Photo : Arias Danger Aimée/Static

N°14
LES ÉDITIONS ACI B.P. 9660 Libreville, Gabon - Tél. : 07 52 35 35 www.gaboneco.com/businessgabon businessgabon@acigabon.com RÉDACTION Rédacteur en Chef : François Ndjimbi (07 19 21 41) Directeur Artistique et Production : Luc Lemaire Assistante Rédaction : Carmen Ndinga Rédacteurs : Laurent Baboulène, Roxane Bouenguidi, Dalila Gombo, Luc Lemaire, J.R. Liweley, Leontine Minto’o, François Ndjimbi, Michel Ndong, Apollinaire Tagni Journalistes stagiaires : Stevy Monoumbou Éditorialiste : Luc Lemaire Photographe : Static’ (Arias Danger Aimée, Christian Moussouami) Mannequin : --- (couverture), Agence High Level (07 29 39 08) FABRICATION Maquettiste : Stéphane Fotso Responsable Studio Graphique : Dorine Benina Chébou Simeu Infographes : Patrick Mayé, Justin Ndoutoume Ondo Impression : Francis Zo’o Ndong, Isaac Njoh Façonnage : Albert Le Grand Bissou, Alain Ketcha, Aymard Kombila, Serge Moucketou, Willy Obame Ndong Suivi de Fab. et Qual. : Josiane Maténé Mangoua PUBLICITÉ Régie commerciale : aXion (07 75 95 65) Direction commerciale : Yohann Moussadji Nzamba Gestion clientèle : Céline Bouyi Attachés commerciaux : Isaac Assoumou Mba (07 43 91 55), Nadège Joktane Amendje (07 99 56 03), Patrick Nziengui (07 99 56 14), Jocelyn Mbita (07 99 56 23), Isaac Assoumou (07 43 91 55) DISTRIBUTION Stéphane Ocloo, Sylvain Mbembo, Yvan Mbe Ondo, Éric Garcia Boutamba INTERNET Web Master : Max Ngassa (contact@gaboneco.com) Responsable multimedia : Claude Oussou ADMINISTRATION Directrice Financière et Administrative : Christalline Lemaire (07 52 30 52) Comptabilité : Markis Pakou Service facturation : Suzanne Matamba Moussadji Recouvrement : Michelle Sockat (07 27 79 68) Service commercial sur poste : Nadine Mbourou Magosso, Lucia Moussounda, Lidwine Iromba, Rita Efang ABONNEMENT GRATUIT : Vous êtes cadre ou dirigeant d’entreprise au Gabon... abonnez-vous gratuitement sur gaboneco.com rubrique “Business” ou en appelant le 07 52 35 35 et recevez Business Gabon chaque mois sur votre lieu de travail.

SOMMAIRE
n ÉDITORIAL............................................................3 n NEWS La vie des affaires au Gabon et ailleurs....................4 Le Gabon à l’heure de la journée continue.....9 Copenhague, l’iniquité entre le Nord et le Sud. ....10 n DOSSIER . LES 3 PILIERS ÉCONOMIQUES.du.Président.
. Ali.Bongo.Ondimba................................................................................. 14 . 10.propositions.pour.faciliter.le.développement. . de.PME.innovantes.et.prospères................................................... 22

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n ENQUÊTE LE BILAN ÉCONOMIQUE 2009.
Ça tient encore, mais pour combien de temps............................ 26

MANAGEMENT IL EST TEMPS DE RÉFORMER les us et coutumes du Gabon ....................................... 34 . n ENVIRONNEMENT LE TRAITEMENT DES DÉCHETS. Un secteur d’activité à construire d’urgence.......................... 43 n ENTREPRISE LA DIRECTION DES GRANDES ENTREPRISES Fleuron de l’administration fiscale gabonaise......... 44 n MARKETING & COMMUNICATION INNOVER pour.sortir.de.la.crise. .................................................. 46 n FINANCES MAÎTRISER SON BESOIN en.fonds.de.roulement. ...................... 48 n FORCE DE VENTE BIEN SEGMENTER sa.clientèle..................................................... 50 n NOUVELLES TECHNOLOGIES
4 SUITES BUREAUTIQUE gratuites et performantes................... 52

n LOISIRS
LE “VRAI” TARZAN serait né au Gabon. ..............54

n NEWS HIGH-TECH Ce qu’il faut connaître pour être “in”.................... 64
BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

Cabinet d’ingénierie douanière
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Formation - Audit - Consultation - Expertise
Notre cabinet traite toutes les problématiques liées à la Douane et au Transit.
En 1890 Jean Jaurès écrit dans le très populaire journal “La Dépêche de Toulouse” : “Patrons Français, soyez fiers de l’être”. Ce message n’a pas vieilli d’une ride et s’applique parfaitement au Gabon, sauf qu’on l’oublie un peu de nos jours ! Que voulait-il dire ? Il souhaitait montrer tout simplement qu’au coeur du moteur économique, et donc à la source de notre produit national, il y a les entreprises indépendantes. Au plan social le message qui en découle est tout aussi clair : ce sont elles qui, en créant des richesses, en innovant, génèrent les emplois.

ÉDITORIAL
ET SI ON PENSAIT UN PEU AUX PME !
Les causes de cette situation sont variées. Le point commun à toutes ces entreprises est la faiblesse de leur capitalisation et leur incapacité à engranger des ressources nécessaires auprès des banques et des établissements de crédit, afin de faire face à un besoin de financement ou à une tension temporaire de trésorerie. S’ajoutent à cela le manque de volonté des banques à sortir de leurs secteurs traditionnels de financement et à adapter leurs ressources aux besoins d’un marché en pleine mutation, le refus de certaines d’entre elles de soutenir des PME locales, ainsi que le manque de savoir-faire des entrepreneurs dans le montage de dossiers à valeur sûre intéressant les institutions financières. A ces aspects se greffent des considérations plus techniques. Bien souvent, les entrepreneurs ne disposent pas de compétences suffisantes en matière de gestion. Ne comptant que sur leur expérience du métier qu’ils veulent promouvoir, ils négligent toute la partie concernant la gestion comptable et administrative. Cette ignorance éloigne petit à petit leurs entreprises de l’administration fiscale et des organismes de cotisation. Elles deviennent alors un nouveau genre de sociétés, régulièrement enregistrées mais informelles au regard de l’acquittement des taxes fiscales et des charges sociales. Certains de ces entrepreneurs, misant uniquement sur la qualité de leurs produits et services pour gagner des parts de marché, font abstraction de toute autre démarche commerciale et perdent par conséquent la possibilité de générer du chiffre d’affaires additionnel, renforçant par là-même la situation de marginalisation vers laquelle ils glissent. Il est navrant de constater que, sous nos cieux, les grandes entreprises ainsi que les grandes administrations de l’État nourrissent souvent une certaine méfiance à l’endroit des PME locales. Même s’il faut reconnaître que certaines PME autochtones ont pu laisser des souvenirs périssables, on ne coupe pas un arbre fruitier parce que l’on y a découvert un insecte.

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1- Vous vous posez des questions ou vous avez des problèmes à résoudre en matière douanière. Pour être en mesure d’anticiper les changements de règlementation douanière, ayez recours à l’expertise du Cabinet d’Ingénierie Douanière A. E. P. CONSULTING. Comme vous le savez, les échanges internationaux de biens tangibles ou intangibles obéissent à des règles strictes, difficiles à appréhender ou à interpréter, du fait du caractère parfois diffus de la loi douanière et de son incessante évolution. 2- Le recours à l’expertise de professionnels, dotés d’une compétence avérée en matière douanière vous permet de bénéficier d’un savoir-faire et d’une assistance en permanence indéniables.
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Il permet de donner à la Direction Générale d’une entreprise une vision précise du degré d’opérabilité de ses services au regard des contraintes et spécificités réglementaires et du respect des procédures, afin de trouver les solutions adaptées aux problèmes rencontrés dans le cadre du dédouanement des marchandises importées ou exportées.

Toutes ces remarques de bon sens prennent un relief particulier aujourd’hui où toutes les statistiques internationales montrent que les pays les plus florissants sont ceux où les PME sont les plus nombreuses, les plus dynamiques, les plus choyées par leurs États et que les PME sont les seules créatrices nettes d’emplois. Surtout, elles produisent pour le marché intérieur en s’appuyant en général sur les ressources nationales. Elles dynamisent l’économie locale, diminuent la paupérisation et constituent la principale source de formation pour les jeunes sans qualifications. Au Gabon, des centaines d’entreprises de type PME se créent chaque année. Or, globalement, 80 à 85% de ces entreprises disparaissent purement et simplement dans les cinq années qui suivent leur création, alors qu’une autre partie glisse progressivement vers l’informel en fuyant les services du fisc et des organismes de cotisation. Cette situation est dommageable, car les initiatives ne manquent pas, et la volonté d’entreprendre est de plus en plus forte au Gabon. Mais la réalité prouve que seule une infime portion de ces entreprises devient pérenne. Les conséquences sont multiples. La richesse qu’auraient produite ces entreprises est perdue pour le pays. Les employés de ces entreprises sont souvent laissés à un triste sort et bien entendu, le manque à gagner pour les caisses de l’État devient très vite colossal. Tout le monde y perd.

L’EXPERTISE EN DOUANE

L’expertise en douane intervient après la constatation d’une infraction douanière. Elle consiste en : • La définition des responsabilités au sens des dispositions de la réglementation douanière dans une systémie de dédouanement usitée, pour préciser le rôle de chaque intervenant et son degré d’implication. • a recherche d’une exonération partielle ou totale dans les éléments constitutifs L de l’infraction douanière ou une requalification de celle-ci.

Audit Douanier Expertise Douanière

LE CONSEIL_EN DOUANE
Il consiste en : • L’assistance dans un choix procédural, pour permettre à l’entreprise de réduire les coûts liés aux importations et aux exportations de

Conseil en Douane Vente d’ouvrages douaniers
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biens. •

La recherche d’économies en matière douanière et en transit, pour déceler les surcoûts cachés de certaines prestations, les indues perceptions de droits et taxes de douane, etc.
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BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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NEWS
Maurel & Prom découvre un nouveau puits près de Lambaréné
La société Maurel & Prom a annoncé, le 22 décembre dernier, le succès du puits d’exploration OMGW-1 situé à 8 km au Nord-Ouest du centre de production d’Onal, sur le permis d’exploration Omoueyi, près de Lambaréné. Avec un débit potentiel compris entre 1 500 et 3000 barils par jour, cette découverte a permis à la junior pétrolière française de réaliser la plus forte hausse au CAC 40 le 23 décembre dernier avec un titre en hausse de 4,5% qui a atteint 12,6 euros. La société devrait déposer une demande d’Autorisation exclusive d’exploitation (AEE) auprès des autorités gabonaises au cours du premier semestre 2010. En attendant, Maurel &Prom devrait demander une autorisation pour un test de production de 3 mois. Cette exploration fructueuse devrait permettre de renforcer le niveau de production de la compagnie, pénalisée par les résultats décevants des puits Omko-102 et Omko-301.

NEWS
BEAC : Poursuite des auditions et absolution de Jean Pierre Oyiba
l’issue de la réunion du comité des ministres des Finances de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) à Bata le 9 décembre dernier, le comité a demandé la poursuite des auditions de personnes citées dans l’affaire de détournements au Bureau extérieur de Paris de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC), dont les procès verbaux devront être annexés au rapport d’audit final à présenter au sommet des chefs d’Etat de la CEMAC en janvier 2010 à Bangui. Deux jours auparavant dans la capitale économique camerounaise, Douala, le Conseil d’administration de la BEAC avait adopté la modification du statut du BEP de Paris, qui demeurait le seul centre extérieur de la banque à être rattaché directement au gouverneur. De cette modification découle les points suivants : “banaliser” le rattachement administratif du BEP et “recentrer” ses activités en réclamant un projet de texte sur son organisation, ses attributions et son fonctionnement, “stricte application” d’un programme décidé “en relation avec les services du Fonds monétaire international (FMI)” afin de “restaurer la crédibilité de l’institut d’émission”. ger afin d’attirer un maximum de visiteurs. Cet axe prévoit notamment le développement à l’étranger du marketing touristique sur le Gabon et la participation régulière de Gabon Tour aux foires et salons internationaux de tourisme afin de mieux promouvoir cette destination touristique. La problématique de l’aide de l’Etat au développement touristique, de la baisse de la fiscalité en matière de développement, la mise à jour du cadre juridique et réglementaire des activités touristiques au Gabon et l’assistance des populations autochtones, souvent partie prenantes, figurent également en bonne place dans ce plan. population et des ONG environnementales. Les responsables de la Compagnie minière de Bélinga (COMIBEL) indiquent attendre la lettre officielle du ministre qui précisera les termes de référence sur lesquels la renégociation portera. restauration, l’hébergement et la location des véhicules à Libreville, Lambaréné et au Cap Estérias. Alain Nkola devient ainsi membre permanent du collège des votants de la BID. Depuis lors, il invite les PME gabonaises à être plus actives et compétitives pour l’amélioration et la reconnaissance de leur corporation. La BID est une organisation de promotion de la “culture de la qualité et de l’amélioration continue dans les entreprises” du monde entier. Elle est représentée dans plus de 100 pays et est sponsorisée par 17 médias. Elle récompense les leaders dans le monde du tourisme, de l’économie, des arts et de l’image.

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© Désirey Minkoh-Afrikimages

BGFI Bank augmente son capital de 73 milliards de FCFA
Le groupe BGFI Bank vient d’augmenter son capital social grâce à un apport de plus de 73 milliards de FCFA. Cette révision à la hausse du capital de la banque, décidée au cours de l’Assemblée générale mixte du 22 mai 2009, n’implique aucun changement du nombre d’actions dont la valeur nominale majorée est désormais de 66 000 FCFA. L’augmentation opérée par incorporation partielle des réserves permettra à la banque de se doter de 23 722 588 000 de FCFA de capitaux propres supplémentaires. Grâce à cet apport de plus de 73 milliards de FCFA, les capitaux permanents s’élèvent à 132 336 981 791 de FCFA. En densifiant ses capacités financières, la première banque gabonaise se donne les moyens de tenir le pari de mener à bon port son nouveau projet d’entreprise “CAP 2015”. Présente au Gabon, au Congo, en Guinée Équatoriale, et bientôt à Madagascar où elle vient d’obtenir un agrément bancaire, BGFI Bank a démarré le 23 novembre dernier ses activités en France avec la mise en service de sa filiale européenne BGFI International. Son dernier bilan la place d’ailleurs en leader sur le marché bancaire de la zone CEMAC avec un résultat net de 849 milliards de FCFA.

© Journal du Cameroun

A

Les premiers résultats de l’enquête menée au sein de la banque depuis la mise en lumière de ces malversations révèlent qu’entre 2004 et 2009, 16,5 milliards de francs CFA auraient été détournés au BEP de la BEAC à Paris, au profit de 139 personnes. Le gabonais Jean Pierre Oyiba, ancien directeur général de l’Office des ports et rades du Gabon (OPRAG) et tout récemment directeur de cabinet du président gabonais Ali Bongo, a été cité dans cette affaire comme bénéficiaire de chèques et virements frauduleux d’un montant total de 65 595 700 FCFA. Après avoir été entendu par la justice française, il aurait été lavé de tous soupçons et a été reconnu comme “simple témoin”.

Une centaine de pays ont pris part à cette rencontre internationale, organisée par la Business Initiative Directions (BID), qui a primé 53 entrepreneurs respectueux de l’environnement, novateurs dans leurs secteurs d’activité et promoteurs d’une culture de la qualité. Alain Nkola, plus connu sous le pseudonyme d’Alain Bangos, est le fondateur du “Consortium Touristique Lino Banks”, une structure créée en 1999 à Libreville qui opère dans la

Des formations agricoles gratuites aux jeunes sans emploi
Grâce à la mise en œuvre du Projet d’appui à la formation professionnelle, l’Institut gabonais d’appui au développement (IGAD) offre des formations qualifiantes agricoles et pa-

Gabon Tour en campagne pour le développement du tourisme

Des Sud Africains à la rescousse de la SOGARA
part à réaliser une étude de faisabilité prenant en compte les besoins de formation ; à formuler une proposition technique et financière devant définir les caractéristiques de la nouvelle raffinerie et les conditions de fermeture de l’ancienne ; à améliorer la production actuelle pendant la période de construction de la nouvelle usine de raffinage ; à construire cette nouvelle usine aux normes internationales et à assurer le transfert de technologies et la formation des techniciens locaux. La société Imbani resterait opératrice de la nouvelle raffinerie jusqu’au remboursement complet des sommes engagées pour le redressement de la SOGARA, après quoi les opérations seraient cédées aux agents locaux. La mise en œuvre de ce partenariat, devrait permettre de soulager l’État qui, bien que versant 11 milliards de francs CFA pour subventionner la SOGARA, importe néanmoins près de 20 milliards de francs CFA de produits pétroliers pour le marché national chaque année.

© Arias Danger Aimée/Static

Vers une renégociation de la convention d’exploitation du fer de Bélinga
Les responsables de la société chinoise du projet Bélinga ont remis le 21 décembre dernier au ministre gabonais des Mines, Julien Nkoghe Bekalé, les études de faisabilité et d’impact environnemental pour la mise en œuvre de ce vaste projet. Mais la convention d’exploitation du fer de Bélinga, signée en 2006 entre le Gabon et la Chine pour un montant record de 1600 milliards de francs CFA, tarde à être ratifiée par Libreville qui envisagerait finalement sa renégociation face aux pressions de la

L

L’agence Gabon Tour a dévoilé, le 23 décembre dernier à Libreville, ses deux axes stratégiques prioritaires pour les années à venir en vue du développement du tourisme au Gabon. Le premier axe concerne la confection d’une banque de données et un catalogue de produits et services touristiques de la destination Gabon. Le second axe concerne, le renforcement du positionnement de Gabon Tour à l’étran-

a société sud-africaine Imbani a signé, le 18 décembre dernier avec les autorités gabonaises un protocole d’accord pour un partenariat qui doit permettre le redressement de la Société gabonaise de raffinage (SOGARA). Ce partenariat public privé, prévoit pour la partie gabonaise : la facilitation de l’acquisition d’un terrain approprié pour la construction d’une nouvelle raffinerie ; l’ajustement de la structure des prix ; l’adoption de mesures fiscales pour la rentabilité de la raffinerie ainsi que la fourniture des autorisations nécessaires. La partie sud africaine s’est engagée pour sa

Une PME gabonaise primée à Genève
C’est l’une des victoires de l’entrepreneuriat gabonais de l’année 2009 qui tire à sa fin : Le groupe Lino Banks a reçu, en avril dernier à Genève (Suisse), le prix “Century International Quality ERA” dans la catégorie Or.

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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NEWS
ra-agricoles à tous les Gabonais sans emploi âgés de 16 à 25 ans. L’initiative, soutenue par le ministère de l’Enseignement technique, est financée par le 9e Fonds européen de développement (FED). Les formations se feront dans les filières du maraîchage ; de la polyculture vivrière ; de l’élevage (poules pondeuses, porcs et moutons) ; de l’entretien des espaces verts et des pépinières florales et arboricoles. La réalisation de ce projet permettra de lutter contre la pauvreté et l’exode rural mais aussi de relever le défit urgent de l’autosuffisance alimentaire. Cette formation sera proposée aussi bien à Libreville qu’à l’intérieur du pays.

NEWS
Azur revient dans l’arc-en-ciel des réseaux mobiles
Un rapport publié le 9 décembre dernier par la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD), affirme qu’à Mounana “le niveau de radiation est, en de nombreux endroits accessibles au public, nettement supérieur à la normale. Certaines valeurs au contact du sol sont 2 à 50 fois supérieures à la normale”. des chronogrammes qui seront soumis à l’approbation du ministre de la Communication, Laure Olga Gondjout. L’une des retombées de ce fructueux accord sera l’organisation du salon sur l’économie numérique dès janvier prochain.

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Le kilo de caoutchouc repasse à 300 FCFA
Les responsables de l’entreprise SIAT-Gabon ont récemment annoncé l’augmentation du prix d’achat aux planteurs du caoutchouc de 150 à 300 francs CFA le kilogramme. Cette augmentation salutaire pour les cultivateurs locaux est due à la reprise depuis plusieurs mois des cours du caoutchouc à 2750 dollars la tonne, après avoir chuté de 3700 à 1000 dollars la tonne suite à la crise financière qui avait ébranlé l’économie mondiale. Cette annonce a été accompagnée par des actions visant l’accroissement des performances de SIAT-Gabon et la mise en œuvre de ses investissements pour les planteurs de la province du Woleu-Ntem. SIAT-Gabon vend à cet effet des pousses d’hévéa aux planteurs auprès desquels elle achète le caoutchouc, tout en leur fournissant l’appui technique nécessaire à la culture de ces pousses.

© cde.int

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Les Marocains misent sur l’or du Haut-Ogooué

e bleu Azur rayonne de nouveau dans le ciel des télécommunications gabonaises depuis le 8 décembre dernier, après que le ministère de la Communication ait autorisé le nouvel opérateur mobile à reprendre du service. Ce, près de deux mois après sa suspension pour une “mise en conformité avec la réglementation applicable à tous les opérateurs de téléphonie mobile au Gabon.” Cette reprise fait donc suite à la révision de sa licence auprès des autorités de régulation du pays. Azur avait séduit de nombreux consommateurs à Libreville grâce à ses tarifs très compétitifs. Disponible au départ uniquement sur Libreville et désormais à Port-Gentil, même si sa couverture est limitée, le réseau Azur répond à une demande spécifique du marché local et pourrait bien en rafler quelques parts. Avec une couverture totale du territoire gabonais qui devait être effective en 2010,

Planet Finances lance la Gabonaise de Microfinance
les taxes tarifaires des produits issus de la transformation du bois en provenance du Gabon qui, s’élèvent à 6,5%. Ce qui pénalise la compétitivité des produits finis de Corà Wood Gabon vis-à-vis de ses concurrents.

© D. R.

Azur espérait à court terme 30 000 abonnés pour atteindre et dépasser les 100 000 abonnés à plus long terme, soit entre 5 et 10% de parts de marché gabonais, estimé à 1,3 million d’abonnés et actuellement dominé par Zain (58%) devant Libertis (34%) et Moov (8%).

Ce projet comprend la construction d’une mine d’or à ciel ouvert d’une durée de vie projetée de 3 à 5 ans, avec une zone détenue par Ressources Golden Gram Gabon Sarl, filiale de SearchGold. L’aménagement du site devrait démarrer en janvier 2010, alors que sa mise en exploitation est prévue pour juin 2011. Les réserves du site seraient comprises entre 580 000 et 1,12 million de tonnes. Environ 78 personnes devraient être employées dès

Ali Bongo, AREVA et la radioactivité à Mounana
A Paris, où il prenait part à une réunion sur le climat avant le Sommet de Copenhague, le président gabonais, Ali Bongo, a reçu, le 16 décembre dernier, la présidente du directoire du groupe AREVA, Anne Lauvergeon. Il a été question du suivi de la mise en place de l’observatoire de santé à Mounana et de la reprise des activités du groupe au Gabon, dix ans

après avoir interrompu l’extraction de l’uranium par la Compagnie des mines d’uranium de Franceville (COMUF), sa filiale gabonaise. L’observatoire de santé à Mounana doit dresser un état de lieux et un suivi de l’environnement sanitaire autour des anciens sites miniers de Mounana. La structure sanitaire doit procéder à des analyses de l’évolution des pathologies liées à l’exploitation de l’uranium par des examens cliniques et radiographiques des anciens employés.

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Youssouf El Hajjam, directeur général de la branche “métaux précieux” de la société marocaine Managem, a été reçu le 16 décembre dernier par le ministre gabonais des Mines, Julien Nkoghe Bekale, en vue de faire le point sur l’exploitation de la mine d’or de Bakoudou, située à une trentaine de kilomètres au sud de Moanda, dans le Haut-Ogooué.

le lancement des travaux en janvier 2010, parmi lesquels 22 expatriés. Le coût des travaux de cette usine est estimé à 32 millions de dollars. Cotée à la Bourse de Casablanca, Managem est un groupe minier polymétallique dont les filiales exploitent des métaux diversifiés (argent, or, zinc, cuivre, plomb, cobalt et fluorine).

Dans le cadre du développement de l’économie numérique, le représentant pour l’Afrique du groupe Microsoft, Cheik Modibo Diara, a signé un protocole d’accord avec l’Etat gabonais, le 3 décembre dernier à Libreville. Une commission de 8 personnes composée de microsoftiens et de Gabonais sera mise en place. Elle devra se pencher de façon plus précise sur les objectifs des projets spécifiques, les solutions spécifiques avec des évaluations et

L’organisation de Jacques Attali, Planet Finances, a inauguré le 11 décembre dernier au quartier Likouala, la Gabonaise de microfinances (GAMIFI). Le groupe a lancé la création de GAMIFI avec un capital de 524 millions de francs CFA, soit près de 800 000€, avec d’autres actionnaires, à l’instar de BICIG, AXA Gabon, Pétro-Gabon, Total Gabon. Ce

© DR

Corà Wood veut des facilités fiscales aux exportations
Le directeur général du groupe italien Corà Domenico & Figli-Spa, Stefano Corà, a rencontré le 7 décembre dernier à Libreville le ministre gabonais du Travail, Maxime Ngozo Issoundou, pour aborder les possibilités d’un soutien pour l’exportation des produits finis de la société par l’État gabonais vers le marché européen, notamment la réduction des taxes douanières, pour rendre les produits gabonais plus compétitifs et pour garantir la sauvegarde des emplois à Corà Wood Gabon. Face à la crise qui touche le secteur et aux nouvelles contraintes imposées par le gouvernement, la société italienne a demandé à la partie gabonaise la ratification d’un accord avec l’Union européenne (UE) pour réduire

L’ultimatum fixé à 2010 pour la transformation locale des grumes
ans le cadre de l’émergence d’un “Gabon vert” et d’un “Gabon industriel”, le gouvernement a décidé le 5 novembre dernier d’interdire à compter de 2010 l’exportation du bois en grumes, Cette mesure doit permettre de promouvoir “la transformation locale de nos essences forestières en vue de créer davantage de richesse nécessaire pour juguler le chômage, notamment des jeunes et des femmes, d’exporter des produits finis et semi-finis à forte valeur ajoutée”, et de rentabiliser davantage ce secteur majeur de l’économie gabonaise. Dans cette optique, une révision globale du Code forestier a été annoncée. Elle concernera

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notamment la redéfinition de son article 227 et des missions et moyens d’action de la Société nationale des bois gabonais (SNBG). Afin de permettre aux investisseurs dans l’industrie du bois de préserver leurs intérêts et de se conformer aux exigences de certifications internationales, des mesures ont été annoncées pour faciliter la fiscalité douanière et administrative.

