You are on page 1of 19
UN FRAGMENT DE STATUE HÉROÏQUE DE TRAJAN AU MUSÉE RODIN Author(s): Liliana Marinescu-Nicolajsen Source: Revue Archéologique,Presses Universitaires de France Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41737417 Accessed: 13 -08-2015 19:57 UTC Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of the Terms & Conditions of Use, available at http://www.jstor.org/page/ info/about/policies/terms.jsp JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide range of content in a trusted digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and facilitate new forms of scholarship. For more information about JSTOR, please contact support@jstor.org. Presses Universitaires de France is collaborating with JSTOR to digitize, preserve and extend access to Revue Archéologique. http://www.jstor.org This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions " id="pdf-obj-0-2" src="pdf-obj-0-2.jpg">

UN FRAGMENT DE STATUE HÉROÏQUE DE TRAJAN AU MUSÉE RODIN Author(s): Liliana Marinescu-Nicolajsen Source: Revue Archéologique, Nouvelle Série, Fasc. 2 (1990), pp. 387-404 Published by: Presses Universitaires de France Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41737417 Accessed: 13-08-2015 19:57 UTC

Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of the Terms & Conditions of Use, available at http://www.jstor.org/page/ info/about/policies/terms.jsp

JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide range of content in a trusted digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and facilitate new forms of scholarship. For more information about JSTOR, please contact support@jstor.org.

STATUE

UN

FRAGMENT

DE

HÉROÏQUE

AU

DE

MUSÉE

TRAJAN

RODIN

par Liliana

Marinescu-Nicolajsen

*

Dans la collectionestimée à

plus

de six centsmarbres antiquesque Rodin

commença à acquérir

particulier,malgré

dès les premières années de ce siècle, se trouveun documentd'un intérêttout

son état fragmentaire(fig. i a-c ). Il s'agit

ayantappartenu à une

d'une jambe droite nue, accolée à une cuirasse historiée,

statuevirile de dimensionscolossales. Le document, dont la provenance

etles conditions d'acquisition sont inconnues, fut présenté lorsde l'expositionorganisée en hiver 1967-

1968 dans la chapelle de l'Hôtel Bironà Paris1, où il est

toujours conservé (Inv.

98).

Hauteur de la jambe (sans la plinthe) : 1,050 m;

Hauteurde la plinthe : 0,115 m >

Hauteurde la cuirasse: 0,960 m ;

Tour

de jambe à mi-cuisse: 0,750 m ;

Tour

de jambe sous le mollet:

Tour de jambe au-dessusde la

0,470 m ;

cheville: 0,380 m.

Marbreblanc à petits cristauxbrillants et serrés, de typepentélique, avec une veineschisteuse

fortement micacée, trèsnette sur la cassureau reversde la cuisse ; la surface, non nettoyée, a pris

une patinebeige

La jambe

rosé.

est conservée jusqu'à mi-cuisse, avec un grand éclatau revers ; un éclat plus super-

genou

et deux

longuesépaufrures marquent l'épi-

la plinthe, aux bordsirré-

lambrequins

ficielsur la faceantérieure descend au-dessus du

dermede la jambe; les orteilssont mutilés. Il ne subsiste qu'une partie de

guliers. Il manque presque

la moitiédroite de la cuirasseainsi que l'encolureet les

centraux; le gorgonéion est partiellementendommagé. Brisé en

recolléau niveaude la chevilleet au bas de la cuirasse.Sur la

de l'aile

gauche de l'aigle

deux morceaux, l'ensembleest

ptérygecentrale, la têteet une partie

ontété refaites. Il semble que le reliefde la cuirasse, notammentla Victoire,

ait été légèrementrepris.

*Je tiensâ remercier

tout d'abord MM. les Prs J. Mar-

cadé,G.-Ch. Picard et M. Leglay, ainsi que M. F. Braemer

pour leurs précieux

conseils. Que MmeC. Judrin duMu-

séeRodin, M. F. Fernandez-Gómez etMme C. Martin-

Gómezdu Musée de Sévilleet

de l'Université

également

MmeP. León

de Cordoue, trouvent

ici

l'expression

de

ma reconnaissance.

qui

a

de la

eu l'amabilité

Je remercieaussi M. G. Nicoletti

de réaliser la reconstitution

simulée

statue complète,

grâce à son logicielinformatique

de type CAD-CAM.

i.

J.Frei, Catalogue

deV exposition

«

Rodincollection-

neur», Palis, 1967-1968,

avonseffectuées

174. Lesrecherches

dans les archives du Musée Rodin n'ont

que nous

malheureusement

l'origine,

révélé aucune information

les conditions

Le

précise sur

d'acqui-

la provenance

exacteou

sitiondes pièces decette collection.

desmarbres

cataloguecomplet

grecs etromains de la collectionest en cours

de rédaction.

Rev.arch., 2/1990

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

  • 388 Liliana Marirtescu-Nico/ajsen

388 Liliana Marirtescu-Nico/ajsen 1 a. Fragment de statue héroïque. MuséeRodin. CL L. M.-N. 1 b. Fragment

1 a.

Fragment de statue héroïque.

MuséeRodin. CL L. M.-N.

1 b. Fragment de statue héroïque, profilgauche. CL L. M.-N.
1 b.
Fragment
de statue héroïque,
profilgauche. CL L. M.-N.

Le

trépansépare, sur le trophée de la cuirasse, le casque du troncnoueux qui le porte,par

manteauet sépare, en bas de la

pièce, les

deux petitsponts ; cernele bouclier,marque les plis du

lambrequins frontaux.Un canal plus large

délimitesur la plinthe le bord de la cuirasse.Des traces

qu'au

reverson observeune nervure

de polissage subsistentsur la faceantérieure de la jambe, alors

en légerrelief, dans Faxe longitudinal. Sur le côtéintérieur du mollet, on notela marque d'un tenon

rectangulaire en marbre ;

une

cavité rectangulaire, de dimensions réduites, a été percée à

l'époque

moderne poury placer un tenon métallique(au reversde la plinthe, on remarque un troude fixation,

égalementmoderne).

