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Sur le Communisme de Conseils

http://jacquesrie.blogspot.com

Nous publions, en trois épisodes, la traduction d’une brève présentation du mouvement du


Communisme de conseils par Marcel van der Linden, historien des mouvements sociaux à
l’Université d’Amsterdam. Pour des raisons de langue, nous nous sommes basé sur une version
déjà traduite en anglais de l'hollandais, pour sa parution dans la revue Historical Materialism vol.
12:4 en 2004 (disponible sur le site http://www.kurasje.org ). Traduire d'une traduction n’est pas
ce qu'il y a de mieux mais nous n’avions pas le choix.
Le Communisme de conseils, parfois aussi nommé gauche communiste ou ultra-gauche - avec
quelques inflexions de sens -, est l’oublié de l’histoire officielle du siècle précédent. Les raisons de
ce refoulement apparaissent de manière évidente lorsqu’on comprend qu’il a été, dés son origine,
irréductible à toute intégration réformiste, synonyme de désintégration du projet révolutionnaire,
et critique de la première heure du capitalisme bureaucratique de la mal nommée Union
Soviétique.
La présentation qui suit est claire et concise. Elle n’est pas complète évidemment, mais elle nous
semble être une bonne introduction. Elle reste un document élaboré par un professeur
académique, avec ce que cela comporte de biais dans la démarche même, notamment une certaine
stérilisation du mouvement en le transformant en objet. Cela apparaît clairement par la
méconnaissance de l’auteur de l’actualité de forces et de groupes héritiers de la pensée et des
pratiques du mouvement Communiste de conseils.
A propos de cette première partie historique, nous devons également souligner que van der Linden
passe sous silence le rôle, dans le divorce entre Communistes de conseils et Bolcheviques, des
échos directs et indirects dénonçant la contre-révolution, autour de 1920 réprimant les soviets en
Russie, dont le massacre des marins de Kronstadt mené par Trotski fut l’apogée.
Il ne clarifie pas non plus l’existence du mouvement précédent ce clash. Il mentionne, juste que la
Gauche communiste était proche des Bolcheviques avant 1917. C'était notamment par leur critique
commune du réformisme parlementaire et leur rejet de l’adhésion de la « gauche » aux va-t-en-
guerre, illustré par la conférence de Zimmerwald. Ni le lien étroit entre les principaux acteur du
mouvement et la tentative de révolution allemande dite Spartakiste. Encore plus surprenant,
l'historien passes sous silence les insurrections conseillistes en Allemagne de l'Est en 1953 et en
Hongrie en 1956.
La seconde partie du texte présente quelques unes des polémiques qui ont animé le mouvement
conseilliste sur la base de son rejet du réformisme, y compris du capitalisme centralisé russe. Une
des questions présentées est la portée de la fameuse baisse tendancielle du taux de profit, soulignée
par Marx dans le Capital, et les conséquences que l’on doit en tirer pour analyser le capitalisme. Un
thème toujours d’actualité, à l’heure où le système
d’exploitation se retrouve de nouveau en crise, et que
bon nombres de ‘critiques’ en restent à une dénonciation
du capital financier, sans saisir que derrière cette fumée
massive, le feu couve dans les lieux fondamentaux de la
production capitaliste.
Un autre thème, décliné en plusieurs questions,
concerne les conditions favorables à la révolution, que ce
soit sous l’angle de la conscience subjective, la
spontanéité et de l’action isolée. Enfin question
rarement abordée de front, van der Linden évoque la
réflexion menée pour imaginer des principes d’un mode
de production communiste dans le mouvement. Les polémiques brièvement présentées ici ne sont
pas mortes et ont évoluées, en se mêlant à d’autres courants de pensée (notamment ceux de la
gauche communiste italienne inspirée d’Amadeo Bordiga), et se retrouve aujourd’hui, par exemple
et entre autres, dans le concept pratique de la communisation. Montrant en creux, s'il en est
besoin, que l'aspiration communiste reste bien vivante, sous forme de débats et de luttes.
Le dernier point est accompagné d'une liste bibliographique, que nous avons complété de quelques
liens internet vers des textes en français. Cela ne saurait être exhaustif.
Bonne lecture.
[Cette traduction est sous licence common creative: toute utilisation non lucrative autorisée, sans
modification du texte et en mentionnant son origine http://jacquesrie.blogspot.com et son auteur.]

SUR LE COMMUNISME DE CONSEIL


Marcel van der Linden - 2004

Montée et chute

Comme la société de la Russie révolutionnaire devenait de plus en plus dure dans sa


nouvelle forme les années suivant 1918 et le pouvoir politique était de plus en plus
concentré – ceci dû en partie à la violence de la guerre et de la crise économique - dans
les mains d'une élite bureaucratique, les mouvements oppositionnels ont continuellement
émergé, à la fois à l’intérieur de la Russie et à l'étranger, cherchant à inverser le sens de
la marée1. Karl Korsch en Allemagne, Amadeo Bordiga en Italie et Timofei Sapronov en
Russie ont essayé et échoué à former une nouvelle internationale en 1926, par exemple 2.
Durant l’année 1930, l'opposition « Boukharinite » (Heinrich Brandler, Jay Lovestone, M.N.
Roy et d'autres) a fait une tentative semblable. L'opposition de la gauche internationale de
Trotsky, qui se forme en 1930, menant par la suite à la base de la Quatrième
Internationale en 1938, est devenue le plus connu de ces projets.
Une protestation contre les tendances en Russie s’est exprimée très tôt aux Pays Bas et
en Allemagne par d’anciens sympathisants des Bolcheviques qui deviendraient plus tard
connus sous le nom de « communistes de conseils » - un terme qui a été probablement
utilisé à partir de 19213. Les plus charismatiques orateurs de cette protestation étaient
l'éducateur allemand Otto Rühle (1874-1943) et deux Néerlandais ; le poète classique
Herman Gorter (1864-1927) et l'astronome Anton(ie) Pannekoek (1873-1960). Ces
intellectuels avaient initialement été des admirateurs enthousiastes des développements
en Russie. Gorter, par exemple, a dédiée sa brochure de 1918 La révolution mondiale « à
Lénine », le révolutionnaire qui « s’est élevé au-dessus de tous les autres meneurs du
prolétariat » et pour qui « Marx est le seul pair ». Un an après, Pannekoek affirmait
toujours, « En Russie, le communisme a été mis en pratique depuis deux années
maintenant »4.
Mais leur sentiment a rapidement changé. Le motif le plus important de leur retournement
a été les efforts de l'Internationale Communiste établie en 1919 pour promouvoir l'exemple
Bolchevique comme modèle international. En 1920, Pannekoek publie sa brochure La
révolution mondiale et les tactiques communistes, dans laquelle il défend la proposition
que les révolutionnaires en Europe occidentale devraient employer une tactique très

