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SOCIÉTÉ | LES COMMUNAUTÉS DE COUREURS

En chaque coureur, un webmaster
PAR HENRI LACROIX, AVEC PHILIPPE BILLARD

Les communautés de coureurs existent sur internet depuis une petite dizaine d’années. Hier, l’internaute-coureur était relativement passif. Les forums ont créé des communautés et donné à leurs membres la soif de participer. Aujourd’hui, réseaux sociaux, forums, blogs et sites portails se mêlent pour offrir de multiples accès aux passions les plus dévorantes… la course à pied par exemple.

« 2.0 » OU LE PRINCIPE ACTIF DU WEB Le Web 1.0 et ses pages statiques, difficiles à mettre à jour et impossibles à commenter… Ce web là est mort, vive le Web 2.0 et l’interactivité entre les internautes. Cette technologie leur a permis de passer de l’autre côté du miroir, de contribuer au contenu même des sites en publiant leurs propres articles et en commentant ceux des autres, en demandant des conseils et en partageant leurs expériences. Ajoutezy une passion commune (forcément), ainsi que quelques personnes motivées, et vous avez déjà les bases de votre communauté internet. Le besoin de partager une passion, la simplicité de mettre en œuvre une communauté sur Internet expliquent l’explosion des communautés online. « COMMUNAUTÉS DE COUREURS »… UN PARADOXE ? Qu’en est-il de la légendaire « solitude du coureur de fond » ? La course à pied n’est-elle pas avant tout un plaisir solitaire ou un défi qu’on se lance à soi-même ? On attribue à un mystique indien du VIIe siècle cette phrase : « L’homme naît et meurt seul… Alors que sont pour lui ses amis ? Des entraves. » Il en faudra plus pour me convaincre de cela, mais j’ai longtemps pensé, oui, qu’on courait seul. Tiens ? Pourquoi serions-nous condamnés à courir sans personne pour partager passions, expériences et conseils ? Bien sûr les plus motivés ont tenté l’aventure du club de course à pied. Mais pour beaucoup les contraintes des entrainements collectifs sont incompatibles avec l’esprit de plaisir et de liberté codés dans l’ADN de chaque coureur. La situation aurait pu en resLe Web 1.0 ter là … sans l’avènement de est mort, la fée Internet. Internet, qui vive le Web 2.0 permet de dialoguer au sujet de la Western States avec un et l’interactivité entre coureur californien, quasiles internautes. ment instantanément et tout à fait gratuitement. Ou de rejoindre un groupe qui se prépare pour la Saintélyon pour se motiver et s’y retrouver au départ. De l’Internet qui rapproche les coureurs aux communautés de coureurs en ligne, il n’y avait donc qu’un pas à franchir. Vous participez déjà à une communauté, ou pas. Vous avez peut-être envie d’en créer une, correspondant davantage à vos aspirations, et déjà les doutes vous assaillent. Battons en brèche quelques idées reçues, et commençons à faire de vous un coureur 2.0.

Source : http://blog.aysoon.com/Le-Web20-illustre-en-une-seule-image

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TROIS IDÉES REÇUES SUR LES COMMUNAUTÉS Première idée reçue : inutile, toutes les communautés ont déjà été créées. À quoi bon dépenser son temps et son énergie à lancer une communauté de coureurs sur Internet puisqu’il en existe déjà beaucoup, depuis des années et, comme pour Nike ou Adidas, avec des ressources financières et techniques que l’on imagine ? Et bien tout simplement parce qu’il existe toujours un nouvel angle pour intéresser les coureurs, de nouveaux contenus à imaginer (podcast de récits), des rapprochements innovants (comme la géo-localisation des photos de courses), d’autres manières de faire communiquer (vidéo) et rencontrer les coureurs (visite des grandes capitales en courant). Les prochaines communautés nous surprendront. Par ailleurs, les communautés ne s’excluent pas entre elles et sont bien souvent complémentaires. Il est fréquent de voir que des coureurs possédant leurs habitudes au sein de plusieurs groupes, telle Nadine Racat, qui a commencé la course à pied en 2006 pour faire sa première Saintélyon en 2008. Pour elle, le site « Athlète Endurance » est un peu sa maison, et « Ultrafondus » est devenu « une résidence secondaire bien sympa ». Deuxième idée reçue : créer un site communautaire, c’est compliqué et cela prend du temps. C’est tout

réserve de comprendre un peu l’anglais, comme pour KickApps2. • Des sites communautaires « en kit » qui eux demandent des compétences en programmation. Plus ardus à mettre en place mais plus évolutifs. Parmi ces CMS (Content Management System ou en français, systèmes de gestion de contenu), Drupal3, Spip4 et surtout Joomla5 avec son extension « Community Builder » sont les plus utilisés. • Des forums en kit, gratuits ou non, qui à l’opposé des CMS permettent de créer des portails communautaires plus ou moins évolués, tels que vBulletin6 (payant), phpBB7 (gratuit). • Des forums améliorés qui permettent de partager simplement des photos, des agendas comme les Groupes Google8 ou les Groupes Yahoo9.