Représentée deboutet de face, la jambe révèleune anatomie vigoureuse et

athlétique. Le vaste

externe,tendu, esttrès développé et la bandelettecruciforme des vastes apparaît commeun bourrelet

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

Statue héroïque de Trajan au Musée Rodin

389

Statue héroïque de au Musée Rodin 389 1 c. de statue détailde au-dessusdu Une saillie trèssèche
  • 1 c. Fragment de statue héroïque, détailde la cuirasse.CL L. M.-N.

au-dessusdu genou. Une saillie trèssèche

jumeau interneet le soléaire.La position du

Celle-ci est

étayéepar

une

et nettement marquée le long

genouindique qu'il s'agit

de

du tibia faitressortir le

la jambe d'appui.

cuirasse anatomiquehistoriée, mutiléeà sa partiesupérieure et

incomplète à l'extrémité gauche. Le bordinférieur du corseletdessine en bas du ventreune courbe

douce remontantsur le côté

;

de la

flexible qui sortde

nervure qui le limite prend naissanceun calice d'acantheaux

larges feuillescharnues dont il ne subsiste que deux : l'une, centraleétalée de face avec la pointe

recourbéevers l'avant,l'autre, de profil, orientéevers la droite.

Sur la

tige

jambe droite qui

cettefeuille et remonte parallèlement au bord dé la cuirasse,

partiepar la jambe du personnageprincipal.

se dresseune Victoirede profil à gauche, cachée en

Vêtue d'un long chitonà

apoptygma

,

sans manches,largement fendusur le côté et découvrantla

s'avance, la Victoireest schématiquementfigurée. Elle tientde ses deuxmains - la

étroit, à nervure centrale, un thyréos

,

gauchepar le bas, la droite par le haut - un bouclier allongé et

qu'elle accrocheau trophée.

Celui-ci,érigé

dans l'axe médian de la cuirasse, est un troncd'arbre

noueux,portant une

de lam-

cuirasseà corseletarrondi en bas du ventre,pourvue d'une

brequinsfrangés laissant apercevoir au-dessousune partie

cuirasseet l'emmanchured'où

rangée de ptéryges et d'une jupe

de la

tunique.

Le bord inférieurde la

surgissent les lambrequinsd'épaule sont soigneusement ourlés.

vers notredroite. Le

Par-dessus, le sagum couvrela poitrine et descend obliquement en pointe

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

  • 390 Liliana Marinescu-Nico/ajsen

mannequin est

coifféďun casque du typeHaguenau ou Weisenau, à timbre rond, munide paragna-

thideset surmontéďun apex.

Au-dessusdu trophéequi constituele motifcentral de la cuirasseaccolée à la jambe,prend

place, sur la poitrine, un largegorgonéion du typeRondanini, dontle visage

dans l'axe médiande la

aigle

tête

corinthienvu

 

Une sériede

de face, aux ailes déployées, la têtetournée vers

notre gauche;

d'éléphant vue de profil à gauche,trompe relevée, alors que

également de profil à gauche.

humainest encadré

de deux grandes ailes ouvertesen triangle, tandis que deux serpents se nouentsous le menton.

Le corseletde la

cuirasse-support se prolonge en

l'une,

et espacées, bordéesd'une doublenervure :

feston par une rangée de ptéryges arrondies

cuirasse, est

décoréed'un

sur la suivanteest

figurée une

casque

la troisièmeest ornéed'un

lambrequinslarges et plats, bordésd'une nervure,complète cettecuirasse d'appui.

l'espace qui

On note que le schéma général est en accordavec celui des grandes cuirassesdes statueshono-

programmeidéologique de Yimperator. Seulement, il est ici réduit

lui

est accordé, car il s'agit

d'un « Panzertronk », et non de la

rifiques2, dontle décorreflète le

à l'essentielen raisonde

lorica d'une statue cuirassée.

La nuditéde la jambe et surtoutla présence du « Panzertronk» permettent d'attribuernotre

commele « Sextus

Pompée » du

Louvre3, ou l'Hadrien

fragment à une statue-portraithéroïque,

de Pergame4, ou encorela statued' Antonin le Pieux du Musée des Thermes5, ou le Marc Aurèle

de la collectionLansdowne à Bowood6, ou bien le « CaracallaMattei »7. La nudité héroïque des

effigies Achilleae 8, déjà en

vogue à l'époque hellénistique, est souventutilisée dans l'iconographie

nombreux exemplaires conservés9.Ce type de représentation

impériale commeen témoignent les

a une

significationidéologique précise, celle d'exalterla vertu guerrière du personnagequ'elle

représente.

Le fragment du Musée Rodin

peut

êtredaté avec suffisamment

d'exactitude grâce au décor

de la cuirasse qui désigne le personnage dans sa qualité militaireet faitoffice à la foisd'attribut et

d'élémentde soutien.

Le calice d'acanthesur le couvre-ventreest un motif qui

remplace la

palmette renverséedès

l'époque flavienneet devient presque la règle sous le règne d'Hadrien.Le traitementde ses feuilles

2.

K.

Stemmer,

Untersuchungen

zur Typologie

,

Chrono-

logie und, Ikonographie

n081

9, II 3,

III

4,

III

dérPanzerstatuen

,

Berlin,1978,

8,III 25, IV a 1,V 1,VII 5,VII 27 ...

3.

J.Charbonneaux,

La sculpture

etromaine

au

Muséedu Louvre

,

Paris,1963, n° 1251,p. 142.

grecque

4.

M. Wegner,Das römische

Herrscherbild

,

II, 3 :

Hadrian, Berlin, 1956, pl. 14 a.

5.

A. Giulianoet

autres,Museo Nazionale Romano

, I,

I, Rome,1979, n° 164,p. 267.

6.

M.

Wegner,

op. cit.3 II, 4 : Antoninische

Zeit3Berlin,

1939,pl. 16-17 a-

7.

F. Carinci, Sculture diPalazzo Mattei. Le statuedel

Studi Miscellanei

,

20,1972, n° 7,p. 34-38, pl. XLV,

cortile,

XLVI.

Pline l'Ancien,Nat. Hist.,XXXIV, 18 et

8.

des 7 types de statues honorifiques

19;

un

utilisésdans l'icono-

graphieimpériale.

Voir aussi G. Lippold,Kopien und

178 sq.;

Umbildungen griechischer Statuen3 Munich, 1923, p.

surtout p. 186.

9.

