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Correction de la dissertation – Comment le progrès technique contribue-t-il à la

croissance ?
Attentes
du
sujet : Comment : pourquoi. Il ne faut pas contester l’influence du progrès
technique sur la croissance
Contribue: favorise, est un des déterminants essentiels (il y en a
d’autres)
Reformulation
Par quels mécanismes le progrès technique-t-il assure une
du sujet
augmentation durable des richesses créées ?
Problématique
- En quoi les innovations de procédés (offre) et de produits
plus aboutie
(demande) favorisent-elles la croissance ?
- Les effets micro-économiques (pour une entreprise/ un
consommateur) et macro-économiques (pour la collectivité) du
progrès technique
- En quoi l’endogénéisation du progrès technique permet-elle à
la fois d’assurer la croissance et son accélération ?

Compréhension
Consignes
Problématique

Mobilisation
personnelles

Lecture
documents

des

connaissances Définitions : progrès technique/ croissance économique
Notions : connaissance bien public cumulatif, effets externes, brevets,
Ret D, PGF
Théories : résidu de Solow, croissance endogène
Mécanismes : les effets du progrès techniques sur la croissance
des Doc 1
- TCAM
Doc 2
Doc 3

Doc 4
Calculs

Doc 1
Doc 2
Doc 3
Doc 4

Organisation de la réponse

-

C’est le log du PIB, non le PIB
Mettre en évidence la corrélation entre capacité d’innovation et
PIB : analyse transversale
- Bien voir que les variables ne sont pas données en absolu : part
(A), indice (B)
- Analyse longitudinale : corrélation entre hausse du PIB/hab et
part des dépenses de RD dans le PIB
- Analyse transversale : comparer les pays une année donnée
- Taux de variation total sur chaque période
- Montrer l’effet des entreprises innovantes dans la hausse de la
productivité du travail
Calculer la part de la croissance qui provient du progrès technique
Calculer le coefficient multiplicateur entre augmentation du log du
PIB et augmentation de la capacité d’innovation
Comparer les rythmes d’augmentation de la part des dépenses de Rd
dans le PIB et l’augmentation du PIB
Mettre en évidence l’écart entre le poids des entreprises innovantes
dans l’emploi et le nombre d’entreprise et leur poids dans la croissance
de la productivité
I – Le progrès technique, un déterminant essentiel de la croissance
II- Les effets sur l’offre (innovations de produits)
III – Les effets sur la demande (innovations de procédé)
Ou
I – Le progrès technique, un déterminant essentiel de la croissance
II- Les effets micro-économiques
III – Les effets macro-économiques

Ou
I – Le progrès technique, un déterminant essentiel de la croissance
II- Le progrès technique exogène : une croissance durable
III – Le progrès technique endogène : une accélération de la croissance
Hors-sujet

-

Remettre en cause l’effet positif du progrès technique sur la
croissance
Traiter une seule partie du sujet : le progrès technique ou la
croissance

La COP 21 qui se tient à Paris les 29 et 30 Novembre réunit l’ensemble des pays du monde pour lutter contre le
réchauffement climatique. Celui-ci fait cependant l’objet de débats : certains remettent en cause l’idée que l’activité
humaine soit responsable de l’augmentation de la température moyenne sur la planète. D’autres considèrent que le
réchauffement résulte des activités humaines, mais qu’il n’y a pas d’inquiétudes à avoir, car l’homme est capable de
surmonter toutes les difficultés.
Ainsi, au milieu du XIX° siècle, Malthus s’inquiétait de l’augmentation rapide de la population face à l’augmentation
très lente de la production. Pour éviter les famines, il prônait donc la limitation des naissances. Or, sa vision pessimiste
ne s’est pas réalisée grâce à l’augmentation rapide de la production permise par le progrès technique. Celui-ci peut
être défini comme l’ensemble des modifications qui affectent les procédés de production et la nature des biens réalisés
permettant ainsi de desserrer des goulets d’étranglement limitant la production ,de produire des marchandises
nouvelles ou de meilleure qualité et d’augmenter les gains de productivité des facteurs de production grâce à
l’introduction de nouveaux procédés, des machines plus performantes .
Le progrès technique est donc indispensable pour assurer la croissance économique, c’est-à-dire d’après F.Perroux :
«l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues (chacune de ces périodes comprenant plusieurs
cycles quasi décennaux) d’un indicateur de dimensionS : pour une nation le produit global net en termes réels. Ce
n’est pas l’augmentation du produit réel par habitant. ». Par quels mécanismes le progrès technique-t-il assure une
augmentation durable des richesses créées ? Quels sont les effets micro-économiques (pour une entreprise/ un
consommateur) et macro-économiques (pour la collectivité) du progrès technique sur l’augmentation du PIB ?

