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N°22 l novembre - décembre 2014

Le magazine de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale

Ebola

La riposte s’organise

Yves Lévy

L’heure de la réflexion collective

VIH/sida

La recherche transformée

Douleur

Bientôt
sous contrôle ?

©©Inserm/Etienne Begouen

Une douleur qui persiste après
un traumatisme bénin, des
mois, voire des années, après
cicatrisation de la lésion ;
une douleur qui survient
dans un membre « fantôme » ;
ou encore une douleur qui
apparaît sans lésion identifiable, autant
d’observations perturbantes, non seulement
pour la plupart des patients, mais également
la majorité des médecins. Surtout que,
la plupart du temps, ces douleurs ne
répondent pas aux antalgiques usuels.
Les douleurs chroniques, qui doivent être
considérées non comme des symptômes,
mais bien comme d’authentiques maladies,
sont liées à des remaniements profonds des
systèmes nociceptifs - ceux qui intègrent
les stimuli aversifs - périphériques et
centraux, dont les mécanismes moléculaires
et cellulaires sont aujourd’hui beaucoup
mieux compris. En réalité, les données
expérimentales confortent les résultats de la
recherche clinique qui soulignent, eux aussi,
la très grande diversité et la complexité des
situations. Le principal défi aujourd’hui est
de trouver les relations entre les mécanismes
fondamentaux et les différentes douleurs
que décrivent les patients, pour développer
de nouvelles stratégies thérapeutiques. Ces
dernières s’appuieront non seulement sur
de nouvelles molécules qui agissent sur des
cibles très précises, mais également sur des
approches non médicamenteuses, comme
les diverses techniques de neuromodulation
utilisant des stimulations électriques ou
magnétiques. Dans ce contexte, le diagnostic,
l’évaluation et la prise en charge des patients
requièrent des connaissances scientifiques
et des compétences cliniques de plus en plus
spécifiques, qui confèrent à la médecine
de la douleur le statut de spécialité médicale
à part entière.

Didier Bouhassira

Directeur de l’unité Inserm 987
Physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur
Président de la Société française d’évaluation et de traitement de la douleur

SOMMAIRE

à la une

Découvertes

4 Ebola Les chercheurs vent debout

8 M 
aladies auto-immunes

TGF-b : le garde-fou du système immunitaire

10 Division cellulaire Gérer les centrioles
12 Génétique Réparer quoi qu’il arrive !
14 Médecine régénérative

Des microtransporteurs pour réparer les tissus

Têtes chercheuses

16 Pierre Jannin

Créateur d'outils « intelligents »
pour les neurochirurgiens

REGARDS SUR Le MONDE

Cliniquement vôtre

19 Cancer Cartographier l'ADN en un CLIC
20 Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin
Trouver les causes, affiner les traitements

➜ Grand Angle

24 Douleur

Bientôt sous contrôle ? 

Médecine générale

36 Incontinence urinaire

Ces fuites qu'on ne saurait voir

entreprendre

Opinions

38 C ancer Les peptides à l'assaut !
40 P 
révention du VIH

Faut-il traiter les homosexuels ?

Stratégies

42 Yves Lévy

L’Inserm à l’heure de la réflexion collective

50 ans de l’Inserm

44 VIH/sida De la mobilisation des chercheurs
aux traitements préventifs

Bloc-Notes

46 C 
3RV34U Testez votre cerveau !
48 La génétique pour tous

novembre-décembre 2014 ● N° 22 ●

3

à la une • Découvertes • Têtes chercheuses • regards sur le monde • Cliniquement vôtre • Grand Angle • Médecine générale • Entreprendre • Opinions • Stratégies • Bloc-Notes

Ebola

©©Carl de Souza/AFP PHOTO

Les chercheurs vent debout

Avec 4 033 morts pour 8 399 malades selon l’OMS
(10 octobre 2014), l’épidémie d’Ebola qui sévit
en Afrique de l’Ouest frappe par son ampleur et jette
un éclairage cru sur une maladie trop longtemps
négligée. Prises de court, les autorités internationales
tentent aujourd’hui de réagir. Dans les laboratoires
français aussi, la riposte s’est organisée.

LTaux de létalité

Proportion de cas fatals
liés à une maladie ou à
une condition particulière

4●

M

algré un taux de létalité  (L) de « seulement »
50 %, plus faible que lors des précédentes épidémies, la flambée d’Ebola, débutée en décembre
2013, est la plus sévère jamais enregistrée depuis la
découverte du virus en 1976. D'après l’Organisation
mondiale de la santé (OMS), faute de moyens de lutte
suffisants, ce sont plus de 20 000 malades qui seront

● N° 22 ● novembre - décembre 2014

Août 2014,

à craindre avant la fin de
une équipe
l’année, soit ­environ
de Médecins sans
frontières découvre
10 000 morts si le taux de
un cas d’Ebola
létalité se maintient. « Il
chez un enfant
ne s’agit plus d’une simple
à Kailahun (Sierra
épidémie, mais d’une crise
Leone).
humanitaire qui s’installe
dans la durée », selon Jean-François Delfraissy, directeur
de l’institut thématique multi-organisme Microbiologie
et maladies infectieuses (IMMI) de l’Alliance nationale
pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan).
Plus de neuf mois après l’identification du virus par
les chercheurs français du laboratoire P4 Inserm-Jean-­
Mérieux de Lyon, le taux de reproduction – soit le
nombre de cas secondaires générés par un malade – reste
très élevé : entre 1,71 et 2,02 selon les pays. Au Liberia
et au Sierra Leone, les p­ ersonnels de santé continuent
d’être i­nfectés, ce qui est « un très mauvais signe, selon

à la une

Des traitements identifiés

Conscients de l’ampleur de l’épidémie et du vide théra­
peutique, un comité d­ ’experts de l’OMS s’est réuni à
­Genève début septembre afin de recenser les traitements
­expérimentaux à l’étude à travers le monde. Parmi les
huit identifiés, le favipi­ravir, ou T-705, est celui qui est

©©NIAID-NIH/PHANIE

Virus Ebola, virus à ARN
responsable de cette
fièvre hémorragique
(microscopie
électronique à balayage)

le plus rapidement utili­sable sur le terrain. Il est déjà
commercialisé au Japon comme antigrippal et présente
le triple avantage d’être disponible, administrable par
voie orale et doté d’un profil de sécurité et de toxicité
connu. Autant de raisons qui ont motivé la mise en
place rapide, sous l’impulsion de l’IMMI, de deux essais
théra­peutiques par des équipes françaises : une étude
sur l’animal sera réalisée au laboratoire P4 de haute
­sécurité de Lyon. Supervisé par son directeur
“ Les premiers cas
d’Ebola ont peut-être Hervé Raoul *, elle
débutera en n
­ ovembre,
été confondus avec
une fois les exigences
des cas de Lassa ou
­réglementaires satisde paludisme  „
faites. «  Nous allons
mener des ess ai s
sur quatre séries de 15 singes, pendant 20 ­semaines,
­explique-t-il. Et chaque série nous apportera des données
supplémentaires pour les suivantes en termes de dose,
de mode d’administration et d’impact du délai entre
l’infection et le traitement. » Ce travail sera r­ éalisé en
étroite colla­boration avec les équipes du laboratoire P4
allemand de l’institut Bernard-Nocht des
maladies tropicales de H
­ ambourg, et du
­laboratoire P4 a­ nglais de Salisbury.
©©JEAN-PHILIPPE KSIAZEK /AFP PHOTO

­Sylvain Baize * du Centre ­national
de r­ éférence des fièvres hémorragiques
virales. Habituellement, les médecins
sont touchés seulement le temps que
l’on c­ omprenne qu’il s’agit d’une épidémie d’Ebola. » Le fait que des soignants
ne soient toujours pas protégés est un
­indicateur de la relative désorganisation
de la réponse sanitaire.
Contrairement aux régions plus
­centrales de la République démocratique
du Congo ou du Soudan, l’Afrique de
l’Ouest n’avait encore j­amais subi Ebola.
« En revanche, c’est une zone qui connaît
régulièrement des cas de fièvre de Lassa,
une autre fièvre hémorragique qui, elle,
est transmise par les rongeurs », ­précise
Sylvain Baize. Comme « les symptômes sont similaires,
les premiers cas d’Ebola, propagés par les chauves-souris
via les grands singes, ont peut-être été confondus avec des
cas de Lassa ou de paludisme. » Si on ajoute le fait que les
populations africaines de 2014 sont bien plus mobiles
que celles de 1976, ou même celles des années 1990,
on obtient un funeste cocktail qui explique en partie
la multiplication des foyers observée. Ceci aggravé par
l’absence de t­ raitement thérapeutique. La prise en charge
des patients se borne, pour le moment, à la réhydratation
de soutien par voie orale ou intraveineuse, accompagnée
de prise d’antipyrétiques qui luttent contre la fièvre. L’idée
est de maintenir le patient en vie au moins huit à dix jours,
le temps qu’il fabrique ses propres anticorps et triomphe
de la maladie.

Trouver la bonne dose

Un essai de phase II  (L), réalisé chez
l’homme cette f­ois-ci, va é­ galement
débuter en novembre en ­Guinée, en
­collaboration avec les autorités sanitaires guinéennes et probablement
Médecins sans ­frontières (MSF). Il sera
mené par X
­ avier A
­ nglaret et Denis
Malvy  *, du centre de recherche
Épidémio­logie et biostatistique de 
Sylvain Baize, spécialiste
des fièvres hémorragiques virales,
ici dans son laboratoire lyonnais

LEssai de phase II
Réalisé sur 100 à
300 volontaires malades
avec pour objectif de
déterminer la dose
minimale efficace de
produit et d’éventuels
effets inattendus

☛Sylvain

Baize : unité 1111 Inserm/ENS/
CNRS – Université Claude-Bernard Lyon 1,
Centre international de recherche en
infectiologie, équipe Biologie des infections
virales émergentes (Ciri/Institut Pasteur)
☛Hervé

Raoul : US3 Inserm, Laboratoire
P4 Jean-Mérieux, Virologie, étude des
agents pathogènes de classe 4
☛☛Xavier Anglaret, Denis Malvy : unité 897
Inserm – Université de Bordeaux/Institut
de santé publique d’épidémiologie et de
développement, équipe VIH, cancer et santé
globale dans les pays à ressources limitées 
S. Baize et al. The New England Journal
of Medicine, 19 septembre 2014
doi: 10.1056/NEJMoa1404505 
WHO Ebola response Team. “Ebola Virus
Disease in West Africa - The First 9 Months
of the Epidemic and Forward Projections”,
The New England Journal of Medicine,
23 septembre 2014
doi: 10.1056/NEJMoa1411100

novembre - décembre 2014 ● N° 22 ●

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Il est totalement hermétique. et par France Mentré *. qui dirige l’unité Émergence des p­ athologies virales  à l’université Aix-Marseille. explique ­Xavier de ­Lamballerie *. qui ­impliquerait que l’on donne un ­placebo à la moitié des ­malades. « Jusqu’à présent. Il tentera de ­déterminer la dose minimale d’effi­cacité du favipiravir chez 60 ­patients recrutés dans trois centres de traitement. protéines cellulaires ­d evrait prendre pluimpliquées dans la sieurs mois avant d’arriréplication du virus „ ver à sélectionner des molécules candidates. le cas échéant. d ­ étaille-t-il. et sont testées en p­ remière ­intention au laboratoire P4 Jean-Mérieux pour ­pouvoir bénéficier. par exemple. investigation. ­Problème : il faut parfois attendre près d’une semaine entre le prélè­vement et la confirmation du ­diagnostic. Tous les patients de l’essai r­ecevront donc une dose de favipiravir. l’un recevant un traitement et l’autre un placebo. où l’on teste les prélèvements sanguins des malades présentant des symptômes d’Ebola. qui s’inscrit dans une permet d’identifier nouvelle approche de des molécules la recherche anti­virale agissant sur les – l’interactome  (L) –. « Il s’agit d’identifier des ­molécules agissant sur les protéines cellu­laires ­impliquées dans la réplication du virus Ebola ». mais à des concentrations plus importantes que dans la grippe. « Il y a eu de nombreuses d­ iscussions autour du fait que cet essai ne sera pas randomisé en double aveugle  (L). constitué de plusieurs sas de décontamination et de portes étanches.décembre 2014 ©©François guénet/inserm Autre projet important : Vincent L ­ otteau * mène en ce moment un travail de ­criblage (L) de molécules au sein de la start-up Enyo Pharma qu’il a ­cofondée avec l’appui . les acteurs de terrain ont aussi besoin d’outils de ­diagnostic rapide. l’air respiré. ● N° 22 ● novembre . des facteurs de transcription (L) qui entraînent la réplication de l’ARN viral. Les molécules passées en revue sont des médi­caments déjà auto­risés chez l’homme. d’un transfert rapide chez l’humain. Mais les traitements ne sont pas le seul cheval de ­bataille. Ce pro“ Le criblage jet. mais un tel protocole randomisé. est indépendant du laboratoire. Une étude de sciences ­humaines et ­sociales sur l’acceptabilité d’un essai thérapeutique par les populations en période de crise sanitaire y sera associée. Centre international de recherche en infectiologie (Ciri) ☛☛Xavier de Lamballerie : UMR 190 IRD/ École des hautes études en santé publique/ Aix-Marseille Université 6● Le laboratoire P4 Jean-Mérieux de Lyon permet de travailler en sécurité maximale. de l’hôpital Bichat-Claude B ­ ernard à Paris. près de Monrovia (Liberia). fourni par des narguilés.à la une ©©John Moore/Getty Images/AFP Photo ➜ Un laboratoire ouvert par le CDC américain en août. Ni les patients ni ceux qui les soignent ne savent qui est affecté à quel groupe. LCriblage Consiste à passer en revue une bibliothèque de molécules pour identifier celles susceptibles d’interagir avec une cible précise. Les chercheurs portent des scaphandres sous pression positive. ils étaient assurés par les ­machines à PCR (L) des ­laboratoires P4 ». à proximité de MSF. Les protéines cellulaires ciblées peuvent être. explique ­Jean-­François Delfraissy. pharmacométrie ☛Vincent ☛ Lotteau : unité 1111Inserm/ CNRS UMR 5308/ ENS – Université ClaudeBernard Lyon 1. équipe Biostatistique. Des outils de diagnostic rapide ☛☛France Mentré : unité 1137 Inserm/ Université Paris 13-Paris-Nord – Université Paris-Diderot. Les p­ remiers résultats devraient être connus au 1er ­trimestre 2015. serait très mal accepté dans le contexte actuel par les populations locales ». l’Inserm à Bordeaux.  randomisé LEenssaidouble aveugle Essai dans lequel les patients sont aléatoirement répartis entre deux groupes. d’Inserm Transfert ­Initiative (L).

« Cette organisation aura pour objectif de préparer des futures r­echerches. il s’agira d’une instance au sein de l’IMMI d’Aviesan. l’urgence en inter-crise : création de modèles de cohortes. Une des missions sera aussi d’organiser la coopération entre définir les marqueurs de pays du Nord et du Sud pour rapprocher les essais thérapeutiques du lieu ­sévérité (L) et de trouver les des épidémies. ☛Bernadette ☛ Murgue : directrice adjointe de l’institut de Microbiologie et de maladies infectieuses (Aviesan) ☛Yazdan ☛ Yazdanpanah : unité 1137 Inserm/Université Paris 13-Paris-Nord – Université Paris-Diderot. d’Ebola. ou peu. La réaction en chaîne par polymérase permet de copier en un grand nombre d’exemplaires des séquences d’ADN à partir d’une faible quantité d’acide nucléique présente. en Guinée. notre protocole sera disponible dans moins de trois mois ». des essais C’est pour cela que l’IMMI thérapeutiques. instantanément. Certains n’ont pas. en attendant de mobiliser des sources les ­ c aractéristiques institutionnelles comme le programme hospitalier de recherche clinique ­biologiques. qui s’appuie sur les laboratoires de l’Inserm. ­poursuit-il. En France. recherche européenne en situation d’urgence Tous ces travaux s’insPour faire face aux futures grandes épidémies. Suite à un appel d’offres remporté par la que l’épidémie ­actuelle France. qu’il s’agisse Société rattachée à l’Inserm et à Inserm Transfert. immuno­ (PHRC). telles que le lavage des mains.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 7 . avec ­l’espoir Infectious Disease Preparedness). des aussi préparer le terrain Instituts Pasteur. espère Xavier de Lamballerie. précise Bernadette Murgue * de l’IMMI. et ainsi aider au diagnostic différentiel. une structure capable crivent dans le court ou de coordonner des projets de recherche transversaux d’urgence est moyen terme. été évalués correctement. novembre . elle sera coordonnée par la fondation Mérieux au nom d'Aviesan. service des Maladies infectieuses et tropicales si ce n’est la dernière. comme la fièvre jaune ou le paludisme. septembre 2014 : la population assiste à une campagne d’information et les autorités locales procèdent aux mesures d’hygiène indispensables. révèle une pathologie particulière. mais il faut indispensable. « La PCR temps réel ­détecte et quantifie n’importe quel pathogène. ces patients. de d ­ évelopper un p­ rojet Elle sera dotée de personnel immédiatement mobilisable en cas de crise. Pour compliquer encore la tâche. nserm Transfert LIInitiative de virus. mais suivant des protocoles et utilisant des réactifs ou ciblant des p­ arties du génome viral très hétérogènes.à la une ➜ ©©CELLOU BINANI/ AFP PHOTO Labé. les scienti­ respectivement dirigés par France Mentré et Arnaud Fontanet de l’Institut fiques seront à même de Pasteur. En é­tudiant des programmes de recherche. LMarqueur Substance qui. de l’IRD. anticipation des problèmes réglementaires liés aux d’Aviesan est en train autorisations de traitements ». leur méthode devra être à même d’identifier d’autres ­maladies tropicales.  n  Damien Coulomb Son équipe travaille ainsi au développement d’un ­nouveau protocole de d­ iagnostic standardisé et utilisable dans n’importe quel hôpital africain doté d’un appareil de PCR en temps réel. de bactérie ou de champignon ». Les équipes à pied d’œuvre en Afrique de l’Ouest utilisent déjà des tests de diagnostic rapide fondés sur la PCR. et dédiée au financement d’amorçage de jeunes entreprises innovantes dans le domaine biomédical LFdeacteurs transcription Protéine nécessaire à l’initiation ou à la régulation de la transcription des gènes en ARN LInteractome Ensemble des interactions entre les différentes molécules biochimiques de l'organisme LPCR Pour polymerase chain reaction. de cohorte de resca­pés ainsi que d’une réserve budgétaire pour mettre en œuvre. Une structure regroupant les différents pays vient d’être clés pour les médicaments créée au niveau européen : GLoPID-R (Global Research Collaboration for de demain. qui mène cette recherche avec le Centre national La France. présente en excès ou en quantité insuffisante. colonne vertébrale de la de ­référence des fièvres hémorragiques virales. soit une des dernières. L’ensemble sera piloté par l’IMMI (Bernadette Murgue et Yazdan logiques ou génétiques de Yazdanpanah *). avec deux centres de méthodologie et de gestion de crise : un pour les pays du Nord et le second pour les pays du Sud. « Nous nous fondons sur des résultats déjà connus.

Il regroupe une armée de cellules et d’organes . Julien Marie * et son équipe du Centre de recherche en cancérologie de Lyon (CRCL) ont en ligne de mire l’une des protéines de régulation. où les globules blancs À droite. L’anticorps vient se lier à l’antigène. les molécules étrangères ou les cellules cancéreuses. une hormone stéroïdienne. Molécule se fixant En effet. ainsi. l’ulipristal est la molécule la plus récente. dépôt massif d’auto-anticorps (en vert) dans attaquent alors nos propres cellules. liée à sa spécificité. le nombre de lymphocytes T ­augmente considérablement. Leur approche ? Bloquer spécifiquement l'action du TGF-b dans ces cellules grâce à une mutation génétique qui affecte son récepteur. ☛☛Julien Marie : unité 1052 Inserm/CNRS 5286/ Centre Léon-Bérard – Université ClaudeBernard Lyon 1. et seulement celle-ci. souligne le chercheur. Cependant. sujet contrôle). Structure tridimensionnelle du site de liaison de l'hormone du récepteur de la progestérone ayant fixé l'ulipristal 8● ©©jérome Fagart/inserm umr-S693 Santé de la femme Vers des antiprogestatifs plus spécifiques ● N° 22 ● novembre .008 ©©Julien Marie / Unité 1052 Inserm Maladies auto-immunes . Des résultats qui devraient favoriser la synthèse de nouvelles molécules inhibant précisément l’action de la progestérone.décembre 2014 Sur le marché de la contraception d’urgence. ☛☛Jérôme Fagart : unité 693 Inserm . les chersur un récepteur cheurs ont ­comparé à la place du les structures en messager habituel trois dimensions sans engendrer son activation des sites de liaison L entre les autres antagonistes (L) déjà en vente et les récepteurs stéroïdiens. « À notre grande surprise. serait la clé de cette énigme. Dans leur dernière étude. ces ­cellules se retournent alors contre l'organisme. ces cellules immunitaires qui ne génèrent pas d'anticorps (L) mais des substances chimiques toxiques pour les corps étrangers.jsbmb.Université Paris-Sud 11. Cette efficacité requiert un niveau élevé de régulation faisant intervenir des protéines spécifiques et permettant. « Depuis une vingtaine d’années. celui-ci est connu pour son importance capitale dans le contrôle du développement des maladies auto-immunes. Hors de contrôle.08. Ils ont ainsi pu identifier les contacts responsables de la haute spécificité de l­’ulipristal. favorisant son élimination par les reins ou le système immunitaire.notamment le thymus. pour traiter notamment des pathologies hormono-sensibles telles que le cancer du sein. les animaux déficients pour cette ­cytokine (L) vont spontanément développer des syndromes auto-­immuns graves.2014. les chercheurs se sont donc plus particulièrement intéressés aux lymphocytes T. » Les recherches de l’équipe avaient déjà permis d’identifier le rôle essentiel du TGF-b dans le contrôle des ­lymphocytes T. Ainsi. en l’absence de TGF-b. Le biologiste Jérôme Fagart  * et son équipe à Paris ont dévoilé les raisons Antagoniste de son efficacité. équipe Helmholtz-Inserm L Pour répondre à cette question. en e système immunitaire est une défense redoutable de l’organisme contre les agents pathogènes.1016/j. Mais des glomérules rénaux de souris dont les lymphocytes T pourquoi un tel dysfonctionnement ? ne répondent plus au TGF-β (à gauche. LCytokine Molécule de signalisation cellulaire agissant sur d’autres cellules pour en réguler l’activité et la fonction LAnticorps Protéine capable de reconnaître une autre molécule. En effet. le TGF-b (Transforming Growth Factor).découvertes • Têtes chercheuses • regards sur le monde • Cliniquement vôtre • Grand Angle • Médecine générale • Entreprendre • Opinions • Stratégies • Bloc-Notes • à la une ➜ TGF-b : le garde-fou du système immunitaire Quand notre propre système immunitaire attaque nos cellules. 6 septembre 2014 (en ligne) doi: 10. la TGF-b. il arrive qu’un grain de sable se mette dans cette mécanique de contrôle bien huilée et conduise au développement d’une maladie auto-immune (comme le lupus x 40 x 40 érythémateux. on parle de maladie auto-immune. R. Son mode d’action ? Bloquer les récepteurs de la progestérone.qui interagissent de façon complexe et TGFbR-WT TGFbR-KO assurent la précision et la particularité de son action.  Petit-Topin et al. au système immunitaire de distinguer les constituants normaux du corps de ceux à supprimer.  V. le diabète de type I ou la sclérose en plaques). The Journal of Steroid Biochemistry and Molecular Biology. Mais comment notre meilleur allié devient-il un jour notre pire ennemi ? Une protéine. les ganglions lymphatiques… . Récepteurs stéroïdiens : physiopathologie endocrinienne et métabolique  I.

