Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Institut CERCO COTE D’IVOIRE

LA BRVM ET LE FINANCEMENT DES
ENTREPRISES DANS L'UEMOA

Présenté pour l’obtention du MASTER II
Option : FINANCE BANQUE ASSURANCE

Présenté et soutenu publiquement par
SOW N’DRI HAMED

Préparé sous la direction de
PATRICK BLEDE

Année académique : 2013-2014

DÉDICACE

A ma maman chérie, Virginie que j’aime et j’admire,
A mon oncle Salif, mon papa même je dirais,
Et à mes frères et sœurs…

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REMERCIEMENTS

Je tiens en premier lieu à témoigner ma profonde reconnaissance envers M. PATRICK
BLEDE, qui dirigea ce travail et dont les remarques, les conseils et les encouragements furent
déterminants tout au long de cette recherche. Je lui exprime toute ma gratitude et mes plus
sincères remerciements pour tout ce qu’il m’a apporté et pour la confiance et le privilège qu’il
m’a accordé en acceptant d’être mon directeur de mémoire.
Ma reconnaissance va également à tous mes condisciples, particulièrement SIEHI
TOH SERVAIS qui a été d’un soutien incommensurable et qui n’a pas hésité à me donner un
peu de son temps précieux lors de la réalisation de ce travail.
Je tiens également à remercier

Mme Eliane Alangba, Responsable marché des

capitaux NSIA FINANCE, M. Hermann Takri, maitre de conférences ITB PARIS, M. HenriMichel Gbogou, Responsable des Operations, pour leur disponibilité, leurs critiques
constructives et aussi de m’avoir offert ma première immersion en entreprise.
Cette recherche doit beaucoup à l’ensemble du personnel de la Bourse Régionale des
Valeurs Mobilières d’Abidjan, du personnel de NSIA FINANCE et aussi celui du GROUPE
CERCO.
Sans être exhaustif, mes remerciements vont tout particulièrement à Madame Aminata
Fofana cadre à la BRVM pour sa coopération et ses conseils, qui m’ont permis de parfaire les
outils d’investigation et de réaliser l’enquête de recherche.
Je renouvelle mes vifs remerciements à mes amis, mes compagnons d’armes comme
j’aime à le dire souvent, Candicio, Silver, Pafadnam, Sorho, Servais, Fernand… pour leurs
aides et leurs encouragements tout au long de ce travail.
Je ne peux oublier tous ceux qui m’ont soutenu et m’ont encouragé dans les moments
critiques.
Enfin, ma pensée va à mes parents, mes frères et sœurs particulièrement à maman qui m’a
donné le sens de la persévérance, et à qui je voue un amour incommensurable. Qu’ils
retrouvent dans ce travail ma plus profonde reconnaissance pour leurs soutiens inestimables.

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SOMMAIRE

1ERE PARTIE: PRÉSENTATION DU MARCHE BOURSIER RÉGIONAL DE
L'UEMOA
 CHAPITRE I : PRÉSENTATION DU MARCHE FINANCIER RÉGIONAL DE
L'UEMOA
 CHAPITRE II : PRÉSENTATION DE LA BRVM

II eme PARTIE: DIAGNOSTIC CRITIQUE DU FINANCEMENT DES
ENTREPRISES PAR LA BOURSE RÉGIONALE DE VALEURS MOBILIÈRES
 CHAPITRE I: DÉMARCHE METHOLOGIQUE
 CHAPITRE II : CRITIQUE DU MODE DE FINANCEMENT DES ENTREPRISES
PAR LA BRVM DANS L'UEMOA

IIIe PARTIE : RECOMMANDATIONS POUR UNE MEILLEURE EFFICACITÉ DES
PRESTATIONS DE LA BRVM DANS LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES
 CHAPITRE I : AMÉLIORATION DE L'ENVIRONNEMENT EXTERNE DE LA
BRVM
 CHAPITRE II : AMÉLIORATION DES PRESTATIONS DE LA BRVM

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LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES

TABLEAU 1 : EVOLUTION DU MARCHE PRIMAIRE (EN MILLION CFA)
TABLEAU 2 : EVOLUTION DU MARCHE SECONDAIRE (EN MILLION CFA)
TABLEAU 3 : PRESENTATION DE L'ORGANISATION DE LA BRVM

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LISTE DES ANNEXES

ANNEXE 1 : COTATION EN CONTINU
ANNEXE 2 : LA BRVM EN 2013 QUELQUES INDICATEURS
ANNEXE 3 : DECISION N°2012 – 104
ANNEXE 4 : BULLETIN OFFICIEL DE LA COTE BRVM

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LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS

ACDI

Agence Canadienne de Développement International

AFD

Agence Française de Développement

BCEAO

Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest

BM

Banque Mondiale

BOAD

Banque Ouest Africaine de Développement

BRVM

Bourse Régionale des Valeurs Mobilières

CREPMF Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers ou
"Conseil Régional"
DC/BR

Dépositaire Central/Banque de Règlement

MAE

Ministère Français des Affaires Etrangères

MFR

Marché Financier Régional

OPCVM

Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières

PARM

Plan d'Actions pour la Relance du Marché

SGI

Société de Gestion et d'Intermédiation

UEMOA

Union Economique et Monetaire Ouest Africaine

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AUTOBIOGRAPHIE
AVANT MA NAISSANCE
Mon grand-père paternel s’appelait Mr Mamadou Samba Sow, grand commerçant qui détenait
plusieurs magasins de bazin dans la commune de BOUAKE, ville du centre de la COTE D’
IVOIRE. Originaire du MALI voisin, il s’est installé dans cette localité dans le début de la
première moitié des années 1900. Il y fonda toute sa famille; ses 3 épouses plus une vingtaine
d’enfants. Enfants dont l’un d’eux, Aliou Sow (mon père), qui passa donc quasiment toute son
enfance dans la grande cour familiale au quartier AIR France. A vrai dire je m’étais jamais
posé la question de savoir pourquoi AIR France…bref l’essentiel est que c’est là-bas était la
maison. Quand à maman, elle a grandi à BINGERVILLE, lieu où elle fréquenta aussi bien
évidemment.
MA NAISSANCE
Mes parents se sont rencontres à la fac pendant qu’ils étaient tous deux étudiants. C’est de là
qu’est née leur idylle et à la suite de laquelle je vis le jour. On était un après-midi de mardi,
précisément le 12 Avril; ma mère qui était en séjour chez l’une de ses tantes dans la ville de
TIASSALE fut prise de douleurs peu ordinaires. Sa tante, que dis-je ma grand-mère, puisque
connaissant le sens de la famille très élargie en Afrique, elle est automatiquement considérée
comme la maman de mère également. Cette dernière la transporta à la maternité de ville où
elle reçut les premiers soins avant qu’elle soit admise en salle d’accouchement.
Il est quand 14H40 quand la sage vient annoncer à ma grand-mère que sa fille venait de
mettre au monde un joli petit garçon parfaitement en bonne santé qui a poussé son premier cri
sans même qu’on lui donne la traditionnelle fessée. Je venais ainsi de naitre, moi SOW N’DRI
HAMED. J’ai omis de vous le dire plutôt, mon père est musulman pratiquant, ma mère elle
est chrétienne catholique baptisée puis confirmée, je peux donc dire que je suis issue d’un
métissage culturelle, ethnique, religieux : ce que je considère d’ailleurs comme ma plus
grande richesse.
MON ENFANCE
Je suis le premier enfant de mon père et de ma mère. Je peux dire que j’ai reçu de leur part
toute l’attention qu’un petit garçon peut avoir, encore plus de maman car elle est toujours
présente dans ma vie. Papa quant a lui a dut se séparer de moi quand j’avais a peine 3ans pour
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aller terminer son doctorat en Europe. J’en ai terriblement souffert dans les débuts, car à
chaque sortie de classe je voyais mes camarades qui rentraient à la maison en compagnie de
leurs papas. Mais grâce à Dieu moi j’avais une maman formidable géniale tellement gentille
qui pouvait rivaliser avec tous les papas du monde, je l’aime à mourir. Elle me consacra tout
son temps jusqu’au jour où elle a dut commencer à travailler, chose que avec le temps je lui
en veux pas mais faut avouer sur le coup je ne voyais pas les choses comme cela. J’avais une
nounou du nom d’Isabelle, qui devait me récupérer à l’école et me surveiller en attendant que
ma mère ne rentre le soir du boulot. On a fait comme cela jusqu’à ce que maman décide de
m’envoyer faire ma scolarité auprès de ma grand-mère a Bouake, car selon ses dires elle ne
voulait pas que son enfant rate son éducation vu qu’elle était tout le temps au boulot.
C’est ainsi que j’atterris dans cette ville. Moi qui vivais seul avec maman dans notre maison à
Abidjan, me voilà tout d’un coup entouré de grand-mère, cousins, tantes… tout ça. Situation
que j’ai trouvé bien plaisante à la longue même si maman me manquait grave.
Quand ce fut la rentrée des classes, ma tante Kadi, la petite sœur à mon papa m’accompagna à
mon école : la Fraternité Notre Dame des Sœurs de Bouake. Plus tard j’ai appris que mon
papa et tous mes oncles ont fait leurs cursus scolaire dans cet établissement. D’ailleurs je me
rappelle une fois au cp2, la sœur supérieure Marie-Madeleine était de passage dans notre
classe et elle me remarqua et dis : ce visage-là me dit quelque chose, comment t’appelles-tu
mon enfant ? À peine je dis Sow qu’elle s’écria : ah bin voilà je savais bien, comment vas ton
papi ?, et Ismaël ?...bref pour dire qu’elle connaissait très bien la famille.
Mon grand-père il faut le souligner, bien vrai que lui-même n’ayant pas été à l’école a très
vite compris son importance, il a scolarisé tous ses enfants garçons ce qui est à saluer car il
aurait pu les placer chacun d’entre eux dans ses nombreux magasins et boutiques.
A la fin des classes, chaque année je prenais la direction d’Abidjan pour retrouver ma mère
qui elle aussi s’arrangeait de son coté à prendre toujours ses congés annuelles à cette période
précise de sorte à pouvoir passer le maximum de temps avec moi.
L’atmosphère à la grande cour familiale était toujours joyeuse, festive même je dirais. Mon
grand-père, grand commerçant et en bon musulman de l’époque a épousé quatre (4) femmes.
D’ailleurs je me rappelle à peine du visage de certaines coépouses de ma mamie ; la génitrice
de mon père. J’ai d’excellents souvenirs d’elle car c’est avec elle que j’ai grandi, moi et
certains autres cousins dans son pavillon. Ma grand-mère a eu 19 enfants dont onze (11)
garçons et huit 8 filles. J’ai donc passé la majeure partie de mon enfance aux cotés de ma
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mémé et quelques-unes de ses filles qui n’avaient pas encore contracté mariage. J’étais un
enfant joyeux, éveillé, actif, téméraire qui aimait jouer et surtout qui n’en faisait qu’à sa tête.
A cette époque, il faut le dire, le cout de la vie n’était pas très élevé, ainsi on pouvait se
permettre de petits caprices auxquels les parents succombaient facilement. Tous les soirs, au
clair de lune et sous le ciel étoilé, mes cousins et moi aimions jouer à cache-cache et courir
partout dans la maison, chose qui agaçait souvent les personnes âgées présente. Je bénéficiais
de l’amour et de la protection de mes tantes que je considérais déjà comme des mères en
particulier ma tante Kadi, cela me donnait de l’assurance et me faisait prendre des initiatives.
Lorsque je commettais une bêtise, je courais me blottir contre elle et saisissais sa jambe ou le
pan de son vêtement.
Le moment d’aller à l’école fut pénible, je reviens là-dessus à nouveau car cela signifiait pour
moi qu’il fallait rompre avec mon ancien mode de vie. A mes trois (3) ans, on m’inscrit dans
un jardin d’enfants, l’année suivante ce fut la maternelle puis à cinq (5) ans le CP1 à l’école
primaire prive Fraternité Notre Dame Des Sœurs de la ville. Désormais, je devais me lever à 7
heures du matin, me laver et prendre le chemin de l’école. A vrai dire, cela n’a pas été très
aisé pour moi compte tenu du fait que j’étais très attaché à ma mère et devrais me séparer
d’elle. Dans tous les cas, je n’ai pas vraiment eu le choix, car ma tante dont il incombait
désormais ma responsabilité me contraignait par la chicotte à aller à l’école. Alors j’ai dû
rapidement m’adapter à ma nouvelle vie de routine. Très tôt, j’ai commencé à aimer ce qu’on
faisait à l’école et je trouvais cela simple et amusant. Aussi, faut-il ajouter que tous les soirs
elle révisait avec moi tout ce que nous avions vu en classe et elle m’apprenait à lire et à
écrire. C’est l’un des plus beaux et merveilleux souvenir que j’ai de mon enfance. Bien vrai
que je recevais de temps à autres des claques, mais comme le dit l’adage : les moments de
joies prédominent tellement que ça ne sert à rien de se rappeler des mauvais souvenirs. Nous
étudions tous ensemble dans le grand salon jusqu’à 21h avant d’aller se coucher et entamer
une nouvelle journée pour le lendemain. Après ma classe de CE2, je suis admis avec brio en
classe supérieure et pour m’encourager, le frère de ma mère, THOMAS (paix en son âme) qui
sera pour moi un père adoptive, m’emmène passer les vacances chez lui à Abidjan
précisément dans la commune de Bingerville. Mes vacances à la capitale ont été assez
intéressantes. Moi qui m’étais habitué un tout petit peu à la vie paisible de l’intérieur du pays,
qui aimait aller me balader avec mes cousins, et qui aimait aussi chasser les oiseaux et faire
des randonnées en brousse avec mes amis. Je me retrouve en pleine ville où je suis obligé de
rompre avec mes habitudes pendant environs trois (3) mois que dureront les vacances. Il ne
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m’a pas fallu longtemps pour me réadapter à mon nouvel environnement. Je découvre une
ville bruyante avec une forte densité, un nouveau style de vie et une qualité de vie élevée par
rapport à celle de l’intérieur du pays et tout cela n’est pas de nature à me déplaire d’autant
plus que je me suis fait de nouveaux amis avec qui je me promenais et jouais au football tous
les soirs. J’ai découvert une ville avec une architecture différente. J’ai commencé à aimer la
vie citadine et ses pratiques. Je voulais en apprendre davantage et profiter au maximum de
cette aventure. Notons que mon oncle Thomas était ingénieur agricole de profession au
CNRA (Centre Nationale de Recherche Agronomique). Il divorcé et avait quatre (4) grands
enfants, mes cousins adorés (Philomène, Roland, Irène et Elvis), mes grands frères et sœurs
que je n’ai pas eu je dirai. Pendant les 3 mois qu’ont duré ces vacances, mon oncle me choyait
comme un petit prince. Etant le tout dernier en plus, j’étais le chouchou de la maison. J’avais
droit a tout ce que je voulais, je dis bien tout ! Avec le recul j’en souris aujourd’hui parce que
j’avoue que j’ai abusé un peu de la situation. Toutefois j’étais quand même séduit par ce mode
de vie. Mes vacances ont été agréables et la préparation de mon retour l’a été plus encore. De
fait, mon oncle a remis de l’argent à Philomène pour me confectionner et m’acheter tout ce
dont je pourrai avoir besoin et envie. Elle m’avait confectionné et acheté plein de nouveaux
vêtements, elle m’a obtenu de nouvelles chaussures, des livres et beaucoup d’autres choses.
J’étais aux anges et du coup, j’étais impatient de retourner à Bouake les montrer à mes
cousins et amis. Heureusement que les vacances étaient terminées.
De retour à Bouake, mon premier réflexe est de présenter à ma grand-mère et à ma tante tout
ce que j’ai reçu de mon oncle. Cependant, après une semaine d’attitude ostentatoire, mon style
de vie citadin commence à me manquer. Je ne me suis pas fait prier pour exprimer cela à ma
mère, ma volonté de la rejoindre à la capitale pour y poursuivre mes études. Elle ne s’y
opposa pas sauf qu’il y avait un hic: fallait d’abord que je termine mon année avec maestria.
Alors puisque j’étais obstiné, je me mis aussitôt au travail avec acharnement. Et en fait
d’année j’étais classé second de ma classe.
Malheureusement pour moi, avant la fin de l’année ma mère fut affectée dans une ville du
pays, Abengourou !ce qui m’irrita un peu car mes plans venaient de tomber à l’eau. Cela a été
difficile à supporter d’autant plus que je m’étais déjà fait des films en tête. En plus de mon
père qui était déjà loin, voilà aussi maman qui commençait à s’éloigner elle aussi, petit à petit.
Il convient de préciser que quelques années après ma naissance, mes parents s’étaient séparés,
mon père avait s’était envolé pour la France où il s’est remis aves une nouvelle femme par la
suite, ma mère quant à elle, s’est mariée à un chirurgien-dentiste.
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Mon père a eu un autre garçon du nom de Yann, et ma mère trois (3) merveilleuses filles,
Cynthia, Evelyne et Ildeverte. Du coup moi qui étais tout seul, me voilà à la tête d’une
fratrie ! Le petit Hamed est lui aussi grand frère, qui l’eu crut ! …
Revenu un tout petit peu des vacances avec quelques jours de retard, je perdis donc
logiquement ma place à l’école catholique. Faillais donc me trouver une nouvelle école pour
vite commencer les cours. Une semaine plus tard, ma tante Kadi m’accompagne à l’école
Protestante CMA de la ville où je suis inscrit en classe de CM1. Je me réjouissais d’avoir vite
retrouvé une classe pour aller à l’école sauf que cette fois ci les circonstances ne sont plus les
mêmes. Très vite j’ai compris que je devrais reconsidérer mon à priori à l’égard de celle-là.
Contre toute attente, j’allais être confronté à une dure réalité. En effet, ma vie scolaire à
l’école protestante n’a pas été du tout tendre. Les enseignants de cette école étaient réputés
pour leurs caractères très durs envers les élèves. Notre instituteur quant à lui se préoccupait
très peu ou presque jamais de sa classe. Tout ce qui l’intéressait, c’était de jouer au PMU (Pari
Mutuel Urbain). Il était toujours plongé dans des calculs pour trouver les numéros des
chevaux gagnants. Comme il aimait à nous le rappeler très souvent, qu’il n’était pas très bien
payé donc il fallait qu’il trouve d’autres sources de revenu. Je devais apprendre à supporter la
chicotte moi qui n’avait jamais connu ça auparavant. Cet état de fait a eu des séquelles sur
mon rendement scolaire. Lorsque j’étais à l’école des sœurs, nous bénéficions tous d’un suivi
particulier ce qui permettait aux élèves qui avaient des difficultés quelconques à s’en sortir.
Au terme du premier trimestre, mon résultat était très peu reluisant alors que j’avais été un
élève très brillant. A ce moment, je ne rêvais que d’une seule chose : retourner dans mon
ancienne école. La situation m’était intenable ou encore ma foi, je n’étais pas aguerris pour
faire face à cette situation. Cependant, il n’était pas question que j’abandonne. Je devais
malgré tout, terminer l’année scolaire en cours. A cet effet, mes parents engagèrent un
répétiteur qui venait à la maison chaque soir après les cours pour essayer de nous remettre à
niveau. C’est avec lui que je termine l’année scolaire. Tout ce qui me préoccupait, c’était que
nous finissions l’année et que je puisse être en vacance et me remettre de mes émotions.
Lorsque ce fut les vacances, je suis rentré le plus tôt possible et à la rentrée suivante la
directrice de mon ancienne école primaire m’autorisa à m’inscrire au CM2 malgré le résultat
peu reluisant que j’ai eu au CM1. Mon premier semestre a été pour moi une mise à niveau et
le second, j’ai été l’un des meilleurs élèves du village à être admis au collège. Pour ma part,
j’étais affecté au Collège Victor Hugo.

