Episode 41 : La santé –Troisième partie

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Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur notre Prophète bien-aimé.

Bienvenue à l’épisode de Suna‘ Al-Hayât (les Bâtisseurs de la vie). A chaque rencontre nous ajoutons une pierre à notre édifice et nous disons qui d’entre nous doit la porter et la mettre en place. C’est le troisième et dernier épisode au sujet de la santé après celui de la dernière fois où nous avons mis en exergue plusieurs problèmes et points pénibles. Nous avons parlé de la réalité amère des maladies non contagieuses dont le monde arabe est devenu le foyer. Nos pays ont le taux le plus élevé de cas de diabète, d’hypertension et d’obésité dans le monde et la plupart des eaux disponibles y sont polluées surtout dans les campagnes. Nous avons dit également que nos hôpitaux avaient besoin d’un système d’organisation pour améliorer leur qualité et nous avons mentionné le problème des médicaments dans tous les pays arabes.

Des nouvelles encore plus pénibles nous sont parvenues, assurant que l’image que nous avions exposée était véridique mais que la réforme devait commencer par les facultés de pharmacie et les ministères de la santé. Comment rectifier cet état des choses, amener les projets de doctorat et de magistère à servir cette optimisation et améliorer le standard des étudiants universitaires ? Il y aurait beaucoup à dire mais nous avons grand espoir de réaliser tout cela et de voir des jeunes mettre à exécution ce dont nous avons parlé la fois passée malgré sa grande difficulté.

Aujourd’hui, nous voulons aborder un sujet très différent de celui des hôpitaux et des médicaments. Une notion qui, si elle est exécutée et malgré le manque des moyens et les problèmes, peut être un baume. C’est la compassion, la délicatesse et le sourire affable, en un mot l’humanité des médecins et des bien-portants envers les malades. Oubliez-vous que la médecine est, à l’origine, un métier humanitaire ? L’imam AchChafi‘y a dit ces très belles paroles : “La science la plus noble après celle du licite et de l’illicite est la science médicale.” Ils lui demandèrent pourquoi et il répondit : “Parce que, Allah a envoyé le Prophète comme une grande miséricorde pour les humains et la médecine comme une petite.” Voyez-vous ce qu’en pense AchChafi‘y ?

Dans cet épisode, je vais donner quatre conseils aux médecins, quatre autres aux bien-portants et de même aux malades. Je veux aviver la compassion dans les cœurs des médecins et des bien-portants envers les malades et de ces derniers envers eux-mêmes. Mon intention est de diffuser cet épisode parmi les médecins et les bien-portants pour le leur rappeler et parmi les malades pour les aider à patienter.

Quoi dire aux médecins ? En premier lieu, ils doivent ressentir de la compassion et de la tendresse envers leurs malades. Je connais leurs conditions difficiles dans nos pays et surtout les jeunes d’entre eux. Je sais qu’ils terminent leurs études plus tard que leurs autres camarades du même âge qui sont peut-être déjà mariés avec des enfants. Également, qu’ils ont continuellement des examens à préparer pour devenir de bons médecins, que la compétition est très forte pour les jeunes à cause de leur grand nombre. De plus, dans ces conditions matérielles dures, ils ont envie de se marier et de vivre, ils doivent soigner leur apparence physique et sociale. Ils ne trouvent pas le bon enseignement auquel ils aspirent, leur avenir leur semble confus, la vie passe et ils se sentent découragés à la vue du grand nombre d’entre eux dans la même situation.

Tout cela ne m’empêche pas de leur dire que la compassion, la bonté et la tendresse ne coûtent pas d’argent. Je rappelle aux médecins nouvellement diplômés ce hadith qudussy qu’ils devraient étudier :

