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ALLOCUTION DE FRANÇOIS HOLLANDE AU CONGRES

LA FRANCE UNIE
FACE AU TERRORISME
La France est en guerre
« La France est en guerre, les actes commis sont des actes de guerre,
ils constituent une agression contre notre pays ».
Le président de la République veut marquer l’unité nationale face au terrorisme devant les parlementaires
réunis en Congrès à Versailles. « Chaque larme, chaque goutte de sang renforcera notre détermination contre
l’obscurantisme » a rappelé le Président.
La République française, patrie de la liberté et des droits de l’homme, a triomphé d’adversaires bien plus
redoutables que ces lâches assassins. La France n’a pas peur, et ne flanche pas face au terrorisme djihadiste
qui menace le monde entier. Mais La France n’est pas en guerre contre une civilisation, car ces terroristes
n’en représentent aucune.
Dès le lendemain des attentats, le président de la République donnait l’ordre de bombarder le fief de Daech.
Un centre de commandement et un centre d’entrainement ont été détruits à Raqqa par les frappes
françaises. Ces frappes vont s’intensifier dans les prochains jours. Le porte-avion Charles de Gaulle
appareillera jeudi, pour la Méditerranée orientale et multipliera par trois la puissance de feu de la France.
Pour la première fois, il y aura une véritable alliance stratégique et opérationnelle entre les armées française
et américaines.
Au lendemain des attentats, 104 assignations à résidence ont été effectuées, et 168 perquisitions
administratives ordonnées, après le rétablissement immédiat des contrôles aux frontières et la
proclamation de l’état d’urgence.

Daech est l’ennemi de la communauté internationale
« La communauté internationale est encore trop divisée et trop incohérente.
La France le dit depuis le début du conflit ».
L’objectif de ces attentats est de semer la peur pour nous diviser ici et empêcher notre action là-bas contre
le terrorisme. La nécessité de détruire Daech concerne la communauté internationale. En conséquence,
François Hollande a demandé la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour voter une résolution pour
lutter contre le terrorisme.
La France cherche inlassablement une solution politique en Syrie dans laquelle Bachar Al Assad ne peut
constituer l’issue mais dans laquelle notre ennemi est Daech. Afin de travailler au rassemblement d’une
grande coalition anti-Daech, le président de la République rencontrera dans les prochains jours le Président
OBAMA et le Président POUTINE.

L’Europe doit se ressaisir et être solidaire
« L’Europe ne peut vivre dans l’idée que les crises
qui l’entourent n’ont pas d’effet sur elle ».
Le président de la République a demandé la saisine de l’Union européenne demandant aux Etats membres
aide et assistance à un Etat membre agressé, en vertu de l’article 42-7 du Traité de l’UE.
Il sera demandé à l’UE la mise en place de contrôles coordonnés et systématiques aux frontières
extérieures et intérieures de l’Union européenne, l’adoption en urgence d’un plan d’action européen de
lutte contre le trafic d’armes et l’approbation, avant la fin de l’année 2015, du PNR européen pour assurer
la traçabilité des départs et retours des djihadistes.
L’Europe a le devoir d’accueil les réfugiés qui relèvent du droit d’asile et le droit de renvoyer ce qui ne
relèvent pas de l’asile politique.

Une Constitution armée contre le terrorisme
« La Constitution doit comporter les moyens de lutte
contre ceux qui voudraient lui porter atteinte ».
Depuis le printemps dernier, plusieurs projets d’attentat ont été déjoués. Mais face à cette guerre d’un
genre nouveau, la France doit se munir d’un arsenal législatif adapté aux risques encourus. Notre droit doit
être révisé au vu de l’évolution des menaces et des technologies.
1) Un projet de loi sera soumis jeudi au Parlement sur la prolongation de l’état d’urgence pour trois mois.
Il sera proposé d’adopter d’un régime juridique complet pour l’assignation à résidence et les perquisitions
administratives afin de prévenir la commission de nouveaux actes terroristes.
2) La France doit se doter d’un régime constitutionnel que le Président a baptisé « d’état de crise », dans
le respect de l’état de droit. Le Parlement devra se prononcer sur une révision constitutionnelle qui
complètera les articles 16 et 36 (respectivement sur le transfert des pleins pouvoirs au Président et le
transfert des pouvoirs à l’Armée). Ces deux régimes ne sont pas adaptés à la menace terroriste actuelle.
3) D’autres mesures exceptionnelles devront être prises dans un futur proche, sans compromettre l’exercice
des libertés publiques :
- Permettre la déchéance de la nationalité française des individus possédant une deuxième
nationalité ;
- Interdire l’entrée sur le territoire français à un binational de retour du djihad s’il présente un risque
terroriste ;
- Expulser plus rapidement les étrangers qui représentent une menace très grave, dans le respect du
droit et des accords internationaux ;
- Permettre la dissolution des groupuscules et associations qui provoquent la haine, incitent aux actes
terroristes et représentent un danger imminent pour la Nation.
4) Le Conseil d’Etat sera saisi pour avis sur les propositions de l’opposition en matière de mesures de
contrainte et de privation des libertés applicables aux individus fichés pour surveillance par les services de
renseignement.

Un Pacte de sécurité
« Nous devons renforcer de façon substantielle les moyens
dont disposent nos forces de sécurité et la justice ».
La menace terroriste va durer. Notre lutte aussi. François Hollande a décidé en président de combat
l’augmentation des moyens humains et budgétaires.
Le président de la République a décidé le renforcement des moyens de la justice. Les juges anti-terroristes
doivent pouvoir accéder à tous les moyens à leur disposition, avoir un accès large aux moyens d’enquête
contre le trafic d’armes et prononcer des peines significativement alourdies.
La mission des forces des polices est essentielle. Leur implication est remarquable. Aussi, la question de la
légitime défense des policiers et de l’usage de leurs armes devra être étudiée dans le cadre de l’état de
droit.
Le président de la République a décidé de créer 5 000 emplois supplémentaires de policiers et gendarmes
d’ici 2 ans soit 10 000 emplois de plus sur l’ensemble du quinquennat. 2 500 postes seront créés pour
l’administration pénitentiaire et les services judiciaires et 1 000 postes pour les douanes.
Nos armées sont de plus en plus sollicitées. En conséquence, il n’y aura aucune diminution d’effectif dans
la Défense d’ici 2019. L’accent sera mis sur le renseignement, les unités opérationnelles et la cyber-défense.
Les décisions prises engendreront des dépenses supplémentaires, mais le pacte de sécurité l’emporte sur le
Pacte de stabilité.

L’union nationale
« Jamais ils ne réussiront à abimer l’âme française ».
Parmi les victimes, plus de 130 personnes de 19 nationalités différentes, jeunes pour la plupart qui
représentaient la diversité de la France. La riposte du président de la République est ferme : « ils ne
parviendront pas à défigurer la France, à nous empêcher de vivre comme nous l’avons décidé. Nous
éradiquerons le terrorisme, car les Français veulent continuer à vivre ensemble (…) Nous devons éviter les
surenchères et les dérives ».
Les Français doivent continuer à sortir, à vivre et à influencer le monde. C’est pourquoi la COP21 est
maintenue, pour changer le monde de demain et négocier un accord historique pour la planète. Le rythme
de la démocratie n’est pas soumis au chantage des terroristes. Les dates des élections régionales sont
maintenues, la vie politique doit se poursuivre.
« Le terrorisme ne détruira pas la République française car c’est la République qui le détruira ».