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Ma vie à l’école secondaire et universitaire
Après mon admission au collège, de retour des vacances de chez ma mère, j’étais bien préparé
cette fois ci, je savais à quoi m’en tenir, je m’étais préparé psychologiquement à faire face aux
difficultés auxquelles je serais confronté. Mon père installé de l’autre côté, devenait de moins
en moins présent, ce qui m’affectait beaucoup. Alors ma mère, voulant me voir réussir, payait
mes frais de scolarisation, mes livres, mes cahiers et tout le nécessaire afin que je réussisse
dans les études. Puis les années passèrent, jusqu’à ma classe de troisième où je devais passer
le brevet de premier cycle. Apres l’obtention de mon brevet, je suis revenu chez mon oncle
Salif à Marcory. Ensuite, suivit le baccalauréat et ce fut comme une sorte de libération.
Mais hélas, ma joie ne fut que de courte durée car j’allais être confronté très vite à la dure
réalité de l’après bac, à savoir le choix difficile de l’orientation. Apres réflexion, j’ai décidé de
faire des études de Droit. Filière dans laquelle j’ai fini par faire deux ans pour obtenir le Deug
2, avant de me décider à faire enfin des études en finance, chose que tenait à cœur et aussi
parce que j’en suis un passionné. Pour être honnête, je m’étais inscris en Droit juste parce que
je voulais faire comme mon père qui est un juriste dans la vie. Mon amour pour la finance a
donc eu raison de moi avec le temps.
Ce qui m’a donc emmené à faire une équivalence et à m’inscrire ensuite en année de licence
en Banque Finance. Puis les années s’écoulèrent avec les formations pratiques et théoriques à
la fois. J’obtiens donc la licence professionnelle en banque finance et assurance.
Mon aventure avec CERCO
Après ma licence professionnelle, j’avais soif de nouveautés, je voulais découvrir de
nouvelles choses et surtout, j’étais conscient qu’il était indispensable de maitriser les TIC
(Technologie de l’Information et de la Communication) car c’est le secteur le plus florissant et
le plus prometteur. Je voulais surtout fréquenter une autre prestigieuse école à la hauteur de
ma bourse. C’est alors que je découvre CERCO, par le biais d’une amie qui ne résidait pas
loin de l’institut et qui m’a invité ensuite à suivre le spot publicitaire de CERCO à la
télévision puis me donne l’adresse géographique exacte. Deux semaines plus tard, une autre
amie qui avait vu la même publicité m’encourage à me renseigner davantage sur cette école.
La semaine qui a suivi je me suis rendu à CERCO et j’ai été bluffé, fasciné par l’innovation
technologique que cette école proposait. Cependant, j’étais confronté à un véritable dilemme.
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J’avais la possibilité de continuer dans la même école qui jouissait déjà d’une bonne
réputation et dans laquelle je m’étais investi dans plusieurs projets qui allaient porter leurs
fruits et aller m’inscrire à CERCO, qui venait juste de s’implanter en Côte d’Ivoire et qui
n’avait pas encore une renommée bien vrai qu’ils étaient déjà présent dans plusieurs pays
voisins. Toutefois, après toutes ces hésitations mon envie d’apprendre de nouvelles choses,
ma passion pour l’innovation et ma volonté de maitriser les outils technologiques, m’ont
emmené à renoncer à mes projets sans regrets et tenter l’aventure avec CERCO.
Ma philosophie
J’ai appris au fil des années par expérience que nul n’est prédestiné à la réussite ou à l’échec,
mais plutôt que nous réussissions ou que nous échouions, cela dépend des actes que nous
posons au quotidien. Cependant, tous nos échecs, quand ils sont bien exploités, deviennent
pour nous, un tremplin débouchant sur la réussite. Etant étudiant en licence, j’ai été et je suis
encore à ce jour d’ailleurs, président d’un club d’investissement boursier. Club grâce auquel
j’ai eu la chance de rencontrer des dirigeants d’entreprises lors des assemblées générales et
séminaires et salons. Et je me souviens encore de ces mots que le Président Jean Kacou
Diagou, PDG du Groupe NSIA et par ailleurs Président de la confédération générale des
entreprises de Côte d’Ivoire a prononcé s’agissant de l’entreprenariat et de l’innovation, lors
d’un de ces salons « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas.
C’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles ». A entendre ce genre de
discours motivateur et aussi me frotter à ces immenses personnalités, m’ont permis de croire
de façon implacable qu’on peut partir de zéro pour être plus tard un héros si nous y mettons
de la volonté et ce ne sont pas des exemples pour le démontrer qui manquent. Pour ma part, je
retiens cette pensée d’Aristote qui dit « le courage est le juste milieu entre la peur et
l’audace ». Depuis lors, je protège ma vision avec passion. S’il y a une chose dont je suis plus
sûr que mon nom, c’est que contre vents et marées, contre ciel et terre, je réussirai et mon
succès sera évident aux yeux de tous.
Par ailleurs, je crois que la foi en Dieu donne à la vie son véritable sens, et qu’un homme sans
crainte de Dieu est non seulement un danger pour lui-même, mais aussi pour ses semblables.

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INTRODUCTION GÉNÉRALE

Le processus de Mondialisation a favorisé la concentration des Bourses à travers le monde.
Ainsi, en septembre 2000, naissait la Bourse paneuropéenne EURONEXT issue de la fusion
des places d'Amsterdam, de Bruxelles et de Paris. Tandis que NOREX, regroupement des
bourses de Stockholm, de Copenhague, d'Oslo et de Reykjavik entamaient un rapprochement
avec les Places Baltes : l'Estonie, la Lituanie et la Lettonie.
C'est dans cette même vision que les sept pays de l'Union Monétaire Ouest Africaine
(UEMOA) ont privilégié dans leur projet d'organisation d'un Marché Financier, l'option d'une
Bourse Commune, plus appropriée à leurs économies, plutôt qu'une juxtaposition de Bourses
nationales harmonisées, appelées à se fédérer.
Dans le cadre de leur financement, les entreprises se retrouvent limitées au seul secteur des
banques et établissements financiers, avec lesquels les conditions d'obtention de crédits sont
élevées. En outre, ce mode de financement ne leur permet pas de financer efficacement leur
développement et leur croissance, vue la nature du crédit octroyé.
Le rôle du marché financier et particulièrement de la Bourse Régionale est de mobiliser
l'épargne sous - régionale dans le souci prioritaire de financer à coût réduit le développement
des entreprises et des Etats.
Nous rechercherons au cours de cette étude à répondre à un certain nombre de questions :
- Quelles sont les forces et les faiblesses de la BRVM dans le financement des entreprises ?
- la BRVM arrive t- elle à satisfaire les besoins des entreprises en matière de financement?
- les institutions étatiques contribuent elles à la dynamisation du marché ?

Notre démarche a consisté à aborder le sujet selon trois volets :
Dans un premier temps, nous allons aborder la partie théorique composée de deux chapitres.
II serait question de faire une présentation d'un marché financier en particulier celui de
l'UEMOA et de sa bourse: la BRVM.
La deuxième partie, composée de trois chapitres, sera consacrée au diagnostic du financement
des entreprises par la BRVM. Il sera question, après un rappel de la démarche
1

méthodologique, de présenter les résultats obtenus au niveau du mode financement des
entreprises par la BRVM.
La troisième et dernière partie, composée de trois chapitres, sera le lieu des recommandations
pour une meilleure efficacité des prestations de la BRVM.

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1ERE PARTIE: PRÉSENTATION DU MARCHE BOURSIER RÉGIONAL DE L'UEMOA
INTRODUCTION PREMIÈRE PARTIE
Cette première partie de notre étude donne au lecteur un aperçu de l'organisation et des
activités du marché financier de l'Union Economique et Monétaire de l'Afrique de l'Ouest.
Cette démarche va permettre au lecteur de comprendre le diagnostic critique du financement
des entreprises par la BRVM, et mieux apprécier nos propositions et recommandations.
Pour ce faire, nous procèderons tout d'abord à la présentation et à l'analyse des activités du
marché financier dans son ensemble, puis à une présentation de l'organisation, des activités de
la BRVM. Ceci permettra au lecteur d'avoir une appréciation nette du marché financier de
l'UEMOA et de l'importance de la BRVM dans le financement des entreprises.

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CHAPITRE I : PRÉSENTATION DU MARCHE FINANCIER RÉGIONAL DE L'UEMOA
A. ORGANISATION DU MARCHE FINANCIER
Les responsabilités des différents acteurs et intervenants du marché ont fait l'objet d'une
nette séparation suivant les standards internationaux généralement admis. D'un côté, le
Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF), qui est
l'organe public chargé de la régulation du marché et de l'autre, les structures centrales du
marché que sont la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), le Dépositaire
Central/Banque de Règlement constituées sous forme de sociétés privées et les intervenants
commerciaux que sont les Sociétés de Gestion et d'Intermédiation, les Sociétés de Gestion de
Patrimoine, les Apporteurs d'Affaires, les Conseillers en Investissements Boursiers et les
Démarcheurs.

Le Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF) est régi
par une Convention signée le 3 juillet 1996 entre les Etats membres de l'UEMOA et son
annexe portante composition, organisation, fonctionnement et attributions du CREPMF. Il a
pour principales missions de réglementer l'appel public à l'épargne, d'habiliter, de contrôler et
au besoin de sanctionner les intervenants du marché. En vue d'asseoir l'autorité et la légitimité
requises pour assurer la transparence, la sécurité et l'intégrité du marché, les Autorités de
l'Union ont décidé d'attribuer au CREPMF, le statut d'organe de l'UEMOA.
La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) est chargée de l'organisation du marché
boursier ainsi que de la diffusion des informations. Elle se compose d'un site central basé en
Côte d'Ivoire et de sept Antennes Nationales de Bourse dans chacun des pays de l'Union, sauf
la Guinée Bissau.
Le Dépositaire Central/Banque de Règlement, est chargé de la centralisation et de la
conservation des titres inscrits en compte pour les intervenants, du règlement des espèces et
de la livraison des titres, de la gestion des opérations sur titres ainsi que celles du Fonds de
Garantie du marché.
Les Sociétés de Gestion et d'Intermédiation, (SGI), constituées en sociétés anonymes, elles
exercent à titre principal les activités de négociation de valeurs mobilières en bourse et de

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conservation de titres pour le compte de la clientèle. A titre accessoire, elles font de la gestion
sous mandat ainsi que du Conseil Financier.
Les Sociétés de Gestion de Patrimoine, (SGP), constituées également en sociétés anonymes,
elles gèrent les portefeuilles titres sous mandat notamment pour les investisseurs non
professionnels.
Les

Apporteurs

ou

morales

en

dehors

d'Affaires sont

habilitées
des

circuits

par

le

des

banques

Conseil

traditionnels

et

ou

Régional
mettre

des
pour

les

personnes
dynamiser

clients

en

physiques
le

marché

relation

avec

les SGI et les SGP.
Les Conseils en Investissements Boursiers sont des personnes physiques ou morales
spécialisées dans l'orientation du choix de leurs clients sans se substituer à eux. Ils
n'interviennent pas en Bourse.
Les Démarcheurs sont des personnes physiques ou morales spécialisées qui mettent en
relation un client avec une SGI ou une SGP pour l'ouverture d'un compte titres, les conseils en
placement ou la gestion sous mandat, transmettre les ordres d'achat et de vente de titres.
Les autres acteurs du marché sont :
Les Banques Teneurs de compte et Compensateurs partagent avec les SGI le monopole de la
conservation de titres pour le compte de la clientèle.
Les Sociétés de Gestion d'OPCVM sont dédiées à la gestion exclusive des Fonds Communs
de Placement (FCP) et des Sociétés d'Investissement à Capital Variable (SICAV).
Le Marché Financier Régional est animé par les acteurs ci-après :
· Le Conseil Régional de l'Epargne Public et des Marchés Financiers ;
· La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) ;
· Le Dépositaire Central / Banque de Règlement (DC/BR) ;
· Vingt-un (21) Sociétés de Gestion et d'Intermédiation (SGI) ;
· Cinq (5) Banques Teneurs de comptes et Compensateurs ;
· Six (6) Sociétés de Gestion d'OPCVM ;
· Trois (3) Apporteurs d'Affaires ;
· Une (1) Société de Gestion de Patrimoine (SGP).
5

Les acteurs tels que les Conseillers en Investissements Boursiers (CIB) et les Démarcheurs ne
sont pas encore actifs sur le marché.
Au total, plus de cinquante (50) acteurs ont été agréés par le CREPMF depuis la
création du marché, dont 50 % les deux premières années. Le Marché Financier Régional
comprend à ce jour trente-sept (37) sociétés cotées, trente-quatre lignes obligataires dont deux
(2) emprunts d’Etat du Burkina Faso, six (6) de la Côte d’Ivoire, trois (3) du Sénégal et un (1)
du Togo.

B. ANALYSE DU MARCHÉ
Au terme de seize années de fonctionnement, le marché financier dont les activités avaient
connu un certain essor à ses débuts, a enregistré globalement des performances contrastées au
début des années 2000, puis à commencer à connaître une certaine stabilité croissante après
2010.
Avec l'inscription à la cote de nouveaux titres, notamment sur le marché obligataire, la
capitalisation boursière au 31 décembre 2013 s'est établie à plus de 6 706 247 151 923
milliards FCFA.
Vers la fin des années 90, le volume des transactions réalisées sur le marché boursier n'a cessé
de chuter, passant de plus de 4 millions de titres transigés à environ un million en 2003. Mais
force est de constater que ceci n’est plus qu’un lointain souvenir car, à ce jour nous sommes à
plus de 193.50 milliards de titres échangés. Aussi, les indices boursiers de la BRVM, le
"BRVM10" et le "BRVM Composite", ont évolué de manière stable et cela avec une tendance
haussière. En effet, ils affichent en Décembre 2013 respectivement 246,34 et 232,02 points.
Le tableau ci-après traduit l'évolution des indicateurs du marché secondaire. (Voir annexe).
Le ralentissement des activités qu’a connu le Marché Financier Régional s'explique d'une
part, par des difficultés liées à l'environnement (crises et troubles socio-politiques) et d'autre
part, par des difficultés tenant aux conditions internes de fonctionnement du marché lui-même

TABLEAU 1 : EVOLUTION DU MARCHE PRIMAIRE (en million CFA)

6

Source : CREPMF

TABLEAU 2 : EVOLUTION DU MARCHE SECONDAIRE (en million CFA)

7
Source : CREPMF

CHAPITRE II : PRÉSENTATION DE LA BRVM
La volonté des autorités monétaires de mettre en place un marché boursier unique et efficace
pour l'ensemble des pays de l'Union résulte de la dégradation de la situation économique des
pays du tiers monde en général et des pays africains en particulier. Ce qui a conduit ces Etats à
s'engager résolument dans des programmes d'ajustement structurel, avec l'appui de la
communauté financière internationale.
Ces programmes se résument pour l'essentiel au recouvrement d'une croissance durable, par la
libéralisation et l'ouverture accrue des économies sur l'extérieur.
L'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine avait déjà en commun une banque
centrale, la BCEAO dont la vocation se résume entre autres à l'émission de la monnaie CFA et
à la régulation de la création monétaire. Elle disposait en outre d'une autre banque, la BOAD
qui a pour objet le financement du développement des pays membres de l'Union. Mais, à
l'heure des grands regroupements régionaux, il est apparu nécessaire qu'une troisième
structure financière soit créée afin de rendre effective l'intégration économique recherchée
ainsi que les effets escomptés. Il s'agit de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières
(BRVM). Ce marché boursier régional commun aux huit pays de l'UEMOA, devrait permettre
le financement des investissements réalisés dans cette zone de l'Afrique.

