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NOVEMBRE 2015 / n°212 / 1,70 €

RÉGIONALES : PARLONS CONTENU !
La campagne des régionales est entrée dans sa phase active : nous ne sommes plus qu’à quelques semaines du premier
tour. Et pourtant, on ne parle pas des idées que défendent les
candidats. Classique, direz-vous : la politique devient de plus en
plus une politique spectacle, une politique qui s’appuie sur la médiatisation plus que sur les idées.
Et pourtant, il apparaît de plus en plus évident que notre
monde est à un tournant. C’est aujourd’hui que nous choisissons :
poursuivre sur une trajectoire qui nous conduit vers un désastre,
tant environnemental que social et politique, ou au contraire changer de modèle en prenant en compte les limites du monde et la
nécessité de remettre plus de justice et d’équité dans nos sociétés.
Les Régions sont un échelon essentiel dans la mise en place de la
transition écologique.
Nous sommes sans aucun doute les seuls, dans notre nouvelle région Bourgogne – Franche-Comté, à proposer un programme mettant en œuvre cette transition (1). D’abord autour de
notre slogan de campagne - « Climat, Emploi, Solidarité, Agir pour
la région » - et dans les documents que nous diffusons. Mais aussi
parce que, même en campagne, nous continuons à agir dans les
collectivités où nous avons des élus, dans les associations où nous
sommes présents et aussi dans notre vie de tous les jours.
Face aux stratégies médiatiques qui consistent, par
exemple, à organiser un référendum pour l’unité à gauche, face
aux querelles de la droite, face au refus de l’extrême droite d’affronter ses adversaires dans l’émission Des paroles et des actes,
sur France 2, deux temps forts de la campagne vont nous mobiliser : le meeting du 18 novembre à Besançon et celui du 30 novembre à Dijon. Et puis la campagne des écologistes, ce sera aussi
la rencontre des habitants en porte à porte, sur les marchés, devant les gares, les cinémas ou les écoles.
Avec un peu d’avance, certes, nous formulerons le vœu
d’avoir plein d’énergie pour ce dernier mois de campagne.

Soyons nombreux au meeting
mercredi 18 novembre à 20 h
au Kursaal, à Besançon

(1) Voir le site de campagne
lesecologistesbourgognefranchecomte.fr/

33, Avenue Carnot

:

Corinne Tissier
et Bernard Lachambre
Cosecrétaires EÉLV Franche-Comté
http://

Sommaire
P 1 : Edito
P 2 à 4 : Toujours là, le petit canard. Jusqu’à quand ?
P 5 à 6 : Marie-Dominique Robin à Besançon : l’importance
des territoires
P 6 : Où trouver EELV près chez soi ?
P 7 : Une proportionnelle avec prime majoritaire
P 8 : Régionales : Tout un programme…
P 9 10 : Philippe Meirieu, pour une formation émancipatrice
P 10 : La liste écolo pour les Régionales
P 11-12 : Pour le dimanche sans chasse
P 12 : Comment recevoir La Feuille Verte ?
P 13-14 : Crise migratoire : le paradigme de l’immobilité
P 15-16 : Science et écologie

P 17-18 : Sarajevo : # Jasammuzej !
P 19-20 : Petite chronique wallisienne (4)
P 21 : Bulletin d’adhésion
P 22 : Régionales toujours !

Anniversaire

TOUJOURS LÀ, LE PETIT CANARD.
JUSQU'À QUAND ?...
2

Il y a tout juste vingt ans - en novembre 1995, donc , un petit canard franc-comtois faisait son apparition
(enfin... pas dans les kiosques, faute de moyens). Son premier numéro, dont l'édito évoquait un « nouveau départ »,
traitait, en vrac, du Grand Canal Rhin-Rhône, d'une énième
panne de Superphénix, du bois énergie, d'une alerte à la
pollution à Paris, de Brice Lalonde demandant à adhérer à
l'UDF, de Saddam Hussein réélu avec 99,96 % des voix, du
très contesté projet de construction de l'immeuble Vauban
à Dole, de manifs contre les essais nucléaires chiraquiens
(décidément, il s'agit bien là d'un temps que les moins de
vingt ans ne peuvent pas connaître !), d'une journée d'action des fonctionnaires, du renouvellement du CESR (1), de
la cimenterie de Rochefort (Jura) et de quelques autres bricoles. Un papier jaune beurre frais, une maquette un peu
tristounette (du noir, du gris, trois colonnes par page), un
aspect artisanal, hypersérieux, limite chiant, à peine bousculé par une demi-page de sarcasmes plus ou moins fins en
4e de couv'. Parmi les signataires des articles, on trouvait
Alain Fousseret, Marie-Agnès Chalumeaux, Éric Alauzet,
Antoinette Gillet, votre serviteur et une certaine Dominique
Voynet.

Vingt ans, le bel âge ?
Vingt ans plus tard, Alain Fousseret s'apprête à quitter le Conseil régional, Éric Alauzet est député, Dominique
Voynet a choisi de voguer vers d'autres cieux (2)... Les signatures se sont faites plus rares, les articles plus longs,

on est passé de 8 pages à 20, 24, voire 28 ; la maquette a
bien changé, elle a pris des couleurs et la mise en pages
s'est aérée, « professionnalisée » ; dessins et photos se
sont glissés entre les lignes. Et faute de moyens (encore et
toujours), pas plus de vente en kiosques qu'en 1995.
Mais l'essentiel est ailleurs : cas rarissime dans la
presse militante et sans doute unique dans la presse
Verte, voire écolo au sens plus large, La Feuille Verte (car
c'est d'elle qu'il s'agit, vous l'aviez deviné), vingt ans
après, est toujours là. En 240 mois, elle aura connu 212
numéros (pas de parution en août, mais aussi quelques
« pannes »...). On n'en voudra pas, je pense, à ses animateurs, d'éprouver à l'occasion de cet anniversaire quelque
satisfaction…
Pour en revenir à ce premier numéro, il est permis
de ressentir comme une impression de recommencement
- ou de bégaiement - à la lecture de ces quelques lignes
de son édito (3) : « Il n'est pas innocent [que cette Feuille
Verte] paraisse à un moment crucial de la jeune histoire
des Verts (comtois et autres). Qui pourrait réellement prétendre que les deux ou trois dernières années nous ont
apporté beaucoup de satisfactions ? Résultats électoraux
globalement décevants, éparpillement du mouvement
écologiste, hémorragie de militants, désintérêt des médias, lassitude et découragement chez beaucoup de
« compagnons de route »... Et tout cela alors même que la
crise - écologique, économique, politique, culturelle -

3

s'aggrave de jour en jour, portant l'exclusion, sous toutes
ses formes, à des niveaux de plus en plus insupportables et
faisant du même coup le lit de tous les extrémismes. » Il me
semble - mais suis-je particulièrement et exagérément pessimiste ? - qu'on pourrait aujourd'hui écrire exactement les
mêmes lignes…

Où sont passés les lecteurs ?