Allah, que Son nom soit exalté, dira au jour de la Résurrection : “Ô fils d’Adam, Je suis tombé malade et tu ne M’as point visité. Il dira : “Ô Seigneur et comment Vous visiterais-je quand Vous êtes le Seigneur des mondes ? ” Il dira : “N’as-tu pas su que Mon serviteur untel a été malade et tu ne l’as pas visité ? N’as-tu pas su que, si tu l’avais visité, tu M’aurais trouvé chez lui ? Ô fils, d’Adam, Je t’ai demandé à manger et tu ne M’en as point donné.” Il dira : “Ô Seigneur, et comment Vous donnerais-je à manger quand Vous êtes le Seigneur des mondes ?” Il dira : “N’as-tu pas su que Mon serviteur untel t’as demandé à manger et tu ne lui en as point donné et que, si tu l’avais nourri, tu aurais trouvé cela chez Moi ? Ô fils, d’Adam, Je t’ai demandé à boire et tu ne M’en as point donné.” Il dira : “Ô Seigneur, et comment Vous donnerais-je à boire quand Vous êtes le Seigneur des mondes ?” Il dira : “N’as-tu pas su que, Mon serviteur untel t’as demandé à boire et tu ne lui en as point donné et que, si tu lui en avais donné, tu M’aurais trouvé chez lui ? ” (Rapporté par Muslim)

Dans l’ancien beau temps de l’Islam, le médecin était appelé le compatissant ou le sauveur des croyants comme ‘Omar ibn Al-Khattâb était appelé l’Émir des croyants. Au jour de la Résurrection, il n’y aura pas d’autre personne du nom de Émir des croyants à part ‘ Omar mais de nombreux médecins seront des Sauveurs des croyants. Imaginez-vous ce jour lorsque Ar-Râzy (al-Razi) et Ibn Sîna (Avicenne) seront appelés et après eux docteur untel et doctoresse untel. Oui, les femmes sont plus qualifiées pour ces doux sentiments et je leur dis gardez-vous d’être grossières et rudes.

Les notions de compassion et de miséricorde ont tellement d’importance que les faqîh (légistes musulmans) ont affirmé que les médecins et infirmiers peuvent manquer la Salât en commun et celle du Vendredi si le bien du malade l’exige. On leur a demandé si c’est uniquement au moment des opérations chirurgicales et ils ont répondu que c’était le cas au moindre besoin du malade. Remarquez combien le soin des malades est important pour eux.

Savez-vous qui a été le précurseur du serment des médecins ? Les Musulmans au troisième siècle de l’année Hégire à l’époque des Abbassides. Je vais vous le lire et vous verrez combien en ce temps ils avaient de la compassion envers les malades : “ Je jure par Allah Seigneur de la vie et de la mort, donneur de la santé, créateur de la guérison et de tout remède et je rends témoins les Hommes pieux, hommes et femmes, d’être fidèle à ce serment, de respecter comme un père celui qui m’a appris ce métier, de considérer ses élèves comme mes frères et de leur apprendre ce métier s’ils en ont besoin sans rémunération ni condition, d’avoir une infime compassion pour tout malade et ses proches et de ne jamais manquer à son appel quoique cela me coûte, par miséricorde envers sa famille. Je ne pénétrerai les maisons que pour le bien des malades et non pour mal agir. Je garderai pour moi tout ce que j’y entendrai ou verrai qui ne concerne pas leur maladie.

Voyez-vous combien nous étions avancés du point de vue éthique ? C’est le premier sens que je voulais signaler et je regrette de dire que malgré que notre religion l’affirme, les occidentaux le pratiquent plus que nous. Connaissez-vous leurs hôpitaux pédiatriques ? Les chambres des enfants sont pleines de jouets, les médecins et les infirmières ne s’habillent pas en blanc pour ne pas les effrayer et prennent des cours de psychologie pour apprendre comment se comporter avec leurs petits malades qui les aiment beaucoup.

Un exemple encore plus flagrant. Voyez-vous parfois des images de ces jeunes dames évangélistes qui vivent en Afrique et portent dans les bras des enfants impotent et parfois même blessés ? Pourquoi le fontelles ? Parce qu’elles ont une mission religieuse à communiquer ? Et nous, n’en avons-nous pas une également ? Que chacun réponde pour lui-même et surtout les médecins. Savez-vous pourquoi notre maître ‘Îssa (Jésus) a été appelé le Messie ? C’est un mot d’origine arabe qui veut dire celui qui efface. C’était un grand médecin, il rendait la vue aux aveugles et débarrassait les lépreux de leur mal avec l’aide d’Allah en caressant l’endroit malade. Où sont les caresses des médecins d’aujourd’hui et le mot gentil plus efficace que tout médicament ? Nous avons envie de les voir.

