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Question 11 : La protection des libertes contres les atteintes

portees par les lois.
Source la plus ancienne de la legalite, source longtemps principale de la
legaliste, la loi n’est plus qu’une source parmi d’autres soumise a un controle
de conventionalite et de constitutionnalite.
I – Le controle de conventionalite :
Compte tenu du grand nombre de LPDF trouvant leur source dans le droit
international, la stricte application de ces normes dans le droit interne est
particulièrement importante. Deux éléments sont nécessaires pour parvenir à
ce résultat: la reconnaissance par les juridictions de la supériorité des
traités sur le droit national, et la mise en place d'un contrôle de
conventionalité, qui contrôlerait la régularité des normes internes par rapport
aux règles internationales. Ce contrôle de conventionalité est un élément
primordial de l’intégration dans le droit interne des textes internationaux
notamment ceux intéressant les libertés publiques et droit fondamentaux. Or,
si ce contrôle a été difficilement accepté par le Conseil d'Etat (A), celui-ci a fini
par opérer un changement de jurisprudence (B).
A-La tardive reconnaissance du contrôle par le Conseil d'Etat
1) IVG et Jacques Vabre : reconnaissance du contrôle de
conventionnalité par le Conseil constitutionnel et la cour de
cassation
La Const° de 1958 affirme que le droit international prime
sur le droit interne: art. 55C.
Mais le CC par la decission IVG 1975 refuse de trancher sur
la conformité ou non de la loi IVG avec la CESDH, il se
déclare incompétent pour exercer un contrôle de
conventionalité. En revanche, il affirme implicitement que les
juridictions ordinaires sont compétentes pour le faire, sous le
contrôle de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat.
Société des Cafés Jacques Vabre, 1975: La Cour de
cassation répond favorablement à cette invitation quelques
mois seulement après la décision du CC, et a admis la
supériorité du droit international sur la loi dans l'arrêt jacques
Vabre.
o Ce n'était pas le cas du Conseil d'Etat
2) La JP "Semoule".
En effet, le CE n'a pas immédiatement suivi le CC et la Cdc
et a continué d'appliquer sa jurisprudence "semoule"
[Syndicat général des fabricants de semoule de France,
1968], selon laquelle la loi reste supérieure au traité
lorsqu'elle est postérieure à celui-ci. Le CE n'appliquait la
règle de supériorité qu'aux lois antérieures aux traités.
Dans la mesure où le juge de constitutionnalité ne s'estimait
pas compétent pour contrôler la régularité d'une loi par
rapport au traité, la loi nouvelle, postérieure au traité,

s'introduisait entre ce dernier et les actes. Soumise au JA,
elle faisait écran.
Le Conseil d'Etat finit par abandonner cette
jurisprudence en 1989.
B- Le revirement de JP
1)La naissance du contrôle de conventionalité administratif
3 étapes marquent l'abandon de cette JP:
 CC se reconnaît compétent pour contrôler la
conventionalité des lois en matières électorales
[21/10/ 88: élections législatives du Val d'Oise]
 Nicolo, CE 20 octobre 1989: Abandon total de la
JP "semoule". Le contrôle de conventionalité peut
opérer sur la loi postérieure à un traité et écrater le
cas échéant.
 M. Gardedieu, CE ass. 8 février 2007: Désormais
même, le vote d'une loi inconventionelle peut
engager la responsabilité sans faute de l'Etat
 Ministre de la défense c/ Diop, 2001: Le JA
interprète le droit interne en évitant à la fois toute
mesure incompatible avec le DI, et toute solution
qui marquerait une rupture avec le droit
national.
 C’est l’arrêt Nicolo qui fait naître un véritable
contrôle de conventionalité administratif. Le juge
vérifie la régularité d’une norme interne par rapport
au DI en vérifiant leur non contrariété.
2)L'effet direct des textes.
o Ce contrôle ne s’effectue que si le juge considère que la
norme internationale crée des droits et obligations à
l’égard des particuliers => textes qui ont un effet
direct. On en déduit l’exclusion:
 Des textes qui ne concernent que les relations
interétatiques.
 Des textes qui ne sont pas suffisamment précis
pour être applicables.
II- Le controle de constitutionnalite :
La loi peut etre contestee devant le juge constitutionnel de deux manieres
differentes: par voie d’action (A) et par voir d’exception ( B)
A-L’approfondissement du contrôle de constitutionnalité préventif par
voie d’action

