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&

RECUEIL DE VOYAGES
ET DE

DOCUMENTS
pour servir

A L'HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE
Depuis

Sous

la

le

XIIIe jusqu'à

direction de

la fin

du

XVI

e

MM. CH. SCHEEER, membre
et HENRI CORDIER

siècle

de

l'Institut

XV

DESCRIPTION

DE L'AFRIQUE
TIERCE PARTIE DU

MONDE

TROISIÈME VOLUME

/-

ANGERS.

— LMP.

BURDIK, SECTION ORIENTALE DE L'IMPRIMERIE CAMISETC ie A PARIS.
,

XCVIII . ÉDITEUR )8.CCC.D. TROISIEME VOLUME PARIS ERNEST LEROUX. Membre SCHEFER de l'Itistilul. lS . KUt »»K » r » R T K M. puis en Toscane et à présent mise en François NOUVELLE ÉDITION ANNOTÉE Far Ch.D escription DE L'AFRIQUE TIERCE PARTIE DU MONDE ESCRITE PAR JEAN LEON AFRICAN 'Premièrement en langue ^Arabesque.

.

par et commencé moi pour le 8 juillet 1881 par la direction scientifique. pour la partie matérielle. Charles Schefer M. Paris. Schefer. et Ernest Leroux.CHARLES SCHEFER Ce Recueil de Voyages a été M. éditeur. et Galette des Beaux-Arts. la Arts... 12 notice sur M. Henri Cordier. Quinze volumes ont paru dont neuf publiés par M. Schefer a mars 1898 — Voir aussi Chronique été tirée à part. Ernest Leroux. 1898. des . J'ai raconté ailleurs tant de liens d'affection. En livrant au public ce vénéré ami. Navigation de Vasque de Gamme. dernier dois ajouter pour nos lecteurs que travail je à diriger seul la partie scientifique de cette collection. I er u% septembre 1898. je nouveau volume. petit 1. je ' la vie mon mais que couverture des ou- de celui auquel m'attachaient mécontente aujourd'hui de résumer sa carrière en quelques notes et à plète de ses la de continuerai donner la bibliographie com- œuvres. in-8 . 27 octobre 1898. le nom de Schefer figurera toujours sur vrages. Faris.

NOTES BIOGRAPHIQUES 1820 .

NOTES BIOGRAPHIQUES 1867 m .

Paris. 2 rue de Lille. 1897 Septembre Président du talistes. Président du Comité Vasco de Garni 1898 1898 XI e Congrès des Orien- Mars 3 Mort de Charles Schefer. .NOTES BIOGRAPHIQUES it Centenaire de l'École 1895 des Langues orientales.

p. Je n'ai pas manqué de communiquer ces catalogues à di- M. Schefer. . Le Caire. 83-113. Votre Excellence m'a transmis quelques exemplaires d'un catalogue de livres turcs. Fock.-pMl. T. tirées de la correspondance de 20 Avril 1849).OUVRAGES DE CHARLES SCHEFER i . et M. Drogman du Consulat-Général de France. a eu l'extrême obligeance Je faire un résumé sonné de ces ouvrages. 7^-80. par le retour du néécrit gociant Avéroff. en l'accompagnant d'un: lettre indiquant divers endroits. Histoire de ï expéïition de Dal-taban Mustafa Pacha contre Basrab. en me priant de faire des recherches our en découvrir quelquesuns en Egvpte et de tâcher d'en faire l'acquisition pour l'Académie. de VAc. s'est trouvé M. texte turc par Khairi Notice et traduction par Ch San fer. 2. N 14 et 16. a-abeset Pi. à 113.(Lu le Bul.. 1848. {Mélanges Asiatiques tirés du Notices littéraires M.) : a) Lettre de M. avec autant de passion que de succès. Fock : i verses personnes qui s'occupent « ici de la littérature orientale. Si -85. des langues orientales.hist. Frahn. pour se former une assez jolie bibliothèque. 79 Contient Tome I. Parmi les personnes auxquelles j'ai communiqué le catalogue susmentionné. Schefer. p.-phil.il asiatique de . imp. (1849-1852). en Syrie surtout. 25 nov. pp. 1848. Fock à M. et qui a profité de son séjour dans divers endroits de l'Orient. p. du Levant.. 1848. » Ces notices littéraires sont tirées du linllcl. « Il y a deux ans environ que. Parmi les divers manuscrits qu'il possède. Schefer à M. b) Lettre de M. VI. bist. le 19/ j 1 Jec. Alexandrie. des Sciences de St-Pétersbourg. jeune homme qui s'occupe.r>ans très rares. raià ma demande. il s'est trouvé aussi trois des ouvrages du catalogue. (Joum. par M. Frahn. c) Description de quelques manuscrits orientaux. Drogman de la Légation de France. Schefer. où il croit qu'on pourrait se procurer des manuscrits plus ou moins curieux.

Professeur à l'École des Langues orientales vivantes — Traduction française — Paris. traduit et annoté par Charles Secrétaire interprète du gouvernement pour tales Professeur à l'École des Texte persan. traduite et annotée par Charles Schefer. 1852. Premier Secrétaire interprète du Gouvernement pour les langues orientales. Khoqand) Depuis les Boukhara. in-8). d'Henri Cayol. 6. pp. Henri Cayol. Chah (1153) jusqu'en 1233 de l'Hégire (1740-18 18). — in-8. y Il a des exemplaires sur papier vergé. Leroux — 1876. 1876. in-4. carte. Histoire de V Asie. III des Publications de V École des Langues Orientales vi- vantes. Vol.OUVRAGES DE CHARLES SCHEFER VI Constantinople. Relation de l'Ambassade au Khareyn de Riza Qouly Khan . ErnestLeroux. Ernest Forme le Schefer Premier les langues orien- Langues Orientales Vivantes. — Constantinople. N° i. Professeur à l'École des — Texte persan. vii-306. Voir pages 25-63. dirigé et publié par . Khiva. Imprimerie Orientale Janvier 1852. Relation de Khan V Ambassade au Khare^m (Khiva) deRiza Qpuly publié. Histoire de ï Asie centrale (Afghanistan. I des Publications de l'École des'Langues orientales vi- vantes. ErnestLeroux. Le Texte turc que nous publions aujourd'hui « est extrait d'un re- cueil de pièces historiques intitulé Histoire de Khaïri <SJ?~ 3. Vol. parMir Abdoul Kerim Boukhary publiée. dernières années du règne de Nadir Crmh (115 3) jusqu'en 1233 de l'Hégire (1740. traduit et annoté par Charles Schefer. . 4. in-8. 1876. Khiva. Khoqand) Depuis centrale (Afghanistan. Paris. des Publications de V École des Langues orientales vi- vantes. 5. dernières années du règne de Nadir les ».18 18) par Mir Abdoul Kerim Boukhary publié. Forme le Paris. — Tome — I. Premier Secrétaire interprète du Gouvernement pour orientales. fj> Boukhara. Forme le Vol. II les langues Langues orientales vivantes.

J57-375. — ety-virienne.. — Suivis du le Levant par M. pp. — Paris Ernest Leroux — le sur et Comte de le Saixt- texte des traductions originales des Capitu- lations et des Traités conclus avec la Forme le Sublime Porte ottomane 1877 in-8. Ernest Le /' III. pp. 1879. Ernest Leroux. Kaboul à Qandahar. IV des Publications de l'Ecole des Langues Orientales vivantes.. Il 7.. Itinéraire de Pichaver à Kaboul. Forme le Vol. 1878. VII des Publications de F École des L- orientales vivantes. in-8. roi de Perse. y a des exemplaires sur papier vergé. xiv-542.. pp. Paris. — à Hérat.OUVRAGES DE CHARLES SCHEFER traduite et annotée Par Charles VII Schefer Membre de Premier Secrétaire Interprète du gouvernement pour orientales Professeur à l'Ecole des l'Institut les langues Langues orientales vivantes. Itinéraires. in-8. Leroux. VI des Publications de l'Ecole des Langues orientales vivantes. Rela- tion rédigée en allemand et présentée à l'empereur par Tectander von der Jabel Traduction publiée et Georges annotée par Ch. 1877. X delà Bibliothèque orientale Il y a des exemplaires sur papier vergé. Carte. Portrait en Paris. Itinéraire de C et II. comme cour du grand- de Chah Abbas. Vol. Qatlû SCHEFER. 8. Ces itinéraires « sont extraits de l'onvrace de Mohammed Ahdoul . pp. Mémoires sur V Ambassade de France en Turquie commerce des Français dans Priest. (Traduits du persan) par néraires et de voyages dans Paris. carte. 9. Administrateur de l'École des Langues orientales vivantes.) Recueil forme le Vol. xxiv-334.. Forme le Vol. Ernest Leroux. Premier Secrétaire interprète du Gouvernement. Schefer. Itinéraire de — I. tête de Hussein Aly Beg. xxn-120. in-12. Iter Persicum ou Description du Voyage en Perse entrepris en 1602 par Etienne Kakasch de Zalonkemeny Envoyé ambassadeur par l'Empereur Rodolphe duc de Moscovie et à celle à la II. {Recueil Asie centrale — d'Iti- V Extrême-Orient.

Il y a des exemplaires sur papier vergé. de la II" Série des Publications de V École des Langues orientales vivantes 13. Membre de Leroux. Administrateur de l'Ecole des Langues Orientales vivantes. xlvii (ch. in-8. Relation du voyage de Nassiri Khosrau en 12. gr. gr. Par Charles Schefer. portz. 11. Ernest Leroux. 1881. {Archives de l'Orient latin. pendant années de l'Hégire 437-444 (103 5-1042) publié. pp. OUVRAGES DE CHARLES SCHEFER vin intitulé Tarikhi Kerim Mounchy. Syrie. 1881. traduit et annoté par Charles Schefer. Aboul Hassan Aly ibnel-Herewy. Galland pendant son séjour à Constant inople (1672. Pu- blié par M. Premier se- les crétaire interprète du Gouvernement. Journal d'Antoine Ahmed. in-8. pp. 587-609. pp.D. xvn-286. Notice par Henri Cordier. Cour de France en i6yo par Ezéchiel Spanheim envoyé extraordinaire de Brandebourg publiée pour .. Indications sur les lieux de Pèlerinage. orientales Langues ministrateur de l'École des Ernest Leroux. I. en Arabie et en Perse. Schefer. l'Institut Paris Ernest in-8. pp. 2 vol. citez et aultres passaiges mil quatre cens quatre vingtz Estant Rhodes et le siège fait l'an du grant Turc à régnant en France Loys unziesme de ce nom. Membre de l'Institut. du règne du fondateur de io. le Vol.LXXXII.. 146-150. Paris. Paris.16-3) publié et annoté par Charles Schefer Membre de Adl'Institut Premier Secrétaire-interprète du Gouvernement vivantes. 1882. I. villes. M. Ernest Leroux. Paris. de l'Institut.) Scjer-Nameh. M. Revue de l'Extrême-Orient. [Extraits]. en Palestine. 220.CCC. Le Voyage de la saincte cyté deHierusalem avec la descrip- tion des lieux. 1881. pp. Ch. la dynastie des et consacré à l'histoire Dourâny. Forme 14. Relation de II du la Recueil de Voyages et de Documents. en Egypte. I le texte. par er- reur (lxvii)-i5 3.. + Lvm-346 Forme le Vol.

in-8. IV du M. Librairie + n. 18.LXXXIII. Ch. n-8. pp. Le Discours de la navigation de Jean Dieppe de Raoul Parmenticr de et Sumatra en 1529 Description de l'isle de Publié par M. tion française par Charles Schefer.) Paris. Vols.) Ce mémoire militait crit sous le rét'iie du suhan Mclil eJ- . 16. Cbrestomathie persane à l'usage des élèves de l'École spé- Langues Orientales vivantes publiée par Ch.. Par Charles Schefer. Ernest Leroux. texte. Schefer Membre Société de l'Histoire de France Par la de A l'Institut.D. (Archives de l'Orient latin. pp. i). 1884. gr. ciale des . 2 Paris. Recueil de Voyages et de Documents. Forme le Vol. Administrateur de l'École des Langues ciale des Orientales vivantes Paris Ernest Leroux 1883 et 1885 in-8. Schefer. xc-297.. i Divise des Chemins de Babiloine ».OUVRAGES DE CHARLES SCHEFER M. + pp.. ff. ch. membre de llnstitut Paris Ernest Leroux. Ernest Leroux. M. Forme le Vol. orientales vivantes. -f- Traductions publiés par les et traduc- (Mélanges Orientaux — professeurs de l'École spé- Langues orientales vivantes à l'occasion Congrès international des Orientalistes réuni du sixième Leyde. in-8.CCC.LXXXIV. 1883. pp..D. Étude sur la de gr. Palestine) de Jean Thenaud Gardien du couvent des Cordeliers d'Angou - lême suivi de La Relation de l'Ambassade de Domenico Tre- Soudan d'Egypte visan auprès du membre par Ch. lvij — Voyage Sainct-Dominigo à — MDCCCLXXXII. Le Voxage d'Outremer (Egypte. (Septem- à bre 1883.. Trois chapitres Textes 2 vol. 462. Paris. Mont Sinav.. 89-101.CCC. Renouard. pp. II. VII les Langues 293 et VlII'de la II e et série des Publications de l'École du Khitay-Namèh Texte persan 17. du Recueil « — 15 12 — publié l'Institut Paris de et annoté Ernest Leroux. Ch. xxix-202. heuments. xi-244 Forment des -|- texte. 29-84. pp. V 19. pp. Schefer. Schefek Membre de l'Institut.

Schefer. Paris. 22. Par Charles Sche- — Mémoires. Ch. 1 héliog. pp. 2 cartes. 1886). Forme le l'Institut. MDCCCLXXXIX. l'émir Nassireddin Yahia et Namèb — M.D.OUVRAGES DE CHARLES SCHEFER x Dhahir Beybars. pp..Charles Schefer.. M. Mouï^eddin Aboul Harith. composé par (Recueil de textes de traductions publié par les professeurs de l'École des Langues du VIII e Congrès international Stockholm en 1889. Sindjar. Vol.. Ch. Forme le Vol. Ernest Leroux. 23 Quelques chapitres de l'abrégé du Seldjouq . VIII du Recueil de Voyages et de Documents. Roy en Levant escript par noble homme ambassadeur pour le Jean Chesneau L'un des secrétaires dudict seigneur ambassadeur Publié et annoté par M. in-8 . Schefer. membre M.LXXXVI.. IX du Recueil de Voyages' et de Documents.. par fer. conquête de Safed la et avant la de prise ». Paris Ernest Le- gr. 1-102. 1-47. après St-Jean-d'Acre Tableau du règne de 20.DCCC.LXXXVIII. pp. membre de roux. Imp. Imp. (Nouveaux Mélanges Orientaux les professeurs de l'École spéciale des Langues orientales vivantes à l'occasion réuni à du septième Congrès international des orientalistes Vienne (Septembre M.. Publiés et annotés par l'Institut. in-8. Extrait de l'ouvrage intitulé Le re- fils pos des cœurs et composé par Mohammed jj^J' '^3 jj-uJI k^]j la manijestation de la Joie ibn Aly Ravendy. Lxi-296. Estât de la Perse en 1660 par Le P. pp.DCCC.) 24. gr. pub. I.LXXXVII. Le Voyage de Monsieur d'Aramon. Les Voyages de Ludovico di Varthema ou le Viateur en la plus grande partie d'Orient traduits de l'italien en français par Balarin de Raconis Commissaire de l'artillerie sous J. Raphaël du Mans . 2 fac- similé.CCC. Sultan de Melikchâb. Paris. nationale. le roi M.) 21. in-8. François de 1er . in-8. na- orientales vivantes à l'occasion des Orientalistes tenu à tionale. Paris. LXxi-406.

Paris le vizir et de Documents. Traité de ^sultan — l'Institut. — Siasset le sultan Série des Publications de l'École des Lan- . in-8. pp. VIII de la III Série des Publications de l'École des Lingues orientales vivantes. France — Académie des Inscriptions — Séance publique annuelle du vendredi 14 no- Institut de Belles-Lettres. XI du Recueil de Voyages . Firmin-Didot C et ie .. Ernest Leroux. Forme le Vol. gr. Paris. Ernest Leroux in-8. e le Vol.CCC.xvi-350. 27. in-8. in-8. III e Membre de l'Institut Administrateur de l'École Langues Orientales vivantes. Schefer Membre de l'Institut. gouvernement composé pour le Nizam Oul-moulk Schefer Membre de l'Institut Texte persan Administrateur de l'École des Langues orientales vivantes Paris.. composé Par Maitre Denis Possot et achevé Par Messire Charles Philippe Seigneur de Champarmoy de et M. 3 12. Paris. Melik-Chàh par édité par Charles — Publié annoté et Ernest Leroux. Schefer. de la II e Série des Publications Je i'Écoïe des Langues orientales vivantes. cxv-465. Siasset Aa///t /. Traité de gouvernement composé pour Melik-Chàh par le vizir Nizam Oul-moulk le texte . Forme — Siasset sultan Namèh. Forme le Grandchamp membre par Ch. 1891. Il 25. 1890. Ernest Leroux. pp.XC. 19. Traité de Gouvernement composé pour le vizir Nizam Oul-moulk traduit par Melik-Châh par Charles Schefer spéciale des — 1893.OUVRAGES DE CHARLES SCHEFER Supérieur de xi Mission des Capucins d'Ispahan publié avec la notes et appendice Par Ch. pp.. MDCCCXC. Le Voyage de la Terre Sainte Paris. ni -f- texte. 26.D. Typographie de in-4. et vembre 1890 présidée par M. de 1532 Vol. pp. pp. y a des exemplaires sur papier vergé. VII de la gues orientales vivant.. Namêb.. XX Forme le Vol. Schefer.

Forme 30. historique de Boukhara par suivie de textes relatifs à la Transoxiane. in. de Documents. in-8.CCC. — Forme le Vol.. Sche- fer (Galette des Beaux-Arts. Paris LXXVin-325. Mémoire nople Par le historique sur T Ambassade de France à Constanti- Marquis de Bonnac publié avec un précis de ses né- gociations à la Porte Ottomane par M. M. conseiller de Philippe le et et de Bourgogne l'Institut. 289-293). Admi- — Sup- vm + texte + du Vol. Bon.D. Paris. Note sur un tableau du Louvre naguère attribué à Gentilc . Vol.. pp. XII du Recueil de Voyages Description topographique Mohammed Nerchakhy Duc Schefer Membre de M. Paris. Portrait et pi. Lxxvm-287. Schefer n'a pas eu le temps de donner la traduction de ce volume. Par C. d*après une miniature du xv e siècle à la Bibliothèque Nationale. pp. XIII. VII de la III e Série des Publications de YEcole des Langues orientales vivantes. Forme la 2" 28. in-8. Membre de l'Institut École des Langues Orientales vivantes Ernest Leroux — 1897. 32. Ernest Leroux. la Société d'Histoire diplomatique. 29. pp.8. 3 1.XCII.OUVRAGES DE CHARLES SCHEFER xii persan Édité par Charles Schefer nistrateur de 1 plément. avril 1891. Publié par MDCCCXCIV. Noie sur partie les miniatures ornant un manuscrit de la Relation du Voyage à'Outremer de Bertrandon de la Brocquiére. pp. in-8. Ernest Leroux. Paris. III« Série des Publications de VÉcoledes gues orientales vivantes. Charles Schefer Mem- bre de l'Institut. Schefer n'a pas eu le temps de donner la Lan- traduction de ce vo- lume. Texte persan publié Par Charles Schefer Membre de l'Institut Ad- ministrateur de l'Ecole des Langues orientales vivantes. Avec une eau-forte hors texte de Jules Jacquemart. 1892. Le Voyage d'Outremer de Bertrandon de la Broquière premier ccuyer tranchant et publié et annoté Par Ch. M. Ernest Leroux. le gr.

t. Leroux. (Galette Beliini. Paris.XCVI. Schefer deux Membre de cartes.. pp. Paris. Ernest l'Institut. pp. br.. Ernest pi. L'ouvrage de Spandouyn est traduit de l'italien en français par de Raconis. puis en Toscane et à présent mise en François Nouvelle édition annotée Par Ch. par le soudan d'Egypte Aboul Feth Qansou Ghourv (1512). LXX de !a Bibliothèque orientale eljbviriennt. Orientales vivantes MDCCCXCV. Paris Imprimerie nationale — pp. Forme le Vol. pp. Relation des Voyages à la Côte occidentale d'Afrique d'Alvise de Ca'daMostoi4j)-i4)7 publiéeparM. 1895. in-8. - > ' Voyages anciens. de l'Institut [Extrait de l'islamisme musulmans avec les jusqu'à la fin du {Centenaire Je l'École des Langues 1795-1895. Notice sur 33. in-S. — Premier volume Avec M. Par Charles Schefer. n° III 40. Forme le Vol. Description de l'Afrique tierce partie Jean Léon African Premièrement en langue ^Arabesque. latin. gravure hors texte et un médaillon. XIII du Recueil de /'. 201-204).CCC. Paris.) Turcq^pai Théodore Spandouyn annoté par Charles Schefer Membre de 36. sept. procurateur de Saint-Marc. évêque de ms.xix-206. 1895. 1 peuples relations des depuis l'extension de xv" siècle. Ch.xm OUVRAGES DE CHARLES SCHEFER des Beaux-Arts. victorieux roi 34. Une 3 3 . Ernest Leroux. Charles ScHEFERMembre de l'Institut. Chinois. du monde esc rite par 37. Ernest Leroux. Le Discours du Voyage d'Oultremer au très 1452. 2]. Fig. Schefer la Revue de l'Orient Leroux. pp. . Schefer.111-12. par Jean Germain. lxxvii 403. ' uments. les Membre M. Paris.D. gr. Ll-378. 1-43. Forme le Vol. par (1895). en Chalon publié d'après le Nationale. 1895 I de la Bibliothèque de ~ P et in 8 PP. français N° 5737 de la Bibliothèque Charles VII prononcé. par Ch. Petit traictede ï origine des Cantacasin publié et l'Institut. Représentant l'audience accordée à Domenico Trevisan. 1896.

Ernest Leroux. 1898. II de la Bibliothèque des Voyages anciens. Cet ouvrage qui devait former les Vols. n'a pas paru. xx-276. par Ali XV e et au commencement Akhbar Khitay. in-8. XVII-XVIII delà IVc Série des Publications de l'Ecole des Langues orientales vivantes. Forme le Vol. Description de la Chine à la fin du du XVI e siècle. pet. publié aujourd'hui XV du Recueil. pp. nom donné par Léon et X forment les vols. Jean Léon. 2 vol. 39. etle e 3 vol. Charles Schefer Membre de l'Institut. XIV à Hassan el-Ouazzan lorsque celui-ci abjura l'islamisme. du Roi de Paris. . En tête se trouve une notice sur Charles Schefer par Henri Coruier dont il a été fait un tirage à part. Texte persan et traduc- tion française par Charles Schefer.OUVRAGES DE CHARLES SCHEFER xiv Le 2 e (1897). in-8. Navigation de Vasque de Gamme Portugal en Van 1497 Écrite par chef de l'armée un gentilhomme florentin qui ladite armée publiée par Lisbonne avec se trouva de retour à M. 38.

du septentrion à la mer Méditerfleuve sert i.HISTOIRE ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE HT DES CHOSES MEMORABLES CONTENUES EN ICELLE LIVRE QUATRIÈME DU ROYAUME DE TELENS1N e royaume de Telensin de ponant se celuy de la partie termine au fleuve Za Maluia . au déde Numidic. formé de Telcm elle est composée Selon lbn Klialdoun et de Sin. devers de et à levant au Maieur. Le nom de Tlemcen (Tilimçan) est qui.du coté du midy. signifient c'est-à-dire de la terre et de ni. mots de deux les i mots Telem i . dans l'idiome des Zenata. la nier.

et fut jadis souz l'empire des Romains. t. Mann. c'est-à-dire Khaldoun. III. p.. fonda la de le Mohammed commandement de dynastie des Yaghmo- qui succéda à son la tribu des Abdel-Ouad qui prit . fcTeien- expugne \ et mais ce ne Q$ ro s . Le personnage dont parle Léon racen. elle réunit deux choses. mais depuis qu'ils fuil retourna aux mains de rent expulsés de l'Afrique. ceux qui en furent premièrement possesseurs. fils Abou de Zyan. dernier. qui fut puis après appellée Béni Zeiien. jusques à tant qu'il y régna un grand prince. les autres détenus en captivité. avec leur valeur des armes. jouyrent de cette seigneurie par l'espace et de troys cens ans..p ez . Les Latins l'appellent Caesaria. les- quels furent Béni Habdulguad.. et de ce temps mêmes. . Izza furent encor autre- Thunes foys expulsés par les roys de son signifient Ils fils de Thabit. s'emparèrent de foy les histoires) il magnanimité et ce royaume. qui. Histoire 1. de Zeiien nom le et est . duquel etoyt Ghamrazen demeuré le de cetuy-cy. l'Africain dans ce passage est fils Zekdan Ibn Zyan dans Abdel-Ouad. tant qu'ils ont changé le nom de leur maison. famille du peuple de Magraua. dompté paries roys famille de de Fez faire - fils '. de Ghamrazen La seigneurie demeura sin. fin en 796 (1393). . Il neantmoins.HISTOIRE 2 ranée. Royaume de fils règne aux decendans mo lesté. désert et le Tell (Ibn 332). frère des Berbères. en 633 (1235). et quelques uns se retirèrent au désert des Arabes. le . entre . . aucuns roys de la maison de Zeiien furent occis. ^. leurs voisins. entre lesquels (comme la en peuvent y en eut dix. mains de ce grandement par les fut sans être de ceux de c'est à savoir .

des Abdelouaaites et l'Histoire des Bâti Mohammed ibn Abd Grandeur du royaume . il jeter dans à sac et se fraya le au sa famille et. coururent se réfugier derrière leurs remparts. n'y a d'espace que Au moyen vingt et cinq milles. accablés par le voisinage de Tlemavec ses troupes pour livrer bataille. pur l'imam Cidy Abou Abdallah cl-Djelyi el-Tenessy. Hutmen son de et à leur quelque temps tributaire à ce qu'il vint à décéder Ce royaume Telensin par rendit qui fils Thunes. a d'étendue en longueur troys cens octante milles. et de domes- travers les rangs de l'ennemi et réussit à se pillage. c'est à savoir depuis levant jusques mais ponant. p. a tous- il grandement endommagé par les Arabes. traduite par l'abbé Barges. (( : Quand l'armée hafside eut pris position dans Yaghmoracen dites. lieu Abu de et Hutmen. Histoire d'Abou la ville. dévastant tout et (Ibn Khaldoun. désert. rois Je Tlemcen. qui habitent aux prochaines parties des desers.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 3 domaine. fors que d'Abu. sans être étrangers. qui à par aucuns du roy de Thunes. faut lire il Abou Osman. Yagh- Les Hafsides envahirent Ibn Khaldoun. frère fut jusques l . la p. la femmes enfants et les mirent » 317). de jours esté Au 1. l'histoire . Zekeria et Ibn Khaldoun rend compte en ces termes de la défaite de Yaghmoracen et de la prise de Tlemcen qui amenèrent la ruine de la dynastie des Abdel- Ouad cen. t. de III. mais Zekeria s'élancèrent en avant la résistance des défenseurs. duquel ils retournoyent tousjours ils jouyrent paisiblement par l'espace de cent vingt endommagés ny molestés ans. Paris. moracen rassembla tiques. et de il midy du étroit est à tra- mer Méditerranée jusques aux la confins des desers de Numidie. dequoy. au montane. Les AbJeloua- sortit une grêle de abandonnèrent bientôt flèches. peut consulter soutenu par une troupe d'amis a la ville massacrant des Berbères. dynastie 526-492 Zeiyan. les de tous cotés. Histoire On à le terrain et guerriers franchirent les murailles de et Au moment un passage les t. pour malgré de perdre ainsi sa capitale. II.

il y a grans trafiques de marchandise. royale Abuzeiien. Pom du royaume de aler Teiensin. l'avoyt saisy inopinément. tant pour être ce royaume prochain de Nude satisfaire. et Horam. Neantmoins. en lieu duquel fut eleu et mis en la chaire tés de plusieurs . comme pour ce que au pais desNoirs. qu'ils ysouloyent faire. fort re- et l'autre souloyent être fréquen- marchans Genevoys et Veniciens. dontl'un à celle de Marsa Il c'est le droit passage pour y a encor deux ports est à la cité de Elcabir. L'Empereur. ur Charles en estât par o"p la moyenner eut honteusement Charles empereur. nommés. lequel par trahyson luy ota la vie. comme qu'il fut Mais elle cette joye fut d'aussi petite durée. qui troquoyent de grandes marchandises contre d'autres mais le Roy catolique Ferdinand s'en empara. usant envers luy d'une clémence et meit entre les libéralité. dont le royaume en fut fort intéressé de manière que le roy Abuchemmu fut par le peuple dejeté. mais pour autant qu'il leur est impossible peu souvent se trouvent les passages asseurés.dechassé. pour qui avoyt été ainsi recours à d'avoir quelque secours avec lequel il t peust faire vuider son royaume. midie.HISTOIRE 4 sorte que les roys sont contrains de prévenir aux courses. rem. luy mains un exercite moyennant lequel . à celuy qui contre tout droit et raison l'avoyt usurpé. incontinent demis de son pour ce royaume par Barberousse Turc. avec grans tribus et coutanges. Abuchemmu remis pour s'en emparer. Abuchemmu. qui estoyt détenu prisonnier par l'autre roy.

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 5 donnant la chasse à Barberousse. p. Ce qu'ayant et il s'etoyt obligé à l'Empereur.). et six à engagements avec Aroudj. c et Son gerfauts mâles. la ville et les et s étant rendu Mercier. obsercontenu des pactes et capitula- fait. . sontier- ibn Thabit mourut en 1519 sans laisser d'héritiers en état de prendre la direction des affaires. Ainsi s'entretient le le mieux qu'il duquel peut au gouvernement de son royaume. plus grande partie est en païs sec et la memement l'endroit qui est à l'objet les plaines. printune cruelle vengeance sur le sang de ceux qui avoyent ete les premiers auteurs de son recouvra son royaume. le tions par lesquelles luy envoyant • i . frère cadet de l'émir défunt. Le prince regardent devers Abou Abdallah Mohammed la câpre. qui toufavorisoit bien peu". mais marine. empereur des Turcz. romp de Charles Quint c t conclut un accord secret de Kbaïr liddin Pacha (Barberousse). Abou Zyan. nances que son feu et articles frère avoyt passés avec l'Empereur. l'époque où son propre palais eng de douze mille ducats gouvernait les par une partie des gens de l'extérieur. Léon pris vis-à-vis le frère (cf. Chasse donnée à Parberousse par hummec Abu - . oui relation. vint l'attaquer da-. exil. avoyt convenu avec qu'il M. après laquelle succéda au royaume un sien frère appelé Habdulla qui ne voulut aucunement aprouver les conve- S. essaya de recueillir l'héritage. Histoire de l'Afrique 19 et suiv. s'était en prison III. sans y faillir jusques à sa mort. vant entièrement 1 soudoya les Espagnols. 1 . fondant l'apuy de ses forces sur les bras tefoys de Soliman. tel tribut. 2. Paris 1891. un Abou Hammou tribut chevaux t.s offrir frère l'Africain chaque année à Charles Quint en signe de vasssela-e douze Abou Mohammed écrivait sa Abdallah. mais son oncle Abou Hammou. qui 1. soutenu Arabes de maître de sa personne le jeta septentrionale. il . du midy.

encore que ce soyt. et chemin pour aller de Fez à Telensin). est d'autant plus fertile. memement en yver. MONTAGNES ET DESERS QUI SONT AU ROYAUME DE TELENSIN ANGAD. CHATEAUX. qui de- . En cette région ny châteaux. en laquelle saison les Arabes. Il moins ombragé de quelque arbre s'y trouve grande quantité de che- y repaire continuellement une troupe de voleurs (à cause que c'est le vreuils. et toute la partie prochaine de Telensin est toute plaine. ayant receuës leurs payes. cerfs et autruches. et y a semblablement au domaine de Tenes et sur le pourpris d'Alger une infinité de montagnes. ny fleuve.HISTOIRE 6 tiles et abondantes. ne se trouve ce peu qui s'y comme nous vous ferons par cy après particulièrement entendre. à grand dificulté que les marchans peuvent echaper de leurs mains. nombre de vent le En ce désert y a grand pasteurs avec leurs troupeaux. avec plusieurs desers. cident. qui ser- plus souvent aux lyons de pâture. fontaine. mais fort aride et âpre. que le coté de la marine est assés montagneux. est sans qu'il soyt arrousé d'aucun ruisseau. DESERT Le commencement de ce royaume. DES CITÉS. toutefoys void. se partent pour s'acheminer en Numidie. du coté d'ocun désert uny. Il est vray mais toutes guère de fertiles. cités.

La l'on passe ainsi sans danger. ayant pour limites à l'oust l'Ouadza et la Mlouïa. pour vous empescher d'estre volé par mesme chose s'observe quand on arrive à un autre. 253). et d'aller recueillir des dates au mins libres. l'on est contraint de payer un certain droit au premier chef de communauté qu'on rencontre. et a les establis cette campagne Arabes ont toujours esté soushvez depuis dans le pays. et tout son détroit. Plusieurs tribus montagnardes qui habitent ses limites empiètent sur en des endroits de sa lisière » (Rc. à cause de vieil. qu'ils sont obligez de mener leurs troupeaux en Numidie. Parfaitement plate au centre. et pour cela. parce qu'ils ont quantité de chameaux et de bestail. a quantité d'Arabes errans et vagabons. dont le mestier est de voler y sur les grans chemins. qui a vingt-huit lieues de long sur dix-huit de large. personnes quand les 7 beaucoup de sauvagine. qui vous donne un petit étendard au bout d'une lance.. à l'est les hauteurs qui bordent laZafna. sans reconnoistre personne. p. de sorte plus que jamais. 321). qui s'entrefont perpétuellement la trois Muluye nasse y a sur hommes et les bestes. les Mhaïa. que les vivent dans le désert courent par-tout à leur fantaisie dangereux de passer qu'il est parce que Turcs se sont travers ce désert. dit M. C'est (l'Angad) une plaine immense.o>uiaissance du Maroc. bords de cette rivière plusieurs lions qui dévorent On y recueille à lignées d'Arabes fort mitiez.au nord le Djebel Iznaten. « ondulée sur ses lisières nord et sud. qui font qu'on y peut aller tout l'esté en assurance. Le sol en est sablonneux il est dur lorsqu'il est sec et forme une vase glis- elle est . particulièrement Fez. Les rois de Trémécen. Ceux-là errent en liberté. une granie campagne déserte. qu'il n'y a ni arbre ni eau. trois tribus nomades. I'hyver. j^l. La rivière de toujours sur ses bords puissans. Il . les guerre. t. mais les aucun et les Arabes vivent de l'année de dates. les Le désert d'Angad Chedja et les Angad. II. de lait et de chair. la pluspart L'Afrique. de Foucauld. lui . sante. C'est « la sur et si stérile. route de Trémécen à la partie la plus occidentale de cette province. p. et maintenant peu de bled. au sud les Djebels Béni bou Ze-gun et Zekkara faisant suite au Mergioloum.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE vorent aussi D'Angaà. Zahara les autres qui . elle nourrit Il peuvent . outre qu'ils moissonnent de l'orge » (Marmol. ni paver tribut. Mais i'hyver.. pour tenir ces cheont coustume de donner gage à de certains Arabes. le vicomt. d'une manière d'autant plus accentuée qu'on se rapproche davantage des montagnes qui la bordent. est où la marche occupé par est difficile aussitôt qu'il pleut. C'est les ils 1 aborder i.

464). un trop mauvais traitement en d'abandonner Temzezdekt. par droit. à une journée de marche de Bougie. Les historiens écrivent qu'elle a esté bastie pour contrée par les habitans du pays. pendant qu'il etoyt souz le o-ouvernement des roys de Telensin. il pour ce qu'ils n'y tiennent est que Arabes l'ont entre leurs les merveilleusement decheu et autre chose que ruiné. Au la défense de cette pied passe une rivière. leurs grains et bas de chameaux. qui descend . général d'Abou Tachefin (Ibn Khaldoun. zSi'j s. où ce désert de Telensin. Abdelouadites. t. Temzegzet confine avec est le territoire ciennement par et le un château.HISTOIRE CHATEAU TEMZEGZET. Histoire des Berbères. situé sur défendit la le château était le montagne Yaghmoracen contre Essad nom . ville bâtie De Ten\eg\et. étant environné de plusieurs contre le semer du grain en 'grande quantité. Mais mainterres. p. par Moussa ibn Aly el-Kourdy. et fut assés civil. les de garder forteresse. lequel fut an- Africans fabriqué sur les souloyent tenir pour une situé là un rocher comme roys de Telensin. afin les passages roy de Fez. bonnes pour tenant depuis mains. ayans contrains les habitans. « C'est une forte place au haut d'un rocher sur le chemin de Fez à Trémécen. II. entre le désert d'Angad et le territoire de cette ville. Au dessouz d'iceluy prend son cours le fleuve Temesne. Le nom en 728 (1328) à Tiklat. d'un château occupé par les vis-à-vis d'Oudjda et dans lequel se qui de Temzezdekt fut aussi donné à une leur en- 1 mourut pendant le siège. i. à cause qu'il est assis sur le grand chemin.

dont arrousent leurs terres. Isly a la signification lui donne le nom de Xezil. Ils donnent . qui par les guerres. t. à la les leurs bleds lors qu'ils alloient au désert. Le pays d'alentour le bled. par ordinaire. II. ne s'en servant qu'à garder . Il anciennement fut bien habité. pour ce que doyent en le terroir cette manière. Arabes y sont l'ont tenue longtemps de. furent ruées parterre. T~. et y tiennent garnison » 1. etans fort honorés par les roys de Telensin et Arabes. le pais est si ne sauroyt produire aucun du mont Atlas. Isly. va se rendre dans celle d'Aresgol. Auprès du château passe un gros ruisseau. laquelle confine avec le désert susnommé. 322). édifié par les Africans en une plaine. en berbère de nouveau marié. « C'est. est fort et bon pour ils n'y proce- chaud que fruit 1 . Izli est un château CHATEAU ancien.jI. et enceint de bonnes murailles. et couvertes de paille. manger libéralement et avec courtoisie grande à tous les passans troys jours suivans. Les Rois de il y a de grans pasturages où errent beaucoup Trémécen mettoient bonne garnison dans à cause de son importance entrez et s'ils mais venue des Turccs. à crie les murailles sont faites de craye. Leurs maisons sont la dont fort basses.-habitée. mais les Turcs l'ont fortifiée depuis. cette ville. étant environné de quelque peu de terre pour semer orge et navette. et d'Arabes. p. mol (Marmol. demeurant quelque mais puis il fut relevé et temps sans habitans habité par une certaine manière de gens.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE IZLI. qui mènent une telle vie que les religieux. Mardit-il. L'Afrique. une place fermée de murailles .

entre le désert d'Angad et de Trémécen. Devers autant de Telensin. Elle estoit fort peuplée sous contre les le règne des Abdelvetes qui y tenoient une bonne garnison elle fut ruinée par Joseph. et midy ponant. car mesme ration de ces nouveaux habitans ment à cause de la stérilité cela. de Trémécen et mais on ne Arabes les la considé- laisse pas d'y vivre misérable- contrée. et les maisons n'y sont basties que de d"arbres. L'Afrique. fort nommoit Romains. figuiers. environ vingt milles du cotédemidy. mais race des Béni Mérinis et fut longtemps dépeuplée jusques à ce que certains Mozabites s'y vinrent habituer. sans recueillerait uns disent que cette à ses de rois ne luy font rien payer à ou de branches terre couverte de paille la ville les traitent fort bien cette ville et aucun qui sont de pierre des habitans du pays. civils précédente. joignans les murailles de où passe un fleuve. désert de avec plusieurs jardins plantés de vignes. On voit sourdre près de belle fontaine qui sert à arroser les terres d'alentour et. il faits la met deux degrez 323). II. maisons les d'un industrieux artifice. le Angad.HISTOIRE io GUAGIDA. Quelques bastie par les taille. les dans une plaine qui comme le territoire les est. édifiée par les Africans en une fort large plaine. que pou'r autres la cité. la et boutiques bâties habitans riches. là les choses nécessaires. distante de la mer Méditerranée. confine avec et environné de terres tresfertiles. ou peut s'en faut. duquel se servent habitans tant pour leur boire. Les historiens assurent qu'elle a esté bastie par anciens Africains pour servir de frontière à ce royaume. . une on n'y murs la . Les murailles furent autrefoys hautes et fortes. CITE Guagida est une ancienne cité. et hauts et mieux autrefois Géra. fruit à ville a esté On la de cause de l'excessive chaleur. p. prince de la Arabes du désert. li paroist que ceux Ptolomée à quatorze degrez trente minutes de longitude et à trente trente minutes de latitude » (Marmol. et t.

lesquels vont vêtus de gros draps et cours. sacrée.1 douceur de leur peau. p. Puis la paix faite. I) scription « C'est à . tellement qu'ils en trouvent bien peu qui sachent parler Arabesque corrompu Oudj mode à la «Oudjda des païsans 1 . La ville neuve renfermant plusieurs bazars est habitée par des commerçants. nom ceux de Telensin. une ancienne quatorze lieues de la ville bastie par mer du costé ceux du pays dans une belle plaine. du midi. . jourd'huy mille cinq de pauvres gens. vendent bien chèrement qu'ils de la langue Africane à Telensin. fils de Bologguin et membre de la tribu des Ourtaghnin. ny d'une belle structure. et à mesme distance deTré- Guagida. et avec comme ceux qui rendent un tribut au roy de Telensin et qui demeurent au sins. de vergers : les rivières y sont de bonne climat est très sain. non en si grande quantité toutefois. Les pâturages sont profitent également aux solipèdes et aux ruminants un seul de leur teint » (El- de L'Afrique. au milieu de jardins. elle elle vouloyt commença d'être habitée par gens qui se meirent à édifier maisons. Car il avoyent qu'elles n'y sauroyt avoir pour le cens logis habités.). qui engendrent de tresbeaux et grans mulets. ce. 204). Ils ont aussi ânes.n ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE et magnanimes et : mais sacagée elle fut et démolie par qui survindrent entre les roys de Fez les guerres. été par le passé. et usent ancienne. Le djamè situé i. Les habitants se distinguent facilement et à la : de leurs moutons peut fournir jusqu'à deux cents onces de graisse . compose de deux villes ceintes de murailles. fut bâtie en dehors des deux Oudj da est qualité et le la fraîcheur excellents et se postérieurement villes s'élève entourée de forets et auprès d'une rivière. dont une 'a IJls*. si si excessif et démesuré aux Arabes leurs voi- désert d'Angad. à l'an 4jo (1048-1049) par Yala. en manière de coutume de nourrir de grans païsans. au desquels tenir bon.

la dont y il suffisoit pour ils Mais a abondance en ces quartiers-là. On mené vendre s'habille à la façon des Bérébères. Cette la rivière ville laçon de ces -peuples. Sur rivière. p. et la met si fort les cette ville à nomme mon- mots. qu'à douze degrez Lanigare » (Marmol. de prit la ville voulut pas reconnoistre. de Muluye. il rangeant de travers les uns sur les autres. et quand Horux (Aroudj) Trémécen. toute l'Afrique. faits à la qui passant à travers. et fort hauts.HISTOIRE i2 NED ROMA. les que Guagida ne à cause de latitude. Toute et d'une grande source au dessous de se tirent se va et partie. peut consulter sur Oudjda avec cartes et plans. tout en cours ou parcs. reste est et les babitans sont quelquefois des Arabes du désert. Les liés avec de la chaux. parce qu'elle ne se voulut pas rendre. (1334) par l'ordre du Aboul Hassan. elle en pasturages. et delà fermée de bons murs touche au désert d'Angad. dans maisons sont basties de moislons et les la ville est de vergers. le mémoire intitulé Oran. et à trente trois UAfrique. nouvelle de sa venue. Vers le et le territoire subjuguèrent cette ils couchant de ces deux costez. entièrement ruinée en l'année 735 fils du sultan Abou Sayd. 323). est y abondant en bleds entourée de jardinages rendre dans est mosquées Un la ville. par J. : Oudjda (1883). Oudjda t. la lignée ruina en une la guerre qu'il eut contre celuy de Trémécen. II. racontent. et la fon- roy de Fez de des Bénimérinis. croyant que cela d'oliviers. que ç'à esté autrefois une ville de cinq mille et leurs historiens habitans. GRANDE CITE Ro Cette cité fut anciennement édifiée par les mains. et pressent ils de longitude. qui les jardins. notice . et quand ses troupes s'est il la prit et emmena il fît en il plusieurs prisonniers à y envoya sur estoit couper quantité un pont. mais plus proprement que ceux des peine sont-ils entendus des autres. fut le et y trouve les plus belles mules de à Trémécen Le peuple tt ailleurs. On il rompirent un pont qui les défendre. le Escander. que l'on arrose par des rigoles. Elle y repeuplée depuis de quelque deux mille cinq cens Bérébères. quand mé:en. Elle se repeupla depuis. que l'on tagnes. Canal. en fit fut passé avec Trémécen. 1886. Ptolomée sultan tourmentez des Turcs. parlent la langue du pays.

les carobes. Autour d'icelle le forme que nom. qu'ils civile. là se l'on maintenant relevées d'nne laide forme. et distante de douze de la mer Méditerranée. pour ce aucun comme arbres habitans à force miel. et memementy abondante. et et leur donnent licence de retourner d'où sont venus. Les jardins et vergers. encor quelques édifices romains. elle comme railles sont entières. vaut Ned Roma autant et même bâtirent en ce lieu de la roler leur marchandise à plus seurement Telensin. veu qu'etans favorisés gnards leurs voisins. memement qu'il et le tissiers en y croît la de à foison. dans une belle montagne environ deux milles. en notre vulgaire. près de la la Rome void être le et. pour cette cause. que les Romains plaine. d'être francs et libres. où en retirent les mêlent puis après avec jourd'huy guéres partie consiste en se trouve de ces contour le voyent artisans. ils coutume d'envoyer quelque présent au Roy.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 13 derent en un lieu avec large circuit. pource que Ned. fort produisans cité). en langue Africane. mais y a campagne les mu- maisons furent ruinées. pour faire dans La cité n'est pour d'autant que la plus grande peuvent quasi bien vanter ils les manger les viandes. sinon ils les ren- tribut. reçoivent s'il leur plaît. suportés par roy ne peut les monta- retirer d'eux y voulant envoyer gouverneurs. draps de cotton. ont plus les bâtie par Romains - . On lit dans les anciens historiographes. Toutefoys. et est la a plusieurs desquelles on use au en quantité (autant par ils en a retenu semblable.

de voir une si belle ville et située au plus bel endroit de l'Afrique. lieues mer. dont îe fruit est si doux. Près de la ville. une ancienne C'est une grande plaine dans à mi-cote. Les montagnes d'alentour portent de certains arbres appelez carrobiers. est situé au pied de cette mont Tagra). à la façon des esté ruinées dans les guerres que de Tunis et qui du pays. pourvue d'un marché et située sur arrose les champs une hauteur cultivés qui couverts de jardins et de vergers De Xed Koma. accorder. Les gens du pays regardent cela certaine et l'attribuent à la sainteté voulu elle Nedroma. lui possède une rivière fruits » {Description de « ville du p. dont quatre de la A l'orient. comme une lieu et à la faveur chose que Dieu a bien mur considérable est entourée d'un et des jardins qui V Afrique. le Macîn. Les maisons ont il y a de grandes tables. que leshabitans en font du miel. « i. Au nord et à l'occident de la ville s'étendent fertiles et des champs cultivés. bien peuplée. passe un fleuve dont les bords sont couverts d'arbres fruitiers de toutes sortes. un vol ou il ne tarde pas timent de son crime. et en .i. Le Chérif Edrissy mentionne Nedrouma dans sa Description de V Afrique. dit El-Bekri.ons liez avec de la chaux. montagne (le dos plaines Son que pour crainte ou port sahel beaucoup de est formé par Dans fruits. 172). et bastie par les Romains demie du mont Atlas. Entre ces deux lieus (Honaïn et Tlemcen) on remarque Nedrouma. sur lesquelles sont gravées des inscriptions latines. rivière dont les bords produisent cette localité se trouvent un bon mouillage dominé par deux châteaux et un beau ribath que l'on fréquente avec empressement dans i'espérance d'obtenir la bénédiction divine. sont bastis de gros les rois de Trémécen ont eues avec ceux y son: maintenant sont faites à la façon voit encore hors des murailles des restes de vastes édifices des Romains. dépendent de dit que c'est et à elle l'ancienne Salème. Nedrom. ayent de luy qu'ils '. commet un à subir le châ- : produisent toutes les 'espèces de 186-187).HISTOIRE I4 par manière d'entretien. et à trente trois vingt minutes de latitude. (p. florissante. Les murs sont encore debout. ceinte de murailles. et des colonnes d'albastre avec des pierre. moi'. et en mangent toute l'année avec leurs viandes. ville considérable. C'est une chose pitoyable. Si quelqu'un acte d'impudicité dans cet édifice. On de Fez. 4jjjjJ. Nedroma. Sa situation la a tiré son nom. Le nouveau Ptolomée met est coule une rivière qui la ville et dont les bords sont ville. Elle est à dix milles de la mer. « » à d^ux. semblable à celle de Rome. où tombes de et celles et Romains. et à douze degrez dix minutes de longitude.

qui sont vingt cinq mille pluspart ont des mousquets » hommes les plus de combat bien (Marmol. parce qu'ils ont pour amis braves de toute l'Afrique. De Tévécrit. ont force troupeaux. tant les logis nent quantité de froment. mer Méditerranée un roc. vigilante et d'être les chrétiens. et font les plus de coton de toute la Barbarie. Les habitans de la cité sont tous de carobiers. Voifriquc. encore qu'ils s'en pussent dispenser. ayans de grandes possessions tissiers. mais bien peuplées. La pluspart sont marchans. « C'est un: place bastie par les Romains. beiles toiles l et que c'est en sont misérables. CITE Tebecrit est une petite édifiée par les Afri- cité. II. fors quelque peu d'orge et navette. Les habitants moisson- d'orge. . font quelque reconnoissance au Roy. 324). ne produi- et sais nuls grains. qui trafiquent à Alger et à Tréraécen. C*>jfZ. p. ils de soudoyer gens pour cet prochaines d'eux sont après au efait. le Les terres maigres. sont forts diligens de pauvreté qui moyen continuel d'emblée par assaillis guette miel en quantité. distante de Ned Roma par l'espace de douze milles.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 15 TEBECRIT. . t. 1. qu'on diroit en y entrain une basse-court. Ils se tiennent mal en ordre. ils doute garde. Vray est qu'ils et demeurent en quoy. de nuict moyen de bonne faire la nuict pour l'extrême car ne sauroyent avoir les presse. équipe/:. et prochaine d'aucunes montagnes treshautes et scacans prés la sur breuses. Tekebrit. estre tellement ruinée. avec ce qu'ils sont peu civils et un si de rude entendement bon pays. dont la les Zénètes de et font la montagne. et à cause de la liberté de ce commerce.

Elle est. murailles et fortes.HISTOIRE 16 HUNAM. ne tirèrent plus en cette partie ciens qu'Oran etoyt plein d'Espagnols quoy. venir demeurer » (Marmol. faisans de grans profis avec marchans de Telensin. Les habitans sont pauvres. moyen de marchans de Telensin. il leur fut fait entendre par : au les les Veni- à cause là. qui aboutissent d'One sur la coste de la mer. 325). et ne vivent que d'orge et de millet. Les galères veniciennes ont coutume d'aborder tous les les ans à ce port. les murailles ont de grandes brèches en divers endroits. mais ils sont plus en repos depuis qu'ils l'ont abandonnée. Leurs maisons sont fort belles comme une à la ville et bien entretenues : forteresse au pied de grans et d'aspres rochers. coté qui est à l'oposite de la mer. ancienne et civile. c'est pourquoi l'on ne se presse pas fort d'y toile. qu'ils pouvoyent seurement aborder au port de cette cité. ayant un petit port ram- paré de deux petites tours. CITE Hunam une est petite cité édifiée par les Africans. L'Afrique. . t. pour ce est distante plus quand Oran haut de qu'elle n'en quatorze milles. II. les habitans de laquelle furent jadis nobles et civils. exerçans tous l'art généralement de tissiers de toiles de chande ou de cotton. memement du avec ceinte de hautes ce. Mais fut prins par les chrétiens. qui sont assises à chacun angle d'iceluy. et ont quelque lin dont ils font de grosse Ces montagnes sont peuplées de Bcrébères qui estoient en appréhension perpétuelle quand les Espagnols tenoient One. p.

mais ne s'y trouve les recueillir et à grain. et olives. comme il me fut montré par ce secrétaire'. non à autre fin que pour l'avertir quand il découvrira quelque navire de marlaquelle a chandise sur mer. lequel passe prés de la cité. d'icelles. Et lors qu'on y tous fut au vray acertené de habitans vuiderent les prinse d'Oran. fait tourner les côtoyant. la incontinent la cité. de Honani. I? un puys d'eau douce et court des treilles de seps de vignes. Et produisent cette cité des fruits en abricots. en laquelle etoys. infinité de figues personne pour poires. et la par dedans. cerises. il une sont sur un fleuve. Le cbâtea i de Honaïn 2 . elle la cala- etoyt réduite . comme pommes. et les parois des chambres murailles de et maisons toutes enrichies et revêtues de musaïque. considérant mité pitoyable. citèrent à grand' En la pour lors. Et ce qu'en retira le roy pouvoyt monter jusques à la somme lensin. qui moulins possessions de les grande quantité. y a de carreaux en couleur diversifiée. pesches. t. r»ïj*. et avec un secrétaire du roy de Te- décime d'une nef genevoise. en vive. ces ruines m'in- compassion.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE et y en chacune a. Au lieu III. fors que le roy coutume d'y envoyer un capitaine acompagné de quelque nombre de soldats. lequel aloyt lever la de quinze mille ducatz d'or. qu'elle fournit la cité pour cinq ans. qu'aportoyt tant de marchandise d'Europe. ii fout tt. demeure encore inhabitée.

et elle estoit en assez bon estât. et les maisons habitées de marchans et d'artisans. Il y a des bazars et il s'y fait un commerce assez actif. et un petit port fermé de part et d'autre d'une bonne tour. européennes désignent sous les noms de Ras Onaï.Honaïn. Les environs sont couverts de champs cultivés » (Description de V Afrique. eux les costes Dom ils d'Espagne donnèrent . si convoitise des habitans n'eût esté cause de la perte. et couroient avec qui obligea Charles Quint à mais l'Empereur général des galères y fut la fit la prit. où les marchans de trafiquer avec ceux de Venise. . cap Noé. p. Elle a esté bastie par les anciens Africains. Elle estoit y faisoit de belles toiles et d'autres étoffes donc Tréméçen aloient peuplée alors. une dit-il. par milles de Ourdanya. cap Hone. le Du reste. là où il y a un rocher. tant autour de que la ville commencé garnison pour la le long d'une rivière qui quand on à se dépeupler la prit la borde. quoiqu'elle eût Roy de Tréméçen y avoit seureté du commerce. Car ne se conten- tant pas de leur trafic. et l'on fort de coton. qui saccagée y mit garnison dépense. 206). 186). environné par la un de tous cotés fors devers s'élevait sur un cap que les cartes le des Africans. dit El-Bekri. Les mosquées y estoient bien basties. « C'est. ditest une jo!ie petite ville située sur le bord de la mer. parce que. Marmol donne à ce port le nom de One. Oran. ville sur la coste à la hauteur d'Almérie et au levant de la précédente. il y avoit diverses contrées d'oliviers. domine un bon mouillage qui est très fréquenté toutes celles dont nous venons les navires. Outre cela. il. chaque année. tant par le ses fruits. et le . et avoit de fortes murailles. château situé à quatre « Le Hisn Honaïn. midy. lesgaléaces de Venise y venoient descendre en allant à Tréméçen particulièrement depuis que le cardinal Chi- ménez prist Oran et Marsa-qui-vir.HISTOIRE HARESGOL. de faire mention. p. CITE Haresgol sur est une grande cité édifiée mer Méditerranée. de vergers et de terres labourables. Elle est occupée par nombre de que par ses jardins une tribu appelée Koumiya variété de la » (Description de l'Afrique. Le chérif Edrissy nu consacre que peu de mots à Honaïn. La forteresse de Honaïn surpasse ^ j^. florissante et ceinte de solides murailles. c'est ce retraite aux corsaires Alvare Bassan. et y envoyer après l'avoir razer pour épargner la luy-mesme faire sauter les murs . général de ses galères.

régna du père de cet autre Idris qui édifia Fez) par l'élection du peuple. sans qu'on est cultivé par les Bérébères a force mines de fer et d'acier. fils de Hassan qui vint y chercher un refuge. - . fils d'Abdallah. et demeura la seigneurie Depuis s'y à sa postérité par l'espace de cent ans Idris (frère 1 . Alors leur chef remit procura ainsi du Maghreb central J< berbères d'Aureba. qui la sacagea et démolit. Corduë. II. la feit renouveler pour tout hazard. ou autre afaire. lequel conseillier de 1 . sans par quelques ° sinon après cens. a été fort civile et peuplée. (Ibn Khaldoun. être habitée. et à trente encor ruinée en maisons. sous le khalifat d'El-Hadi. Mais faisant passer venir. fils de Hassan. « En l'an 170 (786-7). 1. . de royaume pour lui-même. Là. Elle est distante de Telensin. bacides et y fonda un Maghreb il Mohammed ibn Khazer et lui lui à la toire III. En 174 (790) central et reçut aux Ifrenides les tribus détacha ce pays pour toujours de l'empire de la ville le de Tlemcen qu'il venait d'enlever moyen d'arracher toutes les provinces domination des Aghlebides 229). et brûler et depuis. His- Haresgoi. qui luv pourroit sur- son armée en Afrique. Soutenu par Sedina etdeMaghila. tagne fut et le met t. après son décès et de son fils Mudaffir. l'an . ». on l'appelle maintenant le Cap d'One » 326).ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE chemin. de rechef rui- . dont elle fut cent vingt ans. en puis restauree > a'-rès n ée. tous les soldats furent cassés et dechassés par le peuple de Zanhagia Magraua. Elle et et les tours. qui l L * passèrent de Grenade avec 1 exercite de Mansor. la il envahit le soumission des Maghraoua. p. saccagée. achemina un pontife et roi de Cairavan. les ait rétablies d'une montagne voisine où Ptolomée appelle le cap de cette mon- à onze degrez trente minutes de longitude cinq degrez de latitude (Marmol. on vit arriver au Maghreb Idris l'ancien. L'Afrique. p. environ quatorze milles devers tramontane. il y Le pays démolir les le Grand Cap. t. par où l'on decend en 19 terre ferme.

le le nord nemi. perdu de son importance à l'époque du chérif Edrissy. .. p. ou la rivière nommée ancienne qu'on n'en sait plus le fondateur. Il se i. dit-il. D. Le Bab l'orient. apert il 1 . Dans Au sud de la de Tlemcen.. p.jl. un minaret solidement bains dont dans bâti.HISTOIRE 2o comme quatre cent et dix de l'hegire (A. qui fut fondateur « Archgoul. « la porte des meurtrières. avec un port et une campagne offrant de beaux pâturages aux troupeaux. décharge auprès. JaÂi. dit El-Bekri. mais et royale cité. un faubourg. Delà (d'El-Cachcâr). Cette fils de Mohammed et de leurs ville était habitée ibn Suleyman vint s'y commandement. Archgoul 181 -182). au levant de la place dont les ruines sur la nous venons de parler.. LA GRANDE CITE DE TELENSIN Telensin est une grande ne se lit point dans les histoires. cour duquel sont renferme aussi deux Bab el-emin est tourné vers le midi et le et percées empans : le de côté qui pourrait offrir le plus de résistance à un en- trouvent plusieurs puits de bonne eau qui ne consommation des habitants tarissent jamais et qui suffisent à la bestiaux. Elle de construction antique. est le port Archgoul possède un beau djamé de sept une grande citerne et un victoires » regarde l'occident.il y mourut en l'an 295 (907-908). Cette ville est si et il y a une rivière qui porte le raesrae maintenant Teftène. nom Il l'appelle et qui se Siga Colonia. est Bab Mernica vers nefs.. Vis-à-vis de cet îlot est l'embouchure de la rivière de Moulouya » (Description de F Afrique et de l'Espagne. Son port est sur un îlot habité où Ton trouve des citernes et beaucoup d'eau pour l'approvisionnement des navires. L'épaisseur de la muraille est de huit regarde le il trouve bien que c'etoyt une d'icelle. est ville par des négociants quand Eïça.Archgoul. 1019). d'Aresgol. on va àl'îled'Arachcoul qu'on appelle aussi Aradjgoun autrefois un château bien peuplé. Ibrahim ibn Eïça el-Archgouly naquit dans Archgoul » (Description installer et prendre le Son fils de ViAfrique. avait « « C'est une ancienne ville dont l'on voit aujourd 'huy coste. et à trente quatre degrez quarante minutes de latitude. Ptolomée la met à douze devrez de longitude. la Toutes ces portes sont cintrées est celui qui l'intérieur se premier el-fotouh.. 206).

$27). et si elle moindre en elle n'etoyt de vivre.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 21 petite cité. avec et bien ses limites.. elle parvint seze mille feus. et l'ayant démolie. mée dans On tient etoyt acreuë en la honnête merveilleusement tint sept la de gens. en Afrique et ensuite ville d'assaut après un long siège. et tous les habitans taillez en pièces plus de six-vingts ans la retraite Almansor passa en Afrique. Alors régnant d'Abdulguad. ». mais on exercites les furent dechassés. à ce que dit Tite Live. Elle estoit bastie sur un haut rocher. que du elle étendit si temps du roy Abu Tesfin. laquelle par la ruine d'Aresgol (comme nous avons desjà commença dit) memement étendre. la rétablit cause qu'elle est en un poste commode pour des armées. pour la portoit à cette maison. l'an neuf cens quatre-vingt quinze. pour certain que jusques au ans fabriquant et province et de tout le royaume c*est l'ancienne Cirta si romaine. Mansor que après nombre de grandeur. qui y estoient. et n'avoit qu'un petit passage du costé de terre avec un chemin qui tournoit autour du roc. n'estant que fort peu de chose auparavant (Marmol. et y mit garnison à haine qu'il ainsi elle fut . Les habitans se retirèrent Bénimérinis à Trémécen qui s'accrut de ses ruines. d'où Scipion de cent ans sieurs les maistres : mais ruinée de fond en comble avec plu- elle fut autres par le calife schismatique de Carvan. jusqu'à ce que le brave lequel après avoir conquis cet E^tat. des bestes farouches. . d'autant plus qu'elle est presque à l'histoire de famille la civilité et opressée par Joseph roi de Fez. par les Almoravides commencèrent à s'élever et lit fit un de leurs rois ayant main basse sur tous les emporté cette gens de guerre abastre quelque pan de muraille. t. mais une fut elle infinité de sait qu'elle estoit la capitale de Trémécen. fut ensuite comme rétablie elle est les en Espagne. p. L'Afrique. Il y avoit autrefois grand commerce. Elle Aimohades et ruinée par les encore aujourd'huy. La puissance des Abder- rames diminuant toujours depuis. II. aussi l'entretint-il toujours jusqu'à ce qu'il fut tué à le passage la bataille de Calatansor. façon s'augmenter à renomla hau- y passa presque en une nuit. qui assiégée. particulièrement sous le règne de Muley Idris et de ses descendans qui en ont esté plus teur de Cartagène. toute environnée de la mer.

que j a r son peuple. qui furent recogneuès pour chair de cheval. entre les ennemys. Cette assister devant Sa Majesté. cuite avec de l'orge d'oranger. veoir qu'elles etoyent viandes apareillées pour son souper. Lors. Mais leur bonne fortune voulut le matin mêmes. s'en vint lamenter en présence du roy. tellement que la roy fut jugée beaucoup plus grande et et fueilles Apophthegme royal. condecendirent au vouloir de leur seigneur. la à l'objet d'icelle. les par luy bien fondée fidélité en il leur feit mis fin à ses paroles. auquel on s'etoyt délibéré donner la journée.. celle de la soufrette du urgente. auxquels fin pénétra qu'ils si il feit bien les coeurs de tous les habitans. que plus infime et mécanique personne de la cité. mains duquel ils remirent tous d'un commun consentement et leur vie et leur mort. et n'eut pas plus tôt son endroit. qu'il aimoyt trop mieux rester étendu et froid en la campagne. cité petite le la réduit à telle peuple ne pouvant plus suporter grande faim qui l'opressoit. estimant que ce serovi encore bien peu. il feit assembler tous les habitans. s'il de leur aprouvée. que demeurer enserré tout plein de vie. à comparaison de la grandeur un chacun. ™l LS d extrémité. dont la conclusion fut telle. vaillamment et les armes au poin. et une belle harangue. lequel repondit en cette sorte : qu'il exposeroit volontiers sa propre chair à rassasier pensoyt qu'elle fust suffisante à reprimer cette mortelle famine. que le roy Joseph fut occis en son camp de l'un de ses dômesentre les .HISTOIRE 22 une Teiensin assiégée par Joseph royde Fez. Il qu'à l'heure même.

occis par r un de . qua- siège. Abulhcsen. Il lut frappé nommé au ventre pendant son sommeil par un de ses eunuques Saadèh transporté et qu'avait enterré a Ch gagné Abou Aly el-Meliany. ! Joseph. où là la partie avec une grande armée se et maintint il le pro- campa siège par l'espace de moys. devant. la ' dent avoit intimidé ainsi acreut 1 1_ 1 et sein et vigueur de ce bien en campagne suivant la non veilleux carnage des munitions et pour le espérée victoire. au contraire il 23 si fort le courageux des- animé peuple. quatrième roy de Fez. se tourna en grande abondance. l'extrême cherté qui premièrement etoyt dans combien la cité. j •£. il un mer- qu'il feit se saisit des vivres. et découragé ceux de dehors. qu'il n'y eut celuy. roy de Fez. environ deux milles de du ponant. dans Abou Yaqoub Youssouf ibn AbdelHaqq fut assasTlemcen la Neuve le merctedi 7 du mois de Zoul L'émit des croyants dans son palais de qa'ada 706(11 mai 1307). lequel obtint facilement Et avec ce ennemys. feit édifier une cité chaine deTelensin. et fabriquant d'heure à trente autre divers bastions. sortit qu'il rov. domestiques. la Par ce moyen. bien qu'il faire. seut si duit son exercite (sans être souz 1. bétail qu'ils furent contrains de laisser trop grande hâte qu'ils avoyent de déloger. et de la maison de Marin.' cet a^ci- comme *. lequel mesaise soufert durant le temps du ne se sentit du Or. ne faillovt de luy livrer maint dur assaut. „-. ses . siné les murailles. par chacun jour desquels. la cite. Telles nouvelles portées à chance tourna. ~ -«. rante ans après.-. endommagé) con- jusques entrant par force d'armes.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE un dédain par tiques.» i ceux de .

-C. roy de Fez qui la teste qui fut sacagée. mais i. Il y a encor plusieurs etuves. elle fut aucunement relevée. entre lesquelles en y a deux. Outre ce. ordonnés. dont les aucuns furent édifiés par les roys de Teiensin et autres par ceux de Fez. fa t trancner a t £ te pu s e corps r parmy les immondices de la cité. pour le y a de beaux temples. Il s'y trouve davantage un grand nombre d'hoteleries à la mode Africane. maison de Marin. seconde antorce que reçeut Teiensin. toutes sortes. p mené roy prisonnier à ^ Qu Qn . j ] } * . là ment les marchans Genevoys une grande rue en nombre de tête. députés il plusieurs prêtres et prédicateurs. Toutefoys. Cecy fut la j . et d'autres ouvrages excellens. et Veniciens. en et troys ordinaire- laquelle Juifs. l . jadis fort turban jaune en la où logent l'an neuf cens vingt moyen dequoy. les coutanges.HISTOIRE 24 Cité de Teiensin ruinée. trancher jeté auroyquifmprins le . 1 5 de l'hegire 17 de J. puis demeure un grand opulens et portent un ils . sont. et bien service d'iceux. ny de telle etofe et rues. mais elles n'ont l'eau tant à et de comman- dement que celles de Fez. afin d'entre les autres. ornés de musaïque. ils en sont . Tous les maraprès la decheute de la chans sont séparés en diverses places et artisans et comme nous avons dit de la cité de Fez. puis se trouvent cinq coleges d'une belle structure. qu'on au les puisse dicerner furent une foys sacagés à mort du roy Abuhabdilla. et parvint peu à peu jusques au nombre de douze mille feus. et saccagée par le fit la cité. mais maisons ne sont pas si belles.

et par dedans embelly de plusieurs édifices et batimens. sont des treilles de vignes. murailles merveilleusement hautes et les fortes. si diverses il et chacune pourpris de possession. avec beaux jardins et fontaines. dont l'une regarde vers la campagne. Du coté de de hautes ceint murailles en manière de forteresse. Outre des figues douces. il en y grande quantité. le Plusieurs fontaines s'écoulent dans ment ennemys en pourroyent détourner les Et sont donnans modes et cinq portes trescom- l'entrée par bien ferrées. la bel le maisons. joignans lesquelles sont les loges des oficiers. au le vives d'eau douce en tant ce. de sorte que facile- sources sont les 2$ assis palais le royal. au dehors. et où de- d'été. etans tout somptueusement enlevés et d'une magnifique architecture. acoutumé. lesquelles on fait sei- . grosses et fort longues. plaisance et belle assiete du lieu. et d'un avec des cerises de toutes sortes fort délicat.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE pour jourd'huy réduis à toute extrême pauvreté. est l'eau. y a deux portes. croit qui pro- couleurs. gardes et gabeliers. et l'autre (là où demeure le capitaine du château) est du coté de la cité. midy mais la cité. que où lieu. hors laquelle Il voyent de belles possessions se meurer pour qu'outre y a des fraîche. duisent les raisins de goût là je me je soys n'en vev jamais retrouvé. pour ce fontaines dedans Puis. qui sont noires. en temps citoyens ont les et puys et ébat qu'on y trouve.

la porte de Oucheb et la la : porte à'El-Acaha (la Montée) regarde l'orient et celle d'Ahou Car sa l'occi- On dent. Le mot Guenbouch ^j. I. tissent la laine et en font toutes dans aucun autre pays (Yaqout. un point de réunion ». Tlemcen l'eau de plusieurs sources appelées Lourît qui sont ruines. On porte le nom de Taqrart. Les chevaux rachidy sont ceux qui sont élevés dans le pays occupé par les Béni Rachid. Les femmes y que l'on ne trouve oui bouïdan. Tlemcen marchands de tous les pays demeure des hommes savants dans des jurisconsultes connaissant par cœur les pour les d'être la l'analogie et Anes une la loi et n'a jamais décisions légales fondées sur ou Témisan est le nom ville ancienne. espèces de et autres citrouilles nois. Ces du Caire.vous des tribus rivière Stafâf. y trouve une église qui aussi est monuments de plusieurs les ruines d'une population chrétienne qui s'est Il y a Dans ces Les anciens avaient amené encore fréquentée par les chrétiens. habitée par la basse classe. savoir Hammam). de deux villes entourées l'une classes de marchands distance d'un jet de pierre. 871). avec pesches. p. Elle La deux ville ancienne est Agadir. 1 fruits Tlemcen. à anciens et les restes conservée jusqu'à nos jours.yXS' me paraît être l'altération des mots que persans kam pouch l'on enroule ^y autour du cou. est une grande ville entourée de murs au pied d'une montagne dont les bois sont d'essence de noyer elle « I. . L'une ville moderne fondée par un souverain elle et d'artisans. un morceau d'étoffe l'abbé Barges nous dit dans un pas- qui désignent . (jL—Jl) dit El-Bekry. Télimsan de aussi est races. « capitale du Magreb central. cher amendes. La a cinq portes dont trois regardent le midi. melons. Tlemcen.' des mos- quées. l'autre une dynastie des Almoliades . t. villes sont comme est la de différentes celles elle est de Fostat trouve à Télimsan les chevaux rachidy qui sont supérieurs à toutes les autres sortes de cache-nez Moudjem et la résidence des troupes. et située : porte du Bain (Bah el- porte au Guichet (Bah el-Khouhha). ^M. Siège de l'empire la berbères. des gens de la cour du sultan et et cessé dans les traditions conformes au système de doctrine enseigné par Malek ibn de murailles et séparées par l'autre est Tlemcen la zénatien. on trouve souvent des trésors cachés. possède des bazars. des plantations d'arbres et des ruisseaux qui font tourner des moulins et qui forment rendez. un djamè.HISTOIRE 26 pour manger en yver. situées à six milles de distance.

lesquels advocas. dut sa prééminence à empire avait été le siège d'un : la ruine de deux villes dont chacune nous voulons parler d'Archgoul.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE nommé Sur un fleuve Sessif. distant 27 de la cité par l'espace de troys milles. entre lieu pendant Maghreb les le Rif et le désert. ayans en singulière recomquatre parties : écoliers. en coté du midy. plaisir à tenir la Tlemcen (p. Paris. Maghreb du capitale central et métro- pole protectrice des tribus zénatiennes qu'elle est toujours prête d'abriter dans son sein. hommes justes. en . 43) que « les Arabes tenaient un bout de leur cambousch ou voile placé au dessous de leurs narines. à enlever les les les ouvrages de Histoire des Berbères. place située sur le bord de la mer. Elcalha. description de ses principaux sou monuments. à détruire tous lorteresses où habitants. d'icelle soutiennent et y a plusieurs lecteurs et éco- Il en diverses facultés. opulensen possessions. à l'époque où toutes les villes du central furent ruinées par les tiibus zénatiennes qui s'occupaient sans relâche à en opprimer voyageurs. comme aux matematiques. Tlemcen ancienne capitale du royaume de ce nom. et ont leurs provisions ordinairement des coleges. une cote de montagne la retournant devers plaident les causes. La destruction de ces deux cités eut guerres d'Ibn Ghania. Les marchans sontpecumeux. sa topographie. « Tlemcen ( Telimssan ). respirer l'air frais et » Cf. . et de Rehert. histoire. soldats et arti1 sans. tant en la loy. p. Juifs. pour ne pas sage de sa notice sur humide du matin. 3 39)- et à la civilisttion l'on entretenait des garnisons almohades » emporter les (Ibn Khaldoun. 111. 1884. par l'abbé Barges. t. Les habitans sont divisés en liers marchans. demeurent plusieurs ville. y a plusieurs moulins prochains et d'autres aussi plus à blé. Tdensin divisée quatre parties. mandation et loyauté la et honnêteté en leurs prenans merveilleusement grand afaires. forteresse qui s'élevait au midi d'El-Batha. à piller leurs biens. la Du notaires.

HISTOIRE 28 cité garnie. Les artisans aussi s'acoutrent ce assés honorablement. ains seulement. Les marchans et citoyens vont honorablement vêtus. Les écoliers sont Habits des habitans de Telensin. Les artisans sont fort dispos. demeurent aux coleges. ou notaire. pour gnifiques et fort pauvres. Les soldats du roy sont tous gens d'élite et soudoyés selon qu'on les sent sufisans et mettables. on entend tout soldat pour cheval léger. et mieux en ordre que ceux de Fez que (à dire vray) ils sont plus malibéraux. avec des hauts souliers jusques à plus my jambe. et ont sur eux des chemisoles de toile de cotton à manches larges. tellement que le moindre d'entre Ducats d'Afrique. et est ordonné ce homme pour leurs. avec une tresgrande misère. en sorte que pour y faire conduire la marchandise. et le plus souvent. qui et cheval. menans une et n'ont autre tresplaisante vie et paisible. et bien pris de leurs per- sonnes. ou bien ils se font prêtres. par dessus lesquelles ils jettent un s'afublent. quelques bonnets sans reply. et le tiennent de tout est vray. en Afrique. ils Il usent de certaines pelisses . mal en ordre que tout Les soldats vont le reste. mêmes. eux touche troys ducatz pour moys des sont troys et salaire demy des nôtres. car. et s'en trouve peu qui portent turbans en tête. Mais quand ils viennent à être doctorés. se transportent au pais des Noirs. on leur donne quelque ofice de lecteur. mais leur habit est court. chose qui leur revienne mieux qu'à se donner du bon temps. ils linceuil dont temps attaché. qu'en yver.

fait courir les paquets. marche contre les ennemys. prêtres et autres ministres se parent plus pompeusement. premier est le y a plu- lieutenant du roy. En dont le cette court. ESTATS ET OFICES DE LA COURT DU ROY DE TELENSIN Le roy de Telensin une telle gravité et réputation qu'il se laisse veoir peu souvent. car ceux qui sont montagnars.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE de drap simple. expédient les choses selon l'ordre et style sieurs oficiers acoutumé. est le secrétaire majeur. lesquels puis après. et bien sou- vent acompagné d'iceux. représentant Le second la personne du roy. de quelque cape en la façon des manteaux. mais. COUTUMES. s'habillent en montagnars. et avec icelles se peuvent couvrir en temps de pluye. Mais les lecteurs. juges. Les écoliers se parent d'habits convenans à leur condition. les Arabes à la mode du païs. qui se souloyent autrefoys et qualité porter par païs. qui écrit mis- reponce au nom sives. . faites en 29 manière de ces chemisoles. pacité d'un chacun. ceux qui sont de plus grande réputation la la usent d'autres habillemens de drap sur chemisole et sur le linceuil. et ne donne audience sinon aux plus grans et principaux de sa tient court. et rend de Sa Majesté. qui assigne les provisions selon la valeur et ca- drèce les exercites.

et est fort brave le cheval qu'il chevauche. grand chambrier. en plus bas degré. et d'autre diversité de un du- monnoye métaux. oficiers estafiers. Le quint commis roy. pour être fort larges. pèsent cat. Et ne mené. avec leurs et femmes est servy il esclaves chrétiennes. et le quart de ceux d'Italie. Le roy porte à'ia habits dignes garde de sa majesté. tentes. avec d'autre d'argent. Le quart est l'argentier. qui distribue les deniers selon l'ordonnance du roy. lesquels. et combien qu'il ayt à sa garde un grand nombre de soldats.3 HISTOIRE o Le tiers est trésorier. Il personne du la y a plusieurs autres comme capitaine des le ecuyer d'écurie. reviennent à grans il frais. Il fait batre des ducatz de bas or. grans charriages. avec ce. Le . pour ce qu'il ne tient pas plus haut de mille Neantmoins. mais il ne s'arrête aux pompes et cerimonies. il assemble tous de Telensin. ny pavillons. qui ne s'employe en rien sinon quand le roy donne au- dience. en temps de guerre son armée. neantmoins ils ne luy diverses générations. qui reçoit et garde les deniers du revenu. par esclaves. garde du palais et de donne audience. de plusieurs eunuques. est à la quand il le capitaine de la porte. pour ce que dans la chambre. cuivre. quand il s'achemine à la campagne. Arabes les acompagne et païsans de soudoyé pour tout le temps qu'il pense maintenirlaguerre. lesquels Monnoye du royaume qu'il chevaux. qui sont députés des qui est femmes. mais y va en simple et privé capitaine.

dont s'est acquis une telle haine envers le peuple. fut expulsé et privé imposés par son feu du royaume. qu'elle laquelle il luy a duré jusques à son fils sides la mort. 1 Toutefoys ce royaume a rendu par plusieurs années subséquentes troys. pour lequel eonqueter luy convint ir . Joint que je sou- ay obmis expressément plu- sieurs choses touchant les pour r °y et et ordre d'icelle. au moyen de quoy. distribuoyent tousjours aux Arabes et aux garnisons du royaume. le roy dépend largeIl ment aux choses extraordinaires de sa maison. ducatz Le par par est les resti . tué rcur tage paternel. J'ay été ventefoys en sa cour. et être quasi coutumes conformes de Fez. Et outre ce. pour être trescourtoys et libéral seigneur. l'Empe- . voire quatre cens mille mais etoyt compris tandis qu'Oran la moitié de ces deniers se en iceluy. et est aussi pour autant que Ethiopie. soldats et principaux courtisans. et memement depuis que Oran fut ocupé par les chrétiens. il dises qui accreut les gabelles impositions sur et la cité. aprochantes à celles craindroys vous causer quelque ennuy par trop longue enarration.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE pais a petite étendue. mais passage d'entre l'Europe retire et grans profits des marchan- y passent. le c'est le roy en 3i peu habité. y a puis les salaires des capitaines. du temps des autres roys etoyt libre. de Teiensin dechassé sub]etS. qui (comme nous avons ja dit) le remit en son herin p • .1 ii/-« avoir recours a la clémence de la Laesaree Majesté. après laquelle succédant avec propos délibéré de maintenir ces subpère.

dont n'est esloignée que de demi-lieue du costé du midi. et est assise sur étaient « elle une montagne.3 HISTOIRE 2 HUBBED. Il y a encore beau colege pour recevoir les par aucuns roys de Fez hôpital. veneré par les lesquels y drecent aumônes en l'honneur Bu Médian. vœuz. un fameux sépulchre. Là se void renommé. a nages d'une grande piété. sur lesquelles leurs i. dit Marmol. et étrangers. nommée Emmeniaria. et au dedans un sépulcre d'un saint bien lequel veoir. la signification de religieux. et à trente deux degrez dix minutes de latitude. pour sieurs garnie de plusieurs artisans. et plée memement temple. pour l'on dit qu'est enterré . fort la cité. ^L*. qui furent bâtis de faut descendre plu- faisans plusieurs d'iceluv. marches de degrés. où Il y a un Morabite fort révéré parmi les Maures. 11 de dévots ayant embrassé la 1 . de person- y avait dans ce bourg un ribath ou couvent vie ascétique et des tombeaux de saints qui un but de pèlerinage. un mille et demi du une montagne bien peu- distante de Telensin environ coté de midy. est comme un fauxbourg de Trémécen. maison de Marin. noms sont gravés Le mot de Hubbed. Cette ville. Près de cette mosquée est un collège et un hospital. que Ptolomée met à douze degrez cinquante mi- et nutes de longitude. Les historiens disent qu'elle a esté bastie par les Romains. comme il se peut encore veoir par certaines tables de marbre. PREMIERE CITE PRES DE TELENSIN Hubbed une est petite cité comme un bourg. édifiée sur et fort civile. et l'apellent Sidi un il et est fort habitans et voisins de cette leurs un de teinturiers de draps. il est dans la grande mosquée et l'on y descend par plusieurs degrez.

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

33

TEFESRA
Tefesra est une petite

cité, assise

en une plaine,

distante de Telensin, par l'espace de quinze milles,

en laquelle font demeurance plusieurs maréchaux et
forgerons, pour ce que là se trouvent à force veines
de fer, et sont les terres d'autour tresfertiles en
grain. Les habitans sont incivils et mécaniques, à

cause qu'ils n'ont autre exercice que de
porter à Telensin.

et le

les

pauvres estrangers,

tirer le fer,

1

et l"un et l'autre a esté basti par le

quatrième roy

est sur
de Fez, comme on voit par l'inscription en lettres arabesques, qui
sont comme ceux de Tréle portail en une table d'albastre. Les habitans

mécen,

trafiquent dans la

mesme. Us

vivent de

et

montagne,

et

il

y a

t. II, p. 555).
force teinturiers, sans autres choses de remarque » (L'Afrique,
connu
Le cheikh Choaïb ibn Houssein el-Ansary el-Andaloussy, plus

sous

le

nom d'Abou Médian ou Bou

Medin, naquit dans

le village

de Can-

Il se réfugia,
tillana près de Séville, vers l'année 511 de l'hégire (1121).
de Fes
pendant des troubles qui agitèrent l'Andalousie, dans les environs
les plus
où il exerça le métier de tisserand. Il suivit les leçons des cheikhs

revint se
fit le pèlerinage de la Mekke et
sa
enlevé par des pirates pendant son voyage, et dut

célèbres qui professaient à Fes,
fixer à

Bougie.

liberté à

fut

un miracle qui

été conduit.

du

Il

Les docteurs de

que

respect

lui

au sultan Yaqoub

marche du navire

arrêta la
la loi

à bord duquel

de Bougie, jaloux de

la

il

avait

considération et

avaient acquis ses leçons et sa science, le dénoncèrent
el-Mançour qui donna l'ordre de l'amener à Fes. Abou

Médian mourut sur

les

bords de

l'Icer

après quelques jours de voyage, en 594

Oubbad.
(1198)
dus
La biographie du cheikh Abou Médian figure dans plusieurs ouvrages
Barges
l'abbé
M.
que
notices
les
consulter
peu',
à des écrivains du Maghreb. On
de Cidi Bou-Medyn,
a consacrées à ce saint personnage: Visite au tombeau
et

il

Paris, 1852.

fut enterré à

Le Marabout Cidi Bou-Medyn, Vie du

Médian autrement dilBou-Mcdiu,
1.

De

m.

léfeiara.

.jU.*.

«

Paris,

célèbre

marabout Cidi

Abou

1884.

C'est une grande

ville, bastie

par ceux du
3

HISTOIRE

34

TESSELA
Tessela a été tresancienne

cité,

par les

édifiée

Africans en une grande plaine, qui a environ quinze
milles

d'étendue, produisant de bons

beaux en

si

grande quantité, qu'elle

pour en fournir

pour ce que

et

est suffisante

de Telensin. Les habitans

la cité

rendent un grand tribut au roy,
pavillons,

grains,

demeurent dans
mais la
détruite

et

la cité fut

nom

plaine en porte tousjours le

:

1
.

BENI RASI, PROVINCE
Cette province s'étend en longueur, environ cin-

quante milles, depuis orient, jusques en occident,
et

vingt et cinq en largeur. La partie qui regarde

du coté de midy est toute en plaine, et celle qui est
à l'oposite de tramontane consiste quasi toute en
pays, à ce que disent les écrivains. Elle est dans une plaine, à cinq lieues

de Trémécen, du costé du

Ptolomée met

levant, et s'appelloit autretois Estazile,

à treize degrez vingt

degrez dix minutes de latitude.
et

minutes de longitude,

Tous

les

ont plusieurs mines de fer ausquelles

abondent en bleds

et

habitans presque sont forgerons,

ils

travaillent.

en pasturages; mais

qu'on porte vendre à Trémécen et

ailleurs.

Les terres d'alentour

le

principal trafic est de fer,

La

ville est

fermée de bonnes

murailles, qui sont fort hautes, et n'a rien de remarquables
j'ay dit »
1.

«

De

(Marmol, L'Afrique,
Tê^èla, 41LJ-

<;

C'est

t.

II, p.

une

fut

ruinée par

le

que ce que

356).

ville fort

ancienne bastie par ceux du pays

dans une grande plaine qui a plus de sept lieues de long et
d'Oran. Elle

que

et à trente trois

est à six lieues

quatrième roy des Bénimérinis lorsqu'il

fai-

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE
coteaux,

35

desquels rencontre assés bien

le terroir

le

souvent. Les habitans se divisent en deux

plus

dont l'une habite en ces

parties,

montagnes,

petites

dans maisons assés commodes,

bien muraillées,

et

eultivans les vigneset terres, avecce qu'ils s'adonnent

aux autres choses nécessaires. Ceux de l'autre partie
sont plus nobles, et résident en la campagne, logeans

où ils nourrissent le bétail, et
tiennent plusieurs chevaux et chameaux, vivans

dans pavillons,

commodément

bien

et

à

leur

toutefoys

aise;

ils

rendent quelque tribut au roydeTelensm. Les habitans des colines ont plusieurs vilages, mais il y en
a

deux principaux, dont

appelle Halhat

l'un est

Harara, auquel y a environ cinquante maisons de
marchans et artisans, et est situé en manière d'un
fort,

en

la

côte d'une montagne, entre plusieurs va-

nommé Elmo

lées. L'autre est

sa résidence

soit la

le

et n'a

s'il

si

bon

qu'il fourniroit

ils

les villages tout entiers

de

la

les

la ville

Arabes. Le

de Trémécen,

quantité de chevaux et de cha-

sont en perpétuelle crainte de ceux d'Oran qui font toujours

des courses dans ces quartiers et en

resté

comme

de froment et d'orge

estoit tout labouré. Ils ont outre cela

meaux, mais

:

jamais esté repeuplée depuis les Bérébères

qui occupent cette contrée et errent sous des tentes

pays est

lait

chevaux

lieutenant du roy, avec ses

guerre à Trémécen

LIascar, là

ville

qu'un

comme
petit

emmènent

n'estant

chasteau

les

troupeaux

composez que de

tort d'assiette,

il

et

quelquefois

tentes.

11

n'est

y a une

cisterne pour recueillir les eaux de la pluye, mais les Maures n'y osent
demeurer de peur des chrestiens. Le fils du Chérif vint jusques là quand
et laisoit de cet endroit, tous les jours des courses
il eut pris Trémécen
sur les terres d'Oran. Tézéla se nommoit autrefois Ariane que Ptolomée

met

à treize

degrez vingt minutes de longitude

quante minutes de latitude » (Marmol, L\ljriquc,

et
t.

à

trente d

II, p.

55S).

HISTOIRE

36

marché tous

et là se tient le

samedis, auquel se

les

vend une grande quantité de bétail, grains, figues,
miel et semblablement plusieurs draps du pais, avec
autre chose de moindre estime et valeur, comme
cordes, selles, brides et harnoys de chevaux. Je
passoy souventefoyspar ce pays, mais cène fut sans
dérobé

être

le

plus souvent, car

trouve de

s'y

il

tresrusés et subtils larrons. Cette province rend au

roy de Telensin vingt

cinq mille ducats de re-

et

venu, pouvant mettre en campagne

combatans comme monte
i

.

Il

faut lire Béni

apprend que

les

nombre de

tel

somme du

la

tribut

1
.

Rachid au lieu de Béni Rasi. Ibn Khaldoun nous
la tribu des Béni Badin

Béni Rachid étaient une fraction de
branches,

qui se subdivisaient en plusieurs

telles

que

celles des

Abdel-

ouad, des Toudjin, des Béni Zerdal et des Béni Mozab.

Les Béni Rachid occupèrent
qui est située dans

Marmol donne

montagne qui porte encore

la

le désert. (Histoire des Berbères, t.

à cette tribu le

nom

III,

p.

leur

nom

et

302-308).

de Beni-Arax.

une province ou un Estât particulier, quia dix sept lieues
de long sur neuf de large; tout le reste du Midi est une plaine, et celuy
du Nort n'est que colines, qui abondant en bleds et en pasturages. Les
habitans sont Bérébères de la tribu de Magaroas, et de la lignée des Béni
Arachides. Ils sont distinguez en deux ceux des montagnes demeurent
« C'est, dit-il,

;

dans des villages, travaillent aux champs
par

les

illustres,

campagnes
et

comme

les

Arabes

;

et

et

aux vignes. Les autres errent

comme

principales, Beniarax, qui porte le

de deux mille habitans, aussi

nom

est- elle

de
la

plus ancienne,

seconde

première, et bastie sur

quoy

ville
la

se

a trois villes

et

nomme

et à

il

pus

y demeure

qu'elle ne soit pas
et qu'il

met

trente deux degrez

Calaa, elle est plus forte que

pente d'une coline entre deux hautes monta-

gnes. Elle est fermée de murailles garnies de tours,
forteresse, et habitée de

y

que Ptoloraée appelle Villebourg,

douze degrez quarente minutes de longitude,

de latitude. La
la

elle

Il

l'Estat, est la capitale, et a

quantité de noblesse, et de gens de condition,

fermée de murs. C'est
à

plus riches, sont plus

ont quantité de chevaux et de chameaux.

marc! ans

à

la

façon d'une

et d'artisans qui sont à leur aise.

C'est

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

37

BATHA, PREMIÈRE CITÉ, EN LA SUSDITE PROVINCE
Cette cité fut grande, civile et bien habitée, édi-

parles Africans de notre temps, en une belle et
ample plaine, qui produit du froment en grande

fiée

quantité,

des fruits provenans

souloyt rendre

et

environ vingt mille ducatz au roy de Telensin. Mais elle fut détruite et ruinée par les guer- Buha
res, qui furent entre les rois de Telensin et queld'icelle,

ques-uns leurs parens, habitans au mont de Guanqnand

place que prit Martin d*Argote,

la

il

fut

contre

Buhamu,

et c'est là

que les Arabes tuèrent ce capitaine Corse (Escander) qui s*estoit rendu. Elle
s'appeloit autrefois Altao, que Ptolomée met à douze degrez trente minutes
de longitude, et à trente

et

un degrez dix minutes de

comme un

latitude.

La troisième

y a une forteTurcs ont achevée, qu'Almansor commença à bastir, parce
qu'ordinairement un gouverneur y résidoit avec de la cavalerie. Les Turcs
se

nomme

resse

ont

que

Mohascar,

et n'est

que

bourg, où

il

les

trois pièces d'artillerie

et

quantité de gens de guerre sous

un com-

gouverneur d'Alger y envoie pour tenir en bride les
Arabes qui errent par ces campagnes et qni ne sont jamais d'accord avec
eux. On y tient un grand marché tous les jeudis, où les Arabes et les Bé-

mandant que

le

rébères viennent vendre leur bestail, leur bled, leur orge, des raisins secs,

du miel, de

la

cire,

de

l'huile, et autres

de Trémécen

chans v amènent

et

choses semblables. Et les mar-

d'ailleurs des draps,

des

toiles,

des

manteaux de pluve, des mantes, des tapis, des selles à
piquer, des brides et des enharnachemens de chevaux, et plusieurs autres
ou

baracans

marchandises

que

et toute la contrée s'y vient pourvoir.

c'est la ville

Quelques-uns croyent

dont nous avons parlé au chapitre précédent, que Ptolo-

mée nomme
les rois

Villcbourg. Quoi qu'il en soit, le peuple y est à son aise, et
de Trémécen en tiraient quarente mille pistoles par an, et vingt

cinq mille
terie,

hommes

de combat dans l'occasion, tant de cavalerie qu'infan-

tous braves gens et

possèdent aujourd'hui

»

bien équipe/..

(Marmol, L'<

Les Turcs,

comme

Afrique, .t. II, p. 3,

j'ay dit, la

ruinée par
guerres,

les

3

HISTOIRE

8

pour avoir eu

seris. lesquels,

faveur et suport du

la

roy de Fez, s'emparèrent de plusieurs pais au royaume

de Telensin, brulans
places qu'ils ne

ment,

qu'il

detruisans toutes les cités et

pouvoyent tenir
et petits

elle etoit située, passe

rives

et

défendre, tellecité,

que

fondemens. Près du

lieu

ne reste aujourd'huy de cette

quelques masures

et

un

petit fleuve,

duquel etoyent plusieurs jardins

sur les

et fertiles ter-

ritoires. La plaine par même moyen demeura inhabitée, jusque à tant qu'il y arriva (avec une grande

séquelle) quelque hermite de leur religion, que l'on

estimoit

mener une

ver ces terres, au

vie tressainte et se meit à culti-

moyen

opulent en bœufs, chevaux
royt savoir

le

conte

;

de quoy,

Et m'a été
Domaine, revenu,
ordre
mite.

d'un

et

her-

dit

rendit

se

et brebis, qu'il

joint aussi

que luy

sont exempts de tout tribut envers

Arabes, pour être

il

tenu pour

tel

le

si

n'en sau-

et les siens

roy

et les

que vous avez ouy.

par aucuns de ses disciples, que les

décimes de ses terres raportent jusqu'à mille setiers
de grain par an. Il a 'cinq cens chevaux, dix mille

ou cinq mille ducatz, qu'il reçoyt tous les ans des aumosnes qu'on
luy envoyé de toutes pars, à cause que sa renom-

brebis,

deux mille bœufs

et

quatre

mée est divulguée par toute l'Afrique et Asie,
ment que le nombre de ses disciples est de telle

telle-

sorte

augmenté, que ceux qui font demeurance avec luy
peuvent être jusques au nombre de cinq cens, vivans
tous à ses dépens, sans qu'il leur enjoigne autre pénitence, que faire leurs particulières oraisons, là

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

noms

sont contenus aucuns

mande invoquer

39

de Dieu, qu'il leur com-

pour

tant de foys par jour, et

cette

occasion, infinies personnes y acourent, reputans à

grand heur

pour

d'être retenus

ayans instruits en sa doctrine,
maisons. Pour ce

faire,

Il

uns pour

ses pasteurs et le reste

entretient quatre

plusieurs esclaves, desquelles
tant

et les

;

renvoyé en leurs

les

tient pavillons, les

pour

les étrangers, d'autres

pour sa famille.

il

ses disciples

a

il

femmes, avec
force enfans

à

mâles que autres, qui sont vêtus avec une

pompe

une magnificence

et

fort

grande

et

qui sont

semblablement mariés, ayans des enfans, tellement
peut avoyr cinq

qu'entre sa famille et des siens,

il

cens bouches, qui

telle

le fait être

en

estime

et ré-

putation envers les Arabes, que veu leur affection

grande en son endroit,

le

roy de Telensin

le craint

plus qu'il ne l'aime. Je logeay avec luy par l'espace

de troys jours continuels (pour

le

désir

que j'avoys

de savoir quelque chose de ses afaires) durant lesquels

il

ne passa jour

ne

qu'il

me

feit cet

honneur

me faire souper en sa compagnie dans aucunes
chambres secrettes; là où (entre autre chose) me
montra aucuns livres de magie et alchemie, me voude

lant

persuader, par

vives raisons,

que ce sovent

sciences parfaites et pleines de vérité, qui

présumer

qu'il

que pour le veoir
autrement
ainsi

me

me

fait

non pour autre chose
honnoré et presque adoré

sovt magicien,
ainsi être

;

sembleroyt

indissolublement

la

impossible

d'acquérir

grâce de tous, sans faire

HISTOIRE

4o

autres misteres que ces invocations de

noms

Dieu avec ses

1
,

ORAN

Oran

une grande

est

contenant environ

cité,

mille feus, édifiée par les anciens Africans sur la

Méditerranée, partie en plaine et partie en

six

mer

mon-

tagne, distante de Telensin par l'espace de cent quarante milles. Elle est bien fournie d'édifices et de

bonne

toutes choses, qui sont séantes à une

comme

cité,

coleges, hôpitaux, etuves et iioteleries, étant

ceinte de belles et hautes murailles.

La plus grande

partie des habitans etoyt d'artisans et tissiers de toi-

avec plusieurs citoyens, qui vivoyent de leur re-

les,

De

i.

Batha,

U=H.

une ancienne

« C'est

dans une belle plaine, à

esté ruinée par les Zénètes de la tribu de

de Trémécen,

rois

et vivent

guerre autrefois avec

les

Magaroas, qui sont parens des

montagnes de Guanécéris.

Ils

eurent

Téchifien, et à la faveur du roy Joseph d'entre

Bénimérinis, occupèrent une grande partie du royaume de Trémécen,

les
et

Abu

dans

par ceux du pays

ville bastie

d'Oran, au dedans d?s terres. Elle a

trois lieues

ruinèrent toutes les villes qu'ils ne pou voient garder, dont celle -cy est

du nombre

point esté repeuplée depuis. Mais

et n'a

bituer ensuite dans cette contrée et la

pour
rois

le

labourage

de Fez

mais

ils

et

et

pour

les

troupeaux.

des Arabes, plusieurs

ne repeuplèrent pas

témoignent sa grandeur. Elle

fit

Comme

y vinrent

la ville.

est sur le

un Morabite

On

il

pagnes de Céna,
dans

met

le

à

Cirât.

s'establit

et la rivière

s'establir

On

sous sa protection,

en voit encore

les ruines qui

bord d'une rivière où l'on voit de

dans ces plaines, on

a le

bonne

estoit fort respecté des

grans vergers, qui pour n'estre pas cultivés sont devenus

Depuis que ce Morabite

vint s'ha-

cultiver, parce qu'elle est

mesme nom

comme une

forest.

les appelle les

cam-

jusques à ce qu'elle entre

appeloit autrefois cette ville Bunobure, que

quatorze degrez et trente minutes de longitude,

et

degrez et trente minutes de latitude » (Marmol, L'Afrique,

Ptolomée

à trente
t.

II, p.

deux
359).

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE
venu, combien

qu'il fut petit, car à s'y

sans s'adonner à quelque

art,

avecdupain d'orge. Comme

4r

vouloir tenir

se failloyt contenter

il

qu'il

en soyt, les habitans

etoyent humains, plaisans et courtoysaux étrangers,

au

moyen de quoy, cette

cité etoyt fort

fréquentée par

marchans de Catalogne et de Gennes, pour lesquels recevoir, il y avoit une loge, qui se nommoit
les

Loge des Genevoys
en la Clte û 0ran
'

la

loge des Genevoys, pour ce qu'ils souloyent tous-

jours en icelle loger.

Ceux de

cette cité

ont

-

été par

longtemps ennemys des roys de Telensin et ne
voulurent jamais soufrir qu'aucun d'eux print le
gouvernement de leur cité, mais ont choisy seulement un trésorier et facteur pour lever les deniers
provenans du port de la cité et a eleu le peuple un
conseiller, qui a égard sur les choses civiles et cri-

minelles. Les

marchans souloyent tousjours

tenir

fustes et brigantins armés, avec lesquels vagans par
la

mer, molestoyent grandement

et les isles

Guevize, Majorique

et

les

Carthaginoys

Minorique, de sorte

que
etoyt toute remplie d'esclaves chrétiens;
mais Ferdinand, roy d'Espagne, expédia une grosse
armée pour combattre ceux de la cité, afin que, les
la ville

ayant subjugues,

il

peut délivrer

les chrétiens

avoyent réduis en misérable servitude
seureté ceux

qui

par telles

et

qu

ils

rendre en

continuelles

courses

etoyent journellement molestés; mais l'exercite fut
défait par les

grans desordres qui

d'Espagne,

il

leva

s'y faisoyent.

De-

evêques et du cardinal
une plus grosse armée qu'aupa-

puis, avec l'aide d'aucuns

L'armée

de

Ferdi-

nand rom P ue de -

HISTOIRE

42

ravant, avec laquelle la cité fut prinse en

peur ce que

le

les

Espagnols.

vuide

sans ordre hors

la cité,

or

laquelle

sans aucune carde pour ruer

et

.

sur les Espagnols, qui s'etans prins garde de

confusion

jour,

peuple, transporté de colère soudaine,

sortit à la foule et
Oran subjuguée par
f ut délaissée

un

cette

desordre, cognoissans

la cité être abandonnée, envoyèrent une partie de l'armée par un

et

où ne trouvant autre defence que de
qui etoyent montées sur les murailles, facilement entra dedans et, pendant que l'on combatoyt au dehors, sortit à la campagne ruant à dos sur
les ennemys, lesquels ayans aperceues les enseignes
autre coté,

femmes

des chrétiens sur les murailles, se retiroyent vers
cité

pour en expulser

qui y etoyent entrés.

vèrent de toutes pars environnés, et furent
traités

que peu en echapa d'un
s'emparèrent d'Oran

sorte,

la

donner la chasse à ceux
Mais ces misérables se trouet

si

En

tel péril.

mal
telle

Espagnols, qui fut

les

en l'an neuf cens neuf de l'hegire (1509)'.
1.

Ouehran, ^lytj (Oran).

une place

très forte; elle

«

Oran

situé à quarante milles

des jardins et une mosquée, djamè. Elle eut pour fondateurs
ibn Abi

Aoun Mohammed

qui fréquentaient le

après avoir obtenu

le

d'Arzao est

possède des eaux courantes, des moulins à eau,

ibn

Abdoun

et

port de cet endroit.

Mohammed

une bande de marins andalous

Ils

accomplirent leur entreprise

consentement des Nefza

et

des

Mosguen,

tribus qui

occupaient cette localité

Ces Andalous qui avaient été les compagnons
d'El-Corachi, fondèrent Oran en l'an 290(902-903 deJ.-C.).IIs y séjournèrent jusqu'en l'an 297, quand une feule de tribus se présentèrent devant
la ville et

demandèrent

l'extradition des

Béni Mosguen

afin d'exercer contre

eux une vengeance de sang. Les Andalous ayant refusé de
tribus
et

commencèrent

empêchèrent

la

les hostilités

garnison de

sortir

contre

la ville, la

les livrer, ces

bloquèrent étroitement

pour puiser del'eau. Les Béni Mosguen

). Description de YiAfriqite. Les habitants se voyant sur succomber consentirent à sionnements le point de livrer leur ville. gouverneur de Tihert. Oran fut saccagée et brûlée par les vainqueurs. El. bien peu distante d'Oran. 165-167). mer Méditer- la La signifiance de Mersalcabl ^ port.-C. Yala ibn La ville Mohammed mis en déroute et commença les ibn Saleh l'Ifrenide s'en dou '1-caada de la d'Oran dans d'Ifcan bataille eut lieu le Dans le mois de année (mars 955) Yala transporta les habitants venait de fonder et qui est connue sous le nom susdite (septembre-octobre 954). quand empara après avoir attaqué Azdadja du mont Guedera. du d'Oran. beaucoup est florissant.. mais à deux milles de il en existe un plus grand. Cette djomada de l'année 15 à se relever et elle devint plus belle qu'au- necessa de prospérer jusqu'en l'année fut alors dévastée et brûlée abandonnée pendant quelques années pour la seconde fois » (El-Bekri. p. littoral le voisinage de la On y mer est entourée d'un trouve de grands bazars. Quant à la ville la grands les là. même la ville qu'il ou Fekkan. dont la sépare. leurs trésors et leurs approvi- à la condition de pouvoir se retirer la vie sauve. Aux portes de la ville est un port trop peu con- sidérable pour offrir quelque sécurité aux navires. Elle est située vis-à-vis un intervalle de d'Almeria deux journées de navigation C'est d'Oran qu'on tire en grande partie les approvisionnements de l'Espagne. vais- vents : il côte du pays des Ber- d'Oran.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 43 MERSALCABIR Mersalcabir est une petite cité édifiée de notre temps par roys de Telensin sur les ranée. Au mois de chaaban de l'année suivante '1-caada 297 (juillet-août tants (avril-mai 911) la ville paravant.Une année plus tard les habiy revinrent avec l'autorisation d'Abou Hameid Daouas ou Daoud ibn Soulat. Oran et elle resta 3 13 (954). ce qui eut lieu dans le mois de dou 910 de J.Mers el-Kebir où même les plus seaux peuvent mouiller en toute sûreté. mot ce en notre vulgaire est grand port et ne luv profitèrent enfin d'une nuit obscure pour s'enfuir de la place et se mettre sous la protection des Azdadja.. La « mur de ville de fabriques sur la et le commerce y côte d'Espagne. ses habitants boivent de l'eau d'une rivière qui vient de l'intérieur du pays et dont les rives sont couvertes de jardins g rand . située dans terre construit avec art. protégés contre tous n'en est pas de plus vaste et de meilleur sur toute bers.

où elle est batue des flots de la mer. ceinte d'une haute La ville est montagne. du miel. y avoit grand bastie que pour la garde du comme le il mot Arabe trafic. avec ce qu'il asseure de tous côtés les vaisseaux. qui sont dedans. si ce n'est par le chemin d'Oran. du costé du couchant. On de vergers. Description de l'Afrique 1. et là semble donc que nommoit dans cette autrefois le que Ptolomée met à douze degrez quarante huit minutes de longitude. et crème et du y trouve des fruits bétail. et suivant le mur qui est fort épais et fait . ju£j! . car je ne pense point qu'en il y en ait un autre. la la aloyent tout droit surgir en temps calme. 96-97). sur la coste de d'Oran. ny de grandeur. bon marché. elles s'en moyen Oran. qui se le signifie. Son port est a esté bastie à la façon d'une forteresse par les la mer Méditerranée le plus beau une à lieue grand de toute l'Afrique. p. de sorte qu'il peut aisément recevoir le plusieurs cens de navires et galères. où place n'a esté port grand. il il peut contenir beaucoup est à l'abri du vent et de la tempeste. où il y a un passage estroit et inégal qu'on nomme la Chaize. Du costé du septentrion. aspre et si et est escarpée qu'on ne peut aborder dans la ville qu'avec grande difficulté. Marsa-qtti-vir. et de tous costez. fureur marine. et De de l'Espagne. il y a deux tours quarrées qui flanquent le port. du beurre. Il port.HISTOIRE 44 est tel nom tout monde telle mal imposé. Les galeasses de Venise et plusieurs autres navires de l'Europe y abordoient tous les ans avec leurs marchandises qu'on menoit de des barques à Oran. si sur un roc qu'on ne peut miner. et à trente quatre degrez trente minutes de latitude. tant ample.c-v». Les habitants de cette ville se distinguent par leur activité et par leur fierté)) (Edrissy. les navires espagnols se succèdent sans interruption dans son port. et le plus de galères et de vaisseaux.« Cette place qui signifie le grand port Romains. à quand marchan- les galères. et par un même 1 . de toute grande fortune Veniciens y souloyent retirer et les survenoit la Cette cité fut prinse de plage de laquelle comme l'autre. envoyans leurs dises sur des barques à et impétuosité des vens. tout à très en abondance.

gouverneur des Doazelles. puis une seconde à l'autre là. ils la Ils ils virent qu'ils s'écar- montagne pour sortirent en gros et les enveloppant. L'an mille cinq cens six. étant côtoyée par fleuve Selef. fut attaquer Marsa-qui-vir avec une flote de Castille. et de pris. plusieurs de tue/. De>m Diego de Cordoue. mer. on commença à bâtir un fort de ce costé là sur une haute montagne qui est à six cens pas de la ville. il y a dans l'encognure des deux pans de la muraille une autre bonne tour quarrée qui flanque tout cet endroit. et contraire ayant esté décou- verte dans cet intervale. mais la vinrent attaquer il cens un. comte d'Alcandete. où il y avoit quantité de noblesse. les Turcs du costé du couchant. La flote estant arrivée vers la place. tournant autour de encognure qui qu'on nomme la ville. de prendre cette vide en passant. et comme que quelques uns estoient monte/ sur connoistre. eile est un vieux pan de mur où boulevart. L'an mil cinq Dom Manuel. commanda aux généraux n'estoit pas comme nous encore achevé quand verrons ensuite. cette place estant aux Maures. où avant que d'arriver.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 4$ MEZZAGRAN Mezzagran cains sur la est une petite cité édifiée par les Afri- mer Méditerranée. L'entrée de grandes tours quarrées. les habitans firent entrer trois cens chevaux et quantité de gens de pied pour défendre la place. Depuis peu. d'où descend quatre tours quarrées qui sont batues de deux place est défendue par appartenons du gouverneur. où sont les passe trois portos pour entrer dans fortifiée d'un la la ville. branLr jusqu'à toient. sous y a gou- il le vernement de Martin de Cordoue. elle eut le vent tellement qu'elle fut trois jours à tournoyer pour prendre terre. qui auprès d'icelle se jeté dans le mer. 11 l'assiégea . la de terre grasse. au dessous de la porte de la ville à l'endroit la Foie mer. les défirent. la re- y en eut sauvèrent dans laissant Il les Maures joyeux de leur victoire. en faveur des Vénitiens. cinq ans après la défaite des Portugais. Du la l'on et costé de la mer. on trouve une tour ronde qu'on appelle la Campane. et la descente des Portugais. est plus avant. et ceux qui purent échaper se les navires qui mirent aussi-tost la voile au d'Oran demeurèrent sans vent. De on rencontre une plateforme. roy de Portugal. et d'y mettre garnison. d'une flote qu'il envoyoit au Levant.

