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XXVI ' 1. dulité. . . RVE DE CONDÉ.EUGENE BEFR ANGE atherine de Médîtis ses astrologues et ses magiciens-envoûteurs DOCUMENTS INEDITS SUR LA DIPLOMATIE ET LES SCIENCES OCCULTES DU XVI^ SIÈCLE AVEC VINGT ILLUSTRATIONS Il y à deux sortes de merveilleux celui de la science et celui de la cré- : . Ancillo PARIS MERGVRE DE FRANGE XXVI.

JUSTIFICATION' DU TIRAGE TOUS droits de traduction et pay= de reproduclion réservés pour tous .

CATHERINE DE MÉDIGIS .

...DV MÊME AUTEUR Histoire de l éclairage des rues de Paris . La Maison de GoL'RDAN (Mercure de France . (Victor Lemasle.. . . . . .. édit. . éditeur) Vieilles façades parisiennes : La Maison de colas Flamel (Victor Lemasle.). éditeur) Vieilles Mme façades parisiennes : Ni. Noël et Chalvon. 1 voL . . Charlotte Corday et la Mort de Marat (Mercure de France^ Bibliothèque d'un curieux : Singularités reli- gieuses (A..

C'est enfin parce et les tragiques que vous avez été l'amical soutien. mais aussi beaucoup de notre mutuelle contient atYection. C'est parce que depuis de longues années vous avez consacré toute votre érudition de distingué chartiste à l'étude du seizième siècle et des caractères fois même à4our et la si si variés.A MONSIEUR LÉON MARLET Bihliolhécaire du Sénal. l'encourageant réconfort dans l'âpre élaboration duquel la fatigue et de cet ardu travail. Et voilà pourquoi je tenais à vous dédier une œuvre qui non seulement beaucoup de votre science. mon le cher Ami. qui en ont marqué tour grandeur de pensée. mon cher Ami. D. E. X Si j'écris votre nckn en tête de cet ouvrage. 3 Avril lOH. par- complexes. c'est parce que vous en avez élé guide savant et sûr. phases. . Je vous dois donc infiniment de reconnais- sance pour tout cela. au cours l'abattement moral sont bien souvent venus arrêter ma plume.

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savons deviner l'avenir du ciel. aussi bien que pour l'histoire européenne. {Collection Wifliam Regsser.INTRODUCTION Nous dans . Pour notre histoire nationale. Thomassi Boronello (1). seizième . siècle.) . Certes.récrit intraduisible pour les profanes. n'est plus la nuit des (1) Traduction et extrait du grimoire. Aux livrés à. Manuscrit de 62 feuilleis parchemin in-4. inédit de Thomassi Boronello. la seconde moitié du seizième siècle et le premier quart du dix-sep. ce. nous connaissons les signes qui tuent et les incanta- les astres plis tions qui font revivre les morts. dans les de la main. constituent une période effroyablement malheureuse.tième. et le passé dans les cendres sépulcrales. aux textes ténébreux des coptes.

Théodore de Bèze le trône de violemment ébranlé. s'écrie Rome ce que et Sé- se sent cesi assez l'imprimeur lyonnais qui devait payer cette phrase sur le bûcher de la place Maubert. en même temps que des intelligences discutent véhémentement sur l'utilité ou Tabsurdité de la messe. Rabelais. Mais toute action émancipatrice ne s'exerce jamais sans réaction. Luther. Michel Ser- vet. à cette époque. Des profondeurs de l'Alle- magne. Dolet. qu'il semhle Renaissance se prolonge en une imprécision lamentable. lentes dans leurs que l'aurore de la si métamorphoses. puissam- sublime invention de Gulen.CATHERINE DE MEDICIS ]0 siècles qui ont suivi la l'intellectualité morl de Théodose humaine et les . Un grand vent de raison a cependant secoué ment aidé par berg.| voix des Calvin. En même temps que dans les troubles politiques sentretuent papistes et huguenots. bastien Castellion. sur l'incarnation ou l'absence de Jé»6us dans la sainte hostie. d'autres cerveaux font un . mais organisations sociales des peuples sont. Pour vescii en îénèbres. A la la le monde. surgit soudain une multitu-de de sectes d'oi^i sort une nouvelle barbarie. érigeant en dogmes les plus singulières aberrations mentales.

les humiliations. que saint Barthé- lémy martyr ' voit sa fête célébrée dans que s'assassinent les les humbles. que grincent les roues de tortures. des raisonneurs concluent que i'ange déchu est désormais plus D'ailleurs qui le les psaumes. c'est donc que de troubler les esprits? que jamais à Tinfluence Cependant c'est bien le la manière Diable se mêle Et l'on croit alors plus du Prince des ténèbres. nierait? Depuis des fort siècles. que gémissent la bas. perturbateur des consciences et des cœurs devenus inhumains. Evidemment on croit toujours en Dieu. volonté du que s'accomplissent ces horribles choses. auxquelles ils joignent les pratiques étranges des rites magiques du moyen âge. Mais le grands et clergé proteste tout disant que ce n'est pas de par céleste Père du sang. la gloire du Dieu pour de miséricorde que "s'élèvent les bûchers. les prièues et les jeûnes n'ont rien produit pour l'amoind: isse- . Et de cet aveu. Mais puisque ceux qui prononcent respectueusement son nom ne savent être d'accord sur de rhonorer. et que c'est uniquement l'œuvre du sup- pôt des enfers.CATHERINE DE MEDICIS brusque retour dans les doctrines du paganisme germanique et Scandinave. que son maître.

tout fervent doctrinaire ? ils luciférien Apologistes assurent que peut com- . les adeptes sataniques sont bien sûrs d'obtenir promptement une puissance devant laquelle tout cédera. obtenir sa pro- tection. seul dispensateur du bon.CATHERINE DE MEDICIS 12 ment des misères humaines. tout pliera. ti- vaporeux enveloppant au sourire béat sera remplacé par l'assa-fœtida aux acres émanations. du bien et du juste. Le Rédempteur divin. a été impuissant devant l'envahissemenl de mondiale par la foi Donc il stryges infernales. monstre ricanant dans son cercle d'airain. plain-chant des le viol et la cathédrales. on substituera le sifflement aigu des flûtes en bias . ses faveurs. les docteurs es sciences maudites ne déclarent-ils pas que les fidèles du noir Seigneur sont seuls possesseurs du Secret des Secrets autofisés des théories du mal. Avec de tels honneurs rendus aux démons et et au Macroprosope couronné. faut s'attacher à Satan. Confirmant cette force de l'ombre. organisant des messes spéciales. brûlant aux pieds de Jocihévauhé. et l'encens subtil et les saints lui le fer. par Au sodomie. en les en lui dressant des autels. en lui dédiant des victimes par le poison et par par Tenvoûtement et l'inceste.

naissant et mourant comme luy. rachetées par N'.-S. Mieux encore. aux lémures et larves. ayant comme luy un corps et une âme. Ils détiennent en outre le moyen de découvrir les sources et les trésors. de faire gé- mir vils mandragore. Curieux ouvrage publié d'après le manuscrit original s. aux spectres et goules. SiNiSTRARi d'Ameno. par Girolamo (2) Tartorotti Rovereto 17-19. complexe goétie n'est et chacun pour eux de banales opérations et for- mules évocatoires. d.-P. que l'on accusait de s'introduire nuitamment dans les habi talions pour y voler les entants qu'ils dévoraierit ensuite . (i). Paracelse et Stirgane. 13 aux élémen- aux incubes et suc- cubes. Ils savent la aussi faire naître de troublants désirs dans les cœurs les plus réfraclaires à reconnaît que la qu'un ensemble Tamour. Jésus-Chri. . et traduit du latin par Liseux en 1876 un volume in-lG. où l'on prouve qu'il existe sur terre des créatures raisonnables autres que rhonime.. biogénistes convaincus. découvert à Londres en 1872. . et de transformer les plus métaux en un or pur et ductile. dans les bois. Les lamies étaient des monstres à léte de femme et queue de serpent. Del Congresso notturno délie lamie. De la démonialité et des et succubes.<t et capables de salut ou de (1) animaux incubes damnation. ne donnent-ils pas rimmanquable moyen d'obtenir Ihommiinniiliis^ homme ou femme artificiels que l'hermé- — R. un volume in-lo. aux farfadets et lamies (2).CATHERINE DE MEDICIS mander aux génies nocturnes iales.

Jamais on ne vit les souverains de Europe aussi avides vieille qu'ils le furent par ces de la merveilleux. les Ruggieri le Jérôme Cardan. . un volume iu-so. Essai sur la créalion de Vhommeen dehors de la femme. font de auprès des princes régnants. par concentration dans un alambic scellé.-< HomancLiles tVhier eî cV après.demain. Mi- chel x\^ostradamus et autres maîtres dans rensei- nombreux qui trouvent aisément de lucratifs em- gnement des grands élèves plois arts. Mais nul monarque.CATIIEKINE DE MEDICIS 14 tistc la peut à son gré créer en son laboratoire. le. sonnages. 1897. Encouragés hautes protections. Corneille Agrippa. de haine calculatrice ou d'amour lubrique. au seizième siècle. ne réservèrent à ces per- bon accueil et le soutien que leur accorda Catherine de Médicisà la cour dcFrance. d'une quantité déterminée de semence humaine? (i). le (1) Voir sur ce sujet l'étrange ouvrage de Jean Finot. à cette influence supérieure et sans rivale ! Bien rares furent les esprits suffisamment forts pour échapper à cet âpre désir de domination. Paris. vieux. nulle reine. Quel triomphe que d'avoir en mains ces moyens prestigieux ! Quelle jouissance que de parvenir à ce vaste idéal. Le même auteur nous a aussi laissé un ouvrage non moins curieux sur les Hommes et les femmes à cornes. de vengeance.

t. Ambroise Paré. (1) "Brunet. le clergé catholique croit fermement du Démon et à ses manifestations diverses. Tout comme au temps de •Catherine de Médicis. n'échappèrent pas à cette fièvre démonia- que. Halphen. Édition Alphonse Lemerre. de cette croyance. à Taide du ne les démon. Paris 1896. suscep- Chacun Mémoires —journaux de Pierre de VEsloile. aux dangers mortels de l'envoûtement. à l'attraction du mauvais œil. il suffit d'ouvrir l'année 1902 de l'Ami du Clergé. Notons que cette opinion de i'Église du seizième siècle sur le Dénionisme est restée la (2) Questions Voltaire. astrologues. L'Eglise même. ou moins à l'autorité diabolique des magiciens. etc. édition de 1862. vivre du superstition parisienne. revue hebdomadaire. XXV. et même pour l'Église moderne. condamnait pas comme des imposteurs •ou des fous. Tout ce la cour comptent de notabilités. produit de que la la ville et croit plus et 15 (i) sorciers.CATHERINE DE MEDICIS Aussi vit-on bientôt trente mille devins alchimistes. Des cerveaux •comme ceux de Pasquier. qui lançait sans arrêt ses plus terribles a na thèmes contre les sorciers. sur VEncyclopédie. mais bien comme des impies et relaps dont la malignité pouvait. de Thou. opérer des tibles faits extraordinaires de nuire au christianisme (2). article Superslition 1 ar Alfred Maury dans l'Encyclopédie Moderne. très sérieusement rédigée. et traitant toutes les questions ecclé- -à l'influence Pour se coavaincre . publiés par Champollion.

Lécuyer. voués au Démon. assure également qu'il est à sa connaissance que le Démon apparaît siastiques. qui passe aussi pour" avoir particulièrement étudié les rites maçonniques. et qu'il s'y fait vraiment adorer. curé des Rives et de Mgr Cotton. Naturellement. évoque de Valence. C'est la description d'une tenue maçonnique présidée par Salan en personne. datée de 1563. provincial des dominicains lyonnais. et à laquelle le P. Entre autres élucubrations. que les francs-maçons n'étaient pas des hommes constitués comme les autres humains. et que. voyantdes empoisonneurs et des assassins partout. archiprctre de Moirans. il faut lire le récit d'une aventure arrivée à Lyon au P. pour empêcher les conspirateurs et assassins de dissimuler toute arme offensive autre que l'épée.C. Ces narrations insensées me rappellent le sermon d'un capucin portugais. les dans plusieurs réunions de francs-maçons. de M. ce révérend père était très écouté. celui-ci les avait dotés d'une queue en leur prolongeant la colonne vertébrale. une méfiance continuelles. (1) Une ordonnance royale. Jandel. C. On y trouve. Michel. M. aventure confirmée par le témoignage du P. à Lisbonne. des sortilèges en toutes choses. Le P. et des menaces divines dans les moindres phénomènes atmosphériques (i).Guihéry assista vers 1865. et nul n'aurait osé douter de la véracité d'une parole aussi saintement autorisée. supérieur général des dominicains. Bresciani. Jandel assista sur l'autorisation spéciale de l'archevêque Mgr de Donald.CATHERINE DE MEOICIS 16 traîne alors son existence dans une crainte. des récils sensationnels sur prouesses de Satan au vingtième siècle. de M. défendit l'usage des poches aux vêtements. . auquel mon bealu père. pa!isim. Ce prédicateur persuadait ses ouailles assemblées. Guélat.

sans avoir aucune des faiblesses morales ou physiques particulières à son sexe. les sciences occultes. ni le protestantisme qui sauront guider sa con- science. altière.CATHERINE DE MEDICIS J7 Possédée par une ambition incommensurable. c'est bien à un idéal plus ténébreux que Catherine voua son âme. Catherine de Médicis n'aura d'autre but que celui de conserver cet amour le gouvernement. mais taliste comme la fa- plupart des intelligences supé- rieures de son temps. tour à tour bonne ou cruelle. elle et pour satisfaire emploiera tous les sys- tèmes bons ou mauvais. Contrairement à ce queprétendent divers historiens redresseurs de torts. Ceci n'empêchera pas cette femme étrange de posséder les plus hautes qualités d'un administrateur d'Etat. . C'est les miroirs ma- giques et les cercles goétiques. et dictatrice. toute son âme de Florentine seulement devant l'astrolabe. fourbe ou sincère. mais toujours adroitement énigmatique et mysté- rieuse. elle sera épouse. du pouvoir. qu'elle inclinera Par mère sa fierté souveraine. Très autoritaire. ce n'est ni le catholicisme.

leur retirant toute tendresse dès qu'ils ont atteint l'âge de gouverner. Et cette phrase résumera tout ce caractère de femme infrangible. ne ni les^ embûches. tant et clairvoyante. moins d'ennemis. qui met sa dignité de Reine- Mère aa-dessus des sentiments féminins ordi- naires. Pour Catherine. inflexible prompte en ses décisions. Elle est d'une coquetterie modérée. Donc^ elle n'a qu'un idéal : c'est la couronne de France qu'elle porte par fierté et par devoir. Encore n'accordet-elle à ces derniers ses élans maternels. Tant plus de morts. et en En dehors de SCS enfants: pas d'affection. écrira-t-elle à de Gordes.CATHERINE DE MEDICIS 1] Prise entre le républicanisme des huguenots et la trahison catboliquCj elle a. redoutant ni les terribles les injures. Elle sera une autorité forte.ix iHé saura garder le trône Valois par des combinaisons dont l'habifait encore envie à nos plus éclairés diplo- mates. dehors de son mari : pas d'amour. ni moyens. qu'au- tant qu'ils sont incapables d'enrayer son autorité. elle faiblira devant Henri ne 111 qui lui rendra son attache- ment que par une profonde ingratitude. le sceptre réunit toutes les joies. Pourtant. toutes les satisfactions. en d^pit clés com- .

prisonnière en un couvent.siégeants.. émettait l'avis de terminer e la 1 livrant discussion aux soudards étrangers pour déshonorer par concevoir que pitié la le la viol. jugeant cette proposition insuffisamment outrageante. lorsque. la pouvait-elle vraiment bonté. elle ne fut pas plus heureuse. sur les murs de Florence. exposée aux caHonnades des a . Baptiste Geï proposa de rattacher nue. Henri considéra jamais autrement que ne la un être propre à la II comme perpétuation de sa lace. Que importe lui la N'est-elle pas née par elle et pour elle? Les Médicis n'étaient-ils pas d'ardents remueurs politiques? Et pourquoi exigerait-on qu'elle fût douce et sensible. Mariée. âgée de neuf ans.CATHERINE DE MEDICIS de chaque jour. Et quand Bernard Castiglione. . entre diux créneaux. la générosité humaines constituent le beau dune et la exis- tence?. des bats cités à créer lutte ! 10 perpétuelles dupli- ou à détruire.. conciliante bonne et pas été formée au contact de t-elle ? N'a- tourbe la révolutionnaire? Son enfance ne s'est-ellc pas 1 s imenlablement écoulée au milieu des haines )ulevées par le despotisme de son père ? Les hommes n'ont-ils pas toujours été des barbares pour elle.

dont quelques-uns tentent à réhabiliter Catherine de Médicis d'une part des crimes que lui imputèrent ses contemporains. D'autres historiens se sont déjà imposé cette tâche et je n'y reviendrai pas. Si l'unani- milé s'est enfin prononcée en faveur des qualités gouvernementales de Catherine. H Henri tiers. des médecins-historiens se plaisent à établir des diagnostics rétrospectifs. Ceci caractérisèrent cette m'amène nécessairement gression. nature à une di- ^ Depuis quelques années. d'admiration dévouée." la le machiavélisme de Catherine sont. il ne faudrait pourtant pas exagérer l'adiniration qui peut lui être due. imposé par les exigences et les intérêts politi- ques d'un trône.CATHERINE DE MÉDICIS 20 Tout ce que le cœur d'un roi pouvait contenir de vibration amoureuse. ces praticiens . de soumission d'âme vis-à-vis d'un être aimé. le donna entièrement à Diane de Poi- Catherine ne fut que l'accessoire obligé. excusables en partie. en refusant systématiquement de croire aux défauts qui d'élite. Mais la réhabilitacruauté et tionde cette femme supérieure n'est pas le but de ce livre. certes. Devant tant d'adversion ou d'indifférence. sans hésitation. A quatre siè-^ clés de distance.

Il ont le courage d'enrayer la propagation de ces turpitudes intéressées. lequel entreprit récemment de nous prouver que Jésus. Voilà bien les arabesques de Vhypothèse historique dont parle Balzac. . Quant au cardinal de Châtillon.CATHERINE DE MEDICIS 21 nécrophores appliquent en pensée leur oreille &ur la poitrine de la reine de Navarre et déclarent sentencieusement qu'elle n'est pas morte d'une action toxique. Mais entre l'impartiale (1) Il en est de même pour le prince de Condé et Madame. ces médecins concluent qu'indiscutablement ils sont morts d'une péritonite suraiguë par perforation. mais plus prosaïquement d'une congestion pulmonaire. lorsqu'il se moque des gens qui consacrent leur vie à la recherche du chemin par lequel Annibal passa les Alpes. mourant d'un ulcère de Vestomac (i). ou de faire l'œuvre d'un parti quelconque. ou de blâmer ceux de mes confrères qui essayent de les dé- y a tant d'historiens dont le but est uniquement de flatter l'opinion préconçue du populaire. Loin de moi la pensée d'encourager la multi- plication des erreurs historiques. mais tout simplement d'une pleurésie^d'origine tuberculeuse. Après force périphrases sur la santé habituelle de ces deux personnages.Christ n'est nullement mort des souffrances endurées sur la croix. 2. ils nous le montrent. qu'il faut au contraire féliciter ceux qui truire. Mais ceci n'est rien comparativement aux déclarations d'un autre exhumateur du même genre. avec une assurance audacieuse..

CATHERINE DE MEDICIS 22 mise au point d'un authentiques d'archives. me pardonnera mon franc-parler. Mais la vérité. dont une d'après l'interprétation forfanterie chercheurs sérieux ne seront jamais dupes. 1G33. sympathique et savant confrère M. c'est la superstition de Cathe- absolument nier l'esprit de l'époque dont elle devait inéluctablement subir l'ambiance (i). sion médicale basée sur des sources fâit^ établie et conventionnelle d'un texte. Les plans et docxtments' divers conservés aux ^rc/iioe^a//ona/es N. Tauleur très autorisé du Quartier des Halles de Paris. De plus. plus connu sous le nom d'//o/é/ de _Sozsso«s (aujourd'hui Bourse de Commerce). Camille Piton. parfaitement orientée aux quatre points cardinaux avec une sphère armillaire et qui fut d'ailleurs construite sur les données de presque tous les observatoires de l'antiquité. d'après les plans dressés par Jean BuUant. ces documents anéantissent complètement la légende qui nous présentait Petit de Bachaumont comme étant le sauveur de cet intéressant monument. 0}i 1099^ f» 143 et T. O)» 1193. m'oblige à ne pas partager son opinion sur la colonne de VHôfelde la Reine. N. construit en 1572 pour Catherine de Médicis. 11-175. Nier la criminalité et rine de Médicis. prouvent suffisamment la destination astrologique de cette colonneobservatoire. Ce : . D'ailleurs une telle négalion ne mon (1) Parmi les défenseurs de Catherine de Médicis. III-233-235. les fantaisiste ver- il y a un écart con- marqué par une "sorte de sidérable.

cette tour à Louis Duhenois. voir aussi l'opinion de M. Laurent Destouches avait acheté. pp. également notaire à Paris. paroisse Saint-Eustache. notamment le numéro de septembre 1908. ni moins criminelle autres grandes figures de son temps. pour la même somme. nous trouvons l'acte de vente de la four en forme d'observatoire de l'ancien Hôtel de Soissons. par le sieur Laurent Destouches. exagéré les conséquences de ses l'on ait actes mystérieux. Camille Flammarion. n'dst nullement . » Ouinzejours plus tôt. 385 et suiv. (Archives nationales série O)^ carton n° 1193. rue Neuve-desPetits-Champs. moyennant une somme de 1. preuve demandée par M. avait là un terrain Il y excellemment propice aux Bachaiimont qui a acheté cette colonne aux démolisseurs de VHôtel de Soissons pour la revendre ensuite à la ville de Paris et en voici la preuve irrécusable. cela n'est pas douteux. architecte demeurant à Paris. : . A la date du 19 mars 1750.G\THr:iaNE de médicis rehausse en rien fut ni plus que les la 23 valeur de celte reine qui ne superstitieuse. démolisseur adjudicataire de l'enlèvement des matériaux de VHôtel de Soissons. à cette date.800 Hures. aux échevins de la ville de Paris. Celui passé entre Laurent Destouches et les échevins de la ville a été rédigé par M" Marchand le jeune. soit le 4 mars 1750. L'acte de vente passé entre Laurent Destouches et Louis Duhenois a été rédigé par M* Gervais.) Sur la destination astrologique de cette colonne. Camille Piton quand il cite Leroux de Lincy aux pages 12? et iSi de son Quartier des Halles. elle eut l'occasion de mettre en pratique ce* deux forces ordinairement sournoises Que : le fer et le poison. Cette tour fut cédée. notaire à Paris. Mais plus que d'autres. dans le Bulletin de la Société Astronomique de France.

la vérité est presque toujours altérée. Soit en admiration^ soit en haine. et à la . possible. de les comparer entre eux et de recourir toujours aux pièces manuscrites des archives diplomatiques. seules sources vraiment authentiques de l'histoire. et Cathe- rine de Médicis ne devait pas échapper à cette loi des préventions humaines. terrain que surent cultiver comme des pamphlétaires violents tienne. toute en y apporla minutie. toute la tolérance et la sincérité nécessaires à la solidité d'une œuvre documentaire. Cependant. les pamphlétaires. il est donc indispensable de vérifier attentivement les textes imprimés traitant d'un même sujet. chroni- mémoristes qui nous ont transmis les défaillances intimes et les bizarreries morales de certains personnages célèbres.CATHERINE DE MEDICIS 2i colères huguenotes. méthode que je me quer à l'élaboration du présent tant tout l'inédit telle suis efforcé d'applilivre. évidemment difficile à il y démê- Car. Pour l'historien consciencieux et de bonne foi. de la fiction. tout pamphlet. queurs et Henri Es- faut reconnaître que dans comme dans a un fond de vérité ler il toute légende. Comme est la dans mes ouvrages antérieurs. n'ont jamais écrit sans partialité.

mais surtout bien française par orgueil et par autocratique principe.CATHERINE DE MEDICIS 25 mise en lumière d'une physionomie aussi mystérieusement personnelle que cette mère de trois rois. qui fut certes bien italienne par naissance. . EUGÈNE DEFRANCE.

000 ducats en bijoux et pierres précieuses^ après rapport des comtés Lauraguais (1) Sur nationales (1). LE DOCTEUR JEAN FERNEL ET LES BREUVAGES MAGIQUES Après la marche triomphale de Florence Livourne. le la fortune : d'Auvergne mariage du futur Henri et de II.200 livres d'or qui cons- cadeau tituaient la dote de Catherine. depuis reyne de France. duc : Lettres de naturalité d'Urbain^ et sa fdle Catherine de Médicis. après le de noces du à Pape Clément VII. voir Archives pour Laurent de Médicis. (Reg.. fol. Saint-Germain-en-Laye. cadeau de 100.CHAPITRE PREMIER LA STERILITE DE CATHERINE. O^ 218. . après lippe Strozzi le versement effectué par Phi- des 1. 3 et 4) Document inédit. se- du père de Catherine. may 1519.

Mar- . Sa Sainteté est allée les visiter au lit de bonne ainsi qu'ils ont heure. 27 Henri duc d'Orléans.. François assuré de fils. seille le Henri. que.. et qu'a été consomméle mariag e. miné. avec Catherine de Médicis. fut célébré à Mar28 octobre de l'année i533. ne voulait pas quitter Marseille sans avoir même Donc. le 28 octobre au soir. qu'il est estimé soixante mille ècas la chambre où . était le lit était toute tapissée de brocart. dit un témoin oculaire. la certitude. sa femme. avec toutes les demoiselles d'hon- neur. a accompagné en sa chambre. Le matin. En âge des deux époux. %^: CATHERINE DE MEDICIS cond fils de François l^'. où la était sérénissime préparé un lit duchesse si riche. et le la dépit du jeune tenait à être P'' consommation du mariage de son pape Clément VH.. âgé de quatorze ans. ainsi que (1) le roi et toute la cour (1) » Relation anonyme des cérémonies du mariage de Cathe- rine de Médicis avec le duc d'Orléans [futur Henri II). oncle de Catherine. Notre seigneur l'ai [le pape] est aussi joyeux que je jamais vu. C'est dormi ensemble la nuit dernière. le le festin ter- « pape s'est re- Le roi s'est aussi retiré en habit de masLa reine. tiré. n'avait que vingt jours de plus que. et les a trouvés tous deux très dispos.

1866. 29 tion de .) Cette relation commence à l'entrée de Catherine à Marseille. voulut lui-même mettre au le roi et quelques-uns disent ter. à Venise (note p. dit l'ambassadeur de Milan. au moment de quitter Marseille pour se rendre à Civita-Vecchia.CATHERINE DE MEDICIS Dès temps même. Original italien inséré sans indicaprovenance dans Touvrage de Reumont. in-8°). 323). » Balzac nous dit que des faiseurs d'anecdotes. Clément dit à Catherine en manière de consolation : A figlia (Tinganno octobre 1533. et joute que chacun qu'il les d'eux lit les époux. un vol. Original italien conservé dans les Archives de la maison Dona dell Roh. 30 octobre 1533. c'est-à-dire au 23 octobre. Voir les pages 319 à 324 et le n° 11 des pièces de l'appendice. assurent que Clé- ment VII attendit patiemment jusqu'au 12 novembre les preuves physiologiques de la fécondité de sa nièce. Léon Marlet. contemporains de cette union. et traduit de Tallemand par Armand Baschet (Paris. la Jeunesse de Catherine de Médicis. [Traduclion française inédite. Mais son attente ayant été vaine. voulut voir jou- fût vaillant à la (i). Traduction inédite de M. (1) Dépêche de Don Antonio Sacco au Président de Milan . d'aucuns prétendirent le que François loin encore fini P'' aurait poussé la curiosité plus que Clément VII de danser et que chacun : « Quand on fut retourné eut dans ses appartements. seille.

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dit ni'ien térêt : A (( 0:1 Contarini confirme ce bruit de cour et complète par certains détails dignes d'in- Fe la mort du dauphin (i536). L'ambassadeur vésiérilité. c'est-à-dire qu'à fille d'esprit. devenue d Auphine. Dandolo. Relation d'ambassade. Études philosophiques sur Catherine et 25 de V introduction. le bruit se répandit que François P'désiraitun divorce. pensa un moment à la faire répudier. Dix n'était années devaient s'écouler avantque Catherine. dit-il.CATHERINE DE MEDICIS 30 non manca mai la figlinolanza. espérantpeut-être tirer partid'une autre alliance. Catherine para ce coup (1) H. Diane de Poitiers. et la maîtresse en titre do son mari. DE Balzac. Le souhait formulé par Clément VII certes pas près de sa réalisation. t. 47. de Mélicis. Pion. Ce passage a été traduit pour la première fois par Armand Bascliet dans la Diplomatie vénitienne et les princes de l'Europe du seizième siècle. 1866. publié par Eugenio Alberi. pp. P* série. comme doutait que Catherine de Médicis pût jamais avoir d'enfants. Paris. . fin de Tan(2) Matteo nie 15i2. 15 sans indication de source. IV. Original italien. jamais la postérité ne manque (i). p. édition de 1879. Les difficultés de sa situation se compliquèrent bientôt de cette Dandolo (2). dans Relazioni del anibascialiui Veniti. pût donner un successeur à la couronne qu'allait porter son époux.

il était bien convenable de pourvoir à la succession d'un si djs enfants. elle lui dit qu'elle avait appris qu'il avait ntion de donner une autre t puisque Dieu ne lui avait pas femme fait la à son le l'in- fils. 73 {Traduction Bascheî). se fait aussi l'écho de cette répu- (1) Relaz di ambasciaf Contarini Venezia (1552) relaz di Cont. soit autrement. qu'il lui dit puisque Dieu a voulu la femme du dauphin. quant qu'elle devait au roi à elle. en i574. écrivant quatorze ans plus tard. plutôt que de contrarier sa volonté. ou à rester ai service de celle qui aurait femme de son mari. . et grâce d'avoir moment qu'il ne plaisait pas Sa Majesté d'attendre davantage. la la tout cela entrecoupé de larmes et de sanglots. toute disposée à entrer en un monastère. et peut- bien se rendre à vos désirs >> Henri Estienne. t-il en fortune d'être si P'\ d'humeur touché. elle était p ête à subir la grande douleur qui lui en viendrait. p. ma bru et qu'il Dieu voudra aux nôtres en fut « (i). du à grand royaume. V^ série. avec émotion : que vous soyez ne veux pas je être et Ma fille. se rappelant ce pour l'avoir choisie. larini. Allant trouver roi. François généreuse et facile. IV.p CATHERINE DE MEDICIS 31 avec son habileté habituelle.

et d'un ancien serviteur de Marguerite d'Angoulême. Voici en quels termes. t. et réimpression des Archives curieuses de l'Histoire de France. » que Catherine finit un jour par vivre en parfait accord avec la maîtresse de son mari.. depuis duchesse de Valentinois (Diane de Poi- afm tiers) Monsieur d'estre ainsi dauphin son mary. . 1^'^ série. et n'eût honle come maquerelle pour parvenir à son intention est certain Il en grâce avec qu'icelle Tentretinst le (i). elle gaigna la grande sénéchale. IX p. actions et déporlemens de a reyne Catherine de Médicis^ etc. que pour apparence de son ter mauvais naturel. Villemadon rappelait la chose à la reine en août de l'année 1559 « le : Je commencerai par vous dire que régnant. nous rensei- machinations de la répudiation de Catherine. mais une lettre il n'en avait pas toujours été ainsi. feu roi François et étant le feu roi luy dau- (1) Discours merveilleux de la vie.CATHERINE DE MEDICIS 32 diation projetée : Comme « renvoyée en d'estre répudiée et cause que la estant sur le Italie. 17. sœur de François gne plus amplement sur les Diane de Poitiers au sujet de P^. point tant à nature l'avoit condamnée à ne por- jamais enfans.

alors dauphin. et depuis que les nouvelles furent venues que bâtarde la (i) vous fûtes mise sur queurs était les née du susdit adultère. Diane de commun Poitiers. puisque mettiez tant de temps à en porter. Filippa Duco. une bague dont il lui fut introduite apprendroit comme beaucoup de vertu. puis en secondes noces au maréchal duc François de Montmorency. L. Elle mourut en janvier 1619. in-i°. » naturelle de Henri II jolie Piémonîais'^.. public et d'hommes réceptacle de tant paillards et effrénés qui sont morts.26 août 1550. S. parce que vous n'auriez jamais d'enfants. Mémoires de Condé. ce qui porterait sa naissance au courant de Tannée 1538. et de la fille vous qu'il ne (2). (2) Lettre [de Villemaion].CATHERINE DE MEDICIS pliin revenu du Piémont où 33 s'oublia lanl que il de commettre un ord et sal adultère par conduite de certains mignons méchants seil et et Con- le infidèles serviteurs. Diane fut plus tard légitimée de France et mariée au duc de Castro. rangs par les susdits et la vieille mérétrice qui mo- vous déclarèrent entre eux incapable de telle grandeur et honneur d'être femme d'un dauphin de France. ou quivvivent encore. Une médaille devenue rare a été frappée au XVII'' siècle à l'effigie de ce personnage. 1. 1. et par lesquels d'abon- dant la misérable grande sénéchale. . 620 et 621. vue tenait pas à votre mari de n'en pas avoir (1) Cette bâtarde était Diane. pp.à la reine-mère. Paris. 1743. âgée de quatre-vingts ans. 5 vol.

p. évêque de Limoges. III. ce qui ne fut pas fait. et Jeanne de la lettre de la Bibliolh'qne nctlonale^ fol.CATHERINE DE MEDICIS Si Catherine de Médicis ressentait une telle haine à l'adresse de Diane de Poitiers. Si la répudiation a été évitée. t. de Nemours ces lignes marquées. et ainsi pensait de en retirer le feu roy son mari. manuscrit. Antoine de Bourbon dAlbret. dit vu dessus elle a 1:\ de M. plaist (i). qui nous conte au sujet d'une le fait que ce dernier. n" 6608. lui adressa afin d'obtenir son (( La reyne a bien ri. C'est l'Aubespinc. quand lettre pardon Mme de Valentinois employer forte par manière de jeu. Bruslez ceste lettre après l'avoir lue. de demeurée défigurée. duc de Nemours. car elle y pensa depuis. (1) s'il » si aux srr- Alphonse de Rubles. . 239 et note. se souvenant qu'elle le vouloit que îa : l'Aubespine à son frère. visage. vous Catherine a si su établir son autorité de dauphine. 32. l'un des quatre secrétaires d'Etat. con- lettre vaincu de menées pour enlever pouvoir à le reine. L'original Jac lues de Savoie est conservé à fonds français. qu'un jour elle manifesta le désir de la fs^ire vitrioler par Jacques de Savoie. sur quoy elle fut toute sa vie lors- fàchoit tant à luy par luy d'une eau faire jeter €omme la le distillée.

parce que cet communique sa stérimontent. par atavisme de famille et de race. Elle consulte les devins. l'herbe appelée uerges-du-pasteur. lité aux femmes qui le tions des tarots. elle est étroitement attachée. mèlez-la et détrempez-la avec ce breuvage à une du suc de mandragore. réputé infécond. selon le même alchimiste. elle se fait préparer des philtres. La pierre échile ou pierre aquilaire cpie Ton trouve dans les nids d'aigles. réduite en poudre et mêlée à des vers de terre. cette son orgueil et naires de la cour. « Prenez.m CATHERINE DE MEDICIS 35 casraes de l'entourage royal elle a su répondre par une habileté plus efficace que des actions stérilité est quand môme pour pour son amour un tourment obsesseur. Si l'on donne à un animal femelle. bientôt dans le et leur ignorance la jette domaine des grands mystères auxquels. elle évite de voyager à dos de mulet. dit cet auteur. réduite en poudre. empêche les femmes . D'abord elle se livre aux médecins ordi- de haine. Aux consulta- animal. » La pervenche. se joignent les breuvages magi- ques « (i) et les potions médicinales de tousgenres: La sérénissime dauphine. doit être absorbée par les femmes enceintes pour les empêcher d'accoucher avant terme. dit l'ambassadeur (1) Les formules les plus ordinaires de ces breuvages magiques étaient empruntées à Albert-le-Grand. tandis que la pierre dite saune qui se trouve dans File du même nom. elle femme ou deviendra pleine et fera un être de son genre et de son espèce. donne aux femmes de l'amour et le désir de concevoir.

est d'une sauf en plexion. Enfin. physiques enfants. et le lait de jument absorbé avant c wmerce charnel. le doigt majeur et la chair de l'anus d'un fœtus venu deux mois avait terme. une ceinture faite de poils de chèvre trempée dans du lait d'ànesse. Selon Photius. Tabariensis assure que Vurine de mouton. un verre d'urine de mule. parce que ce fétiche arrête le flux des menstrues. et retient ventre de leurs mères. bien les qu'elle ne manque médecines capables d'où je conclus qu'elle éternellement les enfants dans le La pierre blanche que l'on trouve dai3 la tètç de la licanle.CATHERINE DE RIEDICES vénitien Matteo Dandolo. attachées à sa ceinture. facilite beaucoup le travail des femmes en couches. . le sang de lièvre. la rend immanquablement féconde. « ce propres à donna bonne corn qui regarde le 5 qualités en une femme à non seulement elle faire di figluoli ». Les géniloires de sanglier pendant la lune de Mars produisent le même effet. rendra cette femme mère dun enfant ma e qui aura longue vie. bu chaque mois par une femme stérile. Isidore-le-Physicien dit qu'une femme qui désire féconder n'a qu'à porter. point d'avaler toutes d aider la daccoucher génération. les cendres d'une grosse grenouille. n'en a point encore. coastituent d'excellentes amulettes contre la stérilité féminine. infusée dans du vinaigre fort. la patte gauche d'arrière de la belette. et portée au-dessus du nombril par la femme qui veut engendrer. 11 en est de même si la femme stérile utilise certains talismans. d'après Blérius. sont les plus efifcaces de tous les remèdes indiqués pour combattre la stérilité féminine. la corne de cerf pulvérisée et mêlée à de la fiente de vache. Par exemple la graisse de y/ne/Ze appliquée sur la tempe gauche. mais je doute qu'elle en doive jamais avoir.

t. Jean Fernel. riches ou pauvres. avec une conviction et un désintéressement exemplaires. pp. alors qu'un médecin du dix-septième siècle.). ses plaisirs et sa santé. est d'après les plus grands indices. La renommée s'était bientôt établie autour de son nom qui par- vint jusqu'au dauphin de France dont la maî(1) Relation de Malleo Dandolo. I. avec patience et politesse. prétend. IV. d'après Brantôme. qu'elle était affligée d'une tortaosilé dit . 47 et 48. que Henri II était atteint d'hypospadias. (2) rine. qui sacrifia à la science médicale et aux mathématiques sa fortune.CATHERINE DE MEDICIS 37 court de grands risques d'augmenter son mité plutôt que aimée dy chérie du dauphin et infir- porter remède. » ici qu'entre en scène un infatigable et savant médecin. 31 et suiv. Elle . Nicolas Venette. à ce point d'ailleurs que j'estime qu'il n'y a personne qui ne voudrait se laisser se tirer du sang pour avoir un C'est lui faire fils (i et 2). Recueil dAlbéri. 1" série. fin de l'année de 1542. écou- ses consultants. Les lui en si grand nombre. t. Dans une intéressante étude sur la stérilité de Cathele docteur Cabanes [Cabinet secret de Vhistoire. Sa Majesté l'affectionne aussi et de même la cour et le peuple. déclare que la stérilité de la reine était due à ce canal vaginal. pp. malades affluaient chez que souvent tant tous il était obligé de dîner debout.

