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Chaînette

Courbe de la chaînette pour a=2
En mathématiques, la chaînette est une courbe plane transcendante, qui correspond à la forme que prend un
câble (ou une chaîne) lorsqu'il est suspendu par ses extrémités et soumis à une force gravitationnelle uniforme
(son propre poids). On lui donne parfois le nom de vélaire.
Cette définition suppose toutefois que le câble, la corde ou la chaîne n'exerce aucune force élastique de flexion
(ni de friction aux surfaces transversales de contacts des mailles de la chaînette) et donc que la seule force en
jeu est la force de gravitation exercée de façon uniforme sur toute la longueur. Cette définition suppose aussi
que la longueur totale du câble, ou de n'importe quelle section de celui-ci, reste invariante lorsque s'exerce des
forces de traction longitudinales (donc que le câble ne subit aucune élongation élastique à cause de cette
traction, le cas idéal n'étant alors pas celui de la cordelette, mais celui d'une très fine chaînette à maillons
indéformables, chacun d'eux étant très court en comparaison de la longueur totale de la chaînette).
Pour que la force de gravitation soit uniforme, on admet que toutes les sections de même longueur du câble ou
de la corde sont de même poids, quelle que soit cette longueur de section (rapporté au cas de la chaînette idéale,
les maillons élémentaires sont tous de forme et de taille identiques, mais aussi de masses identiques donc faits
d’un matériau solide dont la masse volumique est homogène). D'autre part on doit aussi admettre que les forces
de gravitation exercées sur chacune de ces sections sont égales (et ne dépendent donc pas de la position des
sections, ce qui n’est possible que si la distance entre leur centre de gravité et le centre de gravité de la Terre est
pratiquement identique entre deux sections quelconques, et donc que la longueur totale du câble est négligeable
par rapport à la distance entre le milieu du câble et le centre de la Terre, de sorte que le module et la direction
du champ de gravité terrestre sont alors pratiquement constants sur toute la longueur du câble ou de la chaînette
idéale).
Enfin, on suppose que quelle que soit la forme de la chaînette, celle-ci reste confinée sur toute sa longueur dans
le plan formé par la position de ses extrémités et la direction constante du champ gravitationnel : toutes les
forces d'action ou de réaction s'exercent alors dans ce plan sans qu'intervienne aucune force de torsion
supplémentaire (ou que les forces d’action exercées hors de ce plan sur toute section de la chaînette sont partout
et constamment équilibrées par la réaction des forces de torsion égales en module et opposées en direction aux
forces d’action, de sorte que les éventuelles forces de torsion, élastiques ou non, n'entrent pas en jeu dans la
forme obtenue de la chaînette dans ce plan : ce cas s'applique aux fils, cordes et câbles, formés de torons soumis
en interne à de telles forces de torsion maintenues en équilibre par des contre-torsions).

