Épisode 42 : La solution pour le chômage grâce à l’exploration -première partie

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Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, Seigneur de l’Univers et que Ses grâces et Sa paix soient accordées à Son Messager. Bienvenue dans un nouvel épisode des bâtisseurs de la vie. En réalité, cet épisode a un sens particulier pour moi et suscite chez moi des sentiments particuliers en plus d’être un épisode très important, peut-être même une charnière pour l’évolution de notre projet des bâtisseurs de la vie. Laissez-moi alors vous dire un petit mot d’espoir : l’avenir vous appartient… L’avenir du projet des bâtisseurs de la vie entre autres et la preuve est que le monde entier nous regarde en ce moment… Ils nous observent parce que nous avons le taux le plus élevé de jeunes. En effet, il n’y a pas d’autre endroit sur la planète où le pourcentage de jeunes est aussi élevé. De plus, notre région connaît, actuellement, un climat de tension dû aux attaques terroristes. Le monde vous regarde sous quatre angles. Le premier type de personnes nous regarde avec crainte. Ces personnes ont peur de vous parce que vous êtes nombreux et votre foi est de plus en plus forte. Ils se demandent si vous allez être à l’origine d’actes terroristes. Le deuxième regard est celui de l’expectatif attentif parce qu’il y a une partie du monde qui se demande si nous sommes muets à l’image d’une dalle de béton que personne ne comprend. Ils ne savent pas ce que nous voulons, ce que nous espérons et à quoi nous pensons et ils craignent que nous jaillissions à un moment donné comme un volcan. Le troisième type de personnes nous regarde avec pitié parce qu’il ne saisit pas comment ces millions de jeunes pleins de force et de foi avec des cœurs purs et sincères ne sont pas orientés et comment personne ne leur accorde de l’importance. Personne ne se soucie de savoir comment ces jeunes dépensent leur énergie, ils n’ont pas de terrains où ils peuvent faire du sport. Le quatrième type de personnes nous observe avec admiration. En effet, le monde voit que le destin de cette région va être transformé grâce à ces jeunes. Ce dernier type réalise que cette région du monde va connaître une révolution grâce à l’effort de ces jeunes. Ce que je viens de vous dire n’est pas que des paroles en l’air. Au contraire, il y a toute une science qui s’intéresse à l’avenir et comment il survient. Les experts qui étudient l’avenir du monde attestent que la prochaine génération de jeunes arabo-musulmans qui vont vivre dans cette région du monde réalisera une renaissance. Cette idée est la même que celle du projet des bâtisseurs de la vie. Donc, chers jeunes, laissez-moi vous rappeler que tous les cent ans, le monde change, les idées et les idéologies qui ont dominé la société humaine au cours du siècle cèdent la place à d’autres. Nous ne réalisons pas toujours comment la vie humaine évolue et comment de nouvelles choses surviennent. À l’heure actuelle, il y a une page qui se tourne et une nouvelle qui s’installe. Les quatre catégories de personnes qui nous regardent espèrent que ces jeunes bougent, produisent et soient des bâtisseurs de la vie même ceux qui ont peur de nous souhaitent que nous soyons des bâtisseurs de la vie, car, sans cela, notre région restera instable et le monde sera en danger permanent. Ainsi, le monde entier espère nous voir en bâtisseurs de la vie, travailleurs, actifs et surtout significativement productifs pour nos pays. Je vous souligne tout de même qu’il y a des signes positifs que certains vont déceler et d’autres non.«Lorsque vient le secours d'Allah ainsi que la victoire, et que tu vois les gens entrer en

foule dans la religion d'Allah, alors, par la louange, célèbre la gloire de ton Seigneur et implore Son pardon. Car c'est Lui le grand Accueillant au repentir.» (TSC[i], An-Nasr ‘Le secours’: 1-3.).
Quand ces versets ont été révélés, les gens les avaient compris différemment. Par exemple, il y avait ceux qui ont compris qu’Allah, le Très Haut, leur annonçait une grande victoire à venir. En fait, seul Abou Bakr avait saisi le vrai sens des versets qui signifiaient que le Prophète (BP sur lui) avait complété son message et que son décès était proche. Les versets indiquaient au Prophète (BP sur lui), que sa mission touchait à sa fin et que la responsabilité de diffuser l’islam incomberait aux Compagnons et c’est la raison pour laquelle Abou