Louis de Bourges. Après plusieurs autres tentatives également inutiles de la part de Henri. Mais ce fut bien avant cette Henri époque que Jean Fernel II sur la stérilité fut consulté par de Catherine de Médicis. quand sidération. le P. . honoraires de les difficile- l'illustre prati- la place refusée. Daire.S Diane de Poitiers. au cours de l'année 1497. qui avait été le premier mé- decin de François F^(i). et pour Tindépendance à lui témoigner Tétendue de sa con- exigea que Fernel touchât. se contredisent mutuellement sur ce point. Henri accorda toute sa II lui vie. Henri consentit ment laisser à cien. Guillaume Plancy et autres biographes. s'est livré à une étude spéciale de Fernel et il résulte de ses recherches que Jean Ftrnel serait né à Clermont en Beauvaisis. Fernel triompha par l'heureuse guérison de Diane. Fernel n'accepta cette situation qu'à la mort de son confrère.CATHERINE DE MEDICIS :-. Pierre Bayle. Pourtant Renauldln. L'ardeur que Jean Fernel apportait au travail l'obligea à refuser la place de premier médecin du dauphin dont ce prince voulait l'honorer. il même. et ce fut le début de l'estime que tresse. était alors gravement malade. en 1815. ce qui l'aurait naturellement retiré de ses travaux et séparé de ses élèves. (1) On ignore la date et le lieu exacts de la naissance de Jean Fernel.

femme? : Monsieur « à Fernel d'exa- Médecin. Sire.CATHERINE DE MEDICIS 39 Si l'on en croit Isaac Bullart. » François II Et Mézeray constate Bullart. 84. t.) Antoine Varillas. avec 219 portraits gravés par nois. conseillé à que (t. ment répondu : « C'est à Dieu. au- le feriez-vous bien des enfants à ina ce à quoi Jean Fernel aurait sage- ».. p. in-fol. l'appui Varillas rapporte le remède que Jean Fernel aurait soi-disant prescrit à Henri II pour sa femme « Le peuple étoit : persuadé. dès sa nais- sance. qu'en reine-mère.. 2 vol. le dauphin avait. vous y aporter ce qui est de médecine ordonnée de Dieu pour humaines (i). Pari«. la que parce que le (François roi le Henri second de coucher avec gendrées de effet « que et (la lèpre) (2). Isaac elle personnes en- les la sorte étoient sujettes à cette teuse maladie II) premier médecin Fernel avoit durant ses ordinaires. miner rait-il la dauphine dit. II. à vous don- ner des enfants par sa bénédiction moi à les faire et à à c'est à . Académie des sciences les vies et les éloges historiques des hommes nations. 1682. étant (1). (2) hon- avoit été. » la remède des le infirmités A de Bullart. 81. II. de complexion malsaine. contenant illustres de diverses Larmessin et Boulon- p. de dit-il. Histoire de François II. après dix ans n'avoitconçu stérilité. demandé d'une singulière façon. premier le et arts. .

Part. De plus. pour le et faire trèsiiïibu des principes d'Hippocrate. » Le savant médecin est aussi calviniste Antoine Menjot de Tavis de Varillas. et se dilatoit plus que de coutume. grande sécheresse de l'utérus. ne fructifier. il nous explique pourquoi et comment Catherine de Médicis n'était susceptible d'engendrer qu'à certaines époques déterminées Médicis. la partie s'humectoit. la semence rencontrant une terre trop aride. s'était cer- tainement inspiré de « lui ce maître antique qui avait fourni des ouvertures pour ce con- seil (i) ». elle ne parve- pouvoit noit point où elle devoit. Dissertalionum IV . Or. » Dauphin prit que c'étoit le moment proun coup de partie avec son Et Menjot ajoute que Jean Fernel.. Fernel jugea qu'il faloit que M. 3. 16fô.CATHERINE DE MEDICIS 40 enfaiil d'une mère qui avoit eu ses purgations bien tard. dans une dissertation physiologique un peu naïve. n'étoit stérile ou que pour être Au premier cas. trop serrée dans cette partie. le cours des ordinaires de la comme pendant royne. alors pice épouse. (1) parles Antonius Menjotius. son tems.) . « : Catherine de que par une trop dit-il. 23. Au second cas. p. palhologicarum (Traduction de Pierre Bayle.

le connétable de Montmorency lui ayant indiqué une formule nouvelle. » Et dès de la sans lieu ni date. fol. Quel que soit nel contre la le remède prescrit par Jean Ferde Catherine. « dix après mille écus lors de chaque accouchement Bayle s'est efforcé ». mais sans grande valeur critique dans ses argumentations. car s'il plaît à Dieu qu'il me serve. . (1) Lettres de Ferrière. je ne tiendrai ce bienfait qui est le plus grand qui me serait à venir. elle ne sait comment exprimer sa recon« Je ne vous naissance au vieux gentilhomme : remercierai point de ce que vous m'avez envoyé. t. que de vous (i). il est assuré quelle et que la dau- phine n'en continuait pas moins ses absorptions de breuvages bizarres. 6. stérilité qu'ait été son efficacité. lui écrit-elle. Catherine lui reconnaissance qu'elle fit remettre. I. de réfuter ces affirmations. et Naudé assurent que. conservé à la Bibliothèque nationale. publiées par p. note. à la à li. pour marquer Gabriel Jean Fernel toute la devait. Louis d'Orléans.i naissance de chacun des dix enfants qu'elle eut de Henri II le traitement de ce savant médecin. (Original. Un jour. fonds français.CATHERINE DE MEDICIS Guy 41 Patin. n" 3292. 58). Catherine de Médicis. Isaac Bullart.

que devant une ne se protection divines. dit ce chroniqueur. : du comte de Retz. nommé Gondi. la qu'elle et enfance. soit-on. psaumes. étoit un banquier florentin de Lyon. vers la fin de 1542. à faire les dits enfants (i). di- avoit aide la reine qui avoit demeuré dix ans mariée sans avoir lignée. Journal de Henri p. elle ne manquera pas de Tannoncer au connétable. t. seigneur du Peron. laquelle déclare. I. » En plus des recettes magiques et des prescrip- tions médicales. ce qui fait la (1) telle L'Estoile. 9. un autre personnage de l'entourage de Catherine aurait également contribué indirectement à la rendre mère « Le frère Selon l'Estoile.CATHERINE DE MEDICIS 42 que sa grossesse sera certaine. III. 15 juin 1574. Même. et avoit en charge de nourriture des enfants du roy Henry en leur maillot et d'elle. duquel la femme italienne avoit trouvé moyen d'entrer au service de la reine Katherine de Médicis (en lui faisant cadeau d'un petit chien d'une espèce rare). Par des prières elle appelle sur elle la et rédemppar des bénédiction et la joie de la reine de Navarre. . Catherine s'adresse au teur des chrétiens. dévotion. édition « il Jouaust.

elle comme gny de Caen (2). p. jusqu'à concurrence de dix enfants. Ceci se passa en une conjuration magique à laquelle assistaient la dame Gondi (astucieuse gouvernante des enfants de Catherine et sa confidente). Destigny de Caen. Cathe- avait fait qu'elle portait aura bien quelques inquié- que nous rapporte Desti- celle établir fhoroscope de l'enfant dans son sein. selon les indica- tions que lui avaient envoyées Gabriel Siméoni. Çà et là. elle mit au « II. dès lors. A partir de la naissance de François II.. François Puis. fils Albert de 624. p. rine mais ce ne sont plus que de : « Un soir du mois d'août i547. Cathe- rine est plus calme. astrologue florentin. monde régulièrement fils et filles (1) ». oiiv. tudes. cité antér. treize qua- à 19 janvier de l'an- et. simples curiosités dit cet auteur. au palais des Tournelles. torze mois s'écoulèrent effet. vantes. 105 et sui- . elle sent que sa situation de Dauphine est enfin assurée et elle ne souffre plus autant des commentaires désobligeants de la cour. le née i544j Catherine enfantait de son premier fils.r CATHERINE DE MEDICIS 43 passera pas un an que Dieu ne luy fasse grâce de luy donner un En fils ». et son (1) (2) Mémoires de Condé.

fut fait comte Retz. née le 12 novembre 1547. Claude de France. En retour. elle sut sur- monter sa jalousie dès qu'elle fut la prière du tarini.CATHERINE DE MEDICIS 44 Gondi. Puis. Relaz degli ambascial : Venel. dit toléra nois et vécut : Sur « l'ambassadeur Lorenzo Con- patiemment même mère Mme de Valenti- habituellement avec elle. Diane avait certaines complaisances et envoyait souvent elle reine (2). IV. t. cope Catherine devait avoir De et eut et duc de cet horos- une fille (i). Diane le roi dormir avec la » faisait plus encore. sa rivale. Catherine avait eu beaucoup de peine à supporter Diane de Poitiers. p. enfin maréchal de France. elle soignait Ca- therine pendant ses couches et ses diverses maladies. Diane sut retenir Henri II auprès de sa femme. . Albert. » Si dans les premières années de son mariage. Série 1". 78. et c'est Diane qui nous informe du dévouement du en cette circonstance (1) (2) : « roi Je vous puis assurer. elle roi. qui. relazdi Conîarini. lorsque Catherine fut prise à Joinville d'un mal qui mit ses jours en danger. plus tard.

r CATHERINE DE MEOICIS 45 M. p. livres. D'une ARMIS DE CATHERINE DE MEDICIS APRÈS LA MORT DE SON MARI. car il ne Ta jamais aban- écrit-elle à bien le donnée faire (i). que le roi a fait fort bon mari.1) se renferme Lelîres de Diane de Poitiers publiées par entière- Gaiffrey. des Estampes. agréables et recom- mandables services qu'elle a cy-devant faitz à la royne. Catherine . 83. )> Il est vrai que Diane sait bien payer au roi toutes ces amabilités. de Brissac. . Maintenant. il lui donne « cinq mille cinq cents en faveur des bons. {Cab.) seule fois.

Momentanément appelée à être régente du gouvernement de France. elle sera de nouveau mise à l'écart parce que certains appétits intéressés auront constaté ses trop grandes aptitudes à gouverner intellectuelle Mais après reparaîtra alors le sur désastre de Saint-Quentin. en un seul jour. arracher par son adresse et son éloquence un important subside au Parlement et. elle Et saura raviver parisienne abattue. que tous désespèrent. elle la scène gouvernementale. l'énergie et sa supériorité marquée. se consacrant uniquement aux soins de ses enfants.CATIJERINE DE RILDICIS i6 ment dans son devoir d'épouse soumise et de mère dévouée. . ramener à elle toute Popinion publique.

CHAPITRE . possédant tout mathématique leur existence à l'étude savoir des divinations astro- logiques. animé ou non. Des hommes. disaient-ils. ils partaient de l'examen des êtres et des choses qui les entouraient. Tout est dans an et an est dans tout. Ils concevaient le comme une le d'alors. Allant du simple au composé. .ES II ORACLES ASTROLOGIQUES DE LUC GAURIC ET DE NOSTRADAMUS. en était une partie constitutive. Il y a quatre cents ans à peine. mement on croyait fer- à rinfluence des astres sur la vie hu- maine. pour re- monter par synthèse jusqu'à une essence divine. MORT DE HENRI II ET MORT DE MONTGOMxMERY. consacraient entièrement monde tout entier unité dont chaque objet.

Les astronomes du vingtième siècle ont repris cette théorie sous une formule plus claire. Voir notamment l'ouvrage de M. unique et gie (i). De très leur théorie simple ils dans concluaient que son action. sur le macrocosme et le microcosme. Les ouvrages de Robert Fludd sont fort rares et atteignent des prix fabuleusement élevés quand l'un d'eux passe en vente.. mort en 1637. L'édition la plus commune est celle publiée en cinq volumes in-foL Quant à l'étude du macrocosme et du microcosme précitée. et digne de figurer à côté de Kircher. de Mersenne et de Gassendi. et ce qui est en haut est en bas. Table cTÉmeraude exprime par Ce qui est en bas est en haut.. en déclarant que dans V univers il n'y a ni haut ni bas. ils loi : considéraient que entier. : . sous ce \1) C'est cette loi que cette phrase symbolique la . Camille Flammarion Qu'est-ce que le ciel?. désigné sous le nom Vanalo- la loi de le monde de macrocosme (2). Fludd la publia pour la première fois de 1619 à 1621. fut sans contredit l'un des hommes les plus savants de son temps. Robert Fludd. les savants de la Renaissance se transportaient du fait à la loi primordiale de laquelle ils pen- saient que ce fait dérivait. lesquelles régissaient tous les faits perceptibles à et que ces elles-mêmes dérivaient d'une lois grande seule. (2) Voir la savante étude du docteur anglais Robert Fludd ou Fluctibus. obéissait tout entière à une petite quantité de lois. En Thomme. ta nature.CATIJKiaNE DE MLDICIS 48 Et au de procéder lieu comme la science mo- derne qui décompose ce loul en éléments divers. outre.

est une mine extraordinaire de théories scientifiques hardies pour l'époque. trois divisions pour Fhom- naturali. Un autre penseur dont les importants travaux sont peu connus et qui vivait au treizième siècle. que certaines personnalités étaient intéressées à ne pas laisser briller. né vers 1200 et mort en 1264. plus hardi que les autres s'élevait pour protester contre cet amas d'erreurs scientifiques. Parmi ces précurseurs de la science raisonnée. fut mis sept fois à la question et resta vingt-sept ans dans les fers. titre du Ces De supernalarali.CATHERINE DE MEDICIS avait une vie analogue à celle de 19 l'homme ou mi- crocosme. Son Spéculum niajus ou Miroir général du monde. pour avoir osé démontrer que le nombre des mondes était indéfini. ce que l'on savait de l'homme s'entendait également de Tunivers. Pierre Piobb a traduit et annoté en français ce très curieux travail. l'Amérique. Mais ce n'était qu'un éclair dans la nuit. Tunivers. Donc. Ainsi établirent-ils la loi dite comme : iernaire. alla beaucoup plus loin dans ses affirmations. la rotondité de la terre et les lois de Vattraction universelle que Newton ne devait redécouvrir que turali ! . C'est le savant dominicain Vincent de Beauvais. de temps en temps. 1 volume in-8. un cerveau plus éclairé. Au hasard je citerai la vapeur. partagé en trois grandes par- ties distinctes (i). c'est-à-dire bien avant Campanella et Prinelli. mort à Paris en 1639. qui étaient parfaitement connues de Vincent de Beauvais. En 1907 M. prœlernaîurali et conlrana- microcosmi historia. où Phomme était. Prinelli fut battu de verges pour avoir déclaré que les étoiles ne tomberaient pas. (1) Pourtant. combien payèrent leur audace par la mort ou par d'atroces tortures Le génial dominicain Thomas Campanella. Cet ouvrage renferme la matière de 50 volumes in-S" et ce n'est pas sans surprise que l'on y constate une foule de découvertes soi-disant modernes.

ë. comme : supérieure trinité loi ter- fondamen- Veau. de comme compose la mère l'individu et qui supérieure de l'univers une planète et issus de l'union des satellites du soleil-^ère la planète-m. : l'homme une partie de était encore considéré la famille. se également de trois éléments Uenfant. et la : la première. cor- et enfin le ventre.CATHERINE DE MEDICIS 50 me étaient morale. De même Tunivers tales était régi Lui aussi avait ses naire. la terre et analogie. La respondait à respondait à tête^ siège de l'esprit. elle. qui. cœur. Confirmant cette le ciel. Bibliothèque de l'Arsenal.re (i). la curieuse collection de manuscrits conservés à la . cor- la partie spirituelle la partie morale. notamment celui que nous a laissé . correspondait à la partie matérielle en raison de la perpétuation de la race humaine. le . de ces trois divisions correspondaient trois parties du corps humain. matérielle. A chacune troisième. Elle fut éditée pour la première fois à Strasbourg en 1473 10 volumes in-fol. trinité correspond à formée par envisagés et de : la le soleil. quatre cents ans plus tard. par cette trois parties \e père. Cette œuvre colossale de Vincent de Beauvais fut Tune des premières grandes entreprises de limprimerie. spirituelle. avec son appareil reproducteur. la seconde. (1) Voir sur la loi du ternaire et les principes astrologiques.

cuv. qu'un honnête 161. En conséquence jouissait toujours de son libre arbitre. nés à lieu. sous la étant au même roi et le fils même au point du globe. in- Voir aussi Mystère des sciences occultes. d'un paysan. Donc. par rapport aux éléments même influence en qui les entouraient. s. Astra inclinant non nécessitant^ disaient-ils mais ne forcent pas l'homme le les . astres prédisposent. caractère. pas plus qu'ils ne niaient Tinfluence de l'éducation. ano. et qu'ils étaient. et : simplement l'astronomie intitulé : De V Astrologie : ce en doit sçauoir. et A.CATHERINE DE MKDICIS C'est cette analogie de 51 Ihomme avec Vunivers qui pe_rmettait aux astrologues de soutenir que hommes tous les nés à un moment déterminé moment participaient de la nature entière en ce même. Ms. Se.. d. . pouvant à sa guise se soustraire ou bien s'abandonner à ses instincts. devaient avoir les mêmes tendances. n° 205. le homme Vastrolo- V astrologie j adiciaire qui re- comte de Boulainvilliers. alors qu'ils la le fils même subissaient la d'un heure^ même influence de la part des astres. Cependant les astrologues ne niaient pas l'in- fluence du milieu dans lequel le nouveau-né était appelé à vivre. Il y avait deux sortes d'astrologie gie naturelle qui était proprement dite.

mais plus souvent des savants très imbus de leurs convictions phi- losophiques et scientifiques^ à tirer le et qui cherchaient meilleur profit possible de leur sa- voir. dans mars 1476» Gauric débuta péniblement en vivant du produit des leçons de mathématiques 12 qu'il Puis donnait à quelques il fils de grands seigneurs. Au milieu du seizième siècle vivait en Italie un astrologue. pour prédire la destinée des êtres. Ainsi que le démontrent les explications philosophiques qui précè- dent. Né d'une famille le royaume de Naples. s'adonna spécialement à l'étude de l'as- . mathématicien distingué. ces deux astrologies reposaient parfaite- ment sur des théories scientifiques de la valeur desquelles les mathématiciens étaient convaincus en toute bonne foi. le pauvre. et qui fut le maître de Térudit philologue padouan Jules Scaliger.CATEIERINE DE MEDICIS 52 posait sur rinterprétation donnée auxaspects du firmament à certaines époques de Tannée. C'était Luc Gauric. dont la science était universellement connue. C'est pourquoi il ne faut pas trop s'élever contre les astrologues qui n'ont pas toujours été des imposteurs. à Gifoni.

La prophétie ne fut pas du goût de ce prince qui condamna Gau- ric à cinq tours d'estrapade. Tal- déclarèrent que Luc Gauric mourut à la suite du supplice que lui fit subir Bentivoglio. Des événements divers ayant pleinement de ses prédictions. dur supplice dont les suites firent soufîrir le sieurs années (i). fut 1 .f CATHERINE DE MEDICIS 53 trologie judiciaire. avec une épitaphe portant cette date de sa mort. justifié la valeur mée s'établit et de toutes les cours italiennes. Gauri'c inhumé en église d'Ara Cœli. lius et après lui Teissier dans sa quatre-vingt-deuxième année. Mais la savant pendant plu- conclusion que les Bolonais imposèrent au despotisme de Jean (1) Dans son curieux traité De infeliciiaîe liîieraîorum. tyran de Bologne. C'est une erreur. Luc Gauric eut le malheur de (îompter Jean II Bentivoglio. Ayant demandé à Gauric quelle était sa destinée de chef d'État. les plus hau(s personnages vinrent en grand nombre le consul- ter. une renompromptement autour de son nom. Selon Weis. science dans laquelle seulement de rapides progrès. l'astrolo- gue déclara sans ambages à Bentivoglio qu'il mourrait chassé de Bologne. Luc Gauric mourut à Rome le 6 mai^s 155H. mais où il il fit non apporta une méthode nouvelle d'observations horoscopiques. Parmi ses consultants de marque.

in-fol. Quant aux travaux suivants de cet astrologue. C'est alors que le pape Paul III. un Calendrier ecclésiastique. Avec une précision surprenante. désirant faire dresser son horoscope. On y remarque Y Éloge de r astronomie et de fastrologie. ils ne furent point compris dans le recueil de Bâle. le pape Paul III avait récompensé Gauric de son savoir en le de Givita-CastcUana. n'en acquit que plus de popularité. La plupart de ces ouvrages avaient été imprimés séparément du temps de Gauric. ce sont: . une Description de la sphère céleste. pour revenir définitivement à Rome. Mais sans attendre la réalisation de la prophétie. donna une de plus raison à Part divinatoire de Luc Gauric qui. une Méthode pour apprendre la grammaire à toutes sortes de personnes dans lespace de trois cents heures.). Les œuvres de Luc Gauric ont été réunies et publiées à Bàle en 1575 (3 vol. 20 novembre 1549. (1) Luc Gauric se démit de cet évêché au bout de quatre années. le Calendrier de Jules César.CATHERINE DE MEDICIS 5i Bentivoglio. et un Éloge des belles-lettres des poètes anciens et de la vraie noblesse. à la mort de Paul III. de ce fait. mort qui survint exactement au jour indiqué. fit appeler Luc Gauric. plusieurs Traités d'astrologie judiciaire. Gauric prédit la maladie et la mort de ce pape. des Notes sur les tables astronomiques d'Elisabeth d'Espagne et d'Alphonse-leSage. en ouvrant les portes de leur ville au pape Jules fois II (novembre ido6). et en de chevalier de Saint-Paul lui dotant de l'évêché conférant le grade (1). un Traité du mouvement des cinq planètes.

in-4 publié à Venise en 1552. c'est-à-dire à Pomponius Gauric. un livre dans lequel il est traité de la Physiognonomie. die horâ conçeptionis. On a encore de Gauric des vers latins publiés dans le premier volume des Delicise poëlarum lîalorum. De conceptu naîorum et noblesse italienne la D'ailleurs. De Valenîi Antio- eclipsi solis mira- culosa in passione Domini observata. in-4. in-l publié à Rome en 1545. sur le Traité des naissances d'Abraham Judeeus et des Réflexions sur les jours critiques. publié à Venise en 1533 . mais cet ouvrage est certainement encore de Luc Gauric. mense. nous a laissé des notes biographiques et bibliographiques sur Luc Gauric dans son Catalogus homme . les astro- seplimesîri parla ex cheno. de Vastrologie judiciaire et autres sciences occultes. mort en 1627. in-fol. mathématicien français mort à Aix en 1646 et qui fut un grand admirateur de Luc Gauric. XXX). l'ouvrage le plus curieux de Luc Gauric est assurément son grand traité d'astrologie intitulé Lucse Gaurici geophonensis episcopi ciuilatensis Iractalus astrologicus. riche gentilet in-4 : allemand mort en 1598. la Doclrina sinum et arcuum insérée à la suite du Prinum mobile de Erasme Oswald. et qui fut également un astrologue distingué.CATHERINE DE MEDICIS La rière famille des dans la accordait à Médicis ne resta pas en ar- confiance que Luc Gauric. Belgicoruni de Jean Gruter. in quo agitur de prœleriiis multorum hominum accidentibus proprias eoram genituras. Rantzovius. de son vrai nom Henri comte Rantzau. ad unguem examinatis. Mais à notre avis. publié à Bâle en 1567. Gallorum. nalivitalis^passionis et resurrecîionis ejus. Ars mystica de quanîitate syllabarum in componendis uersibus necessaria. publié à Strasbourg en 1630 avec la Chiromancie de Jean Abindagine. La vie de cet astrologue célèbre a été insérée dans les Mémoires de Jean-François Nicéron (t. publié à Rome en 1539. et enfin des Notes savantes sur VAlniagesle de Ptolémée. puis à Paris en 1553. Des bibliographes ont attribué par erreur au frère de Luc Gauric. item de anno.

fameux devin que ses prédictions au duc de Florence avaient classé au rang supérieur d-es dresseurs d'horoscopes. Au lecteur à juger si c'est la vérité. Lau- la rent . selon 'Varillas. pp. J'aurai l'occasion de citer à nouveau ce singulier ouvrage qui fut analysé par Lalande dans sa Bibliographie astronomique (page 109). son père. (1) « Les astrologues avaient prédit à la reine de France.) Traduction inédile. De même. élève de Luc Gauric. Anvers. le pape Clément VII. in-12 de 109 pages publié pour la première fois à Anvers en 1580. au dire de l'historien Paul Jove. comme l'affirme Guicciardino. ac regain et principam qui arlem aslrologicam amaranl. et qui fut l'une des rares femmes érudites de son temps. lo:s naissance de Catherine. Destigny de Caen. » {Caîalogus imperaloruni ac regum qui aslrologicam arlem aniarunt. II. : . avait été. in-8% 1580. De même justement prédit à Hamilton. son oncle. donc également consulté par celle qui devait être reine de Luc Gauric les parents fut de Catherine. Ajoutons que Renée de France. Voir aussi Bibliothèque nationale. duchesse de Ferrare. Et de point en point. page 53. fdle de Louis XII et d'Anne de Beaujeu. ce dernier détailla les futurs qualités et défauts de France (i). Catherine de Médicis. femme de Henri [II]. avait confié rétablissement la nativité de sa fille à du thème de Bazile-le-Mathématicien. ouvrage précité. fit la même prédiction à Charles V. qu'il avait archevêque de imperalorum.CATHERINE DE MEDICIS 56 logLies avaient toujours trouvé le plusfavoral le accueil au sein de cette famille de et en i5io. qu'elle était née pour détruire le trône où son mariage l'avait fait parvenir. 14 et 15 {Sans indication de source).

108. en i493. p. alors cardinal âgé de quatorze ans. Catherine de Médicis.^^T' CATHERINE DE MEDICIS 57 Sainl-André. fut célèbre Charles-Quint et le nom de par ses démêlés avec Henri VIII d'Angleterre. désira connaître la destinée de son époux. autant que par ses liaisons féminines desquelles vingt-neuf bâtards il eut (i). le tempérament et . des une nombreuse progéniture. luttes politiques. autre oncle de Catherine. élu pape sous Clément VII. Jean de Médicis coi Tait la sous tiare le nom de Léon X. que sa prélaiure se terminerait au gibet. qu'il serait un jour souverain pontife. Gauric prédit encore une extrême débauche. grand-oncle de Catherine. En effet. A Jules de Médicis. C'est alors qu'elle pria Luc Gauric de consulter les astres et de consigner l'influence qu'ils pouvaient avoir sur l'avenir (l) du futur Henri IL Même ouvrage. et Or. Gauric prédit. vingt ans plus tard. Jules de Médicis. à Jean de Médicis. en i5i3. devenue dauphine de France.

C'est dans les régions soumises au Bélier qu'il réa- lisera ses plus hauts rêves de domination. le trajet Bibliothèque nationale. G. avant d'entrer lui-même dans le néant il jouira d'une très heureuse et verte vieillesse comme l'enseignent le Soleil. Destigny de Caen. L. 34 832. Colin de Plancy. S'il parvient à dépasser les années de sa vie. p. Dictionnaire infernal^ p. conjoints dans riioroscope et principalement le viendra au . et Luc et : . etc. ainsi de suite jusqu'à l'âge de soixante- neuf ans. article Gauric. supréil par- comble des grandeurs humaines. et qu'un autre duel mettrait fin à son règne en même temps qu'à sa vie (i).CATHERINE DE MEDICIS 58 Selon la règle des triplicités de Dioclès et d'Avicenne. Vénus et la Lune. dix mois (1) douze jours. très illustre chrétien Henri de France Luc très roi acquerra la matie sur un certain nombre de rois . 298. soleil partiellement compté en son trône. 63^. que son avènement au trône serait marqué par un duel sensadéclara d'abord « que le tionnel. 56^. En une » autre consultation dont Claude de l'Aubespine nous a également conservé Gauric ajoute que : « le le texte latin. Gauric résuma ses observations et Dauphin parviendrait certainement au pouvoir royal. 64®. 103.

Opéra. furent imprimées qui » de ce la situation sociale tant Gauric n'en persista pas déclarations (i). plus de ses observations basées sur des calculs astrologiques antérieurs de cinq ans à naissance royale. • . lettre. notafnment aux environs de quarante et unième année. dans le tome II de Poisons el sortilèges des docteurs Cabanes et Nass. îrois vol. in-fol. a traduit et annoté ce curieux horoscope qui n'a été inséré qu'en partie seulement. Le texte latin est également inséré dans le livre de l'Au- (2) 1552. 23 et 24). soit sept années avant où Henri noi II devait il lui le à mort le roi. Luc Gauric. : bespine. genre de blessure prédiction du célèbre la fortuné au cours du duel an- prince rendait impossible duel proprement 59 (2). parce qu'à cette (1) Voir citation et source mentionnées plus loin au sujet des notes de l'Aubespine. Mais comme II à le danger mortel d'un on accorda peu de crédit dit. Venise. Tractaîas Naliuilatum. Il. Marlet bibliothécaire du Sénat. moins dans ses en i552. t. par renouvelait avec détails le résultat de Venise fameux tour- recevoir la Gauric avait en outre averti dans laquelle Pour- astrologue. la particulièrement lier la en « d'éviter recommandait tout combat singu- Il lui champ clos. Gauric précisa le dont mourrait Henri noncé.">'• CATHERINE DE MEDICIS de l'existence De sera aisé et lui plus. eu 1903 (pp. M.

« dict la main de quiconque brave et vaillant. le il la il donna lui avoit cette professie et qu'il la serrast connestable ne songeoient pas à ce com- champ il mourut. mon compère. mais d'un autre clos et à outrance solempnelz doivent se faire comme duelz (i). à soit. « le pour quand ni M. — Ah! Sire. et que M. le roy «. Hélas! ny luy. voire Taymerais-je mieux. « roy. gardera M. était il menacé d'une blessure à la tête qui pouvait entraîner ou cité Henri M.CATHERINE DE MEDICIS 60 époque de sa vie. Édition de la Société de l'Histoire de France : (1) vic qu'il m'en de- demanderoit. pourquoi « ne me — Mon compère. bat singulier dont duel en mais Et sans avoir esgard à ce que connestable. la gloire . A la ». quelle mort m'est présagée. voulez-vous croire ces marauts (( « qui ne sont que menteurs et bavardz? Faictes (( jetter cela au feu. à qui le le — Voyez. dit : « connestable. et « mourir de « soit meure. » Œuvres de Brantôme. de l'Aubespine. rapidement la cé- réception de cette lettre avait été légèrement affecté et voici ce II que nous « mort la dit Brantôme à ce sujet : comiestable y étoit présent. respondit M. répliqua ? Ils le disent quelquefois vérité. publiées et annotées par LudoLalanne. Je soucie de mourir autant de ceste mort « que d'une autre.

7-5. p. t. ce qui donna beaucoup d'esbahissement (i) ». pour cette prédiction de Luc Gauric. Gassendi critique également le thème établi par Claude de l'Aubespine. Cet oroscope fut négligé jusques au jour de la blessure du dict seigneur dont je représentay la ^coppie. Mais Pierre Gassendi nous démontré diction la (-2). « on ce secrétaire d'Etat. dit de Rome où estoit par Gauricus.^ . était baron de Châteauneuf et fut secrétaire d'État sous François î"»". 2 . 280. Cet ouvrage qui n'a été publié qu'en 1831. d'accord avec Bayle.CATHERINE DE MEDICIS fjl Claude de TAubespiiie. art. Henri II et Charles IX. cette soir celle (5 février i556) fut receut. Il mourut le 11 novembre 1567. Voir aussi le Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle. Operum. une despesche singularité. sect. confiruie Le où la Trêve de V^uannoncée au roi. p. 295 et 296). t. 11 a seconde pré- non-valeur de cette est vrai que. Piiysica : liv. secrétaire d'État). 4 6. (1) Histoire particulière de la Court de Henry II (par Claude DE l'Aubéspine. fia la (pp. composé le mis de latin en françoys entendre au roy. lui-même. fut réimprimé en 183") dans le tome III de la l"^ série des Archives curieuses de l'Histoire de France III. II. (2) Gassendus. Henri II. auquel Henri II conprophétie de Gauric. Le très éclairé Jérôme Cardan avait également été chargé par Catherine de rédiger Phoroscope de son époux. Je pour le faire Toroscope du roy.