A. OBJECTIFS DE LA BRVM
La création de la BRVM a pour objectifs de contribuer à la diversification du secteur
financier, de mobiliser les ressources longues nécessaires au financement de la production et
de l'investissement et enfin de favoriser l'intégration régionale.
Les principaux objectifs sont :
· Le relèvement du taux d'épargne :
Le taux d'épargne de la zone se situe à des niveaux insuffisants pour soutenir une croissance
forte et durable, 6,5% en 1993 et 12,9% en 1996. Par la diversification des produits financiers,
la hausse de la rémunération et la possibilité du développement d'un actionnariat populaire, le
marché boursier régional doit créer les conditions pour la mobilisation accrue de l'épargne
intérieure et des capitaux extérieurs.
8

· Le retour au rôle premier des banques :
Les banques, face au besoin de financement à long terme des opérateurs économiques, ont
souvent été contraintes de leur octroyer des capitaux courts. Ce qui laisse apparaître des
déséquilibres financiers dommageables au développement de l'activité économique. Le
marché boursier régional dans sa fonction de pourvoyeur de ressources longues, vient
régulariser cette situation en permettant aux banques de se consacrer désormais au
financement à court et moyen terme de l'économie.
· Le renforcement de la structure financière des entreprises :
La structure financière des entreprises laisse apparaître dans l'ensemble une souscapitalisation marquée et une insuffisance de capitaux permanents. Le marché boursier qui,
par vocation, permet de mobiliser des capitaux longs, avec comme supports les actions et les
obligations, leur offre l'opportunité de renforcer leur structure financière.
· La réduction de coût d'intermédiation financière :
Le niveau élevé des taux débiteurs des banques (entre 12 et 18%) et la faiblesse de la
rémunération offerte aux épargnants (entre 3 et 5%) laisse apparaître des coûts
d'intermédiation relativement importants. Par la mise en relation directe de l'offre et de la
demande des capitaux, la bourse permettra une réduction sensible des coûts d'intermédiation,
et offrira par la même occasion une plus grande rémunération aux épargnants, en même temps
qu'elle impliquera une réduction sensible des charges financières pour les émetteurs de titres.

B. ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE LA BRVM

La BRVM a en charge l'organisation du marché boursier et la diffusion des informations
boursières ; pour cela elle garantit les opérations suivantes :
· L’inscription des titres à la cote de la Bourse ;
· La cotation des valeurs mobilières ;
· La publication des cours et des informations boursières ;
· La promotion et le développement du marché des valeurs mobilières.
Le siège de la BRVM est situé à Abidjan. La Bourse Régionale est représentée dans chaque
Etat membre de l'Union par une Antenne Nationale de Bourse qui a pour missions :
9

· D’assurer les relations publiques de la Bourse Régionale et du Dépositaire Central / Banque
de Règlement avec les tiers sur le plan national ; de diffuser les informations du marché;
· D’assister les Sociétés de Gestion et d'Intermédiation et les autres intervenants du marché;
· D’organiser la promotion locale du Marché Financier Régional.
Les principes de fonctionnement retenus pour la mise en place du marché boursier obéissent à
la fois au souci de la conformité aux standards internationaux et à celui de son adaptabilité à
l'environnement socio-économique de l'Union.
Sur la base de ces principes fondamentaux, les options suivantes ont été arrêtées :
· Un marché centralisé et dirigé par des ordres ;
· Une séance quotidienne de bourse avec une cotation au fixing, qui a évolué rapidement

à

plusieurs cotations journalières, pour atteindre aujourd’hui des séances de cotation en continu.
· Un marché au comptant avec un dénouement glissant des transactions, qui permet aux
opérateurs de connaître avec précision la date à laquelle ils devront faire face à leurs
engagements. Au démarrage, il était retenu un dénouement à J+5, qui a évolué aujourd’hui
vers le respect des recommandations internationales qui préconisent en la matière, un
dénouement à J+3.
· Des transactions garanties, grâce à la mise en œuvre d'un fonds de garantie constitué par les
S.G.I. pour couvrir d'éventuelle défaillance de l'une d'entre elles. Cette option fondamentale
diminue le risque systémique et offre aux épargnants une garantie à même de les attirer vers la
Bourse

10

Tableau 3 - Présentation de l'organisation de la BRVM

La Bourse Régionale est dotée de deux compartiments pour les actions dénommés : premier et
deuxième compartiment, et d'un compartiment pour les emprunts obligataires
Les conditions à remplir par une société pour son introduction sur le marché boursier varient
selon les compartiments.
Est admissible au Premier Compartiment de la cote régionale, tout titre de capital répondant
aux conditions suivantes :
- présenter une capitalisation boursière de plus de 500 millions de FCFA ;
- avoir une marge nette sur chiffre d'affaires sur chacune des trois dernières années de 3% ;
- présenter 5 années de comptes certifiés ;
- s'engager à signer un contrat d'animation de marché prévoyant une cotation ou une
indication de cours lors des séances dont la fréquence est précisée par Instruction de la Bourse
Régionale ;
- diffuser dans le public au moins 20% de son capital, dès l'introduction en bourse ;
11

- s'engager à publier au BOC des estimations semestrielles de chiffre d'affaires et de tendance
de résultats.
Les valeurs rattachées à ces titres de capital sont également éligibles au Premier
Compartiment.
Est admissible au Second Compartiment de la cote régionale tout titre de capital répondant
aux conditions suivantes :
- présenter une capitalisation boursière de plus de 200 millions de FCFA ;
- présenter 2 années de comptes certifiés ;
- s'engager à signer un contrat d'animation de marché prévoyant une cotation ou une
indication de cours dont la fréquence est précisée par Instruction de la Bourse Régionale ;
- s'engager à diffuser dans le public au moins 20% de son capital dans un délai de deux ans,
ou 15% en cas d'introduction par augmentation de capital.
Les valeurs rattachées à ces titres de capital sont également éligibles au Second
Compartiment.
Est admissible au Compartiment obligataire de la cote régionale tout titre de capital répondant
aux conditions suivantes :
Nombre minimal de titres à l'émission : 25 000 titres ;
Valeur nominale minimale de l'émission : 500 millions de francs CFA.
* Fonctionnement du Dépositaire Central / Banque de Règlement
Dans le cadre de sa mission, la BRVM est accompagnée par le Dépositaire Central / Banque
de règlement (DC/BR), le second organe central du marché financier de l'UEMOA. Le
DC/BR est chargé, en sa qualité de dépositaire, de centraliser la conservation et assurer la
circulation scripturale des valeurs mobilières pour le compte de ses adhérents afin de
simplifier la circulation et l'administration des titres.
Il est également chargé, en sa qualité de banque de règlement, de l'enregistrement de
l'ensemble des virements espèces consécutifs aux engagements pris sur le marché, à l'achat ou
à la vente, par les intermédiaires, ainsi que les règlements au crédit, par le débit des émetteurs
ou de leurs mandataires, des intermédiaires lors d'événements sur valeurs générateurs de
mouvements espèces.

12

Les principales opérations effectuées par le DC/BR à la suite d'une séance de cotation sont les
suivantes :
* Saisie des transactions
Les transactions du Marché sont transférées automatiquement du système de négociation au
système de dépositaire à la fin de la séance, à 11h30 (TU) en T, c'est-à-dire le jour même de la
cotation. Ces transactions sont automatiquement affectées aux comptes indiqués sur les ordres
transmis au marché.
* Affectation aux Conservateurs
S'il est connu au moment de transmettre l'ordre au marché, le numéro de compte du
Conservateur doit être indiqué sur celui-ci. Le cas échéant, la transaction sera
automatiquement affectée à son compte.
Si l'identité du Conservateur n'était pas connue au moment de transmettre l'ordre au marché,
la SGI doit affecter la transaction au compte de ce dernier avant 13h00 en T. Une transaction
peut être affectée en totalité ou en partie à un Conservateur.
* Rapport Quotidien des Transactions Affectées (préliminaire)
Le rapport préliminaire est mis à la disposition des Adhérents par le DC/BR en T, à 13h00. Ce
rapport fait état des transactions affectées au compte de chaque Adhérent (exécutées par lui
ou, dans le cas d'un Conservateur, reçues d'une SGI) et des sommes dues ou à recevoir.
* Confirmation
Les Conservateurs ont jusqu'à T+1, 17h00 pour confirmer les transactions affectées à leurs
comptes par les SGI. Toute transaction non confirmée par le Conservateur en T+1, 17h00 est
automatiquement réaffectée à la SGI. Le DC/BR se réserve le droit d'imposer une amende
pour tout retard dans la confirmation d'une transaction.
Une transaction n'impliquant pas de Conservateur est automatiquement confirmée en T, 13h00
au compte de la SGI l'ayant exécutée.
* Rapport Quotidien des Transactions Affectées (final)
Le rapport final est mis à la disposition des Adhérents en T+1, 17h00.
* Paiement et livraison
Chaque Adhérent désigne un établissement bancaire (la Banque de l'Adhérent) par l'entremise
duquel il effectue le règlement de ses transactions. Il communique les coordonnées de sa
13

Banque au DC/BR. Ce dernier se réserve le droit de refuser ou d'annuler la désignation d'un
établissement bancaire qui ne se conforme pas aux exigences de la Commission Bancaire. Le
cas échéant, l'Adhérent désigne un autre établissement bancaire.
Le DC/BR désigne un établissement bancaire (la Banque du DC/BR) par l'entremise duquel il
effectue le règlement des transactions. Il communiquera les coordonnées de sa Banque aux
Adhérents.
* Paiement au DC/BR
Les paiements des Adhérents débiteurs (incluant les frais relatifs aux transactions et aux
opérations de règlement livraison) doivent parvenir à la Banque du DC/BR avant T+5, 8h00.
* Mouvement des titres et ordres de paiement aux Adhérents
Ayant constaté que les fonds des débiteurs ont été reçus, le DC/BR affecte les comptes titres
dans ses livres et donne des ordres de virement à sa Banque au profit des Adhérents créditeurs
en T+5, 8h00.
* Rapport des Transactions Réglées
Le Rapport des Transactions Réglées est mis à la disposition des Adhérents par le DC/BR en
T+5, après 8h00. Ce rapport fait état des transactions réglées dans le compte de chaque
Adhérent (exécutées par lui ou, dans le cas d'un Conservateur, reçues d'une SGI).
C. PRESENTATION ET ANALYSE DES ACTIVITES

La Bourse Régionale a démarré ses activités le 16 Septembre 1998, avec trois séances de
cotation toutes les semaines (Lundi, Mercredi et Vendredi).
Le premier système de Cotation retenu était la Cotation Electronique Centralisée (CEC). Les
Sociétés de Gestion et d'Intermédiation (SGI) devaient acheminer leurs ordres de bourse à
l'Antenne Nationale qui se trouvait dans leur pays. L'antenne se chargeait d'acheminer les
ordres au site central de la BRVM où s'effectuent les saisies.
A partir du 24 Mars 1999, la Bourse Régionale est passée à la Cotation Electronique
décentralisée (CED), chaque SGI doit se rendre à l'Antenne Nationale de son pays pour
effectuer les saisies et suivre l'évolution du marché dans toute la sous-région. A cet effet un
chronogramme a été établi pour les jours de cotation.

14

Puis le 12 Novembre 2001, de trois (3) jours de cotation en semaine nous sommes passés à
cinq (5) jours par semaine.
La méthode de détermination des cours des titres qui était le fixing depuis l'ouverture de la
BRVM, est passé depuis le 16 septembre 2013 à la cotation en continu. La cotation en continu
constitue une innovation majeure pour un marché boursier. En effet, après quinze années de
cotation au fixing, la BRVM a décidé d’adopter la cotation en continu. Cette innovation
répond à l’objectif de la BRVM de dynamiser son marché par l’amélioration de son
attractivité et sa liquidité, ainsi que de son positionnement international. La cotation en
continu qui résulte de la confrontation simultanée des ordres de bourses, favorise un plus
grand nombre d’échanges et offre par la même de nombreuses opportunités d’achat et de
vente sur une valeur donnée, permet la réalisation de transactions a différents cours pour la
même valeur durant une journée de cotation et permet de connaitre aussi en temps réel, l’état
du marché d’une valeur en établissant plusieurs cours.
Depuis le 12 Novembre 2001, la Bourse Régionale passe à une cotation quotidienne donc cinq
séances toutes les semaines. Le dénouement des transactions se fait trois jours ouvrés après le
jour de la cotation. Les jours fériés respectent la législation du pays où se trouve le siège de la
BRVM, c'est à dire en Côte d'Ivoire. Les actions des sociétés cotées à la BRVM sont évaluées
quotidiennement. Ce rôle d'évaluation découle des cotations quotidiennes.
En effet, au cours des séances de cotation, il y a rencontre entre l'offre et la demande de
capitaux, il en sort un cours boursier qui est le prix de l'action de la société cotées. Grâce au
cours boursier, l'actionnaire connaît donc la valeur de ses actions. Quand les actions sont
évaluées, l'investisseur est orienté dans ses décisions et arbitrages.
Avec le marché boursier, il y a un indicateur de confiance dans la santé des entreprises. En
effet les cours boursiers publiés quotidiennement mesurent de façon presque permanente la
valeur des titres cotés.
La valorisation repose sur des jugements de valeur que l'on porte sur les titres et qui traduisent
le degré de confiance des investisseurs dans les entreprises et plus précisément dans leur
capacité à présenter des résultats financiers susceptibles de donner lieu à des distributions de
dividendes.
Par ailleurs l'entrée en Bourse de l'entreprise permet de rendre liquide les actions. Cela est un
avantage pour les actionnaires désirant se retirer de la société pour d'autres opportunités
d'investissement.
15

S'agissant de la représentativité, la répartition par pays classe largement la Côte d'ivoire en
tête avec plus de 55% de la capitalisation totale. Cette première place s'explique par la
présence de la côte d'ivoire au niveau de tous les secteurs d'activités mais de son monopole au
niveau du secteur de l'industrie. Le Sénégal arrive juste derrière essentiellement grâce à la
capitalisation de la SONATEL.
Quant aux obligations, la répartition par pays classe le Togo en tête de la capitalisation totale.
Ce rang est essentiellement imputable aux différents emprunts BOAD dont le siège est au
Togo.
De 1998 à 2013 Les indices <<BRVM 10>> et <<BRVM Composite>> sont passés
respectivement de 94,61 points et 98,05 à 246,34 points et 232,02 points ; cette étape
constitue la phase de lancement avec l'introduction à la cote de plusieurs sociétés.
En 2000, nous avons constaté une chute générale des cours du à la crise socio-économique
que traverse la zone UEMOA ; cette crise a poussé la majorité des investisseurs à céder leurs
titres provoquant la chute des cours, l'offre étant supérieur à la demande.
De 2005 à 2013 Les indices <<BRVM 10>> et <<BRVM Composite>> n’ont cessé de
progresser passant respectivement de 122,48 points et 95,62 points en 2005 à 246,34 points et
232,02 points en 2013.Cette remontée des points d'indice boursier s'est faite en relation avec
les résultats positifs obtenus au niveau des différents compartiments du marché financier.
Toutefois, il est important de signaler une remontée du cours des actions du secteur
INDUSTRIE et SERVICE PUBLIC.

Les titres cotés sont restés pratiquement constants depuis le début des activités de la BRVM
en 1998. Il y a donc peut d'introduction à la cote et peu d'augmentation de capital.
Des titres les plus actifs, SONATEL reste le plus actif avec une occupation de la première
place durant toute la décennie (2004-2014).

D. PROBLÉMATIQUE

Malheureusement, l'on constate que le Marché Financier Régional et la BRVM en particulier,
a aujourd'hui du mal à prouver son efficacité en raison de son manque de dynamisme, de

16

profondeur ainsi que de son incapacité à s'adapter à son environnement et à l'évolution
internationale. Cet état de fait emmène à se poser la question suivante :
Comment rendre la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) plus efficace pour le
financement des entreprises dans l'espace UEMOA ?
L'analyse primaire de ce thème soulève différentes interrogations qui sont :
- le marché financier est- il organisé efficacement ?
- les produits offerts par le marché financier répondent-ils aux attentes des sociétés ?
- Quelles sont les forces et les faiblesses de la BRVM dans le financement des entreprises ?
- la BRVM arrive t- elle à satisfaire les besoins des entreprises en matière de financement?
- les institutions étatiques contribuent elles à la dynamisation du marché ?
- quelles actions pour le renforcement de l'efficacité de la BRVM dans le financement des
entreprises ?
C'est à toutes ces interrogations que nous répondrons tout au long de notre étude.

