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Les effets des IFRS

sur les ratios financiers :
premiers signes au Canada

Auteurs : Michel Blanchette, François-Éric Racicot
et Jean-Yves Girard

Commanditaires : Rock Lefebvre, MBA, CFE, FCIS, FCGA

Recherche et normes, CGA-Canada

Elena Simonova, MA (économie), MPA

Recherche et normes, CGA-Canada

À propos des auteurs
Michel Blanchette, FCMA, CA, est professeur de comptabilité à l’Université du Québec en Outaouais.
François-Éric Racicot est professeur d’administration à l’Université du Québec en Outaouais, et Jean-Yves Girard,
CMA, est agent de l’analyse industrielle et de développement, Industrie Canada, au gouvernement du Canada.
Les auteurs souhaitent remercier Diane Bigras, Denis Cormier et Thérèse Roy pour leurs commentaires sur une
version antérieure du présent texte.

Au sujet de CGA-Canada
L’Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada), fondée en 1908, est une association
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Il est possible de consulter la présente étude par voie électronique à l’adresse www.cga.org/canada-fr.
ISBN 978-1-55219-642-7
© Association des comptables généraux accrédités du Canada, 2011.
Le présent document est une traduction autorisée, effectuée par les services linguistiques de CGA-Canada,
de la version originale du rapport rédigée en anglais et intitulée « The Effects of IFRS on Financial Ratios: Early
Evidence in Canada ».
Toute reproduction totale ou partielle sans autorisation écrite est strictement interdite.

Remarque : Dans cette publication, le masculin vise à la fois les hommes et les femmes, et est employé uniquement
dans le but d’alléger le texte.
2

Association des comptables généraux accrédités du Canada

Table des matières
Abrégé......................................................................................................................................

5

Sommaire.................................................................................................................................

7

1.

Introduction..................................................................................................................... 11

2.


Normes internationales d’information financière (IFRS)................................................
2.1. Évolution des PCGR canadiens vers les IFRS.....................................................
2.2. Principales caractéristiques des IFRS...................................................................
2.3. Le contexte unique de la première application des IFRS......................................

3.

Ratios financiers............................................................................................................... 23
3.1. Ratios choisis........................................................................................................ 23
3.2. Incidences des IFRS sur les ratios financiers........................................................ 25

4.

Méthodologie et données................................................................................................. 33
4.1. Méthodologie de recherche.................................................................................. 33
4.2. Données................................................................................................................ 33

5.


Résultats...........................................................................................................................
5.1. Comparaison des moyennes, des médianes et des variances..................................
5.2. Analyse des distributions......................................................................................
5.3. Effet sectoriel et autres effets................................................................................

6.

Mot de la fin et recommandations................................................................................... 55

7.

Référence......................................................................................................................... 61

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Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 3

........................................ 46 Tableau 11 – Analyse de régression entre les ratios IFRS et les ratios PCGR canadiens........................ 32 Tableau 6 – Sélection des sociétés à inclure dans le jeu de données.......................Liste des tableaux Tableau 1 – Comptabilisation en juste valeur selon les IFRS.................................................................... 24 Tableau 4 – I nformations sur la transition aux IFRS fournies dans les rapports de gestion de sociétés canadiennes............... 38 Tableau 9 – Statistiques descriptives des ratios financiers...................................................................................................................................................................... 36 Tableau 8 – Statistiques descriptives des états financiers inclus dans l’échantillon..... 42 Tableau 10 – Tests d’égalité............... 49 Tableau 12 – Analyse de régression entre les ratios IFRS et les ratios PCGR canadiens et des variables dichotomiques.................................................... 31 Tableau 5 – A  ttentes des hauts dirigeants financiers canadiens à l’égard de l’adoption des IFRS................... 18 Figure B – Effets différentiels possibles sur les ratios financiers de l’adoption des IFRS au Canada............................................................................................................................................................................. 21 Tableau 3 – Ratios financiers choisis.............. 2009...................................... 17 Tableau 2 – É  léments de l’IFRS 1 qui ne sont pas nécessairement représentatifs de l’application continue des IFRS...... 52 Liste des figures Figure A – Relations entre le bilan....................................................................................................................................................................... le compte de résultat et les autres éléments du résultat global................. 35 Tableau 7 – Répartition des sociétés comprises dans l’échantillon............................... 28 4 Association des comptables généraux accrédités du Canada .......................................

On observe toutefois des écarts importants dans certains cas. en faisant ressortir les différences importantes entre les deux référentiels (notamment le fait que les IFRS font davantage appel à la comptabilisation en juste valeur et au résultat global. Naturellement. et reposent sur la théorie de l’entité distincte pour ce qui est de la consolidation). les analystes qui utilisent des ratios aux fins de l’analyse pendant la période de transition doivent faire preuve de vigilance. L’indication préliminaire indique que la plupart des ratios sont beaucoup plus volatils lorsqu’ils sont calculés à partir de données établies selon les IFRS que lorsqu’ils sont calculés à partir de données établies selon les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement. à la couverture et à la rentabilité sont analysées et vérifiées en ayant recours à un échantillon de sociétés canadiennes qui ont opté pour une adoption anticipée. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 5 . les différences ne sont pas significatives du point de vue statistique. qui intègre les profits et pertes latents qui ne sont pas comptabilisés en résultat. car les ratios calculés à l’aide de données conformes aux IFRS ne sont pas directement comparables avec les ratios calculés à l’aide de données conformes aux PCGR canadiens en vigueur avant le basculement. Bien que les moyennes et médianes obtenues pour les ratios calculés à partir de données établies selon les IFRS diffèrent de celles obtenues pour les ratios calculés à partir de données établies selon les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement. Les répercussions des IFRS sur les ratios financiers se rapportant à la liquidité. Les outils d’analyse suggérés pour contrer ces répercussions comprennent le rendement global de l’actif et le rendement global des capitaux propres. On y explique les principales caractéristiques des IFRS dans le contexte du passage des principes comptables généralement reconnus (PCGR) du Canada aux IFRS. dans l’ensemble. Il est recommandé de porter une attention toute particulière à la nouvelle notion de résultat global.ABRÉGÉ La présente étude fournit une indication préliminaire de l’incidence sur les ratios financiers de la transition aux Normes internationales d’information financière (IFRS) au Canada. au levier financier.

6 .

iii) la notion de résultat global. et d’autre part. suivant laquelle on accorde la primauté à la substance (sur la forme) et qui offre à la direction une plus grande latitude quant à l’application. nous avons fait appel à des tests d’égalité des moyennes. des profits et des pertes devant être comptabilisés au cours d’une période donnée. laquelle exige. et v) une transparence et une exhaustivité accrues. des charges. En outre.SOMMAIRE L’information financière au Canada est en pleine mutation en raison du passage des PCGR aux IFRS opéré par les entreprises ayant une obligation d’information du public. à savoir la liquidité. qui rend compte de la totalité des produits. ii) la place plus importante accordée à la comptabilisation en juste valeur. Bien que les fondements conceptuels et de nombreux principes généraux soient les mêmes pour les deux référentiels. Les différences entre les IFRS et les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement pourraient donc avoir une incidence sur les chiffres présentés dans les états financiers et entraîner des écarts dans les ratios financiers calculés à partir de données établies selon les deux référentiels. Comme vous pourrez le constater à la lecture des pages qui suivent. d’une part. que les actifs et les passifs des filiales acquises. laquelle fait intervenir divers degrés de subjectivité. Les 16 ratios examinés sont regroupés en quatre grandes catégories. L’analyse se fonde sur un échantillon constitué de toutes les sociétés ouvertes canadiennes qui ont été autorisées à adopter les IFRS de façon anticipée et dont les états financiers audités sont disponibles. L’analyse se fonde sur un examen d’un ensemble de ratios financiers couramment utilisés par les investisseurs et d’autres utilisateurs des états financiers. la couverture et la rentabilité. on peut raisonnablement tirer les conclusions suivantes :  es IFRS présentent un certain nombre de caractéristiques distinctives par rapport aux autres L référentiels comptables. L’échantillon final se compose de 9 sociétés et comprend 22 jeux complets d’états financiers audités couvrant une période de 12 mois et 30 bilans à des dates données. Plus particulièrement. des différences importantes peuvent exister dans l’application des IFRS. le levier financier. que les participations ne donnant pas le contrôle soient évalués à la juste valeur et les participations ne donnant pas le contrôle soient comptabilisées en capitaux propres. des médianes et des variances entre chaque série de ratios pour déterminer si la distribution des valeurs varie selon qu’on a appliqué les IFRS ou les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement. nous avons procédé à des analyses de régression des moindres carrés pour étudier les relations entre les ratios établis selon les deux référentiels. ce qui a toutefois pour Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 7 . Parmi les plus importantes. iv) la théorie de l’entité distincte qui sous-tend la consolidation. La présente étude vise à analyser l’adoption anticipée des IFRS au Canada et à fournir une indication empirique préliminaire de l’incidence du basculement aux IFRS sur les ratios financiers de sociétés canadiennes. on compte i) l’approche axée sur les principes. L’incidence des IFRS est analysée au moyen d’une comparaison des ratios calculés à l’aide de données établies selon les IFRS et des ratios calculés à l’aide de données établies selon les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement à la même date ou pour une même période.

les ratios de liquidité et de levier financier sont touchés en raison de variations du bilan.  a plupart des ratios financiers sont beaucoup plus volatils lorsqu’ils sont calculés à partir de L données établies selon les IFRS que lorsqu’ils sont calculés à partir de données établies selon les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement. le ratio de couverture des charges fixes. plus faibles. le ratio de couverture par les flux de trésorerie. Il existe une différence significative dans la distribution des valeurs autour de la médiane pour des ratios comme les ratios de liquidité générale et relative. D’autres différences ont une incidence sur les ratios de levier financier et de rentabilité. à l’inscription directe de certains profits et pertes latents en résultat net et à l’inscription de certains autres profits et pertes latents en autres éléments du résultat global. notamment les différences relatives au test de dépréciation auquel sont soumis les actifs non courants. les notes annexes aux états financiers étant nombreuses et complexes. L’inclusion des participations ne donnant pas le contrôle dans les capitaux propres a également une incidence significative sur les états financiers. La comptabilisation en juste valeur donne lieu à des ajustements aux chiffres du bilan. le rendement global de l’actif et les ratios basé sur cours/bénéfice. le rendement de l’actif. tandis que la norme portant sur les paiements fondés sur des actions peut exiger la comptabilisation de montants plus élevés au titre des charges et des capitaux propres. le ratio de couverture des intérêts. ces informations supplémentaires pourraient être utiles. et elle influe directement sur les ratios de levier financier et de rentabilité.  ’incidence des IFRS peut varier selon le secteur d’activité et le délai écoulé depuis la transition L de la société aux IFRS. Les résultats des analyses de régression confirment que les ratios de levier financier et de rentabilité sont plus volatils lorsqu’ils sont calculés à partir de données conformes aux IFRS. aux régimes de retraite et aux éventualités peuvent donner lieu à la présentation de niveaux de passifs plus élevés selon les IFRS. Les normes relatives aux contrats de location. Les sociétés du secteur minier semblent tirer certains avantages de l’adoption anticipée des IFRS. mais sans nécessairement améliorer la comparabilité des ratios. En outre. les ratios d’endettement. Bien que les répercussions des IFRS sur les moyennes et médianes des ratios liés à la situation financière des sociétés ne soient pas significatives du point de vue statistique. à en juger par le fait que les sociétés ayant opté pour 8 Association des comptables généraux accrédités du Canada . Par conséquent. d’endettement modifié et des capitaux propres. les IFRS exigent que des informations plus étoffées soient fournies dans les notes annexes aux états financiers. les valeurs maximales de plusieurs ratios calculés à partir de données établies selon les IFRS sont plus élevées et les valeurs minimales. L’incidence de la consolidation sur les ratios est difficile à cerner car les différences sont intégrées ou combinées aux chiffres consolidés. et les ratios de rentabilité et de couverture sont touchés en raison de variations du bilan et de la comptabilisation de profits/pertes latents.  ’incidence des IFRS sur les ratios financiers résulte des différences fondamentales entre L les IFRS et les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement dans l’application des principes de comptabilisation en juste valeur et de consolidation et d’un certain nombre d’autres différences.inconvénient d’entraîner une surcharge d’information.

et dans la définition du périmètre de consolidation. Elle pourrait également être attribuable aux ajustements ou aux méthodes appliqués selon les IFRS. Les résultats d’un examen publié par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) montrent que les sociétés canadiennes ont identifié un certain nombre de différences entre les IFRS et les PCGR canadiens dans leurs rapports de gestion. la comptabilisation des produits des activités ordinaires et les immobilisations corporelles. une analyse des ratios calculés à partir de données établies selon les IFRS et selon les PCGR finlandais pour la même période a permis de conclure que les ratios de liquidité diminuent selon les IFRS. les prestations de retraite et la définition du périmètre de consolidation. Parmi les aspects des normes comptables qui pourraient expliquer la volatilité accrue dans le contexte canadien. la comptabilisation des produits des activités ordinaires. l’incorporation à l’actif. La volatilité pourrait notamment être attribuable aux ajustements supplémentaires requis selon les IFRS. tandis que les ratios de levier financier et de rentabilité augmentent. de ce fait. Cela dit. la dépréciation. La cause exacte de l’accroissement de la volatilité des ratios financiers calculés à partir de données établies selon les IFRS demeure incertaine et pourrait constituer une avenue de recherche future. particulièrement pour les intérêts et les dividendes. laissent une plus grande place à la discrétion et au jugement de la direction.une adoption anticipée sont principalement des sociétés de ce secteur. les exceptions et exemptions prévues dans l’IFRS 1 n’ont pas d’incidence significative sur les ratios calculés à partir de données établies selon les deux référentiels. notamment en ce qui concerne la dépréciation d’actifs. Des recherches menées antérieurement confirment également l’incidence des IFRS sur les ratios financiers. les IFRS n’ont pas d’incidence significative sur le tableau des flux de trésorerie comparativement aux PCGR canadiens en vigueur avant le basculement. En Finlande. par exemple les profits et pertes latents sur des éléments évalués à la juste valeur selon les IFRS qui étaient évalués au coût historique selon les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement. la composition de l’échantillon impose certaines limites à ces conclusions. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 9 . qui sont axées sur des principes et qui. Il peut toutefois y avoir des différences en matière de présentation. Une autre étude révèle que les hauts dirigeants financiers dans l’ensemble du Canada s’attendent pour la plupart à ce que les IFRS accroissent les actifs et les passifs de retraite au bilan et réduisent le résultat net. Dans l’ensemble. L’analyse laisse également supposer que la rentabilité des sociétés qui ont adopté les IFRS récemment est plus négativement touchée que celle des sociétés qui appliquent les IFRS de façon continue. Pour leur part. Sous le régime des IFRS. on observe un effet sectoriel significatif pour les sociétés minières pour six ratios de rentabilité et de couverture.  es différences entre les IFRS et les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement n’ont L pas d’incidence sur les flux de trésorerie. on compte la comptabilisation en juste valeur.

Par exemple. il importe de prêter une attention particulière à la nouvelle notion de « résultat global ». on suggère le recours à deux ratios aux fins de l’analyse du résultat global. Les utilisateurs des états financiers doivent être au fait des principales différences entre les IFRS et les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement. il se peut que la comparabilité des ratios qui reposent sur des chiffres établis selon les IFRS et des ratios calculés à partir de données conformes aux PCGR canadiens en vigueur avant le basculement soit compromise et que l’analyse des tendances soit trompeuse. Une solution possible consisterait à recalculer les ratios au moyen de l’information retraitée rétrospectivement selon les IFRS présentée dans l’exercice de transition.Un certain nombre de recommandations sont fournies sur la base des résultats de l’analyse. Enfin. surtout dans les cas où les pratiques comptables font l’objet d’une incertitude ou d’un choix exercé par la direction. Les analystes sont invités à la prudence lorsqu’ils examinent les ratios financiers dans le contexte de la transition aux IFRS au Canada. Il est recommandé en outre de s’appuyer sur l’analyse des flux de trésorerie. 10 Association des comptables généraux accrédités du Canada . Plusieurs pistes de recherche futures ont été identifiées. à savoir le rendement global de l’actif et le rendement global des capitaux propres. dans lesquelles on utilise le résultat global au numérateur. Enfin. Naturellement. Il s’agit en fait de variantes des ratios standards de rendement de l’actif et de rendement des capitaux propres. dans le cadre de recherches futures. Par ailleurs. et ont tout intérêt à faire la distinction entre les variations de la performance présentée qui résultent de changements causés par la transition aux IFRS et celles qui résultent de changements touchant l’entreprise elle-même. on pourrait envisager. À cet égard. quoique les résultats obtenus pourraient être moins fiables. On pourrait identifier les aspects des normes comptables qui expliquent la volatilité accrue des ratios sous le régime des IFRS pour mieux cerner la source exacte de la volatilité des ratios. On pourrait également accroître la taille de l’échantillon en y intégrant les données de sociétés qui sont tenues d’adopter les IFRS par suite du basculement au Canada en 2011. il est conseillé aux utilisateurs des états financiers de s’assurer de l’uniformité des chiffres sous-jacents lorsqu’ils utilisent les ratios de la marge brute et de la marge d’exploitation dans le cadre de leur analyse de la rentabilité. on pourrait tester des exceptions et exemptions spécifiques prévues dans l’IFRS 1 en ayant recours à un échantillon plus vaste pour mieux cerner les variations particulières des ratios financiers selon qu’ils reposent sur des données établies conformément aux IFRS ou aux PCGR canadiens en vigueur avant le basculement. d’étendre l’analyse aux états financiers intermédiaires afin d’accroître la taille de l’échantillon. qui intègre les profits et pertes latents qui ne passent pas par la résultat net.

lequel. tandis que le normalisateur comptable américain.1.. soit le FASB. leur application étant imposée ou autorisée dans plus de 100 pays. elles pouvaient choisir de les adopter de façon anticipée. notamment les pays de l’Union européenne. 1.1 Depuis l’adoption des IFRS. sous réserve de 1 Le CNC est un organisme indépendant qui a le pouvoir d’élaborer et d’établir des normes et des indications portant sur la comptabilité et l’information financière au Canada. Partie 1.7). 2 Aux termes des PCGR canadiens. Il se peut donc que les différences entre les deux référentiels aient une incidence sur les chiffres présentés dans les états financiers et fassent varier les ratios financiers selon qu’ils sont calculés selon les IFRS ou selon les PCGR canadiens. des différences importantes peuvent exister dans l’application des IFRS. s’est engagé à participer à des projets conjoints avec l’IASB en vue d’élaborer un ensemble unique de normes comptables internationales de haute qualité. Bien que les fondements conceptuels et bon nombre des principes généraux des IFRS et des PCGR canadiens soient similaires. La Securities and Exchange Commission (SEC) accepte les états financiers préparés par des émetteurs étrangers conformément aux IFRS. mais également les entités qui sont en voie de s’inscrire à la cote. Par le passé. les entreprises ayant une obligation d’information du public sont tenues d’appliquer les IFRS aux états financiers intermédiaires et annuels des exercices ouverts à compter du 1er janvier 2011 (Manuel de l’ICCA. lesquelles sont adoptées. les entités dont les titres sont négociés sur le marché de gré à gré et les entités qui détiennent des actifs en qualité de fiduciaire pour un vaste groupe de tiers (p. est influencé par les IFRS. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 11 . Cela comprend les sociétés ouvertes. le CNC surveille activement le contenu technique et le calendrier de mise en œuvre des normes pour les sociétés ouvertes canadiennes qui sont tenues de produire leurs rapports conformément aux IFRS au plus tard en 2011. ex.2 Il incombe à l’International Accounting Standards Board (IASB) d’élaborer et de publier les IFRS. Bien que les sociétés cotées canadiennes ne soient tenues d’appliquer les IFRS qu’à compter de 2011. les normes canadiennes de comptabilité et d’information financière applicables aux sociétés ouvertes étaient élaborées par le Conseil des normes comptables (CNC). Les IFRS sont en voie de devenir le référentiel d’information financière dominant sur la scène internationale. Les États-Unis continuent d’appliquer leur propre référentiel d’information financière promulgué par le Financial Accounting Standards Board (FASB). Dans la présente étude. de l’Océanie et de l’Amérique du Sud. les banques). fait encourageant. par. par un nombre grandissant de pays à l’échelle mondiale. INTRODUCTION L’information financière au Canada a été marquée par une vague de changements importants depuis l’adoption des Normes internationales d’information financière (IFRS) en tant que principes comptables généralement reconnus (PCGR) du Canada pour les entreprises ayant une obligation d’information du public et les entités commerciales du secteur public. de l’Afrique. Les entreprises à capital fermé peuvent également choisir d’appliquer les IFRS si elles le désirent. on s’intéresse aux sociétés ouvertes. Les objectifs de la présente étude consistent à analyser l’adoption anticipée des IFRS au Canada et à fournir une indication préliminaire de l’incidence du changement de référentiel sur les ratios financiers. Introduction. avec ou sans adaptation. Ses activités sont supervisées par le Conseil de surveillance de la normalisation comptable.