» Selon plusieurs auteurs. l'ayant consulté sur la destinée de son mari et de ses enfants. (2) Histoire Universelle de Jacques-Auguste de Thou depuis 1543 jusqu'en 1607. p. cette prédiction de Luc (1) Duel de Gui Chabot Jarnac Châtaigneraie. in-4. que thématicien que Paul III Luc Gauric. le 16 juillet 1547.CATHERINE DE MEDICIS 62 Luc Gauric. dit-il. Londres. le temps. Comme hazards d'un duel. Dans ce combat mourut la Châtaigneraie qui était favori du roi. (t. qui se et François Vivonne battirent en présence de Henri II la à Saint-Germain-en-Laye. et qu'il perdit que la la vie jeux et feinte d'un combat singulier religion dans les (2). 369. ma- considéroit beaucoup. mort du avoit prédit le tems et le genre de la roi. 16 vol. on se on la avoit mour- on pensoit moqua de négligea dans pourtant. 1734. répondu que roit le d'une blessure à que ce prince peu les l'œil. il roi seroit tué en duel et il un véritable duel avoit autorisé par (i) chrétienne défend. remarquèrent qu'au commencement de son règne sa présence lui étoit d'une condition à craindre cette prédiction et Quelques-uns. Traduite sur l'édition latine de Londres.) . Mais le président de Thou dans scn Histoire Universelle^ confirme le dire de Bran» tome : « Il est certain. et que Catherine de Médicis toujours in- quiète de Tavenir. III.

qu'elle fit appel aux plus renommés savants de son temps. soit à Paris.ooo meoni était surtout livres.CATHERINE DE MÉDICIS CH Gauric obsédait tellement Catherine de Médicis. dont les connaissances en astrologie judiciaire n'étaient guère plus étendues que sa valeur littéraire. Aussi. Outre cette consultation taire. soit pour conjurer le danger annoncé. soit à Lyon. complémen- Destigny de Caen nous assure que Gabriel Simeoni (i) a joué un rôle dans les pratiques Gabriel Simeoni était né à Florence en 1509. Venu la vers i532 à la cour recommandation de duchesse d'Étampes. . les conclusions qu'il tira de son examen du thème établi par Luc Gauric. sous la protection du il eut une vie très aventureuse au cours de laquelle on le voit toujours à la recherche d'un Mécène quelconque. Après (1) avoir vécu longtemps en France sous François I" et sous Henri II. lui avait accordé une de François P^ qui. sur la pension annuelle de i. soit pour contrôler les calculs de l'as- trologue. C'est ainsi qu'elle eut recourra Gabriel Simeoni. Gabriel Si- un ambitieux pédant. ne sont-elles qu'une confirmation banale n'ayant d'autre but que celui de maintenir dans l'esprit de Catherine la con- fiance aveugle qu'elle attachait à la science as- trologique. autre astrologue florentin qui fut aussi un littérateur de médiocre talent. car il ne publia pas un ouvrage sans cardinal de Lorraine.

lieu. La Bibliothèque nationale conÉpitome "de serve encore un ouvrage de Simeoni intitulé r origine et succession de la duché de Ferrare. Touchant la science astrologique. dit Weiss. et traduit par lai-même. la mise au jour d"un mauvais ouvrage. aussi rédigé un traité d'Astrologie Judiciaire qu'il voulut publier sous les auspices de PierreLouis Farnèse. mort en i564. avait : le seigneur Gabriel Symeon. avait soumis la prédiction de Luc Gauric à l'examen du savant astronome bolonais. Il mourut à Turin vers 1570. Il des comète^. Mais ce prince eut le bon esprit de ne pas répondre à sa proposition. Nicolas Simi. composé en cours un et signification vol. lors de la mort de François I"'. Maris cette assertion ne repose sur aucune preuve. in-8. lors- ardemment donner si des enfants mâles pour la à Henri II succession des Valois au trône de France. Pour Mme la langue toscane par en français . imprimé à Lyon en 1550. protecteur de l'Arétin. et les érudits travaux que nous a laissés Nicolas Simi mon- grand personnage susceptible de le soutenir par sa fortune. litté- figure. duc de Plaisance. nature.CATHERINE DE MEDICIS €4 occultes auxquelles qu'elle désirait se livra Catherine. auquel il avait dédié son livie des Devises. Finalement il passa tranquillement les dernières années de sa vie auprès d'Emmanuel-Philibert de Savoie. en dehors de nombreux ouvrages raires et fantaisistes : De la Génération. Avec certains épistres à divers per-sonnages et aucuns Épigrammes sur la propriété de la lune tandis quelle passe par les douze signes du ciel. Des écrivains occultistes ont aussi prétendu que Catherine de Médicis. t'adressor à quelque nous avons de lui. ce qui épargna au public.

CATHERINE DE MÉDICIS <)5 trent que ce savant ne s'est jamais occupé d'as- trologie judiciaire. orné de nombreuses figures sur bois. Theo(1) Les principaux ouvrages de Nicolas Simi.) En plus de la dédicace de l'ouvrage à Diane de Poitiers. Canones. Signalons enfin. Puis des épigrammes. sont rica planetarum in compendium redacka. imprimé à Venise en 1554 Traciatus de electionibus. duchesse de Valenlinois. en la boutique de Gilles Corrozet. l'an 1557. l'une des plus grandes figures scientifiques du seizième siècle. La bibliothèque de l'institut de Bologne conserve quelques autres ouvrages inédits de cet auteur relativement peu connu. sorte de résumés des cours publics logne qu'il pratiquait à l'école de Bo- (i). portrait formant frontispice de ce livre très rare. Ephemerides anno XV. imprimé à Bologue en 1563. ainsi qu'un sonnet sur la mort de M. : 4. on a encore de lui iolius geographiœ. de 85 p. tous ses livres étant d-e purs ouvrages astronomiques. également dédiées à Diane. p. in-4 Introductoriuni ac sunimariuni enfin.554 ad 1568. un volume in-8. on trouve à la page 43 (Épistre XIX). C'est de cet ouvrage que j'ai extrait le portrait de Gabriel Siméoni ici reproduit. au Palais. usum ^phemeridum explicantes. un vol. 15^8. . ad nieridianum Bononiœ. au nombre de six. une lettre sans importance adressée à la favorite de Henri II. Jean de Tournes. avec privilège du roy. 175. de mutatione aëris. comme curiosité bibliographique. de revolutionibus annorum et alla. imprirné à Venise en 1554. 1553. (A Paris. Saint. Les illustres observations antiques de Gabriel Symeon {Florentin). sans conteste. imprimé à Venise •en 1551. Lyon.Vallier» frère de Diane. puis à Bàle en 1555. et qui fut pourtant. petit in-4. ab ànno Christi 1. en son dernier voyage d'Italie. : . in-8.

Autographe de Catij {Archives n\ ^ 1 .

ationales.éz ERINE DE MÉDICIS.) .

a le sans cesse été l'objet des plus enthousiastes admirations. était un élève de Nostradamus avec lequel il étudia durant vingt-huit années. depuis il existait un autre homme qui. que l'on rencontre parmi de Nostradamus. plus connu sous latinisé le nom de Nostradamus. seizième siècle jusqu'à nos jours. : .CATHERINE DE MEDICIS €8 Cependant. en voici les titres principaux La première face du Janus François. avec avec Baltazar Jean-Aimé de Chavigny. né en mort en 1604. il faut pourtant reconnaître Jean-Aimé de les Chavigny œuvres du célèbre (i). aussi bien que des plus vils déni- grements. docteur en théologie. Indéniablement. contenant (1) 1524. C'est l'auteur des étranges Centuries. Tous ses ouvrages sont relatifs aux travaux de son maître. Michel de Nostre-dame. de supersti- tion et d'exagération les apologistes fiant de 'a éclairés. tout en se mé- crédulité facile avec laquelle certains d'entre eux ont commenté astrologue. et les quatre- démonmanqué d'apTout en faisant vingts éditions de ce livre mystérieux trent que ce travail n'a certes pas préciateurs naïfs ou des réserves pour la part de flatterie. les Centuries ne constituent pas Tœuvre d'un cerveau vulgaire.

médecin et conseiller ordinaire des rois Henri 11^ François II et Charles IX. chez Le Pelletier. Ce dernier recueil de prédictions est tout aussi curieux «et tout aussi rare que le précédent. (1) Baltazar Guynaud. Il nous a laissé la Concordance des prophéties de Nostradamus avec Vhistoire. De ce très rare et fort curieux ou\'Tage une seconde édition revue et augmentée fut publiée à Pans en 1596. auteur. àn-8. în-8. et une seconde édition augmentée publiée dans la même ville en 1606. in-8. in-12. 1594. un vol. imprimeur-lithographe. 1867. la vie et Vapologie de cet de 402 p. Cet ouvrage a été réédité dans le même format à Paris en 1709. Lyon. qui était écuyer royal. Ami intime de Jules-César Scaliger^ Michel Nostradamus années. par Anatole Le Pelletier. avait rempli pendant plusieurs années la charge de gouverneur des pages de la chambre de Louis XIV. dédié à Louis XIV et publié à Paris en 1693. sous le titre suivant: Commentaires sur les Centuries et pronosîications de NosIradamus. extraite et colltgée des Centuries et commeniaires de Michel Nostradamus (texte latin et français). fin de la maison Valésienne. un vol. la tint d'abord. 2 vol. On a encore de lui les Pléiades divisées en sept les : Hures. . astrologue. depuis Henri II jusqu'à Louis-le-Grand.Guynaud Pelletier (i) et (2). imprimé à Lyon en un volume in-8. plus que récemment avec Anatole Le le nom de Michel Nostrada- mus est liste des grands intellectuels du seizième et du vraiment digue d'être compris dans la dix-septième siècles. prinses des anciennes prophéties et conférées avec les oracles de Nostradamus. un vol. 1603. Paris. pendant plusieurs chaire de médecine à la faculté de troubles de France depuis 1534 jusquen 1589. (2) Les Oracles de Michel de Nostredanie.

Puis.Aimé de Chavigny. était catalogué sous la cote même bibliothèque. et acquit ainsi promptement une renom- mée à laquelle s'intéressèrent le chesse de Savoie qui vinrent duc et la du- consulter à le Salon-de-Craux. reprit les textes des littératures an- ciennes. où il avait été reçu docteur à l'âge de vingt-deux ans. MDLV. à la le même sort. privilège donné le dernier jour dapuril (avril) et achevé d'imprimer le quatrième jour de may. sa résidence habituelle. César de : : fils du devin. quatrième. (1) Ouvrage publié. Voir P" Centurie. Un exemplaire du livre de Jean. à Lyon. fait les réflexions suivantes Prophétie à la fois estrange où pour la cage d'or se voit le timbre royal dépeint au vif. traduisit les de Pantiquité. Ce livre y était catalogué sous la cote Y n°4621. § 35 de cette édition pour la prophétie relative à la mort de Henri II. la il se passionna pour l'astrologie judiciaire. En i555 il publia ses trois premières Centu- ries auxquelles il ajouta les cinquante-trois pre- miers quatrains de tre adressée à son la fils. avec une épî- César de Nostredame (i). chez Macé-Bonliomme.CATHERINE DE MEDICIS Montpellier. « « : . sans pour cela quitter médecine. seigneur de la Motte et conseiller du roy. qui accordant merveilleu- Nostradamus. documents astrologiques rectifia plusieurs calculs astrono- miques. La première face du Janus François précité et qui subit Y. avec privilège du roi rendu par Hugues du Puis. N° 4629. Un exemplaire de cette rarissime édition était conservé à l'ancienne bibliothèque de la ville de Paris installée à l'Hôtel de Ville et détruite en 1871. Au sujet de cette prédiction.

" ^m m "^ W^: s^T >*-y.^ X^fffp ^^^yy#\ ^—Sf/^^^Vm —n^ — ^iff^^E: II \ ^^m/p pm i 1 ri hm 1 ?^ (f^ mVC H76 GAVRIC - A -1555 .

qui avait eu con- Centuries et du sort que Nos- tradamus lui prédisait dans ce livre. 1611. de la concordance qui existait entre diction faite mus et celle que lui Luc Gauric.CATHERINE DE MEDICIS Or. Car non seulement le nom de celuy qui porta ce coup de lance tant malheureux y est exprimé. même la année. Toute énigmatique que puisse paraître cette rédaction..) . etc. » [Histoire et Chronique de de César de Nostradamus. Henri naissance des II. il faut avouer que les événements ont prouvé qu'elle ne manquait pas de justesse « « « « « <( sèment bien avec ce qu'il avoit dit en quelque autreendroit en ces termes courts et couverts Forge étouffera le bon grain. Dans cage d'or les yeux lui crèvera. 782. avec privilège-^ « Provence. p. Mort cruelle. Lyon. Deux classes.. puis (brisure) mourir. une seulement. le vieux surmontera En champ bellique par singulier duelle. à la avait fît-il cour(i5 août i555) où fut frappé cette pré- précédemment venir Nostrada- le devin lui con- firma verbalement les présages de mort insérés sous la forme suivante dans la première Centurie i Le Lyon jeune. mais je ne sais quel mystique pronostic de la nouvelle doctrine quitascheroit d'estouffer la pure et orthodoxe créance • de plusieurs hommes déceus. gentilhomme provençal. Aussi. in-fol. chez Simon Rigaud..

et. Cathe- une réelle sympafréquemment soit pour rine de Médicis lui accordait thie.CATHERINE DE MEDICIS dans cise 73 les détails. et qu'elle était tout aussi pré- que celle de Luc Gauric. Selon les conseils du devin. soit pour les actes que devait accomplir Henri II. une exis- tence conformée aux fantaisies d'autrui. Maintenant. ouvrage anonyme publié à Paris en 1656 un véritables . devenait conseiller ordinaire du roi (i). l'étiquette et les du précautions né- deux prédictions touchant la vie de son mari étaient devenues chez elle une véritable obsession. à la cour de France. . 1716. 1789. avec la critique. et les paravant. Aucessaires à la sécurité roi. Gauric mourait le i5 mars i558 et Nostradamus. dit Henri Bouchot. Voir cet (1) La Vie de Michel Nosfradamus ouvrage passim et la Clef de Noslradamus. et une étiquette pour laquelle il n'y avait aucune règle rigoureuse. Ca- Paris. vol. : Éclaircissement des quatrains de Maistre Michel Nostradamus. elle augmentait chaque jour la surveillance. par un Solitaire. c'était. pour avoir obtenu le droit d'ordonner. elles sont plus étroites. Elle le consultait ses agissements personnels. les obligations sont autres. un volume in-12. Paris. Voir aussi . in-12. définitivement attaché à la cour de France en qualité de médecin-astrologue.. Cependant.

. il y a. la reine reçoit le roi et tient cercle. petit cérémusique seulement aux fêtes. intimité. pleut. on devra s'habiller et accorder audience aux visiteurs importuns. le premier repas. et la reine roi le son la brode ou entend littéraires de la lecture ou scientifiques. dix heures. aux antichambres. mal gré. sous l'œil de mille valets.CATHERINE DE MEDICIS même Iherine n'a ni de rêver. réglant sa vie sur celle du roi^ est debout dès sept heures. Au sortir de la chapelle. un bal. ce qui conduit à deux heures neuse. six heures. Catherine. monial. de l'après-midi. Après ce déjeuner. son jeu de dés ou son Catherine sort pour tarot. S'il fait paume s'il et beau temps. Celles-ci terminées. le roi tient quelques pages joue à la promenade . des personnes venues qui attendent. avec le capitaine des Gardes faisant ses rondes incessantes. dîner en famille. et s'il donne au- la reine . si dience à ses conseillers. elle a ses secrétaires auxquels elle dicte sa correspondance volumi- A messe de cour. une courte sieste et les audiences. Bon gré. Et tout ceci se passe sans une seconde d^a parie. puis deux fois A par semaine. On plus le moyen de du réveil de a indiqué l'heure aux dames d'honneur s'ab&traire Ton paresse.

la superstition ne perdait pas ses droits. Si Fayette. les cours a^'ant leurs falots et les anti- chambres leurs lampadaires. avec les Suisses encombrant les vestibules^ les corridors et les cours. Tout en déclarant bien haut qu'il ne croyait ni aux prédictions. du Mme et que la aux pro- chez la aimait assez. Édition Goupil 1899 un magnifique volume in-fol. déclara qu'elle y ajoutait beaucoup de Henri Bouchot. dort. et un jour reineibrheure conversation roulait sur les les opinions étaient partagées. Vers la nuit. Voir pp. . Henri II pensait sans cesse Luc Gauric phéties de l'on en croit à en cercle. palais. le roi était comme horoscopes de il dans son entourage.CATHERINE DE MEDICIS avec les archers montant leur faction aux esca- de marche en marche. Catherine de Médicis. . avec Cie. le grand-maître ordonne la lumière^ et subitement cinq cents flambeaux jettent leur lueur aux moindres recoins du liers. Paris. et lui(i). 46 et 47. planches. parler d'avril i559. milieu de cette existence luxueusement réglée et pleine de méfiance. la reine (1) et où la et de Nostradamus. Jamais la porte du palais ne s'ouvre avant que le roi ne soit éveillé. S'il même Au personne n'entre ni ne sous son traversin a les clefs sort. ni aux sortilèges.

mais qu'on lui avait dit certitude dans les sciences divinatoires. de Guise s'ofîensa quasi de cette prédiction. on ne pouvait douter qu'il n'y eût quelque Le roi avdt eu autrefois beaucoup de cupour l'avenir. Il il conta la prédiction de Luc me prédit que je serois tué en duel. Je ne sais ce qui arrivera à mais M. nous sortîmes tous très mal contents de l'astrologue. Gauric : « Il dit le roi.IS tant de Elle soutint qu'après choses qui avaient été prédites et que l'on avait vu se réaliser. et quand nous ne l'aurions il (1) La paix à laquelle Henri II fait ici allusion. V. 8. annonça à M. Enfin. Cet accord avait également été prédit par Nostradamus dans sa Neuvième Centurie. qu'il demeurait con- vaincu que rien n'était véritable dans ces racon- Pourtant tars. ainsi traduite par Le Pelletier La paix de la : : . ajouta qu'il riosité tant de choses fausses. si on guère l'eût accusé de devoir satisfait un accident si de trouver fuir. de Guise qu'il seroit tué par derrière et à d'Escars qu'il auroit la tête cassée d'un coup de pied de cheval. le roi d'Espagne et moi (i). est la paix de Cateau-Cambrésis signée le 7 avril 1559 {Archives nationales M. MEDIC.CATHERINE DE 76 foi. Nous venons de faire la paix. comme D'Escars ne qu'il devoit finir fut par malheureux. para« graptie 52. pièce n° 36). M. de Guise a guère d'apparence et à d'Escars. que je sois tué y en duel.

Dans sa notice sur Mme de la Fayette. festins. et duc de 77 la seconde au Savoie. furent unies. femmes et enfants innocents dont le sang ruissellera à flots. . aînée fille de sa sœur. et la guerre civile des catholiques avec calvinistes s'approche de l'autre. pp. l'académicien L. je que je le fisse appeler fît Un double mariage Henri la comme appeler Charles-Quint Elisabeth cation. et pas faite. 308 et 309. II et première au roi d'Espagne. par Mme de la Fayette avec notes de Garnier frères. ratifs bals et tournois. Augera dit tout ce que l'on peut dire sur la valeur historique de la Princesse de Clèues je n'insisterai donc pas sur ce détail docu. . Philibert-Emmanuel. Henri préoccupations de gueur envers les la les prépa- II. le roi mon père » vint cimenter cette pacifi- France. redoubla de ri- protestants dont le nombre France avec l'Espagne s'approche d'un côté. de (i).CATHERINE DE MEDICIS doute que nous nous battions. ce sera quand même du sang français qui sera versé de part et d'autre. la cour de France décida de célébrer ce triple événement par des fêtes splendides. Car catholiques ou réformés. Pendant de ces réjouissances. Jamais on n'aura une lutte aussi acharnée. S. Suivant l'usage. » édition (1) La Princesse de Clèves. Marguerite. Plaignez hommes. mentaire. libre des guerre.

frère du duc de Guise. et publiés pour la première fois en 1757 avec commentaires du jésuite P. . Delatour. Ces mémoires. quand cela ne serviroit qu'à faire paroître au roi d'Hespaigne -que vous estes ferme en la foy et que vous ne voulez tollérer en vostre royaume qui puisse apporter aulcure tache à vostre très excellent tiltre de roy très- chrestien^ encore y devez-vous aller très franchement et de -grand couraige (i). une demi-dou- zaine de conseillers qui gâtent ce sacré corps du Parlement. Griffet (cinq volumes in-12). » Le bon cardinal ajoutai t^que pour bien célé- brer le mariage de la serait utile il comme et de de brûler en « fille hérétiques-luthériens. lui disait le cardinal de Lorraine. « Quand même les mem- cela ne serviroit. édition de L. mort empoisonné en 157. éditeurs rues SaintJacques et Saint-Thomas d'Aquin. sire et maEéclial né en 1509. Voir cet ouvrage au livre Vil.CATHERINE DE MEDICIS 78 croissait sans cesse. 24. Sire. (1) de Vieille ville. et gagnait bres du Parlement. ji. la sœur royales.1. ont été rédigés par François Carloix. place publique. secrétaire de Vieilleville. Henri II » s'empressa de suivre ces féroces conseils et se rendit en personne à une séance du Parlement où les magistrats reçurent Tordrje Mémoires de François de Sce^peaux. Guérin et F. fort intéressants.

^''

CATHERINE DE MEDICIS

de délibérer à haute

voix, en présence

du

roi,

sur les punitions encourues par les protestants.
Plusieurs conseillers, quand vint leur tour de

prendre

celle

Le

pas à exprimer

la parole, n'hésitèrent

hardiment leur pensée qui

n'était pourtant

pas

du souverain.
conseiller-clerc,

Anne du Bourg,

fils

d'un

ancien chancelier de France, fut plus particulièrement précis dans son discours de protestation

loyale,

tandis que le

premier président

ie

Maître trahissait le Parlement en dénonçant

au

roi le secret des délibérations antérieures.

C'est à la f5éaac«

Anne du Bourg

mémorable du lo juin i559 que

déclara devant

le roi « qu'il était

étrange de voir chaque jour à

la

des crimesse dérouler sous

forme des supers-

la

caur de France

titionsles plus diverses, astrologie, sorcellerie,

magie, à côté des blasphèmes, adultères, dé-

bauches horribles

crimes qui se

et .parjures,

commettent impunément à la face du ciel, pendant que les îblasphémateurss'iiigénientà trouver
les plus atroces supplices pour détruire des
humains dont le seul crime est de demander
une salutaire iréfornite (i). »
il)

Mémoires de François de

Vieilleuille

:

Livré

W\, passim.

CATHERINE DE MÉDICIS

80

Henri

II

ne s'y trompa pas. C'était nettement

une attaque contre

femme,

les pratiques occultes

et contre ses

de sa

ouvertes débauches avec

Diane de Poitiers. D'ailleurs, si, après cette
déclaration de du Bourg, le roi avait encore
conservé quelque doute sur l'aversion que
manifestait le

complètement lorsque
décrivit

les

lui

Parlement, ce doute dut tomber
conseiller

le

abus de l'Église

royale, ajoutant

« qu'il fallait

du Faur

de l'autorité

et

bien entendre quels

étaient ceux qui troublaient vraiment l'Eglise, de

peur
dit

qu'il n'y eût à dire ce

au roi Achab

Israël

:

C'est

toi,

que

le

prophète Elie

prince, qui troubles

!

chambre de

la

Tournelle, Séguier et Harlay, estimèrent que

le

Puis, les deux présidents delà

Parlement, en ne condamnant pas à mort les
hérétiques, avait fort bien jugé et qu'il continuerait à

juger ainsi. Mais

le

premier président,

le

Maître, qui avait sourdement dénoncé ses collègues, jetant bas le masque, répondit, en vociférant, qu'il fallait renouveler d'urgence les exter-

minations jadis entreprises contre les anciens Albigeois

(i)

et plus

récemment contre

les

Vaudois.

(1) Outre leur hérésie, plusieurs Albigeois ou Cathares
furent poursuivis et condamnés au supplice du l'eu pour

CATHERINE DE MEDICIS

La

81

délibération achevée, le roi ne laissa pas

compter les

voix.

bal des séances

chambre de
dement,

la

Il

se

fit

remettre

Tournelle.

dit-il,

le

procès- ver-

générales et les arrêts de
« 11

nous déplaît gran-

d'avoir reconnu qu'il y ait en

notre cour de parlement des gens dévoyés

Nous soutiendrons

la foi.

la

les

bons

de

et ferons pu-

nir sévèrement les autres pour servir d'exemple.

Puis
trois

lettres patentes furent ensuite
les

»

ordonna d'arrêter du Bourg, du Faur,
autres conseillers et un président. Des

il

juges de province pour

expédiées à tous

la

répression des

hérétiques, lettres dans lesquelles le roi disait
regrettait de ne pas avoir sévi plus tôt,

qu'il
qu'il

en avait été empêché par

que désormais ce serait

la

guerre, mais

sa grande affaire;

ces ordres se terminaient par des menaces terribles à l'adresse des

Enfin,

il

institua

juges qui faibliraient.

pour juger

les magistrats pri-

sonniers une commission arbitrairement choisie,
à la tête de laquelle étaient l'évêque et Tinquicrime de magie. Il est certain que parmi les Albigeois se glissèrent quelques nécromants qui joignirent au gnoslicisme
catharique et aux sacrifices que la secte pratiquait dans les
ténèbres des rites étranges tiré& des magies slave et chaldéenne. Je possède sur ce cuiieux sujet des documents que
je me propose de publier en une étude spéciale.

;ic/

f3^

CATHERINE DE MEDICIS

^2

Pour confirmer sa colère,
Henri II déclara à cette commission « qu'il voulait voir, de ses deux yeux, brûler Anne du
Bourg ».
de

siteur

Or,

il

Paris.

ne devait pas avoir cette cruelle

satis-

faction. L'entassement des fagots du bûcher de

Anne du Bourg exigea six mois de préparatifs
proche où

et l'heure était

(i),

les oracles astrolo-

giques allaient être sanctionnés par leur accomplissement

fatal.

En même temps que
cussion

apprêts des

fêtes royales.

Saint-Antoine, devant
nelles

cette

devenu

la

le

violente

s'achevaient

politico-religieuse,

Au bout de

la

disles

rue

vaste hôtel des Tour-

résidence

ordinaire

du

roi,

depuis qu'au siècle précédent la cour avait aban-

donné
(1)

le vieil

Hôtel Saint-Pôl, se dressaient les

Anne du Bourg n'était âgé que de

trente-huit ans, lors-

en place de Grève le 23 décem.
bre 1559. Les protestants chantèrent le courage de ce martyr; voir entre autres poèmes huguenots spéciaux à ce sujet
La Chanson spirituelle d'Anne du Bourg, conseiller du roy en
parlement, estant es lieux pour soustenir la parole de Dieu et
pour laquelle il souffrit constamment la mort. (Petit in-8, de
quatre feuillets, publié à Paris en 1560.)
qu'il fut étranglé et brûlé

:

?>-

CATHERINE DE MÉDICIS

83

tribunes et la lice où les plus brillants chevaliers allaient

procéder aux joutes

et tournois,

principales attractions que comportait

gramme

Le 3o juin
le roi fît

i559,

^'^^'^

pro-

neuf heures du matin,

ajinoncer à son de trompe, l'ouverture

des tournois. Après
qu'il se portait

champ

le

des réjouissances organisées.

clos, et

le

dîner de midi,

comme

il

il

déclara

tenant aux combats en

ordonna à M. de Boisy, grand

écuyer de France, de

lui

apporter ses armes.

Cet ordre ayant été exécuté, Henri

II

descendit

au champ où seigneurs et nobles dames avaieiiit
pris place dans les tribunes, et où la reine présidait entourée
«
<(

M. de

à ce

de ses

filles

d'honneur.

Vieilleville, dit le roi

en s'adressant

gentilhomme, armez'^moi sur4e-<champ.

»

M. de Boisy qu'appartenait la fonction d'armer le roi. Mais ce jour-là, Henri semblait absorbé par une pensée et dans sa préoccupation, il s'était, par erreur, adressé à M. de
Vieilleville. Ce gentilhomme obéit et plaça
C'était

l'armet sur la tête royale. Mais, en exécutant
cet ordre,

M. de

Vieilleville

avec un soupir d'inquiétude

de dire au

roi,

qu'il ne fist

de sa

que

celle-là.

ne put s'empêcher

vie

:

chose plus à conire'Cœuv

Henri ne

lui

en

demanda pas

la

CATHERINE DE MEDICIS

81

même instant, M. de Savoie
armé pour lutter contre Sa Maen riant au Savoyard « Monsieur

cause, parce qu'au
se présenta tout
jesté qui dit

mon

:

genoux, car je vais

frère, serrez bien les

sûrement bien vous esbranler sans respect pour
l'alliance et

la fraternité

qui déjà

nous unis-

sent. »

Les deux cavaliers entrèrent en

lice et

exécu-

tèrent une course remarquable, où leurs lances

se rompirent avec bravoure.

M. de Guise vint

ensuite et lutta également avec honneur contre
le roi.

le

Enfin, à la troisième passe, se présenta

jeune comte Gabriel de Montgommery, sei-

gneur de Lorges, rude

et

hardi cavalier avec

lequel le roi devait courir la troisième lance.

Car, telle était la règle des joutes

:

le

tenant

une
seule. Les deux champions prirent donc du
champ et se choquèrent avec violence en rompant uniformément leurs lances, aux grands

courait trois courses, et chaque assaillant,

applaudissements des spectateurs.

M. de
au

Vieilleville était le tenant qui succédait

roi. Il entrait

rir ses trois

lice et se disposait à

cou-

rompre une lance supplémentaire avec
comte de Montgommery, duquel il voulait

le laisser
le

en

courses, lorsque le roi le pria de

de Vieilleville s'émut de cette insistance de part du roi. Je voyais les médecins et fin : : . lui dit-il. ce me sembloit. comme Vieilleville. parce que M. Sire. » Le capitaine Biaise de Mon/luc. les uns dire Il est mort. un songe prophétisant la « La nuit propre venant au jour du tragique du roi tournoy. Je luy regardois. et ne put résister à l'envie de lui dévoiler sa crainte vivant qu fais : « Sire. tristement célèbre pour ses cruautés envers les calvinistes. ou il ne l'est pas encore. à mon premier sommeil. la M.CATHERINE DE MEDICIS avoir revanche^ disait-il. je jure Dieu que je ne y a plus de que songer qu'il vous. ayant le visage tout couvert de gouttes de sang. au cours de la nuit qui précéda la mort de Herri II. comme il sembloit. qu'eite ferait beaucoup mieux de prendre repos. et il me sembloit que ce fust ainsy que l'on peint Jésus-Christ quand les Juifs luy mirent la couronne. vous en ferez comme il vous plaira (1) (i). J'oyais. M.doit arriver quelque trois il nuits malheur aujourd'hui et que ce dernier jour vous est fatal. je songeay que je voyais le roy assis sur une chaise. de Moni- gommery lavoHfaii fort bransler tes estrieux. sa face et ne pouvois découvrir son mal ny voir autre chose que sang au visage. Mais Henri répliqua qu'il tenait à cette revanche qui serait sa dernière course.. raconte dans ses Com- mentaires qu'il eut.. dit-il. de 85 et quasi quitter Vieilleville lui répondit que Sa Majesté avoii assez rompu de tances et avec grand honneur.

Le comte de jugea bon de joindre ses instances à celles de Catherine en disant « qu'il avait couru sa course réglementaire et que les autres assaillants ne permettraient certes pas qu'il ticipation ». 325. de Boisy à Henri que la reine conjaraii Majesté de ne plus courir pour Vamour d'elle. rédigés en 1571 et rapportés par de Ruble. Et après une pause. que cesl JSa précisément pour Vamour délie veux que je Montgommery courir celte lance.86 Le roi allait s'avança et dit répondre quand M. Plusieurs qui sont vivans sçavent que ce ne sont pas là des contes.grave ajouta : Je supplie Votre Majesté de ne pas persister dans sa volonté — Ty persiste cependant^ ! M. III... d'une voix Montgommery . Monsieur. » : Apprêtez-vous. Répondez à la Reine^ dit le roi. à courir contre chirurgiens entrer et sortir dedans la chambre. Mais le roi Lui la considérer sur eux cette an- déclara que c'était là et que nul ne songeait comme une anticipation sur les une passe exceptionnelle -à fît droits des autres jouteurs. de Montgom- mery. t. il conclut sur un ton qui n'admettait plus de réplique — « moi. année 1559. p. répondit le roi. [Commentaires de Blaise de Montluc. Pourtant. car je le dis dès que je fus esveillé.CATHERINE DE MEDICIS .) >> .

Et puis. et. Catherine de Médicis avait vu en songe la scène de la mort de son épou-x.CATHERINE DE MEDICIS Gabriel de ?: 7 Montgommery s'inclina et entra en monde remarqua que le roi ne lice. Revitnettement en cette minute le texte des ho- resta pensif h l'entrée il roscopes? Se souvint-il alors que deux jours auparavant Catherine de Médicis rappelés. in-8. Moderne. p. d. devant les milliers comment reculer maintenant de personnages qui attenti- vement suivaient ses mouvements ? Donc. et Des Songes dans la Galerie morale eî politique du comte de Ségur. le sort en était jeté. astrologue lyonnais. (1) la nuit qui a : : . Voir sur ce sujet onéirocritique la Physionomie des songes et visions. ce dont liitude (i) ? Quoi il qu'il en les lui avait moqué comme s'était soit. Mais tout le le suivit pas immédiatement et qu'un instant il opposée de la lice. donné par M. sans qu'aucun des deux combattants perQuelques historiens ont aussi déclaré qu'au cours de précédé le jour de l'accident. par Jean Tibault. de Vieilleville. Le roi et Montgommery se rencontrèrent à peu près au milieu du trajet. t. 1819). Les lances choquèrent les deux poitrines et se brisèrent fermement. II. hardiment. il chez Henri. s. fît cesser. 356 (Paris. les deux cavaliers partirent au galop. chez J. hésitation marquée d'ha- y eut hésitation et que seul le signal du combat.

Hélas. Mais dans ce retour. ciel Il en signe de reconnaissance. le roi avait eu la force de se cramponner au cou de son cheval et d'atteindre était ressortait . et après avoir atteint chacun l'extrémité opposée à leur entrée respective. ce qui les obligeait à se rencontrer une fois encore. Le mal était conjuré . tenant de- qui lui restait de lance.. de il entré dans Pœil droit maintement par l'oreille.CATHERINE DE MEDICIS 88 dit sa stabilité.. et la reine leva les yeux au assistants sembla se dissiper. La crainte qui régnait parmi les y eut comme un grand soupir de soulagement poussé par la foule des tribunes. Gabriel Montgommery ne jeta pas. tronçon de sa le Le tronçon de fut levée par tronçon de l'arme Un cri s'éleva la lance du jeune du roi. la joie devait être de courte durée. comte arriva que. avançait donc rapide. et avait rencontré la tête de Henri H. selon la lance brisée. ils devaient revenir au galop au point de départ. le roi le avait jeté le sien. roi et Montgommery Le étaient encore en lice. Néanmoins. les astrologues s'étaient trompés dans leurs sinistres augures. lorsque tout la visière du casque royal violence avec laquelle la foule. tandis que Montgommery vant à lui ce coup la de coutume.

pendant qu'on dit-il ! l'emportait ainsi que la reine qui nouie. oui.. s'écria devant Grand par- a confiées I prophéties que les Les deux prophéties furent apportées et lues devant tous les cour- Quand cette lecture fut termicomme tout le monde était bien d'accord tisans présents. quand avaient raison ils personnes présentes suppliaient de ne le point faire cette mauldicte course. née. le Que Von prie M. se sou- venant des prophéties. dit en sanglotant combat et : Hélas ! M. donne. Gomme M.. Henri dit encore que la reine. Puis s'évanouit.. roi le Je installé fut lui dans et bespine le roi Brantôme : MM. sur la singularité des coïncidences qu'offrait l'accident avec les prédictions. mais que nul ne pouvoit fuir ny éviter son destin. . de Vieilleville et aulires s'était éva- on se dirigeait vers la chambre à coucher royale. Après un peu de repos ajouta il Qu'on n'inquiète pas M. duel singulier où il le connétable voylà bien le devoit mourir. de : Montgommery I.CATHERINE DE MEDICIS rextrémité de de champ — Ah ! la lice et MM.. de VAu- de nous apporter lui sa connétable de Montmorency. Aussitôt chambre. je suis où reçurent les écuyers le de Vieilleville mort et Boisy. le il que C'était juste.

Mémoires de Français de ViellIV. etc. Diclionnaire historique de III. . puis on pro- cédait à l'extraction des fragments de bois en- foncés dans ces crânes morts. récit. il meurt. t.. Ah! tement. 283 et suivantes. p. : théoet. Pour cela on avait décapité en hâte une dizaine de criminels au Ghâtelet et à la Conciergerie du Palais. riques (1) îôme.CATHERIxNE DE MEDICIS DO Cela est faict. p. Il pas possible aux devins de mieux et n''estoit plus au clair parler que cela. 52. t. ne résulta rien dans la rédaction la. au Œuvres de Bran- pp. multiplièrent le du cerveau royal les esquilles du tronçon de lance. Ambroise Paré était à Péronne prophétizèrent si La porte de la à toute la et au vray personne n'eut Tidée de ! le faire venir.I. pp. t. voir pratique. Seul grand Jean Fernel était là avec six chirurgiens qui. et si mal (i) chambre du roi fut interdite cour. Diclionnaire de Moréry. II. pendant quatre jours. 181. Abrégé chronologique de Mézeray. Jeville. d'autant plus que de leur naturel sont toujours ambigus et doubteux clans ils Mais là ils parlèrent fort ouverque maudits soient ces devins qui leurs discours. Pierre Bayle. 170 et suivantes. p. 721. Sur leurs expériences pour extraire les têtes des suppliciés on enfonçait des lances de tournois en s'efforçant de reproduire exacte- ment la blessure qui tuait le roi. il va mourir. III. de ce De ces essais t. il Pour t. IV.