1 Remerciements à Cajo Brendel, ötz Langkau et aux rédacteurs de ce journal de leurs


commentaires sur des versions antérieures de ce document.
2 Voir Riechers 1973, Montaldi 1975, Prat 1984.
3 Kool 1970, P. 575.
4 Horner 1919, P. 495.
différente de leurs camarades en Russie. En Europe occidentale, l'influence d'une vieille et
expérimentée bourgeoisie a cadenassé chaque niveau de la société. En Russie et en
Europe de l'Est, en revanche, la bourgeoisie était encore jeune et relativement faible. Pour
cette raison, les ouvriers de l'Europe de l'est subissaient peu de préjudices idéologiques et
étaient plus réceptifs aux idées marxistes. En conséquence, la lutte contre les institutions
bourgeoises telles que les parlements et les syndicats devait être centrale à l'Ouest.
Dans son pamphlet 'Le gauchisme – une maladie infantile', Lénine a réfuté les positions
des ailes gauches communistes hollandaises et allemandes5. Il a considéré que
Pannekoek (alias K. Horner) et les penseurs proches de lui répandaient la confusion.
Tandis qu'il reconnaissait qu'il y avait une « énorme différence » entre « la Russie arriérée
» et « les pays avancés d'Europe occidentale », il a considéré la signification universelle
de l'expérience russe bien plus importante : « C'est le modèle russe qui indique à tous les
pays quelque chose - et quelque chose hautement significatif - sur leur futur proche et
inévitable »6. En focalisant de manière centrale, « la validité internationale » de « certains
dispositifs fondamentaux de notre révolution », Lénine a accentué les contradictions
fondamentales au sein du mouvement communiste international. Des discussions intenses
ont surgi à l'intérieur des partis communistes d'Europe de l'ouest.
Dans le parti communiste allemand (KPD), ce conflit a été aggravé par un autre
développement. La conduite de l'organisation, dirigée par Paul Levi, un associé de long
terme de la récente assassinée Rosa Luxemburg, prend la décision à son congrès
d'octobre 1919 que tous les membres doivent participer aux élections parlementaires et
combattre la bureaucratie des syndicats de l'intérieur des syndicats. Cette nouvelle ligne
était, dans la pratique, équivalente à déclarer une scission, puisque l’aile gauche ne
pouvait en aucune façon l'accepter. Le résultat, en tous cas, a été que le KPD a perdu
environ la moitié de ses cent mille membres en quelques mois. Dans quelques zones,
telles que le grand Berlin, le Nord-Ouest (Hambourg et Brême), la Basse-Saxe (Hannovre)
et la Saxe Est (Dresde), l'organisation a été quasiment éliminée.
Au début, l'opposition expulsée n'a pas voulu fonder de nouveau parti en propre. Mais,
quand la direction du KPD a agi de manière hésitante aux premiers temps de la tentative
de putsch de l’extrême droite de Kapp en mars 1920, et a semblé isolée dans les sections
militantes de la classe ouvrière, la décision a été prise d’instituer une organisation rivale.
Les 4-5 avril 1920, le Parti des ouvriers communistes d'Allemagne (KAPD) a été en
conséquence fondé. À son commencement, il avait 38'000 membres. Dès février 1920, le
Syndicat Général Ouvrier (AAUD) avait été fondé, une organisation modelée dans une
certaine mesure sur l’Industrial Workers of the World (IWW) des USA, que beaucoup ont
vus comme une fédération de syndicat liée au KAPD. Le KAPD s'est épanoui brièvement.
Son apogée se situe probablement en août 1920, quand il a eu environ 40'000 membres 7.
Dès lors, le parti a été décimé par une série de scissions et de groupes dissidents. Le
coup de grâce est venu en mars 1922, avec la division entre le «courant de Berlin » et un
« courant d'Essen »8. Vers la fin 1924, les deux groupes ensemble n’avaient plus que
5 Herman Gorter a répondu à Lénine dans sa Lettre ouverte au camarade Lénine (Gorter
1989 [1920]). Voir également De Liagre Böhl 1978.
6 Lénine 1920, Pp. 21-2.
7 Bock 1993, P. 239.
8 La question des revendications salariales a joué un rôle central dans la scission. Le
courant d'Essen a argué du fait qu'il était contre-révolutionnaire de continuer d'exiger des
salaires plus élevés. Puisque le capitalisme était à son lit de mort, les demandes
économiques pourraient seulement retarder la fin de la vieille société. Il était temps de
lutter pour une conquête complète du pouvoir, pour le contrôle de la société dans son
ensemble. Le courant de Berlin a continué, en revanche, à souligner l'importance des
revendications salariales, parce que les ouvriers avaient besoin de salaires plus élevés
2'700 membres9.
Le KAPD a fonctionné au début sur la prétention que le mouvement communiste
international pourrait encore être réformé. Mais, quand les tentatives de la délégation du
KAPD au troisième congrès du Comintern à Moscou (juin- juillet 1921) de former une
opposition de gauche internationale ont échouées, la décision a été immédiatement prise
de construire une nouvelle Internationale des ouvriers communistes (KAI, parfois désigné
sous le nom de quatrième Internationale), quoiqu'une grande tendance dans le parti (qui
deviendra plus tard le « courant de Berlin ») ait considéré cette initiative prématurée. Au
niveau programmatique, la KAI a pris comme point de départ les propositions de Herman
Gorter dans sa récente lettre ouverte au camarade Lénine, qui était, en fait, principalement
une répétition des arguments de Pannekoek. En dehors de l'Allemagne, la KAI a été
principalement soutenu par des groupes politiques très restreints, tels que l'organisation
sœur hollandaise KAPN, un groupe britannique autour de Sylvia Pankhurst et le Parti
ouvrier communiste Bulgare autour du journal Rabotchnik Iskra.
Dans le mouvement communiste de conseils - qui s’est peu à peu diversifié en raison de
la désintégration du KAPD - la critique de la Russie est rapidement devenue plus intense.
Le porte-parole de Saxonnie Est, Otto Rühle fut peut-être le premier à conclure que les
Bolcheviques n'établissaient pas le socialisme. Rühle avait été un délégué du KAPD au
deuxième congrès du Comintern mi-1920, mais il l’avait quitté en protestant avant même
que le congrès ait commencé. Une fois de retour en Allemagne, il a livré sa consternation.
Les Bolcheviques essayaient d’escamoter une époque entière par le saut direct du
féodalisme au socialisme. L’ajournement de la révolution mondiale avait condamné cette
tentative à un échec. Les résultats en étaient « une déception épouvantable »10. Les
Bolcheviques avaient institué un ultra-centralisme qui correspondait complètement au
caractère bourgeois de leur révolution.
« Le centralisme est le principe d'organisation de l'époque bourgeoise
capitaliste. Par ces moyens, un état bourgeois et une économie capitaliste
peuvent être construits. Un état prolétaire et une économie socialiste ne le
peuvent pas cependant. Ils requièrent le système des conseils. », Otto Rühle11.

En peu de temps, cette opinion de Rühle était généralement acceptée dans les cercles du
KAPD. Au cours de 1921, le mouvement communiste de conseils a ainsi commencé à se
démarquer clairement du communisme officiel. Les points de départ du mouvement
peuvent être récapitulés simplement. Premièrement, le capitalisme est en régression et
devrait être supprimé immédiatement. Deuxièmement, la seule alternative au capitalisme
est une démocratie de conseils ouvriers, basée sur une économie contrôlée par la classe
ouvrière. Troisièmement, la bourgeoisie et ses alliés sociaux-démocrates essayent de
sauver le capitalisme de son destin au moyen de la manipulation « démocratique » de la
classe ouvrière. Quatrièmement, afin d'accélérer l'établissement d'une démocratie de
conseils, il est nécessaire de résister de manière consistante à cette manipulation. Ce qui
signifie, d'une part, boycotter toutes les élections parlementaires et, d'autre part,
systématiquement lutter contre les vieux syndicats (qui sont des organes de gestion
commune du capitalisme). En conclusion, les sociétés de type Soviétique ne sont pas une
alternative au capitalisme mais, plutôt, une nouvelle forme de capitalisme.