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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Microsoft et Libreville tracent les voies de l’économie numérique

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NEWS
capital doit être porté à 655 millions de francs CFA, soit 1 million d’euros, dès 2010 Établissement de microcrédits destiné à lutter contre la pauvreté et à soutenir le développement socio-économique du pays, la GAMIFI est sollicitée depuis 2007, par l’État gabonais pour renforcer l’offre de microcrédits qui ne couvrirait que 26% de la demande potentielle. La GAMIFI proposera deux types de services, à savoir des prêts allant de 50 000 francs CFA à 2 millions de francs CFA, principalement destinés à renforcer les fonds de roulements ou à financer l’acquisition de petits équipements pour les micro-entrepreneurs, ainsi que des services d’épargne, comme les comptes de dépôt à vue, avec un montant minimum de 5  000 francs CFA. Elle devrait également proposer des crédits solidaires et des produits d’épargne à terme à partir de 2010.

NEWS
ERAMET investira plus de 130 milliards FCFA dans le Haut-Ogooué Le Gabon à l’heure de la journée continue
De ce fait, temps légal de travail demeure officiellement de 40 heures par semaine, soit 173,33 heures par mois, mais en réalité, la “pause déjeuner” réduit de 2h30 la durée hebdomadaire de travail effectif. Les employés concernés ne travailleront donc plus que 37,5 heures par semaine. En vue d’expliquer les modalités pratiques de la mise en œuvre de ces nouveaux horaires, les ministres du Travail et de la Fonction publique ont réuni, le 4 janvier, les responsables des administrations publiques, du privé et les partenaires sociaux. A cette occasion, le ministre du Travail a expliqué que  le gouvernement a été motivé par le fait que ces horaires étaient déjà appliqués par certaines entreprises et administrations. Notamment, la CNSS, l’OPRAG, Gabon Télécom, CIM GABON, SETRAG, la Direction générale du Cadastre et des Travaux topographiques et de la Direction générale des Caisses de Stabilisation et de Péréquation (CAISTAB). Maxime Ngozo Issondou a énuméré quelques avantages de ces nouveaux horaires : l’amélioration de la productivité traduite par un gain mécanique de 4 heures (préparation+transport)  ; la création d’emplois et de métiers autour des lieux de travail (restaurants, cantines, services traiteurs, économie numérique, répétiteurs, etc.) ; le développement de certains secteurs (agriculture, élevage, pêche, touriste)  ; l’amélioration des performances professionnelles grâce à la formation continue et le perfectionnement dans l’après-midi ; la réduction des frais généraux (transport, carburant, usure des matériels tels que les véhicules, climatisation des locaux et équipements de bureaux) ; l’accroissement du temps pour l’épanouissement physique, intellectuel et moral des travailleurs (art, sport, culture, religion, etc.) ; un meilleur suivi par les parents des enfants scolarisés, etc. Cette rencontre avec les partenaires sociaux et les responsables des administrations publiques et privées de Libreville, a permis au ministre du Travail, Maxime Ngozo Issondou, de préciser que “la journée de travail continue concerne tous les secteurs, à l’exclusion des organismes ou sociétés travaillant en ‘’deux ou trois huit’’ ou encore qui nécessitent des gardes ou des permanences. Notamment : les établissements hospitaliers, cliniques, cabinets médicaux, pharmacies ; les services de l’enseignement, de la formation et de la recherche ; les forces de sécurité et de défense ; le transport ; le commerce de détail ; les activités connexes de manutentions portuaires ; l’hôtellerie ; la restauration ; les débits de boissons ; le gardiennage ; le ramassage des ordures ; les gens de maison ; les professions libérales ; les professions de communication et de presse  ; etc.” Concernant les secteurs privés et parapublics, le ministre du Travail a précisé que d’autres modalités pratiques de la mesure ainsi que des dispositions transitoires pourront être complétées, “par les accords sectoriels ou par branche d’activités.” Malgré les arguments avancés par le ministre, cette mesure ressemble tout de même à un pari osé qui aurait mérité un accompagnement approprié, à commencer par une campagne de communication anticipée.

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Maurel & Prom veut développer l’agriculture dans le Moyen-Ogooué
Riche de ses succès dans l’exploration pétrolière, les dirigeants de la junior pétrolière Maurel & Prom ont annoncé d’importants investissements dans le secteur agricole dans la région des Lacs. Ce plan de soutien doit notamment permettre de renforcer les capacités du gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté, de développement agricole et de renforcement de la sécurité alimentaire dans ce pays où l’Etat importe encore 80% des denrées alimentaires. Le programme qui prévoit faire de cette province le principal grenier du pays, repose sur l’introduction de nouvelles techniques de production et de transformation agricole et d’élevage ; la diversification de la production agropastorale ; le développement de l’apiculture. Mais, on s’attend également à l’élevage de poules, de pintades et même de porc ; de même que devront continuer l’arboriculture et les cultures vivrières. La réussite de ce projet devra toutefois d’abord surmonter quelques embûches comme le transport et la transformation des récoltes, face au manque d’infrastructures de base dans la région.

Avec les premières retombées de la reprise économique mondiale, Patrick Buffet a confirmé l’investissement de plus de 130 milliards de francs CFA pour la construction du complexe métallurgique de Moanda, dans le Haut-Ogooué. Celleci comporte une usine de silico-manganèse de 65 000 tonnes/an qui entrerait en fonctionnement fin 2013, et une usine de manganèse métal de 20 000 tonnes/ an qui entrerait en fonctionnement un an plus tôt, fin 2012, à condition que le

© Yann Arthus-Bertrand

e président directeur général du groupe français ERAMET, Patrick Buffet, a été reçu fin octobre par le chef de l’Etat, Ali Bongo, pour faire le point sur la santé économique de sa filiale gabonaise, la Compagnie des mines de l’Ogooué (COMILOG) et ses projets d’investissements dans le pays

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i le gouvernement fait un gros travail de réformes et de mise à niveau du pays depuis quelques semaines, la communication et l’organisation semblent à la traîne. Les rumeurs les plus farfelues courent sur la réforme de la journée de travail, rumeurs entretenues par le manque d’information auprès du public. 7h30-15h30, c’est le nouveau créneau horaire de travail au Gabon depuis le 4 janvier dernier. Concrétisation d’une promesse électorale du nouveau président, Ali Bongo Ondimba, cette décision a été adoptée en conseil des ministres le 29 décembre dernier. Le gouvernement, qui est convaincu que la journée continue permettra d’améliorer la productivité du travailleur gabonais, espère ainsi relancer NFOMIRE l’économie, ainsi que l’a souligné le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Prévoyance Sociale, Maxime Ngozo Issondou.

barrage de grand Poubara puisse être opérationnel 3 mois auparavant, pour livrer l’électricité et l’hydroélectricité nécessaires. Le groupe s’est engagé à participer au maximum à tout le volet d’industrialisation dans le respect de l’environnement et du développement durable.

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Pétro Gabon va entrer à la BVMAC

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Avant MICRO & RÉSEAU INFORMATIQUEl’instauration

La troisième entrée privée à la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) devrait concerner le leader national de la distribution du gaz butane et second dans la distribution des produits pétroliers, Pétro Gabon, avec un emprunt obligataire de 7 milliards de francs CFA aux taux de 6% et 6,5% sur 7 ans. Cet emprunt devrait être lancé dès le 31 janvier prochain, en partenariat avec BGFI Bourse qui s’occupera de la structuration de l’opération en qualité d’intermédiaire souscripteur.

La SEPBG craint le dépôt de bilan à Port-Gentil
Le gouverneur de l’Ogooué-Maritime, Gaspard N’nang Ella, a visité le 21 novembre dernier les installations de la Société d’exploitation des parcs à bois du Gabon (SEPBG), qui pâti encore d’une baisse de 20 à 30% des exportations de grumes suite à la crise économique mondiale. La baisse de production de la

Société nationale des bois du Gabon (SNBG), principal client de la SEPBG, constitue également un frein à la reprise de son volume normal d’activités. Si la SEPBG n’a pas cédé aux licenciements pour contrer les effets pervers de la crise et a continué à investir, l’annonce de l’interdiction des exportations de grumes dès 2010 pourrait changer la donne et l’obliger au dépôt de bilan, étant donné qu’elle touche la principale activité de la société, la manutention et l’exportation des grumes. Pour le directeur provincial de la SEPBG, la viabilité de cette mesure dépend de la capacité du marché local à absorber toute la production éventuelle. Il estime sur ce point qu’“il va falloir se tourner vers les marchés extérieurs, cela suppose la concurrence avec les autres”.

de cette mesure, le travail journalier était réparti de 7h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h00 du lundi au vendredi. La journée de travail commencera donc toujours à 7h30 mais s’achèvera à 15h30. Une demiheure de pause déjeuner est aménagée “selon un rythme de roulement appropriée, entre 11h30 et 13h30”, a indiqué le communiqué final du conseil des ministres ayant adopté la mesure. La journée du travail continue se doit de respecter les 8 heures de travail journalier.

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BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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de Copenhague n’a pas la force juridique d’un traité, même si cet objectif sera au cœur des conférences climatiques de Bonn, en Allemagne en Juin 2010 et de Mexico, au Mexique en décembre 2010. Pour l’instant l’accord à minima de Copenhague, qui condamne à une mort certaine des centaines de millions d’individus dans les pays du Sud, est un échec. Si les intérêts économiques peuvent justifier cet échec, les raisons profondes de la contre-performance de Copenhague sont à rechercher dans le protocole de Kyoto. En décembre 1997, les représentants de 168 pays réunis à Kyoto au Japon, s’étaient engagés à réduire de 5,2% d’ici à 2012 leurs émissions de gaz à effet de serre, principal responsable du réchauffement de la planète. Le 16 février 2005, après sept années de rudes négociations, le protocole de Kyoto est entré en vigueur, sans les États-Unis d’Amérique, premier pays émetteur du CO2, mais grâce à la Russie qui a sauvé le protocole. L’adhésion de ce pays a permis d’atteindre le seuil de déclenchement de cet instrument, c’est-à-dire un ensemble de pays qui contribuent à, au moins, 55% de la pollution mondiale. L’ambition du protocole de Kyoto est claire : réduire les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés d’ici à 2012 par rapport au niveau de 1990.

NEWS
Micro-nation de 11 000 habitants disséminés sur neuf îles dont l’altitude moyenne ne dépasse pas 3 mètres au-dessus de la mer, Tuvalu est le premier État dont la terre, déjà devenue incultivable à cause de la montées des eaux salées, risque de devenir inhabitable d’ici une cinquantaine d’années.

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Copenhague replâtre le talon d’Achille du protocole de Kyoto

L’iniquité entre le Nord et le Sud
nnoncé tambour battant depuis la conférence de Bali, il y a deux ans, comme l’une des dernières occasions de relever le “plus grand défi de notre ère”, juguler le changement climatique, l’accord conclu in extremis entre les cinq grandes puissances dans la nuit du 18 au 19 décembre à Copenhague est de loin en deçà des enjeux que suggèrent le réchauffement de la planète. Arcboutés sur leurs intérêts, les principaux pays pollueurs ne sont pas parvenus à prendre des engagements solides pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, ou aider les pays pauvres les plus exposés à faire face aux effets néfastes de changements climatiques qui les frappent déjà de plein fouet. Très affectée par le réchauffement, la Terre demandait une toute petite faveur aux 192 nations qui se sont réunies à son chevet du 7 au 18 décembre dans la capitale danoise : taire leurs divergences pour limiter le réchauffement à 2°C d’ici à 2100. Pour y arriver, il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici à 2020 par rapport à 1990, grâce à un engagement contraignant pour pousser les pays industrialisés à réduire leurs émissions d’ici à 2020 dans une fourchette comprise entre 25 et 40%. Le sommet soumettait également une baisse identique au pays émergents avec une réduction de l’ordre de 15 à 30%, même si l’objectif n’était pas assorti d’un engagement contraignant. Les pays en développement devaient s’engager à plafonner les leurs à 30%. Ceux-ci réclamaient en retour aux pays riches une aide de 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020 pour faire face aux effets du réchauffement climatique. Copenhague n’a pas pu s’accorder sur cet objectif minime qui engage pourtant la survie de l’humanité.

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Si l’accord conclu in extremis dans la nuit du 18 au 19 décembre conserve toujours l’objectif de maintenir le réchauffement maximum de la planète à 2°C, ses obligations sont loin de garantir cette exigence. En matière d’obligation, “Le petit accord” de Copenhague appelle simplement chaque pays à préciser ses objectifs de réduction d’émissions en janvier 2010, et à se doter d’une législation nationale pour les atteindre. Les pays développés doivent réduire de 80% de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, toutefois le niveau reste à fixer pour 2020. Les pays en voie de développement sont invités à recourir à une économie faiblement carbonée. Quant au financement, le principe d’une participation à hauteur de 10 milliards de dollars par an jusqu’en 2012 puis 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 a été retenu, ainsi que celui d’un transfert de technologies pour les pays du Sud. Cependant aucun de ces engagements n’est contraignant et l’Accord

Si l’on doit admettre que cet instrument constitue probablement le premier outil mondial de lutte effective contre le changement climatique, le protocole de Kyoto ne peut cependant minorer le sentiment d’iniquité entre le Nord et le Sud qui se dégage de son contenu, lequel est source de dissensions au Sud et qui ne peut disparaître que grâce à un réinvestissement écologique des mécanismes de Kyoto que le Sommet de Copenhague n’a malheureusement pas pu opérer. Le réchauffement de la planète fait peser une menace globale sur l’humanité entière, mais les victimes les plus immédiates, c’està-dire les pays les plus vulnérables aux changements climatiques, sont situées dans la périphérie du monde industrialisé, principal foyer d’émissions de gaz à effet de serre. Les engagements du protocole de Kyoto entérinent cette iniquité autant que les modalités de son application, notamment le mécanisme de développement propre (MDP). Legs de la Convention climatique de 1992, le Protocole de Kyoto s’attaque spécifiquement à six gaz à effet de serre à savoir, le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde d’azote (N2O) et trois substituts de chlorofluorocarbones rejetés en faible quantité, pour garantir la stabilité climatique dans l’intérêt des générations futures.

Le paragraphe 1 de l’article 3 de la Convention de Rio consacre le principe des “responsabilités communes mais différenciées” qui oblige les pays développés d’être à “l’avantgarde de la lutte contre les changements climatiques et leurs effets néfastes”. Ainsi, les pays industrialisés, du moins ceux cités à l’annexe I de la Convention de Rio, doivent réduire de 5,2% (moyenne générale de l’ensemble de ces pays qui étaient à 38, plus l’Union Européenne) leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990. Cette baisse globale devait intervenir entre 2008 et 2012.

Le protocole ne contraint pas à une remise en question du modèle du Nord
Pour atteindre cet objectif, le Protocole a arrêté une liste d’obligations substantielles assorties de politiques et mesures appropriées. Cependant, aucune de ces obligations ne remet en question le modèle de développement du monde industrialisé. En ce qui concerne, par exemple, la fixation d’objectifs quantifiés de réduction des gaz à effet de serre, le Protocole appelle simplement “les pays développés (…) à faire en sorte que leurs émissions anthropiques ne dépassent pas les quantités qui leur sont attribuées à l’annexe B du protocole”.

Par ailleurs, l’alinéa 13 de l’article 3 précise que “si les émissions d’une partie, au cours d’une période d’engagement, sont inférieures à la quantité qui lui est attribuée, la différence, à la demande de cette partie, est ajoutée à la quantité qui lui est attribuée pour les périodes d’engagement suivant”. Si cette disposition vise à récompenser les parties respectueuses de leurs obligations, aucune sanction n’est cependant prévue dans les cas ou les émissions d’une partie étaient supérieures à la quantité qui lui a été attribuée. De même, le flou qui entoure le mode de calcul des émissions de gaz à effet de serre ne prédispose pas à un contrôle efficace des quantités émises. En ce qui concerne les mesures à prendre, on peut simplement relever que si l’article 3 du Protocole incite les parties à promouvoir le développement durable, aucune mesure n’indique concrètement comment le faire. D’ailleurs, le simple fait que l’Agriculture ne figure pas sur la liste des efforts à consentir pour la réduction du méthane, témoigne de l’emprise du Nord sur l’application des mécanismes du protocole de Kyoto. Le mécanisme pour un développement propre (MDP) constitue l’un des mécanismes majeurs mis en place par le protocole de Kyoto pour atteindre ses objectifs.

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Malé, capitale des Maldives, entourée de sa digue qui protège les 80 000 habitants du déferlement de vagues de 2 à 3 m de hauteur. Personne ne veut imaginer ce qui se passera si les vagues sont plus hautes…

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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Ce mécanisme s’articule autour du principe d’échange de droit d’émissions, ou encore appelé permis d’émission négociable, que pose l’article 16 bis. Ce principe “permet aux pays réduisant plus d’émissions que le quota qui leur est attribué de revendre le surplus à d’autres qui auraient dépassé leur plafond d’émission. Toutefois, les pays ayant des quotas définis en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre seront susceptibles d’acquérir ou bien de céder des unités de réduction. (…) Ces échanges d’unités de réduction résulteront de projets visant à réduire les sources ou bien renforcer les puits de gaz à effet de serre…”. Le principe d’échange de droits d’émission ne s’applique qu’aux pays industrialisés, il ne sera donc pas possible de procéder à des échanges avec les pays en développement. Par contre, le MDP instaure un véritable marché où les pays en développement peuvent accueillir sur leurs territoires des projets du pays du Nord dits “projets propres” qui émettront moins de gaz à effet de serre. Ce principe institué par l’article 12 du protocole “permet en effet de compenser les émissions d’un pays par des réductions équivalentes dans un autre pays. Cette logique de compensation consiste à accorder des crédits d’émission aux États ou aux entreprises privées qui investissent dans des projets de réduction d’émissions ou bien qui procèdent à des transferts de technologies dans les pays Le réchauffement climatique pourrait avoir de graves conséquences sur notre santé. Entre autres, les maladies vectorielles profitent déjà de la montée de la chaleur et de l’humidité en Afrique et en Asie. Les personnes allergiques seront, elles aussi, de plus en plus nombreuses dans les années à venir. en voie de développement.” En mots simples, le MDP permet aux pays développés d’investir dans les pays en développement dans des projets qui contribuent à la réduction des émissions. Le pays investisseur engagé, dans le cadre du protocole à réduire ses émissions peut comptabiliser la réduction de gaz acquise par l’investissement dans le pays en développement. Le pays en développement peut vendre aux pays développés les crédits d’émissions obtenus sous forme d’unité de réduction d’émission. A travers la Bourse du carbone, l’Unité de réduction certifiée des émissions en gaz à effet de serre (URCE) deviendra probablement la monnaie de ce marché créée par le protocole de Kyoto à travers le mécanisme de développement propre. Si ce mécanisme qualifié par certains de  “permis de polluer” contribue dans une certaine mesure à l’aboutissement des objectifs du protocole, il introduit néanmoins une logique fondée sur les instruments de marché et qui, au fond, ne règle pas le devenir immédiat des pays les plus vulnérables du Sud. nimes. Mais la généralisation du MDP ne changera-t-elle pas cette donne, comme l’ont suggérée certains pays à Copenhague ? Les pays du Sud, malgré les maigres retombées de Copenhague, peuvent-ils former un bloc uni pour une intervention décisive sur le front du changement climatique à Bonn et à Mexico, ne serait-ce que pour accélérer le déblocage des fonds destinés à aider les pays les plus vulnérables à se protéger des impacts du réchauffement climatique ? Les perspectives alléchantes que suggèrent le MDP et la crainte des pays émergents de voir leur développement contrarié, fissurent l’idée même d’un tel bloc au Sud où certaines populations paient déjà les conséquences de l’enrichissement outrancier de l’atmosphère en gaz à effet de serre par le Nord. C’est vrai que le marché que suggère le MDP est alléchant pour les pays émergents qui possèdent une certaine maîtrise technologique proche du monde industrialisé. En effet, ce mécanisme, le seul instrument de coopération entre le Nord et le Sud prévu par le protocole de Kyoto ouvre un marché qui intéresse non seulement les pays industrialisés en tant qu’États, mais également leurs entreprises, leurs régions et collectivités locales. Tous ces acteurs peuvent financer et réaliser dans les pays du Sud des projets de réduction d’émissions de gaz à partir de technologies “propres” favorables au climat. Sur ce plan, les pays émergents ont une longueur d’avance sur les autres, leur maîtrise technologique fait d’eux des “ogres” de ce marché. Comme l’a montré le sommet de Copenhague, l’impératif de développement éloigne également de quelques lignes les pays émergents de revendications des pays en voie de développement. Les pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil ne veulent pas d’une réduction de leurs émissions tant que les pays industrialisés ne réaliseront pas l’objectif qu’ils se sont fixés, à travers le protocole de Kyoto. C’est vrai que le protocole invite les pays du Sud à établir “lorsque cela est pertinent et dans la mesure du possible  des programmes nationaux ou le cas échéant régionaux pour améliorer la qualité des coefficients d’émissions des données sur les activités et/ou des modèles locaux”. Mais le protocole précise tout de suite que “pour couvrir la totalité des coûts convenus par ces pays pour progresser dans l’exécution de leurs engagements, les pays développés doivent fournir des ressources financières nouvelles et additionnelles”. Or, pour l’instant ces ressources ne sont toujours débloquées et difficile dans ces conditions d’obtenir une réduction des émissions des pays émergents qui maintiennent leur “modèle” de développement, eux qui aspirent à entrer dans le club des pays industrialisés. Privés de technologies et dépourvus de ressources financières appropriées, les pays les plus pauvres semblent condamnés d’avance, à moins d’inventer des voies originales capables de perpétuer le renouvellement de la biosphère. Dans l’état actuel, il n’y a qu’un Kyoto 2 (épuré de ses faiblesses et contradictions) que préfigurent peut-être Bonn et Mexico pour sauver les plus vulnérables et préserver la planète de graves périls. La menace que fait peser le réchauffement climatique est multiforme, elle va de l’extinction d’innombrables espèces animales et végétales à la pollution généralisée de l’environnement atmosphérique, en passant par la pollution des mers, fleuves et nappes phréatiques. Certains pays subissent déjà les prémices de l’impact du changement climatique. C’est le cas par exemple des 43 micro-États insulaires issus de tous les océans et régions du monde (Afrique, Caraïbes, Océan Indien, Méditerranée, Pacifique, Mer de Chine, etc.) qui sont confrontés à l’élévation du niveau des océans, à l’accélération de l’érosion ou de la salinisation des eaux souterraines. Tous attendaient l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto pour bénéficier du fameux “fonds spécial changement climatique” afin de s’adapter aux impacts climatiques. Si Copenhague a montré combien le chemin était difficile pour parvenir à un consensus sur ce dossier, il a également clairement indiqué qu’il n’y a pas de solution viable, du moins pour l’instant, en dehors du sillon tracé par le Protocole de Kyoto. C’est d’un renversement de perspectives de ce protocole que viendraient peut-être les solutions

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Depuis quarante ans, le lac est passé d’une surface de 25 000 à 5 000 km2. D’après certaines prévisions climatiques de la NASA, au rythme actuel, le lac pourrait disparaître d’ici une vingtaine d’années. Pourtant, il est seul à fournir l’eau à plus de 20 millions de personnes des quatre pays limitrophes. Pour pouvoir continuer à pêcher, la ressource principale de 80% de population du lac, les pêcheurs utilise des filets non autorisés qui retiennent des juvéniles qui n’ont pas le temps de grandir.

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Les pays émergents contre les pays pauvres ?
Les articles 10, 11 et 12 du Protocole qui font référence aux pays en développement n’imposent pas, pour l’instant, des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Probablement parce qu’elles sont mi-

adaptées et pérennes. La voie que préconisait par exemple le réseau South South North mérite une seconde d’attention. Ce réseau composé d’associations et des juristes du Brésil, d’Afrique du Sud, de Bangladesh et d’Indonésie se proposait de faire du MDP un outil “des projets d’éco-développement appropriés au contexte local pour les populations concernées, grâce à l’installation des panneaux solaires au Bangladesh, la production des véhicules électriques de transports publics à Dacca, l’amélioration thermique et installation de chauffe-eau solaire à Cap Town (Afrique du Sud), l’extraction de biogaz à partir d’une décharge urbaine à Rio (Brésil) et la production des carburants propres pour les autobus de Yogyakarta à Java (Indonésie). Ces différentes innovations seraient ensuite reproduites partout dans le Sud et ouvrir ainsi la voie à un autre type de développement basé sur des technologies propres et adaptées au contexte local.” Ce réinvestissement écologique du MDP pourrait faire l’objet d’un protocole additionnel sur les changements climatiques. Aller dans cette direction ne peut se faire qu’avec le concours de tous, d’où la nécessité d’une

vigoureuse mobilisation de toute la communauté humaine pour tendre vers cet objectif et éviter à l’humain une désadaptation à son environnement physique, première étape peut-être de son déclin en tant qu’organisme vivant. Copenhague a déçu mais le protocole de Kyoto reste un compromis nécessaire pour féconder l’avenir. Toutefois, les pays du Sud doivent mobiliser leurs intelligences malgré la modicité de leur moyen pour inventer leur avenir qui ne viendra sûrement pas de l’aide promis par les pays industrialisés. Desséchés par les mirages de l’aide au développement et des ajustements structurels, ils ont l’obligation individuellement et/ou collectivement de se prendre en charge au risque de disparaître. S’ils ne peuvent pas se donner un avenir en comptant sur eux-mêmes, seront-ils capables de protéger leurs territoires des invasions que suggèrent la disparition de certains territoires ou la “confiscation” de nombreux massifs forestiers les plus importants de la planète pour “sauver” l’humanité  ? C’est maintenant qu’il faut agir et sans relâche car les enjeux sont clairs et le temps presse. JR Liweley

Photo : Gary Braasch

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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Photo : PlanetObserver.com

DOSSIER

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LES 3 PILIERS ÉCONOMIQUES
Par Roxane Bouenguidi
Consolider l’État de droit. Faire de la décentralisation une réalité. Réussir la moralisation de la vie publique et assurer une meilleure gouvernance des affaires publiques. Préserver l’intégrité territoriale et consolider les rapports avec les pays voisins et amis. Diversifier les sources de croissance et de développement durable. Mettre en place les infrastructures de soutien au développement économique. Mieux gérer les finances publiques. Mieux responsabiliser les Gabonais et les pousser à être plus entreprenants. Lutter contre les inégalités, la pauvreté et l’exclusion. Tels étaient les neuf axes du projet de société du candidat Ali Bongo Ondimba lors de la campagne électorale d’août dernier qui a débouché sur son élection à la présidence de la République. Intitulé “L’avenir en confiance”, ce projet a été conçu dans l’optique d’amener le Gabon vers l’émergence économique.

du Président Ali Bongo Ondimba

Photo : Arias Danger Aimée/Static - David Ignaszewski

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urant la campagne électorale présidentielle d’août dernier, Ali Bongo Ondimba a fait la promotion d’un projet de société qui, sous le concept-slogan de “L’avenir en confiance”, présentait les politiques sectorielles qu’il compte déployer pour le développement du Gabon. “L’avenir en confiance” s’articule en neuf axes et couvre des aspects aussi divers que les multiples facettes de la société gabonaise. Pour ce qui est des aspects économiques, on pourrait s’attarder sur ses axes N° 5, 6, 7 et 8 qui se proposent, respectivement, de  “Diversifier les sources de croissance et de développement durable” ; “Mettre en place les infrastructures de soutien au développement économique”  ; “Mieux gérer les finances publiques”  ; “Mieux responsabiliser les Gabonais et les pousser à être plus entreprenants”.