Les tournois ont souvent été des jeux meurtriers. Citons encore le fameux tournois de Gerbie en Picardie. chevalier de gentilshommes de la maison royale.l la reprit conil fit venir pria de faire célébrer mariage de sa sœur. sire de Boisy. le pape Eugène avait lancé l'anathème contre ces jeux homicides.CATHERINE DE MÉDICIS milieu d'horribles souffrances. (1) isolé trouva la mort en 1234. somme sur la- quelle deux cent quatre-vingt-huit livres treize sols tournois furent alloués au célèbre François L'accident mortel survenu à Henri II n'est pas un fait dans l'histoire. dès le neuvième siècle. où Floris IV. ordonna et régla les funérailles de Henri II. capitaine des cent céda officiellement au transport du roi dans la sépulture royale de Saint-Denis. de suite c. et enfin s'éteignit le lo juillet d'agonie i559 après onze jours (i). . Claude Gouffier. D'ailleurs. soixante chevaliers périrent des suites de leurs blessures. Alors Catherine de Médicis. naissance le le le roi quatrième jour. Ce ne fut quele 16 août qu'on prol'ordre. comte de Hollande. Auguste Demmin rapporte que dans une seule passe d'armes allemande. lui recommanda ses enfants et les affaires du royaume. Les dépenses de ces obsèques somptueuses s'élevèrent à somme énorme de quarante-quatre la mille trois cent trente-quatre livres cent quatre-vingt-dixhuit sols et vingt-deux deniers.

77 p. fut acheté 200 francs à la vente Alexis Monteil par sir J. . Plus tard. Th. Ce très curieux document. Philipps. tirée seulement à 140 exemplaires. en 1869. qui chargé de mouler en plâtre et en cire blanche physionomie et les mains du défunt (i). Montgom- pas inquiété. receveur et paieur du faict et despence de l'escurie du roy.CATHERINE DE MEDICIS 92 chambre du Clouet. relié en maroquin noir avec petits fers argentés. avec une introbrochure grand in-8 de duction.955. Le comte L. chez Fontaine . rentré parti sur la en France. Gabriel de passa en Angleterre où testantisme et il fut le chef des de Normandie et l'amiral embrassa il devint le principal pro- le agent du terre britannique. C'est sans incident fut et eut avec huguenots révoltés le prince de Gondé de Goligny des relations secrètes po- litiques qui furent bientôt révélées à Gatherine de Médicis (1) comme un danger Funérailles du roy Henri de deniers pour le II. peintre et valet de fut la roi. sommes paiées et baillées par M^ Alain Veau. Selon mery ne qu'il désir le du roi. manuscrit composé de vingt-cinq feuillets parchemin. de Galembert le publia pour la première fois. réel pour son au- Roole des parties faict des dits obsèques et et somme pompes funèbres. Ce manuscrit avait été catalogué à cette vente sous le n^ 2. riche amateur anglais.

50. et datée d'Orléans. Dépêche secrète écrite sur la doublure d'un pourpoint par l'amiral Gaspard de Coligny et datée d'Orléans. Musée des Archives nationales V. Cette dépêche. adressée aux habitants de Rouen. 93 Cette dénonciation ne haine que Catherine avait vouée à l'auteur involontaire de la mort de son mari. 50.CATHERINE DE MEDICIS torité fît de reine-mère qu'augmenter la (i). contre Montgommery. 969. contient les instructions du prince de Condé relatives aux mesures à prendre en vue du siège imminent de la ville de Rouen par l'armée catho(1) Dépêche secrète : : écrite lique. Tassiégé fut obligé de rendre la place. contient également des instructions relatives au même siège en formation. Aussi. sur un ordre exprès de la reine-mère. au nombre dans la nuit desquels se trouvaient de Matignon. Attaqué par des forces supé- rieures à celles dont il disposait. qui lui garantissait la vie sauve. fut arrêté pendant son sommeil au château de Domfront. pièce n» 666 sur toile par Louis de Bourbon. par six gentilshommes de l'armée royale. adressée à Montgommery et à Bricquenault. Musée des Archives nationales V. 24 septembre 1562. à Montgommery et à Bricquenault. du 27 au 28 mai 1674. 25 septembre 15^2.) . de FerVoir. supplément du : Trésor des Chartes. : Cette dépêche. pièce no 667. Malgré la capitulation Montgommery. {Archives nationales J. le maréchal de Matignon qui assiégea le comte dans son château de Domfront. envoyât-elle. prince de Condé. après la Saint-Barthélémy.

Journal des choses mémorables advenues durant tout le . Montgommery Càen. § 30. 122. 3^ Centurie. monté sur un tombereau.CATHERINE DE MEDICIS 94 vaques et Du de Vassé. imprimée à Lyon chez Pierre Rigaud en 1558. la pique. le 1" août 1566 à son retour dun voyage qu'elle avait entrepris avec son fds Chaiies IX : (1559 (2) + 7 = 1566). puis à la conduit au château de Conciergerie du Palais à Paris. sans harnois. Nostradamus nousindique aussi l'époque à laquelle Catherine quittera le deuil de son mari. p. Catherine quitta effectivement les marques extérieures de sa douleur. en lutte et fer au faict bellique Aura porté plus grand que luy De nuict. constater une il est curieux de de plus Nostradamus qui avait également prédit mise en captivité de l'assassin de Henri II fois la clairvoyance de cette : Celui qui. le comte Gabriel de Montgommery. fut conduit en place de Grève où il fut décapité et mis en quatre quartiers son corps (-2). § 60. (1) Michel Nostradamus Voir aussi Guynaud. Dans 6^ Centurie. sujet de cette arrestation. Or. où on l'enferma dans jusqu'à sa démolition Au château de Domfronty fut bientôt la le grosse tour qui porta nom de Monlgommery. Le samedi 25 juin i574? par arrêt du parlement de Paris. édition de 1555. deuil dont il avait fixé la durée à sept années. subit sera surpris (1). Et nud. au lict. six luy feront le prix.

Rue tfoirvt Honoré . Chapelle. J5 Saint C Euftache.de la Reine.HÔTEL de la Reine d*Albret ^ ^ compofée tant de l'Hôtel du Terreîn des Filles Pénitentes^ que d'autres Maifons acquifes par la Reine Catherine de Médias en 1^7^' u4 Colonne conftruîte par les ordres de Catherine de Médicis.

m

CATHERINE DE MEDICIS

Quoiqu'il en soit des singulières coïncidences

de Nostradamus

que présentent

les prophéties

avec quelques

faits historiques,

que

la prédiction relative à la

éleva à son

summum

la

il

est

certain

mort de Henri

renommée de

II

Tastro-

logue, et qu'elle assura fermement dans la pen-

sée de Catherine de Médicis sa croyance aux
Elle

sciences occultes.
tion de son blason
fut d'abord,

changea

sur

;

la

composi-

fond de gueules, ce

posée en pal de part

et d'autre d'un

écu, une lance brisée avec ces mots de regret

Lacrymae

hinc, hinc dolor

tera les Tournelles

(i).

:

Puis, elle quit-

qui lui rappellent trop

le

tournois fatal, et s'installera au Louvre. Mais

un jour qu'à

la suite

d'une indisposition elle

consultera celui qui, après Nostradamus, sera
toute sa vie son principal conseil, c'est-à-dire
le

Florentin

Gosme

Ruggieri, et que celui-ci

règne de Henri III, roy de France et de Pologne ; année 1574,
mois de juin. A Cologne chez Pierre du Marteau, 1673 (pp. 6
et suivantes).

Feuillet de Conçues Causeries d'un curieux, t. II,
Une gravure de l'époque, conservée au cabinet des
E-ftampes (n» 2, album) représente (sous forme de médaille)
celte lance brisée symbolique (avec ladite devise).
(1)

p. 381.

:

CATHERINE DE MEDICIS

recommandera de

lui

Saint-Germain y

se méfier

elle quittera

97

du dangereux

hâtivement

le

Lou-

vre placé dans la paroisse de Saint-Germainl'Auxerrois, et fera construire l'hôtel de Sois-

sons en ayant soin d'y ériger un observatoire
astrologique

sous

la

Enfin, se plaçant définitivement

(i).

protection des astres

qui ont

bien

si

édicté le sort malheureux de son époux,

portera

talismans

des

comme armes et comme
une

étoile

queue,

protecteurs,

elle

aura

et

devise, sur fond d'azur,

entourée d'un serpent se mordant

avec cette phrase précautionnée

prudentia major

(2)

:

:

la

Fato

signe de Saturne, symbole

cabalistique de Féternelle perpétuation des êtres
et

des choses,

qu'elle

substituera

bientôt

à

marques personnelles.
Désormais nous la verrons tout entière subordonnée aux décisions des Régnier, Nostradamus,
Cosme Ruggieri (3), Oger Ferrier, Gabriel

toutes ses autres

H. Sauval Histoire des anliquitez de Paris
Michel Félibien Histoire de la ville de Paris,

(1)

el

:

;

:

t. II,
t. II,

p. 213,
p. 1113,

édition de 1715. Voir le plan reproduit ci-contre, p. 95.
Causeries d'un curieux ; t.
(2) Feuillet de Conches,

Il,

p. 381.
(3) Honoré de Balzac, Colin de Plancy, Sirdes-Varez et
Jean Barbot, ont prétendu que Ruggieri le vieux et son fils
(iOsme avaient joué un rôle capital dans l'établissement du
t ième astrologique de Henri II. Cette assertion ne repose

6

CATHERINE DE MEDICIS

98

Simeoni

et autres liseurs

rateurs des forces

de grimoires, conju-

En perdant

d'outre-tombe.

l'époux qu'elle aimait, Catherine

de

Médicis

vient de recevoir la plus éclatante et la plus

douloureuse preuve du pouvoir caché des^ astrologues et magiciens. Pour

elle, cet

tenant quel est

directeur des con-

événement
est, une révélation de Tau-delà. Elle sait mainle véritable

humaines. Elle est convaincue

sciences

Satan est bien

le

puissances qui président à

manité et

èr

que

détenteur des mystérieuses
la

destinée de l'hu-

ses multiples inclinations de haine

ou d'amour. Elle ne doute plus que
nages étranges auxquels

elle

les

person-

accorde toute sa

conHance sont vraiment des privilégiés de la
sombre inspiration, et qu'ils possèdent sans contredit la solution

du problème de

la vie

sur la

terre.

Aussi

les comblera-t-elle

Oger Ferrier
en

lui

lui

de faveurs^ ce dont

marquera sa reconnaissance

dédiant ses Jugements astronomiques sur

tes nativités, et

en développant dans sa dédicace

aucun document d'archives et pas un seul chroniqueur
contemporain de la mort de ce roi ne nous a signalé cette
collaboration des Ruggieri dans la double prédiction de
Luc Gauric et Nostradamus.

s jr

CATHERINE DE MEDICIS

le plaisir et Tinlérêt

que prend

qui

appartiennent aux

maux

la

haulles

qui des astres,

comme

celles

cognoissances

pour cognoislre

proviennent aux humains

reine à lire

mesmement

toutes œuvres philosophiques^

astrologiques, et ce

99

les biens et

causes naturelles,

(i).

(1) Jugements d'astronomie sur les nativités ou horoscopes,
par Oger Ferrieb, médecin natif de Toulouze, Dédiés à la

1res illustre et très

vertueuse Princesse

ma Dame

Catharine,

Oger Ferrier son médecin, humble salut.
Un vol. in-16 imprimé en .1545, à Lyon, chez Jean de
Tournes. Voir l'épitre aux pp. 3, 4 et 5. Pierre Rigaud,
de Lyon, réimprima ce curieux ouvrage en 1625. {Biblio-

Toyne de France

;

thèque de la Faculté de Médecine, n° 39729.)

CHAPITRE

LA MORT DE FRANÇOIS

II,

m

LE SACRE DE CHARLES

IX

ET l'astrologue SIMEONEI

Le dimanche 17 novembre i56o,
léans,

grande

fête

c'était/ à

Or-

en l'honneur de Saint- Aignan,

évêque sauveur de cette ville au temps d'Attila,
y mourut en l'an 453. Après avoir touché

et qui

les ëcroûelles,

François

II et la

cour se rendirent

chapelle des Jacobins pour y entendre les
vêpres. En grande pompe, la cérémonie relià la

gieuse se déroulait, quand tout à coup,

le roi,

pâlissant, fut pris de frissons nerveux et

tomba

en syncope.

On

appartements

le

transporta aussitôt dans ses

et, la fièvre

l'ayant empoigné, les

médecins constatèreat « la formation
fistule dans l'oreille gauche ».

d'une

de mkdicis

lOl

le roi avait

apparemment

c\thl:rini=;

Or, la veille,

comme

chassé en bonne santé, des bruits circulèrent,
déclarant qu'une action criminelle était encore
la

cause de cette subite maladie.

chambre huguenot,
poisonné

le roi

Un

valet de

disaient les uns, avait

en mettant dans

le

em-

bonnet de

nuit de sa majesté une poudre morbide. D'autres

accusaient ouvertement

le

barbier royal, maître

Amboise, d'avoir versé un poison violent dans
l'oreille de François II, pendant qu'il lui faisait
la barbe (i). Mais aucune preuve ne venait confirmer ces dires, et

le

jeune roi souffrait chaque

jour davantage, ne parlant plus, mangeant à
peine.

Au

chevet du malade, Catherine de Médiciset

Guises s^étaient installés à demeure pour

les

s'épier mutuellement.

L'émoi

était général et

tout espoir semblait déjà perdu, lorsque le 20 no-

vembre l'état du roi devint stalionnaire. L'alarn e
n'en fut que plus vive dans les esprits politiques.
François

II

vivrait-il assez

pour achever

l'exter-

mination des l^rétiques et pour enfin débarrasser la chrétienté

son procès en prison?

dait
(1)

du prince de Condé qui

De Tnou,

léans,

t.

II,

p. 835, et

Ou

bien

Symphorien Guyon,

atten-

allait-il

Histoire d'Or-

p. 382.
6.

Orléans. le célèbre devin de Salon. {Traduclion inédite de M. Bibliothèque nationale. 20 novembre. les inités. 1560. 193. deux isles en discord Avant dix-huit ans incompetant âge De Tautre près Pour le plus bas sera l'accord. malheureux mariage Sans nuls enfans. En effet. filza 4. n» 1721. fol. Alors. cela signifiait premier fils de clairement que la reine-veuve ferait heureux mariage^ sans enfants. ma/zuscr// du fonds italien. avait tracé en programme de çois II la vie et de la un bref quatrain mort de Fran- la : Premier fils vesve.CATHERINE DE MEDICIS 102 mourir posait triomphe delà et laisser ainsi le des parpaillots parti notamment le ? lutte au Graves questions que duc de Guise. sés s'empressèrent de vérifier le fait en consul- Nostradamus (i).) . avec une précision au moins tant les textes de égale à celle apportée dans sa prédiction de mort de Henri le II. Léon Marlet. on se souvint qu'un astrologue avait jadis annoncé que la mort atteindrait François II avant sa dix-huitième année et les plus intéres. que un malla mort r atteindrait avant l'âge de dix-huit ans en mettant deux lies {r Ecosse et l' Angleterre) en désac- (1) Dépêche de V ambassadeur Suriano au doge de Venise.

on commente aussi une seconde prédiction du qui. quatrain 39. 84 et 85. Mais il est certain que ces quatrains sont bien antérieurs à cette date ainsi que le prouve VÉpître dédicaîoire à Henry second rédigée par Nostradamus en vue de l'impression de son œuvre qu'il n'avait pu faire exécuter en raison de la maladie qui devait l'emporter. le se- Chaque courtisan. François II avait été fiancé à l'âge de quinze ans avec Marie Stuart. X^ Centurie. jetterait et le royaume dans une série de perturbations politiques. dit l'ambassadeur vénitien Michieli. t. 20 novembre 1560. Traduction inédite de M. (Bibliothèque nationale. Léon Marleî). fonds italien précité. peu de temps après son décès. . au doge de Venise.CATHERINE DE MEDICIS 103 cord^ et qu'enfin^ bien qu'ayant été fiancé très jeune^ son frère rait encore et successeur (Chartes IX) beaucoup plus tôt que lui [i).. en 1566. commente à voix basse et selon ses passions ce singulier avertissement (2). si même auteur qui se rattache à du miroir magique de Chaumont l'évocation venait elle à se réaliser. Indépendamment de la courte vie prédite à François II. (2) Dépêche de l'ambassadeur Michieli. par Anatole pp. IX et X n'ont été imprimées pour la pre- Le Pelletier. par Pierre Rigaud. mière fois qu'après la mort de Nostradamus. Les Centuries VIII. I. et son frère. Charles IXjji'en avait que onze quand on décida qu'il épouserait f^nne) d'Autriche. dont la mort du fils aîné de Catherine ne serait (1) que le début : Les Oracles de Michel de Nostredame^ etc. à Lyon.

p. I. Un jour. t. prophétie émanant de ce fameux devin-astrologue damus. il les pro- me- corde. 105. et de Thou. fureur du duc que de coutume. « prince le voit- médecins qui contre soi- l'inutilité de disant que c'est une honte de comment médecine ne peut rien faire de plus pour un roi dans la fleur de l'âge que pour un vieuy manant ». (1) tion . dit encore Micbieli. Aussi on accablant d'injures gnent leur le roi. Et les malheureux constater « la médecins perdant tout sang-froid. que la et qui menace nommée le [i). t. Pour cette prédicde Nostradamus relative aux règnes des enfants de Catherine. la colère du duc de Guise s'accentue à mesure que se multiplient les où la preuves de leur incapacité. disant les trois frères^ reine-mère les verra tousTois Devant Nostra- les s'indignant rhubarbe ». la et les le parti Puis. il encore plus violente était accusa les médecins apothicaires d'avoir été payés par testant pour naça de empoisonner la torture et de le roi. voir VÉpître dédicaloire de Nostradamus à Henry second. le duc de Guise craint de plus en plus que le de Condé n'échappe au bourreau. PI).CATHKRINE DE MEDICIS 104 y « Il a une autre prophétie très répandue en France. ajoutant que Relazione Glovano Michieli. mai 1561. X. 149 et 150 du livre d' Anatole Le Pelletier précité. » déclin rapide de la vie royale.

mais non signée et non datée. Léon Marlet. Talchimie magie. : La « même reine- l'ambassadeur de Venise. . n'espérait plus rien. L'amélio- ration survenue dans les souffrances du roi le 25 novembre. Antoine de Bourbon (1) bret lui et Jeanne dWl- II. en date du Alphonse de Ruble. Selon les études minutieuses de M. nous signale le comme auteur de nombreuses prophéties. (2) ». ne mère. paix de qu'il II vivrait. note d'ailleurs portée en manchette sur la pièce autographe. pp. 427 et suiv. et obtenir des devins Tassurance que son neveu vivrait au moins jusqu'à et la Pâques (i) ». n"' 767 et 928). Somers. auquel je dois la traduction analytique de ce document. . (2) dit fit pas prendre le change . et qui dura jusqu'au 3o du mois. devin que diplomate anglais. il est vrai. la et. Lettre de la main de Somers. et qui avait affirmé que non seulement François « mais encore Rome. Calendars (années 1560 et 1561 t. chrétienté elle. cette lettre est du 5 décembre 1560.CATHERINE DE MEDICIS 105 sa patience était épuisée et qu'il allait définiti- « vement recourir aux grandes sciences. s'armer des dires de l'évêque de Viterbo. devait posséder Venise et en un règne long et prospère. pour connaître enfin la vérité sur la santé du roi. Le duc de Guise pouvait. assurer la Catherine.

457 et 428. {Traduclion dile). et Nostradamus. Orléans. )> l'intervalle des deux dépêches. du (i). dit que la maison royale perdra ses deux plus jeunes membres de mala: die inopinée Dans chute grès (2). pp. une re- s'est produite et de plus en plus les pro- du mal donnent raison aux ministres cultes de la reine mère. dans ses prédictions de ce mois. A oc- côté de Tignorance des chirurgiens. [Négociations diplomatiques entre la France décembre et la iné- cité. se multi- pliant et c'est l'ambassadeur de Toscane qui nous l'apprend par une dépêche expédiée deux jours après celle de Suriano « Le salut du roi est très incertain. parmi lesquels Ambroise Paré seul avait proposé une intelligente opération. douleur d'autant plus grande chez elle à cause du souve- beaucoup d'autres pronostics nir qu'elle a de faits par les astrologues. une vie très courte Les présages funestes vont. Toscane. III.) . 1" décembre 1560. manuscvii italie-n (2) 3 déjà Dépêche de Tornabuoni au duc de Florence. 1560.CATHERINE DE MEDICIS 106 1*" la décembre^ ne peut s'empêcher de laisser voir douleur qu'elle a de l'état du roi. t. tous unanimes à pro- phétiser à S. M. on pensa ramener plus sûrement le roi à la l'exécution lui (1) Dépêche de Suriano. dont fut systématiquement refusée. « reste.

vœux aux communions chaque jour saints rédempteurs. Vers née la prince souffrant autour duquel commencement de le agonie. Manuscrit. L'après-midi fut très agitée et du même jour. thèque nationale. Deux jours s'écoulèrent encore. Processions ordonnées. Suriano écrivait au le soir doge de Ve- Le roi esi perdu (1). prédications suppliques à l'adresse du Ciel. répétées. n" 1722. et Le lundi ladie. de la mort vers le Rien n'arrêtait s'agitait cyniquement Guises des Bourbons. 202. 2 décembre 15(30 . dans des nise : {\) Dépêche de Suriano. seizième jour de la maFrançois II passa plusieurs heures de la recouvra cuation narines (( » le le la parole.w CATHERINE DE MEDICIS 107 santé en employant les empiriques et mystérieux moyens de la thaumaturgie. vol. fonds fol.. al- Biblio- italien. et offrandes et nombreuses portées en pèlerinage à NotreDame-de-Cléry. filza i. jeûnes et prières publiques. cérémonies expiatoires. Mais cette accalmie signalait bien 1 marche 2 matinée en syncope. et d'humeurs par milieu de la mati- une abondante éva- la bouche et par les soulagea sensiblement. . Orléans. Mais tout cet ensemble de pieux efforts restait stérile. Tâpreté il des politique décembre.

efforts. relative à la « disparition des deux plus jeunes membres de la maison royale ». en sait en la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans. le 28 décembre. (2) Dépêche de Chanlonnay. N° 116. sous un dais de drap d'or. 202 et Alphonse de Ruble. paroles. le prince de la Roche-sur-Yon dépo- jours après. 9 K-1493. fonds manusitaliens. L'ambassadeur d'Angleterre. Bibliothèque nationale. au roi décembre 1560. il ne s'éveilla pas et mou- avec rut ainsi sans reprendre connaissance (i). Trois un cortège de grand apparat.CATHERINE DE MEDICIS 168 ternatives de calme et de crises Le 4 au soir. mort du marquis de la Roche-sur-Yon: Beaupréau. fol. Throckmorton. prit renouvelées. e/ 6 pp. Le jeudi 5 décembre. Un mois s'écoula et la seconde prophétie de Nostradamus. t. il prononça quelques un peu d'aliments et s'endormil. « On a remarqué. 437 et 438. qu'en un mois sont morts le premier et le vit sa réalisation fils (1) des 3 criis en la du prince de Dépêches collectives de Giovanni Michieli el de Suriano décembre 1560. aux flambeaux. filza 4. le corps était transporté à Saint-Denis. le cœur de François II enseveli dans un vase de plomb (2) et. écrit Tambassadeur Chantonnay. le 8 décembre. Philippe IL Orléans. : . Archives nationales. ambassadeur d'Espagne. confirme Chanlonnay Calendars 1560-438. Il.

12 janvier 1561. marquis de Beaupréau était dans sa quatorzième année. cour de Ces stupeur. la reine-mère n'ayant droit qu'à la tutelle de son fîls. les traditions comptaient peu lait la (1) régence Dépêche de . attribuait régence au roi de Navarre comme la premier prince du sang. qui induisent à de vaines et superstitieuses croyances Aussitôt François décédé. |)ièce n" 27. Pourtant. Elle lais. Orléans. pa- appela sous les armes les compagnies de convoqua le Conseil privé et déclara service. Archives nationales. K. duc d'Orléans. l'ancienne constitution du royaume. Charles de France. Le . 149-I.m' CATHERINE DE MEDICIS membres de dernier des la catastrophes ont frappé royale. succédait à son frère sous le Charles IX nom de ». et saurait bien l'obtenir Chanlonnay au roi a'Espogne elle vou- de par sa . qui n'avait pas encore été discutée. Catherine s'était II impérieusement arrogé maison royale. fît (i).. » le commandement de la fermer les portes du.. « que son second fils. menaces de Nostradamus qu'on mieux de châtier que de laisser ainsi ven- jointes ferait maison la 109 aux dre ses prophéties. Mais pour Catherine de Médicis.

en lui la Lieutenance-générale du royaume. On ne peut rien voir de « plus coupable que vous. . o itroyant Puis. Aussi bien vous sied-il mal de vous défendre. pp. elle pensa somption liberté même coup abattre sance de ce la préla reine-mère on eut connais- projet de Saint. Qui veut vous perdre ami de l'État. en rendant au prince de Gondé.'s Sciences occultes . elle sut s'attacher Antoine de lui faire Bourbon et abandonner tout projet de régence. 231 et 212 (ann 'e ^560.André de délivrance du prince. Prince. Aussitôt que dans l'entourage de Mme du et l'orgueil : Croyez-moi. fit parvenir secrètement au prisonnier cette curieuse lettre d'espoir ré- digée en un systèine de langage convenu « la des Guises. Je prends trop d'intérêt à tous les maux que vous avez faits en « votre vie pour vouloir vous taire que Tarrôt de votre mort n'est plus « un si grand secret (t). Ceux qui la « par un véritable zèle pour est le roi vous ont rendu si criminel étaient honnêtes gens et incapables d'être « subornés. » « 1 Mysièms d. Après avoir liabilement reculé l'ouverture des Etats-Génériux.CATHERINE DE MEDICIS ]10 diplomatie et de par son autorité. préparez-vous à mort.

connaissant les opinions nouvelles de la reine-mère. De plus. qui seules sont ici il à ce en ne lisant que impaires de cette étrange missive. les lignes la MKDR. pendant que le peuple.CATIlERINi: Lorsqu'on cette lit Tordre des lignes où qu'elle ne laisse haineux que manifester à l'égard document son lettre de lU exactement dans elle est écrite.André paraissait du prince de Condé. Catherine semble nettement se déclarer pour donne le parti huguenot. piibhé avec .erie Laquelle abuse tant de gens aux Luthériens on crye « Qu'on les cruciiie Ou gelle aux charbons ardenls !» C'est la Prestraille et Moynerie Laquelle abuse tant de gens('l). lorsqu'on donne véritable sens. il semble les sentiments Saint. Si Disant (1) : Le Chansonnier huguenol du seiz'ème siècle.IS aucun doute sur Mme plus de n'en est Dli et guillemettées pour en faciliter juste lecture. Ainsi. les cantiques qui est celui de la pour chanter elle aban- Psaume VI le pénitence. clame sans crainte la chanson hu- guenote d'Eustorgde Beaulieu: C'est la Prestraille et Mryr. xMais même.

celle chanson composée par EusTORG de Beaulieu. puis. in-16. faisaient de la Ré- forme un parti d'autant plus redoutable. qu'à de i56o fin il la personnifiait déjà la résistance aux excès du pouvoir des Guises. n'était pas sans Dans les pro- Paris. Tout en étant souvent assez triviales. 169 du t. poêle et musicien huguenot. 1870. mcme complaisance avec la tion qu'elle accordait et la même atten- aux paroles de l'Amiral de Goligny. de se prononcer franchement entre la Réforme. Mais cette situation imprécise danger pour la sécurité royale. ses poésies et chansons contiennent quelques traits acérés qi i . ne sont certes pas sans valeur. Tross. Catherine était rence pour novateur. étant triomphante. Il fut ensuite organiste dans son pays natal en Limousin. prélace par HENRY-LÉONAno Bohdier Voir à la p. paraît-il. 2 vol. Gatherine Tavait bien compris. de mœurs assez légères. Celait un ancien prêtre. embrassant avec ardeur la Réforme. jointe l'assentiment déguisé de plusieurs autres provinciaux. du prince de Gondé et surtout des trois Ghastillons. I. il se réfugia à Genève en 1537. Gela ne l'empêchait pas de recevoir les conseils du GardinaldeTournon. Très imbue du scepticisme italien dont son parent Strozzi avait été elle évitait les le deux religions.CATHERINE DE MEDICIS 112 L'appui ouvertement assuré du roi de Navarre. . Pour la Réforme donc en appa- l'instant.

N. B.?w^^/t^> cr~UK«^-^^^ dMjffi^^£>fxih ^^c-tfK Horoscope de Gaston d'Orléans dr:2SSÉ par Cosme Ruggieri.^J/C^^^ fLJyt^ éy/tf. [Man.) .

Paris. et que toujours aussi. En outre. avaient pris parti selon leurs ten- dances religieuseset se divisaient en deux armées Nombreux furent toujours prêtes à se combattre. Dans ces que c'était le rôle troubles. Elle en conclut bientôt que l'ancien clan n'était ni moins puissant. que l'était le clan calvinistes. teurs catholiques proclamaient que le changement de les prédica- véhémentement religion du roi et de la . les mouvements tumultueux que causa litique « des parties égales » cette po- entreprise par On en vit un terrible exemple à combat de la maison du Pavaniei% puis à Beauvais où la ridicule comédie du cardinal Odet de Chastillon donna naissance à une Catherine. si par la sa- tyre et les psaumes. les huguenots ne ménageaient ni leurs ni leur sentiments de haine pour les papistes admiration pour l'inclination de Cathe- rine et de son fils vers la Réforme. ni moins à l'attaque ou nouveau des à la prompt défense. dans le atroce sédition. Catherine avait toujours le parti remarqué catholique qui joiiait d'agresseur. trouvé un séditieux avaient les appui parmi les hautes personnalités des corps anciennement constitués. voyant double jeu de le la reine-mère.CATHERINE DE MEDICIS 114 viaces les seigneurs.

réllexions. écrit-elle à l'évêque d^ Limoges. depuis long- temps annoncé. et resserrerait les liens entre le jeune roi et son peuple. à Chiaramonte. filza 4 bis. fol. manuscrit fonds italien. la Le danger monarchie Après mûres remède pour et était la donc imminent pour paix du royaume. espérant qu'une céréraviverait les traditions reli- gieuses du royaume. principaux seigneurs du royaume sacre qu'elle fixa au ii mai de l'année Nous irons à Reims. « les le désirait. Catherine décida qu'étant donnée l'urgence. avait . 26. Catherine à cette situation au plus tôt et monie brillante : ne vit faire sacrer qu'un son fils avec éclat. 16 mai 1561. faire sacrer le roi mon tils le ii® (1) Dépiche de Suriano au doge de Venise. . on s'arrangerait aisément des finances en réalisant sur d'autres points les économies été ajourné désirées. et Catherine ne recevant pas la réponse aussi promptement qu'elle convoqua pour le i56i. Ce sacre. Bibliothèque nationale.CATUEIUNE D1-: MI::i)ICIS reine-mère déliait tous les sujets du serment de fidélité (i). pour raisons d'économies. Mais Gabriel Simeoni était en Italie. et aussitôt elle consulta son astrologue Gabriel Simeoni pour savoir quel jour serait le plus favorable à la célébration de cet important événement.

cette dernière phrase de Trockmorton le lundi quinze jours après Pâques. Ainsi que me l'a fait très justement observer M. Cela veut donc dire le lundi qui suit Pâques de quinze jours. le sacre au 11 mai. ce en quoi Trockmorton fait erreur. ainsi qu'il a été fait pour son frère décédé.CATHERINE UE MEDICIS 116 du may et. 15Q1-1ÔQ2. et I. Marlet. c'est-à-dire le 21 avril. » reine on commentait dont on devinait aisément le secrètement. Dans ce dessin. «. : : . Limoges mars 1561 (t. Document analysé dans Calendars of state papers. 176-178). puisque nous avons la preuve que Catherine avait fixé. 31 mars 1562. (1) le lundi quinze jours après Pâques Lettres de Catherine de Médicis à Vévêque de à l'ambassadeur de France en Espagne : 27 (2). pp. Dépêche de l'ambassadeur anglais Trockmorton à la reine Paris. luy ferons faire son entrée à Paris les premiers jours de juin Dans l'entourage de cette résolution but que : « On dit ici la la (i). a formé le projet de faire sacrer le roi aussitôt que cela se pourra. reine-mère. car le 15 avril fut un mardi. on commence à lui attribuer l'idée de transporter la cour à Reims. écrit Trockmorton. pouvoir combattre la les Elle pense ainsi difficultés qu'on tire de minorité du roi et donner à ce dernier une autorité suffisante pour choisir les gouverneurs qui lui conviendront. au partir de là. ne peut signifier « le lundi quinzième jour du mois après Pâques » qui fut le 6 avril de l'année 1561. dans le même temps. (2) d'Angleterre. n° 77. sentant qu'elle n'est plus en faveur.

la reine-mère reprend son projet. (1) Lettre de le 2 avril elle se Chanlonnay au roi Philippe II cFEspagne. Archives nationales.. pièce i. 9 avril 1561. 1561-63. Paris. Peu àpeu ces bruits de conspiration s'éteignent. pp. Questions auxquelles semble répondre Tornabuoni qui. puis l'entrée du roi au mois de juillet ». Calendras. t. . Catherine reprend ment née elle (3). informait le duc de Florence « que le sacre se fera à Reims. . le 3i mars. confiance. Négociations entre la France et la Toscane. seulement (2). Catherine fut assaillie par de nouvelles alarmes. 448 et 449. Dépêche de (2) 31 décide à don- Alph. prévu ce complot?. et l'on parlait d'une conspiration ourdie par Guises qui devait éclater à Reims pendant les la cérémonie L'astrologue avait (i). (3) n*' Tornabuoni au duc de Florence. . tombe malade lorsque et se croit subite- empoison- Enfin. Ne recevant toujours rien de Gabriel Simeoni. 1" mai 1561. 1561. 1494. Les résultats des observations astro- logiques de Gabriel Simeoni n'arrivaient toujours pas. le mieux se faisant sentir et toute crainte de mort étant écartée.CATHERINE DE MEDICIS 117 Mais soudain.. peut-être Fallait-il reculer la céré- monie ?. K. mars 75. III. et III. de Ruble. Lettre de Sechelles. au moment des dernières dis- positions.

. tels que les prêches huguenots pratiqués publiquement dans les appartements de l'Amiral. Toutefois. ils retourneront chez eux. i3 mai. qu'il fût à venir. prince de Condé et l'amiral LeUre de Catherine de Médicis écuyer le sacre une magnificence extraordinaire> el capitaine des : A M. dont un chez cour arriva enfin à Reims la Mme le de Hoye.. grand mon fils. » Après de nouvelles hésitations basées sur de nouveaux troubles religieux. Cent Gentilshommes du roy Fontainebleau. i5... CATHERINE DE MÉDICIS 118 n3r des ordres. le renouvellement de la défense déjà faite aux protestants de se réunir secrètement. . Les autres figu- reront à l'entrée du roy à Paris (i).. 2 avril 1561. l'arrestation de plusieurs ministres du culte calviniste. puis mois prochain est bien raisonnable il viez avec la : lieu le propos de les fait à faire tous mais seulement 25 de chaque compagnie. attendu long séjour qu'ils ont le Orléans. de Boisy Le sacre du roy aura « où que vous vous trouune partie des gentilshommes de sa maison. de Coligny de Boisy. dépense et il ne nous a semblé. et le fut célébré en où (1) le jour de l'Ascension. M. en vue des préparatifs du sacre^ au grand écuyer. Une entrée solennelle du roi fut suivie des réceptions d'usage.

p. son règne La réponse de Gabriel Simeoni n'arriva à Paris que dans les premiers jours de juin.IERINE DE RIEDICIS s'étaient fait excuser- messe qui (i). 243. dit Pierre Mathieu. alors que tout de cette était terminé. . a raconté avec beaucoup de détails le sacre de Charles IX'. a été publié pour la première fois par le baron Alphonse de Ruble. t. par le début semble que l'astrologue avait averti Catherine d'un retard probable dans renvoi de sa prédiction. III. p. III de son important ouvrage sur Antoine de Bourbon et Jeanne dAlbrel. en appendice du t. de Huble. p. et (2) Pierre Mathieu.CATI. I. dans l'un des deux fragments qui nous restent de sa grande Histoire de l'Europe (1559 à 1587). Quoi qu'il en ce très curieux la document traduit première fois in soit. fut célébrée Pendant par le \]*f la durée de la cardinal de Lor- raine. 98. il Cependant. réponse. 354. et des offices divers qui durèrent depuis huit heures du matin jusqu'à l'après-midi. qui contient l'exposé de faits introuvables dans d'autres documents. Ce récit. Charles « et ses une heure de IX ne cessa de pleurer. furent prises pour présages des calamités effroyables dont fut comblé (2) ». Alph. t. Histoire de France. voici extenso pour : (1) Le président Jacques de Montagne. larmes.

quand lui je vous envoie l'heure qui sera à peu près sera posé la couronne sur la D'autre part. .CATHERINE DE MEDICIS 120 « « J'ai Madame écrit il y a deux jours longuement à V. Mars. uni à la Lune. M. ayant donné un coup d'œil à tête. Il ne se peut trouver un jour plus heureux que le 16 juin pour la raison qu'un astrologue connaîtra sur la jointe figure en même temps que midi. dans l'attente (comme celui qui n'a pas beaucoup à* dépenser pour les hostelleries) de quelque bonne et prompte résolution d'Elle. la il que révolution de cette année. d'autant plus que aSoturne sortira vers les premiers jours de juillet vainqueur du Cancer. a changé du Dra- gon el est arrivée à du Lion l'aspect quadrilataire de la de sorte que cette année ennuis pour la cause de il Lune] résulte de grands la religion. Par ce moyen m'est venu le désir (pendant lequel j'ai toujours étudié pour vous être agréable) de savoir quel serait le jour le plus opportun pour le couronnement du roi. je trouve que Lune la l'emplacement de Saturne^ Saturne occupant celui du Soleil^ du Lion et de Mercure. et pour vous fortifier. qui auront un grand développement.

