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AOUT

Deruxième série
4. saint Bandry, évoque de Soissons (545), Ili,Nni LAURENT.
2. Saint Serenus ou Serèae, évêque de Marseille (604 ou 606), A. Fit. Bn. 3. Saint Pierre
d'Anagni, Bénédictin et évêque d'Anagni (1105), BLArsr.
LE EN.
4. Saint Luan, Lugid ou Molua, premier Abbé de Clonfeit Moins (vie siècle), ÉMILE ArtioNr.
5. Saint Cassien, évêque d'Autun (ive siècle), A. Fn. Bn.
6. Bienheureux Octavien de Quingey, évêque de Savone (vers 10601128), MAnu,-Auousri.
LECLnno.
7. Saint Victi-ice, évêque de Rouen (iv°-ve siècle), Fnavçojs DELarKS.
8. Saint Sévère, apôtre de Vienne en Dauphiné (Ve siècle), EMMANUEL
VARNOUX.
9. Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars (1786-1859), F. C.
10. Bienheureux Amédée, Franciscain, fondateur des Amadéistes (f 1482), C. 0cr.ViFN.
11. S:,int Taurin, preinier évêque d'Evreux (ive siècle), MAxiau, VL\LLET. 12. Saint Euple,
diacre et martyr à Catane (304), DENis Ilierm.
13. Saint Jean Berclimans, scolastique de la Conipagnie de Jésus (159,(
1621) GUILLAUME 13isnNARD.
14. Sainte Athanasie, veuve et religieuse (ixe siècle), A. F. C.
15. Saint Stailislas Kostka, novice de la Compagnie de Jésus (1550-1568), A. Z.
16. Saint Simplicieil, évêque de Milan (vers 320-400), C. OcvAVjEN.
17. Sainte Claire de Moiitefalco, Abbesse de l'Ordre de Saint-Augustin (12(38-1308), E. A.
18. Sainte Hélène, veuve, mère de Constantin le Grand (vers 248-328), F. C. 19. Saint Jean
Eudes, fondateur de la Congrégation de Jésus et de Marie (Eudistes) (1601-1680), A. F. C.
20. Saint Pliilibert ou Pliilbert, Abbé de Jumièges et fondateur de Noirmoutier (616-684), A. F. II.
21. Saint Privat, évêque du Gévaudan et martyr (me siècle), E. 1L et Fa. Bu. 22. Saint André le
Scot, ireliidiacre de Fiesole (fin du ixe siècle), Fit BRUNO.
23. Bienheureux Jacques Bianconi, de Bevagna, Dominicain (1220'1301), M.-M. DL J.
24. Saint Ouen, évêque de Bouen (ti00-634), liiANçois DELmAs.
25. Saint Yrieix, Abbé d'Attane (ou Saint-Yrieix) dans le Limousin (591), A. L.
26. Saint Zéphyrin, Pape et martyr (vers 221), DoaiiNIRuE ROLANDGoSSELrN.
27. Bienlieureux Guérin, Cistercien, Abbé d'Atilps, puis évêque de Sion (1150), A. L.
28. Saint Julien de Brloude, officier et martyr (vers 304), DoanniQuii ROLAND-COSSELIN.
29. Saint Merri ou Médérice prêtre et Abbé(700), chanoine L.-F. LAnoisi.. 30. Saint Gaudens,
martyr en Coraininges au ve siècle, abbé F. Sor.
31. Saint Raymond Nonat, religieux de la Merci et cardinal (1204-1240),
E. L.
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SAINT BANDM
Evêque de Soissons (} 545).
Fête le ler aoet.
N icoLAs de Beaufort, religieux Joanniste qui vivait au xne siècle, soit six cents aris après saint
Bandry, a écrit, pour servir à l'histoire de cette vénérable Eglise, la Vie du quatorzième évêque de
Soissons. Son récit, reproduit par les Bollandistes, paraît digne de confiance, bien qu'il soit loin
d'avoir la valeur d'un témoignage conteniporain. Notons tout de suite, afin de n'y plus revenir, les
variantes du nom de Bandry, en latin 13andaridus, que l'on trouve en français sous les formes de
Bandry, Baudry, Daiidared, Banderik, Batidritz et Baudriz.
Saint Bandry est élu évêque de Soissons.
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Le biographe de Bandry n'a rien recueilli sur ses origines, ni sur son éducation, ni sur ce que
furent les événements dont se composa sa vie avant son accession à l'épiscopat, ni sur l'àge qu'il
avait lors de son élection. Il nous iransporfe d'emblée au temps de Clotaire ler (bis-56i), quand, vers
533, I'Lglise de Soissons, ville qui était alors la résiderice royale, vint à perdre son évêque saint
Loup. Après avoir donné libre cours à son deuil, le peuple, d'une voix unanime, désigna par
acclamation, comme successeur du Pontife défunt, Bandry, n homme habile autant que remarquable
par l'excellence de ses mérites n. On est fondé à supposer que, né de famille germaine ou franque, il
avait passé pieusement sa jeuriesse dans l'école cléricale de Bazoclies, fondée par saint Loup, et
qu'il s'y était distingué par ses progrès dans les sciences et dans la vertu. Le roi ayant sans hésiter
confirmé le choix, l'élu fui ordonné et sacré.
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Il: donne: l'exemple des vertus.
Cï>nscien[ des: devoirs de son nouvel: état, Randry se mit à enseé-garer son peuple, enconhmen.ça-nt par lui donner la l'eçori: d'e~ l'exemple. l'ti était assidu à.la, prière fidèle à observer
le jeûne, senou rable aux' pauvres, in-fatigal'"ile dans tes veilles, prudent et i'rr&pro. cllable dans
son commerce avec ses ou'artléa. Patient,, humble e'fa animé d'une grande pureté d'mterttîon„ il'l
témoignait à ceux q i l'aplirocliaicnt.' toutes l'es formes de ta•: Isieraveil'lance et de l'ai do'x cour,
utilisant le moyen de' l'a eonam)s'at'rma pour jeter dans tes in él
ligen'rees et dans les cmu'rs la' semence' divine des Bcrituaress et,'arrois at rageant quiconque
persévérait dans le bien. C'était une joie pour
lui de secourir la misère et de faire des malheureux les dépositaires de ses biens. Sa sollicitude
pour leurs besoins l'avait rendu semblable à eux, car de ses revenus il ne se réservait que ce qui était
indispensable à la nourriture du jour présent, sans souci aucun du lendemain. l'elle était sa faculté
d'adaptation que les riches le croyaient plus pourvu qu'eux des biens de ce monde, tandis que les
pauvres reconnaissaient en lui l'un des leurs par l'air et le visage.
Saint Bandry est proscrit sans jugement par Clotaire pr.
Dieu permit que son serviteur passât par l'épreuve de la calomnie. Less personnages de la cour
royale qui; nous l'avons .vu,, était fixée à Soissons, et qui- laissait. beaucoup à désirer sons ls
rapport des mceurs, supportaient mal les anathèmes- lancés contre les vices e l'époque.
Des bruits perfides sont mis tout à coup en circulation. Les uns reprochent à )évêquee la
prodigalité avec laquelle il dissipe les biens de la maison de Dieu air lieu d'en être le dispensateur
fidèle, et taxent d'hypocrisie sa libéralité envers les indigents, Certains pré' tendent même qu'il
préfère la vanité au service de Dieu. Il s'éleva, à vrai dire, en faveur de Bandry, des voix pour
répéter tout le bien accompli par lui parmi son peuple et pour garantir la dignité de sa vie, Niais les
gens de la cour faisant chorus avec ses adversaires agirent directement sur le monarque
Seigneur roi, lui dirent-ils, noirs avons été souvent les témoins d'un usage dont nous avaient déjà
parlé nos devanciers et d'après lequel tous les évêques qui partagent à vos côtés le gouvernement
dus royaume doivent vous faire parvenir ou vous apporter des présents dignes de votre Majesté. Or,
bien qu'il vous doive son éminente dignité, l'évêque de Soissons Bandry semble étranger à. cette
tradition : nul ne le voit à la cour royale et il n'envoie pas de présents. Ordonnez donc (pue nous
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l'allions trouver et lui suggérions d'avoir à se soumettre à votre autorité et à obéir aux édits royaux,
comme le font ses collègues dans l'épiscopat. Pareille mise en demeure s'impose, autrement. il
prétendra, pour s'excuser, n'avoir jamais entendu parler de rien de semblable.
Forts de l'approbation royale, les ennemis de Bandry se cou.
SAIAT nsxnaY 3
dirent près de d'évêque et lui répétèrent, non sans menaces, les suggestions auxquelles Clotaire Pr
avait souscrit. Quand ils auront terminé, le serviteur de Dieu leur répondit en ces termes
- Mon Seigneur roi me mande ses volontés. J'y déférerais avec plaisir et empressement si j'en
avais la possibilité. Mais Celui à qui appartient toute-puissance an ciel et sur la terre sait que nulle
part je ne possède de présents dignes du roi et -que 'je ne puis -préparer ainsi -au pied levé cc
-que :vous exigez quasi de -vive force. A moins que le Seigneur, riche de tous les biens -et prodigue
de ses dons envers quiconque recourt à lui et met en lui sa confiance, loin de l'en reprendre, ne
daigne dans sa bonté divine pourvoir à mon indigence.
Les envoyés, furieux, se hâtent de rapporter à leur maître les paroles- de 'Bandry, non sans les
travestir :
- Grand roi, vivez à 'jamais. Agissant selon vos ordres, nous sommes allés voir -cet évêque
stupide;-noirs avons trouvé un homme enn délire, 'lâchant des incongruités qu'il serait déshonnête
-d'adresser à de vulgaires manants. N'a-t-il pas affirmé avec serment que jamais 'il 'ne mettrait le
pied dans votre palais -ni ne témoignerai L, à vous on aux vôtres, la moindre-marque d'honneur!)
~N y a fort à craindre que si, dans voire mansuétude, vous laissez passer impuni un pareil langage,
votre royaume ne connaisse les désolations de la- discordeet ne tombe sous le joug d'une autre
famille. lin cette affaire, il ne vous reste, semble-t-il, d'autre ressource épie de faire jeter en prison
on rebelle ou bien ., de le condamner à l'exil, comme coupable de fraude.
Clotaire, vivement impressionné par ce rapport mensonger, opine pour la seconde solution. Les
calomniateurs, érigés en ,juges et en ,vengeurs d' un. crime imaginaire, accourent de nouveau, avec
I'assens liment du roi, .à la demeure de l'é.vêlue qu'ils chassent aussitôt do chez .I.ui, sans qu'ait été
tenu un synode ni rendu le jugement de ses pairs ccclésiastiques, mais par ie seul fait du prince.
Sur la route dg l'exil.
'Bandry, le coeur rempli de confiance en Dieu et -préoccupé avant tout de pratiquer l'humilité et
la patience, pensa :d'abord -vivre _caché dans la :région. Tout hier cet sidéré, il lui Partit pieférable
(le partir pour la terre étrangère, -où personne ne connaîtrait son pays -d origine, sa qualité ; où lui
seraientt épargnés la calomnie et -les reproches inséparables dune -folle infortune ; où l'obstacle
d'un voyage périlleux le mettrait à l'abri des ,recherches. ,Résolu de mettre la mer, entre loi et, sa
patrie, il marcha longtemps et atteignit un port de mer aménagé _parmi les rochers sur l'un
-desquels, formant colonne, il grava l'amuse, le jour -et.J'heure de son départ pourl'An leterre.
Moulas de, $' Beaufort ne raproduiLmalheureusnment pas cos renseignements dans son récit.
Après,uu,e traversée favorable, l'exilé reprit le,bâton de -voyageur, s'informant, quand :une, ville
apparaissait sur son chemin, si -à l'abri de ses murs ne s'élevait pas ;quelque -nmonastère..La :proviQ Ier AOUT
SAINT B.ANnnY
dence le conduisit enfin à la porte d'une communauté qui accepta de lui donner l'hospitalité peutêtre par égards pour l'habit de chanoine dont l'étranger était revêtu.
L'évêque jardinier.
Le nouveau venu, ayant exprimé le désir de vivre du labeur de ses mains, fut employé à la culture
du jardin, office qu'il remplit pendant sept ans. A ses humbles fonctions il apportait un tel amour du
travail et un tel soin que jamais la table du monastère n'avait été si fournie de légumes. Dieu,
voulant montrer à quel point lui était agréable l'obéissance de son serviteur, lui communiqua un peu
de sa puissance sur le règne végétal ; de telle sorte que ceux qui souffraient d'un mal quelconque,
s'ils acceptaient au nom de Dieu les potions composées par lui avec des herbes, recouvraient la
santé, chacune des plantes qu'il employait devenant dans ses mains le remède spécifique d'une
maladie. Son nom acquit la célébrité parmi les populations côtières, et l'on ne comptait plias les
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Après de longues pérégrinations. contempteur sacrilège des lois divines et humaines. quelle audace téméraire fut la vôtre d'arracher sa dignité épiscopale au Saint de Dieu 1 Bien plus. la peste se mettent tout à coup à ravager son ancien diocèse. l'élu de Dieu déposé par un jugement inique. Le roi. son absence est cause que nous périssons d'une mort horrible. l'abbé du monastère. car votre mine et votre réputation témoignent que vous êtes un tyran dénué de miséricorde et d'équité. demande sa bénédiction. Les Soissonnais réclament le retour de leur évêque. apprenant la qualité du frèrejardinier. et grande fut la joie de ses membres lorsque la lecture de l'inscrip. Dans leur accablement. ou plutôt non. on fait assaut de prières au ciel . soit encore par imposition des mains. le docteur et le pilote de nos âmes et de nos corps? Pourquoi. craignant pour sa vie. la peste ne nous fera pas grâce. l'avoir contraint de passer la mer? O ennemi de toute justice. vous périrez sous le coup d'un décret divin. Dans le médaillon. Tandis que de l'autre côté du détroit les bienfaits et les mérites de Bandry lui gagnent l'affection des foules. n'aura pas été rappelé sur son siège. soit par la vertu de ses drogues. l'un des groupes atteignit la mer. tion gravée dans le rocher de la main même de Bandry leur eut apporté la certitude d'être sur la bonne voie.Roi. Heureusement par4 . Si vous vous y refusez dans l'obstination de votre coeur. Saint Bandry s'occupe du jardin du monastère. en quoi avons-nous péché contre vous pour que vous imposiez à nos épaules ce crime énorme dont nous portons aujourd'hui le châtiment? Pourquoi votre tyrannie et celle des vôtres nous a-t-elle ravi notre pasteur. Son souci était de reporter ces prodiges sur la sagesse divine et d'exhorter ceux qui en avaient bénéficié à toujours rendre grâces à Dieu.gens qu'il guérissait. puis donna mission aux uns et aux autres d'aller dans tous les sens à la recherche du serviteur de Dieu. A la recherche de l'exilé. qu'ils apostrophent en ces termes : . sept ans environ après son départ de Soissons la sécheresse et. leur adjoignit plusieurs notables Soissonnais. En cette extrémité. Puisque telle est la raison et tel le crime qui nous vouent à la ruine. non content de le chasser du royaume. manda ses serviteurs. les yeux de beaucoup s'ouvrent et peu s'en fart qu'une sédition n'éclate. les Soissonnais se portent en masse vers le palais de Clotaire. rendez-nous celui que vous avez enlevéé par violence et par fraude. Tant que Bandry.

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SAINT- eANnnx 7
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venus de l'autre côté de la Manche, ils se partagent la tâche de fouiller villes et villages. Le
monastère qui donnait asile à l'exilé est découvert. Comme les émissaires du roi franc priaient Dieu
de bénir leurs recherches, voilà qu'un moine prononce le nom de Bandry et invite les Fières à se
rendre au jardin pour la cueillette des légumes. Les gens de Soissons dressent l'oreille, se précipitent
hors du lieu saint, passent l'inspection de la communauté et n'ont pas de peine à reconnaître celui
qu'ils étaient venus chercher. On se jette à ses genoux, on le supplie de revenir. Vaines instances.
L'évêque-,jardinier n'éprouve aucune envie d'abandonner la paix monastique pour subir les
nouvelles violences d'un tyran. Ses diocésains lui objectent qu'ils sont ici sur l'ordre de Clotaire luimême, revenu à de meilleurs sentiments, que tout le monde là-bas souhaite son retour.
Ct Bandry de leur répondre :
- Abandonnerai-je donc, pour me rendre à vos voeux, le Père si bon qui, non content d'accueillir
un étranger, un vagabond, J'a nourri pendant sept annéesP Sachez que je n'ai plus la libre disposition
de ma personne et qu'il m'est interdit de rien entreprendre sans le consentement de l'Abbé.
Celui-ci, saisi aussitôt du cas, ne cache pas son admiration. Il mande Bandry et, voulant sans
doute l'éprouver, lui reproche pour la forme d'avoir rusé avec lui et sous-estimé son caractère
d'évêque.
- Ne me tenez pas rigueur de ma conduite, mon Père ; j'ai agi en toute pureté et simplicité d'esprit
et de eceur.
Alors l'Abbé se jette à ses pieds :
- Je sais, dit-il, que vous êtes un homme saint et juste. En vérité la bénédiction divine est entrée
avec vous dans ce monastère, Pardonnez-moi, pardonnez-nous d'avoir interverti les rôles en trouvant bon d'être servis par vous au lieu d'être vos serviteurs.
Bandry le rassure, puis lui demande de lui indiquer le parti à prendre :
- Si j'écoutais mon seul désir, reprend l'Abbé, vous resteriez parmi nous jusqu'au terme de votre
vie. Mais je vois que vous n'avez ni le pouvoir ni l'envie de résister à la volonté du ciel ; d'ailleurs,
vous êtes grandement nécessaire au peuple à vous confié. Retournez donc en tonte quiétude dans
votre patrie, où vous rappelle le Seigneur.
Toute la communauté, l'Abbé en tête, accompagna Bandry et les envoyés de Clotaire jusqu'au
rivage et ne reprit le chemin du monastère que lorsque le navire emportant les voyageurs eut
disparu à l'horizon.
Retour triomphal.
Bien avant leur arrivée à destination, la renommée a précédé les délégués. A peine ont-ils foulé le
sol de France qu'une foule joyeuse de cavaliers et de piétons les entoure avec force acclamations. La
puissance d'en haut fait cortège à l'évêque, et tous les malades qui sollicitent sa bénédiction
recouvrent la santé par la vertu du signe de la croix tracé sur eux. [,'enthousiasme croissait à mesure
que l'exilé se rapprochait des limites de son diocèse. Toute cette multitude, note
Nicolas de Beaufort, brûlait doublement, car, àà sa. soif d'entendre Bandry lui dispenser la parole
de Dieu, s'ajoutait celle que provoquait la chaleur d'un été intolérable, et l'eau manquait partout. A
six milles de Soissons, au lieu nommé Aisdin, Auditin ou Audin, ces malheureux, n'en pouvant plus,
clamèrent leur détresse à l'homme de Dieu, comme L'avaient fait, autrefois à Moïse les Israélites
dans le désert :,
-- Père saint,, suppliaient-ils, donneznous de L'eau, dee peur que nomes ne venions à défaillir en
route I
A cet appel désespéré, le cocur de. Bandry ne pouvait rester insensible :
- Chers enfants, petits et grands, dit-il, prions le Seigneur Dieu de; nous montrer sa boulé ; qu'il
daigne tirer de l'eau des entrailles de la terre comme. autrefois à la prière de. Moïse et d'Aaron..
Tous, s'agenouillent, à l'exemple de Bandry, qui a d'abord planté son bâton en terre. Leur prière
terminée, après que chacun se fut relevé, l'homme de Dieu dirige vers le ciel ses yeux embués de
larmes ; il se signe et trace sur la foule le signe. de la croix puis reprend son bâton. Une source
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claire et abondante jaillit bientôt, qui rend aux corps leur vigueur épuisée et porte à son comble
l'allégresse des âmes.
La multitude s'était reformée en un cortège immense pour ramener dans son palais l'évêquee
revenu d'exil_ Tout le long de la route celui-ci reçoit les acclamations des villageois. Le flot, une
fois parvenu en vue de la ville, se grossit de tout ce. que Soissons compte de moines et de chanoines
en vêtements de fête, de vierges consacrées à Dieu et sorties, en cette circonstance exceptionnelle,
de leurs retraites cloîtrées, enfin de notables bourgeois et de personnages importants vivant Fi
l'ombre du palais royal.
La réponse du ciel ne se fit pas attendre- A peine Bandry avait-il repris possession de son siège
que la terre,, frappée de stérilité,, redevenait féconde et que Pair empesté cessai[ de véhiculer des
germes de mort ; dans la ville rendue à l'aisance la joie se lisait de nouveau sur les visages, tandis
que la paix régnait dans les coeurs.
Saint Randry exorcise la fille de Clotaire..
Clotaire avait, une. fille unique possédée du démon qui, la maltraitait horriblement, lui déchirant
le. corps et la précipitant tour à Leur dans lee feu et danss l'eau. Jusqu'alors,, le monarque et ses
sujets avaient sans résultat multipliéé less prières pour obtenir que l'esprit malin cessât de,
tourmenter l'enfant. Le recours à Banda-y semblait tout indiqué, mais Clotaire,, se souvenant de sa
conduite indigne enverss le prélat, n'osait se résoudre à cette démarche. Le mal empirant, l'amour
paternel prévalut sur la morgue, du potentat. Il dépêcha plusieurs de ses familiers auu palais
épiscopal„ les chaargeant de demander pardon en son nom pour le passé et de recommander sa fille
aux prières de Bandry. Ce dernier avait trop souci du bien de= la religion pour ne pas accueillir
favorablement la requête du prince. I1- se met en prières, se munit d'une des potions
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miraculeuses par lui composées en Angleterre, suit les envoyés royaux au palais, où il administre,
au nom de Dieu, la drogue à la possédée ; il lui impose les mains et la rend guérie à son père.
Dotations faites par Clotaire J" à saint Bandry.
Le roi reconnaissant tenta de se libérer envers son bienfaiteur en le couvrant d'or. Mais l'évêque
ne l'entendait pas ainsi :
- Loin de moi la pensée de vilipender, sous l'aiguillon de l'avarice, le don de Dieu qui est chose
inénarrable, défiant toute comparaison. Ce dont il m'a gratifié sans mérite aucun de ma part je ne le
vendrai point en acceptant l'argent du trésor royal. Ni le droit ni la coutume ne nous autorisent à
commettre un tel forfait. Si toutefois il entrait dans vos intentions de prendre sur les revenus de vos
domaines pour le donner par notre ministère à Dieu et à ses Saints, afin de vous purifier de vos
fautes, nous n'y ferons pas difficulté.
Clotaire se rendit à ces raisons : au lieu d'argent, il donna à Bandry la terre de La Celle-sur-Aisne
et deux autres domaines du fisc. L'évêque appliqua le tout à la dotation du monastère fondé non loin
de là sous le vocable des saints Crépin et Crépinien, les célèbres martyrs soissonnais.
Mort et culte de saint Bandry.
L'heure du repos avait sonné pour le serviteur de Dieu. Comme il sentait redoubler la fièvre qui
le dévorait, il prescrivit àr ses serviteurs de lui aménager un tombeau dans le monastère des SaintsCrépin et Crépinien, à droite de l'autel de la Sainte Vierge. Quelque temps après, le ier août 545, il
expira.
Le souvenir bienfaisant de saint Bandry ne devait pas disparaître de ce monde avec son corps. La
même puissance miraculeuse dont Dieu avait favorisé le, pontife pendant les jours de sa vie
mortelle continua d'opérer à son tombeau. C'est pourquoi Auselle, Abbé de Saint-Crépie, jugea bon
de lever son corps en io44 et de le placer dans rie châsse somptueuse. Les calvinistes s'en
emparèrent en 1567 et répandirent sur le sol les ossements du Saint, que Dom Lépaulard, prieur de
Saint-Crépin, en 1567, eut soin de renfermer dans une autre châsse de bois doré. Jusqu'à la
Révolution, les habitants de Saint Bandry, l'ancien Arthèse, avaient le privilège de porter à la
procession générale des religieux de Saint-Crépin, le lundi dans l'octave de l'Ascension, le corps de
saint Bandry, leur patron. Aujourd'hui, les reliques de ce saint pontife ont disparu.
En sus de la bourgade qui porte son nom, saint Bandry est encore patron de Jouy, près de
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Soissons. Sa fête, tour à tour marquée au ler, au 2 et au 9 août, n'a jamais été interrompue dans le
diocèse dont il reste l'une des gloires.
BervnI LAUnENT.
Sources consultées. - Acta Sanctorum, t. I d'août (Paris et Rome, 1867), blgr PAUL GUEInN, Les
Petits Boilandistes, t. IX (Paris, 1897).
SAINT SERENUS ou SERENE
Evêque de Marseille (t 604 ou 606).
Fête le a août.
L E diocèse de Marseille regarde saint Serenus, Serin ou Sérène, évêque du vie siècle, comme
l'une de ses gloires. Après avoir longtemps sommeillé en France, son culte s'est ravivé dans le cours
des trois derniers siècles, et, au siècle présent en particulier, le resserrement des rapports entre son
diocèse et celui de Verceil, où il mourut, a donné un nouveau lustre à son nom.
Saint Serenus accueille les apôtres de l'Angleterre.
L'histoire ne nous dit rien de la période de sa vie antérieure à son élévation. Il succéda, vers l'an
595, à Théodore, évêque très saint et très aimé, dont le dévouement pendant une horrible peste avait
excité l'admiration des Marseillais.
Pour que Serenus ne fit pas trop regretter son prédécesseur, il fallait qu'il fût doué de rares
qualités. Son siège, d'ailleurs, était l'un des plus importants de la Gaule méridionale. Si donc le
clergé et le peuple l'élurent d'un commun accord, c'est qu'il s'était déjà acquis la vénération de tous.
Dès le début de son épiscopat, Serenus eut fa joie de contribuer pour sa modeste part à l'un des
événements les plus importants de la prédication évangélique.
Pendant l'été de l'année 596, le Pape saint Grégoire le Grand envoyait des missionnaires en
Grande-Bretagne, afin de convertir ce pays et de le civiliser. L'entreprise était digne de ce saint
Pontife, mais hérissée de difficultés ; les évêques de la Gaule facilitèrent du moins de tout leur
pouvoir le voyage de ses envoyés: saint Augustin, le futur évêque de Cantorbéry, et ses
compagnons.
Serenus reçut le premier saint Augustin et ses compagnons. Il lut avec respect la lettre du
Souverain Pontife qui lui disait :

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Bien qu'auprès des évêques animés de la charité de Dieu, dos religieux n'aient besoin d'aucune
recoinmaudat on, nous croyons cependant le intiment. opportun pour vous écrire, et nous expédions
nos .lettres à votre 1 vaternitr ; vous -informa il que le et des présentes, le moine Augustin, dont
nonā connaissons le zèle, et d'autres moines avec lui, sont envoyés par nous pour u-availler, avec
l'aide de Dieu, au bien tirs âmes..,
Marseille 'a toujours 'fait bon accueil aux pèlerins qui, revenant de horde, abordaient sur son
rivage peur reprendre •le chemin de leur pat'ri'e. Serenus fut des premiers à inaugurer en cotte ville
ces traditions de gracieuse hospitalité.
Les envoyés de saint Grégoire, après un court séjour à i\larséi•Ile, s'avancèrent jusqu'à Aix. Là,
ils furent bien reçues par l'évêque Protasius, niais ils prêtèrent trop aisément l'oreille il des propos
qui tenda=ient à les détourner de leur sainte entreprise ; ils hésitèrent un moment à la continuer, et
redescendirent jusqu'à Lérins où demeurèrent les compagnons d'Augustin, pendant que ce dernier
s'en vint chercher il Rome auprès du Pape des conseils et de nouveaux encouragements.
Saint Grégoire l'exhorta à poursuivre sans faiblir sa mission en Angleterre. Serenus eut donc la
joie de revoir une seconde fois ses nobles botes_ Avec quelle ferveur il les bénit en leur disant adieu
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reprenait de son zèle -inconsidéré l'un de ses fils. mais Nous estimons que vous n'auriez -pas dû détruire ces mêmes images. Seremis. La pcinime est. et même. il alla . informé -du fait. -effrayé. avec l'agrément de votre Sainteté.avai-t en soi rien que de louable. qu'il se demanda quelque temps si Bnette lettre. plein de sollicitude pour le monde entier et pour chaque Tglise en Particulier. sep •rieur de Votre mcnistère. n'en jugea pas ainsi. vers notre frère et co évêgne Syagcius.eensenver et -détourne.jusqu'à ariser dans son zèle certaines de ces images.voho Fraternité. à Sercaus évêque du Marseille. Je mous informe cri colle que Nous . apercevant -certains ehrél. Nous louons le zèle qui vous a porté à empêcher qu'on adorât l'ouvrage de la main des flemmes..icns qui adoraient des images. 'ne vit pas d'autre moyen d'extirper l'erreur qu'en soustrāyaut aux yeux des fidèles les •statues qui prêtaient à cette déplorable confusion. . La réponse -de Rome partit vers '1e mois de septembre de l'année 6oo. Cyriaque. Un blâme portifcal accepté avec soumission. évêque d'Autun. que voue Fraternité. même par ses -ennemis. a déliait et jeté les images de l'église. Nous vous reeommandens le porteur des présentos.. employée dans les églises pour que ceux qui sont illettrés Puissant du moins lire sur les murailles ce qu'ils ne peuvent pas Iire dans les livres.'le peuple de •leur. à proprement parler. out pour con. il croyait si fermement son action bonne et -opportune. Le document .adoration. Ce soucide maintenir d'intégrité de la foi n'. si. -Le -début de votre lettre 'laissait voir en vous une telle bonne volonté sacerdotale. Il résolut -de s'ouvrir 'de ses •dorntes à ce sujet auprès du Pape lui-même et il lui écrivit.équdnce de mettre en relief la :profonde humilité du= saint prélat_ SAINT sCSIMOB Ou sénioca Le Pape profita d'une lettre dans laquelle il recommandait -à sa charité l'Abbé Cyriaque. rédigé •en juillet 599. est ainsi Libellé Cie.! Quel. eue. Saint Grégoire de -Grand. qu'il envoyait auprès de Syag:rius.dont la bonne foi ne fut jamais suspectée. -non seulement vous n'auriez pas eu la moindre'hésitalion. d'autels ni d'adorateurs : mais il restait parmi le peuple quelque penchant à l'idolâtrie. Lepaganisme avait disparu presque entièrement du territoire de Provence. n'était pas le fait de celui-ci.pays encore à demi barbare.. vrëux rie fil-il pas pour que le succès vînt couronner leurs travaux et récompenser leur courage I Zélé de saint Serenus pour combattre l'idolâtrie. el. mois aux occupations. vis-à-vis d'ui c population plus facile à instruire pas les moyens violents -que par la -persuasion.Le retard dans cette -lettre adressée à votre Fraternité ne (toitPas être attribuer la négligence. :mais qu'il se rende. inspiré petit-tare par ceux qu'avait pu mécontenter sa 'fermeté. Car Je fait d'avoir douté -de -l'émitt que Nous vous avons envoyé -a montré votre imprudence. 'C'était bien le Père commun des spasleurs et des fidèles qui. Scierais avait -apporté à sa 'conduite une :telle pureté d'intention. en effet. vous avons donnés avec un amour fraternel. assure-t-en. (le . et le blâme qu'il crut devoir envoyer ù Serenus. sans aller jusqu'à sacrifier à de vaines idoles. vous aviez prêté une attention soigneuse aux avertissements que Non. Votre Fraternité aurait donc•dû à' la fois les . il y a quelque temps. moine de Reine.avons appris.pontificat. `Notre très cher fils. afin que les ignorants puissent s'instruire de d'histoire et que cependant le peuple ne tomb&t pas dans le péché d'idolâtrie. . mais celle de deux esprits -diffésenls. iQu'aucun retard ne l'arrête dans da ville de Marseille. Les -faux dieux n'avaient plus. Mais la fin de votre écrit est si différente du commencement. polir -transmettre à l'évêque de Marseille l'expression de son étonnement. remise par Cyila-que.. plusieurs attachaient aux statues et aux images saintes quelque chose de divin et leur rendaient un culte idolâtrique. en ce sens que leurs adorations s'adressaientt plus aux images ellesmêmes qu'à la personne de NotreSeigneur on dos Saints qu'elles représentaient. que' Nous en éprouvions une joie plus grande +n sujet. Peut-être même la mesure extrême à laquelle l'évêque dut en venir s'expliquaitelle en un . en effet. que la lettre semble n'être pas -l'œuvre d'un seul. 8 .

une vive contestation s'éleva entre les gens de Bianderate et ceux du village 9 . la ville de Bianderate fut saccagée et son monastère se changea en un amas de ruines. saint Grégoire le Grand lui recommandait en des termes empreints d'une bonté toute paternelle de nouveaux missionnaires qu'il envoyait en GrandeBretagne. arrive en toute hâte et une foule nombreuse avec lui. le pieux évêque avait-il voulu satisfaire sa dévotion envers les reliques des saints apôtres et déposer aux pieds du Souverain Pontife le témoignage de sa pleine soumission. Mort de saint Serenus. il fut emporté en peu de jours. Il se bâta de rétablir... 2 AOUT 12 2 AOUT SAINT SEISENUS OU SôZRàRP. arrivé dans la petite ville de Bianderate. marbre dont l'inscription atteste qu'elle renferme le corps d'un saint évêque de Marseille. Mon très -cher Frère. On se décide à creuser et l'on découvre bientôt une tombe de . clairvoyant et toujours équitable. Tout cela. Voici que tout à coup ses bceufs refusent d'avancer. les habitants de Bianderate furent mis en éveil par des harmonies dont on ne pouvait découvrir la provenance. Plusieurs fois. écoutez altentivament ces paroles -avec les oreilles (le votre. Serenus mourut au retour d'un voyage ad limina. Le nuagee entre le Souverain Pontife et Serenus fut par là même entièrement dissipé. Le seigneur du lieu. nommé Serrons. Il est vrai que ce dernier.au co=ter -de -l'ardent -évêque. au diocèse de Verceil. il s'attacha à montrer à son peuple les avantages qu'il pourrait retirer de cette dévotion bien comprise. et. Il regagnait sa patrie. 13 Ce qui dut être encore plus douloureux pour le serviteur de Dieu. L'on ignore les motifs et les circonstances de cette lointaine démarche. se refusa à accueillir ces incriminations. li était loin de lui mdtiter. informé.t ) VVVRNIN Saint Serenus accueille à Marseille les missionnaires envolé par saint Grégoire le Grand pour évangéliser la Grande Bretagne. l'on soupçonna la source de ces merveilles. De prime abord. Le Saint tomba dans un complet oubli : les traces mêmes de son tombeau furent perdues. Un jour enfin..son amitié. malgré des soins empressés. suivant le désir du Pape. sans que l'aiguillon et les cris de leur maître puissent les déterminer à se relever. La soumission de Serenus fut admirable. Sa douceur et sa parfaite docilité remirent tout dans l'ordre et édifièrent grandement ceux qui en furent les heureux témoins. ce fut de se voir indignement calomnié auprès du Souverain Pontife. toutefois. d'autres disent 6e6. Nous le disons à votre 't^raternilé par amour pour 'la Sainte 1iglise. Des guerres sanglantes survinrent.sont dans l'erreur -et que vous -ne provoquiez pas dons •l'esprit de -vos fils le scandale résultant de la société des méchants. dit-on. et cfforce -vous -d?agir de datte sorte (pie vous corrigiez d'une nmnière sainloire ceux qui . Sous le règne de Frédéric Barberousse. C'est alors que la Providence se chargea de le rendre glorieux par une suite de miracles. La glorification après l'oubli. cour. toutes les images de son église . par des clartés soudaines auxquelles on ne trouvait pas de cause naturelle.. mais sa haute sainteté ne fut pas aussitôt révélée à ces populations. quand il tomba malade. où. Le coup fut rude . et ses instructions réprimèrent la funeste tendance vers l'idolâtrie qui avait pu jusque-là se manifester. On croit que c'était en l'année 6o4. Le vénérable évêque fut enseveli avec les humeurs dus à son rang. que le Pape reconnaissait la 'sainteté de Seremis -et la droiture de ses intentions. il demanda l'hospitalité dans un monastère de Bénédictins. Notons. Sans doute.mais encore vous muriez su ce qu'il convenait de faire avec -une gravité toute sacerdotale. Un laboureur conduisait son paisible attelage dans le champ qui recouvrait l'emplacement de l'ancien couvent bénédictin. Quelques mois plus tard. ploient les genoux et poussent de longs gémissements.

contenantt le corps momifié du. Les Acta Sarnelo•uen nous ont même conservé. mais le propriétaire du champ était de Casal-Bertram. S'a-int-Colonban vers ]:''église Sait Screnus où elles sont encensées. la. un des chanoiii. célébrant le Saint Sacrifice à l'autel de saint Serenus.es ouvre. On réserva au Saint lui-même le soin de trancher la difficulté. de.boiss doré.ts pontificaux.an.l'ég)ïse paroissiale de Biandērate. la ivresse de saint Seremis est célébrée avec lute. non sans feux de joies.environs.1 1 lq.que des. après quoi. et saint Sererrus. où s'opérèrent d'autres miracles.. extrait un autre relizprai~re en cristal. Saint.. posée sur l'autel de saints Screnus ett fermée avec deux clés. Pendant des siècles la fête dé saint Screnus' n'a pas cessé d'ttre célébrée à Bianderate avec autant d'enthousiasmee que de: ferveur. ces deux animaux prirentt la direction de. La messe. la chvlsse en.. SAINT SERENUS OU sauLAE 15 Sans hésitation.. le char sur lequel on venait de placer ses précieux restes. Le jour suivanC.saint Serenus à Bianderate. Dès lors. au sujet de la possession de ces reliques : le champ qui les renfermait était bien sur le territoire de Bianderate. mitre et la crosse. Î 14 2 AOLT. 1 111.dévotion: en. avec la. La fête de. femmes. La veille.s le conflit cessait. et l'on convint de laisser aller où il voudrait.e. et ares de triomphe Voici la description. De cette châsse est. dont l'une est conservée par le prévôt de l'église Saint-Colomban. avant les premières Vêpres. appelé Casal-Bertram. Les reluques sortt alors transportées de l'église. afin de permettre aux prêtres de passage de satisfaire leur.\\~11. grande solennité„ niaiss cri l'église Saint-Col'omd. était suivie• d'une procession solennelle accompagnant une relique importante. pour Vannée 1730. m'est.de loi fêl. \\\\1\~. salves. eut en ce lieu sa chapelle. tant de.voisin. sont chantées.les premières Vêpres. traîné par deux jeunes bmufs n'ayant pas encore porté le joug. ville. des Acta Sanctorunm:. dédiée à saint Colomban. paroisse par 10 . revêtu dl'ornemm.à-rhiu'e le r° août....qui nous en est donnée au xvni°' siècle par les rédacteurs.: la liste des éléments dont elle se composait :: d'agora des groupements.

en l'honneur du Saint. au tombeau de saint Serenus. la petite garnison de 13ian. La Révolution. : déjà.. personne ne savait intime s'il avait existé un Saint de ce nom. Perse-une ne s'occupait plus de saint Sérénus. Le culte au diocèse de Marseille. le clergé et les chanoines de SaintColomban. cette relique. enrichi d'un anneau pastoral portant un très beau grenat. En cette même année. flirt encore plus favorisé que Mgr de Belsu nce. à part les prêtres qui en récitaient l'Office. localité. Mgr d'Angeunes. le héros de la peste de 1720 et l'apôtre de la dévotion du Sacré Coeur à Marseille. puis les groupes paroissiaux d'hommes. le 111° centenaire du vceu des habitants de cette ville. en 1842. les chanteurs et les musiciens.jusqu'au souvenir de ce qui avait été. décidait de conduire lui-même à Bianderate. assurant la célébrai-ion: de messes.. il est une des gloires de notre Eglise. ce qui constitue. Mais ce n'était pas la première fois que saint Serenus faisait sentir sa protection. saint Sérénus et le vénérable Jean-Baptiste Gault. évêque de Marseille.. C'est ainsi qu'en 1747. à l'occasion du jubilé de la Rédemption. ra relique fut confiée à la garde du Chapitre et une partie en fut donnée. les années i6-S„ 1629„ r63o. Ilh centenaire d'un voeu fait. cette fête a 11 . le pieux fondateur des Oblats de tuante-Immaculée. commune et enfin le peuple. nu doigt du milieu de la main droite : malheureuserrient. il ne sera pas sans intérêt d'en citer au moins un passage : Affligé de voir la mémoire d'un si grand Saint entièrement oubliée dans le diocèse qu'il avait gouverné avec gloire au vr° siècle. Mgr de Belsunce. pour sceller des liens d'union avec Bianderate. et. notamment saint Lazare.deratc. Mgr de Mazenod a laissé une relalion de son pieux voyage . Bianderate avait échappé au mêmee fléau qui dévastait l'Italie. Ce grand évêque se montra soucieux de ne pas laisser dans l'ombre les gloires de son Eglise. les consuls de la. localité. la paroisse de la Sainte-Trinité célébra. avait semblé dissiper .paroisse. lieu. Quatre toiles représentantt des épisodes de la vie du Saint et peintes par Elster et Mollitor furent placées sur les murs latéraux. Ern janvier rg33.. un pèlerinage diocésain de retour de Rome. d'une manière régulière pendant plusieurs mois de l'année. qu'au mois d'août 1-932 des fêtes surent lieur en cette. L'année suivante. doré le lendemain 3. Mgr Eugène de Mazenod. un bras entier du Saint. La translation de ce don précieux de la cathédrale à l'église de la Très-Sainte-'trinité se fit avec une grande solennité. à l'heure présente. les. qui eut désormais saint Serenus pour patron particulier. Moins d'un siècle après. et je me servis cru tien coupable (le ne pas faire tout ce qui dépendait de moi pour le replacer sur le trône d'honneur qu'il doit occuper parmi nous. tant que notre Eglise subsistera. et pour ce motif il entoura d'honneurs les restes de plusieurs saints prélats marseillais.août.. par tes habitants préservés d'une épidémie de peste une délégation marseillaise y assistait. Cependant. les Frères Mineurs de la. C'est ainsi. Au xvui` siècle également. L'après-midi. lee seigneur du. il obtint de l'archevêque. sous le dais. S'étant rendu à Verceil. Le corps du Saint reprenait' sa place dans sa châsse de bois. Serenus. Vêpres du Saint étaient chantées à SaintColomban et suivies de la vénération de la relique. dans. à l'occasion du... une relique insigne.. Le diocèse de Marseille célébrait naguère le g août la translation de 1338 . le curé de la paroisse acheta un terrain où il fit construire la chapelle consacrée aujourd'hui à saint. attira la cupide attention des révolutionnaires de 1793.. en 1839. Cette chapelle fut décorée avec art et élégance. Plusieurs évêques de Marseille se sont préoccupés plus particulièrement d'honorer leur glorieux prédécesseur. Mgr Duhourg. n'aa pas oublié le saint. le prévôt. à l'église de la Sainte-Trinité. évêque de Verceil. obtint de Mgr Solaro. La ville de Bianderate..et le sous-diacre. je me reprochais de ne rien faire pour réparer une indifférence trop prolongée. on signale plusieurs fondations pieuses. fait. On a vu que la fête de saint Serrons était célébrée à Bianderate 16 2 AOUT le 2 août. Ils prirent le reliquaire et jetèrent son contenu. en dispersant les reliques. portant l'a relique entre' le diacre. enchâssée dans un doigt cri or. évêque qui demeure son patron.

Abbé du monastère bénédictin de Salerne.) .Abbé RAYLE..) Petites et grandes fautes. la paroisse de la Sainte-Trinité commémore la translation de la relique qui lui appartient en propre le deuxième dimanche après l'Épiphanie. Les Petits Bollandistes. par qui le bienheureux Sérénus. R. par l'intercession de celui dont nous célébrons aujourd'hui les mérites.. (Lettre 129.. (Contmenlair'e sur saint Matthieu. Saint Screnus (Marseille. 1855). la consommation de nos vertus. (De la règle de bien vivre. la médiatrice des récompenses..... qui lui fit apprendre ce (tire les monastères enseignaient aux jeunes gens admis comme élèves ou comme Oblats. Devenu orphelin. Mgr de Mezcnod (Paris et Lyon).... Fit. vous qui l'avez honoré par de nombreux miracles.. et en méditant les paroles sorties (le sa bouche.. PAROLES DES SAINTS La lecture de l'Evangile. l'enfant fut confié à son oncle paternel. le service est sans récompense...) SAINT PIERRE D'ANACNI Bénédictin et évêque d'Anagni (t 1105).. votre confesseur et pontife. P. la sour de la patience.été reportée au i t août.. L'oraison de celui qui jeûne est agréable à Dieu et terrible au démon.) La persévérance. Enfin... Saint BERNARD. vous vous attirerez une plus grande grâce de Dieu.Les Saints de Mglise de Marseille (1885).(V. 1897). Ses parents étaient (les s chrétiens sinsères • ils n'avaient d'autre fils que lui et ils se préparaient à lui léguer une fortune importante en même temps qu'un nom considéré. le rempart de la sainteté. vers le premier tiers du xia siècle. Saint JEAN Cnnrsosrozsn. est arrivé à la gloire . Sources consultées. c'est le nerf de nos forces. le bienfait sans agrément. 1 d'août (Paris et Rame. notre Dieu. .Mgr PAUL Guènla.. t. t.). C'est le moyen de faire croître la sentence (les enseignements qu'il renferme et d'en retirer un grand bien pour le salut de vos âmes. et la force sans louange et sans honneur.. Bis. et nous tombons insensiblement en de grandes fautes lorsque nous négligeons les petites. lorsque la mort s'abattit sur leur foyer. vous apprendrez 't purifier la vôtre de toutes les paroles mauvaises... dans l'Italie méridionale. Saint Léox ler LE GRAND.71. (Sermon 2 sur le jeûne. IX (Paris. Vous deviendrez ainsi terribles aux démons lorsqu'ils verront votre langue armée de ces paroles de feu . par ce qu'elle contribue au salut des autres. n' 1.. p mnmE naquit à Salerne. d'une famille noble.. A. . Ce saint exercice vous rendra agréables à Jésus-Christ. les lettres 12 . Tête le 3 août. en exerçant la charge pastorale.. .) La prière. 186. la nourrice de nos mérites. fades que nous soyons délivrés (les maux qui nous menacent. S. . c'est-à-dire la doctrine chrétienne. 0tez la persévérance. dans son office cette confiante prière : Seigneur. Ce diocèse adresse à saint.. combien elle profile à celui qui la pratique. . On connaît assez.. et cette étude assidue rendra les yeux ce votre cour plus vifs et plus éclairés. Je vous conjure de lire et de méditer l'Bvangile... La persévérance est la gloire des Saints et la couronne des vertus . Saint boucans DE SÉVILLE. légères et inutiles.Acta Sanetormn.. Serenus. Les vices croissent peu à peu... .Mgr Rmnno.

celui d'Anagni. la psalmodie. au rmilieu du aa°-siècle . dans l'Italie centrale. A Rome ou à Anagni . cela ne l'empêchait point de se rendre ensuite à l'église conventuelle et de s'y adonner à la pratique de l'oraison. son vertueux secrétaire. 'Parmi les diocèses de la péninsule italienne. il obtint l'habit religieux. ne crut. Dès ces premières années de vie religieuse. De fait. il n'accordait au sonnmeil qu'un temps très limité. indiqué avec le titre ou le nomde u'Canocllarius n. Après plusieurs années.Chapelain pontifical. après l'année io4o ci j.rn . il obtint de l'Abbé de pouvoir emmener Pierre à Rome. . La lumière ne devait pas rester longtemps cachée sous le boisseau. Alexandre il. Il apportait surtout une ardeur particulière à l'étude. L'entrée dans la vie monastique. L'évêque-d'Ana rii. 13 . et c'est seulement en rosi que figure un nommé Bernard. qui venait lui exposer ce triste état de choses. alors légat pontifical.le Pape aurait reçu mie délégation de la cité.usgù'en io48. la liste épiscopale offre une lacune qui nous fait croire à une longue vacance. comme un homme aussi vertueux que savant. qui n'est pas d'accord sur ce point avec tous les historiens. malgré ses privilèges enviables. et passait de longues heures penché sur les livres ..-EtatiIainentàble du diocèse.profanes. eut l'occasion d'entendre parler de ce jeune religieux qui avait.'-e S r r er"IL. il se prépara à mener la vie de pauvreté et de détachement d'un moine Bénédictin. . composée de clercs et de laïcs. les autres Frères le considéraient comme un modèle.es affaires 'regardant les intérêts de L'Eglise. I e nouveau venu prit rang parmi les chapebüns ponti ficaux ci se vil chargé diimpoittanl. rapporte qu'Alexandre II se rendit à cette époque à 'Anagni ale siège était de nouveau -vacant . tombait alors en ruines. et ayant fait don à la communauté de son patrimoine. négligée par les hommes. mot qui signifie chancelier. le futur Grégoire VII. Për'n2rr 18 3. l'un des plus :éprouvés. Le cardinal Hildebrand. ayant visité le monastère. à cette fin. désireux d'y porter remède. et Alexandre 11. l'église cathédrale. déjà la réputation d'un Saint . et il le présenta au -s "lMrr7~1CI G1Y1U".soua sAINr PmnTT n'ANAG a xq' Souverain Pontife. malgré son antiquité.peu importe . et surtout la pratique de la vertu. pouvoir mieux faire qu'enn proposant aux diocésains d'Anagni de leur donner pour chef Pierre. notamment pour la théologie et le droit canon . ce siège épiscopāl:avait été occupé par un personnage indigne nommé Ri malde 'Ici. Une chronologie locale. était.

.Accueilli mec joie par l'unanimité des suffrages. bien qu'à vraii dire il eût peinee à admettre que sonn église conservât les restes de ce saint martyr. le Martyrologe . bord de l'eau. en Sicile.-apporta~ à la cathédrale. au désir de donner.. et que les reliques des saints Séhasti. Découverte' du corps de saint Magne. il en reçutt un don important. (le l'évêque d'Anagni. c'est-à-dire verss l'an. sur le. celui. avaient réduit àla misère: un diocèse naguère passez opulent. L'on dit même qui lorsque arriva le jour oiu J'élu devait recevoir la consécral. làà persécution de. conflit. Constantinople par le Pape Alexandre II comme légat pontifical . L'insistance du biographe à rappeler les gloires religieuses de l'antique cité rend vraisemblable la supposition que cette partie du récit a reçu des développements qui ne se trouvaient: point dans le texte primitif de la Vie de Pierre d'Anagni. mais.église conservait les reliques. qu'il était évêque et qu'il remporta la palme 'lu martyre durant. ro85) . qui lie régna que deux ans. La calomnie. lee prédicateur de la. Sans. Pierre fut. bornons-nous sur ce point à résumer ce qui nous est rapporté. ainsi que l'es ossements des vierges Aurélie et Néomisie. fil édifiere une tour qui. Le développement donné dans la biographie dePierre (tAnagni à tout ce qui concerne saint Magne et son culte nous permett de croire à l'existence de quelque pieux. puis le bienheureux Victor III. : c'est ainsi qu'un certain nombree de terres ou de propriétés.trois ans. la mauvaise -foi de laïcs puissants 'qui -s'étaient faitremettre des' terres avec des baux ii très longue échéance équivalant à une quasipropriété.. nommé Fiance.. Donica. et l'encouragèrent à mettre son espoir dans le.. allait être l'occasion. La guérison d'une toute jeune femme. vierge. pour assister à la cérémonie . comme on le devine.. deux. Tout-Puissant et dans les 'Saints. malgré ses répugnances. en:particulier en saint ~àlagne. ~si lourde fût'elle.. sans doute aussi l'encouragèrent-ils à entreprendre et à soutenir des luttes plus ou moins longues. Pèlerinage en Terre Sainte. il reconstruisit ou restaura les murs d'Anagni. et ses tentatives de refus. durer moins de quarante-. Le' Pape Alexandre D était mort_ en (073 . L'épiscopat qui commençait n'allaitt pas. ayant obtenu en cette ville la guérison de l'empereur. Sans doute d'anciens: actes étaient là 'qui 'attestaient les 'droits s. (le la découverte des reliques. De même. le convainquirent de l'opportunité 'de conserver sa charge.. Michel Doultas. et enfinn le bienheureux Urbain 11.-. l'intrépide jouteur (-. Les conseils de son mllourage réconfortèrentt le coeur. à laa datee du.Romain nous dit simplement.. l'Eglisee fut favorisée par la succession de trois' Saints : d'abord saint Grégoire VII. 250 . preuve. prendre parti en cette affaire. Dèce. 3 août. apprenant quo Pierre avait résolu de' se: démettre. en voyant l'état de disgrâce auquel étaient réduites la résidence épiscopale. l'absence des ressources pour entreprendre les restaurations nécessaires et même pour assurer l'existence 'de l'évêque et de -ses clercs. La guérisonn miraculeuse et la découverte qui avait suivi eurent. Quelque temps' après. plus ou mobns pénibles pour défendre les intércts matériels du diocèse. placer de la manière la plus honorable ' corps de saint Magne. De ce Saint. L'un des premiers soins du nouvel évêque fut d'étudier la situation matérielle de son diocèse..nons n'avons pas la. première 14 . mi relief plus grandd àà ce Saint eu particulier pour un motif que nouss ignorons. des biens d Lglise indûment détenuspar diverses personnes revinrent par ses soins àà leurs légitimes possesseur.'dont le corps entierreposait encette église. Trani. de cela encore. moulins appelés à rendre beaucoup de services à la population. Pierre fut envoyé: à. qu'il employa à orner sa cathédrale et surtout à. Une leçon bien utile. après lui.en et Césaire. quelques -prêtres :parmi les plus dignes. que la maladie privait de l'usage clee ses membres et que son mari.ion épiscopale le Pape se rendit de nouveau dans ha ville. dont cette. Cependant.. l'hagiographie précise qu'il était évêque de..en assurait la protection et. beaucoup de retentissement à Anagni'et dans la région. Peu s'en fallût qu'il ne renonçât à son siège. de sainte Secondiine.et la cathédrale. comme l'affirmait 'une tradition. installé avec honneur.de l'Eglise : mais l'avidité de certains clercs qui s'étaient emparés des biens épiscopaux. Ces deux faits concoururent à fortifier la position du prélat eni son diocèse et.

trop pauvre pour garder son autonomie . le vaisseau fil voile vers Palerme. le bienheureux Urbain Il témoigner à pierre sa confiance ou peut-être son désir de le favoriser.Non. court après saint Pierre d'Anagni.l'état défavorable où se trouvait sa cathédrale. as-tu renoncé témérairement. nous voyons. On l'accusa d'avoir dilapidé au profit des malheureux l'argent recueilli pour la restauration de sa cathédrale et d'avoir laissé inachevés les travaux entrepris pour fortifier la cité. sa modération et sa bonté. De fait. je suis Italien et je fuis la vie conjugale. L'histoire est d'ailleurs discrète sur le rôle de l'évêque d'Anagni. 22 3 AOCT SAINT IIIRnnE D'AXAGNi à$ Nouvelles attaques.-ni. particulièrement mouvementée. il n'est pas possible que tu sois sauvé vivant dans une pratique opposée au devoir conjugal. qui lui avait valu 15 . provoqués sans doute par sa piété. Comme l'évêque d'Anagni lui demandait qui il était et de quel pays. Magne lui répondit : . où Roger I°T. Cet homme paisible se rangea sous la bannière du fougueux Bohémond. De lit.Croisade. contre l'intérêt de ton salut et la volonté de Dieu. reçut du souverain un don important consistant en or et en argent. D'autre part. où l'empereur Le gardien de l'église. Pierre demeurait dans sa résolution de se tenir éloigné de son siège épiscopal. répondit Pierre . On sait seulement que Pierre rencontra près des chefs et près de tous ceux (fui l'approchaient des sentiments de vénération. car le Seigneur a décidé à l'origine que l'homme ne peut séparer ce que Dieu luimême a uni. pourquoi donc. cri incorporant à son diocèse celui (le Trevi. aurait répliqué saint Magne. Pierre supporta ces épreuves avec résignation . après la conquête de !a Palestine. prince de 'Parente. où il revit avec joie le monastère bénédictin dans lequel il avait été formé . . Ses détracteurs allaient jusqu'à l'accuser d'avoir dérobé pour se les approprier une partie des ressources appartenant à l'évêché. comte de Sicile.ni apparut sous l'aspect d'un pèlerin. les chrétiens de l'Occident durent plus d'une fois se mesurer avec les sujets ou les alliés de !'empereur d'Orient Alexis Comnène. où.Et. Nous n'avons pas l'intention de rapporter ici ce qu'on appelle « la Croisade des barons s. -Une seconde fuite arrêtée par un miracle. La population le reçut avec beaucoup d'égards. il résolut de partir pour les Lieux Saints et de se joindre à l'une des armées qui. . La construction de la cathédrale. Il reprit place à bord d'un vaisseau en partance pour l'Occident et arriva à Constantinople. Je suis venu ici pour y résider jusqu'à la fin de mes jours. en 1088. en 1097. de l'égalité dans la vertu du côté des Papes et du côté de l'évêque. et se voyant privé de tout appui du côté des hommes. l'accueillit avec honneur : l'évêque ayant fait connaître sa condition de pèlerin . se mettaient en route pour la Palestine. De Constantinople. Est-ce que je serai sauvé? . à une Eglise à laquelle tu as été uni? Pierre reçut avec respect cet avertissement . il visita encore un certain nombre de sanctuaires qui se trouvaient sur sa route et arriva finalement à Ana. à l'appel du bienheureux Urbain II. l'animosité et l'envie de certains suscitèrent à l'évêque d'Anagni les plus graves difficultés. ne se montra pas moins généreux. afin d'y faire mon salut.sans doute mieux vue à 13yumce que celle de croisé. Une légende rapporte que saint Magne . ainsi qu'en objets précieux destinés au culte divin.Pèlerin. fils du célèbre Robert Guisraid. pour assurer leur sécurité. pierre passa par Salerne. D'ANAGNI 9i Il semblerait qu'en raison de la courte distance qui sépare Rouie d'Anagni. la décision pontificale porte la date du 17 août. L'armée étant rentrée deux ans plus tard. 2o 3 AOQT SAINT Tienne. guéri miraculeusement. un conflit sérieux fût impossible. il reconnut son erreur et en rendit grâce à Dieu.

Et comme André se récuse. fut menée à bonne fin avec ses dépendances . D'après le biographe. Le gardien ne se le fit pas répéter et courut sur les traces du fugitif. la réalité du message céleste. saint Magne intervient alors pour la seconde fois. Portrait de saint Pierre d'Anagni. un certain André. De nouveau l'ivraie se propagea parmi le froment .tant de déboires. -de se lever et de se rendre à l'église pou' y remercier Dieu : Lisa. En l'honneur du Sauveur et de saint Benoît. entre cette chapelle et le palais fut aménagée une cellule où. Retour définitif de saint Pierre en sa ville épiscopale. mais lui. de nouveaux dons. était un infirme. où Pierre voulait se fixer en vue de mettre fin au scandale dont il était. en voyant son serviteur guéri. Pierre prenait quelques heures d'un repos tout relatif ou s'adonnait à l'étude. Magne. Ce dernier. le prélat bâtit une chapelle près de son palais et en fit la consécration. Tous les deux quittèrent le palais épiscopal par l'entrée réservée aux pèlerins et aux pauvres. le bruit se répandit que le pasteur était de retour. Pierre reconnut sans peine. Pierre fut bouché -de campassion et ordonna à la malade.portier. le clergé vient Processionnellenaont à sa rencontre. la plupart des habitants d'Anagni. ses ennemis décidèrent d'envahir son appartement et de s'emparer d'un trésor dont ils imaginaient l'existence. nul ne coula que. ce qui lui permettait de se porter lui-même à leur rencontre et de veiller sur eux avec plus de soin. réveilla en temps utile le prêtre qui reposait à ses côtés. Le pasteur vigilant. Près de là -S'était fait :porter-une inLliune.icrre :un accueil triomphal. La puissance divine t'a guéri par les mérites de ton évêque„ et tu (lois en témoigner ta reconnaissance en te hâtant. Le gardien du cloître de l'église. toujours escorté de la foule. vertus (le divers côtés. Pendant ce temps. rendue à la santé„ obéit sur-le-champ. lui permirent d'augmenter les immeubles et possessions de l'Eglise. et il précise l'endroit où le gardien pourra retrouver le prélat. Aussi la cité :fit-elle à d'. et se disposèrent à partir pour Rome. ayant appris le départ de leur évêque. précédé de son ... le Saint lui ordonne de partir au plus vite à la recherche de l'évêque qui s'est enfui. mue femme du nom de Irisa„ atteinte d'un mal :chronique et qui sié3ait quasi ruinée en visites et ordonnances médicales. Sur son ordre. l'acclamant comme Vautour de cet éclatant miracle. déclarait avec autorité -quo la guérison élu gardien n'était point de son fait. après avoir consacré de longues veilles à la prière et s'être acquitté de toutes les prescriptions de sa règle. mais bien l'ceuvre de saint.es envers le ministre de Lien implorent son pardon : Pierre leur donne le baiser de paix et les presse clans ses bras. le renom de sainteté et du pouvoir miraculeux Je l'évêque d'Anagni a devancé ses pas . et ne pouvant marcher ou plutôt se (rainer qu'avec beaucoup de peine. cil les touchant. saint Magne de lui répondre . La cathédrale se remplit bien Mite de fidèles des deux sexes. Magne lui apparaît . C'est vers la cathédrale que l'évêque se dirigea. Ceux qui -se sont 'montrés les plus-coupalhl. Cette fois.Lève-loi immédiatement . et voilà qu'il s avançait d'un pied ferme . il les soudage de leurs maux. Tombant aux pieds de son évêque.Sa mort et ses obsèques. de la Sainte vJerge. allégeant son infirmité. tout le monde le savait infirme. éprouvés •de l'une ou de l'autre manière. défile (levant lui pour que.principaux de la vie de Pierre nous a laissé de lui un portrait à la fois Physique et moral : 16 . 'L'écrivain à qui nous devons de connaître au moins les faits . Et de nouveau lui cor tège d'humains. il lui rapporta ce qui était arrivé. sa guérison subite nfeùrt •été obtenue -par la sain[clé Lin prélat calomnié. les brebis galeuses contaminèrent le trouaeau fidèle autrement dit les seupçons recommencèrent à peser sur le prélat. Cependant. innocemment l'occasion. s'abandonnaient au chagrin et se montraient sévères pour ses détracteurs. . ayant connu par miracle leurs projets. au nom de la: Sainte Trinité. de saint Magne eUdes Saints dont les reliques étaient conservées cri son église. inyposant silence à la foule. Il avait aussi fait aménager un local restreint avec une entrée réservée à la réception des pèlerins et des hôtes. Cependant. presque perclus des deux jambes et d'un bras. vers la sixième heure.

s désirs. Ce fion pasteur avait atteint ir lune vieillesse vénérable. presque toujours au prix dos plus rudes combats -intérieurs et crue sonren+t anal ne soupçonne. et Rome.. au spirituel et au temporel. se trouvait pendant la nuit en prière dans l'église Saint-Pierre de sa ville épiscopale. et toute la population voulut revoir une dernière fois les traits de son pasteur. Il convoqua aussitôt la famille épiscopale. sn barbe blunclie lui donnait un aspect vénérable. autant que ses forces déclinantes le lui permettaient. fit préparer ce qui étaitt nécessaire pour le voyage et partit en hâte pour Anagni. est arrivé à. Nous devons servir Dieu comme il le veut et non comme nous voulons. comme nous l'avons laissé entendre. son aspect et :ses gestes avaient de la dis tinction. s^. juste sans acception des personnes. 1867).. Broutait. Tous pleuraient qui un père. ne faisant jamais entendre une parole qu'il eût à regretter. vertu de la Bulle Dom. t. sa conversation était à la fois réservée et gracieuse. et c'est ainsi qu'il passa de la vie de ce monde à la vie éternelle. SAINT LUAN. -. datée de Segni.inum excelsum habentes. lorsqu'il aperçut une lumière qui planait au-dessus d'Anagni . son visage de l'enjouement. En suite de quoi. Sa voix était bien équilibrée... L A fécondité du germe monastique semé en Irlande au v6 siècle par saint Patrice et sainte 17 . BLAISC Lszen. ait regard rayonnant. ni -faible lorsqu'il parlait doucement ni collée lorsqu'il devait parler avec force. pour son Eglise.. .. quelques interpolations. lequel a subi sans doute. ter d'aodt (Paris. qui un bienfaiteur.. De nouveau le moribond recommanda à ses chanoines tout ce qui pouvait contribuer. Fête le 4 août. autrement dit de l'homme parfait qui. -d'une aménité de bon ton. désireux de consoler le clergé et le peuple affligés par la perle de leur chef. C'est à son récit.. C'était un :homme ale conseil. ne blessant quiconque Irar ses actes. 11 reçut ensuite le Saint Viatique et continua à prier. en même temps.. Il fit donc venir autour de sa couche les membres du Chapitre.. à la gloire de leur diocèse. dont il retraça la vie vertueuse et la mort édifiante. C'était le 3 août iio5.. et il en fit don à l'Eglise d'Anagni.4cta Senctorum. Sainte Tuflntse. évêque de Segni. C'est ''bien là. Brunon.. Il n'offrait au regard rien de notable ni quant à la maigreur ni quantt à d'embonpoint. :Durant l'été de l'aunes i rob. sources consultées. Son nom figure au Martyrologe Romain. le portait idéal d'un a Saint n en général. à qui il demandait de recommander à de pieux suffrages le repos de son âme. Saint Pierre de Salerne fut canonisé par le Pape Pascal 11. LUGID ou MOLUA Premier Abbé de Clonfert Molua (Vie siècle). que sont empruntées les présentes données biographiques. son clergé et pour le peuple confié à ses soins. en dehors des traces laissées par son abstinence. Une sainte :pâleur était chez lui un ornement. le 4 juin lrog. et à conquérir une absolue maîtrise de soi même. il perçut la musique d'un chant céleste : à cette double intervention du ciel il comprit aussitôt que l'âme de son frère dans l'épiscopat avait gagné un monde meilleur. qui un conseiller. dont la démarche nléneit •ni -lente ni empressée. en vérité. il composa un ouvrage à cette même fin. dompter ses passions. o`u il présida les obsèques et inhuma de ses propres mains le défunt dans la cathédrale..Il était d'une taille moyenne. la sixième année du pontificat de Pascal IL De son corps émanait un parfum délicieux qui attestait sa sainteté. Quelque temps après. une fièvre le saisit et il sentit que la mort ne 24 3 noUT tarderait pas. remercia d'avance son collègue de Segni.. il prononça l'éloge de son ami.. Le bruit de sa mort se répandit rapidement dans la ville. PAROLES DES SAINTS Comment servir Dieu. mais cette douleur était atténuée par la vue de nombreux malades soulagés et par la douceur ineffable de l'aspect du mort qui paraissait dormir. en.

. Il n'en demeure pas moins que Luan ne: 4: morrx fut unn grand thaumaturge doué d'un pouvoir miraculeux extraordïnaire qui l'ui: valet d'exercerr rue.e. Le préfixe Ho. voyageant à travers la province de (Munster. à une date qu'il est impossible de préciser avec certitude. à lui seul. cette île privilégiée semble n'avoir été qu'un vaste monastère .Brigitte fut prodigieuse. Luan était le plus jeune. fille se voua alorss à Dieu et construisit plus tard un monastère. La première occupation da: l'enfant.. Une autre fois. l'avant interrogé et ayant obtenu.jeune Luan gardait ses troupeaux. avec ses diverses orthographes et sa prononciation. d'oit le nom de Molloe ou Molua que l'on rencontre très fréquemment.serait plus tard Cet enfant . il )'emmena avec lui à Bangor.nlraeihs. il.dés moulons il se chaut. un jour quee tout en g`arrlhaf. a pris. Parmi tant de saints successeurs et émules de saint Patrice. passa près d'un champ où le. 18 . et la légende y a ajouté des événements si manifestement fabuleux qu'il est impossible d'yy ajouter foi. Luira se baignait dans: une rivière. nomme Finlan. Une grande obscurité recouvre les circonstances de sa vie. Cértains disent qu'il guérît.paître les troupeaux paternels. remit en place. on remarqua qu'or parfum délicieux s'exhalait de la bouche du petit pâtre endormi. Il alla voir un de ses oncles. pas un endroit qui ne fût la demeure de cénobites ou d'anachorètes. Soclila ou Sochte. cent monastères. son père aLuan cancer' . même. le consentement des parents..~ abondé : les anges vemüerrl parfois l'aider . la piedl qu'on avait d5. DU même son père le: trouva un soir endormi dans mi champ et veillé par mi ange vêtul de blanc. ils avaient trois garçons : Johain. dont la fille. Un jour. où elle accueillit un grand nombre de pieuses femmes et parvint à une éminente sainteté. il se. le nom de Luan se détache avec u n relief particulier. fondateur et premier Abbé chi célèbre monastère de Bangor. et une fille. Un jpurr d'ëf&-. Icii encore le uaerveilL'eu. Dès: son enfance.: un infirme eut l'idée de se baigner non foin du jeune garçon. amputer:. Saint. province de Munster. a été conservé par le maître et par les disciples de. Luger et Luan. était originaire de la région d'Ossory .l la jamae et que. signala par de: nombreux . saint Luan. dont on a fait Lugid et Luan ou Lua. Luan naquit dans la première moitié ou vers le milieu du vie siècle. Ci-on ou Croin. Luan: disciplee de' saint Comgall.appelé Cluain Claraith. et il fut soudain guéri. fàiG avec ses frères autour -d'ut feu de. terme de tendresse ajouté par l'amour maternel. suint Comgall. Le nom celtique de Lughaidh. était sourde-muette . figée de iG ans. sur le territoire de IIy Eicihgent. Il eut alors la révélation' Lie ce que.déjà le jeûne et l'abstinence à un tel degré qu'il semblait vivre sans prendre de nourriture . Un ange. vissa le ral8uaaser. Lois: mort. la double forme de Lapides et de Luanus. Enfance de saint Luan. Pendant les trois siècles qui suivirent sa conversion. où se trouvait peut-être déjà l'a génial élève qui devait être: saint Golombara. Finn Lainer. On raconte que Luan pratiquait. ce qui a fait dire que la sainte Eucharistie était son unique aliment. en latin.une violente averse: éteignit le feu. inllucrrae considérable.. Son père s'appelait Carthach . sa mère. parce que. six siècles plus tard. dans le comté de Limerick. saint Bernard a consacré sa mémoire en affir matif qu'il avait fondé. fat de. la jeune fille ayant embrassé son cousin fut soudain guérie.

Luan fonda un monastère dont il ne reste plus qu'un cimetière. afin d'y propager la vie cénobitique. et: quandd il arriva au monastère cette eau était devenue un lait délicieux ayant le parfum du miel et le bouquet d'un vin généreux.Mon fils. soudain. En route vers son pays natal. suivis de près SAINT LUAN 2. leur dit-il. se dirigeant vers les baigneurs..chevaux.Qui de vous. devait porter ailleurs les bienfaits de ses lumières et de sa sainteté.ivraIl. récipients remplis de lait . cette nuit. côte méridionale du golfe de: Belfast.sel. . mais surtout (le tour distribuer la nourriture spirituelle.Si j'avais la science de Dieu. après avoir passé de nombreuses années à Bangor. Saint Luan quitte Bangor. Avec L'aide d'un. On te trouva un jour prosterné. la chandelle échappa de ses mains et tomba dans le baquet contenant l'eau pascale qui venait d'être bénite. Une nuit de Pàques.e à Ba-ngor. apercevant l'énorme bête. l'es: plaça sir le dos des.racles. Luan plongea la main dans l'eau. en effet. Après lui avoir recommandé do venir cri aide matériellement aux populations nécessiteuses. il aperçut deux garçons qui se baignaient . Arrivé dans un endroit appelé Druim Sneachta.Il n'est pas possible que deux lumières pareilles restent dans le même endroit I L'heure était venue. Luan remplit (l'eau pare les récipients.Beaucoup ont dû leur perte à l'acquisition du savoir. -.rivageotr la: marée montante t'entourait sans le toucher. sur le.ange. ayant amené de l'ivraie à moudre au moulin. les moines: allaient souvent à la pêche. Saint Comgall persuada alors son disciple de recevoir les ordres sacrés.cri prières sur le. Comgall réunit ses religieux. Une autre foisy Luan fut changé de ramener des pêtuma~es des. dont ils ignoraient la présence.Nagez vers moi. . il fut saisi de frayeur et tomba raide mort. l. demandé à Dieu le don d'une intelligence supérieure? Tous déclarèrent ne l'avoir point fait. puis il l'engagea à retourner dans son pays. aujourd'hui Drumsna. tandis que Comgall offrait le Saint Sacrifice. il s'assoupit . 2' sCaas (. Un jour qu'il se promenait sur les bords d'un lac voisin du monastère. Aussitôt réveillé. déclara l'Abbé. il souffla dessus et elle se ralluma. à des travaux manuels et remplissait divers emplois. ce fut de la farine de froment qu'il rapporta au monastère.uan. il lui donna sa bénédiction. Sa saieideté' se manifesta également eni ce' lieu par de nombreux mi.. UN SAINT coca cru ue Joua OU mois.rein) 2 28 4 AOUT MENT L1JAN par le monstre. où Luan. Bangor étant si-tuée au bord de. mais saint Comgall n'en frac plus surpris le jour où ils vit un ange se faire le professeur de son élève: Avec l'étude et la prière. les chevaux se cabrèrent et projetèrent sur le soi. les vases de lait dont le contenu se répandit. un des vieux moines de s'écrier. retira la chandelle qui s'était éteinte . sauf Luan. leur cria Luan. Alors. . répondit Luan. et Luan quitta Bangor avec quelques compagnons. Une autre fois.Luan montra une intelligence singulièrement pénûtran•Le et rit'J des: progrèss étonnants. D'un signe de croix. qui reconnut avoir fait cette prière puisqu'il était déjà très versé dans toute science et dans les arts libéraux. In mer. Luan ressuscita le 19 . L'un d'eux se retourna à ce moment et. les deux garçons nagèrent vigoureusement vers la rive. un monstre énorme sortit des profondeurs du lac. et la science véritable te mettra dans le droit chemin du ciel. je n'offenserais jamais Dieu .Premières fondations. . faisant allusion à l'Abbé et au jeune religieux : . Un matin. tu es ferme dans la foi. a. fatigué par le manque de sommeil. dit Comgall. Luan tenait devant lui une chandelle allumée . .. à qui arrivera le premier 1 Pris d'émulation. car ceux-là lui désobéissent qui ne le connaissent pas. et Luan les: accompagnait parfois. où ils arrivèrent presque en même temps. à environ cinq milles à l'ouest de Monaghan.

après être resté un certain temps dans ce nouveau monastère. a retraite mira culeuse de saint Luan ».malheureux garçon et mit le monstre en fuite. Il s'en alla visiter deux de ses oncles maternels qui habitaient cette contrée . mais le méchant homme. saisit une épée et se précipita sur son neveu . Luan resta peu de temps en cet endroit . pays de sa mère. dit-on. Berach. tournant sa rage contre le monastère. Luan rencontra le prince Faolan qui lui offrit un terrain. 20 . elle devait être détruite au moment de la prétendue Réforme par le fanatisme protestant venu d'Angleterre. le . nauté.Demain. car t u deviendras son disciple. Luan demeura quelque temps dans ce monastère et il y accomplit plusieurs miracles . il refusa. On peut voir les ruines de Clonfert. dans le Dail Birrn d'Ossory. non seulement accorda le terrain.Dieu ne tardera pas à vous punir. ni moment où le fils de ce chef venait de mourir. Saint Luan par un ingénieux procédé sauve deux enfants qui allaient être engloutis par un monstre marin. mon oncle. L'endroit vers lequel l'Abbé dirigeait ses pas s'appelait Bladhma et était situé sur la pente méridionale d'une montagne appartenant au massif du Slieve Bloom. Entre temps. y laissa quelques sujets et partit vers la montagne qui lui avait été indiquée. ce qui signifie. nommée Smoil ou Sinnoir.Bremier s'interposa. Près du monastère. mais il fournit des subsides et leva un impôt pour la construction du monastère. offre-lui ton héritage. l'ange était apparu à Bledne. un ange vint. . désirant le garder. Quand il arriva aux confins des provinces de Munster et de Leinster. s'écria le serviteur de Dieu. Un mois après. l'un d'eux le reçut avec joie et lui donna ses biens. lui indiquer une mnontagr. un hospice ou une hôtellerie fut aussi édifiée pour recevoir les pèlerins et les étrangers. Mais. que gouvernait Berach. voulut donner son château et ses terres au serviteur de Dieu pour y établir un monastère. aussi les chefs du pays. au pied de laquelle il devait édifier un grand monastère. près de Borris-in-Ossory. Il arriva dans la principauté (le Leix. Comme toutes les abbayes d'Irlande. pris de jalousie en se voyant frustré d'un héritage qu'il convoitait. maintenant Kyle. et Luan. mais Luan refusa et demanda seulement un terrain situé sur le versant méridional de la montagne. au diocèse actuel de Killaloe. site admirable. l'aida à construire un monastère où le donateur reçut l'habit religieux. à l'abri des vents du Nord et surplombant les riches vallées des rivières Nore et Suia. détruisit les travaux que Luan avait commencés. dit-on. le saint Abbé Luan viendra vers toi précédé de cinq vaches blanches à oreilles rouges . Luan se mit aussitôt à l'ouvrage et construisit un monastère vaste et commode qui reçut. mais l'autre. lui disant : . il bénit ses religieux et reprit le chemin de Hy Fidhgentc. par la suite. le nom de Cluain Ferla Molua ou Clonfert Molloe. Berach. Ainsi fut fait. Après avoir assuré simplement la stabilité de la petite commu. lui offrirent-ils de grandes propriétés qui s'étendaient jusqu'au lac Erne. Luan le ressuscita. transporté de joie. Il se mit en route et alla trouver un homme nommé Bledne au village de Rosbilech. cet homme mourait et ses biens étaient dispersés. voulant se conformer aux instructions de son maître Comgall et redoutant la possession des biens terrestres. Et bientôt une ville grandit autour de cette maison de prières. en effet.e.

une autre pour l'étude. il n'avait jamais fait aucun travail manuel et. qui les recevait avec beaucoup d'affection. il rayonnait à travers le pays. Le saint Abbé donna à ses disciples une règle inspirée de celle de Bangor et qui a reçu le nom de u règle de saint Molua n. tout étonné. .Coupons ensemble ce carré de chardons. enfin elle interdisait rigoureusement et à jamais l'entrée des femmes dans le monastère. et il donnaitt en toutes choses un admirable exemple. Cependant. la troisième pour le travail manuel . dit-on. prenant avec lui plusieurs de ses religieux.Allons ensemble faire un petit travail. Dans ses exhortations spirituelles et ses admonitions. outre son inhabileté. il trouvait déplaisant ce genre d'occupations. qui l'aurait approuvée et bénie. dit Luan. . Au bout d'un certain temps. sous la direction de l'Abbé. elle imposait aussi une vie de pénitence et de mortification . Un barde nommé Conan était venu se joindre à la communauté .sAI\T LLAN 31 La « Règle de saint Molua ». Prenant chacun une faucille. l'Abbé l'arrêta en disant . de là. il partit pour son pays natal Hy Fidhgente. écartant toute parole amère.C'est assez pour aujourd'hui. et ainsi de suite. il coupa deux chardons . suivant son habitude.. C'est ainsi que. Luan donnait ainsi à son disciple une leçon pratique de persévérance et d'entraînement.Saint Luan et ses disciples. on rapporte plusieurs anecdotes curieuses. . suivit ron mattre au monastère. L'Abbé lui dit un jour : . Quand il cul coupé un chardon. une grande clairière fut ouverte et un chemin fut tracé qui reçut le nom de « route de Conan a. beaucoup de gens lui firent des donations de terres et autres biens. le troisième jour. une pour la prière. et il entreprit la 21 . Luan ne se confina pas à Clonfert . il employait uniquement la douceur et la persuasion. trois. répondit Conan.. A ce sujet. au contraire. De nombreux moines vinrent se grouper à Clonfert. ils se dirigèrent vers un bois envahi par les chardons. Elle divisait la journée monastique en trois parties. elle ordonnait aux religieux d'observer un silence absolu et de vivre dans un recueillement perpétuel . Elle fut longtemps suivie en Irlande. Et Conan. Luan aurait. Le lendemain. là.Je peux bien les couper tout seul. fait présenter cette règle au Pape saint Grégoire le Grand.

accompagné d'un religieux nommé Stellan. on l'appelle a auge de.Fils bien-aimé. Puis. Alors une dispute s'étant élevée pour la possession de ces précieux restes. s'adressant à son compagnon. quelques années après la mort du saint Abbé. il lui posa cette question : . croit-on. à Parsonstown. Les buissons d'aubépines qui la surplombentt sont couverts de chie fous. est percée de cinq trous à peu près ronds. Saint-Luan ». Les gens du pays du Clonfert montrent encore. dans le cimetière de Kyle. très enfoncée dans le sol. les religieux de Clonfert vinrent le réclamer. Le corps fut ensuite déposé avec de grands honneurs dans un tombeau construit spécialement pour lui. C'était. ne l'enterre pas avec moi . puis il rendit son âme à Dieu. et l'on 22 . Mort de saint Luan. fut guéri en touchant le corps de son maître. les deux religieux se séparèrent en pleurant. et l'eau qu'elle contient passe pour guérir les maladies d'yeux et les maux de tête. car je vois ma famille du ciel qui m'attend. s'arrêtèrent devant la porte du monastère de Clonfert. seules les années 60. un samedi 4 août. dans les premières années du vue siècle . Luan réunit ses moines et leur donna ses derniers conseils. Le culte. 6o8.Si quelqu'un voyait au même instant saa famille de la terre et celle du ciel. la mort de saint Luan est placée. il se sentit fatigué et s'assit sur le bord du lac. La partie supérieure. dit alors l'Abbé. moine (le ce monastère. où demeurait son disciple saint Cronan. Elle est conservée dans un petit musée. Luan reçut alors la sainte Hostie des mains de son disciple. Il s'entretint avec lui de choses spirituelles et ]ni annonça sa mort prochaine puis. An bout d'un moment.Vers celle du ciel. un jour viendra oùù on te la demandera. mais il fit un détour par les bords d'un lac marécageux. Les gens avaient l'habitude de prêter serment sur cette cloche en prenant à témoin le Saint qu'ils disaient la vérité. déposé sur un chariot attelé de deux bmufs. Il est probable qu'il fut transféré plus tard dans une chapelle à l'intérieur de l'église du couvent. Après ses recommandations. donne-moii le Saint Sacrement. elle n'est jamais à sec. car il portaitt toujours sur soi le Saint Sacrement. au bout de quelques jours. vers laquelle irait-ilP .construction de plusieurs « celles a ou résidences monastiques très restreintes. saint Manchon. 6og et même 6m. Dans une prairie située au sud-ouest de Kyle. aux années 6o5. le corps fut. comme il est rapporté pour d'autres Saints. De fait. Cependant. il partit pour Boscrea. une de ses dents tomba . Si chaude que soit la saison. . 613 et 61. libres de leurs mouvements. il la remit à un de ses assistants en lui disant : . garde soigneusement cette dent. où. suivant d'autres auteurs. l'emplacement du premier tombeau. et creusée en son milieu . qui mesure environ cinq pieds sur quatre. affligé d'une maladie des yeux. étranges ex-volo qui témoignent de guérisons obtenues. Quand Luan fut devenu vieux. répondit Stellan. niais personne ne voulut ouvrir le reliquairee et en distraire une parcelle des restes du saint fondateur. Ces animaux. Ayant connu que l'heure approchait de rendre son âme à Dieu. Son corps fut porté à la celle de Tuaim Domhnaigh. Alors le moine qui avait conservé cette dent la leur offrit et ils s'en allèrent satisfaits. et aussi une pierre quadrangulaire de trois pieds de long sur un piedet demi de large. Celte curieuse pierre est appelée a la pierre de Saint-Molua ». les exhortant avec sa douceur et sa tendresse habituelles à se maintenir dans l'esprit de la règle. A ce moment. La cloche de Saint-Luan demeura dans ce monastère jusqu'à l'époque de la suppression.9 présentent cette concordance. afin d'aller visiter une autre celle nommée Tuaim Domhnaigh ou Dois Donunich.2. des moines qui parcouraient l'Irlande pour recueillir des reliques de Saints vinrent à Clonfert solliciter des reliques de saint Luan . Luan reprit le chemin de Clonfert. après la prière en commun et l'échange du baiser de paix. on montre une pierre énorme de forme irrégulière. qui devinrent des monastères très peuplés appelés à demeurer longtemps célèbres.Mon fils.

