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Montréal (Ville de) c.

Njanda

2015 QCCM 40

COUR MUNICIPALE DE MONTRÉAL
CANADA
PROVINCE DE QUÉBEC
DISTRICT DE MONTRÉAL
No :

807-298-332

DATE : LE 24 FÉVRIER 2015

SOUS LA PRÉSIDENCE DE L’HONORABLE RANDALL RICHMOND, J.C.M.M.

VILLE DE MONTRÉAL
Poursuivante
c.
MÉLANIE NJANDA
Défenderesse

JUGEMENT

Me Jimmy Law
pour la poursuite
La défenderesse s’est représentée elle-même.

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1.

SURVOL

[1] La personne qui conduit un véhicule routier ne doit jamais faire usage de son
téléphone cellulaire, même pour regarder l’heure et même lorsqu’elle est
immobilisée devant un feu de circulation.
2.

ACCUSATION

[2] La défenderesse Mélanie Njanda est accusée d’avoir, le 12 décembre 2013,
enfreint l’art. 439.1 du Code de la sécurité routière, RLRQ c. C-24.2, en « ayant
conduit un véhicule routier en faisant usage d’un appareil tenu en main muni d’une
fonction téléphonique ».
3.

LES FAITS

[3] Un policier a observé la défenderesse au volant de son véhicule automobile
immobilisé devant une lumière rouge. Elle tenait un téléphone cellulaire dans sa
main droite « au niveau du volant ». Selon le policier, elle semblait parler. Aussitôt
qu’elle a vu le policier, elle a baissé son bras.
[4] La défenderesse a témoigné et a dit qu’elle ne faisait que regarder l’heure
sur son téléphone cellulaire. Elle n’a pas été contre-interrogée et le procureur de
la poursuivante n’a pas remis en question sa version des faits.
[5] Depuis l’arrivée des téléphones intelligents, bien des gens ne portent plus de
montre et se fient à leur téléphone pour connaître l’heure. Le policier n’ayant pas
observé la défenderesse très longtemps, il est possible qu’il se soit trompé au
sujet du mouvement des lèvres qu’il prétend avoir vu.
[6] Sur les faits, donc, la défenderesse a soulevé un doute raisonnable et, pour
les fins de ce jugement, le Tribunal retient sa version.
[7]
4.

Il reste à trancher les questions de droit.
QUESTIONS EN LITIGE

[8] Est-ce que l’infraction prévue à l’art. 439.1 C.s.r. peut être commise lorsque
le véhicule du défendeur est immobilisé devant un feu de circulation?
[9] Est-ce que le simple fait de regarder l’heure sur son téléphone cellulaire est
prohibé par l’art. 439.1 C.s.r.?

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5.

LA LÉGISLATION

[10] L'article 439.1 C.s.r. a été ajouté au Code de la sécurité routière en 2007
(L.Q. 2007, c. 40) et il est entré en vigueur le 1er avril 2008. Modifié en 2012 (L.Q.
2012, c. 15, a. 15) par l'ajout des deux derniers alinéas, il se lit maintenant (depuis
le 6 juin 2012) comme suit :

439.1. Une personne ne peut, pendant qu'elle conduit un véhicule
routier, faire usage d'un appareil tenu en main muni d'une fonction
téléphonique.
Pour l'application du présent article, le conducteur qui tient en main
un appareil muni d'une fonction téléphonique est présumé en faire
usage.
Cette interdiction ne s'applique pas au conducteur d'un véhicule
d'urgence dans l'exercice de ses fonctions.
Le premier alinéa ne vise pas une radio bidirectionnelle, à savoir un
appareil de communication vocale sans fil qui ne permet pas aux
interlocuteurs de parler simultanément.
Le ministre peut, par arrêté, prévoir d'autres situations ou types
d'appareil qui ne sont pas visés par l'interdiction prévue au premier
alinéa.
[soulignements ajoutés]

6.

