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La Brèque. Acte 6. Du rail enfin !.

Commençons par les traverses. Le 18 janvier 2010 au matin, après la neige et le gel, les premières traverses
béton arrivent par camions!
Elles sont déchargées et stockées à l’abri du pont n°IV, rue de la Gaité; Il s’agit de traverses béton monobloc
munies de semelles et d’attaches automatiques.
Côté pont VII bis, une partie des appareils de voies est arrivée. ( suite des photos semaine 4,5 :
http://www.scribd.com/doc/27275916/La-Breque-suite-5)
Même des tronçons de rail ont été acheminés (certainement de nuit), la liaison n’est pas loin …..

À gauche, la voie venant de Soquence / faisceau alluvionnaire, via le Pont VII bis.
Les traverses bois spécifiques au montage des aiguillages, ainsi que les éclisses et autres accastillages …..

.
C’est beau quand c’est neuf! ,Ici le prémontage des renvois d’angles.
Arrivages de rails ‘’courts’’ par train en cours de déchargement .
La virtuosité des conducteurs de ces engins n’est plus à démontrer. Ici un des cœurs d’aiguilles qui constituera
une partie de l’ensemble du raccordement. Chaque élément numéroté de ce lot est spécifique à cet ensemble
d’appareils de voie à cet endroit précis. (sortie du pont VII bis vers le nord ) .
Le dernier poteau caténaire vient d’être posé, laissant le champ libre aux poseurs de rails. Le ‘’cailloux’’ livré par
camions est aussitôt régalé par le tracto-pelle . Les étais sur le poteau seront enlevés une fois le béton pris .
Le trait jaune au sol symbolise l’axe de la voie, on remarque la préparation de l’aiguille ( photo ci-dessous)
Le 4 février au matin

Les palpeurs de position des lames sont pré-montés.


Le 5 février matin, l’aiguille 1 est placée pratiquement à son emplacement, la suivante est en cours de pose.
Chaque pièce du ‘’puzzle’’ retrouve sa place suivant son n° d’ordre, l’alignement et le nivellement viendront
ensuite.
Bordereau de livraison du lot constituant ces appareils de voie; on peut remarquer l’ordre de repérage suivi
rigoureusement. Cet assemblage est préparé dans l’usine spécialisée dans le ’’rail court’’ à Moulin-neuf.
Ici des raccords isolants repérables à leur peinture . Là, des rails de dilatation.

Estampillage Vossloh Cogifer, principal fournisseur de RFF.

Rails avec dispositifs de dilatation en cours de montage sur des traverses spécifiques.
Les supports de la contre-lame sont tirefonnés au droit du cœur de l’aiguille (en haut à gauche), les réglages des
tolérances seront faits sitôt après

Le 9 février, les visseuses motorisées sont à pied d’œuvre.


Plus en aval, le positionnement provisoire continue, mais ces experts opèrent de façon magistrale; les mises en
ligne sont pratiquement parfaites.
On commence à apercevoir quelques traverses béton monobloc amenées aux abords.
Plus on avance plus on remarque la hauteur du remblai . ( photos prises depuis la route toute proche ,bretelle de la N282) .
En arrière-plan, le Canal de Tancarville; dans le feuillage à gauche, au loin, le Pont VII bis.
Les alimentations caténaires arrivent déjà aux abords de leurs futures connexions.
A déplorer, le suicide d’une brouette! (Le vandalisme est encore passé par là !!! )

Ainsi que les sempiternels taggeurs.


Dans le même temps,certains terrassements sont en cours de finition au pied des piles de pont qui avaient été
mises à découvert, lors du début des chantiers de remblais aux abords du pont N° 1 .
Malgré quelques jours par temps neigeux, le travail toutefois terminé donne une autre apparence.
Du haut du pont N°2, d’autres traverses béton sont arrivées ( par camions ) à proximité du chantier .
Vue sur le pont N° 2

Pas de ballast sur le pont N° 2 .


Le tablier béton du pont N°2 est doté d’un revêtement d’ étancheité, les rails vont être collés à la résine dans les
gorges ad hoc, l’alignement du niveau de la voie correspondant à l’ensemble des 3 autres ponts. Par nécessité de
respect du gabarit de la route du dessous, avec un léger dévers, il n’y aura donc ni ballast ni traverse.

Cette solution est imposée par le respect des hauteurs des gabarits pour le rail et les routes sans contrainte de
modification de la pente. Ceci explique la présence des nombreux appareils de dilatation de part et d’autres.
Mais la pose de la voie continue imperturbablement malgré la neige . ( le 15 février 2010).
La bifurcation commence à se dessiner; les traverses béton sont apprêtées juste à la suite des coupons de
dilatation.

Etat au 17 février, vue de la route en surplomb .