Bakr a pleuré en les écoutant. Je vous rappelle cet événement car je crois que la période actuelle nous révèle des signes dans le même sens, des signes qui nous indiquent qu’il y aura une nouvelle génération qui prendra la responsabilité. La question qui se pose alors c’est de savoir si nous sommes prêts. Mais ceci n’est pas un sujet à traiter lors d’un seul épisode ni en quelques mots. C’est un sujet de patriotisme et c’est une question nationale, une question qui concerne tout le peuple arabe et dont nous avons parlé auparavant mais nous allons y revenir une deuxième fois. En fait, nous allons l’aborder aujourd’hui sous un angle différent. Il s’agit du chômage. C’est la catastrophe la plus désastreuse que connaisse le monde arabe, elle est plus dévastatrice que celle du Tsunami des pays de l’Asie du Sud-Est. Le Tsunami dure quelques minutes tandis que le chômage sévit dans nos sociétés depuis longtemps, depuis une dizaine d’années. Le chômage est un déluge plus dangereux qui risque de noyer tous les jeunes dont j’ai parlé au début, ces jeunes pleins de force, de foi et d’espoir. Comment le chômage va-t-il anéantir nos sociétés? Nous trouvons dans nos sociétés des femmes et des hommes qui sont capables de travailler, qui cherchent un emploi et n’en trouvent pas. 16 millions des 280 millions habitants de notre monde arabe ne trouvent pas d’emploi, en plus de ceux qui sont dans une situation de chômage masqué, autrement dit, ils disent qu’ils travaillent mais en réalité ils ne font rien. Vous imaginez la gravité de la situation? En 2003, le taux de chômage dans le monde était de 12% tandis que dans le monde arabe, il frôlait les 26,5%. Ainsi, pour 1000 personnes, nous avons 265 personnes qui ne travaillent pas. Alors, que deviendra ce chiffre en 2015? 80 millions selon le journal Al-Ahram publié avant-hier. Savez-vous ce que cela veut dire? Cela signifie que nous sommes au bord d’une catastrophe et non pas d’une renaissance. Vous réalisez que le chômage va toucher 80 millions de personnes dans le monde arabe. Ces prévisions sont corroborées par tous les responsables concernés. Le congrès de Davos et le rapport de l’ONU l’ont également confirmé. Saisissez-vous ce que 80 millions ou même 16 millions de chômeurs signifie? Cela veut dire qu’il y a plus de personnes qui vont sombrer dans la toxicomanie et le crime, plus de personnes qui vont détester leurs sociétés et qui vont menacer nos maisons et nos femmes. 16 millions de personnes n’ont pas de quoi manger, alors, ils vont nous détester et tous ceux qui vivent aisément et qui travaillent. La drogue va se répandre parmi nos enfants aussi et par conséquent, il y aura plus de violence et de terrorisme, il y aura une délinquance au niveau des idées et du comportement des gens, il y aura plus de célibat, plus de mariages Orfi (unions non officialisées), plus de prostitution et c’est ainsi que nous perdrons nos valeurs et même notre religion. Vous savez pertinemment que la sensibilisation par des milliers de leçons de religion ne donnera aucun effet auprès d’une personne qui a la trentaine et qui ne trouve pas d’emploi, et reçoit toujours son argent de poche de son père. C’est pour ça que je vous dis que le chômage est une question nationale car c’est un déluge qui dépasse de loin un Tsunami, Savez-vous quel est le plus important rapport publié mensuellement dans les pays développés? C’est celui sur les statistiques du chômage pour savoir s’il a augmenté ou diminué. C’est le plus important rapport dans les pays développés parce qu’il détermine entre autres la valeur de la devise du pays sur le marché international des devises. Le taux de chômage se reflète alors dans l’évolution d’une devise et plus encore, il peut causer la démission d’un gouvernement et l’élection d’un autre. Donc, la capacité de réduire le taux de chômage est cruciale pour une société et cela a toujours été le cas depuis bien longtemps. Nous désignons ainsi le responsable. Ceux qui assument cette responsabilité ne sont ni les jeunes, ni les bâtisseurs de la vie mais ce sont les gouvernements et ce, depuis longtemps, depuis ‘Omar Ibn Al-Khattab, qu’Allah, le Très Haut, soit satisfait de lui. Le Khalifa ‘Omar Ibn Al-Khattab marchait une fois la nuit et a entendu un nourrisson pleurer. Alors, il a demandé à sa mère de le calmer ce qu’elle n’a pas pu faire. ‘Omar Ibn AlKhattab s’est fâché et lui a demandé la raison pour laquelle le nourrisson ne voulait pas cesser de pleurer. La mère lui a dit qu’elle essayait de le sevrer car le gouvernement et le Khalifa ne leur versera pas d’aide tant qu’elle allaiterait son bébé. Donc, elle essayait de le sevrer le plus rapidement possible pour recevoir l’aide du gouvernement. En entendant ça, ‘Omar a pleuré et a ordonné de lui verser une aide sur le champ. Le problème du chômage ne sera réglé qu’à travers un large projet national auquel nous devons participer et

