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INSTITUT DE FORMATION EN MASSOKINÉSITHERAPIE DE RENNES

PRÉVENTION DE LA CHUTE EN
GÉRIATRIE :
Une question d'équilibre entre théorie et
pratiques kinésithérapiques
Mlle YSEBAERT Mélissa
Année scolaire 2010-2011
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partielle faite sans le consentement de l'auteur est illégale.

Ministère de la Santé et des Sports
Région Bretagne
Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie de
Rennes

PRÉVENTION DE LA CHUTE EN
GÉRIATRIE :
Une question d'équilibre entre théorie et
pratiques kinésithérapiques

Travail Personnel présenté par : Mlle YSEBAERT Mélissa
En vue de l'obtention du Diplôme d'État
de Masseur-Kinésithérapeute
Année scolaire 2010-2011

Remerciements
Ce travail a été réalisé dans le cadre d’un stage au sein du Centre de Réadaptation Gériatrique
de Coubert (Seine-et-Marne). Il a été supervisé par M. Claude GENOT, ancien directeur
adjoint de l’Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie de Rennes.
Un grand merci à toute l'équipe de rééducation du CRG de Coubert, et en particulier aux
kinésithérapeutes : Véronique, Stéphanie, Claudie, Aude, Christian et Céline, et à Mme
Marchand.
Merci à Laurent et à Marine du CH Léon Binet de s'être intéressé à mon travail, et pour leurs
conseils éclairés !
Merci à M. Claude Génot, qui a suivi mon travail tout au long de cette année, et qui a mis sa
retraite à profit pour me conseiller au mieux...
Merci à l'équipe du centre de documentation de l'IFPEK, toujours prête à donner un coup de
main.
Merci à ma famille pour la relecture, et à Lucie pour l'impression, et à Thomas pour le soutien
moral...
Et enfin merci aux trois patientes qui ont eu la gentillesse d'accepter de participer à ce
mémoire.

Sommaire
Remerciement
Sommaire
Résumé
Introduction.................................................................................................................................1
Bilans initiaux.............................................................................................................................6
Objectifs :...............................................................................................................................6
Dossier médical.................................................................................................................6
Algique..............................................................................................................................6
Orthopédique.....................................................................................................................7
Des récepteurs fournissant les renseignements sur le maintien de l’équilibre..................7
Des possibilités motrices et posturales..............................................................................7
De l’équilibre.....................................................................................................................9
De la marche......................................................................................................................9
De la capacité à la double tâche.........................................................................................9
De la peur de la chute........................................................................................................9
De l’indépendance fonctionnelle.......................................................................................9
De la qualité de vie..........................................................................................................10
Présentation des patientes.....................................................................................................10
Bilans initiaux.......................................................................................................................10
Bilan diagnostic Kinésithérapique.......................................................................................12
Proposition d’un atelier adapté.................................................................................................13
Principes...............................................................................................................................14
Objectifs...............................................................................................................................14
Moyens.................................................................................................................................15
A propos de l’installation.................................................................................................15
Dominante extéroceptive.................................................................................................15
Dominante articulaire......................................................................................................16
Dominante musculaire.....................................................................................................17

..............................................................................................28 Le médecin..............21 Versant psychologique : intérêt du travail en groupe....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................25 Échec de l'amélioration de la capacité à la double tache............................................23 Discussion...........................................................................................................................................................25 Concept de la double tâche ............................20 Dominante antalgique : préparation à l'atelier.............................................................28 La psychologie...........................................................................................................................................................................30 Références Bibliographiques Annexes Annexe 1 : Traitements en cours Annexe 2 : Anamnèse Annexe 3 : Auto questionnaire d'évaluation de la qualité de vie .........................27 Apport d'une prise en charge pluridisciplinaire......................................................................................................26 Modèle de la double tâche.....................................................20 L'apport de la double tâche................27 Quelles répercussions sur la pratique ?............................................28 L'ergothérapie.........................................29 Le problème du suivi à domicile.................................................................................29 Conclusion.................28 Le suivi diététique.................Dominante équilibration...........................................................................................................................................................28 La psychomotricité...................................................................................................................................................18 Exercices de relevé de sol........................................22 Bilans finaux et résultats....................................................

tant sur le plan physique que psychologique. Ces différents paramètres ont été objectivés par des tests validés et mettent en évidence des facteurs prédictifs de chute. pour être ensuite adaptés à leurs possibilités lors des séances. globalement douloureuses et particulièrement déconditionnées à l'effort. de l'équilibre. on note une amélioration de tous les paramètres étudiés. de la capacité à la double tâche. des douleurs ainsi qu'une peur de la chute. Au terme des quatre semaines. sur quatre semaines. Une revue de littérature sur le sujet de l'atelier d'équilibre a été réalisée afin d'en extraire les grands principes. Leurs bilans mettent en évidence des déficiences articulaires.Résumé Ce travail s'intéresse à une prise en charge sous forme d'atelier d'équilibre de trois patientes âgées à mobilité réduite. L'objectif de ce mémoire est de montrer qu'il est possible d'exploiter l'idée de l'atelier d'équilibre en ayant de bons résultats avec des patientes pourtant très diminuées. musculaires. Mots clé • Atelier d'équilibre Balance Workshop • Personne âgée fragile Frail Elderly • Chutes de la personne âgée Falls of old people • Double tâche Dual task . Ces moyens ont été confrontés à la réalité des bilans des patientes. objectifs et moyens. excepté de la capacité à la double tâche. Il s'agit de patientes poly pathologiques.

la sclérose en plaque. la maladie d'Alzheimer. Dans ce groupe d’âge. l’épilepsie… - Les facteurs oculaires comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge. [1] Le mécanisme des chutes est plurifactoriel : - Des facteurs personnels liés à l’état de santé. anti-hypertenseurs. de la force et de la coordination Il existe également des facteurs favorisant liés aux éventuelles pathologies : - Des facteurs cardio-vasculaires comme l’hypotension orthostatique.Introduction Les chutes de la personne âgée constituent un problème de santé publique. hypnotiques et anxiolytiques. - La dégénérescence de certains centres nerveux : les noyaux gris centraux ou le cervelet par exemple - Le vieillissement musculaire : diminution de la masse musculaire. due aux chutes. Elles entraîneront également une augmentation du déclin fonctionnel dans environ 40 % des cas et un taux de mortalité de 2 %. [3] L’incidence annuelle des chutes chez la personne âgée de plus de 65 ans vivant à domicile est évaluée à 30 %. On estime à 91000 le nombre de fractures de l’extrémité supérieure du fémur. vestibulaires et proprioceptives. anti-psychotiques…) Il existe des facteurs favorisants liés au vieillissement physiologique tels que : - Le vieillissement des systèmes d’équilibration : il concerne les afférences visuelles. les troubles du rythme… - Des facteurs neurologiques : la maladie de Parkinson. à des pathologies aiguës ou chroniques (cardio-vasculaires. ORL. par an. à la sénescence. la cataracte… 1 . l’hydrocéphalie à pression normale. métaboliques. antidépresseurs. les chutes sont responsables de 8 % de fractures osseuses et d’une augmentation du taux d’institutionnalisation. rhumatologiques…) - Des facteurs situationnels liés à l’activité en cours et à la prise de risque - Des facteurs environnementaux mettant en cause l’habitat ou les lieux publics - La prise de certains médicaments (psychotropes. neurologiques. les syndromes vaso-vagaux.

