TD N°1 - LE SUICIDE UN FAIT SOCIAL ?

INTRODUCTION : TRAVAIL SUR LES PRENOTIONS.
Selon vous : • quelles sont les catégories qui ont la plus forte probabilité de se suicider ? • quelles sont les motivations qui conduisent les individus à opérer des tentatives de suicide ? • quelle science peut-elle contribuer à expliquer et à tenter de réduire le nombre de suicide ?

I – LA DEMARCHE DURKHEIMIENNE D’ANALYSE DU SUICIDE
Document 1 : Puisque le suicide est un acte de l'individu qui n'affecte que l'individu, il semble qu'il doive exclusivement dépendre de facteurs individuels et qu'il ressortisse, par conséquent, à la seule psychologie. En fait, n'est-ce pas par le tempérament du suicidé, par son caractère, par ses antécédents, par les événements de son histoire privée que l'on explique d'ordinaire sa résolution ? Nous n'avons pas à rechercher pour l'instant dans quelle mesure et sous quelles conditions il est légitime d'étudier ainsi les suicides, mais ce qui est certain, c'est qu'ils peuvent être envisagés sous un tout autre aspect. En effet, si, au lieu de n'y voir que des événements particuliers, isolés les uns des autres et qui demandent à être examinés chacun à part, on considère l'ensemble des suicides commis dans une société donnée pendant une unité de temps donnée, on constate que le total ainsi obtenu n'est pas une simple somme d'unités indépendantes, un tout de collection, mais qu'il constitue par lui-même un fait nouveau, qui a son unité et son individualité, sa nature propre par conséquent, et que, de plus, cette nature est éminemment sociale. Source : E Durkheim, le suicide, PUF, 1983, première édition 1897. Questions : • comment analyse t’on généralement le suicide d’un individu ? • Durkheim est-il d’accord avec cette démarche ? Document 2 : . Quatre sources principales contribuent aujourd'hui à composer nos représentations dans ce domaine : l'expérience directe, la lecture des journaux, la littérature et l'histoire. • Les suicides dont nous avons directement connaissance sont, par définition, peu nombreux, même si des occurrences rapprochées donnent parfois l'impression d'un mouvement de grande ampleur. La comptabilité intuitive qu'on peut dresser de l'événement est nécessairement faussée par sa charge affective : deux et deux n'y font pas toujours quatre; il suffit qu'il y en ait peu pour qu'il y en ait soudain beaucoup et même trop. Surtout, la généralisation est impossible a partir des cas directement observés par chacun. La vie sociale est trop segmentée pour que l'environnement suicidaire immédiat d'un individu puisse jamais constituer un échantillon socialement représentatif • nos proches sont, pour l'essentiel, nos semblables. Un professeur connaîtra personnellement surtout des suicides de jeunes, d'étudiants, de collègues, de fonctionnaires, d'intellectuels. A moins d'habiter la campagne, il n'entendra jamais parler directement de suicide paysan. Il en va ainsi de tous les milieux sociaux : chacun voit midi à sa porte. L'expérience directe du suicide est donc limitée et socialement déformée. • Avant la mise en place d'une comptabilité systématique du suicide en 1826 par le Compte général de la Justice criminelle, on n'avait aucune idée de l'ampleur du phénomène dans l'ensemble de la population ni de la part de sa contribution à la mortalité. Ne parviennent à la connaissance que les suicides célèbres de personnalités de premier plan. : Sésostris, Empédocle, Hannibal. Démosthène, Brutus, Caton, Néron, Sénèque. Vatel, Condorcet. Dans l'histoire événementielle, le récit de la geste des grands hommes est régi par des conventions qui tendent à situer tous les événements de leur vie, jusqu'au dernier, dans un cadre mythologique d'ensemble. L'histoire, dans ces conditions, laisse du suicide une impression déformante : suicide héroïque théâtral, de désespoir... • Mais la presse ? La presse, source majeure d'informations sur la vie quotidienne, donne du phénomène une image partielle et biaisée. Le journal passe quasiment le suicide sous silence : en novembre 1983, le quotidien Le Provençal a relaté la mort de 11437 personnes : 6636 morts accidentelles (séismes, catastrophes, circulation), 3 724 victimes de faits de guerre, 821 morts naturelles, 155 homicides... et 11 suicides. Or, s'il y a chaque jour en France un ou deux meurtres, le suicide fauche de 25 à 30 personnes. Pourquoi cette réticence? D'autant que les journalistes ne racontent les faits de suicide que s'ils sont paradoxaux par le mode de perpétration (« il se suicide avec la queue de son chat »), les caractéristiques sociales de la victime (personnalités, intellectuels, jeunes, femmes) ou par la futilité apparente de la cause (« ils ne s'entendaient pas en politique, elle se tue »).Les conditions de travail du journaliste expliquent bien pourquoi le suicide du quotidien ressemble si peu aux suicides quotidiens. — Le suicide est d'abord victime de son importance.Or, dans le cimetière imprimé comme dans l'autre, la place est comptée. Accidentés et victimes de guerre n'y sont nombreux que parce qu'ils sont rassemblés par centaines ou milliers. C'est le caractère massif de la mort qui intéresse. Mort individuelle, le suicide réclame plus de place : relater avec la même précision que l’homicide tous les suicides du mois aurait, dans Le Provençal, pris un quart de l'information générale! — Comparé à l'homicide, le suicide est banal : le journal ne le rapporte que lorsque, à un titre ou à un autre, il est exceptionnel; il se plie, en cela, à l'un des principes fondamentaux de la théorie de l'information : le caractère informatif d'une nouvelle est d'autant plus riche que la nouvelle est plus improbable.