LES COMMUNAUTÉS DE MARQUES ÉQUIPEMENTIÈRES

DU CONCEPT MARKETING À LA COMMUNAUTÉ
es « marketeurs » des équipementiers de course à pied (chaussures, cardio, etc.) ne pouvaient pas rester inactifs devant ce vivier de clients potentiels que constitue les membres des communautés de coureurs. Depuis 2006, Nike fait la course en tête grâce à son système Nike+. Une puce logée dans les chaussures Nike (évidemment), communique avec un iPod, qui mémorise les distances et vitesses d’une sortie courue en musique. Une fois rentré à la maison, on connecte l’iPod à son ordinateur et on transfère ses données de course sur le site communautaire Nike+. Je peux montrer mes sorties, commenter celles des autres et surtout me mesurer à d’autres au travers de défis comme sur le groupe de ceux « qui veulent faire le plus de km au mois d’Août » par exemple. Nike a réussi à mobiliser sa communauté, et bien au-delà, dans une initiative originale : The Human Race, une course de 10 km se déroulant au même moment dans 24 villes du monde pour un total de 1.3 millions de kilomètres parcourus ! On trouve ensuite Adidas, qui suit deux approches complémentaires. Tout d’abord créer une communauté, les Adidas Runners Partners, en proposant des entraînements chaque samedi en s’appuyant sur des magasins spécialisés dans une douzaines de grandes villes françaises. Ensuite, proposer à des représentants d’autres communautés (courir le monde, courir au féminin, etc.), ou des blogueurs identifiés comme étant « influents », de tester leur équipements (chaussure ou système MiCoach par exemple) La stratégie communautaire des autres équipementiers se résume surtout à l’animation de sites communautaires proposant forums de discussions, blog personnels, carnets d’entrainements, conseils, etc. comme pour ASICS avec MyAsics, New Balance avec Running Club, Décathlon avec Kalenji Club ou Polar avec la Communauté Polar (forums en anglais). Avec Garmin Connect, Garmin permet aux membres de la communauté de partager ses itinéraires, de s’engager dans des compétitions virtuelles sur un même parcours, de comparer les données enregistrées le jour d’un évènement sportif et de les exporter sur sa page Facebook. Ce système marque une évolution sur les autres, avec un système de carnet d’entraînement en ligne capable de gérer ses entraînements dans toute leur dimension. Liens : • http://nikerunning.nike.com/nikeos/p/nikeplus/fr_FR/ • http://adidasrunningpartners.com/ • http://www.myasics.fr/ • http://www.newbalance.fr/ • http://www.kalenji-club.com/ • http://www.polar.fi/fr/communaute_polar • http://www8.garminfrance.com/connect/

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Pour Nadine Racat
le site « Athlète Endurance » est un peu sa maison, et « Ultrafondus » est devenu « une résidence secondaire bien sympa ».
l’inverse : lancer un site communautaire est paradoxalement l’étape la plus facile et la plus rapide. De quelles fonctionnalités avons-nous besoin ? Une gestion des membres (inscription, modération, profils, recherche), un espace de partage de documents (publication des textes, commentaires et photos/videos), de dialogue (forums, messagerie privée, commentaire, chat, blog), la possibilité de personnaliser son look, interfaçable avec Facebook, etc. La bonne nouvelle est que tout cela existe… et gratuitement ! L’apprenti démiurge a même le choix en fonction de ses connaissances techniques. • Des sites communautaires « clés en main », toute la personnalisation se faisant par des interfaces simples d’utilisation. Le leader, avec 1,8 million de sites créés et 37 millions d’utilisateurs est sans conteste Ning1. Sa version gratuite est limitée à 10 Go de données et il faudra subir un bandeau publicitaire, mais on peut déjà commencer à s’amuser… sous
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LA PRESSE SPÉCIALISÉE