On y décrit l’introduction des IFRS dans le contexte canadien et on y examine plusieurs autres référentiels actuellement en usage ou en cours d’élaboration. à la couverture et à la rentabilité. Les décisions financières fondées sur des ratios qui ne sont pas pleinement comparables peuvent avoir des conséquences indésirables. qui offre l’occasion de comparer des états financiers préparés aussi bien selon les PCGR canadiens que selon les IFRS pour une même période. 12 Association des comptables généraux accrédités du Canada . 2010c). et par rapport à ceux d’autres sociétés exerçant leurs activités dans le même secteur. d’analyse et de recherche (SEDAR)3 (ACVM. les gouvernements utilisent les ratios dans le cadre de la surveillance exercée à l’égard des subventions et d’autres mesures d’aide. Le reste de l’étude est structuré comme suit. selon les tendances qui se dessinent au fil du temps. 2010c). soit le résultat global. La section 4 présente la méthodologie et les données utilisées. les banques tiennent compte des ratios dans leur analyse du crédit et dans certaines clauses restrictives. Les résultats font état provisoirement de l’influence possible des IFRS sur divers ratios financiers en ce qui a trait à la liquidité. Il est à noter toutefois que la comparaison des ratios s’est fondée sur les valeurs quantitatives tandis que l’évaluation de la structure et de l’importance des ratios eux-mêmes débordait du cadre de la présente étude. La section 2 passe en revue l’évolution des PCGR canadiens vers les IFRS et met en relief les principales caractéristiques des IFRS. Par exemple. qui désirent connaître l’incidence du basculement aux IFRS sur les ratios financiers. 3 SEDAR est un système de dépôt conçu par les ACVM en vue de fournir un accès aux documents publics portant sur les titres déposés par les sociétés ouvertes et les fonds d’investissement (ACVM.l’autorisation des Autorités canadiennes en valeurs mobilières. On observe que l’incidence des IFRS peut varier selon des facteurs propres au secteur d’activité et d’autres facteurs connexes. La section 3 décrit les ratios financiers choisis et présente un survol des études qui se sont intéressé à l’incidence des IFRS sur les ratios financiers. L’analyse présentée dans cette étude repose sur un échantillon de l’ensemble des sociétés canadiennes qui ont été autorisées à adopter les IFRS de façon anticipée et dont les états financiers sont publiés dans le Système électronique de données. ont été élaborés. au levier financier. les investisseurs s’appuient sur l’analyse des ratios pour prendre des décisions en ce qui concerne la négociation d’actions. Les ratios financiers peuvent révéler des valeurs favorables ou défavorables. Cette étude répond à un besoin urgent des utilisateurs des états financiers. Les sections 5 et 6 traitent des résultats et font état du mot de la fin et des recommandations. En cours d’analyse. Cette section expose également le contexte particulier de la première application des IFRS. un certain nombre de ratios fondés sur une nouvelle notion comptable.

Évolution des PCGR canadiens vers les IFRS Le Manuel de l’ICCA renferme les PCGR canadiens (CNC. comme le secteur des banques et des sociétés d’assurance (depuis les années 1990 : ibidem. Le contenu qui accompagne les nouvelles normes comprend une préface. p. bon nombre des normes comptables publiées au cours des dernières décennies reposaient largement sur les règles américaines. 44). 2010. Dans les premières années.4 Une autre étape importante du mouvement en faveur des IFRS a eu lieu en 2005. Préface) et à en promouvoir l’utilisation et l’application. p.1. Les normes traitent également de questions propres à certains secteurs d’activité. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 13 . 44) et le secteur minier (Manuel de l’ICCA : notes d’orientation concernant la comptabilité NOC-5 et NOC-16 portant sur la capitalisation du coût entier dans le secteur pétrolier et gazier publiées initialement en 1986 et 2003. Avant 2005.2. 653) et les organismes sans but lucratif (depuis 1989 : ibidem. 2010). lorsque l’Union européenne (UE) a décidé d’adopter les IFRS comme référentiel comptable obligatoire dans les états membres de l’UE. un cadre conceptuel et des indications supplémentaires quant à l’interprétation des IFRS (soit les SIC numérotées de 1 à 32 et publiées par le Standing Interpretations Committee jusqu’en 2001 et les IFRIC numérotées de 1 à 19 en date d’octobre 2010 et publiées par la suite par l’International Financial Reporting Interpretations Committee). le secteur public (élaborées dans les années 1980 : ibidem. les IFRS se composent des IAS originales publiées jusqu’en 2001 (numérotées de IAS 1 à IAS 41) et des nouvelles IFRS publiées par la suite (numérotées de IFRS 1 à IFRS 9 en date d’octobre 2010). 2. 2001. p. p. respectivement). Mais un changement notable est survenu en 2001. En fait. En un sens. Le Manuel a été adopté initialement en 1968 et est publié par l’Institut Canadien des Comptables Agréés (ICCA). p. les IAS n’étaient pas appliquées par un grand nombre de sociétés. et que les normes ont été rebaptisées pour devenir les IFRS. L’objectif de l’IASC consistait à élaborer des Normes comptables internationales ou IAS (IASB. 2001. 614). 4 En pratique. l’International Accounting Standards Committee (IASC) a été créé dans le but explicite d’élaborer des normes comptables destinées à être utilisées à l’échelle internationale. 257). Le Manuel contient des notes d’orientation et des recommandations sur la comptabilité générale. car les États-Unis figurent parmi les chefs de file sur les marchés financiers mondiaux. ainsi que sur des postes particuliers et des sujets spéciaux. Les normes actuelles renferment des règles portant spécifiquement sur les régimes de retraite (introduites initialement dans les années 1960 : Milburn et Skinner. NORMES INTERNATIONALES D’INFORMATION FINANCIÈRE (IFRS) En 1973. il est devenu le vaste corpus de normes applicables à un groupe varié d’entités que l’on connaît aujourd’hui. Depuis l’ensemble limité de règles qu’il était alors. et représentent un partenaire important du Canada sur le plan du commerce et des échanges. lorsque l’IASC a été remplacé par l’IASB. l’élaboration des normes canadiennes de comptabilité et de certification était grandement influencée par les normes américaines (Milburn et Skinner. ce degré d’influence n’a rien d’étonnant.

Il est devenu chose courante pour une norme comptable de compter plusieurs centaines de pages et d’être très complexe pour les préparateurs et les utilisateurs des états financiers. reflétant la complexité grandissante des transactions commerciales et la vigueur de la croissance économique. cela dit. Plus récemment. mais très rare en pratique. respectivement. Cette adoption a réduit l’influence des États-Unis en matière de normalisation comptable sur la scène internationale et élevé les IFRS au statut d’ensemble de référence de règles comptables à l’échelle mondiale. 2009). - La Partie II contient un nouvel ensemble de normes réservées aux entreprises à capital fermé qui choisissent de ne pas appliquer les IFRS. Il s’agit de normes simplifiées par comparaison avec les IFRS. Depuis. 14 Association des comptables généraux accrédités du Canada . Il est à noter que l’IASB a publié un ensemble de normes distinct pour les petites et moyennes entités (IASB. Le Manuel de l’ICCA – Comptabilité a également dû être modifié par suite de la transition aux IFRS. permettant aux entreprises n’ayant pas une obligation d’information du public d’appliquer des méthodes simplifiées dans la mesure où les propriétaires y consentent à l’unanimité (CNC. 2009). mais elles comportent néanmoins plus de 800 pages. Les entreprises ayant une obligation d’information du public s’entendent des entités. Pour simplifier la comptabilité dans certains cas. 2009). cette croissance a créé un nouveau problème pour les normalisateurs comptables. les compagnies d’assurance.Le nombre et la complexité des règles comptables ont augmenté à l’échelle nationale et internationale. ces normes n’ont pas été adoptées au Canada. des études et analyses rigoureuses ont été menées et plusieurs décisions ont été prises à mesure que les PCGR canadiens convergeaient avec les IFRS (ICCA. de nombreux pays ont décidé d’adopter les IFRS. les maisons de courtage de valeurs et les organismes de placement collectif. chapitre 1300). Or. Au Canada. soit les Normes comptables pour les entreprises à capital fermé (CNC. 2010). Ces normes remplacent les dispositions relatives à l’information différentielle de l’ancien chapitre 1300 du Manuel. à savoir la surcharge de normes. dont les instruments sont négociés sur un marché public ou qui détiennent des actifs en qualité de fiduciaires pour un vaste groupe de tiers. 2010) : - La Partie I contient les IFRS. L’application anticipée est permise. dont l’application est obligatoire pour les entreprises ayant une obligation d’information du public à compter de 2011. c’est en 2006 que le CNC a annoncé son intention d’adopter les IFRS pour les entreprises ayant une obligation publique de rendre des comptes (ICCA. 2010. Au Canada. Elles englobent les banques. À l’instar des pays de l’Union européenne. Partie II) et les IFRS pour les petites et moyennes entités (IASB. 2010. les normes comptables sont présentées dans deux manuels – le Manuel de l’ICCA – Comptabilité. principalement pour les sociétés cotées. et le Manuel de comptabilité de l’ICCA pour le secteur public. des exceptions ou traitements différentiels ont été adoptés en 2002. autres que les organismes sans but lucratif et les régimes de retraite. des ensembles de règles simplifiés ont été publiés par le CNC et l’IASB. qui se compose de cinq parties. Le contenu modifié du Manuel se présente comme suit : Manuel de l’ICCA – Comptabilité (CNC.

est considérée comme étant axée sur des règles. en raison du grand nombre de référentiels et de choix qui s’offrent aux entités. L’un des objectifs premiers de l’IASB consiste à élaborer un ensemble unique de normes comptables internationales de haute qualité qui soit compréhensible et qui améliore la transparence de l’information financière sur les divers marchés financiers du monde (IASB. 2. par la théorie de l’entité distincte sous-jacente à la consolidation et par une plus grande transparence. par exemple la détention de la majorité des droits de vote correspondant à plus de cinquante pour cent des actions comportant droit de vote en circulation (SFAS No. Cette approche accorde plus d’importance à la substance (qu’à la forme) et laisse une plus grande place au jugement et à la discrétion de la direction dans l’application. Il pourrait falloir compter quelques années avant que les utilisateurs des états financiers puissent se familiariser avec les nouvelles règles et comprendre les limites des comparaisons entre les états financiers de diverses périodes et de divers secteurs d’activité. Les IFRS se caractérisent principalement par le recours à une approche axée sur des principes. publié par le FASB en 1987). 94. c’est-à-dire que les normes reposent au premier chef sur des principes plutôt que sur des règles détaillées et normatives. Principales caractéristiques des IFRS Les IFRS sont un ensemble de normes comptables axées sur des principes qui visent à rehausser la comparabilité des états financiers à l’échelle internationale. la direction dispose d’une plus grande souplesse dans le choix des méthodes comptables et l’estimation des données comptables qui entrent dans la préparation des états financiers. La période de transition aux IFRS porte à confusion au Canada. Bref.- La Partie III est réservée aux organismes sans but lucratif. comme « le pouvoir de diriger les politiques financières et opérationnelles d’une entité afin d’obtenir des avantages de ses activités » (IAS 27. par la notion de résultat global. par une prédilection pour la comptabilisation en juste valeur. Les organismes sans but lucratif peuvent appliquer ces normes ou choisir d’appliquer les IFRS. - La Partie V renferme les normes en vigueur avant le basculement qui étaient appliquées avant 2011. une norme sur la consolidation qui repose sur une définition générale du contrôle. Une approche axée sur des principes Les IFRS sont axées sur des principes. - La Partie IV porte sur les régimes de retraite et constitue une mise à jour de l’ancien chapitre 4100 du Manuel de l’ICCA. 2010). Une autre norme qui fait état de données de référence quantitatives.2. La présente étude se focalise sur les IFRS telles qu’elles sont présentées dans la Partie I du Manuel de l’ICCA – Comptabilité. La distinction n’est pas toujours claire et certains soutiennent que bon nombre des référentiels en usage Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 15 . Une approche axée sur des règles offre moins de souplesse lorsqu’il s’agit d’aligner les objectifs et processus de l’entreprise sur les résultats réglementaires et impose des traitements spécifiques lorsque certains critères sont remplis. Par exemple. est axée sur des principes. Il s’agit essentiellement d’une mise à jour de l’ancienne norme 4400 du Manuel.4).

les PCGR canadiens s’appuient en prédominance sur des principes. par. Par exemple. selon qu’il existe ou non un marché actif pour les actifs et passifs en question. 2006). À l’heure actuelle. 2010). Comptabilité en juste valeur La comptabilité en juste valeur s’écarte du principe du coût historique traditionnel. l’IASB et le FASB élaborent conjointement une nouvelle norme en vue d’améliorer les indications relatives au calcul de la juste valeur et les informations à fournir connexes (IASB staff. Fortin et Labelle. Cette même étude précise qu’aucune des sociétés sondées n’avait appliqué la comptabilisation en juste valeur à ses immobilisations incorporelles et que 42 % l’avait appliqué aux immeubles de placement (ibidem).comportent des caractéristiques des deux modèles. qui sont sciemment privilégiés par les IFRS par rapport aux autres utilisateurs (IASB. être réévalués à la juste valeur. On dit généralement des normes américaines qu’elles sont axées sur des règles (Zarb. l’Afrique du Sud et Hongkong. Or. La juste valeur répond aux besoins des investisseurs. Selon une étude menée auprès de 199 sociétés cotées de 15 pays. 2008). 10. la juste valeur est obligatoire pour l’évaluation des transactions lors de leur comptabilisation initiale selon les IFRS. Comme les investisseurs ont besoin des valeurs de marché pour prendre des décisions d’achat ou de vente d’actions. l’une des conséquences de cette évaluation réside dans une volatilité accrue du résultat en raison de la comptabilisation de profits et pertes latents. mais. mais certains soutiennent qu’elles sont également axées sur des principes. 2005. Toutefois. des profits et des pertes devant être comptabilisés conformément aux normes comptables au cours d’une période donnée. Chua and Taylor. y compris des pays de l’Union européenne. on a créé la notion de résultat global. de nombreux postes des états financiers doivent ou peuvent être comptabilisés à la juste valeur selon les IFRS. Dans certains cas. et représente une notion essentielle du cadre conceptuel des IFRS. Résultat global Le résultat global compte parmi les nouveautés importantes dans l’évolution récente des normes comptables. des charges. 2006). L’estimation de la juste valeur fait intervenir divers degrés de subjectivité. un grand nombre d’actifs et de passifs peuvent. 2008). En général. seulement 2 % des sociétés avaient comptabilisé leurs immobilisations corporelles à la juste valeur en 2005 (KPMG et Keitz. les règles ont graduellement pris de plus en plus de place (Chlala et Fortin. Selon les IFRS. Les IFRS accordent à la juste valeur une place beaucoup plus grande que ne le faisaient les PCGR canadiens antérieurs. même si cette pratique n’est pas répandue (le tableau 1 présente une liste d’éléments évalués à la juste valeur). mais contiennent des indications plus rigoureuses (Rosen. Il s’agit d’une nouvelle mesure qui reflète la totalité des produits. facultativement. 2001. et qui 16 Association des comptables généraux accrédités du Canada . la comptabilisation en juste valeur est considérée comme plus pertinente pour l’évaluation des éléments du bilan. 2005). De plus. des éléments comme les instruments financiers détenus à des fins de transaction et les dérivés doivent être réévalués à la juste valeur ultérieurement. pour éviter la volatilité du résultat net tout en permettant les évaluations à la juste valeur dans le bilan.

Tableau 1 – Comptabilisation en juste valeur selon les IFRS Exigences en ce qui a trait à la comptabilisation en juste valeur Juste valeur obligatoire Actifs dépréciés (IAS 36) Modalités de comptabilisation en juste valeur Par le biais du résultat net Instruments financiers détenus à des fins de transaction (IAS 39) Par le biais du résultat net Instruments financiers disponibles à la vente (IAS 39) Par le biais des autres éléments du résultat global Dérivés autres que ceux utilisés dans le cadre de couvertures de flux de trésorerie désignées (IAS 39) Par le biais du résultat net Dérivés utilisés dans le cadre de couvertures de flux de trésorerie désignées (IAS 39) Par le biais des autres éléments du résultat global Actifs biologiques (IAS 41) Par le biais du résultat net Produits agricoles au moment de la récolte (IAS 41) Par le biais du résultat net Participations ne donnant pas le contrôle lors de la comptabilisation initiale (IFRS 3) Juste valeur ponctuelle Juste valeur facultative Immobilisations corporelles (IAS 16) Par le biais des autres éléments du résultat global Immobilisations incorporelles (IAS 38) Par le biais des autres éléments du résultat global Immeubles de placement (IAS 40) Par le biais du résultat net Certains éléments lors de la transition aux IFRS (IFRS 1) Juste valeur ponctuelle Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 17 .