les sujets fragiles et les sujets dépendants. de genou et de cheville) L’ostéoporose dans le grand âge peut être responsable de chutes par fracture du col fémoral. la régression psychomotrice (qui associe rétro pulsion et schémas articulaires en flexum de hanche. variable selon les individus. un programme visant à améliorer l’équilibre prend alors tout son sens. Le risque de chute n’est pas en rapport avec l’âge 2 . la presbyastasie. prise de conscience de la perte d’indépendance) - Fonctionnel (restriction d’activité et perte d’autonomie) - Social (source d’institutionnalisation) - Mortalité [2] La fragilisation des fonctions motrices liée au vieillissement physiologique et pathologique. qui retentit sur la longueur du pas. les différents vertiges… - Les facteurs liés à l’appareil locomoteur : La raideur articulaire. [2] Les conséquences des chutes sont d’ordre : - Psychologiques (de la peur de tomber à nouveau.- Les facteurs ORL comme la presbyvestibulie. La conservation des capacités motrices chez le sujet âgé fragile entre dans le cadre de la prévention secondaire et tertiaire. la griffe des orteils… Les chaînes musculaires viciées : morphotype en genu varum ou valgum. [3] Face à cette fréquence élevée des chutes dans cette population. Le vieillissement est un processus physiologique continu très hétérogène. au moins en partie réversibles sous l’effet d’un programme de réadaptation adapté. conduit à l’apparition de troubles psychomoteurs et psycho comportementaux. La prévention secondaire a pour but de diminuer la durée d’une maladie et sa gravité. La notion de statut fonctionnel identifie trois catégories de personnes : les sujets indépendants. La prévention tertiaire cherche à en réduire les conséquences fonctionnelles. l’équin de cheville. et par conséquence sur la vitesse de marche : le flexum de genou et/ou de hanche.

des poly-médications. [4] Ce mémoire a été réalisé dans le centre de réadaptation gériatrique de Coubert. Il s’agit des classiques limitations d’amplitudes. Le centre a une capacité d’accueil de 96 patients. de la personne âgée active et dynamique à la personne âgée dépendante. Ils nous sont adressés le plus souvent suite à une fracture du col fémoral ayant entraîné la pose d’une prothèse de hanche. Elles sont la conséquence de l’affaiblissement général. ainsi que de l’intervention chirurgicale s’il y a eu lieu. outre sa gravité immédiate. en Seine-etMarne. généralement multifactorielles. composée de médecins. parfois des contentions. Les données d’observation montrent que les capacités d’adaptation au risque déclinent régulièrement avec l’avancée en âge. ergothérapeute. lui fait courir un risque majeur de perte d’autonomie et de désinsertion sociale. psychomotricienne. et non en urgence. mais aussi et surtout des troubles importants de l’équilibre. en passant par la réadaptation post-accident vasculaire cérébral. Deux situations où la prévalence des chutes est importante et où elles occasionnent une forte morbimortalité peuvent être individualisées : • La personne âgée fragile a une réduction de ses capacités d’adaptation qui ne lui permet plus de faire face à des perturbations externes mineures. avec pour conséquence éventuelle l’institutionnalisation. des démences ou d’autres (poly)pathologies. des réactions d’adaptations posturale. auxquels viennent s’ajouter les séquelles de la chute. mais qui lui a été posée suite à une mûre réflexion. dont les motifs d’entrée vont de la décompensation cardiaque. et il apparaît rapidement au cours des premières séances que leur rééducation sera différente de celle d’un patient porteur d’une même prothèse. Ces déficiences peuvent être au moins en partie 3 . aux conséquences graves. à la rééducation suite à la pose de prothèse. • La personne âgée dépendante vivant en institution a un risque de chute particulièrement élevé. Parmi cette population. Nous retrouvons les signes propres au vieillissement physiologique.chronologique. sont avant tout marqueurs de mauvais état de santé. Toute chute. neuropsychologue et de 7 kinésithérapeutes dont une cadre. diététicienne. de déficits de force musculaire. souvent de douleur. assistante sociale. L’équipe. apporte une prise en charge globale et adaptée aux besoins spécifiques de la personne âgée. il existe une catégorie de patient dont la prise en charge requiert des évaluations. des techniques. Ces chutes. et plus globalement une approche bien spécifique : il s’agit des patients dits « chuteurs ».

la troisième nous était adressée pour soulager ses douleurs de gonarthrose et pour une rééducation à la marche. ce qui peut entraîner des troubles de l’équilibre et de la posture. à la grabatisation. et deux prenaient régulièrement un traitement anxiolytique et antidépresseur. aussi importante au final que la rééducation de la fonction d’équilibration. et des douleurs chroniques particulièrement handicapantes au niveau des genoux. ce cercle peut conduire au syndrome de désadaptation psychomotrice et à plus long terme. et ne se tenaient pas debout sans appui des membres supérieurs. les transferts. Toutefois. Néanmoins. avec ou sans traumatismes). il existe un signe tout aussi handicapant et bien moins évident à appréhender : la peur. pour permettre au patient de pouvoir reprendre ses activités et son autonomie d’une façon la plus rapide et la plus satisfaisante possible. En effet. mais peut aussi se manifester sans qu’il y ait eu de dommages physiques. dont l’objectif était de pouvoir reprendre leur vie à domicile en marchant. De plus. il paraissait difficile 4 . une appréhension lors des transferts. leur projet étant de rejoindre chacune leur domicile. Toutes les trois présentaient des antécédents de chutes (2 à 3 par an. Ce travail se rapporte à la rééducation de 3 patientes chuteuses de 79. Il semblait pertinent de proposer à ces trois patientes de participer à l’atelier d’équilibre et de prévention de chutes que je comptais mettre en place durant ce stage. [5]. elles suivaient toutes trois un traitement psychotrope contre l’insomnie. avaient besoin d’aide pour les soins d’hygiène. mais aussi des dommages psychologiques : une peur de la station debout à la marche. La peur de la chute est retrouvée chez ces patients dont les chutes ont pu avoir des conséquences traumatiques.améliorées par une prise en charge individuelle classique en kinésithérapie. mais plus globalement une angoisse vis-à-vis de leur devenir. elles doutaient sérieusement d’en être capable au vu de leur très faible autonomie. ce qui va générer la perte des automatismes et amplifier ainsi le sentiment de peur provoqué par la moindre situation de la vie quotidienne. Deux avaient été admises au centre suite à la pose d’une prothèse de hanche sur fracture du col fémoral. Sans prise en charge. Toutes trois présentaient des séquelles physiques des chutes antérieures. 86 et 90 ans. Elles se déplaçaient toutes les 3 en fauteuil roulant manuel. des pathologies cardiaques équilibrées par de lourds traitements. Il est donc absolument primordial d’intégrer la notion de remise en confiance dans notre prise en charge des patients chuteurs. telles que des douleurs dues à d’anciennes fractures. et sans douleur. Elle est à l’origine d’un cercle vicieux : la peur va progressivement réduire les activités quotidiennes de la personne âgée. et ont entraîné une hospitalisation. car elles présentaient des déficiences objectivées par des bilans spécifiques tels que le Tinetti.

variées.de faire travailler l’équilibre. et ayant une mobilité réduite en gériatrie ? Pour répondre à cette problématique. prenant en compte les pathologies des patientes. voire de l’angoisse générée par la simple idée de la station debout. Globalement. de la douleur liée aux anciennes chutes et à l’arthrose. Il fallait également se poser la question de l’intérêt d’une prise en charge collective par rapport à une prise en charge individuelle. c'est-à-dire qui prennent en compte l’état de santé physique et psychique des participantes. avec des progrès visibles et encourageants. ainsi que de la sécurité des patientes au cours de cet atelier. ou même d’autres activités telles que le relevé de sol à des patientes qui se sentaient à peine capables de se lever de leur fauteuil roulant. Cette rééducation spécifique a nécessité la recherche et la mise en œuvre de moyens adaptés aux personnes âgées fragiles. puis adaptés à leurs possibilités afin d'en dégager un programme de rééducation de groupe réalisable. et apprentissage du relevé de sol d’emblée. 5 . mais aussi de l’appréhension. il a fallu trouver des outils d’évaluation permettant de faire un point sur les capacités initiales de mes patientes. obstacles. Pour ce faire. tout en étant efficace. ces paramètres m’ont amenée à me poser la question suivante : Dans quelle mesure peut-on adapter un atelier d’équilibre et de prévention de chutes à des patients chuteurs. et dont l’endurance et les douleurs permettaient à peine de faire quelques pas dans les barres parallèles. tout en assurant une certaine efficacité à moyen terme (4 semaines). poly pathologiques. avec parcours d’équilibre. les moyens proposés à ce sujet dans la littérature seront confrontés aux bilans des patientes. Il était donc exclu de mettre en place un atelier « classique ». mais aussi d’évaluer objectivement leurs progrès au cours de la prise en charge. Le défi aura été de mettre en place un atelier aux activités peu intenses. et il était nécessaire de l’adapter à l’état physique et psychologique de ces patientes. Il fallait donc tenir compte à la fois de la fatigabilité induite par les pathologies cardiaques.