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DOSSIER
LES 3 PILIERS ÉCONOMIQUES DU PRÉSIDENT ALI BONGO ONDIMBA
Le plus important de ces axes économiques est cependant le N°5, “Diversifier les sources de croissance et de développement durable”, qui a été l’occasion d’annoncer pour la toute première fois l’idée de transformer le Gabon en pays émergent. Depuis lors, le concept de pays émergent (Cf. Encadré en page 21) est devenu un leitmotiv sans cesse répété dans le but de galvaniser les acteurs devant produire cette émergence économique. “L’avenir en confiance” partait du constat que l’économie du pays “reste […] trop dépendante du pétrole et des autres matières premières, [que] l’agriculture qui aurait dû générer des emplois contribue trop peu à la création de la richesse nationale et à la réduction de la pauvreté.” Il a donc été envisagé de procéder à une mutation de l’économie du Gabon pour la sortir du système de rente dans lequel il se terrait et l’amener à devenir une économie à forte valeur ajoutée. Le nouveau président de la République s’est fixé l’horizon 2025 pour que l’économie du Gabon ne soit plus une “économie de cueillette” et qu’elle puisse tenir sur les trois piliers que sont : le Gabon industriel, le Gabon vert et le Gabon des services à valeur ajoutée. Le Gabon Industriel, prôné par le président de la République, est encore virtuel. Les zones industrielles devraient s’appeler zones commerciales et les entreprises qui produisent au Gabon sont encore rares. Un projet comme la Zone Franche de PortGentil, localisée au Cap, est déjà plus représentatif de cette volonté d’industrialisation, même si son implantation effective est encre dans les dossiers. reau des recherches minières et géologiques (BRMG). On pourrait également citer le niobium de Lambaréné et bien d’autres richesses minières jusqu’ici inexploitées. Selon une démonstration faite il y a trois ans au 1er Forum de l’emploi CPG par Marcel Abéké, administrateur directeur général de la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG), le secteur minier gabonais est un énorme gisement d’emplois. Il devrait permettre la création d’environ 5000 emplois directs et plus de 10  000 emplois indirects. Ce qui contribuerait à résorber le chômage au Gabon, en particulier celui des jeunes. Le 26 novembre dernier, le Premier ministre, Paul Biyoghe Mba, a présenté à l’Assemblée nationale la déclaration de politique générale du gouvernement. Cette déclaration est la traduction en programme chiffré et en idées concrètes du projet de société sur la base duquel le président Ali Bongo Ondimba a été élu. Pour matérialiser le “Gabon industriel”, de nombreux départements et secteurs devront être boostés et mis en synergie. On note à cet effet, dans la déclaration de politique générale de Paul Biyoghe Mba que : 25 milliards de francs Cfa seront alloués au Commerce, à l’Industrie et au Tourisme sur la période 2010-2016. La construction du “Gabon minier” se nourrira donc d’une partie de cette enveloppe, tout comme elle piochera, sur la même période, dans 510 milliards consacrés à l’électricité, l’eau et l’énergie et dans les 330 milliards de franc CFA qui seront consacrés aux Mines, Pétrole et Hydrocarbures. Le Premier ministre a d’ailleurs précisé, concernant ce volet, que “La convention de Belinga fera l’objet d’un réexamen approfondi et juste. Si nécessité avérée, des mesures correctives seront prises.” Le projet d’exploitation du Fer de Bélinga a en effet alimenté la chronique ces dernières années du fait que les ONG nationales ont notamment reproché au projet de vouloir se faire sans étude d’impact environnemental, d’empiéter sur un parc national situé dans la province concernée et de donner toute la part belle à la Chine. La réalisation de ce projet, dans sa conception actuelle, entrainera la construction d’infrastructures qui induiront nécessairement le développement d’autres secteurs. En effet, outre les chantiers de la mine, le projet prévoit la construction d’un barrage hydroélectrique à Poubara pour l’alimentation en énergie des travaux miniers, un port en eau profonde à Santa Clara pour l’exportation du minerai ainsi qu’une voie de chemin de fer reliant Belinga à Santa Clara pour l’acheminement du fer. On peut lire en page 7 du projet de société “L’avenir en confiance” qu’“A long terme, le Gabon a vocation à devenir un pôle métallurgique, avec un tissu dynamique de PME exportant des produits à base de fer dans toute la sous-région et au delà. De même, un pôle pétrochimique verra le jour, avec la valorisation des ressources en hydrocarbures et la production d’engrais azotés.”

portation. Ce qui permettra d’y inclure de la valeur ajoutée et donc d’en obtenir de meilleures recettes financières. C’est sans doute pour traduire cette idée dans les faits que le nouveau président de la République a décidé le 5 novembre dernier, à peine 20 jours après son investiture, de l’interdiction dès 2010 de l’exportation des grumes. Après l’annonce de cette mesure tout de même controversée, certains industriels étrangers du secteur ont reconnu que “c’est la juste réappropriation des richesses du pays” parce que “transformer sur place donne du travail et des revenus supplémentaires aux Gabonais”. On remarquera que le Code forestier gabonais stipulait déjà la transformation sur place de 75% du bois à partir de 2012 et, au moment de l’adoption de cette mesure, le Gabon transformait sur son territoire 60% de sa production

de grumes. Passer à 100% de transformation nécessite donc presque le doublement des capacités industrielles du pays. L’interdiction de l’exportation des grumes, dont le temps d’application a été jugé trop court par de nombreux acteurs de la filière bois, devra nécessairement induire un accroissement de l’industrialisation du secteur et, par voie de conséquence, un grand bond vers le “Gabon industriel” promis durant la campagne électorale. Le projet de société d’Ali Bongo Ondimba préconise également une “valorisation locale de nos matières premières.” L’industrialisation du pays serait inéluctable si cette recommandation venait à être radicalement appliquée et si l’on tient compte de ce que 900 indices miniers ont été répertoriés sur le sol gabonais et que d’autres matières premières ont été formellement identifiées et sont

immédiatement exploitables  : Or, diamant, phosphate, fer, mercure, niobium, manganèse, uranium, marbre, potasse, etc. L’exploitation minière représente plus de 3% du PIB gabonais. Il pourvoit près de 2000 emplois directs. Des chiffres qui seront multipliés grâce à la diversification envisagée et la mise en valeur de minerais jusqu’ici inexploités ou exploités de façon marginale. A l’instar du diamant, exploité dans le Sud-Ouest du Gabon pour une petite production d’environ 50  000 carats par an  ; de l’or, découvert au Gabon en 1937, qui n’enregistre qu’une exploitation de taille artisanale et une production de 50 kg/an alors que les réserves des seules mines d’or de Bakoudou à Bakumba pourraient produire 300 à 700 kg/ an pour des réserves estimées à 3,9 millions de tonnes, selon une étude réalisée par le Bu-

Le Gabon industriel
Ali Bongo Ondimba se propose donc de créer un Gabon industriel. Il s’agira tout d’abord de ne plus se contenter de l’exportation des matières premières du pays mais de les transformer sur place avant leur ex-

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Le pétrole ne sera donc pas en reste dans ce projet de “Gabon industriel”. Malgré la stagnation de la production du pays en or noir, de nombreux espoirs d’une bonne découverte persistent. Ceci est notamment fondé sur le fait que les 850 Km de côtes du Gabon n’ont pas méticuleusement été sondés et que, le pétrole on shore, n’a pas véritablement été recherché du fait de l’épaisse forêt équatoriale qui induirait des coûts plus élevés que ceux des exploitations en bordure d’océan. Dans le même ordre d’idées, les potentialités de l’offshore ultra profond gabonais restent inconnues. Du fait du coût fort onéreux de la recherche dans ce domaine, les majors rechignent encore à y prospecter. Les autorités du pétrole gabonais fondent toutefois beaucoup d’espoir sur les possibilités d’une bonne découverte hors du plateau continental. Surtout que dans le voisinage du pays, notamment en Guinée Équatoriale, des découvertes très intéressantes ont été réalisées. La diversification du partenariat (Australie, Afrique du Sud, Brésil, Canada, Chine) entretient également l’espoir d’une découverte qui ramènerait le Gabon à ses niveaux de production d’antan. C’est dans cette perspective que de nombreuses sessions, croisements d’intérêts, prolongation de validité ou modification des périmètres attribués sont intervenus ces derniers temps. La valorisation des ressources en hydrocarbures a d’ailleurs déjà commencé. En effet, le 5 novembre dernier, le gouvernement, réuni en Conseil des ministres, a décidé de l’interdiction totale du torchage des gaz pétroliers dès 2010. Le torchage consiste à brûler les gaz résiduels à l’air libre. Cette mesure sera accompagnée de la mise en place d’un mécanisme de mise en valeur du gaz naturel par la promotion d’un partenariat public-privé. Elle s’inscrit dans le cadre du “respect [des] engagements internationaux [du Gabon] en matière de développement durable en réduisant les émissions des gaz à effet de serre”, a précisé le communiqué final du Conseil des ministres. Ce qui fait penser au second pilier préconisé par Ali Bongo Ondimba dans son projet de société : Le Gabon vert. tion à la lutte mondiale contre le changement climatique est rémunérée à sa juste valeur.” En effet, depuis la mise en place du Protocole de Kyoto, il existe un dispositif économique appelé Mécanisme de développement propre (MDP) qui permet aux pays qui polluent très peu et participent beaucoup à lutter contre l’effet de serre, de réclamer des taxes carbone aux gros pollueurs. C’est en ce sens que, peu avant le sommet de Copenhague sur les changements climatiques, la direction générale de l’Environnement gabonaise, avec le concours de deux instituts de recherche et du chercheur Lee White, a étudié la place du Gabon dans la régulation du climat de la planète à travers le rôle de sa forêt dans le stockage du gaz carbonique (CO2). Le Dr Lee White avait déjà indiqué, concernant la séquestration du CO2 par la forêt gabonaise, que chaque hectare accumule par an 2 tonnes de CO2. De ce fait, avec ses 22 millions d’hectares, la forêt gabonaise stocke environ 45 millions de tonnes de CO2. Si l’on se réfère à la proposition du président français Nicolas Sarkozy de fixer le paiement de la tonne de carbone à 17 euros, la forêt gabonaise pourrait rapporter près de 765 millions d’euros, soit environ 501,8 milliards de francs, le quart du budget annuel du pays. On devrait toutefois défalquer de ce calcul purement schématique, les émissions de CO2 du Gabon issues de sa propre activité industrielle, de l’exploitation forestière et d’une déforestation annuelle de 0,8% par an pour les besoins de l’agriculture. Dans sa déclaration de politique générale, le 26 novembre dernier devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Paul Biyoghe Mba a rappelé que le Gabon vert consistera à “tirer partie de notre engagement volontaire et de notre contribution exemplaire à la lutte contre le changement climatique. Cet engagement sera un nouvel axe majeur de notre diplomatie.” Il a souligné, concernant les bénéfices que pourrait tirer le Gabon de la taxe carbone, que le pays va “bâtir un partenariat avec toutes les institutions et grands groupes privés qui militent au niveau mondial pour l’émergence d’une économie verte et d’un capitalisme responsable et qui sont prêts à soutenir le pays modèle que le Gabon aspire à être dans ce domaine.” D’ailleurs, profitant de ce que l’année 2010 a été décrétée “Année mondiale de la biodiversité”, le Gabon prépare une conférence internationale Depuis que Ali Bongo s’est fixé pour objectif de transformer le Gabon en pays émergent, le mot “émergence” est devenu l’un des plus usités dans le pays et il passe à toutes les sauces, des plus farfelues aux plus doctes. Pourtant, le concept de pays émergent existe depuis quelques décennies. Il est né dans les années 1980 avec le développement des marchés boursiers dans les pays en développement qui sont très vite devenus l’objet d’intenses spéculations financières. On parlait alors plus précisément d’économie émergente. Il est communément admis que les pays émergents enregistrent une croissance économique si rapide que le niveau de vie de leurs populations et leurs structures économiques convergent vers ceux des pays développés, même si leur PIB par habitant reste inférieur à ces derniers. Dans un pays émergent on note une rénovation juridique et institutionnelle, le passage d’un type de production agraire à un type industriel, l’ouverture au marché mondial des produits et services et aux flux internationaux de capitaux. A titre d’illustration, le BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) compte les principaux pays émergents. Ils jouent un rôle important dans l’économie mondiale et siègent au G20. De ce fait, on ajoute une dizaine d’autres pays au BRIC (l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Indonésie, le Mexique, la Turquie, etc.) qui se caractérisent par leur intégration rapide à l’économie mondiale d’un point de vue commercial (exportations importantes) et capitalistique en ceci qu’ils ouvrent leurs marchés financiers aux capitaux extérieurs et investissent, eux aussi, de plus en plus à l’étranger. Le club des pays émergents n’est pas fermé. On peut y entrer et en sortir. La Corée du Sud et Singapour l’ont quitté pour se retrouver dans le groupe des pays développés, alors qu’un ancien pays riche comme l’Argentine ne fait que sonner à la porte du club de l’émergence.

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LE CONCEPT DE PAYS ÉMERGENT
Le Premier ministre Paul Biyoghé Mba, qui dirige le tout premier gouvernement d’Ali Bongo, a expliqué à l’Assemblée nationale, l’entendement gabonais de ce concept  : Le Gabon émergent se caractérisera par “l’innovation”  ; “une classe moyenne dominante”  ; “une pauvreté inexistante”  ; “une croissance économique forte, à deux chiffres” ; “une population d’hommes et de femmes bien formés et bénéficiant de services sociaux de qualité”. Paul Biyoghé Mba souligne que le Gabon émergent, c’est le Gabon “où existe une économie de services portée par une infrastructure numérique de pointe, structurée et animée par de multitudes PME-PMI dans tous les secteurs d’activités (…) Le Gabon émergent, c’est le Gabon qui doit être un pionnier de l’économie verte, avec un objectif chiffré de rentabilité carbone, prenant un engagement marqué dans la lutte mondiale contre le changement climatique.” Classé au 103e rang sur 177 pays pour ce qui est de l’IDH (Indice de développement humain) et au 158e rang sur 183 pays dans le rapport “Doing Business” qui note l’environnement des affaires, le Gabon ne saurait donc être actuellement classé au rang des pays émergents. L’émergence tant ressassé par les Gabonais est donc un leitmotiv ; mieux, un objectif, un horizon à atteindre, voire à dépasser. En août 2009, Ali Bongo ne confiait-il pas déjà au journal “Fasozine”  : “Le Gabon doit être un pays émergent. Nous avons tous les atouts pour ça, mais il va falloir que les hommes aient cette ambition et qu’ils se décident ensemble de développer leur pays. Les atouts sont clairs. Nous avons un pays qui regorge de richesses naturelles importantes qui ne demandent qu’à être exploitées. Et ceci peut être fait. Le chemin, certes, peut être difficile mais il nous faut atteindre ce niveau nécessaire pour passer à l’excellence donc à l’émergence et devenir un dragon d’Afrique. Telle est mon ambition.” Son projet de société en fixe l’échéance à l’an 2025.

Le Gabon vert
On lit dans “L’avenir en confiance” que “Le pilier Gabon vert s’appuiera sur la valorisation du “pétrole vert ” que constitue notre formidable écosystème (nos 22 millions d’hectares de forêt, nos terres agricoles, nos 800 km de littoral maritime). […] Tout en tenant compte des impératifs de développement et d’industrialisation de notre pays […] nous devons préserver notre forêt et nous assurer que sa contribu-

Le tourisme au Gabon est un des grands axes de développement annoncés. S’il est vrai que sa nature encore vierge, ses espèces animales uniques, sa flore exubérante et la beauté fascinante de certains site rendent tout à fait crédible l’essor de ce secteur économique, il n’en reste pas moins que le pays de Tarzan est aujourd’hui incapable d’offrir un accueil approprié aux voyageurs et que les infrastructures sont soit inexistantes, soit obsolètes. Sans parler du coût prohibitif des transports et de l’absence quasi totale d’information touristique utile à l’étranger comme dans le pays...

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qui réunira à Libreville, les 2 et 3 juin prochains, des chefs d’État et de gouvernement, des ministres, des scientifiques et des ONG, en vue de préparer la défense des intérêts des pays

concernés lors de la rencontre de Nagoya (Japon) en octobre prochain. Le Gabon vert touche également l’écotourisme. On peut

lire à ce sujet dans “L’avenir en confiance”  : “Nous devons exploiter pleinement nos fortes potentialités dans l’écotourisme que nous confèrent nos immenses espaces forestiers.”

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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Le Gabon dispose en effet d’une diversité de paysages avec une nature bien conservée, des animaux qui comptent parmi les plus spectaculaires de la planète (éléphants, gorilles, chimpanzés ou buffles dans la forêt, hippopotames, lamantins ou crocodiles dans les fleuves  ; baleines à bosse, dauphins ou tortues luths en mer) et d’un kaléidoscope culturel caractérisé par une multitude d’ethnies qui sont autant de terreaux pouvant servir au développement d’une activité touristique plus intensifiée. Un réseau de 13 Parcs Nationaux a été créé en 2002 qui devrait favoriser le développement de l’écotourisme en particulier et du tourisme en général et induire de nombreuses activités annexes. Il est préconisé, dans ce cadre, de lancer dès le début de l’année 2010, une “stratégie globale devant permettre de lever progressivement les freins au développement de ce secteur.” Notamment, les coûts élevés du transport, de l’hébergement et de la restauration, la faiblesse des capacités d’accueil, l’absence d’opérateurs touristiques, le déficit de visibilité et promotion de la destination Gabon. Le tourisme étant une activité qui implique de nombreux autres secteurs, il profitera, durant la période 2010-2016, des 215,5 milliards de francs CFA alloués aux Eaux et Forêts  ; des 25 milliards destinés à l’économie, au commerce, à l’industrie et au Tourisme  ; des 300 milliards consacrés à l’habitat, au logement, à l’urbanisme et des 1 500 milliards dédiés à l’équipement, aux infrastructures et à l’aménagement du territoire. modernes, garantissant notre sécurité alimentaire.”  d’utilité publique, trois universités (Université Omar Bongo à Libreville, Université des Sciences de la santé à Libreville et Université des Sciences et Techniques à Masuku), dix (10) écoles supérieures et deux grands centres de recherche (Cenarest et Cirmf). “Pour l’heure, deux doctorats et onze DESS ou DEA sont délivrés au Gabon dans les disciplines de la Médecine, des Sciences humaines et de la gestion des entreprises”, a conclu Paul Biyoghé Mba. Il faut donc développer la formation, soit en payant des formations hautement qualifiantes à l’étranger, soit en ouvrant de nouvelles écoles après avoir attiré dans le pays les meilleurs cerveaux pour y former les jeunes, soit en créant des technopoles bâties en y recrutant les meilleurs formateurs. Pour la réalisation de ce Gabon des services à valeur ajoutée, il a été envisagé de faire du pays le numéro 1 africain du tourisme d’affaires grâce à la création des infrastructures et d’un contexte favorable aux séminaires, congrès et autres conférences internationales. Le pays devra ensuite devenir un pôle d’excellence dans la formation “aux métiers de la forêt et du bois, de la métallurgie, du tourisme, du design et de l’architecture, de l’environnement, de l’informatique et de la communication”, note-t-on dans la déclaration de politique générale du gouvernement. En outre, le Gabon devrait éminemment amorcer le processus devant l’amener à devenir “la référence régionale dans le domaine de la cancérologie grâce à la mise en fonctionnement prochaine d’un centre de traitement ultra moderne à Avorbam”, a assuré Paul Biyoghé Mba. La déclaration de politique générale de celui-ci a permis de comprendre que le Gabon ne deviendra un pôle d’excellence dans les services à valeur ajoutée que par voie de conséquence et en synergie avec l’établissement des deux autres piliers du “Gabon émergent”. L’axe N°5 du projet de société d’Ali Bongo Ondimba, qui propose de “diversifier les sources de croissance et de développement durable” et énumère les trois piliers sectoriels de la politique économique du nouveau président de la République, se termine sur ces mots  : “Solidement mis en place, ces trois piliers amélioreront de façon significative les revenus et les conditions de vie de tous les Gabonais.” Les premiers actes du nouveau président démontrent une ferme volonté de procéder à une rupture avec la direction imprimée au Gabon par son défunt père. En effet, dès le 19 octobre, à l’occasion du tout premier conseil des ministres qu’il a dirigé en tant que président de la République, Ali Bongo Ondimba a annoncé des mesures visant à réduire le train de vie de l’État et à lutter contre l’enrichissement illicite. Le 23 du même mois, un peu avant de se rendre à Kinshasa pour le 14e Sommet des chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), le nouveau président gabonais a défini à ses ministres les chantiers prioritaires pour la mise en route du Gabon vers l’émergence économique.

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En tête de ces réalisations se trouve l’aménagement des “routes prioritaires à travailler dont les études sont prêtes ou en cours de finalisation”, a rapporté le Premier ministre Paul Biyoghe Mba, expliquant qu’il s’agit de “voir ce qu’il est possible de faire dans les plus brefs délais en termes de travaux et rechercher les financements nécessaires.” Avec un réseau routier de 9 170 km dont seulement 936 km sont bitumées et 7 600 km en latérite, l’état du réseau routier national figure au premier rang des préoccupations des Gabonais tant sa dégradation et ses carences freinent le développement socio-économique du pays. La deuxième priorité édictée par Ali Bongo Ondimba concerne “le problème des télécommunications, le problème de l’économie numérique, la nécessité de mettre plus d’équipement”, a poursuivi le chef du gouvernement, précisant que “c’est d’abord l’administration gabonaise qui doit être de plus en plus informatisée”. Un programme de développement numérique qui devra ensuite être étendu aux autres usagers, aux ménages et aux entreprises. “L’avenir en confiance” promis aux Gabonais grâce à la construction d’un “Gabon émergent” a été mis en route et il semble aller dans le sens souhaité par des Gabonais. La tâche est gigantesque tout comme les attentes sont énormes. Paraphrasant la mythologie grecque, l’hebdomadaire panafricain “Jeune Afrique” a titré, au sujet de ces vastes chantiers, “Les douze travaux d’Ali”. n

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Le Gabon des services à valeur ajoutée
“L’avenir en confiance”, projet de société d’Ali Bongo Ondimba explique  : “Le pilier Gabon pays de services à valeur ajoutée repose sur la valorisation de notre “pétrole gris ” que sont nos ressources humaines. Le Gabon peut et doit se construire une position forte et devenir une référence régionale dans des domaines tels que les services financiers, les nouvelles technologies de l’information, les métiers de services liés à l’économie verte ou encore certains domaines spécialisés de l’enseignement supérieur ou de la santé. Les sources d’emplois et de richesses de demain seront dans ces nouveaux métiers, et nous devons commencer aujourd’hui à y préparer notre économie et notre jeunesse.” Sans une mise en valeur et une promotion de la formation, il sera difficile d’arriver à l’émergence économique préconisée par Ali Bongo Ondimba. Un Gabon des services est un Gabon qui vendra de la matière grise, du “jus de cerveau”, comme disent certains. Or, il n’est de cerveau hautement recherché que ayant une très bonne formation sinon une très haute formation. Mais, la situation actuelle du Gabon en la matière est alarmante si l’on s’en tient l’inventaire établi le 26 novembre dernier, par le Premier ministre Paul Biyoghe Mba lors de sa déclaration de politique générale  : Le pays ne compte que onze (11) établissements secondaires reconnus

L’adoption du LMD (Licence - Bac +3, Master - Bac + 5, et Doctorat - Bac + 8), par l’Université Omar Bongo est un premier pas vers les formations professionnalisantes dans les Universités. Cependant, faute d’avancées significatives dans les rapports entre les enseignants et l’État, et de moyens proportionnels aux ambitions déclarées, les filières de l’enseignement supérieur, université comme grandes écoles, sont encore bien balbutiantes au Gabon. Le Gabon vert concerne par ailleurs la filière bois du pays. On lit, en effet, dans “L’avenir en confiance” que  : “Nous devons transformer entièrement notre bois localement à travers un artisanat et une industrie dynamiques.” C’est dans ce sens que le gouvernement a décidé, le 5 novembre dernier, de l’interdiction d’exporter à compter de 2010 le bois en grumes. Cette mesure, dont il a déjà été question plus haut, doit permettre de promouvoir “la transformation locale de nos essences forestières en vue de créer davantage de richesse nécessaire pour juguler le chômage, notamment des jeunes et des femmes, et d’exporter des produits finis et semi-finis à forte valeur ajoutée”. Dans cette optique, le gouvernement a également annoncé une révision globale du Code forestier pour accompagner l’émergence d’une industrie du bois plus cohérente et plus rentable, avec notamment la redéfinition de son article 227 et des missions et moyens d’action de la Société nationale des bois gabonais (SNBG). La filière bois qui est le deuxième employeur du pays après la Fonction publique, produit 12% des revenus d’exportation. Ce secteur présente ainsi un fort potentiel pour la diversification économique nécessaire pour pallier le déclin annoncé de la rente pétrolière. Paul Biyoghé Mba a d’ailleurs précisé devant l’Assemblée nationale, qu’un programme “Mobilier national” devant favoriser l’utilisation du bois local et le développement de l’artisanat gabonais va être mis en place, de même que sera favorisée “la naissance d’une génération de designers gabonais et africains de renom.” Et, un peu plus loin : “Nous ferons du Gabon un pôle régional de référence pour la production de contreplaqués, de placages, de produits assemblés, de meubles en bois et de tout un ensemble de produits en bois innovants et à forte valeur ajoutée.” Selon le mot du Premier ministre Paul Biyoghé Mba, le Gabon vert, “c’est également la redynamisation de notre agriculture, la valorisation des produits forestiers non ligneux, le développement de l’élevage et de la pêche, ceci afin de renforcer notre sécurité alimentaire, de réduire nos importations.” Il est question de promouvoir les spéculations que sont le palmier à huile, l’hévéa, le cacao et le café mais surtout de soutenir la production vivrière  : manioc, riz, banane, produits maraîchers et élevage de petits ruminants. Il a été prévu de doter, durant le septennat 2010-2016, l’Agriculture, l’élevage, la pêche et le développement rural de 175 milliards de francs CFA. Dans “L’avenir en confiance”, son projet de société, Ali Bongo Ondimba souligne : “Nous devons bâtir une agriculture, une pêche et une aquaculture

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10 PROPOSITIONS POUR LES PME
à démontrer tant sur le plan de leur aptitude à créer des emplois que de leur flexibilité face aux changements et de leur création de valeur. C’est la recherche de cette flexibilité qui explique la création, la reprise d’entreprises existantes, l’essaimage, la franchise, etc. Tout cela caractérise différentes façons de se lancer en affaires. C’est l’entrepreneuriat. Ce dernier est le processus de réalisation de projets, de perception d’opportunités et d’imagination de façon de répondre à un besoin avant que d’autres ne le fassent ; en d’autres termes, c’est la transformation d’un problème en opportunités d’affaires. Malgré tous ces atouts, les PME sont encore considérées au Gabon comme des “entreprises enfants” auxquelles on préfère les multinationales ou les grands groupes historiques, pourtant moins innovants, moins réactifs, peu dynamiques. Pour permettre à ces petites entreprises de se développer et de prendre la place qu’elles méritent dans le tissu économique gabonais, il est indispensable de revoir les contraintes ainsi que les procédures administratives, fiscales et financières qui leur sont imposées, développer leurs sources d’information et les assister dans la recherche de ressources humaines compétentes. soutien et le développement du commerce de proximité et des entreprises de services comme sur l’appui individuel à l’implantation et l’extension des entreprises industrielles se contentent aujourd’hui de leur mission d’enregistrement, sans pour autant être capables d’en extraire, au minimum, un fichier exploitable. Il en va de même pour le Ministère des Finances qui ne fourni que des chiffres et données économiques parcellaires et déjà dépassés à leur parution. Et encore, les obtenir semble relever de l’espionnage auprès des fonctionnaires pourtant en charge de leur diffusion. C’est une évidence, les intérêts des PME ne sont pas toujours, pas souvent, ceux des grandes entreprises qui composent la direction de la Confédération Patronale Gabonaise. Dans la mesure où la solidarité n’est pas automatique au Gabon, l’État, particulièrement concerné par la croissance des PME pour ses retombées sociales et économiques, pourrait inciter la création d’une instance consultative composée de patrons de petites entreprises, afin de palier au manque de dialogue actuel entre PME et pouvoirs publics.