Nous avonscité uniquement

quelques exemples

d'effigies

ayant commeélément de soutienle « Panzer-

tronk». Pourd'autres statues héioïques, voirnotam-

mentF.

Carinci,loc. cit.3p. 19-43 : Augusted'Otricoli,

-3Pompée duPalazzo Spada,pl. XXXVIII b3

XXX, XXXII,

pl. XXXVIIIa

troisautres statues du Palazzo Mattei,pl.

XXXVet XXXVII. H. G. Niemeyer,

schen Darstellung

p. 108-113 :

du

pl. 393

Verusdu

Studienzur statuari-

Berlin,1968,

41 -3 Lucius

derrömischen

Kaiser ,

Hadriendu Musée Alaoui à Tuniset celui

Naples,

Capitole,pl. 37 a-b 3 Claudedu Muséede

Hadriende

Vaison-la-Romaine,

pl.

Vatican, pl. 43 a 3 SeptimeSévère de Nikosie,

Sévère du Musée de

Naples,pl. 44 ; .

«

Pupien » du

pl.43 b ; Alexandre

OfelliusMacrinus du

Louvre (Ma

portraits

Vatican,pl. 45-,

1059),pl. 47. Surla question desstatues-

idéalisées, voir égalementR. West,Römische

1,

II,

Munich,1933-1 941 3 G. Lahusen,

Staat3Kult und Gesellschaft

81-83 e* 116-129.

,

Porträtplastik3

Untersuchungen zurEhrenstatue inRom. Literarische und

epigraphische Zeugnisse3 Rome, 1983 ; T. Pekáry, Das

römische

Kaiserbildnis

in

Berlin,1985, notamment

p.

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

Statue héroïque de Trajan au Musée Rodin

391

2 a. Statuede Trajan.Glyptothèque Ny Carlsberg. CL L. M.-N.
2 a. Statuede
Trajan.Glyptothèque
Ny
Carlsberg. CL L.
M.-N.
2 b. Statuede Trajan.Glyptothèque Ny Carlsberg,profil droit.CL L. M.-N.
2 b. Statuede
Trajan.Glyptothèque
Ny
Carlsberg,profil droit.CL L.
M.-N.

larges et vigoureuses,généreusement étalées, est toutà

fait analogue à celui que l'on retrouvesur

s'étirant de façon strictement

un torsecuirassé ďépoque trajane ou hadrianique conservéau Musée de Mantoue10,

Les rinceaux latéraux, traitésen

simplestiges sans volutes,

parallèle au bord de la cuirasse, semblentêtre

une caractéristique de certaines effigiesd'Hadrien,

telle une statuede Knossos, une autrede l'Agorad'Athènes, ou bien celle de Cyrène conservéeà

Londres11.

io. K. Stemmer,

op. cit., n° IV 13,pl. 31,4.

il.

Ibid. yn° IV i, pl.27, 1-2 ; IV 2,pl. 28, 1-3 ;

pl. 29,4.

IV 4,

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

  • 392 Liliana Marinescu-Nicoiajsen

392 Liliana Marinescu-Nicoiajsen Statuede Muséede Séville.Ci. This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015
  • 3 a. Statuede Trajan. Muséede Séville.Ci. L. M.-N.

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

Statue héroïque de Trajan au Musée Rodin

393

Le trophée,symbole au Iersiècle de la fortunedivine qui accordela victoire, devientau IIe siècle

Virtus Augustigrâce à laquelle l'empereur accède à la victoire,apportant ainsi la

l'emblèmede la

Felicitas12.Le thèmede la Victoiredécorant un trophée est souventutilisé comme emblèma des

statuaeloricatae :

presqueexceptionnel dans le deuxième quart du Ier siècle, il devient fréquent

subitune éclipsepresque totalesous Hadrien,pour rede-

au temps des Flavienset de Trajan, mais

venirtrès à la mode à

l'époque

Le

lution qu'il subit peut

souvent aptère, du

Iersiècle et surtoutà

antonine13.

gorgonéionapotropaïque est un décorbanal pour les cuirasses impériales,toutefois, l'évo-

donnerdes indicesde datation: le

visage monstrueux largementétalé,

le

plus

début de l'Empire se pare d'ailes et prend un aspectplus sereinvers la findu

l'époque de Trajan et

d'Hadrien,lorsqu'il tendà se rétrécir, alors que les ailes

s'ouvrent largement. Certaines effigieshadrianiques témoignent, cependant, d'une alternanceavec

un second

type,grimaçant et aptère, et

également d'un retourà

plus fréquente.

que sous les Antoninsla taille réduiteest

des dimensions importantes, alors

Le

gorgonéion de notre document, au

visage humainencadré de deux

serpentsqui

se nouent

sous le mentonet aux grandes ailes ouvertesen

triangle, est très proche de celui que

l'on rencontre

sur plusieurs statuesde Trajan14 ou d'Hadrien15.

La formedes ptéryges, courteset arrondies, estle plus courammentutilisée à la findu Iersiècle

et surtoutau débutdu IIe siècle apr. J.-C.L'analyse des motifs qui les décorentconfirme et précise

cettedatation. Ainsi,l'aigle

jovien, bien qu'enseignegénérale de la légiondepuis la réorganisation

cuirasses julio-claudiennes, assez en vogue sous

effigies de YOptimusPrinceps

pourraits'expliquer

militairede Marius16, est un motif plutôt raresur les

les Flaviens, mais qui apparaît avec une fréquence trèsnette sur les

et surtoutsur celles d'Hadrien17.Cette prédominance au début du IIe siècle

par le fait que,

privilégiés avec

si Yaqvila est garante de la protection divinede

toutesles légions, elle a des liens

cetteunité

la legio XIII Gemina 18,qui la compteparmi ses autres imagines.Or,

militaire participa activementdès les premièrescampagnes de Trajan contreDécébale19 ; elle resta

12. G.-Ch.Picard, Les

notamment

p.

trophées

romains

, Paris, 1957,

et chrono-

315sq., 371 sq.

