20° Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques et de l’Armement Conférence N° 17 « Risques liés aux trafics illicites»

Date : 03/02/2010 Conférenciers : Mme Nathalie CRESTE MANSERVISI 1-Points forts de la conférence à retenir
Constat : 74 millions d’européens adultes ont consommé du cannabis dans leur vie, dont 12 millions au cours de la dernière année. 13 millions ont consommé de la cocaïne, 12 millions des drogues de synthèse et 1.2 à 1.5 millions de l’héroïne. 4% des européens qui meurent entre 15 et 39 ans le doivent à la drogue. La drogue en Europe c’est donc un problème important de santé publique. A noter par exemple que l’Espagne consomme autant de cocaïne que les Etats-Unis, l’Italie consomme plutôt de la cocaïne et de l’héroïne, l’Allemagne plutôt des drogues de synthèse et de l’héroïne. Globalement en Europe, la consommation de cannabis a tendance à diminuer, alors que la consommation de la cocaïne et des drogues de synthèse augmente. Quant à l’héroïne, après un déclin important, la consommation augmente à nouveau ces dernières années. Un Observatoire des Drogues a été créé au niveau européen pour prendre la mesure du problème. Cet organisme produit un rapport annuel. Action de l’UE : En matière de lutte anti-drogue, il n’existe pas de compétence communautaire et donc pas de législation européenne. Les législations restent assez hétérogènes en fonction des pays. L’action de l’UE dans le domaine de la lutte anti-drogue se veut une approche équilibrée qui s’intéresse aussi bien à l’offre (par des actions de police par exemple) qu’à la demande (campagne de sensibilisation). Il existe un document de politique stratégique européenne sur le sujet (valable jusqu’en 2012) destiné à inspirer l’action des états membres avec proposition de plans d’action. Quelques exemples d’action de l’UE en matière de lutte contre l’offre : • Contrôle des produits chimiques qui peuvent être utilisés à des fins illicites mais sont également utilisés à des fins licites. Un accord existe avec l’Amérique Latine et la Chine, et un autre est en cours avec la Russie • En Amérique Latine, un soutien financier de l’UE existe pour obtenir une coopération policière avec l’accès aux renseignements • En Afghanistan, des actions sont menées pour diversifier l’agriculture et appuyer le système judiciaire. • Des plates-formes de coopération sont soutenues financièrement par la commission au Sénégal et au Ghana : globalement 15 M€ sont fournis à titre d’aide aux polices africaines des pays concernés par la route de la drogue. • Une conférence sur le sujet est en cours au Sénégal avec les ministres de l’Intérieur de la France et de l’Espagne pour améliorer la coopération dans ce domaine A noter qu’un coup d’état récent en Guinée Bissau a stoppé le trafic de drogue dans ce pays. Le nouveau pays infecté est la Sierra Leone. Les trafiquants recherchent des pays faibles mais suffisamment stables pour installer leur trafic sur un système de corruption du pays. En matière de lutte contre la demande, les actions de prévention sont essentielles. A noter que en matière de santé publique la compétence est européenne. Ceci facilite la mise en place par la Commission d’actions de prévention.

2-Intérêts pour le thème de la session « La sécurisation de l’espace maritime méditerranéen »
La conférence est en lien direct avec le thème de la session. On voit que dans ce domaine l’implication directe de l’UE est relativement faible (du fait que la lutte anti-drogue n’est pas une compétence européenne) : 15M€ d’aide aux pays africains liés à la route de la drogue apparaît une somme dérisoire au regard des sommes gigantesques impliquées dans le trafic de drogue. Tout semble donc reposer sur les états membres, ce qui peut représenter une difficulté pour mettre en place des partenariats dans le cadre de l’UE.

3-Remarques éventuelles
Seul le trafic de drogue a été abordé dans cette conférence. Il aurait été intéressant d’avoir un aperçu de l’action de l’UE dans le domaine des autres trafics illicites (contre-façons par exemple). Rédacteur : Mona KHOURY (DGA)