Michel Nostradamus. {Gravure du temps.) .

et à pendant qu'Elle peut. M. (Quelle heure M. Chacun. 174 . » horoscopique accompagne ce texte astrologique. u Une figure Gabriel Simeoni (i). par pager bonté et la bonheur tous ses royaux en- fants. terrestres se ciel. (Traduction inédite. ainsi qu'une légende latine où Si- meoni répète ce qu'il a précédemment exposé en langue italienne. « Votre humble serviteur. M. et 176. de Peut- Bibliothèque nationale. ainsi a V. pro- vertu de ses serviteurs. Manuscrii italien. « (( faits beau contraste.?) De Chiaramonte le dernier jour de mai i56i. fonds Dupiiy.122 . ne naissant pas tous les jours. fol. les éclairciront accidents néan- aujourd'hui entre incrédulité. (1) vol. 165 du présent ouvrage. très chrétienne. De V. Et « si CATHERINE DE MEDICIS certains hommes quent des choses du moins réalisés et deux ans leur « et Madame. p. et la mo- le bien. ni ne vivant éternel- lement. je prie Dieu qu'il accorde longue vie à V. à la cour de France. interpréta selon ses sentiments le retard apporté dans l'envoi de l'astrologue et l'impatience Catherine à célébrer le sacre de son fils. n° 588.) Voir facsimilé de Toriginal italien.

plus tard. fol. a imaginé cet expédient (le sacre). et à cette époque se fera une autre prorogation sous un autre prétexte (1) l')61.. manuscrit n° 1721. avait-il trouvé ce subterfuge pour s'éviter une critique qui. Mais dans son esprit et dans sa méthode gouvernementale. « Cette question des États.^ la valeur de ses pronostics. c'est uni- la quement pour que Suriano nous expose très clairement. fonds italien. 4. pour les déranger dans leurs projets et ne pas les laisser se réunir à l'époque fixée en mai. 29^ mars Bibliothèque nationale. filza (i). c'est-à-dire Fimportante question des Etats-Généraux dont Cales raisons politiques therine redoutait l'assemblée pour sa régence. doutant de 12. . actuellement donne à penser à la sérénissime reine qui. Et si elle davantage consultation de Simeoni. elle attachait certainement une grande importance aux conseils de ses magiciens. aurait pu être soulevée par Timprécision de sa prédiction?. Quant à Catherine. grâce auquel les États sont ajournés en août. Traduction inédite. Paris. 270. les prévisions diplomatiques passaient bien avant les prévisions astrose décida à ne pas attendre logiques.. dit l'ambassadeur du doge.CATHERINE DE MEDICIS être que Gabriel Simeoni. » Dépêche de Suriano au doge de Venise.

toute sa vie. plus rapides et plus sûres. moyens avec lesquels toujours L'un des chapitres suivants va nous fournir une nouvelle preuve de tique étrange et parfois criminelle. lui fournissaient des elle triomphait. Et lorsque les sciences occultes ne pas satisfaction.124 CATHERINE DE MEDICIS Ainsi. les lui donnaient machinations politiques. cette tac- . mais aussi plus perceptibles à l'attention de ses adversaires. subordonner adroitement les questions de conscience aux questions de gouvernement. Catherine de Médicis sut-elle.

après avoir fixé le cours va com- et le rôle des constellations infinies. Il devient le sorcier. son sanctuaire pour mystères ésotériques. possède son temple. le devin. nous a laissé la description du cabinet d'un initié à la haute . change de méthode. magicien noir qui. Et là. Le magicien Henry Khunrath. tout comme le déiste prêtre. culs génésiaques et généthliaques. qui vivait à Tépoque de Catherine de Médicis. même temps qu'il l'astrologue change de le des grands la célé'bration nom. Quittant trales. il en les clartés as- pénètre dans l'ombre du laboratoire. mander aux monstres impudiques et sterco- raires qui peuplent les ténèbres.CHAPITRE IV LE MIROIR MAGIQUE En complément des études du des cal^ ciel.

(Camille Piton. Par ce document. le Quartier dei Halles. tealrinum cathoUcum. Catherine avait fait élever un petit édifice avec ces deux mots latins gravés au-dessus de la porte d'entrée Uraniœ sacrum. Cette scène de magie est la seule qui. existe encore. La Saussaye. sur la vieille tour dite du Poix. nous avons plus de détails. les règles prescrites par les rituels hermétiques. ait en lieu au château de Chaumont-sur-Loire. petit in-foL publié à Hanovre en 1609. p. avec portrait de l'auteur. qui possédait un exemplaire de ce très rare ouvrage. Opuscules hermétiques et théosophiques avec des commentaires de Jean Arnaut et plusieurs autres traités dalcfiymie. avait acheté en 1893 à mon ami regretté Anatole Claudin un curieux manuscrit relatif aux travaux de Khunsolius veraechristiano. au Château de Blois. dans les caves de laquelle fut : tué le cardinal de Guise. nous dit qu'en cette demeure historique. d. sapientiae aeternae Kabalesîicum diuinomagicum. Henry Khunrath. nous savons donc dans quel entourage matériel les magiciens de Catherine opéraient les prodiges qui subjuguaient cette reine au château de Ghaumont-sur-Loire (1) Henry Khunrath. et sa dédicace à la . Amphilhealram (2). traduit par Charles Gueydon La Moelle de la Philosophie hermétique.CATHERINE DE MEDICIS 126 science installation faite selon (i). Un vol. Stanislas de Guaita. s. En rath et intitulé : manuscrit. ce dans la Bibliothèque : Amédée de Broglie. à notre connaissance. berger à Montevrin. Mris en ce qui touche les actes mystérieux de la reine-mère. Le tout collafionné et recueilly par le S" Louis Charpentier. physicochlmicum. notamment. En 1906. passa Chacornac et catalogué 50 francs.) Cette tour. Lucien Bodin possédait également un manuscrit de lun des livres de Khunrath. (2) Ce château historique appartient aujourd'hui au prince 1907. in-t de 300 pages relié parchemm. 387.

é loca- au milieu des plume. de* l'encrier. 776. in-fol. les : mau- intime Au mur de gauche.) . pour y dresser Ihoroscope >». De plus. au mois d'août de l'année 1555. Sur la et table de livres. Nostradamus s'était rendu au château de Blois. sous hotte de la cheminée. la purifi- cation quotidienne de l'opérateur. p. Lyon.. parfum qui chasse vais esprits et les fantômes nuisibles mélange de menthe et de palma-christi. sans ornement. voisinant avec des devises hébraïques. Et dans brûle sans cesse le une cassolette. Adroite. c'est l'alignement attendu des bocaux et flacons contenant les produits nécessaires aux combinai- sons la et mélanges du grand-œuvre. et en face des cercles goétiques tracés sur déesse de Fastronomie indique suffisamment à quel usage cette construction était destinée. les creusets et l'alambic de Porta. l'œuf philosophique.CATHERINE DE MEDICIS ]27 En une chambre. de la des parchemins vierges une tête aux exorcismes travail. Une pour fontaine. est à côté de l'autel aux pantacles teurs. et mollement éclairée d'un jour imprécis que laissent passer comme à regret des vitrages verdatres. sur l'ordre de Henri II. sont placés l'athanor alchimique. du couteau et destinés aux pactes. 1614. de mort rappelle au magicien l'ultime but de toute chose. [Histoire et chronique de Pro« des enfants de France vence de César de Nos!^radamus'.

local situé dans compris entre cette royale « Il y corps de bâtiments chapelle et la demeure. ait dans cette mesme assemblées quand elle salle. (i) » et André Félibien Maisons royalles des bords de la Mémoires pour servir à l'histoire des maisons royalles bastimens de France par André Félibien. encore quelques meubles qui luy ont appartenu. baguette la divinatoire ordonnatrice. le clair miroir magique offre son regard d'acier aux yeux du consultant. et Telle était l'installation qui caractérisait l'ap- partement que Catherine consacrait aux travaux de ses magiciens dans le château de Chaumont- sur-Loire. fort spacieuse. bien vers 1680 le et que l'aile visita gauche de André Féli- : a plusieurs appartemens dans tous ces bastimens. sieur des Avaux. qu'elle tenoit conféroit avec les astrologues et les devineurs ausquels elle avoit beaucoup de foy. Il y a. la balance. dit cet auteur. Tastrolabe. comme j'ay dit. complètent cet ameublement austère mystique. la sphère ar- millaire et un fauteuil de repos. : .. qui a vue La tradition veut que la reyne demeuré dans ce chasteau et que l'eau. Dans les plus anciens e^t une grande du costé de Catherine c'estoit ses salle. (1) Loire. le pentacorde. et le sablier.CATHERLNE DE MEDICIS 128 le sol. Enfin..

Ordinairement les personnages évoqués apparaissaient à un enfant auquel on avait bandé les yeux. et qui tournait le dos au miroir. '< : ou un enfant pur peuvent voir certains nuages et figures On dispesait des flambeaux alluau lieu de responces. et le monstroit par après à la lune estant dans son plein. un magicien apprenait. dans laquelle une femme grosse . aux astrologues parisiens les événements qui se déroulaient en la ville de Milan.et CharlesQuint. et se pratique encore de diverses manières. et que Cagliostro devait utiliser plus tard avec tant de succès pour « On prend.CATHERINE DE MÉDICIS 129 Des expériences d'occultisme auxquelles Catherine a pu se livrer dans cette salle en compa- gnie de ses familiers nécromants. divination intitulent Catpplromantie que les du mi- occultistes ou encore Cristalo- mande (i). dans lequel il escrivoit tout ce que bon luy sembloit. de l'Ancre nous dit P\ thagore avoit un miroir d'acier bien net. A la page 252 de son Incrédulité et mescréance du sortilège plainemenl convaincue. par ce système. lors de la guerre du Milanais entre François le-. 1622. Baur. dit cet auteur. les chroninous ont principalement conservé le queurs détail d'une évocation pratiquée à l'aide roir magique. Les manuscrits d'André Félibien sont conservés à la Bibliothèque nationale. Bien que rédigés en 1681. (1) La divination par le miroir magique se pratiquait. P. P. >» . de même que s'il eust esté escrit dans la lune mesme. Paris. une fiole de Marie-Antoinette verre ventrue remplie d'eau. Et fichant la pointe de sa vue sur icelle. » Le même auteur nous assure que. de l'Ancre nous décrit encore un mode d'évocation qui se rattache au miroir magique. ces mémoires ne furent édités qu'en 1878 par J. il pouvoit lire tout ce qui estoit contenu dans le miroir.

et autres. en elTet. De nos jours. Darwan a décrit et commenté savamment ces troublantes expériences du docteur Charcot. Simon Goulart. non seulement dans les miroirs magiques.c sensitifs. Mais le savant docteur Charcot a su nous démontrer comment les sous l'influence de la suggestion. et que cette reir. on trouve encore des miroirs magiques extrêmement curieux. et au seizième siècle. Baissac. voient. mais sur de simples feuilles de papier blanc qui en tiennent facilement lieu. Aux Indes. 153 de l'ouvrage précité. Sédir. sur leurs miroirs magiques. très nettement. en Chine et dans certaines autres contrées orientales. de la déesse. et des personnages à voix basse . des oracles avec du sang humain et en lisaient les réponses sur le disque pâli de la lune. J. Bell. ont repris ce genre d'évocation et en ont développé la théorie magique dans quelques ouvrages peu répandus. . Ils sont ordinairement construits de matières mauvaises conductrices de l'électricité. que la royne Catherine de Médicis. des occultistes comme S. le sinspirant des sorcières thessaliennes qui écrivaient. Badaud. Papus. leur guérison. (P. Notons aussi que l'historien grec Pausanias nous parle d'un miroir magique qui était conservé au temple de Cérès et que les malades venaient consulter en foule pour obtenir. et ornés de prières magiques et sentances kabbalistiques. des images suggérées.CATHERINE DE MEDICIS 13} « On rapporte a ouï-dire à la mareschàlle de Raiz. qui nous permettent de supposer qu'au seizième siècle la suggestion était parfaitement connue des magiciens de Catherine de Médicis. désireuse de sçavoir que devienmés autour de Ton invoquait les esprits magicien interprétait et traduisait les figures et les nuages divers cfui apparaissaient dans la bouteille aux yeux du voyant. les fakirs s'en servent pour fixer la volonté de leurs consultants dans les évocations des morts.) Aujourd'hui. Thomassi Boroneilo nous explique comment les magiciens italiens opéraient ce genre de divination en cette bouteille.

IV. le roy Henri duc de Guise comme un éclair.-L. p. a fort bien pu. p. 1885. (2). de figures royales en p.53 du t. cirleu. p. II. Et que fait les siens. 1057. conseiller et avo- du roy en la Chambre des comptes de Paris. Parmi Publié en 2 voluiTies les ouvrages modernes qui ont rapporté très succinctement cette expérience du miroir magique de Catherine.CATIIEULNE DE MliDICIS 13| droyent ses enfants. Notons encore un ouvrage peu commun VEspion Turc. 1710. voir Colin de Plancy et Curiosités des Sciences occultes. et qui leur succéderoit. celui qui entreprenoit de l'en asseurer. Amsterdam. (2) Voir cat général lettres. Jacob : Garnier frères. 1723. : . et reproduite ici. ouvrage qui contient la curieuse gravure représentant celle scène d'évocation. IV. les luy un miroir représentant une salle en laquelle chascun fit autant de tours qu'il devoit voir en (it régner d'années. plusieurs autres chroniqueurs du temps.se scène de sor- quelques variantes dans bonne foi. Trésor d'histoires admirables. à u'Estienne Pasquier. 3. figures à elle suggérées par Nostradamus. I. in-4. en lib. (1) Simon Goulart. à part si. 2H0. /ils ses Œuvres : d'Estienne. 438. assister à des apparitions de un miroir magique. le roir). t. p. 159. t. varre se présenta qui en le Puis fit incontinent après disparut le III traversa ayant (le mi- prince de Na- vingl-deux tou s et (i). Ses œuvres meslées et les lettres de Nicolas Pasquier. Paris P. Paris. » Outre Simon Goulart. tel que Nicolas Pasquier nous confirmèrent cette Mais cellerie.

Ils déclarent que Dieu lui ayant donné la sagesse.CATHERINE DE MEDICIS 132 les détails. et quiconque le posséderait deviendrait le maître incontesté du monde. enfermé dans le tombeau de Salomon. en sa qualité d'initié à la haute science. magiciens considèrent Salomon comme leur maître. Il ne reste du grand maître de la magie. en même temps. Salomon possédait invisible. et. tandis que les autres nous présentèrent rentin Gosme Ruggieri comme en le Flo- étant Fauteur. pour pratiques mystérieuses qui la réussite appartiennent aux purs du genre. contenus dans divers ouvrages attribués à Salomon et notamment dans les Véritables Clavicules de . de leur com- c'est-à-dire l'art d'évoquer les esprits et mander. Selon les recherches du célèbre occultiste moderne. Sédir. fut l'opérateur bre . tous sont d'accord sur le fond du prodige réalisé au château de Chaumont-surLoire. des règlements rituels et des figures magiques. Seulement on ignore l'emplacement de ce fameux tombeau. les occultistes prétendent que Salomon possédait un anneau talismanique qui lui donnait plein pouvoir sur tous les êtres intermédiaires entre Dieu et les hommes. Cet anneau existe encore. il lui avait. que des formules. les uns l'attribuèrent à Nostradamus. Sédir nous expose par le Nostradamus qui ce serait bien dans cette expérience restée célè- la formule magique étable devin de Salon. la Entre plus sublime. rites les plus élevés et les plus qu'enseignent les Clavicules de Salomon (1) Les Kabalistes et de ces (i). En outre. communiqué toutes les connaissances du monde visible et toutes ces sciences.

ce miroir. Nostraclamus écrivit aux quatre coins de du sang de pigeon mâle. selon Wierus. comte des enfers. Mitnom de Dieu chez les Hébreux. 28. Wierus ou Jean Wier. in-18 imprimé à Memphis. 1509. un volume in-8. Voir le manuscrit de la Clavicule de Salomon Bibliothèque de TArsenal. . (1) Jéhovah : tatron ou Mithras dieu des anciens Perses sous le nom duquel on adorait le feu. Adonay ou Adonis. remplit certaines fonctions dans les incendies terrestres. — : — : — . traduits en français par Jacques Grevin de Clermont. très blanc. avec noms suivants (i) : Jéhovah I MlTTATRON I Puis il mit Elouim --' le les Ad ON A Y miroir dans un linge neuf. Et un soir du commencement de l'année Salomon. On lui doit les cinq livres Dex prestiges des Démons. élève d'Agrippa. Paris. chez Alibeck VÉgyptien. était un célèbre démonographe brabançon. monstre qui. Elohim génie infernal deja vingt-sixième légion de Furfur. p.CATMKHLNE DK MUDICIS 18S xKprès avoir préparé une plaque rectangulaire d'acier luisante. bien polie. n° 76. et légèrement con- cave.

in- ange miroir. à la mière heure qui suivit Nostradamus s'approcha de Tune des laboratoire. ô Tout-Puissant. serviteur très indigne. pour vôtre face. commande et compagnons et à vos sujets que faits. fenêtres du ciel le avec : Roi éternel î 4^vez créé toutes ! DieuinefTable qui choses pour l'amour de moi. bon et plus sublime élévaticn. qui à ses vous avez mon votre me montrer la droiture pour ce que je leur deman- » Dans un réchaud de fer neuf^ sur des charardents. ô dans le et toujours priant.i voyez au- . « Et ce.CATHERINE DE MEDICTS 134: i56oj alors qu'au-dessus des bois de Cliaumont lentement s^élevait lune nouvelle. l'ouvrit dévotion. il dit Éternel « et. Nostradamus jeta ensuite dj bons safran oriental qui est Anael. qui serez éternellement. la ce. regardant pre- la coucher du le soleil. et considérez tention pure. et un jugement occulte pour la santé de regardez-moi. Qu'en voire prient et agissent dans m'instruire et derai. votre par l'homme. qui êtes tri-un. Daignez m'envoyer Anael sur ce ordonne <[ui êtes et nom ils mande. qi. Nostradamus. et mon parfum convenable il njouta à : avec ce que je verse devant- Dieu. qui avez été.

Anael. le balançant la main droite au-dessus du réchaud d'où s'élevait en colonne vaporeuse la fumée odorante du safran.. par la vertu de l'immorr ! Elohlm Venez.. et répétait par trois fois Foraide son précédente à l'Eternel. le magicien souffla encore : « V^enez. trois fois sur le miroir et dit Anael (i). et qui devez juger les sièL-les En prononçant par le feu. Anael. Nostradamus. La prière terminée. Amen. au nom du Fils Très-Sage +? ^u nom du Saint-Esprit très au nom du aimable +• Venez. Anael. et commandez à vos sujets qu'avec amour.CATHERINE DE MEDICIS 13. venez. éleva à (1) ce mot Anael est gravé sur la métalismanique de Catherine de Médicis reproduite ici A remarquer que daille p. » Puis il revint vers nouveau les yeux vers le ciel étoile et prononça cette conjuration suprême. « Seigneur Tout-Puissant. . au nom du terrible Jéhovah Venez. ils fassent voir à mes yeux les choses tel ! ! qui me sont cachées. joie et paix. et que ce soit votre bon plaisir d'être en moi par votre volonté Père Tout-Puissant +. NostraJamus parfumait le miroir.> dessus des chérubins et des séraphins. qui faites mouvoir la fenêtre. par le bras du toutpuissant MiTTATRON Venez à moi-. exaucez-moi ! » ces paroles sacramentelles. 187.

s'il Seigneur. le quarante- tombante. Le lendemain. Catherine de Médicis fut enfin admise dans le laboratoire. » Lentement. s'arrête sur lui. Celui-ci remercia vision. Tun de vos sujets. tout ce qui vous plaît. les personnages dont il évo- querait l'esprit et les formes. ce miroir et bénissez-le. signe qu'il répéta durant quarante-cinq jours. qu'ANAEL. vers minuit. avec ses compagnons pour satisfaire Nostrada- mus. et que agréable. Regardez. votre pauvre et misérable serviteur. cinquième jour. Nostradamus fit le signe de la croix sur sa poitrine et sur le miroir. afin soit ma prière. exaucez mon désir vous vous plaît.CATIIEUINE DE MEUICIS 13. Dieu béni et très exalté de tous les esprits célestes. Nostradamus avait tracé sur . qui vivez et régnez dans l'éternité des bons. à la nuit Enfin. et la pria d'apparaître dans le la miroir ou d'y faire apparaître. Tange Anael apparut au magicien sous la forme d\in enfant blond qui ses compagnons le bel salua et lui annonça que et lui étaient prêts à obéir aux ordres de Nostradamus. chaque soir à la même heure crépusculaire. A l'aide d'une croix de bois bénite et carbonisée à sa plus grande extrémité. Ainsi soit-il. chaque fois qu'il en manifesterait le désir.

et Papus.CATHERINE DE MEDICIS le sol le 137 double cercle ma^iqae^ selon les données contenues dans le grimoire du pape Honorius. Bell: le Miroir de l'es Miroirs Cagliosiro. Ghamuel. IV. de qui m'intéresse (i). d. s. la baguette magique en main droite. 1895.. supplie humblement l'Ange. pp. Voir aussi: J. Accroupi au milieu du double cercle. d'apparaître! » Ces paroles prononcées avec énergie. Traité de magie pratique. Histoire de la Diablerie chrétienne. magiques. les Miroirs magiques. » SÉDiB. 308 et suiv. BaibSAC. et l'ouvrage de L. Paris. Le miroir avait été placé sur le manteau d une cheminée dans laquelle brûlaient des bûches sau- poudrées de safran oriental. 1860. gardien de ce vivons. Catherine de Médicis lui dit tout ce qu'elle ajouta « de attendait (1) lui. l'ange Anael parut. . et Nostradamus : Je supplie humblement l'esprit de ce miroir me favoriser d'une vision et qui m'instruise etc. Nostradamus fit la conjuration d'appel : Au nom « de Dieu Tout-Puissant en qui nous mouvons et avons notre être. el disposé sur cette figure géométrique: un crâne humain^ un libia^ une lampe à la/lamme pâle et un chat endormi du sommeil magnétique. in-8. clairvoyance. in-12. divination. 8. chap. Paris. nous nous je miroir. une brochure in-S .

CosJfÉ D'après une estampe de la coll .

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.

llUGGIERI. . f tion William Reygser (xvii* s.

qu'un et im- vagues dans leurs contours se dessinèrent en un épais brouillard. vingt et une fois. touchant de sa baguette et jeta le miroir. vapeurs les épaisses se déchirèrent et Catherine de Médicis reconnut ses trois fils. quinze fois. trois fantômes. Se mouvant sur le miroir. dit après cela tout-es choses se . Puis. Alors il s'opéra soudain un le changement sur la plaque métallique. en effet. de nouveau du safran oriental dans foyer. a et. Nostradamus. Une à une ombres disparurent les Nicolas Pasquier. tressaillit fit le elle tour de la salle. la précis. Du geste et de la parole. Les lignes des per- sonnages s'accentuèrent.CATHERINE DE WEDICIS 140 Attentive. aux angles sombres d'abord. chacune des ombres esquissées accomplit un nombre res- long des murs de pectif de tours le rée. pour une durée et : de reconnaître Henri de Bourbon qui. Tout plaque d'acier poli ne lui révéla intérieur mystérieux. au dernier des Valois. François tourna II Charles IX quatorze Mais brusquement venait fils une fois Henri III Catherine seulement. damus -et la salle figu- de vingt une années. reprit la conjuration. Catherine regardait le miroir. Nostra- dit à la reine effrayée que son troisième mourrait assassiné et que Henri de Bourbon succéderait.

(Voir Catherine de Médicis et le château de Chaumont. Chauniont. 1057 et Biblioles Châteaux de thèque nationale. t. » Catherine était satisfaite.) Formule de adaptation (2) SÉDiR. 28. (Un volume in-8. Elle était enfin couronne de France. fixée sur le sort réservé à la (1) Lettres de Nicolas Pasquier. et où se déroula la scène sus-décrite. Nostradamus n'était pas astrologue. p. ont été démolis au dix-huitième siècle par Berlin de Vaugien. II. mais bien voyant. L. 44 de la brochure précitée). essaie de prouver que Nostradamus n'était qu'un voyant extralucide. Blois restauré. : congédie je de ce miroir tous les esprits qui y sont descendus. et toutes ses prophéties lui furent présentées par le miroir magique (p. p. 34-827! Voir aussi : Chambord.CVTIIEHINE DE MEDICIS 141 rendirent invisibles. 56.) . p. par Alphonse Baillargé. Amboise et Chenonceaux. Selon Sédir. et que la paix de Dieu soit pour toujours entre eux et moi (2). B. pour ce que n'en voulut voir davantage Le reyne-mère (i) ». publié à Blois en 1852. 79. Nostrada- mus prononça par « la Au nom trois fois la formule de renvoi du Dieu Tout-Puissant. dans son étude publiée en 1806. les Miroirs magiques Nostradamus. par Joseph de Croy. miroir étant redevenu vide et net. Les bâtiments du château de Chaumont-sur-Loire dans lesquels était compris le laboratoire des magiciens de Catherine. : : 1897. p. . C'était bien aussi l'opinion de Théodore Bonys qui.

Cosme Ruggieri succéda en titre à l'auteur des Centuries. dans la confiance mystique de CaLorsque le courrier. qui vint annoncer la victoire de Moncontour. Deux ans après éclataient les batailles de Jarnac et de Moncontour. qui donnèrent un certain lustre au nouveau lieute- nant-général^ lustre évidemment dû aux réels talents de son coadjuteur. demandait au destin. Quant au troisième fils de Catherine. C'est tout ce qu'elle Cette de Lorraine. il favori de sa mère. de Henri III. il y avait encore bon nombre d'années de royauté assurée.U2 CATHERINE DE Pour elle. Nostradamus étant mort à Salon peu de temps après la fameuse évocation de Chaumont. on éveilla la reine-mère . avec le titre de lieute- nant-général du royaume. elle décerner en 1067. scène d'évocation. qui devait régner sous était de ouvertement la lui fit le nom le le duc d'Anjou. ^lEDICIS pour son autoritaire orgueil. vivait son unique tour de salle et ^ Charles IX accomplira les sept prévus. Or. arriva la nuit au Louvre. peu à peu çois II. connue du cardinal vit sa réalisation. crevé trois chevaux. Profitant mort du connétable de Montmorency. le maréchal deTavannes. Fran- en i56o. après être venu si rapidement qu'il avait therine. le commandement des armées françaises.

revint Tannée suivante. égale- Elle entra aussitôt dans Colin de PLANCY. et quelques circonstances gagnée. vous reviendrez bientôt il (i). par succéder à leur roi^ les Polonais pour Sigismond-Auguste. la raconté à son entourage elle avait le dit effet. Lors du départ du duc. événement dans lequel la magie devait encore jouer un rôle prépondérant et cyniquement tragique. . Catherine. I. in. it prédit à Henri de Navarre qu'il seroit un . plutôt que la valeur personnelle du duc d'Anjou. au cours de l'année iDyS. Cette victoire. détails que venait de véler son astrologue-magicien Cosme lui ré- Ruggieri.art. appelé au trône par la mort prématurée de son frère. 14r% ÉdiLioii de Londres. elle dit: Cesi bien je \ au soir veille En le savais. Universités occultes. du miroir magique^ Allez . duc de Sully. mort sans héritier mâle. (1) . se rappelant l'oracle dit à son fils : Effectivement. (2) p.12. lUr 8 vol. pp. 673 et suiv Mémoires de Maximilien de Béthiine. triomphe de son de la bataille fils Brantôme. valut à ce prince d'être choisi. t. Au commencement de l'année 157:?. Sans aucune manifestation de surprise.CATHERINE DE MEDICIS 143 pour lui faire part de l'heureux message. Catherine apprit qu'un astrol-ogue du Béarn ave ment jour roy de France (2).

à la trop et dès cet instant. elle messe. Et nous ver- ronsplus loin comment. . grâce à cette affirmation.prince de Condé. Youriévitch. il pouvait assurer Sa Majesté qu'ils ne cause- roient aucun trouble dans le roijaume (i). Charles IX ayrnt sauvé Henri de Navarre en l'obligeant à se rendie une grande fureur. Au massacre de la Saint-Barth(Memy. quelques jours après la mémorable hécatombe. dont a pu témoigner La Noue. (1) Pierre Bayle. 983. En ce qui concerne rétude de divers phénomènes psychiques et psychologiques se rattachant à ceux des miroirs magiques. Catherine. Bergson. Brissaud et d'Arsonval. Cosme répondit qu'ayant dresse les horoscopes de ces deux personnages. consulta Cosme Ruggieri sur ce qu'elleclevait faire du Béarnais et du. devait heureuse- ment servir l'astrologue florentin. voir les documentés travaux de Courtier. Cosme Ruggieri échappa à la hache du boir- rcau. II. t. Vingt-six ans plus tard. sur les Visions de lueurs dans J'obscurilé par les sensitifs^ et publiés par l'Institut général psycholot^içue de Paris. cette réponse habile.CATHERINE DE MEDICIS 144 voua une baine mortelle au futur Henri IV. note C. p.

pas de calme dans les esprits. Par allusion aux deux plénipotentiaires de cour chargés d'en établir les conclusions.CHAPITRE V DES CHEFS PROTESTANTS La seconde paix conclue entre catholiques et protestants fut signée le 28 mars i568. dit le Ma- cet accord mal assise. partis s'étaient séparés deux les en un sombre silence dans lequel chacun concentrait ses rancunes. Pas de marque de réconcilia- tion. boiteuse et s'y fièrent pas. Défait. furent les plus habiles. n'osant ouvertement démontrer la colère 9 res- . Laboureur. celte paix ne fut qu'une fiction. le seigneur de lassis et fut Biron qui surnommé Ceux qui ne la était Paix boiteux.

Le poignard.CATHERINE DE ]4o RIEDICIS sentie par rimposition de cette entente factice. le parti papiste n'était pas l'inaction. la magie . De son côté. d'ex- rompre au plus tôt. sentant bien qu'en ces temps de trahi- son et de surprise. et qu'au contraire c'était une action pieuse. que garder la foi aux hérétiques était une faute par devant Dieu. De les tels dis- cours firent promptement naître de nouveaux désordres publics et des assassinats dont les vic- times ne purent jamais obtenir une équitable justice. le feu. de poursuivre son prosé- lytisme et de réunir des fonds pour parer aux éventualités prochaines. decontinuerle groupement de ses forces pas matérielles et morales. s'étaient respectivement retirés dans leur résidence particulière. Ceci n'empêchait le parti huguenot de rester solidement homogène. le poison. juste et utile pour le salut du monde^ hortations violentes à la Hautement. les prédicateurs déclaraient que de massacrer sans merci. Le prince de Gondé. la dispersion constituait une importante chance de salut. l'amiral de Goligny. d'Andelot et les autres chefs calvinistes. de réflexions séditieuses contre la de Cal- paix. dans Les chaires retentissaient plus que jamais d'invectives contre les sectaires vin.

conclut qu'il des indiscrétions commises au sein y avait même du Conseil d'Etat. les attaques campagnes sournoises et les pillages dans les. il n'avait plus nalité capable de le tenir au aucune person- courant des combi- naisons d'attaque ou de défense que préparait le gouvernement de Catherine. les supplices lents en des cachots secrets. De ces odieux moyens. Ce qui notamment gênait le parti huguenot^ c'est qu'à la cour. calvinistes prétendent qu'en trois mois personnes moururent.HT CATHERINE DE MEDICIS noire. peu de temps après. selon Davila. les auteurs affolées. leur calcul n'est pas exempt d'exagération. désirant ardemmenfle maintien de la paix et l'exhortation à la to- . La reine-mère. ayant reconnu le résultat négatif de quelques- uns de ses projets exécutés. Conseil privé. sortit. l'Hospital. plus le disgracié soudain Ceux qui suivirent le chancelier. intime assemblée. et les protestants ne sauraient nier qu'il y eut tout autant d'excès fanatiques et cruels de leur côté. C'est alors qu'elle institua un conseil particulier duquel. que dans le camp catholique. recommencèrent leur œuvre exterminatrice. Sans- plus de dix mille doute. fut exclu le De cette chancelier de comme étant le suspect de tous les conseillers royaux.

furent. aux yeux de Catherine et des doctrinaires de cour. Un sonnet du temps. considérés comme un groupe depolitiques dangereux pour la couronne. sont ordinairement ceux de Bélitre. que sous la forme d'une monstrueuse trahison à l'égard de Dieu et à l'égard du roi. Vous prîtes des Comtés et des Duchés entières. En revanche. et tous les éclats la de leurs protestations contre paix violée et contre la gente catholique. critique en ces termes les pèlerinages. Ante. les plus doux quadonnés au pape. Vous approchant des Rois beaucoup plus que des (1) Pentières. reprochant au clergé l'entassement de ses ri- chesses. et dont le sacrifice de conscience n'ap- parut. cieux! . bien que catholiques.CATHERINE DE MEDICIS Ii8 lérance. c'est sur ce prélat que les réformés firent tomber la majeure partie de leurs chansons satiriques et pamphlets.Christ et la Troisième corne lificatifs décrite par Saint-Jean. sorte de filets. les reliques et le purgatoire : Aux mailles de tels rets et à telles pentières (l). la morgue de leurs apologies et complaintes. Dans ces haineux couplets. L'intransigeance du cardinal de Lorraine di- rigea l'action principale de la reine-mère contre les chefs protestants.

ni la reine-mère n'étaient oubliés. etc.CATHERINE DE MEDICIS 141) Dans ces insolentes manifestations. édition de 1836. et c'est alors qu'elle décida de ne plus rien ménager pour l'anéantissement des chefs parpaillots. . Au ni le contraire. qu'il tombait raide mort (i). Subitement le visage du chirurgien enfla d'une inquiétante façon. en lui faisant adresser. actions et déportements de la reyne Catherine de Médicis. (p. Catherine en fut tout particu- lièrement indignée. par l'intermédiaire du fameux parfumeur René Bianchi. Déjà. Mais Le Cros. 29. bientôt n'était certes moindre. On renouvela un chien auquel on fit manger cette pomme. une pomme de senteur empoisonnée. elle avait tenté de se débarrasser du prince de Condé.) Bibliothèque du Sénat. Catherine et Charles IX constatèrent que la part d'injures. au commencement de décembre i563. se doutant du danger que cette pomme contenait en raison de sa pro- venance. l'enleva des mains de Condé et la porta à ses narines. A peine l'animal avait-il goûté à cette préparation. mélangées avec du pain. qui était présent lors de la ré- ception du cadeau royal. chirurgien du prince. Devant l'expérience sur des raclures de (1) Discours merveilleux de la vie. roi. pas la à eux destinée.

Quand ils furent à la Rochelle. l'Amiral et la femme de d'Andelot. sans encombre. Mais Tavannes s'ar- que les rangea de telle manière que leprince fut averti des mesures qui se tramaient autour de sa personne. en Bourgogne. . Gondé. en cours de route. chargé de poursuivre les fugitifs. sa famille. se dirigeant vers la le 18 septembre. et les -exigeant pensa Mais cinq années événements politiques une reprise de défense sérieuse. sortaient-ils de Noyers. Aussi. Pendant deux chefs délibéraient surPétatde leurs affaires. Catherine avait. sans doute. Le prince de Gondé s'était retiré dans son château de Noyers. s'étant écoulées. Gondé écrivit à Vieilleville fit une plaisante lettre par laquelle il lui part de la sécurité de sa personne et des siens. Rochelle qu'ils atteignirent sains A la et saufs complaisance de Tavannes s'était jointe. à la fm du mois d'août i568. celle du maréchal de Vieilleville. Tavannes recevait l'ordre d'arrêter en premier le prince de Gondé. elle qu'elle ne devait plus avoir d'hésitation pour la suppression des dirigeants huguenots.CATHERINE DE MEDICIS 150 cet insuccès. jugé prudent de laisser passer quelque temps avant de renouveler sa tentative. L'amiral de Coligny vint l'y rejoindre aussitôt qu'il eut connaissance des plans de la reine-mère.