Ces cinq points de départ sont les paramètres dans lesquels les discussions ont eu lieu
parmi les communistes de conseils au cours des quatre-vingts dernières années. Il y a
dans un moment de forte inflation.
9 Bock 1993, Pp. 319-20.
10 Rühle 1920a.
11 Rühle 1920b.
une place considérable pour des divergences de vues fondamentales dans ces
paramètres. Les différences ont été également soutenues par le déclin continu du
mouvement, qui a ramené les communistes de conseil restants à de petits groupes. Dans
ces groupes, la discussion théorique interne a souvent été plus importante que le travail
politique pratique.

Le communisme de conseils organisé a disparu de la scène en Allemagne après la prise


du pouvoir par Hitler en 1933, bien que les groupes soient demeurés actifs dans la
résistance12. Aux Pays Bas, plusieurs petits groupes se sont développés, un d’eux, le
Groupe des communistes internationaux (GIC), a continué de servir de centre coordonné
aux discussions internationales jusqu'à la fin des années 1930 et, entre autres choses, a
publié un journal (Rätekorrespondenz, 1934-7) jusqu’à sa fin. Plusieurs textes, parus dans
les premiers numéros de ce périodique, ont plus tard fonctionné plus ou moins comme
plate-forme substantielle du mouvement international. Le premier de ces textes était «
L’essor d'un nouveau mouvement de travail » de l'éducateur hollandais Henk Canne
Meijer (1890-1962), qui peut être vu à juste titre comme « l’âme » du GIC13. Canne Meijer
a expliqué que le rôle historique de la totalité du vieux mouvement du travail (composé
des partis, des syndicats et des coopératives) a été épuisé et qu'un nouveau mouvement
du travail montait à présent, basé entièrement sur une activité prolétaire autonome14.

Un deuxième texte influent a été les « Thèses sur le Bolchevisme » du journaliste et


professeur allemand Helmut Wagner (1904-89). Wagner a caractérisé l'Union Soviétique
comme un capitalisme d'Etat sans bourgeoisie, zigzaguant constamment entre les intérêts
des ouvriers et des paysans. Les plans quinquennaux et la collectivisation obligatoire
n'étaient rien d’autre que des tentatives de garder la contradiction entre ces deux classes
sous contrôle par la force15. Wagner supposait toujours que les Bolcheviques avaient suivi
des politiques incorrectes dans un effort d’établir le socialisme. Anton Pannekoek est venu
quelques années après à une conclusion différente, celle que les Bolcheviques avaient
effectué une révolution bourgeoise, de sorte que, plutôt que de suivre des politiques
incorrectes, ils avaient suivi les seules politiques possibles. Leur seule « erreur » avait été
d'imaginer qu'elles étaient le socialisme concret plutôt que le capitalisme.

Un ancien membre du KAPD, émigré aux Etats-Unis en 1926, l’ouvrier métallurgiste Paul
Mattick (1904-81), a commencé à construire une opération de lui-même à Chicago au
début des années 3016. Il était, entre autres, le moteur du journal International Council
Correspondence17. En Australie, J.A. Dawson (1889-1958) publie le Southern Advocate of
Workers' Councils pendant plusieurs années juste après la deuxième guerre mondiale18,
tandis que Diez édite les textes des communistes de conseils au Chili. De temps en
temps, un penseur marxiste indépendant se tourne en direction du communisme de
12 Voir Ihlau 1969.
13 Brendel 1974, P. 259.
14 Canne Meijer 1934.
15 Wagner 1934. En 1936-37, en exil en Suisse, Wagner a augmenté ses « thèses » dans
un manuscrit non publié « Les bases des politiques de la force armée Bolchevique : Une
contribution à une sociologie du Bolchevisme ». Il a édité des parties de son manuscrit
sous le pseudonyme de Rudolf Sprenger. Voir, par exemple, Sprenger 1940.
16 Bonacchi 1977, Dingel 1981.
17 Cette publication a commencé en 1934, à l'origine principalement version de langue
anglaise du périodique Rätekorrespondenz du GIC. Il a été retitré Living marxism en 1938
puis New Essays en 1942. Sa publication a cessée en 1943. En 1970, Greenwood press a
édité une réimpression de fac-similé.
18 Wright 1980.
conseils, à l’instar du juriste et philosophe ex-communiste Karl Korsch (1886-1961) à partir
du début des années 30.

Le communisme de Conseils a jouit quelques années un peu des feux de la rampe durant
le florissant mouvement étudiant des années 60, en particulier en Allemagne, Italie et
France. Des textes classiques ont été republiés et les « vétérans » comme Mattick et le
journaliste hollandais Cajo Brendel (né en 1915 et peut-être dernier véritable disciple de
Pannekoek) étaient des orateurs et des auteurs populaires. Le « vieux » communisme de
conseils a été souvent intégré de manière plus ou moins éclectique dans une « nouvelle »
théorie ou vision du monde. C'était patent dans le livre de Daniel et Gabriel Cohn-Bendit,
Le gauchisme: remède à la maladie sénile du communisme 19. Avec le déclin des «
mouvements de 1968 », le communisme de conseils disparaît également en grande partie
une fois de plus, bien que des groupes soient toujours en activité dans divers endroits en
Europe occidentale et Amérique du Nord20.

Discussions

Il y a eu de nombreuses discussions internes parmi les communistes de conseils depuis


les années 20. Ici, je me confine à un aperçu des polémiques les plus importantes.

1. Caractérisation de la période historique.

Qu'est ce que signifie exactement la proposition que le capitalisme est en régression ?


Dans les années 20 et les années 30, beaucoup de marxistes (des communistes de
conseils et d'autres) ont pensé que le capitalisme était très proche de la fin de son ère.
Cette opinion a été souvent soutenue avec des références à la théorie de Rosa
Luxemburg selon laquelle, en ayant conquis la planète entière, le capitalisme avait atteint
sa limite historique. Vers la fin des années 20, une deuxième théorie a été ajoutée à
l'argument, basée sur le livre de Henryk Grossman L'effondrement du capitalisme21.
Grossman a employé les schémas de reproduction de Marx pour prouver que la hausse
de la composition organique du capital mène automatiquement à l’arrêt du processus
19 Édité à Paris par Seuil en 1968.
20 Le vétéran communiste de conseils hollandais Cajo Brendel m'a écrit (12 décembre
2001) : « Ces cinq dernières années, j'ai été témoin de l'apparition de groupes
communistes de conseils avec leurs propres journaux à Berlin, Lübeck, à Hambourg, à
Freiburg, Salzungen, à Cologne, Duisburg et à Oberhausen…. En outre, il y a également
des groupes communistes de conseils en France, aux USA et au Canada. Sans compter
l'Espagne, l'Italie et la Grèce ». D'ailleurs, je devrais mentionner le Courant Communiste
International, une tendance internationale très petite d'origine française, qui n'est pas à
proprement parler communiste de conseil, mais qui a une large affiliation.
21 Grossman 1929.
d'accumulation, et que le capitalisme a donc une limite interne objective. L'opinion de
Grossman était le sujet de discussions féroces parmi les communistes de conseils au
début des années 30. Korsch et Pannekoek, entre autres, rejetaient Grossmann, alors que
Mattick défendait ses points clés22. Pannekoek a argué du fait que le socialisme verrait le
jour, non pas parce que le capitalisme s'effondrerait et forcerait ainsi les ouvriers à former
de nouvelles organisations, mais, plutôt, parce que le capitalisme deviendrait de plus en
plus insupportable pour les ouvriers et les inciterait ainsi à former les nouvelles
organisations qui feraient s’effondrer le capitalisme. Mattick, en revanche, a estimé que
l'argumentation de Pannekoek était un sophisme, parce que l'effondrement capitaliste et la
lutte de classe révolutionnaire sont deux faces de la même pièce de monnaie: la
concentration continue du capital mènerait à la misère prolongée pour les ouvriers,
transformant leur lutte économique en lutte révolutionnaire. Dire que l'effondrement du
capitalisme était inévitable serait ainsi identique que dire que la révolution était inévitable.

