne, du 18 décembre 2009 ; de toutes annonces judiciaires et légales prescrites
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- Abonnement annuel :
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35 € avec suppléments culturels
95 € avec suppléments judiciaires et culturels

COMPOSITION DES ANNONCES LÉGALES
NORMES TYPOGRAPHIQUES
Surfaces consacrées aux titres, sous-titres, filets, paragraphes, alinéas

Titres : chacune des lignes constituant le titre principal de l’annonce sera composée en capitales (ou
majuscules grasses) ; elle sera l’équivalent de deux lignes de corps 6 points Didot, soit arrondi à 4,5 mm.
Les blancs d’interlignes séparant les lignes de titres n’excéderont pas l’équivalent d’une ligne de corps
6 points Didot, soit 2,256 mm.
Sous-titres : chacune des lignes constituant le sous-titre de l’annonce sera composée en bas-de-casse
(minuscules grasses) ; elle sera l’équivalent d’une ligne de corps 9 points Didot soit arrondi à 3,40 mm. Les
blancs d’interlignes séparant les différentes lignes du sous-titre seront équivalents à 4 points soit 1,50 mm.
Filets : chaque annonce est séparée de la précédente et de la suivante par un filet 1/4 gras. L’espace blanc
compris entre le filet et le début de l’annonce sera l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot soit
2,256 mm. Le même principe régira le blanc situé entre la dernière ligne de l’annonce et le filet séparatif.
L’ensemble du sous-titre est séparé du titre et du corps de l’annonce par des filets maigres centrés. Le
blanc placé avant et après le filet sera égal à une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm.
Paragraphes et Alinéas : le blanc séparatif nécessaire afin de marquer le début d’un paragraphe où d’un
alinéa sera l’équivalent d’une ligne de corps 6 points Didot, soit 2,256 mm. Ces définitions typographiques
ont été calculées pour une composition effectuée en corps 6 points Didot. Dans l’éventualité où l’éditeur
retiendrait un corps supérieur, il conviendrait de respecter le rapport entre les blancs et le corps choisi.

2

Cette remise de prix
à notre confrère Karinna
Moskalenko honore une
collègue courageuse
et intrépide. J´espère que cet
hommage sera une sécurité
pour sa personne, car
beaucoup de collègues russes
très courageux en ont un
Bernd Häusler
besoin impératif.

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

l

Bernd Häusler

´est la première fois, qu´à l´occasion de la remise du prix Ludovic
Trarieux un représentant de l´Ordre
des avocats en Allemagne prend la
parole. Je vous en remercie.
L’Allemagne a un sombre héritage: un pouvoir
national-socialiste avec ses conséquences
désastreuses. L´Ordre des avocats en
Allemagne porte une grande responsabilité
dans cette injustice. Lorsque le parti nationalsocialiste a été élu en Janvier 1933 (mille-neufcent-trente-trois) leur première injustice a été
la dépossession professionnelle des avocats
juifs. Une partie importante de la bourgeoisie
libérale fut, de ce fait, muselée, car l´intelligentsia juive se composait également d’artistes, de scientifiques, les avocats et les
notaires représentant un bastion libéral.
Personne ne s’insurgea contre cette injustice.
En quelques mois le but national-socialiste
était atteint. En raison de l´élimination des
avocats juifs, le respect de la loi se trouva
considérablement affaibli.
L´existence d´une conception des droits de
l´homme universels n´avait aucune chance
d’émerger, encore moins dans le quotidien
devant les tribunaux.
L´arbitraire politique régnait.
Combien aurait-il été souhaitable, que les
collègues étrangers protestent et soutiennent
leurs courageux collègues allemands, même
s´ils étaient rares.
Ce passé sombre est une responsabilité pour le
future. Ce qui signifie: se solidariser avec les
collègues qui sont en danger dans l´exercice de
leur profession. Ce prix est l´occasion de
montrer cette solidarité. Avec la remise de ce
prix, les collègues ne seront pas seulement
protégés mais en même temps le droit sera
défendu, car la justice est impensable et
infaisable sans la participation des avocats.
Le barreau de Berlin, que je représente en tant

C

que Vice-président et représentant des droits
de l´homme, se félicite de pouvoir , avec notre
participation à la remise de ce prix, tirer les
leçons du passé.
Après les réunions du Jury et les remises de prix
à Bruxelles, au Luxembourg, à Paris, à Rome et
maintenant à Bordeaux, nous serions heureux
que cette remise de prix ait lieu à Berlin.
Cette remise de prix à notre confrère Karinna
Moskalenko honore une collègue courageuse
et intrépide. J´espère que cet hommage sera une
sécurité pour sa personne, car beaucoup de
collègues russes très courageux en ont un besoin
impératif. Aux congratulations du Barreau de
Berlin j´aimerai y ajouter les miennes en
souhaitant que ce prix vous protège et vous
assure une longue vie.

REPERES

Lauréats du Prix
Ludovic Trarieux
1985
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010

Nelson Mandela (Afrique du sud)
Augusto Zúñiga Paz (Pérou)
Jadranka Cigelj
(Bosnie-Herzegovine)
Nejib Hosni (Tunisie)
et Dalila Meziane (Algérie)
Zhou Guoqiang (Chine)
Esber Yagmurdereli (Turquie)
Mehrangiz Kar (Iran)
Digna Ochoa
et Bárbara Zamora (Mexique)
Aktham Naisse (Syrie)
Henri Burin des Roziers (Brésil)
Parvez Imroz (Inde)
René Gómez Manzano (Cuba)
U Aye Myint (Birmanie)
Béatrice Mtetwa (Zimbabwe)
Karinna Moskalenko (Russie)

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

Droits de l’homme
définit la Russie comme « un modèle de
démocratie à imiter ».
Une réponse significative est représentée par
les nombreux arrêts de la Cour de Strasbourg
qui condamnent les violations des droits de
l’homme en Tchétchénie et notre Karinna
Moskalenko en a plaidées plus de soixante.
Bien sur je ne peux pas oublier ses défenses aux
victimes de Tchernobyl, de la famille de Anna
Politkovskaïa, du champion d’échecs Kasparov
et leader de l’opposition politique; défenses qui
en ont fait un symbole dans la dimension des
défendeurs des droits de l’homme.
Avec la solidarité pour les sacrifices qu’elle
accomplit nous éprouvons une affection

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Mario Lana

profonde et de l’orgueil pour être tous,
aujourd’hui, témoins de la remise d’un prix
international si dense de signification comme
le prix « Ludovic Trarieux ».
S’il est vrai, comme il l’est, ce que le philosophe
Norberto Bobbio soutenait, que les droits de
l’homme ne doivent pas être seulement énoncés
mais aussi mis en place, il est aussi vrai qu’ils
doivent être protégés par des avocats que dans
le monde entier risquent leurs vies pour la
protection de ces droits. Et Karinna Moskalenko
est sans doute parmi ceux là.
Face à ces glorieux collègues nous exprimons
notre admiration bien que la volonté de ne pas
les laisser seuls dans leurs batailles.

REPERES

A propos de Karinna Moskalenko
Prix Ludovic-Trarieux 2010
par Mario Lana
u nom de l’Union des juristes pour la
protection des droits de l’homme,
conjointement avec l’Institut de
Formation en Droits de l’Homme du
Barreau de Paris, l’Institut de Formation en
Droits de l’Homme du Barreau de Bruxelles,
l’Institut de Formation en Droits de l’Homme
du Barreau de Bordeaux, ce soir j’ai l’honneur
de rendre hommage à une collègue, Karinna
Mosalenko, avec la remise du prix international
“Ludovic Trarieux”, - rappelant qu’en 1984 le
même prix fut assigné à Nelson Mandela - un
hommage de la part des avocats européens à
une avocate courageuse, fière et déterminée dans
l’accomplissement, en première ligne, de son
devoir de défendre les opposants politiques qui
souffrent dans les prisons russes et de s’occuper
des cas de disparitions forcées en Tchétchénie.
A l’agression subie en mars 2000 suit l’arrestation
en janvier 2007, puis encore la tentative de la
part du parquet de la rayer du barreau.
Tout cela témoigne d’une côté la difficulté
extrême pour un avocat d’accomplir avec
conscience son devoir et, de l’autre, les risques
que courent les défenseurs des droits de
l’homme en Russie aujourd’hui.
S’il m’est consenti de faire une comparaison
entre la situation dans le Pays aujourd’hui avec
celle du passée que j’ai connu, soit du point de
vue professionnel que grâce à mon
appartenance au Parti Socialiste, je me rappelle
que à cette époque là, plusieurs d’entre nous, en
visitant la Russie, se rendaient compte des
crimes commis par cette dictature violente et,
de retour en patrie gardaient le silence, d’autres,
et évidemment je me trouvais parmi eux, les
dénonçaient avec force. Par rapport à cette
époque tragique, je peux bien affirmer que dans
un certain sens la situation est décidemment
empirée. Aujourd’hui il y a seulement un
simulacre de démocratie et, en tant que citoyen
italien, j’ai honte du fait que le premier ministre
de mon Pays, l’Italie, appelle un autocrate
comme Poutine : « le cher ami Poutine » et

A

arinna Akopovna Moskalenko,
avocate au barreau de Moscou,
membre du Groupe d’Helsinkide
Moscou, a créé en 1994 et dirige «
le Centre de Protection
Internationale » (IPC), spécialisée
dans la défense de détenus dans
les prisons russes et des
disparitions forcées en
Tchétchénie.
Avec le Centre de protection
internationale, Karinna
Moskalenko se livre
inlassablement à un véritable
travail pédagogique constituant un
véritable collège d’enseignement
des droits de l’homme, afin d’aider
les personnes à saisir les instances
internationales. Le CPI reçoit plus
de 400 lettres par mois de
prisonniers.
En sa qualité d’avocat, Karinna
Moskalenko n’a cessé de
promouvoir la mise en œuvre des

K

moyens de protection
juridictionnelle internationale pour
remédier aux situations de nondroit en Russie. Elle a été l’artisan
de la première condamnation de la
Russie par la Cour européenne des
droits de l’homme avec l’affaire
Kalachnikov contre Russie du 15
juin 2002, puis dans les affaires
Lantzov pour violation du droit à la
vie et Grydin pour violation de la
présomption d’innocence, devant
le Comité des droits de l’homme
de l’ONU.
Elle a été l’avocate des victimes du
terrorisme du théâtre de la
Doubrovka à Moscou en 2002,
pendant la représentation de
Nord-Ost, de Beslan en 2004 ainsi
que des victimes de la catastrophe
de Tchernobyl, de la famille
d’Anna Politkovskaïa, journaliste
russe assassinée en 2006, de l’exchampion du monde d’échecs et

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

opposant russe Garry Kasparov, ou
encore de Mikhaïl Khodorkovski,
fondateur de la compagnie
pétrolière loukos.
Karinna Moskalenko illustre les
difficultés des avocats des droits
de l’homme en Russie qui essayent
de travailler dans la légalité. Ellemême a plusieurs fois fait face à
des tentatives de radiation du
barreau parce qu’elle s’efforce de
défendre les droits de l’homme en
Russie. En octobre 2005, elle a été
menacée d’être privée de sa
licence d’avocat pour sa
participation à la défense de
Mikhaïl Khodorkovski. Le 4 février
2007, elle a été arrêtée à
l’aéroport de Moscou alors qu’elle
se rendait en Sibérie pour assister
son client. Le 18 avril 2007, le
procureur général de la Fédération
de Russie n tenté d’obtenir sa
radiation du barreau.

Karinna Moskalenko

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Simulacre de démocratie

3

Universalité
par Yves Oschinsky
’est pour moi un très grand honneur, en
ma qualité de président de l’Institut des
droits de l’homme du barreau de
Bruxelles, de vous dire, d’abord, l’honneur
et la fierté du barreau de Bruxelles de participer à
cette belle séance d’aujourd’hui pour vous honorer.
Ensuite il me plaît de me souvenir que c’est le
11 juin 2010, dans la salle du conseil de l’Ordre
du barreau de Bruxelles, dont j’étais alors le
bâtonnier, que le jury s’est réuni et que son choix
s’est rapidement porté, parmi d’autres confrères
dont l’action force notre admiration, sur votre
personne pour l’attribution de ce très beau prix
Ludovic Trarieux.
Si j’évoque la beauté de ce prix, c’est peut être,
en partie, à travers le prestige des divers Instituts
des droits de l’homme qui constituent son jury ;
c’est surtout par la qualité impressionnante de
la liste des lauréats qui se sont succédés en
hommage à la grandeur de leurs combats,
depuis la remise de ce prix, la première fois en
1985, à notre confrère Nelson Mandela.
Cette beauté provient aussi, naturellement, de
l’universalité des droits de l’homme et des
combats menés en leur nom.

C

Conscience de la réalité
par Bertrand Favreau
e 27 janvier 1837, un corps gisait dans
la neige, à la Tchernaia - Retchka, tout
près de Saint Pétersbourg. Il avait le
visage enfoui dans la poudre blanche.
Une bouillie rouge imbibait la neige à hauteur
de son ventre. Il avait l’intestin perforé, les os du
bassin brisés et le sacrum pulvérisé. Il portait
une pelisse en peau d’ours noir. C’était
Alexandre Sergueïevitch Pouchkine. Il avait 37
ans.

L

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Bertrand Favreau

4

Chère Madame Moskalenko, vous illustrez
magnifiquement cette universalité en dirigeant
« le centre de protection internationale » et en
donnant à votre action dans ce cadre une
vocation à la fois d’enseignement des droits de
l’homme et de défense des détenus dans les
prisons russes et des familles de personnes
disparues en Tchétchénie.
C’est toujours ce même cadre universel qui vous
amène à partager votre temps entre la Russie et
Strasbourg où vous intervenez régulièrement
pour défendre les recours individuels devant la
Cour européenne des droits de l’homme face à
des situations de non respect des droits
fondamentaux en Russie.
L’exercice de la profession d’avocat, dans son
fondement même, constitue la manifestation
d’un contre-pouvoir légitime. C’est le cas dans
une société démocratique.
Nous savons à quel point être avocat en Russie,
lorsque l’on a dédié son action à la défense des
droits de l’homme, constitue à la fois un
danger par rapport à sa propre intégrité
physique voire à sa vie et une difficulté
fondamentale quant à la poursuite de son
action d’avocat.
Vous affrontez avec conscience, courage et
détermination ces risques en plaçant votre
action au cœur des choses et en première
priorité.

Et notre remord à nous, restera pour toujours,
qu’il ait été tué - lui qui parlait et écrivait si
magnifiquement dans notre langue - par une
balle tirée par un officier royaliste français,
Georges d'Anthès, un jeune émigré monarchiste,
venant d’Alsace, reclassé au sein des chevaliersgardes du Tsar, qui ne parlait même pas un mot
de russe. Notre douleur sera que ce tireur ait eu
pour témoin un attaché de l’ambassade de
France. Notre tristesse demeurera que notre
Second Empire ait fait du meurtrier du poète,
un sénateur.
Il y a eu hier, quatre ans, le 7 octobre 2006, à
17 heures 10, jour de l'anniversaire du Vladimir
Poutine alors chef de l'Etat, le corps de Anna

Yves Oschinsky
Nous connaissons les obstacles graves que vous
avez rencontrés et les épreuves difficiles que
vous avez traversées.
En ce lieu où règne l’esprit de Montesquieu et
dans l’universalité de la famille des avocats du
monde, je vous dis, mon très cher confrère, le
respect, l’admiration et la fraternité du barreau
de Bruxelles.
Continuez votre combat, il est notre combat.

Stepanovna Politkovskaïa, a été découvert dans
la rue Lesnaïa, dans le centre de Moscou. C'est
une voisine qui a découvert son corps devant
l'ascenseur de son immeuble. Prés de son corps,
il y avait un pistolet Makarov 9 mm et quatre
balles ont été retrouvées à ses côtés.
Anna Politkovskaïa - chacun le sait était
journaliste de Novaïa Gazeta qui avait dénoncé
à plusieurs reprises les violations des droits de
l'Homme dont se rendaient coupables les forces
fédérales en Tchétchénie, ainsi que les milices
de sinistre réputation du président de la
Tchétchénie de l'époque Ramzan Kadyrov.
Le 9 octobre 2007, le procureur général de Russie,
a déclaré que l'« affaire Politkovskaïa » a été
élucidée. Auparavant, il a annoncé l'arrestation
de dix suspects dont les noms n'ont pas été
divulgués. L’assassinée portait le numéro 21 d’une
liste funèbre. Elle était la 21ème journaliste
assassinée en Russie depuis 2000, même si nul
ne saurait affirmer que tous aient été tués pour
des motifs liés avec leur activité professionnelle
Le 19 janvier 2009, le corps de Stanislav
Yuryevich Markelov, jeune avocat qui allait avoir
quelques jours plus tard 34 ans, a été retrouvé
mort dans la Pretchistenka, en plein centre de
Moscou. Son corps baignait dans une marre de
sang sur le trottoir enneigé à deux pas de la
cathédrale du Christ-Saint-Sauveur. Il avait une
balle dans la nuque. Un homme vêtu de noir
l’avait suivi alors qu’il revenait d’une conférence
de presse où il avait dénoncé la libération
anticipée de l’ex colonel russe Youri Boudanov
condamné à 10 ans de prison pour avoir
étranglé 3 ans plus tôt Elsa Koungaïeva, une
jeune tchétchène de 18 ans.
A côté de lui gisait le corps d’une jeune
journaliste stagiaire de Novaïa Gazeta, tuée
également.
Stanislav Markelov était connu pour son
courage et son engagement en faveur du respect

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

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Droits de l’Homme

Droits de l’Homme
REPERES

1984-2010
A propos du Prix International des droits
de l'homme Ludovic-Trarieux
e Prix international
des droits de
l’homme Ludovic
Trarieux « L’hommage des
avocats à un avocat » ne reçoit aucune
subvention et aucun
financement direct ou indirect
d’aucun gouvernement, organisme
étatique ou organisation
internationale ou européenne
constituée ou contrôlée par des
Etats et n’a de compte à rendre à
aucun de ceux-ci. Afin de préserver
sa totale indépendance, son
financement et la dotation du prix
sont assurés exclusivement par les
contributions de ses membres.
Créé en 1984, le « Prix International
des Droits de l’Homme - LudovicTrarieux » est décerné à « un avocat
sans distinction de nationalité ou
de barreau, qui aura illustré par son
œuvre, son activité ou ses
souffrances, la défense du respect
des droits de l’homme, des droits
de la défense, la suprématie du
droit, la lutte contre les racismes et
l’intolérance sous toutes leurs
formes ».