4

Est-ce à dire que rien n'a changé en vingt ans ? Je ne
me hasarderai pas à l'affirmer. En ce qui concerne La Feuille
Verte, en tout cas, quelque chose s'est indéniablement modifié (outre les améliorations formelles évoquées plus
haut) : l'intérêt montré par les adhérents et militants Verts
(et aujourd'hui EÉLV) pour ce qui est et demeure, après
tout, leur organe régional (mais pas leur Pravda) me paraît
s'être fort émoussé. Le nombre de contributeurs s'est réduit comme peau de chagrin (vérifiez : à deux ou trois exceptions près, ce sont toujours les mêmes signatures au bas
des articles), alors qu'on a sans cesse répété que notre
Feuille ne pouvait être que ce que ses lecteurs en faisaient.
Les réactions à la forme comme au contenu sont devenues
rarissimes (ils se sont sans doute lassés, ceux qui, régulièrement, m'incendiaient pour mes Émois). Pas de « Courrier
des lecteurs », faute de... courrier des lecteurs ! 30 % seulement de réponses (dont celles des membres du Comité
de lecture !) au questionnaire proposé, voici trois ans, par
Pauline Jeannin aux participants aux Journées de l'Écologie,
à Chaux-des-Crotenay (4). Pas la moindre amorce (faute de
volontaires pour s'en charger) de mise en œuvre des suggestions recueillies à cette occasion (5). Et pour couronner
le tout, diverses confidences et indiscrétions parvenues
jusque dans ma cambrousse m'incitent à penser que si La
Feuille Verte, grâce aux efforts de diffusion de certains
(merci Suzy, merci Gérard...), est plutôt bien accueillie par
les non-EÉLV (sympathisants plus ou moins proches), elle
ne suscite plus guère l'intérêt des adhérents et des militants.

Loin de moi l'idée de dénier à chacun le droit de
(ne pas) lire ce qu'il veut, y compris La Feuille Verte. Simplement, vu l'investissement en temps (et aussi en finances !) que représente la publication de notre mensuel, je voulais juste inviter EÉLV-FC, ses responsables
comme ses adhérents « de base », à réfléchir sérieusement à la pérennité de notre presse. Les vingt ans de
cette dernière doivent être l'occasion d'en finir avec les
paroles lénifiantes et les réaffirmations d'attachement
trop machinales pour être suivies d'effets concrets.
Oui ou non, La Feuille Verte a-t-elle un avenir ?
Et si oui, lequel ?

Gérard Roy

(1) Conseil économique et social régional.
(2) Bonjour le cliché !
(3) Édito que je signais alors en tant que Secrétaire régional... Merci de bien vouloir excuser cette autocitation...
(4) Cf. n°179, novembre 2012, pp. 2 à 4.
(5) Cf. n°180, décembre 2012, p. 3.

Un peu de Charlie Hebdo ?

Alternatiba

MARIE-MONIQUE ROBIN À BESANÇON :
L'IMPORTANCE DES TERRITOIRES

Marie-Monique Robin a été la marraine du festival Alternatiba, qui s'est déroulé les 16, 17 et 18 octobre
à Besançon. Marie-Monique Robin, c'est la réalisatrice de
documentaires qui comptent pour la promotion des idées
écologistes, entre autres : Le Monde selon Monsanto
(2008), sur les manigances du fabricant de pesticides et
d'OGM, Les Moissons du futur (2012), sur les possibilités
de l'agroécologie, et Sacrée croissance ! (2014), qui nous
interroge sur le dogme de la croissance illimitée.

On marche vers l'effondrement…
C'est ce dernier film - Sacrée croissance ! - qui a été
projeté le vendredi soir à la Faculté des Lettres de Besançon, devant un Amphi Donzelot plein à craquer. Les premières images du film montrent les chefs d'État du
monde - dans le désordre Bush, Mitterrand, Sarkozy, Hollande, etc. - invoquer plus qu'évoquer le retour de la
croissance comme solution à tous les problèmes : les
déficits, le chômage… Puis des économistes expliquent,
démontrent que la croissance infinie dans un monde fini,
ce n'est pas possible.
Mais la réalisatrice a voulu qu'il y ait dans son film,
à côté des prises de position des économistes non libéraux, des expériences concrètes, sur l'agriculture urbaine
au Canada, sur les énergies renouvelables au Danemark,
sur l'indice de Bonheur National Brut au Bhoutan, etc.
Dans la discussion, elle revient avec des arguments plutôt
optimistes : « La mauvaise nouvelle, c'est qu'on marche
vers l'effondrement, c'est très sérieux. On n'a que dix ans
pour changer de cap. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'on
sait ce qu'il faut faire pour l'éviter et les expériences que
j'ai filmées montrent que c'est possible. »

Les trente glorieuses de la démesure
Elle a un point de vue tranché sur ce qu'elle appelle « les trente glorieuses de la démesure ». Elle
ajoute : « La génération des 60-70 ans semble avoir une

certaine nostalgie de cette période de croissance,
mais on n'a pas payé les ressources à leur juste valeur. » Effectivement, durant ces trente années de
croissance démesurée, nous avons beaucoup gaspillé, beaucoup émis de CO2 et nous sommes devenus
« addicts » à la consommation. Par contre, la nouvelle génération semble avoir davantage intégré les
limites et s'engage plus volontiers dans l'économie
du partage, du covoiturage, etc.
La force du capitalisme a été de nous séduire
et, au fond, de nous déposséder de tout ce que nous
pouvions faire. La machine capitaliste est très puissante et elle a inventé les deux moyens de nous
rendre dépendants : la publicité et le crédit à la consommation. Or ce modèle de développement n'est
pas généralisable : il nous faudrait plusieurs planètes. Par exemple, il y a déjà 800 millions de voitures dans le monde, on ne peut pas continuer.

La clé de la transition, ce sont les territoires
Pour la réalisatrice de Sacrée croissance ! le
bon niveau de la transition, ce sont les territoires et
« il faut affirmer notre attachement à l'endroit où
nous vivons et on ne réussira la transition énergétique que si on reprend l'initiative au niveau local ».
Elle ajoute que la transition a besoin des élus et elle
tance un instant la municipalité de Besançon pour
ne pas avoir soutenu Alternatiba. Dommage que les
élus EÉLV n'aient pas été là pour expliquer qu'ils
avaient pourtant tout fait pour convaincre le maire sans succès.
Parmi les moyens utilisés pour relocaliser l'activité, Marie-Monique plaide pour les monnaies
locales. C'est un outil sociétal puissant pour créer du
lien, pour consommer local. Les monnaies

5

« complémentaires », comme on les appelle aussi, c'est
pour échanger des biens et des services, pas pour spéculer : les taux d'intérêt sont interdits.
Questionnée sur la COP 21, la cinéaste ne montre
pas beaucoup d'optimisme : « Parce qu'il n'y a aucun accord contraignant et qu'on va vers les 4 degrés de réchauffement. » Mais Marie-Monique Robin, qui a rappelé
son origine paysanne, a tout de même une grosse dose de
pragmatisme et elle fait confiance aux initiatives citoyennes qui peuvent encore changer le cours des événements. Les prochaines élections régionales sont pour nous
l'occasion de développer les solutions qui peuvent être
mises en œuvre en Bourgogne-Franche-Comté.