aider les gouvernements et non pas critiquer hostilement leur travail. Puisque nous voulons que nos jeunes aient des emplois, nous devons nous impliquer dans la solution, c’est notre rôle. Quand vous regardez l’histoire de l’islam, vous êtes fiers parce que vous constatez que le problème du chômage n’existait pas dans le monde musulman. Pourquoi? Savez-vous qu’en Andalousie, le premier fléau auquel les musulmans se sont attaqués était le chômage? Il existe même une citation d’Abdallah Ibn ‘Omar qui dit que la chose la plus néfaste dans la vie est le chômage. On lui a demandé alors pourquoi et Abdallah Ibn ‘Omar répondit parce qu’il est la mère de tous les péchés et qu’Allah, le Très Haut, nous a créés pour peupler (développer et faire fructifier) la terre. La question qui se pose de nos jours est de savoir pourquoi le chômage a atteint ces proportions dangereuses de nos jours. Le chômage s’est accru parce que nous n’avons pas d’organisme qui surveille le marché de l’emploi et analyse ses besoins en terme de compétences pour en faire part aux universités et écoles. A ma connaissance personne ne fait annuellement de rapport sur les besoins du marché de l’emploi et sur les compétences que les universités et écoles devraient développer. Comme résultat, nous avons des diplômés qui sortent des universités et dont le profil ne correspond à aucun besoin. De son côté, le marché de l’emploi manque de ressources qualifiées. Donc, il n’y a pas de cohérence entre les deux. Et année après année, ce décalage s’accentue. C’est pour ça que je dis qu’il s’agit d’une responsabilité du gouvernement, c’est ce dernier qui devrait coordonner les deux. La deuxième raison qui explique le problème du chômage est que nous n’avons pas de larges projets nationaux qui peuvent mobiliser les gens tels que le projet de Jbel Ali aux Émirats Arabes Unis. Nous n’avons pas de projet comme le grand barrage et les projets que nous avons entrepris par le passé ont échoué parce que l’argent se perdait et par conséquent, les jeunes qui devaient s’y impliquer sont devenus chômeurs ce qui explique pourquoi nous nous dirigeons vers les 80 millions de chômeurs. L’histoire ne pardonne pas. L’une des sociétés les plus célèbres de l’histoire islamique, celle des Mameloukes qui a vaincu les Tatars a sombré à cause du problème du chômage. Ils n’ont pas accordé l’attention nécessaire à l’embauche des jeunes et à la mise à contribution de leurs potentialités. Au contraire, ces derniers ont mis l’accent sur les rentrées faciles d’argent des taxes imposées au commerce international qui traversait leurs frontières terrestres et marines. Ceci leur a coûté leur règne puisque dès que les commerçants ont découvert le passage de Cap vert, leur pays a manqué de revenus. Nous allons certainement être d’accord sur une chose. Comme vous le voyez, j’avance étape par étape. Le chômage est un problème dangereux que les gouvernements devraient régler. Nous devons trouver une solution en y participant. Pourquoi participer? Parce que le chômage a atteint un niveau qui ne peut être diminué qu’à travers les petits projets, autrement dit les petites industries. Quand je dis petites industries, j’inclus là-dedans les projets manufacturiers et commerciaux qui offrent des produits et/ou des services, des projets qui peuvent être lancés par un petit groupe d’amis et qui embaucheraient quelques personnes. Le chômage est un problème mondial mais il est à des taux faibles ailleurs car les jeunes travaillent dans les petits projets. Il n’y a d’autres solutions meilleures que celle-là. Si vous regardez tout pays développé, vous noterez que les employés de sociétés multinationales représentent 30% de la population active. Donc, les 70% restants représentent des petits projets que les jeunes ont mis sur pied. Mais pour réussir, les petits projets doivent avoir cinq caractéristiques : 1) Ils doivent avoir un avantage concurrentiel. Par exemple, vous pouvez produire quelque chose que la Chine produit beaucoup moins cher et par conséquent, ne pas pouvoir gagner de marché et perdre le capital investi. Nous devons choisir des projets où nous avons une caractéristique distinctive. Il faut se poser la question de savoir quelle est la particularité que l’Égypte a par exemple. Vous devons répondre à ce genre de questions et c’est tout un défi. Trouver un financement, Donner une formation au personnel,

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Assurer une commercialisation pour vos produits, Avoir un environnement administratif favorable, par exemple des avantages fiscaux pour les jeunes. Vous allez croire que je complique la situation. Je vous le dis encore une fois, il faut des idées et de l’argent, bien sûr pas de grosses sommes d’argent, il faut apprendre un peu comment fonctionne une usine si le projet est une manufacture et comment faire une analyse de marché, penser comment commercialiser les produits et avoir une aide administrative. Nous n’avons pas encore ce genre de choses dans nos pays.