L

Il est la plus ancienne
et la plus
prestigieuse des
récompenses
réservées à un
avocat puisque son
origine remonte au
message de Ludovic
Trarieux (1840-1904),
fondateur, en 1898, au moment de
l’Affaire Dreyfus, de la « Ligue des
Droits de l’Homme et du Citoyen » :
« Ce n’était pas seulement
d’ailleurs la cause isolée d’un
homme qui était à défendre,
c’était, derrière cette cause, le
droit, la justice, l’humanité ».
Un an après sa création, le Premier
prix a été attribué le 27 mars 1985
à Nelson Mandela alors
emprisonné depuis 23 ans en
Afrique du Sud. Il a été remis
officiellement à sa fille, le
27 avril 1985, en présence de
quarante bâtonniers venus
d’Europe et d’Afrique. C’était alors
le premier prix qui lui était décerné
en France et le premier dans le
monde par des confrères avocats.
Cinq ans plus tard, le 11 février
1990, Nelson Mandela était libéré.

Pouchkine était l'homme qui aimait les Tsiganes.
En exil, en Bessarabie, il a partagé la vie des
tziganes et confronté à leur fierté, leur
indépendance, leur hospitalité, ils les faisaient
revivre dans son poème éponyme en
s’interrogeant : N’est-ce pas qu’ils sont les vrais
hommes de la liberté tandis que l’homme
moderne - il parlait de celui de 1824 - date du
poème - ne connaitrait plus que les dérives
liberticides ?
Il était celui dont le Grand-Duc Michel
Pavlovitch a dit en apprenant sa mort : « Bon
débarras ! »
D'ailleurs, un autre poète russe, Alexander Blok
ne le disait-il pas, en 1921 : « Ce n'est pas la balle
de d'Anthès qui a tué Pouchkine - ce qui ne rend
pas pour autant plus sympathique notre
compatriote - c'est l'absence d'air. » Le poète
meurt parce qu'il n'a plus de quoi respirer .
Aujourd’hui la Russie ne tue plus ses poètes, elle
ne poursuit plus ses écrivains dans une traque
parfois sans retour de la Place rouge au goulag.
Aujourd’hui elle s’attaque à d’autres têtes
pensantes. Elle veut briser d’autres éloquences.
Elle immole ses journalistes et ses avocats.
Lorsqu’on a retrouvé, cinquante ans après- c’était
en 1882 - un libelle écrit par Pouchkine pour
défendre ses amis Décembristes, il se terminait
par cette citation de Madame de Staël qui en
son temps avait fait le tour du monde : « En
Russie le gouvernement est un despotisme
mitigé par la strangulation. »
La fille du ministre Necker avait-elle tort ? Ou
manquait - elle singulièrement d’imagination
prospective.
Stangulation,
inhalation,
intoxication, irradiation. Elle ne pouvait prévoir

A partir de cette date,
le prix a été de nouveau attribué.
Depuis 2003, le prix est devenu
l’hommage désormais annuel des
avocats à un avocat du monde.
II est décerné conjointement par
l’institut des Droits de l’homme du
Barreau de Bordeaux, l’Institut de
formation en droits de l’homme du
Barreau de Paris, l’Institut des
droits de l’homme du Barreau de
Bruxelles, l’Unione forense per la
tutela dci diritti dell’uomo (Rome)
et l’Institut des droits de l’homme
des avocats européens (European
Bar Human Rights Institute IDHAE), dont sont membres de
grands barreaux européens investis
dans les droits de l’homme au
nombre desquels l’Union
internationale des avocats (UIA),
Rechtsanwaltskammer Berlin,
l’Ordre français des avocats du
barreau de Bruxelles, le barreau de
Luxembourg et de Montpellier ou le
Conseil national des barreaux de
Pologne (Varsovie). Il est remis aux
lauréats alternativement dans une
des villes où chacun des instituts
exerce son activité.

Château de La Brède

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

du droit sur l’ensemble du territoire russe, pour
tous les citoyens de Russie, sans discrimination.
Anna Politkovskaya avait salué en lui l’avocat
des victimes des crimes de guerre dans la
République du Caucase. Il avait aussi travaillé
pour des militants luttant contre les violences
perpétrées par l'armée russe. Il était l'avocat de
Magometsalih Massaïev, un homme porté
disparu depuis le mois d'août 2008 après qu'il
eut accusé le président tchétchène, Ramzan
Kadyrov, de l'avoir pris en otage durant quatre
mois.
Tout cela - pourtant des évènements que même
les brutes se refuseraient à considérer comme
de simples faits divers- n’est que rapprochement
gratuit, me direz vous ? Bien sûr, Pouchkine est
mort dans un duel et les duels faisaient, au
XIXème siècle, partie du quotidien. Et, il
semblait être le destin commun des poètes, de
Pouchkine à Lermontov, après qu’ils eussent
d'une plume prémonitoire chacun décrit
l’é vénement qui allait les emporter, d'être
transpercés par cette balle tragique de la poésie
russe, qui devait, un siècle plus tard, fracasser
le crâne de Maïakovski. "Hasard" ou "discours"
dirait le Herman de La Dame de Pique ?
La Russie, que Montesquieu, selon l’usage de
l’époque, n'appelle que « Moscovie » - par
opposition à la « Tartarie » - obéirait- elle, ainsi,
à une fatalité ? Après tout, que nous dit
Montesquieu, des habitants de la Moscovie,
dans les Lettres Persanes : « Tous esclaves de
leurs souverains… ils ne connaissent absolument
aucune liberté. » Et, il nous redit dans l'Esprit
des Lois : « Tous les sujets de l’empire, comme des
esclaves… »
Mais par quelle fatalité devrions nous accepter
que ce soit chaque fois Eugène Onéguine qui
tue Lensky ? Que ce soit celui qui a écrit sur la
liberté, qui chaque fois soit tué ? Il y une autre
réalité nous dit Montesquieu au chapitre VI de
l'Esprit des Lois : « En Moscovie, où la peine des
voleurs et celle des assassins sont les mêmes, on
assassine toujours. Les morts, y dit-on, ne
racontent rien. »
Non, les morts ne parlent plus. Pouchkine,
tombé la face dans la neige n’était pas que le
poète, couvert d'honneurs tardifs comme
autant de chaînes dans lequel un régime l’avait
voulu enferrer pour mieux le surveiller. Il était
autre chose que le Gentilhomme de la
Chambre de la Cour du Tsar. Pouchkine, était
le séditieux, l'auteur d'épigrammes, le
condamné à l'exil par le Tsar. Celui qui a 19 ans
s’écriait « Je hais le despotisme », qui décrivait
la révolte de l’individu contre l’autorité sans
borne de ce Cavalier de bronze dont le galop
d'airain écrasait la ville sous ses sabots lourds.
Pouchkine était l’ami de ceux que l’on appelait
les décembristes, meurtri de ne pas avoir
partagé leur gibet, qui avait, à 22 ans, écrit,
d’une seule coulée, le temps d'un cri, ce poème
qu’il avait immédiatement intitulé, « Ode à la
liberté » :
« Je veux chanter la liberté
Et flétrir le mal sur les trônes.
C’est la loi et non la nature
Tyrans, qui vous a couronnés,
Vous êtes au dessus du peuple,
La loi est au-dessus de vous. »
Celui, aussi, qui depuis son exil de Kichiniev,
remplissait la coupe de la liberté à la victoire des
Carbonari italiens et qui saluait, en 1821, le
début de l’insurrection grecque.

la gamme des raffinements que pourraient offrir
les procédés d'asphyxies discrètes…
Le 23 novembre 2006, Alexandre Valtérovich
Litvinenko, nom de code : Sasha, ex-agent du
FSB, a été retrouvé mort à Londres, où il s'était
réfugié. Empoisonné au Polonium 210, un
produit un million de fois plus toxique que le
cyanure, en buvant du thé avec deux anciens
membres du FSB. Depuis 1998, Alexandre
Litvinenko, n’avait cessé, dans des interventions
télévisées, d’accuser les services secrets de
commanditer des assassinats. Il avait affirmé

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

5

Droits de l’Homme
que plusieurs attentats attribués aux terroristes
tchétchènes étaient le fait du FSB, en particulier
les explosions d'immeubles d'habitation à
Moscou en 1999, cyniquement perpétrés pour
justifier le déclenchement de la guerre contre
le gouvernement de Grozny.
Lermontov qui rêvait tout au long de sa vie de
faire juger les bourreaux et les tyrans par un
tribunal, était un précurseur en quête d’une
juridiction.
Il fallait donc un tribunal qui appliquât une loi
supérieure. Et devant lequel soit respectée
l’égalité des armes. Il fallait aussi des avocats qui
aient le courage d’en revendiquer l’application.
Enfin vint la loi. Cette autre loi que la loi
nationale. Cette autre loi que définissait il y a
longtemps très précisément Montaigne : « La
justice naturelle et universelle est autrement
réglée et plus noblement que ne l’est cette autre
justice, spéciale, nationale, contrainte aux
besoins de police ».
Pour les détenus des prisons russes, cette égalité
des armes prit un nom. Kalachnikov fut l’arme
que se retourna contre les tyrans. Certes, cela
n’est pas le premier arrêt concernant la Russie
à quelques semaines près, mais c’est le second.
Et en ce qui concerne la condition des
prisonniers, de Russie et d’au-delà, mais c'est
bien le premier a avoir évoqué ce traitement

des prisonniers, et il était appelé à une grande
descendance.
L’affaire Kalachnikov a fait découvrir au monde,
les conditions pénitentiaires du détenu dans
une cellule de 17 m² comportant 24 détenus ou
trois hommes partageaient un lit superposé et
n’avaient droit de dormir qu’à tour de rôle, où
la lumière restait allumée en permanence, où
les toilettes étaient exposés à la vue de tous y
compris du gardien et servaient pratiquement
de table de repas. On passera sur les cafards et
les fourmis. On ne chipotera pas avec le
gouvernement défendeur sur les 3 m² de plus
ou de moins dans la dimension des cellules.
L'arrêt devait souligner que la cellule n’était pas
aérée et qu’il y faisait une chaleur étouffante en
été et glaciale en hiver.
L'air, c'est ce dont ont manqué les prisonniers à
tous les âges et sous toutes les latitudes. Le
chœur des prisonniers de Fidelio, un instant
autorisé à respirer à l'air libre, contre l'ordre du
tyran, ne résume-t-il pas, depuis deux siècles,
l'aspiration première de tous les privés de
liberté :
« O welche Lust ! in freier Luft
den Atem leicht zu heben !
Nur hier, nur hier ist Leben… »
Mais il fallait une loi supérieure pour
reconnaître qu’il pouvait s’agir là, même pour

un condamné, d’un traitement inhumain et
dégradant alors que le Comité européen pour
la prévention de la torture à lui-même fixé à
7 m² par personne la surface minimum
approximative que doit avoir une cellule de
détention.
Notre confrère Mikhail Trepachkine, qui servit
jadis comme officier au FSB, mais à la décharge
duquel on retiendra l’acte de résipiscence qui
l’a poussé à devenir avocat, a été enfermé dans
une cellule de 6 m² sans lumière pendant
25 jours sans pouvoir se promener à l’air libre.
Il ne disposait certains jours que d’un m²
d’espace personnel.
Le traitement dégradant devait entraîner des
conséquences plus précises encore pour Vassili
Guéorguïévitch Alexanian, ancien avocat au
Barreau de Moscou qui était jusqu’à 2003,
directeur du service juridique de Ioukos.
Ici, il ne s’agit pas de statuer sur ses fautes
éventuelles, mais de rappeler que sa détention
provisoire a duré plusieurs années, que sa vision
n’était pas bonne, mais qu'il est devenu aveugle,
qu’il était atteint du sida puis d’un lymphome.
Et qu’il fut empêché d’avoir accès à des
antirétroviraux même par l’intermédiaire de sa
famille ou la pharmacie de la prison.
Là, la Cour pour la première fois n’hésita pas.
Au titre de l’article 41, elle a considéré que son

En disant clairement à tous quelle est la menace qui plane sur vous chaque jour, parce que l'on
sait qu'elle s'est déjà abattue sur d'autres, je crois avoir par le pouvoir d’un mot célébré tous vous
Bertrand Favreau
autres mérites : la seule réponse individuelle à la peur s'appellera à jamais : le courage.

Alain Rousset et Karinna Moskalenko

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

A l’arrière plan : Michel Dufranc, Zbigniew Cichon,
Mario Lana et Bertrand Favreau

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Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

Droits de l’Homme
Luzius Wildhaber aura passé quatre semaines
à l'hôpital. Le 1er février 2007, il annonçait
publiquement avoir été empoisonné sur le sol
russe au cours d'un voyage .
Subitement, début octobre 2008, Karinna
Moskalenko et plusieurs autres membres de
sa famille, y compris ses enfants, ont commencé à éprouver des malaises : sensations
d'oppressement, maux de tête incessants,
nausées. Le mari de Karinna Moskalenko a
alors inspecté leur véhicule et a découvert,
sous les sièges avant, une substance ressemblant à du mercure. Une enquête a été
ouverte. Mais son résultat, n'aura fait l'objet
que d'une « brève » dans un quotidien, en
octobre 2008. Révélant des informations
sûrement puisées aux meilleures sources de
renseignements, le journal croyait pouvoir
révéler que le mercure retrouvé dans la voiture, achetée d'occasion six mois plutôt,
proviendrait d'un thermomètre que le précédent propriétaire aurait cassé dans son
véhicule lors d'une étrange et maladroite
manipulation quelques mois auparavant …
Et en parlant non seulement de vous mais de
tous ces autres, je voulais dire ici de la façon la
plus vraie, que parmi tant de meurtres non
élucidés, que parmi tant de souffrances on ne
sait par qui décidées, il convenait de
prendre conscience de la réalité.
Le rappeler ici, Madame, c’est
rappeler les affaires quotidiennes que vous avez traversées et l'inscrire dans la
réalité d’une activité professionnelle chaque jour.
Un lauréat n’est pas uniquement récompensé après
avoir subi les ultimes souffrances. Ce qui en sont exemptés, et qui font figure de miraculés, qu’ils soient journalistes ou avocats, ne le sont que parce qu'ils sont provisoirement épargnés.
C’est face à l'évocation de ces réalités que l’on
mesure davantage la douleur des victimes. Face
aux atroces destins de ceux qui étaient menacés
et que l’on a peut être pas crus quand il en était
encore temps, comme pour mieux s’indigner
après quand il était trop tard.
En disant clairement à tous quelle est la menace
qui plane sur vous chaque jour, parce que l'on

sait qu'elle s'est déjà abattue sur d'autres, je crois
avoir par le pouvoir d’un mot célébré tous vous
autres mérites : la seule réponse individuelle à
la peur s'appellera à jamais : le courage.
Aristote disait que « Le courage est la première
des qualités humaines, car elle garantit toutes
les autres ». Cela permet d’abréger. Et de dire
Madame qu'en célébrant ce courage, nous
n'oublions pas les autres mérites insignes qui, à
eux seuls, auraient largement justifié l'attribution
de ce prix.
Il est temps de finir et de revenir au rêve
inaccompli du poète, mort si jeune :
Dans son poème de jeunesse, le Village, il
écrivait :
« Verrai-je ô mes amis le peuple libéré
Sur la terre de la pure indépendance,
Montera-t-elle enfin la rayonnante aurore ? »
Montera-t-elle enfin ? C’était une question. Elle
a été posée, en 1819, il y a deux cents ans. Elle
était trop longtemps demeurée sans réponse.
« Debout prophète de Russie… » disait encore
le poète… L'exemple de votre courage, Madame,
nous apporte un souffle nouveau. Il nous
montre la voie de cette ascension annoncée vers
un éther plus pur qui a nom : liberté.

