«Dès Que vous aurez coupé le dernier arbre, pollué la dernière rivière, tué le dernier animal et le dernier poisson

, vous comprendrez que l’on ne mange pas l’argent» Indien de l’Amazonie.

APV/FLEGT :
N° 011 - du Lundi 02 Novembre 2009 Après un temps de relâchement consécutif a la situation politique du pays, la Plate forme des organisations et acteurs de la société civile gabonaise autour du processus FLEGT et de l’APV se redéploie.
Photo CIFOR

LE REDEPLOIEMENT DE LA SOCIETE CIVILE
Sommaire
AU FIL DES JOURS p.2 Projet Carto : formation des techniciens SIG CIFOR: collecte de données dans la Noya ACTU-PROJETS APV/GLEGT: le redéploiement de la société civile NOTRE ENVIRONNEMENT p.4 p.3

Les populations de Nzeng-Ayong menacées par un étang. Convoi de grumiers sur la Nationale 1

S

Editorial

Le tournant de Copenhague
subissent tout de même les conséquences (sécheresse, inondations, littoraaux grignotés, désertification). Entre les deux, les puissances émergentes (Inde, Chine, Brésil...), pas vraiment enclines ā mettre un frein ā leurs ambitions économiques ou ā sacrifier leurs insolents taux de croissance. Beau casse-tête en perspective. Comment l’Afrique aborde-t-elle ce rendezvous crucial? Ă un mois de l’échéance, elle peine ā masquer son impréparation. Comme souvent, les dirigeants africains n’ont pas pris la mesure de l’évènement suffisamment tôt. Il aura fallu attendre fin août pour que l’Union africaine (UA) accélère le processus de mobilisation de ses dirigeants et de ses experts. Car le continent compte bien faire entendre sa voix ā Copenhague. C’est du moins la résolution prise au cours de la rencontre de Ouagadougou. Mais encore faut-il arriver ā la table des négociations avec un autre projet que la seule demande de compensations financières ā verser par les pays pollueurs et, ā tout le moins, faire bloc. L’Afrique pollue peu la planète (environ 4% des émissions mondialesde CO2), mais ne s’est jamais vraiment préoccupée de son propre environnement : gestion de l’eau, collecte et traitement des déchets, préservation des forêts, etc. Les autres participants ā la conférence de Copenhague ne feront aucun cadeau. Tous défendront bec et ongles les intérêts de leurs pays, régions, continents. Le green business, c’est l’avenir, probablement la prochaine révolution économique. L’Afrique ne peut se permettre de rater encore une fois le tournant. Malgré ses nombreux atouts, qui ne sont pour l’instant que mis ā l’encan, c’est pourtant le chemin qu’elle prend...

ur le principe, tout le monde est d’accord : la menace climatique et environnementale nécéssite un plan d’action ambitieux, concerté, urgent, et une véritable prise de conscience. Mais derrière les beaux discours sur le thème « sauvons la planète », c’est toute l’économie du monde de demain qui se joue. Et lā, quand on commence ā parler gros sous, les choses se compliquent. Du 7 au 18 décembre se tiendra ā Copenhague, au Danemark, la Conférence de l’ONU sur le changement climatique. Objectif : négocier un nouvel accord international sur la réduction des émissions de gaz ā effet de serre, qui prendra le relais du protocole de Kyoto ā partir de 2012. Des négociations qui s’annoncent pour le moins tendues. D’un côté, les pays industrialisés, gros pollueurs et consommateurs d’énergies fossiles. De l’autre, les pays en développement, dont la responsabilité dans le changement climatique est minime mais qui en

Marc Ona, Secrétaire Exécutif

Brainforest info N° 0011 du 01/11/09__________________www.brainforest.org - Tel. : +(241) 44 53 52