Enfin. la vraisemblance en est beaucoup plus grande. aurait vu le jour à Alexandrie. c'est-à-dire la veille et le jour (le la fête du Saint. être intéressant pour le lecteur de trouver ici un court résumé de la vie de saint Cassien. en récitant 6 Pater et 6 Ave. La première est celle qui a trait V à son origine. VIII (Dublin. des épaules et de la tête de Luan prosterné en prières sur cette pierre. leur demandant de faire à leur intention ce pèlerinage et qu'ils obtinrent leur guérison. Pour obtenir leur guérison. t86 ). La seconde partie a trait à l'épiscopat d'Autun . Il est probable que ce furent plutôt de primitifs fonts baptismaux. on y vénère une belle statue grandeur naturelle datant du xn° siècle et qui le représente en chasuble . Une personne digne de foi assure avoir connu en Amérique des malades qui écrivirent à des parents restés en Irlande. aux débuts de sa carrière épiscopale . néanmoins. a l'est de ce cimetière. Joex CANON O'nlencon. les malades doivent. Dans la paroisse d'Emlygrennan. et aussi l'histoire de son culte. 23 . près de laquelle les pèlerins sont nombreux. t. SAINT CASSI EN Évêque d'Autun (1V° siècle). en faire le tour plusieurs fois. enfin. on trouve trop de particularités difficilement conciliables avec les données certaines de l'histoire. Fier de ce chrétien qui aimait à réchauffer sa foi et sa charité près des tombeaux où reposaient les victimes de la persécution. trois samedis de suite et avant le lever du soleil. il entendait fréquemment parler de la gloire qui résulte du martyre pour un serviteur de Dieu. On croit que l'église de Killaloe. saint Luan est mis au rang des Pères de l'Eglise d'Irlande. réciter ensuite le rosaire en entier. qui naquit vers la fin du m° siècle. une partie des murs de clôture. inégales quant à l'intérêt. l'hagiographie nous offre au sujet de ce Saint une riche gerbe : l'ensemble des miracles dus après sa mort à son intervention près de Dieu. attire les pèlerins. au comté de Limerick. Sources consultées. Fête le 5 août. EMILE AIMOrar. e ~ l'histoire de saint Cassien. Il peut. Lives of the I h Saints. il existe un cimetière de Saint-Luan . On dit aussi que le saint Abbé y célébra la messe. dans le récit ancien qui nous en est venu par divers auteurs. La croyance en l'efficacité de ces prières s'étend fort loin. évêque d'Ossory. Un pet. qui lui est dédiée. une fontaine miraculeuse. Dans une lettre pastorale de saint Cummian. dans une des plus nobles familles de l'Egypte. rao4).dit que les trous sont l'emplacement des genoux. Il est probable aussi que saint Luan fonda lui-même l'église primitive de Kilmanagh . 11ev. '^` n peut diviser en deux parties. une nouvelle église. a été consacrée le 4 août I8. sont les seuls restes d'une maison religieuse qui fut vraisemblablement construite par l'illustre Abbé. en irlandais Kill-da-Lua. dit-on. Zénon enrôle Cassien parmi les clercs de son Eglise. et il sentit peu à peu son âme envahie du désir de conquérir la palme. Cassien. de facture cyclopéenne. A cette école. peut-être parce que ce moine a habité pendant quelque temps en cet endroit. jusqu'au moment où des documents plus solides que le reste nous le montrent sur le siège épiscopal d'Autun. boire de cette eau et en emporter dans une bouteille. à sa jeunesse. La foule y est particulièrement considérable le 3 et le 4 août. tire son nom de saint Luan. dite de Saint-Luan. . Non loin de là. telle que l'admettaientt nos ancêtres. Ses parents le confièrent à un saint évêque du nom 'le Zénon ou Thénon. pour que nous nous croyions autorisés à nous y attarder. il y a une fontaine de Saint-Luan. Un noble chrétien d'Egypte.2 par Mgr il'Ioran. à genoux près de cette fontaine.Acta Saneto 1 d'aoùt (Paris et Rome. ou la a celle de Lua ». peut-être aussi parce que l'église lui a été dédiée.

Cassien. il est déjà investi de cette dignité lorsque saint Zénon est mis à mort en haine de la foi. à ébranler la légende qui le fait passer d'Egypte en Gaule pour chercher le martyre. Presque à la même époque. une situation honorée . Symphorien. les saints Andoche. mais dans les villages plus éloignés que Cassien irait exercer son zèle. En essayant d'ouvrir leurs yeux à la lumière. et dont il est maintenant le frère et l'égal. et par Marseille. avec un riche chrétien d'Alexandrie. enfin il bâtit à Orte ou porta. Il mourut vers 334. une sorte d'hospice où il donne la nourriture et les soins aux déshérités. L'évêque d'Orte rend alors les derniers devoirs à ce martyr qui futt naguère son Père. L'endroit même où il se fixe suffirait. Réticius ou Rhétice tel était son nom . . arrive dans la cité des Eduens. vivent tant d'hommes au caractère rugueux. la capitale de la Gaule celtique. et plongés dans L'erreur. Vers l'an 3zo. c'est-à-dire à Autun.uslodunum.cela s'est vu chez d'autres Saints. Projet de mission en Bretagne. ce n'est pas dans une cité florissante. il ne pouvait manquer d'être un collaborateur précieux pour le Saint qui occupait alors le siège d'Augustodunum. Cassien prend congé de ses diocésains. réuni pour le même motif en 314. Le siège épiscopal de cette ville étant devenu vacant. se préoccupe de fonder. et au Concile d'Arles. l'évêque de Macstricht. Or. saint Polycarpe avait envoyé de Smyrne à Autun trois de ses disciples. Cassien est appelé par acclamations à l'occuper .34 5 AouT SAINT CASSIEN D'AUTUN 35 Le jeune lévite. une église qu'il dédie au diacre martyr saint Laurent. . Aug. favorisé des dons de la fortune. Thyrse et Félix qui fécondèrent de leur sang l'Eglise fondée par leurs travaux . nous dit-on. aux infirmes ett auxx malheureux. peut-être trouvera-t-il l'occasion d'offrir sa vie pour le Maître qu'il sert I Saint Cassien en Gaule. même si le paganisme y a encore un centre puissant et si le druidisme y possède de nombreux adeptes. Il est rapporté que Cassien. Sa présence est signalée au Concile romain de 313. La foi y avait donc pénétré. Tels sont les renseignements que nous donne au sujet de ce prélat Grégoire de Tours dans son traité De la gloire des Confesseurs. Mais voici que l'empereur Constantin a donné à l'Eglise une paix durable. déçu dans ses espoirs du martyre. considère les pauvres comme autant de frères . où il s'est fixé. 'Quels que fassent l'origine de Cassien et le pays où il avait vu le jour. s'en vient dans les Gaules où les païens sont nombreux. saint Bénigne lui aussi s'était arrêté sur cette terre. Mais que d'idoles à renverser encore 1 que de sectes et de superstitions à détruire I Saint Rhétice et saint Cassien. 24 . S'il en était ainsi. il est connu comme l'auteur d'un Commentaire du Cantique des cantiques. qui peut-être avait un caractère aventureux . remontant le Rhône et la Saône.L'évêque d'Autun. Dès le n° siècle. loin des grandes voies romaines et des cités. qu'il fût ou non revêtu du caractère sacerdotal. par exemple saint Amand. voire épiscopal en arrivant à Autun. y subissait un glorieux martyre. semble-t-il. vers l'an r8o. où le christianisme a pénétré depuis longtemps. qui condamna le schismatique Majorin et l'évêque Donat de Casae-Nigrae.aspirait à la vie missionnaire. Ecrivain ecclésiastique. nous le voyons dans une ville célèbre. il libère ses esclaves. c'est-à-dire au lendemain de la paix constantinienne. un jeune chrétien d'une des plus nobles familles éduennes.avait été nommé évêque d'Autun en 313. où.

habitué à voir dans les paroles du vieillard la volonté même de Dieu. écrira-t-il. Croyez-moi. Successeur de saint Rhétice. Saint Germain. vers la En de sa vie. se soumit. et aussitôt ils éprouvent la puissance du saint évêque. qui fut évêque d'Auxerre de 418 à 448. . lui dit-il. ici encore. . on croit que c'était le `. Le sépulcre des Saints est glorieux. saint Grégoire : J'ai vu. A la fin du vi' siècle. Au tombeau de saint Cassien. Dieu estt maintenant connu . Mort de saint Cassien. au sujet de qui les précisions manquent . il est permis de le supposer. il interpelle le défunt : .Mon frère. puis vient un évêque plus nettement connu. Dans ces dispositions. avec un nouveau zèle. répondit saint Rhétice. dans le cimetière d'Autun. et plus attirante aussi. Cassien. Résigné et plein de confiance en l'appui du divin Pasteur. et Dieu. D'après une tradition. niais priez pour ce peuple et pour moi. vint prier près du tombeau de saint Cassien. Celui de saint Cassien resplendit d'une gloire éclatante.qui lui paraissait peut-être plus active. aux Conciles de Sardique (344) et de Cologne (346). il dit un jour à Rhétice . en raison même de ses dangers. car les malades mêlent à leur breuvage un peu de la poussière prise à la pierre de ce tombeau. Ici. son corps était déposé dans le cimetière de la via Strata. désigné à son clergé et à son peuple Cassien comme son successeur P Bien que les Actes n'en disent rien. avant de mourir. j'ai formé le dessein d'aller porter LEvangile en Bretagne. veut que vous me secondiez jusqu'à la fin. Pour seconder son apostolat. On S'accorde pour fixer à l'année 355 la date de la mort de saint Cassien. Tandis que l'âme de Cassien s'envolait au séjour des bienheureux. et les inhuma solennellement comme les reliques d'un Saint. au soin des âmes que Dieu lui confiait. il y a tout un peuple qui ne le connaît point encore. avec le titre d'évêque d'Autun. près des restes vénérés de son prédécesseur. Ce fut donc sur l'accord unanime du clergé et du peuple qu'il fut définitivement établi pasteur do l'Eglise éduenne. le don des miracles. car son 36 5 Ao1T SAINT CASSIEN D'AUTUN 37 successeur aurait été saint Egémon ou Egémonius. jusqu'à ce que la mort vînt briser l'union qui existait entre ces deux apôtres. Il travailla trois ans encore avec saint Rhétice. dit alors Germain. ce siège demeura vacant une année entière. Rhétice axait-il.Père. attendez encore un peu. Il est donc plus simple de déclarer que nous ne connaissons pas l'année de la mort du saint prélat qui avait été le disciple et successeur de saint Rhétice . là.Mon frère. Cassien recueillit avec une filiale piété les restes bénis du pontife. Dieu lui accorda. . voici l'évêque de Tours et historien. Et lorsqu'en 334 Rhétice fut rappelé à Dieu. 25 .Je repose dans la paix du Seigneur et j'attends l'avènement du Rédempteur. qui peut-être assista. je n'ai plus que peu d'années à passer sur la terre. que faites-vous dans votre tombe P . répondit une voix sortie du sépulcre. il se livra tout entier. reposez dans cette tombe tant qu'il plaira au Christ.. pendant laquelle Cassien administra l'Eglise d'Autun avec une sagesse et une douceur qui fixèrent sur lui tous les regards. La chronologie. saint Simplice.Visite de deux saints. le tombeau du bienheureux pontife Cassien usé et presque transpercé. l'heure n'est point venue pour vous d'entrer dans une voie nouvelle . est assez embarrassante.août. afin que nous méritions la gloire de la bienheureuse résurrection. Par respect pour la mémoire de l'évêque défunt. au contraire. qui vous a envoyé ici.Glorieux frère.

car Modoin redoutait du tumulte dans la population éduenne si le départ des reliques venait à être connu. Le transfert se fit en grand secret. Modoin. voire. dont l'un était le père. au besoin. ne crut pouvoir se dérober à ces sollicitations. l'Abbé de Saint-Quentin. En l'an 84o. à l'occasion. en raison de son amitié pour le solliciteur et par respect pour les deux empereurs Charlemagne et Louis. mis à mort vers 287. le haut moyen âge s'est signalé de ce point de vue par un culte tout spécial. on ne recourut point à ce moyen extrême . Il donna ù plusieurs de ses prêtres l'ordre de recueillir les restes du Saint Cassien débarque e Marseille.r. Le résultat fut de dépouiller le diocèse d'Autun au profit d'un monastère célèbre. il y eut une demande régulière. Et voici dans quelles circonstances. nos ancêtres n'hésitaient pas à dépouiller les légitimes possesseurs par des démarches que nous qualifierions d'indiscrètes. . envoya à Autun deux messagers pour solliciter le don des reliques de saint Cassien. Si l'Eglise a toujours entouré de vénération les reliques des Saints. par une pieuse émulation entre les églises et les monastères pour s'en procurer .r leIlY : \. Saint. l'autre le frère de l'Abbé de Saint-Quentin.Les reliques de saint Cassien offertes à l'abbaye de Saint-Quentin. Pour saint Cassien. nommé Hugues. \1 Il i4 26 .r r[irirr lrr rrr. sous l'épiscopat de Modoin. La consigne épiscopale fut respectée et les ossements du Saint quittèrent la ville d'Autun. et d'associer désormais dans un même culte l'évêque de la cité des Eduens et le martyr du Vermandois. celui de Saint: Quentin. par de véritables larcins. à laquelle il était moralement difficile de se soustraire. En route il ne se produisit d'abord qu'un vire 1.

et enfin dans une châsse. A la limite du comté de Laon. ensuite dans une pièce de pourpre. il les entoura d'aromates. à leur contact la châsse devint soudain si pesante qu'il devint impossible de poursuivre la marche en avant. tout contrefait et débile. entouré de prêtres et de clercs. D'autres miracles retentissants allaient se produire le fou. se remirent en mouvement. dit le manuscrit ancien. Parmi ceux qui s'offrirent pour porter la châsse. à l'intercession ce qui elle doit le retour à la vie. Elle fit de même une troisième fois. il ordonne de lui donner un secours. ayant remarqué la coïncidence entre le miracle et la venue des deux criminels. Parmi eux se trouve une femme « dont le nom et la résidence sont connus u. admirant la foi de cette femme. Mais tel n'estt point le but de la solliciteuse. Cependant. 27 . se prêta à son désir et donna des ordres en conséquence. Arrivée des reliques dans le Comté de Laon. et elle réclame comme un honneur de prendre place parmi les porteurs. Alors. l'Abbé de Saint-Quentin. elle trouve la force de prendnc son fils « déjà grandet s .dans ses bras décharnés. Plus loin. la pauvre mère renouvela son geste. sur son ordre. Mais les choses se passèrent tout autrement lorsqu'on approcha du lieu de destination. et... Cette personne est aveugle. puis. SAINT eAssu:N D'AuTUN 39 Les porteurs ont déposé les reliques sous un arbre pour prendre un instant de repos : l'infirme s'approche .jan majusculmn . Le lendemain. Enfin une mère. ce sont d'autres aveugles qui recouvrent la vue des femmes encore. s'imagine qu'elle n'est venue là que pour solliciter l'aumône . et de l'avertir de ne pas se fatiguer davantage. tandis que l'infirme se traînait dans la direction voulue.. comme s'il répugnait à la puissance divine de se manifester à la faveur d'un crime. Ceux qui se trouvaient là. » Le bruit de cette guérison s'est à peine répandu que de tous côtés on amène des malades sur le passage de la châsse. car les personnes qu'elle avait envoyées vers son fils pour le prier de se hâter revinrent bientôt avec un air tout joyeux et annoncèrent que l'infirme venait de recouvrer l'usage de ses membres. puis deux. forcèrent ceux-ci à s'éloigner. se jetant aux pieds de celui-ci. trop lentement au gré des porteurs qui. elle le supplia de faire arrêter le cortège et de daigner attendre que son enfant. bientôt elle voit .7 3 1 r ' l J 38 seul miracle : la guérison de l'un des membres de l'expédition. tous ses autres maux ont aussi disparu. Hugues. s'est fait porter sur le seuil de sa maison pour voir passer les reliques . la guérison survient. qui avait une sorte de tumeur à la poitrine. Malgré sa maigreur extrême. trois d'abord. Guérison d'un enfant paralysé Ainsi l'on put voir une femme s'approcher hâtivement de l'Abbé qui suivait la châsse . tandis qu'elle prie. à ce moment un aveugle recouvra la vue. et s'approche pour remercier le Saint. s'approchât du corps saint. du parcours. puis de baume. se présentèrent deux hommes que l'on reconnut plus tard coupables d'homicide . qui l'aperçoit tantôt devant et tantôt derrière la châsse. paralysée des deux bras. les reins pliés. impatientés. le jour suivant. « Les aveugles voient. atteinte d'une maladie de langueur. Sa constance fut récompensée. vint à la rencontre des reliques qu'il reçut avec joie. et les déposa dans un suaire. le cortège continuait sa route. et se traîne avec peine L'Abbé Hugues.

. en vue d'assurer le luminaire et l'ornementation des tombeaux de ces deux Saints.. et le déposa à la droite de l'apôtre du Vermandois.(V. au lieu de participer avec tous les habitants aux fêtes célébrées en l'honneur du saint évêque. dans la cité. le roi Charles le Chauve vint en la basilique de Saint-Quentin accompagné de Wénilon. l'église de Saint-Quentin fut incendiée ... le monarque fil don. après avoir déposé l'authentique au chevet du tombeau... que les reliques de saint Cassien arrivèrent dans la ville de Saint-Quentin. archevêque de Sens. l'autre le g février.. IX (Paris.. à perpétuité. s86a). alluma son four en vue de mettre le pain à cuire.. R.... et le porta dans la crypte de la basilique. les restes des deux Saints qui demeurèrent unis dans un culte commun.... S.. préféra rester dans sa maison. PAROLES DES SAINTS L'Eglise militante et triomphante. Les Petits Bollandist t.) . mais parce que nous voyageons.. et. Bis. elle reçut de nouveau. en mémoire de son ordination. dont lui-même est la tête.. le titulaire et patron d'Eeutigny et de Savigny-les-Beaune... le roi de France Robert le Pieux (} so3t) éleva une chapelle à l'endroit où avaient reposé primitivement ses reliques. et surtout d'assurer les frais de la construction du tombeau de saint Cassien. et que ses deux serviteurs insignes se chargent de l'en punir.Jésus-Christ. son tombeau est vide.honorée du titre de cathédrale depuis Igos .. depuis Abel jusqu'à ceux qui doivent naître et croire dans le Christ jusqu'à la fin. Fis. Il est rapporté qu'une femme. Autrui garda. P. qu'elle en perdit l'usage de sa main droite. Les reliques connurent encore plusieurs déplacements . .. Il d'août (Paris et Rome. Là sont les anges. . en raison des malheurs des temps et d'autres circonstances plus ou moins favorables.. nos concitoyens .. an milie.Acta Sanetor t. qui remplit toute la terre. Actuellement la basilique-collégiale de Saint-Quentin . homme parfait et achevé est corps et tète nous reconnaissons sa tête dans cet homme né de la vierge Marie : voilà la tête de l'Eglise. malgré les reproches qu'on lui en faisait.Si quelqu'un tente de s'emparer du domaine dont je fais et dont je confirme la donation en l'honneur de ces deux grands Saints. que celui-là ait Dieu pour juge.vec toutes ses dépendances. Un retour de flamme la brûla si grièvement. tout le peuple des Saints destinés à la cité unique qui est comme le corps du Christ. Et en présence de nombreux clercs tenant des cierges. attendent notre venue. et de fidèles plus nombreux.. à défaut de son corps. l'une le 5 août. parfumé et entouré d'aromates.ne possède plus que quelque reliques de saint Cassien ... Teutric. Pieuse intervention de Charles le Chauve. anniversaire de sa mort. et d'Immon.... Puis. les reliques de saint Cassien furent conservées successivement en divers endroits. 5 AOUT fto 5 AOUT Le culte de saint Cassien. A. Au diocèse de Dijon. Le corps de cette tête est l'Eglise. nous souffrons. Mer PAm. Sources consultées.. il se préoccupa de faire rendre un culte honorable à saint Cassien..de ces miracles et d'autres analogues. le souvenir et le culte du saint évêque . ajouta ces paroles . Au printemps de 845. Notre-Seigneur . le Saint est le titulaire des églises d'Athie et de Veilly . d'un domaine nommé Tugniactun.C'est dans ces conditions triomphales. . Des lettres nous sont venues de cette cité dont nous sommes éloignés : ce sont les Boutures 28 . il leva luimême le corps du Saint. tantôt connus et tantôt secrets. de n'avoir pas perdu la vie dans un fait où elle-même reconnaissait un châtiment du ciel.. trop heureuse encore.. Pendant les cinq années qui suivirent. Le diocèse célébrait deux fêtes de saint Cassien ... GuémN. n' 5519. évêque de Noyon. et Charles. malgré d'horribles souffrances. avec honneur. relevée de ses ruines par le comte de Laon et l'Abbé. tandis qu'eux-même.. Un acte fut dressé en bonne forme. 1897).

avec ses fils et trente de ses chevaliers . et qui sont la source principale des renseignements que nous possédons sur sa vie. . Naissance et famille. (Commentaire sur le lie livre des Rois. y entra. remontant au xtte siècle. là aussi venaient s'instruire les jeunes gentilshommes de grande famille. au si° siècle 1 Octavien en eut sous les yeux. D'après les Chroniques de Savone. Quand le Saint-Esprit visite les cours des élus. Les effets du Saint-Esprit. en pleine efflorescence. comte de MAcon et parent d'Octavien. qui gouverna glorieusement son monastère pendant soixante ans. Fils du célèbre comte Guillaume II. lorsqu'ils se représentent qu'ils ont malheureusement aimé le mal qu'ils détestent à présent et qu'ils ont aveuglément haï le bien qu'ils aiment. lorsqu'ils quittaient pour le cloître les vanités du monde. Il leur fait aussitôt. l'an 1078. surnommé Tête-Hardie. que nous ne tombions pas entre les mains des larrons. Quelle école de charité que cette célèbre maison. Guillaume Tête-Hardie y plaça ses fils. que nous ne nous jettions pas dans les pièges qui sont placés le long du chemin. Renaud ou Rainaud et Etienne. par un merveilleux changement. de Lsrg à 1124. d'admirables exemples. par la science et la sainteté. (Du disciple de la Sainte Ecriture.) Saint AUGUSTIN. en Ligurie. sous la direction de saint Ilugues de Cluny. comme en témoignent les Chroniques de l'Eglise de Savons. haïr ce qu'ils aimaient et aimer ce qu'ils haïssaient. Son éducation fut digne de son haut rang. lequel devait être plus tard. qui eut douze enfants. qui occupa ce siège de io85 à troc. à Quingey.) BIENHEUREUX OCTAVIEN DE QUINGEY EveAque de Savone (vers 1060-1128). II.Saintes. A cette époque. afin qu'en le suivant nous n'errions ni ne défaillions. Guy II. Or. Là venaient s'ensevelir de préférence les grands personnages de Bourgogne. Fête le 6 août. Il était de noble lignée. et Guy. SAINT GRÉGOIRE LE GRAND. Le Roi de la cité est descendu lui-même et s'est fait notre voie pour ce voyage. le pape Calixte Il et tenir le premier concile oecuménique de Latran. était. le plus illustre monastère des Gaules. Octavien naquit vers l'an Io6o. un souvenir constammentt honoré depuis huit siècles. aujourd'hui cheflieu de canton du département du Doubs. il compta parmi ses frères deux comtes de Bourgogne. Octavien et Guy y commen- 42 6 AOUT rcranrunrux OCTAVIEN DE QniNCEY 43 cèrent ensemble leurs premières études. 2. qui le qualifient de bourguignon. et il ne s'est pas plutôt insinué dans leur esprit qu'il les excite à la haine de tout péché et à l'amour des vertus. qui nous exhortent à mener une bonne vie. il les pacifie puissamment. pendant son court séjour. Mais il a laissé au diocèse de Savone.Education à Cluny. un archevêque de Besançon. CE saint personnage est assez peu connu en France et même dans la Franche-Comté où il vit le jour. Hugues III. l'abbaye de Cluny. 17 000 pauvres y étaient annuellement nourris et 29 . dont il fut l'évêque. l'un et l'autre les fait gémir et leur fait verser beaucoup de larmes.

ce qu'il est important de signaler à l'époque où sévissait la « querelle des investitures n. Octavien y apprit. Elle se divisait en deux Universités distinctes : celle d'en deçà des monts. ce même prélat voulut. et surtout aux plus pauvres d'entre eux. Aussi résiste-t-il à toutes les instances de l'évêque de Pavie. un nouveau message. à cette époque. ou des Dixhuit nations. Elle eut.entretenus. c'est-à-dire de la lutte engagée entre les Pontifes romains et les souverains d'Allemagne au sujet de la collation des titres ecclésiastiques. Ce n'est pas cependant que sa réputation de sainteté ne se répandît au dehors. sans doute. sur-le-champ. un repos préparé. qui comprenaitt la jeunesse des principales villes d'Italie. Cette cruelle épreuve brisa le coeur d''Octavien. la théologie. une influence décisive sur sa vocation religieuse et vint modifier les plans d'avenir qu'il pouvait avoir formés. Le bienheureux Octavien Bénédictin. le comte Guillaume. Résolu à consacrer tout entière à Dieu cette vie qui nous est donnée pour le servir et pour l'aimer. Il brûle du désir de revoir une fois encore son père et de le soutenir à ses derniers moments. il apprend que son père. En 1087. se sanctifiant sans bruit dans l'exercice de toutes les vertus religieuses. où il reçut bientôt l'habit religieux. à Pavie. est atteint d'une grave infirmité. le droit romain et le droit canon. Il est chargé d'importantes missions.. Il le chargea d'être son représentant au Concile de Guas-. presque toute la jeunesse studieuse d'Europe. Après quelques années doucement écoulées auprès des moines Bénédictins. tenu en croc par le Pape Pascal II au sujet de la grave ques tion des investitures. envoyé par sa famille. lui confier plusieurs fonctions importantes relatives à l'administration de son vaste diocèse. sur l'ordre de son père. et quiconque se présentait à la porte du couvent était sûr d'y trouver -un abri. L'étude des sciences sacrées faisait sa principale occupation. il alla frapper à la porte du couvent bénédictin de Saint-Pierre au Ciel d'or. Paris et Bologne attiraient. lui ayant offert l'hospitalité au cours du voyage. avec un égal succès. talla.le Saint-Siège y interdit même l'étude du droit romain. en cette occasion. C'est là. Mais. A l'Université de Bologne. L'hospitalité la plus généreuse y était exercée. que le futur évêque de Savone acquit. Mais. excitait l'admiration et le fit particulièrement estimer de trois évêques successifs de Pavie. le jeune étudiant se rendit. que le Souverain Pontife lui remit à son 30 . qu'on appelait la mère des éludes. Guillaume 1°`. . et. déjà avancé en âge. Co fut Guillaume Canosio qui eut la joie de l'appeler au sacerdoce . lui apprend la mort de son père.Bologne brillait spécialement par l'étude du droit romain et canonique. et dont l'Université était la plus fameuse et la plus ancienne de toute l'Italie. dans la ville de Bologne. Une pénible nouvelle vint l'arracher à sa vie d'étudiant et de professeur. tandis qu'il s'apprête à quitter le palais épiscopal. elle montrait des tendances impérialistes. d'une grande prudence et d'une si remarquable sagesse. En général. Octavien fit preuve. des comtes de Canosio. honora l'humble moine de la même confiance. La distinction du religieux frappait tout le monde. tandis qu'à Paris l'étude de la théologie était surtout en honneur -. avait été charmé de son mérite et s'efforçait de le retenir. Il devait passer trente années dans l'obscurité du cloître. et pratiquant avec simplicité la vie monastique qu'il avait jadis admirée à Cluny. en outre. qui. ou des Dix-sept nations. son successeur. outre la connaissance des lettres. et fut bientôt jugé capable d'enseigner à son tour ces mêmes sciences à de jeunes ecclésiastiques confiés à ses soins. il quitte Bologne pour Besançon. et celle d'au delà des monts. Les archives de Saint-Pierre au Ciel d'or et un grand nombre de chroniqueurs italiens se plaisent à citer son nom comme l'une des gloires du monastère. selon toute vraisemblance. ces germes de piété et de tendre charité qui le rendront plus tard si cher à ses diocésains. Guy Pipari. dont nous aurons à reparler. parmi lesquelles était représentée la Bourgogne.

des révoltes même. Les luttes récentes entre le Sacerdoce et l'Empire. une nouvelle élection était devenue nécessaire pour donner un successeur à l'évêque Guillaume .1123. et c'est ce qui les détermina à l'arracher à l'obscurité de son cloître. il jeûnait rigomnuscment tous les vendredis. II 44 6 AOUT BIENHEUREUX OCTAVIEN DE QUINGEY 45 occupait depuis quatre ans la chaire de saint Pierre). avec les consuls de la commune. ils eurent avant tout égard au mérite d'Octavien. Bernard Lunato. dont ils s'étaient depuis longtemps départis. qui vint ensuite. Un chroniqueur du temps. Ami des pauvres. ce dernier avait été élu seulement deux années auparavant et avait lui-même succédé au célèbre Pierre Grossolano. suffire à les y ramener. Les chanoines. il ceusurail les vices avec liberté. suivant leur institution primitive. par sa démarche où la modestie du moine s'alliait à la distinction du gentilhomme. Mais ses exemples comme sa parole restaient sans résultat vis-à-vis des membres de son Chapitre. l'auteur d'une chronique manuscrite de la bibliothèque civile de Savone. et s'appliquait à rétablir l'union parmi les citoyens divisés. à la tête d'une foule innombrable qui accueillit son nouvel évêque comme un ange consolateur. dans les termes suivants On connaissait la sainte vie d'Octavien. n'eut pas une attitude différente à l'égard du moine de SaintPierre au. prêchait avec un grand zèle. certains désordres introduits peu à peu dans le clergé lui-même. le privilège de choisir l'évêque diocésain. car on citait plusieurs d'entre eux qu'il avait guéris de graves infirmités. tourna ses regards vers lui et le choisit pour son évêque. par son regard empreint de douceur et d'amabilité. ou Pierre Chrysolanus. semble-t-il. Premières épreuves d'un épiscopat. . dès le premier abord. Outre qu'il ne déplaisait pas aux chanoines d'avoir pour premier pasteur le frère du Pape régnant (on était en l'an . au sujet du zélé pasteur. en mémoire de la Passion du Sauveur . il conquit. Amédée Albertengo et Ansalde Boccaorso. il visitait aussi les malades et leur procurait la santé de l'âme et même celle du corps. de temps immémorial. Quant à lui. veuve de son pasteur. des contradictions. Octavien entreprit cette Couvre pour son diocèse. et ses premiers contradicteurs furent les chanoines mêmes qui l'avaient placé à leur tête. Il y ajoutait de fréquentes exhortations pleines de douceur. Il dut se résoudre à sévir. dont la carrière avait été fort mouvementée. En dehors des 31 . C'était une couvre de réforme qui s'imposait partout aux débuts du xn° siècle. auxquels il consacrait tout son avoir. Le champ que la Providence lui confiait n'était pas sans présenter çà et là quelques buissons épineux. Le Chapitre de la cathédrale de Savone avait. Tels étaient les exemples donnés par l'évêque à son clergé. rapporte en ces termes l'opinion générale de ses contemporains : « Le Bourguignon Octavien jouissait d'une telle renommée de sainteté que l'Eglise de Savone. Adalbert. et l'y poursuivit avec l'énergie d'un Saint. Besio. vivaient en communauté. Telles furent ses qualités pendant son séjour au monastère de Pavie. Il voulait les rendre à l'austérité de leur ancienne discipline.départ une lettre félicitant l'évêque de Pavie de l'heureux choix qu'il avait fait pour le représenter. le schisme qui avait plusieurs fois afflige la chrétienté. tous les coeurs. Son exemple aurait dît. Bien des abus étaient à extirper. II Les chanoines de Savone le désignent pour i'épiscopat.. Ils vinrent à sa rencontre jusque sur les limites du territoire de Savone. Or. Il reposait une partie de la nuit et passait le reste en prières . s'exprime. par sou air plein de simplicité. et Calixte. Ciel d'or. Il rencontra beaucoup de difficultés. avaient nui à la ferveur des populations de la Ligurie et favorisé le relâchement dans la foi et dans les mceurs.

confirmée par plusieurs diplômes. Sa sollicitude paternelle ne s'étendait pas seulement aux intérêts spirituels de ses ouailles. En vertu d'une faveur impériale. apprend que celui-ci a quitté cette vie. il leur avait concédé en outre un droit de dîme. Rien ne l'arrêtait dans son osuvre de réforme. au manient de partir pour aller voir son père mourant. elle atteignait aussi leurs intérêts temporels. mais la fermeté désintéressée de l'évêque triompha de leurs résistances. les dissensions furent apaisées et les chanoines obtinrent de rentrer dans leurs droits. le bienheureux Ami. enfin recours à une mesure sévère : la suppression de cette dîme ou prébende. apportant dans les délibérations l'appui de leurs conseils et de leur expérience. au milieu de nombreuses difficultés. qu'un de ses successeurs. chacun se retirait dans l'habitation privée qui lui était dévolue à l'ombre des murs de l'ancienne cathédrale. ni les insinuations perfides. n'a pas craint de l'appeler a le premier martyr de Savone n. tant sur le territoire de Savone que sur celui de Noli. Son énergie et sa charité vinrent à bout de tous les obstacles. et la part qu'il prenait aux affaires civiles doublait son influence. Quelques-uns de ses chanoines eurent peine à se résigner. élu en ro4g.exercices communs. eut Le bienheureux Octavien de Quingey. 46 6 AOUT niESnEUn7Ux OCTAVIEN DE QUINGEY 47 Ce trait de zèle pour le maintien de quelques points de discipline parmi le clergé laisse entrevoir l'action énergique et salutaire du prélat sur les moeurs de son peuple. C'était l'époque où commençaient. ils partageaient avec les consuls le gouvernement de la république. comme tels. et jouissait des revenus du jardin qui y attenait. C'était l'un des prédécesseurs d'Octavien. après avoir vainement employé les moyens de douceur. le Dominicain Pierre Gara. Les diocésains trouvaient dans l'action prudente et les mesures toujours charitables de leur pasteur une garantie contre les excès possibles du pouvoir civil. Octavien. Services rendus dans le gouvernement de la ville. sa bonté les ramena. et. qui les avait ainsi groupés . les institutions 32 . les évêques de Savone étaient en même temps princes et comtes de la cité. ni les calomnies qui furent si terribles à la fin du xva siècle.

Le père des pauvres. la restitution d'une galère que son armée avait prise aux habitants de Savone. il se plaisait à les secourir de ses propres mains. Les vieillards qui l'avaient connu pleuraient de joie et répétaient avec émotion à leurs enfants a Nous vous avions bien dit qu'Octavien était un Saint 1 a Plus tard. La chronique ajoute que la moisson fut doublée. sous l'épiscopat de François-Marie Spinola. en même temps qu'au bien temporel de son peuple. encore plein de majesté dans l'appareil de ses ornements épiscopaux. l'effet de la sauvegarde céleste de son saint pasteur. Les plus anciens portraits d'Octavien le représentent distribuant l'aumône. tous les habitants se préparent à cette manifestation 33 . et il mourut à l'âge d'environ 7o ans.germa une seconde fois et donna de nouveaux épis. La foule accourut pour voir son corps. en effet. et son corps fut retrouvé exempt de corruption. . les évêques Antoine de Saluces. et qu'il souffrait (le ne pouvoir subvenir à leurs besoins. » Protection du bienheureux Octavien sur Savone. Les pauvres furent. en coupant la frange ou peutêtre des morceaux de ses vêtements. et Jean-Baptiste Centurions.municipales. et il traversa ainsi toutes les campagnes environnantes. du comte Roger II de Sicile. et ils arrivaient à lui en si grand nombre que la demeure épiscopale était devenue la maison des indigents. la ville. car l'éteule . Le prodige fut bientôt connu. plein de mérites devant Dieu. on eut des signes manifestes de la gloire dont il jouissait au ciel. Quand la nouvelle de sa mort se répandit parmi le peuçie. où il -vait été d'abord déposé. quelques jours après. quelque relique du bien-aimé pontife. « Le Saint est mort. si on le pouvait. Comme les affamés ne cessaient de recourir à lui. sut faire tourner à l'avantage des âmes. il intervenait très heureusement dans la conclusion d'un traité entre cette ville et Guillaume II. Dès les premiers jours. vers 1202. les prêtres firent alors ouvrir son tombeau. notamment. Devant cette impuissance des secours humains. La même année. et les habitants attribuèrent cette bénédiction extraordinaire aux prières et à la sainteté d'Octavien. la peste causait d'affreux ravages dans la cité.Double moisson. la population tourne ses regards vers le ciel et recourt à l'intercession du Iienheureux Octavien. la ville de Savons a éprouvé. organisa avec le clergé une grande procession pour toucher le coeur de Dieu. Octavien occupa le siège épiscopal de Savone de IIrq à 1128. et le mal avait déjà fait r 20o victimes. On le vit aussi obtenir en 1127. et exhalant un suave parfum. L'abondance revint dans tout le pays. près de sa sépulture. l'évêque avait distribué tout ce qu'il possédait. et ravir. procédèrent à la reconnaissance solennelle des restes dee leur vénéré prédécesseur : chaque fois le corps fut trouvé merveilleusement intact. en 1586. La sagesse de l'évêque. Quarante ans environ après sa mort. de l'Ordre des Théatins. les épis étaient plus beaux et plus nombreux qu'en aucune autre année. une flamme se mit à voltiger au-dessus de ses restes. les champs se couvrir des moissons les plus riches . Rien ne pouvait en arrêter les progrès. le blé fructifia au centuple. duc de Pouille et de Calabre. On vit. Une année. Emerveillés. De l'ancienne cathédrale. à maintes remrises. En 1657. Tandis que. la portion chérie de son troupeau . s'aidant du concours des personnages les plus éminents de la cité. aussi beaux que les premiers. le progrès que constituait cette profonde transformation de l'état social. et déjà chacun le proclamait Bienheureux. tous répétaient avec larmes : a Le Saint est mort I Le Saint est mort I n Et chacun d'accourir au palais épiscopal pour baiser une dernière fois la main qui les avait si souvent bénis.c'est-à-dire le chaume qui restait dans les sillons . Aussitôt l'espérance renaît dans les coeurs . il fut ensuite transféré dans la nouvelle. On décide de porter processionnellement ses reliques à travers les rues de la ville désolée. il fit mettre la population en prière. l'on ouvrait une tombe pour l'un de ses successeurs. cette année-là. feouis huit siècles. Le nom d'Octavien volait de bouche en bouche. et le territoire de Savone curent à souffrir d'une extrême disette.

célébrait une grande fête d'actions de grâces pour remercier le Bienheureux de sa protection. surnom que portaient plusieurs légions romaines. au contraire... M.. unissent leurs ferventes supplications à celles de l'Eglise... son culte s'est maintenu sans interruption jusqu'à nos jours.9Y.. . A peines quelques personnes eurent-elles ressenti les premières atteintes (lu mal.(V... les sénateurs ou anciens de la commune publient deux édits pour régler la marche du cortège.de foi . avec une respectueuse vénération. l'évêque. Les évêques de la cité aiment à s'agenouiller sur la tombe de celui qui est leur modèle et protecteur. et le clergé de la ville présentaient au Souverain Pontife ces précieux documents. La contagion se dissipa promptement.èae SA. la population. deux mois après. F. n' r o66.. au chant des litanies des Saints. Sources consultées.. entre autres la sixième et la vingtième. presque au lendemain de la mort d'Octavien....FnANçoIs-XAVUrn DE BESANÇON... PAROLES DES SAINTS La simplicité. qui était Mgr Dominique Gentile.. et beaucoup d'entre eux se sont fait un devoir de reconnaissance d'enregistrer les grâces merveilleuses obtenues par son intercession. et le peuple accourut dans les églises pour y entonner l'hymne d'actions de grâces. . inclinerait à 34 . Au dire de son ami saint Paulin. une messe et un office propres pour tout le diocèse de Savone. ces nombreux actes authentiques. 1855).. ou de Grande-Bretagne. l'abbé Vacandard. .. et. Les écrivains contemporains rapportent que cette confiance ne fui point trompée : le fléau cessa presque subitement . elle a peu besoin de miracles pour se rendre à Dieu. Le 2 juillet. l'ils (tel bealo Otlaviano (saveur. il est vrai.. pour qu'il daignât reconnaître canoniquement le culte du bienheureux Octavien. le peuple de Savone invoqua. l'évêque. nom de Viciricitis ou Victriee paraît provenir de leggio vie tri.. P.Les PnorESSruns nu col. Culte et béatification. fies autorités civiles et du clergé. ou de SecondeBelgique.. Les étrangers viennent visiter pieusement ses restes dans la chapelle qui lui est consacrée en l'église cathédrale. Abbé de Cluny. Saint Odilon. la ville sortit de l'espèce de tombeau dans lequel elle semblait ensevelie. pendant que les habitants. En 1789m.. Les archives de Savone conservent.... B. il n'y a point de miracle qui puisse la guérir . son céleste protecteur et fut presque entièrement préservé..) ..Abbé JAunEr.x.. lorsqu'elle est simple. agenouillés sur le seuil de leurs demeures. mais elle désigne à cette époque les provinces de Germanie-Seconde.. Un de ses récents his toriens. il était né « au bout du monde » . Lorsqu'une fume est ingrate et corrompue. tandis que le choléra décimait la province de Piémont. Vie des Saints de FrancheComtd (Ilesançon). « légion victorieuse ».Don Quemnoz.. ∎ SAINT VI CTRI CE Evêque de Rouen (IV°-V° siècle) Fête le 7 août. que l'on se porta en foule à la cathédrale. comme on l'a vu. où reposaient les reliques d'Octavien. c'est-à-dire un ancien soldat. qui appartenait à l'une de ces légions. selon sa coutume.. s'avance solennellement à la suite 48 6 AOUT des reliques. escorté de toutes les associations de laïcs. II est assez vraisemblable que Victriee eut pour aïeul un soldat émérite. saine et sauve. . En 1854. (Commentaire sur saint Matthieu. Inauguré.. et marqué de bien d'autres faveurs signalées. et il concédait. Pie VI accorda cette faveur moins d'un an après. possédée de la passion de l'envie. en l'honneur du saint évêque. S... cette indication est assez vague. et son temps (Lyon. dans la chapelle de la Nativité... .898).. en même temps.o.. MAnnE-AUGUSTE LECLEnQ.) Saint JEAN CinaysoSTOME. et bien disposée.

après quoi. Dès lors commença pour lui une vie toute d'activité physique. il faudrait admettre que Victriee suivit dans sa jeunesse d'excellentes leçons. Elle donna à ses membres une trempe d'acier qu'ils conservèrent jusqu'à un âge très avancé. 33o. furieux. bien entendu. Le métier des armes lui parut incompatible avec une religion faite de charité et qui prohibe avant tout l'effusion du sang. chez un soldat. Le contact de quelques-uns de ses camarades qui professaient la doctrine et la morale de l'Evangile le détermina à prendre rang. laissait forcément à désirer. à moins d'y être forcé par la maladie ou d'être chassé pour cause d'infamie. Vers la fin de son épiscopat. Le jeune soldat était né dans le paganisme. Il n'en fit rien. avec une droiture et une franchise qui devaient lui attirer bien des désagréments. parmi les catéchumènes. il n'était permis à un soldat de sortir de l'armée avant le délai fixé. En effet. car il était notablement plus jeune que saint Martin.. et. lui aussi. et pas avant l'année. Refus de service militaire. je quitte ces armes de sangg pour revêtir des armes de paix . les soldats étaient sous les armes. » Le tribun fut quelque peu surpris de cette démarche dans laquelle il ne voulut voir qu'un acte d'insubordination. il ordonna de le battre à coups de verges 35 .croire qu'il naquit non loin des rives de l'Escaut. mais il est également probable qu'une fois sorti de l'armée le jeune homme tint à compléter sa formation littéraire. éblouissant dans sot) armure. déliez-moi des serments qui m'attachaient à la milice de César. Comme Martin.. chercha à obtenir son licenciement. Les premières années de son enfance se passèrent dans les lieux. sous peine de priver leur postérité du coin de terre qu'ils possédaient comme récompense de leurs services. C'est possible. Tous les yeux sont fixés sur lui : « Voici mes armes. Aussi le tribun. A dix-sept ans il fut incorporé dans l'armée. le soldat Victricc. sort des rangs et se dirige vers le tribun qui commandait sa légion. je veux désormais me mettre au service du Christ . Il le fit aussitôt et comme on pouvait l'attendre de sa nature généreuse. La conversion du légionnaire. Un jour que se tenait un grand conseil militaire et que. En conséquence. et il donna même à sa démarche le plus d'éclat possible. un soldat sur les rangs n'était pas autorisé à manquer gravement à la discipline. Victrice 50 7 AOUT prêta le serment qui l'engageait à passer au moins vingt années sous les armes. C'était l'âge réglementaire auquel les vétérans devaient livrer leurs fils aux officiers de recrutement. il faisait encore montre d'une vigueur et d'une endurance extraordinaires. tout à coup Victrice. fit-il saisir Victrice . et jusqu'à ce moment il ne semble pas avoir porté un intérêt bien vif aux choses de la religion chrétienne. une fois qu'il eut adhéré au christianisme. le futur évêque de 'fours. C'était là faire montre d'une exagération excusable chez un néophyte et que n'auraient pas manqué de combattre les gens d'Eglise si Victrice leur eût demandé conseil. qui. dit Victrice à son chef. pas plus chez les Romains que dans les armées modernes. qui développa singulièrement ses forces corporelles. fils de soldat. qui le virent naître. né lui-même en 316 ou 3x7. Si l'on jugeait de son instruction par le talent littéraire qu'il déploya plus tard. en manoeuvrant les énormes pierres qui devaient entrer dans la construction des murs de sa cathédrale.

Ce qu'il cherchait dans la Bible. suivant la remarque de saint Paulin de Nole. c'est-àdire de l'officier placé juste au-dessus de lui dans la hiérarchie militaire. Le tribun. le réfractaire fut jeté tout meurtri dans la prison militaire. mais. devenus chétiens. et aussitôt les chaînes tombèrent d'elles-mêmes. ill assimila son cas à une désertion . . témoins de tant de prodiges. une âme d'apôtre. 36 .. Victrice pria les soldats qui le conduisaient de les desserrer un peu. Celui-ci essaya. Si l'évêque Victrice. lui qui voulait punir les témoins de la foi ». L'Eglise de Rouen au temps de saint Victrice. cet homme devint aveugle. l'envoya devant le tribunal du comte.Julien l'Apostat. remarque saint Pantin. en se consacrant uniquement à son service. le Nouveau Testament lui 52 7 AOUT SAINT vIeTamE 53 devint surtout familier. Il se préoccupait beaucoup moins d'enrichir son intelligence que de sanctifier sa volonté. et le comte a congédia comme des Saints. . Dès lors s'ouvrit pour lui une carrière où il put dépenser sans compter tous les trésors de science et de piété qu'il avait amassés durant ses années de retraite. il s'immola tous les jours pour Dieu. son livre de chevet. Le geôlier avait tellement serré les chaînes du prisonnier qu'elles entraient dans ses chairs. Le soldat de Jésus-Christ n'avait pas perdu sa couronne. qui jouissaient alors d'une grande célébrité. SAINT VICTRICC 51 Dieu délivre son soldat. et où il lui rappelle cet épisode mémorable de sa jeunesse. selon toute vraisemblance. et comme Victricc persistait à lui demander son congé définitif. mais son divin Maître lui réservait d'autres combats et d'autres victoires pour augmenter sa récompense. dans un rapport détaillé qu'il adressa à l'empereurs . dans une des écoles de rhétorique des Gaules. Nous savons seulement qu'aux environs de 38o. a le Christ qui le soutenait lui donnait à la fois son sein pour lit ett son bras pour oreiller n. à qui nous devons ce récit. de faire revenir le soldat sur sa décision de quitter l'armée. En route. et il ajouta foi à leur parole . frappés de l'éclat de ses vertus. n'osèrent renouer ce que Dieu avait dénoué. Toutes les mesures de violence prise contre Victrice échouèrent de même. « Les bourreaux. ce philosophe dédaigneux de la dialectique. la mort seule pouvait laver ce forfait.devant toute l'armée. Ils obtinrent tous leur licenciement. De tous les livres qu'il étudia durant ses années de retraite. le chrétien se mit à invoquer àà haute voix le secours de Jésus-Christ. car. vers l'année 398. cet outrage ne resta pas sans châtiment. Alors. avec la même générosité dont il avait fait preuve en acceptant la mort. qui avait pour pavés des têts de pots cassés. puis. Comme on n'en put rien obtenir. le bourreau passa par moquerie la main sur le cou de Victricc à l'endroit qu'il allait frapper du glaive .il demanda la liberté pour Victrice et pour ses compagnons qui. n L'officier écouta religieusement ce que rapportaient less soldats. fut la Bible. Tel est le témoignage de saint Paulin de Note. à l'instant même. dès lors. Ils s'y refusèrent. ceux qu'il avait d'abord condamnés et châtiés comme des coupables. nous devons en conclure qu'il l'estimait conforme à la vérité. le destinataire de la lettre de Paulin. Un autre miracle suivit de près celui-là. et il rendit témoignage à la vérité. dans une lettre adressée an héros même de ce prodige. le premier à coup sàr. eux aussi. Et autant qu'on en peut juger par les citations qu'il en fit plus tard. puis à l'élude. ce disciple des rhéteurs. dont la pointe ne pouvait qu'aviver ses plaies et sa douleur. qui ne pouvait infliger la peine de mort. avait. Mais. le choisirent pour évêque. Les années obscures. mais inutilement. On pense qu'il alla se former à la perfection chrétienne. ils retournèrent tout émus auprès du comte et lui firent un récit de ce qu'ils venaient de voir. c'était avant tout un aliment pour sa piété. cri les comblant d'éloges. n'a pas élevé de protestation contre ce récit. étaient. Une escorte conduisit aussitôt le condamné au supplice. Son zèle trouva-t-il l'occasion de s'exercer sous l'habit laïque ou sous le manteau (lu moine P Par quelles ouvres extraordinaires attira-t-il sur lui l'attention publique P Nous l'ignorons. Cet ancien soldat.L'épiscopat. Victrice ne rentra pas au milieu du inonde. les Rouennais.

C'est en 386. le martyr vivant n. donnent au monde le plus édifiant spectacle. grâce au zèle des six évêques connus qui précédèrent Victrice sur le siège (le cette ville. où l'on chante les psaumes sacrés avec un concert mélodieux. vers 38o. avec la formule de l'exorcisme. a Comment s'appelle ton père. 37 . côtés de l'évêque Valentin. Les Morins occupaient alors ce qui fut depuis le Boutonnais. Depuis près d'un siècle. la religion du Christ. prie ce père désolé de s'adresser à ses deux compagnons. l'évêque de Chartres. par leur potelé. Saint Victrice. le prêtre Evagre. A ce propos. par la perfection des conseils évangéliques. n'ayant pour témoins que ses collègues et le père de la jeune fille. par la ferveur et la continuité de leurs prières. est raillé par ses compagnons d'armes. et. et des monastères nombreux dont les habitants. le biographe de saint Martin. Mais ceux-ci se joignent au père affligé et supplient Martin de faire ce qu'on attend de lui. Avec ses remparts et sa forte garnison. il fit la connaissance de Victrice et conserva pour lui une grande admiration presque égale à celle qu'il éprouvait pour l'évêque de Tours. conduit au supplice. la ville do Rouen était assez peu connue dans le monde chrétien. L'effet du remède ne se fit pas attendre. Vietrice et Valentin. 54 7 Aoux SAINT vrcrnmE 55 aussi humble que grand.Rouen était alors la capitale de la province dite Seconde-Lyonnaise. (lit Paulin. encore catéchumène. On y trouve de toutes parts des vierges qui. On y voit un grand nombre d'églises. Les apôtres semblent avoir choisi cette ville. il semble bien que. font de leur corps et de leur coeur un sanctuaire digne (le Jésus-Christ . la grande majorité de la population était chrétienne. que Paulin adressait plus tard de Nole au prélat de l'Eglise de Rouen : a Hélas 1 ajoutait-il. Vers l'an 3g5. d'après un témoin oculaire. où ils étaient autrefois étrangers. Martin. (les veuves qui ne cessent. nuit et jour. le pieux évêque cède aux instances de ses collègues. des personnes qui gardent la continence même dans les liens du mariage et qui. qui seuls peuvent obtenir de Dieu une pareille faveur. raconte. pour y faire reposer leur esprit. Paulin. Alors. peuples encore païens qui attendaient toujours la prédication de l'Évangile. il se prosterne selon sa coutume pour prier. nous en donne cet excellent témoignage. que Victrice rencontra saint Martin. élèvent chaque jour de nouveaux trophées à la religion. en Dauphiné. et. Victrice et Martin se retrouvaient à Chartres. l'évêque missionnaire. puis il bénit. il fait écarter la foule. je n'ai vu en vous que l'évêque qui était devant nos yeux. la Morinie. elle offrait presque l'aspect d'un camp retranché. ils font éclater les merveilleux effets de la puissance du Seigneur. pleines de respect et d'affection. écrite peu après l'arrivée de Victrice à Rouen. notamment chez les Morins et les Nerviens. Saint Paulin nous parle du fructueux apostolat qu'exerça Victrice dans la Gaule Belgique. ? a dit le Saint. s'y trouvait aussi de passage . de s'appliquer au service de Dieu et à l'exercice des rouvres de charité . mais sous Victrice elle est devenue une nouvelle Jérusalem. Relations d'amitié avec saint Martin et saint Paulin. l'historien Sulpice Sévère. muette de naissance. Une lettre de saint Paulin de Note. mais aussi l'humilité des Saints. faisant allusion à la manière dont Victrice avait quitté l'armée. et là s'ébaucha une amitié qui devait être vraiment fraternelle. à Vienne. Auparavant. Et la jeune fille prononce sur-lechamp le nom demandé : elle était guérie. l'illustre évêque de Tours. en y allumant clans les cours des fidèles ). et je n'ai pas su voir ce qui était bien plus illustre. Nous avons encore quelquesunes des lettres. un trait qui met en relief non seulement le pouvoir miraculeux de l'évêque de Tours. un peu d'huile qu'il introduit aussitôt dans la bouche de l'infirme en lui tenant la langue. dont il sollicite la guérison. Un habitant de la ville amène à l'évêque de Tours sa fille. y avait fait des progrès considérables . aux Saint Victrice.ce flammes (lu divin amour. et son nom est célèbre parmi les plus illustres Eglises.

Datysus ou mieux Dasius de Silistrie en Mésie. Il s'est rendu lui-même cette justice. Mocius de Constantinople. ne s'était pas encore établi de mutiler les corps des Saints pour se les partager . bref. Badepont. Anatolie de Sabine près de Borne. qui. Tournai (Tornacn. C'est dans cette vaste région. au retour de sa mission en Angleterre. était tout entière dans la moindre parcelle aussi bien que dans le corps entier. un peu de poussière imprégnée de leur sang. Au cours de l'année 4o3. dans son vaste die. des saints Gervais et Protais. dont les noms sont inscrits dans les a itinéraires n de cette époque. il contenait des souvenirs. etc. martyrs de Milan. je l'ai inculquée aux minorants. Pour Victrice. j'ai appelé à mon secours l'esprit des Saints. ils ne se fient pas à l'habileté du pilote. Lorsque la fragilité humaine m'a trahi. ]'art humain ne le saurait. Le trésor venu d'Italie. de l'évangéliste saint Luc. je suis entré dans leurs âmes par la doctrine et l'insinuation. envoyé par saint Ambroise et quelques-uns de ses collègues d'Italie. on vit surgir. retouché plus tard par lui-même. Mantes (Petromanum). émanation de la puissance de Dieu. je n'ai plus à m'occuper de ceux qui sont tombés tout à fait en rompant le lien (le la discipline. Envoi de reliques et culte des Saints. Les martyrs dont l'évêque de Rouen mont des souvenirs avec des transports d'allégresse étaient Procule de Bologne. Cambrai. Lillebonne. Anastasie de Sirmium. un vrai traité théologique sur le culte rendu par l'Eglise catholique aux martyrs et aux Saints. en insistant e avec opportunité et importunité n.. Victrice eut l'occasion de se rendre à Rome 38 . mais ils implorent la miséricorde de la souveraine Majesté. de saint Jean-Baptiste. Des difficultés s'étant élevées parmi les évêques de la GrandeBretagne. quant aux Nerviens. lorsque Vietrice eut la grande joie de l'enrichir de reliques apportées d'Italie. dont on n'a pu retrouver le pays d'origine. Brionne.. S'il faut en croire saint Paulin. je l'ai donnée aux dociles. Cassel. lui peuu de poudre de leur tombeau. Dans le nombre. J'ai fait ce que font.l'Artois flamingant et la Flandre occidentale . faire.. Rogate et Léonide. mais il est à présumer que les localités situées aux carrefours ou sur les bords des voies romaines bénéficièrent tout d'abord de cette faveur. Voyage à Rome. leur territoire comprenait Bavay (Bagacam). le Hainaut et le Brabant. dans l'extrême violence (le la tempête. ajoute l'évêque de Nole. Harfeur et d'autres encore. de véritables monastères. ceux qui naviguent . de sainte Euphémie. sur leur demande. Vers 3g6. citons Pontoise. des apôtres André et Thomas. Ces restes sacrés n'étaient pas les membres des martyrs. encore en voie de construction. Il organisa des fêtes magnifiques et prononça à cette occasion un grand discours. ou bien un morceau de iinge qui avait enveloppé les membres des martyrs. mais encore dans les îles et dans les forêts qui émergeaient (le ces marais. Nazaire de Milan. Jésus qui est en nous peut 1. que l'évêque de Rouen et ses prêtres portèrent avec succès la parole de Dieu. je l'ai fait pénétrer de force chez les récalcitrant. Boulogne. Waudrez. il n'a pas fait tout ce ce qu'il a dû. semble-t-il. où se trouvaient déjà les villes de Thérouanne. où plusieurs clercs vivaient en communauté et se dévouaient au service des paroisses. au cours de nette mission. Abattre les flots et modérer les vents. Victrice laissa comme marque (le son passage une église et des fidèles. fut déposé religieusement dans l'église encore inachevée . La nouvelle cathédrale de Bouen était. Saturnin et Trajan de Macédoine. et deux autres vierges martyres. alors peu ou pas cornues. Victrice reçut un nouveau trésor de reliques. Antonin de plaisance. de sainte Agricole de Bologne. non seulement dans les villes. c'étaient maintenant des choeurs vénérables et angéliques de Saints qui envahissaient tout le territoire des Morins ett des Nerviens a. Alexandre et Chindeus de Pcrgé en Pamphylie.m). la vertu des reliques. puis il ajoute J'ai inspiré aux sages l'amour de la paix. de Milan et de Brescia. L'usage.Mort de saint Victrice. la martyre de Chalcédoine. selon toute vraisemblance. a au lieu des barbares du dehors et des bandits du dedans. Victrice déployaa le mime zèle pour la création d'églises et de paroisses rurales. Ainsi. devint le De lande Sanctorum. Il serait bien difficile d'en établir la nomenclature exacte. il a du moins fait tout ce qu'il a pu. Dans chaque ville ou bourg (viens). que si. . Victrice traversa la Manche afin de rétablir l'harmonie et la paix. on se donnait et l'on recevait avec une joie dont nous avons peine aujourd'hui à nous faire une idée. cèse de Rouen. des a reliques » au sens que nous venons de dire. selon le conseil de l'Apôtre . Désormais donc.

mais une cause inconnue de nous l'obligea à revenir précipitamment à Bouen. Vici. t. que le Pape Innocent for trancha dans sa célèbre décrétale du r5 février 4o4. li. ainsi que l'exige l'ancienne tradition apostolique. r5.riee aurait bien voulu aussi poursuivre jusqu'à Note. plusieurs martyrologes anciens le donnent comme né dans les Indes . qui en fit don à l'église paroissiale de Saint-Nicolas. Ces dernières reliques sont encore conservées alors que les autres ont disparu en 1561. Saint Victrice. Au témoignage d'Eusèbe et de saint Justin. l'origine même de ce missionnaire des Gaules. La propagation de l'Evangile en Extrême-Orient. Les 16 et 17 octobre 1865. présida.) PAROLES DES SAINTS La compassion de Marie. après celui-là. Après la prise de Rouen par les pirates normands. 1867). . En retour. (Sermon sur Les douze étoiles. -. Il n'eut aucune peine à se disculper. adressée à Viotrice et que celui-ci devait transmettre aux autres évêques des Gaules. que des personnes malveillantes avaient attaquées auprès du Souverain Pontife. Vnann'usno. Une lettre de saint Paulin donne à entendre qu'en 4oq il n'était plus de ce monde. mai 841. et il réussit en même temps à régler avec l'empereur Ilonorius. dans l'église du prieuré de Saint-Remi. il serait vertu cri Occident.MAS. bête le 8 août. pour détruire l'idolâtrie et la superstition et prêcher le christianisme. au prix de fatigues et de difficultés sans nombre. dont la translation solennelle dans la cathédrale de Rouen eut lieu le 13 avril 1874. Il fut sans doute enterré avec ses prédécesseurs dans le cimetière dit de Saint-Gervais. au diocèse de Soissons. à Braine. L 'ncsTOmE de saint Sévère ou Sever présente dès le premier moment une particularité qui pose une question assez curieuse. La mort de Jésus a été l'oeuvre du plus grand amour qui fùt jamais. qui se trouvait alors à Rome.6. Il d'août (Paris et Rome. à quatre lieues de Soissons. S. don de l'Eglise de Bouen. igo3).(V. il avait laissé sans solution des affaires importantes. le 12..) SA] NT SÉVÈRE Apôtre de Vienne.Acla Sanctorum.E. . près de son ami saint Paulin. certaines difficultés qui s'étaient élevées entre l'Eglise et le pouvoir civil.Les e Indes o. Une partie en fut détachée au xn° siècle par Agnès. il s'agit de. On y voit des règlements très sages concernant les moines et les religieuses . archevêque de Rouen. le cardinal de Bonnechose. l'Evangile fut annoncé par les apôtres dans les 39 . l'église de Draine céda au diocèse de Rouen . brûlées par des iconoclastes. le Chef de l'Eglise y maintient avec une grande fermeté le célibat des prêtres. Saint Brtnnnnu. Fnxnpois DE1. En effet. femme de Robert de Dreux. en Dauphiné (Vo siècle). et la compassion de Marin l'ceuvre d'un amour auquel. l'un des principaux domaines de l'Eglise de Rouen. évêque de Rouen (Paris. Sources consultées. ornée d'émaux et de pierres fines. Viotrice mourut peu après. P. des fêtes magnifiques pour procéder à la déposition de ces reliques dans une très belle châsse en cuivre doré.pour rendre témoignage au 1 56 7 AOUT Pape Innocent I°r de sa foi et de sa doctrine. le corps fut transporté à Braine. à Braine. il n'y en eut jamais de semblable. . Par la force des choses.un os iliaque de saint Victricee et un fragment du corps de saint Evode. r 51.

et en particulier de la région viennoise. Encore enfant. après avoir franchi l'immensité des terres et des mers. sacrifice accompli pour l'amour de Jésus-Christ. Vers cette même époque. Sévère entreprit d'évangéliser ce village dont les habitants étaient encore. 58 8 AODT la découverte de l'Amérique on. prièrent saint Pantène de passer dans leur pays pour opposer à la doctrine des brahmes celle de Jésus-Christ. et se repose pendant quelque temps. Saint Sévère quitte sa patrie. Le Saint se rendit à leurs instances et vint raviver dans ces régions lointaines la foi chrétienne que saint Barthélemy et saint Thomas leur avaient apportée sitôt après la mort du Sauveur. appellera de même tout le nouveau continent « Petites Indes ' ou a Indes occidentales n . Saint Sévère convertit les idolâtres et détruit un arbre consacré aux démons. est appelé Vaugris . Plus tard. Ceylan. les derniers à s'opiniâtrer dans les superstitions païennes. Malgré les efforts des évêques. au m° siècle. Aussi n'est-il pas tout à fait invraisemblable qu'on ait vu sortir de ces pays éloignés un apôtre de la Gaule. il parvient aux environs de Vienne. D'après les légendaires de l'Eglise de Vienne. en effet. comme Abraham. et dès qu'il fut en âge de comprendre le prix du. c'est-à-dire habitants des villages. de préciser de quelle partie de l'Inde Sévère est venu . les îles de la Sonde. dans un lieu qui. On sait que la persistance de l'idolâtrie dans les campagnes avait fait appeler les adorateurs des fausses divinités païens. une des plus grandes cités des Gaules à cette époque.contrées les plus reculées de l'Orient. Les paysans furent. Alors. saisi d'un zèle vraiment apostolique. laquelle en a conservé le nom avec le souvenir de ses vertus. les Indiens. les Philippines. pagani. avant d'y entrer. titre aujourd'hui purement honorifique. il distribua aux pauvres l'héritage de ses parents. attachéé présentement à l'archevêch 3 de Tolède. attachéss aux pratiques du paganisme. Deux siècles plus tard. il convient. saint Amand convertissait des idolâtres dans le nord de la France. de se rappeler que ce terme géographique est extrêmement large . Il serait difficile. du mot latin. que le commerce attirait à Alexandrie. Une conduite irréprochable le fit élever au sacerdoce. Lors de f' -1 Ai -ci 411. mais il était riche surtout de la foi du Christ et des vertus engendrées par elle. la seconde de ces deux dénominations devintt même le titre d'un patriarcat créé vers 1520. on peut en juger par les Canons des Conciles qui condamnent cette superstition. Le culte des arbres dura même jusqu'au Nue siècle . l'idolâtrie n'avait pu être entièrenlent anche dans les Gaules . sans doute. pour la plupart. le Japon et la Chine. et. en effet. Il possédait des biens immenses. mais encore les îles de l'océan Indien. Théodose le Jeune était obligé de promulguer un édit pour interdire les sacrifices aux idoles. il perdit son père et sa mère. il s'arrache du pays de sa parenté. Il s'arrête d'abord à peu de distance de cette ville. sous le roi Dagobert. sous le nom de a Grandes Indes v on a compris non seulement l'Inde proprement dite. 40 . en 439. aujourd'hui encore. Sévère appartenait par sa naissance à l'une des plus illustres familles de l'Inde. ce devait être vers l'an 43o et sous l'épiscopat de saint Simplice.

C'était. se met en prière.. aux pieds de leurs divinités. Les deux serviteurs de Dieu se saluèrent aussitôt de leurs propres noms comme s'ils se fussent toujours connus. comme il approchait du lieu où l'église se bâtissait près les portes de la ville. Et. Cette église. auprès de l'empereur Valentinien. se rendant en Italie. une partie des richesses qui étaient le fruit de leurs victoires sur leurs ennemis. ainsi qu'il arriva plus tard entre saint Dominique et saint François d'Assise.En ce lieu de Vaugris. et il obtient la destruction de l'arbre superstitieux. détruisit à l'instant le temple et les idoles. Aidé par les nouveaux convertis. Cette fois encore. à l'endroit même où s'élevait auparavant le temple de la superstition. elle céda à la véhémence de son zèle et embrassa enfin la religion du Christ. Parvenu dans la cité. à cette vue. qui voulait ouvrir les voies à son apostolat par l'éclat des prodiges. ils découvrirent au fond de la tranchée un vase d'argent plein de pièces d'or du meilleur aloi. en effet. Dans ses racines. un temple antique dédié à une multitude d'idoles sous le titre de temple des CentDieux. Le missionnaire. saint Germain félicita Sévère de l'oeuvre qu'il avait entreprise et lui dit UN SAINT POUR CRAQUE JOUR DU MOIS. et où l'on allait pour les Rogations. Près de là est une fontaine. Une petite chapelle plus rapprochée. et Dieu. s'élevait un arbre consacré aux démons et qui était l'objet d'un culte idolâtrique. devint une des paroisses de Vienne . Le vase d'argent trouvé en cette circonstance était encore conservé jusqu'au xvi' siècle parmi ceux qui servaient aux cérémonies du culte dans l'église cathédrale de Vienne . pendant que les ouvriers creusaient la terre pour asseoir les fondations de l'église. dit-on. Saint Germain d'Auxerre promet de consacrer l'église Saint-Etienne. la multitude des païens n'hésita pas à écouter les enseignements du thaumaturge . Destruction miraculeuse du temple des Cent-Dieux. ruinée depuis. Frappée de ce miracle. saint Etienne. A la suite de ses prédications. appelée Saint-Alban de Navou. Après avoir traversé un pont. Comment il tint parole. Ce trésor. 2' SÉRIE (AOUT) SAINT SÎ%VÉIE DE VIENNE 59 41 . saint Germain. au milieu d'un bois où s'accomplissaient de honteux mystères. et les païens du lieu ayant reçu le baptême. il fut emporté par les calvinistes en x562. Cette église une fois consacrée. dédiée à saint Alban. elle fut transférée dans la ville en l'oratoire de Saint-George. Sévère continua sa route et arriva dans la ville de Vienne. ill découvre de l'argent qui lui sert à construire une église en l'honneur du martyr saint Alban. au-delà de la rivière de Gère. Pendant qu'on travaillait à la construction de la basilique de Saint-Etienne. vint apporter un secours inespéré aux pieux travailleurs. passait par Vienne. Sévère en parcourt les divers quartiers. en a conservé le nom et le souvenir. si providentiellement découvert. Sévère se mit à construire une basilique en l'honneur du premier martyr. il rencontra inopinément Sévère. où les malades venaient demander la guérison de leurs infirmités. et fit de ce lieu un véritable lieu de prière. Après avoir ensemble béni le Seigneur de cette heureuse rencontre. évêque d'Auxerre. la coutume des peuples anciens d'enfouir. il trouve. que jusque-là elle n'avait pas eu le courage d'accepter. sur une éminence qui domine la ville. Sévère prend un ascendant immense sur ce peuple.

mais. après en avoir admiré la structure. les douze cierges qui 42 . de la sorte. de vouloir bien attendre le retour de notre Humilité (il employait cette formule par modestie). et saint Germain reprit sa route vers l'Italie.Je vous demande. Sévère s'adresse à l'évêque de Vienne. en dépit de tentatives répétées. Mais le peuple était impatient de ce retard . Au jour fixé. Sévère s'empressa d'adhérer à cette proposition bienveillante . ô mon frère. il en différait la dédicace. nous mettrons le comble à notre joie en la consacrant nous-même. après quoi l'évêque et le prêtre se séparèrent. pour ouvrir ce temple au culte et le dédier à Dieu selon vos désirs . voulant attendre le retour de saint Germain. vaincu par la pieuse insistance des fidèles.Go 8 AOtiT . Sévère hâla autant qu'il put la construction commencée. et convient avec lui du jour de la consécration de la nouvelle basilique. et lorsqu'elle eut été achevée. on prépare ce qui est nécessaire pour cette cérémonie.

doivent brûler pendant la dédicace ne peuvent être allumés. un peuple immense était accouru pour assister à cette solennité. mais d'autres encore en grand nombre. tint parole à son ami. mort à Ravenne le 31 juillet 418. dont l'industrieuse piété éleva jadis ce temple de fond en comble. à Sévère . diacre et martyr. laissant désormais libre le chemin où ils faisaient de nombreuses victimes. disait-on. et il allait tour à tour offrir à Dieu le saint sacrifice dans les églises qu'il avait bâties sur les hauteurs et dans les plaines. En l'absence de documents historiques précis. son pieux cortège se mêla aux assistants . il s'endormit dans le Seigneur. est mort à Ravenne. Ce n'était que la vérité. Alors Sévère adresse à Dieu sa prière. On s'étonne et l'on remet à une autre date la consécration de l'église. sur son ordre. et leur commande au nom de Jésus-Christ (le s'arrêter. et à fortifier son âme dans la prière contre les traits du démon. la cérémonie de la dédicace put suivre son cours . poussé par 43 . ils viennent d'arriver aux portes de la ville de Vienne. il comprend qu'il a devant lui une victime non des hommes. C'est là. en vers. Il consacra non seulement cette église. l'interroge et ne peut en tirer aucune parole. lorsque tout à coup se répandit une nouvelle impressionnante : saint Germain. se mit à parcourir assidûment chacun des lieux qu'il avait évangélisés. C'est ainsi que. assise aussi au pied de sept collines. disons seulement que ce récit nous est connu par les traditions de l'Eglise de Vienne et qu'il figure au Martyrologe d'Auxerre où les reliques de saint Germain arrivèrent le zz septembre. Dans son zèle contre le démon. déjà le pontife s'apprêtait avec ses clercs à verser l'eau sainte sur les murs de l'édifice. Sévère. avait comme Rome son mont Quirinal. au chant joyeux des psaumes. que Sévère fonda une troisième église. et. et demandent à déposer pendant quelque temps dans l'église Saint-Etienne le précieux fardeau dont ils sont chargés. Eclairé d'en haut. A côté de cette basilique. et dont voici la traduction : Dans ce tombeau repose Sévère. Ce nouveau jour arrivé. digne monument du fécond apostolat de Sévère. saint Germain. Ce fut au milieu de ces oeuvres de zèle et de piété que. tout autrement qu'on ne l'avait pensé. inhumé dans la basilique de Saint-Etienne. plein de jours et dee mérites. Pouvoir de saint Sévère sur les démons. D'autres miracles furent encore accomplis par le serviteur de Dieu . le missionnaire vient à son aide. l'es démons tremblants demandent grâce Les terrassiers de saint Sévère trouvent un vase d'argent rempli de pièces d'or en creusant les fondations de l'église Saint-Etieune. mais les compagnons de son voyage rapportent son corps à Auxerre . grands fondateurs de maisons religieuses. grâces spirituelles et grâces temporelles accordées à ceux qui les demandaient avec une foi ardente. il lui arriva de trouver étendu sur la route un homme à moitié mort . SAINT sTVPRE DE VIENNE 6f SAINT sévLms Dr vrn~xr> 63 Dernière fondation et sainte mort. Sur sa tombe on lisait une inscription latine. vers le milieu du ve siècle. constamment attentif à dompter son corps par l'abstinence et par le jeûne. saint Léonien au ve siècle et saint Chef ou Theudère au siècle suivant. Illustre fille de la cité impériale. Vienne. se munit du signe de la croix et guérit sur-lechamp le malheureux de ses blessures. Lorsqu'il eut accompli ces divers travaux. Saint Sévère fut. était une a recluserie v ou retraite du reclus pour ainsi dire officiel de la ville de Vienne . mais du démon. le 8 août. sur cette éminence qui commande la ville. cet étroit espace fut habité successivement par deux saints Abbés. et qu'il dédia à saint Laurent. On reçut avec honneur les saintes dépouilles de l'évêque défunt . les reliques de saint Etienne furent déposées dans l'autel. et fut présent à la consécration de l'église. ils disparaissent. Un soir que Sévère revenait de l'église de Saint-Alban à Vienne. il se met à la poursuite de cet esprit de ténèbres et des légions qui l'accompagnent. fruit de son zèle infatigable.

une eomnaunanté de clercs y était attachée au service des autels. autant toutefois que sa nature et le milieu dans lequel il vivait semblaient le lui permettre. . et. coupable au yeux de cette princesse d'avoir essayé de mettre un terme aux débordements de son petit-fils le jeune roi Thierry II ou Théodoric. et. partout où il posa sa main. en 1639. nommé Ozanam. il trouva pour cela l'or et l'argent. Saint Sévère délivre les prisonniers et console saint Didier avant le martyre. on vénérait l'insigne relique de saint Elienne. La procession de la Fête-Dieu.. à. dès que saint Didier eut quitté la cour pour retourner à Vienne. cette époque. Dans cette épreuve Dieu justifia son serviteur par le don des miracles. saint Sévère lui apparut pour le consoler et lui annoncer que le martyre allait couronner sa carrière. de Vienne qui vécurent au temps de Charlemagne'. en 6o6. la reine d'Austrasie. par suite de laa perte de ses biens. Didier se réfugia dans la maison d'un Juif' charitable. Didier. aux instructions d'un.Il y revint au milieu des rangs des fidèles accourus au-devant de lui . comble de dons cachés les exilés et distribue aux étrangers les trésors jadis enfouis 1 Il mourut le 8 des ides d'août 43e. elle fut réduite à quatre chanoines.. Didier. molesta le saint évêque. La collégiale de Saint-Sévère. composée de soixante ecclésiastiques . avait exilé dans l'île de Lewis.. Mais la vengeance de Brunehaut n'était point satisfaite .. niais. le saint archevêque de Vienne. et fil emprisonner douze de ses serviteurs ou des clercs de son Eglise. L'éclat de ce miracle inspira au roi Théodoric le désir salutaire de se conformer. sous le vocable de saint Sévère. l'illustre Frédéric Ozanam se faisait gloire de l'avoir pour ancêtre. 6o7 ou 6o8. et le jour de l'a fête de saint Etienne. Ours (-1. Le bruit de ces prodiges s'étant répandu dans les: Gaules. il se fit chrétien . La date que l'on vient de lire ne peut se concilier avec celle de la mort de saint Germain d'Auxerre (448) . Et en effett l'archevêque fut massacré. elle permit à Didier de retourner à son Église. ceux-ci vinrent au tombeau de saint Sévère et y déposèrent leurs chaînes en témoignage de reconnaissance. en Ecosse. mais de nouveaux chagrins l'y attendaient. y compris le curé qui en était le chef sous le titre de recteur et d'archiprêtre de Saint-Vallier. et. Cette collégiale fut. la célèbre Brunehaut. la cloche de cette église. La veille de sa mort. SaintSévère.avait reçu le saint martyr . Ce jour-là..l'amour du Christ. en unn lieu appelé Prisciniacwn et qui depuis lors a reçu le nom de Saint -Didier-sur-Chalaronne. Brunehaut en parut touchée. pendant sa prière. répandit ses larmes devant Dieu. Dès' le vn° siècle. le 23 ' niai. évêque d'une si grande sainteté et de lui demander pour sa conduite de nouveaux avis. Auu siècle suivant. Sévère apparutt aux prisonniers et les délivra du cachot où ils gémissaient . chaque soir. Le magistrat de Vienne. La bénédiction (le Dieu se répandit sur la maison... en particulier lo vendredi après Pâques.96) ét Wolfère (t 8ro) y étaient inhumés dans' des tombeaux de marbre. pénétré de douleur. Cette paroisse était la première de la ville .. après quatre ans d'exil.. Deux archevêques. appelée Charité. était 64 8 AOUT célébrée d'une manière très solennelle par le clergé de cette collégiale. et un sermon était adressé à la foule. L'église Saint-Etienne fut réédifiée après les ravages des Sarrasins et mise. On. païennes et chrétiennes. Le clergé de Saint-Maurice de Vienne allait plusieurs fois dans l'année faire station . qui a pris naissance ou du moins a été sanctionnée dans la ville de Vienne au Concile général ou ccu'ménique rassemblé par le Pape Clément V cri r3ii-rira. y voyait plusieurs inscriptions antiques. sonnait le couvre-feu et la prière pour less morts. premier martyr. obéissant selon toute vraisemblance aux ordres ou aux conseils de la reine. titulaire primitif de cette église. de toute manière elle est manifestement erronée. ài te heures. Assisté du secours divin. Mais à quoi bon en dire davantage il Que louée soit la grâce du Christ qui partout se manifeste en faveur des bons. elle ordonna à trois comtes de le suivre et de le mettre à mort. Entre l'église Saint-Sévère 44 . du Juif qui. Poursuivi par ses ennemis. durant un certain temps.