13. Si l'onconsidère

le

tableau statistique

; 5 documents

8,IV a 1,VII 15

7) ; 4

25,

etVIII a

logique établi par K. Stemmer, op. cit., hors texte, on

constate

que le motifde la Victoiredécorant

de

un

estattesté par3 documents

(nos V i,

II

3

vienne (n°« III

etVII 5)

4,

III

trophée

l'époquejulio-claudienne

pourl'époque fla-

1),plus

pour le

un document incertain (n° II

règnede Trajan(nos I 9,

lesnos II a

5

etII a

7,

III

documents

VII 18,VII 27),plus

Deux documents

pour

incertains.

règne d'Hadrien (nos II 11 etIII 12,dont le premier

le

est incertain),

alors quepour lesAntonins

onen dénombre

7

VIII

8),

(nosII 4, III 15, III 16,III 18, III 19, VIII

plus undocument incertain (n° III

non-concordances entre le

tulatif (par ex.: nosI

9,

7,

24).Malgré les quelques

catalogue etle tableau récapi-

III

8,VIII 7), ou certainsdésac-

7,

III

6,

III

19),

G.-Ch.Picard,

les proportions

les

restentsensiblement

cordsavec les datations antérieures (nos II

(voir le

compte rendude

l'ouvragepar

RA,1983, p. 97-103), dansl'ensemble,

de

répartitionchronologique

mêmes.

14.

Untorse cuirassé d'Ostie, im autre de

à

Lugano, ou

la statue d'Utique conservée

Leyde : K. Stemmer,

20.

op.

cit., nos1 10,pl. 6 I 10a, pl.7 etn° III 10,pl.

;

15.Ibid., n° III 13,pl. 22, i provenant

etle n°III

14,pl. 22,

auMusée du Bardo.

2 provenant

de Gortyne

d'Haïdra et conservé

16.Pline l'Ancien, op. cit., X, 5 ; Tacite,Ann., I, 39;

Dion Cassius,Hist. Rom., 40, 18.

17. K. Stemmer,

op.cit., p. 162 ;

letableau récapitulatif

pourl'époque

dudécor des ptéryges

julio-claudienne

l'époque flavienne

V

25a,

VI

2, VII

indique : documents

5

9,

(nos I 6, III 1,V 9, VI 1,VII 2), 12 pour

1

(nos I 19, 20,III 4, III 7, V 10,V 13,

VII 12,VIII 4, VIII a i), 3 dela

règne de Trajan(nos II 7,

findes Flaviens et du début du

VII

IV 10,V 17, VII 19, VII 28),3

26,VIII 3), 6 du tempsde Trajan (nos III 10,III 21 a,

de la findu

règne de

8, VII

25,

Trajan etdu débutde celuid'Hadrien (nos V

VIII

7),

12documents

de

14, IV i,

IV

III

X

13, III

i, X 2), 4

l'époquehadrianique

(nos III 8,

2,IV 3, IV 4, IV il, IV 13, IV 16,

de la finde ce

règne et

autresdocuments

(nos III

dudébut des Antonins

enfin,

2 documents

  • 18. R.

R.

S.

15, III 16,III 17, IV 3 a),

(nos II

4 a,VIII 8).

de l'époque antonine

Cagnat, s.v.« Legio», dansDA, III (1904);

s.v.

«

Legio», dansRE, XII, 2 (1925);

Ritterling,

p.

Reinach,s.v. Signa militaria

1311.

«

»,dans DA,IV, 2 (s.d.),

  • 19. CIL,II, 4461.

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

394

LilianaMarinescu-Nico/ajsen

3 b. Statuede Trajan. Muséede Séville, profil droit.CLL M.-N. .
3 b. Statuede
Trajan. Muséede Séville,
profil droit.CLL M.-N.
.
LilianaMarinescu-Nico/ajsen 3 b. Statuede Trajan. Muséede Séville, profil droit.CLL M.-N. . Statuede Muséede Séville, de dos.

3 c. Statuede Trajan. Muséede Séville,

vue de dos. Ci. L. M.-N.

en Dacie jusqu'à l'abandonde la

tionsdécouvertes en

Colonia

Ulpia

reçut

provincepar

Aurèlien, commel'attestent les nombreuses inscrip-

état-major, ainsi que

dans la

capitale

d'Hadrien que la légion

comme symbole de piété

grandepartie à

Apulum, où étaitinstallé P

Traiana

Sarmizegetusa20. C'est probablement à l'époque

les surnomsde Pia Fidelis 21 .

L'éléphant, d'ordinaireemblème de l'Afrique, est considéréà Rome

et de puissancepolitique, tout en revêtantune significationreligieuse d'éternité22. Connu comme

20. I. I. Russu,Inscriptiile

Dacia Superiors

Bucarest,

no

DaceieiRomane

, III,

2 :

1980, nos100 (CiL,III, 1464),

(C/L,III, 1459),113, 243, 245, 248, 268 (C/L,III,

1434)3337 (C/L, III, 7921),366 (C/L, III, 1471),405

(C/L,III,

1476),419 (C/L,III, 1477 et 7979,

420 (C/L,III,

texte

complété),

1.1. Russu le

dansles fauxn° 88,p. 11 ;

432(C/L, III, i479)j

considère

authentique),

452(C/L, III, 1485), ainsi que 10 tegulaelegionum (n08541,

i

- 541,10),

découvertes

dans la Colonia Ulpia Traiana

Sarmisegetusa.

21.

22.

C/L,VI, 1523.

Pline l'Ancien,op. cit.) VIII, i, 2, 3. Voiraussi

J. Guey, Les éléphantsde Caracalla,REA, 1947,

p. 253sq. ;

J. M. C. Toynbee, Animalsin Roman Life

andArti Londres, 1973, p. 39 sq.; H. H. Scullard,

Elephants

,

Cambridge,

1974, passim.

