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James Brown

Say it loud, I’m Black and I’m proud (1968)
James Joseph Brown (1933-2006), appelé aussi The Godfather of Soul , est un
musicien, chanteur, auteur-compositeur
compositeur, danseur et producteur AfroAméricain. Initiateur du funk,, il a eu une très grande influence sur la soul, le
rhythm and blues, le gospel ainsi que le hip-hop. Il est reconnu comme
l'une des figures les plus influentes de la musique populaire du XXe siècle et
fut renommé pour ses performances scéniques.
Vers la fin des années 60, il pose les premiers jalons du funk caractérisé par
une claire rupture avec le côté guilleret
uilleret et mielleux de la musique de ses
contemporains :
- un son brut et sans fioritures,
- les cuivres, la basse et la batterie, jusqu'à lors relégués en arrière plan, occupent le centre du mix
stéréo,
- un chant moins mélodique, plus scandé, se glissant da
dans
ns la pulsation rythmique de l’ensemble (James
Brown sera un pionnier du rap à partir des années 70)
70). Régulièrement apparaissent des parties
parlées, directement au public, à la façon des rappeurs avant l'heure.. Il introduit aussi beaucoup de
ruptures de rythmes et de breaks, il déstructure.
Quant aux textes de son funk urbain,, ils se font revendicatifs. En ce milieu des années 60, sses chansons se
politisent. Abordant la question des préjugés envers les Noirs en Amérique
Amérique, et la nécessité de leur
émancipation, elle constitue une critique de la société
société, le meilleur exemple étant Say It Loud I'm Black and
I'm Proud, l'un des hymnes les plus populaires du Black Power des années 1960.

Dans le refrain (sur l’enregistrement original
original), tel un slogan répété, la réponse « je suis noir et je suis
fier! » (call ans respons) est chantée par un groupe d’enfants qui répondent à l’appel du chanteur («Say it
loud ») selon le principe du call ans respons.
Pas plus qu’il n’y a de mélodie chantée dans les refrains, et tel un prêche exalté tout
droit inspiré d’un discours de Martin Luther King ou de Malcom X, James Brown scande son
texte dans les couplets,, selon un phrasé parlé
parlé-rythmé qui sera la principale so
source
d’inspiration du rap des générations à venir
venir. James Brown ne manquait pas de rappeler, dans
ses shows qui sont aussi des talk-shows
shows : « Je n’oublie pas d’où je viens ni qui je suis… » « les
Blancs ne sauraient dire aux Noirs quels sont leurs besoins ».
Si le gospel song reste l’école musicale des a
artistes noirs, le blues quant à lui survit parallèlement.
Comme le swing des années 1930, le groove est le mot d’ordre du nouvel avatar du rhythm and blues, le
funk,, style dépouillé fondé sur une polyrythmie violemment syncopée, significatif du désenchantement noir
américain. En vogue à la fin des années 50, le terme funk désigne d’abord une sorte de retour « viril » aux
traditions du jazz, du blues et du gospel, voire des work songs. L’origine de l’appell
ppellation est difficile à cerner.
Probablement faut-ilil la rapprocher du mot argotique noir
noir-américain décrivant l’odeur
deur dégagée par les corps au
cours du travail ou de l’acte sexuel.. Dan
Dans son application à la musique il faut voir
oir u
une réhabilitation du corps,
une réévaluation de l’engagement physique et, par-là même, la description d’u
d’une manière instrumentale
évoquant le jeu « sale » (dirty) prisé dans les milieux du blues.
Avec ses aspérités, ses rythmes
ythmes marqués, insistants, hypnotiques, son phrasé bluesy, ses blue notes
coulées de manière très expressive,, il fait profondément référence aux valeurs frustes d
du « mauvais nègre »
des ghettos.. Le rap saura s’en souvenir…

Repères historiques

Paroles et traduction
Uh! With your bad self!

Avec votre “mauvais côté”!