INTERAGIR AVEC SES LECTEURS
PLUS ON A DE POTES… PLUS ON A DE POTES ! 3

Alors, super facile de créer une communauté ? Malheureusement – ou plutôt heureusement – non. Le site communautaire n’est que la partie émergée de la future communauté, un outil nécessaire mais pas suffisant. Troisième idée reçue : un site communautaire = une communauté. On vient de le voir, créer un site communautaire peut se faire en quelques jours mais créer une communauté vivante, un réel sentiment communautaire parmi ses membres prendra des mois, des années. Les « community managers » le savent bien – ou l’apprennent vite – une communauté, c’est 20 % de technique et 80 % de sociologie des groupes. Lancer un site communautaire puis ne rien faire est voué à l’échec. La preuve en est de certains sites communautaires « de marque », très bien réalisés au demeurant, mais sans vie : des forums qui ressemblent à des villes fantômes, des « derniers messages » qui datent de plusieurs mois. LES SECRETS D’UNE COMMUNAUTÉ QUI MARCHE Pourquoi allez-vous consulter un site communautaire, puis vous y inscrire et contribuer ? Comme nous l’avons vu plus haut, le succès d’une communauté ne tient pas au look ou aux fonctionnalités techniques de son site. Ces points, s’ils sont de piètre qualité, lasseront et feront fuir les membres mais l’inverse n’est pas vrai. Sinon comment expliquer le succès de communautés indépendantes sans grand moyen ou l’échec de certaines communautés de marque ? Non, il faut laisser les outils à leur place et parler de l’humain, de sentiments… Car c’est d’abord le sentiment de confiance (le mot clé des communautés) que vous inspire ce site qui sera déterminant. En effet, la première visite sur un site communautaire est souvent consécutive à la recherche d’informations indépendantes car les consommateurs devenus adultes ne croient plus aux messages des sites officiels : avantage-produit

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t la presse « course à pied » me direz-vous ? Depuis quelques années, toutes les revues running majeures ont pris position sur le net pour limiter la dispersion de leurs clients vers ce paradis de l’information gratuite. Toutes les rubriques classiques d’une revue papier se retrouvent sur des sites ou des blogs spécialisés : plan d’entraînement, récit de coureurs, calendrier de courses, test d’équipements, conseils diététiques. Et si l’on prend le temps de chercher, des passionnés y délivrent une information de qualité quasi-journalistique.

Tous ces sites ont donc fait évoluer leur contenu, de simples pages affichant les extraits du journal (à acheter !) vers des articles écrits pour la version internet. Par contre, l’évolution du rapport avec leurs lecteurs est plus lente. Cela va de l’absence d’interaction avec les lecteurs pour Run in Live, du formulaire pour faire passer ses « coups de cœur/coups de gueule » pour Zatopek au classique forum pour Running-Attitude, Runner’s World. Seul Jogging-International affiche un onglet « Communauté » qui permet de partager un parcours d’entraînement, de le commenter, d’ajouter des photos et de dialoguer avec son auteur. Liens : • http://www.runinlive.com/ • http://www.zatopek.be/ • http://www.running-attitude.com/ • http://runners-world.fr/ • http://www.jogging-international.net/communaute/annuaire

invérifiable, témoignages douteux, etc. Par contre, Internet a démultiplié le bon vieux bouche-à-oreille des parents, le retour d’expérience désintéressé d’amis et de collègues. La quantité disponible – et statistiquement la qualité – des avis est impressionnante. En 2009, 57 % des internautes recherchent les avis d’autres internautes avant d’acheter (source : Credoc10) et pour trouver ces avis les plus pertinents, quel meilleur endroit qu’un site communautaire rempli de passionnés par le produit ou le service qui vous intéresse ?
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LES COMMUNAUTÉS DE PASSIONNÉS

