Sommaire cartographique n° 43

ukraine p. 10 p. 35-39 france p. 11

méditerranée p. 20

états-unis p. 13, p. 22-24, p. 42-57, p. 74-83 Haïti p. 14-17 tunisie p. 29-34 grèce p. 74-83 amérique latine p. 42-57 afghanistan p. 66-72 madagascar p. 12-13

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© AREION 2010

DIPLOMATIE 43

6/focus

SOMMAIRE

06 – CHRONOLOGIE Décembre 2009-janvier 2010 08 – CHRONOLOGIE Janvier-février 2010 10 – NEWS Regard de l’OSCE sur les Élections en Ukraine 11 – ZOOM SUR… Le pavillon de la France à l’exposition universelle de Shangai 12 – FOCUS Retour sur la crise politique malgache 14 – FOCUS Comment les images satellites peuvent sauver des vies 20 – NEWSMED Le thon rouge de Méditerranée, l’occasion pour l’Europe d’exercer sa diplomatie ?

21/PoINTs cHAuDs 25/socIÉTÉ 40/DossIER
Chine p. 10

22 – ANALYSE Combien coûte la conquête spatiale ?

MARS - AVRIL 2010

26 – ANALYSE Dictatures d’hier et d’aujourd’hui 29 – ENTRETIEN Dictatures du monde arabe 32 – TABLEAU DE BORD La charia et la peine de mort 35 – ANALYSE L’affaire Gongadze. L’Ukraine et les démons de la dictature 39 – TABLEAU DE BORD Intimidation et harcèlement des personnes enquêtant dans l’affaire Gongadze ; multiples changements de personnel

Géopolitique de l’Amérique latine : l’heure du compte

42 – ANALYSE L’éternel retour de l’Amérique latine 46 – CARTOGRAPHIE Litiges et conflits frontaliers dans les Amériques 47 – PORTFOLIO 48 – ENTRETIEN La sécurité multidimensionnelle 51 – ATLAS Géopolitique de l’Amérique latine

59/sTRATÉGIEs

60 - ANALYSE Guerre impossible vs terrorisme. Les deux visages d’un personnage historique ? 65 - CARTOGRAPHIE Afghanistan, une guerre régionale 66 - ENTRETIEN Les enjeux du développement des entreprises militaires et de sécurité privées : le cas spécifique de l’Afghanistan

73/GÉoPoLITIQuE

74 - ANALYSE L’influence de Thucydide et de Démosthène sur la politique étrangère des USA 77 - CARTOGRAPHIE Le monde vu de la Maison Blanche

85/ALERTEs DE sÉcuRITÉ

86 - CARTOGRAPHIE Alertes de sécurité dans le monde

Diplomatie 43 Affaires stratégiques et relations internationales

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analyse
Par alain Musset, directeur d’études à l’EHESS, membre du conseil scientifique de l’Institut des Amériques. Auteur de Géopolitique des Amériques (dir.), Paris, Nathan, 2009 (2e édition). Photo ci-dessus : Le président mexicain, Felipe Calderon (au centre), arrive à Brasilia le 16 août 2009, pour une visite officielle destinée à évoquer l’accord de libre-échange prévu entre les deux puissances d’Amérique latine (à elles deux, 70 % du PIB de la région) et le renforcement des relations sur le plan énergétique. À cette occasion, le président mexicain propose de créer « un grand G2 latinoaméricain ». (© AFP photo/ Presidencia/Francisco Santos)

L’éternel retour de l’Amérique latine
Après deux décennies de mutations diverses et de consolidation à la fois économique, culturelle et démocratique, l’Amérique latine est de retour sur la scène internationale – mais ce retour est marqué par de très grandes ambiguïtés.
lors que le Mexique et surtout le Brésil s’affirment comme des puissances émergentes capables de rivaliser ou de discuter d’égal à égal avec l’Europe et les États-Unis, tout en approfondissant leurs échanges et leur coopération avec l’Inde et la Chine, les modèles économiques libéraux qui ont triomphé dans les années 1980-1990 sont de plus en plus contestés par des nations dites « progressistes » qui dénoncent l’hégémonie et l’impérialisme de la Maison Blanche, comme au bon vieux temps de la guerre froide. L’année 2009 s’est ainsi déroulée dans un contexte politique de plus en plus tendu, marqué non seulement par un coup d’État au Honduras suivi d’élections contestées par l’ensemble de la communauté internationale, de fortes tensions sur la frontière entre la Colombie et le Venezuela, des plaintes pour espionnage formulées par le Pérou contre le Chili, mais aussi par l’effet négatif de la crise économique mondiale sur les économies de la région, largement dépendantes de la consommation nord-américaine. Ces conditions défavorables ont favorisé un durcissement de l’axe antiimpérialiste incarné par Hugo Chavez, président charismatique et contesté du Venezuela, qui a pris le relais de Fidel Castro pour

A

dénoncer l’hégémonisme yankee et tenter d’imposer sa vision du socialisme bolivarien à l’ensemble du sous-continent. C’est donc une Amérique latine plus que jamais divisée sur le plan économique et idéologique qui doit établir un nouveau partenariat avec les États-Unis, choisir entre libéralisme et socialisme pour lutter contre la pauvreté, et résoudre le faux dilemme posé par les contradictions qui semblent opposer stabilité constitutionnelle et usage démocratique du pouvoir.

