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Kervégan - L’effectif et le rationnel

Hegel et l’esprit objectif

126) ». de manière d’ailleurs différente dans les deux cas(p. nécessaire. l’obligation politique ne doit pas être entendue comme une 1. Au contraire. Hegel. c’est-à-dire « un rapport contingent qui provient de l’arbitre des deux parties 1 ». il s’applique en revanche de manière adéquate à ce qu’elle comporte de non éthique . L’application au champ politique et à l’État d’un concept de droit privé (la contrat) est erronée. 2.1 L’État sans contrat « Le mariage et l’État mettent en œuvre un type d’universalité qui. Troisième partie L’Étatique et le politique « La Prusse est en passe d’instaurer ce régime constitutionnel qui est pour Hegel l’expression éminente du « droit éternel de la raison 4 ». on constatera qu’il joue un rôle important dans la conceptualisation de la société civile. mais à l’État comme idée du vivre ensemble(p. des principes de 1789(p. Hegel.127) ». dans une Allemagne en pleine Restauration.126) ».240) ». elle est également une société de droit : « L’assise substantielle du tout est le droit de propriété. Écrits politques Ibid. il aperçoit aussi le risque d’une subordination pratique de la sphère publique aux intérêts privés(p. le lien politique est « un rapport objectif. qui est le soubassement abstrait de la société civile. [. substantielle » qui se trouve au fondement aussi bien de la relation . « Un contrat est une convention entre des personnes juridiques. l’État auquel Hegel vient offrir le concours de la spéculation philosophique est. « La société civile hégélienne n’est pas une pure société de marché.inégalitaire . indépendant de l’arbitre et du bon vouloir 2 » des individus ... loi d’hypostasier la volonté particulière. « En ce sens. Le système des besoin et son enchevêtrement ne peut absolument pas subsister dans le droit 3 » ». 3.] Derrière la tentative de dérivation des principes du droit public à partir de ceux du droit privé. il présuppose « une unité originaire. « Si le modèle du contrat est impropre à rendre compte de ce qu’il y a d’éthique dans l’éthicité.128) ». Donc.entre gouvernants et gouvernés que de la relation entre les gouvernés eux-mêmes. qui est d’égalité dans la subordination non à une personne ou à un groupe d’individus. Philosophie du droit Écrits politiques . la rectifie et la porte au-delà d’elle-même. un pôle re résistance des « idées françaises ». 4. où l’éthicité est confrontée au risque de sa perte(p. « Les principes de l’ordre politique sont irréductibles à ceux de l’ordre juridique.

Hegel. met en œuvre des formes de représentation. Bodin.. il se sépare aussi du monde des activités laborieuses et des interactions technico-économiques. « Le souverain représente en ce sens particulier qu’il fait être.265). le bon plaisir et l’arbitraire » et. 3. elle provient de la théologie. Le politique ne s’affranchit d’ailleurs pas seulement de ces sphères.. « Selon Hegel. dans l’acte de parole.254) ». » 5.Une théorie de la représentation « L’État s’affranchit tendanciellement de l’univers religieux .2 restriction posée à une liberté dont les individus seraient originairement dépositaires. p. Que les délibération et décisions soient collectives ou qu’un seul soit habilité à parler au nom de tous. Trad.264). Encyclopédie des sciences philosophiques. Vrin 6. qu’il constitue le sujet qu’il rend présent. l’État est le représentant de la communauté politique. XII/8 . mais comme ce qui permet d’asseoir institutionnellement leur aspiration à la liberté et.] le roi est ce que je nomme le peuple 7 »(p. le vouloir commun(p. sans État constitutionnel garantissant le rule of the law. » Bodin : La souveraineté est « la puissance absolue et perpétuelle d’un République 6 . de surmonter l’unilatéralité d’une liberté simplement subjective. c’est-à-dire de ce que l’on nommera plus tard la société civile. Non pas au sens où il en serait le mandataire ou le commis : il ne serait alors qu’un simple instrument d’exécution d’une volonté préexistante. Bourgeois. L’État.254). » La représentation n’est pas en premier lieu une notion politique. la signification ne préexiste pas à son expression. » Hobbes : concept d’autorisation. quel que soit son type de gouvernement ou son régime. Un État. République I/8 7. il leur impose sa loi(p. contraire à la « liberté rationnelle 5 (p. Il faut donc prendre à la lettre la formule du De Cive : « dans une monarchie [. ainsi que de l’espace traditionnellement clos de la famille. un gouvernement au sens moderne et restrictif du terme.263). Hobbes. il ne saurait y avoir de véritable égalité juridique et sociale des citoyens. par son existence institutionnelle et pas son action . c’est l’égalité même. par là. « Mais c’est la théorie moderne de l’État souverain qui va offrir à ce concept ses applications les plus fécondes. De Cive. » Chapitre VII . la liberté objective produite et garantie pas l’ordre légal. d’une liberté « prise dans la naturalité. la liberté bien comprise. tout comme. représente ou encore symbolise l’unité de la communauté. qui va éprouver lui aussi de profondes transformations.316. partant. il ne saurait exister qu’une société stratifiée en castes ou en ordres(p. ou plutôt sa condition : sans liberté politique. du peuple.

XVI Rousseau. Hobbes. Léviathan.272).c’est la thèse de Rousseau . est politiquement amorphe(p. Qu’est-ce que le Tiers État ? Ibid.. mais le peuple n’est pas capable de l’exercer lui-même. la souveraineté ne être déléguée ni constituée par délégation. » Une politique de la représentation « La souveraineté est pensée comme attribut exclusif de l’État..] Sans l’« articulation » que la représentation introduit en son sein. car « Le souverain. La délégation par la nation de sa puissance souveraine et de sa volonté n’implique nullement ni dégradation ni amoindrissement de ceux-ci. il peut certes avoir des officiers ou des commissaires . 9. 11. si elle pouvait se réunir et conférer dans un même lieu 11 .tel est l’apport de Sieyès(p. Rousseau) ou représentation souveraine (Sieyès)(p. qui n’est qu’un être collectif.267). [. 12. il n’est qu’une « masse » 12 » 8. ne peut être représenté que par lui-même 9 . qu’il se donne une volonté commune(p. en son être immédiat de multitude. qui rend une la personne 8 . » « L’objet et le but de l’assemblée représentative [. » « La vocation authentique de la représentation est d’instituer le peuple qui.] ne peut être différent de celui que se proposerait la nation elle-même..266). chap. §148 . II Sieyès. distinct à la fois du monarque. 10.mais non des représentants qui seraient porteur de la plenitudo potestatis(p. » Chez Rousseau.267).. la représentation a pour tâche d’assurer la médiation entre État et société civile.3 « C’est l’unité de celui qui représente. » Ce principe est mis à mal par Sieyès : si les représentants (représentants extraordinaires) sont légitimement constitués. Le contrat social. « Au contraire : c’est seulement par la médiation de la représentation que la volonté nationale diffuse est portée à l’expression et devient authentiquement souveraine(p. » « La représentation désigne donc le rapport qu’un groupe humain entretient avec lui-même dès lors qu’il a une existence politique.267). » La théorie de Hegel de la représentation « cherche à surmonter l’alternative à laquelle est confrontée la pensée moderne de l’État : souveraineté représentative (Hobbes. » « La souveraineté populaire est inaliénable .268).tel est précisément le statut du gouvernement . du peuple et de la représentation nationale . non l’unité du représenté. ils sont « mis à la place de la nation elle-même 10 » et « il leur suffit de vouloir comme veulent des individus dans l’état de nature ». il manque au peuple la « rationalité » qui lui confère une signification étatique et politique. il lui faut être représenté dans l’acte même qui le constitue . Principes de la philosophie du droit.