Vienne gardait encore au xviiie siècle des reliques de saint. Il d'août (Paris et nome. Severus Vienne (Saint Sévère de Vienne) .Avoa..qui lui était propre pour payer les distributions à ses clercs après chaque office. supportant une hostie d'argent et une banderole d'argent voltigeant cri brochant sur le tronc de l'arbre avec ces trois mots : Vienne.Ce que peut une mère chrétienne. Ces méreaux. n' roté. Dans ce diocèse. vendue comme bien national à cette époque tourmentée. cinq besants sont posés à ses pieds et quatre étoiles au côté droit. ange de patience. dont Vienne dépend aujourd'hui. légende : Ejus libra Ecclesiae. . C'est d'ailleurs à cette même date que le Martyrologe romain relate sa mort. un portrait. Les premières années.Cnoareu.S6y). Le a Curé d'Ars n : ces simples mots sont un signalement. On lit autour : S. L'église Saint-Sévère. Une seule paroisse du diocèse de Grenoble.des méreaux . Le premier reposoir fut. cantonnée de quatre étoiles . on célébrait la fête de saint Sévère.Acta Sanctorum. De là on les conduisait processionnellement à la cathédrale où ils étaient installés. E L monde entier connaît la physionomie séduisante par son expression toute céleste de cet humble prêtre. Le démon enchaîné fait allusion non seulement aux malins esprits que saint Sévère avait repoussés. E\T\MANUEL VARNOUX. notamment. . Les nouveaux archevêques de Vienne se rendaient d'abord à SaintSévère quand ils venaient prendre possession de leur siège. était dressé un théâtre où l'on exposait le Saint Sacrement et où il recevait les adorations des fidèles. le revers porte une croix fleuronnée. a saint Sévère pour patron : c'est la paroisse de Chonas.) SAINT JEAN=MARIE VIANNEY Curé d'Ars (1786-1859) Fêle le 9 août. Recherches sur les précieuses reliques vénérées dans l'église de Tienne (1876). . Vers la fin du xix° siècle ces armoiries ont fait place à d'autres d'un esprit plus laïque. les cinq besants rappellent les trésors trouvés au pied de l'arbre et dans le temple des Cent-Dieux. émule de saint Jean-Baptiste par ses effrayantes et continuelles austérités. mais encore à l'idolâtrie qu'il avait abolie en détruisant le panthéon. . S. Antiquités (sG6g). en cuivre jaune. Sévère .Romv. chargé d'un calice d'or. séraphin d'amour. . ce monosyllabe de forme latine. on offrait un de ses doigts à la vénération publique : les reliques ont été perdues pendant la Révolution. On voyait anciennement à la porte de cette église une table de marbre sur laquelle ils prêtaient serment de maintenir les privilèges et les libertés de la ville.. . à huit kilomètres au nord-ouest de Lyon. (V. I3. un ormeau . Telle est l'origine de nos reposoirs modernes. 15x11. s'est attaché à la mémoire de Jean-Marie Vianney. L'église Saint-Sévère avait une espèce de monnaie .et celle de Notre-Dame des Jacobins. Histoire de l'Eglise. à l'ormeau arraché de sinople. à Lyon et dans la province de Vienne. un enfant qui reçut le même jour au baptême le nom de Jean45 . une leçon. . modèle achevé des pasteurs d'âmes. De la sainteté et de l'antiquité de la ville de Vienne (16x3). gros village situé en face de la colline de Fourvière. Ars. ne fut pas rendue air culte . Martyrologe et Cluonique. Autrefois. t. dit-on. ce qu'il en restait a été détruit par un incendie. c'est ce que représentaient les armoiries de la ville de Vienne : a d'or. civitas saneta (Vienne. le bois sacré et l'arbre superstitieux .Fseunr.Le LiSvae. naissait à Dardilly. saint Sévère est honoré le 8 août. représentent saint Sévère vêtu d'une aube et d'une chasuble et tenant un démon enchaîné . la cité sainte) a. P. à Saint-Ferréol. Sources consultées. en 1836. Le 8 mai 1786. comme un titre de noblesse gagné sur un champ de bataille. .

Marie. Un petit berger déjà apôtre. à réciter les prières élémentaires. à faire le signe de la croix. on fut obligé d'enlever les Crucifix et les images de piété. comme sa femme. chassant et mettant à mort les prêtres non assermentés. a Chez cet enfant aux cheveux bruns. « Vois-tu. 46 .c'est l'orthographe de lépoque . Consacré à la Sainte Vierge dès avant sa naissance. mais je le serais encore beaucoup plus si c'était toi. la piété et la pratique de la prière n'avaient pas supprimé une certaine pétulance naturelle : il était né avec un caractère impétueux. &r%rKF\/ 'Î p 66 g Aotr vable de ce goût insatiable de la prière et aussi de la haine du péché. si tes frères et tes sceurs offensaient le bon Dieu. il fut un enfant précoce dont la pensée allait aisément vers Dieu. dans la nuit. \'/lI\.Amour des pauvres. Dans les choses de la piété. il emporte son cher trésor avec lui. disaitelle. Arrivé avec sa soeur Gabon (Marguerite) dans les prés. mon Jean. le garçonnet ne s'en séparait ni le jour ni la nuit. . c'est à sa pieuse mère que Jean-Marie fut rade. aux récits de l'Histoire Sainte. l'enfant apprit de bonne heure de sa mère. Le père Mathieu Vianey . comme d'ailleurs ses cinq frères et soeurs. Quand on lui a confié la garde du troupeau paternel.était. il savait déjà se maîtriser . vrai modèle de foi éclairée et de piété éminente. à aimer le bon Dieu. surtout dans le charmant vallon de Chante-Merle. qui s'intéressait aux mystères de la vie de Jésus. il obéissait avec tant de promptitude et de persévérance que sa mère le proposait comme modèle à ses frères et soeurs. au regard vif. Jean-Marie atteignait à peine l'âge de raison quand la Terreur sévit en France. JeanMarie. tout en veillant sur les bêtes. aux cérémonies de la messe. j'en serais bien peinée. excellent chrétien. Malgré cela. Il y en avait dans les environs de Dardilly . L'enfant dut assister avec ses parents à des messes célébrées en cachette. Après Dieu. En posses sion d'une statuette de Marie. Au logis. L'enfant garda avec précaution sa statuette de Marie. la maison des Vianney en abrita momentanément quelques-uns.

le soir. par une suite de circonstances où ill n'y avait aucune faute ou préméditation de ai part et où il est permis de voir une intervention providentielle. le prêtre demanda aux parents d'envoyer leur fils pour rare instruction religieuse plus complète au village d'Ecully. le candidat au sacerdoce doit entrer à la caserne. . son aîné. le jeune étudiant rencontre beaucoup de difficultés pour apprendre le latin. Finalement. C'est aussii à Ecully. il récite son chapelet. . Jean-Marie voulait être prêtre pour gagner beaucoup d'âmes. Ce fut pour Jean-Marie un jour de bonheur et de joie profonde : il en parlera plus lard avec des larmes dans les yeuxx et montrera aux enfants d'Ars son modeste chapelet de communiant en les exhortant à conserver le leur. blasphémer. Sur la route. et do passage à Dardilly. Il s'y fit remarquer -par sa sagesse et son application et y fit en lecture surtout des progrès sensibles. l'1 y tombe malade.qui préparaient en cachette les premiers communiants. il sanctifie son dur labeur en l'offrant à Dieu et à la: Sainte Vierge. Aux champs comme dans la vigne. en 1799. 47 . de charité et d'obéissance. au pied de l'horloge de la maison. dans. pas de quoi payer les frais d'études. Le découragement le saisit. Ayant déjà beaucoup dépensé pour doter sa fille Catherine et racheter de la conscription François. dans l'église paroissiale rouverte au culte.hdarie-Baptiste ou même Jean-Baptiste-Marie Vienne y. se mortifie et travaille. A cause de sa mémoire ingrate.place la statue dans un tronc d'arbre ou sur un petit reposoir et récite.Laboureur et vigneron. Groboz. au risque de ruiner sa santé : les progrès sont presque nuls. M. Ballcy. . des graves lacunes de ses études primaires et du long repos donné au travail intellectuel. quand elle contrat cette vocai. il s'unit par la pensée et la prière au célébrant. leur recommande de ne pas désobéir. aux abords de laquelle on avait rangé des charrettes de foin que des hommes déchargèrent pendant la cérémonie. il fit. à treize ans passés. dans l'église paroissiale que le jeune homme reçut. Un pèlerinage fait à pied.Le sacerdoce. libre un peu les résultats scolaires. Il prie. En 18og. sans peur. C'est dans une chambre aux volets clos. le matin et le soir. c'est pourquoi. chasse le désespoir et amé-.ion. de son père. Jean-Marie revint à Dardilly. à l'époque où l'on coupe les foins. il fait souvent. au retour du travail. saa mère doit lui prescrire de prendre le repos nécessaire. instruisant les enfants. de la Compagnie de Saint-Sulpice. M. Le père refusa de se priver d'un grand garçon. venait d'ouvrir. à vingt ans passés. Après l'avoir entendu. Pendant la seconde Terreur. Quand il ne peut assister à la messe. il n'avait. La première communion. il se trouve légalement en état (le désertion et reste pendant deux hivers dans un village perdu des Cévennes. il va aider ses parents et son frère aîné dans les divers travaux de la ferme. Il choisit alors saint Jean-Baptiste commepatron de Confirmation . s'instruisant et priant. en mendiant le pain nécessaire. de longues stations pour adorer et prier. Jean-Marie logea pendant près d'un an chez sa tante Humbert. sa première Communion. pleura de joie. devant elle son chapelet. C'est à L âge de onze ans qu'il se confessa pour la première fois. que SAINT JEAN-MABIE v1ANNeY C7 la messe de communionn fut célébrée avec grande précaution. l'enfant fréquenta la modeste école ouverte à Dardilly par le citoyen Dumas. avant de s'endormir. Il fait prier les petits pâtres des environs. en n8o7.. en un mot se fait leur petit curé. Sa mère. Une vocation tardive bien éprouvée. il signera Jean. ill prolonge la veillée pour lire l'Evangile et l'Imitation.. Le jour même de sa première Communion. L'année suivante. organise avec eux de modestes processions. si nécessaire aux travaux de la ferme. Il est pour tous un modèle de patience. au tombeau de saint François Régis. à La Louvesc. la Confirmation donnée par le cardinal Fesch. Avec. l'autorisation. Pendant l'hiver (le 1795.A la maison paternelle. Les seize communiants furent conduits séparément dans la maison de la « ci-devant n dame de Pingon. Depuis plusieurs années. près de deux religieuses de Saint-Charles . leur enseigne des prières apprises de sa mère. il' autorisa son deuxième fils à suivre à Ecully les classes de la petite école presbytérale que le curé. Cela ne J'empêche pas d'ailleurs de jouer aux palets avec ses compagnons et de partager son pain avec les plus pauvres. à un prêtre non assermenté.la suite. édifiant tout le monde par sa piété.

à Lyon. Jean-Marie étudie la philosophie à Verrières. il entrait au Grand Séminaire SaintIrénée. trois mois après. vicaire général et supérieur du Séminaire furent très satisfaits des réponses. Son maître. aux examens d'ordination : nouvel échec. où son peu de connaissance de la langue latine lui fut fort nuisible pour les classes et les examens .L'amnistie générale dr. il obtint que le malheureux candidat. M. on le congédia au bout de six mois. SAINT JLAN-\MARIE VIANNCY 69 68 9 AOUT Sa mère ne tarda pas à mourir. « 48 . fût examiné en français au presbytère d'Ecully. Enfin. l'instruisit et le présenta. Agé de vingt-six ans. Balley. 1811 et le départ anticipé de son frère cadet pour l'armée le ramènent à Ecully où il continua ses études. Il s'y montra d'une faiblesse extrême. A l'automne de 1813. désarçonné par le jury imposant et la langue latine. Cette fois.

jusqu'à ses vêtements. Sans calculer. En signant sa feuille de nomination. son confessionnal fut assiégé et les malades ne demandèrent presque plus que lui. la grâce de Dieu fera le reste. cembre 1817. quand vous serez confessé. . étaient de véritables fléaux pour les bonnes moeurs.Mettez-vous là. Comme on s'excusait de le déranger pour bien peu de chose. son dévouement. n Jean-Marie reçut les ordres mineurs et le sous-dia. sa simplicité discrète. Le premier à lui ouvrir son âme fut son propre curé. en dé. une maison paysanne. l'ordonnait prêtre. te nouveau pasteur célébra sa première messe dans la pauvre église. n A l'œuvre pour la conversion d'une paroisse indifférente. sur le plancher. Balley confiera à son vicaire ses instruments de pénitence. Aux pauvres. Dès qu'on lui eut permis de siéger au saint tribunal. La nuit il couche sur des sarments. pas de repos dominical : l'ivrognerie. Au matin du Io février 1818. mais délaissait les pratiques chrétiennes. situé sur le plateau de la Dombes. le 13 août 1815. puis curé d'Ars. En mourant. mais la lettre de nomination ne lui donnait pas encore les pouvoirs de confesser. qui ne resteront pas inemployés : le fils spirituel s'en servira après son père vénéré. soit à enrichir le ménage du bon Dieu : il p•~sse souvent 49 . dit le vicaire général. Quinze mois plus tard. la paroisse d'Ars était confiée au zèle de l'ancien vicaire d'Emilly. A la grande joie de M. gardait un fond de religion. Mgr Simon. dans la prière ou la préparation . l'évêque de Grenoble. il les édifie par sa piété. le vicaire général lui dit : a Il n'y a pas beaucoup d'amour du bon Dieu dans cette paroisse . vous aurez la foi. je l'appelle au sous-diaconat. à trente-cinq kilomètres de Lyon. et avant de prendree ce sommeil. sans prévoir à quel point se réaliserait sa remarque : « Ce n'est pas trop de peine pour ordonner un bon prêtre.Je n'ai pas la foi. il se flagelle jusqu'au sang avec une discipline aux pointes de fer. les veillées. Balley le nouveau prêtre fut nommé vicaire d'Ecully. vous y en mettrez. quatre cabarets faisaient aux offices sacrés une concurrence victorieuse . M. les bals. le prélat prononça. il donne tout ce qu'il a. longue et ardue de ses prônes. Vianney se dépense au bien des âmes dans les fonctions du prêtre : pour elles il prie et se mortifie . Ce village de deux cent trente habitants. Au début de février 18x8. Il se met aussitôt à l'ouvre. dit un visiteur au saint curé d'Ars. n Vicaire d'Ecully. des enfants aux vieillards on blasphémait : le dimanche. M.Puisque c'est un modèle de piété. Il ne garde dans son modeste presbytère. qu'il abrège tant qu'il peut. Il consacre son petit avoir soit à soulager les pauvres. que le mobilier indispensable . conat le a juillet 1814. L'église était désertée . il passe tout le jour et une partie de la nuit à l'église. Dieu lui demandait de convertir sa paroisse.

supprimer à peu près le blasphème. Pour rendre l'église plus attrayante. puis il fait la guerre par les catéchismes et les prônes du dimanche à ce grand péché de l'ignorance en matière de religion. toujours les mêmes. Avec cela il se montre affable. Le bien ne s'opère pas sans souffrances pour l'apôtre. -. il lui donne un nouvel autel. Elles suscitèrent chez des esprits ignorants quelque étonnement. Du haut de la chaire comme au confessionnal.70 9 AOUT SAINT JEAN-MARIE VIANNEY 71 deux ou trois jours sans prendre de nourriture. Il parut sur la place publique afin de faire fuir les danseurs comme une volée de pigeons . Seules les âmes perverties. laissant à tous une parole surnaturelle.Ars n'est plus Ars. il paya le ménétrier ou le cabaretier. tarir la clientèle des cabarets. ajoute des chapelles. Les prédications. qui lui sont indispensables pour vivre. » Il refusa d'absoudre les jeunes filles qui dansaient ou assistaient aux danses. les pécheurs endurcis employèrent les insultes. Le curé d'Ars devra lutter plus de vingt-cinq ans pour enlever à ses paroissiens le goût et l'habitude des danses. s'empresse auprès dos malades. le travail du dimanche. Les coureurs de bals proclamaient ces plaisirs innocents et très légitimes. achète de nouveaux ornements. les veillées comme elles se pratiquent à Ars. L'heure des grandes épreuves. De la parole. sont des pourvoyeuses de la passion impure. l'outrage déshonorant contre le prêtre que 50 . à l'église. le curé passa à l'action. il fit peindre dans la chapelle do Saint-Jean-Baptiste. afin qu'ils se dérobassent à l'heure du bal . le pasteur ouvre les yeux à ces pauvres aveugles : la danse. la calomnie. cette inscription évocatrice : « Sa tête fut le prix d'une danse. les toilettes indécentes. voire des plaintes ou des murmures. visite les paroissiens. prépare lui-même pendant près de dix ans les quelques aliments. les réformes de l'abbé Vianney furent bien accueillies par les âmes vraiment chrétiennes. Il lui fallut huit ans de zèle assidu pour secouer la torpeur religieuse de ses fidèles.

les conversations sont plus chastes .En « lutte avec le grappin ». surtout celle de la Fête-Dieu. Elle était au-dessus (les autres. il cherchait à lui enlever le sommeil et. on récite l'Angélus . son austérité. Par des coups. des injures et d'autres faits semblables. Il y avait des prêtres. L'ensemble des fidèles était passé soit du liberl. Ainsi commencèrent les célèbres pèlerinages. à l'exemple et à une austérité héroïque. Chaque soir. l'abbé Vianney dépensa son patrimoine pour établir cette admirable Maison de la Providence. Vianney de longues stations au confessionnal. s'ajoutant à la prière. Il passa de seize à vingt heures par jour au confessionnal pendant plus de trente ans. Plus de respect humain . fréquentation assidue de l'église le dimanche . Vers une heure. modèle d'éducation populaire. qui se mourait. Le pèlerinage d'Ars. en hiver comme en été. il était de nouveau à l'église pour confesser jusqu'à l'heure de la prière du soir. plus de travail défendu . ce jour-là. éclairés. les pratiques religieuses reparaissent dans les foyers : en semaine. il ne reculait devant aucune peine. Pour le voir. Une vie nouvelle anime la confrérie du SaintSacrement. Les pécheurs couraient après l'humble prêtre. dans les rues. Partout sa piété. 72 9 AOVT Les bénédictions divines descendaient innombrables sur les âmes et sur les corps. C'est pour empêcher leur conversion que le démon -.ou le grappin. avait transformé la commune. des âmes inquiètes. soit de la simple piété à la ferveur. guéris. sanctifièrent les âmes. L'épreuve. écrivait son curé. 'des incrédules. et conseillait par quelques paroles lumineuses et sages. ces pèlerins s'en retournaient consolés. des cris. le repos. Il ne craignait pas son ennemi et le mettait en fuite par le signe de la croix.inage à la vertu. chaque matin. du Lyonnais. Des lettres fielleuses furent envoyées à l'évêché et déterminèrent une enquête canonique. Pour les petites filles de la paroisse et bientôt après pour l'éducation chrétienne et l'instruction des orphelines abandonnées. il y a toujours une personne eu adoration devant le Saint Sacrement . le curé d'Ars prêcha et confessa beaucoup dans les paroisses environnantes à l'occasion des Quarante-I-Ieures ou des missions. Satan fut vaincu et cessa ses attaques perfides pendant les dernières années du saint prêtre. A partir de 182o. ses conseils. Levé à minuit. des pécheurs. un bon groupe de fidèles sont là avant d'aller au travail. l'entendre. c'e. des fidèles de la Donbes. Les processions. le curé d'Ars attribuait ces grâces à l'intercession de a sa 51 . convertis.on en compta jusqu'à cent mille par an . de la Bresse. des secousses données à la maison et aux meubles. après sa messe. des bruits de tous genres. Pour rendre service â des confrères ou à des personnes qui le demandaient.t une paroisse petite qui sert Dieu de tout son coeur n. a Ars n'est plus Ars. des fonctionnaires. il inspirait le goût. à le faire canoniser. disant à charme !a vérité. .qui chaquee jour envahissait Ars imposa à M. toujours impressionnés par la sainteté du curé d'Ars. des travaux apostoliques. La fourmilière de pèlerins . Dans son humilité si profonde qu'elle aurait suffi. sont préparées et faites avec le plus de solennité et d'amour possible. . Étonnant médecin et convertisseur d'âmes.accabla ce dernier. à le dégoûter de la prière. venaient jusqu'à Ars. comme le nommait l'abbé Vianney . la paroisse se réunit à l'église pour la prière en commun. presque la faim do la confession : il lisait dans les consciences. de France et de l'étranger.tout le monde regardait comme un Saint. il recommençait jusqu'à l'heure du catéchisme qui avait lieu avant midi. de continuelles et pénibles obsessions. le jour ou la nuit. il se rendait à l'église une heure après . aux champs. Le curé d'Ars voyait dans ses attaques l'arrivée et la conversion de quelque gros poisson. pendantt environ trentecinq ans. lui demander conseil. au son de la cloche. il confessait ceux qui l'attendaient. à la messe. qui chaque année amenèrent dans la paroisse des milliers de personnes de toute condition. dit Mgr de Ségur. des religieux. des âmes en quête de la perfection . Dieu lui avait donné lo génie de la conduite des âmes .

de son chargé d'affaires près de Dieu. Isabelle Menez. vivant loin du lieu de sa naissance. le vainqueur de Figueras et de Guadix. -. a C'est nia pauvre fin u. Cette tombe devint un lieu de pèlerinage et de prières. les yeux baignés de larmes. Se Série (Paris. r3oo et 5327). offerte par les prêtres de France à l'occasion de la canonisation. Il avait soixante-treize ans. souriant. pour l'Eglise entière. Les funérailles. Les restes furent déposés dans un caveau au pied (le la chaire.Abbé FRANc. A plusieurs reprises. il était à bout .chère petite Sainte a. l'a donné pour patron à tous les curés du monde catholique . annonça t-il.rrg3. Cette incertitude a polir origine l'humilité même du Saint qui. L'évêque de Belley accourut bénir et embrasser l'agonisant. il articula péniblement qu'il voulait être enterré à Ais. Mort et funérailles. l'abbé Vianney avait annoncé sa fin pro chaîne. à 2 heures du matin. Bonne Presse. le corps de Jean-Marie Vianney est exposé intact dans une châsse de bronze doré. On priait sainte Philomène de guérir son grand ami d'Ars.Jossvn Visser. tranquille. l'Extrême-Onction et le Viatique. le curé de Jassans. rgaa). il fut béatifié par Pie X le 8 janvier rgo5. il était devenu fort et robuste. soit par un effet naturel. VenDesov. a canonisé le Curé d'Ars. Le mourant bénissait ceux qui pouvaient approcher jusqu'à lui et les pèlerins qui se trouvaient au dehors. entrait dans la gloire du ciel. Dans la nouvelle église d'Ars.Dans la gloire. victime de suffocations fréquentes.s Tnocnu. jusqu'à l'âge de g ans. Cependant. L'enfant reçut au baptême le nom d'Amédée. des milliers de pèlerinss défilèrent. Sur les pas de nos Saints. . et par obéissance. Cette blessure qui 52 . Déclaré vénérable le 3 octobre 1872 par Pie IX. et sa mère. Le bienheureux curé d'Ars (Paris.(V. il reçut. A l'annonce de cette mort. est. Pie XI. ne voulut jamais soulever le voile discret destiné à cacher la noblesse de sa parenté. Le vendredi 29 juillet 1859. Devant le corps. il demeura en effet si faible de santé qu'il pouvait à peine se soutenir. Selon l'opinion la plus probable. ses amis lui arrachèrent un jour l'aveu qu'il était né d'un père espagnol et d'une mère portugaise. suivant le conseil d'un ange qui aurait apparu à ses parents sous la forme d'un pèlerin. du diocèse. le 31 mai 1925. le curé d'Ars. fixée au 9 août. allié à la famille royale de Portugal. fille du comte de Viana. de la France entière. mais le mariage n'eut point lieu. Il commença dans les douleurs une vie qu'il devait terminer dans la mortification . La maladie fit de rapides progrès. Sources consultées. sinon à Dieu. par un Bref du 23 avril 1920. était une véritable étuve : le prêtre resta à son poste. fondateur des Amade'istes (t 1482). il se sentit plus malade. et.. son. père fut Rodrigue Gomez de Silva. Il fit venir son confesseur. renonçant ainsi à ce que son corps fût transporté à Dardilly. fut blessé au bras dans une bataille contre les Maures. gouverneur des forts de Campo-Mayor et d'Ouguela. à force d'instances. C. sans exprimer aucun désir de guérison. B. Avec difficulté. et. Avant le cloître. Fête le ro août. Le lait était la seule nourriture que son estomac débile pouvait supporter. rgo6). se confessa avec sa piété ordinaire. BIENHEUREUX AMÉDÉE Franciscain. . pleine de fidèles. ne. Mais bientôt. Devant un notaire. Les biographes désignent l'Espagne ou le Portugal comme la patrie du bienheureux Amédée. l'église. furent un cortège triomphal. . S.J. y faisant toucher de multiples objets de piété. Le jeudi 4 août. mais ne parlait guère. fit le catéchisme comme à l'ordinaire : la chaleur était torride . rga5). la fête. un grand changement s'opéra dans sa complexion. Au soir du lendemain samedi. Amédée ayant embrassé la carrière des armes sous les ordres du roi Jean II de Castille. il confessa. difficilement il gagna sa chambre et se coucha grelottant de fèvre. Ses parents le fiancèrent à une jeune fille de noble lignée. présidées par l'évéque de Belley. saint Jean-AfarieBaptiste Viauney (Lyon. Le soir. soit par une disposition de la Providence. grande fut la douleur de la paroisse. il en avait obtenu une relique grâce à Pauline Jaricot et lui avait dédié une chapelle dans l'église d'Ars. Le curé d'Ara. à l'âge de 12 ans. P. F. la martyre sainte Philomène dont on venait de découvrir le corps. .

mais le jeune homme réussit à les déjouer. et résolut de suivre désormais la voie des conseils évangéliques.Cuisine extraordinaire. ce monastère était habité depuis r38g par les Ermites de Saint-Jérôme. qui mit les agresseurs en fuite. Centre d'un pèlerinage important. Amédée réffé chic aux dangers quee laa fréquentation du. Dix années de sa vie se passèrent dans cette maison.le condamnait au repos fut le moyen 74 10 AOUT dont Dieu se servit pour attirer à lui son serviteur. dans l'Estramadure. qu'il choisit pour exécuter ce dessein. Dieu envoya à son secours un ange armé d'une massue d'or..monde et le métier des armes faisaient courir à son âme. Le démon dressa sur son chemin des embûches à sa vertu et à sa vie. où il prit l'habit des Hiéronymites. et il ne cessa d'y être un modèle de vertu pour tous les religieux. Mercédaires. Ce fut le monastère de Sainte-Marie de Guadalupe. Ses supérieurs lui avaient donné le soin de la cuisine. Chez les Ermites de Saint-Jérôme. qui y avaient succédé aux. Amédée arriva sans autre incident au couvent de Guadalupe.. Amédée raconta luimême plus tard comment. trois soldats s'étant jetés sur lui pour le massacrer. . et il s'acquittait très exactement de cet 53 .

Voilà une singulière manière de remédier à mon malheur 1 se disait le pauvre cuisinier. Résurrection d'une morte. le jeune religieux nourrissait dans son âme un ardent désir de verser son sang pour Jésus-Christ. Tandis qu'il prie avec ferveur et confiance. Amédée prit passage à son bord. Tempête mystérieuse. d se hâta de fuir pour se dérober aux marques d'estime et de vénération qui blessaient son humilité. Ayant reconnu par là que Dieu ne voulait pas qu'il passât en Afrique. Au sortir de cet entretien plus prolongé avec Dieu. et lui ordonna dee sortir de la ville. un religieux. Nombreux prodiges arrivés en sa faveur. Il ne douta point qu'un ange ne fût venu à son secours dans celle pressante nécessité. à cause de la violence du vent contraire et des écueils contre lesquels les matelots craignaient de se briser. Amédée recourt aussitôt à la miséricordieuse boité de Dieu et à l'intercession de la Vierge Marie. . car le Frère infirmier. Poussé par un mouvement do l'Esprit-Saint. il met un jour le feu à un meuble rempli de linge : bientôt l'incendie s'étend 54 la la le et . sollicités par te religieux qui désirait retourner à terre. reconnaissant alors qu'ils n'avaient point affaire à un espion. le sai B7nxnadnrux AMé»ÉE %K sirent et le conduisirent à leur chef. Cependant. Alors. de plus en plus troublé. il invoque aussitôt le nom de Marie et se relève sans aucun mal. Mais cette manoeuvre ne réussit qu'à moitié. où on lui donna l'emploi de sacristain. Celui-ci accéda à leur demande. Il serait trop long d'énumérer les nombreux prodiges par lesquels Dieu se plut à manifester sainteté de son serviteur. mais comme ce miracle avait attiré l'attention sur lui. s'approche du fourneau et se met en devoir dé remuer. cependant. entre dans la cuisine. Amédée sortit de Grenade avec l'intention d'aller en Afrique. Par mégarde. et déjà les bourreaux musulmans. ayant reçu l'hospitalité d'une pauvre veuve dont la fille venait de mourir. ville qui était encore à cette époque la capitale d'un royaume maure. parmi lesquels se trouvaient quelques chrétiens apostats. Amédée s'approcha à son tour et constata que toute trace de brûlure avait disparu. Sur son chemin. tandis qu'il garnit d'huile les lampes de l'église. menaçant d'engloutir le bâtiment et ses passagers. à l'aide d'un bâton. Une autre fois. le vin destiné au sacrifice de la messe s'accroît miraculeusement dans burette. il fut rencontré par une troupe d'infidèles qui le prirent pour un espion. Désir du martyre. non sans lui avoir fait subir une seconde flagellation. la ferveur de sa prière lui fit oublier de veiller au repas de la communauté. Il partit donc joyeux dans l'espoir d'aller cueillir en cette contrée la palme du martyre. le dépouillaient de ses vêtements lorsqu'ils aperçurent son rude cilice et les chaînes de fer qu'il avait coutume de porter autour des reins. il alla se jeter aux pieds de ses supérieurs et obtint d'eux la permission de se rendre à Grenade. un faux mouvement précipite dans le vide . interrogé. Mais à peine le vaisseau avait-il levé l'ancre qu'une tercipête épouvantable se déchaîna. dans laquelle il ne fut pas plutôt descendu que la tempête cessa comme par enchantement. Bientôt il atteignit le littoral. où il espérait trouver plus facilement la couronne (lu martyre. quelle ne fut pas sa douleur de trouver les viandes qu'il avait placées sur le feu entièrement carbonisées! Tout attristé de cet accident. Quand le religieux fut sorti. ils mirent en mer leur chaloupe. il retourna à son couvent de Notre-Dame de Guadalupe. La sentence devait s'exécuter sur-lechamp.. Amédéee pria alors le capitaine de virer de bord et de regagner la terre. déclara ne l'avoir en rien assisté dans son humble besogne. il eut compassion de ses larmes et ressuscita l'enfant .emploi. ils ne craignirent pas de plaider sa cause auprès du chef musulman. Aux environs de la ville. en qui il croit reconnaître le Frère infirmier du couvent. Un jour. Un jour. Cette rencontre inattendue les surprit . Celui-ci ordonna aussitôt de lui faire subir une cruelle flagellation et de le faire périr ensuite an milieu d'affreux supplices. Un navire marchand était sur le point de mettre à la voile pour l'Afrique . les suppliant de réparer sa négligence involontaire. à sa prière. le contenu de la marmite.

choisissez donc ce que vous préférez. Considérant que ces avertissements réitérés ne pouvaient être vains et illusoires. s'était acquis un grand renom dans le pays. Amédée ne voulut point passer outre sans lui faire visite ni sans profiter des lumières de son expérience. d'aliments ou de vin. Chemin faisant. Comme il s'en approchait. 76 10 AOUT BIENhEUREUX AM DIE 77 Vers cette époque. un rhumatisme aigu ou une autre affection. il préféra donc réserver pour le déclin de l'âge la part de repos que Dieu lui destinait. ils apportent avec eux de l'eau et éteignent l'incendie naissant. puis disparaissent à ses regards étonnés. pour y revêtir l'habit des Frères Mineurs. disparaît avec la jeunesse . Ses supérieurs mirent alors à sa disposition une petite voiture dans laquelle. On lui apprit qu'à une certaine distance. Cependant. lui offrit un peu de nourriture et du vin .Triomphe sur le démon. . il y séjourna quelque temps et y reçut l'habit de Saint-François (1452). Un jour. Poursuivant son chemin. puis tous les deux s'entretinrent longtemps du bonheur que l'on goûte au service de Dieu. en effet. Quand l'heure de la séparation fut proche. saint François d'Assise et saint Antoine de Padoue lui apparurent en songe et lui intimèrent l'ordre de se rendre en Italie.Vous aurez beaucoup à souffrir pour le Christ. l'ermite dit à Amédée : . vigueur qui. Le sacristain se précipite aussitôt pour se rendre compte des dégâts. Dom Gonzalve de Illescas. Il se dirigea donc vers la grotte de l'homme de Dieu. mais qu'il se trouva parfaitement guéri. qui lui enleva l'usage de ses membres . ils furent saisis d'étonnement. mais. Amédée se jette à genoux et invoque avec ferveur la Sainte Vierge. Sur sa réponse négative. le voyageur parvint à une léproserie où il dut s'arrêter pour prendre un peu de repos.menace de tout détruire. ô miracle f tout se trouve en ordre et rien ne révèle la moindre trace d'incendie. Mais. averti de son arrivée par une vision. et ils comprirent que la Providence avait seule pourvu aux frais du repas qui lui avait été servi. par sa vertu et ses austérités. qui devint plus tard évêque de Cordoue (} r4ô4). à Ubéda. il vit venir de son côté un vieillard à l'aspect vénérable : c'était l'ermite qui. Celui-ci n'eut garde de s'opposer à la volonté de Dieu si clairement manifestée. ou de vous reposer maintenant et d'être accablé de souffrances au soir de votre vie. Le choix d'Amédée ne fut pas long : jeune encore. Amédée prit congé de l'ermite qui lui donna deux de ses disciples pour guider sa route. s'empres sait d'accourir à sa rencontre. à l'heure des offices. il supplia avec tant de ferveur la Reine du ciel de lui accorder un peu de soulagement dans ses douleurs. 55 . on le transportait à l'oratoire. Il s'y tenait ordinairement dans une chapelle où était vénérée une image de la Sainte Vierge. Trois fois la Vierge Marie. Le solitaire ayant fait entrer son visiteur dans la grotte sauvage. il en parla à son supérieur. Dieu appelait Amédée à exercer son zèle dans une autre contrée et sous une autre règle. La permission obtenue. ayant rencontré sur sa route. se voyant dénué de tout secours humain. il ne trouvait de soulagement à ses maux que lorsqu'il pouvait entendre l'office divin. que non seule ment sa prière fut exaucée. vivait un ermite qui. Amédée partit sans retard pour Assise. Aussitôt se présentent deux jeunes gens. car personne n'avait porté à l'ermite 011 IIIIIIIIIII 11111NIÇ IÎÎ~ ~ " ~Allllllll "~"i u 'Le bienheureux Amédée voit deux jeunes gens inconnus éteignant le feu qui avait pris à la sacristie de la chapelle. il se sentait rempli d'une vigueur qui le rendait capable de supporter les plus grandes fatigues. ou de supporter ces tribulations dans votre jeunesse et de vous reposer dans l'âge mùr. ceux-ci demandèrent à l'étranger s'il avait coutume de porter des provisions avec lui. Départ pour l'Italie. qu'il suppose être des anges . d'ordinaire. sur le versant d'une montagne escarpée. un couvent de Frères Mineurs. Amédée fut attaqué d'une terrible maladie. Dans sa perplexité.

de son côté. Quand il se fut tin peu éloigné. Sur ce. après lui avoir donné une partie du dîner de ses ouvriers. Amédée voulut mettre à profit cette halte forcée pour réparer ses vêtements qui tombaient en lambeaux. il dut se contenter pour toute nourriture de quelques fruits sauvages. Deux jours 78 IO AOUT BIENIEUREUX AIItDtiE durant. Parmi les outils de son compagnon. dont il a fait la rencontre non loin d'Avignon. retrouve leur portion intacte. s'élevait une fumée épaisse qui répandait une horrible odeur de soufre. il jeta cependant un regard en arrière : le faux ouvrier avait disparu et de l'endroit où peu auparavant il était assis. L'ouvrier ne tarda pas à s'endormir. le religieux remit à sa place l'étrange outil et prit la fuite sans oser détourner la tête. les deux voyageurs s'arrêtèrent sous un arbre pour se reposer. ne cessait de lui tendre des pièges. Un jour.La prophétie du vieillard ne tarda pas à recevoir son accomplissement. et qui. Mais si Dieu l'assistait d'une manière si visible. le démon. il y avait une sorte d'alène : il voulut l'utiliser pour sa besogne. car le reste du voyage fut pénible. ce qui lui fut accordé. égaré dans une solitude. Sa persévérante fidélité se trouva souvent récompensée par des marques d'une protection spéciale. Amédée comprit alors qu'il avait eu affaire an démon. Brisés par la fatigue. Mais quelle ne fut pas sa stupéfaction de trouver le manche de cet instrument entr'ouvert et plein de ducats 1 Craignant aussitôt de succomber à la tentation. c'est un seigneur. c'est un ange qui lui apporte un pain de pur froment. mais la Sainte Vierge lui apparut et lui 56 .Je me rends à Gênes. et le pieux voyageur eut beaucoup à souffrir de la fatigue et de la faim. l'ouvrier déclara qu'il se dirigeait vers la même ville et manifesta le désir de faire route en sa compagnie. Amédée vit un jour sur sa route un homme qui lui sembla être un ouvrier chaudronnier et qui lui demanda où il allait : . Une autre fois. répondit l'interpellé. Le pieux voyageur tomba malade en arrivant à Gênes.

près de la porte de Verceil. Il restait quelquefois quatorze heures en prière.rendit ses forces. voyant que toits ses efforts pour calmer les esprits étaient impuissants. plus terrible petit-être que les précédentes. Amédée avait fini par lier connaissance avec les Frères chargés du soin de la sacristie. Dans cette nouvelle retraite. Mais le même traitement l'y attendait. Ange. A force de fréquenter l'église des Franciscains. lui dit le monstre.Que le monde tout entier s'écroule. L'un des religieux sacristains étant tombé malade. l'humble solliciteur se rendit à Assise et alla frapper à la porte du couvent de Saint-François. Là. Merveilles qu'il y opère. Amédée fut d'abord chargé de la sacristie. Le nouveau fils de saint François se trouvait au comble de ses voeux. excitèrent bientôt contre lui l'antipathie de plusieurs religieux moins fervents. de Lucques. par de semblables paroles. où les Franciscains possédaient un couvent. Ange de Pérouse. celui-ci offrit à son bienfaiteur. Les haillons qu'il portait et que son humilité estimait encore trop riches et trop luxueux ne pouvaient faire deviner en lui un religieux : aussi ne lui ména-. après de grandes difficultés. L'oraison était aussi son bouclier de défense contre les attaques fréquentes du démon. le nouveau Ministre général. il obtint de ses supérieurs la permission de se retirer dans une cellule de l'ancienne infirmerie pour y vaquer 8o 10 AOUT plus librement à la contemplation. Ce religieux refusa de le recevoir. geait-on pas les injures ni les mauvais traitements.A quoi bon tant de prières et do dévotions. qu'il prenait toujours pour un simple laïc. Arrivée à Assise. A ces mots. Dieu permettant ces épreuves pour exercer sa patience et fortifier sa vertu. Amédée pria pour lui et obtint sa guérison. mais comme cet emploi le détournait de l'oraison. Il est admis dans l'Ordre des Frères Mineurs et se rend à Milan. C'est ainsi que celui-ci obtint par ses prières la naissance d'un enfant au foyer de Catherine de Condon. ne se rebuta point. . et dans l'espérance que Dieu lui fournirait les moyens d'exécuter sa sainte volonté. répondit ce dernier . Dans sa reconnaissance. le géant disparut avec fracas. sur le conseil d'en haut. Il leur rendait de menus services et recevait d'eux en récompense quelques aliments. Peu après. La vie austère qu'il menait au couvent d'Assise et l'observance exacte de la règle à laquelle il s'appliquait. pour moi. poursuivant son chemin vers Assise. un habit de Frère Mineur. femme de César de Cordon. et. de sorte que. Amédée. puisque tu es déjà damné pour jamais? Et il s'efforçait. Amédée était un jour prosterné au pied du maître-autel de la basilique supérieure. je veux rester toute ma vie vrai serviteur de Dieu et d. d'abstinences et d'austérités. avec une admirable patience et une angélique douceur. il bâtit un petit ermitage tout près de l'église de Saint-François. Le solitaire trouvait dans l'union avec Dieu le courage de supporter ces épreuves. vers la même époque. Dieu continua à manifester par un grand nombre de miracles la sainteté de son serviteur. Jacques de Mozanica. Cette faveur et beaucoup d'autres qu'il serait trop long de rapporter répandirent la renommée du pauvre ermite d'Assise. étant mort. il partit pour Pérouse. Celui-ci l'envoya à Milan. lecteur en théologie et Ministre général de l'Ordre de Saint François. il parvint à Chiavari. de jeter Amédée dans J'abîme du désespoir : . et toujours à 57 . mais la période de tribulation n'était pas encore terminée pour lui. Amédée arrivait à Pérouse. Amédée supporta cette épreuve. où se trouvait alors le Ministre général de l'Ordre. ne fit aucune difficulté d'admettre Amédée au nombre des Frères Mineurs. Mais. où il trouva le Fr. Sans se décourager. tant de jeûnes. puis pour Brescia. Marie. et son interlocuteur occasionnel remercia Dieu de sa délivrance et de son triomphe. quand Satan se présenta devant ses yeux épouvantés sous la forme d'un géant immense. il vécut trois ans de privations ci de pauvreté. en effet. et soeur du Pape Nicolas V. pour qui sa conduite semblait un reproche perpétuel : aussi l'accablèrentils de toutes sortes de vexations.

que se réunirent autour de lui les premiers Amadéistes. Il reçut les derniers sacrements et s'éteignit doucement au milieu de ses religieux le io août 1482. opinion aujourd'hui abandonnée bien qu'elle s'accorde avec le Martyrologe romain où il est dit de saint Taurin qu'il fut « ordonné évêque d'Evreux par le bienheureux Pape Clément a. Les églises qui ont eu le bonheur de posséder de ses reliques ont souvent constaté des grâces merveilleuses obtenues par son intercession. De nombreux miracles s'opérèrent sur le tombeau du saint fondateur. pour lui. au xvie siècle. joignait à la noblesse du caractère l'excellence de la foi chrétienne. Après Dieu. Aperietur in ternpore. Dans ce monastère. après avoir triomphé de diverses persécutions. n Quoi qu'il en soit de cette légende.) SAINT TAURIN Premier évêque d1Evreux (IVe siècle) Fête le ri août. autour des Origines de l'Ordre de Saint-François. non seulement a en Normandie mais en Auvergne. qui possédait la première église dédiée à saint François. 58 . le choisit pour son confesseur. prosternée près du tombeau de quelque martyr. Le peu que nous savons de lui a été écrit longtemps après sa mort. d'après le vénérable François de Gonzague. Eutice voyait avec peine les emportements où la haine du christianisme entraînait parfois son mari. Eutice. quand il tomba malade. L'Ordre des Amadéistes a été réuni.:(V. Amédée avait quitté Borne pour visiter ses monastères. sous le pontificat de saint Pie V. Ainsi s'explique que certains aient placé sa venue dans les Gaules dès le premier siècle et sa mort entre 119 et 127. connaissant son humilité. en Bourgogne. P.Acta Sanclorum. et souvent. et il supplia ses supérieurs de l'éloigner de Milan et de l'envoyer dans un couvent où il pût vivre ignoré des hommes. était païen . en Lorraine. Un nouveau Samuel. et le Pape Sixte IV ayant appelé Amédée à Rome. Le moment approchait où Dieu allait rappeler à lui ce bon et fidèle serviteur. a été falsifié en beaucoup d'endroits et doit être tenu pour très suspect. t 1: d'août (Parie et Rome. G. qui porte son nom. Aussi devons-nous beaucoup regretter que ses contemporains ne nous aient pas laissé une histoire de sa vie. les miracles se multipliaient sous les pas d'Amédée aussi accourait-on de toutes parts afin de se recommander aux prières d'un homme si puissant sur le cour de Dieu. et en 1625 le Pape Urbain VIII autorisa son culte. ont été joints par Léon XIII à trois autres rameaux franciscains pour former l' « Ordre des Frères Mineurs a. le contraignit d'accepter cet honneur. mais sa mère. François Sforza. Cependant. D'après un ancien manuscrit d'Evreux et d'autres de l'abbaye de Gigny (Jura). S. elle avait imploré du ciel. Ces religieux. se multiplièrent avec rapidité. On assure que le bienheureux Amédée eut certaines révélations relatives à la fin des temps et qu'il laissa à ses religieux un volume scellé qui fut placé dans son tombeau avec cette inscription sortie de ses lèvres : e Ce livre sera ouvert au temps marqué par Dieu. Son père. selon le témoignage de traditions assez flottantes. Il célébra sa première messe le jour de l'Annonciation de.genoux. L'humilité du religieux s'effraya (le ces marques de respect. en la fête du martyr saint Laurent. On le fit partir pour Marliano. Sources consultées. 1867). Ce fut l'année suivante. Il reçoit les ordres sacrés et fonde les Amadéistes. c'est à cette mère chrétienne que Taurin devra sa sainteté et Evreux son apôtre. le comblait des témoignages de son estime et de son affection. ou du moins que ce récit se soit perdu. qui eux-mêmes. un recueil de prophéties. OCTAVIEN. n' 8o8. Taurin naquit à Rome d'une riche et noble famille.. qui formaient une branche nouvelle de l'Ordre franciscain. Le duc de Milan. . l'année 1469 avec les sentiments de dévotion et de respect que mérite ce mystère adorable. se vit à la tête d'une Congrégation florissante. et bientôt le fondateur. B. . et de là pour Oppreno. et fit bâtir pour lui et ses religieux le couvent de Saint-Pierre in 9fontorio. en FrancheComté. SAINT Taurin fut l'apôtre d'Evreux : sa mémoire est restée en grande vénération pendant de longs siècles. Amédée reçut les ordres sacrés pour obéir à son provincial qui. depuis le 4 octobre 1897. à Milan. Un monastère fut établi à Milan sous le vocable de Sainte-Marie de la Paix. aux Franciscains de l'Observance. Tarquin. d'origine grecque ou orientale : c'était probablement au ive siècle.

Plus que tout autre. et en dépit des. Taurin ne rêvait que le service du Christ.Quelle autre joie me resteraitil.. Ni le prestige d'une position avantageuse ni les appâts des honneurs et de la fortune n'eurent de prise sur son cour entièrement voué au Seigneur. En ces premiers siècles. étaient comprises jadis sous le nom commun d'Aulerques et habitaient la région appelée plus lard la Normandie M'oins heureux que d'autres Gaulois.. puis. Après de longues marches et des vicissitudes diverses. mère de Samuel. à ce qu'il semble. Or. avec les Véliocasses el. En effet. pour aller porter la lumière de l'Evangile aux populations encore païennes et conquérir des âmes à Jésus-Christ. L'enfant fut nommé Taurin..dit-il. durant les courses de l'apôtre. L'ennemi des âmes n'était pas disposé à abandonner la place sans une furieuse résistance. selon l'expression de la Sainte Ecrit. amis.. les Lexoviens. voilà donc où en est réduit ton orgueil : à ressembler aux bêtes et à se complaire dans leur figure. Une première fois.ure. Le monde et ses vanités n'avaient pas d'attraits pour lui. A l'exemple d'Anne. Loin de contredire aux nobles aspirations d'Eutice qui. et la plupart. Taurin s'avance intrépidement contre ces bêtes féroces. patrie. où la foi chrétienne n'avait point encore multiplié le nombre des prêtres et. apostrophant en elles son ennemi : « Misérable„ . répond Satan. parents. Vocation à l'apostolat missionnaire. . les habitants de cette région n'avaient pas. d'un buffle et d'un loup. sous l'aspect d'ani maux terribles. le nouveau messager de la foi reçut la mission d'aller prêcher Jésus-Christ dans les Gaules. maintenant que tu viens nie chasser 59 . il combat avec les armes de la prière et de laa pénitence. Taurin était digne de le recevoir . religion chrétienne par sa pieuse mère. Satan veut effrayer son adversaire enn se présentant à lui. le caractère épiscopal était d'une grande utilité au chef d'une mission.des grâces de conversion. fort de son espoir en Dieu. Après une brillante éducation. une nuit. mais il obéit au Pontife romain. étaient encore assis à l'ombre de la mort. après lui avoir conféré les ordres sacrés. dans la fleur de son âge. il médita le généreux dessein de tout quitter. Mais. Le successeur de Pierre. l'ange du Seigneur lui apparaît en songe et lui annonce qu'elle va être exaucée. lune des trois peuplades qui.erreurs de son père. d'un lion. Ainsi armé de la force et des lumières de ]'Esprit-Saint> libre de tous les biens de la terre. dit le chroniqueur. des pasteurs. encore en. au pays d'Evreux. Saint Taurin évangélise le pays d'Evreux. la naissance d'un fils ne tarda pas à réjouir le cceur de Tarquin et d'Eutice. Mais Taurin a pour lui l'armée du ciel . I I AOUT SAINT TAURIN 83 cependant ménagé ni les pleurs ni' les prières pour bbtenir de Dieu un fils qui serait tout entier consacré au service des autels. l'avait promis au Seigneur. repos. dès avant sa naissance. son humilité peut-être eût voulu décliner un tel honneur. lui communiqua la plénitude du sacerdoce par la consécration épiscopale. Luttes avec Satan. elle n'avait 82. des missionnaires à poste fixe. il fut élevé dans la. richesses. l'apôtre arrive enfin dans la tribu des Eburovices. et lee triomphe n'est pas douteux. Un autre tourment affligeait sa vie : c'était sa longue stérilité.

Le magistrat. sur le refus d'adorer des dieux de bois ou de métal. lorsque leurs bras s'arrêtent .de ces lieux P Mais je me vengerai de toi.Le Seigneur est mon soutien. que Taurin priait dans son cachot. toujours égal à lui-même. D'autres combats attendaient le missionnaire. il rend à Lucius sa fille vivante et parfaitement guérie . au diocèse d'Ewreux. ce n'était pas sententent la renommée des merveilles qu'opérait son serviteur. Taurin prêchait la doctrine du Christ. D'abord il n'avait autour de lui qu'une centaine de fidèles. sans s'enorgueillir du succès. repartit l'envoyé de Dieu . Ange de paix et de lumière. et le préfet reçoit le . est condamné à mort.: « Gloire au Christ. femme du préfet. tu me fais la guerre . je ne crains aucune créature. sous le coup de la douleur. poussé par les magiciens ell les prêtres des 'idoles. sans se décourager devant les obstacles. ordonne de jeter le martyr dans un affreux cachot. qui faisait sa demeure dans une idole. il annonçait le Dieu qui a envoyé son Fils pour le salut de tous les hommes. mais encore l'éclat des vertus qui brillaient en lui. Le fils du préfet est frappé de mort subite. l'évêque commande au démon. Conversions nombreuses. et le peuple s'écrie. Au tribunal des magistrats de l'empire. A cette vue. Forcé sa il AOUT par la puissance du Très-Ilaut. le faux dieu répondit d'une voix lugubre qu'il. semant partout le bon grain de l'Évangile et l'arrosant de ses sueurs et de ses larmes. moi aussi I . le lieu où le missionnaire avait été flagellé. Au bout de quelques années. Saint Taurin modèle de l'évêque et du missionnaire. la torture cruellement et la jette dans le feu où elle expireSatisfait de sa cruauté. païen cruel. le missionnaire annonçait l'Evangile au peuple. et une voix céleste se fait entendre.baptême avec son fils. Cependant. et. Déjà. envoie l'ordre d'arrêter le héraut de Jésus-Christ et de le faire comparaître devant lui : l'interrogatoire est court et la cause est promptement jugée. il compta des milliers de diocésains. l'esprit infernal crie dune voix frémissante : e Taurin. vrai Dieu 1 u Sa condamnation à mort. Bientôt. car Salan a toujours facilement trouvé des auxiliaires dans les passions des hommes. Mais sa jeune femme persiste dans sa foi : le préfet. ce qui attirait les païens an Christ.Il ressuscite le fils de son persécuteur. Taurinentre dans un temple d'idoles. des bourreaux lui déchirent les flancs à coups de lanières et de nerfs de boeuf. n'était qu'un démon venu pour tromper les hommes. On montre encore. est contraint de supplier son prisonnier d'intercéder pour lui auprès de son Dieu. A quelque temps de là.soudainement desséchés. Licinius. de nombreuses personnes se convertissent. son hôte. je te déclare une guerre implacable. Devant cet important aveu. 60 . parmi lesquelles Théonille. Le préfet des Aulerques. oubliant jusqu'aux droits de la nature. près de l'église de Gisay. Licinius. le vrai Dieu. Taurin ressuscite le défunt. sur l'ordre du préfet. Au nom ode Dieu. dès aujourd'hui. dans l'humilité et la patience. de dire qui il est. lorsque le démon s'emparant de la fille de Lucius. intervient par sa puissance. suivi d'une foule nombreuse. ordonne de la jeter ellemême dans une prison. comme sous le chaume de l'artisan. douze cents personnes se convertirent. n Ensuite il se met à genoux et prie. Un autre jour. a Taurin le chassa par le signe de la croix. disant au martyr de rie rien craindre. au comble de la fureur. Au reste. Taurin. .

Peu à peu les temples païens sont déserts : quelques-uns tombent sous les coups des démolisseurs
; d'autres sont changés en églises, par les mains du Pontife, et leurs murs, naguère témoins des
infamies païennes, retentissent maintenant du chant des psaumes et des louanges du vrai Dieu.
Dans cette ouvre réparatrice, l'évêque n'oublie pas la Reine des vierges, à laquelle il a consacré
ses travaux ; d'un temple de Diane, d'où il a chassé les statues de cette divinité païenne, il fait un
temple dédié à l'Immaculée Mère de Dieu. Ce fut le premier sanctuaire 'levé sur le sol d'Evreux ; il
porta le nom de Sainte-àlarie de la Rotonde, et la Sainte Vierge, à qui Taurin l'avait dédié, reçut, dès
ce jour, le nouveau champ d'apostolat sous son patronage spécial.
Après s'être ainsi créé un diocèse, à force de dévouement, de zèle et de fatigues, Taurin ne cessa
jusqu'à ses derniers jours d'en parcourir les bourgs et les campagnes pour affermir les fidèles dans la
foi et les former à la pratique des vertus chrétiennes. Qui dira ses labeurs, dans cette ouvre
éminemment civilisatrice P
Mort de saint Taurin. - Son culte. - Ses reliques.
Enfin, un ange lui donna l'assurance que l'heure de la récompense éternelle approchait : le Père
de famille attendait au festin du ciel ce vaillant et bon ouvrier.
Transporté d'allégresse par ce message, l'homme de Dieu convoque son peuple et lui adresse ses
derniers adieux ; puis il le bénit, et pendant qu'une nuée embaumée l'enveloppe tout entier, son âme
prend l'essor vers les cieux.
A ce prodige, le deuil universel se change en une immense action de grâces : chacun des témoins
de cette scène proclame à l'envi la sainteté du serviteur de Dieu, et lorsqu'après une heure de durée
la nuée merveilleuse s'est évanouie, de pieux fidèles procèdent à la sépulture du défunt.
Plus que sa vie peut-être, le tombeau du Saint, au témoignage de l'histoire, fut fertile en prodiges.
Signalons en particulier,, parmi les plus certains, la guérison

Saint Taurin chasse d'un signe de croix des animaux sauvages dont le démon a pris la forme pour
l'effrayer.
des deux époux Le Tac, au xvn° siècle. L'un et l'autre étaient dangereusement malades, la femme
d'une paralysie et le mari d'une attaque de goutte ; mais aux maux du corps se joignait pour celuici
la plaie bien plus grave de l'âme : il était calviniste.
C'est au tombeau de saint Taurin, et par son intercession, que la dame du Tac recouvra l'usage de
ses membres. A son tour, son
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SAINT TAURIN
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SAINT TAURIN
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mari ayant usé avec foii de quelques linges qui avaient touché la châsse du saint évêque, en reçut
un si prompt et si grand soulagement, qu'il renonça aux erreurs protestantes pont' rentrer au sein de
la véritable Eglise.
Un enfant du bourg de Damville, au diocèse d'Evreux, était sujet à des attaques d'épilepsie, qui le
prenaient tous les jours, Le jeune malade finit par être paralysé des deux jambes, et les médecins
jugèrent le mal incurable,- Le père, catholique fervent, commença une neuvaine en l'honneur de
saint Taurin. Le neuvième jour, - comme il revenait d'Evreux, après avoir achevé ses pieux
exercices, quelle ne fut, pas sa joie de voir accourir au-devant de lui son fils parfaitement guéri 1 Il
avait recouvré la santé à l'heure même où l'on offrait pour lui à Evreux le Saint Sacrifice de la
messe, en l'honneur de saint Taurin : ce prodige eut lieu le ta mai r6gr.
L'invention des reliques de saint Taurin par saint Laudulfe.
Les restes de saint Taurin sont passés par bien des vicissitudes depuis la mort de l'apôtre d'Evreux
jusqu'à nos jours, mais une protection spéciale de la Providence les a en grande partie conservés.
Au v° et au vie siècle, les hordes dévastatrices des barbares passent et repassent sur le sol
d'Evreux, comme à travers tant d'autres villes, et l'emplacement du saint tombeau est oublié.
Il était réservé à saint Laudulfe (ou Laudulphe,, que l'on appelle aussi, par abréviation, saint Lau)
de le retrouver. Laudulfe était chanoine d'Evreux, à la fin du vr° siècle. Ce prêtre était un modèle
parfait de prière et de pénitence. Il avait fixé sa résidence dans un pauvre ermitage, à une heure de
la ville. Sa cellule était une chétive maisonnette composée de quatre murailles et d'un toit, sans
ameublement ;: quelques légumes et des herbes sauvages suffisaient à sa nourriture- Chaque jour,
par les froids de l'hiver comme par tes chaleurs de l'été, il venait à Evreux assister aux offices de
l'église Notre-Dame, et y remplir les fonctions de son ministère. Il sentait se ranimer sa ferveur en
songeant que cette église avait été fondée par saint Taurinn et dédiée par lui à la Reine des anges,
pour qu'elle fût la patronne de tout son diocèse.
Un jour, comme il priait dans sa solitude, il entendit les anges chanter les louanges du Très-Haut
et célébrer les mérites de son serviteur saint Taurin : cette vision augmenta en luii le désir de
retrouver les reliques du grand évêque.
A la mort de Viateur, évêque d'Evreux, Laudulfe fut élu pour lui succéder. Il redoubla alors de
prières pour obtenir de découvrir les restes de son saint prédécesseur. Un jour ga'il répétait ses
instances, il vit une colonne de lumière, brillante comme le soleil, s'échapper du sol et monter vers
le ciel àà une prodigieuse hauteur. Onn creusa à cet endroit et l'on trouva un sarcophage sur lequel
se trouvait gravée une inscription. latine disant : « Ici repose. le bienheureux Taurin, premier évêque
d'Evreux- I»
Laudulfe, tout heureux de sa découverte, fit construire sur le tombeauu une chapelle, quii fut
remplacée plus tard par une grande
église. A partir de ce jour, Laudulfe marcha avec une nouvelle ardeur dans le chemin de la
sainteté, imitant fidèlement les vertus épiscopales de saint Taurin, jusqu'au jour où Dieu l'appela à le
rejoindre au, ciel (vers 6ao).
Translations des reliques.
Deux siècles plus tard, un autre évêque d'Evreux, Guntbert, réussissait à soustraire les reliques de
saint Taurin aux ravages des normands qui, bien avant Rollon, avaient commencé à désoler la
région de la Neustrie où ils. allaient se fixer pour toujours ; les restes du premier évêque d'Evreux
furent cachés, partie dans le cimetière de l'abbaye de Saint Taurin, à Evreux, ondée vers fige, partie
dans l'église de Saint-Pierre, au bourg de Lezoux, quelquesunes auraient été aussi mises en sûreté à
Fécamp et à Chartres et jusque dans le Massif Central ; sis l'onn s'étonne de les voir si éloignées,
que l'on se rappelle le corps de saint Philibert de Noirmoutier, porté jusqu'à Tournus et, celui de
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saint Martin de Tours,
à Autun.
Mais, en grz, les Normands s'étaient convertis. A la faveur de la paix qui suivit cet heureux
événement, les habitants d'Evreux voirlurent rentrer en possession du corps entier de leur patron :
trois
jeunes clercs allèrent, vers gi4, comme cela se fit alors pour d'autres reliques, enlever
secrètement les restes de saint Taurin, au moins ceux qui reposaient dans l'église de Lezoux ; mais,
au retour, ils furent retenus trois jours au bourg de Gigny sans pouvoir s'en éloigner. Gigny
possédait alors une abbaye placée sous le vocable de saint Pierre, et dont l'Abbé n'était, autre que le
bienheureux Bernon, le fondateur de l'abbaye de Cluny. C'est à lui qu'ils abandonnèrent le fruit de
leur larcin, se résignant à rentrer à Evreux avec les mains vides.
A une époque assez difficile à préciser, une ou plusieurs reliques importantes semblent avoir été
apportées à l'abbaye de Fécamp ; saint Taurin y avait un autel près duquel plusieurs Abbés tinrent à
être inhumés- Le culte du Saint dans les diocèses de Rouen et de Bayeux est attesté par les anciens
Bréviaires.
Sur ces entrefaites, en 1158, l'abbaye de Gigny ayant été détruite par un incendie, les reliques de
saint Taurin qui, s'y trouvaient furent, transférées à Cluny, distant d'environ seize lieues. Des
miracles marquèrent leur passage. Les moines de Cluny honorèrent l'évêque d'Evrcux d'un culte
spécial, et l'un des premiers Bollandistes, le P. Papebrock, revenant de Borne en Belgique en r66r,
déclare avoir vénéré dans le célèbre monastère une relique consi dérable de saint Taurin. Il semble
qu'un partage ait eu lieu, une partie faisant retour à Evreux, tandis que l'autre revenait à Gigny, où.
elle demeura jusqu'aux jours néfastes de la Révolution.
Durant la nuit du 23 fructidor de l'an 17g4, les reliques de Gigny tombèrent entre des mains
sacrilèges ; cettee fois encore on parvint à les sauver, au moins en partie, de la destruction. La tourmente passée, Evreux a pu rentrer en leur possession. Elles y sont
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ri AOUT
conservées dans une châsse splendide, un des plus beaux monuments de l'orfèvrerie médiévale.
L'ancien Martyrologe franc-comtois, en usage dans les diocèses de Besançon et de Saint-Claude,
prévoyait pour Gigny la fête de saint Taurin le 5 septembre. Depuis la revision récente des Propres
diocésains, cette fête a été conservée dans le seul diocèse de SaintClaude ; en revanche, elle figure
aux Propres de Chartres, Séez et Coutances. Au diocèse d'Evreux, elle est célébrée sous le rite de
première classe.
Dans ce même diocèse, saint Taurin est le patron d'une paroisse de la cité épiscopale, ainsi que
des paroisses de Gisay, Hécourt et Thiberville. MAXIME VIALLET.
Sources consultées. - Acta Sanclorum, t. Il d'août (Paris et licous, 1867). Dom BAUnoT, Dictionnaire d'hagiographie (Paris, 1925). - Mgr GAuanoN, Notre diocèse
(l'svreax„193x). - (V. S. B. P., n' Goo.)
PAROLES DES SAINTS
Toujours en avant.
Celui qui n'avance pas s'arrête ; celui qui revient d'où il s'était déjà éloigné recule ; celui qui
apostasie sort du chemin. Le boiteux va mieux dans la voie que le coureur hors la voie.
Pour posséder Jésus-Christ.
Quiconque sait parfaitement quelle est la douceur de la vie céleste quitte volontiers tout ce qu'il
avait aimé des choses de la terre. Tout lui semble vil en comparaison ; cette vaine apparence des
biens terrestres qui lui plaisait auparavant lui paraît difforme, parce qu'il n'y a plus que cette belle
perle qui remplit son esprit de sa brillante clarté.
Saint GnscotnE I°r LE GnAND,
(ilom€lies sur les Evengiles, xi.)
L'Ecriture sainte.
Si vous voulez éprouver combien la lecture de l'Écriture Sainte est utile, examinez-vous vous63

(Sermon 7. en Sicile. surtout en Numidie. afin de vous témoigner son amour. Le roi. la martyre de Catane (t 251) . OMPATBTOTE de sainte Agathe. Un des traits caractéristiques de la vie chrétienne aux premiers siècles de l'Eglise est le culte et l'étude des Saintes Ecritures. la naissance au ciel de saint Euple. refusèrent d'avoir aucun rapport avec ces traîtres. a bien voulu faire l'office d'avocat pour vous dicter la demande qu'il devait exaucer. (Commentaire sur saint Afallhieu. Chanter les louanges de Dieu est le plus beau privilège de l'homme : c'est la nourriture de l'âme. la martyre de Syracuse (t 3o4).) L'Oraison dominicale. contemporain de sainte Lucie. avec les vases sacrés et ornements qui servaient au culte.) SAINT EUPLE Diacre et martyr à Catane (t 304). encore appelé du nom latin Euplius ou Euplus. de là les édits sommant les chrétiens. Voyez dans quelle disposition vous êtes lorsque vous écoutez des psaumes ou lorsque vous entendez des chansons profanes : vous serez surpris de voir combien votre âme est différente d'ellemême dans ces circonstances. de livrer. Saint Paul disait : e Les mauvais entretiens corrompent les bonnes moeurs. dont la fonction principale était de faire connaître et d'expliquer les textes évangéliques. était à leur tête.même. Les « traditeurs ». c'est son ornement. entouraient-ils les Livres Saints de soins et de précautions. évêque de Casas Nigrae ou les Cases-Noires. Saint PIERRE CinsysoLOGUE. nous est présenté en ces termes par le Martyrologe romain a A Catane. eut enfin la fête tranchée et _eçut la palme du martyre. c'est sa sécurité. les livres des Evangiles. sous peine de mort. séeution. en Numidie. Celui que vous devez prier vous donne lui-même la formule de votre supplique. Un des grands soucis des persécuteurs dans les mesures prises pour détruire le christianisme fut donc de s'emparer de ces livres et de les détruire . sous les augustes Dioclétien et Maximien. Aussi les prêtres et les diacres. il souffrit une longue torture pour la confession du nom du Seigneur. c'est ce qui leur lit donner le nom de 64 . un grand nombre d'évêques. st La conservation des Saints Livres chez les chrétiens. les commentaires qu'en faisaient les théologiens et les Pères de l'Eglise restaient nécessairement manuscrits. n Nous avons continuellement besoin des cantiques du Saint-Esprit. Saint JEAN CunvsosTOME. durant la persécution de Dioclétien. go 12 AOUT à la mort : ils sont connus sous le nom de traditeurs. diacre . Fête le ra août. Les transcriptions des Livres Sacrés étaient rares . un assez grand nombre de chrétiens avaient livré les écrits sacrés aux païens pour échapper Saint AUGUSTIN. Donat. saint Euple. Après la per. Or.

en effet. décida que tous ceux qui étaient réellement coupables d'avoir livré aux persécuteurs des livres ou des vases sacrés seraient dégradés de leur ordre et déposés . De plus. Cependant. C'est alors que. Quelquefois. Euple fut surpris. mais il fallait qu'ils en fussent convaincus par des actes publics. Un des articles de l'édit de 3o3 ordonnait aux prêtres et aux fidèles de livrer les Saintes Ecritures et les livres de prière. » Saint Eupl'e est arrêté durant une réunion chrétienne. comme la visite des malades. la répartition des aumônes entre les pauvres. cependant. Dioclétien se disposa à célébrer ses vicennales ou vingt années de règne (3o3). Zèle du diacre saint Euple. Le Concile d'Arles. des livres servant à l'instruction religieuse des chrétiens ou des catéchumènes. les yeux. la loi ne 65 . de droit. des fidèles plus zélés ou plus audacieux parvenaient à se réunir les jours de fête et à célébrer SAINT EUPLE 91 ensemble les. au moment où il lisait l'Evangile au peuple et instruisait les fidèles. l'intérêt de l'Etat était de se débarrasser des chrétiens qui dans les prisons tenaient la place des malfaiteurs. En dehors des cérémonies sacrées où il' assistait l'évêque de Catane. A ce moment. d'innombrables chrétiens furent remis en liberté. Mit-on à leur grâce la condition déshonorante d'une apostasie P Ce n'est pas probable. tenu en 3s(t. puisqu'il déclara au juge n'avoir pas de maison. la bouche et le coeur de l'évêque. fait profession d'une entière pauvreté. autant qu'on en peut juger. l'assistance et le soutien des confesseurs de la foi dans les prisons. en effet. exercices de charité. il avait. parmi ses attributions. Dioclétien célèbre ses vicennales.Assemblées chrétiennes interdites. L'accompagnement obligé d'une pareille solennité était une amnistie générale. Après la proclamation du premier édit de persécution. il s'employait avec un grand zèle à l'instruction des catéchumènes. l'amnistie proclamée au moment des vicennales n'avait pas garanti les chrétiens de nouvelles poursuites. tout de suite après la paix constantinienne. la charge de veiller à la conservation des objets liturgiques. ticularité intéressante. Hors de l'Eglise„ il remplissait avec soin différents. Reprise de la persécution. L'empereur accorda ce bienfait à ses peuples. puisque déjà tous les chrétiens emprisonnés avaient été mis en demeure de sacrifier. subterfuges et se dissimuler pour n'être pas découverts. . Mais il leur fallait user de. en même temps que les criminels de droit commun. au détriment de la Justice régulière et du budget. Elle n'avait entraîné l'abrogation d'aucun des édits récemment rendus. Du reste. Il réalisait vraiment dans sa personne ce que les Constitutions apostoliques disent dess diacres„ qui doivent être a les oreilles. Cbst à cette époque (le trouble et de persécution que le diacre Euple exerçait sa charge dans l'Eglise de Catane. qui durent être interrompues presque partout. Sous l'impulsion des deux princes fanatiques Max. disent les Actes de son martyre. Le diacre saint Euple offre précisément dans son martyre cette par-. saints mystères. ces édits allaient être appliqués avec un redoublement de rigueur dans les premiers mois de 3o4. une telle condition eût été superflue et elle n'eût pas été acceptée.donatistes. renvoyés libres. devenus maîtres de l'empire depuis que Dioclélien était tombé malade. qui fit beaucoup de victimes.Amnistie générale. qu'il fut mis à mort pour avoir refusé de livrer les Saintes Ecritures. il avait. Pour appartenir plus complètement au Seigneur.imien et Galère. En vertu de sa promotion au diaconat. . il interdisait aussi lm assemblées chrétiennes. et que tous ceux qui consentaient à le faire étaient. par ceux qui cherchaient les chrétiens. dont le nombre ne diminuait pas malgré les menaces des persécuteurs. C'était un homme rempli de zèle et de crainte de Dieu.

UN SAINT POUR CHAQUE JOUR DU MOIS. Une telle déclaration suffisait pour renseigner le magistrat sur la religion qu'Euple professait. Le jeune diacre publie l'Evangile. c'est moi. et Euple répondit : . qui se trouvait là par hasard. . Le diacre. . Euple l'ouvrit et lut les titres des quatre Evangiles. il se mit à crier à haute voix : . le Fils du Dieu vivant. et qu'il ne m'était pas permis d'être traditeur.punissait pas la profession de christianisme. déclara qu'il n'avait pas changé d'avis. En attendant. lis-moi quelques passages de ton livre. . seraient lues en public.Le livre que cet homme tient à la main est un outrage aux décrets des empereurs. parce que le royaume des cieux est à eux.j'ai confessé.Je n'ai pas de maison . par conséquent. » Puis dans un autre endroit : « Que celui qui veut venir après moi prenne sa croix et me suive. Il ordonna alors de le faire entrer. répondit Euple. tu le vois bien . » Calvisien lui demanda ce que tout cela voulait dire. il fit emprisonner le diacre jusqu'à une nouvelle audience. fil cette réflexion : . 92 12 AOUT nommé Maxime. répondit le diacre. Euple fut donc ramené devant le tribunal de Calvisien: Celui-ci lui demanda s'il persistait dans la confession qu'il avait faite précédemment.Je suis chrétien. Malgré la défense formelle qu'on lui fit de conserver le livre des Ecritures qu'il portait sur lui. telle qu'elle m'a été donnée. Quand il fut arrivé dans l'antichambre du palais où l'on rendait la justice.Par Jésus-Christ. je veux mourir pour le nomm du Christ. il portait ostensiblement le livre des Evangilcs.Oui.Donnée par qui P demanda le gouverneur. et ensuite quelques passages des plus saillants.Ce que . je suis chrétien et je lis les divines Ecritures.Où as-tu pris ce livre P lui demanda Calvisien. Les magistrats et les fonctionnaires impériaux avaient reçu des ordres rigoureux et veillaient à ne pas laisser échapper les organisateurs des réunions chrétiennes. celui-ci entendit parfaitement cette déclaration. Euple ne voulut pas se dessaisir de son pieux dépôt. le 2q avril de l'an 3o(t. l'accusé resta trois mois et demi en prison. » Cette audience fut différée jusqu'au ra août . Plutôt 66 . et pourquoi ne les as-tu pas remis aux autorités P Les empereurs l'avaient pourtant ordonné. Vient-il de ta maison P . . en est témoin. Le saint jeune homme fut donc arrêté et amené devant le tribunal de Calvisien. Jésus-Christ. mais seulement les faits extérieurs qui la manifestaient. . « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice. sénateur romain. dit-il.C'est la loi de mon Maître. je le confesse encore . Au jour fixé par le gouverneur. Calvisien renonça à prolonger l'interrogatoire.Pourquoi as-tu gardé ces livres P lui demanda le juge. traçant sur sa personne un grand signe de croix. La raison de ce retard doit être recherchée soit dans la lenteur de la justice romaine.Est-ce toi qui as apporté ce livre ici P .Voyons. je l'avais en main quand on m'a arrêté. . Un des amis du gouverneur. soit dans le désir du gouverneur de lasser la constance du martyr. . comme l'assistance aux réunions ou la possession (le Livres Sacrés. Le gouverneur insista alors . mon Maître. Et comme la pièce dans laquelle il se trouvait n'était séparée de la salle où se tenait le gouverneur que par unn rideau. « Plutôt mourir que d'être traditeur. ainsi que les détenteurs des Saintes Ecritures et des livres de liturgie. gouverneur de la Sicile. Euple fut introduit aussitôt en présence du magistrat . et décida que ses paroles dûment enregistrées par un secrétaire. 2' SCRIE (AOUT) .Parce que je suis chrétien.

Cet ordre fut aussitôt exécuté. Pendant le supplice.de longs -discours pleins de théologie. ana moment même où ils endurent les tourments les plus affreux. mette sur les lèvres de aces héros. Saint Eupte marchant au supplice chante les louanges du Seigneur. SAINT EUPLE 93 94 SAINT EUPLE 9. le narrateur primitif. et le lecteur ne peut se défendre contre l'émotion. ô Christ I Défendez-moi. Ici.mourir que d'être traditeur.Euple. contre l'édit de nos princes. C'est pour vous que je souffre ces tourments. que le bourreau le mettre à la torture. L'on sent qu'Euple.Je vous rends grâces. -ce sont des phrases brèves. Ajoute de nouvelles tortures : je suis chrétien. dans le récit de la passion des martyrs. Achève ce que tu veux faire. en proie à une vive souffrance. Calvisien l'interrompit et prononça d'une voix sévère : . le traditeur perd la vie éternelle. au contraire. comprime les gémissements qui vont lui échapper afin de confesser encore et toujours le nom de son It-Iaître. . achève ce que tu veux faire.. Jésus.assez fréquemment que. animé par sir pieux dessein d'édification. ou une fervente prière aux périodes cadencées comme serait une Collecte empruntée au Missel. saccadées.J'adore le Christ. Comme Calvisien l'exhortait à adorer les dieux pour se délivrer„ il répondit : .. Il Iy a longtemps que j'anshitionne ce bonheur Encore une fois. n'a pas livré les Ecritures. La vie éternelle s'obtient par la mort . mais il les a lues au peuple . pour peu qu'il y réfléchisse. C'est pour ne pas la perdre que je donne ma vie. 67 . J'ai les démons en horreur. pour qui il va mourir. le saint diacre priait avec ferveur : . qui gardent une parfaite vraisemblance. Je suis chrétien.5 Il arrive . Cruels tourments. an contraire.