Sommaire

C’est d’ailleurs Huygens qui la baptise ainsi. (problème relatif à la corde). Le problème de la forme prise par un fil pesant flexible a intéressé très tôt les mathématiciens. courbe relative à la chaîne (catena). les deux câbles étant soumis à une force de traction longitudinale équilibrée par une série de pendules reliant verticalement les deux câbles. Cela permet par exemple d'améliorer le contact et d'équilibrer (et même réduire) globalement les forces de frottement dans les systèmes d'alimentation électrique ferroviaire (en évitant autant que possible les ruptures causées par des chocs répétés contre le câble d'alimentation). dans une lettre6 adressée à Leibniz. ou entre le point de charge d’une nacelle et chacun des points d'attachement aux pylônes précédent et suivant . la forme de chaînette est celle qui permet de minimiser sa tension longitudinale : en augmentant la flèche de courbure (l’écartement maximum du câble par rapport à la ligne droite joignant les points d'attachement). renouant ainsi avec le terme catenella utilisé par Galilée (alors que les mathématiciens anglophones conserveront la désignation de Huygens pour la nommer catenary. sans avoir à augmenter de façon très importante la tension des câbles (ce qui les fragilise progressivement au cours du temps par des élongations inélastiques).Étymologie et histoire [modifier | modifier le code] Caténaire. reliés par des pendules : la chaînette virtuelle se situe entre les deux câbles. Jean Bernoulli et Huygens. démontrent quasi simultanément que la forme exacte est une chaînette. puis passe au français chaînette. on réduit sensiblement cette tension longitudinale et donc aussi les élongations inélastiques et les risques de rupture rapide du câble. Leibniz4. mot utilisé aussi en français pour certaines constructions autoportées en forme de chaînette). Galilée1 pensait que cette forme devait être un arc de parabole. sous l’impulsion d’un défi lancé par Jacques Bernoulli5. L'intérêt du montage porteur en caténaire est de permettre de donner une forme quasi rectiligne au câble inférieur. le même mot anglais étant traduit en français par caténaire avec la même origine latine. le système de portage déformant la caténaire porteuse pour lui donner une forme plus proche en fait de la parabole. Certains auteurs francophones lui donnent donc aussi le nom de caténaire bien que la caténaire désigne plutôt l’association d’un câble autoporté soutenant dans le même plan un second câble linéaire dans sa partie inférieure. En effet. Cette propriété de la chaînette est utilisée dans les câbles porteurs d'un téléphérique (ou d'autres systèmes de portage similaires comme le télésiège) qui adoptent la forme d'une chaînette entre les points d'attachement aux pylônes fixes. Délaissant le vocable latin du problema funicularium. formée d'un câble porteur et d'un câble linéaire inférieur. Huygens utilise le mot catenaria. mais aussi de réduire la longueur totale du câble inférieur afin de limiter sa résistance électrique totale (donc de réduire les pertes d'énergie en ligne au sein de ce câble) pour les caténaires de transport d'énergie à longue distance. la seule contrainte supplémentaire exercée sur le câble est alors la flexion exercée aux . la chaînette n'étant présente virtuellement que dans l'axe central entre les deux câbles où sont articulés les pendules de longueur variable. En 1691. donc aussi la longueur totale du câble entre les deux points fixes d’attachement. utilisé par les Bernoulli. mais la preuve du contraire fut apportée en 1627 par Joachim Jung dans sa Geometrica Empirica2 et en 1646 par Huygens3.

. La chaînette des lignes à haute tension varie en fonction de la quantité d'énergie transportée et des conditions météorologiques. de la tension au poids linéique . Définition mathématique L’équation cartésienne de la forme de la chaînette est : .points d’intersection des arcs de chaînettes successifs (aux pylônes ou au-dessus d’une nacelle). Cependant. est le rapport de la composante horizontale longueur. une flexion dont on peut réduire l'effet inélastique indésirable en remplaçant ce point par un arc solide de soutien (par exemple le réa circulaire d’une poulie). Le courant permanent admissible désigne le courant maximum pouvant être transporté à un moment donné sans que le câble ne se rapproche trop du sol (en raison de la dilatation thermique due à l'effet Joule). tout en conservant une tension de câble réduite qui en augmente la résistance et la charge utile de transport. Une courbe d’équation : n’est généralement pas une chaînette au sens strict. et la courbe suivante sera considérée aussi comme une chaînette généralisée : On peut également la voir sous la forme d’une équation paramétrique : Il peut être commode de prendre pour paramètre la tension qui croît avec l'altitude du point. par rapport à des axes quelconques : Si l'allongement de la ligne ne peut être négligé. avec une seule chaînette entre eux. dans laquelle désigne le cosinus hyperbolique. la forme de la courbe ne varie pas à une constante additive près (déterminant sa hauteur de portée). Dans ces conditions. qui a la dimension d’une longueur dans son interprétation physique). poids par unité de Cette équation dépend d’un seul paramètre (une constante. d'une longueur suffisante pour distribuer et limiter la courbure de flexion exercée localement sur le câble. la longueur au repos conformément à la loi de Hooke : d'un petit élément devient sous tension. Ainsi il suffit d’un nombre très réduit de pylônes fixes pour porter le câble et franchir des distances très importantes entre deux pylônes.