La voie est hissée à l’aide des pelleteuses sur les traverses au fur et à mesure .
Le départ de la 2ème voie est en cours.
En fin d’après-midi le 18 février, on va bientôt passer sous la N282 et franchir le pont N°1.
Sur les traverses béton, plus de tirefond: les attaches élastiques sont simplement poussées simultanément des
deux cotés du rail à l’aide de cette machine à clipser hydraulique à moteur thermique .
Mise au point manuelle au cric avant l’arrivée des machines automatiques. Le souci du travail bien fait .
Le 23 février, on avance vers le pont N°1 sur une seule voie, pour l’instant.
Franchissement du 1er pont et passage sous la N 282 . ( pont préfabriqué sortie du Bd. Leningrad N 282 construit en 1976 ).
Et bientôt le 2ème pont.
Le 27 février, un ajout de voie prêt à recevoir la fameuse aiguille de raccordement au pont VII bis.
Et c’est encore un ensemble de dilatation.

Traverses bois (presque un modèle d’exposition ) Traverse béton monobloc équipée .


Traverse spéciale . des semelles caoutchouc

Un lorry, la brouette du poseur de rail . Détail des attaches élastiques sans tirefond.

Des serres-joints et des éclisses et boites à fils. Une attache élastique serrée .
Mais continuons sur les 2 voies juste après les aiguilles.
On arrive au pont n°2 avec les traverses spéciales, le tablier avec les gorges ou les rails vont être collés à la
résine. ( voir plus haut ).
Pour mémoire en juillet 2009 le coffrage du N° 2 .
Vers le n° 3 .
Le 5 mars, les traverses spéciales sont recouvertes de ballast, l’autre coté du tablier est pourvu également.
La voie double est posée et les pelleteuses rail-route sont en action .

Le travail devient plus confortable , et permet de préparer l’aiguille d’embranchement sur la voie du pont VII bis .
La pose de cette aiguille est prévue de nuit en principe fin mars ou début avril, avec arrêt de circulation vers 18h,
dépose du tronçon correspondant, réouverture le lendemain au petit-jour, branchements signalisation compris.
Des soudures en aluminothermie sont faites en plusieurs points des aiguilles en place , comme sur les LRS des
lignes TGV.
Les vestiges du système de fonderie de soudure de rail: l’ incoupe du rail, la poterie du ‘’petit haut-fourneau’’, les
meules usées servant à la finition.
Le pont n°1 passant sous la N282 et sur la bretelle de sortie du Havre, à gauche le passage piéton souterrain, les
balises de repérages du passage de la ligne souterraine haute-tension .
La course entre un lorry et cette 60000 venant de Soquence vers le FA via le pont VII bis .

Le 7 mars vers le N°4, le lit de ballast commence à s’étirer, les caniveaux se remplissent de câblages, qui, à

mon avis, intègrent l’interopérabilité, c’est-à-dire la signalisation européenne surtout en ce qui concerne le fret …
Étiquette figurant sur la future aiguille du pont N° 4 .

Vue d’un peu plus loin, par-dessus certains jardins de maisons avoisinantes dans les hauteurs d’Harfleur, bien que
le téléobjectif compresse la profondeur de champ, on voit nettement les 3 directions principales : à droite Le Havre
voyageurs, au milieu le triage de Soquence, et la future voie vers la FA (faisceau alluvionnaire via pont VII bis)
passant sur le pont n°4 qui enjambe la fameuse rue de la gaité. Quant aux routes, les travaux et les déviations se
multiplient .

L’embellissement des pieds des ponts se font à l’identique en bardages de bois remplis de silex .
Ou de cages métalliques remplies de cailloux de grès rose.

Au 7 mars, la voie progresse vers l’embranchement nord.


Montée d’un express vers Paris .
Le matériel de supports de lignes aériennes est pré-assemblé; les contrepoids pour la tension des fils, les
isolateurs les tendeurs et poulies diverses.

Ce support double est pourvu d’isolateurs caoutchouc !

Plus en aval en gare d’Harfleur, la signalisation actuelle va être remplacée, toutes les dispositions semblent être
prises pour le moment du raccordement .
Au 15 mars , la préparation de l’aiguille de raccordement au pont VII bis est presque terminée ….
Elle est calée prête au roulage jusqu’à son emplacement définitif à une cinquantaine de mètres environ .
Les équipements sont tous montés, les triple commandes des lames sont fonctionnelles et graissées pour le
ripage. À vue d’œil, c’est environ 50 mètres de long d’appareil de voies à mettre en place à l’identique de nos
chers trains miniatures .
Le tronçon juste entre cette aiguille et le pont. Voilà l’emplacement de l’embranchement.
Le froid et la pluie ne sont pas favorables à ce genre d’opération de ‘’collage de rail’’ sur le N°2 , il faut attendre
des températures plus élevées ainsi qu’un temps sec. Couverture contre la pluie pour la fin de semaine, on
aperçoit les rails traités pour adhérer parfaitement lors du collage .
Au soir du 22 mars les rails sont en place, des tuyaux PVC sont disposés par pure économie de résine, reste à
régler les hauteurs des raccordements .
On voit nettement les tuyaux le long du rail; reste à noyer le tout dans la résine.
Pour mémoire, la situation en avril 2007 .

en mars 2010 .

Mars 2010; au fond le Pont 7 bis se lève.

Fin de l’épisode (6). Prochain épisode : le raccordement au réseau, les régaleuses-niveleuses en action, et la
mise sous tension de la ligne caténaire . Remerciement aux professionnels pour les diverses explications.

A suivre …. © Reportage et textes : Hervé Leclère