Seigneur Jésus. en effet. malgré les souffrances qu'il avait endurées sur le chevalet.Bonheur du lévite.Béni soit Jésus-Christ. chrétien et ennemi des dieux et des empereurs. Seigneur Jésus 1 Secourez-moi. à la sainte Jérusalem. En effet. Culte du jeune diacre. transcrivit sur des tablettes. quand ils seront sortis de ce monde. car il redoublait ses pas à mesure qu'il approchait de la couronne. Quand il y fut arrivé. Sa mort courageuse. et que l'audace de votre ennemi soit confondue 1 Puis.chrétien.Malheureux I adore nos divinités l rends tes hommages à Mars. Saint Euple édifie les assistants. Enfin. vous n'avez pas laissé périr mon âme avec les impies. .Non. récompense de sa foi. on peut juger. il ajouta : . selon la coutume. Que les dieux qui n'ont point fait le ciel et la terre périssent. et. on lui vit seulement remuer les lèvres. il rendait grâce à la bonté divine et priait pour les chrétiens qui le suivaient.Je vous rends grâces. après avoir souffert beaucoup de tourments. les anges viendront au-devant d'eux et les conduiront dans la cité du Seigneur. il remporta la palme du martyre et la couronne de la vraie foi. Condamné à mort. Il répéta plusieurs fous la même chose. le martyr priait en ces termes : . a de la vénération que l'Eglise a eue pour saint Euplius. il a blasphémé nos dieux et il refuse de se repentir . y dicta la sentence que le greffier. Le jeune diacre. Je suis . bien que 68 . j'ordonne qu'il ait la tête tranchée par le glaive. Puis.Voilà Euple. et qui se recommandaient à ses prières. qui. priez Dieu et craignez-le de tout votre coeur. dit Tillemont. Elle était conçue dans les termes suivants : a Le chrétien Euple a méprisé les édits des princes. car au moment de la mort il se souvient de ceux qui le craignent . Confirmez à cette heure ce que vous-même avez opéré en moi. On assure qu'il se faisait beaucoup de miracles à son tombeau. il fit à genoux une assez longue prière. les forces lui manquant. Un héraut le précédait en criant t . mon Dieu 1 La grâce dont Notre-Seigneur remplissait son coeur le faisait aller au supplice avec tant de promptitude. répétait sans cesse . -. écoutez mes dernières paroles . qui l'abattit d'un seul coup. que le peuple nombreux qui le suivait lie pouvait s'empêcher d'admirer son courage. dit-il. tournant ses regards vers les fidèles qui l'accompagnaient. ayant quitté l'audience pour entrer au Parquet.C'est ainsi qu'il reçutt la couronne éternelle. par le soin qu'on a pris de conserver sa mémoire. le Fils et le Saint-Esprit. a On lui attacha au cou son livre des Evangiles.Les tourments continuèrent ainsi pendant longtemps. répondit Euple.Frères bien-aimés. . C'est pour vous que je souffre ces tourments. dont les voeux étaient comblés. En achevant ces paroles. à Apollon et à Esculape. . Calvisien. j'adore le Père. partie en grec.Je vous rends grâces. embaumé et mis en terre. hors de laquelle il n'y a point de Dieu. Emmenez-le.. Euple se mit à genoux et présenta sa tête au bourreau. Son corps fut enlevé par les chrétiens. étendant les mains vers le ciel : . sans pouvoir entendre ce qu'il disait. Le martyr arriva bientôt au lieu de l'exécution. lui dit . Pour lui. jusqu'à ce que. et vous m'avez donné la grâce de confesser votre nom. mêlés aux païens. Pour ne point faiblir. admirant son énergie à tout supporter sans se plaindre. Calvisien le fit alors tourmenter de nouveau et plus cruellement qu'auparavant. partie en latin. comme un objet de honte. J'adore la Sainte Trinité. Du reste. Le juge. nous avons encore aujourd'hui ses Actes de trois éditions. . de ce que votre puissance m'a soutenu .

sur la voie d'Ostie. t.. La mort de nos crimes nous a donné la vie de la grâce que nous devons attribuer à la miséricorde de Dieu qui nous a donné la renaissance et tous les dons. ALLARD. Mais celui qui a une bonne conscience est tranquille. Après avoir reçu le saint baptême. parce qu'il est non seulement affranchi de tout ce qui le tenait attaché au monde. Le chemin qui conduit au royaume éternel est étroit. lui a consacré pour son principal office la date du il août . le Pape Adrien le'' (772-795) le fit restaurer. La ville de Lucques. n'y pourra entrer.. mais il n'en reste plusaucun vestige de nos jours.) La porte du ciel. et cette tranquillité est le jour du repos du cour qui bannit le trouble des mauvaises pensées.. 13.. On dit que vers la même époque. SAINT BOreAVENTUBE. Car la porte du ciel est aussi étroite à l'égard d'un homme riche que le trou d'une aiguille l'est à l'égard d'un chameau. Mémoires pour servir à L'histoire ecclésiastique. mais sa vigueur et ses forces se sont si considérablement augmentées. une église très ancienne élevée en son honneur. des soins de la terre. . .) La paix de la conscience. S.. Histoire des persécutions: La persécution de Dioclélien. et à couvert des efforts de l'ennemi par la grâce qu'il a reçue. vénérait autrefois saint Euple 96 12 AOUT comme l'un de ses patrons et avait. (V. des fantômes de l'imagination. près de la basilique de Saint-Paul . éclairé mes doutes et dissipé mes ténèbres.différentes en quelques points. comme une bête chargée de bagages. PAROLES DES SAINTS Effets du baptême.. ... V (Paris. Il d'août (Paris et Rome. qui le compte parmi ses grands martyrs. Le Pape saint Théodore 1" (642-big) fit construire un oratoire en son honneur à Rome. Le méchant ne peutt avoir un jour de repos parce que jamais sa conscience n'est en paix. des reliques de saint Euple avaient été apportées à Rome.Acta Sanctorum. O' 1728).PAU'.. 69 . DEMts IIUTTE. 1658). toutes les vertus. Saint MAxm'E. Sources consultées. Déjà... en nous don nant une nouvelle vigueur et en nous faisant pressentir la véritable félicité.TILLanonT. un sous-diacre de l'église de Messine en avait aussi obtenu et qu'il avait fait consacrer sous le nom de saint Euple une église qu'il avait bâtie et dotée de ses biens. au temps de saint Grégoire le Grand (t 6o4). jour de sa mort. Celui qui est baptisé est fort et puissant. de l'embarras des affaires.Les Actes des martyrs publiés par les Pères Bénédictins. IV (Paris. 1867).. l'Eglise latine célèbre sa fête le 12 aofit. P. je suis devenu un homme tout nonveau... peuvent passer toutes trois pour bonnes et même pour originales s. quiconque sera enflé d'honneu" et rempli des biens de la terre. t. qu'il peut commander avec empire à toute l'armée des démons. Saint CvpnsEn. L'Eglise grecque. Par conséquent. (Sermon sur saint Michel. (Lettre à Donat. t. Ier (Paris). C'est lui qui nous fait vivre en nous animant. près de ses faubourgs.. t. Le Saint-Esprit a ouvert mes yeux.. . en Toscane. '863). .. et de tout ce qui peut affliger une bonne âme.. toutes les forces que nous avons le bonheur de posséder.

du devoir d'état de chacun. mais paisible et gracieux. remar-e quable par son innocence et sa fidélité aux règles de son Institut. d'actions d'éclat ou de travaux apostoliques merveilleux on n'y trouve que les humbles et modestes devoirs d'un enfant. Dans cette courte existence de 22 ans. femme d'une patience héroïque dans les infirmités. j'aurais peut-être dû vous prévenir . petite cité du Brabant belge. l'intelligence. à cinq lieues de Louvain. Le père était maître corroyeur . à l'imitation de plusieurs de leurs tantes. il se levait furtivement. A l'âge de io ans. Elle lui apprit à faire toujours la volonté de Dieu et lui inspira une horreur extrême de tout ce qui déplaisait à Jésus. s'ajoutait sur celui de Jean un charme tout divin que lui donnait la piété. Jean fut l'aîné de cinq enfants dont trois allaient se consacrer à Dieu dans la vie religieuse. Sa famille était très honorable et profondément chrétienne. demandait 98 13 AOIT SAINT JEAN nERCrulANs 99 souvent à Dieu que son premier-né ne perdît jamais l'innocence baptismale. dont il avait d'abord été marguillier. Famille et enfance de saint Jean Berchmans. sans attendre qu'on vint pour l'éveiller . d'un novice et d'un étudiant. je vais demander à Dieu la bénédiction de mon travail. il répondit : . Les mères du voisinage ne cachaient point l'envie qu'elles portaient à sa mère . après la mort de sa femme. Lorsque. située sur la Demer. Virgile Cépari. Sa mère. LE premier et meilleur biographe de ce jeune religieux. il revenait de l'école et qu'il rie trouvait point ouverte la porte de la maison. son dernier supérieur et le témoin de sa mort. désirant m'instruire. pas d'extases. avec toute la perfection chrétienne. il allait dans l'église voisine réciter son chapelet au pied de l'image de Notre-Dame. Jean Berchmans étudia le latin au collège communal de sa ville natale. intégral et continu. et comme un jour on lui demandait la raison de ces disparitions. Fête le 13 août. Il est le modèle de tous dans l'accomplissement surnaturel. Les grâces les plus abondantes entrèrent par le baptême dans l'âme de cet enfant aimable. la maturité de pensée.(Sermon Il pour le dimanche dans t'octave de l'Epiphanie. en servant deux ou trois messes avant la classe. A la grâce naturelle que répand l'innocence sur le visage d'un enfant. Jean Berchmans naquit. Souvent. à l'âgé de 7 ans. à qui l'on doit aussi la biographie de saint Louis de Gonzague. à Diest. furent véritablement précoces. L'avenir montrera combien l'enfant sut profiter des exemples et des leçons de vie chrétienne que lui ont données ses pieux parents. il n'était ni querelleur ni disputeur. Ni les maladies ni les contrariétés ne provoquaient chez lui des gestes ou des cris d'impatience . il désirait 70 . de miracles.) SAINT JEAN BERCHMANS Scolastique de la Compagnie de Jésus (1599-1621). Comme il avait la pensée de se consacrer au service de Dieu.Pardonnez-moi. dont les vertus. fut le P. il entra dans les ordres et mourut chanoine d. Mais Jean Berchmans a toujours accompli ces actions communes d'une manière non commune. on se disputait le bonheur de posséder et de fêter celui qu'on appelait « l'ange de Diest ». qui était dirigé par un prêtre instruit.: l'église Saint-Sulpice. le samedi 13 mars i5gg. au plus fort de l'hiver. mais assez peu fortunée.

réservé. peut-être au sanctuaire de Montaigu. sans aucun doute. Sa piété. son empressement à rendre gaiement de petits services. aux pieds de la Reine des vierges. la gratitude et l'affection que son cœu' nourrissait à l'égard de son bienfaiteur. Jean savait que l'innocence donne des droits à la tendresse privi-. le curé du Béguinage de Diest prit Jean à son service. si longtemps attendue. de communier. se faisait son protecteur. ses paroles amicales. Et pourtant. son air toujours riant. Sa gravité avait quelque chose de la maturité des vieillards . que lui imposait le service du chanoine. mais de fréquentes mortifications. lui avaient gagné le respect et l'affection de ses condisciples sur qui il exerçait une grande influence. Jean perchmans aimait à méditer la Passion du Sauveur. Les maîtres de l'ange de Diest rendentt de lui les plus beaux témoignages. Afin de protester avec plus d'énergie contre les moqueries des hérétiques. les parents de Jean Berchmans durent. jamais il ne blessa personne.habiter. L'enfant supplia son père de le laisser continuer ses classes. il était patient. et que le sûr moyen de lui plaire est de garder. L'amour de la Vierge immaculée était. la maison du curé de la paroisse Notre-Dame. Avant. dans toute sa fraîcheur le lys odorant de la pureté. ses soins empressés. car il désirait devenir prêtre. Jean ne cessa de témoigner par ses attentions délicates. qu'il amait comme sa mère. acceptait comme domestique le pieux adolescent. avec d'autres aspirants au sacerdoce. et. il conserva le souvenir de la Madone vénérée. Contre la volonté de tous ceux dont il était l'obligé. multiples et astreignantes. il lit. son tendre amour pour la Sainte Vierge. il mettait sa tonsure en évidence et la faisait bien raser. et pour donner en quelque sorte en sa personne un triomphe à l'Eglise catholique. il visitait souvent ce sanctuaire. appliqué à la prière. un des grands soutiens de la vertu de l'enfant. Il pratiquait l'abstinence à un degré extraordinaire pour son âge. il se considéra comme clerc.Voeu de virginité. Afin de lui donner un gage de son amour. grand-chantre à la cathédrale SaintRomhaud. cruellement éprouvée par les douloureuses infirmités de la mère. et chaque vendredi il faisait nu-pieds l'exercice du chemin de la croix. Dans sa onzième année. à l'étude. Il employait dès lors tous ses moments libres et une bonne partie de ses nuits à la prière et à l'étude : Dieu récompensa par le succès le travail du pieux Séminariste. La Providence n'abandonnerait pas sa famille. ne se préoccupait guère du manger et du boire. il eut la joie. ses vertus. Vertus extraordinaires. Avec l'habit ecclésiastique. et le sanctuaire de NotreDaine de Montaigu. il porta une petite tonsure. mais polir obéir à l'impulsion divine. était le foyer où cette flamme trouvait son aliment. dévoué au prochain et d'un caractère fort agréable. Ce der nier fut accueilli en même temps comme élève au Petit Séminaire de Malines. à Rome. on le surprendra chaque soir. d'ailleurs. Au Petit Séminaire et chez les Jésuites de Malines. Mais à cause des occupations journalières. Tout petit. il ne pouvait assister à toutes les classes. situé à une lieue de Diest. On remarqua. vite conquis. même à table. Jean 71 . Sa vie durant. son obéissance prompte et joyeuse et son respect. et en l'honneur de qui il s'imposait de petites. En effet. de faire sa première Communion. Ne pouvant plus continuer à subvenir aux frais de son éducation au pensionnat Notre-Dame. le vou de virginité. de Berchmans s'en allait en pèlerinage. légiée de Marie. Cette faveur lui fut accordée l'année suivante par son père. us chanoine de Malines. Peu de temps après. d'où son coeur n'avait pu se séparer. . par les qualités ett les vertus de ce jeune serviteur si aimable et si dévoué. se chargeant de son entretien et de son éducation. Il garda ensuite l'habitude de se confesser chaque semaine et de communier deux fois le mois et à toutes les fêtes. Dès qu'il porta l'habit ecclésiastique. dès les premiers jours. l'en retirer après trois ans d'études. le front incliné vers cette église. en r6I3. et il faisait le trajet à pied et à jeun. comme récompense de son travail et de sa conduite. Tel était son amour de la paix qu'il s'éloignait des groupes ou s'élevait une discussion. à leur grand regret. il se confessait et implorait le pardon de ceux qu'il croyait avoir offensés. et plus tard. Ses camarades disaient qu'à l'heure des repas l'esprit.

au noviciat des Jésuites. et ses réponses respiraient une telle sagesse surnaturelle qu'elles décidèrent son père à entrer lui-même dans les ordres. Malgré la piété et l'esprit chrétien de sa famille. suivit l'appel divin.Berchmans alla achever. les qualités les plus aimables : simplicité. Il entra. mort en 1591. Jean eut l'occasion de lire les lettres de saint Jérôme et la vie de saint Louis de Gonzague. tout ce qui paraît de nature à entretenir l'humilité le séduisait et le charmait. charitable et patient envers ses condisciples. il parvint à se passer de déjeuner. recouru à Marie. Le père. De nouveau. mais l'affection. Deux mois après son entrée au noviciat. il propage la dévotion envers Marie. après avoir fait ses adieux à ses parents attristés. • . En soustrayant quelques bouchées chaque jour à son repas du matin. franchise. qui suscitait non seulement l'admiration. le 9. à cause de son innocence et de son heureux et agréable caractère. En lui rayonnaient. le second lui fit particulièrement aimer la Compagnie de Jésus et mit en son cceur le désir de lui appartenir. qui se montrait exemplaire en tout .o I \%~\`~~\i1I \ 72 . Jean. angee do piété. Sa parfaite et constante modestie des regards en toute occasion édifiait profondément. il écrivit à ses parents en vue d'obtenir leur consentement. après la charité et l'humilité. inutilement d'ailleurs. par ses conseils. Jean Berchmans était l'Ange de la maison. considérant avant tout la pauvreté qui régnait au foyer. Pour ses frères en religion. Le jeune homme demeura inébranlable. Le pieux novice s'appliquait avec une ferveur persévérante à l'acquisition de toutes les vertus. 1• \\\:\\\\\)\~\\\\\\\\\\\\\ \\\\\'\. « un ange dans un corps mortel ». les habits usés. d'une 100 13 AOUT SAINT JEAN EERCUMANS 101 humeur toujours égale et souriante. ses humanités au collège que les Pères Jésuites venaient d'établir à Malines. 4 \ C ' IIIIII~ ~/ 'M'Jr ~•~ ll~llill~tayoī„ī---' . La vocation religieuse.. Au collège. il ne se contenta pas des pratiques ou des prières imposées par le règlement . le Saint joyeux ou le Frère « Hilaire e. L'obéissance. Plus de soixante-dix novices s'y trouvaient réunis pour se former à la vie religieuse.Un novice exemplaire. Il se montra tel qu'il avait toujours été : ardent an travail (il tenait la tête de la classe de rhétorique). Le jeune homme ne se décida pas cependant sans avoir consulté. . était sa vertu préférée Jamais on ne put le surprendre enfreignant un point même minime de la règle.4 septembre x616. Vite admis dans la Congrégation de la Sainte-Vierge établie au collège.. Mais aucun ne parut égaler Jean Berchmans. longuement prié. à Malines. Une fois convaincu que Dieu l'appelait à l'état religieux. comme le soin des lampes. Il appelait « sa robe nuptiale » une soutane tout usée. en 1615. disent son maître de noviciat et ses compagnons. ses exemples. et ne manquait pas de féliciter ceux qui en portaient de semblables. en effet. l// i ++ k~. la fait davantage aimer par les nouveaux congréganistes qu'il recrute. Il essaya. il perdait sa mère. Ce deuil fit ressentir plus cruellement encore au foyer la douleur de l'absence du fils aîné. aurait voulu que son fils aîné entrât dans le clergé séculier afin de pouvoir ensuite faire honneur aux siens et leur venir en aide. Jean y rencontra des résistances. afin de pouvoir assurer les intérêts matériels de sa famille. par de pieuses industries.. charité et gaieté. le père vint à Malines pour persuader au novice de renoncer à sa vocation. d'ébranler et d'arrêter la vocation de son enfant. Le premier de ces livres le détermina à quitter entièrement le monde. Les offices les plus modestes. On admirait la sagesse et la maturité de ses paroles et de ses conseils : les censeurs les plus sévères ne trouvaient rien à reprendre dans sa conduite.

La piété présidait à ses études. était Une prière ininterrompue et un. P. il quittait la Belgique pour Borne. Le. pied ce voyage de plus de trois cents lieues. Esprit méthodique. dont Marie était.. en effet.. aider les âmes ett correspondre à.L'étudiant du Collège romain. avec toute la perfection surnaturelle possible. afinn d'y suivre les cours de philosophie. à Malines : . Il le priait de tenir sa place devant le Saint Sacrement. occupés aux travaux intellectuels. 24 octobre suivant. son solide jugement. sans avoir revu ni son père. Le jeune profès partait avec l'espoir d'obtenir du Supérieur général de. âme. Jean Berchmans. Aussi. 73 . il était saintementt avare de son temps. Un de ses condisciples avait bien. 0 douce mort. Le Saint qu'il paraissait aimer le plus tendrement était son frère en religion. On lui donna la chambre que saint.. il avait à coeur le succès de son travail. votre fils va mourir. Louis de Gonzague avait habitée. le réglait et n'en perdait pas la moindre parcelle. Le 25 septembre iGxS. réfléchi. prévoyant. Il en connaissait la Vie par coeur et arrêtait fréquemment avec dévotion ses regards sur l'image de ce Saint fixée à son pupitre. je l'ai. la Compagnie la faveur d'êtree envoyé aux missions des Indes ou de Chine. Jean Berchmans fit à. en effet. la patronne. I.qp ~II~~I~ I IIG~III' IIp IIiIICI~~dI t y \\\\\\\~\!\\\L\1\\\\\\`\1\\\\h kkLL\\' Saint jean Berchmans embrasse l'infirmier qui lui annonce qu'il va mourir. Mufins Vitelleschi. des imperfeetiens coupables. Jean Berchmans fit sa profession perpétuelle.. il' eût suffi de considérer sa vie pour les reconstituer. les études. quand il sortait de la chapelle. Comme il étudiait avant tout. mort le r2 octobre précédent. cinquième successeur de saint Ignace de Loyola. A Rome. Accompagné par un autre scolastique. Il resta deux jours à Lorette pour la fête de Noël. à son intention. comme à Malines. » Sa' vie.3 . étudiant. saa vocation particulière.rapport au triple objet qui devaitt le préoccuper : Dieu. il avait. mon. Départ pour Rome.Réjouissez-vous. Louis de Gonzague. pour pouvoir mieux glorifier Dieu. résumé les devoirs du religieux étudiant par. raison de dire : a Si les règles de saint Ignace concernant la formation du parfait scolastique de la Compagnie avaient été perdues. Il n'y resta qu'un mois:. de ses examens. duu vivant de Berchmans. s'arrêtant dans les maisons de son Ordre qui se trouvaient sur la route. ett le 31 décembre 1618. Dans un petit écrit. . il atteignit Rome. écrivait-il à son père. son ardeur au travail. de cette mort des justes 1 Le lendemain de ses voeux. Le Collège romain comptait alors près de deux cents Pèress et Mères de toute nationalité. puis l'envoya au Collège romain pour y étudier la philosophie et les mathématiques. vivant sous mes yeux. commee le modèle des étudiants et des jeunes religieux. et. bien vite tous remarquèrent que le nouveau venu était une copie aimable et gracieuse de ce Saint. effort généreux pour accomplir. ô mortt qui n'est pointt une mort. l'un des Frères pouvait-il dire : 102 13 AOUT SAINT JEAN narvCnnxxs ic. mais une vie très douce 1 qu'elle meure donc.. il était envoyé au collègee d'Anvers:. le garda deux ou trois jours à la maisonn du Gesù. c'est-à-dire seulement huit années avant la naissance de Jean. touss les jours. Le « petit Flamand qui avait l'air d'un ange a rivalisait avec les meilleurss d'entre par eux par son intelligence prompte et lucide.. le prochain. édifiantt tous les autres religieux par ses vertus. ni les.. se montrant constant dans sess efforts. mort en r591. Le.Je ne lis pas la Vie de Louis de Gonzague.apparut. son application incessante à préserver son âme virginale des moindres fautes. chacun des devoirs du chrétien et du religieux. Partout il laissa lee parfum d'une profonde édification. membres de sa famille à laquelle il fit ses adieux par une lettre pleine d'affection et d'esprit surnaturel.

par suite de diverses circonstances.1 fui. Au début du mois d'août ilrr. le procès de canonisation n'aboutit qu'après plus de deux siècles. unique bien en ce monde. plus tard. ainsi que du drap mortuaire. et son âme était mûre pour le ciel. chapelets. . La sépulture. vous pleurez. trente ans et quelques jours après son modèle et son émule. peut m'arriver un plus grand. la dévotion envers l'illustre enfant de Diest ne tarda pas à se manifester et à se répandre. comme à Rome. Quand on. le corps de saint Jean Berchmans y fut placé sous l'autel latéral de gauche. Il fut unn malade obéissant. Lorsque le Frère infirmier luis~ annonça qu'on. avec tendresse. avec une. un compatriote qui avait assisté Jean dans sa dernière maladie devait porter cette relique insigne en Belgique .Oui. en l'année 1621. la gloire. le P. barrette . en pl'eu'rant lui aussi•. Après l'Extrême-Onettien. son professeur. Puis il' ajouta . sérieusement indisposé et quelques jours après il devait s'aliter à l'infirmerie. tout rayonnant. i.A la fin de ses études philosophiques. étendu sur uni matelas. mon. où elle se trouve encore. ceux-ci fondaient en larmes. le moribond' mêlait ces douces paroles : . s'agenouilla au chevet du malade et le supplia. Jean fut désigné pour soutenir la même année la thèse publique sur l'ensemble de la philosophie. Louis de Gonzague. Jean_ B'erolimans disait une douce parole il recommandait la dévotion à l'immaculée Conception. il roulai embrasser chacun des religieux présents. Crucifix. demande pardon à touss les Frères présents'. Il y eut affluence de visiteurs pendant tout le temps que le corps fut exposé. le 28 74 . fi fidélité ii la règle. Après la construction de l'église Saint-Ignace. patient. Aux sanglots de celui-ci. soyons un peu gais. il disait et redisait sans cesse : Jases 1 Maria 1 Et c'est en murmurant ces noms bénis qu'il expira doucement. Grassi. Jean. les yeux du mourant s'arrêtèrent sur L Crucifix pour ne plus s'en détacher . parfaite modestie. R tenait sur son coeur son chapelet„ le livre des règles et le Crucifix.Son humilité s'eni alarma. vers 8 h. se souleva sur sa couche. en vérité. préférant néanmoins. Au Collège romain. Ce jeune scolastique de 22 ans avait déjà rempli une longue car. La mort de Jean Berchmans suscita des regrets unanimes. Malgré la surveillance. en face de celui de saint Louis de Gonzague.Nous allons au ciel. il murmurait . car. la dévotion indiscrète des fidèles s'empara comme de reliques de plusieurs objets qui se trouvaient sur le lit funèbre. nous allons au ciel I leur disait-il. Cependant. Dominé par l'attendrissement. mon Père I A chaque Frère qui venait lui faire les suprêmes adieux. faites-vous. Un peintre fit le portrait du défunt. elle fut déposée au Collège des Jésuites. je prierai pour vous. mais après avoir prié et consulté son directeur. enlaça vivementt le cou dru bort Frère et l'embrassa. honlienrr. apporta la sainte Hostie. Une violente fièvre épuisait ses forces : il n'en avait pas moins le visage souriant: et accueillait avec douceur et reconnaissance' tous ceux qui le visitaient. On put. à Louvain.P Réjouissez-vous avec moi de la bonnee nouvelle. le culte. il voulait mourir en sa possession. r/4. Maladie et mort de saint Jean Berchmans. . rière. ne m'abandonnez pas. le saint religieux. il se prépara à cette soutenance et subit l'épreuve ovale une aisance. En Belgique. il: ne. 104 13 AOUT Le vendredi r3 août. mon Frère. Le Crucifix amoureusement collé sur les lèvres. aimerveillant. tant les professeurs que les élèves furent d'accord pour faire l'éloge de la vertu du défunt et pour rendre à sa dépouille mortelle les honneurs et la vénération qu'on réserve aux corps des Saints.agile et sûre. attentif à ne pas incommoder les autres. Le coeur fut mis à part et embaumé .O Jésus. prier' peur luii au cielr. Il était complètement abandonné•'i à la volonté divine. répondit Jean. C'était sort trésor . lui saint Louis de Gonzague. on emporta même des morceaux des vêtements du mort. le médecin qui croyait voir et entendre en._ à tente.Eh I donc.Que.. de. Jean Berchmans fut béatifié par Pie IX. mourir quee vivre. allait lui apporter le saint Viatique. oui.voir alors combien il était aimé et vénéré de tous ses confrères.

P. puisqu'elle devait..... aidait son père dans son travail... se nommait Nicétas et sa mère Irène. . Athanasie naquit au commencement du 1x° siècle. La prière. pendantt que son âme jouirait de l'immortalité bienheureuse du ciel D. Toutefois. SAINTE ATHANASI E Veuve et religieuse (IX° siècle).. c'est un élan du coeur.(V. par ses vertus...P. 18g7). à des dates différentes. et bientôt elle montra que ce n'était pas en vain que Dieu l'avait fait appeler Athanasie. Sources consultées. . de Liège et de Bruges la font à la date du 26 novembre.26).. il nous a tous déclarés ses héritiers. Son père.. dans un esprit de pénitence et d'amour divin. les diocèses de Malines.. Celle que l'on fête le 14 août... elle vit une étoile rayonnant de mille feux so6 54 Aoux so. et canonisé par Léon XIII le 15 janvier 1888 avec les bienheureux Pierre Claver et Alphonse Rodriguez.. LE Martyrologe romain mentionne. . au moins deux Saintes portant le nom prédestiné et symbolique d'Athanasie (immortelle). S.) SAINT AMBRonS. dans le golfe du même nom entre le Péloponèse et l'Attique. Elles vécurent à plusieurs siècles de distance et leur destinée sur la terre fut loin de se ressembler. Elle apprit très jeune le psautier et ne tarda pas à puiser dans les Saintes Ecritures et la lecture de la Vie des Saints la force et les lumières nécessaires pour courir dans les voies de la perfection... Un jour qu'Atha. Paris. Sainte Tuénàss De L'ENFANT-Jésus. Fête le r4 août... d'une famille grecque qui s'était gagné une honnête aisance par son travail et s'était attiré l'estime des habitants par ses vertus. . ressemble à celle de sainte Françoise Romaine qui mourut en r44o.Mgr PAuL GuéRIN.... n' 1. PAROLES DES SAINTS Héritiers du Christ.. Sa fête est fixée au 13 août. Vie du bienheureux Jean Berchmans (Toulouse. sous plusieurs aspects. Les Petits Bollandistes... c'est un simple regard jeté vers le ciel. en l'île d'Egine..snrE ATIIANASIE 507 75 . qui était tisserand. P.. S. t. -et dont la vie fut écrite par un chroniqueur anonyme du ix' siècle... J. Saint Jean Berchmans (Collection a Les Sainte a...mai 1865. Il. nasie.. Jésus a fait son testament au profit de tous .. GUILLAUME BERNARD. laisser ici-bas comme les justes u une mémoire éternelle. 13. .. Dieu récompensa bientôt ses généreux efforts. (Sermon XIV sur le psaume 118. 1870). En les voyant faire le bien. Une étoile miraculeuse... IX (Paris. zpal). mena une existence qui..rPOISre DessuAr8. En mourant. c'est un cri de reconnaissance et d'amour au milieu de l'épreuve comme au sein de la joie. l'enfant apprit à le pratiquer. J. S.. La prière. LéoNMnn Cnos.

se détacher du ciel. par son amour et sa mansuétude. captivé par les vertus et les charmes d'Athanasie. pour remédier à la situation. Mais ses parents. Le pouvoir impérial prit. son mari comprit toute la grandeur et la beauté des biens célestes . Comme ces vertus se développaient de plus en plus en elle et que son âme était devenue. Chaque jour elle récitait tout le psautier et allait chercher dans les Saintes Lettres des enseignements et des exemples qui la soutenaient parmi les dangers de son état. Moines. Miséricordieuse à l'image du Père céleste qui fait e lever son soleil sur les bons comme sur les méchants. il se retira dans un couvent de moines. dit l'historien grec. laissant sa veuve à la tête de toute sa fortune. Elle se soumit non sans pleurer sur l'obligation où on la mettait de subir un genre d'existence contraire à l'état de virginité auquel elle était appelée. et envoie sa pluie aux Saints comme aux pécheurs n. il alla jouir au ciel des joies ineffables que lui 76 . on la voyait partir dès le matin chargée de provisions pour aller sauver les malheureux qui périssaient sur les routes. Les habitants s'opposèrent aux envahisseurs. La jeune femme n'attendait que la fin de la guerre pour la sacrifier et s'enfermer dans un cloître. Il y consentit volontiers. voyageurs. Nicétas et Irène. tous trouvaient place à sa table et ne sMoignaient jamais sans avoir été comblés de ses bienfaits. elle étendait ses bienfaits jusque sur les hérétiques manichéens qui remplissaient alors la Grèce. les Maures abordèrent en l'île d'Egine. maître d'une fortune considérable. et. laissant sa maison à sa femme qui voulait la changer en monastère de religieuses. Second mariage. et. . dut ainsi contracter une nouvelle alliance qui augmenta 'encore sa :fortune. après quelques années d'une vie sainte. le pain de la vérité bien plus nécessaire à l'homme. où. après l'avoir enveloppée de ses rayons. Peu de temps après la célébration du mariage. Ifum'btement soumise à celui :que le ciel lui avait donné pour guide et pour chef. Athanasie osa lui proposer de renoncer au monde avec elle et d'embrasser la vie religieuse. par une seconde épreuve. faire briller encore plus sa constance et son énergie. en outre. Mais cette divine lumière éclaira plus encore son âme que les yeux de son corps. la pénétrer peu à peu. orphelins. elle résolut de se consacrer à Dieu et de mener la vie parfaite en se faisant religieuse. et plus d'un malheureux qui ne lui demandait que le pain matériel recevait. de l'entraîner après elle vers Dieu.par une telle proposition.telle charité pour des pauvres quielde -obtint la permission de leur donner tout ce qu'elle voudrait . elle s'efforçait d'éclairer et de toucher leurs coeurs. leur expliquait les mystères divins et « leur communiquait sans jalousie les lumières qu'elle avait reçues de Dieu ». aveuglés par Dun égoïsme commun à beaucoup de pères et de mères. et elle en usait si largement que ses immenses revenus lui suffisaient à peine. Les combats contre les Maures avaient fait périr beaucoup d'hommes. Un jeune seigneur du pays. La jeune veuve. Athanasie. venir jusqu'à sa poitrine et. Mais les préoccupations du monde ne la détournaient pas du soin de son salut.Double vocation. une décision injuste et tyrannique en prohibant le célibat et en obligeant toutes les jeunes filles et les jeunes veuves à se marier. pèlerins. Sa demeure était comme le grenier d'abondance de la contrée où tous venaient puiser dans leurs nécessités. Elle sut lui inspirer une . Par un de ces jugements dont Dieu seul a le secret. a telle qu'un parterre orné des fleurs les plus belles et les plus odoriférantes ». crurent qu'ils manqueraient :d'affection pour leur fille en lui permettant de suivre sa vocation. quand le Seigneur voulut. Poussée par cet amour des âmes.Charité. elle réunissait toutes ses voisines aux jours de fêtes. L'enfant comprit dès lors le néant des délices de la terre. éblouis . sur les instances de son père. la demandait en mariage. pelle s'efforçait. tandis que son mari pourvoyait aux besoins de ceux qui se présentaient à la maison. brûlant d'une sainte ardeur. forcèrent leur fille à accepter la main du riche prétendant. . le mari d'Athanasie périt dans une bataille. En même temps qu'elle nourrissait leurs corps. Mais son zèle et sa générosité éclatèrent surtout au milieu d'une famine qui vint fondre sur sa patrie.

mises au courant. Aussi songea-t-elle à prononcer les voeux de religion. étaient reçus comme des oracles. Après quelque temps. 77 . pour garder cette égalité et cette suavité d'âme. a La véhémence de son amour lui faisait verser des larmes en l'oraison comme au milieu de la psalmodie. elle devait chaque jour lutter énergiquement contre soi-même. selon le témoignage des contemporains. le prêtre Mathias. dit la chronique. elle portait un long cilice qui la torturait à chaque instant du jour .avait préparées l'amour si vrai et si pur de son épouse. « Je bénirai le Seigneur en tout temps. Ses pieuses compagnes. jamais elle ne souffrit qu'on la servît. et en telle abondance. » Cette humilité se manifestait dans tous ses actes . dans son coeur Athanasie s'estimait la dernière et la plus méprisable de toutes. elles n'aspirèrent plus qu'à se lier elles-mêmes par ces chaînes bénies. et c'était surtout par une ardente prière. je ne mérite pas de vivre en si sainte compagnie . Aucune consécration solennelle ne l'avait encore liée à Dieu. et sans cesse ma bouche fera retentir ses louanges. Elle passait ses nuits dans une auge de pierre. qu'on eût vu une fontaine se tarir plutôt que les yeux d'Athanasie. . Sa nourriture quotidienne consistait en du pain et de l'eau. mais. soumettre ses passions à la loi divine et les maîtriser par les rigueurs de la pénitence. et elle ne se croyait pas véritablement toute à lui tant que cette consécration n'aurait pas eu lieu. Athanasie. Ses avis. de son côté. Consécration définitive. toujours pleins ros 14 AOUT SAINTE ATIIANASIE 1ol de douceur et d'onction. elle ne mangeait que tous les deux jours. et ses vertus lui avaient mérité plusieurs visions célestes. « Indigne pécheresse. mais Atlanasie cachait tout aux yeux des hommes. redoutant de s'attirer leur estime. au jour de Pâques. Ce n'est qu'à force de contrainte qu'on put lui faire accepter la charge de supérieure . Toute sainte que fût sa vie. s'écriait-elle souvent avec David. Mais. quand Dieu leur envoya un directeur sage et prudent. Sous son vêtement de laine. A grand'peine. bientôt.Le couvent de Timia. priant et pleurant jusqu'à ce qu'elle fût vaincue par le sommeil. comment voulez-vous que j'accepte des honneurs qui ne sont dus qu'à la vertu i » Pendant les quatre années :qu'elle vécut ainsi. qu'elle savait faire régner l'obéissance. embrassèrent avidement son dessein . et seul le Père céleste était témoin de ses souffrances. et à se retirer dans un lieu plus solitaire. on l'entendait souvent répéter quelques versets des psaumes ou exciter ses Soeurs à les redire après elle. disait-elle. Elles se préparaient à donner suite à leur généreuse pensée par un redoublement de prière et de pénitence. ne songea plus qu'à se donner à Dieu elle répandit ses richesses entre les mains des pauvres et reçut dans sa maison plusieurs femmes pieuses éprises d'une même ardeur pour la pénitence et la prière. Ainsi maîtresse de son corps. sans aucune boisson. si son rang l'obligeait il marcher la première. et encore ne prenait-elle que des légumes crus. cette humble servante du Seigneur la trouvait encore tiède et imparfaite. la petite communauté s'organisa comme un monastère dont la direction revint tout naturellement à la fondatrice. pouvait-on lui faire goûter un peu de poisson et de lait. elle s'était élevée à une contemplation presque continuelle. Depuis plusieurs années il dirigeait avec honneur une communauté de femmes. Pendant le Carême et à l'approche des grandes fêtes. Le véritable amour est insatiable . qu'on lui versât de l'eau sur les mains. pas même. Essais de vie religieuse. il cherche toujours de nouveaux moyens de se manifester. on ne l'entendit jamais parler avec amertume ou colère. En dehors dés offices communs. adressée au Maître de toute volonté. suivant ce conseil de i'Evangile : « Que celui qui veut être grand parmi vous se regarde comme le plus petit et le plus faible.

communautés de la Thébaïde. ~~ft 1 11. l'entouraient en chantant : a: Voilà Celui qui. ~ I. elle finit par enlever jusqu'à la racine de l'orgueil et de la colère que le 78 . du généreux désir qu'il vous a inspiré. se mettre.« Je ne saurais assez remercier Dieu. Athanasie se distinguait entre.. » Ainsi poussée sans cesse.. Cependant. humble de c<eur.rappelait les.. a vous livrer davantage à la prière. i~lüUllllu il Il 14. retirez-vous dans la solitude afin de . les anges. ppplpÎmlllll ~.. Is II . Imite-le. auxx austéritéss de la règle. Mathias vit dans ce prompt renoncement la marque évidente de leur vertu et de la sainteté de celle qui les avait formées. dès lors. mettez une barrière infranchissable entre vous et le monde. modérez vos austérités .. Comment peindre la ferveur des.. sur la terre. L'obéissance est meilleure que les sacrifices et les victimes. extraordinaire qui. il ne convient pas que le corps écrase l'âme de son poids. et bientôt il constitua. et le ciell lui-même venait l'aider à avancer dans cette voie.4 S 100 00 / ç IN IN io 400 k. Souvent.imite-le.~ Ww~'y~ ~~. bâti dans un lieu éloigné des bruits du monde. par une faveur extraordinaire. mais il doit pourtant être assez fort pour la porter.. n Les aspirantes à la vie religieuse acceptèrent joyeusement les avis et la direction de l'homme de Dieu. Athanasie.0 Il 00 00 00 r 110 r4 AOUT S-INTE M ANAS[E IIi e C'est ici le lieu de mon repos il y a longtemps que Dieu me J'avait montré 1 a Le pieux directeur donna l'habit religieux et une règle monastique à ses filles. II \\\\\\\\ 00 _. dit-il à Athanasie.10 IIIIII 00 00 . par les voeux. telles étaient ses délices. Athanasie s'écria en l'apercevant j ~p`/~. le Sauveur marcher à côté d'elle au milieu d'une nuée_ lumineuse .. et.. Comme il les conduisait à l'ermitage de Timia. sans doute. une communauté régulière. .. et tu participeras à ses gloires et à ses. il n'hésita plus à se rendre à leurs désirs. Se faire toute à tous. elle voyait. toutes ses compagnes par une recherche constante de la mansuétude et de l'humilité. Oui. fut doux et. à la pratique de l'obéissance avec une énergie. aux pieds de' trous pour la gloire de Jésus. nouvelles moniales P' Lites se livraient à la prière.triomphes. y e Voici Celui qui sur la terre fut doux et humble de azur.

elle éleva trois églises„ respectivement dédiées à la.'ëtait le r4 ou 15 août... Athanasie reprend le chemin de Timiâ. en lthonneur de saint Étienne . nues soeurs.douce et ferme à la fois. lai prédit dans EEcriture. retourne à ta première retraite. charmée du ce: qu'elle entendait raconter de ses vertus. il oublie nos péchés. En vue d'aider encore à la piété des. elle n'interrompait sa contemplation que pour répéter: a priez. fit le signe de la croix sur les yeux du malade en disant : « Que le Sauveur qui guérit l'aveugle-né te guérisse aujourd'hui. que son âme allait commencer au ciel l'éternelle action de grâces. défense de sa bienfaitrice. ett quandd vous. davantage à sa céleste Mère. lui dit-elle. Athanasie. lee calme. mess chères soeurs. priez et louezz sans cesse le.. Dieu: nous réunira. l'heure de la récompense qui approche. là gloire de Marie dans son Assomption.s qu'à cause d'elle on négligeât la prière. ellee en méditait les vertus afin de les pratiquer de son mieux et de plaire ainsi. car je veux que tu meures à l'ombre du sanctuaire que tu m'as élevé. s'agenouilla. un aveugle vint se jeter aux pieds de cette humble servante du Christ. nauté par ses exemples et ses sages conseils. et à peine. Qu'il vous donne. ainsi qu'il. je l'espère de sa bonté. implorant avec larmess sa guérison. Don des miracles.gey et bientôt de nombreux fidèles accoururentt au monastère. Athanasie profila du concours dus peuple pour llee faire refleurir. Elle avait aussi une très grande dévotion. elle s'abaissait chaque jour davantage.da Sauveur avait il touché sess lèvres.. et elle sut. et deux auges vinrent lui annoncer l'heure...fidèles. en attendant. L'entrée dans la gloire au jour de l'Assomption. aurez tout terminé. « Célébrez aujourd'hui en toute solennité. ta terre mon pauvre corps. Comme.. répondit l'infortuné. Malgré ses répugnances. qui devint éblouissant de clarté. poussée par la charité. Il y avait' en: autrefois datas ce lieu un pèlerinage.. les. n Dès ce moment. ton âtre pourraa enfin s'échapper de la prisonn duu corps. un monde meilleur. cet homme alla raconterr partout le prodi. C. a Et. Elle reçut ensuite les sacrements des mourants. Athanasie ne se livra plus qu'à la prière. a. venezz confier à.si avant danse le coeur humain. Un jour. toi dont le nom signifiait l'immortalité P s'écriaient79 . elle ajouta : a Voilà donc qu'il faut imeus séparer. Le soir du onzième jour. la céleste charité. sur l'heure. par sa patience.de sa mort. Ses filles se jetèrent alors. L'impératrice' Théodona. n Docile à la voix du ciel.Baptiste et à saint Nicolas. sur son indignité et la multitude de ses péchés : « Non. et qu'il vous comble de ses bénédictions. le Corps sacré. quand la Sainte Vierge lui apparut : a Voici. mais elle voulut résider dans un couvent ett non au. Comme elle s'excusait. Le lendemain. plus saintes de ses compagnes.péché a fait entrer. Les postulantes. à saint Jean. dans.. et ellee rentra dans. Il y avait déjà sept anse qu'elle fécondait cette nouvelle commu. A peine y avait-elle' repris sa vie de prière et d'amour qu'elle fut saisie d'une grave maladie.Seigneur. Bienheureuse Vierge. jee le veux. mais coirsolez-vous. non. vous êtes toute-puissante auprès de Dieu. Notre-Seigneur devait l'exalter. priez et je verrai. Athanasie obéit. priez. n. attirées par la renommée de sa sainteté et de ses miracles.. a La beauté de son âme se refléta un instant sur son visage. a.. Constan tinople. Ils portaient un livre où L'on voyait écrit en lettres d'or : a Réjouis-toi' : d'ans douze jours. embrassant Marine et Euphrasie. m Athanasie.Comment doncc as-tts pu mourir. laa paix.sur sa sainte dépouille et la couvrirent de leurs larmes et de leurs baisers. probablement de l'année 86a-. afin que. affluèrent bientôt... pour la: Sainte Vierge. plus. dans saa miséricorde. voulut la voir et lui_ envoya L'ordre de venir à. Malgré la. palais. l'aveugle recouvra la vue. en fairee de dignes épouses de JésusChrist. dit-elle.que jamais jalousee du culte divin„ ne voulut pas. la concorde.

. appartenait à une noblesse non moins illustre. mais à peine eut-elle touché aux saintes reliques que le démon s'enfuit. » Le lendemain. et Dieuu t'a rappelée à lui_ n Comment Dieu canonisa lui-même Athanasie. Ces pleurs.. A partir de ce moment. au château de Rostkow. l'établirent sur un trône et la proclamèrent la protectrice et la patronne de son couvent. F. S. mais le Seigneur voulut la. Dans l'Eglise latine. Les Petits Bollandistlx (Paris. nous: laisser orphelines P Nous étions indignes' de te posséder plus longtemips. de boiteux. par un oubli volontaire ou par une permission du ciel. « Est-ce ainsi que l'on m'oublie P dit-elle. était sénateur et héritier d'une des plus nobles familles du royaume . Ces prodiges et d'autres encore excitèrent de plus en plus la confiance des peuples. Un jour. L'enfant fut baptisé en l'église paroissiale 80 .(V. dans sa rage. le quarantième jour passa sans qu'on récitât au monastère les prières prescrites par la Règle pour les défunts. Fête le 15 août. inspirée par le ciel. manifester plus. de l'humble servante du Christ ayant été été ouvert de nouveau. » Cependant. sa mère. était devenue la gloire de son pays. » Et Athanasie étendit aussitôt les bras. fais préparer un repas pour les pauvres et soyez vousmêmes dans la joie. est fixée au s4 août. visiblement. Son père. comme une nouvelle piscine de Siloé. Marguerite Kriska. 112 I4 AOUT Une des religieuses de Timia ne pouvait quitter le tombeau de la fondatrice. il répandait même un suave parfum. naquit en Pologne le 28 octobre i55o. de nombreux prodiges s'opérèrent au contact des reliques de la fondatrice du couvent de Timia. qui n'avait pendant toute sa vie cherché qu'à se cacher. deux religieuses du monastère aperçurent leur Mère environnée d'un vêtement de gloire et de lumière. mais elle serrait si fortement les bras contre sa poitrine qu'on ne pouvait y parvenir. A.Cette femme. Avant de l'ensevelir une seconde fois. priant et pleurant sans cesse. n' s83. son corps apparut intact et aussi flexible qu'au jour du décès . Un soir. de sourds.Mgr PAUL Guiaxtn. Des anges la portèrent jusqu'au sommet de l'autel. car je vais rentrer au milieu de vous. 111 d'août (Paris et Borne. sans qu'on pût la retenir .Acta Sanctorum.) SAINT STANISLAS KOSTKA Novice de la Compagnie de Jésus (1550-1568). comme dit le Martyrologe romain. et bientôt Timia devint. par sa fidélité aux observances monastiques et par le don des miracles. P. . on amena sur le tombeau une femme que les malins esprits tourmentaient cruellement. Plus tard. trouvèrent la guérison auprès du tombeau d'Athanasie. Athanasie apparaissait encore à celle qui veillait sur son sépulcre. Sources consultées. elle entra en fureur. le cercueil.elles . qui en peu d'années devait arriver à une si haute sainteté. s867). comme on récitait au choeur les prières pour les morts. 187). . obéis aujourd'hui. Une des Sceurs. Elle y passait ses jours et parfois ses nuits. Il serait impossible de dire combien d'aveugles. 1. se jette à genoux et s'écrie : u Toi qui fus toujours obéissante pendant ta vie. de paralytiques. ah 11 pourquoi. les religieuses voulurent revêtir leur Mère d'une robe plus riche et plus éclatante . Cependant. Le soir même. la fête de sainte Athanasie. Les contemporains eux-mêmes s'y déclarent impuissants. Les Grecs honorent leur glorieuse compatriote le lendemain de l'Assomption. et. suer du palatin de Mazonie. c ET angélique enfant. C. ces regrets et la pieuse mémoire qu'elle laissait dans tous les esprits auraient suffi pour révéler la sainteté d'Athanasie. la défunte lui apparut et lui dit: a Console-toi. Dès que la malheureuse se fut approchée. Jean Kostka. selon la pittoresque comparaison du chroniqueur. dans quarante jours je jouirai pleinement de tout ce que m'a préparé la miséricorde de mon Dieu. de morts. elle arracha toutes les pierres. B.. célèbre.

Stanislas. Chaque matin. pour y continuer son éducation au collège de la Noblesse dirigé par les Jésuites. quelque convive étranger ou quelque cavalier de passage s'oubliait jusqu'à dire en sa présence une parole inconvenante. Stanislas.Saint-Adalbert. fut envoyé à Vienne avec Paul. et le succès couronnait ses efforts. Cependant son frère et son gouverneur. Cet homme ne méritait guère alors la confiance dont les parents de Stanislas l'avaient honoré . bien différent de son frère. que son père et sa mère l'appelaient a leur petit ange ». Stanislas était si pieux. Dès ses plus tendres années. Un précepteur. il faisait sa méditation dans l'église des Jésuites. il se montra d'une regrettable faiblesse envers Paul. 81 . . si pur. l'enfant en éprouvait une telle horreur qu'il s'évanouissait. ir4 15 AOUT tique luthérien. en profila pour fuir le monde davantage. vous soyez le seul qui viviez bienP Stanislas ne cherchait point la discussion . C'est ainsi qu'il lui laissa choisir un appartement dans l'hôtel d'un héré-. Il réussissait à jeûner souvent sans qu'on s'en aperçût et se flagellait eu secret par de rudes disciplines. il communiait tous les dimanches et à chaque fête solennelle. Suivant les cours avec assiduité. à moins que son gouverneur ne l'obligeât à se faire accompagner. et les domestiques du château lui témoignaient le plus grand respect. il travaillait consciencieusement et avec ardeur. parmi tant de personnes de qualité que nous voyons à Vienne. Il évitait comme la peste la société (les jeunes gens de mceurs frivoles et légères . c'est de sauver son âme I Le jeune étudiant ne changea donc rien à son existence . se montrait tout épris du monde. si doux. Après avoir commencé avec succès ses études au château paternel. irrités de ses vertus qui condamnaient leur frivolité. âgé de 14 ans. de même que Paul Kostka. dans la conversation. Il ne reculait point devant les occupations les plus humbles.lié quoi ! Stanislas. diocèse de Plock. il se contentait de répondre qu'il n'était pas fait pour le inonde. balayant parfois la chambre de son frère. sa meilleure récréation était de s'entretenir de sujets religieux avec les plus pieux et les plus exemplaires de ses condisciples. Si par hasard. Au collège de Vienne. l'appelaient par ironie n le Jésuite ». lui disaient-ils.. nommé Jean Bilinski. à Prasnitz. accompagnait les deux jeunes seigneurs polonais. qui. il évitait de se poser en fils de grand soigneur. pensez-vous que noirs ne voulions pas sous sauver aussi bien que vous? Avez-vous assez de présomption pour croire que.Les deux frères. et qui devait déposer au procès de béatification de son élève. sans gants ni fourrures même durant les grands froids. plus tard chanoine de Plock. si modeste et en même temps si gracieux de visage. avant la classe. et sortait salis laquais. le sénateur Kimbercher. . presque pauvres. Il portait des vêtements simples. Il récitait chaque jour le chapelet avec recueillement. Sans orgueil ni vanité. uniquement parce que cette demeure était située dans le plus beau quartier de la ville. sans nuire à son humilité et è sa piété. et s'efforçaient de le faire descendre à leur niveau moral. pour l'homme du inonde aussi bien que poux le religieux. son frère aîné. affligé de loger chez un ennemi de la Sainte Eglise. de ses plaisirs et de ses vanités. et il y revenait le soir adorer le Maître de toute vraie science. Il savait qu'une chose est nécessaire pour tous. L'austérité et une tendre dévotion à Marie servaient de rempart à sa chasteté. le raillaient.

ravi d'un si grand trésor. L'un d'eux portait la sainte Eucharistie. A cette vue. Un jour qu'il parlait encore plus rudement et menaçait de coups son frère cadet.Allez où vous voudrez. et prévoyant que ni son frère ni son gouverneur ne lui accorderaient jamais l'autorisation de se faire Jésuite. plusieurs fois. Stanislas lui déclara : . Vocation et fuite. Communion miraculeuse. Le démon. Jean Bilinski. qui était alors saint Pierre de llondt. qui le veillait. Stanislas. que les médecins désespérèrent de sa vie. au mois de décembre 1566. confes-. La Sainte Vierge le guérit. Stanislas pouvait se lever et se rendre à l'église pour remercier Dieu. obstiné dans l'erreur. Après cette immense faveur. puis sort de la ville de Vienne. Mais la Reine du ciel. recueillant ses forces. la Sainte apparut près de son lit. je serai obligé de nie séparer de vous et d'en avertir nos parents. Il passe une grande partie de la nuit suivante en prière. refusait de laisser apporter la sainte Eucharistie eu jeune malade dans sa maison. il supplia même le car-. gereusement malade. lorsque la Sainte Vierge daigna lui apparaître à son tour. pendant que la violence du mal empêchait le vertueux adolescent de dormir. Il raconta à son directeur la faveur dont il venait d'être l'objet. ne songeait plus qu'au ciel. l'heure de son dernier soupir ne semblait pas éloignée. lin autre genre d'épreuve vint exercer sa vertu : il tomba si dan. Stanislas. attaqua visiblement le jeune étudiant. La Mère de Dieu tenait son divin Fils entre ses bras et elle le déposa même un instant sur le lit du malade. qui était d'autre part docteur en médecine. Stanislas se souvint avoir lu que ceux qui invoquent sainte Barbe reçoivent la grûce de ne point mourir sans sacrements. pria son gouverneur. il lui apparut dans sa chambre sous la forme d'un gros chien noir qui se jetait sur lui pour le dévorer .Si vous continuez d'agir ainsi. dinal Commeidonc. depuis 153/. et il se mit à invoquer avec ferveur cette vierge martyre. une lettre de recommandation. de son côté. Mais comment échapper à son frère. fondé:. affirmera plus tard que a Stanislas avait alors toute sa connaissance et n'était point victime d'une hallucination causée par la violence du mal ». légat du Saint-Siège. le jeune seigneur s'empressa d'aller s'offrir au Provincial des Jésuites. par crainte des ennuis que la famille du jeune homme pouvait susciter à la Compagnie. embrasé d'amour divin. d'intervenir en sa faveur mais ni le Provincial ni le cardinal n'osèrent accéder à ses désirs. et. accompagnée de deux anges d'un éclat merveilleux. va communier à l'église des Jésuites. Stanislas résolut de quitter Vienne et d'aller se présenter au Provincial de la haute-Allemagne. . dont la surveillance devenait de plus en plus rigoureuse et sévère P Paul le traitait avec une grande dureté. De fait. ou Pierre Canisius. Une des nuits suivantes. se lève de grand matin. à Vienne . Une guérison instantanée suivit de peu de jours ces merveilles. Celui-ci. je ne m'en soucie nullement. et il reçut la communion des mains de l'ange. d'adorer avec lui son Sauveur. François Antoni. eût souhaité le posséder à jamais. reprenant son Fils. chez qui il logeait. et qu'il devait la mériter en entrant dans la Compagnie de Jésus. Celui-ci ayant approuvé son dessein. se mit à genoux sur son lit. Ni Paul ni Jean Bilinnski n'osaient insister. Stanislas ne se le fait pas répéter deux fois.Grave maladie. dit à Stanislas que le temps de la récompense éternelle n'était pas encore arrivé pour lui. SA!\'r STANISLAS KOSTYA 115 116 15 AOLT SAINT STANISLAS KOSTKA 117 seur de l'impératrice Marie. repartit Paul. et lui exposa son désir d'être reçu dans l'Ordre des Jésuites. 82 . mais chaque fois le malade le chassa en faisant de signe de la croix. reçoit du P. Devant cet échec. mais le luthérien. Stanislas était résigné à lotit.

tant était grand son désir d'être fidèle à sa vocation et de se consacrer complètement à Jésus-Christ. et. il le cherche dans toute la ville de Vienne. pour éviter les obstacles que pouvait lui susciter sa famille. Comme Stanislas allait à pied. des anges lui apparurent. est très affligé. De retour à Vienne. Après avoir fait 183 lieues à pied. Arrivée de saint Stanislas à Rome. Le jeune homme reçut la communion de la main de l'ange et offrit à son Sauveur les élans de sa reconnaissance et de son amour. où le départ de Stanislas allait provoquer beaucoup de bruit. il revêt un médiocre vêtement de toile. les deux Polonais et leur hôte hérétique montent dans une voiture et s'élancent à la poursuite du fugitif. A Dillingen. ne le voyant pas rentrer à la maison. Dès le lendemain. Bientôt il rencontre un pauvre auquel il donne sa tunique . ils ne tardent pas à le rejoindre . Stanislas accomplit à pied.marchant toujours à pied. le long voyage. il continue sa marche. et prennent un chemin de traverse où précisément le voyageur venait de s'engager. rien n'arrêta son courage. En route. et continuent leur course. il fut parfaitement accueilli par le Père Provincial. elle était pleine de monde. il s'arrête dans un village et va droit à l'église . s'engage sur la longue route qui mène à Augsbourg. il l'envoya faire son noviciat à Rome. hélas I c'était des hérétiques qui s'étaient emparés de cette église et en avaient fait leur temple. Stanislas entra dans Augsbourg. Les Jésuites tenaient dans cette ville un collège placé sous le vocable de saint Jérôme . précisément sur la route d'Augsbourg. Alors ils se décident à reprendre la direction de Vienne et aussitôt les chevaux de repartir au galop. le Provincial le jugea digne d'être admis dans la Compagnie. surtout parmi ses compagnons d'études. Après quelques semaines de cette épreuve. La communion dans un temple protestant. ils reviennent donc sur leurs pas. Il craint que ses mauvais traitements n'aient engagé son frère à s'enfuir ou à se cacher. escortant l'un d'entre eux qui portait la sainte Eucharistie. Stanislas se vit confier le soin de servir les pensionnaires . Paul Kostka. avec deux autres jeunes religieux. Etonnés de ne pas le rencontrer. le jeune seigneur polonais s'acquitta de ses fonctions avec autant de charité que d'humilité. 83 . Peine inutile. pour la remplacer. chaleur ou froid. de concert avec Bilinski. Forêts. Pendant que le voyageur pleurait sur cette profanation et exprimait à Dieu ses regrets de ne pouvoir communier en ce lieu comme il l'avait souhaité. Bilinski recevait la visite d'un ami du fugitif qui lui apportait une lettre affirmant sa vocation et son désir très net d'y répondre fidèlement. torrents. Mais. Apprenant que le Provincial des Jésuites était à Dillingen. lorsque leurs chevaux se raidissent sur le sol et refusent obstinément d'avancer. mais il ne le reconnaissent pas sous ses habits de mendiant. Le soir. un bâton à la main. Son acte de charité allait recevoir bientôt sa récompense. ils se demandent si le jeune homme qu'ils ont dépassé ne serait pas Stanislas . Ils allaient l'atteindre. Alors. plaines ou montagnes. mais. il part pour cette ville.

et par lesquelles vous prétendez que j'ai déshonoré mon nom. biais.Saint Stanislas 1Nostka. mes frères 1 Dieu est tout à nous et nous sommes tout à Dieu. son céleste et son premier Père. il alla se jeter. une profession indigne de sa haute naissance et des richesses de sa famille. le fervent novice. De fait. il saurait le châtier d'une manière exemplaire. Dieu nous tient lieu de toutes choses comme à eux. C'était alors l'illustre François de Borgia. Lettre de saint Stanislas à son père. en la fête de saint Simon et de saint Jude. le 25 octobre 1567. Cependant. Mais. 118 15 AOUT SAINT SrANISLAS FOSTiA Ir_) La joie de Stanislas. Il disait à ses compagnons de noviciat du couvent de Saint-André : . deuxième successeur de saint Ignare. et lui donna l'habit religieux le 28 octobre. . en se voyant enfin revêtu de l'habit religieux. si nous pratiquons fidèlement l'obéissance. sans se laisser ébranler par cette tentatien. fut ému jusqu'aux larmes en voyant sa douleur et ses préventions. Il lui écrivit des lettres pleines de reproches et d'injures . il écrivit à son père de la terre ces lignes touchantes Je serais inconsolable si j'avais mérité par quelque mauvaise action votre colère et les reproches que vous m'adressez. qui venait de montrer tant d'énergie. qui avait toujours eu pour son père un respect plein 'de tendresse. il en est de même de nous. ne songea qu'à prier Dieu de 84 . J'y ai trouvé tant de douceur. La vie que liens menons ici ressemble à celle des Saints dans le ciel . je ne puis avoir honte de celles dont vous me blâmez. vous vouliez me priver d'un bien que je ne changerais pas pour toutes les couronnes du monde. i1 l'accusait d'avoir déshonoré la noblesse de sa famille en s'enfuyant de Vienne sous les haillons d'un mendiant. Il y a longtemps que j'ai mis ma gloire à obéir à Dieu et à embrasser la croix de Jésus-Christ. Jean Kostka ne tarda pas à apprendre comment son fils s'était fait Jésuite à Rome.Que nous sommes heureux. aux pieds du Supérieur général des Jésuites. en embrassant. Enfin il déclarait 3 son fils que si jamais celui-ci rentrait en Pologne. fut immense. Stanislas. que je ne puis me persuader qu'aimant vos enfants comme vous faites. confiant en Dieu. ayant invoqué sainte Barbe. François accueillit en père le jeune exilé. Le noviciat. Arrivé à Rome. Ils font toujours la volonté de Dieu. est communié par un ange.Ferveur et vertus. je l'avoue.

et ne commençait jamais une action sans l'invoquer. 'Sta nislas avait dit à un autre novice . que sa poitrine ellemême devenait brûlante : il lui arriva même d'être obligé de sortir au grand air. quand la Reine du ciel jugea digne du paradis cette fleur dont les parfums embaumaient la terre. Il portait habituellement le cilice. images et milles choses semblables. I1 n'avait pas terminé cet office d'humilité. comme il arrive parfois chez de jeunes religieux même fervents. Il parlait de cette divine Mère avec un charme qui ravissait ses auditeurs. portant sur sa poitrine une lettre dans laquelle il suppliait la 120 15 AOUT Sainte Vierge de lui obtenir la grâce de mourir avant le beau jour de son Assomption. ni ses brillantes qualités ne lui donnaient d'orgueil . Nous avons vu quelle était son assiduité à la prière. Stanislas dit à un Père : . On n'attacha point d'importance à ces paroles. du moins. à la suite d'une belle exhortation de saint Pierre Canisius sur la préparation à la mort. baisa les pieds de tous les religieux et leur demanda en aumône le pain qu'il devait manger. puis il alla servir à la cuisine. 'fout son coeur était à Dieu. avait cependant soif d'expiations et de sacrifices. par laquelle nous sommes faits enfants de Dieu et héritiers de son royaume. aussi bien que nous .L'Assomption célébrée au ciel. fit-il plus de progrès que d'autres en cinquante ans. qui avait conservé l'innocence du baptême. se flagellait jusqu'au sang et jeûnait souvent. et l'amour divin le remplissait entièrement. il ne s'attachait pas. Déjà. le plus charitable. Un jour qu'un autre novice le louait de sa haute naissance : . quand il se sentit saisi de la 85 . il était le plus humble. aussi souvent. en dix mois. fête de saint Laurent il alla communier. ni le courage dont lui-même avait fait preuve pour suivre sa vocation. qui dois mourir durant ce mois. On rapporte que le io aou't. même au milieu des occupations matérielles. Le serviteur de Marie. L'année de son noviciat n'était pas encore terminée. Avec quelle docilité et quelle exactitude il employait tous les moyens que la vie religieuse met à la disposition des âmes pour avancer dans la vertu I Aussi. il se sentait parfois embrasé d'un si grand feu d'amour divin. que 'oc fut fui heureux jour pour les Saints que celui où la Sainte Vierge entra dans le ciel 1 Je suis persuadé qu'ils en renouvellent tous l'es ans la mémoire par quelque réjouissance. on peut dire que sa vie fut comme une oraison perpétuelle.C'est peu de chose. Le soir. répondit-il. Une fois au couvent. dans le monde. Son obéissance absolue et sa parfaite observance de la règle permettaient à Stanislas de s'immoler sans cesse à Dieu. Faible avantage que d'être né avec des biens qu'on n'emporte point cri mourant 1 Rien ne nous fait riches quee ce que l'on ne petit nous ôter. comme cela se pratique encore en certaines circonstances.Cette exhortation est un salutaire avertissement pour tout le monde . Quelques jours avant la fête de l'Assomption. . Ni la noblesse de sa famille. après avoir quitté sans regret les grandes richesses de sa famille. Son Aine si pure. mais lui se préparait en silence. Animé de pareils sentiments. que le lui permettait son maître des novices : car il soumettait à l'approbation de son directeur toutes ses austérités. d'elle grand en ce monde où tout est si petit. Il n'y a de vraie grandeur que celle qui vient de la grâce de Jésus-Christ. il battit sa coulpe au milieu du réfectoire. tels que livres.protéger ses parents et à devenir lui-même un parfait religieux. sachant bien que nul sacrifice n'est plus agréable à Dieu que celui de notre propre volonté. Et quand il se trouvait au pied de l'autel.Modeste dans ses regards et ami du silence. meubles. tant il paraissait alors plein de vie et de santé. j'espère voir la première fête qu'ils en feront. plais pour moi. le plus empressé à rendre service aux Frères et à se charger des emplois les plus vulgaires de la maison. et contraint d'appliquer des linges mouillés sur sa poitrine pour obtenir un rafraîchissement indispensable à sa santé. aux petits objets à son usage. il était sans cesse uni à Dieu. Sa dévotion envers la Sainte Vierge n'était pas moins admirable.Ah 1 mon Père. c'est vraiment la voix de Dieu.

dans la nouvelle église. cette autre lumière de l'Eglise. le corps de saint Stanislas fut emporté en Hongrie pour éviter qu'il ne fût profané par les armées de la République française . Saint-Martin. Maitre de saint Ambroise. Toute sa vie il voulut faire pénitence des mauvais traitements qu'il avait infligés à son admirable frère. AMST Augustin. et apparut bientôtt sans remède.(V. puis. Le Martyrologe Romain l'honore le 15 août. mais Stanislas dit au Père recteur qu'il mourrait avant quatre jours. Le chanoine Jean Bilinski fit de même une mort édifiante. Sa vie a été écrite dans un style un peu archaïque au xvii` siècle par le P. . des Ermites de Saint-Augustin. la Sainte Vierge vint elle-même chercher l'âme de cet enfant d'adoption pour la conduire à la fête éternelle du ciel. J.Mgr PAUL Gu€nm. décrit les rapports qu'il entretint avec saint Simplicien et la part qu'eut ce dernier dans l'œuvre de son retour à Dieu.Voilà sans doute une chose merveilleuse. en vérité. qu'un petit novice polonais.8q3). Il ne s'entretint plus qu'avec NotreSeigneur et la Sainte Vierge. Il était le premier novice décédé au noviciat de Saint-André et ses restes furent inhumés d'abord dans l'ancienne chapelle. (Lille et Paris. surtout en Polōgne. l'état da malade empira très rapidement.fièvre. le P. et son culte devint populaire. le malade demanda d'être placé à terre pour y mourir. d'après le P. Sources consultées. ainsi que de la Lithuanie. plus tard cardinal. dont il fut proclamé patron. vers 3 heures du matin. S. appelle saint Simplicien son père selon la grâce. dans la nuit qui précéda le jour de l'Assomption. en 1670. baisant souvent les plaies du Crucifix et exprimant sa joie d'aller au ciel. En 1798. le 18 février 16oli. au huitième livre de ses Confessions. Les Petits Bollandistes. en même temps qu'un autre jeune Saint de la même Compagnie. car il fut baptisé par lui et il lui voua une affection toute filiale.8o4. s'écria . En effet. Paul Kostka se convertit peu d'années après la mort de Stanislas. professeur de théologie à l'Université 86 . conseiller de saint Augustin. Quant à son chef. . t. Josern Borne. %III (Paris. se fasse honorer dans la ville de Rome comme un Saint 1 Les miracles obtenus à son tombeau le firent déclarer Bienheureux par Clément VIII. par Clément X. qui vient de mourir. François Toledo. saint Ambroise.. . il avait été emporté en Pologne dès 1621. crut à une indisposition passagère .Abbé M. En voyant la multitude qui se pressait à ses funérailles et baisait ses pieds. S.) SAINT SIMPLI CI EN Evêque de Milan (vers 320-400). deux titres qui recommandent saint Simplicien à la pieuse attention du lecteur. appelé le lendemain. B. A. Fête le 16 août. n' 6r3. Z. ce sont là. probablement le 13 novembre zOo„ alors qu'il se disposait à entrer au noviciat des Jésuites. avant même le fondateur de la Compagnie de Jésus. Il mourut lui-même en odeur de sainteté. Louis de Gonzague. Le Monxcen. Le médecin. C'est Benoît XIII qui l'a canonisé le 31 décembre 1726. Stanislas avait 18 ans. . Enfin. Après avoir reçu les derniers sacrements. De son côté. âgé d'environ 6o ans. une hémorragie étant survenue. Ce même Pape accorda aux Jésuites et à la nation polonaise la faveur de réciter son Office et de célébrer sa fête qui se trouvait fixée au 13 novembre. il revint à Rome le 20 octobre . '897). P. Vie de saint Stanislas Kostica.

c'est dans cette . homme d'une grande distinction. à laquelle son autour a. de parents chrétiens et nobles que quelquesuns font descendre de l'empereur Marc-Aurèle (t 181). point. un rasoir mille fois plus tranchant que le fer des bourreaux n.. source du baptême. avait mérité . de se courber sons le joua.. dit le' P. de tant de' sénateurs illustres.3 ville qu'il exerça son ministère sous lee pontificat de Libère (3ba366). le reproduit dans ses Confessions.dest plus subtils. ce même vieillard n'avait point en honte de devenir. âge il avait adoré les idoles et participé àà ces mystères sacrilèges pour lesquels presque toute fa noblesse avait un engouement qui se coniriiuniquait au peuple. d'autre part inféodé au paganisme à. qui les avait éclairés par les lumières de son esprit. Forure . qui excellait dans toutes les sciences. quel la grâce de Dieu travaillait il nue façon singulière. Simplicien resta à Rome et y reçut le sacerdoce . Conversion de Victorinus. se trouvait Victorinus. soit en la visite des églises et des tombeaux des martyrs. Simplicien entreprit d'amener au Christ cet esprit dévoyé et il eut le bonheur d'y réussir aux environs de l'année 3Go.. orateur et grammairien fameux.r. à.charmes de sa parole. et laissa loin derrière lui ses condisciples plus avancés . Simplicien durant sonn séjour à Rome. Son dessein était d'allier la science à la piété et la dévotion aux lettres.. Il nie dépeignit donc ce' savant vieillard. soit en la lecture des livres saints.jusqu'à cet. qui en avait porté des jugements si solides. Il choisissait ses amis parmi les étudiants les plus vertueux . a qu'il était gagé par le Sénat de Rome pour attirer.. saint Augustin. sa douce humeur. par.t.le serviteur du Christ. Reconnaissant la vivacité de son esprit et le grand désir que l'enfant avait d'apprendre. Première éducation de saint Simplicien. à !fila.de Toulouse. ce maître fameux.SAINT sIAMPLIeTEN 12. eu raison du bien que ce récit pouvait opérer dans les âmes. qui avait. Simplicien lui raconta en détail la merveille de la conversion de Victorinus et. Après avoir défendu durant tarir d'années ces divinités abominables avec aile éloquence toute terrestre.honneur.. (le Elmmilitéé et d'abaisser son front superbe sous les 87 .~.t\t~I\ IL he h ri r hrhrUUChtllkic 122 16 AOUT .philosophe. Plus tard.. interrogé par Augustin. qui. mais. !vous ne saurions mieux faire que de reprendre cette belle page d'histoire.. par les. son abord affable et modeste lui méritaient l'estime et la sympathie des meilleurs. puis. Simplicien progressa rapidement dans l'étude des sciences et de la vertu.tel. lu tant de livres des philosophes. Parmi ceux qui s'attachèrent à. au début. ils l'envoyèrent de bonne heure à Rome. du. il se faisait remarquer par son assiduité. mettant même au nombre des dieux l'aboyeur Anubis et autres monstres.son tour. Simplicien était probablement Milanais et peut-être né en un village nommé Betuale....la hautes réputation de son enseignement. Il n'y réussissait que trop. En peu de temps. pontificat d'ee saint. . Damase fer.. donné un tour alerte et qui est éminemment encourageante.insigne: aux yeux du monde . Dieu permettant que sa langue fût un piège à prendre des âmes.qu'on lui élevât une statue sur le. les chrétiens à renier leur foi. SaintMartin. de renaître enfant dans la.

je veux être chrétien. et l'Eglise de joie. et s'efforçait~ d'en pénétrer le sens . SaintMartin. Aussitôt qu'il eut été instruit des premières notions des mystères. dès lors on est en droit de supposer.opprobres de la croix.. de sagesse et de modestie.. Ayez trot d'humilité qu'il vous UN SAINT POUR CRAQUE JOUR DU MOlI. Seigneur. écrit-il. a Simplicien. lorsqu'en lisant et en priant avec ardeur. transporté do joie. Au tond. s'il craignait de le confesser devant les hommes. la Sainte Reriture et tous les livres clos chrétiens qu'il pouvait trouver. 2. il' craignait de déplaire à ses amis. il appréhenda d'être désavoué par le Christ devant les anges. a A quoi il répondait. sans parler de Commentaires sur Cicéron et d'autres ouvrages profanes. mais bien plutôt son disciple. des Hymnes.. qu'il ne semblait pas qu'il fût le précepteur de saint Ambroise. Dès lors. laissant deux livres contre les manichéens. „ qui avez abaissé les cieux et en êtes descend. et il ne pouvait s'empêcher de se plaindre. puis il disait. Seigneur. vous considérerai point comme tel. Rome fut remplie d'étonnement. il lui dit : « Allons à l'église. comme à son ami : u Sachezs que. n Lorsque se présentait une question difficile dont il voulait que l'évêque connût la solution. répétant souvent qu'il était chrétien. se comporta avec tant de tact. n'était pas des plus réguliers. un Traité de la Trinité.SLRrs (AOUT) 5 124 i6 AorT 88 . maiatenaart. Simplicien lui faisait toujours la même réponse et Victoria us ne manquait jamais de railler au sujet (les murailles. contre les ariens. eut l'occasion de la témoigner peu après l'élection de saint Ambroise en qualité d'évêque de Milan (374). favorable aux ariens et qui venait de mourir. mais en particulier. Mais..Son humilité. Cette victoire remarquable fit valoir la science et la sainteté de Simplicien à un degré extraordinaire. qui étaient d'orgueilleux ados'ateurs des démons. non pas devant le monde. Le nouvel élu n'avait pas eu le loisir de se préparer par l'étude de l'Ecriture Sainte à la charge qui venait de lui être imposée. Tout d'an coup. que le Pape saint Damase l'avait donné pour auxiliaire ou plus exactement pour conseiller au fonctionnaire impérial que la voix d'un enfant avait désigné pour l'épiscopat. feignez-vous de douter et me demandez-vous ce qu'il m'en semble P Vous vous abaissez jusqu'à me consulter comme si vous ne m'étiez pas donné pour me prescrire ce que j'en dois croire. qui le tenait en une très haute estime. comma le rapporte Simplicien. lorsque Simplicien y pensait le moins. Le conseiller de saint Ambroise. et je ne.. il donna son nom pour prendre place avec ceux qui devaient être régénérés par le baptême. l'y accompagna à l'heure même. . à Simplicien. dans une lettre. un Poème sur le martyre des sept frères Macchabées où se retrouvent les qualités et les défauts d'un rhéteur. jusqu'à ce que je vous voie dans l'Eglise du Christ. Dans sa nouvelle fonction. par quels attraits êtes-vous entré dans cc cceur P Il lisait avec attention. laissons les choses dans l'ordre où Dieu les a mises.. et que je nie donne autant de peine à faire le docteur que vous l'écolier P Je vous en prie. je suis chrétien. qui avez louché les montagnes et les avez embrasées n. » Victorinus se moquait de celle réponse et disait : « Sont-ce dore les murailles qui font les chrétiens a a Et lui. Ce choix du préfet impérial pour remplacer l'évêque Auxence. dit encore le P.. Simplicien interrogeait le pasteur comme pour apprendre de ses lèvres la réponse qui convenait. de cette manière de faire : Pourquoi.. en voyant Simplicien quitter Roi-ne à cette époque pour se rendre à Milan.. E a Je dani croirai rien. il se fut rendu plus fort dans la foi. a Simplicien. Victorinus montra toute l'ardeur des néophytes et mit autant d'acharnement pour combattre le paganisme qu'il en avaitt mis jusque-là à lutter contre les mystères et les symboles chrétiens. en quatre livres. Saint Ambroise avait l'esprit trop pénétrant pour ne pas remarquer ce pieux stratagème. Faut-il que l'aveugle passe devant son guide. Le Pape saint Damase. Il mourut à Rome vers l'an 370.

et sa cordialité incita le visiteur aux confidences. qui. Il restait encore imbu des erreurs manichéennes. au lieu que ceux des platoniciens tendent par 89 . mais non pas au préjudice de ce que la charité vous oblige à me rendre. où il avait obtenu un poste semblable. chère aux platoniciens dans l'art de la discussion. ni à lui ni à ses frères. qu'on lui avait dit être mort chrétien. toute de délicatesse. écrira-t-il plus tard. de charité et d'humilité 1 Elle indique en même temps la manière. C'était comme un devoir pour lui de s'intéresser. Augustin. Simplicien saisit la balle au bond. Comme cette lettre est instructive. du fond de sa retraite. laissons la parole à saint Augustin Il me félicita de n'avoir point lu les ouvrages d'autres philosophes. ce qui obligeait le bon vieillard à la reconnaissance. vendu les biens dont il avait hérité. Simplicien. et. Saint Simplicien dans la solitude. était arrivé à Milan. il avait vécu dans la piété la plus fervente. En 384. J'avais appris que. Ici. qu'il avait perdu ses parents. tout heureux à la pensée de la conquérir à la véritable Eglise du Christ. aux affaires du diocèse. Mais comme celui-ci aspirait à la solitude.5 plaira. -. Entre autres choses. Il était déjà vieux alors. et particulièrement des rouvres des platoniciens.Arrivée d'Augustin à Milan Saint Ambroise eût désiré garder Simplicien auprès de lui. Augustin ébrailé par les arguments de saint Simplicien. comme du reste saint Augustin et les philosophes de celle époque. vous m'inspirâtes alors la pensée. que je trouvai excellente. Il accueillit paternellement le jeune Augustin. traduites en latin par un rhéteur nommé Victorinus. Et je ne me trompais pas. et comme elle éclaire admirablement la physionomie morale de Simplicien. d'indiquer les meilleurs remèdes à apporter aux mauvaises coutumes qui se glissaient dans Milan et ailleurs. Le saint évêque venait souvent l'y visiter. veillant à ce que rien ne lui manquât. distribué son argent aux pauvres ainsi qu'un économe fidèle. sont pleins de mensonges et de tromperies . ne s'arrêtant qu'aux seules choses corporelles. et ces longs jours passés dans l'étude laborieuse de vos voies nie garantissaient sa docte expérience. qu'adoptait. il parla des ouvrages philosophiques qu'il avait lus. même après avoir conféré avec saint Ambroise sur les points qui le tenaient encore opiniâtrément engagé dans la secte.sAI\T SMPLICIEN 19. il saisit avec empressement l'occasion que Dieu lui mettait en main de travailler à sa gloire. O mon Dieu. dès sa jeunesse. Simplicien avait entendu parler de cette belle intelligence. d'aller voir Simplicien qui me semblait être votre fidèle serviteur et en qui brillaient leslumières de votre grâce. qui venait de professer la rhétorique à Rome. il se retira en un lieu proche de Milan pour y mener avec plusieurs disciples une vie d'ermite ou de religieux.

\~\I-\I_. véritablement cela l'ébranlait fort. que j'eus un extrême désir de l'imiter. se fût laissé persuader par une croyance si éloignée de celle de Platon. Le coup porta. débouté de cette charge. votre serviteur. à la pompe.l~ai~li:I\~\!\I\G\Lx~~~F. Que Vietorinus. qui passait en son estime pour un esprit si poli. Seigneur. en effet. avait préféré la profession de chrétien à l'honneur. Mais ce qui le secoua plus que tout fut de considérer que ce même Victorinus. C'est alors que Simplicien raconta ce que l'on a pu lire plus haut. par 90 . Du reste. LFIIL-FLIre'r\r L:r1blr à~rLr~r~r~r4r 14 i 126 16 AOUT SAINT! :BI~ll'YICIkN 127 devait être la vraie. Il était. qu'il avait connu très particu lièrement étant à Rome. pour m'exhorter à l'amour de l'humilité du Christ. tout ancré qu'il était en l'estime du monde. dit de lui-même saint Augustin. au gain qu'il se pouvait procurer dans sa charge de professeur public d'éloquence. c'était bien à cette fin que Simplicien m'avait fait ce récit. il ramena la conversation sur ce même Victorinus. à peine Simplicien. un édit. comme l'espérait l'homme de Dieu. et lui semblait conclure que ce G\_I\r~/=C~\!\L. F Y Y R.' 11 M!. d'après l'édit de l'empereur Julien l'Apostat. Il ajouta que l'empereur Julien ayant publié vers 36. 1111111111!r. tous leurs raisonnements à élever l'esprit à la connaissance de Dieu et de son Verbe. rr rr F /. puisqu'un homme de si bon sens s'y était rangé. Et puis. m'eut-il fait le récit de la défaite de Victoriens. dès le jour où il se faisait chrétien. u cachée aux sages du monde et révélée seulement aux petits n.%% ~.Saint Simplicien rend la justice sur l'ordre d'Honorius. L.

il me sembla que. assez loin de son lit. que l'Eglise de Milan semblait n'avoir rien perdu par la mort de saint Ambroise.II est vieux. s'employant aux exercices spirituels et à la contemplation des mystères divins. d'un commun accord. Une ancienne composition métrique en l'honneur de saint Augustin veut que Simplicien ait. revêtu le néophyte de la robe et du capuchon noirs. ce jour même.pliciea. comme pour approuver leur choix. Les 91 . le saint vieillard reçut encore d'Augustin la solution de nombreuses :difficultés qu'il lui avait soumises sur plusieurs points de t'Ecriture. ils prirent la fuite. Ils parlaient de ce qui arriverait si Dieu rappelait à lui leur saint prélat. On voyait autrefois à Milan une peinture représentant Simplicien conférant l'habit religieux au nouveau baptisé. s'étant montré si généreux en cette rencontre. et lui ait ceint les reins d'une ceinture de cuir. Quelques mois plus tard. lorsqu'il eut rendu l'âme à Dieu. car il mania les affaires avec tant de prudence. il se soumit à cette loi. Aussitôt. et qu'il y demeura quelque temps. mais sans aucune règle écrite . Aussi sa réputation ne s'étendit-elle pas seulement en Italie. Plusieurs auteurs disent qu'Augustin se retira peu (le temps après dans une retraite située hors des murs de la ville. celle de saint Ambroise.tre aux Hébreux. supérieur et disciples virent bientôt de quelles grâces surnaturelles Dieu avait doué l'esprit d'Augustin et. en Afrique.lequel il défendait aux chrétiens d'enseigner les lettres humaines. mais bien loin de là. L'influence de Simplicien. après cette liberté de ne penser plus qu'à vous. aimant mieux abandonner la profession de parler en public que de renoncer à votre Verbe e qui rend éloquente la langue des enfants e . mais d'une voix presque rimpercep. et l'un d'eux hasarda. cette parole': .s par Simplicien vivaient comme des anges. sur les instances de Simplicien. et particulièrement la rhétorique. car. la prière de sainte Monique et surtout un coup décisif de la grâce. de pasteur. mon Dieu. La parole d'Ambroise n'en fut pas moins vérifiée. prêtres ou laïques. Je soupirais. de soin et de courage. Simplicien assista à cette cérémonie qui eut lieu dans ta nuit du 24 au 25 avril. ce qui ferait remonter au jour même du baptême du futur évêque d'Hippone l'origine de la grande famille augustinienne. Ils se demandaient surtout qui pourrait bien être son successeur. au mois d'août 386. devisant à voix si basse que c'est à peine s'ils s'entendaient entre eux. il aurait édicté un petit règlement propre à faire avancer les Frères dans les voies de la perfection monastique. Baptême de saint Augustin. d'Alype. la lecture de saint Paul. Augustin revenait à Milan pour recevoir le baptême des mains de saint Ambroise. Saint Ambroise mourut le 4 avril 397. ils le prièrent de vouloir bien être leur chef. le nom de Simplicien. saint Augustin répondit par un ouvrage intitulé : Diverses questions à Sirn. mais il est bon. Plus tard. Quelques-uns de ses diacres se tenaient dans sa chambre. il n'avait pas d'autre part été moins heureux d'avoir trouvé une occasion si favorable de ne plus travailler que pour vous seul. son fils Adéodat et quelques autres. l'an 397. Consulté en particulier sur certaines difficultés rencontrées dans d'Fpî. le malade se redressa et dit par trois fois. Saint Simplicien succède à saint Ambroise. dignes de l'office. Ils ajoutent que ces moines gouvern. sans ajouter un mot. avec son ami Alype.tible. bien qu'il y eût dans UEglise'de Milan -quantité d'hommes. Simplicien fut néanmoins choisi pour occuper le siège épiscopal de ~ce célèbre diocèse. cependant. la conversion d'Augustin. sorte de monastère dirigé par Simplicien. provoquèrent enfin. Et l'on ne fut pas trompé dans cette attente. Augustin n'eut garde d'accepter . l'uns estimaient -qu'il s'acquitterait très dignement de sa charge. Les assistants furent si étonnés d'entendre le malade parler de la sorte en l'état où il sa trouvait que.