10 PROPOSITIONS POUR LES PME

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Promouvoir les PME pour développer l’emploi
Si la place et le rôle des PME dans l’économie suscitent toujours un large débat – accès aux marchés, obstacles à l’obtention des prêts, coût du crédit, niveau des fonds propres, dépendance à l’égard des clients ou des fournisseurs les plus importants - elles symbolisent surtout le dynamisme, la capacité d’adaptation, la diversité nécessaire à la croissance. Ces entreprises, formelles et informelles, constituent une des principales sources d’emploi et de revenus pour la population. Par ailleurs, elles assurent la production de services et de biens locaux à moindre coût qui correspondent à la demande d’une large partie de la population dont le pouvoir d’achat reste faible. Offrant des emplois, des revenus, des produits accessibles aux plus défavorisés, les petites entreprises sont souvent une base de lancement et de formation pour une large partie des jeunes déscolarisés. Le rôle des PME dans les stratégies de développement économique n’est plus

10 propositions pour faciliter le développement de PME innovantes et prospères

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Promouvoir la régularisation des entreprises
C’est par des mesures concrètes, fiscales ou financières, que l’État peut inciter le secteur informel à se légaliser. Il semble évident qu’une TPE, une PME ou une grande société n’ont ni les mêmes capacités de gestion, ni les mêmes compétences pour appliquer des règles administratives et fiscales similaires. La gestion de la TVA, la lourdeur des charges salariales, la complexité des démarches administratives effraient les petits entrepreneurs. De même, l’incitation serait d’autant plus efficace si elle s’accompagnait de mesures d’accompagnement comme une exonération temporaire des charges sociales ou une amnistie fiscale pour les entreprises désireuses de se mettre en conformité avec la loi. A terme,

l’opération sera rentable pour l’État comme pour l’économie gabonaise. Créer son entreprise est trop long et trop complexe. Des procédures rapides et simplifiées pour la création d’entreprise sont indispensables pour promouvoir l’entreprenariat au Gabon. Une formule ultra simplifiée pour les TPE permettrait, en outre, de faire disparaître le passage quasi systématique par l’informel avant de créer officiellement son entreprise.

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Faciliter l’achat d’équipements professionnels
Pour qu’une entreprise soit efficace, productive et rentable, elle doit s’équiper de matériels modernes et en bon état. Ces équipements, au Gabon, sont importés dans la très grande majorité des cas, et très fortement taxés, par les douanes en particulier. Une réduction de ces taxes douanières permettrait une mise à niveau rapide des équipements professionnels avec comme corollaire immédiat une amélioration de la qualité de la production locale, une baisse des coûts des produits finis et le développement de la production locale dans de nombreux secteurs. Le quasi doublement du prix des biens d’équipements professionnels est un frein réel à la production et au développement sous-régional des entreprises gabonaises.

1
Aussi trivial que cela puisse paraître, il n’est pas inutile de rappeler que l’absence de routes, les défaillances de la SEEG, les transports publics inexistants et les mécanismes de protection sociale insuffisants sont des freins insurmontables au développement harmonieux d’entreprises fragiles par essence. Si les grandes sociétés ont les moyens de pallier à ces insuffisances, les PME y perdent les bénéfices qu’elles génèrent, souvent à cause de pertes d’exploitations dues à des tiers.

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Si de gros efforts ont été faits avec la création de l’APIP, ils sont loin d’être suffisants. L’entrepreneur ne dispose pas de sources d’informations fiables et un flou sur les obligations légales des entreprises, largement entretenu par la corruption administrative, reste une source indéniable de difficulté pour les PME. La crainte de ne pas être ne règle, car on ignore ce qui doit être fait pour se conformer à la loi, est un véritable frein à l’entreprenariat ainsi qu’un non sens économique et juridique.

Des infrastructures Simplifier l’accès fiables à l’administration

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Instaurer une véritable équité fiscale
L’équité fiscale est un leurre au Gabon. La fraude a pignon sur rue, tout le monde s’en accommode. Il n’est pas tout de l’écrire, de le proclamer, de l’afficher même dans un bureau. Partout il est dit transparence fiscale, et tout le monde s’accorde pour décrire l’opacité de la fiscalité directe. Les premières victimes sont évidemment les TPE et les

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Développer l’information
L’un des freins au développement des PME est le manque d’informations économiques. Les missions des Chambres de Commerce qui devraient porter traditionnellement sur le

PME qui n’ont pas les moyens de payer des conseillers fiscaux efficaces, sans parler des redressements qui leur sont appliqués, dus en grande partie à la complexité des déclarations d’impôts et taxes. Un patron de PME ne connaît ni la totalité des règles à appliquer ni le mode de calcul de ses impôts. Il ne sait pas profiter des avantages et se place souvent, en toute bonne foi, dans l’illégalité, par manque de compétence ou par manque d’information. Il semble urgent de simplifier le régime fiscal de ces entrepreneurs afin d’apporter une réelle transparence sur la base de règles compréhensibles par tous. Dans le même ordre d’idées, la généralisation de la TVA à toutes les entreprises, quelle que soit la forme choisie (une base forfaitaire pour les commerces ou un taux fixe sur

le prix de vente, comme c’est actuellement le cas, pour les autres), permettrait de rétablir des règles de concurrence équitables tout en simplifiant la comptabilité des entreprises. Les fournisseurs non assujettis posent de nombreux problèmes de gestion aux entreprises qui le sont, générant un surcoût de traitement et de gestion qui peut s’avérer important dans certains secteurs.

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Des prêts bancaires garantis par l’État
L’octroi de prêts aux PME par les banques commerciales au Gabon concerne essentiellement -  sinon exclusivement  - la couverture des besoin en fonds de roulement à court terme. Tout comme dans la plupart des régions du monde, mais plus encore ici, la petite entreprise est perçue comme risquée, puisque le taux de sinistralité est néces-

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DOSSIER
10 PROPOSITIONS POUR LES PME
de délais et de finances, soit parce qu’elle ne fait pas le poids économiquement et qu’elle n’a pas les moyens de financer sa défense. Il existe des procédures d’arbitrage ou de médiation prévus par l’OHADA, mais celles-ci sont à la fois peu connues et peu développées. Le passage obligé par un médiateur ou un arbitre avant d’en arriver au procès devant le tribunal de commerce permettrait non seulement de désengorger ce dernier, mais surtout de résoudre à l’amiable de nombreux conflits qui ne méritent pas un traitement aussi coûteux et déstabilisant.

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sairement plus élevé sur les interventions de haut de bilan. Le manque de documentation statistique fait qu’il est difficile d’avoir une idée claire sur la situation financière et les succès potentiels de telles entreprises. Il n’est donc pas surprenant que la plupart des banques commerciales préfèrent traiter avec de grandes compagnies commerciales, plutôt que de petites entreprises qui se débattent pour survivre. Pourtant, les banques sont plus à même de mesurer les chances de réussite d’une entreprise que des organismes d’état, composés de fonctionnaires parfois très éloignés du monde des affaires, que ce soit dans leurs activités ou dans leurs préoccupations. L’octroi de garanties accordées aux banques par l’État sur tout ou parties de prêts aux PME permettrait de débloquer cette situation en diminuant le risque bancaire et en permettant aux petites entreprises d’accéder à des financements qui ne soient pas systématiquement sur fonds propres. professionnelle permettant des avantages fiscaux ou sociaux, inciter à la création d’organismes de formation agréés, mettre en place de formations rémunérées au sein des entreprises au travers de l’ONE, etc.

La créativité sans stratégie, cela s’appelle de l’Art. La créativité avec de la stratégie, cela s’appelle du “Chiffre d’Affaires”.

Rénover les organismes officiels
L’ONE, l’APIP, la Chambre de Commerce, l’OAPI (dépôt des marques), sont autant d’organismes capables de promouvoir l’économie locale et d’assister les PME dans leur développement. “Devraient être capables” doit-on préciser car faute de moyens, d’attention ou de volonté politique, certains sont totalement inefficaces, d’autres présentent des lacunes rédhibitoires, et tous sont loin de répondre au cahier des charges qui leur est attribué. Une refonte plus ou moins profonde de ces organismes permettrait de résoudre de nombreux blocages au développement des PME, voire de servir de moteur à une véritable politique de promotion de l’entreprenariat, de l’emploi, de l’information et de la formation. n

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Promouvoir la formation et l’emploi jeune
L’État dispose de nombreux leviers pour promouvoir la formation et l’emploi au sein des PME : inciter les entreprises à former leur salariés par des abattements fiscaux ou des crédits d’impôts, exempter de charges sociales les contrats d’apprentissage, de formation interne avérée ou l’embauche de jeunes diplômés, agréer des organismes de formation

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Développer l’arbitrage en cas de conflit
Un État de droit est indispensable au développement des PME. Les conflits commerciaux sont fréquents et la justice traditionnelle est rarement équitable dans ce domaine. Un différend entre une grosse entreprise et une PME laisse peu de chance à cette dernière de gagner, soit parce qu’elle est incapable de tenir la distance en terme

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ENQUÊTE

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LE BILAN ÉCONOMIQUE 2009
par François Ndjimbi

Ça tient encore, mais pour combien de temps ?

La brusque disparition du président Omar Bongo Ondimba le 8 juin 2009, après 41 ans passés au pouvoir, a fait craindre le risque d’un basculement du Gabon vers le chaos. A l’antipode d’un scénario à la guinéenne où l’armée a pris le pouvoir après la mort de Lansana Conté, le Gabon a organisé une transition en douceur. Toutefois, celle-ci s’est déroulée dans un contexte économique marqué par la crise financière internationale dont les effets, qui se faisaient déjà sentir bien avant le deuil national, sont loin de s’estomper. Le paquebot Gabon n’a pas chaviré, mais ses instruments de bord indiquent que le pays sort d’une zone de forte turbulence. Retour sur 2009, une année singulière ouvrant de nouveaux horizons.

L

’année de 2009 qui vient de s’achever et qui a été qualifiée d’année noire par de nombreux Gabonais, n’aura forcément pas été celle des performances économiques. La série noire nationale a commencé avec la crise financière internationale. Elle s’est amplifiée avec les décès de la Première dame, Edith-Lucie Bongo, et du président de la République, El Hadj Omar Bongo Ondimba dont les obsèques puis le remplacement à la tête du pays, au terme d’une élection présidentielle âprement discutée, ont sérieusement miné l’économie du pays. Durant l’année 2009, le front social s’est particulièrement ébranlé avec des grèves mémorables dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Les enseignants réunis au sein de la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (CONASYSED) ont en effet observé une grève de six mois tandis que ceux fédérés par le Syndicat national des enseignants du supérieur et chercheurs (SNEC) ont battu le pavé 3 mois durant pour réclamer, tous deux, la régularisation de leurs situations administratives et l’amélioration de leur condition de vie et de travail. Durant les cinq premiers mois de l’année 2009, le secteur de la santé a également été paralysé par une grève des agents regroupés au sein du Syndicat national des professionnels de la santé (SYNAPS) qui revendiquaient la régularisation des actes administratifs, la promulgation du projet de loi portant fonction publique et hospitalière, l’élaboration des textes organisant les centres hospitaliers régionaux ainsi que la mue de l’ENAPS en institut supérieur de formation sanitaire. D’autres secteurs ont également emboîté le pas pour alimenter l’embrasement du front social, notamment les Affaires sociales, l’Économie forestière, les Mines, les Travaux publics ou encore la Fonction publique.

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Photo : Arias Danger Aimée/Static

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ENQUÊTE
LE BILAN ÉCONOMIQUE 2009
leur aide. Ils invoquaient tous la crise financière internationale, mais il y avait surtout la crainte d’une déstabilisation du pays due à la disparition du président […] J’ai dû réadapter la gestion de la structure. J’ai supprimé les avances sur salaires et autres bons de caisse, j’ai annoncé l’annulation des promotions statutaires annoncées, j’ai réduit le nombre de reportages, de reporters et j’ai dû me séparer des stagiaires que nous avions.”
Photo : Christian Moussouamy/Static

LE BILAN ÉCONOMIQUE 2009

ENQUÊTE
s’est séparée de 59 ouvriers et mis en chômage technique 60 travailleurs en contrat à durée indéterminée (CDI). Le directeur d’exploitation de la SFIK, Jérôme Lauhiengiyii, expliquait alors que son entreprise enregistrait d’énormes problèmes d’écoulement auprès de ses acheteurs français, italiens et sud-africains et qu’il se battait pour que sa société ne mette pas la clé sous le paillasson à l’instar de ses collègues de Bonus Harvest et de l’Exploitation gabonaise de bois (EGG), qui avaient déjà déposé le bilan. Le secteur minier a également été frappé. C’est ainsi que la Comilog qui s’était fixé le défi de produire trois 3,5 millions de tonnes de manganèse en 2009, s’est vu obligée de ne produire que 3,25 millions. La compagnie a pris des dispositions pour éviter les licenciements ou le chômage technique. “Ce sera vraisemblablement le dernier recours, il n’est pas question pour nous d’aller au chômage technique ou au licenciement avant d’avoir révisé tous les gisements de l’économie”, assurait alors Marcel Abéké. Le premier trimestre de l’année 2009 ne laissait en effet présager rien de bon. Les indicateurs économiques du Gabon ont affiché une baisse dans tous les secteurs d’exportation (pétrole, manganèse, bois et caoutchouc) et dans les branches connexes telles que les transports. Toutefois, malgré les faibles résultats du ciment et du BTP, l’activité dans les secteurs secondaire et tertiaire a affiché de bons résultats, notamment grâce au dynamisme de la téléphonie mobile et des autres services.

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Les conséquences de la crise financière internationale
On ne saurait isoler l’année 2009 de celle qui l’a précédée. L’année 2008 est en effet celle durant laquelle la crise financière internationale a commencé à se généraliser après avoir débuté durant l’été 2007 par la crise des subprimes aux États-Unis. La crise financière internationale, ne touchant apparemment que les pays industrialisés, les économistes gabonais ont d’abord pensé que leur pays en était à l’abri. Paul Toungui, alors ministre de l’Economie et des Finances, Casimir Oyé Mba, alors ministre des Mines et du Pétrole, Henri Claude Oyima, président directeur général de la BGFIBank, Marcel Abéké, directeur général de la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG), Jean Philipe Magnan directeur général de Total Gabon, Hans Bakker alors directeur général de Shell Gabon ainsi que le res-

C’est sans aucun doute le décès du Président Omar Bongo Ondimba qui a généré les plus grandes craintes sur la stabilité politique, et donc économique, du Gabon aux yeux des investisseurs et des chefs d’entreprises, bloquant pour de longues semaines le fonctionnement de l’État et l’activité des opérateurs.

Les deux deuils nationaux et la transition
C’est dans ce contexte qu’intervient le décès, coup après coup, du couple présidentiel Edith Lucie et Omar Bongo Ondimba, respectivement le 14 mars et le 8 juin 2009. Le décès du président de la République laisse un véritable gouffre tant sa longévité et l’exercice centralisé du pouvoir n’avait pas préparé le Gabon à une quelconque transition. Le Gabon économique et financier plonge alors dans l’incertitude. Des chefs d’entreprises envisagent de fermer boutique, ainsi que l’explique Emmanuel M, promoteur d’une PME d’entretien de bateaux  : “Beaucoup de mes amis français et même africains expatriés ont craint que le pays ne bascule dans la violence voire dans une guerre civile pour la prise du pouvoir. Craignant donc pour leurs affaires, ils ont fermé boutique et sont allés s’installer ailleurs. Cela ne s’est pas beaucoup fait

ressentir parce qu’il s’agissait de toutes petites entreprises ayant parfois moins de 10 employés… Je ne citerai personne parce qu’il s’agissait dans la plupart des cas de fermetures informelles et parce que nombreux d’entre eux reviennent maintenant que tout s’est passé sans grand fracas, hormis quelques entreprises pillées ou incendiées à PortGentil.” Ce climat d’incertitude et de crainte aurait contribué à la baisse des importations. M. Tidjane, importateur malien exerçant dans le textile, raconte : “Nous faisons venir d’Italie des conteneurs de vêtement qui sont revendus à la plupart des prêt-à-porter de Libreville. Généralement la marchandise nous était envoyée sur la base d’une confiance qui s’est établie avec les fournisseurs depuis de longues années et nous payons souvent à échéance, pas toujours à la commande. Mais, à la mort du président Bongo, nos fournisseurs italiens ont refusé de nous

expédier de la marchandise payable à terme comme d’habitude. Ils avaient peur de perdre de l’argent si le pays s’embrasait. Ils nous ont même exigé de solder quelques reliquats que nous leurs devions.” Il va sans dire que durant toute la période transitoire, de nombreux entrepreneurs qui envisageaient créer une affaire au Gabon ou simplement y investir financièrement, ont reporté leurs projets. Tout comme “de nombreux hommes d’affaires ont dû retirer leur argent des banques, soit pour le thésauriser chez eux soit pour l’envoyer ailleurs”, assure un gestionnaire de BGFIBank ayant requis l’anonymat. Ce qui est conforté par Marc T. O., gardien SGS affecté à la surveillance d’un bureau Western Union  :  “Quand le président Bongo est mort, beaucoup de gens, surtout les commerçants Ouest-africains ont commencé à envoyer de grosses sommes d’argent chez eux. Comme il y a un montant

d’envoi à ne pas dépasser, certains arrivaient à plusieurs pour envoyer tour à tour l’argent d’un seul et même commerçant. Parfois le même homme d’affaires revenait plusieurs jours de suite faire des envois d’argent à l’étranger.” Le contexte contraint donc de nombreuses entreprises à la diète. Les commandes se font rares, les paiements traînent le pas, les banques rechignent à prêter. De nombreuses structures sont obligées de procéder à des licenciements, à des réductions de salaires ou à l‘économie sous d’autres formes. Gervais Bouanga Ngoma, qui gère Lowa TV et la radio Malébé FM dans la province de la Ngounié, explique  : “Quelques jours seulement après le décès du président Bongo, les annonceurs de notre radiotélévision ont suspendu les contrats publicitaires que nous avions. Même les institutions internationales qui soutenaient certains programmes communautaires de la radio, ont bloqué

Aussi, faut-il inscrire, à l’actif du Gabon pour l’année qui vient de s’achever, la réussite du processus de transition qui n’a pas connu le scénario catastrophe que beaucoup craignaient et qui a débouché, sans trop de heurts, à l’élection d’un nouveau président de la République. Celui-ci hérite malgré tout d’un pays marqué par le ralentissement de l’économie consécutif à la disparition de la pièce maîtresse d’un système vieux de 42 ans et par les effets de la crise financière internationale qui n’a pas épargné le Gabon.

ponsable de la société Perenco Gabon, Eric Faillenet, s’étaient tous montrés sereins et assuraient qu’il n’y avait pas péril en la demeure. Une certaine prudence était tout de même de mise qui a décidé de la création d’une cellule d’information permanente pour prévenir les fluctuations de l’économie internationale et ses répercussions sur l’économie gabonaise. La prudence de deux ministres gabonais, Paul Toungui et Casimir Oyé Mba, n’a pas été démentie par la suite, ainsi qu’on le verra avec les conséquences de cette crise internationale sur le Gabon. Dès le mois de janvier 2009, dans l’Ogooué-Lolo, la compagnie d’exploitation forestière Corà Wood Gabon et la Société forestière industrielle de Koulamoutou (SFIK), frappées de plein fouet par la crise financière internationale, ont été obligées de licencier. La première s’est délestée de 86 employés sur les 150 qu’elle comptait tandis que la seconde

LE GABON AU 3e RANG AFRICAIN DE L’IDH EN 2009
Le Programme des Nations Unis pour le développement (PNUD) a publié le 5 octobre dernier son classement 2009 de l’Indice de développement humain (IDH), qui classe le Gabon au 103e rang mondial sur 182 pays, soit le 3e rang africain. Libreville est donc passé, en 2009, devant Victoria (Seychelles), Praïa (Cap Vert), Tunis (Tunisie), Alger (Algérie) et Le Caire (Égypte) dans le classement 2009 de l’IDH. Il progresse de ce fait de 14 places par rapport à 2008, et de 19 places par rapport à 2007. Tandis que, au niveau continental, il passe au 3e rang africain, derrière la Libye, 55e mondial, et l’île Maurice, 81e mondial. Le classement 2008 du revenu par habitant classait déjà le Gabon au 3e rang africain derrière la Libye et la Guinée Équatoriale, avec 10 941 dollars par an par habitant, soit un peu plus de 5 millions de francs CFA par an par habitant. Pourtant la Guinée équatoriale reste à la 118e place mondiale dans le classement 2009 de l’IDH. Le trio de tête reste la Norvège, l’Australie et l’Islande, alors que la France n’arrive qu’au 8e rang et les Etats-Unis à la 13e place. En bas du tableau, on retrouve le Niger, l’Afghanistan et le Sierra Leone. Au niveau de l’Afrique centrale, la République Centrafricaine arrive à la 179e place mondiale, la RDC à la 176e, le Tchad à la 175e, le Burundi à la 174e, le Cameroun à la 153e, le Congo à la 136e, Sao Tomé à la 131e et la Guinée Équatoriale à la 118e.