était un militant'protestant dont l'ardeur égalait cellede son frère TAmiraL II vivait alors avec Isabelle de Hauteville. Voir passini ce recueil de pièces curieuses. et le cardinal vécut d'abord maritalement avec elle. pour l'arrestation des autres chefs de la Réforme. que terre la tête et j'ai de regagner mais avec les pieds. six vol. Mais ce concubinage. damedeLoré. ne furent pas mieux couronnés de succès. mais étant à et d'autant non avec dit-il. contraint de tourner terre la ]5l les été la mains. ce prélat décidé à épouser Isabelle le i'^' s'était décembre 1064.CATHERINE DE MÉDICIS «J'ai tant fui m'a duré la mer. in-4. trouvé j'ai que je ne sais nager. lui ayant valu d'être cité à la barre du Saint-Office en i56o. 1741. Rencontrée à la courdeMargueritedeFrance. contenant ce qui s'est passé de plus mémorable dans ce royaume sous les règnes de François II et de Charles IX nouvelle édition. . Paris. me défendre de mes ennemis (i). bien que porteur de larobe rouge. et Rochelle. ou recueil pour servir à VHistoire de France. joint à d'autres désordres de sa vie. . : que j'ai pu. Malgré son apostasie. Il goû- (1) Mémoires de Condé. Le cardinal Odet de ChastiJlon.duchesse de Savoie. Odet de Ghastillon avait conservé la robe et le titre de cardinal. par une bulle que la reine Catherine refusa de reconnaître. » Les plans dressés par Catherine.

et connaissant que ceux qui se sont de longue main déclarés mes ennemis et ceux de tous les miens. à la puissance en mon grand regret. Correspondance du cardinal de Châîillon. lorsqu'au de septembre Somme. IP partie. la « au roi mission Sans hésitation. in-8. dans la eut connaissance'de Tarrestalion ou de l'assassinat qui se préparait contre lui. il commencement i568. Odet de Chastillon lettre ci-après Ceux qui précisément les affidés de le écrivait la : Ayant eu plusieurs avertissements. Ne pas le prendre à mal il est naturel à l'homme de chercher à préserver sa vie (i) » A la même date. 1885. 89 et 90. publiée par (1) M. de ma maison et ce royaume. Pas de dédu roi. Picard. coup sur coup. étant à Sénarpont. . le cardinal écrivait une lettre quitter fiance . LÉON Marlet. j'ai été contraint. des entreprises qui étaient dressées contre moi et aguets qui se faisaient pour me surprendre au premier jour en ma maison par ceux-mêmes qu'on avait employés pour être de la partie. 5 septembre i568. un vol. l'en avertirent étaient cour auxquels Catherine avait confié de supprimer le cardinal. Paris. pp. . avaient aujourd'hui le glaive de la main.CATHERINE DE MEDICIS 152 tait une existence luxueuse en son domaine épiscopalbeauvaisien.

lettre clans laquelle le prélat-apostat. moyens magiques. lâcha les procédés purement humains de suppression. ambas- sadeur d'Espagne à Paris. son IP partie. écrivait au (1) LÉON Marlet. Et considé- rant que son appétit de dominer ne pouvait prendre racine qu'en arrachant du monde ceux qui la costoyaient de trop près à son gré (2). (2) vie. p. roi. actions et déporîements de . ? dit Henri Estienne. et éloigné d'injustice et de cruauté (i) ». Mais Thistoire ne nous dit pas si comme étant l'expressentiment. tenant peut-être à se ménager bonnes grâces de Catherine. se voyant frustrée de ce côté. 29. 90 et 91. suivant son axiome Il faut tout tenter et faire Pour son ennemy la : reine-mère continue desfaire. la guerre. pp. don Frances de Alava. ouvrage précité^ Discours merveilleux de la la reyne Catherine. ou comme une mor- Catherine prit cette phrase sion d'un réel dante ironie « Donc.CATHEaiNE DE MEDICIS semblable à la 153 reine-mère. pour recourir aux Le 8 juin 1569. déclare « connaître son naturel enclin de soi-même à toute les bonté et droiture.

CATHERINE DE MEDICIS

154

maître, les très curieux détails que voici, sur un

mode d'envoûtement peu commun
«

J'ai tiré

au

clair

:

une chose extrêmement

même

plaisante et par laquelle, alors

qu'on n'en

aurait pas d'autre témoignage, on pourrait juger

ce que valent ceux

d'ici.

C'est assavoir qu'un

France de tuer

le

prince de Gondé, l'Amiral et d'Andelot, dès

le

Italien a offert à la reine de

temps où

elle était

accordé un

tel

encore à Paris. Enfin, on a

crédit audit Italien, qu'il y a six

mois (décembre

i568),

il

a été

enfermé en une

chambre avec un ouvrier allemand que ledit Italien a amené de Strasbourg. Cet Allemand a fait
faire trois figures d'hommes de bronze, de
du prince de Condé, de PAmiral et d'Andelot, pleines de vis aux jointures et à la poitrine, pour les ouvrir et fermer, et pour tenir les
deux bras fortement adhérents, ainsi que les
la taille

cuisses, le visage regardant en haut, les cheveux
très longs et les pointes des cheveux dressées.

Tous

les jours, ledit Italien

ia nativité

ne

fait

que regarder

des trois personnages susdits et son

astrolabe, et serrer et desserrer les vis

(i). »

Dépêche de Don Frances de Alaua, ambassadeur d'Espagne
Paris, au roi d'Espagne Paris, 8 juin 1569. (Archives natio-

(1)

à

nales, K. 1514, n° 119.)

;

Traduction inédite de M. LéonMarlet.

CATHERINE DE MEDICIS

155

Mais cet envoûlemeni d'airain n'avait sans
doute que de très lents

contre lesquels

effets,

s'impatientait la reine-mère. Trois mois aupara-

mars 1669, Catherine

vant, à Jarnac, le i3

eu soin de devancer

demandé

le résultat

avait
à l'art

magique. La jambe cassée d'un coup de pied de
cheval,
les

Condé combattit longtemps entouré par

gardes du duc d'Anjou, frère du

versé de son cheval,

un genou

il

roi.

Ren-

se battit encore ayant

à terre, et ne se rendit

que lorsque ses

forces épuisées ne lui permirent plus de défense.

En

se rendant, on lui avait promis la vie sauve.

Mais, Montesquiou, capitaine des gardes du duc

d'Anjou, survint

et,

sachant qui était ce prison-

lâchement sauter

nier, lui

fît

coup de

pistolet. «

été secrètement

Condé,

dit

recommandé

la cervelle,

à plusieurs favoris

de Monseigneur et quelques autres

Des ordres avaient, en
n'épargner aucun

d'un

Brantôme, avoit

effet, été

(1). »

donnés pour

des calvinistes

distingués.

C'est ainsi que le fameux Stuartj meurtrier du

connétable Montmorency, à Saint-Denis, égale-

ment prisonnier

à Jarnac, fut, après la bataille,

tué à coups de poignard. D'autres périrent de la

(1)

Œuvres

de Brantôme

;

édition Lalaunne,

t.

IV, p. 347.

CATHERINE DE MEDICIS

15G

même

façon, froidement assassinés. El

qui devait être du

dut

la

nombre de

La Noue,

ces victimes, ne

vie qu'à son ancien camarade, le capi-

taine Martigues.

Catherine de Médicis était alors malade à

Metz

;

et c'est là

qu'au cours d'une nuit de fièvre,

selon Marguerite de Navarre, elle avait, dans

un songe, vu par avance

vœux touchant

la réalisation

mort de Gondé

Marguerite de Navarre,

leur

il

de ses

:

Dieu protège particulièrement

i(

dit

la

les grands...

donne par de

bons génies quelques avertissements secrets des
accidents qui leur sont préparés soit en bien,
soit

en mal.

La

«

reine Catherine,

ma

mère, étant dange-

reusement malade à Metz, et ayant autour de
son lit le roi Charles, ma sœur et mon frère de
Lorraine et force dames et princesses,

comme
nac

:

si elle

Voyez comme

victoire!...

«

lui

ils

fuient

I

Mon

Voyez-vous dans cette haie

de Condé mort?..,

mais

en apportant

là, la

la nuit d'après,
la

fils

le

a la

prince

»

Tous ceux qui étaient

le délire;

elle s'écria

eût vu donner la bataille de Jar-

nouvelle

dit-elle, ne Vavais-je

:

Je

croyaient dans

M. de Losses
le

savais bien,

pas vu devant-hier?...

»

CATHERINE DE MEDICIS

157

Alors on reconnut bien que ce n'était pas rêverie

mais un avertissement particulier
que Dieu donne aux personnes illustres et rares,
de

la fièvre,

«

Pour moi, conclut

cette

reine

galante,

j'avouerai n'avoir jamais été proche de quelques

signalés

accidents,

ou sinistres, ou heureux,

sans que je n'en aie eu quelque avertissement ou
en.

songe, ou autrement (i).
Revenant à l'envoûtement

»

d'airain.

Don Fran.

ces de Alava écrivait au roi d'Espagne, qu'indé-

pendamment des

Condé avait
reçues au combat de Jarnac, l'action magique
blessures

que

des vis manipulées par l'envoûteur italien et son
acolyte allemand sur la statue de bronze figurant ce prince s'était manifestée par une série

de marques singulières, visibles sur

le

corps du

mort Condé, ajoute cet ambassadeur dans sa dépêche précitée, on dit
qu'on a vu des marques nettes à sa cuisse, dès
défunt:

«

qu'il était

Quand

mort.

est

»

Débarrassée du prince, Catherine n'attendit
pas plus pour d'Andelot les eîTets de l'envoûte(1) Cit.

du comte de Ségur dans sa

îiqiie, t. II, p. 356,

Galerie morale et poli-

Des Songes, Paris, 1819.

CATHERINE DE MEDICIS

158

ment, qu'elle ne les avait attendus pour Condé.

D'Andelot

était

un

très sincère

huguenot, au ca-

ractère loyal et généreux, qui avait su s'attacher

fermement Tamitié

et la confiance

religionnaires. C'était

sonnalité dans

de tous

les

donc une importante per-

le parti calviniste,

que Catherine

avait intérêt à anéantir au plus tôt. L'envoûtement

d^airain n'agissant pas, la reine-mère eut cette
fois recours

1569

à

M.d'Andelotestmortà
anonyme adressé le lo mai

au poison:

Saintes, dit un avis

«

l'ambassadeur d'Angleterre. D'après les

apparences, on croit

Neuf jours plus

qu'il a été

empoisonné

(1). »

tard, Catherine et Charles

ne se contiennent plus de joie.

lement connaissance de

la

Ils

ont eu

IX

officiel-

mort de d'Andelot,

exactement survenue à Saintes

le

7 mai; à la

date du 19, Catherine écrivait ce qui suit à Four-

quevaux, ambassadeur de France en Espagne
«

La nouvelle de
recevoir

la fin,

(1)

('2)

.

le

mort de d'Andelot nous a
que Dieu fera aux autres, à

la

fort réjouis. J'espère

tent

:

même

traitement qu'ils méri-

»

Calendars, 1659-70, n«

25:t.

Voir aussi Bouchet

:

Preuves

de Vhisloire de la Maison Coligny, pp. 118 et suivantes.
(2) Lettres de Catherine de Médicis, t. III, p. 211, Monceaux,
19

mai

1569.

pp. 209 et 210. pour la querelle duquel nous combattons. à Fourqaeuaux. Charles IX écrivait de son côté tout l'enthou- siasme tion éprouvait qu'il devant cette dispari- : Mon « duc d'Anjou. » Norris. le 19 mai 1569. le d'Andelot était plusieurs endroits. à cause d'un Italien-Florentin qui s'est vanté d'avoir empoisonné M. m'a averti que mort. dépèche de Norris datée de Paris.CATHERINE DE MEDICIS 160 A la même date et au même ambassadeur. publiées par C. J'espère que Notre-Seigneur. ambassadeur de France en Espagne. Voir cette dépêche. (2) 1569. in-8. 27 mai . nous pour nous donner moyen de venir à bout du reste qui est cause de tant de maux de assistera la chrétienté (i). d'Andelot et fait également l'Amiral boire un breuvage toxique à (2). n'omet pas de signaler. 1897. eut beau protester contre cette dépêche de Norris. éditeur. Monceaux. ambassadeur de France à Londres. et déclarer à la reine d'Angleterre (1) Lettres de Charles IX. Paris. « la grande rumeur qui règne à Paris. Calendars. dans une dé- pêche du 27 mai 1569. 1 vol. qui m'a été confirmé de frère. ambassadeur d'Angleterre à la cour de France. Donais. Picard. » La Mothe-Fénelon.

nion sur Y envoûtement cf airain^ et qu'il affirme pourd'Andelotce qu'il affirmait pour Condé. il a déplorable mort du Condé et le cruel assassinat de d'Anmort empoisonné par un Italien chargé de cela par la reine-mère (2) ». 16 et Ï7.CATHERINE DE MEDICIS 101 que l'annonce de ces empoisonnements n'était qu'une calomnie lancée contre Catherine de Médicis. Cette dépêche. En outre. on a ôté aucuns Italiens Quant confiance qu'on vengera la « à lord Hansdon. années 156i>-70). est datée de Londres. adressée à la reine-mère. l'on a ordonné je ne sais quoi de plus exprès en l'essai accoutumé du boire et du manger de la reine. 14 juin 1569 [Calendars. italien. (2) Dépêche de Lord Hansdon. La Mothe-Fénelon écrit à Cathe- rine qu'à la cour d'Angleterre l'émoi est tel « que depuis cela. c'està-dire « la présence des également visibles sur Qui était-il le marques du sortilège. personne « n'abandonna la certitude de ce qui était advenu audit sieur d'Andelot.florentin Correspondance diplomatiqae de La Molhe-Fénelon. datée de Paris.'est trouvé empoisonné et qu'il s'en suivra bientôt la semblable épreuve des aultres ». n» 300. et de son service (i) ». Cependant que don Frances de Alava maintient toujours son opi- prince de delot. . 10 juin 1569. (1) pp. t. corps de d'Andelot donc ce sorcier ». II. lequel ayant été ouvert s.

CATHERINE DE MEDICIS 162 que l'unanimité désignait comme agent secret de la reine-mère ? Les documents n'indiquent rien de précis à cet égard . a de même exécuter quatre Français fait Wolfgang de fils de Louis II. empoisonné. ayant aussi découvert une trahison secrète dans son camp. et même « pré- la le 12 du mois. Bavière. suborné à cet l'a qui. Le 4 juin 1569. cet agent diplomatique nous dit que M. que nous retrouverons d'ailleurs plus tard dans semblables besognes. Le duc de Deux-Ponts. l'ambassadeur anglais Norris signale sence du sorcier italien à Lyon. un person- la suite du duc d'Alençon. duc de Deux-Ponts et venait de pénétrer en France pour joindre ses forces à celles de l'amiral de Coligny (1) Dépêches de Norris. de Martigues. ayant par d'Andelot sous prétexte de service. (1) ». Londres. mais d'avancer que c'est sans doute le est permis il fameux Cosme Ruggieri. d'Alençon.. 28 juin 1569. Paris. efîet par M. 14 juin 1569 et de La MotheFénelon. à Saintes. . deuxième frère du roi. a reçu des lettres du roi portant que l'Amiral a fait tirer à nage de été reçu quatre chevaux.

Celle-ci. je fayt marcher vostre armaye en tele diligense. qui l'a fason de quoy avés envoyé.. aussi allaient-ils bientôt réussir. cars.3 Charité. se disposait à réunir des protestants du Poitou. car depuis que je y suis. que si ni la . près le. où résidait était à Es- momentanément Catherine.CATHERINE DE MEDICIS Il s'était passé la emparé de Loire son armée à C'est dans le ir. myenne. duc de Deux-Ponts Limoges. et après avoir la 20 mai. apprenant Tinsuccès de cette nouvelle entreprise occulte. celle premiersjoursde juin que les de Deux-Ponts déjoua le duc complot tramé contre le dont Norris nous parle dans sa dépêche précitée. é est la luy esposer byen mary de celles qui se sont perdeues. mais cet né pas sa faulte. et reine-mère tenaient sans doute à honneur de réparer au plus vite cet échec . Le 10 juin. le Coc si Valon lui beau et plus aystimé ha conté que lui 12 du Charles : s'an retourne qui ha présenté vostre présent à vostre trouvé fils le la frère. Mais les hommes de confiance de la lui.. même « mois la lettre Monsieur mon écrivit suivante à son fils. et dist qui ne vous peult fayre aultre remersiement de tant d'aseuranse que lui donne de vostre bonne grase que de anployer sa vie et pour vostre service.

) 1876. . après avoir dîné en compagnie de la reine de Navarre. se sentit juin. » de son arrivée à Escars. fin de duc de Dus Pons mes Dieu ne . cette année-là. (3) Revue Historique. je me plus glorieulx . mes n'ont perdu le cœur. 54. le (1) Ces reîtres étaient ceux que Bassompierre et le comte Rhingrave avaient amenés au duc d'Anjou. 10 duc de Deux-Ponts. [Collection Benjamin . de jouin 1569 et afectionnée « le puiz qui n'est sela de chercher l'aucasion et tage de vous fayre Or. t. p. que yl soit joins Tauron pour « aveques l'Amiral. sion de vous mestre en repos par le moyen de vostre frère et de tant de jeans de bien qui sont ici. IV. (Mémoires de Caslelnau. et qui en sont enragés: avenu. p. la et vostre frère car vous eusiés eu la en lieu qui l'estoyt à nous voleu pouvais dyre femme du monde cette guerre.. qui ne ne le service qu'ils De Limoges « cet Vostre bonne Taven- XIP jour même désirent tous. CATHERINE DE MEDICIS 161 les reystres (i) eussent voleu marcher jeudi jour de fa feste Dieu plus heureuse le (2).) (2) La Fête-Dieu tombait. ayspérant encore il Gaterine mère ). 534. Fillon. aystant réduis le le l'a pas car j'euse esté trop ayse d'avoyr esté auca- . le jeudi 9 juin.

U (cmia.'uitvry:o.1 luûpo diSatrifito^ Jctàirnc o ce nftin do quelle J^i Jols. Jua hadui&i.nivjli va) rcKc ajhmùao rtuicncc ton co^nôJci/im Tieila prf^rAÂiflTf.Malama. ^ajjfu Q^l)rLcTSynUon : . nclra^r>€tfo ÀinoroiiO oiono. ql'acctd^nh ncn -fuan la tniw chéUiluni Um ctu.dcmùcàl CQQnoJctir cjual ejgornojoJIc mtoliotr Pp' corp'nâitzoru la. ultime /. Mm ^ofh. €( (^lowL. _ _ de! l[e.v^^ni jûnojmjJi' dlati^û \y auclTo C huon{K n-^ ajvcnanlofcomt alfa non bc troPfO da jf'^rJe/r ju elle VrtJtCL YiJoTwùon/ Ja Jet -Jti j>cr if^oj?cru/)quaJa(^ aiwcc >^^{{f vueTy^tomi àcJilcVLO [il c^ualc Jemprç jtuii^t^ ncï4MrhL. su ai Mcfcuriû^ Hcvrt^ Cûnalunro con coifo di Vrû. miic cne dd^ ^^'' di ûijnqnâ nonJenzDotna trduarr wn vmfciiQJ/tmc tc. ULraJut dcîfa..rtu LranL JcmPrr col.c( porcc^irv del'oL iinuno ab^ar^chuih: l Uuoi U - tm. \Ttranrw ct)Uf. ûA n\c\xp(ju>mû Tn dtrtr la^midù lifs Un'^ccchia/n aÏÏa ruxûluticju: Ji awiftoAn/io. licniihx a. ne auadrafc auc/h an no qrandiJSnni mjtidii Ctdo. d( Clouj. Âttc clclLx Jtt9ta. rhom. najcnio ojm (ja.r tt-Dcr 4:rhft(ait le rnowni^Uf (n ic un lem^idâ ûua. JJlu .cjo)i£. U M-Vj A.t inta^ Jam circa. c}. Jc. (auA'hom i^\rLnyamc-nlk W lic/iûC.

mourut « le trouvèrent sans voix. vinrent le heures. Uen- voâîemeni d'airain ne réussissdLiii pas mieux pour lui qu'il n'avait réussi pour Gondé et d'Andelot. n° 303). Le nous dit « qu'il est informé que le capitaine allemand Hayz. après de prendre (i). et que (1) 18 juillet 1069. 20 juin 1569 (Calendars. l'amiral de Coligny. dit Norris i3 juin.(. le Catherine n'avait donc pas attendu longtemps la satisfaction de son désir. Orléans. Cependant. principale tête parmi les têtes dirigeantes du parti calviniste.1 CATHERINE DE MEDICIS . . survivait toujours et multipliait ses efforts contre les adversaires des théories luthériennes. à toute extré- En quelques le lieues environ. Catherine continua l'application de son système. l'empoigna dans et la nuit. est dépêché par la reine-mère pour aller chercher à détruire par poison l'Amiral. une cjuarle forte fièvre L'Amiral et la Roche- foucauld. apprenant que le duc n'était éloigné de leur camp que de deux voir et mité ». l'ambassadeur Norris Dépêche de Norris à la reine d'Angleterre. subitement indisposé. il avoir chargé Coligny commandement de son armée. 1569-71.

dans un cabinet où il me nom personne parce qu'ils attendaient à joie d'où il. [Archives nationales. et qui rendait bon compte de ce qui s'y passait et que le dit Allemand savait que la mort de l'Amiral était combinée. Orléans. Léon Marlet. Ils considéraient si bien cette comme faite. valet de chambre de l'Amiral. 18 juillet 1569 {Calendars. au une bonne nouvelle firent me de Dieu. » Le 3o août 1569. jeteur ai dit que j'avais la mon : dernière audience que j'ai eue du roi la un Allemand qui venait d'arriver du camp de l'Amiral. n° 2. n« 327). je n'en parlasse à chaque instant à ce sujet. était arrêté porteur d'un (1) Dépêche de Norris. semaines plus tard. don Frances de Alava écrivait ce qui suit au roi d'Espagne « et Dans de reine de France. que je leur demandai si c'étaient des Allemands qui devaient tuer l'Amiral (2). K.) Traduction inédite de M.CA. cela dit avec une résulte clairement qu'ils ont combiné mort cette mort. 8 . 1512. Dominique d'Alba. août 1569. 1569-70. passer n'y avait personne et dirent que.THERINE DE MEDICIS Allemand cet a reçu la d'autres ont déjà reçue Environ trois 1<)7 même récompense que pour la même cause (i) ». (2) Dépêche de don Frances de Alava au roi d'Espagne. La mère en logis et le fils se rapprochant de moi.

son maître. frère du roy. frère du roi. Ce poison fut dûment examiné par un conseil composé de médecins et d'apothicaires. instamment déclara Il sollicité. de faire mourir de glaive ou par poison. pp. III. Monsieur l'Admirai. 565 à 567. Mémoires de la troisième guerre Sentence reproduite par Delaborde dans son ouvrage intitulé V Amiral de Coligny. Coligny Jean de Serres. Dominique d'Alba subit huit interrogatoires. dont le premier eut lieu i3 septembre.CATHERINE DE MEDICIS Î68 passeport signé de Monsieur. promis audit sieur La ledit sieur Admirai. était En condamné Dominique d'Alba à la potence. « qu'il avait été pressé et pratiqué par Rivière. qui Traduit devant était alors à Plessis-les-Tours. dépit de toutes les précautions et surveil- lance exercées autour de sa personne. (1) civile. capitaine des La gardes. secrétaire de Monsieur. : . assemblé à la Haye-en-Touraine (aujourd'hui La Haye- Descartes). Ces interro- le gatoires furent tous conclus par les aveux complets de Dominique. et le 20 septembre. t. argent et poison en forme de poudre blanche (i) ». et Deslauriers. il et qu'après avoir Rivière d'empoisonner avait reçu d'icelui La Ri- vière aux dites fins. clerc de Ruzé. un tribunal protestant à Faye-la-Vineuse.

les auteurs de cette bonne œuvre donnent à entendre que ladite statue ou figure n'a pas montré les marques de mort comme firent celles de Condé et d'Andelot. il mais souffrit assez il est certain longtemps que sa ? la une mala- Nul ne le vie fut en dan- indépendamment de sa blessure du 3 octobre 1569. Catherine nait pas la sournoise ment d'airain On « dit. Ni poison ne réussissant contre le fer. il y n'abandon- combinaison de Venvoûte- on dit qu'on a vu a quinze jours. Et le sortilège recommence en et l'espérance renaît à ce qu'on ]0 .. ni le cette énergie valeureuse. attendu qu'on sait qu'il est vi- vant et en bonne santé. : ajoute don Frances de Alava dans sa dépêche sus-mentionnée.. les mêmes marques (que celles constatées pour prince de Condé venu bruit qui s'est le et d'Andelot). ger. qu'il était mort. et c'est une De là le peut être répandu ces jours-ci maintenant qu'on voit que farce. reçue au combat de Moncontour. à la statue de l'Amiral. elle n'a fait qu'indiquer la maladie dangereuse qu'a subie l'Amiral et signifier la mort de son fils aîné. grand secret.CATHERINE DE MEDICIS avait-il 169 même absorbé précédemment quand quantité de poison qui avait déterminé die dont sait .

ce bon espoir de la reine-mère fut tout autant déçu que les précédents. elle a écrit au cardinal de Lorraine et à l'évêque de Sens^ que dans très peu de temps ils apprendraient une nouvelle qui causerait au pape et à la chrétienté. cette de grande figure huguenote que fut Gaspard de Goligny. les Guises et tous les papistes. Trois allaient encore s'écouler de luttes et de paix années dans des alternatives éphémère. la plus .CATHERINE DE MÉDICIS 170 m'affirme. entre le noble ca- ractère de Goligny et Phabile duplicité de Catherine. la plus grande joie qu'ils aient éprouvée depuis vingt ans. (Paris) Quand pour le la reine est partie de cette ville camp (de Limoges). subventionnant de nouveau les opérateurs. déjà citée. et dont le spectre ensanglanté nous apparaît encore à travers quatre siècles. lâchement anéanties au sein de effroyable des collisions religieuses. Mais après quand arrivera la la maladresse de Maurevert^ nuit rouge de la Saint. bon espoir » Or. loyales et braves.Barthé- lémy. (1) Dépêche de don Frances de Alava. l'épieu du Lorrain Besme débarrassera enfin le trône. Ce doit être quon a des effets dudit sortilège le (i). comme la principale des convictions intrépides.

sous (1) (2) le (2). Et au gibet de Montfau- vol funèbre des corbeaux. Catherine de dames d'honneur satisfaction cadavres nus certaines se sont offert d'examiner virilités des sur masculines (i). 427 . t. 1734.-A de Thou. 59 et 60. I. p. pp. alors que la Seine charriait force corps de hugue- nots maigres : ceux des victimes obèses et grasses ayant été réservés aux apothicaires qui en tirèrent la graisse nécessaire à leurs préparations pharmaceutiques con. VI. édi- . Mémoires de tion de Londres. Durant trois jours et trois nuits la Saint-Bar- théiemy a rougi Médicis la et ses lubrique le pavé parisien. se balance Salhj. t. note 60. Histoire universelle de J.CHAPITRE VI L ENVOUTEMENT DE CHARLES IX ET COSME RUGGIERI.

(2) Fragmens d'histoire et de littéralure. chez Adrien Moetiens. d'Espagne une longue écrit à lettre Phi- dans la- quelle s'exhale sa reconnaissance vers Dieu.. Pendant que le pape Grégoire XTII rendait publiquement à Rome des actions de grâce pour ce haut-fait d'armes exécuté en faveur du triomphe de la chrétienté. se tordait de dou- fils. Causeries d'an curieux. (2). et comment il n'a jamais été édité à La Haye. II fière qu'en compagnie des Guises. 315. qui a donné à Charles « l'énergique moyen de se défayre de ses sugès rebelles à la Providence et (1) Feuillet de Conches. . La Haye. 1 vol. II. appre- nant que cet ensemble de crimes tat d'un leur au pied de son crucifix de l'exploit. pendant que le légat de ce pontife venait féliciter Gharles IX et l'exhorter à continuer la guerre sainte contre les calvinistes.CATHERINE DE MEDICIS 172 corps le dans fixé la le jamais. 2. Et Catherine. 1706. femme de Charles. p.. p. in-12. Elisabeth d'Autriche. Anatole Claudin a démontré comment Larroque de Rouen était l'auteur de cet ouvrage anonyme. t. de l'infortuné Gaspard de Goligny. mais à Rouen. bouche duquel un sinistre plaisant à que l'amiral ne quittait cure-dents (i). elle avait su faire accomplir à son lippe était le résul- ordre de son époux.

Et le beau lys qui en France fleuronne.CATHERINE DE MEDICIS à leur maître souverain (i)». . DE Belleforest-Comingeois. toutes ces félicita- tions n'enlèvent pas dans l'âme de Charles Tangoisse profonde que le remords y IX a creusée. n° 702. Par F. 34. (1) Musée des Archives nationales. Ses jeunes ans et son sceptre ancien. Et chante encor sa Majesté sacrée. 2. — K. 1530 B. et cat. Rechante encor' de l'Ordre le colier. Mais toutes ces louanges. 1568. (2) Discours des présages et miracles advenus en la personne du Roy et parmy la France dès le commencement de son règne. Lyon. 173 Cependant qu'une médaille commémorative du massacre était frap- pée lyre et que Jacques Moysson faisait vibrer sa : Chante ton Roy et chante sa couronne Chante qu'il est de la Foy chevalier? Chante qu'il est de l'Église pilier Chante de luy l'une et l'autre colonne Chante qu'il a une devise bonne ! ! ! ! Pour Piété et justice lier. Négociations France-Espagne. p. Chante qu'il doit en ses mains empoigner La pomme ronde et Monarque régner. n" 24. 10. MichelJove. La terre étant aux Valoys consacrée (2). Chante du Roy le tiltre Très-Chrestien.

mais pour mieux le plaisir qu'il éprouvait en voyant un rival quitter définitivement son royaume. des rictus que fut déçu. le Pologne. et la souffrance vieillard. La nuit. Taccompagna jusqu'à pas pour goûter il lui faire partit pour Vitry. se sentant débarrassé d'une influence qu'il jugeait aussi néfaste à ses décisions que l'était celle ter enfin de sa mère. Lorsque son frère.CATHERINE DE MEDICIS 174 une est inquiet. Sa physionomie prend de temps en temps de farouches expressions qui inquiètent et effrayent même la reine-mère. non honneur.. la duc d'Anjou. il traîne son existence. il mène une sans trouver un tées. Son espoir Lamentablement taille haute quatre ans. s'affaisse^ et il a toute Sa en dépit de ses vingt- Tapparence d'un Ses épaules sont courbées. vie des plus agi- palliatif morales que son crime aux douleurs inutile a fait naître en lui. cherche en vain Il réaction contre l'ennui dans des exercices vio- donnent qu'épuisement lents qui ne lui et fati- gue. et qu'aucun calme sommeil ne vient réparer. son visage pâle a d'une phtisie fait naître par intervalles sur ses joues décharnées. il croit voir appa- . taciturne. Charles pensa goû- quelque repos.. Durant des mois. De retour à Paris.

in-12. p. Et.CATHERINE DE MÉDICIS raître des spectres. enten- Gabriel Simeoni. mort en 1808. II. jointe à l'excès des sports auxquels (1) UEspriî de la Ligue ou histoire des troubles de France pendant les seize et dix-septième siècles. Marqua sa colère. historien né à Paris en 1733. il s'éveille 175 En des cauchemars effrayants brusquement.) danfc que des cris et des malédictions le dit Voltaire (i). {Gravure du temps. t.) . 81. baigné de sueur. Tima- gination frappée par des visions de sang. ce roi Mais nul ne veut croire à l'action pure et simple du remords. Cet ouvrage anonyme est dû à Pierre Anquetil. ainsi : lui sa vengeance mourant du sceau de Dieu déployant sur sévère. (3 vol. publiés à Paris en 1767.

On parle de poison. foi jurée disparues . franchise. mieux qu'une franche agitation. esprit de faction gneurs de province. En dehors de ces causes. le rôle principal. brigandage ouvertement pratiqué sur les routes de France. depuis un sortilège. on conclut bientôt dans l'entourage royal que Charles IX est victime de sombres machinations. de force occulte. de maléfices. et qu'un ensemble d'indices annonçaient réalisation. Et comme ils ne trouvent rien.CATHERINE DE MEDIGIS 176 Nul ne veut croire à la organisme affaibli. Et. dans lesquels les se livre le jeune prince. transactions commerciales entravées. mécontentement sourd du peuple. laissait pressentir les troubles qui se pré- paraient dans l'ombre. les médecins s'obstinent à chercher l'origine du mal. la majeure partie de la cour et de la ville est convaincue que le roi succombe à Cependant. le terrible massacre. loyauté. comme étant proches de leur Désunion entre la reine-mère et ses permanent chez les sei- enfants. maladie qui rapidement stérilise cet magiciens de la reine-mère pourraient bien jouer en peu de jours. on goûtait une paix qui.

lui étaient suggérés par des gens intéressés à troubler l'ordre monarchique. Montmorency. souffrant de ses peines. de Charles. Partout la perfidie. leurs partisans. mais léger dans ses actions était surtout ne soup- et et avide de gloire. empêcher le pour succéder à son frère sur Ces le enviait aussi le titre de lieutenant-géné- le trône de France. le roi de Navarre.CATHERINE DE MEDICIS 177 des consciences. la mort deux puissants retour du roi de Pologne escomptant déjà pensait. il duc d'An- Et. et dont l'intelligence était bien supérieure à celle d'un duc d'Alençon. et quelques . idées. çonnant social même Son ennuyé de vivre. se manifestaient sous l'indifférence politique d'un prince en lutte avec lui-même et les siens. les les la tra- désordres anarchistes. tous les calvinistes survivant à Thécatombe de les l'autre. et prince de Condé. et des églises. ral 11 du royaume. frère. esprit ardent. avec ces emplois. ces projets. et division des familles de par les luttes dogmatiques dont retentissaient voùtesdes temples hison. plus l'importance de son rôle leduc d'Alençon. C'était d'une part. le . enviait le géné- Il ralisme des armées qu'avait possédé jou. soucieux de satisfaire sa présomp- tion et la jalousie qu'il ressentait contre Charles et contj'e le roi de Pologne.

sieur de La Môle. mère du duc de Guise. maître d'hôtel ordinaire du roi. et fournir le au (1) Pierre de Grandry dit Granchamps. ce parti des Malcoûlenls usa de l'in- fluence qu'avaient sur le duc d'Alençon Joseph de Boniface. et duquel bolique reproduit à j'ai la extrait le très curieux dessin sym- page 203 du présent volume. était un gentilhomme calviniste c|ui avait réussi à s'enfuir de la cour lors du massacre de la Saint-Barthélémy. I. tel bourgeois aisés. dont les maîtresses étaient pour got et pour le second le la premier la reine Mar- duchesse de Nemours. . Heureux de pouvoir profiter de royale et de remuer les haines sous l'inaptitude l'égide d'un frère de roi. William Reysser possédait daas sa remarquable collection. M. galants baladins de cour. et son ami comte Annibal de Coconas^ deux le intrigants audacieux. 55 et note 56.CATHERINE DE MEDICIS 178 penseurs écrivains gens de robe et : groupe for- midable des Malconlenls qui se dressaient en vengeurs-justiciers des égorgements pratiqués. Malconlenls commencèrent leur sape esournoise et recrutèrent promptement de nouveaux les adhérents : enrôlement. un manuscrit d'alchimie attribué à Grandry. prometteur magnifique qui devait changer en or pur tout plomb destiné aux arquebusades. p. Voir sur ce personnage les Mémoires de Sully. mercenaires sans et d'autres individualités de tous que ralchimisteGrandry(i). états. t. Ces premiers jalons posés.

Mais les conjurés se hâtèrent trop et furent malhabiles dans l'exécution de leur plan.Catherine de medicis sommes parti des que nécessitaient bien supérieures à 179 la dépense les entreprises projetées. sut tout ce de La Môle qui échapper aux poursuites fut pourtant arrêté ainsi que son ami Coconas et gardé à vue au donjon de Vincennes pendant que les maréchaux deCossé et de Montmorency étaient envoyés à la Bastille. Quant au ro^^ales. C'est au sein de cette association que naquit le fameux complot sait de tirer de dit des jours gras. en avouant. il s'échappa en compagnie de Thoré. Catherine veillait. Il s'agis- cour. hâte la pour venir cour à cennes. Il prince de Condé. Dans d'avril. Charles IX fut . se réfugia en son gouvernement de Picardie. à était partie de Saint-Germain Paris. qui depuis peu s'était la installée à Saint-Germain-en-Laye. puis au château de Vin- une litière. les princes de Navarre et de Condé qui y vivaient en un véritable esclavage sous l'étroite la surveillance de reine-mère. Elle qu'elle voulait savoir par l'aveu pensait. et En quelque temps après passa en Allemagne. par une nuit froide deux heures du matin. et de leur confier le commande- ment de certaines places fortes déjà garnies de troupes religionnaires.