I.

Le progrès technique, un déterminant essentiel de la croissance
A. Une première forme de croissance : la croissance extensive

Le moyen le plus simple d’augmenter la création de richesses est d’opérer une croissance de type extensive. C’est une
croissance qui résulte du seul accroissement quantitatif des facteurs de production (travail et capital). On produit 2
fois plus car on utilise deux fois plus de facteurs de production.

B. Qui se heurte à des goulets d’étranglement
1. Une économie stationnaire
Dès lors, elle bute inéluctablement sur des goulots d’étranglement, comme ceux que connaissaient les sociétés
traditionnelles. En effet, la loi des rendements décroissants mis en évidence au 19 ème siècle par Ricardo apparaît. La
productivité marginale d’un facteur diminue à mesure que les quantités utilisées
de ce facteur augmentent. Le surplus de facteur capital investit se traduit par
une augmentation de plus en plus faible des quantités produites à partir du point
d’inflexion. Au bout d’un moment, l’augmentation de la quantité d’un facteur
utilisé ne se traduit plus par une augmentation de la production. Ainsi, dans le
moyen long terme, la croissance économique va se réduire inéluctablement et
l’on débouchera alors sur une économie stationnaire.

2. La vérification empirique

En effet, on remarque qu’une croissance uniquement basée sur une augmentation de la quantité de facteurs de
production ne peut être ni forte, ni durable. Ainsi, entre 1966 et 1970, la quantité de travail et de capital augmente
nettement plus rapidement aux Eu que dans l’UE à 15 : aux Eu, l’augmentation de la quantité de travail entraîne une
augmentation du PIB de 1.6% par an en moyenne, celle du capital une croissance de 0.6% /an en moyenne. Pour la
France, la quantité de travail a diminué de 0.7% par an en moyenne, celle du capital a augmenté de 1.8% par an en
moyenne. Cependant, la croissance économique a été plus forte de 1.6 points en UE 15 qu’aux EU (5% par an en
moyenne contre 3.4%).
Cette caractéristique de l’économie américaine : être basée sur une croissance extensive explique que l’augmentation
du PIB soit relativement faible depuis les années 1960 ; entre 1996 et 2008, le PIB a augmenté de 2.8% par an en
moyenne, soit une baisse de 0.36 points par rapport aux années 60 (doc 1)

Pour avoir une croissance forte et durable, il est donc nécessaire de passer à une croissance intensive. C’est une
croissance qui économise les facteurs de production notamment au progrès technique. Le progrès technique génère
de la croissance, grâce à ses effets micro-économiques (entreprises / consommateur) et ses effets macro-économiques
(collectivité toute entière)

II.

Les effets micro-économiques du progrès technique sur la croissance

Le progrès technique génère d’abord de la croissance de manière directe : les innovations de produits et de procédés
entraînent une augmentation de la production des entreprises innovantes.

A. Le rôle des innovations de procédés
1. Innovation de procédé et compétitivité
Les innovations de procédés visent à introduire de nouvelles méthodes de production génèrant une réduction des
coûts de production par un accroissement des gains de productivité. Les entreprises peuvent alors produire plus avec
autant, voire moins de facteurs de production. L’entreprise peut alors augmenter ses profits afin d’investir ou/et baisser
ses prix afin d’augmenter ses parts de marché. L’innovation de process vise aussi à améliorer la qualité des produits
afin d’accroître la compétitivité qualité de l’entreprise.

2. Vérification empirique
Ainsi, les entreprises innovantes arrivent à augmenter leur productivité (doc 4). Entre 1985 et 1988, les entreprises
innovantes ont eu des gains de productivité de 2.95%. Alors qu’elles ne représentent que 5% des entreprises et 6 %des
effectifs salariés, ces entreprises sont responsables de près de 40 % de la croissance de la productivité.
Cette influence s’accroît au fil du temps : en 2000-2003, les entreprises innovantes ne représentent que 5.56% des
entreprises (leur poids dans les entreprises totales a augmenté de 0.46 points), mais leur part dans la croissance de la
productivité a presque doublé (de 38,65% à 62.32%).

