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QUESTION ORALE DE MME SALVI À

MME TILLIEUX, MINISTRE DE L'EMPLOI ET
DE LA FORMATION, SUR
« L'ACCOMPAGNEMENT DES DEMANDEURS
D'EMPLOI EN SITUATION DE HANDICAP »
Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la
question orale de Mme Salvi à Mme Tillieux, Ministre
de l'Emploi et de la Formation, sur « l'accompagnement
des demandeurs d'emploi en situation de handicap ».
La parole est à Mme Salvi pour poser sa question.
Mme Salvi (cdH). - Madame la Ministre, je
voudrais vous interroger sur les personnes en situation
de handicap qui se retrouvent, autant que les
demandeurs d’emploi valides, frappées par la mesure
fédérale d’exclusion des allocations d’insertion ou
menacées de l’être à brève échéance.
Comme nous le savons, de nombreux bénéficiaires
de l’allocation d’insertion sont arrivés en fin de droit au
début du mois de janvier. Cette mesure d’exclusion
n’épargne pas toute une série de personnes souffrant
d’un handicap. Celles dont le handicap s’élève à au
moins 66 % peuvent solliciter une allocation de
remplacement. Toutes les autres n’auront d’autres
possibilités que de se tourner vers les CPAS ou de
dépendre de la solidarité de leur famille et de leurs
proches.
Il est vrai que le droit aux allocations d’insertion
peut être prolongé de 24 mois pour les personnes
reconnues handicapées à 33 % par l’ONEM et pour les
demandeurs d’emploi ayant des problèmes médicaux,
mentaux, psychiques ou psychiatriques, éventuellement
compliqués par des problèmes sociaux. Cette
prolongation obtenue résulte d'une double condition, la
condition d'inaptitude telle que je viens de l'énumérer,
mais aussi de collaborer activement à un trajet
d’accompagnement approprié, organisé ou reconnu par
le service régional pour l’emploi.
C'est cette deuxième condition qui semble bien
difficile à remplir, car quelle que soit la bonne volonté
des personnes, on sait que les services d’aide à
l’insertion professionnelle sont inondés de demandes
d’accompagnement qu’elles ne peuvent honorer.
Une longue liste d’associations a entrepris de
sensibiliser l’opinion publique et les décideurs
politiques dans une lettre ouverte adressée au Premier
ministre fédéral, aux ministres-présidents des Régions,
ainsi qu’aux ministres régionaux de l’Emploi, dont
vous-même. Elles dénoncent, notamment, l’absence de
concertation entre les niveaux de pouvoir, qui ne ferait
qu’aggraver le problème.
Si notre niveau de pouvoir n’est pas responsable de
cette situation alarmante, votre domaine de compétence
en matière d'accompagnement dans la recherche
d'emploi dont vous êtes la ministre de tutelle

est concerné.
Avez-vous déjà une estimation de la situation sur
tout ce qui est mesures d'accompagnement pour ces
différentes personnes ? Y a-t-il déjà une estimation du
nombre de demandes de personnes porteuses de
handicap qui, aujourd'hui, frappent à la porte de ces
organismes et qui sont en attente d'une réponse, puisque
cette condition d'accompagnement est une condition
pour la prolongation des 24 mois ?
Des efforts d’accompagnement particuliers peuventils être déployés pour maintenir ces personnes dans
leurs droits et leur éviter de sombrer dans la précarité ?
Elles auraient, plus que d’autres, toutes les peines à en
sortir et nous devons avoir une attention particulière sur
l'accompagnement de ces personnes plus fragilisées.
On parlait, en début de commission, des différentes
auditions que l'on devrait avoir le 21 avril. Je me
demande s'il ne serait pas intéressant d'avoir un focus
particulier pour les personnes plus fragilisées et voir la
manière avec laquelle nos organismes sont en capacité
de répondre à leur demande, aujourd'hui.
Mme la Présidente. - La parole est à Mme la
Ministre Tillieux.
Mme Tillieux, Ministre de l'Emploi et de la
Formation. - Madame la Députée, pour permettre aux
personnes en situation de handicap de bénéficier d'un
accompagnement approprié dans le cadre de
l'élargissement de leurs droits aux allocations
d'insertion, le FOREm a pris diverses mesures et a
adressé, notamment, un maximum d'informations à
l'attention de ce public cible pour agir avant l'expiration
de leurs droits.
Si cet accompagnement doit favoriser l'insertion
socioprofessionnelle, il a également pour effet de
prolonger la période durant laquelle ces personnes
bénéficient des allocations d'insertion. Vous le savez.
En termes d'accompagnement, les personnes
souffrant d'une incapacité de travail supérieure à 33 %,
telle que reconnue par l'ONEM, sont accompagnées par
un conseiller référent. Cet accompagnement repose sur
une interaction régulière avec le conseiller, mais
également sur l'intervention de différents acteurs et
partenaires du FOREm.
Les publics lourdement fragilisés sur le plan psychomédico-social peuvent bénéficient, quant à eux, d'une
prise en charge par une ou un assistant social. Celui-ci
ou celle-ci, grâce à son expertise spécifique et au réseau
d'opérateurs avec lequel il ou elle travaille au quotidien,
va identifier et mettre en œuvre un plan d'action visant à
lever les obstacles à l'insertion professionnelle.
Les assistants sociaux collaborent avec de nombreux
opérateurs, notamment les sociétés de logements
sociaux, l'AWIPH et ses services agréés et