même sans troubles de l'équilibre associé.  altération des réactions d’équilibration et réactions parachutes. qui ne sera pas la même pour une pathologie aiguë comme une fracture du col fémoral. Ces informations vont orienter la prise en charge. à combien estimezvous avoir mal ? » L'évaluation de la douleur peut permettre d'expliquer certaines restrictions d'activités.  get up and go test supérieur à 20 s.  Un temps de station unipodale inférieur à 5 secondes Dossier médical On y recherche des pathologies liées au vieillissement. le motif d’entrée en centre. Par exemple. les antécédents médicaux et chirurgicaux.  prise de 4 médicaments ou plus. 6 . 0 étant pas de douleur et 10 la douleur maximale imaginable.  stop walking when talking test positif. il devient difficile de se tenir debout alors que l'on souffre d'un genou. • Différencier les risques de chutes liés à des causes orthopédiques et douloureuses de celles liées à un réel trouble de l’équilibre • Repérer l’existence de critères prédictifs de chute :  chutes dans les 3 derniers mois.Bilans initiaux Objectifs : • évaluer objectivement et quantitativement l’équilibre et les capacités motrices des participantes afin de pouvoir en apprécier l’évolution. que pour une désadaptation psychomotrice d’installation lente. les antécédents de chutes et les traitements en cours. Algique L’échelle numérique est utilisée pour chaque bilan de la douleur : on pose la question : « sur une échelle de 0 à 10.

recherche de flexum • Genou : flexion. Donne une idée sur les possibilités motrices globales du sujet. • Pied : recherche de déformations Des récepteurs fournissant les renseignements sur le maintien de l’équilibre - Œil : pathologie. abduction. (Annexe 3) .Orthopédique Il s'agit de cibler les altérations fonctionnelles déséquilibrantes des membres inférieurs. Une vision altérée maximise donc le risque de chute chez ce type de patient. extension. perturbée : test du « pique touche » : elle est essentielle pour la prise d'information sur les variations du sol. Ce test met en évidence les limitations dans les activités de base. à surveiller. recherche de flexum • Chevilles : flexion. • Hanches : Flexion. - Exteroception : • État cutané des pieds : Bon. ce qui peut expliquer certaines chutes.Test Moteur Minimum : score /20. rotations. Il ne s’agit pas d’établir un bilan orthopédique complet et précis de chaque patient. - Sensibilité profonde : test de positionnements articulaires du membre inférieur : - Vestibule : recherche de pathologies susceptibles de provoquer des vertiges dans le dossier médical. inclinaisons : une déficience de mobilité du rachis cervical empêche la prise d'information optimale de son environnement. correction : les personnes âgées ont tendance à être visuo-dépendant en excluant les autres afférences (proprioceptive et vestibulaires surtout). • Sensibilité plantaire : normale. extension. • Rachis cervical : flexion. mauvais (présence de plaies.Tests d’anticipation posturale : capacité à anticiper les déséquilibres en position debout 7 . Des possibilités motrices et posturales . Une déficience de flexion de cheville rend difficile les réactions d'adaptations posturales en cas de déséquilibre postérieur. mais de cibler les déficiences qui pourraient avoir un impact sur la posture et sur la marche. et permet lorsqu'elle est efficace d'adapter correctement sa posture pour ne pas perdre l'équilibre. d’ulcères…) : un revêtement cutané lésé limite l’efficacité des récepteurs sensitifs. extension.

. Anticipation attendue : se pencher en avant.- Test 1 : monter sur la pointe des pieds.Time Up and Go : temps de réalisation en secondes. 0  Normal - 1 Essaye. risque l’examinateur de chute - Test 2 : soulever un pied. plus les réactions d’adaptation posturales sont perturbées. mais 2  Dépasse 3  Chute évitée instable l’équilibre et par risque de chute l’examinateur Test 3 : Se pencher en avant. 0  Normal 1 Essaye. mais évitée par au dos instable l’examinateur On considère donc d’après ce test que plus le score est élevé (au maximum 9/9). • Réalisé en plus de 20 secondes : risque de chute • Réalisé en plus de 30 secondes : risque de dépendance [12] 8 . Anticipation attendue : déplacer le bassin latéralement. Anticipation attendue : recul du bassin. 0  Normal 1 Amorce le 2 Tente de se 3 Mouvement recul mais gêné pencher en soudain. avec le chaussage et les aides techniques habituelles. mais 2  Se rejette 3  Chute évitée instable violemment en par arrière. chute par la douleur avant.

plus la peur de chuter au quotidien est importante. puis à l’équipe soignante. Ces sujets présentent un risque de chute plus important dans les 6 mois suivants. Cette échelle est validée aux États-Unis et en cours de validation au niveau international. à instaurer une conversation avec le sujet. De la marche Tinetti dynamique : score/12 [11] De la capacité à la double tâche Stop Walking When Talking : Ce test consiste. au moins 5 secondes.De l’équilibre • Tinetti : score/28 [11] • Équilibre unipodal : validé si le sujet peut se maintenir sur un pied. comme par exemple l’appréhension ou une douleur au genou… • Vitesse de marche : objective l’évolution de l’équilibre dynamique. sans appui. D’autres facteurs que l’équilibre peuvent influer sur ce test. 6 représentant une indépendance fonctionnelle totale pour les activités basiques de la vie quotidienne telles que l'alimentation ou la toilette. L’attention nécessaire à poursuivre la conversation imposait l’arrêt de la marche pour certains d’entre eux. De l’indépendance fonctionnelle Échelle ADL de Katz : le questionnaire a d’abord été soumis au patient. Les patients sont notés de 0 à 6. Plus le score est élevé (au maximum 28/28). [13] De la peur de la chute Short FES (Falls Efficacity Scale) [10]: La peur de tomber exprimée par le sujet semble associée à une altération de ses aptitudes posturales et à une perte de sa mobilité. [14] 9 . lors de la marche.

. Elles sont cardiaques. dont les questions portent sur le ressenti au terme de l'atelier : peur de la chute. Elles attendent toutes de la rééducation de pouvoir rentrer à domicile en marchant.). J'ai donc réalisé un questionnaire.. souffrent d'hypertension artérielle et de dépression traitée.. Le détail de l'anamnèse de chaque patiente est détaillé en annexe (Annexe 2). ou en rollator sur de courtes distances. mais parfois avec des conséquences plus graves. (Annexe 3) Présentation des patientes Ces 3 patientes ont plus de 75 ans.De la qualité de vie Malgré mes recherches.) médicaments par jour. la plupart du temps sans traumatisme. sensation d'amélioration de l'équilibre. presbytie. Elles se déplacent en fauteuil roulant manuel. du col du fémur.. comme des fractures (cervicales. Elles prennent entre 5 (pour Mme M. je n’ai pu trouver aucune échelle de qualité de vie qui me semblait adaptée à la gériatrie telle qu’elle se présente dans le centre. Bilans initiaux Les données chiffrées du bilan sont résumées ci-après (tableau 1). Le détail des traitements médicamenteux est détaillé en annexe (Annexe 1).) et 15 (pour Mme R. − Vestibule : Pas de pathologie rapportée − Sensibilité profonde : perturbée − Extéroception : l'état cutané des pieds est à surveiller − Sensibilité plantaire : perturbée 10 . du plateau tibial. confiance en soi. capacité à réaliser certaines activités. Elles ont chuté plusieurs fois au cours des dernières années. Le bilan des récepteurs fournissant les renseignements sur le maintien de l’équilibre indique : − Œil : opération bilatérale de la cataracte.