qui deviennent ­ubiquitaire (L) la plus puissante de l’orgades plasmocytes produisant de grandes quantités nisme ». Et pourquoi pas. ☛☛Jean-Paul Duong van Huyen : unité 970 Inserm – Université Paris-Descartes. et ses collaborateurs ont découvert une méthode pour détecter les cas suspects de rejets de greffe cardiaque. nous avons observé une augmentation de la quantité d’auto-anticorps qui attaquent nos cellules. constate Julien Marie. ceux-ci n’étaient pas affectés par la mutation ».décembre 2014 ● N° 22 ● ● 9 . Mc Carron et al. Marie et al. Immunity. C. B. Ces résultats sont très encourageants mais les auteurs restent prudents et espèrent obtenir des financements pour valider cette méthode dans une étude prospective. ­Parallèlement. septembre 2006 . les ­lymphocytes T et. équipe. 31 août 2014 (en ligne) doi:10. Au-delà de ces résultats. S. reuses. chez 113 transplantés MicroARN Courte séquence d’ARN cardiaques issus de différents contrôlant l’expression centres. Avec son d’auto-anticorps capables de dégrader les organes. désormais. eux. Greffe du cœur Jean-Paul Duong van Huyen *. European Heart Journal. 26 août 2014 (en ligne) doi : 10. ­affaiblit la réponse immunitaire. le diagnostic serait confirmé par biopsie. de certains gènes L 4 microARN (L) présents en plus grande quantité dans le sérum des patients manifestant un rejet de greffe. Journal of Clinical Investigation. le chercheur révèle alors le rôle d’une population particulière de “ Le TGF-b. il entreprend maintenant d’étudier le fonctionnement de cette cytokine d’un point de vue moléculaire et de comprendre c­ omment lymphocytes T et B par injection soit de TGF-b. les cellules TFH ­lymphocytes B est LA cytokine régulatrice s’accumulent et activent les lymphocytes B. En cas d’abondance de ces 4 microARN. les lymphocytes B dont le nombre régule l’activaest LA cytokine tion des lymrégulatrice phocytes B et ubiquitaire dont la dynala plus puissante mique dépend de l'organisme „ de TGF-b . Avec un espoir : maîtriser le développement des maladies auto-immunes celui de « réussir.  T. à contrôler l’activation des et du cancer ». imagine le chercheur. le TGF-b maintient un faible nombre bien que «  le TGF-b . signe d’un rejet de greffe novembre . n Jean Fauquet ©©infographie : Frédérique koulikoff/inserm ➜ LUbiquitaire Se manifeste dans l’ensemble de l’organisme.-P. grâce à une simple prise de sang. PARCC  J. les scientifiques ont montré que ce dernier est essentiel au développement des lymphocytes T CD8 régulateurs. capables d'induire la mort programmée (apoptose) des cellules TFH et donc de maintenir leur population constante (voir schéma). produit en particulier par les cellules cancé. l’étude confirme Dans l’organisme. Avec son équipe. il suffirait donc de vérifier la quantité de ces biomarqueurs dans le sérum des transplantés.molécules qui neutraliseraient ses effets.1172/JCI76179. d’anticorps. Or. Duong van Huyen et al. Pour l’instant.  J.découvertes manipulant les lymphocytes T. 25 (3) : 441-54  M. les En l’absence de ce contrôle par le TGF-b.1093/eurheartj/ehu346 ©©Jean-Paul Duong Van Huyen /Unité 970 Inserm Mieux déceler les risques de rejet Cellules inflammatoires (en mauve) dans la microcirculation cardiaque et œdème interstitiel dissociant les cellules musculaires cardiaques (en rouge). en contrôlant les lymphocytes les T  ­follicular lymphocytes T et ­h elper (T FH). Ces chercheurs ont identifié. soit de le TGF-b. un jour. en contrôlant de cellules TFH. Cela suggérait un effet sur les lymphocytes  B. seule l’analyse d’un fragment de tissu cardiaque obtenu par biopsie peut fournir ce diagnostic. insuffisant pour activer massivement les lymphocytes B et conduire à la production d’auto-anticorps. au Centre de recherche cardiovasculaire à Paris. Pour s’assurer qu’elle a bien pris. insiste Julien Marie. producteurs.

décembre 2014 ©©Alice Meunier division cellulaire . ceux qui limitent le nombre de centrioles synthétisés. Pourtant. Alice Meunier : unité 1024 Inserm/CNRS UMR 8197 . ils semblent « pousser sur une boule noire. l'angle de vue bascule de 90° : la forme tubulaire des centrioles apparaît. l’hypothèse était que ces centrioles apparaissaient de novo. composés donc d’un centriole-père et d’un centriole-fils. Mais pour les 90 % restants. la ­reproduction ressemble à une duplication classique semiconservative. cette capacité. imagerie de super-résolution et microscopie électronique. Mais un risque de tumeur apparaît lorsqu’il s’en forme plusieurs. des assemblages ­tubulaires constitués de filaments de protéines. Alice Meunier précise qu’« on ne sait pas si la production surnuméraire de maturité pourrait être à l’origine de la formation surnucentrioles est une cause ou une conséquence des tumeurs ». méraire de centrioles. ciliées qui fabriquent bien plus que deux centrioles sans Aujourd’hui. la c­ ellule peut compter sur les centrioles. chargée Les taches vertes révèlent le bourgeonnement des de recherche dans l’équipe de Nathalie Spassky. jusque-là inconnue. fondée sur l’inhibition des acteurs resAutrement dit. appelée deuterosome. elles sont capables d’une telle prouesse sans p­ rovoquer Et. Si parvient à supporter la formation massive de centrioles. Pour structurer leurs cils. ce qui peut engendrer une répartition anormale des chromosomes et/ ou une instabilité des adhésions cellulaires favorisant prolifération anarchique et invasion métastasique ». diverses études ont montré. quant à leur capacité à générer de nouveaux centrioles. même s’il est certain que dans 80 % multiciliée. Mais « si le nombre de centrosomes présents avant la mitose est supérieur à deux. condition ponsables d’une production surnuméraire de centrioles. Pour 10 % des centrioles. indique Alice ­Meunier *. C’est ce qui se passe en temps Fils normal. migrent alors de part et d’autre de la cellule. Une jeunesse bourgeonnante du « fils » pourrait être impliquée dans la multiplicaEn parallèle. P ☛Nathalie ☛ Spassky.donnant lieu à l’apparition des deuterosomes et de leurs centrioles. Ces observations rendent ainsi caduque l’hypothèse précédente et pointent pour la première fois une asymétrie entre les deux centrioles du centrosome.le centriole-fils . à trouver une voie thérapeutique de t­ umeurs. des tumeurs humaines les cellules possèdent plus de deux centrosomes.découvertes ➜ Gérer les centrioles Au sein des cellules.1038/nature13770  10 ● l’espoir de comprendre ce qui se passe ailleurs dans ­l’organisme lors d’une surproduction de centrioles. la lutte contre les cancers. que l’autre ». Dans le contexte de cellules qui continuent à se diviser. Alice Meunier suggère que « le plus jeune serait moins mature et n’aurait pas les mêmes mécanismes d’inhibition.Institut de biologie de l’École normale supérieure  A. constituant ainsi deux pôles. Sous la flèche rouge. précise Alice Meunier. Les chercheurs Encore faudra-t-il prouver que c’est la surproduction qui s’intéressent donc à cette exception physiologique dans engendre les tumeurs et non l’inverse. L’origine de cette structure étant inconnue. elles ont déterminer par quels mécanismes le plus jeune centriole en effet besoin de créer entre 30 et 200 centrioles. c’est parce qu’elles sont déjà différenciées. nécessaire pour générer des tumeurs. de façon inattendue. le Cil primaire cytosquelette est perturbé. plus généralement. certaines cellules en fabriquent une centaine sans aucune perturbation cellulaire ! Comment ? C’est ce qu’étudie l’équipe coordonnée par Nathalie Spassky * à l’Institut de biologie de l’École normale supérieure de Paris avec. Cette duplication est qualifiée de semi-conservative puisque chaque nouveau centriole est formé à partir d’un pré-existant. contre les tumeurs.tion pathologique de ceux observés dans les tumeurs. sans modèle préexistant ». les centrioles forment un centrosome. un effet de bourgeonnement du plus jeune des deux centrioles préexistants . les chercheurs ont montré. il existe dans l’organisme des cellules multi.des structures particulières -. Al Jord et al. 12 octobre 2014 (en ligne) doi : 10. qu’au sein des ­cellules multiciliées du cerveau. les deux composants se détachent l’un de l’autre et un procentriole se forme à la base de Fils Fils chacun d’entre eux. centrioles autour du centriole-fils d'une cellule Toutefois. Juste avant que la cellule se divise lors de la ­mitose. en ligne de mire. ­Associés par paire. elles ne se divisent plus. le centrosome. Cette différence de our assurer l’organisation de son squelette. Ainsi. composé de deux centrioles . visible sous microscope électronique. deux voies de synthèse des centrioles coexistent. Nature. n  Nadège Joly ● N° 22 ● novembre . Les Père deux nouveaux centrosomes. joue un rôle primordial lors de la division cellulaire. En combinant vidéo-microscopie. les recherches d’Alice Meunier visent à former de tumeurs.

décembre 2014 ● N° 22 ● ● 11 .  J. Institut de génomique fonctionnelle et Institut de médecine régénératrice et de biothérapie (Inserm/CHRU/UM1) novembre . ce n’est pas la malformation en elle-même qui en est la source mais les zones cérébrales avoisinantes. Au cours des crises d’épilepsie. F. Celles-ci vieillissent donc en même temps Nucléotides  que la longueur des télomères diminue. En vert. Les chercheurs ont pu faire ce constat en inhibant l’activité électrique de ces zones chez des rats présentant une malformation corticale. qui favorisent le développement. Franck Petit et al. des brevets ont été pris afin de pouvoir. Et. l’équipe Inserm Plasticité génomique et vieillissement. ☛☛Jean-Bernard Manent : unité 901 Inserm Aix-Marseille Université. jusqu’à atteindre un point Molécules de base de non-retour : l’arrêt de leurs de l’ADN et de l’ARN réplications et la mort cellulaire. appelées télomères. les neurones du cortex ­ cérébral sont stimulés anormalement. a réussi à stopper cette évolution en reprogrammant des cellules de donneurs âgés de 74 à 101 ans. en effet.1038/ncomms5563 ©©SCIENCE PICTURE COMPANY / BSIP Bientôt des essais cliniques ? T La survenue des crises d’épilepsie a alors été retardée. synthétise aux extrémités des chromosomes des séquences répétées de n ­ ucléotides (L). Selon les travaux de JeanBernard Manent * et de Coupe de cerveau montée sur une matrice de microélectrodes.1002/ana. TSC1 et TSC2. dans un modèle murin de STB et dans des tranches de tissu humain prélevé dans des ablations chirurgicales destinées à guérir le patient. L’enzyme est. De plus. considérées comme épileptogènes. une présence exacerbée de la sous-unité GluN2C du récepteur NMDA (L). Elles ont été ainsi rajeunies et la longueur de leur télomère correspond à nouveau à celle des cellules embryon­ naires. indépendamment de la LRécepteur NMDA Récepteur canal activé par le glutamate conduisant l’influx nerveux excitateur ­ résence des tubers. au niveau du cerveau.24237 Quesaco ? comme Télomérase Qui n’a jamais rêvé de vivre en forme jusqu’à un âge ­canonique ? La télomérase pourrait bien être la clé de cette l­ongévité pour tous. l’administration d’un bloqueur spécifique de cette sousunité . ☛Nail ☛ Burnashev : unité 901 Inserm . justement qualifiées d’immortelles. R. pour laquelle la chirurgie est actuellement la seule option.empêche les crises chez l’homme et l’animal. Un résultat qui permet d’envisager une intervention thérapeutique pour rendre ces régions génératrices de crises épileptiques électriquement silencieuses. Inmed  N. Des observations confirmées par l’analyse moléculaire chez l’homme et l’animal. En effet.des raccourcissements inévitables dus aux divisions cellulaires successives. par la suite. Or. Annals of Neurology. 1er août 2014 (en ligne) doi : 10.Aix-Marseille Université. V. qui se retrouvent perturbées dans leur fonctionnement. d’apparence normale.qui n’entrave donc pas la ­totalité de l’activité de ce récepteur . Mais où et comment ces crises sont­ elles générées ? Pour y ­répondre. p les chercheurs montrent. lever des moyens pour effectuer des essais cliniques.découvertes ➜ Épilepsie Éteindre les générateurs de crises ©©INMED / UMR901 INSERM Certaines malformations du cortex cérébral peuvent engendrer une épilepsie. Les prémisses de la médecine régénérative ? J. L ☛☛Jean-Marc Lemaître : unité 661 Inserm/CNRS/Université Montpellier 2 – Université Montpellier 1. 11 août 2014 (en ligne) doi: 10. Nature Communications. les neurones localisés dans la zone de malformation son équipe de l’Inmed. ces derniers ne seraient pas seuls respon­ sables de l’apparition des crises. Mais. Institut de neurobiologie de la Méditerranée  L.f­ormant le chromosome . à l’inverse. constituée d’un En orangé. les télomères à ­assemblage d’ARN l’extrémité des chromosomes et de protéines. Ces fragments d’ADN non c­ odants protègent le reste de l’information génétique . F. Les travaux des chercheurs marseillais montrent qu’une mutation unique sur TSC1 suffit à induire les épilepsies. Ces travaux ouvrent des perspectives intéressantes et nouvelles de traitement de cette maladie. cette enzyme. Récemment. de malformations appelées tubers corticaux. la télomérase s’exprime essentiellement dans les cellules souches embryon­naires et les cellules cancéreuses. qui suggèrent que cette présence accrue pourrait être responsable des crises en augmentant de ­façon excessive l’excita­bilité des neurones. souvent réfractaire aux traitements conventionnels. Lozovaya et al. dirigée par Jean-Marc Lemaître *. La STB est due à des mutations dans les gènes suppresseurs de tumeurs. Dans ce but. Nail Burnashev * et son équipe de l’Institut de neurobiologie de la ­Méditerranée à Marseille ont étudié leur association avec la sclérose tubéreuse de ­Bourneville (STB). peu présente dans les cellules adultes différenciées. une maladie génétique qui se manifeste notamment par des épilepsies pharmaco-résistantes.

1038/jcb. Tandis que la protéine LacR est attachée au polypeptide XPB de NER. photo 3 d). Pour cela. The Journal of Cell Biology.découvertes ➜ •• •• GEnEtique eroderma LXpigmentosum Aussi connue sous le nom des « enfants de la Lune ». comme en cas de lésion. 3 a merged Réparer quoi qu’il arrive ! TTDA non muté NER en raison d’une mutation de la sous-unité TTDA. lorsque le TTDA n’est pas muté. Du moins. traduit par l’absence de spot rouge (photo 3 e) et de spot jaune (photo 3 f). Résultat : l’ordre d’assemblage des 2 a polypeptides du système de réparation NER a bel et bien été respecté. ce qui offre de belles perspectives pour la compréhension de plusieurs maladies génétiques rares. l’assemblage se déroule sans accro. La photosensibilité excessive et les troubles oculaires occasionnés exposent les patients à un risque élevé de cancer de la peau ou des yeux. puis XPA. Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire. enlever la lésion.201403096 12 ● ● N° 22 ● novembre . ☛☛Frédéric Coin : unité 964 Inserm/ CNRS – Université de Strasbourg. comme le xeroderma pigmentosum (L) ou le syndrome de Cockayne (L). Cette méthodologie innovante peut maintenant être étendue à d’autres mutations responsables d’altérations du mécanisme de réparation de l’ADN.décembre 2014 merged Maladie génétique rare qui affecte le système de réparation de l’ADN entraînant une photosensibilité accrue. afin d’observer l’assemblage des protéines suivantes de NER. cette pathologie touche le système de réparation de l’ADN. Et cette astuce leur a également permis de mieux comprendre les défauts moléculaires associés à une maladie génétique rare. LSdeyndrome Cokayne Dû à une mutation génétique héréditaire. « C’est essentiel de comprendre les bases moléculaires de la construction de ce mécanisme de réparation ». Son fonctionnement : détecter les lésions dans le génome. elle confirme leur colocalisation et donc le recrutement de XPA par XPB (photo 1 c). À l’inverse. en tant qu’indice de colocalisation avec XPB (spots verts. La formation du complexe LacO-LacR permet alors de fixer artificiellement XPB à l’ADN (spots verts. en l’absence de lésions et donc sans XPC. où l’apparition de spots verts et rouges traduit la présence respective de XPB (photo 1 a) et 1 b XPA (photo 1 b). puis TFIIH (contenant XPB. qui reconnaît l’anomalie. GFP richothioLTdystrophie  XPC Enchaînement de 10 à 100 acides aminés merged 1 a c’est ce que révèle les images ci-contre. Et ô surprise ! Les étapes de NER restent inchangées et se déroulent de manière ordonnée. Toutes ces étapes font intervenir plus de 20 polypeptides (L) qui s’agencent selon un ordre séquentiel précis : XPC.. XPF. équipe Expression et réparation du génome  S. Le système NER (pour nucleotide excision repair) est l’un d’entre eux. un vieillissement et un décès prématurés. notre ADN peut être endommagé par des facteurs environnementaux chimiques ou physiques (comme les rayons ultraviolets du soleil). grâce au marquage par immunofluorescence. Ziani et al. XPB et XPA étant visibles ensemble (spots jaunes photo 3 c) et séparément (spots rouges et verts. photos 3 a et 3b). L’organisme a donc mis en place des moyens efficaces de protection et de réparation de la double hélice. Et ils ont mis en évidence un défaut de recrutement de XPA. la trichothiodystrophie (L). il se caractérise par une photosensibilité. souligne Frédéric Coin *. colonne de droite).. Les chercheurs ont ainsi utilisé le système LacO-LacR pour fixer la version mutée de TTDA dans le génome (photos 3. ouvrir la molécule d’ADN à l’endroit concerné. 25 août 2014 (en ligne) doi : 10. Quant à la présence de spots jaunes (marquage 1 c Merged). afin d’observer si le processus pouvait se dérouler sur un ADN non endommagé. n Jean Fauquet ©©Frédéric Coin/Unité 964 Inserm •• •• . son équipe a tenté de forcer la formation du complexe de NER en l’absence de lésion. qui touche précisément le système 3 d GFP TTDA muté 3 b 3 e 3 c 3 f Flag-XPA LPolypeptides Flag-XPA GFP Bien qu’il soit toujours à l’abri dans le noyau de nos cellules. un retard de croissance. Mais comment les chercheurs ont-ils fait ? En détournant le système 2 b lactose Opérateur– lactose Répresseur (LacO-LacR) utilisé par les bactéries pour réguler l’expression de 2 c leurs gènes. Conséquence : la formation du système de réparation est incomplète et la réparation de l’ADN serait nettement moins efficace chez les patients. la séquence LacO est introduite dans le génome. appartenant comme XPB au complexe TFIIH. XPD et TTDA) qui ouvre la molécule d’ADN. puisqu’en amont dans l’ordre d’assemblage : l’absence de spot rouge (photo 2 b) confirme que XPC n’est pas recruté et l’absence de spot jaune que ces deux polypeptides ne sont pas présents au même endroit (photo 2 c). photo 2 a). de l’IGBMC à Strasbourg. puis la remplacer par une séquence d’ADN réparée.

pour leurs travaux sur un système cérébral qui permet de s’orienter dans l’espace. de s’orienter lors d’un comme chez les déplacement. B. le réseau de traitement des déchets propre au cerveau. Nobel de médecine 2014 ©©Ned Alley/Trondheim/NTNU. et donc neurodégénératives. Denis Vivien : unité 919 Inserm Université de Caen Basse-Normandie. associée à une diminution du nombre de neurones GnRH dans l’hypothalamus. S. Nicolas de Roux * et son équipe de l’unité Neuroprotection du cerveau en développement se sont penchés sur le génome de trois frères atteints d’un nouveau syndrome associant absence de puberté. 23 septembre 2014 (en ligne) doi: 10. Appelées « cellules de grille ». diabète et neuropathie périphérique (L). Tata et al. ce sont les époux Moser qui découvrent le rôle d’autres cellules situées dans le cortex entorhinal. C’est en injectant un agent de contraste visible par IRM dans le cerveau de souris ayant subi un AVC que les chercheurs se sont rendu compte de ce phénomène : la circulation glympathique était bloquée par des caillots sanguins et l’injection d’une molécule qui dégrade les caillots a permis de la rétablir. elles constituent ainsi une cartographie de l’espace dans lequel évolue l’animal. une hormone indispensable au déclenchement de la puNeuropathie berté. malades d’Alzheimer L’existence et le dont les capacités de fonctionnement de ces repérage sont ainsi cellules ont depuis été diminuées. La délétion du Molécule de base gène provoque bien une de l’ADN infertilité. notamment spatiale. le prix Nobel de médecine a été décerné à l’Anglo-Américain John O’Keefe (University College de Londres) et aux Norvégiens May-Britt et Edvard I. 4 septembre 2014 (en ligne) doi: 10.pbio. Plos Biology. Des recherches devront être menées afin de connaître l’impact neurologique de ce phénomène. J. Chez les souris ayant subi un AVC. N. Ils ont décelé une délétion de 15 nucléotides (L) dans le gène qui code pour la rabconnectin-3α. confirmés chez www. Stroke. ont montré qu’à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC) hémorragique. B. Appelées « cellules de lieu ». cesse de fonctionner. une zone du cerveau proche de l’hippocampe. L L ☛Nicolas ☛ de Roux : unité 1141 Inserm – Université Paris-Diderot-Paris 7  B. appelé système glymphatique. les chercheurs ont reproduit le génotype chez des Nucléotide souris. S. notamment. L’aventure commence en 1971 quand John O’Keefe découvre que certaines cellules de l’hippocampe s’activent spécifiquement lorsque des rats se trouvent à un endroit précis.006617 ©©M.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 13 ©©David Bishop/UCL Le GPS de notre cerveau à l’honneur . Gauberti/ U919 INSERM Puberté Un gène déclencheur identifié IRM cérébrale.1371/journal. elles John O’Keefe forment un système de coordonnées sont particulièrement qui permet un affectées dans positionnement précis certaines maladies dans l’espace. dans ce système de « GPS interne ». Kavli Institute L May-Britt et Edvard I.découvertes ➜ Afin de mieux comprendre les mécanismes de déclenchement de la puberté et de contrôle de la fertilité par le cerveau. de ces neurones dépend du niveau d’expression de la rabconnectin-3α. confirmant le rôle de l’hippocampe dans la mémoire.1001952 AVC Quand le cerveau ne traite plus ses déchets AVC hémorragique Contrôle Thomas Gaberel * et ses collègues de l’unité dirigée par Denis Vivien *. dans les neurones responsables de la sécrétion de la gonadolibérine (GnRH).org l’homme. Moser undi 6 octobre.1161/STROKEAHA. Elles 8 novembre . La fonction de cette protéine synaptique est inconnue mais elle s’exprime. Pour s’assurer que périphérique la faible expression de ce gène était bien à l’origine Altération du système nerveux périphérique de l’absence de puberté.114. Moser (Université de Trondheim). le produit de contraste injecté dans le système glymphatique reste confiné au cervelet (gris clair). ou la survie.nobelprize. prouvant ainsi que le développement. ☛Thomas ☛ Gaberel. quel que soit l’environnement. Gaberel et al. Trente-quatre ans plus tard. Sérine protéases et physiopathologie de l’unité neurovasculaire  T.

28 Octobre 2014. lesquels conduisent les cellules souches sur la voie de la différenciation. notamment cardiaques et cérébraux. reffes LGautologues Les cellules greffées sont prélevées sur le patient receveur. elles ont une surface biomimétique. Cette couche est. Autre avantage : elles permettent des greffes ­autologues (L). les scientifiques ont comparé in vitro les performances des molécules de laminine et de fibronectine. la différenciation et l’intégration de ces greffes. 82–94/ © 2014 Elsevier B. Formulation des MPA et de l'hydrogel Libération de facteurs de croissance Microsphères biodégradables + surface biomimétique (laminine ou fibronectine) Hydrogel thermosensible + ADSC Surface biomimétique ( Microenvironnement tridimensionnel et viscoélastique MPA : microvecteur pharmacologiquement actif ADSC : cellules souches dérivées du tissu adipeux ● N° 22 ● novembre . LIdunfarctus myocarde La « crise cardiaque » est caractérisée par la mort de cellules sur une zone plus ou moins étendue du muscle cardiaque. Quant aux transporteurs convoyant ces cellules souches jusqu’à leur cible. Par ailleurs.décembre 2014 Survie des ADSC et expression des biomarqueurs cardiaques ©©Infographie et photos : J-P. LCellule souche Cellule indifférenciée qui peut devenir une cellule de n’importe quel type de tissu ou d’organe. La réparation cardiaque Claudia Montero-Menei * et ses collègues angevins se sont en particulier intéressés à la réparation des lésions survenant au cours d’un infarctus du ­myocarde  (L). ­Gagnante : la laminine. 192. tout en favorisant la survie. des lésions du tissu myocardique. pour microvecteurs pharmacologiquement actifs. Mais aussi de les réparer avec de nouveaux outils biotechnologiques et biomimétiques. en 3D. Le nom de ces « transporteurs » à tout faire : les MPA. ou encore d’ischémie ­cardiaque (L).V. Des objectifs partagés par l’unité Micro. de plus. ce qui limite le risque de rejet. 14 ● P our réparer un tissu. comme objectifs. Des microtransporteurs pour réparer les tissus . les chercheurs sont aujourd’hui capables de mieux comprendre la dégénérescence des tissus.et nanomédecines biomimétiques d’Angers. Exemple avec des microvecteurs pharmacologiquement actifs. All rights reserved. où les chercheurs développent des outils capables de t­ ransporter les cellules jusqu’au tissu à réparer. les chercheurs ont mis au point des MPA novateurs : des microsphères poly­mériques biodégradables et biocompatibles. » Pour concevoir cette surface biomimétique. Néanmoins. c’est-à-dire qu’elles sont recouvertes de molécules composant la matrice extracellulaire dans laquelle baignent habituellement les cellules d’un tissu in vivo. les médecins tentent désormais d’y transplanter des cellules souches  (L). Karam et al. car il est essentiel de reproduire l’architecture de cette matrice pour favoriser les interactions intercellulaires. Lorsque celle-ci recouvre la Des cellules souches aux cellules cardiaques Les ADSC se lient aux microvecteurs.découvertes ➜ •• •• •• •• •• •• •• •• MEdecine rEgEnErative Grâce à l’ingénierie tissulaire. P. en outre. ils ont utilisé des ­cellules souches dérivées du tissu adipeux (ADSC). de mieux comprendre les mécanismes en jeu lorsque des lésions se produisent et de mettre au point des technologies qui améliorent la réparation tissulaire. L’ingénierie ­tissulaire tente donc de dépasser ces obstacles avec. précise la c­ hercheuse. ces thérapies innovantes restent ­encore limitées  : les cellules greffées ne ­survivent et ne se diffé­ rencient pas toujours de façon optimale chez l’hôte. Journal of Controlled Realease / Vol. deux glyco­ protéines impliquées dans l’architecture tissulaire. ­capables de se différencier en cellules myocardiques  (L) et d’améliorer ainsi les fonctions cardiaques amoindries. qui transportent des cellules souches vers les régions lésées. schémie LIcardiaque Interruption de l’apport d’oxygène vers le cœur entraînant des dommages au niveau de la vascularisation et. « Celles-ci libèrent des molécules. comme des facteurs de croissance. Pour r­ éparer le cœur. L  ellules C myocardiques Cellules qui constituent le muscle cardiaque. par extension.