Parc du Château de La Brède

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

2010-434

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

maintien en détention était inacceptable et que
la seule satisfaction équitable était la remise en
liberté. Bel article 41!
Kalachnikov a été un message. Il n’a cessé de
retentir depuis. Il s’est étendu à d’autres pays.
Récemment, on en a vu un nouveau surgeon
dans l’analyse des conditions de détention à la
maison d’arrêt d’Ekaterinbourg pour le détenu
Zakharkin, où la cour s'est déclarée dans la
motivation de sa décision « horrifiée par les
photographies qui lui ont été présentées » et a
estimé « que ces conditions ne pouvaient être
qualifiées que de dégradantes et d’impropres à
abriter décemment quelqu’un » .
De cette protection de la loi, Serge Magninski,
l'un des avocats russes du Fonds d'investissement britannique Hermitage, n’aura pas bénéficié. Dans ses carnets de prison, dont des
extraits ont été publiés par Novaïa Gazeta,
Sergueï Magnitski racontait les conditions
épouvantables de sa détention, marquée par
l'insalubrité, le froid, la faim et la promiscuité,
et ses efforts pour obtenir un accès aux soins.
Il avait écrit à plusieurs reprises à l'administration pénitentiaire en se plaignant du refus de
lui accorder le traitement prescrit par les
médecins.
Le 16 novembre 2009, Sergueï Magnitski, 37
ans - l'âge de Pouchkine - est mort,
dans la prison de Matroskaïa
Tichina, à Moscou, après un an
de détention préventive, dont
cinq mois dans la plus
terrifiante des casemates
moscovites : la prison de la
Boutyrka. Lui non plus n'a
pas eu le droit de respirer.
Officiellement il serait
décédé d’une insuffisance
cardiaque.
Une fois encore l’exemple sera
venu de l’Est et la jurisprudence aura
eu un effet déclenchant exhortant les autre pays
d'Europe à en suivre les enseignements.
Car après tout, n'y aurait il qu’en Russie que les
détenus sont entassés dans des cellules
surpeuplés et malsaines avec moins de à 7 m²
par personne où les détenus ne disposent
d’aucune intimité, ne sont pas soignés à la
hauteur du défi que représente la gravité de leur
maladie, où ils ne peuvent pas respirer?
Car après tout, n' y aurait il qu'en Turquie, que
se pose un problème de garde à vue, parce qu'un
avocat n'assisterait pas au déroulement des
opérations dès le début de la privation de la
liberté ?
Pour introduire ces recours il faut du courage.
Même si elle n’est pas la seule, on notera que la
Russie figure parmi les grands pourvoyeurs de
recours concernant des atteintes au droit de
recours individuel. Voilà comment s’é crit la
persécution subtile au quotidien. Un poète de
chez nous ne l'écrivait-il pas, quelques jours à
peine après la libération de Paris du joug de
l'occupant : « la liberté, cela se respire » .
Au 28 octobre 2006, la Cour avait été contrainte
de rendre 180 arrêts contre la Russie depuis
l'arrêt Kalachnikov - 80 pour la seule année 2005
et déjà 78 en pour les dix premiers mois de 2006.
Luzius Wildhaber, le président de la Cour
européenne des droits de l'homme, s'est rendu
pour son travail en Russie du 26 au 29 octobre
2006. A son retour en Suisse, et à son tour,
respirant difficilement, il a été pris de frissons.

7

Jurisprudence

Loi interdisant la dissimulation du visage
dans l'espace public
Conseil constitutionnel - décision n° 2010-613 DC - 7 octobre 2010
Par sa décision n° 2010-613 DC du 7 octobre 2010, le Conseil constitutionnel s'est prononcé sur la loi interdisant la dissimulation
du visage dans l'espace public dont il avait été saisi par le Président de l'Assemblée Nationale et le Président du Sénat.
Le Conseil a jugé que cette loi, qui assure entre la sauvegarde de l'ordre public et la garantie des droits constitutionnellement
protégés une conciliation qui n'est pas manifestement disproportionnée, est conforme à la Constitution.
Il a toutefois formulé une réserve d'interprétation, estimant que l'interdiction de dissimuler son visage dans l'espace public
ne saurait, sans porter une atteinte excessive à l'article 10 de la Déclaration de 1789, restreindre l'exercice de la liberté religieuse
dans les lieux de culte ouverts au public.
Jean-René Tancrède
Le Conseil constitutionnel,
1. Considérant que le président de l'Assemblée nationale et le président
du Sénat défèrent au Conseil constitutionnel la loi interdisant la
dissimulation du visage dans l'espace public ; qu'ils n'invoquent à l'encontre
de ce texte aucun grief particulier ;
2. Considérant que l'article 1er de la loi déférée dispose : « Nul ne peut,
dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage » ;
que l'article 2 de la même loi précise : « I. Pour l'application de l'article 1er,
l'espace public est constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts
au public ou affectés à un service public. - II. L'interdiction prévue à
l'article 1er ne s'applique pas si la tenue est prescrite ou autorisée par des
dispositions législatives ou réglementaires, si elle est justifiée par des
raisons de santé ou des motifs professionnels, ou si elle s'inscrit dans le
cadre de pratiques sportives, de fêtes ou de manifestations artistiques ou
traditionnelles » ; que son article 3 prévoit que la méconnaissance de
l'interdiction fixée à l'article 1er est punie de l'amende prévue pour les
contraventions de la deuxième classe ;
3. Considérant qu'aux termes de l'article 4 de la Déclaration des droits
de l'homme et du citoyen de 1789 : « La liberté consiste à pouvoir faire
tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de
chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres
de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent
être déterminées que par la loi » ; qu'aux termes de son article 5 : « La loi
n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui
n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être
contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas » ; qu'aux termes de son article 10
: « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu
que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi » ;
qu'enfin, aux termes du troisième alinéa du Préambule de la Constitution
de 1946 : « La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits
égaux à ceux de l'homme » ;
4. Considérant que les articles 1er et 2 de la loi déférée ont pour objet de
répondre à l'apparition de pratiques, jusqu'alors exceptionnelles, consistant
à dissimuler son visage dans l'espace public ; que le législateur a estimé

que de telles pratiques peuvent constituer un danger pour la sécurité
publique et méconnaissent les exigences minimales de la vie en société ;
qu'il a également estimé que les femmes dissimulant leur visage,
volontairement ou non, se trouvent placées dans une situation d'exclusion
et d'infériorité manifestement incompatible avec les principes
constitutionnels de liberté et d'égalité ; qu'en adoptant les dispositions
déférées, le législateur a ainsi complété et généralisé des règles jusque-là
réservées à des situations ponctuelles à des fins de protection de l'ordre
public ;
5. Considérant qu'eu égard aux objectifs qu'il s'est assignés et compte tenu
de la nature de la peine instituée en cas de méconnaissance de la règle
fixée par lui, le législateur a adopté des dispositions qui assurent, entre
la sauvegarde de l'ordre public et la garantie des droits
constitutionnellement protégés, une conciliation qui n'est pas
manifestement disproportionnée ; que, toutefois, l'interdiction de
dissimuler son visage dans l'espace public ne saurait, sans porter une
atteinte excessive à l'article 10 de la Déclaration de 1789, restreindre
l'exercice de la liberté religieuse dans les lieux de culte ouverts au public ;
que, sous cette réserve, les articles 1er à 3 de la loi déférée ne sont pas
contraires à la Constitution ;
6. Considérant que l'article 4 de la loi déférée, qui punit d'un an
d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende le fait d'imposer à autrui de
dissimuler son visage, et ses articles 5 à 7, relatifs à son entrée en vigueur
et à son application, ne sont pas contraires à la Constitution,
Décide :
Article 1er - Sous la réserve énoncée au considérant 5, la loi interdisant
la dissimulation du visage dans l'espace public est conforme à la
Constitution.
Article 2.- La présente décision sera publiée au Journal officiel de la
République française.
Délibéré par le Conseil constitutionnel dans sa séance du 7 octobre 2010, où siégeaient : M. Jean-Louis Debré,
président, M. Jacques Barrot, Mme Claire Bazy Malaurie, MM. Guy Canivet, Michel Charasse, Jacques Chirac,
Renaud Denoix de Saint Marc, Valéry Giscard d'Estaing, Mme Jacqueline de Guillenchmidt et M. Pierre
Steinmetz.
2010-435

NOTE
e Conseil constitutionnel a
formulé une réserve
d'interprétation et jugé pour le
surplus cette loi interdisant la
dissimulation du visage dans
l'espace public conforme à la
Constitution.
La loi déférée dispose que « nul
ne peut, dans l'espace public,
porter une tenue destinée à
dissimuler son visage ». Elle
définit l'espace public comme
« constitué des voies publiques
ainsi que des lieux ouverts au
public ou affectés à un service
public ». Elle définit des

L

8

exceptions à cette interdiction et
fixe à 150 euros l'amende
maximale en cas de violation de
cette interdiction.
Le législateur a estimé que les
pratiques de dissimulation du
visage dans l'espace public,
auparavant quasi inexistantes,
peuvent constituer un danger
pour la sécurité publique et
méconnaissent les exigences
minimales de la vie en société. Il
a également estimé que les
femmes dissimulant leur visage,
volontairement ou non, se
trouvent dans une situation

d'exclusion et d'infériorité
manifestement incompatible
avec les principes
constitutionnels de liberté et
d'égalité. En adoptant la loi, il a
complété et généralisé des
règles jusque-là réservées à des
situations ponctuelles à des fins
de protection de l'ordre public.
Le Conseil constitutionnel a
opéré le contrôle de
proportionnalité qu'il exerce
constamment pour déterminer si
la loi assure entre la sauvegarde
de l'ordre public et la garantie
des droits constitutionnellement

protégés une conciliation qui
n'est pas manifestement
disproportionnée.
D'une part, il a jugé qu'en
l'espèce cette conciliation n'est
pas manifestement
disproportionnée eu égard aux
objectifs que le législateur s'est
assigné et compte tenu de la
faible sanction instituée en cas
de méconnaissance de la règle
fixée par lui.
Cependant, d'autre part, le
Conseil constitutionnel a jugé
que l'interdiction de dissimuler
son visage dans l'espace public

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

ne saurait restreindre l'exercice
de la liberté religieuse dans les
lieux de culte ouverts au public.
L'atteinte à l'article 10 de la
Déclaration de 1789 relative à la
liberté religieuse serait alors
excessive. Le Conseil a donc
formulé une réserve sur ce point.
Sous cette réserve conduisant à
ce que la loi ne puisse
restreindre la liberté religieuse
dans les lieux de culte ouverts
au public, le Conseil
constitutionnel a jugé la loi
déférée conforme à la
Constitution.

Vie du droit

Conférence des Bâtonniers
Assemblée générale - Paris, 8 octobre 2010

M

La garde à vue
Ce sujet débattu longuement lors de l’Assemblée
du 17 septembre a donné lieu à de nombreuses
interventions en raison des conclusions prises
par le Parquet Général de la Cour de cassation
le 7 octobre(3). La cour se prononcera le
19 octobre. Le Conseil d’Etat statuera également
prochainement pour avis, sur la loi de Madame
le Garde des Sceaux en un avis probablement
proche de celui de nos deux hautes assemblées.
Cette situation devrait conduire Madame le
Garde des Sceaux à le revoir.
Si la Cour de cassation suit les conclusions du
parquet, la loi Perben II et ses discriminations
selon la nature des infractions sera mise à néant.
La France ainsi « s’alignerait » sur nos partenaires
européens les plus proches : Italie, Espagne,
Allemagne, Grande-Bretagne. Le débat suscita,
comme le 17 septembre, de nombreuses
interventions.
Nous citerons celles du Bâtonnier Frank Natali
(ancien président de la Conférence des
Bâtonniers). Il a fait part de l’audience de la
chambre criminelle du 7 octobre, des
conclusions du Parquet Général, elle fut suivie
de celle d’Yves Tamet (Bâtonnier de Bobigny).
Il a confirmé, après le président Pouchelon,
l’impact de la journée de protestations du
29 septembre et l’audience auprès des médias.
André Farné, président de la Conférence
régionale des Barreaux du Sud-Ouest, la plus
importante, a rappelé qu’en l’état, la conférence
se borne à demander à Madame le Garde des

Alain Pouchelon

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

oins d’un mois après son
assemblée du 17 septembre
2010(1), l’actualité a conduit le
Président Alain Pouchelon à en
tenir une autre le 8, devançant celle fixée le
26 novembre prochain.
En son introduction, il a fait le point sur une
actualité « galopante ». L’ordre du jour(2) en
témoigne. Il en a commenté les thèmes, en a
fait une analyse brève mais percutante avant de
donner la parole aux intervenants en particulier
sur les sujets sensibles : garde à vue,
manifestation du 29 septembre, Réseau Privé
Virtuel des Avocats (R.P.V.A.), gouvernance de
la profession, réforme des statuts. Le débat sur
la garde à vue avait occupé la majeure partie du
temps de l’assemblée du 17 septembre).
Il en fut fait de même le 8 : la garde à vue, la loi
de finances (budget 2011 pour la justice), la
réforme des statuts, la gouvernance, le R.P.V.A.,
l’interprofessionnalité, tous ces sujets n’ont pas
permis d’épuiser l’ordre du jour dont les travaux,
pour ceux qui n’ont pas été évoqués, ont été
reportés à l’Assemblée Générale du 26 novembre.

Sceaux, l’application des règles de droit dont
elle est la dépositaire. Le Bâtonnier Borie,
président du Syndicat des Avocats de France,
comme ceux de Toulouse (Jean-Luc Forget
ou Lyon Chain) se sont prononcés en ce sens.
Le Président Michel Bénichou a réitéré ses
observations faites lors de l’A ssemblée du
17 septembre 2010 : il faut d’abord faire du
droit. Le projet de loi doit être conforme à la
décision du Conseil constitutionnel, à l’avis
du Conseil d’Etat, à l’arrêt de la Cour de
cassation.
La loi, en outre, si elle doit reconnaître et assurer
les droits de la défense, se doit de ne pas oublier
ceux des victimes. Par leurs plaintes aux
commissariats, elles sont à l’origine des
poursuites. Elles devraient être invitées à se faire
assister par un avocat et non pas être orientées
vers « une association de victimes ».
Il nous faut, dit-il, communiquer avec les
magistrats. Enfin c’est dès maintenant que nous
devons faire savoir à Madame le Garde des
Sceaux notre détermination.
Nathalie Barbier (Bobigny)(4) a repris en y
ajoutant son intervention avant l’Assemblée du
Conseil National des Barreaux du 15 octobre
(Les Annonces de la Seine du 30 septembre
2010 ) en l’invitant avant celle-ci à revoir son
projet de loi. Si celui-ci est maintenu, il
appartiendra à la Conférence des Bâtonniers
d’en tirer les conclusions. « Répondant à cette
interrogation, le Président Pouchelon a proposé
à l’Assemblée de se réunir après le 19 octobre
(arrêt de la Cour de cassation), le 22 octobre
pour que l’Assemblée décide d’une action.

Thierry Wickers, Président du Conseil National
des Barreaux, ayant rejoint l’Assemblée, a
rappelé qu’à l’Assemblée du Conseil National
des Barreaux qui se déroulera le 15 octobre 2010
où nous aurons « peut-être », dit-il, notre
ministre, vous pourrez lui exprimer votre point
de vue, après l’avis du Conseil d’Etat qui devrait
être rendu la semaine prochaine et la décision
de la Cour de cassation qui devrait suivre ce
19 octobre 2010.

Loi de finances 2010
Budget de la justice

(5)

La communication du Bâtonnier Alain Marter,
(Chambéry) ancien président de l’U.N.C.A.
soulève l’indignation de l’Assemblée. Les
dispositions de la loi de finances du budget de
la justice en ses dispositions concernant les
avocats :
- Ticket modérateur,
- Droits de plaidoirie.
l’expliquent (article 41, loi de finances).
Dans son rapport, que nous publions page
suivante, il prévoit la création d’un ticket
modérateur, dont la T.V.A. serait portée de 5,5
à 19,60 %. L’ensemble dit-il se traduit par « une
diminution cumulée de 35 %. Le rapport du
Bâtonnier Marter a soulevé l’émotion et la colère
de l’Assemblée. Il fut suivi d’un débat vif,
pugnace. Nos représentants, nous dit le
Président Pouchelon, ont été auditionnés le

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

9

Vie du droit
REPERES

Aide juridictionnelle,
garde à vue et loi de finances

Photo © Jean-René Tancrède

par Alain Marter*

Alain Marter
lusieurs dispositions du projet de
loi de finances pour 2011
impactent le budget consacré par
l’état à l’indemnisation des
missions d’aide juridictionnelle et
assimilées.
L’article 41 du projet de loi prévoit
désormais l’existence d’un ticket
modérateur à charge de tout
bénéficiaire de l’aide
juridictionnelle, correspondant à la

P

prise en charge du droit de
plaidoirie.
Ce qui était considéré jusqu’à
présent comme une compensation
au profit de l’ensemble des avocats
en abondant à hauteur de 5
millions d’€uros au financement de
leur retraite, restera à charge d’un
hypothétique recouvrement de 8,84
euros par dossier, ou sera perdu.
Autre disposition, l’augmentation
du taux de T.V.A. de 5,5 à 19,60 %
imposée par la juridiction
européenne ne sera pas assurée par
l’Etat, mais viendra en déduction de
la somme globale qui restera
inchangée.
Par ce biais, l’Etat récupérera,
même en tenant compte des
situations où l’avocat n’est pas
assujetti à la TVA du fait de la
faiblesse de ses revenus, environ
11,30 % supplémentaires, sur la
dotation allouée par lui.
En cumulant ces dispositions, le
transfert de 65 millions à
l’indemnisation de la présence de
l’avocat en « garde à vue nouvelle
formule », se traduit par une
diminution cumulée de l’ordre de
35% des sommes allouées à
l’indemnisation des missions civiles.

jeudi 7 octobre 2010 par la Commission des Lois.
Nous avons essayé de convaincre la commission
en l’invitant à corriger ses propositions. Nous
l’espérons, mais nous avons, en ce temps de
restrictions budgétaires, l’image que nous ne
parlons que d’argent. C’est pourtant, ont souligné
les intervenants, la remise en cause de l’accès au
droit pour les plus démunis.

L’avocat en entreprise
Un serpent de mer qui revient. L’Assemblée à
une majorité de 90 % en dépit des interventions
contraires des Bâtonniers Dutheil (Hauts-deSeine) et Chain (Lyon) a voté son rejet.
Autre sujet d’actualité, les conséquences du
rapport Hattab (R.P.V.A.), ont été exposées
l’après-midi après l’intervention minutieuse au
plan historique du président Pouchelon.
Sa conclusion fut suivie de celle du Bâtonnier
Christophe Ricour (ancien Président de la
Conférence des Bâtonniers), fort de son
expérience de cinq ans d’informatique. Il ressort
que hors du Barreau de Paris(6), on relève du
retard dans l’équipement d’un grand nombre
d’avocats qui estiment que la responsabilité du
Conseil National des Barreaux est engagée.
Cette mise en œuvre suscite d’autant plus de
protestations que les avocats équipés sont
facturés avant leur utilisation.
Le Conseil National des Barreaux aurait désormais
les informaticiens nécessaires pour répondre à la
demande immédiate et résorber son retard.