Sources consultées. décrétant que les sentences de Simplicien auraient force de loi comme si elles eussent été prononcées en la cour séculière et laïque. Cette ordonnance. la mise au tombeau de saint Simplicien. Ce prince résidait à Milan. 128 16 AOUT Mais elle était tombée en désuétude. La dernière année de la vie de Simplicien. est une des plus merveilleuses. x869). informé des vertus et des mérites de l'évêque de Milan. il rendit de son propre mouvement une ordonnance par laquelle les citoyens qui le désiraient pouvaient se présenter directement au tribunal de l'évêque et lui exposer leurs différends. Le missel ambrosien fait mention de saint Simplicien au 15 août en même temps que de la translation du corps des trois saints martyrs dont nous avons parlé. Sa courte vie offre. et plusieurs évêques. comme chaque jour se présentaient des affaires qui requéraient l'avis et le jugement du prélat. et l'on résolut de s'en tenir à sa décision. n La fête de saint Simplicien figure au 13 août dans le martyrologe de l'Ordre de saint Augustin. Sisin. prit. et. l'évêque de Trente adres sait à Simplicien une lettre contenant le récit de la fin de ces trois messagers de l'Evangile. . à faire grand état de l'humilité et à chérir au possible la pauvreté volontaire. évêque. Le martyrologe romain place sa fête au 16 août en ces termes « A Milan. par considération pour lui. III d'août (Paris et Rome. que Dieu lui avait fait découvrir. cette mesure portait un coup mortel au' restes du paganisme. Martyrien et Alexandre. sainte Claire de la Croix. que le témoignage des saints Ambroise et Augustin a rendu célèbre. et Simplicien fit honorablement placer les précieux corps en l'église SainteMarie. dite Claire de Montefalco. de même Simplicien choisit sa sépulture tout auprès des trois serviteurs de Jésus-Christ. renvoyée à Simplicien. confessions. Avant d'expirer. La solution de la difficulté fut.Arta Sanctorum. . Vigile. Et de même que son prédécesseur saint Ambroise avait voulu être enseveli auprès des sépulcres des martyrs saint Gervais et saint Protais.) SAINTE CLAIRE DE MONTEFALCO Abbesse de l'Ordre de Saint-Augustin (1268. a écrit un poème en l'honneur de saint Simplicien. plusieurs mesures importantes dans un sens favorable au pouvoir ecclésias tique. d'un commun avis. lorsqu'il permit d'en appeler de la décision des magistrats et présidents des villes à celles des évêques et juges ecclésiastiques. Constantin le Grand l'avait déjà portée auparavant. L'excellence d'un tel présent témoignait de la haute estime en laquelle le saint évêque de Milan était tenu même en des diocèses éloignés. OCTAVIEN. livre VIII. C'est pourquoi l'empereur Honorius la rétablit à Milan. de la validité de ce baptême. Il fut transféré plus tard en l'église qui porte son nom. rassemblés à Carthage.2a4. B. Saint Ennode. P ARMI les Saintes extraordinaires que l'Eglise propose à notre admiration. L'empereur Iionorius. S. personnage éminent par sa piété et sa science. missionnaires que Vigile avait envoyés dans les vallées de son diocèse et qui avaient été mis à mort par les idolâtres. Ce don fut agréé avec toute la vénération qu'il méritait. C'est là que fut déposé son corps après sa mort qui survint le 13 août 4oo. t. n' .. doutaient.(V. Un présent de l'évêque Vigile. .Saint Aucvsnrv. P. C. En même temps que les restes de ces martyrs.donatistes y avaient baptisé un jeune enfant. il exhorta ses frères à pratiquer la charité les uns envers les autres. Le même empereur promulgua un autre édit non moins favorable à la religion : il ordonna que tous les temples où l'on honorerait encore des idoles et faux dieux seraient détruits ou changeraient d'affectation et seraient remis à l'Eglise catholique . évêque de Trente. lui fit présent des reliques de trois martyrs : les saints Sisin.1308) Fête le 17 août. Martyrien et Alexandre. évêque de Pavie. mort en 521. outre une 92 . en la troisième année de son épiscopat.

elle s'imposait de rigoureuses punitions. une dame splendidement vêtue et tenant par la main un enfant d'une beautéé ravissantee lui apparut. elle savait par coeur le Pater. elle courut vers le lieu saint et un premier contact ineffable s'établit entre le Coeur de Jésus et celui de l'enfant. Une nuit.. tant elle voulait la conserver dans une délicatesse infinie. avec une piété si sensible. Le bonheur tant désiré se réalisa enfin. petite ville de l'Ombrie dépendant du diocèse de Spolète. Jeanne. Quittant aussitôt les bras maternels. Un jour que. épuisées par le jeûne. Claire naquit l'an 1268. j. elles virent des anges parer ses épaules d'un collier des plus belles fleurs qu'on puisse voir et ceindre son front d'une couronne éclatante.jour. Lasupérieure s'en aperçut. elle se sentit attirée de ce côté par un parfum délicieux et poussée en même temps par un puissant mouvement intérieur. son athée de dix-sept ans.plus belle. Claire avait sept ans. Un. et supérieure d'un petit groupe de pieuses filles qui s'essayaient à la vie religieuse sous la règle du Tiers-Ordre de saint François d'Assise. les mains jointes et les yeux au ciel. tandis qu'elle était abîmée dans une profonde oraison. une faveur absolument unique dans l'histoire des Saints : l'impression matérielle de la croix du Sauveur et des divers instruments de la Passion dans un coeur démesurément grandi pour les recevoir. Pour les manquements les plus légers et les plus involontaires. A l'âge de quatre ans. Ces visionss se renouvelèrent plusieurs fois . elle prit la précaution. A mesure quelle grandissait. pieux et honorables. Au couvent de Saint-Damien. cette petite fille de quatre ans se sentit pénétrée d'une singulière horreur du péché et altérée d'une soif ardente de sacrifice. chaque soir. Claire entendait parfois des concerts angéliques. la prière. Elle devint bientôt un modèle pour les religieuses qui n'eurent jamais qu'à admirer sa modestie. elle fut prévenue de faveurs divines exceptionnelles. Sous la direction de sa soeur Jeanne. l'Ave et plusieurs autres prières qu'elle récitait à genoux.. les veilles et less macérations. en marchant pieds nus dans la neige. que tous ceux qui la voyaient prier en étaient émus. éclairée par un rayon de lumière divine. d'enfermer ses pieds dans sa robe ficelée comme un sac. le démon multipliait les artifices pour détourner la sainte enfant de son projet.. Dès le berceau. Dieu ne tarda pas à donner à sa petite servante une preuve signalée de' sa satisfaction et de son amour. 93 . À 00 ` 130 Elle n'avait pas encore six ans que déjà elle frissonnait à laa pensée des dangers du monde et aspirait à la solitude du cloître. son pied nu s'évada de la couverture. la jugeant trop jeune la laissa languir pendant un an. dans les bras de sa mère. Claire se forma à la piété et à l'austérité. Confuse et affligée. pour éviter unie récidive.pur amour de Dieu et la rendaient toujours plus fidèlee dans l'observance de la règle. fut de sa part l'objet de soins particulièrement vigilants. Claire se sentit attirée vers cet enfant qui venait à elle en souriant. elle passait devant l'église Saint-Jean-Baptiste. la. Entre temps. Sa joie fut si grande que. Mais de toutes les vertus. son amour de la retraite. pour remercier Dieu.abondance remarquable de privilèges éblouissants. Ayant transgressé une fois la règle du silence pour parler à sa mère. se nommaient Damien et Jacqueline. la cellule apparut embrasée d'une lumière céleste. elle ne prit en fait dee nourriture: qu'un peu de pain et quelques fruits pendant unesemaine. Unn jour' que les Sceurs l'observaient priant dans sa cellule. elles l'attachaient de plus en plus fortement au. Aussi alla-t-elle trouver sa smur Jeanne à l'ermitage Saint-Damien. et. Une autre fois. et ses forces. Précoce appel divin. Dès lors. c'est-à-dire la vertu. elle se condamna à réciter cent fois l'Oraison dominicale. de la pénitence et de.de chasteté. implorantt son admission dans la communauté. elle reconnut Notre-Seigneur. Claire demanda pardon. Claire profitait de l'accroissement de ses forces pour augmenter les rigueurs• de ses mortifications. la réveilla et la reprit comme d'une immodestie. Claire chassa l'esprit du mal enn invoquant le nom de Jésus et par le signe de la croix.. Ses parents. à Montefalco. son obéissance. qui lui demanda l'hommage de son coeur. pendant qu'elle dormait.

Lorsque ce jour arriva. Jeanne s'en aperçut. comme à Saint-Damien. comme sa soeur Jeanne lui faisait signe de s'avancer vers la Table Sainte. cependant une épreuve pénible l'attendait. La pauvre enfant se prosterna. pouvait lui procurer des humiliations et des fatigues supplémentaires. la supérieure décida d'envoyer des Soeurs mendier le pain nécessaire à la communauté. toute à l'émotion de recevoir son Dieu. Munie des autorisations nécessaires. les pauvres religieuses furent réduites à n'avoir plus rien pour vivre. l'emplacement où elle devait construire une nouvelle maison : une croix resplendissante de pierreries planait au-dessus de la colline de SainteCatherine. lui prend la tête entre ses mains divines. 17 AOUT 132 17 AOUT Enveloppée dans son manteau de manière à ne pas laisser voir son visage. En moins de trois -années. et. confessa sa faute et alla s'agenouiller en sanglotant dans un coin de l'oratoire. Les vertus pratiquées dans l'ermitage de Saint-Damien et surtout la sainteté de Jeanne et do Claire attiraient des âmes avides de marcher sur leurs traces .Smur quêteuse. essuie ses larmes et remplit son coeur d'un joie. frapper à toutes les portes sans jamais entrer nulle. . les pieuses vierges allèrent l'habiter. le regard 'avidement tendu vers l'Hostie tant désirée. hors des murs. mais toute proche de Montofalco . Dieu désigna à la supérieure. mais toutes les ressources avaient été absorbées par la construction du couvent. elle rayonnait de toute son âme. elle ne comptait pas moins de vingt membres. Dans cette extrémité. Les travaux marchèrent rapidement et dans le courant de 1282. malgré des prodiges d'activité et d'économie. la famille religieuse s'accrut notablement. qui comprenait déjà huit membres. lui reprocha cette négligence et lui inlima l'ordre de regagner sa place. à la fin de l'année 1284. Plus. ainsi nominée du nom de l'église qui la dominait. Claire. oublia -de revêtir son manteau de choeur. on s'étonne que Claire n'ait pas été admise plus tôt à la table eucharistique et qu'on n'ait pas dérogé en sa faveur à la coutume qui reculait jusqu'à la douzième année l'âge de la première Communion. Claire s'offrit aussitôt pour cette charge qui. Au moment de la Communion. bien que leur nouvelle résidence fût inachevée. Il fallait agrandir l'ermitage ou en construire un autre. ineffable. elle allait. accompagnée de Soeur Marine de Giacomo. la subsistance était assurée par le produit du travail et par le secours -des familles . mais la petite communauté. Jeanne -recueillit quelque argent.retrouvaient leur vigueur dans les flots de cette divine harmonie. acheta le terrain et se mit à l'œuvre. et. Un nouvel ermitage. Claire avait alors quatorze ans. 94 . interrompue du reste faute d'argent . au pied de la croix se tenait une nombreuse troupe de vierges. toute nouvelle dans les mmurs d'alors. dans une vision. il s'approche d'elle. lui baise le front. Et voici que Jésus paraît de nouveau sous l'aspect d'un aimable enfant . tard cette scène se renouvela dans une circonstance analogue. A Sainte-Catherine. était à l'étroit dans cette solitude et ne pouvait pas recevoir les nouveaux sujets que pourtant le ciel lui envoyait. Avec de tels sentiments et après de si grandes marques de: la pré SAINTE CLAIRE DE M0NTEEALCO 131 dilection divine.

Le so juin 12go. et il avait paru profitable au bon règlement. autorisait les moniales à SAINTE CLAIRE DE MONTEFALCO 133 95 . Son âme épouvantée lui parut toute couverte de la lèpre du péché et vouée aux horribles tourments de l'enfer. échappa à la vierge privilégiée et ce mouvement suffit pour ouvrir un abîme de souffrances intérieures dans lequel elle se trouva soudain engloutie. persuadée qu'il en était de ses compagnes comme d'elle-même. Plusieurs jeunes filles avaient été admises dans cette retraite. Surprise un jour. qu'une suite d'extases et de ravissements.part. La malheureuse Claire cherchait un refuge dans les bras de sa chère supérieure. Jusque là. et abandonnée. le prélat érigeait la maison en monastère. elle parlait des douceurs de la prière et de la libéralité de son divin Époux. elle refusa de s'abriter sous un auvent où s'étaient réfugiées d'autres personnes. pourtant vite réprimé. au prince de ce monde. elle. Avec humilité. Entre temps. par un décret spécial. si cela leur était possible. elle martyrisait son corps par des mortifications toujours plus rigoureuses . allant jusqu'à prendre la figure du Crucifix pour lui suggérer des sentiments impurs. ravie en extase. Dès lors. Gérard Artesine. comme le Christ l'avait été de son Père. sous le vocable de la Sainte-Croix. dans la crainte de s'exposer à interrompre son oraison. elle s'entretenait des choses du ciel avec soeur Marine. baisait le don qui lui était fait. la règle du Patriarche séraphique. celle-ci retira à sa soeur la charge de quêteuse et lui donna la tâche de servante et d'aide cuisinière. il. et. Sa compagne en informa la supérieure . en effet. dans les conseils de son confesseur . dans la campagne. Claire ne sortit plus de l'ermitage. Claire semblait n'avoir plus rien que d'immatériel . à la stabilité et au développement de la maison de l'ériger en un monastère formel. L'heure vint où Claire allait être livrée. elle recevait l'aumône à genoux par terre dans la poussière ou dans la boue. Quand elle cessa. visiblement elle appartenait au ciel plus qu'à la terre. Une longue période d'épreuves. Cependant. Un léger mouvement de vivacité ou de vaine complaisance. en apparence. Tout en souhaitant garder l'habit franciscain. sous lequel elles étaient entrées dans Les anges se p'aisaient à parer de fleurs la petite Claire.repris et vers l'année I2go ils touchaient à leur fin. Cette épreuve redoutable ne dura pas moins d'onze ans. les pieuses femmes s'en remirent pourtant à la décision de l'évêque de Spolète. les travaux de construction du monastère avaient . dans sa cellule. et lui donnait la règle de Saint-Augustin. Marine avoua que malgré ses efforts et ses désirs elle n'obtenait pas de pareilles faveurs. et sa vie ne fut plus dès lors. Sous la règle de saint Augustin. elle multipliait les supplications. de l'Epoux divin. l'accablant de mille manières. Les tentations bouleversèrent son âme jusque-là si tranquille . s'inclinait profondément pour remercier le bienfaiteur sans dire une parole et priait sans interruption. Un jour. Le démon mit en couvre tous ses artifices pour l'abattre. Ce sacrifice fut récompensé : Claire fut. par une pluie battante. comme le Christ. cette âme si favorisée n'avait connu l'application à la prière et les austérités de la pénitence que dans une paix pleine de charmes et de consolations. et dans la simplicité de son cceur. sans arriver à fléchir la sévérité du divin Maître. elle fut obsédée (le ces imaginations impures et de cette révolte des sens qui ont tourmenté certains des plus grands Saints. la vie religieuse.

.1. elle leur montrait..sœur qu'une' maîtresse que je perds dans un temps où j'aurais le plus grand besoin de son soutien. de ses filles la_ sollicitude et la tendresse d'une mère. On la vit alors redoubler ses austérités et ses. la voie sacrée de la virginité. ouverte devant elles.à élire leur première abbesse. toute tremblante. à ses faibles épaules. La. elle invoqua sa jeunesse.-Spolète. reconcilier les familles. La charité de la sainte abbesse s'étendait au dehors de son monastère . Sainte Claire élue abbesse. courba. Elle leur expliquait avec une étonnante lucidité la doctrine des Saints Livres . Claire. ses compagnes. indignité.. Elle tint courageusement tête aux hérétiques que l'on appelait les a Fraticelles e ou e Frérots » et réfuta victorieusement les erreurs de ces moines qui. c'est dans la. pacifier les villes armées les unes contre les autres. et le choix unanime se porta sur Soeur Jeanne. elle répondit : .Je pleure moins une. procédèrent à l'élection de celle qui devait lui succéder. tombant à genoux aux pieds de son supérieur.désolation-n de Claire fut immense. comme elles. Jeanne ne devaitt pas assumer longtemps sa charge . le supplia en sanglotant de ne. hère. elle rendait à Dieu son âme toute* sainte. A'OUT SAINTE CLAIRE De MONTEFALCO 13G garder la livrée de saint François. ayantt interrogé de nouveau les religieuses. prétendant 96 .. robe de franciscaines que Claire sera plus tard ensevelie. mais. puis toutes renouvelèrentt leurs voeux et firent profession dans l'Ordre augustinien. au point de scandaliser quelque peu. avec une telle persuasion que le prêtre futt ébranlé .l'avaient sollicité'.chacune. fléchissant la justice de Dieu. à l'âge de quarante ans. délégué par l'évêque: de. Les religieuses eurent d'abord. et devant le mot d'obéissance.pas imposer ce fardeau. elle put convertir une multitude de pécheurs. la tête et se tut. le 22 novembre 521.: l'année suivante.. Après avoir rendu les honneurs funèbres à leur première abbesse.prières et témoigner à. il déclara l'élection canonique et régu . les votes firent sortir le nom de Claire. sonn inexpérience. comme d'un seul cœur. son.. en présence du vicaire général. Celle-ci'. Comme onn lui demandaitt la raison de:e cette douleur excessive. les religieuses.

étaient durs et avaient l'aspect de la pierre. Claire passait de longues heures en adoration . Unn démonn hideux surgit à ce moment : . Crucifix devant ses yeux. unee lance. dédiée à la sainte croix. Dans cette église. assisté de plusieurs médecins. Donadieu Béranger. elle s'y faisait porter pendant ses maladies. Son ange gardien lui apparut . Quand elle la vit venir. elle opérait de nombreuses guérisons. elle s'envola vers Dieu dans un élan d'amour. Tous ces objets. émerveillées. répandant un parfum suave . il faut donc que tu la reçoives et que tu souffres qu'elle y prenne racine. Notre-Seigneur voulut faire davantage pour sa fidèle servante. elle ressuscita même deux morts. mais les autres instruments de la Passion implantés dans son coeur et elle commença à contempler les souffrances du Christ non plus à Jérusalem mais en elle-même. et. elle réunit ses religieuses. elle vit le ciel s'ouvrir. procéda à un examen long et minutieux .Que me veux-tu. Un sang vermeil s'en écoulait. Retire-toi. Dans. C'était le 17 août I3o8. Celui-ci. mauditl s'écria-t-elle. c'est là qu'elle voulut rendre le dernier soupir. s'empressèrent d'informer l'évêque de Spolète qui envoya aussitôt son vicaire général. L'heure de sa mort lui fut révélée. puis elle reçut les derniers sacrements avec une dévotion et un amour extrêmes. Ce fut pour elle la cause d'inexprimables mais bien-aimées souffrances. car elle était percluse d'infirmités . Elle entreprit la construction d'une nouvelle église. avait laa grosseur de la tête d'un petit enfant. et une éponge au bout d'un roseau. sur laquelle le Christ était fixé . cruelle bête?. Dernières années. complètement 97 . on constata que le coeur était fort enflé et. de chaque côté de la croix se voyaient trois clous. tendrement aimée de ses religieuses et vénérée de son évêque. et de ressentir quelques-unes des douleurs de l'Homme-Dieu. . Les religieuses. Leur sainte abbesse ayant affirmé plusieurs fois qu'on trouverait le. Alors apparut au centre de la partie de droite une croix de la hauteur d'un pouce. du bois. tous les témoins furent saisis d'admiration devant un pareil prodige. revêtue d'un manteau blanc et chargée de sa croix. Claire avait alors trente-trois ans. Crucifix dans son coeur. et je n'en ai point trouvé de plus propre que ton coeur . leur donna ses suprêmes avis et les bénit . Une religieuse divisa ce coeur en deux et l"ouvrit comme un livre. Dans la partie de gauche on trouva un énorme fouet noueux à 136 1 AOUT cinq cordes.Sainte mort. L'examen des viscères amena une autre découverte. et qui lui dit avec douceur : . elle vit apparaître l'auguste Victime. . ma fille. Un jour qu'elle était absorbée dans la contemplation de ces ineffables mystères. Dès son enfance.Il y a longtemps. on le recueillit dans un vase de cristal. Entendant ces paroles. Dès cet instant Claire eut non seulement la croix. entrant en extase. une Soeur voulut placer un. quoique formés de chair et de nerfs.Ma Saur. Le coeur de sainte Claire devient un Calvaire. où je puisse planter ma croix. que je cherche un lieu ferme et solide. le coeur de sainte Claire. si vous cherchez le Crucifix vous le trouverez dans mon coeur. Elle pénétrait l'avenir et lisait dans les consciences ... Claire avait mis tout son coeur à méditer les souffrances do Notre-Seigneur dans la Passion. La servante de Dieu gouverna son monastère pendant sept ans encore. Flic avait obtenu de voir en esprit tout ce qui se passa au cours de ce drame affreux. Elle avait quarante ans.. Dans la vésicule biliaire. lui dit la mourante. une colonne et une couronne d'épines. étaient tombés dans l'hérésie et le dévergondage. du fer ou de la corde. ses filles furent saisies du pieux désir de s'en assurer.ramener l'Ordre franciscain à sa pureté et à sonn austérité primitives. de théologiens et de magistrats. Sa poitrine ayant été ouverte. dont la première pierre fut posée en la fête de saint Jean-Baptiste de l'année x3o3 et qui fut achevée en l'espace d'un an.

Elles étaient de la même grosseur et. Les Franciscains et les Augustins dans de longues controverses ont tour à tour revendiqué sainte Claire comme une de leurs gloires. Il reste acquis aujourd'hui que les uns et les autres peuvent la considérer comme leur. L'une des boules se partagea en deux au moment où l'hérésie protestante s'abattit sur l'Europe. mère de Constantin le Grand (vers 248-328) Fête le 18 août. à laquelle plus tard Constantin donnera. lique de 1901 (Paris. tachées de sang. le procès de canonisation. motivé par les troubles de la guerre et des schismes . en même temps que saint Jean-Baptiste de Rossi. que l'enfant grandit. elle fût reprise au point où elle était restée au xrv` siècle. c'est aussi dans cette église qu'est vénéré le corps de la pieuse vierge . t. On peut voir ces objets dans l'église du couvent de Montefalco. De même il a été remarqué que le sang coagulé se liquéfie et bouillonne lorsqu'une grave calamité menace l'Eglise.118. mais les pièces du dossier primitif avant été retrouvées vers . d'Hélène. sortie (les derniers rangs du peuple et parvenue à la plus haute dignité humaine. elle apparaît en un mot comme le modèle d'une souveraine chrétienne. . à Drépane (aujourd'hui Yalova). fut séduit par la jeunesse et l'intelligence de la jeune fille. Dans les siècles passés. Le culte. zélée pour la foi et le culte. cette femme. De nos jours. sur le versant méridional du golfe de Nicomédie et station thermale très fréquentée. Ses parents étaient païens et de basse condition. Réintroduite le 2.(V. vers 2.o février 1737.. pleine d'humilité. Vie de sainte Claire de La Croie (Paris 1893). A.l. pour gagner sa vie. P. le 8 décembre 1881. se montre. Sources consultées. saint Laurent de Brindes et saint BenoîtJoseph Labre. la cause aboutissait le 6 avril à une reconnaissance de culte . charmante bourgade située en Bithynie. 88o.Mgr A. Bonne Presse). fait extraordinaire. E. B. S. . commencé le 18 juin i3og. III (Paris). Mais. Son souvenir est inséparable de cet événement mémorable qu'est l'invention de la vraie Croix. . premier empereur romain chrétien et fondateur de la ville de Constantinople. le rang de cité et le nom si Ilélénopolis. .Acla Sanclorum. une seule avait le même poids que les deux autres et que les trois réunies. Un tribun militaire. Annuaire pontifical cotho. Léon. moine Augustin. X (Paris. les pièces du procès furent alors égarées. en présentait deux cent dix-neuf. sauf les trois clous qui ont disparu . toujours bonne et charitable pour les pauvres et les petites gens . F LAVIA-JULiA-IIELENA est connue dans l'histoire comme la mère de Constantin le Grand. t.msemo TAnm. La cause cependant subit un long retard.) SAINTE HÉLÈNE Veuve. P. elle semble seulement endormie. des guérisons éclatantes marquèrent cette ostension.R. rées. originaire d'Illyrie et nommé Constance Chlore. 1897). III d'août (Paris et Rome 1867. on a beaucoup discuté sur le lieu d'origine.Mgr PAUL Guéris. en souvenir de sa mère. BATTAnaIzn. Ces précieuses reliques et le corps de Claire furent solennellement exposés à la vénération des fidèles dès le zz août r3o8 . C'est dans cette petite ville. on admet presque comme une chose certaine qu'elle naquit. . L'auréole séraphique. exerçant. Modeste origine et mariage de la future impératrice.315. Dès lors les prodiges se multiplièrent . de plus. passionnée d'amour pour Dieu. t. la profession assez mal famée de servante d'auberge. on trouva trois petites boules couleur de cendre. Il l'épousa. Sainte Claire de Montefalco a été canonisée par Léon XIII. dures comme des billes de marbre et disposées en triangle. l'instrument de notre rédemption. de passage à Drépane. n' 58. Les Petits Bollandistes. symbole du mystère de la Sainte Trinité pour laquelle Claire montrait une dévotion profonde. puisqu'elle appartint successivement à ces deux Ordres. dix mois après la mort de l'angélique abbesse et terminé en . après sa conversion au christianisme. Ni l'un ni l'autre lui à cause 98 . .durcie.

par des mesures politiques qui n'étaient pas toujours très honnêtes. fort tolérant pour les chrétiens et. en un mot dans les diverses étapes de sa carrière militaire. Hélène accompagne son mari en Germanie. chef habile. si pieuse et si fervente. honnête. des 99 . le Sessorium. En 312. de la Grande-Bretagne et de l'Espagne.9 de sa profession militaire. par suite de sa répudiation par Constance. L'épreuve fut salutaire à ce tempérament un peu rude. Constantin accorda à sa mère le titre d' Augusta. aimé de ses troupes. elle s'intéressa au sort des prisonniers. les malheureux. Maîtresse des trésors de l'empire. Il la combla de biens. Durant. Mais dorénavant elle sera chrétienne. il pourra légalement (et par politique il sera obligé de le faire) répudier Hélène. Sa mère ne tarda pas à le rejoindre. L'empereur. elle dut se séparer de son mari. Vers 317. mais non de la légende. c'est-à-dire avec toute son âme ardente et généreuse. qu'elle semblait avoir été instruite à l'école même du Sauveur. Elle en ressentit une joie profonde et se soumit enfin elle-même à ce Dieu des chrétiens qui lui avait procuré un pareil bonheur. en Angleterre.Conversion de la mère de Constantin Hélène avait environ quarante-cinq années quand. ambitieuse. Vertus et zèle d'une impératrice néophyte. La jeune mère est le bon génie de Constance. Constantin évince en Occident tous les rivaux qui lui disputent l'empire. des condamnés aux mines. distribuant du blé. Son enfant même lui fut enlevé. Quel coup pour cette âme ardente. Elle profita de son influence sur son fils pour qu'il se montrât aussi généreux que possible envers l'Eglise et ses ministres. près du La trait : on frappa des monnaies d'or à son effigie. elle fit rendre les biens confisqués et les emplois aux chrétiens dépouillés . Il est vraisemblable qu'elle dut se rapprocher le plus possible de son enfant qu'elle aimait d'un amour exclusif et vigilant. Hélène disparaît de l'histoire. ce fils unique qui devait être sa fierté et sa joie. Il y avait à ce moment même jusqu'à six empereurs à la fois. toujours elle en fit bénéficier les pauvres. Par une série de batailles victorieuses. C'est à Naïssus (Niseb) que naît Constantin. le clergé. Elle le voyait maître incontesté de l'Occident. Constantin adhère à la foi chrétienne officiellement. lui ouvrit le trésor impérial . il entre dans Rome : niais le Labarum impérial porte le monogramme du Christ.138 18 AOUT SAINTE iifLLNE 13. délivré de ses ennemis. elle eut sa cour et son palais. elle à cause de son origine non romaine. Constance Chlore deviendra César de la Gaule. en 293. demandant à Constantin d'adoucir une législation trop barbare. d'honneurs et d'égards. payée d'ailleurs en retour. passionnée 1 La séparation se prolongea pendant treize ans. A cause de cela. belle-fille de l'empereur Maximilien-Hercule. . ne pouvaient prétendre au mariage qu'on qualifiait de légitime ou de plein droit. Constantin fut proclamé Auguste. rendit sa mère. cette période. bien qu'il diffère jusqu'à la fin de sa vie la réception du baptême. Entre temps. pour épouser Théodora. dit l'historien Eusèbe. quand. qui auparavant vivait dans l'ignorance du Irai Dieu. comme elle avait été épouse et mère. Avec lui elle construisit et orna plusieurs basiliques romaines . après la bataille du Pont Milvius. Victoire du Pont Milvius. De fait Hélène arrivait au christianisme au soir de sa vie : elle avait plus de soixante ans. A la mort de Constance Chlore (3o6).

et chercha à satisfaire en son nom à la justice divine. d'entreprendre des fouilles minutieuses pour retrouver l'emplacement et les monuments primitifs. Elle y voulait sans doute développer sa piété personnelle. L'empereur prend cette construction à sa charge. Oubliant sa dignité. évêque de Jérusalem.Deux basiliques. Les travaux furent exécutés avec promptitude en 326. mais aussi remercier Dieu et le supplier pour son fils et son petit-fils. Socrate sa profonde humilité et son mépris du faste. au lieu de se repentir et de pardonner. Les Romains gardaient rancune à Constantin d'avoir abandonné et leur capitale et leur culte : le prince reçut même. On imagine avec quelle ferveur et quelle piété l'ardente chrétienne vénéra les Saints Lieux. idoles. un peu par sa faute. Vers la fin de l'année 326.ÈHE mière union. interdit aux Juifs l'accès de la cité qu'il avait organisée comme les autres. elle aimait à être confondue parmi les autres fidèles dans les églises. elle quitte Rome pour retourner en Orient par la voie des Balkans. L'impératrice était arrivée trop tard à 'Rome pour sauver la vie à son petit-fils.hynie la célébration de ses vicennales.l'Augusta prit probablement la route de terre. montrant à l'égard des villes et des populations une sollicitude et une générosité vraiment royales. De grandes solennités devaient les clore. Dans un dessein politique. Elle partageait avec son fils le souci et le désir ardent d'établir partout. Saint Ambroise vante l'éclatante sainteté de ses moeurs.. On apprit bientôt que la mère de l'empereur allait se rendre en pèlerinage à Jérusalem.l'expression est de l'historien Eusèbe . innocent. Constantin ajouta foi aux rapports de sa femme. avec des thermes. sauf Hélène. etc. fut arrête et traîné à Pola. en Istrie. temples. Pour éloigner les chrétiens du tombeau du Christ ainsi que du Calvaire. A l'occasion du concile cecuménique de Nicée. à Rome. implorer aussi miséricorde pour le meurtrier de Crispus et de Fausta. bientôt le Calvaire et le tombeau du Sauveur apparurent. on fit encore pis. à Bethléem. Sa dévotion satisfaite. au Calvaire. des temples païens. Hélène. celui de Jérusalem. Constantin veut qu'on élève au lieu où le Sauveur a reçu la sépulture une basilique qui soit. elle veilla sur son fils égaré par la passion. La famille impériale. mais enthousiastes des habitants accourus pour voir cette femme étonnante. des secours de tout genre. Du moins. Aussitôt le prince donna l'ordre d'abattre statues. Butin sa foi et son zèle. se rendit dans la grande ville. Elle reçut les hommages respectueux. Constantin. L'accueil y fut plutôt froid. digne de lui. épouvantée par cette série de meurtres. Sa femme Fausta et ses beaux-frères profitèrent de cet état de choses pour calomnier indignement son fils Crispas. s'abandonna à la colère et il se vengea de ceux qui l'avaient indignement trompé en les faisant mourir. Pèlerinage de sainte Hélène aux Lieux Saints. elle détrompa le malheureux père et lui fit comprendre sa faute. Sur la grotte de la Nativité. le ramena à des sentiments plus chrétiens. l'empereur Hadrien avait installé à Jérusalem une colonie romaine. Quelle douleur éprouvèrent les fidèles devant ces profanations si diaboliques! Dieu cependant permit cela pour la conservation des Lieux Saints en ces siècles de persécution violente. Son fils lui avait ouvert 100 . plusieurs évêques et plus particulièrement.et au Saint Sépulcre celle de Vénus. par la richesse des matériaux et sa décoration. Crispus. De plus près encore qu'auparavant. Constantin avait commencé en Bit. ne perdit pas courage. de violentes injures. la statue de Jupiter. Avec une ardeur juvénile . signalèrent à l'empereur Constantin la triste situation des lieux sanctifiés par la mort et la résurrection du Christ. Constantin fait disparaître du Calvaire toute trace de paganisme. en 325.. il avait fait disparaître en ces endroits le sol primitif sous une vaste terrasse d'une centaine de mètres de long où parmi de jolis bosquets on avait dressé. le règne du christianisme. où il fut mis à mort. Dans une lettre envoyée à saint Macaire. car elle visita les provinces orientales de l'empire.habits. de l'argent. Hélas 1 privé des conseils de sa mère. semble-t-il. né d'une pre1110 18 AOUT SAINTE H r. elle voulut en laisser des preuves éclatantes et durables.

l'étendard du salut que le démon avait caché. l'écriteau.. Une autre portion. ils furent les sanctuaires les plus vénérés de l'antiquité chrétienne. une profonde excavation s'ouvrait sous une roche. crucifiés : ils y furent comme ensevelis quand plus tard fut exécuté le nivellement du Calvaire sous l'empereur Hadrien. remplie de l'Esprit-Saint. elle a cherché le trophée de la victoire. la fameuse basilique de l'Eléona (ou des Oliviers). au milieu d'anciennes carrières. sur la grotte où Jésus était né. Hélène est venue vénérer les Lieux Saints. Les deux monuments étaient. saint Ambroise vante le bonheur de Constantin d'avoir eu une mère qui a assuré la protection divine à toutes ses entreprises. Découverte ou invention de la vraie Croix. on eut aussi les clous quii avaient.son propre trésor pour qu'elle pût réaliser ses pieux desseins. en mémoire de l'Ascension. afinque. Hélène fit construire deux basiliques. sur l'ordre d'Hélène. le lieu du saint combat. nous dit-on.AOUT Ruftn racontera . le culte rendu à la personne de l'empereur atteignît aussi !e Christ dont il était le mandataire. Selon la tradition. servit à l'identifier d'une manière certaine. on avait jeté les gibets des trois Sainte 3tétène découvre les trois croix sur le Calvaire. On découvrit les trois croix. Près du Calvaire. l'unn d'eux fut fixé dans le casque (ou peut-être le diadème) de Cōnstantin.qu'une guérison miraculeuse.et ce récit se trouve reproduit au Bréviaire m main dans la légende de la fête de l'Invention de la Croix (3 mai) . Ce fut dans cette espèce de grotte que. avec 101 . L'une d'elles fut élevée à Bethléem. l'autre. 142 r8. Avec la croix et. Afin de retrouver les reliques de la Passion. Il dit ensuite que. Avec la basilique de la Résurrection. au-dessus de la grotte oie le Seigneur avait l'habitude d'instruire ses apôtres : cette Grotte des enseignements de Jésus existe toujours. percé les mains et tess piedss de Jésus. dit saint Ambroise. désirant elle aussi enchâsser dans des monuments splendides les vestiges du Seigneur. Au début du ve siècle. vers le sommet du mont des Oliviers. d'une beauté merveilleuse et dignes d'une éternelle mémoire.. Hélène fit creuser le sol. le soir du Vendredi-Saint. Arrivée au Golgotha. Dans un discours prononcé en 3g5 aux funérailles de Théodose le Grand. Comment distinguer celle du Sauveur? L'inscription en trois langues que Pilate y avait fait afficher fut le signe providentiel. obtenue au contact du gibet: du Sauveur. La plus grande partie duu bois sacré demeura à Jérusalem dans l'édifice appelé l'oratoire de la Croix.

Groix est aussi attesté' par la tradition byzantine.l'écriteau et un clou. Mais un si long voyage était plus que suffisant pour épuiser les forces d'une femme bientôt octogénaire. le Chapitre de cette ville crut nécessaire d'envoyer à Romee deux délégués pour faire une enquête discrète. A Constantinoplee on les porte au cou enchâssées dans de l'or. réussit. la petite catacombe et son église furent parfois désignées par l'indication : ad sanetam Helenam. De Rome à l'abbaye d'Hautvillers et à l'église Saint-Leu de Paris. Dans les miniatures.son fils qu'elle mourut en 328 ou 329. Pour les vénérer on accourut de toute la Cham102 . à emporter la plus grande partiee de son corps. cette relique insignee fit désigner la basilique hélénienne sous. Elle fit son testament. L'envoi à Constantinople d'une autre partie de la vraie. peut-être par mesure de sécurité ou pour un autre motif. lors d'un pèlerinage à son tombeau.. vivement ressenti dans tout l'empire. Le diacre romain chargé de l'administrationn de la catacombe des Saints-Pierre et Marcellin dut sans nul doutee faciliter une pareille opération. A. fut. Avant de quitter la Palestine. par vocation et par état. surtout au moyen âge et à la Renaissance. Après quelques mois. Hélènee ne vit pas l'achèvement des travaux entrepris à Jérusalem. un prêtree de Reims. au milieu du iv' siècle. Constantin et sa mère sont souvent placés à droite et à gauche de la Croix . sur laa via Labicana. non loin de la villa de Constantin. !es enfants de la malheureuse Fausta. L'existence de la Croix du Sauveur à. selonn le Liber pontificalis. Dans les siècles suivants. les. dit de sainte Hélène. Ce mausolée était situé en dehors de Rome. l'art chrétien représentera. dans la salle de la Croix grecque du muséee du Vatican un sarcophage de porphyre rouge. la scène de l'invention de la Croix par l'impératrice Hélène. les peintures. Le corps. SAINTE IIGLLNE 143 cause de la dignité dont elle était revêtue et des servicess éminents rendus: pendant sa vie. à un endroit appelé Tor Pignattara. fut. Mort de sainte Hélène dans la ville impériale. surtout par l'Eglise.. heureuse d'avoir ravivé sa piété et retrempé sa foi au lieu même où le Sauveur était mort. peut-être le 18 de ce mois (date à laquelle sa fête est fixée). les reliques de la Croix: sont déjà répandues en Orient et en Occident. et placée dans l'église établie par Hélène dans son palais Sessorien . sainte Hélène furent déposées dans l'abbaye bénédictine d'Hautvillers au même diocèse. A sa gauche s'ouvrait la catacombe des saints martyrs Pierre et Marcellin : à cause du voisinage du tombeau de sainte Hélène. C'est dans les bras de. les bras et les membres inférieurs. On laissa dans le sarcophage. recommanda à Constantin de se conduire et de gouverner ses sujets en toute justice. les servantes ou mieux les épouses du Christ. fresques. elle fit réunir less vierges consacrées au Seigneur. elle repartit pour Constantinople. sous des formes variées. sur l'authenticitéé du récit et des ossements apportés par le prêtre pèlerin. envoyée à Rome. à qui la défunte était si secourable. Les reliques ci. les restes de la mère de Constantin furent bientôt transportés. et leur donna un repas où elle servit de ses propres mains celles qui étaient. au mois d'août. Jérusalem est affirmée nettement par saint Cyrille de: Jérusalem. On montre aujourd'hui. la tête. partagea ses biens entre son fils et ses petits-fils. ensuite transporté à Rome et déposé dans le sarcophage' et le mausolée que l'empereur avait préparés pour luimême à l'époque où il ne pensait pas se fixer sur les rives du Bosphore. Lors de l'arrivée des reliques dans le diocèse de Reims. A la même date. Hélène sentit sa dernière heure approcher. nommé Teutgis. Vers le milieu du iv' siècle.. les icones. Du mausolée impérial. cette double présence rappelle leur rôle en ce qui concerne laa découverte de l'arbre de salut. Presque aussitôt après sonn retour à Nicomédie et ensuite à Constantinople. Cette enquête rassura pleinement le Chapitre. mais sérieuse. fort dévot à sainte Hélène qui l'avait guéri. La mort de la grande. le vocable de Sainte-Croix de Jérusalem qu'elle a conservé. Constantin fit faire à sa mère des funérailles vraiment impériales à Constantinople. époque de trafic et de pillage des reliques romaines. les reliquaires. impératrice eut le caractère d'un deuil public. du vivant de: l'empereur. dans la crypte voisine des saints martyrs. les humbles et les pauvres. accompagné d'un cortège nombreux. ou aux environs du même jour.

e le lldti. L'art chrétien à travers les siècles représente sainte Hélène avec les attributs de la dignité impériale. à Rome.Lacer. C. Les Petits Bollandistes. Une neuvaine avait lieu à l'époque de la Pentecôte . sur l'emplacement de son palais.siècle ou même auparavant à l'intérieur des murs. n' 339. t.jambes et surtout le chef même de la première impératrice chrétienne. B. au moins selon les croyances du moyen âge. l'église Sainte-Sabine sur le mont Aventin. les églises et chapelles dédiées à sainte Hélène .P. c'est celle qui a retrouvé le bois sacré qu'on priera pour se protéger contre les sortilèges. de Reims et quelques autres localités ont obtenu des parties plus ou moins importantes des reliques apportées au Ix° siècle à Hautvillers. . . 1g30). Patronage et culte liturgique. un culte tout spécial. Ces dernières étaient enveloppées d'un suaire qui est formé d'une étoffe de soie portant des dessins inspirés par l'art byzantin . jour où l'Eglise d'Orient célèbre l'anniversaire de la découverte ou invention de la vraie Croix (en Occident cette fêtee est célébrée le 3 mai.) 103 . III d'août (Paris. 1882).nn (Coller1k a Les Saints e. pour des raisons locales. •S'. 0. . P. selon la tradition. t. peut-être au xii. . P. Sources consultées. la chapelle de la Croix. 18. ils furent cédés par acte notarié aux chevaliers de l'Ordre du Saint-Sépulcre établis à Paris. Bonn. grâce à plusieurs procès-verbaux d'authenticité. il y a à Rome la crypte de la basilique de Sainte-Croix de Jérusalem. Mais la Croix ayant la puissance de chasser les démons et ses agents. et. Paris. renfermant la grotte où. lui ont voué. les restes de sainte Hélène furent d'abord confiés au monastère de Montier-enDer.6). une chapelle dédiée à sainte Hélène contient. en particulier Colchester. élevée. Dans le transept gauche de l'église Saint-Marie in Ara Caeli. . Mais les villes d'Orléans. puis au curé de Ceffons : un brave paroissien les 144 18 AOUT garda chez lui et les restitua ensuite. Ils furent ramenés. Sainte Hélène. Le g février. l'abbaye de SaintMathias de Trêves l'ont vénérer aussi quelques os des bras et des . il existe toujours. quelques restes du corps de la Sainte avec ceux des martyrs Abundius et Abundantius. en I79I. Histoire de sainte Hélène (Paris. sur la demande de la duchesse d'Angoulême. S. Trêves. Iloun. les [rois gibets ont été retrouvés. X (Paris. Au début de la Révolution française.pagne et bientôt de toute la France. les magiciens et les sorciers. .LOS. Les pèlerinages principaux se faisaient le r8 août et le r4 septembre. En 1820. On peut suivre à travers les siècles le sort des reliques de sainte Hélène au monastère d'Hautvillers.Acta Sanctorum. F. Sainte Hélène (Lille. Tout naturellement on invoquera le secours de cette Sainte pour retrouver les objets perdus. mais sa caractéristique propre est la Croix. . diadème et manteau royal . 1927). telles que le cancer et l'épilepsie. qu'elle a découverte. Les ossements que Teutgis avait laissés dans le tombeau de sainte Hélène à Rome étaient peu en sûreté. dans une urne de porphyre. L'histoire de sainte Hélène est liée dans la tradition catholique à celle de la découverte de la vraie Croix. C'est là qu'on les vénère encore aujourd'hui. . Sainte Hélène est la patronne des Chevaliers du Saint-Sépulcre et de la Confrérie de la Sainte-Croix érigée dans l'église de Saint-Leu à Paris.louvet. la date du.MAUS10s JULES. à Jérusalem. parmi les plus connues. dans les diverses nations catholiques. Paris. les maléfices diaboliques et les maladies qu'ils engendrent. 14 septembre étant réservée à honorer l'exaltation de la sainte Croix). 1867). Sainte Hélène (Paris. Quelques villes... on commémorait la translation des reliques. nous l'avons vu.(V. (u l'Art et les Saints » . igo8). Pesaro. 1897). dans ces trois circonstances la châsse était exposée. L'archibasiliquc de Saint-Jean de Latran. aux récits de nombreux miracles accomplis à leur contact.Mgr PAUL Guénu. On les dé posa dans l'église Saint-Leu de la même ville. Nombreuses sont.MAusmu JULES.

Il se survit dans les deux Instituts. il le fut également dans son intelligence qui s'ouvrait toute grande aux leçons de ses maîtres. prêché plus de cent missions dans quatorze diocèses de France. ainsi d'ailleurs que sa femme.Education. Jean Eudes naquit le 14 novembre i6o1. dans laquelle Jésus lui fit de très grandes grâces par l'entremise de sa Mère. dont il est le Père et le législateur. Béni dana sa vertu. surtout la crainte de Dieu et le goût de la piété. Il fit sa première Communion le jour de la Pentecôte. . suscité par Dieu pour établir et promouvoir le culte liturgique des Sacrés Coeurs de Jésus et de tMMarie. hameaux du petit village de Ri. après trois ans de mariage. seigneur de Mézeray (i61o-1683). celui des Eudistes et celui des Sieurs de Notre-Dame de Charité. rhétorique et philosophie. Isaac Eudes. pour former les clercs dans les Grands Séminaires. et il remporta au collège royal du Mont. seul survivant de sa famille victime de la peste. les plus brillants succès. Dans les dangers de la ville. au diocèse de Séez. dans la paroisse des Tourailles. fit croître sa piété. sise à quelque six lieues de Ri. Jeanfut leur premierné. Son père. et l'aîné de sept enfants dont un. il récitait chaque jour son bréviaire comme le curé et était d'une piété peu commune. en humanités.46 Tq 'AOUT SAINT JEAN EUDES 1:49 Marie dans son 'sanctuaire.1680). Aux environs de 1618. La naissance de Jean fut la réponse du ciel au vceu fait par ses parents d'aller en pèlerinage à la chapelle de NotreDame de Recouvrance. Dieu protégea la pureté de sa foi et de ses moeurs. avait dû. dans l'un des modestes. en 1613. la renouveltant ensuite chaque mois. Jean fut reçu dans la Congrégation de Notre-Dame. les Pères Jésuites de Caen.SAINT JEAN EU DES Fondateur de la Congrégation de Jésus et de Marie (Eudistes) (1601. . Naissance.. renoncer au sacerdoce : agriculteur et médecin de campagne. Dès les premiers jours de sa vie. Marthe Corbin.Vocation ecclésiastique. une volonté droite et énergique. Fervent congréganiste de la Sainte 104 . il fit le voeu de virginité perpétuelle. devait être un historien connu. Il a fondé six Séminaires. pen. Dans sa quatorzième année. laissé de nombreux ouvrages ascétiques et mystiques. ce u fruit d'oraison plutôt que de nature » fut offert en reconnaissance à I' C .dant les cinq ou six ans qu'il y resta. c E prêtre au coeur ardent et zélé fut. Saa vie est bien connue grâce au Mémorial écrit par lui-même. L'enfant reçut 'de Dieu -les plus beaux dons : un esprit vif.. François Eudes. Fête le 19 août. un coeur affectueux. pour renouveler l'esprit chrétien dans: le peuple par la prédication des missions. à une douzaine de kilomètres d'Argentan. en plein xvn° siècle.

d'un bon curéé quii consent à le loger. et octobre. d'entrer dans l'état ecclésiastique. sanglots. soignant. dans la confiance que la Sainte Vierge agréait son choix. Unn jour même quee le P. x641. furent brûlés publiquement devant le missionnaire. lorsqu'une lettre de son père le sollicite de se dévouer aux pestiférés. et le Carême de 164o. sur l'ordre de ses supérieurs. de Saint-Malo. dans les contrées voisines d'Argentan. avec ses confrères. furent innombrables : une multitude de: mauvais livres et de tableaux de prix. beaucoup de brigue-. il venait d'être admis définitivement dans: l'Oratoire et se préparait. où jeunes et anciens le regardaient comme leur modèle. Les missions prêchées ensuite à Saint-Malo et. Prêtre le 2o décembre 1625. se passent dans ce ministère. Il retourna à Caen étudier la théologie et las autres sciences ecclésiastiques. Cette préparation dura quatre ans. qui lee conduisit aux portes du tombeau. 105 . où était établie l'institution ou noviciat. il fut le modèle de ses condisciples.'onction victorieuse et pénétrante.. et leur donnantt la communion. Jean Eudes s'y forma. qui caractérisait la Congrégation nouvelle. cette. en septembre 1620. voyant la difficulté de se sanctifier au milieu du inonde. de Coutances . il passa une bague au doigt d'une de ses statues quelque temps après. assisté.' sionnaire. que ses premierss essais passèrent pour des. nots. le P. Séjour à l'Oratoire.de componction quee de toutes parts éclatèrentt les. ne lui réserva pas: de: moindres triomphes. En 1632. les deux prêtres échappèrent à la contagion. dans l'élan. obtint les résultats les plus consolants. coupss de maître il atteignait d'unn bond àà la. au culte du Verbe incarné. A. Il part avec laa permission de sonn supérieur. on vit souvent l'auditoires fondre en larmes ... il se rendit à la résidence d'Aubervilliers. le diocèse. à toutes les vertus sacerdotales et religieuses.. niais pour son Epouse . confessant les malades.. les conversions. Pierre de Bérulle. 1642. Charles de Condren. il donna. Deuxx mois. Là. sa parole. à la maisonn de Paris. l'appelaient le e dévot Eudes ». il célébra sa première messe la nuit de Noël. à Séez. qui. à Paris. niaiss déshonnêtes. Le fléau ayant cessé. Eudes. par elle. dans l'église de la rue Saint-Honoré. se renferma danss la maison de l'Oratoire de Caen.. à tomber à genoux et à crier avecc lui_ à. Les évêques de Bayeux. L'Avent de. furent assiégés . à la vie d'oraison et d'union à Jésus-Christ. qui entraînait les foules. il parcourt les villages infectés. sous les yeux de Notre-Dame des Vertus. de Condren L'établit-il chef dess missions de l'Oratoire dans la Normandie. il y prêcha. située presque aux portes de Paris. Entré le 25 mars 1624 à la maison 'de la rue Saint-Honoré. de Lisieux. sollicita et obtint son admission dans la Société de l'Oratoire de Jésus (1623).. pour se préparer auxx missions. de son zèle. les' confessionnaux. troiss moise durant. de Bérulle. oublieux de la promesse qu'ils avaient faite autrefois à Notre-Dame de Recouvrance. le P. le jeune clerc. L'année suivante la maladie lui imposa un repos relatif. Eudes avait profondément remué son auditoire par une vivante et effroyable peinture des châtiments divins. Jésus et Marie. En 1627. l'employèrent successivement dans leurs diocèsess de 163:5 à.. non seulement pour sa Reine et sa Mère. il déclara sa résolution à ses parents. la tonsure et les ordres mineurs.. aux ordres sacrés et à la prêtrise. Fondation de la Congrégation de. et à l'autel de la Sainte Vierge.. et. fondée en 1611 par un saint prêtre. miséricorde 1 e Tous aussitôt. dès son retour à Ri.. La mission. sous la direction du P. Mais ceux-ci. ils durent céder devant son énergique résistance. et. initié par le célèbre P. A l'Avent de 1638. mon Dieu. il y confessa avec tant d. qui pour lui était un ordre. rêvaient pour leur fils d'un mariage fort avantageux . et. 163q. eurent plus de succès encore:. ville et par une nouvelle maladie grave. perfection du mis. septembre.Vierge. et s'y prépara.de charité héroïque. sixx missions dans. et sa parole. en. il L'invita. interrompue 'en 1631 par les: soins dévouéss qu'il donna aux pestiférés de.. dans leur admiration. fil la prit alors. haute. après deux nouvelles années de retraite et d'études. Par une sorte de miracle. voix e Miséricorde.de s'agenouiller d'un même mouvement et de répéter plusieurs: fois ces paroles avec tant. à Saint-Pierre. à Saints-Lôô convertirent.. Jean reçut... il commença dans l'église SaintEtienne de Caenn une mission dont les fruits furent plus grands qu'on ne saurait le dire.. à la prédication. Après une année des plus ferventes. dehouen. Aussi. il écrivait le contrat de cette sainte alliance qu'il signait de son sang. après avoir consulté son confesseur et vaincu héroïquement l'opposition des siens. Ayant reçu de son directeur le conseil.

Une- des' plus grandes' peines du. P. Eudes, c'était de- voir que les heureux résultats obtenus par
lui et ses collaborateurs dans les, missions ne duraient pas, faute de pasteurs pieux et instruits pour.
les maintenir. Sans doute, les entretiens qu'ill y faisait aux ecclésiastiques et les exercices qui les
accompagnaient, produisaient un grand bien, mais ne suffisaient pas pour guérir le mais.
148
19 AOUT
SAINT JEAN EUDES
Ce qu'il fallait, c'étaient des Séminaires, où les clercs se prépareraient à la réception des saints
ordres et se formeraient aux vertus et aux fonctions de leur état. Ainsi pensaient saint Vincent de
Paul, M. Olier et bien d'autres : ainsi pensa le P. Eudes, et il résolut de fonder de tels établissements.
Cette résolution, il eut quelque temps l'espoir de la réaliser dans l'Oratoire. Dieu ne le permit pas.
Alors, sur les coconseils de saints prélats, de doctes religieux g
rs
et d'un and nombre de personnes fort encouragé par la parole d'une pieuse fille, célèbre par ses
états mystiques, Marie des Vallées, Jean Eudes décida de quitter l'Oratoire et d'insti. tuer une
Congrégation nouvelle- Mandé à Paris par Richelieu, reçu avec honneur, écouté avec attention,
approuvé dans ses vues, il eut la - joie de recevoir, au commencement de décembre 1642, les lettres
patentes du roi autorisant sa future Congrégation, De retour à Caen, il disposa tout pour son
établissement.
Dans une pensée mystique, il avait chosi la date du 25 mars 1643 pour la naissance de sa Société,
parce qu'il se proposait d'y continuer les travaux et les fonctions du Verbe incarné, et d'honorer
particulièrement son union intime avec sa sainte Mère. Voulant que, ce jour-là, commençât, pour lui
et ses compagnons, la vie toute dédiée au Fils de Dieu que le nouvel Institut devait mener sous les
auspices de Marie, il effectua sa sortie de l'Oratoire dès le 2(i au matin. A treize kilomètres de Caen,
vers la mer, s'élève un antique sanctuaire consacré à la Sainte Vierge, sous le vocable de NotreDame de la Délivrande, lieu de pèlerinage célèbre et fréquenté ; il y conduisit ses collaborateurs, au
nombre de cinq, dès la première heure de leur réunion, pour s'y consacrer à Jésus et à Marie, eux et
leurs successeurs. Après quoi, il les installa dans leur nouvelle demeure, confiant dans la Providence
et le secours de Marie.
Le P. Eudes donna à son oeuvre le nom de Congrégation de Jésus et Marie, qui, dans sa pensée,
équivalait à celui de Congrégation des Noms et des Cceurs de Jésus et de Marie. Ce nouvel Institut,
purement séculier comme l'Oratoire, avait pour but premier et principal, la formation de prêtres
pieux et zélés par le moyen des Séminaires et des retraites ecclésiastiques : après cette oeuvre des
oeuvres venait celle des missions paroissiales. Il était placé d'une façon spéciale sous l'égide des
Cceurs de Jésus et de Marie.
Le fondateur établit, de 1643 à 1670, six Séminaires : à Caen, Coutances, Lisieux, Rouen,
Evreux, Rennes ; et combien de prélats le sollicitèrent de leur accorder la même faveur I! Après sa
mort, ses fils en eurent à Avranches, Valognes, Dol, Senlis et Blois. Dans la fondation de ceux qu'on
appela a les Eudistes u et dans l'établissement des Séminaires, l'apôtre rencontra beaucoup de
difficultés, d'oppositions, de contradictions, suscitées par la jalousie, le vice, l'esprit janséniste, la
haine ; se vertu h-roïque, sa prière, triomphèrent de tout. Ses nouvelles oeuvres ne l'empêchèrent
pas d'évangéliser les villes et les campagnes. Tout en plaçant au-dessus de .toute autre fonction les
exercices des Séminaires, il engagea ses confrères à partager ses travaux apostoliques. On le vit
donc par.
courir avec eux la Normandie et une partie de la Bretagne, le Perche et le pays chartrain, l'Ile-deFrance, la Brie, la Champagne, la Bourgogne et la Picardie, attirant les foules et produisant, de

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1
Saint jean Eudes et le cardinal de nicbelieu.
1643 à 1676, dans plus de quatre-vingts missions, des conversions merveilleuses. Le P. Eudes
avait 1,.L tempérament ardent et auda cieux, le zèle brûlant d'amour surnaturel, les qualités et les
dons qui font le vrai missionnaire. Ses contemporains saluaient en lui un maître de la chaire sacrée,
gagnant les esprits et les coeurs par sa.
750 19 AOUT
parole sainte, forte, longtemps méditée devant Dieu et venant d'un cour débordant de charité.
Courageusement, il dénonçait les vices, extirpait les coutumes scandaleuses, ne ménageait pas,
même aux grands et aux riches, la vérité libératrice. Sa douceur et sa compassion au confessionnal
ressemblaient à celles du divin Pasteur après avoir foudroyé les crimes, il avait pitié du pécheur.
L'institut de Notre-Dame de Charité du Refuge.
Au cours de ses missions, le P. Eudes avait eu la joie de ramener à Dieu plusieurs pécheresses
fameuses., et, sur leur demande, il les avait réunies dans la maison d'une femme charitable, puis, en
1641, clans un local plus vaste et mieux approprié. Furieux, le démon souffla le découragement et la
jalousie parmi les directrices qui, sauf une, quittèrent le Refuge. Le fondateur pria les Visitandines
de Caen de lui donner quelques religieuses pour gouverner les repenties et former leurs futures
directrices. Elles lui accordèrent., en 1644, trois de leurs Soeurs, dont la Mère Patin, femme d'un
grand mérite. Avec son concours il posa les fondements de l'Ordre de Notre-Dame de Charité, sous
la règle de saint Augustin. Aux trois voeux de pauvreté, de chasteté :et d'obéissance, les religieuses
de cet Ordre ajouteraient le vceu spécial de se consacrer à la conversion des filles et des femmes
107

tombées ou exposées à de coupables égarements. Cet hôpital pour les âmes fut une création
audacieuse, fort combattue, et éprouvée de multiples façons.
Trois autres monastères du même genre furent établis du vivant du pieux fondateur à Rennes,
ilennebont et Guingamp ; quatre autres après sa mort, à Vannes, La pochette, Tours et Paris. Depuis
la Révolution française, l'Ordre a pris une extensionn qu'il n'avait peint connue jusque-là. Il a
franchi les frontières de la France pour essaimer en plusieurs pays de l'Europe et de l'Amérique. La
maison d'Angers même, érigée en généralat, sous l'inspiration de Dieu, par Marie de SainteEuphrasie Pelletier, en 1835, forme une branchu prospère de l'Ordre, qui, sous le nom de NotreDame de Charité du Bon-Pasteur d'Angers, couvre de ses établissements les cinq parties du monde.
Dévotion aux Sacrés Coeurs de Jésus et de Marie.
La dévotion du P. Eudes aux Sacrés Coeurs de Jésus et de Marie datait de sa jeunesse ; on en
trouve des traces manifestes dans l'un de ses ouvrages, publié en 1637. Lorsqu'il institua sa Congrégation, il commença à y organiser le culte du Sacré-Cceur par certaines prières quotidiennes
comme l'Ave Cor Sanolissimu.m, et des fêtes annuelles. Ainsi en fut-il chez les religieuses de
NotreDame de Charité, plus spécialement vouées au Cour de Marie, taudis que ses prêtres l'étaient
au Cmur de Jésus. Ce culte ne demeura point ~conflué dans ses communautés : il le répandit au
dehors dans ses missions, par des prédications, des prières, la publication d'opuscules,
J'organisa,tion de fêtes.
SAINT JEAN EUDES 15T
En 1648, il fit célébrer à Autun, avec l'approbation de l'évêque, la première fête publique du Très
Saint Cour de Marie, et cette fête se propage rapidement dans les diocèses et les communautés
religieuses, à tel point qu'en 1672 Jean Eudes peut affirmer iqu'on la solennise dans toute la France.
Elle est même approuvée en 1668, avec l'office et la messe que le P. Eudes avait composés, par le
cardinal de Vendôme, légat -a latere, dont tous les actes furent confirmés par le Pape Clément IX ;
et, en 1674 et 1675, Clément X, épar six Brefs, reconnut et consacra l'existence des confréries des
Coeurs de Jésus et de Marie établies dans les Séminaires. Le n9 juillet 1672, le fondateur prescrit à
toutes les maisons de son Institut de célébrer le zo octobre la fête du Sacré Coeur de Jésus, que déjà
la maison de Rennes fêtait avec un admirable office de sa composition. Cette solennité passa dans
les monastères et les diocèses où antérieurement avaient été adoptés la fête et l'office du Coeur de
Marie. C'est en toute justice que les Pontifes romains ont appelé le P. Eudes l'auteur, le père, le
docteur, l'apôtre, le promoteur et le propagateur du culte liturgique des Coeurs de Jésus et de
Marie ; car, avant les révélations de Paray-le-Monial, il a travaillé de toutes manières à répandre
cette dévotion si combattue par les jansénistes. Dans les paroisses où il donne une mission, il
organise ordinairement des confréries sous le vocable du Coeur de Jésus et du Cour de Marie. Mais
comme dans ces confréries l'on recevait toutes sortes de personnes, pourvu qu'elles ne fussent pas
de vie scandaleuse, il institua pour celles qui, tout en restant au milieu du monde, désiraient y
pratiquer la perfection évangélique, une pieuse union dite Société du Cmur de la Mère admirable,
dans laquelle, sous forme de bon propos, lecélibat était gardé. Des filles et de pieuses veuves en
formèrent toujours le principal contingent. De nos jours, cette Société est encore prospère en
Bretagne et en Normandie, où elle est connue, par analogie avec les Tiers-Ordres anciens, sous les
noms de Tiers-Ordre du SacréCceur, de Notre-Dame de Charité et aussi des Eudistes.
Opposition au jansénisme. - Ecrits ascétiques : la mort.
Tout en se plaçant parmi les modérés et les sages, parmi ceux qui, fortement attachés à la
doctrine traditionnelle de l'Eglise et aux constitutions pontificales, savaient, au besoin, agir et parler,
mais évitaient d'ordinaire les chocs d'opinions et les combats de paroles tant recherchés par d'autres,
le P. Eudes fut un ennemi déclaré du jansénisme,, et son opposition lui attira les plus cruelles
persécutions. Ce serait un trop long chapitre que de les raconter.
On ne peut non plus insister sur cette foi vive, lumineuse, qui élevait son esprit au-dessus de la
terre, pour lui faire regarder toutes choses en Dieu et en Jésus-Christ; sur cette inébranlable
espérance, qui, au milieu des orages, lui servait d'ancre ferme et sûre ; sur cette charité ardente qui
le consumait jour et nuit pour Dieu et pour ses frères, et lui donnait le courage d'entreprendre et de
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mener à bonne fin, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes,
152
Ig AOUT
des travaux que l'humaine faiblesse aurait à peine osé concevoir.
Parler et agir ne suffirent pas au P. Eudes : il voulut encore, par sa plume, promouvoir l'esprit
chrétien parmi les fidèles, l'esprit sacerdotal parmi les prêtres : de là de nombreux et remarquables
ouvrages, selon l'expression de Léon XIII. Le centrai de l'homme avec Dieu par le saint baptême
n'est pas un des moindres dans son petit volume. Vie et royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes,
Méditations sur l'humilité, Entretiens de l'âme chrétienne avec son Dieu, Mémorial de la Vie
ecclésiastique, Prédicateur apostolique, faon confesseur, Cceur admirable de la très sacrée Mère de
Dieu (ouvrage achevé peu de jours avant sa mort) ; voilà les principaux, parmi ceux qui ont été
imprimés.
Plus Jean Eudes approchait de la tombe, plus l'épreuve et la croix, compagnes inséparables de sa
vie, devinrent lourdes et meurtrissantes. Maladies et deuils d'amis dévoués, médisances et calomnies colportées par les jansénistes ou même par des personnes consacrées à Dieu, maneeuvres
malhonnêtes pour le perdre à Rome et le desservir auprès du roi, libelle. diffamatoire lancé dans le
public, douloureuses infirmités des dernières années, rien ne lui fut épargné. En 168o il donna sa
démission de Supérieur général. Après avoir adressé aux siens ses dernières volontés et
recommandations, il reçut le Viatique à genoux sur le pavé de sa chambre et mourut dans les
transports d'une ardente charité, à l'âge de soixante-dix-neuf ans, le r9 août.
Son corps fut inhumé dans l'église du Séminaire de Caen. En r81o, ses restes furent portés dans
l'église Notre-Dame de la Gloriette, chapelle de l'ancien collège du Mont ; une partie du corps fut
confiée au monastère de Notre-Dame de la Charité à Caen.
Les procès canoniques, commencés en 1868, aboutirent à la béatification (25 avril 1909) sous Pie
X, et ensuite à la canonisation par Pie XI, le 31 mai 1925. Sa fête, étendue à l'Eglise universelle en
mai r928, est fixée au iq août. Le 18 février 1932, la statue en marbre de saint Jean Eudes, fondateur
des Eudistes et des Sceurs de Notre-Dame de la Charité, a été placée à Saint-Pierre de Rome.
A. F. C.
Sources consultées. - P. Enur.s Geonoes, Eudiste, Saint Jean Eudes (Arras, rgrzg). - P. Cannzzs
LEenuN, Eudiste, Saint Jean Eudes et la dévotion au sacré Cour (Paris, [gag) ; ,, Le bienheureux
Jean Eudes n, dans Dictionnaire de théologie catholique (Paris, 1912). - llzaru JOLY, Le vénérable
Père Suées (Collection « Les Saints », Paris, 1907). - (V. S. E. P., n°' , 58, 1a5g et 1525.)
....................................
PAROLES DES SAINTS
Suivre Jésus.
Vous désirez voir votre Jésus dans la gloire de son royaume, et vous en demandez le moyen : le
plus sûr et le plus doux est dç le suivre toujours ; ce n'est pas seulement le plus doux : si vous en
croyez l'Epouse, c'est le seul, ,t il n'y en peut avoir d'autre.
Saint Gnécorme DE NYSSE.
SAINT PHILIBERT ou PHILBERT
Abbé
de
Jumièges
et
fondateur
de
Noirmoutier
(616-684)
Fêle le 2o aoùt.
L 'ABBAYE de Jumièges, l'une des plus illustres parmi celles qui firent vivre la règle monastique
de saint Colomban, puis celle de saint Benoît, sur le sol de France, dresse encore au bord de la
Seine, à peu de distance de Rouen, la silhouette grandiose de ses ruines. Au cours de ses onze
siècles d'existence, quatre-vingt. deux Abbés la dirigèrent, dont cinq : Philibert, son fondateur,
Achard, Hugues, Thierry et Gontard, sont inscrits au nombre des Saints.
De la cour royale au cloître.
Philibert naquit au début du vit- siècle, en 616, d'une famille noble d'Aquitaine. Son père
Philibaud, après avoir administré la ville d'Aire avec prudence et sagesse, fut choisi, comme un
autre saint Ambroise, pour en être l'évêque. Voyant les heureuses qualités dont son fils était doué, il
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Parmi toutes les vertus qu'il voulait pratiquer. par une disposition providentielle. tantôt un ours qui voulait l'étouffer. Les rusess de l'ennemi furent déjouées par le signe de la croix. au point que les princes se disputaient l'honneur d'avoir une maison occupée par des disciples formés à son école. il lui arriva de manger plus qu'il ne se le permettait ordinairement. 154 Débuts dans la vie monastique. Afin d'introduire dans son monastère les usages qui lui sembleraient les plus propres à procurer la sanctification des religieux. La Providence frappa d'un châtiment honteux les principaux artisans de cette conspiration. l'adolescent. Le succès de cette étude dépassa ses espérances. et. avec lequel il se lia d'une étroite et fraternelle amitié. Philibert résolut de visiter les communautés les plus ferventes du temps. dont il triompha par le signe de la croix. qui leur avait bâti à Rebais. sans avoir pris ce qui lui était nécessaire. les autres se soumirent et furent reçus par leur Abbé comme des enfants prodigues. Son gouvernement réalisa l'idéal tracé par saint Benoît.l'envoya. Cependant. Abbé de Rebais. Malgré les sollicitations de son appétit. La ferveur de Philibert était dès lors si grande. Philibert put vaquer en pleine liberté à la prière. Pendant la nuit. A la demande du roi Clovis Il. dans la Brie. se former à la cour de Dagobert qui régnait en Neustrie (la Normandie actuelle). une abbaye magnifique (638). Fondation de Jumièges. malgré sa prudence. Ils entrèrent donc dans une communauté de moines venus de Luxeuil à la prière d'Ouen. il se levait fréquemment de table. fut saint Aile ou Agile. la fermeté du nouveau supérieur déplut à quelques moines exaltés qui s'oublièrent jusqu'à fomenter une rébellion contre lui. rencontra un jeune écuyer nommé Ouen. Le diable voulut lui en interdire l'accès en se plaçant à l'entrée sous les formes les plus hideuses : tantôt c'était un serpent qui s'élançait en sifflant contre lui. autrefois Resbacum. les suffrages de tous mirent Philibert à la tête de la communauté. non loin de Coulommiers. Philibert décida de redoubler la rigueur de ses jeûnes. pour aller fonder au diocèse de Rouen. Le jeune religieux crut voir pendant son sommeil le diable lui caresser l'estomac en répétant: c Que je suis bien ici 1 Que je suis bien ici 1 » Mis ainsi en éveil contre les tentations de gourmandise qui offraient peut-être pour lui an véritable danger. ancien moine de Luxeuil. l'abstinence était celle qui semblait lui coûter le plus. successeur de Dagobert. Devenus vite assez intimes pour n'avoir plus de secrets l'un pour l'autre. D'autres tentations survinrent. vu son tempérament. ses progrès furent si rapides. Philibert quitta Rebais avec sept de ses religieux. dès lors. Ces progrès ne se réalisaient pas sans luttes. Un jour. qu'il distança bientôt les plus parfaits. A la mort du fondateur et premier Abbé (t vers 65o). après avoir servi ses Frères. il se rendait à l'église pour prier. Le premier Abbé de ce monastère qui était placé sous le patronage de l'apôtre saint Pierre. non loin du monastère de Fontenelle que venait 110 . En ce séjour brillant. Un songe l'avertit du piège où il était tombé. suivant l'usage d'alors. mais fécond en occasions dangereuses. pourtant. tous deux résolurent de renoncer à un avenir d'honneurs mondains et de richesse pour embrasser la vie religieuse.

On distribuait aux pauvres ce que l'esprit de mortification et d'abstinence retranchait aux religieux. se leva aussitôt et partit. témoignait par signes son désir de se confesser d'une faute autrefois oubliée. l'abstinence y était extrême. témoignage évident de sa sainteté. sur lesquelles s'étend avec complaisance le chroniqueur. qu'il put souvent traverser sans péril. l'âme du pénitent.sCRIE (BOUT) G 20 AOUT 156 20 AOUT SAINT PIIIT. UN SAINT POUF. Depuis. et désormais ne soyez plus malade. 111 . une autre abbaye. acquittezvous de votre message.d'établir saint Wandrille. il se préoccupait aussi de l'avenir éternel des femmes que sa prédication attirait à la vie parfaite. de ne point l'éprouver par la disette. étaient surpassées de beaucoup par la ferveur dont les moines étaient animés : la charité y brillait de son plus pur éclat. l'Abbé alla se prosterner dans l'église. libérée de la tenlation (lu désespoir. malgré leur charité qui ne se ralentit point. e Le religieux. si bien qu'un jour le pain manqua . menaçant de disperser la récolte. A sa prière. un monastère de moniales. pendant la moisson. Les éléments eux-mêmes semblaientt lui être soumis : un jour. on n'avait pas même de quoi s'en procurer. Plein de sollicitude pour cette âme en péril. 5A1xT Pn/LIBERT DE NOIR51OUTIER 155 Les bâtiments de la nouvelle fondation. Le saint Abbé ne veillait pas seulement au salut des moines et des novices qui venaient nombreux se mettre sous sa direction. lo puissant et redoutable maire du palais. Philibert les obtenait par sa ferveur dans la prière.IarnT De NOInSr0UT1rn 157 Nouvelles fondations. Il passait ses nuits en oraison dans l'église. Philibert avait un jour besoin des services d'un de ses moines pour une négociation avec Ebroïn. à quelque distance de Jumièges. par une fâcheuse rencontre. un vent violent s'éleva. située dans une contrée fertile. A peine finissait-il de parler qu'un homme apporta au monastère les vivres de la journée. Ce moine. Du vivant même de son fondateur. subitement guéri. Mais les splendeurs de l'édifice matériel. l'humilité profonde. prit son vol pour l'éternité. elle compta jusqu'à goo religieux de choeur. lui aussi venu de la cour de Dagobert. leva les bras vers le Seigneur. Il avait aussi le don des larmes. les Frères ne manquèrent plus de rien. afin d'obtenir de Dieu que la langue du mourant fût déliée . et Celui qui avait autrefois calmé la tempête apaisa l'ouragan. le chargea de sa mission et termina par ces mots : e Allez. Ceux-ci donnaient sans compter. alors que les Frères achevaient d'édifier les mordes. 2. Miracles de saint Philibert. et ne pouvait s'adonner à la prière sans que des pleurs abondants vinssent sillonner son visage. CHAQUE JOUR DU ALOIS. furent dignes de la magnificence royale qui y pourvoyait. malgré l'agitation des flots. revenez me trouver. Toutes ces grâces. à peine achevait-il sa prière qu'on vint lui annoncer que celui-ci avait recouvré la parole et désirait se confesser. L'Abbé fit aux Frères assemblés un discours afin de les encourager dans leur jeûne et de leur rappeler la promesse que Dieu a faite au juste.Le monastère a aumônier ». Aussitôt ce devoir accompli. C'est celle qui devait rendre si glorieux le nom de Jumièges (654). . dont la rivière qui arrose la contrée porte toujours le nom. Un autre. mon enfant. le même prodige se renouvela plusieurs fois sur la Seine et sur l'Oise. Il construisit pour elles à Pavilly. Philibert. était accablé d'une fièvre violente. A leur tête il plaça une femme remarquable par sa prudence et son esprit de religion : sainte Austreberte. et un moine surprit une fois l'éclat sans égal de son regard. et. voyant le danger. la disette ne se fit jamais sentir désormais à Jumièges. Le saint Abbé alla le trouver.. sur le point de mourir et ayant perdu l'usage de la parole.

avait fait périr l'évêque de Paris. . et le captif en fit retentir les murs du chant des hymnes sacrées. coupable de s'être opposé à ses prétentions.. Trois ans après. la perspective n'était pas de nature à effrayer l'homme de Dieu : il marcha réso. une lumière ardente v brilla. en même temps qu'un parfum suave s'y répandait. évêque de Poitiers. Puis Philibert. 112 . saint Ouen. L'exil. et malgré le souvenir de son affection pour le moine. Sigobrand. a les religieux de Jumièges ont-ils mérité jusqu'à la fin. revêtu de l'habit monastique et enfermé à Luxeuil (670). d'autant plus cruel qu'il lui venait d'un ancien ami. une nouvelle révolution lui rendait sa liberté et sa puissance.) Face au persécuteur. Mais Dieu. se vengea en faisant répandre contre lui des bruits calomnieux qui arrivèrent jusqu'aux oreilles du saint archevêque Ouen. pour échapper aux persécutions d'Ebroïn. après avoir vainement tenté d'acheter à prix d'or la conscience du religieux. se retira près d'Ansoald. En même temps. courut délivrer le prisonnier . d'autres monastères encore furent construits en Normandie. Il en usa pour commettre d'autres forfaits. apparences. Démarche hardie. le terrible maire du palais. tous les hommes que sa parole Saint Philibert dissipe un ouragan qui allait détruire la récolte du monastère. avec l'intention de construire dans cette région un monastère. tous deux s'embrassèrent en pleurant. Philibert. (SAVALLE.Son zèle ne se ralentissait pas et. . Le tyran. Il s'était vu. pour leur monastère. s'en réjouit. évêque d'Autun. Trompé par le.Fondation de Noirmoutier. qui s'était livré volontairement à lui pour empêcher le massacre de son peuple.La calomnie et la prison. Aussi. le beau surnom d'aumônier qui lui a été de tout temps accordé ». Les chauves-souris qui peuplaient son humide cachot s'enfuirent à son arrivée . faisant assassiner Dagobert II. ayant bientôt reconnu sa grave erreur. loin de se plaindre de ce traitement. qui pouvait entraîner la mort du prédicateur . sous son impulsion. les ressources de son abbaye devenaient plus considérables il les employait au rachat des captifs et envoyait ses moines avec des convois de vivres soulager les populations dans le besoin. crever les yeux et couper la langue à saint Léger ou Léodegaire. qui voulait que son apostolat se poursuivît encore. le préserva des fureurs d'Ebroïn. pour ce crime et bien d'autres. Cependant. Philibert alla le trouver pour lui représenter l'horreur de sa conduite et s'efforcer de le faire rentrer en lui-même. lument au-devant du martyre. privé de sa charge. Ebroïn. l'archevêque le fil emprisonner.

