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des socialistes

NUMÉRO SPÉCIAL CONSEIL NATIONAL

N°792-793
DU 26 SEPTEMBRE
AU 2 OCTOBRE 2015
1,5 €
10, rue de Solférino 
75333 Paris Cedex 07 
Tél. : 01 45 56 77 52
hebdo@parti-socialiste.fr
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION 
ET DIRECTEUR DE LA PUBLICATION •  

Razzy Hammadi 
• RÉDACTRICE EN CHEF • Sarah Nafti 
• PHOTOGRAPHE • Vincent Jarousseau 
• MAQUETTE • Florent Chagnon 
• FLASHAGE ET IMPRESSION PGE (94)
Saint-Mandé 
• N° DE COMMISSION PARITAIRE :
1118P11223 
• ISSN 127786772
“L’hebdo des socialistes” est édité  
par Solfé Communications,  
tiré à 29 000 exemplaires

UN RÉFÉRENDUM
POUR L'UNITÉ
Le conseil national du Parti socialiste, qui s'est tenu samedi 19 septembre à
Paris, a décidé d'organiser les 16,17 et 18 octobre, un référendum pour l'union
de la gauche. « Nous avons décidé de nous adresser au peuple de France, au
peuple de gauche parce que nous estimons trop grave la fragmentation, a
expliqué Jean-Christophe Cambadélis. Nous lançons un appel aux hommes
et aux femmes de gauche : aidez-nous à réaliser l'unité parce que celle-ci est
nécessaire face au bloc réactionnaire. » Face à la droitisation de la société
« nous devons être dans un rassemblement », a-t-il ajouté. Pour le Premier
secrétaire, « le débat pour l'unité n'est pas subordonné à tel ou tel aspect
programmatique ». Ce qui est en jeu « c'est ce que la gauche a fait depuis
de très nombreuses années » dans les régions, ce que la droite veut défaire.
Le référendum se déroulera sur trois jours, avec des urnes sur les marchés
de France, et un site dédié pour voter en ligne dès le vendredi.
« La bataille de l'unité ne sera pas aisée, car il faudra lutter contre les
pesanteurs du passé, contre les réflexes et les prétextes d'appareils, a averti
Jean-Christophe Cambadélis. Ce référendum n'est pas un coup de poker
mais un coup de tocsin, pour l'unité. Il ne s'agit pas d'anticiper la défaite mais
de l'empêcher, en battant la droite et l'extrême droite. Pour la gauche et pour
les Français, pour la vie des gens. »

AG
EN
DA

2 octobre 2015

Colloque
sécurités
sociales

21 octobre 2015

Signature de
la déclaration
d'engagement
pour le climat

LES INTERVENTIONS

2

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADÉLIS

cité d’agir, et il l’a fait dans une situation où nous savons
que, dans un certain nombre de pays, on est hostile à
l’accueil des réfugiés. Et nous savons qu’il y a à la fois
des partis de droite qui sont hostiles mais aussi des partis sociaux-démocrates qui sont hostiles. Il était donc
nécessaire d’obtenir une position solide avec Madame
Merkel sur le sujet. Et il fallait aussi offrir une perspective qui soit une perspective rassurante pour l’ensemble
des Européens et principalement les Français.
Et pour cela, le plan Hollande, qui n’est pas le plan
Merkel, le plan Hollande, sur la question des réfugiés, a combiné plusieurs choses. D’abord, l’accueil.
L’accueil dans tous les pays et la déclaration commune
entre l’Allemagne, la France et l’Italie sur le nécessaire
accueil des réfugiés a été un moment extrêmement
important. Ensuite, le fait qu’il y ait des moyens pour
les frontières de l’Europe et que l’on ne peut pas laisser
des pays en difficulté économique faire face tout seuls,
qu’il était de la nécessité de la solidarité européenne
de faire en sorte que Frontex soit renforcé, ce qui est
le cas, de faire en sorte qu’il y ait des garde-côtes dans
ces pays. Et ça a déjà commencé, et nous le voyons, en
Méditerranée, parce que vous n’assistez plus à la venue
de réfugiés en Italie, ou beaucoup moins, et qu’il y avait
là une politique commune à mener.
Et puis, la politique menée et proposée par le président
de la République, et qui a été expliquée au Parlement
par le Premier ministre, c’est d’essayer de constituer
des hot spots, c’est-à-dire de constituer des camps
qui permettent, excusez-moi le terme mais c’est de ça
dont il s’agit, le tri entre ceux qui demandent l’accueil
en étant réfugiés et ceux qui sont là pour des raisons
économiques avec cette question des pays qui sont des
pays sûrs à partir desquels on ne peut pas tenter ou
essayer de venir en Europe s’installer.

Bien, chers camarades, permettez-moi de délivrer
quelques mercis. Merci d’abord aux camarades qui ont
jugé que l’initiative du Parti socialiste sur la question
des réfugiés était adéquate par rapport à la situation
politique. Merci d’avoir trouvé que le Parti socialiste
s’était montré sur ce sujet à la hauteur des valeurs que
nous défendons ensemble.
Merci d’avoir participé toutes et tous à la campagne
de solidarité sous la forme des villes impliquées dans
l’accueil des réfugiés. Merci enfin d’avoir jugé que nous
avions en temps et en heure agi dans ce domaine. C’est
un premier point qui nous rassemble et vous verrez
qu’il y en a d’autres. Parce que ce que nous sommes en
train de vivre, et Guillaume Bachelay avait raison de le
dire, c’est une question historique. Bien sûr, on utilise
souvent ce vocable, et moi aussi je l’utilise souvent mais
là, nous voyons que l’Europe, comme l’a dit Emmanuel
Maurel, mais le monde d’un certain point de vue est
confronté à cette crise des réfugiés. La crise des réfugiés, c’est la crise de la Méditerranée. Et nous sommes
dans cette Méditerranée, au bord de cette Méditerranée, nous sommes confrontés à la fois à des guerres, à
des révolutions, au frottement de cultures différentes,
voire de religions et le regard des socialistes doit être
ou doit aller au-delà des évènements, si douloureux
soient-ils, il doit regarder au loin ce que nous voulons
faire de cette Méditerranée au lendemain des évènements que nous traversons.

Parce que la solidarité est un droit, et je l’ai dit au
congrès de Poitiers, la solidarité est un droit pour tous
ces réfugiés, mais l’idée de s’installer là où on veut,
quand on veut, comme on veut n’est pas un droit, et il
faut avoir ça en tête.
Ensuite, la décision du président de la République de
reprendre à son compte une proposition qui était la
nôtre, vous voyez que c’est fait des fois, et on pourrait
s’en féliciter, je n’ai pas entendu beaucoup de gens s’en
féliciter, d’une conférence internationale sur les réfugiés est juste. Pourquoi ? Parce qu’il faut traiter à la fois
ceux qui viennent et il faut traiter les causes.
Et les causes, on les connaît, elles sont économiques
pour certains, là il s’agit de migrants économiques,
mais elles sont aussi, nous le savons, dues aux guerres
et au développement et au déploiement des révolutions
contenues ou non contenues suivant les pays. Donc
nous sommes dans un paysage chaotique et le rôle
des socialistes au pouvoir, c’est de gérer l’instant et de
regarder devant.
Et de ce point de vue, je crois que collectivement, ce
n’est pas souvent, nous pouvons accorder un satisfecit
collectif au président de la République et au gouvernement sur ce sujet.

Eh oui, pour y faire face, il faut stabiliser la situation.
Eh oui, le président de la République, parce que c’est
de lui dont il s’agit, a eu une position, mon cher Alain,
équilibrée. Il a d’abord essayé de convaincre les Européens parce que ce sont ces derniers qui sont en capa3

Merci aux camarades qui ont trouvé que la lettre que
j’avais pu écrire aux hommes et aux femmes de gauche
était une intuition politique bienvenue. Merci d’avoir
trouvé que la description qui était la mienne de la situation de la gauche était frappée au coin du bon sens.

Mes chers camarades, un petit mot pour éclairer le
débat entre nous : moi, je ne pense pas qu’il y ait des
camarades dans notre formation politique qui se
fassent l’écho des positions de Jean-Luc Mélenchon. Je
ne pense pas non plus qu’il y ait des camarades qui se
fassent l’écho du parti communiste, ou je ne pense pas
non plus qu’il y ait dans notre formation des camarades
qui se fassent l’écho des écologistes. Mais parce qu’ils
ne se font pas l’écho des uns et des autres, ils doivent se
faire l’écho du Parti socialiste. Et ils doivent indiquer en
quoi nos partenaires, avec lesquels nous ne partageons
pas un certain nombre de choses, doivent prendre en
compte ce que pensent les socialistes.

Donc voilà un deuxième sujet qui est un sujet de rassemblement. La question de l’unité est importante.
Pourquoi ? Elle est même déterminante. Pourquoi
? Parce que comme vient de le dire avec force Julien
Dray, nous sommes dans une situation politique où une
extrême droite est là, présente, dans les sondages à
près de 30 %, se préparant peut-être, je ne l’espère pas,
à prendre des régions, et essayant de conquérir le pouvoir malgré les difficultés internes.

Moi, ce que je regrette, non pas que nous ayons des
divergences entre nous, j’y reviendrai, je ne les estime
Dans notre histoire, nous socialistes, ce n’est pas rien.
pas aussi importantes qu’on veut bien le dire. Mais ce
A chaque fois qu’un front populaire ou qu’une unité
que je regrette, c’est que le débat où tout le monde pars’est construite, c’est toujours au-delà des divergences,
tage la même analyse sur les formations politiques,
et elles étaient nombreuses. C’est toujours par rapport
et au début de son intervention Laurent Baumel l’a
au fascisme qui ne devait pas passer. Certes, ce n’est
dit, il a parlé du sectarisme des formations politiques
pas un parti fasciste, national-populiste, mais la xénode gauche autres que les nôtres, il a parlé du sectaphobie qu’il porte ruinerait la Répurisme des écologistes bien soublique, nous le savons tous. Mais ce
vent. Eh bien, à partir du moment
que nous n’avions pas intégré ou ce
où nous avons ce même diagnostic
que nous n’avions pas vu, même si
ensemble, il me semble nécesIL FAUT ARRÊTER LE
certains s’étaient exprimés sur le
saire de dire aux uns et aux autres
sujet, c’est qu’il y aurait une espèce
TÊTE-À-TÊTE AVEC LES
leurs responsabilités, et personne
de fusion idéologique sous l’impulne peut croire que l’union serait
APPAREILS ET LES APPAsion de Nicolas Sarkozy entre l’explus facile si on était sur les posiREILLONS, ET IL FAUT
trême droite et la droite extrême
tions des autres, qu’elles soient
S'ADRESSER AU PEUPLE
parce qu’une partie de notre popuéconomiques ou autres. Parce que
DE GAUCHE.
lation, une partie des Français esle problème, ce n’est pas la ligne
time que la question des questions
politique contrairement à ce que
aujourd’hui, c’est la nature de la
vous croyez, c’est la position de la
France, son histoire, et que celleminorité du parti, mais ce n’est pas
ci va être pervertie par l’islam. Il y a dans notre pays,
la position du parti communiste, du parti de gauche et
une trentaine de pourcents sur le plan électoral, 40%
des écologistes. Le désaccord est plus essentiel que ça,
peut-être, même plus, qui estiment qu’il faut faire face
il ne porte pas sur telle ou telle mesure, il ne porte pas
à cette situation. C’est la peur du grand remplacement.
sur telle ou telle politique ou caractérisation de politique sociale libérale, je vais vous en faire la démonsEt aujourd’hui, Nicolas Sarkozy, pour gagner l’électration, non, il est plus ancien que cela, il ne date pas du
tion primaire, a décidé d’emmener sa formation poligouvernement Hollande-Ayrault ou du gouvernement
tique sur ces thèses. Ne croyez pas qu’Estrosi avance
Hollande-Valls, non. Il a commencé au lendemain de
tout seul ou que Ciotti avance tout seul sur les thèses
l’expérience de François Mitterrand.
qu’il défend. Quand vous regardez bien celles de Nicolas Sarkozy, ce sont exactement les mêmes, sauf qu’il
Et notre responsabilité à l’époque a été, Julien a raison,
fait attention aux mots qu’il prononce. Et donc nous
alors que la divergence était majeure, de lancer la persavons une droite et une droite extrême qui constitue
pective de la gauche plurielle et c’était impossible de
aujourd’hui un bloc réactionnaire. Nous le disons tous
se mettre d’accord avec les partis politiques, du parti
dans nos textes, quelles que soient nos sensibilités,
communiste et du reste. Impossible. Et c’est pour cela
nous avons intégré ensemble cette analyse de la sique nous avons fait un appel de 500 personnalités à
tuation. Eh bien, il faut en tirer un certain nombre de
l’époque pour organiser cinq rencontres qui ont débouconclusions.
ché sur la gauche plurielle.

Le débat sur la nature de la gauche et de sa politique
par rapport à la question du bloc de droite et de l’extrême droite n’est pas un débat nouveau. Cela a toujours été le débat dans la gauche. Et bien souvent, dans
l’histoire des formations politiques de gauche, dans
l’histoire de la social-démocratie, on a mis en avant, et
pas simplement la social-démocratie, les désaccords,
Laurent Baumel dirait secondaires, par rapport aux
désaccords principaux. Et faire en sorte que ces désaccords viennent empêcher l’unité parce que l’unité doit
se faire de façon organique. Jamais l’unité ne se fait de
façon organique. Ça n’existe pas. Ça n’a jamais existé
dans l’histoire de la gauche.

Cette démarche-là, elle a visé à rassembler, mais aussi
à s’adresser à l’ensemble des militants et des sympathisants pour submerger les raisons de la division,
parce que, au lendemain de l’expérience de François
Mitterrand, l’analyse de Jean-Luc Mélenchon, il n’en
était pas encore là, encore que, l’analyse du parti communiste, l’analyse des écologistes, c’est que tant que le
Parti socialiste serait hégémonique, il n’y avait pas de
possibilité de l’orienter sur ce que sont leurs positions.
Et c’est ce qui s’est passé lors du 2002. Alors que nous
avions, personne ne peut dire autre chose, même JeanLuc Mélenchon disait que c’était le gouvernement le
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plus à gauche de la planète, eh bien, mes chers amis,
mes chers camarades, cela n’a pas empêché les formations politiques d’aller au combat et d’être émiettées, et de conduire à la situation telle que nous l’avons
connue en 2002. Et ceci a continué tout au long des
années suivantes. La bataille de l’unité, elle est due
aussi au fait que certains sont dans la différenciation
pour construire leur boutique politique sous la Ve République.

Il peut y avoir une différence sur notre liste entre
ceux qui acceptent de participer à l’exécutif régional,
c’est notre cas dit le parti communiste, et ceux qui le
refusent, cette différence avec le parti de gauche était
déjà assumée en 2010. A chaque fois qu’il est possible
de prendre place dans un exécutif pour faire progresser
les politiques publiques, je suis pour la stratégie, pour
cette stratégie. Je suis pour. La stratégie du tout ou rien
mènerait à la prise du pouvoir généralisé par la droite
et l’extrême droite.

Et aujourd’hui, vous croyez que, si on était dans une situation reprenant telle ou telle position encore une fois,
ils seraient favorables à l’union ? Non. Parce que s’ils
étaient sincèrement pour l’union, en fonction du programme ou de ce qui a été dit, il y a des régions dans
lesquelles ils connaissent les responsables politiques
socialistes et dont ils savent que ces responsables
politiques ne partagent pas totalement la politique
gouvernementale. Et de leur propre point de vue, dans
un moment où il y a la possibilité du Front national de
l’emporter et où les leaders dans ces régions ne sont
pas à 100% sur la politique gouvernementale, s’ils
étaient sincèrement pour l’unité, ils auraient fait une
liste commune aux élections régionales dans le Nord/
Pas-de-Calais-Picardie. Ce n’est pas leur sujet ! Leur
sujet, c’est la délimitation pour construire une alternative politique parce qu’ils rêvent d’une situation à la
Syriza ou à la Podemos. C’est ça leur objectif. Mais ils
sont des adversaires politiques, même si nous nous
retrouvons en commun dans la lutte contre la droite et
l’extrême droite.

Ce qu’il dit, là, n’a pas nécessité pour nous, on peut le
regretter, d’un changement d’axe programmatique ou
d’actions du gouvernement, ou une inflexion budgétaire, c’est simplement le bon sens. Et le parti communiste serait, lui, capable de penser ça, et nous, nous
poserions des conditions à la question de l’union ? Non.
Mes chers camarades et mes chers amis, aujourd’hui,
et là je suis à 100 % d’accord avec Julien Dray, il faut
arrêter le tête-à-tête avec les appareils et les appareillons, et il faut s’adresser au peuple de gauche. Et le
peuple de gauche est inconditionnellement pour l’union
face à la droite et à l’extrême droite. Il ne pose aucune
condition quand il s’agit de défaire ce que toutes les
gauches et les écologistes ont fait, quand il s’agit de
défaire ceux qui veulent défaire la République. Aucune
condition.
Alors, mes chers camarades, moi je fais une proposition
au Parti socialiste, je fais la proposition suivante après
avoir écouté ce qu’ont dit l’ensemble des camarades,
c’est que nous nous adressions directement au peuple
de gauche, que nous soyons capable de le mettre en
mouvement, que dans quelques semaines, disons le
18 octobre, dans toute la France, sur tous les marchés,
dans toutes les circonscriptions, il y ait un référendum
pour l’unité pour rassembler l’ensemble des forces de
gauche dans les élections.

Mes chers camarades, aujourd’hui, dans la situation
actuelle, moi je ne pense pas qu’il soit possible de dire
que, par une inflexion programmatique, nous pourrions faciliter l’unité politique. Je vous en donne une
démonstration : vous avez tous lu l’interview de Pierre
Laurent dans Le Monde d’hier. Elle est formidable cette
intervention. Je ne comprends pas que personne ne l’ait
citée. Qu’est-ce qu’il dit ? L’ordre d’arrivée des listes de
gauche au premier tour n’est pas écrit d’avance. Nous
sommes d’accord. Au second tour, aucune des listes
de gauche ne sera en mesure de l’emporter, seule,
une région. Il faudra donc une fusion qui respecte les
différentes propositions. Il parle du Front de gauche.

Oui, nous en appelons à la mobilisation de l’ensemble
des forces de gauche. Oui, nous donnons la parole,
chers camarades, puisque vous le demandez, nous
donnons la parole au peuple de gauche pour qu’il dise
réellement ce qu’il pense. Et moi je suis persuadé qu’il

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sera en mouvement pour imposer cette unité, et déjà, il
y a des partis qui sont prêts à y participer.

ce Conseil national : les socialistes sont dans une discussion amicale avec le gouvernement sur la question
budgétaire. On est loin de ce qu’on entendait les autres
jours, c’est parfait. Restons dans cet état d’esprit.

Eh bien, mes chers camarades, si nous faisons cela,
nous serons dans le bon chemin pour les élections régionales. Et nous interviendrons dans la crise de fragmentation avec une grande force, et je ne doute pas que
les camarades qui se félicitaient de ma lettre ouverte
au parti de gauche se féliciteront de ce référendum sur
l’union et sur l’unité.

