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PREFACE

L'immense somme de Vie d'Amour, dont quinze volumes

sont écrits, constitue un témoignage mystique d'une grande

nouveauté dans l'Eglise. Aussi bien, Dieu dispensant ses

grâces, mais aussi renouvelant ses exigences, les a-t-il sans

(cesse variées selon l'opportunit.é des temps. Et q~c
) nierait ~ue. notre temps. ne soit.le e!.u.s den~, le PlIs M
Î e)}.1ÛtQrÔmalre, le plus tra,glgllem~iit,.gr..a':ldlQse~~nt /. ,
t Wistojre ga~ la mémoire? Seuls l'accoutumance et le
manque de recul nous empêchent d'en mesurer l'affreuse
. dimension. Nulle époque n'est allée aussi loin dans le crime et
l'iniquité, nulle ne fut à ce point sous l'emprise du Prince de ce
monde; il fallait bien, eu égard à de tels dangers, que le Ciel
1 intervînt avec une force toute particulière. Et l'on constàteen
\ effet, en maints domaines ou quartiers de la vie spirituelle,
surnaturelle ou mystique, combien notre époque est riche de
ces hommes et de ces femmes en qui paraissent avoir été
l poussées à l'extrême des vertus et des grâces qui furent celles
des plus grands saints de jadis. La conspiration du silence 0!1
, le poison de la médisance ne suppriment point poûr autant
raide mdispensable qu'ils apportent à l'Eglise. Et quand
donc le Corps_IDystigue, aujourd'hui si déprimé et presque
exsangue, eut-il jamais un si pressant besoin, dans l'économie
surnaturelle de la Communiotides saints, de l'apport des
mérites si chèrement acquis par les confesseurs de la foi et les
héros du sacrifice?
Pour prendre un exemple, connu de tous, et dans le seul

aspect de la Compassion, si propre à ce temps de la Passion

du Corps mystique - car, là où passa la Tête, en Jésus,

passeront aussi les membres, en l'Eglise - vit-on, dans les

siècles passés, "compatissant" plus parfait qu~ Padre Pio'.

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VIE D'AMOUR

Et ce prêtre - ce premier prêtre configuré - n'est pas le

seul qui se soit offert à souffrir de la sorte en ces jours de la

nécessité des souffrances consenties. Quand le voile des

ténèbres se déchirera, quand ce qui est caché sera révélé et que

ce qui est tenu secret sera proclamé, c'est alors que l'on verra

combien de saints contemporains ont soutenu l'édifice du

monde et l'ont retenu de s'écrouler.

Mais, en même temps qu'une sorte de perfection dans ce

qui était déjà si élevé en tant de saints, notre époque si

particulière offre des manières de sainteté qui hii sont propres

et tout à fait adaptées au maintien de son' é<Lu!libr:~_gl.rna.1yx.el.

J'oserais presque dire que l'un des aspects de cette forme

nouvelle de sanctification réside dans la banalité. Non plus

(ou si peu désormais) de ces vies îiïâ:cérées dans les cloîtres, de

ces retraites préservées contre les murs desquelles venait

battre et mourir l'assaut du monde, mais l'engagement, mais

l'enfouissement dans le tumulte d'une multitude qui ne

wnnaît plus Dieu et souvent le mauairEt qui, bien sûr, ne

pourra que haïr et honnir celui - ou celle - qui porte le

témoignage de Dieu dans l'uni~.r~elle négation ou, pire, la

perfide déris~on. Pardonnera-t-on à qui donne l'exemple de la

rigueur au sein du laxisme et celui du sacrifice où prévaut

l'hédonisme? Ici et là seront des puissants pour dénoncer qui

dénonce et imposer silence à Dieu qui, n'étant plus écouté là

où il parle d'ordinaire, cherche des âmes dociles à qui parler;

mais, surtout, prêtes à s'immoler dans l'urgente et impérieuse

nécessité de la Co-Réc,!emption.
- ­
Donc, la banalité, l'un des aspects de la sanctification

propre à notre- temps. L'ordinaire et le quotidien, une vie

enfouie dans la vie des autr:es, engagée mais non pas

assimilée, différente, bien que rien, extérieurement, ne la

\ d~stingue. \oute~ois, les "autres",)nstinctiv~ment, discernent

l'mtru.s et 1assalllent, comme d'un corps etranger dans un

orgamsme.