P.W.- C.R.A.C. N° 103 (2014-2015) - Mardi 10 mars 2015

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subventionnés – il y a une convention qui lie le FOREm
et l'AWIPH – les CPAS, les services sociaux, les
services de surendettement, les centres de planning
familial, les services de santé mentale, les maisons
médicales et les services d'aide en milieu ouvert.
De plus, le FOREm a mis en place des structures
rassemblant des experts de la santé, du social et de
l'insertion socioprofessionnelle. Ces structures d'appui
sont chargées de soutenir l'action des assistants sociaux
du FOREm. Ceux-ci y présentent des situations
anonymisées sur la base d'un canevas prédéfini. Ces
situations sont alors débattues en séance et font l'objet
de propositions portées par des experts en termes de
pistes, de solutions à soumettre aux demandeurs
d'emploi, via les assistants sociaux qui sont les relais.
Ces rencontres permettent également d'établir un
cadastre des besoins non rencontrés par l'offre existante
et d'en faire état au FOREm, afin d'envisager la manière
dont on pourrait y répondre.
Enfin, pour renforcer l'offre de service en faveur de
ce type de public, le FOREm expérimente, actuellement,
un dispositif de prise en charge intégré au niveau des
directions régionales de Liège/Huy et de Charleroi.
Pour ce faire, le FOREm a sollicité des opérateurs
externes pour organiser la prise en charge de ce public
via un réseau multidisciplinaire et la technique du case
management.
Le réseau, composé d'opérateurs de formation et
d'insertion, mais aussi d'acteurs travaillant dans le
champ psycho-médico-social, est placé sous la
coordination d'un case manager vers lequel
convergeront les demandes de prises en charge
formulées par les assistants sociaux du FOREm.
Cette proposition de prise en charge particulière de
personnes fragilisées vise à maintenir ces personnes
dans la demande d'emploi en les faisant progresser vers
l'insertion. L'objectif est d'éviter toute forme
d'exclusion.
L'expérimentation prévue sur les territoires de
Liège/Huy et de Charleroi durera une année et fera
l'objet d'une évaluation, début 2016, pour pouvoir, le cas
échéant, envisager une pérennisation et un essaimage
sur le territoire.
Force est de constater que des efforts
d'accompagnement, qui sont d'ores et déjà déployés,
sont précieux pour éviter à ces personnes fragilisées de
sombrer dans la précarité. C'est là que nous devons
porter notre entière attention pour les soutenir.
Mme la Présidente. - La parole est à Mme Salvi.
Mme Salvi (cdH). - Je remercie Mme la Ministre
pour cette réponse détaillée sur tout le processus de
l'accompagnement tel qu'il a été conçu de façon
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théorique.
J'entends bien que la nouvelle expérimentation sur
Liège/Huy et Charleroi doit servir à éviter le risque que
ces personnes les plus fragilisées ne retombent dans des
situations précaires si l'accompagnement n'est pas
réalisé comme il se doit.
Si je vous entends bien, cette expérience pilote, elle
est nouvelle et il est difficile, me semble-t-il, de déjà
tirer des premières conclusions. Si on peut utiliser les
auditions pour qu'un focus soit mis sur ce type
d'accompagnement – j'en fais également la proposition à
la présidente – et sur la manière dont ces expériences
pilotes se mettent en place, cela en vaudrait la peine.
Je reviendrai vers vous d'ici quelques mois pour
avoir un premier bilan de la situation, puisque vous
savez que les différentes associations proches des
personnes porteuses de handicap sont extrêmement
sensibles à cette situation. On ne manquera pas de les
informer de ces expériences pilotes et de revenir pour
voir le résultat.
Mme la Présidente. - Je prends note de la demande
que vous formulez et que l'on transmettra à l'ensemble
de la commission.

QUESTION ORALE DE MME LEAL LOPEZ À
MME TILLIEUX, MINISTRE DE L'EMPLOI ET
DE LA FORMATION, SUR « LA FUSION DES
AGENCES DE DÉVELOPPEMENT LOCAL (ADL)
AVEC LES AGENCES DE GESTION DE
CENTRE-VILLE »
Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la
question orale de Mme Leal Lopez à Mme Tillieux,
Ministre de l'Emploi et de la Formation, sur « la fusion
des agences de développement local (ADL) avec les
agences de gestion de centre-ville ».
La parole est à Mme Leal Lopez pour poser sa
question.
Mme Leal Lopez (cdH). - Madame la Ministre, la
DPR prévoit explicitement la fusion de l’Agence de
développement local avec l’Agence de gestion de
centre-ville.
Si mes chiffres sont exacts, il y a, en Région
wallonne, plus ou moins une cinquantaine d'ADL et une
quinzaine de cellules de gestion de centre-ville.
Actuellement, la coordination et le suivi des ADL
sont assurés à la fois par l’UVCW et la DGO6, via un
partenariat précisant le rôle de chacun. Ainsi, l’UVCW
est notamment chargée de mettre en œuvre la
plateforme ADL qui regroupe toutes les ADL.
Une fusion des deux structures pose de nombreuses

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