Gérard Mamet

6

Bourgogne-Franche-Comté : Élections Régionales 2015

UNE PROPORTIONNELLE AVEC
PRIME MAJORITAIRE
Peut-être n'est-il pas inutile de rappeler
comment fonctionne le scrutin ?...
Les 100 Conseillers régionaux sont élus au scrutin
de liste proportionnel à deux tours, avec prime du quart
des sièges à la liste arrivée première (donc en Bourgogne
Franche-Comté ou BOFC : 25 sièges).
Les listes de candidats sont uniques pour l’ensemble de la
grande région (logo, nom de la liste et de la tête de liste
régionale) mais, sur chaque liste, les candidats sont regroupés par sections départementales.
Un seul tour de scrutin si une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés (50 % + 1 voix), cas très improbable.
Si le scrutin n’est pas acquis au premier tour :
- à moins de 5 % des voix, les listes sont définitivement éliminées et ne peuvent participer au second
tour ;
- entre 5 et 10 % des voix, les listes ne peuvent
pas se maintenir seules au second tour, mais peuvent fusionner avec des listes ayant obtenu plus de 10 % des
voix ;
- à 10 % et plus, les listes peuvent se maintenir au
second tour et/ou fusionner avec d’autres listes.

Comment les sièges sont-ils répartis ?
La liste arrivée en tête reçoit une prime de
25 sièges, qu'elle ait une majorité absolue ou relative.
Les 75 sièges restants sont répartis à la proportionnelle
entre toutes les listes présentes au second tour, en fonction de leur score régional (avec répartition des fractions
de sièges restants à la plus forte moyenne).
Au sein de chaque liste, les sièges sont répartis à la proportionnelle entre les sections départementales, en fonction des suffrages exprimés obtenus par la liste dans
chaque département (avec répartition des fractions de
sièges restants à la plus forte moyenne).

Exemple :
Supposons une région à 3 départements, où 3
listes sont en lice pour le tour d’acquisition du scrutin.
Les listes obtiennent les nombres de voix suivants :

Dépt / Liste
1
2
3
Total

A
14000
17000
10000
41000

B
13000
12000
6000
31000

C
11000
13000
4000
28000

La liste A est gagnante et obtient 56 sièges :
- 25 sièges au titre de la prime majoritaire,
- 30 sièges à la proportionnelle,
- 1 siège à la plus forte moyenne (41000 / (30
+ 1) = 1322, supérieur aux moyennes des listes B
[31000 / (23 + 1) = 1291] et C [28000 / (21 + 1) =
1272]),.
Les sièges de la liste A sont répartis ainsi entre les
départements :
- dépt 01 : 19 sièges
- dépt 02 : 23 sièges
- dépt 03 : 13 sièges + 1 à la plus forte
moyenne (10000 / 14 = 714, supérieur à 700
[dépt 01] et 708 [dépt 02])
De la même manière, la liste B obtient
23 sièges à la proportionnelle, dont 10 sièges (dépt
01), 9 sièges (dépt 02), 4 sièges (dépt 03).
La liste C obtient 21 sièges à la proportionnelle, dont 8 sièges (dépt 01), 10 sièges (dépt 02),
3 sièges (dépt 03).

Jérôme Artaz
Militant bourguignon

7

Régionales

TOUT UN PROGRAMME...
Je vous écris du fond du programme régional,
dont je commence à émerger. « Le pauvre », pensezvous. Meuh non, je n'ai pas de raison d'être plaint, c’est
fort intéressant. Il est vrai qu'il y a tout de même une
phase peu agréable, qui consiste à
chercher des aides pour la rédaction,
des personnes ressources qui sachent
un peu de quoi elles parlent. C'est
difficile, les volontaires sont rares et se
cachent. Nous avons tout de même
fini par y arriver avec 26 contributeurs.

8

Mais c'est vraiment bien
quand des propositions arrivent et
qu'il n'y a « plus qu'à » les mettre bout
à bout ! Et franchement intéressant
lorsque des idées se percutent. Quand
pour avancer, il devient impératif de se parler. Par
exemple, lorsqu'un forestier rencontre un féru d'énergie, ça « frotte » un peu à propos des coupes de bois,
des risques de surexploitation, face
à celui qui demande que chaque
ressource puisse aider à se sortir
du nucléaire. Ou bien, lorsque le
forestier, encore lui, se dit que les
chasseurs, ce n'est pas si mal pour
se débarrasser des grands ongulés
qui mangent les jeunes pousses
d'arbre ; il trouve face à lui le défenseur de la condition animale,
qui refuse toute chasse. Que faire

dans ces cas ? Débattre, échanger des arguments, jusqu'à trouver un compromis. C'est tout l'intérêt d'un parti
politique : réussir à dégager des propositions qui conviennent au plus de monde possible.
En pratique, à l'heure où vous
lirez ces lignes, le programme sera disponible sur le site internet (1). Il ne sera
pas distribué sur papier. Donc, si vous
voyez de gros manques ou de grosses
bêtises, n'hésitez pas à réagir, il restera
modifiable. C'est à la fois un projet et un
programme, ne vous étonnez donc pas
de sa longueur. Et puis, question présentation, ne vous attendez pas à lire un
roman ou une bande dessinée. C'est du
brut, donc de l'indigeste, uniquement
pour personnes motivées pour approfondir.

Benoit Cypriani

Membre de l’équipe de campagne pour les Régionales 2015
(1) http://lesecologistesbourgognefranchecomte.fr/

8 octobre 2015 à Besançon: Lutte contre la fraude fiscale
Éric Alauzet, député de la
2e circonscription du Doubs,
explique son action à l’Assemblée contre la fraude fiscale.

Eva Joly intervient sur ce thème
qui lui est cher.

Cécile Prudhomme, tête de liste
régionale, présente les intervenants.

Un pédagogue dans l’actualité

PHILIPPE MEIRIEU, POUR UNE FORMATION
ÉMANCIPATRICE
Il n’est guère besoin de présenter Philippe

Meirieu, enseignant chercheur connu du grand public et
reconnu par ses pairs dans le domaine des sciences de
l’éducation. Ses travaux de recherche confinent à l’anthropologie et puisent à des sources qui irriguent l’action politique qu’il conduit en faveur de la sauvegarde de l’environnement et des valeurs qui sous-tendent cet engagement.

Homme de parole et homme d’action tout à la
fois, Philippe Meirieu n’a de cesse de promouvoir l’Humain et d’œuvrer à l’expansion des connaissances et à la
diffusion des savoirs, dont il est d’ailleurs lui-même l’un
des artisans.
Avec le talent qu’on lui connaît, il expose, il suggère, il propose sans a priori et, à l’écart de tout sectarisme, il aide le débat à éclore sans le polluer par des opinions préconçues, il chemine patiemment avec ses interlocuteurs et ne manque pas de leur indiquer des voies
nouvelles.

Des lois qui portent l’empreinte de Guizot
Lors de sa conférence du 12 octobre à Dole (1), il a
abordé, devant une assemblée d’une soixantaine de personnes, la problématique de la formation, qui constitue
l’un des piliers majeurs autour desquels s’organisera nécessairement la société en gestation. Dans son propos
liminaire, il a fait un détour historique et signalé opportunément que les grandes lois laïques, dites « lois Ferry »,
sous le régime desquelles l’école de la République est placée depuis les débuts de la troisième République, ont partie liée avec le système centralisé mis en place dès les
années 1830 par le ministère Guizot. Ce système n’est pas
indemne de critiques, du fait d’un certain cloisonnement
entre les différents ordres d’éducation et de la centralisation idéologique qu’il comporte et dont les dispositifs de
formation portent encore la marque. Militant et homme

de gauche, Meirieu place le concept d’éducabilité
au cœur de sa réflexion et des réformes pédagogiques dont il est l’inspirateur.