Hanche droite : douleur localisée dans le pli de l’aine. Genou droit : douleur provoquée par la station debout. soulagée par le repos en décharge.2 0.5/6 (équipe) 4. Mme R Mme M Genou droit : douleur spontanée cotée à 5-6. Épaule droite : idem. cotée à 3. cotée à 5 Cheville droite : 0° de Cheville droite : 0° de flexion Cheville droite : -10° de flexion Cheville gauche : 5° de flexion Cheville gauche : 10° flexion Cheville gauche : -5° de de flexion Mobilités cervicales flexion TMM : 19/20 TUG : 35 secondes globalement limitées TMM : 14/20 TUG : 51 secondes Test d’anticipation TMM : 18/20 TUG : 58 secondes Orthopédique Des possibilités Test d’anticipation motrices et posturales Test d’anticipation posturale : Non testées posturale : 0 De l’équilibre Tinetti statique : 8/16 Unipodal : négatif Vitesse de marche : posturale : 4 car trop d’appréhension Tinetti statique : 9/16 Tinetti statique : 8/16 Unipodal : négatif Unipodal : négatif Vitesse de marche : Vitesse de marche : 0.5/6 (patient) fonctionnelle 5.5/6 (patient) 9/12 SWWT : positif Short FES : 18 ADL : 4. majorée par l’appui et la marche Épaule gauche : douleur spontanée cotée à 7.16 m/s Tinetti dynamique : m/s Tinetti dynamique : De la double tâche De la peur de la chute De l’indépendance 5/12 SWWT : positif Short FES : 12 ADL : 6/6 (patient) 8/12 SWWT : négatif Short FES : 15 ADL : 4.27 m/s Tinetti dynamique : 0. provoquée par la marche. cotée à 5 sur l’EVA. majorée par Algique l'appui. majorée par le mouvement.Tableau 1: bilans initiaux (Facteurs prédictifs de chute) Mme G Genou gauche : douleur spontanée cotée à 5 soulagée par la glace.5/6 (équipe 3/6 (équipe) De la marche 11 .

le risque permanent de chute n'est pas adapté à une prise en charge en groupe. 12 . ce qui s'explique par le manque d'équilibre. La station debout est compromise par l'équilibre déficient ainsi que par des réactions d'adaptation posturales et parachutes non efficaces. de gonarthrose uni ou bilatérale. un atelier d'équilibre classique ne semblerait pas indiqué car trop dangereux : en effet. et des sensibilités extéroceptive et profonde perturbées au niveau des pieds et des chevilles. ainsi que la précarité de leur équilibre leur inspire une peur de la station debout et de la marche. mais aussi par leur peur constante de la chute. Elles sont toutes les trois très fatigables du fait de leur pathologie cardiaque et douloureuse à l’appui du fait de la gonarthrose. Elles ne peuvent pas réaliser toutes les activités de la vie quotidienne comme la toilette ou l'habillage de façon autonome et sécurisée. La présence de plusieurs facteurs prédictifs de chute ainsi que le manque d’autonomie de ces patientes font que leur retour à domicile est difficilement envisageable pour l’instant. Leur équilibre statique et dynamique présente des anomalies. et ont chuté au moins une fois dans les 6 derniers mois. Leurs chutes antérieures. la douleur. et se déplacent donc majoritairement en fauteuil roulant. De plus. Leurs réactions d’adaptation posturales sont altérées. Elles ont un périmètre de marche en rollator très limité par la fatigabilité.Bilan diagnostic Kinésithérapique Ces trois patientes âgées de plus de 75 ans souffrent d’insuffisance cardiaque plus ou moins sévère. ainsi que par la déficience de flexion de cheville qui ne permet pas de rattrapage lors de déséquilibres postérieurs. qui pourraient en partie être expliquées par la diminution des sensibilités extéroceptive et profonde du pied. Elles présentent une déficience bilatérale de flexion de cheville.

[3] [5] [6] Il s’agit de dégager de ces articles les objectifs généraux d’un atelier d’équilibre. ou faut-il les adapter pour qu’ils le deviennent ? Au final.E. qui ne sont pas gênées par des douleurs telles qu’elles aient du mal à tenir simplement debout… L’idée de l’atelier reste à envisager et à exploiter. Pourtant. L’atelier d’équilibre semble alors tout indiqué : il permet de rétablir les fonctions nécessaires à la pratique des activités de la vie quotidienne sans risques. ainsi que les principes de rééducation afin de se donner une base de travail. ils ne sont pas grabataires. mais il est nécessaire d’adapter ce qui est décrit dans la littérature aux capacités et aux possibilités des patientes. et surtout. de se tenir en appui unipodal. Activité de recherche orientée sur les troubles de l'équilibre et de la marche chez le sujet âgé). Ensuite. et de ne pas se limiter à l’un des aspects de leurs troubles : il s’agit de lutter contre les déficiences physiques aussi bien que contre la peur de la chute. mais aussi le renforcement musculaire. il faudra passer en revue des différents thèmes ou dominantes abordés tels que l’équilibre. Activité d'enseignement. Elle a écrit de nombreux articles sur le sujet de la rééducation des personnes âgées chuteuses qui semblent faire autorité dans ce domaine. Ce travail s'inspirera majoritairement du travail d'une kinésithérapeute spécialisée dans ce domaine : France MOUREY (Cadre de santé. l’entretien articulaire. c'est-à-dire capables de marcher plusieurs mètres sans aide technique ou très légère. En effet. tout en étant abordable pour des patients spécifiques. Il est urgent de prendre ces patients en charge dans leur globalité. la majorité des ateliers de ce type décrits dans la littérature semblent s’adresser à des personnes âgées plutôt « valides ». mais l’effet de groupe est aussi très bénéfique à la réassurance après le traumatisme qu’ils ont pu vivre. 13 . Masseur-Kinésithérapeute D. la double tâche… Les exercices proposés par les auteurs seront alors confrontés aux bilans des patientes : sont-ils réalisables tels quels. il s’en dégagera un programme qui respecte les objectifs et principes d’un atelier d’équilibre classique. Docteur de l'Université de Bourgogne Sciences de la Vie. Vice présidente du Comité Régional d'Éthique. mais bien engagés sur la pente de la désadaptation. Habilitation à diriger la Recherche.Proposition d’un atelier adapté Les bilans de ces trois patientes mettent en évidence plusieurs types de limitations d’activité qui peuvent être représentatives d’une certaine catégorie de sujets qui sont adressés dans les services de gériatrie.

lutter contre la peur de la chute • Améliorer l’équilibre statique et dynamique • Développer la capacité à la double tâche 14 .  Spécifiques à l'atelier • Ne pas brusquer les patientes anxieuses pour ne pas créer de blocage. Les pauses doivent être fréquentes et assez longues pour permettre une récupération suffisante pour pouvoir continuer la séance. pour faire « oublier » les craintes • Créer du lien entre les exercices réalisés en centre et le côté fonctionnel qu’elles retrouveront au domicile Objectifs  Finaux • Remettre en confiance. les laisser prendre l’initiative autant que possible • Rendre les exercices les plus ludiques possibles lors des séances de groupe. d’autant plus que les patientes présentent des pathologies cardiaques.Principes  Généraux • Règle de non douleur • S’échauffer avant tout travail • Respecter la fatigabilité.

peu sollicité lorsque l'on passe ses journées en fauteuil. mais elle peut être réalisée en préparation à l’atelier. et est en plus généralement apprécié des patients. particulièrement en extérieur. Il est primordial de vérifier le chaussage et les aides techniques (lunettes) avant de commencer à travailler. 15 . En effet. La marche en terrain varié est également préconisée. cette activité semble assez peu adaptée lors d’une prise en charge en groupe. Pourtant. avant la séance. le fait de stimuler l'équilibre assis. et dès la première séance. [3] Ce qui est réalisable Le massage ne pose pas de problème dans sa réalisation. les replace dans un contexte de « non-handicap ». Le message que l'on tente de faire passer est que nous sommes tous sur un pied d'égalité. sans notion de validité ou d'invalidité. roulant ou non. sans accoudoir. Il ne faut pas négliger l’impact positif sur la détente générale de ce genre de technique en plus de ses effets sur l’amélioration de la fonction exteroception. Dominante extéroceptive Ce qui est proposé dans la littérature Dans une optique de réafférentation de la plante du pied. Complémentaires • Retrouver une flexion de cheville permettant des réactions d’adaptation posturales plus efficaces • Améliorer la sensibilité superficielle plantaire • Améliorer la capacité à l’effort pour diminuer la fatigabilité • Apprentissage du relevé de sol Moyens A propos de l’installation Il est important d'installer les patients sur des chaises classiques. il est proposé en premier lieu de masser la voûte plantaire.