ANALYSE

6.1

L’immobilisation devant un feu de circulation

[11] L’utilisation du téléphone cellulaire lorsque le véhicule est immobilisé devant
un feu de circulation fait l’objet de nombreux jugements par des tribunaux de
première instance au Québec.
[12] La presque totalité de ces décisions déclarent que cette activité est défendue
par l’art. 439.1 C.s.r. : Piedmont (Municipalité de) c. Sauvé, 2008 QCCM 271;
Montreal (City of) v. Farmer, 2009 QCCM 84; Thetford Mines (Ville de) c. Gagné,
2009 QCCM 191; Montréal (Ville de) c. Manaster, 2011 QCCM 319; Montréal
(Ville de) c. Giguère, 2013 QCCM 81; Montréal (Ville de) c. Cardinal, 2013 QCCM
82; Montréal (Ville de) c. Lamonde-Guèvremont, 2014 QCCM 168.
[13] Il ne semble y avoir qu’une seule décision rapportée qui exprime une opinion
contraire : Montréal (Ville de) c. Roger, 2011 QCCM 269 (20 septembre 2011).
Dans ce jugement, rendu oralement et transcrit par la suite, le juge a dit que

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l'interdiction ne s'applique pas lorsque le véhicule est immobilisé devant un feu
rouge et qu’ « Il faut que le véhicule soit en mouvement » (par. 22).
[14] Mais la décision dans Roger ne semble pas avoir été suivie. Dans Montréal
(Ville de) c. Manaster, 2011 QCCM 319 (5 décembre 2011), le juge St-Pierre a
écrit (par. 6) :
Tout d’abord, il y a lieu de préciser qu’il n’est pas nécessaire que le
véhicule dans lequel se trouve un défendeur soit en mouvement pour
que l’article 439.1 du C.s.r. reçoive application. L’usage du téléphone
cellulaire n’a simplement qu’à survenir pendant qu’un défendeur
conduit un véhicule. L’expression « pendant qu’il conduit un véhicule
routier » vise aussi bien les situations où le véhicule est en
mouvement que celles où le véhicule est immobilisé aux feux de
circulation, à un signal d’arrêt ou en raison de la circulation.

[15] Dans Montréal (Ville de) c. Cardinal, 2013 QCCM 82, le juge Mandeville a
décidé dans le même sens :
[9]
En définitive, l’immobilisation d’un véhicule routier face à un
feu rouge ne fait pas perdre à celui qui l’immobilise sa qualité de
conducteur; il assume toujours la direction et le contrôle physique du
véhicule. Le moteur est en marche et le conducteur a le pied posé sur
le frein. Face à un feu rouge, le conducteur est toujours engagé dans
la circulation, bien qu’il soit immobilisé. L’art. 359 lui impose des
obligations complémentaires et continues dans le temps, toujours en
sa qualité de conducteur. Et lorsque le feu passera au vert, il ne pourra
poursuivre sa route, conformément à l’art. 363 du C.S.R., qu’après
avoir cédé le passage aux véhicules routiers, aux cyclistes et aux
piétons déjà engagés dans l’intersection, le cas échéant :
363. À moins d'une signalisation contraire, face à un feu vert,
clignotant ou non, le conducteur d'un véhicule routier ou
d'une bicyclette doit, après avoir cédé le passage aux
véhicules routiers, aux cyclistes et aux piétons déjà engagés
dans l'intersection, poursuivre sa route.

[10]
Avec respect pour l’opinion contraire, on ne peut assimiler l’état
dans lequel se trouve un automobiliste qui choisit d’immobiliser son
véhicule sur le bord de la chaussée, afin de le stationner, avec la
situation dans laquelle se trouve le conducteur qui s’immobilise
momentanément face à un feu rouge, en attente d’un feu vert. Dans le
premier cas, l’automobiliste se retire de la circulation. Dans le
deuxième cas, il en fait toujours partie, de manière active.
[11]
La Cour supérieure du Québec a précisé dans l’affaire
Mérineau c. Ville de Longueuil, [2011] J.Q. no 7094, que le but
recherché par l’adoption de l’art. 439.1 « est de contrer les distractions
lors de la conduite d’un véhicule » (par. 19).