Le vainqueur ayant place découvrit depuis par ses espions qu'il et leur Il partit donc la nuit après avoir laissé bonne garde dans la place. la mer. fit équipage. met à treize degrez trente Trémécen. et les Maures recouvrèrent tout le butin et retournèrent victorieux à Oran. d'où il revint résider en personne dans son gouvernement » (Marmol. t. et les contraignirent de se retirer sur une colline. et à par ceux du Port des Dieux. ^}Jp'y^ (Tamazghran). à une demi-lieue de bastie à ce le dit. djatné » (Description de l'Afrique. les attaquèrent de toutes parts. p. car ses gensdarmes ayant voulu au retour donner l'alarme à Oran. là et qu'on avec toutes ses troupes fondant à l'improviste sur quantité de prisonniers et de butin. mais fort lestée par les Arabes. d'Oran du costé du levant. p. et à la distance d'environ trois milles se trouve Tamazghran (Mazagran). 360-362). Les anciens appelloient son port. estoit perdu sans un page qui luy donna le sien. et ces Arabes et sacageant leurs tentes. Elle estoit autrefois fort peuplée de marchans et d'artisans qui estoient à leur aise. et qui se fit tuer eu sa place. Le gouverneur d'autorité tant dehors. et si la un et tua le autre. assiégeans d'un canon de fer qu'ils avoient fort les ils dedans d'icelle a . et un grand chasteau. où un sanglant combat. Dora Diego combatant esté tué sous luy. en sortirent. II. ville murée qui possède une mosquée. se défendirent de que donnant dans canonier sortirent avec leurs ils laissant la ville libre verneur de juste et les mo- mesme. et voyant les chrestiens embarassez de leur butin. Le gouverneur arriva à Marsaen personne et il y eut son cheval ayant en assez mauvait estât. gueule du leur. Mais la Fortune luy rit acheter ce succès par une grande défaite. leurs enfants aux chrestiens. Le défaite fut grande. que Ptolomée minutes de longitude. 164). gouy avoit quantité esté establi d'Arabes campez dans une plaine qui n'est qu'à deux lieues de pouvoit faire un grand butin. quantité de noblesse y mourut. De Maiagran. L'Afrique. incommodoient mais on en pointa il le mit en pièces menter. . la cela obligea les assiégez de parle- femmes. passa en Espagne. dit-il. huit cens lances qui estoient dedans. et laissant Martin d'Argote pour commander en son absence. mais meschans et vi- . « C'est treize une dans la province de petite ville fort ancienne. « A l'occident de Mostaghanem. et pays. Maures peu 1 la cité . mais qui n'ebt pas fort. quarente cinq minutes de latitude. qui-vir 1. El-Bekri ne consacre que deux lignes à Tamazghran.HISTOIRE 46 Elle est fort bien peuplée et civile. comme donc et la bâtit vigoureusement. La qu'on ville et à trente trois degrez a de hautes murailles.

Les maiaussi plusieurs artisans et tissiers avec belles et accommodées de fontaines. jusqu'à parlé Quand la (Murmol. que par le milieu de passe un fleuve. ils en la description d'Oran » le comte d'Alcandete s'y retirèrent avec leurs leurs enfants.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 47 MUSTAGANIN sur la mer Cette cité iut édifiée par les Alemans. femmes et levée du siège. lagan qui n'en est qu'à une grande l'orge- attaqua mais la il ne vaut rien pour le dernière fois Mostagan. t. et tous leurs biens. Mais quand la paix forme de tribut. ils n'estoient Mosestoient contraints de se retirer a jusqu'à leurs portes. sons sont ce. distante de Mezzagran milles. > s >)- . et faisoient quelque Oran. sur la cité hors d'icelle. froment. II. dont nous avons L'Afrique.x estoient bien-aise d estre en par gouverneur au reconnoissance La ils avec les chrétiens. aujourd'huy dimiArabes. Toutefoys elle peut cinq cens feus. environ troys Méditerranée. C'est pourquoy prise d'Oran par les courses des pa. Ci a-. et fut commencèrent mais depuis que les roys de Telensin foulée par les elle fut merveilleusement . tenir mille de toile. parce que la garnison e toit rompue. puis beaux jardins. à decheoir. venant d'ordinaire au marché à couroit pas en seureté. où lont peu plusieurs vaisseaux de l'Europe mais ils y . lequel sont assis plusieurs moulins. Elle commença à décliner depuis Arabes de la contrée. Et grande partie d'iceux demeure sans être viennent surgir et aborder y a un petit port. située en bon et fertile ter- jadis civile de l'autre partie du fleuve. tellement qu'elle en est encore connuée des deux tiers. du coté de levant. p. de sorte qu'ils pour bon est d'alentour pays Le lieue. ritoire. combien que la plus se voyent de cultivée. et y a un tresbeau temple.

p. et ce qui l'obligea d'essayer trois fois de la prendre. (Description petite ville située dans le fond d'un golfe avec des bazars. une en ligne directe » (Edrissy. distante de la précédente. des vergers. C'est un peuple orgueilleux. II. dit El-Bekri. sur cité édifiée et habitée par gens fort Mostaghanem. par longue espace de chemin. qui tourmentoient si fort les habitans. 11 n'y a point dans cette province d'autres places considérables que celles dont nous avons déjà parlé. De Mostagan. i. que plusieurs l'abandonnèrent. C'est ce que savoit bien le comte d'Alcaudete. BRESCH Bresch est une la mer Méditerranée. commandée par une eminence. car les habitans sont fort pauvres et néces- siteux'. ville fort ancienne. mais il perdit la vie à la dernière. Description de 117). et au levant elle a la rivière de Chilef.) « loin ville fournit de beaux pro- de Mostaghanem. La largeur Mostaghanem est de trente quatre milles en ligne bâtie sur du golfe entre Arzo et oblique et de vingt quatre ViAfriqueet de l'Espagne. et quelques clos de figuiers et de vignes. mais un peu éloigné que Ptolomée met à quatorze degrez trente minutes de longitude. beaucoup d'eau et une muraille une montagne qui s'étend vers l'ouest. p. cette ville estoit aux Arabes. qui a sur ses bords plusieurs moulins. et à trente trois degrez quarente minutes de latitude. il y a Au plus haut de un chasteau vers la place. le territoire de cette L'embouchure du Chelif n'est pas Mostaghanem. des bains. Les maisons de cette place sont bien basties. commence dès la . jusques à ce que les Turcs s'emparèrent d'Alger. qui est la clef du pays. Car celle de Tenez rivière de Chilef. située le voisinage de la mer et à deux journées de Cala Deloul est entourée d'une muraille possède plusieurs sources. bastie par ceux du pays pente d'une montagne. Au midi est une belle mosquée. VtAfriqw. et ont presque toutes des fontaines. et ensuite de cette place..HISTOIRE 48 de gain. sur est la coste. quoyque ce ne soient que des tisserans pour la pluspart. 386). Quand on prit Oran. et a un port raisonnable. des jardins. 164. » (Marmol. t. dans par les Romains. rlil*^. dans « C'est la p. le qui midi. jardins et moulins à eau. de ï Afrique. Le et coton que Ton sème dans duits. Elle est à quatorze lieues d'Oran du costé du levant. « La ville de Mostaghanem.

pour autant que (selon les historiens africans) les Goths s'emparèrent de plusieurs pais et montagnes infinies. Or. et mêmement en environnée de belles campagnes. et se peindre 49 communément dextres un chacun d'iceux une croix noire sur a cou- joue. cet à savoir en la main.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE mécaniques. Les seigneurs deMoritanie observent encor cette même coutume. lesquels se font une croix sur la joue avec un fer chaut. dont faire comme et agiles tume de plus grande partie s'adonne à la des toiles. une autre sur la main. oficiers s'avouyent tous pour chrétiens. Cette cité est vigiles. servée par les montagnars d'Alger et de Buggie. à la loy manière de cette ment de temps à autre. au moyen de quoy. autant bien que les ignobles. qui en puissent rendre raison. sans qu'on peut marquer ou non. mahommetane . un grand nombre furent réduis à la foy chrétienne dont les roys goths de ne lever nul tribut enchargèrent aux d'iceux. et la Les habitans de portent Bresch deux croix noires. . étant tort abondante. qui produisent grande quantité de lin et orge. Mais. souz la palme de Cette façon de faire est ob- les dois. depuis que la seigneurie fut ôtée d'entre leurs mains. qui sont ainsi marquez. tout peuple se retourna moins. Les habi4 une sur l'autre en la la joue. Mais ils sont lyons. et en void l'on assés en Europe. palme. et il re- bonnement ceux qui l'etoyent ordonné que les chrétiens seroyent cognoitre fut signés et recogneuz par cette croix. pour ce qu'au temps des payemens. le neant- demeura successive- faire sans qu'il s'en trouve beau- coup.

. qui mer. elle est De A dater de cette époque sa population l'abandonna. Il y en ont coutume de transporter figues cy. t. Aujourd'hui. à Alger. à Constantine et et jusques à Tunis quand » elles sont sèches. se maintinrent plus de cent ans en liberté contre les seigneurs de Tenez. mais il est robuste des Azuages qui. Il y vient les meilleures figues de l'Afrique que l'on porte à Tenez. l tance d'environ dix-neuf milles de Cherchel. jusques à ce. Brescar. orge et lin et a quantité de troupeaux. a plusieurs . desquelles ont été fices et fabriques faites et et profits. La contrée rapporte force bled. jusqu'à ce que Barberousse s'en empara. Ptolomée la longitude degrez et trente six minutes de latitude sous nom et à trente trois de Campi germant Elle est et à quinze degrez cinquante quelques auteurs arabes fermée de murs et a plusieurs bastiments maines. aux Buggie cités d'Alger. Elle était bâtie sur une presqu'île dont l'emplacement avait été occupé par A porte la le la colonie romaine de Gugunus. de la mer. le suport et faveur desquels les maintint en liberté etfranchisede toute imposition par l'espace de cent ans. voyent encor plusieurs vestiges i. autres autiquitez ro- plupart tisserans. par toutes les villes de (Marmol. que Barberousse Turc les molesta grandement. Il est la et la nomment le Bersac. la Barbarie . Depuis l'année 684 (1284 de J.) jusqu'en 708 (1309). elle a toujours esté sujette aux Turcs. 391-392). II. avec le secours des Bérébères de la montagne voisine (Zatima) qui estoient leurs amis. pp. « Cette ville est à huit costé du levant sur la coste de la met lieues de la précédente mer Méditerranée (Tenes) du et doit sa fondation minutes de aux Romains. Brechk soutint plusieurs sièges contre les rois de Tlemcen qui finirent par s'en rendre maîtres. V Afrique. Le peuple est grossier et et fort léger. à la dis- s'élevait sur le rivage *^J_. elle vit décroître sa prospérité et en ruines. pointe de cette presqu'île on voit un mausolée ou qoubbèh qui nom de Sidy Ibrahim El-Akhouas.-C. leur en provient de grans La drecées les murailles ville de Brechk de ceux- et lin par Thunes dont il En cette cité se aparences d'édi- et des Romains. et depuis.5 HISTOIRE o tans sont amys confédérés avec les montagnars et leurs voisins.

se void de temple. pour trafiquer. grand. jusques à ce que Grenade parvint entre les mains des chrétiens. tient environ huit milles de et depuis sub- Goths. haut. et un rocher. fabriquées de tresgrosses pierres entaillées. . la un corps Romains. enlevée par T mahommetans. et combien que les Goths l'eussent fort ruinée. et se maintint en cet état. par l'espace de cinq cens ans. neantmoins.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 5 SERSEL Sersel est sur la juguée par 1 une cité ancienne édifiée par les Romains mer Méditerranée. avec la forteresse. auxquels finablement 1 les elle fut cause qu'ils trouvèrent en ce pais une lQS tans. Alentour y a plusieurs bons territoires. . les guerres elle fut aban- donnée. mais les 1 . Lors se transportèrent en icelle plusieurs Grenadins. s'etans adonnés au métier de la soye. qui relevèrent une partie des maisons. Le circuit d elle lut îcelle partie qui est à l'oposite de la mer. meirent sur mer plusieurs vais- seaux. niah0 n ime . qui découvre bien loin sur la mer. de dedans (qui est de marbre) demeure encor en son entier un temps qu'on souloyt veoir un fort sur . mais survenans puis entre les roys de Thunes et Telensin. à sersel domptée par les Gots puis reprinse 11 1. En fut. demeurant déserte par l'espace de troys cens ans. édifié jadis par les dont jusques à présent la partie faite con- murailles fort hautes. souz le domaine des mahommetans. assés habitée. Après. puis s'adonnèrent à cul- tiver la terre.. elle commença d'être de la ville.

On y ville est la une grande nomme Canuchi. Barberousse. repeuplée à l'époque du chérif Edrissy. quoi-que par terre. p. et ancienne et met ville bastie par les Romains. du reste. El-Eekry ne consacre que peu de mots à a Après Ocour. Cherchel. de construction antique ville il est de et maintenant maintenant comblé. se ras- 190). de peu d'étendue. de jour en jour.. de sorte qu il le calife n'en reste plus que des ruines. auquel ne rendent par an que troys cens ils ducats de tribut'. Autrefois Cherchel possédait un port. Eile a esté trois cens ans de !a sorte. mais bien peuplée.. quelques figuiers. jusques à ce que plusieurs . énorme. aussi des vignes et et le du blé gros bétail forme leur principale ressource. elle passa sous le pouvoir des dans son ancienne splendeur. et la tinrent Arabes qui longtems fort sujette. à seize degrez dix minutes de lon- gitude. Cette monde possède plusieurs ribats dans lesquels une foule de semble chaque année (Description de l'Afrique Cherchel ville mouillage de Cherchel qui peut s'y procurer de l'eau eu creusant dans les graviers. p. el ils en récoltent plus tion de V Afrique De et sèment de l'orge ils ne peuvent en consommer » (Descrip- de l'Espagne. la restabiirent schismatique de Carouan Depuis. « Cherchai. bord de la et mer. Elle est murs de pierre de taille qui un bon chasteau. donc sur la il n'y en coste et avoit autrefois de bons a voient plus de trois lieues grand temple sur le de tour. on y trouve des eaux courantes et des puits d'une eau douce et limpide. « on trouve dit-il.jvl. ce sont vraiment des merveilles dans leur espèce. tant noirs Ainsi multiplièrent si fort comme blancs. « C'est que Ptolomée qu'ils cultive entourée de du miel en abon- familles bédouines qui élèvent des bestiaux et recueillent dance. écrit-il. Cherche!. dominé par une On inhabitée. un Les Gots qui regnoient en Espagne. est Jli. Elle est entre et Tenez et Alger à quinze lieues par mer de l'une de l'autre. se saisirent de cette ville pendant sa prospérité. qu'ils par- vindrent jusques au nombre de deux cens maisons. Sargel.5 HISTOIRE 2 quantité infinie de mûriers. 103). et à trente trois degrez trente minutes de latitude. i. quoi-que quelques- uns croyent que c'est la CarcenaColonia des anciens dont nous avons parlé plus haut. sans être sujets ny tributaires à autre qu'à BarbeLeshabitans de Sersel. beaucoup de fruits et est une ville notamment des coings d'une grosseur é'iorme comme si c'étaient de petites courges. mais la désola. basti de marbre Il reste encore et J'albastre.. tributaires à rousse. ait pas plus de dix. mais ville le s'était septentrionale.

de Tagartins. Cette ville là. toute cette plaine se peuple viers dans l'enclos des anciens murs. mais le vocable a été par les Arabes corrompu. et d'y mettre à couvert ses il à cause qu'il s'empara d'Alger. et dedans coule mainte- nombre de fait moudre plusieurs moulins a fait venir d'ailleurs. et sont deux et a lieues Sargel. Près de la y a une rivière qui à farine. la chasteau et de jour en jour. Les habitans sont riches et en bonne intelligence Turcs. le haut long de qu'il la coste uns d'en- n'est pas toute sa force en la valeur et au de si il y a maintenant plus de un besoin plus de mille arquebumer quand elle est calme. port pour y faire il ne vers le levant. de Mudéchares. et arbalestriers. et qu'il n'y a pas longtems qu'on avoit trouvé de d'albâtre tout environné de monstres. parce qu'ils receurent fort bien Barberousse quand luy offrirent le vaisseaux. bâtie parles Romains. plusieurs du costé du levant découvre un vaisseau de plus de vingt lieues.sorte un grand pilier soutenu par deux lions aussi que des taureaux. est le mont A aussi grand nombre pays est fort bon pour cela. dont y ont planté nourriture des vers à soye où consiste leur plus grand anciens bastiments qu'elle a inondez. qui est Il y en a encore quelques de fondus. de meuriers pour le milles. tiers. mais ville. ses habitants. le fit pas. car le la ou de Maures d'Andalousie. qui la nommèrent Magnana. il nous fusmes en un mole une fontaine qu'on cette ville. et ingénieux et qui revenu. afin avec les y aborda. distante de la Meliana est mer Méditerranée environ quarante Maures passant de Grenade en Afrique après quelques uns commencèrent à redresser vèrent les plus commodes et . Elle est située sur le coupeau d'une montagne. qui sont braves et Ils On n'y a que il voit dans la les toits nant fermée de murailles. et la .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 53 MELIANA une grande et ancienne cité. les logis qu'ils trou- ont quantité de terres labourables. et les Maures disoient qu'ils les trouvoient en creusant dans leurs héritages. de vignes et d'oli- cinq mille maisons qui fourniraient en ziers conqueste de Ferdinand. Nous y vismes aussi deux grandes statues de nymphes . nous y vismes de grans Lorsque piliers d'albâtre et des statues de pierre avec des inscriptions latines et plusieurs autres antiquitez.

392-394). prochaine de qui estoient d'albâtre. sont de hauts rochers qu'il . et mol. sur cité la cote de l'autre. qu'à peine ne veust on aider à les aler recueillir. y en a par trop abondamment. et paraissoient estre des idoles des gentils. Quelques uns rapportent qu'il il ve- éloigna du bord pour le fit par n'y a point d'apparence. André Dorie voyant ce désordre. et débarquant ses troupes força la ville et mit en liberté huit cens forçats chrestiens. il relâcha à terre pour les sauver. mais il les et qu'ils retourner au combat. Mais répandus par il maisons pour le pillage. De sur une valée profonde. et mirent le reste en fuite. Ses habitans de Nargne. Turcs estonnez se sauvèrent dans Dorie brûla tous les il les les cor- commanda de Naples pirate. courut donc toutes partie de l'armée navale il les de Bar- fondit dessus à l'improviste.D. à cause cité. les obliger à dépit. Ainsi l'avarice des soldats souilla la gloire de cette entreprise. saires d'Alger. II. Les la ville et au chasteau. D. car voyant ce remède inutile. ar- rousée de plusieurs fontaines et couverte de noyers vende tant s'en faut qu'on y dond les noys. « Charles Quint ayant appris que B. D. D.I. Autour de la se voyent plusieurs anciens bâtimens et masu- res puis à un coté d'icelle. elle est édifiée est pleine La de boys. le soit. . de sorte qu"André vaisseaux. L'Afrique. furent perdus. vinrent en corps donner sur eux. noient en foule pour se sauver dans ses galères. amiral André Dorie qu'avec ses galères et celles mers du couchant contre ce costes de Barbarie. et ayant appris qu'une vint dans les berousse dans estoit le port de Sargel.uberousse assembloit tous - pour venir au détroit de Gibraltar. Quoi qu'il en qui y estoient. la comme va en pente se void être la Rome.R. Il et de à son Sicile. S.HISTOIRE 54 les maisons bien montagne où bâties et garnies de fontaines. les comme les soldats estoient Turcs qui estoient retirez au chasteau. en tuèrent plus de quatre cens. t. tous les vaisseaux turcs et maures dessein de Barberousse échoué » (Mar- pp. elle montagne. l'une avoit autour de la teste ces lettres D.

qui arrose ses champs.au bas de laquelle il y a une vallée profonde. » Romains sur une Sargel. Edrissy ne p. âîUL. 55 de toiles tissiers tour- et neurs qui font des vases de boys fort excellens et . y en a encor d'autres qui s'adonnent à cultiver les terres et avoyent tousjours maintenue leur liberté. et à Ptolomée met à quinze degrez la vingt huit degrez cinquante minutes est pleine de sources. fils domine toute bkn Menad Bologguin.. qu'on porte vendre à Tenez. et ont plusieurs retraites dans la la pluspart mont . Sur des rois de Trémécen. de latitude. les très fré- 146 et 163). qui rapportent tant de noix qu'on n'en peut recueillir qu'une partie. 1 . fertile et ses environs sont baignés en partie par De Miliane. cette 11 et qui le déclin maintint quelque tems en liberté. Il y croit aussi d'excellentes oranges. où l'on voit beaucoup d'anciens monuments. dit-il. et la pluspart faiseurs de toile et de selles à la aussi des tourneurs. lins maintenant dans un plaine qu'occupent (El-Bekry. « Miliana. ses jardins. et il a par tout y de grans noyers... parce que des habitans sont Azuagues. « C'est une grande ville. et environnée d'un costé d'une roche escarpée et fort cslevée. bien peuplée et assise sur consacre que peu de mots àMilyana. Description de V Afrique. montagne fort haute à quatorze lieues de quinze d'Alger vers couchant. au dedans du pays. pour boire. Benou Ouarifen les approvisionnée. le cinquante minutes de longitude. et ailleurs. Il et les plus y a autour de la ville beaux citrons de toute les habitans sont moresque. Elle la est possède quelques puits de bonne eau un pays une « C'est.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE sont quasi tous artisans. Toute la montagne et à un bazar et ville très bien cultivé. hauts et bien bastis. elle un bon chasteau qui la commande. elle et d'autres tribus. et a Les maisons sont bonnes et ont plusieurs fontaines. s'estend sur la pente de la montagne. Ziri ibn la donna pour résidence à son état prospère. De l'autre costé. une est ville de construction romaine. et est perdu. située agréablement dans quelques ruisseaux et reconstruisit cette place et fait eaux de il mou- tourner des la rivière bastie par les ancienne y a une rivière de Chélif. jusques à ce que Barberousse les rendit ses tributaires 1. le reste forts. qui font des vaisseaux de bois estimez dans les meilleurs le pays. Elle est une rivière quenté » elle . se défendit tant contre eux ville se y a sont d'amples vergers où sont la Barbarie. La ville est fermée d'anciens murs. beaucoup d'arbres qui font tourner des moulins. ses vergers et qui . Mais grossiers. et que contre les Arabes.

mécanique. mais les autres . mou Il faut lire au » les ruines coronné et après fils. fut de Tenez. Abou Zian Abuchemmen. et le nom pp. qu'il print pour son dernier refuge. Jahia 1 le dont le plus âgé second Abuzeuen. montagne.ilne fut pas seulement remis en liberté. édifiée . son décès. qui a tousjours été souz laissa troys il s'appelloyt Abnadilla. Il 1 . Yahia. Barberousse s'en empara. mais le fort vil et ancienne fort et prochaine de étant habitée d'un grand peuple. dont (Marmol. qu'il possedatousjours jus- ques à ce que Barberoussele tua. domaine du roy de Telensin. lieu de la qui encore n'y a point d'autres villes considérables dans quoy-qu'on en voye seulement n'est pas connu avec et t. succéda au royaumeun sien jeune Mais aprèb la prise de Trémécen. Le roy Fez. Abuchemmen fut par le peuple expulsé.5 HISTOIRE 6 TENEZ Tenez une est Africans sur cote de la la mer Méditerranée. gaignèrent les citoyens. nous avons se retira à la court du roy de et licence duquel étant appelle du peuple. et elle est de plusieurs. mais quand Mahommet Abuzeuen constitué par les cité. mais aussi parvint à la coronne. cette province. Abou Abdillah. qu'il gouverna longtemps roi . plot pour le tuer moyen au roy le décéda (qui fut oncle de cetui-cy qui règne à présent) prisonnier. avec lesquels ils feirent com- mais l'embûche fut découverte. aujourd'huy aux Turcs. 396-397). plus loin Abou Ham- . II. comme dit auparavant. L'ainé succéda au royaume. L'Afrique. Abuzeuen de quoy toutefoys depuis que fut fait prisonnier. et le tiers fils.

édifiée montagne. batême. comme il avoit receu dont frère. quand ils ne peuvent demeurer au port. et depuis elle a toujours esté aux Turcs » (Marmol. quoi-qu'ils ayent parce qu'on charge Alger et ailleurs. avec une bonne garnison. Elle est bien fermée de murs estoit le palais degrez et trente-trois Lagonte. et la et d'Alger. La vile. t. . Ceux de grossiers et rustiques. 590-391). II. grand commerce avec la ville et il à en pas- y a une tempeste. « C'est une ancienne ville bastie par ceux sur la pente d'une d'Oran (selon To- de l'une et de toujours l'autre. qui est maintenant la une demeure du et a commandant qu'on envoyé d'Alger. De une ancienne est cité. . 1 . et à trente lieues esté la capitale forteresse du pays Tenez. le secours duquel étant prolongé outre le fut temps de la promesse. pp. mener bled. mais fécond en grains le territoire est peu cité est ci- miel et au reste. Le cadet Barberousse prit cette ville après la mort de son aisné. Vis à mettent à l'abri vis pendant en bleds de la sont les estrangers.et demeurant tousjours cetui- cy auprès de Sa Majesté. latitude. et a de cette province. pour lors roy d'Espagne seulement. et a beaucoup de miel islette. car les Arabes de cette contrée sont belliqueux de vail- et se piquent d'honneur et lance. on n'en sauroit retirer guéres de profit . aussi ont-ils aidé souvent les habitans à se défaire des gouverneurs Turcs qu'on leur envoyé. L'Afrique. Elle est à mi-chemin du Prince. qui le feit avoir recours à Charles. les nouvelles vindrentdans la cité. là du où la ville les vaisseaux se et la contrée est fertile de cire. Ptolomée luy la minutes de longitude.jjb. avec un sien le habitans se rendirent entre les mains les de l'un des frères de Barberousse. à demi-lieue de donne onz^ degrez trente trente minutes de nomme où mer. MAZUNA Mazuna 1 . de l'orge et autres danrées pour parce que toute turages. qui sont de grans tyrans.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 57 semblablement par Barberousse dechassé.

les son temple avec quelques petites mosquées. au pied d'une y a des champs cultivés très fréquentés et les où : les une foire à jour fixe productions du pays. elle etoit fort civile Ruine et saccagement . mais les maisons tresfoibles et bâties d'une mauvaise grâce. toutefoys noz historiographes n'en ont fait aucune mention i. d'ancienneté. Le nom de Mazouma. et la situèrent ample étendue. que les peut Ro- mains avoyent édifiées. de puis souz sa dernière sa- et d'autres rebelles le sorte.2ujjl». Mais il se peut facilement conjecturer. Auprès de la tous sont trop opcité l'on veoir quelques masures de villes ruinées. mais elle fut plusieurs fois cagée par les roys de Telensin de Mazuna. qui mer Méditerranée distante de la par l'espace de qua- rante milles. n'est point cité par El-Bekry. il et colline. des . Edrissy la mentionne dans les termes suivants milles de la mer est bien arrosée. j mêmes. d'autant qu'ils vivent qu'ils pressés parles Arabes. 11 est vray que. pardesastre et suprême ruine. qu'elles ont été bâties par les Romains. combien en grande pauvreté. a cjtg vint à de domaine des Arabes. veu la grande quantité des ecriteaux qui se trouvent gnwés sur des tables de marbre. ! . qui trouvent bonnes terres et fertiles. qu'aujourd'huy l'on y trouve peu d'habitans. Les bazars sont s'y tient aussi Beibers des environs viennent apporter Le chérif est située à six au milieu de montagnes. ayantle circuit d'une murailles fortes. il et les Mazouma maisons belles. Elle des jardins. lesquelles toutefoys ne se sont gardé aucun nom qui soyt parvenu jusques à la cognoissance des modernes. et encor sont tissiers ou laboureurs.5 HISTOIRE 8 pinion d'aucuns) par les Romains.

et ceux qui restent sont de pauvres tisserans. que la plus- valent rien. ils sont à la villes moderne. L'Afrique. avec des ins- Les maisons estoient parlé. du beurre du miel. II. Les habitans estoient fort riches. et fort truites par les guerres. et particulièrement cet estât. du laitage. elle fut anciennement nommée Mezgana. les ont tant tourmentez depuis la dernière ruine de la place. C'est un beau pays et très fertile {Description de l'Afrique. qui font de la toile et des sayes de laine. p. et des ouvriers qui ne gagnent pas tant qu'ils payent d'impost à Alger et aux Arabes. des parents y a un chasteau qui a un est fort estendue. Ptolomée la met ville entre Mostagan et Tenez. laquelle est mais les ancienne grande. t. part ont esté s'establir ailleurs. QUI EST ALGER La d'Alger est appellée Gezeir. Les murailles sont belles. encore de grandes tables d'albâtre. parce que le pays abonde en bled et en troupeaux mais les Arabes. et à vingt trois de Neuf-Chasteau Co- bonnes. par grosses pierres avec plusieurs beaux édifices et pla- fruits. et pour autant. mais en la elles ont esté dé- révolte dont nous avons du roy de Trémécen. ennemis des villes. qui semble avoir Romains. et fort un peuple african. qui vaut au- cité comme tant à dire les iles les Iles. et de ne il y a dans la ville un superbe temple. fortes et de édifiée feus. Mais esté fait par les . Les murailles sont hautes et et il bon palais. La contrée fortes. au de- à seize degrez de longitude. Pour les y voit les ruines de pluRomains. Alger. . qui ont esté détruites depuis les criptions latines. appelle Mezgana. Minorique Espagnols la nomment sa proximité avec et Ieviza . pour pouvoir labourer les terres » (Marmol. 395). contenant environ quatre mille cité.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 59 GEZEIR. qui sacagèrent plusieurs bastimens d'à cette heure. p. 117). où l'on remarque des statues de pierre. sous le nom lonie. T>e DvCe\una. « C'est une ancienne dans du pays. et l'on sieurs villes. pour Majorique. degrez quarente minutes de lattude.

s'il leur survenovt Joint aussi. afaire. luy envoyans tribut. et de du levant la partie se vovent des moulins. environ quarante et cinq milles. sur un petit fleuve. y a plusieurs jardinages et fertiles territoires . ayans . Depuis. du côté de laquelle y a une galerie merveilleuse. conside- roy pour être plus rans aussi les habitans qu'ils secourus par le quelque urgent la ne pourroyent être roy de Telensin. mais de Buggie. combien qu'il les laissa quasi jouyr entièrement de leur première liberté. fort la- quelle contient de longueur. seul temple est digne d'admiration. a longuement des roys de Telensin. belles. qui sert à toutes les commodités de tre chose. ils se meirent entre ses mains. semblablement plusieurs mais entre les autres fabriques. et prêtans hommage.HISTOIRE éo ces art bien ordonnées en chacune desquelles est un ou métier séparé. qu'il puissance du rov de Buggie les etoyt en opresser gran- dement pour la moindre ocasion qui se presenteroyt. comparable grandeur pour son qui est sur et assiete. sur les murailles mêmes de la cité. Ce que à part eux bien consulté. le in- rivage mer. Aude la tour du circuit d'Alger. la cité. et etuves et hoteleries un . tant a boire. après souz été elle se joignit la puissance au royaume qu'on y eut créé un nouveau prochaine d'iceluy. comme à au- Les plaines qui l'environnent sont mêmement une qu'on appelle Mettegia. et en largeur. produisant un grain trente bon en toute Cette cité perfection.

joint aussi. quebusades. de frayeur. fut nime entreprinsc et que débarquer meit lever leur siège. qu'il rovaume de ne s'en suivit correspondant à puis après. mais le feu de sa propre avant main dans Les habitants de Gezeir ran § és tés etdom P- par Ferdinand. devinrent cor- et ecumeurs de mer. surprins contraint abandonner cette magna- rent tous les soldats turcs. s'emparer du l'efait son dessein. le Roy catholique. pendant lesquels se toyent àrendre tel tribut ils soumet- qui seroit avisé par Sa Ma- Ce que leur fut acordé par parce moyen. luy seroit Buggie et : facile. les devant pensant. ils eurent repos. qu'avec les har- pouvoyent ofencer ceux du dedans. si fort près des murailles. cité. • i devant « quelle les soldats élevèrent et fabriquèrent sur un rocher. l'autre. pour ce que tous les peuples habitans des montagnes se départirent de luy sans son congé. -. ils que les et faisoyt un lar l'artillerie brèche outrepassoit les murail- tellement que . demeurèrent en paix par quelques jours. i . et s'hazardèrent de saires et lestans les isles tant. au temps de semer les blés. mais s'il la se vint pouvoit camper saisir. | r . . que aux rivages d'Esparoy Ferdinand meit sus un d'aler courir jusques Dequoy indigné. jesté. merveilleusement mosusnommées. habitans fu- les rent contrains déléguer une ambassade. Cependant Barberousse assaillit Buggia là où ayant prins une des forteresses que Espagnols avoyent drecées. le gros exercite pour aller assiéger leur 1. et le semblable foi- Ce que voyant. demandant trêves pour dix ans.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE armé 61 équipé quelques vaisseaux. gne.

le rece- vans p 0ur | eur ca pitaine. . peuple Arabe. lequel sur le champ fit assaillir la forteresse. Te- haliba. expérimenté tout propice pour guerroyer les chrétiens. mais ce fut en vain et ne pou. et feit battre recevant les i. et serment pour reje- fâcheux joug de servitude. en quoy se maintint jusques à la luy feit prendre telle fin venue de Barberousse. obéissance des peuples la tribu des Tha'libah. comme dans le bain. qui est distant de Buggie par l'espace de septante milles. lequel etoyt prince des Arabes. après. ce prince fut créé seigneur d'Alger. qui que vous avez ouy puis . qui etoyent sur le fleuve pro-. et violer leur homme aux ruses de guerre. ses familiers) au château de Gegel. le feirent appeller. que les Espagnols s'emparèrent du royaume de Bug- gie. Et lors. Le Cheikh Salim Et-Toumy fut étranglé le rapporte Léon l'Africain.HISTOIRE 62 douze grosses fastes. puis se retira (accompagné dequaranteTurcs. et ce pen- ranger et courageux. de monnoye. ce qu'étant venu à la cognoissance de ceux d'Alger. se délibérèrent de c] ant j e rompre ter ce les trêves. s'attribua titre de roy. fraction de des Ma'qil. celle Il faut lire hommages il et Salim Et-Toumy. fait capi- tame d Alger. par Aroudj. qui procède de Machel. tua dans une etuve en tra- hison un qui se disoyt seigneur d'Alger. là Mon du roy Ferdi- où il R y ca tholique deceda. chain de Buggie troys milles. vant comporter supérieur. habitans en la plaine de Mettegia et s'appelloyt Selim Etteumi l . Considérant que Barberousse etoyt Barberousse séjourna long temps. de la lignée de .

je logeay en la maison d'un gentilhomme. laquelle fut continuée par troys jours. Cependant.-. au moyen de quoy. puis m'a- cheminay à Constantine. Il me fut dit davantage. pour ce que m'ache- minant de Fez à Thunes.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 63 circonvoisins. dreçant deux armées. mais en avec v<lin et grande défaite des siens - . qui fut délégué pour ambassade du peuple d'Alger en Espagne. dont les uns demeurèrent sur le champ. r . et de là à Thunes. là veoir l'yssue. Cela fut au commencement de Vous asseurant que seigneurie de Barberousse. telle- ment que quels le le nombre fut bien petit bonheur permit de gaigner le de ceux auxhaut. me où je trouvay Barberousse qui. evitans Charles empereur assiège Gezeir. lequel à son retour aporta troys mile volumes écris en langage arabesque. fut eleu seigneur d'Alger. donna commencement à la baterie. de la cité de Sativa. qui fut sa fuite à Gegel. qu'elle dans la rivière. un sien frère appelle Cairadin. mais la fortune se montra peu favorable à l'endroit des chrétiens. au royaume de Valence. les autres furent détenus pour esclaves par Barberousse. qui luy rendirent tribut. et périt la cité. on feit courir le bruit qu'il avoit été tué à Telensin. qui la première passe près La seconde n'eut pas plus tôt prinse terre.11 r i i que Charles empereur s elorça par deux toys de » s'emparer. qu'il gouverne encore jusques à présent. dont fut défaite. (comme nous avons dit aupararavant) faisoit batre la forteresse. dequoy voulu je Depuis transportay à Buggie. la me je trouvay présenta la plus grande partie de ces menées.

mais qui s'occupent principalement de l'élève des bes- et tiaux et des abeilles. boivent de l'eau douce provenant de sources près de la C'est une ville très peuplée dont le commerce ses habitants mer et de puits. et elle et ' ^•^(Alger^estune ^ ville grande renferme des monuments anciens et des voûtes solidement bâties qui démontrent qu'elle avait été On y deux (15 16).HISTOIRE 64 inhumaine. Je me Bekry et borne à donner ici la et belliqueuses » (Descrip- 103). lors des deux l'ouest. très de renferme Alger.^*. est florissant. p. Les occupent cette contrée sont puissantes tribus qui tion de l'Afrique et de l'Espagne. neut cens vingt l. Autour de la ville s'étend une plaine entourée de du blé montagnes habitées par des tribus berbères qui cultivent de l'orge. Cecy avint en cette fureur barbare et Tan de l'hegire. pendant toute ont résisté à toutes les injures du temps. « à Cette muraille sert maintenant de Kibla légale.ée de panneaux et couverte de sculptures et d'images. ouvrage auquel le lecteur pourra recourir. les fabriques bien achalandées. et Elle possédait autrefois ville une série église vaste qu'une muraille en forme d*abside se dirigeant de l'est grandes fêtes. fréquenté par les marins de Bekry Description de . elle est orr. de l'Espagne et Il est autres pays » (El- 156). C'est à cause de cela que le beurre et le miel sont tellement abondants dans ce pays qu'on en exporte souvent au loin. Dans cet édifice.a Djezair beniMezghanna. l'Afrique. dit Edrissy. Playfair dans sa Biblio- graphy of Nigeria. Les deux expéditions désastreuses tentées contre Alger avant celle que l'empereur Charles V conduisit en personne en 1541. description d'Alger que nous ont laissée El- Edrissy.^» de construction antique. les bazars très fréquentés. r>. la capitale pavé de petites pierres de l'intérieur est une espèce de mosaïque. Les publications relatives à celte ville sont très breuses et elles nom- ont été énumérées avec soin par M. furent celles de Diego de Vera qui débarqua ses troupes non loin du faubourg de Bab el-Oued de septembre 15 16) et celle de Hugo de Moncade qui aboutit à un (fin désastre (août 15 19). elles bazars plusieurs dont ne il si une longue solide que. l'Ifrikia. . La reste un djamé. est située sur le bord de la mer. images de plusieurs animaux parfaitement bien travaillées et diverses couleurs qui forment on voit les façonnées d'une façon siècles. remarque un théâtre dont d'un empire. Le port est bien abrité et possède une source d'eau douce.

Quand les Ton voit Arabes couraient 5 vic- Idoles aJorez en Tegdemet. en l'an de l'hegire troys cens soissante et cinq (975). avec deux grans temples ruinez. dit-il. tant que main- tenant n'en reste autre chose. t. . elle se rendit assés civile. Tegademt. là où les idoles etoyent adorés. qui aparoissent encor tout autour.Marmol désigne cette ville sous le nom de Céville. laquelle demeura à sa postérité par l'espace de cent cinquante ans. « Cette ville voit les ruines au levant de entre tie le de Sargel. et fut ainsi appellée par les Africans. et du temps que les mahométans la dominerent. qui se meurent entre les pontifes hérétiques de Cairavan. comme je l'ay veu ma- moy même 1 . vestiges de ses murs ont plus de trois lieues de circuit et encore quelques marques de sa grandeur. Elle a esté bas- par les anciens Africains et embellie par les empereurs de Aben Raquiq Les la ville port qu'on appelle du m. comme l'on peut bien encore juger par les fondemens des murailles.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 65 TEGDEMT Cette cité fut anciennement édifiée selon aucuns par les Romains. mer celuy des Cassines. Depuis. sinon quelques il sures et fondemens. 1. et par leurs écris l'ont merveilleusement illustrée souz le frère du père d'Idris.jl*. C^. de sorte que plusieurs poètes excellens. en une bave que Mont et fait la Rome et assure que c'a esté une des places les plus peuplées de l'Afrique. contenant en son circuit l'espace de dix mile. à cause que ce vocable signifie ancienne. On en sarée. qui jouissoitde la seigneurie. elle fut ruinée par les guerres. que les Africains appellent Tiguident ou vieille est célèbre dans l'histoire romaine sous le nom de Césarée. et personnages doctes y fu- rent instruits.

HISTOIRE 66 MEDNA. outre que le Calife les (Qaim-bi-amr-illah) dont Arabes ne à cause qu'ils jouissent de la contrée. a comme des cèdres. Près de là. mais truire. jusques à ce que dans la d'Idris qui l'a possédée plus guerre des califes de schismatiques l'an neuf cent cinquante neuf qui est le trois cent soixante-cinq de l'Egyre. p. capveni- ce qui levant de ceste ville est une vaste forest c'est là qu'il y de grans arbres. des peupliers. L'an mille cinq cens cinquante-cinq Salharraés le voulut des- croyant y trouver quelque trésor. que les mariniers appellent la campagne de Tenez personne ne peut abattre de bois dans cette montagne sans la permission du gouverneur d'Alger qui y fait bonne garde. ples où l'on sacrifioit reste toutefois sur pied Il aux idoles en l'un desquels il y a deux anciens temfort haut un dôme Maures appellent Coborrumia ou sépulcre de Romain. Elle académies d'où sont tomba depuis sous le pouvoir de la maison cent cinquante ans. tifs il en sortit comme les chrestiens de certaines guespes noires si meuses. Ce dôme est si élevé qu'on découvre du faiste un vaisseau en mer à vingt lieues de là et du costé de terre les campagnes de Méticha de que les plus de seize lieues de long. où ils disent qu'est enterrée la fille du comte Julien. ostoient les pierres. tertre qui entre n'y avoit point d'autre ville maritime en cette province. et les chrestiens par corruption Cabaromia. Elle est sur dans la mer. Il II. née et ne s'est nous avons pu restablir depuis que parlé la détruisit. . ses murailles et ses temples furent démolis par Abdala fils de Mahoeddin. et assise en et ses torieux par toute l'Afrique. le un haut 394-395)- le nom de Cesarée que dans Aben Raquiq » (L Afrique. Cette ville est rui- bois que l'on porte à Alger . permettroient pas. et nous n'avons trouvé t. appelée de la Mauvaise-Femme . elle estoit considérable pour sa richesse sortis de grans poètes et d'excellens philosophes. qu'elles faisoient mourir sur l'heure celuy qu'elles piquoient Au obligea d'abandonner l'ouvrage. des lièges et des lauriers et que se coupe tout le pour construire des navires. CITE Les anciens Africans édifièrent cette cité aux confins de Numidie. est fait Il de grosses pierres et est fermé de toutes parts. estoient de l'opinion d'Idris. une montagne avance dans la mer. lequel fit mourir cruellement les habitans qui de Caroùan. ses maisons. distante de la mer Méditerranée par l'espace de cent octante mile. .

laquelle fut sant rpar dedans. qui soyt quelque peu desavoir. s'adréce ils le peut maintenir. roy ne subjuguée par leur cité. ^rand hon- . cognoissance des ait. pour tans possèdent trafiquent en Numidie. ancienne bastie par ceux du subjuguée par en "' roy de ^ depuis "I par Barbe- rousse et son onde. depuis par Barberousse neur ils être : C'est t< Mediya. leurs diferens. de sorte. Pas. . mens. caresses comme pour ce qu'entre tous été seigneur. pendant lesquels il tant peu soyt-il. pour et éloignés de Telensin.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE une 67 belle plaine tresfertile. et se tiennent ce qu'ils honnêtement en ordre. EI-Bekry mentionne cette importante ville et fort et d'une haute antiquité ». l'employans à la à luy et se conseillans le si quelque cens ducatz. n'eût faire ofice là. je feit rejeter cette me été deli- que le soudaine ' Medya. encore moins défendre les Tenez. et par force. seigneur de le son et fus receu avec autant ne s'en sçauroyt trouver un qui frère. Les habi- grandes richesses. lieu ville une grande de Medna.° #:) eusse j'en si habitans les l'honnorent grandement. ayans fort belles maisons. que lettres.Medna étranger. qui est arrousée par plu- sieurs ruisseaux. Il faut lire ville De Midua. Je y sejournay par l'espace de moys. et je ' du peuple. tant en retiennent quasi prenans son avis en tous je deux receu d'eux plus de deux deniers. décision de leurs causes. 4*ju. tellement qu'aleché par beroys quasi d'y mon devoir de délibération 1. au en ces termes comme demeurance. et environnée de jardins. « me en habille- ce gain. environ deux cens mile. toutefoys sont fort molestés par les Arabes.

L'Afrique. Tadfous. tiroient des rois ville. d'enceinte sont presque entièrement renversés.HISTOIRE 68 TEMENDFUST Temendfust est une ancienne cité. Ils occupent encore beaucoup d'autres villes en ces lieux et dans la la Numidie ces provinces » 1. quoiqu'elle ne cause de et la la frontière Trémécen du fust pas de costé la Gétulie. distante d'Alger. Il y a beaucoup de bocages de bonnes maisons avec une superbe mosquée. la population peu breuse. à cause de leur éloignement Quand de Tré- contrée est riche et abondante et la en bled. pour ce qu'ils n'ont sinon Temendfust saccagée j a plage. «^^juc. édifiée par les Romains sur la mer Méditerranée. ils habitans voyant le peu de secours de Trémécen se rendirent à celuy de Tenez qui défendre à toute heure. les voisins demeuroient ces princes estoient puissants. « et la Temendfoust. le chérif Edrissy. elle a esté aux Turcs d'Alger qui y mettent garnison. parce rousse le déclin des rois de y tenoient garnison pour faire par ce moyen. ou ^jsJl. ou Tadmadfous. environ douze mile. Les commodité du passage de Numidie. et ont les et des pouvoit secourir qu'avec de et du voisinage des ennemis. est murs Gétulie dont nous parlerons dans la description de (Marmol. duquel se servent ceux de Gezeir. on dit que c'était autrefois une très grande ville et on y dit Les nom- voit encore . les et de ses pierres furent relevées quasi toutes les murailles de la cité d'Alger 1 . II. pays dans une belle plaine sur d'Alger. et en troupeaux. et à soixante de mécen. Elle fut ruinée par Gots. t. et mais les pays. des courses et défendre la le incommodez des courses des Gétules grandes armées. à cinquante lieues du Levant. un beau port auprès d'une petite ville ruinée. Les habitans se traitent bien pour furent fort rois de leur Estât. p. l'ont toujours possédée à estoit proche. C'est alors qu'il les qu'ils pouvoit que Barbe- conquit. et y a un bon port. et depuis cetemslà. de vergers avec plusieurs fontaines. parce qu'on ne obéissans et paisibles. Sur Trémécen. ils Arabes de Numidie. 411).

et qui a un port raisonnable où vont mouiller vaisseaux d'Alger. de temples deV Afrique tion De Metafus. Elle estoit en grande splendeur du tems des Romains. plus grande partie d'iceux en sait sonner en la Leur perfection. à cause art est qu'il y a plusieurs ruisseaux qui s'écoulent par la cité. et il v a plus de cinq cens maisons ou basties de ou divisées par quartiers. quoiqu'autrefois elle se nommast terre grasse. ts la 11 à de l'Espagne. coste du levant. quant à des habits. santes que sont habitans plaisans dextrement au luth s 'adonnant si joyeux. au levant de les et mais et se donne de colonnades» {Descrip- une ancienne ville bastic Romains par les sur la coste précédente. p. de teinture. II. 104). et se maintient honnêtement en peuple assés le ordre. la- quelle est environnée de terres tresfertiles en grains. et et harpe. Les Africains appellent cette Ptolomée mendefus.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 69 TEDDELES Teddeles anciennement est cité Africans sur mer Méditerranée. et prend de poisson en les restes d'anciennes constructions. par les édifiée prés de Gezeir. qui toutes ne valent mol. Sisli. y rien (Mar- . t. et tude. si ne se vend aucunement. « C'est la grande quantité. et rivière qui entre dans la ville la d'Alger mer du s'est accrue de ses ruines. imitant le peuple de Gezeir. car tout le reste de la coste est batu des vents et a de grandes bayes bien dangereuses. p. et qui a une auprès appelée Béni Abdalad'un peuple qui l'habité. Il s'adonne aussi merveilleusement à pescher. de fortes et puis- et est ceinte Les murailles. et à trente deux degrez nom y ville la met à dix huit degrez trente ville Tre- minutes de longi- quarente cinq minutes de latitude sous le de Rustonc. qu'il mode la a une détruisirent depuis. L'Afrique. la environ trente mile.

avec ce qu'il y a plusieurs boys. Tous objets de les consommation sont abondants bas prix et à . et à trente deux de latitude et cinquante minutes. Le pays environnant est fertile et présente un aspect riant par les maisons de plaisance des habitants. MONTAGNE une montagne distante de Telensin de la part du ponant environ quarante mile. Cette cité s'est tousjours maintenue au même état que celle d'Alger. Elle a d'étendue en lon- gueur. MONTAGNES DU ROYAUME DE TELENSIN BENI JEZNETEN. « une hauteur. Elle a esté bastie mer Méditerranée et dernière ville de d'Alger. 409). gou- p. i. quant au gouvernement et seigneurie '. environ vingt et cinq mile. lieues ceux par de l'Orient. II. 104).HISTOIRE 7o ceux qui en veulent avoir. On lut et les maisons y sont méchantes. et de Béni Jezneten l'autre avec est celuy d'Angad. le nombre des bœufs et des brebis qu'on y élève est tellement grand. et un chasteau où demeure le verneur d'Alger d'où cette dépend (Marmol. se terminant d un coté avec le désert de Garet. sur ^JjJ Tadailis. parce qu'il qu'ils le rejettent ne se présente personne pour l'acheter. commandant mille feux. Il y a force terres fertiles en bled et en pas- prend tant de poisson sur cette coste en mer. est dans lesquels naît grande quan- (aujourd'hui Dellys). la province d'Alger du costé du pays sur Ptolomée la coste de la met à vingt la deux degrez de longitude. ville » Il y souvent a plus de establi par le t. L'Afrique. p. mais bonnes gens qui aiment bonnes murailles. . « C'est la à dix de l'Espagne. ou pescheurs. étant fort haute. dit le chérif Edrissy entourée d'une forte muraille. mais les habitants sont teinturiers de la guitarre. Elle est fermée de à jouer du turage. âpre et dificile. et quinze en lar- geur. située. qu'on les vend à très bon marché et qu'on en exporte une quantité considérable dans les pays voisins » {Description de l'Afrique De Tedelei.

a plusieurs vilages qui sont habités par y 71 gens Il vail- lans et courageux. Ben I eten. se suportans cnsembre contre roy de Telensin 1. combien qu'ils s'atachent souvent entre eux. et sur la cime de la montagne. indicibles caresses. quand montagne. quelle. mention. est située jouyr de et seul avec iceux pour liarité gneuz en me ils seigneurie. de la la Description historiaîe tribu des Mateghara et de . une forteresse. qu'ils viande des ha- la ont grand'faute d'eau. et ceux de cette haute les habitans de montagne (qui sont mais pauvres. six mile de la cité fort et froide. et distante par l'espace Ned Roma. J'ay eu grande fami- la la premièrement co- les avoir cour du roy de Fez. et là demeurent les seigneurs. d'autant que le terroir de la- braves.3 second volume de et 5 jo). le 3 (. dans de Jean Léon (p. j'arrivay en cette MATGARA Matgara est une montagne autrement bien peuplée. receurent avec et pour cette cause. Il a (''té Ifrique celle de-. ne leur pro- duit qu'un peu d'orge et carobes en quantité) usent d'un le même langaige. fait '. laquelle peut mettre en campagne dix mile combatans. pour ce qu'un chacun veust être supérieur.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE tité de carobes. qui est quasi toute pour autant bitans.

et en prennent quantité. ils Ils ont aussi quelques mines de labourent les fer. et à tailler du boys. qu'ils les tiennent toujours 388). mais des carobes en quantité. et escarpée. AGHAL une montagne habitée de gens vils. sont pauvres. « C'est une montagne haute. et prochaine de la produisant peu de grains. de sorte mol. près de la ville d'One. la peuple de cette-cy. eu guerre avec cité susnommée. gens farouches et brutaux qui ont toujours eu degrans demeslés avec ceux de Ils la ville. et sujets au domaine d'Oran. De Tarare. ne s'adonnans à autre chose qu'à l'agriculture. II. qu'ils Aghal est transportent dans cette souz cité. qui viennent sur des brigantins leur dresser des embuscades. Mais depuis qu'elle il fut réduit i. de peur des chrestiens du pays. p. mais quelques troupeaux. L'Afrique. et peuplée de Bérébéres. lesquels le peuple de en ruine la ont. laquelle ils ont saccagée plusieurs fois avant sa ruine. causoyt une vie assés mode au tomba entre les mains des chrétiens. et habitée par gens rustiques et cruels. Le nom de cette montagne est La^lj. et leur prin- cipal trafic est qu'One de charbon. terres qui sont vers la et mer. et ont peu de bled. fut détruite. Ouelhaça. en crainte » (Mar- . souventefoys. est haute. t. depuis et ont toujours une sentinelle sur la tour du chasteau. qu'ils ont mise 1 . laquelle étant com- seigneurie des Mores.HISTOIRE 72 GUALAZA montagne Cette cité Hunam.

ceux qui y sont restez sont de pauvres gens qui en crainte » (Marmol. moy fait par le secrétaire du roy de Telensin i. une montagne qui s'estend jusqu'à une lieuê Les habifort peupléede villages et de hameaux. L'Afrique. par l'espace memement et frutifere.. fils deOuadiren. 389). Tous habitans sont charbonniers et boucherons. vils et grossiers. j3 Jr.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE en une pauvreté extrême. avec Ces désordres et vivent toujours dépeuplée. 11 faut lire Aghbal jLil. dont les deux principales sont près d'Oran. sont une tribu Les Béni Ourtenid ou Ournid. ei 1 est tans sont gens simples. sin. entre t. nomme Tihert (Description de l Afrique. où cette tribu avec celles qui habitent C'est G de Tréméceo. molesté par quelqu'un \ et BENI GUERENED. Il y avoit là un lieu de quelque douze cens feux. Cette montagne encore tousjours est MONTAGNE est distante de la cité de Telen- de troys mile. Edrissy p. comme de grandes forests ceux de l'Europe. Cette de vergers. en de citrons. jlJ j5 J. étant fort habitée. et leurs jardins. et la dans bois du apporter venoient qui béres. jusques les au nombre de douze mile ducatz. s'est autres semblables ont esté cause que cette montagne que le comte d'Alcaudcte sacagea. et a fruits. fils zenatienne qui. fils de Demmer (Ibn Khaldoun. de quantité a il où vergers. selon le témoignage d'ïbn Hazm. p. II!. il y avoient d'Oran habitans les y et d'oranges. 73 de figues et cerises. estoit aux Maures. « C'est une montagne de l'Estat d'Oran. à travailler y l'une il y a une habitations. Tlemcen jj e Béni p. ^ Berbères. plusieurs y source d'eau vive. . et 186). pour auteur Ournid. II. t. Il y a quelques qu'elle lors journées. tellement qu'elle rend de revenu tous les ans. l'on montagne recueille plusieurs est fraîche. et limons vient aussi force bled. roi). peuplée ville. ou z. a Histoire des de Ouanten. selon le raport à -. de BéréD'Agbal. un autre qu'on nommoit Guidza.

Amzmar se rendit auprès et ce fut alors que d'Othman ibn Affan une grande bienveillance par ce khalife. fils d'Ourchik. Turcs » (Marmol. dont la plus part sont riches en bleds et en troupeaux. Elle porte le nom des Bérébéres qui l'habitent.. au reste libéraux toisie . 388). qu'on porte vendre à aussi du charbon.. II. mais ils suivent les pasturages comme les Arabes. en orge en elle 1. long de est fertile des dépendances de Trémécen. la coste.. de Djana. tribu zéna- tienne issue de Maghraou. Ayant été confirmés dans leurs embrassèrent cette religion avec sincérité leur émir Soulat ibn sa le d'Isliten. fait en bled. et des dépendances de Mostagan. entre y a plusieurs braves gens. que ce sont des Arabes. Cette montagne s'estend jusqu'à la rivière de Chilef. Accueilli avec fils de Zakia. tans sont nobles et vaillans. Les une nation puissante à l'épo- surprendre. démarche l'honneur d'être formellement reconnu il comme à Mé- obtint par chef de sa . II. fils de parcourir est situé dans de Chelif jusqu'à Tlemcen Maghraoua ils et Maghreb de là fils les de Mcsri.. sans avoir de demeure arrestée. de Tenez » (Marmol. auprès de Musteiga- Cette autre mile sur nin la de laquelle nous avons parlé. et est maintenant sujette aux la dont on a de grans bois de bon labourage. lieues le de cour- et pleins 1 montagne C'est une « J«| Jk«. ce qui fait croire Mazagran lesquels et il uns qui ne à quelques s'y connoissent pas. cela il y Comme elle est le pays t. possedans grandes et amples terres. dine. fortune. De Magarava. vivaient sous la tente et formaient que où l'islamisme vint possessions. Outre la ville. Ils parlent un arabe corrompu. p. et suit V Afrique. qui sont et Mostagan. au lieu que ce sont des Bérébéres de la tribu des Zénétes. qui s'estend quatorze a deux villes basties sur la pente. « Cette t. de la lignée des Magaroas. fils qu'ils avaient l'habitude central et s'étend depuis ville la aux montagnes de Mediouna. Les habi- cité. parce que et en troupeaux. chaîne de montagnes tire nom son des Maghraoua.HISTOIRE 74 MAGRANA montagne s'étend environ quarante mer Méditerranée. qui sépare cette province de celle L Afrique. 389). Le pays fils d'Adidet. p.

soldats. LAjriquc. et rendoyent quelque tribut au roy de Telensin. vis-à-vis dos 15eni Ifren. III. autrement et bestiaux. pendant que ses parents rcgoyenten ces parties 1 . est à la dévotion des . GUANSERIS Guanseris est une montagne fort haute. lesquels grande abondance. là où ils les vendent quantité. quantité de chèvres est 'l'eue/. la cire aux marchans d'Europe. II. Ils eie montagne que ceux du pays nomment maintenant est près de Tenez et peuplée de du peuple qui y habite. qui ont plusieurs foys sucité tribu et du guerre contre les roys de Telensin. habitée par peuples vaillans.. miel et de cire qu'ils portent vendre à Cette montagne Turcs d'Alger » et brutaux quoy-que vaillans ont abondance d'orge. (Ibn Histoire des Berbères. dans tribu un desMa- état per- pétuel d'hostilité. 1. des dépendances de Tenez (Marmol. Les Béni bou Sayd. ghraoua : ils y ^. De Zatime. t. 227 p. ju*-. et sui- vantes).ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 75 BENI ABUSAID Béni Abusaid prochaine de Tenez. ont du miel fort vaillans. et beaucoup aux marchans de l'Europe. est mais de gens rudes habitée. t. et et p. cette puissante tribu qui exerça ghreb central » Khadoum. et bien et de l'orge en nourrissent des chèvres en et ayans coutume de porter leurs cuirs avec sur la plage de Tenez.sont une branche de la étaient autrefois. 397). et nobles. la Ibn Khaldoim a retracé l'histoire de une influence prépondérante dans le Ma- territoire qu'elle occupait. « Cette Abu Sayd du nom Bérébères et d'Azuagues qui sont grossiers bon.

dit Trémécen. de suite en faveur des rois de Fez. font encore aujourd'huy » (L'xAfrique. Les habitans sont braves et font bien cinq mille les lieux unis. i. dont il y en auroit deux mile cinq cens à cheval. ou plus. et « De Guêné^érii. Mais royaume fut réduit en montagne com- ce seigneurie. y a plusieurs une montagne haute aux confins de combattans dont il il y a deux mille cinq cens chevaux. Tout l'ayant entretenue soixante ans haut n'est que terre qui produit le quantité de genest dont on fait des paniers et des nates. faveur au seigneur Iahia. Ils ont un fort bon terri- tellement qu'avec auquel sourdent plusieurs fontaines. qui favorisèrent il se fit roy de Tenez et depuis que cet Estât chan- Muiey Yahaya quand gea de maistre. t. p. rait lever jusque à et à la On y pourvingt mile hommes. ^Aj^^jlj. faut lire Il Ouancherich. MONTAGNES DU DOMAINE DE GEZEIR Du midv coté de et levant. qui fut créé roy de la coronne. laquelle depuis que le il Tenez. 397). les chevaliers de cette mencèrent à courir et piller le païs 1 . bonnes Marmol.HISTOIRE 76 la faveur. escarpée dont les peuples sont vaillants et ont tou- jours eu guerre contre les rois de dans la montagnes habitées plaine de Gezeir. le pays. pour obtint par leur domaine de le pousser à moyen. comme ils ils se sont maintenus en liberté. qu'ils avoyent de ceux la guerre par l'espace de maintenue de Fez. Sur terres la pente et y a plusieurs fontaines dont l'eau est très-fraiche et de labourables. et sont les ha- bitans ceux qui prêtèrent aide. C'est. courant tout II. toire. ils ont soissante ans. . sommité de montagne la qui est sèche et maigre se trouve de grain en grande quantité.

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE par gens nobles. qui d'autant qu'ils ont de fort grand nombre de chevaux. tellement qu'aucun d'eux ny étranger ne peut passer. foires et Ils tiennent ordinairement des marchés. Mais. sont riches bonnes et exempts de tout et libéraux. 77 tribut. en quantité. conduite des cités FIN laines. souventefois. terres. s'il n'est accompagné par entre eux quelque religieux. ils et bétail se font la guerre mêmes. et quelque peu de mercerie prochaines. DU QUATRIÈME LIVRE . grains. où se vendent seulement des animaux.

roy de Thunes. sinon r0 yaume. comme pour prévenir à tous diferens.LIVRE CINQUIÈME DU ROYAUME DE BUGG1E ET DE THUNES PROEME J'avoys promis. laissant son fils le roy de Thunes pour sei- gneur de cette cité. qu'il fut contraint à luy rendre tribut. ains mena jusques à là le roy de Telensin. qui etoyent troys à l'un desquels (appelle Habdu- . tributaire le Teiensin.. quand Buggie depuis quand faite cité royale. jusques à ce qu'Abu Feriz. tant pour seure garde d'icelle. se meit en campagne avec . longuement occupée par les roys de Telensin. sentant ses forces assés grandes. et épluchant les choses par le menu. Mais elle fut " T^l «.«„:. pour un le mais considérant depuis plus diligemment. qui s'en seroyent peu ensuivre après son décès entre ses fils. roy Thunes. Buggie . et de droit apertient la seigneurie d'icelle au roy de Thunes. de occupe et barie. Abu Feriz. vins à parler de je rend roy de depuis peu de temps en ça. i . j son armée. jay trouvé que Buggie n'avoit été cité royale. non seulement de Buggie. de mettre la Bar- domaine de Buggie. au moyen de laquelle il s'empara.

lui frère. jusques Ferdinand du comte Pierre de Navarre Du I. et crève les yeux. Ce n'est presque qu'une campagne. frère Hutmen. consentement de soymêmes. Parlons maintenant de province de Tunis.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 79 donna Buggie. est le Royaume de Tunis. par le • i i lequel le poursuivit Hutmen. et ont eu bien de mière province du costé du couchant. et laziz) il nommoyt Hammare. donna le domaine du royaume de Thunes. outre prend une bonne partie de la qu'il Libye et la Numidie orientale. à l'autre nommé Hutmen. roy de Thunes dompte Ham« a • i r pnnt dans la cite dAssacos. qu'il gouverna par l'espace de quarante ans. Le tiers. . eut pour sa part le païs de Datieres. roy de Thunes. où errent de grandes communautez d'Arabes et d'Africains qui renferme une partie de l'ancienne Numidie. La province de Tunis. quatrième et couchant la d'Amsaga. (étant au vivement. quit ainsi aveugle par long temps. et se révolta contre son que l'on dernier. qui de est diet Zeh. qu'on nommoit Afrique. qu si . » mare son . vaste fort puissans. royaume longuement. jours tasché tenter. Mauritanie Césarienne. Tunis. son il se rendit tousjours obéissant â Ainsi cette famille eut frère. puis. Il en quatre provinces. Constantine. en avec qui les rois et les seigneurs de ces provinces ont tou- d'entretenir l'alliance. cet Estât. la et vertu roy le grande 1 . est celle de Constantine. Tripoli de Barbarie visé com- passe à l'Estat de Zeb. au septentrion et au midi les montagnes du grand Atlas jusqu'à leur pointe orientale. et Au que ce à moyen l'en priva. puis fut mené à là où il véQuant au sei- Thunes. « Le royaume de Tunis Barbarie du costéde l'Orient. que les modernes nomment Meyes. par le jouyssance du la province de Bugie avec la Il y a au la rivière mer Méditerranée. gneur de Buggie.m le il chois d'élire quel genre de suplice voudrait rece- il voir pour punition de ses démérites) les yeux luy furent crevés. le Des bornes de dernier de la levant l'Egypte. qui « De la la peine à les con- la pre- donnant une partie du revenu.

lorsqu'ils vinrent en Afrique. (Marmol. en la cote d'une Buggie treshaute est montagne sur de belles. Nous parlerons demeurées. édifiée (selon l'opinion d'aucuns) par les Romains. mais on la cité. veu sa grande étendue devers la montagne. vant celle de Tripoli. conte- et nant environ huit mile feus en qui est ha- la partie bitée seulement. et coleges là et docteurs. selon l'ordre au couchant. hautes la mer Méditerranée. jusqu'à celle de province monter seconde de ce Royaume. au midi trion. et de quelques unes n'a pas perdu la mer les repeuplast depuis. est a. mémoire. vers Biserte. GRANDE CITE une ancienne cité. Car étant toute peuplée. sans qu'ils ayent voulu souffrir qu'on pour errer librement avec leurs troupeaux. commencerons II. avec la le- province de et au septenla Numidie et de la Libye orientale mer Méditerranée. ceinte anciennes murailles. a temples. fort belles. de sorte aux chapitres suivans de qui sont détruites.HISTOIRE 8o BUGGIE. et que nous tenons. dont la pluspart ont esté ruinées par les Arabes. en elle pourroyt contenir plus de vingt et quatre mile. 431. qui est merveilleuse. de la campagne. et une partie de . y Les maisons sont d'assés belle montre. qui font des lectures en mathématiques. et t. la de leur loy. la loy et aux ordonnées. pour ne sauroyt aler parmy estoit la ville la les ne faille province de Constantine. et contient plusieurs villes et plusieurs bour- gades. L Afrique. Cette grande. au la montagnes d'Atlas.) . couvens 11 les religieux Les places sont où où demeurent et est donc fort Capes qu'on appeloit autrefois Triton. qu'il de Carthage. depuis l'embouchure de la rivière Mégérade Zeb. p. dont parles plus proches de que mémoire celles qui sont on la la et jouir » en paix des richesses s'en est perdue. Elle les écoliers y a plusieurs hôpitaux. etuves et hoteleries.

mais elles sont merveil- leusement infinité frutifères. memement et levant. tellement qu'il n'y a celuy qui ne sache sonner d'instrumens musicaux. qu'etans tous intimidés par décente de Pierre de Navarre. Outre hors ce. et la de si lâche courage. qui sont toutes couvertes de boys. que la ruine les frontières d'eux et de pour ce que le comte Pierre de Navarre y fut envoyé pour la prendre. avec ouvrages merveilleux si surmente de beaucoup l'artifice 81 et singuliers. Les habitans de cette cité furent jadis opulens. qui ne tachent à autre chose qu'à se donner du bon temps. dans lesquels se nourrist une infinité de singes et leopars. Au tour de la cité y a une de jardins produisans fruits en abondance. avec quatorze vais- Singes et léopards. et vivre joyeusement. ceinte de musaïques tant et azurés outresmarins que montagne. Les citoyens sont assés joyeux. lesquels n'eurent jamais guerre contre personne. . portent guères de grains.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE ou decendre. pour ce que leurs terres ne raleur cité en est procedée. souloyent armer plusieurs fustes et galères. au moyen de quoy. et baler. la porte qui regarde du coté de on y void plusieurs montagnes fort scabreuses. qu'ils en fussent le motif. principalement les seigneurs. et embellie par menuserie. le pris et valeur de T étoffe. se void une de murailles. Ils vivent pauvrement. Du coté de la petite forteresse. et lesquels envoyoyent courir sur ils tellement d'Espagne. ils en sont tant apoltronis.

cent Turcs des plus courageux et vaillans y laissèrent les vies avec quatre cens montagnars. Bougie de Calà-t-Abi-Taouil.. qui se meirent à batre la forteresse vieille. encore moins s'y acoter. que leur chaude colère qu'ils n'en bonne fut bien refroidie. soudainement. avec l'aide de tous les mon- tagnars des prochaines montagnes. ny ruer coup de sorte. par les J. "aA*£ « (Bougie). qui est semblablement du coté de la marine. ville très Au delà de Merça 1 recité . la vint assiéger. laquelle fut prinse et fortifiée. comme nous avons par cy avant i. en l'an de l'Hegire neuf 5 1 1 chrétiens. el-Daddjaj on trouve le port ancienne qui a pour habitants des Andalous.. acompagné de mile Turcs. de Bougie. tellement voulurent plus manger. Depuis voulant à six ans Barberoussela recouvrer d'entre les mains des cens dix sept (i de là. qui fut des pre- miers à gaigner le haut. puis.Bedjaij'a. puis. comme vous avez plage. Dans les montagnes qui dominent ce mouillage se trouvent des tribus ketamiennes qui professent la doctrine des est le port .HISTOIRE 82 seaux. En briser. le montagnes pour sorte de quoy. mais au premier rencontre. ny glaives decendu) un fier la fort. sans comte (après y sacagea.-C). escampèrent avec leur roy. prenant les refuge de soy et des siens. coups ruer. qui donna ocasion à Barberousse de se retirer au château de Gegel. entendu. Espagnols. qui les rendit tant étonnés. qui est assise sur de la la plage mer. et fortifia encor . sur être belle une autre ancienne forteresse. y feit édi- une prés le rivage de la mer. s'attentèrent de vouloir prendre l'autre. et joignant de l'Arsenal et fut prinse.

car sont très boisées et lité. ville </< capitale de ei la de V Espagne. la situation de l'hégire. est abritée au nord Masioun. CHATEAU Gegel est un ancien château mer Méditerranée. On du hole cos- trouve sur cette montagne beau- coup de scorpions de couleur jaune. les un entrepôt de marchandises.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 83 GEGEL. De nos jours. p. des environs des montagnes de Djordjora et qui. province. Les vaisseaux y abordent. sont riches parle ne c'est commerce et plus généralement l'est et du Maghreb central et la ville la Hammâdites. Les Romains l'ont bastie sur la pente d'une grande montagne qui regarde . en un mot. l'absinthe et autres semblables. habiles dans divers arts et métiers qu'on Les marchands de cette avec ceux du Maghreb occidental. peu dangereux. très élevée. les montagnes et les vallées environnantes produisent de la résine et du goudron d'excellente qua- en abondance. près de son em- bouchure ne peut être traversée qu'en bateau. accès et dont les difficile telles que l'arbre scolopendre. située près de montagne par une dite de plus amples détails sur fournit prospère de Bougie. Autour de plaines cultivées fruits où et On très de blé. d'un en médecine. du . de sur la édifié par les Africans sommité d'un haut la gens qui ont du penchant pour leurs croyances généreusement tous ceux qui font profession de leur religion » chiites. p. du Sahara et beaucoup de marchandises de toute espèce. Description de V ^Afrique septentrionale. A la dis- tance d'un mille de Bougie coule une grande rivière qui vient du côté de l'est. Bougie est caravanes y viennent. dans l'intérieur des terres. on y entrepose la ville sont des des figues et d'autres Il y a des galères. le tus. C'est une grande dans sa splendeur avoit plus de vingt mille maisons habitées. l'aristolochia. le berberis. flancs sont couverts de plantes utiles dhad. les eaux de cette rivière sont moins profondes et on peut la passer à gué » (Description de T Afrique De la ville qui. Elles respectent les et traitent (El-Bckri. Le chérif Eirissy nous « Bougie. sur des rochers escarpés. un chantier où l'on construit de gros bâtiments. plus haut. « 104-105). au v e siècle la mer. des navires de l'on recueille sont en relation ville de l'Orient s'y livre à l'exploitation des bon minerai. Ses habitants la capitale plus importante des états des ailleurs. l'orge. mines de c'est une fer qui donnent à bas prix ville très industrieuse. 192). la grande centaurée.

qui ne sont et des palais à la avec trois tours. sont beaux. et apperceu. envoya contre eux roy Ferdinand le dom Pedre Navarre. Elle la montagne. que sans l'attendre. il anciens collèges. mais à fustes pour courir voyant maux qu'ils causoient. si forts qu'ils jusqu'au haut de elle s'estend Du costé de la mer. distant de Buggie. de l'autre costé à donne vingt-deux degrez de longitude. à trente lieues d'Alger en tirant vers le Levant et à douze de la hauteur de Dence ou Dunil. qui entretenoit amitié avec tout roy Abdulazis leur aise. ruina en partie. Comme il coste à l'endroit avec quinze mille combatans. de la Chrestienté. Le pays ne rap- a quantité de lions et de singes. Les la maisons mer. où forests épaisses.HISTOIRE 84 rocher. et Elle s'est repeuplée depuis. à cause le estoit le vécu long-tems en paix. la y a un autre chasteau y a plusieurs mosquées. rendu maistre par trahison. mais les habitans ne laissent pas de vivre à du commerce de l'Europe. quoy-qu'il y la défendre. particulièrement du costé du Levant. s'y vint rendre paisiblement le jour de Pasques. le armer des monde. où Morisque. on s'enfuit dans les montagnes. Elle quand le calife trente-deux degrez et trente et bonnes murailles ceinte de estoit schismatique de Carvan l'assujetit. il y de et plus loin. et qu'il avoit son oncle pour gouverner en son absence. Ptolomée luy Gigery. yeux de la et ayant fait prendre son neveu au retour. la et qu'il il estoit là se retireroit aussi-tost. elle a pas d'cù une forteresse bien fermée. rade. où y a une bonne il qui estoit sur le bord de la mer. Or ce prince Comme il estoit contributions de quelques villages révoltez. allé la songeoit à faire quelque nouvelle conqueste. Il il luy creva les demeura prisonnier jusqu'à la . Les maisons sont bien bâties. façon que nous avons déjà dit. où l'on enseigne les sciences. un roy Maure. l'oncle se souleva avec les habitans. et contient environ six cens feus. les les costes ils ont désir de s'enrichir leur ayant fait la fin. par l'espace de soissante mile. qui fortifioient de celuy qui l'avoit abandonnée. et mit garnison dans l'ancien. Il est vray qu'ils s'imagi- eut plus de huit mille habitants pour noient qu'après que mais il y bastit Dom Pedre un chasteau sur l'auroit pillée. le comte Pedre Navarre cingla vers Bugie avec quaTon ne l'eust pas plustost torze grans vaisseaux chargez de troupes. Comme un prince doux. minutes de latitude. après s'en estre autrefois avoit esté trahi par son oncle de pour recevoir laissé place. neveu les la sorte que je vais dire. et plusieurs Il si puissante. quoy-qu'elle n'ait jamais esté est sur des costeaux. L'an mille cinq cens dix. fort hautes. porte pas beaucoup de bled. Elle est envi- ronnée de vergers. qui les prit de la façon que nous allons dire.

de toutes parts. yeux. que l'ardeur du la flote. qu'il et Le comte d'étoffes Comme il fut quoy-que les de soye. et ses pierreries. mais où qui estoient pour des tentes d'Arabes. Les Maures qu'on fit prisonniers disoient . déjà à prendre la fuite. tout l'équipage du roy. autant de vaches. s'offrit de servir comte tout joyeux. dont l'une estoit enflée extraor- dinairement des neiges qui fondoient alors. rapportèrent qu'ils n'estoient qu'à sept lieues de que là. et il s'enmais il revint quelques jours après avec huit ou dix chevaux. à l'avant-garde ayant pris des arbres l'alarme au camp. receu par le comte. On le prit neuf cens chameaux. libéraux et fidèles. Alors. mais 85 sont vail- les habitants s'adonnant tretous au lans. Maures qui estoit environnée de ronces incommodèrent fort les soldats. d'argent. de moutons et île brebis. recevoir avec tout son clergé. Le comte partit donc soldats. envoya gens avec deux Maures pour reconnoistre ses sachant et mains des chirur- qui luy coupèrent la chair des paupières. mit entre le les si qu'il il recouvra aussitost donna avis cachez entre des montagnes. quantité de chevaux. qui ayant qu'on ne luy avoit pas crevé giens de n'estre pas ingrat deux de fait. le nouvel evesque le fut en tua plusieurs. on le délia. en façon de pièges. d'or. et se retira avec ce butin ne receut aucun échec des Maures. sans avoir rencontré personne. de sorte que crier Saint Jacques. comme chacun se sauvoit. quitté son rang. et Ceux arriva dans ces prairies. et au point du jour. les de sorte . et fut fort bien . où l'on pouvoit aborder par chemin qu'ils avoient veù. en compagnie de ce prince la la de sa suite. de mulets. commençoient là. beaucoup en si bon ordre. après avoir rassemblé tous les troupeaux et le montagne. ils yeux d'un et les habitans. Il portoit un étendart blanc pour sa seureté. Aussitost le la veuë. et autant fuit d'hommes à pied en la compagnie d'un chèque de dix-huit ans. et courir à toute bride droit de demi-lieue de l'on en on jusqu'au haut de les suivit tua plusieurs dans prit et erreur. et c'estoient de spacieuses prairies entre des montagnes. en chantant réjouissances. qui sans perdre qu'un le harceloient soldat qui avoit prés de la ville. le troupes fussent Te Deum. la- venue du comte. feu au camp. on mit butin. que son oncle. et la plaine où ils avoient trouvé les de chardons. feu luy avoit colées sur les Pour esté les Ce qu'ayant le lieu. et surprendre. donnèrent comte voyant leur le le nuit avec quinze cens la la poursuite. et l'on fatiguées fit de grandes car outre qu'elles . avoient passé deux rivières fort profondes. Incontinant. grand bienfait. estoient de guide pour informé de son avanture.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE sont assés mal bâties. qui estoit de ses amis. fît aussitost aux tentes qui estoient à près Les Maures qui avoient eu l'alarme.

luy fit couper la teste se rendre. qui l'ont for- . comme il ne pouvoit presque plus résister. dont il s'empara. et de Bugie. le gouverneur pour sauver les femmes et les enfans. qui y tenoient cinq cens soldats en garnison dans trois forteresses. et après publiquement à la place de Vailladolid. cades. l'emporta d'as- mit le siège devant le grand chasteau. Charles . dont il y avoit dix mille mousquetaires et arbalestriers. à cause que tagnes sont belliqueux. et qu'ils combien que la terre. et de vingt hommes à son choix retour. Enfin l'an mille cinq cens cinquante-cinq. pour aller attaquer Tripoli. et couroient la emmenoient les des esclaves peuples de ces mon- contrée d'alentour avec plusieurs arquebuziers. où estoit son principal dessein. d'où ils faisoient quelquefois des courses et des dans le pays. tellement qu'il se y eut alla assiéger montagnarts tel d'autre. mais ayant forcé l'un des chasteaux. à la reserve de dom Alfonse. et tua Célim. avec qu'on luy eut fait ceux qui l'avoient conseillé de son procès. et troupeaux. avec tous ceux qui estoient avec luyet qu'on luy fourniroit des vaisseaux pour passer en Espagne. et après l'avoir bat u cinq jours durant. ville. il assiégea le château de la mer. se retira De là il avec perte de cent Turcs des principaux. gouverneur d'Alger. et dresser hasta de quitter ce lieu. « La ville de Bugie fut trente-cinq ans au pouvoir des rois de Castille. croyoient cet obstacle suffisant pour arrester Maures vinrent depuis escarmoucher jusqu'à Bugie. temps. mais estant de Quint le fit arrester. et marcha contre Alger. au chasteau de Gigel. et l'ayant batu vingt-deux jours. Bugie a toujours esté depuis aux Turcs. Le Turc. Salharraès. où il n'y avoit que quarente saut. où le commandant Alfonse de Peraltes'estoit renfermé avec le reste des troupes. chrestiens. fit esclave tout ce qui y estoit. après. le rendit par composition. des mais Les embusil ne s'y peste se mit dans la la jour qu'elle emporta cent que Barberousse après avec mille mousquetaires Turcs. et par mer avec vingt-deux fustes ou galères. les lin et il la prise et vingt mille attaqua l'autre. se rendit et plus il de cinq cens Maures. Ensuite soldats. qu'il et hommes. . contre sa parole. et après avoir eu le bras emporté d'un coup de canon au premier assaut. il dom à la charge qu'on le laisseroit aller libre.HISTOIRE 86 bourage de leurs terres soyent ne produisent autre chose qu'orge. Après s'estre saisi du chas- teau impérial que les Espagnols abandonnèrent. vint asssiéger Bugie par terre avec plus de quarente mille hommes de combat. parce qu'ils ne se pouvoient pas bien défendre. Dans ce mesme s'accrut de telle sorte. mais rarement. où il y en eut de tuez et blessez de part et passa rien de mémorable.

C'est une rivière qui passe entre les Abez. Djidjel était ruinée à l'époque graphique «Djidjil. Elle est à vingt. les habitants se retirèrent à un mille de distance. Ils se sont tousjours berté malgré les Buggie. à cause du sable qui estoit à son embouchure. et ne sont incommodez que du ven t il du nort. et qui s'enfle extraor- neiges fondent. La avec un faubourg. licites et '. : les » débris d'anciens transporte en Ifriqiya lazuli montagnes de Cuco. ils revenaient habiter mais dans l'été. Les montagnes ketamiennes. y tiennent un gouverneur. nomme et se Nazaava selon Ptolomée. lesquelles ils en- voyent Thunes par mer. l'une au septentrion. . monuments. On y pesche y en a tant sur la coste qu'on ne se soucie pas de celuy-là. chérifEdrissy écrivait son ouvrage géo- petite ville mer. renferment du minerai de cuivre que l'on et ailleurs. à Barbeiousse. pour Usroys de Thunes et navires. 1. dominent toutes « Cette et de (Marmol. avec semblable quantité de noix et figues. dans une presqu'île. renferme qui est ville. Toutefoys. maintenant habitée.deux degrez dix les et à trente-deux degrez trente minutes de latitude. ils se soumirent volontairement à Barberousse. lequel ne leur imposa autre tribut que quelce ques grains choses qui etoyent et fruits. dans quelques à petits maintenus en leur liroys de Thunes et Buggie. coutumées de tout temps tifiée. mais force poissons. quelques et l'autre bords de la dit-il. dans les et y construisirent un fort. au midi 4I5-4I9)- Djidjel. il n'entroit point de vaisseaux dans cette rivière. qui y nait en grande abondance. II. et Navar selon Pline. avec bonne garnison. Quand cette ville estoit aux chrestiens. U^Afrique. tributaires que leur château est hors d'échelle et siège. ils se réfugiaient montagnes le port. Mais l'an il que Salharraès la prit.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 87 chande. là à t. p. Jj*^. située sur flotte du grand roi Roger s'en étant emparée. est où une le Description de V Afrique. 193). Cette montagne fournit aussi du lapis- ces d'excellente qualité» (El-Bekri. qui localités. rivière assez petite. qui y sont à couvert pendant la tem peste. Durant l'hiver. il plut tant que les eaux l'emportèrent et y entra depuis des galères et des galiotes avec des gros vaisseaux. à l'époque de l'arrivée de la Hotte. p. Au levant de et l'embouchure d'une la ville est dinairement quand minutes de longitude.

L'Afrique. elle elle se rend dans et luy ils et stériles. De ville de' Gigery. le où on vieilles murailles. elle le grand Atlas. renversés. figuiers et de noyers qui tans si de l'orge. les de miel. la C'est « une place à douze tertre fort élevé. et quarente-cinq mi- un poste assez avantageux. p. 419). et à trente et un. et Césarienne de Emsague. Bugie. Elle est en mée que de pluspart. y a de grans bocages de que lorsqu'il est sec on le depuis de grands services à Barberousse appelée Sufe Gemarque. y a dans ce golfe une rivière décharge dans la mer au levant de Gigery. d'où passe aux campagnes de la petite rivière de Bu Marzoc près court vers le septentrion à travers quelques montagnes. le le reste est stérile. Alentour de nutes de latitude. de poissons qui s'y pèchent sont grands et les et excellents » (Description de l'Afrique et de l'Espagne. le pays y a abondance de laitage. qui se tanie il fruits. il est les fort.HISTOIRE MESILA. trente-un degrez quarante-cinq minutes de latitude » (Marmol. ce n'est aux endroits où on porte vendre du chanvre. II. de céréales. à l'entrée lieues de Bugie. Gigery et Sur le pays est fort sec. . pourquoi Il montagnes qui bornent Constantine et prenant en son chemin de cette c'est . beurre. y a plus de six cens habi- prend sa source dans les ville. Cependant. à hommes et devenue déserte quelque quelques et ruinée. du recueille la petite Afrique. maisons sont à demi détruites. d'autres Gigery. bastie mer Méditerrannée. CITE Cette cité fut anciennement édifiée par les Ro- mains aux confins des déserts de Numidie. 114). mais elle n'est ferCeux du pays sont bonnes gens. et fois Gilgil. transportant toutes leurs possessions au les du rivage distance et ne laissant dans Depuis cette époque. la mer entre cette place et Col. t. Djidjil marchandises. Elle se nommoit par les anciens Africains le long de la coste de du golfe la quelques-uns l'appellent Gégel. tout le long de donnent tant de la sont bien coste jusqu'à Tenez. distante dans montagnes. qui ont conservé leur liberté contre les rois de Tunisie et de et qui rendirent et lin et bord des ruisseaux et des fontaines. murs les poissonneuse est fertile et la côte très que la ville . et pour la manouvriers qui demeurent dans de méchans logis. p. et sépare la Mauri- Ptolomée nomme cette rivière donne vingt-six degrez quinze minutes de longitude. de Numidie. descendant par des plaines sèches d'où Il peut arroser. la sur un autre- mettent à vingt-quatre degrez de longitude. traitez par les Turcs d'Alger.

des Hoouara et dante. A peu de distance s'élève une montagne habitée par des Adjica. Au sud d'El-Mecîla remarque des ancienne est un endroit nommé le territoire El-Kibab « les de Coupoles la ->. « retrouvant en cette fut possible de trouver assez d'avoine 3^^. à cause que bâties. Ces ruines sont traversées par deux d'eau douce dont les conduits sont de construction ancienne. peuplades qui possédaient. jadis. . Tout est à bas prix bazars plusieurs On y récolte et bains du coton dont dans El-Mecîla . entourée de est deux murailles. entre lesquelles se trouve un canal d'eau vive qui fait le tour de la place. et Salharraès y construisit tourmentez leurs bleds et leuis troupeaux. on voit grand nombre de jardins. 142). (en langue berbère) Targa 'n-Oudi. la et. Par le moyen de vannes on peut tirer de ce canal assez d'eau pour l'arro">ement des terres. qui leur mangent de sorte qu'ils vivent misérablement. ville située 1 . ce qui veut dire : On ville. tant pour ce que la moitié de leurs fruits sont détenus par les Arabes leurs voi- comme sins. Les Turcs y sont maintenant les une forteresse où il y a quelque cava- . dans une plaine. De Micila. Description Je V^Afrique septentrionale. i. p. on y ville rigoles les appelle rigole de beurre fondu » (El-Bekri. fermée un ouvrage des Romains et autrefois Arabes la ruinèrent à leur avènement. lente. nuis les la frontière de Xumidie. des Béni Berzal. tellement que cité. « C'est une ancienne ville sur de murailles bonnes et antiques. lesquels se tiennent tresmal en ordre. voûtes antiques auprès desquelles sont les restes d'une nommé Bechlîga. « Dans la ville. pauvreté les y contraint. elle estoit c'est riche etsplendide. un la qualité est excel- viande surtout est très-abon- On y rencontre des scorpions dont la piqûre est mortelle. Elle s'est repeuplée depuis de ^ens pauvres et perpétuellement des Arabes de la campagne. maistres.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 89 de Buggie par l'espace de cent quarante mile. et ceinte de murailles autant fortes et belles à veoir. pour être par trop oppressés des roys me de Buggie. me ne il pour la dinée de douze chevaux El-Mecîla. à l'extérieur. comme maisons sont les laides lourdement et Les habitans sont tous artisans et laboureurs.

où il est encore. ne laissans dans la cité que cent maisons habitables on peut bien encore veoir quel grand pouvoyt avoir. L'Afrique. ville grande et importante dont l'origine remonte aux temps antiques. 1. En quittant ce voyageur se rend d'abord à Ghadir Ouarrou. La muraille qui l'entourait fut détruite par les Ketama partisans d'Abou Abdallah es-Chiaï. et s'appeloit autrefois Mirée. Hascen fit mener ce canon à la forteresse de Calaa. dernier lieu. Elle est maintenant sans murs. ceinte de pierres de taille grosses et quadrangulaires. lerie en garnison pour montagne de la défense du pays. que Salharraès y avoit laissées quand il vint de la journée de Ticour. mais . 420). ce que j'ay considéré . localité habitée villede Setif. Cette Abez. de Buggie soissante mile. La population de cette tribu est estimée à soixante mille âmes. Calaa est entre le midi et le couchant. circuit elle m 'acheminant de Fez à Thunes'. à dix lieues de Migana. Elle fut jadis civile et bien habitée. laquelle après avoir passé les mons se découvre assise en une plaine. est à deux journées d'El-Mecîla. mais depuis que mahommetans vindrent à la posséder. elle est fort decheute. nutes (Marmol. tribu hoouaride. de longitude. et arrosée par plusieurs sources d'eau excellente. II. Depuis. Arabes avaient enlevé cette chaque fois qu'ils ville et les et cela pour la raison que avaient obligés à payer la les dîme voulaient y entrer. memement pour ocasion des Arabes. on arrive à Setif. qui les ruinèrent grande partie des murailles. p.HISTOIRE 9o DISTEFE Distefe est distante une que vile les Romains édifièrent. Parti de là. «La que Ptolomée met à vingt-six degrez cinquante mià trente-un degrez vingt minutes de latitude » et t. toutefoys. II y a quinze lieues de la et l'une à l'autre de ces places. le par les Béni Yaghmoracen. tJLk^. ville est bordée de la Hascen Bâcha la donna au seigneur de la Abez avec trois pièces d'artillerie.

qui est distante. 178).ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 91 NECAUS Necaus est édifiée par les une cité qui confine avec la Numidie. Romains. et se par l'espace de cent à Constantine. se te- à la mode commun une des citoyens maison garnie en manière d'hôpital. Les bazars sont en grand nombre et toutes les denrées sont à bas prix. p.etacommodédetout elle n'en est pas moins bien peuplée et très-florissante. et tient le transportent autour de laquelle se cité. en laquelle sont receuz tous les étrangers. 115). on remarque surtout des noix d'une excellente qualité. et autant de la cité précédente. rit' Edrissy ne consacre que peu de mots à Setif place grande comme une ville et fort rée Je vergers. puis un templemerveilleusementgrand. elles y sont tellement abondantes qu'on les vend à très bon marché (Description de l'Afrique et et qu'on en exporte quantité au dehors » Je l'Espagne. et Les habitans sont civils nans honnêtement en ordre. à dix journées de Cazrouna et à une journée de TanaLe ché- guelalt » (El-Bekri. riches. parmi les fruits que : « Hiçn Satii. octante mile de cette toutes fertiles en grain voyent de grandes plaines. bien pourvue d'eau et entoules environs produisent. est une peuplée. dit-il. Description de l'Afrique septentrionale. Il y a aussi un colège. . là où l'on entretient les écoliers à la bourse publique. Elle est environnée de fortes [et an- ciennes murailles. p. distante de la mer Médi- terranée. de Buggie. auprès desquelles passe un fleuve. environ octante mile. Setif est à dix jour- nées de Cairouan. qui a ses rivages tous couvers de noyers et figuiers. produisent leurs fruits tant singuliers qu'on les et estime pour en tout le les plus perfaits et savoureux qui soyent royaume de Thunes. et libéraux.

De y a des l'autre coté du jardin. Au dedans de est la il y a un collège où les entre porte à vendre le levant et le plat qui rapporte de bon fro- contrée sont riches et se traitent fort y a une superbe mosquée dont trouve un grand nombre d'alfaquis. œillets. lesquels grimpans contre les murailles. de seps de treilles vigne. du ccsté du passe une rivière. violetes. il 1 fruits s'exportent 1 au dehors » (Descrip- 10). on à Constantine qui en est à plus de cinquante Le pays autour de la ville ment. de sorte que les gens de nort. des habitans. il l'on instruit la jeunesse aux sciences et en la . qu'elles fréquentent fort les etuves. dont les bords sont couverts de bocages C'est pierres. mais fort plai- santes et récréatives. et privautés un grand i. ^jli". et roses damasquines. marjoulaines. ren- maison un ombre frais et délectable. p. parmi lesquels il y a des noyers et des figuiers considé- rables par leur grandeur et leur beauté.HISTOIRE 92 ce qu'on y pense blanches et belles. De ne . Le chérif Edrissy ville. « la de Niqaous. à cause qu'en chacune d'icelles y un a semé de jardin principalement de fleurs. et où l'on auprès un pays lieues. et après les avoir sechées. et bastie par les midi. bien à leur mode. sans donner tion de l'Afrique et de l'Espagne. prenans un plaisir indicible à se tenir nettes et polies. Les femmes sont de chevelure noire et reluisante. Les figues de ces quartiers sont les meilleures de l'Afrique. regret El-Bekri cite le sur cette gâous est une nom petite ville fruit et surtout peut laisser qu'avec dont le moindre consacre seulement quelques mots lui détail : « Ni- environs sont plantés de divers arbres à les de noyers dont les Necaus. et telles autres gentillesses. caresses. cité. avec leur fontaine à part. une ville fort antique. fermée de hauts murs de Romains à vingt lieues de Teztéza. tellement que qui converse quelque peu dans cette dent à la étant aleché par les plaisances d'icelle. les maisons sont quasi à un Toutes étage. Près d'elle d'arbres fruitiers. Tout la ville l'ouvrage est très délicat. pour ce être nécessaire.

. de sorte que ce seroit une des plus agréables villes de si les les Turcs qui en sont moins les seigneurs que les la Barbarie. et ne les maltraitoient outrageusement. de latitude avec quarante minutes ». Neantmoins est civile. se trouvent de hautes montagnes. Les femmes de cette hommes et où ville il y a plusieurs boursiers qui vivent du revenu. ayans tousjours bien résisté aux forces des roys de Telensin. sont fort blanches. t. mirtes. et la dernière du costé de TOrient On la nommoit Ptolomée luy donne dix-huit degrez de longitude. avec cent vingt mile religion de Mahomet. lauriers. a : autrefois trente-un 422). et II. pour ce qu'entre et du seigneur de icelle et Chollo. Constantine.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 93 CHOLLO Chollo est une grande cité. et la montagne qui ont grand nombre de cuirs qu'ils troquent contre d'autre marchandise avec les Genevoys. et ont les cheveux noirs. Il n'y point d'autres villes en cette province dont nous puissions faire mention car celle-cy est Vaga. édifiée par les Romains sur la mer Méditerranée souz une montagne sans aucunes murailles. pour ce qu'elles furent rasées par les Gots. (Marmol L'Afrique. tyrans ne chargeoient habitans d'impost s. et et amis des estrangers. jas- les par toute la sont très sociables ville. La pluspart sont embellies de jardins. dont la plus part est d'artisans faisans de grans trafiques de leurs cires. de fontaines. et étant venue entre les mains des mahommetans la laissèrent ne plus ne moins qu'ils l'avoyent trouvée. rosiers. giroflées. qu'ils retirent en grande quantité de est tresfertile. limonniers. les mins. p. et d'autres fleurs avec de grandjs arbres de cette citroniers et autres nature. les elle habitans plaisans et libéraux. qui viennent aborder à leur port. Il y a plusieurs bains maisons y sont agéables quoi-que plusieurs n'ayent point de plancher. Us se main- tiennent en liberté. treilles et force orangers.

Elle au pied d'une montagne qui s'estend sur la coste de la de latitude avec quarente-cinq minutes est Du (Edrissy. 115). le (le merça d'El-Coll d*où l'on se rend à Istoura (Stora). autrefois qu'un port avec quelques habitations terre elle est et de champs et fermée par des montagnes » cultivés. J5. Le peuple est courtois et civil à cause du merce de l'Europe. Outre que la pluspart du pays fort vaillans. à Roun ce que l'on dit. qui s'estendent plus de quarente lieues loin. tion de de ville miration les restes des haute antiquité. et com- des cuirs et d'autres montagne abonde en marchandises. et a soin que tous les habitans ne soient point foulez » (Marmol. El-Bekri se borne à mentionner i.HISTOIRE 94 de distance. « C'est une ancienne ville bastie. car on y va acheter de la cire. de cette montagne l'autre extrémité « A Djebal er-Rahman) se trouve le port de Qpll (Collo). et est la hommes. Description de l'Afrique mer dans le golfe de Numidie. De Coll. Elle estoit autrefois fort peuplée et avoit de hautes murailles que les on ne Gots rasèrent après les l'avoir conquise sur a jamais restablies depuis. vaillans Thunes. les en roys sont séparez par de très- hautes montagnes. par les mains. la plus monuments que les anciens On y regarde avec ady ont laissés » {Descrip- Y Afrique septentrionale. La contrée du costé de la troupeaux Les habitans se maintenoient au- trefois en en toutes sortes de et fruits. El-Qoll était tombée en décadence à l'époque du chérif Edrissy. ait grand commerce force marchans et artisans. car elle faisoit dix mille depuis donnée aux Turcs qui y tiennent garnison et de combat. quoy-qu'il les y Romains. p. « Alune ville petite mais florissante. p. liberté et estoient assez puissants de Tunis et les pour se défendre contre seigneurs de Constantine dont ils bled. p. 432). . port deTacigda (Skîkda ou Philippeville). t. moitié du territoire habité par tant que par toute la rivière de plus opulente ny seure que que l'on gaigne tousjours au double sur leur marchandise n'y a cité il cette-cy. Elle celuy qui commande dans Alger y envoie un gouverneur qui dépend de celuy de Constantine. côté de la V Espagne. lequel reçoit le revenu de toute la province. dit-il. à cause 1 . est de sorte montagneux qu'il et peuplé de Bérébères et d'Azuagues n'y avoit point de villes plus riche et plus hommes s'est assurée que celle-cy. Ptolomée luy donne vingt-sept degrez de longitude et trente et et la nomme le grand Colosse. II. n'est actuellement Coll. Cependant. U Afrique. 194).

pavé de pierre noire comme tine se void un chemin qui sont appelles cheon en void aucuns en Italie. qui trafiquent fait vilage. a toujours garde. transportent de l'Europe. trentedeux par les Got. le gouverneur mince esté on. de laissés.. qui la 1 avertis! vient surgir près du incontinent que quelque navire leurs grains pour Les montagnars échangent que les Genevoys y draps et autres marchandises. Ce^ndne.„„„. avec antiquité. la corruption aujourd'hui le nom nom de Philippeville.t sur . bast. e. grand par les cette cité ait été édifiée que Romains . qui s'estend vtngtdu non. Apres avoir raisonnahte. Ptolomde luy donne 4.so de longi. ™ la mer' u"y raliquem.. pour retrate quelque et quelques magasins. On y regarde la plus haute vide. le pour les marun magasins drecer certains logis et en ce pais avec chans Genevoys. voisine ù„e for.ude.„< nee mr „„ an» „. d cause qn'il y a un por.e. argument pour se persuader mins de Rome. du Sucaicada es. Constantine.e'res<e. où y a«. jusqu'à la nier à haute montagne. du costé D. demeure. et ruinée par a seigneur de Constantine y qu'il y a un bon port. « C'est ville." c Tacacic. dit El-Belri.ET DESCRIPTION! DE L'AFRIQUE 95 SUCA1CADA édifiée pat les Romains Cette cité fut anciennement environ trente cinq mile (de sur la mer Méditerranée ce les Gots. de Stikda ou plutôt Taciqdah. Depuis jusques a Constan- port. Rot Nummie. Cette vdle porte les anciens y ont admiration les monuments que M . mais pour Constantine).e 1 par es endroit du golle de idcTe èuS 1 j£L degré. trete minutes de lantude.. une ancienne . 11 Où Ht il e bord de de 1 Lu marchais les montagne une d cime la sur aussi construire ceux qu. Svxycaàa. sur le sommet de montagne. chemins de Rome.

pavé de Romains ont faits en Italie et soit gasté parles eaux» (Mar- . avec plusieurs places belles et bien ordonnées. deux coléges. qu'elle peut contenir environ huit mile feus. plaisantes est le ou quatre monastères. souz lesquels le Sufegmare. étant fort abondante. des draps Depuis cette ville jusqu'à grandes pierres noires. environnée de hauts et passe montagne. p. à la cité. et des Constantine. coté qui regarde rochers. un chemin tout droit. de sorte qu'il n'y le a les sommet que deux petits et etrois sentiers (l'un du coté de levant. de la nommé encore ombragé l'autre rive est tellement que profit. les murailles qui sont hautes. la midy.HISTOIRE 96 CONSTANTINE Les Romains fondèrent anciennement cette comme cité. qui sont échangent du bled. et trois civile maisons et somptueux temple maieur. mais avec plus la tramontane sont partie de murailles fortes à merveilles. a il marchandises. comme toiles contre d'autres il ceux que y les en Espagne. et l'autre devers qui est de si ponant) pour s'acheminer ample étendue. t. V Afrique. quoy-qu'en quelques endroits mol. qui de de roches est entre grand . II. deux sert De un fleuve grande profondité qui la en lieu de fossés. en rendent assés amples témoignages aux spectateurs. separans les arcs. et epes- maçonnerie desquelles est d'une pierre noire entaillée. Elle est située sur une haute montagne du ses. et outre ce. 433). et embellie de comme édifices.

toutes lesquelles choses ils troquent contre esclaves et dates. 1 qui pour son efrenée et ehontée jeunesse n'avoit aucune honte de se soumettre à tel traitement. qui est à présent. qui pour un chancre Malheur advenu au qui s'encharna sur luy. qu'en cette il y cité.me sa fils méchante vie du . à cause de ses excès. tant qu'il ne se trouvera en toute de ce la ou Barbarie. ce que ne pouvans suporter les habitans. termina 11 t. ait nement tenans nes de bailler cette la légère. et de ceux aussi qui font transporter les toiles.c m 1 misérablement ses jours. duquel on a coutume d'user à l'endroit du sexe féminin. qu'on en peut au reste superbes et avares. qu'ils estimoyent être chose trop viles'asujetir et prêter obéissance à un seigneur noté et marque d'un tel vice. lequel voulant mouvoir guerre contre les Arabes. C'étoyt jadis la et Vl1 plus grand marché avoir huit et dix livres pour quinze habitans vont vêtus fort à Dales tn abondance premier né. ny endurer l'abomination d'un tel opprobre et contume- lieux acte. pour être aucu- mé- et coutume des roys de Thu- cité à leur quelque foys observé pnx en sorte. lans et Davantage les le nombre des marchans (qui tiennent draps de laine du pais) est grand. joint aussi. huiles et soyes en Numidie. il en pourveut de ses enfans. fut occis au premier rencontre. qui le rendoyt du tout 7 troisii.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 97 hommes sont vailmêmement les artisans. ce qu'a roy. il la donna au tiers. disposés chacun en son ordre. caniques. le à Cons " Les deniers. Premièrement. Les adonnés aux armes. roy de Thunes par il le • . Enfin. la fruit. l'ainé Depuis en empara second. et quelque foys non.

laquelle du une grande et quasi inexpuédifiée du même temps que la le peuple de coté de tramontane a gnable forteresse. envoya pour gouverneur en Constantine un chrétien renié sur lequel le roy (pour avoir expérimenté en luy une infidélité grande. rians totalement à la et contra- preud'hommie qu'on pensoyt . mais père prévenant le feit mener prisonnier de grande importance) comme à aussi pour son satisfait et content reposoyt totalement.qu'il voulut faire batre monnoye tant en son le nom. et délibéré de le priver un tel scandale. meit le moyen de frein à la ce fort et dompta si bien témérité et outrecuidé vouloir des citoyens et prochains Arabes. qu'il n'eût troys de ses premièrement enfans en otage. cite. mais l'autre se remit en grâce à force de pecune et presens. ce que le roy trouvant trop étrange. ne luy vou- lut jamais rendre la liberté. la rendit encore plus forte. porta fort indignement. se bon gouvernement fut tres- la cité. le Thunes. et le feit présumer de soy. qui sont les plus le nobles et braves hommes de toute l'Afrique. efets etans fort Dont ces derniers dissemblables aux autres. l'eleva en telle gloire. roy. chef desquels ayant entre ses mains. mais un chrétien renié lieutenant du fut celuy qui par le la cité et nommé Elcaied Nabil. Mais finalement le souvenir de ses vertueux actes et victoires heureu- sement obtenues. et cogneu suffisant en choses de vie. et inhabile se bandèrent contre luy en propos ferme. puis.HISTOIRE 98 efeminé pour gouverner.