De telles discussions ont naturellement semblé beaucoup moins pressantes pendant le


long boom de l’après Deuxième Guerre mondiale. A ce moment, la question centrale est
devenue comment interpréter le boom. Aucun communiste de conseils n'a cru que le
capitalisme avait enfin trouvé une manière de garder ses contradictions fondamentales
sous contrôle. Ils étaient tous convaincus, plutôt, que « les années d'or » signifient
seulement un ajournement du jour des comptes. Le défi théorique et politique était surtout
d'analyser le boom comme un phénomène provisoire. Paul Mattick, en particulier, a pris
cette tâche sur lui. Dès la fin des années 1930, il a commencé à développer une critique
de John Maynard Keynes, aboutissant en 1969 à son magnum opus Marx et Keynes.
Selon Mattick, Marx n'avait pas prévu qu'une période keynésienne d'intervention
économique d'Etat étendue se produirait (cependant la théorie de Marx n’a nullement
éliminé une telle possibilité). Le keynésianisme « a silencieusement accepté » l'opinion de
Marx au sujet des crises immanentes du capitalisme, et, en même temps, a offert un
remède sous forme d'interférence consciente avec le mécanisme du marché23.

Ce remède ne peut probablement pas résoudre le problème structurel de l'accumulation


du capital, cependant, parce que l'intervention accrue de l'Etat a mené à une production
plus inutile (des armes et ainsi de suite) et à des travaux publics. Même si de nouveaux
marchés ont été créés pour le capital de cette façon, "… les produits finis de la production
du gouvernement induit, résultant d'une longue chaîne de processus de fabrication
intermédiaires, n'ont pas la forme d'un produit qui pourrait être vendu avec profit sur le
marché."24 La dépense de déficit public est donc « non pas une partie de la demande
globale réelle, mais une politique délibérée de production au delà d’elle »25. Cette
politique, basée sur une augmentation continuelle de la dette nationale (et, par
conséquent, une dépréciation régulière des revenus et des dettes), est forcée d’atteindre
un cul-de-sac à un certain point. Malgré la longue durée des conditions plutôt « prospères
» dans les pays industriels avancés, il n'y a aucun terrain pour prétendre que la production
capitaliste a surmonté ses contradictions inhérentes par les interventions de l'Etat dans
l'économie26.

Mattick était également alerte à quelques conséquences non-économiques possibles du


capitalisme d'après-guerre, à l’instar de l'attention qu'il a consacrée, beaucoup plus tôt que
bien d'autres marxistes, aux questions écologiques. En 1976, il a consacré un essai à « la
22 Bonacchi 1977, Pp. 57-64.
23 Mattick 1969, P. 130.
24 Mattick 1969, P. 154 ; voir également P. 118.
25 Mattick 1969, P. 160.
26 Mattick 1976, Pp. 232-3.
destruction continue de l'environnement ». Il a argué du fait que les menaces pour l'habitat
humain n'étaient pas le résultat du développement des forces productives, mais plutôt,
des relations capitalistes de production et de leur « gaspillage monstrueux de la force de
travail humain et des ressources naturelles ». En même temps, Mattick n'a pas exclu la
possibilité que le capitalisme trouve une solution à cette menace par lui-même :

« Par la manière dont la marche du monde est déterminée par le profit, les
capitalistes eux-mêmes peuvent finir par se soucier des problèmes
écologiques, rien que parce qu'ils ont un impact sur les bénéfices. Les
capitalistes n'ont aucun intérêt particulier à détruire le monde ; s'il s'avère que
préserver le monde peut aussi générer des profits, alors la protection du monde
deviendra également un business. »27

2. Intervention révolutionnaire dans les luttes des ouvriers.

La différence la plus importante parmi les communistes de conseils concerne


probablement l'intervention révolutionnaire dans les luttes des ouvriers. Les partis
politiques du « vieux » mouvement ouvrier avaient échoué. Quand il s’est montré possible
d'améliorer les conditions des ouvriers dans les confins du capitalisme, le mouvement
ouvrier, d’abord radical, s’est transformé en institution fournissant un appui additionnel
pour le statut quo social28. Est-ce que cette cooptation du « vieux » mouvement signifiait
également que le concept même de parti ouvrier révolutionnaire était devenu désuet ?
Est-ce qu'un parti révolutionnaire peut se montrer utile en instruisant le prolétariat pour
l'activité autonome, ou tous les partis politiques sans exception étaient des organisations
bourgeoises qui devaient être combattues ?
Au cours des années 20, trois positions différentes se sont graduellement cristallisées.
D'abord, il y avait des communistes de conseils qui ont cru que le « vieux » mouvement
ouvrier avait seulement discrédité un certain genre de parti, mais pas l'idée de parti en soi.
Le nouveau parti révolutionnaire ne devrait pas être séparé de la classe ouvrière, mais
devrait dialectiquement se fondre avec lui. Cette position a été défendue, notamment, par
Herman Gorter, qui a récapitulé l'argumentation vigoureusement en trois points :
« Premièrement, le regroupement de tous les ouvriers, de la grande majorité du
prolétariat dans le syndicat [révolutionnaire] ; deuxièmement, le regroupement
des ouvriers les plus conscients en parti ; troisièmement, unité du syndicat et du
parti. »29

Les avocats des « organisations unitaires » ont eu une deuxième position. Le théoricien le
plus important de cette position intermédiaire était Otto Rühle, qui avait déjà déclaré en
1920 que « la révolution n'est pas une affaire de parti [Die Revolution ist keine
Parteisache] ». Aux yeux de Rühle, la répartition des tâches entre parti et syndicat était un
legs du capitalisme. L'organisation unitaire, que les ouvriers pouvaient utiliser pour
défendre leurs intérêts sur tous les fronts et promouvoir la démocratie de conseils, devrait
les remplacer tous les deux. Le point de départ de l’apprentissage révolutionnaire des
ouvriers se trouvait où ils produisaient la plus-value, c.-à-d. le lieu de travail. Là ils
devaient organiser leur lutte eux-mêmes. Par la lutte économique, ils s'instruiraient et

27 Mattick 1976, P. 237.


28 Mattick 1969, P. 131.
29 Gorter 1978, P. 170.
arriveraient à une conscience plus élevée et politique. Ces apprentissages trouveraient
son expression organisationnelle dans les fédérations des organisations de lieux de
travail, qui mèneraient lutte économique et politique simultanément. Ce point de vue était
pratiquement identique au syndicalisme révolutionnaire30.
Les communistes de conseils les plus radicaux étaient ceux qui ont catégoriquement
refusé d'intervenir dans le mouvement ouvrier. Anton Pannekoek, bien qu’en n’étant pas le
créateur, était le représentant le plus en avant de ce point de vue. Il présente sa logique
dans ses mémoires :
« [Sous l'influence de Henk Canne Meijer et d’autres] de nouveaux principes
sont devenu peu à peu plus clairs. Celui-ci en particulier : les masses
travailleuses doivent elles-mêmes prendre les décisions au sujet de leur lutte, et
elles-mêmes l'effectuer et la mener. Ceci semble un non-sens banal ou
évident ; mais il signifie qu'il n'y a aucune place pour des chefs en tant que tels.
Je me rappelle avoir une fois débattu avec moi-même pendant une grande
grève de ce que les ouvriers devraient faire, et je ne pouvais pas me
représenter laquelle des deux attitudes différentes devait être prise ; et que dire
si on doit donner son avis ou des conseils dans un article ou un journal ? En fin
de compte, grâce à un article de Henk, j'ai vu la solution simple d'un seul trait :
je n’ai pas à me le figurer ; les ouvriers doivent se le représenter eux-mêmes et
eux-mêmes prennent la pleine responsabilité de cela. »31

La tâche des communistes de conseils, selon cette approche, était exclusivement


d'étudier et d’analyser le capitalisme et les luttes des ouvriers. Ce point de vue, qui est
encore propagé aujourd'hui par Cajo Brendel et quelques associés, a valu à ses
défenseurs le sobriquet de « moines cloîtrés du marxisme »32.

