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Les secrets de la nature sont cachés ; quoiqu’elle agisse

toujours, on ne découvre pas toujours ses effets : le temps les
révèle d’âge en âge... Les expériences qui nous en donnent
l’intelligence multiplient continuellement.
■■ . .

Ces rem arques que fait Pascal, à l’aube de la science physique,
p o urraient, semble-t-il, s’app liq u er intégralem ent à l’œ uvre d’art
et en particulier à l’œ uvre pictu rale, 'dans son double rap p o rt à
celui qui la fait et à celui qui la contem ple. Les secrets de l’action
de l’œ uvre et du peintre ne. sont pas donnés, dans l'œ uvre ellem êm e : Achevée, celle-ci les dissim ule en deçà ou au-delà de la
surface peinte. Ce qui ap p araît d’eux sur cette surface m êm e, la
m an ière dont, d’une certaine façon, ils ise livrent au reg ard n ’in sti­
tu e pas non plus une évidence. O n ne découvre pas to u jo u rs leurs
indices, m ais tout au long de l’h istoire d’une œ uvre, d ’u n e histoire
qui n ’est pas nécessairem ent tem porelle ou chronologique, ils se
révèlent au regard, com m e a u ta n t d’apparitions liées entre elles :
h isto rialité sourde et m ystérieuse, silencieuse qui n ’exclut pas
cependant les expériences du reg ard et de la parole conduites systéiiiatiquem ent, qui provoquent l'œ uvre pour m ultiplier, am plifier,
diversifier ses résonnances, pour l’am ener à un aveu to u jo u rs repris
dan s le m om ent m êm e où il se donne. D ans la m êm e phrase, Pascal
réu n issait la physique ancienne à l’écoute du m u rm u re confus du
m onde, en attente de ses révélations, et: la physique qui l’interroge
selon un plan rationnel et qui parle ses réponses dans u n discours
universellem ent intelligible ; une physique déchiffrant u n m onde
q u i chuchote dans son pro p re langage,; et une physique qui jette
su r ce m onde, par l’expérience scientifique, le réseau de ses hypo­
thèses, de ses concepts à tous accessibles.
Une sémiologie picturale est dans la m êm e situ atio n et sa p ré­
ten tio n à la scientificité engage im m édiatem ent son existence m êm e
et la n atu re de ses fondem ents : son existence dans la m esure où
elle est langage de quelque chose — la jpeinture — qui n ’est peutêtre pas langage ou en tout cas qui l’est; au trem ent, dan s la m esure
aussi où elle est langage su r ce qui doit nécessairem ent rester en
dehors du cham p du langage, et qui se jprésente, dès l’abord, com ­
m e un défi au langage. Ces interrog ation s lim inaires, leur creuse­
m ent réitéré ne sont point des précautions propédeutiques ; elles
ï

ja constitution de la sém iologie — et en particulier de la sém iologie picturale —TnFp''llTfûë~~nrTiicdiattf)ti nécessaire du i langage dans tout. discours ne s'in stau re pas au même niveau que son objet : üj a un a u tre statu t. les m élodies ne sont pas des objets linguistiques. Mais dans la m esure où les tableaux. t r a -1mgTnsïTt m e. et comme lljcim sicv h*. celte üifïieiillé est bien conTTOc et a été sur.q u ’en soit la substance. u e v. une autre structu re. Barllies. objet et du m étalangage. défini rigoureusem ent : .montée p ar la distinction du langage. les gestes. systèm e e i ?h o 1o g k .x. Certes. Le discours que je tiens $ur un. quelles qu'eè soient les lim ites. comme l’écrit II.