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

Statue héroïque de Trajan au Musée Rodin

395

3 d. Statuede Trajan. Muséede Séville,profil gauche. CL L. M.-N.
3 d. Statuede
Trajan. Muséede
Séville,profil gauche. CL L. M.-N.
3 e. Statuede Trajan. Muséede Séville,détail de la jambegauche. CL L. M.-N.
3 e. Statuede
Trajan. Muséede
Séville,détail de la jambegauche.
CL L. M.-N.

animalde combatbien avantl'affrontement avec les célèbres troupesd'Hanibal23, il

devient l'insigne

de la Ve légion Alaudae après la victoirede César contreles éléphants de Juba Ier24 ; ce type de

signum militare disparut à l'époque flavienne, en même tempsque le corps d'armée auquel il appar-

tenait25.On retrouve l'image du pachyderme commeornement de ptéryge sous la formede deux

têtesadossées sur les premières cuirasses impériales et sur cellesdes Flaviens,puis le motif disparaît

progressivement

figure sur

au

temps de Trajan26. Un second modèle, réduità une seuletête de profil, tel qu'il

notre document, faitson apparition sur certainesloricae flaviennes, décore souventles

l'époque

d'Hadrien27.

effigies de Trajan et dominesurtout à

23. L'éléphant,

animalde combattel

qu'on le voit

V 3, V 24,

VII

24),

8 de l'époque flavienne

VII

26

( ?),

VIII

i)

(n08 I 7 (?),

et 5 du

surun plat de la VillaGiulia : R. Bianchi-Bandinelli,

Roma, L'arte romana nel centro del potere, 4e éd., Milan,

1985,p. 25,fig. 28. Les

première foisles

Romainsaffrontèrent

pour la

guerre

« bœufsde Lucanie» lorsde la

contre Pyrrhus : Plinel'Ancien, op. cit., VIII, 16.

24. La

Ve

légion Alaudaefut créée par César pendant

distingua

en Afrique, en

déter-

la guerre desGaules et ellese

particulier contreles éléphants de JubaIer, ce qui

minaCésar à lui

le

octroyer

droitde surmonter

sesen-

seignes d'un éléphant : César,Bel. Afr.,1, 47, 60, 80, 84 ;

Appian, Bel.Civ., II,

96.

25. Tacite,Hist., I, 55; Suétone,Domitien

26. K. Stemmer,

op. cit.,p.

,

6.

162: documents

l'époquejulio-claudienne (nos I 4, I 6, II a 1, II a 3 (?),

pour

3

3

III

9

II

5,

V 11, VI 2,VII 7, VII 9,

temps de Trajan(nos I 9 (?),

XII

a

i).

27. K. Stemmer,

op. cit., p.

(nos V 5 (?),

3,

III

4,

III

les

Julio-Claudiens

7,

viens (nos I

VII

(?),

II a

VII 8,VII 10,VII il,

III

10,V 16,

Trajan(nos I 9,

V 15, VIII 5, VIII 11 (?),

162: 2 documents

VII

6,

13pour lesFla-

10, V 13,

5),5 pour

16

pour

pour

5),

IV a 1, V

VIII ai, VIII a

VII 26,

VIII

5),

Hadrien (nos II 4, II 22a, III 8, III 12,III 13, III 14, IV i,

IV 2, IV

3,

IV

3 a, IV 4,

IV 8, IV 13,

17,

IV 16,X i, X 2),

pour les Antonins

autresdocuments

(nos III

VII 22,VIII 7 (?));

sont non datés (nos II 4 a, IV 11,

27).

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

  • 396 LilianaMarinescu-

Nicola/sen

LilianaMarinescu- 4 Statuede Trajan. Muséede l'installation socle.CL D. A. /.Rome. dans le Contrairementà avoir une

4 a. Statuede Trajan. Muséede

Séville,avant l'installation

socle.CL D. A. /.Rome.

dans le

Contrairementà l'aigle qui pouvait avoir une

significationhistorique et militaire précise

avoirici des rapports avec

piété et à la puissancepolitique

associéeà la XIIIe

légionGemina, la têtedu pachyderme ne paraîtpas

semble que le motiffasse plutôt allusionà la

l'insignelégionnaire. Il

du

personnagereprésenté, rappelant ses triomphesmilitaires, exaltant pour l'éternitéses qualités

ďimperator, sinonmême à sa propre divinisation28.

28. Les

éléphants

apparaissent

dansles cottèges

triom-

phaux à Romedès l'année 274 av. J.-C.,après lesvictoires

deManius Curius Dentatus sur Pyrrhus

;

en 250 av. J.-C.

éléphants

défilent à Rome ceux que L. Métellusavait capturés aux

Carthaginois enSicile : Pline l'Ancien, op. cit., VII, 16.

Plus haut,VIII, 4, Pline évoque les premiers

attelés qui traînèrent

le char de

Pompée dans son

triomphe sur l'Afrique, alors quedans le livre XXXIV,19,

parlant de l'emploi du char pour lesstatues des triompha-

teurs, il mentionne ceux tirés par le pachyderme, qui

seraient «un usagetardif, nedatant quedu divin Auguste ».

Voiraussi S. Reinach,

s.v. «

Elephas»,dans DA,

II

(1892),

et J.Guey, loc. cit.,p. 256. D'autre part, ce typed'attelage

apparaît surdes monnaies impériales

diviniséssont représentés

les souverains

surun chartiré par desélé-

surune monnaie

J. M. C. Toynbee,

phants, commeon le voit,par exemple,

de

cinia {BMC,III, pl.44,

symbole de

op. cit.,p. 39.

lumièreet d'éternité

:

l'époque de Trajan,ayant comme légende DivaMar-

8)

-

l'animal étant considéré

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

Statue héroïque de Trajan au Musée Rodin

397

Ab. Statuede Trajan. Muséede Séville,avant l'installation dans le socle. Vue de trois quarts. Cl. Muséede Séville.
Ab. Statuede
Trajan. Muséede
Séville,avant l'installation
dans le
socle. Vue de trois quarts. Cl.
Muséede Séville.

Quant au

ďinsoliteet

les

motifdu casque dans le répertoire décoratifďune cuirasse, son emploi n'a rien

exemples de ptéryges ornéesainsi sont nombreux29. Toutefois, le typecorinthien,

moins courant, absent des cuirasses julio-claudiennes,sporadique au temps des Flaviens et des

Antonins,paraît êtrele motifréservé aux cuirassesde Trajan et à cellesde son successeur30. Evoquant

davantage l'armement hoplitiqueque

celui de Vexercitus romain, il semble

suggérer un retourà

programme

l'hellénisme qui s'amorce déjà sousle règne de Trajan et qui esttout à faitmanifeste dans le

politique et cultureld'Hadrien.

L'analyse du

décorde la cuirasseconduit donc à

une datationdans

proposerpour le fragment du Musée Rodin

le premierquart du IIe siècle apr. J.-C.

