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Licence Sciences et Technologies.

Introduction à la thermodynamique
physique

Chapitre 1 : Comment décrire la matière ?
Introduction 
La thermodynamique est un ensemble de lois qui décrivent la matière à notre
échelle ainsi que son évolution. Elle a joué un rôle essentiel dans le développement
de notre société : moteurs à explosion, réfrigérateurs, centrales électriques…
Elle est aussi importante pour la vie sur Terre car elle conditionne les
transferts d’énergie entre le Soleil et la Terre ainsi que la transformation des
aliments en énergie indispensable à la vie.
Ce premier chapitre se propose de présenter brièvement les systèmes étudiés par
la thermodynamique, c’est-à-dire les systèmes matériels macroscopiques. Nous
présenterons les 2 niveaux de description envisageables pour ces systèmes ainsi
que les notions importantes qui permettent de passer d’une échelle d’observation à
l’autre.

I-

La matière
qualitatifs.

à

l’échelle

microscopique

:

aspects

Dans une première approche, la matière peut être vue comme un empilement
d ‘édifices élémentaires : atomes, molécules… La manière dont ces entités sont
regroupées définit l’état de la matière, solide, liquide, gazeux ou plasma.
a) L’état solide
- Les interactions ou forces de liaison entre les atomes ou molécules y sont
fortes. Des déformations telles que flexion, torsion, dilatation ou compression
sont possibles mais difficiles.
- Dans un solide, les atomes (ou les molécules) se limitent à vibrer autour de
positions d’ équilibres fixes. Dans un solide cristallin, les positions d’équilibre

sont régulièrement disposées (ex : le diamant, le graphite,le quartz …) alors que
dans un solide amorphe, elles sont désordonnées (ex : le verre, le charbon…).

Réseau ordonné du quartz cristallisé.

Réseau désordonné du verre de silice.

b) L’état fluide
- Les forces de liaison sont moins fortes que dans l’état solide sans pour autant
forcément être nulles. Les atomes ou molécules vont donc avoir un mouvement
relativement libre et entrent fréquemment en collision.
- Les atomes d’un liquide sont assez proches les uns des autres et il est difficile
de réduire leur volume. En revanche, les atomes ou les molécules d’un gaz sont
plus éloignés les uns des autres (environ 10 diamètres atomiques) car les
interactions y sont plus faibles que dans un liquide. Les collisions y sont
également beaucoup moins nombreuses. Les gaz sont en général compressibles.

- Un cas limite : le modèle du gaz parfait
Il se fonde sur 2 hypothèses :
* Les molécules n'interagissent pas sauf au moment même où elles entrent
en collision.
* Les molécules sont de dimension négligeable devant la distance moyenne
qui les sépare. Un gaz réel ne pourra donc être assimilé à un gaz parfait que
s'il est suffisamment dilué.

c) L’état plasma
- Il s’agit d’un état pour lequel un ou plusieurs électrons constituant les atomes
sont arrachés. Les forces électromagnétiques qui en résultent ont une portée et
une intensité bien plus grandes que celles des interactions présentes dans un
fluide neutre. Les plasmas sont en fait ainsi bien plus structurés que les fluides
neutres.
- Les étoiles (et donc le soleil) sont des plasmas ainsi que 98% de notre univers.

d) Conclusion
Les quelques notions que nous venons de présenter sont évidemment insuffisantes
pour une description microscopique complète d’un échantillon de matière, tel que
l’air contenu dans la pièce. En supposant que chaque atome ou molécule évolue
selon les lois de la mécanique de Newton (ce qui est erroné…), il nous faudrait
décrire avec précision toutes les forces qui s’exercent puis résoudre un nombre
d’équations du mouvement de l’ordre de 10 23 , ce qui est bien évidemment
irréalisable. Ainsi que nous le verrons pour les gaz parfaits, les aspects
microscopiques dans les systèmes thermodynamiques doivent en réalité être
moyennés sur toutes les particules €du système pour retrouver une pertinence par
rapport à nos observations de la vie courante.