Les relations États-unis - Amérique latine : un retour de bâton ? (1)
Dans ce contexte difficile, les relations entre les États-Unis et leurs partenaires latino-américains ont été soumises à de grandes fluctuations. Dans un premier temps, les attentats du 11 septembre 2001 ont provoqué une radicalisation des secteurs les plus hostiles à l’ouverture vers le sud de la forteresse nordaméricaine, au nom de la « Homeland Security » et de la « Homeland Defense ». Cette nouvelle politique a été matérialisée en octobre 2006 par la décision de l’administration Bush d’ériger un véritable mur le long de la frontière avec le Mexique, frontière

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Diplomatie 43 Mars - Avril 2010

que certains Nord-Américains considèrent désormais comme une représenter pour eux l’élection d’un président démocrate noir, ligne de front. Au total, trois gigantesques tronçons formés de supposé plus sensible aux aspirations des populations pauvres plaques en béton, de clôtures en métal et de fils de fer barbelés et des pays en voie de développement. Cependant, la première sont en cours de construction à des endroits considérés comme année du gouvernement Obama n’a pas été caractérisée par de stratégiques : entre Calexico (Californie) et Douglas (Arizona), profonds changements dans ce domaine. L’idéologie de la « Hoentre El Paso (Texas) et Colombus (Nouveau-Mexique) et en- meland Security » est toujours d’actualité et les contrôles sur la tre Nuevo Laredo et Brownsville (Texas), l’ensemble couvrant frontière sud n’ont pas été relâchés. On peut même dire que le Mexique a intégré une par1 132 kilomètres. L’armée a tie de cette stratégie dans été appelée en renfort pour sa propre conception de la assurer la surveillance de la défense nationale, en partie limite internationale et tous pour justifier sa lutte contre les habitants de la zone frondes narcotrafiquants dont talière peuvent désormais se l’emprise sur l’économie, la brancher via Internet sur les société et le monde politique caméras de télésurveillance est de plus en plus forte. braquées en permanence vers La crise hondurienne déle pays voisin afin de signaler clenchée le 28 juin 2009 par aux autorités les passages la destitution du président sporadiques de clandestins. Manuel Zelaya aurait pu Dans de nombreuses villes être l’occasion de manifesde Géorgie, du Kentucky ou ter une nouvelle orientation du Tennessee, de nouvelles Photo ci-dessus : de la politique étrangère lois ont interdit aux migrants À Managua (Nicaragua) le 19 juillet 2009, les partisans du Front nord-américaine vis-à-vis de louer des appartements sandiniste de libération nationale (FSLN) participent aux célébrations du de ses voisins du sud. De s’ils ne disposent pas d’un 30e anniversaire du renversement de la dictature de Somoza en 1979. fait, en soutenant le présivisa de travail en règle. Les La bannière présente les portraits (de gauche à droite) des présidents dent déchu, l’administration contrôles policiers dans les du Honduras évincé Manuel Zelaya ; de l’Équateur, Rafael Correa ; de américaine a d’abord tourné entreprises ont par ailleurs Cuba, Fidel Castro ; du Nicaragua, Daniel Ortega ; du Venezuela, Hugo le dos à ses alliés naturels (lidissuadé de nombreux Chavez et de Bolivie, Evo Morales, surmontés de la devise « Les peuples béraux et nationalistes honemployeurs d’embaucher des unis ne seront jamais vaincus » et de « Vive l’unité latino-américaine ». (© AFP photo/Mayerling Garcia) duriens) et s’est retrouvée clandestins. Cette situation de manière paradoxale dans est d’autant plus difficile à supporter pour les Latino-Américains qu’ils forment désormais le camp des partisans de Chavez, de Daniel Ortega et de Fidel la principale minorité ethnique des États-Unis (44 millions de Castro. Les congressistes républicains, avides de revanche après la défaite de leur candidat à l’élection présidentielle de 2008, ont membres reconnus), avant la communauté noire. Les « remesas » (transferts bancaires) que les Mexicains installés alors rappelé qu’il ne fallait pas se tromper d’ennemi et qu’on de l’autre côté du Rio Bravo effectuent chaque année au profit de avait eu tort de se déclarer trop vite en faveur d’un dictateur leurs familles ont atteint en 2007 la somme record de 24 milliards potentiel hostile aux intérêts américains. Le changement de pode dollars. Ils dépassent désormais en valeur les revenus du tou- sition de la Maison Blanche est sans doute le résultat de cette risme international. Ces capitaux font vivre des familles entières prise de conscience. Après avoir appuyé l’accord mort-né de San dont les membres sont restés dans les villages du Guerrero ou José-Tegucigalpa qui supposait le retour provisoire de Manuel du Michoacán. Cependant, en 2008, la crise économique provo- Zelaya à la tête de l’État hondurien, l’administration américaine quée par l’effondrement d’une partie du système financier nord- a préféré soutenir un processus électoral contesté qui a abouti à américain a touché de plein fouet des secteurs où les migrants l’élection du candidat du parti national, Porfirio Lobo (29 novemmexicains exerçaient leur activité (en particulier le bâtiment). bre 2009) – ce qui permettait de limiter l’influence croissante Les envois de dollars au Mexique ont alors commencé à chuter du trublion Hugo Chavez dans la région de l’isthme. Dans ce et, au début de 2010, le mouvement ne s’est pas encore inversé. contexte, on notera l’incapacité de l’OEA à jouer un véritable rôle Cette évolution a touché aussi les pays centraméricains où plus de dans le traitement et la résolution d’une crise majeure qui a fait quatre millions de familles dépendent des « remesas » pour payer réapparaître les vieux démons du sous-continent : démocraties leurs factures et acheter des produits alimentaires ou des biens de factices, putschs militaires et dictatures bananières. consommation courante. C’est ainsi que pour le seul Honduras, selon la Banque centraméricaine d’intégration économique, les De cuba à caracas : envois de fonds venus des États-Unis ont représenté en 2007 près l’ALBA et le socialisme du XXIe siècle de 2,5 milliards de dollars, soit 25 % du PIB. Par ailleurs, le revirement de la Maison Blanche a donné des arL’arrivée au pouvoir d’Obama a suscité beaucoup d’expectati- guments à ceux qui utilisent la vieille rhétorique anti-impérialiste ves de la part des Latino-Américains installés aux États-Unis et, pour dénoncer l’ingérence des États-Unis en Amérique latine. Dès de manière générale, la communauté hispanique a soutenu sa la fin des années 1990, le retour au pouvoir de la gauche dans de candidature, car elle pouvait représenter une rupture avec l’ère nombreux pays latino-américains a été la marque d’un véritable Bush. De la même manière, de nombreux États latino-américains retournement de tendance après une décennie de libéralisme écoont accueilli très favorablement le changement que pouvait nomique (retrait de l’État, privatisations, dérégulation, abandon des