29. K. Stemmer, op. cit., p. 162: n08I 7, I 20,1 22, VII 19); 2 de
29. K. Stemmer,
op. cit., p. 162: n08I 7, I 20,1 22,
VII
19);
2 de la findu
règne de Trajan etdu début de
II
4,
II
7,
II a 2, II a
3,
II
4,
III 5, III 12,III 13, IV 2,
celuid'Hadrien (n°8 IV
3,
VIII
7);
6 du temps d'Hadrien
IV
9> IV 11 ( ?), IV 16,V 10,V 13, V 17, V 25a, VI 1,etc.
(nos III 8,IV i, IV 2,IV 4, IV 13, X i) et de l'époque
30.Ibid., p. 163 :
2 documents
pourl'époque flavienne
antonine (n08 II 4 a, III
15, III 19, IV 8 (?)).
(n°8 III 7,
IV
a 1)5 2 pourl'époque de Trajan(n08 V 16,

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

  • 398 Liliana Marinescu-Nico/ajsen

L'étude que F. Muthmanna consacréeaux différents types d'élémentsde soutienutilisés

pour les statuesen

marbre31 étaye notredatation. En effet, le « Panzertronk »,

sansêtre très fréquent,

existe déjà à la finde l'époque hellénistique, mais aucun exemple n'en est connu jusqu'ici pour le

Ier siècle apr. J.-C.,quand les empereurs divinisésse plaisaient à

tériens.La statue-portrait

au débutde l'Empire32. Le nu héroïque revientà la modeau ne

par exemple, une statuede Trajan portant la

revêtir plutôt les attributs jupi-

héroïque est d'abordune créationde l'hellénisme, maiselle est assez rare

siècle apr.J.-C., commeen témoigne,

léonté herculéenne, ou plusieurs statuesd'Hadrien

les reproductions de ce dernier typeiconographique

représenté en Mars,seul, ou avecSabine-Vénus33 ;

sontnombreuses durant toute la dynastie antonine34.Il faudrait peut-être chercher l'explication de

cette mode dans un certainrenouveau du culte de Vénus,

qui s'opère justement sous le règne

fragment conservé

d'Hadrien35et dontle temple dédié à Vénuset à Roma paraît êtrele révélateur.

Compte tenu de ces considérations, il

semble que l'on puisse attribuerle

au Musée Rodin à une statuede l'époque hadrianique.Cependant, le motifcentral de la cuirasse

est plutôt raresur les

Romana

reflétantl'idée

Victoiredécorant un

effigies de cet empereurqui

lui préfère de loin le Palladionassocié à la

Lupa

(groupe de Hiérapytna),synthèse de la

qu'Hadrien

civilisationde l'Orientavec celle de l'Occident

se faisaitde son rôle politique et culturel.En revanche, le thèmede la

s'accordetout à faitavec la

personnalité

sa « vertu» tantlouée

trophée, bien que non prédominant36,

de Trajan qui fondeson pouvoir sur le

par Pline37.Dans le

couragemilitaire, et il correspond à

monnayage de Trajan contemporain des campagnesdaces, apparaît déjà la Vic-

émissionconsacrée à la

Virtus Augusti38, alors que le

toireau trophéeapportant le clipeus virtutis

,

trophée est exceptionnel sur les

déjà

monnaiesd'Hadrien39.

Le trophée de notredocument est revêtud'armes romaines semblables à celles que l'on voit

surl'autel de DomitiusAhénobarbus40 et surtoutsur la Colonne trajane41. Sans captifs barbares

d'aucunedes

provincesque Trajan

ni monceaud'armes au pied du mannequin, sans personnification

avait combattueset dont les noms apparaissent dans sa titulature officielle, le trophée ne fait pas

d'allusion précise aux faits historiques; ne désignantpas expressément des victoires déterminées,

il doit être interprété,ici, dans sa valeur universelle, comme symbolepar

Augusti de Trajan. De même pour le thyréosque porte la Victoire:

excellencede la Virtus

s'il peut faire partie de l'armement

dace, il est toutaussi fréquent dans la panoplie du légionnaire romain42.

31.

F.

Muthmann, Statuenstützen

undrömischen

und dekoratives estle

V

17,

plusfréquent

V 26

(?),

VII

: 8

documents

(nos I 10 a, III 10, V 16,

Beiwerkan griechischen

berg,1951, notamment

32.

P.

Bildwerken

,

Heidel-

20,VII 28,XI 3) ; la Nikéau thy -

par 6 documents

(nos V 17a, VII

17,

i) ; parmieux, 4 asso-

de Telluset

zurrömische

Reichs-

p. 58-65.

miaterionestattestée

VII

19,

VIII a

2,

VIII

Zanker,Augustus

unddie Macht der Bilder ,

2

5 0, XII a

Munich,1987, p. 7 sq.

33.

W.

cientle motifau thème cosmocratique

Oce anus.

37.

Plinele

38.

P. L.

Jeune,Panégyrique

,

4,

4.

H. Gross,Das römische

Herrscherbild,

II,

;

2 c et18 a.

Bildnisse

Trajan, Berlin, 1940, n° 45,p. 62,pl.

Hadriendu Musée Alaoui de Tunis,ou celuidu Musée

du Capitole à

Rome: H. G.

Niemeyer,

op.

cit.,

pl. 37.

Le groupe de Sabine-Hadrien

J.Charbonneaux,

34.

Un

au Musée du Louvre:

Capi-

op.cit.) n° 1009,p. 173-174.

époque antonineau Muséedu

groupe d

tole: M. Bieber,Ancient

fig. 108 ;

Copies, New York,1977, pl. 20,

du Musée des Thermes :

Crispine etCommode

ibid.,pl. 20,fig. 107.

35.

G.-Ch.Picard, Bas-relief

inédit de la VillaMedicis,

J.Aymard,

MEFR ,

56,1939, p. 134-150. Voir également

impératrices

Vénuset les

MEFR,

36.

sousles derniersAntonins,

VII 18,VII 27).

51,1934, p. 178-196.