Vie d'Amour, c'est cela: une vie comme sont toutes les vies:

al!:Q.é9rs...kunêm.es misères; mais au-dedans, quelle lumière

et, surtout, guel Illystè:e!

Car ~e s'agit pas seulement d'une vie sainte, cellule de
pureté dans le corps corrompu de la société - et ce n'est pas
si rare, après tout -, il s'agit d'un mystère.

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l

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PREFACE

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Comme le fait est assez constant chez les êtres dont Dieu

fait élection afin de leur confier un jour une mission, Marie­

Paule, dès son enfance, fut l'objet de gr_âc_es surnatufëITés.

L'Ame de - tel~fants est assez simple pour recevoir

simplement ce que Dieu donne générèUsement et jouir tout

naturellement de ~n quoi ils ne disc~rnent nulle faveur

surnaturelle.

Vie d'Amour commence donc par une effusion de l'Amour.

de Dieu. Mais Dieu allait vite montrer à la jeune fille,

devenue jeune épouse, que l'amour en retour qu'il exige des

âmes privilégiées est celui dont, Fils de l'homme, il aima les

hommes: le sacrifice, la souffrance et la mort. Enfin, la

configur~i~ dans_Iê- contradjf!iQ-!! ~ la dgl~on, ainsi que

fut Jisus, "§jgne de contradiction" (Lc-.J, 34) et "obiet de

1dérislOn" (Mt !J.., 29).
Ah! que Jésus ~~t-Si9-ll-C_ 0Ldinaire! Même si, parfo~ il
consentait à quelque action extraordinaire, comme une
gueris0 n.-Qli'irétaïf dO.BU!.etrt au re&Md de la Synagog!le, et
que les scribes et les docteurs le considéraient de haut!
Voilà donc la vie configurée qui va être imposée - mais
i~pôSée pa~ce q~a~ ,S\vanêê accepté~ ~ à cell~ qui, sera à la
\ fOlS contralgSe( çi~ vIvre> (t.....!!:!.cr~ cs:tte VI~ d ~ur. L'avertissemenUl!i en fl!,t donné très tôt,L dans l'effusion des
grâces de l'adolescence. Plus tard, à l'heure la plus noire de la
dérélietwn, ~dr~~'écrire. lui sera cette fois intimé par
l'Eglise, en l'autorité d'un prêtre, son Directeur spirituel.
(
Pourquoi cette exigence et pareille contrainte? Mais, parce
J que cette "Vie" sera un J'our(Îe.Témoig~g~
_ , /
1 Le Témoignage, c'est la fin, el.la...fin seulement, qui le
révélera. Tout alors Qrendra..-!i0n ( sen~ . vérit'.Ù'le ~
dimension reellë."Timposera sa nécessité '"etdécom:.rira sa
signfflS!ioIJ.,.\.---- - - - "

l

--,
1\

,---­

/' * * *
La grandeur de cette "Vie" ~st f<2,nction d,Ë la grande_ur d~sî
te!Pl2S-.:. ,Ç~~Q.nl,-DQuÙekavoIls"- d~s ~rnp.s uni~es; et ~e ( f
"Vi," a quelque chose Td'unique. La prodigi(:u_se et ternble j
~~e.ll.LQe notre te1];ps nous est voilée, parce que ss,uÏëla
umière prophéti~a pourrait~er, alors que nos âmfs
sOht entrées dans~ ténèbres de l'ap_Qstasie ou englouties

."')

''''

VIE D'AMOUR

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Peut-être pensera-t-on que le pire est bien atténué, qu'il
n'est plus qu'une simple formalité, quand a été montré le but
et que l'on a été confirmé dans l'assurance de la victoire?
A.!' vrai, sj s.Qn âme .sM12crieur@jt éclair~ si Marie-Paule
"savait" comme "savait" Marie en son coeur de lumière ­
son Coeur Immaculé -, par-contre, en so~ pauvre EÉlbie
cQeu~.!!1ain, elle souffrait, délaissé~_~de son âme
sensible et, de surcroît torturée en son corps de chair par les
maladies de toutes sortes dont il était accablé.
Les expériences surnaturelles ne sont pas un adjuvant à la
facilité de vivre. Les sentiments, notre capacité de Jouir et de
souffrir, c'est en notre simple et coutumjère natuse qu'il nous
les faut éprouver.