10

Aux inquiétudes que suscite un tel
constat, s’ajoutent celles générées
par l’absence de préparation et de
moyen des Services Administratifs
Régionaux (SAR) qui vont désormais
avoir à gérer et contrôler la
distribution des dotations destinées
au règlement des indemnités
d’aides juridictionnelles et
assimilées.
Notre profession, en l’état, devrait
supporter de manière cumulative,
les réductions drastiques organisées
au détriment de l’accès des plus
fragiles de nos concitoyens à la
Justice, et les difficultés de
trésorerie et d’organisation de
l’Etat.

Paris, Le 8 octobre 2010

Alain Marter est Bâtonnier de Chambéry,
membre du bureau de la Conférence des
Bâtonniers et président d’honneur de
l’UNCA.

Conférence régionale
et Ordre national
Le Président Pouchelon, dans le prolongement
du séminaire organisé par ses soins à
Carcassonne les 3 et 4 septembre 2010 « pour
une meilleure prise en considération au sein de
la Conférence des Bâtonniers de la commission
régionale de notre action qui lui paraissait
insuffisamment reconnue » (rapport Bâtonnier
Ducasse) a demandé au Bâtonnier Ducasse d’en
poursuivre la réflexion :
« Parallèlement, le Conseil National des
Barreaux a mené sa propre réflexion qui a
donné lieu au rapport présenté par le Bâtonnier
Faugère et analysé notamment par le Bâtonnier
Forget ». Le Bâtonnier Ducasse est intervenu
pour dire que les contacts noués à l’occasion de
cette enquête relative à la participation des
présidents des conférences régionales l’ont
conduit à s’interroger sur l’opportunité des
« corrections ».
Au cours du débat qui suivit, le Bâtonnier André
Farné, président de la Conférence régionale du
Sud-Ouest, la plus importante, a déclaré être
défavorable au projet qui consisterait à les
intégrer. Ceci a conduit le Bâtonnier Ducasse
en son rapport complémentaire sur
l’organisation de la profession d’avocat, comme
l’ont suggéré les présidents Bénichou et Eydoux,
à envisager une organisation nationale de la
profession.

Vers l’Ordre National
des Avocats ?
Après avoir rappelé que le Président Michel
Bénichou en a exprimé le vœu, en un article paru
dans la Gazette du Palais(7), que cette opinion est
partagée par le Président Eydoux, le Bâtonnier
Ducasse a exposé les difficultés de sa mise en
œuvre qui suppose naturellement la présence du
Barreau de Paris. Celui-ci en raison de ses
moyens, en hommes, en argent, aux
personnalités, et spécialistes qu’il compte dans
toutes les matières du droit, il ne faudrait pas que
cette présence étouffe les autres au sein d’un
Ordre National. C’est précisément à cause de ce
risque qu’est née en 1902, la Conférence des
Bâtonniers qui a célébré le 4 juillet 2003 en
présence du Président de la République Jacques
Chirac son centenaire.
André Farné en citant son confrère Jean-Gaston
Moore a déclaré que cet Ordre National des
Ordres, par l’admission au sein de la Conférence
des Bâtonniers du Barreau de Paris d’une coprésidence, a existé de 1974 à 1978.
En un rapport remarquable autant par la
pénétration de la pensée qu’en la forme, le
Bâtonnier Ducasse, a fait une analyse empreinte
de sagesse sur les problèmes que pose la création
de cet ordre.
Un débat suivit. L’heure avançant, les rapports
notamment sur la loi LOPPSI et celui si
important sur la répartition des contentieux et
l’allègement de certaines procédures
juridictionnelles (Bâtonnier Duprat) ont été
reportés au 26 novembre.
Un dernier rapport avant la clôture de
l’Assemblée et le vote de la motion, fut celui sur
l’interprofessionnalité, présenté par le Bâtonnier
Michel Lacroix, rapport rédigé de concert avec
le Bâtonnier Bollet de Marseille.
Sujet technique, dont l’importance doit être
comprise par le barreau. Il est issu du Rapport
Darrois, du rapprochement des professions, en
l’espèce expert-comptable, avocat. Le projet de
loi est en discussion à l’Assemblée Nationale.
En l’état, il s’agirait d’un rapprochement limité
entre experts-comptables et avocats, en une
société non capitalistique, ne faisant pas appel
aux capitaux extérieurs.
Cette assemblée s’acheva sur ce rapport à
consulter ainsi que les autres sur le site internet
de la Conférence des Bâtonniers.
La succession des Assemblées générales, dont
l’ordre du jour est particulièrement chargé, exige
de la part de son Président, des membres, de
son bureau, beaucoup de travail et de temps.
Une fois de plus le Président Pouchelon en est
récompensé. Il a rempli sa mission.
2010-436
A. Coriolis
Notes :
1 - Les Annonces de la Seine du 30 septembre 2010
2 - Ordre du jour.
3 - Voir Le Monde page 11 et Le Figaro page 7 du 7 octobre 2010.
4 - Elle a repris en y ajoutant son intervention à l’Assemblée du 17
septembre (Les Annonces de la Seine du 30 septembre 2010).
5 - Rappelons que dans son livre « L’horreur juridique - Vers une société
de procès », Valéry Turcey, ancien président de l’U.S.M., paru chez Plon
en 2002, écrit que le montant de la T.V.A. payée par les avocats depuis
1991 représente le budget du ministère de la Justice.
6 - Selon les confidences des uns et des autres, son fonctionnement
est loin de satisfaire ses usagers.
7 - Gazette du Palais, 18 mars 2008. Le Bâtonnier André Damien,
Président d’Honneur de la Conférence des Bâtonniers, l’a écrit le 15
juin 1978.

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

Chronique

Liberté d’accès et contraintes du recours
à la médiation comme mode institutionnel
de solution des litiges*

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

par Maurice-Antoine Lafortune**

Maurice-Antoine Lafortune
orsque des personnes sont en litige, elles
s’adressent le plus souvent aux
tribunaux étatiques composés de juges
chargés de statuer par des décisions
motivées à l’issue de procédures soumises à des
règles impératives.
Mais, dans tous les domaines où elles ont la libre
disposition de leurs droits, ces personnes
peuvent préférer rechercher, de manière
consensuelle, une solution à leur conflit en
mettant en œuvre un mode de règlement autre
que la saisine du juge étatique.
La médiation constitue une des possibilités
offertes aux parties pour y parvenir.
La Directive 2008/52/CE du Parlement
européen et du Conseil du 21 mai 2008 définit
cette institution comme étant « un processus
structuré, quelle que soit la manière dont il est
nommé ou visé, dans lequel deux ou plusieurs
parties en litige tentent par elles-mêmes,
volontairement, de parvenir à un accord sur la
résolution de leur litige avec l’aide d’un médiateur.
Ce processus peut être engagé par les parties,
suggéré ou ordonné par une juridiction ou prescrit
par le droit d’un Etat-membre ».

L

De même selon cette Directive, le médiateur
est « tout tiers sollicité pour mener une
médiation avec efficacité, impartialité et
compétence, quelle que soit l’appellation ou la
profession de ce tiers dans l’Etat-membre
concerné et quelle que soit la façon dont il a été
nommé pour mener ladite médiation ou dont il
a été chargé de la mener ».
Il en résulte que l’accès à la justice
« médiationnelle » comme mode alternatif de
règlement amiable des conflits peut résulter de
la mise en œuvre :
- soit d’une clause de médiation conventionnelle
conclue par les parties pour résoudre, avec l’aide
d’un médiateur, les contestations nées de leurs
relations,
- soit d’une médiation judiciaire dont la
proposition, faite par l’organe judiciaire saisi du
procès ou en charge de poursuites pénales, est
acceptée par les parties concernées pour
trouver, en présence d’un médiateur désigné,
un accord satisfaisant.
Cette médiation dite « professionnelle » fait
actuellement l’objet d’initiatives et de dispositifs
significatifs de la part de centres spécialisés et
de tribunaux.
Cependant elle n’a pas vocation à supplanter
la justice étatique même si elle transcende
les frontières et les cultures pour apparaître,
comme l’a dit le Groupement Européen des
Magistrats pour la Médiation (GEMME)
lors de son dernier colloque à Paris, « un
langage universel de règlement amiable des
conflits ».
Les deux derniers colloques organisés par
l’Institut d’Expertise d’Arbitrage et de Médiation
(I.E.A.M), en Croatie en 2009 et au Monténégro
en 2010, ont notamment été l’occasion
d’échanges particulièrement riches entre ses
adhérents et les représentants des autorités
judiciaires de ces deux pays.
Les brèves observations suivantes ont pour
objet de rappeler la liberté et les contraintes de
l’accès à la médiation comme mode alternatif
de règlement des litiges ou de réparation du
préjudice causé à sa victime par l’auteur d’une
infraction.

I. L’accès à la médiation,
comme mode alternatif
et institutionnel de règlement
amiable des conflits nés entre
les personnes en matière civile
et commerciale
En droit interne français, comme dans la
Directive européenne du 21 mai 2008, l’accès à
la médiation relève exclusivement de la volonté,
la liberté et la responsabilité des parties en litige.
Si ce processus aboutit les parties seront tenues
d’exécuter, même de manière contraignante,
l’accord de médiation qu’elles auront conclu.

A. En droit interne : les moyens
de recourir à la médiation
La médiation peut revêtir une forme soit
conventionnelle, soit judiciaire. Mais dans les
deux cas elle nécessite l’accord des parties pour
y accéder. (v. « Vraisemblance de la nature
institutionnelle de la convention de médiation »
de M.-A. Lafortune – Les Annonces de la Seine,
n°38 du 18 juin 2009).
1°) La force obligatoire et contraignante, après la
survenance du litige, de l’exécution de la clause de
médiation conventionnelle conclue par les parties

Une clause dite de médiation peut être insérée
par avance dans un contrat principal conclu entre
des parties en relations d’affaires par exemple.
Mais cette clause peut intervenir également
après la naissance du conflit entre les parties
afin de régler d’éventuelles difficultés d’exécution
ou d’interprétation soit du contrat principal soit
même d’une solution amiable à laquelle elles
seraient parvenues auparavant.
Dans cette clause ou convention de médiation,
les parties peuvent soit organiser elles-mêmes
le recours à la médiation, soit désigner un
organisme institutionnel ou un centre de
médiation à cette fin.

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

11

Chronique
La clause de médiation a une nature hybride.
- Tout d’abord elle possède incontestablement une
nature contractuelle

La clause ou convention de médiation doit
obligatoirement revêtir une forme écrite entre
les parties (Civ. Première chambre 6 mai 2003 B. civ. 2003 - I - n°108 p. 85).
Elle a une force obligatoire pour les parties qui
l’ont conclue car elles ont l’obligation de mettre
en œuvre le processus de médiation en
désignant un médiateur si un litige apparaît.
La force obligatoire de cette clause interdit donc
à l’une des personnes qui l’a conclue d’y renoncer
par avance. Le refus de recourir à la médiation
doit être une renonciation par volonté
commune exprimée par les parties devant le
médiateur, donc dans le cadre du processus de
médiation effectivement mis en œuvre par elles.
Ainsi le recours à la médiation qui résulte d’une
volonté contractuelle bilatérale des parties ne
peut être anéanti que par leur décision prise
d’un commun accord.
Ce principe et ce régime de la clause de
médiation résultent de la jurisprudence issue
de l’arrêt de principe du 8 avril 2009 de la
première chambre civile de la Cour de cassation.
(Semaine juridique - Ed. Gen. n°26 du 22 juin
2009 chr. Olivier Cuperlier. BRDA 11/09, n°25 Dalloz 2009 - n°19 page 1284 obs. X. Delpech Semaine juridique - Ed. Gen. n°47 du
16 novembre 2009 - chr. Jacques Beguin).
Ainsi, sauf refus d’une ou des parties d’engager
leurs négociations avec l’aide du médiateur, la
médiation convenue entre elles constitue un
mode préalable de recherche d’une solution à
leur litige.
- Ensuite la clause de médiation présente
également un caractère processuel en ce sens
qu’elle s’impose comme une règle de
procédure.
Une des parties ne peut pas ignorer qu’elle a souscrit
cette clause de médiation et saisir directement la
juridiction étatique compétente pour faire statuer
sur le litige qui l’oppose à son cocontractant.
S’il en est ainsi et si celui-ci le demande, le
tribunal saisi doit prononcer, comme sanction
procédurale, la fin de non-recevoir de l’action
en justice portée devant elle en l’absence de mise
en œuvre de la clause de médiation (chambre
mixte de la Cour de cassation du 14 février
2003 - Bull. civ. 2003 - Ch. mixte n°1 - Dalloz
2003 - p. 1389 - note Ancel et Cottin).
- Il faut préciser aussi que la clause de
médiation obéit à un principe d’autonomie
par rapport au contrat principal dans lequel
elle s’insère.
Ainsi le processus de médiation prévu par les
parties doit être mis en œuvre, sauf si elles y
renoncent expressément, même si l’objet du
litige porte sur la nullité, la résiliation ou la
caducité du contrat principal (exemple : une
vente de marchandises entre les parties).
Par contre, à l’inverse des arbitres, le médiateur
choisi n’a pas le pouvoir de statuer sur la validité
de la clause de médiation, donc sur sa propre
compétence pour exercer sa mission.
Le cas échéant, c’est la juridiction étatique qui
devra en connaître.
- Enfin la mise en œuvre du processus de
médiation par les parties a pour effet de

12

suspendre le cours de la prescription de
l’action civile que génère le litige.
Le délai de la prescription recommence à courir
pour une durée qui ne peut être inférieure à
6 mois à compter du jour où soit les parties soit
le médiateur ont décidé de mettre fin au
processus de médiation qui a été mis en œuvre.
(article 2238 du Code civil issu de la loi n°2008561 du 17 juin 2008).
2°) La nécessité d’un accord des parties pour mettre
en œuvre une médiation judiciaire sur proposition
faite par le juge saisi de leur litige

Au cours d’une instance civile ou commerciale,
y compris en matière des référés, le juge étatique
peut, sans avoir un pouvoir de contrainte et tout
en restant saisi du litige, inviter ou inciter les
parties en cause à recourir à la médiation pour
rechercher par cette voie un règlement non
juridictionnel dans l’affaire qui les oppose.
Une forte sensibilisation à cette pratique est
mise en œuvre par les présidents des juridictions
de la cour d’appel de Paris en étroite
collaboration avec les avocats et les associations
regroupant des médiateurs.
Il faut rappeler que le régime et l’organisation
de la médiation dite « judiciaire » sont codifiés
par les articles 131-1 à 131-15 du Code de
procédure civile. Cependant le recours à ce
processus demeure toujours soumis au libre
consentement des parties en procès.
Après avoir recueilli l’accord des parties, le juge
désigne le médiateur chargé de les entendre et
de confronter leurs points de vue, souvent en
présence de leurs avocats, pour leur permettre
de trouver une solution conventionnelle au
conflit qui les oppose.
Le médiateur ne dispose pas de pouvoirs
d’instruction, mais il peut, avec l’accord des
parties et si les besoins de la médiation l’exigent,
entendre les tiers qui y consentent.
Le juge saisi du litige doit rester en dehors du
déroulement du processus confidentiel de
médiation. Cependant le médiateur le tient
informé des difficultés éventuelles qu’il rencontre
dans l’accomplissement de sa mission. De même
ce juge a le pouvoir de mettre fin, à tout moment,
à la médiation sur demande d’une partie ou à
l’initiative du médiateur et même d’office s’il lui
apparaît que le bon déroulement du processus
est compromis. Comme la désignation du
médiateur, ces décisions du juge sont des actes
d’administration judiciaire qui, à ce titre, ne sont
pas susceptibles de voies de recours.
L’article 131-3 du Code de procédure civile
stipule que la durée initiale de la médiation ne
peut excéder trois mois. Cette mission ne peut
être renouvelée qu’une fois, pour une même
durée, à la demande du médiateur.
Un arrêt de la cour d’appel de Paris du
18 septembre 1997 (21ème ch - RG n°33337/97)
a décidé que le point de départ de ce délai devait
être fixé à compter de la première réunion des
parties.
3°) La mission du médiateur dans le déroulement de
la médiation conventionnelle ou judiciaire

Il n’y a pas de diplôme ou de formation
obligatoire pour exercer les fonctions de
médiateur.
Cependant l’apprentissage nécessaire à la
technique de la médiation rappelé par la
Directive européenne du 21 mai 2008 et déjà
mis en œuvre par la délivrance de diplômes

universitaires (enseignement de Madame
Michèle Guillaume-Hofnung, professeure des
Facultés de Droit) et les sessions de formation
organisées notamment par l’I.E.A.M.
Le médiateur est également astreint à des règles
contraignantes de déontologie et d’éthique.
Il s’agit toujours d’une personne physique car
même lorsque le juge désigne une association,
c’est l’un des membres, agréé par les parties en
litige, qui sera nommé dans les fonctions de
médiateur.
N’ayant pas de pouvoirs juridictionnels ou
parajuridictionnels, le médiateur tire son
autorité et inspire confiance par les qualités
intrinsèques d’impartialité, d’indépendance et
de compétence qu’il doit mettre en œuvre en
« facilitant les négociations entre les parties pour
leur permettre de trouver une solution au conflit
qui les oppose ».
Enfin il faut rappeler que le médiateur, en tant
que personne chargée par l’autorité judiciaire
d’une telle mission, est pénalement protégée
contre tout fait d’entrave à son action, de
corruption et de trafic d’influence (articles
434-9 - 4ème, 435-7 - 4ème et 435-9 du Code pénal).