(À droite. tous les c­ ircuits nigro-striés  (L). Exemple  : grâce à ce modèle. l’équipe de Claudia ­Montero-Menei a évalué l’efficacité de deux types de ­cellules souches. une protéine qui intervient lors de la contraction du tissu ». « Dans ce contexte. etc. En parallèle de ces travaux.-P. dont la dégénérescence est ­impliquée dans la maladie de Parkinson ». Ces connexine 43 (vert) travaux seront prochainesignifie que les cellules ment publiés. qui sont très superposition des sensibles. précise Claudia Montero-­Menei. À quand Alice Bomboy pour l’homme ? n  LBiomarqueur Paramètre physiologique ou biologique mesurable qui permet de suivre l’évolution in vivo d’une maladie LMature •• •• surface des MPA associés à un cocktail de facteurs de croissance induisant la différenciation. Ces thérapies ont cependant déjà réalisé des avancées notables dans un autre domaine : celui des lésions articulaires… chez les chevaux. 192 : 82–94  N. mais ils ont du mal à reproduire les interactions qui interviennent habituellement dans le cerveau. Les résultats sont encourageants : meilleur contrôle de l’environnement de transplantation. les traitements classiques à base de dopamine fonctionnent bien. Mais à long terme. ­l’évolution des tissus peut alors être ­suivie en continu. contre cette maladie mortelle.1002/jbm. Son nom : la coupe organotypique du cerveau. Journal of Controlled Release. Karam et al. oculomotrices. « Plus que de comprendre comment la dégéné­ rescence tissulaire progresse. l’équipe d’Angers met également au point une méthodologie permettant d’amé­ liorer la compréhension des mécanismes qui entrent en Une protéine est dite « mature » si elle possède sa forme chimique définitive qui lui permet de remplir sa fonction dans l’organisme. la donne est différente : il n’y a actuellement aucun traitement vraiment efficace. Car dans ce milieu. In vitro. comme celles qui apparaissent dans la maladie de Parkinson.-P. Journal of Biomedical Materials Research. Les chercheurs se sont intéressés aux dégénérescences cérébrales. nuance Claudia Montero-Menei. 248  : 429–40 novembre . ils entraînent des effets secondaires lourds : des travaux ont montré par exemple que la prévalence de psychoses augmentait de 40 % durant des traitements dopaminergiques. mais aussi de tester différentes options thérapeutiques. « L’architecture 3D induit également l’expression plus mature (L) de la troponine I cardiaque. des cellules. Sur ces coupes qui reproduisent fidèlement ce qui se passe in vivo. ircuits LCnigro-striés Circuits neuronaux impliqués dans le contrôle moteur et mettant en lien substance noire du cerveau et striatum. chez le rat. Le cerveau en coupe réglée Pour pallier ces manques. le comportement des cellules peut être observé.Université d’Angers (LUNAM)  J. c’est seulement à des stades déjà très avancés que des greffes de cellules souches pourraient être proposées. des coupes suivant des angles bien précis qui permettent de ­conserver intacte l’archi­tecture du cerveau et. Grâce à l’IRM ou à la spectrométrie de masse  (L). Cela implique marquages. c’est de toujours bien peser les bénéfices au regard des risques ». Des vétérinaires utilisent ainsi le système développé par l’équipe de chercheurs d’Angers pour réparer les dégénérescences cartilagineuses chez ces équidés. les solutions existantes p­ résentent des inconvénients. 31 octobre 2013. ils ont la possi­bilité de tester l’effet de plusieurs thérapies à partir d’échantillons provenant d’un même animal. avant d’ajouter que « plusieurs années de recherche seront néanmoins ­nécessaires avant d’espérer appliquer ces thérapies au cerveau. In vivo. Mais ils ne peuvent tester qu’une seule thérapie par ­animal. Selon la spécialiste. Reste que de la troponine I nous travaillons à l’échelle cardiaque.décembre 2014 ● N° 22 ● M E d e c i n e d e d emai n découvertes ➜ ● 15 .jeu lors de lésions tissulaires. L’important. Dans le cas de la maladie de Parkinson. « Concrètement. 7 août 2014  doi: 10. on provoque des lésions comparables.35304  J. et de caractériser leur structure chimique. Mais. il est plus facile de proposer assez tôt une stratégie qui n’est pas encore totalement contrôlée. résume la chercheuse. caractérisée par l’atrophie de neurones dans les ganglions de la base (L). « Notre but est bien évidemtandis que le marquage ment d’aller vers des applirouge est révélateur cations cliniques. Pour étudier leur évolution au niveau cérébral et l­’impact de telle ou telle thérapie. ce qui limitent les comparaisons. beaucoup de données manquent encore. Experimental Neurology. les scientifiques sont en ­mesure d’observer les interactions avec l’environ­nement. même aux stades précoces. qui entraîne d’importants troubles moteurs et cognitifs. il est également possible de contrôler très finement l’environnement et de tester par exemple l’impact de différentes molécules pharmaco­ logiques sur les lésions tissulaires : en réaction à des stratégies variées. augmentation de la survie des cellules greffées ainsi que leur La présence de différenciation. en l’occurrence. LGdeanglions la base Zone du cerveau impliquée dans les fonctions motrices. LSdepectrométrie masse Technique physique d’analyse permettant de détecter et d’identifier des molécules par la mesure de leur masse. dans la maladie de Huntington. associées à un vecteur capable de les amener vers un site de régénération tissulaire et de libérer des facteurs de croissance. Karam et al. ajoute Claudia Montero-Menei. cognitives et limbiques ☛Claudia ☛ Montero-Menei : unité 1066 Inserm . les chercheurs angevins ont opté pour un compromis entre études in vitro et in vivo. comme dans le cas des ­applications cardiaques. Daviaud et al. les chercheurs constatent que l’expression de biomarqueurs  (L) ­cardiaques par les ADSC augmente après seulement une semaine : preuve de leur engagement dans la voie de différenciation en cellules myocardiques. » Peu d’équipes en France et à l’international travaillent sur ces vecteurs associés à des cellules souches en vue d’applications cérébrales et. ­souligne la chercheuse. établissent des connexions entre elles . ce suivi nous permet surtout d’envisager des stratégies de réparation adaptées ». image 3D) de se poser des questions essentielles. tout comme la réaction des organes. notamment celle qui concerne les patients qui pourraient bénéficier de telles thérapies ». copie conforme des interactions cérébrales.a. il s’agit de réaliser. 28 octobre 2014.

comme l’explique l’ingénieur chercheur ­rennais : « Durant deux ans. neurochirurgien féru de technologie. si j’ai choisi le ­second ­chemin. pour laquelle j’ai parti­cipé à la mise au point d’un logiciel de visualisation 3D qui permet aux radiologues de diagnostiquer plus p­ récisément et aux neurochirurgiens de préparer une opération grâce aux ● Simon Scheuring * est lauréat de la biophysique et de la recherche biomédicale. ☛Simon ☛ Scheuring : unité 1006 Inserm . « J’ai alors travaillé p­ endant quatre ans pour la société General Electric. les échanges internationaux et l’écoute des besoins des médecins lui vaut aujourd’hui d’être nommé à la tête de la Société internationale de chirurgie assistée par ordinateur. 8 www. les rencontres et la volonté que les recherches aboutissent en un temps raisonnable à des aides efficaces pour le chirurgien.laskerfoundation. Une première rencontre ­déter­minante donc.net EN BREF ©©Photos : François guénet/inserm SCAS LI(International n juin dernier. du Grand Prix Robert-Debré pour la recherche médicale. je vais pouvoir inciter tous ses membres à encore plus partager leurs données.org 1988 à 2006 et lauréat en 2008 du http://presse-inserm.Têtes chercheuses • regards sur le monde • Cliniquement vôtre • Grand Angle • Médecine générale • Entreprendre • Opinions • Stratégies • Bloc-Notes • à la une • découvertes ➜ Pierre Jannin Créateur d’outils « intelligents » pour les neurochirurgiens Depuis plus de vingt ans. pour ses 8 16 ● ● N° 22 ● novembre . directeur de l’ex-unité Inserm 318 « Neurobiologie préclinique » de www. le jeune étudiant de 22 ans a le choix entre travailler pour ­l’armée à la reconnaissance radar des ­avions ou mettre la 3D au service de la neuro­chirurgie à l’hôpital de Rennes. qui non seulement a été le premier à m’inviter dans une salle d’opération. car on a tout à y gagner.fr prix d’honneur de l’Inserm. mais qui savait aussi communiquer sa ­passion ». maladie de Parkinson. se souvient Pierre Jannin. Et j’en suis d’autant plus convaincu que mon parcours a toujours été guidé par les échanges. leurs compétences.iscas.Aix-Marseille Université. en 1996. » Pour preuve. « Or. En effet.décembre 2014 de reproduction en trois ­dimensions du ­cerveau d’un patient. Sa démarche fondée sur l’interdisciplinarité. E Society for Computer Aide Surgery) Association à but non lucratif. à proposer un procédé ● Le prix Lasker 2014 a été travaux sur la stimulation cérébrale profonde dans le traitement de la décerné à Alim-Louis Benabid. Bio Atomic Force Microscopy Laboratory destiné à honorer et aider les travaux de son équipe sur la recherche fondamentale à l’interface . Une belle nomination qui vient couronner plus de deux décennies de travaux dans le domaine de la neurochirurgie assistée par ordinateur et qui va lui permettre de continuer à animer cette communauté scientifique internationale. leurs outils. qui le conduit. Pierre Jannin met au point des outils de neurochirurgie assistée par ordinateur. Pierre Jannin *. c’est sans doute grâce à Jean-Marie Scarabin. s’est vu confier par ses membres la présidence de la Société internationale de chirurgie assistée par ordinateur (ISCAS) (L). dès sa thèse en imagerie tridimensionnelle. qui a pour mission d’encourager les progrès scientifiques et médicaux dans le domaine de la chirurgie assistée par ordinateur à travers le monde. responsable de l’équipe Inserm MediCIS du Laboratoire Traitement du signal et de l’image (LTSI) de Rennes.

au Japon et en et de s’appuyer les déroulés des interventions et lui Allemagne.cnrs. Cependant. pour mener à bien ses travaux.leprixlarecherche.Université Pierre-et-Marie-Curie. en neurochirurgie collaborer à la fois avec des spécialistes des sciences dures et fonctionnelle et pour la chirurgie des tumeurs. tout est possible. prendre en charge des adolescents en difficulté. dont neurochirurgiens tout d’abord à mieux se former. ni sectaire. mais il a surtout acquis la utilisés à Rennes et en cours d’installation sur d’autres conviction que. ans de plus que moi.fr ● Le prix La Recherche catégorie Santé 2014 récompense la publication « Diversité de la flore intestinale chez l’homme : impact d’une intervention diététique ». Que nos lecteurs veuillent bien nous excuser. le traitement de la maladie de Parkinson. et en faisant entrer dans les salles d’opération ­rencontre que Pierre Jannin a très vite été conforté des spécialistes de la p­ sychologie comportementale et dans l’idée que cette démarche n’était pas ­utopique. de suivre les instruments chirurgicaux et de visualiser la zone à opérer dans les reconstructions en 3D faites à partir de l’IRM cérébrale du patient. nous allons y arriver ! ». pendant la chirurgie. c’est grâce à une aspects. il a erré en Europe jusqu’à ce qu’il Reste que modéliser cette dimension terriblement découvre les mathématiques dans une bibliothèque de ­humaine est un véritable défi. le chercheur Barcelone. Pour moi. orphelin. raconte le Et on est enclin à le croire car. et UMR837 Inserm/CHRU Lille . je réserve aussi du temps 1990. depuis la fin des années « malgré un agenda bien rempli. chercheur en neuroendocrinologie. » cérébrales et des ­systèmes pour aider à l’implantation Ainsi. il a alors financé une ferme pour niveau international. 15. » C’est donc en étudiant tous ces et les valeurs éthiques. il a rencontré un ­professeur à Cambridge est confiant. gérer diverses. ­teigneux. qui ne perd ­d’envisager une amélioration car pour ce jamais de vue le fond du p­ roblème et qui scientifique d’envergure « ­l’aventure ne me le rappelle régulièrement. dans l’exergue p.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 17 . avec son collègue ­Bernard Gibaud *. les s­ ystèmes d’imagerie que Pierre Jannin a « contribué » Au fil des ans. » Une scientifiques et membre de plusieurs comités d’organisaconfiance et une fidélité professionnelles symbolisées en tion et programmes de conférences internationales. La version en ligne sur le site inserm. anticiper le déroulement de l’interil n’est ni c­ asanier. dont tous les signataires * sont lauréats. il fallait lire que les lymphocytes « ont un gros appétit pour les cellules cancéreuses ». Devenu un éminent tences. à la rubrique Têtes chercheuses. « Âgé de dix pour ma famille ». comme en tant qu’auteur ou co-auteur. aujourd’hui sur les outils de demain qui aideront les professeur d’infor­matique à l’université de Berlin. cognitive. 29 août 2013 . « il faut hôpitaux français et internationaux.Université Lille 2.Université Rennes 1. qui sont cruciales dans la réussite d’une les cultures. j’ai croisé le chemin de Heinz U. l’important est d’ôter valeurs éthiques „ le stress et les relations interpersonnelles les clivages entre les écoles. les outils facije le pousse un peu ! » litant le geste technique. son environnement. Cotillard et al. le chercheur compte actuellement plus de cinquante c’est en restant à Rennes que j’ai pu établir un tel réseau fondé articles dans des revues scientifiques internationales en sur l’échange. n  Françoise Dupuy Maury ● La médaille de bronze du CNRS a été décernée à Sébastien Bouret *. Bernard est un scienQuestion agenda chargé.Or. la sur la pertinence apporter des outils pour optimiser ses Terre est un village et je collabore avec des compétences cognitives. LTSI. « Grâce à la mise en commun des compéqui lui a permis de passer une thèse. équipe Modélisation des connaissances et procédures chirurgicales et interventionnelles pour l’aide à la décision (MediCis) ☛Unité ☛ 1166 Inserm . et tisser avec eux des liens de confiance. il est également rédacteur témoigne l’équipe Inserm que je dirige depuis 2012. « J’ai ­travaillé dans des est d’ôter les clivages comprendre sa pratique ­chirurgicale. &Revu corrigé N° 21. Puis. » S’en suivront des systèmes les partagions qu’il m’a introduit dans la communauté de ­neuronavigation (L) pour la chirurgie des tumeurs internationale de la chirurgie assistée par ordinateur. particulier par la collaboration. aussi bien à Rennes qu’au professeur en Allemagne. Institut de recherche sur les maladies cardiovasculaires. universités au Canada. Institut du cerveau et de la moelle épinière. Or. des outils et des données. Il faut aussi au contraire. les disciplines. et c’est justement parce que nous adeptes. c’est une sorte de grand frère sage. à prendre la bonne décision lors des interventions. l’écoute et la multidisciplinarité. ­Autrement fait que commencer : il s’agit m ­ aintenant dit.à mettre au point sont couramment reconnu dans son domaine. les images du Nul doute donc que le nouveau malade pour améliorer les connaissances ­président de l’ISCAS est très attaché à du neuro­chirurgien et les systèmes pour Rennes et à ses collègues. depuis tout ce temps. Mais. grâce à Internet. ☛Pierre ☛ Jannin. 500 (7464) : 585-8 8 www. ☛Sébastien ☛ Bouret : unité 1127 Inserm/CNRS Université Pierre-et-Marie-Curie. En outre. en m’appuyant sur la pertinence scientifique opération chirurgicale. Pour autant. l’ingénieur est donc devenu un expert - il tient à ce terme . Bien “ L’important vention n’y suffisent pas. d’aider le neurochirurgien à avoir une posé et rigoureux qui me canalise… ». et compréhension optimale et globale de d’ajouter en souriant. Bernard Gibaud : unité 1099 Inserm .com novembre . En outre. Pour moi.fr a été corrigée. Lemke. cet homme est un modèle de valeurs démarche et ses valeurs ont fait leurs preuves et des scientifiques et éthiques. sa chercheur. » Et là encore. Nature. précis.têtes chercheuses ➜ images médicales du patient. du métabolisme et de la nutrition (ICAN)  Dietary intervention impact on gut microbial gene richness. grâce à cette ouverture sur les autres pays et à d’électrodes pour la s­ timulation cérébrale profonde dans cette conviction qu’en cherchant bien. LNeuronavigation Permet. puis le parcours est à peine croyable ! ­Adolescent. assure-t-il. tient-il à souligner. « même si parfois. que l’équipe Inserm de Pierre Jannin travaille « En 1999. avec les médecins. difficile tifique intègre. c’est-à-dire sa chercheurs internationaux de ­disciplines scientifique et les capacité à comprendre la situation. A. sans le baccalauréat. qui s’intéresse aux origines précoces des maladies métaboliques. Centre Jean-Pierre-Aubert 8 www. ­composée en chef adjoint et « relecteur » dans diverses publications à parts égales de neurochirurgiens et de chercheurs.

sur la souris suggèrent que les statines permettent de limiter les effets délétères de la protéine mutante associée. la torréfaction.jaci. de l’Institut Weizmann de Rehovot. Kuppermann et al. 513 : 507-11  M. E. 312(12) : 1210-7 • japon cardiovasculaires. emmenés par Eran Segal. c’est qui invite à reconsidérer le rôle de ces additifs ali. vient de montrer que la consommation Mélange de cristaux d’édulcorants artificiels non caloriques. En cause. Les tests menés in vivo chez la souris ont démontré que les rongeurs qui avaient ingéré des édulcorants développaient davantage cette intolérance et de risques de diabète que ceux nourris Intolérance au glucose  au glucose.1016/j.  3 Vehicle 4 Rosuvastatin L’injection de statine (rosuvastatin) à une souris (2) atteinte d’achondroplasie (1 -2) permet sa croissance osseuse. Nature. Amin ­Moghaddam. de l’Université de Californie. Chez les souris normales (3-4). Journal of Allergy and Clinical Immunology. Suez et al. connaisune technique invasive sance des techniques de diagnostic prénatal conditionne leurs choix en la matière.un facteur de risque mentaires. d’édulcorant comme la saccharine ou l’aspartame. comme le collagène. « Il est important de présenter aux femmes les différentes options qui s’offrent à elles ».032 Page réalisée par Hélène Perrin ©©Noriyuki Tsumaki/CiRA/Kyoto University • .regards sur le monde • Cliniquement vôtre • Grand Angle • Médecine générale • Entreprendre • Opinions • Stratégies • Bloc-Notes • à la une • découvertes • Têtes chercheuses ➜ •• •• ETATS-UNIS • Mieux informer sur le diagnostic prénatal Des statines contre le nanisme L’administration de statines (L) à des patients souffrant d’achondroplasie. R ­ ésultat : les rongeurs exposés aux arachides grillées ont d ­ éveloppé davantage de réactions allergiques que les autres. souligne Miriam Kuppermann.que dans d’autres parties du monde où on les consomme crues. et ses collègues ont comparé les réactions ­immunitaires de deux groupes de souris auxquelles ils ont administré des protéines purifiées de cacahuètes crues ou au contraire grillées. ©©Voisin/Phanie Une étude conduite auprès de plus de 700 femmes enceintes américaines montre combien leur L’amniocentèse. comme celle d’un éventuel avortement. 17 septembre 2014 (en ligne) doi :10. Nature.où elles sont surtout mangées grillées . ISRAEL  J. Un nouvel espoir dans le traitement de ces troubles de la croissance. une forme de nanisme. favorise le développement de l’intolérance au glucose (L). Des perturbations de la composition et du fonctionnement de la flore intestinale seraient à Aussi appelée l’origine de ce dérèglement métabolique. 1 Vehicle ©©Deerinck/SPL/Phanie 2 Rosuvastatin • Intolérance au glucose Les édulcorants sur la sellette Une étude menée par des chercheurs israéliens. 21 septembre 2014 (en ligne) doi : 10. de maladies L 18 ● ● N° 22 ● novembre . Ces femmes ont été réparties en deux groupes : les premières ont bénéficié d’une formation sur les anomalies chromosomiques et les tests prénataux alors que les secondes n’en ont reçu aucune.  A. Yamashita et al. Résultat : les femmes les mieux informées sont moins nombreuses à recourir à des techniques invasives de diagnostic prénatal.décembre 2014 Molécules hypolipidémiantes utilisées dans la prévention des maladies cardiovasculaires LChondrocyte Cellule qui synthétise les composants du cartilage. À elles de décider ensuite si elles veulent passer un test. Les travaux menés par l’équipe de Noriyuki Tsumaki. JAMA. avec les risques associés et les questions qu’il peut soulever. 25 septembre 2014 . Cela expliquerait pourquoi la prévalence de l’allergie aux cacahuètes est plus grande en Occident . le gène codant pour le facteur de croissance FGFR3 est anormal. de l’université d’Oxford. qui ­augmenterait le pouvoir allergisant des molécules qui y sont contenues en altérant leur structure physico-chimique. pourrait stimuler la prolifération de leurs chondrocytes (L) et la production de cartilage. l’injection (4) ne fait pas de différence. évitez les cacahuètes grillées … … et consommez-les plutôt crues ! C’est la conclusion d’une étude ­menée par des chercheurs britanniques et américains. bouillies ou frites. Chez ces malades.1038/nature13793 LStatines  A.2014. Un résultat « prédiabète ». pourtant souvent présentés comme des dans la survenue du diabète de type 2 et outils de choix dans la lutte contre les problèmes le développement d’obésité et de diabète. 24 septembre 2014 . Moghaddam et al. Royaume-Uni Pour l’apéritif. de l’Université de Kyoto.07.

ce codantes) sur l’ADN. ne s’expliquent pas par des modifications de la séquence d’ADN. Avec les outils ­d’analyse génomique existants. cette technique pourrait cependant constituer une alternative intéressante n ­ otamment pour le diagnostic du cancer. Proceedings of the National Academy of Sciences. On dépose l’échantillon sur un ­support formé de nanocanaux. S&S : Et en quoi est-ce plus simple ? V. qui permet de ­capturer. une première à ce jour. les ­chercheurs sont obligés de développer des systèmes assez compliqués où ils appliquent de fortes ­pressions ou des champs électriques ­pouvant réduire les molécules d’ADN en petits fragments. elle est surtout technologique. la cartographie pourrait devenir plus accessible.1321089111. Il devient alors très difficile de reconstruire le génome. Le point avec Valérie Taly Science&Santé : De quel ordre est cette innovation ? Valérie Taly : Pour moi. Membre du Site de recherche intégrée sur le cancer-Cancer Research for Personalized Medicine (SIRIC-CARPEM). Une fois développée et validée. il serait également p­ ossible. Le principe d’étirer de l’ADN et de le cartographier a déjà été décrit. il existe déjà des techno­ logies équivalentes. Selon les ­auteurs. Autre avantage. plus facile à réaliser pour les c­ hercheurs et. : Remplacer non. bien que transmises au cours du renouvellement cellulaire. Au final. on s’affranchit de toutes les contraintes physiques et chimiques propres aux techniques actuelles. Les auteurs revendiquent même la possibilité d’analyser le génome de cellules uniques ! Mais en termes de réponse pour le clinicien. donc. c’est avant tout un outil. doi: 10. mais aussi de génération en génération. n   Propos recueillis par Karl Pouillot “ Un outil complémentaire des séquenceurs d'ADN „ novembre . : Là. pharmacogénomique. appelée L ©©Daniel Berard /Université McGill-Montréal Cancer Cartographier l’ADN en un CLIC Une nouvelle méthode pour regarder un seul brin d'ADN sans le casser « Confinement induit par une lentille convexe » (CLIC). Mais e­ ncore une fois. T. les chercheurs font une jolie preuve de p­ rincipe. mais maintenant. nouveau. quantités d’ADN. Pour moi. Choses que les séquenceurs actuels font difficilement. de grands génomes tout en conservant leur intégrité. on est très loin de la commercialisation.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 19 . permettra aux chercheurs de cartographier (L). Encore faut-il trouver laquelle. au-­dessus duquel on ajoute une lamelle de verre p­ oussée ©©François guénet/inserm Chargée de recherche CNRS au sein de l’unité Inserm UMR-S1147 « Médecine personnalisée.1073/pnas. optimisation thérapeutique » et responsable du groupe Recherche translationnelle et microfluidique. La procédure est ici plus simple. séquences génétiques (codantes ou non En effet. Il est loin d’être aussi précis. notamment en termes d’imagerie. 16 septembre 2014 . Si aujourd’hui les techniques de dépistage ne manquent pas. La ­pression exercée par la lentille provoque un changement de conformation de l’ADN qui va alors s’étirer et se ­glisser dans les ­rainures du support. T.  S. Elle devrait ­permettre d’observer plus facilement et plus rapidement certaines altérations génétiques. plus efficace. R. nouvel outil Elle permet ainsi d’étudier les éventuelles reposant sur une méthode anomalies génétiques chez un individu. complémentaire des ­séquenceurs d’ADN (L).regards sur le monde ➜ •• •• ETATS-UNIS • Un cancer a toujours comme point de départ une mutation de gènes. Leslie et al. d’aligner et d’étirer des molécules d’ADN intactes afin de les étudier. elle permet de travailler avec de très faibles LSéquenceur d’ADN  Outil permettant de déterminer l’ordre d’enchaînement des nucléotides d’un échantillon d’ADN. simple. en seulement quelques heures. Il s’agit avant tout d’un article technique qui propose une méthode simple et élégante pour carto­ graphier l’ADN. S&S : Doit-on s’attendre à voir ce d ­ ispositif remplacer les outils ­actuels de séquençage à haut débit ? V. en théorie. d’étudier des modifications de type épigénétique (L) ou des interactions ADN/protéines. 111 (37) : 13295-300. il faut qu’ils passent à l’étape suivante : valider la technique avec des échantillons d’intérêt et démontrer les gains de temps et de coûts. LModifications épigénétiques  Modifications de l’expression des gènes qui. celle élaborée par l’équipe de Sabrina Leslie de l’université McGill à Montréal Cartographier pourrait (l’ADN) s’imposer Technique visant comme l’une à déterminer des plus rapides l’enchaînement de et économiques. facilitant ainsi l­’analyse de l’échantillon. (en ligne le 4 août 2014) par un système de lentilles convexes. La stratégie développée par l’équipe de Sabrina Leslie repose surtout sur la « simplification » de ce type d’expérience et donc un gain de temps potentiel.