Parmis ces procédures. la représentation joue un rôle décisif : elle est ce par quoi. ou plutôt que si elle se fonde sur les divisions effectives de la société civile. Composé de fonctionnaires compétents. (p.275-276) » Le gouvernement est médiateur entre le prince et le pouvoir législatif. voire antagonistes. » En d’autres termes. Il a un double rôle. Principes de la philosophie du droit. l’objet du législateur est d’édicter des normes universelles. aux mutations induites par la désimplication de la société civile et de l’État. Il définit ainsi. Dès lors que le socio-économique se différencie du politique.274). ayant une connaissance précise des conditions concrètes dans lesquelles l’activité de l’État doit s’inscrire. d’elle-même.. « l’État privé » accède à une « signification et à une activité efficiente politiques 13 . c’est-à-dire la représentation parlementaire. les rapports entre les individus et les groupes sociaux d’une part et l’État d’autre part(p. §303 14. le gouvernement assume les tâches de gestions et de régulation économique et sociale. « Enfin. d’inventer des procédures d’intégration dynamique d’un univers social toujours plus fortement scindé en intérêts particuliers et antagoniste. l’unité du peuple représenté ? La réponse tient. pour la communauté éthico-politique. Le pouvoir princier. il clôt le processus délibératif par ce « je veux » qui« est au commencement de toute action et de toute effectivité 14 . cette fois encore. il convient.] La représentation statutaire n’est qu’un des éléments du pouvoir législatif. pour éviter que cette différenciation ne devienne une compétition dangereuse. elle assure la présence au sein des institutions étatiques du monde social tel qu’il est. est l’instance de la décision ultime .. des lois. le moment de la particularité. Or l’intégration politique de la diversité sociale ne peut aboutir que si elle prend en compte. Principes de la philosophie du droit. celui du monarque héréditaire. [. » Intégration institutionnelle de la diversité sociale. c’est-à-dire scindé en intérêts divergents. qui permet au peuple toujours divers et multiple de ne faire qu’une unité universelle. Il contribue par son administration à relier le monde social et l’universel politique. délibératif et exécutif. La représentation est donc une représentation des intérêts sociaux. » Le pouvoir gouvernemental est.276). §279 . « Les différents pouvoirs entre lesquels se distribue l’action de l’État sont des moments interactifs de son organisme et ne sauraient donc exister et agir de façon indépendante comme le suggère la conception courante de leur séparation.4 La représentation des intérêts « Qu’est-ce qui rend insuffisante la solution de Hobbes : l’unité du souverain crée. elles-mêmes institutionnalisées par les corporations(p. de police. au sein de l’État. » 13. et permet du même coup de réaffirmer la suprématie de l’universel politique sur la particularité sociale.