99 printen haine le un tresmauvais vouloir tellement que (ayant assiégé une cité en Numidie. qu'il fût. faire peuple qui au- le paravant luy étoyt tant affectionné.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE premièrement luy compagnie. pour ce que les habitans ne savent Eicaied délaissé du peuple de Constantine. . cité. plusieurs des principaux. et fertiles. parlésentendit il peuple de Constantine le s'être bandé contre luy. Ce que voyant. pour demander secours au roy. avec lequel dans Constantine à force d'armes. et fait prison- nier par le roy de Thunes. pas plustôt veu. luy portant fort grande. nommée quelles Pescara) nouvelles luy vindrent. et de Thunes. au quit telle inimitié. l'assiégeant dans tenant de là rentra il a de tort beaux jardins. pour sa rançon. lesquels ayant délivrés à Sa Majesté. et habitans (après roy) ne voulurent plus aucun gouverneur quel Les terres. pour laquelle chose pacifier et amortir voulut faire retour. mais il trouva les portes fermées. mou- rut de regret et déplaisir. et comme sont bonnes sur les rivages mais qui produi- sent peu de fruits. s'être où peuple se banda une autre foys contre luy. que le moyen si court. qui dépendent de cette rendans trente pour un: du fleuve y feit de quoy quoy il y envoya ses en fans l'un après nous avons-cy dessus recité. qu'il détenir prison- le feit ne luy voulant donner relâche qu'il ne luy eût premièrement consiné cent mile ducatz. lequel ne l'eut nier. il obtint tel secours qu'il demandoyt. parl'autre. il que toute espérance perdue. reconciliés avec s'asujettir à dont le les il tuer s'a- la forteresse. il print la route révolté.

qui furent par les Mahommetans puis après dechassés. auquel souloyent converser les malins espris. Ht de fait. du temps qu'ils vindrent habiter en Constantine.. qui . est sans la sottise le fait estimer palais. duquel elles atachent des petites chandelles de puis portent tout cela à cette fontaine. D'autre coté y a un bain (distant pour laver la cité à voûte manière de ces marches. de sorte que la colonnes. qu'elles plumes dans un pot de terre. semblable à ceux qui sont en Rome. Hors de la y a plusieurs antiques édifices et loin d'icelle. bases. . . souz les roches. se voit un arc de triomphe cité Arc de triomphe. et et joignant iceux une petite loge cavée en pavé. Auprès du fleuve. A être quel- q ue s diables ou malins espris. et de la su- perstitïon d'keiies. et martelés à force de ferre- mens. qui leur survient. les faite à r femmes pensent . chapiteaux. qui un jugement. aux mettent avec leurs orles cyre . Mais du populaire. r infinité . le couvert et loge la Tortues réputées pour diabiespariesfem- mes de Constanune. le plant. de tortues que et les une fontaine parmy cerse trouve une écoule sous lesquelles pierres. decendent buée. tuent un certain pour prévenir cet inconvénient. le niveau de mêmes femmes de pièce. environ un mile et demy. s'acheminent ocultement quelques bons gnons suivans à la là où compa- dérobée ces simples matrones. et en ce lieu les sont tous d'une la cité la de troys jets de pierre) qui est très chaude laquelle se vuide tames grosses . se voyent certains degrés taillés. estimans qu'elles soyent cause de la moindre fièvre ou mal.HISTOIRE ioo en quelle manière ils se doivent cultiver. . nombre de poules blanches.

Ces marchans-icy sont exempts de leur chemin. qu'ils bouillir et en pot et les poulailles. et de je ne say quelles autres menues bagatelles. devers font une bonne gorge chaude. plaisirs lacifs. la chargeans draps du pais. Cosantina. Les citoyens coutume de drecer une voiture et charroy. avec les écoles ont transformées en pierre de marbre. comme j'en là où sont taillées des figures dont ay veu dedans Rome. ÀJLJaUa-i. difficile elle est renfermant une nom- qu'aucune tortercsse située sur trois grandes Métamorphose. garnie de plusieurs maistres et tient le populaire iniquités. . et par toute l'Europe. qui écoles. qu'ils nomment Elhasis. deux foys de l'année pour l'envoyer en Numidie. auprès de laquelle est élevé un édifice humaines. levant. grande breuse population du dommage que profit. qui sont fort bien par eux gabelle salariés. et damnables mesme furent par le vouloir divin. sourd qu'en ce lieu étoyent quelques écoliers. ils de Thunes. par leurs démesurés vices. consument qu'ils portent après les la fem- publiques'. ville. Or pour qu'ils sont assaillis plusieurs foys par les autant Arabes en mènent pour plus grande seureté des harquebusiers turcs.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE n'ont pas plustôt tourné 101 saisissent le le pied. payans seulement à Constantine deux et demy pour cent. Outre une fontaine d'eau vive et crystaline de marbre. pour monde et ne saurait et ancienne d'un accès tellement lui être comparée. mais le voyage de dans la cité Thunes leur aporte plus tôt que détenus par les plus grande partie de ce ce mes i. lesquelles mettent la cité.

c'est-à-dire les sources noires. ses habitants sont riches. tine est habitée par diverses familles qui avaient fait partie des tribus ber- bères établies dans Mila. mais dont l'architecture ressemble à De l'ancienne citadelle de la le théâtre construit celle par les ville. Constantine est entourée de tous côtés par une rivière . Dans la partie infé- on a construit un pont de quatre arches lequel soutient un second pont qui en supporte un de trois arches. n'ont partout que trois pieds de haut. et y peu- sur une espèce de promontoire isolé de forme carrée porte assez petite. un peu arrondie. mains. distante de Constantine environ douze mile. 1 dans celui de Casti- 51-152). pp. celle de Mila du côté de l'ouest. conservé intact jusqu'à présent. dans le pays des Nefzaoua liya. La ville de Constantine. passent dans un ravin d'une profondeur énorme. C'est près de laque se trouve le il qu'ils sans qu'il éprouve aucune altération. vent conserver Ils recueillent Cette durant le blé un siècle beaucoup de miel ville est bâtie et de beurre qu'ils exportent à l'étranger. mais elle appartient à certaines tribus cription de V Afrique septentrionale. commerçante. Cette « Syrius » parce qu'elle est (pour ainsi dire) chambre s'appelle el-Abour suspendue au Constan- ciel. l'est lieu où où il les y a une habitants de plus. l'une. ne reste plus que des ruines. de cette chambre. on n'y peut entrer que du côté de enterrent leurs morts et. Romains de Tsirma(Taurominium) en Sicile subsiste encore. ont des traités avantageux avec les Arabes et s'associent avec eux pour la culture des terres et la conservation des ré- Leurs magasins souterrains sont tellement excellents coltes. de construction romaine. Ces rivières provien- rivières portant bateau qui l'entourent de toute part. l'eau qui est au fond du ravin à l'aspect d'une pe- tite étoile. La ville a deux portes. est ils et ketamiennes (El-Bekry. ses murs d'en- mesurés du côté intérieur. nommées %Aïoim nent des sources et acheggar. si ce n'est du côté de Bab Mila. un édifice très ancien. dit le chérif Edrissy. l'autre la porte du Pont (Bab el-Cantara) du côté de ceinte. tant le précipice est profond.HISTOIRE io2 MELA Mêla une ancienne est Ro- édifiée par les cité. Despeuplée. . Sur la partie supérieure de ces arcades se trouve une chambre qui est de niveau avec les deux rieure de ce ravin bords du ravin Vue et qui forme le passage par lequel on entre dans la ville.

les se toucher. à l'ouest de la la rivière Constantine est Tune des places les plus fortes du monde de Sahar. pp. et Arabes. de ce large fossé qui fait un profond et peut bonnes vers l'orient et le nort. et séparez les uns des autres ville La ordonnées. Dans isolément adossées sont elles rives. qui est embellie d'un portail de a dans cette place huit mille maisons ha- beau. entoure côté pied de le pour la vers l'orient. nouvelle la de province la de latitude. en firent long-tems leur place force de leurs troupes. pour le présent. tandis que leur partie supérieure contre la montagne. 111-112). hauteur est sert à la communication entre des eaux. sont destinées au passage à deux étages ainsi que nous venons de le Ce pont l'est.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 103 d'anciennes murailles contenant environ et ceinte troys mile feus. sont qui celles arches. Il y la ville. Quant à la rivière. les deux de porte de maison. ces de Trois vallée. Sa construit par les Romains est d'une structure d'arches supéde plus de cent coudées rechachi. Description de V Afrique. les Maures nomment Cuçutin. comme on forts.. La température constamment fraîche et modérée vient du à la conservation des grains. d'une roche escarpée par où coule une fort sont murailles Les costé-là. les piliers des seuil ne soit formé d'une seule pierre : en soit de quatre pierres. la ville montagne aller se jeter enfin à l'occident et retourne de dans mer. baigne nouveau vers le nord. elle contribue du midi. Il existe dans toutes les maisons qui y règne dans le roc. grande ou petite. et la montée est si difficile qu'on ne Romains. fort grande les et fort Cette « ville ancienne. Mais y il a. de soit d'une. : elle domine blé et d'orge des plaines étendues et de vastes campagnes ensemencées de (Edrissy. où se tenoit la la que les Mauritanie. est Maures luy donnent vingt huit deminutes de grez trente minutes de longitude. entrant dans d'armes. Il se compose cinq qui embrassent la largeur rieures et d'arches inférieures au nombre de situées du côté de l'ouest. maisons sont construites en terre et le rez-de-chaussée est toujours creusés souterrains quatre ou trois deux. et deux collèges où l'on enseigne diverses sans sciences. Ces deux. et trente un degrez quinze parce que Numidie. soit composent se portes toute la ville.. puis tourne vers le nord. dont le général aussi. de la dire. il n'est pas dalle. du costé du midi. bien sont elles places. Elle a esté bastie par les voit à ses murs de pierre de taille qui sont hauts et avantageusement sur une haute montagne et envirivière ronnée. pour les rues et bitées. un temple grand et . Elle est située aller que par deux sentiers à pierre de taille fort enrichy. Les bastimens sont réguliers. C'est la capitale De Constantine. peu d'ha- admirable.

. sous le plusieurs : leur expérimenté dont mais fois. peuple parut tort content. d'étofes de soye et d'huiles. et sauver de leurs mains.HISTOIRE io 4 bitations. en règne de Muley-Hascen. par l'injustice et tyrannie des seigneurs. qui y des plus importantes places de insolemment. à cause de ses débauches. on leur portoit de ment et des tissiers là Quand nous avons veu vendre souvent à ce les les Espa- plusieurs danrées. ayant fourni cent mille escus d'or. de en ramènent de l'or où lieu de la Barbarie mais son principal et d'artisans. battit de en ostage au il elle se souleva mourut de regret de dépit. de sorte que la ville se rendit aux Turcs. il deman- égorgea une grande mais où la ville justifié. d'envoyer des caravannes en Numidie et toiles. Il retourna odieux aux eut donc recours au quelques jours prisonnier. quelque tems après et l'assiégea dans le chasteau. Il en dépes- cha un autre après. est riche et revenu il y beaucoup de marchans a son meilleur et trafic est en Libye chargées de draps. partie de ceux qui avoient esté cause de la révolte. l'Afrique car . de tibar. Cela plusieurs autres choses au mépris habitans qui se révoltèrent. Les artisans y sont en grand nombre. et luy accorda les troupes qu'il il donc à Constantine doit. l'on trafique le plus de ces choses. et enfin un troi- peuple voulut tuer. qui font six reale. et sont les plus illustres et les plus braves contraignit leur chef de donner trois de ses il roy de Tunis à qui il Ce renégat faisoit la guerre. Il ils y régnent et le si à Tunis sa place. et Elles et c'est le livres Au prix. qui sième que son père pour le le fut assassiné fut contraint de le faire arrester prisonnier. gnols tenoient Bone. et fort monnoye s'en orgueillit ses victoires. qu'elle mit en exécution l'an mille cinq s'est ce voulu révolter cens soixante huit. qu'il prit le titre de roy de Constanstine. des esclaves nègres. un renégat fort mort. pour une septentrion de un grand et fort chasteau qui semble avoir esté basti par les Romains. mirent garnison royaume par un de ses gens. Après sa le comme dans une emmener donna pour gouverneur. de Pescare. et particulière- des dates à quatre maravedis la livre. fils fit du prince. « Ensuite elle obtint pardon du roy et fut long-tems sans vouloir recevoir de gouverneur jusques à ce que l'un de ses princes y envoya son fils qui fut tué en la première entreprise qu'il fit contre les Azuagues. après quoy s'étant le retint si en Numidie contre portes à son retour. roy qui et luy fermèrent comme les estoit allé il de et le rendit Il et l'ayant prise. des dates. mais qui a esté racommodé et fortifiée par un renégat du roy de Tunes qui brida par là les habitans et les Arabes qui sont maistres des la ville est campagnes de Constantine.

et à luy payer obligea les bourgeois à fortifier le il les désarma. et de femmes pierres pour leurs vices. . t. Lepaïs est fort abondant. de grandes pierres où sont taillez plusieurs visages dont les maiscollège un c'estoit que dit peuple le d'enfans. de quoy se font les void une belle fontaine. lequel a esté les murs. Mais le gouqu'elle tua le gouverneur et la garnison. comme des rondaches. de lalits. On il .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 105 couvertures de de draps de laine. On tres et les écoliers ont esté transformez en contrée qui font voir que c'estoit la dans plusieurs autres antiquitez piliers et voit une colonie des Romains » (Marmol. et cultiver. la sacagea et l'ayant et d'Alger la vint assiéger. que manger quand on se va baigner. voit de belles antiquitez hors de ville. qui ne rapportent vergers plusieurs a lorsqu'elle coule dans la plaine. et qu'ils en ont d'un palais où habitoient les démons du tems Constantine. après quoy retourner à la description de Pour meurez plus esclaves qu'auparavant. dont grande une trouve roc. marbre. à qui l'on porte à et il y croist A trois fait une fon- des tortues grandes un grand bain d'eau chaude. L'Afrique. du près sont à Rome des gentils. les piliers. Dans la place se habise servent pour leurs commodités les quelle gens courageux. du costé de l'orient. Il y manifestement que c'est le monument d'un triomphe des chemin sous terre un autre ouvrage remarquable dans la ville. le pays en est Sur le bord de la rivière. poires. excellent et si fertile qu'il rend trente boisseaux cette place. et ils sont decinquante ou sixante mille escus. pp. mais on prirent lorsqu'ils par les mahométans. la et des ruines de demi-lieuë. II. qui est un taillé par degrez dans le par où les femmes vont à la rivière. qui sont et se mit en liberté. verneur chasteau à leurs dépens. taine en tombant sur un gros rocher. avec de grans froide près de laquelle est un ancien bastiment de d'hommes. 438-440). et au las on voit a bas' et le haut ont esté creusez jets de pierre de la ville est dans le roc. et autres espèces de fruits tans. il y qu'ils ne le savent pas parce bon pas n'est fruit le dont pas beaucoup. y a partout de beaux pasturages. le voûte. semblable à ceux qui grans bastimens avec un arc triomphal à ignorant dit que c'est le reste peuple Le Capitule. mais de peu d'entendement. esté chassez Romains. non seulement (d'où en pommes. prise par force. et pour un. qui y sont demeurez du tems esprits malins sont de parce qu'on dit que se il y a une fontaine d'eau des Romains. Plus loin. à force de pics d'acier.

lui rendent la santé. l'eau devient rare. d'oà par si le calife de Carvan. C'est maintenant une des villes les plus importantes du gouvernement du Zab. grâce à la bénédiction divine et leur extrême fraîcheur» (Description de V Afrique. s'élève le neur. et La populad'hommes de place sont arrosés par des eaux courantes. tant pour amipense. Les environs de la tion de Mila se compose d'Arabes. appli- corps d'un fiévreux. mais en pain et chair. El-Bekry. lieues de habitans estoient fort y avoit autrefois plus riches parce que le pays est beau. été. ment en pommes. voit (la djamé qui touche à porte aux têtes). Dans source appelée Ain-el-Hamma. dimanches. quelques bazars quelques bains. tourmentée par et les il et semble qu'elle a encore qu'elle se les seigneurs et . de gens de la milice et race mélangée. on un conduit la ville. « C'est une ancienne ville à quatre Constantine. est entourée d'une muraille de pierre et renferme un djamé. quoy-qu'ils se piquent d'estre vaillans. parce qu'ils ne pou- . « Mila. son nom. les somme pour peuvent qui de quatre mile oboles. X*. . de trois mille maisons. Il fut ruinée soit restablie depuis. il 1 . et particulière- elle est environnée de hautes murailles à l'antique. « est nommée la et les ville est une dont les eaux. et qui ont tué quelquefois les gouverneurs qu'on leur envoyoit de Constantine. elle a esté de Constantine. l'eau y montagne appelée Beni- la En puis elle remplit une rigole qui traverse le bazar. Mais monter à la avient plus souvent que ces gouverneurs sont tués. P. recevoir deniers à luy apertans. que dans pas demeuré mille habitans dont moresque pris Il la contrée pluspart sont faiseurs de il n'est sayes à la y a aussi des laboureurs gens bru- taux. lorsque samedis les faubourg renferme plusieurs bains. en troupeaux et en fruits. Dans l'intérieur de appelée Bab arrive par Yarout es-Sofli. et abonde en bled. qui part de Aïn-Abi-Seba. Le seigneur de Constantine a coutume d'envoyer un gouverneur en cette cité. le par l'insensée bestialité de ces gens icy i.HISTOIRE 106 nom). qu'il je prins son ait comme nistrer justice selon droit et équité.153)- De Mila. le on ne laisse couler cette rigole que quées par aspersion sur le source de la la fièvre ». qui la maison du gouver- auprès de la porte septentrionale qui une fontaine souterrain. Elle la de tapis de Turquie. d'un faubourg dit elle . Auprès de Bab er-Roous est à l'orient de la ville.

sur la merMediterranée. nommée jadis Hippo. une autre Beld Elhuneb qui signifie la grande abondance de ce fait sécher pour la manger le appellée des jujubes pour cité fruit. p. . Saint q« Augustin evede Bona. lesquelles ils quantité aux cités de Numidie . II. ils prennent encor cette pré- somption d'user de menaces envers voient soutlrir leur tyrannie. L'Afrique. cité qui y croît. tellement qu'elle à feu et à abandonnée. 441). les autres sont artisans de toiles. Les bâties. lequel on en yver. qu'outre ce qu'ils leurs . De et à plusieurs là. r r ° seigneurie de Hutmen (tiers pontife depuis Manom' ' . met) qui la meit demeura vuide sang. de laquelle saint Augustin fut eveque. années fut redrecéeprés cette-cy. jadis appellée Hippo. environ cent vingt mile devers ponant. et gouverneurs. dont la les uns exercent de marchandise. Cette cité peut contenir environ troys cens feus. La rendus maistres du pays » sont tant massacrent ville est le roy de Thu- maintenant aux Turcs qui se sont (Marmol. environ deux mile et fabriquée de ses ruines.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 107 BONA Bona est une cité édifiée par les anciennement Romains. y a un marine. vendent en grande mais il outrecuidés brutaux. étant bien peuplée mais fort les maisons sont lourdement somptueux temple du hommes le train et tissiers coté de sont fort plaisans. et a été par les souz la elle parvint mais depuis Gots subjuguée. t.

moyen de Gerbo vaisseaux de Thunes. participans en quelque chose de la divinité ont en grand honneur de quoy ils Là n'v aucunes fontaines. dont fertile le terrain est tres- en grains. lesquels ils et reputent être sains. le lait desquelles rend tant de beurre porté à Bona. lesquels ont cou- tume de la cité. Et du coté de levant se grande au presque imprenable forteresse. mais en s'aide a les .HISTOIRE 108 mains des chré- nés. Tous toute les ans. nourrissant plusieurs et brebis. et du grain semblablement. environnée de fortes murailles fabriquées parle3 rois de Thunes. de citernes. qui acompagne leur outrecuidance. ne donne ordre s'il qu'ils soyent pourveux de combien qu'ils soyent superbes. et de rendre la cité entre les tiens. Car ils ajoutent ferme foy à d'aucuns. de et de Gennes abordent à pour acheter des grains et de quoy les marchans sont du beurre. et vingt et cinq en largeur. Elle est habitée par un peuple arabe appelle Merdez. faire un marché chaque vendredy. plusieurs la rivière cette cité. vaches la cultive. et moyen et révérence. au humainement receuz et caressés des habitans. qui bœufs. Hors la cité il y a semblablement une ample et spatieuse camoù et là le gouverneur a pagne. et transportés. ils ont neantmoins une simplicité grande. lequel ne dure jusques . qu'on n'en sauroit à peine recevoir argent. laquelle a d'étendue environ quarante mile. coutume de résider. hors de près les murailles. on void une lieu d'icelles. qui vont en manière bons surisans et de fols gouverneurs.

de Bône. là où se trouvent quelques branches de corail mais on au soir. Cette ville est fréquentée par des négociants sont Andalous de plaisance. La viande de hommes voit tombe jamais. grand docteur de était la religion la chrétienne. le disant qu'autre foys souz telles ruses et paliations s'emparèrent de «La 1. Elle est comparable sous beaux bazars le une mosquée sur tent très bien. de la ville L'Edough. jours. mais depuis la cité et la recouverte par elle fut un roy de Thunes fondée à une époque .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 109 Et un peu plus outre. est froid y e^t très intense et. que n'oseroit les bouger. . à cause roy arente ce le aux marchans Genevoys. des avantages d'une ville de l'intérieur des trouvent en grande abondance. On le Branches de corail. Description de l'Afrique septentrionale. La viande. le montagne en lait bœuf et le poisson s'y est celle cette vide et que dont on les noirs s'y fait dont la por- plupart (El-Bekry. Elle est située auprès de la mer. Les environs sont très riches en fruits et en céréales. Bône on y plus grande consommation. demandè- les corsaires une rent licence à Sa Majesté d'y fabriquer mais resse. bien que toute jouit à la fois terres et d'une ville maritime. deur à Laribus. Bône la plus tard que l'an dans le nommé roc et lation l'eau neuve (Bonat el-haditha) 450 (1058) dont : elle fut A l'occident elle a besoin. en décadence à l'époque du Chérit Edrissy. Elle et soit toutefois faire observer que les de médiocre étendue. ville la De nos de Sebous. voyans se forte- peuple ne s'y voulut jamais acorder. p. des bazars et un bain. lesquels lieu ordinairement par molestés. (saint 1 . montagne qui domine Bône. y a une plage. la lieu souvent couvert de neige.. très reculée. Augustin). laquelle la neige ne un ruisseau qui est de cette localité un taillé popu- Bir en-nethsa qui fournit à presque toute la sert à l'arrosage des jardins et qui fait couverte. neuve Elle est à trois milles de la ville elle et porte le diffi- nom de renferme des mos- quées. chose extraordinaire.. entourée de murs un peu possède près de la mer un puits est située sur le ^on commerce bord de la était florissant. sur une colline d'accès cile domine qui Médina Zaoui. . le Nous devons tombent malades dans blancs la Bône ville était » miel. 4iy ville demeure d'Augochtin sacagérent. « Bône rapport de est la une gran- Il y avait autrefois de y trouvait beaucoup de mer. 134).

à l'endroit qu'on après sa ruine.« Cette ville l'orient. et du tems des Gots elle a esté fort illustre mais . sur la rivière autrefois Hippone. à demi-lieuë au Quelque tems une lieuë de là Vieille Bone. très bon majeure la blé y partie des fruits provenait des abondant. sous le règne de l'empereur Gratien. parce pays de toute et a la Barbarie. Le les récoltes mines de sont favorables. quelques jardins et diverses espèces de fruits des- consommation. s'y trouve des Il Arabes dominent. médiocrement peuplée et administrée par un agent du grand roi Roger. molit. à quarente lieues de Tunis. issu de la famille des Hammâdites Cette ville est dominée parle Djebel Jedough. p. mer. bois d'excellente qualité. les et le troisième calife la On voit d'un grand nomme la encore sur le dé- bord de palais. pour . 156). et est assis sur de Tunis qui l'ont fait une coline qui y com- construire depuis peu. mer Méditer- ranée au golfe de Numidie. Elle est dont l'une répond de la moitié d'un mande. De Bone. et elle ne s'est point restablie depuis. mahométans en bastirent une autre à nomme la Neuve Hippone. C'est d'elle que saint Augustin esroit evesque. mais tinés à la campagnes environnantes. Bône les les a diverses dé- ville fut conquise par un des lieutenants du grand roi Roger en 543 (1153). Cette pendances l'orge. ainsi que est comme nous l'avons pays produit du fer et le dit. du beurre. à cause de l'abondance qu'il y a de ces fruits en ces quartiers. Ce sont à la trait les rois fermée de murailles. et l'autre avec plus de raison. qu'on l'ap- pellent lieu des Jujubes. On la de l'endroit où nommoit avoit esté bastie par les Romains une à elle est située aujourd'hui. la rivière les ruines d'un temple dedans du pays. et un territoire considérable où quand du mil. qui n'en est éloigné que d'arbaleste. qui est sur coste de la la lieuë vers de Jadoc. montagne dont les cimes sont très élevées et où se trouvent les mines de fer dont nous venons de parler » (Description de V Afrique et de l'Espagne.HISTOIRE no TEFAS Tefas fut une anciennement par cité édifiée sur la cote d'une montagne Africans les distante de Bona. troupeaux consistent principalement en boeufs. mais les Arabes vers le couchant. que Les chrestiens la nomment Bone c'est le meilleur et le plus fertile est le plus sain. et où l'air deux portes principales au chasteau. lin. Elle est actuellement pauvre.

a beaucoup à gagner. ruinée et sacagée au elle fut demeure du gouverneur. et de la garnison car avant que Charlesprist cette ville. qui n'est pas à couvert de la bize. et que Barberousse y entrast. Car a des plaines de y il quatorze lieues de long. commu- Arabes. ni eaux des pluyes du haut des les couvertes d'un le et ne leur envoyoit des gens lit de chaux. sans qu'il n'y ait ni ville. reste-t-il et du levant s'élèvent de longues colines costé y avoit autrefois de grandes mais les Arabes par les Romains où du couchant. en à un marché. qui se tient et en bestail. de beurre. Ils aux portes de comme les accourent tous où la ville. On ne trouve ni puits ni fontaine dans de grandes citernes. qui sont en terrasse ciment. mais la ville. où l'on enseigne la loy de met. et le villes et il à y a des monde Cons- celles de toutes sortes de fort fertiles en bleds de grandes bourgades basties les ont ruinées. souvent leurs gouverneurs. chans de Tunis. et il perbe mosquée avec un collège auprès. réussi tagnes fort Du costé agréables tantine. on voit de beaux jardins et des mai- sons de plaisance. Les maisons de cette place sont bien basties. avec quantité de vergers qui portent de très bons fruits. Ces colines s'esten- dent du levant au couchant l'espace de vingt huit lieues sur dix de largeur. mais au prince que habitans s'y opposèrent. et sont les vendredis se rendent les mar- mesme de Gènes. et sont remplies chasse. qui se voyant tourmentez des corsaires obtinrent permission du roy de bastir une forteresse sur un roc. et les rois de Tunis avoient accoustumé d'affermer cette pesche aux Génois. Bone a un petit port. Quint fort riches et si superbes. de sorte qu'a peine en nom même en est inconnu. de Gelves. l'on si d'honneur. de sable et de midi. à cause qu'il y l'orient de la ville est une longue plage qui se re- A et courbe. ni village. de laine. mais il verre des Arabes et des . et représentèrent s'estoient autrefois emparez de Bone par un semblable les les chrestiens crtifice. où errent de grandes nautez de Bérébères qui vivent par aduares. Du du midi de fontaines. qui se joignent des vestiges. chevaux riches en bled. où se rendent toutes maisons. qu'ils tuoient naçoient de livrer Bone aux chrestiens. où les vaisseaux marchans trafiquent de cuir. de Tripoli. où l'on peschele coral. et et délicieuses. civile et ornée de plusieurs beaux la mais édifices. de dates et de plusieurs pays autres choses dont le est très abondant. sur huit de large. quoy-qu'il leur ait depuis. laquelle etoit fort peuplée. En et bas du chasteau vers me- y a une su- Maho- au chasteau. les habitans estoient .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE ni environ cent cinquante mile du coté de midy. Ainsi les Génois ne vinrent pas pour lors à bout de leur dessein. de fruits il .

les Turcs s'en sont emparez tifiée » (Marmol. qui firent aussi des courses de leur costé. ce qui fut Gomez Zagal. et ce fort inutilement cuté des choses mémorables et dignes d'un grand capitaine s'il point souillées par ses déréglemens et par sa malheureuse fin. pour y commander. et Arabes les et contre plusieurs fontaines. laisser Alvar la ville. gouvernement avoit exé- ils rois murs ne les eut Après sa et ruiner n'ont pas laissé de les de Tunis ne pouvant et l'ont repeuplée et for- . Quand Barberousse se rendit maistre de Tunis. p. Depuis. de guerre pour se les saisir de cette ville: mais il la habitans. d'es- claves et de butin. et les garder cette place. d'où naissent quelques vont se rendre dans la mer. sans laisser gar- nison ni dans Italie. et vingt cinq fut chevaux. II. les Arabes la sub- fat redrecée. retournant en à l'armée navale. Finablement. vinrent dresser des embuscades avec les Arabes jusques aux portes de Bone. et mit garnison dans le chasteau. Mais l'empereur. acompagné de grande cavalerie. L^Afrique. qui de rechef la mirent en ruine. et en portèrent plusieurs victoires contre eux et contre les Turcs de Constantine. 435). tant restablir. avec un Turc. mais bonté du pays. autres par terre. il s'empara aussi de cette ville. dont malgré Ton y rencontre Bérébères. à fit de la cause de abandonner ville la cette frontière. non pour autre fin que pour y tenir ses grains. et deux mille hommes trouva abandonnée par les uns par mer. mort. après avoir pris quelques vaisseaux qui estoient à l'ancre. t. lorsque petites rivières qui traversent le pays et Charles. .Quint prit Tunis. mais toujours car les chrestiens ne furent jamais défaits. puis elle demeurant quelque peu temps sans par aucuns molestée. emmenèrent quantité de troupeaux. avec mille fait. d'y garnison en passant. les il envoya aussi André Dorie avec trente galères. qu'ils enlevèrent aux Arabes et aux Bérébères et rem- qui ravagèrent le pays. qui s'estoient retirez avec Barberousse. percer les que du chasteau.H2 HISTOIRE temps que les Arabes passèrent en Afrique. les être juguerent. l'empereur les tours. qui prenoit la route d'Espagne. un peuple d'Afrique la remit sur bout. qui vint à son aide. Ce peuple icy (appelle Haoara) fut favorisé par un prince de notre temps. hommes Le premier gouverneur de pied. Tefas sacagée par Arabes. commanda ni dans le chasteau. et il s'en retourna à la Goulette.

la rui- nèrent. l'élé- aussi Tifach l'injuste. beaucoup de terres en plein rapport. édifiée par Romains. Dernièrement. acheva de détruire cette un faux-bourg où demeurent quelques Bérébères grand marché qui res s'y tient toutes les semaines. contre eux avec son armée. fils saca°:ea cette il meit en ruine ce qui restoit encor en être cité. aux confins de Numidie. jusqu'à la seconde venue des Arabes qui sacagèrent une seconde fois sous la conduite de repeuplée par les Africains qui errent par ne s'en servoient qu'à resserrer leurs bleds la Muça et à tirer quelques contri- butions des voisins. 8 Bérébèp. p. est remarquable par On la nomme plusieurs sources. de sorte qu'ils l'ont possédée longtems avec toute contrée malgré le les Arabes. fermée de murailles et grande fort hautes. 130).ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE campagne pour leur vouloir print la celuy qui tua et etoit le 113 sa résidence. mens. 441). de tière « C'est Numidie. Description de ï'Afrique septentrionale. a seulement la faveur d'un chef des Azuagues qui couroit gneur de Constantine. ville vation de ses édifices. Ensuite elle campagne comme les Arabes. alors la ayant vaincus. fut Ils par de entrèrent en Afrique. et 1 . Ce prince. Romains sur la fron- de Constantine du costé du midi. Elle se rétablit depuis. et qui tua dans une bataille et les irrité le fils de d'un roy de Tunis. à et les t. et occupe tion sur le flanc On d'une montagne. elle tint longtemps pour les Romains. De Tifex. du roy de Thunes. . et après l'avoir sacagée. ^Uu. distante de les Tifach. 1. des Mahomet mais les palais. la une ancienne Elle est sur la pente d'une montagne. ni. elle possède dans cette voit ville une posi- beaucoup de ruines anciennes (El-Bekry. où les Arabes viennent débiter leur marchandise »(Marmol. Elle estoit autrefois par les ville bastie à trente cinq lieues et et de tours peuplée. la Enacer. les successeurs Arabes la prirent à la fin par force. mort de son il fils. et avoit de beaux basti- Quand des temples ou des collèges. à la pays. L'Afrique. sei- marcha place sans que les Arabes ayent souffert qu'elle se soit rétablie depuis. seigneur de Constantine. TEBESSE Tebesse est une ancienne et forte cité. d'une haute antiquité. Il y cause d'un II.

Eidabag.n4 HISTOIRE deux cens mile de du midy. avec lieux. qui sont outrepassées par un tresgrand fleuve. leur de quoy ils les ceux qui ont tant peu Romains soit-il de tirèrent les pierres de feirent drecer les murailles de la cité. La campagne est abondante. Vous asseurant est point ofert à j'aye été semblassent de la partie veuë. se et autres latines en epitafes de lettres icelles gravées. dans laquelle y trouvent plusieurs cavernes entaillées cité. tellement qu'à Eldabag. lequel entre dans la cité. les maisons sont autant les murailles se voyent somptueuses. a et tout auprès de une grande montagne. comme montre. poète. avec marbre soutenans une voûte sur leurs chapiteaux.Maisla chose est toute évidente à jugement. laide entaillées. en quelque me qui et l'Afrique. de ceinte de grosses et hautes murailles. et caressent les étrangers. natif de la cité . mécaniques. dont le peuple estime que ce fussent retraits et habitations de brigans. la maçonnerie étant de grosses pierres retirent à celles du Colisée de qu'il ne s'en part que ma de l'Europe si mais belles. qu'ils ne les veulent veoir en sorte que ce soyt. que là. qui n'est d'autres arbres que de noyers. avares Les habitans sont si que tant s'en faut qu'ils honnorent et brutaux. et la se ouvertes à force de ferremens. la mer Méditerranée. qui Rome. qui sont aussi epessement semés. et à on jugeroyt veoir la cité de quatre ou cinq qu'elle fut assise au milieu d'un boys. Et parmy les places d'icelle voyent colonnes. mais d'autres piliers de de petite étendue mile. poète.

roy qui fut assaillie feit fort. devetu Que cognoissant Nature en celuy luire Tout vice Comme y fait à force noix produire. leur enchargeant de leur mais il leur fut repondu par les Ce qu'ayant entendu. ! la leur l'exersi bien prinse s'en ensuivit. . (reprenant mes erres) les habitans de la cité furent tousjours rebelles au roy de Thunes. Or. passant par cette et outrage. Ce et poëte-icy fut tresfacond en langue arabesque. cite devant que la icelle. qui est à présent en étant parvenu en cette cité. admirable à detracter d'autruy. renommé composa il deshonneur des habitans souscris au Tebesse n'a rien qui Fors que D'un les noix. soit elle a cet Je faux. descrit leurs vertus. : Vive murs de parquer ferme. tellement ne pouvoyent qu'ils endurer aucuns gouverneurs que Sa Majesté leur envoyât. dont plusieurs des habi- tans furent pendus. bien là. envoya reurs. le avant cou- demander Qui vive : les habitans muraille rouge! voulans inférer les cité. Parquoy au voyage que feit le roy. en ces parties quelque déplaisir cité. Numidie. ii5 ces vers d'icelle : de valeur. fut fait au moyen de quoy. qu'ils ne les meissent à mort. et les autres eurent les têtes ava- donnant les traité par habitans de Te- besse. Le peuple en est tellement Or. sachant qu'avec les douces eaux Brutaux espris se paissent en pourceaux.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE de Melaga en Grenade. dont les eaux cristallines Et l'ample tour des murailles infines Luy donnent lustre. quant à la vertu. heur fleuve avoir.

) i. elle s'est depuis repeupléede Bérébères. Muley Mahomet passant auprès en une entreprise contre les Haoares. leur envoya demander à qui ils estoient. la neige. il les fit attaquer pendre tous ceux quin'es- mais elle se repeupla la ville depuis de pauvres gens. et les ayant emportez d'assaut. et l'air n'est pas sain. : : . la ce qui ville de grandes pierres semblables faits fait voir que c'est une grande colonie passe une rivière qui descend de la un costé dans la place. on y renommé pour sa grosseur et cette ville plusieurs salles voûtées caravanes s'abritent avec leurs animaux quand il tombe de la Une seule de ces salles peut contenir plus de deux somme (El-Bekry.n6 HISTOIRE tellement qu'elle demeura déserte en l'an neuf lées. trouve surtout des noyers. à cinquante cinq lieues de « frontière de la delà mu- ibn Keidad. que l'on voit à Rome et comme en plusieurs lieux de l'Europe. les noix. et ruina il fit irrité. et C'est une ancienne ville bastie par les fermée de hauts murs qui sont Romains Rome. la tagne. les fontaines. une grande montagne pleine de grandes cavernes que le peuple prend pour une demeure de géans. Trois choses rendent Tébessa considérable pardessus les autres places de la Barbarie les murs. De quoy justement sur l'heure. ils répondirent orgueilleusement qu'ils n'avoient point d'autre maistre que leurs murailles. et qui ont tué plusieurs qu'ils leur envoyoient. il y a stérile. mer. de De Tebessa. de belles y antiquitez et des statues de marbre avec des inscriptions latines. mais on voit manifestement que ce sont des carrières où l'on a pris la pierre pour bastir la place. monOutre a dans Tébessa deux belles grandes sources d'eau vive. Abou Yezid Makhled rivière.**. remarque dans Une bordée de rivières le fruit est en pierres de ville. une grande L. Autour de sont des bois d'arbres fruitiers et de grans noyers qui rapportent la ville abondamment A mille bêtes 323). On taille.-C. gens avares brutaux ennemis des estrangers. Enfin l'an mille cinquante sept. Elle est : mais le reste de un peu plus de demi-lieuëde la contrée est la ville. et fois les gouverneurs les seigneurs de Constantine. Près de il où sur à celle du Colisée de cela. partie et de vergers. dont sa ancienne y trouve une grande abondance de qui l'entoure fut abattue par raille et . p. Description de V ^Afrique septentrionale. et voyant qu'ils ne les venoient pas recevoir. toient pas morts dans le combat.Tebessa. entre par celles les ou de la des Romains. plusieurs fois. pluie Numidie. au dedans du pays. bâtie fruits. et. sacagée par les suc- Mahomet. et qui se sont révoltez souvent contre cesseurs de et les rois de Tunis. est située auprès d'une grande On saveur. Elle a esté. après plusieurs tours. 1 cens de l'hégire (1494 de J.

lesquelles fournissent de grains toute la cité de Thunes. connoissance » (Marmol. qu'elles ne cèdent en rien à la naïveté de l'argent. Urbs est une cité grasses. Mais Entre un gros prenant son cours par un passe canal de pierres tant blanches et polies. moins dont on ait Il Il prend sa source en une n'y a point d'autre ville en cette province. et bien arrousées de petis ruisseaux s'ecou- lans par icelles. p. 442). guée par les Gots avec l'aide par l'ardente convoitise de toute la etoyt demeurée richesse des puis redrecée en une roche qui la la que etans en Afrique. subju- sacager. comme statues et tables de marbres posées sur les portes. En icelle gravées en lettres latines. là où sont les terres plaines. tout pour le reste le n'en vaut rien. petit vilage.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 117 URBS anciennement par les Romains édifiée (comme son nom le donne clairement à entendre) en une belle plaine. tJrbs subjuguée par . deux hameaux clair. avec plusieurs masures de pierres grosses et entaillées. à cause que cette-cy en est dis- du coté de midy. V Afrique. et ruisseau tresbon et elle fut des Africans. t. tante environ cent nonante mile y a plusieurs antiquités romaines. à cause manière d'un est là. et en la fleur de toutes les provinces d'Afrique. II. là quelque temps inhabitée. eguillonnéz Romains fut et . et sur iceluy sont des moulins à blé.

saccagèrent. p. l'autre de Ziyad. de sorte qu'elle qu'elle se repeupla à la façon d'un demeura longtemps déserte jusqu'à ce grand village. racontent ceux du pays. puis s'en retournent. De qui. et l'on y voit encore au- . sous le rapport de la quantité comme sous Larbus. Thunes pour y venir ignorans celle. « C'est une ancienne ville bastie par les est Romains Tunis. sans cuns frais.^jj^I. au en douceur la ne doute pas je l'air. L'une de ces sources s'appelle l'autre et est très salubre. s'ils la cité les terres et au- faire 1 . grains et demeurance. Quand les Gots entrèrent dans où à ce que dans une belle plaine à soixante lieues de pagnes d'alentour sont la de 137). pour ce qu'ils ne chose qu'à cultiver à autre s'adonnent sont fort oppressés par faire les toiles. toutefoys. milieu de la ville sont deux sources d'eau courante qui ne tarissent jamais et qui servent de nos jours aux besoins des habitants. la fontaine de Rabah. dont le territoire produit de du safran la qualité. fer. El-Orbos. est l'^4frique. . Les habitans sont fort incivils. Description le pays. la contrée est Tunis ils et une assiégèrent noblesse romaine et l'ayant prise de force. bonnes murailles en Au terre. ils roys de Thunes. qui en- A douze milles de là et à l'ouest de Laribus est située la ville d'Obba. Les cam- fournit la ville de Numidie. en leur désert eaux bonne disposition de n'eussent abandonné Arabes du douz climat moyen dequoy. distante un demy mile ou environ de cette cité. Elle tenue pour celui comparable au safran d'Espagne (Edrissy. du costé du midi en tirant vers la Numidie et en pasturages que partie de la cette place ils la si fertiles en blé meilleure de l'Afrique et s'estoit retirée la et la Libye.HISTOIRE n8 colline. l'eau de cette dernière est meilleure que celle de la fontaine Le de Laribus contient une mine de territoire mais on n'y voit absolument aucun arbre. Laribus. est située dans un bas-fond et ceinte de i. Et ne sont et fertilité d'i- y viennent ils faire leur charge de grains. les et qu'ils faire eussent bien cogneuë bétail. Dans tourent la ville. on recueille du blé et de l'orge champs les en abondance. Mais les tant l'abondance de comme douces.

et par la transmué en fut que maintenant ne croy je qu'il C et les été Vecchia. s'appelloyt veu que CC en deux GG. Entre ce chasteau dans qui la ville. avantagée en tout par dessus celle amoureux du changement et ennemis du p. . et Les murs de cette cité sont toujours demeurés en leur entier. du coté de ponant. vient place. tant le nom de Beggia. U<Afriquc. et octante de Thunes.n9 ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE BEGGIA Beggia une est anciennement cité édifiée par les mer environ vingt et cinq mile. Mais corrompu par cette diction n'est arabesque. 529). distant de pour cela signifie vieille. jourd'huy. II. fontaine environ à un jet sont t. fait passe moudre pierre de la la campagne des courses des Arabes la troupeaux et les y reste qui viennent l'esté de deux quartiers qui sont peuplez dune d'albastre et cette eau. de Les habitans sont tous laboureurs ou tisserans qui payent de grans droits au roy de Tunis. tant pour faire paistre leurs chargez de bled. ruines des anciens édifices. sur le grand chemin qui va de Constantine à Thunes. L'air du pays est fort bon ville est en- le s'en retournent l'hyver un courant d'eau dans un canal plusieurs moulins. tient garnison avec pour défendre Numidie pour y un gouverneur. de grandes statues de les V le deux fréquentes mutations des seigneuries et qui corruption du temps elle retient ait la et pierre et des tables d'albastre avec des inscriptions latines et des niches faites dans les murailles qui estoient toutes de grosses pierres de taille. mais travail » les et la habitans (Marmol. les grandes loix. Elle fut fabriquée par les Romains sur les fondemens d'une autre qui y étoyt Romains sur auparavant la et pente d'un cotau. et Il roy de Tunis y seureté de la place que core un chasteau où sont quelques canons de bronze et de Tunis.

HISTOIRE

120

sont

les

habitans assés

maintenans bonne po-

civils,

lice,

donnans ordre par tout, et tenans garnie leur

cité

de toutes sortes d'artisans,

mêmement

de tis—

siers, et

d'une infinité de gens s'adonnans à

culture,

pour ce que

la

campagne

l'agri-

est fort spacieuse

ne sont en assés grand nombre
ample territoire, au moyen dequoy

et fertile, tant qu'ils

pour cultiver

si

laissent la plus

ils

grande partie aux Arabes pour

labourer, et avec tout cela,

Neantmoins,

désert.

ils

il

en demeure encor en

ne laissent de vendre tous

ans plus de vingt milesetiers de grain, tellement

les

qu'il est

venu en
Si

commun

dedans Thunes

dire

:

deux Beggie etoyent

Assises en deux plaines,

Les grains surmonteroyent

Le nombre des

Mais

le

roy de Thunes oppresse tant

bitans, et leur impose
ils

arènes.

si

I.

perdre une

bonne

1
.

Badja, <U.l», grande ville entourée de plusieurs ruisseaux, est bâtie

soleil » et

nom d'Aïn-Ech-Chems

campagne

et les places voisines,

située auprès de la porte
citadelle, édifice

même nom et

du

antique construit de

la

pierres brutes, renferme dans son enceinte

abondante.

On

Jésus sur qui soit
l'orient

«

la

fontaine du

qui a la forme d'un capuchon. Parmi les sources d'eau douce qui

arrosent cette

et

fait

acoutumée

sur une haute colline qui porte le

La

ha-

grans tribus, que peu à peu,

vont en décadence, qui leur

partie de leur civilité

fort les

de

dit

que

le salut

la citadelle

dont

on distingue YAïn-Ecbchems,

tout à

fait

manière

au pied du rempart.

la

plus solide avec des

une source dont

l'eau est pure

cette forteresse fut bâtie à l'époque
I

le

La

ville

mur

vivait

possède un grand iaubcurg situé à

a été abattu de ce côté-là.

Le Djamé,

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

121

HA1N SAMMIT

Cette cité a été de notre temps édifiée par les roys

Thunes, distante de

de

susnommée environ

la

trente mile, et fut fabriquée, de peur

solidement

édifice

bâti, a

pour

kibla

le

mur

de

que ces

la ville.

Badja renferme

cinq bains dont l'eau provient des sources dont on a parlé
aussi

un grand nombre de caravansérails

marché des comestibles.

le

A

et trois places

de

l'extérieur

la ville

on

terres

;

possède

elle

ouvertes où se tient

en

voit des sources

quantité innombrable. Badja est toujours couverte de nuages et de brouil-

y sont

lards; les pluies et les rosées

montre pur

A

verbe.

et serein

;

très

abondantes

;

rarement,

le ciel se

aussi les pluies de Badja sont-elles passées

de

trois milles est

la ville se

en pro-

trouve une rivière qui coule du nord

au sud. Les environs de Badja sont couverts de magnifiques jardins, arrosés par des eaux

courantes;

fèves qui soient

nommée

comparables

sol en est noir, friable, et convient à

le

On

toutes les espèces de grains.

voit

rarement des pois-chiches

ceux de Badja,

à

En

le grenier de Ylfriqiya,

réales sont si belles et les récoltes

effet, le

si

du

ville qui,

des

si fertile,

les cé-

les récoltes

y sont

territoire est

grandes que toutes

et

reste, est sur-

à très bas prix, et cela lorsque les autres pays se trouvent soit dans la disette, soit

froment a

dans l'abondance.
si

Quand

le prix

des céréales baisse à Caïrouan,

peu de valeur que l'on peut acheter

pour deux dirhems. Tous
d'autres bêtes de

somme

ments de grains; mais

les jours,

il

la

le

charge d'un chameau

y arrive plus de mille chameaux et

destinés à transporter ailleurs des approvisionne-

cela n'a

aucune influence sur

le

prix des vivres tant

sont abondants (El-Bckry, Description de V Afrique septentrionale, pp. 136-

ils

137)« Badja est
et

une

jolie ville bâtie

en orge, en sorte

qu'il n'est

de Badja qui

soit plus riche

de

abonJantes

dités

qui

la

la

vie

dans une plaine extrêmement

pas dans

le

en céréales.

et les

Au

milieu de

descendant un

escalier

la
;

ville

en blé

sources des revenus productives pour celui

gouverne. Les Arabes sont maîtres de

produit.

fertile

Maghreb de ville ue l'importance
Le climat y est sain, les commo-

est

la

campagne

et

de ce qu'elle

une fontaine à laquelle on parvient en

l'eau de cette fontaine sert

aux besoins des habi-

HISTOIRE

122

qui demeuroyent sans cultiver, vinsent à se perdre.

Toutefoys, de

là à

peu de jours,

les

Arabes luy apor-

consentement du roy de
Thunes. Neantmoins, les tours et maisons sont
encore demeurées sus pied, auxquelles ne défaut
autre chose, que les couvertures, comme je l'ay veu

terent sa ruine, avec le

moymême

1

.

tants. Il n'existe pas

mencées

de bois dans ses environs, ce sont des plaines ense-

» (Edrissy, Description de l'Afrique, p.

134).

Romains sur

la

pente d'une montagne au grand chemin de Constantine à huit lieues de

la

De

Beggie, « C'est

une ancienne

ville construite

coste et à trentre quatre de Tunis, du costé

(Ibn Errr.qiq)

dit

que

les

Romains

en avoit une autre autrefois
et le

nom

s'estant

de murs élevez

corrompu

et

et

par les

du couchant. L'historien arabe

bastirent cette ville en

que, pour cela, on

ensuite,

la

on l'a appelée Beggie.

fort anciens et a sur le

un

nomma

lieu

il

y

vieille ville

Elle est

fermée

haut un vieux chasteau qui

la

un
autre vis-à-vis de celuy-là où il mettoit quatorze canons de bronze et un gouverneur avec garnison parce que les habitans sont orgueilleux et amoureux

commande. Mais depuis peu,

du changement, de sorte

le

roi

de Tunis Hamida en a

qu'ils se révoltent à la

fait

faire

première occasion. Cette

une des plus riches de l'Afrique en bleds, parce qu'elle a une
grande contrée qui en foisonne et qui en pourvoit Tunis et tout le voisinage ce qui fait dire ordinairement à ceux de Tunis que s'il y avoit encore
une ville comme celle-là, le bled seroit aussi commun que le sable. Les
place est

habitans neantmoins sont pauvres à cause des grands droits qu'ils payent

aux rois de Tunis

et à

cause de cela

le

labourage diminue, outre qu'ils

ont beaucoup à souffrir des courses des Arabes, qui sont

fort puissaiis

en

(Marmol, L'Afrique, t. II, p. 530).
I.Ilfautlire: AïnEz-Zamit, ^«•Jl j^. Le nom de cette localité est cité
deux fois par l'historien Zerkechy qui nous apprend que le sultan El-Mostancir y construisit une zaouïa en 854 (1450). Ain Ez-Zamit est située près
ces quartiers »

de Kaf-Ghous, entre Tunis et Badja (Zerkechy, Tarikb Ed-Dauleleïn, trad.
par

M. Fagnan. Constantine, 1895, p. 220).
« C'est une ville bastie depuis peu par

UJLin-Zamit,

les rois

de Tunis,

à douze lieues de Tunis et à vingt lieues de Beggie. Elle fut située en cet

endroit parce que la contrée estoit fort bonne et n'estoit pas cultivée, faute
d'habitans, mais les Arabes

que

cela

incommodoit

s'y opposèrent, ce qui

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

123

CASBA

Romains

Cette cité fut d'ancienneté par les

édifiée

au milieu dune treslarge plaine, laquelle a de

douze mile,

cuit environ

cir-

de Thunes par

et distante

Les murailles n'ont enl'espace de vingt
cor été ruinées, ains demeurent en leur être, fabriet quatre.

quées de grosses pierres entaillées, mais

démolie par

Arabes

les

être cultivé, tant

peur

qui sont

le terroir

les petites forces

négligence du roy de

la

demeure

et

Thunes

la cité a été

sans

comme pour

de ses sujets,

et

lâches et misérables, qu'ils se laissent

si

réduire jusques à endurer la faim, etans au milieu

de

bonnes

si

et grasses terres

1

.

CHOROS, CHATEAU

Choros
obligea

est

un château nagueres

Muley Mahomet, de

mettre de

la

détruire

;

crainte de quelque rébellion, de leur per-

les murailles et les tours sont

manque aux maisons que
Bileyl

par les Africans

la

encore debout

et

il

ne

couverture qui est fondue. Les Arabes d'Uled

(Abou-Leyl) possèdent toute cette contrée, qui

est

si

grande que

la

V

(Marmol,
Afrique, t. II, p. 531).
1. De Ca%bat, â^oi (Q_açba). « C'est une ancienne ville que les Romains ont bastie dans une rase campagne à huit lieues de Tunis du costé

meilleure partie

demeure sans culture

»

du midi. Les successeurs de Mahomet
Arabes qui errent par
soit

les

l'ont ruinée

champs ont achevé de

la

plusieurs fois et les

détruire sans qu'elle se

repeuplée depuis. Les murailles restent encore à cause qu'elles sont

faites

de grosses pierres de

troupeaux; mais

la

taille.

La contrée

est fort fertile

en bled

et

en

plupart est sans culture parce que le roy de Tunis n'est

HISTOIRE

I24
édifié sur le fleuve

Magrida, distant de Thunes, par

l'espace de huit mile, et est assis au milieu d'une

campagne, auprès de

fertile

boys,

comme d'oliviers

;

laquelle se

vcidun grand

toutefoys, ilaencore été ruiné

par aucuns Arabes, appelles Béni Heli, qui, de tout

temps,se sont montrés rebelles au roydeThunes. Joint
aussi qu'ils ne mettent le but de leur vie que sur
pillages et voleries, oppressans les pauvres païsans

par quelques impositions extraordinaires, lesquelles

reviennent à plus grande

somme

que

pas assez puissant pour en chasser les Arabes qui

la

les ordinaires

mieux mourir de faim que de
permission et quoy-que ce pays

si

fainéant qu'il

aimeroit mieux

travailler; ainsi

mande

soit

pas la

en friche

UiAfrique,
I.

Il

ne

et

t.

sert

II,

faut lire

p.

dite. Il

et très

le

n'en deil

est

(Marmol,

»

531).

Cherous au

lieu
la

de Choros.

«

Cherous,

^jj^,

peuplée. La majorité des habitants appartient à

nombre dépasse

jamais pu s'accorder sur

le

est la

montagne des Nefouça. C'est une

n'y a point de djamè dans Cherous ni dans

bourgs dont

il

proche de Tunis,

que de pasture aux troupeaux des Arabes

tropole de tous les bourgs de

grande

.

possèdent. Mais quand

permettroient qu'on la cultivast, le peuple de Tunis est

ils

1

les

secte iba-

bourgs qui l'entourent,

trois cents, tous bien peuplés.

choix d'un

la

mé-

belle ville,

imam capable

Ces gens n'ont

de présider

à la prière

publique. Cherous est à cinq journées de Tripoli » (El-Bekry, Description
de V Afrique septentrionale, p. 26).
« Dans la montagne de Nafouça sont situées deux villes, chacune avec
un minbar dont l'une, appelée Charouset construite sur la montagne même,
est

pourvue d'eau courantes, entourée de vignes qui produisent d'excelet de figuiers. En fait de céréales, on y cultive de l'orge de

lents raisins

première qualité avec lequel on fabrique d'excellent pain, les habitants de
cette ville étant d'ailleurs les premiers boulangers du monde » (Edrissy,
Description de V Afrique

et

de l'Espagne, p. 123).

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

125

BISERTE

Bensart ou Biserte, est ancienne
les

Africans sur

Thunes environ

la

par

cité édifiée

mer Méditerranée,

distante

de

trente cinq mile. Elle est petite et

habitée de pauvres et misérables personnes, et au-

près d'icelle passe

un

étroitement devers

le

midy; depuis vient

en sorte qu'il forme un gros

sont

cheurs

lac, à

et laboureurs,

à s'élargir,

l'entour duquel

habitations de

plusieurs vilages,

assis

de mer, s'etendant

petit bras

pes-

pour autant que, devers ponant,

y a une grande plaine appellée
Mater, laquelleest fort abondante, maistropoppressée
auprès de ce

par

le

lac,

roy de Thunes

et

Arabes. Dedans

le

lac se

pesche du poisson en grande quantité, principalement
des orates, qui pèsent cinq et six livres, et passé

moys

d'octobre, l'on prend

de poisson que

Romains

les

laccia, et

une

infinité d'une espèce

Africans appellent giarrafa, les
les

nôtres alouze, pour ce que,

par les pluyes, l'eau s'adoucist,qui
le lac

trée

peu profond,

et

dure

du moys de may;

d'amaigrir ne plus ne

prend dans
1. «

est

le

la

dit El-Bekry,

et

monter dans

pesche jusques à l'en-

alors ce poisson

commence

moins que celuy

La Merça-1-Cobba

par Benzert,

ville

fleuve très poissonneux qui va se jeter dans

muraille de pierre

la fait

fleuve prochain de Fez

Bizerte, Cjjjj, Benzert. «

dominée,

le

lequel se

'.

», la

rade de

la

coupole,

maritime, traversée par un gros
la

nier. Elle est

entourée d'une

possède un djamé, des bazars, des bains

et

des

j.ir-

Orates aiusi appelles

en ce heu.

HISTOIRE

126

CARTAGE, GRANDE CITE
Variété dopinion fort

fondation^e^artage.

ibnu Racine,

historien afncan.

(comme

Cette cité

cun)

est assés notoire à

il

un cha-

est fort ancienne, et fut édifiée (selon l'opinion

d'aucuns), par un peuple venu de Surie, les autres
disent qu'une royne jetta les premiers fondemens,

mais Ibnu Rachic, historien

african, a certené qu'elle

un peuple qui vint de

fut bâtie par

Barca, lequel fut

expulsé de ses terres par les roys d'Egypte, tellement

que

est obscurcie par tant d

la vérité

contrariétés,

demeure

bien que la chose

si

n'y a pas d'endroit où le poisson soit à meilleur

dins.

Il

zert.

Cette place

fut

opinions

incertaine;

marché qu'à Ben-

conquise en l'an 41 (661-662) par Moaouia ibn No-

deidj » (El-Bekry, Description de V Afrique septentrionale, p.
« Benzert, bâtie sur les

de Tunis,
et

il

l'est

est

s'y fait

plus petite

et la largeur

Plus

il

le lac

de huit;

pénètre dans

il

mer

bords de la

que Sousa, mais

un commerce assez

de Bizerte est

et

du

actif

il

une

elle

140).

marche

forte journée de

est bien fortifiée, peuplée

en toutes espèces de commodités.

même nom

communique

embouchure avec

surface s'agrandit et plus

devient étroit

A

dont la longueur est de seize milles

par une

les terres, plus sa

proche du rivage, plus

à

» (Edrissy, Description de

la
il

mer.

se rap-

V Afrique,

P. 135)-

De
cains

Biserte dans la province de

nomment

Constantine.

Bensart, a esté bastie sur

la

Ptolomée

la

sept lieues de la ville de Tunis.

« Cette ville,

que

les Afri-

coste par ceux

nomme

du pays, à dix
Uteque, et luy donne

trente quatre degrez quarente minutes de longitude, et trente trois degrez

quarente cinq minutes de latitude. La mer entre auprès par un canal
qui s'élargit peu à peu, en tirant vers
se sépare en deux,

dont

les

le

midi, et forme

la

ville,

chans. Vers

le

couchant de ce
;

la

misère, aussi bien que

laissent pas d'estre orgueilleux autant

habitans de

bled et en pasturages

étroit

lac qui

bords sont peuplez de pauvres pescheurs et de

gens des champs, mais qui pour estre dans

ne

un grand

lac,

il

y

a

une grande

mais ceux qui l'habitent sont

les

que mes-

plaine abondante en
si

chargez d'imposts

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

memement

et

(encor que

les historiens africans, et

ne s'acordent quant

l'Esserif

127

en chose que ce

à cecy,

un d'entre eux qui en face
mention, sinon depuis que l'empire de Rome fut
transporté en autres mains. Car alors, tous les lieusoyt),

n'y en a pas

il

tenans et gouverneurs

qui

demeurèrent

particuliers

lieux

seigneurs

mais soudainement,

;

en Afrique,

étoyent

de

plusieurs

furent demis par les

ils

Gots de leurs seigneuries. Et etans passés

ma-

les

hommetans en Afrique s'emparèrent de Tripoly de
,

r,

Barbane,

et

si

et Lapis,

demeurant

On

douce par

pesche force aloses dans

les pluyes,

vembre jusqu'à

la

la

et

pèsent cinq ou six livres,

On

.

,

dans

la

cause que l'eau se rend

le

commencement de no-

y prend aussi de grandes dorades qui

et plusieurs

autres bons poissons qu'on débite par

contrée. Quelques-uns mettent cette place dans la province de Tunis,

mais

les

bons auteurs tiennent qu'elle

est

dans

la

nouvelle Numidie. Quoique

son ressort ne comprennent que quatre mille nabi tans,

la ville et

ils

n'ont

pas laissé de se soulever souvent contre les rois de Tunis et les seigneurs

de Constantine, ce qui

Hasan

d'estre en colère, parce

amour

a esté cause plusieurs fois de

disoit qu'il n'y avoit point

ni par crainte.

premiers à

le

qu

ils

de peuple contre

leur ruine.

qu'il eut

ne luy avoient jamais gardé

reconnoistre, et lorsqu'il en fut chassé,

Dorie de

les aller attaquer

batre

le

chasteau, les Turcs et

et le roy chastia
fois.

que,

rigoureusement

les

les

Maures qui y

II, p.

437).

ni

par

furent les

et s'attachant
le

au

chasteau. Mais

commanda

à

André

comme on vou-

estoient se rendirent,

habitans qui s'estoient révoltez trois

Cette province n'a point d'autres villes sur
t.

ils

par mer, tandis que ce prince les assiégeroit

par terre; de sorte que la place fut emportée d'assaut, et
loit

la foy,

tuèrent le gouver-

ils

neur que Muley Hasan y .ivoit mis avec une garnison,
party de Barberousse, ils receurent garnison turque dans
leur roy en colère eut recours à Charles-Quint qui

Muley

plus de sujet

Quand Barberousse s'empara de Tunis,

la

coste »

Tri P oI y.

Ca r is

nées par les

,

cites privées

qu'ils vivent toujours
lac, à

pesche dure depuis

d'avril.

fin

le

.

deux

ces

incommodez des courses des Arabes

pauvreté.

la

.

,

.

f-y

(Marmol, L\i\ri-

metans

>

ru >-

mahom-

HISTOIRE

128

demeurance en Caroù s'etoyent retirés tous les Gots et nobles
Romains, lesquels se ralièrent et joignirent ensemble,
pour mieux résister à l'impétuosité et lourde charge
de leurs ennemys; toutefoys, après plusieurs batailles et coups rués, les Romains (quitans la place)
d'habitans, qui vindrent faire
tage, là

Ruine de Cartage se retirèrent à Bona, et les Gots abandonnèrent Carr estaUrati ° n

c ell e

d

'~

ta § e '

(

l

dont

ui fut ^ etrmte et sacagée,

elle

demeura

par plusieurs années inhabitée, jusques à tant que

Elmaheli pontife
parties, l'une

la

redrecer

fit

mais des vingt

;

On

ne fut pas peuplée.

void, encor à

mêmes une

présent, plusieurs murailles entières, et
treslarge

citerne

profonde avec

et

les

aqueducts,

on faisoit decendre l'eau dedans la cité,
d'une montagne, qui en est à trente mile loin, étans
de telle grandeur que ceux par où s'ecouloit l'eau
dans le palais majeur de Rome.
par lesquels

voulu veoir

J'ay

la

terre,

terre

eau,

cette

par l'espace de douze mile, pour ce que

haute auprès

est

:

de

la

montagne, d où

plus s'éloigne l'eau et s'abaisse la terre,

haucent

se

jusques

à

et

se

l'entrée

en

jetent

de

l'air

Cartage,

je

vey encor plusieurs anciens

la

structure

venir.

il

ne

Autour de

me

de

divers fruits

hors

d'autant

aqueducts

les

de

édifices,

laquelle

mais

de

sauroyt particulièrement sou-

la cité

de ponant et midy),
plis

qui

aqueducts, qui sont à fleur

souloit venir par les

de

source de

la

il

y

(principalement du coté
a

plusieurs jardins

rem-

non moins admirables en

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

comme

beauté naïve qu'en grosseur,
figues, oranges et olives, de

de Thunes.
La campagne prochaine

quoy

les

129

pesches,

se fournit toute

la cité

mais

roir,

fort étroite,

tresbonne en

est

ter-

pour ce que du coté de tra-

montagne,

mer

montane,

elle a la

Golette

devers midy et levant, confine avec

;

la

et le lac

de

la

les

plaines de Biserte, qui font tous les contours de cette
laquelle est, pour le présent, réduite en pau-

cité,

vreté et

calamité, n'ayant

plus de vingt et cinq

boutiques, et environ cinq cens maisons lourdes et

y a un beau temple érigé de notre
temps, avec un colége sans écoliers, de sorte que
viles.

Mais

il

les rentes d'iceluy

reviennent à

chambre

la

Les habitans sont superbes mais pauvres

royale.

et

misé-

combien qu'à contempler leurs gestes et
façons de faire, on les prendrait pour religieuses
rables,

personnes, dont

la

plus grande partie s'adonne au

jardinage ou à cultiver les terres, mais
pressés par

le

roy de

sauroyent trouver

le

se cognoît à

1.

sur

moyen

d'épargner dix ducats,

tyrannie

veuë d'œil

Carthage, 4l»J»

la

sont op-

grandes exactions, qu'ils ne

si

et est cette injustice et

ils

si

manifeste, qu'elle

l
.

Qartadjenna. El-Bekry

s'est

longuement étendu

J%,
description des ruines de Carthage existantes au xu« siècle de notre

ère; son récit excitera l'intérêt du lecteur.
« Le monument le plus merveilleux de Carthage, dit El-Bekry, c'est la maisonde divertissement que l'on appelle aussi Thiater, (théâtre). Elle se composa

d'un cercle d'arcades soutenues par des colonnes

et

colonnes semblables à celles du premier rang. Sur

surmontées par d'autres

les

murs de

cet édifice

on

Canhage en

quel être

Indiquons nommé Conmech qui est aussi de marbre d'une grosseur cannelées. blanches une encore comme la pourraient s'asseoir pour y manger table neige et les le chapiteau d'une jambes croisées aussi citernes des On y terre. se et se compose de plusieurs étages. on voit un château Bordj Abi Soleiman. Le port était situé dans l'intérieur de traient les voiles déployées. une grande voûte dont l'extrémité échappe aux regards qui renferme sept démons vastes réservoirs ». Sur hommes de ces colonnes. vers l'occident de cet édifice qui domine la mer est le château connu sous le nom de Thiaier. douze avoir au milieu d'eux et à plusieurs étages nommés et Meouadjil Echcheiatin « les contiennent une eau très ancienne qui y est restée de temps immémorial. Dans le voisinage du château de Coumech est une prison obscure formée de voûtes posées les unes sur les autres et dont l'entrée inspire l'effroi. un visage renfrogné. Elles sont brillantes comme du cristal. Le marbre dant à Carthage que Tunis gens qui s'adonnent aux métiers. à plusieurs étages. Ils et pour y boire. la tourd'Abou Soleiman. On y trouve des cadavres qui conservent encore tombent en poussière aussitôt qu'on les leur forme primitive. dont restée debout jusqu'à navires y en- n'est plus maintenant qu'un marais une ribatb la ville partie est source située à . Sur la hauteur qui nommé est le il la ville et les domine. château d'une gran- compose de voûtes en plein cintre. Au-dessus de chaque porte.HISTOIRE no LA GRANDE CITE DE THUNES Thunes est appellée par les Arabes. Il a beaucoup de portes et de deur et d'une hauteur énormes il . des Latins ils animaux et des . mais voit les images de tous les Tunetum. un grand Au nos jours. On y distingue des figures qui représentent les Vents souriant et retiennent ce vocable d'un voit aussi la Moallaca « ne pourraient pas accomplir suspendue ». d'autres sont tombées par remarque château le appuyés sur des colonnes d'une hauteur énormes. celui en On celui de l'orient a y l'air abon- est si tous les habitants de l'Ifrikiya se rassemblaient pour si tirer les blocs et les transporter ailleurs. on remarque l'image d'un animal en marbre et des figures qui repré- soupiraux sentent les artisans de toutes les classes. le même qui renferme la maison de divertissement dont nous venons de parler. quelet ques-unes restent encore debout. : de l'occident. mais saumâtre. Les eaux d' Aîn-Djocar . mais qui touche. et un centre de bassin entouré de mille sept cents arcades. ils leur tâche.

du de Libye. et disent qu'elle fut rebastie deux cens trente quatre ans après par Didon. d'Aïn-Djocar. qui se nommoit Carta. estoit sur la coste de la prist fruits ne sauraient être surpassés » (Description dans la mer dans une plainte. Carthage. à l'imitation de celle qui est située en Asie. pour la fondation de la ville. et les Africains Almenare. et qui bastit Carthage. une grande enceinte. L'aire de cet édifice est en mosaïque et a cinquante coudées tant en longueur qu'en largeur. p. D'autres assurent que ce fut cette reine. elles coulaient vers Carthage par un grand canal qui passait tantôt sous terre rangs d'arcade placés les uns sur Obeid Allah il le les Fathemide ne buvait pas d'autre eau que celle s'en faisait venir tous les jours la charge d'un certain Dans de somme.. arrivaient à ce réservoir.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE autre corrompu. 131 ne veut signi- il elle étoit nommée Tartis. Elles servaient à soutenir une voûte construite en pierre On ponce. qui depuis la Troye partit de Tyr environ trois mille quatre vingts ans de la création du monde. de sorte lut Phéniciens. car les uns pensent un Romain nommé Idris. qui n'est rante coudées. dont parlent tant les auteurs grecs. Servius rapporte qu'elle nom d'une autre ville et latins. mais que l'ayant coupé en couroyes fcrt minces. De que l'on y recueille 105-108). et est maintenant une tour. qui signifie couroye. « Carthage. Anciennement. substance assez légère pour flotter sur l'eau. et l'appela Byrsa d'un nom grec.. D'autres croyent qu'elle fut fondée par les quez. qu'autant de terre qu'un cuir de vache pourroit tenir. latins et arabes. riches et bien peuplés. qui signifie Carthage en grec. y voit aussi une coupole d'une telle hauteur qu'un archer ne saurait en atteindre le som- met avec une flèche lancée de toute sa force. que com- estoit la principale les chrestiens nomment la Roque de Mastinace. qui s'appeloit Carquedon. nombre de bêtes on remarque plusieurs colonnes encore depas cachée dans le sol a une hauteur de qua- cette ville. Quelques-uns attribuent sa fondation à un Phénicien de Tyr. que Josué qu'il n'y a rien d'assuré pour ce fils de Nun avoit débus- sujet eiUre les auteurs grecs Ceux du pays ne sont pas mieux d'accord. bout dont la partie et tantôt sur des autres et s'élevant jusqu'aux nuages. Les diverses espèces de sont d'une excellente qualité et de l'Afrique septentrionale. à cause qu'elle ne demanda à ceux de la conprise de trée. quoy-qu'elle grandeur de son enceinte une montagne où où forteresse. car en leur langue fier aucune chose. « Aujourd'hui les ruines de Carthage sont couvertes de beaux villages. seigneur de l'Afrique: qu'elle a esté bastie par . quelques journées de distance. nommée elle en fit Carthage.

La condu trée d'alentour est fertile. Elle les fut Arabes dans soit resté la vingtième guerres qu'ils depuis rétablie en quelque sorte par un de ces princes avec grandes dépenses Arabes. bien peu Tant y spacieuse. par du pays raconte qu'elle de la fureur des rois d'Egypte. environ l'an sept cens truite par de sa fondation. lorsque Amilcar en estoit seigneur. encore quelques ruines d'une extrême grosseur. où s'estoit noblesse gotique et romaine. après l'avoir sacagée. pour se défendre contre leur la ennemi. et les arcs qui soustenoient les aqueducs. d'où l'on voyoit de superbes bastimens. Comme ils ce qui arriva en cette sorte.abitants se retirèrent à Tripoli et de Capes. Mais Tout les cela fut aban- habitans revin- . Près du village de Marsa. Elle demeura en cet estât jus- qu'à un pontife hérétique de Carvan. Ce reste d'habitans ne laissent pas d'estre orgueilleux. qui amenoient l'eau de dix lieues loin. et de palais de marbre blanc démolis. de eurent conquis les villes de les r. mais fort petite. par quelque temps. Mais le plus illustre historien fut fondée par un peuple de Barca. sans qu'il en les et ruinée de nouveau par les qu'un pauvre village appelé Marsa. dont elle remporta les richesses en Damas. roy des Vandales.i 3 HISTOIRE 2 a qu'elle fut. puissante qui conquit plusieurs places. elle a les plaines de Biserte. où il y a que cinq cens maisons. laquelle fut désolée ensuite par enrent contre les rois de Tunis. distante de la une reine de Syrie ou de Libye. homet . Quint fit et l'entreprise de Tunis. de où donné par jardins. venue de l'empereur. toutes sortes de bons fruits. les rois les de Tunis se viennent divertir Maures à la l'esté. de quel- et un beau temple avec un collège que construisit un roy de Tunis. général des Romains. qui se sauvoit d'autres. la un d'eux n'en mention que fait gouverneurs des places s'en rendirent les par eux. Elle fut dé- et qu'ils furent chassez Scipion l'Africain. Après plusieurs les maistres. tous elle fut dé- et enfin par les successeurs un calife de batailles les Damas envoya une Romains estant demeurez armée en Afrique. Ensuite truite par Genseric. de la mer et du lac. quoy-que ce ne soit que des jardiniers qui ont de vastes jardins tout autour. rassemblée commun Ma- Carthage. et particulièrement vers le couchant et vers le midi. qui ne leur appartiennent pas. avec une grande citerne large et profonde. Mais pas de l'empire. édifiée par les Africans sur le lac de la mer Méditerranée environ Golette. dont nous venons de parler il y a des palais et des septentrion. et du costé du levant et du midi. et enfin Carthage. car elle est bordée du costé la montagne. que sur le déclin maistres à venue des Gots. il Quand Charles aborda à cette rade. qui en repeupla environ partie.

le rady en l'armée 26 de l'hégire (666-7 deJ. ce qui a esté cause de dépeupler quelques pauvres villages de ces quartiers. par . quand parce que les Espagnols courent revestu leurs bastions des ruines de Cartilage. fut ruinée des Arabes. il Cairavan. cette cité par l'exercite bâtie. à fort L" en habitations.-B. 445-447). p. La topographie de Carthage et ses ruines ont D Shaw r et les travaux de MM.ET DESCRIPTION DE douze mile commença . sans aucun doute. long par l'espace de vingt et six mile. Oqba ibn Nafi appartenait à la famille de Fihr Qpreïch. elle la en habitans tant s'augmenter. t. Outre les oliviers. à cause que la gendarmerie ne voulut faire aucun séjour dans Cartage après l'avoir opugnée. ils ont coupé tous de ce costé-là jusqu'à de Tunis. souldats drecerent plusieurs maisons et là moyen où Depuis. incommodez. » relation du Malle. manuscrit. nommée fabriqua une cité 1 ny taine) qu'il ne se devoyt arrêter séjour dans les cités les batimens. pour crainte de quelque inespéré comme secours qui eût pu survenir de l'Europe. II. et cent de Thunes. De là à troys cens cinquante ans. mais depuis AFRIQUE 135 ruine de Cartage. Ramusio qui a mal lu le Cairavan les ruinée Arabes. L'Afrique. dénaturé par J. dont les habitans se sont retirez à Tunis (Marmol. Ce passage de Léon l'Africain a été. et les autres arbres fruitiers qui estoient la ville il y a guerre entre jusques-là et ont cela.-C). un pontife quatrième appelle Hucba Ymen. l'objet de longue pour être placée ici. depuis Falbe et Dureau de est trop la et la à Biserte. au dequoy. distante de la maritimes. mémoires dont rémunération été. à cause rent depuis. remontra à l'exercite (duquel mer . quoy-qu'ils soient ass^z Tunis et la Goulette. de etoit capi- il faire trop et pour autant. elle vint retirer à se Thunes. L'expédition dirigée contre le Maghreb eut lieu sousle khalifat de Moawiah. Il partit pour Maghreb accompagné de Bosr ibn Arta et de Choreik ibn Samaï el-Mou1.

de laquelle il s'empara. qui. et dans ceux de Buggie furent dechassés par Joseph. par les luy pourroyt causer la perte de grans assaux des Arabes. les laissèrent en leur état. . les Arabes pour une autre foys venir résider dans Thunes. seigneurie. auxquels . qui le pira. . Mahommet Ennasir.Habdul roy de Maroc. et durant son règne. il exun sien frère appelle Joseph. suppeditant Thunes demeura une famille de sa lignée. lequel s'etant acheminé à Thunes. lequel succédant en la vainquit. s'empara du domaine de Cairavan. son suscita guerre contre le roy d'Espagne. toutes les marches prochaines. laissant donna la chasse. et voyant l'humilité et obéissance grande des seigneurs d'icelle. que les chrétiens Habdui . Après fils. auquel tant que dura la famillede Joseph Mumen. fils de Tesfin. mais le gouverneur feit incontinent entendre au roy de Maroc que le trop retarder d'en- dats voyer secours Thunes. se maintinrent maisenfin. souz le gouvernement des . et luy Maroc. ils avoyent usurpée. fut tué par aucuns sol- du roy de Telensin. Mumen s'em- pare de Thunes. i i i • roys de Maroc. ri T de son nls et des decendans de Jacob. la seigneurie d'icelle demeura en paix. le décès de Mansor. puis. là où il ocupa le domaine de Buggie. à son retour passa par Thunes.HISTOIRE 134 dequoy le gouverneur print la fuite devers ponant. Dix ans après. . dont il se retira à peu de temps après cette route. ayant conquête Mahdia. en son absence. l'assaillirent plusieurs foys. Entre la route de Mahommet et la mort de son frère.

ruinée des Arabes. Cettuy donc acompagné de vingt grosses qu'il même fait le dommaine. qu'il cognoissoit pour seur estre suffisant. luy laissant l'autorité der. tel affaire. comme s'il trouva à de demy navires. une forteresse. Son fils luy succéda. appelle Zacarie. ne voyant peut résister le roy.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE il seroyt contraint de comment entendu un il rendre. en quoy surmonta encor son ayeul. devers ponant. arriva à duquel il fils Thunes. on trouva qu'il avoyt délaissé un grand trésor. lequel . la courageus la il se va penser. et feit édifier dans Thunes. natif de Sibilidie. luy succéda à la seigneurie. dans laquelle blement bâtir plusieurs édifices. et de dépêcha. Après qu'il fut décédé. à 135 il si en va choisir un Habduluahidi. qu'entre tous ceux de sa court. avec somptueux. avec une grande somptuosité d'industrieuse architecture. au plus haut lieu eminent. et digne que l'on se reposât en- tièrement sur luy d'une le telle entreprinse. mais par sa grand' prudence et faconde pacifia tout son comman- y eût été en personne. venoit levant revenus du pais. qu'à bien conduire expérimenté étoyt requise. receut les revenus. cité en Gre- nade. où il et sembla- feit un temple fort y a une haute tour élevée. nant du coté de midv. tellement les et retour- fruits et qu'après sa mort. nommé homme grandeur d'esprit de quelque bien et moyen le Ce qu'ayant leurs forces. qui fut un superbe adolescent. là il Puis s'achemina encor jusques à Tripoly. vertueux personnage. mais aussi non seulement à la doctrine et sagesse.

i 3 HISTOIRE 6 ne daigna plus prêter obéissance aux seigneurs de Maroc. et se levoit la maison de Marin. et à bon droit. luy apertenoit. temps de Thunes en est civilité. qui regnoyt en la région de Fez. tant louables coutumes et honnêtes d'Afrique. ce qu'étant parvenu aux oreilles du roy de maison de Marin (qui etoyt pour lors au siège de Maroc) luy envoya plusieurs presens. ce que augmenTeknsïn subjuguée toit par le roy de Thu- grandement les forces du seigneur de Thunes. Telensin et Grenade. il n'y avoyt plus grand roy en icelle. ce d'ordonner et disposer ses etas. d'autant que. mœurs. et mêmement à jouer entre eux leurs domaines. tousjours augmentée la cité de et accreuë. pour magnifiques le cités . secrétaires et capitaines en chef. car ils commençoyent desja à décliner. pour lors. à la volte il de Telensin. commença universelle. Et dès lors. créer conseillers. mais comme son inférieur. Benizeiien. comme en terre et possessions. tant que depuis ce seigneur jusques à présent. et s'en retourna dans Thunes victorieux. tellement qu'elle présent une des singulières et le est. au reste recommandant à Sa Majesté soy et son royaume. tellement qu'avec une grande armée. Le seigneur le receut amiablement. qu'il subjugua s'achemina et rendit tri- butaire. que luy. Ces seigneurs icy commencèrent à se formaliser. observant les cou- tumes et cerimonies mêmes desquelles souloyent user les roys de Maroc. la se faisant atribuer le titre de monarque de l'Afrique que de raison.

fait sont ces deux remplis d'une infinité d'artisans. lesquelles se pour ce qu'il s'en y et avec ce gens qui sont principalement tissiers vendent par toute l'Afrique. le fils qui succéda la couronne. qui est hors de la porte appellée porte de la la Beb se daigneroyent el em- Bahar. Un autre hors Manera. et là font résidence les chréde Thunes. etans tous uns d avec les autres. Il s'est fait encor un autre bourg. vaquent qu'ils autres à ofices. laquelle est prochaine du lac Golette. feit bâtir aucuns bourgs en l'entour à d'icelle. l'un desquels est hors la porte qui contient environ troys cens feus. pescheurs et autres. qui en el mile. c'etoit si tiens ses encor etans gardes. environ demy de la les marchans chrétiens étrangers. La cité est fort belle et les arcs séparés les bien gouvernée. magazins ethoteleries séparées d'avec celles des Mores mais les maisons sont petites. et qu'elle est fort peuplée et habitée de à peu près tous artisans de toiles. et là vont loger comme les Gene- voys. de sorte que comprenant la cité et les faubourgs. et comme En apoticaires. desquels le seigneur se sert pour ce dernier. le tout peut contenir environ dix mile feus. une infinité et bonnes en fait perfection. mile. qui signifie marine. Veniciens.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 137 Après la mort de cetuy-cy. et ceux de Cataloigne. à cause que les femmes savent singulié- . il y a une rue séparée quasi comme un autre bourg. nommée Beb porte la Beb Suaica. lesquels les Mores ne ployer. . lesquels ont tous leurs boutiques.

Les courtisans et soldats portent ce même ornement de tête. ensemble tous Le peuple tres. est valeur de la d un ducat ditaiie et un tiers. . africane. marchans. fri- coutume de plus fréquemment des aigneaux qu'autres animaux. memement à la primevère et en été. duquel le orcli na i r e est J e tTOVS oboleS rDOUr charge. selliers. piroitant le fuseau. ce seroyt une chose non moins encor plusieurs autres métiers. qui font les tures en huile et bouchers. qui. qui quelque autre pertuis de et fait repond sur court. riches. pour la 11 s'y grande cherté du trouve peu de blé. avec un linge replié par dessus. et J cette cherté provient par faute que les habitans ne r j g . portans des turbans en tête. Il y a vouloy décrire particulièrement.HISTOIRE 138 Façon manière et étrange de iemmesde filer 1 des hunes. le peletiers. par sa pesanteur. rement bien ^j^ egt . uny. artisans. tiré et y a un grand nombre de boutiques de marchans. gens le tiennent pas couvert. ceux qui vendent les autres lait. si est fort courtoys ceux qui sont commis à et quelque office. Outre ce. estimés les plus riches de Thunes. . avec comme sans. filer. se tiennent magnifiquement en ordre. ^ Q$ ge Or coutume et façon de mettent en un h aut \[ Qu Qu leur fenêtre de la maison. couturiers. mais ne ils monnoye L'obole. il lesquels ne tiennent autre chose que tresbelles et un grand nombre d'autres artide ceux que vendent les perfumeurs. veloutiers. inutile je que superflue. expressément sur tomber en bas là laissent la filer a ou j a à lesolier. amyable et les prêdocteurs. lesquels ont tuer le fruitiers. fines toiles. rend le filet bien tors.

fermées et ceintes de murailles. un pain diversités. car il la faut avec pilons.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 139 sauroyent cultiver leurs terres pour être continuel- lement molestés par les grains de loin. autour y a quelques petits canals ou conduits industrieusement inventés. là ils font semer quelque peu d'orge et fromens. telet lement que terre d'icelles. à cause de quoy tiennent. qui ne sont moins massifs et grans. ou le au païs d'Egypte. mais sans passer. en chacune des possessions. Beggie et Bone. . ce que et la laissent donne une peine presque insu- portable. on trouve dedans tressavoureux fort blanc. encor qu'il ne soit de farine pure. d'où ils un font tirer l'eau avec quelques roués. quand ce vient batre à le pétrir. mais le terroir veut être bien souvent arrousé. sinon à ceux qui sont nerveux et robustes de corps. ils puys. Les marchans citoyens et artisans usent d'une qui monte à la va- leur de troys livres des nôtres. moitié de Tannée ceus qui possèdent Neantmoins. mais comme ils font venir de Urbs. qui sont à ce propices et les font tourner par un chameau. et la cité bien apreté. Quelques citoyens ont aucunes petites possessions où près de la vile. et vous laisse à grand quantité de grain peut petit il penser être produite dans un canton ou carreau de terre emmuraillé moyens quelle et en- Vous asseu- rant que cela n'est suflsant pour nourrir et mener tretenu par tant de jusques à la font cultiver. les Arabes. que ceux avec lesquels l'on pile le riz lin. l'eau qu'elles jetent vient à arrouser la ensemencée.

laquelle est faite colle. puis. mais on sorte qu'en les fait un jour. détrempée en eau. de grande peine. la font bouillir dans l'eau. dans lesquelles s'écoule et demeure l'eau de la pluye. à la cité aucun moulin assis sur tous tourner par des bêtes. qui la rend en forme de puis y mêlent un peu d'huile. qu'on achète pour ce Il même fait. qu'ils savou- et appellent y a une autre place. et ne se trouve dans l'eau. les habitants ont plusieurs citernes. en ont encor quelques autres qu'ils apprêtent plus Il honnêtement sont aussi plus délicates. Hors la cité. et usent encor d'une autre viande. se pourra moudre une charge de grain. mais. en laquelle ne se vend autre chose que besis. ni aucuns puys d'eau vive. delaquelle vont puyser plusieurs qui. en défaut de ce. y a un puys d'eau vive. après en avoir remply des barrils. chose qui farine d'orge.i HISTOIRE 4o viande tressale avec farine et vile. mais plus honnête prennent de pâte légère et et de meilleur goût. tant mâcher s'en faut qu'ils ayent la patience de rer les appetissans morceaux me d'icelle. la là où ils la la pilent bien fort et l'ayans réduite au milieu (après y avoir mis de l'huile ou bouillon de chair). Ils mettent dans un grand mortier. ils transgloutissent à grand' hâte. les chargent sur des bêtes et la portent vendre . Il n'y a fleuve. mais quelque peu salée. la dévorent pomme et d'orange. en usent autant civilement Ils comme de l'autre et l'appellent bezin. du jus de citron ou de d'orge. étant bien cuite. fontaine. semble fort bestiale. ce qu'ayans fait.

est qu'il se trouve plusieurs autres ils 14 sont réservés pour roy le et sa Vray bons puys. opinion) à cette foie ces fols icy (nommé sac. habitans en boivent plus tôt les que de être plus saine) celle des citernes. aloit ruant de et la cité et criant si ou enragé. la tête découverte gros cailloux parmy qu'il Tellement que roy le feit édifier à l'un de Sidi El Dahi. La plus grande partie desbàtimensest de pierre de et use l'on fort de mosaïque au plancher des maisons. Thunes moyen de quov. dépeint avec azur et font cela est montre pour grande. lequel est tant ebeté et surprins de telle sottise que. auquel il efrayement assina revenu. que luy et ses parents en étoyent entretenus. la a plusieurs coléges monastères de religieux. et s'en trouve d'autres par les bourgs de moindre grandeur.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE dans (pour la où cité. ils la de beaux soliveaux. il le tient pour un homme menant (adhèrent sainte vie. merveilleusement bien taille d'assés belle entaillé. au ce qu'en et autres riches couleurs. Là se void un beau temple fort spacieux. lequel vêtu d'un pieds nus. voyant quelque fol ou transporté ruer des pierres par les rues de la cité. il y mais de cité. si bon demoniacle ressembloit plustôt qu'autrement) un monastère. mais cour. Outre ce. puis sont pavées de pierres emaillées cherté de boys ne sauroyent les et reluisantes et les faire chambres cours d'au- Bêtise et abus ^deieu/roy!^ du . selon le revenu duquel on y institue une grande quantité de prêtres. lesquels ont bon moyen de s'entretenir honnêtement des grandes aumônes et du peuple.

Hors produisans de la cité beaux y savoureux. là a fruits. Quant aux plusieurs possessions où sont Vray est que c'est d'autant plus parfaits et jardins. mais Bardo. logis. a à force etuves. gentilles et souëves. Le boys des oliviers est employé. Autour de environ cinq ou six mile. enrichie d'entailles et peintures des plus fines couleurs. . coutume d'eux poser et le le reste du Il celles et. amys. pour en laquelle entrer. chacun que tout belle et de meilleur grâce à cause que les citoyens. . fournie et en reste encor beaucoup que l'on transporte en Egypte. s'étudie de faire aparoitre l'entrée plus ils sont. qu'elle en est toute la cité. infinité. en manière d'alée et entre deux très pierres carrées et vives. il faut monter quelques marches de degrés. mais non pas grandeur. en petite quantité. ou deviser avec leurs domestiques.HISTOIRE 142 Les batimens sont quasi tous d'un étage. non moins industrieuse que superbe. portes. ser- mieux accommodées que si belles. là. fleurs memement les jardins et en un lieu appelé maisons de plaisance du roy. ont plus seoyr à ces entrées s'entretenir avec les viteurs et et. fabriquées avec une architecture. roses. ny de telle de Fez. y a plusieurs territoires d'olives lesquelles rendent l'huile en si grande abondance. y de communément. remplis d'orangers. ayant leur entrée dont l'une repond sur la rue et l'autre au corps de la maison. qui sont d'une pierre rare et entaillée de fait. quasi en citrons.

abandon- leur chasteté pour sodomie. elles employent grand de leur soucy. parures. femmes deT hunes. incités à ris sement. couvrent 1 le visage • coutume de celles de Fez) avec un voile. et par telle manière de viande merveilleusement provoqués à paillardise. tellement que les le plus parfumeurs demeurent tousjours des derniers à serrer boutique. qui ne font acte qui tache en rien l'honneur. qu'elles tiennent sur le front. tous transportés. elles vont qu'en parfums et si bien polies et ajancées. ils trouvent joyeux lTiasis. un de sorte que leurs têtes ressemblent mieux celles de géans que de femmes. car je pense monde ne se pourroyt trouver lieu.-„. Habits de dames. auquel le boys soyt tant chercomme en cette cité. Les habitans ont coutume de manger une certaine mistion nommée mais ne sauroyent avoir usé une once. Finablement. Les femmes (j'entends les pudiques.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE partie à faire charbon 143 et partie à chaufer. laquelle est a merveille. . ma- trônes. '. surprins d'un apetit et fort chère: qu'ils se merveilleu- vouloir de manger démesuré... . deshonnêtes les et sodo- mie commuaes à Thunes. lesimpudiquement ofrent leurs corps. que ne sont les putains publiques. et sortans de la (en imitans la se . fort large. qui et si petit pris que enfans se sommettent jusques les 11 mais rien.• 1 Paillardise r ehontes. mais. et autre qui s'appelle setfari . duquel toute dame ver- tueuse doit être aornée) se tiennent honnêtement en il* maison 1 ordre. au reste. pour la pauvreté qui presse le menu qu'au demeurant du peuple. à l'exécrable rend plus infâmes. et honnêtes . quelles nai encor non seulement se trouvent des femmes.

prêtres. choses les officiers. Celuy qui mesuare. ou par élection du père. qui représente . telles autres combien que le roy y veust assister maintenant en personne. drecer armées et diminuer et luy semble. gardes du acroître la solde d'iceux. qui a souz sa conduite les soldats du château. roy. de tous. lequel s'appelle manasid (étant comme un luy rend conte de toutes roy. Le tiers en dignité est le châtelain. le gouvernement des palais du roy et prééminence choses. ORDRE. lequel a été le en siège royal. et n'est pas plus tôt eleu. . docteurs. comme sont les capi- taines.i HISTOIRE 44 COUR DU ROY. est les le posé et élevé hommages celuy qui est roy decedé. ET OFFICIERS DÉPUTÉS EN ICELLE Le roy de Thunes jouist du royaume par succession de père à fils. qu'il informe plainement en quelle manière procéder à bien exercer leur les maniment qu'il a la reçoit présenter vient du royaume) et il le seconde. que celuy. CERIMONIES. juges et lecteurs. Puis se où là premier en dignité. lequel a toute puissance et autorité sur les soldats. prenant le serment des principaux. ordonne les soldats et est appelle office. personne d'un capitaine gênerai. et depuis la doivent ils provisionner gardes du roy. au jusques alors en gouvernement eues avec permission du roy. et peut comme bon puis en enrooler.

Cetuy-cy a grande familiarité avec le roy. pour les distribuer selon le vouloir et commandement du roy. Le cinquième est le secréqui est taire qui écrit et fait nom reponce au du roy. de publier ce qu'a été ou de saisir et constituer la chacun huissiers. et les remettre entre les mains de quelques-uns qui sont ordonnés à la queste. Le sixième sale. député pour recevoir deniers des ministres. Le huitième est le gabelier qui reçoit les deniers tout ce qui entre dans chans étrangers. Le septième les est le les heures a pour parler trésorier. qui. . fors des de deux susnommés. et est de deux et le de gabelle de cens des mar- demy pour cent. non autrement que si c'etoyt le roy même. Le quart est le gouverneur de la cité. à commo- Sa Majesté. pour donner châtiement et punition aux malfaiteurs. 145 charge des prison- la château pour choses le semblablement puissance d'administrer justice. ordonné par le prisonnier quelque grand personnage. qui la cité.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE sur fabrique d'iceux. avec la niers. ou comme l'officier majeur l'ordonne avec le soussiné de Sa Majesté. selon la grandeur de son délit. et faire droit à ceux qui se présentent devant soy. nom du conseil. avec autorité de pouvoir ouvrir les lettres d'un chacun. chambre de le lieu au tapisserie et draps en assinant à qui est ordonné. pour autant qu'à toutes dité de se présenter à luy. Il a commis sur les choses criminelles. est le maître au jour de conseil. a charge de tendre commandant aux roy. qui sont détenus dans de grande importance.

il tient conte de la dépense qui se fait pour les enfans du roy et leurs de la nourrices. le le garderobe. ils le détien- nent prisonnier jusques à son retour. charge de tenir garny choses nécessaires. lesquels voyans tenant un grand marchant qui entrer quelque et qui se devant n'est de ses montre d'un port aparent. a de vivres et autres entretenir d'habillemens dames. damoiselles. Voilà les principaux offices et magistrats. le le et de chape- maître des capitaine des estafiers. ou horsd'iceluy. luy somme payer une certaine fait avoir est le de deniers. Le dixième maître d'hôtel. l'office duquel est de recevoir les de- fait niers de ce qui se transporte hors la cité et veut charger sur mer. en laquelle plusieurs autres comme juge du camp.HISTOIRE 146 nombre de sergens. le : la cour du roy. le présentent ils le gabelier. puis. lieu de la Goulette près de la dépensier. qui sont en s'en trouve bien plus bas degré lain. et quelques autres. et ment de dessus Le sur le lac est le de icelle. dont . disposant des offices vacans dans le palais. esclaves noires et chambriers maison du roy. qui. qu'on de ce qui vient semblable- la comme le palais comme douane est assis cité. moindres ecuyer d'ecuyerie. lequel. Le neuvième peager. qu'il entretient d'habis et de tout ce qui leur est nécessaire. en l'absence duquel marchés. Le roy tient mile cinq cens chevaux légers. après luy donner plusieurs sermens. desquels il pourvoyt les chré- tiens esclaves. Outre ce. enfans de Sa Majesté.

de la Davantage. qui est de Turcs armés d'arcs et pistolets à feu. puis d'un côté marche celuy qui porte celuy qui tient la l'ecu du roy. et des- choses concernantes comme et conduite d'un chevaux légers mores naturels. suit à cheval celuy qui porte l'arbalète. dont plusieurs qui sont chrétiens reniés et de camp. vernement. Devant ce seigneur y'a une autre garde à pied. Mais la diference est fort grande quant à la manière de vivre des roys passés. duquel nous avons par cy-de- vant parlé) se tient encore plus près de sa personne. avec le chef des estafiers qui va à cheval. puis. au derrière. siers. Voilà en somme coutume qu'on observe ordi- l'ordre et la nairement en la court du roy de Thunes. guerre il les du roy. et où chacun d'eux homme pour bonne provision a et cheval. et de cetuy-ci qui règne à présent pour autant qu'il est d'autre naturel. quand je à moy. y en a ceux-là maril chent tousjours devant Sa Majesté. mas- qui sont ministres des cerimonies. coutume certes ce ne m'est et gou- peu de suis contraint de publier les vices . Et quant fâcherie. et de l'autre. capitaine qui les reçoit selon ce Il d'iceluy seigneur maîtres tient cent arbaletiers. étans souz y a encor cent cinquante il le fait touchant se sert. mais la garde (qui est des chrétiens habitans au bourg. s'acheminant hors la cité. qui sont le conseil privé quels la que bon luy semble. pertuisane. étant côtoyée Sa comme des connétables et Majesté de plusieurs.la ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 147 plus grande partie est de chrétiens reniés.

et sufise cecy à la générale description de Thunes. ménétriers et femmes qui savent chanter. il se fait bander les yeux. Il fait quelque autre monnoye d'argent encore batre carrée. sur la mer Méditerranée. NAPOLl Les Romains bâtirent anciennement cette petite cité. montant à la valeur d'un ducat et un tiers de Monnoye du royau- ceux qui se bâtent en Europe. Le ducat d'or. qu'il fait batre. Parquoy (laissantles autres choses à part) je dy qu'il merveilleusement est subtil à retirer deniers de ses sujets. Puis quand quelqu'un veut chanter en sa présence. partie desquels Avarice et estude du [\ distribue aux Arabes. prés de la Golette. de la libéralité duquel et j'ay receu plusieurs bénéfices. dont les trente ou trente deux pièces d'icelle font un ducat des leurs. et puis entre là. employé à la faoù il demeure en il là grande volupté entre chantres.HISTOIRE 148 particuliers mêmement de quelque seigneur que ce soyt. et . du pois de six carats. où les dames sont l'attendans. qui sont appeliez double en Italie. qui s'appelle Nasari. et partie brique de ses palais et édifices. comme quand l'on veut bailler le chaperon aux faucons. de cetuy-cy. se transportant d'heure à autre à ses châteaux et jardins plaisans et solacieux. car je n'ay rien obmis qui m'ait semblé digne de mémoire. est de vingt et quatre carats.

laquelle fut par un temps bien peuplée et fort civile. mais aujourd'huy habitée que d'aucuns labou- elle n'est ensemencent reurs. étant coté de par les Mores. à ce que disent ceux du pays. CAMMAR Cammar Thunes une autre est cité ancienne. étant bien habitée. P. (Djeziret Bachou). Du une grande fort il le Nabal. 1. Romains sur la coste à quatre lieues de Tunis du côté du levant et qu'on nommoit autrefois Neapolis ou ville-neuve. dit delà mer nommé et de ce dernier et actuellement chérif Edrisy. distante de par l'espace de huit mile. II. . Rouseaux de sucre.138). mais ils lin par le nourissent de ce revenu aussi sont assez misérables » (L'Afrique. Les terres produisent en abondance cité des rouseaux de sucre. lesquels portent vendre leurs herbes et fruits dans la de Thunes. le des rigoles dont 494)- la la qu'elle fut repeuplé. Ils de pauvres gens y son: retournez main- pays d'alentour rapporte beaucoup de il est arrosé et ils se pesche. dit-il. qui cueillent autre chose de les terres lin. « C'est. qui s'y vendent semblableNabal. par venue de l'Empereur. Il dans cette péninsule a y un autre fort temps des Romains ville. est l'ancienne Neapolis. Elle fut ruinée par les successeurs de Mahopetite ville bastie par les une met fut qui lorsqu'ils détruisirent Carthage et les autres villes de la province et longtemps déserte jusqu'à ce la quittèrent aussi à tenant à cause que moyen bien que de p. mais de jardiniers seulement. JjU.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 149 Thunes environ douze mile du distante de nommée Nabel levant. t. Marmol donne à cette ville le nom de Nebel ou Nabis. et n'en re- 1 . très situé sur les bords il peuplée. devers tramon- tane. mais y avait auprès elle que des vestiges {Description n'en reste est ruinée de l'Afrique.