comme l’ont montré les travaux réalisés par le chercheur nancéen et son équipe. 372 (9632) : 67-81  A. elles restent “ Un nouveau incurables en 2014. Current Opinion in Gastroenterology. affiner les traitements Même si les avancées de la recherche de ces dernières décennies ont bouleversé la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. ces médicaments bloquent l’un des acteurs clés à l’origine de l’inflammation ». salicylés (L). qu’elle soit sociale ou professionnelle. ce qui empêche le phénomène de se produire. précise Laurent Peyrin-­Biroulet *. plus de 200 000 personnes souffrent de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). mais aussi pour des combi­ naisons dans les cas les plus sévères. LBiothérapie Traitement des produits issus d’organismes vivants ou d’animaux. par exemple. Un travail essentiel à la mise au point de traitements plus spécifiques et plus efficaces que ceux disponibles aujourd’hui. « Dans les prochains jours. Il pourrait être utilisé en cas d’inefficacité ou de mauvaise tolérance aux autres molécules. seul un patient sur deux est complètement soulagé à long terme. Lancet. janvier 2014 . va être commercialisé ». Gut. spondylarthrite ­ankylosante…). Gut.notamment Inflammation du côlon (en blanc) dans un cas de rectocolite hémorragique . 61 (2) : 241-7  L Peyrin-Biroulet et al. « Elles sont particuliè­rement handicapantes dans la vie quotidienne. le védolizumab. beaucoup de chemin reste encore à parcourir pour parfaire la compréhension de ces pathologies très handicapantes. immunothérapie. 5 juillet 2008 . évidemment. Bressenot et al. » Dans les années qui viennent.qui doivent être ­retirées chirurgicalement. Il y a donc une véritable ­attente en termes d’innovations thérapeutiques dans la communauté des patients comme celle des médecins. Pour les autres. » Depuis une dizaine d’années. la relève arrive. 109 (4) : 667-77  L Peyrin-Biroulet et al.­Génétique et exposition aux risques environnementaux où il dirige le groupe MICI. Heureusement. qui ont pour point commun la persistance d’une inflammation de l’appareil digestif : sur toute sa longueur (maladie de Crohn) ou seulement au niveau du gros intestin (rectocolite hémorragique). ont apporté de bien meilleurs résultats que les traitements disponibles jusque-là (corticoïdes. Plusieurs molécules anti-TNFa. initialement développées pour ­traiter des maladies inflammatoires chroniques rhuma­ tismales (polyarthrite rhumatoïde. juillet 2013 . Et surtout. s’enthousiasme Laurent Peyrin-­Biroulet. Une nouvelle d’importance pour les patients atteints de symptômes sévères ne répondant pas ou plus aux anti-TNFa. immunomodulateurs) : « En se fixant sur le TNFa (L).Cliniquement vôtre • Grand Angle • Médecine générale • Entreprendre • Opinions • Stratégies • Bloc-Notes • à la une • découvertes • Têtes chercheuses • regards sur le monde ➜ Maladies inflammatoires chroniques de lintestin •• •• Trouver les causes. février 2012 . Est-ce pour autant la p­ anacée ? Non. une biothérapie (L) qui cible un v­ ecteur inflammatoire différent (l’IL12/23) qui pourrait recevoir une autorisation de mise sur le marché. phagothérapie… ☛Laurent ☛ Peyrin-Biroulet : unité 954 Inserm – Université de Lorraine  L Peyrin-Biroulet et al. sans pour autant que cela signe la fin de la maladie. l’évolution de la maladie perdure à plus ou moins bas bruit : elle peut engendrer des complications sur ­certaines parties de l’intestin . Car la ­véritable révolution ­serait non plus de ­bloquer l’inflammation mais la composante qui ©©CNRI/SPL/Phanie LSalicylés n France. 29 (4) : 397-404 20 ● E ● N° 22 ● novembre . Malgré cela. c’est l’ustékinumab. un nouveau médicament. 63 (1) : 88-95  L Peyrin-Biroulet et al.décembre 2014 des ­sténoses (L) ou des perforations . explique le spécialiste. thérapie génique. « Cette nouvelle molécule bloque le recru­ tement des lymphocytes vers le site inflammatoire. 28 février 2013 . « Les MICI se présentent comme une alternance de rémissions sans symptômes et de poussées au cours desquelles les patients ont des douleurs abdominales et des diarrhées impérieuses invalidantes ». British Journal of Nutrition. cellulaire ou tissulaire. ­hépato-gastro-entérologue au CHU de Nancy et ­chercheur au sein de l’unité Nutrition . médicament de véritables progrès ont été va être ­réalisés en matière de prise en commercialisé „ charge. Médicaments antalgiques non opiacés à base d’acide salicylique ou dérivés LTNF-α Molécule impliquée dans l’inflammation LSténose Modification anatomique qui donne lieu à un rétrécissement d’une structure.

de paradigme se prépare. cellulaire LSoutress stress oxydant Déséquilibre entre la production par l’organisme d’agents oxydants nocifs (radicaux libres. ­spécialiste. Résultats attendus d’ici deux ou trois ans. ne plus ­traiter y participe. mais aussi de génération en génération. une grande étude internationale a été lancée à de retard. augmentent l’inflammation intestinale et le mondiaux de la maladie de Crohn. Le service de Laurent deux domaines. chroniques. explique le de notre organisme. » n ­ Caroline Guignot LImmunité innée Première ligne de défense immédiate de l’organisme contre les agents infectieux. qu’un changement sont donc à l’étude : i­ mmunitaires. le fruit d’une défaillance d’un composant de évolueront : « Jusque r­ écemment. la gastrocompliqué certainement par l’inter­vention d’autres entérologie fait donc é­ voluer ses concepts. dont on tologie : la description du phénomène i­nflammatoire. fort de la plus large cohorte constituée en France avec près de 3 000 patients. D’ailleurs. elle s­ ’inspire largement de la rhuma­ compo­sition de la flore intestinale. Un travail difficile.ca/fr novembre . mais l’étude des MICI a quelques années le savoir. Le but est désormais d’obtenir leur cicatril’origine des symptômes.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 21 . ce sont les concepts de prise en charge qui blement. en comparaison de l’immunité adaptative LÉpigénétique Étude des modifications de l’expression des gènes qui. Peyrin-Biroulet. Il entraîne une inflammation et la survenue de mutations de l’ADN. « L’ensemble des équipes Inserm qui travaillent Toronto.sur le sujet tentent aujourd’hui de réduire ce fossé et de faire lution du microbiote de personnes saines appartenant à avancer conjointement les connaissances communes à ces des familles à haut risque de MICI. la h ­ iérarchisation et la combinaison nité. bien que transmises au cours du renouvellement cellulaire. « C’est un travail certains nutriments sur le stress cellulaire (L) et l’inflam­particulièrement complexe. ­l’optimisation des objectifs sans que l’on sache pour l’instant si c’est une cause ou ­thérapeutiques… Le ­cheminement est le même pour les une conséquence de l’inflammation intestinale. On sait maintenant que. finalement. plus particulièrement certai­nement ­impliqués ». » Par ailleurs. » Reste à déterminer les deux sation. imposant un lien fort entre recherche de Laurent Peyrin-Biroulet étudie justement le rôle de fondamentale et recherche clinique. pourrait ainsi agir et engendrer de manifestations cliniques. influenceraient ainsi la façon dont certains gènes impliqués ­Aujourd’hui. L’équipe est indispensable. Et de l’aveu compo­sants. environnementaux. donnant aux parois de l’intestin un aspect déchiqueté et irrégulier (en orange sur l’IRM à gauche. notamment) et celle d’agents antioxydants (comme les vitamines E et C). l’objectif du ­traitement l’immunité innée (L). » À l’instar de ce qui s’est passé dans les maladies partenaires de ce couple explosif. ces nutriments mondial ExpertScape 2014  (L). notamment celle de Graal.gemproject. peuvent se fixer à l’ADN et moduler son expression.Cliniquement vôtre ©©Gastrolab/SPL/Phanie ©©Du Cane Medical Imaging/SPL/Phanie ➜ LExpertScape Site américain qui classe chaque année les 10 meilleurs médecins mondiaux. En d’autres termes. dont l’expertise dans ces domaines lui a valu des carences prolongées. sait maintenant qu’elle interagit ­directement avec l’immu. car plusieurs ­facteurs sont mation dans le système digestif. des lésions existent à bas bruit toute une cascade de réactions anormales et durables à dans l’intestin. au Canada : le projet GEM. » Pour deux disciplines. chroniques inflammatoires rhumatismales. « Ils les prédis­positions génétiques ont été très étudiées.le développement. en est à l’origine. fréquentes dans la population d’être reconnu comme l’un des meilleurs référents générale. infectieux… « Les MICI sont proba­ À moyen terme. ne s’expliquent pas par des modifications de la séquence d’ADN. Elle s’attache à l’évo. Celle des patients atteints de MICI serait d­ ifférente. «  ­Beaucoup d’équipes s’intéressent à la même du spécialiste. « Pendant quinze ans. le microbiote. les ­symptômes mais les prévenir. même en l’absence habituellement bloqué. par spécialité La maladie de Crohn provoque des inflammations ulcéreuses.  » D’autres facteurs avec l’immunité „ avec d’autres. elles dans l’immunité s’expriment. » Il est trop tôt pour parler ne joueraient qu’un rôle mineur d’une transposition clinique de dans la survenue de ces maladies “ La flore intestinale interagit ces données mais elles montrent. qui constitue la première ­défense était de limiter l’ampleur des symptômes. selon le classement risque de maladie de Crohn. Un facteur de l’environnement. Dans cette quête du D’autres pistes sont prometteuses. « Nous avons montré que Biroulet. la compréhension des mécanismes déclencheurs la nutrition et de son impact épigénétique (L). à droite : endoscopie). 8 www. les pistes portent des groupements chimiques de type méthyle qui de recherche évoluent encore. de médicaments ­spécifiques. souligne Laurent Peyrin-­ celui des vitamines B9 et B12. on revient en arrière car.

Qu’en est-il de ceux qui ne dorment qu’à moitié. ou HR-HPV  (L).510 Évaluer la survie après chirurgie ©©Jean Levêque /unité 1085 Inserm Malgré une chimio et une radiothérapie. 19 personnes atteintes de somnambulisme se sont prêtées au jeu. Haguenoer et al. qui se transmet par voie sexuelle. répondent Jean Levêque * et son équipe. R. lettre de rappel ou envoi au domicile d’un kit à r­ etourner à un laboratoire pour r­echerche d’HR-HPV. le taux de dépistage du virus est faible (62. Les p ­articipantes étaient ­réparties aléatoi­rement dans 3 groupes : pas d ­ ’intervention. typique des les yeux somnambules.1097/IGC. qu’elle ne présente pas d’embole vasculaire (L) et que les ganglions lymphatiques situés autour du rectum ne sont pas envahis par des métastases ». Résultats ? 22.1038/bjc. d’autres termes. comment LEmbole vasculaire  Ablation des ganglions lympha. Institut de recherche. Elles ont mémorisé deux histoires d’un peu plus de 200 mots.  G.  J. En de l’étude. pour augmenter leur survie après l’intervention ? « En vérifiant que la taille de la tumeur ne dépasse pas 5 cm. ☛☛Ken Haguenoer : unité 1153 Inserm/Inra/Université Paris 7– Denis-Diderot/Université Paris 13–Paris Nord – Université Paris-Descartes. V. leurs lequel une agitations information est mémorisée. Épidémiologie et biostatistique  K. à l’attitude même après un typique d'une sommeil agité. comme les somnambules ? À croire l’étude menée par Isabelle Arnulf* *.7  % pour celles ayant reçu la lettre et 9. 23 septembre 2014 (en ligne) doi : 10. En effet.décembre 2014 Kit d’autoprélévement LOncogène  Qui favorise l’apparition de cancer LHR-HPV High Risk-Human PapillomaVirus sélectionner au mieux les patientes en préopératoire. somnambule : perplexe. P. 20 à 30 % des cancers du col de l’utérus réapparaissent. British Journal of Cancer. Puis elles se sont endormies. Elles ne devaient pas non plus avoir réalisé de frottis un an après y avoir été invitées ©©Julie Boyard Cancer du col de l’utérus Dépister plus grâce à l’auto-prélèvement .0000000000000288 À leur réveil.9  % pour celles du groupe sans intervention. de la vessie et/ou du rectum –.7  %). J Sleep Res. santé. Avant de pratiquer une pelvectomie – une ablation des organes reproducteurs. En France. Ces facteurs pronostiques ont été validés par les chercheurs après une pelvectomie sur 16 femmes confrontées à une récidive d’un cancer du col de l’utérus ou du vagin. Avant d’étendre cette méthode au niveau national.2014. il faut tout d’abord g­ énéraliser le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus. elles se souvenaient très bien des histoires Une des mémorisées patientes la veille. ©©Isabelle Arnulf /unité 1127 Inserm Dans 99  % des cas.Cliniquement vôtre ➜ par ­ courrier. aux contenus volontairement chargés en émotions négatives afin d’influencer leurs comportements nocturnes.1111/jsr. 8 juillet 2014 * Voir Bloc-notes p.5 % des femmes ayant reçu le kit se sont fait dépister contre 11. 49 (en ligne) doi: 10. International Journal of Gynecological Cancer. nocturnes ne L 22 ● perturbent en rien l’encodage (L) des informations.Structure cancéreuse située tiques de la région pelvienne dans les vaisseaux sanguins par incision de l’abdomen entourant la tumeur Somnambulisme Une mémorisation intacte C’est un fait bien connu : dormir aide à mieux mémoriser. Ken Haguenoer  * et ses colla­borateurs du Centre de c­ oordination des dépistages des cancers du CHRU de Tours ont réalisé une étude montrant que l’envoi à domicile d’un kit d’auto-prélèvement vaginal est un moyen efficace pour augmenter le taux de participation. N. ouverts la mémorisation demeure ☛Isabelle ☛ Arnulf : unité 1127 Inserm/CNRS UMR 7225 intacte comme lors d’une nuit – Université Pierre-et-Marie-Curie tout à fait normale. J. environnement et travail  H. Sardain et al. Uguccioni et al. le cancer du col de ­l’utérus est lié à une infection persistante au papillomavirus humain à haut risque oncogène  (L). L’essai portait sur 6 000 femmes éligibles au programme de dépistage (âgées de 30 à 65 ans et n’ayant pas subi de frottis cervico-vaginal depuis 3  ans). Cette action sera mise en place par l’Institut national du cancer dans le Plan Cancer 3 (2014-2019). ● N° 22 ● novembre . ☛☛Jean Levêque : unité 1085 Inserm/Université Antilles-Guyane/École des hautes études en santé publique – Université de Rennes 1. 24 septembre 2014 (en ligne) doi: 10. C’est la première fois que l’embole vasculaire est ainsi suggérée comme facteur pronostique pour cette situation.12219. neurologue à l’Institut du cerveau et Encodage de la moelle épinière à Processus par Paris.

A. ils ont constaté deux types de réponses cérébrales : d’abord. a étudié avec ses collaborateurs la capacité du cerveau à extraire les règles régissant cet environnement. European Respiratory Journal. J. Padilla et al. 8 septembre 2014 . A. Plos One. de l’unité Neuroimagerie cognitive à ­ Gif-sur­-Yvette. 44 (3) : 816-8 novembre . zinc gluconate et sélénométhionine. notamment l’endurance du quadriceps. ☛Sébastien ☛ Marti : unité 992 Inserm/CEA – Université Paris-Sud 11  S. Marseille. H. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives dans la compréhension de l’analyse par le cerveau de son environnement. Dans leur étude menée chez 53 patients. Ces résultats renforcent la nécessité d’une sensibilisation sur ces produits. Les résultats divergent selon la ville Myopathie ☛ Unité 1046 Inserm/Université Montpellier 2 – Université Montpellier 1. en se concentrant sur quatre métropoles françaises : Paris. En présentant des séries de sons dans des contextes visuels différents à 22 adultes. H. puis. permettait l’amélioration de la fonction musculaire. ☛Nicole ☛ Le Moual : unité 1018 Inserm/Université VersaillesSaint-Quentin-en-Yvelines – Université Paris-Sud 11.Cliniquement vôtre ➜ Qualité de l’air L’impossible lien avec les inégalités sociales  ©©Pascal George /AFP PHOTO À l’inverse des Américains. M. Cette pathologie se caractérise par l’absence de contrôle de certains gènes qui bouleverse la réponse au stress oxydant (L) de la cellule. reflet du niveau d’inflammation des voies aériennes. et adapté à leur déficit. Lyon et Lille. Physiologie et médecine expérimentale du cœur et des muscles 2  E. Ce second type de réponse. Environmental Research. leur fraction exhalée du monoxyde d’azote (FeNO). Séverine Deguen * de l’Irset s’est donc penchée sur la question avec ses collaborateurs. pendant 17 semaines. Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations  N. vitamine E. chez l’adulte. Passerieux et al. une seconde réponse liée à des blocs de séries de sons. d’un cocktail antioxydant c­ omposé de vitamine C. des résultats obtenus chez les enfants par d’autres chercheurs : l’exposition aux produits de nettoyage en spray est associée à une augmentation du niveau de FeNO. En l’absence de traitement permettant la guérison.  Agression chimique de l’organisme Neurologie Le cerveau s’adapte au contexte Le cerveau humain analyse en permanence son environnement sensoriel. ces chercheurs ont montré que la prise. septembre 2014 . la dystrophie musculaire facioscapulo-humérale (FSHD) – la myopathie la plus fréquente (4 cas sur 100 000) – est due à une anomalie génétique. ils confirment.1016/j.09. maladie qui entraîne une dégénérescence des cellules musculaires ? C’est le pari lancé par les chercheurs de l’unité Inserm 1046 * à Montpellier.2014.014 L’impact des produits ménagers ©©Mitarart -/Fotolia Des antioxydants pour limiter les effets d’une myopathie. un polluant fortement lié au trafic routier. environnement et travail (Irset)  C. 19 septembre 2014 (en ligne) doi: 10. entre autres. ce résultat est un espoir pour l’amélioration de l’état fonctionnel des Stress N.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 23 . Mais des études complémentaires sont requises pour que les collectivités puissent mieux gérer les inégalités liées à la pollution de l’air.freeradbiomed. En mesurant. 134C : 315-324 Asthme Une cure d’antioxydants L considérée et la baisse générale de pollution au NO2 observée entre 2002 et 2009 n’impacte pas les divers types de population de la même manière selon les villes. Free Radic Biol Med. Ils ont analysé l’exposition de populations ayant différents statuts socio-économiques au dioxyde d’azote (NO2). Marti et al. à plus long terme. les prédictions faites par le cerveau s’adaptent en fonction du contexte dans lequel ils sont présentés. oxydant malades. néfastes pour la santé respiratoire. sons. 9 (9) : e107227 L’épidémiologiste Nicole Le Moual * et ses collaborateurs de l’étude EGEA (Étude épidémiologique des facteurs génétiques et environnementaux de l’asthme) ont étudié l’influence des produits ménagers sur 313 femmes. 5 septembre 2014 . Le Moual et al. une réponse automatique et non consciente liée à la prédiction du prochain son au sein d’une même série. s’est révélé d’une flexibilité inattendue : pour une même série de ☛Séverine ☛ Deguen : unité 1085 Inserm/École des hautes études en santé publique/Université Antilles-Guyane – Université Rennes 1. H. Ces disparités s’expliqueraient par une histoire économique et des plans d’urbanisme propres à chacune de ces villes. les chercheurs européens ne parviennent pas encore à des conclusions tangibles quant à l’exposition des populations les plus pauvres à un air pollué. A. Institut de recherche santé. Sébastien Marti *. En effet.

24 ● ● N° 22 ● novembre .Grand Angle • Médecine générale • Entreprendre • Opinions • Stratégies • Bloc-Notes • à la une • découvertes • Têtes chercheuses • regards sur le monde • Cliniquement vôtre ➜ La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (ici à l’hôpital Ambroise-Paré) permettrait de soulager les patients souffrant de douleurs chroniques sur le long terme.décembre 2014 .

Dans tous les cas. elle empoisonne la vie quotidienne. novembre . Alors que le 15e congrès mondial la concernant s’est tenu du 6 au 11 o ­ ctobre à Buenos Aires et que la Société française d’étude et de traitement de la douleur organise le sien du 20 au 22 novembre à Toulouse. localisée ou étendue. Elle peut être l­égère ou intolérable. persistante ou passagère.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 25 ©©Étienne Begouen/Inserm Bientôt sous contrôle ? .grand angle ➜ douleur Elle touche 30 % des Français de f­açon chronique. Science&Santé est parti à la rencontre de ceux qui luttent contre ce fléau et recherchent les traitements de demain. Des voies prometteuses qui sont autant d’espoirs pour ceux qui souffrent jour après jour.

aucune nouvelle molécule antalgique n’a vu le jour ! ». ou encore de la stomato­dynie. son intensité et sa durée. en général. tels que la fibromyalgie. pour Alain E ­ schalier  *. Physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur ☛Alain ☛ Eschalier. Dans ces situations. via les nerfs et la moelle épinière. quand il s’agit d’une douleur « ­normale » qui nous aide à percevoir le caractère agressif d’un stimulus. pour l’avertir : brûlure au niveau de la main. la douleur est un phénomène normal. afin d’en limiter les effets secondaires par exemple. peine à soulager certains syndromes. » Paracétamol. ou être d’origine inflammatoire comme dans celui de la sclérose en plaques. dont on a longtemps considéré qu’elle a­ gissait comme l­’aspirine. toutes sirènes hurlantes. sans n’a vu le jour „ rapport direct avec une source de danger. alors qu’il n’y a pas ­d’incendie  ? Pour la douleur. Depuis au moins 20 ans.Grand Angle ➜ A ☛☛Didier Bouhassira : unité 987 Inserm – Université Versailles-Saint-Quentinen-Yvelines. Et en partie seulement. Celle de faire progresser ­l’innovation pharmacologique. nous avons une stratégie globale. c’est lorsque l’alarme se  ­dérègle. » À la tête de son équipe. les ­souffrances sont qualifiées de dysfonctionnelles. Plus que jamais donc. associée à une sensation de brûlure dans la bouche…… ● N° 22 ● novembre . molécules opiacées telles que la morphine…… Et lorsque la cause ­disparaît. « Surtout. « Bien sûr. aucune nouvelle Le problème. dans le laboratoire qu’il d­ irige à Clermont-Ferrand. Le directeur de l’unité prône ainsi la recherche translationnelle inverse : c’est auprès du patient que les chercheurs doivent trouver leur inspiration. il est nécessaire de comprendre comment fonctionnent ceux qui existent déjà. comme l’aspirine. ­précise-t-il..décembre 2014 « Seuls 50 % des patients souffrant de douleurs neuropathiques sont soulagés. L’atteinte peut être aussi provoquée par un virus. la pharma­copée m ­ illénaire. les recherches doivent continuer. L’exemple le plus connu étant celui de la sciatique. ­malgré les nombreux espoirs suscités par des résultats prometteurs sur l’animal. » En effet. D’ailleurs. Imaginez la caserne de p­ ompiers ­recevant ces multiples signaux. à BoulogneBillancourt. Et comme les secours d’urgence. on la dit « chronique » : 30 % des Français en souffriraient ! Dont beaucoup de lombalgies. Mais quelles voies suivent-elles ? Optimiser les molécules déjà connues « À Neuro-Dol. une blessure suite à une chute ? Des messages sont immédiatement transmis au cerveau. caractérisée par une douleur chronique diffuse. Aussitôt. afin d’alimenter la recherche fondamentale pour essayer de découvrir de nouvelles molécules. Dans notre corps. pour c­ ombattre le feu et sécuriser la zone. et molécule antalgique sonne à tout-va. C’est le cas des migraines. Et. Selon son origine. molécule antalgique la plus vendue au monde. ambulanciers et autres urgentistes arrivent. les cliniciens définissent ainsi plusieurs types de douleur. Lorsqu’aucune lésion organique n’est visible. soigner la blessure. La main posée par inadvertance sur une plaque chaude. si on veut créer un nouvel antalgique. même pour la douleur. ­souligne Alain Eschalier. elle devient alors une maladie à part entière. déclare Radhouane Dallel *. on parle de douleurs neuro­pathiques. « Nous avons montré que le para­cétamol a une action . fracture du tibia. l’alarme retentit : un incendie est repéré. directeur de l’unité Inserm N ­ euro-Dol de Clermont-Ferrand. les traitements analgésiques classiques fonctionnent. en latin). Radhouane Dallel : unité 1107 Inserm – Université d’Auvergne. insiste Alain Eschalier. les neuropathies. c’est la ­douleur qui joue ce rôle de signal d’alarme. Neuro-Dol 26 ● u 5e étage de l’immeuble. anti-inflam­ matoires. Alain Eschalier s’attache à mieux comprendre le mécanisme d’action du paracétamol. Qui pourront ensuite retourner au lit du malade pour le soulager. « nuire ». c’est le branle-bas de combat : pompiers. Lorsqu’elle existe depuis plus de trois mois. ou du XIXe siècle. qui affectent le bas du dos. on la traite aussi dans ce cas. assure Didier ­Bouhassira *.. comme la morphine. on devrait plutôt parler de « nociception » (de nocere. il en est de “ Depuis 20 ans. notre corps se mobilise et nous réagissons en conséquence de façon appropriée : retirer la main de la plaque. pour la distinguer des autres types qui induisent une réelle souffrance et justifient qu’un traitement antalgique soit instauré. Lorsque ces maux sont liés à des lésions du système nerveux lui-même. de la fibromyalgie. médecin et directeur de l’unité Inserm Physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur. c’est la même chose  ! Lorsqu’elle perd son « utilité » et évolue pour son propre compte. entre autres. liée à une compression de la racine nerveuse au niveau de la sortie des vertèbres. comme dans le cas du zona.