La formation continue tout au long de
la vie
Ses fonctions électives à la Région RhôneAlpes lui ont permis d’œuvrer à des avancées décisives, en particulier dans le champ de la formation
continue tout au long de la vie. Les enjeux sont de
taille, compte tenu de l’importance du budget alloué aux dispositifs de formation. Meirieu considère comme impératif qu’EÉLV soit mieux
« identifié » sur cette question de la formation, à
propos de laquelle il s’interroge doublement :
- Quel monde allons-nous léguer à nos enfants ?
- Quels enfants allons-nous léguer au
monde ?

Ce double questionnement est la matrice à partir de laquelle, dans un exposé éclairant,
Philippe MEIRIEU a mis en évidence trois axes essentiels :
1. La formation tout au long de la vie est
inséparable de la conception d’une culture qui soit
source de convivialité et vecteur d’échanges et de
savoirs démultipliés (plus on échange les savoirs et
les savoir-faire, plus on crée : la culture est par
excellence une ressource que l’on peut consommer sans modération).

9

2. La nécessité de l’émergence d’une solidarité au
service d’un mieux-être collectif.
3. L’urgence qu’il y a à dépasser une culture du
chiffre qui, sous une apparente modernité, transgresse les
valeurs qui fondent l’humanisme. « Dé-chiffrons » (en deux
mots) pour mieux « déchiffrer » (en un mot) l’humain.

Quatre possibilités
Dans le second temps de son exposé, Meirieu a
exploré quatre voies pour sortir de l’impasse dans laquelle
ont tendance à s’enliser aujourd’hui bon nombre de dispositifs de formation. Il s’agirait selon lui :
- de mieux gérer la « complexité » (avec, sur ce
thème, des emprunts à Edgar Morin) ;
- d’offrir de meilleures garanties d’équité (la substitution d’une logique du coût à une logique du prix permettrait de prendre en compte des paramètres qui soient
davantage en prise avec le réel) ;
- de s’extraire d’une logique de compétition et de
« rivalité » : l’offre de formation doit en effet être basée
non sur la concurrence, mais sur la complémentarité ;

- d’afficher des priorités pour s’extraire de
« l’imprévisibilité ». Ainsi, la seule région Rhône-Alpes
(désormais étendue à l’Auvergne) compte plus de cinq
cent mille demandeurs d’emploi. Pour être plus en adéquation avec l’effectivité des besoins, la formation devrait donc prioritairement s’attacher aux publics déficitaires plutôt que de concentrer l’offre sur les publics
culturellement les mieux dotés et professionnellement
les plus qualifiés, comme c’est la plupart du temps le cas
actuellement.

Rémy DAVID

(1) Dans le cadre de la campagne des régionales.

Liste régionale
10
Assemblée générale du 3 octobre 2015 à Dijon : validation des listes départementales.
Photo de groupe : beaucoup de candidats sont présents. Petit rappel : la liste commune Bourgogne FrancheComté doit comporter 116 noms.
Cécile Prudhomme est entourée par quelques unes des têtes de listes départementales : à droite Marie-Claire
Thomas, François Lotteau et Brigitte Monnet, à gauche Virginie Charrière et Philippe Hervieu.

En passant par la nature avec nos fusils

POUR LE DIMANCHE SANS CHASSE
Si j'en crois les statistiques de l'ONCF - Office national de la Chasse et de la Faune sauvage (1) -, la formation
des chasseurs à la sécurité finit par porter ses fruits : de 39
accidents de chasse mortels lors de la saison 1999-2000, on
est passé à 14 en 2014-2015. (Entre les deux, il y a eu des
hauts et des bas, mais la tendance générale est à la baisse.)
Le nombre d'accidents, pendant cette dernière saison, s'est
élevé à 122, et l'ONCF souligne que 86 % ont touché des
chasseurs, contre 14 % (dont aucun mortel) touchant des
non-chasseurs.
Est-ce à dire qu'il faut se réjouir de ces
« progrès » ? Bien évidemment non. D'une part parce
qu'on trouve aussi des statistiques différentes. Par
exemple, la Buvette des Alpages (2) recense 17 morts, dont
un non-chasseur, et estime qu'au cours
des 20 dernières saisons de chasse en
France, il y a eu, selon les sources, entre
600 et 634 morts, soit 30 à 32 par mois.
Et d'autre part parce que, même en
baisse à peu près constante, le nombre
d'accidents causés par ce pithécanthropique passe-temps reste absolument
inadmissible. Quant à la constatation
qu'il y a, finalement, assez peu de victimes parmi les non-chasseurs (encore
heureux qu'ils se flinguent surtout entre
eux !), elle tient essentiellement au fait
qu'en période de chasse (au minimum 5 ou 6 mois par an
selon les régions et selon le « gibier » !), soit on préfère ne
pas trop s'aventurer dans les coins où l'on risque de tomber
sur des maniaques de la gâchette, soit on le fait en s'habillant de couleurs vives, en chantant, voire (j'en connais...) en
criant « Chasseurs, gros cons ! » (3).

Étudiant ou chevreuil ?
Et puis à l'heure où sont écrites ces lignes (le 15 octobre), l'actualité de la chasse vient rappeler que, dans ce
domaine comme dans tant d'autres, rien n'est jamais acquis
et que la relative amélioration de ces dernières années
risque bien (comme dans le cas des accidents de la route et
en partie pour les mêmes raisons : la lâcheté des politiques
face aux menaces des lobbys - chasseurs, automobilistes,
etc.) de n'avoir pas de suite. Si je n'ai pas fait d'erreur dans
mes relevés, on compte déjà, depuis le début de la saison
2015-2016, au moins 15 accidents (4) ayant blessé une

quinzaine de personnes (dont une entre la vie et la
mort) et en ayant tué 4 autres. Le cas le plus emblématique est bien sûr celui de cet étudiant tué samedi 10
octobre, alors qu'il se promenait avec son amie dans la
chaîne de Belledonne (Isère), par un nemrod... qui l'avait
pris pour un chevreuil
Rappelons qu'un « mercredi sans chasse » avait
été institué sur tout le territoire français à la demande
d'une certaine Dominique Voynet, alors ministre de l'Environnement du gouvernement Jospin, à travers l'article
24 de la loi chasse du 26 juillet 2000. Loi abrogée par
l'ineffable Roselyne Bachelot, en 2003, avec l'appui enthousiaste de la droite revenue au pouvoir, cependant
que s'abstenaient les toujours très courageux députés
socialistes (5)... Depuis, ce sont les
préfets qui peuvent décréter un « jour
sans chasse » dans leurs départements
respectifs... ce que la plupart se gardent bien de faire !

Marre des nuisibles !
Il est tout simplement insupportable que moins d'un million de chasseurs (1,5 % de la population), sous
prétexte qu'ils ont un fusil et une
grande gueule, imposent leur loi à tous
les autres usagers de la nature. À défaut d'une interdiction complète de la
chasse et d'une éradication totale de cette nuisible engeance (on peut toujours rêver...), exigeons au moins
l'institution d'un « dimanche sans chasse » : six jours par
semaine pour les chasseurs, un seul pour les autres,
c'est sans doute encore trop demander ?! C'est cette
exigence qu'avaient portée, en 2012, les 300 000 signataires d'une pétition remise - en vain, bien sûr - au ministère de l'Écologie. Un Collectif pour le dimanche sans
chasse, rassemblant quelque 450 associations de défense de la nature, de sports et de loisirs de plein air (6),
relance cet appel, qu'il faut massivement signer et faire
signer (7).
Comme le souligne l'ASPAS, « les Français (8) en
ont marre de la chasse, que ça se sache ».