Mais, mes chers camarades, je voudrais terminer sur
quelque chose qui me chiffonne. J’ai entendu Jérôme,
et je rends grâce à son talent de vouloir s’insérer dans
les contradictions de la majorité, mais quand même,
sur cette histoire d’Emmanuel Macron, je me gratte
la tête, je me dis : peut-être que j’ai rêvé ce matin,
Chers amis, chers camarades, je voudrais remercier
mais il me semble que le président de la République
tous les camarades qui sont montés à la tribune, me
a parlé, que le Ministre a dit qu’il avait été trahi, c’est
dressant des couronnes pour les initiatives que j’ai pu
une chose, mais le président de la République a parlé.
prendre sur le terrain budgétaire. Dans ma grande
Alors je m’attendais à ce que les socialistes disent :
naïveté, je crois que tout ceci est pour aider le Premier
bravo le président République a parlé sur le sujet, on ne
secrétaire à convaincre le gouvernement de quitter son
touchera pas aux statuts de la fonction publique, nous
orientation actuelle pour venir sur l’orientation du parsommes tous derrière le président de la République. Eh
ti. On pourrait croire, quand on lit quelques gazettes,
bien non !
qu’il s’agit de démasquer la nature sociale-libérale du
Qu’est-ce qu’on nous dit ? On ne nous dit même pas :
gouvernement, mais je n’en crois
le président de la République a
rien, on m’a même comparé à une
parlé, on nous dit : Macron  ! Maseringue. Mais chers camarades, si
cron continue ! Mais mes camanous faisons ça, c’est pour avancer,
rades, vous croyez franchement
NOUS DEVONS MENER
et moi, je veux avancer concrèteque
les Français sont dupes, vous
LA BATAILLE DE LA SÉCUment.
pensez
franchement que les FranRISATION DES PARCOURS
Vous voulez qu’on soit dans le diaçais, quand le président de la RéPROFESSIONNELS.
logue, le dialogue ne peut pas être
publique parle, ils n’enregistrent
C'EST UNE GARANTIE
univoque. Mes chers camarades,
pas  ? Voilà… Nous sommes au
ESSENTIELLE, ET C'EST
je suis quand même désolé, mais 3
cœur de la contradiction. Le cœur
LA-DESSUS QUE L'ENmilliards l’année dernière, et 2 milde la contradiction, c’est que, si
SEMBLE DES SOCIALISTES
liards cette année sur la question
on est dans le préalable et dans
SE RASSEMBLENT.
des impôts, je ne me vois pas sortir
le préjugé qui vise à dire que tout
de ce Conseil national en disant : le
ce que fait le gouvernement vient
gouvernement n’a rien fait ! Le jour
démontrer sa nature politique prooù l’ensemble de nos concitoyens
fonde et qu’on ne veut pas enregisreçoivent leur feuille d’impôt. Ils
trer là où le gouvernement sur ce
vont dire : il est dingo !
sujet comme sur le Code, met des garde-fous, excusezJe suis désolé, mes chers camarades, même si je suis
moi, camarades, on ne peut pas lutter politiquement si
pour une réforme, et je continuerai à l’être, de la fison n’enregistre pas les éléments positifs sur les oriencalité, même si je ne mets pas sur le même plan ces
tations qui sont menées par ce gouvernement.
avancées et ce que nous souhaitons. Nous continuons
à en discuter.
Alors, pour terminer, je crois que nous devons mener
une autre bataille, cette bataille, c’est celle de la sécuriMais mes chers camarades, je ne fais pas faire comme
sation des parcours professionnels. Moi, je ne crois pas
si le gouvernement, excusez-moi du peu, n’avait pas
qu’il faut ouvrir le débat à cette étape sur la question
mis à l’étude et commencé à réaliser l’impôt à la source.
du Code du Travail, nous ne connaissons pas encore
Je ne vais pas dire : maintenant, ils ont mis l’impôt à la
les tenants et les aboutissants puisqu’il y a pas eu de
source, mais franchement, je n’y vois rien. Je ne vais
conférence sociale et qu’il n’y a pas eu de négociations
pas faire comme si le gouvernement n’avait pas décidé
avec les partenaires sociaux. Mais par contre, là encore,
de faire, certes je demanderai plus, n’avait pas décidé
nous pouvons avec les organisations syndicales qui le
de faire ce qu’il a fait sur l’investissement public, pas
souhaitent, à peu près toutes, avancer sur ce sujet. Le
1 milliard, mais 1,5 milliard. N’oubliez pas le comité
président de la République a dit qu’il était d’accord,
interministériel de Vesoul. Je ne vais pas faire comme
le Premier ministre a dit que ce serait au centre de la
si ça n’existait pas.
conférence sociale. Mais le patronat n’est pas d’accord.
Alors là, nous avons une bataille identitaire où l’enDonc j’enregistre, excusez cette démarche un peu
semble du Parti socialiste peut se retrouver, et il peut
syndicaliste, j’enregistre ce que le gouvernement fait.
se retrouver avec les organisations syndicales contre le
Je souligne qu’il va dans le bon sens. Et je continue à
patronat qui ne veut pas. Alors moi, je vous encourage,
discuter. Et donc, puisque les camarades veulent que
chers amis, chers camarades, à dire que nous voulons
je continue la discussion, aidez-moi, dites qu’il y a des
la sécurisation des parcours professionnels, que c’est
premiers pas et qu’on pourrait en faire d’autres. Vous
une garantie essentielle, et que c’est là-dessus que
verrez que ce sera beaucoup plus facile si nous avanl’ensemble des socialistes se rassemblent.
çons ensemble dans cette démarche.
Et puis je pense que c’est des discussions amicales,
Ainsi, je peux répondre positivement au salut amical de
parce que c’est de ça dont il s’agit. J’ai entendu tous
tous les camarades qui se félicitaient de mes initiatives
les camarades dire qu’il y avait une discussion amicale,
et de mes prises de position, et je fais un serment : je
c’est quand même formidable, quand on va sortir de
vais continuer. Merci.
6

JULIEN DRAY

ou 28 000. Mais non, la question, c’est d’abord que la société française doit se repositionner idéologiquement sur
ces questions-là, et que c’est à la gauche d’abord de savoir
quand c’est nécessaire, au moins préserver ses valeurs
essentielles et se retrouver unie. Sinon on ne pourra pas
s’en sortir. Et ce qui nous guettera, ce sera effectivement
une énorme déception.
Je ne vais pas monopoliser la parole, mais on en arrive
à la question des régionales et de la discussion que nous
avons. On est dans une situation, excusez-moi, mais dans
dix ou quinze ans, quand les gens jugeront cette situation,
ils se poseront la question de savoir si nous n’avions pas
la gauche la plus bête du monde, la plus stupide. Nous
sommes dans une situation incroyable, nous dirigeons...
Je prends la région que je connais bien : la région Île-deMerci, mes camarades.
France. Depuis 17 ans, tous les budgets de la région Île-deFrance ont été votés ensemble, écologistes, communistes,
Je voudrais revenir sur une question qui est posée. J’ai lu
socialistes. Quand vous faites une réunion de l’exécutif de
moi aussi, j’ai entendu, et je comprends les camarades
la région Île-de-France, bien malin celui qui est capable
qui expliquent la situation dans laquelle nous sommes en
de savoir qui est le communiste ou l’écologiste ou le sociadisant que la déception est aussi un élément de la diviliste dans cette région. Nous avons fait les conquêtes ension. Mais on ne peut pas simplement en rester là, mes
semble, en discutant. Nous avons aujourd’hui un bilan que
camarades, parce que cette explication est trop simple.
tout le monde reconnaît. Et nous allons aller à l’élection
C’est une explication historique que
régionale en expliquant que, parce
beaucoup d’entre nous connaissons :
qu’on n’est pas d’accord avec la poc’est toujours la faute aux directions,
litique du gouvernement, alors nous
les masses sont pures, il suffit simallons donner les clés de la région
plement de changer les directions
Île-de-France à la droite, et au Front
LE CONCRET POUR
pour que tout aille mieux.
national qui pèsera sur la gestion de
LES GENS, C'EST QUE
la région. Comment expliquer ça ?
LA GAUCHE N'AURA
Maintenant, l’histoire nous a montré
PAS ÉTÉ CAPABLE DE
que ce n’était pas aussi simple, et elle
Je veux bien qu’il y ait des savants
S'UNIR À UN MOMENT
nous a montré même souvent que,
politiques qui vont vous dire : tout
DONNÉ POUR PRÉSERVER
quand on changeait les directions, ça
ça, c’est la politique du gouverneAU MOINS LE TRAVAIL
n’allait pas beaucoup mieux après du
ment, tout ce que vous voulez. Mais
QU'ELLE A FAIT ENSEMBLE
point de vue des masses. Donc je dis
le concret pour les gens, c’est que
: attention. Pourquoi ? Parce qu’on
la gauche n’aura pas été capable
ne peut pas dire, mes chers camade s’unir à un moment donné pour
rades, qu’il y a un bloc réactionnaire
préserver au moins le travail qu’elle
qui s’est installé au cœur de la société
a fait ensemble. Et c’est parce qu’on
sans mesurer les conséquences que ça a. Et de ce point
sera capable de préserver ce travail ensemble et de gade vue-là, dans la déception, le fait que la gauche ne soit
gner des batailles que peut-être même on pourra, à partir
pas au moins unie pour mener ce combat contre ce bloc
de là, s’écouter, se comprendre et faire les choses différéactionnaire est un élément de la déception. Et cette déremment au niveau national. Sinon, on ne peut pas s’en
sunion n’est pas simplement de la responsabilité du Parti
sortir, c’est la surenchère.
socialiste.
Je prends un exemple très simple : est-il normal qu’il n’y
Et dans cette surenchère, vous avez un personnage qui
ait pas un front uni de toutes les organisations de jeunesse
a pris une place très particulière : le docteur ès sciences
de ce pays ? Comme cela a existé dans les autres années,
politiques, Jean-Luc Mélenchon, qui s’est trompé sur tout
et Dieu sait si à l’époque, nous avions des divergences. Estdepuis des mois et des mois, y compris prenons l’exemple
il normal qu’il n’y ait pas un front uni de toutes les orgade la Grèce : c’était le partisan de Syriza. Il a été voir le
nisations de jeunesse pour mener la bataille idéologique
président de la République en lui disant : « Si tu aides la
dans la société, et notamment dans la jeunesse, sur la
Grèce, j’en tiendrai compte. » D’ailleurs, il en a tenu compte
question des migrants, sur la question des réfugiés, sur la
puisque, en sortant de cette entrevue, il a dit qu’il était
question effectivement de la solidarité et de la fraternité ?
contre voter la motion de censure.
Comment on change les choses si on ne commence pas
par changer les états d’esprit ? Comment on change les
Mais aujourd’hui, en Grèce, vous avez compris vous, avec
choses si on ne mène pas la bataille idéologique ? Et comqui est Jean-Luc Mélenchon ? Moi, toujours pas. Et j’ai
ment on change les choses si la gauche n’est pas unie au
même l’impression qu’il n’ose pas le dire, mais qu’il n’est
moins sur ces valeurs-là, et si la première des discussions
plus avec Syriza. Il nous a expliqué que la social-démoqu’il y a c’est : 24 000, ce n’est pas assez, il en faut 26 000
cratie est un astre mort, qu’il fallait faire autre chose. Eh
7

bien non, ce n’est pas vrai, parce que sinon, il n’y aurait
à un moment donné, quand, en 78, d’autres ne voulaient
pas eu Corbyn au Labour, il n’y aurait pas les débats qu’il
pas que les socialistes et que la gauche unie gagnent
y a aujourd’hui. Cela veut dire que sa théorie, qui consiste
les élections présidentielles de 81. Maintenant, c’est au
à dire qu’il y a une nouvelle gauche
peuple de gauche de prendre la
qui va naître sur les bases du déclin
parole à nos côtés. On peut être en
de la fin de la gauche actuelle, est
désaccord sur beaucoup de choses,
fausse, et qu’elle va entraîner toute la
et moi aussi j’ai des choses à dire,
gauche dans une défaite historique.
y compris sur les déclarations de
OUI IL Y A DES DIVEREt là, nous avons effectivement une
tel ou tel ministre, mais quand on
GENCES, OUI IL PEUT
responsabilité à prendre.
a travaillé 17 ans pour permettre
Y AVOIR DES DÉCEPà
la région Île-de-France d’être en
TION MAIS SACHONS AU
Et moi je le dis, et je finis là-despointe, notamment sur le pass NaviMOINS, QUAND L'ESSENsus, dans les élections régionales,
go, on va dire quoi ? Que ça n’a servi
TIEL EST EN JEU, NOUS
le moment est venu de ne pas faire
à rien, tout ça n’a pas d’importance,
RASSEMBLER ET NOUS
simplement, comme nous avons fait
parce que, vous comprenez, nous ne
DÉFENDRE.
dans les élections départementales,
sommes pas d’accord avec la déclade dire : « Il n’y a pas l’unité, c’est domration du ministre ? Mais comment
mage, nous regrettons, nous attendons
vous croyez que le peuple de gauche,
peut-être le deuxième tour ». Moi, il
lui, peut comprendre tout ça ? Comme semble, en tout cas c’est la proment vous croyez que les nouvelles
position que je fais, c’est que maintenant la bataille sur
générations peuvent comprendre tout ça ? Comment elles
l’unité, ce n’est plus une bataille entre les groupes ou les
peuvent être attirées par ce que nous sommes si nous ne
sous-groupes de la gauche, c’est une bataille qui concerne
sommes pas capables, sur les questions essentielles, de
le peuple de gauche. Nous devons prendre l’étendard de
nous rassembler, et à un moment donné, de montrer que
l’unité et en appeler au peuple de gauche en lui disant au
nous avançons ?
moins cela : soyons capables dans les mois qui viennent,
dans les deux mois qui viennent, de faire subir à la droite
Donc je le dis, et je conclus là-dessus, le moment est venu,
une défaite dans ces élections régionales. Tous les sony compris dans cette campagne, de changer de braquet,
dages le montrent : si nous arrivons à nous unir en PACA,
de dire à nos militantes, à nos militants, mais à tous ceux
en Nord/Pas-de-Calais et dans d’autres régions, la droite,
qui sont autour de nous : oui il y a des divergences, oui il y
qui aujourd’hui est dans une situation très difficile sur le
a des différences, oui on peut avoir des déceptions, mais
plan idéologique, subira une défaite. Et ça aura évidemau moins, parce que c’est ça la grande leçon de l’histoire,
ment un impact, y compris sur la politique nationale et sur
sachons, quand l’essentiel est en jeu, nous rassembler et
les dynamiques qui découleront de cela, parce que nous
nous défendre. Et je ne doute pas, moi, que si on fait ça, ça
aurons été capables de remporter ensemble cette prepeut changer beaucoup de choses dans le débat politique
mière victoire.
et dans la mobilisation politique.
Alors, c’est le rôle du Parti socialiste maintenant de le faire
comme il l’a fait dans son histoire, quand il était tout seul

RAZZY HAMMADI

Alors, une présentation brève, une présentation
courte, une présentation en tout cas politique, parce
que vous aurez l’occasion d’explorer ce site, d’en voir
l’ensemble des modalités, l’ensemble des innovations technologiques qui lui sont permises, qui en
fait un site très en avance sur son temps, comparé à
l’ensemble des grands partis politiques de ce pays.
Trois termes permettent de le décrire très simplement : comprendre, débattre et agir. Ce site est exclusivement structuré autour d’une colonne vertébrale
qui comporte ces trois articulations : comprendre,
débattre et agir.
Comprendre à travers un ensemble d’outils nouveaux, d’argumentation, d’explication, en un mot
d’armement, avec un certain nombre d’outils, à
chaque fois construits avec une préoccupation première : qu’ils soient adaptés à l’interlocuteur qui
souhaite les consulter.

Je vais présenter un nouvel outil de communication, le nouveau site du Parti socialiste qui, dans sa
première version, est orienté en direction exclusivement, sur la social-écologie : http://social-ecologie.
parti-socialiste.fr/.
8

Les argumentaires vidéo de cette section -dix midevenir un militant du Parti socialiste qui contribue
nutes pour comprendre- ont deux particularités
à son orientation. D’ailleurs, il est nourri, ce site, et
importantes : la première, c'est que ces dix minutes
je salue Guillaume Bachelay, par les Etats généraux
pour comprendre de façon synthétique une thémadu Parti socialiste, qui ont connu un chiffre record de
tique illustrent ce que Laurent Cervoni, SN aux récontributions écrites. Toute la rubrique « Venez déseaux sociaux, porte depuis des semaines, ce qu’on
battre avec nous, venez nourrir l’orientation du Parti
appelle en terme un peu barbare, les MOOC (cours en
socialiste » est construite sur le même esprit.
ligne). Ils vous permettent, à vous camarades, dans
vos sections, d’avoir des supports vidéo qui, en dix
Je vais conclure sur deux éléments. Vous avez ici, la
minutes, vont à l’essentiel pour saisir l’ensemble des
première version du site qui est déjà consultable, et
données d’un débat d’actualité, d’un débat de fond,
vous pouvez la faire vivre, car c’est ça l’objectif de ce
d’une polémique. Ils donnent à voir et à entendre des
nouveau site Internet, qui se nourrit, je le redis endébats qui sont ceux que les chaînes de télévision
core, de ce qu’ont été les conclusions de la convenen continu peuvent reprendre, mais aussi, qui pertion du 13 décembre pour la rénovation.
mettent de répondre à des dossiers, par exemple,
beaucoup plus importants et qui
Et c’est pour ça qu’il intègrera,
nous permettent d’anticiper les
dès le courant octobre, quatre
lois à venir à l’assemblée, les
éléments majeurs, ce fameux
positions des groupes parlemenespace militant où il n’y aura plus
taires ou telles ou telles mesures
besoin d’attendre, tout le monde
CE SITE EST ÉGALEMENT
sur le territoire.
connaît ça, le retour de mail de
UN LIEU DE DÉBAT AVEC
son responsable pour savoir si on
LES CITOYENS, LES CILa deuxième spécificité de ces ouest à jour, quand on va recevoir
TOYENNES, MAIS AUSSI
tils, c’est qu’ils sont animés pour
sa carte, l’état de nos cotisations.
leur grande partie, comme c’est le
Tout sera présent sur cet espace
LES GRANDES ORGANIcas dans la version que vous poudédié à l’utilisateur qui est le miliSATIONS SYNDICALES ET
vez consulter dès aujourd’hui, par
tant : l’ensemble de ses agendas,
ASSOCIATIVES DU PAYS.
des personnalités de la société
l’ensemble des consultations qui
civile. Ainsi, dans cette première
ont pu être les siennes sur le site
version, les personnalités sont
pour définir aussi des profils qui,
celles de Greenpeace, celles des
à terme, nous permettront de cigrandes associations environnebler de manière efficace ceux que
mentalistes qui, à travers dix minutes, ont décidé de
nous devons mobiliser plus que les autres dans le
participer à cette action militante qui consiste à accadre des campagnes du parti. Il y a les six forums
compagner sur leur site Internet les socialistes, à la
que nous souhaitons lancer, qui viendront encore
fois pour faire comprendre, sensibiliser, argumenter
vertébrer et structurer ce site et puis des espaces de
et partager la priorité du moment : la social-écologie
partage pour l’ensemble des secrétaires nationaux et
et donc la COP 21.
pour l’ensemble des projets qui seront lancés.
Ce site est également un lieu de débat avec les citoyens, les citoyennes, mais aussi les grandes organisations syndicales et associatives de ce pays. C’est
ainsi qu’a été construit ce site avec plusieurs portes
d’entrée. D’ailleurs, vous pourrez voir qu’il s’adapte
à l’ensemble des tablettes numériques et des téléphones, ça n’était pas le cas, ça l’est maintenant. Il
s’adapte finalement à chacun des interlocuteurs qui
veut entrer en contact avec le Parti socialiste. Le rubriquage est aussi dans l’esprit de la convention du
13 décembre sur la rénovation, et permet à des militants, à des citoyens, des citoyennes, à des responsables, de nous suivre, de nous accompagner pour
un temps imparti, un temps limité, sur un combat en
particulier.

Alors, deux messages pour terminer. Remercier
chaleureusement tous ceux qui ont contribué à la
construction de ce site Internet. Deuxième message :
saluer bien évidemment Laurent Cervoni, qui travaille
avec moi sur ces grands domaines de la communication, et lui particulièrement sur les réseaux sociaux.
Parce que ce site ne sera une réussite et un succès
que si véritablement, d’une, vous vous en saisissez
et le faites vivre, de deux, si autour de vous, dans vos
territoires, vous participez à la belle alliance en faisant intervenir sur ce site ces partenaires avec lesquels vous faites un bout de chemin, avec lesquels
vous partagez des combats qui sont des associatifs,
des syndicalistes, et avec lesquels, quelquefois, par
les réunions publiques, un tract commun, un communiqué commun, on se dit : mais que peut-on faire
ensemble, là tout de suite, à court terme ? Eh bien,
ce que l’on va pouvoir faire ensemble, c’est faire vivre
leurs contributions, leur apport, en quelque sorte
leur compagnonnage à nos côtés pour cheminer vers
la belle alliance, à travers ce site Internet qui a été
dédié à cela. Je vous remercie.

Ce site, enfin, quand je disais agir, est un site de
combat. Après comprendre, après débattre, agir :
argumentaire, bannière pour les réseaux sociaux,
développement d’un mur où on retrouve l’ensemble
des outils sur les réseaux sociaux (Instagram, Twitter, Facebook...) organisés au travers des secrétaires
nationaux, des secrétaires de section, des membres
du gouvernement, et des dirigeants du parti au premier rang desquels le Premier secrétaire.
Ce site donne la possibilité à chaque étape de rejoindre le Parti socialiste, d’essayer de comprendre,
et puis, finalement, si on a envie d’aller plus loin,
9

GUILLAUME BACHELAY

durer. Voilà ce qui est déjà l’instant et voilà ce qui est
déjà l’histoire. Voilà pourquoi les socialistes, à tous
les échelons de la responsabilité publique, s’engagent pour des valeurs parce que, quand on n’impose pas ses valeurs, d’autres imposent les leurs,
pour la croissance durable, pour le contrat social,
pour le sursaut de l’Europe, pour l’unité de la gauche
et des écologistes. Voilà pourquoi le rapport d’activités du secrétariat national est un rapport d’action.
Oui, nous agissons, militants, élus socialistes, et
d’abord pour répondre au drame des réfugiés et à
la plus grave crise migratoire depuis 1945. Notre
politique, avec conscience, avec constance, c’est la
solidarité organisée. C’est la main tendue, d’abord,
avant tout, aux femmes, aux hommes, aux enfants
menacés d’une mort certaine. Mais agir consiste à
transformer un sentiment humaniste en action d’humanité.
C’est pourquoi le Premier secrétaire et le président
de la FNESR, Pierre Cohen, ont souhaité que se
mette en place un réseau des villes solidaires pour
l’accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile. Un
rassemblement de ce collectif de villes et de village
s’est tenu au Cirque d’hiver le 8 septembre. Y ont participé des maires, la maire de Paris, des maires de
grandes villes, des maires du périurbain, des maires
de communes rurales, et ensemble, avec les responsables d’association qui étaient présents, ils ont
dit à la fois les valeurs qui les guident et les moyens
pratiques, pragmatiques, qu’ils mobilisent pour tout
simplement accueillir, accompagner, inclure dignement et efficacement.

