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Luigi Bono

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PHI 1710 – A15 – Langage, pensée et connaissance

Travail 1

Analyse des écrits logiques et philosophiques de Gottlob Frege

Université de Montréal
30 octobre 2015

1
Introduction
Friedrich Ludwig Gottlob Frege est né le 8 novembre 1848 à Wismar, une ville de
la Poméranie, une région au nord-est de l’Allemagne, et est décédé le 26 juillet 1925 à
Bad Kleinien. Cet intellectuel a été l’un des logiciens les plus influents de toute
l’humanité puisqu’il est le fondateur de la logique moderne et ce notamment grâce à ses
deux créations principales : le calcul propositionnel moderne et le calcul des prédicats.
Aussi, il a été un précurseur majeur de la philosophie analytique, soit la philosophie qui
utilise l’analyse du langage comme outil principal de résolution de problèmes. Parmi ses
œuvres les plus importantes, on dénote : Les fondements de L’arithmétique ; Écrits
logiques et philosophiques (1884), Fonction et concept (1891) et Sens et dénotation
(1892), ce dernier dont il sera question au sein de cette analyse.
Développement
Le caractère informatif de certains énoncés

Avant tout, afin de convenablement comprendre l’analyse qui suit, il est
indispensable de faire les distinctions entre les différentes composantes de la
déconstruction Frégienne du langage. En effet, les deux principes majeurs sont la
« dénotation » et le « sens ». Le premier est la référence d’une expression linguistique,
c’est-à-dire, la réalité qui est désignée par une expression du langage et, le deuxième se
définit comme étant le mode d’expression ou le mode de donation d’une certaine
dénotation1.
D’ailleurs, selon Frege, le sens détermine la dénotation, ce qui veut dire que pour
connaître la dénotation d’une expression, on doit passer impérativement par son sens. Le
sens s’interpose entre le « percepteur », ou celui qui vit l’expérience, et la dénotation2. En
d’autres termes, le sens est en quelque sorte le canal entre l’individu et la dénotation.
1 Michel SEYMOUR, « Le sens », cours PHI1710-A15 – Langage, pensée et
connaissance, Université de Montréal, 18 septembre 2015.
2 Ibid.

2
D’ abord, le premier argument désigné par Frege qui rend la notion de sens
comme étant impérative à la compréhension du langage est que la présence du sens est
essentielle pour se rendre compte adéquatement du caractère informatif de certains
énoncés d’identité vraie.
En effet, à la page 102 de l’œuvre en question de Frege, celui-ci introduit son
questionnement par rapport à la notion d’égalité. Il se demande si « [c’est une relation] »,
ou même si « [c’est une relation entre des objets, ou entre des noms ou signes d’objets] ».
Il indique que cette dernière hypothèse, soit que la relation d’égalité s’exprime dans le
mode d’expression du langage, a été la sienne dans la Begriffsschrift. (une de ses œuvres
antérieures) Puis, pour justifier cela, il déclare que l’énoncé « a = a » est analytique. –
« a » étant n’importe quel mode d’expression que l’on dit être égal à lui-même – et que
l’énoncé « a = b » porte à de rares exceptions près « [un contenu fort précieux pour le
progrès de la connaissance] ». Qui plus est, Frege présente, comme exemple de
justification, la découverte par l’humanité que le soleil qui se lève chaque matin est, en
fait, le même. Chaque nouveau soleil s’exprime, dans cet exemple, par un mode
d’expression distinct puisque chaque jour qui passe n’est pas le même et son sens change
par conséquent. De ce fait, la distinction première entre cet objet et soi-même se révèle à
être son sens. Frege déclare effectivement que, dans ce cas, « la proposition porterait sur
les signes [et qu’] on affirmerait l’existence d’une relation entre ces signes.». Frege
dévoile cependant que la condition afin que cette relation ait lieu est que les deux signes,
ou sens de l’objet, « dénomment ou désignent la même chose », c’est-à-dire qu’ils aient
la même dénotation. Cependant, Frege précise que si les signes « a » et « b » ne se
distinguent que par leur appellation et qu’ils désignent la même chose de la même façon,
alors ils ont la même valeur de connaissance.
Ensuite, pour illustrer à nouveau le sens comme étant une composition essentielle
à la compréhension du langage, Frege utilise l’exemple du point au centre d’un triangle
isocèle.

3

Tout à fait, dans la figure ci-dessus, il y a trois droites équivalentes (a,b et c) qui
se joignent au centre des arrêtes opposés du triangle isocèle. Celles-ci se rencontrent en
un point central. Afin de faire bien comprendre l’utilité du sens à ses lecteurs, Frege
démontre que « [le point d’intersection de a et de b est le même que celui de b et de c] »
et que, par conséquent, la différence essentielle entre le « point d’intersection a et b » et
« le point d’intersection b et c » est la manière dont celui-ci est donné. Il tient également
à remarquer que « [cette] proposition contient une connaissance effective ». C’est en effet
le cas puisque, bien que les deux points d’intersection ont la même dénotation, ils n’ont
pas le même sens et celui-ci a, en son essence, un caractère informatif. En bref, c’est pour
cette raison que Frege trouve « naturel d’associer à un signe (nom, groupe de mots,
caractères) outre ce qu’il désigne et qu’on pourrait appeler sa dénotation, ce [qu’il]
appelle le sens du signe, où est contenu le mode de donation de l’objet. »

Le langage ne se réduit pas à une analyse métalinguistique

Ensuite, le deuxième argument évoqué par Frege dans « Sens et dénotation », qui
démontre le rapport essentiel du sens dans la compréhension du langage, est que les mots
ne se réduisent pas qu’à leur dénotation.