Au fil des jours

Projet Carto : formation des techniciens SIG

D

u 23 Septembre au 13 Octobre 2009 s’est tenue à Bangui en République Centrafricaine une formation de techniciens en système d’informations géographiques (SIG) dans le cadre du projet de cartographie participative dans le bassin du Congo. Cette formation a regroupé trois pays, à savoir : Le Gabon, le Congo Brazzaville et la RCA. Les différentes délégations étaient composées des membres de la société civile mais aussi des représentants de l’administration. La délégation gabonaise était composée de : Audrey Paméla MAROUNDOU de l’ONG Femme Environnement Santé Education (FENSED), François Parfait NDONG ONDO de l’ONG Aventures Sans Frontière (ASF), Kevin Ulrich LEKOGO KIANA de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) et Edwige EYANG EFFA chef de projet carto à Brainforest (Chef de mission). La formation qui s’est déroulée au Quartier BOHERAB, en face du lycée BOGANDA, a débuté avec une cérémonie officielle qui à vu la présence des autres ONG centrafricaines impliquées dans le projet. Les travaux des assises ont essentiellement porté sur l’utilisation du logiciel ARCGIS 9.3. Au cours de ces trois semaines d’échanges, les participants ont planché sur des modules tels que la définition et la présentation des SIG, l’introduction aux notions de base, les données géographiques, la présentation de l’environnement ArcGIS, la prise en main d’ArcGIS et l’organisation des données et production des cartes participatives. Deux experts ont animé cette formation à savoir, Georges Thierry HANDJA, représentant la Rainforest Foundation UK et Edwige EYANG EFFA de Brainforest. Rappelons que la rencontre a été initiée par la Rainforest Foundation UK, en vue du renforcement des capacités des organisations de la société civile et des administrations œuvrant dans le secteur forêt-environnement. La cérémonie de clôture a été ponctuée par la remise aux participants des attestations de formation SIG. r
Photo CARTO

Photo CIFOR

Equipe CIFOR sur le terrain

CIFOR : Collecte de données sur l’exploitation illégal du bois
Comme chaque mois, l’équipe Brainforest assurant les enquêtes de brousse dans le cadre du projet Cifor vient d’effectuer une mission de 10 jours dans un des quatre départements de la province de l’Estuaire, afin d’y collecter des données sur l’exploitation artisanale de bois. Pour le compte du mois dernier, l’équipe d’enquêteurs du CIFOR composée de Laurentine BILOGO BI NDONG (Chef de projet) et Reine Patrick BANIOGUILA (assistante) a séjourné dans le département de la Noya, 1er canton, durant la période allant du 11 au 21 octobre 2009. L’étude s’est déroulée dans le regroupement de villages situé entre Nkan-mbot et NNo-ayong, ā la lisière des départements de la Noya et du Komo Ocean. Selon les enquêteurs, « le travail dans le département de la Noya a été assez complexe, du fait de la recherche de personnes ressources dans chaque village. Chaque étape villageoise étant ponctué par la présentation de notre lettre de mission au chef de village, ou au chef de regroupement, la recherche d’une personne ressource travaillant dans le domaine et surtout pouvant nous mener auprès des scieurs présents au village ou effectuant un campement en brousse s’est avérer comme une vraie gageure ». Rappelons que le travail effectué par Brainforest pour le compte du Cifor s’articule autour de trois phases :

Suivi deS dépôtS en ville :
Depuis juillet 2008, les enquêteurs brainforest, collectent les entrées et sorties de bois dans les quincailleries de Libreville. cette opération de collecte de données permettra d’estimer la demande urbaine en produits forestiers, de mieux connaître les essences les plus vendus, le volume de bois vendu, les emplois générés, et les chiffres d’affaires obtenus,…

Suivi deS pointS d’entrée du boiS illégal :
Il s’agit pour les enquêteurs de surveiller et d’enregistrer les véhicules transportant du bois illégal qui entre dans la capitale

réaliSation deS enquêteS Sur l’amont de la filière :
Chaque mois l’équipe d’enquêteurs brousse effectue une mission de 10 jours dans un des quatre départements de la province de l’Estuaire, afin d’y collecter des données sur l’exploitation artisanale de bois. Cette activité consiste à suivre des scieurs dans leur travail quotidien pour mieux comprendre les problèmes qu’ils rencontrent et pourquoi ils continuent d’agir dans l’illégalité. Jusqu’à ce jour une dizaine de missions ont été faites dans les différents départements r

Photo de famille Techniciens SIG à la fin de la formation

2

Brainforest info N° 0011 du 01 /11/09__________________www.brainforest.org - Tel. : +(241) 44 53 52

Actu-projets

APV/FLEGT : LE REDEPLOIEMENT DE LA SOCIETE CIVILE
Faisant suite â l’atelier national qui s’est tenu à Libreville les 26, 27 et 28 mai 2009 aux fins d’élaboration de la feuille de route du programme d’actions FLEGT, les ONGs et acteurs de la société civile gabonaise autour dudit processus se sont réunis le vendredi 2 octobre 2009 dans les locaux de Brainforest. L’objectif de la rencontre était de faire le point des actions menées jusqu’â ce jour, mais également et surtout d’arrêter ensemble un chronogramme d’activités â venir. Propos recueillis par Phal G. MEZUI

rofitant de l’opportunité de cette rencontre qui a permis aux participants de faire l’autopsie de l’implication de la société civile gabonaise dans la mise en œuvre du processus FLEGT et de l’APV, le point focal, Richelieu ZUE OBAME, a accordé un entretien a la rédaction de Brainforest Info.