Mes camarades, notre époque va ainsi, et nous parfois avec elle, que l’instant occulte ce qu’il contient
d’histoire. Or, depuis trois mois que notre dernier
Conseil national s’est déroulé, l’histoire semble s’être
accélérée. L’histoire de la planète s’accélère avec
l’été le plus chaud depuis 1880, l’histoire du monde
avec une avancée majeure sur le nucléaire uranien,
mais aussi tellement de tragédies liées aux conflits,
au terrorisme, au Yémen, en Érythrée, en Afghanistan, en Irak, en Syrie. Et il y a aussi les secousses
économiques en Chine, sociales, politiques au Liban,
et pas seulement.
L’histoire de l’Europe aussi s’accélère. Elle est face
à des questions essentielles, et même existentielles,
et elle peine, c’est un euphémisme, à se montrer
volontaire et solidaire. On l’a vu, au mois de juillet,
avec la Grèce, et on le voit hélas, actuellement, avec
le drame des réfugiés. Dans l’histoire, la France fait
entendre sa voix et ses choix, notre économie retrouve de la force, les capacités d’investissement des
entreprises, notamment industrielles, se redressent,
les exportations sont en hausse, 45 000 emplois ont
été créés au cours des neuf derniers mois. Ce sont
des signes encourageants, même s’ils ne sont pas
encore tous déterminants, notamment sur le front
du chômage.

La veille, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, dont nous saluons à ce Conseil national les
paroles et l’action, s’était rendu devant notre bureau
national pour échanger sur cette dimension concrète
de l’accueil, qui a été au cœur, quelques jours plus
tard, de la réunion à Paris avec 700 maires de France.
Notre action socialiste, elle est aussi européenne. Le
parti a relayé l’action du chef de l’État et du gouvernement auprès des Français, bien sûr, mais également auprès de nos partenaires européens pour un
plan global, cohérent, juste, qui conjugue humanité
et responsabilité, respect des personnes, respect
du droit, respect des règles. Le Premier ministre y
est revenu précisément il y a quelques jours lors du
débat sur ce sujet à l’Assemblée nationale.

Si l’économie va mieux, Jean-Christophe le disait à
l’université d’été, la politique va mal, sous l’effet de
la banalisation de l’extrême-droite, de la droitisation
de la droite, de la fragmentation de la gauche, alors
que 80 jours nous séparent du premier tour des élections régionales, et que dans le pays comme sur le
continent, la bataille pour l’hégémonie culturelle est
engagée pour décider quelle vision du monde et de
la vie collective, de la société, doit orienter le présent
et le futur.

Dans nos expressions, celles de nos porte-parole
notamment, nous avons dit à chaque fois une conviction : en Europe, il ne peut pas y avoir de solidarité à
la carte ni de manquement d’un État aux valeurs de
l’Union. C’est pourquoi nous avons condamné avanthier encore, nous le refaisons aujourd’hui avec force,
avec solennité, avec fermeté, les murs de barbelés
que le régime d’Orban érige en Hongrie contre les
migrants.

Les lignes Maginot ou les lignes d’horizon ? La nostalgie ou l’innovation ? Le chacun pour soi, le chacun
chez soi, ou au contraire la fraternité laïque ? Bref,
la réaction ou le progrès ? Cette bataille idéologique,
politique, elle est engagée et elle sera dure. Elle va

Le temps est venu pour l’Europe de rappeler au
monde, et peut-être d’abord de se rappeler à ellemême qu’elle n’est pas seulement un grand marché,
10

mais qu’elle est une grande idée, qu’elle n’est pas
seulement une construction économique, mais une
construction morale et politique.

le nouveau leader du Labour, Jeremy Corbyn, dont le
parti a salué l’élection à l’issue des primaires.
Notre engagement international et européen est permanent. Le rapport écrit qui vous a été remis tout
à l’heure à l’entrée de ce Conseil national en porte
témoignage, et il va continuer à animer nos débats
dans les semaines et les mois qui viennent. Je pense
en particulier aux travaux des deux groupes de travail, celui qu’anime Maurice Braud sur le terrorisme
et État islamique, sur Daech, et celui qu’anime Philip Cordery avec Pervenche Bérès sur les politiques
européennes. Ils présenteront leurs travaux dans les
prochaines semaines au bureau national.

Alors, face à un défi migratoire global, les solutions
doivent être internationales. C’est pourquoi nous
avons plaidé, c’était au congrès de Poitiers, pour une
conférence mondiale sur les réfugiés, et nous nous
réjouissons que le président de la République, lors
de sa conférence de presse le 7 septembre, ait affirmé la volonté de la France d’accueillir, d’organiser à
Paris un tel sommet face à ces enjeux ; sur ces enjeux républicains, des enjeux européens, des enjeux
tout simplement humains, les socialistes agissent et
continueront d’agir.

Pour entraîner le monde et entraîner l’Europe, la
France doit être forte. Forte de sa cohésion sociale,
de sa cohésion, ce fut le cas le 11 janvier. Forte aussi
par son économie et son modèle social. Et là aussi,
nous agissons en solidarité avec le gouvernement,
mais dans la clarté des exigences que nous adressons, nous le Parti socialiste, dans le combat commun pour l’emploi.

J’ai parlé d’action, j’ai parlé d’Europe, je veux parler
de la Grèce, non pas des élections de demain, mais
de notre refus, c’était au début de l’été, de la mise à
l’écart hors de la zone Euro d’un des États membres,
expulsion, exclusion, voulue par certains au sein de
la droite française et conçue par beaucoup, parmi les
conservateurs européens.

Résolution du bureau national,
La rentrée scolaire a été un succ’était le 29 juin, appel solennel du
cès. Les créations de postes de
POUR ENTRAÎNER LE
Premier secrétaire, à Sigmar Gaprofesseurs se poursuivent, la
MONDE ET L'EUROPE,
briel, et au PSE, c’était le 12 juilformation des maîtres est rétaLA FRANCE DOIT ÊTRE
let, notre mobilisation a été totale.
blie, l’éducation prioritaire a été
FORTE DE SA COHÉSION
Totale pourquoi ? Totale contre la
repensée cette année, et l’année
SOCIALE, DE SON ÉCOtentation ou la tentative dont les
prochaine, la réforme du collège
NOMIE, DE SON MODÈLE
conséquences pour le peuple grec
entrera en vigueur.
et l’Europe, tentation ou tentative
SOCIAL.
du Grexit, aurait été évidemment
Les baisses d’impôts initiées en
financière, économique, sociale,
2014 se sont amplifiées en cette
mais au moins autant, et peutrentrée, et vont continuer l’an
être d’abord, géopolitique, car la
prochain. Les efforts produisent
géographie fait que la Grèce se trouve précisément
des effets, notamment pour les ménages modestes
sur ce qu’on appelle l’arc des crises. Le 13 juillet,
qui se voient ainsi restituer du pouvoir d'achat.
et l’engagement de la France et du président de la
République ont été décisifs, un accord a été trouvé
Face à la crise de l’élevage, des filières agricoles qui
qui, dans des conditions difficiles pour le peuple grec,
ont marqué ces dernières semaines et ces derniers
conjugue à la fois le soutien financier à la Grèce et
mois, le parti a contribué à proposer et aussi à exdes réformes pour moderniser l’économie, l’admipliquer les mesures gouvernementales décidées en
nistration, notamment fiscale, le gouvernement de
juillet puis en septembre. Et comme pour l’éducation,
Tsipras s’est résolument engagé sur ce chantier. S’y
pour la fiscalité, ces enjeux agricoles ont fait l’objet
ajoute la perspective, c’est la position constante du
d’un tract et d’un kit militant adressés aux fédéraParti socialiste, d’un traitement de la dette grecque
tions et aux sections. Un quatrième kit militant a été
pour la rendre soutenable.
adressé, qui concerne la possibilité de s’inscrire sur
les listes électorales jusqu’au 30 septembre.
L’agenda international, c’est aussi de façon centrale, de façon vitale, la conférence de Paris sur le
Relayer l’action collective, c’est nécessaire, et anticlimat. Nous avons, lors de notre université d’été
ciper l’action des semaines et des mois qui viennent,
qui a rassemblé 4 000 participants, d’abord placé
c’est essentiel. C’est pourquoi le secrétariat national
nos débats sous le signe de la social-écologie, dés’est réuni à La Rochelle le 27 août, en séminaire,
sormais, au cœur de notre identité socialiste, Razzy
pour définir la feuille de route des différents pôles
rappelait les États généraux. Y ont participé les prinqu’animent respectivement Christophe Borgel, Laucipaux dirigeants des formations de gauche, écologie
rent Dutheil, Jean-Marc Germain, Marie-Pierre de la
citoyenne, des scientifiques, des ONG, des syndicaGontrie, Estelle Grelier et Fabien Verdier.
listes, des élus locaux, et Laurent Fabius a rappelé
Le travail engagé est considérable, le suivi est hebl’enjeu de la COP 21. Voulons-nous, nous humanité,
domadaire et même quotidien, et je veux remercier
que la planète reste vivable ? C’est ça, la question du
vraiment tous les secrétaires nationaux de leur imsommet de Paris. Le parti va continuer de s’engager,
plication.
et les 21 et 22 octobre, en lien notamment avec le
PSE, nous réunirons les leaders sociaux-démocrates
Prospectives et propositions encore avec le groupe,
et progressistes pour mobiliser, pour continuer de
il a travaillé au mois de juillet, sur la préparation du
sensibiliser, pour proposer, et notre Premier secrébudget 2016. J’en ai présidé les travaux, et Jean-Marc
taire a convié l’ensemble de ces leaders, et parmi eux
Germain établit le rapport. Le parti enregistre avec
11

satisfaction l’effort du gouvernement en faveur de
l’investissement public local : transition énergétique,
numérique, logement dans les territoires en général,
et pour les communes rurales en particulier, nous
le disons en ce jour de mobilisation, dont les initiateurs devraient, pourraient commencer par rappeler
les décisions antérieures à 2012 qui ont fragilisé les
collectivités territoriales. Je pense à la suppression
de la taxe professionnelle ou au transfert de compétences non compensées. Le sénateur-maire UMP
de Troyes a été ministre du Budget si je me souviens
bien, puisque lui ne s’en souvient pas.

Grave aussi, les camarades l’ont souligné lors de la
plénière qui a été consacrée aux régionales avec les
ateliers, c’était à l’université d’été, grave le projet des
candidats de la droite aux élections régionales, qui
tient en trois mots : défaire, démolir, déconstruire
les politiques solidaires, innovantes, écologiques,
durables que nous avons mises en œuvre, les régions
socialistes, à direction socialiste, en direction, au
service de nos habitants.
Graves aussi les propos des chefs et des sous-chefs
du parti républicain conservateur, dont les mots s’extrêmisent et les idées se radicalisent.

Nous nous félicitons de la baisse
des impôts qui continuera en
2016, de l’instauration du prélèvement à la source, qui étaient
les propositions portées par notre
parti, qui continue de militer pour
une réforme fiscale.

Monsieur Estrosi parle de cinquième
colonne.
Monsieur
Bertrand
veut
fusionner
les
NOUS NOUS FÉLICITONS
ministères
de
l’Intérieur
et
de
DE LA BAISSE D'IMPÔTS,
la
Justice.
Monsieur
Nicolin,
le
DE L'INSTAURATION
maire de Roanne, se dit prêt à
DU PRÉLÈVEMENT À LA
accueillir des réfugiés dans sa
SOURCE, QUI ÉTAIENT
Quant au pacte de responsabilité,
ville à la condition, je cite, qu’il
DES PROPOSITIONS PORnous le souhaitons mieux ciblé en
soit bien question de réfugiés
TÉES PAR NOTRE PARTI,
direction des PME, toujours plus
chrétiens. A droite, les propos
QUI CONTINUE DE MILIefficaces en matière d’emploi et
dérivent, déraillent, dérapent. Ils
d’investissement. Le parti contiTER POUR UNE RÉFORME
sont si nombreux que le temps
nue de discuter avec le gouvermanque pour en faire l’invenFISCALE.
nement, avec la seule préoccupataire exhaustif. Ils disent en tout
tion d’être utile à la France et aux
cas une chose : ils disent l’amFrançais.
pleur du brouillage des repères,
du rapprochement qui s’opère
Enfin, c’était il y a quelques jours, le 9 septembre,
aujourd’hui dans notre pays comme ailleurs dans le
le rapport Combrexelle a été remis au Premier micontinent entre une partie de la droite et l’extrêmenistre, et concernant le respect des salariés et de
droite. En témoigne le ralliement, c’était le week-end
la négociation collective, le Parti socialiste a fixé les
dernier, du président des jeunes actifs, mouvement
lignes rouges : durée légale du travail, salaire miniinterne au parti sarkozyste, vers le Front national,
mum, contrat de travail, qui sont également celles
Front national dont la présidente parle d’invasion
exprimées par le président de la République et le
barbare, dont la députée valide la thématique du
gouvernement.
grand remplacement, et dont l’un des maires à Béziers, entre autres dérapages, détourne une photo
Une concertation maintenant va être organisée avec
d’agence pour agiter le fantasme d’un afflux de deles partenaires sociaux, et notre parti, à sa place,
mandeurs d’asile vers sa commune.
participera au débat public ; mais, parce que c’est
comme ça qu’on est sérieux, il formulera des propoDans ce contexte, en France, comme ailleurs en
sitions quand sera connu le détail de la réforme du
Europe, face aux dangers réactionnaires, il faut une
droit du travail. Je rappelle que la sécurisation des
alliance populaire. C’est le sens de la lettre ouverte
parcours professionnels figure en tête des chantiers
à la gauche et aux écologistes que notre Premier sede l’égalité que nous avons adoptés et approuvés lors
crétaire a adressée lundi dernier, 14 septembre, avec
de notre congrès. Et à cet égard, la mise en œuvre
un constat, je cite : « Le péril réactionnaire, ce défi
mortifère, nous ne pourrons pas l’affronter divisés,
du compte personnel d’activité, qui est une avancée
isolés, chacun de notre côté. Si la gauche venait ausociale majeure de la législature, du quinquennat,
jourd’hui à manquer le tournant de l’unité et donc à
est à nos yeux une priorité.
perdre la bataille politique, elle perdrait la bataille de
la République. » Mes camarades, l’alliance populaire
Mes camarades, je termine mon propos par notre
est bien plus qu’une initiative, c’est une perspective,
mobilisation face à la droite, à l’extrême-droite, face
non pas un cartel, mais une alliance, mieux qu’une
au bloc réactionnaire. Car mes camarades, si le trialliance, un alliage de nos formations avec celles et
mestre écoulé donne lieu à un rapport d’activités
ceux qui, dans la société, syndicats, associations,
des socialistes, il suscite aussi un rapport de gravité
ONG, citoyennes, citoyens veulent s’engager. Jeande la droite. Grave le préprogramme, l’embryon de
Christophe aura l’occasion d’y revenir tout à l’heure.
programme qu’a présenté Monsieur Woerth au mois
Mes camarades, l’histoire s’accélère, et beaucoup red’août, durant l’été, compilation à la fois réchauffée
pose sur nous, sur nos valeurs, sur notre action, sur
et glaçante de 86, de 93, de 95, de 2002, de 2007,
notre unité, et dans ce moment, il n’y a pas de place
contre les plus fragiles, contre la fonction publique,
pour la pensée magique ou la pensée technique,
contre les jeunes, et après, monsieur Sarkozy dira
pour les propos polémiques ou les calculs tactiques,
aux Français une fois de plus qu’il a changé, mais enil n’y a de place que pour la conscience historique et
fin, j’ai lu Le Parisien comme vous hier, où il conseille
l’engagement politique, c’est pourquoi nous sommes
le Bristol plutôt que le Fouquet’s, il a déjà au moins
socialistes et c’est pourquoi nous agissons.
changé de palace !
12

PIERRE COHEN

peut pas pérenniser ce mouvement si on ne s’appuie
que sur les collectivités volontaires. Là aussi, ça doit
être un débat à partir des préfets, pour que faire que
tous les territoires, et même les récalcitrants, aient
réellement une responsabilité d’accueil car cet enjeu, ce défi, qui ne s’arrêtera pas dans une sorte de
feu de paille, qui sera long, qui sera compliqué, et où
l’enjeu de ce que nous avons lancé sera crédible, et
une réussite s’il se réussit dans le temps.
Alors, évidemment, ça nécessite d’avoir aussi le troisième étage, c’est-à-dire les citoyens, les habitants
de notre pays et les associations, et peut-être même
accompagner et regarder un certain nombre d’associations qui se battent trop souvent seules sur la
notion de réfugiés ou d’immigration et d’être un peu
Chers camarades, je voudrais intervenir sur deux
plus attentifs à leur action ; mais surtout, et c’est là
sujets en cinq minutes. D’abord évidemment sur les
où je crois que nous avons fort à faire, et je ne suis
réfugiés, et prendre une ou deux minutes pour parpas d’accord avec certains qui pensent que ce proler quand même de ce qui se passe dans notre pays
blème-là est mineur par rapport à d’autres préocavec une mobilisation des élus et en particulier avec
cupations. N’essayons pas de donner une voie royale
une volonté de l’AMF de faire que, à travers un pseuà ce que peut dire l’extrême-droite ou la droite exdo dialogue avec les habitants, il y ait une véritable
trême, c’est un sujet, même si d’autres sont évideminstrumentalisation contre le gouvernement et notre
ment importants et majeurs, ce sujet est important
politique.
parce que nous avons perdu depuis 35 ans la bataille
idéologique de l’immigration. Nous l’avons perdue
Alors, sur le premier, sur les réfugiés, je pense qu’il
avec évidemment le non au vote des immigrés dans
faut dire très fermement et fortement que nous avons
nos collectivités locales, mais avec aussi une idéoloeu raison, que nous avons le ton juste et que nous
gie croissante qui fait que Sarkozy a fait très fort de
sommes dans le vrai. D’abord, parce que très rapide2007 à 2012 pour essayer de faire que les ouvriers
ment, Jean-Christophe Cambase divisent sur la place des étrandélis, avec l’aide de la FNESR, a
gers et des immigrés dans notre
souhaité concrétiser la mobilisapays.
L'ACCUEIL DES RÉFUGIÉS,
tion et la générosité qui existaient
CE N'EST PAS SIMPLEdéjà dans ce pays, et ne pas tomDonc, nous avons l’occasion là de
MENT DE LA GÉNÉROSITÉ,
ber dans le piège de faire croire
relever un défi culturel, un défi
DE LA SOLIDARITÉ, C'EST
que nous avons réagi simplement
idéologique, et évidemment un
UNE DÉCISION DE L'ÉTAT,
à l’émotion et d’une image, mais
défi politique.
des communes, des maires, des
AVEC LA VOLONTÉ D'ACvilles avaient déjà commencé à
Le deuxième point, c’est la mobiCOMPAGNER, DE METTRE
recevoir des réfugiés, et donc
lisation de l’AMF autour de cette
DES MOYENS.
c’était de rendre cohérent et de
journée du 19 septembre. Avec
rendre plus visible cette généroJean-Christophe
Cambadélis,
sité.
nous avons signé un courrier pour
montrer la position du Parti soEnsuite, ce qui est important, parce que ce débat,
cialiste et des élus socialistes. Attention, ils essaient
nous l’avons eu dans le parti, au sein du bureau nade faire ce que nous avons réussi à faire en 2011. En
tional et avec une réaction du gouvernement qui me
2011, contre la loi, contre la réforme territoriale de
semble extrêmement importante, de faire que, non,
Sarkozy, nous avons réussi un grand mouvement en
l’accueil des réfugiés, ce n’est pas simplement de
mobilisant les élus, qui ne se sont pas arrêtés qu’au
la générosité, de la solidarité, c’est une décision de
moment de l’AMF ou d’un congrès, mais qui a été
l’État avec la volonté de prendre, en termes de comjusqu’à l’élection de 2012 où un grand nombre d’élus
pétences, et c’est ce qu’a fait le président de la Répuont considéré qu’il y avait un détricotage du territoire.
blique mais aussi le ministre de l’Intérieur quand il a
Aujourd’hui, il y a un vrai enjeu autour de la réforme
réuni en une semaine 700 maires, où il a annoncé non
territoriale. Certes, elle ne s’est pas passée sereineseulement l’engagement de État français et donc du
ment, certes elle n’a pas été simple, certes elle est
pays, mais aussi de montrer qu’il y avait une volonté
parfois illisible ou même nous sommes divisés. Mais
d’accompagner, de mettre des moyens et de rappelà où nous ne devons pas être divisés, c’est que quand
ler que le droit d’asile et l’accueil des réfugiés est un
Baroin, avec l’AMF, instrumentalise le vrai problème
droit, avec évidemment des moyens d'État
qui se pose aux collectivités à cause de la diminution
Alors, ça s’appuie sur la mobilisation des collectivide la dotation des collectivités territoriales de la part
tés. Là aussi, nous avons insisté entre nous, on ne
de État, il ne faut absolument pas rentrer dans le jeu
13

de cette instrumentalisation et de cette mobilisation.
Par contre, et je tiens à le dire, et je conclus là-dessus, et nous l’avons dit au congrès, moi en personne,
nous l’avons dit à La Rochelle, nous le disons régulièrement, et c’est vrai qu’il y a un dialogue, et même
dans le texte du 27 juillet voté au bureau national, il
y a un vrai défi : aujourd’hui, on ne peut pas continuer sans avoir un dialogue constructif sur ce que
représentent les collectivités, et en particulier sur la
façon dont les dotations donnent une restriction qui

va jusque, et pas seulement à l’investissement, mais
aussi jusqu’aux services publics que nous avons
construits pendant 35 ans, des services publics de
proximité qui sont parfois une véritable substitution
à ce que l’État n’est plus capable de faire.
Donc, nous avons ouvert des dialogues, nous avons
eu des réponses, mais nous avons à continuer parce
que, aujourd’hui, même si un certain nombre de
gestes ont été faits, il y a encore à faire.