Il reste encore des points à é­ claircir. (7) lipoamino­a cides) “ Pour créer un nouvel connues pour exercer antalgique. mais « nos résultats confirment l’intérêt de bloquer ces récepteurs c­ entraux pour renforcer l’effet ­antalgique ». malgré son efficacité. Situé en aval du récepteur. les c­ hercheurs se sont intéressés à la protéine TREK-1. ce qui a été qui existent „ confirmé. Kerckhove et al.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 27 ©©Infographie : Frédérique koulikoff/inserm d'après C. il faut une activité antalgique en inhibant comprendre comment les canaux calciques fonctionnent ceux Cav3. avril 2014 . ce canal inhibiteur de ­l’activité neuro­nale est connu pour être ­impliqué dans la ­douleur. vomissements. Celui-ci rejoint le cerveau (3) où il se combine à l’acide arachidonique pour former la molécule FAAH.org novembre . d’en étudier l’effet Par a ­ illeurs. L’action de ce dernier sur différents récepteurs (5) entraîne l’activation des voies sérotoninergiques descendantes (6) et l’effet antalgique recherché. 4 : 2941  N. Les scientifiques ont également mis en é­ vidence que ces derniers intervenaient en aval des récepteurs TRPV1. 2013 . Pain.Grand Angle ➜ c­ entrale. ­nausée. les ­chercheurs ont ­mon­tré la ­réduction de l’effet a­ ntalgique. ©©François guénet/inserm Mode d’action du paracétamol . les r­ echerches ont prouvé que le p­ aracétamol est transformé dans le foie en p­ -aminophénol. 155 (4) : 764-72 www. le paracétamol est transformé dans le foie (2) en p-aminophénol. par une série d­ ’expériences r­ éalisées sur des souris déficientes pour ces canaux. ­déclare Alain Eschalier. au sein de Neuro-Dol.afin m ­ odulation de la douleur. Ce dernier agit alors sur des Administration de paracétamol à un rat ­récepteurs TRPV1 situés monoarthritique à la surface des ­neurones modèle de la douleur et ­ i mpliqués dans la inflammatoire . les effets indésirables   M. puis AM404. Nature communication.rejoint ensuite le c­ erveau où elle se c­ ombine avec une autre pour f­ ormer un acide gras a­ ppelé AM404. En s­ upprimant l­’expression de son gène chez des souris. En effet. Mallet/UMR 1107 NEURO-DOL Inserm L’unité Urgences céphalées de l’hôpital Lariboisière à Paris prend en charge les patients souffrant de maux de tête aigus. Cette molécule. Une n ­ ouvelle cible thérapeutique qui l’occupe activement… La morphine est aussi dans le ­collimateur de l’équipe. risque de dépendance…).2. qui peut ­passer la ­barrière hémato-encéphalique ­contrairement au paracétamol . le ­composé sur les variations AM404 ­appartient à une de sérotonine dans famille de molécules (les la moelle épinière ©©Inserm/ Patrick Delapierre Une fois ingéré (1). Alors que ces deux types d­ ’effets dépendent du même ­récepteur m. elle s’accompagne d’effets indésirables (constipation. » Ainsi. Cependant. qu’il s’agit d’un ­pro-médicament : il doit d’abord être métabolisé par l’organisme pour avoir un effet antalgique. Devilliers et al.institut-upsa- 8 douleur.

les 3 120 ­patients. souligne le chercheur. L’échelle visuelle analogique (à gauche) la loi relative aux droits aide les patients à quantifier leur douleur.par une meilleure ­gestion de l’anesthésie .e1-24. Les études ont également montré que plus on diminuait la douleur lors de l’intervention . responsable de l’équipe Douleur ­trigéminale et migraine. Surtout. Pour les nourrissons. le système se fonde plutôt sur la stratégie de l’échec.7 % des cas neuropathique „ et de la mastectomie (ablation du sein) dans 37. “ Il y aurait Premiers résultats : certaines une susceptibilité interventions sont plus pour. Les interrogations portent sur la description de la sensation : fourmillements. conclut C ­ hristian Dualé. C’est à développer le cas de la thoraco­tomie ­(incision de la paroi du une douleur ­thorax) dans 32. somme des points associés à chaque réponse. si ça ne marche pas. dit DN4. qualité du système de santé du 4 mars 2002 reconnaît le soulagement de la douleur comme un droit fondamental de toute personne. Son originalité ? Permettre. « L’activation directe de ces canaux pourrait donc conduire à une analgésie de type morphine sans induire les effets indésirables liés à cette sorte de médicament ». permet de conclure à la présence ou l’absence de douleurs neuropathiques.1  %. et ainsi de suite… La médecine personna­lisée n’a pas encore trouvé sa place dans le traitement de la douleur. picotements. au sein de ­Neuro-Dol. 15 (1) : 24. liée ou non à une chirurgie. les DCPO représentent ainsi la ­deuxième cause de d­ ouleurs neuro­pathiques. L’objectif secondaire  de l’étude a ­permis d’identifier des facteurs de risque avant et a­ utour de l’inter­vention chirurgicale. crispation…)… À partir de 3-4 ans. Après la lombo­sciatique  (L). conclut Alain Eschalier. de définir si le patient est victime de douleurs neuropathiques. Trois et six mois après une intervention. on passe à une autre.individuelle voyeuses de souffrance. » Pour qu’elle le fasse. à l’aide de 10 items répartis en 4 questions simples. démangeaisons… Le score final.  D. Mais difficile de juger le niveau de souffrance d’un patient lorsqu’il est inconscient ! C’est pourquoi Régis ­Logier *.e20 Identifier les facteurs de risque Une toute autre piste de recherche est également choisie par certains. Les douleurs chroniques post-opératoires (DCPO) motivent en effet 15 % des consultations dans les structures spécialisées. encore faut-il diagnostiquer correctement ce dont il pâtit. avant d’envisager de soulager un patient de sa souffrance. Première étape : l’évaluer. engourdissements. « Il y aurait donc une suscepti­bilité individuelle à d­ évelopper une douleur neuropathique ». « Car les termes choisis pour décrire les douleurs semblent indiquer des mécanismes sous-jacents différents ! ».décembre 2014 ©©Inserm/ Patrice Latron LPrévalence une susceptibilité à développer c­ ertaines douleurs. les enfants peuvent indiquer leur niveau de douleur grâce à une échelle des visages. où Christian Dualé * a dirigé l’enquête EDONIS afin de connaître la prévalence (L) des douleurs neuro­pathiques survenant à la suite d’une intervention chirurgicale.moins il y avait de risque de ­développer une chroni­cisation de la douleur. les professionnels de santé peuvent s’appuyer sur des grilles d’observation du comportement (gémissement.Université d’Auvergne et unité 1107 Inserm – Université d’Auvergne. comme le zona. « On tente une thérapeutique. il faudrait i­dentifier des m ­ arqueurs capables de prédire une réponse à un médicament ou ©©Voisin/Phanie ©©Amélie Benoist /BSIP Des outils pour l’évaluation de la douleur Depuis plus de 10 ans. C’est ainsi qu’en 2005.  Nombre de cas enregistrés à un temps T LLombosciatique Association de douleurs lombaires et le long du nerf sciatique ☛Christian ☛ Dualé : CIC 1405 ClermontFerrand . Journal of Pain . Premier d’entre eux : l’antécédent de neuropathie périphérique. les médecins ont recours des malades et à la à l’échelle des visages (à droite). l’échelle visuelle analogique est le plus souvent utilisée. immobilité. Une piste prometteuse que suit le CIC pluri­thématique de ­Clermont-Ferrand. Didier Bouhassira publie dans la revue Pain un questionnaire qui va rapidement connaître le succès. Pain. pour soulager les patients. . Pour les enfants. mars 2005 . recrutés dans 40 centres. Au-delà de l’aide au diagnostic que permet ce questionnaire.Grand Angle ➜ étaient toujours p­ résents. étaient invités à remplir un questionnaire renseignant sur le niveau de leurs maux. 114 (1-2) : 29-36 28 ● ● N° 22 ● novembre . « Actuellement. Pour les adultes. c’est également tout un pan de recherche qui s’ouvre. Bouhassira et al. Dualé et al. ­reconnaît Radhouane Dallel. Neuro-Dol ☛Régis ☛ Logier : CIC 1403 Lille – Université Lille 2-Droit et santé  C.

Physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur  A. antimicrobiens. Résultat : le diamètre de la pupille. 36 ☛Nadine ☛ Attal. C’est chose faite en 2013. août 2013 . PhysioDoloris. les ­chercheuses ont ­montré.dramatiser sont plus ­susceptibles de développer des vation et usages ». dans les salles d’accouchement de l’hôpital Bichat. cependant : les chercheurs n’ont pas décelé de seuil générique de la douleur. pour Si les caractéristiques propres à l’opération et l’histoire la première fois. en mesurant l’évolution des paramètres au cours du temps. ont suivi une cohorte de 189  ­ p atients opérés pour ­l’arthrose du genou ou pour une mastec­tomie. Conf Proc IEEE Eng Med Biol Soc. » De son côté. Baudic. Régis Logier. 2010 : 1194-7 B revet : R. Pour déceler ces variations. les conséquences physiologiques de la douleur et indiquent en quelle mesure le système nerveux autonome est activé. Portatives. Sophie Baudic : unité 987 Inserm – Université Versailles-SaintQuentin-en-Yvelines. Attal et al.Guglielminotti et al. et sa contraction après une stimulation lumineuse de la rétine. 2010 . une incapacité  Quand le patient ne peut pas communiquer Si le meilleur ressenti d’une douleur est celui du patient. médecin anesthésiste. Comment évaluer alors sa douleur et. Infection. 137 (Pt 3) : 904-17 coordinateur du CIC-IT de Lille. Jeanne. à partir du rythme c­ ardiaque. mars 2014 . 14 (8) : 854-64  N. The Journal of Pain. par conséquent. Il est propre à chaque patient. augmente avec l’intensité de la souffrance. testées dans 4 conditions : avant et après péridurale. Logier. elles font la taille d’un gros appareil photo. Ainsi. Anesthesia & Analgesia. À quel moment doitpermettant. soit parce qu’il ne parle pas notre langue. il arrive que ce dernier ne soit pas capable de communiquer. modélisation. « Nous en avons vendu près de 400 en 4 ans. soit parce qu’il est inconscient. M. » Un premier prototype d’analyse destiné au bloc opératoire a vu le jour en 2008. MDoloris. il en significative après une ­opération ­présentaient. avant est de même de la personnalité. ­douleurs chroniques post-­opératoires. d’identifier on traiter l’anxiété ? Ne ­risque-t-on pas de surmédiquer ? » si le patient anesthésié souffre ou pas (voir encadré). ­suivie de l’ablation des g­ anglions au n ­ iveau de l’aisselle. «  Cela pose a conçu une technologie ­question. p. Médecine générale « Douleur chronique. il a fallu faire la preuve du concept. » ☛☛Jean Guglielminotti : unité 1137 Inserm/Université Paris13-Paris-Nord .. au sein du CIC «  Bio-­ les personnalités anxieuses et celles qui ont t­endance à capteurs et e-Santé : inno. B. « On sait depuis le XIXe siècle que la pupille se dilate sous l’effet de la douleur ». Elles sont.Grand Angle ➜ ©©IDMED ©©Inserm/ Patrice Latron S­ ophie ­Baudic *. « Nous avons volontairement choisi ces opérations car elles concernent des populations très différentes : des personnes âgées. mai 2013 . neuro­psychologue. que des patients ­rapportant une ­douleur naturelle de la douleur du patient jouent un rôle. Brain. 20/09/2004 novembre . Dans cette même étude. Tavernier – Procédé et dispositif d’évaluation de la douleur chez un être vivant – Europe. souligne Sophie Baudic. que lui est venue l’idée de faire appel à cette propriété pour évaluer le besoin en analgésique. Et aujourd’hui. Plus la tête est alerte. Un bémol. commercialisées sous le nom d’AlgiScan. Logier et al. moins elle s’installe ». C’est de sa confrontation avec des femmes qui ne parlaient pas français. le chercheur et ses collaborateurs ont eu recours à des caméras très précises et ultra-rapides. EP 1804655 A1. Avant tout. évolution (IAME)  J . précise S­ ophie au CHRU de Lille. de l’affect et même du l’intervention. sont mis en place (à gauche) sur un patient sans anté­cédent de d­ ouleur dans pour une chirurgie du membre inférieur le second cas ». en effet.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 29 . « On peut les utiliser plutôt pour évaluer l’efficacité d’un analgésique. avec et sans contraction. une altération de ­certains ­performances fonction­nement ­cognitif. à Paris. Nadine Attal * * et cognitives et. de l’unité Physiopathologie et pharmacologie clinique de la ­douleur. rappelle Jean Guglielminotti *.Université Paris-Diderot-Paris 7. une start-up. son besoin en analgésique ? Grâce à l’œil. Ainsi. * Voir S&S n° 19. plus ­précisément. qui souffrent potentiel­ lement avant ­l’opération dans le Des biocapteurs raccordés à un système ­premier cas. contrôlé par le personnel soignant (à droite) jeunes atteintes de ­cancer du sein. et des femmes ­plutôt d’information de la douleur. Masselin-Dubois et al. quelle que soit l’opération. 116 (5) : 1057-62  R. a fait le pari de mesurer la douleur grâce « à l’analyse des variations de fréquence du rythme cardiaque chez les personnes anesthésiées. après une étude menée auprès de 26 femmes en période de travail. commercialise ces moniteurs à travers le monde entier. à Lille.

preuve de leur s­ électivité dans ce cas de générer des a­ nimaux qui n’expriment pas . Soit génétique : il s’agit est perdu . etc. explique Nadine Attal. les mambalgines présentent ces canaux. les patients poursuivent les consultations. Il est long à remplir. Il en existe deux types. à Nice. les patients sont contents de pouvoir être écoutés. c­ ertains types de canaux ASIC pour a­ ugmenter cette acidité. Le chercheur niçois et ses collègues ont identifié cibles pharmacologiques potentielles contre la d­ ouleur. « Les v­ enins animaux sont des sources de toxines sont aussi bloqués. d’autre part. directrice du CETD et membre de l’unité Inserm. in à la douleur sont justement connus sont des sources de vitro. en suivant de nouvelles stratégies. ou activent ces Ces molécules ont donc permis d’identifier de n ­ ouvelles derniers. Parmi eux. L’officine de la nature ». et à leur rôle dans la ­perception de la douleur. de telles molécules dans le venin d’un ­serpent. Pour de façon sélective. le médecin traitant est en première ligne. travaux leur ont p­ ermis d’isoler des p­ eptides. p. précise Didier Bouhassira. par une équipe de médecin. psychologue. d’immobiliser la proie ». par exemple. explique Éric L ­ ingueglia.chez des souris généti­quement m ­ odifiées pour ne pas les gènes de ces canaux . et on a exprimer les canaux ASIC ciblés par ces peptides. r­ esponsables n ­ otamment de l’excitabilité des neurones. Il leur permet de quantifier. Or. une évaluation avec le psychiatre. infirmier. une cinquantaine de centres d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD) qui 30 ● réalisent une prise en charge médicale pluridisciplinaire. « Nous préférons qu’il n’y ait qu’un seul médecin. en face-à-face à ce moment-là. au-delà de trois mois.fr . précise le chercheur. C’est là que sont suivis les cas complexes. Et. ou une prise en charge de la douleur par des techniques dites complémentaires (acupuncture.décembre 2014 informations. «  Une évaluation des ­compétences cognitives pourrait donc prédire l’apparition de douleurs chroniques et permettre une prise en charge adaptée ». nous ne les revoyons plus et ils sont suivis par leur médecin traitant. les canaux ASIC qui sont ­sensibles à l’acidité extra­cellulaire. » À la sortie de cet entretien. D’une part. en réunissant des médecins de différentes spécialités (neurologue. affirme S­ ophie Baudic.  de la nature * Voir S&S n°13. nous travaillons plus sur les mécanismes moléculaires de la douleur que sur la ­recherche d’antalgiques ». elles sont labellisées par les agences régionales de santé sous la coordination de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). il existe deux types sur les canaux ioniques „ un effet antalgique important qui ­d’approches. c­ apables de ­bloquer. Mais quand les maux persistent. au moins in vitro. orthopédiste. Il s’intéresse aux canaux ioniques. « Nous les rencontrons entre un et trois mois après pour le deuxième rendez-vous. ­ouvrent des perspectives ­thérapeutiques ­intéressantes. mais personne ne s’en plaint. « Lorsque les malades appellent la première fois. besoin alors de molécules qui bloquent. par les mambal­gines capables d’agir sur les canaux ioniques afin. le praticien doit proposer à son patient de recourir à une structure spécialisée douleurs chroniques (SDC). dont les locaux de l’unité Inserm qu’il dirige se mêlent au CETD de l’hôpital Ambroise-Paré à BoulogneBillancourt. psychiatre. soit pharma­cologique. le psychologue. Injectées à des ­comprendre ­comment fonctionnent toxines capables d’agir souris. différents ­mécanismes ­associés “ Les venins animaux mambalgines. de décrire la ou les douleurs.). 8 www. » Grâce à ces ● N° 22 ● novembre . qui assurent une prise en charge pluri-professionnelle. » Dans le cas contraire.Grand Angle ➜ à changer de stratégie mentale et à p­ asser d’une o­ pération cognitive à l’autre. l’équipe décide alors qui est le plus habilité à recevoir la personne la première fois. Le médecin propose aussi.Nice Sophia-Antipolis. « Les CETD ont. Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire (IPMC) ©©Minden Pictures/Biosphoto / AFP S'inspirer Et si les bonnes nouvelles venaient de la nature  ? D’un serpent par exemple ? C’est un peu le pari d’Éric ­Lingueglia *. 29 ☛Éric ☛ Lingueglia : UMR7275 Inserm Université/CNRS . Leurs Tout au moins en faisant l’hypothèse. baptisés que les canaux humains ont le même rôle que chez la Un réseau de structures spécialisées Pour établir un diagnostic et proposer un traitement contre la douleur. Grand Angle « Médicaments.gouv. « En réalité. Hébergées en établissement de santé. nous leur transmettons un questionnaire à remplir. bien souvent. vocation à assurer une activité d’enseignement et de recherche ». de plus. Si le traitement proposé est efficace. le mamba L’existence de ces canaux chez l’homme et le fait qu’ils noir*. un grand nombre de patients repartent avec un nouveau traitement pharmacologique.sante. 250 consultations « douleur » réparties sur tout le territoire. en partie vérifiée. de renseigner sur les traitements déjà suivis et sur l’impact sur la vie quotidienne et sociale. Il s’agit de structures de proximité. hypnose…).

« Les ­stimuli que les électrodes génèrent vont brouiller le ­message ­douloureux adressé au cerveau ». 157 (7) : 1565-76 novembre .Université de Nantes. les chercheurs ont infecté. style « coup de poignard ». Diochot et al. L’infection à Mycobacterium ­ulcerans. comme conséquence. les choses s’améliorent… un peu. et s­ urtout les lombalgies. indépen­damment d’une lésion des nerfs. la peur de la perte d’autonomie -. Cell. synonyme d’une activatibilité moindre LMyéline ©©Burger/Phanie La mambalgine (en vert photo du bas).décembre 2014 ● N° 22 ● ● 31 . contrôle leurs résultats. Une approche pharma­co­logique fondée sur l’imagerie cellulaire a conduit à l’identifi­cation d’un récepteur neuronal avec lequel la mycolactone interagit. cette patiente ­nerveux… et donc de la douleur. les spécialistes optent aussi pour des stratégies non médicamenteuses. Avec. C’est chose faite en mars 2014. » Grâce aux stimuli en continu. et d’un rétrécissement du canal lombaire. Marion et al. et le boîtier. La paralysie a disparu. L’autre source d’inspiration naturelle. fines. Deux ans après. au niveau de la fesse. jusqu’au jour où je me suis trouvée paralysée de la jambe et n’ai pas pu me lever ». « à hauteur de 60 % ». Malgré l’étendue des zones touchées. explique ­Didier ­Bouhassira. les malades souffrent peu. le glissement d’une vertèbre en avant d’une autre. Elle accepte. avec par un boîtier externe l’envoi d’un courant électrique de faible intensité vers la moelle épinière. à Paris. les douleurs reviennent. entre les deux omoplates. équipée d’un implant médullaire « Cela fait plus de 15 ans que je souffre de douleurs dans le bas du dos……J’ai attendu. Nature. Substance protectrice qui entoure les fibres nerveuses ☛Priscille ☛ Brodin : unité 1019 Inserm/ Université Lille 1/Institut Pasteur Lille/ CNRS . Mais celles dans le dos sont toujours présentes. Et comme la réaction avec la toxine n’a pas pu avoir lieu. responsable de l’hyperpolarisation (L) des neurones. est activable par télécommande.la fin des randonnées en famille. elle prend des antalgiques classiques. Centre régional de recherche en cancérologie-Nantes-Angers  S. ou ulcère de Buruli. Elles sont a­ limentées par une batterie également ­insérée dans le corps et activées par une télécommande.Université Lille 2-Droit et santé. bloque un canal ionique représenté en 3D. © Eric Lingueglia/IPMC souris. Je pouvais au moins m’endormir. Centre d’infection et immunité de Lille (CIL) ☛Laurent ☛ Marsollier : unité 892 Inserm/ Université d’Angers/CNRS . » Pour tenir. Puis j’ai bénéficié d’une autorisation temporaire d’utilisation de cannabis thérapeutique. Élisabeth garde le sourire dans la voix. alliés à de la kinésithérapie et à de l’acupuncture. Sans effet. s’enthousiasme Priscille Brodin. la douleur dans la jambe a été soulagée. Deuxième opération. non myélinisées  (L)  LAngiotensine Peptide responsable de l’élévation de la tension artérielle LHyperpolarisation État du potentiel de membrane d’une cellule plus négatif que le potentiel de repos. « L’implant est situé assez haut. 490 (7421) : 552-5  E. issue du venin du mamba noir d’Afrique (à gauche). Élisabeth se voit alors proposer l’implantation d’un stimulateur médullaire. » Retour en force des douleurs. des souris génétiquement modifiées pour ne pas exprimer le récepteur. le bacille. Malgré l’impact sur sa vie . « Le récepteur identifié constitue donc une cible de premier choix pour développer un ­nouvel antal­ gique. après une première opération. la sensibilité à la douleur a été ­rétablie. et produit ainsi un effet antalgique. Alors qu’on pensait jusqu’ici que l’analgésie était i­nduite par une destruction des ­tissus ­nerveux. « ce qui m’a permis de recommencer à bouger. Les douleurs neuropathiques r­ ebelles. est une maladie tropicale accompagnée de ­lésions cutanées de type ulcère comme son nom ­l’indique. 19 juin 2014 . « Je savais qu’il faudrait que je me fasse opérer. En 2006. Priscille ­Brodin  * et Laurent Marsollier  * la doivent à un ­bacille. la limitation de la transmission de l’influx Équipée d’un implant médullaire. Pour vérifier du CETD de l’hôpital Lariboisière. le professeur Nadine Attal lui prescrit de la morphine sous patch. Stimuler le système nerveux Parallèlement à la recherche d’une nouvelle pharmacopée. témoigne l’ancienne infirmière. car la molécule ­capable de le ­bloquer n’appartient pas aux classes d’analgésiques ­utilisées aujourd’hui comme le paracétamol ou les ­opiacés ». peuvent être ­soulagées par la stimulation de la moelle épinière grâce à de petites électrodes implantées sous la peau du dos.Grand Angle ➜ Élisabeth. 25 octobre 2012 . Élisabeth souffre de spondylolisthésis. De cette interaction avec le récepteur 2 à l’angiotensine (L) découle une fuite de potassium. Au centre d’évaluation et de traitement de la douleur de Boulogne-Billancourt. Le principe mis en jeu est le même que celui qui nous pousse à frotter frénétiquement notre coude lorsqu’on se le cogne ! Il se fonde sur l­’existence de deux types de fibres nerveuses conductrices de la ­douleur : les fibres Ad et C. et en confirmant que les mambalgines sont bien dépourvues d’effets ­indésirables. les ­chercheurs ont ­montré que ­l’injection de la mycolactone – la toxine responsable des plaies – à des souris suffit à inhiber la douleur.