PARLE DOUCEMENT ET PORTE UN GROS BÂTON

La doctrine du « Big Stick » renvoie à la politique étrangère de Roosevelt au début du XXe siècle visant à faire assumer aux États-Unis un rôle de police internationale. Le principal objectif était de protéger les intérêts économiques du pays en Amérique latine, à commencer par la zone des Caraïbes. Par voie de conséquence Washington renforce ses forces navales. Théodore Roosevelt utilisa ce proverbe africain « Parle doucement et porte un gros bâton » au Minnesota State Fair, le 2 septembre 1901.

Photo ci-dessus : Affiche de campagne des élections de 1900 du Parti républicain portant cette phrase du président McKinley : « Le drapeau américain n’a pas été planté sur le sol étranger pour acquérir plus de territoire, mais pour l’amour de l’humanité. » Côté gauche de l’affiche, la situation en 1896 (avant la victoire de McKinley) présente une panique bancaire et la domination espagnole de Cuba. Côté droit, la situation en 1900 montre que les banques fonctionnent de nouveau tandis que l’autorité des USA s’étend sur Cuba à la suite de la guerre hispanoaméricaine de 1898. (© DR)

Diplomatie 43 Affaires stratégiques et relations internationales

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programmes sociaux) et de frustrations politiques. En 1998, l’instauration au Venezuela de la république bolivarienne, sous l’autorité d’Hugo Chavez (réélu en 2006), a ouvert la voie à d’autres victoires des forces dites « progressistes ». En 2003, l’ancien syndicaliste Luiz Inácio da Silva (dit Lula) devient président du Brésil. Malgré un bilan mitigé et quelques scandales largement exploités par la presse d’opposition, il est réélu triomphalement en 2006. 2003 est aussi l’année où Nestor Kirchner obtient le pouvoir en Argentine, avant de voir sa femme, Cristina Fernandez de Kirchner, lui succéder en 2007 pour suivre la même ligne politique de centre gauche. En 2005, le défenseur des petits producteurs de coca boliviens, Evo Morales, réussit à briser l’hégémonie des partis traditionnels et impose son Mouvement vers le Socialisme à la tête de l’État. La même année, les Uruguayens choisissent un leader du centre gauche, Tabaré Vazquez, pour les diriger. C’est un ancien guérillero du mouvement Tupamaros, José Mujica, qui lui succède en 2009. En 2006, on assiste à la victoire de Michelle Bachelet (Parti socialiste), au Chili, et de Rafael Correa, candidat d’une alliance regroupant différents partis de gauche, en Équateur. C’est aussi le retour au pouvoir du social-démocrate Alan Garcia au Pérou, mais surtout du sandiniste Daniel Ortega au Nicaragua (et avec lui réapparaît

Les chefs d’État de l’ALBA ont accusé l’armée des États-Unis de vouloir profiter du désastre pour s’emparer de l’île en contrôlant par la force tous ses accès maritimes et aériens.
Si la gauche modérée reste prédominante, les années 2000 semblent cependant marquées par l’émergence d’un front du refus nationaliste, socialiste et souvent populiste désormais incarné par l’axe La Havane-Caracas-La Paz et par l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), transformée en Alliance bolivarienne des peuples d’Amérique en juin 2009. Lancée en 2004 à l’initiative de Fidel Castro et d’Hugo Chavez, l’ALBA cherche à proposer une autre forme de coopération économique et sociale au sein des nations latino-américaines, en suivant la formule altermondialiste « un autre monde est possible » afin de combattre la pauvreté qui continue à peser lourdement sur les sociétés latino-américaines malgré l’application des recettes imposées dans les années 1980 par le Fonds monétaire international et la Banque interaméricaine de développement. Ces héros déclarés sont Simon Bolívar (El Libertador), José Marti et Che Guevara. Après des débuts difficiles, les dirigeants de l’ALBA ont profité non seulement des difficultés internationales enregistrées par l’administration Bush, mais aussi de la montée des prix du pétrole (conjoncture favorable aux finances du Venezuela et donc à ses visées géopolitiques), pour attirer de nouveaux membres : tout d’abord la Bolivie d’Evo Morales (2006), puis le Nicaragua de Daniel Ortega (2007), rejoints par trois États de la Caraïbe : Antigua-et-Barbuda, la Dominique et Saint-Vincent-et-lesGrenadines. En 2008, le Honduras a adhéré au traité, malgré la très forte opposition de la droite conservatrice et des entrepreneurs du secteur privé, soucieux de préserver leurs liens privilégiés avec les États-Unis auxquels les unissait déjà un traité de libre-échange. Après la déposition du président Zelaya, les députés honduriens se sont empressés de faire sortir leur pays de cette alliance contre nature qui risquait de les soumettre au bon vouloir du président vénézuélien. En 2009, l’Équateur de Rafael Correa a adhéré à cette alliance qui ne se limite pas à des accords économiques (énergie, libéralisation des échanges, ouverture commerciale, etc.), mais qui cherche à s’imposer comme une véritable alternative politique. Deux axes soutiennent la proposition des leaders de l’ALBA : d’abord, la construction nécessaire du socialisme pour combattre les méfaits d’un capitalisme présenté comme injuste sur le plan social et insoutenable sur le long terme (dans une perspective écologique très englobante) ; ensuite, la lutte contre l’hégémonie nord-américaine sur l’hémisphère occidental. Dans cette perspective, l’administration de Barack Obama apparaît comme l’expression d’un impérialisme à visage humain qui, malgré ses appels à la coopération internationale, n’a pas changé les vieilles pratiques de la Maison Blanche. La crise hondurienne en est un