Charles écrivit la M. depuis .CATHERINE DE MEDICIS 180 contraint de fuir en gémissant sous l'aiguillon delà maladie: Du moins. mon estât. pour leur faire entreprendre . il sest descouvert encores icy malheureuse et laquelle affaire maiantesté confirmée par plusieurs divers advis. hors d'auprès de moy. entre lesquelz sont la Molle et le conte de Coconnas. son lieutenant- lettre suivante à général en Guyenne. ung corps de gardes de Suisses. delà Valette. pour leur estre ma court faict leur procès. il n'en a esté prins encores et depuis d'autres. s'ils avaient château de Vincennes. attendu ma mort! Du disait-il. le comme ilz ont voulu suborner mes frères. lettre jusqu'alors inédite et qui résume parfaitement Thistorique du complot: Monsieur de « on vous a cy-devant faire entendre ce qui sestoit passé contre peu et la Valette. je faictz ranforcer mes gardes et aitres dedans lanclos de ce chasteau. duc d'Allançon et le roy de Navarre. Jl avoit dès lors esté pris quelques per- sonnes coulpables de ladicte entreprise. a ces jours passez une méchante moy Sainct-Germain-en-Laye. sestant ja par les interrogatoires que Ion leur a peu faire et leurs confessions volontaires vérif- fîées. qui sont entre les mains des gens de de parlement.

est sorti d'Amiens. espé- rans bien que par confection du procès qui ceux qui se trouvent au jourdhui prisonniers. ne veux oublier à vous dire. sa grâce. selon la charge 11 . que mon cousin le prince de Condé. pour lui avoir esté donné à entendre que je fairois prisonniers mesdicts frères. ilz des chevaux en certains en- ung lieu ou ilz se debvoient ayant bien à louer Dieu. il s'en retour- nera audict Amiens. Mais jespère que j'ai donné ordre le luy faire savoir. pour continuer a pourvoir aux affaires de son gouvernement. leur et mauvais desseing n'a esté exécuté mesdicts frères. de ce que par droicts et prins rendre . 181 démon aucloritéet Pour lequel effect. aiant eu quelque fraieur. aiant congneula malice et in- tention de ceux qui les ont ainsi malheureusement voullu déduire.CATHERINE DE MEDICIS quelque chose au préiudice du repos de mon avoient desposé estât. de ce quoy tendoit le but de celte malheureuse entreprise cependant. il se poura descouvrir quella faire seroict faictz a que chose davantage. mont déclaré tout ce quilz en estoient sceu. quant il aura la vérité des choses connue. du costé des Ardennes ainsi que je comme son parlement a esté fondé sur ung faulx donné a entendre. conforme a ce que dessus. je . et cest retiré iay entendu.

de la Vallette.CATHERINE DE MEDICIS 1S2 que je lui en ay donné. mo- qu'il Charles (i).) de crime de lèze-Maiesté. on lit : el leurs complices. Cappilaine de cinquante hommes et mon LieutenantGénéral en Guienne. escript au bois de le i5 avril i574« En même temps ticuliers. sur la conspira- Au-dessous de la signature de Monmon privé Fizes. que vous de vostre charge. ains conservés ainsi que je et mon vous ay tousiours mandé estre Priant le créateur. . Charles IX. ceux de la nouvelle opinion ni autres. Je vous ay bien voullu adverlir de ce que dessuz aussi particullièrement que vous n'en davairez en peine sur qui en pourroient courir. ne l'oeuil sur ce qui est voullant néantmoins que pour cela. Et aussi ayez affin les bruicts affin. 118. intention. M. Et sur le repli de la lettre sieur la Valette. 119 et 120. Seigneurs et aultres accusés R» fol. qui se contiendront paisiblement en icelle soient aucunement contenus lestez. — . delà Vallette. et que je luy avois envoie expressément. Archives nationales Registre des Arretz donnez contre aulcuns Princes. Conseiller en : Conseil. Chevalier de mon ordre. (U-785 . vous avoir en sa saincte digne garde Vincennes. » donnait ces ordres par- Charles IX constituait une Commis- sion spéciale pour instruire d'urgence le procès cri- minel de (1) La Lectre du Môle^ Coconas Roy à Monsieur tion de la Molle et Coconas.

à la confection personnages grande intégrité et des procès criminels et extraordinaires contre tous ceux qui se trouveront chargés et coupables de la damnable. le du Parlement la Chambre de « Premier Président en et plus la Cour dite ancien Président séant en Tournelle de notre Court. méprisante et malheureuse conspiration qui a été faiàte à Tencontre de nostre personne et celle de la Reyne nostre très bonne Dame et Mère. contre les principaux Officiers de nostre couronne et générallement contre tout nostre estât et à l'entière ruine et sub- version d'iceluy. et à toutes heures. salut.CATHERINE DE MEDICIS « Charles. va- queren toute diligenceet tous aultresaffairespostposées et cessans. tous de nostre dite Cour. l'un de grande Chambre. la l'autre de ladite Tournelles. ordonnons et et dé- députons par ces présentes pour avec deux plus anciens Conseillers. par la grâce de Dieu. Désirant qu'il soit procédé en haulte gence et par dili- recommandés de prudhemmie. et sans aucune intermission ni discontinuation tant aux jours fériés que non fériés. ordonné puté. 183 Roy de France. « Nous vous avons commis. commissons. à Tlnstruction entière . Con- à nos amis et féaux Conseillers en notre seil privé.

« De ce faire nous avons donné donnons Commission plein pouvoir.CATHERINE DE MEDICIS 184 desdits procès. obéissent et entendent diligem^- ment prestent et donnent confort. puissante autorité. pourvu quePun de vous Présidens susdit y assiste toujours. et commandons justiciers. si de ce faict se trouveront chargées et soup- mandons çonnées. nos amez et Si que ainsi s'ils étoient donnons en mandemens à féaux Conseillers les gens tenans nostre dite Cour du Parlement. Officiers et subjects à tous nos que nous avons. et mandement et extraordinaire par ces dites pré- sentes mesures de faire saisir et arrêter toutes personnes de quelque qualité qu'elles soient. et deux de vous en l'absence ou légitime empeschement de maladie des aultres. en ce faisant. « Pour lesdits procès par vous instruits. ayde et pro- viseurs à tous sergens et Commissaires. que nos présentes lettres de commission trer ils au greffe d'icelle nostre conseillers par nous commis facent enregis- Cour et et audicts députez pour . nonobstant oppositions et appellations quelconques et sans préjudice d'icelles. d'exécuter vos mandemens tous émanés de nous. estre définitifs d'iceux par les procédé aux jugements deux Chambres assemblées.

noire il dit homme dit tout (2). 21 et recto. t. comme que (1) (2) fermeté de ne pas répondit questions qui en défendant se de lui. pp.CATHERINE DE MEDICIS ladite instruction et 185 jugement obéir et entendre par tous nos efforts en ce qui concernera lefaict de ladite commission. se^ rejetant mauvais procédés pratiqués l'on voulait tirer les Bibliothèque nationale. Le duc d'Alençon. Le pour lui. son collec- inédit. et cela sans solliciter la la grâce de ceux qui s'étaient aveuglément dévoués Le roi de Navarre. 89 et . L'Esprit de la Ligue. » Charles (( » (i). au duc de Bouillon : C'est fait. 590. II. qui connaissait bien ce faible caractère. voyant un jour enfermé avec Catherine. Manuscrit fonds français Dupuy. « Car tel est nostre plaisir. avoua également tous de les détails même conspiration. ne s'y trompa pas. lui d'un déshonneur des aveux humiliants ment sur tion il la Aux livre Document quatrième . fol. pressé par sa mère. fière- à . furent posées. Henri de Navarre eut imiter le duc d'Alençon. vol. suirantes. du procès ne L'instruction préliminaire fut pas compliquée.

il se sentait tout disposé à recommencer celte tentative d'évasion ne changeait d'allure à son l'on si Cette fermeté lui fit certes grand honneur. on l'obligeait à vivre. mais l'on voulait sacrifier à d'exemple. Catherine appris que La IMôle portait au sur laquelle étaient gravés des tiques. at- C'est Coconas. de la la lettre Vallette. devint un véritable procès de sorcellerie. chan- geant de forme. Elle dans trame du complot la tentat direct contre la alors que l'affaire les sources d'un personne du La Môle et roi. et qu'en conséquence. ne sauva pas ceux que titre Le adresse. cour.CATHERINE DE MEDICIS 186 égard. et se plaignant surtout de lespèce de captivité dans laquelle* Enfin. de Charles à de Médicis avait cou une amulette signes Pour l'esprit perspicace de la cabalis- reine-mère . Quelques jours avant I\I. projet pur et simple de délivrer les prin- ces protestants ne parut pas suffisant à Cathesentit qu'on la trompait. et chercha rine. nul puisqu'il était traité en gêneur à la plaindre. conclut que lors il vement cherché même il aurait effecti- ne pouvait s'en à s'enfuir.

et au doibt . s'il vous plaît. la La Guesle lettre : MÉDAILLE TALISMANIQUE DE Catherine de Médici!^ « Monsieur. La Royne-Mère du Roy m'a commandé vous mander que vous donniez. qu'il mesmement et qu'ayant entendu que le dict ne parle La Molle. bon « ordre que personne. si ce faire leur procès. quel aulx prisonniers. à ne sont les juges ordonnez pour soit.CATHEniNE DE MEDICIS 187 ce fut là une importante révélation. Immédiate- ment elle chargeait Lanssac d'écrire suivante au procureur-général. La Molle porte au col quelques chiffres ou caractères.

« On procéda micile de Lanssac (1). manus- plus jeune des deux fils de l'un des plus savants hommes du seizième siècle. que vous les luy faciez hoster.] Vostre obéissant parfaict amy pour vous faire service. reine-mère. .Vieux {Vecchio Ruggier).CATHERINE DE MÉDICIS 183 des anneaulx. ceste soir. aussi il avoit sur luy cinq ou six cens escuz et des bagues qui sont moyens pour parquoy il tenter à corrompre les gardes lui fault aussy hoster comme vous garder tout. que les ducs Laurent et Cosme acceptèrent d'être les parrains des deux fils du médecin. sçavez qu'il faut « à vostre Au boys de Pasques. et faire bien bonne grâce. le premier Cosme Ruggieri Original conservé à la Bibliothèque nationale fonds Dupuy. fol. Vincennes. On y découvrit des livres de sorcellerie et une correspondance qui démontrait les relations de ce gentilhomme avec magicien de la (1) crits. 25. selon la coutume ils donnèrent (2) était le Ruggieri-le. voir ce que c'est el les garder . duc d'Urbin. Cosme Ruggieri . au « faire. père de Catherine. [lo avril 1574. Ruggieri-leVieux était tellement considéré à la cour des Médicis. sinon commander . me re- vigille de qui est tout ce que je vous diray. et qui fut médecin de Laurent de Médicis. n° 590. (2). » bientôt à une perquisition au do- La Môle.

il vint en France à la suite de Catherine de Médicis. Camille Piton a retrouvé l'acte de vente aux Archives nationales (S. dont plus détails était à moitié 189 petites particulièrement étranges fondue . il acquit promptement un grand renom par ses horoscopes. la colonne observatoire de l'Hôtel de Soissons. . leurs prenons à leurs filleuls. écrit Certains veulent que le Roi soit Alamanni au prince ma- héritier de Tos- cane. lui fit donner l'abbaye de Saint-Mahé en Basse-Bretagne. Vergnaud-Romagnési et. Cet immeuble était situé rue du Four à l'enseigne du Lyon noir. Catherine. plus tard. ses talismans. 11. sta- offraient des l'autre avait : l'une une épingle plantée à l'emplacement figuré du cœur. 55.CATHERINE DE MEDICIS En outre. on y trouva plusieurs deux tuettes de cire vierge. par exemple. Cette découverte acheva de bouleverser les esprits : « lade. M. nous ont laissé quelques détails sur les études astrologiques de Catherine en compagnie de Cosme au château de Chambord (Blois. qui appréciait hautement la science de ce personnage. A Chaumont-sur-Loire. de la Saussaye. in-8). 1857 p. 1 vol. le Prince Amédée de Broglie a minutieusement conservé la chambre que l'astrologue soi-disant y occupait. ses cérémonies magiques et surtout par ses envoûtements de haine et d'amour. par Bullant. Cosme accompagnait Catherine dans tous ses déplacements en des châteaux divers. et qu'on ait trouvé certaines images de Cosme Ruggieri eut comme Ses études terminées. 1090). principal maître son père. . Cosme possédait une maison dont M. et c'est pour lui qu'elle fit construire. qui subsiste encore accolée à la Bourse de Commerce de Paris. à côté de Nostradamus et de Régnier. Au sein de la cour de Henri II.

ajoutant qu'indépendamment des figures de cire. n" 1398. dit aussi de Sa Majesté la vie qu'on a beaucoup agi près de M. une étrange médaille pour quelque enchantement maa trouvé dans « la gique ou autre chose semblable Mis à la torture. Cosme en et Dames par voie de nécro- est inculpé pour une part. celles-ci aurait On fini. 27 avril 1574. annonce aussi cet événement en une dépêche qu'il adresse à lord Rurghley. Calendars : 928 {Traduction analytique inédite). consumées. d'Alençon pour le décider à conspirer contre le Roi et à tuer quelques-uns de ses serviteurs et quelques mancie. par les officiers ministres du Roi Le lendemain. à la chaleur douce d'un foyer. Cosme Ruggieri. III. 1572-1574. Chaque soir.CATHERINE DE MEDTCIS 190 cire . p. (1) Dépêche d'Alamanni 26 avril 1574. » Dale. (2) t. ces par des manœuvres obscures de fart magique. Négociations diplomatiques entre la France et la Toscane. il s'était Charles IX. (i). n'avait pas conçu le désir de nuire à la il santé de La Môle avoua qu'effectivement. statuettes (2) ». on demanda à La Môle ne représentaient pas si le roi et si. . il au prince héritier de Toscane. on chambre de La Môle. 27 avril. sur les conseils de livré aux pratiques occultes de fenvoûtement. ambassadeur d'Angleterre.

Interrogé sur cet ami. Cosme Kuggieri. l'unanime conviction fut que Charles IX était envoûté. persuadé qu'au fur consumait. Cosme Ruggieri en sa « répondu « que cela a été fait au bénéfice plutôt d'un ami du Roi. qui nous transmet ce questionnaire bizarre : La Reine-mère a parlé sur le fait des huguenots. Cosme sur l'avenir qui était réservé au duc d'Alençon. Sans ména- modeleur des criminelles statuettes. Catherine n'hésita-t-elle pas. Quelques jours après elle avait même la questionné Saint-Barthélémy. l'existence de et à la mesure qu'elle se personne ainsi re- présentée allait également en décroissance. avec M. que du Roi lui-même ». Mtiis il refusa d'avouer que cette statuette représen- tait le roi. Aussi. qualité d'astrologue. écrit-il. Petrucci. « « Il lui a . réalité elle pour arrêter le fit la tenir au courant des menées du parti des malcontents.CATHERINE DE MEDICIS l'Jl avait lentement fait fondre l'une de ces statuettes de cire. mais en gement. que peu de temps auparavant elle avait placé auprès du duc d'Alençon sous prétexte de donner à ce prince des leçons de langue italienne. En dépit de cette dernière négation. C'est l'am- bassadeur toscan.

qui. confiance en travaillant pour et Catherine n'était impunément une telle trahison de l'un de ses pensionnaires intimes. t. Cependant Cosme . elle a ordonné ». Il il « qu'entre le n'y avait aucune ressem- blance. CATHERINE DE MEDICIS 192 dit il : ajouta : « Le Roi d'Espagne « Et de quelle façon Et Sa Majesté ». mais qu'il y en avait une certaine avec le duc d'Alençon.) . ambassadeur du prince Toscane en France. pp. ? » Puis. d'étudier le genre de à Mon- l'astrologue grandeur du duc d'Alen- la çon. (Même source que ci-dessus. 835 et 836. Paris. III. outre cette information. des malcontents femme n'y à accepter . prévenu en temps opportun Rugierri avait pu s'enfuir et se réfu- gier chez héritier de Alamanni. d'où elle viendra et quand elle viendra L'astrologue avait donc trompé mère au de la le parti pas profit du fils. la (i).. 2 septembre 1572. » Et il insista sur son opinion : « qu'il avait pas de ressemblance entre le Roi et sieur Enfin. nous donne quelques détails sur les débuts de l'astrologue à (1) tier la Cour de Catherine : Dépêche de Vambassadeur toscan Petrucci au prince héride Toscane. elle ins- fit tance près de lui pour savoir quelle ressemblance avait entre ses y il Roi et Monsieur répondit fils. comme le savait bien Sa Majesté.

De là quelques-uns ont conclu (quoique (1) Cosme Ruggieri était certainement à la Cour de France bien avant cette date. « Il Domenico avec M. Petrucci. III.) (3) Elisabeth d'Autriche. mon prédécesseur c'est par sa faveur. une dépêche datée du 27 août 1572. je crois. à cause du défaut de moyens au début. Mont- Reine Très-Chré- de Tavoir près de lui langue italienne aux pages de Sa Majesté. consistant à prédire l'avenir. qu'un certain Gosme Ruggieri. dit cet ambassadeur. p. (2) Dans alors ambassadeur de Toscane en France. que c'est à Cosme Ruggieri qu'il dut d'être protégé par la Reine-mère. femme de Charles IX. 810. se faire connaître pour un qu'il homme de haute ligence et assez instruit. « Il faisait profession. . son déjà en France avec qui avait été Bonsi. (Collection de documents inédits -. entr'autres choses. resta près du commandeur Pitrucci. Tommasso. fut satisfait pour enseigner la la (2) commença . s'établir très pauvre en cette Cour et. de sorte que morin.Négociaîions diplomatiques entre la France et la Toscane. contre le massacre de la Saint-Rarthélemy. premier Écuyer de tienne (3). secrétaire d'Etat du grand-duché de Toscane. t. à intel- M.CATHERINE DE MEDICIS 193 y a trois ans passés déjà (en 1571) (1). est venu ici frère. de connaître assez bien l'astrologie et surtout l'astrologie judiciaire. dit à Concini.

qu'il Teût mérité. il dit près qu'il avait continuellement Toreille de Sa Ma- une infinité d'Alençon. 1574. était la La Môle. et qui aujourd'hui est en prison. avait. prévenu. . partit était. il mois. pendant ce temps. soit paru bon à Sa Majesté (la y a quatre jours il Cour où il non à Paris. t. de Toscane ci-dessus .. . héritier (Même source que pp. très en faveur près dudit Seigneur-duc. dont la tel cré- Reine mère du Roi.. il y de la arriva. ce dont homme il de choses de cette fut choisi. . cause de cela et des faveurs que Frigoso Giaji-Galeazzo. peu de temps. faubourgs hors Paris où est ma voir. 26 avril de et s'en vint. la » Dépêche d'Alamanni au prince Paris. III. dans un a jesté et savait « ont faites lui l'abbé et A plus importante. pour enseigner la y il a peu de langue Toscane au duc tiraitde raisonnables profits. qu'en outre façon et d'autres.Mais. Celui-ci. 920 à 923 {Traduction inédile).CATHERINE DE MEDICIS 191 mon faussement à avis) qu'il un peu de ce qui touche à la pratiquait aussi nécromancie. fait plus intime. reine-mère) 22 avril) soit il a que ce fut sa destinée. Cet Guadugni. le XXII courant mais dans maison (1) (c'est-à-dire le de l'avoir [Cosme Ruggieri] en son pou- les (i). quelques amitiés françaises.

Alamanni se ren- d'être Cour pour se justifier « Je dis. accusa l'ambassadeur toscan complice del'envoûteur. bien qu'il fût Florentin. Gosme Ruggieri aussitôt tation Paris (1) le arrêté. Catherine de Médicis. dis que ce Gosme n'était pas connu de moi dit je sans retard à la : sinon depuis que j'étais en France. Mais ayant été averti par l'un des capitaines chargés d'arrêter l'astrologue. ajoute-t il dans sa dépêche précitée. Alamanni ne fut pas davan- la tage inquiété.CATHERINE DE MEDICIS Alamaiini reçut donc le chez 195 lui sans rien soupçonner. Gosme fut arrêté le fugitif à cet au sortir de chez Ala- manni. » du Roi et reine-mère. sachant à peine. l'am- bassadeur toscan consentit à livrer ofQcier. apprenant les péripéties de cette arrestation. Catherine Lanssac d'aviser de cette arresprocureur général du parlement de donnait l'ordre à : Dépêche d'Alamanni précitée. . celui-ci n'ayant pas voulu que l'arres- tation eût lieu en son domicile. qui il Cette justification bien accueillie de était (i).

CATHERINE DE MEDIGIS 196 (( Monsieur. « Votre obéissant et parfaict amy à vous ser- vir. ouijr et très expressément examiner par Messieurs sidents premier et de Boinville. vous me ferez mander par ce porteur. a estéprins prisonnier gemment et incontinent interroger. « Lanssac (1). filz de Monsieur faire interroger sur certaines le premier Président. Et ce tant. pour en sçavoir le rité. de Bonneuil. vé- la dont Sa Majesté a grand désir de sçavoir des nouvelles. Si vous en sçavez. d'en avertir mon dict sieur premier Président. » . grand « plaisir d'en Du boys de Vincennes ce vingt-deuxième d'Apvril 1574. je me recommande très affectueusement à vostre bonne grâce. La Royne-Mère du Roy m'a commandé vous v< Cosme. négromancien que et mis entre les mains du Presvostde l'Hostel qui a commandement de le vous amener affm de le faire dili- escripre que le petit vous sçavez. Pré- les surtout et le ymaiges de cire qu'on dict qu'on a trouvées parmy les besongnes de la Molle ainsi qu'a dict le Lieutenant du Chevalier du Guet et dont ladicte dame Royne avoit commandé à M.

servit de la finit par révéler possession de ce talisman. n° 590. 26. de faire en il la Cosme reine-mère se découverte nouvelle qu'elle venait la personne du duc d'Alençon. et dont le le port constant sur la poitrine devait favoriser l'exécution des projets que ce HumillSSimo jerut^ Signature de l'astrologue Gabriel Simeoni. c'est que lui aussi possédait une amulette préparée par Cosme RugMais une chose que gieri. B. à sa mère fils de Catherine avait conçu contre Pressé de questions. fonds Dapuy. Voici ce qu'elle au procureur général (1) crit.) quatrième son frère. Original conservé à la Bibliothèque nationale. {Man. manus- . N. la Ruggieri ne voulant rien dire. pour obliger Tastrologue à entrer dans la voie des aveux.CATHERINE DE MEDICIS 197 duc d'Alençon n'avait pas avouée à sa mère. fol. même écrivit à ce sujet .

à onze heures du soir. et me mander tout ce le qu'il et si ladite figure s'est trouvée. fils que Ton m'a dict dit c'est de vostre part que chose certaine qu'il d'Alençon avoit sur luy. de tout ce que Président Hen- aura confessé. la reinemère ayant recueilli quelques détails complé- (1) crit. manus- . et que laditte figure a esté trouvée parmy les besongnes de la Molle aussy que où il logeait à Paris il a beaucoup de mes- cire à qui il a . 1. dessus. » Le même jour. qu'il a faict une figure de donné des coups par la teste. Original conservé à la Bibliothèque nationale fonds français. qu'elle soit faicte « Du boys que je la de VincenneS. . je vous prie d'en advertirde ma part. n» 18452. le premier Président et nequin. fol. chantes choses et délivres et aultres papiers. « Je suis.CVTIIERINE DE MEDIGIS 19S « « A Monsieur le Procureur ce soir l'on Cosme ne a faict ce et me disoit rien que mon . et qu'au cas voye. « Caterine (i). et que c'est contre le Roy. le vingt-neuvième d'Apvril.

saignoit encores s'il douleur de teste demanda et comment le Cosme Roy si le et s'il avoit . « (1) crit. Je suis.CATHERINE DE MEDICIS mentaires sur cette « affaire. Je vous envoyé ce porteur. » Original conservé à la Bibliothèque nationale] manusfonds français. a faict La Molle « A et . qu'il onze heures du soir. quand prit. fol. Faictez luy tout dire. qui est à moy. n» 18452. et que l'on sçache la vé- que Ton luy fasse deffaire quelque enchantement pour faire aimer à mon fils d'Alençon. luy vomissoit et ay je luy de la Mole et qu'il l'aymeroit tant qu'il vivroit. ce le deffasse. que Cosme luy dit. et envoyez quérir le dict Lieutenant et communiquez la présente au premier Président et au Président Hennequin rité s'il du mal du Roy. vingt-neufièsme d'Apvril. « qui vous dira ce que le Lieutenant du Prévost de FHostel luy adict. . adressait à la que voici les curieux détails lOf) Guesle : MoNS[EUR LE Procureur. et affin qu'il et je ne change vous Tescrisicy . 2. Caterine (i). alloit il il faict dire qui est que le dict incontinent quilfut pris.

des rognures d'ongles. nourri dans les conditions les plus favorables pour que la blessure qui sera faite à ce batracien. C'est la mysté- un grovierge dans lequel rieuse personniflcation de l'ennemi en tesque modelage de cire entrent des cheveux. : Charles IX était en- proie de ce que la ! le docteur crime des crimes. d'après les goétiques rites a été préparé. assiste à sa propre extinction. magie noire. élevé. la personne dé- C'est aussi le crapaud qui. sans . le plus sombrement dangereux. provenant de signée. sans lutte. des excréments même. Ce nom seul a quelque chose C'est l'acte le plus sourd. C'est la pire des machinations où l'ago- nisant se sentant enserré dans des rets invisibles. concentration sur le voit de tous la les principes vitaux de l'être qui doit mourir. plus magnétiquement forte. sans espoir. C'est la conquête d'une existence par une autre plus virile. défense.CATHERINE DE MEDICIS 200 Ainsi voûté. constitue réellement une source d'épuisement pour l'envoûté. le fait Il Johannès était se précisait intitule le L'envoûtement de terrifiant. C'est la fixation. le plus complexe de tous les actes de la.

et les Envoûtements d'amour du docteur J. de Rochas d'Aiglun. Phaneg. par des appels aux forces infernales semeuses de discordes. et à travers l'espace. a été expliqué et prouvé. aux . le magicien noir réduit son adversaire à l'impuissance. tout comme elles inquiétèrent les juristes de jadis.CATHERINE DE MEDICIS 201 Les distances ne comptent pas dans l'envoûtement. . On comprend alors tout ce qu'une telle pra- tique devait avoir d'affolant pour les imaginations du XVP siècle. Par des gestes autoritaires. troublantes expériences d'envoûtement exécutées par C. scientifiquement. En ce qui me concerne. j'ai assisté. la brochure du docteur Papus intitulée Peuî-on envoùîerl (1893) et à laquelle. expériences basées sur celles de M. Voir aussi Y Envoûtement expérimental de Porte du Trait des Ages. R. Marius Decrespe répondit par sa lettre ouverte où il démontre que VOn peut envoûter et où il explique le mécanisme de Venvoûlement. Il est bien entendu que je ne parle que de l'envoûtement basé sur le sommeil hypnotique. Sadler. que les lois modernes reconnaîtront et puniront certainement un jour. Ten- voûteur assassine lâchement dans les ténèbres(i). par des vociférations. en 1904. le livre fort intéressant de Jules Bois sur le Satanisme et la : Magie. Et si quelque sentiment maternel existait encore dans le cœur de Cathe- Les cu(1) Sur les théories diverses de Venvoûlement voir rieuses et savantes études de M. alors que je collaborais à la revue les Forces Mentales en 1907. de Rochas et qui démontrèrent péremptoirement la possibilité de ces criminelles actions occultes. par des imprécations brutales. Regnault. le seul qui. brochure publiée en 1904 VÉtude sur Venvoûlement publiée en 1906 par J.

avait chargé ce de Cosme Ruggierï. Jean Le Laboureur nous a laissé des extraits de l'interrogatoire subi par les accusés. a dit qu'il n'en sçait rien et s'entretiennent « : Interrogé portraits comme s'il que Gosme et de la les doigts sçait qu'on ou caractères contre ait fait le Roy. elle qui. Voici quel- ques réponses de Coconas « Interrogé que c'est de l'image de cire. ravant. La Môle main. en on conçoit toute l'inquiétude qui put naître elle devant les statuettes personnifiant son qui dut fils. et qu'il en parloit en bas à un capitaine de ceste ville rompu demandé qui luy a dit qu'ils avoient toutes les bagues de La Môle au avoient dit capitaine s'ils et avoit rompu une grosse . Coconas ne crai- gnit pas d'affirmer les relations étroites que son ami La Môle entretenait avec Gosme Ruggieri. On la saisir. quelques a dit que non. pour détruire sous le souffle magique ces trois exis- tences qui la gênaient. Egalement mis à la torture. Coligny et d'Andelot.CATHERINE DE MEDICIS 202 rine. devine toute la frayeur quelques années aupa- même nécromant d'en- voûter les Condé.

du roi empi- Le charme n'était pas conjuré l'époque nous décrit . t. a dit non et que homme s'il que ya qui en sa- che quelque chose c'est Cosme (i). Voir ausbi ]\]ÉZERAY. p. il n'en entendit jamais parler. t. Pierre Bayle. . V. Addition ci de Casîelnau. t. p. 180. » Figure alchimique tirée du grimoire DE Pierre Grandry. et le une note anonyme de piteux état de Charles IX qui agonisait: (1) Le Laboureur. Cependant. Abrégé chronologique. II. 408.CATHERINE DE MÉDICIS bague comme que chose on trouveroit le doigt. Pelât rait. Interrogé « sçavoit s'il autre cliose de la figure de cire. II. p. et y avoit quel- le dit encore à atten- Il s'il là. 981 aux remarques A et E. que quant (( que 203 personne ter à la du Roy.

qu'on en attendoit plus la mort que la vie. Cosme Ruggieri subit également la torture et bien Royne sa . Pendant que Coconas étaient condamnés à la peine capitale. le soleil se haussant. anonyme et sans . . et après Record office était : arrêté avec d'autres gen- Stade papers France. Vray est que hier la nuit il fut plus esmu que de coustume et n'entroit-on point dans sa chambre mais. par l'indisposi- dit ce et peau et foiblesse qu'il n'a les os. mercredy dernier se trouva tant failly de haleine et paroles à l'occasion du flux de sang par la bouche. » I^es débats marchèrent promptement. personne tion de sa réduit en telle plus que la cuisses document. cellerie tirer relativement il inculpé dans la partie fut assez adroit avec sor- pour s'en avantage. mais depuis sa saignée s'est mieux trouvé. firent le service y mère (i).CATHERINE DE MEDICIS 204 « Le Roy. est maigreur et et les jambes et atténuées qu'il ne se peust soustenir.. et amoindries si longueur de maladie. pendant que l'alchimiste Grandry voyait pendre son secrétaire et que lui-même peu de La Môle jours (1) date. qu'il fût le principal du procès. la Royne y vint et 'y entrèrent assez de mesmement les prestres qui où se trouva la gens.

son corps mis en quatre quartiers. qui seront attachez à quatre pottances. 25 avril 157i . sur les cas. la chambre des Tournelles clôturait cette singulière affaire en rendant l'arrêt suivant. les chambres et Tournelle faicte contre Pestât la conspiration et conj uracion du Roy en son Royaume. attainct et convaincu de crime de lèze-Majesté. que Bonnifaice. sieur de tre prisonnier es prisons de la la Molle. ment envoyé aux galères. conclusions dudit procureur général. qui sera dressé en la place de grève. qui seront mises hors les quatre principalles portes de ceste ville. Et sa teste. 12 . Le 3o avril i574. a la requeste du procureur général du Roy. où. crimes etdélicts a lui imposez et tout considéré: cour a déclaré et déclare la il ledit sera dit. iceiluy de la Molle. conciergerie du pallais a Paris. publié ici Veu par « assemblées la le la première fois : procès criminel et extraordinaire pour raison de faict pour Cour. dépêche au prince héritier de Toscane. source précitée. (1) mise sur ung pot- Alamanni. allencon- de Joseph de Bonnifaice. et interrogé par ladicte cour plusieurs jours.tilshommes CATHERINE DE MEDICIS 205 Cosme Ruggieri était simple- (i). pour et la réparation dicellela condemnéa estre décapité sur ung eschaffault.

II. « Mesme donné contre Amieral arrest a esté de Coconnas. R. t. 785. 119 et 120). p. inédit. chacuns et déclaré tous et les biens dudict de la Molle enquis et confisquez au Roy. ladicte Cour a or- donné que ledit Bonniface. vinrent en place de Grève avec leurs serviteurs. ont esté prononcez et exécut- téz le XA^. mis en torture pour savoir par sa bouche.Y^ jour d'Avril 1674 (1). fichées sur deux poteaux. » Cet arrêt fut exécuté à En montant la lettre. sera et question. . criminelz de Archives nationales : Registre des Arrelz donnez contre aulciins Princes. dit-il aux courtisans témoins de l'exécution. vous : voyez que les petits sont pris et demeurent. fol. Puis. (1) La Molle Arrest donné contre Maiesté. auparavant ladicte exécution. eux qui ont La nuit venue. quatrième. » de Nevers et sa com- reine Margot. pagne la que fait la faute Madame les grands (2).CATHERINE DE MEDICIS 203 teau qui sera planté en ladicte place de grève. 118. et enlevèrent les têtes des deux suppliciés. Coconnas. lèze le XXX^ et d'avril 1574. Coconas prononça conclusion la que Ton pouvait tirer de cette affaire « Messieurs. Et néanmoins. 91. (U. « Iceux arrèstz. ceux qui sont participans de ladicte conspiration et conjuration. à Téchafaud. (2) U Esprit Document de la Ligue : livre etc.

elles restes chez elles. 878 et 879. elles la cha- voulu- rent picturalement en perpétuer le souvenir tra- gique. nant. rite. Mais avant de les livrer à la terre. A la cour. 197 et 198. fins et sévères qués sur les les traits de La Môle aux cheveux noirs pla- tempes. la tête de La Môle à droite et celle de Coconas à gauche. éternellement se regardent dans la mort (2). ou les amours de la reyne Margue- pp. pp. et la carnation splendide- ment blonde de Coconas. furent fixés par un artiste anonyme. pelle Saint-Martin à Montmartre dans (i). Cette double exécution sembla verser un peu Tâme de Charles IX. : décem- .CATHERINE DE MÉDICIS dans leurs carrosses. 207 firent transporter ces pour donner à leurs amants une sépulture digne des heures agréables qu'elles avaient pu vivre au contact de ces lèvres blémies. du roi et de la reine-mère consi- de calme dans les partisans (i) Le Divorce satyrique. En un tableau étrangement impression- récemment signalé par un chercheur dans une collection particulière d'Auvergne. article signé Cz. 10 (2) bre 1908. Intermédiaire des chercheurs et curieux. Posées sur un plat d'argent à godrons.

CATHERINE DE MEDICIS

208

dérèrent que

sortilège étant

le

ainsi

détruit,

tout danger mortel était désormais éloigné de
la

personne royale. Le chroniqueur anonyme

déjà cité nous donne quelques détails, dignes
d'attention, sur Tépilogue de ce
«

Depuis

qu'il a

sage que devant, disant
lesquels
fort la

Testât

il

se

moyens

le

a meilleur vi-

qu'il esperoit tant vivre

fort

M*" le

du procès de

conas, supplia

Roy

de ces conspirateurs contre

montra

vengeance.

:

entendu l'exécution de Coco-

nas, dit cet observateur, le

qu'il verroit la fin

drame

ennemy

et

demandant

duc d'Alençon, entendant

la

Môle

et

du conte de Co-

Roy de leur pardonner, ou à tous

leur remettre la mort, publique et igno-

minieuse

;

il

en a esté refusé, puis se retira à

Reine sa mère

la

genoux la supplia, puisqu'il a
receu tant d'honneur que d'estre son filz, qu'elle
luy fasse ceste faveur et prière envers le Roy que
ses gens ne meurent pas par supplice publique et
et à

du Roy leur
rémission. En parlant, cette dame obtint du Roy
le supplice secret, comme aucuns disent, et que
Ton escriproit au parlement pour surseoir l'exécution mais le porteur des lettres arrivant à
que,

s'il

est possible, elle obtienne

;

Paris
et

trouva la porte

Saint-Antoine fermée,

cependant l'exécution du supplice

fut telle-

CATHERINE DE MEDICIS

209

ment avancée qu'en un moment ils furent tous
deux exécutés, ce que l'on dict avoir esté faict
par l'avertissement d'un parfumeur milanois
nommé René qui vint raconter le cas au premier

comme

Président,

il

estoit passé en court, di-

sant davantage que la Reine-mère avoit obtenu
leur rémission, qui fut cause de les faires sortir

plus tost de

Conciergerie et de faire cheminer

la

hastivemeut

la

charette et incontinent qu'arri-

vèrent en Grève de les faire exécuter sans faire
les

proclamations

accoustumées.