Savez-vous comment étaient nos hôpitaux aux temps de la grande civilisation islamique ? Ils comprenaient des chambres où étaient jouées des comédies musicales. Des troupes payées venaient y exécuter leurs performances. Les Musulmans étaient-ils aussi raffinés en l’année 300 de l’ hégire ? On y observait une étonnante pratique. Des hommes assis dans les corridors, chantaient l’appel à la prière toute la nuit d’une voix douce assez haute, pour faire entendre les malades éveillés sans gêner les endormis et pour faire croire aux souffrants que l’aube attendue était proche.

Nous ne voulons pas nous décourager et penser tout le temps que les occidentaux sont meilleurs que nous. Nous avons des jeunes gens qui vont tout changer chez nous d’ici vingt ou trente ans. Notre idée de la renaissance n’est pas vaine, les spectateurs et les jeunes gens qui m’entendent vont la réaliser.

L’art de se comporter avec le malade et l’éthique du métier existe en occident de nos jours mais malheureusement n’est pas encore enseigné chez nous ou juste depuis une année ou deux. On y apprend une règle importante qui dit que le malade ne doit pas être dénudé sans sa permission. Je connais beaucoup de dames qui se sont plaintes à ce sujet. Les médecins ne le font pas avec mauvaise intention, mais le corps du malade lui appartient et personne ne peut le découvrir contre sa volonté même ses proches parents.

Je recommande instamment aux médecins de renouveler continuellement leurs connaissances. Ils ne peuvent dire nous avons terminé nos études ou nous n’avons pas du temps. Savez-vous pourquoi ? Parce que nous allons nous tenir devant Allah au jour de la Résurrection et le hadith nous dit : “L’homme ne

bougera pas d’un pas au jour de la Résurrection avant d’être questionné à propos de quatre choses : sa vie et à quoi il l’a passée, sa jeunesse et ce qu’il en a fait, sa santé et à quoi il l’a utilisée et son argent et à quoi il l’a dépensé.” Imaginez-vous, le médecin, debout au jour de la Résurrection avec un homme à qui Allah
demandera : “Qu’as-tu fait de ta santé et de ta vie ? ” Il répondra : “Ô Allah c’est ce médecin qui m’a fait perdre ma vie et ma jeunesse...” Il y a un verset qui dit –ce qui peut être traduit comme : “Ô les hommes ! Nous vous avons créés d’un

mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus pour que vous vous entre-connaissiez.” (TSC[i], Al-Houjourât ‘Les Appartements’ : 13.) Quelle est la relation entre ce verset et
notre sujet ? Allah a donné des particularités à chaque nation. Une d’entre elle fait une découverte et une seconde en fait une autre. Ainsi les gens ont besoin les uns des autres et les humains se complètent. J’ai une conviction personnelle que nous sommes responsables des maladies dans le monde parce que nous n’avons pas fait notre part de la recherche scientifique. Les médicaments nécessaires à d’autres nations auraient dû se trouver chez nous.

Comme dernier conseil aux médecins, je leur dis de rappeler Allah au malade. La cure au moyen de la foi est

plus bénéfique que celle des médicaments. Je vous en donne un exemple. Il y avait un médecin qui s’occupait des équipes de football égyptiennes. Les joueurs devaient faire des exercices fastidieux à cause de leurs innombrables répétitions. Lever les jambes tant de fois et les abaisser lentement et ainsi de suite. Le médecin eut une très bonne idée. Il était un homme pieux et il leur suggéra, au lieu de scander leur exercice avec le un, deux, trois habituel, de dire des formules de Dhikr (formules de rappel d’Allah) comme “la ilâh illa Allah” (il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah) ou “alhamdoulillâh” (louange à Allah). Les joueurs me racontent que, avec le Dhikr qui leur était compté comme des bonnes actions, ils avaient commencé à aimer ces exercices et à les exécuter sans s’en lasser.