3. Facteurs subjectifs.
Les polémiques sur la construction du parti sont liées à une autre discussion. Si, en fait, «
les conditions objectives » dans les pays capitalistes avancés sont mûres pour la
révolution, quels sont « les facteurs subjectifs » qui empêchent la classe ouvrière d'établir
une nouvelle société ? Rühle est arrivé à la conclusion, autour de 1920, que la cause la
plus profonde de l'échec de la révolution allemande de 1918-19 s’origine, non pas dans
les erreurs d'une ou de l'autre organisation révolutionnaire, mais, plutôt, dans la mentalité
de la classe ouvrière. La révolution serait seulement possible dans les pays industrialisés
quand la classe ouvrière a assez confiance en elle et de volonté pour prendre le contrôle
des vrais lieux de pouvoir, les lieux de travail, et mettre dans les mains d’organisations
unitaires le pouvoir politique et économique. Le fait que la classe ouvrière n'ait pas agit
ainsi en 1918-19 était le résultat de sa mentalité de subalterne. Rühle écrit en 1925 :
« Ce qui est le plus nécessaire aujourd'hui est le démontage progressif de
l'autorité chez les personnes elles-mêmes, dans leur mode d'activité psychique,
dans la pratique générale et quotidienne de la vie dans la société. Le
démontage de l'autorité dans l'appareil d'organisation est important. Son
démontage dans la théorie et la tactique de la lutte de classe est plus important
encore. Mais le plus important de tous est le démantèlement de l'autorité dans
l'âme humaine, parce que sans celui-ci il est impossible de supprimer l'autorité

30 Bock 1990.
31 Pannekoek 1982, P. 215.
32 Kool 1978. L'expression a commencé avec le leader syndicaliste et parlementaire
révolutionnaire hollandais Henk Sneevliet (1883-1942).
dans l'organisation ou la tactique et la théorie. »33

Tandis que Rühle préconisait ainsi une large approche pédagogique révolutionnaire, la
plupart des communistes de conseils ont considéré qu'il n'était pas nécessaire de changer
la psychologie complète de la classe ouvrière, mais de lutter seulement contre les idées
politiques erronées. Leur prétention fondamentale était que l'idéologie bourgeoise des
ouvriers les a empêchés d'établir une démocratie des conseils. Comme Pannekoek le dit :
« Ce qui entrave [les ouvriers] est principalement la puissance des idées
héritées et infusées, la puissance spirituelle formidable du monde de la classe
moyenne, enveloppant leurs esprits dans un nuage épais de croyance et
d’idéologies, les divisant, et les rendant incertains et confus. Le processus de
compréhension, d'éclaircir et de vaincre ce monde de vieilles idées et
d’idéologies est le processus essentiel pour établir le pouvoir de la classe
ouvrière, il est le progrès de la révolution. »34

La philosophie marxiste a eu un rôle central en expliquant et en combattant « l’épais


nuage de la croyance et des idéologies ». C'est pourquoi Pannekoek, en particulier, a
passé un temps considérable à critiquer ce qu'il a considéré comme la pensée bourgeoise
à l'intérieur du mouvement ouvrier. En 1938, il publie une critique de Lénine,
particulièrement de son livre Matérialisme et Empiriocriticisme de 190935. Pannekoek a
essayé de montrer que Lénine a échoué dans sa critique des disciples machiens russes
Bogdanov et Lunacharsky et d'Ernst Mach lui-même et de dépasser le matérialisme du
dix-huitième siècle des lumières. Lénine a ramené la « matière » à la matière physique,
alors que le matérialisme historique a un concept beaucoup plus large de matière, à savoir
le concept « de réalité objective », ou « de l’entière réalité observée », y compris « l’esprit
et les fantaisies » (Eugen Dietzgen)36. Lénine a partagé sa tendance vers le «
matérialisme de classe moyenne », selon Pannekoek, avec son mentor philosophique
Gregorii Plekhanov. Leur pensée était dans les deux cas le produit « des conditions
sociales russes » :
« En Russie… le combat contre le Tsarisme était analogue à l'ancien combat
contre l'absolutisme en Europe. En Russie aussi, l'église et la religion étaient
les appuis les plus forts du système de gouvernement. La lutte contre la religion
était ici une nécessité sociale principale…. Ainsi la lutte de la classe prolétaire
en Russie était en même temps une lutte contre l'absolutisme tsariste, sous la
bannière du socialisme. Ainsi le marxisme en Russie… a nécessairement

33 Rühle 1975, P. 141. Partiellement en raison de l'influence de son épouse Alice Gerstel,
Rühle a vu un lien logique entre le marxisme pédagogique qu'il a propagé et
Individualpsychologie d'Alfred Adler, dans laquelle la recherche pour la conscience
intégrale de l'individu était également centrale. Rühle a consacré une grande partie du
reste de sa vie à développer cette idée. Voir Kutz 1991 et Schoch 1995. Beaucoup de
communistes de conseils ont eu peu de considération pour l'orientation pédagogique de
Rühle. Le jugement de Mattick était : « Cette partie de l'activité de Rühle, si on l'évalue
franchement ou négativement, a peu, si ce n'est rien, à faire avec les problèmes qui
assaillent le prolétariat allemand » (Mattick 1978, Pp. 110-11).
34 Pannekoek 1948, P. 77.
35 Le livre de Lénine avait été édité en 1909 en russe. La première traduction en allemand
a été publiée en 1927.
36 Pannekoek 1948, P. 61. Gorter et Pannekoek ont vu le livre Das Wesen der
menschlichen Kopfarbeit (1869) du philosophe issu de la classe ouvrière allemand Eugen
Dietzgen (1818-88) comme une contribution cruciale au développement de la théorie
marxiste. Brendel 1970, Pp. 140-2 ; Bock 1992 ; De Liagre Böhl 1996, Pp. 252-4.
assumé un autre caractère qu'en Europe occidentale. C'était toujours la théorie
d'une classe ouvrière de combat ; mais cette classe a dû lutter en premier lieu
pour ce qui en Europe occidentale avait été la fonction de la bourgeoisie, avec
les intellectuels en tant que ses associés. Ainsi les intellectuels russes, en
adaptant cette théorie à cette tâche locale, ont dû trouver une forme de
marxisme dans laquelle la critique de la religion s'est tenue au premier plan. Ils
l'ont trouvée dans une approche des formes plus vieilles de matérialisme, et
dans les premiers écrits de Marx. »37

Selon Pannekoek, Lénine menait une bataille déjà gagnée en Europe occidentale. Les
idées de Lénine étaient inutiles aux gens vivant sous le capitalisme développé, et
rendraient seulement l'auto-émancipation de la classe ouvrière plus difficile38.