17

CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE
Les points essentiels qui ressortent de la présentation et des activités du marché financier en
général, et de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières en particulier, sont :
* forces :
Nous sommes face à un marché financier et d'une bourse de valeurs mobilières à caractère
régional, dont les acteurs sont issus des différents pays unis au sein de l'Union Économique et
Monétaire de l'Afrique de l'Ouest. De cette régionalisation ressort les éléments suivants :
- l'interconnexion entre les états dans le cadre du financement des entreprises.
- la population est élevée, donc l'existence d'une grande capacité d'absorption du marché.
- un marché jeune, donc un fort potentiel d'évolution.
- L'existence d'un dépositaire central et d'une banque de règlement.
- Un marché organisé.
* faiblesses :
Malgré le caractère régional de la BRVM, nous constatons :
- une insuffisance de ressources générées par le marché.
- Une insuffisance d'intervenant et des émissions.
- Un faible niveau de transactions.

18

II eme PARTIE: DIAGNOSTIC CRITIQUE DU FINANCEMENT DES ENTREPRISES
PAR LA BOURSE RÉGIONALE DE VALEURS MOBILIÈRES

INTRODUCTION DEUXIÈME PARTIE

La crise du système bancaire de la décennie 1980 a mis en relief les limites du
financement accru de l'économie par la monnaie centrale. Ainsi, il est apparu nécessaire de
créer les conditions d'une mobilisation accrue de l'épargne intérieure aux fins du financement
sain du développement des entreprises, la monnaie centrale ne devant jouer qu'un rôle
d'appoint.
Dans cette deuxième partie, nous ferons un diagnostic critique de la BRVM dans le cadre du
financement des entreprises cotées de l'espace UEMOA.
Cette démarche permettra au lecteur d'apprécier les forces et les faiblesses de la BRVM en
tant qu'outil de financement des entreprises et de l'économie.
Nous procèderons d'abord à une étude de l'existant des types de financement des entreprises
dans l'espace UEMOA, puis à une critique du mode de financement de celles-ci.

19

CHAPITRE I: DÉMARCHE METHOLOGIQUE

Apres la présentation théorique du marché financier de l’UEMOA et de sa bourse,
nous définissons ici les méthodes de collecte et de traitements des données.
Ce chapitre relate les étapes nécessaires, les techniques utilisées pour la collecte des
informations, puis les outils utilisés pour le traitement des données.
Les données de premier ordre vont être collectées à partir des entretiens, alors que les données
secondaires vont être collectées à partir de différents documents afférents à l'activité dans le
cadre général issus de sources internes et de sites internet.

Entretien :
La recherche des informations primaires nous conduit à réaliser des entretiens informels avec
les responsables des opérations du marché de la BRVM, des responsables marchés des
capitaux de sociétés de gestion et d’intermédiation, des analystes financiers et les
responsables d'entreprises. Cette phase d'entretien, nous a permis d'avoir une idée exacte sur
le périmètre d’action de la BRVM et sur les différentes actions des responsables.

L'analyse documentaire :
Pour mieux afficher les analyses sur la réalisation des aspects pratiques de notre étude, il a été
nécessaire d'obtenir des informations sur les sites Internet tels que deux CREPMF et de la
BRVM. Cette approche nous a permis d'avoir une connaissance de l'environnement financier
de l'UEMOA, du fonctionnement du Marché financier, des activités et du fonctionnement de
la BRVM et du DCBR. Nous avons aussi pris connaissance des différents types de
financement des entreprises dans la zone UEMOA et des limites qu'elles rencontrent dans le
financement de leur exploitation et de leur croissance.

20

CHAPITRE II : ÉTUDE DE L'EXISTANT DU FINANCEMENT DES ENTREPRISES DE
L'UEMOA

A. LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES

Dans le cadre de leur fonctionnement, les entreprises sont emmenées à financer soit leur
exploitation, c'est à dire le Besoin en Fonds de Roulement, soit leur croissance, c'est à dire les
investissements.
A cet effet, elles s'adressent soit aux banques et établissements financiers pour le financement
de l'exploitation courante, soit au Marché Financier pour le financement de leur
investissement et le renforcement de leurs capitaux permanents.
Pour assurer une compréhension immédiate de notre propos, nous procéderons à une
schématisation simple du marché des types de financement.

I. FINANCEMENT PAR LES BANQUES ET ÉTABLISSEMENTS FINANCIERS

Le recours au système bancaire et aux établissements financiers se définit simplement par le
recours à l'emprunt de court ou moyen terme, généralement d'une durée de 1 à 3 ans, et 5 ans
dans des cas de structuration spécifique de crédits
Les différents outils de financements offerts par les banques et les établissements de crédit ou
autres institutions financières actives dans ce secteur sont divers et variés. A titre d'illustration,
nous ne citerons que les exemples suivants :

1. LES CRÉDITS À COURT TERME
Les prêts à court terme sont relativement diversifiés, mais on peut les regrouper selon une
classification simple :
· Les prêts non affectés ;
· Les prêts affectés.
Dans le premier cas, aucun usage déterminé n'a été assigné au prêt. Dans le second cas, le prêt
est consenti en fonction d'une destination particulière.
21

a. Les Prêts Non Affectés (Crédits en Blanc)
Il existe en fait deux techniques :

i. Le Crédit par Caisse
Il peut s'agir d'abord d'un prêt par virement direct des sommes au bénéficiaire. Plus souvent
sera utilisée la technique du découvert en compte : le banquier laisse le compte devenir
débiteur.
Le crédit par découvert en compte est normalement un crédit revolving. En d'autres termes, à
chaque remboursement opéré par l'emprunteur, une autre possibilité de crédit lui est accordée,
dans la mesure de son remboursement. L'emprunteur reconstitue en fait sa réserve de crédit au
fur et à mesure des remboursements.

ii. Le Crédit par Billet
On retient ici la technique de l'escompte de papier financier. Il est demandé au bénéficiaire de
souscrire un billet à l'ordre de son banquier. Le banquier escompte le billet et crédite le
compte de l'entreprise du montant du billet sous déduction des agios calculés sur la période à
courir jusqu'à l'échéance.
La pratique bancaire connaît diverses catégories de crédits à court terme répondant à un
vocabulaire assez spécifique (Crédit de courrier, Crédits spots, Facilités de caisse, Découvert).
* Crédit de Courrier
Il s'agit d'une aide de très courte durée : 24 heures à 48 heures.
* Crédits Spots
Ces crédits n'intéressent que de grandes entreprises industrielles ou commerciales qui peuvent
avoir besoin de facilités de trésorerie pour des durées très courtes, parfois pour quelques
heures.
Les crédits spots sont des opérations portant sur des montants très élevés, et sont consentis
dans le cadre d'accords exorbitants du droit commun.
Les titres de créances négociables, et plus particulièrement les billets de trésorerie, ont été
créés notamment pour permettre aux entreprises d'obtenir des crédits concurrentiels de ces
spots.
22

* Facilités de Caisse
Il s'agit de concours bancaires consentis pour quelques jours.
Ces facilités sont appréciées par les entreprises qui doivent faire face à des décalages de
trésorerie. Elles sont souvent renouvelées, mais il ne saurait s'agir de concours permanents.
* Découvert
Intérêts du découvert
Pour l'entreprise, le découvert offre une très grande facilité d'utilisation. Elle ne paie d'intérêts
débiteurs que sur les sommes effectivement utilisées, le prêt étant en permanence adapté à ses
besoins.
La charge de la dette est très facile à alléger puisque toute rentrée nouvelle contribue à cet
allégement.
Risques du découvert
Pour le client, le risque est celui de l'incertitude : le crédit par découvert n'offre pas une
sécurité absolue sur le plan de la trésorerie.
Il est nécessaire, si l'on veut se mettre à l'abri de certains dangers, de demander une
confirmation écrite : cette confirmation mentionnera clairement le montant autorisé.

b. Les Prêts affectés (Crédits de Trésorerie Spécialisés)
i. Crédits Relais
Ces crédits intéressent les situations dans lesquelles une entreprise est dans l'attente d'une
rentrée précise et exceptionnelle
ii. Crédits de Campagne
Bénéficient notamment des crédits de campagne, les activités à caractère périodique (activités
agricoles, tourisme, ventes de nature saisonnière etc.)
Le crédit de campagne peut être distribué sous trois formes (Crédit par caisse, Crédit par
billet, Warrantage).
* Crédit par caisse
L'entreprise se fait consentir une avance en compte courant. La banque autorise l'entreprise à
devenir débitrice en compte pendant la durée de la campagne.
23

* Crédit par billet
L'entreprise escompte auprès de son banquier des billets financiers dans la limite de
l'autorisation qui lui est accordée.
* Warrantage
Ce financement se fait par escompte de warrants.
Les crédits de campagne peuvent être accordés sans aucune garantie.
Parfois, le banquier a quelque raison de se méfier et il demande des sûretés.
Peuvent ainsi être utilisés :
Le cautionnement donné par les dirigeants ;
Le nantissement des marchandises.
iii. Escompte
L'escompte est l'opération de crédit par laquelle un fournisseur de crédit, l'escompteur (le plus
souvent une banque) avance au crédité, titulaire d'une créance à terme (souvent le porteur
d'une lettre de change), le montant de celle-ci, contre son transfert en propriété, moyennant
rémunération et sous réserve d'encaissement à l'échéance.
L'escompte est un instrument de crédit commode pour le crédité qui est déchargé du soin de
recouvrer l'effet de commerce et pour le créditeur qui peut se refinancer.

2. LES CRÉDITS À MOYEN TERME
a. Crédits à Moyen Terme Mobilisable
Ce crédit est consenti à ses risques par un ou plusieurs établissements de crédit après avoir fait
l'objet d'un accord préalable d'un organisme mobilisateur.
Durée des prêts : deux à sept ans.
Biens financés: acquisition d'investissements productifs ou construction et l'aménagement de
locaux professionnels.

24

b. Crédits à Moyen Terme non mobilisables
Toutes les banques peuvent octroyer des crédits à moyen terme : hors mobilisation, il n'y a
plus de contrainte.
Chacun peut définir librement les modalités de ses interventions.
i. Multiples Options Financing Facilities (MOFF)
Fréquentes autour des années 1988, les MOFF sont rares aujourd'hui car trop coûteuses pour
les banques en terme de ratio Cooke.
Il s'agit d'enveloppes multi crédits sur lesquels les entreprises ont la possibilité de tirer à tout
moment.
Accordée généralement pour une durée de cinq ans, la MOFF permet indéfiniment d'obtenir
des crédits classiques à divers taux, des emprunts par adjudication et des montages
d'émissions sur l'euromarché.
Elle peut servir de caution à des billets de trésorerie ou à des eurocommercials papers. Pour
les entreprises, l'avantage de ces MOFF est indiscutable : elles disposent désormais de
ressources sûres sur de longues périodes ; elles n'ont plus à négocier au coup par coup avec
les banques.
La MOFF confère à l'émetteur une réserve de financement à moyen terme à faible coût qui
permet de saisir toute opportunité de croissance sans devoir affronter une négociation de
façon impromptue avec les banques.
La MOFF peut être utilisée pour l'acquisition d'une société ; elle peut être utilisée pour la
simple gestion de la trésorerie.
Caractéristiques des MOFF
Le

montant

d'une

MOFF

est

toujours

considérable

(plusieurs

milliards

de FCFA) ; la durée est de trois à cinq ans, avec souvent possibilité de renouvellement jusqu'à
sept ans ;
La MOFF est assurée par un pool de banques.
La MOFF n'est pas un produit au sens strict mais un ensemble de produits dans lequel on
trouve : des émissions de divers papiers, des crédits bancaires classiques, des contrats
d'échange de devises ou de taux d'intérêt ;

25

La MOFF est d'usage très souple. Le tirage peut se faire dans n'importe quelle devise prévue
au contrat. La MOFF peut être utilisée par la société mère ou ses filiales françaises ou
étrangères ;
La MOFF est une ouverture de crédit à un taux avantageux.

ii. Crédits Bail Mobilier
Les opérations de crédit-bail de matériel sont des opérations de location de biens
d'équipement, de matériel et d'outillage achetés en vue de leur location par des entreprises qui
en demeurent propriétaires, lorsque ces opérations, quelle que soit leur qualification, donnent
aux locataires la possibilité d'acquérir tout ou partie des biens loués moyennant un prix
convenu tenant compte, au moins pour partie, des versements effectués à titre de loyer.
Le crédit-bail se présente alors comme un mode de financement d'achats de biens
d'équipement, de biens de consommation durable effectués par des sociétés financières
spécialisées acquérant la propriété de ces biens pour le compte d'un tiers et les lui confiant en
location pour une durée plus ou moins longue.
Au terme de la période locative, le preneur a en principe la faculté d'acquérir la propriété du
bien pour un faible prix, déterminé dès la conclusion du contrat.

3. LES CRÉDITS A LONG TERME
Le crédit à long terme bancaire a quelque peu souffert du développement du crédit à long
terme « désintermédié ». Selon les époques, les entreprises recourent plus volontiers à la
banque ou au marché.
Deux grands circuits de distribution opèrent en matière de crédit à long terme : les institutions
financières spécialisées ; les banques.

a. Prêts épargne Entreprise
Il s'agit des prêts accordés au titre du livret épargne entreprise. Ce livret permet d'aider les
créateurs ne bénéficiant que d'un capital très modeste au départ. Le montant du prêt consenti
est toujours fonction de l'épargne précédemment constituée.

26

b. Contrat de Développement
C'est un contrat d'une durée de six ans, proposé par la Banque à des petites et moyennes
entreprises. Il est assorti d'une rémunération de base faible, majorée d'un complément de
rémunération qui est fonction de l'évolution du chiffre d'affaires hors taxes, en tout état de
cause plafonné dès la signature du contrat.
En effet, le prêt accordé se rapproche de l'idée de quasi-fonds propres par le fait qu'il est
accordé sans garanties et qu'il comporte une clause de participation.
Il s'en éloigne en revanche car il ne s'agit pas d'une créance de dernier rang.

II. FINANCEMENT PAR LE MARCHÉ FINANCIER

La deuxième composante majeure du marché des capitaux est le Marché Financier subdivisé
en un marché primaire et d'un marché secondaire. Les marchés secondaires sont soit libres, et
on parle alors de « Gré à gré » ou de « Other The Counter - OTC », soit organisé et là
intervient l'outil majeur qu'est la Bourse des Valeurs Mobilières.
Ce descriptif volontairement sommaire nous semble nécessaire pour établir précisément la
nuance avec l'objet principal de notre réflexion : la contribution du Marché Financier et plus
précisément de la BRVM au financement des entreprises.
En effet, la BRVM est un outil de valorisation des titres des entreprises cotées et donc un outil
de valorisation de ces entreprises elles-mêmes. Ainsi positivement perçues par le «marché »,
ces entreprises (agents économiques à en besoin de financement) ayant des titres cotés
renforcent leur crédibilité auprès des investisseurs potentiels (agents économiques à capacité
de financement). Cette crédibilité permet à l'investisseur de disposer d'un moyen d'évaluer les
risques et la rentabilité de l'opportunité de placement de son épargne dans l'acquisition des
valeurs mobilières que ces entreprises émettront pour assurer le financement de leur
croissance.
Par ailleurs, l'investisseur en valeurs cotées n'est plus « enfermé » dans cet investissement
puisque la BRVM lui assure une liquidité de ses portefeuilles qui sont librement cessibles à
condition de trouver sur le marché une contrepartie qui envisagerait un intérêt à transiger

27

1. LE MARCHÉ PRIMAIRE
On appelle Marché « Primaire » la phase correspondant à la création de titres et à leur vente
de « première main » par l'Emetteur aux Investisseurs tandis que la notion de marché
secondaire renvoie à l'idée d'une « revente d'occasion ou de seconde main ».
Le financement via le marché primaire se fait soit par appel public à l'épargne, soit par
emprunt privé. Il est constitué de titres à placer directement auprès d'investisseurs en
contrepartie de l'encaisse de fonds destinés à renflouer la trésorerie de l'émetteur. Et en respect
des règles d'émission et de placement définies par l'Autorité de Tutelle du Marché Financier
au sein de la Zone UEMOA constituée des 8 pays utilisant le Franc CFA émis par la BCEAO.
L'appel public à l'épargne (APE) est un processus qui consiste à lever des capitaux dans le
public. Selon la réglementation en vigueur en Afrique de l'Ouest (zone UEMOA), sont réputés
faire appel public à l'épargne, les sociétés, les États ou toute autre entité émettrice de valeurs :
- dont les titres sont disséminés au travers d'un cercle de cent personnes au moins, n'ayant
aucun lien juridique entre elles ; qui, pour offrir au public de l'UEMOA des produits de
placement, ont recours à des procédés quelconques de sollicitation du public, au titre desquels
figurent notamment la publicité et le démarchage ;
- dont les titres sont inscrits à la cote de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières.
Tout appel public à l'épargne doit être autorisé par le Conseil Régional de l'Épargne Publique
et des Marchés Financiers, autorité de tutelle du Marché Financier Régional.
Le Placement Privé de Titres consiste en l'émission de titres à l'attention d'un public restreint
d'investisseurs institutionnels (« zinzins ») et de personnes morales en des conditions de
garanties et de communication financière allégées par rapport à ce qui est imposé dans le cas
des APE.
L'emprunt obligataire privé sur le marché financier de l'UEMOA est constitué par :
- L'émission d'obligations réalisées sans publicité et dont les titres ne feront pas l'objet
d'inscription à la cote de la Bourse Régional des Valeurs Mobilières ;
- L'émission d'obligations placées au travers d'un cercle d'au plus cent (100) investisseurs
qualifiés agissant pour leur propre compte. Un investisseur qualifié est une personne morale à
même d'appréhender les mérites et les risques inhérents aux opérations sur les instruments
financiers;