P

deux grandes articulations. La première et actuelle, c’est la mise en œuvre des éléments du plan d’action FLEGT. Pour ce niveau du processus, il s’agit globalement d’amorcer les discussions qui doivent porter sur les sept points contenus dans les notes succinctes du FLEGT. La conduite de ces discussions exige l’implication de toutes les parties prenantes du secteur forestier. C’est à ce titre que la société civile y est impliquée. Et c’est aussi à ce titre que l’ONG Brainforest exécute actuellement un projet de renforcement des capacités requises de la société civile, pour sa participation fructueuse à ces négociations. Ce renforcement des capacités va de la facilitation de la compréhension des concepts et objectifs du FLEGT à la participation active aux négociations, en passant par l’appui institutionnel à ces organisations. Le second grand moment, c’est la phase de suivi d’application des lois dans le secteur forestier. Cette phase se matérialisera par la mise en place d’un observatoire indépendant des forêts animé par la société civile. Mais, ce qu’il y a lieu de retenir, c’est que le Gabon venant à peine d’officialiser son engagement au FLEGT, la société civile est pour l’instant dans les phases préparatoires. B.I : La société civile est l’une des parties prenantes au processus FLEGT et â la négociations des APV ; Comment vous préparez-vous â ces négociations ? R.Z.O : les activités préparatoires de la société civile ont démarré depuis janvier 2009 et se poursuivent. Au titre de ces dernières, il y a des réunions d’informations et de sensibilisation; il y a eu un atelier de formation de la société civile national aux concepts, objectifs, et vision FLEGT au mois de mai. En outre, les ONG ont pu prendre part aux travaux de l’atelier national sur le FLEGT dont l’un des objectifs principaux était d’élaborer la feuille de route du processus au Gabon.

B.I : Quelles difficultés rencontrez-vous dans cette préparation et comment y faites-vous Face ? R.Z.O : Pour mettre en œuvre un tel mécanisme, la principale difficulté est d’ordre matériel. Il faut toutefois dire que nous bénéficions d’un financement de l’UE et de l’appui de FERN, une organisation basée à Bruxelles qui nous est d’un grand secours. Sur le plan technique à contrario, nous mettons à contribution aussi bien FERN que les organisations comme le WWF ou l’UICN. Parallèlement aux premières mentionnées, d’autres structures dans la sous région entretiennent un partage des connaissances actif avec notre réseau. C’est le cas du CED au Cameroun et de l’OCDH au Congo etc. B.I : Votre mot de fin. R.Z.O : Notre mot de fin est en réalité un souhait : le souhait que toutes les organisations éprises de la problématique de la gestion durable de nos ressources forestières intègrent le réseau FLEGT de la société civile. Le souhait que l’administration de tutelle, par le jeu de la qualité et du niveau des contributions de ces organisations, comprenne qu’il y a là un partenaire utile pour l’effort national de conservation et de gestion rationnelle des ressources de nos forêts.

Photo FLEGT

Brainforest Info : M. Richelieu ZUE OBAME, en votre qualité de point focal pour le compte de la société civile gabonaise dans le processus FLEGT et de l’APV, pouvez-vous expliquer a nos lecteurs de quoi il s’agit ? Richelieu ZUE OBAME : le FLEGT (Forest Law Enforcement Governance and Trade) est un mécanisme mis en place par l’Union Européenne, sous forme de réponse de la communauté aux problèmes d’amélioration de l’application des législations forestières dans les pays producteurs de bois tropicaux. Ce mécanisme aboutit â la signature d’un Accord de Partenariat Volontaire (APV) entre le pays producteur (en l’occurrence le Gabon) et l’UE. A ce titre, il exige la mise en branle de mesures concrètes pour réduire l’exploitation illégale du bois. B.I : Le Gabon est engagé dans le processus APV/FLEGT depuis quelques mois, où en-est-on ? R.Z.O : le mécanisme FLEGT comporte

La Société Civile au cours d’un atelier APV/FLEGT

Brainforest info N° 0011 du 01/11/09__________________www.brainforest.org - Tel. : +(241) 44 53 52