Néanmoins. sur les côtes du Poitou (677). réservée pour les besoins du monastère ou des étrangers. y ayant trempé un morceau de pain. Ils s'en emparèrent. dont 113 . Ansoald vint séjourner quelque temps à Jumièges où il fut témoin de la délivrance. . Les deux amis. Dieu. et le soir n'était pas arrivé qu'on annonça un navire qui amenait quarante mesures d'huile envoyées de Bordeaux par des amis de l'abbaye. Ce fut pour les moines de Neustrie. saint Ouen entreprit de ramener son ami à Jumièges. gagné à son tour. à Ligugé. A la mort du maire de Neustrie (68x). et ne pouvant trouver de remède efficace à son mal. aujourd'hui Noirmoutier. un bonheur d'avoir à obéir à un Supérieur nommé par lui. son humilité voilant dissimuler autant qu'il était en lui sa puissance miraculeuse. ne voulurent accepter aucun de ceux que saint Ouen leur proposa successivement. mais Dieu veillait sur les biens de ses serviteurs. pour seconder sa parole et encourager les efforts des religieux. pressé du désir de retourner à son nouveau monas tère du Poitou. il agit de même pour le gouvernement du monastère de Saint-Benoît-du. Sur ses conseils. cl. échangèrent un baiser fraternel. sembla vouloir augmenter le pouvoir miraculeux de son serviteur. et quand les pirates voulurent emmener leur capture à bord. De retour à Noirmoutier. les marins coururent se jeter aux pieds de Philibert qui les bénit et leur pardonna. Reconnaissant leur faute. Ansoald. puis ils retournèrent chez eux sans autre incident fâcheux. autre fois. qui le voyaient partir avec désolation. depuis Ifer-Moutier. Philibert donna un nouvel élan à la pratique des vertus religieuses. Philibert prit un peu d'huile. pour ne point manquer à la foi qu'ils avaient jurée à leur premier Abbé. Le cellérier obéit. Des navires bretons passant dans ces parages virent sur la côte un attelage. Philibert se sentit ému et pressé de guérir le blessé. Un autre s'étant luxé le bras en travaillant s'évanouit sous le coup (le la douleur.Série de miracles. L'île de Noirmoutier n'était pas à l'abri des pirates. près de Poitiers. et déploya pour le recevoir toute la pompe dont on était capable alors. Le mauvais temps se prolongeant. le porta à la bouche du moine qui se trouva incontinent guéri. de bceufs qui leur parut de bonne prise. les vents contraires retinrent quelque temps dans les ports des navires qui devaient retourner en GrandeBretagne. 1l ne fut pas difficile de l'y faire consentir. sûrs qu'ils étaient ainsi de conserver au moins les traditions et les enseignements de leur Père . demanda l'eau dans laquelle l'Abbé venait de se laver les mains. Une. opérée par Philibert. Retour à Jumièges. la Neustrie se porta pour ainsi dire tout entière à sa rencontre. A une certaine époque. il fit le signe de la croix sous le vêtement du Frère. A peine en eut-il fait l'application au siège de son mal qu'il fut délivré. A cette époque se place le pèlerinage qu'il fit à la cellule de saint Martin. Dernier séjour à Noirmoutier. Philibert éleva un monastère dans l'île de Her. qui iufestaient les mors à cette époque. mais. 158 Comme il se refusait à se rapprocher d'Ebroïn et ne pouvait rentrer en Neustrie. Ouen et Philibert. Quinçay. ayant à sa table un religieux malade de la fièvre. la bénit et. renonça à l'épiscopat pour embrasser la vie monastique. Un Frète accablé de violentes douleurs. les pauvres matelots. qui fut aussitôt soulagé. l'Abbé plaça à Jumièges un homme en qui il avait toute confiance : saint Achard. les moines de Jumièges. Le cellérier du monastère vint lui dire un jour qu'il lui restait d'huile à peine une demi-mesure. l'assurant qu'il ne devait SAINT PInLIILRT un NOIBMOUTlcn 159 point craindre d'en manquer. d'un moine possédé du malin esprit. en se rencontrant après une séparation de huit années.convertissait ne pouvant être réunis en une seule maison. Heureuse et fière de retrouver un si grand homme. Le saint Abbé lui ordonna d'utiliser cette huile pour la lampe du sanctuaire. une tempête commença à agiter les flots au point de mettre les bateaux en péril.

t. n' 974.) .... SAINT Léore Ier LE GRAND.M.) Il faut suivre Jésus-Christ. F.. Son troisième successeur. en mai rgo1... le menuisier Laurent. à Tournus. fut consacrée le 29 refit noig. d'Auch... Acta Sancloram 0. puis vers 845 à Cunauld.tle.g3a). en 875.. l'invasion de pirates normands obligea l'Abbé.les ressources étaienti épuisées. En 1793.bert. à lui seul.ln (luné. x815 .. S. Saint Philibert de Tournus (Paris. dans la Bourgogne. qui demeure l'objet de la vénération populaire. La reconnaissance en fut faite en 184. et. par l'évêque d'Autun... . l'élève au ciel. . S. pria et fit prier et leur obtint du ciel un vont favorable et un heureux voyage. en ce dernier diocèse... aboutit finalement. La miséricorde de Dieu nous a fait de ses lois un très clair miroir dans lequel chacun peut voir le visage de son âme. Saint Philibert figure dans les nouveaux Propres des diocèses d'Aire.Cardinal Psenaun. en 862.. dont le narthex.Ter. à s'enfuir avec ses moines et ce que le monastère possédait de plus précieux. Panégyrique de saint Philibert (Tournes... l'église. . (Sermon Ir.. nommé Hilbod. A. après avoir essayé de se fixer à Saint-Pourçain-sur-Sioule. Le miroir de la loi divine. Saint AUGUSTIN.cueun. Les reliques du grand fondateur furent conservées jusqu'en 836 dans l'église de Noirmoutier.. Cette église a gardé les reliques de saint Philibert intactes. dans le Poitou. le 2o août 684. P... et actuellement au diocèse d'Autun. craignaient de mourir de faim. et connaître combien il est conforme à l'image de Dieu ou combien il lui est dissemblable. ce monument magnifique. MABWLON. . (Sermon 1l. B. des profondeurs de la terre. Le nom de ce martyr fit place par la suite à celui de saint Philibert . les transféra solennellement dans une nouvelle châsse.. 20 AOUT 160 P. où ils apportèrent les restes de saint Philibert en .. Sources consultées. des Rouen.. à cette date.. ainsi le saint amour l'élève en haut.2o par le Pape Calixte Il .. . nommé Geilon.. au monastère de Saint-Valérien. et mourut peu de temps après. Hilbod conduisit l'essaim de moines à D4essay. 114 . Mais.. Vie de saint Pli ilibert (Paris.. Mort de saint Philibert.Le sort de ses reliques. (V... Tantes. malgré les fureurs dévastatrices des protestants en 1562 et la rage impie de l'époque de la Terreur. fanations révolutionnaires.9o5).. le dévouement d'un homme du peuple.. H.. De même que l'amour impur enflamme l'âme et l'entraîne à convoiter les voluptés terrestres et mortelles qui doivent la faire périr et la précipiter dans l'abîme. en Anjou. et de nouveau le 3 janvier r. B. PAROLES DES SAINTS Saint AMBROISE. La charité du religieux les sauva : il leur fit donner tout ce qui leur était nécessaire. de Poitiers et de Luçon . vers les choses éternelles qui ne passent pas. II. r8!16).. reconstruite au milieu du xe siècle.. on l'appelle plus couramment Phil.. L'église Saint-Phitibert de Tournes (Paris.) Le saint amour . . a été savamment res-. les sauva des pro. C'est à Noirmoutier que s'acheva cette vie toute sainte. pleine de mérites et de miracles.858 . Jean \'. et de sa femme.0 AOUT Le cardinal Perraud. puis restaurée après un incendie. notamment les reliques du fondateur. On les trouve d'abord à Déas (Saint-Philbert de Grand-Lieu). tauré (le 1845 à 1850. puis de rgo8 à 19x5. 1901). constitue une véritable église à deux étages.

mais un plus grand nombre encore peut-être restaient plongées dans les ténèbres de l'erreur .tn). des plateaux. Vierge. on doit le suivre. qui domine la ville de Mende et lui a donné son nom. c'est avoir soin. on pénètre dans le ciel par la simplicité. c'est y consentir et encourir la même peine que ceux qui le commettent. . multipliait les prières et les mortifications. après les rudes labeurs de l'apostolat. lorsqu'on peut reprendre le vice. les conversions se multipliaient. un grand nombre d'âmes avaient ouvert les yeux aux lumières de la foi . Privat se mit à parcourir les campagnes : il prêcha la divinité de L'humilité. et de souffrir seulement pour Jésus-Christ. D'après la tradition. (Conxrnenteire sur saint Mallhieu. On croit qu'il naquit à Coudes. suppliant en faveur de son peuple le Maître qui seul' peut changer les. Saint Privat. Vers a5o il était prêtre. Qui veut s'élever jusqu'au faîte de la grandeur doit s'abaisser jusqu'au fond de la bassesse. C'est dans le Gévaudan qu'il exerça sa ferveur et son zèle. a gardé en partie sa physionomie d'autrefois. habité autrefois par les Gabales. Ayons un grand zèle pour la justice et une aversion extrême du péché. à Mende (IYfintate Gabaloru. que personne ne les dissimule . premier évêque de Limoges. des gorges profondes. Seul avec Dieu. Saint RBaNArw. On parvient an Royaume par l'humilité. il laissa saint Sévérien pour continuer son owuvre de salut. correspond à peu près au département actuel de la Lozère. Saint JEAN CanysosTOms. village situé sur les bords de l'Allier. qui est l'ancien Gabalitanas Pagus.Lutte contre le paganisme. Fêle le 21 août. Privat ne paraît que vers le milieu du ni' siècle . 115 . il. Origine de saint Privas. Et les miracles aceompagnaient sa prédication. il expliqua sa religion divine. (Sermon sur saint Jean-Baptiste. nous ne savons rien sur les premières années de sa vie. lors même qu'on souffre. ce fut vraiment lui qui infusa dans ce pays une foi profonde et solide. -patron du diocèse de Merde. un petit oratoire sur l'emplacement de la cathédrale actuelle et le consacra à la Sainte.) -1 r62 21 AOVT Celui qui est mort pour nous sur la croix.: c'est là que se retirait le missionnaire. Cette région très accidentée qui présente des montagnes. milieu dies rochers .) La correction fraternelle. intelligences et les' coeurs. (le pratiquer toutes les autres vertus. se trouve une grotte solitaire. vers la fin du lie siècle ou au début du siècle suivant. Elle fut évangélisée de bonne heure par saint Martial. SAINT PRI VAT Evêque du Gévaudan et martyr (Ille siècle). que personne ne dise : Suis-je le gardien de mon frère ? Car se taire. entre Issoire et Clermont-Ferrand. Au sommet du mont Mimat.Suivre Jésus-Christ comme. L E Gévaudan. Il fonda. au. Que personne ne flatte les vices . est le deuxième évêque qui figure dans la liste chronologique de l'Ordo diocésain . des forêts impénétrables peuplées de nombreux animaux sauvages. Les travaux de ses prédécesseurs n'avaient pas été stériles . les divinités du paganisme conservaient nombre d'autels et d'adorateurs.

dit le biographe. Son troupeau était en péril. on voulut le forcer à persuader les Gabales de la nécessitéde se rendre. Gredonense. rester seul face à. à la tête d'une de ces bandes. son coeur de. il travaillait seul et priait davantage : il ne sortait de sa solitude qu'aux jours de fêtes pour célébrer la solennité des offices avec les fidèles et leur distribuer la parole divine avec les sacrements. afin que les assiégés. afin que. répondit-il. rien n'arrêtait ces farouches soldats : maisons. plutôt que de se rendre à l'envahissent. frappèrent l'évêque à coups de bâton : Privat resta inébranlable. les' plus forts se retirent sur la montagne de Grènes où se dresse une forteresse inexpugnable. de. elle sera aussi le témoin de' son glorieux martyre. connut l'approche. les barbares. Leur chef recourut à une tactique habile qui consistait à emmener Privat -au pied du pic de Grèzes. 'Or. Mais Privat refusa avec énergie : jamais il ne trahirait son peuple en lui donnant de tels conseils.. Le martyre de saint Privat. le Castrum Gredonense. Les hordes barbares. là. L'ayant saisi. mourir même. villages entiers. sème la désolation dans le pays des Arvernes. Sa retraite fut dénoncée on découverte. troupeau. 'voyant leur évêque aux mains de l'ennemi et désireux de lo délivrer.. on leur persuadant le mal. Chrocus.. La grotte du Mimat a été longtemps témoin de ses prières et de sa pénitence .Ses grandes austérités. vinssent aisément à 'un accord. Irrités par une attitude si ferme.qu'un manuscrit ancien appelle par confusion Ilérodea .. les phis faibles cherchent un refuge dans les forêts. Ils allaient essayer un autre moyen : la force était inutile . intérêt de se rendre. rendue inaccessible p'ar' la nature ellemême. ne voulant pas être l'ennemi de ses concitoyens. Puisqu'ils sont en sécurité je me garderai bien de leur faire croire qu'il est de lent. Un pasteur ne livre pas ses brebis à la fureur des loups. qui devenaient peu à peu des bourreaux. arrivées en Gévaudan. il ne le savait que trop . les soldats l'emmenèrent sur la colline. et tandis que ses dernières ouailles le quittaient pour gagner les bois ou se réfugier dans le Caslrum. Privat devînt 116 . où il trouva l'évêque en oraison. Alors les envahisseurs prétendirent contraindre Privat à sacrifier aux idoles. aussi= sa peine fut-elle grande quand il. préférant souffrir pour le Christ et pour le salut de son peuple. Un groupe d'hommes en armes se dirigea vers la grotte du -mont Mimat. . Le siège fut mis devant ce rempart : rien ne fut ménagé . par le sacrifice~ de sa propre vie. L'invasion des Alamans. ses ferventes oraisons lui gagnèrentt autant et peut-être plus d'âmes que sa prédication . Mais la position était solide et les Mamans n'arrivèrent pas à la faire capituler. le bruit arriva aux oreilles des barbares que l'évêque -Privait n'était pas avec les assiégés. elles lie tardèrent pas à aborder le pied de la montagne sur le sommet de laquelle se trouvait la citadelle. du mont Mimat . l'ennemi. Leur armée. conduite par le roi Chrocus . l'ennemi SAINT PRIVÂT 163 l'attaqua avec ardeur et y employa toutes les ressources que sa cruauté et son désir de vaincre pouvaient lui inspirer. églises et temples étaient l'a proie de leur terreur dévastatrice. le salut de son. Décidé à obtenir de Dieu. l'envahisseur. Au temps des empereurs Valérien et Gallien les Alamans étaient encore païens . Les réfugiés y apportèrent vivres et munitions pour tâcher de se maintenir dans la place et de garder leur indépendance: ils préféraient souffrir. il résolut de.Il ne convient pas à un père de donner un -rarcil conseil à ses enfants. là. en conséquence ils résolurent d'assiéger Grèzes jusqu'à ce que la faim et J'extrême nécessité eussent dompté ses habitants. ils passèrent le Rhin et vinrent s'abattre dans 'a Gaule où ils commirent des excès sans nombre. et menace l'e Gévaudan..était puissante et se signalait surtout par les cruautés qu'elle faisait subir aux populations . Les Gabal'itains se préparent à la défense. Cependant Privat était resté dans la grotte. le Gévaudan fut bientôt chrétien. y commencèrent leurs incursions néfastes . père les y suivit et continua de les assister de ses oraisons.

te contraignons-nous à des choses extraordinaires et usitées seulement chez . les Alamans frappèrent Privat à coups de fouets et de bâtons. le corps tout déchire. ils se mettent à la recherche du courageux pontife dont ils ignoraient le sort. les barbares furent un ment indécis sur le sort à réserver à leur prisonnier . mettez fin à ma vie de la manière que vous voudrez. étendu sur la terre. Il respirait encore. répondit : . rendus à la liberté se préparaient à reprendre le chemin de leurs demeures. que tu es destiné à mourir d'une mort nouvelle et horrible. Mais l'évêque. Mais. candis que les habitants du pays. vous et vos démons I Devant ce nouveau refus.Ou sacrifie sur-le-champ ou tu apprendras. bien que les actes 1614 2I AOUT SAINT PRIVAT r65 dont vous parlez soient mauvais. Puis l'ennemi se retira. mais de la fausse religion des empereurs qui se trouve ainsi punie. les peuples barbares ne seraient pas assez forts pour troubler la République romaine. Auparavant. aux environs de 265. s'écria . que vous autres traitez de barbares ! Vos empereurs et vos juges n'adorent-ils pas des dieux et ne forcent-il pas tous les :chrétiens à leur sacrifier P A'quoi le suint évêque repartit: -. mêmes les infidèles. entre les bras de ses prêtres et entouré de ses ouailles. le saint prélat. jeter par terre vos idoles . ils ne savaient trop que dire. je ne puis être autre que je ne suis . Ils le trouvèrent sur le chemin de Mende. qui tenait sans cesse son âme dirigée vers le bon plaisir divin. est si puissant qu'en un moment il peut délivrer de leur erreur les princes dont vous invoquez l'attitude. gardant l'espérance des biens éternels. Laissé pour mort. attribuaient leur délivrance.l'ennemi de sa propre âme. après avoir subi divers genres de tourments. non de votre puissance. un angélique sourire éclairait son visage. ses yeux étaient levés vers le ciel. que vous ignorez entièrement. s'il n'en était ainsi. sollicitèrent la paix et offrirent des présents aux Gabales-. au nom du Seigneur mon Dieu. Mais il est hors de doute que le Dieu des chrétiens. mais bientôt ils présentent une objection qui petit jeter Privat dans l'embarras. ils tentent de vaincre l'héroïque résistance des assiégés. 0 prodige[ Bientôt les assiégeants. vous comprendriez qu'il vaut mieux.Je reconnais que ce que vous dites est vrai. Quant à moi. rempli d'indignation. pour un seul homme investi de cette charge. Car tout ce que vous faites pour notre ruine procède. Les profanations dont se rendent coupables les princes romains ne sont pas tant des péchés que des crimes . le martyr est abandonné sur place. Alors les barbares préparèrent de nouveaux instruments de supplice et ils dirent au martyr . et baignant dans son sang. mieux vaut pour moi avoir à supporter les maux présents. et brûlèrent ses chairs avec une véritable férocité. tous. d'amicales relations s'échangèrent entre les envahisseurs et ceux qui avaient tant souffert de leurs violences. 117 .. Stupéfaits par ces paroles admirables. mais à la surnaturelle protection duquel. plutôt que d'être la perdition de mon peuple en me perdant moi-même pour l "éternité. que de m'exposer à des supplices éternels en vous servant. dans l'élan de son cœur et l'ardeur de sa foi. C'était le 2I août d'une année qui se place.Employez n'importe quel genre de tourment .nous. Tous veulent aller témoigner leur reconnaissance à leur évêque qui a été dans la circonstance le plus héroïque des pères. je méprise tous les tourments qui pourraient m'être destinés. Pour moi. tandis que ses bourreaux se dirigent vers Grèzcs où.Je m'étonne que vous me =proposiez litre chose si exécrable si vous saviez ce qu'est un évêque et s'il y avait en vous quelque prudence humaine. .Eh quoi 1 disent-il. il saura nous récompenser. renversant les rôles. subir tous les tourmēnls d'une mort atroce. après nous avoir châtiés par les tribulations présentes. pendant quelques jours encore. croit-on. Il rendit le dernier soupir quelques instants plus tard.

Son culte. C'est de là qu'un religieux. de Bourges et d'autres villes situées sur le passage des restes du martyr. qui fut évêque de Mende de 1151 à 1187. dit-on. En 1170. sur le chemin du retour. Ayant renvoyé le messager. j'aperçois une peinture aux tons harmonieux : elle tic couvrait pas toute la voûte dee la nef. Là-dessus. On rapporte que le roi Dagobert. sans mes ordres. lui qui ne faisait rien de tel.Mende trouvent saint Privat baignant dans son sang. dès l'origine. il eut un songe : Je fus transporté en rêve. s'arrêtant à Issoire.Les chrétiens de . Abbé de Saint-Denis . et lui lis inscrire au bas du vitrail : Sanctus Privatus (Saint Privat). Le nom de saint Privat devint de plus en plus glorieux avec les années . ne pouvant leur assigner un autre lieu. . Presque tout le inonde croyait que ses reliques s'y trouvaient encore. sieurs chapelles furent élevées en l'honneur de saint Privat. il partit pour la cour de France où l'appelaient les affaires du diocèse . les cloches de l'église. dans les banlieues d'Orléans. Pour ne pas laisser profaner les restes du saint martyr. l'esprit plein de ces merveilles. e A l'arrivée des saintes reliques. placée précédemment dans le grand autel de l'église de Mende. Or. s'ébranlèrent d'ellesmêmes et carillonnèrent les joies futures de la cité. l'es habitants de Mende ne crurent pouvoir faire mieux que de le cacher dans la crypte d'une chapelle dédiée à sainte Thècle. et je vis. ramena à Mende le corps de l'apôtre du Gévaudan. monastère fondé au diocèse de 'Metz. devant l'autel de sainte Madeleine. les restes de l'évêque du Gévaudan auraient été transportées à Salons. là. y transporta le corps des serviteurs de Dieu les plus célèbres par leurs vertus et leurs miracles. un évêque revêtu d'ornements superbes. par Fulrade. j'attribuai cette belle peinture à mon sacristain et je le félicitai d'avoir si bien décoré l'église en mon absence. qu'un détail : le nom du personnage. un messager vint lui annoncer que l'on avait découvert une crypte dans le jardin de l'évêché de 1V. où fut. 118 . je félicitai encore mon sacristain. il manquait aux ossements la mâchoire inférieure. clans le mur contigu à l'évêché. au prix de beaucoup de fatigues. au vie siècle son tombeau sera aussi célèbre que celui de saint Martin. pâtis elles seraient revenues au monastère de Saint-Denis en l'an 815. Aldebert 111 du Tournel. ceux qui en doutaient n'osaient le dire. peu après avoir fondé le monastère de Saint-Denis. lequel est situé au milieu de l'église de Mende Levant les yeux. Au xi' siècle. Aldebert dm Tournel continua sa route. les fidèles creusèrent une crypte et y déposèrent ses restes sacrés. n Plu-. Or. Du monastère de Saint-Denis. Il ne manquait. où l'on était en train de creuser un puits. Celui i 166 21 AOUT SAINT PRIVAT 161 de saint Privat fut an nombre de ces saintes reliques. Il certifia que dans cette crypte se trouvait un sarcophage de plomb renfermant le corps de saint Privat . dit-il. le lendemain du songe. niais seulement la partie qui surplombe la crypte. faisait reconstruire une chapelle en l'honneur de cette Sainte. L'histoire des reliques paraît assez mouvementée.. inhumé saint Privai.ende. désireux de garder définitivement le corps de leur évêque. contrairement à la coutume. Aldebert partit ensuite vers Clermont . Les reliques des saint Privat. Puis je regardai à gauche.

Dans cette troisième crypte. le corps du Saint fut déposé dans la crypte de la cathédrale. Guillaume VI Durand (1296-1328). dont l'authenticité peut être attestée par des témoins oculaires. profanèrent le corps du saint évêque. on découvrit une seconde crypte située à l'ouest de la première. à la place de saint Privai. il se fit raconter en détail les circonstances de la découverte des reliques : les ossements gisaient pêle-mêle dans la crypte. Tandis que se multipliaient les prières. Au jour fixé. En continuant les fouilles. tout le clergé se rendit en procession pour transférer les reliques du saint martyr. richesse de la contrée. sauf la tête qu'Aldebert voulait faire vénérer le jour de sa fête. Un peu plus tard. Miracles de saint Privat. très abîmée.. petit-neveu de saint Odilon de Cluny.A son retour à Monde. Odilon de Mercceur. ce fut là que le replaça Aldebert. soit à la grotte de l'Ermitage. les vignes et les châtaigniers. l'auteur du Rationale divinorunz officiorum. transporta ces restes dans le grand autel. qui avait succédé à son oncle et homonyme Guillaume V Durand. ainsi quo des débris de chaînes qui servaient probablement à la suspendre. Parmi les Î 168 xr AOUT miracles cités. divers offices ou proses du même Saint et six opuscules sur la découverte de son corps. ce qui prouvait qu'on n'était pas en présence du premier endroit de la sépulture. entre autres un traité sur les miracles de saint Privat. Le rapace chevalier reconnut la main de Dieu et les victimes de son brigandage recouvrèrent leurs propriétés. qui brûla. (Traduction. qui s'y trouvaient. sous la conduite de Merle. le terroir de La Canourge fut le théâtre d'un prodige. et formée de trois compartiments remplis d'ossements dont certfains étaient carbonisés. Outre cela. gisait sur le sol une châsse de bronze. Sa fête y est célébrée sous le rite double de première classe. planté d'arbres et de vignes. Les reliques trouvées dans cette crypte furent transférées dans une crypte construite par l'évêque Aldebort du Tournel. En 1256. une douzaine ont été constatés du xvii' 119 . qui. trente récits de miracles opérés par l'intercession de l'évêque martyr et enfin un épilogue. par suite de l'usure de la chaire qui la tenait attachée. l'évêque et d'autres personnes essayèrent (le le détourner de ce sacrilège : rien n'y lit. ce qui permettrait de croire qu'ils appartiendraient à des martyrs suppliciés par le feu. dans la crypte de sainte Thècle. était tombée sur le sol. dans le tombeau du grand autel de la cathédrale dédiée à saint Julien de Brioude. jusqu'aux racines. On y trouve un prologue. on découvrit une troisième crypte un peu en avant des deux autres. Un chevalier. on trouva une autre crypte où certainement avait été inhumé saint Privat après son martyre .) Outre les trente miracles que nous rapporte Aldebert III. on put conserver cependant quelques reliques qui se trouvent actuellement soit à la cathédrale. il existe un précieux manuscrit du xive siècle. L'un des évêques de Mende. suspendue jadis à la voûte et contenant les osse monts. La mâchoire inférieure fut portée au Puy en io36 et déposée vers 1105. il y avait une châsse en bronze. et d'obliger le coupable à la restitution. au milieu de la cathédrale de Mende. en 1170. comme dans la première. qui contient presque toute l'hagiographie gévaudanaise. et l'engloba dans sa mouvance. qui vivent encore. les protestants. licuize. et dus à Aldebert III du Tournel. Enfin. En 1579. Dans les archives du département de la Lozère. Le village de La Canourge avait un terroir très fertile. Dès le lendemain de l'arrivée d'Aldebert. Dans ces restes précieux Aldebert découvrit une petite ampoule de cristal a semblable à celle du baume de la confirmation n. s'en empara de vive force. l'évêque prit les restes vénérés de saint Privat et les plaça dans une nouvelle châsse . le lendemain. l'un des plus frappants est intitulé : De vinees apud Canonicam coinbustis Je vais mentionner un prodige contemporain. Alors les clercs et le peuple assemblés supplièrent leur saint patron de venger son honneur. le ravit û saint Privat. Des profondeurs du sol surgit un feu. composa un office de saint Privat qui devait rester en usage jus qu'en 1720. Saint Privat est le patron principal de la ville de Mende et de tout le diocèse. qui le convoitait. Un vain. et mit les corps de saint Julien et de sainte Basilisse.

.. Saint JEAN Cnnree5TOME. Il eut une soeur plus jeune que lui. Saint Privai. . qu'il aimait tendrement .. Mosnaan. à l'égard de la vie future. il y établit une chapelle. Une indulgence plénière est attachée à la visite de ce lieu le 21 août et les deux jours suivants. La vie présente n'est.. évêque du Gévaudan (Mende..... Chaque année il est fait. Louis Petit .. t.) SAINT ANDRÉ LE SCOT Archidiacre de Fiesole (fin du IXe siècle). Plus tard. IV d'août (Paris et Rome. E...) . et ils résolurent de pratiquer plus strictement les préceptes et les conseils de l'Evangile : d'un commun accord.. Elève de saint Donat. Ils en arrivèrent à un même désir de fuir la vaine gloire. soit de l'Irlande.. étaient animés d'un même amour pour Jésus-Christ.... B. mais il faut se garder de la confondre avec sainte Brigitte de Kildare.. la fête de celle-ci est célébrée le i' février.... La Grotte et ses dépendances furent vendues comme biens nationaux. .. une quête de précepte pour a l'entretien de l'Ermitage de Saint-Privat ». l'évêque Aldebert fit de la grotte où s'était refugié saint Privat un lieu de pèlerinage . Sources consultées. Avec l'adolescence. [lisfoire de la Lozère (Monde).. qui lui faisait fuir la compagnie prolongée de ses camarades. le Fr..zs.. de s'y fixer et d'y finir leurs 120 . on édifia alors une petite maison située en face de la Grotte d'I?n-Haut. . Des missionnaires diocésains ont maintenant la direction des sanctuaires de saint Privat... la perte de temps que représentaient trop souvent les visites de leurs proches et de leurs admirateurs. au jour de la fête du patron du diocèse... La Révolution y trouva installé un ermite. la grande thaumaturge.. il éprouvait une aspiration à des études plus élevées. PAROLES DES SAINTS Ce qu'est la vie.. dans tout le diocèse. son compatriote ..au xix° siècle.Rnuaso.. l'acquéreur rendit ces biens à l'Eglise ..Abbé S: M. Mais sous la Restauration. agio). Dès sa jeunesse. . sous la direction du Fr. André manifesta un désir ardent de savoir.(V. L'église et l'ermitage actuel ont été construits dans le dernier quart du xlxe siècle. (Sermon sur Lazare. Dès le xn° siècle. sainte Brigitte. P. que ce que le songe d'une nuit fort courte est à l'égard d'un siècle.Chanoine flux Rsu. . Le maître et le disciple s'en vont en pèlerinage. elle le déporta à la Guyane. qui figure à la même date au Martyrologe Romain. B. un prêtre y fonda un collège de prêtres... en même temps qu'un grand esprit de mortification et une attention vigilante sur ses sens.. martyr. Il (Paris). Histoire de l'ermitage. ils décidèrent de partir pour Rome. Fête le ss août. le terme de Scot ayant désigné longtemps les habitants de l'un et de l'autre pays ou ceux qui en étaient natifs. et Fa. il en suivait avidement les cours et devint rapidement son disciple favori.. A NDRL'' était originaire soit de l'Ecosse. Bis. et infiniment moins encore. . Le maître et l'élève étaient dignes l'un de l'autre : tous les deux recherchaient également la mortification. n' 344.867). t. S. Ses parents étaient nobles et largement pourvus des biens de ce monde. appelé a Collège Saint-Privat-la-Roche ». qui lui faisait rechercher de plus en plus la conversation et les enseignements du pieux philosophe Donat. Joseph.Acta Sanctorum. Les Saints d'Auvergne.

Un miracle éclatant cri fut l'occasion : au moment où Donat et André. les habitants de Fiesole étaient agités par de graves dissensions au sujet du choix d'un évêque. Fatigués par 1'ascensien des montagnes et par la longueur du voyage. I/I\\ %hI\ \à Ai I 170 22 AOUT SATN'r ANDRÉ LE SCOT 171 Ayant donc échangé les riches vêtements de leur condition pour l'habit de pèlerins et dit adieu à leurs parents et compatriotes. Dieu allait se servir de ces deux inconnus pour témoigner sa miséricorde aux habitants de Fiesole. à Fiesole. ce n'étaient que fidèles agenouillés. On pouvait tout craindre de l'échauffement (les passions. A cette époque. et les meilleurs chrétiens de la cité suppliaient Dieu cl'. ville située non loin de Florence. lis furent surpris de trouver les fidèles dans une altitude de supplication et de tristesse. attirés par le nombre des martyrs de cette région et par les faveurs spirituelles accordées aux fidèles (lui visitaient les églises. sans l'intervention de la main humaine. puisqu'ils pensaient vivre d'aumônesP Partout où ils passaient.Un étranger. Un homme qui se trouvait près de ces deux étrangers osa les interroger. leur demanda leurs noms 121 . s'allumèrent comme d'el] es-mêmes. le silence s'était établi. exauçant les prières ferventes que lui adressaient les âmes justes pour que l'ordre se rétablît. au-dessus de l'assemblée une voix se fit enendre qui disait : . ils s'embarquèrent pour l'Europe continentale. Ils avaient ainsi franchi les Alpes et étaient arrivés jusque dans la Toscane. toutes les cloches de la ville. c'est alors que les deux pèlerins. se mirentt à courir cri désordre dans les rues de la ville. A quoi bon s'embarrasser davantage. pénétraient à Fiesole. à l'intérieur. les deux pèlerins pénétrèrent dans la cathédrale. alors qu'ils croyaient participer à une cérémonie solennelle à l'occasion de quelque fête. se demandant avec inquiétude quelle en pouvait être la signification. Election miraculeuse de saint Donat à l'évêché de Fiesole. sous l'action d'un mot d'ordre invisible. mettre bon ordre . Ils n'avaient avec eux qu'un très petit bagage.).jours dans la pénitence. A ce moment-là. suppliant Dieu de faire connaître ses desseins. frappés de stupeur. tout juste de quoi s'alimenter durant la traversée. arrivèrent près de Fiesole. soit à cause des reliques importantes qui y étaient vénérées. dont beaucoup tinrent à les accompagner jusqu'au bord de la mer. se mirent à sonner avec éclat. les mains jointes et les yeux levés vers le ciel. qui se trouvaient éteintes. Et comme. Fiesole alors en pleine prospérité. ils furent accueillis à l'hospice des pèlerins qui se trouvait devant une des portes de la ville à la distance d'un jet de pierre. un sac sur le dos et un bâton à la main. ayant repris des forces. les habitants. sera bientôt parmi vous accueillez-'le et choisissez-le pour pasteur. alors que sa rivale ne s'était pas encore relevée des ruines qu'y avait laissées quatre siècles auparavant le passage d'Attila. A ce premier mouvement fil[ place mn sentiment plus religieux. jetant une clarté plus vive quo d'ordinaire. Donat le Scot. et les lampes des églises. ils s'arrêtaient dans tous les sanctuaires qui tour étaient signalés soit en raison des indulgences qu'ils y pouvaient gagner. En présence de ces événements. et tout le peuple prit le chemin de l'église cathédrale .

phis il insistait dans sa modestie. et nous allons l'un et l'autre cri pèlerinage à 'Rome. en fin de compte. Sous l'inspiration de l'Esprit-Saint. Cependant. sa maladie avait disparu sans laisser de trace. Aux côtés de son évêque et sous les ordres de celui-ci. Celui que le ciel et le suffrage de tous avaient ainsi désigné supplia les clercs et les fidèles de renoncer à leur dessein sur lui. son interlocuteur s'écria d'une voix forte . Saint André est ordonné diacre. à la grande stupeur des personnes présentes . voulut l'investir d'une dignité qui augmentât le respect. la malade s'élança hors de son lit. Il fallut employer beaucoup de ténacité pour obtenir l'assentiment de l'intéressé. plus ses électeurs se faisaient pressants. Cet honneur fut une épreuve pour 122 . qui protestait. il montra un zèle si apostolique dans sa charge que presque toutes les âmes menaient une vie chrétienne et vraiment édifiante. et il décida de lui conférer l'ordre du diaconat. André s'agenouilla sur le sol et fit une prière ardente qui se termina par une extase. puis il commanda que l'on fît venir André. La nouvelle s'en répand avec rapidité et bientôt. avec piété et sans murmurer. tendrement aimée. comme. Il fut pour ses ouailles un chef éminent. vient se jeter aux pieds de Donat et le conjure de venir en sa maison. admirant les qualités et les rares vertus de son dévoué serviteur. l'évêque étendit la main et releva le suppliant. et reçut le bâton pastoral. dit-il . Ce qu'entendant. est tombée gravement malade. Sur-le-champ. Ce fut Donat qui répondit . puis il conféra à André le titre d'archidiacre.et de quel pays ils étaient. il lui fit connaître la démarche du personnage et lui donna l'ordre d'accompagner celui-ci et de guérir la malade si Dieu permettait qu'il en fût ainsi. nous dirions volontiers comme secrétaire. continuer sa route et accomplir son vou. qui brilla par la pratique de toutes les vertus. et lorsque celui-ci lui eut conféré le diaconat. ainsi promu aux honneurs . insigne d'une dignité qui l'attachait pour toujours à un pays inconnu. et d'imposer les mains sur le corps de son enfant. André était resté près de lui. il s'indina devant la volonté divine. il se releva et dit d'une voix forte : . Lorsque Donat connut le miracle. il céda à l'insistance de Donat . ce disant. Saint Donat. il le fit avec simplicité et humilité n . qui vaquait alors à la prière . Donat est élu d'enthousiasme évêque de Fiesole. l'on pourrait même dire la vénération des fidèles.Ma fille. -au milieu d'acclamations joyeuses. il marcha sur les traces de saint Etienrm et de saint Laurent. qu'il prétendait être. I72 22 AOUT SAINT ANuni LE SCOT r. il le serrait dans ses bras et le présentait à ceux qui l'entouraient. André préférait à ses propres désirs les directions de son chef et père spirituel.3 Le pouvoir des miracles par délégation. de laisser lo pauvrepèlerin à demi barbare. Arrivé en présence de l'enfant. .Archidiacre. et Donat est mon nom. Pour finir.Citoyens. voulant lui voir tenir le premier rang aux yeux du peuple. sa diligence et son dévouement ]ni attirèrent l'estime de tous ceux qui eurent à l'approcher. Il est bien édifiant ce trait qui nous montre un personnage dont la fille unique. partageant sa vie comme compagnon. s'acquittant de ses nouvelles fonctions avec soin. pratiquant l'humilité qui convenait vis-à-vis de son ancien maître. et qui n'ayant plus d'espoir que dans la miséricorde divine. Notre-Seigneur Jésus-Christ vous a guérie. il est ici l'homme dont le Seigneur nous a annoncé la venue. il commença par remercier Dieu qui avait daigné faire de si grandes choses par l'intermédiaire de son collaborateur.Nous sommes deux Scols. Et. Quand il reprit contact avec le monde matériel. parce qu'il s'en jugcàit indigne. de son côté. mon compagnon s'appelle André. levez-vous.

qui était un Saint. Au bas de la colline où était située la vieille ville de Fiesole. des travailleurs de bonne volonté. quant à ce qu'il regardait comme dit superflu. Une folle végétation avait depuis longtemps envahi ces ruines . des arbres même. qui eût été heureux d'être considéré pour rien. résolut de tenter l'entreprise . il fut touché jusqu'aux larmes par mi tel spectacle et. avec l'aide d'excellents chrétiens. acheta un modeste domaine destiné à assurer le strict nécessaire aux religieux qui SAINT ANDrU LC scor175 s'étaient fixés à l'ombre de l'église . Saint André de Fiesole découvre une chapelle qui avait été ruinée par les 7tuns quatre siècles auparavant.l'humilité du nouveau dignitaire. peu de temps après la mort du saint évêque . en voyant pleurer son pasteur. André demeurait sur le chantier et participait au labeur dans la mesure où le lui permettait un organisme fatigué par les jeûnes. André. des ronces. avait existé autrefois une très ancienne église. stimulés par la parole et l'exemple de l'archidiacre. avait dirigé ses pas vers ce lieu de désolation. Un jour que saint Donat. et la bénédiction de son évêque. Sans doute. était un gage de succès. architecte et maître d'oeuvre avaient été engagés : comme une abeille diligente. elle avait été complètement renversée au temps de l'invasion d'Attila. intérieurement. amenèrent sur place des pierres nouvelles. le fortifièrent dans son intention. les propos échangés avec les habitants du voisinage. et bientôt l'ancienne église se releva de ses ruines et se trouva même de beaucoup agrandie. Relèvement d'une église dédiée à saint Martin. Comme il restait une somme disponible sur les aumônes reçues. Il entreprit donc. des plantes grimpantes. Le travail fut mené avec rapidité. chez lesquels perçait un sincère regret du passé. mais l'archidiacre avait une foi vive. le ciment et tout ce qui était nécessaire pour une construction neuve. dédiée à saint Martin de 'l'ours. l'oeuvre apparaissait bien difficile. On découvrit les vieux matériaux cachés sous les gravois . avaient recouvert les pierres parmi lesquelles des reptiles et d'autres animaux avaient trouvé une retraite sûre. près du torrent de la Mensola. de dégager ce lieu de toute la végétation parasite. accompagné de son archidiacre. De divers côtés arrivaient des aumônes et des dons . il prit soin de le 123 . il demanda à Dieu de lui permettre de faire cesser cet état de choses. André. qui vivait avec une sainte parcimonie.

qui. La mort. de gratitude envers Dieu sedonnèrent libre cours. tout à coup. dit le biographe. usé par l'excès des austérités.distribuer aux pauvres. André. La lumière parut remonter vers le ciel. même de loin. Dernière maladie de saint André. séparait le frère et la soeur. elle promit de réaliser le souhait du mourant et de ter miner sa carrière en ce pays lointain où l'ange du Seigneur l'avait transportée d'une manière mystérieuse. non une réalité. tant tourmenté par la fièvre. les plus audacieux arrachaient au passagemie parcelle de ses vêtements. puis. se rendre compte de la distance qui. prenant un frugal repas.Brigitte. se tournant vers André. réconforté par les paroles de Brigitte. Enfin. Malgré la chaleur de la saison. elle lui témoigna sa sympathie de soeur en le voyant souffrir. ayant horreur de ce qui. furent transportés devant l'autel. A ce moment. les bras croisés sur la poitrine. s'approchant. puis aux Frères . vous viendriez un jour mener une vie de pénitence et compenser ainsi mon départ de ce monde. je ne l'espérais pas. L'heure approche où je vais être appelé.que vous voyez en ce moment n'est pas un songe. les mains jointes et élevées autant qu'il le pouvait. à la persévérance. Dieu aura-t-il pitié de moi j'ai pensé aussi que dans cette région éloignée de noire patrie et où j'ai dépensé mes forces bien restreintes. il pria Notre-Seigneur d'accueillir son âme et il expira. Tout d'abord. Ce bon serviteur de l'Eglise. André s'efforçait de modérer ce désir humainement irréalisable. sa saur et les religieux. ma soeur très chère. l'évêque de 1 iesole mis à part. où ils demeurèrent jusqu'aux funérailles solennelles. que. de l'impossibilité pour eux de se revoir sur cette terre? Mais Dieu a parfois des tendresses sensibles pour ses serviteurs. Voyage miraculeux de sa sueur sainte Brigitte. pouvait ressembler à l'avarice. et elle se contentait de baiser en les couvrant de ses larmes les mains de son frère retrouvé. mais la bonté intime (le Dieu a accordé cette faveur à un pécheur comme moi. lorsqu'il en. elle portait autour d'elle ses regards étonnés. été convoquée par la frontpatte d'un ange. une flexibilité parfaite. déposés dans un cercueil. en prière dans une salle voisine. se hâtait vers le couvent de Saint-fillarlin pour contempler une dernière fois les traits du saint prêtre. il dit un dernier adieu à sa soeur selon la chais. Il fit convoquer les Frères. virent tout à coup une lumière telle que leurs. Tandis que l'archidiacre songeait à Brigitte. il paraissait reposer. Quant h elle. à la grande stupeur des Frères alors rassemblés autour dee sa couche. pouvait aussi bien que 'lui. Sans doute. le corps gardait toute: sa fraîcheur ci. N'ayez pas peur : c'est bien André le foot que vous voyez en cet instant . c'est votre frère. Des miracles se produisirent. sa joie et son admiration en constatant qu'il avait su résister victorieusement aux attraits du monde. Or. comprit que la mort venait. l'émotion arrêta les mots dans sa gorge. celle-ci était à table. mais une réalité. les incita à la patience. se sen.. Quand la parole lui revint. Pendant ce temps. Chacun lui baisait les mains et les pieds .. qui remplissait la maison.eut reçu les attestations. j'ai désiré ardemment vous voir avant de mourir . Après ce doux et édifiant colloque. d'où elle venait. descendre vers l'endroit où gisait l'archidiacre. Les restes du serviteur de Dieu. son coeur fut envahi par un désir obsédant de revoir sa soeur Brigitte. Brigitte parut alors s'éveiller d'un profond sommeil. En même temps. seule. elle rappela tout ce qu'elle devait à ce frère aimé qui avait été le guide de son enfance et de sa jeunesse . toute la population de Fiesole et des campagnes avoisinantes. n'hésita pas à inscrire le nom d'André d'une 124 . ils trouvèrent sur son lit le corps du Saint . se mit à genoux sur son rude grabat . A ce moment. Sachez bien que ce . enfin. les yeux fixés vers le ciel. le Souverain Pontife. estimant que ce qui frappait ses sens était une vision. la pieuse femme se trouva transportée dans la chambre du moribond. ils perçurent un parfum inconnu d'une suavité admirable. en effet.yeux n'en pouvaient soutenir l'éclat. grâce à vos mérites. ses sentiments. que vous noyiez mort depuis longtemps. si éclatants et en si grand nombre. . comme si elle cil. Le moribond lui adressa ces paroles : . restée au pays natal. Alors. les suppliant de rester fidèles à ce monastère que tous avaient coutribué à relever de ses ruines.

Il était enveloppé d'aromates et reposait dans un cercueil de bois en parfait état de conservation et sur lequel le portrait de l'archidiacre était grossièrement sculpté. il arriva en l'an 1285 qu'une jeune femme. disciple. Ses parents et ses proches lui tirent faire des funérailles très solennelles. que: cet auteur ait omis de nous rapporter lee mode et la date de cette canonisation. cette place leur paraissant très honorable. et l'offrit à l'église Saint-Martin de Mensola. exhumèrent donc le cadavre. Quant à Brigitte. C'était alors lui site sauvage. et la vie de Brigitte était arrivée à son terme. Or. Brigitte s'adonnait à d'héroïques pénitences. Au chant des hymnes. En r38o. Scot d'origine. . telle était l'affluence auprès des restes de l'archidiacre qu'il fallut différer plusieurs jours la cérémonie des obsèques. l'église Saint-Martin de Mensola. des chasseurs avaient découvert 176 22 AOUT sa retraite. IV d'août (Paris et home. C'est là que reposait le corps de l'archidiacre : chaque année sa fête y était célébrée solennellement. ces hommes retrouvèrent à une certaine profondeur le corps de saint André.Acta Sanctorum. elle se retira dans un ermitage. certains étaient venus jusqu'à la grotte de sainte Brigitte . qui connut des périodes de prospérité.manière régulière au catalogue des Saints . vers des forêts profondes qui regardent et dominent les sommets des Alpes. accoururent à l'ermitage et. Fa. compatriote. une dame noble de Florence ayant obtenu une grâce importante par l'intercession de saint André. à l'endroit où se dressa plus tard l'entrée d'une église élevée rat son honneur. après la mort de son frère. parmi les travailleurs qui cultivaient les champs les moins éloignés des bois. il est fâcheux. Bauno. parfois. aussi. mandés. Son existence no demeura pas complètement inconnue des hommes. compagnon et diacre de saint Donat. Une inscription latine disait que ce reliquaire représentait les traits a de saint André. Sources consultées. ajouterons-nous avec les Bollandistes. au monastère bénédictin de Florence. Par mesure de sécurité. Derniers jours de sainte Brigitte. Lorsque approcha pour elle l'heure de la délivrance. le reliquaire fut dans la suite transporté. les reliques furent levées de terre et déposées bientôt dans un loculus de forme élégante près de l'autel majeur de l'église. Le monastère de Saint-Martin. grâce à l'aboiement de leurs chiens. Continuant à creuser le sol. Enfin. fit faire un reliquaire en forme de buste. 125 . de saintes femmes. des hommes vertueux de la région. et qu'il vécut vers l'an 88o s. qui exhalait une odeur affreuse et se trouvait déjà ta proie des vers. dans la partie escarpée de la montagne. où chaque année sa mémoire était célébrée. se contentant pour toute nourriture de fruits sauvages et de racines d'herbes.Son culte. Après sa mort. . avec la moitié du chef. mourut après avoir été mariée très peu de temps. Des fossoyeurs. évêque de Fiesole. la grotte où elle avait saintement vécu fut transformée en un oratoire. L'église Saint-Martin de Mensola fut longtemps le siège d'une Confrérie régionale. Translation du corps de saint André. pourvurent à ses besoins jusqu'à sa mort. désireuse de mener une vie encore plus mortifiée et de fuir la compagnie de ceux qui vivent selon le monde. De nombreuses années s'étaient ainsi écoulées. C'est là que pendant des siècles elles ont reçu les nombreux témoignages de la vénération des fidèles. car. et qui était placée sous le patronage du saint archidiacre de Fiesole. d'où les moines s'étaient retirés pour faire place à des religieuses. et lui avaient laissé charitablement des présents dont elle n'avait que faire. s'honorait (le posséder en sa chapelle un autel dédié à saint André de Ficsole. Là. après laquelle le corps fut enfin inhumé dans. et inhumèrent son corps devant l'autel de saint André. 1867). L'aumônier de la communauté qui avait consenti à ce manque de respect en fut sévèrement puni du ciel et reçut l'ordre de le faire cesser au plus vite. à Mensola.. qu'il avait reconstruite. t. véritable repaire de bêtes fauves. renommée pour sa beauté.

malgré le mariage contracté entre Jean Bianconi et* Jeanne Alberti. lorsque Dieu permit que le sourire et la grâce d'un enfant obtinssent ce que n'avaient pu faire les démarches et les paroles. L'influence salutaire que Jacques devait exercer autour de soi se manifesta sans retard. par crainte des difficultés que sa famille pourrait susciter à sa vocation. il se rendit auprès de son directeur et lui fit part de la vision dont il avait été favorisé. par la réconciliation des familles de se' parents. et il appartenait à l'une des plus illustres familles de la ville. En 1236. 1 11 It ~ ~l T A F . qui avaient placé en lui de grandes 126 . L'Esprit-Saint avait devancé dans l'âme de l'enfant toutes lesleçons maternelles. Sacques passa le reste de la nuit en action de grâces . il vit apparaître un religieux plein de majesté qui lui dit avec une bonté paternelle : . leurs familles étaient divisées. dès son arrivée à Spolète. viendrait prendre l'habit religieux à Spolète. en Ombrie. Il naquit le y mars 1220.BIENHEUREUX JACQUES BIANCONI. Jacques fit en grand secret les préparatifs de son départ qui suivit de près celui des prédicateurs. DE BEVAGNA Religieux Dominicain (1220-1301). On pouvait augurer beaucoup d'une vie commencée sous de telsauspices. comme presque toutes les villes italiennes. Le prédicateur auquel il avait ouvert son âme l'engagea à passer dans la prière et la pénitence ininterrompues la journée du VendrediSaint. auxquels il confia son désir d'embrasser laa vie religieuse dans leur Ordre. Toutes les tentatives de réconciliation avaient échoué. sous le pontificat d'Honorius III. La pieuse mère le comprit et s'efforça de développer la piété et la vertu dans l'âme de son fils et de lui faire pratiquer la vie chrétienne non seulement pendant les années que celui-ci passa. tandis qu'il se livrait à une fervente méditation sur les souffrances du Sauver. Jacques Bianconi. et. compte parmi ses gloires les plus pures un humble fils de saint Dominique que l'Eglise a placé sur les autels. et celle-ci ne put que se montrer mécontente de son départ. les factions des Guelfes et des Gibelins se partageaient la cité de Bevagna. je viendrai à ton aide. Le fugitif était tendrement aimé de tous les siens. après avoir mis ordre à ses affaires. Fête le 23 août. L 'ANTIQUE et florissante cité de Bevagna.Ne crains rien. je suis Dominique et je viens te déclarer que Dieu t'appelle à la vie religieuse. Il travaillait par devoir. arrivèrent à Bevagna deux Dominicains envoyés pour prêcher une station de Carême. auprès d'elle. car Dieu seul était déjà. Jacques suivit ce conseil. La nuit. Jacques avait reconnu la vanité des choses de la terre. Une naissance qui réconcilie deux familles.(ER 178 23 AOUT L'appel de Dieu. mais les sciences humaines ne pouvaient le satisfaire. et. afin que Dieu lui fît connaître positivement sa volonté. Dès l'âge de ro ans. puis. il reçut l'habit religieux pour être ensuite envoyé au noviciat de Pérouse. mon fils. Cependant. Obéis promptement à cette inspiration. père et mère du futur Bienheureux. mais encore lorsqu'il dut la quitter pour s'adonner à l'étude. l'unique objet de ses recherches et de ses aspirations. Ce dernier y reconnut la volonté de Dieu et décida que le jeune homme. il avait évité de la prévenir. Jacques suivit assidûment les sermons et se mit en rapports avec les Pères. A cette époque. Les choses ainsi réglées. plus connu sous le nom de Jacques de Bevagna.

comme tout le duché de Spolète. Fondation d'un couvent. Ses prédications ne tardèrent pas à devenir fructueuses. bien qu'il excellât surtout dans la charité. afin de conserver le Fr. Sans parler de plusieurs destructions partielles. Bon nombre d'habitants durent s'établir ailleurs. André. laa cité entière rompit avec les habitudes vicieuses que les guerres avaient encore fortifiées. le frère de Jacques. parce que. . chacun ayant pu apprécier ses. Le Miroir des pécheurs. d'après les Saintes Ecritures. ne sont pas parvenus .. Les écrits du bienheureux Jacques.. la famille Bianconi. Et lorsqu'ap. Les permissions requises furent obtenues et le religieux choisit un terrain en vue de la nouvelle fondation . il reportait cet amour sur. effaçant les souillures de leur vie passée. Vertus religieuses.Conversion d'hérétiques. non seulement lui accordèrent l'autorisation sollicitée. vertus et son zèle apostolique. la chaleur et l'onction qui persuadent et déterminent la volonté. Appelant ses concitoyens à Il pénitence. il fut docilement écouté. Si l'couvre était généralement approuvée. au rapport (le son biographe. il unissait au raisonnement . Miroir de Jésus-Christ fait homme. retraçait avec éloquence.jusqu'à nous r le premier. il rappela less proscrits et convia le peuple à relever les murs de la ville. Il relève Bevagna de ses ruines. se mit à laa tête des Guelfes. à implorer la divine miséricorde. la ville fut complètement détruite en. l'emplacee 180 127 .. Il s'attachait aux pécheurs avec un zèle tout apostolique et savait les amener à cette contrition qui. Allemands . c'est-ki-dire des: patriotes opposés aux. Dans ces tristes circonstances. Ces vertus dont il parlait. Aimant Dieu de toutes ses forces. où il fi des progrès remarquables.. afin d'ébranler sa résolution. tout ce qui concerne le jugement dernier. cet empereur allemand révolté contre le SaintSiège. le saint religieux les pratiquait toutes d'une manière éminente. considérant sa mission comme terminée. Fr. Il avait aussi un don particulier pour résoudre les difficultés : ses réponses étaient si judicieuses. soutint leur courage et les aida effirarement. mais tout fut inutile. qui avait pris à sa solde les musulmans de Sicile. à la vie chrétienne et aux différentes vertus quii la constituent. Jacques Bianconi composa en latin deux ouvrages de grand mérite. en effet. puisque son père et sa mère. et ses paroles saintement persuasives touchèrent les coeurs les plus endurcis .. afin que ces soldats n'eussent rien à redouter de l'excommunication lancée par le. Jacques au milieu d'eux. Bien loin de fléchir. Pape contre ses troupes. les incitait à réparer ces désordres et à s'engager dans une vie nouvelle. eut beaucoup à souffrir des troubles de cette époque et des ravages causés par les armées= de Frédéric II. en particulier à la théologie.. les habitants de Bevagna résolurent de fonder un couvent de Dominicains. et voilà que son entrée au couvent détruisait tous ces projets.rès-la restauration matérielle Jacques commença la restauration morale desa ville natale. traitait du mystère nuENnEUriEUX JACQUES n1AACONi 179 de l'Incarnation et de la vie du Rédempteur. Jacques s'adonna avec plus d'ardeur que jamais aux études ecclésiastiques. qui avait embrassé laa carrière des armes.les créatures en s'efforçant de procurer au. modèle de la nôtre . dont elle avait euu à souffrir quelques années auparavant. Ajoutons à ces deux traités un volume de sermons sur presque tous les sujets relatifs. ceux qui restèrent eurent à supporter tous les maux que les guerres entraînentt après elles.. Jacques secondait heureusement son frère par sa grandee influence sur la population. partageant les souffrances de ses concitoyens. Ses parents se rendirent donc à Pérouse. qui. qu'elles portaient la conviction chez tous ceux qui venaient le consulter. Au moment où il se préparait à partir.espérances. x249. le second. mais encore rentrèrent chez eux remerciant Dieu de l'insigne faveur qu'il leur avait faite en appelant leur enfant.qui sait convaincre l'intelligence. mais alors s'élevèrent des difficultés. malheureusement. Jacques triompha de lopposition de sa famille..prochainn le bien spirituel et le bien temporel. Bevagna. il les exhorta à pleurer leurs fautes. Tous. vénéraient et aimaient le saint religieux.

Jacques 13ianconi n'hésitait pas à défendre la foi partout où elle était en péril . ett ils se félicitaient de les posséder. ses adeptes s'abandonnaient à tous les désordres. l'hérésie se répandit dans Ilevagna.23 Aour BU1NIIEUREUX JACI2UEs BIANCONS 181 ment choisi paraissait peu favorable. prêcher dans une autre église où se groupaient les auditeurs. ne changea rien au plan de la construction et déclara que le lieu était voulu de Dieu et que la Providence. Nommé prieur du couvent. il recourut avec dévotion et confiance à l'arme du rosaire. en particulier. alors que plusieurs autres rentraient dans l'Eglise catholique. Peu à peu. Il y avait alors en Italie un docteur de Paris. Du reste. saurait bien. conférences. et. par crainte des peines éternelles dont avaient été menacés les hérétiques endurcis. et suivant en cela l'exemple de son Père saint Dominique. que déchiraient les factions. puis à Pise. le prédicateur. Jacques. le chef du parti. L'installation se fit en 1271. il avait été plus véhément que d'habitude. d'autres l'imitèrent. La perte de leur chef détermina la plupart des hérétiques à quitter la ville.Ruse de l'enfer déjouée. La secte. il mit tout en couvre pour retenir les bons dans l'Eglise catholique et y ramener ceux qui s'en étaient écartés . prétendant justifier leur conduite par des textes des Saintes Écritures. Un jour que. quand le moment serait venu. lança contre lui les plus grossières injures . un voisin des Dominicains leur offrit sa propriété . calme et recueilli. La prophétie du P. Sous les dehors d'une vertu austère et d'une vie séparée du monde. des hommes assidus à l'oraison. Jacques ne tarda pas à se vérifier. nommé Ortinello. le prieur des Dominicains s'employa de toutes ses forces à combattre les progrès du mal. nommé Almaric. remplis de zèle et de charité. . si bien que l'on put construire bientôt un monastère aussi vaste que régulier. Action apostolique. dontt les disciples répandaient dans la péninsule de pernicieuses doctrines. écouta sans mot dire. disputes théologiques. interprétés dans un sens opposé à celui de l'Eglise. travaillant sans relâche à la restauration du culte et des mmurs chrétiennes. il s'avoua vaincu et abjura publiquement ses erreurs. et où il résida assez long 128 . à sa descente de chaire. Comme il fallait. chef d'une secte hérétique appelée u la Liberté a. persécuta le P. les habitants de l3evagna trouvaient dans les Dominicains d'admirables modèles de vertu. dans son sermon. qui dilatait l'Ordre des Frères Prêcheurs d'une mer à l'autre. prédications dans les églises et sur les places publiques. puis. c'est pourquoi il se rendit en plusieurs villes voisines. à l'exemple du divin Maitre. il pria Dieu de toucher les coeurs que sa parole n'avait pu ébranler. Jacques Bianconi eut toute facilité de continuer son apostolat dans sa patrie. qui voyait les choses de plus haut. édifier un vaste couvent adapté aux besoins des religieux et à leur ministère. mais. parce que très petit et peu susceptible d'agrandissement. Désolé de voir sa chère patrie abandonner la vie chrétienne et son glorieux passé. par suite de l'étroitesse de la chapelle. Ortinello ne tarda pas à éprouver une grande confusion de sa conduite. Jacques. On vit alors le merveilleux effet des prières du saint religieux. lui coupant la parole. voyant ses erreurs et ses turpitudes démasquées.

où nous le voyons appelé plusieurs fois à gouverner ses frères. le terrain perdu grâce au zèle de Jacques de Bevagna. qui résidait alors danss cette ville. Jacques ne purent obtenir à Pise tous les succès voulus. il s'appliqua tout particulièrement à guider vers les sommets de la perfection mue humble Tertiaire dominicaine. Jacques résolut de combattre vigoureusement ces désordres et donna. La ville était alors fort corrompue. où sorciers et sorcières se donnaient rendez-vous et s'y livraient à des danses et à des jeux lascifs. Le P. saint Dominique lui fait connaître qu'il sera dominicain. destinée à perdre les âmes en leur offrant toute facilité de se livrer aux péchés les plus honteux. et. il -se rendit une nuit au lieu des fameux rendez-vous. temps. dans la vallée de Spolète. plusieurs conférences prouvant que certains faits étranges qui se produisaient dans ces réunions. il lit le signe de la croix sur la 129 . dont l'Eglise célèbre la fête le 23 juillet. Des habitants. les oraisons et les prédications de plusieurs zélés serviteurs de Dieu tels que ce saint Frère Prêcheur. ne pouvaient avoir d'autre cause que l'intervention du démon. et.Pendant que le bienheureux Jacques médite sur la Passion du Sauveur. et il ne fallait rien de moins que les saints exemples. ensuite comme prieur.. pour contre 182 23 AotT nuesnrurrux JACQUES BIANCONI 183 balancer la mauvaise influence et les scandales qui venaient parfois de très haut. comme saint Bonaventure et saint Thomas d'Aquin. d'abord comme simple religieux. Pour convaincre ses auditeurs. ayant invoqué le nom du Seigneur. La cour pontificale. et les meilleures familles de la société ne craignaient pas d'y participer. Si les efforts du P. L'enfer fit une dernière-tenfative pour regagner. y attirait plusieurs grands Saints qu'il eut la consolation de fréquenter. Jacques continua avec plus d'ardeur que jamais ses travaux apostoliques. Le scandale était au comble. la bienheureuse Jeanne d'Orvieto. Le P. avaient été témoins de ces scènes infernales. plus connue sous le nom de lNanna. attirés par le bruit et la curiosité. au dire de la rumeur publique. cri dehors de ses prédications populaires. il fui bien dédommagé à Orvieto. dans ce bourg si corrompu. L'apôtre ne borna pas là son action. Certain bourg de Bersite était presque chaque nuit le théâtre d'une réunion diabolique.

La mort. afin de le mettre à l'abri des coups de sa justice . ayant entendu parler du saint religieux.troupe infernale.Le culte. que l'épine sortait du pied. il implorait avec larmes la miséricorde du Sauveur. privés de leur chef et de leur soutien. la contrée fut entièrement purifiée de ces désordres. la délivrance du captif. Malgré leurs instances. avait épuisé tons les remèdes sans obtenir aucun soulagement . aux bonnes rouvres et aux travaux apostoliques aurait dû. le matin de la Saint-Jean. en disant : « Que Jésus-Christ te guérisse. les coupables. Jacques de s'entremettre pour obtenir. au moment où celuici venait de célébrer la sainte messe . trois jours après. i1 était retenu prisonnier à Todi à la suite d'une défaite. on recourait à lui. elle se fit transporter en cette localité et implora sa guérison. Jacques. cueillir des plantes odoriférantes dans la campagne. l'illusion aussi. un aveugle de Toligno fut conduit vers le P. Jacques obtint du ciel qu'ils ne fussent pas reconnus des assistants. De tous côtés. et lui promit qu'elle guérirait si elle avait la foi. pros. Jacques traça alors sur le pied malade une croix avec l'huile de la lampe de l'église. et la réalité des choses et des personnes apparut dans toute son horreur . soit pour la santé de l'âme. pourquoi crains-tu P Tu es à moi. André était miraculeusement rendu aux siens. frère du thaumaturge . De même. soit pour celle du corps. il en était encore tout effrayé. ne songèrent plus qu'à se cacher. Il raconta qu'un ange était venu pendant la nuit briser ses fers. grâce à ses prières et à son énergique intervention. Les gens de Bevagna. Marguerite de Spello s'en allant. mais. Une dame de Montefalco. même au prix d'un miracle. avant le lever du soleil. Une vie consacrée tout entière à la prière. semble-t-il. 'terré aux pieds du Crucifix. et. En la quittant. le religieux se contenta de prier Dieu à celte intention. et. Billa pria de tout son coeur. le cancer avait disparu. Dieu permit qu'il tremblât toujours à la seule pensée du jugement qui l'attendait. et peu à peu. un peu d'eau bénite lui suffisaient pour opérer des prodiges. supplièrent le P. Miracles du bienheureux Jacques. surpris. atteinte d'un cancer. Aussitôt le charme s'évanouit. les conversions et les guérisons se multipliaient un signe de croix sur les malades. marcha pieds nus sur des épines et se blessa Cruellement. ton âme sera sauvée. Jacques sur son salut éternel . tu m'as servi pendant toute ta vie. tels Adam et Eve après la faute. L'épine s'étant brisée dans le pied. il obtint une parfaite guérison dès que le religieux eut lavé les yeux malades avec le vin et l'eau qui restaient dans les burettes. Le P. A l'âge de 8o ans. n A peine l'onction était-elle achevée.Jacques. Avec la foi capable d'opérer les miracles. plus anxieux encore que de coutume après l'examen des nombreuses grâces dont il croyait n'avoir pas profité. une onction avec l'huile de la lampe du Saint Sacrement. en même temps que disparaissait toute trace de la blessure. il but encore le don de prophétie et celui de guérir les malades. il s'ensuivit une enflure énorme et des douleurs aiguës qui faisaient pousser nuit et jour à la patiente des cris épouvantables. le P. . Jacques lui remit un peu d'huile de la lampe qui brûlait près de l'autel pour oindre son mal. il fut alors ravi en extase et entendit Jésus crucifié qui lui disait : . à Bevagna. nommée Billa. et la grâce secondant la bonté naturelle de son coeur. . afin de l'éprouver. Le serviteur de Dieu avait abondamment reçu dé Dieu les dons gratuits qu'énumère saint Paul. Citons encore la délivrance miraculeuse d'André Bianconi. et. il conjurait le Seigneur de le cacher clans ses plaies sacrées. Lorsqu'elle eut entendu parler des merveilles opérées par le prieur des Dominicains de Bevagna. dès le lendemain. rassurer le P. Un jour. Que le sang qui découle des 130 . Dernières faveurs du ciel. par superstition. elle voulut s'entretenir avec lui et en reçut une grande consolation. fit l'onction prescrite.

l'encouragea à la confiance et lui dit : . et son âme rassurée ne soupira plus qu'après le moment (le quitter cette terre. Tu m'as fidèlement servi. dans huit jours. je le renouvelle l'assurance de ton salut . sentant approcher le terme de sa vie. Après cette grâce insigne. accompagné de la Sainte Vierge. le P. je t'en ai donné le gage par mon sang répandu pour toi. il reçut les 131 .184 23 AOUT plaies de cette image te soit un gage de salut . puis. Le jour de l'Assomption 13o1. Notre-Seigneur. il vit entrer dans sa cellule JésusChrist lui-même. prépare-toi . aie confiance. Jacques prit ses dernières dispositions relativement aux charges dont il était revêtu . Les derniers jours se passèrent dans l'union la plus intime avec Dieu. de saint Georges et de saint Dominique.Jacques. il ne songea plus qu'au ciel. s'adressant à lui. Le 22 août. mon fils I Et aussitôt le sang du Christ ruissela comme une pluie salutaire sur le religieux humblement prosterné. tout étant réglé. tu entreras dans l'éternelle joie.

les voyageurs et les religieux. vivait dans le Soissonnais un seigneur d'origine franque.Acta Sunctorum. à son passage dans le Soissonnais. Il beato Giacomo tjianconi de Bevagna (Todi. Tous trois brillèrent à la cour des rois mérovingiens. MMe voici . encore une nouvelle visite de Notre-Seigneur.Mon Seigneur Jésus-Christ. on n'y chantait que des hymnes célestes. les nombreux prodiges qui s'accomplissaient sur sa tombe donnèrent naissance à un culte populaire qui. Ces faveurs. il autorisa son culte sur le territoire de Bevagna. Le Pape Iloniface IX. puis. mais après divers procès institués au sujet de la béatification du serviteur de Dieu. ses principales villas se trouvaient à Ussy. nommé Authaire. Radon. Ces enfants étaientt au nombre de trois et portaient des noms germaniques : Adon. Fête le 24 août. on n'y faisait que des exercices pieux. toléré d'abord par l'Eglise. il expira. sur sa demande. les assistants en burent par trois fois. une bienveillante hospitalité dans leur villa d'Ussy. reçut d'eux. on n'y méditait que des paroles évangéliques ou apostoliques. je vous rends grâces de ce que par votre grand amour vous daignez venir auprès de votre indigne serviteur. L'un et l'autre assistaient généreusement les pauvres. Le Saint bénit les enfants de cette heureuse famille et prédit qu'ils deviendraient illustres devant leur patrie et devant l'Eglise. le 1. où un soldat hérétique brisa le vase qui le contenait. Le corps du serviteur de Dieu se conserva sans altération après plusieurs mois de sépulture . qui recevaient alors l'hospitalité chez la plupart des représentants de la noblesse gallofranque . le 8 août 1674. t. le reste fut conservé jusqu'en l'année 1377. tons trois renoncèrent ensuite au inonde : Adon. enfin Clément X le déclara bienheureux par équipollence. SAINT OUEN Evêque de Rouen (600-684). le grand réformateur irlandais. Son épouse Aiga imitait ses vertus. il s'écria joyeusement : . levant les yeux au ciel. Saint Colomban. Comme on lui apportait. qui étaient disséminés sur le territoire de plusieurs cités . Ils écoutaient avec foi la parole de Dieu et s'efforçaient d'y conformer toute leur conduite. IV d'août (Paris et Rome. et aussitôt elle fut changée en vin . PIsnc. à Brame et enfin à Sancy. au dire des historiens. exhorta les Frères à servir Dieu en observant la règle et en travaillant au salut des âmes.derniers sacrements avec une admirable ferveur. 1662). accorda même des indulgences aux fidèles qui visiteraient chaque année a l'église du monastère des Saints-Dominique et Jacques de Bevagua n . 132 . petit village situé à dix-huit kilomètres de Soissons. en r4oo. en confirmant son culte. un peu d'eau. l'aîné. et concéda. DE J.antérieurement on l'appelait l'église Saint-Georges . fonda l'abbaye de Jouarre et s'y retira . je viens à vous I En prononçant ces paroles. alla sans cesse en augmentant. le r8 mai 1672 . Leur maison ne connut jamais les histrions et les mimes.au. furent supprimées cri vertu d'une Constitution d'ordre général publiée par saint Pie V en 1567. 1867). de sa sainte Mère et des deux Saints qui lui avaient déjà apparu . il la bénit. Sa richesse consistait sur tout en biens fonciers. elles furent renouvelées par Paul V en 16ro . la fête du bienheureux Jacques Bianconi de Bevagna à tout l'Ordre Dominicain. il est vrai. non moins illustre par sa piété que par sa grande fortune. Il reçut.en la fête des saints apôtres Philippe et Jacques. Dation et Radon. La bénédiction d'un Saint. sur les bords de la Marne. Sources aonsultues. n début du vu' siècle. mars de l'année suivante. . exilé de l'abbaye de Luxeuil par la persécution.

133 .

Vers l'âge de quinze ans. dans 134 .. Les sept arts libéraux. qui avait alors réuni sous son sceptre tous les royaumes francs. C'est au roi ou à l'un des grands de sa cour que Dadon et sou frère aîné furent recommandés selon l'usage: On appelait « recommandation n une institution. d'abord guerrière. à laquelle devaient se soumettre les leudes des souverains d'origine germaine. Dadon avait reçuu pour son époque et pour son âge une instruction littéraire fort étendue. L'historien romain Tacite. Saint Ouen à la cour de Clotaire Il. c'est-à-dire tout le cours des études classiques. sauf peut-titre les sciences mathématiques. est connu sous le nom d'Ouen. le jeune seigneur fit son entrée au palais de Clotaire II. à partir de sa promotion à l'épiscopat signe A'udoenus ou' Audoinus. dont il ne semble avoir appris que les premiers éléments. Dadon. qui. fonda de même le couvent de Feuil-sur-Marne Tous les deux sont honorés d'un culte public le 26 avril. puis politique. le deuxième.le plus jeune. ainsi que leurs parents. lui étaient devenus familiers. Enfin.

Ces jeuness hommes et d'autres encore constituaient un. le futur évêque de Metz. (les pierreries rehaussent son baudrier bu ceinturon. à Compiègne. presque tous ses amis embrassèrent l'état ecclésiastique et durent quitter le palais pour prendre la direction d'un diocèse des Gaules . dans l'accomplissement de ses devoirs. Les rois francs. il est visible qu'elles étaient d'un grand charme et que la piété y avait la plus grande part. sous Clotaire 11. un bracelet complète sa parure. L'association a mérite ses degrés. Les princes -. le sentiment d'une mission supérieure. qu'il n'y avait au-dessus de lui que le maire du palais. qui tic rougissent pas de ce rôle de compagnons. si bien faitt pour frapper lo peuple et l'éblouir. qui devaient occuper successivement le siège épiscopal de SAiNT OULN rS7 Cahors et que l'Eglise a placés sur ses autels.ghses l'E'tat y trouverait aussi soir avantage. A l'émotion avec laquelle Didier. qui ne pouvait se passer de ses services. de projets d'avenir ou intime d'affaires profanes et quand ce commerce oral est. elle mettait son titulaire à un rang si élevé. et surtout saint Eloi. son fils aîné'. ne le lui permit point . ses grades . comme les deux frères Austicus et Didier. C'était une sorte de capitale vivante et mouvante. saint Arnoul. C'est ainsi qu'on peut apercevoir le jeune Dadon parmi les fonction naires de Clotaire II. Le jeune leude qui vivait au milieu des grands était déjà considéré comme l'un d'entre eux (E. à. ailleurs encore. se déplaçaient souvent. qui n'ie'norait pas qu'en plaçant des hommes vertueux à la tête des h. c'était la volonté expresse de Dagobert. échanger leurs pensées sur des tablettes. Dadon avait alors une' trentaine d'années. Clichy.son ouvrage sur la Germanie et ses coutumes. En guise d'aumônière. L'intention du référendaire fut alors de. logeant dans les diverses villas qui constituaient leurs domaines. impossible. à l'endroit nommée aujourd'hui encore fichais et qui appartenait à la famille de. Eu d'autres moments. résilier sa charge et de renoncer à tout pour servir uniquement le Boi du ciel dans la solitude. devenu évêque de Cahors. à Rueil. Ce luxe de vête ments. au tel siècle de notre ère. Sa charge consistait fi soumettre à l'a signature du roi les diplômes et ii les signer luimême . n'ayant ni capitale ni résidence fixe. Le souverain franc.Dadon.aiment à s'entourer d'un groupe considérable de jeunes gens d'élite. 135 . une description qui se révélait encore exacte au vu° siècle.. Saint Ouen à l'a cour de Dagobert. qui sont pour eux un ornement pondant la paix et une force pendant la guerre. Le jeune comte porte an costume conforme à sa dignité. il tient à la main une bourse élégamment tissée et sensée de perles. rappelle le souvenir de ces liaisons.dit-il . Il serait intéressant de surprendre le secret de leur intimité. On conserve encore aux Archives nationales de Paris un acte signé de l'a main du référendaire Dadon. également d'or . les saints Bétüaire et Sulpiee. Il fréquentait de préférence des personnages recommandables par leurs vertus. morts respectivement évêques de. est une des marques qui distinguent les officiers des palais mérovingiens. Sa robe est brodée d'or . là l'apprentissage du métier des armes se joignait celui des fonctions administratives. Clotaire II' mourut en 629 et tout l'héritage des Francs ne tarda guère à passer entre les mains de Dagobert. On les incorpore à d'autres plus robustes et déjà expérimentés. ils riment à. notamment le dimtmelae. en a fait. un gouvernement itinérant. quifût par la suite le populaire évoque de Noyon. Une insigne noblesse on les grandes actions des ancêtres appellent le choix du prince sur ces adolescents. à Etrépagny. aisément à l'heure de la prière. Il fut élevé bientôt à la dignité de référendaire. Chartres et de Bourges . Le palais se déplaçait ainsi avec le roii et ne le quittait jamais. ils se réunissent pour s'entretenir des choses du ciel. Les officiers de la cour les y suivaient. L'un après l'autre.groupe d'élite qui avait avant tout. les compagnons rivalisent d'ardeur entre eux : c'est à qui obtiendra le premier rang auprès du prince. VAÇASDARD). On les trouve. Toutefois.. dans la cllapell'e du palais où l'Abbe Sulpiee préside les exercices religieux. mais il l'autorisa à construire mn monastère d'ans le diocèse de NI'eaux. dont l'autorité' balançait presque celle du roi.

Adéodat. aurait lutté vigoureusement avec saint Eloi contre l'hérétique et l'aurait confondu. s'adonna avec ardeur à l'étude de la science ecclésiastique auprès de l'évêque de Mâcon. Son amour pour le salut des âmes lui fit porter ses pas jusqu'en Espagne. sans l'assistance de qui il ne pouvait gouverner son Us SAINT POUR CHAQUE JOUR DU MOIS. Dadon serait allé lui-même au Concile et. et l'année qu'il consacra à cette initiation sainte fut l'une des plus remplies de son existence. Ainsi averti. il pria Dieu de mettre fin à ce fléau. que nous appellerons désormais Ouen -. l'Eglise.n'eut garde de les violer. qui venait de succéder à Dagohert. à prendre un soin particulier de tout ce qui regarde. en monarque chrétien qu'il était. les conseillers du jeune roi Clovis 11. ne la firent pas attendre. Son ministre. s'étant endormi sous un pommier. Sous ses habits de soie. Dès que ce 136 . Ses pénitences étaient inouïes. Son premier soin fut de renoncer complètement à toutes les affaires du siècle. Dadon choisit l'emplacement marqué par la croix pour y jeter les fondements de l'église du monastère. On doit avouer que Dagobert. de veiller. visitant les domaines paternels.contraction du nom d'Audouen qu'il prit alors. -. il fortifia les autres . le phénomène se reproduisit. il en arracha plusieurs à l'hérésie. qui avaient pu apprécier les mérites du référendaire. La ratification (lu pouvoir civil était requise. Dadon. qui l'ordonna prêtre. que se serait réuni à Orléans mn Concile afin de condamner un hérétique venu de l'Orient. quoique simple laïque.C'était cri l'année 636. et que. Saint Ouen élu évêque de Rouen. tenait compte de ses conseils et que la religion fleurissait partout sous son règne. Aux uns. se conduisait comme un religieux fervent. apparaissant partout comme un envoyé du ciel. au milieu des grandeurs et des honneurs.. à être le protecteur des pauvres et des orphelins. Puis il se mit à prêcher clans les régions situées au sud de la Loire. de jeûner et de lire les Saintes Ecritures. Trois jours de suite. il apprit les principes de la foi . s'arrêta en ce lieu pour se reposer. il vilt en songe un météore lumineux sous forme de croix nettement dessinée sur le sol. 2a SURIE (:FOUT) 7 24 AOUT 188 24 noux SAINT OUEN i8q royaume avec justice . l'appelèrent à recueillir la succession de l'évêque saint Romain qui venait de mourir (a3 octobre 639). d'après un de ses historiens. Il ne cessait de prier. Comme les canons ecclésiastiques exigeaient qu'un laïque promu à l'épiscopat fît un stage d'une année dans les Ordres inférieurs avant d'être sacré. à bâtir des monastères. Un jour vint où les fidèles et le clergé de Rouen. Il était impossible de ne pas reconnaître dans ce signe une indication ezleste. Trouvant cette contrée affligée d'une sécheresse qui durait depuis sept ans. Ce fut à sa prière. Il profitait de sa haute position pour exhorter souvent le roi à regarder Jésus-Christ comme son créateur et son Sauveur. Il s'éloigna de la cour. On raconte que le pieux référendaire. il l'engageait aussi à chasser les méchants de ses provinces. comme son maître. il portait un rude cilice.

vint le voir à Rouen et tous les deux furent. le serviteur de Dieu revint en France se faire sacrer. et les nouvelles récoltes firent oublier les malheurs du passé. sacrés ensemble en cette ville à une date qui paraît être le 13 mai 641. Son ami saint Eloi. tout le peuple bénit Dieu et promit de. en traversant l'Anjou. voyant venir Ouen. touché de son repentir. pour avoir violé la sainteté du dimanche en travaillant sans nécessité. une douce pluie tomba en grande abondance. Le morceau de bois avec lequel il faisait tourner la meule était si fortement tenu entre le pouce et la paumede la main que personne n'avait encore pu l'en arracher. était devenu subitement paralytique de l'une de ses mains. élu depuis peu évêque de Noyon et de Tournai. 137 . Il rencontra. A la vue de ce miracle. Après avoir accompli ces travaux apostoliques. qui. Ce malheureux. va se jeter à ses pieds. le prêtre prend la main paralysée. fait sur elle le signe de la croix. sa misère et lui confesse sa faute . lui expose en pleurant Saint Ouen guérit d'un signe de croix un homme qui avait une main desséchée. dit-on. et aussitôt elle revient à son premier état.nouvel Elic eut terminé sa prière. renoncer aux vices qui avaient attiré sur lui la malédiction du ciel. un pauvre meunier. Les terres furent fertilisées.