Mais, pour vous montrer que ce genre de choses n’est pas insurmontable et qu’il faut juste trouver des gens prêts à s’impliquer, je vais vous raconter des exemples du Bangladesh, de l’Arabie Saoudite et un autre des bâtisseurs de la vie. Oui, nous allons apprendre du Bangladesh. N’oubliez pas que le Japon a envoyé, à un moment donné, une mission de penseurs et d’experts pour rencontrer en Égypte Mohamed Ali Bacha pour comprendre comment réaliser une renaissance. Regardez où le Japon en est aujourd’hui par rapport à nous. J’ai peur que le Bangladesh rejoigne le Japon alors que nous, nous restons au même point de départ. Il ne s’agit quand même pas de n’importe quel exemple au Bangladesh. C’est un homme qui s’appelle Mohamed Younes et qui enseignait à l’Université et plus particulièrement à la faculté d’économie et de sciences politiques. Il enseignait aux étudiants les théories économiques modernes et il partait toujours en se demandant comment l’économie s’est développée et mondialisée et comment les pays réussissent. Il raconte qu’il marchait dans les rues de Dhaka et trouvait des gens nus pieds qui mourraient de faim. Il a eu honte de lui, lui qui enseignait à l’université comme dans les films américains. Il a décidé alors de laisser de côté son costume et sa cravate et de partir dans les villages pour chercher les vraies réponses à ces questions. Il voulait savoir comment les gens réussissent et comment les aider à y arriver. Il a laissé tomber son poste de professeur et s’est mis au travail. Il est parti voir une femme qui concevait des chaises et lui a demandé combien l’unité lui coûtait et à combien elle la vendait. Elle lui a dit que ça lui coûtait 5 Taka pour produire une chaise et qu’elle la revendait à 5,5. Younes a été surpris parce que la même chaise se vendait par le détaillant à 30 Taka l’unité. Il lui a proposé alors de lui donner 5 Taka pour produire chaque chaise et de la revendre à 30 et de diviser les revenus de ventes par deux à parts égales. Younes a conclu donc ce marché avec cette femme qui est devenue par la suite propriétaire d’un petit projet. Puis il a fait la même chose avec une autre famille et ça a réussi. Il a décidé ensuite de refaire cette expérience avec tout le village. Il est allé à la banque pour leur demander de financer ce projet pour les gens du village. Les banquiers lui ont répondu que ces gens étaient pauvres et que les banques ne prêtaient qu’aux gens nantis. Il leur a proposé d’hypothéquer tous ses biens, sa voiture pour que ce village ait le financement nécessaire à leurs petits projets. Ils l’ont pris pour un fou mais ils ont accepté d’accorder les prêts s’il en était le garant. Il a mis tout son argent dans ce projet. Sa femme a demandé le divorce à cause de ça, elle lui a dit qu’elle avait épousé un professeur d’université et non un mendiant, elle a eu son divorce et Younes a hypothéqué sa voiture et sa maison. Que s’est-il donc passé par la suite? Le village a réussi et s’est transformé en une population productive qui ne manque plus de nourriture. Mohamed Younes a compris l’équation simple et a décidé de répéter l’expérience. Il est allé à la banque pour avoir un compte à lui seul pour financer lui-même la zone entière. Après deux ans de refus, la banque lui a accordé le prêt et encore une fois les projets ont réussi. Le succès de Mohamed Younes ne s’arrête pas là, il a fondé lui-même une grande banque qu’il a nommé «Banque des pauvres» (Grameen Bank) devenue par la suite l’une des plus célèbres banques au Bangladesh. Grameen Bank a une clientèle qui atteint à l’heure actuelle 2,5 millions de pauvres. D’ailleurs, même les États-Unis se sont servis des conseils de Mohamed Younes pour traiter les problèmes de pauvreté qui sévissent dans certaines régions du pays. Mohamed Younes existe dans 50 pays au monde sauf dans les pays arabes. Il a réussi et son exemple a eu des échos dans le monde entier. Alors, dès aujourd’hui, le monde doit entendre parler de nous aussi. Vous voulez que je transmettre vos voix, vous voulez que le monde sache que nos jeunes sont sérieux et non pas des bons à rien. Mohamed Younes était la première expérience. Voyons ensemble le deuxième