lorsque le patient vient d’être admis au centre.Ce qui doit être adapté La marche en extérieur est difficilement réalisable. les hanches. yeux ouverts puis fermés sculptées de différents motifs Dominante articulaire Ce qui est proposé dans la littérature Les limitations articulaires spécifiques à la personne âgée sont décrites dans la littérature. En effet. et il n'est donc pas envisageable de sortir du cadre sécurisant du plateau technique et des couloirs avoisinants ! Pour stimuler les afférences plantaires. particulièrement lors des premiers temps de la rééducation. en particulier liées à l'arthrose pour les genoux. les épaules et le rachis cervical. afin de les faire reconnaître simplement avec les pieds. Pourtant. yeux fermés. La limitation de flexion de cheville n'est elle liée à aucune pathologie particulière. aux surfaces réalisé pieds nus. aucune prise en charge spécifique n'est décrite à ce sujet. il est parfois ardu de le convaincre de faire quelques pas en intérieur. Cette activité est d’autant plus stimulante qu’elle est proposée sous forme de jeu : « laquelle d’entre vous reconnaîtra le plus de formes aujourd’hui ? » (Figure 2) Figure 1: Un matériel de stimulation Figure 2: Un exercice de stimulation plantaire extéroceptive de type Perfetti. on utilise des plateaux présentant différentes formes en relief de type Perfetti (Figure1). mais est considérée comme particulièrement handicapante car elle met en péril une partie des stratégies d'adaptations posturales. 16 .

des planches à roulettes (Figure 4) ou des bandes élastiques par exemple. par la méthode du renforcement musculaire par résistance progressive (avec l'utilisation de bandes élastiques). pour peu qu'on lui donne du sens. ou par des temps de posture (sur plan incliné pour la flexion de cheville par exemple. En atelier.. ce qui est fatiguant et rébarbatif. Plutôt que de demander au patient de se relever et de s'asseoir plusieurs fois de suite. il vaut mieux proposer cette activité sous forme de jeu. [3] Ce qui est réalisable La méthode de renforcement fonctionnelle est tout à fait adaptée à une prise en charge de groupe. On utilise du matériel simple tels que des balanciers (Figure 3). ou des fléchettes 17 .. Dominante musculaire Ce qui est proposé dans la littérature Le travail musculaire peut être proposé de manière fonctionnelle.). après un exercice debout plus fatiguant. une mobilisation auto une planche à roulette.Ce qui peut être proposé Le travail de récupération des amplitudes articulaires peut être réalisé en séances individuelle. plus difficile qu'avec le passive facile à mettre en place pendant les balancier car il faut maintenir la flexion de temps de « repos » genou pour posturer la cheville. comme par exemple en répétant des passages assis debout pour renforcer l'appareil extenseur du genou. On peut l'associer à du travail sur un mode plus analytique. il est possible de travailler cette flexion de cheville lors de temps de « repos ». On peut imaginer un exercice de lancer (un ballon dans une caisse. à la condition qu'elle ne provoque pas de douleurs. Figure 3: Le travail de la flexion de cheville Figure 4 : Travail de la flexion de cheville avec avec un balancier.

ou l'on doit se lever pour mieux viser (Figure 6). (Figure 5) Ce qui doit être adapté La méthode de renforcement analytique est elle mal adaptée à une prise en charge collective. on propose un exercice avec un bâton. Figure 5: Le travail des stabilisateurs du bassin Figure 6 : L'exercice de lancer debout associe avec un bâton permet aussi de vérifier le jeu de visée au réentraînement à l'effort par l'efficacité des réactions parachutes. [3] 18 . Il s'agit alors de déséquilibres extrinsèques. Ce n'est que plus tard. lorsque l'équilibre statique c'est amélioré. Pour travailler les stabilisateurs du bassin. elle est peu conviviale et peu ludique. La progression se fait en modifiant les afférences visuelles (yeux fermés). la répétition des transferts assis debout. en diminuant la base d'appui (vers l'appui unipodal). puis en créant des déséquilibres intrinsèques (positionnement du tronc dans l'espace et déséquilibres segmentaires). dont deux patients tiennent chacun une extrémité et ont pour consigne de tenter de déstabiliser leur partenaire. utilisant des poussées thoraciques ou des plans instables. voire à une auto-prise en charge. Il vaut mieux la réserver pour une prise en charge individuelle. cette installation leur étant familière.par exemple). Dominante équilibration Ce qui est proposé dans la littérature Le travail de l'équilibre en position debout est débuté entre les barres parallèles. pour des raisons de sécurité mais aussi pur rassurer les patientes. En effet. que débute le réamorçage des réactions d'adaptations posturales (stratégies de hanche et de cheville) et réactions de protection sur un mode plus volontaire puis de plus en plus automatique. proprioceptives (tapis de mousse). vestibulaires (composante vitesse).

pour faire accepter plus facilement ce genre d'exercice. 19 . Pour tenter d'amener quand même les patients vers l'appui unipodal. en demandant de faire rouler des balles de différentes textures sous le pied.Ce qui est réalisable Le travail de l'équilibre statique (dans les barres parallèles dans un premier temps. En effet. Figure 8: Les exercices de ramassage Figure 7: Le travail de l'équilibre statique d'objets au sol créent du lien entre la sur mousse est l'aboutissement des 4 rééducation et la vie quotidienne. Ce qui doit être adapté Il faut respecter le principe de mise en relation des exercices proposés avec les activités de la vie quotidienne. semaines d'atelier. dont l'aspect plus ludique fait oublier en partie les douleurs articulaires. On y associera une stimulation des afférences plantaires. puis en dehors) est tout à fait réalisable dès le début de la prise en charge en groupe (Figure 7). Ainsi. proposer de ramasser un objet au sol a plus de sens que de demander simplement une flexion de tronc (Figure 8). Ces exercices seront préférentiellement proposés dans les barres parallèles. l'importance des douleurs aux genoux leur interdit l'appui unipodal. mis à part la diminution de la base d'appui. on propose par exemple un exercice de passe de ballon au pied. La progression décrite par France Mourey paraît tout à fait adaptée et réalisable au type de patients auxquels l'atelier s'adresse.

afin de rassurer les patientes.Exercices de relevé de sol Ce qui est proposé dans la littérature France Mourey estime qu'il est préférable que la personne descende elle même au sol. et ainsi de suite. qui représentent les enchaînements conduisant l'enfant de la position couchée sur le sol à des positions érigées). On se base alors sur l'utilisation des Niveaux d'Évolution Motrice (NEM par Le Métayer. Il vaut mieux également ne pas fixer d'objectif trop ambitieux dès les premiers essais. [9] Ce qui est réalisable Cet exercice est difficilement abordable pour les patients qui ressentent toujours le traumatisme de la chute. le manque de force des membres inférieurs et supérieurs. acquis lors de l'enfance. La simple idée de se retrouver au sol est parfois inacceptable. ainsi que les douleurs localisées aux épaules et aux genoux rendent impossible le passage en quadrupédie ! Ce qui doit être adapté Il est préférable de proposer cet exercice sur un plan Bobath que directement sur le sol. sur un tapis par exemple. pour se déplacer jusqu'à un point d'appui fixe où se soutenir. Le but du relevé du sol est de retrouver des automatismes perdus. L'apport de la double tâche Ce qui est proposé dans la littérature L'idée du parcours de marche réalisé en effectuant un calcul mental est tout à fait classique et reviens souvent dans la littérature. les patientes reprennent peu à peu confiance en leurs capacités et finissent par dédramatiser en partie la station au sol. Même si le patient consent à réaliser l'exercice. Il se positionnera ensuite à genoux dressés puis en chevalier servant. pour se retrouver en position assise. La répétition des NEM sur plusieurs séances permet la réactivation de ces automatismes perdus. [3] 20 . puis le passage en quadrupédie lors de la suivante. Le patient s'allonge en décubitus ventral ou dorsal selon la situation. En procédant par étapes et en répétant cet exercice. et enfin debout. en travaillant par exemple seulement les retournements pour la première séance. Il devra ensuite se mettre à 4 pattes.