Photo ci-dessus : Champs de mines à la frontière minée entre le Pérou et le Chili le 10 janvier 2008. Le Pérou a présenté un recours devant la Cour internationale de justice au sujet de la délimitation maritime entre les deux États afin de réclamer 100 000 km² de territoire dans l’océan Pacifique – territoire sous souveraineté chilienne. La Bolivie se montre également intéressée par cette frontière et projette un tunnel de 150 km pour accéder à la mer. (© AFP photo/ Max Fernandez)

le spectre de la guerre sale menée par l’armée américaine contre les vainqueurs de la dictature Somoza, au cours des années 1980). En 2007, Alvaro Colom Caballeros, candidat de l’Union nationale de l’espérance, devient président du Guatemala. L’année suivante, Fernando Lugo, ancien évêque défenseur des pauvres, remporte les élections au Paraguay. En mars 2009, les électeurs salvadoriens portent au pouvoir Mauricio Funes, représentant du Frente Farabundo Marti de Liberación Nacional, ancienne guérilla marxiste transformée en parti politique. Cette même année s’est terminée avec la réélection triomphale d’Evo Morales en Bolivie, malgré l’opposition des riches provinces orientales qui ne veulent pas être gouvernées par des Indiens aymaras. En 2009, le basculement à gauche de l’Amérique latine n’a été contredit qu’au Honduras (élection contestée de Porfirio Lobo) et au Chili, où la victoire du millionnaire Sebastian Piñera est principalement due aux divisions de la coalition au pouvoir depuis la chute d’Agustin Pinochet et à l’impossibilité pour la présidente Michelle Bachelet de se représenter malgré sa grande popularité.

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bon exemple, mais Hugo Chavez a aussi utilisé la signature d’accords stratégiques entre la Colombie et les États-Unis (utilisation des bases militaires) pour dénoncer des risques d’intervention armée contre son régime. Les discours anti-américains ont pris une tonalité encore plus acerbe (peut-être teintée d’une certaine paranoïa qui rappelle à nouveau la guerre froide) à l’occasion du tremblement de terre d’Haïti (janvier 2010), quand les chefs d’État de l’ALBA ont accusé l’armée des États-Unis de vouloir profiter du désastre pour s’emparer de l’île en contrôlant par la force tous ses accès maritimes et aériens.

Le spectre des présidents à perpétuité ?
Ces divisions idéologiques à l’échelle continentale se superposent à la crise de la légitimité démocratique que traversent la plupart des pays latino-américains, fragilisés par de profondes disparités socioéconomiques et par des divisions ethniques ou politiques tout aussi profondes. Alors que le temps des dictatures semblait passé de mode, cette crise de la démocratie se manifeste aujourd’hui par la remise en cause des Constitutions chargées de garantir l’exercice de l’autorité dans un cadre légal. La récente crise hondurienne est à cet égard révélatrice des difficultés rencontrées par les dirigeants latinoaméricains pour assurer à la fois leur légitimité et leur continuité au pouvoir. C’est parce qu’il avait envisagé de changer la Constitution hondurienne qui interdit toute réélection du président de la République que Manuel Zelaya a été destitué par l’Assemblée nationale, avec l’aide d’un état-major d’extrême droite hostile au rapprochement avec la république bolivarienne du Venezuela. Il faut cependant souligner que l’actuelle Constitution hondurienne, présentée comme un texte sacré par ses défenseurs, est un texte récent qui a été imposé par la Maison Blanche en 1982 afin de rendre plus présentable un régime hondurien chargé de défendre les vertus démocratiques nord-américaines contre le régime sandiniste installé au Nicaragua voisin en 1979, après la chute de la dictature Somoza. En confirmant au nom de la démocratie le caractère éphémère du pouvoir civil (déjà inscrit dans la Constitution de 1965 imposée

par d’autres militaires), l’armée devenait la seule institution hondurienne dont la stabilité et la continuité étaient assurées. En outre, imaginé en d’autres lieux et en d’autres temps pour interdire aux apprentis dictateurs de se maintenir indéfiniment à la tête de l’État, le principe de la « non-réélection » n’a jamais assuré le caractère démocratique des institutions, comme l’a montré l’exemple du Mexique dominé pendant soixante-dix ans par le Parti révolutionnaire institutionnel. Dans un tel système, les politiciens n’ont pas de compte à rendre à leurs électeurs puisqu’ils disparaissent une fois leur mandat achevé. Leur carrière, déconnectée de la réalité, ne se joue pas dans les urnes, mais dans les obscures coulisses de leur parti. Cependant, Hugo Chavez a réussi à faire modifier la Constitution vénézuélienne pour pouvoir se maintenir à la présidence. Son ennemi intime, Alvaro Uribe, représentant de la droite traditionnelle et allié inconditionnel des États-Unis, a fait de même en Colombie en 2005 (une seule réélection possible après un mandat de quatre ans), mais il maintient le doute sur son intention de briguer un troisième mandat présidentiel consécutif (20102014). C’est aussi grâce à une modification de la Constitution costaricienne que l’ancien prix Nobel de la paix Oscar Arias Sanchez a pu se représenter devant les électeurs et exercer un deuxième mandat présidentiel (2006). En Bolivie, une nouvelle Constitution (la 17e dans l’histoire du pays), donnant plus de poids et plus de droits aux communautés indigènes, a permis à Evo Morales d’acquérir la légitimité qui lui faisait défaut et d’assurer sa réélection à la présidence. En octobre 2009, au Nicaragua, Daniel Ortega a obtenu de la Cour suprême de Justice un jugement qui lui permettra de se représenter en 2012, alors qu’il a déjà accompli deux mandats présidentiels. En revanche, au Chili, la Constitution héritée de Pinochet a interdit à la socialiste Michelle Bachelet de se représenter alors qu’elle aurait été assurée de battre le représentant de la droite libérale, opposé au second tour à un (trop ?) vieux routier de la politique chilienne, Eduardo Frei. Contrairement aux apparences, ces querelles constitutionnelles ne concernent pas seulement un petit monde de magistrats, de juristes et de politiciens coupés de la réalité latino-américaine, bien au contraire. Elles sont au cœur des processus politiques en cours dans des pays qui sont toujours à la recherche de leur identité collective (en particulier dans les pays où existent de fortes communautés indigènes) et dont les systèmes démocratiques ne sont pas encore consolidés. Elles traduisent le malaise d’une Amérique latine plus que jamais fragilisée par les tensions sociales et les conflits ethniques et sur laquelle planent toujours les ombres de Somoza, Banzer, Videla, Stroessner ou Pinochet… Alain Musset
Notes : (1) Ou le retour de la « big stick diplomacy » imaginée par Theodore