Gérard Roy

11

(5) Un certain Yves Krattinger a même soutenu
cette abrogation ! Marrant comme on retrouve toujours
les mêmes noms dès qu'il y a une ânerie à faire (Planchedes-Belles-Filles, etc.)
(6) ASPAS, RAC, etc.

(1) On ne dira jamais assez combien est insupportable ce mariage de la carpe et du lapin. Même chose,
bien sûr, pour les divers musées de la Chasse et de la
Nature ou pour les « maisons » du même nom que les
fédérations de chasse ont pondues un peu partout.
(2) « L'actualité des brebis et de tout ce qui
tourne autour. »
(3) Mais on me dit que ce n'est pas forcément la
bonne méthode...
(4) Il faut garder à l'esprit que tous les accidents
de chasse ne sont pas déclarés à la gendarmerie ou à la
police.

(7) www.dimanche-sans-chasse.fr
(8) Du moins une grosse majorité d'entre eux.

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Paradoxes de la République

CRISE MIGRATOIRE : LE PARADIGME
DE L'IMMOBILITÉ
À Besançon, alors que la ville est fière d'accueillir bientôt
60 réfugiés syriens, la Préfecture multiplie discrètement les OQTF
(Obligation à quitter le territoire français) et les « mesures d'éloignement », facilitées par le fait que le Kosovo a,
« opportunément », regagné la liste des « pays sûrs ».
Dans le même temps, la Commission des lois du Sénat a durci,
fin septembre, le dispositif dans un rapport désormais intitulé, de
façon non ambiguë, "Projet de loi portant diverses dispositions relatives à la maîtrise de l’immigration", en cours d'examen depuis le 6 octobre dernier.

Ainsi, pendant que nos autorités acceptent d'accueillir un nombre limité de migrants, elles expulsent en
force ceux déjà présents sur le territoire, opérant ainsi un
tri des plus contestables entre les « bons » migrants et les
autres. Cette catégorisation dans les discours et les actes
traverse notre société. Facilitant ainsi une expression
xénophobe ou raciste qui s'affiche désormais sans complexe, elle organise la suspicion autour de tout arrivant et
la prévention contre son installation durable dans notre
pays. Une politique migratoire peut elle se limiter à une
gestion de flux ?

Dix raisons pour ouvrir les frontières
François Gemenne, chercheur en sciences politiques, est venu le 30 septembre dernier à Besançon, à
l'invitation de Barbara Romagnan, pour parler de l'accueil
des réfugiés. Il est connu pour savoir avec force déconstruire, lors de débats en direct, les arguments des représentants du FN sur leur thème phare et les laisser sans
voix face à des données factuelles qu'ils ne veulent pas
prendre en compte. Voici résumées dix raisons qu'il
avance pour ouvrir les frontières et les esprits, appréhender un projet humaniste pour l'Europe, promouvoir le
vivre-ensemble et défendre le droit à la mobilité pour
tous.

1. Arrêter le massacre
Ouvrir les frontières, c’est avant tout permettre
aux gens de migrer dans des conditions sûres et dignes,
c’est vouloir mettre un terme à la tragédie qui se joue
actuellement aux frontières de l’Europe.
Fermer les frontières n’entraîne aucune baisse des
flux migratoires puisque la mobilité est par ailleurs une
réalité sociale valorisée. Cela ne fait que rendre les déplacements plus précaires, plus coûteux et plus dangereux, jusqu'à transformer aujourd'hui la Méditerranée
en cimetière.
2. Fermer les frontières ne sert à rien
Faire croire que la fermeture des frontières permettra la maîtrise des flux migratoires est une illusion et
un mensonge électoraliste. La construction du mur entre
le Mexique et les États-Unis n’a nullement ralenti les flux
migratoires entre les deux pays.
3. Lutter contre les passeurs
La fermeture des frontières crée un business. Ouvrir les frontières, légaliser les mobilités de tous permettrait de mettre fin à ce trafic mafieux profitant de plus
en plus d’une économie de la prohibition.
4. Permettre la libre circulation
L’ouverture des frontières permettrait la circulation des personnes, les mouvements d’allers et retours.
Beaucoup de migrants sont aujourd’hui coincés en
France, car ils n’osent plus en sortir de peur de ne plus
pouvoir y revenir ensuite.
5. Faire disparaître l'immigration illégale
Rendre toutes les migrations légales ferait de facto disparaître l’immigration « clandestine ». Tout projet
migratoire étant légitime, l'ouverture permettrait aux

13

migrants de déployer leur plein potentiel économique
dans le pays d’accueil. Toutes les études montrent que la
contribution économique à leur pays de destination est
d’autant plus positive que leur situation y est sûre et
légale.
6. Permettre un progrès social
L’embauche des travailleurs étrangers en situation irrégulière dans les pays riches constitue un « dumping social », l’équivalent d’une « délocalisation sur
place ». Les pires conditions sociales sont imposées à des
travailleurs sans droits. De plus, leur contribution économique est aussi dirigée vers leur pays d’origine et participe au codéveloppement. Cet apport financier des migrants par leurs transferts d’argent au pays est au moins
trois fois supérieur à l’ « aide au développement » officielle des pays industrialisés.
7. Faire des économies
Depuis 2007, deux milliards d’euros ont été dévolus à la gestion des frontières. Pour quel résultat ? La
suppression de Frontex et des politiques sécuritaires
ferait économiser plusieurs millions d’euros aux États de
l’Union, qui pourraient être réinvestis dans des projets
plus constructifs.
8. Reconnaître la mobilité comme un droit fondamental

14

L’ouverture des frontières reconnaît la légitimité
de toute migration et le droit à la mobilité de chacun. Le
droit de quitter son pays est inscrit dans la Déclaration
universelle des Droits de l’Homme. Mais la fermeture
des frontières empêche de le mettre en œuvre.
9. Lutter contre les inégalités
Aujourd’hui, le destin des uns et des autres reste
avant tout déterminé par l’endroit où ils ou elles sont
nés. C’est la fermeture des frontières qui crée cette inégalité insupportable, ce privilège du lieu de naissance.
10. Réaffirmer l'humanisme comme projet
Se préoccuper d’une hypothétique identité sur
fond de nostalgie coloniale, n’est-ce pas refuser de voir
la société française telle qu’elle est aujourd'hui : plurielle
et en mouvement ?

autre croissance qui se dessine. Idem pour les migrants :
la crise à laquelle on assiste est celle de l’UE face à ce
changement de paradigme.