Le résultat net s’accumule dans les résultats non distribués. Cette composante est conçue de manière à contourner le compte de résultat. Les autres éléments du résultat global peuvent être envisagés comme un poste transitoire qui permet d’appliquer la comptabilisation en juste valeur sans que le compte de résultant n’en subisse l’incidence directe. à savoir les autres éléments du résultat global. le compte de résultat et l’état du résultat global. La deuxième partie de l’état du résultat global comprend les profits et pertes latents résultant principalement d’ajustements de juste valeur. 18 Association des comptables généraux accrédités du Canada . la variation annuelle des autres éléments du résultat global s’accumule directement dans des capitaux propres. Figure A – Relations entre le bilan. Pour ce faire. soit principalement les profits et pertes latents (C) Dividendes D’autres ajustements pourraient s’appliquer. La figure A illustre la relation entre le bilan. La première partie correspond au résultat net du compte de résultat tel qu’il est couramment évalué. le compte de résultat et les autres éléments du résultat global CLÔTURE OUVERTURE Bilan Actif Passif (A) (B) (C) +/– ajustements provenant du compte de résultat +/– ajustements au titre des profits/pertes latents – dividendes payés/à payer Résultats non distribués Actif Passif Capitaux propres Capitaux propres Capital-actions Bilan +/– résultat net du compte de résultat – dividendes déclarés +/– profits/ pertes latents Cumul des autres éléments du résultat global Capital-actions Résultats non distribués Cumul des autres éléments du résultat global Résultat global Nota : (A) Ajustements ayant une incidence sur le compte de résultat (B) Variation annuelle des autres éléments du résultat global. et la somme du résultat net annuel et de la variation annuelle des autres éléments du résultat global correspond au résultat global. lesquels sont présentés directement dans les capitaux propres. une nouvelle catégorie d’ajustements comptables a été créée. et qui inclut les profits et pertes sur les transactions conclues avec des parties externes et un certain nombre de profits et pertes latents sur des éléments évalués à la juste valeur par le biais du résultat net.est résumée dans un état financier distinct appelé « état du résultat global ». Cet état comporte deux parties.

car les notes afférentes aux états financiers sont nombreuses. Reporting Comprehensive Income) et dans les normes comptables canadiennes en 2005 (Manuel de l’ICCA : chapitre 1530. qui permet aux utilisateurs. Consolidation La technique de consolidation préconisée selon les IFRS repose sur la théorie de l’entité distincte. En conséquence. Elle est liée à l’hypothèse selon laquelle les marchés sont efficients et toute l’information communiquée aux utilisateurs des états financiers se reflète avec exactitude et fiabilité dans les cours des actions. Dans le cadre de la présente étude. mais ces modifications ne s’appliquent qu’à compter de 2011 (Manuel de l’ICCA. 20. la participation minoritaire (appelée « participation ne donnant pas le contrôle ») est évaluée à la juste valeur à la même date. Selon les IFRS.Il est à noter que la présentation distincte du résultat global a été introduite dans les normes comptables américaines en 1997 (SFAS No. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 19 . complexes et parfois difficiles à analyser dans leur intégralité. 1601 et 1602). B44 et B45). La présente étude repose principalement sur les chiffres tirés directement des états financiers. selon les IFRS. L’exhaustivité entraîne toutefois une surcharge d’information. tandis qu’elle est présentée à titre de charge dans l’état des résultats selon les PCGR canadiens. la quote-part du résultat net attribuée aux participations ne donnant pas le contrôle est comptabilisée directement en capitaux propres. suivant lesquels les ajustements de la juste valeur se rapportant aux participations ne donnant pas le contrôle ne sont pas comptabilisés.19. 2001). les actifs et les passifs des filiales doivent être évalués à leur pleine juste valeur à la date d’acquisition.6 Outre la question de l’évaluation. car les actionnaires minoritaires sont considérés comme partiellement propriétaires de l’entité consolidée. ces dernières sont présentées au bilan dans les capitaux propres.5 Il s’agit là d’une différence importante par rapport aux PCGR canadiens. Cette question porte sur l’inclusion (ou non) d’une prime ou d’un escompte de contrôle dans la valeur initiale de la participation ne donnant pas le contrôle (IFRS 3. Il s’agit là de la caractéristique qualitative correspondant à l’exhaustivité (IASB. de prendre des décisions en s’appuyant sur toute l’information pertinente. une question demeure en ce qui a trait au calcul. qui consiste à présenter les participations ne donnant pas le contrôle hors des capitaux propres. sauf dans quelques rares situations où il a fallu s’appuyer sur les notes. 5 Bien qu’à l’origine les IFRS faisaient appel à la notion de juste valeur pour l’évaluation des participations ne donnant pas le contrôle. Transparence La transparence est une autre caractéristique importante des IFRS. Cette approche s’écarte sensiblement de la pratique canadienne. particulièrement les investisseurs. 130. la théorie de l’entité a des répercussions importantes sur la présentation des participations ne donnant pas le contrôle. Par conséquent. d’où la possibilité d’appliquer des traitements différents. « Résultat étendu »). Suivant cette théorie. 6 Il est à noter que les normes canadiennes portant sur la consolidation et les participations ne donnant pas le contrôle ont été modifiées en décembre 2008 pour assurer la convergence avec les IFRS. nous renvoyons aux normes appliquées avant 2011. chapitres 1582.

Aux fins de l’application rétrospective. nous présenterons d’abord les ratios financiers que nous avons choisi d’analyser. 2009. Le tableau 2 présente une vue d’ensemble des éléments de l’IFRS 1 qui ne sont pas nécessairement représentatifs de l’application continue des IFRS. En raison des dispositions transitoires de l’IFRS 1. soit les PCGR du pays et les IFRS. exclusion faite des exceptions obligatoires et des exemptions facultatives. les IFRS en vigueur à la date de clôture sont appliquées dans leur intégralité. 2009). 20 Association des comptables généraux accrédités du Canada . Toutefois. les changements de méthodes comptables doivent habituellement être appliqués de façon rétrospective (IAS 8 Méthodes comptables. p. Le premier exercice pour lequel une société applique les IFRS fournit une occasion unique pour ce qui concerne la présentation de l’information financière. le jeu complet d’états financiers de 2008 est disponsible en PCGR canadiens et en IFRS. proposent divers traitements comptables de rechange qui sont offerts à titre facultatif. car l’IFRS 1 prévoit certaines exceptions et exemptions. Par exemple. sous réserve d’un certain nombre d’exceptions et d’exemptions (Wiecek et Young.7 Les exemptions. des exceptions peuvent s’appliquer aux termes de l’IFRS 1 dans le premier exercice d’application des IFRS. puis une analyse des répercussions des IFRS sur les états financiers et les ratios. Tous les ajustements applicables doivent être comptabilisés en résultats non distribués ou en autres éléments des capitaux propres.2. à la date de transition (Wiecek et Young. Il faut toutefois noter que la comparaison n’est pas tout à fait appropriée. changements d’estimations comptables et erreurs). y compris le bilan d’ouverture. Les exceptions et exemptions prévues dans l’IFRS 1 sont des traitements ponctuels qui ne sont pas nécessairement représentatifs de l’application continue des IFRS. 364). elle doit suivre les règles et les principes énoncés dans l’IFRS 1 Première application des Normes internationales d’information financière.3. Les exceptions renvoient à des méthodes comptables qui ne sont pas appliquées rétrospectivement comme elles devraient l’être normalement. L’objet premier de la présente étude consiste à analyser l’importance de l’incidence sur les ratios financiers des différences entre les IFRS et les PCGR canadiens. comme si ces normes avaient toujours été en application. Le bilan d’ouverture reflète l’application rétrospective complète des IFRS. La date de transition est déterminée par la direction et doit s’inscrire dans un délai d’au moins un an avant l’exercice de basculement (IFRS 1. 7 Conformément aux IFRS. c’est-à-dire pour 2008. Dans les sections qui suivent. si une société canadienne a basculé aux IFRS en 2009. les états financiers d’au moins un exercice avant le basculement doivent être fournis selon deux référentiels comptables différents. Cela permet de comparer les deux jeux d’états financiers et de cerner les différences entre eux. Selon cette norme. pour leur part. Le contexte unique de la première application des IFRS Lorsqu’une société applique les IFRS pour la première fois.6-7). mais également à titre rétrospectif en remontant jusqu’au bilan d’ouverture préparé à la date de transition (IFRS 1. elle a dû présenter des états financiers comparatifs retraités rétrospectivement selon les IFRS pour au moins un exercice avant 2009. les IFRS doivent être appliquées non seulement à l’exercice du basculement.21). Dans ce cas.

Participations ne donnant pas le contrôle (IFRS 1. Exemptions facultatives Les exemptions offertes portent sur les éléments suivants (PricewaterhouseCoopers.B4-B6) - La comptabilité de couverture doit être appliquée conformément à l’IAS 39 Instruments financiers : Comptabilisation et évaluation et une désignation ne peut être changée rétrospectivement. Comptabilité de couverture (IFRS 1. des entités contrôlées conjointement et des entreprises associées - Actifs et passifs de filiales.Tableau 2 – Éléments de l’IFRS 1 qui ne sont pas nécessairement représentatifs de l’application continue des IFRS Exceptions obligatoires à l’application rétrospective Décomptabilisation d’actifs et de passifs financiers (IFRS 1. p. d’entreprises associées et de coentreprises - Instruments financiers composés - Désignation d’instruments financiers comptabilisés antérieurement - Évaluation à la juste valeur d’actifs financiers ou de passifs financiers lors de leur comptabilisation initiale - Passifs relatifs au démantèlement inclus dans le coût d’une immobilisation corporelle - Accords de concession de services - Coûts d’emprunt Estimations (IFRS 1. Par conséquent. les estimations établies à la date de transition doivent être cohérentes avec les estimations établies selon le référentiel comptable appliqué avant le basculement aux IFRS (référentiel comptable antérieur). Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 21 .B7) - Certaines dispositions de l’IAS 27 États financiers consolidés et individuels se rapportant aux participations ne donnant pas le contrôle ne peuvent être appliquées rétrospectivement. au besoin. pour désigner un élément individuel plutôt qu’une position nette. ex.14-17) - Les estimations ne doivent pas être ajustées à titre rétrospectif conformément à l’IAS 10 Événements postérieurs à la date de clôture. si ce n’est du fait que la documentation relative à certaines positions nettes désignées peut être mise à jour.. 2009) : - Regroupements d’entreprises - Transactions dont le paiement est fondé sur des actions - Contrats d’assurance - Juste valeur ou réévaluation comme coût présumé d’immobilisations corporelles et d’autres actifs - Contrats de location - Avantages du personnel - Montant cumulé des différences de conversion - Participations dans des filiales.B2-B3) - Certains actifs et passifs financiers comptabilisés et décomptabilisés à la date de transition peuvent être établis selon le référentiel comptable antérieur.

22 .

3. la couverture et la rentabilité. les banquiers. sur le résultat dilué par action. comme les charges d’intérêts. diverses approches se sont imposées dans diverses régions et divers secteurs d’activité. Toutes les composantes des ratios de liquidité et de levier financier reposent sur des chiffres tirés du bilan. Toutefois. Les investisseurs. lequel est obtenu hors du cadre des états financiers. Dans la présente étude. Les ratios fondés sur le résultat global sont des variantes des calculs traditionnels du rendement de l’actif et du rendement des capitaux propres. comme le calcul des clauses restrictives ou de la suffisance des fonds propres pour les banques. Les ratios cours/bénéfice présentent deux variantes. les charges fixes et les passifs courants. RATIOS FINANCIERS Les ratios financiers qui reposent sur de l’information comptable sont largement utilisés en pratique.1. sont également inclus dans la catégorie des ratios de rentabilité. Ces différences s’expliquent notamment par l’absence de normes ou de règles en ce qui a trait au calcul des ratios. le levier financier. Notre approche a consisté à choisir un certain nombre de ratios couramment utilisés en pratique et à nous reporter aux formules générales utilisées dans quatre grandes catégories. de l’état du résultat global. Ils ont le même dénominateur (total de l’actif ou des capitaux propres). Par conséquent. il peut exister certaines différences dans les calculs particuliers. notre analyse se focalise sur l’incidence des IFRS sur les principaux ratios financiers dans le contexte canadien. Ce dernier ratio permet d’examiner l’incidence des instruments dilutifs sur la rentabilité pour les actionnaires. Les ratios de couverture mettent en correspondance certaines charges ou certains autres éléments. mais le résultat Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 23 . du tableau des flux de trésorerie et du bilan. Les ratios fondés sur le marché. Les ratios de rentabilité mesurent le rendement de l’investissement et d’autres indicateurs d’efficience ou de productivité.3. les courtiers et d’autres parties prenantes s’en servent pour analyser la situation et la performance financières des sociétés ou encore pour établir des clauses restrictives dans les ententes de crédit ou d’autres accords commerciaux. à savoir les IFRS et les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement. l’un reposant sur le résultat de base par action et l’autre. à savoir la liquidité. avec le résultat ou la trésorerie disponible pour les couvrir. sauf dans certains contextes légaux ou réglementaires. Le tableau 3 présente la liste des ratios choisis et des formules retenues. Naturellement. tandis que les ratios de levier financier illustrent l’importance des passifs par rapport aux actifs ou aux capitaux propres. nous calculons les ratios en nous appuyant sur les chiffres tirés d’états financiers préparés selon deux référentiels comptables. ainsi que du cours de l’action. il n’a pas été tenu compte des divergences entre les formules et classifications sous-jacentes des ratios. Les ratios de couverture et de rentabilité se composent d’éléments tirés du compte de résultat. comme les ratios cours/bénéfice et deux autres ratios qui font intervenir le résultat global. Les ratios de liquidité se fondent sur l’actif courant et le passif courant. Ratios choisis Bien que l’approche générale adoptée pour calculer les ratios soit assez uniforme.

Le raisonnement sous-jacent est présenté à la section 4. Le BAIIA s’entend du bénéfice avant intérêts. une moyenne pondérée de ces éléments refléterait mieux les variations enregistrées tout au long de l’exercice.8 Les ratios non testés sont signalés par un « 7 ». Tous les postes du bilan et les cours des actions sont en date de clôture de l’exercice. Les ratios testés sont signalés par un « 3 ». La dotation aux amortissements est tirée du tableau des flux de trésorerie – sous les activités opérationnelles lorsque la méthode directe est utilisée. comme notre étude vise à comparer les ratios calculés à partir de chiffres établis selon les PCGR canadiens et ceux calculés à partir de chiffres établis selon les IFRS. impôts et dotation aux amortissements. l’utilisation des chiffres à la clôture de l’exercice a été considérée comme appropriée lorsqu’elle est appliquée de façon uniforme. Les résultats des tests sont présentés à la section 5. Cependant. Les flux de trésorerie opérationnels sont tirés du tableau des flux de trésorerie et correspondent aux flux de trésorerie nets présentés sous les activités opérationnelles.2.Tableau 3 – Ratios financiers choisis Ratio LIQUIDITÉ Ratio de liquidité générale Ratio de liquidité relative Formule = = Actif courant / Passif courant (Actif courant – Stocks) / Passif courant LEVIER FINANCIER Ratio d’endettement = Total du passif / Total de l’actif Ratio d’endettement modifié = (Total du passif + Participations ne donnant pas le contrôle selon les PCGR canadiens) / Total de l’actif Ratio de la dette à la valeur nette = Total du passif / Capitaux propres Ratio des capitaux propres = Capitaux propres / Total de l’actif Ratio de la dette à la valeur corporelle nette = Total du passif / Valeur corporelle nette COUVERTURE Couverture des intérêts = Couverture des charges fixes = Couverture par les flux de trésorerie = Ratio de couverture par les flux = de trésorerie opérationnels RENTABILITÉ Rendement de l’actif = Rendement des capitaux propres = Rendement global de l’actif = Rendement global des capitaux propres = Rendement du capital investi = Ratio de la marge brute = Ratio de la marge d’exploitation = Marge du BAIIA = Ratio de la marge nette = Rotation de l’actif = Rotation des immobilisations corporelles = Ratio cours/bénéfice = Ratio cours/bénéfice dilué = Ratio cours/bénéfice inversé = Ratio cours/bénéfice dilué inversé = 3 3 3 3 7 3 7 BAII / Charges d’intérêts BAII / (Charges d’intérêts + Tranche courante de la dette à long terme) (Résultat net + dotation aux amortissements) / Tranche courante de la dette à long terme Flux de trésorerie opérationnels / Passif courant 3 3 Résultat net / Total de l’actif Résultat net / Capitaux propres Résultat global / Total de l’actif Résultat global / Capitaux propres Résultat opérationnel / (Total du passif + Capitaux propres) Résultat brut / Chiffre d’affaires net Résultat opérationnel / Chiffre d’affaires net BAIIA / Chiffre d’affaires net Résultat net / Chiffre d’affaires net Chiffre d’affaires net / Total de l’actif Chiffre d’affaires net / Immobilisations corporelles Cours de l’action / Résultat de base par action Cours de l’action / Résultat dilué par action Résultat de base par action / Cours de l’action Résultat dilué par action / Cours de l’action 3 7 3 7 7 3 3 7 7 3 3 3 7 7 7 3 3 Nota : Le BAII s’entend du bénéfice avant intérêts et impôts. 24 Association des comptables généraux accrédités du Canada . 8 Il est à noter que tous les éléments du bilan et tous les cours d’actions utilisés pour calculer les ratios sont en date de clôture de l’exercice. Pour les ratios qui couvrent une période (comme le rendement de l’actif).

d’autres profits et pertes latents ne sont pas inscrits en résultat net jusqu’à ce qu’une transaction soit conclue avec des parties externes ou jusqu’à ce qu’un ajustement soit requis au titre d’une dépréciation. certains profits et pertes latents sont comptabilisés directement en résultat net. Toutefois. Enfin. 3. il le fera augmenter car il réduit le dénominateur. Par exemple. un résultat net moins élevé selon les IFRS fera baisser le rendement de l’actif car il entraîne une réduction du numérateur mais. Les ajustements de la juste valeur introduisent une certaine volatilité dans les données comptables. soit la comptabilisation en juste valeur et la consolidation. comme il est indiqué à la section 2. et les ratios de rentabilité et de couverture en raison des variations du bilan et de la comptabilisation des profits et pertes latents.2. Incidences des IFRS sur les ratios financiers Les différences entre les IFRS et les PCGR canadiens en ce qui a trait à l’évaluation des postes comptables peuvent avoir une incidence directe sur le numérateur utilisé dans le calcul d’un ratio. ou les deux. Il importe de comprendre ces différences pour pouvoir évaluer l’incidence des IFRS sur les ratios. Par exemple. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 25 . le ratio de liquidité générale est plus élevé selon les IFRS (toutes choses étant égales par ailleurs) si l’actif courant est plus élevé alors que le passif courant demeure inchangé.2. La plus grande place accordée à la comptabilisation en juste valeur dans les IFRS représente une différence de taille par rapport aux PCGR canadiens. parallèlement. Par conséquent. En outre. La comptabilisation en juste valeur peut avoir trois effets particuliers sur les états financiers. On appelle ces ratios rendement global de l’actif et rendement global des capitaux propres. les chiffres du bilan sont ajustés. en raison des variations du bilan. Ensuite. Les paragraphes qui suivent font état des principales différences entre les IFRS et les PCGR canadiens. il peut exister des différences distinctes au chapitre de la comptabilisation entre les IFRS et les PCGR canadiens qui ont des effets opposés sur un ratio donné. car les profits et pertes latents sont comptabilisés avant qu’une transaction n’ait été conclue avec des parties externes. par exemple. et sont comptabilisés en autres éléments du résultat global. L’identification et l’interprétation sont moins évidentes dans les cas où plusieurs effets divergents jouent sur les ratios. plusieurs ratios sont touchés par la comptabilisation en juste valeur. D’abord. ou le dénominateur. de l’incidence sur le ratio de liquidité générale d’un actif courant plus élevé selon les IFRS résultant de la comptabilisation plus hâtive des produits et des créances conjugué à un passif plus élevé résultant de la comptabilisation d’un passif au titre d’un contrat de location-financement. l’incidence est directe et facile à cerner et à interpréter. Ce serait le cas. Différences fondamentales entre les IFRS et les PCGR canadiens Les différences fondamentales entre les IFRS et les PCGR canadiens se classent en deux grandes catégories. Dans les cas où une différence ne touche que le numérateur ou le dénominateur.net est remplacé par le résultat global au numérateur. l’application de la juste valeur selon les IFRS est limitée dans les cas où elle est facultative. à savoir les ratios de liquidité et de levier financier.