homogène. dont la valeur dépend de l'origine des abscisses curvilignes. Cette dernière condition assure que toute la courbe est située dans un plan vertical. la constante d'intégration. Ici. soumise à son seul poids. Calcul mécanique[modifier | modifier le code] La théorie de la chaînette décrit la courbe d'équilibre d'une ligne (chaîne ou câble) suspendue entre deux points. : section de la ligne) Les projections horizontale et verticale du petit élément étant modifiées dans les mêmes proportions. Élément de chaînette Pour établir les conditions d'équilibre on raisonne comme en résistance des matériaux en coupant par la pensée la ligne en un point arbitraire et en faisant apparaître les forces de liaison. inextensible. étant l'angle de celle-ci avec l'horizontale. correspond au point le plus bas de la courbe où la force verticale change de signe. Ainsi la composante horizontale s'écrit et la composante verticale . Chacune des deux équations contient alors un second membre corrigé par un terme inversement proportionnel à la rigidité et la courbe résultante n'est plus une chaînette. pour obtenir les équations paramétriques correspondantes. En l'absence de rigidité en flexion il n'y a ni effort tranchant ni moment fléchissant mais un seul effort axial nommé tension. Il subit une force horizontale nulle et une force verticale égale à son poids (où est le poids par unité de longueur). multiplier les résultats par le facteur d'accroissement et intégrer de nouveau.( : module d'Young. L'absence de rigidité en flexion crée par contre des grandes déformations qui conduisent à étudier l'équilibre d'un petit élément de longueur . La seconde donne . ce qui conduit aux équations différentielles L'intégration de la première équation donne . le système de coordonnées étant naturellement horizontal. sans rigidité en flexion. vertical. il faut différentier les deux équations précédentes. . la constante d'intégration étant la composante horizontale de la force : la composante horizontale de la force est une constante en tout point de la courbe.

l'appel répété du module de base permet d'obtenir pour la ligne un résultat analogue à celui du segment en transmettant les forces d'un segment à un autre et en totalisant les extensions. En inversant il vient : Une nouvelle intégration donne l'équation de la chaînette : De la pente on déduit également l'abscisse curviligne : ainsi que la composante verticale de la tension : D'où la tension elle-même : Aspects pratiques[modifier | modifier le code]  La solution du problème est simple si l'on se donne les caractéristiques de la ligne (longueur et poids linéaire) et les deux composantes de la force appliquée à une extrémité pour calculer son extension (distances horizontale et verticale entre les supports).  Si les lignes sont constituées par une succession de segments de caractéristiques différentes. elle est prise en compte en appliquant la loi de Hooke.  Si l'élasticité de la ligne ne peut plus être négligée. . ce qui entraîne simplement une complication du calcul de l'extension dans le module de base. Les formules correspondantes définissent le module de base de tout calcul.En élevant au carré et en sommant on obtient la loi de variation de la tension en fonction de l'abscisse curviligne : En divisant les deux équations de base on obtient la pente de la courbe : La dérivation par rapport à conduit à L'intégration donne .

Malheureusement. . Deux boucles de dichotomie. inconditionnellement convergentes. résolvent le problème. S'il existe un fond sur lequel repose une partie de la ligne. ces calculs relativement simples ne sont pas adaptés aux problèmes concrets dans lesquels on souhaite généralement calculer les forces aux deux extrémités en fonction des caractéristiques et de l'extension. il est donc possible d'obtenir pour la ligne un module qui transforme les caractéristiques de la ligne et la force à une extrémité en l'extension et la force à l'autre extrémité. la force verticale appliquée à une extrémité permet de déterminer la longueur suspendue non déformée à ajouter à la longueur posée sur le fond.  Dans tous ces cas.