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[12]
Peut-on douter, dans ce contexte, de l’importance pour le
conducteur immobilisé à un feu rouge de demeurer vigilant et de ne
pas être distrait, précisément, par l’usage d’un téléphone cellulaire?
Pour ma part, je n’ai aucun doute à ce sujet.

[16] À ce raisonnement fort convaincant, le Tribunal ne peut ajouter que deux
autres arguments.
[17] Premièrement, le conducteur doit être attentif à tout ce qui l’entoure lorsqu’il
est immobilisé devant un feu rouge pour éviter d’être la cause d’un accident avec
un véhicule en mouvement derrière lui et dont le conducteur croit, en raison d’un
feu de signalisation devenu vert, que le véhicule devant lui est en train d’avancer.
Ce genre d’accident est connu en anglais par le terme « rear-ender ».
[18] Deuxièmement, il faut remarquer que dans l’art. 439.1 C.s.r., le législateur a
imposé la règle pendant qu’une personne « conduit » un véhicule routier,
contrairement à l’art. 396, où il a imposé l’obligation de porter la ceinture de
sécurité dans un véhicule routier « en mouvement ». Si l’Assemblée nationale
avait voulu limiter l’interdiction d’utiliser un téléphone cellulaire aux cas où le
véhicule est en mouvement, elle aurait très bien pu rédiger l’art. 439.1 de la même
manière que l’art. 396.
[19] La Cour supérieure ne semble pas avoir rendu une décision écrite
directement sur cette question. Elle s’est néanmoins prononcée sur la question
dans une décision rendue oralement par le juge Marc David le 9 juillet 2013 dans
Montréal (Ville de) c. Abid Hussein Shakir (no. 500-36-006635-133). Dans cette
affaire, le juge David a accueilli l’appel de la Ville de Montréal relativement à
l’acquittement en cour municipale pour une accusation d’avoir enfreint l’art. 439.1
C.s.r. Le procès-verbal de l’audience se lit comme suit :
Considering that the respondent testified in his defense that he used
his cell phone while his vehicle was immobilised at a red traffic light;
Considering that section 439.1 of the Highway Safety Code prohibits
the use of hand-held devices including a telephone function while
driving a road vehicle;
Considering that operating a road vehicle while it is immobilised at a
red traffic light constitutes an act of driving a road vehicle as defined
by section 439.1 of the Highway Safety Code;
For these reasons, the Court grants the appeal, quashes the
acquittal pronounced on January 29, 2013....

[20] Cette décision est on ne peut plus claire et, même si elle n’a été rendue
qu’oralement, le Tribunal est d’avis qu’elle lie les tribunaux inférieurs du Québec
par la règle du stare decisis, ce principe de common law en vertu duquel les

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tribunaux sont tenus de conformer leurs décisions à celles déjà rendues par un
tribunal supérieur.
[21] La décision dans Shakir est aussi en harmonie avec des décisions rendues
dans d’autres provinces.
[22] Dans York (Regional Municipality) v. Tassone, 2007 ONCA 215, la Cour
d’appel de l’Ontario a décidé que la « conduite » sur une route inclut le moment où
le véhicule est immobilisé devant un feu rouge parce que « accidents occur even
when vehicles are stopped at traffic lights. » Il s’agissait, cependant, d’une cause
concernant le port de la ceinture de sécurité.
[23] Dans R. v. Ryan, 2007 CanLII 40185 (NL PC), le juge Gorman de la Cour
provinciale de Terre-Neuve et Labrador a interprété un article de la loi provinciale
interdisant l’utilisation du téléphone cellulaire par celui qui conduit et il a décidé
que l’interdiction s’appliquait également au conducteur immobilisé devant un feu
rouge :
[27] I conclude that for the purpose of section 176.1(2) of the HTA,
driving does not require that the vehicle be in motion. A vehicle
stopped at a traffic light is still being driven by its operator, even if it
has temporarily stopped. Whether the vehicle is in park or drive at the
time is of no matter for the purpose of section 176.1(2), as in either
case the danger of distraction from proper driving, which is the
purpose of the provision, is present because of the temporary nature of
the stop. It will have to be left for another day to determine if pulling off
to the side of the road or into a parking lot for the purpose of answering
a hand-held cellular would violate section 176.1(2) of the HTA, though
in those instances, the word “parked” might constitute a more accurate
description of what is occurring than the word driving. In this case, one
could not fairly describe Mr. Ryan as being parked at the traffic light
when he used his hand-held cellular phone. [soulignements ajoutés]