L ’objet p ic tu ra l est. où l’im age. L yota rd signa­ lait que le discours se ten ait en quelque sorte à F arf. J. ce texte fig uratif dans lequel Jn visible.J ----------. dès lor. ni non plus des états d’investissements fonctionnels différents au même lieu : la représentation consciente comprend la représentation de chose — plus la représentation de mot qui lui appartient. . à savoir la lexicalisation à la fois im m édiate et nécessaire de la rep résen ta­ tion que l’analyse sém iologique devra sim ultaném ent utiliser et développer.F . Cette analyse que F reud fait à propos du rêve.A insi î e discours sém iologiq u e possible sur la p ein tu re. M ai s 1c problèm e q u ’il pose. tation de mot et représentation de chose. Ces r e m a.s. écrit : La représentation d’objet consciente se scinde en représen. F re u d qui. le visible est sans cesse réfracté dans et p ar les catégories du langage ? Une indication précieuse nous est fournie su r ce problèm e p ar un a u tre 'fo n d a te u r de la sém iologie.tâtions ne sont pas...TffxJZ/^jcÂ. doit a ttire r notre atten tio n su r le problèm e essentiel d’une sém iologie de la peinture. le tap is sans déchirure du tableau. dans la M étapsychologie. p o u r doubler ce qui est vu p ar ce qui est dit. dans la liâte de le constituer. Ces deux représen. le niveau m êm e du systèm e sém iologique non linguistique où cependant le langage intervient constam m ent. bref articuler. selon une tram e continue dans laquelle l’analyse devra~clistm güîer efet com pter les fils.. des inscriptions différentes du même contenu dans les lieux psychiques différents.i q u e s p ar là m êm e nous d o n n en t notre prem ière proposition théorique. grâce au langage. de la névrose ou de la schizophrénie . est-il seulem ent le problèm e d’un m étalan ­ gage ? N’esl-ce pas oublier. D ans le com m entaire q u ’il a donné de ce texte. et le lisible se nouent F un à l ’autre.. repérer les nœ uds et leur n atu re spécifique.icnhVHon d e ces deux axes du lisible et du visible : nous voyons la chose dans la distance du regard et nous introduisons la chose dans u n cham p théorique cohérent.

culée et découpée .iis£ÆJIhisf. il déploie une m ultiplicité diïjnFHIT"^^ ’a~HIhTEc du regard. ifp^ su cc^^ sio n a"ï’intérieur d e l’in stan t .Quand vous aurez reçu votre tableau. L’unité de vision du tableau est une totalité stru c­ turée.p'èüt1être généralisé com m e discojirA A w m gasd» : Au reste. organisée de m ouvem ents de l’œil. Que le tableau devienne fresque. si vous vous souviendrez de la prem ière lettre que je vous écris touchant les mouvements des figures que je vous promettais d’y faire et que tout’ ensemble vous considériez le tableau. q u ’il en­ vahisse l’architecture. je vous supplie. l’espace vécu. vue qu’éventueiTem enî(m ais éventuellem ent seulem ent) u n jcode perspectif peut déter­ m iner selon une construction plus~Oir.une connotation psychologique. une stru ctu re de regards et le tableau est le jalonnem ent de la surface plastique par un ensem ble de « signes » à la fois topiques et dynam iques destinés à guider le regard.. à lui faire accom plir un circuit. connaître si chaque chose est apnropriAe~-a. intégrée dans l’in stan t d’unité de vision. de façon interne. point de. et ■ autres.u_umÿeh Ce qu'indique Poussin à C hantelou sous le couvert d’une histoire. Poussin ajoute — com m e com plém ent nécessaire du prem ier 0 principe — un principe de « n arrativ ité » auquel il donne ..iiineaiijLL im ite de vision sera a rt. fffin de. qu'il investisse de tous côtés le contem pla­ teu r ne change rien à l’affaire : c’est toujours l’espace vécu qui s’annule dans le lieu de l’espace existentiel de la peinture .d écisio n .e_ se dennindierm:. une succession englobée. annulant. à différer djius une différence à la fois . celles qui ont. .pitié. de l'orner d’un peu de corniche. afin que eu le considérant en toutes scs parties les rayons de l’œil soient retenus et non point épars au dehors en recevant les espèces des autres objets voisins qui venant pêle-mêle avec les choses dépeintes confondent le jour. je crois que facilement vous reconnaîtrez quelles sont celles qui languissent. Le problèm e. L ’acte de lecture déroule ainsi un tem ps. c’est une lecimimnilastigne du ta bleau.momT*ngoïïr'êUSe. à surm onter Ides obstacles. c’est l’espace vécu qui devient fête utopique : c’est le contem plateur qui voit au centre de la pein tu re et que la peinture regarde. # U n tableau se voit globalem ent to u t d’une vue. m ais que l’on doit entendre plus profondém ent Comme la distance et l’orien­ tatio n d’un regard situé « hic et au n e h dans un espace existentiel de com portem ent. qui admirent.par la discu rsivité. espace au tre qui. qui se pose à l’analyse sém iologique e s I: d’analyser l'articulation de ces différents tem ps et plus par l i(m]hyreTuemt_d. le retranchem ent de l’espace du tableau de cet espace existentiel. car les sept premières figures à main gauche vous diront tout ce qui est ici écrit et tout le reste est de la même étoffe : @. m ais aussi.. à retarder. si vous le trouvez bon.. se constitue dans un lieu essentiel que nous appelerons utopie. à vrai dire. com m e une totalité "qui TmpTTquc non seulem ent un.oire et le tableau.cn. car ii en a besoin. de la lecture sans~T am ais cesser d ’être une.