Des larmes abondantes jaillissaient de ses yeux. En faisant ses visites pastorales.rgo 2ft AoUT Comment saint Ouen se sanctifie dans l'épiscopat. mais encore jusque dans les métairies les plus reculées pour connaître tout son peuple. Il réforma son clergé. soit dans les églises rurales. accablé de fatigue. une colonne de feu plus brillante que le soleil parut en ce lieu. Il ne se hissait point de fonder des églises. non seulement il allait dans les villes et dans les bourgs. Il multiplia ses jeûnes. aperçut en l'air une croix resplendissante. il s'endormit. A tous il montrait les voies du salut. Pendant 138 . sur son visage la même modestie.. Comme il ne pouvait plus monter à cheval pour faire ses visites à cause de sa trop grande vieillesse. il conserva la même humilité. Ouen l'employait à l'oraison. les mules qui traînaient le char s'arrêtèrent tout à coup. dans une petite île de la Seine. soit à cause de ses propres péchés. Un autre jour. Dans son coeur. Avant la fin du vn° siècle. rétablit l'ancienne discipline et alluma un tel feu de l'amour divin à Rouen que cette ville ressemblait pour le nombre et la ferveur des religieux à la Thébaïde. aussi préférait-il aller soulager les pauvres. de Foulenette et de Jumièges. levant les yeux pour en découvrir la cause. Un jour qu'il était dans le pays de à'Iadrie. Ouen marqua la place en y plantant une croix. les soulageant par sa charité. soit dans les villes. y déposa quelques reliques et put continuer sa route. une révélation de l'Esprit Saint lui fit connaître que Dieu voulait avoir une demeure en ce lieu pour y être honoré. sans qu'il fût possible de les faire avancer. S'il lui restait quelque temps. Etonné. fut appelée la Croix-Saint-Ouen. saint Leufroy y bâtit une église qui. Le soir même. les prisonniers et les nécessiteux que d'être en compagnie des grands seigneurs. Les habitants des environs vinrent y prier et de nombreux malades y trouvèrent leur guérison. arrivant. Les honneurs (le la terre n'avaient pour lui aucari attrait . ses veilles. C'est sous son épiscopat et dans son diocèse que s'établirent nombre de fondations religieuses. Son soin et son attention pour les pauvres prirent de nouveaux accroissements. Sa nouvelle dignité ne lui fit rien changer à sa vie. Wandrille et Philihert. à cause de son origine. au diocèse actuel d'Evreux. Ouen allaitt en chariot. érigés respectivement par les saints Germer. une claie d'osier lui servait de lit. des monastères et des hôpitaux. l'évêque. s'élevant quelquefois aux plus hautes contemplations. des cercles de for entouraient tous ses membres' et le rendaient ainsi l'image de Notre-Seigneur garrotté et crucifié. Il ne perdait jamais de vue les drues confiées à sa garde. en même temps qu'il assistait corporellement ceux qu'il trouvait dans la nécessité. Divers miracles. entre autres les célèbres monastères de Flay. les corrigeant. soit à cause des péchés de ses ouailles. ses prières. En même temps. les instruisant. 11 prêchait chaque dimanche.

. sans doute le 24 août 684 il avait plus de quatre-vingts ans. C'est que saint Ouen excelle en iodes les qualités qui font le politique et le diplomate. cela témoigne d'un rare mérite. ordonna que personne. le sens pratique. Thierry III. ce qui l'avait plongé dans une grande affliction. il entendit la mélodie SAINT OUEN 191 des anges qui vinrent le visiter et lui apporter. Sa mort fut un deuil pour toute la France. par petites étapes et à travers le Vexin. eut une vision terrible où il vit une partie des peines que souffrent les damnés. en même temps qu'à celui de l'Eglise. l'ordre de bâtir en ce lieu une église à saint Étienne. près de Paris. Le Pape Adéodat (672-676) et les nobles de Rome lui rendirent des honneurs extraordinaires . Il supplia Dieu de réconcilier les princes. le roi de Noustrio. non seulement auprès des rois. En reconnaissance. Une députation de la ville de Rouen vint chercher ses restes précieux. Le saint évêque vint àà la villa de Clichy. les évêques. tuels : la prière et le jeûne. Eue pendant cinquante ans. cour ne l'ont jamais atteint. dans ses Étais. Il ne voulut pas quitter cette terre. qui sont putois tenus 192 2/4 AOUT à l'écart des affaires. Le roi Thierry et la reine Chrodehilde menaient le deuil. se rendit à Rouen. C'était vers l'année 675 . on vint de toute part lui apporter de l'or et de l'argent pour les frais de son voyage et pour les dons qu'il (levait faire aux saints apôtres Pierre et Paul. cet homme fonda à Fécamp une abbaye de religieuses que dirigea sainte IIildemarque. Voyage à Rome. Dans son admiration. se disputaient l'honneur de porter le cercueil. Il a la mesure. le vénérable vieillard comprit bientôt que sa mort était proche. l'égal des plus grands et un conseiller toujours écouté. il avait alors environ soixante-quinze ans. sans aller à Rome prier sur le tombeau de saint Pierre. L'entrevue eut lieu à Cologne et fut très cordiale. La peur d'être réprouvé lui fit appeler l'évêque. ils lui firent présent de plusieurs reliques qu'il reçut avec plus de joie que s'il eût reçu toutes les richesses de l'univers. après avoir prié. parmi lesquelles on signale un moine de Jumièges. que le diocèse de Rouen honore sous le nom de saint Waninge.Ses reliques. fondé par le roi Clotaire tee. le guérit en lui donnant sa bénédiction. Plusieurs personnes l'accompagnèrent. l'esprit de conciliation. le due Waneng. sous le gouverncnrcnt de six monarques et d'une régente.son repos. furent évités pour le moment. ne tût élevé à une dignité ecclésiastique saris qu'on eût consulté le saint prélat sur cette élection. si chère au coeur du saint évêque. la Neustrie et l'Austrasie. ce qu'il fit aussitôt à ses frais. qui. Dès qu'on ont appris ce pieux projet. et les maux de la guerre qui devaient ébranler définitivement t'autorilê. il se prosternait devant les tombeaux des martyrs et y restait longtemps en prière. Mort de saint Ouen. la souplesse. De là son autorité. Sidonius. plus connu sous le nom de saint Saens. étant aux portes du tombeau. Saisi en ce lieu par la fièvre. le redoutable maire du palais de l'Austrasie. ie diocèse de Rouen. La cour suivit jusqu'à Porttoise le cortège funèbre qui. . de la famille mérovingienne. mais encore auprès des ministres les plus jaloux du pouvoir.L'apôtre de la paix. Il rendit paisiblement son âme à Dieu. tous les palatins. Les nombreux 139 . Ce fut avec une immense piété qu'Ouen parcourut les églises de la capitale du monde chrétien . Le prélat fut enseveli dans l'église du monastère de Saint-Pierre. il fut consolé en apprenant qu'on lui choisirait pour successeur le moine saint Ansbert. rendre compte au roi Thierry fil de sa mission. Les intrigues de. Pépin accepta les paroles de paix que lui portait le messager de Dieu. lorsque Thierry Ill l'envoya vers Pépin. Il est remarquable que la vie entière de saint Ouen ait été dépensée au service de l'État. Comme il recommandait à Dieu. par de ferventes prières. il avait trouvé la maison royale fort divisée. tels un Ebroïn et un pépin. Le maire du palais. La désunion ayant éclaté de nouveau entre les deux moitiés de la France. de la part de Dieu. ce qu'il obtint par ses moyens habi. A son retour de borne. Un homme illustre par sa naissance et par ses richesses. la guerre civile allait recommencer.

Pélagie. son père se nommait Jucundus ou Joeond. les Normands réclamèrent ce trésor et on le leur rendit en février gr8. qui aurait souvenance d'avoir été par toi abandonné dans ses épreuves. comme le montre M. en effet.. P.miracles opérés à son tombeau attirèrent les populations. Yrieix a fait l'objet de deux biographies. au diocèse de Soissons. VACANOARD.. dans le premier quart du vie siècle ... intelligent. rebâtie en 13x8. FRAsçois DELMAS. il fut jugé digne d'être envoyé à la cour de 140 . Après leur conversion.E.... Les deux époux confièrent leur enfant à un moine nommé Séhastien. lequel ne précéda que de deux ou trois années dans le tombeau le pieux évêque de Tours. évêque de Rouen (Paris.Pour ce qui est de ta miséricorde. premier Abbé du monastère de Saint-Pierre de Vigeois.. B... Saint BERNARD.. elle est honorée comme Sainte le 26 août. ailleurs Iriez ou prier. son successeur Ansbert retrouva son corps sans aucune corruption . où les calvinistes Ipillèrent la splendide église Saint-Ouen. naquit à Limoges.. s'il en est un. Aredius ou Yrieix... Force nous est de nous borner à reproduire l'essentiel de ces données. (Sermon IV pour l'Assomption.. le corps fut porté par les religieux. On ne put en conserver que quelques fragments.. s'abstienne de. Ces deux documents ont été fort malmenés par la critique. Haret' dans le Dauphiné. plus courte. 1902). puis à Condé... n' . durant la cérémonie. Nobles origines. Azary ou haire dans le Rouergue.. Sources consultées. Fête le a5 août. S AINT Grégoire de Tours (t vers 593 ou 5g4) a été sagement inspiré en racontant la vie de saints personnages dont il était le contemporain. C'est ainsi que nous est connue la vie de saint Yrieix. . la célébrer.. sans vouloir prendre parti dans les controverses auxquelles tel ou tel point historique a pu donner lieu. ô bienheureuse Vierge. En dehors de ces écrits. sa mère Pélagie. René Aigrain dans le Dictionnaire d'histoire et de fiéegraphie ecclésiastiques. et la ville choisit son ancien évêque pour un de ses patrons. l'autre d'une famille royale . PAROLES DES SAINTS La miséricorde de Marie. et brûlèrent les restes du protecteur de la ville... Yrieix.. .. il le plaça derrière le maître-autel. était la nièce du roi d'Austrasie. dont l'une. d'une violente fièvre en invoquant son saint prédécesseur...) SAINT YRIEIX Abbé d'Ahan. d'abord à Gasny. . que celui-là. docile.(V.34. descendant l'un d'une famille patricienne... Théodebert . Au sx° siècle. fit de rapides progrès. Dès son adolescence. (ou Saint-Yrieix) dans le Limousin (t 591).. Ansbert lui-même fut guéri.. Les reliques restèrent à Rouen jusqu'en l'année 1562. L'abbaye de Saint-Pierre ne tarda pas à s'appeler l'abbaye de Saint-Ouen. artistement travaillé. Vie de saint Ouen. fondé au diocèse de Limoges. et cela même de leur vivant..... appelé Héray en Poitou. est un remaniement de l'autre.) ... son historien.. laborieux. par crainte des Normands païens... En 688. Ils étaient nobles tous les deux. non loin de Mantes. dans un sépulcre neuf. mais sur le territoire du diocèse actuel de Tulle. S..

Or. signe de croix sur les flots. le solitaire se mit à construire tout près de là. Vues merveilleuses de Dieu sur saint Yrieix. dit l'abbé Arbellot. son grand-oncle . sagement conseillé par saint Nicet ou Nizier. l'embarcation fut sur le point de sombrer. Après avoir voltigé doucement autour de lui. et l'on vit cesser la tempête. où le creux d'unn rocher lui servait de cellule et d'oratoire. et que personne ne m'aidait dans ce travail. élevé au sacerdoce. excepté le petit Yrieix. répondit-il . tantôt sur son épaule . sur le bord de la petite rivière de la Loue. tantôt sur sa tête. comme il poussait de profondes exclamations. Un jour. renonça aux grandeurs du siècle pour entrer dans la cléricature. tandis qu'Yricix chantait l'office divin dans l'église avec les autres clercs.de quitter son rocher et de bâtir un monastère. il prit congé de saint Nizier et revint à Limoges pour consoler sa mère. Je rêvais donc que je jetais des filets dans le monde entier pour prendre des lûmes. et. le soir. Et ainsi pendant trente jours. demandèrent quelle vision il avait eue : . effrayée.. elle vint se poser sur sa tête. je consens à la révéler.J'avais résolu de la taire. Après avoir passé quelque temps auprès d'elle. IA tradition du pays désigne encore ce rocher creux comme ayant servi de retraite à notre Saint. toutefois. écrit saint Grégoire de Tours. Dans cet ermitage. soupçonnant quelque chose. Le pieux clerc de l'Eglise de Trèves. il fit un. elle le suivit sur la place publique jusqu'à ce qu'il fût entré dans la maison de l'évêque . et comme il s'efforçait de l'éloigner. dormait d'un profond sommeil. biographe du Saint. vint se jeter à ses pieds et le supplia en pleurant. dans un lieu agréablement 141 . cependant. on vit descendre de la voûte du chceur une belle colombe. Yrieix priait le Seigneur sans relâche temps et nuit. Ce rocher. son biographe veut même qu'il en soitt devenu le chancelier. c'està-dire le secrétaire.Il n Y94 25 AOUT SAINT TnlEix 195 Théodebert. qui eut lieu vers celte époque : saint Nizier venait de voir le roi et il naviguait sur la Moselle. quand une violente tempête ayant soulevé les flots. elle voltigeait encore autour de lui et revenait se poser. était destiné par la Providence à devenir un grand moine. Mais on la vit revenir le lendemain et les jours suivants. Yrieix se retira alors dans an lieu désert. Fondation du monastère d'Attane. qui fut évêque de Trèves de 5(t7 à 566. Ses austérités étaient si grandes qu'après un certain temps sa mère. sur vos instances. Réveillé par ses compagnons. L'évêque. Le même historien cite un. les siens. Se rendant à ces désirs. Son père Jucundus et son frère Eustade étant morts. enfin. se voit encore à peu de distance de la ville de Saint. autre fait non moins remarquable. De si grands honneurs n'allaient-ils point engendrer l'orgueil dans son cour P Les divertissements frivoles et dangereux de la cour n'allaient-ils point le corrompre P Yrieix comprit bientôt que sa vertu était en danger. elle partit.rieix.

Sa générosité était très grande c'est ainsi qu'elle consacra une partie do ses biens à bâtir à Limoges les deux monastères de Saint-Paul et de Saint-Michel hors les Murs. enflamme une forêt voisine. Parmi les Saints. Les serviteurs d'Yrieix allèrent çà et là. et s'employait aux couvres de charité. goire de Tours et les deux a Vies » s'étendent avec complaisance. le crépuscule du soir les surprit dans un lieu désert et aride. et l'ayant posée sur la terre. Il se rendit plusieurs fois en pèlerinage à la basilique où l'on vénérait ses reliques sacrées. la culture (le la vigne . et après l'avoir retourné deux ou trois fois. Dans on premier voyage. Le lieu où il s'était retiré pour prendre son repos était situé au-dessus de l'endroit où ses compagnons avaient planté leurs tentes. Lorsqu'il fut en vue d'Argenton-sur-Creuse. Tout à coup. soit aux lieux du culte. Ils portaient l'habit religieux. l'air s'obscurcit. comment ferons-nous pour séjourner ici cette nuit P Alors Yrieix se met à genoux. ne reçut pas une goutte de pluie. Une autre fois. soit aux monastères. Grâce au concours actif que. implore le Seigneur par une longue et fervente prière .Mon fils. c'est à la pluie qu'Yricix commanda. les veilles. il s'arrêta un soir près du village de Hfenoux. et bientôt son riche patrimoine se trouva singulièrement amoindri. il dit à ses compagnons de route . Yrieix apparaît comme l'un des plus grands thaumaturges. Yrieix. et qui a été le berceau de la ville de SaintYrieix (autrefois Saint-Yrier). 196 25 AOUT SAINT YItIEIX 197 Le site où ils se trouvaient était charmant. en un mot elle s'occupait de toutes les charges matérielles.situé. dans les plaines environnantes.. 'fout à coup. Les compagnons du saint Abbé d'Attanum craignaient tous que la foudre ne les anéantît. il le retire à lui.. saint Gré.livres sacrés. Miracles de saint Yrieix. nais lui. Une de ses occupations préférées était la transcription de. Durant le même voyage.1 récitation de l'office divin. martyr. elle avait soin aussi des domestiques. Sur ses nombreux miracles. il était accompagné de sa mère et de plusieurs religieux de sa maison. recevaient la tonsure et suivaient les règles tracées par saint Basile et Cassien. la pluie tombe en torrents. Pélagie leur procurait à tous la nourriture et le vêtement . du vie siècle. et n'en trouvèrent pas. le tonnerre retentit avec fracas. l'autre en l'honneur de saint Julien d'Auvergne.. dans le département actuel de l'Indre. nous n'avons pas l'eau qui nous est néeecssaire pour le repas du soir . Sa mère lui dit : . dont il gratifiait les églises du voisinage. Il s'exerçait vaillamment dans les jeûnes. surveillait le labourage des champs. la foudre éclate. Tous furent complètement mouillés par l'orage. de peur d'être retardés dans notre voyage. soit aux pauvres. aucune source d'eau vive.vers 368). enfonce dans le sol aride le bâton qu'il tenait à la main. Yrieix opéra un prodige qui nous rappelle les miracles de l'Évangile. était animé d'une grande dévotion envers saint Julien.un monastère qui fut appelé Atlanum ou Attane. une source jaillit avec tant d'abondance que. Comme les pèlerins traversaient l'Au vergne. l'une en l'honneur de saint Hilaire (le Poitiers (. Il construisit deux églises. sainte Pélagie apportait pour les choses matérielles. où l'on ne voyait aucun ruisseau. car la règle de saint Benoît ne fut adoptée que plus tard à Attane. Mais Yrieix les exhortait à persévérer dans la prière et à passer la nuit dans 1. martyr à Brioude vers l'an 3o/i.Passons rapidement et en silence. 142 . Les gens de sa maison vinrent l'habiter avec lui. mais que dans la suite les troupeaux purent s'y abreuver. puis il se lève. non seulement elle suffit à leur usage. les prières. son fils conservait une grande liberté d'action. le ciel était serein et tout brillant de la clarté des étoiles. Il fit de larges aumônes. raconte saint Grégoire de Tours. Accompagné de plusieurs religieux. ayant détaché la châsse aux saintes reliques qu'il portait au cou.

roi de Neustrie. et Chilpéric. qu'on était sur le point d'inhumer. debout près de l'autel. et Dieu. c'est une paralytique dont les membres deviennent souples . nommée Acteflède. il fil connaître les événements à venir. consacré au culte des démons et à d'antiques superstitions. plusieurs lois. Il arriva. c'est un jeune homme appelé Ingratius qui se lève plein de vigueur du lit où il se mourait . Yrieix pria de nouveau. Les chrétiens qui habitaient là étaient accablés par des infirmités de toutes sortes. enfin. La biographie du Saint relate un fait plus prodigieux encore que tous les autres. qui voit soudain son mal disparaître. il l'appela par son nom . Yrieix reçut de Dieu le don de prophétie . désolés. je sas une chose c'est que tous les malades qui se sont présentés à lui s'en sont retournés guéris. Si je voulais parler de chacun de ses miracles en particulier . et continuellement tourmentés par les démons. les regarda. se tournant vers le jeune homme. Il s'arrêta. on lui porta un jeune homme inanimé. parla. quand tout à coup la multitude des infirmes se ma à courir après lui et à invoquer son nom. vers l'an 573. employant ici encore une formule qui semble lui être chère. qui est délivré de terribles accès de folie . il conjura le Seigneur de leur rendre la santé.saint Grégoire de Tours. ou tourmentés par les esprits immondes. Actard ouvrit les yeux. c'est une jeune fille-aveugle. furent délivrés. éclairé d'une lumière céleste. Saint Yrieix fait jaillir une source d'une terre arride en la creusant avec son bâton. un jour. c'est un jeune homme encore. puis. mais Actard ne répondit pas : son corps restait sans vie. Le thaumaturge unit ses prières à leurs prières. puis. l'exauça. était en prière dans son oratoire . Lnfn il se leva. et. . les habitants de Limoges craignirent de voir leur cité ps. cette bourgade était un lieu profane. traça le signe de la croix sur le front de chacun d'eux en les oignant d'huile sainte.je ne pourrais en dire le nombre ni me rappeler leurs noms : toutefois. appelé Actard. Yrieix voulait passer inaperçu et priait en silence. c'est une femme portant au cou une plaie énorme. e 3: lt} 143 . qu'une guerre ayant éclaté entre Sigebert.Or. Ses parents. raconte saint Grégoire de Tours. et tous ceux qui étaient accablés de diverses infirmités.dit . chanta le Magnificat l Prédiction de l'avenir. suppliaient Dieu de lui rendre la vie. roi d'Austrasie. Léonacter. Yrieix. s'étant prosterné à terre. selon la mesure de leur foi. Un autre jour. Résurrection d'Actard. ses larmes à leurs larmes. qui recouvre la vue sous sa main bénissante .

dont le royaume paraît solide. par la douce nourriture du Christ. au reste. soit par leur vertu. C'est ainsi que. Un messager de Sigebert leur fut envoyé pour leur enjoindre de se soumettre. Votre roi. nommée Domaric. Fortnnat. qui devint. retourna vers les siens. Yrieix vécut jusqu'à l'âge de 8o ans. il fit de nombreux pèlerinages. .~~Wil 11)t 91111a 7 t H f 198 25 AOIIT SAINT YmEIx 199 ravagée et leurs murailles renversées. Un autre des poèmes de Venance-Fortunat est dédié à Yrieix. c'est une ville qui obtient. que vous daigniez vous souvenir de votre Fortunat I Saluez aussi pour moi. Agnès et Radegonde vous offrent leur filial amour. qui adressait des poésies aux évêques. Quoi qu'il en soit. et il entretenait des relations avec d'autres personnages éminents. Le serviteur de Dieu lui répondit tout bas : . il eut l'occasion de voir. en raison de l'intimité touchante qu'il atteste entre ces âmes d'élite. qu'il se rendit.Quoique vous craigniez beaucoup le prince Théodebert. ô bon Père. lors d'un séjour à Poitiers.un fait analogue est rapporté aussi dans la Vie de saint Germain d'Auxerre. au monastère de Sainte-Croix. soit par leur rang social. et quand mon serviteur reviendra. soulèvera contre lui les armées de plusieurs nations. sachez que son règne ne tardera pas à finir. vous saluer d'un mot. Dernière maladie et mort de saint Yrieix. ayant entendu cette réponse. Relations avec saint Venance-Fortunat. fils aîné de Chilpéric. et l'on aimera le trouver cité ici entièrement. laquelle avait préféré à la couronne royale le voile religieux . L'un des chefs de l'armée assiégeante. alla visiter Yrieix dans sa villa ou domaine rural de Centum. la petite vérole fil de nombreuses victimes dans toute la Gaule : Yrieix fut du nombre . non plus en pèlerin. Domaric. grâce à son intervention. après quoi il remportera la victoire. grâce à lui. Je professe pour vous une telle vénération que c'est pour remplacer ma visite que je vous envoie cette lettre. sainte Radegonde. partout c'est la justice et la charité qui triomphent. souvenezvous de moi quand vous réciterez des prières 1 Je regarderai comme une grâce céleste. dans le monde religieux et même civil de son époque. femme de Clotaire Jar. qui y introduisit la règle de saint Césaire d'Arles. On compte que par ses soins une dizaine d'églises ont été élevées et quatre ou cinq monastères construits . ô Bienheureux. Je désire. miséricorde . et son royaume sera livré aux mains de ses fils et de ses petits-fils. En 591. le sixième 144 . car bientôt il sera mis à mort. Le poète vante les fruits délicieux de cette villa. niais en avocat du peuple auprès des rois. puisque de Poitiers je ne puis vous voir de mes propres yeux. Il ne reculait point. C'est à paris. aux rois et aux princes de son temps. devant la fatigue d'un voyage. Ici. disparaîtront de ce monde avec ignominie. lis refusèrent. à la suite d'une longue marche. plus tard évêque de Poitiers. il avait vu aussi sainte Agnès. ô pasteur Aredius. toutefois il est dit ailleurs que c'est la dyssenterie qui allait l'emporter. Mais quand il l'aura obtenue. alla trouver Yrieix et le pria de lui révéler ce qu'il savait par esprit de prophétie. Vos filles dévouées vous saluent également. Les événements qui lui avaient été prédits ne tardèrent pas à se réaliser. favorisez d'une réponse celui qui vous parle. Sigebert. votre sainte mère . ô très cher. d'autres fois. il sera trahi. là . en particulier aux tombeaux de saint Julien de Brioude et de saint Martin de Tours.c'est une province qui voit diminuées ses contributions . Je vous en conjure. ô vénérable Père . l'abbesse du même monaftère. Les autres rois. un personnage important. Leur ville fut assiégée et dépeuplée. L'influence que lui donnaient sur eux ses éminentes vertus était considérable. Yrieix était. et enfin saint VenanceFortunat. et qui est l'une des célébrités littéraires de cette époque. ses pommes aux couleurs éclatantes et variées dont il s'est rassassié.

Il embrassa tous les religieux présents. tandis qu'auparavant un grand nombre n'avaient pu même le soulever. Yrieix savait aussi que sa finn approchait . il ajouta en pleurant lui-même . que je remets entre vos mains le salut de vos âmes.jour de la maladie.: Limoges. il rendit son âme à Dieu. puis ordonna de la faire porter à l'église Saint-Julien. recevez-moi dans votre royaume céleste 1.Désormais.Souvenez-vous de moi. vous qui seul êtes sans péché I Rédempteur du inonde. évêque (. tombant à genoux et gémissant. leur disait-il. Il passait la nuit dans la prière et dans les veilles.nifesté le désir d'être enseveli dans l'église Saint-Hilaire. Puis. C'était le soir. Ferréol. citoyens l' peuples.Que la volonté du Seigneur s'accomplisse et non pas la nôtre t Quoique gravement malade. dans le ciel. admirateur et ami d'Yrieix. On sut bientôt que saint Yrieix avait mr. il réunit de nouveau ses disciples. entre autres ses vêtements et son lit : beaucoup de miracles furent opérés 145 . Et comme les religieux pleuraient.Si c'est la volonté du Seigneur ou du Saint qu'il aille où nous désirons maintenant qu'il soit enseveli. Seigneur. voulant mettre le sceauu à sess vertus par la persévérance. l'Ascension. Un moment après.Arrivez.. d'Attane avaient conservé plusieurs objets qui avaient été à son usage. Il ordonna aux moines et au peuple de jeûner durant trois jours et il jeûna lui-même. mes bien chers frères. .Voici. ses couvres dee charité. Seigneur. Et en disant ces mots. empruntés au saint vieillard Siméon. Outre les restes de leur saint fondateur.. qu'on transporte le corps sans délai.. accourut en toute hâte. cependant. hésitait. il ajouta : . Une grande multitude se rendit dès l'aurore au monastère. astres. il s'écria . Il pleura longtemps devant la dépouille dur défunt. se mit à crier . raconte saint Grégoire de Tours. Sei gneur daignera me délivrer prochainement des liens de ce siècle.. Saibrand. Quand le Saint eut rendu le dernier soupir. que le.Maintenant. Quelques personnes s'étant approchées du cercueil pour l'enlever le tirent avec tant de facilité que deux hommes le portaient aisément. que l'Abbé d'Attane avait bâtie en l'honneur du martyr .Je vous recommande. Vous ne me verrez plus. . hâtez-vous 1 Accourez au-devant des martyrs et des confesseurs qui viennent célébrer les obsèques du bienheureux Yrieix 1 Comme on voulait enchaîner cette possédée. les moine. une femme qui avait été tourmentée par le démon et que l'Abbé d'Attane n'avait pu guérir. je ne vous parlerai plus. le dimanche dans l'octave d. qu'il avait également construite en ce lieu. les gémissements et les larmes redoublèrent autour de sa dépouille mortelle.. On vit alors. elle rompit ses liens et revint au monastère annoncer à tous la grande nouvelle. Yrieix n'interrompit pas. en 1181. leur dit-il. Le corps fut a levé de terre » par l'évêque de Limoges. Saint Ferréol. mais en essaya vainement de lever le corps sacré du lieu où il se trouvait. Il dit c-isuite aux assistants : . 200 25 AOUT Tous comprirent que Dieu voulait montrer par ce prodige que l'âme de son serviteur était allée le rejoindre. Le 211 août. les brebis que vous m'avez confiées. laissez aller en paix votre serviteur selon. dit-il à ses moines. ô Seigneur Jésus. Adieu I Allez en paix et āaissez-moi mourir 1 Levant les yeux au ciel.Sachez. l'un après l'autre . Funérailles de saint Yrieix. un globee d'une grande clarté descendre sur le monastère et remonter aussitôt vers les. votre parole. il dit encore avecc larmes .

d'une manière peut-être trop affirmative. Vie de saint Yrieix. si vigilante. L'histoire et la tradition ont gardé là-dessus un impénétrable silence. l'empereur Septime-Sévère. et six dans divers autres diocèses. sans doute. non Severus mais Crudelis. ses miracles et son culte (Paris et Limoges. (V. hélas I qu'une partie remise. d'après certains auteurs. déclarent que ce fut le 8 août no3. et devint une collégiale de char..) SAINT ZÊPHYRIN Pape et martyr (t vers 221). La fête de saint Yrieix est fixée au 26 août dans le nouveau Propre de Limoges. V d'amtl (Paris et Borne.Acta Sanctorum. . si héroïque. 1. peut-être y avait été introduite par . . et dont l'issue 202 9. lequel coïncida avec les dernières années de SeptimeSévère. L. P. 1867). il fut sécularisé. A. b'cte le 26 août. le redoutable préfet. Autour de la vie si active. i»oo). s'était plutôt montré favorable aux chrétiens. t. et ceux qui existent encore sont partout cri grande vénération.fut élevé au trône pontificat.ot. bien que l'on ne puisse établir avec précision ni le commencement ni la fin de son gouvernement. avec le règne de Caracalla et celui de Macrin. La turbulence juive retenait sa présence autant 146 . dont les Romains disaient que son vrai nom eût été. après avoir longtemps suivi la règle de saint permit. 'Septinne-Sévère résidait en Palestine. si l'on en excepte une parcelle donnée à l'église de Janailhac. Sources consultées. n' 1765. . Le grand dictionnaire historique. et moquez-vous du reste n. est toujours resté dans la ville qui porte son nom. de son autorité et de sa foi. Et puis. qui. celui où saint Zéphyrin .Saint Gnécolna ne Tours. Quant au monastère de Saint-Yrieix. s'étend une obscurité mystérieuse. t. et dont la maxime était : u Payez bien les soldats. S.6 Aoua SAINT z rm'nux 2o3 terrible était déjà préparée ~à Rome par Plautien. une troisième opinion remonte et s'arrête aux alentours de l'année 16o.par leur simple contact. mais prudente. 1759). X. On les a distribués comme des reliques en divers lieux. Plusieurs églises portent son nom sous les formes diverses que nous avons citées. presque en tout temps loin de Rome. Il y en a trois dans le diocèse de Limoges. en raison des événements et des circonstances. Le corps même du Saint. mais présent toujours par l'admirable rayonnement de ses directives. En 202. avec une partie de celui d'Héliogabale. Ce n'était. On sait qu'il était Romain de naissance. L'édit de 202.iines qui dépendait de Saint-Martin de Tours. L'AN 202 serait. et. X (Paris. Il occupa le siège de saint Pierre durant les vingt premières années du ni' siècle.connu dans plusieurs provinces de France sous le nom de Saphorin . sa mère. l'empereur n'avait guère loisir de songer à autre chose. Historia francorum. Sous le pontificat de saint Victor. B. Abbé Anoeu. occupé presque sans cesse à guerroyer.rieix lui-même.Louis Monanc. de ce Pontife toujours caché par force. auprès de celui de sainte Félagie. que son père avait nom Abundius et que luimême succéda au Pape saint Victor. Plus incertaine. D'autres. et sont devenues le centre d'autant de communes.

une sentence solennelle d'excommunication contre leur secte. Salue. Nul n'ignore les noms glorieux de Perpétue. en ce qui touchait les chrétiens. il sera aisé de comprendre quel malin empressement mit Septime-Sévère à signer et à lancer l'édit de la septième persécution. gardien de l'Eglise de Dieu. aujourd'hui Tebourba.le rang et les privilèges d'une colonie romaine P De tels gestes étaient la cause de querelles locales et de luttes à main armée. ils donnaient des bornes à la miséricorde de Dieu. ordonnaient. noble matrone de Tuburbo. ne. prêtre du Soleil à Emèse. demeuraient toujours le centre incandescent(les aberrations de Montan et de ses deux prophétesses. quelle immense donleur de voir l''horizon se rougir du sang des justes ! Maïs aussi quelle fierté de rendre témoignage dans toutes les régions de l'Empire romain à l'héroïsme des fidèles victimes des tourments les plus atroces et les plus raffinés! A Alexandrie. païens et montanistes. Elle avait. de rigoureuses lois. ils abandonnaient le gouvernement spirituel aux femmes et aux exaltés. le père d'Origène. -Pour Zéphyrin. Léonide. auprès d'elle sa soeur Julia A'Iaesa et ses deux nièces Julia Sooemias et Julia Mammée. adressé à Pline. et deux jeunes gens. l'impératrice Julia Domna. en outre. contempteurs de toute hiérarchie. les eaux d'une source inépuisable. -infestait sa doctrine. était décapité. trois jeûnes extraordinaires. un décret analogue. En Asie. Celui-ci écrira plus tard. qui ordonnait de poursuivre d'office ceux qui feraient du prosélytisme ou entreraient dans la religion proscrite. corrompaient la forme du baptême. condamnaient comme adultères îles secondes -noces. de se faire juif. L'illuminisme animait. Montan et ses adeptes n'admettaient qu'une seule personne dans la Sainte Trinité. Si l'on ajoute que cette compagnie illustre et brillante se targuait de philosophie. semble distinguer deux sortes de chrétiens : ceux qui l'étaient de naissance et ceux qui le devenaient par leur conversion. Très vite. cessait de rappeler la saine et sainte vérité -et de revendiquer ses droits. et de ses quatre compagnons les deux esclaves Révocatu et. vers l'an 212. prodiguaient donc leurs meurtres dans ces pays d'Asie. et qui se firent hapiiser après leur arrestation. Les premiers demeuraient régis par le fameux rescrit de Trajan. les autres tom-. baient sous les coups de la nouvelle loi. Les montanistes. interdisant 'à quiconque. qui prononcera. et. 147 . Ces régions. les provinces de Phryg-ie et de-Cappadoce étaient singulièrement éprouvées. comme permettent de le deviner les fréquentes allusions des auteurs contemporains. Quant à leur catéchiste. affirmaient que l'on avait faculté de se libérer à volonté des liens du mariage. I e venait-il point de retirer à V'aplouse son droit de cité et d'accorder en revanche à Samarie aujourd'hui Sébastyéh . sous la menace de grandes peines. Il se donnait pour le Paraclet et disait avoir mission de compléter l'oeuvre de la Rédemption entreprise par le Christ. Saturnin et Secondrde. Cet édit. était enthousiasmée par les extravagances orgiaques et pluson moins spirites de Montan et de sa secte. exerçait un grand pouvoir sur son esprit et sur son coeur. tous enté humante. de contrée en contrée. Exagérant dogmes et -préceptes. pour leur intelligence et pour leur beauté.quelle réveillait et excitait en lui un penchant acariâtre pour un autoritarisme dénué de scrupule. toutefois. après le supplice de la jeune vierge 'Potamienne « Nous avons vu de nos yeux les martyrs se succéder comme. La persécution. De ville en ville. adoptait le culte de àlithra. fille de Julius Bassianus. Priscille et Maximille. qui en étaient originaires et qui vivaient encore. l'empereur passait. Zéphyrin. dont on ne connaît que vaguement et brièvement les dispositions législatives. les fureurs des ennemis de l'Eglise étaient si déchaînées que l'on regardait comme proche la fin du monde. Félicité. et multipliait les discussions délétères. Syrienne. a En Afrique. toutes les trois renommée. pendant l'anake. en Egypte. Les deux ennemis du christianisme. recherchait les doctrines étranges. et. et rendant. qui interdisait ile rechercher les chrétiens et de recevoir des dénonciations anonymes . Les immolations succédaient aux immolations. il se livra lui-même. Montan avait d'abord embrassé la vraie religion afin de pouvoir atteindre la dignité ecclésiastique. en effet. 11 s'y sentait d'autant plus enclin que sa femme. donnant aux habitants de nombreuses. à Carthage surtout. il avait laissé le droit chemin. La persécution y devenait plus grave cour.

tête baissée. Malgré l'Eglise. Jouet de sa suffisance. combien de surprises accablantes pour celui qui aime tant les âmes 1 L'épreuve. reconnaît en lui le « Pontife suprême. . tant que sévissait le sanglant orage. Aussi bien se vit-il contraint de vivre le plus souvent caché. devenu. cet homme. aux montanistes dont le crédit se propageait en Afrique. Volontaire ensevelissement s'il -en fut I Solitude. Aux accents réprobateurs que faisait entendre le chef de l'Eglise. de toute la force provocante de son orgueil. peuvent être le prélude -d'autres embûches et -d'autres 1 2o4 26 pour SAINT ZRPÜPRiN 205 peines. douloureuse à son coeur de père compatissant et embrasé (le charité. toute magnanimité rendue superflue par une satanique opiniâtreté. il parla. en même temps que le viatique pour les accueillir avec plus de vaillance encore. dans le fond. hélas 1 le remords? Nul n'a pu dire si Tertullien vint jamais à résipiscence. ne permet qu'une halte -de répit. lassé de ses notveaux amis. 11 brave le Saint-Père. plusieurs de ceux qu'avait séduits la doctrine hérétique de Montan ne tardèrent pas à se rétracter. il se retranche dans un quantà-soi ulcéré et méfiant. et le Pape Zéphyrin avait des motifs d'espérer en la disparition plus ou moins prochaine.Natalis. lorsqu'une défection retentissante. L'auteur de l'admirable traité des Prescriptions. dans laquelle chaque :moment était lourd de responsabilités -et d'angoisses. Zéphyrin. il se devait à son troupeau. et. condamné les patripassiens . il se dressa. pour confesser sa foi en mourant pour Notre-Seigneur. il se jette sans frein dans le tourbillon de l'erreur. Est-ce le repentir ou seulement. après avoir été un des témoins les plus célèbres de la Vérité. était éminemment averti des plis retors. de plus en plus. contre le rebelle doué d'un beau et incontestable génie. Il eût été contraire aux vertus de sagesse et de prudence qu'en ces temps de terreur le Souverain Pontife exposât sa vie. émouvante. ses prédécesseurs. comme tous les Papes. il entend rester dans l'Eglise. confondu. du montanisme.Hippolyte. ne connut point les alarmes stériles de la crainte et de la pusillanimité. lui succéderont.La voix des Catacombes. au cours des âges. Les patripassiens. la voix de Zéphyrin continua de retentir sans défaillance. Zéphyrin. il avait réfuté. Les consolations rafraîchissantes qui -suivent un combat héroïquement affronté. dont l'Eglise ne cessera de louer les immortels travaux. la mort viendra interrompre et couronner. Il adopte le ton du pamphlétaire et use d'injures en place de raisons. toute indulgence. bon pasteur. Mécontent de luimême. mais. comme sa superbe. maintenant le défenseur des opinions les plus fallacieusement rigides. -surmonté avec la grâce de Dieu et pour sa gloire. ainsi dénommés parce que réduisant les trois personnes de 148 . Sa colère. Contre Tertullien. D'autres les imitèrent. souvent. solennelle. il n'hésita point à proclamer l'excommunication. comme aussi ceux qui. seule. lui montra que les puissances du mal étaient plus que jamais coalisées. d'une mansuétude peut-être plus grande que celle de son prédécesseur saint Victor. un apostat militant. sous l'influence séductrice d'un certain Proclus-ou Proculus. Emue. Tertullien. Pierre sait que Notre-Seigneur est avec lui jusqu'à la fin des siècles. cependant. ignore les obstacles et la plus élémentaire retenue. ou peu -s'en fallait. Vaines restent ses prétentions. et. pénél'rait à Lyon et cherchait à s'imposer dans Rome même. En outre. s'était rallié. incurable aveugle. mais qui semblait assurée. dans les Catacombes. un sacrifice que. s'insurge contre la condamnation pontificale. l'Evêque des évêques n. dépasse les prévoyances humaines. outrageante pour sa personne de Vicaire de Jésus-Christ. pleins de ressemblance où se cache l'hérésie pour guetter sa proie. quand elle ne laisse. et ses efforts inopérants. Une crucifixion de soi-même sans trêve renouvelée. . Il assemble les contradictions. On da peut croire à son déclin. des masques divers. Ses ouvrages contre le catholicisme sont des élucubrations sans portée ni consistance. -malgré le généreux désir qu'il -en eût. Dès l'aurore de son règne. Pasteur.

Praxéas. refuge d'un pardon sans retour. devait.alixte. deux anges vinrent le battre de verges. deux Saints. Natalis avait participé à ses souffrances. modeler ses pas. un don de soi qui chassait le fantôme des erreurs d'antan. tombera en martyr. une nuit. cl. Natalis ou Natalius. quel calvaire 1 Zéphyrin le gravissait avec une ferme sérénité. naguère encore. vivait pieusement à Rome. quand on préférerait ouvrir des bras consolateurs. Il avait même souffert pour la foi. cependant.! 1 . elle aussi. r 19 79 14 119 1 174 1. il se laissa tromper par les sectateurs de Théodore le Corroyeur. Ayant apostasié. Sur les pas du Christ. toujours pleine de sollicitude est la bonté de Dieu qui provoque l'occasion de relever le malheureux égaré quand celui-ci ne s'entête pas dans son égarement. toujours avec une ridélité plus absolue et généreuse. poursuivi et traqué par un prêtre romain. et fut victorieusement réfutée par Tertullien. Prévenante. Un chrétien. ils enseignaient que Dieu le Père a souffert la Passion et a été crucifié. l'illustre llippolyte P Celui que l'on a nommé le a patron des antipapes e.la très . Aucun jour qui n'apportât au doux.9 14 'q 74 \1\\\\\\\\\\\\\\\\\\~\\\\\\\\\\\\\ Le pape saint Zéphyrin reçoit l'abjuration de 7Vatalis. Comme l'infortuné persistait en ses hésitations. L'obligation de s'armer et de sévir. filais Dieu se souvint que. entraîné dans les menées schismatiques. En Occident. cette hérésie se répandit avec Praxéas. Sa clémence était. docte juriste. Zéphyrin et . 1 -\ \\\\%\lbll\1 1à\a\\u\1\s\>1k~1\\fN'v 206 26 AOrT SAINT ZJ PIIYRIN 207 De quelles injustices. il lui fit reconnaître son erreur. il fut un négateur de la divinité de Jésus-Christ. mais intrépide Zéphyrin une raison impérative de lutte et de redressement. Zéphyrin essayait. Le 149 . après avoir persécuté deux Papes. de quelles attaques offensantes n'était-il point l'objet quasi quotidiennement. par une miséricordieuse faveur de la Providence.9 74 '9 1-9 1q 1. brûler ce qu'il avait adoré et rentrer dans le sein de l'Eglise. mais. Les hérétiques l'ordonnèrent évêque et lui assurèrent une pension mensuelle de i5o deniers romains. Sainte Trinité à la triple manifestation d'une seule. ensuite. Par des apparitions. à l'esprit faux. au caractère tranchant.

chrétien celui-là. revêtu d'un cilice. pour satisfaire à son unique ambition de se montrer prodigue et de se lancer dans de fastueux travaux d'embellissement. proscrivant la matière inférieure. saint Irénée rapporte que le vin. A Lyon. et pourtant. Décrets pontificaux. ce qui le fit convaincre par les montanistes de condescendance coupable. Dans les églises. par une réaction païenne. épuisé de repentance et de larmes. la couleur du sang. aux débats soulevés par la question de la Pâque. Plein d'un charitable amour pour les pécheurs. intellectuelle. complétant.. prenait. qui commence à se désintéresser des questions religieuses. éclipsée que par celle de saint Augustin. les vases sacrés en verre furent écartés par saint Urbain I'r. Zéphyrin. dans l'avenir. regardaient un souverain qui protégeait aux confins de l'empire leur religion si odieusement bafouée et persécutée dans -Rome et ailleurs. L'époque où régna Zéphyrin fut troublée et sanglante. de beauté morale. des aloges et des marcionites . combattit les sectes des théodotiens.lendemain. des fleurs qui ne se fanent pas. Cette joie du commencement de son pontificat devait se changer plus tard en douleur pour Zéphyrin. Zéphyrin releva Natalis. mais qui. mais encore pour l'histoire du monde terrestre. sous le pontificat précédent. lion seulement pour l'éternité. en 202 ou vers la fin de 203. du fait de cet empereur sans scrupules. le grand évêque saint Irénée achève son grand ouvrage Contre les hérésies. Et l'on doit rendre un certain témoignage à Ilippolyte lui-même. couvert de cendre. et qui comptent. En ces temps de persécution intense et rarement apaisée. l'on célébrait la messe à la lueur des lampes ou des flambeaux de cire. Trop fragiles. successeur de celui qui était venu à Rome. Zéphyrin. dont l'autorité ne sera. Septime-Sévère revient après dix ans d'absence. l'admit à la communion et le dispensa des peines canoniques. Ce n'est point. accompagné d'une suite magnifique. ordonna qu'à l'avenir les vases sacrés fussent au moins de verreAux Catacombes. de la souffrance accueillie sereinement et aimée. Clément d'Alexandrie améliore l'organisation du Didascalée et écrit sa Trilogie. arrêta Abbar X. avec bonheur. cité introduite dans l'Eglise à l'égard des adultères. s'il était cité en jugement devant son patriarche ou son métropolitain ne pouvait être condamné sans l'autorité du Saint-Siège. à un moment donné. détermina des dates fixes pour les ordinations. de la sorte. on se servait de calices en bois ou en étain. avec obligation de les faire en présence des clercs et des fidèles assemblés. lorsque Caracalla. Par respect pour le Saint Sacrifice. le réconcilia avec l'Eglise.négateurs de la divinité ou de l'existence de Jésus-Christ ou de 150 . il y a pour l'Eglise des jours et des heures d'un triomphe manifeste. les chrétiens vivaient le plus souvent dans une extrême pauvreté. et il imposa la communion pascale à tout chrétien à partir de l'âge de la puberté. C'est de la souffrance. Abgar faisait une guerre pressante aux coutumes païennes. versé dans le calice du Pape Zéphyrin. il décida qu'aucun de ceux-ci. Ainsii la transparence du verre permettaitelle d'apercevoir les moindres parcelles des espèces eucharistiques. laissant à ses magistrats le soin d'exécuter ses lois à leur bon plaisir. par Zéphyrin. rendre hommage à l'empereur. Son royaume d'Osroène compte un certain nombre d' Eglises constituées qui ont pris part. Epris de justice et adversaire éloquent des calomnies dont les hérétiques accablaient les évêques. venant. lorsque. on le sait. détruisit le royaume de l'Orsoène. que naissent et s'épanouissent. il adoucit la sévé. certes. le décret de saint Victor sur le même sujet. C'est du fait d'un autre monarque. A Rome. Origène est dans tout son éclat. Un pontificat glorieux. fut une croix polir le Pape. Les rayons surnaturels de cette auréole dont le Pape est le centre et l'animateur projettent partout leur clarté. et ce n'est point sans une vive émotion que les chrétiens de Rome saluaient. Natalis s'en fut se jeter aux pieds du Pape Zéphyri ' et confessa sa faute en présence de tous les fidèles édifiés d'une si parfaite contrition. et de gloire. attentif aux hommages dus au Créateur en même temps que soucieux de la sanctification des âmes et de l'intégrité de la liturgie. Afin de mettre à l'honneur ce décret.. alors fort longues et rigoureuses. et emmena le prince et ses enfants comma otages. Dans son pays. sème des idées nouvelles. Abgar IX. ce prêtre qui. l'on est au centre d'une auréole de grandeur. roi d'Edesse.

l'authenticité de sa doctrine.. Il a reflété les beautés de la passion du Maître. puis . Julia Domna. Jusqu'à la fin de 2119. Abbé d'Aulps. Paris). Guérin naquit .on ignore la date précise . A peine de retour à Rome. qu'administrait son diacre Calixte. l'Eglise jouira de trente-sept années (le paix relative..) . et qu'il repose dans la Catacombe de Calixte. et la date du 26 juillet est la plus vraisemblable.. Histoire des persécutions pendant le première moitié da me siècle (Paris. . Le Liber Pontificalis nous apprend qu'on lui trancha la tête. Les Papes a travers les ripes (Bonne Presse.en latin Garinus ou Guarinus . poursuivi et organisé ses conquêtes. après l'immolation en Gaule de Félix. évêque de Sion (t 1150). la persécution se ralentit... Il est à croire que ce fut en l'année 217. qu'il partageait avec son frère Géta. Guérin eut une enfancepieuse. de Fortuna et d'Achillée.. bien que Baronius prolonge son règne jusqu'en aa1 et qu'Eusèbe le fasse terminer en 220. ailleurs on l'appelle en général et plus justement a Bienheureux ». BIENHEUREUX GUÉRIN Cistercien.Caracalla.. n'allait plus tarder à recueillir la panne du martyre. que craignons-nous sous de si grands protecteurs P On ne peut ni les surmonter par la force ni les tromper par finesse et par surprise. Bassinons . il mourut à Eboracum (York)..le titre de a Saint ». il sentait l'horrible vide et l'inutilité d'une existence toute matérielle. PAROLES DES SAINTS Les anges gardiens. le 4 février 211. apôtres de Valence .. ne revint pas de sa campagne. 1841)... Sources consultées.Fin de la persécution. d'avoir précipité sa fin.. S..dans la seconde moitié du xie siècle en Lorraine. sur la voie Appienne.... bien qu'il n'ait pas été canonisé .. en tuant ce dernier de ses propres mains dans les bras de sa mère. puis s'éteignit peu à peu.qui 208 26 A0LT eut un rôle aussi efficace que riche de lumière dans la controverse sur la Trinité.... DoanNigua ROLAND-GOSSELIN. L'on soupçonna son fils. B. Ils sont fidèles. Zéphyrin fut un martyr. du prêtre Ferjeux. lieu de sa naissance.. avant que l'autorité pontificale se fût réservé le droit exclusif de se prononcer en pareille matière.. Mort de Septime-Sévère. Un tel soupçon n'est vraisemblablement qu'une médisance. Entrée du bienheureux Guérin chez les fils de saint Benoît. Bassianus inaugura son pouvoir. et le Valais. GABTASO Mono. dont la naissance au ciel est mentionnée le 20 décembre. dans un bourg nommé Pont-à-Mousson. apôtre de Besançon.. Sévère. .. ils sont puissants : quel sujet aurions-nous de trembler P Saint BERNARD.. Il alla se joindre aux pieux compagnons de saint 151 . On le surnomma Caracalla. Il succombait sous le fardeau de la tristesse ... n' 445.E. et commenta l'Ecriture Sainte avec plus de précision encore qu'Origène. Dès l'aube de son pontificat. le jeune homme n'hésita point. où il termina sa carrière-.. Le saint Pape. à l'fige de 65 ans.. le a7 février 212. qui guerroyait en Angleterre..(V. Mort de saint Zéphyrin. ainsi que dans la Savoie. il dépensa sans compter pour les pauvres et pour l'embellissement des Catacombes. . Grâce aux soins de sa vertueuse mère. son culte ayant été autorisé par les évèques. sorte de tunique à capuchon. LACOSTS. à cause d'un pont jeté sur la Moselle et du château de Mousson dressé jadis sur une collinee qui domine le passage. D ANs la Lorraine. on donne habituellement à Guérin . à cause du vêtement gaulois de ce nom. Tout petits que nous sommes. I éte le 27 aoi t. qu'il se plaisait à porter et dont il affublait ses soldats. . . pendant trois ans. Sa générosité ne connut pas de bornes: Recevant de multiples offrandes.. Ayant. vgso).. Aussi lorsque vint l'âge de choisir sa vocation. ce qui suffisait dans les temps reculés..... Vers ai a.. Hizionario di erudizione Sta'icoEcclesiastica (Venise. ils sont sages. où il vécut..PAUL ALLAnn. P.

Robert de Champagne qui. depuis l'année 1075.et de lautre de merveilleux exemples. va. mais encore toute la vallée adjacente sur la largeur d'une lieue. Le bienheureux Guérin à la tête du monastère d'Aulps. exempts de toute servitude. dont Calixte II lui 152 . Une vie aussi édifiante leur concilia promptement la sympathie des nobles du voisinage. comte de Savoie. et pour boisson que l'eau du ruisselet. L'évêque de Genève. Vers l'an rue. il portait sur la chair nue un cilice aux pointes aiguës.r des abris on tentes provisoires avec des branches d'arbres. De la même façon fut élevé un sanctuaire pour la célébration du divin Sacrifice . ou vallée des Alpes. dévalant du col de l'Ecuelle. il ne cessait de se montrer le plus humble. Le jour était consacré . L'Abbé s'appliqua surtout à réchauffer dans l'âme de ses religieux l'amour de la régularité et l'esprit de sacrifice. Cependant. Non content de mater son corps par le travail. des racines et des légumes cuits dans l'eau sans assaisonnement.à la lecture à la prière. non seulement le terrain sur lequel la eella avait été bâtie. trois cents mètres plus bas. Ne mangeant jamais de viande. ils consacraient le reste de la nuit à chanter les louanges de Dieu et à célébrer les saints mystères. Humbert 11. qui lui venait de ses riches a alpages a ou pâturages. peu d'années après sa venue. ni lait. puis remontant le cours de la Dranse. choisissant volontiers ce qu'il y avait de plus grossier. et. aujourd'hui du diocèse d'Annecy . sur les bords (l'un ruisseau qui. Le futur monastère de Saint-Jean d'Aulps débuta. aujourd'hui du diocèse de Dijon. Quoique le premier par le rang. de plus pénible à la nature. il pénétra en Chablais. 211 solitaire du diocèse de Genève. ils construisirent une maison commune pour les exercices spirituels ainsi que pour les repas. ne goûtant même ni poissons. Vers cette époque. sinon rarement et quand on leur en donnait par charité. pour aller fonder une colonie en Savoie. Sous son habile direction. tel que l'abbaye de Blolesme. un seigneur lui offrit une vaste terre appelée la Combe parce qu'elle se trouvait dans une vallée . Peu après cependant. en même temps que s'accroissait leur nombre. sa communauté connut une grande prospérité matérielle. Il fit. le dimanche excepté. du iQ septembre à Pâques. les veilles et le jeûne. il n'avaient pour aliments que les fruits de quelques arbres.connue sous le nom de vallée d'Aulps. mêler ses eaux à celles de la Dranse. traversa le lac Léman. La nourriture de ces religieux était aussi pauvre que leur habitation. dans une vallée 21o 27 AOUT A[C5IICURLUx uviaix nr. Il donnait du reste de l'un . Guérin fut placé à la tête du monastère d'Aulps. et surtout aux travaux manuels. Guérin crut devoir refuser cette offre généreuse. avec deux ou trois autres religieux. sous un tel maître. par. au défrichement des forêts. ni veufs. renouvelaient dans la forêt de Molesme. Cet essaim franchit le Jura. mais craignant que la richesse n'amenât le relâchement. déclara céder au monastère. les rudes austérités de saint Benoît. SION. Les religieux s'arrêtèrent en un lieu pittoresque. on le choisit. Guy de Faucigny. Levés à 2 heures du matin. ils menaient une vie très active. Ils jeûnaient du reste deux fois la semaine en été. lui abandonna l'église de Saint-Cergues avec toutes ses dépendances (11r3). quelques années plus tard. un lopin de terre fut défriché et transformé en jardin. avec des matériaux plus solides. ni fromage. alors du diocèse de Langres. et tous les jours. des progrès si rapides que.

Ils échangèrent toutefois ]'habit brun qu'ils avaient porté jusqu'alors. vous contraignez l'antique ennemi du salut à rentrer malgré lui en lice avec vous. l'Abbé les réunit. Vous détruisez ces synagogues de Satan. soyez ses imitateurs. se retiraient le soir. il ne fait encore que commencer. le confirma dans sa charge d'Abbé. et lui envoya quelques religieux pour rétablir une parfaite discipline et former ses moines aux pratiques de l'Ordre sous lequel ils se rangeaient. qui connaissait par la renommée la sainteté de Guérin. qui avaient eu jusque-là libre accès dans l'église. la sagesse. et vos longs services à la récompense . dit-on. Cependant il s'en fallait de beaucoup que les conditions nécessaires à la régularité de vie monastique fussent remplies. dans lesquelles des religieux vivaient trois ou quatre ensemble sans ordre et sans règle . Abbé de Sainte-ivlarie-des-Alpes et aux Frères du même monastère. les relations avec le dehors se firent plus rares . Bernard. Guérin résolut de rassembler sous le même toit tous ses moines. pour. et montrant dans un corps chargé d'années toute la vigueur de la jeunesse. Aux vertus du vrai moine. Dès ce moment. il obtint son affiliation à la Congrégation. s'en virent fermer l'entrée. si ce n'est « voir et s'irriter. Lorsque les bâtiments élevés par Guérin furent en état de recevoir les religieux dispersés. il la fit affranchir enn ri2o par Calixte II de l'abbaye de Molesme où le relâchement s'était introduit. pendant que vous agissez ainsi. endosser l'habit blanc adopté par les Cisterciens. touché de la gràee d'en haut. le Fr. ce qui leur donnait mainte occasion d'entrer en relations avec les habitants de la vallée . Plus tard. Du bien au mieux toujours I Je vois maintenant se vérifier cri vous. 6. que peut faire (Satan) le premier et le plus grand « pécheur ». par groupes de trois ou quatre. et. alors que ce Pape était métropolitain de la Viennoise. aux usages traditionnels de vos prédécesseurs. Relations avec saint Bernard. et les femmes. vous interdisez aux femmes l'accès de votre église.:NIIEUREUX GU1tRIN DE SION 213 renoncer maintenant à la coutume que vous avez vous-même suivie. sans se laisser effrayer par les difficultés. il y avait là une cause de dissipation et un danger. cependant tel qu'un soldat nouvellement engagé sous les drapeaux du Christ. grincer des dents et sécher d'envie » P L'Abbé de Clairvaux exhorte ensuite longuement les religieux à avancer. dans la route de la perfection. et. suivez votre Père. la prudence. Pour couper court à ces abus. En effet. dans des habitations séparées. adressa à Guérin la lettre suivante Au révérend Père et vénéré Guérin. Songeant ensuite aux' moyens d'assurer après sa mort l'avenir de l'abbaye. les saintes observances furent remises en honneur . leur chef : « Mes enfants. Ainsi les religieux. je veux dire ces cellules particulières sises hors du couvent. accueillit sa demande avec la plus grande joie. comme il l'est lui-même de Jésus-Christ. Saint l3ernard. et vous veillez avec plus de zèle que jamais à faire fleurir la piété et la régularité. a (iïccli. vous provoquez l'ennemi au combat. vers 1136. dont les ruines couvrent encore le sol au midi de l'église. de Cîteaux.. présent. informé de ces réformes. Saint Bernard. ô père. enfin une sévérité mêlée de douceur. cette pilote que je me souviens d'avoir lue dans les divines licritures: a Lorsque l'homme touche au but. renoncer aux églises et aux bénéfices que vous possédiez. il entreprit ces vastes constructions. déjà célèbre alors. que présidait l'illustre Bernard de Clervaux. sans se lasser jamais.. elle augmenta le zèle des uns. réunis pour les repas et les offices divins. vous entreprenez une nouvelle campagne. n Cette lettre toucha vivement Guérin ainsi que tous ses Frères . Guérin joignait celles qui font le parfait supérieur : la vigilance. il vous voib i 212 27 AOUT BI. serviteur (le votre sainteté. à l'exemple de Guérin.) Votre âge vous donnait droit au repos.avait fait. xxni. elle 153 .

Le. Bernard. leur trace. l'impossibilité dans laquelle il se trouvait de visiter des populations éparses sur les flancs des montagnes. C'est avec de semblables sentiments que Guérin s'éloigna de sa chère vallée d'Aulps. a'/. quand saint Bernard visitera l'abbaye. comme la lune reçoit le sien du soleil. objectant le poids des ans. Boson. L'évêque de Sion. après avoir fait l'éloge de Guérin. Alors le moine obéissant prend le chemin de Sion. dans sa réponse. n ([tabac. étant mort (1138). où depuis près de quarante ans il vivait dans la compagnie de ses frères religieux. prier le Seigneur de le laisser aller en paix. ils écrivirent à l'illustre Abbé de Clairvaux qui se trouvait alors en Italie. il ne nous reste qu'à faire ce que le prophète rapporte du soleil et de la lune : « L'un s'est / IJ/II'/%J/I/Î//À]d". et par-dessus tout son incapacité et son indignité. et les fit tous courir à grands pas dans la voie du Seigneur. afin qu'il prit faire participer un plus grand nombre d'âmes aux trésors de sagesse et de piété qu'il cachait en lui.inspira aux autres des sentiments dignes de leur profession. dont ils connaissaient les oeuvres merveilleuses. votre bon Père et le mien vous fût enlevé pour être placé dans un poste plus considérable . c'est ce Père dont la communauté d'Aulps recevait tant d'éclat. 1i. III. le clergé et le peuple de cette Eglise portèrent leurs vues sur Guérin./IIJI I'J Le bienheureux Guérin regagnant son évêché est averti par un accident qu'il doit retourner dans le monastère d'où il sort pour y mourir. Mais Dieu avait sur lui d'autres vues et voulait l'élever sur un plus noble théâtre. Le nouvel évêque inaugura son ministère en décidant la noble famille valaisienne d'Allinges à restituer à l'abbaye de Saint-Maurice 154 . On devine facilement quelle douleur dut éprouver Guérin le jour où il se sépara de son abbaye et de ses frères bien-aimés. et le bon vieillard pouvait. en ri38.. où le clergé et le peuple le reçoivent avec allégresse. son amour de la solitude. bienheureux Guérin. La douleur de ceux-ci n'était guère moins vive . Deux ans plus tard. Celui-ci opposa d'abord un refus formel. L'œuvre de Guérin paraissait doue achevée. il pourra voir que ni ses conseils ni les exemples de Guérin n'ont été perdus : la régularité et la ferveur y apparaissent comme des fleurs de paradis. évêque de Sion.) Le soleil.LL/t/. qui se déclarait si manifestement en cette rencontre. la conduite qu'ils devront tenir pour l'élection d'un nouvel Abbé. élevé et l'autre est restée à sa place. Dieu a permis que Guérin. semble-t-il. et pour chercher consolation dans leur peine. Mais le Pape Innocent Il consulté ordonne à l'élu de ne plus s'opposer au Saint-Esprit.

les purifiaient et les sanctifiaient. les villages de Louèche et de Maters. si répandues à cette époque. Là. Il serait bien intéressant de suivre le prélat dans ses oeuvres et dans sa vie intime . suivant le mot de saint Bernard. Sa visite répandait la joie dans toute la vallée. qu'il « mit toute son activité au service de la réforme ecclésiastique de son clergé et des moeurs corrompues du peuple. Quant à lui. mais les documents sont. son langage et ses enseignements furent constamment pour chacun une pressante invitation à suivre les sentiers qui mènent au salut éternel n. qu'il « ne diminua en rien ses austérités habituelles. à méditer sur les vérités éternelles qu'il 155 . comte de Savoie.Ux GUI BTN DE SION 255 les terres de Salvan et d'Auctonel]e qu'elle avait usurpées . les erreurs. Les vieilles annales de Cîteaux se contentent de dire qu'il fut un « pasteur très vigilant n. s'édifiaient de ses exemples et buvaient avidement les paroles qui tombaient de ses lèvres. Le pieux évêque de Sion aimait à se distraire quelques jours de ses sollicitudes épiscopales dans une visite annuelle à son ancienne solitude des Alpes. Les ténèbres de l'ignorance. Les moines. il se reposait (le ses fatigues et prenait de nouvelles forces pour de nouvaux combats. les superstitions ne tinrent point devant la simplicité et la lucidité de ses prédications .27 AOUT BIGNB¢UIIH. Mais il revendiqua et se fit restituer par Amédée III. au milieu de ses frères. Les montagnards ne pouvaient se lasser de le voir et de l'entendre . il éprouvait un bonheur non moins grand à se retrouver dans sa chère cellule. hélas I muets. Derniers jours du Bienheureux. et de son coeur embrasé s'échappaient des flammes qui. ils lui amenaient leurs enfants et leurs malades pour qu'il les bénît. en éclairant les âmes. malgré le fardeau toujours plus lourd de ses années et les travaux toujours plus considérables de sa charge n .214 . II fut. et qu'enfin ses bonnes oeuvres. tout heureux de' posséder quelques instants leur Père bien-aimé. et il rendit à la même abbaye l'église d'Aigle que l'empereur Henri IV lui avait jadis enlevée pour la donner aux évêques de Sion. confondu parmi les moines dont il suivait le genre de vie. un « vrai soleil n pour ses diocésains. Ces succès obtenus par Guérin auprès des grands de ce monde présageaient assez ceux que par son zèle infatigable il allait obtenir auprès du clergé et du peuple.

et la cloche de l'abbaye ayant d'elle-même sonné sept coups. au village de La Moussière. voulant qu'il finit ses jours dans son ancien couvent. saisis d'une terreur panique. les Vaudois. Cependant son zèle s'élevant au-dessus de ses infirmités. Ces précieux restes demeurèrent là six siècles. s'étendit sur sa courbe. Le concours des fidèles au tombeau du Bienheureux devint en peu de temps considérable. entre autres. pendant que les cloches de l'abbaye sonnaient d'elles-mêmes. et ils dressèrent devant le tombeau un autel dédié au Bienheureux. supporté par quatre colonnes. C'est dans un de ces voyages que Dieu exauça les désirs de son fidèle serviteur. en l'appelant à lui pour le récompenser de ses travaux. Sa tâche était achevée et la mesure de ses mérites était comble . Quelques années après la mort du bienheureux Guérin. elle y demeura jusqu'au 28 août r8o4. En i6o6. dit la légende. et ce court espace de temps avait suffi à son zèle pour y rétablir la discipline et lui rendre. on célèbre sa fête dans les diocèses de Sion et de Genève. et l'abbaye dut construire. les religieux d'Aulps l'ensevelirent dans leur église. dont la vie et les miracles ont tant rendu de bonne odeur en ce diocèse n. offert l'exemple au monde. et c'est à cette date. mais. Dieu. Un jour. Guérin était alors octogénaire et il avait passé cinquante années dans sa cellule de moine. cependant la fête de saint Guérin est au 6 janvier et nu 6 février dans le martyrologe cis. que. il leur rappela les vertus du bienheureux Guérin et loua leur confiance à son intercession. transportée dans l'église neuve bâtie à Plan d'Avent. une maison qui subsis'e encore. pendant plusieurs siècles. sur la droite de la rivière. il ne put passer outre . nommés Favre. puis. par une merveille extraordinaire. Ils essayent même d'ouvrir le tombeau du bienheureux Guérin à coups de marteau . les religieux retirèrent la dépouille mortelle de leur Abbé vénéré. que la mule sur laquelle il était monté s'abattit et laissât sur le roc l'empreinte de l'un de ses genoux. l'éclat des vertus mâles dont elle avait. depuis des siècles. Mais lorsqu'il fut à la montée (lu Bas-Thé. deux frères. en l'année s68q. Le lendemain. cachèrent la châsse du Bienheureux dans une muraille de leur habitation . quittèrent précipitamment ces lieux. avec la piété des anciens jours. il pria longtemps devant son tombeau. Guérin pouvait mourir en paix. C'est donc à tort que plusieurs fixent sa mort au 6 janvier. de Lausanne et de Besançon . qui est environ à une demi-lieue de l'abbaye. reçut les sacrements et termina peu après sa course par une heureuse mort. adressant aux assistants un discours enflammé. Il revintt donc à l'abbaye. on mit le corps dans une belle châsse neuve qui fut. Guérin. pour la placer au milieu du transept de l'église. une troupe d'hérétiques vaudois qui cherchaient à se rendre de Suisse en Italie par les montagnes de la Savoie. ainsi qu'en témoignont les nécrologes de Sion et celui du monastère d'Abondance. Culte et reliques du bienheureux Guérin. pour héberger les pèlerins. terrien. foulant aux pieds les reliques ou les jetant dans le feu. permit. détruisant les images et les autels. voulut offrir le Saint Sacrifice sur l'autel dédié au Bienheureux . Guérin gouvernait depuis douze ans l'Eglise du Valais. dans un sarcophage de marbre. Ce double prodige fit connaître au saint vieillard que la volonté de Dieu s'opposait à son retour dans sa ville épiscopale. Un profanateur ayant reçu un souffict d'une main invisible. le même prélat nous parle du « glorieux saint Guérin. Cinquante ans plus tard. saccage l'abbaye. Dieu sema l'épouvante parmi les impies. Dans sort Traité de l'amour de Dieu. Cette mort arriva le 27 août de l'an rrbo. Il existe de nombreuses chapelles ainsi que des oratoires élevés en l'honneur du bienheureux 156 . arrivés ù Saint-Jean d'Aulps. Abbé d'Aulps. en x886. Pendant la Révolution. évêque de Genève.brûlait d'aller contempler dans leur source. saint François de Sales. il ne laissa pas de partir. jour où :elle fut solennel2I6 27 AOUT lement transférée dans l'église paroissiale qui s'élevait sur la gauche de la Dranse. procédant à la visite de la paroisse. exposés 'à plus d'un danger. au milieu d'un concours immense . Voici comment la légende raconte ses derniers moments Après quelques jours de retraite. sur le point de retourner à Sion se trouva indisposé.

amenées par leur propriétaire. jaloux des progrès croissants du christianisme. Abbé E. . Bien des fois. comme eussent fait des loups se ruant sur des agneaux. t. t. Chaque année. les habitants de la vallée d'Aulps obtinrent par l'intercession du saint évêque de Sion la cessation subite du terrible charbon qui décimait leurs troupeaux. Les païens massacrèrent et immolèrent les chrétiens durant trois cents ans. on voit encore arriver de tous côtés des chevaux. alors empereurs. P. La « clé de saint Guérin n. Au mois d'août 16211. Plus récemment. selon les ordres iniques des empereurs. saint VenanteFortunat.) SAINT JULIEN DE BRIOUDE Officier et martyr (t vers 304). Saint Vincent souffrit en Espagne. e863). saint Maurice et toute la légion thébéenne préférèrent se laisser égorger plutôt que de renier la foi et de poursuivre leurs frères. au début du ive siècle. comme le savant Tertullien le disait soixante ans plus tôt. les aient rendus inséparables dans le même amour de Dieu et dans l'admiration et le cuite que leur mort et leur souvenir laissèrent au coeur des hommes. L'empire romain se couvrit d'échafauds et de bûchers pour anéantir les adorateurs du vrai Dieu et les disciples de la Vérité. et. saines ou malades.. dont la sanglante mémoire est restée attachée aux noms de Dioclétien et Maximien. 19xo). et qui portèrent des édits d'une cruauté inexorable. Du premier seulement. la cour. on vit même les populations protestantes du district d'Aigle (Vaud) députer quelques notables à l'abbaye d'Aulps pour la demander. en temps d'épizootie.(V. S. quoique son amitié pour le second. Vecnsnnnq Vie de saint Bernard. Abbé de Clairvaux. Une des particularités du culte local du bienheureux Guérin. Au jour de sa fête cri voyait. c'est que les populations l'invoquent non seulement pour elles-mêmes. A. cette clé fut portée dans les montagnes du Valais et jusque dans le canton de Fribourg. Un prêtre touchait ces animaux avec une relique qu'il tenait à la main en disant : « Que la clé de saint Guérin te touche et que Dieu te guérisse n ou te bénisse a. au 28 août. ils amènent leur bétail devant l'église pour le faire bénir par l'attouchement de la clé. on en compta 3o ooo. sainte Lucie en Sicile. de Tarentaise. les pèlerins continuent d'affluer nombreux . Sainte Agnès et saint Sébastien souffrirent.dcia Sanctorum. son aîné et conseiller. des bêtes à cornes ou à laine. Parmi les plus illustres martyrs des Gaules brillent saint Julien et saint Ferréol. de Genève et de Sion. Chaque printemps. il sera question surtout ici. ceux-ci remplissaient. ler de janvier (Paris et Rome. On appelle e clé de saint Guérin a un étui d'argent en forme de clé où sont renfermés les deux crochets ou fermoirs qui liaient l'une à l'autre les extrémités du cilice trouvé sur le Bienheureux le jour de sa mort. B. à son contact. n' 1192. l'armée. Sources consultées. -. de Poitiers. pour détruire la religion chrétienne. et. Mais le sang des martyrs avait été une semence féconde de nouveaux chrétiens. Fête le 28 août.Guérin dans les diocèses d'Annecy. les villes de tout l'empire. L. en x868. nais encore pour leur bétail. en 1877 notamment. Dixième et dernière persécution générale. Fn Gaule. II (Paris. pour l'amour de Notre-Seigneur JésusChrist. à Rome. « l'attouchement de cette clé arrêta le fléau . suscila une dixième et plus terrible persécution. les animaux près d'expirer furent rappelés à la vie n. 157 . Le démon. dit le chroniqueur Berodi. célébrés par le grand poète. -. On en trouve également dans les Vosges.

c'est qu'il étaitt toutpuissant d'ans la province dont Vienne était le chef-lieu. comme indigne d'un soldat et d'un chrétien. dignités nouvelles que Dioclétien avait récemment instituées. s'indigna de tels conseils pet de talles propositions. qui dépendait de la Première Aquitaine. Il quitta donc en secret sa ville natale. le. mais„ ajoute-t-il. mais ils laissent entendre qu'il avait dans ses mains les pouvoirs les plus étendus.de Dioclétien avait nom Crispinus. et l'exemple même de JésusChrist qui. Chacun devine sans peine qu'à son approche Julien n'en continua pas moins ses attaques publiques et coutumières contre les fausses divinitéss dee l'Empire. Revêtu du grade important de tribun militaire. il vivait alors à Vienne. C'était. d'abord. il était déjà un objet de respect et d'admiration tant pour ses brillantes qualités d'esprit que pour l'heureusee affabilité de son naturel et pour ses solides vertus.quelle dignité il était honoré. un officier de qui l'avancement était certain et s'imposait. lui révéla que la couronne du martyre serait son apanage. a elle est rendue vraisemblable par ce fait que Julien. et la haute position qu'il occupait dans l'armée. menacé par les bourreaux.. L'un de ses meilleurs biographes.calmée. tout en paraissant fuir. avant l'heure fixée pour sa Passion.pour la religion proscrite par les édits. Était-il un converti? Ses père et mère appartenaient-ils au. Lesuns l'appellent consul.se tenir éloigné de la ville. la vibrante autant qua radieuse personnalité de Julien de Brioude. Il regardait la fuite comme le plus lâche des gestes. ce qui semble prouver que ceux-ci n'étaient pas chrétiens. craignait les pleurs et les sollicitations de ses parents. Ferréol joignit ses instances aux lors : il rappelait_ la parole de l'Evangile : s Si vous êtes persécutés dans une ville.signalaient aux recherches des persécuteurs. Son autorité semble s'être même étendue au delà des limites de la Deuxième Lyonnaise. à ses yeux. homo consularis-. dans les premières années du iv' siècle. qu'une simple hypothèse . D'ailleurs. d'autres. paganisme? nul ne peut l'affirmer de façon certaine.-M. on apprit que l'empereur envoyait dans la Deuxième Lyonnaise un des plus féroces auxiliaires de ses' sinistres desseins contre la religion chrétienne. avant toutes choses. dans sa prévenante miséricorde. devenue chef-lieu d'une province romaine. Mosnier. Aussi bien. a Le satellite d'un persécuteur. et que. C'était. jusque dans l'Auvergne. 158 . i-1 irait infailliblement au-devant du combat. un très grand chrétien dont le souci dominant était l'espérance de donner son sang pour Dieu. plusieurs fois durant sa vie. Vers l'an 3o4.218 28 AOUT SAINT JULIEN DE BBIOUDE 2Iq A cette glorieuse moisson de sublimes héros de Jésus-Christ allait s'ajouter. auteurs ne précisent pas de. Mais Dieu. l'abbé S. Ce digne ministre. où il commandait à une partie des troupes cantonnées dans la Deuxième Lyonnaise. Julien. Son zèle bien connu. réfugiez-vous dans une autre n. Issu d'une des premières familles de Vienne et ayant de bonne heure embrassé la carrière des armes. penche vers cette conjecture qui n'est. dirait-on aujourd'hui. Sa famille et ses amis l'enga~ërent vivement à. praeses. Ce qui demeure une certitude. l'antique capitale des Allobroges. se déroba par la fuite aux poursuites de ses ennemis. d'aucuns ont-ils pensé qu'il était investi de la charge' de préfet ou de celle de vicaire des Gaules. jusqu'à ce que la tempête tôt un peu. Les. traversa la Lyonnaise et se dirigea vers l'Auvergne. gouverneur. il comprit qu'il aurait plus de mérite à tomber obscurément dans quelque bourgade ignorée plutôt que dans une ville où chacun 1e connaissait et où certains sentiments très humains de vaine gloire risquaient d'offusquer l'éclat de son triomphe.

un seul coup de glaive vous assurera la récompense promise à vos services et me mettra moi-même au comble de la félicité. et satisfaites ma juste impatience de répandre mon sang pour mon Dieu. comme un irrécusable témoin de l'exécution de ses ordres cruels. le martyr s'agenouille et recommande à Dieu. Mais Julien. qui se rougit de sang. au lieu même de l'exécution. leur dit-il. uniquement et saintement désireux de la couronne du ciel.La vie de ce inonde m'est à charge. reprit avec plus de hardiesse et de plus vives instances : . en leur prescrivant de tuer le fugitif en quelque lieu qu'ils le renconirâssent et de lui rapporter sa tête en témoignage de l'accomplissement de leur mission. Mais. Le généreux soldat du Christ ne permit pas à son hôtesse de le cacher et de lui ravir ainsi la palme du martyre. La persécution ne lui en offrit ni le répit ni le temps : c'était son sang. Cette fontaine. vous voyez votre victime . Frappez-moi de vos glaives pour me donner une mort que je désire. Julien sentit son âme accablée de tristesse à la vue de l'aveuglement de ces malheureux adeptes de l'erreur. sommant la pauvre femme qui l'avait accueilli de leur livrer leur victime. car mon âme a vivement désiré le Seigneur et soupiré après le jour de sa venue. De faux frères trahirent-ils le secret de l'amitié pour acquérir les richesses promises aux délateurs. Le nouveau gouverneur de Vienne n'avait point tardé à être informé de la disparition du jeune officier qui lui avait été signalé comme l'un plus des fervents partisans de la religion proscrite . et le zèle avec quoi il adjurait et pressait ses compagnons de déserter les temples des dieux. par une fervente prière. . l'heure de ce suprême combat.Il arriva dans la partie méridionale de cette province. on lui avait dénoncé les railleries et les moqueries dont il usait.Voici. Après avoir lavé leur sanglant trophée. JOUR nu alois. Il dépêcha des cavaliers à sa poursuite. Crispinus décida donc de faire un exemple et de frapper un coup qui devrait. celui que vous poursuivez. Le corps de Julien avait été abandonné sur le sol. Deux vieillards 159 . Surpris et confondus de la générosité et du calme que montrait l'officier. Il sortit aussitôt et parut devant ceux qui le cherchaient. les soldats le portèrent au proconsul Crispinus. dressées sur de hautes colonnes. imposer à tous le respect des édits des empereurs et jeter l'effroi parmi les chrétiens. La tête roule sanglante sur le sol. pensait-il. Les soldats saisissent la tête inanimée et la plongent dans une fontaine. Il résolut de s'employer de tout son pouvoir à les gagner à Dieu. Il tend ensuite son cou au glaive. près du bourg de rivas. Non seulement la plupart de ses habitants étaient encore idolâtres. en toute occasion. qui était alors nu ardent foyer de paganisme. Martyre de saint Julien. qui devait régénérer cette contrée. et non ses rouvres. et tirant son glaive. a été la source de nombreux miracles dus à l'intercession du martyr. les émissaires se présentèrent à la demeure qui lui servait d'asile. à l'exemple de tant de saints martyrs qui l'avaient précédé dans l'immolation. et l'âme du martyr s'envole victorieuse vers les demeures éternelles. Ilrioude. 2' SÉRIE (A)CT) 8 220 28 AOUT SAINT JULIEN DE BBIOUDE 221 les ordres que vous avez reçus. mais on y venait de loin adorer les statues de Mars et de Mercure. AA ces mots. les émissaires hésitaient à le frapper. instruits de la présence de Julien à Brioude. contre la religion officielle. l'abat de toutes ses forces sur la victime. Me voici devant vous . encore subsistante. Accomplissez UN SAINT POUR €BAQU. ou bien de fanatiques païens avaient-ils dénoncé l'arrivée parmi eux de l'officier chrétien? Nous ne pouvons le savoir aujourd'hui. voici ma tête . dans un temple bâti sur les bords de l'Allier. Un bourreau s'avance.