il n’a pas ressenti de soulagement. Jean R. le protocole a débuté pour confirmer l’intérêt de cette stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) dans les ­douleurs chroniques. il sait qu’il baissera rapidement s’il n’y a pas d’effet bientôt. 26 (44) : 11454-61 32 ●  à ­conduction lente. Laisser parler les émotions ©©Godinho et al European Journal of Pain 2012 LNeuronavigation  2 Selon la définition officielle de l’association interna­ tionale pour l’étude de la douleur (IASP). même lorsque celle-ci est très forte. Parfois. ou l’impression que le pied est gonflé. Dans les informations que le cortex reçoit lors d’un stimulus douloureux. « Si l’on soumet un volontaire Les réseaux cérébraux de la douleur aiguë (rouge) et ceux associés à l’hyperalgésie compassionnelle (vert) ne se chevauchent pas. mais il n’en est qu’à la 3e semaine. les secondes le sont par de faibles ­stimulations (le frotte­ment). Depuis le 1er septembre. car lorsqu’on m’enfonce des aiguilles dans le pied. il doit intégrer la ­composante émotionnelle. Et depuis mai 2014. À côté de l’hôpital Ambroise-Paré. Une alternative se ­dessine : et émotionnelle la s­ timulation magnéassociée à une lésion tique transcrânienne. au Centre de recherche en ­neurosciences de Lyon. Jean souffre de douleurs dans les pieds et les mains. à conduction rapide. cette technique permet de visualiser en 3D le cerveau lors d’une intervention. L’impact sur sa vie est tel que Jean R. myéli­nisées. trois autres centres participent : le centre hospitalier Henri-Mondor. Mais la ­méthode reste “ La douleur est une expérience sensorielle très i­nvasive. j’ai consulté. l’excitation électrique du cortex cérébral moteur donne ainsi de bons ­résultats. le CETD a reçu. Néanmoins. cela signifie que notre cerveau dispose de la machinerie capable de changer notre douleur. même après la fin de la séance. posée à potentielle. Bien que son diabète soit contrôlé.Grand Angle ➜ Jean teste ©©reportage photo : Étienne Begouen/Inserm la stimulation magnétique transcrânienne Depuis 4 ans. il m’a envoyé au centre d’évaluation et de traitement de la douleur de Boulogne-Billancourt. un diabétologue. Alors même que mon pied est douloureux. Luis Garcia-­ Larrea  *. produit des champs comme telle „ mag nét iques qui ­induisent un ­courant électrique sur les ­neurones situés dans le champ. il conserve son optimisme. ce sont des picotements. Mais le ressenti change d’un jour à l’autre. ☛Luis ☛ Garcia-Larrea : unité 1028 Inserm/Université Saint-Étienne-JeanMonnet/CNRS. et de grosses fibres Aa et Ab. je ne sens rien. réfractaires aux t­ raitements p­ harmacologiques. Journal of Neuroscience. le ­message arrive plus tôt au c­ erveau ! Face aux douleurs les plus réfractaires. un s­ timulateur ­magnétique robotisé équipé d’un système de neuro­ navigation (L). » Dérivée de la chirurgie assistée par ordinateur. pris dans un étau. » Il faut dire que malgré 5 types de traitements pharmacologiques. Et comme ces ­dernières conduisent plus vite l’information. . le service anti-douleur du CHU…… Quand le neurologue a constaté que mes nerfs étaient atrophiés. en janvier 2014. expliquet-il. C’est étrange.décembre 2014 les chercheurs ont m ­ ontré que les effets p­ ersistent. a accepté de participer au protocole de stimulation magnétique transcrânienne. où je ne peux pas sortir. les douleurs n’ont jamais été soulagées. d’une heure à l’autre. une ­première étude menée par Didier ­Bouhassira parue dans Brain a montré l’efficacité de la ­technique : elle permettait de soula­ger la douleur chez des ­patients atteints de ­fibromyalgie. même par les antidépresseurs employés habituellement contre les douleurs neuropathiques. ou ­décrite dans ces termes ». « C’est une sensation à la fois de brûlure et de froid glacé ».  Pour poursuivre leurs ­travaux. Les premiers résultats sont attendus en 2016. « Car cela ronge le moral. S­ urtout. « la douleur est une ­expérience sensorielle et émotionnelle désagréable ­associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle. Centre de recherche en neurosciences de Lyon  F. Pour le moment. ou décrite la s­urface du crâne. Alors que les ­premières sont activées par un s­ timulus intense (le coude heurte le mur). 1 il est peut-être la source de ces douleurs neuropathiques. ● N° 22 ● novembre . le CHU de Nantes et celui de SaintÉtienne. Godinho et al. Surtout en hiver. En 2007. Ces derniers étant de très haut niveau dans la hiérarchie cérébrale. 1er novembre 2006 . « Sur Rouen. tissulaire réelle ou Une ­bobine. un neurologue. r­esponsable de l’équipe Neuropain. ­cherche à savoir dans quelle mesure l’état émotionnel influe sur la perception. ne travaille plus.

dans la mesure où nous croyons sionnelle ». 4 4. la caméra située en face fait coïncider ces coordonnées spatiales avec la reconstruction en 3D (à partir d’une IRM) du cerveau du patient. 2. utilisant des vidéos avec des ­acteurs  Julie Coquart ● Douleurs chroniques : des solutions existent avec Philippe Rault. Frédérique Poindessous-Jazat.Grand Angle ©©reportage photo : Étienne Begouen/Inserm ➜ 3 1. Sur l’écran. chargée de l’étude. et Denis Vesvard. 3. » frant de douleurs chroniques ont tendance à ­diminuer Ce lien entre émotion et sensation est d­ ’ailleurs reconnu leur e­ mpathie. » Cet effet. « Notre capacité à ­moduler dans la prise en charge pluri­disciplinaire des patients la douleur par des phénomènes d’empathie n’est pas un dans les centres d’évaluation et de traitement de la ­phénomène " câblé " et inévitable dans le ­cerveau ». De même. 20 h 30 Salle Hubert-Curien aux Champs libres. génératrice du champ magnétique. il va les juger véracité que nous ­attribuons à la ­douleur augmente en plus intenses. ­précise Luis G ­ arcia-Larrea. ou au contraire la s­ ympathie. médecin anesthésiste. Des r­ echerches ont m ­ ontré Face à l’enjeu de santé publique que représente la que l’animo­sité. est placée en contact avec le cuir chevelu de Jean. indiquent que la où une personne souffre. que nous lutte contre la douleur. La bobine. Jean remplit un questionnaire qui renseigne sur son état général et l’intensité de sa ou ses douleurs depuis la dernière fois. 5 à des stimuli. un ­l’observation de sa souffrance.org www. dans le cerveau de Jean.iasp-pain. Pour que le champ magnétique cible toujours la zone d’intérêt . médecin généraliste. À droite.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 33 . notre publié dans The ­Journal of ­Neuroscience. Avant la séance de rTMS. Si un drastiquement les ­réponses cérébrales évoquées par monde sans souffrance n’est pas pour demain. lorsqu’il visionne un film “ Notre douleur qui miment une douleur. le positionnement est correct. « Des ­travaux en cours monde où la douleur serait contrôlée l’est peut-être ? n dans notre ­laboratoire. et algologues au Centre d’évaluation et de traitement de la douleur au CHU de Rennes ➜ 18 novembre. tant que le point bleu reste à l’intérieur des cercles concentriques.org novembre . que nous observons douleur a­ ugmente en proportion de celle a été baptisé « hyperalgésie compas­ chez d’autres „ observée. les patients soufen la réalité de celle que nous ­regardons. les chercheurs déploient un ressentons vis-à-vis de la p­ ersonne qui souffre change large éventail de stratégies pour la combattre.leschampslibres. la région ciblée par le champ magnétique. 5. proportion de celle ­modifie nos propres ­réactions : ainsi. ­douleur. en haut du stylet et sur le front de Jean. la mire rouge indique. Rennes 8 www.fr 8 www. suit les contours du crâne avec un stylet. Grâce au marquage noir et blanc. Alors même qu’ils n’auront de l’autre est un f­acteur fondamental qui jamais changé ­d’intensité.malgré les mouvements de la tête du patient le bras de la machine repositionne la bobine.sfetd-douleur. à se renfermer.

ces faisceaux inhibiteurs sont moins efficaces. 3. Le principe de l’expérience consiste à appliquer un stimulus douloureux bref. en partie. Claude Dubray (à dr. Les deux tiges verticales du laser permettent de maintenir une distance constante vis-à-vis de la peau. La proximité géographique avec le centre d’évaluation et de traitement de la douleur n’est d’ailleurs pas un hasard. d’où le recours au laser. Reportage dans leurs locaux. Chez les patients souffrant de fibromyalgie. un mécanisme mis en jeu au niveau du tronc cérébral. La douleur prend une douche froide Laser et eau froide (8° C) composent cette expérience dédiée à l’étude de l’inhibition descendante.) dirige l’équipe du CIC. qui permet de générer une sensation de type piqûre. 1. à l’exploration de la douleur.décembre 2014 2. L’eau froide dans laquelle le participant plonge son pied inhibe.Grand Angle ➜ CIC de Clermont-Ferrand La douleur explorée Le centre d’investigation clinique de Clermont-Ferrand est totalement dédié à la recherche et. situé entre l’encéphale et la moelle épinière. plus particulièrement. L’expérience est généralement associée à l’enregistrement de l’activité cérébrale. et qui bloque la sensation douloureuse. ©©reportage photo : Étienne begouen/inserm 2 1 34 ● 3 ● N° 22 ● novembre . la sensation douloureuse de piqûre ressentie. .

les thermodes libèrent de la chaleur. le personnage représenté permet de visualiser les différents territoires cutanés correspondant à chaque racine nerveuse. Ici. la patiente appuie sur un bouton pressoir. 2 1. Après chaque stimulus. Sur l’écran.Grand Angle ➜ 1 L’effet placebo Coup de chaleur sur la douleur De la même façon que les électrodes délivrent de l’électricité. la participante doit quantifier l'intensité de la douleur ressentie à l'aide du curseur placé sur le boitier électronique. permettant ainsi de mesurer le seuil de sensibilité à la douleur thermique. on applique une série de stimuli thermiques pré-qualibrés. le but est d’analyser l’effet placebo. 1 Quantifier la douleur ©©reportage photo : Étienne begouen/inserm 1. Dans les deux expériences montrées ici. la thermode est un peu différente de celle du dessus car elle peut varier très rapidement en température 3. mais la moitié d’entre eux ont bénéficié d’un accompagnement psychologique. 2 3 novembre . 3 3. 2. Pour cette expérience. Ici. relié à l'ordinateur. Dès que le stimulus commence à devenir douloureux. 2. visant à rendre plus efficace l’effet placebo. Aucun des patients qui a participé à l’étude n’a reçu d’antalgique. le principe est le même : délivrer un stimulus thermique et enregistrer la réponse du participant. La thermode délivre de la chaleur dont la température monte progressivement.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 35 .

Fritel et al. mais elles étaient encore 44 % à n’avoir ­toujours pas encore de ­réponse et qui reste à é­ tudier comme toute pas demandé d’avis médical 8 ans plus tard. en cas de réponse positive. les fuites urinaires restent un tabou. il faut pouvoir l’orienSouvent considérée comme une gêne mineure. il faut l’âge et la maternité et qu’il n’y aurait ­malheureusement ­savoir aller plus loin pour l’aider à exprimer sa gêne. ajoute le gynécologue. plus rarement des antidiurétiques) ou encore intervenYvelines . 2014. Subak et al. ­Logiquement. les médecins ne « Plusieurs études ont montré qu’une majorité de femmes doivent pas négliger ce trouble et être attentifs. médicaments (des anti☛Virginie ☛ Ringa : UMR 1018 Inserm/ quoti­d ienne cholinergiques contre les envies urgentes et beaucoup Université Versailles-Saint-Quentin-enprofessionnelle. quantité) ont plus consulté que les fonction de chaque cas „ « C’est une question scienti­fique à femmes touchées moins sévèrepart entière pour laquelle il n’existe 8 www. 2006. ©©Burger/Phanie L 36 ● ● N° 22 ● novembre . jorité des cas. sphincter artificiel). il le diabète et l’hypertension ». Des traitements existent pourtant. ballonnets  X.nlm. Et les elles ont consulté leur médecin pour ce motif. Neurourology and Urodynamics.thérapeutiques indiquées en leurs questions de r­ outine pour de 20 000 volontaires sieurs fois par semaine en grande les femmes de plus de 50 ans ? d’EDF-GDF. Pourquoi ? ­méthode de prévention. sportive tions chirurgicales (bandelette sous-urétrale. reconnaît le une sonde permet 107 (4) : 908–16 w ww. 33 (7) : 1116-22 péri-urétraux.la dépression et la perte d’autonomie. À quand la fin d’un sentiment de fatalité ? E n parler ou pas ? et sexuelle .Université Paris.gazel. santé ». regrette ­insiste Xavier Fritel.nih. Centre d’investigation clinique de Poitiers. Ces traitements sont très Université Versailles-Saint-Quentin-enYvelines dans l a v i e variés : rééducation périnéale. et devenir un hanprès de 40 % ne l’étaient pas non plus du traitement UMR 1018 Inserm/Université Paris Sud/ dicap i ­ mportant prescrit ou mis en œuvre. Et cela reste un tabou important ». ter vers le traitement le plus adapté ou vers le spécialiste. Seule une femme sur quatre ose s’en ouvrir à son médecin. Et poser la question ne suffit pas forXavier Fritel. ils pas faire le premier pas en Mise en place en 1989 les femmes s­ ujettes à des fuites “ Il existe de multiples options intégrant les fuites u­ rinaires dans par l’Inserm.e9 Gaëlle Lahoreau travail musculaire. Si une croit que l’incontinence est une évolution ­normale avec ­patiente leur fait part “de problème de vessie’’.Médecine générale • Entreprendre • Opinions • Stratégies • Bloc-Notes • à la une • découvertes • Têtes chercheuses • regards sur le monde • Cliniquement vôtre • Grand Angle ➜ Incontinence urinaire Ces fuites qu’on ne saurait voir ©©Burger/Phanie Petites ou sévères. www. Enquête du réseau périnéale par Sentinelles.fr ment.des femmes.décembre 2014 8 . Am J Obstet Gynecol. Elle semble que le silence peut aussi avoir une répercussion notable sur le porteLe médecin doit inciter la patiente à évoquer soit de mise dans la ma.monnaie ! En 2007. Centre de recherche en épidé­miologie et santé des popu. la cohorte Gazel est composée ­importantes (tous les jours ou plu.inserm.ncbi.Sud 11 sociale. par exemple 50-60 ans sur deux. Avant tout. Obstet Gynecol. Mais des efforts sont à faire pour amémétropolitaine. Ce montant atteint même donnée par Xavier F­ ritel * et V ­ irginie Ringa * du 900 dollars pour les formes sévères. puisque a montré que près de 50 % des femmes incontinentes moins de 25 % d’entre portaient tous les jours une p­ rotection a­ bsorbante. rien à faire. n  de visualiser le  L. une enquête du réseau S­ entinelles ces problèmes.  L. « Il existe de mul Incontinence urinaire : évaluation de la tiples options thérapeutiques adaptées à de nombreuses prévalence de l’incontinence urinaire Lors de la chez les femmes vues en consultation situations individuelles et qui seront indiquées en fonction de médecine générale en France rééducation de chaque cas.ajog. Des études conduites aux États-Unis sultats sont issus d’une enquête menée en 2000 et 2008 ont calculé que ces femmes dépensent personnellement auprès de 2 273 femmes de la c­ ohorte Gazel (L) et coor. 2007 liorer la formation et l’information des professionnels de électrostimulation. Ces ré. voire parfois mener jusqu’à Alors que l’incon.org spécialiste. « ­L’impact de ce tinence urinaire trouble fonctionnel sur la qualité de vie peut ­dépasser celui touche une femme de de maladies considérées comme plus sévères.197 : 596. Subak et al. » ­l’incontinence Plus de 20 % des femmes de la cohorte Gazel ayant ☛☛Xavier Fritel  : CIC 1402 Inserm/Université urinaire peut consulté ne sont pas ressorties satisfaites du cabinet et de Poitiers/CHU de Poitiers.Alors quelle solution ? Les médecins ne pourraientGazel lations de V ­ illejuif.plus de 250 dollars par an.coûts montent vite.e1-596.  cément.gov 2007.

les grossesses qualifiées de « non prévues » auraient dû être classées comme « prévues ». Face à ce problème de santé ­publique.  A. Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations  C.2014. 2 septembre 2014 (en ligne) doi : 10. un rôle facilitateur des femmes médecins dans le dialogue de prévention.08. Cermes 3  C. LTaux de morbidité Nombre de porteurs d’une maladie dans une population ☛Nathalie ☛ Pelletier-Fleury : unité 988 Inserm/CNRS/Université Paris-Descartes – École des hautes études en sciences sociales.7 % (versus 11. ont fait un test de dépistage du ­syndrome d’apnée obstructive du sommeil qui s’est révélé positif pour 17 d’entre eux. ils ont montré que la concordance de genre féminin favorisait l’accord médecin-patient sur les conseils liés à la diététique et à l’activité physique. En enquêtant sur la relation entre 585  patients et 27  médecins généralistes. les chercheurs ont réalisé que. Centre de recherche épidémiologie et biostatistique 2 C. J Sleep Res. par ailleurs. Perraudin et al. Idem pour 22 % des grossesses « non souhaitées ». Alzheimer’s & Dementia.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 37 . Apnée du sommeil Les pharmaciens aident au dépistage pnée du sommeil LAobstructive Maladie respiratoire caractérisée par un arrêt momentané du flux respiratoire durant le sommeil. 17 septembre 2014 (en ligne) doi: 10. cette question est d’une importance cruciale pour le système de soins. de l’exercice physique et de la perte de poids lors de consultations. Fertility and Sterility. les chercheurs proposent d’inclure des questions sur les moyens de contraception utilisés au moment de la conception. le recours précoce au médecin généraliste ou à un spécialiste pour les troubles cognitifs n’avait pas d’effet favorable sur la mortalité. Les résultats suggèrent.médecine générale ➜ Planification familiale Une étude dirigée par Caroline Moreau * a démontré l’importance de la formulation des questions lors des programmes nationaux d’estimation des intentions de grossesse. 22. ☛Anne-Cécile ☛ Schieber : unité 1027 Inserm – Université Toulouse III–Paul-Sabatier. Schieber et al. associé à des taux ­élevés de ­morbidité  (L) et de m ­ ortalité. En revanche. une étude de cohorte (L) en population générale a été menée depuis 1999 sur 9 294 sujets de plus de 65 ans. ☛Caroline ☛ Moreau : unité 1018 Inserm/Université VersaillesSaint-Quentin-en-Yvelines – Université Paris-Sud 11.1093/fampra/cmu057 novembre . 88 ont suivi le protocole d’intervention du pharmacien. et pourtant ­ négligé et sous-­ diagnostiqué. En soulignant cette ambiguïté entre le comportement contraceptif et les intentions de grossesse du couple. à Bordeaux. notamment dans le cadre d’une prise vécu un même en charge intégrée telle que préconisée dans événement au cours le cadre des plans Alzheimer. L’équipe de Catherine Helmer *. l’équipe de ­Nathalie ­Pelletier-Fleury * a mis en place une étude inédite qui a permis de démontrer la pertinence d’une sensibili­sation par les pharmaciens de ville.  J.011 ©©Amélie Benoist/BSIP Décrypter les intentions de grossesse Touchant 5 à 10 % de la ­p opulation. ces résultats témoignent du rôle majeur du p ­ harmacien dans la prévention et le dépistage et ils ouvrent une voie pour mieux traiter ce syndrome synonyme de ­pathologies cardio­ vasculaires. soit 20 personnes.12230 Quand et comment prendre en charge les démences séniles ? Avec 14 millions de patients estimés en Europe en 2050 et un nombre de cas actuellement sous-diagnostiqué.fertnstert. J.1016/j.1016/j. L d’une même période et/ou engagés dans une même étude épidémiologique. Spontanément. les patients et les aidants. La cause principale de cette différence ? En se justifiant sur l’absence de contraception.-C. Moreau et al.2014. l’apnée du sommeil  (L) est un s­yndrome grave. chez des personnes atteintes de démence. et ses collègues de Dijon et Montpellier ont démontré que. A. 14 août 2014 (en ligne) doi : 10. Le résultat de cette prise en charge rapide sur Cohorte les capacités fonctionnelles et cognitives ainsi que sur la qualité de vie n’a pas encore été Ensemble d’individus ayant évalué. 11 septembre 2014 (en ligne) doi: 10. les médecins masculins et leurs patientes avaient trois fois plus de risque d’être en désaccord sur des recommandations liées à la perte de poids. Family Practice.512 ©©Amélie Benoist/BSIP ©©Craddock/SPL/Phanie Démence sénile Faut-il consulter le plus tôt possible ? Consultations Un dialogue facilité avec les femmes médecins Anne-Cécile Schieber * et ses collaborateurs se sont penchés sur l’influence du genre du médecin et de celui du patient sur les conseils donnés dans le domaine de la nutrition. Parmi eux.jalz. F.1111/jsr. Épidémiologie et analyses en santé publique : risques. F. Mais en s’intéressant aux raisons qui les ont poussés à ne pas utiliser de contraception. maladies chroniques et handicaps  A. P. de problèmes de vigilance et de coûts ­importants pour la société. dans trois villes (étude des Trois Cités). Sur les 782 ­patients considérés « à risque ». les couples affirment davantage leur désir rapide d’avoir un enfant.04. dans 30 % des cas. qui deviennent « souhaitées ». des couples sont plus enclins à qualifier une grossesse de « non prévue » que de « non souhaitée ». Pimouguet et al. P. Même s’ils restent à vérifier à plus grande échelle. Pour la première fois.4 % dans le groupe témoin). ☛ Catherine Helmer : unité 897 Inserm – Université Bordeaux Segalen.

un premier brevet. et Antoine Prestat. trop jeune pour avoir ses propres labos. président LApoptose Processus d’autodestruction des cellules déclenché par un signal LPeptide Enchaînement d’acides aminés. se rappelle la chercheuse. à la clé. Jennifer Sengenès. ● N° 22 ● novembre . Institut Curie 38 ● A u cœur de l’hôpital parisien de la Pitié-­Salpêtrière. J’avais la conviction que c’était un excellent moyen de ­pénétrer les cellules en limitant les effets secondaires. Après sept années de recherches. Mais ses recherches ne datent pas d’hier. Forte de ce travail. ©©François guénet/inserm De gauche à droite. je me suis mise en quête d’un laboratoire ­disposant d’animaux avec xénogreffes (L) pour des essais in vivo ». l’actif. J’avais envie de poursuivre ma ­carrière à l’étranger et je connaissais déjà la langue. cet actif ­réapprend aux cellules tumorales à mourir. J’intègre en 2002 l’unité ­Inserm 545 qui deviendra l’unité 945 puis le CIMI. L’assemblage de plusieurs peptides forme une protéine.décembre 2014 Madrid. PEP-­Therapy. d’où est o­ riginaire Angelita Rebollo G ­ arcia : « Au début.Entreprendre • Opinions • Stratégies • Bloc-Notes • à la une • découvertes • Têtes chercheuses • regards sur le monde • Cliniquement vôtre • Grand Angle • Médecine générale ➜ Cancer Les peptides à l’assaut ! Peu coûteux et aux effets secondaires réduits. ­L’aventure ­débute il y a quinze ans. des poumons. département de Recherche translationnelle et département d’Oncologie médicale. En résumé. Aujourd’hui. dans une autre capitale européenne. chargée d’affaires. Il m’a fallu trois ans pour mettre au point la navette pénétrante peptidique DPT [Drug ­Phosphatase Technology. ­validées par des essais in vitro prometteurs. co-fondateur scientifique. du CNRS et de l’Inserm ☛Angelita ☛ Rebollo Garcia : unité 1135 Inserm – Université Pierre-et-Marie-Curie ☛☛Didier Decaudin : Laboratoire d’investigation préclinique. NDLR] avec. dans le cas des cancers. la c­ hercheuse se lance alors dans la mise au point des ­peptides ­actifs. je me suis concentrée uniquement sur les peptides pénétrants. C’est là ­qu’Angelita Rebollo Garcia *. c­ aspase9 et PP2A qui sont impliquées dans le processus d’apoptose. . » Une fois la « navette » opérationnelle. Ces petits polymères d’acides aminés. inventeur et co-fondatrice scientifique. la « navette ». Didier Decaudin. ☛CIMI  ☛ : entité placée sous la triple tutelle de l’Université Pierre-et-Marie-Curie. l’une des fondatrices de la start-up poursuit sa quête d’une thérapie anti-cancéreuse. des ovaires et mélanomes sur les peptides uvéaux ­notamment). elle s’apprête à lancer son premier candidat-médicament dans les essais précliniques règlementaires. je pars pour Paris. Épaulée par un thésard et un étudiant en master. directrice de recherche au CIMI. elle dépose deux brevets portant sur des peptides interférents qui agissent dans des cellules “ Je me suis tumorales (cancers du d’abord concentrée sein. « Au moment du dépôt des brevets. Créée en janvier 2014. notamment. et une autre qui interfère. sur pénétrants  „ l’inter­action entre deux ­protéines. les peptides sont une solution novatrice pour des thérapies ciblées contre le cancer. les laboratoires du Centre d’immunologie et des maladies infectieuses (CIMI) * abritent les recherches d’une toute jeune société. doivent leur nom à leur capacité à pénétrer au cœur des cellules pour agir sur une interaction entre des protéines responsables d’une maladie et. fabriqués en laboratoire. Elle trouve alors les ressources nécessaires auprès de Didier Decaudin *. Angelita Rebollo Garcia. la directrice de ­recherche ­travaille plus précisément sur l’apoptose (L) et les p­ eptides (L) pénétrants et interférents. la jeune start-up PEP-Therapy en a fait son cœur de métier. C’est comme une fusée à deux étages : il y a une partie pénétrante.

nous avons obtenu de bons résultats sur [les de ­déclencher l’apoptose des c­ ellules tumorales en indications précitées. « PEP1 ». son siège social déclaré au Genopole et des bureaux. de l’ovaire. ­PEP-Therapy est en r­ echerche de financement : ­5  ­millions d’euros seraient nécessaires. Ainsi. et par le minis. Pour cela. devenu Bpifrance (L) depuis. Didier Decaudin et ­lauréate du concours national d’aide à la création Fariba Némati. À partir de avec ce ­nouveau ­traitement. d’inter­férer et « En 2010. En parallèle des recherches autour de DPT-PEP1. nous avons aujour­ d’hui un ­premier candidat-­ médicament.réglementaires „ stabilité et l­’efficacité du produit ont été prise (faisabilité technico-économique. La biocluster (L) d’Évry qui p­ ermet alors la aux portes des toxicité ainsi que l’immu­no­génicité (L). Mis au point par deux autres c­ o-fondateurs chef de projet à ­Genopole à l’époque. PEP-Therapy sont déposés. « ­Aujourd’hui. nous dévoile le président. membres du LIP. notamment innovantes LImmunogénicité Capacité à induire une réaction immunitaire clinique LEdessaiphase I/II Étude faite chez des malades visant à évaluer l’absence de toxicité et le bénéfice éventuel d’un traitement novembre . Angelita Rebollo Garcia s’est rapprochée de Didier Decaudin qui disposait d’un plus vaste choix de modèles animaux. c’est-à-dire la capacité de chaque patient à répondre au traitement. LBiocluster Regroupement de laboratoires. s’enthousiasme ­Antoine Prestat. Ici. étudiées sur des modèles animaux avec business plan…) et en les aidant dans leurs quêtes de xénogreffes de cancers du sein. ces modèles d’entreprises de technologies innovantes. le “ Nous sommes aux chimio­thérapies tradi­tionnelles. Inserm Transfert met les blement ses effets secondaires par rapport chercheurs en contact avec Genopole. LBpifrance Banque publique d’investissement pour la création et le développement des entreprises. tout s’accélère. qui d’investigation préclinique (LIP) de l’Institut Curie. confie Angelita Rebollo Garcia. la dans la structuration de la future entre. i­ngénieure de recherche. nous passerons la main à une entreprise pharma­ceutique. d’ici 5 à 6 ans environ. est ­d’ailleurs scientifiques. ce qui limite considéra­ là. du p­ oumon financement.entreprendre ➜ ©©François guénet/inserm ©©François guénet/inserm En 2009. chronique où les pourcentages de cellules B tumorales Et ce n’est pas tout : alors que l’inter­action des deux tuées étaient très élevés. les statuts de nous sommes aux portes des ­essais ­­précliniques réglementaires  ». ­DPT-PEP1  ». seule celle des c­ ellules cancéreuses est atteinte cancéreux ». n  Pascal Nguyên LXénogreffe Transplantation d’un greffon.une thérapie très c­ iblée pour l’homme. « Après. Un PEP-Therapy a mis au point sa propre parfait exemple de médecine ­personnalisée en somme.­cellules. organisé par ont permis d­ ’obtenir des résultats qui laissent entrevoir OSEO. l’équipe. de centres de recherche et d’entreprises qui travaillent dans le domaine des biotechnologies. L’objectif du ­dirigeant est de commencer les essais ­cliniques de ­­phase ­­I/II  (L) dans les 18 mois. En 2012. tel qu’un organe. « DPT » désigne le peptide « véhicule ». «  Grâce aux travaux ­d’Angelita. Et a germé l’idée de créer une ­protéines ­caspase9 et PP2A existe dans toutes les entreprise pour développer des ­nouveaux produits anti.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 39 . ouverts rue de l’École-deMédecine à Paris. NDLR] et la leucémie lymphoïde ­bloquant l'inter­action entre la caspase9 et la PP2A. Et. maturation du projet en les accompagnant essais précliniques la spécificité de l’action anti-tumorale. permet à la molécule ­active. en j­anvier 2014. annonce ­fière­ment Antoine médecin oncologue et responsable du Laboratoire ­Prestat. le ­produit ne sera employé qu’avec des patients bons répondeurs. tère de la R ­ echerche. soutenue par Antoine et du mélanome uvéal avec parfois des rémissions Prestat. observation d’une coupe histologique de tumeur peptides pénétrants et interférents. où deux personnes travaillent. comme cela se fait classi­quement en biotechnologie ». aujourd’hui ­président de PEP-Therapy et leur ­complètes. dans lequel le donneur et le receveur sont de deux espèces différentes. Et plate-forme technologique pour créer PEP-Therapy compte bien en être un acteur clé avec ses ses peptides. ­l’entreprise a également développé des biomarqueurs compagnons qui permettent de prédire le niveau de ­réponse individuelle du malade.