sur le plan de l’application détaillée.). transactions entre parties liées. éventualités. 2010). en revanche. Les ratios de rentabilité sont donc directement touchés. résultat par action. les IFRS. le 9 Il existe des différences entre les IFRS et les PCGR canadiens en ce qui concerne les modalités d’application pour les aspects suivants : produits des activités ordinaires et contrats de construction. participations dans des entreprises associées et des coentreprises. Selon les PCGR canadiens. 2007). 26 Association des comptables généraux accrédités du Canada . dans les états financiers de 2008 de Eastern Platinum Ltd. car les différences sont intégrées ou combinées aux chiffres consolidés. Cela vient modifier le chiffre du résultat net obtenu par rapport aux PCGR canadiens. Se reporter au site Web Normes canadiennes en transition pour obtenir de l’information et des ressources sur les répercussions des IFRS sur les pratiques comptables canadiennes (ICCA. information intermédiaire. d’autres aspects peuvent présenter des différences importantes (Blanchette. la méthode préconisée suppose le recours à des procédures très différentes. 16). Si les différences fondamentales entre les deux référentiels se rapportent principalement à la comptabilisation en juste valeur et à la consolidation. Bien que la dépréciation des actifs se justifie par le même argument sur le plan théorique – à savoir la prudence – pour les deux référentiels. impôts sur le résultat. et diverses questions de présentation. deux versions du ratio d’endettement ont été calculées. le traitement des participations ne donnant pas le contrôle est sans ambiguïté car ces participations sont incluses dans les capitaux propres. prospection et évaluation de ressources minérales. comme les PCGR canadiens. L’évaluation des actifs. conversion des monnaies étrangères. avantages futurs du personnel. La plupart du temps. les participations ne donnant pas le contrôle sont présentées entre le passif et les capitaux propres (par exemple. l’une excluant le chiffre des participations ne donnant pas le contrôle du numérateur selon les PCGR canadiens (ratio d’endettement) et l’autre incluant ce chiffre (ratio d’endettement modifié). il n’en demeure pas moins que. De plus. toutefois. la quote-part annuelle du résultat net attribuée aux participations ne donnant pas le contrôle est comptabilisée directement en capitaux propres. 2010). aide publique. les participations ne donnant pas le contrôle sont incluses dans le passif (par exemple. y compris un guide à l’intention des utilisateurs des rapports financiers (Conseil canadien de l’information sur la performance. exigent l’application de tests de dépréciation.2 ont également des répercussions importantes sur les ratios. modifications comptables. Par conséquent. rémunération et paiements fondés sur des actions. Les deux sont axés sur des principes et exigent le recours au jugement professionnel dans leur application. Autres différences entre les IFRS et les PCGR canadiens Le cadre conceptuel des IFRS est similaire à celui des PCGR canadiens (ICCA. Dans d’autres cas. les participations ne donnant pas le contrôle sont exclues des capitaux propres (Manuel de l’ICCA : paragraphe 1600. Selon les IFRS. des passifs et des participations ne donnant pas le contrôle à leur pleine juste valeur à la date d’acquisition selon les IFRS vient modifier chaque ratio faisant intervenir des éléments du bilan. couverture. il est difficile de cerner ces variations.). Aux fins de l’analyse empirique. contrats de location.69). la présentation du solde des participations ne donnant pas le contrôle dans le bilan a une incidence majeure sur les ratios de levier financier.9 Dans le cas des actifs à long terme.Les différences entre les IFRS et les PCGR canadiens en ce qui a trait à la consolidation qui sont analysés à la section 2. dans les états financiers de 2008 de Northern Dynasty Minerals Ltd. Toutefois. on observe deux modes de présentation en pratique au Canada. Selon les IFRS. aux termes desquels le résultat attribué aux participations ne donnant pas le contrôle est traité comme une charge dans l’état des résultats. La présentation des participations ne donnant pas le contrôle a également des répercussions importantes sur les états financiers. actifs à long terme. 2009. En pratique. p.

les rapprochements de postes du bilan d’une date de clôture à l’autre et d’autres informations supplémentaires. Selon les PCGR canadiens. De plus. Les différences touchant le compte de résultat et l’état du résultat global influent sur les ratios de rentabilité et de couverture. Les ratios de levier financier et de rentabilité sont particulièrement sensibles à ces normes. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 27 . Eastern Platinum Ltd.10 En général. suivant laquelle les flux de trésorerie consolidés varient selon que les entités sont contrôlées ou contrôlées conjointement. les estimations. aux prestations de retraite et aux éventualités peuvent donner lieu à des niveaux de passifs différents selon les IFRS. Dans l’ensemble. tandis que selon les IFRS. par exemple la rémunération des principaux dirigeants (Conseil canadien de l’information sur la performance. la comparabilité des ratios se trouve certainement compromise lorsque l’information est fournie dans les notes plutôt que dans le corps même des états financiers. ont une incidence directe sur le numérateur et le dénominateur utilisés dans le calcul des ratios de liquidité et de levier financier. si ce n’est de quelques différences au chapitre de la présentation (Conseil canadien de l’information sur la performance. Les normes relatives aux contrats de location. 6. De plus. Cela est particulièrement manifeste dans le cas des intérêts et des dividendes et dans la définition du périmètre de consolidation. 8). la norme relative aux paiements fondés sur des actions peut modifier les charges et les capitaux propres. a présenté une perte de valeur de 297 millions de dollars US selon les IFRS en 2008. les IFRS ne modifient pas le tableau des flux de trésorerie comparativement aux PCGR canadiens. respectivement). 10 Les critères de contrôle font appel au jugement et ne sont pas les mêmes selon les IFRS et selon les PCGR canadiens. 17). les différences entre les IFRS et les PCGR canadiens influent sur tous les états financiers. et sur certaines composantes des ratios de rentabilité et de couverture. alors qu’elle n’avait pas de telle perte selon les PCGR canadiens pour la même période (le total de l’actif totalisait 593 millions de dollars US et 872 millions de dollars US. Dans l’ensemble. Les utilisateurs des états financiers peuvent obtenir des informations utiles dans les notes pour rehausser leur analyse financière et leur analyse de ratios. on peut choisir entre l’intégration proportionnelle et la mise en équivalence. Les différences touchant les chiffres du bilan. Du côté des passifs. mais l’exercice peut prendre beaucoup de temps. sur les ratios financiers. 2010. Les ratios de levier financier et de rentabilité sont particulièrement sensibles à l’évaluation des actifs à long terme. 2010. les informations à fournir dans les notes accompagnant les états financiers sont plus étoffées selon les IFRS. de l’adoption des IFRS au Canada.résultat ultime peut différer grandement. pp. particulièrement en ce qui concerne les hypothèses. La figure B fait ressortir les effets différentiels possibles. p. un certain nombre d’IFRS diffèrent de leur pendant selon les PCGR canadiens. les coentreprises sont comptabilisées selon la méthode de l’intégration proportionnelle. à la consolidation et à d’autres éléments. qui sont causées par les dispositions relatives à la comptabilisation en juste valeur. Les différences entre les IFRS et les PCGR canadiens n’ont aucune incidence sur les flux de trésorerie. Par exemple.

+) (dén. +) (dén.o Résultat global Résultat net – Participations ne donnant pas le contrôle dans les capitaux propres + s. 28 Association des comptables généraux accrédités du Canada . +) – – – Présentation des états financiers Autres éléments du résultat global – nouvelle section pour les profits/ pertes latents Passif – Capitaux propres + Capitaux propres + s.o s.o ± (num. etc.) Actif + Capitaux propres + + (agriculture) ± Instruments financiers Actif + Passif – Capitaux propres + + ± Passifs Contrats de location Prestations de retraite Passif – Capitaux propres + + (tranche courante de la dette à long terme –) ± (numérateur +) (dénominateur +) (num. +) (dén.) Levier financier (dette à la valeur nette. +) – Note : Le scénario optimiste suppose des effets positifs sur les actifs (augmentation). les passifs (diminution) et/ou les éléments de capitaux propres (augmentation). +) (num. rendement des capitaux propres.Figure B – Effets différentiels possibles sur les ratios financiers de l’adoption des IFRS au Canada Groupe A : Scénario optimiste Comptabilisation en juste valeur } Immobilisations corporelles Immobilisations incorporelles Immeubles de placement Agriculture Incidence sur le bilan Liquidité (ratio de liquidité générale/relative) Rentabilité (rendement de l’actif. etc.

–) (dén. les passifs (augmentation) et/ou les éléments des capitaux propres (diminution). –) + + + Présentation des états financiers Autres éléments du résultat global – nouvelle section pour les profits/ pertes latents Passif – Capitaux propres – Capitaux propres ± s. –) (dén.) Actif – Capitaux propres – – (agriculture) ± Instruments financiers Actif – Passif + Capitaux propres – – ± Passifs Contrats de location Prestations de retraite Passif + Capitaux propres – – (tranche courante de la dette à long terme –) ± (numérateur –) (dénominateur –) (num. etc. rendement des capitaux propres. ±) Note : Le scénario pessimiste suppose des effets négatifs sur les actifs (diminution). –) (dén. –) (dén.o Résultat global Résultat net + Participations ne donnant pas le contrôle dans les capitaux propres – s.Figure B – Effets différentiels possibles sur les ratios financiers de l’adoption des IFRS au Canada Groupe B : Scénario pessimiste Comptabilisation en juste valeur } Immobilisations corporelles Immobilisations incorporelles Immeubles de placement Agriculture Incidence sur le bilan Liquidité (ratio de liquidité générale/relative) Rentabilité (rendement de l’actif.) Levier financier (dette à la valeur nette. etc. –) (num.o s. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 29 . ±) ± (num.o ± (num.

les regroupements d’entreprises (IFRS 3) et les immobilisations incorporelles (IAS 38). Dans leurs premiers états financiers en IFRS. elles négligent toutefois de fournir des explications précises sur leurs effets potentiels sur le bilan et le compte de résultat (voir le tableau 4 pour de plus amples renseignements). à savoir les paiements fondés sur des actions (IFRS 2). à savoir les obligations au titre des avantages du personnel (IAS 19). À l’inverse. l’application des IFRS est devenue obligatoire pour les sociétés cotées de l’Union européenne. à savoir les produits des activités ordinaires et les contrats de construction (IAS 11 et 18). les sociétés étaient tenues de fournir des états financiers comparatifs ajustés rétrospectivement selon les IFRS pour 2004. Les ratios de levier financier.Ratios financiers et IFRS en pratique En 2005. à savoir les stocks (IAS 2). ainsi que des méthodes qui sont propres à certains secteurs en particulier. 12 Lantto et Sahlström identifient d’autres éléments qui rehaussent la rentabilité par la voie d’une réduction du dénominateur dans des ratios comme le rendement des capitaux propres. les stocks (IAS 2). Les différences généralisées portent sur la dépréciation des actifs. Les résultats font état de différences dans des méthodes comptables communes à tous les secteurs d’activité.12 Une étude publiée par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) fournit des informations sur les différences entre les IFRS et les PCGR canadiens identifiées par les sociétés canadiennes dans le rapport de gestion présenté dans leurs rapports annuels pour l’exercice 2009 (ACVM. Les différences sectorielles portent sur la capitalisation du coût entier dans le secteur minier et le secteur pétrolier et gazier et la comptabilisation en juste valeur dans le secteur immobilier. Dans l’ensemble. les sociétés font état dans leur rapport de gestion des aspects à l’égard desquels il existe des différences entre les IFRS et les PCGR canadiens. augmentent en raison de l’accroissement des passifs comptabilisés en IFRS. les pertes de valeur (IAS 36). tandis que les ratios de levier financier et de rentabilité avaient augmenté. Lantto et Sahlström (2009) ont mené une étude sur l’incidence des IFRS sur les ratios financiers en Finlande. Les auteurs ont constaté que les ratios de liquidité avaient diminué selon les IFRS.11 Les ratios de rentabilité augmentent quant à eux parce que le résultat net est plus élevé en IFRS. des obligations au titre des avantages du personnel (IAS 19) et des instruments financiers (IAS 32 et 39). les contrats de location (IAS 17) et les immeubles de placement (IAS 40). 11 Lantto et Sahlström identifient d’autres éléments qui font augmenter le levier financier ou baisser les capitaux propres. ces passifs résultent de la comptabilisation des contrats de location (IAS 17). pour leur part. La baisse des ratios de liquidité est principalement attribuable aux passifs courants supplémentaires qui résultent de la comptabilisation des contrats de location en IFRS (IAS 17). 30 Association des comptables généraux accrédités du Canada . comparant les ratios calculés à partir de données établies selon les IFRS et selon les PCGR finlandais pour une même période. ils identifient également des éléments qui réduisent la rentabilité par la voie d’une diminution du résultat net ou d’un accroissement de l’actif ou des capitaux propres. les immobilisations corporelles (IAS 16) et les instruments financiers (IAS 32). 2010b). les immeubles de placement à la juste valeur (IAS 40). en raison principalement des dispositions relatives aux regroupements d’entreprises (IFRS 3) et de l’effet combiné de plusieurs autres normes. Ils identifient également des éléments qui réduisent le levier financier. les immobilisations corporelles (IAS 16) et l’impôt différé (IAS 12). soit l’année 2004. la comptabilisation des produits des activités ordinaires et les immobilisations corporelles.

Comptabilisation des produits des activités ordinaires (IAS 18) : - Les IFRS sont moins détaillées que les PCGR canadiens pour ce qui concerne la comptabilisation de produits des activités ordinaires. - Néanmoins. car le produit des activités ordinaires est souvent le poste le plus important des états financiers. et autorisent la comptabilisation des dépenses de prospection et d’évaluation en résultat net ou en actif. pour que l’information soit plus utile. - Les reprises sont permises selon les IFRS. comme l’accroissement de la volatilité du résultat net selon les IFRS. seuls les coûts de prospection et d’évaluation peuvent être inscrits à l’actif. les immeubles de placement peuvent être comptabilisés à la juste valeur par le biais du résultat net. Immobilisations corporelles (IAS 16) : - Les IFRS exigent l’application de la méthode de l’amortissement par composant. Secteurs d’activité Tous les secteurs d’activité Tous les secteurs d’activité Tous les secteurs d’activité Secteur minier Secteur pétrolier et gazier Secteur immobilier Note : La catégorie « tous les secteurs d’activité » comprend les secteurs des biotechnologies. une information plus utile décrirait l’incidence possible sur les principaux postes du bilan et du compte de résultat. sur la dotation aux amortissements dans le compte de résultat et sur l’écart de réévaluation dans les capitaux propres. 2009 Informations fournies dans le rapport de gestion Dépréciation d’actifs (IAS 36) : - Les pertes de valeur sont comptabilisées selon une méthode à une seule étape selon les IFRS (méthode à deux étapes selon les PCGR canadiens). les investisseurs s’attendraient à obtenir plus d’information. - La question de la comptabilisation des produits des activités ordinaires n’est généralement pas abordée dans le rapport de gestion. Prospection et évaluation de ressources minérales et autres activités connexes (IFRS 6) : - Les PCGR canadiens permettent le recours à la méthode de la capitalisation du coût entier. Source : Examen de l’information sur la transition aux IFRS (ACVM. - La comptabilisation en juste valeur est permise selon les IFRS. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 31 . mais une information plus utile pourrait être fournie au sujet des répercussions sur les actifs au bilan. de la fabrication. l’IFRS 1 permet aux entités qui appliquent actuellement la méthode de la capitalisation du coût entier d’évaluer leurs actifs de prospection et d’évaluation au montant établi conformément aux PCGR canadiens et d’évaluer les actifs en phase de développement ou de production en répartissant le montant établi conformément aux PCGR canadiens à la date de l’adoption. - L’information fournie dans le rapport de gestion se limite à indiquer ces différences. des services financiers. du pétrole et du gaz. une information plus utile décrirait les répercussions possibles sur le bilan et le compte de résultat. de l’assurance. il aurait fallu expliquer les effets.Tableau 4 – Informations sur la transition aux IFRS fournies dans les rapports de gestion de sociétés canadiennes. de l’immobilier. - De nombreux émetteurs ont indiqué dans leur rapport de gestion qu’ils prévoient utiliser la méthode de la juste valeur. des services et de la technologie. tandis que selon les IFRS. - L’information fournie dans le rapport de gestion fait état de ces différences. Immeubles de placement (IAS 40) : - Selon les IFRS. - De nombreux émetteurs indiquent dans leur rapport de gestion qu’ils devront revoir leur méthode de comptabilisation et évaluer la pertinence de leurs méthodes d’amortissement pour déplétion. une information utile ferait état des effets possibles sur le bilan et sur le compte de résultat. des mines. - Ce ne sont pas tous les émetteurs qui traitent de la méthode comptable qu’ils entendent adopter pour comptabiliser ces dépenses dans le rapport de gestion. 2010b). Prospection et évaluation de ressources minérales (IFRS 6) : - Les IFRS permettent d’appliquer une méthode similaire à celle des PCGR canadiens. - Certains émetteurs ont aussi traité des exemptions offertes dans l’IFRS 1. de la vente au détail.

32 Association des comptables généraux accrédités du Canada . il met en relief. selon les IFRS selon les IFRS ne sait pas ou sans objet) Actifs 29 % 22 % 49 % Passifs au titre des prestations de retraite 27 % 6 % 67 % Résultat net 23 % 28 % 49 % Résultat par action 15 % 21 % 64 % Goodwill 2 % 14 % 84 % Source : FRDFC. 2010). p. Le plus souvent. l’incertitude entourant la mise en application des IFRS au Canada. nous décrivons la méthodologie et les données utilisées aux fins de l’analyse. 2010. les répondants s’attendent à ce que les actifs et les passifs au titre des prestations de retraite augmentent dans le bilan selon les IFRS. Le tableau 5 fournit des précisions supplémentaires sur le sondage de la FRDFC.Un sondage mené auprès de hauts dirigeants financiers dans l’ensemble du Canada fournit des données statistiques sur les répercussions prévues des IFRS sur les états financiers (FRDFC. 19. Bien que ce sondage ne fournisse pas d’information sur les montants en jeu ou la ventilation des actifs et des postes de résultat. et que le résultat net diminue dans l’état des résultats. Dans la prochaine section. La présente étude vise à faire état des premiers signes des effets des IFRS sur les ratios financiers établis à partir de données réelles de sociétés canadiennes. Tableau 5 – Attentes des hauts dirigeants canadiens financiers à l’égard de l’adoption des IFRS Postes des états financiers Proportion des Proportion des répondants qui prévoient répondants qui prévoient Autres une augmentation une diminution (aucune incidence.