exemple, celui d’une entreprise. Les entreprises ont été définies par le passé comme étant des structures de recherche du profit. Mais il est apparu un autre genre d’entreprises ces derniers temps. Nous avons vu la naissance d’entreprises qui avaient des principes, des valeurs et des sentiments. Comment? C’est quand les entreprises mettent en parallèle à leur objectif économique traditionnel un deuxième objectif humain. Les deux objectifs sont poursuivis de façon égale. Autrement dit, les dirigeants de ces sociétés vont consacrer le même temps pour les deux objectifs si ce n’est parfois plus pour le côté humain que pour le côté économique. De plus, ces entreprises ont des millions et existent réellement. Le Japon est le premier pays qui a vu l’apparition de ce type d’entreprises appelées entreprises éthiques. Notre exemple est celui d’une entreprise qui détient la franchise Toyota en Arabie Saoudite, il s’agit de la compagnie Abdel Allatif Al-Jamil qui a mis en place une institution réservée aux projets à petite échelle et à dimension caritative et dont la mission consiste à former des jeunes et à les entraîner à ce genre de projets. Nous avons avec nous Ibrahim Ba Daoud qui est responsable de la section petits projets à la compagnie Abdel Allatif Al-Jamil, concessionnaire officiel de Toyota. Écoutons ensemble Ibrahim et regardons avec fierté comment cette entreprise a des principes nobles. Alors, chers professeurs universitaires et hommes d’affaires, nous avons vu l’exemple de Mohamed Younes et voilà l’exemple de la compagnie Abdel Allatif Al-Jamil. M. Ibrahim, nous sommes heureux de vous avoir parmi nous et nous vous souhaitons la bienvenue. Ibrahim Daoud : Je vous remercie pour cette invitation. Notre expérience ressemble à celle de Mohamed Younes, ça a commencé avec 10 jeunes que nous avons choisis pour réaliser le programme des taxis. Maintenant, nous disposons de 500 jeunes qui travaillent dans ce domaine depuis deux ans à Jedda, Riyad et Dammam. C’est ce qui nous a encouragés à mettre en place une direction indépendante que nous avons nommée «Le programme d’Abdel Allatif Jamil de services à la société». Bien sûr, ce programme est un exemple qui provient, comme vous l’avez dit au début de l’émission, du sentiment du devoir envers le pays et les citoyens. Ce sont des exemples que nous essayons de réaliser pour encourager les autres à en faire beaucoup plus. Ce ne sont pas des exemples de projets qui visent le profit mais la réalisation de petits projets grâce à la formation et le perfectionnement. Nous avons mis en place trois comptes. L’un pour le projet d’Abdel Allatif pour la formation professionnelle et des métiers d’artisanat, le deuxième compte pour subventionner les petits projets et le troisième compte pour le développement administratif et les programmes sociaux et de santé. Le premier compte, celui de la formation professionnelle et artisanale, nous permet d’offrir des opportunités d’emploi aux jeunes qui sont venus apprendre un métier. Ces jeunes doivent s’entraîner au départ avant de commencer un métier et de cette façon, ils pourront accomplir à la perfection leurs tâches. Les jeunes n’ont pas d’argent pour suivre ces formations mais grâce à notre compte, ils peuvent avoir un prêt pour être formés et chercher par la suite un métier. Les domaines concernés par ce compte sont divers, des secteurs comme la construction, l’électricité, la couture, la forge, le secteur automobile et de la santé et pour les femmes bien sûr, il y a des domaines comme la couture, la décoration, la préparation alimentaire, les métiers d’artisanat et l’esthétique. Nous avons créé un institut que nous avons nommé Institut Nafissa Chems pour la formation professionnelle et les métiers d’artisanat pour femmes. Dans cet institut, nous formons des femmes dans les domaines de la cuisine, de la couture, de la photographie et de l’esthétique. Pour commencer avec des petits projets au début, nous leur accordons un financement nécessaire et à travers notre projet, nous les aidons aussi au niveau du processus de commercialisation. Grâce à notre compte, nous prévoyons créer, d’ici 2009, 20700 opportunités d’emploi. Nous avons créé un autre compte sous le nom «les petits projets, compte d’Abdel Allatif Jamil». Tout jeune qui a la volonté d’initier un petit projet mais qui manque d’idées et d’argent et qui cherche des idées correspondant à ses capacités et ses compétences peut bénéficier d’un financement et d’une étude de faisabilité. Nous avons aussi préparé en collaboration avec le projet de Garmeen du Bangladesh un programme spécial aux familles pauvres. Ces dernières peuvent bénéficier de prêts collectifs. Dans ce programme, nous avons plus que 1500 familles bénéficiaires. Voilà une brève description de notre projet et je vous donne notre adresse en Arabie Saoudite où nous sommes actifs pour le moment mais ISA nous prévoyons de nous déployer dans les pays où la