[24] Par conséquent, le Tribunal conclut que l’infraction prévue à l’art. 439.1 C.s.r.
peut être commise lorsque le véhicule du défendeur est immobilisé devant un feu
de circulation.
6.2

Regarder l’heure sur son téléphone cellulaire

[25] La deuxième question est plus difficile. Est-ce que le simple fait de regarder
l’heure sur son téléphone cellulaire est prohibé par l’art. 439.1 C.s.r.?
[26] Tel que mentionné plus haut, depuis l’arrivée des téléphones intelligents, bien
des gens ne portent plus de montre et se fient à leur téléphone pour connaître
l’heure.
[27] On pourrait argumenter que regarder l’heure sur son téléphone n’est pas plus
dangereux que de regarder l’heure sur sa montre.

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[28] Il y a une différence, cependant. Pour voir l’heure sur sa montre lorsqu’on
conduit, on n’a qu’à tourner légèrement le poignet. Il n’est même pas nécessaire
d’enlever sa main du volant.
[29] Pour voir l’heure sur son téléphone, il faut enlever une main du volant,
prendre le téléphone dans sa main, le porter à la hauteur des yeux et peser sur un
bouton. Par la suite, il faut retourner le téléphone dans un endroit quelconque. Il y
a donc un laps de temps important pendant lequel une main n’est plus sur le
volant et où l’attention des yeux est détournée de la route pour voir où on prend le
téléphone et où on le remet.
[30] Certes, le risque d’accident est moins grand que lorsqu’un conducteur parle
au téléphone ou lit un message texte, mais il y a néanmoins une distraction de
l’attention portée à la route.
[31] En rédigeant l’art. 439.1 C.s.r., le législateur a choisi de ne pas se limiter à
interdire la conversation téléphonique et l’échange de messages texte. Il a interdit
au conducteur de « faire usage » d'un appareil tenu en main muni d'une fonction
téléphonique.
[32] Dans Candiac (Ville de) c. Guy-Thomas, 2009 QCCM 156, le juge Alarie a
décidé que l’art. 439.1 C.s.r. interdit de « regarder l'heure » et « tous les usages
possibles de cet appareil tenu en main pendant la conduite automobile » :
[6]
À mon avis, la présomption d’usage porte sur l’appareil luimême et non pas sur la seule fonction téléphonique de l’appareil
puisque l’interdiction d’usage prévue par l’article 439.1 C.S.R. réfère
à l’appareil lorsqu’il est tenu en main plutôt qu’à la fonction
téléphonique elle-même. La défenderesse a admis au procès avoir
utilisé l’appareil pour regarder l’heure ce qui constitue un usage de
l’appareil tout comme regarder l’heure sur une montre bracelet. On
doit conclure que le législateur a interdit de se servir d’un appareil
muni d’une fonction téléphonique pour tous les usages possibles de
cet appareil tenu en main pendant la conduite automobile;
[soulignements ajoutés]

[33] Et il a déclaré la défenderesse coupable.
[34] Dans Desgroseillers c. Montréal (Ville de), 2011 QCCS 6091, le juge
Champagne a rejeté l’appel d’une condamnation pour l’art. 439.1 C.s.r. alors que
l’appelant avait simplement regardé l’afficheur sur son téléphone cellulaire, sans
même peser sur un bouton. Il avait pris son téléphone mobile dans son sac, l’avait
tenu en main et l’avait regardé pour voir qui l’appelait :

[20]

Ainsi, les faits acceptés permettent de conclure que monsieur
Desgroseillers faisait « usage » de son cellulaire.