28

- L'émission d'obligations dont le nominal est de F CFA 50 millions. Les conditions sues
énumérées sont cumulatives,
Lorsque l'autorisation du CREPMF est acquise, la BRVM met à la disposition de l'émetteur et
du syndicat de placement (SGI & Banques) ses infrastructures notamment ses plates-formes
de communication
2. LE MARCHÉ SECONDAIRE
Le Marché Secondaire tel que brièvement évoqué plus haut correspond à la négociation entre
investisseurs de titres déjà émis et placés sur le marché primaire. Les flux de trésorerie en
circulation sur le marché secondaire ne concernent en rien l'émetteur de la valeur sauf cas
exceptionnels :
- Lorsque l'émetteur assure la contrepartie d'une offre ou d'une demande de ses propres titres
sur le marché (par exemple en cas d'intervention d'animation du titre ou de régulation du
cours du titre) ;
- Lorsque le placement primaire d'une émission se fait directement par enregistrement des
souscriptions correspondant aux ordres d'achats à l'occasion d'une séance de bourse, le cours
de la valeur ainsi introduite est établi à la clôture après confrontation du prix d'émission
(faisant office de « cours de référence ») et des offres d'achat retenues aux fixing ; Ce cas
exceptionnel sur le jeune marché Ouest Africain s'est observé au moment de l'augmentation
de capital de SHELL Côte d'IVOIRE en 2000.
- Lorsque que le marché s'organise en « gré à gré » les prix des transactions sont fixés de
commun accord des parties à l'échange sans contrôle par une autorité quelconque même si la
conservation des titres peut être exclusivement confiée à un organisme central comme c'est le
cas sur le Marché Financier régional de l'UEMOA où le Dépositaire Central/Banque de
Règlement joue ce rôle.
- Lorsque le Marché est administré alors on parle de Bourse des Valeurs qui dispose de
conditions spécifiques d'introduction à la cote, de négociation, d'animation et d'informations
relatives auxdits titres cotés.
La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières de l'Afrique de l'Ouest (BRVM) offre un marché
des actions et un marché des obligations distinct dans lesquels les titres sont répartis en
compartiments en fonction de critères qualitatifs et quantitatifs.
Synthèse
29

Pour être inscrit au premier compartiment des actions, l'émetteur doit justifier d'au moins cinq
(5) bilans certifiés et d'une capitalisation boursière de plus de cinq cent millions
(500.000.000) de Francs CFA. Il doit également diffuser au moins vingt pour cent (20 %) de
son capital dans le public.
Le second compartiment des actions est accessible aux entreprises moyennes présentant une
capitalisation boursière d'au moins deux cents millions (200.000.000) de Francs CFA et
justifiant de deux années de comptes certifiés. Elles s'engagent en outres de diffuser au moins
quinze pour cent (15 %) de leur capital dans le public.
Il est créé un compartiment unique des titres de créance où le montant nominal total à
l'émission des titres dont l'introduction est sollicité, doit être supérieur à cinq cent millions
(500.000.000) de francs CFA. Les titres émis par les Etats membres sont admis de plein droit
à la côte de la Bourse sans procédures particulières des titres circulant exclusivement.

B. LES DIFFICULTÉS DES ENTREPRISES DANS L'ESPACE UEMOA

I. CONDITION D'ACCÈS AU FINANCEMENT

Les dirigeants des petites et moyennes entreprises dans les pays de l'UEMOA
mentionnent généralement les difficultés d'accès au financement du secteur bancaire comme
une importante contrainte à leur bon fonctionnement. Ces difficultés sont le plus souvent
associées aux politiques monétaires en vigueur et aux pratiques bancaires qui font qu'il est
difficile pour les banques de couvrir les coûts et les risques élevés qu'impliquent les
opérations de prêt aux petites entreprises.
S'agissant du marché financier, les conditions d'opérer sur le marché primaire limitent d'office
son accès aux grandes entreprises, dont le capital est ouvert à plus de 100 personnes.
Les PME et PMI à fort potentiel, dont la géographie du capital ne respecte pas ces conditions
ne peuvent donc pas avoir accès au financement pour leur croissance. Seules les grandes
entreprises peuvent intervenir sur le marché financier, alors que environ 80% des entreprises
de la zone sont dans l'impossibilité de respecter ces critères, vu leur petite taille (capital,
chiffre d'affaire, nombre d'actionnaires).

30

De plus, ces grandes entreprises sont généralement des filiales de multinationales
européennes. De ce fait leur financement se fait directement à partir de la maison mère.

II. LA FISCALITÉ ET LES GARANTIES

1. LA FISCALITÉ
Une bonne politique d'harmonisation des législations fiscales passe par une connaissance des
régimes existants et par une réelle perception de leur impact sur le fonctionnement du marché
financier. Le constat qui ressort de notre analyse, c'est que les systèmes fiscaux actuels sont
inadaptés et ne favorisent pas un développement harmonieux du système financier régional.
L'inadaptation des systèmes fiscaux apparaît globalement à travers l'imposition des revenus
en général. Les Etats membres de I ‘UEMOA ont hérité leurs systèmes fiscaux de la
colonisation. Ces systèmes ont donc pour base le droit fiscal français pour ce qui est des
pays francophones, et le système fiscal portugais pour ce qui est de la Guinée Bissau. Mais,
contrairement aux systèmes d'emprunt qui ont connu une rapide évolution induite par le
développement économique et social, les systèmes fiscaux des pays de I ‘UEMOA comme
ceux des autres pays en voie de développement sont restés figés, presque en l'état de leur
réception.
L'essentiel des réformes fiscales est dicté par des considérations budgétaires, la préoccupation
première des Pouvoirs Publics étant d'essayer de combler le gap qui existe entre d'une part,
des dépenses publiques qui ne cessent d'augmenter, et d'autre part, des recettes fiscales dont la
maîtrise reste incertaine.
Cette situation explique la complexité et la lourdeur de ces systèmes fiscaux qui n'ont pas
connu de véritables réformes de fond allant dans le sens de leur modernisation et de leur
simplification.
La complexité des systèmes fiscaux apparaît d'abord à travers l'existence, encore dans
certains Etats comme la Côte d'ivoire, le Bénin, le Niger, de la vieille méthode d'imposition
cédulaire des revenus qui combine, d'une part une imposition distincte de chaque catégorie de
revenu et d'autre part, un impôt de superposition: impôt général sur le revenu. Dans certains
Etats, comme le Sénégal, où le système d'imposition cédulaire n'existe plus théoriquement, la
technique d'imposition des revenus des personnes physiques en vigueur, qui allie des droits

31

proportionnels par catégorie de revenu et un droit progressif s'ajoutant auxdits droits,
ressemble beaucoup au système d'imposition cédulaire.
L'on note aussi l'existence de techniques complexes de paiement de l'impôt sur le
revenu avec, dans la plupart des Etats, un système de paiement par anticipation basé sur le
versement d'acomptes provisionnels dont la méthode de calcul est très difficile à maîtriser. Ce
qui occasionne des redressements fiscaux et l'application de pénalités préjudiciables aux
entreprises.
Quant à la lourdeur des prélèvements fiscaux, elle s'explique par la portion congrue
des contribuables qui sont connus des administrations fiscales de ces pays et qui s'acquittent
correctement de leurs obligations fiscales.
En effet, il y a dans tous ces pays une coexistence entre, d'une part, un secteur dit
moderne avec des entreprises régulièrement déclarées au fisc, et d'autre part, un secteur
traditionnel qualifié d'informel, officiellement inconnu du fisc, qui occupe une bonne frange
de la population. Le poids des prélèvements fiscaux est ainsi supporté par les entreprises du
secteur dit formel et par les salariés. Cela se traduit naturellement par la lourdeur de la charge
fiscale pour ces entreprises alors que, paradoxalement, le niveau de la pression fiscale est
relativement très bas dans tous ces pays,
Pour ce qui concerne les revenus des valeurs mobilières, des différences
fondamentales existent entre les Etats membres aussi bien par rapport aux taux d'imposition
que par rapport aux modalités d'imposition.
Concernant les taux d'imposition les disparités sont frappantes. A titre d'exemple, le
taux de droit commun de la retenue à la source sur les produits d'actions est de 18% au Bénin,
25% au Burkina Faso, 10% au Sénégal et 12% en Côte d'ivoire (pour ce qui est des
dividendes distribués par les sociétés non cotées à la BRVM). Les revenus d'obligations
connaissent également d'importantes disparités: 6% au Burkina, 12% en Côte d'Ivoire, 25% au
Niger.
Il est certain que de tels systèmes fiscaux ne favorisent pas le développement d'un
marché financier intégré.
Dans un contexte de marché financier régional, comme celui de l'UEMOA, dont
l'ambition est de promouvoir l'épargne intérieure et la mobilité des capitaux, la fiscalité
applicable aux revenus de valeurs mobilières ne peut être neutre. En effet, le choix des
placements de capitaux étant dicté, entre autres facteurs déterminants, par des considérations
32

fiscales, les investisseurs avertis seront plus attirés par les Etats offrant des avantages fiscaux
les plus attractifs.
Or, les disparités que nous avons relevées entre les régimes fiscaux en vigueur dans les
différents Etats de l'UEMOA constituent des facteurs réels de distorsion parce que pouvant
considérablement influer sur la mobilité des capitaux et même sur l'investissement en valeurs
mobilières du fait de leur complexité et de leur lourdeur. En outre, la complexité des systèmes
en vigueur dans les Etats membres de l'UEMOA et l'imprécision de certaines dispositions
fiscales dans beaucoup de situation constitue une cause d'insécurité juridique pour les
investisseurs non locaux.
Par essence, la règle de droit fiscal doit garantir la sécurité juridique de ses
destinataires. Cette règle doit donc permettre de déterminer avec certitude le montant des
impositions

mise

à

la

charge

d'un

contribuable.

La

sécurité

fiscale

des contribuables dépend du degré de précision avec lequel est déterminé le champ
d'application des règles de droit fiscal. Aussi, tant que cette sécurité juridique
ne sera pas assurée dans l'UEMOA par une politique adaptée de simplification
et

d'harmonisation

des

législations

fiscales,

il

sera

difficile

d'attirer

les

capitaux étrangers.

2. LES GARANTIES
Conformément aux dispositions réglementaires actuellement en vigueur, l'émission d'un
emprunt obligataire sur le Marché Financier Régional (MFR) requiert la production préalable
d'une garantie à première demande destinée à couvrir à hauteur de 100%, en principal et en
intérêts, le risque de défaillance de l'emprunteur.
Du point de vue de l'organe régulateur, cette exigence vise la protection des investisseurs dans
un contexte de marché naissant.
Cette disposition est jugée contraignante par les acteurs du marché, dans la mesure où
elle ne permet pas un accès aisé à tous les émetteurs.
En effet, il a été observé que le coût élevé d'obtention des garanties renchérit le taux de
sortie des financements obtenus par le biais du marché. De même, les formalités
administratives et les délais nécessaires à la délivrance desdites garanties réduisent la
compétitivité du marché financier. Les émetteurs se tournent alors vers le financement
bancaire qui est plus facile d'accès.
33

Par ailleurs, le système actuel de garantie rend la répartition des risques sur le marché
financier très asymétrique. En effet, il concentre l'ensemble des risques sur un petit nombre de
garants, au lieu de les diversifier au sein du pool des émetteurs. Dès lors, l'appréciation du
risque spécifique et l'analyse par les investisseurs des informations financières diffusées par
chaque émetteur, perdent leur importance.
Enfin, une comparaison avec les places financières de même maturité montre que,
contrairement à la pratique en vigueur sur le Marché Financier Régional, la production de
garanties n'est pas une exigence réglementaire sur les autres marchés émergents. Souvent, sa
production est facultative et ne sert qu'à renforcer la solvabilité de l'émetteur, déjà indiquée
par sa note délivrée par des agences de notation de renom.
Au total, la disposition réglementaire sur les garanties semble constituer un frein pour
plusieurs émetteurs potentiels d'emprunts obligataires de l'Union. Elle a conduit à un marché
financier où le "pricing" des titres obligataires ne reflète pas nécessairement le risque
intrinsèque de chaque émetteur.

34

CHAPITRE II : CRITIQUE DU MODE DE FINANCEMENT DES ENTREPRISES

PAR

LA BRVM DANS L'UEMOA
A. LES FORCES DE LA BRVM DANS LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES

I.

DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS DE FINANCEMENTS OFFERTES AUX

ENTREPRISES

La BRVM a démarré ses activités avec 48 titres dont 35 sociétés et 13 emprunts
obligataires. Sept (7) ans plus tard, suite à l'introduction de 7 nouvelles sociétés et 29
nouveaux emprunts et à la radiation de 29 titres de la cote dont 3 sociétés et 26 emprunts, le
nombre de titres cotés s'établit à 55 dont 39 sociétés et 16 emprunts au 30 septembre 2005. Le
nombre de sociétés inscrites à la cote du Marché Boursier Régional a évolué comme suit :
En 1998, la BRVM comprend 36 sociétés cotées dont 35 sociétés ivoiriennes et 1
société sénégalaise (SONATEL). Les 35 sociétés ivoiriennes qui sont entrées à la BRVM le 16
septembre 1998 lors du démarrage des activités étaient déjà cotées à l'ex Bourse des Valeurs
d'Abidjan (ex-BVA).
En 1999, deux (2) sociétés ivoiriennes : PALMCI et SIVOA ont fait leur entrée à la
cote. Cela porte le nombre de sociétés cotées à trente- huit (38).
En 2000, c'est le tour de trois (3) autres sociétés que sont : NEI et ABIDJAN
CARTERING pour la Côte d'Ivoire ; Bank Of Africa (BOA) pour le Bénin.
En 2001, deux (2) sociétés ivoiriennes SOCIMAT-CI et SICM sortent de la cote tandis
que deux (2) autres, TOTAL-CI et ELF, fusionnent pour donner TOTALFINAELF.
En 2003, une société nigérienne (Bank Of Africa Niger) fait son entrée à la cote.
Puis en 2008, deux sociétés ont dû être retirées de la cote. Au 31 décembre 2013, ce
sont seulement 37 sociétés qui sont régulièrement inscrites à la cote d'un marché commun à
huit (8) pays.
Le nombre de SGI est passé de 14 en 1998 à 21 au 31 décembre 2013.

35

II. UNE AUGMENTATION DES RESSOURCES MOBILISÉES PAR LES ENTREPRISES

Depuis le démarrage des activités du marché financier en novembre 1997, 82
opérations d'appel public à l'épargne ont été initiées, permettant de mobiliser des ressources
s'élevant à 526 milliards de FCFA, soit une moyenne annuelle de 88 milliards. Le marché des
titres publics, créé en 2001, a contribué à accroître le volume des opérations sur le marché des
capitaux. Le nombre de valeurs inscrites à la cote est aujourd'hui de 55, comprenant 39
actions et 16 obligations.

III. UNE DIVERSIFICATION GÉOGRAPHIQUE DES ÉMETTEURS ET INVESTISSEURS

Le caractère régional de la BRVM implique qu'il y a un fort potentiel de levée de
fonds, grâce à la population des huit (8). Ce qui permet aux entreprises de l'espace UEMOA
de lever des fonds importants, quel que soit le niveau économique du pays d'origine.
En outre, lorsqu'une société est déjà inscrite en bourse, elle a la possibilité de réaliser
des opérations capitalistiques : Fusion- acquisition, émission d'emprunts obligataires,
émission d'actions dans le cadre d'une augmentation de capital en numéraire et autres,
beaucoup plus aisément que si elle ne l'était pas ; les cours des actions de la société cotée étant
connu de tous.

IV. RÉDUCTION DES COÛTS D'INTERMEDIATION FINANCIÈRE

La Bourse Régionale a permis une réduction sensible des coûts d'intermédiation, et par
la même occasion une plus grande rémunération aux épargnants.
Les différents taux du marché boursier sont :
Taux d'intermédiation de la BRVM : entre 0.5% et 2%
Taux de rendement du marché : 9.74%
Alors que les taux appliqués sur le marché bancaire sont :
Taux débiteurs des banques entre 12 et 18%
Taux de rémunération offerte entre 3 et 5%
36

B. LES FAIBLESSE DE LA BRVM DANS LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES

Le financement des entreprises par la BRVM est limité par dix principaux facteurs :

I. LE NOMBRE INSUFFISANT D'INVESTISSEURS INSTITUTIONNELS (ASSURANCES,
CAISSE D'ÉPARGNE, CAISSE DE RETRAITE) DANS LA ZONE UEMOA

En effet, les investisseurs institutionnels, principaux pourvoyeurs de fonds du marché
boursier, sont très peu nombreux, ce qui peut avoir pour conséquence à terme un assèchement
du marché. De plus, s'agissant des assurances, la majeure partie est représentée par des filiales
de groupe européen. Le centre de décision est donc délocalisé et par conséquent l'aptitude à
intervenir sur le marché, ce qui augmente le risque d'étroitesse du marché.