avec une tâche mentale telle que le calcul mental. 21 . (Figure 10) Pour compliquer encore l'exercice. puis prodiguer les différents moyens à notre disposition qui soulagent leurs douleurs. de massage ou d'autres techniques.Ce qui est réalisable Cet exercice est réalisable dans les barres parallèles. « à chaque fois que vous recevez le ballon. Figure 9: L'ajout d'une tache cognitive complique le passage d'obstacles parallèles. il est nécessaire de préparer chaque séance par une prise une charge antalgique. Qu'il s'agisse de TENS. il faut rester statique. de froid. il faut trouver celles qui sont les plus efficaces et les utiliser systématiquement avant chaque séance. on installe les patientes sur un plan instable comme un coussin en mousse. de chaud. (Figure 9) Ce qui doit être adapté Pour travailler en dehors de barres parallèles. donnez un nom de pays qui commence par la lettre que je donne ». qui a été plus appréciée car plus ludique. On associe un travail de l'équilibre par le jeu de ballon par exemple. Dominante antalgique : préparation à l'atelier Afin d'optimiser les capacités des patientes lors de l'atelier. Il faut s'assurer qu'elles aient pris leurs traitements médicamenteux. ou plutôt la recherche de pays et villes sous forme de jeu. qui tiennent la position debout plus longtemps que lorsqu'elles sont inactives. comptez à l'envers en partant de 100 » ou mieux « quand vous recevez le ballon. dans les barres Figure 10: Le jeu de ballon associé à une tâche mentale fait « oublier » leur douleurs aux patientes.

Ils sont d'autant plus utiles lors des séances en groupes qu'ils permettent aux patients d'échanger. telle qu'elle soit. traumatiques ou non. Les conversations s'orientent très vite sur les circonstances des chutes. la mise en place d'une émulation des patients entre eux. comme le ramassage d'objet par exemple. comme c'est parfois le cas en rééducation. 22 . Elles prennent alors consciences que leur cas n'est pas isolé. [9] Il est important de donner du sens à tout exercice proposé. La dynamique de groupe apporte une socialisation.Versant psychologique : intérêt du travail en groupe Les temps de pauses sont essentiels lors de toute prise en charge. et a également pour effet d'inciter les patients à participer verbalement et physiquement. La verbalisation de chacun autour de la chute permet de dédramatiser et légitime le fait d'avoir des difficultés pour remarcher. Le fait de voir quelqu'un qui a chuté être capable de se relever permet aux autres participants d'envisager de se relever également. Il est difficile à la personne âgée de conserver le désir d'agir quand le mouvement demandé ne semble relié à aucune finalité. Le groupe permet par sa dynamique. Si ce n'est pas possible (comme pour le travail de la flexion de cheville avec le balancier). Il est préférable de mettre les exercices en parallèle avec des activités de la vie de tous les jours. Le travail de groupe permet de rompre l'isolement face à la chute. ainsi que sur leurs conséquences. il faut expliquer pourquoi il est important de travailler de cette manière. et semblent soulagées d'écouter les expériences des autres et d'être elles-mêmes écoutées.

Certains paramètres n'ont pas évolué : Sur le plan orthopédique. La marche évaluée par le Tinetti dynamique a été améliorée de 1. L'appui unipodal reste irréalisable. et le test d’adaptation posturale de 1. chaud. La peur de la chute a globalement diminué. d'avoir l'opportunité de faire de nouvelles connaissances. La capacité à la double tâche n’a pas été modifiée.3 point. froid…) a eu un effet bénéfique sur les douleurs des patientes qui ont globalement diminuées de 2 points. le Tinetti statique a été amélioré en moyenne de 3 points. de même que sur les récepteurs de l’équilibre. Au niveau des possibilités motrices et posturales. le TUG de 12. Pour l’équilibre.1m/s. elles ont été soulagées de pouvoir parler entre elles de leurs expériences douloureuses ou non. 23 . Sur le plan psychologique.7 secondes. la vitesse de marche a été augmentée de 0. le TMM a augmenté en moyenne de 3 points. vivre leur rééducation par un abord plus ludique.7 point en moyenne. Les données chiffrées des bilans finaux son détaillés ci-après (tableau 2). Sur le plan physique. la Short FES a diminué en moyenne de 4 points. aucune amélioration n’est à noter. elles ont aimé pouvoir bouger « autrement ». on retrouve une amélioration de la majorité des critères évalués : La prise en charge antalgique (massages.Bilans finaux et résultats Au terme des 4 semaines de travail en atelier. On observe une amélioration de l’indépendance fonctionnelle avec une augmentation moyenne de l’ADL de 1 point. Il est à noter que les patientes ont apprécié de participer à l'atelier d'équilibre.

5/6 (équipe) 9/12 9/12 SWWT : négatif SWWT : positif Short FES : 13 Short FES : 16 ADL : 5/6 (patient) 5/6 ADL : 5. provoquée par la marche. majorée par le mouvement.5/6 (patient) (équipe) 5. Hanche droite : douleur localisée dans le pli de l’aine. cotée à 3 sur l’EVA.Tableau 2: Bilans finaux Facteurs prédictifs de chute Mme G Genou gauche : douleur spontanée cotée à 3 soulagée par la glace.25 m/s Tinetti dynamique : 0. cotée à 4 Cheville droite : 0° de Cheville droite : 0° de flexion Cheville droite : -10° de flexion Cheville gauche : 5° de flexion Cheville gauche : 10° flexion Cheville gauche : -5° de de flexion Mobilités cervicales flexion TMM : 20/20 TUG : 29 secondes Test d’anticipation globalement limitées TMM : 19/20 TUG : 35 secondes Test d’anticipation TMM : 20/20 TUG : 42 secondes Test d’anticipation Orthopédique Des possibilités motrices et posturales De l’équilibre posturale : 0 posturale : 2 posturale : 2 Tinetti statique : 12/16 Tinetti statique : 11/16 Tinetti statique : 11/16 Unipodal : négatif Unipodal : négatif Unipodal : négatif Vitesse de marche : Vitesse de marche : Vitesse de marche : 0. cotée à 3. Mme R Mme M Genou droit : douleur spontanée cotée à 3-4. soulagée par le repos en décharge.5/6 (équipe) 24 . Épaule droite : idem.27 m/s Tinetti dynamique : De la marche De la double tâche De la peur de la chute De l’indépendance 9/12 SWWT : positif Short FES : 10 ADL : 6/6 (patient) fonctionnelle 5. Genou droit : douleur provoquée par la station debout.40 m/s Tinetti dynamique : 0. majorée par Algique l'appui. majorée par l’appui et la marche Épaule gauche : douleur spontanée cotée à 6.

Cet objectif a été partiellement atteint. ainsi que des scores du Tinetti et du TMM. elles ont pu reprendre confiance en leurs capacités. En effet.. (le patient arrête de marcher lorsqu'on lui pose une question) n'a pas été modifié pour les deux patientes chez qui il était déjà positif lors du bilan de départ.) et fonctionnelles (amélioration du temps de TUG. est tombée en portant un sac lourd.. un point essentiel dans ce type de rééducation. le test "stop walking when talking". Le risque de chute n'a donc dans l'absolu pas diminué au terme des 4 semaines d'atelier. a d'autant plus de risque de re-chuter une fois rentrée au domicile. l'état psychologique des patientes vis-à-vis de la peur de la chute s'est amélioré. De plus. même si ces critères ont globalement évolué dans le bon sens. on peut espérer que la qualité de la vie quotidienne des patientes soit améliorée. de l'ADL). il était peu probable qu'il soit amélioré au terme de la prise en charge. Pourtant. est tombée en portant un saladier. je pense. ce qui prédit un risque de forte dépendance au quotidien. la moindre activité.Discussion L'objectif de ce travail était de monter qu'il est possible d'avoir des résultats positifs sur les critères prédictifs de chutes au terme d'un atelier d'équilibre.. C'est. Mme R. Ce dernier étant plus lié aux gonalgies que présentaient les trois patientes plus qu'à un manque d'équilibre. Il semble particulièrement important à travailler. Échec de l'amélioration de la capacité à la double tache L'un des critères prédictifs de chute n'a pas été amélioré au terme des 4 semaines : la capacité à la double tâche. Mme G. car une personne qui appréhende le moindre déplacement. En effet. les résultats lors du bilan final se sont améliorés mais rapportaient encore un temps de réalisation supérieur à 30 secondes en moyenne. amélioration des réactions d'anticipations posturales et parachutes. d'après l'évolution positive des capacité motrices (augmentation de la vitesse de marche. car la majorité des chutes des patientes sont survenues alors qu'elles marchaient en faisant autre chose en même temps. malgré un état physique et psychique altéré.. (Annexe 2) L'acquisition de cette aptitude apparaît comme 25 . De plus certains critères n'ont pas évolué du tout. ou encore en discutant avec sa sœur. si l'on se réfère aux résultats de la Short-FES. ils n'ont pour autant pas disparu. Si l'on prend pour exemple le "get up and go test". tels que le "stop walking when talking test" et le temps de maintien unipodal.