B. La directive européenne
du 21 mai 2008 sur les aspects
de la médiation transfrontalière
en matière civile et commerciale
L’importance et la place de la médiation sont
reconnues par la Directive du Parlement
européen et du Conseil du 21 mai 2008 sur
certains aspects de la médiation en matière
civile et commerciale.
Cette Directive énonce clairement qu’il s’agit
« d’un processus volontaire en ce sens que les
parties sont responsables du processus et
peuvent l’organiser comme elles l’entendent et
y mettre fin à tout moment… ».
Elle prévoit que le juge étatique, à chaque étape
de la procédure dont il est saisi, doit proposer aux
parties en procès d’assister à une réunion
d’information sur la médiation et aussi, le cas
échéant, inviter les parties à recourir à ce processus
pour rechercher, avec l’assistance d’un médiateur
choisi par elles, une solution à leur litige.
Les dispositifs déjà mis en place dans les
juridictions, en étroite collaboration avec les
avocats et les médiateurs professionnels, vont
pleinement en ce sens.
La Directive concerne la médiation des litiges
transfrontaliers en matière civile et commerciale
mais rien n’empêche les Etats-membres
d’appliquer également ses dispositions aux
processus de médiation concernant des litiges
internes dans ce domaine y compris dans le
secteur prud’homal (v. « La médiation en matière
prud’homale » - Lucien Flament - Semaine
juridique, Edit. sociale n°35 du 31 août 2010).
Par ailleurs les règles de la prescription des
actions doivent être aménagées pour
encourager le recours à la médiation et, en cas
d’échec, à l’arbitrage. Aussi la Directive incite
les parties à prévoir une clause « médiationarbitrage » lorsqu’elles concluent un contrat
principal.
La Directive insiste sur les principes
fondamentaux de respect et de protection de
la confidentialité des négociations menées dans
le cadre d’une médiation, sauf si les parties
décident, en cas d’é chec, d’y renoncer

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

Chronique
lorsqu’elles poursuivent la recherche d’une
solution de leur litige en engageant une
procédure arbitrale ou juridictionnelle.
Elle souligne aussi les qualités d’impartialité, de
compétence, d’efficacité et de déontologie que
doivent présenter les médiateurs dans l’exercice
de leur mission.
Enfin les Etats-membres doivent transposer la
Directive dans leur droit interne avant le 21 mai
2011 (v. l’étude de cette Directive par M. le
Professeur Cyril Nourissat – Revue Procédures
Nov. 2008 – n°9).

C. L’autorité de l’accord de
médiation conclu par les parties
à l’issue de leurs négociations
L’accord de médiation conclu, avec l’aide du
médiateur, au terme du processus de médiation
est la loi des parties concluantes. Mais cet accord
peut être aussi, « judiciarisé » lorsque celles-ci
le demandent.
1°) La force obligatoire pour les parties concluantes
de l’accord de médiation

L’accord de médiation conclu entre les parties
est soumis au régime du droit commun des
contrats.
Il se présente comme un avenant ou un
amendement qui s’ajoute au contrat principal,
source du litige, ou qui résout un litige ponctuel
ou un procès engagé en justice.

2053 du Code civil) et sera l’é quivalent d’un
jugement prononcé par juge étatique.
b) La « judiciarisation » par l’attribution de la
force exécutoire à l’accord de médiation à la
demande des parties à l’issue de la médiation
conventionnelle
Pour prévenir des difficultés d’exécution ou de
nouvelles contestations entre les parties, l’accord
conclu au terme de la médiation peut être dotée
d’une force exécutoire plus contraignante.
Pour ce faire il suffira que l’une des parties
saisisse sur requête le président du tribunal de
grande instance aux fins de conférer force
exécutoire à l’accord transactionnel (article
1441-4 du Code de procédure civile).
c) La « judiciarisation » par décision
d’homologation de l’accord ou d’e xtinction de
l’instance et de l’action à la demande des parties
à l’issue de la médiation judiciaire
A l’issue d’une médiation judiciaire, le tribunal,
à la demande des parties, peut homologuer leur
accord de médiation par une décision rendue
en matière gracieuse en chambre du conseil.
Cette homologation judiciaire vaut titre
exécutoire.
Par ailleurs la solution du litige étant intervenue à l’issue de la médiation judiciaire alors
que le juge étatique avait été initialement saisi,
les parties doivent demander l’extinction de
l’instance, voire de l’action, qu’elles avaient

L’« art » de la médiation est fondé sur les capacités du
médiateur d’utiliser sa faculté d’écoute active des parties en
s’abstenant de donner un avis, de porter un jugement ou
Maurice-Antoine Lafortune
d’objecter.

Cet accord a force obligatoire entre les parties
concluantes et doit être exécuté de bonne foi.
En conséquence son inexécution par l’une des
parties contractantes est réparée judiciairement
conformément au droit commun des
obligations ou, par la mise en œuvre d’une
nouvelle médiation.
2°) La faculté de « judiciarisation » de l’accord de
médiation par les parties concluantes

Pour être doté des effets d’un jugement rendu
par une juridiction étatique, l’accord de
médiation peut être « judiciarisé » soit par la
volonté des parties, soit, à la demande de cellesci, par une décision judiciaire spécifique.
L’objectif recherché est de renforcer la force
obligatoire de l’accord conclu pour permettre
son exécution, au besoin, par la contrainte.
a) La « judiciarisation » par la conclusion d’une
transaction ayant autorité de chose jugée en
dernier ressort entre les parties
Les parties peuvent décider de conclure leur
accord au terme de la médiation sous la forme
d’une transaction (article 2044 du Code civil).
A ce titre, cet accord aura une autorité de la
chose jugée en dernier ressort (article 2052 et

engagée. Ainsi la décision de dessaisissement
prononcée par le tribunal aura pour conséquence de donner force exécutoire à l’accord
de médiation conclu entre les parties quand
bien même, par souci de confidentialité, elles
auraient estimé inopportun de demander une
homologation de leur transaction.

II. La possibilité de mise en
œuvre d’une médiation pénale
pour inciter l’auteur d’une
infraction à réparer le préjudice
causé à sa victime
Il existe en droit pénal des réponses et des
procédures alternatives aux poursuites contre
les auteurs d’infractions.
Elles permettent de répondre notamment au
développement de la petite délinquance et à
l’apparition de nouvelles formes de délinquance
urbaines (exemple : dégradations, conflits
familiaux ou de voisinage).
La médiation dite pénale en fait partie (articles

41-1 et R15-33-30 à R15-33-40 du Code de
procédure pénale).
Ainsi le procureur de la République peut, soit
directement soit par l’intermédiaire notamment
d’un médiateur placé sous sa tutelle, faire
procéder, avec l’accord de la victime et de
l’auteur de l’infraction, a une mission de
médiation.
L’engagement de la procédure de médiation
pénale suspend la prescription de l’action
publique pour l’application de la peine. En cas
de succès, un procès-verbal est établi et signé
par le procureur de la République ou le
médiateur et les parties.
Ainsi lorsque l’auteur de l’infraction s’est engagé
à verser des dommages et intérêts à sa victime,
celle-ci peut, au vu de ce procès-verbal,
demander le recouvrement de sa créance selon
la procédure sur requête d’injonction de payer
prévue par le Code de procédure civile (article
1405 et s.).
En cas de n’inexécution de l’engagement
contractuel pris par l’auteur de l’infraction
envers la victime, le procureur de la République,
sauf élément nouveau, peut soit mettre en
œuvre une composition pénale consistant en
des mesures de faire ou de ne pas faire et même
proposer à nouveau à l’auteur de l’infraction de
réparer le dommage avant l’expiration d’un délai
de 6 mois, soit engager les poursuites pénales
qui avaient été suspendues.
Il convient de conclure par les observations
suivantes :
- L’accès à la médiation relève de la liberté et la
responsabilité des parties en litige, même si ce
mode de règlement amiable des litiges est
encadré par des règles précises,
- l’« art » de la médiation est fondé sur les
capacités du médiateur d’utiliser sa faculté
d’é coute active des parties en s’abstenant de
donner un avis, de porter un jugement ou
d’objecter,
- l’accord de médiation résulte d’une négociation
menée essentiellement par les parties ellesmêmes conseillées au besoin par leurs avocats
et aidées par le médiateur dans le choix de la
solution du litige.
Enfin, même lorsque l’ordre public est concerné,
il y a aussi place pour une mise en œuvre d’une
médiation pénale par une initiative opportune
du procureur de la République. De même dans
une étude remarquée, le président Jean-Bernard
Drummen a exactement souligné que les
modes alternatifs de règlement des conflits
connaissent aussi en droit de la concurrence un
succès grandissant qui ne saurait laisser
indifférent le juge du commerce lorsqu’il connaît
des pratiques prohibées en matière
économique. (Semaine juridique - Edit Entreprise et affaires n°18-19 du 6 mai 2010Etude n°1443 p 27 et s.)

* Cet article est une synthèse des communications préparées pour le
Colloque organisé au Monténégro le 7 mai 2010 par les autorités
judiciaires de ce pays et l’Institut d’Expertise d’Arbitrage et de Médiation
** Maurice-Antoine Lafortune est avocat général honoraire à la Cour de
cassation, consultant-arbitre, membre de l’I.E.A.M.

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

2010-437

13

Tribune

Le délit d’abus de confiance
et la remise en pleine propriété
par Yvonne Muller*

a modification, par le Code pénal de
1992, de la définition du délit d’abus de
confiance (art. 314-1) a considérablement élargi le domaine de l’incrimination. La jurisprudence, postérieure au nouveau Code pénal, est ainsi venue préciser que
l’abus de confiance peut porter sur des objets
incorporels(1) ou sur des choses remises en
dehors du cadre contractuel(2) et d’aucuns soutiennent aujourd’hui, en appliquant la notion
de remise par équivalent, qu’il faut étendre le
champ du délit, au-delà des seuls biens mobiliers, aux immeubles afin de donner un
contenu plus moderne et plus réaliste à cette
infraction.
C’est dans ce contexte d’élargissement du champ
du délit que se pose, depuis l’entrée en vigueur
du nouveau Code pénal, une question originale
qui n’a pas été tranchée par la chambre criminelle
de la Cour de cassation ; parce qu’elle demeure
source de controverses, elle offre, dans l’hypothèse
du traitement d’un contentieux, une marge de
manœuvre dans l’interprétation du délit.
Avant de dire la controverse (II) et pour mieux
la comprendre, revenons à la définition du délit
et, plus précisément, à l’exigence d’une remise
précaire (I).

L

I. L’exigence d’une remise
précaire pour la constitution
du délit
Globalement, l’abus de confiance s’entend
comme le détournement d’un bien remis à titre
précaire. Plus précisément l’article 314-1 du
Code pénal définit l’abus de confiance comme
le fait, par une personne, de détourner, au
préjudice d’autrui, un bien quelconque qui lui
a été remis à charge de le rendre, de le
représenter ou d’en faire un usage déterminé.
De cette définition, il se déduit que l’abus de
confiance exige, pour être constitué, une remise
précaire du bien, c’est-à-dire une remise assortie
d’une affectation convenue du bien. Le
détournement, constitutif du délit d’abus de
confiance, s’entend alors d’un usage du bien, par
le bénéficiaire de la remise, contraire à
l’affectation convenue.
L’exigence d’une remise précaire n’est pas nouvelle. Elle existait déjà sous l’empire de l’ancien
code. Mais la notion ne soulevait pas de difficulté puisque le texte d’incrimination énumérait les contrats en vertu desquels la remise
devait avoir été faite, les six contrats énumérés
portant tous remise d’une détention précaire(3). Désormais, le texte d’incrimination ne
comporte plus d’énumération limitative des

14

contrats portant remise. Il se borne à viser,
d’une façon générale, une remise portant
affectation du bien (« …à charge de les rendre,
de les représenter ou d’en faire un usage déterminé », art. 314-1 in fine). Dès lors, certains
auteurs n’hésitaient pas, au lendemain du nouveau Code pénal, d’affirmer que la remise faite
en vertu d’un contrat translatif de propriété
(selon le droit civil) n’est aucunement exclusif
de la qualification d’abus de confiance. Il suffit
que la remise soit assortie de l’une des affectations mentionnées à l’article 314-1 (préc.)(4).
Cette interprétation, combattue dans la circulaire d’application du nouveau Code pénal, alimente aujourd’hui encore une controverse
jurisprudentielle.

II. La controverse
La question se pose de savoir s’il y a encore
remise précaire lorsque la remise, tout en étant
assortie d’une affectation déterminée du bien,
est translative de propriété. Dit autrement, y-at-il abus de confiance pour le bénéficiaire d’une
remise des fonds, devenu propriétaire de ces
fonds, à les détourner de leur affectation
convenue lors de la remise ?
Si la chambre criminelle de la Cour de cassation
paraît avoir fixé sa jurisprudence dans le cas
d’un contrat de prêt immobilier, celle-ci semble
en réalité remise en cause dans des hypothèses
où la propriété du bien, transférée par l’acte de
remise, est jugée « asservie » à une obligation
légale d’affectation, autorisant alors l’application
du délit d’abus de confiance.
A) Une jurisprudence en apparence fixée

De prime abord, la chambre criminelle de la
Cour de cassation parait avoir tranché la
question dans un arrêt remarqué du 14 février
2007(5), confirmé depuis(6). Dans cette affaire, la
prévenue avait reçu des fonds d’une banque en
exécution d’un contrat de prêt immobilier. Ce
contrat prévoyait l’obligation, pour la prévenue,
d’affecter les fonds prêtés à la construction de
deux villas. Or, la prévenue ne va pas respecter
la destination convenue des fonds, qu’elle va
affecter à la construction d’autres immeubles,
au développement de son exploitation agricole
mais aussi - et tout simplement - pour vivre. La
banque va alors déposer plainte pour abus de
confiance. La chambre criminelle de la Cour de
cassation, dans sa décision du 14 février 2007,
censure les juges d’appel qui l’avait condamné
pour abus de confiance. Elle juge que la
prévenue a reçu les fonds en pleine propriété,
qu’il n’y a donc pas remise précaire, donc pas
d’abus de confiance.

A ce stade, on peut en déduire que la nature de
la remise l’emporte sur les conditions dont elle
est assortie. Concrètement, une remise en
pleine propriété, même assortie d’une
affectation des fonds, est exclusive du délit
d’abus de confiance. La chambre criminelle
l’affirme très clairement dans un arrêt du
20 février 2008 (n°07-83173) en jugeant que le
prévenu est devenu propriétaire de la somme
remise, « de sorte que la clause prévoyant son
affectation à un usage déterminé ne peut conférer
un caractère précaire à sa remise ». Cette
jurisprudence est conforme à la doctrine
dominante, et ancienne, qui reste convaincu
que le délit d’abus de confiance est un délit
d’atteinte à la propriété et que l’élément moral
du délit se définit comme l’intention de l’auteur
de se comporter, même momentanément, en
propriétaire. Ce qui suppose, évidemment, qu’il
ne soit pas devenu propriétaire.
Mais en réalité d’autres arrêts concomitants ou
postérieurs, montrent que la question est plus
complexe qu’il n’y parait et que la jurisprudence
n’est pas fixée.
B) Une jurisprudence en réalité remise en cause

D’une façon générale, la question se pose
lorsque la remise en pleine propriété
s’accompagne d’une obligation - légale d’affectation des fonds ; c’est le cas pour la remise
de subvention ou le versement de la taxe
d’apprentissage. Or, la position de la chambre
criminelle est ici fluctuante.
S’agissant d’une remise de subvention, le
bénéficiaire de la remise reçoit les fonds en
pleine propriété mais, dans le même temps, il
doit respecter l’affectation qui accompagne
naturellement toute subvention. Celle-ci, versée
par les pouvoirs publics, est en effet destinée à
favoriser ou soutenir certaines activités. Elle a,
en ce sens, une dimension d’intérêt public ; du
reste la part de subvention non utilisée doit en
principe être restituée au Trésor public.
Dans ces conditions, le détournement des fonds
remis au titre d’une subvention peut-il
caractériser un abus de confiance ? La position
de la chambre criminelle n’est pas ici arrêtée
puisque, après avoir répondu de façon positive
dans un arrêt du 9 janvier 2008 (n°07-83425),
elle est revenue sur sa position et, dans un arrêt
du 17 septembre 2008, elle a écarté la
qualification d’abus de confiance aux motifs que
l’association bénéficiaire des subventions en
avait reçu la pleine propriété.
Un autre cas, proche de celui des subventions,
concerne le versement de la taxe d’apprentissage. Les fonds versés au titre de la taxe d’apprentissage ont la nature de subvention(7) et
sont reçus, là encore, en pleine propriété par
l’établissement bénéficiaire. Mais, comme

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

Tribune
pour la subvention, la taxe d’apprentissage, qui
est une taxe parafiscale, est assortie d’une
affectation légale préalable puisqu’elle est destinée « à aider certains domaines économiques
et sociaux(8) » ; elle est notamment un mécanisme de financement de l’enseignement professionnel. Dès lors, le détournement de fonds
reçus au titre de la taxe d’apprentissage peut-il
caractériser un abus de confiance ?
La chambre criminelle a répondu de façon
positive dans un arrêt du 13 janvier 2010 (0883216)(9) ; elle affirme sans autre explication, et
alors même que les fonds sont reçus en pleine
propriété par l’établissement bénéficiaire, que
« les fonds remis à un établissement d’enseignement au titre de la taxe d’apprentissage ne le
sont qu’à titre précaire ». Curieusement la doctrine ne s’en est pas émue, affirmant que la
solution est classique ; dès lors que les fonds
versés au titre de la taxe devaient être
employés à des fins purement pédagogiques,
la taxe d’apprentissage n’est remise qu’à titre
précaire. Un auteur regrette, pour sa part, que
la question de la remise en pleine propriété
n’ait pas été posée ; en réalité, elle constitue
l’un des moyens soulevé par l’une des parties
dans son pourvoi.
Il nous semble, au final, que les arrêts cités
ouvrent le champ du délit d’abus de confiance
au cas de remise d’un bien en propriété dès lors
que la propriété est assortie de conditions
impératives qui en limitent l’usage. En ce sens,
dans un arrêt du 27 février 2009, resté
confidentiel parce que non publié, la Cour
d’appel de Paris retient le délit d’abus de
confiance dans le cas d’une propriété qu’elle
qualifie de « propriété asservie », c’est-à-dire en
l’espèce, une propriété de fonds strictement
encadrée par l’usage d’un protocole
transactionnel(10) homologué par le tribunal de
commerce. La Cour de cassation vient de
confirmer la décision d’appel dans un arrêt de
la chambre criminelle du 30 juin 2010 (n°0982062).
Cette notion de propriété asservie, permettant
de dire la remise du bien précaire et, partant de
retenir le délit d’abus de confiance, peut être
étendue à d’autres hypothèses. Elle permet
notamment de poser la question de l’application
du délit d’abus de confiance à la fiducie,
introduite (art. 2011 à 2031 du Code civil) en
droit français par la loi du n°2007-211 du