Elle se nommoit autrefois Valachie. les Espagnols saccagèrent cette place parce que les habitans s'enfuirent à l'armée. est habitée de pescheurs. Les historiens du pays rapportent qu'elle a esté bastie par les fermée de hautes murailles et part jardiniers qui portent vendre à Tunis des gères. De Cammarl. dont elle retient ^e Marsa. « C'est où là été le Thunes roy de 2 . mais Romains. « C'est arabe. un calife de Carvan (El-Mehdy) depuis la ruine de mahométans.i 5 HISTOIRE o achètent ne s'en servent à ment. 492). II. fort peuplée. à ce auteur africain » (Marmol. Elle a un long temps en ruine par petit . Aussi est-elle assise au une t. L'Afrique. et de ceux qui blanchissent les toiles. petite ville dont le mesme dit nom signifie port en endroit où estoit le port de Carthage. nom le une cité. que la descente de Aben Rachic. à l'endroit où sou- port de Cartage. Et à la venue . du costé de septentrion et assez près des ruines de Carthage. coutumièrement passe son i. MARSA Marsa est édifiée sur la loyt être Marsa port. p. Cjjk. -»^. la De Marça. mais elle fut détruite depuis par d'autres Elle a esté bastie par Carthage par Arabes dans les les guerres qu'ils eurent contre les rois de Tuuis. en faut tirer le 1 sucre . contenant un mer Méditerranée circuit. laboureurs. Elle habitans sont les fruits et des est plu- herbes pota- y a dans cette contrée de grands champs de cannes de sucre vend en détail à ceux de Tunis sans y faire de sucre comme Quand la ville de Tunis fut prise par l'Empereur. que Il l'on ailleurs. qui signifie le demeuré mais maintenant elle port. mais ceux qui les autre chose qu'à sucer après le moyen il les ne savent par quel qu'ils pour ce repas. ayant autour de son pourpris des maisons et possessions. 2. une ancienne ville à trois lieues de celle de Tunis.

du costé de septenmurs sont encore debout et l'on voit en divers endroits des statues petite ville bastie par les trion . nom . parce qu'elles ne sont pas de conséquence II. t. Errihanéh (les plantes odoriférantes). Il y a encore d'autres habiou auprès dont nous ne faisons pas de la mention. 490). L'on peut veoir encor à l'entour de Cartage plusieurs petites qui sont inhabitées. cheurs ou elle de fortes murailles. l'espace y a plu- Il auprès des murailles. . la partie produisans divers fruits. par de tramontane. mais ils venue de l'Empereur y sont revenus depuis » (Marmol. ses de pierre et d'autres antiquitez. édifiée par les Gots. mahom- avoit quelques jardins et rois alloient trouvant vuide. estoit blanchisseurs. II.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 151 ARIANA Cette cité icy est de petite étendue. prendre saccagèrent le frais l'esté. et et leur ville fut VAfrique. UtAfrique. pes- Près de Les soldats de l'Empereur ne ERACLIA. 493). et dont viles. et ancienne. y a guerre avec ceux de il me peuplée de pauvres gens. D'^Arriane. tations dans les ruines de Carthage t. distante de de huit mile de sieurs jardins Thunes. les il les y la 1. p. lesquelles sont fort anciennes. distante de habitans n'y soyent pas trop en seureté. p. CITE a été naguères édifiée par les et ceinte de Charles-Quint. « C'est une Romains à une lieué de Tunis. et depuis elle GouLtte. HAMMAMET ET Hammamet le 1 » (Marmol. âîLsiJI. revient en mémoire metans. quelques maisons de plaisance où s'est repeuplée encore que quand la la ville. 11 arbres qui portent de fort bon a hors de la ville carrobiers et autres y fruit. Les habitans sont pauvres laboureurs jardiniers qui s'enfuirent encore à la saccagée. laboureurs.

les successeurs de Elle se défendit vail- l'ayant emportée. sur le golfe de Carthage jusqu'au cap de Mercure. « C'est ont bastie depuis peu sur par terre. mais. édifiée par les sur un tertre près de Arabes la mer. et blanchisseurs de toiles. une forteresse d'où là coste. qu'on die par corruption lieues de Tunis par mer la le fait un cercle en assize. hors laquelle y a plusieurs eni. de Tunis sur 3}5yb. car depuis forme de croissant là de Tunis nom quoy Elle est à dix-sept il y en Ce qui fait la mer et s'étend ensuite fort au long si Il y a un grand golfe sur lequel cette ville est éloignée par mer de Tunis et si proche fait qu'elle est a plus jusqu'au cap d'Apollon levant. . oppressés sont qui mariniers. que Romains fonThunes les Méditerranée. Les habitans sont de pauvres gens. terre de soixante à compter de vers une CA*\J-\. pescheurs. par les à cause que c'estoit netite ville Romains ruinée à vingt-huit lieues Les historiens du pays racon- coline. lament l'espace de quelques jours. On V^Afrique. 494).HISTOIRE 152 Thunes environ cinquante pauvres fort charbonniers par mile. D'Hammamet. encore ses ruines entre II. la coste C'est « peine à vivre à cause des impots dont on p. la rois golfe qui porte son Goulette. voit t. Romains et fut détruite par les 1 . SUSE Suse est une grande dèrent jadis sur cité. blanchisseurs ou charbonniers qui ont bien de les charge » (Marmol. et ruinée par une de leurs colonies. distante de la environ cent mile. en la du costé du Levant. mais par mer. habitée de gens et nécessiteux. roy à toute extrémité. Hamamet et Suse » (Marmol. sans qu'elle se soit repeuplée depuis. p. que petite ville un les Mahamet pour Hamamet. le une Eraclia est petite cité. 495). une au haut d'une tent qu'elle a esté bastie Mahomet la V Afrique. ils la détruisirent après avoir tué tous les habitants. à la fin. UHcraclie.

cotoyans l'Italie. cette résidence du lieutenant. aussi a 153 et un embellie reste encor magnifique. Sous. à cause de la difficulté et malignité du temps'. et dont . tour- son palais se peut veoir encor belle. tellement qu'il n'y que cinq ou six boutiques d'apoticaires. et Le reste rivière de Thunes. somptueux de Ils garderies vaches. contraint d'y demeurer par l'espace de quatre jours. noyer des ecuelles desquels et les fut députée pour beau ceinte lieu. « La ville de Souçu. et à présent.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE qui produisent à force figuiers et oliviers drois desquels on semer orge . par l'injus- des seigneurs. avec un je fu la de fortes murailles. 1. et Il aux habitans. tice et tyrannie reste plus fruitiers.^. Ju. Etant abordé en cette cite. de pescheurs. avec grandes caresses recevans les marinier. de l'état les aucuns vont courir sur les plages de Sicile s'adonne ou à faire les toiles. Maintenant.. il temple en fort La cité est située en ayant été jadis bien peuplée. exercent mahommetans emparés. la mer. quasi toute inhabitée. étrangers plusieurs sortes de vases. mais Arabes (pour les sont humains et plaisans. située à trente milles de Cairouan. qui laissent cultiver les quasi tous sont bonnes qui plusieurs terres. ne lestés) tire de l'huile en grande quantité. et la édifices elle est les en Turquie. quelques-uns. . fournissent toute ils de laquelle s'etans cité de toute et y mo- vont avec et navires des marchans en Levant Mais : pour être trop courtoisie.

grande hauteur. un grand nombre de voûtes communiquant Dans les environs de la ville. on voit des ruines d'une grandeur énorme et d'une haute antiquité. substance assez légère pour flotter sur l'eau et que l'on retire du volcan de Autour du Melab unes avec les se trouvent les autres. tout y est denrées de toute espèce s'y trouvent à La fondation de Souça remonte aune époque très reculée » foi- (El-Bekry. Ce vaste du bâtiment regardent et le Deux autres portes de Melab (amphithéâtre.i HISTOIRE 54 MONASTER Monaster Romains. Les bazars y sont bien fournis et ville est entourée d'une forte muraille en pierres de on n'y boit que de l'eau de citerne » (Edrisy. les est la marchandises et de fruits. distante de Suse par l'espace la mer de la cité. que. 83). elle pénètre Dans des conduits souterrains. de sorte que de la mer. p. on voit un phare qui porte parla que la ville les nom le jusqu'aux maisons par de KJiahj eï-Feta et qui s'élève à une celle qui est à l'est vaisseaux entrent et sortent du port. jusqu'aux fruits son. un peu relevé de côté de la terre. sur la coste. « Sousa est une ville bien peuplée. on en exporte divers objets que l'on ne peut se procurer que là. hip- de construction antique est posé sur des voûtes édifice dont les cintres sont en pierre ponce. fournit une abondance extraordinaire de viande que l'on consomme à Souça à bas prix. p. Description de V Afri- 149). trois côtés. au sud vient s'y briser du côté de et. il s'y fait beaucoup de commerce. Les voyageurs y affluent de toutes parts. Suse. maisons se voyent. Description de V Afrique septentrionale. notamment des tissus et des turbans auxquels on a donné le nom très fréquentés taille . muraille de pierres qui l'environne est très forte et solidement bâtie la Sicile. . la maritime) est d'une grandeur énorme. . l'orient. Souça est entièrement en pierres de bâtie elle taille. Elle est fermée de bonnes murailles et au en un beau toutes les a C'est lieu haut plus haut de la ville où elle regarde la terre. il y a un fort chasteau avec . et La meilleure du monde. une ville de plus de quinze cens maisons. sont du côté de l'occident podrome). au nord. l'angle de la ville qui regarde le sud-ouest. renferme un grand nombre de bazars. C'est (l'arsenal très larges et très hautes. Souça a huit portes dont nommé Dares-Sanaa La mer et à l'orient. sur entourée par est une ancienne est édifiée par les mer. De : la de turbans de Sousa.

p. 496). des fustes et desgaliutes. et de cette viande qu'ils appelle bezin. il envoya de Sicile une armée navale contre cette qu'elle ne s'estoit pas voulu soumettre à que. à cause que la le terroir ne produit autre grain qu'orge. Muley Hascen » ville (Marmol. dates. basti la ville douze lieues de fruits. Mahomet les successeurs de plusieurs et la a esté autrefois très illustre et très se prit Carvan et Tunis qui n'en pour la un peuple léger et rendirent à luy. ceinte de murailles fortes su- et perbes. Encore là. Et suivant un une esplanade tout autour. elle ne rapporte cultiver. parce VAfri- . ce qui est cause à faire le mét'er Quand coste et son palais est encore debout avec en huiles. si lort les passèrent en Afrique et se meslèrent avec eux. Le pays comme mais les la la longtemps fit long de la et la terre est fort marine et la demeure dans Suse qui sa une grande mosquée belle et vont pratiquer en Alexandrie que de pirate et haine qu'ils portoient à cette ville ils fit la habitans qu'ils plupart s'adon- et ailleurs. Ceux du pays en attribuent fossé et Romains et disent qu'elle peuplée. Mais après que l'Empereur eut chassé Barbcrousse de Tunis. faites a habitans sont détenus en grande pauvreté les et et vils habits. ne say quelles pantoufles sont quasi tous pescheurs. II. le laquelle trente-deux degrez vingt minutes de latitude. figues est fertile peine à les corsaires turcs mencèrent Ptolomée donne trente-six Arabes par ces campagnes tourmentent-ils ont bien de nent à il fon- entrèrent en Afrique après qu'Occuba eut maisons considérables construire. tant que parce que c'est qui aime le changement.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 155 de douze mile. est à autres sortes de et légère. avec l'huile dont nous avons parlé ci-dessus comme s'en est aussi coutume. Depuis que ils com- à courre les costes d Italie avec Quand Barbcrousse est qu'à trente-cinq lieues par terre. vêtus de pauvres aux pieds trainans je de jons marins. n'usans à leur manger que de pain d'orge. et embellie d'édifices compassés par plai- Une chose y sante et industrieuse architecture. qu'elle se nommoit Siagul à dation aux degrez de longitude de Carvan. t. que et misère extrême. qu'il que de l'orge. le long de cette rivière.

poires. caro- bes et une infinité d'olives. Au jour deYAcboitra. quoy donques à grande quantité d'orge. retrouvant sur un galion. des servoirs. Lors monta au Thonte honnête qu'il n'étoit sustanté d'autre me il le emteint. +' lv \ ~. neantmoins. C'est cellules. luy dy qu'il devoit avoir une grande ecuyrie. reciterai ce qui m'avint. avec une ambassade de cette Aventure de l'auteur.HISTOIRE 156 me ce propos. on y -tient une grande foire qui attire beaucoup de monde. grenades. pensant que cela fut distribué aux pauvres. fruits. des une forteresse moulins à très élevée et la persane et plusieurs ré- solidement bâtie. les habitans sont fort foulés par leur seigneur i. roy de quelque nombre de ducatz. tiroit à la volte tomber d'an divers propos vint à provision étoit cité. Hors de la cité se comme de voyent plusieurs possessions de figues. Au premier . à qui et ré- quoy je cogneu chose que de ce grain. (ample témoignage de visage qu'il recevoyt). découvrit ce que luy même vouloit cacher par paroles. sur la à et qui environ vingt muis d'orge par an. Monastir. Monestir ren- bâti ferme des chambres. par Herthema ibn Aïen. grand château à Monestir fut en l'an 180 (796-797). Alors pour le peu de cognoissance que j'avoys du pais. m'étant avancé jusques là de luy user de telle demande que je fey (certes). Cetuy m'entretenant de du avoit qu'il Thunes. pommes. mais il me reponquatre et dit tout le contraire de ce que pliquant luy ployoit qui luy si demandav je pensoys.« On assure que le l . qui de Turquie. causa un grand repentir de m'être montré tant indiscret et peu civil. autre.

étage au-dessus du sol et communauté. bâti bâtis. renferme un faubourg considérable. On trouve dans cette place forte un grand nombre de bains. lieues de Suze v du costé du levant. De Monestcr. t. Description de l'Afrique septentrionale. on voit une seconde forteresse très grande et remplie de logements.. Au centre de ce faubourg. de sorte qu'on y recueille beaucoup d'huile et de fruit. La terre est légère et n'est pas bonne pour le froment. car ils et des Chrestiens depuis se sont révoltez plusieurs fois contre leur roy et ont été saccagez par les armées navales de Charles- Quint » (Marmol. Elle est autour plusieurs jardins et quantité d'oli- viers. sur mer Méditerranée. qui veulent s'adonner à « les pavillons autour des- la dévotion. distante de Àlonaster par l'es- pace de douze mile. C'est une ville bastie sur lacoste par les la mer et a tout la situation Romains à quatre bonnes murailles en est fort agréable. . des Turcs la prise de Tunis par Barberousse. les maisons y sont bien basties et batuë des flots de p.. 199). jadis bien habitée. ce qui fait que les habitans ne mangent que du pain d'orge. sur lequel roule la direction de la de logement à une compagnie d'hommes sert saints et de marabouts qui ont quitté parents et amis pour s'y enfermer et vivre loin du monde. Selon Mohammed ibn Youçof. deDjamé d'une manière très solide. II. Cet édihce fut abandonné par une mosquée où se est cheikh rempli de vertus il la ty- continuellement un tient de mérite. de mosquées et de châteaux à plusieurs étages Au midi de ce fort on remartrès élevée qui que une grande place ornée de hauts pavillons solidement quels viennent Ces s'établir les fe édifices portent le nom Monestir renferme un djamè nmes de Kibab Djamè. Elle est fermée de hautes. il de voûtes et d'arcades dans la construction desquels on n'a pas se fait ». Ils sont maintenant fort pauvres pour avoir esté souvent tourmentez des Maures. p. ayant son mais terroir bien fertile. 88). L'Afrique. Dans le voisinage d'El-Monestir est une saline immense qui fournit aux navires des cargaisons de sel destinées aux autres pays » (El-Bekry.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 157 TOHULBA la Tohulba est une cité édifiée par les Romains. El- compose entrer le moindre morceau de bois. une c'est forteresse.

et feignant d'être decendu de la race de i.HISTOIRE 158 rannie des Arabes. tenans un grand lieu en manière d'hotelerie pour loger les étrangers. Celui-cy s'achemina en ces païs déguisé en pèlerin. qui vironnant de fortes rions avec la le port. montagne. qui mènent vie de religieux. seut si bien Tobulba. De Mahommet. II. t. « C'est une ville par ses ruses et palia- de sept cens feux bastiepar les sur la coste à quatre lieues de Monester du costé du levant. cité édifiée par Mahdi. EL-MAHDIA El-Mahdia une est de notre temps. Cela les met à couvert des Arabes. L'Afrique. Elle suit de Sous. lesquelles sont encor habitées de je ne say quelles personnes. p. de Monester et de modée Arabes la ville la y fortune d'Afrique et a esté extrêmement incom- des guerres jusqu'à se dépeupler tout à : Romains Elle estoit fait. autrefois riche et bien peuplée parce qu'elle a un grand territoire et qu'il a quantité d'oliviers qui rapportent beaucoup d'huile. et soi- gneusement gardé. maintenant ceux qui y demeurent vivent à cause des courses des comme des religieux. qui fonda sur la partie d'une mer Méditerranée. se jeté sur la et mer. hérétique et premier pontife de Cairavan. des rois de Tunis et des Turcs. et epesses murailles et en la l'en- gros tou- qui est fort bien rem paré. . ils reçoivent tous les estrangers qui y arrivent et leur donnent dans un grand logis tout ce qui leur est nécessaire . Aucuns Arabes bien souvent. 501). La guère peuplée de cité n'est maisons. mais ils tes ny importuns s'y transportent ne se montrent jamais moles- 1 . parce qu'ils les reçoivent bien et les traitent tous également » (Marmol.

s'empara de il Mais. le chevalier de (à cause qu'il n'usoit d'autre monture).ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE i moyen- tions aquerir l'amytié de ces peuples. ce qu'ayant seu. avec reusement feit et un sien contre fils. se banda contre luy avec un exercite de quarante mile hommes. ainsi qu'il alloit lever deniers de son revenu en seigneu- la Mahdi. peuple. contre dre. il fut saisy et détenu prisonnier par le prince de Segel. feit édifier forteresse. avec laquelle une se peut il quand besoin en voudroyent assaillir. l'âne moyennant le secours de trente navires d'un seigneur de Cordouë mahommetan. que nant leur aide rie et suport.postérité jusques à cent trente ans. les ayans mis en route. que El Mahdi abandonna (étant averti de sa venue). le retour au Cairavan. Et luy valut ramparer seroit. Puis se meit à exercer sa et grande tyrannie. distante de la Cairavan par l'espace de quarante journées. pour se retirer en sa nouvelle cité. surnommé qu'un Beiezid prédicateur comme cité.Mahdi rendu messe. Beiezid tue avec un fils. qu'il feit marcher à la volte du Cairavan. et recevoir les Numidie. du Cairavan. dans laquelle. au moyen Cette victoire ainsi heu- vouloir de tous obtenue. meu de compassion. que le peuple conspira contre luy.seut si bien recharger ses ennemys. se faisant appeller el 59 calife. le remit nier du prison prince de Segelmesse. lequel en en liberté. tua Beiezid. depuis. . que. fin. en recompense de quoy l'autre luy pro- cura sa mort Toccit. pour et défen- tous ceux qui le pour ce ce projet. là de quoy où la il sien il gaigna l'amytié du seigneurie demeura à sa .

. possède un grand faubourg appelé Zouila qui renferme les bazars. de l'Espagne et d'autres pays. et ont grandes inimi- avec les Arabes. 4jJ*q». en posa d'El-Mehdiya mer. la ville nom le el-Medhy. excepté du côté occidental. qui.HISTOIRE i6o Depuis fut prinse par les chrétien^. lequel y met un gouverneur sans trop charger d'impositions les habitans. où se trouve d'Obeïd Allah les fondations. notre temps. ils la un ré- . Medhiya i. il laisser entrer chaîne. avec son grand desavantage. ensuite.. mais on luy feit un si doux soudaines canonades. Son port creusé dans le roc est assez vaste pour contenir trente bâtiments ferme au moyen d'une chaîne de une à fer que l'on tend entre deux tours chaque côté de l'entrée du bassin bassin. portes de fer. avec dix vaisseaux.. lesquels ont coutume de trafiquer par mer. les gardes des tours lâchent . pour cette occasion. « La ville de Mehdiya porte La à soixante milles de Cairouan. un pontife elle est et mais roy de souzla puissance du roy de Thunes. de la Sicile. cha- El-Mehdiya renferme les Elle bains entrer le garnies pèse six livres. quand on veut un bout de la . de Syrie. marcher avant de tourner acueil avec les boulets de (comme bien pensoit le il faire) dos. la cité fut puis recouverte par elle Maroc. et maintenant. prince qui.. leur tiés otent tout De moyen de cultiver leurs terres. El-Mehdiya est fréquentée par les vaisseaux d'Alexandrie. suivant les traditions. et le Cecy avint en Tan de Jesuchrist. comte Pierre de Navarre le se hazarda de s'en emparer. mile cinq cens dix neuf sans rien en lieu de qu'il fut contraint de la nativité faire. chaque porte pèse mille quintaux cun des clous dont fait La ville grandes citernes sans compter d'El-Mehdiya a deux et a trente moindre morceau de empans de hauteur. et les logements des habitants de la ville. 1 . elles sont représenté plusieurs animaux. se situées. dans lesquelles on n'a pas bois... Elle est est environnée par l'entrée de la place. les Sur ces portes on a trois cent soixante eaux qui arrivent par des conduits et qui se répandent dans la ville.

les constructions en sont belles. un des ports les plus fréquentés par des navires marchands El-Mehdiya. Roger. pp. de l'empire byzantin et d'autres contrées. de l'Espagne. Le palais d'Obeïd Allah est très grand et se distingue par magnificence de ses corps de logis. en tout temps. El-Mehdiya est dé- fendue par seize tours.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE i6r ASFACHUS. elle lut fondée était le Mehdy Obeïd Allah qui lui donna son nom. CITE Asfachus est une grande dans son état ordinaire. On de citerne.. maisons nettes les au dehors un coup et caravan d'oeil habitants sont généralement beaux et d'autant proprement ' y fabrique des tissus très lins et tiès beaux connus sous de tissus d'El-Mehdiya et dont il se faisait. sur le bord de El-Mehdiya la mer psr le était autrefois putation universelle . L'arsenal situé à la d'Obeïd Allah peut contenir plus de deux cents navires palais deux galeries voûtées.l'Occident. vastes et les approvisionnements de la pluie Le » « marine contre les atteintes du soleil et de (El-Bekry. une exportation considérable. le commerce y a dimi- venant de l'Orient nué. dont huit forment l'ancienne enceinte. les tentatives hostiles des ancienne cité.. La entourée de belles murailles en pierre ville est . du temps par les Africans sur la tablissent et Roums Par cette précaution. les élégantes. 7"!-7)) donne une longue description d'El-Mehdiya chérif Edrissy pelle le pivot roi du qui servent à garantir les agrès et longues. édifiée mer Méditerranée. Le djamè composé de sept nefs est très que et so- beau lidement construit. car ces tissus étaient inimitables sous tous les rapports. On y apportait autrefois des marchandises en quantité et pour des sommes immenses. A l'époque présente. offre d. car on rébonne d'une jouissaient habitants ses et sûr d'y trouver des chalands. plus ravissant que la ville ses offre au les bains dedans et magnifiques. enfin. on était y apportait de tous côtés une grande variété de marchandises. El-Mehdiya et port et l'entrepôt d'Al-Cairawan.. on se garantit contre (chrétiens d'Europe). où réside un gouverneur de la part du grand dit-il. l'eau des puits étant habitants d'El-Mehdiya boivent de l'eau d'un goût désagréable. les lieux de plaisir jolis nombreux. les vêtus. Description de V^Afrique. Le djamé. la et plusieurs autres édifices s'élèvent sur le terrain cour des comptes Ton gagna sur la mer.. la l'est possède et qu'il ap- de l'empire. extrêmement fréquentée par les voyageurs.

223 et suivantes. au som- escalier de cent soixante-six marches. mais maintenant. Cette djanic. « Sfax. ceinte les de treshautes murailles. et y a peu de boutiques. pp. Le plus célèbre de ces éta- de Mahres Boutouïa. une banlieue très étendue. lesquels avec de vaisseaux Turquie et s'en 1 . ni vergers. pour ce que les habitans sont fort maltraités. « le corps de un minaret d'une grande hauteur. prenans du pois- tissiers. plusieurs châteaux forts et quelques ribats situés sur le bord de blissements es: celui qui porte garde de Boutouïa met duquel on est ». à cause de quoy se tiennent tresmal en ordre. et jadis bien habitée. et la Chronique d'Abou Zekeria. n'y sauroyt avoir plus haut de troys il ou quatre cens feus. ville La muraille de possède des bains. 126-127) et . et Barbares. incogneu entre Latins. ni plantations de dattiers partie des mer et elles monde habité d'aussi sont considérées Il comme n'y a du reste ni jar- les fruits y sont apportés en châteaux d'El-Monastir. Masqueray. Alger. tant par les Arabes.HISTOIRE 162 des guerres qu'ils eurent avec Romains. traduite par M. et sont quasi tous ils mariniers ou pescheurs. Sfax entourée d'une belle forêt de dattiers. L'huile que l'on y fabrique est . renferme un grand nombre de bazars.. comme du roy de Thunes. pp. situés à trente milles de distance par » {Description de dation de . Arabes et bezin. dins. des caravansérails.. fermée au moyen de deux portes construites en lames de fer superposées sans l'emploi d'aucun bois. On y arrive par le voit un nom la mer. r. On peut consulter sur la fon- sur l'histoire de cette ville le Voyage du cheikh Et- Tidjany. habilement une des et d'aussi n'en existe pas dans 11 solidement fabriquées curiosités les plus admirables de la ville. 1879. et de pain d'orge nom qu'ils appellent spares. Ils s'en trouve usent quelques- une certaine manière vont trafiquant en Egypte et uns d'entre eux. le Mehdiya V Afrique. { Jà\k Ml ville maritime environnée d'un mur. son en grande quantité. plusieurs mosquées et un Sfax est construite en pierres et en briques.

Description de V Afrique septen- et 50-51). Le port de Sfax est très fréquenté. portes sont revêtues d'épaisses en pierre entoure lames de Au dessus la du ville dont mur sont des tours de construction admirable destinées aux corps de garde. sa prospérité n'est (Edrissy. La : principale production du pays consiste en olives. et déserte. distant de la lieu environ trente six mile. bien qu'elle plus ce qu'elle était autrefois Le port en soit le grand encore roi Roger en 515 de 1 : très peuplée. au Maghreb. c'est nulle part ailleurs. capi- cité.-C). Les plus beaux fruits fer. pour un mithcal. JADIS AU NOMBRE DES GRANDES CITES Cairavan. donner se remettent à flot. CAIRAVAN. plus qu'il n'en faut à Sfax et l'on peut s'en procurer à bon compte. Les habitants sont fiers it par de J. de Sfax suivent habitants cati. ses marchés sont Un mur fort actif. Description de l'Afrique. trionale. la vase. non pour par Hucba. lors de la marée basse. . « Sfax est breux et il une s'y fait ville ancienne et un commerce nom- bien peuplée. cent de lacité de Thunes. niais ils ils surpassent les fabricants les méthodes employées à de cette ville par l'excellence l'abondance de leurs produits » (El-Bekry. p. les le Alexandrie. en sacageant toutes exportée en Egypte. On y pèche beaucoup de grand et d'excellents poissons la pèche a lieu généralement au moyen de filets disposés avec art dans les eaux mortes. d'huile comme somme.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 163 . On y les boit de l'eau des citernes. Cette '-'. en plus importants. en Sicile en Europe et : quelquefois on peut en acheter quarante arrobes. par asseoir les fonde- feit mer Méditerranée. mesure de Cordoue. Dans l'art de fouler les draps et de leur sur puis au reflux. Hutmen pontife mens en un lequel tiers. l'eau tranquille. y sont apportés de Cabis. les navires restent Les négociants y arrivent de tous côtés avec de fortes sommes d'argent qu'ils emploient à l'achat d'huile et d'autres marchandises. noble envoyé de l'Arabie taine des exercites. ( 1 1 1 les ville fut prise > est on y récolte une quantité beau. un des lieux hautains. fut édifiée. pp. autre respect que pour asseurer son armée et trésors qu'il avoyt amassés.

parfaite et reluisante. tant Muse manda de ne venue. retour au Cairavan. auquel il se maintint jusqu'à ce que Qualid calife. diaprées et martelées de petites taches blanches. de couleur rouge. et dans le circuit un grand et merveilleux temple. lequel semblablement s'empara de plusieurs lonné de son heur plus outre. avec une grande armée. eguilce qu'il d'Andologie. tant qu'il luy sembla l'exercite avoir fils assés reposé. fut appelé par Muchavia au gouvernement du domaine. de l'Océan. deux les cités de Barbarie et desquelles drecées auprès la grande chapelle sont d'une hauteur inusitée et incomparable. sa la rivière luy que Muse. et s'appelloitMuse de Nosair. se au bout exercite. feit où Ce qu'ayant entra dans l'eau jusques aux etriés. lequel y étant parvenu. mort de Hutmen.ï6 4 HISTOIRE . Puis l'environna de belles murailles dont la maçonnerie étoit toute de brique. de quatre moys. delegant un capitaine. tirans sur le porphire. après la expédia un capitaine pour marcher à la volte du Cairavan. y séjourna quelques jours. passer feit. meit à route du ponant. passèrent tous . atendant tenant coy sur et cités. arriva avec uny avec là un grand l'autre. et jusques là il fait. la sacageant plusieurs viles à ce qu'il parvint à la rivière et cités. content de ses conquêtes. lequel joint et gloire. Cetuy-cy. nommé Tarich pour son lieutenant en Moritanie. Numidie. fils de Habdul Malic (qui regnoit pour lors en Damas). Puis se pillant. soutenu sur colonnes de marbre.

parvindrent jusques en Castille et prindrent la cité grans trouvèrent de quaires. Et après être arrivé en Alexandrie. < 1 1 la ses La aux étoyt couverte d'or fin. tous les perdre et écarter. où là plusieurs et cette acompaigné soy prinse. assina Armée qui leur Roderic. etoit 165 r 1 voulut sa mauvaise fortune. comme • 1 . et tout au Qualid. qu'il tiroit à la fin.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE deux en Grenade pour aborder desquels roy le \r • • comme îournee. Après table feit la peu de conte. faisant alla où jesuchrist Cène. . cinq jours après. deux autres. suivans leur victoire. s'en consina le car d'oeil à la peurroyent facilement Dequoy Muse. 1 valeur de cinq cens mile ducas. f calife. Muse se meit au d'une partie de l'armée. en Damas. Mais > rompu fut mis en et l'exercite des Gots. extrémités de pierrene. gardée à Tolette. print la route de Cairavan: mais ainsi qu'il étoyt en chemin. les autres retour. ' fuite. qui etoyent dans la de Tolette. fut averty par un frère du pontife. pontife de Damas. lequel.. défaite par v n Quand. en sorte qu'ainsi chargé. veuc ne pouvoit plus longuement contester mort). il marcha vers l'Egypte. estimée a ils reli- Cène avec table sur laquelle Jesuchrist feit la disciples. richesses le trésor de la cité. roy desGots. enrichie et . emportant avec dépouilles et quasi tous les grans tré- sors de l'Espagne. . et cognoissoit à trésors se méprisant ces paroles. . . lettres de rapel luy vindrent de Qualid.. et pour autant qu'il ne se travaillât étant expiré qu'il autrement de s'acheminer (comme on à Damas. et par- venu en Afrique. tellement que les de Roderic. dont. suivant la teneur d'icelles.

Raqqadah dut sa fondation à Ibrahim ben Ahmed. sa place frère et Alors fut fait noit ne plus ne lieutenant Elagleb. les pontifes. qui y séjour. et meit en un autre capitaine nommé Iezul. « fixa fit son cons- . de quoy. fut expulsé par le Mahdi calife et hérétique. Ce prince i. tant que cette famille se trouva pai3iblement jouissante de cette dignité. celuy qui pour lors regnoit. une faisoyt Raqqada. entre les mains en eut été seigneur. la dans les chroniques. Muse dant au pontificat. j e comme ^ il est de Damas amplement $Q du fils et abandon- tarent en Bagaded. le il autre cité qu'il feit fabriquer joignant icelle nomma Recheda 1 . en nombre de peuple. la cité acreut tant en grandeur.HISTOIRE 166 Au moyen rendit l'esprit. dont le fils. Bagaded siège pon! nanj . jusques à tant que la maison de Qualid fut dépouillée de cette dignité. abandonnant la place nommée Kasr Kadim. luy l'Afrique. neveu succédèrent l'un après l'autre. seigneur. recité tellement qu'après cetuy-cy. au gouvernement de la cité. lequel gouver- moins que s'il pour ce que de ce temps-là. jjlïj. par l'espace de cent soisssante ans. à quatre milles de Qaïrouan. mais à la fin du temps. si maison bien qu'elle n'étoyt assez spatieuse pour donner lieu à tous ceux qui y voudroyent bien maintenant habiter ce que voyant . déposa ôtant tout gouvernement de le le frère succé- de son ofice. là où il . seigneurie demeura ainsi d'une lignée à autre successivement. Du temps donques de ces seigneurs de la comme d'Elagleb.

des bains. Et de ce temps là. est une grande mer ses dépendances sont considéi ab. en l'année 30S.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 167 demeurance avec les principaux de sa cour. 47<>)- M. dans sa nouvelle capitale des palais magnifiques ville fut constamment où Ziadet-Allah chiite et une mosquée Bientôt on vit s'élever des marchés. et une qu'elle retient encor à présent. Sa popu- C'était en l'année Cette ville lation déserta ses murs progression rapide. Depuis. dans sa et Enfin. jusqu'au Abdallah. souz la conduite d'un brave et courageux capitaine appelle Ased. s'empara de la Sicile. Description de V %Ajrique septentrionale. . ruine alla toujours en croissant.es. Léon l'Africain Sicilia. des fondouks. subsister dans 1 -S 3 . seurté petite cité. que les jardins » Notices XII. les t. laquelle desseing. il moment armes victorieuses du d*abord Raqqadah pour sa rési- devant les transféra sa cour Mehdiyah. puis les deux trilire iljumi. par le moyen et diligence d'un sien capitaine appelle Halcamar qu'il y envoya. El-Kamah. lequel refraichit de gens et munition la cité d'Helcama". : Storia dei musulmani di 256. mais. de la entièrement tous les édifices et ne extraits des manuscrits de la BibliotJùque du p. échappé à 'la destruction. Cette Abou la résidence de contraint de fut la fuir famille d'Agleb. Obeïd Allah choisit dence habituelle. elle fut assiégée par l'armée. mais le seigneur de Cairavan y contremandaun exerciteplus fort que le premier. a signalé les erreurs historiques de dans son bel ouvrage intitulé 1854. : ville située à On cinq milles y trouve un marché . acompagné d'un grand nombre de sa gens '. et Maad ben Ismayl r. qui vint au secours des Sicilians. à 273 qu'Ibrahim avait jeté les fondements de Raqqadah. une démolir tout ce qui avait fît (El-Bekrv. p. 1. Florence. après la retraite d'ObrîJ A la'n commença à déchoir. dit [bn Djobair. Michel Amari I. en cette bâtit il nomma il tel de son ile nom.isa 2. Et pour rampart et défense d'un de sa personne.

au mois de juin. qui se transportent laquelle ne se trouve fontaine. là tiges et fontaines. fors quelques citernes. que ceux des nombreux domaines de son vaste territoire. il s'y vive. toutefoys. cités cité a été civilité. grain au double. ny grain. d'où est avenu et places neuve cette accrue et augmentée tant en habitans que L'assiete neuse du Cairavan et déserte. et aucunes lée Gueslet. tellement les viles que toyent. en une campagne are- ne produisant arbre. Monaster ou qui sont toutes distantes. trouve certaines conserves antiques. dans lesquelles l'eau de la pluye se vient à egouter. avec des clos de carobes. on n'en y sauroyt trouver une seule goûte. plusieurs aussi bien auprès de cette . et vray est qu'ils dance et amènent des le cité. auprès de laquelle environ douze mile y a une montagne appel- où apparoissent encor quelques vesapparences des édifices romains. en ny puys d'eau Mais au dehors. Les habitants de cette ville sont tous musulmans. qui y sourdent sur icelle. Les Arabes viennent passer l'été qui cause que l'eau enchérit. lesquelles ils bœuf en abon- aportent des cités de mosquées. mais en défaut de est la rivière Mahdia. au Cairavan. ce. il s'en apporte (avec les autres choses nécessaires pour sustenter de sur qui res- de la mer de le corps humain) Susa. par l'espace de cent quarante mile de cette-cy. pour ce que les habitans la font boyre à leurs bêtes.HISTOIRE i68 exercites vindrent se à ocupérent toutes qu'ils unir ensemble. chairs de et dates.

que. dont leur ouvrage se vend aux cités de Numidie. est située de Tunis. qui tut . il y a aussi une journée distance sépare cette ville de extrait deux de et dans une vaste plaine. où etoyt die. Mais.) « La de la même à dont le golfe l'hegire (1516 elle n'est l'est la un A l'orient sel mer de Souça et Au d'El-Mehdiya . Or maintenant depuis le guast que luy donnèrent mais les Arabes. là en deJ.ix et région de « le littoral ». dont les uns sont couroyeurs de peaux d'aigneaux les de chevreaux.-C. deCabes. là où l'on ne et trouve point de draps d'Europe. de sorte que plus grande partie des docteurs d'Afri- la que y ont vaqué aux lettres et prins le degré en ieelle. là où l'étude du droit fut jadis florissante et en singulière recommandation. à Sf. il ne s'en trouve pas un qui ait le moyen de s'entretenir honnêtement. Aux .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 169 Numidie. distantes par l'espace de cent soissante mile de cette-cy. « marais salant d'une pureté remarquable. ils ont été mis du tout au bas et en comme perplexité. de tous ces metiers-là. Jl 3 jâ. La mer orientale est la plus rap] éloignéeque d'une journée de marche. De Caide marc ss. par l'oppression grande mauvais traitement du roy de Thunes en leur engrande droit. Joint aussi. merde la Numi- du roy de Thunes. habitans sont aujourd'huy tous pauvres artisans. ville la ville rouan camp transportant en 1 nord se trouve au sud me vey neuf cens vingt l'an 1. et les autres peletiers. le je de vraiment excellent forêt d'oliviers la la ville est une et nommée l sibkha. ains vivent exerçans iccux assés misérablement et en tresgrande pauet vreté. elle a commencé à être repeuplée. l'on de Cairouan.

il y avait une porte. au Tunis. de l'ouvrage avancé. Aucun négociant voyageur ne pouvait introduire dans Cairouan des marchandises sujettes aux droits sans passer par Sabra. ville. Du loppait en ouvrage deux murs avancé : côté de Sabra le nouveau rempart parallèles et séparés par se déve- un inter- un demi-mille allaient aboutir à ce faubourg. la nord celle de 209 (824-825) Ziadatcette muraille parce que l'an d'Ibrahim l'Agblebite. porte des Fabricants de seaux en cuivre (Bab el-Càllalin). premier les habitants les portes la ville Et-Tonbodi. deux portes les Broderie (Bab et-Tbira%). cette ville était eutourée d'une muraille de briques large de dix coudées que Mohammed ibn Achath ibn el-Ocba el-Khozaï avait fait cons- truire en l'an 144 regarde le (761-762 de J. bonnes dont les et fertiles meilleures sont à l'occident.. El-Moïzz d'El-Mansour. Après 15 de djoumada Ie avaient pris part à du la défaite rebelle. à l'ouest Allah. releva les le les Sanhadjien.-C). Les grains que l'on y sème bonnes années. Avant que les bazars de Cairouan fussent transférés à El Mansouriya. la porte d'Abou r-Rebia et la porte de Sahnoun le jurisconsulte. à travers la première de ces villes.. Cairouan possède maintenant quatorze valle d'environ ni portes : d'abord celles que nous avons des Dattiers (Bab en-Nàkhil). Cette dernière région est appelée Fahs Ed- derara « la banlieue de la source abondante rendent cent pour un dans ». Cairouan a toujours eu les sept malles dont quatre à l'extérieur et trois à l'intérieur. Dans la partie de cette muraille qui sud-ouest. ensuite la porte (Babel- Had il h).. Dans les temps anciens. dans un goufre sur Capes édifiée côtés de autres jadis par les est s'étendent des ville la la terres Romains mer Méditerranée.HISTOIRE ijo CAPES une grande cité. En l'an il contenta de raser se 444 (1052). En révolte d'El-Mansour événement oui eut lieu surnommé le mercredi de l'année susdite (14 septembre 824).. fils fortifications de leur de Badis et petit-fils murailles de Cairouan et leur donna une longueur de vingt-deux mille coudées. les habitants de Cairouan sortirent au devant de Ziadat-Allah et implorèrent sa miséri'' corde. Pour les cnâtier. à l'est les portes d'Abdallah et de Nafé. Au sud-est se trouvait la porte d'Abou r-Rebia. abattit fils de d'Asremet de Selm. une double ligne de boutiques s'étendait la la sans interruption du nord au sud. la la porte porte de nommées Neuve plus haut. De- .

déserte. s'en Le Feskia « Orient « c'e t le : le château du possède quarante-huit bains « En Tan lac. p. aussi au côté bâti par quelquefois disait )j2 (1060) la population de Cairouan fut et la ville resta e d'arca- un ouvrage magnifique. que les dont l'une gens c de V Afrique. au nord du nommé dimension petite la rivière et en amortit il avait y même que en bassin. Cette dernière comptait au temps de : vu de comparable en . qui auprès de soy a mais l'eau est un peu salée.. je n'ai rien l'un c'est le réservoir qui est près Casrel-bahr. circulaire et d'une » (El de Cairouan ville Kl-Cairouan se « al-Cairouan propi du gouvernement bains dont la et on y plupart se trou- reste était destiné au dépourvue d'habitants public. ble d'une forteresse. jourd'hui elle « J'ai porte de Tunis la ville remar- et l'autre deRaccada. était était le sie . qui la rapidité. deux choses auxquelles Ifrikia un château est tour oc- les autres vient aboutir d'une construction admirable.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 171 ceinte de treshautes et anciennes murailles. Description de l'Afrique septentrionale. Obeïd Allah « Il grandeur énorme. l'occident. pp. tous les dépôts de marchandises et toutes les fabriques. ensem- un fleuve. la était ruinée. Allah. Lorsque le chérit" Edrissy écrivait sa Géographie. Cette cité est fort diminuée en honnêteté etcivilité depuis qu'elle fut sacagée puis la porte d'Abou r-Rebia jusqu'au djamè. afin d'assurer aux habitants une provision d'eau. Au milieu s'élève une de fils togone couronnée d'un pavillon à quatre portes. > Au- (Discriplion . D'une extrémité à l'autre. t sa prospérité trois cents 1 totalement ruinée 30). Ce Hicham fut ibn AbJ el-Melik (le khalife Omiiade)qui donna En dehors de la ville de Hicham et d'autres l'ordre d'installer de cette façon le bazar de Cairouan. Une longue sér des cintrées dont les unes sont posées sur A méridional de ce bassin. quinze réservoirs bâtis par l'ordre se trouvent princes.e vaient dans les maisons particulières. est de trouve un autre de el-Fcskia « le réservoir ». l'autre laissa villes. Mohammed l'Aghlebite. on n'y lui Ziadat- eaux de reçoit les Bekry. cette rue avait une longueur de deux milles moins un deux tiers et elle tiers et depuis le djamé jusqu'à la porte de Tunis de mille. elle était couverte d'un toit renfermait. Le plus grand et le plus utile de ces bassins est situé auprès delà porte de Tunis et doit sa construction à forme Abou Ibrahim Ahmed.» Cairouan emmenée les et le en captivité plus pauvres consacre que peu de lignes Sabra. 61-68). Immédiatement. à elle seule. de dans la ne il composait autrefois de deux dite.

sinon un s'en aller là. undjamê magnifique et un grand nombre de bains. Ils disent « Point de sommeil. Les de sa soie environs de . de la gros- seur d'un refort. bazars. qui sont par trop foulés du roy de Thunes et des Arabes 1 . La source qui nourrit tous ces ruisseaux jaillit d'une montagne située au sud-ouest de la ville et va se décharger dans la mer de Cabes. pierres et grande ceinte par ville une muraille de grosses de construction antique.HISTOIRE 172 par les Arabes. caravansérails. la grande quan- pas de garde. Cabesa trois portes. là où il y mais tité. point de repos avant de voir Cabes et son minaret. La population se Cette vilie abonde en fruits de toute espèce compose d'Arabes et et d'Afarics. plusieuis faubourgs. car dès cette heure bandonnèrent pour campagne. car il pourrit ne produit ce terroir autre chose. aussi fournit-elle une grande variété de fruits à la ville de Cairouan. qu'ils succent. » La rade de Cabes reçoit des navires : « . dans un de leurs chants. Le tout est entouré d'un long fossé que l'on peut inonder en cas de besoin et rendre infranchissable. qui se nourrit souz terre. les faubourgs sont à 1 est et au sud de la ville. elle est la même la seule ville de l'Ifrikia place. La canne à sucre y donne des produits abondants. à cause qu'il est doux comme amandes. toutefois beaucoup s'en faut. Les habitans sont noirs. qu'il ne soit tant nutritif et profitable. du goût desquelles il tient quelque peu. Les mûriers y sont très nombreux et chacun de ces arbres nourrit plus de vers à soie que n'en feraient cinq mûriers dans tout autre pays. « i. Les chameliers qui se rendent de l'Egypte en Ifrikiya mentionnent. ^jlâ. surtout en bananes. et pauvres laboureurs ou pescheurs. Cabes. et par les Arabes est appelle habb haziz. et fruit. possède une forte citadelle. Ce fruit est quasi commun par tout le royaume de Thunes. Cabes se distingue par la beauté et la finesse qui en produise. jusqu'à la distance de quatre milles offrent une suite de jardins plantés de dattiers et arrosées par des eaux courantes. les habitans l'a- résidence à faire a des datiers en le fruit n'est incontinent. le haut minaret de Cabes.

distance d'un jet de flèche » . dans du reflux La marée et la où petite les on n'y est pas à l'abri des vents. rivière de Cabis où l'on éprouve Les l'ac- bâtiments d'un faible tonnage peuvent s'y lait sentir jusqu'à la (Edrissy. (El-Bekry. 45). âpre et territoire le les ne produisant autre chose que palmes. Les maisons habitans pauvres et larrons. l'espace entre la lisière mer étant occupé par des sables contigus d'un compose d'une réunion de vergers. et rués fruit de toutes peu savoureux. et ceinte de murailles. 123). dont la maçonnerie est de pierre de taille fort grosse. On fabriquait autrefois debelles étoffes de soie danscette mais aujourd'hui une des principales industries consiste dans ville. très solide et d'oliviers. Cabis est une k ville considérable. Elle est ceinte d"un la pré- paration des cuirs destinés à l'exportation.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 173 EL-HAMMA El-Hamma une ancienne cité édifiée par les Romains. p. de vignes bois se étant l'objet d'un grand commerce. mémur de n'en trouve nulle part ailleurs. car navire tion du jettent l'ancre flux et mouiller.. Prés de les parties du monde » environ un la cité. Ses bazars offrent une grande diversité de marchandises. Le port de Cabis est très mauvais. Description de l'Afrique sep- tentrionale. bien peuplée. et d'oliviers. entourée d'un véritable bois de vergers qui se succèdent sans interruption et en abondance. La distance de Cabis à la mer es: de et la six milles du côté du nord. est avec ce qu'on y voit jusques à présent des tableaux de marbre sur les portes où sont gravées des lettres. Description de l'Afrique. On y trouve du bois de Cabis mille d'étendue.. Ce L'huile aussi des palmiers qui pr< - duisent des dattes d'une bonté et d'une douceur aa dessus de tout éloge. p. un sont sottement disposées. enrichie de beaux entaillés. qui produisent des de terres cultivées et entourée d'un fossé.. jetans aride. de palmiers. distante de Capes environ quinze mile. fruits comme on tairies..

il faut pour boire le matin. laissant comme toujours je l'ay une certaine envie d'en moy même vant par plusieurs foys l'heure je ne sovt 1. qui s'y veulent hazarder laissent d'en boire. Cette eau a odeur de soufre. sur le rivage d iceluy. lesquels avec le temps retournent en santé.L». tellement qu'elle peut arriver jusques au nombril de ceux qui rentrent. . âj-l ou à. dit-il. sourd une grosse fontaine treschaude. dans la relation de son voyage. les habitans ne la puisent le pour contraire. la cité. El-Bekry se contente de citer le nomd'El- Hamma. et Du qu'ils ainsi coté de tramontane. . Neantmoins. me boire.U-1. àJaUja* 4. dans lesquels à quelques édifices. arrêtâmes aux eaux thermales appelées Hammet Methmatha. . qui prend son cours par grans canals. le soir l'eau quevoulans faire. encor que pour trouvasse altéré en sorte que ce ' El-Hamma.HISTOIRE 174 mile devers midy. Le cheikh Et-Tidjany nous fournit quelques détails sur la ville d'El« Ce jour-là. pour ce qu'il a vertu et propriété de faire recouvre : santé 1 4 ceux q U j sont entachés de la lèpre. . dont le pavé est le fond du canal. et solider les t playes. expérimenté en beu- d'icelle. la et traversant dessouz terre y a comme chambres séparées les unes des autres. par où l'eau s'écoule. auquel forme un lac qui s'appelle le lac des la elle Lépreux. cette eau s'écoule toute en un lieu. mais il s'en trouve bien peu. . ce Venu admirable lac à guérir dun de la lèpre et solvder les la es pour trop âpre chaleur. demeure une . nous nous Hamma.. hors cité. infinité de ladres. . . Au moyen de quoy.

d'où langue (qui la est atri- de cane) leur est a tous particulière. le En général. et habité par quelques tis- de draps de laine. Un rempart élevé entoureville. entre lesquels se trouvent siers plusieurs mariniers et pescheurs. demeure habituelle du gouverneur delà en profusion dans Ces remparts. nos J'ai \u en visitant les rest remparts sont très à donner kasba. les habitants mettent plus d'élévation tion • . expressément fabriqué. la pour laquelle défendre des navires ennemyes. Je vis là les la app. ré pe!ée une ville capitale Toutes les uns avec les qu'ils n'ont terres ny pos- Touzer Hammet-el- faut pas confondre avec celles de Behalil. la igantesques De nombreux canaux amènent des eaux qui se réunissent dans u de bain. distant de fut Gerbo. Et qu'il ne gés de fruits. je deman- signifie la dai aux habitants me pourquoi ils ne répondirent-ils.-lées entourée d'une forêt de dattiers char- eaux de ce pays sont saumâtres. C'est cause à de chaleur de certaines d'entre elles que cette localité a été ap- El-Hamet. Les constructions qui sont en dehors de hautes. ayant remarqué qu'en certains endroits il s'était écroulé.. qui ont grande pratique en cette ile. la chaude. ne sont point le faisaient pas réparer ce sont nos sabres. : une défense pour nous.e • struction > . kasba. en- l'ile viron cinquante mile. CHATEAU Macres un château est de notre temps sur édifié par les Africans bouche du goufre de Cabes. aujourd'h pièce en forme de la ii. d'une belle . Ce mot El-Hamet dans la langue régulière proprement une iource d'eau chaude.ET DESCRIPTION DE L'AFRIC 175 MACRES. salle ville. vrais la cité un certain amour propre possible à leurs bâtisses.. qu'ils ont pour autant autres. toit y est ruines. à raison continue fréquentation.

construction à Ibn el-Aghleb. Les habitants d'El-Mahras sont des gens de Houara. a la signification de six mahres élevées sur mentionné par ancien château fort extrêmement élevé. Le mot Mahras. El-Mahras. U Afrique. toute plaine et sablonneuse.HISTOIRE 176 sessions (hors mis les tissiers) au moins vie niers mal gaignent leur ils peuvent à qu'ils mari- être 1 . Leshabitans n'ont ni terres labourables. à de prendre Houara qui. mais tisserans qui font de la toile et des sayes à la gue africaine des Bérébères principal trafic et dont mol. p. 81). ni troupeaux et sont de pauvres pescheurs niers qui vont en course avec les vaisseaux turcs. Les habitants des divers châteaux voisins viennent se réfugier dans cette place traints forte. tifiée destinée donne les Mahras poste militaire. les châteaux connus sous coustume de ravager toute les garder des pirates chres- cette coste. Le cheikh Et-Tidjany ajoute : « Notre étape ancien château fort extrêmement élevé. isles il Ils y ou mari- a quelques parlent ne sont éloignez que de dix-huit lieues 5 36). Les habitants des divers châteaux voisins viennent se réfugier dane cette place forte à l'approche de leurs ennemis et quand ils sont contraints de prendre les armes. précédemment habitaient Kossour Béni Khiar» (Voyage. GERBO. t... ILE Gerbo une est ile prochaine de terre ferme.. De Mahara\. le en attribue la est dit-il. l'approche de leurs ennemis et quand ils sont conLes habitants d'El-Mahress sont des gens de les armes. un construction à Ibn El-Aghleb. enceinte for- surtout à repousser les attaques des infidèles. On se termina en attribue la à El-Mahress. la cheikh Et-Tidjany. de C'est une place forte bastie depuis peu par les rois de « Tunis à l'embouchure du golfe de Capez pour tiens qui avoient nom le p. au reste. comme ceux des moresque.. ils II. On Ce côte de la Tripolitaine. la lan- de Gelves où est leur » (Mar- . El-Bekry nous noms de est ^j^. garnie d'une infi- i .

et la chair encor n'y est à guère meilleur pris. voire qu'avec si grand labeur soin qu'on et puisse mettre à l'arrouser avec l'eau de quelques puys profons. lesquels ensemble île l'île facture et trafique des draps de laine (au le raisin sec. de Thunes. olives et autres fruits. cette Mais ceux de dans ils portent ven- la cité de Thunes a environ cinquante ans que fut assaillie par une armée de chrétiens. qui roy J * le elle fut re- chrcticns la feit rehabiter. tellement qu'il se trouve à force hameaux. dates. joint aussi. à grande dificulté y sauroit-on faire croître un peu une grande d'orge. Mores et Turcs. ou d'Alexandrie. qui Il la print et sacagea. dont se vend ordinairement six ducats. fut édifiée la forteresse Gerbo. là ferme s'y transportent avec leur bétail. auquel fort sur la le seigneur avec sa famille fait résidence. la la plus grand' partie). \2 car le ' les reco "- verte par le roy de Thunes. Le terroir est une maison. et contient de circuit environ dix En chacune de huit mile. vportans des laines en grande quantité. en un instant. mais peu qui ayent plusieurs maisons ensemble. . que plusieurs Arabes de terre vilage. comme chrétiens. à cause que tous les habitans de l'île s'y assemblent. vivent de moins dre. ce qui cause tousjours cherté en ces lieux-là quant au grain. Là y a un mer. ces possessions est bâtie une famille à part. couverte par r y mais. et là habite maigre.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 177 nité de possessions de vignes. et s'y fait toutes les semaines un marché que l'on prendrait quasi pour une foire. et le setier quelque foys plus. _ et alors III. prinsepar susnommée. figues. et tout auprès d'iceluy un gros y a où logent les marchans étrangers.

les habitans rompirent le pont qui venoyt de terre ferme sur leur ile. le gouverneurs. mais peu experir . la pour la- quelle maintenir en seurté. souz la conduite d'un y capitaine. il vint prendre terre bien loin au-dessus. . vint à s'emparer de la seigneurie de cette sorte qu'elle est toujours demeurée ile. mente et pour le peu de cognoissance qu il avoyt du lieu. lesquels y habitoyent qui y ordonnoit juges et mort du roy Hutmen. si Armée de Ferdinand.HISTOIRE 178 passé. duc d'Albe. à cause des grandes trafiques qui s'y font par les marchans belle qu'en alexandrins. Joint moyen de quoy. le frère l'autre. Mais par amoin- successeurs étans dris de forces. Ferdinand. sans grande dificulté.. envoya une grosse armée. octante mile dobles. roy d'Espagne. et se retire tant en ga- douane. . turcs et Mais ceux qui thunisiens. . plus de dix seigneurs y ont été tués. repoussée par habitans de Gerbo - les nie pour avoir seul le le fils tue le gouvernement. qu'ils craignoyent d'être surprins par armée terrestre. cette ile se remit en liberté. aussi. usent entre eux de grandes trahysons. qui étoyt le . Depuis peu de temps. là où étant bravement repoussé 5 . tellement que père. l'un saires.. jouyssent maintenant du domaine. en un certain endroit. qu'en moins de quinze ans. les souz par deux roy de Thunes. roy d'Espagne. cette il n'y avoit sinon ile. il en entre les mains des siens jusques à présent. hameaux dans vilages et estant continuellement gardée chefs. au quelque Tandis que ces choses passoyent des chefs tua tous ses principaux adver- ainsi.

valier rodien. aussi ned it-on pas pent une étendue fonds) à L'Ile île fen- qu'ils droyent par an six mile dobles au vice-roy de aux de cinquante milles dans s'y fier. Charles empereur y un autre 79 avec l'armée en passer encor feit charge d'un che- de l'ordre Saint-Jean de Messine. la les soldats baissée. l en paix communique avec « hérétiques ». « On moyen demeurèrent Marmol donne Djerbaest une y trouve de moyen d'un bac sont perfides et l'or et et la de Djcrba le nom . acompagner son dessein d'une telle sagesse que les Mores se rendirent par com- lequel seut ruze et position. deur à déléguèrent un ambassa- Caesarée Majesté laquelle la chapitres arrêter. les soldats uns furent par les vement poursuivis le les chevaliers vi- et le reste se retira exercite. et de pour iceluy fait. que et l'aborder des navires. COtltin le l'extrémité orientale des bas-fonds. çà et passèrent par et prins. Ses habitants méchants. et ment. s'étend un édifice de construction antique que casir (basl'i n nomme . que fuyans là à vau de route. habitée par des Berbers Kharedjites en qua marque I : Sicile. de Gelves. conduit souz la la écartés. pour l'extrême leur. ce qui travailla tant gendaimerie. mile de grève découverte. fil de l'epée. Et pour autant qu'à ses gens retournans ardente soif mer étoyt comble. et souscrit ordonnant par ce et i. s'obligeans de rendre certain tribut. la Les bas-fonds occu- mer. Entre le mer. et que de l'escarmouche. les vaisseaux toyent âpre cha- et enduroyenc.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE r même- par les Mores. capitulations. fut contraint de se retirer. l'eau étoit pour ne demeurer à sec s'é- tellement qu'il yavoit plus de quatre retirés. les autres Depuis. Sicile.

édifiée par les Africans. vingt milles. Joint aussi que leurs terres ne sont bon- nes à ensemencer. n'ayant autre moyen pour gaigner leur chaux vie qu'à faire la à et la craye qu'ils transportent Tripoly. dit le chérif Edrissy. De de quinze milles. Les habitants se soumirent d'abord et restèrent tranquilles jusqu'en l'an 548 fin (1 1 59). est peuplée de Berbers.s Antidjan » (Description de l'Afrique. mer Méditerranée. époque à laquelle voya une nouvelle ils secouèrent flotte. Le nom de soixante milles cette extrémité de et sa l'île à la terre ferme.0. p. p. et outre ce. de l'est à l'ouest. dit Kayser et et a une paru . L'île fut le joug. Le grand roi Roger vers la de l'année 529 (1135) équipa une flotte qui s'empara de cette île. qui a été traduite par Exiga Tunis en 1884. « L'île de Djerba. Roger pour les punir y en- de nouveau conquise et ses habitants fu- rent réduits en esclavage et transportés à la ville. que l'on a donné à ce côté plus court de Carin. ET LEPEDE. On trouve dans Zerkechv par les Catalans au mois de la relation d'une attaque infructueuse tentée juillet 1432. Description de l'Afrique septentrionale. 198). habitée de nécessiteux. Mohammed Abou histoire de à l'île Ras ben Ahmed En-Nasri a écrit une description de Djerba. que ne voulant recevoir le et hypocrite et qui ne berber. d'un caractère mauvais parlent d'autre langue ter. L'expédition malheureuse dirigée contre Djerba eut lieu au mois d'août 15. le côté occidental de beaucoup plus large se nomme l'île de on compte l'île est Rr. ils sont toujours en Casir el-Beit « l'écueil du pavillon » (El-Bekry. Ils sont toujours disposés à se révol- la loi de personne. CITE est une petite cité. ceinte de basses et gens fort indigens et foibles murailles. environ Zoara sur la cinquante mile devers levant. généra- lement bruns de couleur. La longueur de Djerba largeur du côté oriental est est. 151).HISTOIRE i8o ZOARA. distante de Gerbo.

les avec hautes murailles.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 181 crainte d'être assaillis par les corsaires chrétiens. et de elle fut Tripoly . ê jjlj. Cette ville a été fondée par les où l'on aborcommerce. ils viennent d'échapper à un grand danger la Primaudaie. Moula Ahmed qui ne riche et très fréquentée par les marchands. dit-il. deux foys démolie. maçonnées de grosses pier- mais res. et mêmement Cette depuis encor fondée par fut cité prinse de Tripoly. Ce mais lieu. d.. Les caravanes évitent soigneusement cette ville sur la coste de Gelves du costé du levant. Quand s. fut édifiée Zaoura.us sont misérables village » Lebda. Jjj. Paris. L'Afrique. est la (Marmcl. des la première fois depuis. comme 561). Ptolomée luy donne quarente et un devrez quinze minutes de longitude et trente et un degrés trente mi- Africains et estoit autrefois fort peuplée à cause d'un port doit de tous les costez pour le nutes de latitude par la et nomme la Occuba avec Tripoli Posidone. c'était de ville domina- la bien peuplée. De Zaorat à dix-sept dans la monde. n'est s'il siècles une ce géographe. ou. elles se tiennent continuellement sur leurs ï gardes. de saisir les les dépouiller réussi à la traverser sans accident. de peur qu'on ne leur enlève du M. Au rapport ai . ses ruines 1 fait d'ail- Et-Tidjany vante l'eau de Zaoura qui est d'une douceur remarquable et les palmiers de son oasis très élevés et très droits. par littoral de la 150). la Les Turcs chargent de tant ce n'est plus que II. Elle est fermée la chaux à la pesche habitée de pauvres gens qui font de vendre à Tripoli ou qui s'adonnent vaisseaux turcs. de de et vendre aux chrétiens. « C'est une petite lieues de méchantes murailles de les oasis. parle assez peu il On toujours été mal famé. la Romains. leurs comme l'appelle le cheikh «Zaoura el-Kbira ou Koutin. mais. Romains. province de Tripoli. p. Elle est située . p. « Leptis magna » et t. reproche aux gens qui voyageurs au passage. Elle et l'a esté fut encore plusieurs ruinée possèdent aujourd'hui et les gouverneurs de Tripoli d'imposts. sont obligées d'y passer. bourgade de elle avait tion même qu'Ou'ou' grande la D jenzour et une certaine importance dans musulmane. i. félicitent se » (Le les pèlerins comme l'isle et du piastre et vont en course avec et qu'ils portent les ont des gens qui Tripolitaine. que répéter ce qu'avait dit avant lui El-Bekry faut en croire premiers les qu'une et la petite. a meurent de avantageusement de ses habitants. que un meschant les habit . Et-Tidjany qui distingue deux Zaoura.

p.est de cons- Aux truction antique en pierre et en chaux. Elle doit sa fondation du pays rapportent aux Ro- qu'elle fut autrefois fort peuplée que l'Europe y faisoit grand trafic. puis enfin le la fuite à la la cité volte de Car- fut sacagée.HISTOIRE i82 TRIPOLY L ANCIENNE Tripoly l'ancienne fut édifiée par depuis par les Gots subjuguée. « Le château deLebda. comme gne Ibnu Rachich. partie des habitans occis. monuments environs sont plusieurs beaux des temps anciens et beaucoup de ruines. qui furent menés en Egypte et Arabie. Ce château a pour habitants une troupe d'environ mille cavaliers arabes qui sont toujours en guerre avec les Berbères du voisinage (Description de l'Afrique septen- » trionale. les finablement réduite second. Elle fut détruit. puissance de calife mahommetans. p. . et partie détenus prisonniers. 96). Elle fut au calife de Carvan jusqu"à ce que une autre armée d'Arabes passant en Afrique contre le rebelle qui avoit fait soulever cette place. 561). On lui fort donne divers noms et place à quarente degrez trente minutes de longitude et trente un degrez quarente minutes de mains la la une ancienne de grandes pierres de historiens latitude. quoi-qu'on voye encore quelques restes de ses anciens bastimens » (Marmol. L'Afrique. II. lesquels tindrent Gots par l'espace de tage. dit El Bekry. la ruina entièrement et de ses ruines bastit la ville de Tripoli. t. De Lepide. « C'est hautes et basties Ptolomée et et et les ville fermée de bonnes murailles taille. et de quoy le duc des assiégé. historien le témoi- african. souz la Homar. par l'armée d'Occuba fois que les successeurs de Mahomet passèrent en Afrique et première se repeupla depuis. du temps de moys six contraignirent de prendre Au moyen Romains. entre Tripoli et Cherous.

par laps de temps cours d'années. en la- quelle y a plusieurs datiers. qui il se void sont devers levant et lieux-là. elles furent couvertes par l'heurt des flots comme continuels. ils disent . Les maisons sont magni- comparaison de fiques. pour ce que toutes les comme sont en arène. Il ne s'y trouve aucun puys. de sorte que dans la mer en nir jusques à ne sont guères profonds ces si quelqu'un venoyt à entrer ces endroits. que la mer Méditerranée ment que se jeté sur le tiles. sont tous baignés en eau. lesquels minoyent toujours aux plages de Monestier. Par ce moyen. murailles. qui il y avoit une s'avançoyent bien fort tramontane. File de Gerbo. grande étendue de envers et la midy. principalement de tissiers de toiles. Feau ne luv saurovt ve- la ceinture. située en ruine de hautes et belles et ceinte une plaine sablonneuse. Asfacos. tans de ce pais. Capes. et d'autres cités. Mahdia. â blablement de Thunes. celles ordonnées les places et et sem- députées pour divers métiers et ars. mais que. et y est toujours grain fort le campagnes de Tripoly celles de Numidie. mais seulement des citernes. à cause cher. après la de l'ancienne Tripoly. ny fontaine.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 183 TRïPOLY DE BARBAIUE TRESBELLE ET GRANDE CITE Tripoly fut édifiée par les Africans. lieux qui devroyent être gras les et telleet fer- disent les habi- qu'anciennement terres.

les ans. ils s'adonnent fort à trafiquer. roy de Fez. on l'a tou- jours retirée devers le midy.HISTOIRE i8 4 que qui sont ainsi etoufés. continuel miner de le l'eau. les vivres qui se portent dans la cité ne sont quasi un jour seulement. et pour le trafiques avec les avec ceux qui s'y marchans transportent tous respet de ces vaisseaux. par la mer. pour ce que vile. contraignant le roy de gaigner et prendre les desers des Arabes pour seureté. Cette cité a toujours été souz le domaine du roy de Thunes. Tripoly se révolta et se maintint en cette . sous les en cette les voyent des maisons se ondes. ont été puis na- les lieux guéres couvers de d'opinion que mais que. qui est du bezin d'orge. viande fort et édifices Il Les habitans usent d'une et étrangers. la cité tirât Ils sont semblablement plus en sus tramontane. à cause que prochaine de Numidie et de Thunes. les- quels demenoyent grans de Tripoly. pauvres cachés y eut autrefois plusieurs temples quelques coleges et hôpitaux pour loger cité. Et souloyent autrefois les navires des Veniciens y aborder. qui est encor prochainede Malte et Sicile. vint camper devant Thunes. que cette-cy. mais Abulhasen ayant été rompu. païsan qui peut épargner un setier sufisans pour la tenir fournie est estimé riche le . le roy de et son armée dé- Thunes retourna en son domaine. et disent qu'à présent mêmes. faite. fors du temps qu'Abulhasen. Toutefoys. sans la cité est qu'il s'en trouve d'autre jusques en Alexandrie. Neantmoins. de grain ou deux pour sa provision.

tellement que le lieutenant. qui fut tué avec un sien le Tripoiy de Barbarie. et fut pris le prisonnier à Fez. feit fut mis en moyennant un avec païs.- Fez. dont la perte tourna du coté du roy de Thunes. qui la souz tint jusques au temps du prince Abubacr. de leur donner cin- quante mile ducatz. tellement que les deux armées furent contraintes à se tâter et donner le choc. liberté par Depuis Abuselim. et mené roy la cité. jusques à tant rébellion qu'Abulhenan. . pa- puis s'en re- Tripolv retourna gouvernement du roy de Thunes. batuëetsacagéepar les Genevoys. qu'il tourna en ses la cité. chose étoyt passée. incontinent au roy de Fez. t feit semblablement mar- •* cher son armée contre Abulhabbes. qui le le nommé roy de Thunes. lui. roy de Thunes. sacngée. et les habitans détenus prisonniers. vint affronter. lequel s'enfuyt à Constantine. il Genevois. étoyt falsifiée. fils de Hutmen. > •• prinse. lesquels ayans receus. roi d. acord avec la Au moyen de quoy. ouvrit les portes de de Thunes. que le peuple se sentant trop foible. ils s'aperceurent. la d'où étans de- moitié des deniers roy de Thunes de Fez. le 'tenant de si court. qui étoyt dans à la prinse d'icelle.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 185 par l'espace de cinq ans. rov de Fez. pour suporterune telle charge. roy de anpar s l ' AU !f Abulhenan. récrit comme la feit les cité. là où le roy de Fez l'ala assiéger. Tripoly fut assiegée par une armée de vingt naves genevoises. dans la forte- Ce temps pendant. et -i l j 11 11 r combatuesi brusquement et de telle sorte qu elle lut resse de Sebta. Pareillement. Abuiiwbbes. délivrèrent les prisonniers. comme le roi rentage et alliance. abandonnant partis.

mettant entre ses mains tous les revenus et trésors publics. peu de temps commença si r . au bonnes mœurs moyen de quoy et il vertus en vicieuse donna ocasion à un sien cousin. Mais le roy de Thunes se voulant venger de rébellion. par la suasion et enhortement de Iachia. puis enfin il fut tué en une bataille feit par Habdul Mumen. Mucamen. Or la y envoya avint que le feit à la suasion écarter l'armée seigneur de Tripoly. telle- ment que ne pouvant plus comporter sigrandes extorgouverneur et tous les officiers royaux. et fut réduite encor Tripoly souz sa puissance. et resentir de l'injure à luy faite. Mucamen. qui fut souz la conduite d'un sien lieute- empoisonné par des Arabes. fils si Thunes eleurent pour . qui s'empara du royaume. roy de Thunes. duquel qu'il vequit. . peu de temps après. nant. son cousin.HISTOIRE 186 fils en la forteresse de Tripoly. cousin de Zacarie. délaissé Lors j par ses subjets. lequel se voyant en en fils de peste et mourut. de le priver de vie. qui. fut frapé citoyens et peuple de les eur r0 „ jouyssant tandis . chassèrent le ble. si haute dignité. tort avance et à s'enorgueillir et tyranniser. opressant les habitans de Tripoly. lequel se roy de Thunes. son neveu mêmes. et se montra envers les habitans assés traitasions. lesquels par quelque temps il gouverna. un gros exercite. (qui s'etoit plus étudié à resembler bon que de l'être) changea ses tyrannie. des principaux de Tripoly. et lui fut paisiblement il succéda Zacarie. de Iachia. elisans pour leur seigneur un citoyen de la vile. Alors le peuple inr . ce qui deçà et delà. de Hesen.

Palerme. jusques d'Espagne. de laquelle feit il comte Pierre de Navarre. « Atrabolos. langue copte.L>l royaume de Thunes solidement ib qui attire habillés remarque . qu'il fut contraint à cour du la 187 prendre possession de seigneurie. des bazars très fréquentés Chi On et y voit aussi une mosquée appelée beaucoup de visiteurs.t mer. fut mené à Messine. faisant prisonniers tous les habitans. de leur liberté. djami Je belle architecture. le comte Pierre de Navarre.'1 Elle bâtie. l'an commencé de faire peupler de l'In- comme il seigneur de Tripoly a carnation. feirent retour à Tripoly.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE portuna tant un hermite (lequel avoit nourry été à prince Abubacr).. là où il demeura capitaine le . print le lendemain la cité d'emblée. dont la ils le re- queroyent tresinstamment. 11 la cité. avec un sien cousin. vray que château fut le fortifié comme nous et artillerie. Voilà tout ce qui se peut dire de toutes les cités du 1. (Tripoli). y feit à ce la gouverna par que Ferdinand. dont. qui étant abordé un soir. 1 les Berbers. Aux environs de la comme . . ville située sur le bord de la entourée d'une muraille de pierre d'excellents bains.. ribals habités par des On gens qui se Tripoly prinse d'em- ée P ar JJ. Tripoli un grand nombre mais parlant d i. roy passer son armée. par propre volonté. tant que. mais le est de grosses murailles avons vcu en m'a depuis été acertené. nom au de la Cxsarée Majesté. est renferme un un grand nombre la mosquée d'Eson voit des ville. puis a et là fut re- Charles empereur. Le seigneur. longtemps en mis en captivité. . quelque temps. 'Ll . mile cinq cens dix huit. qui fut ils puis après ruinée et démolie par les chrétiens. que non par envie aucune qu'il eût de dominer). obtempérant à leurs requêtes (plus par importunité.

cent grains pour un. affaiblissent homme pas vous blâmer. Descripbidjin qui étant De là vient : tion de V Afrique septentrionale. raison la de celui qui en boit. à ce qu'ils prétendent. Roger prit cette en actuellement possesseur et est ville et fit périr ou réduisit En 540 en esclavage elle fait partie les planta- (1145). de dattiers et de toutes sortes d'arbres à fruits. des des entrepôts de marchandises destinés à être exportés au loin.-C). puisque ses eaux. forte entourée d'une muraille en pierre. se conduit car vous ils lui disent : Quand un On ne doit avez bu au puits d'Abou-Kenoud. mais les Arabes ont détruit cette prospérité. « Dans les dépendances de Tripoli s z trouve une plaine appelée Sou- nommé Bir el-Cobba «le puits de leure eau ensemencée rend. d'une manière inconvenante. est la Tintérieur de la ville est le Bir Jîbi-l-Kenoud. les habitants de la campagne ont été obligés de l'abandonner. On voit quelques beaux jardins à l'est de la ville qui touche aussi à une vaste sibkba d'où l'on extrait beaucoup de sel. située ses édifices sont d'une blancheur remarquable et la y a des bazars solidement construits. extrêmement bien cul- d'oliviers. Dans livrent à la dévotion. Le puits la Coupole » est celui qui donne la meilLe mur qui couvre Tripoli du côté de la mer fut construit par Herthema ibn Aïen à l'époque où il était gouverneur de Cairouan (179 de l'hégire. Le territoire . 23-25). tous ses environs étaient tivés et couverts de plantations de figuiers. en certaines années.HISTOIRE MONTAGNES DE TOUT LE DOMAINE DE BUGGIE Peu s'en faut que tout le pourpris du domaine de Buggie ne soyt du tout plein de montagnes hautes Le plus fréquenté et le plus renommé de ces édifices mosquée d'Es-Chiab. « Tripoli est une sur le bord de la ville est . les cours d'eau arrêtés. tions ont été ravagées. un dicton des Tripolitains La plaine de Soubidjiù produit en une année de quoi suffire pour plusieurs années » (El-Bekry. il actuelle. Le port de la ville est abrité contre presque Tripoli est une ville où les fruits et les vivres se trouvent tous les vents en grande abondance. le grand roi les habitants. 795-796 deJ. pp. « le puits d'Aboul-Kenoud » qui a fourni aux Tripolitains un terme de reproche. coupée de fabriques et ville mer Avant l'époque belles rues. il de ses États.

s'en rendit maître en l'année 22 fît de l'hégire abattre les remparts. et portent quasi tretous une comme croix rouge sur la joue. nous avons cy-dessus. p. ancrés les uns gnés dans une écurie» (Voyage du r à Les navires mouillent coté des autres. mieux et ali- cheikh Et-Tidjany. beufs chèvres en grande quantité. tagnes. gouverneur de la province d'Ifrikia. ayant tousjours main- et tenu leur mêmement liberté. depuis queBuggie fut prinse par les chrétiens. qui point autrefois. Je remarquai dans lequel sont icelles. . qui tiennent chevaux. qu'on appelle Zarara se trouvent de la ville tout « le mines de de Tripoli est d'une monde Xulle part je n de quoy elles traversent ville comme incomparable en céréales fertilité 143). et du coté de la mer en 180 de l'hégire. tri des chevaux ali- PP. /'"'v. autre ouvrage de défense appelée Es-Settara. Le port de Tripoli de terre et res est vaste et très sûr. riches. Les Tripolitains ont entrepris depuis quelque temps un pénible travail. de toute antiquité. qui furent plus tard relevés Amr : du côté de ibn el-Assi la terre en Abd er-Rahman ben Habib. après avoir soumis l'Egypte. arrousées de belles fontaines.. font de petites ils vu de rues plus propres. sous le gouverneur Horthema ben Aïan qui avait été élevé au commandement de cette l'année 132 de l'hégire par même ces province par n'existait « le khalife Er-Rachid. tretien fer. mêmement aux mon- les parfaite la et lui donnent l'apparence construction et le bon état d'en- remparts de Tripoli. et coutumièrement habitées de peuples nobles. libéraux. Leur viande est de pain dit d'orge. plus larges ai dit le la en aucunes d {Description de l'Afrique. . avec grande quantité de figues et noix. qui sont produites en ces lieux-là. Les habitants en ont un soin tout particulier et dépensent de fortes sommes pour en réparer les dégâts et les détériorations. Ils doit entourer la ville conquête de Tripoli ont commencé à creuser un large fossé qui à la merdes deux côtés. couvertes de boys. L'on voit aujourd'hui autour de remparts un mur. emblent. Le plus grand nombre d'entre long ou en large en d'un échiquier.. .. sait » gnées qu'à Tripoli. La première en aboutissant est due à Amr ben el-Assi qui.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 189 et scabreuses.186-199).

du pois de quatre grains. Les habitans pièces du pois de demie livre. Ni- le territoire NumiJie et devers A la sommité de la montagne.i HISTOIRE 9o employent au lieu de monnoye. AURAZ montagne un peuple fort rude d'entendement. . du côté des tagnes. caus et Constantine. Le domaine de Buggie. vray est que la reste. avec de Mesila. sourdent plusieurs fontaines. adrois. mais quant à la manière de vivre. Ils en font batre semblablement de petite d'argent. confinant du côté du midy au désert de la tramontane. séparé des autres montagnes. dont se font des toiles en grande quantité. à cause de quoy je me deporteray d'en parler davantage. il n'y a aucune diference. s'étend vers la et plus grand'partie va tresmal mon- mer Méditerranée. En chacune de ces montagnes y a une lignée à part. en longueur environ cent cinquante mile. mais sans mesure adonné au larrecin et brigandage. dextres en ordre. de et s'étend en longueur par l'espace de soissante mile. formans certains marets. et quarante en largeur. Le terroir produit du lin et chanvre. Stefe. mais toutes grosses. Ce lieu est distant Cette est fort haute et habitée par de Buggie. qu'ils au sont fort enclins à jalousie. environ octante mile et soissante Constantine. dont les ruisseaux s'epandent par la plaine.

Le chérif Edrissy reproduit Quant « à l'Auras. est habitée par une et mau- population. El-Auras. que le soleil sèche l'esté et convertit en sel. Elle a au midi déserts de les Estats au nort. ^Jj/ill. Sa configuration est elle s'étend sur douze d'un lam J recourbé vers ses extrémités journées de long. des habitations et des cul- celle : tures nombreuses. et escarpée. 110). 321). Elle fut aussi la demeure de la ViAfrique septentrionale p. Les anciens géographes orientaux ne peu de détails sur donnent que fort Hauqal ne consacre que deux lignes lui chaîne cette L'Aouras.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE i 9 i quand le temps commettre en chaleur. et à (< C'est belliqueux fiers. p. montagne qui a une étendue de sept journées de -marche. et n'obéissant . faisant partie de celle de exactement on considère Daran du Maghreb Hauqal paroles d'ibn les chaîne de montagnes cette : comme occidental. voisins » (Description de l'Afrique et une montagne haute vingt-cinq et redoutables de l'Espagne. Au divers petits la félicité con- et haut de la raoni il y a 'e certaines sources d'eau qui descendant en bas forment de grandes mares. Les habitans sont des le à vi 1er ss:r les leurs de Constantinc au dedans du païs. toujours bien cultivée vaise : de montagne. 1873. ennemys Arabes. aux Miknaça qui professent Ce fut les doctrines hérétiques dans l'Auras qu'Abou Yezid Makhledibn Keidad Cacem fils d'Obeid Kahena (Description de Zénatien et natif de Nefzaoua se révolta contre Aboul Allah le Fatemide. dit-il. des et 1 . est séparée des autres i à • chemins qu'elle fasse partie Numidie Barbares. p. dont tonte et à tuer les passans. de Goeje. On y trouve beaucoup d'eau. 59). n'y veulent pas que leur païs soyt ne qu'ils cogneu. Elle a trente lieues de long. Nul ne sauroyt prati- qui se changent en salines. l'Aurès. quoy du grand Atlas. Ibn une montagne dit-il. Son étendue est de douze journées de marche (Via régna. à trente lieues de montagnes. Dourn'eu point apprendre les passages et les avenues. Leyde. Bugie. renferme un grand nombre de places fortes appartenant aux Haoura de le et la secte Ibadite. des peuples D'Aurai. Ces peuples aiment tant la iberté qu'ils ne souffrent pas qu'aucun estranger pratique en leur pays. pour doute du roy de Thunes. : abondante en eaux vives. El-Bekry nous dit que l'Auras. mence à se quer avec pour ce avoir leur cognoissance les habitans. leurs i. descriptio ditionis moslemica auctore et Aboul Kasim ibn Haukul. éd.

Gegel. et Arabes. prochaine de Constantine. est toute montueuse. qui contient d'espace environ cent trente mile. et autres fruits en quantité. p. 430). opulens. Collo. Ils sont fort <J . t. dont le chef plaine. II. encor Constantine. .HISTOIRE 192 DES MONTAGNES QUI SE RETROUVENT AU DOMAINE DE CONSTANTINE La partie de tramontane et de ponant. s'etendans devers la mer Méditerranée jusques sur les rives de Bona. Mais Femmes de Constan. pour ce que le terroir d'entre icelles est tresfertile. qui estoit enseigne dans Bugie. cités la est pour de peur Ils ont un renégat es- contrée. combien qu'ils noseroyent converser en crainte des Arabes. et surtout s'adonnent à faire des toiles une infinité. pour être francs de tout tribut. pagnol. et prennent commencement les montagnes aux confins de celles de Buggie. ^ ils s'ecarmouchent souvent pour femmes. qu'ils l'aiment.cause de leurs tine qui changent tagne a autre leurs maris. avec ce qu'ils exercent les civilité plusieurs ars. quand on la perdit. et le révèrent comme leur prince: et font de'ux mille chevaux. L'Afrique. encor la moins aux à personne. et sont toutes abondantes. Il les a si bien charmez en les défendant de leurs ennemis. tellement qu'il en fournit toutes les autres cités pro- comme chaines. Les habitans s'adonnent plus à que ceux de Buggie. produisant olives. figues. qui s'enÉuyent de monpour c hanger maris. fait ils ont toujours guerre avec les Arabes de maintenant alliance avec des Arabes. et plus de trente mille hommes de pied » (Marmoî.

aucune cognoissance quelqu'un vouloit si il ait faire écrire quel- un faudroit aller trouver quinze mile de ce lieu pour ces etoyent surprins et s'ils se peuvent la coucher par lever. à De la nécessité quarante mile combatans. qui tienne conte de raison. ne se trouve personne. il autrement .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 193 d'icelles. les . leur en faire la prêtres. et v eut jadis des Romains. pour ce qu'il n'y a juges. v a aucuns cotaux. auquel s'acheminent plusieurs marchans de Constantine et Collo. montagnes le requerroit. quelque peu de s'assemblent lesquelles Mais de avans un viles et il partie la du territoire à à il tresfertile. desquels présent que quelques ruines et masures châteaux édifiés par ne reste celles levant. et en divers jours. Il s'y fait toutes les semaines des seigneurs un marché. de sorte que. qui des lettres. MONTAGNES DK BONA Bona a la mer Méditerranée du coté de tramon- tane. et devers midv. desquels s'en trouvera quatre mile à cheval. qui ont. montagnes. un amy qui leur porte faveur volés. ils seroyent sufisans pour domter et rendre tributaire toute l'Afrique car ce sont braves gens et fort adonnés aux armes. quand homme écrit. il si les habitanspouvoyent vivre d'accord et unis ensemble. en chacune de ces montagnes. de Constantine. Et que missive. ny personne.

desquelles se forment plusieurs fleuves. . n'ayant montagne qui luy soyt prochaine. et d'autant cunes. Là se trouvent à force fontaines. Ces terres sont abandonnées pour présent. laquelle sépare les cotaux d'avec mer Méditerranée. à cause le des Arabes. fors une petite partie qui est cultivée par d'aucuns habitans en la cam- pagne. la MONTAGNES PROCHAINES DE THUNES Thunes est située en la plaine. Ces cotaux s'étendent de ponant au levant. Les Romains édifièrent anciennement en flanc et au pied de cette montagne plusieurs châteaux. qui prennent leur cours par la plaine. et ensementent aussi le terroir de quelque peu d'orge. prochaines de Thunes. lesquels en jouyssent par force d'armes. du coté du ponant. fors Zagoan . comme est celle-là où est Cartage. de quelques-uns qui de- meurent dans certains hameaux. fors quelques parties d'au- mer Méditerranée. qui y etoyent assises. et malgré les Arabes. nourrissans des abeilles. qui sont sur la plus froide. par l'espace d'octante mile (qui est depuis les confins de Bona jusques à Bège) et de trente en largeur. laquelle s'appelle mais elle est inhabitée. pour l'espace de trente mile devers siloch.i HISTOIRE 94 sans qu'on puisse savoir le nom des places. 11 est bien vray qu'il y en a une treshaute. dont les ruines en sont encore aparentes.

ET DESCRIPTION DE 1/ AFRIQUE i avec certaines epitaphes. Zemmor. pour trouver mais ils tant vont tour- par lesquelles vils moyen ils monils mécaniques et de gaigner leur vie. maient une des plus grandes tribus de en plusieurs branches telles Matou ça. et encore il fait produire moins froment en d'orge. qui l'ont rejetee. MONTAGNES DE BENI TEFREN ET DE NUFUSA Ces montagnes sont séparées du désert. n'osent dogmatiser. dont Les Béni llren ou BeniTifren étaient une tribu de Berbères nomades les chefs jouèrent un rôle considérable dans les événements qui se produisirent dans la Tripolitaine. fort hautes et froides. et métiers. au pour n'est pas sufisant le petite moyen dequoy moitié de l'année. exercent tous autres cités. mais ré- putés pour hérétiques en par ceux de est la la loy mahommetane. fors de ces les tagnars. qui leur quantité. laquelle tenue par toutes régions. secte des pontifes de Cairavan. « bère qui avait embrassé le judaïsme. Ces grandes les localités voisines. craignans d'être trop grièvement punis par les in- quisiteurs de la loy \ i. qui se lisent en 9$ lettres latines et gravées. ny publier leur hérésie. et par tant noyans Thune. Les la habitans sont fort braves gens et hardis. distantes de Gerba et Sfacos environ trente mile. soyent-ils. le- J ls et for- se partageaient Béni Mcskour et les familles habitaient les environs de Tripoli ainsi que trois journées au sud-ouest de cette ville est bituée . A que les Ias Nefoussa étaient une tribu berdescendaient de Nefous lis la Béni race berbère.

elle rendoit soissante miles dobles. est transportée en Alexandrie et Semblablement le safran y P rocmit en grande abondance et admirable. et froide.HISTOIRE 196 MONTAGNES DE GARIAN Garian est une montagne haute. tellement que si la livre de celuy de Thunes. I. la et de Grèce se vend dix sa- cetuy-cy ne se délivrera à moins de quinze. lequel (outre ce) m'acertena que du temps du prince de Tripoly. t. Histoire des Berbères. qui. Mais les habitans ont vicariat. comme il me fut dit par un qui fut vicaire en cette montagne. p. produisant l'orge en grande quantité. en longueur quarante mile. et pendant qu'il étoit résidant en son on en retira trente quintaux. 226 et passim). mais elles lent être mangées toutes fraîches . Outre ce. qui a quinze en largeur et séparée des autres par l'arène. qui font quinze charges de mulets. du Caire rafes. parfaite parties comme en naïve bonté. est en couleur. et dates en parfaite bonté. lesquelles rendent l'huile en infinité. qui est plus que d'aucun qui puisse venir de toutes les du monde. il veu- y croît à force olives. Safran admirable tant UeUr qU bon^ ° ^ puis après. tant autres viles prochaines. et distante de Tripoly environ cinquante mile. on trouve quelques misérables débris de cette tribu éparpillés dans les provinces de l'Egypte et du Maghreb » (Ibn Khaldoun. . toujours été molestés par les Arabes et roys de une montagne qui porte le nom de Djebel Nefoussi et qui sert encore de demeure à une fraction de ce peuple Aujourd'hui.

les nuisons où ils hébergent cinq jours à traverser le les Ghirian » 571). j. de le ibn Omar cultures de safran. généreux. sur les terres M. étans en ligue avec d'autres montagnars. Paris. C'est ils sont (Marmol. pleins de prévenance cordialité. Ce qu'il y a chez eux de singulier.ç J-o». pittoresques et sauvages. Ils de Tripoli pourquoy incommodez des Arabes sont maintenant sujets du Turc et reconnaissent teresses. Les monts Garian. LAjrique. une des montagnes du grand Atlas peuplée de Bérébèr es africains qui main- . qui confinent des desers de Numidie 1. Béni Oitelid. dit Marmol. » Le nom de t du Voyage au Ouday du cheikh Tounessy Le seizième « jour. des i S ^ 1 1 p . Il y a 197 en cette montagne jusques au nombre de cent trente vilages. Perron dans Mohammed c'est que t >utes leurs de et demeures sont construites sous terre. de fruits de diverses espèces. p. ainsi que Nous mîmes étrangers et les voyageurs. on n'aperçoit sur le sol de leurs villages que les mosquées et l*s minarets. à safran s'y recueille en si grande quantité que la disme seule le elle quinze ou seize charges.Ja . de Tripoli à qui cause que monte à Jjl»^ J^>-- " Cette montagne est des dépendances paye plus de quatre vingts mille ducats par an. La montagne . des rois de le gouverneur II. 5/6). et- pays des Ghirian. de bonne et nature. même de : riche de grandes Le Ghirian la est environ à régence à l'ouest.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE Thunes. Les Ghiraniens sont bons. BENI GUARID Cette cent montagne de Tripoly environ est distante gens habitée par riches mile. Il y cent trente villages peuplez de a Bérébéres qui logent dans de méchantes maisons et n'ont ni Tunis. d'étangs et de flaques d'eau considérables dix journées de Tripoli. qui vivent en liberté. (Voyage au Ouaday 2. « C'est. de sites sources d'eau. cette province est ortographié Ghirian par sa traduction : villes ni for- et nous entrâmes dans pays bien boisé et orné de jardins. hospitaliers. avec des maisons pauvrement 1 mal en ordre bâties et . -.

Qaçr élevé par De Subeyca. quelques et . 37). Il se tient un grand marché toutes montagne où acourjnt tous les peuples du pais beaucoup de les et les sert pour vendre leur avec leur beurre bestail la ligue avec de vastes contrées de palmiers qui donnent la plaine de la fait force huile et plus de cent cinquante villages semaines au pied et leur laine. et Ils rendoient ans quelque reconnoissance aux seigneurs de Tripoli à cause du les commerce. commande 577). un château édifié au temps que Subeica fut cheurs mer Médi- la pauvres gens y font autres 2 encor leur résidence . SUBEICA ET CASR HESSIN. Les habitants sont de la tribu arabe d'Arfilli (Voyage dans l'intérieur de T^Afrique septentrionale.HISTOIRE 198 CHATEAUX CASIR ACMED.1 j^Js. mais ils dans leurs retraites montagne Cette ne souffrent pas que personne » (L'Afrique. p. lequel mettre à les pied en le bien habité. les maisons y sont construites en pierres brutes et n'ont guères que huit pieds de hauteur. où Arabes du déIls ont encore demeurent sans ils crainte à cause de la difficulté des avenues. Ce château un capitaine des icy fut édifié (par armées qui passèrent en Afrique) sur 1 terranée. « Cest une ville rebastie est probablement celui qui fut par les mahometans. est appelée Beniolid par le capitaine tionne aussi une bourgade de ce leur Beniolid. peuples des montagnes voisines. 2. tiennent leur liberté par leur valeur sans reconnoistre aucun seigneur de Barbarie ni de la Numidie. mais puis fut après neantmoins plusieurs pes- ruiné par les Arabes. et depuis ruiné par les Arabes mahommetans commencèrent Afrique. Ce château Ahmed ibn Hassan el-Kelby. Ils se sont battus quelquefois avec avantage. même nom. lorsqu'ils . 1. Ahmed jl^. dit-il. les d'orge et ils ont dans ils ont Leurs terres rapportent beaucoup fruit. Lyon qui est bâti men- dans un ouady. outre qu'ils sont plus de vingt mille •hommes portant arme dont plusieurs fois contre les tous il Turcs y a plusieurs arquebusiers. p. II. Pour se mieux défendre. t.

ruiné semblablement 1 . t. Le nom de ce château. Elle est au levant de la précé- Ptolomée luy donne avec son cap quarente-trois degrez vingt-cinq minutes de longitude et vingt et un degrez de latitude sous le nom de dente et Trieri » 1 .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE Casr Hessin. L'Afrique. Il (Marmol. situé près de est cité par Edrissy. Qjsr Hachim. faut lire Mersa Bakirou. par les Arabes et 199 mahommetans. 569). _iUb j^iA. Description de l'Afrique. entrèrent en Afrique. II. FIN DU CINQUIEME LIVRE 154. château sur la édifié par les mer Méditerranée. p. . p. mais d autres Arabes détruite depuis l'ont et démantelée et il n'y demeure aujourd'huy que des pauvres pescheurs vassaux de Tripoli. Elle estoit autrefois fort peuplée.

On y voit encore quelques ruines de murailles . qui croissent en son territoire. assavoir Gar. teaux. et cement. quoy i. campagne Tagiora. Zanipr. abon- dant en dates. Gar est un village sur la mer Méditerranée. lequel est fort aride. HamroTp. Zamat BenZarbuh. « C'est. une se sustantent les habitans Marmol nous ville ouverte produisant quelque peu d'orge. fournit les détails suivants sur Ghar. et la Sarman. qui n'ont été cités. aucunes parti- ny châ- cularités des vilages. dit-il. nous parlerons D'aucuns villages Thunes et pour à ce comme il donner commens'ensuit. de '.LIVRE SISIÈME Ayant jusques ici parlé de quelques maintenant nous viendrons à décrire montagnes. et d'aucunes provinces poursuivant en après du païs de Numidie. Gar royaume de cigare. qui sont prochains du Bugie. qui n'est pas loin de Tripoli le long de la coste et qui est toute comme un village.

qu'en grain. Les habitans vivent de ces fruits de la pescha » (L'Afrique. mais grande et fort peuplée l'ancienne Tripoli. dont la traduction française a paru à Paris en 1822. F.! i^lj. 221). Ses habitans sont Bérébères d'entre les llavares <• y a quantité de bons palmiers. 29. II. s'applique aux habitations souterraines qui se rencontrent en grand de V Afrique septentrionale en iSiS. p. Elle est habitée de Bérébères qui estoient sujets du seigneur de Tachore lorsque Tripoli estoit aux chrestiens. abondant en dates et en grains et de tours et mer. est une bourgade qu'entoure un bois d'oliviers considérable. rjUy^s' dit le cheikh Et-Tidjany. p. p. « Serman. Ghar el-Ghar. p. II. et et Il y a aux environs quantité de palmiers de grand rapport quelques terres où l'on sime de l'orge. pour Le Sarman. iSipet 1820.ol. 57 Yaghboub. Ghar 570). Sarman est un vilage assés grand.DESCRIPTION DE L'AFRIQUE Gar elgare grandes un est vilage. où y a des cavernes estime l'on Tripoly merveilleuses. mais il n'y vient ni bled ni orge. et bien habité auprès de Tripoly l'ancienne. quelques-uns la nomment la Cisterne à qui Ptolomée donne quarente-trois degrez vingt-cinq minutes de latitude. qui en furent cause de tirées. L'Afrique. non moins abondant en dates. voyre de toute sorte \ Zamat Ben Zarbuh n'est gueres distant de la habité d'aucuns religieux. bien que des voya- . à proximité du lieu la '. 3. On y voit un grand château entouré de larges fossés au bas desquels sont construites des maisons que la populati n habite en temps de sécurité et qu'elle abandonne dès qu'un danger commun la menace. 2. j£ t. Elle reconnoist le gouverneur de et il Tripoli » (Marr.-. C'est une ville toute ouverte. s^jJu /_. et et 201 il l'ancienne avoir été bâtie des pierres. Ce nom nombre sur la côte de la Tripolitaine et particulièrement dans le district de Ghar auquel Barth donne le nom d'oasis deSidy-Ghar. au lieu de Zamat zaouia existait à l'époque de Marmol. 11 faut lireZaouiet ibn ben Zarbuh Ce t. parce que ce ne sont que sablons tout autour. Le capitaine G. près de se réfugier dans le château fortifié » (Voyage. non 3 . a la signification de caverne. Lyon a donné la description de ces habitations dans son Voyage dans l'intérieur 1. jljjl .

Les habitants tirent vanité de . abondant en dates. M.. à quelque distance de la mer. assez près de Tripoli. On Il toutes celles produisent d'excellents fruits. Les habitans sont pauvres.. C'est « une ville. miers. est très con- que de nombreux châteaux disséminés. avec lesquels geurs modernes aient avancé que sa construction ne date que d'une époque toute récente. y 571). par Amr sables aux habitants qu'un jorr. Il dit n'en subsiste plus aujour- d'hui que le rempart qui l'entourait autrefois. Nulle autre part. chrétiens. dit Marmol. confrérie Zanzour. mes de coin et mêmement pom- grenades. Sidi d'arbres fruitiers. et distant de Tripoly. Les bois grand-maître actuel le résidence (p. environ douze mile. Autour.aux qu'en grenadiers. ibn elAssi.HISTOIRE 202 Zanzor est un vilage prochain de la mer Méditer- ranée. mais il Il y a dedans quel- des religieux. qui n'est pas fermée de murailles. ce sont de grandes n'y vient point de bled et l'on n'y recueille qu'un peu d'orge parce que ce sont. abondance ce lieu. leur retraite » (L'Afrique. les dit que ce bois existe à on.. entre autres d'oliviers. qu'on voit au Sahel. depuis que Tripoly fut prinse par les neantmoins ils pratiquent ordinairement. 57 du tirage à part). château appelé Kacer el-K'edim On voit tout à rjJC. ils pom- a cinq milles de qui ont déjà gagné ce ne l'envahissent complè- long sur deux Zanzour une grande mosquée djamé où solennelle de la khotba et dit comme arbres ne sont aussi b. possède de l'eau douce en dit le nombreux dattiers les large. t. lesquels ils vendent à iceux '. et demi de se dit la prière dont les fondations ont été jetées autrefois. p.\ j-. j«v"lj. ques morabites qui vivent comme contrées de palmiers. lequel est plein d'artisans. l'ont qui est un grand couvent fortifié où Mohammed 1.^k (le côté les ruines d'un vaste vieux château) et que l'on être la première fortification construite à Zanzour. les une musulmane de Sidi Mohammed ben Aly es-Senoussy nous donne la situation actuelle de la zaouya de Sidy ben Cette plantation paraît être déjà ancienne sidérable. Les seigneurs mahométans l'ont en estime à cause des morabites qui II. qui leur fait avoir grande depesche de leurs fruits. les figuiers et les vignes y abondent et l'on remar- font craindre tement.. Duveyrier notice sur la dans laquelle Yaghboub « a publié dans Bulletin de la Société de géographie le il el-Mahdy fait sa et sa forêt Ses cheikh Et-Tidjany. tous sablons.

le Tadjoura. du côté de levant. fractions . Primaudaie. 1K53. les oliviers. produisent d'excellents Mechia très est irriguée au moyen de nom- bonne. Le Il faut. leurs les vilageoys sont tous maisons man- drecées de branches de palmier. Alph. Rousseau. la et littoral de la lire s'est établie sud de fruits les Tripolitaiue. joj el joS de VMgire.£. fors ceux qui résident en cette son ancienne importance que et disent campagne". la prinse de Tripoly elle devint assés pour ce que pluspart des citoyens la se retirèrent en icelle. 1 | . est une grosse . »»*>. au rapport du cheikh Et-Tidjany. Tagiora . en laquelle il y a plu- sieurs vilages. par M. où grande quantité de datiers a y il l'es- 1 qui produisent de toutes sortes de fruits et jardins. je crois. ignorans. clos de datiers et d'autres arbres fruitiers. >. sont considérables. trad. Les plantations de Djenzcur. « La population de Zinzour est formée d'un mélange de Berbères Houaras et de Berbères Medjeris » (Voyage du scbeikb Et-Tidjany dans la régence de Tunis pendant les années yoô.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE Hamrozoestun 203 vilage prochain de Tripoly par pace de six mile. Nulle part les arbres ne sont aussi beaux qu'en ce lieu (Elie de la 1. C'est auprès de ce rempart que se marche où le les la mesure de sa tient tous les vendredis populations berbères des contrées les plus éloignées viennent échanger leurs productions.^ et { s. Cette oasis pres- que aussi éte:idue que de celle la breux puits qui donnent une eau dit le cheikh Et-Tidjany. p. usans à leur Tous les peuples susnommés sont sujets au roy de Thunes et des Arabes. de l'Algérie. ger de pain d'orge et bezin. 1S0). Ce nom d. Amroussah dans ce village Tunisie et â^. est celui d'un clan dont on rencontre de. mais mécaniques. ses ruines donnent grandeur passée. Djenzour est la p. Après noble et civile. première localité un peu importante que l'on rencontre au-delà de Tripoli en continuant à se diriger vers l'ouest. Ses magnifiques dattiers grenadiers. environ est troys mile. vils et larrons. berbère qui dans 2. les figuiers y abondent. Paris. Paris.. une campagne de Tripoly.

sur la mer Méditerra- née. un Morat Aga s'en estant rendu maistre. se fit déclarer royet fit guerre aux chrestiens. De Tachore. Lorsque certaines les chrestiens eurent pris Tripoli. bien et vilages habités de gens fort opulens. cette campagne servoit de retraite aux habitans Turc toujours la il conquise pour en jouir pendant qu'il vivroit. aussi Cenan Pacha lui donna-t-il la viile de Tripoli quand dans et nommé Il les et leur principal exercice est de voler. ayant souz soy plusieurs châteaux peuplés. 212). du gouvernement de Tripoli depuis y a dans ces villages grand nombre de cavaliers fort braves qui faisoient Ils vivent palmiers et se nourrissent de farine d'orge et de des courses à Tripoli quand la et mort de Morat d'arquebuziers elle estoit aux chres- . p. « C'est une grande campagne à quatre lieues de Tripoli vers le levant.HISTOIRE 2o 4 DE LA PROVINCE MESELLATA Mesellata est une province. Et se maintiennent en liberté. Ils dépendent Aga. lequel a puissance de bourgade très peuplée où l'on voit un vaste château renfermant un grand nombre de maisons remonte le à et du milieu duquel une époque plus ancienne. qui à achever leurs travaux. remplie de plusieurs villages et de quantité de palmiers et Au milieu est une grande mosquée bastie comme une forteresse avec beaucoup de couvert d'autres arbres portant fruits. Les l'eut gens du pays sont barbares les cabanes sous vazin. depuis peu par les Turcs à l'entour et force arbres fruitiers roues à cause que le que l'on arrose par le moyen de pays est fort sec et sablonneux. père des Djaouari. environ trente cinq mile. construire et que pour stimuler les ouvriers y avait lui-même mis la main. pour au- et tant qu'il y a à force terres fertiles en dates et olives. les habitans de cette province elisans un chef sur eux à leur discrétion en guise d'un seigneur. lui traiter le fit il s'élève On dit un fort que ce dont fut construction la Hamid bin Djaria. Ce également fut qui peupla cette bourgade en y transportant en l'année 550 une popu- lation qu'il prit sur un territoire voisin appelé Ardh Abd Rebb » (Voyage. distante de Tripoly.

t p. sont gens riches qui abondent en dates et en batans. à.)Ln. à des dépendances de la Primau- douze lieues Tripoli et relève du plusieurs fois.six mille com- sont sous l'autorité paix et de la guerre: mais elles sont sujettes au L'Afrique. mais le démènent chargez d'imposts qu'ils se révoltèrent si en leur devoir. le sel était très montag il y a plus es. Messelata. esté remis estoient ils lurent ils condamnez sans autre peine » (Marmol. les la habi- tans desquels possèdent grandes richesses.. II. L'Afrique. pour ce ne rendent tribut à personne.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 205 ou mouvoir la guerre contre les Arabes. ayat. et peut mettre en campagne jusques au nombre de cinq hommes mile 1 . distante de Tripoly environ cent mile. contenant plusieurs châteaux montagne. estimé. p. Ce lacs sont à sec. «*La plaine de Tagioura trois. une province sur elle est l'orient. à sept mille pistoles II. s 7 > v . entre chaque groupe. 1. le préférait forme tout autour alors la récolte et le (Élie de la coste. 572). huiles et qui ont trois viles bien peuplées où j'un chèque arbitre de On la pierre. PROVINCE Mesrata est une province sur la mer Méditerranée. la se porté à Tripoli » âge. sous le déclin des rois de Tunis. les et et les autres situés en en assis la plaine. vent en forme de cônes et qui s'élèvent presque aussi haut Les lacs salés de Tagioura étaient célèbres au El-Bekry parle de ces lagunes dont à celui du Delta d'Egypte Quand ces une couche de sel qui a la dureté de minéral brisé par gros morceaux est daie. de Tripoli vers « C'est royaume de Tunis quoyque elle ait vescu en liberté. Le littoral de la Tripolitaine. t. on aperçoit des monticules disposés par que le les arbres. et est t. il fait moyen On ioû). MESRATA. qu'ils mais tiens. longue d'environ douze milles désert l'avoisine au midi et et d'amende et large de envahit de plus en plus les il plantations de palmiers. uns vilages. p. y compris les habitations des Turc» (Marmol. Elles de .

prenans ce qui vient sur galères veniciennes. construit un peu plus comme loin. Ces peuples sont plus de dix mille hommes de combat en comptant les Bérébères des montagnes et ont guerre avec les Arabes leurs voisins.. Histoire des Berbères. Les maisons. Ses marchands visitent aussi le Djerid de Tlfrikiya. I. voyage qu'ils ont encore aujourd'hui l'habitude d'entreprendre » (Ibn Khaldoun. Les toits sont plats et recouverts d'algues ou de feuilles de la et Ion de palmier. De Mesrate. tant pour cela que pour s'affranchir des rois de unis et des T seigneurs de Tripoli et s'empescher de leur payer tribut lorsqu'ils n'estoient pas fort puissans à ceste heure. moyen de comme au retour'. mais. puis portent toutes ces choses en Turquie. Il arrive fréquemment saison pluvieuse.. tant à l'aler. p. ils mettoient des troupes sur pied parce qu'elle est à trente de Tripoli du costé du levant et peuplée d'une nation belliqueuse. t.!^^. hautes à peine de trois à quatre mètres et bâties de cailloux cimentés avec un peu d'argile. « Sur la frontière de la province de Tripoli. du côté de Sort et de Barca se tient une tribu haouaride appelée les Mesrata âj. elle fait Comme elle s'occupe de fréquentes expéditions en Egypte Alexandrie.. se . 280). à qu'elles s'écroulent avant la fin Benghazi on ne s'en préoccupe pas Au centre de la ville à peu près. sont divisées par groupes et séparées par « des jardins et des vergers. civette et musc ils : es- qui vient d'Ethiopie. p. Et estoient la pluspart du temps armez.HISTOIRE 206 train de marchandise. au quoy les font double gain.. quoyque des dépendances du royaume de et quand ils en vouloient recevoir Tunis. a esté peu sujette à ces princes. 373). de la civette et du musc qu'ils vont vendre en Turquie sur quoy il y a beaucoup à gagner. II. le pays des Noirs. habitans de cette province sont riches et trafiquent avec les chres- trois lieues Tous les tiens de marchandises de l'Europe qu'ils portent au pays des Nègres et quils troquent contre des esclaves.. et à faible redevance aux Arabes. Nombreuse encore ne paie qu'une et très puissante. qu'ils transportent là où ils enNumidie troquent leur marchandise contre des claves. condescendance. « Cette province. Mesrata n'est pas régulièrement construite comme nos villes d'Europe. t. V Afrique. les contributions. elle tribut qu'elle a l'air d'acquitter par principalement du commerce. ils sont sujets des Turcs qui occupent toute la coste » (Marmol. i.

C'est une campagne âpre et déserte. trouve le terroir place du marché. et deux cens en largeur. encor moins trouver des terres labourables. mais y étans parvenus paux. • . de Mesrata a l'oue la riches » Une (Hliede plaine vaste et la Primaudaie. manquoyent autant qui abondans comme forces. par l'espace de mile troys cens mile. Joint . Auparavant que les Arabes feissent entrée en l'Afrique.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 207 DESERT DE BARCA Le désert de Barca commence aux confins du ter- de Mesrata. p. à cause que ce lieu est fort séquestré de toute habitation. de palmiers Je grenadiers. 92). de leurs .. champs sont Au littoral de la Tripolitaine. .. le bien cultivés et les pro- nourriture des habitants. Les duits du sol suffisent à très fertile s'étend Le la on remarque de la ville. Pauvreté j n y produit aucun grain de quelque sorte que ce soyt. jusques ritoire aux confins d'Alexandrie. ce désert étoyt inhabité. i Muhar Krin nord seulement. et misère des habitans du descrt ce Barca. s'étendant vers levant. les ils étoyent dénués d'autorité. et terrain est inculte et sablonneux. . en laquelle on ne sauroyt où prendre une seule goûte d'eau. Mesrata possède quelques manufactures de tapis de diverses couleurs estimés encore aujourd hui pour l'excellente qualité de laine qui sert à les fabriquer. choisirent commodes pour à les plus aparans et princi- les pais les plus et mieux combien que ceux leur habitation. Autour de plantations d'oliviers. parquoy s'ils en veulent que aussi. occupée en grande partie par la eau verte et un étang d'une saumâtre. furent contrains à demeurer en ce désert tous nus et dechaux (qui pis est) et merveilleusement oppressés de famine.

les pauvres infortunés sont contrains de vomir ce qu'ils ont dans l'estomac. d'oranges. les misérables habitans sont . fouillans y trouveront quelque ducat pour ce que ces cruels et inhumains se persuadent que les étrangers étans près de ce désert. ou quelque autre chose nécessaire..HISTOIRE 2o8 larrecins et brigan- dages. De Barca on exporte bourg et (le sommet d'une montagne du miel et du gou- nommée Magga. or ou argent. « les Barca est une ville de moyenne grandeur. a telle extrémité. L'abondance règne dans cette ville toutes et les denrées sont à bas prix. matière qui se prépare dans une localité de ce pays est situé au multiCaire) plus grande partie des bestiaux qui servent à leur consommation. Les troupeaux prospèrent plient dans les pâturages des environs. pour Cependant sur la le blé amené de qui leur est les autres i . jeter cerchent en cette et hors quasi les ordure. qu il leur convient engager leurs avoir. . . de coings et d'autres fruits. boire du lait haut. . et moyen de mir faire et jeter corps subtil vo- hors du humain. lar- rons. jusques faisans actes des plus grans Numidie. dron. la Sicile. car ayans dépouillé les pauvres passans. "aIj. premier min bar où s'arrêtent voyageurs qui se rendaient de l'Egypte à Cairawan. afin qu'il ne puisse être trouvé sur eux icelle. Elle n'a que peu . puis les ébranlent et lèvent en donnant si que depiteuse secousse. 12). pour veoir s'ils l .. leur ils leur font chaut. j . On y trouve beaucoup de noix. un des compagnons du Prophète» (El-Bekry. jusques à entrailles. de là se trouve le pays des montagnes. p. à soutenir réduis } a v e humaine. les Comme le vêtements des personnes A six milles qui s'y rendent pour affaires y prennent une teinte rougeâtre. « La sol et les ville de Barca est située dans un désert. . vont courir. en robant. i. maisons sont d'une couleur rouge.. Ce tellement escarpée qu'un cava- ne saurait y arriver en aucune saison. avalent leur argent. enfans. Barqa. aussi les tiennent de ce pays la habhants de Misr à Misr de la laine. qui se pourroyent trouver sur toute la terre... La ville de Barca possède le tomlier beau de Roweifa ibn Thabet. Description de V Afrique septentrionale.