4. Le rôle des actions individuelles.

Une autre polémique, sur le rôle des différentes actions, était également liée à la
discussion sur le parti. Les communistes de conseils conscients devaient-ils effectuer «
des actions exemplaires » afin de sortir le prolétariat de son assoupissement ? Ou était-ce
absolument la chose fausse à ne pas faire, parce qu'elle distrait les masses de leur auto-
émancipation ? Cela n'était en aucune façon une question purement scolaire. Les
communistes de Conseils avec des lignes « activistes » ont essayé d'agir d'une manière «
exemplaire » plusieurs fois pendant les années 20 et les années 30. Dans les années
tempétueuses de la révolution allemande, d'abord l'arpenteur Max Hölz (1899-1933) et, un
peu plus tard, l’ancien mouleur devenu handicapé Karl Plättner (1893-1945) ont constitués
des groupes armés, qui, entre autres, ont volé les banques et pillé des maisons de
campagne afin de distribuer le butin parmi les pauvres. Ils espéraient de cette façon
montrer la vulnérabilité des institutions existantes et inspirer d'autres ouvriers en situations
semblables39. Un autre défenseur communiste de conseils de l'action exemplaire, le
ouvrier du bâtiment hollandais handicapé Marinus van der Lubbe (1909-34), a obtenu une
renommée mondiale après avoir mis le feu au Reichstag de Berlin le 27 février 1933,
parce que, comme il le déclara plus tard à la police, « j'ai vu que les ouvriers n'allaient rien
faire d’eux-mêmes [contre le national-socialisme] ». Van der Lubbe avait été un membre
aux Pays Bas de l’opposition de gauche des ouvriers d'Eduard Sirach (1895-1937), un
groupe communiste de conseils basée à Rotterdam40.
Les différentes réactions des communistes de Conseils à l'acte de Van der Lubbe ont
démontré sur quel sujet portait la discussion sur l'action exemplaire. Anton Pannekoek (qui
était proche des « anti-activistes » du Groupe des communistes internationaux (GIC)) a
critiqué avec force l'action de Van der Lubbe et l'a jugée « sans aucune valeur ». Eduard
Sirach, en revanche, a publié une brochure qui fini comme suit :

37 Pannekoek 1948, Pp. 68-9.


38 Korsch (1938) était plus ou moins proche de Pannekoek. Une réaction critique (visant
entre autres « le lien mécanique » que Pannekoek fait entre la philosophie matérialiste et
la pratique révolutionnaire) peut être trouvée chez lui [Bourrinet 2001, Pp. 256-65.]
39 Hölz a été arrêté en 1921, Plättner au début 1922. Hölz a bientôt rejoint le
communisme « orthodoxe » ; il est mort en 1933 en Union Soviétique dans des
circonstances qui éveillent le soupçon. Plättner est mort dans un camp de concentration
allemand peu avant que les alliés ne le libèrent. Bock 1993, Pp. 308-18 et Pp. 328-33,
Gebhardt 1983, Giersich et Kramer 2000, Ullrich 2000, Berghauer 2001.
40 Karasek 1980, Jassies 2000.
« Mettre le feu au bâtiment du Reichstag était l'acte d'un révolutionnaire
prolétaire… Pendant que la fumée s’élevait de cette maison de la déception
démocratique, dans laquelle les masses allemandes ont été vendues au
capitalisme pendant quinze années, les illusions dans la Démocratie
Parlementaire qui avait gardé les ouvriers allemands enchaînés au capitalisme
sont également parties en fumée. La soif d'action et l'esprit de dévouement qui
a inspiré Van der Lubbe doit également inspirer les masses travailleuses si elles
sont de mettre un terme au capitalisme criminel ! ! C'est pourquoi nous sommes
solidaires avec lui ! »41

5. L'économie post-capitaliste.

Sous l'impact des événements en Russie/Union Soviétique, principalement des auteurs


pro-libre-marché (Ludwig von Mises et d'autres) avaient argué, dans les années après
1917, qu'une économie à planification centralisée était impossible en principe. Seuls
quelques socialistes radicaux avaient relevé le défi alors pour essayer de prouver le
contraire. Les exceptions positives les plus importantes étaient probablement l'Austro-
marxiste Otto Leichter et Karl Polányi, qui a été inspiré par les idées du « socialisme de
guilde »42.

L'ouvrier métallurgiste allemand Jan Appel (1890-1985), qui avait représenté le KAPD aux
deuxième et troisième congrès du Comintern et avait émigré illégalement aux Pays Bas en
1926, a essayé de développer une alternative communiste de conseils au capitalisme.
Son point de départ était qu'une société communiste développée n'aurait aucun marché,
aucune concurrence, aucun argent et aucun prix. Il y aurait ainsi seulement une économie
naturelle, dans laquelle la production et la distribution seraient réglées démocratiquement.
Appel a paré la critique de Von Mises et de ses co-penseurs qu'une économie raisonnable
était impensable dans de telles circonstances étant donné le manque d'une unité de
comptabilité (telle que la valeur), en proposant le temps de travail socialement nécessaire
comme base pour une telle unité de comptabilité. Appel a travaillé cette idée dans un
manuscrit qui a été discuté et développé plus avant dans les groupes communistes
internationaux. Le résultat a été publié en 1930 comme « travail collectif » sous le titre Les
principes fondamentaux de la production et de la distribution communistes43. Le texte allait
demeurer un sujet de discussion et subir une série de révisions les années suivantes44.

Les Principes fondamentaux contiennent une richesse d’analyses, abordant un éventail de


problèmes d'organisation économique communiste : le rôle des petits et moyens paysans,
par exemple, et de priorités pour le déploiement des ressources dans différentes phases
de développement. Mais le centre de son analyse est la question des mécanismes de
distribution. Les Principes divisent l’économie communiste en deux secteurs : d'une part «
les établissements productifs » qui fournissent les biens et les services pour lesquels ils
reçoivent compensation, et d'autre part « les établissements à usage social général »
(établissements de GSU), qui ne sont pas compensés de leurs produits. Une usine de
chaussure, par exemple, est un établissement productif, un hôpital un établissement de
GSU. Les deux secteurs se composent d’unités autonomes dans lesquelles les employés

41 Sirach 1933, P. 16.


42 Leichter 1923, Polänyi 1922.
43 Appel 1990. Sur la biographie d'Appel, voir Van den Berg 2001.
44 Tous les communistes de conseil n'étaient pas enthousiastes au sujet des Principes
fondamentaux. Anton Pannekoek le trouvait « plutôt utopiste, irréaliste » (Pannekoek,
1982, P. 215).
ont la liberté complète de décision. « La coordination horizontale » parmi les différentes
unités résulte du flux des produits entre eux (sous forme de moyens de production et
biens de consommation)45.