l’une dite « primaire » et l’autre dite « secondaire ». Berrut : "La double tâche. Certaines études montrent qu'il existe des modifications des comportements moteurs lors de l'ajout d'une tâche supplémentaire chez le sujet âgé : − sur le contrôle postural en position debout statique : augmentation des oscillations en tous sens du tronc (Anderson et coll. Définition selon O."[16] La marche est donc en théorie une activité sans contrôle conscient avec une automatisation au niveau sous-cortical et médullaire. une partie du cortex pré moteur et 26 . mais il faut s'assurer que le patient est capable de la mettre en pratique une fois chez lui : c'est la notion de performance. La tâche primaire st alors la tâche dite « attentionnelle » et la tâche secondaire est représentée par la marche. la tâche ajoutée est le plus souvent le calcul mental. Beauchet. Cette aptitude doit être acquise durant la rééducation. [18] Concept de la double tâche Pour comprendre pourquoi cette capacité ne s'est pas développée au terme de la prise en charge. Les inférences observées sont des modifications des performances de l’une ou des deux tâches qui sont mesurées en comparant les performances sous condition de simple et de double tâche. Dans le cas d’un paradigme mettant en jeu la marche et une autre tâche. En effet. des zones situées dans les deux lobes pariétaux. il faut se pencher sur le concept lui même. Avec l’âge. pour lesquelles les modifications des performances sont mesurées. le contrôle cortical de la marche semble augmenter avec une plus grande mobilisation des ressources attentionnelles. Les paradigmes de double tâche reposent sur l’hypothèse que deux tâches réalisées simultanément interfèrent si elles utilisent des sous-systèmes fonctionnels et/ou cérébraux identiques. comme les structures du langage (aire de Broca). G. qui aggraveraient encore l'état fonctionnel et psychique des patientes.essentielle pour prévenir la survenue de nouvelles chutes. cette activité réquisitionnerait un grand nombres d'aires cérébrales. l’interférence repose sur l’hypothèse de la mise en jeu conjointe de l’attention. 1998) − sur la marche : élargissement du polygone de sustentation. comme son nom l’indique. se définit par la réalisation simultanée de deux tâches. ralentissement voire arrêt complet de la marche [15] Dans ces études.

et même en terrain varié (extérieur) en fin de rééducation. faites deux aller-retour entre votre chambre et le restaurant. 27 . du passage d'obstacles.probablement le cervelet [14]. jusqu'à ce que le patient la maîtrise au mieux de ses capacités. comptez à rebours de deux en deux en partant de cent. j'ai décidé de m'inspirer du modèle de Kahneman : "L’attention est considérée comme un réservoir dont la quantité de ressources susceptibles d’être investie dans une tâche est limitée."[17] Considérons la marche comme la tâche primaire : les patients doivent devenir "expert" dans cette activité pour pouvoir en diminuer le coût attentionnel. on demande à la patiente lors de ses allers-retours habituels "maintenant. lors de la prise en charge individuelle où même en dehors des séances. il suffirait de travailler la marche simple en ligne droite de façon intensive et répétée. ce qui n'a pas été réalisé en atelier. passage piéton). Il est possible que j'ai diminué l'efficacité de mes exercices en demandant de retrouver des noms de villes ou d'animaux. Le modèle de réservoir permet d’envisager la réalisation conjointe de deux tâches : lorsque la demande attentionnelle cumulée de deux tâches n’excède pas les capacités générales. Par exemple. Pendant la séance. on donne la consigne : "cet après midi. le risque de chute doit être quasiment nul). Cette activité aurait donc pu être réalisée en dehors des séances de groupes. ce qui augmenterai la quantité de ressource attentionnelle dans le "réservoir" et ainsi permettre l'ajout d'une tâche secondaire comme la parole ou encore le passage d'un obstacle (trottoir. il faudra réintégrer la marche dans la vie quotidienne en l'associant à la parole. On l'associera ensuite à une tâche secondaire : le calcul mental." La marche devra d'abord être réalisée dans les mêmes conditions. si vous vous en sentez capable. au lieu de proposer du calcul mental. Quelles répercussions sur la pratique ? A la lumière de ces concepts. tout en continuant à marcher". elles peuvent être réalisées simultanément sans que leurs performances soient diminuées. Une fois cette exercice maîtrisé. En tenant compte de la fatigabilité et des temps de repos nécessaires au patient on lui demande de marcher seul avec les aides techniques habituelles (dès que les conditions de sécurité sont réunies. Modèle de la double tâche Il existe plusieurs modèles qui représentent les ressources attentionnelles. petite marche. parcours complet.

et que 28 .. Il peut également prescrire des compléments alimentaires tels que le calcium et la vitamine D. L'important est de verbaliser les craintes. le psychomotricien cherche à rétablir le mieux-être. il semble évident de diversifier les intervenants lors des séances en groupe. Il est évident que l'atelier est un outil à utiliser en complément d'une prise en charge individuelle par chacun des professionnels. les antécédents médicaux et l'examen clinique de déterminer l'étiologie des chutes. l'équilibre psycho-corporel de la personne.. La psychomotricité Par l'intermédiaire du corps. 2006) L'ergothérapie Un des facteurs habituel des chutes est le mauvais aménagement du domicile.. Le médecin Il est capable. mettre en place des ateliers de situation pratique (cuisine.) pour diminuer le risque de chute une fois les patients chez eux. Il faut aussi souligner l'importance de la communication entre ces différents acteurs. Apport d'une prise en charge pluridisciplinaire Les kinésithérapeutes n'ont pas le monopole de l'atelier d'équilibre. L'objectif d'un atelier d'équilibre et de prévention de chute pour ce professionnel est de retrouver une image positive du corps et ainsi regagner une certaine confiance en soi. dont l'association limiterait le risque de chute. Il adapte l'ordonnance pour limiter les prises médicamenteuses au minimum (rappel : la prise de 4 médicaments par jour augmente le risque de chute). Dans une optique de globalité de la rééducation. une dédramatisation de la chute par une approche du sol. La psychologie Les psychologues sont les mieux placés pour faire verbaliser sur la chute et pour gérer le traumatisme psychique. pour permettre une prise en charge cohérente et adaptée aux possibilités de chaque patient. Cela passe par un travail sur la respiration qui induit un apaisement émotionnel. Cela oriente la prise en charge paramédicale et détermine des objectifs précis et adaptés au patient.Nous retrouvons alors cette notion de participation.. de faire réfléchir sur ses peurs. (Boonen. toilette. d'après l'anamnèse. ainsi qu'en prise en charge individuelle. le patient doit être capable de réaliser ces activités seules avant de renter à domicile. L'ergothérapeute peut prodiguer ses conseils. Il faut répéter qu'une prise en charge motrice seule est ici inadaptée.

29 . Le cercle du déconditionnement serait alors réenclenché. selon la Haute Autorité de Santé. de force musculaire. la dénutrition est un facteur de risque de la chute chez la personne âgée.le dépistage et le traitement de la peur de chuter sont essentiels à une reprise des activités antérieures. [4] Le problème du suivi à domicile Au terme de leur séjour au centre de rééducation et de réadaptation gériatrique. En effet. de souplesse. Ces récidives pourraient affaiblir les organismes fragilisés par le vieillissement et les chutes antérieures. les patientes ont amélioré leurs performances en terme d'équilibre. Mais une fois de retour à domicile. ce qui implique un travail d'équilibre en double tache mais aussi de réapprendre à manger équilibré et en quantité suffisante. Le suivi diététique Il est possible de mettre en place des ateliers cuisine en collaboration avec l'ergothérapeute. mais aussi leur faire perdre la confiance en elles qu'elles ont pu acquérir au centre. ne vont-elles pas perdre le bénéfice de la prise en charge rééducative ? Il semble qu'il soit important de mettre en place un programme d'éducation thérapeutique afin d'éviter la survenue de nouvelles chutes. ce qu'il faut à tout prix éviter.