résulte de la division technique du travail. Les députés ne sont pas de simples mandataire . celui de la diversité du monde social. §303 16. » La nomination des personnes représentantes est secondaire par rapport à la représentation des intérêts du corps social. dont la publicité des débats est la garantie. Principes de la philosophie du droit. si l’État en général est une médiation de la société avec elle-même. « Ainsi. en effet.§311 .277) » Hegel considère que les divers groupements (propriétaires fonciers dans la Chambre haute . l’état privé parvient à une signification et à une activité-efficiente politiuqes. et un organe de politisation et de repolitisation continue de la société civile. Le mandat libre seul peut. Hegel rejette le mandat impératif pour se rapprocher du mandat libre. de la discussion et de la délibération rationnelles. ni comme une multitude dissoute en ses atomes. la différenciation sociale qui. symbolisée par la personne du monarque. Celui-ci ne peut apparaître ni comme une masse simplement indivisé. Elle est tout à la fois un mode d’accession à l’être politique d’un corps social différencié. garantir un exercice de la raison.] C’est seulement de ce point de vue que le particulier. Hegel. Mais cette médiation doit être entendue dans sa vérité. Principes de la philosophie du droit. « Le député est avant tout un agent de l’universel. de pratiquer une sorte de pédagogie politique en direction de leurs mandants. peut structurer la représentation politique. et la multitude sociale divisée. » « L’État hégélien confère au parlement. constamment minée par les conflits d’intérêts qui la traversent..(p. Le débat parlementaire est avant tout l’instrument d’une « auto-éducation » politique de la société civile à travers 15. Le mandat impératif ferait retomber l’universel dans le particularisme des intérêts déjà arrêtés. s’il est l’instance qui lui confère une identité éthique. entre l’État et la société civile. à savoir comme différencié [. L’État. l’État donne une figure concrète à ce qui est une de ses missions : assurer la médiation politique de la société civile avec elle-même.. voire fracturé. il apparaît au contraire comme ce qu’il est déjà.5 Hegel souligne expressément le rôle de médiation des institutions représentatives. un rôle de médiation entre le gouvernement et le peuple. c’est surtout à l’organe spécifique de la représentation (au parlement et à ses chambres) qu’il revient de souder l’une à l’autre l’identité de l’État. Autrement dit. et tout particulièrement à la chambre « basse ». « Dans l’élément des états au sein du pouvoir législatif. effectif au sein de l’État. dans la société moderne. corporations de la société civile) ont « un droit égal à être représentés 16 . groupes sociaux composant le monde urbain. Les assemblées ont surtout pour vocation de faire pénétrer dans la société civile le point de vue de l’État. Grâce aux institutions représentatives.278). se rattache à l’universel 15 ». l’universel accueille en son sein le moment particulier. La nécessaire représentation politique du monde social ne saurait être la caution institutionnelle du lobbying(p.

Reconnaissant à la société une indépendance relative. §258 . permet au peuple d’accéder à l’être politique. ce « tout articulé en ses cercles particuliers 19 » est un processus politique continu de recomposition d’une société qui ne cesse de se différencier. Création continuée de l’unité politique. de devenir une communauté politique. cette médiation c’est la représentation. un État. lorsqu’il se constitue en État. Le peuple n’existe pas naturellement. 19. pensée et voix à cette « masse informe 17 ». §308 Ibid. lorsqu’il se représente. la représentation est le travail du politique.280) » La médiation met en relation le peuple comme ensemble d’individus (masse) et le peuple comme diversité d’intérêts sociaux et culturels (nation) et le peuple politique(l’État). Cette constitution suppose une médiation.. mais de permettre à ce sujet. 20. §273 Ibid. ce puissant facteur de dispersion des intérêts et des volontés. « la réunion en tant que telle 20 ». elle est par conséquent incompatible avec la société civile moderne. La représentation est médiation de l’identité . non une multitude.278-279) » Une philosophie de la représentation Le peuple ne sait pas ce qu’il veut. de personnes privées.. au sens dynamique du terme. il est politiquement constitué. un peuple. « Si le peuple ne sait pas ce qu’il veut. 18. prenant appui sur les institutions de celle-ci. Un peuple cesse d’être une somme d’individus. §279 Principes de la philosophie du droit. sa particularité recroquevillée sur elle-même. (p. La définition d’une communauté est avant tout politique. Au-delà de la démocratie « Comme les libéraux. car celle-ci suppose l’identification des aspirations individuelles et des fins de la communauté politique .6 les représentants de ses intérêts . (p. elle répond au fait qu’une communauté ou des communautés juxtaposées au sein d’une société ne forment pas d’elles-mêmes une entité politique. c’est qu’il n’est pas immédiatement ce qu’il est . qui donne corps. Hegel s’aperçoit que l’autonomie croissante de la société civile à l’égard de l’État rend la véritable démocratie impossible. d’advenir à soi-même. de se dé-composer : il est.. l’État.. de surmonter sa diversité contradictoire. L’État moderne ne peut plus être cette « unité substantielle encore inséparée 18 » qu’est la cité démocratique. Principes de la philosophie du droit. Le sens de la représentation n’est pas qu’un sujet soit représenté par un autre et pour un autre. Hegel s’accorde donc avec les libéraux pour considérer que l’individu moderne 17. La représentation. le peuple.