Le principe « de selon les besoins » est réalisé par le secteur de GSU, mais pas dans
l'autre secteur. En d'autres termes, la consommation totale par la population peut être
divisée en parts individuelles (produits du secteur productif) et parts collectives (produits
du secteur de GSU). Dans les deux, les moyens de production fixes et circulants (P) sont
traités par le travail (L) afin de fabriquer des produits. Tous les composants du processus
de fabrication contiennent des quantités spécifiques de temps de production social moyen.
Des producteurs sont récompensés de leurs efforts avec les certificats de travail, en valeur
par exemple « une heure de temps de production social moyen »46. Mais les heures
travaillées ne sont pas toutes converties en certificats de travail. Un exemple peut clarifier
ce point. Laissez nous supposer que tous les établissements productifs en général dans
un pays donné consomment 700 millions d'heures de travail de P et 600 millions d'heures
de travail de L, et fabriquent des produits d’une valeur de 1.300 millions d'heures de
travail. Alors, les besoins productifs du secteur productif (P) a besoin de 700 millions
d'heures de travail afin de se reproduire, laissant 600 millions d'heures de travail pour le
reste de la société. Laissez nous supposer encore, que le secteur de GSU consomme 58
millions d'heures de P et 50 millions d'heures de travail de L (avec un résultat de 108
millions d'heures de travail), de sorte que ce secteur ait besoin de 58 millions d'heures de
travail (P) pour se reproduire. Ceci signifie que l'entrée totale sous forme de travail (L)
dans la société est 650 millions, tandis que 600 - 58 = 542 millions d'heures de travail sont
laissées pour la consommation individuelle. Le soi-disant « facteur de rémunération » ou
le « facteur de la consommation individuelle » (FIC) est alors 542/650 = 0.83. Si un ouvrier
travaille 40 heures par semaine, il reçoit ainsi seulement les certificats de travail
équivalents à 0.83 x 40 = 33.2 heures de travail47.

Au fil du développement de la société communiste, la taille relative du secteur de GSU


augmente, de sorte que, par la suite, des secteurs tels que les approvisionnements
alimentaires, le transport, le logement, etc. sont également incorporés à eux 48. En dépit de
cette tendance vers la croissance, cependant, le secteur de GSU ne pourra jamais inclure
la société entière, et le FIC ne sera jamais réduit ainsi à zéro :

« Seuls ces établissements productifs qui assurent la satisfaction des besoins


généraux de biens seront transformables en établissements du type de GSU.
Une petite réflexion révèlera qu'il ne sera jamais possible d'inclure dans le
système la totalité de la distribution socialisée, aux articles et biens nombreux
et variés qui reflètent les goûts spéciaux dictés par divers intérêts humains

45 Appel 1990, P. 147.


46 Les Principes tiennent compte de la possibilité que « aux premiers temps de la société
communiste, il peut d'abord être nécessaire que certains métiers intellectuels soient
rémunérés à un plus haut niveau ; par exemple, que 40 heures de travail donne droit à 80
ou 120 heures de produit. Au début de la forme communiste de la société, ceci pourrait en
effet être une mesure juste, si par exemple les moyens d'une éducation plus élevée
n'étaient pas disponibles à chacun gratuitement, parce que la société n'a pas encore
suffisamment organisé la nouvelle base de manière complète. Aussitôt, cependant, que
ces sujets seront réglés, il ne pourra plus être question de donner aux professions
intellectuelles une plus grande part du produit social », Appel 1990, Pp. 56-7.
47 Appel 1990, Pp. 94-5.
48 Appel 1990, Pp. 97-8.
d'une sorte spéciale. »49

L’idée noyau des Principes a semblé recevoir l'appui puissant des Grundrisse de Marx à
leur publication en 1939, notamment par ce passage :
« L'économie du temps, c’est à quoi toute l'économie se réduit finalement...
Ainsi, l'économie du temps, avec la distribution planifiée du temps de travail
parmi les diverses branches de production, demeure la première loi
économique sur la base de la production commune. Ceci devient loi, là, à un
degré encore plus élevé. Cependant, c'est essentiellement différent d'une
mesure des valeurs d'échange (travail ou produits) par le temps de travail. »50

Les Principes fondamentaux ont joué un rôle au cours des discussions des communistes
de conseils jusqu'aux années 70, mais la plupart du temps comme texte de fond, puisque
les auteurs lui ont emprunté des idées sans mentionner leur source51.

Recherche savante

L'étude de l'histoire, de la théorie et de la pratique du communisme de conseils s'est


développée d'une manière très inégale52. Les chercheurs ont montré de l'intérêt surtout
pour les écrits et les biographies des théoriciens qui ont joué un rôle dans le communisme
de conseils. Nous avons au moins trois monographies sur Anton Pannekoek, plus une
thèse de doctorat non publiée53. Herman Gorter a été le sujet d'une biographie d'abord
partielle puis complète54. Personne n'a encore écrit sur la vie d'Otto Rühle, mais trois
études sont de bonnes analyses de son développement politique et théorique 55. Des
travaux ont été également publiés sur quelques communistes de conseils moins en avant
(tels que Sylvia Pankhurst et Jim Dawson). Cependant, il n'y a toujours eu aucune
monographie complète sur Mattick56. Plusieurs anthologies d'écrits de théoriciens
communistes de Conseils, en particulier de Pannekoek et Gorter, mais également de
Rühle, Mattick et Willi Huhn, ont été édités depuis la fin des années 196057. Les mémoires

49 Appel 1990, P. 100.


50 Marx 1973, P. 173.
51 Voir, par exemple, Mattick 1968, dans le chapitre « Valeur et socialisme », ou
Castoriadis 1984, P. 330 : « [Le calcul économique dans une société autonome] doit être
effectué sur la base du fonctionnement dépensé par temps ». Castoriadis a défendu cette
position dès 1957, après qu'il ait été en contact avec les communistes de conseils
hollandais pendant un certain nombre d'années. Voir également Seifert 1983.
52 Des archives de la plupart des communistes de conseils importants peuvent être
trouvées à l'Institut international d'histoire sociale à Amsterdam, y compris, notamment, les
papiers de Canne Meijer, Huhn, Korsch, Mattick, Pannekoek, Pankhurst et Rühle.
53 Brendel 1970, Malandrino 1987, Gerber 1989, Boekelman 1980.
54 De Liagre Böhl 1973, 1996.
55 Franck 1951, Herrmann 1972-3, Mergner 1973, Jacoby et Herbst 1985.
56 Sur Dawson, voir Wright 1980. Beaucoup a été écrit au sujet des torsions et des
tournants dans la vie de Pankhurst. Les travaux les plus utiles pour nos buts semblent être
Franchini 1980, Winslow 1996.
57 Bock 1969, Bricianer 1969/1978, Huhn 1973, Kool 1970, Mattick 1978, Mergner 1971,
Rademakers 1970, Pannekoek 1972, Rühle 1971a, 1971b, Smart 1978 . Beaucoup de
textes sont maintenant également disponibles sur Internet.
étendues de Pannekoek sont également disponibles sous la forme de livre 58, tandis que
de plus récents communistes de conseils mettent leurs mémoires sur papier ou sont
interviewés longuement59. Des travaux d'Appel, Gorter, Pannekoek et d'autres ont été
republiés. Une édition complète des écrits et de la correspondance de Karl Korsch,
donnant une attention considérable à ses tendances communistes de conseils, est à un
stade avancé60. De bonnes vues d'ensemble bibliographiques ont été compilées pour un
certain nombre de communistes de conseils importants61.

À ce jour, nous sommes aussi bien équipés par des travaux d'histoire narrative du
communisme de conseils comme mouvement. L'histoire des organisations allemandes a
été étudiée par Hans Manfred Bock, qui a non seulement écrit un ouvrage de référence
des événements tumultueux de 1918-2362, mais a également reconstruit le dernier
développement du mouvement jusqu'au début des années 70 63. Philippe Bourrinet a décrit
en détail le développement du mouvement hollandais (et de son interaction avec le
mouvement allemand)64. Mark Shipway a étudié l'influence communiste de conseils en
Grande-Bretagne (Sylvia Pankhurst, Guy Aldred et d'autres)65.