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[21] En effet, c'est en déterminant l'intention du législateur lorsqu'il a
adopté l'article 439.1 C.s.r. que l'on est en mesure d'interpréter les
termes « faire usage ».
[22]
Dans Alma c. Claveau, on y mentionne que « l’intention
manifeste du législateur était d’interdire l’usage au sens large et
commun du terme pendant la conduite d’un véhicule routier ». Le
législateur a, de cette façon, voulu empêcher la distraction lors de la
conduite d’un véhicule.
[23]
Par ailleurs, les débats parlementaires constituent une source
limitée mais reconnue d'interprétation des lois. [...]
[25]
La ministre des Transports avait clairement affirmé, lors des
discussions entourant le Projet de loi 42, que le fait de tenir l’appareil
téléphonique en main et de regarder l’écran est une fonction
téléphonique et donc signifie en faire usage.
M. Bédard: Oui, seulement là-dessus. Comme maintenant on peut
avoir accès à nos courriels avec les appareils téléphoniques, ce n'est
pas couvert. Oui? C'est couvert? Le fait de tenir en main et regarder,
c'est comme utiliser? Parfait. Merci.
Mme Boulet: Parce que c'est une fonction téléphonique, c'est
couvert. C'est ça.

[26]
Par ailleurs, dans l’arrêt R. v. Aisthorpe [2006 NLCA 40], la
Cour d’appel de Terre-Neuve et du Labrador a donné une
interprétation plus large à la notion de « faire usage » en affirmant que
l’on n’exige pas que la personne soit nécessairement en
communication téléphonique, mais qu’on doit se référer au contexte
ainsi qu’à l'objectif qui est visé. Il s’agissait toutefois d’une
disposition législative différente, soit l’article 176.1 du Highway Traffic
Act, mais avec une terminologie analogue à l’article 439.1 C.s.r.
[27]
La conclusion du premier juge voulant que monsieur
Desgroseillers faisait usage de son appareil téléphonique au sens de
l'article 439.1 C.s.r n'est donc pas déraisonnable. L'appelant a en effet
sorti son téléphone de sa sacoche, il avait l'appareil en main, il avait
quitté les yeux de la route pour regarder l'affichage et il tenait l'appareil
en question à la hauteur de son oreille gauche.
[28]

L'appel de monsieur Desgroseillers ne peut donc réussir.

[Les soulignements du par. 27 sont ajoutés.]

[35] Les faits dans Desgroseillers ressemblent beaucoup à ceux de la
défenderesse en l’instance. Le temps requis pour lire le nom de quelqu’un sur un
afficheur n’est pas vraiment plus long que le temps requis pour lire l’heure.

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[36] Puisque Desgroseillers est une décision de la Cour supérieure, elle lie les
tribunaux inférieurs du Québec par la règle du stare decisis tant qu’une décision
différente ne sera pas rendue par une cour d’appel ou de niveau équivalent.
[37] Par conséquent, en l’instance, le Tribunal est obligé de suivre le
raisonnement utilisé dans Desgroseillers et de conclure que le simple fait de
regarder l’heure sur son téléphone cellulaire est interdit par l’art. 439.1 C.s.r.
[38] Si cette conclusion peut étonner certains, il n’est pas inutile de noter que la
plupart des véhicules routiers sont équipés d’une horloge intégrée au tableau de
bord. Un conducteur peut donc facilement connaître l’heure sans enlever une
main du volant. Si l’horloge est brisée, le conducteur peut toujours écouter la radio
pour connaître l’heure.
[39] En résumé, le législateur québécois veut que les automobilistes conduisent
avec les deux mains sur le volant et les yeux sur la route.

7.

CONCLUSION

[40] Par conséquent, le Tribunal déclare la défenderesse coupable.

____________________________
RANDALL RICHMOND, J.C.M.M.

Date d’audition : le 19 août 2014 au Chef-lieu, salle 1.15