3

Photo FLEGT

Notre environnement
Les populations de Nzeng Ayong menacées par un étang.
Les populations du quartier le plus populeux de Libreville sont menacées par les eaux d’un étang qui fait chaque année des victimes. Que font les autorités municipales et le ministère de l’Environnement ? Par Phal G. MEZUI

I

l n’y a pas longtemps, ce vaste étendu de terre au pied du mont Nkol Ngoum, au nord de Libreville, lieu abritant les équipements techniques de la RTG1, n’était qu’une carrière où une entreprise locale exploitait du gravier. Les années sont passées, une quinzaine environ. Sur près de 7000 mètres carrés, le gravier a été exploité sans contrôle durant des années. Ce qui a provoqué une profondeur de 10mètres environs. Cette annéelà, le pays a connu une forte pluviométrie. Celle-ci a dépassé les estimations annuelles qui se situent entre 4 et 5mm par an. Du fait de l’imperméabilité de la roche en dessous, les eaux ont stagné et gagné en superficie, au point de former au fil des ans cet étang que les riverains, près de trois cents familles qui y vivent ont baptisé Lac Tchad.

Selon les témoignages recueillis sur les lieux, ces eaux débordent en période de crue comme c’est le cas depuis quelques jours. Quand on sait que prês de 1000 âmes vivent autour de ce lac, il est fort à craindre que les eaux y causent une catastrophe durant cette saison des pluies. Lors de notre passage sur les lieux, nous avons constaté que les habitations sont à moins d’un mètre d’altitude. Et qu’au fur et mesure qu’il y a des précipitations, les eaux gagnent en hauteur. Selon les estimations, d’ici le mois de décembre, si les pluies suivent le cycle normal, nous risquons enregistrer des inondations des zones périphériques. Par ailleurs, une équipe de géologues chercheurs rendue sur les lieux déclarait cette zone comme dangereuse. Selon elle, les autorités devraient prendre les dispositions préalables pour sensibiliser les habitants desdits lieux sur le danger qu’elles courent à y rester pendant la saison des pluies. Nous avons été surpris de constater que la rive droite de ce lac subit en permanence des agressions des riverains qui y ont bâti des maisons surplombant les eaux et construit une route sur la berge. Ainsi l’érosion y est très forte à chaque tombée de pluie.

Un grand garage tenu par un expatrié y a les pieds dans l’eau. Ce qui étonne est que ce spectacle s’offre à ciel ouvert et les autorités y ferment les yeux. Ceux-là que nous considérons comme principaux agresseurs de la nature. On se rappelle qu’en 2008, les riverains ont frôlé le pire. De fortes remontées d’eau de cet étang ont provoqué une inondation qui a fait des dégâts dans ce quartier. Les eaux en furie ont débordé au point de gagner la route principale menant au rond point de Nzeng Ayong 100 mètre plus loin, tout en se jetant dans tout le quartier en contre bas. Ce qui a causé beaucoup d’émoi. En remontant au début des années des 2000, on se souvient également du décès par noyade de trois adolescents dans ce lac en pareille période. Parmi les prédateurs, on note une forte propension à la pratique du maraîchage sur les lieux. Toute chose qui dégrade le sol et favorise l’infiltration des eaux vers les habitations. Il est temps que toutes ces activités prennent fin et que l’Etat qui a le devoir de protéger les populations, se mette devant ses responsabilités. Selon les témoignages, des engins et deux maisons auraient été englouties par les eaux au milieu de cet étang. Ce spectacle ne doit plus se répéter, se défendent certains. Vivement que les autorités publiques trouvent une solution à ce problème. C’est la vie de nos compatriotes qui est en danger r

Photo Com Brainforest

Gabon Boutique : valoriser l’art caché du Gabon profond.
Directeur de la publication et de la redaction :
Marc ONA ESSANGUI

Rédacteur en chef :
G. Phal MEZUI NDONG

Secretaire principal de redaction :
Protet Judicael ESSONO ONDO

Responsables de rubriques :

Promouvoir les produits non ligneux!
Gabon Boutique est située au 870 Rue Barro, quartier Louis, en face de l’Hotel Louis, dans la concession de l’Observatoire National de la Democratie. Pour en savoir plus : www.gabonboutique.com gabonboutique@gmail.com

Richelieu ZUE OBAME Edwige EYANG EFFA Martial DJINANG

Laurentine BILOGO bi NDONG

Realisation :
Germain DJEUKING

Impression :

...............................

4

Brainforest info N° 0011 du 01 /11/09__________________www.brainforest.org - Tel. : +(241) 44 53 52