Je m’adresse maintenant aux malades et je leur dis également quatre choses. Je connais les maladies existantes dans le monde arabe. A ceux qui ont une hépatite et aux diabétiques, je dis en premier lieu “Patientez”. Savez-vous que la patience n’a pas d’autre rétribution que le Paradis ? Celui qui supporte sa maladie avec patience rentre au Paradis. Je vais vous raconter une petite histoire. Ibn Mas‘ûd, un des Compagnons, avait rencontré, sur le chemin, ‘Atâ’ ibn Abi Rabâh, un des Tab‘îne (successeurs des Compagnons), et lui avait dit : “Veux-tu que je te montre une femme des habitants du Paradis ? Il lui désigna une vieille dame faible qui passait et ‘Atâ’ lui demanda d’où il savait qu’elle en était une. Ibn Mas‘ûd répondit : “Nous étions un jour assis avec le Messager d’Allah (BP sur lui) et cette dame vint lui dire : “ô

Messager d’Allah, je suis atteinte d’épilepsie et je me découvre lorsque je tombe à terre. Demande à Allah de me guérir. Le Messager lui répondit : “ Si tu veux, j’invoque Allah pour toi et Il te guérit et si tu veux tu patientes et tu rentres au Paradis.” Elle répondit : “Je patiente.” Voyez-vous ce que le Messager (BP sur lui)
lui a dit ? D’endurer la maladie pour aller au Paradis.

Un autre hadîth rapporté par Ibn Mass‘ûd dit : “Le malade ne reçoit pas de rétribution pour sa maladie mais ses fautes sont expiées.” Et encore un troisième : “J’ai entendu le Messager d’Allah (BP sur lui) dire : Aucun

mal n’atteint le Musulman fût-ce un peine, un malheur, une contrariété, une fatigue, une maladie ou même une simple piqûre d’épine sans qu’Allah ne lui réduise ses péchés.” Vous devez savoir que la maladie a une autre perspective, elle peut être vue d’un autre angle parce que “ ... les endurants auront leur pleine récompense sans compter.” (TSC, Az-Zoumar ‘Les Groupes’ : 10.) Au jour de la Résurrection, les gens
attendront leur compte debout tandis que les endurants se dirigeront directement vers le Paradis. La première chose que je recommande aux malades est la patience et nous avons le bel exemple de Ayûb (Job). Il est resté malade dix-huit ans sans pouvoir bouger. Sa femme lui demandait s’il n’en avait pas assez et il lui répondait : “Combien de temps avons-nous joui des grâces, quarante ans ? Et depuis combien de temps sommes-nous éprouvés, dix-huit ans ? Patientons jusqu’à ce que les deux laps de temps s’égalent.”

Je voudrais recommander également aux malades un sens encore plus beau que la patience et c’est la satisfaction envers tout ce que Allah donne. Une patience accompagnée de l’agrément qui est un mot magique. Parce que lorsque la peine et la fatigue arrivent et que l’assentiment vient, le mal s’efface, le visage s’épanouit et se déride et le cœur se rafraîchit. L’agrément c’est ne pas accuser Allah, faire la paix dans son cœur avec Lui et accepter Son choix quel qu’il soit. Les savants disent que ce consentement est situé à la majestueuse porte d’Allah. Celui qui la franchit se trouve dans le Paradis terrestre et le Paradis éternel lui est garanti.

Je veux faire savoir aux malades comme aux bien-portants que l’Islam nous exerce à l’acceptation de la volonté d’Allah comme aux exercices physiques. Le Prophète (BP sur lui) dit : “Celui qui dit au matin et au

soir trois fois “Je suis satisfait d’avoir Allah comme Seigneur, l’Islam comme religion et Mohammed (BP sur lui) comme prophète et messager”. Allah sans aucun doute lui garantira ce sentiment de satisfaction pour ce

jour. Imaginez l’exercice, son bienfait et sa rétribution. Celui qui dit à l’entente de l’appel à la prière “Je suis

satisfait d’avoir Allah comme Seigneur, l’Islam comme religion et Mohammed (BP sur lui) comme prophète et messager” se trouve inscrit parmi les habitants du Paradis. Comprenez-vous l’importance de l’agrément ? Voyez cette invocation du Messager (BP sur lui) : “Ô Allah, fais-moi accepter Ta sentence pour que je ne désire pas accélérer ce que tu as retardé ou ralentir ce que Tu as accéléré .” Également cette autre invocation, si vous n’êtes pas malade : “Ô Allah, je te demande de me nantir de l’agrément à la suite du verdict du destin.”

‘Imrâne ibn Huçayn, un majestueux compagnon fut longtemps malade. Il a gardé le lit pendant trente ans
au point qu’ils lui avaient fait un trou dans son lit pour recueillir son urine. Les gens rentraient chez lui et ne savaient que lui dire mais, lui, disait : “J’aime cette chose que Allah a voulu.” Ces paroles sont un remède pour les malades.