B. Le rôle des innovations de produits
Autre forme d’innovations : les innovations de produits. Elles correspondent à l’introduction de nouveaux biens ou
services sur le marché. L’objectif est de trouver de nouveaux débouchés pour l’entreprise, en créant un nouveau
marché, sur lequel elle dispose d’une position de monopole grâce au brevet.
Le brevet protège une innovation technique, c'est-à-dire un produit ou un procédé qui apporte une solution technique
à un problème technique donné. Il confère à son propriétaire le droit exclusif d’interdire à autrui d’importer, de
produire, de commercialiser ou même d’utiliser des produits ou services incorporant une technique identique ou
équivalente, pendant une durée limitée (20 ans), moyennant le paiement d’annuités, en contrepartie d’une diffusion
légale.

Grâce au brevet, l’entreprise se retrouve en position de price maker : elle est seule à produire ce bien, elle peut donc
augmenter le prix de vente. Ses recettes et son profit s’élèvent donc.
A court terme, l’entreprise accroît ses marges et donc sa rentabilité. A plus long terme, l’entreprise, quand le brevet
sera tombé dans le public, conserve l’image de marque d’innovateur. Ensuite, grâce aux ressources accumulées par
l’innovation, elle pourra financer la R-D qui lui permettra de lancer de nouvelles innovations.

III.

Les effets macro-économiques du progrès technique sur la croissance

Il y a donc un cercle vertueux qui se crée pour l’entreprise. Ce cercle vertueux touche aussi l’économie toute entière.
En effet, on note une corrélation positive entre la croissance économique et la Productivité Globale des Facteurs
(PGF). C’est le résidu de Solow, la part de la croissance économique qui n'est pas expliquée par l'augmentation du
volume du capital et du volume du travail, autrement dit le progrès technique. Sur les données du document ( doc 1),
la croissance la plus forte est pour l’UE à 15 entre 1966 et 1970 : le PIB a augmenté de 5% par an en moyenne. La
PGF a généré une augmentation du PIB de 3.8% par an en moyenne. C’est aussi la croissance la plus forte de la PGF
du tableau. En revanche, une augmentation faible du résidu de Solow entraîne une augmentation très lente du PIB.
Ainsi, entre 1996 et 2008, dans l’UE à 15, la PGF a augmenté seulement de 1.4% par an en moyenne, et le PIB n’a
augmenté que de 1.7% par an en moyenne.
Ce cercle vertueux s’explique par le fait que le progrès technique est un bien public cumulatif.

A. Le progrès technique est un bien public
1. Les caractéristiques d’un bien public
Le progrès technique réunit d’abord les 2 conditions d’un bien public.
Il est d’abord non rival : la consommation de ce bien par un usager n'entraîne aucune réduction de la consommation
d'autres usagers (le bien n'est pas appropriable : il ne peut pas appartenir à une personne en propre). Ainsi, une même
connaissance peut être utilisée un nombre quelconque de fois, par un nombre quelconque d'agents, et cela
simultanément et sans se détériorer. Au contraire même plus la connaissance sera partagée plus sa diffusion favorisera
l’apparition de nouvelles connaissances et innovations. De plus, la circulation de la connaissance se fait à un coût
direct (coût de la transmission) faible par rapport à sa valeur. La conséquence directe de cette propriété, en termes
économiques, est que le coût marginal de l'utilisation d'une connaissance existante est nul. Une fois qu'une invention a
été réalisée, le coût de sa reproduction est essentiellement nul (exemple un logiciel ou un livre numérisé).
Le progrès technique est ensuite non-exclusif : il est impossible d'exclure quiconque de la consommation de ce bien ;
il est, par conséquent, impossible de faire payer l'usage de ce bien (on dit aussi que l'offre est indivisible).Ainsi,
l’inventeur ou l'innovateur ne peuvent généralement pas exclure entièrement les autres de l'usage de leur création. Les
moyens de protection existants (brevet, secret, droits d’auteur) sont au mieux imparfaits (comme l'illustre le
téléchargement sur internet). Ainsi, invention et innovations peuvent être utilisées par les concurrents comme base
pour opérer d'autres découvertes dont le contrôle échappera au créateur initial.