où résidait alors un des empereurs. touchés de compassion pour cette infortune. riche et de haute naissance. Le lendemain. rendit la vigueur du jeune âge aux vieillards. Dans le même instant. avec les autres. . qui y opéra des prodiges nombreux par l'intercession de saint Julien. à Brioude.païens qui gardaient leurs troupeaux sur les sommets voisins. elle trouva son mari remis en liberté et déchargé de toute accusation. ses jambes se raidirent. demeurât encore la possession et la proie de Satan. pour témoigner leur reconnaissance. se 222 28 AOUT SAINT JULIEN DE BRIOUDE 223 réfugia dans l'oratoire du martyr. recueillirent les restes mutilés de l'officier romain mort pour le Christ et lui donnèrent une sépulture honorable. Son ennemi se précipita sur ses pas. encore ouvert les yeux à la lumière. promirent au héros du Christ de riches présents s'il rendait la santé à leur fils. les habitants de Brioude n'avaient pas Des bergers païens donnent au corps de saint Julien une sépulture honorable. dont il referma la porte sur soi. due sans doute aux prières de Julien. Comme elle passait près du tombeau. En dépit de ce qu'ils croyaient être leur amour de leur fils. son corps gémit sous le poids de torturantes douleurs. Ce tombeau fut glorifié par le Seigneur. l'autre. et. résolut de la briser. comme les autres. se rendait dans cette ville. et. elle se sentit inspirée de recommander la cause de son mari au glorieux martyr.. Cependant. adorèrent le vrai Dieu. plein de tristesse devant tant d'opiniâtre folie. et. Durant de longues heures il y pria. reconnurent le ridicule du culte des idoles. Convertissez-vous.. et je vous promets que cet enfant reviendra à la santé. Il fallut toute une suite de faits surnaturels pour les tirer de leur aveuglement. deux jeunes gens se prirent de querelle. se plaignant de ce que cette ville. malgré les éclatants miracles qui s'opéraient journellement au milieu d'eux. destinée à servir d'asile aux précieuses reliques de Julien. tira son épée pour faire à l'adver saire un mauvais parti. on le devine. Prodiges advenus sur le tombeau et par l'intercession du martyr. Ainsi. un jour où ces païens étaient assemblés dans le temple de Mars et de Mercure.Ce ne sont point des richesses matérielles que désire Julien. Les deux heureux époux allèrent remercier leur saint protecteur et. recourant à la fuite. Dieu. adorez le Christ. Les parents du jeune homme. tandis que le prêtre du 160 . Or. qu'il lui fut totalement impossible de les retirer. qui a promis de récompenser la moindre action accomplie par amour pour lui. les païens accoururent. A ce spectacle. les deux bergers. et l'un d'eux. ne pouvant ouvrir la porte. se poursuivirent les fêtes au temple des faux dieux. certains qu'il importait d'attribuer au ciel un si extraordinaire châtiment. que la colère égarait. se consacrèrent à la garde du tombeau du saint martyr. ils s'éloignèrent. Frappés de ce prodige et touchés par une grâce. tes parents ne se sentirent point le courage de faire une telle promesse. ils firent élever un sanctuaire sur son tombeau. renoncez à vos fausses divinités qui ne peuvent vous protéger ni vous défendre. niais le don de vos âmes. Epouvanté. En arrivant à Trèves. Alors. le prêtre entra dans l'humble sanctuaire. il y pleura. nommés Ilpidius et Arcons. dont le mari avait été conduit à Trèves sous le poids d'une accusation capitale. répondit le prêtre qui veillait sur l'oratoire. après avoir reçu le baptême des chrétiens. Il n'y eut pas plutôt touché que ses mains se crispèrent et s'y attachèrent sis fortement. une dame espagnole.

les bons et les mauvais jours. 224 28 AouT Il n'est pas exagéré d'affirmer que ce nom évoque toute l'histoire de France. de Limoges. une grande croix était suspendue. en effet. après avoir narré l'incursion des Burgondes. s'élevait le tombeau de Julien. Avant la Révolution. Aussitôt une grande quiétude se fit. deux dans celui de Tours. du Puy. qu'au cours de l'année 456 elle servit de tombeau à l'un des enfants les plus célèbres de l'Auvergne.. et. s'enquit auprès des fidèles du jour et de l'année où leur saint patron avait cueilli la palme des martyrs. saint Germain d'Auxerre. d'un coup. les diocèses de Clermont. Le culte. qui eut lieu dans les premières années du vie siècle-. Plusieurs n'hésitent pas à la reculer jusqu'au commencement du vie siècle. Le commencement du vie siècle voit s'abattre sur le sanctuaire les calamités de 161 . Et cela. l'empereur Avitus. Dès le vie siècle. au milieu d'un demi-cercle formant l'abside. Par une foule de traits. mais surtout son trop fameux temple. si la tempête épargnait leurs personnes et leurs biens. de Tulle. c'est-à-dire le 28 août. enfin.. il demanda à Dieu de l'éclairer. il est aisé de se rendre compte de la popularité du culte que. plus de trente chefs-lieux de communes portent le nom du héros immortel. Mosnier. il s'éleva. Après avoir fait oraison. pareillement dorée. Germain se leva et dit que c'était le cinq d'avant les calendes de septembre. Un large portiquee donnait accès dans une nef ceinte de colonnes de marbre et éclairée par de grandes baies garnies de vitrages. de Lyon et plusieurs autres ont-ils fixé la solennité au 28 août.Seigneur redoublait de supplications au pied de l'autel du martyr sublime. Aussi bien. d'adorer le vrai Dieu. une à Reims.Les reliques. épars dans ses oeuvres. Edification d'une basilique.. comprirent que cette calamité si inattendue n'était que l'équitable punition de leur endurcissement. les fidèles de Brioude élevèrent-ils à la gloire de leur patron Une basilique qui. on doit la. Maints auteurs ne sont pas d'accord quand à la date de la fondation de cette basilique. Pris de panique. Devant leur ignorance. que Julien avait versé son sang pour le Christ. joignant l'exemple au précepte. les habitants de Brioude demandèrent tous le baptême et. dont les murailles et les assises tremblèrent. dès sa mort glorieuse. selon d'autres. . le SaintFlour. Fidèles à leur bonne résolution. Déjà. Les arbres furent déracinés. placer au plus tard vers le milieu du v'. recouverte de dorures et de mosaïques. colonnes et murailles se dérobaient aux yeux sous leurs voiles aux rutilantes couleurs. il est possible de décrire l'antique sanctuaire et d'évoquer l'admirable renommée de son pèlerinage. parce que saint Grégoire de Tours parle de l'érection de ladite basilique. comme le fait l'abbé S. une à Paris? Du moins a-t-on cru longtemps que la dernière qui subsiste encore aujourd'hui sous le nom de Saint-Julien-le-Pauvre fut édifiée en l'honneur du martyr de Brioude alors que. faisant un pèlerinage en ces lieux illustres. D'innombrables flambeaux de cire y brûlaient le jour et la nuit. un grillage de fer protégeait le tombeauDes étoffes de haut prix tapissaient les murs de l'abside. incrustéee de pierres précieuses. et promirent tous. Mais ils oublient que ce narrateur ne suit pas toujours l'ordre chonologique. serait un témoignage magnifique et durable de leur repentir et de leur piété désormais indéfectible. Grégoire de Tours en personne nous atteste. La basilique était aussi vaste qu'élevée. Telle est la raison pour laquelle. Au-dessus. par l'harmonieuse ampleur de ses proportions et le rehaussement décoratif. l'admirable martyr était honoré dans presque tous les diocèses de France. Vers l'an de grâce (i3I. suscitèrent le souvenir et l'amour de Julien de Brioude. et qu'il fallait donc célébrer sa fête ce jour-là. les païens coururent auprès des reliques de Julien. A l'extrémité de la nef. arrachèrent de leur socle les statues de Mars et (le Mercure. ils commencèrent à démolir le temple des idoles. une effroyable tempête. servait de table d'autel. l'oratoire primitif devint trop étroit pour abriter les chrétiens qui s'y pressaient nombreux de plus en plus. aux jours de fêtes solennelles.-M. Aussi bien. n'avait-on point bâti en son honneur une église dans le diocèse de Limoges. dont la pierre. Découpé en roseset cri feuillages. Au troisième jour. malgré la clémence et la calme sérénité de la nature. Brioude devint la cible de l'ouragan. une en Saintonge. les rompirent et s'en furent en jeter les débris dans un lac situé près de la ville. En très peu de temps. elle le fut en l'honneur de saint Julien l'Hospitalier. Enfin. les maisons ébranlées.

où les Francs avaient conservé. alors. Au xviie siècle. se rencontrent pour glorifier les mêmes personnages célestes qui les ont fait bénéficier du spectacle de leurs vertus et rivaliser dans le culte d'honneur et de vénération que l'Eglise a le secret de perpétuer dans le cours des siècles. X (Paris. à cette époque. dans Ia deuxième moitié du ve siècle. Guénns. En 1138. Il naissait à une époque assez troublée. duc d'Aquitaine. Puis. t.. malgré leur baptême. n' 55. En 186o. cri note à Brioude la présence du nouveau roi Louis VII . DOMINIQUE ROLAND-GOSSHLIN. quelque chose de leur rudesse originaire et de ce caractère barbare qui ne devait disparaître que sous l'influence prolongée de l'Eglise et de ses évêques. Redon. Les Saints d'Auvergne. l'orage passé. grâce aux libéralités de Bérenger. Les reliques de saint Julien. an vie siècle. t. 1897). chez les religieuses de l'hospice de Brioude. . P. était demeurée dans le tombeau de saint Ferréol. les pèlerinages se succèdent sans interruptionn jusqu'au vine siècle. nous le savons. vers l'âge de 13 ans. qui étaient de noble race et des plus riches seigneurs de la Bourgogne. l'abbaye de Moissac s'enrichit d'une partie de la tête du martyr dont l'église de Brioude jamais ne consentit à se séparer complètement.) SAINT MERRI ou MEDÉRIC Prêtre et abbé (} 700). Fête le 29 août. pendant la nuit.. y rend le dernier soupir. . Sources consultées. époque où. il ne reste pas pierre sur pierre. C'est grâce à ces pieuses émigrations que plusieurs contrées. Cent ans plus tard. En 1122. en 1394. à l'exception de la tête et de quelques ossements.Mgr Psm. A la fin du même siècle. en 8g3. celle de saint Louis. Mais. venu par dévotion à Brioude. cette châsse fut transportée. l'enfant parla de se consacrer à Dieu dans le monastère voisin de Saint 162 .M. devenue l'église paroissiale de Brioude. avaient été. le Pape Formose fait un détour et s'impose un surcroît de fatigues pour vénérer les reliques de saint Julien. qui.l'invasion des Burgondes (505) et des soldats austrasiens conduits. Guillaume. Bien que chrétiens. vers 730. et qui no sera reconstruite que plus tard. les Sarrasins dévastent l'Auvergne . Sa tête. Les Petits Bollandistes. Tel fut le sort de saint Mlerci. ses parents. placé au-dessus du maître-autel de la basilique. Une fête fut instituée en l'honneur de cette translation. M. de retour de sa première Croisade . nommé comte de Brioude par Louis le Débonnaire. eut lieu au début du vine siècle. en 523. ne virent pas sans tristesse leur fils se détourner des biens terrestres et manifester. s'en revenant de Compostelle. venu en grande pompe. par Thierry IPe. sa dépouille mortelle n'était plus en entier. Dans les premières années du ixe siècle. S. 1868). où elle avait été visitée et reconnue. curé de cette ville. Il (Paris). en effet. non contents de piller. dont Paris et Autun célèbrent à l'envi la mémoire glorieuse.Acta Sanctorum. en 1254. selon le bréviaire de Brioude. B. obtint que la plus grande partie de ces reliques fussent rendues à l'antique église collégiale. Lorsque survint la Révolution. t. les trésors de l'église de Brioude. Premières années de saint Merri. comme leurs devanciers les Burgondes. Merri (en latin Medericus) vit.. était conservé dans une châsse en bois doré. pour remercier le saint martyr d'un miracle dont il avait été favorisé pendant son enfance. ils s'attaquent aux murs mêmes de la basilique dont. (V. LE désir d'une perfection toujours plus haute incita souvent les Saints à s'éloigner de leur lieu d'origine pour trouver ailleurs les satisfactions spirituelles auxquelles ils aspiraient. appelé encore Médéric. dès l'âge le plus tendre. la plus complète indifférence pour le brillant avenir qui lui était préparé. conservées sous l'autel de la basilique. VI d'août (Paris et Rome. Mosaisa. En effet. c'est en personne que le Pape Calixte Il vient accorder au Chapitre de nombreux et très importants privilèges.Abbé S. l'un des plus vaillants lieutenants de Charlemagne. mêmes éloignées les unes des autres. Sur la requête des fidèles de Brioude. l'Eglise de Vienne se dessaisit en leur faveur d'une partie du chef de saint Julien et d'un bras de saint Ferréol. transportée à Vienne par les bourreaux. le corps de Julien. le jour à Autun vers le milieu du vite siècle. celle de Charles VI. par l'évêque saint Mamert. .

et c'est elle qui fonda. à l'endroit ouù il avait détruit un des derniers temples d'idoles. Chez lui aucune ostentation dans l'exercice des vertus monacales. d'autre part. Les parents de Merci. bientôt après. avec le concours de l'évêque Syagrius. malgré ses crimes enregistrés par l'his- /' Iil 1 ijil %I (Î \ `~1`~J~Kx1uI\I\I~~ . construit par la reine Brunehaut. en effet. pour l'entrée desquels elle se montra plus sévère dans la suite. mais un souci constant de suivre de plus près le divin modèle dont il était venu chercher les exemples dans la solitude du cloître. Malgré son humilité et le soin qu'il prenait de demeurer dans l'ombre. Initiation de saint Merri à la vie religieuse. Il ne fut pas longtemps sans égaler et. ils consentirent donc à favoriser sa vocation et poussèrent le désir scrupuleux d'obéir à cette volonté divine jusqu'à le conduire eux-mêmes à l'abbaye de Saint-Martin et de le pré senter à l'autel du Seigneur qui allait devenir son unique partage. craignirent d'aller à l'encontre de la volonté de Dieu . Il est à remarquer que l'Eglise autorisait alors l'admission dans les monastères de ces a oblats ». Lorsque Merri entra à l'abbaye de Saint-Martin. sans dépasser sur ce chemin ses frères en religion. toutes ses mortifications ne pouvaient échapper aux regards : par exemple les jeûnes rigoureux auxquels il s'astreignait en ne se nourrissant deux fois par semaine que d'un peu de pain d'orge trempé dans l'eau . après s'être opposés tout d'abord aux desseins de l'enfant. obéissant à la règle de saint Benoît. cinquante-quatre religieux dont la ferveur ne put qu'encourager ses propres efforts de perfection.Martin. 'le monastère de Saint-Martin sur l'emplacement de l'église que le saint évêque de Tours avait élevée en l'honneur des saints apôtres Pierre et Paul. un 163 . se fit gloire de fonder des instituts religieux et des églises. Cette princesse. 226 29 AOUT SAINT MERRI aa7 Loire. il y trouva. et voyant que celui-ci persistait dans la voie à laquelle il se croyait appelé.

C'est. à la douceur.9 AOUT SAINT MERRI 22p Usant du droit qu'avaient alors les religieux de changer de maison. Ses victoires sur les démons. avant même que les hommes se fussent prononcés en son nom. une chose digne de remarque et que l'on rencontre souvent dans la vie des Saints : le plus humble d'entre eux. Il n'est donc pas étonnant de voir que sous un maître ayant: à ce point le sens de la mesure. lui: répliqua le serviteur de Dieu. la volonté de Dieu. auxquelles s'ajouta bientôt le don des miracles. une fois placé à la tête de ses frères. usant même de son autorité pour lui imposer un fardeau que son humilité lui faisait juger au-dessus de ses forces.. à la malice il opposait une ferme sévérité que le repentir seul parvenait à fléchir. se dépouillant de son habit. `en effet. entourèrent l'Abbé de Saint-Martin d'une auréole si éclatante qu'il lui devint impossible de garder plus longtemps la tranquillité que réclame la vie monastique. » Le démon. Merri. le pauvre religieux dut reconnaître que cette unanimité dans le choix qui était fait de lui manifestait. Mais alors. sa patience. Il s'ouvrit de sa terrible épreuve au saint Abbé. Abbé de 'Saint-Martin. réclamer ses avis et s'édifier de ses exemples. à n'en point douter. Une tentation de nature différente fut également surmontée par la même intercession. Un des moines de l'abbaye de Saint-Martin éprouvait de violents assauts que livrait: à sa chasteté l'esprit impur. où il espérait trouver le calme et le silence dont il était privé depuis quelques années et dont son âme restait saintement avide. 228 2. La celle de Saint-Merri. Elevé à la dignité sacerdotale. par la permission de Dieu.Tais-toi. vaincu. Le démon qui. les suffrages de tous les religieux se portèrent sur Merri. tout l'ensemble des vertus chrétiennes et religieuses faisait l'objet de ses ardentes recherches. Un de ses religieux était si complètement soirs la puissance de l'esprit des ténèbres. et l'évêque d'Autun s'unit à eux. se trouve tout à coup à la haulcur (le sa mission et étonne le monde par les qualités maîtresses de son commandement. qu'assistant chaque jour à la messe il quittait régulièrement l'église au moment de la Consécration. Le nouvel Abbé de Saint-Martin est un des exemples de cette conduite providentielle. Celui-ci. sachant discerner ce qui n'était que faiblesse humaine de la malice qui se glisse parfois dans les communautés les plus ferventes. Merri jeta les yeux sur une forêt située à deux milles d'Autun. Il se faisait un devoir de joindre la fermeté. les religieux se pressaient autour de lui pour profiter du charme de sa conversation.dur cilice porté sous ses habits matait sa chair innocente . mais que l'obéissance et la menace des peines canoniques l'obligèrent d'accepter. Merri allait assumer une charge que son humilité lui fit tout d'abord refuser énergiquement. A la faiblesse il prêtait son appui. le démon qui le possédait se mit à crier et Pourquoi. 164 . Le malade fut aussitôt guéri et il se fit désormais remarquer par une assiduité exemplaire à la messe quotidienne. le moine ne parvenait pas à se corriger. obéissant à une inspiration céleste. il bénit un pain qu'il donna au possédé. trouva le moyen de pénétrer au paradis terrestre pour tenter Adam et Eve innocents jouit du même pouvoir lorsque Dieu lui permet de tenter les Saints. puis. sa charité. Les moines de Saint-Martin ayant perdu leur Abbé. quand il leur semblait nécessaire ou utile de le faire. Placé en face de toutes ces volontés auxquelles il eût voulu résister. et les heureux fruits de son ministère abbatial prouvèrent surabondamment qu'il' avait été l'élu de Dieu. celui qui se considère comme le dernier de tous. Tant de faveurs spirituelles obtenues par l'intercession da saint personnage. et sors de cet homme. Il se soumit donc. me chasses-tu du refuge que j'occupe depuis si longtemps P . s'enfuit et ne revint plus. Merri recourut alors à la prière. en couvrit aussitôt le religieux. Malgré les avis et remontrances du supérieur.

Mais n'y avait-il pas là un danger pour sa vie religieuse et n'était-il pas à craindre que l'orgueil ne finît par pénétrer dans une existence où les œuvres extérieures tenaient une si large place P Merri crut qu'il était de son devoir d'éviter cet écueil. avait été. Saint Germain. qui dépendait alors du diocèse d'Autun. après avoir réussi à lui. dont tous les pas étaient pour ainsi dire marqués par des prodiges. et tous s'en retournaient comblés des bienfaits que le pieux Abbé ne cessait de répandre autour de lui. En effet. Mais ce qui donnait satisfaction à l'humilité de l'Abbé et à son désir de vie cachée privait ses moines d'une direction nécessaire et livrait à l'abandon une communauté tout entière. Merri l'avait reçu aux fonts du baptême et. puisque Dieu lui-même en consacrait la légitimité en multipliant les miracles sous les pas de son fidèle serviteur. que cette existence si différente de celle qu'il avait rêvée n'eût été voulue de Dieu. à qui son maître avait communiqué son dessein de s'écarter définitivement du monde. Assailli par des sollicitations' de plus en plus importunes. Dieu se plut d'ailleurs à bénir son obéissance non seulement en lui conservant ce don des miracles qui avait attiré tant de foules autour de lui. les autres le soulagement dans leurs misères morales ou spirituelles. évêque de Paris. Nouveau genre de vie. Désolés du départ de leur Père. son illustre compatriote. Menace d'excommunication. Abbé de Saint-Symphorien à Autun. il dut se résoudre à la fuite afin d'y échapper et de terminer ses jours dans une paix qu'il espérait avoir enfin conquise. Saint Merri reprend sa charge abbatiale. L'Abbé avait pour disciple de prédilection saint Frou ou Frodulphe. que Merci résolut de se rendre à Paris pour vénérer le tombeau de saint Germain. les religieux se livrèrent aux recherches les plus actives pour découvrir le lieu de sa retraite. mais en augmentant cette puissance surnaturelle qui le faisait comparer par son historien aux saints apôtres Pierre et Paul. . 165 . Il fallut que l'évêque d'Autun intervînt personnellement et menaçât d'excommunication le fugitif pour le décider à reprendre ses fonctions. L'évêque d'Autun oblige saint 7Herri sous menace d'excommunication de quitter sa solitude. le faisait bénéficier de sa direction spirituelle. toutefois.Saint Merri part en pèlerinage.Il n'y a pas à douter. en effet. Ils furent assez heureux pour réussir. faire partager sa vie monacale. et de plus la tradition le disait élevé à Avallon. Ce retour à l'abbae ne fut pour lui que de courte durée. et c'est là ce qui le détermina à quitter l'abbaye et à renoncer à sa charge pour suivre son attrait et aller s'ensevelir dans cette solitude qu'il allait sanctifier et où s'éleva plus tard un oratoire dans le lieu qui devait s'appeler La Cellee ou cellule de Saint-Merri. Ce fut sur les conseils de celui-ci. les visiteurs accouraient de tous côtés à l'abbaye de SaintMartin pour obtenir les uns la guérison de leurs maladies ou de leurs infirmités corporelles. mais c'est en vain qu'ils le sollicitèrent de revenir parmi eux.

la collégiale de Champeaux était le seigneur de ce lieu et y exerçait la justice . source d'édification pour tous ceux qui l'approchaient. autrefois.t en faveur d'un brigand. qui ne voulut point se séparer de son père en Dieu. et les chaînes des prisonniers tombèrent et les portes de la prison s'ouvrirent devant eux. le serviteur de Dieu s'adressa au divin Maître. en même temps qu'il intervenait auprès du gouverneur de la ville pour obtenir l'élargissement de pauvres gens condamnés injustement à la prison. partout et toujours. les dociles instruments. car. Les Saints trouvent toujours le moyen de répandre autour d'eux sans le chercher le parfum de leurs vertus et de servir les desseins de la Providence dont ils sont. Ce temps d'arrêt ne fut d'ailleurs point perdu. fondé par sainte Face et situé non loin de Melun. I1 y avait à Melun une chapelle dédiée à l'apôtre saint Pierre Merri en fit un but de pèlerinage. dont il pensait accomplir les desseins. d'exercer son zèle et de réparer une flagrante injustice. Sur la demande de 166 . Merri quitta l'abbaye. Une autre intervention fut plus heureuse : c'est celle qui se produisi. L'endroit où les voyageurs suspendirent leur marche s'est appelé Saint-Aléry . force fut de s'arrêter et d'attendre qu'il plût à Dieu de lui rendre un peu de 'force pour continuer sa route. Saint-Méry fut érigé en paroisse en 1157. accompagné de quelques moines. Lorsque ses accès de fièvre furent un peu calmés ill reprit le chemin de Paris et il arriva à Melun où Dieu lui ménagea l'occasion de satisfaire sa piété. entre autres la patience et un complet abandon à la volonté divine. Devant le refus du gouverneur.230 -9 AOOUT SAINT MERRI 231 Comment s'accomplit ce départ P Merri se donna-t-il un succes seur dans la personne d'un de ses frères. comme ils arrivaient à une demi-lieue environ du monastère de Champeaux. ou bien laissa-t-il à la Providence. l'Abbé tomba gravement malade . Les pieux pèlerins ne devaient pas de si tôt atteindre le but de leur voyage. coupable d'avoir rompu un petit sur la Seine et emprisonné pour ce méfait. le soin de régler cette question P Son historien est resté muet sur ce point. parmi lesquels Frou. La fièvre qui minait son corps laissait intactes les facultés de son âme et fortifiait en lui ses vertus.

il sollicitait volontiers une ouverture de conscience qui lui permît de porter le secours et le remède nécessaires. Grâce à la prière et à une héroïque patience il triompha des faiblesses de la nature. Cet acte de charité. Merri l'accomplit à Charenton.. Cette fois. Parfois la méchanceté s'attaquait à lui et cherchait à lui nuire. Sujet d'édification pour tous ceux qui l'approchaient. il avait fait dresser un petit chariot à l'aide duquel il voyageait à petites journées. Il revint ensuite demeurer. Au nombre des miracles que Dieu accomplissait par son fidèle serviteur. Parmi ses disciples. comme nous l'avons dit. et il allait pouvoir donner satisfaction à son désir de solitude qu'il considérait comme sa vraie vocation. s'envola au ciel. par ses disciples et conservées avec un soin religieux jusqu'à la Révolution de 7. Sa piété lui avait suggéré de venir à Paris pour vénérer les reliques de saint Germain et aussi celles de sainte Geneviève : il put tout à loisir se livrer aux saints exercices de cette dévotion que l'Eglise a toujours encouragée et qui se rattache de la manière la plus étroite au dogme de la résurrection de la chair. C'est au milieu de ses frères que Merri passa les dernières années de sa vie. où elles furent profanées dans l'église même qui les avait conservées depuis près de onze siècles. afin de les répandre ensuit. et subitement le taureau devint doux comme un mouton. aussitôt après sa mort. Cependant. Merri refusa de demander à Dieu sa guérison. sur les misères physiques et morales qu'il était heureux de soulager. après un dernier acte d'amour et d'adoration. Une fièvre persistante fit de lui pendant. il faut compter ses victoires sur les démons qui trouvaient en lui un adversaire redouté. le prince des apôtres ayant toujours été de sa part L'objet d'une spéciale dévotion. Les reliques du Saint y furent déposées. Culte et reliques de saint Merri. il récompensait par ses souffrances saintement supportées l'hospitalité qui lui avait été donnée et il préparait ainsi les honneurs que Paris devait lui rendre dans le cours des siècles. auprès duquel (Merri vécut ses dernières années. Frou demeura l'un des plus fidèles . l'ancien Abbé de Saint-Martin était arrivé au terme de sa course terrestre. Sa renommée l'avait depuis longtemps devancé parmi les populations qu'il rencontrait. Il s'arrêta dans un petit bois où s'élevait un oratoire dédié à saint Pierre. Confiant dans l'autorité que Dieu lui avait donnée sur les âmes.Merri. à l'ombre de l'oratoire de Saint-Pierre. autrefois collégiale en même temps que paroissiale. C'est ainsi qu'avec une seule parole il chasse du corps d'une possédée le démon impur qui la tourmentait. sauvé à la fois dans son âme et dans son corps par la charité du saint religieux. C'est en leur présence que son âme. est devenu l'église paroissiale actuelle de Saint-Merri de Paris. 167 . posséder le royaume que je vous ai préparé. auprès duquel il fixa son séjour. ill rassembla ses disciples et leur prédit l'heure de sa mort. L'oratoire de Saint-Pierre. » 232 29 AOUT Lorsque le jour suprême fut arrivé. car il lui semblait entendre une voix céleste résonner au fond de son coeur et lui dire : a Venez. dont elle fait profession dans son Credo traditionnel. en proie à des maladies qui achevèrent d'éprouver sa vertu et d'augmenter le trésor de ses mérites. les forces du saint Abbé décroissaient de jour en jour. L'éclat de ses miracles lui avait créé une notoriété dont le bon aloi se manifestait par des dons de toutes sortes qu'il acceptait d'ailleurs.93. en se rendant à Paris où il espérait pouvoir enfin arriver. mon bien-aimé. De mauvais plaisants ne s'avisèrent-ils pas un jour de faire attacher ensemble à son modeste chariot une vache et un taureau furieux P Merri ne protesta pas. Ce lut dans ce singulier équipage que le pieux pèlerin arriva aux portes de Paris. Saint Merri à Paris.. trois ans une victime expiatrice. le brigand fut relâché. On était au 29 août de l'an 700. ce Saint est encore aujourd'hui honoré d'un culte local en l'église Saint-Merry (ou Merri). Pour assurer sa marche. Mort de saint Merri. à Paris. Paris le possédait depuis deux ans et neuf mois quand il reçut du ciel la révélation de sa mort prochaine.

mais cruel. de saint Frou et de saint Léger. monie que l'évêque eut le regret de ne pouvoir présider. (V.1S97)..'. Les premiers rois visigoths de Toulouse.(MAURICE Pwnnnn-l'Esuar h isfoire générale illustrée des départements. Le docte et célèbre Mabillon nous parle au xvii' siècle des restes du saint moine. A cette époque. LAno. L'apôtre du Midi. quelques ossements purent être sauvés et ils sont conservés dans l'église Saint-Merri qui.-MgrPAULCuénen. évêque de Toulouse et plus tard martyr.-F. Bien plus. 168 . dont les progrès étaient. CAno. la dénomination de MasSaint-Pierre.LesPetilsB0uandisles(Paris. Mais le siège de la dévotion à saint Merri était resté dans l'église où il avait reçu la sépulture. Avec le concours de l'évêque de Paris. pitre de la cathédrale et le clergé de la ville se firent un devoir de se rendre à l'église. les os maxillaires étaient déposés dans un écrin précieux. Lorsque. de là serait venue. B. Eurie ou Evaric. Seine-et-Marne (Orléans. renfermait une grande partie des reliques de saint Merri . L A gracieuse cité de Saint-Gaudens. du reste.Durant ce long intervalle. l'histoire reste silencieuse. 1911).) SAINT GAUDENS Martyr en Comminges au Ve siècle. couverte de lames d'argent et de vermeil. on ne peut douter que le christinianisme n'eût fait de rapides progrès dans ce pays. La Collégiale de Linas. en 466. rebâtie au xvie siècle. Le Cha. sise en face des Pyrénées. comme ils l'avaient fait. est devenue l'une des églises paroissiales les plus importantes de la grande cité. Vie des Seuils et des Pères du désert. près de Montlhéry. donnée à la petite cité antérieurement à la dénomination actuelle. P. au cours d'une céré. n'était à l'origine qu'une modeste bourgade habitée par des bergers descendants des Onobrisates dont parle Pline l'Ancien. à en juger par les rigueurs qu'exercèrent les Visigoths ariens.. une châsse splendide. deux côtes et un os considérable. se fit un devoir de les poursuivre. au diocèse actuel de Versailles. pressés d'établir solidement leur puissance. la situation des catholiques changea brusquement. prit possession du trône. évêque de Clermont et écrivain célèbre (t 48g).sE. -.-Gooes. en vertu d'un mouvement religieux que l'on remarque bien souvent dans l'histoire de l'Eglise au sujet du culte des Saints. Des conversions s'opérèrent et la tradition garda le souvenir d'un chétif oratoire dédié au Prince dos apôtres par le missionnaire sur le plateau . sur un plateau dominant la vallée de la Garonne. S. chargé de cette église. Néanmoins. Les vainqueurs les avaient oubliés ou tolérés jusque-là . Chanoine L. Lorsque les révolutionnaires de g3 jetèrent au feu les reliques de saint Merri. Fëte le 30 août. le célèbre Gozlin. paraît-il. l'oratoire fut restauré. prince organisateur on l'a appelé « le Clovis des Visigoths » . pour celles de sainte Geneviève. résolut d'y relever le culte de saint Merri. Depuis l'apostolat de saint Saturnin jusqu'à l'époque des invasions barbares. vint prêcher le Christ à ce peuple simple et un peu rude. . Euric. frère et meurtrier de Théodoric. vénérait une partie du crâne. Soarcesconsultées. plusieurs parties du saint corps en avaient été détachées et distribuées en différents lieux. possédait aussi une partie des restes sacrés de l'Abbé . le vocable primitif de Saint-Pierre finit par disparaître ou par être éclipsé pour ne plus être connu que sous celui de Saint-Merri. où le Saint s'était longtemps arrêté. au point que saint Sidoine Apollinaire. paralysés par la sollicitude pastorale des évêques catholiques. ne recoururent pas à la persécution pour propager l'arianisme. Le prêtre Théodebert. n' sas. C'est au txe siècle que se fit officiellement cette substitution. saint Saturnin. Persécution arienne dans le Comminges. les reliques y furent placées avec honneur au milieu d'un immense concours de peuple. enfin l'église de Champeaux.

celui d'un enfant. Euric avait délégué en Comminges un de ses officiers que l'on voit appelé Malet . sans nommer son nom. capables d'affronter sans faiblir les orages des passions et les persécutions les plus terribles. Quiterie et Gaudens. Sidoine Apollinaire pouvait écrire : Personne n'a plus soin (le ces diocèses ni de leurs paroisses . mort de Gaudens prouvera éloquemment tout à . c'est-à-dire du démon.. Les écrivains de cette époque nouss ont transmis le lamentable récit des malheurs qui fondirent sur les populations du Comminges. elle consacrait à son enfant ses sollicitudes. Les anges du ciel ont seuls recueilli les noms de ces héros. prêtres et moines emprisonnés ou massacrés. Dès que Gaudens putt marcher.. selon l'usage de l'ancienne Eglise.sévit avec une extrême rigueur contre les catholiques. en ce temps lointain. avait généreusement accepté les lourdes épreuves de la pauvreté ett d'un veuvage prématuré. du Béarn et de la Novempopulanie églises renversées. leur père dans la foi. peu après. mais si leur mémoire a été oubliée..35 l'appelle e le chef d'une secte plutôt que celui d'un grand peuple n. La. Quiterie le conduisit à l'église da Mas. la certitude de leurs combats et de leurs victoires demeure. beaucoup d'entre eux préférèrent la mort à la prévarication. Nourris du pain. less chrétiens de ce temps croissalent dans la plénitude de la foi et des vertus chrétiennes.. aptes à . au temps du prince visigoth Euric.. Dieu. 169 . Les habitants de la petite cité et de la contrée se souvinrent de Saturnin. évêques chassés ou mis à mort. l'évêque martyr. Des troupeaux non seulement font une étable de leurss vestibules.. Il nous faut suppléer en citant des traditions locales et en reconstituant en quelque sorte le cadre dans lequel vécut ce saint enfant. Maître. à l'âge où le mal n'avait pas encore défloré leur innocence.ous les sacrifices. le hameau des Nérous. tandis que leur gloire semble s'être concentrée autour d'un seul nom. Une chaumièree de ce hameau abritait. Le roi Euric envoie un de ses officiers au Mas-Saint-Pierre. les ronces et les épines y sont nées d'elles-mêmes et en ferment l'entrée. son affection. une pauvre veuve et son fils. on l'appelait u la lande des Noirs n ou a la lande du Boue n. Sidoine Apollinaire affirme même. Encore les documents précis font-ils trop souvent défaut à son sujet. Adorant la croix de son. Sur le bord septentrional du plateau où se dressaient less humbles. un petit groupe d'habitations. A son exemple. Pour cette couvre de sang et de ruines.s murs du Mas-Saint-Pierre existait. leurs églises sont dans un si déplorable état que les toits sont tombés à terre et que. mais pénètrent jusqu'au sanctuaire et vont brouter l'herbe qui croit autour des autels. En contemplation dans la.des farts.et. Les prêtres et les fidèles furent proscrits ou mis à mort . De là. La paysanne. comme la femme forte de l'Ecriture. c'était un homme brutal et sanguinaire. une landee mal famée au moyen âge étendait au loin sonn monotone tapiss d'ajoncs et de bruyères. de sexe ou de condition. Après avoir chassé de ses Etats les derniers Romains.-e 234 30 AOUT SAINT GAUPENS P. Quiterie ambitionnaa uniquement pour son filss les gloires et' les joies de la sainteté. sans distinction d'âge. l'accompagnaa pour la première fois à la Table sainte-. son labeur. que l'évêque de Lugdunurn Convenarum ou saint Bertrand de Comminges fut martyrisé. culte aboli. A son école. n'ayant plus de portes.. lande. le pâtre Gaudens. Euric. Elle avait donné son nom au hameau . Mère profondément chrétienne. etc.'heure quelle force et quelle générosité cet enfant avait puisées éans cette union intime avec le divin. Gaudens s'attachaa indissolublement au Christ. àtalet vint s'établir au Mas-Saint-Pierre avec une troupe de gens de guerre transformés pour l'heure en bourreaux. les haies. Enfance de saint Gaudens.

Il imagina de faire intervenir 236 30 AOUT SAINT GAUDENS 237 Quiterie. Levez votre cceur en haut.Mon fils. toutes les ruines. dut-elle s'écrier alors. serrés l'un près de l'autre au bord dee cette lande où s'éparpillait tous les matins leur petit troupeau.. travers les naïves enluminures les actes et les paroles du jeune martyr . les deuils. les gémissements sont bannis. L'enfant confessa hardiment sa foi. . . La venue de Malet au Mas-Saint-Pierre confirma les bruits sinistres répandus dans toute la contrée. Elle nous fait entrevoir la mère et l'enfant. et pour atteindre auu seuil de cette gloire. et notre foi supplée pour le reste aux lacunes de l'histoire. paradis. mais le souvenir de son combat ett de sa glorieuse victoiree survit à. mieux vaut obéir à Dieu qu'aux hommes. ne paraissait insurmontable au fils de. Quiterie comprit tout . Devant laa merveilleusee chaîne des Pyrénées. les révolutions ont anéanti les vieux parchemins où se lisaient à. La main dans la main de sa courageuse mère. elle voulut être témoin de la victoire. Etonné de trouver pareille énergie chez un enfant. où Dieu réserve à ses élus un. elle lui montra le ciel. de leur pauvre chaumière il ne reste pas trace . Des soldats amènent le petit pâtre non loin du lieu où ils l'avaient saisi . Gaudens s'élevaient sans effort aux entretiens sublimes. la lande elle-même s'est transformée . les larmes. nous ne devons pas craindre la mort. bonheur sans mélange. et. souvenez-vous de votre mère. mon fils bien-aimé. Parvenus à l'endroit où l'enfant devait souffrir pour le Christ. son coeur de mère avait déjà grandement souffert. Une mère admirable. Transporté de fureur. profilant sur l'azur leurs sommets blancs de neige. ces deux déshérités de la terre parlaient du. souvenezvous du Christ béni ! Courage. regardez celui qui règne dans les cieux ! Non. ayez pitié de moi qui vous ai porté dans mon sein.. se déclarant prêt à lut sacrifier sa vie.. Quiterie. lorsqu'elle conduitt à la vie. Gaudens marchait à la mort.. a Martyre de saint Gaudens. revint vers la chaumière.Qu'attendez-vous de moi P s'écria l'enfant aux nouvelles sollicitations de son impitoyable juge . afin que nous nous retrouvions dans l'éternelle gloire. aucun sacrifice. vous l'échangez contre une vie meilleure. Les vérités et les vertus (le l'Evangile coulaient doucement de l'âmee de la mère dans l'âme du. Quiterie avait sans nul doute suivi tous les détails de ce dernier interrogatoire. ils le traînèrent enchaîné devant leur chef. Les yeux fixés sur l'immensité bleue du ciel.. espérant bien que. Quiterie et Gaudens se signalaient particulièrement à leur haine. serrant une dernière fois sur son cceur ce fils bien-aimé. Elle avait assisté au combat. Quiterie et. escorté sans doute de quelques soldats. quand il fut aperçu par les soldats de Malet. conjurant le Seigneur de vous pardonner vos crimes et le suppliant de vous amener à confesser aussi sa divinité. le lieutenant d'Euric ordonna de trancher la tête du martyr. fils.. . mon fils . cette admirable femme lui redit l'héroïque langage de la mère des Macchabées. Baignant de larmes le front du petit Gaudens. Ils se ruèrent sur lui: l'adjurant de nier la divinité du Christ. les brebis et les agneaux paissaient encore paisiblement à la même place. Malet résolutt d'en avoir promptement raison. aucune épreuve. J'abandonnerai volontiers la vie pour rendre témoignage à la foi de mes pères. Mon fils. Lorsque Gaudens. sur son refus formel. Les agents de ce persécuteur se: livrèrent aussitôt aux plus odieuses brutalités sur les Onobrisates„ fidèles à la foi de leur baptême. pour sauver son fils unique. ne craignez pas ces bourreaux crues. Dieu les a créés de rien et la v~e des hommes est son ouvrage . Quiterie donna à son fils le baiser d'adieu. ses brebis sur la bordure du plateau. Gaudenss gardait.. u Mon fils. l'enfant n'eut pas besoin de raconter l'affreuse aventure. quand vous reposerez sur le sein de Dieu qui 170 . comme de coutume. d'où les angoisses. Regarda le ciel et la terre. Parmi les catholiquess fervents. la mère le pousserait à l'apostasie. votre vie n'est pas perdue. qui vous ai allaité et élevé jusqu'à l'âge où vous êtes.. Sa mère s'élança.Les siècles ont emporté laa vieille église où communièrent la mère et L'enfant .

prit sa tête et. Celui-ci l'abattit d'un seul coup sur le gazon. t. puis. le bréviaire commingeois du xvu' siècle n'en a voulu retenir aucun. la légende rapporte que Gaudens. se releva. Episodes miraculeux qui suivent la mort de saint Gaudens. et se refermèrent aussitôt derrière lui. où l'animal aurait laissé ses fers. notamment celui-ci : l'un des soldats partis à la recherche du petit martyr aurait vu son cheval se dresser contre la porte de l'église. L'Agneau divin venait de recueillir dans la gloire éternelle l'âme candide du petit pâtre des Nérous. avec l'espoir de l'honorer d'un culte public et solennel quand des jours meilleurs se lèveraient pour le catholicisme. La légende du moyen âge contait encore une série de prodiges accomplis autour de la précieuse dépouille de Gaudens. sous les yeux des bourreaux épouvantés. reprit sa course. 171 .\J'%J\L\ANA"gÀ7J-t'ï\AINI:d L ti 'Y L 61 ' i N ~9 J\I\'\J\J•I~J\I\/\I\J1/\J~ kJ\ Quiterie conduit en l'encourageant son fils Gaudens au lieu de son martyre. 6 p 0 II S A 238 30 AOUT SAINT GAUmENa 23q Les fidèles du Mas ensevelirent furtivement le corps du Saint. Gaudens jeta un regard à Quiterie.nous réunira bientôt dans son amour I Pour toute réponse. 1 un instant et déposa sa tête sur une pierre. prit la dires lion du Mas-Saint-Pierre. et. Les portes de l'église s'ouvrirent d'elles-mêmes pour accueillir le jeune martyr. le nom de Jésus sur les lèvres. qui s'empourpra de sang. De ces faits qu'il est impossible de contrôler. A l'endroit même où il se serait reposé fut élevée une colonne qui a disparu lors de la Révolution. Reprenant un fait consigné dans les actes de plusieurs autres martyrs. il s'agenouilla et tendit la tête au bourreau. Vers la moitié de sa route. poursuivi par des soldats. décapité. l'enfant S'arrêta J\J \J.

Pierre l'Ancien. et. le siège de Lugdttnurn Convenaruni (Comminges). Les reliques du martyr. les Arabes. ses chapiteaux aux fines sculptures. Déranger. qui devait se consommer à la fin du xv' siècle par la chute de Grenade. et le Comminges. A la fin du xi. siècle. les dépouilles sacrées du martyr. Basilique de Saint-Gaudens. A côté de l'église. Voici comment il les décrit : a Deux dents placées dans leur alvéole. Bernard disposa un cloltre pour l'habitation des Chanoines réguliers de Saint-Augustin. Le successeur d'Euric tomba sous le fer vengeur de Clovis. ne doutant pas qu'il ne les sauvât par sa protection. tout à coup. témoin la translation qui eut lieu en 1315. en témoignage de reconnaissance. Cependant. ses colonnes sveltes. Après la victoire de Charles Martel. Gaudens allait sauver ses compatriotes d'un nouveau péril. Bernard prit à coeur le culte de saint •Camions. Voici quelques marques de protection extraordinaire que les habitants durent à leur patron. ils s'emparèrent de la ville. lequel fut légat pontifical en Avignon et aussi. Et comme ils n'étaient pas en état de se défendre contre une si grande multitude d'agresseurs. Mais. l'ayant aperçu de loin. évêque de Comminges (1502-1513). renfermées dans une châsse d'airain ornée de peintures encaustiques. en Espagne. la vieille basilique romane. Dépositaire des reliques du jeune martyr. l'édifice sortit de terre et grandit promptement. rétabli en 788. on l'appelait la chapelle de La Garnie . une partie de la 172 . de 1422 à 1454. l'église de Saint-Gaudens fut l'objet d'une vénération toute particulière. Des brigands du Béarn et de la Vasconie affamés de rapine et jaloux de la paix dont jouissaient leurs voisins. Protection de saint Gaudens contre les Vascons et les Arabes. Les plaintes arrachées aux malheureuses victimes de ces déprédations parvinrent jusqu'aux habitants des campagnes qui avoisinaient la ville du saint martyr Gaudens. résolurent de pénétrer sur leurs terres pour y mettre tout au pillage. avec ses voûtes hardies. Avec ses trois nefs terminées par d'élégantes absides. Le siège épiscopal étant vacant. mais saint Gaudens rendit inutiles tous leurs efforts. Les reliques de saint Gaudens étant devenues le palladium de la cité. celle-ci. ils reculent épouvantés et se retirent en désordre. était occupé par un pieux pontife que ses vertus avaient fait élever à la dignité épiscopale. sous la présidence de Bertrand de Labartlle. S'étant donc attroupés. dans son austère robe de pierre. où ils s'étaient fortifiés à la hâte. vicaire général du cardinal do Foix. ils s'arrêtèrent stupéfaits. archidiacre de SaintGaudens. Les Arabes se portèrent sur Le Mas à une date indéterminée . le 3o août. Enfin. la translation du corps fut célébrée par les Chanoines. à Poitiers. En 1443. confiants en la puissance de leur martyr. Les assaillants tentèrent d'y pénétrer en incendiant la porte. Il a traversé les siècles sans rien perdre de sa beauté. sur les ruines de leur vieux sanctuaire. s'étaient réfugiés dans l'église. qu'ils couvrirent de ruines. Par ses libéralités.Par la suite. en 1506. reconnut juridiquement. et les déposa dans une précieuse châsse d'argent. sépara des autres reliques une portion du chef et quelques ossements. Gailhard de l'Hospital. Pour fuir une mort certaine. ils firent une brusque irruption dans le diocèse de Comminges et dépouillèrent le pays de tout ce qu'ils purent emporter. en la fête du martyr. ils se réfugièrent à la hâte avec tous leurs biens sur le territoire du glorieux martyr. chanoine d'Urgel. démolie en 1784.. commencèrent un mouvement de retraite. Les provinces méridionales de da France ne furent pas entièrement délivrées de ces barbares. et la paix fut rendue à l'Eglise de Comminges. vaincus. élevèrent un oratoire pour abriter la tombe de leur martyr. elle fut rebâtie au milieu du xix° siècle et bénite le g avril 1855. une chapelle fut élevée an lieu de son martyre . administrateur de Saint-Bertrand de'Comminges. les brigands avançaient rapidement vers le lieu qui leur servait de refuge. fait encore l'admiration des artistes. par suite du décès de Mgr de Salignac. saisis de terreur au récit des prodiges étonnants qui signalent chaque jour la puissance du saint martyr. comme les autres régions pyrénéennes. eut beaucoup à souffrir de leurs incursions. et il résolut d'élever à sa mémoire un monument splendide. Les habitants du Mas. prit le nom de son céleste protecteur. les habitants.

. Il repose aujourd'hui encore sous les voûtes de l'antique église. qui fut vicaire général de Bordeaux et un bienfaiteur insigne des vallées commingeoises.. les révolutionnaires du lieu les oublièrent dans un coin de la sacristie. furent transférés dans l'église du bourg de Mondavezan... On y garde un perpétuel silence. archevêque de Toulouse. l'a remplacé par une gracieuse chapelle. car Montgomery fondit sur la ville et livra aux flammes en 156g ce que la collégiale gardait encore des reliques du martyr.. qui fut relevé de ses ruines en 1855 par celui qu'on appellera plus tard a le Saint de Toulouse u. véritable bijou d'art roman. . les abrite encore. au jour anniversaire de la translation de ses restes. La châsse d'argent. une tranquillité de tous les instants favorise la méditation de choses du ciel. elle fut suivie d'une procession solennelle à travers la ville et couronnée par le panégyrique du Saint. Marie-Antoine.AIIAssE. les impies osèrent porter une main sacrilège sur tous les vases sacrés et les reliquaires .. Abbé F..Missel et Bréviaire de Cornmiages. Mgr Alexandre Compans (t 1926). évêque de Comminges (I644-1671). -du Chapitre de Saint-Gaudens.. La cérémonie eut lieu avec beaucoup d'éclat . Ces précautions ne furent pas inutiles. les visita et les reconnut en 1832. et c'est en foule que ses compatriotes se rendent à se chapelle et se pressent autour de ses reliques.. à Suger. à la discipline. une portion de ces vénérables dépouilles fut arrachée au feu et déposée dans un coffret de bois. qui ravageait les églises. » Ces ossements.. s'élevait en 1789 un modeste oratoire... Sur l'emplacement présumé du martyre. Saint Banannn. le trop célèbre Gabriel de Montgomery. Plus tard. . loin du bruit des affaires séculières. Saint Gaudens... Etat actuel des reliques. Pendant le sac de la collégiale. Mgr Jean de Montpézat de Carbon.. ... et.mâchoire... au quartier des Nérous. La diversité des occupations saintes prévient le dégoût et la paresse spirituelle. La part des reliques que les chanoines de Saint-Gaudens avaient portée dans leur église de Mondavezan s'est conservée également. 1127. la châsse de saint Gaudens ne fut pas 240 30 AOUT épargnée.. (Lettre 78. à cause de la terreur qu'inspirait le commandant des hérétiques. Une chapelle érigée dans l'église de Mondavezan. Des chrétiens courageux dérobèrent cependant les reliques aux profanateurs et les rendirent dès le rétablissement du culte.. Le souvenir des erreurs passées règle le sérieux de la vie nou.. don de Gilbert de Choiseul. Mais.. Histoire du Comminges (1889).. l'abbé Léon Clergue. dans un buste de bois doré. qu'elles furent retrouvées plus tard. dépendant.. En 1793. MARPAST. martyr (1855). SOL.. le futur P. enfermées dans un coffret de bois. le 3o août et aussi durant le mois de mai. On y est tout à Dieu.. Mgr d'Astros.. Une parcelle de ces reliques a été distraite en faveur de la basilique Saint-Sernin de Toulouse. un fragment du crâne et l'os supérieur du bras. par une protection marquée de la Providence. velle... Le culte du petit pâtre des Nérous reste encore populaire dans sa cité.) ~O lit IN e 00 173 . et c'est là. replaça solennellement ces reliques dans une châsse d'argent. Gilbert do Choiseul... assisté de l'évêque de Saint-Papoul.. abbé de Saint-Denis. PAROLES DES SAINTS Dans le cloitre.. Il n'est qu'un allégement aux austérités et à la rigueur de la discipline. Les fidèles se réjouirent grandement de la conservation d'un pareil trésor. lors du pillage de ce sanctuaire. sous le vocable de saint Gaudens. la suavité de la psalmodie et du chant des hymnes. dont les traits frustes rappellent peut-être ceux de quelque reliquaire analogue disparu pendant la Révolution. Sources consultées..A. le 3o août x664. aux saines lectures. on s'y applique à la continence. devait tenter les convoitises révolutionnaires.. alors vicaire de Saint-Gaudens. ..

Vii religieuse. ce qui expliquerait ses occupations pastorales. et pendant qu'il priait. Tentation.1 SAINT RAYMOND NONAT Religieux de la Merci et cardinal (1204-1240). Sa naissance. il vit la Vierge luii sourire et elle lui dit : « Ne crains rien. de nombreux et grands Saints . on vénérait une magnifique statue de la Mère de Dieu. fondé au début du xiii' siècle par saint Pierre Nolasque. Dans ce sanctuaire. se serait produite dans des conditions dramatiques . Saint Raymond berger. Il y a. à l'avenir. enn effet. d'après ce second récit. Sous les yeux du comte Raymond. Cet Ordre. nous allons les rapporter l'une et l'autre. de toutt ton coeur. Le père du jeune homme. de ce fait. ce qui a fait dire que le comte l'avait écarté des études pour lesquelles son fils était très doué. tandis que Raymond était. son ange gardien surveillait le troupeau. Raymond serait le fils d'un berger. que les brebis étaient gardées non point par son fils.. sa philosophie et sa théologie. En effet. il multipliait les Ave et récitait ce que nous appellerions aujourd'hui son rosaire. Enfance et éducation. un ancien ermitage sans doute. sonn père. lui dit174 . La petite bourgade de Portell est située en Espagne. Nous retrouvons Raymond Nonat berger. père qui était au loin et qui ne put venir qu'un 242 31 AOUT SAINT RAYMOND NONAT n43 jour plus tard. lorsqu'on courut avertir son. à Barcelone. parce qu'il voulait étouffer en lui un goût trop vif pour l'état ecclésiastique. s A5NT Raymond Nonat fut un religieux de l'Ordre de NotreDame de la Merci. Les grâces et les miracles obtenus par son intercession sont innombrables. et de la famille de Sarroy. retracée plus loin. sous l'aspect d'un berger. puis fit avec beaucoup de succès ses humanités. dédiée à saint Nicolas. sera aussi donné le surnom de Non natus (non né).. mais par un adolescent d'une céleste beauté. . ô Raymond. Tous les jours devant la statue. et. Il aurait fait la connaissance des comtes de Cardona. se présenta un jour devant l'adolescent : a Frère. sa mère venait de mourir. d'autres auteurs disent en 1188 ou en décembre 1200. évêque de Myre. l'enfant joignait les mains lorsqu'on prononçait les noms de Jésus et de Marie. probablement en 124 . Nonnat e puis e Nonat e. avait pour but la rédemption des captifs. c'est pourquoi tuu peux. quii reçutt au baptême le nom de Raymond. après une apparition de la Sainte Vierge. le jeune pâtre venait aux pieds de la Vierge. passant un jourr en cet endroit. Deux versions ont été données touchant son origine et son éducation première. car je t'adopte pour monn fils . il plaça toute sa confiance en sa Mère du ciel et se voua entièrement à elle.. dont les chefs . dans la province de Catalogne. Sans vouloir nous prononcer. s'aperçut. m'appeler ta mère. et serait devenu par la suite le confesseur de la noble famille. Satan. descendant de la famille de Fox ou Folchs. D'après certains hagiographes. La Sainte Vierge ne tarda pas à lui manifester sa protection. sois sûr de mon patronage et de ma protection. qui devint ¢. » L'enfant suivit ce conseil . C'est dans ce village que naquit Raymond.. Pour ce motif. Fréquemment. au petit être. Et. il apprit les rudiments des connaissances humaines. Un autre jour.Sa piété envers la Sainte Vierge. parmi les religieux de cette Congrégation. . .étaient gouverneurs de Cardona. le dit de sang royal. ainsii en oraison. Près du champ où Raymond menait paître ses brebis se trouvait une petite chapelle. et l'enfant vit ainsi le jour quasi miraculeusement. La seconde version. son culte est très populaire par delà les Pyrénées et dans certaines régions du midi de la France. Sur l'insistance de celui-ci les chirurgiens inter-vinrent. encore tout petit. Fête le 3z aottt. en particulier saint Raymond Nouait est auréolé d'une gloire éclatante. Au foyer paternel. qui est la plus répandue. et dépend du diocèse d'Urgel.

il lui consacra sa pureté. Pendant ce temps. d'où il ramena cent quarante captifs . le fit flageller et on le jeta. Au cours de cette filiale effusion. Il domptait son corps par des flagellations répétées. Outre les trois voeux ordinaires. deux cent vingt-huit captifs. d'ailleurs. Raymond Nonat commença son ministère à Barcelone où il donna des sermons fructueux. puis il en dirigea une autre à Valence. Il parvint ainsi à convertir dix israélites et deux nobles Sarrasins. Il participa à deux expéditions en compagnie de saint Pierre Nolasque. durant l'année izag lui permit de délivrer cent cinquante prisonniers. quelques Mercédaires s'étaient embarqués e vinrent négocier la rançon (le leur frère en religion. toujours en qualité de procureur général. Le chef de la tribu. dans cette expédition. Mère de. dans un obscur cachot. pour 175 . Mû par le désir de lui prouver sa reconnaissancee et sonn affection. il était ravi en extase et restait alors jusqu'à 244 31 AOUT SAINT RAYMOND NONAT 245 trois jours sans manger. il voulut remercier sa divine Mère d'avoir inspiré sa réponse et il se dirigea vers. Il y demeura huit mois. Quelque temps après. devant les geôliers. chargé de chaînes. De là. Souvent.il. car le fervent religieux prolongeait ses oraisons bien avant dans la nuit. Celui-ci repri donc le chemin de l'Espagne. mais il parlait sans aucune gêne. IL reçut l'habit blanc des mains de saint. » Mais Raymond lui répondit qu'il n'accepterait de conseils que de la Très Sainte Vierge Marie. Le noviciat s'accomplit sous la discipline du bienheureux Sérapion Scot qui devait verser son sang pour la foi. A peine avait-il prononcé ce nom que le diable disparut avec fracas en laissant un nuage de fumée. ce qui plongeait les barbares dans la surprise et l'admiration. il s'employait à convertir son entourage. En captivité. et ne se nourrissant que de pain et d'eau. Lorsque le jeune pâtre comprit qu'il avaitt été l'objet d'une tentation. irrité. une quatrième en Algérie. et reçut en même temps le sacerdoce.Le cardinalat. Il fut envoyé à Rome en sa3o par saint Pierre Nolasque comme procureur général de l'Ordre. à deviner et à corriger des défauts de ses pénitents. Au moyen d'un cadenas de fer. Elle lui prit les mains et dicta elle-même les paroles du voeu de chasteté.la petite chapelle. repos bien court. on lui perça et on lui ferma les lèvres. Il prêchait d'exemple par la sainteté de sa vie. Ces faits admirables augmentaient encore le prestige du captif qui opéra de nombreuses conversions. Il était prompt. En izaz. en 1226. Nonat fut envoyé à Borne. Raymond ne devait pas rester longtemps à Barcelone. avec mission d'obtenir du Pape Grégoire IX la confirmation de son Institut. Une misérable litière de paille étendue à même le sol lui permettait de prendre quelque repos . et c'est en vain qu'on le maltraitait pour l'en empêcher. entourée de toute une troupe céleste. Missions à Rome et à Paris. Mais des difficultés d'argent s'élevèrent et Raymond Nonat s'offrit en échange des prisonniers. Le maître conserva toujours un profond attachement pour son ancien novice et lui prédit les souffrances qu'il endurerait en Afrique pour le nom du Christ. L'histoire' dit même que la. Dieu apparut à son jeune serviteur. l'emploi que tu occupes ici est indigne de toi. Pierre Nolasque qui était le fondateur et le Maître général de l'Ordre. toujours avec le cadenas aux lèvres. il vit à: nouveau la Vierge luii sourire. Raymond partit pour Tunis afin de se consacrer aux obligations de sa profession. Il arrivait aussi que. Saint Raymond rachète les captifs. chaines et cadenas tombaient miraculeusement. . dit son biographe. Raymond prononça ses voeux entre les mains de saint Pierre Nolasque ou peut-être devant le prieur de Barcelone. Il obtint de son père l'autorisation demandée et s'en alla. Raymond reçut alors de la Vierge Marie le conseil de partir pour Barcelone et d'entrer dans l'Ordre de la Merci. l'Ordre de la Merci en exigeait un autre celui de se consacrer entièrement au rachat des captifs et d'engager pour cela au besoin sa personne et sa vie. Il délivra.

son ange gardien surveillait son troupeau. et tout autour d'elle. il lui donna sa coiffure. qui n'avait rien pour se protéger la tête contre les rafales. Raymond Nonat revint donc en Catalogne. ou. absorbé dans sa prière. mais il se hâta de rentrer dans son monastère. A partir de ce moment. même légitime et méritée. le Serviteur de Dieu fut ravi en extase. Il reçut du Pape la mission de se rendre en France comme prédicateur apostolique afin de promouvoir une expédition en Terre Sainte (1235). portant le bonnet de Raymond et il lui présenta un diadème de fleurs et un diadème d'épines. En chemin. Les comtes de Cardona lui avaient fait préparer des appartements dans un de leurs palais . un chœur de vierges cueillait de magnifiques fleurs dont elles tressèrent une couronne. Apparition du Christ et de sa Mère. l'idée était trop neuve. Elles la présentèrent à la Mère de Dieu en disant : « Il est digne de cette couronne. On prépara au nouveau prince de l'Eglise une réception grandiose à son retour à Barcelone. le cardinal rencontra un pauvre vénérable. C'est vers cette époque. Le religieux était tenu en grande estime par le Pape Grégoire IX et il aurait même prêché devant la Curie pontificale. Un jour. Délaissant toute gloire. que Grégoire IX le nomma cardinal-diacre. et avec la diaconie de Saint-Eustache en juin 1240. et divers obstacles surgirent qui empêchèrent une croisade immédiate. A Paris. a La Vierge Marie offrit la couronne à son protégé. à l'endroit même où il avait exercé la charité. dans un riant bosquet. Tandis qu'il revenait de Barcelone et qu'il repassait. Pendant que saint Jtaymond 7Vonat priait. mais celui-ci répondit avec une sainte audace qu'il préférait Jésus pour récompense. il rencontra saint Louis qu'il rallia sans peine à ses vues . Raymond Nonat se rendait à Barcelone. Il faisait froid et le vent rabattait une pluie glacée. celui qui donne sa coiffure à un pauvre. Le religieux choisit ce dernier et Jésus en ceignit son front.ranger l'Ordre de la Merci sous la règle de saint Augustin. Emu de compassion. plus exactement. Le Christ apparut alors. tout cassé et blanchi par les ans. mais l'opinion publique n'était pas assez préparée. en décembre 123g. Il vit. Nonat souffrit d'une violente douleur de tête qui ne le quitta plus. 176 . il reprit avec joie la vie régulière et continua à vivre comme le dernier des moines. la Reine des cieux .

cet homme aperçut son épouse en parfaite santé. C'est en reconnaissance de ces prodiges que de nos jours. Après une courte prière. suivie de douze mille personnes. Comme il fallait s'y attendre. il changea de chemin. l'appela à Rome pour le garder près de lui. C'est celui qui portait la sainte Eucharistie. de charger la dépouille sur une mule aveugle et de laisser celle-ci se diriger à son gré.Sa mort. on y voit rassemblées plus de quatre mille têtes de bétail. La peste vint à éclater dans le voisinage de Barcelone. le 26 août. et il déclina rapidement. L'un d'eux était particulièrement remarquable de dignité et (le majesté. Chaque fois que le cortège traversait une ville.. fut accepté. on pouvait tout craindre de sa colère. à première vue assez étrange. arrivé dans ce village. trois Frères de la Merci que personne ne connaissait.La sainteté de Raymond se manifeste par des prodiges. Ils étaient vêtus d'habits d'une blancheur éblouissante. Communion miraculeuse de saint Raymond. L'animal fléchit les genoux devant la maison où le défunt avait rendu le dernier soupir et se mit en route.. Cardona voulait garder celui qui était mort dans ses murs . chaque année. tandis que le religieux s'apprêtait à célébrer le saint sacrifice. C'était en l'année r24o. Or. Un matin. fit aussi valoir ses droits. circonstances providentielles accompagnent sa sépulture. évêque de Myre. qui appréciait la haute valeur du cardinal. et la bourgade de Portell. mais. Grégoire IX. On détacha le vénérable fardeau et l'on remarqua alors un fait surprenant. n Rentré chezz lui. do nombreux troupeaux . La mule. Le cardinal vit un jour arriver dans son couvent un homme dont l'épouse avait été calomniée par ses serviteurs . pas une flamme ne s'éteignit. lieu de naissance de l'éminent Mercédaire.. la plupart portant un cierge funèbre allumé. les accusateurs auront leur châtiment. Après la mort du 177 . Raymond s'endormit dans le Seigneur. en la fête du Saint. La Providence eut tôt fait de régler le différend. on amène devant le sanctuaire où est conservé son corps. l'Ordre de la Merci le réclamait comme son bien . C'est alors qu'arrivèrent dans la ville et se dirigèrent vers la maison où le religieux était mourant. les cloches se mettaient à sonner toutes seules. Elle s'agenouilla et se mit à braire. l'enfant fut rendu vivant à sa mère.. obligé de partir de bon matin pour les champs. Si ce dernier apprenait l'accident. on se disputa la dépouille mortelle du religieux. Quelques instants après. en effet. dans un mouvement de colère le mari avait violemment frappé sa femme. Mais un doute s'était ensuite élevé dans son esprit : n'avait-il pas été injuste envers sa femme P Nonat le rassura : « Les blessures 246 31 AaUT que fil lui as faites n'existent pas plus que les crimes dont on l'a chargée . mais son voyage fut interrompu bien vite : la maladie le saisit à Cardons. parvint au sanctuaire dédié à saint Nicolas. qui était distant de Cardona d'environ une journée de marche. De.. malgré qu'il soufflât un vent violent et que la pluie tombât en abondance. portaient la trace de nombreux coups. pendant le débat. Il communia le malade et disparut aussitôt avec ses deux compagnons sans laisser de traces. dans la maison des comtes de Cardona. Un homme âgé proposa. Il prit d'abord la direction de Portell. tandis que les serviteurs. Nonat se mit donc en route. Celle-ci le supplia de ressusciter son petit enfant qui s'était étouffé tandis qu'elle préparait le repas de son mari. Ce conseil. Les hommes et les bêtes que l'on amenait au monastère se trouvaient guéris dès que Raymond traçait sur eux le signe de la croix. Des personnes se joignaient à la foule pour accompagner le convoi. qui avaient été les témoins et souvent les bénéficiaires des bonnes oeuvres de cette femme. . seuls. suivi d'unn grand nombre de personnes. On attacha sur le dos de la bête le corps du religieux-cardinal et on la con gédia. il se vit abordé par une femme en pleurs. rênes flottantes. dernier dimanche de ce mois.

dans la cité papale. le 9 mai 1626. plusieurs sachets contenant des ossements et le cadenas de son supplice. il fut. accorda au clergé de la diaconie de Saint-Eustache. Ceux qui habitaient trop loin pour se rendre à la chapelle de Saint-Nicolas se réunissaient dans le plus. Sous ce même vocable. qu'il aurait été canonisé par Grégoire IX. le reliquaire. au Chapitre général. la chapelle devint la propriété de l'Ordre de la Merci. Le 14 novembre 1655. Une lettre écrite le 3 octobre r655 par Hyacinthe Carrai. le 5 novembre 1625. appelé plus tard a de saint Raymond de Portell ». une peste avait éclaté à Toulouse et faisait de nombreuses victimes. on avait trouvé sa main droite si énergiquement fermée que personne n'avait pu l'ouvrir. Michel d'Alcantara. Le peuple n'attendit point la reconnaissance officielle par l'Eglise de la sainteté de Raymond Nonat. et les Papes légitimes qui suivirent n'auraient point rapporté ce. il étendit cette autorisation à tous les religieux de l'Ordre. Et voici que la main s'ouvrait maintenant toute seule . la veille de Noël. le même Pape inscrivit saint Raymond Nonat au Martyrologe romain avec son titre de cardinal. donnaa une nouvelle approbation au culte du Saint. le culte du saint cardinal n'était pas encore officiellement reconnu. très anciens. ce qui n'était point la canonisation. une foule de plus de douze mille personnes accourir vers son sanctuaire. invoqué par saint Pierre Nolasque lui-même. le dernier dimanche d'août. Sans parler de tous ceux qu'il avait édifiés ou guéris. Urbain VIII. à cette époque. il entrerait dans la vie éternelle. D'innombrables guérisons furent opérées par l'intercession du Saint auquel on adressa des prières publiques. le 1o mars 1681. de célébrer sa fête et de réciter son Office. La châsse renferme le chef du Saint. Chacun admira les desseins de la Providence et comment le sanetuaire qui avait vu s'éveiller la vocation religieuse du cardinal devenait aussi son tombeau. Innocent XI étendit cet Office à toute l'église sous le rite double. dès sa mort. Le pseudo-Pape Benoît XIII (Pierre de Luna) l'aurait canonisé au. SAINT RAYMOND NONAT 247 248 31 AOUT décret. dont les auteurs sont inconnus. pour lui annoncer que l'année suivante. Mercédaire de Marseille. le 13 août 166. Cependant. une belle église. Maître général. et une image de Notre-Dame de la Merci. écrit de la main de Nenat et dans lequel il manifestait son désir d'être enseveli en cet endroit. Clément IX. au Maître général... relate la guérison obtenue ainsi par plus de vingt mille pestiférés. une indulgence plénière à tous ceux qui visiteraient l'église Saint-Eustache.saint religieux. puisque l'Office restait libre et non imposé. On lui chantait des cantiques populaires. Concile de Constance avec l'approbation des Pères rassemblés.9. On pouvait voir chaque année. dont ce cardinal avait été titulaire. Or. Enfin. Il aurait même apparu à ce dernier en 1255. commencée en 1674. sa statue devait être solennellement inaugurée dans le sanctuaire . recommanda de l'invoquer. ayant appris ce grand miracle. accorda la récitation de son Office aux déchaussés de l'Ordre de la Merci . depuis les premières Vêpres du 13 novembre jusqu'au coucher du soleil. Le 7 août 1657.. à pareil jour. procédant ainsi à la canonisation 178 . Le Pape Alexandre VII. Au fond du sanctuaire. le 20 octobre 1655. premier procureur à Rome. Sa cause fut introduite. un petit. Quelques années après-. Philippe de Guimeran. Raymond ne tarda pas à être vénéré comme aucun autre Saint. proche monastère de la Merci pour accomplir les mêmes cérémonies. a remplacé l'a chapelle primitive. En cette année. aux conditions habituelles. le jour suivant. Alexandre VII. un billet s'en échappa. en 1612. éleva l'Office au rite semi-double ad libitum pour toute l'Eglise. D'autre disent même. temple abrite l'autel privilégié depuis 1822. et y amener de nombreux troupeaux. en Espagne. Culte de saint Raymond Nonat. avec encore moins de preuves. le Souverain Pontife accorda. Les malades se trouvaient soulagés en buvant de l'eau qu'avait touchée une relique de saint Raymond Nonat. Un couvent y fut bâti.

21 janvier (II). Les Petits Bollandistes. Sue Agnès de Rome. Amé ou Aimé. S. Ange d'Acri. B. Sources consultées. . Ste Airs d'Augsbourg. 4 février (I). Alphonse de Liguori. 3 juin (II). ro novembre (1). 26 avril (11). 17 janvier (1). S. SS. ermite.E. r6 décembre (11). rz mai (I). S. Abraham d'Auvergne. Alexis. S. 4 octobre (II). z2 janvier (11). 27 septembre (I). Abraham Kidunaia. a1 janvier (I). 26 juin (II). 23 juillet (I). B. 28 oct. 17 octobre (Il). S. B. ao avril (1). saint Raymond Nonat fut souvent invoqué dans les cas de naissances difficiles . Alphonse Rodrigue. de Stalle. 4 janvier (I). Amé). S. 15 sept. 13 septembre (II). 5 février (1). 5 août (I). Adalbert de Prague. 16 mars (I). I Ste Agathe. Antoine de Padoue. Achart de Jumièges. L B.Anastasie. 2 août (1). E. S. Achille. Adrien. 786.Mgr PAUL GUAmn. VI d'août (Paris et Rome.). VILARRASA. 5 juillet (J).ici. 17 juillet (I). S. S. 1897). L. S. Abercins. S. Il (Lérida. 3r mai (I). 23 avril (II). Abdon et Soulier. S. CllAmIAvome. B. Ange de Forci. Albert le Grand. 18 août (1). (I1). 8 mai (1). . S. Amable de Riom. 3o janvier (I).!:e. S. t. S. André Avellino. S. S. Saint Raymond Nonat protecteur des mères. Antoine Nayrot. Albert de Louvain. 1o août (il). 3i octobre (I). 3o juillet (I). lit (Earrolonc. t. 6 février (11).' de. André Robots. (II). B. Alexandre l'Acémèic. S. B. Ras Angèle de Foligno. Ste Agnès de Montepulciano. 17 novembre (II). Si. Ste Adélaïde. Table générale alphabétique des deux Séries de la collection « Un Saint pour chaque jour du mois » A SS. Amédée. 15 novembre (I). André. Alexandre de Bergame. Anatole. S. A cause des circonstances dans lesquelles il vit probablement le jour. S. S. Sanctorum. n juin (11). 13 juin (I). B. S. Des cas désespérés sont ainsi résolus : des fièvres puerpérales disparaissent en quelques instants. S. de Sienne. Aignan d'Orléans. a6 août (I). Bac Anna-Maria Taïgi. (Il).. 11 octobre (1). lionne Presse). S. Antoine. André Corsini. Ste Anne. roi. Evence et Théo eJule. Ambroise Sansedoni. S. Anselme de Badagio. . S. Ste Angèle Mérici. 3 juillet (I). Anthime. 3 mai (1). Alfred le Grand. S. S. S. André le Scot. Ammon. S.iamen pùblico en hono. B. X (Paris.par équipollence. ai novembre(!). 17 février (I).. La teyeeda de ora. S. t. 1o juillet (II). B. S. Alban ou Alban. 3o octobre (I). Alexandre ler. 25 décembre (I). Angilbert (voir S. 8 septembre (I). Alexis Palconieri... S. Amans de Rodez. 4 novembre (Il). S. Sic Aldegonde. André Caccioli. 15 juin (1). on pourrait dire que c'est en faveur des mères qu'il accomplit ses miracles les plus éclatants. Anastase le Perse. Amand de Maëstricht. Anschaire. t. S décembre (1). 2r avril(I). . Alexandre Sauli. 23 février (Il). 179 . 22 juin (Il). Antoine-Marie Zaccaria. Abbé). Acace de Byzance. S. a6 juillet (I). Aimé (voir S. Apollinaire de Ravenne. 19 décembre (II). g juin (I). Ntra Senora del Colt de les Sabines de Cernera. Anthelme de Chignin. 3o novembre (I). apôtre. S. Annuaire pontifical catholique de f929 (Paris. S. 1937). so mars (11). Apollinaire de Valence 5 cet. Engelbert. S. sa août (11). un enfant mort-né se met à crier cinq ou six heures après être venu au monde.. 23 mai (11). Anselme de Cantorbéry. André de Crisis. Alban Roë. S. S. r8 mars (II). 1898). 22 octobre (I). 3 février (I). S. S. S. . Alype. Ambroi=e. Adrien leortescuc.-Eounnoo-M. S. S.

l'Athonite. Vincent de Collioure. Yves de Chartres (voir S. Ursin de Bourges.. Andoche d'Autun. Vaast. Yrieix. 18 avril (II). (11). 5 décembre (11). S.'160'. Ste Auatreberte. 180 . a4 janvier (I). S.). 28 août (1). S. Bandry de Soissons. a6 décembre (II). Babylas. S. Thyrse. S. a8 janvier (I). 169. S. rg juillet (I). Pape. Or avril (II). 13 juin (I1). r"r juin (lI). sa janvier (I). S. S. S. S. 22 sept. a mai (II). 2o mars (I). André le Scot. S. 30 novembre (Il). Urbain V. B. S. S. 5 juillet (I1). g juin (11). Yves Mahyeuc. Aubin d'Angers. Athanase d'Alexandrie. S. 6 septembre (I). Valentin (le Rome. S. 6 février (I). 7 août (I1). 99 mars (1). 22 novembre (11). Valéry.Ste Apoiline. Tillon ou Théau de Solignac. B. Vict'ice de Rouen. Ambroise. S. S. (I). Attale de Robbia. Tugdual ou Tugal. Aile ou Agile. Bénigne. ao juillet (Il). ro février (II). 6 novembre (1). so décembre (II). Auxence. Venceslas (le Bohème. S. WiUOn de Rouen (voir S. ra octobre (I). 34. Victorien d'Asana. diacre. Urcisin de Luxeuil ou Ureanne. ig avril (1). Ste Véronique Giuliani. 5 avril (I).(Il). le. 160'. S. S. rg décembre (I). Ste Walburge. z4 janvier (II). S. novembre (11). 3o janvier (II) S. Vincent. 13. Timothée. 14 juin (I). Walbert. Aventin de Larboust. 187. S. Ste Waltrude ou Waudru. S. 97 avril (I). a5 février (1). S. Sic Basilisse. 4 décembre (1). Barachisius. prophète. Avit de Vienne. Aupre on Avec. S. S. Zosime. 1o mars (I). ra janvier (11). S. Bse Villana de Bottt. Barnabé. S. Arnoul de Metz. S Allie. r4 août (l1). S. S. 153. Basile le Grand. 24 août (I). r3 janvier (1). Zacharie. S. Arthaud. Vincent d'Agnila. Basile d'Ancyre. 26 février (II). g avril (I). S. Vincent d'Agen. Pape. S. su mai (I1). Zéphyrin. W'louer. S. 7 jan vier (II). SAINTS Achard. ao septembre (II). Barthélemy. TABLE DES MATIÈRES DE CE VOLUME S. Aredius ou Yrieix. S. S. S. Vincent Ferrier. S. Sic Al]mnaaie. Bac Véronique de Binasco.. S. S. 7 octobre (I1). (II). 256 TABLE G1SNeRALE S. S. 193. Ste Attale de Strasbourg. Turibe Mogrovéjo. 8 juillet (II). 3 déc. 10. Wulfran. u juin (I). Victor de Plancy. S.. 28 sept. Léon de Bayonne). 5 novembre (I). g juillet (I). Ste Appie. Bandry de Soissons. S. 28 février (II). S. Ste Zite. Ives). 2a mars (1). Wandrille de Fontenelle. 4 juillet (1). r4 dé eembre (If). Ulrich d'Augsbourg. 51e Barbe. rer mars (I). g novembre (I). S. S. S. ar juillet (11). V S. 40'. Ste Viviane (voir Ste Bibiane). S. r4 février (II). Victor de Marseille. Ailier. S. Baroulas. a6 novembre (II). let août (11). Augustin. 14 février (. 25 août (11). a mai (I). Apollonius. a6 août (11). 34. S. g janvier (I). g février (I). Wiener. Ste Bathilde. Wilfrid d'York. S. 5 février (II). S. Vincent de Paul. Valens. Baudile de Ntmes. w S. Austremoine. 1. 18 novembre (11). 22 juill. 23 mars (11). 158. S. 88'. Basle. Thomas de Villeneuve. Venance-Fortunat de Poitiers. Augustin.

Thérèse de l'Enfant-Jésus. 19. 97. 40'. 168'. Ouen de Rouen. Philomène. 201. 121. Guérin d'Auips. Martin de Tours. 181 . 128. 72. 56. 208'. Victriee de Rouen. 194. 193. 31. 91. 982. Creuse. Pélagie (le Limoges. Germain d'Auxerre. Austreberte. 187. Urbain 11. 96'. 34. 89. 156. 89. 2'13. 88'. 62. Nient ou Nizier. 185. Radegonde. Brigitte de Fiesole. Moins. Wandrille. Serenus ou Sérène de Marseille. Philibert ou Philbert. 19. Louis de Gonzague. 225. Hélène. Comgall. Jean Berchams. Thyrse d'Autun. 9. 81. 195. 209. 48'. 187. Zéphyrin. Secondine. Lucie de Syracuse. Merri ou Médéric. 217. Sévère de Vienne. 16'. Grégoire VII. Eloi. Magne de Trani. 120. 152'. Yrieix. 8S'. 241. Thérèse d'Avila. Athanasie de Timia. 187. Taurin d'Evreux. Béthairc de Chartres. 145. 240'. 193. Félix d'Autun. 137. 19. de Bev Octavien de Quingoy. 73. les autres pages de simples notes. Sulpice de Bourges. 96'.19. Gyprien. 154. Ferréol. Robert de Champagne. Stanislas I(ostira. 209. Jean Eudes. Patrice. 19. 88'. Raymond Nonat. Polycarpe. 233. 16'. 96'.liernard. 160'. Gésaire. 161. 192'. Grégoire le Grand. Pierre Chrysologue. 198. 200. 65. Luan ou Lugid. 34. Simplicien de Milan. 24'. Maxime. Sébastien. Manchen (le Clonfert. Julien de Brioude. les pages suivies d'un astérisque (') les citations des écrits. Léon I" le Grand. Rhétice d'Autun. Les pages en chiffres gras indiquent les biographies complètes. Laudulfe ou Lau d'Evreux. Claire de Montefalco. 59. Venante-Fortunat. 1014 BIENHEUREUX Amédée. Privat. 16'. Sidoine Apollinaire. 174. SAINTHS Agathe de Catane. 49. Martial de Limoges. Jean Ghrysostome. 160'. Entende. Isidore de Séville 16'. 56'. 34. 25. Victor III. 193. 198. 156. 161. 31. 129. 153. Agnès. Bonaventure. Donat. Pierre d'Anagni. 52. 105. 86. Evode. BIENIIEURE Jeanne d'Orvieto. 25. Gaudens. 89. Jean-Marie Vianney. Cession d'Autun. 169. Grégoire de Nysse. 33. 34. 26. 113. 57. 25. Euple de Catane. 19. 19. Jacques Bianconi. 17. 160'. Didier.