4.2. puis avons calculé les ratios financiers. Les données ont été tirées d’états financiers audités préparés en IFRS et en PCGR canadiens pour la même période. Données Le jeu de données a été établi en deux étapes. Nous avons ensuite appliqué des tests d’égalité des moyennes. Nous avons d’abord extrait les données comptables des états financiers. Comme il a été mentionné à la section 2. Cela dit.3.4. D’autres états financiers antérieurs sont également disponibles lorsque la direction désigne une date antérieure comme date de transition. des médianes et des variances à l’égard de chaque série de ratios pour vérifier si les distributions en IFRS différaient de celles en PCGR canadiens. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 33 . Pour pouvoir comparer des ratios financiers calculés à partir de données établies en IFRS (ci-après appelés « ratios IFRS ») avec ceux calculés à partir de données établies en PCGR canadiens (ci-après appelés « ratios PCGR canadiens »). les dispositions transitoires de l’IFRS 1 rendent ce type de comparaison possible dans la première année de transition aux IFRS. certaines sociétés pouvaient opter pour une adoption anticipée si elles avaient obtenu l’approbation requise des ACVM (ACVM.1. 2008b et 2009). Méthodologie de recherche La présente étude vise à fournir une indication empirique de l’incidence de la transition aux IFRS sur les ratios financiers de sociétés canadiennes. Nous avons également fait appel à la régression des moindres carrés pour analyser la relation entre les ratios IFRS et les ratios PCGR canadiens. il nous faut des états financiers préparés selon les deux référentiels pour une même période. Données tirées des états financiers Les sociétés ouvertes canadiennes sont tenues d’appliquer les IFRS aux périodes ouvertes à compter du 1er janvier 2011. L’échantillon utilisé aux fins de cette analyse se compose de toutes les sociétés qui ont obtenu d’organismes membres des ACVM l’autorisation de procéder à l’adoption anticipée des IFRS et déposé des états financiers audités aussi bien selon les PCGR canadiens que selon les IFRS pour la même période par l’entremise de SEDAR. Les ratios ont ensuite été comparés et les différences relevées ont été soumises à une analyse empirique. MÉTHODOLOGIE ET DONNÉES 4. 2008a. un jeu complet d’états financiers doit être préparé en IFRS et en PCGR canadiens pour au moins un exercice avant l’exercice du basculement. et les ratios ont été calculés à partir des données provenant de ces deux jeux d’états financiers. Plus particulièrement.

une est passée aux IFRS en 2007. publié dans le rapport annuel de 2009 à titre d’information comparative.les états financiers préparés initialement selon les PCGR canadiens pour 2008. les données sont tirées des deux jeux complets d’états financiers suivants pour la même période : . 32 de ces sociétés n’avaient pas déposé d’états financiers établis conformément aux IFRS dans SEDAR au 8 septembre 2010. . si une société autorisée à procéder à une adoption anticipée a présenté ses premiers états financiers annuels en IFRS pour la période close le 31 décembre 2009.les états financiers préparés selon les IFRS pour 2008. 2007 et 2008 – soit trois exercices additionnels. Au total. cela représente 44 sociétés différentes. 34 Association des comptables généraux accrédités du Canada . . sa date de transition ayant été fixée au 1er janvier 2008. Pour chacune de ces sociétés.du bilan préparé initialement selon les PCGR canadiens au 31 décembre 2007. Par conséquent. deux sociétés ont présenté des jeux complets d’états financiers additionnels en raison d’une date de transition antérieure : Heritage Oil Corporation a opéré la transition en 2007 et fourni des états financiers comparatifs en IFRS pour 2005 et 2006 – soit un exercice additionnel. et une applique les IFRS depuis dix ans. neuf de l’Alberta Securities Commission et huit de l’Autorité des marchés financiers du Québec. Des neuf sociétés qui composent l’échantillon final. Les données provenant du bilan d’ouverture au 1er janvier 2008 ont également été utilisées. et six en 2009. publiés dans le rapport annuel de 2009 à titre d’information comparative. En outre. il existe au moins un jeu complet d’états financiers et un bilan d’ouverture en IFRS pouvant être comparés avec les états financiers établis selon les PCGR canadiens à la même date ou pour la même période. ainsi qu’un bilan d’ouverture en IFRS au 1er janvier 2008. Cependant.du bilan préparé au 1er janvier 2008. cette société doit également avoir présenté des états financiers comparatifs retraités rétrospectivement en conformité avec les IFRS pour la période précédente close le 31 décembre 2008. 19 de la British Columbia Securities Commission. Elles ont été extraites : .Par exemple. SouthGobi Energy Resources Ltd. publié dans le rapport annuel de 2007 original de la société. 2006. Au sein du groupe de huit sociétés. Pour une telle société. tels que publiés dans le rapport annuel de 2008 original de la société. et trois autres n’avaient pas déposés d’états financiers établis selon les PCGR canadiens dans SEDAR pour les périodes à l’égard desquelles des états financiers en IFRS étaient fournis. a opéré la transition en 2009 et fourni des états financiers comparatifs en IFRS pour 2005. l’échantillon final utilisé aux fins de notre analyse se compose de neuf sociétés (tableau 6). à savoir 23 de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario. huit ont opéré la transition aux IFRS récemment. Nous avons relevé 59 autorisations d’adoption anticipée sur les sites Web des organismes membres des ACVM. une autre en 2008.

13 Les états financiers en IFRS sont publiés à l’intention des actionnaires européens qui reçoivent normalement des états financiers préparés selon les normes comptables internationales. présente de façon continue des états financiers en IFRS et en PCGR canadiens depuis 2000. 2010a). des communications directes avec l’Autorité des marchés financiers du Québec (24 mars 2010). nous avons vérifié les autres sources suivantes pour corroborer l’échantillon : le site Web de l’ICCA sur les normes canadiennes en transition (ICCA. nous avons utilisé la fonction de recherche (« Search ») sur les sites Web des organismes membres des ACVM (tous les organismes membres des ACVM ont un site Web auquel on peut accéder à partir du site Web des ACVM. états financiers de 2000. notes 13 Les rapports de l’auditeur de Homburg Invest Inc.Tableau 6 – Sélection des sociétés à inclure dans le jeu de données Nombre de sociétés ayant obtenu l’autorisation d’adopter les IFRS de façon anticipée auprès des organismes membres suivants des ACVM (voir la note) : - Commission des valeurs mobilières de l’Ontario 23 - British Columbia Securities Commission 19 - Alberta Securities Commission 9 - Autorité des marchés financiers (Québec) 8 - Ministère des Services gouvernementaux (Terre-Neuve-et-Labrador) 0 - Commission des valeurs mobilières du Manitoba 0 - Commission des valeurs mobilières du Nouveau-Brunswick 0 - Nova Scotia Securities Commission 0 - Saskatchewan Financial Services Commission 0 - Securities Office (Île-du-Prince-Édouard) 0 - Surintendant des valeurs mobilières (Territoires du Nord-Ouest) 0 - Superintendent of Securities (Nunavut) 0 - Superintendent of Securities (Yukon) 0 59 Moins : sociétés comptées en double (autorisation obtenue de deux organismes membres des ACVM ou plus) -15 Moins : sociétés qui n’ont pas déposé d’états financiers en IFRS dans SEDAR au 28 juillet 2010 -32 Moins : sociétés qui ont déposé des états financiers en IFRS dans SEDAR. selon les Normes internationales d’information financière (2003 à 2008). 2010). et selon les Normes internationales d’information financière telles que publiées par l’International Accounting Standards Board (2009). Les mots-clés suivants ont été utilisés : « ifrs » et/ou « adoption » et/ou « décision » (au 28 juillet 2010).com (IFRS Search. mais à l’égard desquels il n’y a pas d’états financiers comparatifs préparés selon les PCGR canadiens -3 Nombre de sociétés comprises dans l’échantillon final 9 Note : Pour recueillir l’information présentée dans le tableau 6. exception faite du Superintendent of Securities du Nunavut. ACVM. 2010). portant sur les états financiers en IFRS indiquent explicitement que ces états financiers ont été préparés selon les principes comptables généralement reconnus à l’échelle internationale [IAS] (2000 à 2002). Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 35 . Homburg Invest Inc. De plus. la base de données IFRSsearch. tandis que les états financiers établis selon les PCGR canadiens sont requis car la société est inscrite à la cote au Canada (Homburg Invest Inc..

de quatre jeux additionnels visant des exercices antérieurs pour deux sociétés.. L’échantillon final utilisé aux fins de notre analyse se compose de huit jeux complets d’états financiers pour l’exercice précédant l’exercice de transition aux IFRS. Les données en IFRS proviennent des états financiers préparés dans l’exercice de transition aux IFRS et contenant les informations comparatives. Homburg Invest Inc. les données établies en PCGR canadiens se fondent sur les états financiers présentés à l’origine plutôt que sur les classements révisés ultérieurement. 36 Association des comptables généraux accrédités du Canada . tels qu’ils ont été publiés dans les rapports annuels. de huit bilans d’ouverture comparatifs à la date de transition et d’une suite de dix jeux complets d’états financiers annuels consécutifs pour une société. Nous avons donc au total 30 bilans et 22 jeux complets d’états financiers (tableau 7). ni les données comparatives présentées dans les états financiers ultérieurs présentés en PCGR canadiens.o. Les données établies selon les PCGR canadiens sont tirées des états financiers originaux. nous n’avons utilisé ni les notes relatives aux rapprochements présentées dans les états financiers ultérieurs en IFRS. nous nous sommes appuyés sur les rapprochements entre les PCGR et les IFRS fournis dans les notes. sauf dans les cas où les données sont uniquement fournies par voie de note. Tableau 7 – Répartition des sociétés comprises dans l’échantillon Nombre de sociétés Jeux complets d’états financiers audités États financiers de sociétés ayant basculé aux IFRS récemment 8 12 8 20 États financiers d’une société qui applique les IFRS et les PCGR canadiens de façon continue 1 10 s. Dans ces cas.1 et 2). 10 Total 9 22 8 30 Bilans Bilans d’ouverture disponibles Les données tirées des états financiers audités ont été recueillies manuellement. Rapport annuel de 2009). est cotée à la Bourse de Toronto (TSX) et à la NYSE Euronext Amsterdam (AEX) (Homburg Invest Inc. Pour les données établies en PCGR canadiens. Autrement dit. Toutes les données en IFRS sont directement tirées du corps même des états financiers en IFRS. À l’heure actuelle.

dont l’actif totalise entre 12. à moins qu’une note fournissant une ventilation ait été fournie. La crise financière de 2008 pourrait avoir eu une incidence importante sur la situation financière de ces sociétés. capitaux propres. la comparaison demeure valable car la conjoncture est la même pour les deux ensembles de ratios comparés. passif courant. les charges d’intérêts de Thomson Reuters Corporation sont tirées d’une note afférente aux états financiers préparés selon les PCGR canadiens. car elles sont regroupées avec les produits d’intérêts dans le corps même de l’état consolidé des résultats. les données ont été considérées comme manquantes. Par exemple. Bien que la conjoncture économique défavorable puisse avoir influé sur les différences relevées dans le cadre de l’analyse. Le tableau 8 présente des statistiques descriptives détaillées des chiffres tirés des états financiers. Toutefois. sans reclassement. il ne devrait y avoir aucune différence dans les ratios sousjacents.1 milliards de dollars. et sept ont présenté une perte globale (sept selon les PCGR canadiens). Sept des neuf sociétés représentées dans l’échantillon exercent leurs activités dans le secteur minier. résultat net. - pour le compte de résultat : résultat brut.Les chiffres ont été tirés des états financiers sans ajustement ou modification. résultat opérationnel. le contexte est le même selon l’un ou l’autre des référentiels suivant lesquels les données sous-jacentes aux ratios ont été établies. Ces chiffres posent des limites à l’analyse empirique. - pour le tableau des flux de trésorerie : flux de trésorerie opérationnels nets. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 37 . Huit sociétés ont présenté une perte nette dans leur compte de résultat (sept selon les PCGR canadiens). On observe toutefois des différences importantes quant à la taille des sociétés. - pour l’état du résultat global : résultat global. total de l’actif. Un certain nombre de sociétés ont éprouvé des difficultés dans la période considérée. Autrement. les totaux partiels ont été compilés. Les totaux partiels pertinents en regard des ratios choisis sont les suivants : - pour le bilan : actif courant. et trois sociétés n’ont comptabilisé aucun chiffre d’affaires (quatre selon les PCGR canadiens pour au moins un exercice).9 millions de dollars et 42. Trois sociétés ont présenté des capitaux propres négatifs selon les IFRS pour au moins une période (quatre selon les PCGR canadiens). Plus particulièrement. Lorsque disponsibles. tels que présentés. il pourrait y avoir eu dans les états financiers plus de pertes de valeur et d’ajustements dictés par la prudence que ce à quoi on aurait pu s’attendre dans une conjoncture économique plus favorable. En l’absence de différences entre les IFRS et les PCGR canadiens. total du passif.

9 163. Les statistiques descriptives se fondent sur les valeurs moyennes en IFRS pour l’exercice ou les exercices à l’égard desquels un jeu complet d’états financiers conformes aux IFRS et aux PCGR canadiens est disponible.1 371.6 1 620. 150. de mise en valeur et d’extraction) 2009 2008 722. Secteur minier (prospection.7 -21.8 152.6 Platmin Limited Secteur minier (prospection et mise en valeur de métaux) 2009 (déc.3 4. Tous les montants sont en millions de dollars canadiens ou sont convertis en dollars canadiens selon les cours de change obtenus sur le site Web de la Banque du Canada (Banque du Canada. Secteur minier (production de métaux par la voie d’acquisitions.8 0.5 36. Source des chiffres tirés des états financiers : SEDAR (ACVM.2 7.3 -33.5 1 801.0 SouthGobi Energy Resources Ltd.9 -3.6 1.7 -259.0 -1 628.2 -3.1 Thomson Reuters Corporation Société qui applique les IFRS de façon continue Homburg Secteur immobilier Invest Inc.5 2009 2000-2009 1 579.4 14 259. Eastern Platinum Ltd. Anooraq Resources Corporation a présenté des états financiers préparés en IFRS pour la première fois en 2009.3 -44.1 Heritage Oil Corporation Secteur minier (prospection. et sa date de transition était le 1er janvier 2008.8 -313.) 470.2 64. mise en valeur et production de pétrole et de gaz) 2007 2005-2006 132.4 -316. un jeu complet d’états financiers conformes aux IFRS et aux PCGR canadiens est disponible pour cette société en 2008.3 0. 2010) (exception : le classement sectoriel d’Austral Pacific Energy Ltd.6 Note : L’« exercice de basculement aux IFRS » s’entend du premier exercice pour lequel des données comptables sont disponibles en IFRS.0 -13.2 -17.1 1 609. d’or et de molybdène) 2009 2008 167.1 2 966.6 3.0 -12.0 -14.4 139.8 -56.0 -1.8 s.4 22 518.6 0. 38 Association des comptables généraux accrédités du Canada .2 131. (investissement et développement) Moyenne excluant Homburg Invest Inc.1 Northern Dynasty Minerals Ltd.1 113. Par conséquent. évaluation et mise en valeur du pétrole et du gaz) 2008 2007 60.2 -20.2 -56.7 -21.3 4. Secteur minier (prospection.2 Information intelligente 2009 2008 42 129. Secteur minier (prospection et mise en valeur de cuivre.9 163.) 2009 (févr.7 619. Source du classement par secteur d’activité : Identificateur fourni par la fonction « Company » du site Web de la Bourse de Toronto (Groupe TMX. 2010).9 -39.3 2 667.8 4.Tableau 8 – Statistiques descriptives des états financiers inclus dans l’échantillon Société Secteur d’activité Sociétés qui ont basculé aux IFRS récemment Anooraq Resources Secteur minier (extraction Corporation et prospection minière) Exercices Exercice de pour lesquels Total de basculement un jeu complet l’actif aux IFRS d’états en M$ financiers est disponible Capitaux propres en M$ Chiffre d’affaires en M$ Résultat net en M$ Résultat global en M$ 2009 2008 12.5 -344.6 -475.1 Médiane de l’ensemble de l’échantillon 167.1 166. Par exemple.8 Austral Pacific Energy Ltd. est dérivé du rapport annuel.7 -33.3 -21. car la société a été mise sous séquestre et radiée de la cote en 2009).5 276. mise en valeur et production de métaux et de charbon thermique) 2009 2005-2008 33. 5 466.0 Moyenne de l’ensemble de l’échantillon 5 034.9 Médiane excluant Homburg Invest Inc. 2010c).o.

n’ont pas été calculés. le rendement des capitaux propres a une valeur positive lorsque le résultat net et les capitaux propres sont tous deux positifs (actif > passif ). le ratio de la marge brute et le ratio de la marge d’exploitation. comme le ratio de rotation des immobilisations corporelles et le ratio de la dette à la valeur corporelle nette. car ces éléments ne sont pas présentés uniformément par les sociétés comprises dans l’échantillon. le rendement global des capitaux propres et le ratio de la dette à la valeur corporelle nette n’ont pas été inclus dans l’analyse. négatifs (actif < passif ). Comme nous l’avons déjà mentionné. l’échantillon utilisé aux fins de notre étude comprend des cas dans lesquels les capitaux propres sont négatifs. La distribution des valeurs des ratios est fallacieuse dans les cas où le dénominateur du ratio peut avoir une valeur positive ou négative. ont été exclus de l’analyse. par exemple lorsqu’il se rapproche de zéro. De même. Nous nous sommes heurtés à un autre obstacle en ce qui concerne les données. Il peut également y avoir distorsion lorsque le dénominateur est faible. mais a une valeur négative lorsque le résultat net est positif et les capitaux propres. Dans le secteur minier. En revanche. Les ratios choisis ont été calculés à partir des données comptables établies en IFRS et en PCGR canadiens (et des cours des actions recueillis). cette situation est beaucoup plus répandue en période de ralentissement économique. C’est pour cette raison que le rendement des capitaux propres. 2010) et dans les rapports annuels des sociétés lorsqu’ils étaient disponibles. Certaines sociétés présentaient ces frais comme des immobilisations corporelles et d’autres. On rencontre rarement cette dernière situation lorsque l’économie se porte bien et que les capitaux propres des sociétés sont généralement positifs. Cette analyse. Les cours des actions ont été obtenus sur le site Web de la Bourse de Toronto (Groupe TMX. la présentation des frais de développement n’était pas uniforme. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 39 . car le coût des ventes n’était pas présenté de façon uniforme dans l’échantillon et les totaux partiels relatifs au « résultat brut » et au « résultat opérationnel » étaient rarement disponibles. comme des immobilisations incorporelles. les ratios qui font appel au résultat brut et au résultat opérationnel. Pour s’assurer que les frais de développement ont été classés de façon appropriée. a été considérée comme débordant du cadre de la présente étude. On obtient alors des valeurs fallacieuses. Les ratios basés sur les immobilisations corporelles et incorporelles. qui représentait 77.Autres données et calcul des ratios financiers Les cours des actions et certaines autres informations ont été recueillis en plus des chiffres provenant des états financiers. Par exemple. par exemple un rendement des capitaux propres positif élevé. qui constitue certes un exercice intéressant. il aurait fallu analyser les notes afférentes aux états financiers. alors qu’on a une perte importante au numérateur et des capitaux propres négatifs au dénominateur. comme le rendement du capital investi.8 % des sociétés comprises dans l’échantillon. Les informations comprennent le classement sectoriel de chaque société et la monnaie de présentation utilisée dans les états financiers.