Photo ci-contre : À Maracaibo lors d’une cérémonie militaire le 28 décembre 2009, le président du Venezuela, Hugo Chavez, prononce un discours critiquant vertement les autorités colombiennes et accusant les États-Unis de violer l’espace aérien de son pays en faisant survoler son territoire par des avions espions – ces derniers étant dès lors menacés de faire l’objet de tirs en cas de récidive. (© AFP photo)

LEXIQUE
Homeland seCuritY :
Sécurité intérieure. Pour aller plus loin : http://www.whitehouse. gov/issues/homelandsecurity/

Homeland defense :
Défense du territoire américain

organisation des états amériCains (oea) :
Créée le 30 avril 1948 à l’instigation des États-Unis à l’occasion de la 9e conférence panaméricaine de Bogota, l’OEA regroupe 21 nations américaines signataires de la Charte de Bogota qui affirme leur engagement vers la réalisation de buts communs et le respect de la souveraineté de chaque pays. Née de la guerre froide, cette institution reste marquée par sa vocation initiale de lutte contre la pénétration anticommuniste (Cuba est exclue le 31 janvier 1962).

À LIRE

Géopolitique des Amériques
Alain Musset, Paris, Nathan, 2009 (2e édition).

Roosevelt à l’occasion de « l’affaire vénézuélienne » de 1902-1903.

Diplomatie 43 Affaires stratégiques et relations internationales

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cARToGRAPHIE

[ litiges et Conflits frontaliers dans les amériQues ]
Passage du Nord-Ouest : revendiqué par le Canada et considéré comme international par les USA Dispute de souveraineté sur l’île Hans entre le Canada et le Danemark

GROENLAND

Mer de Beaufort : revendication du Canada et des USA sur le même territoire

ALASKA

Mer de Béring : frontière maritime entre Russie et USA en attente de ratification par la douma depuis 1990

CANADA
L’entrée Dixon, détroit de 80 km de long. Territoire canadien contesté par les USA Détroit de Juan de Fuca : frontière Frontière maritime dont le tracé exact est contesté par les deux pays

Golfe du Maine : frontière fixée par la Cour internationale de justice en 1984. Litige non résolu pour la « gray zone » (île Machias Seal et Rocher du Nord)

Dispute de frontière maritime entre les Bahamas et les USA

ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE

Île de la Navasse : territoire US revendiqué par Haïti Antigua-et-Barbuda, Sainte-Lucie, Saint-Christophe -et-Nièves, Antigua et Saint-Vincent-et-les- Grenadines réfutent l’habitabilité de l’île Avès (territoire vénézuélien)
BAHAMAS

Belize-Guatemala : engagement le 2/12/2008 pour régler le conflit frontalier terrestre. Conflit frontalier maritime en suspens Salvador-Honduras-Nacaragua : en 1992 la CIJ a statué sur la délimitation des petites îles du golfe de Fonseca. Le Salvador continue de réclamer la petite île de Conejo Costa-Rica - Guatemala : la CIJ examine le litige sur la souveraineté et la navigation du Rio San Juan
KIR BATI

Camp US de Guantanamo : Cuba estime le bail non valide
HA TI ANTIGUA-ET-BARBUDA

CUBA
BELIZE

Essequibo : le Venezuela conteste que ce fleuve forme sa frontière avec le Guyana, revendiquant le Guayana Esequiba (soit 67% du Guyana)
ST-VINCENT-ET LES-GRENADINES BARBADE TRINITE-ET-TOBAGO

GUATEMALA HONDURAS NICARAGUA SALVADOR COSTA RICA

JAMAIQUE

ST-CHRIST. ET-NIEVES DOM NIQUE STE-LUC E GRENADE

Surinam-Guyana : le Surinam revendique un triangle entre les rivières New et Kutari/Koetari. Litige sur les frontières maritimes France-Surinam : la région entre les rivières Litani et Marouini est revendiquée par la Guyane française Rio Mamoré : contestation par le Brésil de la souveraineté bolivienne sur les îles Suares et de ajara-Mirim

PANAMA COLOMBIE ÉQUATEUR

VENEZUELA
GUYANA SURINAM GUYANE FRANCAISE

Archipel de Los Monjes : dispute Colombie-Venezuela sur la frontière maritime

PÉROU

AMOA NGA

Île Wake : territoire US non habité réclamé par les îles Marshall Samoa américaines : Tokelau incluait les Samoa américaines dans son projet de Constitution en 2006

Chili-Pérou : le Pérou propose de changer sa frontière maritime avec le Chili (affaire devant la CIJ)