— Enfin, et peut-être surtout, l'homicide révolte alors que le suicide inquiète. Le journal en relatant le meurtre permet à son lecteur de réactiver la norme (« tu ne tueras point , « tu respecteras la vie »). Telle est, pour Durkheim, la fonction sociale du crime. Mais le suicide? Assassins, chauffards, braqueurs sont des héros négatifs, exemplaires d'un mépris actif du respect de la vie que la société tout entière s'emploie à développer chez chacun. Ils sont dénoncés dans le journal comme des tricheurs du jeu social. Le suicidé ne peut pas être présenté comme un tricheur. Son cas est plus grave encore : il refuse de jouer la partie. Ce refus de jouer inquiète beaucoup plus profondément qu'une tricherie l'ensemble des joueurs : le journaliste comme ses lecteurs. Taisons-nous. — Le journaliste est professionnellement attiré par l'exception ; le sociologue, par la norme, la moyenne, le mode, mais la visibilité extrême du suicide d'exception finit par masquer le suicide normal. Les journaux jouissant d'une audience plus étendue que les traités de sociologie, les suicides les plus rares passent auprès du public pour les plus communs. De là qu'en découvrant la norme et la moyenne l'analyse durkheimienne fait à son tour l'effet d'une bombe informative. Juste retour des choses. Ne disposant pour toute information sur le suicide que de son expérience personnelle, et de son quotidien habituel, notre concitoyen est condamné à se faire du phénomène une représentation particulière. • La littérature française va-t-elle contribuer à redresser cette image ? L’un des suicides littéraires les plus célèbres est celui d’emma bovary ; c’est aussi, l’un des plus improbables. Femme, jeune, mariée, mère d’un enfant, rurale et catholique, elle cumulait les traits dont Durkheim a montré qu’ils constituaient les facteurs les plus efficaces de préservation du suicide. et pourtant elle se tue dans le roman comme dans la vie. La plupart des grands suicides littéraires partagent a vec celui d’E Bovary son haut degré d’improbabilité ; dans tous les cas, des jeunes et des femmes et parfois les deux c'est-à-dire des catégories de la population dont Durkheim a montré qu’elles se suicidaient le moins. Les suicides littéraires sont donc des suicides d’exception : à la fois vrais et invraisemblables, réels et improbables. Ils s’apparentent à ce titre à ceux des faits divers dont souvent ils tirent leur origine. Source : C Baudelot et R Establet, Durkheim et le suicide, PUF, 1984. Questions : • Quelles sont les 4 sources par lesquelles les individus peuvent se former une représentation du suicide ? • Pour chacune de ses sources montrez en quoi elle contribue à éclairer ou au contraire à fausser le jugement sur les suicides Document 3 : Plus que tout autre, le suicide semble être un acte éminemment individuel, qui appartient entièrement à son auteur et trouve sa source au plus profond de sa vie intime. Pour quiconque veut comprendre, il est logique de se tourner vers le psychologue ou le psychiatre, qui travaillent sur des éléments biographiques. C'est pourquoi la décision d'Emile Durkheim de procéder à une analyse sociologique du suicide peut, aujourd'hui encore, apparaître comme une provocation. De quoi se mêle ici le sociologue ? Un objet d'étude aussi singulier relève-t-il de sa compétence ? D'ailleurs, cette prétendue science sociologique a-t-elle un objet ? Selon Durkheim, comme toute science, la sociologie construit et cherche à expliquer un certain type de faits. Ces «faits sociaux consistent en des manières d'agir, de penser et de sentir. [Ce sont des faits] extérieurs à l'individu, et qui sont doués d'un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s'imposent à lui ». Les deux critères sont donc l'extériorité et la contrainte : le fait social diffère du fait biologique - non pas s'alimenter pour se nourrir, mais consommer tels ou tels aliments en compagnie de telles ou telles personnes - et du fait psychologique - sa source n'est pas la conscience individuelle. Voici qui ne nous éclaire pas vraiment. Comment savoir s'ils sont inventés par l'esprit délirant de Durkheim ou s'ils peuplent une réalité inconnue des autres sciences ? Simplement parce que la réalité sociale oppose une résistance aux individus qui tentent de s'affranchir des règles et des disciplines sociales. Il en va ainsi des règles de droit : ceux qui enfreignent le code de la route ou fraudent le fisc s'exposent à des sanctions. Ou de la langue : pour se faire comprendre, il faut respecter le sens des mots et quelques règles de grammaire. Certes, dans le cours ordinaire de leur existence, les individus « normaux » ne ressentent pas le poids oppressant d'une réalité extérieure contraignante. Mais cela s'explique par une socialisation « réussie » : ils respectent les règles sans trop d'efforts, agissent conformément aux attentes des autres, parce qu'ils ont intériorisé la contrainte sociale ; cette voix intérieure qui leur dicte leur comportement est celle de la société. Cette définition du fait social s'applique-t-elle au suicide ? A priori non : elle conduirait à affirmer que c'est la société qui contraint les individus à se suicider (ce que Durkheim n'est pas loin d'affirmer lorsqu'il écrit : « Chaque société est prédisposée à livrer un contingent déterminé de morts volontaires »).Le recours aux statistiques change toutefois la perspective : l'addition de tous ces suicides singuliers fait surgir une réalité nouvelle, inobservable à l'œil nu, qui se caractérise par sa régularité et sa prévisibilité. Malgré des retournements de tendance sur de très longues périodes, le taux de suicide est en effet relativement stable à court terme. S'il ne s'agissait que d'actes purement individuels, les statistiques fluctueraient beaucoup plus d'une année à l'autre Emporté par sa volonté de démontrer la puissance explicative de la sociologie, Durkheim avance que « les courants collectifs, en pénétrant les individus, les déterminent à se tuer ». Bien qu'il aille ici trop loin dans le déterminisme holiste (l'individu n'est que le jouet de forces qui le dépassent), toute une partie de son analyse, étayée par les statistiques, justifie une sociologie du suicide Source : P Combemale, le suicide comme fait social, in alter éco, n°250, sept 2006. • Pourqou E Durkheim as’est-il interessé au suicide ?