Un

seul exemplepour Hadrien: K. Stemmer,

III

12);

6

op.

pour

cit., tableau chronologique horstexte (n°

Trajan(nos I 9,

II a

5,

II a

7,

III

25,

En fait,c'est le motifdes griffons auxcandélabres qui

Strack,Untersuchungen

victoirede 135 surla

desII Jahr.,I, Stuttgart,

prägung

pl.

V.

39.

Le seul exemple : RICSII,

à

la

faisantréférence

40.

41.

1933, p. 119, n° 374,

p. 373, n° 295,pl. XIV,

Judée.

J.Charbonneaux,

op.cit.) n° 975,p. 130.

S. Settis, A. La Regina, G. Agosti, V. Farinella,

Turin, 1988, scènesnos X, 27-29,

La ColonnaTraiana ,

XXXIII,77-79, XXXV-XXXVII,

fig.3

42.

et

46-50.

87-93, P- 272,304-308,

Ibid.)scènes I, 4-6, XI, 29-31,XXIV, 56-58,

XXXIV,57-59, XXXVIII, 95-97, XXXVIII-XXXIX,

97-

98,XL, 108-109,LIII-LIV, 135-136, fig. 3, 15,28, 29,

53,54, 62, 82, p. 261,273, 286, 287, 311, 312, 320, 340.

Egalement

le reliefmentionné

ci-dessus,

n.

40.

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

Statue héroïque de Trajan au Musée Rodin

399

La Victoireau bouclier peut donc êtreconsidérée comme une

autre expression de la Virtus

Augusti, le thyréosprenant ici la valeurdu

clipeus virtutis et on comprendra alorsl'emblème dans son

,

C'est

la Victoire impériale,

ensemblecomme l'exaltation de la Virtus Augusti de YOptimusPrinceps .

éternelleet universelle,qui

en est glorifiée. On penserapar conséquent à un hommageposthume,

qualitépremière de

l'Empirepacifié.

certitude

la Felicitaset la Feconditasdans

Genève43, il existetrois effigieshéroïques, identifiéesavec

dédiéau temps d'Hadrienà la mémoirede son pèreadoptif, faisantallusion à la

Trajan, celle qui lui permitd'apporter la Securitas ,

Mis à part le faux Trajan

de

commeétant celles de l'empereur,auxquelles les jambes fontdéfaut.

à Samos,signalés par R. Herbig en 192844. Seule

de W. H. Gross45,qui la classe dans

le groupe 2 Bürgerkronentypus

,

décenniedu IIe siècle (103-107), mais qui

a

Il

s'agit, en premierlieu, de plusieursfragments d'une statue provenant du « castro» de Tigani

la

tête,couronnée, est reproduite dans l'ouvrage

type remontantà la première

des

portraitsposthumes.

pu être également utilisé pour

C'étaiten faitune statue demi-drapée; il n'est pas impossible de concevoir pour elle une cuirasse

commeélément de soutien, telle qu'on la voitsur la statued'un général romaindu Iersiècle av. J.-C.,

conservéeau Musée des Thermes46. Cependant, C. C. Vermeule préciseque

graphie de

« Panzertronk».

typeque

celle de

Neptune ou de Jupiter47; il nous semble que

théologiejovienne du principát de

l'image utilisaitl'icono-

cettedernière corresponddavantage à la

analogue

à

l'effigie de

Claude

coiffées, l'une de

la couronne

Carlsberg,acquise

 

même

perdu les bras qui descendaient

 

jambe

Trajan48. La statuedevait être

conservéeau Vaticanou à celle de la Villa Borghése49, toutesdeux

civique, l'autre de la corona triumphalis

et

,

par W. H. Helbig en 1910 à

flanquées de l'aigle, ce qui excluraitla présence du

  • 2 a-b) ; la tête, non couronnée, est néanmoinsdu

la

nature,l'effigie a

la droiteest briséeau-dessus du

Une secondestatue héroïque de Trajan est celle de la GlyptothèqueNy

Rome50 (fig.

Samos. De taille supérieure à

près du torse ; la jambe

gauche fait égalementdéfaut, tandis que

genou.Malgré ces mutilations, il est possible de la

droiteétant la jambed'appui, la têtetournée à

autourdu bras

gauche,

rapprocher du Diomède de Cumes51: la

gauche, le

manteau jeté sur l'épaule devaits'enrouler

comme l'indique une cassureau reversde la statue.

Etantdonné la différencedes marbreset la fracturese situant trop bas sur la cuisse, il faut

écarter l'hypothèseque la jambe de la collectionRodin ait pu appartenir à

cette effigie de Trajan.

En revanche, une statuecolossale découverte en 1788 dansles thermesde l'Est (« Los Palacios »)

à Italica et conservéeactuellement au Musée

archéologique de Séville52 (fig.3 a- e), offre plusieurs

points communsavec le documentde Paris. Taillée dans un seul bloc, l'œuvreconserve la partie

inférieurede la tête à partir des pommettes, et les traitssont assez

proches du portrait idéalisé

d'Ostie53.Les brasont disparu; la jambegauche estbrisée au-dessus de la chevilleet la jambedroite,

43.

W.

Deonna,Musée d'Art et d'Histoire

antiques

de Genève.

Catalogue des sculptures

(8938).

, Genève, 1924, 131

H. G. Nie-

44. R. Herbig,AA, 1928, 625 ; également

meyer, op. cit., n° 109,p.

45.

W.

110.

46.

47.

Gross,op. cit., n° 13,p. 59,74 et 126,pl. 11.

Roman Imperial Artin Greece and

6.

A. Giuliano, op. cit., I, 1,n° 164,p. 267.

C. C. Vermeule,

AsiaMinor ,

48.

Plinele

Cambridge-Massachusetts,

Jeune,op. cit., 1, 5 ;

1968,p.

le reliefde

l'attique

de Tarede Bénéventen

49.

M.

Vatican) et 93 (Feffigie

témoigneégalement.

Bieber,op. cit., pl. 17,fig. 92 (l'exemplaire

du

dela Villa Borghese).

50.

V. Poulsen,Les portraits

LV.

romains,

II, Copenhague,

1974, n° 34(543 a), p. 63-64,pl.

51.

Muséenational de Naples, salleV, n°

(1986), s.v. «

144978;

LIMC , III

A.

également

Diomedes», n° I 38 a -, voir

Maiuri, Il Diomedodi Cuma,Rome, 1930.

52.