II. LE NOMBRE LIMITE DE PRODUITS OFFERTS PAR LA BRVM

Il nous est donné aujourd'hui de constater que les produits offerts par la BRVM sont
limités aux produits classiques (actions, obligations, droits), alors que le financement des
entreprises à court, moyen et long terme sur les places financières européennes et américaines
se font plus facilement grâce à d'autres produits tels que les options. En ce qui concerne les
obligations, nous pouvons citer les obligations convertibles.

III. LES CONDITIONS D'INTRODUCTION SUR LE MARCHE

Pour l'introduction en bourse, nous rappelons les conditions suivantes :
Est admissible au Premier Compartiment de la cote régionale, tout titre de capital
répondant aux conditions suivantes :
- présenter une capitalisation boursière de plus de 500 millions de FCFA ;
- avoir une marge nette sur chiffre d'affaires sur chacune des trois dernières années de 3% ;
- présenter 5 années de comptes certifiés ;

37

- s'engager à signer un contrat d'animation de marché prévoyant une cotation ou une
indication de cours lors des séances dont la fréquence est précisée par Instruction de la Bourse
Régionale ;
- diffuser dans le public au moins 20% de son capital, dès l'introduction en bourse ;
- s'engager à publier au BOC des estimations semestrielles de chiffre d'affaires et de tendance
de résultats
Les valeurs rattachées à ces titres de capital sont également éligibles au Premier
Compartiment.
Est admissible au Second Compartiment de la cote régionale tout titre de capital répondant
aux conditions suivantes :
- présenter une capitalisation boursière de plus de 200 millions de FCFA ;
- présenter 2 années de comptes certifiés ;
- s'engager à signer un contrat d'animation de marché prévoyant une cotation ou une
indication de cours dont la fréquence est précisée par Instruction de la Bourse Régionale ;
- s'engager à diffuser dans le public au moins 20% de son capital dans un délai de deux ans,
ou 15% en cas d'introduction par augmentation de capital.
Les valeurs rattachées à ces titres de capital sont également éligibles au Second
Compartiment.
Est admissible au Compartiment obligataire de la cote régionale tout titre de capital
répondant aux conditions suivantes :
Nombre minimal de titres à l'émission : 25 000 titres ;
Valeur nominale minimale de l'émission : 500 millions de francs CFA.
Ces différentes conditions limitent les outils de financement offert par le Marché
qu'aux grandes entreprises. Les PME et PMI, qui représentent plus 60% des entreprises sont
donc contraintes de s'adresser au système bancaire, ou de financer leur développement par des
fonds propres ou des emprunts à risque pour les actionnaires.

IV. SITUATION POLITIQUE INSTABLE

38

En ce qui concerne l'environnement, il faut noter que plusieurs pays de l'Union ont
connu ces dernières années une situation socio - politique difficile. Or, l'un des facteurs-clé du
développement et de la crédibilité d'un marché financier est la stabilité de son environnement.
En effet, le fonctionnement du Marché Financier Régional a été particulièrement perturbé par
la situation sociopolitique en Côte d'Ivoire. Ce pays abrite notamment le Conseil Régional, les
structures

centrales

du marché et plus de la moitié des intervenants commerciaux. Les titres inscrits à la cote de la
BRVM sont également en majorité des valeurs de sociétés installées en Côte d'Ivoire.

V.

NON IMPLICATION DES GOUVERNEMENTS DANS LE DEVELOPPEMENT DU

MARCHE

Il convient de relever, que la non-réalisation des programmes de privatisation des Etats
par le canal du marché, s'est traduite par la faiblesse du nombre d'entreprises introduites en
bourse.
En effet, en dehors des entreprises ivoiriennes héritées de l'ex-Bourse des Valeurs
d'Abidjan, seule la Société Nationale des Télécommunications du Sénégal a été privatisée par
le canal du marché financier puis inscrite à la cote de la Bourse Régionale. Les entreprises du
secteur privé ont peu sollicité le marché pour une admission volontaire en raison notamment
de leur réticence à ouvrir leur capital au public. On note néanmoins, l'admission des titres de
certaines filiales du Groupe Bank Of Africa (BOA) à savoir la BOA-Bénin, BOA-Burkina,
BOA-CI et la BOA-Niger.
Le Marché Financier Régional est une réforme structurelle qui revêt une importance
capitale pour les pays de l'UEMOA. Il doit être suffisamment réglementé, bien organisé et
fonctionner adéquatement pour mobiliser les ressources nécessaires au financement des
entreprises de l'Union. A ce titre, il doit être appuyé par les autorités publiques ainsi que les
bailleurs de fonds.

VI. UN MANQUE DE CULTURE BOURSIÈRE

39

Le démarrage des activités du Marché Financier et de la BRVM n'a pas été appuyé par
des actions de sensibilisation, d'éducation et de formation. La diffusion de la culture boursière
n'a donc pas été effective. En conséquence, les responsables d'entreprises n'ont pas une
connaissance suffisante des opportunités qu'offre le marché pour les saisir.

VII. LA FISCALITÉ NON HARMONISÉE ET LE MANQUE DE DISPOSITIF JURIDIQUE
APPROPRIE

Le manque d'harmonisation de la fiscalité des valeurs mobilières s'est traduit par la
disparité des taux appliqués dans les Etats membres sur les valeurs mobilières et une inégalité
entre les intervenants commerciaux du marché. De même, des dispositions juridiques
spécifiques aux infractions boursières n'ont pas été mises en place et les délits propres au
marché boursier, s'ils ne restent pas souvent inconnus, ne sont pas sanctionnés.
Depuis le démarrage des activités du marché, aucune mesure fiscale incitative n'a été
adoptée pour attirer les émetteurs vers la cote et les investisseurs à acquérir des valeurs
mobilières.

VIII. MANQUE DE DYNAMISME ET DE PROFESSIONNALISME DES ACTEURS DU
MARCHE

On peut noter un certain manque de dynamisme des acteurs commerciaux qui se
traduit notamment par une faible fréquence des opérations initiées par les émetteurs et une
insuffisante diversification des produits financiers proposés aux épargnants. Le faible niveau
de professionnalisme des acteurs du marché constitue également un frein à son
développement. Cette situation découle du fait que le programme de formation des acteurs,
prévu lors du lancement des activités du marché, n'a pu être réalisé en raison notamment de
l'absence d'une structure de formation spécialisée aux métiers boursiers.

IX. LES GARANTIES

40

Les garanties exigées par le Conseil Régional tant pour l'agrément des acteurs du
marché que pour les émissions obligataires sont non seulement coûteuses et difficiles à
obtenir en raison de la lourdeur administrative, mais aussi les établissements garants sont peu
nombreux et arrivent à la limite de leurs possibilités d'octroi de garanties, entravant ainsi
l'essor du marché.

X.

MÉCONNAISSANCE DU MARCHE BOURSIER DE L'UEMOA PAR LES AUTRES

PLACES FINANCIÈRES

Le Marché Boursier Régional et ses produits sont peu connus aussi bien à l'intérieur
qu'à l'extérieur de l'UEMOA. Très peu d'actions ont été menées pour attirer les émetteurs et
les investisseurs vers ce Marché. Son développement n'est pas soutenu par des investisseurs
étrangers qui sont souvent à la recherche de zones à hauts rendements pour leurs placements.

XI. MARCHE PEU LIQUIDE

Le Marché Boursier Régional est également peu liquide et peu profond à cause de la
réticence des émetteurs et des investisseurs potentiels à y recourir, face à la multiplicité des
commissions appliquées aux opérations du marché. Ceci constitue un frein à la compétitivité
du marché.

41

CONCLUSION DEUXIEME PARTIE

Il ressort de cette deuxième partie les points essentiels suivants :
· Forces :
Après seize ans de fonctionnement, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières a fait la
preuve de son utilité en tant qu'instrument de mobilisation de l'épargne et de financement des
entreprises.
En effet, elle a offert aux opérateurs économiques de nouvelles opportunités de financement
de leurs activités, en complément aux financements traditionnels du système bancaire.
· Faiblesses :
La BRVM a du mal à prouver son efficacité en raison des points suivants :
- Le nombre insuffisant d'investisseurs institutionnels ;
- le nombre limité de produits offerts par la BRVM ;
- les conditions d'introduction sur le marché ;
- Situation politique instable ;
- Non implication des gouvernements dans le développement du marché ;
- Un manque de culture boursière ;
- La fiscalité non harmonisée et le manque de dispositif juridique approprié ;
- Manque de dynamisme et de professionnalisme des acteurs du marché ;
- Les garanties ;
- Méconnaissance du marché boursier de l'UEMOA par les autres places financières ;
- Marché peu liquide.

42

IIIe PARTIE : RECOMMANDATIONS POUR UNE MEILLEURE EFFICACITÉ DES
PRESTATIONS DE LA BRVM DANS LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES

Dans cette troisième partie de notre étude, nous ferons à des propositions et des
recommandations pour l'amélioration de l'efficacité de la Bourse Régionale des Valeurs
Mobilières comme outil de financement des entreprises dans l'espace UEMOA.
A cet effet, nous allons d'abord proposer des solutions pour l'amélioration
de l'environnement externe de la BRVM, puis faire des recommandations pour l'amélioration
de ses prestations.

43

INTRODUCTION TROISIÈME PARTIE

Dans cette troisième partie de notre étude, nous ferons à des propositions et des
recommandations pour l'amélioration de l'efficacité de la Bourse Régionale des Valeurs
Mobilières

comme

outil

de

financement

des

entreprises

dans

l'espace UEMOA.
A cet effet, nous allons d'abord proposer des solutions pour l'amélioration
de l'environnement externe de la BRVM, puis faire des recommandations pour l'amélioration
de ses prestations.

44

CHAPITRE I : AMÉLIORATION DE L'ENVIRONNEMENT EXTERNE DE LA BRVM

A. AMÉLIORATION DES ACTIONS DES POUVOIRS PUBLICS ET AUTORITÉS DU
MARCHE

I.

L'INTERVENTION DES POUVOIRS PUBLICS ET DES AUTORITÉS DU MARCHE

FINANCIER

1. LES POUVOIRS PUBLICS
Pour mobiliser l'épargne en faveur des capitaux propres, il faut une réglementation
stable qui favorise le droit de propriété et une fiscalité claire et acceptable sur les plus-values
et les dividendes. Enfin un état qui ne ponctionne pas toute l'épargne disponible pour couvrir
le déficit budgétaire.
Il faut poursuivre les efforts de stabilisation du cadre macroéconomique dans les pays
de l'UEMOA, avec la mise en œuvre de politiques économiques saines au niveau national et
coordonnées à l'échelle régionale de manière à préserver les conditions d'une croissance
durable et forte.
En outre, pour relancer rapidement le développement du Marché Financer, il est
impératif que les Etats s'engagent à utiliser le canal de la BRVM pour effectuer les
privatisations.
Ces différentes actions des pouvoirs publics auront les principaux impacts suivants :
Premièrement, elles favoriseront les discussions des Etats avec les partenaires (repreneurs)
stratégiques réticents à l'introduction en Bourse en les dotant d'un texte communautaire.
Ensuite, elles démontreront aux bailleurs de fonds internationaux que les privatisations
s'inscrivent dans le sens de la bonne gouvernance, et les amèneraient à mieux les soutenir.
Enfin, elles permettront aux structures du Marché de passer leur seuil de rentabilité, les
aideraient à mener des actions de promotion de la culture boursière et de développer des outils
financiers et de diminuer les coûts de l'intermédiation financière.

45

2. RENFORCEMENT DES OUTILS DE TRAVAIL DU CREPMF
Le Conseil Régional en sa qualité de régulateur du marché financier, chargé de
protéger l'épargne investie en valeurs mobilières, doit se doter de moyens suffisants pour
assumer pleinement les missions qui lui ont été assignées par les autorités des Etats membres
de l'Union. Son environnement de travail doit être moderne afin de se maintenir à un niveau
de performance élevé et disposer en permanence des informations les mieux sécurisées et les
mieux partagées. Il doit être en connexion aisée et permanente avec tous les acteurs et les
autres régulateurs à travers le monde.
A cet effet, le Conseil Régional doit acquérir des équipements informatiques, des
logiciels pour renforcer ses capacités opérationnelles ainsi que les outils modernes des
Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (ordinateurs, serveurs
dédiés, systèmes de gestion électronique de documents, liaisons radio, outils réseaux, etc.).
Le pouvoir de contrôle donné au Conseil Régional lui fait obligation de l'exercer
efficacement afin de garantir une plus grande équité et une transparence du marché financier
notamment dans le cadre des opérations du marché secondaire.
Le Conseil Régional doit donc se doter d'un système de surveillance du marché
capable en permanence :
- de détecter rapidement les mauvaises pratiques et délits sur le marché boursier notamment
les manipulations de cours, les délits d'initiés ainsi que les comportements frauduleux des
intervenants ;
- de procéder à des analyses exhaustives sur les données relatives aux opérations boursières;
- de produire des statistiques pertinentes à l'usage de ses autorités.

Le Marché Financier Régional ne dispose pas actuellement d'un cadre pour la sanction
des infractions boursières. Il est urgent de combler ce vide juridique qui existe depuis la
création du marché. Pour assurer le développement d'un marché juste, équitable et transparent
d'une part, et d'autre part, pour renforcer le climat de confiance qui garantira l'essor d'un
marché secondaire plus dynamique, des travaux doivent être réalisés dans le cadre du projet
afin :
- de définir et de mettre en œuvre un cadre réglementaire qui permettra de sanctionner toutes
les pratiques délictueuses qui surviendraient sur le marché;
46

- d'assurer une large diffusion de ces dispositions réglementaires à l'échelle de l'Union.

A cet effet, des séances de travail doivent être organisées avec la Cour de Justice de
l'UEMOA,

la

Commission

Régionale

sur

le

blanchiment

afin

de

s'assurer

de la cohérence et de l'harmonisation des textes à adopter. Des séminaires d'information et de
formation doivent également être organisés à l'intention des Parlementaires de l'Union.

II. RENFORCEMENT DU CONTRÔLE, DES GARANTIES ET POLITIQUE FISCALE

1. RENFORCEMENT DU CONTRÔLE ET GARANTIES
L’existence de plusieurs agences de notation sur le Marché Financier Régional, est un
véritable gage de sécurité qui pourrait rassurer davantage les épargnants. Et dans un souci de
protection des épargnants, les sociétés emprunteuses sont soumises à l'obligation de produire
une garantie à hauteur de 100 % pour les emprunts obligataires par appel public à l'épargne.
Cette disposition réglementaire constitue un sérieux blocage pour certaines sociétés en raison
des difficultés d'obtention de cette garantie ainsi que les coûts élevés qu'elle engendre.
L'élimination progressive de l'exigence de garantie devra être planifiée en fonction de
l'introduction d'un système de notation sur le Marché Financier Régional. Une période
transitoire devra être observée pendant laquelle une analyse approfondie basée sur les ratios
financiers des émetteurs sera utilisée comme critère de sélection.
Certains émetteurs, en fonction du secteur d'activité, doivent être dispensés
partiellement ou totalement de la garantie, sous certaines conditions. C'est le cas, par exemple,
des banques.
Ainsi, des travaux sur la réforme des garanties doivent être menés afin de trouver des
solutions concrètes relatives :
- Aux mécanismes à mettre place pour assouplir les garanties exigées sur le marché ;
- Aux mécanismes de substitution des garanties actuelles par des analyses de ratios
financiers ;
- A la définition d'un cadre institutionnel pour l'installation d'une agence de notation au sein de
l'UEMOA ;

47

- A l'adaptation du cadre réglementaire afin d'accepter les notations faites par les agences
internationales.