YANN GALUT

laume, et qui se retrouve dans ce texte, nous l’approuvons, bien entendu. Et je tiens à saluer la prise
de position du Parti socialiste et de Jean-Christophe
Cambadélis depuis maintenant quelques jours après
la Rochelle sur la position des réfugiés. Les prises de
position de notre parti font honneur à la gauche, et tu
as eu raison, Jean-Christophe, de te lancer dans cette
bataille qui est emblématique pour nous, tant sur les
valeurs que sur le fond. On peut regretter peut-être
que l’université d’été n’ait pas consacré une grande
partie à cette question-là, mais mieux vaut tard que
jamais. Et nous tenons à saluer les initiatives qui ont
été les tiennes, le grand rassemblement que nous
avons eu à Paris dernièrement, et la prise de position
qui est celle du Parti socialiste en rappelant que, à la
Fabrique, nous avions fait une résolution que nous
avons présentée, que Nicolas Brienne a présentée au
bureau national en notre nom il y a quelques jours,
qui souhaitait aller peut-être plus loin et poser la
question des accords de Dublin, mais actuellement,
le Parti socialiste doit être uni, et il est uni sur la position du Premier secrétaire sur cette question-là.
Ce qui moi me posait problème, cher Jean-Christophe, dans le texte qui nous est parvenu, c’est, je
dirais après, le mélange des genres et le fait que,
pour faire avancer dans une autre orientation, nous
nous retrouvions avec le fait que nous parlions des
réfugiés, des élections avec nos partenaires d’Europe
Écologie Les Verts, que nous parlions des collectivités locales et de leur financement, et surtout de la
problématique budgétaire telle qu’elle a été présentée par Guillaume.

Mes chers camarades, je crois que nous avons un
problème de méthode. J’ai été destinataire, comme
certains d’entre vous, d’un texte qui m’a été présenté, qui nous a été présenté comme une contribution
à ce Conseil national. Ce texte reprend l’orientation
que tu as développée à l’instant, cher Guillaume, et
je pensais donc que ce texte qui nous a été envoyé
hier par mail à quelques-uns d’entre nous serait le
texte dont nous allons débattre. Et là, il semblerait
que ce texte ait évolué dans les dernières minutes et
que ce ne soit plus qu’une contribution du Premier
secrétaire. Donc, j’ai un peu de mal à comprendre si
nous allons débattre et si nous allons voter sur cette
résolution qui est parvenue à certains d’entre nous et
qui reprend une grande partie de tes propos.
Et sur ce texte-là, la motion La Fabrique, que je
représente maintenant pour quelques minutes,
il y avait un problème de méthode tant sur le fond
quelque part que sur la forme.
La première partie, que tu as développée, cher Guil-

Et là, mes chers camarades, nous avons un problème
de méthode. Je crois que nous devons reconnaître
que la motion A a gagné le congrès sur son orientation politique, et qu’une partie de cette orientation
politique était liée à la réorientation du pacte de responsabilité. Et cette question-là, mes chers camarades, a été, après le congrès, débattue au sein de
notre parti, au sein d’une commission nationale qui
a été présidée par Jean-Marc Germain, qui a fait que
toutes les sensibilités du parti se sont retrouvées
dans cette commission nationale, et qui nous a amenés à voter à l’unanimité avec quelques abstentions,
le 27 juillet dernier, un memorendum qui pose claire14

ment la volonté du Parti socialiste non seulement de
dialoguer avec le gouvernement et c’est une bonne
chose, mais qui fait des propositions très concrètes
de réorientation du pacte de responsabilité sur des
sommes qui ne sont pas négligeables et qui n’ont
rien à voir avec ce que le gouvernement a annoncé,
puisqu’on ne parle pas de 2 milliards, mais de 14 milliards.
Et là, dans le texte qui nous a été soumis il y a
quelques heures, il n’y avait pas cette orientationlà. Donc nous, nous avons un problème de méthode,
donc nous voulons une clarification par rapport à
cela. Nous aurions souhaité qu’à ce Conseil national, à la fois la position majoritaire du congrès portée
par la motion A, mais aussi la position de l’ensemble
du bureau national débattue, discutée et votée le 27
juillet soit rappelée aujourd’hui avec force devant le

Conseil national du Parti socialiste. Ce qui ne veut
pas dire, bien entendu, cher Jean-Christophe, que
nous n’allons pas continuer le dialogue avec le gouvernement parce que ça nous paraît totalement nécessaire de continuer à convaincre le gouvernement
qui a pris des positions assez différentes dans son
expression dernière.
Voilà ce que je voulais vous dire. Il nous semble important qu’il y ait sur cette question-là une clarification de méthode, que la parole des militants et que
les textes votés aux bureaux nationaux soient respectés, et qu’on puisse en débattre au sein de notre
parlement qu’est le Conseil national. Je vous remercie de votre attention.

LAURENT BAUMEL

d’accord avec le fait que c’est une question cruciale
et qu’on ne peut pas la considérer comme une sorte
de conséquence collatérale, une évolution générale
des gauches européennes. Il n’y a pas pour nous de
majorité de rechange, il n’y a pas pour nous d’alternative dans une hypothétique alliance avec d’autres
forces, encore moins bien sûr dans la recherche de
Front républicain avec la droite, et de ce point de vue,
nous donnons acte aux premiers signataires de dire
ces choses-là de façon assez claire. Mais nous avons
aussi deux désaccords et l’honnêteté commande,
puisque nous discutons politique, de les énoncer ici à
la tribune de ce Conseil national.
Le premier désaccord porte précisément sur l’analyse des raisons de cette dispersion et des leviers
que nous pourrions mobiliser pour essayer de la
résoudre. Évidemment, comme tout le monde, nous
regrettons que des élus qui ont gouverné ensemble
des collectivités locales ne soient pas capables de
défendre ensemble leur bilan devant les électeurs.
Évidemment, comme tout le monde, nous voyons
aussi la part de sectarisme qui peut parfois saisir nos
partenaires. Mais nous considérons pour notre part
qu’on ne peut pas dire que les dissensions qui sont
nées au sein de la gauche en raison de la politique
économique et sociale que mène le gouvernement
sont des questions secondaires dans leur ampleur
et secondaires au regard, cela a été redit d’une certaine manière par Guillaume, au regard de la bataille
culturelle que nous devrions mener ensemble face
au bloc réactionnaire constitué par la droite et l’extrême-droite. Nous ne sommes pas d’accord politiquement avec cette thèse.

Chers camarades, Jean-Christophe Cambadélis,
notre premier secrétaire, nous a effectivement fait
parvenir un texte, une contribution, et je voudrais
saluer cette démarche qui a le mérite de repolitiser le fonctionnement de nos instances et peut-être
de faire le point sur les convergences qui nous réunissent, mais aussi les divergences qui continuent de
nous séparer en cette rentrée 2015.

D’abord, parce que, chers camarades, le basculement dans une politique massive de baisses d’impôts
sans contrepartie, sans ciblage pour les entreprises,
financées par des hausses de TVA que nous avions
combattues sous Sarkozy et par des baisses drastiques de dotations aux collectivités locales dont

Nous avons un point d’accord, et je voudrais le souligner en dehors du point qui vient d’être évoqué
par Yann Galut, c’est l’importance que Jean-Christophe Cambadélis accorde à la question de la dispersion, de la division de la gauche. Nous sommes
15

nous voyons bien qu’elles nous font perdre le crédit
que nous avions historiquement gagné dans les territoires, ce n’est pas un détail. C’est une question essentielle, et d’ailleurs, le président de la République
lui-même ne s’y trompe pas, qui fait à l’évidence de
cette question la question majeure de son quinquennat, celle qui déterminera sa réussite ou son échec.

en conviendra, ce qui peut corriger, évidemment,
la mauvaise impression que nous avons donnée au
début du quinquennat, commencer à la corriger,
mais ce qui n’est pas suffisant, vous l’admettrez,
pour engager une reconquête électorale stratégique
populaire autour de cette question de l’amélioration des conditions de vie des couches populaires et
moyennes.

Et puis, nous ne sommes pas d’accord parce que
nous voulons rester fidèles à la tradition intellecEt puis, 1 milliard d’euros consenti pour les collectuelle et politique de la gauche, à la vocation de la
tivités locales, chacun voit ici que ça ne suffira pas
gauche qui est toujours de mettre la question sociale
à calmer la colère des élus locaux, des maires, dont
au centre du débat. Et de dire que les exacerbations
notre connaissance les uns et les autres du terrain
nationalistes et identitaires sont largement la consédevrait nous empêcher de penser qu’elle se réduit à
quence des fractures économiques et sociales que la
une instrumentalisation politique de la droite.
République n’a pas été capable de
régler. Et puis, nous ne sommes
Et donc, mes chers camarades,
pas d’accord non plus, chers caet je vais conclure comme cela,
NOUS PENSONS QU'IL
marades, parce que nous regaren cette rentrée 2015, nous ne
EST POSSIBLE DE
dons les réalités électorales de la
pouvons pas donner notre accord,
FAIRE ÉVOLUER LES
période. Nous, nous considérons
nous ne pouvons pas donner
RELATIONS ENTRE LE
que si nos élus ont perdu les élecnotre accord politique à ce que
tions dans beaucoup d’endroits
GOUVERNEMENT, LE
nous considérerions comme une
depuis 2014, c’est parce qu’ils ont
reddition budgétaire du parti si
PARTI, SA MAJORITÉ
été perçus par les Français, et nonous considérons que le dialogue
POUR LES RENDRE PLUS
tamment par les couches popus’arrête
là.
DIALECTIQUES, POUR EN
laires et moyennes qui avaient fait
FAIRE DES RELATIONS
mouvement vers nous en 2012,
Donc, comme Yann Galut, je
DE DIALOGUE.
comme les représentants locaux,
m’adresse solennellement à
malheureusement pour eux, d’un
notre Premier secrétaire en lui
gouvernement qui, depuis le dédemandant que le dialogue contibut du quinquennat, n’a pas sufnue. Aujourd’hui, la position du
fisamment su répondre à leurs attentes et n’a pas
gouvernement ne peut pas terminer le dialogue entre
suffisamment su leur donner le sentiment qu’il était
le gouvernement et le parti. Je sais, parce que Jeanlà pour améliorer leurs conditions de vie matérielles
Christophe nous l’a dit dans un bureau national, que
et les perspectives de leurs enfants. Donc ça, c’est
la loi d’airain de la Ve République voudrait que le parti
propose mais que le gouvernement dispose. Mais
une divergence importante.
nous, nous sommes en désaccord avec cette idée,
nous pensons qu’il est possible, si nous le décidons
Et puis, nous avons une autre divergence, et Yann
collectivement, de faire évoluer les relations entre le
Galut l’a exprimée fort clairement à cette tribune
gouvernement, le parti, sa majorité, pour les rendre
avant moi, sur l’analyse qui est faite dans la contribuplus dialectiques, pour en faire des relations de diation de Jean-Christophe, et je terminerai par là, sur
logue et non plus des relations de subordination
l’analyse qui est faite de la nature de l’inflexion que
hiérarchique. Nous pensons que nous le pouvons et
le gouvernement vient d’apporter à sa propre polinous pensons que nous le devons car il en va, à nos
tique budgétaire. Il y a eu en effet un vote extrêmeyeux, de la réussite de cette expérience de la gauche
ment important au bureau national du 27 juillet, un
au pouvoir, de cette nouvelle expérience de la gauche
vote extrêmement important parce qu’il donne, parce
au pouvoir, de la capacité que nous donnerons colqu’il a donné en tout cas pendant quelques heures
lectivement à faire en sorte qu’elle ne soit plus prise
une lecture différente et positive de notre congrès de
en otage par les milieux d’affaires et la technostrucPoitiers, celle d’un parti réuni, celle d’un parti rasture État
semblé autour d’une demande d’inflexion sérieuse
de notre politique budgétaire, autour d’une volonté
Donc, cher Jean-Christophe, si dans les heures, dans
collective de reprendre en main ce quinquennat.
les jours et dans les semaines qui viennent, tu décides de mener ce combat pour que la position du
Je rappelle que dans ce texte du 27 juillet, nous deParti socialiste soit respectée, soit entendue, tu nous
mandions que 12 milliards d’euros soient récupérés
trouveras à tes côtés.
dans les montants actuellement alloués à la politique
du pacte de responsabilité, que 8 milliards d’euros
soient ventilés pour les ménages, pour aller vers
une véritable réforme fiscale, que 4 milliards d’euros
soient réservés à la politique de dotations aux collectivités locales. Je ne vous parle pas ici des positions
des frondeurs, mais des positions du Parti socialiste
réuni dans son bureau national le 27 juillet.
Or, à quoi assistons-nous aujourd’hui ? Le gouvernement dit : 2 milliards d’euros pour baisser les impôts.
Ce qui n’est pas une réforme fiscale, tout le monde
16

ALAIN BERGOUNIOUX

tant, c’est-à-dire que nous menons en fait une politique qui est une politique d’équilibre. Nous essayons
de moderniser cette société sans la déchirer et en
maintenant la cohésion sociale. Et ça, il faut le revendiquer.
L’année prochaine, nous commémorerons François
Mitterrand, et il faudrait un peu se souvenir ce que
faisait François Mitterrand et ce qu’il disait dans les
périodes difficiles. Il ne faut pas être complexé, il ne
faut pas consacrer son temps simplement à l’autocritique, il faut défendre ce que nous faisons. Parfois,
il y a des difficultés, parfois il y a des erreurs, c’est
évident, dans toute action gouvernementale. Mais
comme je le lisais dans la presse récemment, Pablo
Chers camarades, tout le problème qui nous est
Iglesias, le leader de Podemos, disait : « C’est difficile
posé aujourd’hui, c’est de tenir tout ensemble : les
de gouverner. » Parce que, en Espagne, il s’approche
des responsabilités, il s’approche du gouvernement.
valeurs, la politique sociale et le contexte européen.
Et aujourd’hui, dans le monde où nous sommes, avec
Le hasard me fait intervenir après Laurent Baumel,
les contraintes qui sont les nôtres, il faut pouvoir
mais c’est quand même très étonnant que, dans une
mener, effectivement, une politique qui est une poliintervention, dans une situation que tout le monde
tique qui favorise la production, parce que sans provoit historique et complexe, l’essentiel, c’est la criduction, pas de redistribution, et qui favorise aussi
tique du gouvernement. Donc... Il n’y a pas que ça.
ce que l’on peut faire en termes de pouvoir d’achat,
On peut débattre, évidemment, des mesures, il n’y
d’investissements. Et si nous regardions les choses
a jamais qu’une seule voie dans une action gouverde manière concrète et sans tomber dans un jeu de
nementale, mais, il faut, je pense, actuellement, tout
rôle, nous verrions qu’il y a tout à fait l’espace d’un
saisir. C’est ce que je voudrais dire, de manière un
accord : baisse des impôts, augmentation des invespeu lapidaire, mais en trois remarques. La première,
tissements, et nous le verrons, ciblage, évidemment,
il y a parfois une petite musique dans le monde intelmeilleur ciblage par rapport à ce qui reste dans le
lectuel et parfois chez nous, qui
CICE. Dans cet aspect-là, nous
serait de considérer que privilésommes fidèles à ce qu’a fait le
gier aujourd’hui la question des
Parti au mois de juillet, et nous
LE PARTI SOCIALISTE
réfugiés, c’est finalement une
pourrions très très bien, si nous
DOIT ÊTRE À L'INITIATIVE.
question secondaire par rapport à
le voulions, trouver un accord. Or
la question sociale, comme il vient
c’est fondamental aujourd’hui,
IL FAUT QUE SUR LES
d’être dit. Non, c’est une question
parce que les Français nous jugeGRANDES QUESTIONS,
fondamentale. Ça touche véritaront sur cet ensemble, ils nous
NOUS FASSIONS DES
blement la dignité de l’homme,
jugeront sur tout cela.
PROPOSITIONS POUR
et le cœur de ce qu’est l’engaFAIRE ENTENDRE LA VOIX
Dernier mot que je voudrais dire
gement socialiste. D’ailleurs, ici,
DES SOCIALISTES
pour ne pas abuser du temps,
nous aimons commémorer. L’anEN EUROPE.
c’est la question européenne,
née dernière, c’était Jaurès, et ça
parce que là, il y a non seulement
fait exactement penser, ce débat,
l’identité de la France qui est en
au moment de l’affaire Dreyfus.
train de se jouer mais il y a l’idenIl y avait une partie des sociatité européenne, et la figure de l’Europe du 21e siècle
listes qui disaient : « Ce n’est pas notre affaire. C’est
une question, uniquement, restons sur le terrain de
est en train de se reconfigurer aujourd’hui, sur les
classe ! » Et Jaurès disait : « Non ! Non ! »
lignes de clivage économique, sur les lignes de clivage de politique internationale. Et là, les socialistes,
Non, parce que là, nous touchons vraiment le cœur de
leurs gouvernements, mais le Parti socialiste doit
ce qu’est notre engagement. Et nous le faisons d’une
être à l’initiative, parce qu’il faut que sur la question
manière qui est, je crois, tout à fait à la fois fidèle
des réfugiés, sur la question d’une politique d’invesaux valeurs et responsable, parce qu’il s’agit d’orgatissements, sur les grandes questions, nous fassions
niser cet accueil et de faire mener un débat dans la
des propositions, que nous prenions notre bâton de
société française sur ce que doit être la France, et
pèlerin, si j’ose dire, que nous fassions le tour des
ce que doivent être les valeurs européennes. Et c’est
partis socialistes, parce qu’il faut faire entendre la
un combat tout à fait majeur, et c’est là que se réuvoix des socialistes dans une Europe qui ne sera
nissent tous les humanistes qui peuvent comprendre
plus la même après la crise que nous connaissons
le sens de ce combat.
aujourd’hui.
De manière, et là, ça m’amène à parler des questions
Voilà ce que je voudrais vous dire. Donc, prenons tout
sociales et de ce que disait Laurent Baumel à l’insensemble et soyons fiers de ce que nous faisons.
17

FLORENCE AUGIER

citoyens au cœur de son projet, une Europe fondée
sur des valeurs humanistes, qui sait s’enrichir de
l’apport des autres.
La motion C, et avant sa rédaction les contributions
dont elle s’inspire, demandait une conférence sur le
sujet. Nous sommes heureux de voir que cette idée
est désormais largement partagée. J’ai rencontré
hier, avec Rita Maalouf, des associations syriennes.
Leurs demandes ne sont pas exorbitantes, et la première d’entre elles est la volonté que l’aide internationale s’exerce sur les lieux de départ. C’est pourquoi nous devons élaborer une autre politique de
développement, qui favorise le maintien des populations sur leur territoire au lieu de les lancer sur des
bateaux de fortune pour chercher une vie digne de ce
nom ailleurs. Le monde a besoin du co-développement. Il en a d’autant plus besoin que la majorité de
ses habitants est encore loin d’avoir atteint ce niveau
minimum pour vivre dans la dignité que tout individu
est en droit d’attendre en venant au monde.
Je vous remercie. Je voudrais compléter pour vous
dire toute la fierté que j’ai aujourd’hui de voir que,
dans le règlement intérieur, a été annexée la charte
du Parti socialiste pour les personnes en situation de
handicap. Parce que ça fait quatre ans que, d’abord
la motion 4 et ensuite la motion C, nous nous battons
pour que cette charte soit adoptée. Donc je vous dis
merci, vraiment merci beaucoup. Je suis très fière de
faire partie de ce parti.