BÉNÉVOLAT ULTRA MOTIVÉ SUR LA TOILE

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• Courir au Féminin est un site entièrement dédié aux femmes coureuses de la débutante à la confirmée (http://www.courir-aufeminin.com/) • Courir le Monde est le site communautaire dédié aux marathoniens lus huile de coude que budget marketing, les communautés de et propose des récits, forums, notations et surtout rendez-vous passionnés n’ont vu le jour que grâce à l’obstination de leur(s) fonsur tous les marathons du monde (http://www.courirlemonde.org/) dateur(s) et ne continuent à croître que par la ferveur de leurs mem• Kikourou est le site communautaire plutôt dédié aux trails français et propose récits, forums et rendez-vous (http://www.kikourou.net/) bres. Au gré des disponibilités et des compétences, un membre code • courseapied.net à l’origine un immense forum qui propose une nouvelle fonctionnalité qui sera testée par un deuxième, un autre maintenant des comparaisons de temps, des blogs personnels… modère les forums pendant qu’un dernier réserve les restaurants pour (http://www.courseapied.net/) la pasta-party. Pour le vivre quotidiennement, l’utilisation de la force • Ahotu (ex- 42k195) est la référence des calendriers de courses partout dans le monde qui propose d’ajouter des récits, collective d’une communauté soudée est terriblement efficace. des commentaires (http://marathons.ahotu.com/fr) • Com des Coureurs est un blog communautaire dédié aux Parfois structurées en associations, comme Kikourou, les communau« professionnels de la communication et du Marketing »… qui courent tés « indépendantes » peuvent devenir très puissantes, et ainsi attirer (http://nicolasbard.typepad.fr/comdescoureurs_le_blog_de/) • courirenfrance toutes les courses françaises l’appétit des équipementiers qui, comme on l’a vu, peuvent multiplier (http://www.courirenfrance.com/) les appels du pied (tests produits, organisation de voyages « de • MyActivaSport plutôt orienté trail, offre de partager ses photos/ presse », etc.). L’indépendance, donc, reste une notion floue. vidéos et son carnet d’entraînement, d’héberger des blogs des membres… (http://www.myactivasport.com/communauterunning- trail-triathlon.html) Voici donc un rapide (et forcément incomplet) tour d’horizon des communautés indépendantes les plus pérennes et les plus importantes en • Wanarun qui permet de partager des parcours et de noter des chaussures de running (http://www.wanarun.net/) terme de membres :

La bonne nouvelle c’est que la confiance – pas plus sur internet que dans la « vraie vie » – ne se décrète pas, ne se force pas, ne s’achète pas. Elle se construit dans le temps. Pas à pas, message par message, article par article. Dans cette longue phase initiale, la responsabilité du fondateur est engagée à 200 % : c’est à lui de tenir fermement la barre, de repousser les propositions d’instrumentalisation de la communauté par ceux qui loucheront sur sa base de membres, de refuser les publi-reportages déguisés, de répondre aux messages de ses nouveaux visiteurs et de trouver des animateurs capables de le faire avec lui. Mais il faut une autre qualité pour faire passer notre visiteur du statut de visiteur opportuniste (je visite, je prends l’information, je pars) à celui de membre contributeur, de celui qui prend à celui qui partage. C’est le
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ton, l’ambiance qui se dégage des conversations du site. Là encore, c’est comme dans la vraie vie. Il y a des clubs de sport où l’on se sent bien et d’autres que l’on quitte, des collègues que l’on voit en dehors du travail et d’autres qui ne resteront que des relations de travail. Délicate alchimie des relations humaines. Et là encore l’attitude et les actions des membres fondateurs sont importantes : saluer les nouveaux et les aider à briser la glace sur les forums, prendre en compte les remarques des membres, rappeler les sujets des forums en cas de messages hors-sujet, calmer les plus agressifs si nécessaire, trouver ce fameux « ton » qui imprégnera les conversations et donnera une couleur chaleureuse au site. Facile au départ, très difficile si votre communauté compte plusieurs centaines de messages par jour.

QUEL EST L’AVENIR DES COMMUNAUTÉS DE COUREURS ? Devant l’irruption des réseaux sociaux comme Facebook, on est en droit de se demander si les communautés de coureurs, soudain atteintes d’un gros coup de vieux, vont disparaître. L’irruption du réseau social anglais a inquiété les fondateurs de certaines communautés. Est-ce que ses 340 millions de membres et surtout ses 45 millions de groupes actifs n’allaient pas détourner les internautes de leurs sites ? Comme l’a très bien expliqué Fred Cavazza11 l’absence de sentiment d’appartenance des réseaux so-

Devant l’irruption des réseaux sociaux comme Facebook,
on est en droit de se demander si les communautés de coureurs vont disparaître.

ciaux comme Facebook n’en fait pas un concurrent pour les sites communautaires. Selon lui, « Les plateformes sociales comme Facebook, sur lesquelles les membres s’expriment mais n’attendent pas nécessairement de réaction, reposent avant tout sur le besoin d’appartenance et l’ego des membres, motivés par la visibilité et les rencontres. Il n’y a pas réellement de dialogue juste des micro-discussions entre visiteurs de passage. Sur les forums, les membres engagent des conversations : ils posent des questions, débattent, se chamaillent et témoignent. La dynamique communautaire repose avant tout sur des membres qui cherchent à partager une passion ou un vécu. Le dialogue est donc l’ingrédient essentiel des communautés. » Ajoutez à cela l’absence totale d’organisation des groupes Facebook (il y a plus de 500 groupes pour le Marathon de Paris 2010, de plus de cents membres à… un seul membre !) et les sites communautaires ont encore quelques années devant eux.