BOLIVIE PARAGUAY

BRÉSIL

Brésil-Uruguay : le Brésil revendique, sans opposition de l’Uruguay, certaines îles des fleuves frontaliers Quarai/Cuareim et Invernada

CHILI
Chili-Bolivie : le Chili rejette la revendication de la Bolivie sur la restitution du corridor d’Atacama, et offre un accès sans restriction à la côte pour le gaz bolivien et d’autres marchandises Chili-Argentine : la commission bipartite n’a pas réussi à cartographier la frontière sur le Campo de Hielo Sur (glacier), principale réserve d’eau douce d’Amérique du Sud
1 000 km

ARGENTINE

URUGUAY

île Brasilera : île fluviale revendiquée par l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil Argentine-Uruguay : litige en cours auprès de la CIJ à propos du fleuve Uruguay Argentine-RU : l’Argentine continue à faire valoir ses droits sur les îles Malouines, la Géorgie du Sud et les îles Sandwich dans sa Constitution

Antarctique : revendications territoriales de l’Argentine, du Chili et du Royaume-Uni

Sources : CIA World Factbook 2009 (consulté le 16/11/2009), Cour internationale de justice Diplomatie HS n° 10 (© AREION/CAPRI)

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Diplomatie 43 Mars - Avril 2010

PoRTfoLIo

Le 30 janvier 2010 à La Guajira, à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, des femmes et des enfants de l’ethnie Wayuu dansent. Ces Indiens guajiros probablement en voie d’extinction (500 000 personnes seulement) sont indépendants des deux pays et réclament leur propre territoire. Au XVIIIe siècle, les Espagnols ne réussirent pas à dompter ce peuple, dirigé par les femmes. En effet, les Wayuus ont mis en place un système matrilinéaire où les femmes, de tradition guerrière, sont au centre de la communauté. (© AFP photo/Guillermo Legaria)

Diplomatie 43 Affaires stratégiques et relations internationales

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UN AUTRE REGARD SUR LE MONDE...

no 8

avril mai 2004

no 9

juin juillet 2004

LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES US Géopolitique du français Les casques bleus Les technologies de souveraineté La guerre hispano-américaine

LA CHINE ET LE MONDE Le réchauffement climatique Les guerres asymétriques L’Europe de l’armement Les aborigènes d’Australie

abonnez-vous, et Économisez JusQu’À 35% !

no 15

juillet août 2005

no 16

septembre octobre 2005

ATLAS DE LA PIRATERIE MARITIME L’avenir du Tibet Le Cachemire divisé L’Afghanistan et l’opium Le défi des nanosciences

LA CONQUÊTE SPATIALE Brésil, un nouveau géant mondial Rés lience et terrorisme La Chine et l’Afrique Orthodoxie et Vatican

no 22

septembre octobre 2006

no 23

novembre décembre 2006

CORÉE DU NORD - ISRAËL - LIBAN LE DANGER AFGHAN LA GRANDE DÉSILLUSION Géopolitique du Grand Nord Géopolitique des Amériques Stratégies pétrolières Francis Fukuyama La question kurde Peuples autochtones Le soft power

no 29

novembre décembre 2007

no 30

janvier février 2008

CHINE-JAPON : NOUVELLES AMBITIONS EN EXTRÊME-ORIENT Guerre cybernétique Espace, les conquêtes à venir France : vers un Conseil de sécurité nationale

ENTRE GUERRE ET PAIX : LES QUASI-ÉTATS Turquie-Irak : un nouveau front de guerre ? Internet : le modèle chinois

no 36

janvier février 2009

no 37

mars avril 2009

LE GAZ RUSSE ET L’EUROPE LA STRATÉGIE POUTINE Le nouveau « Grand Jeu » de la Turquie Manœuvres pour le contrôle de la mer de Chine méridionale

QUE RESTE-T-IL DE LA FRANÇAFRIQUE ? Proche-Orient : la stratégie d’Israël Inde - Pakistan : les prémices d’une guerre ? Guerres irrégu ières : les objectifs du Pentagone

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DIPLOMATIE DIPLOMATIE MA E
ffaires tratégiques t t e l a i o n s s n t r nn t i o n a l e s s affai es stratég ques et r l ations nternationales

Année 2003
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Année 2004
N 07 é r r m r 20 4 N 8 v lm i 0 4 N 09 un u e 20 4

° 1 n i r v er 0 3

N 02 ma s v l 0 3

N 3 ma j n 2 03

N 04 j l t o t 2 03

N 05 s p em r o t b e 003 N 6 o em r dé em e 2 03

N 10 s p em e o t b e 0 4 N 1 o em r dé em e 2 04

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no 10
septembre octobre 2004

no 11

novembre décembre 2004

no 12

janvier février 2005

no 13

mars avril 2005

no 14

bulletin d’abonnement
Nom Organisation/Profession Adresse Prénom Code postal Ville Pays Téléphone E-mail Paiement : ❏ par chèque uniquement pour la France (à l’ordre d’Areion) ❏ par mandat postal en euros (à l’ordre d’Areion) ❏ par carte bancaire (VISA/ Mastercard)
N° de carte _ _ _ _ / _ _ _ _ / _ _ _ _ / _ _ _ _ Cryptogramme (3 derniers chiffres au dos de la CB) _ _ _ Date d’expiration _ _ /_ _

mai juin 2005

GÉOPOLITIQUE DE L’ARMÉNIE Le défi européen d’ITER Industrie et santé mondiale Géopolitique de l’esclavage La Roumanie dans l’Europe

GÉOPOLITIQUE DU PÉTROLE Quel avenir pour l’Afrique noire ? Bush, Kerry et la France L’islam en Afrique Droit d’ingérence et conflits en Irak

LES FANTÔMES DE LA GUERRE FROIDE Cambodge, après le génocide Maghreb, les oubliés de l’Europe Géopolitique de l’esclavage La Roumanie dans l’Europe