14 Dt - . Le concours des voyageurs toujours considérable à Barca parce que celte commerce je gale. Le pays produit du coton d'une connu sous le nom de Barca.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 209 TESSET. par les raisons que Aucunes des nées. 135). Delà vient que les des habitants ont toujours une teinte rougeâtre. en suivant d'habitants et ses marchés sont peu fréquentes de même. de sorte qu'on naît à ce signe et fut dans les cune qui puisse lui être comparée en fait provenant d'Audjela. combien seconde partie. la utile mélangée avec de teigne et la la laine. chaines du recité mont cités Atlas. lesquels sont d'opinion que ces cités soyent du pourpris de la qu'il Numidie. il n'en était pas dépendent de Barca sont habités par des Arabes située dans une vaste plaine de plus d'une journée districts qui elle-même est . Sus. du miel. Les vaisseaux d'Alexandrie nom et de terre de Barca succès contre m. une espèce de terre cription de recon- commerce maritime. Guzula. ville n'est est voisine d'au- et qu'elle de ressources la et les unit le voyageurs qui viennent de l'Egypte à Barca. d'étendue en long et en large. Il y avait et il existe où l'on prépare des cuirs de bœuf et des peaux de encore des tanneries l'huile et les par terre au qualité supérieure et tigre est le sol vêtements pays environnants. CITE DE NUMIDIE me Il semble vous avoir mon partie de estimée par les œuvre. en et première la Numidie étoyt peu hystoriens afri- pense vous avoir ame- je de cette région sont pro- comme il a été dit en la quand nous avons traité de la région de Hea. Semblablement. Helhemma et Capes sont au royaume de Thunes. V Afrique. y en ait plusieurs contrarians. et qui. Mais. de en médecine connue sous l'huile. en exportent de en outre. l'avis : autrefois. est maladie du serpent » le employa (Edrissy. p. environnée de montagnes et dont couvert d'une poussière fine de couleur rouge. que la cosmographes cans. Les la ville de Ptolomée.

qui est une petite cité. Or. lesquels pouvoir manier plus et et sont . puis les enfans. est «i i • i • et i y a quelque petit terroir de un autre endroit là où l'on sème l'orge la cite il qui aide à soutenir la misérable vie de ces pauvres gens. s'acoutumans assés à La pauvreté est commune entre eux. on ne moitié des habitans dans leurs maisons. refaites que les lettres. et ceinte de murailles de pierre vive. fors soin à qui filent la laine. y entre les habitans d'icelle. qui payent encor de grans aux Arabes du ont coutume désert. barie. et la les rien s'en . leur voisin.210 HISTOIRE comprens toute de Thunes souz la Barvous donner plus particulière information de cette partie de la Numidie. je commenceray par Tesset. la rivière pour anciennement par les Numides édifiée aux confins des desers de Libye. sans avoir aucune co- gnoissance des lettres. femmes s'adonnent enseignent la cultiver les terres. Vray auprès de datiers. les parvenus en aage pour marre. trouvera et la la plus part du temps. blanches celles qui faire. Ils tribus de porter leur marchandise au pais des Noirs et à Guzula. bazannés. se mettent à labourer et Quant aux femmes. environnée d'autre chose que de sabloni i civilité il i qu'entre icelles. mais a peu ou point de et n'est Quaiité faire et dis de Tesset façon de neuses habitans campagnes. contenant environ quatre cens feus. toutes demeurent oisives. tellement que. Car. sont diformes. et et milet. et hommes. et elles hommes employent toute leur cure vacation des autres au lieu des fréquentent les études.

qui écrivent et qui étudient les choses de pour estoient plus grande partie de l'année d'aller trafiquer en la pro- la qu'elles enseignent l'école ils payoient grand tribut. L'Afrique. Les habitans de Tesset vince de Gesula et aux quartiers des Nègres.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 211 trouve peu qui nourrissent du bétail en quantité. Elle trafic. dont vassaux autrefois et ont accoustumé à qui ils les et les femmes hommes basanez. les pays d'alentour n'est que sablons. hormis quelques pièces de terre quelques oliviers qui rapportent un peu d'huile qu'ils . qui est De Tesset. toutes bien que la pauvreté règne par tout » n'y a Il y sont assez blanches ut ont beaucoup d'embo- qui enseignent peu qui ayent de quoy vivre Nun ils Quoy-que le travail et le trafic. il~«L. habitans. ils vivent le mieux cherif entretient garnison pour défendre ces pauvres gens des Arabes de ces déserts. qu'ils ne labourent leur terre qu'avec un seul cheval. tations de Ils n'ont aucune conncissance des qui lisent. gouverneur avec garnison pour empescher les querelles entre ces peuples. les et hormis aux enfanset quand femmes si sont plutost basanez que lettres. que car les Arabes de ces déserts les reconnaissent aussi bien Tout où il le y a des dates et peuvent. ni police et elle fermée de murailles de pierre est Le cherif y a quelque cinq cens feux. sont devenus grands. qu'ils n'ont point mesme. GUADEN.J- 1. VILAGE Guaden Tichit. sont les habi- . p. et le place sont aussi la et décela. encor ce peu ont ne consiste qu'en brebis. et la 6-7). des Senegues et des Ludayes qui habitent la partie occidentale il n'y ni du Zahara. t. pour en jouir en paix. et ils un chameau avec tous les Numides mer. «C'est une petite par ville bastie les anciens Africains au quartier des Bérébèches. parce quartiers en font de les autres et qui filent. un tient le pays et il n'y en a ont quelques troupeaux de brebis. les hommes jeunesse la que la religion ils quittent soient maigres et Ils en ont beaucoup plus de boucs un cheval pour labourer. Ils comme ou chameau. mais et de chèvres. où l'on sème du Autour de millet. celles ne font rien. Ils attelent de bœufs Tesset III. Numidie il aussi par toute la se fait 1 . Iintrc (Marmol. un vilage au désert de Numidie. noirs.

un grand village sans murs dans un désert sur de Senega. nourrissent quelques chèvres.jj. gardent pour mange Il mais les ils habitans plustot Mores qu'autrement'. le peu de grains qu'ils cultivent devant être arrosés par le p. on puisse subsister dans la contrée. lequel est habité par gens la et idiots. de sorte que ces gens sont fort misérables et vont presque tout nuds sans oser sortir à cause des différens qu'ils ont avec leurs voisins. des elamths fort à et autruches. dont les terres ne produisent autre chose que dates. De Guaden. qui est entre cette habitation et le royaume de Gualata et à qui le . Elle est et l'autre Dilbak et celle des Hadramites Bousa.HISTOIRE 212 confine avec pauvres Libye. « Oueddan. cent à la chasse et Ils s'exer- tuent des autruches et des sauvagines et s'entretiennent de quelques chèvres dont ils font grand estât à cause du noirs que bazanez et sont sujets lait.est une moyen de qui se ferment au un château qui a ville séparés et a pour habitants deux tr. . et sont les autre est vray icy. moyen de chameaux » (El-Bekry. hommes des poètes. la frontière hormis quelques dates.bus originaire du fort et plusieurs composée de deux arabes l'une Sehmide Hadramaut.jl. pour l'autre La que chacune de ces tribus ressent jalousie et l'inimitié les portent très souvent à des actes de violence Les habitants de Oueddan ont chez eux des docteurs de habiles dans la lecture du Qoran et et à la la loi. mais encor en bien petite quantité. Ils sont plutost aux Arabes de Ludayes qui demeurent au désert. Ils s'adonnent ils la chasse. Description de 30). Les dattes sont leur princi- pale nourriture. tendans des lassets avec lesquels prennent souventefoys quelque gibier de ce pais là. lequel est situé entre les deux villes. n'y a rien dont ils et brutaux puissent trafiquer et dont et. Elles n'ont qu'un seul djamè. et ne s'y chair que de celle de ces qu'ils animaux le laitage. Les habitans vont quasi tous nus sans à peine osent qu'ils de leur vilage pour l'inimitié que sortir leurs voisins ont à l'encontre d'eux. i. Les habitans sont pauvres il V Afrique septentrionale. La ville : des Sehmides se nomme rues quartiers portes. des guerre. Marmol nous fournit quelques détails sur « C'est comme cette ville.

qui porte grand profit et utilité aux habitans. Dans sans. et Veines de cuivre au- • • 1 -i y a plusieurs artide ceux qui font ouvrage de fonte ces châteaux. . et en été deseiche. a plusieurs datiers. il y a toujours grande cherté de foys marché la grain. au moyen dequoy. Entre ces châteaux. qui Comme voulait aller de plusieurs peuples Portugal estoit associé pour afin d'aller trafiquer à au delà du costé du couchant « Arquin qui (JL'Ajrique. et ils transportent puis comme . lombut. Ils il ont contume de faire une semaine en chaque château. . qui court en temps d'yver. les cette ville et soient. lesquelles après au pais „ „. distans l'un de l'autre. ils sont accoutumez pour cela à mile conibattans. parce qu'ils sont plus de quatre-vingts y a peu de chevaux dans la contrée et l'on ne leur donne à boire que du lait de chameau. suivre nous les Il femelles estions en et attaquer les Nègres en du désert.6). toiles et semblables contre quelques choses. t. les habitans sont pleins d'une grande civilité rov nègre paye quelque tribut par an. sur un petit fleuve. que les Portugaloys leur aportent au port de Gart Guessem. la tètent avec le chèque de à soixante et dix licuës quelque gratis le chérif le rov de la ville qu'ils Mahomet compagnie des Arabes nous apprismes que commerce avec P. prèsdumont<rAtlas . des Noirs. le est III. par l'espace de troys mile. ont quelque peu de bien. en Gualate. parce les qu'ils les il y habitans troquent gros draps. mais non obstant ce. mêmement vases de cuivre.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 213 IFRAN Ifran. sont quatre petis châteaux édifiés par les Numidiens.

C'est là que sont les mines de cuivre de quoy l'on fait le ciny qui est un laiton très fin et le chérif y tient un chasteau dont le gouverneur reçoit le métal et le distribue par compte. des contrées de palmiers : On l'on trouve entre ces places plusieurs villages et y observe quelque police. habitans ont quelques fonds et vivent assez bien à leur quent toujours de bled. 8). car tous les habitans d'Ufaran se gouvernent avec quelque sorte de raison et de police » (Marmol. III. Les gens de ce quartier sont des Bérébères d'entre les Gézules. t. et en l'une de ces Ils sont noirs villes est un beau temple à leur façon. vendre à Gualeta. qui vient d'une montagne du grand Atlas du costé qui regarde le midi. autre punition n'y est ordonnée sinon le banissement à ceux qui commettent quelque grief délit ou méchant i . ^^1 « Ce sont quatre villes fermées de murailles et Numides à une lieuë l'une de l'autre sur une petite ne coule qu'en hyver. Pour retourner aux habitations d'Ufaran. à Tombut prennent de ceux-cy en échange Il y a plusieurs artisans dans ces qui font de fort beaux vases de cuivre et de laiton. mais ils mancomme ceux de Guaden et de Tagaost. à cause du commerce des marchans chrestiens qui vont au port de Carguesse trafiquer de dras. . bastus par les anciens rivière qui gaostau quartier de Zahara. Elles regardent le midi vers la ville deTa- villes d'Ufaran. avec des juges et des alfaquis. il se tient un marché toutes les semaines en ces quatre villes où les peuples de Hilela et les Arabes de Zenéga viennent acheter toutes les choses dont ils ont besoin.HISTOIRE 2i 4 en leur maintien. de la cire. L'iAfrique. de toiles et et d'autres marchandises qu'ils portent aux autres lieux du pays des Nègres des cuirs. du villes ris et et du sucre. C'est pourquoy les mode. Là se void et un beau temple auquel on tient des prêtres et un juge en la cour civile. Quant aux choses criminelles. Des acte 1 . p. en leurs habits et se tiennent fort honnêtement en ordre tresplaisant.

depeupié par allia la coi les les guerres civi- uns avec autres les ce . sont gens fort pauvres. cr. sont trovs petis châteaux prés l'un l'autre. rabite en fut seigneur. particulièrement ceux des villages à cause qu'ils n'ont aucun revenu ni autre trafic que de dates bled que les Arabes leur portent de pas à demi.core n'en prennent-ils Près de ce désert erroient autrefois des Arabes qui couroient jusqu'à Tesset. viennent de l'Arabie déserte. lesquels furent jadis bien peuplés. faisant nommez contribuer les Uled peuples. pource qu'ils ne s'adonnent à autre chose qu'à recueillir i. en le maison règne du comme calife les Ce est uns qu'ils ils . par à être moyen le gieux.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 2V ACCHA Accha. mais il et ont fut apaiséji depuis par un morabite qui les pacifier leurs différens. après avoir eleu cet gneur. sont trois villes fermées assez proches et se reconnoissent pour Arabes. Plusieurs de ces Arabes ont basti des Bérébéres et les autres se Libye la une race d'Arabes qui entra dans l'Afrique ceux qui errent parles campagnes les 1 un désert qui confine avec pays appartient aux Hilelcs qui sous les dates du mo- chérit". ces dissensions furent mises souz d'un reli- pied. sous l'autorité Ce Ce sont alliez avec les peuples du lieu et les n'ont aucune connoissance des lettres pour Senegues. et le. de sorte que vieilli dans cette opinion. lesquels s'etans aliés par parentage. De l'habitation a"iÀca. . « l'une de l'autre. retournèrent habiter ces châ- homme teaux. <i£é. sur de confins les Libye. enfans après luy. et les de Carvan. Ce pays les. mais la noises et questions furent cause qu'ils vindrent les abandonnés. Arramena la qu'ils troquent contre du Barbarie. quoy-que prennent pour anciens Africains ne sachent pas et estoit autrefois fort riche. Depuis. parce qu'outre l'antiquité de leur origine. et le se vindrent à pacifier les habitans. Mais ce sont bien les plus pour leur sei- pauvres gens qu'on sauroit trouver. situés de au désert de Numidie.

Les a son cheikhs sont héréditaires et plus puissants que ceux de Tisint et de Tatta » (Vicomte de Foucauld. si bonne. III.ressembleàcelle de « L'oasis d'Aqqa. lequel se déborde Dara Bois de datiers. et s'étend du côté du mi( J deux œns ^ desen de Lib est assés étroite. 9).. se retire et gué. Aqqa jadis sans debiha quarante ans sous dAqqa Juifs. t. de craye et pierre vive. la plus grande partie ou du moins les principaux périrent en une ba- contre Buhaçon. de sorte qu'on qu'il peut facilement passer à le au contraire. mais taille M. aujourd'hui un misérable village de cent cinquante maisons. tellement en yver.HISTOIRE 2i 6 DARA. Mais avetoutes les a jetées en terre sont perdues. et en croissant arrose tout vant • prendroit en d'aucuns la mer même. Forêt compacte de palmiers massée au sud du khenedj où l'Ouad- Aqqa perce le bani elle s'étend : en grande partie sur les bords ce cette rivière. Un comme ceux de Tisint s'élèvent pour second cours d'eau contribue se trouve au milieu. pour ce que les habitans demeurent sur un fleuve du même nom. et est : un seul de Zaouïa au sanctuaire de Sidi Abdallah Oumbarek qu'il renferme. plupart à nom la lisière de l'oasis gouvernement la séparé suzeraineté des Aït-ou-Mribet. la i 1 i a une et assés de infinité vilages et châteaux fermés. qu'on appelle aussi Aqqa ou Chaïb. g^ le cultiver. Pelissier nous apprend qu'Akka est L'^Afrique. 151)- .. son est ^ j fruit et moyen de . p. p. moys ne déborde au semences qu'on i puis en été. administré par depuis est Chaque qçar un cheikh. qu'on endrois pour s'abaisse. Sur d'avril.. Le dernier la doit son Les qçars d'Aqqa à l'arroser. dont cinquante sont occupées par des Tisint. la deblure de l'année sera du fleuve rivage le le pais.. roy de Fez » (Marmol. PROVINCE une province qui prend son commencement à la montagne d'Atlas. Reconnaissance an Maroc.

autrement elles produirovent leur fruit maigre et » d'aucunes est du pris d'un ducat. lesquelles se ^ l'es- * . rameau. . n produisent autre chose. j » bonté. mâles sont • 1 femelles portent viennent avec le qu'à 1 1 stériles. fruit en . ne aux noces à mangeans du pain sinon et fêtes solennelles. d'autres d'un Les datiers sont de deux espèces. sinon trachets de fleurs. fruit. ne se trouvent autre chose d'orge. combien qu'on ne s'en peut pas bonnement aider. et les c'est assavoir. il et les rrfais ne avant que ses fleurs faut prendre de celles du mâle hanter dans de les fleurs peu savoureux. Le pris les fussent g l' pace de sept ans dans un magazin ou boutique. pourrovent carder par tée grosseur. • bonnes chameaux. dont quart.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 217 maisons sont couvertes avec traves de dequoy l'on fait semblablement des ais ou tables. et de en- d'icelles de leur bonté et grosseur. Dates de étrange | iers aux da- leur perfection. avec le noyau fort gros. pour ce que le boys s'éclate et n'est pas ferme. et telles en y être smS"- rosseur ere Longue garde. la fe- Les habi- mement quand ils manger que du potage tans se nourrissent de telles dates. il y a un grand nombre de possessions où croissent les dates bonnes en toute perfection et d'une inusiet toutes les datiers. comme un autre. les le à s'ouvrir. p ar quel faut moyen il procéder à faire produire et melle. et je ne say quelles autres viandes peu appé- tissantes et sans saveur. cinq ou six mile à la ronde. mais ilfaudroit qu'el- en un second étage. Autour de ce fleuve. avant qu'elles s'empirassent en rien. suit la diversité setier devant mâles les a aussi qui ne sont chevaux dont et femelles.

13). Et pour le repos et la seurté de Dara. Gerhard Rohlfs. chacun essayoit donnoient de bons appointemens qui se payoient tous les jours tant que duroient leurs divisions. Juifs orfèvres. « Cette ville est divisée en deux et fermée. principa- lement alors qu'on arrouse les terres. III. Cetic ville a passé depuis sous la domination des Cherifs. le Cherif roy de Maroc y tient un gouverneur avec Il garnison qui défend les habitans des courses des Arabes d'Uled Celim qui avoient accoustumé de régner en cette province t. mais gouvernée et divisée raille.riers. sur de Fez à Tombut.HISTOIRE 2i8 Les habitans des châteaux de cette province sont mécaniques toutefoys. le district de Ktaua. La plus magnifique de toutes appelléeBeni Sabih . comme ii y a quelques artisans aux confins de Numidie qui repondent vers la Moritanie. avec contrée de temples et boutiques bien fournies. Les sont braves. sont contrains de venir aux armes. située l'oasis de Dera'a. marchans étrangers ce la mêmes.> (Marmol. francs et libéraux qui se plaisent à loger les estran- les traitent du mieux qu'oi veut donner au départ. 1 et par divers chefs. L'Afrique. falloit arroser les terres. Neantmoins. de gagner à soy les Arabes qu'ils peuvent sans autre récompense que ce Quand ils et ils leur estoyent en division. Di Béni d'un simple bord de tions Sabih. ce qui a fait cesser la discorde. qui est ceinte d'une seule est mu- en deux parties. p. ou cinq païs quatre et de qu'elles sont ornées chemin qui va le se trouve il en ce où demeurent plusieurs cités. y a aujourd'hui plusieurs arquebuziers et arbales'. Suivant l'assertion de M. Elle est sur le la y avoit autrefois deux fac- perpétuellement en guerre particulièrement lorsqu'il qui estoient hommes L. est la plus la ville importante de dj Béni Sbih. . lesquels se contrarians le plus sou- vent. gerset Il province. mur la rivière ^° c'est : en une plaine de sablons. Les habitans sont de i. pour la grande seicheresse et faute de pluye. ( une des principales de pareeque on s'entretuoit pour avoir de l'eau. dans . .

ny prendre leur visée que ceux-cy. par l'espace d'un an durant. dequoy ils se pourront aviser. mais pour échange de leurs dates.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 219 bonne nature et libéraux. qu'ils payent jour par jour. - Le les mar- A ce peu de chevaux des dates en lieu une sorte qui sert à terrc de la ' teinture. de s'aider harquebuzes feu. chefs de partie. . ausquels donnent bonne soulde. qui farfa. pour ce que je et souvenance d'avoir veu gens mieux n'ay point drecer. à sa discrétion mêmes. sans demander ny prendre bien un autre chose de luy que ce qu'il voudra. Il y a entre eux plusieurs mêlées. elen si n. retirant à la guède. leur donner. tellement qu'ils tiendront marchant et luv feront toutes caresses. qui sont en continuelles les uns avec demandans chacun de son autres. qu'ils troquent avec ° . tellement qu'il eux par ce moyen-îà. chansderezet _ 1 . s'en tue assés entre cette ils ont a guères qu'ils province croît d'ende en grande quantité. . qui est d'un demy ils ducat par jour et encor davantage à ceux qui ont chevaux et qui soutiennent leur party. ils en recouvrent qui leur est aporté de Fez et d'autres lieux circonvoisins. et de ce trouve au royaume de Naples. en leur maison. les coté secours aux Arabes leurs voisins. que les . ce qui ne leur sied reste. car veuë pouvoit tant porter royent dans la En et être si aguë. ils d'avoine. appelé donnent foin. et se aux apotteaires appel - lentiadieBagaded. quand pistolets à que bien. pour ce peu de temps qui leur ont à donner acoutumé et n'y bataille. si la donne- ils pointe d'une eguille. . C'est qu'ils ont. grain y est assés cher.

sans interruption. tient La On tarfa « tamirisc » et sert à la pré- lités « le territoire et du Derâ sont couverts de bords du Dera dans l'une ou l'autre des nombreuses loca- les ritoire s'étend. Chaque auxquelles on a donné cette destination. tant est ses habitants. qui enfantent. Les femmes sont entre lesquelles s'en belles. bocages d'arbre de Derâ icjj. sur un La l'on grande l'étendue partie cultivée de ce ter- longueur de sept journées de marche. « takont. qu'ils ont coutume de manger. ressemble a 1 deGhadams. trouve plusieurs publiques. paration du cuir il la rivière en quantité prodigieuse. deux marchés dans deux endroits de cette région ville et le nombre de de Derâ Deren. Les et femmes. puante outre et des cuisses. et Ils nourrissent semblablement des autruches. Pour cette cause. bien rares i. El-Bekry nous donne la ville mais 1 plusieurs bazars très fréquentés : le elle jouit aussi d'un commerce florissant. aucuns d'iceux sont blancs. . mais dure mêmement mesure. un djamé et de Derâ. et refaites. qui est une font viande de tresmauvais goût dure digestion. hommes habitans tiennent esclaves conçoivent et plaisantes.HISTOIRE 220 chèvres (qui sont semblablement en petit nombre) manger les noyaux de ces dates par eux premièrement fendues. l'endroit à qui sont visqueuses. et mangent ordinairement la chair des vieux boucs et chameaux. nommée Tioumetin est le chef-lieu de la province Ouady Derd qui prend sa source dans renferme une nombreuse population. Cette ville la Il l'espèce il se tient y a certains jours où différents. blancs sont renseignements suivants sur les Les bords de et d'arbres fruitiers nommée marché sur les . dont la chair a telle saveur que celle d'un poulet. dont les enfans avec les père mère sont tousjours employés au service de et ce- luy qui les tient. et les autres noirs. Nons avons mentionné le y trouve jour de la semaine.

qui est le rivière qui coule de l'est à l'ouest colline rougeâtre avant d'arriver auprès d'Ahmed. « certain ne mangent point de pain de froment qu'aux jours de jouissances. » Le plus grand Mauritanie sur tirent dans les merce. d'échelles: cette graine est ensuite exportée dans tous les pays » (Edrissy. 343). fils d'Idris. 71). et on y cultive le henna. mais la comme on fait en chair en est fort dure. et s'étend sur un coteau. de sorte que pour en recueillir la graine on est obligé de se servir carvi et l'indigo. Elle est située sur vière qui descend de Sidjilmessa. fils de Yahia. c'est seulement une réunion de villages rapprochés les uns des autres et de champs cultivés appar- de la ville. mais Il les y a peu de chèvres casse. le Le henna y réussit surtout et parvient à la hauteur d'un arbre. com- une province. Aly. fils autrefois seigneur de tenant à des familles berbères de race mélangée. Les marchans du pays se re~ villes principales avec leurs correspondais pour le com- qu'ils ont leurs boutiques. fils d'Idris. Le pain et leurs est fort temples cher en cette Arabes y portent beaucoup de bled des royaumes de Fez et de Maroc et prennent des dates en payement. p. le la ri- cumin. est Ils un La nourriture la plus ordinaire des habitans.. et d'Edrissy. fournit sur Derâ des renseignements qui complètent ceux Marmol nous d'El-Bekry t — il. « Derâ n'est entourée ni do murs ni de fossés. et on les beaucoup nourrit de noyaux de dates et leur fait avoir quantité de habitans mangent de mauvaises viandes de bouc ou de vieux Ils nourrissent des troupeaux d autruches Castille des oyes. que l'on lait. Il y a peu de chevaux dans la contrée et on les y nourrit de dates au heu d'orge avec de l'herbe et région quoy-que du sain-foin. au nord d'une Elle est située sur du haut d'une et qui se précipite retient le nom fleuve Ziz. PROVINCE Segelmesse de la vile capitale. ditmanger de farine d'orge et d'autres choses semblables. puante et visqueuse.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 221 SEGELMESSE. p.. Juifs tant artisans « y voit force que marchans et particulièrement des orfèvres. par- . Description de l'Afrique. leurs magazins chemin de Fez le toute parez et fournis de à qui est nécess ire. était Dera » {Description de l'Afrique septentrionale. ce qui les engraisse les chameaux. C'est la festes et de ré- On n'y a pas beaucoup de police parmi eux Il trafic de la province est aux lieux qui regardent la Tombut.

édifièrent quelques gros châ- teaux. Zanhagia et Haoara. Dera'a dont la population s'élève. Cette province a de Sus et est et des déserts de la princes. Gerhard Rohlfs a donné dans sa relation de son voyage une des- cription étendue de l'oasis de lui. et vont trafiquer tous les ans au t. tant ceux que l'on ont quantité d'esclaves nègres de l'un amène de sur les lieux. par les enfans de la maison du roy de Marin. oco âmes. peuple se révolta mort le seigneur. mais elle fut depuis subjuguée par Joseph. et et d'infanterie pour tenir la province défendre contre les Arabes d'Uled Alim qui sont riches et royaume de Tombuk » (U Afri- 1-12). et le bornée du costé du couchant de est le quartier et les AI. Elle étoit anciennement souz la puissance d'un seul seigneur. au levant. III. outre les métis. au midi.222 HISTOIRE mençant au détroit. de celle deSugulmesse.. loin plupart sont fort basanez et qu'il deGesula. laquelle est demeurée sans habitans. et après luy. dont plusieurs sont exempts de tout tribut ticulièrement celle des jambes. le Us habitans de Se- gelmesse tuent leur seigneur. et Ils de l'autre sexe. environ cent le vingt mile. entretiennent beaucoup de cavalerie que. et l'autre en bas dans Tinzulin. puis de Muhaidin. jusques à maintenant. au lieu Timesquit qui Libye. des Sénègues qui bordent la province et ils la au chiffre de 250. que ceux qui naissent y avoit deux généraux qui en estoient comme les décela lesCherifs y tiennent deux gouverneurs. 1 deux d'en haut. roy de Lumtune. qui est jusques aux confins du désert de Libye. qui est Gherseluin. Finablement. qui sont Zeneta. et est habitée par divers peuples barbares.. de sorte que y en peu de blancs. Elle est partagée en il puissans. celle au septentrion des montagnes du grand Atlas royaume de Maroc. selon . l'un est en gouvernements où en bride. les habitans se reduirent tous ensemble dans les possessions et au territoire de et irieit à la cité. Après cecy. ruinant la cité. s'avançant sur prochain de la cité de midy. pour si fréquentes et soudaines mutations. pp.

qu'il en y a d'aucuns. et partie d'iceux 223 sont tributaires aux Arabes. dont les uns sont pauvres en toute extrémité. L'autre châ- teau est appelle Gastrir. et les autres opulens. et qui jusques au pied de la montagne. CHENEG. PROVINCE Cheneg une province sur le fleuve de Ziz. là où se sème quelque peu d'orge. là où ils font payer de grosses gabelles aux le marchans. pour ce qu'ils ont gouvernement du pas qui est entre Fez et Segelmesse. Là y principaux a troys châteaux. Les sont maigres terres quelques petis detrois de s'étendent depuis le fleuve. s'appelle Zehbel. de sorte. laquelle Au le sommet tou- pied du château de- prend un denier pour ducat. contenant plusieurs est châteaux. vilages et possessions de dates. d'embas que nuées. de telle hauteur qu'on veoir chât jusques aux meure le garde. et partie libres. Les habitans sont en partie sujets et tributaires aux Arabes et à ceux de Gherseluin. mais de petit étroites. distant du précédent par . qui est assis sur commencement jugeroyt à le la premier un haut rocher au du passage.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE et imposition. terre. qui n'ont pas un jet de pierre en largeur. fors valeur. sur chacune charge de chameau. qui confine avec les montagnes d'Atlas.

Reconnaissance au Maroc. ce ne sont que vilages et aucuns Tamaracost.Ouasth I^j? Temmarakecht.^JJ. El Kheneg appar- peuplé que d'eux » (Vicomte de Foucauld. Reconnaissance au Maroc. El-Kheneg. L'étroite étendue de ce territoire cause une grande cherté de grain. 351). 348). et les chemins petis. p. et de Gastir. mais et plus riche que le est plus il premier. montagne au plus noble sur et assis cote de la la près de la plaine. tellement la rencontre de tous ceux qui se voudroyent eforcés d'y entrer. C^S'\y. III). Marmol le nom qui a reproduit la notice de de Quenena {L'Afrique. lesquelles ils tiennent en temps d'yver dans certaines cavernes larges et profondes. du coté de midy. laquelle étend son détroit en longueur par l'espace de quarante mile i. p. Je n'ai pu trouver dans les ouvrages qu'il m'a été donné de consulter aucun renseignement sur el-guir la rive jjJLI les châteaux de Zehbel. voyre contre toute la province. leur servant de rempart etforteresse. gauche du Ziz dans le district est le nom d'une localité sur des Ait Hediddou dans laquelle s'élè- vent trois qçars (Vicomte de Foucauld.pour ce qu'elles sont fort enlevées de terre. . J^sj. lequel petis châteaux est distant 1 . 2 . les qçars échelonnés sur qu'il traverse entre le tient aux Ait Izdeg « On les nom le district deux rives de l'Ouad Ziz dans Foumm et n'est appelle de ce Jabel et Foumm le formé par long défilé Ghiou. sur le grand chemin.HISTOIRE 224 l'espace de quinze mile. Léon l'Africain donne à ce district . 2. fais à la que deux hommes seroyent bastans à soutenir charge et main. étroites d'entrée. au reste. t. Le tiers s'appelle du second par l'espace de vingt mile. mais les habitans nourrissent des chèvres en grande quantité.

Chérifs et Qebala sont mélangés dans les divers qçars. Les premiers sont les plus nombreux et ont la prépondérance. fleuve plus noble est appelle Helel. acompagnée de plusieurs soldats dans le château. tenant une famille de son peuple souz les pavillons campagne. Et avenant que ses soldats rencontrassent quelques voituriers sans sauf-conduit. district Medghara î^ju. iJ^Im. « Ce district se qçars échelonnés sur les bords de l'Ouad Ziz. p qui tiennent en sujétion tous ces quartiers blit Chaque qçar et les de ce et Sanhadja. de son temps.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 2 2> MATGARA Matgara où il territoire hors ce détroit y a plusieurs châteaux. ils les pilleroyent incontinent en blanc les châteaux et niques. marchans. sûreté des Hilal est le dans le chemins nom son existence et des le habitans de peur des Arabes avoir vaincu Moula Ahmed orthographie le nom 352). djema'a dit que. mais de petite estime et méca- comme je l'ay Il moymêmes veu 1 . compose d'un certain nombre de Le Metghara n'est habité que par des Chérifset des Qebala. avec une autre. Metghara. 15 s'éta- . sans son feu ou licence. mettroyent et y a encor plusieurs autres vilages. Point de cheikh ni de djema'a administrant l'ensemble du isolée. qui est arabe. tous situés sur de Ziz. reconnaissance au Maroc. Ils sont seuls maîtres du pays. et là le le le seigneur du territoire. Ils sont libres et i. se gouverne au moyen de cas de guerre » Marmol nous lela pour la sa district. a ne s'unit à d'autres qu'en (Vicomte de Foucauld. d'une grande tribu arabe qui envahit L'Afrique Maghreb après m. au moyen dequoy à la est jl impossible de passer par le domaine sien. n'obéissent pas au sultan et sont sous ne- dépendance d'aucune la tribu. Chérif tenait garnison dansHi- Ménéba là. dont fait un autre est résidence là.

ce territoire confine avec tagne inhabitée. de sorte et Arabes. III. non autrement que s'ils étoyent leurs esclaves. là Arabes Du à leur retour où logent ordinairement du désert les 1 . s'estmd le long de la rivière de Zis province de Sugulmesse et par haut à celle de Matagara. au lieu de Marmol désigne aussi cette oasis sous le nom d'Arratame. car dix en battroient cent. du coté de midy. p. au levant. tresavares que cent chevaux des leurs n'oseroyent afronter._jj. peuplez d'une nation avare que les Arabes traitent d'esclaves et dont ils se servent de fermiers pour labourer leurs terres. habitans sont sujets aux Arabes. possessions les fleuve Ziz. Ce nom est écrit ici fautivement.Elle a vingt y a plusieurs bourgs et villages. mentionné dans le Voyage d'El-Ayachi. quoyqu'ils n'en parlent pas tout à comment fait la par bas à la langue. par dont territoire qui et de datiers contenant et vilages. p. 20). 8. s'etendant sur le jusques au territoire de Segelmesse. lieues de long lasche et et confine où Elle a. l'espace de cinquante mile. dit-il. si les rois Ouad Er-Reteb de Barbarie ne est les empêchent» {V Afrique. . avec une plaine déserte et areneuse. il une montagne stérile et déserte et au couchant des sa- blons où les Arabes de Ménébat qui font plus de deux mille chevaux viennent camper quand ils retournent de la Libye et recueillent des contributions de tous ces lieux. une mon- devers ponant. Bereberes. . ny se mêler avec dix des* couars. Les habitans sont province. qui les contraignent de cultiver leurs terres. et i .HISTOIRE 226 RETEL Retel est semblablement un autre confine avec Matgara. t. Il faut lire Reteb. infinis châteaux. « Cette Retel. coté de levant.

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 227 TERRITOIRE DE SEGELMESSE Combien que. j'aye traité de la province de Segelmesse succintement. Juifs et artisans. là où il y a . qui est chef de partie. CiS^jS. pour ce qu'il y a entre eux plusieurs debas et inimitiés. qui est semblablement peuplé comme de marchans Mores et Juifs. par l'espace de vingt mile) sur _ fleuve Ziz. et se gouvernent tous par un seigneur particulier. mieux fourny de marchans étrangers. 2.' dont l'un^est 1 qui contient environ mile feus. comprendre mais les appelle plus renommés sont Tenegent et étant le trovs. Tcneguant. Et à dire vray. y a troys cens tant grans que petis. je ne larray pour autant à dire. au 1. qu'en son pourpris (qui s'étend de tramontane à midy. quelque artisan. Mammoun. par cy devant. plus civil. que l'autre. Le second est appelle Tebuhasanr distant du premier environ huit mile. les vilages. . devers midy. 3- Qaçr ^J^. Le tiers se nomme Mamun assés grand. et en peu de paroles raconté ce qui me sembloyt digne d'être présenté devant le lecteur studieux. sans le cinquante châteaux. j^U ^^. Tebrouacant. et est plus grand. fort et bien 1 . ce château est le mieux peuplé que nul autre qu'on sache trouver en toute la province. plus prochain de la cité.

menue monnoye J la . se conduis qui les viennent du fleuve. qu'il s'y lève de la sement. à quoy Arabes leur prêtent tout aide faire les uns chamaillans d'une étrange sorte. monnoye. grande quantité de scorpions. du pois de quatre grains pour pièce. mais . Ce sont gens mécaniques. laquelle fait (comme est si véhémente et poussière merveilleuje pense) que tous les . l'or et esclaves. et y Scorpions dance - en abon- a. mais sauroit trouver y a la marchandises de Barbarie. Ils font batre dans leurs châteaux Monnoye des habi- tans delà province Segelmesse. tribut des Juifs et profit de la Arabes. Leur viande dates avec quelque peu de grain. ils s'employent à tout vil métier. qui se transportent en pour y porter les troquent contre et s'en trouve pluterre des Noirs. arrousans les terres. est font d'argent. Ils il pour les- employer grand coupent aussi les datiers par sacagent d'un coté et d'autre. contre viennent aux armes ils les autres. de fin argent. la chaleur y excessive. et leurs ducatz. et se les et secours pour leur donner meilleur moyen de se ruiner plus soudainement. dont octante reviennent à un ducat. Partie les de leurs revenus est tirée par leur chef. En temps qu'ils de est par tous ces châteaux.HISTOIRE 228 moyen dequoy. quels retourner à leur entier. partie. Il on n'y une puce. monnoye comme d'or et ce ux de bas or. faut somme de deniers. avec ce qu'ils gâtent et rompent le pied. sieurs. quelques gentishommes riches. tellement que se retrouvans hors leur païs. par les comme comme la le et l'autre douane. d'été.

dernière victoire. de sorte qu'ils se main- tindrent tresbien en liberté. qui les rendirent peu à peu leurs tributaires. que cette cité fut édifiée par Alexandre cause des malades et monarque de estroupiés de son la terre. mais ils ne se furent pas plustot formalisés les uns contre les autres. qui s'etant party du païs des Mores. CITE Cette cité (selon l'opinion d'aucuns historiogra- phes) fut édifiée par un capitaine des Romains. Depuis le l'extrémité pour seing de sa vocable étant corrompu fut appelle Segelmesse. conquit toute Numidie. pendant que la partialité eux surmarchée. laquelle semble en- suivre notre Bicri cosmographe. pour ce que il des puys celle 229 même y a grand'faute d'eau. lequel après de la cité (étant le temps la ruine peuple en union) fut environnée avec murailles de petite dépense. cité qu'il nomma Sigilummesse. Le territoire contient environ octante mile. que les murailles furent abatues. chacune partie appellant les fut par Arabes à son aide. à celle fin qu'il fut hors la cource des chevaux. jusques à Messe.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE habitans ayent les yeux enflés. pour ce que . du domaine de Messe. camp. et en ce (que le fleuve vient à tarir). est salée. puis là où tant il fonda cette pour comme tira être à vers le la ponant. Il y a une autre opinion vulgaire. SEGELMESSE.

pour autant qu'il ne se trouvera dans aprouvés qu'Alexandre parvint jamais les historiens jusques une ces fins.^lJUc"'. le château qu'on appelle moys ordinaire- Mamun 1 . peuplée d'habitans riches pour qu'ils Du temps passèrent en Afrique. pour en iceux faire sa demeurance. fils de Tefsin. sur le fleuve Ziz. Sidjilmessa. à. qui en était Sidjilmessa . que mahommetans les fut réduite souz la puissance d'aucuns seigneurs du peuple de Zenete. fors Maintenant qu'il est la cité est toute en ruine et (comme nous avons dit) le peuple se retira en la campagne et aux châteaux. 131 Se-eimes^cité " que Joseph Elleétoyt fils la gouvernèrent. mais il étoyt de peu de durée. El-Bekry a consacré à la description de cette ville et à son histoire une notice très détaillée : j'en extrais les passages suivants: « Sidjilmessa fut fondée en l'an 140 (757-7S8 de J. qui la faisoyent tressaillir dans le lequel passoyt par la cité. et mal des yeux en été. ceinte de belles et hautes murailles. tempéré.-C. J'y ay séjourné par l'espace de six ment dans i. civile. embellie de beaux édifices. éloignée de deux journées ainsi que la ruine de la ville ville de Ziz.L'accrois- sement de cette ville amena la dépopulation de Terga.HISTOIRE 23o me semble faus. superbes temples sieurs fontaines. qui Joseph. L'air y est bon conduit. jusques à tant de Tefsin de Luntune les en expulsa. avec plu. elle le grand train de marchandise demenoyent au pais des Noirs et ornée de et somptueux coléges.). et bien treshumide en temps d yver. d'où l'eau etoit épuisée avec grandes roués. comne il en apparoit encor quelque partie. Elle étoit assise en à plaine. qui causoyt plusieurs catarres aux habitans.

CHATEAU Ce château la cité du territoire de de douze mile. par hasard. Cette muraille percée de vivres » de boisseaux modi îouze portes dont huit en fer fut construite par El-Yaça en l'an 199 (814entre di'^15). On laisse sécher à l'ombre les raisins qui viennent sur treilles sans avoir été atteints par l'ar- deur du fait «. ce lité appelée Aglef. les raisins et toutes les autres es- en grande abondance. A peu de distance de la l'occident partage en deux branches dont l'une passe à l'orient et l'autre à d'une construction solide et la ville. on voit de très belles maisons et des édifaubourgs. Cet ouvrage de défense d'Aboul Cacem qui fils fit Abou Mançour-el-Yaça fut élevé par tous les frais de la construction sans vouloir fût d'y contribuer avec lui. du icy est petit. soleil et on leur donne le nom de dhiïli « ombragés ». sa ville et maladie ne l. Les pèces de fruits saumâtre. Il y consacra mille (tous les jours). Sidjilmessa est située sur une rivière formée par locaréunion de plusieurs ruisseaux qui prennent leur source dans une se d'eau courant Sidjilmessa. Elle est entourée dans l'intérieur. voile qui leur cache la figure.m . ses proches parents le ne le reconnaissent pas. et si. L'eau qui sert à la rivière et se de ramasse dans des bassins. hsbitans de cette chez eux. Sidjilmessa est située à l'entrée du désert et l'en ne connaît aucun lieu habité. On jamais parmi les L'éléphantiasis ne se déclare lorsqu'une personne qui en est atteinte arrive n'y voit pas de mouches.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 231 ESUCHAILA. il se transporta sur les lieux e partagea permettre à qui que ce c habitants verses tribus les terrains de la ville qu'elles possèdent encore. quelqu'un d'entre eux se montre visage découvert. Les portent toujours le nicab. mais les bains sont mal bâtis et d'un mauvais travail. L'eau que l'on consomme dans la ville est des puits. distant susnommée par l'espace dans une plaine dont le sol est imprégné de sel. ni au sud de cette ville. pour la culture des jardins. ainsi que celle que l'on s'y tire l'arrosement des terres ensemencées provient trouvent comme cela se pratique ailleurs dattes. de jardins. ni à l'ouest. et la partie en briques. L'année suivante. Le djamé fondé par El-Yaça est de bien soignée. La partie infices magnifiques. elle possède un grand nombre de est située supérieure férieure de la muraille qui l'entoure est en pierres. mais on sécher au soleil les grappes qui ont déjà subi l'influence de ses rayons.

celui 1 . ni choses d'aucun rapport. « Zouila. exporte les esclaves en Ifrikia et aux contrées voisines. Les achats s'y font au moyen de courtes pièces d'étoffe rouges » (Description de l'Afrique septentrionale. Il faut lire Ezzoueilah. Et ne sau- dire qu'il y ait autre chose malédiction de Dieu. est située au milieu du désert. au lieu de Esuchaila. « C'est un chasteau ou province de Sugulmessa sur les Marmol la de petite ville à quatre lieues Arabes du désert pour enfermer leurs meubles là dans les tour de cette plaine. verger. La rivière de Zis passe tout auprès répand de écrit assez exactement. comme A Sidjilmessa. désert. sinon caillous plus de progrès. et se Au- n'y a ni jardins. ny que la un et vivres. c'est l'entrepôt des caravanes pays et là elles se : elles s'y s'arrose par le C'est rendent de tous les séparent pour aller à leurs destinations respectives. Les lépreux y de maçon est réservé spécialement aux Juifs » (Description de l'Afrique septentrionale^ pp. de peur ennemys. 1. pour ce qu'on n'y pourroyt trouver jardin. de Zouila qu'on sert à la culture qui et Zouila est au sud-ouest de Tripoli. p. édifié par les Arabes en auquel tiennent leurs biens ils ne soyent qu'ils pillés par les royt on veoir autour. friandise les grains de blé qui une et font le métier de vidangeurs. ni terres labourables. DeSuhahyla. dit El- 4J1 Bekry. lieu III. pp. un bain sieurs bazars. 328-330).HISTOIRE 23 2 coté de midy. jOI. ne voit que des pierres et . Zoueïlah porte aussi son nom le nom de Zoueïlah-ibn-el-Khattab. Il a esté basti par et les mettre à couvert en leur absence. C'est un misérable des sables noirs » (L'tAfrique. On y regarde aussi comme commencent à germer. 28-29). où l'on 22). t. chiens pour les manger. Zouila renferme un djamè. lac. ville sans murailles. et leurs vivres sablons du Zahara où elle forme un grand il la frontière de la Libye. terre labourable. Cette possède des dattiers et un terrain uni qui ville que là et plu- moyen de chameaux. arène on engraisse les cela se pratique à Cafsa et à Castilya. ny aucun bien. C'est commence le pays des Noirs.

semées çà et là écartées par la campagne 1 . édifié par et Arabes dans un âpre désert. que ce fussent oranges. UMMHELHESEN Cet autre un dangereux château. sur le grand chemin qui est entre Segelmesse et Dara. sinon une âpre campagne. £}l nom cité. par M. environ vingt distant de cinq mile. Le clos d'iceluy est de tresbelles et bonnes murailles. est Segelmesse. 152 et 313. dont les les pierres I. qu'on jugeroit à de loin. est fautivement Umelhedegi les Arabes dans Voifrique de Marmol. le fl. âpre désert. t. dit-il. sur gelmesse Segelmesse environ de le qui soyt bonne. p. 25. « C'est. Il faut lire palmiers dont le sont si noires qu'elles ressemblent au Oumm-cl-Aledj. journée une à 11 est vivres. U Afrique. laquelle produit grande quantité de les veoir fruis. et n'y a autre chose à l'entour. III. leurs et qu'un désert aspre et sec où l'on ne voit que des terres qui semblent n'est avoir esté labourées à la main ». et le pays d'alentour de Sugulmesse.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 233 HUMELEDEGI Ce château vingt et cinq est distant mile. édifié par les Arabes dans et un grand chemin qui est entre SeDara. pp. un chasteau basti par meubles leurs serrer forteresse poury une comme en un désert de Numidie. . c'est un petit qçar entoure de vicomte de Foucauld dans sa Recon- écrit aussi naissance au Maroc.

Ce qu'ayant fait. . qu'il ne paye meau. D AUCUNES CONTREES. TEZERIN. territoire ne produit autres ayant grand'faute d'eau. dont fruits que des usent les i. ASSAVOIR TEBELBELT. s'enquerant la et garde combien nous étions. BENt GUMI Tebelbelt est une contrée au milieu du désert de Numidie. Marmol. château le Ulmelhefel. à quoy ajou- Mahom- tant peu de foy leur feirent lire l'office de met. distante d'Atlas. seulement troys châteaux. environ deux cens mile. et ainsi se font payer de chacun Juif.2 h HISTOIRE et y a ordinairement une garde d'aucuns seigneurs arabes. nous répondîmes que nous ne passions le nombre de douze. en compagnie de quatorze Juifs. en voulut retenir deux. qui sont bien peuplés. du coté de midy. se borne à copier les quelques lignes que Léon l'Africain consacrées. un ducat pour charge de cha- passe. qui donne à ce et cerf. et cent de Segelmesse. fumes tous remis en on liberté leur demanda pardon. mais ayant trouvé le contraire de ce que nous avions afermé. nom lui a Oumm le dates. Je y passay une foys. r-uJ-l J. que nous acertenames être mahommetans. et 1 . contenant en son pourpris. TODGA. habitans de chair d'autruches et de el-Hassan. FARCALA. lesquels font de sorte que nul n'y charbon.

pp. Marmol nous Numidie milieu du désert de cinq vilages. des Aulad l'été dans la plus puissante de qui. 1 L'oasis de Todgha se compose uniquement des de l'Ouad Todgha. mais d'autant à la chasse. qui sont laboureurs. des grenadiers. L'oasis est fort la vigne et prend 50 à 60 qçars. surtout dans la partie nord et aux environs immédiats des qçars. couvert de plantations au milieu desquelles serpente la rivière. Elle est ombragée. le long des plan- (Vicomte de Foucauld. d'une multitude de palmiers auxquels se mêlent. devers ils 1 réduis à partie 235 tanneurs. âijC. plus grande la couroveurs. ponant 2 . mais petite Il y a troys châteaux 1. Les habitans. sont fort misérables parce qu'ils sont opprimés par les Arabes de la tribu pendant la Hamroun. laquelle est autres fruits. Elle Segelmesse. III. les uns contre le Todgha chaque elle com- peuplée. 25). p. échelonnés tations » des rosiers. 220*221). bien que trafiquant au pays des Nègres. dans toute son étendue. semblablement abondante en dates et il n'y croît du grain fors quelque quantité. raisins et figues. sont dans le désert et vont province de Garet au royaume de Fés. est distante de le sont . même nom..ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE prennent qu'ils les Arabes grand train de des Noirs. Cette tribu est la Numidie » (U Afrique. Ils font marchandise en que la terre ont rendus tributaires. tout l'hiver. les une extrême pauvreté Tcdga est un petite province sur le fleuve du abondantes en dates.. les autres. rives 2000 mètres. C'est un long ruban dont la largeur varie de 2. environ quarante mile. Reconnaissance au Maroc. Farcala est une autre contrée un sur fleuve. tant que cela se peut appeller rien. . t. et dit que « et est ce à soixante et dix lieues distante village est situé nu du grand Atlas et à trente-quatre de Sidjilmessa. ou vilages. contenant environ quatre châteaux et dix habités de pauvres gens. Todglu. des figuiers et des oliviers mi-cachés sous les ra- meaux grimpants de localité est Dans tout indépendante de ses voisines. CJiJJ. Tebelbelt.

Ce ri- quartier est à . p. 2. p.« Ce nom. celui d'un cheikh el-am. distante de Farcala environ soissante de montagne. chacun avec son gouvernement particulier. mais piquent de valeur mol. et et à vingt de de toutes sortes de se Il y a peu de bled dans cette contrée. n'unit les qçars entre eux « (Vicomte de Foucauld. « C'est les villages une habitation de Bérébères orgueilleux moins du grand Atlas du costé du midi messe. sur un fleuve. de Ferkla se compose d'un certain qçars échelonnés sur les deux rives de TOuad Todgha nombre de au milieu d'une bande de palmiers qui les enveloppe tous. pour ce a ignoré est dérivé le en nôtre vulgaire. et apparence de deux les vestiges et on nom jusques à présent.23 6 HISTOIRE du mont Atlas par l'espace de cent mile. >Tj. la au possible en fertile contenant quinze vilages. pays. Recon- naissance au Maroc. et que Teze- dire. De t. Les habitans sont vassaux des Arabes. six châteaux dates. qui signifie deux villes en langage du d'une belle contrée de cette partie de la Numidie qui contient six villes ou bourgades et quinze villages rengez sur une petite vière qui descend du grand Atlas et tire vers le midi. sont bons hommes d'infanterie » (Mar- 23). vaut autant à rin. On y demeurent. Les habitans y sont fort pauvres parce qu'ils mais et sont le long d'une petite rivière. à trente-quatre lieues au nom III. ce gouvernement lien commun est le même Aucun dans tous. 356). du coté de midy. comme 2 . vivans souz eux en grande pauvreté 1 . peaux.. cités Ferkla. Tezerin est une tresbelle contrée. et et ils y a quelques trousont tourmentez des il dans celuy qui confine avec Dedez. et d'icelles le en langage african. De dont Fercala. {jjj. i. L'^Afrique. et soissante de Segelmesse. est le méchans province deSugul- comme en Bar- arrose les arbres de l'eau de la rivière le long de laquelle Arabes qui régnent dans ces déserts ils la fruits. nom de ce territoire.. Les divers qçars de Ferkla vivent isolés les uns des autres. Tezerin. C'est un pays de dates barie. petit trente mile. « L'oasis et desquelles cités.

ayant un terroir Béni est est 237 encor assise fertile en datiers. 24).re à les et avec leurs troupeaux tribu aux environs de Maroc. Ce prince et concéda des terres pour son entretien somme. mettans le mais les on revenen provient. au milieu d'un ruban qçars s'échelonne sur les deux bords d'une (Vicomte de Foucauld. de bêtes et de ses confia à ses nomades le soin de ses chameaux environs de Maroc Dès lors. de de dunes de sable et entourés Les Béni Goumi : . Reconnaissance au Maroc. il établit sa Abd à élevée conféra un: position « LeTazarin est une longue oasis. émigrèrent dans le el-Haqq qui assiégeait Allah ibn Kendouz prêta son aide à Yaqoub Ibn Abd Allah. ils quoy nulle dificulté d'exercer tous vils métiers. en entrèrent qui premiers Arabes mahométans civils que ceux de Ferplus et riches très sont Bérébères Ces leur nom. Les Béni Goumi formaient une Béni les Beni-Tà-Allah. en quelque beau cheval. bâtis au milieu sont aujourd'hui fixés dans cinq qçars Lz-/. Maroc. messe. qui se y a huit petis Segelchâteaux et plus de quinze vilages. 364). du coté de en la terre des Noirs. bleds et sont moins incommoils ont quantité de dates et quelques vingt lieues de cala la montagne et à dix . p. à gain qui leur les sauroyt employer. L Afrique. 111. En cet endroit. quoy-qu'ils soient de précédents » (Marmol. Les Béni Maghreb et leur chef Abd dans la province de Tunis. qu'ils transportent dent puis après aux marchans. une double chaîne de tout de gha. longue et plus peuplée que le Todpoint.aouia sont qçars cinq Ces palmiers. de Fercala du costé du levant. lui Khaldoun. environ cent cinquante mile. les collatéraux pour et Izguen ibn Yemel. Beloul et les Béni Moti ibn Djouher. qui fleuve Ghir. de palmiers El-Cacem par tribu qui a pour ancêtre 1.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE sur le Gumi une contrée. la mesme lignée que les III. Histoire dtsBerbires. et tellement que dans Fez. distans de siloc '. p. habitans d'icelle languissent en pauvreté ne font extrême. les Béni Gommi s'habituèrent à parcourir les du Sous (Ibn pâturages les dans comiu. t.. mais lui ressemblant d'ailleurs rivière. On y furent détruites par les voit%ncore les ruines de deux anciennes villes qui maison ne sait pas Afrique. plus . p. Aly'ibn pnm. t. dez des Arabes du désert.tivement établis Gommi.

el-Foqiya. CHASAIR. et une autre de antimoine. que les habitans mettent en prés de laquelle y a oeuvre. Je dois ce renseignement à l'obligeance de M. et a ne peut savoir de désert de Numidie à cette localité sept lieues la signification que ce fait du grand Atlas. et vent dans la partie du territoire arrosé par d'Abou Hinan. qçar réside un qaïd du sultan Dans chaque qui ne possède aucune autorité. distans l'un de l'autre. jusques à aujourd'hui. « petit château ». s'élèGuir. être exacte- ment déterminée. avec ce que sont bien clairsemés calamité. premier drogman de la Léga- tion de France à Tanger. d'Atlas. Leur situation exacte le à deux journées de Sidjiimessa n'a pu. ne croît grain aucun de les datiers y 1 . sur le rivage du fleuve Ghir. CITE Chasair est une petite Numidie. et ne croît autre chose en tout leur territoire 2 . 2. jç«aâ. : de elle de qasr ou qçar. assise au désert de cité. Berrebi et Ez-Zaouïa el-Tahtiya. CHATEAUX Ces deux châteaux icy sont assis au désert de Numidie. qui se voyent être continuellement extrême par misère agités pour ce qu'en leurs terres grande et quelque sorte que ce soyt. Bakhti. une veine de plomb. puis portent leur ouvrage à Fez.qui est le diminutif selon On la prononciation du Maghreb. par l'espace de cinquante mile : habi- les tans sont Arabes. jjU^c «il. Je crois qu'il faut lire Qpceir. jjJI. Fumey. prochaine Veine de plomb. Tâghit. environ vingt mile. 1 Les deux châteaux de Mazalig. dans le est située .HISTOIRE 238 MAZALIG ET ABUHMAM./».

dépendait du pays des Rahhou déportés en Ifrikia par ibn Abi-1-Ola furent établis dans cette contrée par le sultan Abou Yalna Abou Bekr. du coté de midy. et à laquelle Léon l'Africain Veine de fer - . où de tiers. p. et excepté qu'il est stérile en grains et das'y trouve une veine de fer. Tous Osman les j^o membres de la <£. habitans à autre exercice. on tombeau d'Omar ibn Rahhou qui était mort dans le Beled oul-Djerid (Histoire des Berbères. Il habitans font transporter leur marchandise en la terre des Noirs. GUACHDE. distante de Segelmesse environ septante mile. Ndzaoua. 2. en laquelle sont situés troys gros châteaux tous sur le et du fleuve Ghir. y croit quelque des dates en grande abondance. neantmoins ils du seigneur de Dubdu nent les y a peu de visont tous souz la puissance et Il des Arabes. la lages. Les rivage peu de grain et plusieurs vilages.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 239 BENI BESSERI Béni Besseri a une autre marche. Ibn voyait à Bechri le Khaldoun nous apprend que de son temps. qui en fournit toute province de Segelmesse. en laquelle y est troys châteaux. qu'à cette veine et ne s'adon- tirer le fer de 1 . et sont tous tributaires aux Arabes 1. Il faut lire Boni Rechri. CONTREE Guachde est une contrée. Ce famille district 2 . IV. « L'oasis qui s'étend le long du Guir 177). assis au pied de la montagne abondant en toute sorte d'Atlas. le territoire est fruits.

elle jouit d'une entière indépendance. Renou.HISTOIRE 240 FIGHIG. retour en Numidie. distans de Segelmesse. . se faisant prêtre ou pré- il fait moyen. par s'aquie- 1 selon ce M. se ils comme vendent dans Fez et moyen de- fort cher par toute la Barbarie. CHATEAU Ces troys châteaux sont assis au milieu du désert. environ cent cinquante mile. p. 240). Histoire des Ber- bères. au quoy. mais tant déliés et delicas. Selon nom donné Ouakhda 1. dicateur. qu'ils aprennent à Fez. à les veoir. qui commandent à Figuig » (Ibn Khaldoun. qui produit des dates en grande abondance. ^p*-. tellement que. quand quelqu'un est parvenu au doctorat. ville Elle bourgades rapprochées dans laquelle affluent tous est considérée comme une les les des et. dont les uns s'employent à démener train de marchandise et trafiquer en la terre des Noirs. dernier auteur. le Léon correspondrait au nom arabe de Ouak'da ou » (Description géographique de l'empire du Maroc. Telensin. famille matgharienne. bien expers et de grand esprit. à trois journées au sud de Sidjilmeça. par ce rent de grandes richesses donne le nom de Guach et Marmol ils . qu'on diroyt proprement. Les femmes de là ourdissent et trament aucuns draps en manière de couvertures de lits. grâce à son éloignement du Tell. qu'ils sont fais de soye. Ce sont les Beni-Cid-el-Molouk. Les hommes sont de bon jugement. celui de Guahede est située. les autres se délectent à l'exercice des lettres. puis. du coté de levant. p. se compose de unes des autres et produits civilisation de la plusieurs formant une grande principales villes du Désert nomade. « Figuig. 136).

appartient aux Berbères du y ne pro- stérile. 1 de deux journées de sur totalement sinon dates fruit. à ce qu'il paraît. 1844. ville même Elle est éloignée Bou-Semghoun. RecîxrcJxs commerce de F Algérie méridionale. L'imam El-Aïachi. deux ceux cinquante distante de Segelmesse. environ mile du coté d'orient. appelée sort » (Carctte. qui séjourna pendant quelques jours à Tisabet à la fin bre 1662). cent de et montagne la d'Atlas. qui. du canton d'Agri et (novem- Les bourgades de la ville des différentes parties du Soudan. 21). 111. de sorte que qui se rend à Tisabet y trouve un marché imporroc à la demande des gens du Soudan. le du Sahara. tant » (Voyage de l'imam cl-Aiachi dans le de V Algérie. vêtements de drap de soie. en la terre des châteaux plusieurs et Libye. géographie Tisabet. Paris. de Tim- On y trouve des étoffes de toutes espèces et des marchandises de tout genre qui y arri- vent en grande quantité. p. tels t. de che- habitans sont fort pauvres. est Figuig est une ville de 4. aux confins de la chemin par lequel on va de Fez ou Telensin au royaume d'Agadez. nous donne Tisabet sont le du mois de les rebi eç-çani de l'année 1073 renseignements suivants : « rendez-vous des caravanes qui viennent de bouktou. C'est l'entrepôt des articles qui viennent du Ma- que chameaux.ET DESCRIPTION DE AFRIQUE L' 24I TESEBIT Tesebit est une marche au désert de Numidie. commencement de Touat. nom est le de bourgades situées au p. Font enlevée annéesaux Doui-Manï'a.000 an « elle et belles. 92).cco ou 5. IX de V Exploration scientifique . du pays Maroc J^LJ. Les femmes sont brunes mais velure noire. entourée de palmiers. les pour ce que leur pais duisant aucun d'orge il a quelques la 1. tribu marche d'une autre qui et et le a éprouvé es. sur le Noirs. contenant en son pourpris environ quatre vilages. au nord-est située quelque peu et .

Il rage. reprennent fort dedans pour ce aprement. qui sont tous environnés de possessions. à le faire ils départ tous païs est raporter. pour retirer seulement de leurs chevaux. au royaume des Noirs. disans s'il la le n'y a pas lieu faire. tellement qu'ils déplaisir. La chair y est fort chère. sont fort opulens. à cause qu'on n'y sauroit nourrir du bétail pour la trop grande seicheresse du pais. car ils Les habitans de là ont coutume de se trans- porter. lequels ment de voire. d'où les marchans sont atendus par ceux de Barbarie en cette marche. et ils le fiens gardent fort curieuse- ne sauroyent recevoir plus grand que de veoir quelqu'un sortir hors maison pour aller du corps. distante de Tesebit par cent vingt mile du coté de levant. CONTREE Tegorarin est une autre grande contrée au désert de Numidie. fort sec et maigre. avec leurs marchandises. y a plusieurs terres bonnes au laboules faut arrouser avec l'eau des puys. ils les fument. mais il cause que le mieux quoy. sinon quelques chèvres qu'ils tiennent pour .HISTOIRE 242 TEGORAR1N. puis font ensemble. lesquelles sont bien peuplées de datiers. au Et pour moyen ont coutume de bailler leurs maisons aux étrangers sans louage. environ cinquante châteaux et l'espace de là où il y a plus de cent vilages.

pouvant armer 1. lesquels en retirent suif salé. Carotte et Renou. étrangers n'en reçoivent que ce soyt.500.000 fan- est tassin.'unes. « plus souvent prennent les armes mais avec les autres. Il jadis habiter des Juifs fort riches. suiv.800 cavaliers et de 19 à [8. à du Tadmaït nord sans et il s'étend au qu'il soit possible : l'est. qui leur est aporté par marchans de Fez etTelensin. LtSaliara français. Alger. (Le comm m Vlarmolqui a deshabitansdeTegorarin. au nord sud jusqu'au de lui J 00 kilomètres et le pluriel de Ghourarah.é. 2. 13 et copié la notice de Léon l'Africain va ajouté ces quelques . r 1 suif salé pour viande tant Bissuel. moindre déplaisir sont tenus de rendre quelque petit aux Arabes leurs voisins'..000 . eôt limité presque impénétrable de l'Erg. cy est entre les mains de quelques chefs de partie. les un grand pront. les Juifs furent roy d'Espagne Le gouvernement de ceux- et Sicile. Selon MM. qui. y souloyt par le conseil et suasion d'un prédicateur de Telen- tous sacagés. La population de 73. Ils le tel respect. Tigourarin est Le Ghourara. Ils usent aussi de parmy leurs viandes. ijj^.). furent plus grand' partie aca- et la blée par l'émotion populaire. sin. par le massif par les falaises de l'étage inférieur 2. p.S r degré environ de latitude assigner de limites fixe de ce co. Le Ghourara comprend douze groupes ou perficie évaluée à disséminés sur une suon n'y compte pas moins de districts carrés. à l'ouest. Leur coutume chameau (qui pour chair de 243 de manger est être vieux et cassés sauroyent plus voyager souz ne charge) qu'ils achè- la tent des Arabes. pour lesquels le les uns encontre que les tribut 1. ce qu'avint en l'année mêmes que expulsés par Fernand. 1891. lesquels s'acheminent en leur pais pour marchés qui les s'y tiennent.000 palmiers produisant des dattes de bonne qualité.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE en retirer du laitage..

l'empire du Chérif s'étendoit du j'étois Numidie depuis à celle-cy qui Neantmoins. t. environ troys cens mile du coté de levant. les habitations de Nun qui sont sur l'Océan gouvernoit alors par des chefs particuliers du pays qui s'entretuoient l'un l'autre par inimitié ou par jalousie. mais faisoient pas de mal aux estrangers.. tribut aux Arabes ausquels détails « : Lorsque costé de la jusques se ils ils rendent sont sujets l . aussi ils estoient ceux qui mahométans les et le disputent à viennent de l'Arabie tiennent pour les plus illustres » III. les ne déserts des frontières d"Hillela qui est fort riche. Ouady Mo^ab. avec les marchans du pais des Noirs. bourgades situées en deçà des sables. car il a plus de six se vantent d'estre les plus nobles de l'Afrique comme estant de l'Arabie déserte et ceux de Mahquil qui tirent leur origine de Saba heureuse. MESZAB Meszab une marche aux desers de Numidie. Les plus puissans estoient appuyez des Béni de Tremecen mille chevaux.. là où il y a six châteaux et plusieurs vilages. montagne de Titeri et à trois journées ouest Mozab est le nom du peuple qui fonda ces bourgades. les habitans est desquels possèdent grandes richesses. 30). et du peuple et Ces Arabes descendus d'Ismael Amir qui courent par les (L Afrique. adonnés au marchandise en train de Noirs. Et avec ce. la . 1. les étant fort terre des la marchands d'Algier et Bug- gie se trouvent et assemblent en ce lieu. distante de Tegorarin. Toudjînides.. on y reconnaît les familles Abd-el-Ouadites.24 HISTOIRE j. Zendaleur. ^J'y <j>\y « Une portion de la tribu des Ouacin se trouve aussi dans les cosour des Mozab.. en Afrique. et autant de la mer Méditerranée. rochers d'accès difficile Bien que qui s'élèvent au milieu d'un pays brûlé par la cha- population de ce pays soit désignée par le nom de Mozab. p. Les bourgades des Mozab occupent les sommets de plusieurs collines et à cinq journées au midi de la des Beni-Righa.

p. sans compter leurs de- et autres pendants zenatiens. peut consulter sur le Mez. Le ouady produit des dattes » (Itinéraire de lladjy Ebn Eddin. et de l. un pont sur lequel y a comme on levis de tenir aux portes des cités environnée de murailles du coté de à craye et pierre vive. Paris. rappelle l'état de choses qui existe Dans « des Berbères. pource que la les luy servent de rempart. édifiée par les Numidiens sur une montagne en forme d'un promontoire. « ils s'accordent pour habitans de et les mer Medi- deux mille quatre cents maisons. pouvoir. 5). par M. deux tours et elle a gouvernement d'un » (Ibn Ghar- sultan. la ib. Elle est dissidens.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 245 TECHORT. Ville. fors montagne. et au dessouz prend son cours un petit fleuve. t. deyah. les Mozabys diffèrent révérer les compagnons de l'Envoyé de Dieu. langue berbère. L'eau parlent leurs édifices. CITÉ Techort est une ancienne cité. tout cela le et 304). ce ouady. les Persans de Maskat. Elle n'est point sous le la la ville contient mosquées. par M. . Ils ne fument du tabac ni ne boivent de vins. On dans M . Leurs éclatent coutume a et forteresses. y compris les entièrement fournie par des puits. Tous ces gens sont Motazelytes ou Mozaleys sont fort tempérans. Elle est entourée portes. Les Oman et la des Arabes. y a chez III. du Sahara [872. Histoire hauts rochers descendants de Ouacin. et deux Les habitai. tes.i région des steppes si complète publiée en [879 du Beni- et ['Exploration géologique >/< la province d'Alger. la plus est Zab le grande est une grande place de marché. parmi eux quand leurs chefs se disputent Khaldoun. six villes cultures et les dissensions qui ou Righa les mais dans villages. p. Ils doctrine avec Ils se refusent à sont opposés aux sunni- les Ouahabys. Coyne. En matière de foi. Cette il d'une muraille. et distante de Mozabites lites.ib la notice %fivue africaine.

lequel en retire cin- quante mile ducatz par an. vilages. et finablement elle a été réduite souz Techor tributaire roy de Tînmes. fors le temple dent faites la structure est de belles et grosses pierres entaillées. mais ils se trouvent merveilleusement nécessiteux en grains. leur assinans possessions. tellement. ils comme l'on fait le douaire sur les en Europe.HISTOIRE 246 terranée. Autour de la cité se voyent plu- sieurs châteaux. puis éloignée de Tegorarin. environ cinq cens mile du coté de midy. depuis. lesquels sont fort opulens en possessions de datiers. se montrent Ils fort afectionnés à l'endroit des étran- reçoivent en leurs maisons amyademander aucun payement. ceux de Telensin se la rendirent tributaire. et leur blement sans en gers. encor qu'ils n'espèrent plus les revoir. qu'à ceux de leur païs mêmes. lesquels ils donneront plustôt leur fille en mariage. Toutes les maisons sont et pierre vive. voire de grande va- leur. La peuplée. Premièrement cette cité fut gouvernée par les roys de Maroc. avec quelques lieux et terri- . mais seulement pour démontrer leur grande libéralité. tant d'artisans comme troys de brique cité est bien de gentilshommes. Davantage. au la puissance du roy de Thunes. que celuy qui règne à présent s'y est acheminé deux foys pour ce même fait. qu'ils troquent contre les dates. combien que les Arabes leur en apportent de Constantine. par l'espace de troys cens mile. leur font plusieurs presens. mais souz qu'il les viendra recevoir telle condition. en personne. contenant jusques au nombre de cens feus.

Ces murailles sont entourées d'un fossé qui peut être comparé à un fleuve. Il communique avec qui toutes s'y déchargent. xljjiù. et mur. Tougourt. Elle contient environ quatre cents maisons est sur vingt- et elle est ceinte de murailles avec des portes. Megeharyèh qui occupent — Il y firent profession ils assidus du Qoran par le teint qu'ils particulier de l'Islam apprennent par aux Juils et et il arrive rarement qu'un des sources d'eau trois ponts. pour échapper à la indigènes. des pêches et d'autres fruits. Cette ville est la capitale de ce Le marché de Teqort district et a juridiction quatre villages. est une ville que de richesses et je crois d'abon- dance. ont des minarets fort élevés. des détails dit-il. Les mosquées Teqort une race de gens appelée mort dont ils Ils maisons. étaient maintenant. cent bonne garde de che- trente mile ducatz. grand. des pommes. arbalctiers et harquebutïers Turcs. des très abricots. Teqort.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 247 toires distans d'icelle. des grenades. Le pays produit des dattes. des raisins. carressant et étrangers le fit trou- et 1 . tellement qu'il dulla. des figues. avec lequel j'eu familiarité. Sur ce fossé. lequel a de revenu par an. et tient vaux. qui ver plus. seigneur de habitans sont tous sujets au les la cité. mais. par l'espace de troys ou qua- d'où tre journées. qu'il appelle devoir reproduire I lad jy ici. Ils la ville. exhalent une odeur désagréable. gourt me modeste tant que rien favorisant merveilleusement les courtoys traitable. Ebn Eddin El-Agliaouaty donne sur Tou- comme Léon Teqort. et s'appelle Habdoyé fort bien. mais ils choisit parmi ces gens-là des scribes et des ne sont jamais admis à la dignité de qadhy ou . il est magnanine et libéral autant que jeune seigneur pourroyt être. 1. à dire vray. « Le gouverneur de Teqort teneurs de livres. qu'il sou- donne occasion. Arabes y a un quartier séparé dans autrefois. Et. avec meilleure envie à un chacun de demeurer en sa cour. leurs nation. a à il Ils étaient Juifs menacés par ils sont encore comme les sont lecteurs distingués celles de cette ne se marient point avec Arabe prenne femme chez les les M haryèh. « l'Africain.

dont il chans étrangers.. mais pour ce qu'ils se joignent ordinairement avec des esclaves noires. Les femmes sortent voilées dans marchés et conversent entre elles en hébreu. châteaux et vilages infinis. édifiée par Numidiens. ils moyen de n'en mangent que d'autruches et de cha- meaux. les Ils gema' qu'ils et ils prient n'observent point aux heures comme un jour de possèdent de grandes richesses. Ils ont des mosquées dans leur quartier légales hors le jour de repos.p. pour royaume se trouve entre eux plusieurs marmêmement de Thunes et Cons- territoire d'Agadez. bien peuplée d'artisans. amènent de Barbarie. non que l'intempérance de l'air leur cause cela. La pluspart des habitans sont gens noirs. au quoy. tantine. etans par dehors environnée de plusieurs possessions de dates. . et ce sont que leur les habitans d'icelle fort riches. Le teint des gens de Teqortest noir et on les appelle Errouagâh » (D'Avtzac. quand elles désirent ne Le nombre des hommes qu'on peut lever est de cinq mille. laquelle ils troquent avec les marchans de la terre des Noirs. 15). qui portent la confine avec le marchandise dans la cité. au désert de Numidie..HISTOIRE 248 GUARGALA est une cité fort ancienne. Il y a tousqu'ils jours grande cherté de blé et chair. pas être comprises. et est remplie de belles maisons. ceinte de Guargala les brique crue. qui leur fait engendrer de si beaux d'imam. Etudes de giografhie critique : Itinéraire de Hadii Ebn Eddin.

Le : elles sont profondeur décent douce. « Cette ville. par les Béni Ouargla. H. en somme. Tout le Le sei s neur 8 a ^a de Guar - tributaire Arabes. Ils et Ibadhite. et leur seigneur. c'est-à-dire qu'ils pays des Nègres tirent sont schématiques et dissidents » (Description de l'Afrique. lequel tient en s'il deux mile chevaux. -a^l I J^jj. dit Ibn Khaldoun. dequoyils ont besoin. sont plaisans Ils envers et libéraux et fort 249 humains étrangers. 285). p. de mille des Béni Ouagguin. aux . comme grains. pour ce qu'ils ne sauroyent les avoir chose aucune. 286). et l'émir construire une p. draps. et. Le puits se remplit Immédia- devient ruisseau. Wargalan Es-Sahara.dit Hadjy Ebn Eddin El-Aghaouaty. tement d'eau et Leur couleur est noire et leurs vètemeuts de laine et de coton. et pays abonde en obtenues de la soixante dix entre trois tribus dont les noms sont Béni Ouaqin. le titre 11 La ville la la porte du désert par se rendre au Soudan. toiles. Ouargla a le d'abondantes sources d'eau manière suivante: un puits zer'. dit le Chérif Edrissy. . I. comme . Cf. armes. du et tire . de Ouargla Zekeria (13 19-1346) y Histoire des Berbers. personnage dont toujours exercé est voyageurs qui veulent la la fa- postérité en ligne directe a souveraineté. « De nos jours. Elle est gouvernée par un sultan et est divisée Béni Ibrahim. cou- teaux. sinon par leur moyen. rej -i venu de son domaine environ cent cinquante mue ducats. t. est habitée par des familles opulentes et des négociants fort commerce. sa garde environ Ils portent révérence à telle étoyt roy. suif. Béni Sesen. nord. « Ouarglah. ce qui atteint l'eau est creusé à la berbère. fut fortifiée fit Abou mosquée djami (Ibn Khaldoun. tout ce qui leur est nécessaire. p. Ouargla. chair salée. Duveyrier. rendant grand tribut aux Arabes ses voisins 1 . Ouargla laquelle doivent passer Son chef porte les de sultan. parcourent riches qui. pour faire le Ghana trent jusqu'à frappé à dites Wargalan Wahbite et le et Wangara d'où au coin de cette ils le de l'or et pénè- qui est ensuite sont en général des sectes ville. 141). Les Touareg du III.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE maies. Les habitants sont appelés Erouaghâh.. Le langage des habitants est dattiers.est une très grande ville entourée d'une muraille avec de nombreuses portes.. descend d'Abou Thaboul.

. par lesquels passent ceux qui veulent s'acheminer de Techort Guargala. du coté de et m idy. desquelles une par cy-après pays est une de seblcha 1 particulière et sel » . Études de géographie critique sur une partie de T Afrique septentrionale. au et y Il a trouve peu y a infinies posaussi grand nombre de d'eau et terres labourables. « doun. 1836. des fermes. (D'Avezic. devers levant. métropoles sont Badis aux chefs de limite la bourgade occidental dont la Mohammed. p. aux Oulad Oulad Nab et les Tennouna et le et la tribu la capitale est Tennouna de Kerfa. jjLj. Paris. Le Zab. qui repond vers le royaume de midie. des champs partient cultivés. Elle est assise en lieu fort chaut à moyen dequoy. au pais des datiers.HISTOIRE 25o PROVINCE ZEB. laquelle Thunes. C'est encore là une Le Zab la facilitent les partie est séparé de la plaine masse principale se dirige du communications entre les du Deren. 1. Ziban. Le Zab de Badis du côté de et et est et Tolga apBiskera Le appartient aux une région qui a pour et les bourgades de d'Ed-Doucen du côté de l'occident l'orient. vaste chaîne qui s'étend . appelée El-Hodna par des montagnes dont nord au sud capitale est Zab central dont Ibn Khal- des villages devint un de leurs lieux de parcours. en certains desers. les Le Zab. des eaux vives. s'y il il nous ferons ample description vilages et vingt et cinq cités. renferme des dattiers. mais sessions de datiers. Mohammed échut aux Oulad Zab oriental dont Le Zab dit dont plusieurs cols deux pays. ou plutôt «_>lj. 6). et se terpartie du mine du coté de tramontane au pied de la montagne du royaume de Buggie. Cette province est au milieu des desers de Nu- prend son commencement de la ponant aux confins de Mesila. sabloneux..

un pays étendu. édifiée du temps le gouvernement fut elle et sei- ruinée. pour ce que leur territoire ne produit autre chose que datiers. de Tehouda « Le Zab rapprochés est à l'Auras. pp. 111. p. dans leurs pos- abandonnans la cité. l'extrémité qui est vis-à-vis l'extrémité orienest habitée par un débris des Ghomert. est les t. le Histoire Khaldoun. Depuis sessions. L'exsans interruption depuis le fond du Maghreb jusqu'au midi de Barca. renfermant de nombreux villages assez et dont chacun s'appelle un Zab. moyen trouver de la elle se révolta à la sua- s'empara de qui d'un prêtre. mais pauvres. tale qui forme la et montagne bien connue limite septentrionale de la qui domine Biskera et plaine de Zab. et après relevée. en temps d'été jusqu'au moys de novembre. . et vont demeurer. sion en après. alors que les exercites des mahommettans passèrent en Afrique. jusques à la mort sieurs seigneurs. qui a changé de plu- premièrement souz puissance des roys de Thunes. le roy de la seigneurie Thunes ait peu remettre souz son obéissance. car elle étoyt la du roy Hutmen. Ruine 12. peuple zenatien . ensuite on trouve le Zab de Tolga. et sans que depuis d'icelle. uns des autres I.). Le premier Zab de Melili le Zab de Doucen. et restauration de Pescara. autre touche des Berbères. 77-192 et t. Les habitans sont civils. tant qu'elle est au- jourd'huy assés sufisamment peuplée et ceinte de murailles de brique crue.251 ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE PESCARA Pescara est une ancienne que Barbarie étoyt souz la cité. gneurie des Romains. trémité occidentale de cette montagne. du Zab. » (Ibn Badis et de ceux de Biskera.

d'oliviers et d'arbres fruitiers est envi- d'un fossé et possède un djamé. surpasse tation proverbiale. qu'on blanc et lisse. tant y a une grande Il piqûre desquels ne se la venin en est véhément le et soudain. métropole se la de nomme 1 ! I iw> (Biskera des dattiers). Elle dattiers. i. un ruisseau dérivé de la rivière. ronnée d'un mur et beaucoup aussi Biskera. Cette grande ville possède de diverses espèces. « Les faubourgs de Biskera sont ville de tous situés en dehors du fossé On trouve à Biskera beaucoup de le même rite que ceux de la ville les côtés.. que six milles celle nomme le sihani. canton situé renferme un grand nombre de bourgs dont à quatre journées de Baghaïa. du raissaient sur leur table. quantité de scorpions. 126-128). sel sel tarit il de Médine. à trouve nul remède. « la porte sième porte. « la du bain et savants légistes La ville enferme dans son même dans l'intérieur de la On voit aussi dans l'intérieur a y jamais. de Biskerat-en-Nakhil. toutes les récoltes qui administraient cette province envoyer. Description de VtAfrique septentrionale. plusieurs mosquées quelques bains.. les habitants suivent des portes de Biskera s'appelle Bab el-Macbera « une autre Bab el-Hammam.HISTOIRE 252 pour chose peu qu'il ait faire. qui forment un et bocage de la datte. : Une ». « . entourent la porte du cimetière ». JJi Biskerat-en-Nakhil. . A Biskera d'où l'on extrait des blocs de ce minéral gros Obeïd Allah le Fatemide et les de Biskera pour assaisonner Cette ville est les dtscendants mets qui pa- désignée quelquefois sous le nom Biskera des dattiers » (El-Bekry. de qui est cause que les habitans se retirent aux temps chaleureux 1 la cité. autre espèce aux vente et de d'autres espèces auxquelles même du officiers les lui il même au point d'avoir une répufruit. est accaparer pour son usage fit l'ordre qui est identiquement la eî-koubba et en beauté toutes Fattmide donna d'en empêcher On d'étendue. Les alentours sont remplis de jardins. Obeïd Allah des Mari et le la trouve à Biskera toutes les variétés de Le les autres Mari. Il a encore y une troi- appartient à la race mélangée moitié berbère). latin. La population de cette (dont le sang est moitié ville grande mosquée un puits qui ne de se un trouve une la ville comme jardin qu'arrose de colline des moellons à se servaient toujours bâtir. On pourrait nommer beaucoup serait impossible de trouver rien de compa- rable. pp. enceinte plusieurs puits d'eau douce.

1. NESTA Nesta est une cité. subsequemment. en- viron quatorze mile. fait courir l'eau par ses terres. ont Ils si grand faute d'eau. qui s'y voycnt encor à présent.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 253 BORGI Borgi est une autre cité. dont les anciens édifices.j. aucun . dont s'en ensuivent plusieurs meurtres et occisions'. en laquelle y a plusieurs artisans. et mémement celuy où est située la forteresse. . estimer qu'ils ayent été édifiés par les me font Romains. que voulans arrouser un canal (qui leur sert à ce fait) chacun. détail sur cetre localité a dans la les signification de tour. Mais combien qu'ils soyent bien peuplés. civile et bien peuplée. l'espace d'une heure ou deux. qui est bien petite. du coté de ponant. mais encor plus de ceux qui cultivent les possessions. distante de Pescara. où sont situés troys gros châteaux. Je n'ai trouvé auteurs que j'ai pu consulter. cela ne leur augmente pourtant en rien la civilité. selon l'étendue d'icelles et ainsi comparussent les heures entre eux. ou plus tôt pourpris de terre. leurs terres par tellement qu'ils en font plusieurs foys de grandes questions. Le mot Bordj.

roy de Tunis. âjai*. Il y a tant de ruisseaux que l'eau est distribuée sans être mesurée. commerce rons sont bien cultivés. que Charles Quint restablit dans son Estât. Tous doctrine chute. ra jH eSî e t tellement que tous lestroys châteaux premièrement mettant à superbes sont maintenant réduis en pauvre vilage. « La ville de Nefta en pierres bâtie est et renferme une nombreuse population. ils . Mahomet ils . tandis que dans le reste de la province de Castiliya. Enfin Tunis. mais. parquoy celuy qui règne à présent s'y achemina avec une grosse armée. auprès duquel s'écoule une eau vive. par des murailles en l'une desquelles une forteresse dont la structure fait voir Cette ville est peuplée. les t. plusieurs mosquées et un grand nombre du bains. et dont les et plantées ville envi- de pal- 123). elle s*est montrée contraire et rebelle au roy de Thunes. p. furent saccagez et ruinez. 35). à mu- sacageant.HISTOIRE 2 54 être bien Les habitans souloyent qu'ils sont sur le opulens. ruinant les la mort plusieurs des citoyens. Il faut lire ils arrousent leur territoire'. « Cette ville est p. aussi nomme-t-on les habitants de Nefta professent la cette ville la petite Koufa » (El-Bekry. i. Nefta. l'ayant prise par force tua une partie des bourgeois et fit abattre quelques pans de Nefta une petite rivière d'eau chaude dont arrosent leurs serres » (Marmol. Edrissy nous dit qu'il y a deux faibles journées bien peuplée dont les habitants s'adonnent au de Cafçaà Nefta. que dequoy froide. depuis cent ans en çà. plustôt chaude. p. n'y a aucune police. 175). moyennant laquelle il la souNesta saccagée par roy de Thunes. arrosés par des eaux courantes miers (Description de L'Afrique. mur. mais s'étant révoltez plusieurs fois contre les rois de plus de deux cens ans. Les habitans que c'est étoient autrefois riches parce qu'ils sont sur la frontière de Libye et au chemin qui va de la Barbarie au pays des Nègres. De Nefta. i e mit son obéissance. Elle possède un djamé. il y a père de Hascen. pour ce chemin par lequel on va au païs des Noirs. Il y a près de habitans boivent et dont III. elle se vend au poids. V Afrique. Description de T^Afriquc septentrionale. partagée en trois et fait comme trois places séparées les unes des autres. mais fort il il y a un ouvrage des Romains.

ÎâJ J». Hauqal et dattiers et un yémmite de toutes arabe Je Cais » et la l. troisième par une peuplade (El-Bekry. et montrent devoir. peu sensible Deusen ruinée paries . des Arabes d'origine appartenant Ibn de Une de fruitiers. lorsqu ils entrèrent en étriqué. DEUSEN Deusen est une cité anciennement édifiée par les Romains. ces villes est habitée par des gens de sam.ahouca. villes entourées chacune d'une alentours on remarque plusieurs ruisseaux remplis d'oliviers. pour ce que dans icelle y avoit un comte romain. qu'ils sont merveilleusement oppressés par roy de Thunes. mêle. Le dant en dates. de pauvres murailles. dont territoire est et ceinte abonha- les bitans sont fort nécessiteux. là où confine le royaume de Buggie avec ledesert deNumidie. p.i lettre /. avec ce qu'ils se le et 1 . briques et d'un muraille de o. Description </<• l'Afrique 170). Laouha noms est et le chérif. Joint aussi. s l'autre par S a la tribu septentrionale. mais stérile en froment. Elle fut ruinée par les mahommetans. acompagné Tolgha. se compose 1. située au nord de Bentious. trois Aux grand nombre de jardins les autres es. donne à cette ville le nom de Édrissy celui de I. est la marque de l'article berbère.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 255 THEOLACHA Theolacha est une cité édifiée par les Numidiens. La différence entre ces car de lossé. Ils s'adonnent fort superbes outre les Arabes peu courtoys envers les étrangers le sont à l'avarice.

HISTOIRE 256 d'un grand nombre de braves qui. Cf. 161. PROVINCE Cette province confins de Pescara. ayant une partie fort éloignée de la i. Annuaire de la Société archéologique de Constantine. 1861. les vainqueurs vaincus par ruinés et pour leur epesseur que fut force enfans détenus prisonniers. Auprès la cité.«j-i. ou par tremblement de terre. toutefoys maintenant rompues en deux endroits. est la ville de Doucen. lesquels la tindrent assiégée par l'espace d'un an durant. Deusen. . ne purent nullement endommagées. /. les bonne maçonnerie. sépultures. l'ancienne Decenna. la la cité fut passer feirent la fin. d'un courage consentir. et édifices être il multitude. elles je sont ne say si par efort. mais les maisons murailles. ne voulurent jamais la cité fut rendue entre mains des les Sarrazins. avec caractères et lettres. p. prend son et s'étend commencement aux jusques sur les limites de File Gerbo. l'oasis de Doucen est situé à 50 kilomèlres est de Biskcra. mais à cedat au temps et à après que femmes et les Au moyen le c'est vertu dequoy. mais diligem ment enquis) ne me seut jamais le sens d'icelles (après m'en être fort être exposé BILEDULGERID. mentionnée par Ibn Khaldoun. que non et vaillans soldats. intimidé. de Pepée. de la prinse d'assaut. les fil et démolis. se là voyent aucuns vestiges resemblans à où en temps de pluye on trouve cer- taines médailles d'or et argent.

Ce pais est fort chaut et d'autant plus sec. TEUSAR une ancienne cité. de- mahommeuns. pour ce qu'ils font plu- sieurs foires dans leur cité. tant des pais de Nu- midie que de Barbarie. qui nommée et nobles Mezdas. comme et Teusar. avec d'autres beaux palais et somp- tueux édifices. sur un petit fleuve. comme en deniers. Ils sont séparés par un petit fleuve en deux parties. qui sont maintenant réduis à rien. cités.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE mer Méditerranée. mais des dates en grande abondance et singulières par toute lesquelles se transportent Thunes. aus quelles se trouvent di- vers peuples. L'autre est certains Arabes. au moyen dequoy. circuit. et y a plusieurs en perfection. au désert de Numidie. 257 situés Caphsa par l'espace de troys cens mile. Teusar est Les murailles furent nans un grand les jadis belles et fortes. qui procède d'aucunes montagnes. édifiée par les Romains. distantes là où sont d'icelle. comme la rivière je de vous feray par cy après entendre. Les habitans jouyssent de grandes richesses. les . tant en possessions. habitée par demeurèrent dans la cité. les terres ne produisent grain de quelque sorte que ce soyt. du coté de midy. et un grand nombre. En l'une (qui s'appelle lat- nasa) sont comprins les citoyens naturels de la cité. mais environ- elles furent ruinées par Teusar ruinée par mahommetans.

les la légumes de mauvais goût et incapable ordinairement haut. Aboul Feda dit aussi céréales est dans son Taqouim oul-bouldan. plupart des fruits que le pays produit sont de y sont abondants d'étancher la soif. beaucoup la canne à sucre et le bananier sont portes. Il peu souvent se rencontre qu'ils prêtent obéissance au roy de Thunes. et aussi le seberte et les habitants leurs jardins en les nourrissant de dattes. 121).. et excellents. chargés de les jours. lequel leur use d'un mauvais traitement. Description de l'Afrique. que Touzer était capitale de la province de Qasthilya. il Touzer en sort est ar- rosée par trois ruisseaux qui prennent leur source dans une couche de sable fin et blanc comme de la farine. mais le la cheikh Et-Tidjany avance. gnent de s'y acheminer en personne. . « Touzer est entourée d'une forte muraille et ses environs sont couverts de palmiers qui produisent des dattes pour toute l'Ifrikyia. on engraissent ces homme animaux dans recueille aussi la mange la chair manne. seules plantes qui n'y viennent pas les de a quatre et d'autres arbres fruitiers la ville un grand sombre massif. Touzer. qui avait reçu l'hospitalité à Touzer m'a raconté que Un un de viande que l'on trouva excellent et que son hôte auquel il demanda ce que c'était lu: répondit C'est de la chair d'un jeune chien engraissé » l'on servit plat : (El-Bekry. p. pp. Cet endroit est nommé en leur lan- gue Serrai. de dattiers un grand nombre de jardins. Elle possède un djamè solidement bâti et plusieurs bazars. 117-119). par leur arrogance. Cn trouve éga- lement de beaux citrons d'une grosseur et d'un goût extraordinaires. celuy qui règne à présent jjy. Il n'y a point d'autre endroit en de dattes. puis qu'elle fut prinse par les continuellement en haine uns avec les et sont les autres. Touzer. du chien. On y myrobolan. s'étendent de vastes faubourgs remplis d'une nombreuse population. ce fruit. Le prix des L'eau y est bonne qualité . presque tous chameaux ou même davantage. grande la contrai- ils le et mêmement 1 . . On celles ne trouve nulle part des oranges aussi belles de Touzer. Cette place qui ville est très forte. Dans ce pays. Description de l'Afrique septentrionale.. attendu qu'on est obligé de les faire venir de loin. Tout autour. le pays ne produisant que fort peu de blé et d'orge » (Edrissy. douces que le .HISTOIRE 25 8 mahommetans. métropole du pays de Castiliya. et Ifrikiya qui produise autant mille Les dattiers forment autour bi^n. quand. i. . une est environnée d'une muraille de pierres et de briques.

CITE une cité anciennement parles Romains édifiée. qui est à veoir une chose singulière et admirable.. Les populations de Tou- (Grecs) qui ?e trouvaient en (Voyage. ressemblance entre les du pays de capitale localité de cette contrée. Les premières sont plus vastes dans la ville blic. et voit La grand n'y a aucune y construisent et celles de plus agréables que les secondes. De dattiers aussi nombre la considérable que des eaux qui celle les dit-il. cause en est due à l'abondance sont celles qui quelque temps. et comme pierres entaillées et grosses au Colisée de dans la relation Djerid. s'y d'indigènes n'habitent que dans le bois de dattiers. un lieu profession de teinturiers y viennent étaler des vêtements de couleurs variées et des étoffes brodées . jamais ne seurent endommager la forteresse. pour ce que les murailles d'icelle sont de la hauteur de vingt et cinq toises.. laquelle demeura entre les mains d'aucuns ducs. « une Rome. Le lieu Un deux mosquées djamé où se le plus pittoresque de Touzer dit est la khoutba un endroit Bab el-Manchour. qu'ils et bois et appelé par les habitants Il on ne trouve. lesquels meirént bas les murailles. pp 143-144). Ceux des habitants qui exercent la l'oeil du visiteur croit voir alors devant lui un riche parterre où des fleurs aux mille couleurs s'épanouissent sur les bords de frais et limpides ruisseaux.. mais pour efort qu'ils feissent. Caphsa est réduit souz la y feit marcher son armée. .. jusques à ce que Hucba. charmant. là à de son voyage. Le bois de dattiers de Touzer touche aux remparts de la ville e t ajoute ainsi aux moyens de défense de reste des anciens Koums zer sont un avant conquête de l'islamisme la » la place. qui la puissance des mahommetans. que Touzer est Dans aucune autre forêt de maçonnées de cinq en largeur. en effet. Ifrikia Les mahommettans batent Caphsa. capitaine de Hutmen. On voit un bain pu- situé hors du C'est. qui les demeures arrosent. la ville.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 259 CAPHSA.

et une autre foys. Les et comme sont celles de Naples habitans sont mais civils. boivent. lesquelles sont des plus grosses et meilleures que l'on sauroit trouver par toute la province. XhuneS. Mansor démolit les murailles de Caphsa. Là se trouvent quatre choses singulières et vases. dont on retire de l'huile. à cause que l'eau est de laquelle ils bord le il prend chaude. la r . dates. entre lesquelles et peuvent demeurer ceux ausquels envie de se laver. par l'espace d'une heure ou deux. profondes. Florence. bonne en toute perfection. milieu de . causant tans d'icelle quasi ordinairement une aux habi- fièvre. j sei & neur de cette Clté r 1 < > le tua avec ses enfans. larges et ceintes d'icelles de murailles. .HISTOIRE 260 murailles furent redrecées. olives. et puis. par lequel ayant eu journée contre le __• •. A Au faites .. L'air de cette cité est tresmauvais et dangereux.. fort nécessiteux pour être par trop oppressés du roy de Fontaines magnifi- ques d'eau chaude. tue le seigneur et ses enfans. comme en naïve couleur. fors temple le quelques autres petites mosquées. y a aucunes fontaines en forme de fosses carrées. les La cité est édifices pour la pro- aujourd'huy habitée. qui les Au dehors. y a possessions infinies d'olives. et les oli- ves semblablement. Mansor démolies. rend vituperables par toute l'Afrique. toiles et Les habitans vont assés honnêtement en . cite . mais le sont de laide montre. . tant en goût savoureux. Les rues sont et fort larges et pavées. commendables. constitua gouverneurs et recteurs par toute vince. d'oranges et dates. après l'avoir laissée refroidir.

le gueur faite d'hier. fut élevé par Dans et totalité sur des portiques dans une inscription qu'on de Cafsa abondantes en arcades avec de fortes cloisons construites en raille de de l'un le l'Ifrikiya et la localité de plus de pistaches. meilleure que celle de Castilya. Les habitants de cette plupart d'entre eux parlent la Description de l'Afrique. ditEl-Bekry. p. ville bâtie bouché que graver son le les rempart nom l'intérieur de la ville. p. Les diverses parties On jusqu'en Egypte. 22). 113). eutretenus et habités henna. qui y fit a dit à Cafsa. CHATEAU Nesgara sont troys châteaux prochains Qafça. on y cultive du cumin. suffisent pour i. et les fabriques dans un état prospère. Cafça est une belle l'eau est ville entourée d'un mur. du coton Berbères. la notice .. en Espagne et à Sidjilmessa. on les envoie même la province de Cairouan dans toutes les trouve une espèce de datte semblable à un ceuf de pigeon. page de Nimrod. des châteaux la ville. Les impôts de Cafsa la fruits y des consommation de s'élèvent tous les ans à cinquante mille dinars » (Description de V Afrique septentrionale. On voit autour de la ville de nombreuses plantations de palmiers qui produisent diverses espèces de dattes de qualité supérieure. « Trois journées de marche. et vont aux environs se trouvent renferme dans son enceinte une grande source bassin construit en pierre par les anciens a quarante coudées de lon- et autant de largeur. se rendre de Cairouan marbre dont on On moellons. de terre par deux sources qui sont très champs ensemencés qui même Le djamé La mu- encore.. Cafsa est qui produit de lit conservée qu'elle semble avoir été forment autant de ruisseaux qui coulent avec arroser les jardins et les de Chentian. espèces que l'on cultive à Cafsa servent à Cairouan. des jardins. changer semelles les et 1 . Les bazars de Cafça sont bien fournis dont une et fré- quentés. Â-aiâ. Marmol consacrée par Léon l'Africain à la ville avec ville sont devenus langue latine africaine s'est borné de Cafça" à bien succès du » reproduire (Kdrissy.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 2 6i ordre. Au il y coule une milieu de la rivière ville est source d'eau dite AlTarmiz. sinon qu'ils usent de gros et lours souliers pour plus facilement remuer de cuir de cerf. la et embellissent des vergers. bruit. NESGARA. l'eau sort est si bien la dont place.

Elle avait fils nom à la ville principale dont El-Bekry nous fait la descripLa ville de Nefzaoua. 115). environs. nous n'en connaissons maintenant aucune. fils nom la si singulièrement défiguré Nefzaoua tribu berbère des de Nefezao. faut lire Nesgara. nous ignorons les lieux où quables de la ils ont demeuré. Quant aux cités de Clemen. journées de Cabès et à deux journées de Cafsa. Le territoire en datiers. Parquoy les laissant à part. est à trois la tribu Cette elle est située ville auprès bords sont couverts de dattiers et d'arbres fruitiers. p. environ la cinquante mile. d'une rivière dont Dans les née de Touzer à Nefzaoua nale.. » Il Nefzaoua y aune jour- (El-Bekry. qui repond sus le domaine de le Tripoly i de Il . je viendray à vous faire entendre les particularités et choses notables qui sont contenues en la part de la Numidie. se trouvent un grand les six portes. ajoute : « Quant aux autres branches de la tribu des Nefzaoua. nous en avons parlé en discourant et royaume de Thunes. Ce pays au lieu du Jjl -Jù. Francs qui vivent sous ils si assez remar- province de Castilya situés à une courte distance les uns des la la protection d'un On y traité. trouve maintenant des Ils y sont restés conquête musulmane jusqu'à nos jours une des croyances tolérées par l'islamisme. ils et eux et comme jouissent du . Le mur de Nef- donné son tion suivante : « zaoua construit en pierres et en briques est percé de possède un djamè et quelques bazars très fréquentés. et les habitans fort indigens. de est fertile Capes Gerbo. bien habités. et distans de mer Méditerranée.HISTOIRE 2 62 l'autre. et dont on n'a jamais pu trouver le fond. occupé par était qui avait pour auteur Itouweft. pour être par trop foulés du roy de Thunes. renferme une grande source nommée « Taourgha » « jaune » en langue berbère. mais stérile en grains. autres et appelés les leurs ancêtres depuis professent ce n'est certains villages villages des Nefyaona. située à six journées ouest de Cairouan. mais clos de pauvres murailles. Nefzaoua. Description de YxAfrique septentrio- Ibn Khaldoun.. de Loua. et garnis de pires maisons. après avoir énuméré les différentes branches des Nefzaoua. de nombre de sources. 1 .

Pendant les ils ne séjournent d'ailleurs qu'à l'époque de le reste de l'année esclaves et leurs descendants. auquel sont situés troys châteaux et plusieurs vilages. cet désert de Barca. désignés d El de Boulguedà. Il couvre une étendue d'environ vallées orientées de l'est à l'ouest et au fond des- composa d'une série de quelles se trouvent On un remarque parmi ou moins importantes.il. paient la capitation » (Histoire des Berbères. des antilopes. des des léopards et moutons. certain elles nombre d'oasis plus trois dernières sont les plus considéraproduisent beaucoup de dattes d'une meiltrouve des lions.ir el-Ghaz. Tiggui. encore borné à reproduire la notice de Léon l'Africain 1. des des gazelles. Il se kilomètres e 1.Elleboé. Teorregu est le nom très défiguré de la province de Le Dr Nachtigal nous fournit sur ce pays e Le district de Borkou est situé entre les 19 les détails Borkou ou Borgou. Ngourr. grand nombre de pigeons qu'on y rencontre. se Les habitants du Borkou. par le nom divisent en nomades et en sédentaires. de leur religion Marmol s'est et 1 . Les nomades. des chèvres et des ânes les oasis de Borkou sont remarquables Yarda 'ou Djarda] Woun. abondant Les habi- tans sont riches en deniers et nécessiteux en toutes autres choses. mais il le territoire est fort où n'y croit aucun grain. I. Boudou. On y chameaux. que je transcris ici : et 20 e degrés de longitude e minutes au delà du orientale et du 17 degré de latitude nord jusqu'à 20 carrés. en datiers. habitent principalement les oasis de Kirdi. appelés Amâ Borkou (Les gens de Borkou). à cause qu'ils confinent avec le désert. par le leboé et de Woun où des dattes. éloigné de toute habitation civile libre exercice p.000 18 de^ré. des hyènes. 231). Elles sont bien arrosées et . la récolte ne sont habitées que par les val! e . Ces et bles.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 263 TEORREGU Teorregu une marche aux confins du domaine à savoir là où il se termine avec le est de Tripoly. leure qualité que celles des districts environnants. les situées du côté du Wadaï et les oasis nomades émigrent dans du Rah. Djin ou Yin. de Ngourr.

p. pourpris de laquelle sont situés plusieurs vilages et possessions de datiers. de Boudou. s'était révolté. Les habitans sont médiocrement pour ce qu'étans sur riches. La population totale du district à 10 ou 12. se réfugia dans la montagne d'Aboul-Has- Beni-Isleten. Les populations sédentaires sont désignées par Dôsâ. Au la très confrérie de point de vue politique. la mer. âmes : elle des Aulâd Solîmân et des et dévastent les de taille moyenne et bien bâtis. fraction des mention dans l'histoire. ils ont moyen de échanger et troquer leurs marchandises avec les Egyptiens ou Siliciens 1 . bien qu'ils une certaine aménité dans leurs relations sociales. Ce pays était Nefzaoua dont il est occupé par rarement nous apprend que. ou des tar- ils habitent des huttes construites avec des nattes. par suite des incursions Touareg qui déciment les troupeaux des nomades cultures des oasis. sur ses indications. mais l'islamisme n'est pas encore attendent des missionnaires de les instruire. portent de petites calottes en coton. enlever tous ses équipages et massacrer plusieurs milliers de ses partisans {Histoire des Berbères. n'ayant aucun lien entre eux. les différentes tribus sont placées sous la dénomination de chefs locaux. ou de Djin (Yin). et Senoussi pour ils . II. leur costume est blanc.HISTOIRE 264 IASSITEN Iassiten est dans le une contrée sur la mer Méditerranée. dans les Haroun. et que. trent ils ils ont l'habitude de se tatouer les tempes. pour échapper à contre lequel san chez prendre les le il la tribu fait berbère des Isliten. i. ils mon- passent pour fourbes. cependant cette réputation paraît peu justifiée. bouch. Les Amâ Borkou sont musulmans développé chez eux. Les Amâ Borkou sont d'un teint bronzé. t. 139). Ibn Khaldoun dernières années du ix° siècle. est de Tiggui et de évaluée par Nachtigal diminue tous les ans. Seadet Allât ibn la vengeance de son neveu Saleh ibn Saleh. .000 le nom de Dongosâ. ceux-ci purent sur- camp de son neveu. lâches et cruels. et habitent les vallées Djarda (Yarda).

^. est appelé Agdames. dit Ibn Khaldoun. pour ce et marchandise en train de démènent qu'ils la terre des Noirs. Mais ils étoyent premièrement souz se gouvernement du roy de Thunes. dis- Méditerranée. lieu de station dans le Désert. p. fut construit temps islamiques. que leurs terriers » {Description de V Afrique septentrionale.ET DESCRIPTION DE L'AFRICLUE 265 GADEMES Gadémes châteaux pris plusieurs tans une contrée contenant en son pour- est du coté de mer la et vilages bien peuplés. Il renferme beaucoup de châteaux et de bourgades dont une partie appartient aux Beni-Ourtadjen et une autre aux Beni- « dans les Ouattas. 3°3)- Ghadams dames. est une petite ville qui en dattiers. Ses habitans sont des Berbers musulmans. avait employés ment de comme les lapins prison. jours. peuplée formant une des étapes et s'être d'où partent comme une qui veulent entrer dans le les négociants reposés des fatigues de leur porte pour Désert et s'en les marchands retourner chez Noirs. après elle est aussi le De nos fondateur. Elle doit sa prospérité. y creusent cette ville se nourrit principale- La population de ce pays les truffes atteignent une telle grosseur Dans dattes. «Ghadams. Là le grain le en grande cherté est 1. est une grande ville Ebn Eddin El-Aghaouaty. P. bâtie d'argile ou de terre. celle qui s'était montrée en Ifrikiya. rendant quelque tribut aux Arabes.ditEl-Bekry. Les habitans sont riches en possessions de datiers grand en argent. par Hadjy dit-il. III.397)- Ghadams. grande et très venant du Soudan Caire. du lieutenant de Tripoly.Ijip. « Aga- Le pays abonde . ville très le et le Désert les pèlerins . cet à savoir et la chair y 1 . abonde en eau A Ghadams on et voit des souterrains que la Kahena. tribu mérinide qui prétend en être Ghadams e où s'arrêtjnt t une les pèlerins pour Alexandrie voyage dans pour et les t. et gouvernent par eux-mêmes. environ troys cens mile.! celte circonstance» {Histoire des Berbères.

et la distance entre elle et El-Touat Le pays intermédiaire est exclusivement oc- n'y a point d'Arabes » (D'Avezac. laquelle tous habités en possessions tant en deniers. environ soissante journées. 12). le lieutenant-colonel d'état-major Mircher a sur le pays et sur la ville donné une notice étendue dans sa Mission de Ghadamès (septembre. Leur teint est noir et point. fort opulent.L Langlès du Voyage . qui est en celuy de Libye. la ville et au milieu du sable cupé par des Touaregs. Il les chère et leur . qui confine avec l'Egypte. pour ce qu'ils sont aux confins d'Agadez et au désert de Libye. Les habitants parlent et revenu du n'y a en ce païs autre chair que de cha- redevable. après avoir païs. p.HISTOIRE 266 FEZZEN Fezzen une contrée bien ample. M. en est sont situés de gros châteaux un peuple par comme et vilages. de laine le satisfait comme il n'y a au dehors aucune culture. Cette contrée de Fezzen est gou- vernée régie par et un seigneur. Paris. 1862. qui est primat du peuple. et fort un grand nombre d'ulemas un grand marché. lequel distribue tout Fezzen tributaire aux Arabes ' au profit public.. aux Arabes de deniers. On y On n'y a ni bains ni moulins à manège. sans qu'on puisse trouver autre habitation par le désert qu'Augela. Études de géo- graphie critique sur uni partie de l'Afrique septentrionale. et est distante cette marche du grand Caire. pp. mais ne voit point de bazars dans La la de coton. habillement femmes ne et 1 se est montrent de thalebs. qui est en grande requête y a dans tient 11 la ville ville est située langue berbère il est de vingt-quatre journées. 100-121. novembre et décembre 1862). octobre. de quelque somme Il meau. dans l'édition donnée en 1803 parM.. de quoy on leur est en dattes. i. Alger. 1836.On trouve.