Chers camarades, d’abord, je voudrais vous signaler
que je suis la première femme qui va intervenir dans
cette assemblée depuis qu’elle a démarré.
Alors, cinq minutes pour s’exprimer sur tout ce qui
agite le PS, c’est court, très court, trop court. Il faut
faire des choix drastiques. J’aurais aimé vous parler de l’alliance populaire de Jean-Christophe, qu’il
propose à toutes les forces progressistes de notre
pays. J’aurais aimé vous parler des régionales de
décembre, ou encore du troisième salon musulman
du Val-d’Oise et des Femen. J’ai choisi de vous parler
des réfugiés, tous les réfugiés qui fuient les guerres,
la misère, la faim, et qui risquent leur vie avec l’espoir d’une existence meilleure en Occident. Nous
sommes face à une alternative qui peut, soit faire
disparaître l’Europe, soit la relancer. La situation
est grave, très grave. Nous constatons que l’Europe
est au bord de l’explosion. Ce sont les murs que l’on
reconstruit en Hongrie après les avoir fait tomber
il y a vingt-cinq ans. Ce sont des pays qui refusent
d’accueillir des réfugiés et qui oublient un peu rapidement ce que l’Europe a consenti pour les intégrer.
Cette Europe-là, repliée sur elle-même, xénophobe,
populiste, peut signer son arrêt de mort si elle refuse
la diversité et prône le chacun pour soi et le repli.
La gauche européenne a la responsabilité de tout
faire pour que ces frilosités ne soient que des épiphénomènes sans lendemain. Au contraire, il appartient aux socialistes français de proposer au PSE de
transformer cette arrivée massive de populations en
une formidable chance pour l’Europe de réussir ce
qu’elle n’est pas encore parvenue à faire : la création d’une Europe solidaire, fraternelle, accueillante,
une Europe politique et démocratique qui met les
18

CHRISTINE REVAULT D’ALLONNES

nationale sur les réfugiés. Je suis fière de nos élus,
de nos maires, qui se sont engagés fortement. Ce
sont nos valeurs, c’est notre ADN. En plus, ce qui se
passe avec la situation des réfugiés va bien plus loin,
bien plus loin que nos frontières françaises.
C’est l’avenir de l’Union européenne qui est en jeu.
Après la menace de la sortie de la Grèce, c’était il
y a quelques mois seulement, nous sommes face à
un nouveau défi, un défi terrible. Oui, tu as raison
Guillaume, l’Union européenne, ce n’est pas qu’un
simple marché économique. L’Europe a des valeurs
communes qui sont fondées sur le respect des droits
de l’homme, sur le respect de la vie humaine. Et cette
vision, malheureusement, n’est pas partagée par
tous. A l’extrême-droite, évidemment, à droite aussi,
mais il faut le dire, également chez certains de nos
partis frères membres du Parti socialiste européen.
Et il faut que nous soyions très virulents pour faire en
sorte que Stanichev, le président du PSE, intervienne
dans le débat, parce que le PSE se mobilise sur la
question mais son président doit le faire.
C’est notre avenir à tous qui se joue aujourd’hui. Les
idéaux et les principes fondamentaux de la construction européenne sont mis à rude épreuve. Sans prise
de conscience et de courage politique des gouvernements nationaux, nous risquerons d’assister à l’implosion de cette union.

Chers camarades, je vais poursuivre dans ce qu’a dit
Guillaume, qui a fait encore une fois une très belle
intervention, sur le sens de l’histoire et sur la situation des réfugiés. Oui, parce que pour nous, c’est l’urgence. Et le Président de la République a eu ces mots
forts, il a dit : « Le droit d’asile fait partie intégrante de
l’âme et de la chair de la France. C’est un droit international qui est né dans les décombres de la Seconde
Guerre mondiale pour enfin retrouver le chemin de la
paix. Pour cela, le droit d’asile est aussi un des principes fondateurs de l’Union européenne. »
Je suis fière moi aussi d’appartenir au Parti socialiste qui s’est mobilisé fortement, qui a notamment,
par la voix de Jean-Christophe Cambadélis, dès le
congrès de Poitiers, appelé à une conférence inter-

C’est ce que nous, socialistes français, défendons
tous les jours au Parlement européen, Pervenche
est ici... Nous avons soutenu et voté les propositions
faites par la Commission en faveur d’une politique
européenne commune en matière de migration et
d’asile, parce que, au lieu d’ériger des murs, de fermer nos frontières intérieures et de nous recroqueviller sur nous-mêmes, nous défendons des mesures
fortes pour favoriser l’accueil et l’intégration des réfugiés. Si nous n’agissons pas avec humanité, c’est
l’Europe telle que nous la chérissons qui sera morte,
et les marchands de peur et de haine auront gagné. Il
en est de notre devoir de ne pas détourner le regard.
Il en est de notre devoir de montrer notre unité et
notre engagement commun dans cette bataille.
Le repli sur soi, la haine et le racisme ne sont pas et
ne seront jamais dans notre camp. Notre camp, c’est
celui de l’alliance populaire. Nous sommes solidaires,
la gauche est solidaire, même si tous à gauche parmi
ses leaders ne l’expriment pas aussi fortement, nous
avons le devoir de nous montrer solidaires, de nous
montrer au devant de ce mouvement. Et ne brouillons pas les messages. Non, ce n’est pas un combat
de bobos, c’est un combat de socialistes. Soyons fiers
et soyons courageux !

19

FRÉDÉRIC VIGOUROUX

Et je vais te délivrer un satisfecit : quand nous avons
vu arriver les textes que tu nous as envoyés sur la
question des réfugiés, nous avons tous été fiers
d’être socialistes et d’avoir une direction du Parti qui
a su mettre en place cela. Certains vont dire que je
fais de la lèche. Non, je vais aller plus loin. Je suis
monté le samedi à Paris et j’ai été fier d’entendre ce
que le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre
ont dit, comme j’ai été fier de ce que le Président a
indiqué. Pourquoi ? Parce que je me sentais dans
mes valeurs de fond, dans mes valeurs socialistes
qui faisaient qu’à un moment donné, cela faisait la
différence entre mon ego et l’esprit qui m’a animé
pour mon engagement politique.
Je voudrais que chacun d’entre vous imagine, et un
seul instant, qu’à la sortie de ce Conseil national,
même si nous n’avons pas tout tranché, et je propose
plutôt de continuer de dialoguer sur cette question,
ça a été fait par les motions D et B, je propose de
continuer de dialoguer. Et entre le parti qui propose
et le gouvernement qui dispose, il y a un parlement
qui dialogue, et c’est dans ce parlement qu’il y aura
le dialogue et les discussions sur
la politique.

Mes chers camarades, j’étais venu vous parler d’un
sujet, mais depuis tout à l’heure, j’entends parler
d’un texte qui, manifestement, semble faire débat.
Je voudrais rappeler le contexte
parce que j’ai le sentiment que
se jouent quelque part d’autres
choses et ailleurs.
Mais je voudrais, et je m’arrête là
EN PACA, NOUS AVONS
puisque je n’ai que trois minutes,
GOUVERNÉ AVEC LES
Au mois de juillet, sous l’égide du
je voudrais lancer aussi un apCOMMUNISTES,
Premier secrétaire, nous avons
pel à vous tous parce que nous
LES VERTS, ET MÊME
voté, et j’ai voté, au bureau national,
sommes en difficulté à gauche.
LES CHEVÈNEMENTISTES.
un texte de rassemblement large,
Il faut que nous rassemblions la
NOUS AVONS FAIT UNE
que tu as souhaité, Jean-Chrisgauche, et ce n’est pas simple,
POLITIQUE PUBLIQUE
tophe. Et quand j’ai voté, je n’avais
à la fois par rapport à ceux qui
EXTRAORDINAIRE, ET
pas l’impression que c’était contre
nous critiquent sur la politique
POURTANT NOUS N'ARRIqui que ce soit. C’était une position
du gouvernement, alors qu’en
du parti, d’une analyse, après un
région PACA, derrière Michel
VONS PAS À TROUVER
débat que Jean-Marc avait faite,
Vauzelle, où on a gagné trois fois
UN ACCORD.
avec Laurent et d’autres. Et nous
l’élection, nous avons gouverné
avions trouvé une ligne politique
avec les communistes et avec les
qui nous permettait d’indiquer au
Verts, et même une autre partie
gouvernement nos choix, mais
de la gauche, les chevènemenaussi la volonté qui était la nôtre de faire évoluer la
tistes. Nous l’avons fait pendant trois mandats. Nous
politique. Dans quel sens ? Dans celui de nous prépaavons fait une politique publique extraordinaire, et
rer aux échéances futures et de retrouver le contact
pourtant, nous n’arrivons pas à trouver l’accord parce
avec notre électorat. Qu’y a-t-il de critiquable ?
que, nous ne devons pas l’oublier, une partie de la
gauche souhaiterait notre affaiblissement, et je peux
Et aujourd’hui, je pensais que nous allions, non pas
le comprendre, je connais même celui qui le théofaire la méga teuf à côté, mais que nous allions enrise, et une autre partie de la gauche hésite à nous
semble travailler sur ce qui va nous rassembler dans
rejoindre. Alors, il faut qu’il y ait, de mon point de vue,
les semaines qui viennent et qui est déterminant
de la part du parti et de ce Conseil national, un engapour l’avenir du parti, à la fois le fond, mais aussi les
gement, un message à destination de nos électrices
élections régionales qui arrivent. A ce propos, je vouet de nos électeurs et de toute la gauche, pour nous
drais lancer un message à cette noble assemblée de
rassembler, afin d’éviter d’être dans l’invective ou de
tous les socialistes de la région PACA : si vous poudire que c’est la faute de l’autre. Non, il faut proposer
viez éviter de dire que nous allons perdre contre le
largement cet accord, et si cet accord peut être fait,
Front national, ça nous arrangerait pour la mobilisaalors peut-être que ces élections régionales ne sont
tion de notre électorat. Mais je ne veux pas masquer
pas inscrites d’avance.
les différences. Elles existent. Et alors ? Il faut les
respecter. Mais Jean-Christophe, je le sais, tu dois
être attaché comme le talisman du fait de notre rassemblement avant cette élection.
20

CHRISTIAN PAUL

le sont pas. Donc, c’est un service à nous rendre.
Sur le rassemblement de la gauche, mes chers camarades, l’objectif n’est pas seulement louable, il est vital
aujourd’hui. Mais pourquoi ce rassemblement, c’est vrai,
semble aujourd’hui à beaucoup de Français très improbable ? Pourquoi assiste-t-on au sein de la gauche à
des choix irrationnels, voir suicidaires, comme en NordPas-de-Calais Picardie ou en PACA (tu l’as rappelé avant
moi) ? Pourquoi la menace du Front national, et personne
ne peut s’en réjouir, ne réunit même pas aujourd’hui la
gauche ? Pourquoi l’objectif du dépassement, indispensable, ne sera qu’un vœu pieux si on ne fait pas l’effort de
ce rassemblement ? Pourquoi notre parti est-il assimilé
à un émetteur en panne ? Ce sont ces questions-là qu’il
faut se poser.
Pierre Rosanvallon a écrit probablement le meilleur livre
politique de cette rentrée, qui en comporte d’ailleurs
d’autres de bonne qualité. Le titre de ce livre, c’est : Le Bon
Gouvernement. Il décrit bien la défaillance démocratique
que connaît aujourd’hui notre pays. Et il écrit, peut-être à
l’intention des socialistes, justement, qu’un puissant facteur de déclin des partis politiques tient fortement, je le
cite, et Alain appréciera, « à leur glissement du côté de la
fonction gouvernante ». Oui mes camarades, le Parti socialiste peut être solidaire sans être vassalisé. Le Parti socialiste peut être responsable sans être anesthésié. Le Parti
socialiste peut être aussi réellement imaginatif sans être
faussement moderne.

Chers camarades, l’Europe affronte une nouvelle période
historique, qui met à mal à la fois sa solidarité et sa solidité.
Après la crise grecque, les chocs géopolitiques mettent en
jeu la vie de millions de gens et mettent en pleine lumière
toute la faiblesse de la démocratie européenne. Il y a donc
urgence absolue à prendre des initiatives audacieuses en
Europe. Et pour cela, il faut, ici en France, et en particulier dans ce parti, une force commune, parce que nous
ne pouvons pas nous contenter d’être les spectateurs
impuissants de l’émiettement de la gauche. Je donne acte
à Jean-Christophe d’avoir, il y a quelques jours, relancé ce
débat sur le rassemblement de la gauche. Nous le disons
depuis des mois, comme beaucoup d’entre vous d’ailleurs, comme Frédéric à l’instant, et pas seulement à la
veille des élections régionales.

Alors, comment rassembler la gauche avec autant de
contresens ? La modernité pour la gauche, et nos candidats aux élections régionales le savent bien, cher Claude,
ce n’est pas de mettre en cause les 35 heures devant le
MEDEF, ce n’est pas d’insécuriser le contrat de travail ou
de disserter sur le statut des fonctionnaires ; tout cela est
stérile et anxiogène. Et ce discours libéral, ainsi porté au
sein du gouvernement, pas par tous, c’est vrai, mais par
quelques-uns, bien que minoritaires, ils le sont dans notre
parti, bien que jamais assumé au congrès de Poitiers, ce
discours libéral, il fait mal à notre engagement, comme il
affaiblit la gauche. Et cette orientation, je le redis, et j’en
ai la conviction, n’a ni majorité dans notre parti, ni base
électorale dans le pays, ni chance
sérieuse d’améliorer la vie des gens.

Pour rassembler la gauche, il faut d’abord, et là, je passerai très vite, éviter entre nous des
clivages artificiels. Je le dis solennellement, je le dis en particulier à
Alain Bergounioux. Nous demanLa modernité, mes camarades, c’est
LA MODERNITÉ, C'EST DE
dons depuis des mois, pas depuis
de résister à ce que la mondialisation
RÉSISTER À CE QUE LA
des semaines, depuis des mois,
a de pire : la pression sans limites sur
MONDIALISATION A DE
avant le congrès de Poitiers, qu’il y ait
les salariés, mais aussi la remise en
PIRE : LA PRESSION SANS
en Europe, en particulier au sud de
cause brutale du rôle de l’État et de
LIMITE SUR LES SALARIÉS,
l’Europe, un accueil solidaire des réceux qui le servent. La modernité,
LA REMISE EN CAUSE DU
fugiés, et qu’il y ait ensuite au sein de
c’est plutôt de résister, comme l’a
RÔLE DE L'ÉTAT.
l’Europe une répartition solidaire des
fait Anne Hidalgo, par exemple, ici,
réfugiés. Et puisque, Alain, tu es un
à Paris, à ce que Paris devienne sept
historien amoureux des textes, je te
jours sur sept, le dimanche aussi, un
renvoie à une tribune que nous avons
hypermarché géant. La modernité,
signée en avril dernier, qui disait tout cela et beaucoup
c’est d’inventer les nouveaux modèles économiques soud’autres choses encore. C’était, je crois, sur Mediapart, et
tenables. La modernité, spéciale dédicace au ministre de
ça évitera sans doute qu’on parte d’ici en pensant que, sur
l’Économie, c’est de s’attaquer aux rentes bancaires plucette question-là, les socialistes sont divisés quand ils ne
tôt qu’aux fonctionnaires. Et la modernité, c’est probable21

ment davantage de faire sauter les verrous qui protègent
les puissants plutôt que les boucliers fragiles qui protègent tant bien que mal des millions de Français.

Enfin, et j’en terminerai par là, et je fais écho aux propos qui achevaient tout à l’heure l’intervention de Pierre
Cohen : nous ne pouvons pas rester sourds à l’inquiétude
des élus de France, à ces dizaines de milliers d’élus et de
conseillers municipaux. Je ne pense pas là à l’inquiétude
d’un François Baroin, on ne s’y arrêtera pas. Il défendait
l’austérité quand il était à Bercy. Il propose, avec l’UMP,
100 millions d’économies, peut-être davantage dans ses
rêves les plus fous... Milliards pardon, 100 milliards, 150
peut-être. Et il vient doctement demander de rétablir des
dotations aux collectivités que son projet politique massacrerait sans pitié.
Non, les inquiétudes que j’entends, ce sont les inquiétudes
de nos territoires, les inquiétudes de tous ces élus qui font
un travail de fourmi pour améliorer la vie des gens, ces
élus qui font, pour certains d’entre eux, 35 heures sur deux
jours ou trois jours dans leur mairie, parce que c’est là leur
sens du devoir, ceux-là auxquels on demande beaucoup,
et souvent de remplacer État quand il s’en va, ceux-là qui
vont accueillir les réfugiés, comme ils accueillent déjà la
pauvreté et la précarité. Alors, si nous voulons rallumer
l’investissement local, je crois même que c’était le texte
de la motion A au congrès de Dijon, si nous voulons rallumer l’investissement local - j’en termine, Michel, mais
je te sais sensible à cette question -, il faut s’en donner
les moyens. Et c’est l’une des réorientations demandées
par le Parti socialiste et pas seulement par notre motion.
Les élus socialistes ne demandent pas l’aumône mais la
solidarité. J’entends dire que les économies, c’est moins
d’impôts pour les Français ; mais les économies, c’est
aussi moins d’emplois pour les chômeurs. Voilà chers
camarades à quoi doit servir notre parti : entendre le pays,
proposer des solutions nouvelles et ne jamais céder sur
l’essentiel. Je vous remercie.

Alors chers amis, arrêtons ! Le débat entre nous n’est pas
entre ceux qui veulent gouverner et ceux qui ne voudraient
pas gouverner, pas du tout, il est entre un réformisme libéral, assumez-le devant les Français le moment venu, et
des réformes de gauche. Et c’était d’ailleurs le formidable
pari de 2012. Alors réveillons-nous, réveillez-vous ! L’unité
se fait, ou ne se fera pas, dans la clarté des idées. Parce
que la clarté, c’est le meilleur auxiliaire de la vérité, et en
tout cas, ça aide à agir.
Sur notre action au pouvoir, chers camarades, c’est elle
qui sera jugée, et nous tous avec elle, il n’y aura pas de
salut solitaire, en tout cas pas dans cette salle. La rentrée
2016 était, pour beaucoup d’entre nous, la rentrée de la
dernière chance. Et le budget 2016, c’est le dernier budget en grandeur réelle de ce quinquennat. Donc, la clarté
aujourd’hui, pour tous les socialistes, c’est de défendre
ce que l’on a décidé, et donc je demande à notre Premier
secrétaire de se faire entendre dans le débat sur le budget
2016. Je demande à notre parti de défendre les choix qui
ont été faits le 27 juillet dernier, adopté à la quasi-unanimité par notre bureau national, à partir aussi, il faut le rappeler, Laurent l’a fait avant moi, des propositions issues
des quatre motions de notre congrès.
Je demande à notre gouvernement de respecter les propositions du Parti socialiste. Et c’est un test, mes camarades, c’est un test en grandeur réelle de notre crédibilité
collective, et c’est peut-être même une ultime démonstration de l’utilité de notre parti dans cette période.

HENRI WEBER

Chers camarades, j’ai beaucoup d’amitié pour Christian
Paul, et réciproquement, mais je ne suis pas convaincu
par sa démonstration. Sous l’impact de la crise économique et de la crise géopolitique qui nourrit des flux
d’immigration d’une ampleur inhabituelle, nos sociétés
sont travaillées par une double radicalisation : une radicalisation à gauche et une radicalisation à droite. Et je vous
fais remarquer que cette radicalisation à droite a lieu dans
les pays qui ont pratiqué, face à la crise, une politique de
sérieux budgétaire et pas une politique d’austérité, et une
politique de redressement dans la justice. Je pense à la
Suède, je pense aux pays scandinaves, je pense à l’Autriche et je pense à la France. En France, nous n’avons pas
de radicalisation à gauche. Le programme dont vous vous
faites souvent l’écho, il a ses porte-parole et il est proposé
comme offre aux électeurs, et il fait chaque fois des scores
extrêmement faibles. En revanche, dans les pays qui ont
pratiqué une politique d’austérité véritable, et je pense à
la Grande-Bretagne, je pense à l’Espagne, je pense à la
Grèce et à quelques autres, là vous avez une radicalisation
à gauche.
En Grande-Bretagne, c’est flagrant... Parce que tu nous
reproche d’avoir un gouvernement libéral, mais où sont
les mots, où est le sens des mots ? La politique d’austérité telle qu’elle a été pratiquée en Grande-Bretagne, c’est
22

500 000 suppressions de postes de fonctionnaires depuis
que Cameron est là ; c’est l’augmentation brutale des
droits d’inscription pour les étudiants ; c’est, aujourd’hui
même, la quasi-interdiction du droit de grève ! Mais où
avez-vous vu l’ombre du dixième de choses semblables
dans notre propre pays ? Il ne faut pas confondre sérieux
budgétaire, engagement pour le redressement économique, engagement pour la réindustrialisation, parce que
le problème principal de notre pays sur le plan économique, c'est sa désindustrialisation massive, qui continue,
on a encore perdu un point. Ce gouvernement est engagé
pour le faire, et ça explique, ça éclaire toute sa politique, et
il obtient déjà des résultats. Il obtient des résultats, et je
vais vous en donner un exemple, ma chère Marie-Noëlle
Lienemann. Sur le plan du commerce extérieur, pour la
première fois, la balance des comptes courants est bénéficiaire. Ça, c’est une indication. Bien.