VERS UNE COMMUNAUTÉ DES COMMUNAUTÉS DE COUREURS ? Faisons un rêve. Imaginons qu’une nouvelle inscrite sur courir-au-feminin.com puisse, d’un click et sans se réinscrire, poser une question sur le forum de Kikourou puis s’inscrire à un rendezvous pour le marathon de Berlin sur courirlemonde.org, pour ensuite L’AUTEUR lorgner vers les 100 km de Millau et UN EXPERT QUI COURT ET QUI JOUE COLLECTIF aller se renseigner sur Ultrafondus. enri Lacroix est le responsable de Courir le Monde (www.courirlemonde.org) C’était le pari initial de Kikourou, qu’il a créé en 2003 pour partager l’expérience des marathoniens qui devait être une « communauté et favoriser leurs rencontres sur tous les marathons du monde. Henri est de communautés » mais qui s’est ingénieur dans un cabinet de conseil américain où, depuis 2008, il gère des transformé, succès oblige, en comcommunautés d’experts (Communities of Practice). henri.lacroix@courirlemonde.org munauté à part entière. Dans ce vœu pieu, l’internaute ne verrait qu’une communauté – une base de memHISTORIQUE bres, des fonctions communes de rendez-vous, etc. ULTRAFONDUS : UNE IDENTITÉ HYBRIDE – tout en comprenant bien qu’un des sites sera plus spécialisé sur les marathons, que l’autre sera capable est en couverture. Les membres réé en 2001 sur l’idée de le renseigner sur les raids multisports, le suivant de rassembler des informations sur de la communauté s’abonnent massivement (enfin… par dizaines…) l’ultra-endurance, le site (initialement sur les questions féminines… au format papier. http://ultrafondu.free.fr, maintenant Inimaginable pour des communautés de marque où http://www.ultrafondus.fr/) a rapidement Formé dans le sens inverse des autres la base de membres est considérée comme une base magazines, avec une communauté qui pris son envol. Au printemps 2002, de clients potentiels, serait-ce viable pour les comse comporte en quelque sorte comme une version graphique apparaît, et une « super rédaction », à l’origine dans la foulée, en mai, un forum munautés de passionnés ? Après l’indépendance de du support papier, Ultrafondus conserve uniquement consacré aux distances leur contenu, ne serait-ce pas un nouvel atout pour aujourd’hui une forte identité numérique. supérieures au marathon est créé. elles ? Ne craindraient-elles pas de perdre leur idenLe site « compatible web 2.0 », permet Il s’agit alors de l’un des tout premiers tité ? L’avenir nous dira si l’évolution se fera dans ce aux lecteurs de réagir aux sujets publiés, forums de course à pied en France, et le premier ne concernant que l’ultra. le forum conserve son rang parmi sens-là… ou dans un autre.

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L’histoire se souvient qu’il était gris, qu’il a fourni 5 ans de bons et loyaux services, et qu’après environ 200 000 messages, il a dû passer la main à un système plus performant. C’est de ce forum qu’est née l’idée d’un magazine consacré à l’ultra, sur le mode « ça vous dirait si on lançait un mag papier ? ». Et en mai 2003 le numéro 1 sort, uniquement sur abonnement. Un coureur italien, lors de la Fort’iche de Maurienne,

les plus actifs de France dans le domaine de la course à pied, et vous pouvez également suivre les news de l’ultra via Facebook et Twitter. Pur produit d’internet et défenseurs du papier, convaincu de l’intérêt des technologies et amoureux du dépouillement, là où d’autres notent un paradoxe, Ultrafondus développe une identité hybride, dont le credo est de multiplier les formules d’accès à la connaissance sur l’ultra-endurance.

(1) www.ning.com (2) http://www.kickapps.com/ (3) http://drupalfr.org/ (4) http://www.spip.net/ (5) http://www.joomla.fr/ (6) http://www.vbulletin.com (7) http://www.phpbb-fr.com/ (8) http://groups.google.fr/ (9) http://fr.groups.yahoo.com/ (10) http://www.journaldunet.com/cc/01_internautes/inter_usage_fr.shtml (11) http://www.fredcavazza.net/2008/11/20/ne-confondez-plus-communautaire-et-social/

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