Comme le numérateur des ratios cours-bénéfice (le cours de l’action) est toujours positif. respectivement). les valeurs inverses de ces ratios ont été utilisées aux fins de l’application des tests. Observations relatives aux ratios qui font appel uniquement à des valeurs du bilan (N ≤ 30) : - Les ratios de liquidité présentent des valeurs manquantes lorsque aucun total partiel n’est fourni pour les actifs courants et les passifs courants (N = 19 et 20 selon les IFRS et les PCGR canadiens. le rendement global de l’actif présente donc des valeurs manquantes (N = 12 et 10 selon les IFRS et les PCGR canadiens. - Le ratio de couverture par les flux de trésorerie et le ratio de couverture par les flux de trésorerie opérationnels présentent des valeurs manquantes dans les cas où la tranche courante de la dette à long terme est nulle (division par zéro). qui se révèle tout aussi pertinent aux fins de notre analyse que les ratios cours-bénéfice standard. respectivement).On observe une dichotomie similaire pour ce qui est des ratios cours-bénéfice. - Les ratios de levier financier présentent des valeurs pour tous les bilans recueillis (N = 30). 40 Association des comptables généraux accrédités du Canada . - Le ratio de rendement de l’actif présente des valeurs pour la totalité des états financiers recueillis (N = 22). Les statistiques descriptives afférentes aux ratios restants sont fournies dans le tableau 9. le résultat global n’était pas présenté avant 2007. Observations relatives aux autres ratios (N ≤ 22) : - Le ratio de couverture des intérêts et le ratio de couverture des charges fixes présentent des valeurs manquantes dans certains cas où les charges d’intérêts sont nulles (division par zéro) et où les données comparatives en IFRS ne sont pas fournies (N = 18 et 20 selon les IFRS et les PCGR canadiens. car le dénominateur est de zéro dans les cas où il n’y a pas de chiffre d’affaires dans le compte de résultat et où la dotation aux amortissements n’est pas fournie dans le tableau des flux de trésorerie (N = 15 et 16 selon les IFRS. car le dénominateur peut être positif ou négatif. aussi bien ceux calculés à l’aide du résultat de base par action que ceux calculés à l’aide du résultat dilué par action. Les ratios transformés reflètent un rendement de l’investissement (c’est-à-dire le quotient du résultat par action par le cours de l’action). - Le ratio de rotation de l’actif présente quelques valeurs manquantes lorsque les données comparatives en IFRS ne sont pas fournies (N = 19 et 22 selon les IFRS et les PCGR canadiens. Il est à noter qu’il existe divers niveaux de valeurs manquantes dans l’échantillon. tandis que les autres ratios reposent sur un maximum de 22 jeux possibles de valeurs. Les ratios qui font appel à des montants du bilan reposent sur un maximum de 30 jeux possibles de valeurs. respectivement). - Les ratios de la marge du BAIIA et de la marge bénéficiaire nette présentent quelques valeurs manquantes. respectivement). - En général. N = 16 pour les deux ratios selon les PCGR canadiens). où la dotation aux amortissements n’est pas indiquée dans le tableau des flux de trésorerie (méthode directe) et où les données comparatives en IFRS ne sont pas fournies (la valeur de N se situe entre 8 et 12). respectivement.

l’échantillon final fournit des données pour 22 jeux d’états financiers complets couvrant une période de 12 mois (compte de résultat. Bref. respectivement). état des capitaux propres. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 41 . état du résultat global. tableau des flux de trésorerie) et pour 30 bilans à des dates spécifiques. en tenant compte des huit bilans d’ouverture fournis.- Les ratios basés sur le cours-bénéfice présentent quelques valeurs manquantes lorsque le cours des actions n’est pas disponible (N = 17 et 18 selon les IFRS et les PCGR canadiens. Nous avons donc 30 jeux de données disponibles pour tester les ratios fondés exclusivement sur des postes du bilan (deux ratios de liquidité et trois ratios de levier financier) et 22 jeux de données pour les ratios faisant appel aux données provenant d’un jeu complet d’états financiers (quatre ratios de couverture et sept ratios de rentabilité). La prochaine section traite des résultats de l’analyse.

76 17.271 0.61 10.723 13.364 Ratio de couverture par les flux de trésorerie opérationnels 11 -2.885 19.000 -3.05 14.001 2.09 13. Ratios PCGR canadiens ET Asymétrie Kurt N Moyenne Médiane Min.027 -18.425 0.06 -2.262 Couverture des charges fixes 18 -2.388 35.736 RENTABILITÉ Rendement de l’actif Rendement global de l’actif Marge du BAIIA Ratio de la marge nette Rotation de l’actif Ratio cours-bénéfice inversé Ratio cours-bénéfice dilué renversé 22 12 15 16 19 17 17 -1.642 0.368 -3.025 11.220 1.077 1.430 0.46 5.544 -22.035 5.43 -0.223 -18.077 0.408 0.670 0.88 1.111 1.782 0.155 0.724 6.810 0. ET Asymétrie Kurt 0.99 -2.94 7.105 -0.01 -5.573 6.232 312.840 59.973 -0.318 7.059 0.65 15.670 -1.174 0.53 -3. « ET ».431 3.10 11.259 -145.25 7.459 -0.361 COUVERTURE Couverture des intérêts 18 -5.59 7.25 -2.812 0. à l’écart type.742 0.613 -0.140 3.763 21.621 Couverture par les flux de trésorerie 9 -30.170 Note : « N » correspond au nombre de valeurs.573 6.592 -145.220 3.01 26.96 -0.72 30 26.913 4.43 -2.027 0.618 -79.225 1.423 6.422 3.498 0.22 7.912 -1. et « Kurt ».170 7.822 3.765 -4.639 0.81 3.296 19.851 33.944 0. au kurtosis.11 -2.24 14.456 5.77 17. Max.103 5.786 -5. 42 Max.005 -0.287 LEVIER FINANCIER Ratio d’endettement 30 Ratio d’endettement modifié 30 Ratio des capitaux propres 30 1.515 0.45 -2.310 5.187 -38.219 4.803 -1.84 7.096 -0.727 -0.047 -0.178 3.91 17.263 -182.25 -2.012 -23.71 9.94 -2.101 -0.49 -0.257 0.01 5.00 -2.944 3.85 22 10 16 16 22 18 18 -3.639 0.62 20 4.656 -2.621 33.035 -5.081 0.369 Min.958 0.54 20 -10.016 1.011 -4.039 0.49 0.062 0.38 5.061 0.035 0.811 -3.639 0.659 0.917 0.118 0.48 -3.53 15.76 5.353 5.14 2.232 312.520 -2. Association des comptables généraux accrédités du Canada .008 -0.368 -0.020 1.028 -3.51 3.170 -0.663 -19.78 12 11.398 7.086 -0.378 35.204 1.011 -0.183 5.818 3.Tableau 9 – Statistiques descriptives des ratios financiers Groupe A : Ratios établis selon les IFRS et les PCGR canadiens Ratios IFRS N Moyenne Médiane LIQUIDITÉ Ratio de liquidité générale 19 Ratio de liquidité relative 19 21.243 -19.653 9.40 3.004 0.022 1.152 0.258 0.325 0.375 1.845 0.004 -2.972 -3.573 0.41 11.204 0.65 3.79 20 -10.028 0.341 0.965 1.716 70.143 0.864 -8.34 13.338 0.152 0.243 -17.022 4.431 3.50 5.000 -1.139 0.72 30 26.43 -3.73 -2.421 1.92 16.204 -0.667 2.77 -3.219 0.910 0.72 30 0.94 8 1.92 3.63 0.69 13.960 2.152 19.716 70.765 -19.431 5.170 0.086 0.47 1.005 -17.070 -1.62 20 16.408 -2.

394 0.076 -1.359 -0. 9 -2. *** hypothèse nulle rejetée au niveau de confiance de 1 %.833 -39.006 -0. Hypothèse nulle : les différences suivent une distribution normale.720 -6.005 -0.359 0.498 0.108 0.358 2.234 38.259 0.086 0.0000 0.592 0. ** hypothèse nulle rejetée au niveau de confiance de 5 %.101 -0.841 -0.358 -1.196 308. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 43 .143 0.313 0.816 -80. ET Valeur P Jarque-Bera -5.341 30 30 30 0.047 -0.683 74.304 2.0000 0.0801 *** *** ** *** *** * * IFRS PCGR canadiens N Moyenne LIQUIDITÉ Ratio de liquidité générale Ratio de liquidité relative 2.0023 0.665 5. « ET ».287 3.139 0.642 0.313 137.609 137.960 2.Tableau 9 – Statistiques descriptives des ratios financiers Groupe B : Différences entre les ratios Médianes du Groupe A Différences Max.105 -0. à la différence entre le ratio IFRS et le ratio PCGR canadiens.263 1. RENTABILITÉ Rendement de l’actif Rendement global de l’actif Marge du BAIIA Ratio de la marge nette Rotation de l’actif Ratio cours-bénéfice inversé Ratio cours-bénéfice dilué renversé Note : « N » correspond au nombre de valeurs.279 -46.349 308.779 -0.031 19.0000 0.178 3.407 -0.029 0. à l’écart type.130 2.259 0.093 0.685 0.479 -5.005 -0.479 -12.160 1.196 74.012 -0.025 0.358 0.062 0.683 0.320 0.659 0.825 4.011 COUVERTURE Couverture des intérêts Couverture des charges fixes Couverture par les flux de trésorerie Ratio de couverture par les flux de trésorerie opérationnels Médiane Min.358 0.361 0.579 12.3300 *** *** n.336 -10.190 -0.647 0.359 8.463 0.579 12.187 -5.006 -12.320 2.s.s.005 -0.223 -0.443 0.639 0.706 0.0012 0.515 0.618 0.0000 0.060 0.601 0.464 0.932 2.004 -0.005 0.0000 *** *** *** 2.011 -0.368 18 18 6 -0.062 17 17 19.302 0.349 -5.0000 0.535 0.044 -0.664 -196.022 -24.907 -1.425 0.0000 *** *** -0. * hypothèse nulle rejetée au niveau de confiance de 10 %.0005 0.480 -0.0000 0.130 -12.000 LEVIER FINANCIER Ratio d’endettement Ratio d’endettement modifié Ratio des capitaux propres 0.315 77.003 0.0005 *** 22 9 15 16 19 17 17 -0.666 34.001 -0.348 -1.006 -0.008 -0.0806 0. n.189 -0.000 0. : l’hypothèse nulle n’est pas rejetée de façon significative.844 -0.0156 0.639 0.003 -0.579 1. et « Différences ».

44 .

Nous avons donc soumis les médianes à des tests non paramétriques. tout en demeurant conscients des limites de cet exercise quand les distributions ne sont pas normales. Les moyennes ont également été soumises à des tests paramétriques en raison de la taille relativement faible de l’échantillon.1. Encore une fois. - les ratios de levier financier (ratios d’endettement. De plus. nous avons également testé l’égalité des variances (groupe C du tableau 10). Ce fait n’a rien d’étonnant. nous ne nous sommes pas appuyés uniquement sur les estimateurs des médianes et les tests non paramétriques. il s’agit là d’un effet global fondé sur la valeur centrale des médianes et des moyennes. C’est donc dire qu’il existe une différence significative dans les distributions des valeurs autour des médianes pour les quatre catégories de ratios. Afin de vérifier ce fait. On a trouvé que la variance de plusieurs ratios IFRS est significativement différente de la variance des ratios PCGR canadiens correspondants. Ces résultats laissent supposer que le passage des PCGR canadiens aux IFRS n’est pas statistiquement significatif pour ce qui concerne les ratios financiers. 1990). sauf le ratio de couverture par les flux de trésorerie. Mcleay et Omar.5. tandis que des tests paramétriques ont été appliqués aux variances pour examiner la volatilité. Ces résultats n’indiquent pas si les distributions autour des médianes/moyennes sont similaires ou non. Cependant. soit : - les ratios de liquidité (générale et relative) au niveau de confiance de 1 %. d’endettement modifié et des capitaux propres) au niveau de confiance de 1 %. cela dit. comme la taille de l’échantillon est faible. et on observe des écarts importants entre les moyennes et les médianes. groupe B du tableau 10). les tests de Jarque-Bera (qui se fondent sur l’asymétrie et le kurtosis) appliqués à l’égard des différences entre les ratios IFRS et les ratios PCGR canadiens se soldent par un rejet significatif de la distribution normale pour chaque ratio. Nous avons testé l’égalité des moyennes. 5. 2009. et il cadre avec les recherches menées antérieurement (Lantto et Sahlström. Ezzamel et Mar-Molinero. Comparaison des moyennes. RÉSULTATS Les statistiques descriptives présentées dans le tableau 9 montrent que les ratios calculés pour l’échantillon ne suivent pas une distribution normale. les résultats ne nous ont pas amenés à rejeter l’égalité des moyennes pour l’un ou l’autre des ratios (groupe A du tableau 10). L’asymétrie et le kurtosis sont très prononcés. des médianes et des variances Les tests d’égalité des médianes ont consisté à analyser les différences entre les médianes des ratios IFRS et celles des ratios PCGR canadiens. car les données comptables sous-jacentes ne suivent pas elles-mêmes une distribution normale (voir le tableau 8). exception faite du ratio de couverture par les flux de trésorerie au niveau de confiance de 10 % (l’hypothèse nulle suivant laquelle les médianes sont égales n’est pas rejetée pour les autres ratios. 2000. Aucune différence significative n’a été relevée pour l’ensemble des ratios. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 45 .

103 5. et « ET ».220 0.431 3.s.341 0. 2.105 -0. 70. Les graphiques en points (the dot plot graphs) pour ces ratios font état d’une variabilité moins prononcée entre les valeurs individuelles que ceux des autres ratios.917 70.763 21.685 0.492 0.912 -1.307 0.s.824 0.368 0. n. et ratios basés sur le cours-bénéfice) au niveau de confiance de 1 %.092 n. n.656 -2.s.011 0. sauf dans les cas où le périmètre de consolidation diffère. * 19.223 0. -0.263 1. n.s.972 33.s.408 0. n.363 0.794 n. 3.s.364 -10.659 0.369 -0.829 n.s.987 0.178 3.s.246 0. n.005 -0.515 0.s.430 0.459 0.155 0. - les ratios de rentabilité (rendement de l’actif.101 -0.s. n.757 n.204 1.170 0. n.601 0. n’est pas touché par les normes comptables.s.556 0.000 0. n.331 0.139 0.667 4. normalement. n.271 0.375 1.742 0.070 0.810 0. n.310 5. n.727 -0.s.220 1. n.812 0.000 0.s.s. respectivement.822 0.818 59.s.s. * hypothèse nulle rejetée au niveau de confiance de 10 %.408 0. L’égalité des variances n’a pas été rejetée pour quatre ratios.744 0.388 0. n.782 0.639 0.204 -0. ** hypothèse nulle rejetée au niveau de confiance de 5 %.431 1.736 -3.009 0.811 0.s.618 0.684 0.298 n.025 -10.s.498 0. n.591 n.143 0. de la marge nette et de la rotation de l’actif.s. *** hypothèse nulle rejetée au niveau de confiance de 1 %.s.662 0. 7.s.004 6. 0. Cela vient étayer l’assertion selon laquelle le tableau des flux de trésorerie est moins touché par les méthodes et estimations comptables.062 0.086 0.009 *** *** n. charges fixes et flux de trésorerie) aux niveaux de confiance de 5 %. L’un de ces ratios – le ratio de couverture par les flux de trésorerie opérationnels – se fonde sur un chiffre des flux de trésorerie qui.187 -5.s. 1 % et 1 %.803 -1.425 0.183 0.s.431 3.960 2.225 1. : l’hypothèse nulle n’est pas rejetée de façon significative.621 -30.262 -2.008 -0. n.s.081 0.474 0. n.984 0.000 *** *** *** 18-20 18-20 9-8 -5. respectivement.018 0.647 0.422 0.592 0.259 0.- les ratios de couverture (intérêts.035 5. 46 Association des comptables généraux accrédités du Canada .s. 22-22 12-10 15-16 16-16 19-22 17-18 17-18 -1.000 0.047 -0.987 n.011 -0.140 9.077 0.000 ** *** *** 11-12 -2. les différences n’ont pas une incidence significative sur les variances. Hypothèse nulle : les moyennes/médianes/variances sont égales.000 0.379 0.361 n. rendement global de l’actif. 0. n.398 7.000 0.170 -0.s.287 3.603 0. Les trois autres ratios pour lesquels l’égalité des variances n’a pas été rejetée sont compris dans la catégorie des ratios de rentabilité.368 -0.591 0.086 -0.s.012 -0.s.001 2. Tableau 10 – Tests d’égalité Groupe A Groupe B Groupe C Moyennes (du tableau 9) Égalité des moyennes Médianes (du tableau 9) Égalité des médianes PCGR Valeur p canadiens du test t IFRS Égalité des variances PCGR Valeur p canadiens du test t N IFRS LIQUIDITÉ Ratio de liquidité générale Ratio de liquidité relative 19-20 19-20 21.297 0. combinées.910 33.520 -2.s. *** *** COUVERTURE Couverture des intérêts Couverture des charges fixes Couverture par les flux de trésorerie Ratio de couverture des flux de trésorerie opérationnels IFRS Valeur p PCGR de canadiens Wilcoxon ET (du tableau 9) RENTABILITÉ Rendement de l’actif Rendement global de l’actif Marge du BAIIA Ratio de la marge nette Rotation de l’actif Ratio cours-bénéfice inversé Ratio cours-bénéfice dilué renversé Note : « N » correspond au nombre de valeurs pour les ratios IFRS et les ratios PCGR canadiens.s.693 0.840 0.s.s.s.353 5. n.005 -0. n.613 -0. n.096 -0.204 0.492 n.845 0.000 0. à l’écart type.811 1. n. -0. n.s.559 0. n.944 7.913 4. à savoir les ratios de la marge du BAIIA. si bien que.642 0.149 n.004 0.361 0. n.000 *** *** LEVIER FINANCIER Ratio d’endettement Ratio d’endettement modifié Ratio des capitaux propres 30-30 30-30 30-30 1.456 5.s. 4.864 6.s.660 n.639 0.

qui imposent une déviation à la pente de la droite de régression. Nous avons soumis chaque ratio à une analyse de régression.2.320). 5.966).944 + 2. Analyse des distributions En théorie.356 (-0. ou d’observations aberrantes. et le R2 ajusté est presque nul. L’adoption des IFRS vient modifier les données comptables et. Nous avons utilisé la régression des moindres carrés pour étudier la mesure dans laquelle les ratios IFRS peuvent être expliqués par les ratios PCGR canadiens correspondants et pour examiner le degré de corrélation entre les variables.La prochaine étape de l’analyse consiste à déterminer si la forme des distributions diffère selon qu’on utilise les IFRS ou les PCGR canadiens.894) et tous les coefficients β des ratios de rentabilité sont significatifs au niveau de confiance de 1 % également (le R2 ajusté s’établissant entre 0. le modèle s’établissant comme suit : IFRSit = α + β PCGRit + e (Modèle 1) où : IFRS est le ratio IFRS pour la société i au temps t α est le point d’intersection PCGR est le ratio PCGR canadiens pour la société i au temps t β est le coefficient de la variable PCGR e est le terme d’erreur i renvoie aux neuf sociétés comprises dans l’échantillon t renvoie à la date des données du bilan (N ≤ 30) ou à la date de clôture de l’exercice pour les états financiers couvrant une période (N ≤ 22) Les résultats des analyses de régression avec un point d’intersection (groupe A du tableau 11) font état d’une relation solide pour les ratios de levier financier et les ratios de rentabilité. avec un R2 ajusté de 0. exception faite du ratio de couverture par les flux de trésorerie (dont le coefficient β est significatif au niveau de 10 %. et d’une relation faible pour les ratios de liquidité et de couverture (sauf le ratio de couverture par les flux de trésorerie). Ce résultat fallacieux résulte de valeurs extrêmes. Par exemple. les points d’intersection et coefficients β ne sont pas significatifs. les ratios financiers connexes. tandis que le coefficient β supérieur à 1 le fait augmenter (groupe A du tableau 11). Levier financier Le point d’intersection négatif du ratio d’endettement fait diminuer le ratio IFRS par rapport au ratio PCGR canadiens.653β est négatif lorsque β < 0. Tous les points d’intersection et coefficients β des ratios de levier financier sont significatifs au niveau de confiance de 1 % (le R2 ajusté s’établissant entre 0. Ces résultats indiquent que le ratio d’endettement IFRS est négatif lorsque le ratio PCGR canadiens est inférieur à 0. les ratios financiers devraient demeurer inchangés s’il n’existe pas de différence entre les IFRS et les PCGR canadiens. par le fait même. En ce qui concerne les ratios de liquidité et de couverture.818 et 0.356). on trouve dans l’échantillon une société dont le ratio d’endettement est nettement Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 47 . ce qui est carrément impossible en pratique.881 et 0.