II- La matière à l’échelle macroscopique : les variables
d’état.
- Les principales grandeurs qui permettent de décrire un milieu à notre échelle
sont son volume, sa température et sa pression dans le cas des fluides. En
général, on devrait également inclure les propriétés électriques et magnétiques, la
composition chimique…mais nous n’en tiendrons pas compte dans ce cours.
- La pression et la température ne dépendent pas de la taille du système étudié :
ce sont des variables d’état intensives. Au contraire, le volume est une variable
d’état extensive. Nous ne développerons pas la discussion sur le volume dont le
calcul ne fait appel qu’à des considérations géométriques.
a) La température
- La notion de température s’appuie sur notre sensibilité au chaud et au froid.
Intuitivement, sa définition est basée sur l’expérience suivante :
Prenons 2 objets l’un étant plus « chaud » que l’autre et plaçons-les au contact en
les isolant du monde extérieur. Après une période transitoire où le corps le plus
chaud refroidit et où le corps le plus froid se réchauffe, il n’y a plus d’échange
thermique entre les 2 objets.
- Pour relier cette sensation fortement subjective du caractère chaud ou froid
d’un corps à la grandeur physique mesurable qu’on appelle température, on utilise
des propriétés diverses de la matière : un thermomètre classique fait ainsi appel
aux propriétés de dilatation du mercure ou de l’alcool.
- De façon générale, la température d’un système thermodynamique est donc une
grandeur qui, en l’absence d’intervention extérieure, tend à prendre la même
valeur pour tous les corps en contact, quels que soient leur nature chimique et
leur état physique.
- Echelles de température.
* Pour l’échelle des degrés Celsius ou échelle centigrade, le zéro correspond
à la fusion de la glace et la valeur 100 à l’ébullition de l’eau sous la
pression atmosphérique normale. La division entre 0°C et 100°C est
linéaire.
* L’échelle de température absolue est une échelle à un seul point fixe, le
point triple de l’eau où sont en équilibre les phases solide, liquide et gaz.

On attribue à ce point la température de 273.16 K, le Kelvin (K) étant
l’unité dans laquelle on exprime la température absolue.
Relation avec l’échelle Celsius : T(K) = θ (°C ) + 273.15 .
Le zéro absolu (O K) est inaccessible : dans l’échelle de température
absolue, la température s’exprime donc
€ toujours par un nombre strictement
positif.
b) La pression d’un fluide

- Définition

En tout point d’une paroi, on constate qu’un fluide au repos exerce une force
orthogonale à l'élément de surface entourant ce point et dirigée vers l'extérieur:

r
r
dF = P n dS
r
n Vecteur normal
dS

Volume de fluide
P représente par définition la pression du fluide.
L’unité légale de pression est le pascal (Pa ; 1 Pa = 1 Nm−2 ). On utilise également :
*€
l’atmosphère (atm) : 1 atm = 1.013 10 5 Pa
* le millimètre de mercure : 1 atm correspond à 76 cm de mercure
* le bar égal à 10 5 Pa.


- Variation de pression dans
€ un fluide avec la profondeur.

Considérons, à l'intérieur d'un fluide de masse volumique ρ , un cylindre imaginaire
d'axe vertical, de hauteur infinitésimale dz et de section dS. Effectuons alors un
bilan des forces appliquées à ce cylindre :
* sur la surface latérale, s'exercent des€forces de pression situées dans
un plan horizontal et dont la résultante
est nulle.€

* sur les 2 surfaces de base, les forces de pression exercées par le fluide
environnant sont verticales et dirigées vers l'intérieur du cylindre

* enfin, le cylindre est soumis au poids du fluide qu'il contient, soit
r
−dm g ez où dm = ρ dSdz est la masse de fluide .

r
P( z ) dS ez

z + dz
z

r
− ρgdSdz ez
r
−P (z + dz )dS ez

r
ez

En définitive, la condition d'équilibre s'écrit donc :