Sortir du « paradigme de l'immobilité »
Ceci dit, bien que toutes les politiques cherchant
à réduire l'immigration légale ou illégale soient restées
inefficaces depuis plus de 30 ans, on continue à brandir
l'immigration comme vecteur de crise.
Céder au sentiment d'invasion, pourtant contredit par les chiffres, comme céder au sentiment d'insécurité, c'est courir après un « droit à la sécurité » fantasmé,
qu'aucun législateur ne pourra établir en droit, sauf à
renoncer à l'espace démocratique qui nous reste à force
d'adopter toujours plus de mesures coercitives, alors que
c'est avant tout la peur de l'Autre qui est la plus grande
source d'insécurité.
Dans ce climat, il faut du courage politique pour
remettre en cause des idées toutes faites ou des modes
de représentations erronés, qu'il faut savoir contrer
comme le propose François Gemenne. Sans ce courage,
nous ne pourrons appréhender les causes qui obligent
des personnes à quitter leur pays.
En panne de projet et de réflexion sur le rôle des
frontières dans un espace mondialisé dont elle semble
avoir peur, tout en craignant une alternative au néolibéralisme, la France cède à la facilité au lieu de percevoir
ces frontières autrement qu'à travers une logique anachronique d'affrontement entre les Puissants. Aujourd'hui, les idées, les marchandises mais les êtres humains
aussi passent les frontières, car c'est un droit fondamental. En stigmatisant les étrangers, nous nous trompons
de cible et d'époque.
François Gemenne, précise : « Nous sommes
dans ce que j’appelle le paradigme de l’immobilité. La
classe politique française continue à penser que dans un
monde idéal, chacun resterait chez soi et n’éprouverait
pas le besoin ni l’envie d’émigrer. Elle n’a pas encore
accepté l’idée que la migration était à la fois un phénomène structurel et un droit fondamental, qui traduit
aussi, d’une certaine façon, les inégalités du monde – et
permet, parfois, de les réduire un peu. Enfin, il y a l’impact de la répétition comme prédiction créatrice : à force
de répéter partout que l’immigration est un problème,
elle devient un problème ».
Cette crise est donc bien politique.

Thierry Lebeaupin
CDDLE (Collectif de Défense
des Droits et Libertés des Étrangers)
L’Europe réalise que son idéal de croissance infinie est fini. Ce n’est pas pour autant la crise : c’est une

Science et écologie

HYDROGÈNE NATUREL, FIN DES GLACIERS
ET EXPERTS DES ABEILLES
La science pour éclairer les choix de l'écologie politique.
La réflexion politique pour développer la critique de la science.

1. De l'hydrogène naturel sous nos pieds
Depuis les années 70, on savait que de l'hydrogène
était émis au niveau des dorsales océaniques (1), mais
son exploitation est jugée trop difficile pour l'instant. Il y
a un peu plus de deux ans, des chercheurs de l'IFPEN (2)
ont annoncé que de l'hydrogène était émis aussi dans de
nombreux sites continentaux. Un tel site a été mis en
évidence, par exemple, en France, sur la faille du Cotentin, qui passe par Granville et la Pointe du Grouin. Dans
certaines structures circulaires, on a pu mesurer des flux
de plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes d'hydrogène par jour. Cet hydrogène pourrait avoir pour origine
la dégradation, dans l'écorce terrestre, de certains minéraux contenant du fer (sidérite, pyroxènes, amphiboles,
mica…) sous l'action de l'eau et de la chaleur. (Pour la
Science n° 456, octobre 2015, pp. 36-43)

pour évaluer la possibilité de l'exploitation industrielle
de l'hydrogène naturel comme nouvelle source d'énergie.

2. La fin programmée des glaciers
L'existence des glaciers est liée à l'équilibre entre
deux processus : l'accumulation de neige qui se transforme en glace et la fonte de la neige et de la glace. La
ligne d'équilibre se situe aujourd'hui vers 3 100 m d'altitude, mais elle s'élève de 6 m par an et pourrait atteindre 3 600 m d'ici à la fin du siècle. En France, le réchauffement climatique pourrait donc les faire disparaître, sauf sur le massif du Mont-Blanc, les Écrins et la
Vanoise. En dehors des calottes glaciaires de l'Arctique
et de l'Antarctique, les glaciers ont une surface un peu
supérieure à celle de la France et leur fonte pourrait
contribuer jusqu'à 35 % à la montée des eaux des
océans. Encore plus préoccupant : la contribution des
glaciers au débit des rivières pendant la saison sèche
peut atteindre 30 %. Leur disparition entraînerait donc
de graves perturbations des écosystèmes correspondants. (La Recherche n° 504, octobre 2015, pp. 50-54)

Commentaire : L'hydrogène utilisé actuellement
dans l'industrie est produit soit à partir d'hydrocarbures,
soit par l'électrolyse de l'eau. On pensait jusqu'ici que
l'hydrogène ne pouvait être qu'un support de stockage
de l'énergie. La bonne nouvelle est que ce pourrait être
aussi une énergie primaire, une énergie propre, puisque
la combustion de l'hydrogène ne donne que de l'eau. Les
gisements semblent bien répartis sur tous les continents.
Les émanations étant régulières, ce serait une énergie de
flux, donc durable. À l'inverse du gaz naturel qui, lui,
constitue une énergie de stock dont les gisements s'épuisent au fur et à mesure de leur exploitation. Mais ne
nous emballons pas : des études sont encore nécessaires

Commentaire : Dans son rapport de 2013, le
GIEC (3) indique que le niveau moyen des eaux des
océans s'est élevé d'environ 20 cm entre 1900 et 2010 ;
le processus va continuer, et c'est dû en partie à la fonte
des glaciers continentaux. Mais la fonte des glaciers va
aussi perturber de manière très importante la régularité
du débit des rivières dans des massifs montagneux

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comme la Cordillère des Andes et l'Himalaya. Il va en résulter de graves conséquences sur l'approvisionnement en
eau de certaines régions du globe, en particulier en Amérique du sud, en Chine et en Inde.

3. Abeilles recherchent experts désespérément
Un inventaire de toutes les espèces d'abeilles présentes en Europe vient d'être réalisé dans le cadre de
deux programmes européens de recherche. 1 950 espèces
d'abeilles ont été recensées, dont 400 propres au continent européen (4). L'idée, c'est de pouvoir évaluer les
tendances (en déclin, stable ou en expansion) des différentes populations. On sait que le réchauffement climatique menace d'extinction certaines espèces. Or il n'y a en
Europe qu'une dizaine de taxonomistes (5) spécialisés
dans les abeilles. Les études sont donc très partielles et
elles ne permettent pas d'évaluer les évolutions et les
risques de disparition pour l'ensemble des espèces. (La
Recherche n° 504, octobre 2015, pp. 55-58)

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Commentaire : Les abeilles sont essentielles à la
pollinisation de la grande majorité des plantes à fleurs.
Sans elles, la production de fruits et de graines serait limitée ou même impossible. C'est toute la chaîne alimentaire
des écosystèmes qui serait perturbée par leur disparition,
et les animaux et l'homme seraient rapidement touchés.

Il est donc très important de pouvoir faire un état des
lieux de la biodiversité des abeilles pour conduire, dans
un second temps, des politiques efficaces de conservation de toutes les espèces. Pourtant la taxonomie est
typiquement un travail de recherche fondamentale qui
est en recul dans les programmes scientifiques actuels
en Europe. Il faudrait donc inverser la tendance.