supérieur à 1 pour deux périodes car ses capitaux propres sont négatifs (dans un cas, le ratio
d’endettement PCGR canadiens s’établit à 6,6 et le ratio IFRS, à 19,2 pour la même période).
Cette situation fait augmenter le coefficient β et donne lieu à un point d’intersection négatif.
Nous avons également procédé à une analyse de régression sans point d’intersection pour évaluer
l’incidence sur le coefficient β (groupe B du tableau 11). La qualité de l’ajustement est réduite
dans ce cas, mais on évite le problème posé par un point d’intersection négatif. Les résultats sont
similaires, soit un coefficient β de 2,29, significatif au niveau de 1 %, et un R2 ajusté de 0,843. La
pente est clairement positive et supérieure à 1, laissant supposer que le levier financier augmente
2,29 fois plus rapidement selon les IFRS que selon les PCGR canadiens. On observe des effets
similaires en ce qui a trait aux deux autres ratios de levier financier, soit le ratio d’endettement
modifié et le ratio des capitaux propres.
L’une des grandes différences entre les IFRS et les PCGR canadiens réside dans la présentation
des participations ne donnant pas le contrôle. Selon les IFRS, elles sont présentées dans les
capitaux propres, tandis que selon les PCGR canadiens, elles sont présentées hors des capitaux
propres. Les résultats de l’analyse de régression appliquée à l’égard du ratio d’endettement
s’apparentent aux résultats obtenus pour le ratio d’endettement modifié. Cette similarité laisse
supposer que le fait que les participations ne donnant pas le contrôle soient incluses ou non dans
le passif selon les PCGR canadiens n’a pas d’incidence significative sur les résultats. Toutefois,
l’obtention d’un point d’intersection et d’un coefficient β plus faibles pour le ratio d’endettement
modifié est cohérente avec la théorie sous-jacente. Si le ratio d’endettement PCGR canadiens est
plus élevé, c’est-à-dire si le chiffre des participations ne donnant pas le contrôle est inclus dans le
numérateur, le point d’intersection et le coefficient de régression β devraient être inférieurs car
le ratio IFRS reste le même. La question de la présentation des participations ne donnant pas le
contrôle ne se pose que lorsqu’une société ne détient pas la totalité d’au moins une de ces filiales.
Si nous n’avons relevé aucun effet global significatif, c’est en raison principalement du fait que très
peu de sociétés dans notre échantillon présentent des participations ne donnant pas le contrôle
dans leur bilan (N = 3). Ce résultat ne veut pas dire que des effets significatifs ne pourront être
observés sur une base individuelle en pratique.

Rentabilité
En ce qui concerne les ratios de rentabilité, le point d’intersection ne s’est pas révélé significatif
dans les analyses de régression, exception faite du rendement global de l’actif au niveau de
confiance de 10 % (groupe A du tableau 11). Cependant, deux types de résultats ont été observés
en ce qui a trait aux coefficients β. Les ratios reflétant un rendement (c.-à-d. le rendement de
l’actif, le rendement global de l’actif, le ratio cours-bénéfice inversé et le ratio cours-bénéfice dilué
inversé; désignés ci-après comme les ratios de rendement de l’actif et les ratios cours-bénéfice)
affichent des coefficients β significatifs bien au-dessus de 1; tandis que les autres ratios (c.-à-d. les
marges et la rotation de l’actif ) affichent des coefficients β proches et autour de 1.

48

Association des comptables généraux accrédités du Canada

Tableau 11 – Analyse de régression entre les ratios IFRS
et les ratios PCGR canadiens
Groupe A – Modèle 1 avec point d’intersection
Point
N
R2 ajusté
DW
d’intersection β PCGR

Variable dépendante (IFRS)
LIQUIDITÉ
Ratio de liquidité générale
Ratio de liquidité relative

LEVIER FINANCIER
Ratio d’endettement
Ratio d’endettement modifié
Ratio des capitaux propres

COUVERTURE
Couverture des intérêts
Couverture des charges fixes
Couverture par les flux de trésorerie
Ratio de couverture par les flux
de trésorerie opérationnels
RENTABILITÉ

Rendement de l’actif

Rendement global de l’actif
Marge du BAIIA
Ratio de la marge nette
Rotation de l’actif
Ratio cours-bénéfice inversé
Ratio cours-bénéfice dilué renversé

Coefficient
Stat t

20,962

Coefficient
Stat t

20,738

Coefficient
Stat t

-0,944

Coefficient
Stat t

-1,032

Coefficient
Stat t

-0,614

Coefficient
Stat t

-5,092

Coefficient
Stat t

-2,304

Coefficient
Stat t

-23,961

Coefficient
Stat t

-3,488

Coefficient
Stat t

0,223

Coefficient
Stat t

0,750

Coefficient
Stat t

-0,815

Coefficient
Stat t

-0,730

Coefficient
Stat t

-0,007

Coefficient
Stat t

-0,052

Coefficient
Stat t

-0,053

0,930
n.s.
0,930
n.s.

-3,840
***
-3,910
***
-2,820
***

-1,070
n.s.
-0,950
n.s.
-0,910
n.s.
-1,240
n.s.

0,740
n.s.
1,885
*
-1,560
n.s.
-1,380
n.s.
-0,740
n.s.
-0,572
n.s.
-0,576
n.s.

0,632

17

négl.

2,379

0,260
n.s.

0,667

17

négl.

2,387

30

0,894

2,449

30

0,881

2,525

30

0,881

2,483

18

négl.

0,042

18

négl.

0,084

6

0,320

0,024

9

négl.

0,000

22

0,902

3,770

9

0,966

0,756

15

0,862

0,537

16

0,875

0,566

19

0,903

1,231

8,536
***

2,044

30

0,823

2,015

30

0,853

2,010

18

négl.

0,034

18

négl.

0,052

6

0,343

0,029

9

négl.

0,000

22

0,904

3,745

9

0,955

1,403

15

0,847

0,363

16

0,867

0,424

19

0,906

1,276

17

0,826

0,440

17

0,826

0,438

2,241
2,581

0,056
0,056
-7,471
0,190

2,779
3,439
0,987
1,119
0,991
21,280
***

17

0,818

0,426

8,542
***

1,764

0,843

10,803
***

12,990
***

1,764

30

2,290

9,332
***

10,280
***

1,039

2,349

14,222
***

9,385
***

1,078

négl.

15,137
***

15,146
***

0,959

17

1,893

0,145
n.s.

13,930
***

3,663

2,349

-2,430
**

-0,160
n.s.

2,842

négl.

0,810
n.s.

-1,830
*

-0,210

17

0,409
n.s.

0,570
n.s.

-6,235

1,887

12,994
***

0,150
n.s.

0,040

DW

12,477
***

14,720
***

0,021

R2 ajusté

13,409
***

14,720
***

2,646

N

0,948
n.s.

15,650
***

2,646

β PCGR

0,949
n.s.

0,280
n.s.

2,653

Groupe B – Modèle 1 sans point d’intersection

1,812
9,793
***

17

0,818

0,425

1,812
9,794
***

Note : « N » correspond au nombre de valeurs, et « DW », à la valeur Durbin-Watson (qui fournit une indication
approximative de la cohérence des résultats de l’analyse de régression; une valeur DW proche de zéro combinée
à un R2 élevé est le signe d’une régression fallacieuse).
*** coefficient significatif au niveau de confiance de 1 %.
** coefficient significatif au niveau de confiance de 5 %.
* coefficient significatif au niveau de confiance de 10 %.
n.s. : coefficient non significatif.
négl. : négligeable.
Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 49

Les coefficients β des ratios de rendement sont supérieurs à 1 et sont significatifs au niveau de
confiance de 1 % (avec un R2 ajusté s’établissant entre 0,818 et 0,966). C’est donc dire que la
pente est positive et que le rendement augmente plus rapidement selon les IFRS que selon les
PCGR canadiens (2,84 et 3,66 fois plus rapidement pour les ratios de rendement de l’actif et
1,76 fois pour les ratios cours-bénéfice). Cela vaut également dans la direction opposée : les ratios
de rendement de l’actif IFRS diminuent 2,84 et 3,66 fois plus rapidement tandis que les ratios
cours-bénéfice IFRS diminuent 1,76 fois plus rapidement lorsque les ratios PCGR canadiens
sont négatifs. Les résultats sont similaires lorsqu’on procède à une analyse de régression sans point
d’intersection, les coefficients β s’établissant entre 1,81 et 3,44 (avec un R2 ajusté s’établissant
entre 0,826 et 0,955; groupe B du tableau 11).
Il est à noter qu’aucune différence significative n’a été relevée entre le ratio cours-bénéfice calculé
à partir du résultat de base par action et le ratio cours-bénéfice calculé à partir du résultat dilué
par action.

Liquidité et couverture
Nous n’avons relevé aucun résultat significatif dans le cadre des analyses de régression visant les
ratios de liquidité et de couverture, exception faite du ratio de couverture par les flux de trésorerie,
avec un R2 ajusté de 0,320 et 0,343 (groupes A et B du tableau 11). Cette situation s’explique par
les valeurs extrêmes, qui ne présentent aucune relation avec la plupart des autres valeurs comprises
dans l’échantillon. Elle signifie également que la relation entre les ratios IFRS et les ratios PCGR
canadiens n’est pas linéaire et que d’autres méthodes économétriques pourraient être utilisées
ou que les données pourraient être transformées (comme le suggèrent Mcleay et Omar, 2000,
et Ezzamel et Mar-Molinero, 1990) pour les besoins de l’analyse. Il s’agit ici d’une avenue de
recherche future.

5.3. Effet sectoriel et autres effets
Le contexte dans le cadre duquel la présente étude s’inscrit peut laisser supposer l’existence de
certains effets propres à la nature des données et à la période au cours de laquelle les données ont
été recueillies. Nous avons procédé à des analyses de régression supplémentaires pour déterminer
l’incidence de trois catégories d’effets sur les résultats : i) le secteur d’activité, ii) les exceptions et
exemptions prévues dans l’IFRS 1, et iii) le passage récent aux IFRS par rapport à l’application
des IFRS de façon continue.
Le modèle est une variante du modèle 1 à laquelle on a ajouté trois variables nominales. Comme
l’échantillon est de petite taille, nous avons procédé à trois analyses de régression séparées.

IFRSit = α + β1 PCGRit + βj DICHOTOMIQUEjit + e

où DICHOTOMIQUEj renvoie à trois variables dichotomiques (j= 2, 3 ou 4)

50

Association des comptables généraux accrédités du Canada

l’effet négatif est plus prononcé pour les sociétés du secteur minier que pour les sociétés des autres secteurs. allant de négligeable (ou 0. la variable « MINIER » est également significative (au niveau de 10 %) pour le rendement global de l’actif.320 pour la couverture par le flux de trésorerie) selon le modèle 1 à 0. charges fixes et flux de trésorerie) à des niveaux de confiance variant entre 1 % et 10 %. Cela pourrait représenter une piste de recherche intéressante à explorer. Ce dernier résultat laisse entrevoir une incidence positive des IFRS sur la rentabilité « globale » des sociétés exerçant leurs activités dans le secteur minier. en ce qui concerne les ratios de couverture IFRS. avec des coefficients β2 négatifs (R2 ajusté de 0. qui affiche toutefois un coefficient β2 positif (R2 ajusté de 0. selon les IFRS. Pour déterminer si les résultats sont sensibles à l’effet sectoriel.167-0. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 51 . Le R2 ajusté augmente pour ces ratios. Cette situation laisse supposer que. la rentabilité des sociétés minières a été touchée dans une plus grande mesure que celle des sociétés d’autres secteurs d’activité au cours de la période à l’étude.597 selon le modèle 2. Effet des exceptions et exemptions prévues dans l’IFRS 1 Comme il a été mentionné à la section 2. des tests supplémentaires ont été appliqués. Ce résultat révèle également que.Effet sectoriel Les sociétés du secteur minier semblent avoir intérêt à adopter de façon anticipée les IFRS. l’incidence sur le résultat global est à l’inverse de l’incidence sur le résultat net. à en juger par le fait que les sociétés ayant opté pour une adoption anticipée sont principalement des sociétés de ce secteur.3. en utilisant une variable nominale pour distinguer les sociétés du secteur minier des autres sociétés.973). Ce résultat laisse supposer que le secteur minier a une incidence négative sur la rentabilité selon les IFRS telle qu’établie à partir de mesures tirées du compte de résultat (BAIIA et résultat net). Il n’a pas encore été déterminé si les résultats observés (ou non observés) dans la présente étude sont attribuables à 14 Se reporter à Deloitte (2008) et PwC (2007) pour une analyse de l’incidence des IFRS sur le secteur minier au Canada.978 et 0. On constate que la variable dichotomique « MINIER » n’a aucun effet significatif sur les ratios de liquidité et de levier financier.14 IFRSit = α + β1 PCGRit + β2 MINIERit + e (Modèle 2) où MINIER correspond à 1 pour les sociétés du secteur minier et à 0 pour les autres sociétés Les résultats du modèle 2 sont fournis dans le groupe A du tableau 12. tandis qu’elle a un effet significatif sur trois ratios de couverture et trois ratios de rentabilité. La variable « MINIER » est significative au niveau de confiance de 1 % pour le ratio de la marge du BAIIA et de la marge nette. La variable « MINIER » est également significative et négative pour trois des quatre ratios de couverture (intérêts.944). l’IFRS 1 prévoit un certain nombre d’exceptions ou de décisions ponctuelles à l’égard de quelques questions de comptabilité. Par conséquent. Cela dit.

933 *** 0.563 0.802 n.s.167 0.s.s.471 s.000 0. 0.890 3.705 -32.193 2.251 n.s. n. 2.689 *** -0. ** coefficient significatif au niveau de confiance de 5 %.348 -3.690 1.779 n.s.s.482 -0.269 -3.762 n.016 n.770 8.o.159 (non testé en raison de l’absence de variations/ observations pour l’échantillon) 30 0.550 -1. Ratio de couverture par les flux de trésorerie opérationnels Groupe B – Modèle 3 β2 MINIER -0.659 n.s. négl.691 * 18 0.734 s.504 15 0.938 12.718 -43. 9.423 n. *** n.229 -4.o.149 8.849 s.042 *** 1. : coefficient non significatif. n.678 *** 2.609 *** 2.s.056 30 0.880 2.050 17 0.s.870 *** 1.144 n.036 *** 0.457 s.s. 0. 0. 0.390 n. 22 0. * coefficient significatif au niveau de confiance de 10 %.016 -1.235 0. -8.s.774 8.s.s.354 -0.256 n.423 *** s. n. 17 0.145 -20.479 6 0.s.s.774 -0.608 1.o.689 1.143 -3.s.476 22 0.o.008 0.048 n.806 0.908 n.890 0. 2.469 30 0. -0.095 n.s.017 n.050 -0.839 11.755 n.832 * 18 0.312 s.s.884 2.318 0.133 -11.s.s.895 2.765 n.944 0.628 n. -3.155 n.s.896 0.731 *** 3.770 18 0.342 -3.892 0.924 *** 2.596 -0.901 3.s.188 8. *** 30 0.021 -0.597 0.844 n.s.s. n.152 *** (non testé en raison de l’absence de variations/ observations pour l’échantillon) -0.s. *** *** n.s.153 0.s.091 -2.550 -0.914 n.260 -0. 30 0.882 2.226 -3. 0.115 n.s.772 * n.462 1.803 2. n.190 n.709 0.357 0.025 -0.923 0. 17 négl.585 *** Ratio d’endettement modifié Ratio des capitaux propres COUVERTURE Couverture des intérêts Stat t Coefficient Stat t Coefficient Stat t Couverture des charges fixes Coefficient Couverture par les flux de trésorerie Coefficient Stat t Stat t 0.480 Note : « N » correspond au nombre de valeurs.460 RENTABILITÉ Rendement de l’actif Coefficient Stat t Coefficient Stat t Rendement global de l’actif Marge du BAIIA Coefficient Stat t Coefficient Stat t Ratio de la marge nette Coefficient Stat t Rotation de l’actif Coefficient Stat t Ratio cours-bénéfice inversé Coefficient Ratio cours-bénéfice dilué renversé Coefficient Stat t Stat t DW 0. -0.162 (non testé en raison de l’absence de variations/ observations pour l’échantillon) 1.190 *** -2. *** coefficient significatif au niveau de confiance de 1 %. 0.179 n.526 n.857 *** 3. -5.s.267 *** 1.583 Groupe C – Modèle 4 DW 17 négl.409 -1.050 0. 1.249 n.083 0. * 1.837 0.642 15.050 0.034 n.806 0.978 0. -0. 2. Coefficient Stat t -1.025 n.939 0.967 0. -4.632 0.Tableau 12 – Analyse de régression entre les ratios IFRS et les ratios PCGR canadiens et des variables dichotomiques Groupe A – Modèle 2 Variable dépendante (IFRS) LIQUIDITÉ Ratio de liquidité générale Point d’intersection β1 PCGR Coefficient Stat t Ratio de liquidité relative Coefficient Stat t LEVIER FINANCIER Ratio d’endettement 0. -33.o.093 n.s. 18 0.s.882 2.s.971 10.594 14.s. -0.o. 0.096 -1.585 n. 17 0.s.598 *** 1.234 0.343 s.s.s.896 2. 0. 0.243 0.s.651 15.s.s.624 -1.156 (non testé en raison de l’absence de variations/ observations pour l’échantillon) 0.282 n.247 1. 0.372 n.301 -0.025 *** *** n.622 0.s. 6 0.477 0.333 n.391 *** 0. 2. à la valeur Durbin-Watson (qui fournit une indication approximative de la cohérence des résultats de l’analyse de régression. n.183 n.202 -0.077 0.177 0.502 29.408 -1.s. -0.949 -0.290 n.s.s.400 *** 0. *** n.788 17.386 n. 9 négl.s.974 0.563 0.461 -0. 0.s.249 -3. -0.s. 2. 1. -2.690 *** -0.o.s.929 11.093 -16.880 2.915 12.o.s. -5.502 *** -0.353 -0. 2. 52 Association des comptables généraux accrédités du Canada .s.402 *** 0.469 -73.163 ** -1. 16 0.019 n.502 0.231 Coefficient -1.001 n.079 11.210 *** 1.806 0.353 14.983 14.187 -1.159 n.017 -0.167 0. -0.635 14.s. 2.536 1.672 0.s.286 -0.938 9 0.762 -3.635 R2 N ajusté 23. 2. 30 0.806 0. 2.594 -0.736 n.282 *** 0. -1.570 n.534 -0.o.339 Point R2 β3 d’intersection β1 PCGR OUVERTURE N ajusté 1.806 0.o.592 n. 0.640 30 0.340 2.293 15 0. 2.884 2. 0.339 -0. 0.604 -1.740 15.935 -4.057 -1.s.624 Point R2 β4 d’intersection β1 PCGR TRANSITION N ajusté -3.310 -0.s.349 *** 30 0.662 -2. 19 0.s. -4.278 n.s.087 30 0.s. et « DW ».102 -0.208 n.900 1.416 -0.000 s.916 DW 17 négl.o.574 1. 17 0.075 0. -0.973 0.481 s.469 -1.003 -0.801 16 0.194 9 0.445 0. une valeur DW proche de zéro combinée à un R2 élevé est le signe d’une régression fallacieuse).s.492 29. 1. 0.812 16.025 -0.706 15.517 s. -0.328 n.s.s.430 n.547 -1.022 1.011 0.898 2. 1.460 23.193 0.455 -9.705 14.141 n.520 0.152 0.864 s. *** *** n. 2.807 n.640 14. ** n. : négligeable.572 17 négl.s.547 -0.

