Nequaquam vacuum… une révélation de l’effet Casimir

En 1948, le physicien néerlandais Hendrik Casimir
découvre que deux miroirs parallèles extrêmement
proches sont poussés l’un vers l’autre. La raison de cette
action ? La pression externe des fluctuations du vide
quantique. L’effet Casimir était né.
Le principe est le même que quand vous posez un CD
sur une surface lisse et bien plane : le CD épouse alors
la surface, éliminant pratiquement tout l’air entre celleci et lui. Du coup, la pression de l’air ne s’exerce plus
que sur le dessus du CD et il devient difficile de le
soulever.

"Hendrik Casimir (1958)"
by Anefo - Edited version
of Nationaal Archief.
Licensed under CC BY-SA
3.0 via Wikimedia
Commons -

Cette découverte suggère1
que le vide est en fait
constitué d’une énergie d’une densité incroyable,
largement supérieure à celle de la matière
connue, ce qui d’après le principe d’équivalence
d’Einstein exprimé par sa célèbre formule E=mc²,
correspond à une masse considérable.

« Casimir plates » par Emok — Travail
personnel. Sous licence CC BY-SA
3.0 via Wikimedia Commons

Ainsi, l’eau a une densité de 1 gramme par cm3 et,
à titre de comparaison, le vide détecté par
l’expérience d’Hendrik Casimir a quant à lui une
densité de l’ordre de 1093 grammes par cm3 :
un « 1 » suivi de 93 zéros…

« Fascinant, certes, mais impossible. », dirons-nous : « Si le vide était aussi
dense, il ne nous semblerait pas…vide ! ». C’est pourtant le cas, mais pour
saisir cette idée, il nous faut changer de point de vue. Prenons une image :
par exemple, lorsqu’elle nous arrive à la taille, l’eau manifeste sa densité en
nous empêchant de courir. Par contre, des vaguelettes n’ont aucune
difficulté pour se déplacer à sa surface, et elles poursuivent leur progression
pratiquement sans opposition, parfois sur d’assez longues distances, pouvant
y créer des motifs variés et changeant, comme autant d’images d’un petit
monde « animé ».

On a tenté de donner d’autres explications de l’effet Casimir. Toutefois, une seconde
expérience mettant en évidence un « effet Casimir dynamique » confirme le point de vue
adopté ici.
1

Voici donc la clé : la matière – ou autre manifestation sensible, comme par
exemple la lumière – ne doit pas être considérée comme quelque chose qui
existe dans le vide, mais comme une fluctuation du vide lui-même, à l’image
des vaguelettes, ou d’ondulations qui s’y déplaceraient sans difficulté. Dès
lors, nous ne voyons plus notre monde matériel comme quelque chose au
milieu de rien, mais plutôt comme presque rien, un infime frémissement du
grand Tout…