Chers camarades, si vous vous réglez sur la déception
dans les institutions de la Ve République, malheureusement, comme l’élection mère, c’est la présidentielle, ils
sont déjà tous en train de la préparer. Et je vais te donner une raison supplémentaire qui éclaire les raisons
de cette dispersion, c’est que, parmi un certain nombre
de dirigeants de ces partis, ces dirigeants considèrent
que perdu pour perdu, l’heure est venue de faire place
nette. Ils sont dans une stratégie de recomposition du
champ politique à moyen terme. Mélenchon l’a expliqué
en détail dans Mediapart d’avant-hier. Et il n’est pas seul
dans son cas, c’est le cas de Duflot aussi et de quelques
autres. En conséquence, ils considèrent que, puisque la
droite va revenir et puisque la gauche va perdre en tout
état de cause, eh bien, faisons passer par pertes et profits la politique d’alliance. Eh bien, ceux-là sont des irresponsables, et nous devons les dénoncer ! Et nous devons
nous adresser aux élus et aux militants responsables de
ces partis pour leur dire : qu’allez-vous faire ? Camarades,
qu’allez-vous faire ? Vous allez donner cette région emblématique qu’est le Nord-Pas-de-Calais au Front national ?
Et la même chose pour PACA ? Il n’en est pas question
! Mais surtout, par-dessus la tête de ces irresponsables,
et tout en proposant l’alliance parce qu’ils ne sont pas
seuls en place. Mais qu’est-ce que nous faisons d’autres ?
Nous leur proposons l’alliance, mais par-dessus leur tête,
nous nous adressons principalement à leur base électorale, parce que leur base électorale, mes camarades, la
jeunesse, une série de membres des classes populaires,
d’enseignants, de fonctionnaires, ceux-là savent ce qu’ils
ont à perdre si la droite thatchérienne vient au pouvoir,
ceux-là les entendent. Et je conclus là-dessus : vous nous
reprochez d’avoir fait 50 milliards d’économies, et d’avoir
baissé de 50 milliards les dépenses publiques ; le résultat
de la division, c’est que vont arriver au pouvoir des gens
qui vont faire trois fois mieux, les vrais austéritaires. Lisez
leurs textes, ils ne se dissimulent même pas. C’est Fillon,
c’est Sarkozy, c’est Juppé, ceux-là pratiqueront une politique d’austérité et pas une politique de sérieux budgétaire
et de redressement dans la justice. Et ça, mes camarades,
intuitivement, instinctivement, l’électorat qui est le plus
concerné, qui est le plus menacé par cette politique réactionnaire le sent, et c’est pourquoi nous pouvons le gagner
en dépit des irresponsables.

Donc, j’en viens à ton propos. Tu dis : « C’est la déception
qui créé la dispersion. » Mes chers camarades, j’ai déjà
quelques heures de vol et je n’ai jamais vu, lorsque nous
étions au gouvernement, j’ai toujours vu, au contraire, la
droite exaspérée et nos partenaires déçus. Toujours ! La
dernière fois en date pour une présidentielle, c’était en
2002. En 2002, nous avons créé 2 millions d’emplois supplémentaires, nous avons conquis les 35 heures, les emplois jeunes, la CMU ; et nos partenaires, tous autant qu’ils
sont, sont allés dispersés à la bataille. Et les Français, les
électeurs, les électeurs de gauche ont été mis devant l’alternative : ou voter Le Pen ou voter Chirac, ou voter avec
ses pieds. Eh bien, il faut tout faire pour que ça ne soit pas
la même chose cette fois-ci, pour les régionales comme
pour les présidentielles !
Vous nous dites : « Nous les décevons. » J’ai lu l’interview
d’Emmanuelle Cosse cet après-midi dans Le Monde. En
matière de lutte pour la transition écologique, nous avons
voté la loi transition énergétique, nous sommes les artisans actifs de la COP 21, nous développons les énergies
renouvelables, nous avons adopté l’apport de l’écologie
politique à notre corps de doctrine, et qu’est-ce que raconte Emmanuelle Cosse dans Le Monde de cet aprèsmidi ? « Nous sommes affreusement déçus, nous ne pouvons pas continuer à travailler avec ces gens-là. »

23

KARINE DANIEL

les citoyens doivent être autant que possible égaux face
à l’impôt. Aucune raison que seuls les plus aisés qui ont
les moyens de recourir au service de ces experts, et au
détour pouvoir profiter des failles du système, puissent
comprendre et lire cet impôt. De plus, cet impôt qui doit
se substituer à la complexité existante doit être le plus
progressif possible, chacun doit contribuer à la hauteur
de ses moyens. Voilà la traduction égalitaire, mes camarades, d’un vrai système fiscal républicain.
Le prélèvement à la source, un vrai prélèvement à la
source et non pas une mensualisation du système existant, qui a été remis au débat par Pierre-Alain Muet et
Jean-Marc Ayrault, doit aussi concourir à cette simplification pour les citoyens contribuables.

Je voulais vous parler des questions de fiscalité et, chers
camarades, vous rappeler que dans une tribune parue
en août 2011, dans le Nouvel Obs, le président de la République, qui était alors candidat à la primaire citoyenne,
écrivait : « Le prochain président de la République aura
donc trois défis à relever. Le premier, c’est celui du rééquilibrage des finances publiques. Le deuxième, le rétablissement d’une offre compétitive, et le troisième, la réduction
des inégalités. » Je cite : « La réforme fiscale est donc l’acte
premier, la condition préalable à la formation d’un cercle
vertueux. »

En 2012, la situation s’est révélée plus catastrophique que
nous l’avions prévu, et le fameux bouclier fiscal de Sarkozy avait dégradé plus largement les comptes publics.
Mais les efforts consentis par tous les Français durant
la première partie du quinquennat de François Hollande
ont permis, dans une certaine mesure, de contribuer à
rétablir les comptes. Il est désormais nécessaire de s’appuyer sur ces marges de manœuvre pour pouvoir réellement reproposer une fiscalité revisitée, et nous devons
le faire d’ici 2017.

Dans le prolongement de ces propositions, la motion D,
au congrès de Poitiers, appelait de ses vœux un modèle
économique qui redonne de l’espoir, un modèle économique qui garantisse la justice de notre système de
contribution publique. Notre motion proposait la mise
en place d’une réforme fiscale créant un nouvel impôt
qui remplace l’impôt sur le revenu, la CSG, un prélèvement libératoire et la prime pour l’emploi, sur un barème
très progressif, un barème qui soit compris et lisible par
les citoyens. Ce dernier point nous apparaît essentiel, le
citoyen doit être capable de comprendre le système fiscal sans avoir besoin de recourir à un expert fiscaliste,

Alors, l’exigence d’une fiscalité plus juste, d’une fiscalité
plus lisible doit donc plus que jamais être maintenue et
assumée. C’est une demande que les Français nous ont
faite avec le choix qu’ils ont fait en 2012, elle doit être
impérativement satisfaite avant la fin du mandat présidentiel.
On a bien compris que la réforme fiscale, ce n’était pas
maintenant, et maintenant, pour nous, c’était en fait il
y a deux ans, alors si ce n’est pas vraiment maintenant
maintenant, ça ne doit quand même pas tarder. Merci,
mes camarades.

24

RACHID TEMAL

faire ensemble, les communes, les associations, les
militants, les citoyens, à la fois parce que nous avons
su les recueillir, leur donner le minimum, mais très
vite, l’enjeu pour ces personnes-là, c’est comment
faire venir leurs familles qui, bien souvent, sont encore dans des camps, en Turquie notamment. Et on
a entré des personnes qui avaient payé 4 000 dollars
pour traverser, certaines avaient été emprisonnées
en Serbie, et l’interrogation maintenant, c’est mettre
en sécurité leur famille, la faire venir, trouver de quoi
avoir un logement et un travail. Donc, c’est le travail
que nous avons à mener, et c’est aussi la démonstration que nous devons, non pas avoir un coup de
cœur, mais dans la durée, avec les collectivités et
les associations, construire ce parcours-là, et donc
engager cette bataille pour les valeurs auprès de nos
populations.
Autre point que je voulais évoquer, sur la question
des régionales. Moi, j’entends celles et ceux qui nous
disent : « C’est parce que vous ne faites pas telle ou telle
mesure que nos partenaires ne souhaitent pas s’associer à nous. » Alors c’est un peu la théorie de Monsieur Plus de Balzen, c’est toujours plus, de toute façon, ça ne s’arrête jamais. Donc il faut toujours courir
après telle mesure, puis ensuite telle mesure. Tout à
l’heure, Henri évoquait la question écologique, ce que
nous avons déjà fait. Ce n’est pas cette loi, la COP 21,
et pour autant, il faut faire toujours plus. Quoi ? On ne
sait pas, mais toujours plus.

Bonjour. Je souhaite, dans un premier temps, comme
d’autres, à la fois saluer l’action du président de la
République, du gouvernement, et du parti, pour avoir
su mobiliser à la fois nos adhérents, nos militants,
et puis avoir fait aussi totalement cause commune
avec beaucoup d’associations pour faire en sorte que
la question des réfugiés, une question humaine, un
drame humain, puisse être effectivement traitée.

Alors peut-être qu’il faut s’interroger différemment,
et aussi se dire que le débat et le combat que nous
aurons à mener à l’occasion des régionales ne se
traduira pas par un combat entre une gauche et une
autre gauche. Il faut que chacun l’entende. La question, elle est simple : le 6 et le 13 décembre prochains, est-ce que nous souhaitons continuer à travailler ensemble au sein de la gauche, j’y reviendrai,
ou ce sera la droite ou l’extrême-droite qui prendra
la responsabilité et les rênes d’un certain nombre de
régions ? Et quand nous savons aujourd’hui ce qu’a
pu faire la droite, un an et demi après les municipales et quelques mois après les départementales,
la casse sociale, je pense au logement, je pense aux
associations, également au soutien dans la suppression de la gratuité dans les cantines scolaires, on voit
bien ce qu’est la réalité. On ne pourra pas dire : on ne
savait pas. C’est concret.

Donc ce que je souhaite indiquer, c’est que c’est
aussi l’occasion d’ailleurs, et Sandrine Mazetier est
là, elle l’évoquera tout à l’heure, quand on nous fait
la comparaison entre la droite et la gauche, sur la
question du droit d’asile, je pense qu’on peut là aussi
être fier du travail qui a été fait par nos parlementaires et de ce texte qui démontre vraiment qu’il y a
bien une différence entre la droite et la gauche. On le
voit également beaucoup dans la question des villes
solidaires. Ce que je souhaite également indiquer,
c’est que, pour le coup, contrairement à ce que certains ont longtemps exprimé, nous ne sommes pas
dans l’angélisme. Notre position, celle du gouvernement, celle du parti, est une position globale, une
approche globale. Nous devons accueillir en toute
fraternité, ce que nous faisons, et avec sérieux et
professionnalisme, je reviendrai dessus, et avoir une
vision globale sur les questions sécuritaires, puisque
nous savons qu’aujourd’hui, aussi la question, c'est
ce qui se passe, certes en Syrie, certes en Irak, mais
également sur la question de la Turquie et des camps
qui sont là. Donc, je souhaite indiquer que quand j’ai
eu l’occasion, avec Claude Bartolone, de rencontrer
réfugiés dans le Val-d’Oise, à Cergy, où il y a autre
chose que ce que certains évoquaient, donc il y a un
camp, 96 personnes, et également Montmorency,
on voit bien d’ailleurs tout l’effort que nous avons à

Donc, nous devons agir. C’est vrai que, pour beaucoup, nous avons été marqués par le 21 avril. Encore
une fois, je ne fais pas de menace ou de chantage
comme j’ai pu lire dans certains, en disant : c’est le
chantage, c’est la menace au Front national. Mais le
21 avril, nous ne savions pas. Aujourd’hui, si une ou
deux régions passaient au Front national, que dirionsnous ? Nous ne savions pas ? Nous avons tout fait,
nous et nos partenaires, pour pouvoir l’éviter ? C’est
la question qu’on peut se poser. Donc je pense que
nous devons encore agir. D’autant que l’électorat, le
nôtre, celui des écologistes, celui aussi du parti com25

muniste, que dit-il ? A la fois dans les sondages, et
puis vous comme moi, on les rencontre sur le terrain.
La gauche souhaite l’unité, le peuple de gauche souhaite l’unité, et parfois nous engueule : « Arrêtez vos
conneries et faites l’unité. » Donc, je pense que nous
devons aller au bout de cette logique-là, et dire aux
forces de gauche très clairement les choses : discutons encore, dépassons la question des seuls partis,
parlons avec le peuple de gauche, nous devons agir
ensemble, parce que nous ne devons pas être la génération, après celle du 21 avril, une génération du
21 avril mais bien une génération du 13 décembre,
et donc nous devons être la génération de la recon-

quête. C’est ça, l’enjeu qui est devant nous. Donc je
pense que nous devons, encore une fois, et le Conseil
national et le Premier secrétaire, encore une fois, et
je pense que tout le monde en sera d’accord, continuer à faire des propositions en termes d’accords, en
termes de projets. C’est ça qui sera l’enjeu, je pense,
encore une fois, de cette élection, et j’espère que les
partenaires pourront, pour certains, et d’ailleurs, je
pense que tout le monde le dit, sortir d’une forme
de suicide quand on voit dans certaines régions qu’à
300 participants, on peut déterminer le sort de 5 millions d’habitants. Je vous remercie.

FANÉLIE CARREY-CONTE

Et sur ces questions socioéconomiques, il y a à mon sens
deux batailles culturelles que nous n’avons pas suffisamment menées, que nous ne menons pas suffisamment, et
qui vont nous poser de vrais problèmes à gauche à l’avenir.
Je voudrais en citer deux rapidement.
D’abord, la première, c’est sur la question de l’impôt.
Moi, je pense, mes camarades, que le discours que nous
avons trop intériorisé à l’intérieur de nos rangs du « trop
d’impôts » est un discours qui fait du mal à la gauche. Et
je pense que nous avons aujourd’hui besoin de réhabiliter
le sens d’un impôt citoyen, d’un impôt juste, gage de bien
commun et gage de cohésion sociale, et je suis inquiète de
voir aujourd’hui que notre politique fiscale s’engage plus
à soustraire des gens de l’imposition à travers l’impôt sur
le revenu que de remettre en avant la progressivité nécessaire de l’impôt, et je ne reviens pas sur tout ce qui a été dit
tout à l’heure sur la question de la réforme fiscale.
Et puis, deuxième bataille culturelle que nous ne menons
pas assez au plan économique, c’est sur la question du
marché du travail. Mes chers camarades, on peut se le dire
entre nous : pourquoi est-ce que nous avons eu le rapport
Combrexelle ? Pourquoi est-ce qu’il y a autant de mobilisation politique autour de ce rapport ? Eh bien, parce que là
encore, nous avons trop laissé, nous avons trop intériorisé
cette idée libérale, cette théorie erronée qui expliquerait
que le fort taux de chômage dans notre pays s’expliquerait car il y aurait trop de rigidités sur le marché du travail
et au sein du code du travail. Cette idée est fausse. Et je
crois, mes chers camarades, et nous pensons, au sein de
notre motion, à la motion B, que la position du Parti socialiste aujourd’hui, ce n’est pas simplement d’expliquer que
non, nous ne remettrons pas en cause le Smic et la durée
légale du temps de travail, ça, ce n’est pas une position, ça
s’appelle la moindre des choses quand on est de gauche
et quand on est au Parti socialiste. Moi, je crois que notre
rôle aujourd’hui et notre position, c’est de battre en brèche
cette intériorisation de cette théorie libérale, au nom de
laquelle on sait très bien qu’il y a un vrai risque aujourd’hui
de détricotage d’un certain nombre de droits sociaux.

Chers camarades, bonjour à toutes et à tous. Moi aussi,
je voudrais aborder quelques points d’actualité à partir de
cette même question des réfugiés qui vient d’être abordée
par Rachid.
D’abord pour dire une chose simple qui est que, quand
on mène la bataille culturelle comme nous l’avons menée sur cette question, eh bien, ça marche. Ça marche ;
force est de constater, on l’a vu, les sondages d’opinion
qui, progressivement, ont basculé au fur et à mesure que
la mobilisation politique montait en puissance sur cette
question du nécessaire accueil des réfugiés, et cela vient
démontrer, s’il était besoin de le rappeler, que notre rôle,
en tant que politiques, n’est pas de réagir en fonction de
ce que nous pensons que l’opinion pense, mais à partir de
nos convictions, à partir de nos positions, de convaincre,
d’argumenter et d’entraîner nos concitoyens.
Mais ça veut dire aussi, je crois, que cette bataille culturelle que nous avons menée là, il faut la mener sur bien
d’autres sujets. Il faut notamment la mener sur un certain nombre de sujets économiques, parce que moi aussi,
également, je dirai comme mes camarades précédents
de la Motion B, qu’il faut en cesser avec cette opposition
factice entre questions sociétales d’un côté et questions
socioéconomiques de l’autre puisque tout cela est intimement lié.

Je reboucle pour revenir, et je finirai là-dessus, sur ce que
je disais au début sur la question de l’accueil des réfugiés.
26

Maintenant que nous avons mené cette bataille culturelle,
nous avons un devoir aujourd’hui, nous avons un devoir
majeur, on le sait, c’est que les choses se passent bien sur
le terrain, parce que nous savons que tous les efforts que
nous avons faits seraient à mal si l’accueil se passait mal,
et donc, du coup, il y a évidemment un vrai travail de suivi
- je fais le lien avec l’intervention de Pierre Cohen au début
du CN -, de suivi sur le terrain aux côtés des maires, des
acteurs locaux et des associations pour que les choses se
passent le mieux possible. Mais il y a autre chose que je
voudrais dire. Ce que je voudrais dire, c’est que je pense
que nous avons absolument besoin aujourd’hui d’agir fortement contre cette idée, qui peut d’ailleurs devenir une
réalité, pas seulement une idée, de concurrence entre les
publics et de choix à faire entre les différentes précarités. Il
faut que nous disions très fortement que la France est une
terre d’accueil et une terre d’asile, mais que ça doit aussi,
évidemment, être une terre d’égalité pour toutes et tous.
Et profiter de cette mobilisation politique sur l’accueil des
réfugiés, eh bien pour lancer une mobilisation beaucoup
plus forte sur la lutte contre l’ensemble des précarités,
sur les questions d’hébergement d’urgence, sur la question des travailleurs pauvres, sur la question du logement
au moment où on sait qu’il y a des inquiétudes aujourd’hui
sur la remise en cause des aides à la pierre. Donc, je crois
que c’est sur toutes ces questions-là que nous devons
agir, et là, on va aussi faire le lien avec les engagements
budgétaires.

la parole que nous avons eue en direction d’un certain
nombre de nos concitoyens, notamment au moment des
attentats de janvier.
Et je finirai sur une chose, parce que je crois qu’il y a un
certain nombre de débats qu’il va falloir que nous continuions à avoir entre nous, notamment sur ces questions
de politiques migratoires. Oui, le droit d’asile est une spécificité qu’il faut absolument garder. Mais moi, je nous
mets en garde contre quelque chose. Je nous mets en
garde contre le fait que le respect du droit d’asile aurait
pour corollaire un durcissement de nos politiques en
matière de migration économique. Je crois qu’il faut que
nous fassions extrêmement attention à cette lecture qui
voudrait qu’il y ait, d’un côté, le bon réfugié politique, et
d’un autre côté, le mauvais réfugié économique. Je crois
que si cette lecture s’installait, nous ne serions pas du tout
à la hauteur des traditions d’accueil de notre pays, donc là,
je crois qu’il y a une vigilance particulière à avoir.
Dernière vigilance à avoir, ça a été dit tout à l’heure, c’est
sur le projet européen. Si l’on veut être crédible et efficace
sur le projet européen, on ne peut pas, d’un côté, s’indigner, à juste titre, des barbelés de Orban en Hongrie, et
nous, expliquer qu’on va refaire des frontières à Vintimille
ou ailleurs.
Là encore, dernier élément, je crois que ça a été évoqué
par Yann Galut de la motion D tout à l’heure, sur la question des accords de Dublin. Aujourd’hui, le règlement de
Dublin ne fonctionne pas, le règlement de Dublin pose des
problèmes, le règlement de Dublin implique que ce sont
certains pays qui assument une grande partie aujourd’hui
du travail sur l’accueil des réfugiés du droit d’asile, et donc
je crois qu’il faut que nous ayons un discours, et malheureusement, je ne l’ai pas entendu non plus dans les discours du gouvernement cette semaine sur la question
des réfugiés, qui remette en cause très fortement cette
logique de Dublin, sans quoi je crois que nous n’arriverons
pas à avancer correctement sur cette question.