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ENQUÊTE
LE BILAN ÉCONOMIQUE 2009
On peut lire alors dans une note de conjoncture de la BEAC publié le 15 juin 2009 : “Au niveau du secteur primaire, la production de pétrole a fléchi de 1,3 % pour s’établir à 2,8 millions de tonnes, en raison des mauvais résultats obtenus par les sociétés Marathon (-34,1 %), Vaalco (-5,4 %) et Total Gabon (-5,0 %), consécutifs au dysfonctionnement des installations de production et à l’indisponibilité des appareils de forage. Pour sa part, la production de manganèse a chuté de 59,5 % pour se situer à 343 089 tonnes, en liaison avec l’atonie du marché sidérurgique mondial. Enfin, la morosité des marchés chinois et européen des bois tropicaux continue de peser sur les exportations de grumes qui se sont contractées de 29 % au cours de la période sous revue, pour un volume total de 359 892 m3.” Au niveau des finances publiques, la note de conjoncture sus citée mentionne alors  : “Au premier trimestre 2009, la gestion des finances publiques s’est soldée par une contraction des soldes budgétaires comparativement à la même période de l’année 2008. En effet, les recettes totales de l’État se sont élevées à 349,6 milliards à fin mars 2009, contre 506,3 milliards un an plus tôt. Cette baisse, de l’ordre de 31 %, est essentiellement due à la chute des revenus pétroliers, plombés par la faiblesse des cours sur le marché international et des exportations en net recul. En revanche, les recettes hors pétrole se sont accrues de 5,1 %, à 166,5 milliards, grâce à la bonne tenue des impôts directs et, dans une moindre mesure, des taxes indirectes.” Six mois plus tard, à la fin de l’année 2009, l’économie du Formation, l’Éducation et la Recherche ; 40 milliards pour l’Habitat ; 35 milliards pour l’Agriculture ; 11,1 milliards pour le Commerce, les PME et l’Industrie, et enfin 83,2 milliards répartis entre les autres secteurs. Dans son discours de présentation de vœux de nouvel an à la nation, le 31 décembre dernier, le nouveau président de la République, Ali Bongo, a indiqué que ce budget record doit notamment être alloué à des chantiers prioritaires que sont la route, la santé, l’habitat, l’éducation, l’enseignement professionnel et l’énergie qui “bénéficie d’une attention soutenue”, selon l’expression d’Ali Bongo qui a ajouté : “dans cette optique, en plus des projets en cours d’exécution, je pense au grand barrage de Poubara, qui va démarrer très bientôt. C’est le cas des barrages des chutes de l’impératrice Eugénie dans la Ngounié et de l’Okano […] Le Gouvernement va s’attaquer dès ce mois de janvier au fonctionnement de la SEEG, qui présente depuis quelques temps des manquements difficilement supportables et qu’il faut impérativement éradiquer.” Concernant les transports qui demeurent l’une des grandes plaies du Gabon, Ali Bongo s’est engagé à une restructuration rapide et profonde de la Société gabonaise des transports (SOGATRA) au premier semestre 2010 avec la mise en place d’“un nouveau système de transport urbain à Libreville et Owendo avec un parc de trente bus neufs. Ce nombre ira croissant mensuellement pour disposer fin 2010 d’au moins 100 bus de différentes envergures”. Concernant les préparatifs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2012, le président a assuré que “les travaux déjà en cours sur les Stades Président Bongo Ondimba, Avorbam et Franceville seront accélérés pour tenir compte des délais prescrits par la Confédération africaine de football (CAF)”, et s’est engagé “pour que tous les travaux soient effectivement entrepris et complètement réalisés dans le respect des cahiers de charges retenus”. A cet effet, le nouveau président des Gabonais a assuré qu’il veillerait “à l’application stricte des procédures légales d’attribution des marchés publics, afin

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ENQUÊTE
de finir avec les avis abusifs de non-objection et les multiples avenants à la mode dans l’attribution des marchés publics”, estimant que “la livraison des travaux, ne doit plus être du domaine du virtuel, ils doivent être visibles sur le terrain.” Des promesses qui s’inscrivent dans la droite ligne des axes du programme sur la base duquel il a été élu  : “L’avenir en confiance”. Le seul absent à la liste des résolutions de 2010 d’Ali Bongo reste l’augmentation du Salaire minimum garanti (SMIG) à 150 000 francs CFA, une des promesses phare de sa campagne qui devait entrer en vigueur dès le premier jour de son mandat, mais reste encore lettre morte depuis le 16 octobre dernier. n

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L’industrie du bois est celle qui a le plus souffert de la crise économique internationale. En pleine mutation avec la fin programmée du pétrole et la volonté de préserver l’environnement, elle va devoir encore affronter la volonté politique de Gabon de générer de la plus-value sur la transformation des grumes. Gabon n’affiche toujours pas les signes d’une santé éblouissante. Les agrégats économiques n’étant pas encore totalement compilés, les prévisions annoncent une chute de 58% des recettes pétrolières en raison de la baisse des cours (prévision désormais à 40-45 USD en moyenne). Concernant l’industrie forestière qui est le deuxième secteur économique du pays, l’année 2009 a été particulièrement délicate, les prévisions la concernant font état de 1,9 million m3 exportés, soit une diminution de -24% en un an. Les perspectives laissent également entrevoir que pour 2009, le recul de la production mondiale d’acier a lourdement affecté la commande au Gabon, si bien que la production 2009 ne pourrait atteindre que 1,5 Mt. Selon la fiche de synthèse des Services économiques de l’ambassade de France, “En 2009, les recettes budgétaires devraient diminuer de 36% par rapport à 2008, en raison notamment de la forte diminution de la rente pétrolière (-58%) alors que les dépenses totales ne devraient diminuer que de 3,2%.” ganèse connaîtraient, elles, une augmentation de 38,4% grâce à la reprise programmée de l’industrie sidérurgique mondiale. Le secteur forestier qui va certainement pâtir de la nouvelle mesure d’interdiction d’exportation des grumes, devrait toutefois connaître une hausse de 27,3% de la demande extérieure de bois divers. Sur les 2096 milliards de francs CFA prévus pour gérer l’exercice 2010, 940,2 milliards seraient issus des recettes pétrolières, 774,8 milliards des recettes non pétrolières et 376,9 milliards d’emprunt. 57,2% de ce budget devrait être consacré aux dépenses de fonctionnement, contre 42,8% (897,5 milliards de francs CFA) réservés à l’investissement, dont plus de 90% pour le développement du pays, soit 822,3 milliards. Sur les 897,5 milliards d’investissement, 200 milliards seront réservés aux projets en cours  ; le reste aux nouveaux programmes, à hauteur de 544,3 milliards pour les Infrastructures ; 62 milliards pour la Défense ; 68,8 milliards pour la Santé ; 38 milliards pour la

Perspectives et projets 2010
Le 11 décembre dernier, Blaise Louembé, ministre gabonais du budget, a présenté au Conseil des ministres le détail du budget 2010, qui devrait bénéficier de la timide reprise économique mondiale prévue l’année prochaine avec une croissance de 3% à 3,1%. L’État gabonais table pour 2010 sur un budget de 2 096 milliards de francs CFA, soit près de 25% de plus que l’année précédente dont le budget avait été arrêté à 1 541,6 milliards de francs CFA. Au plan national, la croissance devrait se situer aux alentours de 6,5%, contre une prévision de -0,8% en 2009, une hausse qui serait principalement due à une reprise évaluée à 7,6% du secteur non pétrolier, alors que les activités de “l’or noir” pourraient ne connaître qu’une croissance de 1,6%. Le ministre du Budget estime par ailleurs que le prix du baril de pétrole devrait augmenter de 68% en 2010, pour se situer autour de 66,7 dollars le baril. Les exportations de man-

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ENQUÊTE
LE BILAN ÉCONOMIQUE 2009
Si le Gabon veut conserver ses espoirs d’une économie émergente, il faudra donc faire le ménage dans les couloirs des affaires. Le rapport “Doing Business” mesure la réglementation des affaires dans 183 pays. Depuis 2004, il tient compte des réformes réglementaires dont l’objectif est d’améliorer la facilité de faire des affaires, ceci en mesurant leur impact à travers 10 indicateurs. C’est un outil permettant aux autorités d’orienter les réformes et déterminer les aménagements procéduraux et juridiques prioritaires pour attirer les investisseurs et impulser le développement socio-économique. n

Les mauvaises notes du Gabon dans le “Doing Business 2010”
Durant l’année écoulée, le Gabon a encore reculé dans le rapport 2010 publié par la Banque Mondiale et la Société financière internationale (SFI) sur la facilité des affaires dans 183 pays. Ce qui n’arrange rien aux perspectives économiques du Gabon qui est passé à la 158e place mondiale sur 183. La complexité des procédures, la lenteur des délais et le coût de la création des entreprises au Gabon ne font que polluer l’environnement des affaires et faire fuir les investisseurs. Pire, au lieu de se simplifier, le processus de création d’entreprise se complexifie, avec 58 jours nécessaires pour créer une entreprise en 2009, contre 46 en 2008. Ce, malgré la création de l’Agence de promotion des investissements privés (APIP) censé améliorer ces points. Les principaux freins au fonctionnement optimal de l’APIP viendraient des problèmes de complaisance et de corruption, donc un problème de bonne gouvernance, en plus d’une forte présence d’entreprises informelles qui ne se soucient que très peu de légaliser leur situation. Face à cette situation, le Conseil des ministres a décidé, en septembre dernier, de la réactivation immédiate du groupe inter-ministériel de suivi de l’environnement des affaires afin d’y impulser davantage de dynamisme et d’y lever les entraves. Les experts des ministères du Développement et de la Performance publique, du Commerce, de l’Économie et des Finances, de la Justice, de l’Intérieur, du Tourisme, du Travail, de l’Emploi et des PME/PMI, participeront à cette tâche placée sous la supervision de la Primature.

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Si l’économie gabonaise a pu survivre, tant bien que mal, à une année 2009 catastrophique, c’est en grande partie grâce au secteur informel. Faute de solutions simples et peu coûteuses pour créer des petites entreprises performantes, les secteurs traditionnels africains, commerces, artisans, réparateurs officieux en tous genres, sont encore les principaux pourvoyeurs de services et de produits pour la grande majorité de la population. Au détriment de la qualité souvent, et de la sécurité parfois.

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MANAGEMENT

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IL EST TEMPS DE RÉFORMER LES US ET COUTUMES DU GABON
Alors que l’État tente de donner l’exemple, petit rappel de ce qui devrait se faire...
par Luc Lemaire
Les dirigeants se conçoivent souvent comme les “architectes” de leur organisation. Ils ont tendance à penser que les comportements découleront directement des règles de fonctionnement définies par eux : structure d’organisation, procédures, objectifs, mécanismes d’incitation, etc. Ils ne tardent pas, en général, à découvrir le poids de nombreux autres phénomènes qui échappent à leur contrôle direct et exercent une influence déterminante : jeux de pouvoir, logiques d’identité, cultures d’équipes.
ne organisation est un ensemble de moyens structuré en fonction d’objectifs, qui regroupe notamment des personnes. Les organisations sont multiformes, elles peuvent être privées, publiques, vendre des produits, des services ou être financées par des cotisations ou l’impôt, avoir ou non un but lucratif… L’entreprise est une organisation particulière, qui vise la réalisation et le partage de bénéfices (contrairement aux administrations publiques et aux associations sans but lucratif). Elle crée une valeur ajoutée (différence entre la valeur de la production et les consommations d’une période) qui est répartie entre les salariés, les institutions financières, les actionnaires, l’État). Diriger une entreprise consiste à développer (au moins à conserver) sa valeur économique, en tenant compte des contraintes et des opportunités internes (équipements disponibles, compétences…) et de celles de son environnement. Le management a pour finalité de conduire une organisation vers son but (réaliser des profits, se développer, assurer un service public) par la réalisation d’objectifs prédéfinis. Le management est lié au travail collectif (être efficaces à plusieurs, travailler avec les autres, faire travailler les autres) et son importance grandit avec la taille de l’organisation.

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LES PRINCIPES INCONTOURNABLES DU MANAGEMENT MODERNE
Diriger consiste à fixer des objectifs en effectuant des choix. Gérer, c’est organiser et optimiser les moyens disponibles pour atteindre les objectifs. Le terme Management, qui tend à remplacer la gestion ou la direction dans le vocabulaire économique, englobe ces deux notions. Cette évolution terminologique accompagne une évolution dans la façon de conduire les organisations. Le management fixe des objectifs, il a un rôle décisionnel et il crée les conditions nécessaires pour atteindre les objectifs, dont il contrôle la réalisation. Tout ceci nécessite la mise en place d’un système d’information fournissant les données nécessaires à des choix pertinents (données qui remontent souvent par les managers eux-mêmes), puis à la mise en œuvre et au contrôle des réalisations. Le management est une activité de synthèse, qui nécessite des capacités à traiter et combiner des informations d’origines diverses, plus ou moins variées selon le contexte.

LES PRINCIPES INCONTOURNABLES DU MANAGEMENT MODERNE
Règle n° 3 : Vous ne réussirez pas tout seul Je me demande s’il a bien intégré le sens du séminaire sur l’esprit d’équipe du week-end dernier... déjà source de conflits, comme en témoigne le procès pour violation de brevet intenté à RIM, le fabricant canadien du Blackberry, par NTP ou Nokia à Apple sur ses smartphones. Que pourra-t-on et que faudra-t-il protéger par un brevet  ? Si l’Afrique est encore “oubliée” des grands cabinets juridiques mondiaux, cela ne saura durer. Il sera également nécessaire d’adapter la législation aux nouveaux modes d’organisation.  Collaborer avec les acteurs du même secteur et les législateurs pour développer les modèles des lieux de travail du futur et bâtir le droit le plus adéquat. Règle n° 3 : Vous ne réussirez pas tout seul. Un créateur d’entreprise, par nécessité, a appris à tout faire lui-même. Mais, s’il veut que sa société grandisse, il doit absolument s’entourer de collaborateurs aux qualités complémentaires des siennes. Celui qui fonctionne sur un mode sensible et intuitif doit donc veiller à avoir autour de lui des collaborateurs plus rationnels et portés à l’organisation. Règle n° 4 : Surfez sur le changement. La capacité de s’adapter en permanence est indispensable pour un chef d’entreprise. Comprendre son marché ne suffit plus  ; il faut savoir en anticiper les évolutions. En 1985, quand Monoprix a décidé de lancer des produits bio, tout le monde les a pris pour des fous. Ils avaient anticipé, avec une décennie d’avance, le fait que les citadins allaient avoir envie de réintroduire du vert dans leur vie. Les clients ne peuvent se projeter que dans ce qu’ils connaissent ; ce n’est pas en les questionnant sur leurs attentes qu’on peut créer les produits ou les services qui vont révolutionner leur vie ! Règle n° 5 : Ne gaspillez surtout pas vos forces, investissez sur le bon “business model”. Quelle que soit la quantité d’énergie dont vous disposez, vos forces sont limitées. Utilisez-les au mieux, en vous concentrant sur les leviers clés qui permettront à votre entreprise de croître. Investissez sur le bon business model, véritable colonne vertébrale d’une société en développement ! Si vous vous êtes trompés, changez-en... et n’investissez pas toutes vos ressources tant que vous n’avez pas trouvé la bonne formule. Règle n° 6 : La chance ne doit rien au hasard. Les personnes qui se voient comme chanceuses sont d’une nature optimiste : elles voient le verre à moitié plein, cherchent à le remplir, se démènent dans tous les sens pour trouver une solution... et, quand elles la trouvent, elles pensent que c’est un coup de chance ! Dans la vie, il y a les “Yes but...” et les “Why not ?”. L’entrepreneur doit être un “Why not ?” à l’affût de toutes les idées, de toutes les opportunités. Règle n° 7 : L’ego doit être un moteur, pas un volant ! L’ego est le moteur de l’énergie entrepreneuriale. Il en faut une bonne dose. Mais attention, il faut savoir le canaliser, le maîtriser. Un patron gouverné par son ego est sous une emprise néfaste, il devient un danger pour son entreprise et pour ses collaborateurs. Être une personnalité passionnée ne veut pas dire être ivre de son pouvoir... Règle n° 8 : Douter parfois, mais décider toujours. Un chef d’entreprise doit savoir douter un peu, mais décider toujours. Le rôle d’un dirigeant est de prendre des décisions. Et, tout aussi important, après avoir décidé, il faut exécuter. Si un manager ne sait pas exécuter, il doit être écarté... Dans une période de guerre économique comme celle qui fait rage, un entrepreneur n’a pas d’autre choix que d’opter pour un marketing guerrier : il faut occuper le terrain, prendre la place de ses concurrents, conquérir de haute lutte des parts de marché, etc. On pourrait baptiser cette stratégie le “warketing” ; celle-ci ne peut être conduite que par un leader hyper orienté sur la prise de décision et l’exécution.

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MON système ! MON terrain ! MON domaine
de travail !

présent. Quoi qu’il advienne, les entreprises et leurs dirigeants devront concentrer leurs efforts sur un certain nombre de points-clés pour s’adapter.  Le leadership. Les managers devront, entre autres, savoir persuader et influencer des travailleurs beaucoup plus indépendants. Ils auront aussi à repenser les niveaux auxquels prendre les décisions stratégiques, en haut ou au contraire à des degrés moins élevés de la pyramide hiérarchique.  Faire du management une force facilitant les activités transversales plutôt que la réduire à la seule fonction de décision.  La culture d’entreprise. Davantage de salariés capables de réfléchir seront nécessaires, tandis que les tâches qui peuvent être automatisées ou scriptées diminueront. Un des enjeux : créer une culture à même d’attirer et d’encourager les personnes présentant ces qualités de réflexion requises dans un contexte de compétition accrue et de plus grande indépendance des travailleurs.

 Passer, si nécessaire d’une culture d’entreprise forte à un mode d’engagement plus consensuel moins rebutant.  La marque. Conséquence du recours croissant à l’“outsourcing”, l’image d’une marque dépendra plus d’agents extérieurs qui ne fonctionnent pas forcément selon le même mode d’organisation. Comment garder le contrôle dessus ?  Choisir le mode qui correspond le plus à vos valeurs et prévoir un programme de risk management qui mette en évidence les conflits susceptibles de jaillir.  L’innovation. Plus que jamais, il faudra faire face à une accélération du rythme de l’innovation, en proposant constamment des solutions adaptées.  Tisser des partenariats stratégiques avec d’autres entreprises pour partager les coûts et les fruits de l’innovation.  Le défi opérationnel et technologique. De quelle façon contrôler l’information, c’est-àdire faire en sorte que les bonnes personnes accèdent facilement

à une information toujours en phase, tout en maintenant la sécurité ?  Recourir à des “feuilles de route des futurs”, synthétisant en une page les indicateurs sociaux et de consommation, ainsi que les évolutions technologiques et législatives qui influent sur les changements, et indiquant comment ils modifient vos marchés, vos clients et votre organisation.  La qualité. Si de nouveaux procédés ont pu dégrader la qualité, comme le recours à des centres d’appel externalisés, d’autres idées se sont révélées plus prometteuses, comme en témoigne le succès de certaines compagnies aériennes low cost. Elles ont su conjuguer prix serrés et services élevés, ce qui devra devenir la norme.  Continuer de rechercher la qualité. Élaborez aussi une bonne prestation service qui inclut une livraison de qualité, voire créez-la en partenariat avec les consommateurs.  La législation. La question de la propriété intellectuelle pourrait être problématique. Elle est

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Les 10 règles fondamentales du management
Règle n° 1 : Vous devez toujours aller chercher la face nord. Il faut systématiquement viser le plus haut possible. Lorsque nous nous fixons un objectif élevé, nous n’arrivons pas toujours à l’atteindre. Mais l’expérience montre que la réussite est proportionnelle au risque pris : plus le défi qu’on se lance est difficile, plus on ira loin. Un entrepreneur qui va toujours chercher la face nord maximise ses chances de succès. Règle n° 2 : On n’apprend pas à nager en restant sur la plage. Un métier s’apprend sur le terrain. En touchant les produits et en testant les services qu’on commercialise. En discutant avec les clients et les fournisseurs. En interrogeant les collaborateurs qui sont au contact des réalités quotidiennes. Pour prendre les bonnes décisions, l’entrepreneur doit avoir les deux pieds et les deux mains dans son activité. Il doit se mouiller !

Règle n° 7 : L’ego doit être un moteur, pas un volant !

Sept défis à relever pour les entreprises et leurs managers
La mondialisation, l’évolution rapide des technologies de l’information et l’automatisation des tâches commencent à changer fondamentalement la structure sociale et fonctionnelle des entreprises. Impossible de prédire si le monde du travail évoluera vers des structures virtuelles, composées d’intervenants indépendants, dotés d’outils de télétravail puissants ou si, au contraire, il se concentrera toujours plus dans d’immenses conglomérats avec des salariés se rendant sur un lieu de travail centralisé et où le contrôle du travail sera omni-

Tous ces changements demandés par la direction... Ça veut dire qu’on n’a jamais été bon avant ?

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LES PRINCIPES INCONTOURNABLES DU MANAGEMENT MODERNE

LES PRINCIPES INCONTOURNABLES DU MANAGEMENT MODERNE
chef, mais c’est comme piloter un grand navire  : le moindre mouvement de gouvernail suffit à le dérouter. Principe n° 4 : Faites des réunions efficaces... Vraiment efficaces. Tout le monde les connaît, ces réunions qui n’en finissent pas, ces orateurs qui s’égarent, ces ordres du jour que l’on improvise sur place. Si vous voulez des réunions efficaces, tenez-en bien les rênes. Commencez toutes les réunions à l’heure et n’attendez pas que tout le monde soit là. Veillez à garder le rythme afin de terminer la réunion le plus vite possible tout en instaurant une ambiance décontractée afin que tous les participants puissent être eux-mêmes. Principe n° 5 : Déléguez autant que vous pouvez, ou osez. Un bon manager sait qu’il peut piloter ses processus et sa stratégie mais jamais les gens. Cela n’a par exemple aucun sens de rester à la maison auprès de votre jardinier pendant qu’il tond la pelouse, sarcle les parterres ou taille les arbres. C’est le secret d’un bon management : donnez du travail à vos collaborateurs et laissez-les faire. Veillez à ce qu’ils sachent ce que l’on attend d’eux. Contrôlez une ou deux fois s’ils l’ont fait selon vos désirs puis faites-leur confiance. N’oubliez pas que lorsque l’on fait quelque chose, on ne le fait pas bien du premier coup. Ils feront des erreurs. Et vous le leur permettez. Principe n° 6 : Endossez toujours la faute. C’est exactement comme l’entraîneur dans le football de haut niveau. Si les joueurs font un bon résultat, tout le mérite revient à votre équipe. S’ils cafouillent, c’est entièrement votre faute. On pourrait donc facilement dire  : “Nous n’avons pas atteint notre objectif parce que le jeune Méxant a involontairement vexé notre client principal, qui nous a lâché de sorte que nous n’avons pas assez vendu.” Mais qui a confié ce client important à Olivier ? Qui surveillait la vente  ? Vous. Et personne d’autre. Le même raisonnement vaut pour l’attribution de bonnes prestations à l’équipe. Dites-le à haute voix, en public, sincèrement, et surtout  : dites-le. Si ce fabuleux contrat de vente avec le client X se prolonge - parce que vous y avez vous-même travaillé jour et nuit - dites : “L’équipe a réussi à le décrocher”. Bref, ayez confiance en votre équipe et montrez-le. Principe n° 7 : Balayez les désaccords. Une équipe est faite d’hommes et de femmes. Et ces gens se mettent en tête de se quereller. Pourquoi  ? Parce que c’est dans la nature humaine. Ils se cherchent des crosses, se piquent les places de parking ou jettent volontairement le discrédit sur les autres. Pouvez-vous les laisser faire  ? Absolument pas. Il faut étouffer ces désaccords dans l’œuf. Sinon la discorde ne fera que croître jusqu’à devenir un monstre. Mais vous devez aussi être prêt à trancher si nécessaire. Même s’il ne s’agit pas seulement de mésentente. Car que se passet-il dans un orchestre lorsqu’un musicien joue complètement à contretemps. Le licenciement est parfois un mal nécessaire. C’est rapide et beaucoup moins inhumain que de développer une antipathie solide et durable qui finira de toute façon par le départ de l’employé... Avec beaucoup de rancune. Principe n° 8 : Écoutez les idées des autres. “Soyez toute ouïe lorsque les autres parlent. Car la plupart de gens n’écoutent jamais”, disait déjà l’écrivain Ernest Hemingway. Si vous pensez tout savoir en tant que manager, vous avez probablement une trop forte tendance au nombrilisme. Tout le monde a quelque chose à vous apporter  : le portier, le gardien ou la femme de ménage. Et le plus important est d’écouter les membres de votre équipe. Cela ne sert à rien d’avoir toujours le dernier mot ou de toujours être celui qui a raison. Vous devez surtout connaître la différence entre les questions pour lesquelles il importe d’avoir le dernier mot et celles pour lesquelles cela n’en vaut pas la peine. Principe n° 9 : N’essayez pas d’imposer des systèmes idiots. Imposer à une équipe une méthode de travail en laquelle vous ne croyez pas est une “recipe for disaster”. Chaque manager peut citer une dizaine de systèmes dans son organisation qui sont complètement inutiles. C’est le cas partout, et donc aussi à votre bureau. Si vous ne pouvez rien y faire, résignez-vous. Mais n’essayez pas d’amener votre personnel à penser que tout est formidable. Il ne le fera de toute façon pas. Principe n° 10 : Apprenez à votre équipe à apporter des solutions, pas des problèmes. Les collaborateurs se plaignent très facilement. Vous pouvez supporter les plaintes jusqu’à un certain point, mais aussi exiger qu’ils proposent une solution pour chaque problème soulevé. Et si certains se plaignent de manière excessive, répondez-leur qu’ils ne sont pas obligés de faire le travail. Ils peuvent partir à n’importe quel moment. On n’oblige personne à être là. Principe n° 11 : Définissez votre propre stratégie, mais ne la dévoilez pas. Personne ne sait ce qui se passe dans votre tête. Personne ne sait quelles sont vos réelles intentions. Pourquoi devez-vous garder votre stratégie secrète ? Parce que la stratégie de votre société ou de votre supérieur ne correspond souvent pas à la vôtre. Gardez pour vous vos rêves, vos ambitions et vos désirs. Il n’y a rien de plus terrible que de voir quelqu’un jeter vos flèches enflammées dans un seau d’eau. Principe n° 12 : Travaillez bien et dur. Votre réputation de bon manager ne vaut rien si vous ne faites pas vous-même votre part de travail. Ce n’est en effet que lorsque vous avez terminé votre travail que vous pouvez vous concentrer sur la direction de votre équipe. Soyez toujours sincère et dites la vérité. Apprenez de vos erreurs et essayez de vous adapter si nécessaire. La réussite ne tient pas en une seule formule. Mais l’essentiel est de travailler bien et dur. C’est déjà un début. Principe n° 13 : Prenez du plaisir. Si, en tant que manager vous ne prenez aucun plaisir dans ce que vous faites, changez de poste. Laissez la place à quelqu’un qui aime ça. Et si cela devient vraiment trop pénible, n’oubliez pas qu’il s’agit seulement d’un travail. Nous voulons bien sûr toujours faire de notre mieux, nous n’en dormons parfois pas la nuit et nous voulons constamment nous améliorer. Mais au bout du compte, ce n’est qu’un travail.

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Pour commencer, la blague du jour. Puis nous passerons à l’analyse des bilans !