PREMIER DESERT Puis que nous avons amplement acertené par notre description de laNumidie. R.e 1 10 à t. et de le Il chemin qui y a plusieurs Homemann dans Fczzan. coté de levant jusques la partie aux et ques à la province de Sus. Londres. qui encor est salée amère. seconde partie d'Afrique.\. jusla terre de Gualata et royaume des Noirs. que le de la pat. même- Segelmesse animaux sauvages l'Afrique septentrionale. N. Et pour avec meilleur ordre encommencer la chose. pa^c une notice \\. nous parlerons du désert Zanzaga. sourdant dans des puys fort profons. On et et vcni- fort détaillée peut consulter capitaine G. de F. prenant son étendue devers midy. . qui est sec à la et maigre. prenant son origine mer Oceane. 182 1. ZANZAGA.. Là ne se peut trouver eau. cet à savoir à cha et s'etendant salines de Tegaza. a consacré à cette contrée dans *A narrative of traveh in northern pp. sur le du de tramontane. elle s'étend aussi le chapitre entre est et Africa. F. Lyon. ment par Tombut. se terminant aux confins de Numidie. qui est aux fins du Tombut. comme nous avons dit au commencement de notre oeuvre. qui sont divisés en cinq parties. Hac- Dara. 270 et suivantes. devers ponant. la II.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 267 Dcsers de Libye. nous vous reciterons maintenant ce que nous avons veu de notable aux desers de Libye. sinon de cent en cent mile.

. II.HISTOIRE 268 meux. jusques à celuy d'Aravan. une des tribus berbères considérables les plus par leur nombre. Chaque montagne. les Maghreb Guedala Les Andjefa. ny habitation. région comme bien des personnes les regardent formant au point que c'est le tiers de toute la race berbère. à former partie de la population cette la majeure du Maghreb. comme tant pour l'excessive chaleur.. est un q se Arabes ont inséré un au génie de leur langue. « là au- pour l'ardente rendre les deravoir desja fait 1 .. t. nom dont la première un léger mélange du son du rapprochant du g. » (Ibn clients de la famille d'Aly ibn Abi Thaleb. où ne se trouve eau par l'espace de deux cens mile. Les Sanhadja sont est % et lettre doit recevoir dont l'« et l'a du la dernière lettre. les niers entendre i. gen- Khaldoun. fâcheuse qui s'appelle Azarad. commençant au puys de ce désert. Ils étaient établis à demeure fixe dans le la territoire qui sépare le Lemlouna. central de l'Ifrikiya. les remarquer par leur insubordination. i et sui- . une des plus grandes divisions de la tribu. ont continué.. qui Tombut cent prochain de est cinquante mile. la partie Sanhadja s'étendait à une distance de six du mois de marche. événements dont on de Sanhadj. Entre /. mais les Messoufa. hommes sont contrains de aboys. même mot les la le les enfants prononciation djim. chaque plaine de renferme une peuplade sanhadjienne. les taient le désert. et les la Cherta vivaient sous branche la la tente et habi- plus considérable de la tribu des Sanhadja. Selon El-Taberi Désert occupée par dans les et Ibn el-Kelby. « Les Sanhadja étaient dre de Mahomet vantes). occupaient un territoire différent. Les Sanhadja. Les Telkata. 4*A^«». Lors de l'apostasie des Berbères et de leurs révoltes contre les émirs de firent l'Ifrikiya. Histoire des Berbères. fondèrent première dynastie sanhadjite. En comme il vous sera recité en temps et ce désert se trouve une plaine fort âpre et lieu. comme je pense vous soif. pp. Par suite de ces changements devenu Sanhadja. afin de l'adapter Zanag Sanhadja se a déjà lu le récit. jusques à nos jours.

se termine de et partie de tra- la aux desers de Segelmesse. qui repond vers le que ber. pour prévenir tous inconveniens. Il se trouve en- cor un autre désert. jusques habite le montane aux limites d'Hair. prend fin au royaume de Gu- désert de Ghir. pressés de trop grande soif. plu- sieurs personnes y laissent la vie. malgré toutes mes recherches. il m'a été impos- . ne pouvans passer outre. levant. suivant son étendue devers gaza. mais d'en rencontrer. Je dois avouer que. et plusieurs d'animaux sont contrains à demeurer. passans mais pour la par le milieu de ce dé- grande sécheresse d'iceluy.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 269 DESERT OU LE PEUPLE DE ZUENZIGA FAIT SA RESIDENCE Le second désert commence aux confins de Tedu coté de ponant. qui se grande aventure dequoy. désert auquel peuple de Targa. le passer à les 1 . par l'espace de neuf journées. Te- belbelt et de Benigorai. fait n'est ce- Tombut. devers midy. et est ce désert plus âpre et sec luy duquel nous avons cy dessus est le mention. Au moyen c'est un lac. Là passage des marchans qui s'acheminent deTe- lensin à sert. auquel impossible est de trouver une seule goûte d'eau. pour 1. appelle Gogden. fors dans fait de l'eau des pluyes. qu'ils ne sauroyent etancher par faute d'eau. on charge à force eau sur chameaux.

est le un pays dont fort et Mezab. mais ils villes et oasis qui règne de l'est à l'ouest et de villages. au fait.. s'etendant jusques au désert d'Ighidi. de cette espèce de palmier.Walckenaer.. les bois. par les autres zenatiia et qui est.-A. devers levant. bère. C. CjIJ. « Le Touat. on en mêle et forêts de ces pal- Marocains nomment donmah et les du fromage . par M. Les négociants et les tribus de Touat vont y chercher des nègres et de tout entre le Touat et la poudre d'or. dans le sud-est est Timbektou. Les habitanommée bordi au royaume roseau mou dont les Arabes de la capitale se tions sont construites de nates faites d'une herbe de Maroc. le nomme Açoudi. et de Le Touat l'oasis est est un dialecte du ber- couvert de zaouia destinés à recevoir les une bande intermédiaire contre le pays des Noirs Le principal marché avec lequel il correspond l'Afrique septentrionale.Tegorarin mot de Zuenziga. C'est une espèce de papyrus ou Syrie et ceux du Maroc se servent dans composition des nattes dont la font les parois de leurs cabanes et de leurs tentes et dont ils ils couvrent leurs chaumières. De la probablement défiguré. mais ce commerce se Timbektou par la tribu fait sur- des Kherrafra qui se sert de . et du coté de tramontane se termine 2 avec les desers de Tuath . mélange et ce la farine . jbl. est une immense renferme un grand nombre de presque tous l'arabe. P- 449)2. les territoire d'Ahir est Égyptiens ombragé par des palmiers de Pharaon et les Espagnols palmita. du coté de ponant.HISTOIRE 270 DESERT OU HABITE LE PEUPLE DE TARGA Le commence aux tiers désert confins d'Hair 1 . Les habitants d'Ahir vivent de cassave qu'ils vont chercher à Cachenah. Le territoire voyageurs. au pays d'Ahir des chèvres. Paris. Ahir. 1821. Le miers que Gdames. i. des lions et gens de les broie le fruit la cassave se trouve Il des singes surtout qui peuplent La population peut s'élever à douze mille âmes qui sont Touareks {Itinéraire du cheikh Haggy Kassem dans les Recherches géographiques sur l'intérieur de V Afrique septentrionale. sible de reconnaître dans nom d'une tribu des Touareg.. Les habitants parlent ont aussi une langue particulière appelée par les uns chelh'iia.. On avec celle de est leur nourriture d'habitude.

1844. Paris. auprès d'Hair.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE midy. Recherches sur la géographie commerce de l'Algérie. qui s'étend de cette ville ma- 1 . Ce 271 prochains du les desers désert icy n'est si âpre ny deux premiers. par l'espace de troys cens mile comme lieu de dépôt » corrompu et tramontane à soit pestiféré en ce désert. « Les Touareg. Plus outre. dit le capitaine Carette. 293-294). comme le dans Tombut. Les : les et les Touareg du Nord. car on y trouve de bonne eau et douce dans des puys tresprofons. à propriété de rafraichir. tombe la manne. Trois races distinctes peuplent Noirs. . une longueur de 300 kilo- mètres entre gérie les méridiens d'Alger et d'Oran. ne La manne. p. Et croy que. du nord au sud. 1. cause qu'elle a les potages. sur la route directe de l'Alle Touat nombreux au Niger moyen. Duveyrier. Terga. combien que contraire leur avient l'air midy. là où s'achète douze deniers la pinte. et se boit mêlée matin. et la vont. se joint avec partie de royaume d'Agadez. qui est en met aussi parmy une chose On fort souveraine.. les habitans recueillir avec de l'eau. Touareg J là f est est le pluriel le nom de la province de Targuy. habitée par les Touareg. joignant Agadez. Les Noirs sont les plus plus anciens habitants du pays » (H. pour cette ocasion. 101). au dans de petits panniers. « Le Touat est une confédération indépendante de et \ t trois cents à quatre cents petites villes ou villages à quelques journées de marche au sud de nos possessions et qui embrasse. les étrangers sont peu souvent atains de ladie en Agadez.. qu'ils portent vendre fraîchement dans Agadez. là où il y a un désert produisant des herbes à foison. (Carette. pp. les Berbères et les Arabes. comme dangereux sont les qui est une chose fort merveilleuse. bien tempéré et en bon air.

Ils ne parlent pas l'arabe. Duveyrier. comme on pourrait le croire. de Guargala termine avec les Gademis et . . Ces dénominations ne correspondent pas. Paris. mais seulement à des différences de costume. on peut consulter H. ennemys de celuy qui leur forment pas seulement une blanche et la les qui l'usurpe et en dévaliser tous les mar- mais une nation. 1864. ce eux que le la race noire. que le Du coté de tramontane se joint avec peuple Berdoa a prins pour sa demeurance. comme ceux qui se transportent en ces cités susfort nommées. mais en réalité. Les Arabes lui trouvent de l'analogie avec l'allemand .Ca- commerce de V Algérie méri- dionale.. royaume dans la terre des Noirs. Ce voyageur avait l'année précédente. les Touareg noirs ont un costume particulier». Les Touareg sont divisés en deux grandes fractions. à des différences de teint. Placés entre la race sont la terreur de l'une et de l'autre.. Il est sec et dangereux pour les marchans qui le traversent. Les Touareg du Nord. habitans de ce dé- seigneurie de Guargala. fait piller et ils tribu. p. Les Touareg blancs s'habillent comme les Arabes. pp. c'est du berbère. donnj lecture d'une Note sur les Touareg et : leur pays. Et pour autant que sert ils prétendent droit sur sont grans jouit. Techort. les Touareg blancs et les Touareg noirs. C'est par nord de l'Afrique est approvisionné d'esclaves. Outre la longue notice insérée par rette dans les Recherches sur la géographie et le M. le désert de devers midy se desers par lesquels on s'achemine à Cano. 107-116. à une séance de la Société de géographie. saccadée et emphatique.HISTOIRE 272 DESERT OU FAIT SA DEMEURE LE PEUPLE DE LEMTA Le quatrième commence désert aux limites s'etendant jusques aux confins de celuy d'Ighidi. mais une langue dure.

lesLakhs. Il les limites y a grande seicheresse et du ne se trouve personne qui se puisse promettre seureté à traverser.tys. Dans le Sous. Leurs populations remplissent montagnes et les vallées de l'Atlas. lesquels grandement amys des habitans de ce désert. avec les Du coté de tramontane se confine desersde Fezzen et de Barca. puis se jeté au large de la partie du midy. Le peuples poi teurs du litham et au midi de Tleir. car on les meurtrit. Elle se partage en un grand nombre de branches dont la plupart sont nomades et vivent sous la tente.cen t. jusques sur désert de Borno. sinon sont fort aliés et les peuples de Guademis.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE chans qui passent sur leurs fins et 273 apertenances. Mais ceux de Guargala reçoivent un traitement qui est un peu plus fort à digérer. p. avec tresgrande inhumanité une 1 . « ÎUaL. les la tribu Zogguen Désert avec les II. et de l'Ifrikya n ils reste des Lamta habite le se tiennent presque tous (Ibn Khaldoun. Histoire des Bel . et s'étend devers levant jusques au désert d'Augela. DESERT OU HABITE LE PEUPLE DE BERDOA Le cinquième désert prend son commencement aux fins du précédent.il s'en trouve deux aussi les tribu des Letnta fractions. et se fournissent 1. Arabes makiliens. La majeure partie de la demeure dans le voisinage des Sanhadja porteurs du litham. et des Doui Hassan. sans avoir égard à la qualité des personnes. le les Guezoula de vivres et d'autres Heskoura habitent et les le Sous et régions du Désert qui avoisinent ce p. peuplades qui se sont incorporées dans H7)- m. les Les Lamta.

de laquelle n'y croit autre grain qu'orge. appelle 1 . J Z. Lamta et les dans la les bords de l'Océan.HISTOIRE 274 choses à Fezzen pour . ont cru devoir reconnaître que Léon la province de Borkou au peuple de Berdoa. NUN. joint aussi qu'ils sont oppressés par les Arabes et s'en trouve quelques- se tiennent uns. Je crois qu'il est question dans cette notice des Barday fixés dans le district de Tibesti. mais si peu que rien. Les habitans pour leur pauvreté mal en ordre. L'orthographe exacte de ce nom est Le chérif Edrissv nous apprend que lés par les les tribus berbères s'établirent Noul. Nachtigul en fait mention ainsi que d'une zaouièh qui se l'Africain a consacrées trouve dans ces parages et l'ont assailli dans le il a consacré deux chapitres aux difficultés qui pays du Barday de la part des habitants. Le reste des desers de Libye (cet à savoir depuis Augela jusques au Nil) Levata un peuple par est habité africain. et quelque quantité de dates de mauvaise saveur. le pouvoir passer. en laquelle n'y a que vilages habités par un pauvre est Numidie peuple. D'Anville dans les lignes pour transportent royaume de Gualata et Delisle marchandise au 2 . ils changent souvent de campement. Leurs descendants mènent une vie divisés en plusieurs peuplades. qui se i. Il et Libye. Les deux sexes font usage de hisa de laine et portent des turbans de la et . Léon l'Afri- cain parle plus loin de leur caractère sauvage. CONTREE Nun une contrée assise sur la mer Oceane. et est entre la elle tient plus. 2. Ils Sanhadja refou- contrée qui s'étend sur nomade et sont possèdent des troupeaux de chameaux des dromadaires de noble race.

Leur préparent un mets qu'ils ils n'existe dans le pays Azogga. des bats de chameau. de Il d et celle trois la mixture. les du beurre en abondance. qu'ils sel. la Les marchands étrangers leur appor- Lamta est à la distance friands. Noul chair une boisson douce en grains. où sont d'icelles. . qui appartient journées de la mer et de quinze journées de Sedjelmessa. là assis se trouvent qui semble marbre. et Ont. puis décantant sont très d'autre ville que celles de Noul. TLGAZA Tegaza une contrée en laquelle est plusieurs veines de d'aucunes cavernes. Les possèdent beaucoup de vacheset de moutons laitage et de cette très peuples du Maghreb s'en servent fabrique aussi dans la même ville des selle et très légers à porter. On mors de cheval. C'est dans contrée viennent se (Description de V Afrique et de pourvoir de VEspagne % pp. tirent autour et plusieurs hameaux. mais viennent de marches étranges en voidemeurent ture et pour icy tirer ce sel. qu'ils gar- dent jusques à ce qu'il arrive une autre voiture. des vêtements appelés des borttOS dont une paire se paye environ cinquante dinars. lesquels ne sont du pais mêmes. qui même étoffe dits curait.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 27 ) . et de leur élégance. du que elles les ont peuplades besoin • Sel sembians 4g marbre. située sur une rivière dont qui les rives sont habitées par des tribus de y fabrique des boucliers connus sous le nom de boucliers lamtiens qui sont les plus parfaits qu'on puisse imaginer à Lemtouna et cause de leur solidité bonne défense dans les On de Lamta. Noul vient est une ville du côté de grande l'orient et et bien peuplée. Ils se nourrissent de chameau séchée au tent du du blé et surtout broyant les soleil etpilée. Ces boucliers étant d'une combats. par cette ville ce dont liai conséquent. les macérant dans l'eau. raisin sec débit de chamelle et de dont ii s extraient pays produit beaucoup de miel avec lequel nomment asalliou dont et ils aussi aux Lemta. se retirent ceux qui sont ordonnés à ce labeur.

c'est que ses maisons et sa mosquée sont bâties avec des pierres de sel ou du sel gemme. dit-il. de sorte que là. jusques à tant je une foys. Outre ce. qui les plusieurs en perdent la séjour est fort dangereux en le Je y demeuray. esclaves qui s'occupent de l'extraction du sel. et offrant nous arrivâmes à peu de ressources. «Taghâza est habité uniquement par des esclaves des Messoufites. On creuse le sol et on découvre de grandes tables de sel gemme. pour continuels. Un chameau ne peut porter ordinairement que djux de ces tables ou dalles épaisses de sel. Une ici de leur pays et charge de chameau de ce minéral se vend à . Une y remarque. Il n'y a ici aucun arbre que du sable où se trouve une mine de sel. (jjiû. commencement de ce bourg au laissé « 1 une curieuse description est resté : Après avoir voyagé pendant vingt-cinq Taghâza qui est pendant quelques jours dans l'année 753 (18 février 1352) nous en a un bourg sans culture jours. Ibn Batouta qui i. de chair de chameau la et de Vanli. puis l'ont tiré où il est en grande on le transporte à Tombut. un vent de se lève rend perclus des genous ce lieu trouvés mors dans les les a et siloc. sorte de millet contrée des Nègres. cités éloignées de ce désert par l'espace de vingt journées. leurs toits sont le terrain n'est faits avec des peaux de chameaux. qu'on loges. il veuë. pour en temps le trop long séjour des vivres. et n'ont autres là vivres les maneuvriers Tombut ou portés de que ceux qui leur sont apDara. comme si on les des choses curieuses que l'on . tant qu'il est souvent avenu. recommendation. Taghâza. dont la charge de chacun chameau est de quatre tables ou platines de sel. troys jours fu contraint de boire tousjours de l'eau d'aucuns puys. d'été. qui sont joignans les salines . Dar'ah ei importé de ils ils vivent de dattes qu'on apporte de de Segelmessa.HISTOIRE 276 ceux qui l'achète de premièrement. Ces derniers arrivent en emportent le sel. placées l'une sur l'autre. eût taillées et déposées par couche sous terre.

HJ^-jl.Le territoire d'Aoudjela une est est le est quées Le et ville nom du bien peuplée qui possède canton. elle est très fréquentée par d'Aoudjela et sol qui consommation des habitants. p. le et pour monnaie. peu d'importance qu'a t. dis- est tante du Nil. C'est par Aoudjela qu'on pénètre dans le pays des Noirs. on y fait le commerce d'un grand nombre de quintaux d'or natif ou de poudre d'or » (l'oyais. avec quelques vilages autour desquels se voyent plusieurs petites possessions de datiers.de dattiers bres dont une partie fournit des fruits. très III. Aoudjcla. tel que le «Aoudjcla. détails sur cette localité. 377-378). dure. ritoires et d'ar- renferme plusieurs mos- des bazars » (Description de l'Afrique septentrionale. L'eau y . 1. 32). Cette contrée est assise sur Mo- grand chemin par lequel on s'achemine de le en Egypte. de la Arabes en y aportent les région d'Egypte. sont stériles les terres comme (Bâtie) sur un fonds de roche les allants et par les venants. mais bien peuplée et dont les nombreux comportent leurs besoins la habitants et Cette ville est située en un pays désert. traversant ritanie le désert de Libye'. l'environne produit des dattes et des légumes pour ceux des le par exemple dans le Kouvar et le Koukou. de huit à dix mithkâls ou dinars d'or. en défaut dequoy. dit El-Bekry. environ quatre cens cinquante mile. Aoudjela Arzakiya. mais en grain. Les Nègres bourg de Taghàza. Ioualâten. celui de la ville est couvert devillages. La ville une se livrent à Arabes leurs nous fournit plus de ville petite un négoce voisins. beaucoup de dattiers. à vaut de vingt à trente ducats emploient gent. est très elle quarante. en laquelle sont situés troys châteaux. « de de l'or et l'ar- avec ceux-ci. sel cojpent ils quelquefois comme on en morceaux le sel même la ville fait ailleurs et trafiquent de Mâlli.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 277 AUGELA Augela une contrée au désert de Libye. chérif Edrissy dit-il. Malgré le le pp. Les ter- de Barca ne Forment qu'une seule province.

pp. Jau- 248). 1827. combien d'autres) elle fut bâtie par les trouve plusieurs lesquels acertenent qu'elle qu'il s'en a été fondée par les Africans. peut consulter sur cette oasis marique 1 et la Cyrènaïque et les oasis la Relation d'un voyage d'iAndjela Pacho. ni persan. de M. I.. Paris. On p. et n'en aparoît pour le présent qu'aucunes traces est rare et l'on n'y boit bert. l'autre le nord. par bord de la mer et la Mar- M. 17). un bain et quelques bazars. disant que les Romains la meirent en ruine. « Sort. Ils parlent ni berbère. comprendre excepté eux-mêmes (El-Bekry. veulent dire) par édifiée Egyptiens les et (comme aucuns (selon l'opinion Romains. maintenant ruinée. renferme un djamè.HISTOIRE 278 SERTE. entourée d'une muraille de briques. 1. Cette ville n'a point de faubourgs. elle donne sur la mer. la fixé entre eux. ni copte. et masures que de celle . » . on n'en les êtres les plus mange . éd. .. Elle a trois portes dont l'une regarde le midi. CITE Serte est une ancienne cité. Les habitants de Sort sont ignobles que Dieu leurs transactions commerciales la ils ait créés et les plus détestables une espèce de jargon qui personne ne peut dans n'achètent ni ne vendent qu'au tarif les n'est ni arabe. 276 et suiv. Description de F Afrique septentrionale. mais et grand nombre consommation des habitants chair en est très bonne sur toute la possède des dattiers. elle est mahommetans la estime l'on que les et démolirent. la troisième. qui est petite. des jardins. des citernes « (Géographie. Quoy-qu'il en soit. . p. Les animaux que l'on tue pour sont principalement des chèvres route de l'Egypte. kIij^o. pas de meilleure. encor qu'Ibnu Rachic semble y contrarier. grande ville située sur le et dans de Meradêh. des puits d'eau douce de citernes. J-R.

une localité portant aussi le douze journées de Zoueilah et L'on boit généralement de l'eau pluviale douze journées de nom la ville de Sort. il et les dattiers ne s'en rencontre plus qu'au fond des vallées collines. que l'on garde dans les citernes. qui eut cognoissance des lieux. . de Medinet Essulthan. marchoit devant. desquels produit des dates en quantité. ou plus que suffisants pour les besoins de la population. mais actuelAoudjala lement. distant du Nil en- viron cinq cens mile. dit le chérif située à restes de plantations prochain de quelque les autres estimoyent une pure Edrissy. 44). il y avait aussi des vignes et d'autres arbres à fruits. telle- cette nouvelle et inusitée pratique. Autrefois. Ces arbres y seraient encore en plus grand nombre sans les dévastations continuelles des Arabes. chacun mile. El-Bekry mentionne. y a cinq ou six vilages. située à deOueddan (p. L'eau des puits est rare. mais beau- coup de mûriers. est une deux milles de la il être mer. de figuiers. l'herbe est plus rare qu'à en nombre moins grand qu'à Waddan. donner de ment que. bères» {Description de T^4fiiqm\ Sort porte aujourd'hui le nom et à au sommet des Autour de la ville vivent des tribus ber- p. qui depuis huit ans en çà ont été retrouvés par une guide nommée Hamar.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 279 BERDOA. ji). lequel se dévoya. par se faisant. sur un chameau. Cetuy-cy se retrouvant seul entre ceux de la caravanne. et le territoire iroys châteaux. de quarante mile prés. asseura sa compagnie. peint d"oliviers. aprochant ces châteaux. les dattiers y étaient suffisants. à cause de quelque mal qui luy tomba sur la veuë. A Sort. d'après Ibn el-Ouarraq. habitation. CONTREE Au milieu du désert de Libye. Ce que « Sort. Elle de dattiers et est ville ceinte d'un mur de terre et On y voit des entourée de sables. au bout d'un l'arène qu'il odorovt.

et pos- méca- niques. pensans d'être encor retournés à Augela. avares et riches. au désert de Libye. étant leurs semblablement par les habitans d'iceux decouvers.HISTOIRE 2 8o et à vraye mensonge. qui furent facilement par eux subjugués et ayans prins de l'eau ce qu'ils pensoyent sufire. leur causèrent une ad- miration fort grande. se reti- rèrent soudainement dans leurs habitations. se meirent par les chemins. pour non ce qu'ils s'asseuroyent être éloignés de l'Egypte. Ils ont chef en guise . plusieurs hameaux sessions de datiers. d'autant que leur contrée est assise en Egypte et Gargan. troys yeux ils changèrent tous d'opinion. qu'ils laisser prendre lesquels (pour l'excessive en pressoyt) entrèrent donnèrent l'assaut telle rage et aux châteaux. ALGUECHET Alguechet est une marche prochaine d'Egypte. soif qui les fureur. serrans les portes et refusans obstinément d'eau à ces voituriers. qui son dire les faisoit ajouter encor moins et à peu de foy son invention. moyennant laquelle intimidés pour la veuë et présence de gens étrangers. moins que de quatre cens huit mile. Les habitans sont noirs. en laquelle sont assis troys châteaux. Mais le troysième jour ensuivant. cent vingt mile. à cause des présentèrent devant châteaux qui se et d'autre coté.

Langlès a un Mémoire sur 4»»l_jJI. L'eau que petit fixe. M. 52). ils Il le tribut sont redevables aux Arabes'. SISIEME LIVRE les un port de habitant boivent provient btion de V Afrique septentrionale. ville de Santarya.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 281 d'un roy. mais cela ne leur afranchit en rien d'où 1. taut lire El-Ouahat. « un minbar est petite. : de puits confins la mer et d'un de dattiers » (D:scri- . volume du Voyage de Hornemann composé principalement d'après les renseigneauteurs arabes. mais possède d'Arabes de diverses tribus. à demeure du Sahara à elle est nombre de sources les : ils est possèdent beaucoup DU p. détails sur la ville qui s'y trouvait. Il est probable que l'oasis men- inséré dans le second les ments fournis par oasis. Le chérif Edrissy nous donne quelques dit-il. FIN La peuplée de Berbers et Elle est située sur neuf journées au sud de Lacea. l'oasis. qui Méditerranée. les tionnée par Léon l'Africain est celle de Santarya.

et ce r même temps donques.-C. sinon de Guechet et Cano. et par conséquent ils n'en pouvoyent avoir juste cognoissance. . pour ce que ce païs là avoit été ignoré par leurs ayeuls. par leurs ample témoignage à la postérité des choses mémorables de l'Afrique (comme Bicri et Meshudi) ont passé outre. tune 1. . ny diminuer écris. et le anciennement eforcés le plus diligemment qu'ils ont peu (après avoir. sinon qu'en l'an de l'hegire troys cens octante il fut decouvert par un tel moyen. eux qui se sont avec meilleur de leur esprit. les -i Libye par 990 de J. qu'ils se sont acquise par une diligence laborieuse.LIVRE SEPTIEME OU IL EST TRAITÉ DU PAYS DES NOIRS Proeme. plusieurs pais. 11 peuples de Lun• les paroles deceptives et 1 hypocn- . Loy de dre. Mais cela ne les doit rendre moins recommendables. De <. Lumune et herent à Libye adla Mahommet. sans toucher aucune chose du païs des Noirs. contrées et régions) rendre. en rien la gloire de leur mérite. que je vous feray enten1 . non sans grand discouru travail.

Egyptiens en leur fov. Joseph. le . sans seigneur et sans gouvernement. par aucuns adoré. peuple de Gualate. les premiers en possession. ^ cerimonies qu'observent j'entens de ceux de les les les Gaoga. le soleil est soudain qu'ils autres révèrent et s'en le . r le leu. Là. lesquelles sont au chois et abandon de ceux atribuer et en reposent sur des peaux de brebis. n'y a nul d'iceux qui se oze hazarderde mettre pied hors les bornes et limites de leur païs. sans roy. dissemblable à celle des bêtes et bruts animaux. et roy du peuple de cinq peuples de adoré peuples de par Lun- tuneetdeLibve. lesquels furent par iccux instruis Le feu adoré par le P eu P le de Gualate. furent tous sub- vertis et réduis à la pernicieuse et Mahommet de 283 . Ils qui s'en mettent lieu de lits. entre telle canaille s'en trouvera un. imitans soleil 'es Libye subju- guèrent ces Noirs. mais s'adonnent. comme 1 . soit. de sorte qu'à bien grande civilité dificulté. qui sont habités par gens d'une vie n'étant en rien ou peu. avec les . le long du jour. Puis la nuict. se prosternans Le voyent aparoître en orient. ny aucune. tant hommes que femmes. à suivre et garder le bétail. commençans par une longue pratique à prendre cognoissance de ces pais. .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE sie dissimulée d'un prédicateur. ou cultiver la terre. trouve aucuns qui sont chrétiens. fondateur de Maroc Luntune. damnable secte puis vindrent prendre la Barbarie pour leur demeurance. qui se puisse une femme particulière. s'acompagnent dix ou douze personnes ensemble. n'entreprennent guerre contre personne que ce car le il Femmes communes.

HISTOIRE 284 en la mahommetane. Tous ces quinze royaumes des Noirs qui sont venus à notre cognoissance. se ter- du côté de . Numidie. dont chacune est habitée par un tiers de ces peuples. se montrant projets et desseins qu'en moins de quinze ans. Au moyen de quoy. royaumes. la se nommé fait révolta et retourna souz la capitaine meit à mort fortune à ses le le roy de Abubacr Izchia lignée des Libyens et roy de défunt. en quoy faisant. qui sont requis et nécessaires pour gaigner la vie. qui situés entre deux le tombent ces enicelle. tellement la Division du peuple qu'ils retindrent langue. étant Heli de Gago. qui prenant son origine à la mine sur fleuve Niger et royaumes mêmes. à cause de quoy. l'autre. Les peuples de Libye divisèrent ces païs entre eux en quinze parties. il ses affaires à luy print envie Meque. comme pèlerin. et enfans du les domaine par Soni Tombut et seigneurie puissance des Noirs. ils commencèrent à s'acheminer en ces païs pour trafiquer et troquer diverses marchandises avec eux. Ils sont treslongs déserts dont l'un est celuy. Tombut Il qui est à présent. Mais bonne que est vray ayant fin et pacifié il mené favorable. de s'acheminer à la s'étendent d'un côté à autre sur autres petites rivières. loy leur enseignans les ars. si subjugua plusieurs tous tous ses païs. decendu des Noirs. il dépendit et consuma tous ses trésors et richesses avec ce qu'il demeura endetté de cent cinquante mile ducats.

comme leur porte aussi de Bar- charge d'un chameau. depuis ait qu'nze le long du ayant commerce avec cela. sinon ceux qui habitent sur l'Océan. « conquit ce pays. sans la brûler et sans la le -tr. à et de comman- Iskia) qui l'espace de quinze puissant. t. icy. après avoir passé la si les de ses des- cendans jusques en l'année mille cinq cens que Soni Heli. qui nous soit cogneu. le l'Afri- Lumptune partagea en cinq provinces qu'il donna aux cinq le il peuples de Libye qui l'avoient suivi. se souleva et devint deux grans sein qui sont entre inhabitez. qu'en conquit de grandes provinces et osta l'empire des Nègres aux Africains Libye. car la soit si >> . cain dont il Léon a ajouté quelques détails plus précis à la notice de Quand. les- '. contenant beau- coup de régions dont incogneuë. au longue et des lan- la diversité de quoy. roi de Gago Tombut. fait tems des provinces inconnues jusques long dangereux et et que c'étoient des peuples différens en langue.uk et demy bonne et si pé(Marmol. de la Barbarie ou des îles du Cap Verd où il y a des marais salans comme en Europe. meilleur parce qu'on l'emporte par quartiers vaut demi escu la livre. avec quels on a quelque familiarité Marmol I. Arabes. On si ce n est n'en trouve point au pays que celuy qu'on porte de la Libye. gues plus grande partie nous est la fâcheux chemin le comme et contrariété pour moyen de soy. quoy-que celuy de Libye on et de Barbarie le tire barie. p. se vend nétrante qu'on U Afrique. qui ne couste qu'un ducat là la il de Numidie une racine d'herbe odorante dont et est fort bon. quoy-qu'il y en Niger jusques en Nubie. le sel. Les Nègres. de armées les il un nègre du pays (Abou Bekr estant mort. apprirent leur langue et furent vassaux de ce prince et doit ans. On 5S). on le Niger a découvert de nostre cause que le chemin en et les rivières qu'il reçoit et vastes est dans son mais non pas tout à déserts. ils ne pratiquent avec aucun peuple.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 285 midy. du roc de Lybie et au pays. développer plus de cent ducats et l'odeur en est sent III. a copié une partie. roy Josef dit-il. tant pour distance des lieux. s'étend jusques sur l'Océan. en coustume et en religion qui n'avoient point de communication avec ceux qui demeurent avec les habitans de la coste pour avoir du long du Niger.

et qu'il luy demanda. Ce que voyant le ne say quelle Sungai. PREMIER ROYAUME DES NOIRS Ce royaume-cy.HISTOIRE 28e GUALATA. et doutant après qu'il s'en seroit departy. qui est de gens noirs fort plaisans. peuples de Libye y souloyent réposèrent le siège royal en ces vilages. s'empara de ce royaume. au respect des autres. pour ce qu'en iceluy n'y a autre habitation que troys grans vilages. se rendit à traiter ap- pointement par quelque tribut ce qu'on luy acorda. environ troys cens environ cinq cens. Du temps gner. je le le à l'endroit roy de Tombut seigneur d'iceluy demeurance de ses parens. ils Nun Tombut mile devers midy. à plusieurs De mêmement notre temps. tellement que ce seigneur en devint pauvre et néces- donnoyt occasion siteux. est de petite étendue et de moindre qualité. ils rompirent ce voyage pour se transporter à Tombut ou à Gago. qu'on et vils. du retour de iceluy roy. cent de la mer Oceane. ce qui que les marchans de la Barbarie les fréquenter. Ce peuple mais icy s'entretient de nomme lignée. Leur manière de vivre ne diffère en rien à . de et datiers. quel- ques hameaux aucunes possessions de et Ces vilages sont distans de de la partie de tramontane. Mais quand Hely (qui fut un grand prince) parvint au royaume. des étrangers. demeure encor tributaire ce peuple. dont print la fuite au désert.

Lors que les Sénégues estoient seigneur. dont ceux qui demeurent les ci- eux. mais ceux hommes que tant les . pourquoy c'est l'on trafiquer à son puissant le bras le et les embouchure. mais à trente lieues seulement coste de l'Océan. règne de Soni-Héli qui fut fort le Gago passa de là à Ils royal estoit dans l'une de ces habi- le siège nommoit Sénégues quartiers-là.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE des voisins qui habitent aux prochains desers. mènent une misérable comme de du gros vie. n'ont que trois places habitées grands villages à cent lieues du costé du midi Tombut du nom- sont davantage.ns santenGua . elley est tousjours hommes tumé de les produisent du grain en petite quantité. III. mais et porter vilité entre 1. Ils recueillent quelque bestail et quelques palmiers et et du La petit millet et des autres qui sont voisins. chargé de quelque le comme leurs est nécessaire à la vie voisins des déserts qui humaine » manquent (Marmol. Oualata ou Oualaten est le nom donné par les Arabes et les Touareg . une autre espèce de grain qui en grande cherté. « des Sénégues de la moins noirs. mais usent ans de leur vie en grande misère et vis-à-vis est ne s'en trouve en Europe. vivent de tout ce qui P- luy rendit ensuite. Ces peuple. 59). n'ayans aucune le et pauvreté De Guàlala au est proche du pays Ce royaume des Nègres.. Les peuples qui l'habitent se ment ordinairement Benays. femmes indiferemment ont acouvisage couvert. t. Cœ ayant conquis cet Estât (1500) celuy qui en estoit seigneur se sauva dans les déserts plus au dedans du pays. il chair. celle et les terres comme rond et blanc. la rivière des ont pluspart costé du septentrion.. Les autres du costé du midi qui habitent au dedans de grossiers contrée la quoy-que assez courtois accoustumé de le le se couvrir le visage dans le ce sont gens : commerce. Mais sous commerce pies : ata. Ils femmes. les n'ont point de juges ni d'autres lettres que celles des Arabes. de ce tations. ny courtisans. et Quant à la Les 287 roy de contrée. le parlent Ils la et à cent soixante de la royaume du Niger qui passe en et à Tombut où la pays devint encore plus pauvre langue de zungay et ont le ces habitans de Barbarie venoient avaient plus de commodité de s'estendre d. ny juges. Mais ce prince tribut. millet. et qu'il ne Tombut marchans les le tra: l'estoit. L'Afrique. vers la Libye sont sont au dernier point et fort francs 1 1 Libye.

fraction des Assouanek. . dont le nombre a beaucoup dimi- qui sont en grande décadence morale.. L'eau se ces y amas d'eaux de est abondante. traduits par pp. Les vêtements des habitants sont (Voyages. « Iouâlâten. Oualata a et les murs sont recouverts avec soin est digne de re- fait réputation d'être extrêmement malsain. « pluie qui se forment sous le sable. l ^ 7 > PP. Paris. Gotha. aujourd'hui et misère.493-494)Ibn Batouta visita Oualata en 1352. 385-587). Reisen. premier est le sultan dans cette ville est signifie vice-roi. premiers habi- les désignent par le nom de Birou. la « Oualata est avec soin : une Azer. Defrémery La viande de jolis et tire de brebis importés et Sanguinetti.HISTOIRE 288 GHINEE. est a dans cette ville quelques petits palmiers. Les Nègres tants principalement et de cette localité. considérable dont les maisons sont construites ville dont on se sert est excellent l'argile d'un bel enduit gypseux. . lieutenant. appartiennent au peuple des Souaninki ou Azer. mais ceux de Gennes. d'Egypte t. lequel confine avec premier. Portugal et Europe qui n'en ont entière cognoissance. « Oualata de malades gée de noirs nué et riche était autrefois et le siège et de et de l'est. La nom de Hanek el-Hayyah El-Hodh étant considéré comme un serpent. 1857. toutefoys. Ce mot Ferba excessive à Iouâlâten : il y du dit-il. à MM. tandis qu'une grande vallée plantée d'arbres l'entoure du côté du nord « la gueule de serpent ». donner .. c'est une ville Les habitants sont une race mélan- de blancs. Cette ville la est située sur la limite orientale du district Hodh au de pied d'une chaîne de collines appelée Dahr Oualata qui l'enferme de ce côté. La chaleur l'ombre desquels on sème des melons et des pastèques. - endroit du pays des Nègres et le lieutenant Ferba Hoçaïn. (Barth. le y a il à cette ville qui est située sur l'extrême frontière de l'État de Mally. Les blancs sont des Berbers ou des Arabes apparte- nant pour la plupart à la tribu des Mehadjib : ils ont été tellement en contact avec les Azer qu'ils se servent entre eux de la langue azery ». ROYAUME Ce second royaume est appelle par nos marchans Gheneoa. Les premiers. situation malsaine de la ville lui a fait la le prospère. l'appellent Ghinea. III. Ce revêtement marque.

Les habitans se tiennent assez bien en ordre. un et quart. Ce et en Monnoye l'achat à lait. miel. pais ne pro- sans qu'on y puisse encor trouver aucun fruit de quelque sorte que ce duit soit. en- le viron cinq cens mille. Tombut du et coté de levant et Melli du midy. n'y a cité. fruitier. monnoye La des Noirs est en or de billon quelques pièces de fer. armes et autres choses sem- blables. sur lesquelles les habitans du païs font un grand poisson. leur vendent et délivrent plusieurs draps d'Europe. sinon des dates qu'on apporte de Gualata eu de Numidie. cuivre. IQ des Noirs. de couvrent semblablement des prêtres et III. Ce royaume-cy s'étend sur le fleuve Niger environ deux cens cinquante mille. d'une livre. cotton de quoy l'on riz. à rencontre. là où le Niger se de la partie rend dans iceluy. demye aucun arbre qu'ils dépendent comme en pain. qui. leton. quoy ils se mais la coutume docteurs est de s'habiller de blanc. hors mis Il grand vilage. bétail et profit avec les marchans de Barbarie. d'autorité. auquel avec les prêtres. qui meaux le seigneur fait sa docteurs. marchans et un résidence. dont une partie est sur l'Océan. de petite conséquence. ny château. .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE d'espace entre deux par 289 désert qui les sépare. la tête. autres gens ont leurs logis bâtis en manière d ha- et blanchis de craye et couvers de paille. fait des toiles. demeurant Gualata devers tramontrane. étant fort abondant en orge. portans leurs habis de cotton noir et bleu.

toutefois extraite de l'origine le gouverné par une famille seigneur de ce païs devint tributaire de Soni Heli. ROYAUME MELLI. et de septembre) se void en pour ce qu'en ce temps ile. un par . Temporal La description Voyage Ramusio dans ses Navigations a été éditée de la Guinée de Linschot. la anciennes relations de ce pays.HISTOIRE 29o Finablement. par Villaut. 1609. ce vilage par l'espace de troys (qui sont l'an forme d'une se aoust juillet. lequel fut puis expulsé de son qui print semblablement le royaume par roy de Ghinée Izchia. i et misères 1 un bras du Niger. Hollandois le une seconde dans L'Histoire de aux Indes orientales. atachent leurs et barques au rivage du fleuve. j Je me bornerai à citer. et dont la les inséré par J. et voulans prendre terre. le Niger Et alors fait le Nil. -B. la Ce royaume fut jadis du peuple de Libye. la fois en naviga- Amsterdam. marchans de Tombut conduisent leur marchan- les dise en petites barques fort étroites et faites de la moitié d'un pied d'arbre creusé. puis s'en vont reposer et dormir sur dure. Leroux). . parmi deCa'diMosto (1455-1457). moys déborde ne plus ne moins que là. traduction française par 1895 (Paris. 186. tion de Jean Hugues 1609. et Paris. . environ troys La Guinée est appelée par les géographes arabes Djenny ou Guenny i^. Relation des côtes d'Afrique appelées Guinée. faisans voile jour nuict. et le tint prisonnier (s'étant emparé de son royaume) tant que la mort termina même moyen ses jours Melli s'étend sur . p.

toire de la partie est Il du levant avec la le terri- abondant en grain. pour qu'ils le Tombut et ont des prêtres et démènent. fournissans Ghinée de plusieurs choses. qadi de Ghana. qui les rendit tributaires. . mêmes ses sujets grand train de mar- Ils lecteurs. pour peut ce seigneur trouver mille. du ponant se termine avec au- précèdent. 1. lequel cotton et s'appelle Melli. de meilleur esprit les et plus grande réputation de tous Noirs. devers âpres cuns boys sauvages. Ibn Khaldoun a tr. qui s'étendent jusques sur mer Oceane de et Gago. tellement que. qui etoyt oncle de Joseph. duquel la seigneurie demeura à ses succes- seurs jusques au temps d'Izchia. l'histoire du Mein. les peuples de Libye. à peine de nourrir sa fa- être par trop oppressé'.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 291 cens mille. pour ce qu'il n'y a point de coléges et sont ceux-cy les plus civils. roy de Maroc.'. chair et y a un grand vilage contenant environ six mille feux. dont le païs a prins son Le roy demeurance avec sa fait là nom.cé d'une manière très succincte d'après les renseignements que lui fournit le cheikh Othtnan. garny d'une infinité d'artisans. siège royal. qui lisent dans leurs temples. confinant du coté de tramontane avec le midy avec le désert et quelques montagnes. sa cour et y a plusieurs marchans du lieu et étrangers qui sont mieux venus et sont fort chandise non vers le roy que opulens. pour autant qu'ils furent les premiers à recevoir la loy de furent subjugués Mahommet par et de ce temps un grand prince entre là. pour le moyen jourd'huy.

Histoire des Berbères. Le royaume de Melli devint aux autres peuples nègres et acquit marchands du Maghreb et de l'Ifrikia (Ibn Khaldoun. la famille Melli prit royale. et l'on dit que roi appelé Bermendana. à cause d'une cité qui fut édifiée par nommé Mense Suleiman.-C. une telle allaient pp. 397-424). II. en de l'hegire six cens l'an prochaine d'un bras du fleuve Niger environ douze mile. le com- Ces détails étaient donnés à Ibn Khaldoun par le cheikh Othman lors de son passage au Caire en 796 (1393 1394). elle occupa tous royaume. ROYAUME nom Ce a été par les modernes royaume imun roy à ce posé. le Le royaume de nistration et les Ils États qui formaient les le proportion qu'elle Noirs des contrées les royaume de Ghana professaient l'islamisme fut un Bermennommé Sakoura s'empara du premier d'entre eux qui embrassa cette religion dana. t. et étendit sa domination sur voisines. i io-i importance. un affranchi de pouvoir. . cet ancien jusqu'à l'océan Atlantique du côté de l'occident. leurs voisins. Ghana ayant pays et réduisirent tard. telle subjugua A la mort d'Abou Bekr. y faire 1 1).HISTOIRE 292 TOMBUT. petit-fils de un grand accroissement sous son admi- peuples furent subjugués par ses armées. IV. t. 1. jusde l'orient. ceux-ci étendirent leur domination sur les Noirs et dévastèrent leur pays. Les maisons royaume de Malyou Melli. 1 et dix . Ses posses- sions s'étendaient depuis l'Atlantique et qu'au pays de Tekrour du côté alors redoutable que les merce » Ghana du côté de l'occident. ainsi que sur les usages et les coutumes de ses sujets {Voyages.. les les habitatns en esclavage.uouta qui a résidé pendant sept mois à Melli en l'année 753 (1352) s'étend longuement sur la cour du roi Mensa Suleyman. Plus s'augmenta dans une se rendit maîtresse de toute cette région et Ayant vaincu les Sousou. et ces mesures détermi- nèrent une grande partie de la L'autorité des souverains de Sousou. pp. subjuguèrent le population noire à embrasser l'islamisme. la population de Melli été anéantie. Ils exi- gèrent d'eux un tribut et l'impôt de la capitation. 1213 deJ.. Ibn B. « dence à l'époque où les sont de tortis pla- d'icelle Le royaume de Ghana étant tombé en déca- porteurs de litham devinrent puissants.

elle s'écoule canals tout au plus prés de la cité. est fort La mosquée dont parle opulent en platines Léon et verges l'Africain a été construite sous le règne de Mensa Moussa. Il y a bien 293 un temple de un excellent maître de semblablement un somptueux palais. et bétail. au commun. non point par un excellent maître de Grenade. Les femmes vont ordi- nairement le visage couvert. Les habitans sont fort opulens. divisé par Grenade 1 et auquel loge roy dont le la structure belle de l'un ensuit l'industrieuse architecture de l'autre. cette cité en grains est fort à deux pour leurs grandes richesses. qui vendent toutes les choses de bouche. de boutiques de marchans est bien garnie sans et memement La cité et arti- de tisseurs de toiles de cotton. femmes de Tombut. Habits des . le sel rare et leur beurre cher. tellement que roy a donné en mariage ses deux le marchans filles y a que au debord du Niger. pierre et chaux.r Ishaq Essahily. Les marchans de Barbarie transportent plusieurs draps d'Europe en cette cité. fors les esclaves. les- quels y viennent faire leur résidence.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE très et couvertes de paille. combien frères. principalement les étrangers. là où me retrouvant une foys. pour ce Tegaza distante de cinq cens mille de Tombut. mais un architecte de Merakech. En plusieurs puys d'eau douce. ainsi que le constate l'ins- cription placée au-dessus de la grande porte. je vey comme la sommée ne se laissoit à moins d'octante qu'il s'aporte de ducats. mais par certains qui est abondante moyen dequoy. Le roy 1. nommé p:.

le cérémonial en cour de Mensa Suleyman lorsqu'il donnait audience à ses sujets. l'epandent sur leur tête et le saluent en cette sorte là Arcs faits de fenouil sauvage. chevaux en main. qui i. . Mais en cas qu'il s'achemine en quelque assemblée de guerre. les fait petis enfans.HISTOIRE 294 dont d'or. usage s'y trouvent. genouils en terre. et tient Quand gnifique. fort ce. il une cour bien ordonnée et ma- luy vient envie de s'aller ébattre acompagné de ses courtisans. et au- fors cuns courtisans parmy vaux. qui fait connaître. t. 407). ils dextrement des flèches envenimées. tient Il environ troys mile chevaux Outre ennemys il coutume de mouvoir guerre contre a prochains. on attache les cha- meaux montent et lors tous les soldats sur les che- vaux. puis prenans de les la poussière. et contre tous ceux qui re- fusent de luy montés. Askia (Voyages. aucunes sont du pois de mille troys les cens livres. etans par luy sur- Tombut. même que celui que Léon l'Africain nous dit être observé chez à la Il est le la cité. jusques aux ne naissent nuls chevaux. avec grands détails. il et fanterie usant de certains arcs. une grande fa i ts . qui sont je bâtons de fenouil sauvage avec lesquels décochent ses 1 rendre tribut En vendre ce pais à . p. IV. que les marchans ont coutume de chevaucher allans par le païs. Ceux qui ne feirent jamais roy et mettent la ambassade ont quelque qui révérence au à luy faire. aucunes petites haquenées. lbn Batouta nous Mais les bons che- viennent de Barbarie. il chevauche des chameaux et les estafiers mènent les d'une cité à autre.

en payant ce blement estimé. il retient celuy qui luy de plus belle taille. ceux à qui Il porte font profession des Honneur pour ce regard. nombre nombre de le semble meilleur. en cas qu'ils excédent le douze. qui sont apportées de Perse. que mettre par écrit d'iceux. que de quelque autre mar- chandise qu'on sache vendre. employent des petites conques ou co•11 quilles. et confisquer leurs biens. ou qu'ils trafiquassent avec eux. . il les feroit incontinent honneur grand lettres. au monnove. mettre le pied dans sa cité . le de y a plusieurs prêtres qui sont tous assez raisonnablement par roy salariés ce Il lieu . Les habi- le tans de cette cité sont tous de plaisante nature. auquel entrent six et pour une des onces romaines. on apporte dans cette cité main qui viennent de Barbarie. tellement qu'on en grand retire plus profit. et aux choses de petite con- sequence. les habitans acoutumé d'employer quelques au pièces de pur et fin or. et. Ce roy cy 295 mortel et s'il étoyt averty que marchans de Barbarie eussent la moindre familiarité qui soyt.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE ne sont pas plus tôt arrivés avec roy envoie savoir le et la caravanne. des livres écris à la et aux lettres professeurs de lesquels se vendent fort bien. dont les quatre • 11 cens font deux tiers t-x 1 ducat des leurs. servent de plusieurs esclaves d'un et Les citoyens se autre sexe. dançans parmy la jusques à une heure cité. et ont lieu de monnoye. Cette Or pur îilles qui et œ- lieu de et f\n. et le plus souvent s'en vont le soir de nuict. et raisonna- qu'il est ennemy des pour rien du monde est qui ne les endureroit Juifs. et docteurs.

ou Tinbouktou. cité est fort sujette je la ny n'y a aucun jardin. J' a i Tombouctou etnon Timbouktou dit-il. Mais Ahmed. note. ainsi que la miîlah de gèrement. c'est-à-dire'sultan ou en roi. est. Si l'on ne sont mahométans. Tombout Il et à la seconde foys que vey embraser en moins de au feu. à tête grise le chiçar. celle de « puits et. mais il y en a en pierres. Tombouctou 1897. de Tinbouktou aurait. dit-il. sans murailles. F. p. conduits à la rame par des Nègres. la prononciation locale du adopté «. HISTOIRE 296 je m'y retrouvay. . la nombril selon d'autres voyageurs. mais . En y ils etc. Elle est bâtie dans une plaine unie entourée de tous côtés par des collines. ni ses sujets la ville souverain est un nègre très âgé. de Bouktou » Je transcris med « : La ici la description ville de cette ville que nous a donnée Sidi Ah- de Timbouctou est cinq fois aussi grande que Soueïra (Mogador). Le Tombouctou dans son que la nuit entrant. La ville de Timbouc- tou a quatre portes qui sont ouvertes le jour. sant fruits i.. ne peuvent passer dans cette partie de la ville obligés de remettre leurs la il porte.. ouverte. selon M. le soit passa- la et dé- nuit » (Walckenaer. Sidi Ahmed et ceux qui l'accompagnaient furent obligés de se rendre sur ses rives pour abreuver leurs chameaux. excepté au midi où la plaine se continue jusques sur les bords de cette rivière large et profonde. Les habitants sont noirs. sont cimeterres ou leurs couteaux à celui qui garde le matin quand fendues par une forte garde pendant 115-114). grande trois fois comme Tripoli ce Barbarie. nom écrit ainsi. y vit un grand nombre de canots faits de troncs d'arbres. mais qui sont fermées V Afrique. selon M. 237. des boutiques bien garnies de diverses marchandises. Mogador. ils sortent. qu'on nomme ni le chizar. parce que. le se rapproche prononciation locale qui est Tombouctou. La plupart des maisons sont construites avec de gros roseaux. Recherches sur Hagg Kassem a consacré quelques lignes à Tombouctou. Le signification de gros nom Félix Dubois. produi- lieu 1 mot le plus de la la mystérieuse. Paris. est une grande ville itinéraire. croit Sidi y a une partie de de Timbouktou séparée du reste par une forte muraille qui est en- tièrement peuplée par des mahométans. de Tinbouktou. Dubois. Tous soit les Maures ou les ville des Juifs ou Arabes qui résident pour toujours à Timbouctou.lSClT. on les leur rend qui leur est réservée. cinq heures. pp. et on voit Il assure que cette rivière coule vers et l'est il dans certaines rues. Les murs de Timbouctou sont en pierres et en terre.

recouvertes de plâtre plusieurs de chaux. outre la relation du major Laing. au Soudan du D' Oskar Len%. Les habitants de le Voyage de Houssa. à la cité susnommée. . Elle est prochaine de Tombut par l'espace de douze mile. published by découvertes du D'Barth. ne différant en rien. ou forgerons.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE ROYAUME DE TOMBUT CABRA. by et les eî Voyages René Caille. avec leurs est le port barquettes. en forme d'un vilage. Le roy de Tombut y tant pour faire droit envoyé un sien lieutenant. l'édition allemande. voyage au Maroc. sans qu'elle soyt autrement ceinte de murailles. négociants. t. 490 de of Timboktou and G. IV. et enfin Tombouctou la mystérieuse. p. Félix Dubois. sur le fleuve Niger. ou joailliers. gens celles-ci sont les habitations des aisés. 1820. ou tailleurs. On peut consulter sur Tombouctou. là où s'embarquent les marchans pour naviguer en Ghinée et Melli. nommé en son surnom Pargama. Paris. Ses maisons y et sont basses et jointes les unes aux autres. mais d'un grand esprit. et et et n'avoir la du temps y en avoit un parent du roy. publié Hâge et Abd en 1830. à un chacun comme pour se soulager. J. <~4n accotait Esselam Sbabuny. que Abu je y fu. Paris. quant aux habitans et habitations. de plusieurs lieux. tresjuste et raisonnable. Il est y a diverses nations des Noirs. homme noir tant rien plus. Timboktou. Quelques-unes ont un étage. 1887. pp. 48-90. 1897. t. II. pour ce que là auquel ils viennent aborder. ou tisserands. peine de faire ces douze mile par terre. CITE AU Cabra 297 une grande cité. par M. Les habitans sont sujets à mal bâtie en briques. Jackson. des principaux du pays et des Timbouctou sont en majeure partie ou marchands. il Bacr.

Kabara. etc. Les habitans sont marchans. La plus grande partie des maisons est de laide montre. vendans leur marchandise et traflquansd'un riches coté et d'autre. Les gens de Kabara sont presque tous des nègres du Songhay qui logent dans les huttes. Lenz. nombre de huttes elle est construite sur une hauteur très rapprochée du fleuve. et distante de environ quatre cens mille. GAGO ET LE ROYAUME D'iCELLE Gago est une nommée. t. \jb. beurre. trouve quelques édifices assez beaux et il s'y commodes ausquels loge le roy avec sa cour. Il arrive en cette cité Noirs.HISTOIRE 298 maladies. qui sont transportés à des grande partie des Tombut 1 . tenant quelque peu du siloc. D'après Barth. p. pour cause de comme poisson. . du coté de midy. du Touat. II. c'est une petite ville renfermant environ cent cinquante à deux cents maisons d'argile et un grand en pa'lle avec à peu près deux mille habitants. c'est à Tombut tresgrande cité. De la qualité lait et viandes. tandis que les maisons appartiennent aux négociants étrangers de Timbouktou. chair tout mêlé en- cette cité vient la plus vivres. Timbouctou. 138). Les habitants cultivent du riz et même un peu de coton.. semble. ainsi que diverses espèces de melons qui sont envoyés à Timbouctou pour y être vendus (O. pour acheter et enlever ce qui vient de l'Europe et Bari. Kabara à la a deux viande petites places et l'autre à de marché dont l'une exclusivement destinée des articles de toute nature. qui demeurent tousjours sur les champs. toutefoys. voyage au Maroc et au Soudan. qui apportent de l'or une infinité de en grande quantité. semblable à la sus- savoir sans murailles.

Il a aussi coutume de tenir une et s'achète garde de cavalerie et fanterie entre la porte secrette publique de son palais. se vendent les esclaves tant que femmes. par audience. mais les ne frais laisse pourtant de conseillers. Et combien que expédie toutes tenir officiers les choses. trésoriers et facteurs. ils qu'ils apportent. comme il secrétaires. en laquelle. ny fruit. Il y a plusieurs puys d'eau douce. au et concourdes. qui s jour du marché. Les autres cités ne peuvent se doivent égaler àcette-ci. taines. quant à civilité. capi- Le revenu du royaume l'excèdent. esclaves et eunuques qui sont commis à la garde d'icelles. qui ne se acheteroyt en Europe plus hault de dix ducats. citrouilles y trouvent en grande quantité. tellement qu'il leur est force retour en leur pais. là ne se donneroyt à moins de Vente d'escUves. est grand. pour autant qu'un cheval. hommes une fille de quinze ans au pris de six ducats. reportans quasi tiers ny la faire moitié ou le de leurs deniers. et autant un garçon. Le roy tient en un palais écarté une infinité de concubines. ] ™™ mss et f" m " . Et y a une grande place environnée de murailles et à chacun angle d'icelle et se void une où entre le roy pour donner luy-mêmes en personne loge.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 299 ne sauroyent trouver assez marchandise pour employer si grande somme de deniers mais barie. mais fors il seroit impossible d'y trouver que son terroir est fertile ny vin. en melons. et de riz une chose infinie. avec une grande place. Joint aussi qu'elle est fort abondante en pain et chair.

et aucune foys. d'Europe s'y vend quatre ducats. C'est une non entourée de murs. C'est une dépendance du Ouangara. brides et semblablement toutes merceries et y sont treschères. industrieuse et . i. Ce sont gens fort ignorans. les Noirs la placent dans le Kanem. le roy leur use d'un que leur lourdise et grosse ignorance laissant si gner leur impose tel le traitement mérite. comme plus bas drap le moyen. fors qu'ils se couvrent les parties honteuses de quelque linge. Gaoga. portent souz la plante des pieds du cuir de chameau. ny écrire au en vilages et moyen de quoy. se vêtent de peaux de brebis. ausquels demeurent ceux qui cultivent les terres et les bergers. et en été vont nus et dechaus. mais non pas tant (sans comparaison) que le sel. mais quelques-uns d'entre ville bien peuplée. âpjS^ est située sur le bord septentrional du Nil (Niger) dont ses habitants boivent les eaux. Le demeurant de ce royaume est tout hameaux. leur peu. qu'à grand'difficulté peuvent-ils gaivie. le bleu ne se laisse à moins de trente ducats. la plus imparfaite qu'on sauroit trouver vendroit troys et quatre ducats. est Tecarlate.HISTOIRE 300 L'aune du quarante et cinquante. Ainsi les épe- rons. avant que de [trouver aucun qui seut lire. tellement qu'on pourroit cheminer par l'espace de cent mille. quinze et celuy ou violet. qu'on vend plus chèreépicerie ment que tout autre marchandise qui s'y puisse conduire. qui en temps d'yver. pour les grands tributs qu'il leur 1 . Une s'y de Venise epée fin. commerçante.

personnes assés et brebis au pâturage. Coutume étrange de s emer . t. p. 21). trad. I. de ce pays se livrent à l'exercice delà magie et l'on dit qu'elles renommées dans cet art (Hdrissy. lesquels sont habités par gens qui mènent a bœufs les grand nombre et petite corpulence. Le riz y croit grande quantité abondamment autres grains. très habiles et très Géographie. Amédëe Jaubert. Lors les coutume de semer le grain sur l'eau. ROYAUME Ce royaume Gaoga environ troys icy est distant de cens mile du coté de levant et passe l'on entre ces deux par un désert. qui a où on trouve Les Lmmes les produits des arts et métiers nécessaires à ses habitants. Il est situé entre hautes montagnes et peuplé de plusieurs vilages.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 301 GUBER. et de telle espèce en ay veu et les aux et Itales croy semblablement que l'Espagne en doive pro- que le Niger se déborde. où se trouve peu d'eau pour être distant du Nil par l'espace de quarante mile. il y a un grand vilage contenant environ six mile feux. sont très versées. mais de il y trouve communément les Il y a grand nombre de tis- siers et cordonniers. lesquels font des souliers à la mode que les Romains dont à Tombut et souloyent anciennement porter il s'en transporte en Gago. Entre autres. il couvre toutes campagnes prochaines des habitations de ce duire. de M. là où font résidence autant les peuple. le s rain sur . y en de beufs. Car mêmement On civils.

3 HISTOIRE o2 marchans étrangers. que de celles des Noirs. lequel. connu sous le nom de Mayaki. édifiée par les modernes aux confins de Libye. AGADEZ ET SON ROYAUME Agadez est une cité ceinte de murailles. . L'ancienne royaume était Akalouat. Lors du voyage deBarth. IV. roy de Cruauté du roy iz- chia envers le roy deGuber fans# et ses en- feit mourir. Les maisons sont fort bien bâties Le pays de Gouber. palais. laquelle est plus prochaine des habitations des Blancs. fut prins par Izchia. Elle fut plus tard détruite parles Foulbé. mais les renseignements donnés par lui se réduisent à quelques lignes. et souloyt être la demeurance du roy.un fils de Yakoba.. . à cause du beau train de marchandise qu'il demenoit. de notre temps. Il avait établi sa capitale à Marady (Barth. On peut consulter i. Mais il est maintenant tombé en pauvreté extrême et amoindry de plus de la moitié. fondée en 1770 par le roi Babary. capitale de ce aussi la relation de Lander à la suite du voyage de Clapperîon. 539-540). faisant couper p 0ur } '. est situé au nord de Sokotou. jS'. à cause ce que Izchia sonnes retint faisoyt 11 emmena une qu'il grande multitude de per- meit partie en captivité pour esclaves . Tombut. Reisen. employer au service de son es moyen. et le reste 1 . neantmoins de grans profis. . comme ceux du pais même. i Par ce i empara de ce royaume sur lequel m il constitua un gouverneur. régnait depuis 1836. il s qui le les genitoires à ses enfans. pp. t. oppressant merveilleuse- ment peuple.

commencé ont à porter l'arbalète. souverains larrons marchans s'acheminant par païs s'acompagnent de leurs esclaves. pour ce qu'il a prins son origine des peuples de Libye. Puis les marchans etans arrivés en quelque bonne vile. et en son lieu élisent un de ses parens. comme de ceux qu'on appelle communément Bomiens ou pauvres et nécessiteux. et bien armés d'epées. en laquelle n'y a ne s'y marchant. les autant Bomiens Egyptiens. mais sa gendarmerie campagne et est des habitans de la des desers. pour ce qu'il trouve guère de marchans autres qu'étrangers. font travailler leurs leur esclaves de tel métier qu'ils savent. en reservant dix ou douze d'iceux pour seurté de leurs personnes. comme et trompeurs. ils arcs font escorte. mais de peu de temps en ça. qui sont tous vexez de divers peuples du désert. ny donner aucune antorce. et mêmement aux pas de Cano. en javelines et .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE et en la manière de celles 303 de Barbarie. et garde de leur marchandise. se donnans garde. et ce peu qu'on y void du pais. ou à la soulde du roy de cette cité. à Borno. tellement que ces paillars voleurs ne sauroyent mordre sur eux. Le roy de cette cité tient semblablement une bonne garde dans un somptueux palais qu'il a dans icelle. tant qu'il leur est pos- larrons et et Egyptiens trom P eurs - . à celle fin qu'ils puissent gaigner leur vie. qui ne tienne un grand nombre d'esclaves pour s'en aider à ses affaires. sont tous artisans. qui leur bon équipage. et quelque foys ceux- cy le dédiassent. Donques.

^jlcl. située dans plaine. 1863.. en pouvait compter une population d'au d'habitants (cf. Leurs habi- rames ou nates tations sont de qu'ils transportent ordinairement sur des beufs en quelque part voisent. prospérité au « Agadès est I. Gouber et Zanfara. 1 5 1 5 ville actuelle n'est nombre . Wa'. qu'ils étendue de la qui est aujourd'hui à peu près abandonnée. Agadès. Le grand une . Il a succédé à Ouadelah. s'adon- nent tous à mener le bétail au pâturage. Askia. Barth. Ils donnent en échange du sel qu'ils se procurent de Bornou du pays de Fachy et du Belma.Barth a donné une description fort ville d' Agadès comme encor des usufruits du est tributaire à celuy de quante mille ducats i. les posans et dreçans là où se trouve leure pâture. Le roy aussi font les Arabes. sible. . Agadès avait plus que l'ombre de on peut évaluer à sept cents habitées et à sept mille le Paris. commerce que fait cette Hagg Kassem dans cheikh P- 449)- ville la les 7: rend riche et florissante » (Itinéraire cherches sur TxAfrique. 225-266). c'est-à- ticules de débris pierreux. D les 1 maisons encore H. par du M. de cent cin- l .ckenaer. et en plus grande abondance. Reisen. et celuy est créé roy qui revient mieux et est plus agréable au peuple de Le cette cité. reste des ceux qui habitent du côté de midy. Les habitants d'Agadès tirent leurs vêtements de Cachenah. Cette ville avait encore conservé quelque commencement de une ville ce siècle. Leroy de Agadez r° Tombut*" y tri- C mais il vers que payent Tombut les pais. et meil- reçoit de grans de- niers. Elle fut fondée Tannée 1460 sur un plateau qui n'est entrecoupé que de quelques monAu temps de sa plus grande splendeur. Les Touareg y font commerce de bœufs et de moutons. qui proviennent de la gabelle marcnans étrangers. Il s'y trouve un marché. La ce qu'elle était autrefois : t.HISTOIRE 304 de commettre homicide. pp. plus grande que Tripoli de Barbarie.. au témoignage d'Hagg Kassem. Mohammed dire avant d'être conquise par un pourtour de trois milles et demi et moins cinquante mille d'âmes. comme habitans de ce royaume. Le prince qui règne à Agadès se nomme Baguir.

Ce que luv 1 • . et feit de sorte (en continuant le leur siège) qu'il luv quiter le la tierce partie 1 1 étant accorde. de là envyron troys ans. puis. tenant grand cour et plusieurs chevaux. distante du Niger environ cinq cens mille du côté de levant. il s'empara de leurs royaumes. et de son revenu. d'une environnée de murs decraye. et s'y trouve plusieurs desers et montagnes couvertes de fontaines orangers diffère bois où croissent à force et et citronniers sauvages. et les autres qui produit du s'adonnent grain. comme maisons mêmes. Les habitans sont riches maret civils artisans. '"•' « . Leur roy étoit jadis fort puissant.. les chans tellement qu'il se rendit tributaires 11 et Cassena. et aide contre leur ennemv). rendit jusques à épouser sa 1 • laissa fille. roy de • 1 les roys de Zegzeg Tombut . auquel Cano est dans des vilages.- en ce royaume plusieurs tac- Les roys de Zegzeg et Cassena dépouillés par Izchia. riz et Une vaches les et à cultiver la terre cotton en grande abon- dance. guère au goût nom La province prend son milieu d'icelle. habitent plusieurs peuples partie d'iceux conduisent au pâturage brebis. procura leur mort avec grande trahyson. mais Izchia.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 305 CANO. PROVINCE une grande province. !. au moyen de quoy. suscita une sorte guerre contre le roy de Cano. roy de . (feignant n i donner secours. dont fruit ne cité assise au le des privés. Le roy de Cano domtc P ar Izchia de Tombut. 111.

qui et partie en montagnes. condition libre et le s'étend au sud d'une forteresse bâtie au forteresse a ville formé noyau de le qui connue des géographes arabes qui la les Foulbé. 281. les sandales. le est très grande. et et le sel. ensuite. qui trafique par en plaine est. les noix étoffes. y£ renferme deux cent mille habitants de même nombre d'esclaves. des rasoirs (Barth. en partie. siècle. entouraitla Une ville. la les soude lames de sabre M. Les différents peuples l'affluence des étrangers merce sont de kola. y cotonnades fabriquées dans t. partie les contours de païs. le ville ne fut guère confondirent avec Ghanata. Reisen. Cette ne s'étendit que lorsque Kano commercial du Soudan central. La de Katsena eut été conquise par principal entrepôt sommet du rocher de ville la Kano au commen- forte muraille. . étant habité d'un peuple tresopulent. 137-166). La ville de Kano i. la devint. Paris. Le sol est très fertile et on trouve dans cette contrée de nombreuses bourgades dont une vingtaine au moins est entourée de murailles. L'islamisme pénétra à cement du xvne Dalâ. dont tous l'une est merveilleusement froide. erreur qui a déjà été relevée par Cooley. commandant Monteil 1890-1892 p. II. a résidé pendant quelques jours à donné un plan son voyage intitulé et : une description de De cette ville Kano en dans la Tripoli à Saint-Louis. . La province de Kano.- HISTOIRE 306 teurs et trésoriers pour lever sa portion des deniers et fruits 1 provenans d'iceluy ROYAUME ZEGZEG. du papier. On relation de et il Les principaux articles de com- a importe des le pays. du sucre. et est distant la partie de de Cassena par l'espace de cent cinquante mille. qui aujourd'hui subsiste encore La population de Kano peut être évaluée à trente du Soudan y sont représentés et cinq mille âmes. Ce royaume . des pp. l'autre chaleureuse. Cano de icy confine avec siloc. Le gouverneur peut disposer de vingt mille hommes d'infanterie et de sept mille cavaliers. 1895.

cotton. fut empoisonné une grande partie de ce poisonné deLtchia< J . Journal of a expédition into the interior 0) Africa. de grande corpulance.et dorment en cette manière. 145 et suiv. ZANFARA. qui détruit royaume 1. Le pays de Zegzeg. mais Izchia Toccit . . Neant- moins. ont coutume de de leurs maisons des grans fouyers.1 Kano (Qapper- Philadelphie. Le roy à l'aveu d'Izchia. ne pouvans suporter la froid. Le roy de Zanfara em- Lu province âc Zanfara s'étend à l'est du Sokoto. millet. Ce royaume cy souloyt gouverné par un seul roy s'empara de son mode la abondant territoire est tresfructueux et le païs.). riz. participans davantage plus de bêtes brutes que d'hommes raisonnables. ÎJjTj. mais noirs au possible. à force brasier. laquelle est abondante en grains. REGION une région qui confine avec le royaume de Zegzeg du côté du levant. Clapperton a tra- versé cette contrée au cours de son voyage de Boussa ton. Elle était autrefois à l'aveu . auquel être les vilages et sont bâtis de de ceux que nous avons parlé auparavant 1 . et habitée Zanfara est . puis le là mettent souz faire où en ils l'aire avient chalis qui les sont fort haults. il pp. aujourd'hui Saria ou Soso. a.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE tellement que les véhémence du 307 habitans. est situé au sud du désigné sous royaume de Kano. en grains et fontaines. par gens vils et mécaniques. La les ville noms de principale Saria ou Zaria été prise par les Foulbé vers l'année 1800. portans visage large et dif- forme.

et retire revenu des grand marchandises et gabelles. 533)- de Bornou qui régnait à l'époque à . il confine avec aucunes fort terres. la ou me retrouvant. Les habitans sont les opulens. Cette contrée de Zanfara formait alors un puissant royaume. roys ennemys du royau- partie me vant ) est izchia et de Guangara du ponant) N . habitations de ce et excède autres de beaucoup. un grand Toutes les royaume ne sont que petis vilages hameaux. et est habitée d'un Le roy peut peuple. pour crainte de deux puissans ennemys qui luy sont voisins. l'un (qui tient la Bomo. là où en grande quantité. ROYAUME Guangara est une contrée. C'est fort pro- de Birni ou Zanfara fondée il y a une centaine d'années par Babary. ce peuple ne peut faire train de marchandise hors les limites du pais. en grandeur et beauté. aujourd'hui. avoir" sept mille fantes archers. l'autre moitié est alliée p. celuy i l qui pour lors regnoit (appelle Abran)' assembla tout plus vaste que de nos jours . et l'autre qui tient le lei< t-> ro y de Borno. elle est dans un complet état de décadence. fors un qui. laquelle du côté de siloc se joint avec Zanfara. pour ce qu'ils démènent un grand train de marchandise. sur bablement la ville la est située à une demi- route de Tosé. trafiquans en divers et loingtains pais. 1.3 HISTOIRE o8 GUANGARA. La moitié de ses bourgades se trouve sous la domination des Foulbé. Main- se trouve l'or tenant. avec cinq cens chevaux étrangers. son ancienne capitale journée de marche de Sansané Aïssa. « Léon L'Africain dit que t. le i est Izchia. aux chefs de Gauber (Barth. Reisen. le roi IV. Du côté de midy.

quantité seureté et conduite d'iceux ô . dont marchans. ou plutôt pour sa valeur guerrière de Ghaçi marchandise.^91). qui s'acheminent en ces lieux. seigneur de Gaoga. il >> Ali ben 1. par l'espace de dix mille li- en y a qui font cechemin deux foys par jour. pays est celui qui Nil est sorti de son guerres 909 (1472-1505). Vers les victoires. sans doute. lorsque lit.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE son exercite pour se ruer sur et ainsi fut averty il s'acheminoyt le marchoit sur qu'il royaume. sinon par treshautes montagnes âpres aux et betes sorte qu'ils sont contraints de inaccessibles. Car outre on esclaves laquelle armés pour a visité il Ibrahim. en tout temps. des- fut pas petite aventure les quels l'on tire en l'or grande quantité. veut parler. et surnom . Dou- civiles. ne sau- si royent prendre autre route. Voyages. p. la le la la ce pays déchiré par paix à (Barth. et les grosses charges qu'ils ont acoutumé de porter. ce qui ne au roy de Guangara. qui donna qui. II. le de frontières les ce qu'Homar. de Borno. reçut le 11 est le renommé forme une milles de longueur sur cent cinquante de large que tous côtés. du célèbre conquérant Ali ben nama. tellement qu'ils sont chauves au sommet de la tête pour . et ses t. et pays de Ouaranga s'appelait Abraham. à de majeure la chaleur est partie de l'Ile est . l'or qu'il produit. Dounama régna de 877 Ouangara.à"lj. et la bonté de Ce" à nombreuses extrême et et que le '. la charge encor des vivres de leurs maîtres les le île l'Ile OU la cause de trois cents Nil (Niger) entoure de mois d'août. qui fut cause de à la volte changer de chemin faire 309 et voulonté. de faire porter à leurs esclaves sur la tête les marchandises et autres choses en larges quelles cocourdes seiches creuses et avec les- peuvent porter jusques aupoysdecent ils vres. roy de Guangara.

réunissent entourant ainsi place a vingt-cinq journées au sud de Tombouctou. p.HISTOIRE 3io BORNO. temps accoutumé. pays de Ouangara est situé à la poudre Plus à se l'est né à Tombouctou de du pays de Ganah. Recherches sur V^Afrique. et la se joint à côté de levant par l'espace de cinq cens mille. C'est la principale production du pays des Noirs. a lui fruit de ses peines. Sur est le qu'on nomme Ghanara. . Cest ainsi que la est échangé dans le resses ils en tirent leur subsis- y a dans le pays de Wangara des villes florissantes et des forterenommées. Chacun rassemble soit Lorsque dans son le fleuve est rentré vendent et ils se le à dé- temps de le la baisse du quantité d'or grande ou petite que Dieu la accordée sans que personne en partage commence fleuve se rassemblent. ROYAUME Borno de un royaume. ensuite le Les nègres de tout Soudan le le contrée pour y faire des recherches durant tout Nil. frappé en dinars et dises. p. se Ils nommé Mohammed. Ils de vêtements. 226). abondance et parties les plus éloignées de la terre. Les habitants de Ouangara apportent dans cette de de sont entièrement noirs 18). selon l'indication de tous les cains. mon- portée dans les hôtels des commerce même le le vrai Beled et-Tibrdes auteurs arabes bras méridional du Niger qui forme le capitale de ces contrées Afri- que plusieurs géographes qui l'avaient précédé. Ses habitants sont riches ils possèdent de l'or en Il . tance. disinondée durant croître. dire d'un maître d'école parents tripolitains. et d'autres sortes (Edrissy. reçoivent les productions qui leur sont apportées des autres longues robes t. de un pays ville d'or. Au contre des marchan- chose se passe tous les ans. C'est au sud de ce pays que. le Niger comme une se divise île en deux branches qui un vaste pays qui Ouangara. le couvrent de manteaux. d'Anville. Géographie. I. riche en or qui est de Marmol. qui est Guangara prend son étendue du partie occidentale. grands et petits. l'or qui lui est échu chacun vend uns aux autres. Wangara ville fortifiée et est la (Walckenaer. La majeure partie est achetée par les habitants de Werdjelan (Ouargla) et par ceux de l'extré- mité de l'Afrique occidentale où cet or naies. et viennent vers cette entièrement privé du les lit.

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 31 1 tant de la source de Niger. cune cognoissance de quelque tant chrétienne. Ce royaume est gouverné par un puissant sei- imposition Je selon noms la qualité personne-. foy que soyt ce ayans brutale. la . se confinant devers désert de le Gat. vie (comme Et me il séjourna longue- ce pais. et accompagné de ses soldats. ils nommés louches. et là autres grains desquels nous n'avons sance. de quoy ils font encor des lits. accidens haults. des . et civils Au marchans étrangers. et ainsi et sem- particula- rités. et peuplée de plusieurs vilages.. Au reste. un marchant qui . habités de gens fort blancs. mais mènent une enfans en ils • 1 mais selon 1 la i- blablcment de tous les autres coutume des 1 qualité des r personnes. qui repondent devers Barca. selon 1 autres peuples r r comme n'ont au- mahommetane. fait Aux montagnes dese sème le millet. qu'ils portent quelques braves de cuir. parce qu'il y a d'aucuns endroits montueux et d'autres en plaine. petits. meurent les pasteurs. les louches. et qui entendoit bien la langue) ne s'imposent propres noms. tresabondante en grains. t ceux de haulte stature sont les petits. Les habitans vont nus en temps cognois- la sinon d'été. puis en yver. et de la partie de tramontane avec les desers. s'enveloppent dans des peaux de brebis. que sans aucune loy femmes et fut par dit ment en commun. L'assiete de cette pro- vince est inégale. noirs plus grand d'iceux le roy et résidence. environ cent cinquante midy avec mille. judaïque.

Je fu en ce royaume. qu'ils luy d'esclaves suffisant pour satisfaire aux marchans. à cause les payer. d'attendre l'an- née ensuivant. et enlevoyent ce qu'ils pouvoyent avoir. et en use comme bon luy semble. qu'ils vouloyent . et pendant ce temps là. jusques à son retour. là où ils deroboyent. Mais ce roy-ci a tant fait avec les marchans amènent des chevaux. lequel retournant de courir. et en tel desespoir. sans toutefois imposer aucun subside ny tribut. grand nombre. amène quant et soy quelque foys. qui luy sont ennemys. leur donnant pour cheval quinze ou vingt esclaves en échange. Par ce moyen. qui sont aussi contraints aucunes foys. hors mis qu'il lève la decime des fruits provenans de la terre. nombre de Barbarie. d'autant que qu'il n'a assez d'esclaves pour ne se peut faire cette course qu'une foys l'année. peuple de Libye.3 HISTOIRE i2 gneur. ils sont entretenus et défrayés aux dépens du roy. et n'a autre re- venu qu'à dérober et voler ses voisins. auquel je trouvay plusieurs très- mal satisfais. courans tout le royaume de Borno. lesquels habitent outre le désert de Sea. et tient fantes tel et si environ troys mille chevaux. qui est le plus souvent retardé de deux ou troys moys. sans un trop grand danger. de pour ce que tout le peuple est dédié à son service. qu'il luy et plaît. il donne bon ordre de faire des courses sur ses ennemys. qui est de l'origine de Bardoa. et fait attendre les marchans en délayant leur payement. qu'ils traversoyent anciennement à pied en nombre infiny.

payement. il est fort tenant et que esclaves. ROYAUME de un royaume qui confine avec celuy levant devers Borno. Neantmoins. marches plus que l'espace d'un moys non pas l'or GAOGA. Il tient en sa sujétion et Noirs. tout d or. Les situés pays les eux que peu de renseignements sur D^nd. le jamais. de ses vaisselle. à ouest marchands se 1 Kanem. harnoy de ses chevaux comme et de même matière est brides' et mords. desquels je plusieurs peuples des Blancs n'en avoir eu trop n'ecriray aucune chose. volontiers les l'avarice. de marche. territoire qui Il est borné à s'étend à quarante journées de Test par le Baghermi.°du côté du ponant. les estafes. à en payement. pour ne sejournay en ces grande cognoissance à cause que '. s'etendant Gaoga ! I e est Bornou est un vaste marche au sud du Fezzan. - . donnant plus chiens. La rivière de . de la ville de Birme sujet au contradictoires renseignements sont Ces Birme. éperons.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE abandonner 313 propos délibéré de cette pratique. avec un an et plus. Un petit nombre de par le Kano et au nord par le on ne peut donc avoir par du Fezzan méridionale partie la rend dans dans Cette direction. les lesses et chaisnes sa toute adonné Ce nonobstant. vieille la ou de Birnie Qidîm ainsi appelée pour la distinguer journées de cinq distance la par l'autre deux villes sont séparées Tune de Outre Tchad coule près de Tune et de l'autre. ayant séjourné ny retourner tousjours attendans leur merveilleusement riche et jouysroy démontre être pour ce que j'ay veu tout le sant de grands trésors.

mais detre les Le peuple de Gaoga perd sa liberté par la méchanceté d'un esclave p. ou peu mille. et devers tramontane finit aux desers jusques sur les frontières est sur le fleuve de Serta et bornes d'Egypte. la description consulter la comme le coup. retournant avec un . que fait le Nil. de le tuer pendant qu'il dormoit en asseurance. de la partie du midy se termine avec un désert. ils se étoyent longuement maintenus en liberté. se de draps du Bornou que nous a Notice sur Y et at politique capitaine de Polignac. qui se joint à un détour. puis se le capitaine du pays Lyon. s'enhardit jusques à là. pour peu de vent si s'em- qu'il face. fors qu'ils couvrent leurs parties honteuses avec quelques peaux et ont pour leurs maisons des hameaux bâtis de ra- mes. . insérée dans donnée et social la et saisit de la armes. et n'est florissant en en civilité. Leur exercice est de mener paî- moutons et beufs. par M. . Mircher. elle leur a été volée par le moyen A d un esclave noir qui etoit du pais mêmes. . qui du Nil. prenant son étendue du ponant au levant de cinq cens par l'espace autant en largeur. principalement plus tôt ceux qui font leur demeurance aux montagnes. al- nus lans tout dechaux en temps et d'été. lettres. . s'en fault. et se doutant le moins du danger. on peut des Nègres. gouvernement. riche . . .3 HISTOIRE i4 du royaume de Nubie. après marchandise. lequel . qui luy étoyt plus prochain. . Cetuy-cy. en quoy faisant. le Mission de Ghadames de M.U j s cen tans en ça. pour autant que Il ny en bon habitans sont les sans esprit qu'autrement. marchant son maître. brasent facilement.. lesquelles.. pour se veoir au lieu de sa naissance.

tant fins de que royaume. moyennant la et rare. lequel a. et fait Mais ils tant bien grande magnificence qui luy tait . là où il 315 distribua partie de ses nomcommença à richesses à ses parens. qu'il acompagnés rendu sien le sou- par presens luy envoyé armes. régna royaume parvenu entre les mains de son neveu appelle Homara. étendu les frère. et après luy. draps et che- vaux. de sorte que les marchans d'Egypte n'outrepassent sa cour. et ayant acheté quelque bre de chevaux des marchans blancs. à cause que luy et les siens avoyent cet avantage d'être bien équipés d'ar- mes. qui règne pour le jourd'hui. desquels il raportoit tousjours la victoire. s'est tant dan du Caire. pour se montrer seigneur fort libéral. Au moyen de quoy. son de caresses le et est et faveurs. ce que n'avoyent ses adversaires. sinon aucuns arcs de boys mal façonnés. avec quelque petit présent honnête en raportent double récompense. de cetuy-cy. loing et amplement. succéda aux armes. que le le fils et autant dextre et vaillant père avoit été hardy et courageux. qui toutefoys luy sont payés au double. tellement qu'il se maintint en sa seigneurie par l'es- un sien pace de quarante ans. Après le décès chevaux qui venoyent d'Egypte. en laquelle plusieurs pauvres du Caire le vont trouver. comme chef et principal seigneur. les il trocquoit contre les augmentant le nombre des soldats étoyt révéré et obey de tous. courir sur les terres de ses ennemys. faire. prenant plusieurs esclaves.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE retira en sa maison.

Mais <c 1 seul auteur. et ils Ils y établirent et la Kanem. ainsi que t. et les a recommendation. il n'y a pas si de doute que Gaoga désigne l'empire fondé par nom appelé Boulaïa du En effet. et s'en honneur aux gens de lettres. et. cent dens d'éléphant de merveilleuse grosseur «Le i. dans des Sorhaoua. pp.qui s'occupe du Soudan. principalement ceux de porte grand aux II en g ranc i e maison de Mahommet. siècle. avec luy. une branche de la famille régnante de fondèrent leur royaume dans Reken. ces régions sous le celui . conduite de une nouvelle capitale Léon à lao l'Africain visita étaient en relations politiques avec les souverains d'Egypte. dont le tout pouvoit monter cent cinquante ducats.HISTOIRE 316 compagnie. a donné lieu à beaucoup d'er- la capitale Gaoga avec surtout sur les relations de le l'on examine ce que dit Léon. une cimeterre turquesque. une cotte de maille. après avoir soumis. outre ce. Je m'y trouvay pour lors qu'un noble homme de Damiete luy présenta un cheval de tresbelle taille et la maniable. surnommé Chikomemi. cinq cens ducats. acheté dans compense de quoy. royaume de Bornou. et aucuns cou- teaux. les de ses souverains. chapelets de corail. Le nom les le domaine de Kouka sous Djil. dit Barth. pignes. qu'il satisfait à tous ceux qui ont affaire partent merveilleusement contens. un pistolet à feu avec quelques beaux mi- rouërs. cinq chevaux. la Abou grande tribu '1-Féda » (Barth. . par suite de la similitude avec du royaume de Sonrhay. Boulala. est reurs et à de nombreuses hypothèses. . Homara favorise lettres. orientale de un peu en détail de la moitié Léon l'Africain qui décrit un grand royaume de nom de Gaoga. la le seconde moitié du xiv° rapportent Maqrizy et 381-383). et ils avaient atteint l'apogée de leur puissance quand leur pays. le à la somme de en re- Caire le roy luy donna cinq esclaves. gens de Bornou de Gaoga vient deKouka. Ce nom. III.

1802. qu'elle se peut passer à gué. Caire. d'églises. Paris. En ce royaume se trouve une vile nommée Dan- gala. trouve encor dans se Dongola. de fort élevé maisons de avec l'Iraq. .ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 3 i 7 DU ROYAUME DE NUBIE Le royaume de Nubie confine du côté de levant avec les desersdu susnommé. d'armes. il ils le ville t.etde le territoire de Egypte. laissent devenir noir et sale. qui est bien peuplée. des rues tort larges On dit Abou Le palais du donné une description de Salah. avec craye et tortis seulement. grande belles Il ville située maisons plusieurs et dômes M. mais les habitans ne savent par quel moyen et terre. Cailliaud a Voyage à Meroè sur le bord du Nil. i. où on ne sauroit naviger de ce royaume. et le fault cuire. que par leur ignorance. Les habitans sont gens tresriches et civils. II. est une y voit beaucoup roi est bâtis de brique rouge à l'imitation des et la au jhuic Blanc. s'etendant sur le Nil. consiste tout en vilages habités par gens qui cultivent la y a partout grande abondance de grains sucre. capitale du royaume de Nubie. qui partie au qu'ils trafiquent 1 . et contient environ dix mille feux. draps La les lieux choses et d'autres du royaume. est sur le Nil. et devers la partie là ce si midy se joint avec le désert de de tramontane avec Goran. mais les maisons sont toutes mal bâties. de sorte. 1826. pour que l'eau du Nil s'epanchant par les plaines est basse. et font train de pour ce marchandise par tous de Egypte. de Dongola dans son pp.

qui sont contrains prêter n'en useront mal dans leurs païs. pour ce qu'on y prend plusieurs eléphans. est de Goran. le serment et quiconque en achète doit payer autant au péage. trad. de M.. dit Ibn Sayd. et se vend . et yvoire en grande quantité. Il y a aussi des poisons tant violentes. passe à gué de la côte. Souakin environ sept marches entre visitée rapporte le mer Rouge aux mains du chef des Bedjas musul- mans. il le fait soudainement expirer. qu'un grain party hommes à dix les extermine en moins d'un quart d'heure mais étant donné à un seul. de- Cette génération use avec les le caldéen l'île et qu'elle est située sur de Saoukin a une est une Aïdab. Souakin et ses environs immédiats appar- tiennent aux Bedjas. voyageur qui Ta petit On y hameau On compte que Nil. maintenant se mêle avec une autre génération. qui fait résidence au désert outre devers levant. le à qu'il peine de tousjours en guerre. » (Aboul Féda. p. 1 la elle et les dimensions d'un petite île voisine de la côte. Le roy de Nubie tantôt avec ceux délivré. l'once cent ducats. lequel frappe des contributions sur toute petite . Un marchands. qui sont de race la des Bomiens. Taqouim oul- . t. mécaniquement habitans au désert. mais à d'autres n'est il permis d'en vendre qu'aux étrangers. sans que personne puisse rien comprendre en leur langage. (comme je croy) d'un language mêlé i. 128). II. ' HISTOIRE 318 Dangala boys de sandal à force civette. mais tout tient à le pays situé au-delà jusqu'à Mandib appar- une espèce de nègres appelée Dankal bouldan. comme qu'ils à celuy qui luy impossible de est la vie. et s'étend jusques à vers les frontières de Suachin « Souakin. est île. tellement a payer secrètement. Guyard.

femmes. de d'asbeste. Quatremère donne la étendue notice une Bedjah consacré aux berbère. vil. Qpus.. Quatremère Et. désert de Le pays des Bedjah se à environ trois termine aux premières de la presqu'île de l'Abyssinie. La nourriture des leur complexion est saine et fromage. Ils ont aussi Ils avaient autrefois leur fauve chameaux de race arabe. de peu mangent Ils lait. Et. se fort avec celuy de 319 les mal Blemmyes grecs et romains. n'est point famille.. Ce journées de cette lieu est situé dans le ville. mèches et d'autres subsde guise en s'allument d'huile imbibés est rempli de mines et plus abondant. là où Suachin demeurance est la et croit reconnaître dans Bodjah les de de Prêtre- ce peuple Bugia'. les filaments et à On . Le pays qu'had'origine traduction. Leurs bœufs qui sont beaux et grandes cornes Leurs brebis ont la peau tigrée et la tète armée de fort Bodjah est la chair et leur donnent beaucoup de lait. soit ils allèguent que équivoque que leur mère et qu'ils les ait la naissance appartiennent eus de son mari ou d'un autre. l'or y est plus pur cuivre. Ils sont trouvent des pâturages. Maqrizy a compris entre l'Egypte. 1. Ils n'ont la fille. Leur teint tire sur le jaune. Ils ils où partout transportent tentes de cuir qu'ils Chaque tribu a un chef. boisson ils ont le le les autres ventre maigre. des du côté généalogies leurs comptent frontières aucune religion. de fer. pauvre et nomme Jan. « On dit que les Bedjah sont près duquel est la Kbarbah. un chef suprême auquel étaient subordonnés tous qui habitait le bourg de Hadjr situé à l'extrémité les chefs particuliers et Ces peuples montent des dromadaires de couBedjah. la sœur Pour et incontestablement à justifier cet de la la fille usage. Ce peuple habite l'intérieur la mer. dont M. Chez ne reconnaissent pas de souverain. nomades et habitent sous des Souakin. de y trouve des mines d'argent. d'aimant. de marcassite. au préjudice de celui ou à sœur la de fils eux. plomb. pour la légèreté de la course.. d'émeraude." au rapport des historiens courses fréquentes et habitant les vastes déserts infestant l'Egypte par des l'Abyssinie et la mer Rouge. nommé bourg au peuple commence ce bite mine d'émeraude. qui. du de la presqu'île un grand nombre de qui naissent dans ce pays. menaient une vie nomade. hommes Ils le Tout le disputent à tous pays des Bedjah mesure que le terrain s'élève. du côté qui regarde les îles de de bords jusqu'aux d'Egypte. de Massaoua et de Dahlaq. l'héritage passe au mais ils des fils des fils du de d°éfunt. la Nubie. M..ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE se la conformant bien haute Ethiopie. Leurs troupeaux de bœufs et de moutons sont d'une couleur éclatante ont innombrables. dont d'améthyste.

à fut détruite et ruinée avec le elle tances. Tehama ou t. et de bêtes sauvages. maritime du Yémen. 2. 1. située dans une plaine à un peu moins d'une journée de marche de la mer. Ses eaux sont des eaux de puits. et de celuy de Dangala. Toutefoys il lait d'i- reçoit par foys quelque tribut du seigneur de Suachin. t. 194.) sur l'ordre du khalife Mamoun par Seïf Eddin Mohammed Abderrahman ibn Abdallah ben Zyad el-Oumewy. I. et autres ça. Quatremère. vivant de chair de chameaux. Zebid fut fondée au mois de chaaban. du ceux. Une khatib Abdoul Qadir ibn Earadj. En 150. qui repond directement à celuy de Zidem. Kitab oul-Khitat. qui choses à la Meque. Mais depuis cent ans en que peuple d'icelle vola le portoyent vivres dan print si bien une armée par cause et pilla les voituriers. Eyriès. Mémoires les Mémoires géographiques et historiques sur l'Egypte Blemmyes. Aboul Féda. qui campa devant la dont cette cité. Mais la recherche de l'or absorbe toute l'attention en sorte que les Bedjah n'exploitent aucune de ces mines (Maqrizy. Jo- Errabi a écrit une histoire de Zebid dont hannson a donné une traduction latine abrégée. pp. partie dit Elle est entourée d'un mur percé de huit portes. 127-161). quarante mille". sou- le matière à cœur. p. 1835. l'émir Hussein Elkurdy l'entoura d'un mur flanqué de tours pour la mettre à l'abri d'un coup de Ibn Batouta s'est arrêté mencement de dans cette ville (Voyages. sur la rive de la mer Rouge. 181 Zebid. ville principale du 1. de l'année 204 de l'hégire (819 de J. Elle est le port de la Mekke. qu'il y envoya la mer Rouge. tion sur et les 1270 (1853).-C. dans sur quelques contrées voisines.. est. Paris.3 HISTOIRE 2o en ordre. mer Rouge souloyt être une grosse cité là où il y a un port. volume de histoire de com- donné une ses Voyages en Arabie Djedda a été écrite . Elle abonde en dattiers. édi- du Caire. par le main des Portugais. traduits par t. p. Zidem est la ville de Djedda. Bonn. prochain de la Meque Sur la appellée Zibid 1 . 1828. Paris. II. 15) et au ce siècle elle fut visitée par Burckhardt qui en a description très complète dans le premier M. Le fakih M. II. et Et.

qui rendoit tous les ans deux cens mille de revenu. uns aux Léon de l'Egypte 1 . en seigneur de Suachin. Son très puits. Lors s'acheminèrent les fugitifs sarafes Dan- à gala et Suachin. eaux. qui furent assommés par les femmes et petits enfans. Dongola. Voilà. quoique est Kabil. nés civilité et je viendray manière de vivre. Elle obéit à un roi dont l'eau le ville située à l'occident du Nil dont les habitants figure que sous plus beaux des noirs. 1. en somme. Le pois- y a dans ce pays des girafes. par quatre nuant. la On y boit de Nil traverse la contrée. leur antorce. tout ce que peu comprendre du païs des Noirs. plus de quatre mille hommes. pour ce qu'il tua de ces pendars. tousjours gaignans quelque chose. Mais depuis. et détint de prisonniers plus de mille qu'il mena captifs à Suachin. térieure distante de six Nil est située en deçà de la ligne équinoxiale. l'Africain a consacrée à la que j'emprunte aux écrivains orientaux. qui vont ainsi nus. Ils se nourrissent d'orge et de dhurra. Les dattes leur font apportées des pays voisins. La nom capitale est boivent territoire est aride et brûlant.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 321 port. Cette ville peu éloignée du dit le chérif Edrissy. « Quanta la on compte au nombre de ses villes Kousa l'injournées de Nouabiéh. des- j'ay quels on ne sauroit être plus particulièrement in- formé. Elle n'est ni très peuplée ni commerçante. Les Nubiens sont les rapport de le et de et pilée qu'ils font cuire abondant chez eux. font une boisson avec du dhurra séchée au soleil son est très de nom qui se transmet par voie d'héritage à tous les rois de Nubie. des élé- . le d'aucuns Turcs armés d'arcs donna une grande faveur et pistolets à feu. tant sous le les celui des formes du corps. Il la Ils viande de chameau fraîche ou avec du lait de chamelle. détails et gouver- Maintenant en conti- à la description Je crois devoir ajouter à la notice que Nubie quelques comme autres. Nubie. pour ce que tous ces quinze royaumes sont conformes les en coutume. tant en assiete seigneurs.

rapporte deux traditions du Prophète Que celui qui n'a point de frère. Yaqout. 1811. pp. les n'est pas la sont d'une beauté parfaite. by thelate John Lewis Burckhardt. de M. 1819. On dit chevelure est particulière aux Nubiennes. Avant xm c étaient chrétiens du rite jacobite. qui eut lieu au II. peut consulter le Mémoires historiques et Travels in Nubia leur conversion à et mémoire de M. Et. Géo- Nubie. femmes cette beauté qui fait Nubie. l'islamisme. 25 et 133). c'est ce prix d'une esclave de ce pays s'élève jusqu'à trois cents le dinars ou environ. ses 1-126. les cheveux petite. dans son relatives article sur la aux Nubiens : les Nubiens. FIN t. inséré dans géographiques sur l'Egypte. les Nubiens . trad. DU SEPTIEME LIVRE siècle. Paris. IV. comme Jaubert.HISTOIRE 22 Dans toute pliants et des chevaux. ibn Affan accorda la paix aux Nubiens à la condition qu'Us chaque année quatre cents esclaves nubiens (Moadjem oitl- 820). et c'est à cause de ces qualités que les princes d'Egypte désirent tant en posséder et les achètent à des prix très élevés afin d'en obtenir des enfants beaux et gracieux graphie. Londres. les crépus. Au reste. La seconde Le calife On leurs mères a (Edrissy. p. la bouche de la lisses et non de femmes qui leur soient comparables pour que le que il mariage. Osman lui livreraient boiddan. en prenne est celle-ci : Le Nubien un parmi est le meilleur de vos captifs. ajoute le chérit' Edrissy. dents blanches. p. Quatremère. Elles ont les lèvres minces. t.

environ quatre cens cinquante mille. et jette un bras. sur d'étendue depuis mer Rouge. prenant son cours entre quelques montagnes stériles. que celuy qui se trouve depuis Il est le Nil jusques aux montagnes. la mer Médi- le fleuve du Nil. le Nil se part en deux. et et . gypte. se termine devers ponant. du coté de levant. et ne se cultive autre terroir. . ayant mer Méditerranée jusques la à Bugie. fameuse et tresrenommée ré- gion entre autres. Mais elle est n'y a peu spacieuse en sinon ce peu de largeur. confine séparent d'avec la la de tramontane se joint à du midy finit avec les confins des terres habitations de Bugie. environ octante mille.LIVRE HUITIÈME Proëme. qui pour ce est qu'il sur les ri- vages du Nil. Numidie Libye et aux desers. à cause que au-delà du Caire. terre. vray qu'elle s'élargit quelque peu devers la mer Méditerranée. qui confinent avec les desers susnommés. qui de la partie terranée. aux desers de Barca.

se divise en il deux autres dont parties. replians souz le pied. puis de là fendu jusques aux pieds. Les païsans tirent tous sur couleur brune. En temps le d'été. avec une couture devant l'estomac. et par deçà. sante mille. mais il s'en aux pieds une trouve peu qui portent escarpes. et chaussure à l'antique. une autre branche. ils de camelots rons et portent de grans turbans entortillez. citoyens d'autorité et marchans coutrent de draps d'Europe. Pour ornement de tête. mais Habits des païsans de Egyp te - ceux qui habitent aux viles et cités sont blancs. et l'autre à Damiete. encor ceux qui en usent ne les chaussent qu'à demy. combien que le re- environ sois- provient. enrichie de divers ouvrages. portans aussi un habillement blanc et étroit. avec tresbons se nourrit une amples et patis. l'une se drece à Rosette. avec les manches longues et étroites. la moyen d'une golette qui y est et dans icelle est située Tenesse tresancienne cité. les HaWts des marchai». là où infinité de poules et oyes. qui et se joint avec iceluy se forme en mer Méditerranée. qu'ils appellent chebre. et en yver au- cuns draps cottonnés. la talonnier par des- coutume des habi- tans du païs est de porter acoutremens de toile de cotton.HISTOIRE 3 24 qui s'avance en sus tourne d'où il ponant. Ils mais renommés s'a- sont gens gracieux . Et de cette-cy provient un lac . Cette division par le . du Nil en plusieurs parties et endrois (comme nous avons desja dit) donne quelque étendue d'avantage à cette région d'Egypte qui est fertile et abondante en legumage.

appelle maus ou muse. est appellée Bechria. qui va Tenesse. à c'est à ces troys parties sont tres- est plus animaux. Toutes fertiles. tellement qu'il est impossible à ceux qui ne l'ont acoutumé. jusques le bras du Nil. sucre.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 325 et de bonne nature. qu'on habitants d'Errif et Ma- honnêtes que ceux de Sahid. DIVISION DE L EGYPTE Depuis que subjuguer et mahommetans commencèrent les dominer cette province (ce qu'a été de nôtre temps) l'Egypte fut divisée en troys parties dont l'une (qui nomme se est depuis Damiete savoir et Maremma sus. artificiellement. lins et : Caire jusques à Rosette) est appellée Sahid. sont mieux fréquentées des étrangers d'Europe. en cotton. Les remma sont plus abondante en grains. avec fromage assaisonnans leurs potages du lait aigre frais et fort dit lait aigre et tourné. pour ce qu'etans ces deux parties plus prochaines de la civils et mer Méditerranée. Errif en fruis et et autres fruits ris. et la partie à le la rivière d'Errif. aux limites de Bugie. savoureux. et qui ordinairement à leur repas usent de et endurcy salé. mais Sahid légumages. goûter de doux et qui leur semble très- ce. mais ceux . c'est-à-dire territoire. Barbarie et Assyrie. plus tôt plaisans qu'autrement. du Caire en de sur Maremma.

et Arabes Mesre. autorité gner et Ce royaume puissance des Egyp- et Africans. et des Pharao. appelé par les nomment lequel. région et les habi- la Mesraim. pour raison dequoy. fors quelques uns de l'Ethiopie. que peuvent témoi- les vestiges délaissés après la ruine de tant de . ORIGINE ET GENERATION DES EGYPTIENS Les Egyptiens (selon l'opinion de Moyse) sont decendus de Mesraim fils de Cus. au moyen de quoy ils ne voyent jamais étrangers s'acheminer en en leurs marches. d'un les homme qui dominer tout les le païs est habitans se s'appelloit ainsi. et suivans le tans par un vocable. appellent même nom. mais Chibth. pour être delà le Caire là où il ne fréquente personne. et furent de telle grandeur. de Noé. Arabes c'est à savoir puissance. le s'acointant. que ceux qui se sont jusques à présent maintenus en reste fut réduit à la mêlant parmy fut les la loy chrétienne. le païs. et n'est demeurée autre branche des naturels Egyptiens. qui fut fils de Cham Cham. longtemps gouverné souz la tiens.HISTOIRE 326 de Sahid sont bien avant dans le païs. les habitans s'atribuent ce nom d'eux-mêmes. tout mahommetane. fut sembla- blement le premier à faire bâtir les maisons en iceluy. qui que fait commençant à Hébreux.

depuis de tresgrande prindrent Mahommet. tellement qu'il ne de- manda une autre chose que tribut. pontife second. ce nom luy Egypte subjuguée par les Romains. capitaine Homar. que bon liberté à tous de croire ce leur sembleroit. le Arabes Fustato. . qui fut encore usurpé par Homar des armées arabesques de Celuy-cy donna fils de Hasi. nommée par les qui. trouva tous ces lieux vuides d'habitans. dont et en sont encor embellies rieux fais et illustrées et lui voir et ensuivre la • 1 i que ce les histoires par les glo- mémorables gestes des magnanimes Pompées. mais après que ceux-cy en parvint à l'empire de Constan- furent dépouillez. subjuguèrent. bien :>-/ *. pour ce qu'à moderne. signifie autant pour ce que lors qu'il comme tellement qu'il pavillons. les Romains t après 1 avènement de Jesuchrist. cité Nil pavillon. le se rangea a rece- il com- sainte parole et doctrine. les pernicieuse venue la sectateurs de sa dannable et re- prouvée hérésie s'emparèrent de ce royaume. et qu'ils seroyent guidés par leur vouloir. entreprint cette menée. Depuis. tivés. préférant son profit particulière! la sainteté de vraye religion en général. Cette Mesre Hatichi. fut tousjours et ' *i souz la puissance des seigneurs susnommés. qui et il est nommée vieille.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE superbes admirables édifices. il tinople d'où les empereurs peine et merveilleux plaisir à l'entretenir souz leur puissance. et fonda sur petite cité. Finablement. fut est non cul- contraint loger dans des ordinairement c'est-à-dire cité comparaison du Caire. en leur langue.

cité édifiée par Pharao du temps de est située en Moyse. pour ce que sur l'entrée d'un bras du Nil en l'autre. ciens Egyptiens souloit depuis Hébreux transpor- Donques Mesre. où là du Caire par midy sur la partie le d'Afrique. Et fault entendre que Renom des Egyptiens. ny tous n'ont rien là la noblesse des an- florir et reluire vers sus. Il y a encor de Pharao une autre aparence grande. quand elle fait mention que les Juifs furent employés à la fabrique d'Apthun. Nil passe vers l'Afrique. devers ponant. là lique des enchanteurs. les corps de l'Egypte au sépulcre de ses de commun le Caire en ses lieux adjacens avec les cités des anciens Pharao. et là où sont élevées les Pyramides. croire que comme mécontent grandement de où residoit Pharao auquel Moyse montra le parangon de la vertu du Seigneur contre l'art deceptif et diabocette se Mesre soit le lieu. Plusieurs excellens et personnages tant chrétiens. Ce que l'écriture semble quasi vouloir conformer au livre de Genèse. que la cité deut être assise au lieu que je dy. qu'on sépulture de Joseph.HISTOIRE 328 peut être raisonnablement attribué. où il fut dit être la inhumé avant que tassent son ayeuls. qui tire sur le ponant. naguères parlé. et l'autre Pharao souz lequel triompha jeune Joseph. aux cités Sahid qu'on appelle . Car le de ceux-cy la cité où est le passage du Nil. et distante du côté de duquel nous avons l'espace de cinquante mille le bras du Nil. rares juifs et mahommetans. se void un édifice fort ancien.

aux autres s'enflent les . mais mahommetans le lieutenant les exercites s'arrêtèrent à leur arrivée au milieu du royaume. qu'ils avoyent grande ocasion eussent fait séjour en la de redouter. la noblesse se retira tousjours Maremma. dont l'un etoit de pacifier le royaume d'un coté et d'autre. Ichmin.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 329 Fium. Manf. dont se trouvent plu- sieurs lieux et cités. où sont situés Rosette et Alexandrie. qui aux habitans du pais plusieurs dangecause encor pour ce qu'il reuses maladies et infirmités. lorsque l'empire des Romains fut transféré aux Grecs. pensans par ce moyen causer deux bons efaits à leur avantage. et puis s'asseurer des assaux que leur pourroyent livrer les chrétiens. dont les aucuns sont vexés par fièvres et catarres. s'ils Maremma. retenans encor jusques à pré- sent nom le qui leur fut premièrement par les Latins imposé. vers la et souloit tenir bon de l'empereur dans Alexandrie. toute la fleur se retira en la partie de Errif. Outre ce. et en plusieurs autres fameuses et renommées. c'est à savoir à la rivière de la mer. Mais depuis que les Romains vindrent à subjuguer ce royaume-cy. QUALITE ET ACCIDENT DE L AIR EN EGYPTE L'air de cette région est fort chault et nuisible. n'y tombe pluye que bien peu.

autrement il seroyt impossible de vivre. là où il passe tel jour. de sorte. telle- ment qu'avant vingt jours DeborJement du nu. et à mange ordinairement. il se trouve un ny où la vérole soit plus le sorte qu'on y dommage void qu'en un grand estropiés et tourmentés de ce mal. que le pais en est tout brûlé. après être entré par l'hault. autre païs plus infecté. que le vent. et un autre au pied. passés du moys de may. contagieuse et porte plus grand cette province. et se bat le les au blés grain en ce commencement même moys.HISTOIRE 330 genitoires. on ne trouve plus de blé à couper parmy la campagne. mettant quarante jours à haucer et autant à . ny durer pour l'excessive et insupportable chaleur qu'il y Aucune foys. . refraichissant aucu- nement le dedans de la maison. qu'on en void expirer plus de douze mille. y moissonne d'avril. qu'on y chaleur y est en été si mé- salé. tellement que pour le seul remède de coutume aux cités de drecer quelques hautes tours. qu'en tout Egypte sujette à la vérole. met s'y âprement tant extermine une infinité de personnes. vient à sortir par le bas. lequel repond aux chambres des on cecy. qui que pitoyable decins attribuent la une chose autant merveilleuse est à regarder et de ces accidens les cause au fromage trop la chair de bufle. La véhémente. Le Nil commence à croître au milieu de juin. de nombre de gens On monde. a maisons. Et ne qu'elle mement pense point. la peste fait. mêau grand Caire. qui ont un huis à la sommité.