P ( z) dS − P ( z + dz) dS − ρg dSdz = 0
soit P ( z + dz) − P (z) = dP = − ρg dz ou encore :

dP
= − ρg
dz

Loi fondamentale de l'hydrostatique
Dans un liquide, la masse volumique est constante, il en résulte immédiatement :

A

zA
h
zB

PB − PA = − ρg( z B − z A ) = ρgh

B
r
ez

Ainsi :
La pression est la même au niveau de tous les points qui sont à la même altitude

Elle augmente par ailleurs avec la profondeur. La poussée d’Archimède, subie par
tout objet immergé dans un liquide, s’explique précisément par la différence de
pression entre le « haut » et le « bas » de l’objet.
Considérons en effet l’exemple d’un corps, en forme de cylindre de hauteur h et de
section S, immergé dans un liquide de masse volumique ρ . La résultante des forces
de pression exercées par le liquide s’évalue comme dans précédemment :


r

P (z )S ez

z+h
z

r
ez

r
−P (z + h)S ez

r
r
r
r
⇒ Fliq. = [ P ( z) − P (z + h )] S ez = ρghS ez = mliq.g ez
1442443
ρgh

où mliq. = ρhS est la masse du volume de liquide déplacé par le corps. L’objet subit
donc une force

opposée au poids du fluide déplacé : c’est la poussée d’Archimède.

Exemple : Un iceberg de masse volumique ρ i = 920 kg.m−3 flotte sur un océan de
masse volumique ρ o = 1025 kg.m−3 . Quelle fraction de son volume est submergée ?
En notant Vi le volume de l’iceberg€et Vs celui de la partie submergée, il suffit
r
d’écrire €la condition d’équilibre entre le poids de l’iceberg −ρ iVi g ez et la poussée
r
V
ρ
d’Archimède ρ oVsg ez , soit ρ iVi g = ρ oVsg et donc s = i ≈ 90% .
Vi ρ o


c) Les équations d’état


L’expérience montre que les grandeurs caractéristiques de l’état d’un système
thermodynamique à l’échelle macroscopique sont liées par une relation appelée
équation d’état du système :

- Gaz parfait: En considérant des gaz de plus en plus dilués, il a été établi
expérimentalement que la pression P , le volume V , la température absolue T et le
nombre de moles n d’un gaz parfait sont reliées par l’équation d’état :

PV€= nRT ,

R = 8.314 SI étant la constante des gaz parfaits.
Loi d'Avogadro-Ampère


⇒ A€température constante et pour une masse déterminée de gaz, le

est constant (Loi de Boyle-Mariotte)

produit PV

A pression constante, le volume d'un gaz parfait est proportionnel à la

température absolue (Loi de Gay-Lussac)

A volume constant, la pression d'un gaz parfait est proportionnelle à la
température absolue (Loi de Charles)

Des volumes égaux de gaz parfaits, à la même pression et à la même
température, contiennent le même nombre de moles. (Loi d'Avogadro)

- Gaz réel: Son équation d’état peut différer sensiblement de celle d’un gaz
parfait à cause des interactions entre les molécules. Plusieurs équations
phénoménologiques ont été proposées et qui sont souvent valables dans un domaine
restreint de température ou de pression. L’équation la plus connue est celle
établie théoriquement par J. van der Walls :

 P + n2 a  (V − nb) = nRT

V2



où a et b sont 2 constantes qui traduisent respectivement le comportement des
forces intermoléculaires à longue et courte portée. Pour le dioxygène,
a ≈ 0.138 J.m 3 .mol−1 et b ≈ 3.18 10 -5 m 3 .mol−1 .

- Liquide: L’équation d’état reliant le volume, la température et la pression d’un
liquide est par€exemple
V = Vo [1+ α (T − To ) − κ ( P − Po )] .
où To désigne 0°C, Po = 10 5 Pa (1 bar) ; Vo est le volume du liquide à T = To et
à  P = Po ; α est un coefficient qui représente la variation relative de volume

résultant d’une variation de température à pression constante (coefficient de
dilatation volumique)
; κ mesure
par une

€ l’aptitude du liquide à être comprimé

variation

de pression à température constante (coefficient de compressibilité
isotherme).