Gérard Mamet

(1) Les dorsales océaniques sont les zones de
séparation des plaques tectoniques océaniques. Les
dorsales, sortes de chaînes de montagnes sous-marines,
sont parcourues par de longues fractures d'où émanent
des « fumeurs noirs », mélanges de gaz comprenant du
sulfure d'hydrogène et de l'hydrogène.
(2) Institut Français du Pétrole et des Énergies
Nouvelles.
(3) Groupe d'experts intergouvernemental sur
l'évolution du climat.
(4) Il y a environ 20 000 espèces d'abeilles dans
le monde, mais on a tendance à ne parler que de
l'abeille domestique : Apis mellifera. Et les espèces européennes représentent donc moins de 10 % du total.
(5) La taxonomie est une science – branche de la
biologie – qui a pour objet de décrire les êtres vivants et
de les classer en espèces, genres, familles, etc. D'abord
basée uniquement sur des observations empiriques, la
taxonomie moderne fait maintenant appel à la biologie
moléculaire et à la génétique

Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté
(33, Avenue Carnot 25000 Besançon)
Directeur de publication : Gérard Roy
Comité de lecture : Michel Boutanquoi, Gérard Mamet,
Gérard Roy, Suzy Antoine, Françoise Touzot
CPPAP: 0518 P 11003
Maquette : Corinne Salvi Mise en page : Suzy Antoine
Imprimé sur papier recyclé
Par les soins d’Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté
ISSN 1169-1190

Mobilisation citoyenne

SARAJEVO : #JASAMMUZEJ !
Le monde est à feu et à sang (si vous avez cinq minutes, comptez donc sur un planisphère le nombre de pays où on ne
se cogne pas joyeusement sur la tronche) ; des centaines de milliers de réfugiés (avant, bien évidemment, des millions
d'autres) fuient la guerre, la dictature, la misère, les folies de moins en moins douces d'un climat déboussolé ; les 1 % les plus
riches posséderont en 2016 plus que les 99 % restants de la population mondiale ; le fanatisme religieux s'en donne à cœur
joie, de Kaboul à Palmyre et de Paris aux confins tchado-nigérians ; populistes et fascistes de tout poil bombent le torse et
voient venir à eux, plus « décomplexée » que jamais, une droite prétendument modérée ; un peu partout, la gauche est en
lambeaux, macronisée ici, mateorenzifiée là ; hébétée, pétrifiée, la communauté internationale - qui est tout sauf une communauté - regarde Poutine recréer, goguenard et cynique, son empire soviétique à lui... Vous en voulez encore ?...
Non, on arrête, et on parle d'autre chose. Par exemple de Sarajevo. Avant de vous récrier, lisez plutôt ce qui suit.

Pas de monnaie, mais... la Haggadah
La dernière fois que je suis allé dans cette ville, j'y
ai visité le Musée national de Bosnie-Herzégovine, ouvert en 1913, et ses collections archéologiques, ethnographiques et d'histoire naturelle. Bon, l'ensemble avait
bien un petit côté vieillot et poussiéreux, et l'on subodorait un fonctionnement un peu « artisanal » : la brave
dame qui tenait la caisse m'a laissé entrer gratuitement... parce qu'elle n'avait pas la monnaie à me
rendre !... Mais d'une part, en Bosnie-Herzégovine, il
faut constamment garder à l'esprit (comment faire autrement, d'ailleurs, vu l'abondance des traces encore
visibles ?) qu'on est dans un pays non seulement très
pauvre, mais encore et surtout ravagé, de 1992 à 1995,
par une guerre interethnique (certes, il y aurait beaucoup à dire sur les prétendues « ethnies » de l'exYougoslavie, mais là n'est pas mon propos) qui l'a laissé
exsangue ; et d'autre part, l'intérêt des collections du
Musée national était suffisamment indéniable pour
qu'on ne se formalise pas de ce qui, chez nous, aurait
passé pour du dilettantisme, voire de l'impéritie. Le
musée abrite, outre une bibliothèque de 250 000 ouvrages, plus de 4 millions d'objets venus de toute la Bosnie, dont une pièce unique, la Haggadah de Sarajevo,
un manuscrit hébraïque enluminé du 14e siècle provenant sans doute du royaume d'Aragon et auquel est
réservée une salle spéciale.

En octobre 2012, sa subvention de fonctionnement ayant été réduite de 60 % et son personnel ne

pouvant plus être payé, le Musée national de Bosnie a
tout simplement dû fermer ses portes (1). Symboliquement, ses quelque 50 employés (ils étaient 120 avant
1992) ont alors cloué sur lesdites portes deux planches
de bois et déployé une banderole : « Muzej je zatvoren » (Musée fermé). Je vous entends déjà, incrédules :
comment cela est-il possible ? La ou le ministre bosnien
de la Culture est-il encore plus nul que Fleur Pellerin ?

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État croupion vs. nationalismes
Il faut savoir que les calamiteux accords de Dayton (décembre 1995), s'ils ont mis fin à la guerre, ont
non seulement accordé une sacrée prime aux agresseurs
bosno-serbes, soutenus par la Serbie de Milosevic, qui
ont obtenu 49 % du territoire bosnien, mais ont aussi
figé, fossilisé une situation politique aberrante. La place
me manque pour entrer dans le détail, et tel n'est d'ailleurs pas mon but : qu'il suffise de dire que dans la Bosnie post-Dayton, et en particulier à Sarajevo, autrefois
modèle de cohabitation harmonieuse (« la Jérusalem
des Balkans »), tout est fait pour enraciner, voire exacerber les divisions ethniques (et même religieuses), pour
qu'on se sente avant tout bosniaque musulman, ou
serbe orthodoxe, ou croate catholique, mais surtout pas
bosnien, surtout pas citoyen de l'État de Bosnie, auquel
ne sont de toute façon conférés que des pouvoirs fort

limités. Du coup, personne ne se sent responsable ni de cet
État croupion, ni de ses symboles. Le domaine de la culture
(et donc, entre autres, des musées) relevant non de l'État
de Bosnie, mais des « entités » antagonistes affectées par
Dayton aux Serbes d'une part, aux Bosniaques et aux
Croates d'autre part, tous les « responsables » se fichent
donc comme d'une guigne du Musée national, emblème
d'une histoire et d'une mémoire communes, quand ils ne
font pas tout, même, pour dézinguer cette inadmissible
atteinte aux droits des nationalismes les plus obtus (2).

#jasammuzej

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Mais j'en arrive - enfin - à la raison pour laquelle j'ai
voulu raconter cette lamentable histoire : le 15 septembre
dernier, le Musée national a rouvert ses portes à Sarajevo.
N'allez surtout pas croire que, soudainement touchées par
la grâce, les canailles qui « administrent », pour leur plus
grand profit financier, ce malheureux pays ont déversé sur
l'auguste bâtiment de l'avenue Zmaja od Bosne des millions de konvertibilna marka (3). En fait, ce sont les citoyens eux-mêmes qui l'ont rouvert. Déjà, des dizaines
d'employés du Musée, bien que non payés pendant trois
ans, et même pour certains d'entre eux raillés, voire menacés, ont mis un point d'honneur à venir tous les jours l'entretenir et sauvegarder ses collections. Puis une association, Akcija (Action), a vu le jour pour les soutenir et populariser leur résistance à travers une initiative citoyenne
baptisée « Ja sam muzej » (Je suis le musée). Dénonçant la
« honte » de ces trois ans de fermeture et la « mort lente »
qu'ils impliquent, des intellectuels, des artistes, de simples
citoyens occupent donc le musée, promettant d'y rester
tant qu'une solution durable n'aura pas été trouvée.

Et maintenant ? Un nouveau ministre des Affaires
civiles (4), plus « conciliant » que le précédent (un BosnoSerbe particulièrement peu soucieux d'unité nationale), a
déclaré vouloir chercher un financement ; idem pour la
Fédération de Bosnie-Herzégovine (l'une des « entités »
évoquées plus haut) et le canton de Sarajevo (l'un des dix
constituant ladite Fédération). Rien n'est définitivement
acquis, donc.