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Explicitez la notion de fait social . Pourquoi la plupart des individus n’ont-ils pas conscience d’être soumis à des contraintes sociales ? En quoi le suicide est-il un fait social ?

Document 4 :

Source : Durheim, op cité. Questions : • Donnez le mode de lecture et de calcul du chiffre entouré • Le tableau vérifie t’il la phrase soulignée dans le doc.3 ? Expliquer. Document 5 :

Source : op cité. Questions : • donnez le mode de lecture et de calcul des chiffres entourés. • Pouvez vous faire apparaître une relation entre : - l’âge et le taux de suicide - le sexe et le taux de suicide - l’état civil et le taux de suicide ? Document 6 : Voici les résultats obtenus par Durkheim à la fin du XIXe : • les hommes se suicident plus que les femmes, • les vieux plus que les jeunes,

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les personnes sans enfants plus que les parents, les protestants plus que les catholiques, le suicide est plus fréquent en ville qu'à la campagne, etc.
Le suicide se commet plus souvent de jour que de nuit et croît avec la durée du jour. Il est plus fort au début de la semaine qu'à la fin, au printemps et en été qu'en automne ou en hiver.

Ces corrélations autorisent une hypothèse sociologique : le suicide est une conséquence possible d'un échec du processus de socialisation. Cette défaillance peut résulter d'un excès (l'individu se sacrifie pour son groupe) ou d'un défaut (isolement, perte des repères) de la socialisation. Sont protégés du suicide ceux qui se sentent entourés, soutenus par leurs groupes d'appartenance (leur famille, leur communauté religieuse, leurs amis), sans être pour autant enchaînés ou étouffés, tout comme ceux qui ne poursuivent pas des buts inaccessibles (parce que disproportionnés aux moyens dont ils disposent). Source : op cité.
Questions : • Quels sont les facteurs mis en évidence par l’analyse de Durkheim ? • Quelle est l’hypothèse sociologique permettant de comprendre les motivations du suicide ? Donnez des exemples permettant de l’expliciter.