III- Du microscopique au macroscopique dans les gaz
parfaits.
a) Introduction
- La spécificité des systèmes thermodynamiques réside dans leur très grand
nombre de particules. Pour expliquer, en termes microscopiques, les lois et les
variables que nous observons à notre échelle, l’idée la plus simple consiste à
considérer que nous ne percevons que la moyenne des comportements de chaque
molécule : c’est le concept central de la physique statistique, dont le rôle est de
faire le lien entre les échelles microscopique et macroscopique.
- Cas du gaz parfait : le chaos moléculaire
Considérons un gaz parfait à l’équilibre macroscopique : toutes ses variables
d’état sont constantes dans le temps. Devant notre incapacité à déterminer la
trajectoire de chaque atome ou molécule du gaz, nous considérerons que les
moyennes sur l’ensemble des molécules peuvent être calculées en supposant que les
vecteurs position et vitesse des molécules sont distribués au hasard avec les
hypothèses suivantes :
* En l'absence de force extérieure, les molécules se répartissent
uniformément dans tout le volume offert.
* Les différentes directions des
indépendantes les unes des autres.

vitesses

sont

équivalentes

et

b) Loi de probabilité des vitesses des molécules : distribution de -Boltzmann
r
r
- Notons pvr d 3v la probabilité qu’une molécule du gaz ait un vecteur vitesse v à
r
d 3v près : géométriquement dans l’espace des composantes cartésiennes du

vecteur vitesse, nous nous intéressons donc à des molécules représentées par un
r
point appartenant à un volume élémentaire d 3v autour du point (v x ,v y ,v z )  :
Espace
des vitesses


r
d 3v

v x
r 
v v y
r 
ey vz

r
ez

r
ex

Si N est le nombre total de molécules du gaz, celles qui sont animées du vecteur
r
r
r
vitesse v à d 3v près seront donc au nombre de N × pvr d 3v .
Par ailleurs, compte tenu des hypothèses statistiques du chaos moléculaires, la
probabilité pvr d’avoir un certain vecteur vitesse ne peut dépendre que de sa
€norme
€ puisque les différentes directions
de déplacement des molécules sont

équiprobables. En d’autres termes :
pvr = pvr (v 2 )

r
- En outre, si nous intégrons pvr d 3v sur toutes les composantes v y et v z , nous
r
obtenons évidemment la probabilité

qu’une molécule ait la vitesse v x suivant ex à
dv x près. Nous noterons pv x dv x cette probabilité et ainsi  pv x = ∫∫ dv y dv z pvr . Aucune

€ v y ,v z €
des 2 valeurs v x et − v x ne devant être privilégiée, pv x = €pv x (v x2 ) . En €introduisant
pv y (v y2 ) = ∫∫ dv x dv z pvr , pv z (v z2 ) = ∫∫ dv x dv y pvr pour chacune
les fonctions similaires

v x ,v z
v x ,v y

des 2 €
autres€coordonnées cartésiennes, il vient :

pvr (v 2 ) = pv x (v x2 ) pv y (v y2 ) pv z (v z2 )


r r r
dans la mesure où les composantes de la vitesse selon ex , ey , ez ont été supposées
indépendantes les unes des autres. Là encore, aucune de ces directions ne devant

être privilégiée, les fonctions pv x , pv y , pv z sont nécessairement identiques :
€ € €
pv x = pv y = pv z = pv cart . et donc pvr (v 2 ) = pv cart . (v x2 ) pv cart . (v y2 ) pv cart . (v z2 )


- Dérivons alors cette égalité par rapport à la variable v x2  :
dpv cart . (v x2 )
∂pvr
=
pv cart . (v y2 ) pv cart . (v z2 )
∂(v x2 )
d (v x2 )

dpvr (v 2 ) ∂ (v 2 )
d(v ) ∂ (v )
€ 123
2

2
x

=

dpv cart . (v x2 )
d (v

2
x

)

pv cart . (v y2 ) pv cart . (v z2 ) car v 2 = v x2 + v y2 + v z2 .