***
Mais alors, qu'étaient-ce donc tous~s avert!ssem~ntse~.à
quoi
- -servaient-ils?
Ils étaient, précisément, la prédestination de ce mystèr'è)
dont j'ai parlé. Plus tard, quand s'accomplirà ce qu'ils
annoncent, ils scelleront l'événement du sceau de Dieu. Et l'on
c0ll!.prend ce~te iE.io.llcti.o~ devo.!!__!9JI t dire et t<2'!!.i<m.r~,(~~li~atiQn qui venait ajouter sa contrainte aux mille 1 ~
incommodités d'une existence crucifiée.
Ah! non pas, en ce sacrifice accepté, quelque héroïque et
,/ /" grandiose action, laquelle consommerait en une fois la
totalité de l'épreuve; mais un abandon de tous les instants à la
volonté crucifia.ote du Configurateur. Ainsi donc crevait être,
--, jour après jour, tc~itS)cette Vie d'Amour, qui est comme une
analyse, étendue a toute une existence, et comme distillée
goutte à goutte, de 1é!.,..Çg.m-Passion, telle qu'elle fut, et
totalement, consentie dans le Coeur Douloureux de la Vierge
Marie, Médiatrice et Co-Rédemptrice.
La longueur de ces pages - quinze volumes! - c'est cela:
la patience d'une longue Compassion et la traversée d'une
interminable nuit. Car ~ëtil MUS faut y insister - les
.A visions, les prophéties, les commandements et les conseils, et
les extases, ces caresses de l'Amour, toutes ces lumières qui
éblouissent l'âme supérieure, n'éclairent pas la route ordinaire
1 d'une vie ordinaire où il fallait à Marie-Paule avancer sans
autre secours que celui de la foi.
~

1;,

PREFACE

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En cette nuit ordinaire d'une vie ordinaire - et dont la
seule chose extraordinarreetaitroplnlâtreté et l'excès des
maux - les avertissements proQM!!@es éclairaient si peu le
chemin que, consignés puis oUbliés, venant à s'accomplir, et
les choses arrivant si simp..lement et si naturellement, que
Marie-Paule, dans le moment même, neoiscerii'âitPas dans
l'événement l'annonce qui en fut faite.
Voilà, certes, qui peut paraître obscur. A quoi donc lui
servait-il d'avoir été avertie? Un exemple, parmi cent autres,
suffira pour éclairer mon propos, restituer à l'avertissement
sa réelle utilité et sa seule nécessité: celle d'êtreslgnecrau­
thentlclté.
V:A~! "X-J _

***

C'étaitǧ 1977, en jUlll: Au mois d'avril de cette même
année, Marie-Paulè~ reçu du ciel l'indication que la
Milice du Christ - ce vieil Ordre chevaleresque plus de sept
fois centenaire et dont Marie est la Dame - devait être
introduite au Canada et liée à l'Armée de Marie. Ainsi fut fait
sur l'heure. En mai, quelque deux cents membres de l'Armée
de Marie s'étaient déjà engagés dans la Milice du Christ. Il fut
donc convenu de la tenu_e d'une réception solennelle qui se
_ tiendrait le 5 juin, en<Gglise Saint-Pie X de ~é~
La réception, fidèle à de vieux usages, s'opère de la sorte:
Au cours d'une messe, avant le canon, le Grand Maître (ou
celui à qui ce dernier a délégué son pouvoir) s'assied devant
l'autel et, au terme des diverses phases de la cérémonie, reçoit
l'hommage du postulant, devenu novice.
Cet hommage consiste en l'accolade, embrassade
traditionnelle, identique à celle des prêtres à l'autel, le réci­
piendaire étant alors à_genoux devant celui qui vient de le
rec~Milice du Christ ayant toujours été un Ordre dè"
,/pnère, les femmes y étaient admises. Sainte Catherine de
\ _Sienne fut l'une d'elles.
-- -----­
­
Il Y avait donc ce jour-là, à Québec, ql!atr~:yiI}g1-quatre
postulants etllQstulantes. Eu égard à ce grand nombre, et
compte tenu du temps que prend la remise et la vêture du
manteau à chacun,' inlitspontanément convenu que-M;.rie'::::
/1 (Paule~ la première qui entra dans la Milice du Christ,
~evrait l'hommage des f@l!!}es et leur donnerait l'accolade,

B-

'-.