2. Les conséquences sur la croissance
On remarque ainsi une corrélation positive entre capacité d’innovation et PIB/hab ( doc 2) : plus l’indice de capacité
d’innovation est élevé, plus le PIB/hab est élevé. Ainsi, l’Ethiopie a un PIB/hab (en log) de 5 et un indice de capacité
d’innovation de 0.05. Les EU ont un indice de capacité d’innovation près de 2 fois supérieur à celui de l’Ethiopie, son
PIB/hab (en log) est aussi deux fois plus grand. La droite de régression met donc en évidence une relation quasi
proportionnelle.

B. Le progrès technique est cumulatif
1. L’apparition d’un cercle vertueux
Le progrès technique, et de manière générale la connaissance a une autre particularité qui le différencie des autres
facteurs de production : la loi des rendements décroissants ne s’applique pas au domaine de la connaissance d’après

les théoriciens de la croissance endogène. En effet chaque nouvelle connaissance ouvre la voie à des découvertes
ultérieures (« nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants », selon les mots de Bernard de Chartres au XIIe
siècle repris par Einstein). Dès lors un processus persistant, auto-entretenu, d'accumulation de la connaissance est donc
possible, qui entraîne à son tour l'accumulation des autres facteurs et donc la croissance. Ce processus résulte en
particulier des externalités générées par la connaissance.
Un des canaux essentiels de ces effets externes est la Recherche-Développement. Celle-ci est la source de deux
externalités essentielles : les chercheurs sont d’autant plus productifs que le stock des connaissances accumulées est
déjà important ; chaque entreprise bénéficie donc gratuitement des efforts de recherche ayant débouché sur
l’accumulation des connaissances menées par les agents économiques du pays. Ensuite, le progrès technique
représente un coût fixe .En effet, quelle que soit la production vendue, les dépenses engagées par l’entreprise afin
d’innover seront identiques. Dès lors, plus l’entreprise bénéficie de débouchés croissants, plus les économies d’échelle
dont elle bénéficiera seront importantes. L’entreprise en profitera certes pour augmenter ses profits, mais elle les
répercutera aussi dans une baisse des prix. Les entreprises qui acquièrent des machines bénéficient donc de
l’intégralité de la technologie alors qu’ils n’en paient qu’une fraction du coût.

2. La vérification empirique
On note ainsi une corrélation positive entre la part des dépenses de R-D dans le PIB et l’augmentation du PIB réel par
habitant (doc 3) . Le cas des Etats –Unis entre 1995 et 2010 est éclairant. Entre 1995 et 2000, la part des dépenses de
RD dans le PIB augmente de 0.4 points (de 2.4% à 2.8%), le PIB par habitant augmente de 15% (CM = 150/130).
Entre 2000 et 2005, la part des dépenses dans le PIB diminue de 0.3 points et l’effet sur le PIB/hab se remarque à
partir de 2005. Le PIB / hab diminue de 6 ,25% entre 2005 et 2008.
La faible croissance de la France peut aussi s’expliquer par un faible effort de RD dans le PIB depuis le milieu des
années 1990. A cette date, l’effort français était quasi équivalent à celui des EU et supérieur à celui de l’Allemagne
(2.4% pour les EU et la France, 2.2% pour l’Allemagne). Depuis cette date, la part des dépenses de RD dans le PIB
diminue régulièrement de 2.4% en 1992 à 2.2% en 2008. Cette évolution est contraire à celle des EU et de
l’Allemagne dont les efforts de recherche se sont renforcés. Parallèlement, le PIB/ hab français a augmenté plus
lentement : entre 1990 et 2010, le PIB/hab a augmenté de 25% en France, de 28% en Allemagne, de 35% aux EU.

Le progrès technique est donc un déterminant essentiel de la croissance économique. Sans progrès technique, il ne
peut y avoir de croissance durable. Son influence s’explique à la fois par des effets microéconomiques (il augmente la
rentabilité et la compétitivité des entreprises et macroéconomiques (le progrès technique est un bien public cumulatif).
Il est donc nécessaire pour un pays d’opérer des recherches pour avoir de la croissance. Le cas de la France est
flagrant. Le problème est alors de savoir comment générer du progrès technique. Malheureusement, il n’y a pas de
« one best way », un chemin à suivre pour avoir une croissance forte. On connaît les ingrédients : le rôle des
institutions, des brevets, de l’éducation, mais l’alchimie entre ces différents éléments reste un mystère.