II – LA DEMARCHE DURKHEIMIENNE D’ANALYSE DU SUICIDE RESTE T’ELLE D’ACTUALITE ?
Document 7 : On observe en effet un certain nombre de permanences : le taux de suicide augmente pendant les crises économiques et chute pendant les guerres ; la pratique religieuse, sur tout lorsque le pratiquant est intégré à une communauté, continue à protéger ; les femmes mettent fin à leurs jours beaucoup moins que les hommes (sauf en Chine) ; la présence d'enfants au sein du groupe familial demeure l'un des principaux facteurs de protection et le divorce un facteur de risque. Les changements eux-mêmes tendent à confirmer la théorie durkheimienne. A la fin du XIXe siècle, le taux de suicide est plus élevé en ville qu'à la campagne. C'est l'inverse aujourd'hui. Mais la France de 1897 est encore rurale ; aujourd'hui, le foyer de la vie sociale, donc les valeurs et les normes dominantes, se trouve en ville. Malgré l'anonymat ressenti dans les grandes métropôles, bien que les relations y soient souvent utilitaires et impersonnelles, la concentration des activités, des ressources et des opportunités, la diversité des milieux sociaux offrent à l'individu la possibilité d'atteindre les buts valorisés par la société moderne (trouver un emploi, se distraire, se cultiver, etc.). L'exemple le plus significatif se rapporte au rythme hebdomadaire : le suicide est moins élevé le week-end, mais avant 1972, le nombre de suicides allait décroissant du lundi (ou du mardi pour les indépendants dont c'est le jour de reprise) au dimanche ; depuis 1972, les femmes se suicident moins le mercredi que le lundi, le mardi, le jeudi et le vendredi. Pourquoi ? Parce que le jour de congé des élèves est passé, à cette date, du jeudi au mercredi. II semble ainsi y avoir une influence des rythmes sociaux, du degré et des formes de l'intégration sociale sur les taux de suicide. Ceux-ci varient en phase avec l'évolution de la société. Deux exemples, qui contredisent pourtant les prévisions de Durkheim, permettent de le vérifier. Depuis, le XIXe siècle, jusqu'à la crise des années 70, le taux de suicide augmentait avec l'âge. Il s'agissait apparemment d'une loi d'airain, aisément explicable : avec la vieillesse, les conditions d'existence se dégradent, la quantité et la qualité de vie à sacrifier sont moins grandes. Or, depuis ces années, le taux de suicide des jeunes augmente alors que celui des personnes âgées, bien qu'il reste élevé, diminue. Le sociologue Louis Chauvel a montré qu'il ne fallait pas voir là un effet de génération. C'est le statut social des classes d'âge qui a changé. La situation du troisième âge s'est sensiblement améliorée (moindre pauvreté, meilleures retraites, progrès médical, etc.), alors que celle de la jeunesse s'est relativement détériorée. La montée du chômage, la précarité, le report contraint de l'installation dans la vie d'adulte (acquisition d'un logement, mise en couple, indépendance financière, etc.), les incertitudes pesant sur l'avenir, beaucoup de facteurs se conjuguent pour expliquer un sentiment de moindre intégration, voire de rejet. Au moment où il écrit, Durkheim énonce une autre loi : « La misère protège ». Il est vrai que le taux de suicide est faible dans les pays pauvres, qui sont pourtant ceux dans lesquels les inégalités de richesse sont souvent les plus fortes. Il est également vrai qu'il augMnte dans les périodes de modernissation accélérée où l'ordre ancien dépérit sans que de nouvelles formes d'intégration et de régulation se soient encore stabilisées (l'illustration la plus récente est le cas de la Russie). Mais les périodes de croissance du niveau de vie s'accompagnent en général d'une stagnation ou d'une baisse du taux de suicide. Et celui-ci est plus élevé dans les régions pauvres des pays riches. Dans ces pays, les statistiques confirment la règle du cumul des inégalités : le taux de suicide augmente lorsqu'on descend l'échelle sociale. Les catégories supérieures ne sont pas seulement richement dotées en capital économique et en capital culturel, elles bénéficient aussi de liens sociaux étendus et diversifiés. Dans le cas des classes populaires, le chômage et la précarité sapent l'une des formes de sociabilité les plus intégatrices, notamment pour les hommes,celle qui s'entretient par les relations de travail. Si l'on fait ici abstraction de la question posée par la construction des données, les statistiques semblent attester de l'existence de faits sociaux. Faut-il encore parvenir à les expliquer... Les variables sont nombreuses et corrélées, de telle sorte qu'il est difficile d'isoler l'effet propre de chacune d'elles. Le sociologue n'étudie pas les individus qui se suicident mais des faits sociaux « objectivés » par des taux de suicide. (…) . Le sociologue n'explique pas le suicide de telle ou telle personne. Il traite les taux de suicide comme des symptômes sociaux : par exemple, leur évolution nous alerte sur la condition d'une fraction de la jeunesse. C'est en quelque sorte l'état de santé de la société qui le préoccupe et non celui de l'individu. Source : op. cité Questions : • Quels sont les facteurs aggravant qui n’on pas changé depuis le 19 ème siècle ? • Quels sont les facteurs mis en évidence par Durkheim qui ne sont plus valables aujourd’hui ? • Remettent-ils en cause la démarche de Durkheim ? Justifiez. • Quelles sont les limites des statistiques, quels sont leurs intérêts ?