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VIE D'AMOUR

tandis que l'Officier, venu de France et représentant le Grand
Maître, recevrait, lui, de chacun des ho.mmes, le témoignage
leur obédience; Elle et lui s'assirent donc au bas de l'autel,
en mnt du banc de communion. Et l'on vit cette longue et
double file qui prenait toute l'allée centrale de l'église
s'avancer lentement vers le choeur.
Or, tous ces hommes et ces femmes, en tant que chevaliers
de l'Armée de Marie, en portaient la livrée: une aube. Puis,
ayant revêtu celle du Christ, avec le manteau de l'Ordre,
ayant donné et reçu le baiser de paix, une illlag<;Jut remise à
chacun des novices: celle de la Dame de tOl!§)es Peuples. Car
c'est Elle qui "avait ainsi voulu l'union de ses deux légions
fidèles.
IIl-·---Cest alors, mais bien après, que l'~'ap~~ut que venait\
( de se réaliser ce qui avait été montré à Marie-Paule sept ans
plus tôt, le 14 juin 1970, vision consignée dans le chapitre 3~
\ du Volume V de Vie d'Amour:
__ - - ­
~'Un jour il y aura une réception officielle et solennelle. Je
"vois", avec l'oeil de l'âme, une vaste chapelle. Une
cérémonie s'y déroule. De nombreux ..!:<:;.li~x, vêtus ~e
blanc" s'approchent lentement et pieusement, afin de
rëcevoir de l'humble Marie, ce baiser traditionnel, tandis
que je remets une image à chacun. Sa robe blanche donne
l'impression d'être une ~ube. Marie est assise dans le bas
choeur et le religieux s'agenouille pour recevoir ce baiser.
L'assistance est nombreuse; c'est le silence monacal."
Il n'est ici de détail qui n'ait sa confirmation.
( Cette "vaste" chapelle ne peut être qu'une église. Quant aux
) "religieux", mais les membres de Militia Christi sont des
'\ religieux, puisque membres d'un "Ordre Religieux et
l Militaire", et dès leur admission soumis à des obligations de
religion, pouvant un jour aller jusqu'à l'observance de voeux
propres à cet Ordre.
Or, presque simultanément à la demande par le ciel de la
fondation de la Milice du Christ au Canada, il y eut celle de
vêtir...ck...b!~c, par le port de l'aube, les hommes et les femmes,
fils et filles de Marie, engagés dans son Armée.
Enfin, po..!!!..mDntrer, en ce seul exemple, cQ!!Ù2ien~t
Rro\!:ident~el prédestiné, dépassant, et de loin, ce que

2.

'2'."'"

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AS

J"i

1

Marie-Paule reçut le commandemen(d'écrire sa vie, elle
/'écrivi};; L'ordre lui est donné d'en co~m:n;er La pu'?!i.ç.a­
tÎf!.n. et Vie d'Amour paraît. Or, rien de ce quifut un jour
écrit n'a été retranché du livre, quand bien même œ!ail1 es
choses soient pour lors Î!!E}!JJ.p"réhensibles.

JI semble bien que la vie de Marie-Paule ait été à certains
égards svmbolique et que, par exemple, à travers ses
enfants, aient été figurées certaines phases du destin
ultérieur de l'Eglise. C'est ainsi, en cet exemple. que ce qui
fut prédit pour eux, et qui était humainement impossible.
reste encore enveloppé d'un voile.
Peut-être aussi s'étonnera-t-on que certains, qui furent
qppelés à collaborer à l'oeuvre, s'en soient ensuite détachés.
Tel est le mystère de la liberté de l'homme et de- la
constance dans la mission. Judas était un apôtre comme les
autres, jusqu'au jour où, pris de doute. il se détourna de
Jésus et le trahit.
( Donc, ce qui est écrit, et qui devait être écrit, demeure
~ écrit et rien de ce qui pourrait paraître une ombre ou
t susciter un doute n'a été supprimé lors de la publication.

1111

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R. A.

ACHEV~ D'IMPRIMER LE Il F~VRIER 1979

SUR LES PRESSES DE

L'IMPRIMERIE LA RENAISSANCE INe.

QU~BEC. CANADA.

GIP 3T2

Dépot légal: 2. trimestre 1979