les ratios des sociétés comprises dans l’échantillon ont été calculés à partir de deux groupes d’états financiers. L’une des exemptions permises porte sur l’inscription initiale en actif des coûts dans les secteurs minier. IFRSit = α + β1 PCGRit + β4 TRANSITIONit + e (Modèle 4) où TRANSITION correspond à 1 pour les sociétés qui ont opéré la transition aux IFRS récemment et à 0 pour celle qui applique les IFRS de façon continue Les résultats de l’application du modèle 4 sont fournis dans le groupe C du tableau 12. de ce fait.2. Les exceptions et exemptions prévues dans l’IFRS 1 n’ont pas d’incidence significative sur les différences relevées pour les ratios calculés à partir de notre échantillon. dans le cas des ratios de liquidité. Le deuxième groupe se compose des états financiers d’une société qui applique les IFRS de façon continue depuis dix ans. indiquant une absence de pouvoir explicatif. L’analyse de régression fait même état d’un R2 ajusté négligeable. car l’IFRS 1 n’est pas directement applicable.D8A). Il pourrait néanmoins être intéressant dans le cadre d’une recherche future de tester des ajustements spécifiques permis selon l’IFRS 1 au moyen d’un échantillon plus important. mais qu’elle a des effets significatifs sur deux ratios de couverture et deux ratios de rentabilité. ne sont pas testés. Une variable nominale est utilisée pour établir une distinction entre les deux groupes. et à 0 autrement Les résultats de l’application du modèle 3 sont fournis dans le groupe B du tableau 12.des différences entre les IFRS ordinaires et les PCGR canadiens ou à des décisions ponctuelles permises par l’IFRS 1. La variable dichotomique « OUVERTURE » n’est pas significative pour les ratios de liquidité et de levier financier. Les ratios de couverture et de rentabilité ne font pas appel à des données du bilan à la date de transition et. Le premier groupe comprend les états financiers de huit sociétés qui sont passées récemment aux IFRS. Les ratios de liquidité et deux autres ratios (ratio de couverture par les flux de trésorerie Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 53 . pétrolier et gazier (IFRS 1. On peut toutefois atténuer cet effet en ayant recours à une variable nominale pour isoler l’incidence distincte de l’IFRS 1 sur le bilan d’ouverture dans le modèle suivant : IFRSit = α + β1 PCGRit + β3 OUVERTUREit + e (Modèle 3) où O  UVERTURE correspond à 1 pour un bilan d’ouverture auquel l’IFRS 1 s’applique. car l’échantillon se compose principalement de sociétés minières. Il appert que la variable nominale « TRANSITION » n’a pas d’effet significatif sur les ratios de levier financier. laquelle peut constituer une limitation importante. Effet du passage récent aux IFRS par rapport à l’application continue Comme il est décrit à la section 4. Les résultats obtenus laissent supposer qu’il n’y a pas de différences particulières entre les ratios IFRS et les ratios PCGR canadiens à la date du bilan d’ouverture.

077-0. 54 Association des comptables généraux accrédités du Canada . comme le deuxième groupe de l’échantillon ne comprend qu’une seule société. La variable nominale « TRANSITION » est également significative et négative pour deux ratios de couverture (intérêts et charges fixes) au niveau de confiance de 10 % et de 5 % (le R2 ajusté passant de négligeable selon le modèle 1 à 0.939 et 0.opérationnels et ratio de rotation de l’actif ) n’ont pu être testés en raison de l’absence de variations/ observations pour l’échantillon. ce qui pourrait constituer une avenue de recherche intéressante. Or. Ces résultats cadrent avec l’observation selon laquelle l’application des IFRS a des effets négatifs plus importants sur la rentabilité des sociétés dont la transition aux IFRS est survenue récemment. Ce résultat laisse supposer que la rentabilité des sociétés qui ont basculé aux IFRS récemment a été touchée plus négativement que celle des sociétés qui appliquent les IFRS de façon continue.153 selon le modèle 4). il faudrait appliquer le test à un échantillon plus important. avec un coefficient β4 négatif (R2 ajusté de 0. créant un problème de multicolinéarité (matrice quasi singulière).923). La variable nominale « TRANSITION » est significative au niveau de confiance de 1 % pour les ratios de la marge du BAIIA et de la marge nette.

Selon les PCGR canadiens préexistants.15 Dans l’ensemble. MOT DE LA FIN ET RECOMMANDATIONS Les IFRS s’appuient dans une plus large mesure sur la comptabilisation en juste valeur. Plus particulièrement. et le ratio PCGR canadiens correspondant à titre de variable indépendante (avec un coefficient β). le rendement global de l’actif et les ratios cours-bénéfice) (tableau 10). le ratio d’endettement modifié et le ratio des capitaux propres). pour un ratio de couverture (soit le ratio de couverture par les flux de trésorerie) et pour quatre ratios de rentabilité (soit le rendement de l’actif. En l’absence 15 En revanche. la variance de plusieurs ratios calculés en IFRS est significativement plus élevée au niveau de confiance de 1 % pour les ratios de liquidité et de levier financier (soit le ratio de liquidité générale. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 55 . ainsi que le résultat net ou le résultat global. les variations et les soldes des participations ne donnant pas le contrôle sont intégrées directement dans les capitaux propres. L’indication préliminaire fait état d’une volatilité beaucoup plus grande de la plupart des ratios IFRS en comparaison aux ratios PCGR canadiens pour les sociétés ayant adopté les IFRS de façon anticipée. le ratio de liquidité relative. La distribution des moyennes et médianes des ratios financiers laisse supposer que les IFRS ne changent pas significativement la situation financière des sociétés. Nous avons procédé à des analyses de régression des moindres carrés pour vérifier dans quelle mesure les ratios IFRS peuvent être expliqués au moyen des ratios PCGR canadiens correspondants et la mesure dans laquelle il y a corrélation entre les deux (tableau 11). Des différences ont également été observées entre les moyennes et médianes des ratios. les valeurs maximales de plusieurs ratios IFRS sont plus élevées et les valeurs minimales. les participations ne donnant pas le contrôle sont plutôt exclues des capitaux propres et leur quotepart du résultat net est incluse dans les charges. de passif et de capitaux propres du bilan. plus faibles (tableau 9). Plus particulièrement.6. ce qui touche les éléments d’actif. Les principales constatations de la présente étude concernent la volatilité des ratios. mais ces différences ne sont pas significatives du point de vue statistique. Selon cette théorie. et les valeurs en question présentent une plus grande variabilité. il peut y avoir des différences importantes en ce qui a trait aux ajustements apportés au titre de la dépréciation dans certaines circonstances. la fourchette des valeurs est plus vaste pour la plupart des ratios IFRS que pour les ratios PCGR canadiens. soit le ratio de couverture des intérêts (au niveau de confiance de 5 %) et le ratio de couverture des charges fixes (au niveau de confiance de 1 %). la variance est nettement plus faible en IFRS qu’en PCGR canadiens pour deux ratios. de passif et de capitaux propres. le ratio d’endettement. En outre. Il existe toutefois des écarts individuels importants dans certains cas. nous avons utilisé le ratio IFRS à titre de variable dépendante. des prestations de retraite et des paiements fondés sur des actions a également une incidence sur des éléments de charge. D’autres différences entre les IFRS et les PCGR canadiens trouvent leur origine dans la théorie de l’entité distincte sous-jacente aux principes de consolidation et dans un certain nombre d’autres pratiques. dans l’état des résultats. La comptabilisation des contrats de location. Dans chaque cas.

En définitive. Les coefficients β de chaque ratio compris dans ces catégories sont significatifs à un niveau de confiance de 1 %. le ratio de la marge nette. ce qui va dans 16 Trois ratios présentent un coefficient β de près de 1. On obtient donc des variations positives plus marquées du ratio IFRS lorsque le ratio PCGR canadiens est positif. y compris le ratio coursbénéfice fondé sur le cours du marché.16 Un coefficient β supérieur à 1 indique que la valeur du ratio IFRS est amplifiée par rapport à celle du ratio PCGR canadiens. Cela dit. sous réserve de la valeur du point d’intersection (qui est fixe). ce résultat n’est pas robuste. avec un R2 ajusté allant de 0. Lantto et Sahlström font état de différences significatives pour ce qui concerne un ratio de liquidité.818 à 0. à 0. Ces résultats cadrent avec les résultats des tests d’égalité des variances. cinq ratios reflétant une baisse de rentabilité ou de couverture pour les sociétés minières selon les IFRS comparativement aux PCGR canadiens. et le ratio de rotation de l’actif. Les résultats de l’analyse confirment la volatilité accrue des ratios IFRS de levier financier et de rentabilité. lesquels n’étaient pas significatifs pour ces trois ratios particuliers (voir le tableau 10).966. respectivement). Troisièmement. Lantto et Sahlström signalent également que les IFRS entraînent des variations considérables de l’amplitude des ratios financiers. Nous avons appliqué des tests à l’égard de trois effets spécifiques se rapportant aux caractéristiques particulières des données (tableau 12). à savoir la marge du BAIIA qui.078.039. qui se situe à 1. nous n’avons relevé aucun effet significatif en ce qui a trait aux exceptions et exemptions prévues dans l’IFRS 1. Pour leur part. les ratios IFRS sont plus volatils. 56 Association des comptables généraux accrédités du Canada . avec un coefficient β égal à 1 et un R2 égal à 100 %. Nos résultats diffèrent de ceux de Lantto et Sahlström (2009) sur les effets des IFRS sur les ratios dans le contexte européen. les ratios devraient être identiques selon les deux référentiels et l’analyse de régression ne ferait état d’aucun point d’intersection. Il se peut toutefois que ce résultat soit attribuable en partie à la petite taille de l’échantillon et au nombre insuffisant de sociétés exerçant leurs activités dans d’autres secteurs.de différences entre les IFRS et les PCGR canadiens. Il faudrait appliquer d’autres tests pour vérifier plus en profondeur les effets des dispositions de l’IFRS 1 sur les ratios à la date de transition. qui s’établit à 1. deux ratios de levier financier et quatre ratios de rentabilité. Premièrement. et des variations négatives plus marquées du ratio IFRS lorsque le ratio PCGR canadiens est négatif. car l’échantillon ne comprend qu’une seule société dans cette dernière situation. Cela dit. et s’élèvent à plus de 1 (sauf la marge du BAIIA. nous avons observé un effet sectoriel significatif pour six ratios. Des résultats similaires sont obtenus lorsqu’on force une analyse de régression sans point d’intersection. Notre étude ne révèle aucune différence significative entre les médianes obtenues pour chacun des ratios (exception faite du ratio de couverture par les flux de trésorerie) calculés pour les sociétés canadiennes qui ont adopté les IFRS de façon anticipée.959. Ce résultat a été obtenu en isolant le bilan d’ouverture à la date de transition au moyen d’une variable nominale. mais il n’existe pas de différence significative pour ce qui concerne les moyennes et médianes globales par rapport aux ratios PCGR canadiens. Notre test fait appel à une variable nominale pour distinguer les sociétés minières des sociétés non minières (sept contre deux. nous avons observé que la rentabilité des sociétés qui ont basculé récemment aux IFRS est touchée plus négativement par les IFRS que celle de la société qui applique les IFRS de façon continue. à 0. est inférieure à 1. Deuxièmement.959).

la comptabilisation des produits des activités ordinaires. les résultats pourraient être influencés par des facteurs s’appliquant aux sociétés qui optent pour une adoption anticipée et être moins pertinents pour les sociétés qui n’ont pas fait un tel choix. l’inscription en actif. l’échantillon utilisé est de taille limitée. ces résultats sont incomplets et ne représentent pas nécessairement l’incidence globale à laquelle on peut s’attendre pour les sociétés ouvertes canadiennes dans les années à venir. l’influence d’un effet sectoriel est assez manifeste. Il pourrait être intéressant dans le cadre d’une recherche future d’identifier les aspects particuliers des normes comptables qui expliquent la plus grande volatilité des ratios IFRS. D’abord. il est probable que la crise financière de 2008 ait eu une certaine influence sur les données utilisées aux fins de l’analyse. Deuxièmement.8 % des sociétés comprises dans l’échantillon exercent leurs activités dans le secteur minier. Bien que les tests préliminaires fassent état de résultats significatifs. De ce fait. La littérature récente fait état de certains aspects plus susceplibles d’être touchés par les IFRS dans le contexte canadien. les profits et pertes latents sur des éléments évalués à la juste valeur selon les IFRS et au coût historique selon les PCGR canadiens)? Est-ce à cause des ajustements ou méthodes appliquées selon les IFRS. à savoir la source d’information comptable disponible reconnue comme la plus fiable.le sens de nos constatations en ce qui a trait à la volatilité accrue des ratios IFRS pour les sociétés canadiennes ayant adopté les IFRS de façon anticipée. Il sera également possible d’élargir la taille de l’échantillon au moyen des données des sociétés qui appliqueront les IFRS à compter de la date d’adoption obligatoire en 2011 au Canada. la dépréciation d’actifs. ce qui influerait toutefois sur la fiabilité des résultats. Troisièmement. Il pourrait être envisagé dans le cadre de recherches futures d’élargir la portée de l’analyse aux états financiers intermédiaires afin d’accroître la taille de l’échantillon. Quatrièmement. L’échantillon utilisé aux fins de la présente étude se fonde sur des états financiers audités. Cette volatilité accrue des ratios IFRS en contexte canadien découle des données comptables sous-jacentes. par rapport à une période de crise financière. car 77. Est-ce à cause des ajustements supplémentaires qui sont requis selon les IFRS mais qui ne le sont pas selon les PCGR canadiens (par exemple. La cause exacte demeure toutefois incertaine. Il semble évident que les sociétés du secteur minier ont plus intérêt que les autres à adopter de façon anticipée les IFRS. particulièrement dans une période de croissance économique. il se compose de 30 bilans et de 22 autres états financiers obtenus auprès de neuf sociétés. les prestations de retraite et la définition du périmètre de consolidation. L’objectif de la présente étude consiste à fournir une indication préliminaire de l’incidence des IFRS sur les ratios financiers au Canada.17 Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 57 . car l’échantillon est composé de la totalité des sociétés canadiennes qui ont opté pour une adoption anticipée et dont les états financiers étaient disponibles sur SEDAR. Ce fait mérite d’être signalé. notamment la comptabilisation en juste valeur. Elle comporte toutefois des limites importantes en raison de la nature des données et du moment de sa réalisation. les sociétés comprises dans l’échantillon ont volontairement adopté les IFRS de façon anticipée. qui sont axées sur les principes et qui laissent une plus grande place à la discrétion et au jugement de la direction? Ou existe-t-il une autre explication? La présente analyse ne peut fournir de réponse définitive.

Cette observation est corroborée par l’accroissement perceptible de la volatilité d’un certain nombre de ratios IFRS. Il est encourageant de constater que l’indication préliminaire ne fait pas état de différences significatives du point de vue statistique entre les moyennes et les médianes des ratios IFRS et des ratios PCGR canadiens. et Ezzamel et Mar-Molinero. Autrement. la comparabilité pourrait être compromise et l’analyse des tendances pourrait être trompeuse. 2000. Nous recommandons aux utilisateurs de s’appuyer sur l’analyse des flux de trésorerie. 17 Une autre piste de recherche future consisterait à transformer les données afin de corriger les observations aberrantes (comme le suggèrent Mcleay et Omar. on n’observe pas le même effet sur la volatilité pour le ratio de couverture par les flux de trésorerie opérationnels. Bien que les IFRS n’aient pas d’incidence significative sur les ratios financiers pris dans leur ensemble. Il n’est pas tout à fait approprié de comparer des ratios qui se fondent sur des chiffres établis en IFRS avec ceux qui se fondent sur des chiffres établis en PCGR canadiens. Le fait que le résultat opérationnel et le résultat brut ne soient pas présentés de façon uniforme ou ne soient tout simplement pas présentés dans les états financiers est un point important que les analystes doivent garder à l’esprit. Les analystes doivent être au fait des principales caractéristiques des IFRS qui diffèrent des PCGR canadiens. surtout dans les cas où les pratiques comptables font l’objet d’une incertitude ou relèvent d’un jugement arbitraire de la direction. mais il pourrait être hasardeux de s’appuyer sur ces résultats. 58 Association des comptables généraux accrédités du Canada . il existe des différences notables pour ce qui est de ratios individuels. Certains ratios financiers n’ont pu être testés en raison d’un manque de données dans les états financiers ou d’autres motifs. Nous recommandons de vérifier l’uniformité des chiffres sous-jacents lorsqu’on utilise les ratios de la marge brute et de la marge d’exploitation dans le cadre de l’analyse de la rentabilité. 2010). Curieusement. 1990). Cela pourrait s’expliquer par le fait que les flux de trésorerie ne sont pas touchés par les changements de méthodes comptables. Une solution pourrait consister à recalculer les ratios au moyen de l’information retraitée rétrospectivement selon les IFRS présentée dans les états financiers de l’exercice de transition. car l’égalité des variances n’est pas rejetée pour ce ratio. Les utilisateurs des états financiers doivent faire la distinction entre les variations de la performance présentée qui résultent de la transition aux IFRS et celles qui résultent de changements touchant l’entreprise elle-même (Conseil canadien d’information sur la performance. Les analystes financiers devraient porter une attention particulière aux situations dans lesquelles l’application des IFRS donne des résultats différents de l’application des PCGR canadiens. Il pourrait toutefois s’agir d’un exercice coûteux qui demeure exposé à certaines limites. sauf dans les cas où le périmètre de consolidation est défini différemment. notamment du fait des exemptions et exceptions prévues dans l’IFRS 1.Recommandations Nous encourageons les analystes à faire preuve de circonspection lorsqu’ils examinent des ratios financiers au cours de la période de transition aux IFRS au Canada. qui font osciller les valeurs au-dessus et au-dessous des médianes.

à l’égard duquel nous proposons deux ratios. Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 59 . nous conseillons aux utilisateurs des états financiers de prêter attention à une nouvelle notion. soit le rendement global de l’actif et le rendement global des capitaux propres. Ces ratios sont une variante du rendement de l’actif et du rendement des capitaux propres standard dans laquelle on utilise plutôt le résultat global comme numérateur. à savoir le résultat global. Le résultat global englobe les profits et pertes latents qui n’entrent pas dans le calcul du résultat net. Une différence entre le rendement de l’actif/ des capitaux propres standard et le rendement global de l’actif/des capitaux propres devrait être examinée afin de déterminer les causes sous-jacentes.Enfin.

60 .

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