/. que les autres trouve plusieurs qui veu- s'en cette partie Numidie en parlent au con- du côté du désert de Bar- et Libye. veu le à la les cités géographes fon- dent entre eux une dispute incertaine. pourroit on et aval le fleuve. quelque centaine de brebis sur grans ba- teaux. et l'autre Mi/. tellement que sans barque ou autres vaisseaux on ne sauroit passer de vile à autre. description de où et comme l'île le pris du Nil prés de est limité l'acroissement mesures. mener contre l'eau à vuide.. ne peuvent fréter Nil se déborde. là de son debord par points je ne soys en délibération de vous informer particulièrement de toutes mêmement que nos d'Egypte. l'ancienne du Nil soit semblablement partie non. les Egyptiens peuvent juger à peu prés combien pourra monter long de l'année. pour leur sinon quand à peine les le ample largeur. était en ruines à l'époque du chéril . comme Mant'. rant. combien que du grain vous feray entendre je la vieille cité. traire et mêmement il lent dire barie. Memphis. Car Par l'acroissement du Nil. et avec ce. qui. soit comprinse en la région d'Afrique. Mais à cette heure l'on a bonne commodité de pouvoir charger six ou sept milesetiers de grain.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE s'abaisser.»_fll. Plusieurs estiment aussi que tout ce qui est sur le principal bras de l'Afrique I. les 331 d'Egypte vilages et demeurent en forme d'îles. moyen au toutes de quoy ces octante jours duviles cités. dont les uns sont d'opinion que cette province participe en quel- que chose de l'Afrique.

une des villes les plus industrieu- . Cf. t. de était la capitale province de Bahrièh. Mémoires quelques petits villages désignés sous làyviJI cette dernière ville. la ville d'Horus). lac qui une marche de Damanhour el-ouhouch. 134-144. 3. 17-18. Sayd dans A Memphis se trouvent dé- les du Caire à près d'une journée » (Géographie. 4. des marchés et des collèges où l'enseignement a Joseph On lieu d'après les doctrines de l'imam Malek. pp. t. monuments Memphis se trouve bris de çaise. dit dans lit le est une province du Mocbtarek que le Fayyoum un pays bas. III. p. Elle est arrosée par un canal qui dérive du ca- nal d'Alexandrie. Kitab oul- est situé sur le canal qui aboutir à Tennis. allait la t. 159)- Memphis. La capitale de la province s'appelle aussi Fayoum. Fayyoum le Moudjem oul-Bouldan de Yaqout.. situé au sud-ouest de Fostat. Tennis. pp. d'El-As. Sebennytus. Sa situation est à H nomme maux sauvages. Semennoud. située sur la rive occidentale du Nil. p. ont II. dans Elle se trouve.. 1. géographiques. 5. Quatremère. .jjj. On des ani- 145. Emin- Caire. 1. Maqrizy. la 3 On le troisième climat ».!». leur résidence à fait Amrou détruire et bâtit par l'ordre du fit Fostat sur la rive orientale. ( le renommé pour Le la mer et le long du rivage des tombeaux de personnages appelés Qibab ech-Chourefa bey. l'ancienne I.» (Timenhour. l'ancienne Thennis. Et. quand la fit il Omar khalife conquête de l'Egypte. du pp. C'est l'ancienne Alisr. Géographie de l'Egypte. bonté de ses pastèques. p.Jl j «y^o (Damanhour la nom (les coupoles des Chérifs) et de Koufour ech-Chourefa. j». 1. l'ouvrage du chérif Edrissy. pp. Aboul Feda. Aboul Feda. On le II. Ce canal la coupe par le milieu. Le Fayyoum. On y a conduit un canal formé des épanchements du Nil et dont on fait remonter l'existence au patriarche est dit le Véridique. On dans le district remarque le les étofies appelées daman- du Gharbièh entre j^iS^ Bourlos est ^c". I. 2. porte son est situé nom. Cette ville est située sur l'une et du canal de Joseph. Bourlos. « Le Fayyoum. >*&.jalc.Tenesse : Edrissy. 247-249. Kbitat. fils antiques consistant en blocs polis et chargés de figures. t. Caire. éd. 359-364). 933. dit « le troisième climat. fran- Maqrizy a inséré dans son Kitab oul-Kbitat. peut consulter sur Damanhour. y trouve des bains.. . Géographie.Damanhore ^Berelles 4 .) C'est de cette boury (Aboul Feda. ^j>y. Fayyoum possède beaucoup de jardins et sa situation est environ à trois journées du l'autre rive Caire (Géographie. 159). historiques et saints ville t.HISTOIRE 332 Fium\Semmenud". trad. une longue notice sur les rois qui dans l'antiquité p. que viennent II. t.

Elle souloit être environnée de fortes murailles. Quatremère sur l'Éoypte. les habitans vuidérent lac. se il 1 . a complètement disparu. BOSiRI. 103.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE et Damiette. que de celles qui sont assises sur ce bras principal du Nil. Prosper Alpin Nil qui se mè'ent à celles de la mer. chrétiens s'étans emparés d'Alexandrie. infectaient l'air. Elle est située dans Bohairat Mariant. Ht. et ornée de somptueux édifices d'icelle. Bosiri PREMIERE CITE EN EGYPTE. On consulter. ce d'une forêt de palmiers. Car les ny cultiver. le lac le Delta. environ vingt mille. se corrompant. le circuit prenans la cité. ses et les plus prospères d'Egypte. de Belon. lui a t. un' réservoir large et spacieux Du temps environné eaux du Nil dit que ce lac est formé par les eaux du Le prince Radzivil nous le représente charriaient quantité d'immondices qui. Boucir. à son sujet. OjijU oj^. comme un en lac était marais où encore si les grand qu'à peine d'un côté pouvait-on discerner le rivage . pp. M. mais n'y a personne pour les faire valoir. ciens Egyptiens sur la distante d'Alexandrie devers ponant. le chérif Edrissy et la Relation du voyage de Nassiri Kbosrau. I.114. 1881. SUR LE NIL une ancienne fut cité édifiée par les an- mer Méditerranée. de son temps. 333 ensuy cette et valables. consacré une longue notice dans ses Mémoires géographiques j^y. Maintenant hors voyent plusieurs belles possessions. la fuite vers un — peut qui est appelle Buchaira". ou Boucir Bana. 1. pp. le lac Mareoiis'étai'. Paris. Mareotis des anciens. est l'ancienne ville de Busiris. 2. 104-109. Vansleb assure que. à quoy me je consens et opinion par plusieurs raisons aparentes Par quoy ne parleray d'autres je cités.

376). 1811. pour autant que les marchans de l'Europe n'y venoyentplus aborder. distante du Nil devers ponant. peu à peu. sur la pointe de la mer Mediterrannée. de sorte qu'elle demeura quasi deshabitée. Du temps de Maillet. Paris. forte et maisons. . car mise souz le gouvernement d'iceux. et rapporte qu'il reste à sec quatre ou cinq mois de l'année. Granger lui donne dix lieues de long sur quatre de large. GRANDE ET RENOMMÉE CITÉ La magnifique (comme et superbe cité d'Alexandrie un chacun) fut par Alexandre grand monarque édifiée (non sans le conseil et jugement de plusieurs industrieux et tresexpers architectes) en tresbelle assiete et d'une forme admirable. Mais un pontife mahom- opposé. il est notoire à Et nefault point douter qu'elle ne fut jadis noble en comme civilité.HISTOIRE 334 ALEXANDRIE. Extrait d'un mémoire sur XVI de t. par l'espace de quarante mille. la Basse-Egypte. et perdant partie de sa noblesse. autant qu'autre et se somptueuse en murailles cité et qu'on eût seu trouver. mais il commençait géographiques sur l'Egypte. maintint longuement en cette magnificence. jusques à tant qu'elle parvint entre les mains des mahommetans. p. meura à sec coupa les le bassin fut rempli Lepère. combler (Quatremère. Mémoires I. à s: la au bout de soixante-six jours (Gratien les lacs et les déserts de Description de l'Egypte. pages 200-201). Le 4 avril de cette année l'armée anglo-turque digues du canal d'Alexandrie dont les eaux envahirent le lac Mariout dont t. il existait encore. Le lac de Mariout de- jusqu'en 1801. elle alla déclinant.

un el une bouche d'un Borgi. en forme quandrangulaire. et à ceux qui à achemineroyent l'avenir s'y ceroyent de leurs biens édifier. qui s'y etoyent acheminés pour participer à ces indulgences. portes dont l'une regarde le et a quatre levant du côté du Nil. Et seut peuple de telle si et et en séjournant s'efor- aumônes à la redrecer et bien faire et dire. Et par ce moyen. là où est le la quatrième à port. venues La là cité est les lettres. mettre en avant que 335 Mahommet par une sienne pro- phetie avoit délaissé de grands pardons et indulgences à tous les habitans de cette cité. ceux qui se voudroyent adonner aux nombre de monastères pour ses.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE metan cault avec une mensonge paliée va et rusé. La troisième devers ponant à droit la du désert de Barca. ap- l'en- la partie partout ceux qui viennent par mer. mais la aussi de l'argent. marine. on édifia plusieurs maisons aux tourions des murailles de avec plusieurs coléges pour la cité. outre la cité les recherchent et fouillent prenans certaine ce. car cent. et personnes religieu- par dévotion. pelle Buchaira. c'est-à-dire le port de invention subtile pour attirer le P eu P le - . qui icelle payer gabelle de Il railles y de a. qu'il alecha amorce. et en gardes et gabelliers. posée devers midy à Pobject du l'autre est lac. qu'en peu de temps le elle fut peuplée et remplie d'étrangers. ils ne font somme pour deux portes auprès des mu- séparées l'une de l'autre par galerie et forteresse qui est située sur la port appelle Marsa sont de marchandise seulement.

pour surprinse des corsaires et de nomme y a un qui vault autant à dire que autre port. tant à l'entrée. vaisseaux de l'Europe. sont celle des Veniciens. et chargées de marchandises de plus grande impor- comme tance Ragusiens. porte de la marine (là où il y . Angleterre. de l'île Gerbo. cinq. d'i- ou délivrer. la surgir les nefs plus nobles. der au port de cette Mais cité. Genevoys. Maintenant. par où porte du levant à celle qui est prochain à la l'en va de la du ponant. pour ce que hors mis une longue rue. qui se transportent par terre du Caire en cette que ce port s'y cité. mais on ne paye aucune chose des marchandises. les nefs italiennes mêmement arrivent en plus grand nombre. Marsa port de sil- el la ca- dène. où se retirent les navires qui viennent de Barbarie. ont coutume de venir abor- les grégeoises et tur- à ce port.HISTOIRE 336 Là vont tour. Et pour et . et un canton. que l'on y celles sela. quant aux autres celles acheter parties choses. et d'autres lieux. le mieux être la tormente. car jus- et autres ques à toute la rivière ceux de Flandre. cette cité est peu civile et peuplée. Portugal. on y accourt de toutes les du monde. vend une qui n'a partie plus pour être infinité de prochain renommée du Caire merceries. icy. encore quesques viennent surgir hors de Il la de et d'Europe. comme sont celles de Thunes. et comme mahometans les à la sortie. Les chrétiens payent de gabelle quasi dix pour cent. et de laPouille et Sicile.

faisant passer Soudan mêmes y arriva avec un grand pour la secourir. le jeudi 9 Ses troupes se rembarquèrent après avoir ville. ux. Sur icelle neuvième de nom et non point le quatrième. en 1877 par M.I ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE magazins a plusieurs et lieux 337 pour loger les chrépour ce que tiens) tout le reste est vuide et ruiné. On peut MM.et le par Guillaume de Mâchant. Miller et Saihas. siècle trois buttes celle où se tenait 22 formées k . quatrième roy de France. celui de traducion de pillé et qu'il y avait au xvi* d'immondices. les Ce que voyant. de Mas Latrie. 1. le roy de Cipre acompagné de quelques vaisseaux français et veniciens prindrent d'emblée cette par de l'epée une infinité de personnes. Loys. au dedans et fort haute. y le exercite qu'ils meirent le feu. pp. incendié une partie de consulter sur cette triste expédition orient. sant de sorte que petit à petit y maisons. le Soudan feit remurailles le mieux qui luy fut possible l'abandonnèrent et feit embrasèrent 1 il la le port. qu'elle se une montagne a puis . La plus élevée. publié de décombres sa octobre 1365. elle n'est pas d'assiette naturelle*. là où l'on trouve plusieurs vases antiques. et à dire vray. les chrétiens considerans ne la pouvoyent plus longuement tenir. liberté après l'évacuation 648 (5 de Luiignan eut lieu plus d'un siècle plus tard. Le débarquement à Alexandrie du roi de Chypre Pierre et Saint Louis. 92-96 de la poème de La Pria (T%Alexandrie. Mâcheras dans 2. recouvra la de Damiette le troisième jour du mois de saler mai 1250). laquelle je ne sauroys mieux acomparer qu'à monte Testaceo de Rome. et drecer les : fabriquer la forteresse qui est sur et perfection. B2I011 nous apprend a. étant délivré des mains du Soudan. Mais le fil quand cité qu'ils saccagèrent. fai- rendit en tel être void à présent . et le récit la des historiens Chronique de Chypre.

pas- sant par dessous les murailles. et les deniers apliqués à la chambre du soudan. cité. qui découvre les vaisseaux traversans. mais teur. soutenues par les voûtes de grandes citernes. par un canal elle s'écoule plaine entre le artificiellement en la fait Nil et cette cité jusque à ce que. Mais les s'il vaisseau en passe aucun sans que gabeliers en soyent avertis. tellement qu'on terre venir faire vray. il Koum y a quelques petis jardins.HISTOIRE 338 une assise est petite tour où demeure continuel- lement une guette. elle est condamnée au double. ny de bien est qu'auprès du canal par où passe l'eau. il ne s'y trouve vignes. est contraint grain de quarante mille loin . Un ou- sommet. à Or quant à l'abondance de la cause qu'elle est assise au milieu d'un désert sablonneux. pris tel allé à l'e- pour avoir dormy. qui provient du Nil. > <1Xjô\ le S'iLa butte du coq). elle vient à entrer dans ces citernes. La plus grande partie des maisons de la cité sont fabriquées sur arcs et grosses colonnes. . porte le nom vrage en couronne aujourd'hui fortifié de ed-Dik. pour semer. et dans icelles passe l'eau du Nil pour ce que lors qu'il déborde. et le jardins. pour inavertance. pour être bat. pour en avertir les ministres de la gabelle pour chacun qui en reçoivent qu'il est ordonné. Mais par laps de temps elles sont boueuses au moyen dequoy devenues troubles et en trouvent surprins de grandes été plusieurs se dangereuses maladies.

après avoir l'angle septentrional de la salle d'audience était) de rès la colonne lequelle fils trouvait à de David et les chéri f LJrissy prétendu qu'elle se deSalomon grandes dimensions. La hauteur de la colonne depu : s sa i Fable. et à la un grand mirouër que tous sommité d'acier. et qui peut sans danger éviter les durs eforts de ses ennemys. et à l'avoit fait ainsi leur arrivée gâtèrent le il vertu en soy. au moyen dequov. Loin de environ six mille devers ponant cité la aucuns se trouvent édifices anciens entre lesquels Antiquité d'Egypte y a une tresgrosse colonne. Le : (Elle un assise sur ont de forme carrée et ont quatre- vingts en pans de circonférence. 1 . dont à Pompée. ayant ce seul effet. i. de merveilleuse hauteur. . il y en eut jadis un roy d'Alexandrie. telle miraculeusement commençoyent bouche du poser feit vaisseaux des ennemys qui passoyent les devant cette colomne (étant pour ériger feit il lait la le nom i^f. drecer sur la quelesmahommetansà mirouër. mirouër découvert) le port. inexpugnable.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE raportent sont plus tôtpestilentieux les fruits qu'ils qu'autrement. Arnaud Essouwary. en mangent. qui pour rendre la cité asseurée. qui se nomme en leur langue Hemasdulaoar. i/jl^^l Européens ont donné en s'embraser. d'icelle. pour ce que. portant un chapitau entablement en marbre. Entre les Ptolémées. Mais on dit non moins admirable puisfeirent emporter la colonne Chose vint à perdre cette vertu qu'inusitée. C'est de Colonne de description suivante. celte colonne. c'est-à-dire la conte une colonne des mats se ra- d'icelle et fable qui est telle. 339 saison qu'ils se la personnes sont incontinent ataintes les de fièvres ou de quelque autre maladie.

où se void une sépulture fort honorée et visitée par les mahommetans. . la cité entre les ruines et masures il une petite maisonnette en façon d'église. haute colonne de dessus un petit promontoire à La colonne est de M. cette Egypte à Alexandrie. est de pierre Thebaïque. Pompée. . Les Veniciens em verem le corps Marc «île- de m saint evangéliste en Alexandrie dans l'eghse bhes. U autres . nous allâmes voir la de sa construction. hors dAlexan- quart de lieue desmesurée hauteur. Les observations de plusieurs singularité^ et choses mémorables trouvées en Grèce. des Jaco- où souloyt être le corps Marc evangéliste. Cecy ne . . p. t. payans _ _ seigneur du grand Caire. d e saint en } everent d'emblée. demy d'admirable espoisseur et elle paraît à I. plus grosse que nulle autre qu'ayons jamais veue. Tous le là transportans en leur cité de r marchan- ces Jacobites font train de ^^ ou exercen t les ars.HISTOIRE 340 certes ridicule. certain tribut au . que les Veniciens leur qui ont leur église. p. Jaubert. pour la victoire qu'il obtint qu'il seroit L'on dict contre Pompée. Paris. et cligne d'être proposée non et aux enfans ceux qui ont quelque jugement. Venise. 208). Les colonnes d'Agrippa au Panthéon de Rome n'approchent en rien de son espoisseur et grosseur. que Caesar la feit ériger là Ceste colonne est si grosse maintenant impossible de trouver un ouvrier qui par engins la peust transporter ailleurs » (Belon. appelles JacoIl bites. trad. d'après. est sculpté. Toute la masse. soit en soit qui sache pourquoi elle fut mise en place isolément. Arabie pays. Du reste. mais d'après la solidité du danger de tomber (Géographie. avec beaucoup d'art et colonne est isolée et il fixé n'est d'une Ce chapiteau manière personne. Egypte. pour ce qu'ils aferment en icelle re- qu'au milieu de y a jusqu'à son chapiteau est de neuf brasses. drie. se doit obmettre. de la mesme pierre dont furent faits tous les obélisques qui ont esté retirez d'Egypte. 301). . Elle est de nos jours très inclinée l'abri « Le jour de la ville. ciselé très solide. Asie. Judée. tant de la colonne. du chapiteau que de la forme cubique. . i=>88. à y a encor en Alexandrie (entre les anciens habitans d'icelle) de ces chrétiens.

port d'Alexan- de quoy. Abîukir. pour me montrer par trop prolixe en cet endroit. à cause que pour l'obscurité des té- nèbres on ne sauroit entrer dans drie. mais sont demeurées d'icelle. 11 y a une tour sur une plage fort dangereuse . dequoy sont refectionnés qui habitent en certaines petites et désertes cabanes. le la cité ne se trouvent au- que campagnes d'arène. . tellement que selon que plusieurs étrangers s'acheminent de lointaines ré- gions pour visiter cette sépulture. n'étoit que je crains. leur enseigne l'Alcoran. delaissans en ce de grandes ofertes et aumônes. CITE Bocchir fut d'ancienneté une petite 1 sur la mer Méditerranée. jusques au jà J. pensant satisfaire à tout curieux lecteur. qui y veulent aborder de nuict. que je poursuivroys. BOCCHIR. elles viennent à s'arrcter sur cette plage. de ne l'ofencer. et causer ennuy. Or entre y a plusieurs possessions de les pauvres gens. Je laisse beau- lieu coup d'autres choses à décrire. Autour de tres terres. Nil.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE posent les os d'Alexandre 341 grand prophète le et roy. au moyen 1. là prés périssent plusieurs navires de Surie. et cité édifiée distante d'Alexandrie par l'espace de huit mille du côté de levant elle fut naguéres détruite et en quelques apparences des murailles les autres dates. il . ruines.

et autres sur le fleuve. ordinairement retirent bateaux qui portent les marchandise au Caire. et souz iceluy est un petit port. dont aucunes des portes regardent sur la place. La cité la n'est pas ceinte de murailles. avec engins de boys qu'on en bat (comme de mille setiers par moys. et fut édifiée par . le ris. APPELLEE PAR LES ITALIENS ROSETTE Rosette est une tante de la où sur le Nil devers Asie. sans. peine que de leur lâcher dans a maison Qu y Qn ' fa celuy qui en la \ QS bride sur ils le ne aban- rendu leur homme doit laisser. où se fices sur le Nil.HISTOIRE 142 RASID. et les laisser suivre le Aues à je si . là où l'on decend par belles marches de degrés. où l'on tient louage pour ceux qui . et agilité. dis- mer Méditerranée environ Nil se le cité jette dedans troys mille. croy) plus pourpris de la le voyage d'Alexandrie col. où Ton pile propres à ce faire. Et (fat Un qu'ils n'ayent j et chemin. Hors cité se void un lieu plusieurs ânes veulent faire le loué' n'a autre et comme un mulets et mulets de merveilleuse course bourg. un là es- clave d'un pontife qui étoit lieutenant d'Egypte. et feit aussi bâtir de belles maisons et somptueux édi- avec une grande place pleine d'artiOutre ce. qu'ils feront plus de quarante mille de . lequel donneront jamais. que luy rend plus tôt la forme d un grand vilage que d'une cité. et y a autour d'icelle plusieurs maisons. pas si dru. il y a un beau temple et clair.

1588. On y parle arabe qui se sont qu'il n'y avilie si ne multiplié. bien multipliez par tous les village. Turc. un consul ou bien leur sert pour le traffic de Baillé. qu'elle n'a point sa pareille en toute l'Egypte. Grand lors cité. Les habitans sont plaisans et familiers aux étrangers. Asie. siitué du costé dedeversAlexandrie. Autour de la cité y a plusieurs possessions de datiers.. mais ce ne fut sans aller veoir premièrement cette etuve. Arabie étranges. 343 tousjours que le plus souvent ils ont le pied dans l'eau. Au dedans de la cité. Les Vénitiens y tien- belle ville est autrement appelle un marchandise. y a un petit chasteau assez près du Nil joignant Rosette. a été fondée en l'année 256 de l'hégire (870). qui visita « Rosette. et si acommodée bien de tout. Egypte. qui peuvent aborder dedans lui le Nil. a consacré un chapitre. si pour produire du ris. sans murailles. qu'ils n'y habitent et ombre à la ville. y habitent Plusieurs Juifs Turc. et s'acointent voulontiers de ceux qui ayment à se donner du bon temps. p.. ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE chemin depuis matin jusques au le soir. Belon. Paris. en cette J'étois que Sultan Selim. y passa à son retour d'Alexandrie.. voire la de et près. pays ayent Les maisons sont » (Les observations de plusieurs singu- mémorables trouvées eu Grèce. 219).. depuis la bouche Il du Nil jusques où domine le à Rosette. (Rechid).il n'y a pas bonnement deux lieues. Les forets de palmiers font faites tout ainsi qu'elles sont larité^ et choses auins pays au Caire comme par toute l'Egypte. Les grands navires la jusques à joindre les maisons de la ville. mon- semblant trant par de l'avoir veuè I. fournie de fontaines froides et chaudes. La ville de qu'il prenoyt un singulier plaisir 1 . x^j Rosette. se trouve une belle etuve. Judée.. est nent un cette une nommé officier en ville 1532. et . dit-il. et bon terroir cotoyans marine.

par les du côté d'Asie : et jusques à présent se voyent plusieurs lettres latines gravées sur tables de marbre. . au que de son temps cette ville vestiges. qui fut fondée au temps que les peuples d'Egypte furent réduis à la tienne. et se trouvent dans cens maisons. édifiée rive la du Nil. dont Je crois qu'il faut dit . Les habitans sont merveilleu- sement plaisans et fique de conduire le de bonne ris nature. Les campagnes sont bonnes pour y semer grain et ris. Elle est civile et fournie de tous ars. là ce métier. nous où que des Barbarie lacivetés. et gens étrangers. en ris .HISTOIRE 344 ANTHIUS. en quoy faisant raportent un tresgrand profit ils 1 . CITE Anthius une est Romains sur tresbelle cité. BARNABAL. sur le Nil du côté de l'Asie. mêmement plus de icelle se pile le ris foy chré- les plus grande sont tant femmes pu- lieu de Anthios. faisans tra- au Caire. sont partie est de adonnés aux i. que toutes Belon la qualifie quatre ceux qui font la Les habitans lire Sandiun. avec ce qu'il y a plusieurs possessions de datiers. Le chérif Edjissy était ruinée et qu'il n'en subsistait de grand village. . CITE Barnabal est une ancienne édifiée cité. Elle est fort belle et abondante.

jL' /. Cf. luy donnent un grand lustre. El-Khitat el-djedida. CITE Thébes une tresancienne est du côté de Barbarie la : mais le sur cité. sont singulièrement appelles muse. Mais et diversité des langues. écris plusieurs Car d'opinions. Elle estabondante en grains. : toute- non loin de actuellement partie du merkez de Desouq. Aucuns veulent dire qu'elle par les Egyptiens. pour être fort belles et bien bâties. à qui sans rasouër elles abatent ment que si bien le plus souvent le voire. que vigueur vient à manquer aux branches qui tom- la comme bent en feuilles automne 1 . IX. et poil. édifiée le Nil fondateur d'icelle est incertain entre les auteurs. fruits et bons. i. ris. . . Il Barinbal. ébranle de tonsure la brusque- si pénétrant telle sorte la racine. t. les autres par les fabriquée fut d'autres que les Grecs en ont jeté les Romains. cause une epitaphes. THEBES. et d'autres encor en lettres royt égyptiennes. et artisans rive droite du Nil. jusques aux os.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 345 bliques se retirent par devers eux. village Mansourah. Maintenant la cité ne sau- contenir plus hault que de troys cens feux: combien que ce peu de maisons.6. la les dont sont telle variété uns sont gravés en caractères grecs. p. les autres en lettres latines. qui v a plusieurs lait marchans ntué sur la sucre. fondemens. Ali Pacha Mobarek. qui y sont.

CITE Fuoa est tiens sur le par l'espace une ancienne cité édifiée par les EgypNil du coté d'Asie. qui sont toutes ces choses rendent un grand témoignage de quelle grandeur devoit être jadis cette cité. peschers et figuiers il : y a plusieurs dont le fruit se porte au Caire en grande quantité. la plus grande partie des habitans s'adonne à aux yeux de ceux cultiver la terre. et repos. masures. et non moins acompagnées de bonne grâce. Autour d'icelle y a grand nombre de datiers qui sont si touffus. mais les places sont peuplée. et ne se présente qui vont parmy la cité. epitaphes grosses pierres et entaillées. qu'on ne sauroit découvrir jusques à ce qu'on lacité. soyt au pied des murailles. bien y a de belles bouartisans. clos de vignes. civile et tresabondante. qui sont douées d'une merveilleuse beauté. et mêmement pour tant de ruines. FUOA. qui s'y voyent à présent. distante de Rosette de quarante cinq mille devers midy. tiques de étroites. sinon l'object de femmes.HISTOIRE 34 6 foys. comme de colonnes. Outre ce. Dans le pourpris se voyent beaucoup de vestiges des antiquités. marchans et Il Les habitans se délectent de vivre en paix On sont acquise si lâche tant la bride aux femmes grande liberté qu'elles peuvent et se aller .

GEZIRAT EDDEHEB. de Fouah.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE là où le 347 demeurer le long du jour maison si bon leur semble. Elle est vation des singularités. un miel. sans que leurs maris les en reprennent. lui le territoire Fouah dans son voyage d'Alexandrie au Caire que nous vinsmes loger à une grande ville nommée Foua. étant fort hault. » s'arrêta à anciennement une dhuy. Il a consacre que peu de lignes. elles duquel on use par toute terroir ne le produisent pas jetent la cité où les femmes publiques tiennent qui est une bonne partie d'ieelle autour se un bourg a . Belon fismes y dont il n'y a « : ville aucune grande ville comme le Caire et encore pour en terre ferme d'Egypte après plus grande que Foua. l'Egypte pour ce qu'il s'en trouve peu l . à la . le soir. Les géographes orientaux ne nous fournissent que peu de détails sur 1. trouvent plusieurs possessions de dates campagne pour grain et sucre. certain mais et une bonne cannes de ce les bon en lieu de quoy. de sus- la cité le territoire d'icelle sucre. C EST-A-DIRE L ILE DE L OR Cette située est ile nommée. p. Le chérif Edrissy ne une l'oposite produit de tous arbres fruitiers. là . désir les porte et y puis retourner. tellement ris et Il y a plusieurs vilages et beaux édifices. Hors y les rancs. 22. est produit des fruits et toutes choses en abon- et c'est un lieu de commerce. milieu du Nil. un marché « Fouah. mais au en est fertile oliviers.)). dit-il. le Ht tant C'estoit le jour- Caire qui soit beaucoup plus grande que Rosette » (Obser- . hors mis des qu'il ville à jolie ville dance.

casses. Le sol en est élevé et On d'arbres fruitiers à l'exception des oliviers.jbjd la cité. mais elle est bien peuplée de gens. . en compagnie d'An- Roy ambassadeur de Louis XII auprès du sultan Ghoury. Pour c'est assavoir l'isle et d'Or » (Le voyage Paris. souldan quiluy vault annuel- raisins. nourrissans ordinairement des oyes en grande quantité. on y trouve toutes sortes y a construit un grand nombre de maisons de campagne et autres arbres forment épais qu'on ne peut les apercevoir. y a de bonnes »j\>-. laboureurs des champs. Jean Thenaud qui fit. CITE Mechella temps par une grande est les mahommetans de notre cité édifiée sur le Nil devers l'Asie. qui sont quasi tous tissiers de ou toiles. i. le voyage du Caire nous dit « Dessus Foa est une isle qui n'a pas deux heures de dré Le : circuyt appartenant à la principalle femme du lement pour l'habondance des sucres. itinéraire de frère Jean Tbenaud. la nomment Zeziet deeth.HISTOIRE 34 8 mais l'epesseur des datiers fait qu'on ne autres arbres serrés et Tous peut voir. Le Les ha- du transport de leurs en 15 12. Djeziret ez-zeheb. dattes et aultres fruicts ce. 33). terrain est excellent bitants de l'île un bois pour la si de beaux culture de palais. qui s'y recueillent cent mille ducatz. sinon de près. et et les du dattiers et riz. ceinte de faibles murailles. p. mais canne à sucre la s'occupent de leurs travaux agricoles marchandises au Caire. L'Ile au contour de et d'Or. 1884. qu'ils portent vendre au Caire. Nil en face de t_. se trouve au milieu du Fouah. MECHELLA. les les habitans s'adonnent à cultiver les terres et porter vendre tous leurs fruits 1 au Caire .

d'édifices fort somptueux. Léon l'Africain est appelé Mahallet el-Kebirèh. Celui dont parle •j^53l. dans son Dictionnaire géograville phique. et embellie et il se trouve un beau temple dans la cité. mais au dedans peu de et maigre entretien 1 civilité . Le la province de Gharbyèh dont cliérif Edrissy nous dit le chef-lieu que Mahallèh était où sont des marchés bien fournis et où il se fait constamment des affaires de commerce. Les habitans sont jouyssans de grandes richesses.. Sendafa et l'autre sur les deux rives du Charqyoun (Moudjem Derotte. et il est aujourd'hui une grande branche du Nil de Damiette. commune la rafes est redevable pour obtenir pour ce teaux. p. et y a un grand logis en forme de châoù l'on tient des trepiés et chaudières pour fait. si avec tant d'ou- et nombre de bourgs d'Egypte portent le nom de Mahallèh. la le territoire en grand nombre. Les faubourgs sont larges bien garnis de boutiques. Davantage. il là faire bouillir. tributaire . au Soudan de mille sa- licence de faire le sucre. 4^ certain %£.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE terres à 349 semer grain et lin. Yaqout. pour ce que produit du sucre en abondance. murailles. en la partie le d'Afrique. 426). CITE Derotte est une noble mahommetans. i. DEROTTE. Un Au moyen de quoy. nous apprend qu'au Nil : une xm e siècle elle s'étendait partie de la ville s'appelait oul-bouldun. t. Mahallet el-Kebi- est situé sur la rèh était autrefois la capitale de Semennoud . IV. sur du temps des cité édifiée rivage du Nil. sans qu'elle soyt aucunement fermée de mais au reste bien habitée.

fils au ville d'El-Harith el-Mourady. sur la rive occidentale alors ruinée qui devait son nom qu'il existait. une à Qaïs.HISTOIRE 35 o vriers. MECHELLAT CHAIS. xm e Mahallet Qaïs. à cause de quoy toutes les possessions sont en vignes. ayant le territoire fort hault. pour ce qu'ils la plusgrand'- ont trop peu de terre à cultiver. Le bourg de Derout mentionné par situé Léon dans la province de Behnassa l'Africain est celui qui a le nom de Derout aux palmiers. Ûjjjj. qui les rend tous mécaniques et peu civils i. et qui se trouvent à la prise d'eau d'un canal. nom de Derout Serban. Le le . pour ce que le Nil en croissant ne sauroit arriver jusques à la sommité. canton d'Achmounein. se trouve dans la un troisième. en la partie d'Afrique. que je n'ay aucune souvenance d'en avoir tant me un ministre de la la depence de cette besongne monte à plus de deux cens sarafes journellement veu autre part commune. qui le partie delà province de Daqalièh. au dessus de Djizèh. Cette ville porte aussi le lités 2 nom nom fait de Derout de Derout est donné aux loca- Un autre bourg. Cette les cité fournit le sur le fleuve Caire de raisins frais quasi la moitié de l'année. Derout. ^ j^a. Les habitans sont bateliers part. 2. est du Sayd. sur une haulte montagne. édifiée par du Nil. appelé Derout Belhacèh. qui en . CITE Mechellat chais est une mahommetans cité moderne. et fut dit par 1 . que . est située dans Ennakhil (Derout des palmiers). portant même province d'Achmounein. Yaqout nous apprend IJM siècle. du Nil.

on deçant donques par le vroit dire Chaira.U-| (La mosquée la plus brillante). 1. On en voit encore aujourd'hui les ruines entre Sawadéh et Abadèh. De cette ville à Ferama la distance parterre est avait fait la conquête. 1. 11 y avait aussi dans le Hauf une localité du nom de Qaïs qui donnait son nom aux robes appelées qaïssiéh. et retint l'es- surnom Hashare (qui clave ce pontife son maître signifie illustre) du '. Mémoires historiques et géographiques. j*Ji\ *. p. La forme et vous deduiray de point en point. qui vault autant à dire comme poule couvante. IV. Caire. 115).ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 351 LA TRESGRANDE ET MERVEILLEUSE CITE DU CAIRE La renommée est epandue par tous climas que le Caire est à présent une des grandes et merveilleuses cités qui se trouvent en tout le monde. Cette célèbre fut bâtie par 24 djoumazi oul-ewwel le qaid Djauher qui en jeta les fondements 359 (4 mars 970). La construction en fut . 337). t. une somme de dix (Moudjem oul-bouldan. Et fut édifiée aux temps modernes un esclave Esclavon nommé Gehoar el chetib il me semble vous avoir recité en la première partie de cet œuvre) qui érigea dans icelle ce fameux et admirable temple qu'il nomma Gemih el par (comme Hashare : c'est-à-dire temple illustre. p. Djami eï-%A^har. mais corrompu aux langues vulgaires de l'Europe. mosquée le si (Quatremère. Elle versait tous les ans au trésor mille dirhems de six postes 1. je dy Caire être vocable Arabesque. Commen- nom. pour ce qu'à parler proprement. laissant à part les bourdes et mensonges assiete d'icelle je rejetant et qui s'en mettent en avant de plusieurs.

selon ceinte de la y de ville. originaire prière publique œuvre la Sicile. la plus grande partie de la la cité Beb Zuaila. avec y en a troys principales 2 l'une est appellée Babe Nasre qui signifie la porte de dont tresbelles portes. fermée de superbes et fortes murailles. mer Rouge. prince des fidèles. à droite et du minber : « Au nom d'Allah le clément. nobles et purs aïeux et sur ses augustes enfants.HISTOIRE 35 2 Cette cité est assise en Mucattun appellée el montagne. Maqrizy le là donne la copie de et l'ins- cription qui était tracée autour de la coupole surmontant la première gale- du mihrab rie. mille. et du côté dé- la victoire. : le katib. Ce JaÂlI. vieille. » ramazan 361 (5 juillet 973) I). cet à el pagnes marchans va de La possessions. bien peuplée de cité est mêmement toute porte Nasre à celle de Zuaila. mêmes y achevée quelques cam- lac. les . La tierce dire la porte des triom- un phes. Bab en-Nasr se trouvait en dehors de l'enfut sous le règne de Mostanser que le vizir Bedr el- placement qu'aile murs du Caire. Beb L'autre se du Nil qui est à l'object s'appelle : regardant devers levant. du Nil environ deux plaine souz la la distante '. 381. 1. I. (Maqrizy. qui où consiste En cette rue aucuns coléges d'excellente structure a 21 ramazan 361 (3 juillet 973). laquelle se dréce vers nomme la noblesse. Cette plie par Djauher La première (Maqrizy. le miséricordieux! Celui qui a ordonné la construction de cette mosquée est de Dieu le serviteur li et Abou Temim Ma'ad l'imam el-Mouïzz Que Dieu répande ses bénédictions sur ses son vicaire din illah. Maqrizy. faisant restaurer t. 2. Autrefois.) Djemâli. Lisez t. et et artisans. la rue. l'an trois fut faite le 23 a été accom- cent soixante. donna à Bab en-Nasr l'emoccupe aujourd'hui près du Moçalla des jours de fêtes. Mucattam. p. sert de la il et de Futuh.

de El-Aziz billah. m. distilées de toutes sortes de desquelles usent tous les nobles. boutiques fitures il y en a d'autres. avec une Gemih beaux et renommés. et s'y trouvent semblablement des temples tresgrans et somptueux. La construction de 1. fils la Une construction et complètement achevée en 593 (1002). dont je me Davantage il y a plusieurs présent infinité d'autres fort 1 pour tairay le . (La mosquée la la ville le règne du kha- accompli par l'émir La mosquée de Hakim était qualifiée plus lumineuse). Cf. où se vendent les viandes cuites. la mosquée de Hakim règne du khalife fatimite El-Aziz billah. 2? de Kitiib oul- . apprend que ce minbar avait été élevé en 403 (10 12). pp. lors de l'agrandissement de el-Djouïouch Bedr El-Djemaly. là où sont aucunes boutiques. etuves compassées avec une industrieuse architec- y a une rue qu'on appelle Bein elcasrain. les vendent les tiennent dans des vases de voirre et Auprès de ces vendent les con- etain. embellies de subtils ouvrages. là assésmignonnement où se faites. enrichis de tresbeaux orne- mens. 277-. Il vases d'etain. et ceux qui fruits. qui se font de miel et de sucre.Hakim bi amr li le din illah y plaça les objets nécessaires à l'exercice du inscription placée au dessus de la porte constate que la cons- en acheva culte. II. Le fils Abou Ali fut commencée sous du khalife El-Mouizz Mançour El. et entre autres est celuy de elhecim. truction en fut et une autre. placée au dessus du minbar.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 353 merveilleuse grandeur. Djimi Khitat. et bien différentes à celles de l'Europe. Maqrizy. Cette mosquée se trouvait primitivement en dehors de la porte Bab el- Foutouh life elle fut : Mostanscr comprise dans l'enceinte du Caire sous billah. et sont environ soissante toutes fournies de ture. tiers pontife scismatic.Il s'en trouve encor d'autres pour vendre des eaux tresdelicates. ci-anouer t. illah.

Outre ces bouti- ques l'on vient à trouver une rue plaine de gens au delà. et Ninoû. de Flandres autres lieux. grenades.HISTOIRE 354 Puis se trouvent les fruitiers. satin. et autres fruits de telle espèce. sont les magazins de draps de laine. empereur des Turcs. : de réputation en font faire leurs qu'ils portent sur leurs turbans. l'on void les grans magazins de draps. Plus outre. les comme et fines au possible avec d'autres qu'on appelle Mosal. qui s'y transportent semblablement de l'Europe. et tissues bonnes : de cotton. damas. où se vend œufs et le fromage frit le pain. de Florence. vendans les fruits qui s'aporlent de Surie : comme pommes sont de coin. est le collège neuf du Soudan Ghauri. fort sont celles de Bahlabah. et aussi une exerçans nobles ars : infinité de boutiques. qui fut tué en la guerre meuë entre luy et Selim. Au premier se vendent toiles aportées d'étrange pais. Venise. que ne produit l'Egypte. dont aucunement de n'en avoir veu en Italie (là où il plus riches et nobles loux. et comme de de plusieurs . Plusieurs autres boutiques sont en- tremêlées parmy celles-cy. taffetas et autres affirmer (sans m'eloigner et voiles ils se chassent en rien de leur perfection je peux la vérité) font) qui aproet naïveté. lesquelles sont merveilleusement fermes et délicates au moyen de quoy les plus aparens et gens . comme y a draps d'or. Passé ce collège. les en l'huile. ve. les magazins où se vendent draps qui se facent en Italie les : chemises Outre plus.

s d'immondices appelées Kiman el-Barqièh. Khalily essaya de ânes à la justifier sa butte con- duite en alléguant que les khalifes Inimités étaient des hérétiques. n'étant permis à d'autres marchans qu'à ceux qui sont opulens. où logent blables marchandises. L'emplacement de ce khan. de l'émir el-Khalily. de cimetière aux membres de époque le nom la famille Fatimite. civette et une autre y marchans de parfums. chef des écuries du sultan Barqouq. pierreries. et est de telle grandeur. toiles indienes. ayant plusieurs chambres basses dans icelles les marchans donnent audience. esclave du sultan Khalily. Car il est treshault. et en grande abondance. là où il y a aussi grand nombre d'artisans.bas. qu'il la forme d'un somptueux palais de quelque grand les a seigneur. Celui-ci en fit Il portait à cette déterrer les ossements qui furent entassés dans des couffes et transportés par d. de baty à troys étages. qui sont épiceries. le champ de cl un Khalily fut tué dans celles de Ilbogha bataille. ambre gris. servait situé dans l'ancien quartier des trélileursd'or. Auprès de cette grande rue il y a encor un magazin appelle Can el Halili. que leur en demandant vingt 1. tant marchans de Perse. de quoy ils sont rue. l'émir Djeharkes une rencontre des troupes du sultan Barqouq avec cadavre fut abandonné nu sur ewwel 791 (10 mars 1389).ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE Plus outre encor se vendent les 355 camelots et sem- que de lieu en autre l'on parvient à la porte Zuaila. n et son rebi oul- . Le Khan el si et Khalily a été bâti par Ternir Djeharkes. le lundi. où demeurent les comme de musq. et ont de quoy demeurer en ce lieu là. et fort mêmes. Par juste retour des choses d'ici. De l'autre côté comme a voiles et telles autres choses'. : font et échanges de grosses marchandises. où tiennent ils leurs marchandises. si bien fournis.

void un grand hôpital que premier Soudan des Mammalucs. pesantes (comme il me fut qui l'exposoyt en vente) quarante cinq dit par celuy livres.HISTOIRE 356 cinq livres. En une poly : autre rue se vend le vendent tiennent encor quel- et rares joyaux. Il avait été du dernier sultan ayyoubite Melik el-Mouazzam Tou- ranchâh. les orfèvres. 682 fut élu sultan Il régna de 658 (1260) à 676 (1277). l'un des meurtriers Bibars. mais ornemens pretieux. . tres rués. journellement de grandes richesses. le défiguré du Sultan Bibars. pris. linceuls. ay veu avec ce des choses dans ces bou- tiques de grand pris et valeur quasi inestimable. je y vey un pavillon entièrement fait à l'eguille. couvert d'un rang de perles. celui maristan el-Meghafir. Maqrizy ne Il douant de Qptouz. Ce prince. ils en déplieront et présenteront plus de cent. . tellement qu'entre et les autres. Il y a aussi d'auoù font résidence les revendeurs de beaux acoutremens des citoyens et gens de grande autorité. encore que sans cela fût vendu dix mille sa- rafes et . Là demanyans à pris. qu'ils font porter de ceux qui et ques beaux papier tresblanc et le boutique en autre par un qui meurent encor les met qui sont Juifs. Melik el-Dahir Eddin Bibars el-Bondouqdary l'assassinat feit édifier (1283) P ar Melik le le maristan d'Ibn Thouloun. Dans la cité se 1 Piperis i. casaques. ny semblables choses de petite conséquence de tresgrand et valeur. Piperis est le nom cite fait par les Roukn émirs Bahrites après point mention d'un hôpital construit par Sultan quatre hôpitaux qui sont de Kafour el-Ikhchidy. le grand hôpital fondé en el-Mançour Mohammed Qelaoun. Et ne se fault pas persuader que ce soyent manteaux.

indisposition en 675 (1276) à remèdes fournis par l'hôpital qui avait été élevé dans cette fut guéri par ville par Nour Eddin ibn Zengui. Dans talla les premières années de son règne. jusques au faubourg appelle Beb elloch qui 1 . pendant laquelle ils sont visités des tous les médecins fournis de tout ce qui leur est néces- et jusques à tant qu'ils soyent retournés en con- saire. du côté de tramontane par l'espace d'un mille. Melik el-Mançour au Caire le grand hôpital qui porta son Damas. tout leur bien demeure à l'hôpital. On y les voit se réunir charmeurs de serpents que les escamoteurs. et très fut construit Mouayyid Cheikh (Maqrizy. celui de intéressante description II. lent les barbiers. Maqrizy en donne une longue quatrième hôpital est celui qui La place de Bab-Ellouq. d atteint les une grave Damas. est formée par cinq places qui ont été réunies.joS). nom j^ill rl-Khitat. . Kitab 1. ^ sur le bâtit et ins- modèle de Le en 821 (14 S) par Melik el- 1 t. Mais avenant qu'ils y décèdent. devers midy jusques à la forteresse du Soudan. DU PREMIER BOURG DU CAIRE APPELLE BEB ZUA1LA Ce bourg icy est de grande étendue et contient environ douze mille feux. les prestidigitateurs et les <^ens Je métiers tels de marionnettes. et s'etendant devers ponant environ un mille et demy. commençant à la porte Zuaila. de ^ens de mau- . <u»-j. pp. valescence. et les faiseurs une foule immense de spectateurs el les joueurs de tours de force.|0)--. C'est sur cette place que s'assem.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE de deux cens mille sarafes par an : 357 moyen dequoy au malades de quelque infirmité que ce soyt y peuvent demeurer avec toute commodité durant leur maladie.

feit fort renommé. d'une merveilleuse hauteur. entre autres. et portée d'arbalète Avant l'année 780 (1378) fortifier la foule '.HISTOIRE 35 8 remply de noblesse (ou peu s'en fault) cité même. que Hesen en voûtes. de sorte que souventefoys on a veu révolter un Soudan contre l'autre mais celuy de dehors se pouvoit : dans ce collège. on y void un Soudan fabriquer. Sultan Hassan fut assassiné trente-trois jours après dans la nuit On t. monastères et colèges d'icelle .. et par le semblable plusieurs de ce faubourg ont des maisons dans la cité. au reste tresfort de murailles. tellement que plusieurs habitans est autant que la y ont des boutiques. prochain d'une vaise vie. du mardi au mercredi 9 du mois de djoumazi (17 mars 1361) (Maqrizy. dans la grande voie qui s'étend depuis la Cuisinier. s'assemblait pour jouir de ce mosquée du spectacle. peut consulter au sujet de ce magnifique de la chute du minaret. Elle a été construite sur l'emplacement occupé autrefois par l'hôtel de l'émir Ilbogha El-Yahaouy. sans et batre la forteresse aucun empêchement pour demye être à l'object d'icelle. ^LlaJI a»U. La dépense journalière pendant le projet d'élever la trouvaient réunis dans une école mosquée. Coste. l'atlas quatre grande porte s'écroula la Description de l'Egypte et celles el-oula 762 pp. 362-362). II. La mosquée du Sultan Hassan porte aussi le nom de Medressèh Sultan à cause du collège qui y était annexé. et Il y a plusieurs temples. 1. Kitab oul-Khitat. monument les planches de de l'ouvrage de M. Sultan Hassan minarets et écrasa auprès de : le avait formé troisième qui se dressait à côté de trois cents orphelins qui se la fondements en l'année 757 (1356) trois ans. jusqu'au pont de Qadadâr. L'arcade mosquée dépasse de cinq coudées celle âz l'iwan de Kesra Medaïn (Ctésiphon). . du Soudan. Melik en-Nacir Sultan Hassan en on y et travailla sans interruption s'élevait à vingt mille principale de la à jeta les dirhems équivalant à mille miçqal d'or. Elle s'élève entre la Citadelle Hassan et l'étang appelé Birket el-Fil (l'étang de l'éléphant).

se confinant avec précédent de ponant jusques la vieille cité nommé : qui sont devers à certaines ruines. qui fut esclave Esclavon de l'un des pontifes de Bagaded. I J». et il fait palais. Il v a plusieurs marchans est distant des murailles et artisans. et lieutenant d'Egypte.. avec blable grandeur et qualité marchans. et fut édifiée avant le Caire. du quartier où se trouvait la 011 se void un mosquée Djami Ibn Thouhun. grand un Tailon. i . Cetuy-cy aban- et der en ce faubourg. fl*. Dieu adressa mosquée l'ut la parole à Moïse 263 Brûlée en J76 reconstruite ensuite trois siècles plus tard. bâtie par Ahmed ben Thouloun en Tannée située sur l'emplacement appelé Djebel Yachkor. fabriquer un très- un temple de sem- 1 . et y admirable vint rési- la vieille cité. où.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 359 BOURG APPELLE GEMEH TAILON LE Celuy-cy est un autre bourg. donna le du levant. et contient troys mille feux. O^jl» J\ Elle était suivant cette la J&i légende. 1. LE FAUBOURG APPELLE BEB ELLOCH Beb elloch scmblablement un grand faubourg. Il s'agit ensemble une grand'place.. s'etendant devers partie la de la là où y a artisans et Barbarie. du Caire environ un mille. par prudent la demeurance de mêmement et homme de haute entreprinse.

tation aux assistans. nom le Là et là de son tout nêtes. chaux et autres choses à cet efait nécessaire. peuple a coutume de s'assembler. et pour ce ilveult employer tous vos semblables.HISTOIRE 360 tresample palais merveilleux colége. pour ce y a dans ce faubourg plusieurs choses deshon- comme cabarets et femmes publiques. comme le plus brave à et mieux expérimenté porter les pierres. le soudan a délibéré de faire demain sesaprets. qui font dancer les chameaux. commence à user d'un tel langage : Maitre ane. appelle Iazbachia. acompagnant son deuil de prières. par manière de devis. qui sont dedans le les Caire. afin qu'il puisse avoir le moyen d'en . Ce pendant le et cline les étoit sur bate- le leur piteusement se lamente à l'assemblée d'avoir que d'avoir ainsi misérablement perdu son ane. chameaux - fut conseiller fait quelque peu baler. ânes chose certes qui aporte une grande delec- se retirent memement ceux et cn iens : . et principalement le passe-temps de Tane. requérant la compagnie vouloir survenir à son exesté tant infortuné trême nécessité. et place Iazbachia où la ânes. l'un de ces bateleurs. semblablement plusieurs bateleurs. qui d'un ancien Soudan. lesquels hauçant en les pieds l'air s'enfle le con- ventre yeux ne plus ne moins comme s'il point de rendre les abois. et jeter fondemensd'un tresbel édifice. et entend que entre les autres tiendrés le pre- mier rang. pour ce que après l'avoir Harangue du bateleur a été appellée qu'il bateleur de mesme. . Lors tout en tomber en terre un instant l'ane se laisse étendu de son long tremont. . chiens dançans en- semble. le l'oraison finie et le sermon. édifié par et un Mammaluc. .

et plus belles sa pompe et et dames de que tous les gentils la ville le femmes viennent voir en magnificence.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE acheter un autre. qu'il 361 gens presens. et dit il vous veux bien moyen de Seigneurs. Puis se retournant vers l'ane luy levé sur ses pieds. feint le mort pour mieux jouer son personnage. Mais n'a pas plus tôt achevé sa il commence quête. A peine peut il avoir mis fin à ses paroles. ne faisant aucun sem- bateleur le quoy commence à la caresser et etreiller d'une merveilleuse sorte. d'avertir les ne pensent pas que son ane soit mort. et blant de se mouvoir. au faire entendre. qu'il se ne voulant entendre la bete. je puisse faire remuer. que tout fait le le Soudan a peuple du Caire doive sortir demain au matin pour l'acompa- gner en son triomphe. du bateleur. que maitre baudet commence à se drecer sur ses pieds. pour ce que le rusé (dit-il) cognoissant fort bien que son qu'ils maitre étoit nécessiteux. avec coups orbes. et que les moyen il induise presens puissent servira luy acheter de l'avoine. montées sur des ânes. à dit. fait voir une grande bravade. que pour quoy et cela il lourdes battonnades. sans toutefoys la rentre sur ses brisées. et s'escarmouchant le plus dextrement ausquels elles qu'il fait. m'a malheur par les paroles la ville rece- . se montrant un contentement laquelle est qui dit : fort grand interrompue par Un des chefs de et joye indicible. afin queparce le peuple à compassion. donneront une bonne repue d'orge et d'eau du Nil. : comme publier à son de trompe.

A ce propos l'ane (comme si Nature luyavoit donné quelque entendement de surcroit) commence à bais- ser les oreilles et choper. une autre ma- a lesquels tiennent aucuns petis oyseaux. fait de sorte qu'il femmes contemayant choisy la plus honno- s'adresse droitement là plans ce spectable. fraiches et délicates. feignant d'estre estropié. Cela son ane pour nière de fait. s'adrece à elle. où sont et la les touche de avec une grande risée un chacun en gaudissant : Ho ho ho maitre baudet. atachés à une quesse en forme d'un faite dreçoir. le la bateleurs. en tournoyant. et ceux qui dési- rent savoir ce que Fortune leur garde. Il . la Il y Lors à crier favorite de monte dessus bateleur s'en aller ailleurs. et rable. qui est une vieille. d'où le il un de- prend avec raporte un le tilet m'en avint un. à ce que Les jeunes ten- : voy. la plus fauce. dont le drons maitre se prend à luy dire te plaisent donq. que je ne pouvois incombien que je ne m'y terpréter qu'en malheur mais il m'avint encore pis qu'il arretay aucunement. et difforme qu on sauroit choisir entre un million. sur (dit maitre) le il y en a icy plusieurs jeunes. . de reponce. et dire Or ouy.3 HISTOIRE 62 demandé à prêter mon petit mignon pour porter sa femme. lequel bec. la teste. choisis celle qui t'est plus agréable. depiteuse. je et l'ane (en baissant sa lourde teste) semble y consentir. commence dame. tant de bon comme de mauvais augure. qui tirent hors des buletins de fortune. L'ane. jetent nier aux pieds de l'oyseau. et le porte dans la quesse.

sieurs temples magnifiques. abor- der au port du Caire. ileuve un mi- y venir prendre port. le le fait : et là demeurent les des marchandises. principale- ment en temps de moissons 1. montre : Il somptueux mais ordinairement Nil sont plus bâties sur le belle : memement marchans. gabeliers députés sur Boulak. qu'on . qui est en ce bourg. qu'ils et LE BOURG APPELLE BULAC Bulach un grand bourg est 1 distant de la cité en- chemin Ton trouve tousjours maisons. Et telle foys avient que l'on découvre sur lier de bateaux. contenant environ quatre mille feux. qui chantent s'y les batailles d'entre les Egyptiens et Arabes. qui viennent par sur le Nil. du temps suppeditérent l'Egypte. et est ce bourg fort ancien. bien viron deux mille garny d'artisans qui vendent : mais par sucre et l'huile. qui moulent le blé à forces de bêtes. y ajoutans mille fables bourdes par eux controuvées. édifié sur la rive du Nil. £i y . qui crée merveilleusement la veuë pour regarder des refe- nêtres les navires. Plusieurs lutteurs 363 escrimeurs de bâton et trouvent avec autres gens. le tresbeaux coleges le commodes de ceux y a plu- édifices et les maisons et de plus tellement que c'est un objet.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE ne me predisoit. et le grain.

bâti en 366 (976) par la mère d'El-Aziz billab et restauré en 520 (11 34). On s'y transporte ordi- et d'autres lieux pour dévotion. le petit ». prés la à la par et feux. avait été entouré de nombreux édifices de piété dont Maqrizi donne l'énumération (Kitab oul-Khitat. distant de jet espace de deux mille. l'un appelé Le château d'El- Qarafa. : LE BOURG APPELLE CHARAFA * Charafa est un bourg rassemblant montagne muraille du Caire. au moyen tous de quoy les il ven- s'y fait de belles aumônes. . El-Kebira « le grand ». Âàl^iJI. puis couverte de fine tapisserie. du Nil environ un un vile. 454). était le l'autre. dredis. Mais douane à la marchandises qui viennent les du costé de l'Egypte n'y sont comprinses car on fait payer aux marchans la gabelle entièrement. t. II. ornées parle dedans de divers ouvrages et couleurs. 1. combien qu'on y et d'autant qu'on a desja satisfait marine. contenant moytié deux mille presque en ruine. El-Qarafa. est On y void plusieurs sépultures d'aucuns personnages réputés pour saints par l'ignorance populaire. nairement du Caire.HISTOIRE 364 amène d'Alexandrie paye peu sur la : Damiete. p. et sont élevées en voûtes tresbelles et amples. nom de deux Es-Soghra « quartiers. le mille. mais à présent la une à petite de pierre.

Lisez : : pour celle qu'elle Misr el-Atiqa ijLuJI j-^*. du : Il en grandeur où il y est adet for- artisans.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 365 ' LA VIEILLE CITÉ APPELLÉE MIFRULHETICH Mifrulhetich est première la cité qui fut édifiée en Egypte du temps des mahommetans par Hamre. s'etendantsur fleuve. hommetans. et contient environ cinq mille feux. mais bâtie à le la semblance d'un bourg. Homar. et est sans estre aucunement ceinte de ca- pitaine de assise sur le Nil. qui le mirable tant en beauté teresse. cité en l'Heureuse Arabie. fils 1 du pontificat par ses parents mêmes. . de belles maisons ceux qui sont et assis sur le rivage temple appelle a un* superbes édifices comme Quant aux ment de la y a memement Nil. pour venir faire sa résidence en cette-cy dont tant pour être deccndue de met. murailles. Haiy épousa Fatema. ^o. 1. fils gendre de Mahommet. que les mahommetans ont en garnie. emeuë de grand desespoir. qui fut et fille vénération et l'appellent sainte d'un appelle Zemulhebidin^. la cité en est sufisam- Là aussi sevoidla sépulture renommée sainte femme. Zèïn eî-Abidin. se partit de Cufa. o J sainte icy voyant sa maison être privée et devëtuë de Husem. ûUe de Mahommet.l*]l ^ j. second pontife. là temple de Hamr. Cette de Haly. le : lignée de Mahom- menoit une vie assés la Vieux-Caire- Nafisse devêe et vcr0e par les re- ma " . grande révérence Nafisse. comme Lisez 2.

à leur particulier profit. ou par terre. charge et gouvernement d'ad- aux pauvres de ceux qui ont et à à en quoy ne se qui en usent au cas aumônes bien que les : la ministrer et tenir en ordre cette sépulture qui jour- nellement. parvenu au Caire par mer. du temps que regnoyent les pontifes hérétiques parens de cette femme sainte. de Selim. tapis et lampes d'ar- 4^a> S. elle s'acquitle bruit d'être sainte Au moyen de quoy. là où vèrent cinq cens mille sarafes. Grand Turc. tapis de soye et autres choses semblables de sorte que la renommée par : laps de temps a si bien exalté cette glorieuse sainte Nafisse. J 4-»Jjiy trou- gardées chaisnes. après être marchant mahommetan. on luy feit 1 . qui est pour le jourd'huy embellie de lampes d'argent. ses genissaires saccagèrent la sépulture.u*J!. ont été con- signés dans un opuscule publié au Caire en 1278 (1862) sous «Loi' iju«JI t_.HISTOIRE 3^6 honnête. qu'il ne se trouve ou autre. qui étoient en deniers.iL* et AU <*JcS". du long que l'on maison de Mahommet. ériger une belle sépulture. La les ils là vie et les miracles de Es-Sayyida Neftsa. le titre de : . qu'il ne voise visiter et révérer les os de icelle. au Caire. rendent les personnes tou- mieux affectionnées élargir davantage la main jours A Sépulture de Nafisse l'entrée à plus grande dévotion. par miracles faux et dissimulés qu'ils attribuent à cette sainte. délaissant grandes oblations montrent paresseux pareil : si les voisins de l'année reviennent distribue la et ofertes cent mille sarafes. sans I.

jetant les feuilles resemblantes vigne: sinon qu'elles sont plus petites (comme venoyt il me à tarir. étant de moyenne à celles mais de la hauteur. royt trouver que cette seule.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE gent tie. de et maison de Haly. ... chaste honnête. . « . muraille et forte ceint et enferme le Une jardin haute où est Plante unique produisant le baume> . . là où est te jardin de la plante unique produisant le baume. été noble par- et miracles des sains cette sinon qu'ils l'exaltent dame. en guise d'un puys. : mais le Ceux qui Soudan en feit restituer décrivent les fais 367 une grande mahommetans ne mentionnent aucunement Nafisse comme pour avoir pour sainte. et à bon droit unique se peut appeller car en quelque autre partie de la terre que soyt on n'en saud'iceux . Loin de ces sépultures environ un mille et demy sont les terres appellées Almathria. qui arrivent de Sahid. l'arbre fut dit) si : l'eau de la fontaine demeureroyt stérile. et le reste (comme des miracles) a été controuvé par la simplicité populaire. Au des- la sus de ce bourg est la douane des marchandises. belles sépultures la cité fermée se des soudans à faites y eut un Soudan n'a pas long temps.. pre- Il feit faire nant son commencement à la porte de la cité. et hors de voyent de voûtes. ... qui une alée entre deux hautes murailles. qui prend nourriture au milieu d'une fontaine.. puis vient jusques au lieu des sépultures : et au bout des murailles y a deux tournons treshaults sommité : et à la demeure une guette pour découvrir et noter les marchans qui viennent du mont Sinay.

comme fosse est profonde. 185). du rivage du eu $Q vo jJ un£ C0 lonne drecée. entre par Maqrizy rapporte qu'un pavillon noir le que la le septième de juin) canal ou aqueduct. Lr Lii\ dès que la crue du Nil atteignait sa hauteur normale. Ce que les anciens ont trouvé si certain par bonne expérience. m ilJ terre. c'està-dire seize coudées. et au chef d'icelle se void tresmagniflque palais édifiée par le Soudan qui a temps. Puis tout auprès y a un assés grand temple et plaisant. et à décou- y a une fosse carrée et profonde de dix huit toises et en l'un des cotés de la cavité repond un vert : c'est un conduit à me- ner l'eau en quel- ques lieux.HISTOIRE 368 cette j)lante : tellement qu'il seroyt impossible d'y entrer sans grand faveur. mesure. et divisée en autant de toises. signifie void la mesure du debord de ce fleuve. qu'on ne s'en trouva jamais deceu d'un seul point. qui sont dix huit. . Cétait pour le peuple du Caire le signal de grandes réjouissances (Kilab ouï-KJûtat. II. Et lors Nil comme à croitre (qui est le dix incontinent l'eau i. tout à l'oposite de Mkhias. était placé à la fenêtre du nilo- mètre. pour être situé sur le été de notre fleuve : ayant à l'un des angles un bâtiment séparé et ceint de murailles : au milieu d'iceluy. par le moyen de laquelle on cognoît l'abondance ou cherté qui doit avenir par tout le pais d'Egypte. t. p. pour ce que l'on y la vieille cité. signée. ou Ton ne si Au que honnête présent aux gardes. Michias 1 . aqueduct qui vient par dessouz ^ . r ^ ^ marquée. Cette ile est bien habitée : contenant environ un mille cinq cens feux. qui faisoyt quel- milieu du Nil y a une ile appellée mesure.

par cela se conjecture qu'il s'en en- si l'eau outrepasse quinze.. cet avertis- sèment le cœur du peuple commence à s'intimider. qui s'en vont puis après crians parmy les devant vos yeux. pour ce . . . en quoy faisant. qui portent une bande jaune sur estre remarqués... et bien souvent de demye toise. mite des chaussées qui la . à la grande chanson ' inondation du nu. en avertissent quelques jeunes en- allé fans.. à croitre jusques à la et colonne. . A . une autre foys de troys. le setier de dix du- cats. que quand demeure en le dance durera le pour vont publians reçoivent des pre- ils marchans. et pour détourner l'ire du Seigneur. L'expérience commence hauteur de quinze toises de la Nil est le long de Tannée. 2\ dcs f l us enfans. se met en prières et oroisons. et voyans de en croissant. Alors ment tel les mechef par la trop grande officiers annoncent soudaine- signe aux petis enfans. ataignant jus- suivra quelque grand inondation. on recueillira médiocre deblure s'il ne passe que dix à douze. Ayés la crainte de Dieu que l'eau arrive à la soin- rues : . acompagnées de grandes aumônes. sa crue. Mais ques à dix-huit. et ainsi acoutrés s'en le long du Caire l'eau est crue sens de tous que tant est. Au moyen dequoy journellement se trouvent à cette colonne ceux qui s'ecoulant dans en ont la fosse la là : combien charge. cela dénote que de blé doit monter jusques à la somme . in.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 369 où quelque jour elle se haucera de deux doys. retiennent. . artisans Nil le la teste par les faubourgs de combien et Nil des et femmes. l'abonn'arrive s'il que de douze à quinze.

combien com- les vivres vend qu'il icelles. canal appelle où étant parvenu. grandes eaux pour autant que durant à s'enchérir. et se fait cette visite cause que. il avec lesquels le majeur qui empoigne une . tellement que tout trouve embarqué sur grande joye de quoy Soudan mêmes les il se le fleuve. selon l'assiete basse et haute des lieux. Ce jour-là. Mais lesoctante jours ne sont pas plus tôt passés que les consuls des places y mettent bon ordre. la le à un et officiers. il peuple se démenant la plus se puisse aviser. qu'on jugeroyt à l'instant et cris si la cité devoir bouleverser et aler sus dessouz. ceux qui les autres et mesmement du foys l'an moins .HISTOIRE 370 Ainsi le Nil va tousjours en croissant par quarante jours et autant par le demeure moyen de mencent chacun a si à se rabaisser. chans penétrans. en arrêtant le pris une pain. selon les pais le qui sont en ont en trop. à savent les officiers couvers d'eau. chacune famille prend un bateau paré de fins draps. et au bout des octante jours. belle tapisserie de chair en abondance : et garny de toute sorte avec confitures et belles torches de cvre. embus et seulement. accompagné de tous principaux seigneurs prend son adrèce est muraille. Voire et le met en rang. les habitans du Caire font une grande feste. à tel pris qu'ils usent tousjours de quelque discrétion. avec sonsd'instrumens. debord du Nil. puis selon ce qu'ils en sont acertenés. mettent le pris sur le grain. de mettre ce liberté tellement que que bon luy semble.

parfums et musique durant cette semaine. par lequel elle court jusques à ce qu'elle se vient rendre dans quelques autres conduis. que j'estime beaucoup meilleur d'en parler sobrement. sera dépendu en banquets. tellement que ce jour-là. qui est encore une relique des festes anciennement par les Egyptiens célébrées Hors pace de sept jours du Caire. car on se peut trans- porter avec les barques. nommer le des fau- Caire se peut une seconde Venise. par tous les lieux et possessions de cette cité durant cette feste.qui dure par l'es- de sept nuicts. d'au- tant que leur perfection les rend louables : car le d'eux-mêmes assez pavé est de marbre de couleurs diversifiées. des étages dépeint de leurs. lieu de les fin or Les fenetrages sont de moulu et Le comble vives cou- vitres diverses en cou- . singulièrement bien gravé. qu'en exalter. prés le du Soudan et bourg Beb Zuaila.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE hache luy d'icelle et paux de il ront cour font sa la muraille. que. par mes paroles n'en toucher la vérité. confitures. ceinte de treshautes etepesses murailles environnée de tresbeaux édifices lais : voire et si et admirables pa- somptueux. terrassée : retenoyt l'eau. le 371 la partie du mur qui Nil impétueusement entre dans le canal. prenant son cours par tous les canals de la cité et bourgs. puis les princi- semblable à l'imitation de le tellement. de sorte que ce marchant ou un courtisan avec qu'aura gaigné un grand travail et sueur en un an. assise sur le est la forteresse coupeau de la montagne Mochat'an. torches.

et exercer autres ars. Les habitans se tiennent honnêtement en ordre durant Pyver. entaillé d'une merveilleuse industrie. et les portails de beau boys. ples et Car combien que les commodes. HABITS ET MANIERE DE VIVRE DES HABITANS DU CAIRE ET DES FAUBOURGS Les habitans du Caire sont coutumiérement gens plaisans. les autres pour ses femmes. Il roy souloyt faire les festins dience aux ambassades grande pompe pour et les officiers ou donner aumontrans avec une publics. portans habits . ques et le reste pour ses concubines. neantmoins coléges soyent le am- nombre de ceux qui y profirent est petit. enrichy de pein- Ces tures exquises et laborieuses. COUTUMES. se : cerimonie. et peu qui étudient aux ars.HISTOIRE 372 comme leurs. Grand Turc. ausquels le et gardes. les limites de leur païs : en le train vie. promps efet. s'adon- de marchan- sans toutefoys sortir hors et en y a avec ce plusieurs qui vaquent à l'étude de droit. eunu- y en a quelques-uns. mais et de joyeuse tardifs à mettre nans coutumiérement amener dise. Mais toutes ces cerimonies ont été anéanties par Selim. l'on en peut veoir par l'Europe en plusieurs lieux. Les autres étoyent députés au gouvernement de sa cour. compagnables à promettre. palais étoyent députés pour les enfans du Soudan.

Outre ce. de porter aux pieds des brode- quelques escarpes fort propres. souz lequel elles peuvent veoir les personnes. et carcans autour du quelque couefes de grand pris. et en été se vêtent de chemisolles déliées.DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 373 de laine. être tissu de cheveux. et fort subtilement ouvrées de broderie cuns voiles de et : toile le le usent d'au- et unie. aucunement mais visage elles portent linge noir et fort subtil resemblant. à d'icelles de cotton. la il encor moins s'entremettre de apreter à manger. que les dames de cette cité tiennent une si grande réputation et pompe. avec manches étroites. en forme de canon. nv eguille pour mille d'elles prendre coudre. ce. qui leur sont aportés des Indes. portent en ghirlandes laquelle elles front. à ils portent de grans turbans couvers de voiles. étroites. à la tur- quesque. Leurs habillemens sont gonnes de toute sorte de draps. sur puis sur et la le tête longues hauteur d'une palme. qu'on un peâpre. colorée. Tant y a. qu'entre ne s'en trouvera aucune qui daigne quenouille pour filer. sans qu'elles puissent de nul Lur coutume quins et est être veués au visage. dont les maris sont contrains d'acheter la chair toute cuite des cuisiniers : et pour cette occa- .avec quelques robes cottonnées. Sur tit autour : veoir. et sur icelles chargent quelque autre habit de toile porfilée de soye Outre ils fil ou quelques braves camelots. Les femmes magnifiquement de riches atours et pier- se parent rerie. fine aporte des Indes. de la col.

avec une telle privauté. qui ne sont moins acoutumés aux ambles que haquenées. ensemble un garçon qui leur sert de guide et estafier. et parés à qu'ils sont. et autres viandes (comme dit) le Nil est distant de la mille. les tiennent bien harnachés de belles housses de fin drap. vendans de plusieurs autres qui font porter par des me semble vous avoir cité par l'espace de Il y en deux et chameaux de grans barraux pleins d'eau. portent un barril au col as- a d'autres qui jolyment façonné (avec une auche de cuivre l'endroit de la bouche d'iceluy. visitans leurs ne meconte) leurs amys droit ne se servent de chevaux.HISTOIRE 374 sion il peu qui facent cuire aucune maison pour le ménage. et ceux. chair crue. : et les : marys puis s'en parens ou en cet en- mais d'ânes. et une tasse damas- sés à quinée en la main fort industrieusement ouvrée). cuite. puis les louent dames. il fault payer une maille de leur monnoye. et d'autres qui crient les poussins parmy la cité. si la famille s'en trouve bien viande à la semblablement en grande n'est grande. pour en boire. qu'elles se parfu- ment de souaves odeurs incontinent que ont le vont pied tourné pour aller à à l'ebat que (à fin je parmy la boutique la vile. Davantage on en void crians l'eau à vendre. Ils s'en trouvent plusieurs. avec ce qu'il y a une infinité de perà ces sonnes qui ne feroyent un quart de mille à pied. qui vont parmy la cité (comme il se fait en autres lieux) fromages. qui . Elles sont liberté. pour ce que il fruits.

ceux-cy en font certaines mesures sansfons qu'ils mettent dans le : achè- panier de ceux qui les tent. Ceux qui vendent les viandes tiennent leurs boutiques ouvertes jusques à minuict. merveilleuse façon à Ils 375 les faire ils usent d'une et eclorre. puis les emplissent de poussins. qui est telle. y a dessous alument un feu tempéré puis on les pertuis. les autres serrent à soleil parla cité. que bon leur semblera par la femme comme il telles. les vont revendre. qui mettent tous ensemble dedans petis fours. le ne faisant toutes moyen dequoy les mariages etans les parties en de se pouvoir conjoindre avec d'autres : la vient faire le plus doléances au juge.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE se vendent en grande quantité. les nuicts le en sont liberté devoir : et ou au débilité.et(pour taire vilenie de leurs paroles) la souvent ses plaintes mary est trop froid. dont il fait Façon étrange pour *£ eclorre p ous " . après les avoir nourris par quelque temps. lesquels de- meurent dans le pannier en levant la mesure : et les acheteurs. Les citoyens sont au parler deshonnetes. que communément rompus. prennent mille œufs. vont et delà s'en d'un à autre bourg en s'ebatans. avec mesure dont rendent un grand tribut au Soudan. et couchant. leur est permis Loy mahommetane. et au dernier d'iceux. Quant aux artisans. surmarchans l'un un etages. s'il avient que quelqu'un d'entre eux invente quelque nouveauté industrieuse touchant l'art. et au- et lent commencent lequel les poussins : moyennant eclorre à la à met dans de grans vases par l'autre file. dont pour : les vendre.

et a tel joyeux spectacle s'assemble une grande multitude de gens. il y en : et lors eut qui avec toutes sortes d'instrumens alloyt triom- phant par pour avoir trouvé la subtilité d'enchéner une puce qu'il montrait sur un feuillet de la cité. dont un chacun des religieux mange orils Religion legumage dinairement chair de cheval. les font acheter à leur boucher. tant qu'à grand peine papier blanc. ne sont pas plus tôt mis en pièces. uns et en sachans quelques d'estropiés. : et se commune entre eux. prit. et y pourroyt on seulement trouver un couteau pour trencher de fromage. les avec comme s'il une pièce le pare d'une casaque de drap d or. Il y a une religion de Mores. Au reste. qu'on leur fait faire soudainement. La les hardis chair de bufle est la plus force de Mores usans de chair de cheval. et si par cas d'aventure ils s'a- niment les uns contre mailler. les là et petite. ils démêlent leur querelle les autres. Du par les bouti- plusieurs ménétriers chacun luy donne temps que je y étoys. le mènent ques.HISTOIRE 376 on profession. qui après les avoir engressés. et au contraire on la met assés amples. comme il s'use en cour. les habitans sont de peu d'esne tiennent en leurs maisons aucunes armes de quelque sorte que ce soyt. et compagnons du métier la solennité de triomphoit d'argent. avec voulans seoir pour manger. où ils mènent à la boucherie. étendent une nape ronde quand il n'y a pas grande famille. que la . se à voulans cha- grans coups de poing. mais ne se partent jamais. que combatans n'amortissent leur colère par un acord.

musulmane. au moyen de quoy ils se contrarient fort en leurs opi- nions. de diverses cerimonies. qui par leur argutie tils moyens terminer feirent choses particulières souz et y eut il et sub- comprindrent les de les universelles écrites Mahommet. toutes différentes les unes des au. très canonique spirituelle et mais civile.. s'etans acquis une grande réputation par leur merveilleuse doctrine.ET DESCRIPTION DE I/AFRIQUE chair en est incontinent enlevée ChenenV religion El : le et se nomme cette laquelle est ensuivie parles Turcs mammalucs. Dans . et par toute l'Egypte a y il quatre religions. ce qui : entre eux quatre personnages fort versés aux lettres et Q uatre lcraent par tout le . et l'interprète à sa fantaisie. si ce n'est nage. le rite le et nom hanéfite. la cette sont elles Loy mahommetane manière. avec Asians. d'un des quatre rites - rell'g ions seu - Caire orthodoxe d en Egypte. la Lisez religion : à la secte laisser la doctrine receuë. dont un chacun d'iceux fait venir à l'é- criture à son propos. kjui-l. quant aux cenmonies de leur Loy règles de la est r . l'opinion n'oseroyent contrevenir ny duire à une autre. tellement que tous hommetans ensuivent autres. El-Hanafia. . Ceux-cy. 377 plus grande partie des la Caire. . Anciennement toutes fondées sur avenu en et de grand jugement. pour qu'ils se ré- quelque docte person- rendre raison de sa fov. et par l'estime qu'on fai- soyt de leurs écris. . et ont prinse. qui puisse entendre I. furent chefs et premiers auteurs les ma- des uns ou des de ces quatre religions.

et aura son renvoy devant un autre député sur les est juge la de religion nommée prééminence sur tous la commettoit religieux cerimonies de châtié et moyen tre les prêtres Esfa fichia contre délit religion. mêmement le populaire. mais l'autre peut appeller de la sentence en soyt à son cas qu'elle desavantage. tellement qu'il ne se trouve canton. comme en plusieurs combien que les quatre religions pour cela les sectateurs ne se portent aucune rancune ou haine. dié s'atachent souventefoys de parolles. Si puny par son juge eux tant mêmes. celuy qui tenir sa il fait ajourner son adversaire fait cause devant son juge.HISTOIRE 378 ce. expédient qui Outre tenans souz eux une infinité de juges. le rite chafcïte qui aujourd'hui encore est répandu en Egypte. Et se contrarient totalement.sUJI. le faisant meilleur de leur savoir. quatre chefs les seroyt il à la ayant aucun règles et grièvement rigueur. ou quatre personnages où là establis choses de peu d'importance. ils le plus . Mais les gens de jugement et qui ont étu- autres choses. meuve procès n'y en troys ait pour décider Et avenant les qu'il se entre deux parties de diverses reli- gions. en quoy employent i.argumentans ensemble en choses particulières. les autres juges. et jugent les choses de conséquence. sa d'autant qu'il '. il y a dans cette cité quatre chefs de juges. Par même de ces religions sont differens en- à faire l'oroison. pour prouver Ech-Cbafiïa J^.

le par toute l'Afri- domaine du car Sofi. tellement qu'ils sonttenus hérétiques. le les passer plus outre et venir aux injures.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE montrer par évidentes raisons que et tiennent mérite d'être préférée Mais encore lieu. ce de trop grand pois. la règle qu'ils et tenir si que est-ce detractoyentenrien des quatre doc- s'ils susnommés. Mais roit fort fâcheux quand et je me considère bien. teurs met leur frein. premier le soyent quelques foys trans- qu'ils portés de colère impatiente. pour cette heure m'etendre à déduire si je et de pour se- voulois expliquer toutes les raisons d'où sont yssues et procedées tant de douteuses teurs : au et différentes moyen de quoy opinions entre ces docje remettray tous espris curieux de savoir d'où provient la source. encore moins à l'opinion ces quatre docteurs. qui fut homme la doc- d'un admirable ju- i. car en icelly j'ay traité fort ture d'un amplement de la Loy mahommetane. même hors mis l'Asie. fut un des principaux théologiens musulmans qui employèrent les preuves intellectuelles pour défendre les dogmes de la foi. mort en 330 (941). à la lec- mien œuvre. Aboul '1-Haccn Ali El-Achari. peuples qui sont souz sa seigneurie n'y ont au- cun égard. suivant trine de Malichi. et garde de Quant à la opinion. ils sont tous d'une imitent Hashari a que 1 . à cause qu'ils chef de tous les théologiens et régies. ny respet. qui leur satisfera et les en in- formera plus au long. qui sont observées fait les chasti- le et âpre punition corporelle qu'ils sont asseurés de recevoir foy. ment 379. .

et (chose autant merveilleuse comme épouvantable) ce buste demeure en vie par l'espace tentiés par la cour. parlant tousjours à ceux qui luy tiennent propos. qu'on mène par la cité. fault bien qu'il Medinet en-Nebi. L'un des ministres du bourreau le tient par les deux pieds. et leur vient on à traire à la le la peau coudre remplie de son.11 cruels.. est le corps de justke adminisu-atée. dont celle devers la tête est mise sous un fouyer de chaux vive. quant aux mai-faiteurs. Les tormens . là où approu- et est sa doctrine vée par toute l'Egypte.| Â^ju.HISTOIRE 380 gement. de Medine Talnabi la cité 1 . natif de Mahommet. Surie et Arabie. du Prophète. Les voleurs et rebelles s'ecorchent tous vifs. l'autre par la tête et l'exécuteur de justice avec une epée le met en deux parties. mêmement à l'endroit de ceux qui sont sen- où qui dérobe est pendu et qui commet quelque homicide en trahison est puny en cette manière. que j'aye la point veuë en quelque part. Toutefoys il s'en donne garde. à nom- meurt incontinent.. Ceux qui . j j v et suplices des delinquans sont tresredoutables et 1. s'il ne luy est il expressément enchargé par i. la ville la justice. cette manière de suplice plus cruelle. me semble publiant les délits qu'il a commis. avec le fer. là d'un quart d'heure. et . que pour ce que rendre bril le l'esprit. je me soys retrouvé patient ahanne merveilleusement Mais le si bourreau ataint le . est de sorte qu'on : semblance d'un homme : et la et fait puis sous- en cette façon met on sur un chameau. avecgrand' rigueur.

la chaîne : acompagnés de quelques garçons mendians et revient leur leur taille ils I- 1 satisfaire. n'ayans de r • quoy col. si aumône à celuy qui les détient. loyt appeller à cette dignité Justice quant aux debiteurs.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 381 sont détenus prisonniers pour dettes. et si je ne suis de- renversés tous les Donques pour m'être retrouvé en Egypte un peu après ces mutations nouveautés par troysfoys. un desmam- cour de ces seigneurs. en l'an de l'incarnation mile cinq cens et dix huit. qu'à peine en peuvent- Quelques crians et barbotans mais tant y : je de ce qui passe en étroitement la office est elle de : tailler la crête femmes chose Loy de Mahommet nature des enjointe par combien que la cité ne say quoy non intelligible que leur a vont encore par vieilles la : : ne soyt observée qu'en Egypte et Surie seulement. il geolierpayepour eux au moyen envoyé ces pauvres misérables. ccu : et lors furent changés ordres et status des soudans. empereur des Turcs. PAR QUEL MOYEN ON PROCEDE A L ELECTION DU SOU- DAN ET DES OFFICES ET DIGNITÉS DE SA COUR La puissance grande et et dignité merveilleuse : du Soudan étoyt mais jadis elle fut rabaissée par Sultan Selim. lequel courte portion. propos ains tresseant que chose de la et il et ne m'a semblé hors de convenable de toucher quel- Or on soudesoudan. le de quoy au • vivre. .

là lequel leur ayant : région la vendus en et marchands au par les les achetoit baptême. qui étoyent tous chrétiens dérobés de leur jeune aage enlevés par et de Circasie sur menés puis Soudan mer Majeure. Mais cette cou- la tousjours le Soudan esclave n'avoit sinon depuis vingt ans en magnanime vaillances a vint à déchoir. dignité du Soudan. en tres Caire. envoyèrent appellerun prince en Asie. et non son père. sa renommée Du temps que le par tout l'univers. la maison courageux Saladin. avec le les consentement de ce doc- calife. Ce prince vint acompagné de cinquante mille chevaux et combien que à l'imitation des Arabes) et se appelloit . diligemment instruire aux les faisoyt Arabesques. Tartares en les d'élire lieu. qui par ses et epandu que çà. ce . Ased ed-Dîn dernier se était l'oncle paternel de Saladin nommait Nedjm ed-Dîn Avyoub. la dont peu à peu ils le et let- au parvenoyent offices et grans etas. étoitsurle point de se rendre tributaire) teurs et juges. : : i. roy de Jérusalem attenta de s'emparer du Caire (qui desjà par la pusillanimité du calife. nommé Saladin voulans faire un capitaine général et chef d'armée pour résister aux efors du roy de Jérusalem. la métier des armes aux tume du où renier le langue Turquesque. jusques à tant qu'ils étoyent proveuz de eu : fait Caffa.HISTOIRE 382 malucs. quien avoyt seul la jouyssance. d'une nation nommée Curdu (peuple habitant dans des pavillons 1 Azedudin avec un sien fils.

se voulut emparer de la plus facilement y avenir. le : scisme. ilpromettoit quelque grande chose de luy à l'avenir) le créèrent général de l'armée pour marcher contre l'ennemy luy remettans entre ses mains tous les : revenus d'Egypte. se voyant dénué de toute defence. qui étoit vray pontife. voulut faire empoisonner le Saladin. et les rangea à son vouloir les de- et : de Jérusalem chassant qu'ayant fait. comme bon après avoir déployé luy ses etendars. puis envoya rendre obéissance au calife de Bagaded. s'en de et toute retourna au Caire la Sirie : ce où étant seigneurie et pour : là parvenu. vingt trois ans le pontificat. dont principaux avoyent tout maniement des affaires le du domaine entre leurs mains. le appartcnoit. et le de d'iceux Mais ces choses Soudan de Bagaded. pour mité 383 grande magnani- la qui luy faisoyt compagnie (dont et vaillance. s'achemina contre les chrétiens. pour en disposer Or sembleroyt. mis son armée en campagne. Le calife.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE Saladin fut de jeune aage. tuer les chefs de garde du feit qui étoyent de calife. rent en grand discord au bout et calife par l'espace à qui ainsi Saladin entrè- pour ce que celuy de Baga- . avec demeura entièrement au de droit elle passées. lequel s'en étant aperceu (comme cault et rusé) le feit incontinent mourir. ayant prins fins sa vie. c'est à savoir les il : deux diverses nations : des Noirs d'Ethiopie et Esclavons. Car celuy du Caire. avoit usurpé et exercé scismatic. la dignité de Bagaded.

Après le decés du Saladin. qu'une partie de demeurée aux guerres passées. bons soldats et ministres de tout le domaine. L'auteur a d'ajouter que le la voulu dire de Mazenderan nom de Ganges a été mis ici et de Thaberistan. le gouvernement du domaine demeura à sa postérité par l'espace de cent cinquante ces esclaves creurent en coutume d'acheter esclaves ne print fin. fut maintenu des Tartares. souz lequel si grand nombre. craignant sent sur les chrétiens ne se ruas- Surie pour se venger des outrages qu'ils la avoyent receu de luy.HISTOIRE 384 ded (qui étoyt d'une nation d'Asie. de Mazandran etEvarizin ' : et jadis qui sont seigneur deux provinces Ganges) pretendoyt droit sur le Caire dont voulant mouvoir guerre contre le Saladin. partie le reste écarté çà et là. Joint aussi. pendant ce temps. . qu'entre eux se trouvoyent de tresexpers capitaines. Mais venant sa maison en décadence. les esclaves eleurent un vaillant homme. la discipline militaire et que. ans. et 1. que les roys d'Arménie souloyent enlever pour les envoyer vendre au Caire. D'autre part.Voilà pourquoy il acheta des esclaves de Circassie. qui etoyt la apprendre la exercer langue Turques- langue du Saladin . ses gens étoyt etoufée de la peste et là où le soudan leur faisoit renier leur foy. Inutile par erreur. détenu aux afaires du royaume. qui s'étans acheminés à Corasan le molestoyent grandement. le soudan du Caire se voyant estre réduit à grande sur fleuve le : que perplexité.

U techtfhbJnah. qui secondoit celle 1. que royt succéder à la : dignité paternelle. que premièrement renié. à n'y ont pas voulu con- sommaire de l'histoire du royaume des Mammalucs. et valu et n'a peu sortir tel efet. graphiés. foi. émir khaqendar. I. Ils titre qui. Mammalucs cause que les a peu qu'ils esperoyent. émir elf. et que entendant de Circassie et il entre- où pour moins un n'eut été chrétien langue turques- et parlant la là : on d'un soudan ne pour- le fils Mammaluc. 305). qui jusques à présent de main en main ont mainVoilà sentir. LES ETATS DE LA COUR DU SOUDAN DU EDDEGUARE CAIRE. jS _^. uatb es-soul- j$^\ j^\ . jljjjli. et de leurs princes apellés soudans. Les divers titres énumérés ci doivent être lus ainsi dessous sont le plus souvent mal ortho- dewadar. «Ulii^k.émirmia. t. : ^J jljlij . en l'année émit sildb. .' ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE nommé pour soudan. . tenu ce le nom de soudan.l. ni. ni. à Seïf ed-Dîn Cheikhou (Tarikh Mi. akhor. «OL> j?\\ Création du soudan. selon Ibn Ayas. bien et dès lors 385 cette cause plusieurs soudans ont envoyé leurs enfans dés leur jeune âge pour aprendre le langage et coutumes rustiques. . â. émir kebir. Eddeguare étoit une dignité. jta'jj. afin qu'ils fussent mieux capables pour parvenir aux grans etas Mais ce projet leur dignités. tint cette Peperis coutume. p. ostadar. . fut donne pour !a première (1354) tana. àUaLJI wol/ «JJI jj»I .

bessan dignité de vicesoudan en Surie. les faisant mar- : cher contre les Arabes ennemys. et autres choses nécessaires. par le Ostadar étoit le maitre du palais du soudan. exerçant la distribuoit là où gouvernoit. avait la tenir la cour fournie de vres : pour puis après en charge de chevaux. avec ce qu'il pcuvoit ployer les trésors nécessité Naï en toutes choses étoit le quart ministre. dispo- faire ser des ofices. démettre les oficiers et toutes choses avec autant d'autorité sonne même ordonner de comme sa per- tenoyt une cour de bien peu infé- et du Soudan. sixième officier. de réponse.HISTOIRE 386 du soudan. harnoys acommoder la et vi- famille . auquel cetuy étoyt tenu de rendre quelque mille sarafes par an. rieure à celle Amir à celuy est la tierce cabir en étoyt jouyssant. deniers les comme bon luy sembloit et forteresses étoyent entre commis qu'il estimoit la le requérir. et em- : toutefoys les châteaux les mains de châtelains soudan mêmes. bien entendu. qui l'exerçoit. lequel donnoit toute puissance commander. du seigneur. et telle prééminence qu'un dreçant armées. et qui eût été nourry en la cour du soudan. il du revenu d'Assyrie. avoit capitaine général quiconques dignité. qui avoit charge de la provision des vivres et de toute sa famille. d'habillemens. Amiri achor. et constituant châtelains par toutes les cités. Cet ofice souloyt être exercé par quelque honorable vieillard.

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE du Soudan. tenoit conte du revenu qu'il levoit du royaume et se rendoit entre les mains du Soudan puis consignons entre les mains des banquiers ce qui se devoit : dépendre : et le reste enserroyt dans la forteresse du Soudan. qu'il les et har- enfermoyt dans faisant fourbir et radouber selon qu'elles en avoyent besoing. Testecana étoit en ce. et acompagnassent Tacotans semblablement. Et pour icelles mieux entretenir. il avoit souz luy plusieurs mam- malucs. étoit exercé par aucuns mammalucs. selon le degré 387 d'un chacun. sa charge. satin. batailles. le dixième. le huitième. et qualité Amir alf. Chasendare. lesquels palais donnoit à celuy qui en étoit proveu : distribuoit selon qu'il luy étoit enchargé par qui les le sou- . les habits du Soudan. l'onzième de tenir en ordre qui consistoit office. eussent aucuns souz leur charge. Amir silech. les mia. le neuvième. et les armées du Soudan. quand à ses avec : Soudan. qui avoyent telle charge et autorité qu'ont les colonels en Europe. le septième. étans le maître du de drap d'or. veloux. le donnoit journée il ennemys. étoyt qui le thresorier. et un chacun d'entre euxétoyent chefs du reste des mammalucs avoyent charge de ordonner qu'ils gouverner Amir ce. avoit les armes noys du Soudan en une grande sale. requeroyt que ceux qui mammalucs en étoyent proveuz.

plat pais . et soy. et . ou bien à donner confesser les crimes ocultes. chandelles de tapis. . . es-so'a. ou se transportoyt en quelque lointaine conLe soudan même vam ser- d'exécuteur de trée de ceux-cy se faisoyt et : le bourreau. .jd> 4. mêmement nes vives. lors qu'il marchoit en le cam- pagne. cire faites avec ambre gris servoyent de lumière chambres po- les et moyen au : de quoy elles parfum tresodorant.\j*1 ne trouvoyent sinon ou jljJ^O. j\j. pour aprendre. chariot du seigneur. comme serbadare qui étoit le sommelier du Soudan. . faisoyent tous les jours soissante mille de à cause qu'ils î. qui portoyent à pied. d'ecorcher les personla Il les lettres géhenne pour faire y avoit encore les du Caire en Surie.. alU.\à 3. r gnoyent quand il alloit taire exécution de justice. quand en audience : il alloyt s'ebatre et sieoyt qui cheminoyent avant les addauia. Probablement thàbourkhanah. 2. tenoyt certaines eaux de sucre et d'autres mistionnées. {f. Puis y avoit encor des sebabathia (estafiers) et d'autres 3 appelés taburchaina (hallebardiers) députés à la garde du soudan. . quand on en av0 yt faulte puis tous ensemble l'acompa. . Puis les farrasins la - (chambellans) qui avoyent charge semblablement de tenir ornées de lies et draps de soye. . et chemin. Il 1 . haute justice.. iU*JI.cherbaddr.. HISTOIRE 388 dan à cause qu'il souloit vêtir tous ayant office : de y avoit encor d'autres officiers. ferrachin.ï. esuha 4 .

Les derniers s'appelloyent 1. SOLDATS DU SOUDAN Ceux qui étoyent à s'appelloyent caschia excellens au soyent cités. Les seconds s'appelloyent esfeihV. qui demeuroyent à l'ex- leur salaire en la pectative. aJu*J\ . DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 389 larene qui est entre l'Egypte et Surie. chose surtout fâcheuse. et aux autres étoyent distri- buées les rentes des vilages et châteaux. capitaines et Les uns avoient gage de la et d'iceux s'eli- gouverneurs des chambre du sou- dan. 1 soude du Soudan se divi- la soyent en quatre parties : dont ceux de la première (chevaliers) lesquels étoyent maniement des armes: les châtelains. ne portans autres armes que l'epée seule : et étoyt prins chambre du seigneur.\c. el geleb. lesquels étoyent nombre des leurs dépens soldats.fort et sec. : provisionnés outre sans avoir autre chose le que mais un des mammalucs. mammalucs de nou- . que l'un de ceux-cy entroit en sa place. 2. qui avoyent provision. Mais ceux qui portoyent de plus grande importance. <U£. es-seifia. et étoyent ghachia. n'etoit pas plus tôt décédé. en deniers contans. alloyent sur cha- lettres meaux en grande diligence. qui étoyent fantes à pied. Les tiers se nommoyent el-charanisa.

en moins de sixmoys. et condition. mohtesïb : ayant : nadhir hhass. les lettres.moiiaqqi\ «S^. Les titres ^U. et faire du Soudan. el-hodjdj. NADDHEASSE 1 Cetuy-cy avoyt la charge d'acenser les gnoit les rier : douanes et domaine du Soudan puis consideniers d'icelles entre les mains du tréso- gabelles de tout le bien encor l'once de douannier et exerçoit en quoy faisant. de ces divers kdteb es-sirr. : retiroyt de profit une : de mais personne n'eût peu parvenir à ce maniement. mais plus féal envers i .HISTOIRE 390 veau venus. qui n'avoyent encor nulle cognoissance de la langue Turquesque. ^^Jj£ . tenoyt conte particulier de tous les cens des terres d'Egypte recevoit grand revenu . . et de plusieurs ses sujets. Muachib étoit le second secrétaire. . sarafes infinité : Chetebeessere office il de dicter étoyt le qui outre son réponse au nom secrétaire. ny Moresque et : qui n avoyent encor montré parangon de leur proèsse. émir .^~\ jul. j&K . fait OFFICIERS DEPUTES AU GOUVERNEMENT DES CHOSES PLUS UNIVERSELLES. qu'il ne donnât premièrement au Soudan cens mille sarafes. qu'on retiroyt puis. officiers ^Ol le de moindre Soudan doivent être lus ainsi ^jfe'. ny aucune preuve de leurs personnes.

selon l'abord des navires qui de Sahid muachib et canceier. et punissant : capitaine vente des grains pris d'icelles. le pris et haussant. en de la et suffisant.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 391 l'égard sur les brevets écris par le premier. et places le encore selon l'acroissement du et Rif. mener en compagnie plusieurs autres mammalucs sa . les status étant au Caire. et de toutes viandes consul. de Nil à dépê- jour non seulement mais de tous les lieux : constitue ses lieutenans. qui luy sont tributaires. que en blanc. que peu souvent ytrouvoitque redire Muhtesib etoyt le comme un commis sur la place. qui se trouvât la cour du Soudan la caravanne. qui alloit une foys l'an du Caire à Meque : : avec ce qu'il étoyt capitaine mais ce voyage ne se pouvoit avec grands et moindre autorité. Mais le premier secré- puis ecrivoyt : l'écrivain avoit laissé le souz luy de copistes tant expers taire tenoit cher ces commissions. que donnoit coutumiérement cheggi n'étoit de el frais maintenir telle et dépens. transgresseur de le que viennent quant au pourpris de de l'Egypte. etétoyent conformes aux commissions du Soudan nom du seigneur. Amir de grande charge et se : au plus riche mammaluc. s'ils se raportoyent. : ou et rabaissant ordonnée par étoit dit. le la cité. où là il peine qu'il Il me fut capitaine retiroit de cet le office environ mille sarafes telle du Soudan. pompe et faire sinon on y vouloit garder bravade. que la gran- si Et avoit de coutume deur de cet office le requeroit.

à l'objet par l'île séparée ' de : à la vieille étant fort bien peuplée. du ny soulagé dépense qu'il faisoyt y avoit plusieurs autres officiers en la cour de ce seigneur. qui y viennent expres- sément pour l'acheter. et puis le revendre dans le Caire. que si je les vouloistous déduire particulièIl comme rement. mais pour autant qu'il des montagnes de Barcha est ennuyeux de leur faire passer le fleuve dans la fabriqués par aucuns : : barque. encor moins des voituriers. et la grande sans en être aucunement relevé. GEZA Geza cité. * e jJL|. ce seroit chose autant fâcheuse. mahommetans. requeroit l'espace de troys moys.Gizèh. soudan. Et certes ne se pourroit bonnement exprimer le : grand travail. il y a là des bouchers. 11 y a un grand nombre d'artisans et marchans mêmement de bétail amené par les Arabes. il y a à force jardins et : i. que cetuy-cy suportoyt. pour leur récréation. moy peine superflue. est une de laquelle cité sur elle est le Nil. Sur le fleuve est assis le temple de la cité entre plusieurs autres somptueux et plaisans édifices et au contour d'icelle. tant pour l'aller que pour le retour. .HISTOIRE 39 2 pour escorter la voiture laquelle. CITÉS SITUÉES SUR LE NIL. et embellie de beaux édifices civile. et de nul fruit.

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 393 possessions de datiers. Les Nil. qui se font au dé- Neantmoins quand on a quelque bordement du homme expert pour guide. Là aussi s'acheminent plusieurs artisans du Caire pour retournent encor leurs afaires. du comme circuit y a est le temple de sur plusieurs figues égyptiennes. édifiée sur le Nil du temps des Egyptiens. ornée de belles maisons édifices. puis s'en en leurs maisons le soir : et qui prend envie de se transporter aux pyramides (qui sont les ment sépultures des anciens roys. le et . Autour possessions de dates et coutumes des habitans ne que tiennent ceux du diférent pas guéres à celles Caire. distante de la vieille cité environ troys mille. lieu ancienne- appelle Memphis) par cette cité c'est le droit chemin à passer d'où jusques à ces pyramides fault tousjours traverser par déserts et pais sablonneux avec plusieurs gours et marets. on peut facilement passer outre. Nil. MUHALLACA Muhallaca est une petite cité. sans se grandement discommoder.

et en cas qu'ils* se viennent à rompre (ce que avient quelquefoys) l'eau se répand par la plaine. là s'acheminent gens en grande assemblée pour acheter diverses choses. mais depuis les murailles jusques au port de Sinay ne se trouve aucune habitation. là où elle demeure dans aucuns lieux en forme de lacs.HISTOIRE 394 CHANCHA Chancha cement du est une grande cité située désert. . qui viennent du grand Caire. com- bien qu'il y ait de chemin cent quarante mille. et delà à la décrue reprend son cours à puis demeure dans la cité par quelques conduits. au seize mille laquelle est ornée de temples superbes édifices. qui va à Sinay. ne Il demeure procèdent deux grans l'un tirant droit en s'y Arabie. Les habitans sont médiocrement riches. tresbeaux coleges. pour ce que faisant départ la caravanne pour suivre la route de Surie. de laquelle chemins : Surie. les citernes et conserves. car il ne croît autre chose que dates au terroir de cette cité. et le Caire y commen- du Caire environ somptueux. que de celle qui du Nil dans les canals. l'autre en trouve autre eau. Entre icelle et a plusieurs jardins de datiers par l'espace de six mille.

terre. après le petite cité édifiée sur le rivage dont Caire. 92). qui sert à faire de les habitans se mêlent de cultiver la hors mis quelques uns qui tiennent boutique.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 395 MUHAISIRA Muhaisira du une est Nil. elle est distante par du coté de levant. que aujourd'hui autrefois L«i! Binimsa le Nil mi- chef-lieu (cf. là où l'on en déliées. Thunes de Bar- des toiles merveilleusement a. nommait partie. Ce terdu grain de cisamon en grande aboncause de quoy il y a plusieurs moulins l'espace de trente mille roir produit dance. distante : fournit. /. Béni Souaif. 9 e se fait Mais un mal y ^. la graine d'iceluy. «JL«— district de Mobarek. p. à pour moudre Tous l'huile. Ali d'un Pacha . 1. c. et fermes. même nom. que toute l'Egypte s'en coté d'Afrique. lequel y est d'une si grande perfection. et se transporte jusques à barie. benisuaif Benisuaif est une petite ' cité édifiée sur le Nil du du Caire environ cent vingt mille étant environnée d'une tresample et bonne campagne à semer chenevé et lin. Cette localité.

Avant de subir son supplice. deux cents tresbelle cité. gestion des finances de l'Egypte Abd el-Hamîd. Mouniet Ibn Khacîb du temps ^^A- . elle était située sur la rive gauche du Nil à deux journées de son sujet marche au nord de Syout. Khacîb avait pris soin d'une grande valeur pour subvenir à qu'il de faire coudre dans son vêtement un joyau comptait sans doute ses besoins. pour les punir. jaloux peut-être aussi de la popularité de son représentant. l'a cette cité se trouvent des crocodiles. qui personnes. diminue à vous sera il recité pour Par delà dévorent les par cy-après MUN1A Munia une est Ce nom de Munia. i. qui avait à se plaindre : des Égyptiens.HISTOIRE 396 nant sans cesse. la temps. comme au animaux. datiers. que je et Les habitans s'adonnent tous acoutrer ce lors à divers labeurs recueilly. confier l'administration financière de leur pays à un venu homme conséquence il de la de toutes serait capable pour choisit plus basse extraction. espérant qu'un par- les la tyrannies et de toutes les exactions. après qu'on lin. Ibn Batouta rapporte à l'anecdote suivante Haroun er-Rachîd. voulut. car Khacîb et se fit adorer de la par une générosité peu population par la commune. Crocodiles. Pendant que le utiliser dans sa disgrâce malheureux intendant exposé sur une place publique de Bagdad.%' ville dont est ici il question s'appelait ÂJL». Fort sagesse de son administration irrité de ce résultat inattendu. chrétien. un poète vint lui était réciter un . édifiée qui signifie embarcadère. emporte la terre de atira plus il débordant et mémement y etoys. Les prévisions du khalife ne se réalisèrent point. était porté par environ La localités d'Egypte. Khacîb ben En un esclave qui remplissait l'office de chauffeur des bains du palais. chîd le destitua. livre des et moytié des possessions de . lui fit Haroun er-Ra- crever les yeux et ordonna que le malheureux fût exposé sur une des places publiques de Bagdad.