Règle n° 10 : Découvrez la pierre philosophale de l’entrepreneur : l’humour Règle n° 9 : Créez de la valeur sans trahir vos valeurs Un entrepreneur qui n’arrive pas à développer sa société de manière profitable la voue à plus ou moins long terme à la déchéance. La capacité à créer de la valeur est une compétence indispensable pour un dirigeant d’entreprise. Mais cette création de valeur ne doit pas être obtenue à tout prix, par n’importe quel moyen. “Il ne faut pas perdre sa vie à vouloir la gagner”, dit un proverbe. De même, une entreprise ne doit pas perdre ses valeurs à vouloir gagner de la valeur ! Vous ne devez jamais perdre de vue les valeurs qui ont fait la réussite initiale de votre entreprise et qui lui ont permis de se développer, et vous devez veiller à rester en phase avec celles-ci. Règle n° 10 : Découvrez la pierre philosophale de l’entrepreneur. La pierre philosophale des entrepreneurs, celle qui peut vous permettre de transformer le plomb en or, est à votre portée ! Son alchimie est très particulière. En effet, l’entrepreneur qui réussit est celui qui parvient à conjuguer deux attitudes : - l’humilité en toutes circonstances ; - et l’amour pour ses clients, son entreprise, ses produits. La pierre philosophale de l’entrepreneur s’obtient en agrégeant les trois premières lettres et les trois dernières lettres de ces deux mots, comme indiqué ci-dessus : cela donne “humour”... Sans humour, la vie d’un chef d’entreprise devient très vite insupportable. aux membres de votre équipe, leur donner les meilleurs moyens, les former à effectuer aussi votre tâche et avoir confiance dans le fait qu’ils ne vous étaleront pas. Principe n° 2 : Créez une implication émotionnelle. En tant que manager, vous dirigez des gens qui sont payés pour faire leur travail. Mais s’il s’agit pour eux d’un “bête travail”, vous n’en tirerez jamais que le minimum, et parfois moins. Par contre, s’ils trouvent leur travail intéressant, s’ils sont mis au défi, inspirés et impliqués, vous en obtiendrez bien vite le meilleur. La seule chose à laquelle vous devez veiller, c’est qu’ils se sentent responsables de ce qu’ils font. Convainquez-les que leur travail fait la différence. Principe n° 3 : Optez pour un management minimaliste. Le minimalisme signifie ne pas rédiger de longs rapports, ne pas envoyer un mémo toutes les 20 minutes et ne pas se perdre en lamentations interminables. Cela signifie limiter les règles au minimum et laisser les gens faire leur travail. Vous êtes évidemment le

Les 5 bonnes pratiques du management
Les bonnes pratiques de management sont des recommandations largement partagées, qui sont reprises dans la norme de management de la qualité ISO 9000 qui sert de base à la certification des entreprises. Bonne pratique n° 1 : Identifier les besoins de vos clients avant une prestation et évaluer leur satisfaction après pour réduire autant que possible les risques d’inadéquation. Bonne pratique n° 2 : Définir chaque année votre politique, vos objectifs mesurables et votre plan d’action permettant d’atteindre ces objectifs. Cette po-

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Les 13 principes importants pour progresser
Principe n° 1 : Sachez ce qu’est une équipe et comment elle fonctionne. “Il est facile de trouver les bons joueurs mais plus difficile de les faire jouer ensemble”, a un jour déclaré un entraîneur de football. Car une équipe ne forme pas une unité si chaque membre poursuit un but différent. Un bon manager rend son équipe meilleure que luimême. Il sait que s’il lui apprend à voler et l’entraîne vers les plus hauts sommets, il les atteindra lui aussi. Vous devez faire confiance

Principe n° 1 : Sachez ce qu’est une équipe et comment elle fonctionne. Votre équipe se plaint de votre absence totale de communication ! Quelle équipe ?

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LES PRINCIPES INCONTOURNABLES DU MANAGEMENT MODERNE
litique doit être communiquée à vos collaborateurs, évaluée à intervalles réguliers et améliorée. L’existence d’objectifs vous permet de mieux piloter votre entreprise, d’en évaluer les résultats au regard de vos prévisions et de les améliorer. Bonne pratique n° 3 : Impliquer vos collaborateurs dans le sens des objectifs attendus, par la communication ainsi que par l’amélioration de leurs compétences et de leurs conditions de travail. Leur implication et leur compétence sont une garantie de qualité de vos prestations. Bonne pratique n° 4 : Manager vos prestations comme des processus de réalisation. On entend par processus, une succession de phases qui va de la conception de la prestation à sa délivrance au client et au-delà (après vente…). Par exemple, pour un comptable, un des processus les plus importants à maîtriser est la réalisation de la comptabilité d’un client. Vos processus doivent être précisément décrits, leurs risques évalués et leurs résultats contrôlés à intervalles réguliers pour prévenir les erreurs et les dysfonctionnements. Bonne pratique n° 5 : Mettre en place une démarche d’amélioration continue des résultats. Cette démarche vise la réduction systématique des défaillances et des non-conformités de vos prestations au regard des exigences de vos clients. Il s’agit d’identifier les non-conformités, d’en analyser les causes et de supprimer cellesci pour que cette non-conformité ne se reproduise plus. L’amélioration continue vous permettra de réduire le coût de vos dysfonctionnements tout en contribuant à la satisfaction de vos clients. La première phase est donc de bien formuler les questions représentatives des incertitudes que vous devez lever. Internet est un réservoir extraordinaire d’informations. Le Web est incontournable. Mais cette information doit être triée, vos recherches doivent être les plus précises possibles pour trouver des éléments pertinents. Et d’autre part elles demandent à être validée. Par ailleurs, il est possible d’influer sur le contenu de cette information par un mécanisme de buzz qui est difficilement contrôlable. Vous devez donc distinguer l’information qui vient de sources officielles ou connues de celle qui ne reflète que l’opinion d’une personne ou qui pourrait même être de la désinformation. La fréquentation de forums peut permettre néanmoins d’avoir une idée de la tendance de l’évolution d’une partie de l’opinion. Ce qui est publié dans les médias résulte souvent de trois influences : d L’information telle que l’on peut la concevoir mais parfois le journaliste se limite à dire qu’il ne sait encore rien sur le sujet. d L’intention de celui qui a fournit l’information ou de celui qui a décidé de la publier. Une entreprise va espérer par exemple de la publicité, un effort exceptionnel dans ce domaine pourrait ainsi être lié à une baisse de CA, le gouvernement et les organismes officiels peuvent vouloir rassurer l’opinion, détourner l’attention sur des sujets neutres ou à leur avantage, expliquer qu’il est en position de réussite… Plus le gouvernement a de choses à cacher, plus il parle fort. Quand c’est évident que ça va bien, moins d’efforts lui sont nécessaires. d La clientèle du média concerné. La présentation faite doit convenir à cette clientèle pour la fidéliser. Une autre source précieuses d’information est le réseau relationnel. Partagez vos observations avec vos relations et entretenez un réseau d’information dont vous avez pu vérifier la fiabilité. Conseil n° 2 : Anticiper. Plus vous anticiperez sur les changements, plus ils seront efficaces. Vous devez donc prévoir à l’avance le comportement de vos clients, mais aussi l’évolutions des réglementations et les différentes opportunités. En B to B vous devez aussi vous préoccuper également du comportement des clients de vos clients. Conseil n° 3 : Se concentrer sur l’essentiel. Les ressources deviennent rares, il faut que vous vous concentriez sur l’essentiel. Qu’est-ce qui va rester rentable, sur quoi devez-vous miser, qu’est-ce qui est prioritaire  ? C’est le fondement de votre stratégie. Ne gaspillez pas vos ressources sur ce qui vous est secondaire. Vérifiez par contre que vous avez les ressources pour effectuer l’essentiel. • Quels processus pour distinguer ce qui est prioritaire de ce qui n’est pas ? • Qu’est-ce qui peut être délégué ? • Comment communiquer plus efficacement ? • Comment impliquer  vos salariés pour effectuer les tâches moins stratégiques ? • Quelles sont les urgences ? Conseil n° 4 : Des indicateurs à mettre en place. Si vous ne les avez pas mis en place, c’est vraiment le moment de mettre en place les indicateurs liés aux différents processus cités et de les réexaminer mensuellement pour les améliorer. • Y a-t-il eu des informations essentielles que vous avez méconnues  ? Comment auriez-vous pu faire ? • Le CA réalisé est-il différent du CA que vous aviez prévu  ? Pourquoi ? • Votre prévision de trésorerie at-elle exacte ? Comment pourriez-vous vous améliorer ? Conseil n° 5 : Évoluer dans sa stratégie. Dans les périodes d’incertitudes tout s’accélère. Votre processus de révision de stratégie doit permettre des adaptations rapides. La stratégie permet de mettre en œuvre ses moyens pour atteindre ses objectifs. Au vu des résultats que vous constatez et des nouvelles informations reçues, vous devez revoir vos objectifs majeurs et décider de la façon de les atteindre. Votre stratégie est gagnante si vos objectifs sont atteints.

LES PRINCIPES INCONTOURNABLES DU MANAGEMENT MODERNE
Qualité 4 : Savoir trancher.

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Je suis sans doute incompétent, mais je suis le patron et vous êtes viré !...

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Les 8 qualités d’un bon manager
Difficile pour un manager de posséder toutes les qualités d’un bon dirigeant. Une liste des 8 savoir-faire qui font la différence et qui vous aideront à avoir un comportement exemplaire ou tout simplement à porter un jugement sur votre prochain interlocuteur. Qualité 1 : Savoir déléguer. Déléguer veut dire assumer la responsabilité de l’autre jusqu’à celle de ses erreurs. Déléguer n’est pas une démission mais un alourdissement de charge. Qualité 2 : Savoir comprendre. Le responsable n’est pas un homme de dossiers mais un homme de contrats et de dialogue. Le premier rôle d’un chef est de régler les problèmes insolubles pour son équipe. Qualité 3 : Savoir s’enthousiasmer. L’enthousiasme est une qualité contagieuse qui suscite souvent des adhésions spontanées. Il va avec le sentiment de sécurité que doit inspirer un chef d’entreprise. Pour les nouveaux chefs d’entreprises, diriger c’est pouvoir susciter chez les autres le désir d’exceller, éveiller les vocations et favoriser la créativité. Qualité 4 : Savoir trancher. Ce qui signifie savoir réduire à leurs éléments essentiels des situations nécessairement complexes. C’est en fait savoir simplifier pour décider et agir. C’est une responsabilité écrasante qui demande un effort d’abstraction important. La tâche du manager est essentiellement de savoir arbitrer. Qualité 5 : Savoir attendre. Il faut accepter le changement, les remises en question, la complexité générale des phénomènes. La capacité de vivre dans l’incertitude se manifeste de différentes façons dans le comportement quotidien. C’est une faculté d’analyse, une faculté de prise de décision et une capacité à déceler les priorités. Qualité 6 : Savoir se maîtriser. Le manager doit rassurer et ne pas s’investir sur le plan affectif dans des relations conflictuelles. Dans un premier temps, le manager doit avoir le souci et la connaissance du fonctionnement du groupe dont il a la charge. C’est ce qui lui permettra de le conduire vers les objectifs qu’il a définis. La capacité à jouer tous ces rôles exige une grande maturité émotionnelle. Sa tâche est autant fondée sur la qualité de sa perception du groupe que sur l’estimation rapide des situations et des rapports de force.

Les 5 conseils pour adapter votre management
Conseil n° 1 : Chercher l’information. L’intelligence économique est le premier facteur de réussite. Comment faire ? Que devez vous surveiller en priorité ? • La conjoncture • La réglementation gabonaise, européennes, et dans les pays qui vous intéressent • Le comportement de vos clients, des consommateurs • Vos concurrents • Plus généralement, les réponses à vos questions essentielles

Qualité 7 : Savoir résister aux pressions. Il n’y a pas de place pour le narcissisme de l’individu lorsqu’il s’agit du succès de l’entreprise. Chercher à se faire respecter va rarement de pair avec chercher à être aimé. Pour ceux qui ont le goût de diriger, le besoin de prouver, d’entraîner, de séduire, c’est sans doute la vertu la plus exigeante. Qualité 8 : Savoir jouer. Ce qui signifie savoir accepter les règles d’un jeu cruel, celui de la compétition interne et de la compétition économique. L’univers de l’entreprise est de nature probabiliste. Les situations n’y sont connues qu’avec un coefficient d’incertitude et de probabilité. C’est la raison pour laquelle les décisions s’appuient non seulement sur le chiffré, le mesurable, mais également sur le raisonnement et l’intuition. Rien n’est plus difficile pour un manager que de rationaliser ou d’expliquer une prise de position de façon claire. n

Je me demande s’il n’est pas temps d’embaucher un consultant ?

Ou de consulter vos collaborateurs !

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Bonne pratique n° 3 : Impliquer vos collaborateurs

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ENVIRONNEMENT
LE TRAITEMENT DES DÉCHETS
A partir des années 1960, L’incinération s’est développé en raison d’une offre nouvelle de matériel d’incinération capable de traiter des quantités importantes de déchets, et de la difficulté croissante de trouver des sites de décharge. L’incinération consiste tout simplement à brûler les déchets collectés. Malheureusement ce traitement a de nombreuses conséquences environnementales qui n’ont longtemps pas été prises en compte.

ENVIRONNEMENT
Le recyclage est un procédé par lequel les matériaux qui composent un produit en fin de vie (généralement des déchets industriels ou ménagers) sont réutilisés en tout ou en partie. Pour la plupart des gens dans les pays développés, le recyclage regroupe la récupération et la réutilisation des divers déchets ménagers. Ceux-ci sont collectés et triés en différentes catégories pour que les matières premières qui les composent soient réutilisées (recyclées). Dans les pays développés, les articles de consommation les plus couramment recyclés sont les canettes en aluminium, le fer, les boîtes de conserve et les bombes aérosol, les bouteilles en plastique PEHD et PET, les bouteilles et pots en verre, le carton, les journaux, et les magazines. Les autres types de plastiques sont aussi recyclables mais pas couramment collectés. Ces objets sont souvent composés d’un seul type de matériau, ce qui facilite leur recyclage. Le recyclage des ordinateurs obsolètes et des équipements électroniques est important mais plus coûteux à cause des problèmes de séparation et d’extraction des composants. Beaucoup de déchets électroniques sont envoyés en Asie, où la récupération de l’or et du cuivre peuvent générer des problèmes environnementaux car les écrans contiennent du plomb et des métaux lourds, tels le sélénium et le cadmium, comme on en trouve fréquemment dans les composants électroniques. Les matériaux recyclés ou usagés sont en concurrence avec les nouveaux matériaux. Le coût de collecte et de tri des matériaux explique qu’ils sont souvent aussi cher, voir davantage, que les matériaux neufs. C’est ce gestion des déchets, ce qui est d’une part utile mais aussi cela permet de réduire la pauvreté urbaine. Néanmoins le coût en vie humaine très élevé de ces activités : maladies, accidents et espérance de vie réduite au contact de substances toxiques ou contaminées ne serait pas toléré dans un pays développé. La réduction à la source nécessite des efforts pour réduire les déchets toxiques et

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LE TRAITEMENT DES DÉCHETS

LE TRAITEMENT DES DÉCHETS
Un secteur d’activité à construire d’urgence

LE RECYCLAGE : UNE SOLUTION, PAS UN MIRACLE
qu’on constate la plupart du temps dans les pays développés, où les industries produisant les matières premières, en place depuis longtemps, sont bien optimisées. Certaines pratiques, comme la récupération informelle des déchets, peuvent rendre le recyclage encore moins rentable, en prélevant les matériaux ayant le plus de valeur (comme les cannettes d’aluminium). Dans certains pays, les programmes de recyclage sont subventionnés par les consignes sur les emballages. Le marché du recyclage des épaves d’automobiles est aussi dépendant du cours du métal brut sauf si la législation l’impose. Cependant la plupart des systèmes économiques ne prennent pas en compte l’impact sur l’environnement du recyclage des matériaux lorsqu’on le compare à l’extraction de matériaux vierges. En général beaucoup moins d’énergie, d’eau et d’autres ressources sont nécessaires pour recycler les matériaux que pour en produire de nouveaux. Par exemple, quand une 1 tonne de canettes en aluminium est recyclée, on s’économise l’extraction d’environ 5 tonnes de minerai de bauxite. On évite également le rejet dans l’atmosphère de 15,17 tonnes de gaz à effet de serre. Recycler de l’acier n’utilise que 5 % de l’énergie nécessaire pour raffiner du minerai brut. Dans certains pays, les matériaux à recycler sont collectés séparément des ordures ménagères. Les autres systèmes de gestion des déchets récupèrent ces matériaux dans la masse des autres déchets. Ceci permet en général de récupérer plus que lorsqu’un tri sélectif est effectué par les consommateurs mais la mise en œuvre est plus complexe et chère.

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st un déchet tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon. Ces déchets peuvent être d’origine diverses : industrielle, artisanale, domestique... En effet, toutes les activités humaines produisent des déchets, même celles liées à la nature avec les déchets verts. D’une manière générale, nous consommons des produits et utilisons des services qui, pour être créés, génèrent des déchets. De plus, cette consommation entraîne également des déchets : à toutes les étapes, nos activités produisent des déchets. Les déchets ne se limitent pas seulement aux déchets ménagers et assimilés. En effet, la construction (BTP), les activités économiques et industrielles produisent la majorité du tonnage des déchets. Les déchets liés aux activités de soins sont particulièrement suivis pour leur dangerosité. La gestion des déchets permet d’encadrer la fin de vie des biens dont on souhaite se débarrasser. L’objectif est de limiter les nuisances et les risques liés à leur caractère dangereux, fermentescible ou encombrant, qui occasionneraient des impacts sanitaires ou environnementaux. Progressivement, la mise à l’écart ou l’élimination des déchets a fait place à leur valorisation matière ou énergétique, qui permet d’amoindrir l’impact de leur abandon. Cependant, la gestion des déchets fait intervenir des procédés qui peuvent affecter le cadre de vie des populations, ce qui génère des tensions. La gestion des déchets représente aujourd’hui un véritable enjeu tant financier, en raison de l’augmentation croissante des coûts de gestion des déchets, qu’environnemental, lié

Traiter, valoriser ou réduire
Une idée relativement récente consiste à considérer les déchets comme une ressource à exploiter et non comme des rebuts dont il faut se débarrasser. Les méthodes pour produire de nouvelles ressources à partir de déchets sont diverses et nombreuses : par exemple on peut extraire les matières premières des déchets puis les recycler, ou les brûler pour produire de l’électricité. Ces méthodes sont en plein développement, grâce notamment aux apports des nouvelles technologies. Ce processus de valorisation des déchets s’appelle valorisation matière, ou recyclage, si on récupère des matériaux réutilisables, et valorisation énergétique si on obtient à la place de l’énergie. Traiter les déchets comme des matières premières devient de plus en plus courant, en particulier dans les agglomérations où l’espace pour ouvrir de nouvelles décharges se raréfie. L’opinion publique évolue sérieusement vers la position estimant que, sur le long terme, on ne peut pas se contenter de se débarrasser des déchets alors que les matières premières ne sont disponibles qu’en quantité limitée. Dans certains pays en voie de développement la valorisation des déchets a déjà lieu  : des hommes trient à la main les montagnes de déchets pour récupérer les matériaux qui peuvent être revendus sur le marché de la récupération. Ces travailleurs non reconnus appelés collecteurs de déchet sont la partie cachée de ce secteur d’activité mais jouent un rôle important pour réduire la charge de travail des services municipaux de gestion des déchets. De plus en plus leur contribution à la préservation de l’environnement est reconnue et on essaie de les intégrer au système officiel de

d’une part au risque d’insuffisance d’exutoires de traitement à moyen terme, et d’autre part au gaspillage des matières premières. Surtout, aucune politique de développement des énergies “propres” ou renouvelables ne peut se faire sans filière de recyclage moderne. Le traitement des déchets a longtemps été une action naturelle des populations. Les résidus d’artisanats étaient récupérés (métaux refondus, vieux chiffons et puis papiers pour la pâte à papier, etc.), le reste n’était qu’organique

(c’est-à-dire composé de matière naturelle et rapidement biodégradable) et venait en campagne compléter les engrais ou la nourriture des animaux, tandis qu’en ville les caniveaux ou autre terrain vague récoltait des détritus peu polluants. En parallèle, le système des décharges est apparu et s’est développé. Il consiste à stocker dans un lieu, généralement éloigné des habitations, des déchets non biodégradables à court terme (vieux mobilier, métaux, gravats…).

© Boris 88 / ACI

autres résidus en modifiant la production industrielle. Les méthodes de réduction à la source impliquent des changements dans les processus de fabrication, les apports de matières premières et la composition des produits. Parfois le principe de “prévention de la pollution” indique en fait la mise en œuvre d’une politique de réduction à la source. Luc Lemaire

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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ENTREPRISE
LA DIRECTION DES GRANDES ENTREPRISES
contrôle sur pièces, les contentieux et les statistiques. Sept secteurs permettant une gestion efficiente de chaque grande entreprise ont ainsi été déterminés qui sont : • Mines et pétrole ; • Forêts ; • Institutions financières et industries ; • Commerce ; • Bâtiments et travaux publics, transports, télécommunications ; • Autres services ; • Traitement de la TVA. quelle porte. Aujourd’hui, il y a une meilleure communication, puisque tous les mois vous pouvez voir dans le quotidien “L’union” un communiqué qui rappelle les obligations de chaque contribuable, aussi bien en tant que société que personne physique.” Même son de cloche pour Richard Pages, Directeur Général de Gabon Meca : “Avant, quand on arrivait au guichet, il y avait énormément de monde qui faisait la queue parce que tout le monde payait au même endroit, les petites et les grandes entreprises. Maintenant, il n’y a que les grandes entreprises donc cela limite énormément les contribuables et donc quand vous arrivez il n’y a jamais de queue à faire (…) Il faut dire que la DGE est réservée aux entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliard de francs CFA, donc il y a une sélection qui se fait dès le départ.” La DGE n’est pas seulement, une solution permettant aux majors de l’économie gabonaise de sortir de l’enchevêtrement procédural de l’époque récente où ils effectuaient leurs déclarations et règlements au Trésor public, elle s’intègre dans un vaste projet de modernisation des services du ministère gabonais de l’Économie et des Finances. C’est ainsi que, outre son bâtiment flambant neuf et ses bureaux ultra modernes, l’accueil, les procédures et le management sont d’une qualité n’ayant aucun précédent dans le service public gabonais. On se sent, à la DGE comme dans une entreprise privée et l’usager est traité comme un client, avec tous les égards dus à ce statut dans les commerces et entreprises du privé. La DGE a entrepris, en août 2007, moins de huit mois après son ouverture, une démarche visant la certification ISO 9001/2000. Celleci est un système qui assure la qualité en se basant sur un management dit qualité. Il s’agit de clarifier, optimiser et améliorer l’organisation de la structure aussi bien au niveau du cadre infrastructurel, qu’à celui du service et des procédures, en vue de placer la satisfaction des usagers, désormais considérés comme des “clients”, au cœur de l’organisme, en répondant à leurs exigences, aux exigences réglementaires applicables et en améliorant à cet égard continuellement les performances. Cette certification est le couronnement des efforts entrepris par la direction de la struc-

LA DIRECTION DES GRANDES ENTREPRISES

ENTREPRISE
LE CALENDRIER FISCAL
La DGE a créé et mis à la disposition de ses usagers un outil qui leur permet de connaître leurs échéances et obligations pour le mois en cours ou à venir. Un dépliant est à cet effet disponible en ses services qui permet aux entreprises de planifier les déclarations et payements de leurs redevances. On note également dans le calendrier fiscal établi par la DGE deux catégories de rendez-vous trimestriels : Le paiement de l’IRPP, et les retenues sur salaires.

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LA DIRECTION DES GRANDES ENTREPRISES, Fleuron de l’administration fiscale gabonaise

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a Direction des grandes entreprises (DGE) est l’un des départements administratifs qui incarne le mieux la modernisation du service public au Gabon. Situé à Glass, dans un immeuble de verre, de béton et de chrome qui s’élance sur trois étages, elle fait jaser du fait que le public ne comprend pas sa nécessité tout comme ceux qui en sont informés ne comprennent pas qu’une structure publique ait obtenu, au terme d’un processus qui a démarré en août 2007 et s’est achevé en décembre 2008, une certification ISO 900 version 2000. C’est d’ailleurs la toute première structure de service public à obtenir ce label au Gabon.

Jusqu’au 2 janvier 2007, les grands contribuables de l’Etat gabonais accomplissaient, au même titre que les entreprises de moindre taille, leurs formalités déclaratives et le paiement de leurs impôts auprès du Trésor public où un service était à la gestion de chaque impôt. Il y avait, par exemple, un service dédié à la gestion de la TVA, un autre dédié à la gestion de l’impôt sur les sociétés, etc. D’un point de vue purement fonctionnel, ce système de traitement présentait d’importantes lenteurs pour les grands contribuables. Ceux-ci ne disposaient au Trésor public d’aucun interlocuteur chargé spécifiquement de comprendre et de traiter en conséquence les problèmes distincts de leurs dossiers fiscaux. Ils étaient confrontés aux files d’attentes, à la vétusté des administrations ou à des problèmes basiques, à l’instar du manque de places de parking. C’est ainsi qu’en janvier 2007, la DGI a procédé à la création d’un démembrement dédié uniquement aux grands contribuables de l’Etat, avec des services opérationnels adaptés à leurs besoins : la DGE. Dans la foulée, trois Centres des impôts (CDI) territorialisés et dédiés à la gestion fiscale des PME/PMI et des unités de production de taille plus modeste ont été mis en place.