Say it loud: I'm black and I'm proud! (x2)

dites-le
le fort : je suis Noir et je suis fier (x2)

Some people say we've got a lot of malice
certains disent que nous avons beaucoup de malice
Some say it's a lot of nerve
d’autres disent que c’est du culot
But I say we won't quit moving until we get what we deserve mais je dis que nous n’arrêterons pas de bouger tant que
We have been bucked and we have been scorned
We have been treated bad, talked about as just bones
But just as it takes two eyes to make a pair, ha
Brother we can't quit until we get our share

nous n’obtiendront pas ce que nous méritons
nous avons été rués de coups et nous avons été méprisés
nous avons été maltraités,, considérés juste comme des os
mais de même
me qu’il faut deux yeux pour faire une paire,
Frère nous ne pouvons pas abandon
abandonner tant que nous
n’obtiendrons pas notre part

Say it loud: I'm black and I'm proud! (x4)

dites-le
le fort : je suis Noir et je suis fier (x4)

I worked on jobs with my feet and my hand
But all the work I did was for the other man
Now we demand a chance to do things for ourselves
We're tired of beatin' our head against the wall
And workin' for someone else

j’ai travaillé avec mes pieds et mes mains
mais tout ce travail était fait pour l’autre homme
maintenant nous demandons une chance de faire des
choses pour nous-mêmes
nous sommes fatigués de nous cogner la tête contre le mur
et de travailler pour quelqu’un d’autre

Say it loud: I'm black and I'm proud (x4)

dites-le
le fort : je suis Noir et je suis fier (x4)

We're people, we're just like the birds and the bees
We'd rather die on our feet
Than be livin' on our knees

nous sommes des gens, nous sommes juste comme les
oiseaux et les abeilles
nous préférons
rons mourir debout
plutôt que de vivre sur les genoux.

Say it loud: I'm black and I'm proud (x4)

dites-le fort : je suis Noir et je suis fier (x4)

1865 : ratification du 13e amendement décrétant l’abolition de l’esclavage
1870 : ratification du 15e am
amendement accordant le droit de vote à to
tous les citoyens américains
quelles que soient leur race ou leur couleur
1909 : W.E.B. Dubois fonde la NAACP (National Association for the A
Advancement of Coloured
People)
1957 : A Little Rock, Arkans
rkansas, les étudiants noirs, sous la menace
e de la milice dépêchée par le
Gouverneur Faubus, se voient refuser l’accès de la Central High School
- 1957 : Les étudiants de Little Rock réintègrent leurs classes sous la protection de l’armée.
- 1963 : 250 000 personnes
es pa
participent à la marche pour les droits civiqu
iviques, vers Washington, avec
Martin Luther King « Nous aspirons à la liberté promise en 1863… »
Le discours du Dr. King sera retransmis par les chaînes nationales, relayées dans le monde pour des
millions de téléspectateurs. A un moment, il « oubliera » son texte pour une impro
provisation aussi inspirée que
celle d’un preacher dans son église, d’un bluesman ou d’un saxophoniste « free ». Déclenchant cris et
applaudissements, il va scander comme u
un refrain I Have A Dream (« je fais un rêve »), enchaînant les mots
justice, fraternité, Dieu, Amérique, dem
demandant que les hommes de toutes couleurs
eurs et confessions se tiennent
la main, que résonne (Ring) la liberté, et conclure en citant le spiritual Free at Last (« Libres enfin ») sous les
ovations.
- 1964 : Malcom X est abattu
- 1965 : émeutes dans les quartiers noirs
- 1966 : Smokely Carmichael lance le slogan « Black Power »
- 1968 : Martin Luther King est assassiné.
A la fin des années 60 aux Etats
Etats-Unis, le FBI mène une guerre totale auxx co
contestataires. Mis en échec
par les opposants à la guerre du Viet
Vietnam, il parvient à liquider le radicalisme
me noir par tous les moyens
(infiltration, faux témoignages, assassin
assinats). La communauté noire connaît un prof
profond désenchantement. En
dépit des effets positifs de l’affirmative action qui incite à embaucher auprè
uprès des minorités raciales,
l’intégration pose encore de nombreux
breux problèmes, notamment sur le plan scol
scolaire, et la majorité noire
s’enfonce dans la paupérisation sans
ans retour alors que la classe politique se dé
désintéresse des questions
sociales.