Je voudrais juste nous rappeler une parole, une parole
qui a été la parole du Premier ministre au lendemain des
attentats de janvier, qui a dit, on peut débattre du terme,
moi je ne suis pas d’accord avec ce terme, mais qui a
parlé d’apartheid, qui a été vécu par un certain nombre
de concitoyens dans un certain nombre de quartiers. Nous
avons un rendez-vous avec ces personnes, nous avons
un rendez-vous, nous avons qualifié la vie de nos concitoyens en leur disant qu’ils vivaient dans des conditions
extrêmement difficiles, qu’ils étaient dans un apartheid.
Maintenant, la balle est dans notre camp, et il va falloir
qu’au moment de nos engagements budgétaires, il y ait
des traductions extrêmement fortes pour que, sur toutes
ces questions de précarité, nous soyions à la hauteur de

Voilà, je crois, quelques débats et combats qui sont, à mon
sens, encore devant nous. Merci.

27

SANDRINE MAZETIER

populaires qui seraient sommées de ne pas avoir de fraternité, de sentiments, de solidarité internationale, et qui
ne seraient préoccupés que par le fait de surmonter leurs
difficultés économiques, qui sont réelles. C’est une forme
d’oubli de ce dont est faite l’histoire du mouvement ouvrier, et même les paroles de l’Internationale, qui pourtant
sont entonnées régulièrement à l’occasion de nos congrès
ou de nos rassemblements. C’est ignorer aussi que la
population française, et donc les catégories populaires et
les classes moyennes dans ce pays, eh bien aujourd’hui,
un Français sur quatre a au moins un de ses grands-parents qui est issu de l’immigration, qui est donc étranger.
Et que donc, quand on parle des prolétaires, des ouvriers
ou des classes moyennes, on parle à la fois de Solange et
de Soraya, de Malek et de Laurent, et que personne ne fait
la distinction dans ces catégories, dans cette gauche qui
serait sociologique, à part ceux précisément qui utilisent
cette distinction. C’est aussi, d’une certaine manière, trouver inutile la clarification essentielle que le mouvement
qu’a fait le Parti socialiste derrière le Premier secrétaire
au congrès de Poitiers, mais aussi derrière le président de
la République à la fin de l’été, ça a opéré une clarification
chez nos adversaires, j’allais dire chez tous nos adversaires, parce que ça a mis un fouillis incroyable à droite,
et que ce n’est pas inutile, quand on prépare des élections
régionales, et que ça a aussi opéré une clarification dans
le discours du Front national, qui finissait par faire semblant de s’intéresser à la fonction publique, faire semblant
de s’intéresser aux ouvriers, aux salaires, aux travailleurs
pauvres, alors qu’en fait, ça a permis de retrouver la pureté initiale et originelle du discours du Front national et
c’est aussi une clarification utile. C’est aussi oublier que
nous avons, effectivement, anticipé, à la fois au gouvernement et dans le Parti, la grave, grave crise humanitaire à
laquelle nous sommes confrontés. Et effectivement, c’est
ce gouvernement, et ce n’est pas la droite, et ce n’est pas
non plus l’extrême gauche qui ont porté une réforme déterminée de l’asile qui fait qu’on va raccourcir les délais
d’inscription et qu’on va accueillir de manière solidaire sur
tout le territoire français. Et ça, excusez-moi mes camarades, mais c’était dénoncé par une partie de la gauche
aussi, et c’est pourtant ce que nous appelons de nos vœux
pour toute l’Europe.

Merci. On a, dans l’histoire, entendu parler des Montagnards et des Girondins, de la première gauche et de la
deuxième gauche. Et je lisais il y a quelques jours qu’il y
aurait une gauche culturelle à laquelle nous nous adresserions et une gauche sociologique à laquelle nous aurions cessé de parler. Moi, je crois qu’il faut absolument
récuser cette séparation, et que c’est une séparation qui
est dans la bouche d’un camarade, qui alimente, en fait,
probablement involontairement de sa part, mais qui alimente le discours du bloc réactionnaire. C’est alimenter
l’idée que nous ne nous préoccuperions pas des catégories populaires et des classes moyennes mais que nous
serions uniquement dans un discours de bons sentiments
à l’égard des réfugiés. Ce n’est pas le cas, je ne pense pas
que c’est ce que voulait dire notre camarade, mais quand
même, c’est une petite musique qu’on entend, que Zemmour a assené pendant des années et des années sur le
service public de l’information, et ça a donné un succès
de librairie au bouquin de Zemmour l’an dernier. Donc,
soyons nous-mêmes attentifs à ne pas alimenter ce type
de rhétorique.

Alors oui, Christian, il faut éviter d’alimenter des clivages
artificiels entre nous, et je dirais que c’est la raison pour
laquelle, foin des 35 heures, la clarification, elle a été faite,
à la fois dans le Parti et par le président de la République.
N’épiloguons pas, ne refaisons pas, n’exagérons pas des
débats qui n’ont pas lieu dans nos rangs de manière aiguë. Par exemple, sur la fonction publique, il y a eu des
mises au point, pas plus tard qu’hier, du président de la
République en personne. N’oublions pas, ne soyons pas
cette gauche hémiplégique qui oublierait qu’on peut à la
fois ne pas transiger sur les valeurs, accueillir les réfugiés
et, en pleine crise, avoir des conquêtes sociales, rétablir la
retraite à 60 ans, lutter contre les déserts médicaux, lutter
contre les déserts syndicaux, faire la prime d’activité pour
les travailleurs pauvres. Voilà, nous tenons les deux bouts
de la chaîne, et c’est parce que nous avons, ensemble,
rédigé la charte pour le progrès humain que, socialistes
conséquents, nous agissons, convaincus et convaincants.

De même qu’effectivement, on voit dans la presse, là, y
compris émanant de notre propre camp, le camp du progrès humain, une forme de mise en compétition, Fanélie
vient d’en parler, des publics de la précarité. Non, ce n’est
pas parce qu’on fait s’exercer un droit pour ceux qui relèvent du droit d’asile qu’on supprime des droits des SDF
ou des Roms qui sont des citoyens de l’Union européenne
et qui ne relèvent évidemment pas de l’accueil dans les
centres pour demandeurs d’asile.
Cette rhétorique-là, elle dénote, chez ceux qui continuent
à la tenir, et ça fait plusieurs années qu’ils la tiennent,
une forme de mépris, quand même, pour les catégories
28

LAURA SLIMANI

trie ainsi que la croissance faible que nous connaissons doivent nous amener à réfléchir à un nouveau
partage du temps de travail qui permette à chacun
d’avoir un emploi et en vivre dignement.
Nous disons que si les jeunes subissent la précarité,
ce n’est pas parce qu’ils sont moins employables,
c’est la génération la plus qualifiée de l’histoire, mais
c’est parce que l’affaissement des règles collectives,
c’est parce que le dumping social touche d’abord ceux
qui entrent en ce moment sur le marché du travail.
C’est pourquoi nous demandons, non pas la multiplication des CDD mais la surtaxation des contrats
courts, car ceux-ci empêchent trop de familles de se
projeter vers l’avenir.
Nous disons enfin que si nous souhaitons que les
jeunes prennent à part entière leur rôle de citoyen
et défendent les valeurs de la République, alors il
faut leur accorder les mêmes droits qu’aux autres,
notamment en leur donnant accès au RSA. Oui, oui
la gauche a mis en place la garantie jeunes qui est
un excellent dispositif, mais elle ne touchera en 2017
que 100 000 jeunes. Et la question qui se pose, ce
n’est pas tant de donner accès aux jeunes à des droits
spécifiques pour eux, mais c’est d’abord de les faire
entrer et de les faire accéder aux droits communs,
les mêmes droits pour les mêmes citoyens. C’est
ainsi que nous intégrerons pleinement les jeunes à
la République et c’est peut-être cela le vrai contrat
de génération, celui de la confiance et du respect
mutuel entre les générations.

Chers amis, chers camarades, bonjour à toutes et à
tous. Permettez-moi de vous dire deux mots dans un
premier temps sur un travail collectif effectué par
les jeunes socialistes ces derniers mois autour de
la priorité jeunesse. C’est un livre que nous publions
en ce moment. Vous pouvez d’ailleurs l’acheter cet
après-midi, il ne coûte que 5 euros. Je vous encourage à l’acheter mais surtout à le lire, parce qu’il regorge d’idées pour inspirer la politique de la gauche
à toutes les échelles en direction des jeunes d’ici
2017, mais aussi au-delà.

Bref, à l’heure où ma génération s’abstient à quasiment 70 % aux dernières élections, nous avons voulu
en tirer un portrait, celui de la réalité de son vécu
pour vous dire à quel point, oui, elle a besoin des socialistes et elle a besoin de la gauche, mais aussi à
quel point les socialistes ont besoin de ses idées et
de son énergie pour espérer gagner demain.
Et je ne pourrais parler de jeunesse sans dire deux
mots sur la situation en Europe pour terminer. Nous
le disions déjà en 2012, l’intégration européenne n’a
pas de sens si elle ne permet pas à ma génération
de vivre mieux que la précédente, comme elle l’a signifié par le passé. Or aujourd’hui, mes chers camarades, ce n’est pas le cas. Depuis des mois, avec les
jeunes socialistes européens, nous demandons que
les considérations humaines priment enfin sur les
considérations budgétaires en Europe. Mais force est
de constater que ça n’a été ni le cas sur la question de
la dette en Grèce, ni le cas aujourd’hui sur la question
des réfugiés, bien évidemment. Et à voir la coalition
conservatrice qui se dresse aujourd’hui entre les pays
qui ne souhaitent pas accueillir des réfugiés, il faut
que nous soyons capables des construire une contrecoalition, une coalition progressiste en Europe, prête
à renverser la table, parce que de toute façon, aujourd’hui, sur cette question, vous me l’accorderez,
nous avons peu à perdre à tenter quelque chose mais
beaucoup à perdre à attendre et ne rien faire.
Et nous avons aujourd’hui plus d’alliés que nous

Nous l’avons écrit pour dire d’abord que les mesures
prises par le gouvernement en direction des jeunes
sont sans commune mesure avec la passivité absolue de la droite dans ce domaine. Vous les connaissez, je ne vais pas les citer ici. Je parlerai juste tout
de suite de la prime d’activité ouverte aux moins de
25 ans, qui changera la vie de millions de jeunes à
partir de janvier 2016, et qui est pour nous aussi une
brèche ouverte dans l’exclusion actuelle des jeunes
des minima sociaux.
Mais nous avons aussi écrit ce livre, vous vous en
doutez, pour dire qu’un ensemble de bonnes mesures
ne résulte pas nécessairement dans une grande
transformation. Nous disons dans cet ouvrage que
les jeunes ne pourront aller mieux dans une société
où chaque année les inégalités se creusent. Nous
disons que si les emplois d’avenir sont une réussite
et qu’ils signifient pour de nombreux jeunes le retour
vers l’emploi, notre génération verra seulement son
taux de chômage baisser significativement quand
nous créerons massivement des emplois en France,
et nous disons aussi que la robotisation de l’indus29

en avions en 2012 en Europe, et j’espère d’ailleurs
qu’après les élections en Grèce, en Espagne et au
Portugal dans les semaines qui viennent, nous en
aurons encore davantage. C’est aussi valable pour la
France d’ailleurs, nous ne pouvons aujourd’hui nous
permettre d’être divisés entre progressistes, ça a été
dit longuement aujourd’hui, tant les ultralibéraux et
les nationalistes sont organisés et nombreux. Et il
faut, pour que ce rassemblement soit possible, que
nous soyons capables de nous parler et d’en débattre
sereinement, effectivement sans siffler mais aussi
sans faire référence à l’affaire Dreyfus, je pense que
tout le monde s’en portera d’autant mieux.

Europe, il est palpable, et que notre rôle en tant que
Parti socialiste, le parti de la gauche au pouvoir dans
l’un des pays les plus influents en Europe, c’est d’en
faire partie, c’est d’apporter, comme nous l’avons
fait, notre soutien à Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne, c’est d’apporter notre soutien à tous les progressistes en Grèce pour qu’ils puissent continuer
à gouverner demain, c’est d’apporter notre soutien
aux socialistes espagnols en Espagne mais aussi à
tous les progressistes de ces pays qui souhaitent une
réorientation profonde de l’Union européenne, parce
que cette grande coalition de la gauche en Europe est
la seule manière de sortir de cette paralysie généralisée de l’Union et de redonner à ma génération un
espoir dans le projet européen. Merci.

Et la bonne nouvelle dans ce brouillard européen,
et j’en termine, c’est que le réveil de la gauche en

EMMANUEL MAUREL

tégration dans la zone euro, je pense qu’il y a un risque
de fuite en avant si nous ne conditionnons pas la poursuite de l’intégration à un certain nombre d’exigences
fortes : exigences sur l’harmonisation fiscale, et c’est
aujourd’hui un débat fondamental Europe, exigences sur
l’harmonisation sociale, et là aussi, il y a beaucoup de
progrès à faire.
Mais, et Laura vient de le dire, elle a raison, nous avons
des alliés. Nous avons des alliés dans la gauche européenne, pas forcément issus de la social-démocratie,
mais nous avons aussi des alliés au sein de la social-démocratie bien évidemment. C’est pourquoi je pense qu’il
faut parler de la victoire de Jeremy Corbyn. Je sais qu’il
est de bon ton, même ici parfois, de relativiser l’importance de ce vote ou de trouver des raisons purement
nationales. Oui, c’est vrai, le Labour a été traumatisé
par la guerre en Irak. Oui, c’est vrai, les adversaires de
Corbyn étaient particulièrement nuls. Oui, c’est vrai, le
Labour n’est pas le parti socialiste français ou le PSOE,
et ça s’explique.
Je vois bien qu’il y a peu d’enthousiasme, mais je pense
qu’on peut quand même en tirer des leçons et regarder
ce qui s’est passé. D’abord, le vote a été très important,
populaire, jeune, mais il y a incontestablement, cher
Henri Weber, une aspiration à l’authenticité, à la clarté,
à une gauche qui ne tourne pas le dos à son histoire, qui
ne tourne pas le dos à ses valeurs, qui est fière, qui s’assume, qui assume sa grille de lecture de la société, qui
assume sa vision de monde. Et vous savez, quand on interrogeait les ouvriers et les jeunes étudiants qui ont voté
pour Corbyn, ils disaient plusieurs choses. Ils disaient :
nous sommes las des communications sophistiquées,
nous sommes las aussi de ce qui était la spécialité du
Labour (mais hélas, ce n’est pas que du Labour), de ces
obsédés de la triangulation, qui considèrent que, pour
être de la gauche moderne, il faut sans arrêt reprendre
les analyses et les mots de la droite.

Mes chers camarades, je brûle de réagir aux propos
d’Henri Weber et de Sandrine Mazetier, mis je partirai
quand même d’un diagnostic commun, c’était celui de
Guillaume Bachelay, c’est vraiment des faits : nous assistons à une crise historique du projet européen, qui s’est
manifestée de façon spectaculaire avec la crise grecque
avant les vacances, et qui se manifeste aujourd’hui avec
la crise des réfugiés. Je tiens à rassurer celles et ceux
qui voient des clivages parmi nous, je fais partie de la délégation socialiste française au Parlement européen, qui
est présidée par Pervenche Bérès, et nous nous battons
pied à pied, pas seulement contre la droite, mais aussi
contre certains de nos propres amis sociaux-démocrates, notamment parmi les pays de l’Est, pour porter
la voix de la France, le choix de la France d’accueillir solidairement tous les réfugiés et tous les migrants. Alors,
s’il vous plaît, pas de conflit là-dessus, pas de mauvaise
polémique, ce serait mal venu.
En revanche, c’est vrai que nous devons prendre des initiatives, c’est vrai que la France doit prendre des initiatives. Ce n’est pas toujours facile parce que le rapport de
forces ne nous est pas favorable, et puis parce que nous
ne sommes pas forcément très précis sur ce que nous
voulons faire. Quand nous disons : il faut approfondir l’in-

Eh bien oui, il y a une lassitude par rapport à ça. Et cette
lassitude, cher Henri, elle ne s’exprime pas seulement
30

en Grande-Bretagne. Ce qui me surprend chez des analystes aussi pointus que toi ou Alain Bergounioux, c’est
que vous ne soyez pas capables de constater qu’il y a un
nouveau cycle pour la gauche. Il y a un nouveau cycle qui
s’est exprimé en Grèce, en Espagne, en Grande-Bretagne, et même aussi aux États-Unis. Et ce n’est pas un
mouvement de radicalisation, c’est un mouvement de retour aux racines authentiques de la gauche qui s’assume
et qui a compris que face à la mondialisation libérale, il
n’y aurait rien de pire que de se cantonner aux thèses
blairistes, qui sont non seulement dépassées, mais qui
conduisent à l’échec.

». Je m’excuse, mais les enseignants ne sont pas forcément rassurés quand ils entendent le ministre de
l’Économie d’un gouvernement de gauche leur expliquer que leur statut doit être remis en cause. C’est ça,
le problème. Et franchement, cher Henri, tu nous dis :
« Attention à ce mot de la déception », et tu nous mets en
garde. Tu dis : « Nos électeurs, il faut les mettre en garde
parce que, avec nous, c’est comme ça, mais avec la droite,
ce sera pire. Donc nous, c’est mieux que si c’était pire. »
Mais franchement, tu crois qu’on va faire la campagne
en disant : « Nous, on diminue les dépenses publiques de
50 milliards, mais la droite le ferait de 150 » « Nous, on va
détricoter gentiment le Code du travail, mais la droite le fera
méchamment. » Franchement, ce n’est pas sérieux, ça
ne marche pas comme ça.

Et franchement, entre nous, je sais qu’il ne faut pas parler
d’Emmanuel Macron dans cette réunion apparemment,
et Sandrine a dit : « Oui, mais attention, pas de faux clivage entre nous », mais enfin quand même, il est ministre
de Économie Il a quand même un trouble obsessionnel
compulsif. Dès que Jean-Christophe Cambadélis organise une réunion, il faut qu’il sorte une provoc juste avant.
Il y a une sorte de tentative de sabotage. Mais, chère Sandrine, il faut quand même le prendre au sérieux parce
que c’est sérieux. Je ne considère pas que le nec plus
ultra du Parti socialiste, ce soit de remettre en cause les
35 heures, le Code du travail, la fonction publique, et de
dire après : « Non, mais en fait, c’était juste une boulette »,
et d’ailleurs l’exécutif n’est pas d’accord, et Jean-Christophe Cambadélis va le sermonner, il le fera certainement à la sortie de ce CN, et on dira : « Circulez, y’a rien
à voir ». Non, c’est trop simple. Et en même temps, c’est
trop grave.

Alors, chers camarades, et j’en finis par là, je suis d’accord, comme Jean-Christophe Cambadélis, les valeurs,
c’est important, et rappeler nos valeurs, c’est important.
Mais en même temps, les valeurs, surtout quand on est
au pouvoir, ça doit inspirer notre action, ça doit s’incarner, ça doit donner des résultats concrets, tangibles,
sinon, ce n’est que des mots, des mots et des mots. Et si
ce n’est que des mots, alors nos électeurs, ceux qui sont
déçus, parce qu’il y en a, ou ceux qui pourraient revenir à
nous mais qu’il faut convaincre, considérerons que nous
nous contentons d’être dans la langue morte.
Alors, si on ne veut pas les décevoir, il faut le sursaut.
Le sursaut, il est possible, mais ça devient urgent. Merci,
chers camarades.

Henri Weber nous disait : « Attention, si c’est la droite qui
arrive, vous allez voir ce que les enseignants vont prendre

NICOLAS BRIEN

comme le Parti socialiste. Parce que la crise agricole,
c’est la crise du monde paysan. Le monde paysan,
c’est le monde du travail, mes camarades : la souffrance au travail avec des suicides parfois, le travail
précaire avec plus de la moitié des agriculteurs qui
vivent avec un salaire en dessous du SMIC.
Mes camarades, nous sommes à un tournant. On a
face à nous un choix de société. Ces tracteurs, ce
n’est pas juste l’énième soubresaut du monde paysan, c’est un vrai choix de société.
Je vais citer quelque chose, mes camarades, que
mes collègues du Cantal, de l’Ardèche, du Tarn-etGaronne connaissent bien, c’est que l’ensemble des
élevages sur le territoire français a plus de cinquante
ans. Alors, je rassure tout de suite les quelques
camarades parisiens qui sont dans la salle, une
vache, ça ne peut pas avoir cinquante ans, je parle
bien des éleveurs. Les éleveurs ont donc plus de cinquante ans.

Mes chers camarades, ça tiendra en deux mots :
crise agricole. Est-ce qu’on est capable de louper un
éléphant dans un corridor ? C’est impensable. Est-ce
qu’on est capable de louper mille tracteurs dans les
rues de Paris ? C’est impensable. Et pourtant, c’est
ce qu’on est en train de faire aujourd’hui. On ne parle
pas de la crise agricole, et c’est grave pour un parti
31

Cela veut dire que, dans les quinze ans qui viennent,
on a la moitié de nos vaches, de nos moutons, de
nos chèvres, qui vont changer de main. On a donc
un choix de société en face de nous : est-ce qu’on
veut que ça passe des mains de paysans à des mains
d’autres paysans ? Ou est-ce qu’on veut que ça passe
des mains de paysans aux mains des industriels ?
Est-ce qu’on veut des fermes des Mille Vaches ? Ou
est-ce qu’on veut une agriculture paysanne ?

vernement n’est pas mauvais en la matière. Quand
j’entends Stéphane Le Foll porter le concept d’agroécologie pour la première fois depuis des dizaines
d’années, je suis fier de mon ministre de l’Agriculture. Quand j’entends le président de la République
porter l’engagement d’amener à 75 % du SMIC les
petites retraites agricoles, je suis fier de mon président de la République.
Portons ce bilan du gouvernement, et surtout portons-le à l’intérieur du Parti socialiste pour apporter
une réponse à ces paysans, parce que si nous n’apportons pas de réponse à ces paysans, qui le fera ? Le
Front national, la Marine. Et ça, personne ne le souhaite.