Attributions et fonctionnement de la DGE
La DGE est un département du ministère gabonais de l’Économie et des Finances chargé du recouvrement de l’impôt auprès des 420 plus grandes entreprises du pays. Il s’agit donc d’un guichet unique réservé aux opérateurs majeurs de l’économie gabonaise, entendu comme entreprises contribuant pour un fort volume aux recettes fiscales de l’État. Ce guichet unique propose une gestion adaptée aux besoins et au statut de ces contribuables dans le cadre de la promotion du civisme fiscal. Le fonctionnement de la DGE repose sur les principes de professionnalisation, de disponibilité, de réactivité, d’optimalité, de dématérialisation et de transparence. La DGE propose un site unique pour l’accomplissement des formalités déclaratives et le paiement des impôts, avec une gestion sectorielle, confidentielle et sécurisée de chaque entreprise, à laquelle est attribué un Interlocuteur fiscal unique (IFU) dédié à la gestion de leur Dossier fiscal unique (DFU). Le DFU est géré en arrière-boutique par l’IFU, qui est une unité de gestion intégrée. L’IFU est composé de professionnels spécialisés dans la fiscalité de chaque secteur d’activité. Il a ainsi mandat pour la gestion, l’analyse financière, le

La DGE procède donc au recouvrement de l’ensemble des impôts, droits, taxes et redevances dus par les grandes entreprises. Elle a également mission de rembourser les crédits de taxes au profit des contribuables dépendants de ses services. Seules les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 1,5 milliard de francs CFA sont éligibles à la DGE. On y reçoit également les entreprises qui détiennent au moins 50% du capital d’une entreprise éligible à la DGE ainsi que celles qui sont détenues au moins à 50% par une entreprise éligible à la DGE. Au terme des deux premiers exercices, l’entreprise qui n’aurait pas maintenu son chiffre d’affaires au taux éligible, est placée sur une liste d’instance et rappelée à l’ordre. Elle sera transférée au CDI de sa zone géographique si elle ne retrouve pas son chiffre d’affaires de plus d’1,5 milliard de francs CFA au terme du troisième exercice consécutif.

ture en vue de garantir l’amélioration du civisme fiscal et le consentement spontané à l’impôt, mais aussi un meilleur rendement des agents de l’État affectés à la DGE. Un exemple qui devrait faire école, ainsi que l’a confié Serge Maurice Mabiala, Directeur de la DGE : “Nous tirons une grande satisfaction de ce que, déjà, nous recevons quelques signaux. Dans les pays environnants, l’expérience de la DGE intéresse au plus haut point nos collègues, ne serait-ce que dans le domaine fiscal. Elle intéresse également au plus haut point nos partenaires au développement. Notamment, le Fonds monétaire international (FMI) qui souhaite que cette approche de gestion, cette approche managériale, cette nouvelle administration de l’impôt, soit étendue dans les pays de la sous-région et en Afrique subsaharienne.” Les retombées de cette démarche n’ont pas attendu la fin du processus de certification. On notera que pour le seul mois de janvier 2007, la DGE a engrangé 60 milliards de francs CFA. Ce chiffre est passé à 84 milliards de francs CFA pour le seul mois de janvier 2008 tandis que 90 milliards de francs CFA ont été récoltés durant la même période de l’année 2009. D’une manière beaucoup plus globale, le total de l’exercice 2007 était de 408 milliards. Il a été de 489 milliards en 2008 et on entrevoit près de 600 milliards en 2009. Ces chiffres, tout à fait transparents, sont disponibles auprès de la direction générale de la DGE. Ils traduisent une forte croissance annuelle de l’ordre de 25% à 26%. Si ce n’est pas de la performance, ça y ressemble fort ! François Ndjimbi

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La nécessité d’une direction des grandes entreprises
La DGE est un service de la Direction générale des impôts (DGI). Savamment agencé, son design intérieur cadre absolument avec les préoccupations des autorités gabonaises concernant la modernisation des services fiscaux. Il donne une image positive de l’Etat et crédibilise son ambition de progrès. Une soixantaine de fonctionnaires y travaille dans les opérations et dans les métiers d’encadrement et de management.

Un service public révolutionnaire
De nombreux usagers interrogés font état de ce que, dès les premiers jours, les services de la DGE se distinguaient déjà de tout ce qui se faisait auparavant en matière de service public. Ces grands contribuables, ne manquent pas de se montrer satisfaits de la création de la DGE, ainsi qu’on peut le noter avec Eric Roumengas, Directeur Général de Toyota : “Depuis la création de la DGE, on a des interlocuteurs pour chaque entreprise, chaque secteur d’activité, alors qu’avant c’était un peu tout le monde qui y allait, peu importe, à n’importe

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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MARKETING & COMMUNICATION
LE MARKETING DE CRISE

MARKETING & COMMUNICATION
des ménagères. Autre lieu, même esprit. Sur le site internet du fabricant de papier toilette Renova, à côté d’un rouleau de papier noir on peut lire : “Renova a osé... pour vous. Elégant, sophistiqué, rebelle et éternellement à la mode, le noir revendique le chic et l’élégance comme valeurs.” Et quitte à casser les codes, autant jouer l’humour et le décalé à fond. Le fabricant portugais n’a pas hésité à décliner sa gamme dans des tons aussi vifs que le fuchsia, l’azur ou l’orange. Il propose même des rouleaux en emballage cadeau dans un tube. Une innovation que le président du groupe, Paulo Miguel Pereira Da Silva, présente comme une façon de secouer un marché dominé par les mastodontes américains. La création d’une nouvelle niche est toujours symptomatique. Elle reflète la volonté d’une entreprise de sortir du cadre, d’élargir son champ de vision. Il ne s’agit pas forcément de regarder plus loin, mais de regarder autrement. lutions de service et s’affiche aujourd’hui comme “un innovateur au service des innovateurs”. Quant au fondateur de Swatch, il a d’emblée innové en transformant la montre en un accessoire de tous les jours.

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LE MARKETING DE CRISE

et le code morse, que l’Américain Woodland a mis au point le système du code-barres dans les années 1940. En entreprise, cette capacité à jouer les analogies se traduit souvent par l’adoption de nouvelles méthodes de travail. Chez Nintendo, les 1  800 développeurs de jeu travaillent à la manière des dauphins, par petits groupes de six personnes. Tous les six mois, ils font un bilan des projets en cours et décident de continuer ou non.

Réfléchir à plusieurs
L’entreprise comme lieu de créativité  ? Sûrement, à condition de ne pas succomber au mythe du créateur solitaire. Pour accoucher d’un projet ou simplement faire bouger les choses, rien de tel que les célèbres “tempêtes de cerveau”. A plusieurs, bien sûr. Sport favori des entrepreneurs agiles, le “brainstorming” doit répondre à quelques règles simples pour être efficace : d’abord, brasser un très important volume d’idées. On estime en effet que 3 % d’entre elles seulement sont exploitables. Ensuite, pendant la phase de fourmillement, ne critiquez aucune proposition, pas de “oui, mais”. Donnez la priorité aux idées farfelues. Enfin, essayez la “bissociation”, une technique qui consiste à explorer de nouvelles voies en introduisant dans le débat un mot ou un concept sans aucun rapport avec les thèmes abordés. De ces rapprochements peuvent jaillir des tas d’autres idées fraîches. Une idée, c’est fragile. Il vaut mieux en faire émerger une dizaine pour les piloter en parallèle plutôt que d’en conserver une seule.

Faciliter la prise de risque
“Dans une équipe, on a besoin à un moment de se voir tout nu, de se mettre en danger de manière sympathique.” Philippe Cantet est le patron en France de la société britannique Innocent, qui fabrique et distribue des jus de fruits. Il sait que, pour réussir, sa boîte est condamnée à faire la différence. Chaque trimestre depuis l’an dernier, il organise deux journées placées sous le thème “Oser en équipe” où tout le monde se réunit pour faire un bœuf ou un numéro de spectacle. Coût de l’opération : moins de 1 000 euros (660 000 F CFA). “Cela maintient notre conviction que les bonnes idées sont toujours prioritaires, rappelle Philippe Cantet. Le 21 mars dernier, une stagiaire a pensé à envoyer des fleurs en papier à nos clients en leur souhaitant un joyeux anniversaire de printemps. On a créé une belle surprise.” Plus simple à réaliser et moins cher que des affiches 4 x 3 ! Et cela change de la règle des 3 M qui prévaut dans la maison mère londonienne, où le Monday Morning Meeting (réunion du lundi matin) est sacré...

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INNOVER POUR SORTIR DE LA CRISE
égende ou réalité embellie  ? Officiellement, c’est lors d’une randonnée dans le désert du Nevada que Mario Moretti Polegato aurait inventé sa désormais célèbre Geox. Cette chaussure qui respire ne doit son succès qu’à l’esprit créatif de son inventeur. Celui-ci aurait percé d’un coup de canif la semelle de ses souliers pour soulager ses pieds surchauffés. Quinze ans plus tard, ce geste anodin aura permis de générer quelque 770 millions d’euros de CA pour la société italienne, qui vient d’annoncer le 1er avril (sic) une nouvelle diversification dans la chaussure de sport. Comme Mario Moretti Polegato, de plus en plus d’entrepreneurs croient dans les vertus de l’économie créative. Ils savent que la réussite n’est plus seulement une question de chiffres et de courbes mais dépend également des forces de créativité, d’imagination et d’innovation. Cela ne se traduit pas suffisamment dans les pratiques quotidiennes. C’est même un énorme axe de progrès pour toutes les entreprises ! L’innovation “quand on a le temps”, “quand l’entreprise est profitable”, ou “quand on aura enfin recruté un Directeur de l’Innovation” est révolue. L’innovation c’est tous les jours, qu’on aille bien ou mal, avec tout le monde, y compris les clients, les fournisseurs, les distributeurs, voire les concurrents : les sportifs de haut niveau s’entraînent ensemble, ce qui ne les empêche pas de vouloir gagner seuls la compétition. À côté de l’innovationproduit, il y a le(s) service(s) autour du produit, la relation-client mémorable, les nouvelles cibles de clientèle, les nouveaux modes de commercialisation, les alliances stratégiques, la recherche de capitaux, les nouvelles façons de faire adhérer les clients à une nouveauté, la façon de faire parler de la marque par les clients eux-mêmes, les nouveaux processus, les nouvelles matières premières, etc. l’entreprise. Il a ainsi fallu plus d’un siècle et demi au géant Procter & Gamble pour “réaliser l’une des plus audacieuses opérations en matière de politique d’innovation dans l’histoire des sociétés”, estime un viceprésident du lessivier américain. Au tournant des années 2000, le big boss A.G. Lafley a fait l’incroyable pari d’ouvrir la R & D de son entreprise aux contributeurs du monde entier. Objectif de cette stratégie baptisée “Connect and develop” : stimuler l’innovation interne et atteindre le seuil des 50 % de propositions issues de l’externe mais aussi en profiter pour se mettre dans la peau des consommateurs. En cinq ans, plus d’un tiers des produits lancés sur le marché ont ainsi été conçus à partir d’éléments extérieurs aux laboratoires maison.

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Réinventer son métier
Casser les codes, c’est aussi une nouvelle façon de faire son métier pour mieux vendre ses produits. Afin d’émerger dans le marché saturé de la fringue cheap, Desigual a réinventé la vente de la “sape” en s’inspirant des marchés à la criée. Face aux puissants Zara et autres H&M, la marque de vêtements “atypiques” espagnole a joué l’étal bohème où le client a l’impression de dégoter de bonnes affaires. La créativité constructive consiste à rassembler des éléments pour élaborer de la valeur. C’est ce qu’ont fait le cirque du Soleil et le cirque Plume quand ils ont banni les animaux de la scène et combiné des genres artistiques différents comme le théâtre et la musique pour créer le “nouveau cirque”. La cristallerie Baccarat a elle aussi réinventé son savoir-faire. Face au déclin de la cristallerie de verre de table, la société a opéré sa mutation en devenant une maison spécialisée dans les bijoux et les objets de luxe où le cristal domine. La société Delsey a élargi son champ d’activité en s’invitant dans l’univers du design de voyage. IBM a accompli sa révolution en lâchant l’ordinateur personnel pour les so-

Se mettre à la place de ses clients
Il faut commencer par se demander ce dont on a envie ou besoin pour répondre à une attente générale. Parmi les sept postures clés à adopter pour être (plus) créatif, celle-ci occupe sans doute la première place. En créant ses Geox, le chausseur transalpin s’est (simplement) mis à la place de son client, persuadé que ce qui est bon pour lui l’est forcément pour d’autres. Même si la créativité ne tient parfois qu’au hasard des situations, c’est un état d’esprit que tout entrepreneur doit cultiver. Car la créativité ne s’invente pas. Elle se mijote. Et parfois à contre-courant des cultures de

S’inspirer de l’existant pour créer
L’ordinateur iMac G4 d’Apple, le designer britannique Jonathan Ive s’est inspiré... d’un tournesol. A l’instar de la fleur qui suit la course du soleil, seul l’écran pivote alors que son pied reste fixe. Pratique courante chez les designers à la recherche d’idées : regarder autour de soi. Mais ouvrir les yeux (et les oreilles) ne suffit pas. Encore faut-il savoir transposer ce que l’on voit à son projet. En balade à la campagne, le suisse Georges de Mestral constate que des petites fleurs en boule, des bardanes, restaient accrochées à ses vêtements. En y regardant de plus près, il eut l’idée d’adapter ce principe sur deux morceaux de tissus. Le Velcro (acronyme de “velours” et “crochet”) était né. Autre exemple : c’est en combinant deux univers différents, les pistes sonores des films

Briser les codes
“Rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance à des règles”, disait Jean Cocteau. Pour innover, il faut faire mentir quelques préceptes bien établis. Lorsque Philippe Starck sort, en 1990, son presse-citron en fonte d’aluminium, certes l’objet n’est pas très performant, mais il a le mérite de casser les codes. Car pour le designer français, l’objet n’a pas qu’une fonction utilitaire, il doit avant tout être esthétique afin de donner du plaisir à celui qui l’utilise. Une approche nouvelle dans l’univers bien balisé

Transformer la contrainte en opportunité
Été 2001. La crise de la vache folle est passée, mais le chef Alain Passard révise alors sa carte, pour donner toute la mesure de son talent à une nouvelle approche de la cuisine. Finis les plats de viande, place aux légumes. Lorsque la contrainte est bien admise, elle nourrit l’inventivité. De même, les échecs du passé peuvent servir de base à un rebondissement salvateur. Mieux encore, les contraintes et les sorties de piste obligent aussi à anticiper. Luc Lemaire

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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FINANCES
MAÎTRISER SON BESOIN EN FONDS DE ROULEMENT
pose : la phase de création des entreprises nouvelles est souvent cruciale à cet égard. Dans ces deux cas, la question du BFR est souvent négligée au profit de problématiques commerciales. Les phases de conquête, par exemple d’un nouveau marché à l’international, sont également des périodes à risque pour le BFR et la gestion de la trésorerie. Les cycles sont alors chamboulés et le développement demande un investissement en BFR.  Prévenir les litiges Il y a des bons et des mauvais payeurs. Il faut concentrer ses efforts sur les mauvais pour les actions de relance. Et toujours, prévoir des conditions générales de vente claires. Ce qui permettra, par la suite, de s’organiser efficacement pour les faire respecter. Le but est d’éviter le litige et donc que le client bloque le règlement. Il faut également pratiquer les relances avant l’échéance de la créance afin que les délais de payement soient respectés.  

MAÎTRISER SON BESOIN EN FONDS DE ROULEMENT
qu’en fin d’année après constat que l’ensemble des payements ont été réalisés aux échéances convenues. Enfin, le raccourcissement des délais de payement peut être négocié en échange de services supplémentaires tels que des délais de livraison plus courts ou un service après-vente de meilleure qualité.

FINANCES

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MAÎTRISER SON BESOIN EN FONDS DE ROULEMENT

Rationaliser sa facturation
Avant de chercher à se faire payer, il faut parfaitement maîtriser son cycle de facturation. Dans un cabinet conseil, lorsqu’une mission dure plusieurs mois, le cabinet ne sait pas toujours quand il peut facturer alors que les charges de salaires sont décaissées tous les mois. L’idéal est donc, dans la mesure du possible, d’émettre les factures concomitamment aux dépenses ; et pour les petites entreprises, ne pas remettre à plus tard cette démarche administrative souvent négligée. Enfin, veiller à ce que les factures soient correctement rédigées : une facture non conforme entraînera sans doute un retard de payement.

Négocier ses délais de payement
Même lorsqu’on est une petite ou une jeune entreprise, il faut négocier des délais de payement auprès de ses fournisseurs. Pour cela, on peut argumenter sur l’évolution de ses commandes ou la qualité du partenariat mis en place (approvisionnement exclusif chez le fabricant, besoins réguliers, anticipations des achats à l’avance…).  

Instaurer une relation de long terme

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e besoin en fonds de roulement naît du décalage entre les sorties et rentrées d’argent. Ainsi, outre les stocks, il comptabilise essentiellement les créances accordées aux clients et les dettes dues aux fournisseurs. En effet, il est rare qu’une entreprise paye ses fournisseurs dès livraison des produits et, inversement, qu’elle reçoive payement de ses clients aussitôt le bien ou service délivré. Généralement compris entre 30 et 60 jours, parfois 90, les délais de payement obligent les entreprises à prévoir une trésorerie adéquate. Toutefois, le besoin en fond de roulement peut et doit être maîtrisé. Pour les banquiers, comme pour les investisseurs, le BFR est très représentatif de la gestion de l’entreprise. En outre, le besoin en fonds de roulement doit être financé, ce qui implique généralement d’être dépendant de son banquier. D’où la nécessité de chercher à le réduire, ou du moins, à l’optimiser.  

qui aurait pu être utilisé autrement. Il ne faut donc pas chercher à le supprimer, c’est bien souvent impossible, mais plutôt à le rationaliser et à l’optimiser. Et pour cela, suivre ses fluctuations très régulièrement. Un dirigeant doit avoir un état synthétique de son besoin en fonds de roulement et de sa trésorerie tous les matins, ou au moins toutes les semaines, sur son bureau.   Il faut toutefois prendre des précautions vis-à-vis des chiffres bruts car le secteur d’activité influe sur le niveau de BFR : une activité industrielle n’aura pas le même besoin que la grande distribution. Les secteurs qui disposent d’un BFR négatif ou très faible sont ceux dont les clients payent immédiatement et qui n’ont que très peu de stocks. L’étude de l’organisation en interne doit donc se coupler à un examen de ses concurrents afin de se fixer des objectifs raisonnables de BFR à atteindre.  

versal. Il s’agit donc de créer une fonction de cash manager qui regroupe a minima des attributions de responsable crédit et trésorier, en relation avec la production et la logistique. Ce responsable peut ensuite déployer les axes de cette politique envers les managers des services appropriés.   Pour une politique réellement active, les salariés peuvent également être intéressés à l’évolution du besoin en fonds de roulement. On peut indexer la prime variable des commerciaux en fonction du chiffre d’affaires encaissé et non facturé. On peut également prendre en compte dans les critères d’intéressement de l’ensemble des salariés le taux et le délai de résolution des litiges.  

Il est également possible d’améliorer ses rentrées de trésorerie en demandant à ses clients de régler un acompte. Il n’est pas forcément judicieux de faire appel aux techniques d’escompte. En accordant une remise, disons 5 %, à un client qui règle comptant, cela se traduit par un sacrifice sur la marge. C’est un arbitrage qui n’est pas toujours gagnant. Par contre, une mesure incitative tenant à instaurer un partenariat de long terme peut être efficace. On peut accorder une ristourne pour bon payement. Mais elle ne sera déclenchée

Privilégier le juste-àtemps

LE NIVEAU DE BESOIN EN FONDS DE ROULEMENT
Dans certaines activités, le BFR est négatif, ce qui signifie que l’activité génère un flux positif de trésorerie. C’est notamment le cas pour les enseignes de la grande distribution ; en effet, elles payent leurs fournisseurs après la livraison (souvent 90 jours), alors que les clients paient au comptant. Cependant, dans la majorité des entreprises, le BFR est positif, ce qui signifie que l’entreprise doit lever des fonds pour combler le flux négatif généré par le cycle d’exploitation. Plus globalement, il y a 3 cas :  Le Besoin de Fonds de Roulement est positif : dans ce cas, les emplois d’exploitation de l’entreprise sont supérieurs aux ressources d’exploitation. L’entreprise doit donc financer ces besoins à court terme soit à l’aide de son excédent de ressources à long terme (Fonds de roulement), soit à l’aide de ressources financières complémentaires à court terme (concours bancaires...).  Le Besoin de Fonds de Roulement est nul : dans ce cas, les emplois d’exploitation de l’entreprise sont égaux aux ressources d’exploitation, l’entreprise n’a donc pas de besoin d’exploitation à financer puisque le passif circulant suffit à financer l’actif circulant.  Le Besoin de Fonds de Roulement est négatif : dans ce cas, les emplois d’exploitation de l’entreprise sont inférieurs aux ressources d’exploitation, l’entreprise n’a donc pas de besoin d’exploitation à financer puisque le passif circulant excède les besoins de financement de son actif d’exploitation. L’entreprise a donc besoin d’utiliser ses excédents de ressources à long terme (Fonds de roulement) pour financer d’éventuels besoins à court terme.

Les périodes à risque : être vigilant

Attribuer les responsabilités

Evaluer le bon niveau de BFR

Un besoin en fonds de roulement positif n’est pas synonyme de mauvaise gestion. Sauf s’il est excessif, car c’est de l’argent

Si le chef d’entreprise doit prendre en charge la définition d’une politique active de gestion du BFR (politique de crédit, objectifs à atteindre), son application doit être déclinée à l’ensemble des services concernés. Or, ce problème est très trans-

Un suivi attentif et une anticipation systématique permettent d’autant plus facilement et rapidement de remarquer un accroissement inattendu de son besoin en fonds de roulement. Mais même sans cela, certaines périodes à risque doivent attirer l’attention du dirigeant. Le BFR augmente avec la croissance. Mais une période de forte augmentation de l’activité n’est pas la seule où la problématique du BFR se

Un travail doit être fait en amont sur ses besoins en matières premières ou fournitures. Il faut anticiper son activité et la traduire en termes de production afin d’éviter les stocks. C’est le principe du juste-àtemps. Pour cela il faut mettre en place une gestion intelligente des stocks et rester attentif au ratio de rotation de ceux-ci, qui permet de savoir s’ils sont renouvelés régulièrement.   Pour limiter les stocks, là encore, il convient de s’organiser avec ses principaux fournisseurs. On peut demander des délais de livraison plus courts afin de s’approvisionner quasiment en temps réel. Ou alors prévoir que le fournisseur tienne un stock à disposition. Des avantages qui se négocient en échange d’un engagement d’achats, par exemple. Attention toutefois aux mauvaises manières de certains fournisseurs qui ont des difficultés à tenir leurs engagements, ne se préoccupant pas vraiment de la perte d’exploitation qu’ils occasionnent à leurs clients. Dalila Gombo

BUSINESS Gabon N° 14 - Janvier 2010

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FORCE DE VENTE
BIEN SEGMENTER SA CLIENTÈLE
Mais en général, les données d’entreprise se divisent différemment. Commencez par chercher dans quel secteur se trouvent les clients que vous ciblez. Vous pouvez également segmenter vos cibles par la taille de l’entreprise selon le nombre total d’employés ou le chiffre d’affaires. Enfin, n’oubliez pas de prendre en compte les personnes qui prennent la décision d’acheter un produit ou service comme celui que vous offrez : quels sont les postes de ces personnes et dans quels services travaillent-elles ?

FORCE DE VENTE
ATTENTION AUX FAUX-SEMBLANTS
La segmentation d’une base de données est une des actions primordiale pour bien définir sa stratégie marketing et commerciale. Elle permet de cibler, de définir des priorités et des axes de développement. En b to c, parler de segmentation est proche du pléonasme tant les critères de segmentation sont nombreux (âge, sexe, pouvoir d’achat, localisation, etc...). En b to b, on pourrait penser que la segmentation est moins nécessaire. Il en est naturellement rien : si les critères de segmentation peuvent se révéler moins nombreux, ils n’en demeurent pas moins capitaux pour un développement raisonné des stratégies marketing, commerciales et de communication. Segmenter selon la valeur et le potentiel des clients La valeur d’un client est un des critères les plus faciles à établir : on sait combien vaut un client à un moment T, sa participation au chiffre d’affaires de l’entreprise. Cette approche surfe avec la loi de Pareto des 20/80 (20% de mes clients génèrent 80% de mon chiffre d’affaires). Mais elle est figée : un client peut à un moment être générateur de chiffre d’affaires sans que l’on sache s’il le sera encore demain, dans 6 mois... Il faut donc axer l’analyse sur les potentialités de ses capacités d’achat. Les clients qui n’achètent pas régulièrement ou en petites quantités constituent également des segments de clientèle. Vous devez les traiter de la même façon : intégrez-les dans les campagnes marketing générales, mais ne les ciblez pas au moyen de messages spécifiques. Même s’il est tentant d’essayer d’accroître leur contribution à votre chiffre d’affaires, ils représentent des clients à faible valeur ajoutée. Efforcez-vous plutôt de faire passer les acheteurs moyens au statut de gros acheteurs. Attention tout de même à ne pas les négliger. Certains d’entre eux sont de véritables apporteurs d’affaires

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BIEN SEGMENTER SA CLIENTÈLE

On peut aller plus loin en s’intéressant non au chiffre d’affaires mais à la marge obtenue grâce à certains types de clients et à faire des choix de positionnement ou de retrait en fonction de ces résultats. Segmenter selon la taille Ces critères de segmentation d’une base de données sont courants. Cette approche est liée à la conviction que les grandes et les petites entreprises n’ont pas les mêmes besoins. Elle est erronée aujourd’hui : selon l’activité ou le marché sur lequel on est positionné, une petite entreprise peut avoir des besoins aussi importants qu’une grande. En outre, selon les secteurs d’activité, de petites entreprises vendant des prestations ou des technologies à forte valeur ajoutée peuvent se révéler de très bon clients. Segmenter selon les besoins exprimés Ce type de segmentation est très qualitative et sous-tend une vraie démarche de collecte et de traitement de l’information. Mais selon les ressources humaines et techniques dont on dispose, elle est difficile à systématiser. Néanmoins, il est une certitude aujourd’hui : toute entreprise qui souhaite durer se doit de quitter l’appproche produit au profit d’une approche service, solution et écoute du client. Certaines directions commerciales l’ont bien compris et l’on trouve aujourd’hui plétore de formation à l’écoute du client, la détection des besoins, etc...

Segmentation psychographique
© Jupiterimages

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BIEN SEGMENTER SA CLIENTÈLE
a segmentation de clientèle est un découpage du marché en sous-ensembles homogènes de clients potentiels. La segmentation se fait selon un ou plusieurs critères. Les critères de segmentation peuvent être géographiques, socio-économiques (âges, revenu etc....), psychologiques, psychographiques, situationnels. Chaque groupe se différencie des autres et chacun est représenté. La segmentation de clientèle permet de décomposer la stratégie marketing avec autant de politiques commerciales que de segments, et ainsi de mieux adapter chaque politique aux caractéristiques du segment auquel elle s’applique. La segmentation du marché consiste à connaître les caractéristiques et comportements d’achat uniques de vos clients de façon à pouvoir leur proposer un message marketing qui leur corresponde. Cela vous permet également de mieux dépenser votre budget marketing en vous concentrant uniquement sur les segments identifiés. Elle permet de découper une population en des groupes d’individus homogènes et que les groupes entre eux soient les plus différents possibles. La segmentation peut s’appliquer sur des bases de données clients pour construire des politiques marketing différenciées, des catalogues de produits pour mener des analyses de structure de gamme, des fichiers de personnel pour identifier les facteurs de motivation ou de performance. cas, il peut être intéressant de diviser davantage le facteur géographique, par rue ou par quartier. De la même manière, les entreprises dont le marché est national ou international peuvent essayer de définir quels sont les villes ou pays regroupant la majorité de leur clientèle de manière à affiner leur message et organiser leur force de vente.