CRISES ET CONFLITS : COMMENT LES PRÉVENIR ? Union européenne, qui gouverne ? Géopolitique du Caucase Microsoft, la résistance s’organise L’Irak et le défi kurde

CHRISTIANISME, UNE STRATÉGIE MONDIALE ? Darfour, la diplomatie humanitaire en échec L’orthodoxie russe aux ordres du Kremlin

Signature (obligatoire) :

n 17
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novembre décembre 2005

n 18
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janvier février 2006

n 19
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mars avr l 2006

n 20
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mai juin 2006

n 21
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juillet août 2006

ABONNEMENT 1 AN (6 numéros) (port compris) ❏ France métrop. 30 3 ❏ DOM/TOM Europe 40 3 ❏ Étranger 50 3
ISRAËL, L’HEURE DE VÉRITÉ Pays arabes : guerre des médias Fragiles cités, villes martyres Pétrole : querelle des experts Mafias : la véritable menace ? IRAN, LA NOUVELLE MENACE ? OGM, ce que l’on vous cache France, les vrais chiffres de l’immigration Tsunami : bilan de l’aide humanitaire ÉPIDÉMIES, LE RETOUR DES ANCIENNES PEURS ? L’Europe qui résiste aux Américains L’Italie «américaine» de Berlusconi Canada : ambitions internationales LA DIPLOMATIE EN GUERRE Les relations franco-russes Espagne : les fantômes du franquisme Inde : les raisons de la puissance REGARDS SUR LA PUISSANCE FRANÇAISE La Chine en Amérique du Sud L’ombre du nazisme en Europe L’humanitaire après le 11/09/01

ABONNEMENT 2 ANS (12 numéros) (port compris) ❏ France métrop. 50 3 ❏ DOM/TOM Europe 70 3 ❏ Étranger 90 3

ANCIENS NUMÉROS

CD MILLÉSIMÉS (1 an de Diplomatie au format numérique) (port compris) ❏ France métrop. 30 3 ❏ DOM/TOM Europe 40 3 ❏ Étranger 50 3
❏ 2003 (nos 1 à 6) ❏ 2004 (nos 7 à 11) ❏ 2005 (nos 12 à 17) ❏ 2006 (nos 18 à 23) ❏ 2007 (nos 24 à 29) ❏ 2008 (nos 30 à 35)

no 24

janvier février 2007

no 25

mars avril 2007

no 26

mai juin 2007

no 27

juillet août 2007

no 28

ACHAT AU NUMÉRO (port compris) ❏ France métrop. 7 3 ❏ DOM/TOM Europe 8 3 ❏ Étranger 9 3
❏ 01 ❏ no 15 ❏ no 29 ❏ 02 ❏ no 16 ❏ no 30 ❏ 03 ❏ no 17 ❏ no 31 ❏ 04 ❏ no 18 ❏ no 32 ❏ 05 ❏ no 19 ❏ no 33 ❏ 06 ❏ no 20 ❏ no 34 ❏ no 07 ❏ no 21 ❏ no 35 ❏ no 08 ❏ no 22 ❏ no 36 ❏ no 09 ❏ no 23 ❏ no 37 ❏ no 10 ❏ 24 ❏ no 38 ❏ no 11 ❏ no 25 ❏ no 39 ❏ no 12 ❏ 26 ❏ no 40 ❏ no 13 ❏ 27 ❏ no 41 ❏ no 14 ❏ no 28 ❏ no 42

septembre octobre 2007

CHINE-AFRIQUE : PILLAGE OU CODÉVELOPPEMENT ? ATLAS les frontières de sang Moyen-Orient : les cartes interdites CNN vs Al-Jazeera

LES ENJEUX STRATÉGIQUES DE LA FRANCE EN EUROPE Entretiens exclusifs des candidats à la présidentielle La France, puissance maritime Géopolitique de la Crimée

TRAFIC D’ARMES : QUI FABRIQUE? QUI VEND? QUI ACHÈTE?

LES GUERRES DE RELIGION

La crise du Darfour Bush-Poutine : raisons d’un divorce Quel monde en 2036 ? Les faux débats des migrations La responsabilité des régimes Les USA et le dro t international communistes

IRAK : LES DÉSASTRES D’UNE GUERRE PRÉVENTIVE Maîtrise du pétrole et du gaz Influence et diplomatie culturelle Russie, conquête de l’Arctique

ABONNEMENT 1 AN (6 numéros) (port compris) ❏ France métrop. 40 3 ❏ DOM/TOM Europe 50 3 ❏ Étranger 60 3

hors-série

ABONNEMENT 2 ANS (12 numéros) (port compris) ❏ France métrop. 70 3 ❏ DOM/TOM Europe 90 3 ❏ Étranger 110 3

ANCIENS NUMÉROS HORS SÉRIE

n 31
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mars avril 2008

n 32
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mai juin 2008

n 33
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juillet août 2008

n 34
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septembre octobre 2008

n 35
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ACHAT AU NUMÉRO (port compris) ❏ France métrop. 11 3 ❏ DOM/TOM Europe 12 3 ❏ Étranger 13 3
❏ 02 Géopolitique et géostratégie des mers et des pcéans (août 2007) ❏ no 04 Menaces contre la planète (décembre 2007) ❏ no 06 La politique étrangère de la France du Moyen Âge à nos jours (juin 2008) ❏ no 08 Géopolitique de la crise (avril 2009) ❏ no 10 Atlas géostratégique 2010 (novembre 2009) ❏ no 03 Atlas géostratégique 2008 (octobre 2007) ❏ no 05 Guerre et intelligence économique (avril 2008) ❏ no 07 Atlas géostratégique 2009 (décembre 2008) ❏ no 09 Géopolitique et géostratégie de l’espace (septembre 2009)

novembre décembre 2008

MÉDITERRANÉE : L’UNION IMPOSSIBLE ? Tensions dans le golfe Arabo-Persique L’inutile guerre des Belges Le Canada : un colosse énergétique aux pieds d’argile