‘Urwa ibn Az-Zubayr, le neveu de ‘Â’icha, rendait visite au Prince des croyants à Damas accompagné de son
fils quand il tomba malade et ils durent lui couper le pied. Également son fils qui était allé jouer avec les chevaux dans l’étable du Prince des croyants fut écrasé par l’un de ces animaux et mourut. Les gens venaient lui rendre visite et ne savaient quoi lui dire. Mais lui disait : “Louange à Allah, j’avais huit enfants, Il m’en a pris un et m’a laissé sept, et j’avais quatre membres, Il m’en a pris un et m’en a laissé trois. Louange à Toi Allah, si Tu as pris Tu as laissé et si Tu as éprouvé Tu as pardonné. Loué sois-Tu pour ce que Tu as laissé et ce que Tu as pris.” Ainsi l’acceptation de la volonté d’Allah se trouve à la porte majestueuse d’Allah, qu’en pensez-vous les malades et les bien-portants ?

La troisième chose que je recommande est la multiplication de l’aumône. Le Messager (BP sur lui) dit : “Soignez les maladies de vos patients avec l’aumône.” Si vous avez un malade guérissez-le en donnant l’aumône. Je ne vais jamais oublier une histoire que j’ai vécue avec un ami. Il avait un fils de cinq ans qui avait commencé subitement à maigrir et à perdre l’appétit. Il avait un cancer du premier degré et était censé mourir dans deux ou trois mois. Imaginez-vous la souffrance du père ? Un jour ce dernier, en passant dans la rue, vit une vieille dame qui fouillait dans les poubelles. Il lui demanda pourquoi elle le faisait et elle répondit qu’elle avait quatre enfants qu’elle n’arrivait pas à nourrir. Mon ami l’emmena alors chez son boucher à qui il dit : “ Cette dame viendra te voir chaque mois et tu lui donneras cela et cela et je réglerai sa note ”. Ensuite il l’emmena chez l’épicier à qui il dit la même chose et chez le tailleur également. Voyez-vous l’art de faire l’aumône ? Il ne s’est pas contenté de lui donner un peu d’argent. Je jure par Allah et j’en étais témoin, après trois semaines, son fils malade commença à s’améliorer. Il l’emmena chez les médecins qui ne voulaient pas croire que c’était le même enfant. Mon ami dit qu’il n’y comprenait rien non plus jusqu’à ce qu’un jour en ouvrant un livre de hadith, il y trouva le hadith suivant : Soignez les maladies de vos patients avec l’aumône.” Il se rappela de la vieille dame et se prosterna en remerciements à Allah qui la lui avait envoyée.

La dernière chose que je recommande aux malades et de rester en action quelle que soit la maladie. Il ne faut ni se dorloter ni dorloter ses enfants malades. Nous sommes une Umma qui a besoin des efforts de tout son peuple. Il faut même que les vieux malades s’activent pour donner l’exemple aux jeunes qui sont tout le temps assis dans les cafés à s’amuser. Ils auront ainsi honte et réagiront.

Quoi dire après tout cela aux bien-portants ? Je leur dis : “rendez visite aux malades.” Pourquoi est-ce que ce devoir religieux nous est-il devenu si difficile à exécuter ? Le Prophète (BP sur lui) dit : “Soixante mille

Anges prient pour celui qui visite un malade jusqu’à ce qu’il finisse.” (rapporté par At-Termidhy). Savez-vous qui a rendu visite au Prophète (BP sur lui) lorsqu’il est tombé malade ? C’est Djibrîl (Gabriel paix sur lui). Il est
descendu du ciel non pas pour révéler du Coran mais juste pour lui rendre visite et lui dire des invocations de guérison.

Pendant que j’étais en Égypte et que nous voulions méditer, je partais avec mes amis et nous allions visiter les tombes. J’ai voulu le faire en Angleterre mais j’ai vu que les tombes y étaient très belles. J’ai alors emmené mes amis dans les hôpitaux des malades brûlés. Car ne pensez pas que la visite du malade est uniquement recommandée pour les malades de la famille. Je vous dis alors que si vous visitez un jour le département des brûlés dans un hôpital, votre culte envers Allah s’intensifiera plusieurs fois. Faîtes-le et je vous rappelle que la visite du malade n’est pas réservée aux proches. Allez vers les malades dans les hôpitaux et donnez-leur des cadeaux.