A cette double relation de l’État et de l’individu correspondent deux acception de la notion de peuple. c’est donc en tant qu’État que le peuple est souverain : « On peut dire de la souveraineté vers l’intérieur qu’elle réside dans le peuple.295) » « Le politique et le social ne sont donc ni confondus. Mais il pense.(p.] L’unité du populus n’est pas naturelle . L’universel politique est la vérité d’un espace social voué à la particularité des intérêts et à la compétition des passions. L’individu est à la fois citoyen et sujet. joyeuses ou tristes : c’est ce que le libéralisme n’accepte pas de voir. ce sont des moments qui se présupposent et s’engendrent réciproquement. l’universel politique est la condition de la particularité sociale. une notion comme celle de souveraineté du peuple n’a éventuellement de sens que si l’on se défait de la « représentation inculte » du peuple comme une « masse informe » qui ferait en quelque sorte face à l’institution politique. ni séparés . contrairement à eux. Mais cet universel trouve dans la différenciation sociale une raison supplémentaire d’être : c’est ce qui condamne l’idéal démocratique pur. lorsqu’il contraint l’individu à abandonner la représentation sommaire qu’il peut avoir de sa liberté et comme le dit Rousseau.. la guerre de tous contre tous risquerait de résulter de la simple logique agonale de la société civile. le fondement permettant à « l’État extérieur » de subsister. en particulier grâce aux mécanismes de la représentation. Donc. Il exerce de ce fait une coercition à l’égard de la volonté abstraite. L’identité politique. Ibid. (p.7 est « fils de la société civile 21 » avant d’être citoyen de l’État. prévient la dégradation toujours possible de la compétition sociale en guerre civile.. si l’on ne parle de manière générale que du tout. mon être politique est façonné par mon être social : c’est seulement en tant que membre d’un des « cercles particuliers » de la société civile que je puis accéder à une existence politique effective. d’une part. tout à fait au sens où l’on a précédemment 21. la raison en est qu’aucun vouloir rationnel ne saurait émaner d’un groupe particulier.(p. La (con)citoyenneté retient la société civile de retourner ç l’état de nature. elle est continument produite et reproduite par la médiation politique. Une telle masse « ne sait pas ce qu’elle veut 22 » . §238 22. et surtout deux théories de la souveraineté. D’autre part. Ibid. [. le force à être libre.301) » Peuple et multitude : où est le souverain ? « L’État est la condition rationnelle de la liberté. fût-il majoritaire. §301 . garantie par les institutions de l’État. que les propriétés sociales particulières de cet individu nourrissent un « vocation » politique qui le porte au-delà d’elles. En l’absence d’un État fort.301-302) » « C’est en tant que peuple unifié (populus) grâce à la médiation représentative.