Asie et Amérique du Sud. d’ailleurs. hommes à eux seuls en France. Selon les études actuelles. notamment à ceux des homosexuels qui concentrent. la moitié des la prévention doit 6 000 contaminations annuelles ! C’est le pouvoir combiner un sens des recommandations de l’OMS.décembre 2014 L ’épidémie de VIH menace la population générale mais touche particulièrement certains groupes : usagers de drogues. Leur prescription nécessite un suivi médical récurrent. Mais les interrogations sont multiples : quelle est la réelle efficacité préventive de la PrEP ? Est-elle dangereuse pour la santé ? Qui pourrait en bénéficier ? Peut-on cibler les homosexuels sans les stigmatiser ? Pour les autorités de santé européennes. ne peuvent être extrapolées au contexte européen. mené en Afrique. Ce qui fait débat Patrick Yeni E 40 ● Infectiologue (Université Paris 7 Diderot/Service des maladies infectieuses . de prendre des traitements antirétroviraux (ARV) pour mieux se protéger.Opinions • Stratégies • Bloc-Notes • à la une • découvertes • Têtes chercheuses • regards sur le monde • Cliniquement vôtre • Grand Angle • Médecine générale • Entreprendre ➜ •• •• PrEvention du VIH Faut-il traiter les homosexuels ? Face à l’inquiétante proportion d’hommes homosexuels atteints par le VIH. ce qui contribue à bloquer la propagation du virus. parmi lesquelles la possibilité. du préservatif à la PrEP  „ l’usage d’antirétroviraux en p­révention. Tous les regards se tournent désormais vers l’essai français Ipergay. ● N° 22 ● novembre . . avec prise de sang. en particulier dans les communautés à haut risque où l’utilisation du préservatif se relâche. dans un lieu réunissant des interlocuteurs variés (­médecins. psychologues. une idée fait son chemin : ceux qui ne sont pas infectés pourraient prendre des traitements antirétroviraux pour réduire leur risque d’être contaminés. Autorisé depuis mai 2012 aux États-Unis. pour les hommes homosexuels non infectés. alors que le pas a été franchi chez les personnes séropositives : il leur est recommandé de commencer un ­traitement dès que possible.Hôpital Bichat-Claude-Bernard) et président du Conseil national du sida (CNS) ©©François guénet/inserm n juillet dernier. La ­protection n’est donc pas totale ! Mais en l’absence de vaccin. la Direction générale de la santé confiait au CNS la rédaction d’un rapport sur l’intérêt potentiel de la PrEP comme outil de prévention. l’usage préventif des ARV – ou prophylaxie pré-exposition (PrEP) – peut avoir de nombreux avantages. qui répercutent une réflexion m ­ ondiale sur arsenal d’outils. Le VIH p ­ ourrait-il développer des résistances nouvelles aux ARV ? Sans doute pas à une échelle significative. Nous passons à côté d’une occasion de freiner l’épidémie. En l’absence de vaccin. En 2012. ce qui. les données encourageantes de l’essai iPrEx. travailleurs du sexe. la prévention doit pouvoir combiner un arsenal d’outils. Nous appelons plutôt de nos vœux une prise en charge globale et multidisciplinaire. Il est regrettable que la réflexion sur sa place en santé publique n’ait pas progressé depuis. du préservatif jusqu’à la PrEP. ces ARV permettraient à une personne séronégative de réduire d’environ 50 % son risque d’être infectée. hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes… Les stratégies de prévention doivent mieux s’adapter à leurs besoins. l’OMS publiait un ensemble de recommandations sur la prévention du VIH. limitera sûrement le nombre de candidats ! Le CNS ne juge pas approprié de simplifier cet a ­ ccès. sexologues…). Une recommandation de l’OMS controversée dans un contexte d’incertitude scientifique.

de prévention (abandon du préservatif). en charge à 100 % des personnes séroPropos recueillis par Nicolas Rigaud novembre . avec plus de 6 000 nouveaux cas diagnostiqués par an.VIH aux personnes séronégatives. et une bonne connaissance des risques en tous genres assumés par ces personnes. notamment parmi les ­homo­­sexuels. Elle semble meilleure quand les ­traitements encadrent seulement l’activité Françoise Weber Directrice générale adjointe de la Direction générale de la santé (DGS) L a PrEP est susceptible ­d’élargir la gamme des moyens de lutte contre le VIH. les Il s’agit. En 2011. le ministère a mandée par le rapport 2013 du groupe publié sur son site la recomman­dation d’experts sur le VIH. fait actuel­lement ­l’objet apparition de résisrisque en population d’une demande de tances). Au mandé. si la PrEP est susceptible d’être un des antirétroviraux (ARV) doit s’inscrire moyen d’élargir l’offre de prévention dans le cadre strict de leur autori­sation contre les nouvelles contaminations. en France. Par ailleurs. un suivi de la tolérance aux traitements et du bien-être en général. la DGS a saisi sexuelle mais il est encore trop tôt pour l’affirmer. adressée par l’association AIDES à le suivi des personnes sous PrEP et le ­ l’Agence ­nationale de sécurité du médi. et que la Fondation Bill&Melinda Gates cofinance désormais avec l’Agence. de mise sur le m ­ arché et qu’aucun elle pose toutefois des questions ARV ne ­dispose d’AMM en non résolues qui France dans une indication concernent son rapLa PrEP pose des de PrEP ». le ténofovir disoproxil et l’emtricitabine es récentes recommandations de l’OMS sont un signal : elles indiquent que la PrEP est une piste sérieuse. pris par intermittence. Seul l’ARV étuport bénéfice/risque questions non résolues en population réelle dié pour l­’essai clinique ­Ipergay. la PrEP. RecomSuite à leurs conclusions.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 41 ©©François guénet/inserm Jean-Michel Molina .ipergay. et donc moins souvent.fr www. le dépistage et le traitement des infections sexuellement transmissibles. La prévention doit cibler les groupes de ­personnes les plus touchées. elle est un élément suivante : « La PrEP ne constitue pas capable de réduire la transmission du aujourd’hui un outil de ­prévention recom. qui prennent des risques et vivent dans des milieux où la circulation du ­virus est très forte – ce n’est pas le cas de tous les homo­ sexuels ! Mais dans certaines commu­ nautés gays. L’étude i­PrEx a mis en évidence que l’observance d’un traitement quotidien est limitée – de l’ordre de 40 % au bout d’un an. Il est rappelé que la prescription ­final. peut être un choix de prévention complémentaire.coût de leur prise en charge évencament. la prise tuelle par la solidarité nationale. le ­Truvada®  (L). que nous avons préparé dès 2008. pendant et après chaque période d’activité sexuelle. la France est un des rares pays d’Europe à s’être penché sur la question. De plus. l’épidémie du VIH reste problématique. qui n’immunise pas contre le VIH. de se être mieux tolérés et voir réduit leur donner les moyens risque d ­e toxicité d’une prévention ­rénale notamment. efficace  „ Une supervision ­serait en tout cas ­nécessaire… ­médicale. mais pas seulement ! De façon ambitieuse. En France. l’impact sur générale „ ­recommandation tempo­ les comportements raire d’utilisation (RTU) en PrEP. sur le rapport bénéfice/ (effets secondaires.fr LTruvada   ® ©©François guénet/inserm Médicament associant deux antirétroviraux. responsable scientifique de l’essai Ipergay (ANRS) ©©J Sullivan/Getty Images/AFP L 8 www. L’implication des associations y serait précieuse et éviterait aussi le sentiment de stigmatisation : il s’agit bien pour chacun de se donner les moyens d’une prévention efficace ! sur la PrEP le Conseil national du sida positives par un traitement précoce est (CNS) et le groupe d’experts sur le VIH.anrs. en constante augmentation.opinions ➜ Infectiologue (Université Paris 7 Diderot/Service des maladies infectieuses Hôpital Saint-Louis). Son but est d’apporter aux autorités de santé des éléments convaincants sur l’efficacité en Europe et au Canada d’une PrEP intermittente (prise uniquement avant. que chaque pays peut explorer. protégée ou non). il faudrait que la PrEP attire les personnes les plus à risque vers des centres experts en prévention globale. conjuguant le conseil. à travers l’essai Ipergay de l’agence de recherche ANRS. Or. pour ARV pourraient chacun. Elle constitue un paradigme nouveau : elle vise à traiter des ­ ­personnes séronégatives susceptibles de se contaminer.

puisque 76 % de nos compatriotes nous connaissent. ou évidente. ses valeurs et son identité. Rappelons que l’Inserm est l’ANRS sur le sida et les hépatites. et sans préjuger des jusque dans les années 2000. Je souhaite une vraie réflexion sur le partenariat industriel. il nous Commission européenne est en train de s’installer et reste donc des marges de progression ! des rencontres avec les décideurs européens sont d’ores et déjà prévues. S&S : Que vous inspirent les résultats de ­l’enquête menée cette année par Ipsos sur la notoriété et l’image de l’Inserm ? Y. À travers l’ERC. Quelles sont vos premières actions à la tête de l’Institut ? Yves Lévy : Nous lançons une évaluation de l’Inserm par un comité international. L. culier dans ses rapports à la société ? mais aussi le financement d’une partie de nos travaux. au personnel de l’Inserm.décembre 2014 . quels enjeux se présentent à l’Inserm ? l’enquête montre que 96 % des répondants ont une image Y. quand il publie des ­expertises question. président-directeur général de l’Inserm. alors qu’il était encore souvent confondu avec l’Insee S&S : À plus long terme. J’ai demandé à la direction des Ressources En particulier. la dimension e­ uropéenne des sujets de santé plus spécifiques. Elle fera partie d’une réflexion collective en vue du plan ­stratégique 2016-2020 de l’Institut. et doit toujours. 46-47 42 ● académique et industrie. Par ailleurs. De plus. Je veux qu’elle soit très ouverte aux chercheurs et. 42-43 ** Voir Bloc-notes p. en partidans l’espace européen de la recherche qui est en jeu. : L’Inserm va déjà. l’Inserm est ­désormais bien conclusions futures de ce plan stratégique. p. sur l’accélération dans le p­ arcours allant de la découverte à l’innovation au s­ ervice du patient. l’Inserm reste moins connu que le CNRS. aujourd’hui le premier organisme public de recherche Bien sûr. prospective sera également portée comme dans le cas de ­l’épidémie L’Inserm est parmi par la direction de la ­Communication d’Ebola en Afrique de l’Ouest. J’inaugurais en septembre à long terme : la redéfinition des liens entre recherche dernier l­’exposition permanente sur le cerveau** avec ● N° 22 ● novembre . Stratégies « Horizon 2020 . sur la ­valorisation de nos ­travaux de recherche. Science&Santé : Vous avez été nommé en juin dernier président-directeur général de ­l’Inserm.Stratégies • Bloc-Notes • à la une • découvertes • Têtes chercheuses • regards sur le monde • Cliniquement vôtre • Grand Angle • Médecine générale • Entreprendre • Opinions ➜ •• •• Yves LEvy L’Inserm à l’heure de la réflexion collective Alors que son cinquantenaire s’achève. plus généralement. l’Inserm me semble bien identifié dans humaines de l’Institut de produire une analyse sur cette ses missions régaliennes. la question positive de l’Institut. Et elle devra naturellement s’ouvrir à nos partenaires d’Aviesan. en incluant l’attractivité et la v­ alorisation des ­collectives qui aident à la ­décision sur des grands carrières. Horizon 2020* et nos S&S : Dans quelle direction pensez-vous autres e­ ngagements. aller à la Sans être exhaustif. Une réflexion ­participe à des réponses ­d’urgence.Soyez acteurs de l'Europe de la recherche ». : Pour des raisons démographiques. lesquels il c­ ollabore directement sur recherche français en Par ailleurs. Il est les tout premiers sur le ­sentiment d’appartenance à aussi ­associé à des ­organismes avec organismes de l’Inserm. en Europe. l’Inserm s’apprête à relever un nouveau défi de taille : s’évaluer et définir le plan stratégique 2016-2020 de l’Institut. * Voir S&S n°16. La nouvelle parce que moins ancien et moins g­ énéraliste. Un défi relevé sur la base d’une réflexion collective pour Yves Lévy. on peut encore citer un autre o­ bjectif rencontre du grand public. : Nous sommes parmi les tout premiers organismes de recherche français en termes de notoriété. associé à la santé et la recherche biomédicale. Y. L. qui aura lieu en 2015. c’est non seulement notre place ­évoluer sur cette image de l’Inserm. termes de notoriété „ et internationale de nos enjeux est comme l’INCa sur le cancer. dans le domaine biomédical. C’est une bonne nouvelle pour cette de l’emploi scientifique va s’imposer et nous devons année du cinquantenaire ! ­l’anticiper. L. Ce sera un de nos ­chantiers ­sujets de santé p­ ublique ou quand il importants pour 2015.

La première a vu la réunion de tous les parte­ naires dans une même ­structure légère et souple. L. Aviesan est désormais un i­nterlocuteur reconnu des pouvoirs p­ ublics et de la communauté académique. Les malades et leur famille perçoivent très bien le rôle de l’Inserm dans les avancées en sciences de la vie et de la santé. confiée à Aviesan par le ­ministère de la recherche. ainsi que l’état des lieux des forces de la recherche en sciences de la vie et de la santé. Quel regard portezvous sur l’Alliance. car chaque membre conserve une mission et une histoire singulière. Les associations attendent beaucoup de nous et donnent beaucoup d’elles-mêmes pour aider la recherche. mais vers des coopérations renforcées et une t­ ransversalité assumée. menée par Constance Hammond à M ­ arseille. Quel bel exemple de démocratisation de la culture scientifique ! Je ­pourrais aussi citer l’initiative Tous ­Chercheurs. nous allons renforcer le ­travail de fond avec les 380 associations de malades qui ­accompagnent l’Institut. Nous devons avancer non pas vers un « programme commun  ». qui donnent de bonnes idées – et l’ordre est important. bien sûr ». ©©François guénet/inserm S&S : Vous êtes égale m e n t d é s o r m a i s ­p résident d’Aviesan. ce lien novembre . Nous avons des expertises dans les domaines fondamental.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 43 . clinique et translationnel : celles-ci doivent mieux interagir pour mieux capitaliser sur nos atouts. Dans un autre domaine. sous la direction de Stanislas Dehaene. Pour nos chercheurs. et il s’est monté avec l’expertise scientifique de ses ­chercheurs. C’est un raccourci intéressant pour l’Alliance. avec un concept participatif très original. n  Propos recueillis par Charles Muller Universcience : ce travail formidable a été rendu ­possible par des travaux des laboratoires de l’Inserm.stratégies ➜ Le lien avec les associations de malades est devenu essentiel pour les chercheurs „ est devenu essentiel au fil des années. dans sa cinquième année ­d’existence  ? Y. : Elle progresse par étapes. qui permettent des découvertes expéri­mentales. technologique. La troisième étape s’ouvre aujourd’hui. Le prix Nobel de physiologie ou médecine 2002 Sydney B ­ renner observait : « Les innovations viennent de ­recherches techno­logiques. La deuxième étape a été la construction de la s­ tratégie nationale de recherche.

VIH/sida De la mobilisation des cher ENJEU D’HIER La découverte du virus responsable du syndrome de l’immunodéficience acquise (sida) en 1983 par Françoise Barré-Sinoussi et ses collègues lui a valu de recevoir le prix Nobel de médecine en 2008. pour syndrome Lymphadéno­ de l’immuno­ déficience acquise. Françoise Barré-­ Sinoussi recevra en 2008. de développer des combinaisons thérapeutiques qui contrôlent efficacement le virus et améliorent ­ grandement l’espérance. se rappelle l’éminente scientifique. « Elle est donc venue nous demander si on pensait qu’un rétrovirus pouvait être l’agent recherché ». une pneumonie rare.décembre 2014 . se souvient des cours qu’elle a suivis sur les rétrovirus. qui provoque des leucémies chez les réussi à ­publier la séquence génétique du VIH en j­anvier 1985. deux ­ points restent à renforcer : « Mettre ces outils à ­disposition de toutes et de tous. qui t­ ravaille avec Willy Rozenbaum. É tats-Unis. ­Première ­auteure des travaux. ­souligne ­ Françoise ­Barré-Sinoussi. Françoise Barré-­Sinoussi lymphatiques est alors chargée de recherche ­Inserm à l’Institut Pasteur et é ­ tudie. Ce Barré-Sinoussi qui alarme le CDC ? L’effondrement du ­système immunitaire des patients. l’interaction entre les rétrovirus – ces virus dont le patrimoine génétique est composé d’ARN rétrotranscrit en ADN par une enzyme virale. qui a et Françoise causé la mort de deux d’entre eux.  » ©©Institut Pasteur ©©François guénet/inserm Fra n ç L 44 ● adultes. il ­aurait suffi de quelques jours pour séquencer son génome. ­ Actuellement. D’autres cas seront observés chez pathie des hémophiles transfusés. À cette époque. » ­partenaires. car les deux tée sans pour autant craindre de traitements du futur. Quant à la r­echerche fondamentale. Et Sur quels aspects la lutte contre le VIH/sida doit-elle se concentrer ? élaborer de nouvelles o­ptions thérapeutiques que les patients prendraient sur une ­durée limi« Sur la recherche vaccinale. avant d’être plus tard baptisé VIH. » L’urgence théra­peutique. « Étant donné les moyens techniques dont nous d ­ isposions à l’époque. ­Désormais. Ainsi. et le vaccin pourrait pour leur santé ou celle de leurs Et j’y associe la recherche aussi être thérapeutique. chef de clinique à ­l’hôpital Claude-Bernard. y ­ compris dans les pays à r­essources limitées. en effet. les scienti­fiques réalisent que la pneumo­cytose est une maladie oppor­tuniste. la transcriptase inverse. pour cette découverte. la chercheuse estime que les clini­ ciens n’auraient plus forcément besoin de se tourner vers son ­ équipe : « La virologie hospi­talière a beaucoup évolué. révélatrice d’une autre qu’on appellera sida. le prix Nobel de médecine conjointement avec Luc Montagnier.. ces derniers ont en main les outils les plus performants pour identifier et diagnostiquer des agents infectieux. virus de l’immunodéficience ­humaine. « elle a porté ses fruits. Tandis que Le texte est blanc mais il existe. d’abord nommé LAV (pour virus associé aux lymphadé­nopathies  (L) en ­anglais). sont liés. décidé à identifier l’agent responsable du sida. nous avons été r­ apides puisque nous avons ● N° 22 ● novembre . en mai 1983. grâce aux observations des cliniciens. » Mais pour Françoise Barré-Sinoussi. ­ l’agent étiologique du sida est rapi­ dement isolé. enseignés à Pasteur par Françoise Barré-­ Sinoussi. l’opération a nécessité la mobilisation de tous les biolo­gistes de l’Institut Pasteur ! » Les diffé­rences d’avec le début des années 1980 ne s’arrêtent pas là. la chercheuse revient sur cette période qui a transformé la recherche en virologie.. des ganglions En 1982. aux connaissances des chercheurs et à leur équipement ­ technologique dédié à l’étude des rétrovirus. de vie des personnes séropositives. pour intégrer le génome ré-Sinou cellulaire – et leurs hôtes. » C’est alors que Françoise Brun-Vézinet. diagnostique et préventive de ces années a. 5 juin 1981 : le Centre pour le contrôle et la prévention des ­mala­dies 1986. le seul virus se i de ce type connu chez i o l’homme est le HTLV1. l'équipe ­d’Atlanta (CDC) alerte la ­communauté de Jean-Claude médicale sur le cas de cinq patients Chermann homosexuels t­raités pour pneumo(à gauche) cytose. pointant Atteinte vers la culpa­bilité d’un virus. Commence alors une collabo­ ration fructueuse puisque. r a B ss « À l’époque. conduit les clini­ ciens à se mobiliser et à jouer un rôle majeur dans la ­réponse à l’épidémie par la mise en place des tests diagnostics. Bruno Spire nous éclaire sur l’un des enjeux actuels : l’évolution de la prévention. et p ­ ermis l’élaboration de tests sûrs et surtout. et la qualité. chez la souris. depuis 1996. Très vite. Aujour­d’hui. un article paru dans Science fait sensa­ tion dans leur communauté en décrivant pour la première fois un nouveau rétro­virus humain.