2. LA POLITIQUE FISCALE
L'étape la plus importante vers le développement du marché financier intégré a été la
création le 16 septembre 1998 de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM),
institution commune aux huit Etats membres de I ‘UEMOA.
La BRVM constitue aussi une réponse adéquate des Etats membres aux défis de la
mondialisation: il valait mieux opter pour la mise en place d'un instrument communautaire
dédié à une plus grande intégration de leur économie, plutôt que pour la création de marchés
financiers nationaux voués à l'éclatement.
Il est important de rappeler que la BRVM a été créée dans un contexte d'harmonisation
des législations initiées soit dans le cadre de I ‘UEMOA avec notamment l'institution d'un
système comptable commun (le SYSCOA), soit dans le cadre d'une coopération plus large qui
intègre I ‘UEMOA avec notamment l'adoption, dans le cadre du Traité relatif à
l'harmonisation du Droit des Affaires en Afrique, de l'Acte Uniforme Relatif au Droit des
Sociétés Commerciales et du Groupement d'Intérêt Economique.
Ainsi, la combinaison de l'ensemble de ces initiatives avec une politique réelle de
modernisation et d'harmonisation des législations fiscales en général, et celle de la fiscalité
des valeurs mobilières en particulier, devrait contribuer au développement du marché
financier régional par la promotion de l'épargne intérieure et l'accroissement de la mobilité des
capitaux.
Conscient de l'impact négatif des systèmes fiscaux actuels sur le fonctionnement et le
développement du marché financier, I ‘UEMOA avait appelé ses Etats membres à prendre les
dispositions appropriées en vue d'intégrer dans leurs lois de finances pour l'année 1997 les
mesures suivantes :
La suppression du système de la « double imposition » et l'institution en lieu et place
d'une retenue à la source, libératoire de tout autre impôt, à des taux différenciés qui pourraient
être :

· 10% pour les actions
48

· 13% pour les obligations
· 15% pour les lots

Le réaménagement de la fiscalité indirecte applicable aux Valeurs Mobilières, par
l'institution d'un droit au titre des droits d'enregistrement sur les souscriptions d'actions et les
augmentations de capital (le droit proposé était de 6 000 FCFA) ;
La suppression du droit de timbre sur les titres de société, ainsi que l'exonération des
intérêts d'obligations au titre de la TVA et de toute autre taxe sur le chiffre d'affaires ;
L'exonération des résidents hors UEMOA de la retenue à la source sur les revenus des
obligations ;
L'exonération des SICAF et SICAV de tout impôt sur le revenu à l'exclusion de la
retenue à la source sur les revenus qui leur sont versés ;
L'extension du régime de l'exonération en vigueur dans trous pays à l'ensemble de
l'Union, pour les plus-values des valeurs mobilières réalisées par les personnes privées ;
L'adoption d'un certain nombre de mesures d'accompagnement parmi lesquelles la
simplification des formalités de déclaration et de paiement de la retenue à la source.
Cependant, malgré les efforts faits par certains Etats en vue d'appliquer ces
recommandations, les régimes fiscaux en vigueur dans les Etats membres de I ‘UEMOA
constituent encore des facteurs réels de distorsion et de désarticulation du marché financier
régional.
Nous pensons qu'il est impératif malgré les errements constatés dans l'application des
mesures préconisées par l'UEMOA, de poursuivre la politique d'harmonisation de la fiscalité
des revenus de valeurs mobilières pour assurer un fonctionnement harmonieux du marché
financier

régional.

Cependant,

l'UEMOA

doit

également

prendre

des

mesures

d'accompagnement devenues indispensables.
L'application par les Etats membres des mesures préconisées par l'UEMOA
est partielle et mitigée pour plusieurs raisons dont les plus déterminantes sont
à notre avis :

49

Le régime juridique de l'acte pris par l'UEMOA : le Conseil des Ministres a préféré
prendre une simple recommandation au lieu d'une décision ou d'un règlement ce qui laisse aux
Etats toutes la latitude quant à la mise en application des mesures préconisées ;
Les difficultés d'ordre budgétaire qui semblent être l'une des principales raisons de
l'application partielle et mitigée desdites mesures ;
Les politiques d'ajustement structurel imposées par les bailleurs de fonds laissent une
faible marge de manœuvre aux pays « en voie de développement » pour toutes les réformes
susceptibles d'avoir une incidence budgétaire ;
L'importance que les Etats attache à leur souveraineté, en particulier lorsqu'il s'agit
d'un aspect aussi sensible que la fiscalité directe. Cela n'est d'ailleurs pas propre à l'UEMOA.
Par exemple, dans l'Union Européenne de nombreuses tentatives pour revoir la règle de
l'unanimité qui régit encore les prises de décision en matière fiscale ont échouées.
Or, sans une harmonisation des fiscalités applicables aux revenus des valeurs
mobilières, le marché financier régional continuera de connaître des distorsions importantes
de nature à perturber son fonctionnement et à hypothéquer son développement.
Aussi, malgré les difficultés rencontrées dans sa mise en œuvre, la politique
d'harmonisation des fiscalités initiée par l'UEMOA ne doit pas être abandonnée. Elle doit
simplement être revue tant du point de vue de la méthode utilisée que par rapport au degré et
au contenu même de l'harmonisation.
En ce qui concerne la méthode d'harmonisation, il faudrait que la coordination soit
privilégiée par rapport à la centralisation car, s'agissant d'impôts directs, une centralisation
poussée risquerait d'être dissuasive pour les Etats qui, par essence, sont très jaloux de leur
souveraineté.
Toujours concernant la méthode, il faudrait davantage privilégier la concertation et la
persuasion pour convaincre les Etats de l'importance et des enjeux de cette harmonisation.
Toutefois, au lieu d'une initiative timide qui consiste, par la voie d'une simple
recommandation, à laisser aux Etats toute la latitude quant à l'application des mesures
préconisées, la coordination doit être renforcée; c'est-à-dire que les Etats membres doivent
accepter «une mise en commun délibérée et limitée de leur souveraineté fiscale en vue d'une
prise de décision collective».

50

Par ailleurs, comme instrument juridique, la directive qui lie les Etats membres quant
aux résultats nous parait plus appropriée que le règlement qui est plus contraignant parce
qu'obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable.
Quant à son contenu, l'harmonisation devrait s'étendre, au-delà des taux de
prélèvement sur les revenus des valeurs mobilières, aux systèmes nationaux d'imposition des
revenus qui doivent être revus dans le sens de leur modernisation et de leur simplification.
Mais pour être mieux perçue par les Etats, l'harmonisation de la fiscalité des valeurs
mobilières devrait être accompagnée par quelques mesures qui nous paraissent indispensables.
S'agissant des mesures d'accompagnement de façon concrète, la première concerne la
nécessité pour les Etats membres de l'UEMOA de signer une convention fiscale. Les
conventions fiscales ont généralement pour objet d'éviter les doubles impositions qui
pourraient résulter, pour les personnes dont le domicile fiscal est situé dans l'un des Etats
contractants, de la perception simultanée ou successive dans cet Etat contractant et dans
l'autre (ou les autres) Etat contractant des impôts couverts par le champ d'application desdites
conventions. Elles peuvent régler, en particulier. En ce qui concerne l'imposition des revenus
d'une personne physique ou morale, la répartition de ces revenus entre les Etats signataires
selon des modalités précises.
Un autre objet des conventions fiscales concerne l'assistance administrative entre les
Administrations fiscales des Etats contractants. Ainsi, ces administrations pourront se
transmettre des renseignements d'ordre fiscal à leur disposition et qui sont utiles pour assurer
l'établissement et le recouvrement régulier des impôts couverts par le champ d'application des
conventions. II existe aussi, en droit fiscal international des conventions d'assistance au
recouvrement.
La signature d'une convention fiscale multilatérale entre les Etats membres de
l'UEMOA permettrait ainsi d'éviter les doubles ou multiples impositions des revenus de
valeurs mobilières qui constituent un facteur d'immobilisation des investisseurs.
Par ailleurs, à travers cette convention fiscale, l'on pourrait prévoir une clef de
répartition des prélèvements sur les revenus de valeurs mobilières entre Etat d'origine de
l'investisseur et Etat du siège de l'entité distributrice. L'intérêt d'une telle clause est double elle
permet à la fois de tenir compte des disparités économiques existantes entre Etats membres et
d'atténuer les effets négatifs d'une concurrence fiscale entre eux.

51

Une telle démarche est un gage de succès de la politique d'harmonisation car elle
permet d'écarter les réticences basées sur les considérations budgétaires. II convient de
souligner que deux conventions fiscales multilatérales ont été signées par certains membres de
I ‘UEMOA il s'agit de la convention générale de coopération fiscale entre les Etats membres
de l'OCAM signée à Fort-Lamy le 29 janvier 1971 et de la convention fiscale des Etats
membres de la CEAO signée à Bamako le 29 octobre 198412.
Même si l'OCAM et la CEAO ont été dissoutes, les conventions fiscales signées par
les Etats membres de ces deux organisations restent en principe toujours en vigueur.
Cependant, l'application de ces deux conventions fiscales pose des problèmes. Pour ce
qui est de la convention fiscale CEAO, il existe deux Etats membres de I ‘UEMOA qui n'ont
jamais été membres de la CEAO à savoir le Togo et la Guinée Bissau. Aussi, le Bénin qui a
adhéré à la CEAO après la signature de la convention fiscale entre les Etats membres de cette
organisation n'est pas lié par cette convention.
En ce qui concerne la convention fiscale OCAM, certains Etats membres de cette
organisation ne l'auraient pas signée. En outre, un Etat comme l'lle-Maurice l'aurait dénoncée.
Par conséquent, seule la signature d'une convention fiscale multilatérale entre les Etats
membres de l'UEMOA pourra écarter de manière durable les risques de doubles ou multiples
impositions. La seconde mesure d'accompagnement concerne l'élargissement de l'assiette qui
doit être concomitante avec la mise en œuvre de la politique d'harmonisation.
L'une des caractéristiques des finances publiques des pays de l'UEMOA est la faiblesse
du niveau de la pression fiscale. Le taux moyen de la pression fiscale est passé de 12,50% en
1993(son niveau le plus bas au cours des dix dernières années) à 15,50% en l996.
Depuis,

il

semble

se

stabiliser

à

15%.

L'écart

constaté

entre

1993

et les années en cours s'explique par les actions qui ont été menées par les gouvernements et
visant :
- la simplification de la législation fiscale
- le désarmement tarifaire au niveau des cordons douaniers
- l'élargissement de l'assiette fiscale en direction notamment du secteur informel
- le renforcement du contrôle et de la lutte contre la fraude
- et la limitation des exonérations.

52

Malgré les efforts considérables consentis par certains Etats et dont l'objectif principal
est d'équilibrer les recettes fiscales par rapport aux dépenses courantes, il demeure que le
niveau de la pression fiscale est encore particulièrement bas, comparé à celui des pays
européens la moyenne pour ces pays avoisine les 30%. Cette situation s'explique, comme
nous l'avons déjà évoqué, par l'existence dans tous les pays de l'UEMOA d'un secteur
informel qui malgré son dynamisme dans les domaines de l'emploi et de la distribution des
revenus échappe encore largement à l'impôt.
L'enjeu de la maîtrise et de la fiscalisation du secteur informel est tellement important
que les chances de succès de la politique d'harmonisation de la fiscalité des valeurs mobilières
entreprise par l'UEMOA dépend dans une large mesure de la capacité des Etats à
accompagner les mesures prises dans le cadre de cette harmonisation par des réformes hardies
allant dans le sens de l'élargissement de l'assiette fiscale.
Les réformes déjà entreprises dans ce domaine par un pays comme le Mali pourraient
servir d'exemple à d'autres pays de l'Union. Le Mali vient d'opter, à travers la loi N°99-011 du
01 Avril 1999 pour l'institution d'un impôt synthétique. Cet impôt est dû par les exploitants
individuels réalisant plus de 30 millions de chiffre d'affaires annuel. L'assujettissement à
l'impôt synthétique, dont les montants sont fixes et varient selon la nature de l'activité et le
niveau du chiffre d'affaires, libère l'entreprise concernée de tous autres impôts ou taxes directs
ou indirects intérieurs. Cette technique d'imposition qui a le mérite d'être simple et adaptée au
contexte social et économique des pays de la sous-région, apparaît comme un début de
solution à l'épineux problème de l'élargissement de l'assiette fiscale.

B. DEVELOPPEMENT DE LA CULTURE BOURSIÈRE DANS L'ESPACE UEMOA

I. RENFORCEMENT DES COMPÉTENCES DES INTERVENANTS ET FORMATION DES
ACTEURS PUBLICS

Le rôle central joué par la BRVM et le DC/BR dans le bon fonctionnement du marché
secondaire et le traitement juste et équitable des intervenants quel que soit leur position
géographique d'une part, et d'autre part la spécificité et l'évolution rapide des pratiques
boursières au niveau international, nécessitent un professionnalisme toujours accru de la part
du personnel de ces deux structures tant au niveau du siège que des antennes nationales.
53

Il est donc nécessaire d'engager des actions de formations ciblées pour le renforcement
des capacités professionnelles des agents des structures centrales du marché, c'est-à-dire la
BRVM et le DCBR. Il s'agit de formation auprès d'autres bourses sur : les systèmes de
négociation ; les systèmes de compensation ; la surveillance du marché etc.
Compte tenu du rôle central que doit jouer le Conseil Régional dans le développement
du marché des capitaux au sein de l'UEMOA, son personnel doit être très bien qualifié et
formé

de

manière

à

se

comparer

avantageusement

aux

autres

régulateurs. Le personnel du Conseil Régional doit maîtriser toutes les questions liées aux
valeurs mobilières de manière à accomplir ses missions et encadrer les autres structures et
acteurs du marché.
Ces derniers doivent également être compétitifs dans leurs domaines d'activités
respectifs et capables de répondre aux exigences et attentes des investisseurs internationaux.
Leur bonne compréhension des outils et techniques des marchés financiers sont un gage
d'efficience.
Des actions de formations soutenues seront mises en œuvre, des formations du
personnel du Conseil Régional dans les domaines suivants : droit des valeurs mobilières,
analyse financière, techniques de surveillance du marché, techniques d'audit, administration et
comptabilité, analyse économique, gestion des valeurs mobilières, etc.
S'agissant des autres acteurs du marché, les formations pourront porter sur : la
négociation des valeurs mobilières, la gestion déléguée de portefeuille, la gestion collective
des valeurs mobilières, les techniques de contrôle, l'analyse et l'utilisation de l'information
financière, le conseil en investissement.

II. VULGARISATION DE LA CULTURE BOURSIÈRE

Les mécanismes du marché financier sont très peu connus des opérateurs économiques
de l'UEMOA. Ces opérateurs économiques ne sont pas forcément au courant des opportunités
qu'offre le marché pour pouvoir les saisir. La culture boursière est quasiment inexistante dans
la sous-région. Les actions de promotion et d'éducation qui doivent être menées et devraient
permettre :
54

· Une meilleure connaissance du marché par les opérateurs économiques ;
· Un recours plus important des émetteurs au marché financier pour leur financement ;
· Une augmentation sensible de l'épargne investie en valeurs mobilières avec une mobilisation
de l'épargne informelle ;
· Et une plus grande animation du marché secondaire pour une meilleure liquidité et une
efficience plus accrue.

Pour atteindre ces objectifs, les actions ci-après peuvent être réalisées :
§ Journées portes ouvertes dans les Antennes Nationales de Bourse et dans les Chambres de
Commerce,
§ Séances d'information à l'intention des émetteurs et investisseurs institutionnels,
§ Émissions radiotélévisées dans les huit pays de l'UEMOA sur des thèmes liés au marché
financier,
§ Séances d'éducation des investisseurs particuliers,
§ Organisation de manifestations publiques récurrentes dédiées à l'industrie des valeurs
mobilières
§ Documentaires sur le marché financier à diffuser dans les différents pays.
§ Formation des experts comptables, consultants, juristes et journalistes économiques.

En complément de l'épargne disponible dans la zone UEMOA, l'attraction des capitaux
venant de l'étranger est essentielle pour le développement du Marché Financier Régional, et
par conséquent pour le financement des entreprises. Ces capitaux contribueront, notamment,
à un accroissement des volumes de transactions sur le marché, au renforcement de la
crédibilité du Marché Financier Régional et son ouverture sur les places financières
étrangères, au développement des produits d'épargne collective, etc.
Les actions ci-après peuvent être menées :
· L'organisation des séances d'information pour la diaspora ;
· La participation à des forums internationaux organisés sur la mobilisation de l'épargne et les
marchés financiers ;
55

· La création d'une fenêtre sur le site WEB du Conseil Régional et celui de la BRVM pour la
diaspora et les investisseurs étrangers pour répondre à leurs questions spécifiques ;
· La coopération avec des banques de l'habitat pour la création de valeurs mobilières sous
forme de titres hypothécaires.

56

CHAPITRE II : AMÉLIORATION DES PRESTATIONS DE LA BRVM
A. ASSOUPLISSEMENT DES CONDITIONS D'ACCÈS AU MARCHE ET PROMOTION
DE LA CONCURRENCE ET DE L'ÉQUITÉ DANS LE TRAITEMENT
I. REVISION DES TARIFS
L'un des problèmes auxquels le Marché Financier Régional doit faire face est celui de
sa capacité à se révéler plus concurrentiel que les autres sources de financement notamment
celles du secteur bancaire. En effet, le marché ne présentera aucun intérêt pour les émetteurs
potentiels si les tarifs qui y sont pratiqués ne sont pas attractifs d'une part, et d'autre part, si les
procédures d'accès à ce type de financement se révèlent trop contraignantes. Il en est de même
pour les investisseurs qui ne viendront pas sur le marché si les coûts des transactions sont
élevés. Actuellement, le marché financier régional a une structure de coûts élevés
comparativement aux autres marchés émergents.

