Série Epreuve

Baccalauréat général S Sciences physiques

Banc Blanc Session : mars 2006 Durée : 3 heures 30

Sujet de Spécialité
L'usage des calculatrices est autorisé pour l'épreuve

Exercice n°1 Détermination de la formule brute d’un acide gras (6,5 points)
L'acide oléique, présent dans certaines huiles, est un acide gras insaturé. Les acides gras insaturés sont des acides carboxyliques contenant plus de 10 atomes de carbone et une ou plusieurs doubles liaisons carbone - carbone. Leur formule brute est de la forme CnH2n+1-2dCOOH où d est le nombre de doubles liaisons. Pour déterminer le nombre de doubles liaisons d de la molécule d'acide oléique, on utilise la réactivité de la double liaison C = C. Chaque double liaison est le siège d'une transformation modélisée par la réaction d'équation :

C H

C H

+

I

=

H

C I

C Cl

H

(1)

Le chlorure d'iode I−C est introduit en excès ; le titrage de cet excès permet ensuite la détermination du nombre de doubles liaisons d dans la molécule. Masse molaire de l’acide oléique : 282 g.mol-1. Protocole expérimental : Etape 1 : Action du chlorure d'iode Dans un erlenmeyer, on introduit : • V 1 =10,0 mL d'une solution de chlorure d'iode de concentration C1=0,11 mol.L-1; • 250 mL de cyclohexane (solvant) ; • m2 = 0,20 g d'acide oléique. On bouche et on agite. On place à l'obscurité pendant 45 minutes en agitant de temps en temps. La transformation qui a lieu dans cette étape est modélisée par la réaction d'équation (1). Etape 2 : Transformation de I−C en excès en diiode L'excès de chlorure d'iode ne pouvant être dosé facilement, il est transformé intégralement en diiode selon la réaction d'équation : I − C( aq ) + I (− ) = I 2( aq ) + C−aq ) (2) aq ( On ajoute dans l'erlenmeyer : + − • 20 mL d'une solution d'iodure de potassium K ( aq ) , I ( aq )

(

)

• 100 mL d'eau distillée. On agite et on attend quelques minutes dans l'obscurité.

Étape 3 : Titrage du diiode Le diiode formé au cours de la deuxième étape est titré par une solution de thiosulfate de + 2− sodium 2 Na ( aq ) , S 2 O3( aq ) de concentration molaire Co = 0,10 mol.L-1, en présence d'empois d'amidon (ou thiodène) selon la réaction d'équation : I 2 ( aq ) + 2 S 2 O32(− ) = S 4 O62(−aq ) + 2 I (− ) (3) aq aq

(

)

Pour atteindre l’équivalence, on a versé un volume de solution de thiosulfate de sodium V E =7,6 mL. I - Exploitation du titrage du diiode par la solution de thiosulfate de sodium (5 points) 1. Le titrage mis en oeuvre ici est-il direct ou indirect ? Justifier. 2. Faire un schéma légendé du dispositif de titrage. 3. Préciser, en le justifiant, la verrerie utilisée pour prélever : - le volume V1=10,0 mL de la solution de chlorure d'iode - les 250 mL de cyclohexane. - Les 20 mL de la solution d’iodure de potassium 4. Indiquer le rôle de l’empois d’amidon (thiodène) utilisé lors du titrage du diiode. 5. Déterminer la quantité de diiode, n(I2), formée au cours de l'étape 2 et titrée dans l'étape 3 (on pourra s’aider d’un tableau d’avancement) 6. Déterminer la quantité de chlorure d'iode en excès n( I−C )ex. 7. Déterminer la quantité de chlorure d'iode introduit n( I−C )o. 8. Déterminer la quantité de chlorure d'iode, n( I−C )f, fixée par la masse m2 d'acide oléique. II - Détermination de la formule brute de l'acide oléique (1,5 points) 1. Déterminer la quantité d'acide oléique, nacide oléique, présente dans la masse m2. 2. En déduire le nombre d de doubles liaisons par molécule d'acide oléique. 3. Déterminer la formule brute de cet acide insaturé.

Exercice n°2 : Suivi d’une réaction chimique lente à l’aide d’une échelle de teintes.
Lorsque l’on fait réagir de l’eau oxygénée H2O2 en milieu acide avec une solution d’iodure de potassium, il se forme lentement du diiode I2. Le milieu réactionnel prend, grâce à la présence du diiode, seule espèce colorée, une coloration brune dont l’intensité dépend de la quantité de diiode. Le suivi cinétique de cette réaction se fera à l’aide d’une échelle de teintes. Les solutions de diiode ont une couleur qui passe du jaune au marron foncé selon leur concentration. I - Réalisation de l’échelle de teintes : On prépare dix tubes à essais contenant chacun une solution de diiode dont la concentration est croissante du tube n° 1 au tube n° 10. Les dix solutions sont préparées par dilution d’une solution initiale S0 de concentration en diiode, C0 = 2,0 x 10–2 mol.L-1. On ne dispose, à cette fin, que du matériel suivant : - Béchers de 100 mL et 250 mL. - Pipettes jaugées de 5 mL, 10 mL et 20mL. (et une propipette ) - Cylindres ou éprouvettes graduées de 10 mL, 100 mL et 250 mL - Fioles jaugées de 10 mL, 100 mL et 250 mL. - Burette graduée. - 10 tubes à essais. - Pissette d’eau distillée. - Solution mère So de diiode.