1

2

dpv cart . (v x2 )
1 dpvr (v )
1
soit
=
. En procédant de manière similaire avec les
€ pvr (v 2 ) d (v 2 )
pv cart . (v x2 ) d (v x2 )

variables v y2 et v z2 , il vient finalement :

2
dpv cart . (v x2 )
dpv cart . (v y2 )
dpv cart . (v z2 )
1 dpvr (v )
1
1
1
=
=
=
p€vr (v 2 ) d (v 2 )
pv cart . (v x2 ) d (v x2 )
pv cart . (v y2 ) d (v y2 )
p . (v z2 ) d (v z2 )
14442444
3 14442444
3 1v cart
4442444
3
fonction de v x2

fonction de v y2

fonction de v z2

Par conséquent, toutes ces quantités sont égales à une même constante C et
€ donc :
pv cart . (v i2 ) = K exp(Cv i2 ) (i = x, y,z)

où K est une constante déterminée de façon à ce que la probabilité totale soit
bien égale à 1 : €

+∞
1 +∞
2
∫ dv i pvcart . (v i ) = 1 ⇒ K = ∫ dv i exp(Cv i2 )
−∞
−∞
Cette intégrale ne converge que la fonction s’annule à l’infini, c’est-à-dire si
C < 0 :
nous€
poserons
donc
C = −α
avec
α >0
de
sorte
1 +∞
π
que  = ∫ dv i exp(−αv i2 ) =
. Finalement :
K −∞
α


 α 3 2
α
2
2
r
pv cart . (v ) =
exp(−αv i ) et pv (v ) =   exp(−αv 2 )
π 
π
2
i

b) Interprétation microscopique de la pression d’un gaz parfait


r
r
- Considérons le choc d’une molécule de vitesse v ( à d 3v près) avec un petit
élément de surface dS de la paroi d’un récipient dans lequel se trouve un gaz
parfait :


Gaz parfait de N
molécules (masse m)
dans un volume V

dl = v dt

θ
r
ez

r
v
Elément de
surface dS

r
v′

r
ey

r
ex

Volume dV

A l’échelle des molécules, l’élément dS est de très grande dimension et tout se
passe donc comme si une petite sphère (comme une balle de tennis) heurtait un
solide plan (comme un mur). Le choc est qualifié d’élastique lorsque le contact
s’effectue sans frottements :
les seules forces qui s’exercent sont alors

r
normales à la surface de contact, c’est-à-dire dirigées selon ey dans notre cas.
Par conséquent, seule la composante de la vitesse dans cette direction est
modifiée : v ′x = v x et v ′z = v z . Au cours d’une collision élastique, il y a par ailleurs :
- Conservation de l’énergie cinétique totale:

1 2
1

mv + E c,dS = mv ′2 + E c,dS
2
2


où E c,dS , E c,dS
désignent respectivement les énergies cinétiques de l’élément de
surface avant et après
€ le choc. La paroi étant macroscopiquement immobile, ces
énergies cinétiques sont négligeables et donc v = v ′.


⇒ v x2 + v y2 + v z2 = v ′x2 + v ′y2 + v ′z2 soit dans le cas présent v y2 = v ′y2 , c’est-à-dire v ′y = −v y .