Dans le texte initial de la Constitution, le Conseil constitutionnel était
essentiellement chargé de faire respecter la répartition des

compétences entre le pouvoir législatif et le pouvoir réglementaire,
inscrite aux articles 34 et 37. Si l’article 61 de la Constitution prévoyait la
possibilité pour le président de la République, le Premier ministre et les
présidents des assemblées de déférer une loi avant sa promulgation au
Conseil constitutionnel pour examiner sa « conformité à la Constitution », non
seulement une telle saisine était rare, mais encore le Conseil se bornait à une
vérification de la régularité formelle du texte.
Le Conseil constitutionnel, dans une décision du 16 juillet 1971 relative à la
liberté d’association, a opéré une révolution en étendant ce contrôle de
conformité au Préambule de la Constitution, aux principes qu’il contient et aux
textes auxquels il se réfère (dont la Déclaration des droits de l’Homme et du
Citoyen). Dès lors, le contrôle de constitutionnalité des lois s’exerce à partir
d’un ensemble de normes et de principes substantiels, appelé « bloc de
constitutionnalité », auquel le Conseil exige que la loi se conforme. Le juge
du respect du formalisme constitutionnel se transforme en juge garantissant
les droits fondamentaux de la Constitution.
Une seconde révolution, plus technique, survient lors de la révision
constitutionnelle du 29 octobre 1974, qui étend le pouvoir de saisine du
Conseil constitutionnel à 60 députés ou 60 sénateurs. Cette réforme, qui
politise le contrôle de constitutionnalité des lois en permettant concrètement à
l’opposition de déférer une loi votée au Parlement devant le Conseil avant sa
promulgation, accroît considérablement le nombre de saisines. Il est
désormais extrêmement rare qu’une loi importante ou emblématique ne fasse
pas l’objet d’un examen par le Conseil constitutionnel.
B-L’introduction d’un contrôle de constitutionnalité par
voie d’exception : la QPC
Quelles que soient les avancées du contrôle de constitutionnalité
précédemment décrit, celui-ci se limitait au contrôle des lois avant leur
promulgation. Contrairement à ce qui existe, par exemple aux États- Unis

depuis l’arrêt Marbury c/ Madison de 1803, le contrôle de la
constitutionnalité d’une loi déjà promulguée à l’occasion de son
application dans un litige (le contrôle « par voie d’exception ») n’a
longtemps pas été possible en France.

La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 institue cette possibilité,
sous la forme de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) :
« Lorsque, à l’occasion d’une instance en cours (…), il est soutenu qu’une
disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution
garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi
du Conseil d’État ou de la Cour de cassation » (article 61-1).
La loi organique du 10 décembre 2009 précise les modalités de la QPC.
Tout justiciable peut, au cours d’une instance, saisir le juge d’une QPC. Celuici doit examiner immédiatement si la contestation porte bien sur une loi
applicable au litige, si elle n’est pas dépourvue de caractère sérieux et si cette
loi n’a pas déjà été examinée par le Conseil constitutionnel. Il transmet alors
la QPC au Conseil d’État ou à la Cour de cassation, qui exerce un nouveau
filtre et détermine si la question est bien nouvelle et sérieuse. La haute
juridiction transmet alors la question au Conseil constitutionnel qui dispose
d’un délai de trois mois pour se prononcer sur la conformité à la Constitution
de la loi déférée. En cas de déclaration d’inconstitutionnalité, la disposition
législative est abrogée le jour de la décision du Conseil ou à la date qu’il
prévoit.
Mise en œuvre depuis le 1er mars 2010, la QPC est un incontestable succès
(195 décisions rendues au 1er mars 2012). Elle a conduit à l’annulation par le
Conseil constitutionnel de plusieurs lois emblématiques, comme celle sur la
garde à vue (décision du 30 juillet 2010).