Chaque tube à essais est rempli à partir d’une solution Si de 100,0 ml obtenue, à l’aide du matériel disponible ci-dessus et par dilution de la solution S0. Les dix tubes sont disposés sur un portoir dans l’ordre croissant de leur concentration en diiode que l’on notera [I2 ] . (Voir tableau 1 ci-dessous. Pour le tube n° 6 : [I2 ] = 1,5 x 10-3 mol.L-1 par exemple.)

(x10 –3 mol.L-1) Volume solution S0 (en mL) Volume eau distillée (en mL)

[I 2 ]

Tube n°

1 0,20

2 0,40

3 0,50

4 0,80

5 1,0

6 1,5

7 2,0

8 3,0

9 4,0

10 5,0

1. Expliquer, à l’aide d’ un schéma annoté complet, comment réaliser une telle échelle de teintes. La méthode doit être la plus simple possible. Indiquer quel matériel il faut utiliser pour cela. 2. Indiquer, dans le tableau ci-dessus, les volumes de solution S0 et d’eau distillée que l’on doit prélever pour obtenir les 100,0 mL de solution diluée S i nécessaire pour remplir chaque tube. Justifier votre réponse. II - Etude théorique de la réaction d’oxydoréduction entre l’eau oxygénée H2O2 et l’ion I- : 1. Donner l’équation bilan équilibrée de la transformation d’oxydoréduction entre l’eau oxygénée H2O2 et l’ion iodure I- . Préciser chacune des deux demi équations d’oxydoréduction. 2. Donner la définition d’un oxydant et celle d’un réducteur. On donne les deux couples d’oxydoréduction mis en jeu : H2O2 / H2O et I2 / I- . III - Suivi de la cinétique de la réaction : A un instant, que l’on choisira comme origine des dates, on mélange dans un tubes à essais : - V = 10,0 mL de solution acidifiée d’eau oxygénée de concentration C = 1,0 x 10 -2 mol.L-1. - V’ = 10,0 mL de solution d’iodure de potassium C’ = 0,20 mol.L-1. Le mélange réactionnel, initialement incolore, se teinte progressivement avec la formation de diiode I2. On note les dates des instants où la coloration du milieu réactionnel est la même que celle d’un tube de l’échelle de teintes. Par exemple, à t = 48 s, cette teinte correspond à celle du tube n°3. Ces informations sont consignées dans le tableau 2 ci-dessous : 1 1 Date t (en s) 3 Tube n° 2 2 9 3 4 8 4 5 6 7 8 9 10 6 107 163 220 370 657 >1500 7

1. Donner le tableau d’avancement de la réaction. 2. Donner l’expression l’avancement x de la réaction en fonction de [I 2 ] . Se servir tableau 2 pour tracer sur une feuille de papier millimétré, à joindre à la copie, le graphe x = f (t). (Echelles : 2 cm pour 100 s; 2 cm pour 0,5 x 10-3 mol.L-1). On se limitera aux dates < 1500 s. 3. Quelle sera la concentration en diiode du mélange réactionnel lorsque la réaction aura fini d’évoluer ? 4. Définir la vitesse de réaction. Donner sa valeur aux dates t = 0 s et t’ = 200 s. Indiquer sur le graphique la méthode utilisée. 5. Définir le temps de demi-réaction que l’on notera τ½ . Déterminer sa valeur à l’aide de votre graphe.

Exercice n°3 Frottements (7,5 points)
I – Plan incliné (5 points) Un solide S de masse m = 900 g, abandonné sans vitesse initiale, glisse sur un plan incliné d'un angle α=35° par rapport au plan horizontal. Un dispositif approprié permet d'enregistrer quelques positions successives Gi de son centre d'inertie G à, des dates ti régulièrement espacées : ti 1  ti    80ms .

10 cm

L'origine des dates correspond à la position Go. On néglige les dimensions de S et on prend g=9,8 m.s-2 1. Déterminer les valeurs v2, v3 et v4 des vecteurs vitesses du centre d’inertie du solide aux dates t2 , t3 et t4. 2. En déduire la valeur a3 du vecteur accélération du centre d’inertie à l’instant t3 3. On suppose que les frottements sont négligeable sur le plan incliné. On souhaite établir l’expression de la valeur ath de l’accélération théorique qu’aurait G s’il n’y avait pas de frottements. On fera l’étude dans le référentiel terrestre supposé galiléen. 3.1. Définir un référentiel galiléen 3.2. Faire un bilan des forces appliquées au solide. Les représenter sur un schéma. 3.3. Citer puis appliquer la 2ème loi de Newton. 3.4. Projeter la relation vectorielle obtenue en 3.3. sur les axes (Ox) et (Oy) 3.5. En déduire l’expression de ath et faire l’application numérique. 4. On interprète la différence entre a3 et ath par l’existence de frottements. En supposant ces frottements représentés par une force unique f constante, calculer sa valeur f.

y O

x y’ x’

II – Plan horizontal (2,5 points) Le plan incliné est raccordé à un plan horizontal. Le solide S attaque la surface horizontale avec une vitesse vi = 20 km.h-1 (on admettra que le passage du solide S sur la ligne de raccordement ne produit pas de choc susceptible de modifier la valeur v de sa vitesse) On suppose que les frottements sont représentés par une force unique f ' de valeur f’ = 0,75 N pendant toute la durée du mouvement sur le plan horizontal. En vous inspirant de la démarche effectuée en 3. Déterminer la durée du mouvement sur le plan horizontal avant l’arrêt du solide S