- Conservation de la quantité de mouvement totale, la quantité de
r
mouvement p d’un point matériel en mouvement
étant le produit€ de sa masse par

son vecteur vitesse :
r r
r r
mv + pdS = mv ′ + p′dS

r
Sous l'effet d'un choc élastique avec une molécule du gaz de vitesse v , l'élément
dS de la paroi reçoit donc
€ la quantité de mouvement
r
r r
r
r r
r
Δp1dSchoc (v ) = p′dS − pdS = m(v − v ′) = 2mv y ey €


r
Or toutes les molécules susceptibles de heurter dS, avec une vitesse v et
pendant une très faible durée dt , sont contenues dans le cylindre oblique de
longueur dl = vdt s'appuyant sur dS. Compte-tenu de l'hypothèse de répartition
uniforme du gaz dans tout le volume offert,
que
€ le nombre total de molécules

contient ce petit volume€dV est :

€ dN = N dSdlcosθ = N v dSdt
total
424
3 V y
V 1Volume
dV
r

Mais nous ne souhaitons
retenir que celles qui sont animées du vecteur vitesse v
r
à d 3v près : il convient donc de pondérer le nombre total précédent par la
r
probabilité pvr d 3v €
pour qu’une molécule ait un vecteur vitesse acceptable. Durant

dt , la variation de quantité de mouvement de l'élément dS, sous l'effet
des
r
3r
collisions avec les molécules du gaz de vitesse v à d v près, est donc finalement
donnée
€ par :

r dt r
r
r
r
rr
Nm
ΔpdS (v ) = dN total pvr (v 2 ) d 3v × Δp€1dSchoc (€v ) =
v y2 pvr (v 2 ) dS dt d 3v ey
V


r r Nm 2
rr
v y pvr (v 2 ) dS d 3v ey . En effet, selon le
Il en résulte donc une force d 4 F (v ) =
V

principe fondamental de la dynamique, si l'on note mdS la masse de l'élément dS et
r
r
r
dv dS dpdS
=
v dS sa vitesse, la force qu'il subit correspond au produit mdS
, c'est-àdt
dt

dire à la variation de quantité de mouvement

€ par unité de temps.

r
En intégrant sur toutes les vitesses v permettant€ le contact avec la paroi (c’està-dire avec v y > 0) la force totale subie par dS est donc :

r € Nm 
r
r
 ∫∫∫ v y2 pvr (v 2 ) d 3v  dS ey
dF =
V vr€v y >0



Mais,

∫∫∫ v

r
v v y >0

2
y

r
pvr (v 2 ) d 3v =

∫∫∫ v

r
v v y <0

2
y

r 1
pvr (v 2 ) d 3v =
2

∫∫∫ v
r
v

2
y

r 1
pvr (v 2 ) d 3v = v y2
2

v y2

désigne


r
la moyenne du carré de la vitesse selon ey Or, en vertu de l'équivalence des 3
directions x,y,z : v 2 = v x2 + v y2 + v z2 = 3 v y2

r Nm 2
r
⇒€dF =
v dS ey
3V

Nous retrouvons ainsi une force, orthogonale à la paroi, dirigée vers l’extérieur
et proportionnelle à la€l’élément de surface dS entourant le point considéré ; i l
s’agit donc de la force de pression exercée par le gaz et ainsi :

P=

Nm 2
v
3V

La pression qu'exerce un €
gaz sur une paroi représente la force par unité de
surface qui résulte des effets cumulés des chocs des molécules sur cette paroi.
Elle est proportionnelle à l'énergie cinétique moyenne des molécules ainsi qu'au
nombre de molécules par unité de volume.

- Enfin, en utilisant l’expression générale de la distribution de probabilité des
 α 3 2
vecteurs vitesse, pvr (v 2 ) =   exp(−αv 2 ) , il vient pour l’expression de la moyenne
π 
du carré de la vitesse :

 α 3 2
2
2
2
3r
r
v = ∫ v pv (v )d v =   4π ∫ v 4 exp(−αv 2 )dv
r
π 

v
0
3r
après avoir exprimé l’élément de volume d v en coordonnées sphériques.
 d2 1 π  3 π

d2  ∞
2
2
Or  ∫ v exp(−αv ) dv =
exp

α
v
dv
et donc :

=

=
(
)

€  dα 2  2 α  8α 5 2
dα 2  0
0

4

⇒ v

2

 α  3 2 3π π
Nm
3
= 
=
et P =
52
 π  2α
2αV

c) Interprétation

€ microscopique de la température
- Le calcul précédent de la pression implique que le produit de la pression par le
Nm
mN A
=n
volume est donné par PV =
où l’on a introduit le nombre de moles