19 février 2007(11) (et modifiée la loi sur la
modernisation des entreprises du 4 août 2008
et par l’ordonnance du 30 janvier 2009, enfin
par la loi du 12 mai 2009 dit loi de simplification,
de clarification et d’allègement des procédures).
On sait en effet que la fiducie est, globalement,
un transfert de droits patrimoniaux ou de biens
par une personne (le constituant) à une autre
(le fiduciaire) à charge, pour celui-ci, de réaliser
une affectation déterminée au profit d’un
bénéficiaire. Or, qu’il s’agisse d’une fiducie
sûreté(12), ou d’une fiducie gestion(13), dans les
deux cas, ainsi qu’il a été écrit, le droit de
propriété transféré au fiduciaire n’est pas assorti
de la plénitude des pouvoirs visés à l’article 544
du Code civil (c'est-à-dire le droit de jouir et de
disposer des choses de la manière la plus
absolue). La propriété est ici affectée au but
assigné par le constituant, elle intègre un
patrimoine dit d’affectation (parce qu’il est
entièrement dédié à ce but). Pour cette raison,
la propriété fiduciaire a été qualifiée de propriété
finalisée(14) dans l’intérêt d’autrui(15), de propriété
« dégradée », « asservie » ou encore de propriété
fonctionnelle(16).
Les caractéristiques de la propriété transférée
autorisent alors à admettre, en cas de
détournement d’un élément mobilier
dépendant du patrimoine fiduciaire, l’extension
de l’abus de confiance(17).
Enfin, si l’on peut encore douter de
l’élargissement de notion de remise précaire aux
remises en pleine propriété assortie d’une
affectation légale, la lecture de l’arrêt de la
chambre criminelle, en date du 14 février 2010(18)
invite à la réflexion qui juge que des sommes
versées par les acquéreurs lors de la signature
du contrat, à une société de construction de
maisons individuelles, ne peuvent constituer
des acomptes versés en pleine propriété, et ne
sont détenus qu’à titre précaire par les
bénéficiaires dès lors que les sommes ont été
reçues en violation des dispositions d’ordre
public du Code de la construction et de
l’habitation. Autrement dit, la précarité de la
remise est ici tirée de la violation de règles
impératives qui « entachent » en quelque sorte
la remise.
L’arrêt est intéressant lorsqu’on sait que, de tout
temps, la nullité du contrat portant remise du
bien, n’a jamais empêché de retenir le délit d’abus
de confiance.

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* Yvonne Muller est maître de conférences, Université Paris Ouest
Nanterre.
2010-438

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LES ANNONCES DE LA SEINE

Notes :
1 - Sous l’empire de l’ancien Code pénal, la jurisprudence demeurait
sur ce point incertaine. La « dématérialisation » du délit a été clairement
affirmée, sous le nouveau Code pénal, notamment par l’arrêt de la
chambre criminelle du 14 novembre 2000 (99-84522).
2 - Crim. 18 octobre 2000 (00-82132).
3 - Les six contrats énumérés étaient : le louage de choses, le dépôt, le
mandat, le gage, la remise pour un travail (salarié ou non), le prêt à
usage.
4 - Sur ce point, v. notamment M-P. Lucas de Leyssac et A. Mihman,
Droit pénal des affaires, Manuel théorique et pratique, DS Avocats,
Economica, 2009, p. 90.
5 - AJ Pénal 2007, p. 275.
6 - Notamment crim. 5 septembre 2007 (07-80529).
7 - Versées à des établissements par des contribuables » (CE, 20 oct.
1961).
8 - (Collectivités locales, Associations, « Bien gérer les subventions »,
p. 67) notamment le domaine de la formation professionnelle, de
l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche.
9 - Le président d’une association s’était engagé, auprès de différents
établissements d’enseignement, à leur faire octroyer, par le biais
d’organismes collecteurs, des sommes provenant du versement
obligatoire de la taxe d’apprentissage. En contrepartie, les établissements
d’enseignements s’engageaient par le biais de rétrocessions, à lui
reverser un certain pourcentage du montant des fonds reçus au titre
de la taxe d’apprentissage. Poursuivis pour abus de confiance pour avoir
détourné une partie des sommes reçues au titre de la taxe
d’apprentissage, les directeurs d’établissement d’enseignement sont
jugés coupables du délit d’abus de confiance par la chambre criminelle.
Alors même que les fonds reçus au titre de la taxe d’apprentissage le
sont en pleine propriété, la chambre criminelle juge que les fonds, qui
doivent être exclusivement employés à des fins pédagogiques
conformément aux dispositions légales ou règlementaires en vigueur,
ne sont dès lors remis qu’à titre précaire.
10 - Dans cet arrêt, la Cour d’appel confirme la condamnation d’un
dirigeant social qui avait détourné les fonds reçus, dans le cadre d’un
plan de cession, en vertu d’un protocole transactionnel homologué par
le tribunal de commerce. La Cour d’appel relève que si les fonds ont
été remis en pleine propriété, il s’agissait « d’une propriété asservie,
strictement encadrée par l’usage précis du protocole ». Dès lors en
utilisant les fonds à des fins étrangères à celles stipulées dans le
protocole transactionnel, le prévenu a commis le délit d’abus de
confiance.
11 - Initialement réservée aux personnes morales soumises à l’impôt
sur les sociétés, la fiducie a été élargie par la loi LME du 4 août 2008
aux personnes physiques mais aussi à toute personne morale (sans
condition).
12 - La fiducie est ici un transfert de propriété des biens ou des droits
du constituant vers le fiduciaire, assorti de l’obligation pour le fiduciaire
de rétrocéder la propriété au débiteur constituant en cas de
remboursement de la dette.
13 - La fiducie est ici un transfert de propriété assorti d’une obligation
d’affectation des biens par le fiduciaire, afin qu’il les gère, à charge pour
ce dernier d’en remettre la propriété à l’issue d’une période déterminée.
14 - Romain Ollard, La fiducie, aspects de droit pénal, Rev. sc. crim.
2009, p. 545.
15 - Limitée dans sa substance et dans le temps.
16 - G. Bellargent, L’introduction de la fiducie en droit français par la
loi du 19 février 2007, Revue juridique de l’économie publique, n°647,
novembre 2007, étude 3, n°15 et 48.
17 - G. Bellargent, op. cit. n°58.
18 - J. L. Capdeville, observations, AJ Pénal 2010, p. 238.

o Chèque ci-joint
o Mémoire administratif

Ci-joint mon règlement à l’ordre de
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Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

15

Annonces judiciaires et légales
PARIS

Immatriculation : la société sera immatriculée au Registre du Commerce et des
Sociétés de Paris.
5435
Pour avis

CONSTITUTION
Aux termes d’un acte sous seing privé,
en date à Paris du 6 octobre 2010,
il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :

ECOB
Nom commercial :

ECOB

Siège social :
116, rue de Charenton
75012 PARIS
Forme : Société à Responsabilité
Limitée de type E.U.R.L..
Capital social : un Euro.
Objet : conseils aux entreprises.
Durée : 99 ans.
Gérance : Monsieur Grégory
BESSON-MOREAU demeurant 86, rue
de Picpus 75012 PARIS.
Immatriculation : au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5369
Pour avis

FABIEN ROZAN STUDIO
Société par Actions Simplifiée
au capital de 80 000 Euros
Siège social :
11, rue Sainte Marthe
75010 PARIS

Aux termes d’un acte sous seing privé
en date à Paris du 8 octobre 2010,
il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :
FABIEN ROZAN STUDIO
Siège social :
11, rue Sainte Marthe
75010 PARIS
Forme : Société par Actions
Simplifiée à capital variable.
Capital social d’origine : 80 000
Euros.
Capital minimum : 80 000 Euros.
Capital maximum : 1 000 000 Euros.
Objet : la société a pour objet en
France et à l’Etranger :
- étude, recherche, réalisation de
modèle de vêtements et de tous
accessoires dans le domaine de la mode,
- promotion desdits modèles et
accessoires par tous moyens,
- exploitation par licences de toutes
lignes de vêtements et accessoires de
mode,
- achat, vente de vêtements en tous
genres,
- étude, recherche et commercialisation de produits dérivés.
Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au Registre du Commerce et
des Sociétés sauf dissolution anticipée
ou prorogation.
Président : Madame Véronique
TARDIF demeurant 6 bis, rue de
Châteaudun 28000 CHARTRES.
Membres du Comité de Surveillance :
- Madame Anne BROUCHET demeurant 157, route de Maisons 78400
CHATOU.
- Monsieur Vincent BROUCHET
demeurant 3, hameau de Feugeurolles
27600 SAINT AUBIN SUR GAILLON.
Admission aux Assemblées et droit de
vote :
Tout Associé a le droit de participer
aux Assemblées sur justification de son
identité et de l’inscription en compte des
ses actions.
Chaque Associé dispose d’autant de
voix qu’il possède ou représente
d’actions.
Agrément : les cessions sont soumises
à l’agrément préalable de la collectivité
des Associés.

16

Aux termes d’un acte sous seing privé,
en date à Paris du 15 septembre 2010,
il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :

EPSYLON
Nom commercial :

EPSYLON

Siège social :
105, rue Lauriston
75116 PARIS
Forme : Société à Responsabilité
Limitée à capital variable.
Capital social d’origine : 3 000 Euros.
Capital minimum : 500 Euros.
Capital maximum : 50 000 Euros.
Objet : commerce de détail
d’habillement en magasin spécialisé.
Durée : 99 ans.
Co-Gérance :
- Monsieur Alex DOOLAEGHE
demeurant 46 bis, chemin de Malanot
38700 CORENC.
- Monsieur Charles ESCOLIER
demeurant 20, chemin André Didier
38700 LA TRONCHE.
- Monsieur Clément PELLISSIER
demeurant 175, chemin de l’Eglise
38330 SAINT ISMIER.
Immatriculation : au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5428
Pour avis

SCI SINAP

Société Civile Immobilière
au capital de 859 000 Euros
Siège social :
69, rue Sainte Anne
75002 PARIS
Avis est donné de la constitution en
date à Paris du 5 octobre 2010 d’une
société présentant les caractéristiques
suivantes :
Dénomination :
SCI SINAP
Siège social :
69, rue Sainte Anne
75002 PARIS
Forme : Société Civile Immobilière.
Capital : 859 000 Euros.
Apports en numéraire : 859 000
Euros.
Objet : la qociété a pour objet :
- l’acquisition, l’administration et la
gestion par location ou autrement de tous
immeubles et biens immobiliers, et
notamment d’un appartement situé dans
un immeuble sis à Paris 2ème arrondissement, 69, rue Sainte Anne, aux 3ème et
4ème étage, cadastré section AD, numéro
104, Lieudit 69 rue Sainte Anne,
contenance 06a78ca.
Toutes opérations financières,
mobilières ou immobilières se rattachant
directement ou indirectement à cet objet
et susceptibles d’en favoriser la réalisation, à condition toutefois d’en respecter
le caractère civil.
Durée : 50 années à compter de son
immatriculation au Registre du
Commerce et des Sociétés.
Gérance : Madame Frédérique de
WATRIGANT domiciliée 33, avenue de
la Reine Victoria 64200 BIARRITZ.
Cessions de parts : les parts sociales
sont librement cessibles entre Associés
et au profit du conjoint, des ascendants
ou descendants du cédant.
Elles ne peuvent être cédées à d’autres
personnes qu’avec l’autorisation préalable de l’Assemblée Générale Extraordinaire des Associés.
Immatriculation : la société sera immatriculée au Registre du Commerce et des
Soicétés de Paris.
5359
Pour avis

VOS TRAVAUX ECO

Société par Actions Simplifiée
Unipersonnelle
au capital de 20 000 Euros
Siège social :
23, avenue Victor Hugo
75116 PARIS
Aux termes d’un acte sous seing privé
en date à Paris du 8 octobre 2010,
il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :
VOS TRAVAUX ECO
Siège social :
23, avenue Victor Hugo
75116 PARIS
Forme : Société par Actions
Simplifiée Unipersonnelle.
Capital social : 20 000 Euros, divisé
en 20 actions de 1 000 Euros chacune.
Objet : conseils et travaux de
performance énergétique.
Durée : 99 ans.
Président : Monsieur Nicolas
MOULIN demeurant 23, avenue Victor
Hugo 75116 PARIS, nommé pour une
durée indéterminée.
Transmission des actions :
Les actions ne peuvent être transférées
entre Associés qu’avec l’agrément préalable du Président de la société, lequel doit
apprécier si le transfert envisagé est
conforme à l’intérêt social.
Immatriculation : au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5418
Pour avis
Aux termes d’un acte sous seing privé,
en date à Paris du 1er octobre 2010,
il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :

SEBAL INV
Siège social :
47, rue Clisson
75013 PARIS
Forme : Société à Responsabilité
Limitée.
Capital social : 500 Euros divisé en
500 parts d’un Euro.
Apports en numéraire : 500 Euros.
Objet : le conseil, l’expertise, le
management, la représentation dans le
domaine commercial, immobilier et
touristique. Les dites activités pouvant
être exercées en France comme à
l’Etranger, directement et indirectement
et notamment par voie de création de
nouveaux établissements, d’apports, de
prise en location-gérance et plus généralement, toutes opérations financières,
mobilières ou immobilières, pouvant se
rattacher à l’objet social ou à tout objet
connexe et susceptible d’en faciliter le
développement ou la réalisation.
Durée : 99 ans à compter de son
immatriculation au Registre du
Commerce et des Sociétés sauf
dissolution anticipée ou prorogation.
Gérance : Monsieur Monsieur Alain
BAUDIN demeurant 7, rue Georges
Papillon 92310 SEVRES.
Immatriculation : la société sera immatriculée au Registre du Commerce et des
Sociétés de Paris.
5397
Pour avis
Rectificatif à l’insertion 5328 du
7 octobre 2010 pour EHSCG
CONSULT, lire, siège social : 16, rue
des Ecoles 75005 PARIS (et non, 6, rue
Eugène Millon 75015 PARIS).
5384
Pour avis

Aux termes d’un acte sous seing privé
en date à Paris du 6 octobre 2010, il a été
constitué une société présentant les
caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :

SCI DE FRAISE
Siège social :
94, rue Championnet
75018 PARIS
Forme : Société Civile Immobilière.
Capital : 270 000 Euros.
Objet social : l’acquisition d’immeubles, de droits réels immobiliers ou de
valeurs mobilières de sociétés à prépondérance immobilière, l’administration et
l’exploitation par bail, location ou autrement de ces immeubles et de tous autres
immeubles bâtis dont elle pourrait devenir propriétaire ultérieurement, par voie
d’acquisition, échange, apport ou autrement, - éventuellement et exceptionnellement l’aliénation des immeubles devenus
inutiles à la Société, au moyen de vente,
échange ou apport en société, et généralement toutes opérations quelconques pouvant se rattacher directement ou indirectement à l’objet ci-dessus défini, pourvu
que ces opérations ne modifient pas le
caractère civil de la société.
Durée : 99 ans.
Co-Gérance :
- Monsieur Marc FRESLON demeurant 94, rue Championnet 75018 PARIS.
- Monsieur Alexandre DELIMOGES
demeurant 22, rue Berthe 75018 PARIS.
Cessions de parts : les parts sociales
sont librement cessibles entre Associés.
Immatriculation : au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5413
Pour avis
Aux termes d’un acte sous seing privé,
en date à Paris du 28 septembre 2010,
il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :

BC SANTE
Siège social :
21, rue de Lille
75007 PARIS
Forme : Société à Responsabilité
Limitée de type E.U.R.L.
Capital social : 1 000 Euros.
Objet : toutes activités de rédaction,
de conception et de conseils dans le
domaine de la santé et des médicaments.
Durée : 99 ans.
Gérance : Mademoiselle Bénédicte
CRUCIS demeurant 21, rue de Lille
75007 PARIS.
Immatriculation : au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5371
Pour avis
Aux termes d’un acte sous seing privé
en date à Paris du 10 septembre 2010, il
a été constitué une société présentant les
caractéristiques suivantes :
Dénomination :

MALT BY CLAUDE DROUSSENT
Siège social :
27, rue Pierre Demours
75016 PARIS
Forme : Société à Responsabilité
Limitée.
Capital : 2 500 Euros.
Apports : le capital est constitué
entièrement par des apports en
numéraire.
Objet :
La société a pour objet en France et à
l’Etranger :
- le conseil auprès des entreprises et
des institutions notamment dans les
secteurs des médias, de la communication et du sport,
- la conception, la création, la réalisation et la vente de contenus éditoriaux

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

Annonces judiciaires et légales

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

17

Annonces judiciaires et légales

18

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

Annonces judiciaires et légales
Rectificatif à l’insertion 5349 du
7 octobre 2010 pour LA PLAGE, lire :
Assemblée Générale Extraordinaire du
25 décembre 2009 (et non du 31 janvier
2010).
5406
Pour avis