II. ALLÉGEMENT DE LA PROCÉDURE ET DES CONDITIONS D'ACCÈS
Les conditions d'accès au marché sont jugées trop contraignantes notamment, le
niveau de capital exigé aux entreprises qui exclut une grande partie des émetteurs potentiels
que sont les PME/PMI.
Les actions suivantes doivent être menées pour :
· identifier à travers une étude les mécanismes appropriés à mettre en place pour réduire les
tarifs appliqués sur le marché sans compromettre la viabilité de ces différents acteurs
· mettre en œuvre une bonne politique visant l'augmentation du nombre de sociétés inscrites à
la cote ;
· promouvoir la concurrence et l'équité entre les professionnels de l'industrie des valeurs
mobilières ;
· procéder à une révision de la réglementation sur les conditions d'accès au marché en
l'adaptant aux réalités économiques de l'Union ;
· étudier la mise en place d'un marché dirigé par les cours pour réduire les frais de négociation
sur la BRVM ;
· étudier la mise en place d'un marché hors cote.
57

B. DEVELOPPEMENT DE NOUVEAUX PRODUITS

Les réalités de l'environnement économique de l'Union et les besoins de
redynamisation du marché boursier rendent nécessaire l'ouverture d'un compartiment aux
entreprises de taille modeste et aux entreprises innovantes. Ce compartiment donnera un accès
plus facile aux entreprises non éligibles à la cote officielle par l'assouplissement des
conditions d'admission.
L'objectif de la mise œuvre du nouveau compartiment de la BRVM consiste à répondre
au problème endémique de la faible accessibilité aux financements à long terme par les petites
et moyennes entreprises et industries, de l'UEMOA.
Ce nouveau compartiment dit « Compartiment de croissance » devra être orienté sur
les émissions de titres de capital des PME / PMI, négociables à la BRVM.
La PME se définie comme « la jeune entreprise à fort potentiel de développement
caractérisée par un besoin ardent d'investissement et présentant une bonne rentabilité future ».
S'agissant des aspects réglementaires, ils devront être principalement relatifs aux
conditions d'accès à l'Appel Public à l'Epargne (APE) et à l'admission à la cote. Ils se situent
au niveau du Conseil Régional de l'Epargne Public et des Marchés Financiers (CREPMF)
ainsi qu'à celui de la BRVM et du DC/BR.
Des mesures incitatives seront aussi nécessaires pour attirer des entreprises. Les
Autorités régionales devront favoriser la formation de capital fixe.
S'agissant des critères d'admission, nous proposons les conditions suivantes :
· La capitalisation : plus de 100 millions de FCFA;
· La rentabilité : elle n'est pas exigée sur les exercices passés. Cependant, un plan de
développement sur trois ans doit faire apparaître les potentialités de croissance et de
profitabilité;
· L'ancienneté : au moins un exercice, avec des comptes certifiés par un Commissaire aux
Comptes, et une Assemblée Générale Ordinaire tenue;
· Les modalités de mise en Bourse :
Ø Augmentation de capital si l'entreprise a une existence de moins de 2 ans ;

58

Ø Cession d'actions anciennes ou augmentation de capital si l'entreprise a une existence d'au
moins 2 ans ;
Ø Diffusion dans le public d'au moins 20% du capital;
Ø Signature d'un contrat d'animation.
· La forme juridique : société anonyme.
· L'obligation de communication : engagement à divulguer l'information conformément aux
textes réglementaires du CREPMF, de la BRVM et du DC/BR.
Le succès du «Nouveau Compartiment» dépendra également des aspects
environnementaux et commerciaux :
Les aspects environnementaux consistent à l'adoption de mesures d'incitation en faveur
des PME désireuses de s'inscrire sur ce nouveau compartiment. Ces mesures peuvent être
d'ordre fiscales à l'initiative des Etats de l'UEMOA et d'ordre financières telles que l'octroi des
lignes de crédit à court et moyen terme à des conditions préférentielles, la mise en place de
conditions privilégiées d'accès aux fonds de garantie, par les organismes de développement
régionaux et internationaux.
Ces aspects environnementaux concernent également les appuis et les assistances
techniques aux PME (organisation juridique, administrative, comptable et financière; étude de
faisabilité; formation; accompagnement dans le processus d'introduction en Bourse; suivi
après la cotation; subvention, etc.).
La mise en place d'un marché de titres de la dette publique et d'un marché de titres
hypothécaires est aussi une piste à exploiter

59

CONCLUSION TROISIÈME PARTIE

Il ressort de cette partie les points essentiels suivants :
· Les autorités publiques doivent entreprendre toutes les actions nécessaires afin de permettre
à la BRVM de jouer son rôle dans la recherche de financement des entreprises, sans qu'elles
ne rencontrent des difficultés relatives aux garanties, à la fiscalité.
· Une plus grande communication doit être établie entre les dirigeants d'entreprises, le grand
public et les activités du marché boursier, afin qu'ils puissent apprécier les différentes
opportunités que présente le marché.
· Des actions de formation des acteurs publics et privés du marché devront être menées.
· La BRVM devra proposer d'autres produits aux entreprises.

60

CONCLUSION GÉNÉRALE

Avec l'entrée en vigueur de l'UEMOA, nous assistons à une libre circulation des
capitaux y compris une liberté de prise de participation, d'émission et de placement de titres
sur un marché financier intégré regroupant les Etats membres de l'Union partageant la même
monnaie, le FCFA.
Cependant, malgré la création de la BRVM qui a pour objectifs de contribuer à la
diversification du secteur financier, de mobiliser les ressources longues nécessaires au
financement de la production et de l'investissement des entreprises et enfin de favoriser
l'intégration régionale, nous constatons un manque de dynamisme du marché bousier.
« Comment rendre la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières plus efficace pour le
financement des entreprises dans l'espace UEMOA ? »

Au terme de notre étude, nous pouvons noter comme points forts à l’actif de la
BRVM:
- De nouvelles opportunités de financements offerts aux entreprises.
- Une augmentation des ressources mobilisées par les entreprises
- Une diversification géographique des émetteurs et investisseurs
- Réduction des coûts d'intermédiation financière

Mais ce cadre favorable au développement des entreprises reste perturbé par les points
faibles suivants :
- le nombre insuffisant d'investisseurs institutionnels ;
- le nombre limité de produits offerts par la BRVM ;
- Le marché peu liquide.
- les conditions d'introduction sur le marché ;
- une situation politique instable ;
- la non implication des gouvernements dans le développement du marché ;
61

- La fiscalité non harmonisée et le manque de dispositif juridique approprié ;
- Les garanties trop contraignantes ;
- le manque de culture boursière des populations ;
- Le manque de dynamisme et de professionnalisme des acteurs du marché ;
- La méconnaissance du marché boursier de l'UEMOA par les autres places financières ;

Au vue de cette analyse, certaines actions sont à prendre en compte pour une véritable
relance de notre marché financier et concernent principalement :
· La diversification des produits offerts par le marché boursier et l'élargissement des cibles ;
· L’organisation efficace du marché financier et la révision des conditions d'accès;
· La perception de la BRVM comme structure d'épargne et l'apport des institutions étatiques à
la dynamisation du marché et à la stabilité politique de la région ;
· L’harmonisation de la fiscalité et la réforme des garanties.
· Les actions de développement de la culture boursière et de promotion de la BRVM à
l'intérieur comme à l'extérieur de la zone UEMOA ;

En effet, l'ouverture d'un troisième compartiment qui aurait pour cible les PME/PMI,
aurait pour avantage la diversification de nos produits et services mais également
l'élargissement de nos cibles, et de rendre le marché plus liquide.
En outre, afin de respecter les standards internationaux, une séparation des acteurs
(pôles public et privé) devrait permettre une meilleure gestion des opérations.
De plus, une révision des conditions d'accès s'impose pour permettre à plus
d'entreprises d'avoir recours au marché, et une collaboration avec les banques et
établissements d'épargne qui n'ont pas la même politique de rétrocession de l'épargne
collectée auprès des agents à capacité de financement devrait clarifier les émetteurs et
investisseurs sur le rôle de chaque acteur et d'harmoniser les stratégies qui sont plus
complémentaires que concurrentes.
Enfin, la BRVM constituant une réponse adéquate des Etats membres de l'UEMOA
aux défis de la mondialisation, par l'aide au développement et à la croissance à moindre coût
62

des entreprises installées sur leur territoire respectif, une plus grande implication des Etats
dans le processus de privatisation devrait permettre d'accueillir un plus grand nombre de
sociétés à la cote, mais aussi une révision de la fiscalité régionale et du système des garanties.
Pour finir, des actions de promotion, de formation et d'information doivent être
entreprises afin de vulgariser la culture boursière et permettre aux entreprises quel que soit
leur taille et leur secteur d'activité, de prendre conscience de l'outil de financement que
représente la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières.

63

BIBLIOGRAPHIE
FINANCE DE MARCHE de JOEL MABUDU
ECONOMIE MONETAIRE ET FINANCIERE de JEAN-LUC BAILLY paru aux editions
"BREAL"
FINANCE D’ENTREPRISE: THEORIE ET PRATIQUE d’ASWATH DAMODARAN paru
aux editions "DE BOECK SUPERIEUR"

Nom auteurs

Titres de la page

okibat
brvm

Bourse, Brvm et
Entreprenariat
acceuil

bloomfield

acceuil

Type de
support
internet
internet
internet

Date de
création
Novembre
2009

Adresse url
http://okibat.afrikblog.co
m/archives/p15-15.html
http://brvm.org/acceuil
www.bloomfieldinvestment.com

Date de
consultation
15/ 10/2014
05/10/2014
05/10/2014

64

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ANNEXES

66

TABLE DE MATIERE
DÉDICACE................................................................................................................ I
REMERCIEMENTS..................................................................................................... II
SOMMAIRE............................................................................................................. III
LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES...........................................................................IV
LISTE DES ANNEXES............................................................................................... VI
LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS......................................................................VII
AUTOBIOGRAPHIE................................................................................................ VIII
INTRODUCTION GÉNÉRALE...................................................................................... 1
1ERE PARTIE: PRÉSENTATION DU MARCHE BOURSIER RÉGIONAL DE L'UEMOA...........3
INTRODUCTION PREMIÈRE PARTIE........................................................................3
CHAPITRE I : PRÉSENTATION DU MARCHE FINANCIER RÉGIONAL DE L'UEMOA........4
A.

ORGANISATION DU MARCHE FINANCIER......................................................4

B.

ANALYSE DU MARCHÉ................................................................................ 6

CHAPITRE II : PRÉSENTATION DE LA BRVM.............................................................8
A.

OBJECTIFS DE LA BRVM............................................................................... 8

B. ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE LA BRVM.......................................9
C. PRESENTATION ET ANALYSE DES ACTIVITES.................................................14
D. PROBLÉMATIQUE........................................................................................ 16
CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE................................................................18
II eme PARTIE: DIAGNOSTIC CRITIQUE DU FINANCEMENT DES ENTREPRISES PAR LA
BOURSE RÉGIONALE DE VALEURS MOBILIÈRES......................................................19
INTRODUCTION DEUXIÈME PARTIE......................................................................19
CHAPITRE I: DÉMARCHE METHOLOGIQUE...........................................................20
CHAPITRE II : ÉTUDE DE L'EXISTANT DU FINANCEMENT DES ENTREPRISES DE
L'UEMOA............................................................................................................ 21
A. LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES...........................................................21
I. FINANCEMENT PAR LES BANQUES ET ÉTABLISSEMENTS FINANCIERS.........21
1. LES CRÉDITS À COURT TERME...............................................................21
a. Les Prêts Non Affectés (Crédits en Blanc).....................................................22
i. Le Crédit par Caisse............................................................................. 22
ii. Le Crédit par Billet............................................................................. 22
b. Les Prêts affectés (Crédits de Trésorerie Spécialisés).......................................23
i. Crédits Relais..................................................................................... 23
ii. Crédits de Campagne...........................................................................23
iii. Escompte......................................................................................... 24
67

2. LES CRÉDITS À MOYEN TERME..............................................................24
a. Crédits à Moyen Terme Mobilisable............................................................24
b. Crédits à Moyen Terme non mobilisables.....................................................24
i. Multiples Options Financing Facilities (MOFF)...........................................25
ii. Crédits Bail Mobilier...........................................................................26
3. LES CRÉDITS A LONG TERME.................................................................26
a. Prêts épargne Entreprise...........................................................................26
b. Contrat de Développement.......................................................................26
II. FINANCEMENT PAR LE MARCHÉ FINANCIER..............................................27
1. LE MARCHÉ PRIMAIRE...........................................................................27
2. LE MARCHÉ SECONDAIRE......................................................................29
B. LES DIFFICULTÉS DES ENTREPRISES DANS L'ESPACE UEMOA........................30
I. CONDITION D'ACCÈS AU FINANCEMENT....................................................30
II. LA FISCALITÉ ET LES GARANTIES.............................................................31
1. LA FISCALITÉ........................................................................................ 31
2. LES GARANTIES.................................................................................... 33
CHAPITRE II : CRITIQUE DU MODE DE FINANCEMENT DES ENTREPRISES PAR LA
BRVM DANS L'UEMOA......................................................................................... 35
A. LES FORCES DE LA BRVM DANS LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES...........35
I. DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS DE FINANCEMENTS OFFERTES AUX
ENTREPRISES............................................................................................... 35
II. UNE AUGMENTATION DES RESSOURCES MOBILISÉES PAR LES ENTREPRISES
.................................................................................................................... 36
III. UNE DIVERSIFICATION GÉOGRAPHIQUE DES ÉMETTEURS ET INVESTISSEURS
.................................................................................................................... 36
IV. RÉDUCTION DES COÛTS D'INTERMEDIATION FINANCIÈRE.........................36
B. LES FAIBLESSE DE LA BRVM DANS LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES.......37
I. LE NOMBRE INSUFFISANT D'INVESTISSEURS INSTITUTIONNELS
(ASSURANCES, CAISSE D'ÉPARGNE, CAISSE DE RETRAITE) DANS LA ZONE
UEMOA........................................................................................................ 37
II. LE NOMBRE LIMITE DE PRODUITS OFFERTS PAR LA BRVM.........................37
III. LES CONDITIONS D'INTRODUCTION SUR LE MARCHE...............................37
IV. SITUATION POLITIQUE INSTABLE.............................................................38
V. NON IMPLICATION DES GOUVERNEMENTS DANS LE DEVELOPPEMENT DU
MARCHE...................................................................................................... 39
VI. UN MANQUE DE CULTURE BOURSIÈRE.....................................................39
VII. LA FISCALITÉ NON HARMONISÉE ET LE MANQUE DE DISPOSITIF JURIDIQUE
APPROPRIE................................................................................................... 40

68

VIII. MANQUE DE DYNAMISME ET DE PROFESSIONNALISME DES ACTEURS DU
MARCHE...................................................................................................... 40
IX. LES GARANTIES...................................................................................... 40
X. MÉCONNAISSANCE DU MARCHE BOURSIER DE L'UEMOA PAR LES AUTRES
PLACES FINANCIÈRES................................................................................... 41
XI. MARCHE PEU LIQUIDE............................................................................ 41
CONCLUSION DEUXIEME PARTIE.........................................................................42
IIIe PARTIE : RECOMMANDATIONS POUR UNE MEILLEURE EFFICACITÉ DES
PRESTATIONS DE LA BRVM DANS LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES....................43
INTRODUCTION TROISIÈME PARTIE.....................................................................44
CHAPITRE I : AMÉLIORATION DE L'ENVIRONNEMENT EXTERNE DE LA BRVM.........45
A. AMÉLIORATION DES ACTIONS DES POUVOIRS PUBLICS ET AUTORITÉS DU
MARCHE......................................................................................................... 45
I. L'INTERVENTION DES POUVOIRS PUBLICS ET DES AUTORITÉS DU MARCHE
FINANCIER................................................................................................... 45
1. LES POUVOIRS PUBLICS.........................................................................45
2. RENFORCEMENT DES OUTILS DE TRAVAIL DU CREPMF...........................46
II. RENFORCEMENT DU CONTRÔLE, DES GARANTIES ET POLITIQUE FISCALE..47
1. RENFORCEMENT DU CONTRÔLE ET GARANTIES.....................................47
2. LA POLITIQUE FISCALE..........................................................................48
B. DEVELOPPEMENT DE LA CULTURE BOURSIÈRE DANS L'ESPACE UEMOA........53
I. RENFORCEMENT DES COMPÉTENCES DES INTERVENANTS ET FORMATION
DES ACTEURS PUBLICS................................................................................. 53
II. VULGARISATION DE LA CULTURE BOURSIÈRE...........................................54
CHAPITRE II : AMÉLIORATION DES PRESTATIONS DE LA BRVM..............................56
A. ASSOUPLISSEMENT DES CONDITIONS D'ACCÈS AU MARCHE ET PROMOTION DE
LA CONCURRENCE ET DE L'ÉQUITÉ DANS LE TRAITEMENT................................56
I. REVISION DES TARIFS............................................................................... 56
II. ALLÉGEMENT DE LA PROCÉDURE ET DES CONDITIONS D'ACCÈS................56
B. DEVELOPPEMENT DE NOUVEAUX PRODUITS................................................57
CONCLUSION TROISIÈME PARTIE.........................................................................59
CONCLUSION GÉNÉRALE....................................................................................... 60
BIBLIOGRAPHIE..................................................................................................... 63
ANNEXES.............................................................................................................. 65
TABLE DE MATIERE................................................................................................ 66

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