N
n=
, étant la constante d’Avogadro. Compte tenu de l’équation d’état des gaz
NA
parfaits, on doit
€ donc avoir :
mN A
m NA
= RT ⇒ α =

2 RT


Par

définition,

le

rapport

R N A est appelé constante
m
€ α=
kB = 1.38 10−23 uSI et ainsi
, d’où il résulte en particulier
2k B T

de
v2

Boltzmann
3 3k B T
=
=

m

Cette analyse montre donc que dans un gaz parfait, la température est une mesure
de l’énergie cinétique moyenne des molécules :
3
E c = kB T
2

De façon générale, la température est une mesure de l’agitation thermique des

molécules du système.
Remarque importante : Cette expression, tout comme l’ensemble du raisonnement
que nous venons de faire dans ce paragraphe, n’est valable que pour un gaz parfait
monoatomique où les atomes et molécules sont assimilés à des points matériels,
c’est-à-dire sans structure interne. Les gaz rares dilués (He, Ne, Ar…) sont
assimilables à des gaz parfaits monoatomiques.
- Conséquences 

Forme finale de la distribution de probabilité des vecteurs vitesse

La relation α =

m
que nous venons d’obtenir implique que :
2k B T

32
 mv 2  3 r
r  m 
p d v =
 exp −
d v
 2πk B T 
 2k B T 

r
v

3

Loi de distribution des vecteurs vitesse de Boltzmann :
elle donne
du gaz parfait soit animée
€ la probabilité qu'une molécule
r
r
du vecteur vitesse v à d 3v près 

€ €
Loi de distribution de la valeur
de la vitesse 

Soit pv dv la probabilité que la valeur de la vitesse d’une molécule soit v à dv
près. On l’obtient rdonc en intégrant la statistique précédente de Boltzmann sur
tous les vecteurs v de norme comprise entre v et v + dv :
€ €

 m 3 2
 mv 2  3 r  m  3 2
 mv 2 
pv dv = 
exp −
v =
v 23
dv
 r ∫∫∫
d €
 exp−
 × 41π2

r
2
π
k
T
2k
T
2
π
k
T
2k
T




B 
B 
B 
B  Volume compris
v v≤ v ≤v +dv
entre les spheres
de rayons v et v +dv

32
 mv 2 
2  m  2
pv dv =

 v exp −
 dv
π  kB T 
 2k B T 

Loi de distribution des valeurs des vitesses de Maxwell-Boltzmann :
elle donne la probabilité qu'une molécule du gaz parfait soit animée d'une

vitesse v à dv près.

p0.5
v

T1

0.4

T2 > T1

0.3


0.2

T3 > T2

0.1

2

4

6

8

v

10

⇒ Pour les faibles températures, le maximum de la courbe se rapproche de la
vitesse nulle et le pic s'affine.

Vitesse la plus probable

C'est la vitesse pour laquelle la densité de probabilité pv est maximale :
dpv
mv 3
2k B T
= 0 ⇒ 2v −
= 0, soit  v = v p =
dv
kB T
m

Vitesse moyenne


v =

∫ vp dv =
v

0

Mais

∫ v 3 exp(−αv 2 )dv = −
0

2  m 


π  kB T 

32 ∞

∫v
0

3

exp(−αv 2 ) dv

avec comme précédemment α =


d ∞
d  1 
1
2
  = 2 et donc :
 ∫ v exp(−αv ) dv = −
dα  0
dα  2α  2α


v =

8k B T
πm

m
.
2k B T

Vitesse quadratique moyenne

Par définition, v * =

v 2 et donc, pour un gaz parfait monoatomique :

v* =

3k B T
m

Mathématiquement, toutes ces vitesses caractéristiques ne doivent pas être
€ sont néanmoins du même ordre de grandeur :
confondues. Physiquement, elles
v p ≈ 0.816 v * et v ≈ 0.921 v * .