Ali le ses se canton de Pacha Mobarek. édifices. Khaclb. avec quelques masures. n'y ils pour autant que cette environ cent octante mille. tresfamilier 397 lieutenant nommé el Cha- d'un pontife de Bagaded. partie. qui fut du temps que les Hébreux partirent d'Egypte. ne voulant repentit de sa cruauté et Il la se une faute typographique pour ll. 51). mais sauroyent arriver tous cité en est distante frais . point habitudes généreuses. depuis lors. qui. et est embellie de tresbeaux logis. Les habitans sont opulens. royaume en la terre des Noirs. qui s'y voyent du temps des Egyptiens. en haute assiete. Instruit de ce Mounia /. bl fijum ' Bl Fijum est une ancienne par l'un cité. édifiée des Pharao. Lisez fonda riche joyau qui son ancien esclave d'Ibn Khaclb em- où croissent là poème composé en son honneur. lesquels furent par ce roy ployés à faire des tuiles et autres choses. sur un bras du Nil en hault lieu. du un coté de l'Afrique. le manquer : El'Fayyoum] bl est les à Haroun er-Rachid (cf. des raisins souverainement bons. dont s'en transporte au Caire une grande quantité. p. 16 e 1. étant en- vironnée de beaux produisans jardins et vignes. temples. pour ce qu'ils vont en marchandise à Gaoga. n'hésita pas à donner au poète constituait son unique fortune. donna en iief à nom fait.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE Mahommetans des sur le Nil. prit le c. par sib. .

et habitée d'artisans. mais chaleureux.HISTOIRE 398 dates en abondance. et de l'autre des Manfabuth. puis démolie par les en après au temps des été à faire inhumé Joseph. qui a été autrefoys (à ce qu'on en peut comprendre) quelque temple et somptueux. à auparavant. et olives qui sont bonnes à manger seulement. sont merveil- moyen de quoy . ' Là ense vely fut puis et Hébreux furent La fugitifs d'Egypte. ayans d'un revers têtes lettres de roys anciens. où Le territoire est les crocodiles et nuisibles. Manfloth fiée par les est * une tresgrande et ample comme rien. mêmement de tis- de toiles. rhuile Jacob. J»-JL«ù*. °enîJy\mj£m. au abondant. siers et . édi- Romains Egyptiens. et auprès se trouvent des ruines masures d'un grand édifice. fils de Moyse lors que les MANFLOTH mais non transporté par fort peuplée. d'argent et de plomb. Mahommetans comparaison de ce On y void à cité. cité est civile. avec des fruits. là leusement molestes i. là où les habitans trouvent souvente- foys médailles d'or. égyptiennes. rehabitée. qu'elle avoyt présent aucunes grosses et hautes colonnes desquelles sont soute- nus certains portiques où sont gravés des vers en langue égyptienne.

qui ne mangent chair ne poisson. asioth 1 Cette-cy est encore tresancienne le cité. cette cité fut habitée par plusieurs nobles chevaliers. où a plus il y de cent moynes.272). mais usent de pain.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 399 l'on presupose que cette cité fut abandonnée par les Romains. I. Elle est de merveilleuse ornée de plusieurs anciens epitaphes en caractères égyptiens. mais tous Au temps des Mahommetans gâtés et cancelés. Yaqout indique l'orthographe Asyontb 1^.p. et civilité. herbes et olives. ils savent apreter des viandes assez délicates et savoureuses. est fort riche. renfermait soixante-quinze églises chrétiennes pour ses t. ses coings et et Il au moyen ajoute que cette ville qu'elle était son opium (éd. édifiée sur Nil par les Egyptiens. au dehors un monastère de ces chrétiens. . son sucre. Toutefoys ceux qui y font aujourd'huy résidence sont assez riches pour ce qu'ils trafiquent ordinairement au pais des Noirs.1. Il y environ cent maisons de chrétiens égyptiens. renommée W'ustenfeld. avec troys et ou quatre églises. étoffes. sans qu'ils les asaisonnent de gresse en sorte que ce soyt. Ce monastère 1. distante du Caire environ deux cens cinquante étendue. et mille. et jusques à présent s'est a maintenue en grande noblesse dans le circuit d'icelle.

sinon les fonde- les mens-. il est ici ^>y> (Yaqout. Car les co- lomnes et autres pierres furent transportées tre coté du Nil. dont ^J. édifiée par Ichmin fils de Misrain. Ikhmîm. Selon Maqrizy cette ville aurait été le fondée par Monâqious (jj»j^*JA^A\. 662). de sorte. IV. et d'icelles de l'au- on donna commencement à l'édification de la cité ensuivant. nourrissans plusieurs co- lombs. qu'il n'est demeuré autre chose de cette cité. Wustenfeld. le père duquel se nommoit Cus. t. ICHMIN i Ichmin est la plus ancienne cité de Egypte. pour causes cy-dessus contenues. témoignage piteux de sa ruine. fils de Hen. mais elle fut détruite lors- que les Mahommetans passèrent en Egypte.HISTOIRE 4 oo de quoy leur coutume est de donner à manger à tous étrangers qui s'adrecent là. copte 2. Quatre bourgs d'Egypte portaient El-Mounchiya. MUNSIA" Cette cité donques fut édifiée sur i. poussins et animaux pour ce respet seule- ment. question est vraisemblablement celui du éd. p. . loing du Caire par l'espace de troys cens mille du coté de Levant. Celui district de Qous . et les hébergent par l'espace de troys jours. et la situa sur le Nil du coté d'Asie. Nil de la ce le prince nom.

26 . GEORGIA. qui donnoyent à boire et toit 1. iMONASTHRL Georgia fut un très riche et ample monastère de Munsia chrétiens appelle Saint George. ni. avec domaine de cette en recompense de quelque secours qu'il donna seigneurs de Haoara. par un seigneur peuple decendu du de Barbarie.). 1. p.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE un lieutenant de quelque pon- partie d'Afrique par et est tife. dans lequel demeu- royent plus de deux cens moynes. la 401 abondante en grains grâce ny beauté. fondateur je ne me maintenue par de laquelle longtemps en si elle fut cette seigneurie. mais fort elle n'a sont étroites. et animaux. et obtint cité le du grand Caire. manger à tous étrangers. et ce que leurres- de leurs viandes. envoyoient au patriarche du L'histoire de la tribu des Houara (Histoire des Berbers. Car toutes les rues saurait-on cheminer en été pour et n'y grande poussière. est donnée par Ibn Khaldoun 27. privée de notre temps par l'em- pereur des Turcs Suliman neufième. de Slane. Si est-ce que sauroys persuader que cette famille se soyt à l'esclave. jouyssantde grandes terres et pâtis autour de son circuit. trad. t. qui Elle souloyt jadis s'y lève. son territoire. distant de par l'espace de six mille. qui se nomafrican moit HaoaraSpour ce que ses prédécesseurs etoyent être possédée.

en sur quoy à autre chose qu'a faisant. et édifiée. avec une infinité de pi- geons. qui le faisoit distribuer à tous les pauvres chrétiens. le- un autre monastère au lieu où douant de si bon revenu. desquels s'en donnent dix pour huit ou dix y a aucuns monastères de chrétiens qui ont coutume de faire repaître les étrangers suivans deniers. et là ce lieu. le que douze moynes en peuvent bien être entretenus. et bâtir maisons où vindrent demeurer plusieurs marchans et mêmes y voulut élire sa demeurance. aleché par l'aménité d'aucuns beaux jardins qui sont sur de côtaux prochains de artisans de divers métiers. Mais le patriarche des Jacobites en vint faire de grandes doléances en quel feit fabriquer la présence du Soudan. toutefoys elle de gens.HISTOIRE 4 02 Caire. qui ne le Nil. . au le moynes de Seigneur de Munsia la ieit murailler tout autour. ils se délectent à nourrir poules et oyes. fut édifiée la vieille cité. Mais depuis cent ans en ça se meit une peste en Egypte. que le là où il n'y a autre gouverneur avec toute mahommetan sa famille. la Il route d'icelle. que de chrétiens s'adonnent cultiver les terres. EL CHIAN El Chian est une petite cité assise du temps des Mahommetans n'est habitée d'autre sorte jacobites. qui extermina tous les moyen de quoy cette abbaye.

avec quelques emeraudes dedans aucuns puys. cultivans terre. Le où là. la abondante en grains pour ce que mais est rivent les navires pour charger les qui sont conduites par le viron cent vingt mille par 1. tellement qu'il n'en reste aujourd'huy que masures fort d'Egypte sur grandes . ceinte de murailles de pierre crue. port de cité lieu où ar- marchandises. Par dedans les ruines se trouvent plusieurs médailles antiques d'or et d'argent. ils musul- s'embarquaient . loin pour autant que d'icelle fut transporté à meilleur le Asna plus beau et dont nous par- cité. Les habitans sont gens de peu de valeur.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 403 BARBANDA Barbanda une est anciens par les édifiée cité du Caire environ quatre cens mille. Us. de un la rendre à Qpseïr où Médine. chana Chana est une ancienne ' cité édifiée sur le Nil par les Egyptiens. auquel ne se se réunissaient autrefois les pèlerins se est Nil du Caire à à cause qu'elle est prochaine de la mans de l'Egypte pour. Qatm. le Nil. la Meque. lerons cy-après. à l'oposite de Barbanda. était le point ensuite pour Vanbo. et fut détruite par les Romains. mer Rouge en- le désert.

. à l'objet duquel. belle. pour être située sur le combien que les Romains en ruinassent une partie. Siena commun non faut dire Isna. y en a un autre appelle Iambuth". mais en cetuy-cy y a un lieu où arrivent les navires pour charger les marchandises qui sont conduites à cette Medine (là où repose le corps deMahommet). de l'autre côté de l'Asie sur ïambuth. Sur 1 un port appelle Chossir Là se voyent plusieurs cabanes. Asna. et jwi. où l'on charge les mar- J a rivière d'icelle y a . Qoseïr. qui vault autant à dire comme belle.Du port de chossir. donc pas plus avec l'adjectif arabe le sens que (lisez Chiena). nom est. Pj-X- 5. '<C+ï. mais pour ue Siena se conforme avec un vocable arabesque <l ce q u i signifie laide. laquelle avec la Meque se fournit de grain en cette cité. attribue lui • . si est-ce que les MahomNil du côté d'Afrique.iaide. i. selon Yaqout.. port. la langue arabe. et sont de nates toutes les maisons de ce port. 2. à cause que la cité est fort somptueuse. chandises. une prononciation fautive cpui est Léon n'a rien de étranger à l'Africain. les Arabes luy imposèrent ce nom. même mer. Asna siena. fut anciennement appellée Siena. Yanbo. ce qu'il est fort cher es deux pour autres. Asna UJ. 40 4 HISTOIRE trouve d'eau depuis le Nil jusques à cette mer. il n'a . ASNA*. il L'ancienne appellation.

Elle chemin pour aller mer Rouge au commencement de l'Ethiopie. de sorte que les habitans sont opulens tant en grains et animaux. édifiée le Nil. asuan Asuan une grande est 1 cité par les anciens d'Egypte sur et ancienne. et pour ce le royaume de ne se peut naviger plus outre par qu'il mar- le Nil. comme train sur en deniers.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE metans la 405 renouvelèrent fort bien. On void dans le pourpris de cette cité (qui est fort ample). partie le Nil et partie par le désert. Il s'y trouve plusieurs édifices confine avec le désert. de très grans édifices. vient à s'étendre par la plaine. qui est le à la cité de Suachin. qui cause un teint fort brun aux habitans. Joint aussi qu'ils sont parmy les Nubes et Ethiopiens. et y fait une chaleur excessive en temps d'été. aucunes admirables sépultures. par l'espace d'octante mille du coté de levant envi- ronnée de bonnes terres. pour ce qu'ils mènent grand de marchandise au royaume des Nubes. Ou mieux Osouan. avec epitafes écris en lettres latines et caractères égyptiens. jl_j-l. distante d'Asna. pour ce qu'elle confine avec Nubie. . bien habitée et fort chande. située sur la 1.

outre trois mille Arabes de Modar et armés de lances et de boucliers en cuir drabah (Hadareb) qui. un font que les certain dans fils nombre de musulmans sont venus de Nizar. III. les Bedjah se fixèrent entre en plusieurs tribus leur pavs des et se la qu'en soumirent à des mines d'or Masoudi dit mer de Kolzoum : De « et le Nil. Le les adore une idole particulière (Masoudi. ceux de du Yémen. t. Finale- ment il ne se trouve plus outre. qui habitaient cette contrée. etans hors la puissance. Bedjah. Voici ce i. fils épouser à leurs filles. p. fils d'Ishak. 32). fils de Maadd. ny habitation qui mérite particulière description. avec le vaincre leurs ennemis les plus voisins issus de Modar. tenans le langage arabesque. ces derniers purent. car en cet endroit prennent fin les limites Or de son domaine. trad. Barbier et les nommé bedjaouï. émigrèrent dans et s'y rendirent puissants. fils hommes parmi même pays et les la force des secours de leurs nouveaux comme la tribu et deRebyah. leur côté partagèrent trouve dans natif et d'émeraudes. Ce chef a sous ses ordres. professent Ce sont et Hal'islamisme. Mais depuis la naissance et les progrès de l'islamisme. Les Nubiens étaient autrefois plus puissants Bedjah. Ils prirent des firent s'établir près des d'Allakiet d'Aïdab. et sont sujets à et nomme Buge ration qui se 1 laquelle . Actuellement. campagne selon l'usance des Arabes. appelées par eux 3arba. Ils se divisent en petites troupes qui. de toutes C'est-à-dire les Bedjah. envahissent la Nubie et y beaucoup de prisonniers. Prairies de Meynard.HISTOIRE 4 o6 anciennement bâtis par les Egyptiens. du Soudan. la mine appartient à Abou Merwan Bichr. de la tribu de Rebyah. cité. . avec quelques tours treshautes. hors mis quelques vilages de gens noirs. montées sur des dromadaires de race. égyptien une génédemeure en la éthiopien. Plusieurs Arabes de les districts de Kahtan alliés. ils se On rois particuliers. somme voilà en tout ce que m'a semblé recommendable. en 332 de l'hégire (943-944). Bedjah le les Cette double alliance ayant accru Bedjah. trente mille Bedjah montés sur des dromadaires de ce peuple est païen d'or. et d'autres de Nizar. Arabes mines d'or la tribu d'Adnân. seuls parmi reste Rebyah et leurs confédérés.

et j'en me menèrent retournay à Cana. et dcduiray particuliè- redigeray au jeune aage et dernier voyage que le Constantinople. les amplement acertené par tousjours été depuis moy par été je face l'Afri- la grâce tracer et mettre en du tout projeté. avec lesquels le le visitées. et courue.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 4 o7 plus fameuses cités qui soyent situées sur les Nil. d'Arménie . mêmes Tant y que a. d'une de partie Outre mon de laquelle ce. Italie. où faisans voiles sur l'Arabie déserte au port de qui est en Asie. avec cette autre partie d'Egypte qui est située en l'Asie. laquelle commencement. puis m'acheminant par finablement parvins jusques à m'embarquay. dont unes ont les autres j'ay veuës en passant. des bateliers. d'autant que. de la ay habitans les Caire jusques en Asuan. retour d'Europe. mer Rouge. j'ay délibéré réduire par écrit de point à autre et par le menu tout ce qui l'Asie comme ofert s'est en l'Arabie à ma veuë tant en heureuse. qui d'icelles. déserte et pierreuse. je poseray avec ses plus nobles et recoin- . Perse la et de en quoy faisant sieurs îles. tout par écrit. que ne tiennent rien de Souveraine Bonté m'octroye que mes ans soyent sufisans lumière l'œuvre jà par à moy je vinsmes surgir Jambuh n'est besoin il je le désert. j'ay de je et Tartarie. traitant encore de Babylonne. Puis le rement mon à j'ay là veuë en Egypte. fey de Fez à de Egypte en eu cognoissance de plu- moyennant la faveur du Seigneur. Mais si la qu'ils et de Zidden. et de là quoy mention.

des lieux où fin. et aporter contentement à ceux qui se délectent de telle matière. FIN DU HUITIEME LIVRE . fera cette éveiller je me suis présente description tous espris studieux. puis à la d'Afrique pour et suivant l'ordre. retrouvé.4 o8 HISTOIRE ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE mandables traiter de parties. viendray à j'enten l'Asie.

^lcIj : est surtout sous ses murs. du côté de levant.îU'. Tensifcst Atlas près de territoire Hanimmei la cité 1 . ANIMAUX ET HERBES PLUS NOTABLES DU PAÏS. plusieurs autres fleuves se joignent aveciceluy toutefoys il n'y en a que deux. TENSIF. suivant son cours devers tramontane par ce qu'il vient à ritoire d'Azafi. au de Maroc. qui connue par (juillet la bataille qui lut livrée 1529). être . doivent rétablis ainsi: Acifel-Mal. au terla région de Ducale. jUJI i_ft~*>l.. en 93s ue L'hégire Aaredj et Abou M-Abbas l'un est appelle Sifelmel. la plaine.^^'.et Nfis ou Nefis. la cognoissance La ville d'Aniramâï. jusques à s'emboucher dans l'Océan. tl> B>. entre Abou'l-Abbas El- El-Outthâsi. dont on qu'il . aye I.LIVRE NEUVIÈME OU IL EST TRAITÉ DE TOUS LES FLEUVES. Les noms de deux principaux affluents du Tensift. Mais avant en y tombe. ommençant du côté FLEUVE de ponant en un grand fleuve qui prend son origine à la montagne Barbarie.

autour de laquelle vient par la plaine. et qu'on sauroit trouver par toute l'Afrique. là mais qui passe il il l'eau surpasse les à pied est contraint de se dé- y a un pont prés de Maroc. provient d'Hanteta. qui profond. La montagne où prennent naissance les deux rivières appelées. Habu Dubus trancher admirables le 1 .HISTOIRE 4 io montagne prochaine de Maroc. Roudb el- Kartas. p. et ruinés par dernier roy et pontife de Maroc. quinze édifices Il un des beaux qui est arcs. le nomme L'autre se Niffis. près de la cité de Maroc. Ce dernier fut vaincu et périt dans la qu'il livra dans (30 août 1269). TESEUHIN Teseuhin sont deux fleuves qui ont leur source au mont Gugideme i. Beaumier. pour pas à Jacob. distans l'un de l'autre par l'es- La rupture du pont du Tensift n'empêcha pas Yaqoub ben Abd d'atteindre Abou Debbous. et de entre dans Tensif. 2. 376). avec la lui province de finit la Doukkala. dynastie des le el- ba- 29 dzou'l-hiddja 667 Almohades (cf. toutefoys en d'aucuns endroits est fort combien que se peut passer à gué. Haqq taille 2 . premier roy de la maison de Marin. édifié par le roy Mansor et soutenu sur pouiller. trad. mais troys de ces arcs furent mis bas. le qui fleuve en naît Atlas. etriefs. il faire ses ne pouvant empêcher aproches. toutefoys l'ennemy de faillit. la pre- . qui traverse ce fleuve. jusques à ce que et s'écoule par la plaine reçoit.

et que mêmement Ommirabih. au se jeté assés Il moys de may.i djebel er-Rebi dont l'Ouad el-Abid les est deux égale- . 2. et en plurier. seconde : qui sourd Teççaout Aougeddimt. courant par mal-aisées et scabreuses valées. en langue africane signifiant lisières. mais bien dans ment un des . Teseuhin.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 4 pace de troys mille.jjj. pas dans l'ouad el-Abid (Lhebich) que sj jettent ou Teççaout Marrakech. Omni er-Rebi. i. hautes et froides. puis decend dans la plaine. QUADELHABICH % C EST A DIRE FLEUVE DES SERFS Ce fleuve prend son commencement entre deux montagnes d'Atlas. nombre n le qui est à singulier. là où Hascora confine avec Tedle. -^Jl el-Abid. Teseut. dreçans leurs cours par pro- la vince de Hascora. jl^uJI . puis viennent à entrer dans fleuve Lhebich parler en même nom. OMMIRABIH Ommirabih mière : est Teççaout Fouqia ou ouad Akhdar Ce n'est est sans doute Teççaout. à l'heure les neiges se fondent. U. Ouad 3. Us ont un 1 . s'eten- dant devers tramontane. le Tahti. la fleuve. jusques à tant qu'il vient se joindre avec le fleuve au large. un tresgrand l'Omm affluents.

et passe parmy plusieurs boys et i. qui sont entre la région de Ducale mer Oceane le murailles d'Azammor. En temps Temesne. puis prend son cours par auappellées Adachsun cunes étroites valées. et se jeté dans quelques plaines. : par les plaines. . ^j^jj> ou "^_fj y- .jL»».HISTOIRE 4 i2 montagne d'Atlas. là où il y a un pont fabriqué 2 quatrième avec une grande industrie par Ibulhasen Marin et de là vient à passer roy de la maison de en la 1 . jusques et près les reçoit à ce que la d'yver et prime-vere ce fleuve ne gué : se peut passer à mais ceux qui demeurent aux villages d'autour font passer les personnes et à travers les rivages flées. là où Tedle confine avec le le royaume de Fez.Adekhsan. 3. . On écrit ce nom Bou Regreg ou Regrag. Abou '1-Hasenfut en réalité le onzième prince de la dynastie des Béni Merin.jl. BURAGRAG 3 Buragrag sourd en l'une des montagnes procédantes d'Atlas. et s'en la cité d'Azam- transporte de salés sur de grandes ca- ravelles chargées en Portugal. 2. Au moys de le bagage sur des clayes soutenues par des outres en- may on y pêche des gardons en grande quantité. de quoy se fournit mor.

qui sont au port. laquelle est di- tellement que bien grande expérience de fort où sont Sala et Rabat. qui prend son origine de la montagne Atlas.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE valées : depuis resourd entre certaines 413 collines. la superfluité du lait. donner dans deux cités contre l'efort il est l'arène. ce qui est le part et défense des deux fleuves. fracassés les vaisseaux. y^ . Libcz Behi. s'étendant en vue plaine. tant qu'il vient à s'em- boucher dans cités. : beurre et . se vient à étendre dans la plaine de la pro- vince d'Azgar. mer Oceane la nommées cement du royaume de Fez que la bouche de ces l'aborder : là dangereux où sont qu'il en et n'y a : situées commen- icelles autre si le la qualité ne vienne à notonnier n'a de ce lieu. bat/h 1 Bath est un fleuve. s'étendant devers tramontane entre boys et montagnes puis resortant entre certaines : collines. qui vivent de leur bétail et de la pescherie de sorte que pour 1. ficile à là : ram- des ar- mées chrétiennes. ma- à force anguilles et singulière per- Autour d'iceux habitent plusieurs pasteurs arabes. tellement qu'il se convertit en rets et lacs et auquels se peschent gardons de grandeur admirable fection.

puis passant par une Habat d'Azgar. Il reçoyt le fleuve qui passe dans Fez. De et là s'étend par courant la plaine près de Fez environ six mille. su BU Subu un est fleuve. Ce fleuve se peut passer à gué en toute saison. qui. qui sourd en vue montagne du royaume de appellée Selilgo en Chaus. province Fez : et prend son commencement d'une tresgrande fontaine. il>U*jl ou Redhat. qui se sont sujets à une espèce ils nomme morphie. dont là.HISTOIRE 414 poisson qu'ils mangent. prés d'un lieu qu'on plaine. sinon quand il croît. lequel s'appelle en langage de perles. en un boys touffu et épouventable puis : dréce son cours par plusieurs valées. Il reçoyt quelques autres petits qui décendent semblablement de fleuves. avec l'ouad le nom de Ouergha. et Aodor i. II 1 : les autres proviennent de Sebou } 1*^. va outre. entre collines. à£jj ^jIj.. pour les grandes pluyes. les cendent des montagnes de Gumera. Morphie maladie. fleuve des uns d 'iceux dé- comme Guarga celles qui faut sans doute lire Ardat. la mon- tagne d'Atlas. ou lors que les neiges viennent à se fondre. jusqu'à mêle avec l'Océan. avec plusieurs autres. de maladie. qui sépare ce qu'il se appelle Mahmora. forme un des principaux la sont rivière affluents du . montagnes.

telle qu'y peuvent aborder plu- pris : grosses sieurs navires. qui viennent par terre d'Azgar. ' fleuve.mais dans la langue courante on dit souvent El-Kous. qui se laissent pour et vil et quand il entre dans la mer. naviger le comme les Espagnols et On y pourroit encore bien mais l'ignorance des peuples prochains ne : sauroit comprendre. et a : sinon dans quelques petites barques et périlleuses. sourdant aux montagnes de s'etendant devers ponant par les plaines Azgar puis : se passe prés la cité de Casar El Cabir. tousjours continuant son cours jusques à ce qu'il vient à entrer dans la i.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE au domaine de Teza. Le nom mer Oceane aux con- ancien de cette rivière. faisant une grande bouche. Portugalois l'ont assayé. Loukkos. et de Habat et un moytié. Tant y a. forme altérée que l'on retrouve sur les cartes modernes. principalement des gardons. . que si les marchans de Fez se vouloyent tant soyt peu travailler à faire aporter dans leur cité les grains. On y pesche du poisson en grande quantité. se retrouve dans l'ortho- graphe arabe . il s'élargit.^JG ij^j. le blé s'y ravaleroitde la luccus Luccus est Gumera. 4i5 un long cours et beaucoup d'eau toutefoys on le peut passer à gué en plusieurs endroits. ce qu'on ne sauroyt faire en temps d'yver.

El-Araïch. MULUIA Muluia la cité un grand est montagne fleuve. sur la région de Gherseluin environ vingt et Chaus. 2. à : ceux qui ne MULULLCT Mulullo Atlas. vient en décendant traverser des autres beaucoup pires que les premières. qu'on appelle Terrest et Tafrata : et de là vient à se joindre avec fleuve le Muluia. le Larache des L'ouad Melillo. gauche de la Molouya . et Dubdu.HISTOIRE 4i6 de Habat. qui a sa source en Atlas. près de Harais fins gar . la rive cartes. cité en la région d'Az- port de laquelle est en lagolette de ce fleuve le : ' mêmement mais tresdificile à aborder.Ajl jJI. aux confins entre Tezza prochain est plus mont provient du qui cité. affluent de de ces deux rivières est à Gersif. . le confluent . d'où emmy puis se vient rendre : des plaines âpres et seiches. l'ont aucunement fréquenté. qui sont au milieu du désert d'Agad et i. il un est fleuve. près cinq mille : la et dré- çant son cours par âpres et seiches plaines.

là où le royaume de Fez confine avec celuy de Telensin.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE Garet : puis passe outre souz la Ieznaten. LaTafna. est un affluent de la rive droite de la Molouia. bouchure de ÎL. et près la Il montagne de Béni mer Oceane prés la se peut passer à marine s'y 417 gué en temps peschent des poissons bons en perfection. Méditerranée près de l'em- \Am. Je ne vey jamais ce fleuve plein combien qu'il ne laisse d'être fort profond tresabondant en poisson et mais on en sauroit prendre. 27 . m. ^J^.1. Ls. qui sourd en la montagne courant par des plaines au désert d'Angad. est Ghesâsa. d'Atlas. 3. ZA Zaestun fleuve. et s'embouche dans la cité de Chasasa d'été. 2. UilT un petit port de petit la qu'autrement. L'ouad Za ou Sa. la un fleuve plustôt '^ est Molouy. tant pour n'avoir filés propres à ce faire. comme pour ce que l'eau trop claire : à cause dequoy il n'y fait : les est pas bon pes- cher. 1 . TEFNE 3 Tefne 1.

décen- dant de certaines montagnes. puis. dréçant SELEF" Selef est un grand fleuve. s'en vient joindre à la mer Méditerranée. naissant en certaines s'étend devers tramontane par le dé- de Numidie. conti- nuant son cours jusques à ce qu'il vient à entrer i. MNIA Mnia est un 1 fleuve de médiocre étendue. sert dans d'Angad. <jdj'. Le du cap Chélif. Lisez : Mina. prochaines de la cité Tegdent. vient à entrer prés la cité de Telensin En ce fleuve ne se trouve autre chose que petit poisson. L~. qui sourd aux mon- tagnes de Guanseris.<jdy se jettedans non à l'ouest. .HISTOIRE 4i8 montagnes aux confins lequel. et decendant par les plaines désertes (qui sont là où le royaume de Telensin confine avec celuy de Tenez) passe outre. Ivi et ^ÀU. c'est un affluent du Chélif qui prend sa source près de Takdemt. jusques à tant qu'il mer Méditerranée la environ quatorze mille. 2. près Léon l'Africain. comme la le dit mer à l'est de Mostaganem. et passe par les plaines de la cité Batha : son cours du côté de tramontane.

comme le ferait croire la traduction donné par Léon l'Africain. lesquelles province de Zab. LE FLEUVE MAIEUR' Ce fleuve provient confinent avec la mer Méditerranée. Chiffa. et s'étendant par la plaine appellée Metteggia. A la bouche d'iceluy quand il se jeté dans la mer. tant la des qu'il vient à se prés la cité Mitidja est traversée l'Hamiz ou par trois mieux ouad El-Khamis. Il s'agit bouchure. bien que : la Chiffe. appelé ouad Soummam a son emnon de l'ouad El-Kebir. à l'ouad et nom il rivières Il est aura été défiguré. aiant sa Atlas. La plaine de l'Harrach s'agit de et la se rapporte la montagnes. dont le nom mieux El-Khamis. du joindre avec de Buggia environ 2t semble qu'il y ait eu ici transposition de titres. sefsaia Sefsaia est un fleuve mont source au 1 non par trop grand. probable qu'il la description sûrement de l'ouad Sahel. . séparant Mezzagran d'avec Mustuganim.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 419 mer Méditerranée. qui est prochaine d'Alger et de l'ancienne nommée Temendefust cité puis se : vient à jeter dedans la mer. 1. et decend entre hautes montagnes. Ce titre conviendrait au fleuve suivant 2. se prend bon poisson et de dans la diverse espèce.

rivière qui est formée Rummel et ^a^*. resourd au territoire de se joint avec un de Constantine la cité : puis autre petit fleuve. du Bou Merzoug. SUFGMARE Ce fleuve-cy prend son origine en certaines montagnes. séparant le comtad et territoire de Chollo cité. ^J Jl. quelque foys entre collines. de nos cartes. ne le croître. Il s'agit de la la jSù\ réunion du Seybouse. d'avec celuv du puis parmi des : château Gegel. massif mer. principalement de 2.HISTOIRE 4 2o On void point sinon en temps de pluye et neige et n'ont acoutumé ceux de Buggie d'y pescher. montagnes tant qu'à la fin il se vient rendre dans la mer Méditerranée. et s'écoulant par quelques campagnes arides. et sourd en certaines montagnes prochaines de Constantine. ^ e nom de ladog s'applique montagneux auprès duquel la Seybouse se jette . j/Jj. C'est l'ouad El-Kebir. dreçant son cours devers tramontane. pour ce qu'ils ont la mer à troys mille. : commandement. i. peui-être à l'Edough. qui confinent avec un mont appelé Auras. IADOG" Ce fleuve-cy de est moyenne grandeur.

ranée. cours d'eau . ayant son cours tant obli- le territoire colines et que. ôj la la description. blable de penser qu'il s'agit d'après du cours de avec l'ouad Mellègue. par l'es- pace de quinze mille. lequel provient Aucune rivière dans la région indiquée par Léon l'Africain ne porte de ouad El-Barbar le seul nom qui s'en rapproche est celui de nom . la entre vraisem- Medjerda avant son confluent Medjerda ayant pu. decendant tousjours entre montagnes. Cependant. Finablement mer Méditerranée. rivière qui se jette dans la Bône et La Calle. près la cité de GUADILBARBAR 1 Celuy-cy sourd es montagnes qui confinent avec de Urbs cité. distant de la cité de Bege. MEGERADA Megerada 1." ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 421 puis décend parmi ces montagnes du côté du le- vant jusques à ce qu'il entre dans la mer Méditer- Bona. sont contrains de et route d'entre passer vingt et cinq le fois sans pont. cela arrive mer est plus Bagradas des anciens. ^ c/j'3. l'ouad Bèsbès. le nom La Medjerda. ny barque. comme spécial. la il si souvent pour varie avec les territoires traversés. affluent de la Mafrag. la là où il Thunes il entre prés parvient à d'un port appelle Tabraca. que ceux qui suivent la Bona. cette partie de porter un nom algériens dont 2. à cette les époque. le est un tresgrand fleuve.

En temps de pluye il se déborde merveilleusement. à la cité renommés d'une en Barbarie. jusques à ce qu'il vient Méditerranée. s'emboucher dans et nommée salée. eaux soyent basses jetant au large Thunes et par là attendans que les mêmement un : lieu là où se vient jusques à six mille près de il aucun pont ny barque l'on peut cognoitre de combien les Afri- : pour ce qu'il n'y a : cans sont forlignés de cœur et d'esprit à son des anciens. décendant par quelques plaines aré- neuses. qui par leur seul donner terreur à l'audace icy comparaisouloyent romaine. capis Ce fleuve nom 1 prend sa source en un désert du côté de midy. et en la boire il est l'eau la fault chaude L'ouad Gabès. joignant mer nom. .}• de son que pour en laisser refroidir par l'espace heure. et passe auprès de Thebesse la cité : s'etendant devers tramontane. distant de Thunes environ quarante mille. dans la de sorte que passans sont quelque foys contrains les de séjourner deux et troys jours.HISTOIRE 422 d'aucunes montagnes qui sont aux confins de province de Zeb. jusques à ce qu'il entre mer Méditerranée en un lieu appelle Ghar el Meleh. Voilà les fleuves plus i. ^jS </>'.

423 SUS montagnes d'Atlas. sourdant es : ses rivages. l'ouad Dara ic ou Guir je </Jj. ces . que beaucoup de terres en demeurent fort endommagées. lequel provient des mons d'Atlas. qui sont sur les limites d'Hascora et dé- cend du coté de midy par puis courant par le la province de Darha désert se jeté au des campagnes. : yj . décendant du côté de midy entre ces montagnes puis vient à sortir emmy la campagne susnommée.jJ 3 : et l'ouad 1 1 Sous uad Ghir deux derniers n'aboutissant point a l'Océan . DARHA Darha est un fleuve.j (/JI3I» l'ouad de quoy chameaux pour Les quatre fleuves qui suivent sont situés au Maroc Ziz emmy large force herbage en plusieurs Arabes y conduisent leurs 1. mais en été on ne le void outrepasser est fleuve. près d'un lieu appelle Gurtuessen.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE FLEUVES DE LA NUM1D1E Sus un grand '. cet à savoir en celles qui séparent Hea de Sus. qui produisent saison la de la prime-vere : à au moyen ^j~ ij^j. En temps d'yver il déborde si fort. tique. et s'étend devers ponant jusques à ce qu'il se jeté dans la mer Méditerranée.

une habitation. d'où il le plusieurs nommée le territoire d'Atlas. : et plus au milieu de l'arène. qui puis vient à sortir par s'appelle Benigumi : et de là . à cause qu'ils y trouvent à force gibier. puis décend montagnes. traversant les possessions d'icelle : puis entre au désert prochain du château Sugaihila outre se forme en un lac. En qu'on peut passer sans ôter mais le l'yver été ce fleuve il s'enfle de demeure à sec tellement. par teb. GHIR Ghir est un fleuve. peuple zanaga. qu'on ne le royt traverser. : des pieds les souliers telle sorte. sur lequel ne se trouve aucune habitation ques Arabes chasseurs ont coutume de : le mais quelfréquenter. qui prend son origine aux montagnes d'Atlas et devers la partie du midy décend par certains déserts. passant Gherseluin et de là de Cheneg. encore qu'il y eût des barques durant les chaleurs l'eau en est fort amere. : sau: et ziz Le fleuve de Ziz sourd aux montagnes qui sont habitées par devers midy entre auprès de la cité outre.HISTOIRE 424 pâturer. Metgara court et Re- vient à se jeter sur le territoire de Segel- messe.

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

425

un désert, au milieu duquel il se réduit
en lac. Je vous ay déjà parlé au commencement de
cet œuvre d'un fleuve, que Ptolomée appelle Niger,
quand je suis venu à traiter de la division d'Afrique
parquoy sans plus répliquer, je passeray outre à la
description du Nil, grand fleuve d'Egypte.
passe en

:

DU GRAND FLEUVE DU NIL
Certainement

je

grande admiration
Nil,

que

ne trouve moins digne de

cours et variété inusitée du

le

comme

iceluy sont terri-

bœufs
marins, crocodiles oui sont tresdommageables et
cruels animaux, ainsi que par cy après il vous sera
recité, et ne souloyent être du temps des Romains
bles

et

et

:

Egyptiens de nature

comme
les

merveilleux

à présent,

Mahommetans

mais

si
ils

chevaux

dangereuse

et

et

moleste,

sont empires depuis que

vindrent à s'emparer de l'Egypte.

dans un bel œudes choses merveilleuses

Meshudi, historien

african, raconte

vre sien (là où

traite

il

découvertes ces ans n'a guéres écoulés) qu'alors que

Humeth

fils

de Gihsare

de Thaulon fut lieutenant en Egypte,

el

Mutauichil, pontife de Bagaded, en

Tan deux cens soissante de

l'hegire,

plombs fut trouvée en forme

et

Animaux

une

stature de

grandeur propor-

tionnée au naturel d'un crocodile, avec

lettres

egyp-

horribles et

admirables nourris
au Nil.

animaux nourris en

les

très-

HISTOIRE

426

tiennes dans les
tiens gentils,

fondemens d'un temple des Egypsouz certaines constellations
la stature duquel il feit rompre

faites

contre cet animal

:

dés l'heure ces

et briser et

à être fort nuisibles et

animaux commencèrent

dangereux. Mais

je

ne sauroys

imaginer d'où cela peut procéder, que ceux qui sont
depuis
trent

marine, ne se

mon-

et les autres, qui se

trou-

Caire en bas vers

le

aucunement molestes,

vent depuis

le

la

Caire en hault, dévorent et transglou-

tissent plusieurs personnes. Or, retournant à parler

du

Nil,

il

croît

(comme nous avons

l'espace de quarante jours, qui

septième

de juin

retourner en son

et

lit.

dix

demeure autant de tems à
pour ce que (ainsi qu'on dit)

pleut merveilleusement en

il

déjà dit) par

commencent au

la

haute Ethiopie, à

du moys de may, durant lequel et partie du
moys de juin les eaux demeurent à s'écouler, avant

l'entrée

qu'elles puissent arriver en Egypte.
L'origine et source du

nu

incertain.

et diverses

ma

Il y a plusieurs
opinions touchant l'origine de ce fleuve,

une qui ayt rien de vraysemblable ou certitude, car les uns veulent dire qu'il
prend son commencement aux mons de la Lune,
les autres que sa source dérive de souz la racine
}

s [\

n 'y

e n a pas

d'iceux, de grandes tontaines

distantes par grand

espace l'une de l'autre. Toutefoys ceux qui suivent
la

première opinion acertenent que tombant

de ces montagnes, porte par son cours léger

pétueux entre souz terres

il

et

forme ces fontaines

le

et

Nil

im-

resourd au pied d'icelles
:

combien que

l'une et

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

427

opinion ne se sentent de rien moins que de

l'autre

sa source jusques à présent a été incer-

vérité, car

Les marchans d'Ethiopie, qui trafiquent avec
ceux de Ducale, disent que ce fleuve du côté de
midy se jeté au large et se convertit en un lac, teltaine.

lement qu'on ne sauroit apercevoir de quel endroit
provient; neantmoins

il

il

plusieurs branches, le

fait

cours d'icelles se dressant par divers canals

du côté de levant

sées, puis s'étendant

qui détourne les personnes de
Il

y

a

le

et

et

chaus-

ponant, ce

pouvoir côtoyer.

encore plusieurs Ethiopiens demeurans en

campagne des Arabes,

la

lesquels aferment que quel-

ques uns d'entre eux ayans égaré aucuns de leurs
chameaux au temps qu'ils entrent en amour, se sont

acheminés de
en

les

la partie

de midy parl'espacede mille

chemin

cerchant, durant lequel

tousjours ofert à leur veuë d'une
à

savoir en

rameaux

montagnes sèches

même

et lacs infinis,

et désertes

:

ce fleuve s'est
sorte, cet

trouvans assez

où Meshudi his-

torien écrit se trouver plusieurs emeraudes, qui

semble

plus

hommes

sauvages, qu'il dit être autant leigers à

course que

comme

les lièvres, se

me

les bêtes brutes. Si je

historiens touchant

pour fable

et

fleuve

vouloys arrêter

ce qu'ont écrit

du

on

Nil,

le

à

nos

repute-

causeroys plus tôt fâcherie au lec-

teur que plaisir ny
teray.

le

la

paissans d'herbes au désert

déduire de point à autre tout

roit

non d'aucuns

que

vraysemblable

me

profit,

parquoy

je

m'en depor-

Émeraudes.

HISTOIRE

428

DES ANIMAUX
Proëme.

Or venant
à décrire le

à parler des

genre

charge

dificile

portée de

mon

je

ne m'ofre pas

espèce de tous ceux qui se

et

trouvent en Egypte

animaux,

car je

:

me

soumettrais à trop

condition, voire quasi hors de la

et

esprit

:

au

moyen dequoy

je traiteray

seulement de ceux que peut porter l'Europe, ou qui
ont quelque diference avec

les autres, décrivant la

nature tant des terrestres,
autres
PHne

errant en la de-

scription d'Afrique.

tées

:

obmettant au

dans Pline

:

comme

reste plusieurs choses ja reci-

lequel (à dire vray) fut

exce i} ent et de singulière doctrine
se laissa

tomber en

erreur,

été

autres, qui

:

un homme

combien

qu'il

touchant quelques choses

non par sa faute, mais pour
mal informé, et voulant imiter les

légères de l'Afrique

en avoir

aquatiques et

avoyent

:

écrit

auparavant

:

toutefoys l'im-

perfection d'une petite tache n'est pas bastante pour
efacer la naïveté des
à

beaux

un corps de bonne grâce

trais,

et

qui donnent lustre

bien formé.

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE

429

DE L ELEPHANT
L'elephant est un animal sauvage, mais de docile

un grand nombre, au boys de
la terre Noire, de ces animaux qui ont coutume de
se mettre en bandes, s'eduisans du chemin des pernature, et s'en trouve

sonnes, qui passent
les

soulèvent en

mais

:

les

voulans molester,

ils

avec leurgrans nez, puis d'une

l'air

ardente furie les ruent contre terre,

foulent aux

et les

pieds, jusques à ce qu'ils leur font rendre l'esprit.

Et combien que cet animal soyt grand

et cruel, tou-

tefoys les chasseurs d'Ethiopie en prennent plusieurs,

y procedans en cette manière. Dans les boys plus
1.
m
rr
tourtus et epes, la ou ils savent que se retirent la
•'

r

1

.

.

animaux, font un clos entre haliers et
arbres de rames fortes et èpesses, laissans en quelque
endroit une petite ouverture, et y attachans une
porte, qu'ils tiennent couchée contre terre en manière d'une claye, qui se peut neantmoins haucer,

nuict ces

servant de clôture en cet endroit

ne

s'est

:

auquel l'elephant

pas plus tôt retiré pour s'agiter, qu'ils tirent

incontinent

corde,

la

cendent de sur

les

le

les

hors

le serrail

vendre
il

:

mais

met

:

et lors dé-

arbres, luy faisans à coups de

flèches rendre les abois

pour

tenans enclos

à

rencontre devant soy.

:

si

puis luy arrachent les dens

de fortune

il

peut echaper

mort toutes personnes

En

qu'il

L'Indie et haute Ethiopie

chasse

et

pendre
phans.

manière de
les

eie.

HISTOIRE

430

on use d'une

me

tairay

autre manière de chasser, de laquelle je

pour

présent.

le

GIRAFFE

Cet animal

est

d'une nature

si

étrange et sauvage,

qu'à grande difficulté on peut en avoir la veuë pour
:

boys

ce qu'il se cache dans les

aux lieux

et

les plus

auxquels ne repaire autre ani-

solitaires des déserts,

mal, et incontinent qu'il aperçoit les personnes, se

met
Il

à fuyr

mais il

:

n'est pas fort

soudain à

la

course.

a la tête de chameau, oreilles et pieds de beuf. Les

chasseurs ne

il

a été

le

prennent sinon petit aux lieux mêmes,

nouvellement phaoné.

CHAMEAU
Les
et

chameaux

traitables,

Afrique,

et

sont
s'en

mêmement

et Barbarie.

et

assez

trouve grand

es déserts de

Les Arabes

grandes richesses

animaux

les

plaisans

nombre en

Numidie, Libye

tiennent pour leurs plus

possessions

:

dont voulans par

paroles exprimer l'opulence de quelque leur prince,

ou grand seigneur, ils ont coutume de référer les
miliers de chameaux, et non des possessions, ou
ducats.

Tous ceux

qui entre

les

Arabes tiennent

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE
semblables animaux, demeurent en

que moyennant iceux
que ne sauroyent

ce

les

faire roys,

du monde,

parties

ny

princes,

en trouve par

comme

lemes

et

Turcomans

;

pour

en

Asie,

Ceux qui en

Courdes, Dai-

les Tartares,

en Europe

et

;

On

Afrique, et semblablement en Europe.

usent par l'Asie, sont

pour ce

liberté,

peuvent vivre es déserts

ils

la trop grande sécheresse d'iceux.

toutes

431

les

seigneurs

ce que font
pour porter leurs besongnes
aussi les Arabes en Afrique, avec ceux qui habitent
et encore tous les roys pour
es déserts de Libye
turcs,

:

:

porter leurs bagages. Mais
.

f

A

.

ils

sont plus parfais en chameaux

.

Afrique que en Asie

pour ce qu

:

,.1

.

ils

1

portent leur

charge par l'espace de quarante jours, snns aucune-

ment prendre
les laisse

leur avoine

pâturer

parmy

:

la

mais étans déchargés on

campagne quelque peu

chose que ne pourou quelque ramée
royent suporter les chameaux d'Asie, et requièrent
avant que s'acheminer en quelque voyage d'être
gras et en bon point. On a souvente foys expérimenté en cet animal la gresse de la bosse, qu'il a
sur le dos, se perdre, après avoir cheminé cinquante
puis
journées souz sa charge sans manger avoine
d'herbe,

:

:

de

la

finalement celle de
défaillir il ne pouvoyt

pance,

venant

à

et

la

cuisse

:

ce

que

alors soutenir la

marchans leur
donnent l'avoine, étant contrains pour chacun chameau de somme, mener une charge d'avoine pour

charge de cent livres.

En

Asie

les

:

ce qu'ils vont et retournent chargés à

la

caravanne

:

d'Afrique

plus
parfais que nul
r

dçs autres.

HISTOIRE

432
par ce
qu'ils

moyen

maintiennent en gresse, à cause
redoublent leur voyage. Mais les marchans
il

les

africans qui s'acheminent en Ethiopie n'ont

égard à leur retour

ou pour

le

pour ce

:

moins chargés

de ce qu'ils ont porté

en Ethiopie,
l'échiné

les

mais

:

:

qu'ils le font à vuide,

à la légère à

comparaison

de sorte, qu'étans parvenus

chameaux sont maigres

et cassés

s'en défont, les laissans

ils

aucun

ceux du désert, qui après

pour

en

petit

mènent engresser.
Les marchans qui retournent en Numidie ou Barbarie n'en retiennent pas grand nombre, car ils ne
pris à

s'en servent qu'à

chevaucher

les

et

porter leurs vivres,

avec quelque autre chose légère.
Chameaux de
espèces.

troys

troys espèces

:

dont ceux de

s'en trouve

Il

de

première s'appellent

la

hugiun \ qui sont de haute taille, corpulens et trèsbons à la voiture mais ils ne sauroyent endurer le
:

travail, qu'ils n'ayent

quatre ans acomplis

et lors

:

moindre qui soyt peut porter mille livres d'Italie
quand on les veult charger, il ne les fault que

le

:

et

toucher sur

le

col et les

genoux, incontinent par

instint naturel se courbent et

puis sentans

la

couchent près

charge correspondante à leurs forces

se drécent incontinent sur pieds.

communément

terre;

Les Africans, et tous

ont coutume de

les châtrer,

ne

lais-

sans qu'un mâle pour deux femelles. Les chameaux

de
i.

la

seconde espèce s'appellent

Les

trois

mots, qui désignent

doivent être ainsi rétablis
a bactriane)

;

raouahil,

:

les

becheti, qui ont

différentes espèces de

béguin ou hedjin,

J^ljj,

el

^3^;

bâkhti

pluriel de rahila àJL»Jj-

chameaux,

%s£ (bactrien

de

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE
deux bosses, dont
porter

somme

et

l'une et l'autre sont propices à

chevaucher

à

trouve sinon en Asie. Ceux de
el

433

:

mais

la tierce

ne s'en

il

sont appelles

raguahil, qui sont de petite stature et corpulence,

n'étans bons sinon à la selle

de sorte,

qu'il s'en

jour cent mille de

vans

la

chemin

et plus

du désert par

route

au reste

:

fort agiles,

trouve plusieurs, qui feront en un
:

tousjours sui-

l'espace

de huit

et

dix journées, avec peu de vivres, tellement que tous
les nobles Arabes, Numides et Africans de Libye

montures. Et

n'usent d'autres

voulant

faire signifier

le

roy de

Tombut

quelque chose d'importance

aux marchans de Numidie en diligence, expédie un
courrier sur un de ces chameaux, lequel va de
Tombut à Darha, ou Segelmesse en terme de sept

ou huit journées, qui font environ neuf cens mille
mais il fault aussi que ceux qui s'y acheminent pour
;

soyent bien expérimentés à suivre la route
des desers, et ne demandent moins de cinq cens
cet effet

ducats pour faire

le

voyage. Les chameaux

cent à se mettre en
lors

commen-

amour

à l'entrée de l'yver, et
ne s'endommagent seulement entre eux, mais

molestent grandement un chacun, duquel

ils

ont été

mal traités; car ils se souviennent en ce temps là du
moindre coup qu'ils ont receu de leurs maîtres, et
s'ils

ils

peuvent mettre

l'enlèvent en

l'air,

la

dent sur quelqu'un d'iceux,

puis

le

terrassent et meurtris-

sent avec les pieds de devant, d'une terrible et dépiteuse sorte.
m.

Ils

demeurent en amour par

l'espace Je

HISTOIRE

434

quarante jours, lesquels expirés, se rendent doux et
traitables

comme

auparavant.

sont fort patiens à soutenir

Ils

peuvent demeurer quinze jours sans boire,

qu'ils

sans que pour cela

on

faim, pour ce

la

empirent

ils

;

et,

au contraire,

abreuvoyt au bout de troys jours,

les

seroyt quelque mal, pour ce que

si

l'eau cau-

le

but limité de

boire est au terme de neuf en neuf,

ou de quinze

en quinze jours.
ble,

sont encor d'un naturel pitoya-

Ils

ayans en eux quelque sentiment humain, au

moyen

de quoy

il

avient qu'entre l'Ethiopie et Bar-

barie étans forcés ceux qui les conduisent d'alonger

de coutume,

leurs

journées plus que

qu'ils

ne peuvent passer outre, ne

coups, ny autrement

:

et

son du tabourin

prennent
Jorce>

f

N
icelles) se

,,.

note d

avec

ains se mettent à dégoisser

chameaux s'evertuans

orces (induis pour

plaisir et

voyans

les pressent

au chant des-

quelques joyeuses chansonnettes,
Chameaux au cham quelles les

et

et

le plaisir qu'ils

,,

reprenans leurs
reçoivent à

,

remettent sur leurs

la

avec

erres,

un cheval bien
tellement qu'on ne les peut

plus grande vitesse que ne feroyt

talonné

éperonné

et

pas quasi suivre.
le

Vous asseurans que

Caire un chameau

m'enseigna
fait le sien,

le

:

baler au son

maitre par quel

chameau, que l'on

fait

forme d'une étuve,

d'une
et

moyen

qui est en cette sorte.

demye

il

heure, étant

il

un

le fault tenir
le

veu dans
et

avoit ainsi

On choisit un

entrer dans

j'ay

du tambourin,

lieu

jeune

fait

en

par l'espace

plancher bien echaufé,

quelqu'un par dehors sonnant

le

tabourin

:

lors

ET DESCRIPTION DE
le

L'

AFRIQUE

43

chameau non par vertu du son, mais pour

grande chaleur qui

le

5

la

moleste, hauce maintenant

une jambe, tantôt l'autre, comme ceux quidancent:
et étant acoutumés à cela par l'espace de dix moys
ou un an, quand on le vient à mener en lieu public,
il

n'entend pas plus tôt fraper

souvenant des jours passés
chaleur du feu auquel
et

haucer

étoit,

Par ce

moyen

tabourin, que se

sentans encor

et

se

il

de sorte qu'à

les pieds,

gerait baler.

il

le

le

met

la

à trépigner

on

veoir

le

ju-

l'usage se convertit en

nature, qu'il entretient par long espace de temps. Je

pourroys bien raconter plusieurs autres choses sinmais je
gulières touchant le naturel de cet animal
:

les délaisse à part,

pour ne vous causer fâcherie.

CHEVAL BARBA

H

Ces chevaux sont appelles, en Italie et par toute
l'Europe, barbares, pour autant qu'ils viennent de
Barbarie d'une espèce qui est en cette région là. Mais
ceux qui l'estiment ainsi se mécontent bien lourdement, à cause que les chevaux de là ne diferent en
rien

aux autres,

et

ceux-cy, qui sont

si

agiles et

leger-courans, sont appelles en langue arabesque.
tant en Surie, Arabie heureuse, déserte, et en Asie

chevaux arabes
estiment) sont

:

lesquels

(comme

provenus de

la

les

race

historiens

des chevaux

Chevaux

a

HISTOIRE

436

sauvages, qui aloyent errans par les déserts de l'Ara-

temps dlsmahel en çà, les
de sorte qu'ils
les domter
multiplièrent tellement, que l'Afrique en est maintenant toute pleine. Cette opinion me semble apro-

bie,

et

que depuis

le

Arabes commencèrent à

cher bien

fort

de

:

pour ce qu'encor

la vérité;

à

présent on void une grande quantité de ces che-

vaux sauvages par les déserts de l'Afrique et Arabie,
et en ay veu un petit poulain en Numidie de poil
blanc, avec la crinière hérissée, sur le col. La plus
grande expérience de la vitesse de ces chevaux à la

quand

course, qui se peut faire, est

une bête sauvage

dre

autruche

:

nommée

et si cela leur

mais

il

s'en

trouve peu de

tume

et

peuvent atain-

ou bien une

lant,

succède bien,

ils

sont alors

ou cent chameaux

prisés la valeur de mille ducats,

Arabes du désert

ils

tels

en

:

Barbarie. Les

peuples de Lybie, qui ont cou-

d'en nourrir en grande quantité, ne les tien-

nent pour chevaucher longuement, encore moins

pour en user en batailles mais seulement pour
donner la chasse aux bêtes sauvages, ne les repaissans d'autre chose que de lait de chameau deux foys
en quoy faisant, ils les
entre le jour et la nuict
;

:

maintiennent dispos,
qu'autrement.
les

est bien

et

pâture: mais

promps

on
les

plus tôt maigres

vray qu'en

herbes sont en verdeur, on

que tiennent
si

Il

légers,

la

saison que

les laisse aler à la

cesse pour lors de s'en servir.

Ceux

seigneurs de Barbarie ne sont pas

à la course,

mais de plus

belle taille et

'

ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE
forme

:

pour ce

437

de l'avoine, s'en

qu'ils leur baillent

grans dangers, lorsqu'ils

servans aux extrémités

et

sont contrains de céder

à la furie

de leurs ennemis.

CHEVAL SAUVAGE

Le cheval sauvage

est réputé

pour une

Quand

tant qu'il se laisse veoir sinon bien peu.

Arabes du désert
sent que

plus délicate

quand

dificulté, se

peut

vaux

les

mangent et disingulièrement bonne et

l'ont prins, ils le

chair en est

la

fere, d'au-

il

il

est jeune.

Mais

à

bien grande

prendre avec chiens, nv che-

ains fault tendre certains lassets sur l'eau,

:

repaire cet animal et

laquelle

il

les

couvrir d'arène, sur

n'a pas plus tôt posé le pied qu'il se sent

entortillé et lacé, tellement qu'il est contraint

meurer

de de-

et se laisser prendre.

LANT, OU DANT

Cet animal est de corpulence semblable
beuf,

blanc,

i.

mais

il

ayant

est
les

de

plus

petite

taille

et

ongles des pieds tresnoirs

Le géographe El-Bekri s'exprime

à

peu près

dai;s les

un

à

de

poil
fort

et

mêmes termes

au sujet du Lnnib, JaL Cet anima] parait être i'antîlope mohor avec
duquel les Touaregs, d'après Duveyrier, fabriquent leurs boucliers.

'.

i

HISTOIRE

438

légers à la course tellement qu'autre animal ne s'y

pourroit àluy parangonner, hors mis

avons déjà

dit) le cheval barbare.

On

(comme nous
le

prend en été

facilement, à cause que tant pour la chaleur que rend

comme pour

l'arène,
lent,

hâter ses pas, les ongles s'ecro-

qui luy retarde sa course, et se prennent par

même moyen

les cerls et chevrils.

animal se font aucunes targues, fortes
sorte qu'elles ne sauroyent être

cuir de cet

à merveille, de

trépercées par

moyen de quoy

pistolet à feu au

Du

elles se

un

vendent

chèrement.

DU BEUF SAUVAGE
Le beuf sauvage est de telle corpulence que
l'autre, mais de plus basse stature et se trouve ordinairement de poil bigarré étant fort prompt à la
;

course

et

de chair tressavoureuse, mais

il

ne s'en

trouve autre part qu'aux déserts, ou à leurs confins.

DE L ANE SAUVAGE

On

trouve par

d'iceux,

les

déserts,

un grand nombre de

ou sur

les

confins

ces ânes sauvages, ti-

rans tous sur poil bigarré, et sont fort

cedans à autre animal touchant

la

agiles,

ne

course, sinon au

ET DESCRIPTION DE

1/

AFRIQUE

439

cheval barbare, et ont telle coutume, qu'apercevans

une personne,

mettent à hannir en ruant dépi-

se

bouger du lieu jusquesà ce qu'on
les peut toucher avec la main, puis soudain gaignent le hault et se sauvent de vitesse. Les Arabes
des déserts les prennent avec chaussetrapes et
autres engins et vont toujours par bandes, quand

teusement sans

se

boivent ou pâturent. La chair en

ils

bonne,

est fort

toutefoys étant chaude, elle rend mauvais odeur et
sent sa sauvagine. Mais

la

jours, après qu'elle a été cuite, c'est

voureuse

et

bonne en

deux

laissant refroidir

une viande

sa-

perfection.

BEUFS DES MONTAGNES D AFRIQUE

Tous

beufs domestiques,

les

montagnes d'Afrique, sont de
qu'ils

si

qui naissent es

compamontagnars s'en

resemblent des veaux de deux ans,

raison des autres

:

neantmoins

les

stature,

petite
à

servent à labourer les terres et disent qu'ils sont fort

dispos et durs au travail.

ADIMMAIN
Cet animal est privé
t.

Ce nom

le

auquel sa haute

de Oins

et fort plaisant et

de

la

forme

rappelle les béliers àemmaniya, dont parle El-Bekry.

sans doute y voir
et

'

longipes.

mouton

taille a

à poil,

valu de

que
la

les

part

11

faut

Touaregs appellent akerér-ajelbi,
des zoologistes la dénomination

HISTOIRE

440

d'un mouton, mais

ayant

nent
ils

longues

les oreilles

les

grandeur d'un âne,

est de la

il

et

pendentes

tien-

et le

habitans de Libye à faute de brebis, dont

en retirent grand

laitage,

de quoy

ils

font à force

beurre et fromage. La laine qu'ils portent est fort

bonne, mais courte,

et

n'y a que les femelles qui

portent les cornes, étans de
plusieurs foys en

ma

si

douce nature, que

monté dessus

jeunesse j'ay

et

m'ont porté un quart de mille tresbrusquement.
Il ne s'en trouve en quantité, sinon
es déserts de
Libye vray est qu'au territoire de Numidie, on en
;

y void quelques uns, mais on
chose monstrueuse.

les

comme

a

pour

MOUTONS
Ces moutons n'ont autre diference avec
sinon en

mieux

étant,
Il

la

queue, qui est fort large
ils

les autres,

que plus

ce

se cognoissentêtre de haute gresse.

s'en trouve d'aucuns

dix

:

ayans

queue du pois de

la

vingt livres et cela avient lorsqu'ils

et

gressent d'eux-mêmes. Mais en Egypte

il

s'en-

y en a

plusieurs qui s'adonnent à les engresser, les repais-

sans de son et d'avoine, au
Queue de mouton
sant
et

oaame

P e-

livres,

autre de centcine

queue

m0 uvoir
.

moyen

de quoy leur

engresse de telle sorte qu'ils ne se sauroyent
:

et

pour

.

petit char tant

qu

cela fault atacher la

,.,

ils

,

,

cheminent plus

,

a

queue sur un
l7
1

.

T

aise. J

,

en ay

et entre Bone au désert d'Angad prés de Telensin et Thunes : car ce sont les plus redoutes lyons de toute l'Afrique. et DU LYON Ces animaux sont sauvages et nuisibles à tous autres. livres. d'autant qu'ils sont plus dispos. qu'ils commen- Ojiels lyons sont p. et plusieurs heure-là. tante du Caire cinquante mille. qu'ils là où sont mais les hommes troupeaux de brebis per- à che- et d'autre emportent aux boys dans leurs creux. d'en avoir veu peser cent cinquante. plus sont furieux. devorans non seulement sonnes aussi. Au temps d'y ver. les s'en trouve en tels lieux qui ne Il sans qu'on luy puisse faire résistance. les bêtes. et se ruent sur bétail. ne se vers les personnes. et située laquelle étoyt du pois d'octante m'asseurèrent à cette la trouve autre part qu'à dis- cité sur le Nil. leurs petits phaons. cruels et ani- mez. Ceux montagnes froides sont moins montrans si fort molestes en- qui habitent aux cruels et fiers.us renommés les - . craindront point d'assaillirdeux cens val. Au contraire tant plus cipent du chault. Tant y a que tons consiste en 441 la gresse de ces queue seulement Thunes : mou- ne s'en et en Egypte.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE veu une de l'un de ces animaux en Asiot. se trouvent entre Temesna et le comme ils parti- ceux qui royaume de Fez. et en y a tel qui de hommes force et vitesse combatroit et tueroit six à cheval.

la nature emme f • • . Un chacun en peut croire ce que bon luy semblera. : la gueule d'iceux.HISTOIRE 442 cent d'entrer en amour. empoigner emportant autant de chair et qu'il peut en quelque foys pénètre jusques au cer- . m'en heureusement préservé. et sont ordinairement dix ou douze suivans Le ie seul vaincu par regard de de la de été recité de plusieurs pour chose une femme se trouvoit seulette devant un ^ e ces i vons } U y découvrant. certaine. de sorte que celuy se peut dire mal- heureux tout outre. et avec les grifes luy déchire le visage. qu il commenceroit a rugir merveilleusement. Tant y a. qui se trouve devant eux. pour être dévoré Clémence. mais pour l'endommager troit. et montrant »«i -n sa nature. que tout ce que peut empoigner un de ces lyons (encor que fût un chameau) il ne desserrera jamais la dent pour lâcher sa prinse et me suis trouvé par deux foys en danger de tomber dans la lyon les pas lionne. qui n'est jamais refusée à voix non feinte invoquent a : le nom du mais la divine ceux qui d'une Seigneur. ne s'adrèce à l'homme ne l'aborde en quelque dé- puisse eduire : alors se jeté sur celuy qu'il rencontre. et baissant la tête prendroit une autre route. DU LEOPARD Cet animal-cy repaire dans étant fort agile et cruel. là où on ne le s'il il les boys de Barbarie. Il m'a que si }> . ils s'atachent ensemble fort cruellement.

est tenu de banquet à toute l'assemblée des chasseurs. est dheb'a. et les Africans iesef. en mot a. et Constantine ont coutume luy donner les chevaux. voire et excédassent ils le nombre de dabuth Dabuth quasi de il est un gros animal même troys cens. C'est animal. le en ber- . à la fin après s'être bien travaillé en vain. la troupeaux de brebis les mortel des chiens. été »w. ne pouvant trouver lieu pour sa défaite. yes$f. Les Arabes l'appellent dabuth. exterminant vent personne.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE veau. ' comme un loup. lesquels il 11 dévore tue. en serrant tous les ennemy est il peut joindre. mais Il il ne moleste aucunement humains des un simple et vil déterre les corps sépultures pour les manger. Les montagnars de les sou- n'assaille pas mais : 443 la là où il région de chasse avec la passages dont le léopard voulant escamper. imprimé et. Les chasseurs. ifis ou dont yefes. autres bêtes. ayans découvert son gyte. est contraint demeurer en la place autre. et aspet. par le arabe. et trouvant une quantité de chevaux. ce dernier les nom. Mais avenant que quelqu'un de laisse gaigner le hault. i. qui étant et rendre les son côté luy payer le aboys. Ils'agitde l'hyène bère. ayant les pieds et jambes en forme humaine. erreur. court à le un semblablement serré. lesquels luy serrent pas.

le faisant sauter en reçoit la civette : deçà et delà à jeter la parmy la cage. montagnes de Bugie et Constantine. On deux ou troys foys le jour. Ils ont autres babouins . avec puis le traînent hors. dont les uns s'appellent guenons. cuisses et queue. qui n'en ont point. On en trouve une grande quantité aux boys de Moritanie. et se trouvent aux boys d'Ethiopie. et voilà ce qu'on appelle civette. qui lequel n'est autre chose que la sueur de cet animal on bat avec une petite baguette. jusques à ce qu'il vient sueur qu'on luy ôte de dessus les bras. avec du lait. quelques potages de son et de chair. là où ils se prennent petis. DU SINGE y a des singes de plusieurs sortes. qui luy une grosse corde : lie les pieds par derrière.HISTOIRE 444 poursuivent sonnans d'un tabourin à quoy cet animal prend un si grand et chantans : plaisir par le retentissement de cette harmonie. qu'il ne se donne garde d'un. puis on les fait nourrir dans des cages. et le tuent. avec une longue queue. les Il ou marmots. DU CHAT QUI FAIT LA CIVETTE Ces chas sont de leur nature sauvages.

et se sauvent de les arbres. ce qu"on peut facilement dicerner difére en sorte et juger par que ce soyt de celle des privés.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE (comme Ton et peut veoir) non seulement mains. Je dy croy fermement soyent de l'espèce des privés. au son duquel gaignent vitesse. DES CONILS Il se trouve grande quantité de conils sauvages aux montagnes de Gumera qu'on estime sauvages. l'un d'eux là où il s'assemblent vingt demeure hors voulans et trente. Ceux qui bre en arbre. peu de durée. champ aux et écoutes. grimpans sur l'autre. de n'a pas plus tôt aperceu le maitre de la pos- session venir. la face : autres choses nourrissent d'herbes et de grain Ils se dérober les épies. qu'ils et mais je Moritanie. . Les femelles le hault. et de branche en sont faits et rables : aprins font choses incredibles et admi- mais se sont de dépiteuses combien que leur courroux soit de et cruelles bêtes. couleur et que ne saveur Astuce des singes. qu'il jeté tous le et : les autres un grand cry. mais encor un de 445 les pieds aprochant bien fort trait humaine et leur a Nature donné entre un bon sens et merveilleuse astuce. portent et sautans leurs petis d'un à sur les épaules. à la la chair. et avec iceux sautent semblablement d'ar- branche.

peut aussi bien vivre sur terre de le Il l'eau. lequel plus de vie 11 : parler des poissons. POISSON Or pour venir maintenant à ambara en est un de grandeur table. qui est fort dure. et s'en trouve la mer le jeté comme si sur elle que le nom Ceux qui : n'a le rivage. pour ce que joignant l'échiné contre icelles. pour les barquettes qui vont sur le Niger. habitent sur les rivages de l'Océan disent que ce poisson est celuy qui jeté l'ambre mais ils ne savent si c'est du sperme. et forme épouven- ne se peut veoir sinon quand pour ce que a la tête autant dure. ou de la gris : fiente. étoyt de d'aucuns qui ont vingt toises en longueur. et d'autres davantage il et cinq tellement de balene ne luy conviendroit pas mal. pierre. malin et dangereux.HISTOIRE 446 DES POISSONS AMBARA. DU CHEVAL MARIN Cet animal se trouve dans grandeur d'un âne. les ren- . ayant il n'a aucun la là où il Nil et Niger de forme de cheval : ne sort sinon la comme nuict : dedans et est la mais poil sur la peau.

J'en vey un au Caire. BEUF MARIN Cet autre animal-cy resemble à un beuf si petite stature. ayanslapeau fortdure. et s'en trouve plusieurs en celuy de Libye. là soyt conduire. qui le fai- Niger. DE LA TORTUE Cet animal devoit être comprins au nombre des terrestres : pour ce qu'il prend sa nourriture aux déserts. Bichri Régions et chemins d'Afrique un bonhomme se retrouvant en ce désert long chemin.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE verse et enfondre : 447 bon pour ceux qui savent et lors nager. géographe african. six moys : et se qu'on le : mais de pren droit pour un veau de trouve dans les fleuves du Nil et où les pescheurs en prennent aucuns. qui sont de au livre des la grandeur d'un tonneau. qui vivent longuement sur terre. l'avoir prins dans cité le Nil auprès de d'Asna. distante du Caire devers midy par la l'es- pace de quatre cens mille. qu'on menoyt avec une chaine qui luy pendoyt au col. aperceut la recite comme du nuict auprès de soy une grosse pierre fort haute. et me dit celuy. . sur laquelle il lassé se délibéra Bichri.

CROCODILE y a dans le fleuve Niger grande quantité de crocodiles. jamais de telle si lentement. ne si aucunes qui pouvoyent être de On barrau... être mais : : placer de tout le jour d'un lieu. . sinon encharnée de plus de sept ans : en fault manger sept jours continuels. dure. sauroyt enfoncer. mais on n'en void guéres de cette grandeur. auquel estimoyt une coutume ne dé- ce. . Il 1 s'en cuns qui ne mangent autre chose trouve d'au• que poisson. si et . qu'il laquelle a : le grande merveille. grandeur. qu une arbalète bien coudée . verde elle queue du corps. se trouva surprins d'une pierre. et la nuict s'en va pâ- turant mais : chemine elle s'en peut quasi apercevoir.HISTOIRE 448 de dormir. que la grosseur d'un chair de ces tortues guérit de la elle n'est la lèpre. et a la la peau demye. .et est semblable au ramarre n'etant p as „\ us est . La queue . si et dit n'en y vey je merveilleuse. qu'on ne A dire vray.. de peur que quelque animal ne luy méfît comme et ainsi le feit matin il quand il il l'avoyt proposé il se veid éloigné de troys mille couché s'etoit et : cogneut une tortue du lieu. noulee foys plus est et plus grosse ne • nau it d' une . et tout le reste ayans en longueur douze contient autant une beste sembiabie au lésard sinon que troys grosse. car Ramarre la communément ils n'ex- cèdent quatre pieds. Ils sont Il fort malins coudées comme et et nuisibles : davantage. mais encore plus en celuy du Nil. .

crai- heure.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE semblablement engloutissent des per- d'autres. pour étudier : en quoy faisant tendy appeller par un honnorable de tresbonne vie et une m'en- retiray à l'écart avec je vieillard. . ne sont pas tous de cette nature : du Niger ou du ainsi étoyt. ce que voyant me je chandelle. i barque jusques en haute la Egypte. qui étoyt Aventure de rameur et d'un vieillard. et palais de machoueres de dessouz les l'os de l'estomac. éveille venir aider dans notre barque un grande bûche de boys qui nous viendra bien à propos pour faire demain à tirer la cuisine : et lors me presentav pour y gnant discommoder personne in. les parties du soit en man- atirer. qui sonnes : pour lesquelles décevoir aperçoivent homme là où ou ils geant ils dessus : bête. une nuict que lune se la montroit un peu brune pour être couverte de nues. homme conversation. et lors- l'écart prés des rivages qui qu'ils 449 Nil seroyent inhabitables. la dévorent ce qu'ils peuvent ne remuent sinon pour ce que sont jointes avec Toutefoys car ils ils d'eux. tous les rivages si se tiennent à ils sont fréquentés. distante du Caire environ quatre cens mille fûmes à moitié et : quand nous chemin. et que nous navigeons en temps calme. dans une î . lequel après certaines oraisons et me dit : quelqu'un de ceux qui dorment pour Ho me veilloyt tel. tous les mariniers s etoyent mis à dor- mir. quelqu'un auprès élancent queue hors de l'eau. à telle aler. avec un vent favorable. Je me retrouvay une foys xvi j a naviger sur le Nil avec plusieurs autres.

s'il la il pourroit deroquer tout que notre vaisseau et ainsi selon son avis à droit pour enlever ce boys. la barque éveillés en sursault. ou poisson pen- dans : là dans. et atacher notre barque au rivage mais nous travaillâmes en vain. qu'au son. lesquels venans àseputrifier. Dont étant curieux d'entendre la raison de cela. car il ne puis veu : au moyen reprimmes voile onques ma comun crocodile. au mi- soleil. pour retrouver notre vieillard. dréçans leur vol ailleurs. n'eûmes pas longtemps navigé. : je me dit il fut com- le bras pour le prendre mais inimpétueusement hors de l'eau une : laquelle le ceignit. mença à étendre continent saillit longue queue Lors fleuve. et tira dans le jetay un si grand cry. où plusieurs se jetèrent fleuve. se convertissent en vers qui les molestent aucunement : et etans aper- ceuz remuer par ces petis oyseaux volans viennent . Or de quoy tous ceux de pagnie afermerent que ce avoit été faisans fut : noz mais nous erres. jusques tous ceux de voile et dans le à prendre terre. et me fut dit qu'entre les dens du crocodile demeurent quelques filés de chair. qui gueules bées : étoyent étendus au iles. les dans lesquelles aucuns oysillons de blanc panage et grandeur d'une grive entroyent de- où ayans séjourné quelque espace de temps s'en retournoyent. je m'en enquis. on cala nous arrêtâmes là. que nous en vimes plusieurs ensemble sur certaines petites lieu du Nil.HISTOIRE 450 sur le qu'il point de la minuict assayeroyt avant seul et sans aide : : mais voyant cela.

le atachent étroitement à un gros arbre. du fleuve expressément pour un hameçon de fer. plusieurs habitans d'Egypte ont ger à cause qu'ils la la chair desquels coutume de man- trouvent savoureuse d'iceux est en grande (comme Ton dit) de estime dans le : et la gresse Caire : car elle est fort singulière à solider les playes vieilles. ce que ne sont les autres. gloutit crocodile. ou colonne. . il demeure fermement acroché. : ils dans s'en retournent d'aucuns. donnant lieu à la fuite de que l'oyseau. Or le crocodile se prend en cette manière. puisse recouvrer et à la Œufs de Les crocodiles font leurs œufs en terre qu'ils couvrent de l'arène puis quand leurs petis sont éclos. lequel traversant ses entrailles. vérité. Il s'en l'eau. le dans la gueule pour les crocodile ingrat tâche à manger. et ceux nature sont venimeux. et avenant je j'en raconteray cette histoire plus seurement. qui fuyans de telle trouve bien le fleuve. qui fréquentent le fleuve . cequ'ayans mais les engloutir : se sentant piqué au palais d'une dure et épine (que l'oyseaua sur le 451 sommet de poignante la tête) il est contraint de desserrer. et encharnces. et à iceluv acrochent une chèvre ou mouton et au bélier de plantée sur cet efait : le rivage puis à l'autre extrémité d'icelle lient : cette bête le crocodile se jeté hors de l'eau et l'en- soudainement avec l'hameçon. un. Les pescheurs ont une grosse et ils longue corde de cent bout de laquelle toises.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE à entrer fait. et gros comme le doy d'un homme. viennent au désert. étant de la longueur d'une coudée.

voir. les bras. DU DRAGON On taines trouve en la montagne d'Atlas dans cavernes plusieurs dragons tresgros pesans. les cuisses. qui étoyent cité larges et amples. Ce et fort mousont gros parle corps et fort me- pour ce qu'ils nus aux deux extrémités. les gueules béantes. tume tête les Tous si peu donner entrée et outre ce. à forces. et chasseurs des feres et bêtes sauvages. se laisse exterminé : tomber étendu. tant qu'à grand peine se sauroyent la queue. le sauroyt outrer : comme où il a une haquebute ventre mais autre part : celle la : là de l'echine. qui est fort épesse et dure. elles ont les dens les pescheurs d'Egypte ont cou- un crocodile) de séparer la l'apendre aux murailles comme font (après avoir prins du corps. cer- comme sont animaux devers ils la tête et tresvenimeux et si . J'ay veu plus de troys cens hures de ces animaux apendues aux murailles de la de Cana. la le fin destitué comme s'il gueule.HISTOIRE 452 de sorte que crocodile ne s'en sauroyt défaire le moyen dequoy au s'étendant en secouant puis se debatant deçà et delà. et peau fort tendre ne la de étoit alors les pescheurs luy font rendre les aboys. en luy perçant avec certaines pertuisanes la : câble. qu'elles eussent à une vache entière fort pointues.

1. qui est fort et la aucun Il fait les venin aux déserts. menu devers d'un âpre et où bre. queue fréquent aux déserts de Libye et la tête. ^J^. dubb Dubb ne se mortel venin. mais il ne rend gueres de sang. sou- longueur d'une coudée ne boit jamais d'eau l'en y mettant dans expireroyt incontinent. Quand on nom en veult man- vulgaire du stellion bâtard. . DE L'HYDRE Hydre est un court serpent. tortue. étant de la l'en du mem- le corps. est le fouette-queue. on vouloyt éforcer che. Ledobb. sans la à 1 trayant au lézard.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 453 quelqu'un en étoyt touché. il Il Arabes discou- avoir en prendre désert. avant qu'il vienne est un animal conversant au et large de quatre doys. sa chair deviendroyt incontinent fragile et s'amoliroyt comme savon sans pouvoir trouver aucun remède à sa vie en sorte que ce soyt. là œufs et où la et si bou- comme ay veu des je me suis voulu semblablement ingérer d'en meurtrir. contre lequel trouve autre remède. là il par tout rir sinon tailler la partie est épars.

hors mis qu'il est venimeux à la tête et à la queue lesquelles deux parties les Arabes luy taillent pour manger le reste. est La forme vulgaire varamis ar marins. dissent ce le moyen qu on dépouiller de grenouille et de le lézard et trou. est onaran. si guaral 1 un animal.HISTOIRE 454 ger. CHAMELEON Chameleon i. on l'aproche du feu (cas nouveau et étrange) on le voirra mouvoir tout ainsi que si à l'heure mêmes on luy faisoit rendre les aboys. qui resemble à celuy duquel nous venons de parler. Jjj. de la grandeur d'un ramarre. Troys jours après. de sorte ota tout apetit de pouvoir jamais goûter de sa chair. du goût de saveur. puis : il mais trou avec ferremens. c'est le . l'a tué. C'est un Guaral est : diforme animal qu'elle m et de déplaisante couleur.jlj«. puisse faire quiter ce lieu Merveiiie du la soudain que vient à cacher dans le acoutré c'est une viande assez délicate. même s'il se que quelque n'y a force qui luy les chasseurs agran- le contraignans par de se laisser prendre. fault faire routir et le il peau sa car étant ainsi : est aussi Il partie de la queue un dubb. . au lieu de ouaral. encore reste dehors.

et ayant chemine avec un pas devers orient béant s'il se variété des lieux la met sur le noir. maigre longue comme et et : diforme. l'air se retourne en faisant son cours. il grimpe dessus. : et la tête dextrement de sorte qu'il de ce serpent. qui a devers fil pointe une petite goûte en guise d'une perle. là qui soyt directement sur tiler de sa bouche un où choisissant un lieu. au lever duquel . et Les Africans qui en ont dont il s'il qu'il tent plusieurs choses de la nature cet animal. étant a peu près de la . verdelet ainsi de toutes autres couleurs comme je Tay moy même expérimenté . se trouve.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE mais bossu. la et écrit réci- propriété de ne m'en souvient maintenant. et se : montre ennemy mortel de tousserpens venimeux tellement que s'il en rencontre quelqu'un endormy souz un : arbre. la autre nourriture que de la taupe. il si sur leverd. met son transperce la tête. fait dis- la tête de crachat. du serpent. car il recevra couleur noire. Il n'a des rayons du soleil 455 où prenant là. un sauvage. cet et : il animal se tourne tousjours de ce côté couleur selon queue lent et tardif. et void il se qu'il ne décende droit sur guindé dessein en éfet le fait bien si expirer. DES OYSEAUX AUTRUCHE Pour venir aussi l'autruche en est à parlerquelque peu des oyseaux.

qui luy retarde le vol. la toutefois . mémoire les sont de et les seize livres mais . Cet ani- la a le corps gros nage. pour foys autruches tites la grosseur d'un boulet du pois de quinze ou lerie. ne se trouve point d'eau. pour la sécheresse. à la long et les queue. ausquels. ils s'en pagne cercher pâture avant qu'avoir : jeté les : courte où elles met rencontre. qui ne m'a semblé de trop mauvais goût. qu'on ne sauroyt les ateindre. font plus petis. prompt démenant sa est fort comme celle de la cicongne. encore que à couver les premiers qu'elle ce ne soyent pas les siens les pe- si et labile. Sa demeurance est aux déserts. Estomac de autruche. qui est blanche de gros pa- et les ailes mais il et ailes. debatant course. mais il enjambé. Ces au- . Cet animal est sourd. qu'elles oublient le lieu ont posés d'artil- et la femelle se incontinent que les vont errans parmy et font de si la cam- prompte course plumes. et noire. qui sont de dix à douze Œufs de autruche. qui l'ont de mal longueur de deux coudées. et puis pense vous avoir aupara- les je mangé moy même de cette chair. est hault et de col fort long. même- on ne laisse Numidie. et là pose ses œufs dans l'arène. et : ay comme . en grande y prend jeunes. mange qu'il dont la tout ce qu'il trouve. tellement qu'il s'en trouve plusieurs. jusques au chair en est visqueuse et puante ment à l'endroit des cuisses pour cela d'en quantité on les vant : manger en pour ce qu'on engresse recité. et de tant simple nature. étans de au : moyen dequoy petis sont éclos.HISTOIRE 456 stature d'une oye. fer.

j^j. : Il mais perdre de vue qu'il se laisse il a le bec. et sans aucune ne plus ne moins que italien buettere. DE L AIGLE Ces oyseaux sont divisés en plusieurs espèces. nesr Nesr est le plus grand oyseau qui se trouve en Afrique. en langage Arabes- que. de on les prendroyt pour ce : que intimide bien caravanne. pénètre : si hault aperce- et vant quelque charongne d'animal gisant sur terre. désigne souvent Le mot : il le s'ils plume eussent été vautour dans les est parle ici. compagnie de gens souvent la à cheval 457 parmy les déserts. selon propriété. et plus hault que col et les le en volant. dont et est tellement qu'on en a veu de nesr. nom la : peau. 1 la grue jambes plus grosses. on void incontinent jeter dessus le : mais ne vole il gueres qu'il ne soit acompagné de plusieurs sa vie de longue durée plusieurs n'ayans que sur 1. tête. et grandeur la : dont les plus grans sont appelles nesr.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE truches s'en vont en bandes sorte qu'à les veoir de loin. la Le resques. couleur. rappeile le pays Barba- mot vultur. Aa g^ J « "gie- .

On se ils dans retirent venoyent de renaître à phaons les béquent. à On combatre dont : et perdris les On qu'il faut : Il s'en rapporter bâ\.458 HISTOIRE pelés expressément. sont AUTOUR que nous appelions autour. La coutume de cet oyseau est de se retirer sur les rochers. mais je ne l'ouy onques mentionner en ces pais. le et trouve uns sont bons pour instruit les aigles : en Afrilesquels jb. avec iceux se prennent les grues. à la cime des plus hautes et désertes montagnes qu'il peut choisir entre lesquelles celles d'Atlas luy sont plus : fréquentes et ordinaires toutefoys ceux qui savent : les lieux et détroits en prennent quelques-uns. d'autant qu'ils sont se déserts de prendre pour que i. Il donq. les plumes leur viennent à tomber au : nids. où là certaines lesquels montagnes des les plus chers. la caille arrêter le lièvre. et SIGNIFIE buse. de plusieurs espèces est fort fré- d'aucuns qui s'en trouve il de panage blanc. qui les suit. que pour s'ensuit la vieillesse. à cette . c'est vraisemblablement mot : des autres on se sert renards et les loups prononce généralement étymologie les prennent en Numidie sont plus parfaits. DU BEZl\ QUI Le bezi. leurs l'heure : là aportent à moyen de quoy comme s'ils où leurs manger. quent en Afrique. et leur que dit appelle l'Italien ceux de cette espèce buettere.

avec les grifes. qu'elle ne fait cas. et la qu'elle crevé. et a le les cavernes. se du monde mais entre autres lieux. Mais paupières des yeux je bruit est semé : il repaire ne vous veux pas acertener que moy. et arraché les yeux hors de la tête. queue de serpent. ennemvs de lumière. étant pleine. ayant la marquetée de couleurs diversifiées. j'en par les ay été acertené . la veuë : neant- par toute l'Afrique que ce a autrefoys été veu. et en si fort. qui sont gros pigeons. ny autre en ayt jamais eu moins le monstre y louve. CHAUVES SOURIS Ces diformes oyseaux. et s'ils se jetent : la aboys. et sur tête avec le bec de sorte qu : gardent fort elles se endom- bien de recevoir dentées. la les parties montagne : d'Atlas. s'enfle sort un dragon. Plusieurs historiens africans disent que le mâle de l'aigle couvre quelque foys après. de loup. et davantage. on en void en grande quantité dans trouvent par toutes des cavernes en comme ailes. qui les pâtes peau tachée et la ne pouvant haucer dans les bec et les ailes d'oyseaux. ny être en rien magées par l'aigle luy n'en ces loups ne lâche sa prinse.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE celles qui sont faites et 4$9 reclamées saisissent d'une grande ruse sur l'échiné. Je ne les ay pas veu : mêmement mais par une infinité de personnes. et fait fait rendre les contre terre.

dont il après à naître d'autres. rouges et noirs. et qui plus parfaitement l'accent de la personne sont de panage verd. qu'en volant par bandes semble une nuée. ils rongent les fruis et feuilles sans à leur départ des œufs. qui pour son épesseur vient à obscurcir la lumière du soleil et se venans à poser il : sur les arbres. ne se pouvans acommo: der à l'imitation default de ce. les et boys d'Ethiopie ces oyseaux de diverses couleurs mais . les savent former meilleurs. LOCUSTES Quelque foys on void de ces animaux par que en si l'Afri- grande quantité. ils de la humaine parole en et : dégorgent une voix tresdouce et mignonne. cau- sans une fort grande cherté. qui ne volent pas sont pires que les premiers car à l'extrémité intérieure : ils Mais les lais- mais : ils pénètrent jusques de Tecorce des arbres. s'en Il y trouve plusieurs grans comme pigeons mais ils sont gris. : en vient puis mêmement peuples de l'Arabie déserte en et Mo- Libye .HISTOIRE 4 éo PAPEGAUX On trouve parmy en grand nombre. et ritanie.

Mais trouve peu au pais des Noirs. ce qu'ils en font de soleil. les : le tiennent aux repas. où la livre moyen dequoy les habitans de ce pais ne se ou de blanc et de rouge. qu'ils et en quasi toute vent. les chées au : la cette bouillies. ne reste d'aucunes minières.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 4 éi reputent à grand heur l'arrivée de ces locustes en leurs régions farine. et bonnes les autres pulvérisent puis après re- desei- comme manière s'en repaissent. Voilà animaux qui ne se trouen Europe. ou de ceux qui qualité des ou sont bien rares sont en quelque partie diferens. à que parler desquels y a abondance en Afrique. La Barbarie en raporte une grande quantité et midie médiocrement. que marbre. herbes et fruits. DES MINIÈRES DU SEL En la plus grande partie d'Afrique on ne trouve autre sel que celuy que Ton tire des salines dans cavernes. pour mangeans peuës. tiennent une pièce de sel en leur main. si c'étoyt jaspe la Nu- il s'en mêmement en l'Ethiovend demv ducat au pie inférieure. et à dans les salières . et s'en trouve de gris. mais en mangeant leur pain. Maintenant pour donner fin à cet œuvre. ne plus ne moins. tant qu'il suffit.

le trie mines là en plusieurs autres lieux se trouvent des veines de soufre. EUFORBIO Euforbio est croît entre les gros la gomme en manière de rameaux comme dessus d'une certaine herbe. qui est lieux qui sont prochains de Fez. et quelquefoys davantage. Ce fruit ne croît pas sur les . comme aux le marets de sel. en la léchant : font cela pour autre respect. ils et ne passent la langue par dessus. En aucuns petits lacs et Barbarie en temps d'été se congèle blanc et poly. devers la partie de cipalement de Fez. d'icelle se forme un certain et fruit citrouilles et verd. qu'à fin de l'épargner et en user peu. ANTIMONIO Ce metal-cy se tire en Afrique d'aucunes de plomb. et grande quantité aux racines de la midy et prinoù Numidie confine avec le royaume d'Atlas. . qui la tête d'une carde sauvage.HISTOIRE 462 chacun morceau qu'ils mettent en leur bouche. étant grenelle par mais il est long d'une coudée et demye. d'avec lequel on s'en trouve en montagne et avec le soufre.

où elle s'essuit : plante est toute épineuse. qui fait sortir une liqueur visqueuse. on les jeté dans ce four. se prend sur des pierres. dont pour la chaleur d'iceluy. puis dans les oudres. qui a par dessous une gueule répondant sur une fosse comme un vase. avec le là en couteau mêmes. DE LA POIX y a de deux sortes de poix l'une est matérielle. les vilains de ce pais le piquent avec la pointe d'un couteau. qui sont au milieu d'au11 et : cunes fontaines. puis comme la recueillent et la mettent dans des oudres. terre 463 comme un tronc. puis on prend des branches verdes de ces arbres. duquel en proviennent vingt et cinq et trente autres. dont l'eau puante. L'autre est arti- du pin ou genévre. on la le fourneau. puis on y fait un feu tempéré. Quand il vient en maturité. duquel on étoupe la fenêtre. et après avoir été trenchées bien menu. Thumidité du boys se distile et s'écoule dans la fosse fait parla gueule. faire en et se tire la est la merveilleusement poix.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE rameaux de mais sort de la plante. retenant l'odeur de ficielle. On un four en rondeur profonde. qui est dessous sorte se recueille. Je montagne l'ay veuë d'Atlas en cette manière. et en cette vient à étuyer et mettre . mais il faut entendre que la laquelle devient lait.

cité feuilles de cette plus propices à cela. étant produit par une petite plante. lesquelles voulans cacher (cognoissans leur délit) prinrentdes plante. que Il de Sela. qui a les feuilles larges Les docteurs longues d'une coudée. et mahommetans disent que c'est le fruit qui fut défendu à nos premiers parens parla bouche du Seigneur. CASSE Les arbres qui portent la casse ont les feuilles quasi semblables à celles du mûrier. et principa- lement à Damiette. .HISTOIRE 464 DES ARBRES. au royaume de Fez grande quantité en la mille en croît à foison en : la mais en plus région d'Egypte. Le nom : et croissent arabe du bananier est également seulement en mou^ ju. HERBES ET RACINES MAUS. après en avoir mangé. dont les feuilles sont blanches et larges 1. leurs parties honteuses se découvrirent. qui sont autres qu'on puisse trouver. la grandeur de petits citrons. et n'ayans voulu obtempérer à saint commandement. OU MUSE Ce fruit est fort doux ' de et gentil.

qui et crevacée. indique littéraire.Le ter fus. Les déserts de Numidie en produisent en grande abondance: de quoy les Arabes mangent autant volontiers. produisans une qu'il grande quantité de si en fault abatre une bonne partie. Ils le mangent semblablement bouilly dedans l'eau ou du lait et s'en trouve à foison en l'arène prochaine de la cité de Scia.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 1 Egypte. Selon l'opinion des médecins (qui l'appellent camha) il a propriété de rafraîchir. c'est une viande tressinguliére et délicate. comme si c'étoyt du sucre. et à bonne raison car à dire vray. tuber étant employé par les niveum. appartient à la la a . je n'en i. est la truffe blanche. devant qu'ils l'arbre : car de et feroit éclater. Il s'en grosseur d'une noix. puis nettoyé et remis dans un bouillon gras. comme diray pour le présent autre chose. il ayant Pécorce est à la terre. et trouve de la d'une orange aussi. ^jMj. le nom médecins. étant mis sur le brasier. se peut plus car il croît semblable à la blanche cognoît on est 3 ' terfez fruit 46 : et trufe. Quant au palmier ou : : datier. i^. gros. viennent en maturité pour soulager trop grand Pébrancheroyt fais Cecy : fruits. et plus un peu enlevée où là. proprement appeller racine que en l'arène aux lieux chaleureux.

APPELLE PAR LES HAB1TANS DU PAIS MÊMES. et jeté une blable au mastic.HISTOIRE 4 6é venu en Numidie. où pied de l'arbre seulement. La talha. étant de grosse pelure et de couleur violette. et au pais des Noirs: mais les arbres. amplement quand je cause que j'en ay parlé à la description de Segelmesse. lequel est par les apoticaires gomme. . ayant legenévre. GIUMEIZ • 1 L'arbre et les feuilles de ce figuier resemblent celles des autres grosseur et : mais hauteur : sont d'une merveilleuse ils produisans branches ny à l'extrémité les même fruit le d'icelles. cité suis EIGUIER D'EGYPTE. ijs&'esï Yacacia arabica. y**. est le figuier sycomore. qui croissent en 2. afri- ce qu'elle s'en trouve au Libye. la Il i. là feuilles et retient le à il : non sur mais au n'y a point de goût des figues com- munes. ETTALCHE. les gomme sem- la Numidie. de odeur. ARBRE' Ettalche est feuilles comme un grand arbre et épineux. pour cans sophistiqué avec cette est de semblable couleur désert de la et Numidie. Le °ommei\.

et violets et tresnoirs. jljl.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE 467 étant ouvers. RACINE Cette racine-cy est assez odorante. est ['atractylis et a telle propriété gummifera. ADDAD. sont tresnoirs. trèa Bois guérissant de la . et se trouve aux rivages de l'Océan du coté de ponant. aparaissent de telle blancheur en de- dans que ceux de Libye sont les autres arbres. Vaddiid. mais il là où en elle sert se fault bien lieu de parfums délicats garder de la brûler rend assez bonne odeur d'elle-même : et : car elle et vault la charge de chameau en Moritanie un ducat mais au pais des Noirs : et demv : elle vault centoctante ducats. . 1 RACINl-: Cette racine-cy est amére. Le boys violet et gentils est aujour- d'hui en usage entre les médecins pour guérir du mal de Naples au moyen de quoy son nom de l'éfet. Les marchans de Moritanie en transportent au païs des Noirs. i. La racine de cette plante. quelquefoys davantage. et mais ceux de du cœur d'iceux (que appellent sangu) l'on fait de des Noirs la terre les Italiens tresbeaux instrumens de musique. boys prend le TAUZARGANTE.

et mémorable en commune en Algérie. que si d'aventure aucun par cas fortuit se trouvoyt à pisser dessus. et multiplier la celuy qui en à mange en quelque elec- tuaire. tout ce qui la s'est ofert à doutable poison quand les elles femmes arabes de région d'Afrique constitue ce que les Anciens appelaient Encore aujourd'hui moy le : Chamœleon font parfois usage de ce re- veulent se venger d'une rivale. Je ne veux point aussi passer. et ont été déflorées. Voilà en singulier somme. mont habitans du morne contre comme plusieurs Atlas recitent. non pour autre acci- dent. que pour avoir uriné sur cette racine.HISTOIRE 468 qu'une dragme de son eau un homme distilée peut exterminer en moins d'une heure : et cela est di- vulgué par toute l'Afrique. blatte. qu'il s'est trouvé plusieurs pastourelles gardans leurs troupeaux parmy pâtis de ces montagnes. laquelle Ton dit) semence mon(comme la a vertu d'exciter à luxure. que tel se dréceroyt et prendroit vigueur qui par : aventure auparavant regardoyt tout bas. RACINE Surnag est aussi une racine que produit tagne d'Atlas du coté de ponant. lesquelles ont perdu leur virginité. SURNAG. . que le ventre leur en est piteusement enflé. Et aferment plusieurs. (dy-je lors) et est par aventure si Ouy venimeuse. voire jusques entre les simples femmes.

en corps. observant diligemment toutes requérir moyen 469 les choses.ET DESCRIPTION DE L'AFRIQUE laquelle j'ay discourruë de part à autre. qui me sembloyent une mémoire de quoy éternelle à la postérité. Et depuis me soigneusement tout (comme tous un les Romme. Au me mis à rédiger par écrit tout à moy de jour à autre. courant l'an de l'Incarnation de Jesu-christ mil cinq cens vingt FIN DE L et six. et ce que je ce qui sepresentoyt temps ou l'incommodité des lieux ne m'ont permis de veoir. m'en faisant amplement informer par personnes dignes qu'on ajoutât entière foy à ce qu'ils me proposoyent pour avoir discouru tous les païs auquels le : ils avoyent eu l'heur de veoir ce dont j'étoys igno- rant. et le dixième de mars. ŒUVRE DE JEAN LEON . apliquay meilleur de mon esprit retrouvant à le aussi la commodité membres de ce mien s'y ofroyt) à réduire petit labeur épars. je m'en enqueroys diligemment.

.

première cité près de Telensin 32 Tefesra 3 3 Tessela 34 Béni Rasi.|> . estats et ofices de 20 la court du roy de Te- lensin 29 Hubbed. cité 15 Hunam. province Batlia. première cité. 8 château Guagida. 34 Oran 40 Mersalcabir 43 Mezzagran .. désert Temzegzet. château 6 Izli. 9 io cité Ned Roma. cité La grande cité de Telensin Coutumes. montagnes et desers qui sont au cités.. 16 cité 18 Haresgol. royaume de Telensin 6 Angad. Du royaume Des de Telensin i châteaux.TABLE DES CHAPITRES LIVRE QUATRIÈME Pages. grande r2 cité Tebecrit. en la susdite province .

cité Temendfust 66 Teddeles 69 68 Montagnes du royaume de Telensin Béni Jezneten. montagne 70 70 Matgara 71 Gualaza 72 Aghal 72 Béni Guerened. cité 88 Distefe 90 Necaus 91 Chollo 93 Sucaicada 95 . château 83 Mesila. qui est Alger 59 Tegdemt 65 Medna. Mustaganin Bresch 47 48 Sersel 51 Meliana Tenez Mazuna 53 56 . montagne 73 Magrana 74 Béni Abusaid 75 Guanseris 75 Montagnes du domaine de Gezeir 76 LIVRE CINQUIÈME Du royaume de Buggie Proeme Buggie. grande et de Thunes 78 78 cité 80 Gegel. • 57 Gezeir.TABLE DES CHAPITRES 47 2 Pages.

cités... cité i^i ) Suse 52 Monaster 54 Tohulba 57 El-Mahdia 58 Asfachus. cerirr. cité Cairavan. 163 Capes 170 El-Hamma 173 Macres.onies. . 183 . Constantinc Mêla 96 [02 Bona [07 Tefas 10 Tebesse 113 Urbs n7 u9 Beggia Hain Sammit 121 Casba 123 Choros. 1 ~«< île Zoara.TABLE DES CHAPITRES 475 Pages. 130 et officiers députés en icelle 144 Napoli • . ciic Tripoly l'ancienne Tripoly de Barbarie tresbelle [82 et grande cite . et Lepède. ordre. . . château i~> Gerbo. . jadis au 161 nombre des grandes . 148 Cammar 149 Marsa 150 Ariana 151 Hammamet et Eraclia. . château 123 Biserte 125 Cartage. grande cité 126 La grande cité de Thunes Cour du roy.

198 LIVRE SISIÈME D'aucuns villages Thunes et royaume de Gar. province 216 Segelmesse. Subeica et Casr Hessin. Montagnes dé tout domaine de Buggie le . château 23 Humeledegi 233 1 . cité de Guaden.. châteaux.. Matgara 225 Retel 226 Territoire de Segelmesse Segelmesse.. qui sont prochains du Bugie.. Montagnes de Bona 193 Montagnes prochaines de Thunes Montagnes de Béni Tefren et de Nufusa . province 223 . Sarman. Montagne de Garian 194 195 196 Béni Guarid Casir 188 190 197 Acmed..TABLE DES CHAPITRES 474 Pages. Zanzor. Hamrozo. . province 221 Cheneg. ^Auraz Des montagnes qui se retrouvent tantine au domaine de Cons- 192 . Numidie 209 211 vilage Ifran 213 Accha 215 Dara. assavoir Zamat Ben Zarbuh. cité 227 229 Esuchaila. De la et la cam200 pagne Tagiora province Mesellata 204 Mesrata. province 205 Désert de Barca 207 Tesset.. . Gar elgare.

province 2 Pescara 25 Borgi 2 53 Nesta 2 53 . contrée 2 39 Fighig. Theolacha 5° l 255 25 Deusen . 2 45 cité 2 4° Guargala Zeb.. Todga.. 273 . Biledulgcrid. château 2 4° Tesebit 24 x Tegorarin.. province ) 256 Teusar 2 Caphsa. 2 33 Ummhelhesen D'aucunes contrées.. contrée 242 Meszab 2 44 Techort.. Gumi châteaux ..TABLE DES CHAPITRES 475 P<»ges.. Tezerin.. château 2(l Teorregu • > ^4 Iassiten 2 Gadèmes 2 °5 Fezzen 2 °^ Desers de Libye 2 °7 - Zanzaga. Béni Mazalig et Abuhmam... 2 34 238 (V> Chasair.. 2 59 cité 7 5 2" J Nesgara. Farcala. cité 23 Béni Besseri 2 39 Guachde. premier désert Désert où le peuple de Zuenziga le Désert où demeure sa Désert où habite le \ résidence sa peuple de Targa Désert où habite fait t'ait ( le peuple de peuple de Berdoi I emta. assavoir Tebelbek.

contrée 279 280 Alguechet LIVRE SEPTIÈME Où il est traité du pays des noirs 282 Proëme 282 Gualata.TABLE DES CHAPITRES 476 Nun. contrée 274 Tegaza 275 Augela 277 278 Serte. royaume Melli. noirs royaume Tombut. royaume 308 Borno. 290 . premier royaume des Ghinée. royaume 313 Du royaume 317 de Nubie LIVRE HUITIÈME Proëme 323 Division de l'Egypte 325 Origine 326 et génération des Egyptiens Qualité et accident de Pair en Egypte 329 .ume de Tombut Gago et le royaume d'icelle Guber. royaume 306 Zanfara. Cabra. cité Berdoa. cité 286 288 . royaume 310 Gaoga. province 305 Zegzeg. 292 au royr. région - 307 Guangara. royaume Agadez et son royaume 297 298 301 302 Cano. royaume.

cité Mechellat Chais. première cité en Egypte. Naddheasse Cités situées sur le Nil. La tresgrande Du 345 350 cité et merveilleuse cité du Caire . . habits et 359 359 363 364 365 manière de vivre des habitans du Caire et des faubourgs moyen on procède 372 à l'élection du Soudan et des offices et dignités de sa cour Les états de la cour du Soudan du Caire Eddeguare Soudan gouvernement des choses plus universelles. 381 385 385 389 Officiers députés au 390 Muhallaca J93 Chancha 394 Muhaisira 395 Benisuaif J95 .. premier bourg du Caire appelle BebZuaila . Fuoa. . 344 cité 345 cité 346 Gezirat eddeheb. cité Anthius.TABLE DES CHAPITRES . . cité 348 Derotte. Bosiri. appellée par les Italiens Rosette 342 cité 344 Barnabal. Coutumes.. grande et renommée 477 cité 341 Rasid. cité Thèbes. Geza Soldats du 351 357 . sur le Nil Alexandrie. Pages. Le bourg appelle Gemeh Tailon Le faubourg appelle Beb Elloch Le bourg appelle Bulac Le bourg appelle Charafa La vieille cité appellée Mifrulhetich Par quel 333 334 Bocchir. c'est-à-dire l'île de l'or 347 Mechella..

. . 39 6 Munia BIFijum Manfloth.TABLE DES CHAPITRES 478 Pages. 397 39§ ' Asioth Munsia 399 400 400 Georgia. . . c'est-à-dire fleuve des Serfs. fleuve 409 410 Toseuhin Quadelhabich. 404 405 LIVRE NEUVIÈME Où il est traité plus notables de tous du les fleuves. 419 419 420 . ... . animaux et herbes païs.. monastère 401 El Chian 402 Barbanda 403 Ichmin Chana Asna Asuan 403 . Tensif.. 411 Ommirabih 411 Buragrag 412 Bath 4*3 Subu Luccus 4'4 • • 4X5 Muluia 4 lé 416 Mulullo Za 417 Tefne 4l7 Mnia 4l& 418 Selef Sefsaia Le fleuve Maie ur Sufgmare. .

438 sauvage 438 Beufs des montagnes d'Afrique 439 Adimmain Moutons 439 440 Du Du lyon léopard Dabuth Du Du chat qui . ou dant 437 beuf sauvage l'âne 430 430 _j Cheval sauvage Du De 429 .446 Il 1 . .. Sus 423 Darha 42} Ziz Ghir Du 424 424 • grand fleuve du Nil 425 DES ANIMAUX Proërae De 428 l'éléphant . .TABLE DES CHAPITRES 479 Pages... lait la civette .. Bout" marin .. Iadog ^20 Guadilbarbar 421 Megerada 421 Capis 422 Fleuves de la Numidie. Giraffe Chameau Cheval barbare 3 5 4^- Lant. ..... poisson Du chevai marin.| \ 1 \ \2 443 444 singe 444 Des coniU Il) DES POISSONS Ambara.

section orientale de l'imprimerie Camis et C''. . De l'hydre Dubb 453 Guaral 454 454 1 453 Chameleon DES OISEAUX Autruche 455 De 457 l'aigle Nesr Du Bezi 1 . Burdin. racine Angers. de A. Giumeiz par les habitants du ' pais 466 Ettalche. Paris. appelle mêmes. racine 467 Addad. 457 458 qui signifie autour Chauves souris 459 460 460 Papegaux Locustes DES MINIÈRES Du sel 461 Antimonio Euforbio 462 462 De 463 la poix DES ARBRES. HERBES ET RACINES Mausse ou muse' 464 464 Casse Terfez 1 465 Figuier d'Egypte. racine 467 468 l Surnag. arbre' 466 Tauzargante. TABLE DES CHAPITRES 480 Pages De la tortue 447 448 452 Crocodile Du dragon. — Imp..

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I m V-. PLEASE CARDS OR DO NOT REMOVE SLIPS FROM THIS POCKET 1 . éd.• Léo Africanus. Joannes description de l'Afrioue Nouv.

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