Je demande également aux bien-portants de rappeler Allah aux malades comme je l’ai recommandé aux médecins. Et je leur redis que le soin par la foi est plus efficace que les médicaments. Donnez aux malades des cassettes audio qui leur parlent d’Allah, parlez-leur de religion, récitez-leur du Coran et donnez-leur des Sebha (chapelet).

En troisième lieu, je recommande de faire des invocations pour le malade devant lui. Je vais vous apprendre une invocation du Messager (BP sur lui). Selon Ibn 'Abbâs (qu’Allah l’agrée), le Prophète (BP sur lui) a dit: “Celui qui rend visite à un malade dont le terme n'est pas encore venu et qui dit auprès de lui sept fois de

suite: "Je prie Dieu Le Très Grand, Le Maître du très grand Trône, de te guérir", voit aussitôt Dieu le guérir de cette maladie.” (Abou Dawùd et At-Tirmidhy) Et une autre invocation : selon ‘Â’icha, lorsque le Prophète (BP sur
lui) rendait visite à l'une de ses épouses malades. Il passait sa main droite sur l'endroit douloureux en disant: “Seigneur Dieu, Maître des Humains! Fais partir le mal. Guéris, c'est Toi qui guéris et il n'est de

guérison que la Tienne. Une guérison ne laissant après elle aucun mal”. (Al-Boukhâri, Mouslim). Vous devez
apprendre vous les médecins cette pratique tendre de caresser l’endroit malade, je vous assure que votre malade vous en sera très reconnaissant.

Le dernier conseil que je donne aux bien-portants est de traiter le malade infirme d’une façon naturelle. Ne lui faîtes pas sentir qu’il est malade. Remontez-lui le moral et dîtes-lui qu’il faut se lever et réussir. Si vous avez un fils dans cette condition ne vous laissez pas aller au chagrin, poussez-le à réussir sa vie. Je vais vous présenter un court métrage très impressionnant.

Le film présente une secrétaire assise sur une chaise roulante devant un bureau. Elle répond au téléphone et fait fonctionner le fax tout en étant assise sur sa chaise et nous adresse un beau sourire. Elle nous dit que le travail lui emplit toute sa vie et nous demande de considérer ses talents avant de considérer sa maladie.

Je récapitule donc les recommandations qui sont au nombre de quatre pour les médecins :

12-

La compassion et la tendresse. L’art de se comporter avec le malade.

34-

Le renouvellement incessant des connaissances. Le rappel d’Allah au malade.

Quatre pour les malades :

1234-

La patience. Le consentement qui va au-delà de la patience. L’aumône qui est plus bénéfique que les médicaments. Et ce qui est encore mieux que tout cela : La volonté de réussir.

Quatre aux bien-portants :

1234-

La visite des malades même s’ils ne sont pas des proches. Le rappel d’ Allah aux malades. Les invocations du Prophète (BP sur lui). L’aide morale aux malades en ne leur montrant pas de la pitié et en les encourageant à l’activité.

Cet épisode est fait pour des gens humains qui aiment leur prochain, pour les médecins au grand cœur qui désirent aller au Paradis et les bien-portants qui le désirent également.

La renaissance Européenne a été fondée sur le matérialisme tandis que la nôtre se base sur une humanité très profonde et un idéal très haut en vue du Paradis et de l’agrément d’Allah qui a dit au Prophète : “ Et

Nous ne t ‘avons envoyé qu’en miséricorde pour l’univers.” (TSC, Al-‘Anbiyâ’ ‘Les Prophètes’ : 107.)

J’aimerai vous voir mettre cet épisode en pratique parce qu’il est très facile. C’est le plus facile et le plus délicat de tout le programme de Sunnâa al-hayât (Les Bâtisseurs de la vie). Je prie Allah (exalté soit-Il) de le faire parvenir à tout le monde.

Je considère le prochain épisode comme le plus important du programme de Sunnâa al-hayât (Les Bâtisseurs de la vie). Nous y prenons un nouveau virage et je vous prie d’y assister parce que nous allons commencer à travailler très sérieusement. Je prie Allah (exalté soit-Il) de nous éclairer, de nous faire triompher et de nous donner le succès.

Je vous laisse en paix et à bientôt.

i] TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus]

.mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du saint Coran