Ce type de segmentation fait référence à la personnalité et au comportement émotionnel qui influence l’achat. En d’autres mots, quelles sont les habitudes d’achat de vos clients ? Par exemple, le client est-il impulsif ou réfléchi ? Il existe tout un éventail de variables que vous pouvez prendre en compte, et elles sont souvent opposées. Les données psychographiques les plus courantes comprennent : • la prédisposition du client à acheter un nouveau produit ou service plutôt qu’un autre ; • les influences sur les habitudes d’achat du client (comme la pression sociale ou l’éducation) ; • les attributs d’un produit ou service qui peuvent paraître importants pour le client ; • la fidélité à une marque ou la réputation de celle-ci ; • les critères d’achat, comme le prix ou la valeur.

Type de clientèle
Peut-être la manière la plus simple de segmenter votre marché est de décider si vous préférez cibler les consommateurs ou d’autres entreprises. Peu de petites sociétés peuvent se permettre de cibler les deux avec succès, et bien qu’il puisse parfois y avoir chevauchement, il vous faudra sans doute faire une distinction nette pour affiner votre message marketing.

Données démographiques
Les données démographiques sont les statistiques cruciales concernant votre clientèle. En segmentant votre marché par données démographiques, vous pouvez déterminer quelles sont les caractéristiques statistiques uniques de votre clientèle. Si votre entreprise cible les consommateurs, la segmentation démographique peut recouvrir des caractéristiques comme l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, les catégories d’emploi (cols blancs vs. cols bleus), les revenus, le statut marital, et l’appartenance ethnique ou religieuse. Il n’est pas forcément nécessaire d’utiliser tous ces critères, mais il peut être intéressant de se concentrer sur ceux qui sont les plus appropriés à votre produit ou service. Si vous ciblez les entreprises, ce sont les dirigeants que vous pouvez segmenter de cette manière.

Situation géographique
La situation géographique de votre clientèle est essentielle pour déterminer les méthodes de marketing que vous allez utiliser. Votre clientèle peut être locale, régionale, nationale ou internationale. Pour certains types d’entreprises, la question ne se pose pas : le marché cible d’un service de nettoyage à sec se situe bien évidemment dans un rayon de quelques kilomètres de son lieu d’implantation. Dans un pareil

Croyances et styles de vie
Il s’agit de la manière dont se voient les clients. Les croyances peuvent inclure les attitudes et valeurs religieuses, politiques, nationales ou culturelles. Les segments relatifs au style de vie concernent la manière dont les clients occupent leur temps libre comme les hobbies, la détente, les loisirs, etc. Ces segments ne sont pas sans importance car ces variables peuvent souvent être utilisées pour prévoir les futures habitudes d’achat.

lorsqu’ils sont satisfaits de vos produits ou services, faisant la promotion de votre entreprise à leurs amis, à leurs fournisseurs, ou même à leurs clients. La segmentation est un processus dynamique. Les besoins et comportements des clients évoluent. Il est donc utile de chercher, dès la première démarche de segmentation, à se donner les moyens de reproduire cette démarche très régulièrement (une fois par an, par exemple), à défaut de pouvoir l’automatiser complètement. Apolinaire Tagni

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NOUVELLES TECHNOLOGIES
4 OUTILS BUREAUTIQUES GRATUITS ET PERFORMANTS
de programmation Java. Il permet tout simplement de créer des bases de données d’une manière simple. Enfin, Math est un programme d’édition de formules mathématiques complexes particulièrement utile aux étudiants et enseignants-chercheurs. Plus que jamais, OpenOffice, qui s’est peu à peu démocratisé auprès des administrations et du grand public, est la référence en matière de suite bureautique alternative et gratuite. À essayer si vous en avez marre d’Office ou si tout simplement vous n’avez pas les moyens de vous l’offrir !

NOUVELLES TECHNOLOGIES
4 OUTILS BUREAUTIQUES GRATUITS ET PERFORMANTS
grammes et des projets créatifs comme des cartes de voeux, des invitations etc. Rajoutez à tout moment votre touche graphique personnelle grâce à l’outil de dessin très complet. trer des documents. Vous pourrez démarrer un nouveau document (et choisir parmi les mises en page proposées) ou importer un document existant. Toutes les fonctionnalités de base d’un éditeur sont présentes (choix des propriétés du texte, effets, etc.). - Lotus Symphony Presentations : Ce logiciel servira pour toutes vos présentations, que ce soit pour défendre une dissertation, raconter une histoire ou même clôturer une vente… Il permettra aux utilisateurs de créer des présentations graphiques qui pourront être partagées par l’intermédiaire de diaporama. Les présentations pourront être réalisées à partir de rien ou en utilisant les templates proposées. - Lotus Symphony Spreadsheets : Ce tableur vous permettra diverses choses, calculer des hypothèques, création de rapport de revenus, et bien plus encore. Il permettra aux utilisateurs de créer, éditer, partager et enregistrer une variété de bilans. Excel, et PowerPoint. Cette suite inter-plateforme intègre ainsi de puissants composants comme un traitement de texte, un tableur, un outil pour réaliser des présentations, un logiciel de base de données, un éditeur graphique et un convertisseur de PDF. Elle fonctionne sous Linux, Windows et Mac. StarOffice WriterStarOffice Writer : Un outil pour créer des documents professionnels. Avec le module Writer vous pouvez en toute simplicité aussi bien faire des mémos rapides que des rapports complets avec table des matières, un index, et des diagrammes. Un assistant de fusion est également disponible pour réaliser simplement des envois en masse d’e-mails et de mailing. StarOffice CalcStarOffice Calc : Un tableur d’exception permet de calculer, d’analyser, de faire des graphiques et de partager vos données. La prise en charge d’une limite de 65 536 lignes dans le tableur, vous permet désormais de créer des feuilles de calcul plus élaborées et d’importer des fichiers Excel de plus grande taille. StarOffice ImpressStarOffice Impress : créez des présentations animées, impactantes grâce à cet outil complet comprenant de nombreux modèles, des formes de dessin personnalisables, et une exportation possible au format Flash. StarOffice BaseStarOffice Base : un outil puissant pour créer et exploiter tout simplement grâce à des assistants, des bases de données, des formulaires, des tables, etc. StarOffice DrawStarOffice Draw : Réalisez des documents professionnels, des organiEnfin, pour ceux qui se contentent d’utiliser Word sur leur suite Office, AbiWord, édité par Abisource, est un logiciel de traitement de texte libre rapide, léger et simple tout en proposant les fonctionnalités indispensables à tout programme du genre. AbiWord est donc un programme multiplateformes (GNU/Linux, Mac OS X, FreeBSD, Windows, etc.). Ce traitement de texte bénéficie d’une interface épurée mais néanmoins structurée. L’application permet de réaliser un bon nombre de manipulations de textes et gère un nombre non négligeable de formats, parmi lesquels le format propriétaire Word (.doc), le format universel (.txt), ou encore le format ouvert OpenOffice (.odt). De plus il permet de rendre vos documents compatibles HTML ou même de les exporter en PDF. En bref, c’est une très bonne alternative à Word, gratuite et particulièrement intuitive d’utilisation. Michel Ndong

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AbiWord

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4 OUTILS BUREAUTIQUES GRATUITS ET PERFORMANTS
omme celui des navigateurs web, le marché des suites bureautiques est massivement dominé par un acteur, Microsoft, qui bénéficie d’une telle avance auprès des entreprises que l’on avait presque oublié, pendant un certain temps, qu’il y avait eu des concurrents à Microsoft Office. Il en existe pourtant quelques-uns mais ils n’ont que des miettes à ramasser, Microsoft jouant à fond la carte de la continuité : les entreprises et les administrations sont des structures parfois rigides et le changement peut coûter cher, en argent comme en temps (baisse de productivité des employés qui doivent réapprendre à utiliser leurs logiciels). La situation dans les entreprises se répercute également dans l’usage domestique de ces logiciels : l’utilisateur lambda souhaite utiliser les logiciels qu’il utilise au bureau, ou n’a tout simplement plus conscience qu’il existe des alternatives. systems. C’est une suite bureautique qui comprend pour les plus rechechés un tableur, un logiciel de présentation et de dessin ainsi qu’un traitement de texte. Le format officiel pour le traitement de texte est l’OpenDocument Text (.odt), mais les logiciels de la suite sont également compatibles avec les formats de Microsoft (.doc, .xls, .pps...). L’utilisateur a également la possibilité d’utiliser des habillages (templates) déjà définis avant de se lancer dans la création d’un document. OpenOffice dispose de plusieurs logiciels, à commencer par Writer, logiciel de traitement de texte (équivalent à Word de Microsoft). Tout comme dans la solution de Microsoft, Writer dispose d’un large panel d’options de mise en forme de texte et permet également l’intégration d’images. Quant à Calc, il s’agit d’un tableur à l’image du programme Excel et dispose des options indispensables à tout tableur moderne. Impress permet la création de présentations multimédia (équivalent de Powerpoint de Microsoft). Grâce à lui, l’utilisateur peut gérer ses diapositives (slides) sur plusieurs onglets : un onglet général, un onglet de tri, un onglet de notes et un onglet de trame. Draw est un programme de dessin vectoriel, il peut servir à des tâches analogues à Visio de Microsoft mais se rapproche plus de Corel Draw. Les options de base de tout logiciel de dessin vectoriel y sont présentes. Base est le logiciel de création de bases de données qui utilise le langage

IBM Lotus Symphony

Sun Star Office 8
Une fois que vous aurez passé l’étape de l’inscription en ligne pour pouvoir installer correctement cette suite bureautique, vous risquez fort d’être rapidement séduit. IMB Lotus Symphony est une suite bureautique proposée par IBM, construite sur OpenOffice et fonctionnant sous Linux, Windows et Macs. On y retrouve un éditeur de texte, un tableur et un logiciel de présentation. Il dispose d’un format ouvert de données (ODF), ce qui veut dire que vous ne serez pas bloqué avec des formats propriétaires, licence et autres contraintes. De plus, il vous sera possible d’importer, d’éditer et d’enregistrer une variété de formats, même ceux provenant de chez Microsoft. Vous pourrez même exporter vos documents PDF. Cette suite propose trois logiciels : - Lotus Symphony Documents : Un éditeur de texte, vous permettant de nombreuses choses : écrire un roman, tenir un journal personnel, créer des lettres, des mémos ou lettres de motivation. Il permet à ses utilisateurs de créer, éditer, partager et enregis-

OpenOffice.org 3.0

Star Office 8 est une suite complète d’outils de productivité bureautique. Elle offre des applications indépendantes qui peuvent ouvrir des documents Microsoft Office comme Word,

L’annuaire Professionnel du Gabon sur Internet avec mises à jour quotidiennes.
Renseignements/inscriptions 76 61 50 / 76 62 04 e d i t i o n @ l e p r i v e o n l i n e.c o m

OpenOffice est la suite bureautique libre concurrente de Microsoft Office, développée en grande partie par Sun micro-

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Nouvelle Édition 2009

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LOISIRS
LE “VRAI” TARZAN SERAIT NÉ AU GABON
internet à prix de collectionneur dépassant plusieurs centaines de milliers de francs CFA. Cela démontre à quel point “The trader Horn” prenait de l’espace dans l’esprit d’Edgar Rice Burroughs alors qu’il ne pouvait pas réellement exploiter son “plagia” sur le marché. Tarzan, l’homme singe devint également un best-seller à la mode, et quand dans les années 40, l’acteur Johnny Weissmuller prit le rôle de Tarzan, lui et tout son environnement étaient modelés sur “The trader Horn et ses personnages. Sud. Ethelreda était par contre une romancière Sud-Africaine très connue. Aloysius (Horn) passait son temps à vendre des breloques, en faisant du porte-à-porte pour assurer sa survie. Il s’était constitué un réseau de femmes au foyer qui l’avaient pris en pitié en lui achetant parfois ses accessoires souvent inutiles ; cela fonctionnait avec madame Lewis. haitait certainement être agréable avec madame Lewis mais également prolonger une situation plutôt confortable. Il avait lu bon nombre de livres incluant Burroughs et Du Chaillu. Il prétendait même avoir connu des gens comme Savorgnan de Brazza. Il était cultivé, intelligent et c’était un homme d’expérience. Il a toujours, apparemment, été un lecteur assidu… Chacun est forcément, “quelque part”, à un moment de sa vie, et je n’ai aucun doute qu’Aloysius était sur le fleuve Ogooué, au Gabon, au moment où il a dit qu’il y était. Les quelques moments de fiction qu’il pourrait avoir imaginés ne m’empêchèrent aucunement de croire en son négoce et ses aventures de chasse. Il n’y a aucune raison en cela de le traiter de menteur.”. Il est dit qu’“Horn” est décédé en Afrique du Sud, en 1927, avant d’avoir reçu les fruits de son labeur. Internet regorge cependant de versions différentes et relativement confuses de la fin de ce personnage. Il est certain que le premier réalisateur d’un Tarzan, Van Dyke, eut lu “the trader Horn” peu après sa parution, en 1929. Le réalisateur partit pour l’Afrique avec un casting imposant et des tonnes d’équipements pour tourner ce qui allait devenir le premier film de divertissement et d’aventure tourné en Afrique ; tous les plans furent authentiques, exceptées quelques scènes tournées à Hollywood. Edgar Rice Burroughs vît le film, prît toutes les notes possibles, suivît le script et l’imita copieusement dans “Tarzan et les hommes léopards”.

LE “VRAI” TARZAN SERAIT NÉ AU GABON

LOISIRS

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Un Best Seller contre quelques tasses de thé
L’affiche du film “The Trader Horn, à l’origine dans lequel Edgar Rice Burroughs a puisé l’essentiel de l’environnement de Tarzan.

Le Roman démontre une nette influence de l’ouvrage par le roman et le film “the trader Horn” de la romancière et scénariste Ethelreda Lewis et du metteur en scène W.S. Van Dyke. A ce sujet, Edgar Rice Burroughs aurait reçu beaucoup de critiques de plagia l’incitant à retarder la publication du livre jusqu’à ce que les mémoires se soient un peu estompées.

The trader Horn n’était pas un livre de fiction. Ce fût un best-seller dans les années 27 et 28 et demeura dans les premières ventes pendant de nombreuses années, avec un succès conséquent. Ceci devait avoir suffit à exciter la jalousie d’Edgar Rice Burroughs. Qu’il ait lu le livre ou vu le film à leurs sorties demeure incertain mais qu’il l’ait lu alors qu’il écrivait “Tarzan et les hommes léopards” est parfaitement démontré. Le titre “the trader Horn” n’apparaît stratégiquement pas dans sa bibliothèque comme l’histoire adaptée par W.S. Van Dyke “Horning into Africa”. Cependant, Edgar Rice Burroughs s’est vraisemblablement servi des deux œuvres comme inspiration et toile de fond pour ses livres suivants. N’en cherchez pas une copie dans votre librairie  ; le dernier livre cité a été édité en série limitée. Les copies sont disponibles sur

L’édition collector de Tarzan et les hommes léopard

Un jour, elle engagea une conversation avec lui. En qualité de romancière, elle réalisa qu’il avait une histoire à raconter ; elle l’encouragea donc à le faire. “Horn” se mit à écrire un chapitre par semaine qu’il lui apportait tout les lundis. Comme elle le traitait avec beaucoup de respect en lui offrant du thé et du cake ainsi qu’une certaine fierté renouvelée avant “de passer de l’autre côté”, il prolongea son histoire au delà de 26 chapitres et, nous le présumons, de nombreuses semaines avec les “gratitudes culinaires” de Mrs Lewis. “The trader Horn”, le livre et le volume 1 (il y a un volume 2 qui parle de ses autres aventures), best-seller à l’époque, est couramment réédité aux États-Unis, pour 17 dollars. De nombreux critiques ont traité “Horn” de menteur. Il est certes fort possible que certains détails aient été exagérés mais Hollywood a confirmé que toute son œuvre était basée sur une histoire vraie. Un des experts en la matière, R.E. Prindle, donne son opinion sur le sujet : “j’ai lu le livre 5 fois dans les 5 dernières années. Mon opinion sur la crédibilité d’Aloysius est la suivante. Il sou-

À l’époque où Alfred Aloysius “Wish” Smith (à l’origine du livre “the trader Horn”), ancien négociant et marchant d’ivoire (après une carrière, fin XIXe et début XXe siècle, comme négociant au Gabon- Grand Congo- pour Aton et Cookson) racontait son histoire à Ethelreda Lewis, il avait 70 ans et vivait misérablement à Johannesburg, en Afrique du

Peut-être ne s’agit-il, tout simplement, que d’un état d’esprit. Sans en douter, Edgar Rice Burroughs s’est également servi de références littéraires d’explorateurs divers tels que Stanley pour modifier sa source d’inspiration originelle. Dans tous les cas de figure, les aventures de Tarzan, l’homme singe, semblent fortement inspirées du récit autobiographique qui, quoi que comportant des passages de fiction, appartient à Alfred Aloysius “Wish” Smith, alias “Horn”, dont la vie et les aventures se sont déroulées au Gabon. Les incidences en sont nombreuses puisque qu’en 1976, un herpétologiste (étude des reptiles) américain, James H. Powell, s’est fondé sur le livre pour organiser une expédition au Gabon afin de partir à la recherche d’une créature dont avait entendu parler “Horn” (“Jago-nini” accolée à la légende d’un sauropode ou dinosaure vivant dans le fleuve Ogooué à laquelle croit toujours la population autochtone). Laurent Baboulène

PHOTOGRAPHIE

PROFESSIONNELLE
Mode, Pack-shots, Architecture, Publicité, Reportages industriels et touristiques dans tout le Gabon...

Edwina Booth au Gabon lors du tournage de The Trader Horn

Contact commercial

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“The trader Horn” (Le Marchant Horn) commerça sur le fleuve Ogooué, au Gabon. La plus grande partie de son histoire concerne ses tribulations le long du fleuve. Comme aucun autre explorateur de l’Afrique, “Horn” fait ressembler le continent africain à un paradis. La forêt du bas-

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Johnny Weissmuller, le plus célèbre des Tarzan d’Hollywood, dans les années 40

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Le “vrai” Tarzan serait né au Gabon
arzan et les hommes léopards n’est pas très connu des bibliophiles, étant considéré comme un des pires de la série. Cependant, le livre est clairement à mettre à part de la série des “Tarzan” puisqu’il va forger définitivement l’“histoire” du personnage et figer précisément son environnement Africain. L’ouvrage précité a été écrit entre Juillet et septembre 1931, une épreuve facile pour un écrivain aussi rapide qu’Edgar Rice Burroughs. L’histoire fut publiée, en essai d’édition, d’août 1932 à Janvier 1933, mais sa véritable publication fût retardée jusqu’en 1936 pour de nombreuses et sérieuses raisons. Il ne faut pas oublier que dès février 1931, la MGM (Métro Goldwyn Meyer) avait déjà réalisé sa première grande histoire épique africaine fondée sur “the trader Horn”, issue d’une biographie et d’un livre du même nom écrit en 1927. Tout laisse à supposer que “Tarzan et les hommes léopards” n’est qu’une reformulation du livre et du film qu’Edgar Rice Burroughs aurait bien sûr adaptés à ses propres besoins. Cependant “the trader Horn” aura une influence certaine sur le reste de la série des Tarzan.

sin du Congo rendait dépressifs la plupart des explorateurs mais “Horn” la trouvait “différente”  ; les moustiques étaient bien là mais “Horn” les trouvait “amusants”. Le fleuve sur lequel il navigua lui parraissait également différent de celui de l’explorateur Conrad dans “Heart of Darkness” (Cœur des ténèbres) ou Stanley dans “through the dark continent” (A travers le continent noir) et dans “In darkest Africa” (dans l’Afrique la plus noire).

Alfred Aloysius “Wish” Smith

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NEWS HIGH-TECH
CE QU’IL FAUT CONNAÎTRE POUR ÊTRE “IN”
Parrot, société française spécialisée dans les accessoires Bluetooth pour téléphones mobiles, dévoile au salon CES de Las Vegas (du 7 au 10 janvier) le premier quadricoptère à réalité augmentée, le Parrot AR.Drone. Ce petit hélicoptère à quatre hélices est pilotable à distance grâce à un iPhone ou un iPod Touch. L’appareil sera commercialisé courant 2010. L’AR.Drone est un quadricoptère constitué d’un cockpit central, de quatre hélices motorisées et de deux petites caméras. La première, positionnée sous la structure, permet de mesurer la vitesse de l’appareil et de réaliser des vols stationnaires, tandis que la seconde, en position frontale, retransmet en streaming ce qu’elle filme sur l’écran d’un iPhone ou d’un iPod Touch. En clair, ces images sont retransmises en temps réel au pilote. La liaison entre le quadricoptère et le terminal mobile de l’utilisateur est assurée par une connexion Wi-Fi. Grâce à l’accéléromètre de l’iPhone ou de l’iPod Touch, système capable de réagir aux mouvements de l’utilisateur, l’AR.Drone se pilote en inclinant son mobile vers l’avant (pour avancer), ou sur le côté (pour effectuer un virage). Des commandes tactiles à l’écran permettent également de réaliser des figures plus complexes, comme monter, descendre, reculer, pivoter, etc. Enfin, pour protéger l’appareil en cas de choc contre un obstacle, Parrot a prévu une carène entourant les hélices ainsi que le cockpit. Le quadricoptère AR.Drone devrait être disponible pour le grand public courant 2010. Parrot n’a pas encore annoncé de tarif. Le concept Morph de téléphone Nokia veut employer les nanotechnologies pour créer un corps flexible et un écran transparent transformables selon les envies de l’utilisateur, loin des machines solides et trapues que nous connaissons. Même la circuiterie interne serait transparente et souple, pour pouvoir plier et transformer le téléphone en forme de bracelet ou de tablette de chewing-gum. Il intègre une oreillette Bluetooth et une batterie longue durée. Les nanotechnologies permettraient même qu’il se nettoie tout seul. Développée conjointement avec la Cambridge University, cette vision d’un futur proche est exposée au musée d’art moderne, le MoMA, de New York. Le logiciel ASME (pour Anatomic Symbolic Mapper Engine) va constituer une évolution dans l’imagerie médicale et le suivi des malades. Il a consisté en une modélisation d’un patient en trois dimensions. Le résultat est une représentation virtuelle du corps humain d’une grande fidélité. Le médecin entre des informations sur la partie du corps à traiter. En retour, il reçoit des données au niveau des autres membres du patient et peut visualiser ses antécédents médicaux d’un seul coup d’œil. Un premier pas vers le soin électronique ? Ce chariot développé aux états-Unis devrait se déployer dans le monde entier. Le MediaCart est équipé d’un écran qui lui permet de vous donner une foule de renseignements durant vos courses. Localisation des produits, addition automatique du panier en temps réel au fur et à mesure de vos ajouts... Le chariot sera ainsi capable de vous reconnaître et de vous présenter la liste de vos courses les plus courantes.

Votre accident est servi !

Ce qui vous attend en 2010 !
La 3D. C’est l’une des grandes tendances au CES de Las Vegas, alors que les spectateurs du monde entier sont encore sous le charme d’Avatar, qui est toujours en tête du box office américain et s’affirme comme l’un des plus gros succès de l’année. Les fabricants d’écrans LCD (Sony, Panasonic...) présentent leurs modèles 3D, mais également les Blu-ray 3D, la première chaîne HD 3D (DirecTV 3D), et même les ordinateurs portables 3D (Acer). La console PS3 de Sony, qui intègre un lecteur de DVD Blu-ray, devrait être prochainement compatible grâce à une mise à jour du firmware. Des applications partout, mieux synchronisées. La consommation de contenus va de plus en plus passer par les applications, et plus seulement sur les smartphones ou Facebook, mais par exemple sur la télévision ou les lecteurs de livres électroniques. La prochaine étape consistera à développer des applications multi-plateformes, capables de fonctionner sur tous les appareils, et synchronisables. Autrement dit, des applications qui permettront d’accéder à son contenu depuis son PC, son téléphone portable, sa tablette Apple ou sa télévision indifféremment, quel que soit le système d’exploitation utilisé ou la marque de l’appareil, et sans avoir à transférer ses fichiers de l’un à l’autre.

Le cloud computing. La tendance est déjà bien amorcée, mais elle devrait se poursuivre, notamment avec le lancement des produits Microsoft Azure et Office Web Apps, des versions gratuites et online de sa suite bureautique, et celui de Chrome OS, le système d’exploitation de Google. Le cloud computing, qui consiste à déporter les applications sur des serveurs accessibles sur le Web, en les distribuant sous forme de service, permet d’alléger le système côté consommateur. Les médias testent le payant sur Internet et mobile. Pour
contrer la baisse des recettes publicitaires et des ventes des versions papier, les journaux et les magazines vont appliquer les stratégies élaborées en 2009, visant à inventer de nouveaux modèles de revenus. Les applications payantes pour téléphones mobiles, voire pour la tablette Apple, devraient se multiplier.

Le jeu vidéo sort de ses frontières. Le “social gaming”, ou jeu vidéo dans les réseaux sociaux, a eu son heure de gloire en 2009, tout comme le jeu sur mobile grâce à l’iPhone, le développeur spécialisé Tapulous affirmant même réaliser 1 million de dollars de chiffre d’affaires par mois sur l’App Store. En 2010, la tendance devrait se renforcer. Le jeu ne sera plus cantonné au PC ou à la console, mais s’épanouira sur Internet au delà des simples jeux casual et autres “Paf le chien” sur Facebook, avec des mécaniques plus complexes. Les écrans tactiles. Les smartphones ont montré le chemin, la technologie multitouch a rendu la chose aisée et amusante. L’écran de demain sera tactile. La technologie apparaît déjà sur les PC low cost, elle va investir les écrans 3D, les ordinateurs portables, les livres électroniques et les souris, comme celle d’Apple. Pas forcément pour le meilleur : si le tactile est pratique pour un petit terminal mobile, sur un grand écran, le nettoyage et les mouvements s’avèrent vite fatigants.

Assurances, Contrôle Technique, Alcool au volant

un accident
n’arrive jamais par accident
SÉCURITÉ ROUTIÈRE
MINISTÈRE DES TRANSPORTS

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RTG

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