société d’Abdel Allatif Jamil existe à savoir l’Égypte, l’Algérie, la Turquie, le Soudan et le Maroc, etc. Amr Khaled : Je vous remercie Monsieur Ibrahim et qu’Allah, le Très Haut, vous récompense. Le troisième modèle est celui des bâtisseurs de la vie. Vous rappelez-vous de l’épisode des bâtisseurs de la vie concernant le chômage? Nous avons dit que nous allions ouvrir un bureau consultatif dont le but serait d’aider les jeunes en leur offrant le soutien d’experts sur Internet (www.amrkhaled.net). Les experts se sont enregistrés et les jeunes peuvent rentrer et faire part de leurs demandes en terme de projets. Notre soutien peut prendre plusieurs formes. Nous avons reçu à date les demandes de 12000 jeunes et ce en deux mois seulement. 12000 jeunes qui nous ont envoyé des idées et des suggestions, il y en a même 600 d’entre eux qui ont commencé effectivement à réaliser des projets et qui sont en contact avec nos experts. Certains jeunes se sont rencontrés sur le net, ont travaillé ensemble et développé des produits. Écoutons ensemble la troisième expérience. Nous avons avec nous l’un des experts qui s’est inscrit sur le net, il s’agit du premier inscrit, quelqu’un qui a travaillé jour et nuit sur Internet et qui bien réussi dans son entreprise, c’est un expert en commercialisation et en étude de faisabilité. Je vous laisse avec Monsieur Haitam Diab qui va nous expliquer cette expérience. Monsieur Haitam Diab : Je suis l’une des personnes qui se sont inscrites au bureau consultatif et j’ai eu le plaisir de recevoir quelques demandes spéciales concernant certains produits que nous allons voir. En réalité, les jeunes avaient de nombreuses idées et rêves que nous avons transformés en projets concrets. Je vais vous présenter une chose simple que les jeunes ont su réaliser. Il s’agit d’un chevalet pour livres, un chevalet que nous trouvons dans toutes les bibliothèques même celle du Congrès aux USA et que nous utilisons aussi dans nos maisons. Avec un reste de tôle que nous trouvons partout nous pouvons produire des formes de chevalets. Par la suite, nous utilisons un piston manuel comme celui que nous allons voir maintenant. Ce piston n’a pas besoin d’électricité et coûte entre 300 et 500 livres égyptiennes (environ 100 dollars américains). Bien sûr, le piston utilisé pour produire les chevalets de livres est plus grand que celui que vous avez devant vous. Après ça, nous prenons un morceau de tôle et nous le déposons dans le piston pour découper et plier le tout pour en faire un chevalet grâce à la rotation manuelle. À la fin, nous enduisons le chevalet de peinture. Puisque nous sommes entrain de parler des bonnes nouvelles, je vous annonce que ce produit a été fabriqué, distribué et a même généré un gain. Le deuxième succès concerne un projet qui utilise les restes de mousse issus de pantoufles de maison découpées grâce aux trancheuses utilisées par les femmes au foyer pour faire des pâtes. Notre ami a découpé cette matière et fabriqué grâce à elle les formes que nous voyons devant nous. Il a imbriqué ces morceaux de mousse bleue avec d’autres qui sont rouges pour en faire ce jouet éducatif simple qui a été vendu et qui a généré des gains. Le troisième succès a été réalisé par des jeunes de la faculté de génie de l’université de Mansourah. Ces derniers ont fabriqué des jouets pour enfants (poupées) dont M. Amr Khaled a parlé dans l’une des émissions. Et voilà le premier modèle qui a été fabriqué par ces jeunes qui ont récupéré tout d’abord des restes de vêtements des usines et conçu la forme. Ces jouets sont sur le point d’être commercialisés Insh’Allah. Le quatrième produit est la bougie. C’est l’un des produits proposés par la sœur Ghada Sultan de l’université de Tanta. Elle a commencé au début par des modèles élémentaires sans couleurs et parfum mais à la fin, elle est arrivée au modèle que nous voyons devant nous. Comme nous le savons c’est un produit demandé par les marchés européens et américains et que nous importons par millions de dollars. Donc, il y a une occasion pour réussir ensemble. À la fin, j’aimerais adresser un petit mot à nos frères experts et consultants dans le monde entier : «Pouvezvous consacrer de votre temps une heure par jour ou deux heures au maximum et fournir un effort. Allah, le Très Haut, dit –ce qui peut être traduit comme : «Vous n'atteindrez la (vraie) piété, que si vous

faites largesses de ce que vous chérissez. Tout ce dont vous faites largesses, Allah le sait certainement bien.» (TSC, ‘Al-‘Imrân ‘La Famille d’Imran’ : 92). Ces jeunes rencontreront Allah, le
Très Haut, le jour du Jugement avec ces produits et les experts aussi avec leur soutien à ces jeunes. Merci beaucoup.