interaction avec les cliniciens. de répondre à leurs questions. par exemple.inserm. influence et sociales de la santé et traitement de l’information médicale des associations de malades… l’émergence du VIH a modifié en profondeur le visage de la recherche. Sans départements d’outre-mer.une association de deux antirétroviraux habituellement utilisés en thérapeutique – comme traitement préventif à la demande contre l’infection au VIH. 128 p. Et d’idées que la prévalence du VIH oscille entre 15 et 20 % dans cette population. » l’efficacité du Truvada® . identifiés comme des lieux de rencontre des octobre 2014. tout chez les patients ayant une charge virale contrôlée. s’exclame le chercheur. pionniers dans ce domaine. recherche multien 2003 puis en 2011 ». Idées reçues. l’essai Ipergay s’est donné pour mission de tester et nécessaire. l’activité sexuelle est souvent programmée. reste la le VIH/sida doit-elle se concentrer ? question de la prévention qui préoccupe les chercheurs en sociologie de la santé. Bruno Spire.ENJEU cheurs aux traitements préventifs D’aujourd’hui A ©©Étienne Begouen/inserm ©©Eric Guichaoua/Inserm ANRS e lors que l’on connaît bien maintenant le virus. « Pour Ipergay. que Sur quels aspects la lutte contre les thérapies ont fait d’importants progrès. Sciences économiques Mobilisation des chercheurs. c’est grâce aux mouvements associatifs de ☛☛Bruno Spire : unité 912 Inserm/IRD – Aixlutte contre le sida. Conduite dans les sectorielle bien entendu. première association française de lutte contre le VIH/sida et les hépatites virales. ne présente qu’un risque infectieux minime. Bruno Spire souligne l’essor de la recherche communautaire. de les aider à conserver leur motivation : tout cela se fait avec des associations ! Si la recherche médicale en général fait une place de plus en plus importante aux associations de malades. « L’idée du traitement pré-exposition (PrEP pour Pre-Exposure Prophylaxis en anglais) se fonde sur le constat que. pendant et après chaque période d’activité sexuelle. « C’est tout l’intérêt de l’étude VESPA (VIH Enquête sur les personnes atteintes) lancée par l’ANRS. tout miser sur le préservatif n’est pas suffisant. « Les premières années. ce ne sont pas les médecins qui vont aller dans les saunas. » reçues Surtout. il a fallu mettre en place des études associant données comportementales « Tous ! Sur la et médicales. les participants au programme prennent ces comprimés avant. et dont la charge virale est contrôlée. considéré comme le seul moyen d’éviter la contamination ». il est nécessaire d’accompagner les volontaires. Autrement dit. coll. nouvelle éd. directeur de recherche Inserm au Sesstim et président d’AIDES. Plus aussi importante récemment. Elle a démontré qu’il n’y avait oublier la recherche pas d’augmentation des conduites sexuelles sans préservatif fondamentale. » Surtout. pour recruter des participants à l’essai ! Il faut la participation Bleu..95 € de militants associatifs ». Graciela c’est-à-dire faite avec les personnes concernées. en combinaison avec l’utilisation des préservatifs. De plus. Le Cavalier homosexuels.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 45 . insiste-t-il. rappelle Bruno Spire *. les Bruno Sp messages de prévention étaient axés uniquement sur ir l’utilisation du préservatif. hôpitaux. l’enquête menée auprès des personnes vivant impliquant autant avec le VIH a permis de dresser un tableau détaillé de les cliniciens que les leurs conditions de vie en France métropolitaine et dans les sociologues. Marseille Université.fr/50-ans novembre . 10.. Sida : 30 ans chez les homosexuels. n Annonce de l'essai Ipergay faite dans la presse gay (hiver 2013 printemps 2014) REPÈRES 1983 Identification du VIH Commercialisation des premiers tests de diagnostic sérologique 1985 Efficacité de combinaison d’antirétroviraux 1996 Protection par les traitements antirétroviraux de la transmission du VIH 2011  Rubrique réalisée par Julie Coquart 8 www. les messages doivent s’adapter en fonction des risques propres à chaque comportement. Pour lui. on a enfin pris en compte le fait qu’une personne séropositive traitée. « Depuis 2007-2008. Pour les définir. et plus seulement pour Catteneo ou sur elles.

fr EXPOSITION • à la une • découvertes • Têtes chercheuses • regards sur le monde • Cliniquement vôtre • Grand Angle • Médecine générale • Entreprendre • Opinions • Stratégies ➜ C3RV34U Testez votre cerveau ! Conférences avec chercheurs et médecins du Centre de Le texte est blanc mais il existe. spécialisé des interfaces cerveau/machine Souris Chaos. avec Jean-Louis Mas En partenariat avec l’hôpital Sainte-Anne À la Cité des sciences et de l’industrie de Paris. Limoges 8 www. avec Jacques Epelbaum ➜ 18 novembre. 44-45 Entrée libre sur réservation : binôme. Paris 19e 46 ● ● N° 22 ● novembre . Villejuif ● SANTE EN QUESTIONS VIH : quels progrès médicaux en France ? avec Bruno Spire*. Paris 5e ©©LSDMots Amphithéâtre Morel. Sur un grand panneau. Paris 10e En partenariat avec Paris Bibliothèques 8 www. mais est-ce tout ? La première salle de l’exposition présente le cerveau à ➜ 6 novembre. avec Marie-Odile Krebs ➜ 4 novembre.com d’infos sur le blog 8 Plus dircom. une visiteuse.inserm. 15 h et 19 h 30 * Voir 50 ans de l’Inserm p.eu Cité des sciences et de l’industrie. président d’AIDES et chercheur (unité Inserm 912. psychiatrie et neurosciences (unité Inserm 894) • La psychiatrie.  20 heures Espace Congrès les Esselières.fr Festival binôme à Paris Swan Song ou la Jeune Fille.idf.inserm. Antoine Chéret. oui. chercheur Inserm en neurosciences.toulouse-limoges. médecin (Maladies infectieuses.lessensdesmots. murmure Claudie Haigneré. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce titre à l’écriture étrange ? Comme dans un cabinet de curiosités.inserm. de Frédéric Sonntag après sa rencontre avec Daniela Cota. présidente d’Universcience.idf. ● Les jeudis de l’actualité De la recherche au contenu de nos assiettes avec Serge Hercberg (UMR U1153. 18 h 30 • Les AVC. 19 heures Bibliothèque François-Villon.. depuis le 16 septembre. hôpital Sainte-Anne. Sesstim à Marseille). hôpital Font-Pré à Toulon).fr ● BAR DES SCIENCES Environnement et santé avec Rachel Nadif (unité Inserm 1018.fr 8 www. collaborateur de l’ANRS. et Yves Lévy. la nouvelle exposition ­permanente de la Cité des sciences et de l’industrie.inserm.Bloc-Notes Expositions ● 50 ans de l’Inserm et Amazing Science ➜ 6 décembre Bibliothèque francophone multimédia (BFM).inserm. ­l’entrée présente une succession d’objets étonnants : tous semblent être des répliques de cerveau.idf. une question interpelle : « Mais qu’est-ce que vous avez en tête ? ». Paris 14e ©©PH.décembre 2014 Espace des sciences Pierre-Gilles de Gennes. réagit Anne. 18 h 30 • Le vieillissement.. « Si vous saviez ! ». à la sortie de C3RV34U.LÈvy / EPPDCSI ➜ 25 novembre. spécialiste en physiopathologie de l’obésité (unité Inserm 862 à Bordeaux) ➜ 27 novembre. 18 h 30 . 19 h – 20 h 30 ➜ 14 et 15 novembre. P-dg de l’Inserm (sous réserve) theatre 8 www. l’exposition C3RV34U emmène ses visiteurs dans les méandres de leur cerveau.resa@gmail. Des neurones. Centre de recherche en épidémiologie et biostatistiques Sorbonne-Paris-Cité) «J ’ai encore la tête plongée dans cet univers ». Une ­réaction qui intrigue l’assistance venue à l’inauguration.fr •• •• • •• •• •• conferences 8 www. Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations) ➜ 27 novembre. la Machine et la Mort de Sabryna Pierre. suite à sa rencontre avec Karim Jerbi.

premier reste convaincu que l’on touche sa propre main. Une méthode non invasive qui permet. Dans l’espace « Fait pour Mais. « Je ne sais pas ce que c’est. on est pareil que ­personne ». une myriade de couleurs s’affichent « 6D cerveau social conf. la phase deux cerveaux ­Stanislas ­Dehaene *. L’illusion provoquée par l’expérience Institut du de la main en caoutchouc fascine ainsi les cerveau et de la moelle épinière visiteurs. des espaces obscurcissent la vocation de chacun.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 47 . où l’on explique avec humour décalent la vision. l’univers « neuroludique » de l’exposition «  Voir avec son cerveau  ». mais c’est beau ». Laboratoire Matière et systèmes complexes) . Un autre commente : « C’est un les conséquences d’une relation humaine sur nos hémisPlasticité peu comme un radis. « Y a Un peu plus loin.org web Chercheurs toujours/AFAS ©©labo des savoirs •• •• Debat 8 www. un écran géant. Paris 15e 8 www. il enlève les ☛☛Stanislas Dehaene : unité 992 lunettes et réessaye. C3RV34U amène le visiteur là où il semble impossible desquels le cerveau est capable de se modifier « En toute conscience ? » C’est là que la promesse . le visiteur chausse des lunettes tudes. La main droite du premier est c­ achée et 1127).réseaux neuronaux. 15 heures Institut Pasteur. prismatiques pas deux cerveaux pareils.cite-sciences. il n’est pas question d’interroger son champ visuel mais justement Le cerveau décrypté de le perturber. En effet. Le second touche Koechlin. la vraie puis Les lunettes prismatiques laboratoire de neurosciences cognitives changent la vision des choses. prend forme grâce à de n ­ ombreuses expés’y perdre les méninges. des rideaux rouges. production : Universcience. Au programme : prismes qui dévient adultes. Dans les deux cas. musique forte et des fauteuils confortables : une séance Lunettes dotées de comprend un enfant face à une série de cerveaux de cinéma vient clôturer l’exposition. Il doit. Finalement.universcience. Mécanismes au cours quatre nouveaux espaces : « Fait pour a­ pprendre ». Deux d’entre eux sont assis face à (unité Inserm face. 2014 notre cerveau interprète et imagine la situaStéphanie Dubal. neuro­ coup sont inconscientes ! Toutefois.universcience. dans la salle suivante.tv novembre . avec un pinceau les deux mains. le (unité Inserm 960). cerveau s’en sort plutôt bien : rempli de noueffectuer plusieurs allers-retours entre velles connaissances… deux pointes et une cible. Explications de Denis Le Bihan.LÈvy / EPPDCSI •• •• videos L cognitives. riences ludiques. 2014 Le principe : utiliser le champ électrique produit par l’activité de nos cellules grises. «  Décider pour agir  ». certains pointent dans embryonnaire du scientifique et c ­ ommissaire que la m ­ ulti­ t ude d’activités et le manque de distinction pareils „ développement ou scientifique de l’expo­sition. Virtuel.fr L’EEG. modératrice : Rodica Ravier (CNRS) ➜ 25 novembre. Le cerveau : quel type de machine avec Jean-Pierre Henry (CNRS UMR 7057. Neuroimagerie cognitive qu’un laps de temps est nécessaire avant  Nadège Joly qu’il n’y ­parvienne à nouveau. Puis. pour se rendre compte sur lui-même ! n  Inserm/CEA – Université Paris-Sud 11. autrement dit sa plasticité cérébrale  (L).de qu’il possède de merveilleuses aptitudes. 8 labodessavoirs. » Puis. ».tv Un nouveau site pour le Labo des savoirs. cérébrale un neurone. dont beau. décryptent ces deux mécanismes. celle en caoutchouc. production : Universcience. du bout de l­’index. animée par une équipe de doctorants et d’étudiants encadrés par des professionnels. directeur de NeuroSpin (CEA Saclay) 8 www. et Étienne remplacée par une fausse. Il découvre 8 www. Objectif : faire en sorte que De l’émotion dans la décision ce que l’on voit ne corresponde pas à une Réalisation : Pascal Goblot. s’extasie un visiteur.  2 min 5 s. de mesurer l’état de conscience dans le cas d’un coma végétatif ou de localiser l’épilepsie. chercheurs en sciences L ©©PH. une émission radio hebdomadaire consacrée aux sciences et à la culture scientifique. une conférence filmée sur le la lumière et donc sur un écran. l’électroencéphalographie Réalisation : François Demerliac.bloc-notes ➜ différents moments de la vie. mais que 5 min 56 s. pas d’inquiéapprendre ». votre prismatiques (L).chercheurs-toujours. Les en réorganisant les «  ­Chacun viendra avec son adolescents et leurs parents seront ravis de découvrir connexions et les “ Il n'y a pas ­cerveau et pourra le tester » . tion. sensation perçue par notre corps. thème du cerveau social. ceux-ci ne sont en réalité jamais isolés.fr ici sa capacité d’adaptation. quitte à lors d’apprentissage. » Et un écriteau informe : « C’est phères. Derrière. Lunettes des planches scientifiques et des maquettes 3D. Dans celui intitulé « Voir avec son cerveau ». par exemple.de se rendre : à l’intérieur de son propre cerveau. à travers des clichés d’IRM. on distingue Ils évoluent dans une société qui peu à peu les modifie. à la sortie.

encourage le lecteur à naviguer dans l’ensemble du site. les notions de base de génétique et les modes de transmission des maladies. Paris www. Elle présente aussi le déroulement d’une consultation et les professionnels de santé qui y participent. ce site a pour but d’apporter un premier niveau d’éclaircissement fiable et pédagogique sur cette discipline.idf. L’accent est mis sur les raisons pour lesquelles il a fallu ● N° 22 ● novembre . L. Forum Top métier 92 Présentation des métiers de la recherche à l’Inserm et animation d’ateliers scientifiques ➜ 29 . : Oui. aux patients souffrant d’une maladie génétique et à leur famille. Conçu en collaboration avec des professionnels de la génétique. leur mission et leur ­organisation. « Les os en vrac ». : Trois entrées principales sont proposées. médecin. ainsi que celles liées aux problématiques juridiques. développé par un consortium d’une quarantaine de pays et coordonné par l’Inserm La boîte noire Réalisation : Jean-Pierre Courbatze. Des infographies.genetique-medicale. un g­ lossaire.inserm. La partie « La génétique : l’essentiel » aborde. eux. référente en génétique médicale de l’Agence.fr 8 www. L. quelle place occupe-t-il dans le paysage du Web dédié à la génétique ? P. des vidéos mettant en scène des ­patients ou des acteurs du monde m ­ édical. Enfin.  n Propos recueillis par Hélène Perrin 8 www. revient pour nous sur le contenu et les spécificités de ce site dédié au grand public.fr 48 ● Science&Santé : Pourquoi une telle initiative ? Pascale Lévy : Parce que la génétique médicale contribue à la prise en charge de nombreuses personnes en France : à titre d’exemple. « Des yeux portatifs ». : Il se veut complémentaire des sites existants. Et pourtant.fr forum LOrphanet ©©François guénet/inserm Développé par l’Agence de la biomédecine. Les ­informations données ici sont-elles vraiment accessibles à tous ? P. scénarisée. 24-35 8 www. dont 4 concernent plus particulièrement l’Inserm. L’objectif reste d’apporter ensemble la meilleure information possible au public. L. S&S : Le sujet paraît très complexe. Il y a donc un vrai besoin d’information du public.La Défense. Il a été conçu pour aller à l’encontre de l’idée reçue selon laquelle la génétique serait une discipline froide et déshumanisée. Nous avons pris le parti d’en développer un qui soit généraliste et de renvoyer le lecteur vers l’encyclopédie très complète d’Orphanet pour toutes les informations relatives à des maladies particulières. * Voir « Douleur. notamment les tests génétiques.décembre 2014 mettre en place une ­législation stricte qui régisse ces activités. un agenda et une liste d’autres sites de référence en la matière y sont également proposés. la dernière rubrique apporte un éclairage sur les instances publiques qui e­ ncadrent la ­génétique médicale. “ Un site pour apporter une information fiable et pédagogique „ S&S : Justement.net Une nouvelle collection de 15 films de 2 minutes. S&S : Et pouvez-vous nous donner des précisions sur son contenu ? P. mais aussi à tout internaute à la recherche d’indications claires sur la génétique médicale et les tests génétiques. Ce site peut aussi intéresser les professionnels de santé qui sont susceptibles de le recommander à leurs patients. Pascale Lévy. la rubrique  « La génétique médicale et vous » répond aux questions que se pose l’internaute. elle. par maladie.bloc-notes web ➜ La génétique pour tous Portail de référence tout public sur les maladies rares et les médicaments orphelins. quelques semaines après son lancement. comme Orphanet (L). grâce à des métaphores visuelles dans un univers qui frôle le surréalisme. « Bras de fer ».inserm. plus ciblés.fr .orpha. La recherche y est racontée de façon imagée. qu’il s’agisse de ceux développés par des associations de malades ou par des acteurs de la recherche. près de 400 000 personnes ont bénéficié d’un test génétique. coloré et enrichi par des photos. Bientôt sous contrôle ? » p. l’an passé. inserm. coproduction Universcience/Le Miroir/ Inserm ©©J-P Courbatze •• •• video 8 www. le site Les clés de la génétique médicale pour tous propose d’en savoir plus sur ce domaine.31 janvier 2015 CNIT. Il aborde les notions nécessaires à la compréhension de cette spécialité dédiée aux maladies génétiques. Le traitement graphique retenu. cette spécialité reste encore mal connue et ce qui circule sur Internet est parfois erroné et souvent incomplet. « Dans la douleur»*. metiers.serimedis. À t­ ravers une série de situations concrètes. synthétique.

Rennes 8 www.toulouse-limoges. Institut de recherche. ARSLA.toulouse-limoges inserm. Reims 8 www. VML. l’Inserm ouvre plus de 180 laboratoires aux malades et à leurs familles pour 4 journées thématiques.fr Il s’agit pour vous de collecter des dons auprès de vos proches. • projets de recherche (Bertrand Nalpas. IUT de Morlaix ➜ 9 décembre •• •• Sport et sciences evenement Muséum d’histoire naturelle. 18 heures Champ de Mars.inserm. soit près de 1 000 malades et plus de 220 chercheurs concernés !… ● Chronobiologie : ces horloges qui rythment notre vie ➜ 27 novembre. Louis Casteilla et Luc Sensebé (unité Inserm 1031. Musée des arts et métiers. Rencontre suivie d’une séance de dédicaces : Une fenêtre sur les rêves (Odile Jacob. hôpital de la Pitié-Salpêtrière.arts-et-metiers. 2014) ➜ 16 décembre. ELA. Paris 10e Pour s'inscrire 8 http://rencontre-alcooletrecherche. Épidémiologie et analyses en santé publique). neurobiologiste (unité Inserm 1085. dans 12 villes et plus de 30 laboratoires Inserm ouverts ● Des neurones neufs tous les jours avec Olivier Kah. 10 h – 16 h Hôpital Saint-Louis. Toulouse Entrée libre aux horaires d'ouverture des BU colloque Science Tour ➜ 6 décembre.espace-sciences. amphithéâtre Hayem.com organisé par la Mission Inserm Associations et les associations d'entraide aux personnes en difficulté avec l’alcool : • l’alcoolisme au féminin (Fatma Bouvet.fr 8 www. Aptes.fr ©©dr EXPOSITION ➜ 5 décembre.org ● La médecine régénérative avec Emmanuelle Rial-Sebbag (unité Inserm 1027. s’inscrire sur 8 www. Épilepsie France.bloc-notes conferences Les chercheurs accueillent les malades À l’occasion de ses 50 ans.20 novembre Bibliothèque universitaire et STAPS. Huntington France. FFRE. amis ou collègues et d’« illuminer la nuit contre le cancer » lors de cette marche nocturne de 4 km. 18 h 30 Salle Hubert-Curien aux Champs libres. neurologue (unité Inserm 1127.fr ● Neuroépidémiologie tropicale avec Pierre-Marie Preux (unité Inserm 1094. France Alzheimer. Stromalab) •• •• Une exposition qui met en évidence les liens étroits qui existent entre le sport et les sciences.toulouse-limoges.fr Alcool et recherche du laboratoire au malade Alcool au féminin 8 www.fr ©©Hervé Le Gac •• •• en tournee 8 www. FAF. 20 heures La recherche scientifique et médicale récente sur le sommeil et le rêve aide à comprendre comment notre cerveau travaille en dormant. Paris 3e 8 www. Paris Retrouvez la page Facebook pour vous inscrire 8 www.fr ➜ 7 octobre . ➜ 28 novembre Nombre de places limité. Neuroépidémiologie tropicale) ➜ 11 décembre La marche des lumières Bibliothèque francophone multimédia.espace-sciences.décembre 2014 ● N° 22 ● ● 49 . sur le parvis de la Bibliothèque francophone multimedia Limoges 8 www. Limoges Ensemble éclairons la nuit contre le cancer 8 www.inserm. 18 h 30 – 20 h Amphi Abbé-Grégoire. en partenariat avec 60 associations de malades. Inserm/Mission Association de malades et Isabelle Boulze. ARSEP. Institut du cerveau et de la moelle épinière. ● La science des rêves avec Isabelle Arnulf.univ-reims. Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie).facebook. • réduction des risques (Michel Craplet. université Montpellier III) ➜ 11 décembre. Paris) ➜ 22 novembre.org novembre . santé.inserm. environnement et travail) Notre cerveau fabrique des neurones tous les jours ! Cette conférence fera le point sur l’évolution des connaissances et les nouvelles perspectives thérapeutiques. hôpital Sainte-Anne).chercheurs-malades.net •• •• rencontres ➜ Maladies neurologiques maladies neurodégénératives En partenariat avec : France Parkinson. Association Syndrome de Wolfram.

Odile Jacob. Odile Jacob.. qui présente ici les mécanismes de défense activés par le corps pour réagir aux hasards (allergies. la constante évolution du domaine et s’appuie sur l’émergence de nouveaux modèles cellulaires in vitro. 23. grâce aux compétences et aux approches multiples. n Rubrique réalisée par Maryse Cournut Assistante d’édition Coralie Baud Ont collaboré à ce numéro Alice Bomboy. revenu de tout.90 € En une centaine d’entrées. 88 p. 5.90 € Dans la lumière et les ombres Darwin et le bouleversement du monde Jean Claude Ameisen Le moindre mal François Bégaudeau Dans cette collection d’histoires de vie. maladies infectieuses ou cancers). devra faire équipe avec un jeune cadre surdiplômé. 256 p. gratuit octobre 2014.Décembre 2014 Guide des métiers scientifiques Fédération nationale des étudiants en sciences exactes et techniques Culture de cellules animales (3e éd. Hélène Perrin. toujours plus riche. l’auteur.. et des activités mentales aussi complexes que la perception du beau ou la création musicale ? Tenter de constituer une neuroscience de l’art. Bruno Scala Conception graphique et direction artistique Ghislaine Salmon-Legagneur Iconographie Cécile Depot Consultante projet Françoise Harrois-Monin Crédit de couverture Illustration : Sabine Allard Impression Groupe Burlat N° ISSN : 2119-9051 Dépôt légal : Novembre 2014 . coll. Les Plus Grandes Pommes du savoir. 432 p. parution annuelle. 288 p. Gaëlle Lahoreau. 23. dit le Teckel.. Odile Jacob. 240 p. Philippe Manoury octobre 2014. Ensemble.. 25. 17.. celle de la théorie de l’évolution. par un contenu totalement renouvelé. personnelles et éthiques de la résolution du dernier des mystères.. Jean Fauquet. Professeur Cyclope. Une évocation au vitriol du monde des laboratoires pharmaceutiques et des pratiques commerciales ! GUIDE DES MÉTIERS Bien plus que le récit d’une inimitié. la bataille entre ­Pasteur et Koch.. curieuses… Pierre Barthélémy septembre 2014. Jean-Pierre Changeux. originales. Directeur de la publication Yves Lévy Directeur de la rédaction Arnaud Benedetti Rédacteur en chef Yann Cornillier Secrétaire de rédaction Maryse Cournut Chef de rubrique Julie Coquart Le Teckel Hervé Bourhis Quelles relations peut-on établir entre les molécules.bloc-notes BD livres ➜ Voyage au pays des infertiles 9 mois dans la vie d’une psy Geneviève Delaisi de Parseval août 2014. Nicolas Rigaud. Pasteur et Knock. un bébé ou même un animal.fneb. Julie Paysant. le QI. ● N° 22 ● novembre . toujours en devenir.) Georgia Barlovatz-Meimon. l’auteur fait le portrait d’Isabelle. Raconter la vie. Pascal Nguyên. ses aspects comiques et étonnants.90 € « L’immunologie émerge enfin en pleine lumière comme une discipline fondamentale… » selon l’auteur. 11.90 € Abonnement gratuit.. de son parcours d’infirmière. Hugo/Doc. Karl Pouillot. Toutes les questions sont bonnes à poser et on apprend mieux en s’amusant… 50 ● 8 www. en réalité discrètement mandaté par sa hiérarchie pour enquêter sur ses véritables agissements.. en Ile-de-France et en province. les synapses et les neurones. 180 € Ce livre est un voyage à la rencontre d’une révolution scientifique. évoque les à-côtés de la science. Nadège Joly. 24. 208 p. 7. Françoise Dupuy Maury. intègre. victimes des ressentiments de 1870. relate ici le quotidien de son travail clinique auprès de ces couples en souffrance. en accordant une importance égale aux implications technologiques. Amandine Henckel.50 € N°22 Un visiteur médical. Xavier Ronot septembre 2014. ils doivent vendre la nouvelle version d’un médicament soupçonné d’avoir provoqué des centaines de décès. Odile Jacob. malgré les rancœurs personnelles.. tel est l’enjeu de cet ouvrage en forme de débat. l’impulsion de la connaissance finit par l’emporter.50 € Le jeu du hasard et de la complexité : l’homme face aux microbes et aux cancers Philippe Kourilsky septembre 2014. 80 p. décoder à quoi pense un individu.fr septembre 2014.fr Peut-on mesurer l’intelligence ? Sylvie Chokron septembre 2014. 528 p. psychanalyste spécialiste des questions de filiation et de procréation. 21. passionnée par son travail mais affectée par la mutation profonde de l’institution médicale.90 € Détecter la présence de la conscience. coll.90 € L’auteur. Caroline Guignot. 128 p. Damien Coulomb. 700 p. philosophiques. Un duel de géants dans le monde des microbes Annick Perrot et Maxime Schwartz septembre 2014. Points. Novembre . Casterman. professeur émérite au Collège de France et membre de l’Académie des sciences. Vincent Richeux. aide à ­comprendre comment se construit la science et comment. Passeur de sciences Le dico des nouvelles découvertes étonnantes.. Le code de la conscience Stanislas Dehaene octobre 2014. et y aurait-il un type unique d’intelligence ? Les neurones enchantés Le cerveau et la musique Pierre Boulez. 120 p. interroge sur la mesure de l’intelligence et l’outil utilisé. sortir les patients du coma. octobre 2014. 300 p. neuropsychologue (Fondation ophtalmologique Rothschild et CNRS).décembre 2014 La nouvelle édition de cet ouvrage. Odile Jacob.90 € L’auteur.. écrire à : science-et-sante @ inserm. Lavoisier/Inserm. Alexandra Foissac. journaliste bien connu pour son blog éponyme sur le site Internet du Monde. 16 € septembre 2014. Le Pommier. doter les machines d’un début de conscience… autant de perspectives ouvertes ici.

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