Des bilans préalables sont toutefois nécessaires afin d'avoir une idée précise des possibilités des participants. Il s'agit alors de les compenser. − Les temps de pause doivent être aménagés pour ne pas trop fatiguer les patientes et risquer d'aggraver les douleurs − Une prise en charge antalgique préalable est nécessaire pour réaliser la séance dans de bonnes conditions − Faire correspondre les exercices avec les activités de la vie quotidienne : l'objectif est avant tout fonctionnel Il faut garder en tête des objectifs réalisables et réalistes : les améliorations sont présentes et doivent être positivées. Pour répondre à la problématique de départ. En effet. La prise en charge de cette peur résiduelle a été l'un des points essentiels à traiter lors des séances. par une prise en charge qui devient alors palliative. il est possible d'adapter un atelier d’équilibre pour des personnes âgées douloureuses. mais certaines déficiences ne pourront pas être récupérées. tant au vu des déficiences physiques que des perturbations psychologiques liées au traumatisme de la chute.Conclusion Cette expérience a été globalement très positive. Elle a montré qu'il est possible d'intégrer des personnes âgées aux capacités physiques très diminuées dans un atelier d'équilibre. 30 . proposer un atelier classique tel qu'il est décrit dans la littérature est impossible. polypathologiques et à mobilité réduite à certaines conditions : − toujours garder à l'esprit que la peur est parfois plus handicapante qu'une déficience physique. afin d'en adapter les moyens.

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Kredex©. Lasilix©. Atacand©.Annexes Annexe 1 : Traitements en cours Médicament dont la prise augmente le risque de chute Mme G. Coaprovel©. Sectral© De l’insuffisance veinolymphatique : Daflon© Antidepresseur : Seroplex© Somnifère : Imovane© Antiacide : Inexium© Laxatif : Movicol© Vitamines : Uvedose© Anti-histaminique : Aerius© Mme R. Contramal© De l’insuffisance cardiaque et de l’hypertension artérielle : Amlor©. Corvasal ©. Antalgique : Dafalgan© De l’insuffisance cardiaque et de l’hypertension artérielle : Kardegic ©. Previscan© De l’insuffisance rénale : Burinex© Anti-épileptique : Rivotril© Somnifère : Imovane© Anti-histaminique : Clarityne© Anti-acide : Inexium© 33 . Antalgique : Dafalgan©.

Antalgique : Dafalgan© Somnifère : Imovane© De l’insuffisance veinolymphatique : Daflon© De l’insuffisance cardiaque et de l’hypertension artérielle : Amlor© De l’infection urinaire : Noroxine© Annexe 2 : Anamnèse Mme G. Mme M. Cette fracture est survenue suite à une chute de Mme G. la nuit seulement. Antécédents de chutes : o Quelques chutes à vélo entre 60 et 80 ans traumatismes légers (ecchymoses) o Deux chutes dans la rue en trébuchant sur un trottoir alors qu’elle discutait après 80 ans.De l’hyperkaliémie : Kayexalate© De l’arthrose : Piasclédine© De l’asthme : Becotide© Des troubles de l’absorption intestinale : Speciafoldine© Oxygène : 2 litres. Patiente de 86 ans. 34 . à une fille et vit dans un pavillon de plain-pied. à son domicile. Avant cet accident. due à la précipitation alors qu’elle portait un plat tout en marchant. Elle est veuve. o Sur une terrasse chez sa sœur : chute en avant alors qu’elle marchait tout en discutant. adressée au centre de rééducation suite à la pose d’une prothèse intermédiaire de hanche droite le 23 mai sur fracture du col du fémur. elle se déplaçait avec une canne simple en intérieur et en extérieur.

veuve. due à la précipitation (voulait répondre au téléphone) et à un mauvais chaussage. a chuté plusieurs fois depuis une quinzaine d'années. ont entraîné une fracture bi malléolaire à droite et fracture de la clavicule droite (2003). a une fille et vit dans un appartement au 5 ème étage avec ascenseur. dans le train… (Les données sont peu précises car Mme M. les chutes de Mme R. sans gravité mis à part une fracture du tibia gauche en 1999. o Chute dans les toilettes chez sa petite fille le 9 juin 2010 alors qu’elle tentait de se relever : fracture du col du fémur gauche. ayant entraîné une fracture du col du fémur droit. elle refuse de sortir de chez elle seule. est plutôt confuse à ce sujet et je n’en retrouve nulle trace dans son dossier médical). Mme R. ayant entraîné une fracture du poignet gauche. Mme M. adressée au centre pour la rééducation d’une gonarthrose gauche. o 1999 : chute à vélo ayant entraîné un fracture du tibia gauche o Ces 5 dernières années : quelques chutes dans les escaliers entre l'ascenseur et la porte de son appartement : ne veut plus sortir de chez elle. Mme M. après avoir chuté dans les escaliers de son immeuble. Patiente de 79 ans. Patiente de 90 ans. Il y a un an. Depuis 2003.o Chute il y a un an et demi après avoir trébuché sur une barre de porte. Cette fracture est survenue suite à une chute chez sa fille alors qu’elle se relevait des toilettes. mais avec quelques marches d’accès en intérieur. est retraitée employée des postes. Mme M. o Chute le 23 mai 2010 chez elle due sans doute à la précipitation. adressée au centre pour la rééducation suite à l’ostéosynthèse d’une fracture du col fémoral gauche par la mise en place d’une prothèse totale de hanche le 9 juin 2010. Antécédents de chutes o Plusieurs chutes sans traumatisme : en trébuchant sur des trottoirs. la ré opération de la cheville droite et greffe de tissus suite à une nécrose 35 .

Elle a six enfants. son mari atteint de la maladie d’Alzheimer vit dans une maison de retraite à quelques kilomètres de chez elle. o En 2006 : chute dans des escalators après avoir raté une marche : fracture cervicale l’obligeant à 4 mois d’hospitalisation avec port d’un corset. Annexe 3 : Auto questionnaire d'évaluation de la qualité de vie • Qu’est ce qui vous a plu ou déplu lors de ces ateliers ? • Estimez vous que l’atelier a amélioré votre équilibre ? • Estimez vous que l’atelier a amélioré votre confiance en vous ? • Pensez vous avoir moins peur de chuter ? • Pensez vous être capable de vous relever en cas de chute ? • Êtes vous capable de réaliser certaines activités que vous ne faisiez plus depuis votre chute ? (prendre les escaliers. puis d’une minerve pendant 2 mois (2006). est mariée. vous déplacer en marchant. aller aux toilettes ou vous laver seule…) • Qu’auriez vous aimé travailler en plus ? Y aurait-il des choses à améliorer ? 36 . une prothèse totale de genou droit posée en 2000. o En mai 2010 : chute dans sa chambre alors qu’elle était hospitalisée pour la prise en charge de son insuffisance cardiaque. la fissure d’un plateau tibial de son genou gauche (2010). Mme R. Elle présente une omarthrose bilatérale. Antécédents de chutes o En 2003 : chute dans les escaliers chez elle alors quelle portait un sac lourd : fracture bi malléolaire à droite et fracture de la clavicule droite o En 2005 : glisse sur son tapis en sortant de la salle de bain : ré opération de la cheville droite et greffe de tissus suite à une nécrose. elle attend de la rééducation de soulager sa douleur au genou gauche. En plus de vouloir remarcher. une fracture cervicale l’obligeant à 4 mois d’hospitalisation avec port d’un corset.(2005). due selon elle à la douleur à son genou : cette chute a entraîné une fissure d’un des plateaux tibiaux de son genou gauche. puis d’une minerve pendant 2 mois. dont une fille chez qui elle vit depuis 2 ans.