Amr Khaled : Après avoir parlé du chômage, je veux vous dire que tout ça ne suffit pas pour réaliser un progrès et créer 80 millions d’emplois. Ces exemples de jeunes qui prennent l’initiative que nous vous avons présentés ne représentent pas la majorité. La grande partie est silencieuse et se demande pourquoi travailler. Nous voulons que ceux-ci se réveillent et bougent avec nous. Mais qu’est-ce qui leur est demandé? Tout ce que vous avez vu précédemment dans l’épisode était pour vous préparer à ce que je veux vous dire maintenant. Nous voulons que le monde entier entende parler de nous. Nous voulons réaliser quelque chose de formidable. Nous voulons parler avec une même voix au lieu de parler chacun de son côté. Comment? Nous voulons réaliser un sondage pour poser aux jeunes, femmes, hommes et parents du monde arabe des questions précises. Nous voulons transformer le monde entier. Nous voulons avoir des institutions multiples. Les sociétés d’Abdel Allatif Al-Jamil et de Mohamed Younes ne suffisent pas. Nous voulons faire face à un déluge qui s’approche avec ses 80 millions de chômeurs. Nous devons mettre sur pied de grandes organisations sans but lucratif qui offrent la formation, la commercialisation, le financement et les idées pour les jeunes et qui exigent des gouvernements la modification des conditions fiscales pour les jeunes. Ces organisations ne pourront voir le jour que s’il y a collaboration entre l’occident et l’orient. Pour ce faire, nous devons leur faire entendre notre voix. Nous avons préparé un sondage grâce au travail de professeurs experts en statistiques des facultés d’économie. Nous avons à la fin abouti à 15 questions qui seront le point de départ pour aborder le monde. Nous voulons bien sûr la participation de millions de personnes et à la fin, je ferai parvenir votre voix aux grandes institutions internationales (gouvernements, peuples, pays, hommes d’affaires). Je réalise que cette affaire est une question nationale que je dois porter sur mes épaules. En un mois, j’ai visité plusieurs pays et rencontré plusieurs hommes d’affaires et institutions. Je suis allé à la société Abdel Allatif Al-Jamil, j’ai rencontré Mohamed Younes et tous ceux qui sont prêts à aider immédiatement mais qui ne croient pas en les jeunes. Un homme d’affaires m’a dit que les jeunes veulent travailler mais qu’ils sont gâtés. Je lui ai confirmé qu’au contraire les jeunes veulent travailler et devenir productifs mais qu’ils n’ont pas eu d’occasions d’emploi. Je leur ai promis que je leur transmettrai la voix des jeunes. Je leur ai confirmé que même les jeunes qui semblent être fainéants travailleront et produiront une fois qu’ils auront eu l’opportunité d’emploi. Alors, allez-vous m’aider pour réaliser le sondage et ouvrir les portes du monde pour leur faire entendre notre voix? Vous rappelez-vous l’histoire du copte qui est parti dénoncer chez ‘Omar Ibn Al-Khattab le fait que Ibn Amrou Ibn Al ‘Aç l’avait frappé parce qu’il l’avait vaincu dans une course de chevaux et qu’il lui a dit : «comment peux-tu me vaincre, moi le fils des dignes». Vous souvenez-vous de cette histoire? Qu’est-ce que le copte a fait? Il est parti d’Égypte et s’est rendu à Médine pour réclamer son droit auprès du Calife ‘Omar Ibn Al-Khattab. Ce dernier lui a donné un fouet, a convoqué Ibn ‘Amr Ibn Al ‘Aç, a demandé au copte de se faire justice et a dit à Ibn ‘Amr Ibn Al ‘Aç : «quand est-ce que vous avez fait des gens libres des esclaves?». Nous racontons cette histoire et nous sommes fiers d’’Omar Ibn Al-Khattab. Aujourd’hui, je vous dis qu’il faut être fier du copte qui a eu une attitude positive et qui a insisté pour avoir son droit malgré le long voyage entre l’Égypte et Médine. Ce sondage est un cri comme celui du copte. Sans l’initiative de ce copte, ’Omar Ibn Al-Khattab n’aurait jamais eu à faire ce geste et à dire cette phrase célèbre qui fait aujourd’hui partie des lois des Nations Unies. Allez les jeunes, je vous accorde cette chance pour faire entendre votre voix à tout le monde. Vous imaginez si nous avions cinq millions de réponses à notre sondage? Sans aucun doute, le monde entier nous écoutera. À ce moment-là, le monde entier nous prêtera oreille car ils ne peuvent pas ignorer les chiffres. Les chiffres parleront pour eux-mêmes et les inciteront à mettre sur pied des institutions pour aider les jeunes. Parmi les questions du sondage :

1. 2.