ANALYSES ET CONSEIL
EN PATRIMOINE
ET INVESTISSEMENTS
Société à Responsabilité Limitée
au capital de 7 623 Euros
Siège social :
29, rue des Pyramides
75001 PARIS
399 163 948 R.C.S. PARIS

BIOQUANTA

Aux termes d’une Assemblée
Générale Extraordinaire en date du
1er octobre 2010, il a été décidé de
transférer le siège social du :
29, rue des Pyramides
75001 PARIS
au :
14, rue René Couzinet
78960 VOISINS
LE BRETONNEUX
à compter du 1er novembre 2010.
Les statuts ont été modifiés en
conséquence.
Le dépôt légal sera effectué au Greffe
du Tribunal de Commerce de Versailles
désormais compétent à son égard et la
société sera radiée du Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5403
Pour avis

1 EGAL 3
Société Civile Immobilière
au capital de 1 200 Euros
Siège social :
13, rue de la Cascade
95200 SARCELLES
499 794 543 R.C.S. PONTOISE
Par décision de I’Assemblée Générale
Ordinaire en date du 2 octobre 2010, il a
été décidé de transférer le siège social de
la société du :
13, rue de la Cascade
95200 SARCELLES
au :
13, rue Beauregard
75002 PARIS
à compter du 2 octobre 2010.
Suite à ce transfert, il est rappelé les
caractéristiques suivantes :
Objet : achat de biens immobiliers.
Durée : 99 ans.
Gérance : Monsieur Rémy BAUDRY
demeurant 13, rue Beauregard 75002
PARIS.
La société sera immatriculée au
Registre du Commerce et des Sociétés
de Paris et radiée du Registre du
Commerce et des Sociétés de Pontoise.
5430
Pour avis
Rectificatif à l’insertion 4692 du
9 septembre 2010 pour SOCIETE DES
ATELIERS LOUIS VUITTON, lire :
non renouvellement suite à expiration
des mandats des Commissaires aux
Comptes Titulaire et Suppléant (et non,
la démission).
5445
Pour avis

SARL AES FRANCE
ASIA EXPERT SOLUTIONS
Société à Responsabilité Limitée
au capital de 8 000 Euros
Siège social :
180, boulevard Vincent Auriol
75013 PARIS
524 192 010 R.C.S. PARIS
L’Assemblée Générale Extraordinaire
du 30 septembre 2010 a pris acte de la
démission des fonctions de Co-Gérant de
Marie-Hélène PHUONG, à compter du
30 septembre 2010.
Mention en sera faite au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5394
Pour avis

Société Anonyme
au capital de 296 533,20 Euros
Siège social :
5, rue de l’Abbé de l’Epée
75005 PARIS
445 100 530 R.C.S. PARIS
Aux termes du Conseil d’Administration du 20 septembre 2010, il a été
décidé de nommer avec affet de même
date, en qualité de Directeur Général
Délégué, Monsieur Rémi RABEUF
demeurant 1, chemin de Rochasson
38240 MEYLAN.
Mention en sera faite au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5408
Pour avis

BIOQUANTA
Société Anonyme
au capital de 296 533,20 Euros
Siège social :
5, rue de l’Abbé de l’Epée
75005 PARIS
445 100 530 R.C.S. PARIS
Aux termes du Conseil d’Administration du 25 juin 2010, il a été pris acte
de :
- la démission de Monsieur Thiérry
GERARDI de ses fonctions de représentant permanent de la société
BIOQUANTA CORPORATION,
Administrateur de la société et de la
nomination à la même date par la société
BIOQUANTA CORPORATION en ses
lieu et place de Monsieur Thiérry
DELVIENNE demeurant 2, chemin des
Ormettes 51700 CHATILLON SUR
MARNE.
- la démission de Monsieur Thiérry
DELVIENNE de ses fonctions
d’Administrateur qui n’a pas été
remplacé.
Mention en sera faite au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5409
Pour avis

SCI ALMAZUR
Société Civile Immobilière
au capital de 1 000 Euros
Siège social :
31, rue de l’Assomption
75016 PARIS
453 188 526 R.C.S. PARIS
Par décision du 10 septembre 2010,
les Associés ont décidé de transférer le
siège social du :
31, rue de l’Assomption
75016 PARIS
au :
Lieudit Le Mazet
87300 SAINT OUEN
SUR GARTEMPE
à compter du même jour.
L’article 4 des statuts a été modifié en
conséquence.
Le dépôt légal sera effectué au Greffe
du Tribunal de Commerce de Limoges
désormais compétent à son égard et la
société sera radiée du Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5376
Pour avis

DISSOLUTION

RAFLO

Société Civile en liquidation
au capital de 1 524 Euros
Siège social :
33, avenue du Maine
75015 PARIS
430 406 371 R.C.S. PARIS
L’Assemblée Générale Extraordinaire
réunie le 15 septembre 2010 a décidé la
dissolution anticipée de la société à
compter du même jour et sa mise en liquidation amiable sous le régime conventionnel dans les conditions prévues par
les statuts et les délibérations de ladite
Assemblée.
Elle a nommé en qualité de liquidateur
Madame Cécile GARRAUD demeurant
13, rue Michelet 92100 BOULOGNE
BILLANCOURT, pour toute la durée de
la liquidation, avec les pouvoirs les plus
étendus tels que déterminés par la loi et
les statuts pour procéder aux opérations
de liquidation, réaliser l’actif, acquitter
le passif, et l’a autorisé à continuer les
affaires en cours et à en engager de
nouvelles pour les besoins de la
liquidation.
Le siège de la liquidation a été fixé au
siège de la société. C’est à cette adresse
que la correspondance devra être
envoyée et que les actes et documents
concernant la liquidation devront être
notifiés.
Les actes et pièces relatifs à la liquidation seront déposés au Greffe du Tribunal de commerce de Paris, en annexe au
Registre du Commerce et des Sociétés.
Pour avis
5373
Le Liquidateur

FLACON COUTURE PARIS
Société à Responsabilité Limitée
de type E.U.R.L. en liquidation
au capital de 5 000 Euros
Siège social :
Tour de l’Horloge
4, Place Louis Armand
75012 PARIS
510 435 092 R.C.S. PARIS
En date du 6 octobre 2010, l’Associé
Unique a décidé la dissolution anticipée
de la Société à compter du même jour et
sa mise en liquidation amiable sous le
régime conventionnel.
Monsieur Xavier VAISIERE demeurant 85 D, rue des Horbes 59132
OHAIN, Associé Unique, exercera les
fonctions de liquidateur pour réaliser les
opérations de liquidation et parvenir à la
clôture de celle-ci.
Le siège de la liquidation est fixé Tour
de l’Horloge, 4, Place Louis Armand
75012 PARIS. C’est à cette adresse que
la correspondance devra être envoyée et
que les actes et documents concernant la
liquidation devront être notifiés.
Les actes et pièces relatifs à la liquidation seront déposés au Greffe du
Tribunal de Commerce de Paris, en
annexe au Registre du Commerce et des
Sociétés.
Pour avis
5412
Le Liquidateur

CLÔTURE DE LIQUIDATION

SOCIETE CIVILE IMMOBILIERE
BATIGNOLLES-BOURSAULT
Société Civile en liquidation
au capital de 2 000 Euros
Siège social :
22, rue Boursault
75017 PARIS
335 354 833 R.C.S. PARIS
L’Assemblée Générale Extraordinaire
du 5 octobre 2010, a :
- prononcé la clôture de la liquidation

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

avec effet du 5 octobre 2010,
- constaté la cessation d’existence
légale de la société,
- donné quitus au Liquidateur et l’a
déchargé de son mandat.
La société sera radiée du Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
Pour avis
5355
Le Liquidateur
CGID
1, Villa Aublet
75017 PARIS

IMAGINELLE

Société à Responsabilité Limitée
de type E.U.R.L. en liquidation
au capital de 2 000 Euros
Siège social :
100, avenue de Clichy
75017 PARIS
498 817 386 R.C.S. PARIS
Aux termes d’une décision en date du
31 août 2010, l’Associée Unique, en sa
qualité de liquidateur, a :
- approuvé les comptes définitifs de la
liquidation,
- prononcé la clôture de la liquidation.
Les comptes de liquidation seront
déposés au Greffe du Tribunal de
Commerce de Paris, en annexe au
Registre du Commerce et des Sociétés.
Pour avis
5358
Le Liquidateur

RAFLO
Société Civile en liquidation
au capital de 1 524 Euros
Siège social :
33, avenue du Maine
75015 PARIS
430 406 371 R.C.S. PARIS
L’Assemblée Générale réunie le
30 septembre 2010, a :
- approuvé le compte définitif de
liquidation,
- déchargé Madame Cécile
GARRAUD de son mandat de liquidateur, donné à cette dernière quitus de sa
gestion,
- constaté la clôture de la liquidation à
compter du jour de ladite Assemblée.
Les comptes de liquidation seront
déposés au Greffe du Tribunal de
Commerce de Paris, en annexe au
Registre du Commerce et des Sociétés.
Pour avis
5374
Le Liquidateur

FUSION
ARTICLE 1844-5 ALINEA 3
DU CODE CIVIL

FORMOPTIM
Société à Responsabilité Limitée
de type E.U.R.L.
au capital de 3 000 Euros
Siège social :
10, rue de Louvois
75002 PARIS
508 596 806 R.C.S. PARIS
Par décision du 31 août 2010, la
société MC CONSEIL FRANCE,
Société à Responsabilité Limitée au
capital de 50 000 Euros dont le siège
social est 10, rue de Louvois 75002
PARIS, immatriculée au Registre du
Commerce et des Sociétés de Versailles
sous le numéro 479 291 858, Associée
Unique de la société FORMOPTIM, a
décidé la dissolution anticipée de ladite
société sans qu’il y ait lieu à liquidation.
Cette décision de dissolution a fait
l’objet d’une déclaration auprès du
Greffe du Tribunal de commerce de
Paris.
Conformément aux dispositions de
l’article 1844-5 du Code Civil et de
l’article 8 alinéa 2 du décret numéro
78-704 du 3 juillet 1978, les créanciers
peuvent faire opposition à la dissolution

19

Annonces judiciaires et légales
dans un délai de trente jours à compter
de la publication du présent avis.
Ces oppositions doivent être présentées devant le Tribunal de commerce de
Paris.
La société sera radiée du Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5386
Pour avis

LOCATION-GÉRANCE
Aux termes d’un acte sous seing privé
en date à Paris du 29 septembre 2010,
enregistré à la Recette des Impôts de
Paris 19ème le 4 octobre 2010, bordereau
2010/321, case 8,
Monsieur Salem SAIKI, né le 4 juin
1967 à Ait Issad (99352 ALGERIE), de
nationalité algérienne, domicilié 22 rue
Archereau 75019 PARIS, marié
religieusement,
a donné en location-gérance à :
Madame Aldjia CHEKIMI, née le
14 juin 1979 à Azazga (99352
ALGERIE), de nationalité algérienne,
domiciliée 22 rue Archereau 75019
PARIS, mariée religieusement à
Monsieur Salem SAIKI,
un fonds de commerce de brasserie,
débit de boissons et plats du jour,
sis et exploité 7-9, rue Curial 75019
PARIS,
immatriculé au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris sous
le numéro 345 117 048,
pour une durée d’une année à compter
du 1er octobre 2010 renouvelable
d’année en année par tacite reconduction, sauf dénonciation.
En vertu de ce contrat, Madame Aldjia
CHEKIMI exploitera ce fonds à ses
risques et périls et sous son entière
responsabilité, le loueur ne sera tenu
d’aucune dette ni d’aucun des engagements contractés par le locataire-gérant
et le fonds ne pourra en aucun cas être
considéré comme gage des créanciers du
locataire-gérant.
5375
Pour unique insertion

OPPOSITION
VENTE DE FONDS
Aux termes d’un acte sous seing privé
en date à Paris du 30 septembre 2010,
enregistré au Service des Impôts des
Entreprises 6ème Odéon, Pôle enregistrement Paris Sud, le 7 octobre 2010,
bordereau 2010/1073, case 29,
la société TALOUST & FILS,
Société à Responsabilité Limitée au
capital de 7 662,45 Euros dont le siège
social est sis Hall 1-1, 28, rue Régnault
75013 PARIS, immatriculée au Registre
du Commerce et des Sociétés de Paris
sous le numéro 410 316 228, représentée
par Monsieur Lachen TALOUST,
a cédé à :
la société SODIREX, Société à
Responsabilité Limitée au capital de
40 000 Euros, dont le siège social est
99 à 127, avenue du Général Leclerc,
38 et 40, rue du 8 Mai 1945, rue des
Tilleuls 94700 MAISONS ALFORT,
immatriculée au Registre du Commerce
et des Sociétés de Créteil sous le numéro
523 970 481, représentée par Monsieur
Hamid ZEROUAL en sa qualité de
Gérant,
un fonds de commerce à usage de
supérette d’alimentaion générale,
sis 26, rue Régnault 75013 PARIS, et
appartenant au cédant qui est inscrit au
Registre du Commerce et des Sociétés de
Paris sous le numéro SIRET
410 316 228 00015, code APE 4711B,
moyennant lé prix de 270 000 Euros.
La date d’entrée en jouissance a été
fixée au 30 septembre 2010.
Les oppositions seront reçues au siège
du fonds vendu, où il a été fait, à cette
fin, élection de domicile pour la validité
et pour la correspondance à l’adresse du
Séquestre, la société S.E.R.I.T., Société

20

d’Exercice Libéral à Responsabilité
Limitée au capital de 18 000 Euros,
inscrite au Barreau de Paris, dont le siège
social est 44, Quai de Jemmapes 75010
PARIS, immatriculée au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris sous
le numéro 775 743 628.
Elles devront être faites, au plus tard
dans les dix jours qui suivront la dernière
en date des publications légales prévues.
5391
Pour avis

TRANSFORMATION

SOCIETE CIVILE MOUTON
Société Civile
au capital de 3 680 640 Euros
Siège social :
35, rue Félicien David
75016 PARIS
521 585 356 R.C.S. PARIS
SIRET 521 585 356 000012
Aux termes du procès-verbal de
l’Assemblée Générale Extraordinaire du
6 octobre 2010, il résulte que :
la collectivité des Associés de la
SC MOUTON a décidé de la transformation de la société en Société par Actions
Simplifiée à compter du 6 octobre 2010.
Cette transformation entraîne la
publication des mentions suivantes :
Capital :
Ancienne mention : le capital social
est fixé à 3 680 640 Euros. Il est divisé
en 45 440 parts sociales, de 81 Euros
chacune.
Nouvelle mention : Le capital social
est fixé à 3 680 640 Euros. Il est divisé
en 45 440 actions, de 81 Euros chacune.
Forme :
Ancienne mention : Société Civile.
Nouvelle mention : Société par
Actions Simplifiée.
Objet social :
Ancienne mention :
- l’acquisition, la souscription par voie
d’apport ou autrement, la vente ou
l’échange de valeurs mobilières cotées
ou non, ainsi que de tous droits sociaux,
la gestion de tous portefeuilles titres,
directement ou pour le compte des
sociétés dans lesquelles elle détient une
participation directe ou indirecte.
Nouvelle mention :
Il est rajouté l’alinéa suivant :
- la gestion de toutes entreprises,
exploitations ou sociétés créées ou à
créer se rattachant aux activités de restauration et d’hôtellerie, à toutes celles relevant de l’industrie agro-alimentaire, ainsi
qu’à tous objets similaires, complémentaires ou annexes, notamment par voie
de création de société nouvelle, d’apport,
fusion, scission, alliances, groupement
ou association en participation,
Dénomination sociale :
Ancienne mention : SC MOUTON
Nouvelle mention :
MAU
Administration :
Anciennes mentions :
Gérant : Monsieur Gérard JOULIE
demeurant 2 bis, Chemin d’Houjarray
78490 BAZOCHES SUR GUYONNE.
Nouvelles mentions :
Président : Monsieur Gérard JOULIE
demeurant 2 bis, Chemin d’Houjarray
78490 BAZOCHES SUR GUYONNE.
. Directeur Général : Monsieur Roger
RIBEIRO demeurant 23, rue Gabriel
Lamé 75012 PARIS.
Comité de Direction :
- Monsieur Gérard JOULIE demeurant
2 bis Chemin d’Houjarray 78490
BAZOCHES SUR GUYONNE,
- Monsieur Roger RIBEIRO demeurant 23, rue Gabriel Lamé 75012 PARIS,
- Mademoiselle Géraldine
JOULIE demeurant 40, rue d’Auteuil
75016 PARIS.
L’ensemble de ces nominations sont
faites pour une durée indéterminée.
Commissaires aux Comptes

. Titulaire : Monsieur Gérard
POMMIER domicilié 14, rue Louis
Rouquier 92300 LEVALLOIS-PERRET.
. Suppléant : société BUGEAUD
POMMIER & ASSOCIES, Société à
Responsabilité Limitée au capital de
34 302 Euros, dont le siège social est au
14, rue Louis Rouquier 92300
LEVALLOIS-PERRET, immatriculée au
Registre du Commerce et des Sociétés de
Nanterre sous le numéro 349 014 209.
Mentions complémentaires :
Admission aux Assemblées et droit de
vote :
Tout Associé a le droit de participer
aux décisions collectives, personnellement ou par mandataire, ou à distance,
par voie électronique, dans les conditions
prévues par la loi et les présents statuts,
quel que soit le nombre d’actions qu’il
possède. Il doit justifier de son identité et
de l’inscription en compte de ses actions
au jour de la décision collective trois
jours ouvrés au moins avant la réunion
de l’assemblée, à 15 heures, Heure de
Paris.
Agrément :
Les actions ne peuvent être cédées
entre Associés ou à des tiers qu’avec
l’agrément préalable de la collectivité
des associés statuant à l’unanimité.
Mention en sera faite au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5368
Pour avis