Il n'empêche. Dans un monde où les nouvelles
réconfortantes se comptent annuellement sur les doigts
d'un manchot et où la culture, livrée aux commerçants et
aux pipoles, constitue le dernier souci des responsables
politiques, cette mobilisation de citoyens pour un motif
culturel, qui plus est dans un pays rongé par le chômage, la
corruption, les haines ethniques et l'absence de perspectives un tant soit peu porteuses d'espoir, m'a paru digne
d'être racontée. Ce sont de petits riens comme celui-là qui,
me semble-t-il, empêchent d'être totalement désabusé.

Gérard Roy

(1) Ce qu'il n'avait pas fait même au plus fort du siège
de Sarajevo par les soudards de Mladic et de Karadzic.
(2) S'il est le plus parlant, le cas du Musée national
n'est pas unique : six autres institutions culturelles sont
également laissées en déshérence, pour les mêmes raisons !
(3) La Bosnie-Herzégovine a pour monnaie le mark
convertible, d'abord indexé sur le mark allemand, puis sur
l'euro.
(4) Ministère fourre-tout...

De la Franche-Comté à Wallis-et-Futuna

PETITE CHRONIQUE WALLISIENNE (4)
Installée depuis mai 2015 sur l'archipel français plutôt méconnu de Wallis-et-Futuna, je propose aux lecteurs
de La Feuille Verte de découvrir avec moi quelques-uns des aspects de ces îles attachantes, souvent aux antipodes
(pas seulement géographiques) de nos réalités métropolitaines. Et pourtant il est frappant de constater qu'au-delà
des différences, ce sont bien les mêmes enjeux économiques, écologiques, culturels qui se posent ici et là-bas.
Petit focus ce mois-ci sur la question des déchets et de leur gestion à Wallis.

Une entrée récente dans la société de consommation
Lorsqu'en mai 1942, les Américains débarquent à
Wallis en pleine guerre du Pacifique (voir La Feuille Verte
de septembre), les habitants vont découvrir ce que consommer veut dire. Jusqu'alors, la plupart d'entre eux vivaient de cultures vivrières, d'élevage et faisaient du troc
pour acquérir ce qu'ils ne pouvaient fabriquer euxmêmes. Plus d'un Wallisien, paraît-il, a utilisé les jolis
billets verts que leur offraient, contre un travail, les soldats américains... pour se rouler une bonne cigarette !
Les boîtes de corned beef, les cannettes de Coca et
les bouteilles de whisky furent les premiers déchets non
organiques à grande échelle sur l'île.
Il faut attendre les années 60 pour qu'une économie monétaire s'installe vraiment sur l'archipel avec la
mise en place de services par l'administration et le développement du salariat.
La télévision et ses pubs font leur entrée dans les
fale en 1984 seulement.
Mais les modes de vie ont évolué très rapidement
au cours des vingt dernières années et les déchets se sont
accumulés, constituant aujourd'hui une petite bombe à
retardement dont peu d'habitants semblent avoir conscience.

Ici, c'est le Service de l'Environnement, placé sous
la responsabilité du Président de l'Assemblée Territoriale, qui gère les déchets, leur collecte et leur destruction dans un « casier » à ciel ouvert, conçu sans protection de la nappe phréatique et situé à quelques
centaines de mètres du bord de mer. Il s'agit du
Centre d'Enfouissement Technique (CET), grande décharge fumante, puante et infestée de mouches,
comme il n'en n'existe plus guère que dans certains
territoires d'Outre-Mer, j'imagine…
Un début de tri commence à s'opérer - verre,
cannettes, bouteilles plastique -, mais les points de
dépôt existants ne sont pas connus des habitants (il
faut dire que certains sont soigneusement cachés !) et
ne sont pas vidés régulièrement. Batteries, huiles usagées, piles, encombrants et déchets verts peuvent
aussi être amenés au CET, mais l'habitude est loin
d'être prise.

Un triste état des lieux

Plus grave : les déchets, et surtout les déchets
dangereux, s'accumulent. 150 tonnes de batteries,
100 000 litres d'huile sont stockés au CET et attendent... des jours meilleurs ! Ils ne peuvent être retraités ni sur place, faute de moyens et de volume suffisant à terme, ni ailleurs : la Convention de Bâle relative
au transport des déchets dangereux l'interdit. Nouméa
serait pourtant en mesure de retraiter tout cela...

19

Quelques espoirs :
Bref, tout reste à faire et beaucoup d'attentes reposent sur un programme européen, INTEGRE (Initiative des
Territoires pour la Gestion Régionale de l'Environnement),
qui concerne quatre territoires français du Pacifique, dont
Wallis-et-Futuna. Des moyens supplémentaires entre 2013
et 2017 permettront – peut-être - d'avancer sur cette
question, mais aussi sur d'autres préoccupations pour l'environnement (qualité des eaux, protection du littoral).

20

Julie Petit, dynamique coordinatrice de ce programme dans l'archipel, ne désespère pas et note
quelques avancées récentes :
- l’'acquisition d'une compacteuse, qui permet de
réduire le volume des cannettes et bouteilles plastique
pour en faciliter le transport quand une solution sera trouvée ;
- les initiatives des établissements scolaires pour
sensibiliser les jeunes à cette question ;
- les décisions prises à l'Assemblée Territoriale de
fermer le casier actuel et d'en ouvrir un autre,
étanche et construit à partir de matériaux locaux,
ainsi que d'ajouter des points d'apport volontaire
sur tout le territoire.

L'essentiel du travail me paraît la sensibilisation
des Wallisiens, jeunes et moins jeunes. Utiliser les
poubelles d'abord, trier puis recycler ensuite. Nous
avons d'ailleurs un allié inattendu dans cette nécessaire prise de conscience : le pape François en personne (!) car son encyclique Laudato si’ sur l'écologie a
été reçue 5 sur 5 par quelques responsables de la
Direction de l'Enseignement Catholique (DEC), qui gère
ici tout l'enseignement primaire. Avec quelques amis
de l'Association culturelle Café Falé, nous allons profiter de cette ouverture pour proposer des animations
en milieu scolaire.
À suivre…

Françoise Touzot

Régionales encore !
Brigitte Monnet, tête de liste pour le Jura, à
Dole, le 12 octobre, pour la conférence de
Philippe Meirieu.

Le 10 octobre, Marie-Claire Thomas, tête de liste
pour la Haute-Saône, avec les opposants à la carrière
de Ternuay.

21

Régionales toujours !

Cécile Prudhomme, Emma Cosse, et
Jean Massé le 7 octobre dans
l’Yonne.

Jean Siron, tête de liste pour le Territoire-deBelfort, et Cécile Prudhomme, le 10 octobre à
Belfort à l’occasion des Biotonomes.

Cécile Prudhomme et Alain Fousseret, viceprésident des transports au Conseil régional,
lors de la manifestation pour le maintien de la
ligne Paris-Mulhouse à Vesoul le 10 octobre.

Cécile Prudhomme et Marie-Claire Thomas,
tête de liste pour la Haute-Saône, lors de
cette même manifestation.

33, Avenue Carnot / 25000 Besançon / 03 81 81 06 66 / http://franchecomte.eelv.fr/