As-tu un métier ou emploi stable à l’heure actuelle? Oui ou non. Si tu es étudiant, penses-tu avoir l’opportunité de trouver un emploi stable et convenable après obtention de ton diplôme?

3.

Si tu travailles, à ton avis, qui est le responsable qui devrait créer des opportunités d’emploi et de travail pour toi et pour tes semblables pour les dix prochaines années?

4.

Si tu es étudiant ou chômeur, crois-tu que la recherche d’emploi est la plus importante de tes priorités ou l’une des plus importantes avec d’autres objectifs ou une des nombreuses priorités?

5.

A la lumière du taux de chômage qui touche le monde arabe et qui frôle le 26,6%, croistu devoir attendre un emploi ou commencer un projet propre à toi à condition qu’il y ait d’autres partenaires qui aident par le financement, la formation et la commercialisation des produits ou bien es-tu prêt à commencer immédiatement un petit projet privé ou apprendre un métier sans attendre l’aide de qui que ce soit?

6.

Si tu veux commencer un emploi ou un projet propre à toi, sais-tu comment avoir le financement nécessaire? Oui ou non.

7.

Les jeunes rencontrent plusieurs difficultés pour mettre sur pied des projets privés dans leurs pays, choisis quatre de ces difficultés qui sont proposées : le manque d’opportunités de formation, la corruption dans l’administration, l’absence de marché pour les produits, la compétition en provenance des grandes entreprises.

8.

Si tu veux commencer un emploi ou un projet propre à toi, sais-tu comment avoir la formation nécessaire pour le début de ton travail? Oui ou non.

9.

Si tu es investisseur ou homme d’affaire ou ayant de l’argent, es-tu prêt à financer les petits projets des jeunes pour réduire le chômage?

10.

Si tu es expert en formation et en gestion, es-tu prêt à offrir une partie de ton expertise aux jeunes?

11. Si tu es parent d’un jeune à l’école ou à l’université, es-tu d’accord pour que ton fils ou ta fille mette sur pied un projet privé au lieu d’attendre un emploi? 12. Si tu es parent d’un jeune à l’école ou à l’université, es-tu d’accord pour que ton fils ou ta fille apprenne un métier qu’il ou elle pourra parfaitement maîtriser? Faîtes attention, plus les réponses sont nombreuses plus nous saurons définir la problématique. Le sondage n’est pas destiné aux jeunes seulement mais aux hommes d’affaires et aux parents. Nous voulons que des millions y participent. Nous voulons des millions de réponses. Qu’est-ce que vous en pensez? Nous voulons que tout le monde réponde, partout, université ou école. Travaillons et fournissons un effort important pour diffuser le sondage. Ne me dîtes pas que vous avez des examens. Je suis sûr que vous pouvez le diffuser aux gens. Nous ne plaisantons pas dans ce projet. C’est une question nationale et pas des mots simples lus dans les journaux. Nous voulons que le sondage soit diffusé dans les mosquées, les clubs, les universités, les écoles, les églises et tout autre lieu. Répondez même s’il n’y a qu’une seule question qui vous concerne dans le sondage. Collectez le maximum de sondages et enregistrez-les sur le site Internet (www.amrkhaled.net) une seule fois, ou bien communiquez-les à l’émission par téléphone, par fax ou par courrier. Collectez le maximum de réponses d’un seul coup. Nous visons des millions. C’est une mission difficile mais faisable. Vous avez tous les moyens pour la réaliser. Réunissez les gens et mobilisez-vous rapidement avant les examens pour que les étudiants et les élèves participent avec nous. Le sondage est accessible sur le site Internet, répondez en ligne et imprimez des copies pour les distribuer à vos collègues. Je compte aussi sur

tous ceux qui travaillent dans des entreprises, tous les clubs des bâtisseurs de la vie et même les femmes aux foyers. Et Insh’Allah nous réussirons et je vous promets que je transmettrai votre voix au monde entier.

Wa Salamou Alaikoum Wa Rahmatou Allah Wa Barakatouh.

i]

TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus]

.mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du saint Coran

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