C’est un choix de société essentiel parce que, mes
camarades, dans mon département, chaque année,
c’est 300 emplois directs liés à l’agriculture qui disparaissent. Tous, toutes, dans cette salle, le jour où
il y a une usine de 300 salariés qui disparaît, on est
mobilisé, on est levé. Eh bien, prenons garde à ces
emplois paysans qui partent, qui disparaissent tout
doucement. A l’heure où nous voulons inverser la
courbe du chômage, c’est quelque chose d’absolument fondamental.

Alors, je terminerai par un proverbe du canton de
Marcillat-en-Combraille, cher Jean-Christophe
Cambadélis : après chaque élection, on nous dit :
« On t’a mis le bulletin, à toi le chagrin ». Eh bien, mon
cher camarade, les militants socialistes ont mis le
bulletin, à toi le chagrin, le chagrin d’organiser une
réponse socialiste à la crise du monde paysan.

Alors, mes camarades, je trouve dommage que
nous n’ayons pas parlé de cette crise agricole au
sein du Parti socialiste, que nous n’ayons pas porté
une réflexion. Pourquoi ? Parce que le bilan du gou-

CHRISTOPHE BORGEL

mieux que si c’était pire. Le problème, c’est de savoir si
l’on peut faire une politique qui tout à la fois modernise
notre pays sans défaire notre modèle social. Le problème est de savoir si la modernisation du pays, dans
la bouche de certains de nos camarades, doit forcément
rimer avec la destruction de tout ce qui fait la réalité des
protections que l’Europe s’est donnée dans son histoire
et que la gauche a porté.
Donc, le débat n’est pas de dire : nous faisons 50 milliards, et les autres, c’est pire parce qu’ils font 150. Nous
faisons 50 milliards parce que nous estimons que c’est ce
qui est supportable comme économies, et nous croyons
que c’est nécessaire d’en faire au regard de ce que
nous ne voulons pas détruire, au regard de ce que nous
voulons préserver, au regard de ce que nous voulons
construire, parce qu’il y a pas eu que de la préservation,
mais aussi un certain nombre d’acquis sociaux nouveaux
depuis le début de ce quinquennat. Donc, le problème
n’est pas de dire : 50 milliards, c’est mieux. 50 milliards,
on peut le discuter, mais c’est ce qui a paru au gouvernement de la France et à la majorité parlementaire qui
le soutient l’effort supportable en termes de baisse de
nos dépenses publiques, compatible avec la politique
d’équilibre que nous voulons porter, qui tienne compte
à la fois de cette nécessité, de la nécessité du combat
pour le redressement de la machine productive du pays
et en même temps du combat pour la justice sociale et
l’égalité. Donc, évitons, dans nos réponses, et on a besoin
de le faire, ces éléments de caricature.

Chers camarades, avant d’évoquer les élections régionales et la question de la division dans ces élections,
un mot après la réponse d’Emmanuel à Henri, le débat
qu’il noue avec Henri et Alain. Le problème, Emmanuel,
ce n’est pas d’aller devant les électeurs en disant : c’est
32

J’en viens à ce qui est le cœur de mon propos. La question des élections régionales et la bataille pour l’unité.
Mes camarades, nous abordons ces élections dans la
division, dans, parfois, la fragmentation de la gauche
et dans la dispersion de son expression. J’ai lu, avant
ce Conseil national, que cette division pouvait s’expliquer par la déception. Je dois être un esprit bien simple.
Moi, je le dis devant le Conseil national de notre parti, il
y a deux régions : le Nord/Pas-de-Calais-Picardie et la
Provence-Alpes-Côte-d’Azur, dans lesquelles je ne vois
aucune explication, aucune justification, aucune raison
valable pour que ceux de nos partenaires de gauche qui
ont choisi sciemment la fragmentation, prenant le risque
de faire élire dans les deux régions un membre de la
famille Le Pen, le fassent. Ni la déception ni les désaccords nationaux. Ces désaccords et cette déception, ils
ne nous empêchent pas, encore aujourd’hui, mes camarades, dans ces régions, de voter des dernières résolutions dans les dernières réunions de l’exécutif de ces
régions. Et on voudrait nous expliquer que l’éloignement
est tel qu’il faut offrir aux électeurs de gauche la division
? Mais, mes camarades, ce n’est pas ce que demandent
les électeurs de gauche, ce n’est même pas ce que demandent les électeurs de ces formations.

ces régions malgré des désaccords au plan national. Et
nous ne voulons pas le faire dans un rapport à ces partis ou aux quelques militants qui ont participé au vote...
J’avoue que les bras m’en tombent pour ne pas dire plus,
l’énervement me prend quand je vois qu’on nous fait des
leçons. Mon homologue disait : « Je ne monterai pas à
bord du Titanic », au mois de juillet, et ils viennent de
décider la désunion avec moins de 200 votants. C’est 200
militants qui décident à eux seuls que, dans la région où
il y a Calais, c’est la division qui doit l’emporter ? Et c’est
de ces camarades qu’on devrait recevoir la leçon sur ce
que doit être l’avenir de la gauche ?
Donc, par-delà les choix des formations politiques, nous
devons sans sectarisme, mais avec la netteté de ceux qui
sont certains que le chemin qu’ils indiquent est le bon,
appeler à l’unité.
Et puis dans cette campagne, il nous faut maintenant
monter le volume des coups que nous portons à notre
adversaire, la droite, à notre ennemi, le Front national.
Mes camarades, nous avons une droite qui s’est montrée, dans le débat sur les réfugiés, sans boussole pour
la plupart d’entre eux, et sans rivage pour l’essentiel,
en particulier le président du parti Les Républicains. Sa
seule cohérence, à l’ancien président de la République,
c’est sa résonance avec les thèses du Front national. Sa
seule recherche en permanence, c’est de montrer qu’il
y a une possibilité de faire le pont. Et comment s’étonner, dans un sondage qui va paraître demain, que plus
de la moitié des électeurs de droite, les deux tiers des
électeurs du pays estiment qu’il n’y a plus de différence
entre le Front national et le parti des Républicains sur
la sécurité comme sur la question des migrants et des
réfugiés ?
Mes camarades, il faut, dans ce moment où la droite est
sans rivage et sans boussole, porter des coups, pas simplement sur la question des réfugiés, mais sur ce qu’ils
vont détruire s’ils arrivent au pouvoir. C’en est fini du pass
Navigo à tarif unique en Île-de-France, c’en sera fini de la
gratuité des livres, c’en sera fini des tarifs sociaux sur les
cantines scolaires, c’en sera fini de l’aide à l’ensemble
des scènes dans les régions théâtrales, à l’ensemble des
festivals. Et ce n’est pas simplement un fantasme, c’est
la réalité de ce qu’ils font depuis 2014 et 2015 dans les
collectivités qu’ils ont conquises.

Nous avons eu la semaine dernière deux sondages, dont
l’un réalisé pour le journal L’Humanité, et donc, a priori,
pas favorable à nos thèses, et l’autre pour le site Atlantico, encore moins favorable à nos thèses. Dans les deux
cas, ils soulignent l’aspiration au rassemblement des
électeurs de gauche, ils soulignent l’aspiration au fait que
nous soyons dans ce rassemblement ; 2 % des électeurs
écologistes estiment que le bon chemin pour aller à la
bataille de ces régionales, c’est le rassemblement entre
le Parti de gauche et Europe Écologie les Verts, entre le
Front de gauche et Europe Écologie les Verts.
Cette mélenchonisation, au sens où l’objectif c’est
d’abord de faire mordre la poussière aux socialistes, elle
a des conséquences directes. Oui, mes camarades, le
Parti socialiste, avec Pierre de Saintignon en Nord/Pasde-Calais/Picardie et Christophe Castaner en PACA, sera
incontestablement en tête du premier tour. Je n’ai aucun
doute là-dessus. Mais la question, c’est : même si le total
gauche est à la même hauteur que le Front national et la
droite, quand la première liste de gauche est dix points
derrière, est-ce que nous avons encore des chances de
l’emporter dans le second tour ? Il vaut mieux être quatre
points derrière dans la dynamique électorale de premier
tour, dans une réalité politique qui est celle du tripolaire,
de la droite, de la gauche et du Front national, et aller
chercher les abstentionnistes qu’être douze points derrière et de devoir rassembler une gauche émiettée qui
s’est mise sur la figure tout au long du premier tour.

Enfin, un mot, et je conclurai par là, sur le débat du vote
républicain. On a beaucoup évoqué un propos de notre
premier secrétaire. Chacun sait ici à quel point, y compris
quand on a eu ce débat autour de la 3e circonscription
du Lot-et-Garonne et où des camarades, dans ce débat,
je pense à Yann Galut ou à Razzy Hammadi évoquaient
l’impossibilité d’aller plus loin sur le vote républicain à
l’époque, je m’étais exprimé pour dire que je faisais toujours la différence entre ce parti, hier l’UMP, aujourd’hui
Les Républicains, et le Front national. Mais je vous le
dis, quand j’entends monsieur Estrosi expliquer que les
immigrés de ce pays sont une cinquième colonne pour
le terrorisme, et Marion Maréchal-Le Pen être obsédée
par l’invasion et le grand remplacement, je ne sais pas
quoi redire d’autre à un électeur de gauche que : battonsnous vaillamment, ardemment pour que la gauche soit
en situation en PACA et en Nord/Pas-de-Calais/Picardie au soir du premier tour, pour être capables, faute
d’un rassemblement de premier tour, transgresser les
choses, entraîner le mouvement et se rassembler pour
l’emporter dans ces deux régions.

Alors, oui, nous avons une responsabilité, et j’ai entendu,
notamment dans ce Conseil national, l’intervention de
notre camarade Frédéric Vigouroux qui dirige la campagne en PACA, nous avons une responsabilité dans
cette campagne, c’est de nous adresser aux électeurs
de gauche indépendamment de ce que font tel ou tel
appareil. Vous savez, on a nos propres responsabilités,
mais nous devons dans cette campagne être ceux qui
portons inlassablement l’exigence d’unité, qui dans ces
deux régions, disons qu’il n’y a aucune justification à la
division, que nous sommes capables d’être assis ensemble pour mener la bataille contre la droite et le Front
national et pour que la gauche continue sa politique dans
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JÉRÔME GUEDJ

pour toutes, parce qu’il a très envie de parler aux
socialistes, que tu l’invites au bureau national du
Parti socialiste (je crois qu’il n’est jamais venu) pour
qu’il puisse discuter avec des socialistes et pour qu’il
puisse peut-être prendre l’exacte mesure de ce qui
se passe quand on est sur le terrain dans une campagne aux régionales, de ce que chacun des messages gouvernementaux, a fortiori quand c’est un
ministre qu’on a mis sous les projecteurs, a comme
poids, comme influence concrète. Il ne faut pas désespérer les militants, parce qu’ils ne savent pas
quoi faire dans un porte-à-porte quand ils viennent
parler du programme des régionales et quand, en
face d’eux, ils ont des fonctionnaires qui demain vont
leur parler des déclarations d’Emmanuel Macron. Je
le dis sincèrement parce qu’on ne pourra pas faire la
campagne des régionales comme ça.
Je vais être plus rapide sur l’autre sujet de petite lassitude que je voulais évoquer, qui est : comment estce qu’on s’y prend au moment où les socialistes, au
terme d’un bel effort collectif et de rassemblement,
après le congrès, et qui nous a amenés au bureau
national du 27 juillet, ont pris des positions claires ?
Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ?
Lors du dernier bureau national, Jean-Christophe
nous a dit : « Le combat continue. » On aime bien cette
formule, on l’a scandée souvent dans des manifestations, mais concrètement, et comme Jean-Christophe va parler dans quelques instants, c’est une
question que je lui adresse : concrètement, comment
allons-nous continuer le combat qui est celui de la
défense des propositions, Yann Galut les a rappelées,
Laurent Baumel les a précisées, que nous avons
mises sur la table, non pas pour enquiquiner le gouvernement, mais pour réussir la dernière étape du
quinquennat ?

Chers camarades, tout à l’heure, Alain Bergounioux
a fustigé cette gauche qui passait son temps à critiquer le gouvernement, et il a recueilli quelques-uns
de vos applaudissements, non sans tort. Qu’il nous
soit autorisé aujourd’hui, au terme de cette semaine
un peu singulière, d’indiquer qu’il est tout aussi désagréable, et cela génère un sentiment de lassitude,
pour la même gauche, de se voir critiquée par le gouvernement.
On appelle souvent à la solidarité des socialistes avec
le gouvernement, et je le dis sans esprit polémique,
il faut qu’elle existe aussi en sens inverse. Et on
vient de l’évoquer : un ministre anonyme et, paraîtil influent, suggère la fusion des listes socialistes et
des listes des Républicains, il piétine ce que tu fais,
Jean-Christophe. Quand dans la même semaine, un
ministre, cette fois-ci pas anonyme mais tonitruant,
poursuit ces déclarations intempestives, il faut que
nous soyions lucides, et vous l’êtes tous, j’étais encore ce matin dans ma ville, de la lassitude et plus
que cela suscite parmi nos électeurs. Christophe
Borgel nous dit à l’instant : « Il faut qu’on mobilise
au bouton de veste chacun des électeurs de gauche.
» Mais il n’y a pas pire manière que de débuter une
campagne des régionales qu’avec ce type de message, qu’avec ce type de message brouillé.

Relancer, rallumer l’investissement public local :
nous proposions 2 milliards en 2016 et 4 milliards en
2017, le gouvernement annonce dès à présent 1 milliard.
Conforter le pouvoir d’achat des ménages : nous
proposions qu’au 1er juillet, une réduction de la CSG
dégressive, soit environ 800 euros par an jusqu’à 1,3
fois le SMIC, c’est-à-dire du pouvoir d’achat concret,
le gouvernement propose une baisse de l’impôt sur
le revenu à hauteur de 2 milliards d’euros quand la
proposition que nous défendions était à hauteur de
8 milliards.
Nous proposions de rendre effectives les contreparties tout en continuant à agir pour la santé et les performances des entreprises en réorientant le CICE,
en demandant des contreparties, c’est-à-dire des
accords de branche étendus pour bénéficier de la
dernière étape des baisses de cotisations patronales,
et en plaidant, non pas pour une baisse généralisée
de l’impôt sur les sociétés, mais une modulation en
fonction de l’investissement.

Mais je le dis, pas en me satisfaisant de ça, Christophe, c’est pour ça qu’Emmanuel Maurel, dans une
boutade, disait que Jean-Christophe va sermonner
Emmanuel Macron. Après les déclarations sur les
35 h, tu nous as dit : « Je l’ai reçu et j’ai eu une explication avec lui ». Manifestement, ça ne marche pas,
Jean-Christophe. Donc, peut-être qu’il faut, une fois
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Tout ce que je viens de vous dire là, ce n’est pas des
mesures techno, c’est du signal politique. C’est du
signal politique, y compris pour le rassemblement de
la gauche parce que ces propositions, là aussi, sont
susceptibles de créer les conditions du rassemblement. Et elles sont importantes y compris dans la
période des élections régionales.

27 juillet, c’est un bon texte. On fait des kits militants
sur notre position courageuse et offensive sur les réfugiés, faisons des kits militants sur la position courageuse et offensive du Parti socialiste pour qu’elle
soit proposée dans toutes les fédérations, pour que
tous les députés du groupe socialiste défendent cette
position du groupe socialiste parce que, à ce momentlà, le rapport, non pas de forces, mais de persuasion
qui doit exister entre le groupe parlementaire majoritaire et l’exécutif, peut-être pourra-t-il permettre de
faire bouger les choses. Parce que sinon, c’est non
seulement le rôle du Parti socialiste, qui avait été au
cœur des enjeux du congrès de savoir si c’est un parti
godillot, si c’est un parti fermé pour cause de gouvernement, si c’est un parti capable d’être force de proposition et d’enrichissement, c’est non seulement le
rôle du Parti, mais à la limite, ce ne serait pas grave,
mais c’est tout simplement les conditions de réussite de la dernière année du quinquennat, et donc de
cette gauche que nous aimons tant, qui sont menacées. Alors, j’attends ta réponse, Jean-Christophe :
comment va-t-on continuer le combat ?

Alors, le combat continue. Quelqu’un a dit tout à
l’heure : « Il se déplace dans l’enceinte parlementaire. » Mais, soyons lucides, moi je n’ai pas envie
de terminer le débat budgétaire avec un 49-3. Et
pas cette fois-ci d’un 49-3 du gouvernement contre
quelques frondeurs, mais un 49-3 du gouvernement
contre l’entièreté du Parti socialiste. Ça, ce n’est pas
envisageable. Alors, aujourd’hui, on ne peut pas être
dans une théorisation des points positifs qui auraient
été obtenus après les propositions du Parti socialiste. Qui peut y croire ? Il y a trop loin de la coupe
aux lèvres.
Donc, ma question, c’est : comment on continue le
combat ? Avec quelques suggestions : ce texte du

RACHID TEMAL
Je vous rappelle que, lors du dernier congrès, les
militants ont adopté de nouveaux statuts. Il nous faut
bien évidemment derrière ça un nouveau règlement
intérieur. On a suivi la même méthode que pour les
statuts, à savoir une commission de travail qui représentait l’ensemble des motions et les présidents du
BNA, la commission des conflits et des contrôles
budgétaires.

On a également fait en sorte que dorénavant, pour
le candidat du PSE, à la Commission européenne, il
y ait un vote des militants. Et enfin, la haute autorité
d’une part, et pour faire plaisir à Julien et à Florence
Augier tout à l’heure, nous intégrons bien évidement
la charte sur le handicap.
Voilà les points essentiels. A l’issue de ce Conseil
national, nous adresserons à la fois les statuts, le
règlement intérieur à l’ensemble des fédérations
pour qu’on puisse derrière cela déployer l’ensemble
du dispositif, notamment sur les adhésions, puisque
je le rappelle, dorénavant, notre volonté, c’est de
faire que, dans vos opérations de porte-à-porte, de
marché, on puisse faire des adhérents et qu’à ce moment-là, ils deviennent d’ores et déjà adhérents sans
passer par la présentation en section.

Je vous rappelle les points essentiels dans ces nouveaux statuts du règlement intérieur : les nouvelles
adhésions, donc faciliter l’adhésion, les adhérents
thématiques, renforcer le niveau régional (c’est en
plus un débat d’actualité), le soutien aux fédérations,
renforcer le Conseil économique et social et aussi
culturel en y intégrant l’élément les groupes socialistes d’entreprise, et également le fait d’avoir mis
aussi en adéquation nos statuts, donc notre règlement intérieur, avec la réalité des statuts de l’outremer.

Donc, voilà les principaux éléments liés à cette réforme statutaire, et donc le règlement intérieur qui
vous est proposé aujourd’hui au Conseil national.

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OUVERTURE DES INSCRIPTIONS
DES UNIVERSITÉS PERMANENTES

DES CADRES FÉDÉRAUX PS/JS 2015-2016
L’Université permanente s’adresse aux Secrétaires Fédéraux, Délégués(e)
Fédéraux, Secrétaires de section, Membres des Conseils Fédéraux, Animateurs/
trices départementaux.
L’Université permanente permet de se former à la fois sur les thématiques
politiques et des techniques utiles à la vie militante.
La formation se déroule sur 4 week-ends intensifs, 3 au siège du Parti socialiste,
le dernier à l’Université d’été.
Coût de l’inscription pour les 4 week-ends : 350 euros règlement à l’ordre du
Parti Socialiste.
Calendrier :
•1 
er week- end : du vendredi 13 au dimanche 15 novembre 2015
•2 
e week-end : du vendredi 8 au dimanche 10 janvier 2016
•3 
e week-end : du vendredi 11 au dimanche 13 mars 2016
•4 
e week-end : Université d’été 2016
Les demandes d’inscriptions s’effectuent auprès de votre fédération.
Pour toutes informations, contacter le secteur Formation : 01 45 56 76 13
Votre dossier d’inscription peut vous être adressé par mail ou courrier.
Les demandes d’inscriptions dument remplies, accompagnées du règlement
seront à retourner avant le 9 octobre 2015 à l’adresse ci-dessous : 
Parti socialiste, secteur Formation - 10, rue de Solferino, 75007 Paris
L’objectif est qu’un maximum de fédérations soient représentées paritairement.

BULLETIN D'INSCRIPTION
Nom .............................................. Prénom....................................................
Adresse............................................................................................................
Code postal ........................................ Ville ...................................................
Téléphone .................................... Courriel ...................................................
Fédération.. .....................................................................................................
Section............................................................................................................