Ramenédès 1880 au Muséedes Beaux- Arts, elle

1945 au Musée archéologique,

Inv.

futtransférée

en

n° 1052 :

A. García y Bellido,Esculturas

Madrid, 1949, p. 32,

romanas de

20,pl. 20 ;

Españay Portugal,

marbre grec; H. 2,20 m ; W. H. Gross,op. cit., n° 76,

pl. 2 a, p. 59,61, 133 (avec mesures erronées).

53.Ibid., n° 74,pl. 33-35.

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

400

LilianaMarinescu-Nico/ajsen

LilianaMarinescu-Nico/ajsen 5. Dessinsde A. Ponz,p. 1533 : « Fragmento de escultura antigua ». à mi-cuisse.Le avec
  • 5. Dessinsde A. Ponz,p. 1533 : « Fragmento de escultura antigua ».

à mi-cuisse.Le corps, avec un

déhanchement prononcé,repose sur la jambe droite.Le bras

comme l'indique

gauche

abaissé appuyait la main sur la hanche,

position des

la traced'une phalange à cet endroit.La

le bras droitétait

muscles pectoraux et l'arrachementde

l'épaule droite indiquentque

écarté, tenant probablement une lance, car un

geste

oratoireaurait exigé

gauche,

que le regard fût dirigé

dans le mêmesens. En fait, ici la têteest tournéevers la

épaules. Le manteau, retenu par une

dans le dos jusqu'au niveau du mollet.

La pondération de cettestatue dérive du

de Copenhague, du Diomède attribuéà Krésilas55 ;

déhanchementmoins accentué, elle

tude du bras

gauche

se

entraînantune légère torsiondes

fibule circulaire, est posé sur l'épaulegauche et retombeensuite

type de l'Hermès praxitélien54,

ou, comme l'exemplaire

par le traitement plus athlétique du torseet le

maisl'atti-

peutrappeler également le Diadumène polyclétéen56,

« Dodécathéon» d'Ostie57.Ces

adaptéspour

des

rattache davantage à l'Arès du

prototypes

d'effigies divinesremontant aux Veet IVesiècles ont été repris et

statues-portraits

notammentà l'époque impériale, comme l'Augusted'Otricoli58, le « Pompée » du Palazzo Spada59,

54. Ch.Picard, Manuel ď

P. E. Arias,Policleto

,

archéologie

grecque.

La sculp-

IX.

ture, IV, 2, Paris, 1954. p. 274sq., fig. 107, pl.

55.

Voirnotamment

bibliographie.

56.

57.

F. Carinci, loc. cit., p. 27-32 avec

Milan, 1964, pl. 73.

deldodekatheon

pras-

G. Becatti, Nuovo framento

sitelicodi Ostia,Boll. Arte , 36,1951, p. 193-200,fig. i

et 3 ; LIMC,III (1986), s.v.«

»,n°

Dodekatheoi

24.

58.

G.

Lippold, Die

Skulpturen

desVaticanischen

Mu-

seum , III, i, Berlin,1956, n° 565,p. 162 ; voiraussi ci-

dessus, n. 9.

59.

D.

Facenna, II Pompeo diPalazzo Spada, Arch.Cl.,

8, 1956,p. 173sq., pl. 41-43 ;

F. Coarelli, Il complesso

la sua decorazione

pompeiano del Campo Marzioe

scultorea, Atti Pontif. Accad., 44, 1971-1972, p. 99-122 ;

voiraussi ci-dessus,

n. 9.

This content downloaded from 83.137.211.198 on Thu, 13 Aug 2015 19:57:57 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions

Statue héroïque de Trajan au Musée Rodin

401

Statue héroïque de au Musée Rodin 401 Dessinsde Matute Gavi- na, 90, Pl. 17. 7. Dessinde
  • 6. Dessinsde J. Matute y Gavi-

na, p. 90, Pl. 17.

Statue héroïque de au Musée Rodin 401 Dessinsde Matute Gavi- na, 90, Pl. 17. 7. Dessinde
  • 7. Dessinde Demetriode

los Rios.

plusieurs statuesd'Hadrien découvertes aussi bien dans la pars Graeca que dans les provinces occi-

dentalesde

l'Empire60 et jusqu'à des époques

tardives: le bronzede TrebonianusGallus conservé

au Metropolitan Museum de New York61en est le témoin.

La statued'Italica offre des analogies toutà faitsaisissantes avec celle de Caius OfelliusFérus

de Délos récemment restaurée62, à ceci près que sur la statuede Trajan le manteautombe librement

dans le dos, ce qui la distingue de toutesles autresstatues de la série, et que la main gauche est

posée

sur la hanche.

Plusieursdétails de

l'effigieibérique de Trajan permettent d'avancer l'hypothèseque

la

jambe

conservéeau Musée Rodin peut lui êtreattribuée : notonsl'identité du marbre, blancà cristauxfins

et serrés, avec des veinesmicacées observables sur les cassures ; les mensurationsdétaillées coïncident

(tour de la jambe à mi-cuisse, sous le molletet au-dessusde la cheville); surtout, ces mensurations

livréessur ordinateurà un logiciel de type CAD, ont révélé que les deux documents - statueet

jambe - étaient compatibles. Du

point de vue stylistique, on retrouvele mêmetraitement du modelé,

6o.

Pergame :

M.

Wegner, op. cit., 1956, p. 59,66,

Le

flancoriental

dela Larissa,

pl.14; Argos : W. Vollgraff,

BCH,82, 1958, p. 550sq., fig. 25-26 ; J. Marcadé, Sculp-

tures argiennes,

Tunis: M.

II,

meyer,

BCH,

87,1963, p. 44 sq.,fig. 16-17 5

H. G. Nie-

Wegner,

Wegner,

op. cit., 1956, p. 46,115 ;

op. cit., pl. 37, 1 ; Vaison-la-Romaine

: M.

ibid.,p. 71,115, pl. 12 et 14.

  • 61. M. Biebei,op. cit., pl. 158,fig. 894.

  • 62. J.Marcadé, Au Musée de Délos, Paris, 1969, p. 117-

118; G.-L. Bartheet D. Besnainou,

de

l'effigie-portrait

Restaurationde

CaiusOfellius Férus à Délos,BCH,

112,1988, p. 413-