ARTECOM

Société à Responsabilité Limitée
au capital de 1 000 Euros
Siège social :
12, rue de Presbourg
75116 PARIS
498 855 683 R.C.S. PARIS
Suivant procès-verbal de l’Assemblée
Générale Extraordinaire en date du
4 octobre 2010, les Associés ont décidé
de :
- transformer la Société à
Responsabilité Limitée ARTECOM en
Société en Nom Collectif.
La dénomination de la société, son
capital, son siège, sa durée et son
exercice social ne changent pas.
- modifier en conséquence les statuts.
Suite à cette modification, il est
rappelé les caractéristiques suivantes :
Objet : toute gestion immobilière.
Durée : 99 ans.
Gérance : Monsieur Philippe
BAUDRY domicilié 1, allée du Lac
Supérieur 78110 LE VESINET.
Associées :
. ARTEA, Société Anonyme sise
12, rue de Presbourg 75116 PARIS,
R.C.S. PARIS 439 559 204 représentée
par Philippe BAUDRY domicilié 1, allée
du Lac Supérieur 78110 LE VESINET,
son Président
Directeur Général.
. ARTEPROM, Société à Responsabilité Limitée sise 12, rue de Presbourg
75116 PARIS, R.C.S. PARIS
499 083 897 représentée par Philippe
BAUDRY domicilié 1, allée du Lac
Supérieur 78110 LE VESINET, son
Gérant.
Les statuts ont été modifiés en
conséquence.
Mention en sera faite au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
Pour avis
5387
La Gérance

jour, et décide de nommer en remplacement aux dites fonctions, pour une durée
indéterminée :
- Monsieur Moëz Alexandre
ZOUARI, né le 6 Février 1971 à Tunis
(99351 TUNISIE) domicilié 2, rue
Troyon 92310 SEVRES.
Conformément à la transformation de
la société en Société par Actions
Simplifiée Unipersonnelle, l’Associé
Unique décide de nommer en qualité de
Commissaire aux Comptes :
- Titulaire : la société BRDG
CONSEILS sise 60, rue de Saussure
75017 PARIS, R.C.S. PARIS
503 521 189,
- Suppléant : Monsieur Fitzgerald
KRIEF, né le 16 Janvier 1969 à Paris
16ème domicilié 102, rue La Fontaine
75016 PARIS,
Pour une période de six exercices, à
compter de l’Assemblée Générale
statuant sur les comptes de l’exercice à
clore le 31 décembre 2010.
Mention en sera faite au Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5398
Pour avis
Rectificatif à l’insertion, 4720 du
9 septembre 2010 pour
DEVELOPPEMENT-PSYCHOLOGIE APPLIQUEE A LA GESTION
DU PERSONNEL PAGP, lire : Gisèle
Andrée VAN DER CRUISSE de
WAZIERS (et non, Andrée de
WAZIERS) et préciser qu’il n’a pas été
nommé de Directeur Général.
5410
Pour avis

YVELINES
CONSTITUTION
Aux termes d’un acte sous seing privé,
en date à Conflans Sainte Honorine du
6 octobre 2010,
il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :

FONTAINE CHRISTELLE
Nom commercial :

ESSENTIEL BEAUTE
Siège social :
5, rue Pierre Leguen
78700 CONFLANS
SAINTE HONORINE
Forme : Société à Responsabilité
Limitée de type E.U.R.L.
Capital social : 1 000 Euros.
Objet : soins du corps et esthétique,
vente de produits cosmétiques.
Durée : 99 ans.
Gérance : Mademoiselle Christelle
FONTAINE demeurant 20, rue des
Carrières 95310 SAINT OUEN
L’AUMONE.
Immatriculation : au Registre du
Commerce et des Sociétés de Versailles.
5365
Pour avis
Aux termes d’un acte sous seing privé,
en date à Saint Germain en Laye du
9 octobre 2010,
il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :

DISTRIBAT
Société par Actions Simplifiée
Unipersonnelle
au capital de 8 000 Euros
Siège social :
81-83, rue de la Verrerie
75004 PARIS
433 584 513 R.C.S. PARIS
Aux termes des décisions de l’Associé
Unique en date du 28 septembre 2010,
l’Associé Unique a pris acte de la démission de Monsieur Patrick BATIER de ses
fonctions de Président à compter de ce

RH ACTIONS
Siège social :
30 bis, rue du Vieil Abreuvoir
78100 SAINT GERMAIN
EN LAYE
Forme : Société à Responsabilité
Limitée.
Capital social : 5 000 Euros.
Objet : prestations de conseils et de
services en ressources humaines ainsi
que la formation.
Durée : 99 ans.
Gérance : Monsieur Joël BLAVY

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

Annonces judiciaires et légales
demeurant 91, rue Condorcet 94700
MAISONS ALFORT.
Immatriculation : au Registre du
Commerce et des Sociétés de Versailles.
5431
Pour avis
Rectificatif à l’insertion 5160 du
30 septembre 2010, lire, dénomination
sociale : SCI KERVALOU (et non,
KERVALOU), siège social : 4, chemin
du Maréchal Ferrant (et non, Ferrand)
78860 SAINT NOM LA BRETECHE.
5432
Pour avis

MODIFICATION
Rectificatif à l’insertion 4766 du
16 septembre 20101, lire, dénomination
sociale : GLOBAL EXPAND
CONSULTING G.E.C. (et non,
GLOBAL EXPAND CONSULTING).
5377
Pour avis

ANALYSES ET CONSEIL
EN PATRIMOINE
ET INVESTISSEMENTS
Société à Responsabilité Limitée
au capital de 7 623 Euros
Siège social :
29, rue des Pyramides
75001 PARIS
399 163 948 R.C.S. PARIS
Aux termes d’une Assemblée
Générale Extraordinaire en date du
1er octobre 2010, il a été décidé de
transférer le siège social du :
29, rue des Pyramides
75001 PARIS
au :
14, rue René Couzinet
78960 VOISINS
LE BRETONNEUX
à compter du 1er novembre 2010.
Suite à ce transfert, il est rappelé que
le Gérant est Monsieur Pierre
MAISONNAVE-LAFARGUE
demeurant 14, rue René Couzinet 78960
VOISINS LE BRETONNEUX.
Il a été également décidé de modifier
l’objet social qui devient : le conseil en
investissements financiers, conseil pour
la gestion des affaires, conseil en gestion
de patrimoine, démarchage bancaire et
financier, courtage et intermédiation en
assurance, transactions sur immeubles et
fonds de commerce sans encaissement
de fonds, effets ou valeurs et toutes
activités connexes et annexes.
Les statuts ont été modifiés en
conséquence.
Le dépôt légal sera effectué au Greffe
du Tribunal de Commerce de Versailles
désormais compétent à son égard et la
société sera radiée du Registre du
Commerce et des Sociétés de Paris.
5402
Pour avis

DIRECTSKILLS
Société Anonyme à Directoire
et Conseil de Surveillance
au capital de 386 961 Euros
Siège social :
42, boulevard Victor Hugo
78300 POISSY
431 822 311 R.C.S. VERSAILLES
Aux termes de l’Assemblée Générale
Mixte du 28 mai 2010, il a été décidé de
transférer le siège social du :
42, boulevard Victor Hugo
78300 POISSY
au :
5, rue des Grands Champs
78300 POISSY
à compter du 28 mai 2010.
Le dépôt légal sera effectué au Greffe
de Tribunal de Commerce de Versailles.
5423
Pour avis

EUROCOV
Société par Actions Simplifiée
au capital de 10 000 Euros
Siège social :
70, rue de la Coquillade
Espace Eole, Hall B
13540 PUYRICARD
514 889 799
R.C.S. AIX EN PROVENCE
Par décision de I’Assemblée Générale
Extraordinaire en date du 24 septembre
2010, il a été décidé de transférer le
siège social de la société du :
70, rue de la Coquillade
Espace Eole, Hall B
13540 PUYRICARD
au :
12, rue de la République
78650 BEYNES
à compter du 24 septembre 2010.
Suite à ce transfert, il est rappelé les
caractéristiques suivantes :
Objet : l’étude, la conception, la fabrication, la vente et la diffusion sous toutes
ses formes de tous objets, quelle que soit
la matière dont ils sont composés, de
bijouterie, horlogerie, maroquinerie,
articles de mode, accessoires de toute
nature, vêtement et chaussures, l’exploitation directe ou indirecte de tout magasin
de vente au détail.
Durée : 99 ans.
Présidence : Monsieur Olf INVEST
demeurant 66, avenue des Champs
Elysées 75008 PARIS.
Autres modifications :
il a été pris acte de la nomination de
Monsieur Olf INVEST demeurant 66,
avenue des Champs Elysées 75008
PARIS en qualité de nouveau Président,
à compter du 24 septembre 2010 pour
une durée illimitée, en remplacement de
Monsieur Christian KARST,
démissionnaire.
La société sera immatriculée au
Registre du Commerce et des Sociétés de
Versailles et radiée du Registre du
Commerce et des Sociétés
d’Aix-en-Provence.
5426
Pour avis

FUSION
ARTICLE 1844-5 ALINEA 3
DU CODE CIVIL

DELPH ORCHID
Société à Responsabilité Limitée
de type E.U.R.L.
au capital de 7 622 Euros
Siège social :
7, avenue de Sceaux
78000 VERSAILLES
447 500 778 R.C.S. VERSAILLES
Aux termes d’une décision de dissolution en date du 15 septembre 2010, la
société PHB MARINE, Société à
Responsabilité Limitée au capital de
9 146,94 Euros, dont le siège social est
36, rue de la Paroisse 78000
VERSAILLES, immatriculée au Registre
du Commerce et des Sociétés de
Versailles sous le numéro 328 862 750,
représentée par son Gérant, a, en sa
qualité d’Associée Unique de la société
DELPH ORCHID, décidé la
dissolution anticipée de ladite société
sans qu’il y ait lieu à liquidation.
Conformément aux dispositions de
l’article 1844-5 du Code Civile et de
l’article 8 alinéa 2 du décret numéro
78-704 du 3 juillet 1978, les créanciers
de la société DELPH ORCHID peuvent
faire opposition à la dissolution dans un
délai de trente jours à compter de la
publication du présent avis.
Ces oppositions doivent être présentées devant le Tribunal de Commerce de
Versailles.
La société sera radiée du Registre du
Commerce et des Sociétés de Versailles.
5385
Pour avis

HAUTS DE SEINE
CONSTITUTION

SCI DU CARROUSEL
Société Civile Immobilière
au capital de 1 000 Euros
Siège social :
1, rue Foucher Le Pelletier
92130 ISSY-LES-MOULINEAUX
Aux termes d’une décision des
Associés en date du 15 juin 2010, il a été
constitué une Société Civile dont les
statuts ont été enregistrés au Service des
Impôts des Entreprises d’Issy les
Moulineaux le 5 octobre 2010, bordereau
2010/1 285, case 1, présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :
SCI DU CARROUSEL
Siège social :
1, rue Foucher Le Pelletier
92130 ISSY-LES-MOULINEAUX
Forme : Société Civile Immobilière
Capital variable : du montant
minimum souscrit de 1 000 Euros divisé
en 100 parts de 10 Euros au montant
statutaire de 500 000 Euros.
Objet : acquisition de tous immeubles
ou droits immobiliers. La propriété,
l’administration et la gestion des immeubles et biens sociaux par tous moyens et
notamment par bail ou location.
Durée : 50 ans à compter de l’immatriculation au Registre du Commerce et des
Sociétés, sauf dissolution anticipée ou
prorogation.
Co-Gérants :
- Monsieur Frédéric DESMOULINS,
né le 21 mai 1974 à RENNES (Ille et
Vilaine) demeurant 15, rue Raynouard
75116 PARIS.
- Monsieur Matthieu MELQUIOND,
né le 28 août 1975 à OLLIOULES (Var)
demeurant 24, avenue des Châteaupieds
92500 RUEIL-MALMAISON.
Clauses d’agrément : les parts sociales
sont librement cessibles entre Associés.
Toute cession à un tiers de la société
est soumise au préalable à agrément de
la collectivité des Associés réunies en
Assemblée Générale.
Immatriculation : La société sera immatriculée au Registre du Commerce et
des Sociétés de Nanterre.
5363
Pour avis

GROUPE LECLAIR ET ASSOCIES
Société par Actions Simplifiée
au capital de 10 000 Euros
Siège social :
140, rue Jules Guesde
92300 LEVALLOIS PERRET
Aux termes d’un acte sous seing privé
en date à Levallois Perret du
28 septembre 2010, enregistré au Service
des Impôts des Entreprises de Neuilly
sur Seine, le 8 octobre 2010, bordereau
2010/646, case 7, extrait 10482,
il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :
GROUPE LECLAIR ET ASSOCIES
Siège social :
140, rue Jules Guesde
92300 LEVALLOIS PERRET
Forme : Société par Actions
Simplifiée.
Capital social : 10 000 Euros, divisé
en 1 000 actions de 10 Euros chacune.
Objet : la société a pour objet
l’exercice de la profession
d’expert-comptable. Elle peut réaliser
toutes opérations compatibles avec son
objet social et qui se rapportent à cet
objet.
Elle peut notamment, sous le contrôle
du Conseil régional de l’Ordre, prendre
des participations financières dans des en-

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

treprises de toute nature, ayant pour
objet l’exercice des activités visées par
les articles 2 et 22, 7ème alinéa, de
l’ordonnance du 19 septembre 1945,
sans que cette détention constitue l’objet
principal de son activité.
Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au Registre du Commerce et
des Sociétés sauf dissolution anticipée
ou prorogation.
Président : la SOCIETE
D’EXPERTISE
ET
D’ANALYSE
COMPTABLE, Sigle S.E.A.C., Société
Anonyme au capital de 700 000 Euros
dont le siège social est situé 140, rue
Jules Guesde 92300 LEVALLOIS
PERRET, immatriculée au Registre du
Commerce et des Sociétés de Nanterre
sous le numéro 692 025 190, représentée
par son Président Directeur Général,
Monsieur Pierre GABORIAU demeurant
7, avenue du Président Wilson 75016
PARIS, a été nommée en qualité de
Président aux termes d’un acte sous
seing privé du 28 septembre 2010, pour
une durée d’une année qui expirera à
l’issue de l’Assemblée Générale qui
statuera sur les comptes de l’exercice
clos le 31 mars 2012.
Commissaires aux Comptes :
- Titulaire : Monsieur Alain
AMANOU demeurant 108, boulevard de
Sébastopol 75003 PARIS,
- Suppléant : la société AUDIT
CONSEIL ET MANAGEMENT,
Société à Responsabilité Limitée dont le
siège social est sis 11, rue de Laborde
75008 PARIS, immatriculée au Registre
du Commerce et des Sociétés de Paris
sous le numéro 382 841 088,
pour une durée de six exercices.
Admission aux Assemblées :
Chaque Associé a le droit de participer
aux décisions collectives par lui-même
ou par son mandataire, choisi parmi les
autres Associés.
Exercice du droit de vote :
Chaque action donne droit à une voix.
Le droit de vote attaché aux actions
est proportionnel au capital qu’elles
représentent.
Transmission des actions :
Les actions ne peuvent être transférées
entre Associés qu’avec l’agrément préalable du Président de la société, lequel doit
apprécier si le transfert envisagé est conforme à l’intérêt social.
Les actions ne peuvent être transférées
à des tiers étrangers à la société qu’avec
l’agrément préalable de la collectivité
des Associés statuant dans les conditions
prévues aux statuts.
Immatriculation : la société sera immatriculée au Registre du Commerce et des
Sociétés de Nanterre.
5417
Pour avis
Aux termes d’un acte sous seing privé,
en date à La Garenne Colombes du
28 septembre 2010,
il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination sociale :

B & S 92
CONFORT ET AUTONOMIE
Siège social :
32, rue Léon Maurice Nordmann
92250 LA GARENNE COLOMBES
Forme : Société à Responsabilité
Limitée à capital variable.
Capital social d’origine : 5 000 Euros.
Capital minimum : 2 000 Euros.
Capital maximum : 999 000 Euros.
Objet : vente d’articles pour le confort
et l’autonomie des personnes.
Durée : 99 ans.
Gérance : Madame Agoulmine AMAL
demeurant 24, rue de Rivoli 75004
PARIS.
Immatriculation : au Registre du
Commerce et des Sociétés de Nanterre.
5360
Pour avis

21

Annonces judiciaires et légales

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Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

Annonces judiciaires et légales

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50

23

Annonces judiciaires et légales

Décoration

Photo © Jean-René Tancrède - Téléphone : 01.42.60.36.35

Yves Delavallade,
Chevalier de la Légion d’Honneur

Thierry Wickers et Yves Delavallade
e 17 septembre 2010, à la
Maison du Barreau de Paris,
le Président du Conseil
National des Barreaux,
Thierry Wickers a remis à son
confrère bordelais Yves Delavallade,
les insignes de Chevalier de la Légion
d’Honneur. Titulaire du CAPA en
1976 à Paris, le récipiendaire prête
serment en janvier 1977 et débute
une remarquable carrière profession-

C
24

nelle qui reflète sa rigueur et sa clairvoyance : spécialiste du droit de la
construction, de l’urbanisme et des
travaux publics, il est apprécié et
reconnu par ses pairs. Travailleur
infatigable, ce brillant avocat est élu
Bâtonnier de Bordeaux en 2001, au
cous de son bâtonnat (2002/2003), il a
mis les droits de l’homme au cœur de
ses combats, son engagement au sein
de la profession d’avocat s’est ensuite

poursuivi au sein du Bureau de la
Conférence des Bâtonniers où il travaille notamment sur l’aide juridictionnelle et la formation permanente.
Nous présentons nos chaleureuses
félicitations au grand juriste qui participe activement et avec humanisme à
l’œuvre de justice tout en conjuguant
harmonieusement vie personnelle et
vie professionnelle.
2010-439
Jean-René Tancrède

Les Annonces de la Seine - lundi 11 octobre 2010 - numéro 50