BALKANS : LE PIÈGE KOSOVAR Australie, nouvelle grande puissance ? Géant-2 : le réseau du futur Cyber-guerre La diplomatie tibétaine

NARCO-ÉTATS, GÉOPOLITIQUE D’UN FLÉAU Géostratégie de la Baltique Géopolitique de la crise alimentaire Comment l’Afrique juge le candidat Obama

GUERRE & PAIX : À QUEL PRIX ? La France et le monde par N. Sarkozy Le Centre de crise du Quai d’Orsay Mongoie : comment échapper à la Russie et à la Chine ? Armée russe : l illusion de la puissance Eu ope de la Défense : l heure des choix Déf nse hoix

PIRATERIE MARITIME QUELLE SÉCURITÉ POUR LES MERS ? La France en Afghanistan : comment éviter l’enlisement ? Science et puissance : des technologies à la conquête du monde Pétrole : l OPEP et les majors s’affrontent

ABONNEMENT 1 AN (6 + 6 numéros) (port compris) ❏ France métrop. 60 3 ❏ DOM/TOM Europe 80 3 ❏ Étranger 100 3

hors-série

ABONNEMENT 2 ANS (12 + 12 numéros) (port compris) ❏ France métrop. 110 3 ❏ DOM/TOM Europe 150 3 ❏ Étranger 190 3

no 38

mai juin 2009

no 39

juillet août 2009

no 40

septembre octobre 2009

no 41

novembre décembre 2009

no 42

janvier février 2010

DSI, la revue référence en défense et géostratégie ABONNEMENT 1 AN (6 + 11 numéros) (port compris) ❏ France métrop. 75 3 ❏ DOM/TOM Étranger 90 3
EXISTE-T-IL DES GUERRES JUSTES ? USA, Russie, Cuba… Vers de nouvelles alliances ? Ressources rares, les dessous d'un marché opaque COMMENT AL-QAÏDA INFILTRE L’ALGÉRIE L industrie des prises d’otage Abou Dhabi : une base française au croisement d’axes stratégiques Paradis et enfers, ces pays toujours en paix et ceux toujours en guerre… GÉOPOLITIQUE DE L’OCÉAN INDIEN Viêt Nam-Chine : nouvelle crise ou tournant géopolitique ? Russie-Géorgie : un an après la guerre Logiciels ibres : vers la fin de la colonisation numérique ? CES MURS QUI NOUS SÉPARENT ENTRE PARALYSIE ET CONTRÔLE RUSSE, OÙ VA L'IRAN ? Passages arctiques et trafic maritime international Kazakhstan, une nouvelle puissance régionale ? Les paradis fiscaux et judiciaires : état des lieux Irak, les premiers réfugiés c imatiques s'ajoutent à Géopoli ique et sociopoltique : de nouvelles perspectives pour les Roms la guerre Les migrants en Europe Les services secrets a lemands

ABONNEMENT 2 ANS (12 + 22 numéros) (port compris) ❏ France métrop. 145 3 ❏ DOM/TOM Étranger 175 3

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GÉOÉCONOMIE

GÉOS RA ÉGIE E

SOCIÉ ÉS DU MONDE ARABO-MUSU MAN

sommaires détaillés sur

http://diplomatie-presse.com

Tous les deux mois, découvrez les meilleures analyses sur le monde arabo-musulman accompagnées de nombreuses cartes et illustrations, avec MOYEN-ORIENT. ABONNEMENT 1 AN (6 + 6 numéros) (port compris) ❏ France métrop. 60 3 ❏ DOM/TOM Europe 80 3 ❏ Étranger 100 3 ABONNEMENT 2 ANS (12 + 12 numéros) (port compris) ❏ France métrop. 110 3 ❏ DOM/TOM Europe 150 3 ❏ Étranger 190 3

DIPLOMATIE DIPLOMATIE
aff ires s ratégiques et rel at ons internat on les aff ires s ratégiques et rel at ons internat onales

Année 2005
N 12 an e f v e 2 05 N 3 m r av l 0 5 N 14 m i un 2 05

Année 2006
HN OD A RQ E: L L M ? E U E E U N E U

Année 2007
N 24 n er v e 2 07 N 25 ma s v l 0 7 N 6 ma un 2 07

Année 2008
N 30 n i r v e 20 8 N 1 ma s v l 0 8 N 2 ma un 2 08

N 18 a ve f v e 2 06

N 9 m r av l 0 6

N 20 m i un 2 06

bulletin À déCouPer/PHotoCoPier et À renvoYer À areion group - diPlomatie - 88, rue de lille - 75007 Paris (france)
Tél./Fax : +33 (0)1 45 55 04 81 - commande@areion.fr
(Tarifs valables jusqu’au 31 mai 2010)
Délai de livraison : sous quinzaine dès réception de votre règlement. Pour des commandes en express, contactez le service commandes. Conformément à la loi Informatique et Libertés du 6.01.1978, vous disposez d’un droit d’accès et de rect fication des données vous concernant. Les renseignements demandés sont réservés au traitement de votre commande. Par notre intermédiaire, vous n’êtes pas amené à recevoir de propositions émanant d’autres sociétés.

N 5 u e ao t 0 5

N 16 s p em r - c o r 20 5 N 17 n v mb e dé em r 20 5

N 1 u e ao t 0 6

N 22 s p em r - c o r 20 6 N 23 n v mb e dé em r 20 6

N 27 u et o t 007

N 8 s p em re c ob e 0 7

N 9 n vem re é emb e 0 7

N 3 u et o t 2 08

N 4 s p emb e c ob e 0 8

N 5 n vem r dé emb e 0 8

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