entre sa particularité autodestructrice et son universalité affirmative . Sans doute l’homme est-il par nature bon aussi bien que mauvais. 25. §474 Ibid. en d’autres termes le sujet pratique. La souveraineté de l’État est idéelle parce qu’il est lui-même une idéalité : il est la vie du tout. C’est que l’homme passionnel. Souveraineté : « la pensée universelle de l’idéalité » de l’État 24 . donc à exister. souveraineté. l’idée de souveraineté vient se confondre avec celle de constitutionnalité. Hegel. constitution : autant d’expressions distinctes. sil l’on entend par constitution cette autodifférenciation nécessaire de l’État en pouvoir distincts mais non pas indépendants. » (P. en et pour soi libre) et ce qu’il est réellement (volonté emprise dans une naturalité contradictoire). §278 Ibid. réside dans l’intégration non contrainte des sujets 23. chacune dotée d’une consonance spécifique.(p. c’est seulement à travers elle que la subjectivité fait l’épreuve de la distorsion qui existe entre sa part de contingnce et sa part de rationalité. implique la différenciation de la puissance de l’État. Mais il faut ajouter que la souveraineté a besoin de s’incarner en une personnalité concrète physiquement et subjectivement individuelle : « La personnalité de l’État n’est effective qu’en tant qu’elle est une personne. 27. Et. passions et impulsions « ne sont rient d’autre que la vitalité du sujet 27 ».305) » ’Epilogue : La passion du concept « La passion n’est ni bonne ni mauvaise 26 ». interne au sujet. Or l’esprit subjectif n’est pas en mesure de surmonter cette opposition par ses propres moyens. « la réunion en tant que telle ». l’identité mobile d’une multiplicité. mais le conduit en même temps à agir. de l’idée selon laquelle le politique est le procès infini de constitution de l’identité d’une communauté. 26. §279 Ibid. 24. entre ce qu’il est en soi (volonté rationnelle.8 montré que la souveraineté revient à l’État 23 ».384) » « La « nature » du sujet réside bien plutôt dans la contradiction qui constitue le cœur du complexe passionnel. Au contraire. peuple. Principes de la philosophie du droit. . « La passion nest pas un pur et simple désordre de la subjectivité.304) » « État. Ainsi la résolution de cette contradiction infiniment féconde ne peut-elle résider que dans le dépassement. §279 Encyclopédie. La vérité de la subjectivité passionnelle. dans l’Aufhebung du point de vue de la naturalité lui-même. La souveraineté. §475 . ainsi.(p. identité de l’identité et de la diversité. Mais la dialectique des passions ne trouve pas d’issue rationnelle dans le cadre du seul esprit subjectif. la résolution de la contradiction qui est inhérente au sujet et le met en péril. le monarque 25 . Le conflit des impulsions et des passions reflète en effet l’opposition. ne dispose d’aucune instance interne lui permettant d’évaluer et de dominer ses errements.

la « misère » et la « détresse » de la classe ouvrière ou d’une parie de celle-ci (la populace) ne signifient pas seulement ma pauvreté mais surtout le dénuement moral et la perte de la plus-value éthique que la vie sociale devrait comporter normalement. les intérêts et même les passions du peuple ne peuvent trouver d’obstacles durables(Toqueville. Risque d’oppression des minorités. la compétition des intérêts sociaux. de régulation des processus économiques et de traitement des crises sociales). ne peut trouver d’issue satisfaisante. qui est aussi une lutte pour la reconnaissance.391) » Toqueville . d’une capacité réelle. grâce aux seuls mécanismes du marché.390) Le « dérèglement ». la solution de la contradiction qui mine la société réside d’une part dans l’institutionnalisation des processus sociaux grâce aux corporations (lesquelles ont pour tâche de gérer. autant que faire ce peut.9 à un ordre objectif dont les structures et les normes exercent sans doute une pression sur l’arbitre individuel.De la démocratie en Amérique En démocratie : « les opinions. Vrin 1). les préjugés. D’un point de vue socioéconomique. La « tyrannie démocratique ».385-386) » « du point de vue de Hegel. p. à savoir telle qu’elle ne menaca pas la capacité d’autorégulation du système social. et d’autre part dans les interventions des instances gouvernementales (lesquelles disposent.135.(p. mais limitée. .(p. mais offrent aussiles conditions systématiques d’une liberté vécue subjectivement. en qualité de vecteurs du sens politique de l’universel. » La souveraineté du peuple signifie que « c’est la majorité qui gouverne au nom du peuple ».(p. les pathologies sociales). Le démocratie court le risque permanent de devenir tyrannique. De là vient le caractère inquiétant pour Toqueville de la souveraineté du populaire et donc de la démocratie.