Alors qu’à ce jour une bonne somme est connu au sujet du communisme de conseils, il y
a toujours une pénurie d'analyses complètes. Une certaine attention a été prêtée aux vues
des communistes de conseils sur la crise capitaliste et le système de conseils, mais leurs
contributions théoriques méritent une étude plus sérieuse66. Les Principes fondamentaux,
par exemple, ont jusqu'ici à peine été sujets à une quelconque discussion. En second lieu,
l'analyse matérialiste historique du courant est toujours dans son enfance. L'application de
l'analyse marxiste au marxisme elle-même, déjà préconisée par Karl Korsch, est trop
sous-développée à cet égard. Même les blocs fonctionnels de base pour une analyse
manquent encore. Il n'y a, par exemple, toujours aucune bonne vue d'ensemble de
l'histoire du KAPD de sa fondation à sa disparition. Sur ce point, nous devons nous
contenter de fragments67. Pratiquement rien n'est connu au sujet du fonctionnement
pratique et de l'organisation du KAPD, de ses organisations sœurs et de ses successeurs.
Nous savons également peu au sujet de son implantation sociale et de la sociologie de
ses défenseurs68. Mon impression est, par exemple, que les chômeurs ont été
surreprésentés parmi les communistes de conseils des années 20 et des années 30, mais
il ne reste aucun moyen d'évaluer cette hypothèse empiriquement. Une étude historique
comparative expliquant pourquoi le communisme de conseils est devenu influent
principalement en Allemagne, alors que les intellectuels hollandais qui étaient marginaux
dans leur propre pays acquéraient un poids politique si disproportionné dans le
mouvement, est également attendue.

58 Pannekoek 1976
59 Brendel 1974b, Jacoby 1982, Buckmiller 1976
60 Korsch 1980ff.
61 Buckmiller 1973, 1981 ; Provedi 1978 ; Boekelman 1980, Pp. 368-484 ; Herbst et
Klemm 1986.
62 Bock 1993.
63 Bock 1976.
64 Bourrinet 2001. Par ailleurs, cette édition pirate du livre contient beaucoup d'erreurs et
d'inexactitudes mineures. Une nouvelle édition « autorisée » corrigée et à jour sera éditée
en 2005/6 dans la série Historical Materialism book de Brill Academic Press.
65 Shipway 1988.
66 Marramao 1975-6, 1976, Pelino 1976, Villari 1977. Voir également Glaser 1997.
67 Reichenbach 1928, 1994, Rutigliano 1974, Bock 1977.
68 Mais voir Bock 1976, Pp. 93-8.
Résultats

Les disciples stricts des doctrines communistes de conseils sont peu nombreux
aujourd'hui. Il est difficile d'élaborer un bilan. Le communisme de Conseils a été
brièvement un phénomène de masse au début des années 20, et a vraiment pris sa
propre identité distinctive seulement quand le KAPD fût déjà en régression - on pourrait le
considérer comme un produit de la défaite de la révolution allemande. L'essor du national-
socialisme a été le coup de grâce pour un mouvement déjà très affaibli. Après la deuxième
guerre mondiale, le communisme de conseils est demeuré un courant très marginal parmi
les intellectuels de gauche pendant nombre d'années, bien qu'il ait acquis une certaine
influence dans les mouvements de protestation internationaux de la fin des années 1960
et des années 70.

L'influence durable du communisme de Conseils me semble être principalement indirecte.


D'une part, le mouvement a apporté une vraie contribution à partir d'une perspective non-
anarchiste au soupçon systématique contre tous les « bureaucrates » dans le mouvement
ouvrier. D'autre part, il a bien montré la manière systématique que des formes autonomes
et organisées de résistance des ouvriers se manifestent continuellement. Son influence a
été évidente, par exemple, dans le groupe Socialisme ou Barbarie de Cornelius
Castoriadis, Claude Lefort et d'autres, et même dans les courants qui n'ont pas eu une
évaluation positive de la pensée orientée conseilliste, telle que l’opéraïsme [operaismo] de
Sergio Bologna, d'Antonio Negri, de Karl Heinz Roth et d'autres.

Ce qui reste du communisme de conseils concrètement sont principalement les textes -


des textes qui semblent souvent tout à fait dogmatiques et unilatéraux, avec une
polarisation masculine définie et un foyer eurocentrique. Pourtant ces textes néanmoins
contiennent des éclairages et des avertissements que nous ne devrions pas oublier69.

(Traduction anglaise par Peter Drucker. Traduction française http://jacquesrie.blogspot.com)

Références

Appel, Jan 1990 [1930], Principes fondamentaux de production et distribution


communistes. [Disponible en français à http://www.mondialisme.org/spip.php?article1308
et sa préface par Paul Mattick (en français) à
http://bataillesocialiste.wordpress.com/2009/07/28/preface-aux-%E2%80%98principes-
fondamentaux-de-la-production-et-de-la-distribution-communistes%E2%80%99-mattick-
1970/ ]

Berghauer, Knut 2001, 'Karl Plättner. Anmerkungen zur Biographie eines politischen
Partisanen', in Graf (ed.) 2001.

Pannekoek und Gorter: Organisation und Taktik der proletarischen Revolution, Frankfurt
am Main: Verlag Neue Kritik.
69 En plus de la littérature déjà mentionnée, je voudrais me référer, par exemple, aux
publications de Willi Huhn au sujet du mouvement ouvrier allemand (Huhn 1952) et des
publications de Cajo Brendel L'Espagne des années 30 aux années 70 et Des luttes de
classe autonomes en Angleterre, 1945-1972 » (Brendel 1974a, 1977).
Bock, Hans Manfred 1976, Geschichte des 'linken Radikalismus' in Deutschland. Ein
Versuch, Frankfurt am Main: Suhrkamp.

Bock, Hans Manfred 1977, 'Bericht über den Gründungs-Parteitag der Kommunistischen
Arbeiter-Partei Deutschlands am 4. und 5. April 1920 in Berlin', Jahrbuch
Arbeiterbewegung, V. 185-242.

Bock, Hans Manfred 1988, 'Neuere Forschungen zur Holländischen Marxistischen Schule',
Internationale wissenschaftliche Korrespondenz zur Geschichte der deutschen
Arbeiterbewegung, 24: 516-38.

Bock, Hans Manfred 1990, 'Anarcho-Syndicalism in the German Labour Movement: A


Rediscovered Minority Tradition', in Revolutionary Syndicalism. An International
Perspective, edited by Marcel van der Linden and Wayne Thorpe, Aldershot: Scolar Press.

Bock, Hans Manfred 1992, 'Die Marx-Dietzgen-Synthese Anton Pannekoeks und seines
Kreises', in Die Rezeption der Marxschen Theorie in den Niederlanden, edited by Marcel
van der Linden, Trier: Karl-Marx-Haus.

Bock, Hans Manfred 1993 [1968], Syndikalismus und Linkskommunismus von 1918 bis
1923. Ein Beitrag zur Sozial- und Ideengeschichte der frühen Weimarer Republik,
Darmstadt: Wissenschaftliche Buchgesellschaft.

Boekelman, Marinus 1980, The Development of the Social and Political Thought of Anton
Pannekoek, 1873-1960, PhD Thesis, University of Toronto.

Bonacchi, Gabriella M. 1977, 'The Council Communists between the New Deal and
Fascism', Telos, 30: 43-72. [en ligne en anglais à http://libcom.org/library/council-
communism-new-deal-fascism] [Original version: 'Teoria marxista e crisi i "comunisti dei
consigli" tra New Deal e fascismo , Problemi del Sozialismo, 17,2 (1976): 79-128.]

[Bourrinet, Philippe] 2001, The Dutch and German Communist Left. A Contribution to the
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http://www.collectif-smolny.org
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