La mesme

après-disner, furent constitués prisonniers deux
astrologiens, faisant profession de la judiciaire,

i'ung Italien
naire

de

la

nommé

messire Novio, pension-

Reine-mère, et Paultre François

nommé La Rrosse, demeurant ès-faubourg
Germain- des-Prés,
Italien

et

ont esté confrontés à ung

nommé Cosme,

pensionnaire de
tout le poil.

la

Saint-

natif de Florence,

aussy

Reine-mère, auquel a esté rasé

Le conte Charles de Mansfeld, qui

naguères avoit espousé

la fille

aisnée du mares-

chal de Brissac, s'est trouvé coupable de cette
entreprise et s'est retiré

bourg

doucement au Luxem-

et a esté poursuivi jusqu'en Lorraine.

Duc

puis que

M^' le

Mole,

en prist

il

La
tombé

entendit l'exécution de

tel

deuil qu'il en

est

De-

12.

CATHERINE DE MEDICIS

210

malade, gardant

le lit et

la

chambre où peu de

gens ont entré, ne cessant de soupirer et de pleurer, regrettant sa

condition et sa fortune

(i). »

Messire Novio et François Labrosse, ces deux

Cosme Ruggieri en

confrères de

astrologie,

restèrent pas longtemps sous les verrous

ne

;

le

24 Toam, Alamanni nous annonce leur libération
en ces termes
:

((

Les astrologues, qui avaient été tous

prisonniers^ ont été relâchés, excepté

faits

Cosme

qui a été condamné pour neuf ans aux galères,
à cause de certaines figures faites

comme

talismans d'amour.

été trouvé innocent

contre

le

pour La Môle

Mais

de ce dont

il

comme
était

a

accusé

service du Roi, je crois qu'il n^ira pas

étant passablement soutenu par ses amis

Un

il

autre

document

inédit

nous

(2).

»

apprend

qu'environ trois semaines après l'exécution de

La Môle

et

de Coconas,

donna une nouvelle

le

procureur royal or-

série

d'arrestations dans

laquelle nous trouvons l'alchimiste

Grandry

plusieurs autres gentilshommes calvinistes

et

:

Stade papers, France. Note anonyme de
le Seizième Siècle et
les Valois,
pp. 389 et 390, par La Perrière.
(2) Alamanni, dépèche adressée au prince héritier de Toscane, 2i mai 1574 (source précitée).
(1)

Record

Office.

répoque reproduite dans

CATHERINE DE MEDICIS

«

Veu par

la

211

Tournelle assemblés,

le

Roy

et

la

et

procès criminel faict à

Roy pour

requeste du procureur général du

son de

chambre

Court, la grand

la

rai-

conspiracion faicLe contre l'Estat du

son royaulme, conclusions dudict Procu-

reur général, et tout considéré, ladicte Court a

ordonné que les seigneurs de Thore, Derniers,
viconte de Thurenne, le seigneur de Grandry dict

Grandchamp

(i),

appelez Lanocle

les

Lanocle le jeune, Montagu

le

l'aisné,

jeune, lecappitaine

le seigneur de La Vergue,
Beauchamps,
Ponttrain cy-devant
le cappitaine
advocat et à présent de robe courte, Bournonville qui est à présent au service de Thore, ung

Luynes, Tourtaypère,

nommé

Lainet Pierre par cy-devant Trésorier de

cause,

la

le

seigneur de Châteaubrandeau, son

frère bastard,
la

un

nommé Mathare

dame de Chaulsné,
demourant

Duvau,
(1)

à

les

solliciteur de

nommez

Meillant

Ferrailles,

en Auvergne,

Pierre de Grandry dit Grandchamp, subit deux interro-

le^premier le 14 avril 1574, l'autre le 27 du même
gatoires
mois. Au cours du premier interrogatoire, un sieur de Brinon qui ne figure pas sur la liste dressée dans Tarrêt royal
sus-cité, fut confronté avec Pierre de Grandry. Le détail de
:

ces interrogatoires et confrontation, est contenu dans les
Archives curieuses, 1"^' série, t. VIII, pp. 168, 170, 198 et
le procès-verbal de la question appliquée à La Môle le
;

30 avril, p. 208.

CATHERINE DE MEDICIS

212

Horne, Denville qui est mareschal de

gnye du

la

compai-

seingneur de Meru, et ung

nommé

Hercules seront prins au corps et amenez
sonniers es prisons de

la

pour estre adroit, et

à Paris,

pri-

Conciergerie du Palais
s'ilz

ne peuvent

estre pruis, seront ajournez à troys briefs jours

trompe ou cry public en ladicte Court,

à son de

leurs biens saisiz et dimissoires

ques à ce
«

qu'ilz

y establiz jus-

ayent obéy.

Et sera Fexécution de ce présent arrest, faicte

par vertu de Fextraict d'icelluy par

le

premier

des huissiers de ladicte Court ou sergent Royal,
sur ce requis. Faict en Parlement ce vingt-et-

unième jour de may,
«

l'an 1574.

Collacion est faicte.
«

On

MOELORZ

(1).

))

vu que Cosme Ruggieri avait été condamné aux galères. Mais si l'on en croit de Thou
et

a

Mézeray,

la

reine-mère ne pouvait ainsi se

passer de son astrologue, et elle s'empressa de
(1)

tion

Bihliolhèque nationale. Manuscrit, fonds français, collect. 590, fol. 23 et recto. Extrait des registres du

Dupuy,

parlement, copie authentique sur parchemin. Document médit.

CATHERINE DE MEDICIS

le faire

213

revenir à la cour ainsi que Tavait prévu

Aiamanni

La

«

:

reyne-mère, dit
Mézeray, fort crédule

en

matière

de devins
sorciers,

Ten

quelque

tira

te

après pour
servir

de

et

ms

s'en

(i). »

D'après Jean

le

Ca-

Laboureur,

therine aurait au
contraire

voulu

voir pendre Gos-

me

;

voici en quels

ternies s'exprime
à ce sujet le pané-

gyriste de la reine

de Pologne:
est vrai

me,

« S'il

que Cos-

dit-il,

Talisman astrologique
dressé par cosme ruggieri.

débita

des charmes,

il

en garda un fort bon contre

la

corde, et qui luy réussit de Florentin à Floren(1)

1574.

MÉZERAY,

Abrégé

chronologique,

t.

V,

p.

180,

année

qui en fit une académie de mathématiques et d'astrologie judiciaire et qui avait un garde qui sembloit plus luy estre donné par honneur que pour l'observer et pour empêcher qu'il n'échappast Gosme Ruggieri de Catherine. Catherine de Médicis ne voulut pas. Addition à Casîelneau. C'est à peine si. Mais son rôle maintenant est en i58o. t. devenu duc d'Anjou en iSyô « Un certain Gosme : Ruggieri. (1) et qu'il a t. qui en d'autres temps a essuyé en ce pays beaucoup de bourrasques à cause de chement absolu toujours porté à Jean Le Laboureur. et jamais sa maison ne fut si fréquentée pour sa considération que pour celle de cet illustre forçat. Édition de 1697. 408. » revint donc à la cour auprès il continua ses fonctions de conseiller occulte. où (i). écrit cet am- bassadeur. II. amis qui obligèrent le il satisfaction qu'elle n'eut autre Il y fit des capitaine de sa galère à le loger chez luy. Et toute le la vouloit pendre et eut. p. très effacé. l'atta- Monp.2U CATHERINE DE MEDICIS tine. ambassadeur toscan cour de France. fut de le voir à la chaisne où il peine que du voyage de Marseille. Pierre Bayle. nous signale au à la pasfe»age l'attachement que l'envoû- teur continue de pratiquer à l'adresse de l'ancien duc d'Alençon. Sarucini. . II. 982.

Pendant tout le règne de Henri III. d'une accusation de tentative d'envoûtement sur la personne de Henri IV. pour piquer à (1 et 2) Regnaud de Beaune. Mais avec Henri IV il y eut encore des heures de confiance royale pour le favori de Catherine. 279 et 280.) . on le voit peu paraître. Ce Roi. » mêlé aux affaires intimes du prince (2) ». au château de Nantes. Léon Marlet.CATHERINE DE MEDICIS sieur. Paris. et plus tard évêque de Bourges. pp. Négociations diplomatiques entre la France et la Toscane. IV. comme sa mère. C'est en 1697 qu'un certain familier rapporta au roi que Cosme Ruggieri. t. qui était cependant. Il est vrai qu'il connut aussi les ennuis renouveflorentin lés . très avide de merveilleux. s'enfermait tous les soirs à des heures bien déterminées. semble ne pas avoir accordé sa protection à l'astrologue aucun document. à notre connaissance du moins. dans ticulier qui lui servait à la fois et le cabinet par- de laboratoire et d'atelier de peinture. alors évèque de Mende. [Dépêche de Sarucini au grand duc de Toscane. de Et en conclusion Sarucini ajoute que Gosrne est un « homme perspicace. 3 janvier 1580. très Mende (i). n'en fait authentiquement mention. toutefois après M. se trouve faveur près de 215 aujourd'hui passablement en Son Altesse. Tra- duction inédite de M.

p. Paris. II. L'envoûtementde Charles IX était encore dans toutes les mémoires de tourage royal. Cosme Ruggieri fut arrêté. Cosme rappela les événements de 1674 et déclara aux soupçons de magie. mais que l'astrologie ne constituait nullement une science quelle il avait certes prédit diabolique. il ne s'occupait plus d'astrologie. t. pp. depuis qu'il abbé de Saint-Mahé. Desrez. 671 et 672. 983. et Pierre Bayle. il insista tout particulièrement sur ce qu'après la Saint-Barthélémy. Interrogé. . Livre VI. Mémoires.CATHERINE DE MEDICIS 21G coups d'aiguille. et il l'en- n'en fallut pas davantage pour affoler à nouveau les courtisans. d'ailleurs. personnages l'avaient chargé. Enfin. 1836. une image de cire fabriquée à l'effigie de Henri IV. pour l'édilion de ces mémoires. la reine-mère mandé l'horoscope du lui prince de ayant de- Condé et du (!) DeTuov. dont plusieurs juges que les se défendit avec habileté. Sur Tordre de Henri IV. pendant que le président de Tliou et Charles Turcant étaient chargés d'instruire cette affaire de sorcellerie Il (i). reposaient uni- quement sur la science astrologique avec la- beaucoup d'événements tous survenus selon ses calculs. Voir aussi Panthéon littéraire. ni de sciences magiques. était Il ajouta que.

il se souvenait par- faitement de tous ces détails. il avait sauvé ces deux princes en déclarant à Catherine que. déclarations grand service rendu jadis à Sa Majesté démontrait suffisamment la fausseté des accusa« qu'un si tions portées contre lui ». et de leur transmettre cette réponse faite Cosme Ruggieri pour eux à la conclut de ces reine-mère. même. François de dit-il. Ruggieri en liberté.CATHERINE DE MEOICIS 217 de Navarre. crètement roi le Gondé de son la Noue de Navarre et Il chargea d'assurer sele prince de affection. menaçaient sûrement à cette époque. et 13 . De Thou présenta cette défense à Henri IV qui répondit « qu'en effet. assurant que cette réponse seule les préserva des dangers de mort qui les nostics. suivant ses pro- roi aucun trouble n'était à redouter de ces deux personnages. taines De Thou dames nobles avaient ajoute que cerdéjà sollicité la grâce de l'astrologue auprès du sollicitations que ces reposaient sur de grandes obligaroi. bons au plus à effrayer des femmelettes ou Henri IV ordonna aussitôt de cesser procès et de mettre immédiatement Cosme tout enfants le ». et qu'au surplus il se confiait à la Providence et ne craignait rien de ces sortes de maléfices ou charmes.

Peu de temps après cette affaire. Mais il se retira en son abbaye de gieri obtint à partir de i6o3 Saint-Mahé où il rédigea annuellement des almanachs et calendriers sous les noms de Jean Querberus. Réserve-p. pour Claude de Montr'œil. sur la grande conjonction qui s'est faicte des deux plus haultes planettes. Avec privilège du roy.CATHIÎRINE DE MEDICIS 218 amoureuses qu'elles avaient à ce Florentin. faictes en latin par le très-excellent mathématicien Jean Ouerberus. an bissextil. Avec très-amples prédictions sur les mois pour toute ceste année. avec l'almanach et calendrier. Varieras et du Pèlerin pleureiix de Savoie. sontaujour(1) Je dois à Tamicale obligeance de Camille Piton la découverte à la Bibliolhcque nationale de deux exemplaires des almanachs de Cosme Ruggieri. au nom de Jésus. Cosme Rug- lions une pension d'historiographe. » 89 brochure in-8 de (Bibliothèque nationale. qui étaient publiés à Paris. alleman-médecin et mathématicien de Tempereur. marchand-libraire tenant sa bou2° « sextil . A Paris. le vingt-quatrième de décembre dernier 1603. Ces almanachs-.) . et dont voici les titres et cotes de classement 1° « Discours et pronostication très ample. chez Claude de Montr'a il (i). » Almanach et pronostication pour l'an de grâce bisMil six cent quatre. V : = 32 pages. Allemand-médecin et mathématicien de l'empereur. pour Claude de Montf'œil. composé par Jean Querberu&. marchand-libraire tenant sa boutique à la Cour du Palais. et des éclipses de lan passé dont évènemens viennent en cette année 1604. curieux documents cjui n'ont jusqu'alors jamais été signalés aux chercheurs amateurs de sciences occultes. 1604. et réduict aux méridians de France. A Paris.

V = brochure n-8 de 16 pages. vilège du roy. consitique en la Cour du Palais au nom de Jésus. publié « « la ici pour la première fois sui- : Sire j'ai différé jusques à présent à vous envoyer Monseigneur vostre fils le duc le meslange des constellaaspects y est telle que j'y voy la nécessité nativité de d'Anjou. A cette royaume au moment de cette demande. Avec pri90 . des 219 contiennent des prédic- observations astrologiques astronomiques.) . à Fon- relations suivies avec le roi. 16C4. Henri IV demandait à Gosme Ruggieri de nativité de ce nouvel héritier. Ils tions bizarres. tainebleau. et notamment des vers et et maximes diverses tirés d'auteurs latins. consultation personnelle sur la le et thème ainsi qu'une du situation naissance. » {Bibliothèque nalionale. duc d'Anjou. Gosme répondit par l'horoscope vant. Réserve-p.CATHERINE DE MEDICIS d'hui introuvables. venait au de Henri IV et Baptiste-Gaston monde troisième le fils de Marie de Médicis^ Jeand'Orléans. Gosme Ruggieri ne cessait d'être en En 1608. parce que tions et de plus d'une foys supputer. estudier. Cependant bien qu'éloigné de la cour de Henri IV.

Il n'était . un peu brusque en visage.CATHERINE DE MEPICIS 220 dérer et digérer dérations tout et en consi- (i). et fort belle stature il sera d'une moyenne de corps. et de bonne grâce. à cause le le sauves les à Il qu'il sang autrement plus chaud qu'à son eâge n'est ordinaire. vray que jusques à six ans. mais néant-moyens de belle majesté outre qu'il sera naturellement doué de belles et grasieuses manières. les cheveux antièrement frizës. mais en aultres choses très sain et de robuste complession. j'en fais le jugement qui s'en- : longtemps Qu'il vivera fort « le des astres et configurations cy-bas remarquées suit meurement . reste. et sera l'eâge subject aux gouttes. que de Au le faire il ne sera que très bien sa est aura petit faict encor vivre en n'échauffant le sang. (2) Gaston d'Orléans mourut à Blois en donc âgé que de cinquante-deux ans. (1) Voir page 113 du présent volume accompagnant ce la figure horoscopique texte. selon les astres. desquelles moins aussi contreguardera biaucoup. jusques à soixante calamités universelles naissance le et quinze ans et par (2). assez biau. la complession sera normale et blanche. 1660. aura les yeux grands et noirs.

lesquelles outre celles qui viendront par nature. et y sera fort heureux estant beau. bien gai comme ay dit. au changement ou nature d'amour. Les concours des astres lui promettent quelques dominations souveraines et non loing de les « France. mâsle et libéral « en ses plaisirs aussi. de naturel doux. fort libéral et habile ses serviteurs et amis. Aymera pour conserver bien les armes mais avec consentement de Testât auquel il fort affectionné et sera fort aisé toujours et mode en faict sera com- de richesses. Aura grand quantité d'enfants masles melles.CATIIEIUNK « Dli MKDICIS 221 Sera de naturel fort soigneux. acquerra avec armes et par mariagge. très et conseil grand capitaine en la et d'exact jugement guerre et aimé universellement de touts. sera gran rémunérateur des serviteurs. la « Sera marié à une princesse veuve. et aura la joye belle et un peu brusque. grand. sera extrêmement paillard et adonné plein de raisonnable eage épousera Au reste. L'un desquels sera si et fe- très heureux et aux . amateur des lettres et sciences. ingénieux. versé en beaucoup de belles choses. ou atten- dra longtemps avant que de se marier. et ainsi une folle.

Sire. considérer et pondérer ce que nous sera proposé de leur part. outre ce que je vous que de celui qui ay dit en nostre révolution que les Francks se- ront plus cours avec les Anglais et Flamands qu'avec les Espagnols. « Vostre Majesté doist avec sa prudence ac- coustumée et soin. parce que les ecclésiastiques sont aussi compris ces soubs constellations. Voilà pour son regard. c'est que vous serez biaucoup recher- ché et des voysins et de plus éloignés d'amytiés. Fera quelques voyages conduisant armées or de TEstat. mais non pas loin g. de considérations et dignes. que à grand peine y en aura- autre pareil de son vivant (i). mais par ce que nous avons pu supputer contrère tant à sa vité niiti- que en nostre révolution de non contents vient.CATHERINE DE MEDICIS 222 armes t-il « et à tout. particulier. . (Jaant à ce qu'il promet touchant Vostre Majesté et le règne. Sera très riche d'amis et serviteurs. y aura beaucoup de finesse et de soubptilité en leur proposition une partye desquelles seront originères d'estrangers ou provenant car il laissé quatre filles et un gar(1) Gaston d'Orléans a çon mort à Tâge de deux ans. Ainsi la prédiction de Cosme Ruggieri n'eut aucune valeur de réalisation.

o H > -< G a o o .

car comme vous ayjedit plusieurs foys. C'est très humblement le Créateur. 590. de donner heureuse fin à vos magnanimes désirs. ses amis lui conseillèrent de penser à (1) Bibliothèque nationale Horoscope de Gaston d'Orléans par CosME RuGGiERi. (Manuscrit de la collection Dupuy : : vol. 280.DE MEHICIS CATIIEIIÏNE 224: d'humeurs espagnolles dont ce royaUlme n'est encor net. fol. COSME DE ROGIER (l). vieillesse. l'ayant réduit à deux jours près de la mort. » i6i5 l'ancien astrologue de [Catherine re- parut à la cour où il devait finir ses jours. dit le La Mer- a cure François.) . l'endroit où je prye Sire. et très dévotieux vallet. Je croy par ceste nativité que bien aussi tost nous aurons quelque nouvelle amour qui vous fera oublier ou cesser toute ancienne affection come nous désirerions en la révolution de cèst an. « De Saint-Mahé « le Très humble « En huitième d'Octobre 1608. « Au mesmement aussi ceste nativité est Theur de vos plaisirs mais plus avec jeunesse puérile qu'avec aultres. les gouttes et la gravelle.) {Document inédit. menée de femmes a quelque y il entière- ment contraire au bien et repos de TEstat.

13. n'oublyèrent ny douceur de paroles. du . représenté de se mettre en bon estât pour pouobtenir la grâce de Dieu voir jugement dernier alleZj dit-il. excita l'indignation du peuple celle du clergé qui décida que terre sainte serait refusée la Mercure François. Le maréchal d'Ancre Concini. t. au moment prême. comme à ce qu'enfin Judas. il Lucilio sur le bûcher. les il craindre et Fols que vous : estes. le leur n y a point d'autres diables que ennemis qui nous tourmentent en ce monde. dont (1) comme » la femme IV. 46.CATHERINE DE MEDICIS Dieu. et en cette créance Je veux Les capucins. pp. ny rigueur de menaces pour le remettre en bon chemin mais ce kit en vain. et firent venir Médard qu'il capucins. p. su- et surtout sépulture en au corps de Ruggieri. et la Doctrine curieuse P. se moqua d'eux. ajoute rir (i). Garasse. férant de plus en plus de très horribles blas- phèmes. jusques finit sa malheureuse vie Cette profession d'athéisme. f ai vescu mou- en cette créance. 156 et 157. le père Garasse. ny d'autre Dieu que les nous peuvent advencer Roy s et et faire Princes qui seuls du bien. il 225 Curédela paroisse Saint- le On luy mena des Et comme on luy eut ne voulut voir. car dès lors il alla toujours pro.

citaMémoires de Richelieu. 97. note E. et le cadavre de Cosnie fut traîné sur puis jeté à la voirie la claie. Mais celte démarche fut inutile. in-8. t. Michaud.CATHERINE DE MEDICIS 226 Léonora Galigaï avait eu des rapports de soravec cellerie Ruggieri. t. Maréchal d'Ancre. 987. 1910. Paris. p. et Pierre Bayle. intervint auprès de rÉvêque de Paris pour que l'astrologue-envoûlour fût inhumé en terre consacrée. dit le ré- nage. 537. en ce servant aux passions desréglées de tous les courtisans des- bauchez (1) (2). I. IV. métier infâme. p. II. éd. et. VIII. promettoit des images pour charmer les cœurs d'amour ou de haine. 98. p. p. t. (i). Ce mal- heureux roula jusques en Tan M. 47. p. Voir aussi le continuateur de de Thou. Les unes pour rendre les reuses de femmes amou- ceux qui les recherchoient. tout Abbé DCIV qu'il estoit. les autres pour faire mourir en langueur telles per- sonnes que Pon voudroit en prononçant leurs noms et en invoquant certains démons. Mercure François. (2) . tion faite d'après les t. » Hayem. le faire allusion : dacteur de cette publication. Parlant de la science occulte de ce person- Mercure François ne manque pas de au célèbre drame d'envoûtement de Charles IX « Gosme Ruggieri. l'Evêque persista dans sa décision.

à l'édition d'un petit livre toire iMEDICIS ayant pour titre : le Diable^ la semaine dernière.!^^-t^^-^^'-7 CATHERINE DE La mort de Cosme environ Riiggieri par 227 donna naissance. un peintre italien du nom de Roger de . nous explique dans suivants. Ainsi finit le Abbé » grand conseiller occulte de Ca- therine deMédicis. des Diables. 1095. dit cette tionne « : feuille. A. Plus diplomate que magiste. et puis s'est le faisoit Diable. n'a laissé aucun ouvrage d'observations astrologiques ou d'études esotériques (1) Parmi (i). qui de l'argent de tous les curieux de son temps pour leur leur His- espouvantable de deux magiciens esiranglez moqué faire voir trouver des faire On d'eux. Le Mercure François déjà cité. quinze jours après cet événement. et toutefois il estrangler par son est encores vivant prison- nier dans la Bastille. Jal a signalé dans son Dictionnaire critique de biograp/iie et d'histoire. Et le second est cet de Saint'Mahé. estoit a tiré renommé affronteur ce César. plus adroit que savant. p. quels sont les les termes deux magiciens que men- le titre de ce curieux ouvrage anonyme Le premier de ces deux Magiciens. en dehors de ses almanachs. ou pour thrésors. Cosme Ruggieri. les pensionnaires de Catherine de Médicis.

sous le patronage de Cosme Ruggieri. sculture et tournemens de festons de lyerre. 2 sols tournois.) des Pensionnaires du roi Henri III. Il ne sera icy payé d'autant qu'il est assigné ailleurs. Dans les comptes des Bâtimenîs de la Reine pour l'année 1581. : nationales. pour sa vieille pension IIIP L et le IP L d'augmentation. : K. peinctre de Sadicte Majesté à Fontainebleau. comme successeur du Primatice décédé en 1570 « Roger de Rugeri. les dates des ordonnanEnfin dans la liste artiste figure en qualité : : . garde et gouverneur du grand jardin de Fontainebleau.CATHERINE DE MEDICIS 228 Ruggieri ou de Rugery. contenant seize thoises de longueur et dix-huit thoises et demie de large. « Roger de Rogery. en dépit de mes recherches dans les archives françaises et italiennes. 325. année 1577. cet de gouverneur des jardins royaux. le tout faict et attourné de cette sorte et manière tant de la dicte paincture que sculture qu'il a promis et commencé faire pour la dicte Majesté pour l'aornement dune grande salle de forme ovalle. clinquant et aulti'es. » {Archives Dans née les 1585. Manuscrit de la collection Dupuy n° 852. que pour les façons et estoffes de deux cheriots.Jal a découvert que . pour l'anRoger de Ruggieri est encore signalé comme. K. » {Bibliothèque nationale. le somme de 400 escuz. K. fol. 124. cements précités nous autorisent à croire que ce peintre était certainement venu de Florence à la cour de France. en lieu et place de Primadicy (Francesco Primaticcio. painctre de peintre de Mlle de Gondy feu Mademoiselle de Gondy.) Ce Roger de Ruggieri était-il parent de l'astrologue-envoùteur ? Il est permis de le supposer mais pas plus que Jal. Cependant. et d'une façon de nue.) comptes de la Trésorerie de la Reine. 115. dit le Primatice). » {Archives nationales. 35. sur et tant moings des ouvraiges faits de painctures sur thoille que aultrement. 1 livre. on trouve ce personnage inscrit pour une somme de 400 écus dont voici le détail d'ordonnancement royal « A M^ Roger de Rugery. painctre ordinaire de la Dame Catherine de Médicis. or. K. fol. je n'ai pu en découvrir la certitude. VP L.

jardinier du grand jardin de Fontainebleau. le 5 juin de l'année 1596. Anlhoine de Tabouret. Je profite de pour remercier très chaleureusement M. Mario Soria de Florence et le docteur Antonio Riva de Milan. C'est de ce mariage que naquit Gabrielle de Tabouret femme du célèbre peintre Claude de Hoey mort à Fontainebleau en 1660. laquelle épousa.CATHERINE DE MEDICIS 229 ce Roger de Ruggieri avait une fille. qui m'ont tous deux particulièrement aidé dans mes recherches en Italie. sur Cosme Ruggieri. cette citation .

et. La reine-mère la fut à nouveau tourmentée par prévision des conséquences graves qui pou- vaient suivre la et co mpromettre avait été un instant mort de Charles son autorité.CHAPITRE VII l'oracle de la tête sanglante et la mort de charles ix Après l'exécution de La Môle et de Coconas. les . médecins ne purent expliquer les effrayants symptômes de cette maladie. comme compromise à la elle mort de François IL Elle . Une rechute avec une phase nouvelle se mani- les troubles festèrent dans bientôt comme pour la la royale santé première atteinte. si physiques et moraux de Charles IX subirent une trêve. elle fut de bien courte durée.

avec quelques paroles prononcées dessus. notamment une tète d'âne « rostie. consulta ses astrologues après les médecins . dès qu'elle vit Charles une nouvelle celui-ci. » La meilleure édition de ce rare ouvrage est celle de 1581 (sans indication du lieu d'impression). ou la : la divination par une tête (1) « Légende de Dom Claude de Guise.) ^ (2) Pierre de l'Ancre. l'un l'état du malade empirait de ses conseillers nécro- proposa de pratiquer en dernier espoir. (1 vol. de jour en mants la lui et comme joïir. sur des charbons ardens. elle multiplia ses attentions maternelles. seigneur de Vaux.CATHERINE DE MEDICIS 231 n'ignorait pas qu'elle pouvait tout perdre avec un nouveau règne . Si les maschoires de cette teste dasne se mouvoient sur la demande du magicien qui la luy adressoit. et des moyens tenus pour faire mourir le roy Charles IX. Geste divination . contenant ses faits et gestes depuis sa nativité jusqu'à la mort du cardinal de Lorraine. la poison (i). qui en a écrit l'épi tre dédicatoire et fait à ce li^re de nombreuses et curieuses additions. on en tiroit des inductions plus ou moins raisonnables. nous apprend que la Céphalomanfie se pratiquait aussi parfois à l'aide 'd'une tète d'animal. publiée par Gilbert Regnault. célèbre démonographe bordelais du seizième siècle. in-8. abbé de Çluny. et c'est vraiment bien peu connaître Catherine de Médicis que de l'accuser d'avoir agi contre ses propres intérêts en pro- voquant par le fils. sur la personne de son maladie qui devait emporter contraire. dit cet auteur. plus inouïe des opérations divinatoires céphalomaniie (2). Au IX en proie à crise.

Nicola estoit fort usitée chez les Vinconslance des Euon. un vol. Pourtant. p. composé de 132 feuillets.) (1) Jean Bodin. que vient confirmer ce document italien contemporain de l'événement. ordinaire de Jean Bodin. William Reysser. in-4. Manuscrit italien de la fin du seizième siècle. VOracle de la tête sanglante y occupe les feuillets 52 à 61 inclusivement. à notre connaissance. 169. qui et le rapporteur de cette horrible (1). De la Démonomanie des sorciers. le savant jurisconsulte démonographe angevin. nous paraît être une autorisation Allemands juifs ». mort en premier s'est fait le scène satanique 1596. un vol.CATHERINE DE MEUICIS 232 humaine récemment tranchée dans des conditions stipulées par les rituels de haute magie. Outre certaines formules magiques. récemment découvert par M. 1612. nous donne de plus amples détails sur oracle ce singulier (2). comme en dehors de ces narrations démonologiques. Paris. {Extrait résumé et traduction inédits. au- cune pièce d'archives diplomatiques ne mentionne. il est permis de réserves sur son authenticité la bonne foi : faire quelques quoiqu'il en soit. ce crime de sorcellerie royale. C'est Jean Bodin. des études sur la nécromancie et l'astrologie. Paris 1596. Mais un document anonyme du temps. {Tableau de mauvais anges et démons.) .. (2) Délia communicazione terrestre con i speltri e i demonii. in-4.

L'enfant trouve. en secret. Voici comment il fut ori- donc procédé à cette infernale céré- monie» La reine-mère. Et le prépara à après bien des la première hésitations. celle située dit le du côté du village anonyme. 238 récit avec une ginalité de détails jusqu'alors inédits. on fixa définitivement l'occulte séance au 28 mai 1574. l'on achèterait faubourgs de ou que la capitale un ayant fut décidé que dans les -enfant juif du il l'on volerait beau de visage sexe masculin. âgé de six à huit ans. fut amené au château de Vincennes où la cour résidait alors. fils. On le confia à un aumônier du palais qui. chroniqueur et qui depuis a toujours été désignée jusqu'à notre époque sous nom le sinistre de Tour du . communion. de Vincennes. Dans l'une des neuf tours qui entouraient le château féodal.CATHERINE DE MEDICIS pour reproduire ce suffisante. à minuit. et innocent de mœurs. basées sur certains signes célestes dont l'opérateur attendait l'apparition qui ne se manifestait pas. d'accord avec son accepté la consultation magique.

p. Péniblement. un autel avait y célébrer une messe<^à ram lugubre madone que présentent avec triple voile pas la les été dressé pour Mater Tenebracabalistes nous un visage enveloppé d'un de crêpe. éclairent la façade au-dessus d'un porche voûté. ordonnance sobre' et puissante qui n'est certes pas sans beauté. s'enfoncent cinq niches veuves de leurs statues. qui cependant n'obstrue flamboyante lumière de désespérance qui sans cesse naux. Octave Beauchamp^ auquel je dois l'obligeante communication du cliché représentant la Tour du Diable. p. « la s'échappe de ses yeux infer- » Cette Notre-Dame-des-Ténèbres^ a dit Quin- (1) « C'est une construction trapue qui a environ 35 mètres de haut sur 20 mètres de large. Ce magnifique ouvrage a été publié sous la direction de M. en compagnie de sa mère et de deux affidés intimes. . Au milieu des classiques appareils d'alchimie et d'astronomie. au-dessus de l'écusson royal gardé par deux anges. avait quitté sa chambre de malade pour se rendre dans cette Diable (i). 253 du présent volume. Cbarles IX. ancien sorte de temple dédié au culte démoniaque. était installé le laboratoire d'un gicien noir.CATHERINE DE MEDICIS 2M mamoine jacobin apostat.' 257). sur le nom duquel les documents restent muets. Trois étages de baies ogivales. Entre celui-ci et les fenêtres du premier étage. » [Llle de France^ article D'Emile Sedeyn.

Poètes et Nédrosés. (2) Tout habillé de blanc.CATHERIN cey l: de MEDICIS défie Dieu. aux quatre coins de cette table rituélique recouverte d'une draperie (1) Am^ÈDE Barine. (2) Les Litanies de Notre-Dame-des-Ténèbres. Sombre espoir des désespérés. à midi à minuit. Notre-Dame-des-Réprouvés !. a déjà pris l'âme. ces et la conseillère des mère des démen- suicides.. appesantissant sa main sur la de ceux dont la nature a été bouleversée comme l'heure tête de fond en comble par des convulsions intérieures : Toi qu'on implore pour les crimes.. à Theure du flux comme à du reflux. . 151. . Étude sur Thomas de Quincey. par Edouard D'HooGHE verset 4. l'enfant fut introduit et l'office satanique commença. sur Profondes mais heureulaquelle elle et tous les soirs. Que supplient Ceux qui à l'heure livide se tuent dans leur péché Et ceux qui signèrent Ceux dont Y A iiîre le pacte.. Sur l'autel étaient disposés quatre flambeaux. Notre-Dame-des-Messes-Noires.. Elle est la (i). sont les racines de son pouvoir sement petite est la nation règne tous les matins 235 . p.

il récita la huitième strophe Mater Tenebrarum. plein de sang flottait une hostie blanche. il planta cette arme sur l'autel. du psaume à la achevé cette prière. un plateau d'argent contenant une grande hos- coagulé sur lequel une petite tie noire. . en prononçant des paroles sacramentelles qu'il rythmait sur ses pas comptés. et liquide rouge rubis. suprême à AiRAM AiRAM AiRAM fois. Ayant par trois vierge des anathèmes : (l) nom latin de la vierge écrit à l'envers Cet anagramme démoniaque est considéré le : . traça trois cercles autour de l'autel.CATHERINE DE MEDICIS 236 sombre. . l'appel ! ! (1) Airam est Maria = Airam. il sortit de sa robe un poignard dont la lame était tranchante et la garde en forme de croix. ou- vrant un grimoire. Un calice de métal noir. Et. Puis. revêtu du costume spécial aux le magicieji évocations de goétie. s'arrêtant entre le calice et le plateau d'argent. brusquement face à Pautel. A l'aide de la baguette magique. à pleine voix. il cria. la ! . D'un coup sec. Il parcourut à trois reprises cet ensemble concentrique. brodée du grand pentagramme de Salo- mon. fiole de verre pleine d'un constituaient les paux accessoires nécessaires à cette princi- messe ef- froyable.

mais sentant bien que rôle qu'il allait jouer le dans cette scène ne serait certes pas le moindre. comme plus grave et le plus efficace des appels conjurateurs. stupide et pitoyable. nant rien à ces choses. sans rien dire. l'officiant emblème chrétien en prononçant des menaces. écoutait et voyait. Puis il consacra par de nouvelles prières cabalistiques les deux hosties mé- par les cabalistes allemands du seizième siècle. des blasphèmes et des malédictions à l'adresse du Christ. l'atmosphère du laboratoire phosphorescence pareille s'emplit d'une à la clarté lunaire. ne compre- Tenfant sanglotait. le . piétina cet la conjura- Renversant une croix. près de la reine-mère. Affalé dans un fauteuil. et le contenu de de verre. tant il était déjà sé- son regard semblait perdu par avance dans Tau-delà de ce milieu lugubre- ment infernal.CATHERINE DE MEDICIS 237 Subitement. Mais paré de la vie. l'instant solennel de tion était arrivé. les lumières s'éteignirent nécromant ayant répandu la fiole à terre le . Charles IX. Tremblant. cette célébration de mystères. Cependant.

Lourdement le sol.. rituel.. Tofficiant l'enfant qui criait..^ invitant ainsi le démon à proclamer l'oracle par la bouche de l'enfant mort.. d'un seul coup. Corbeau noir ! [\).CATHERINE DE MEDICIS 238 créantes. le l'autel coucha brutale- s'emparant du poignard et. Jacob.. Les petites mains s'agitèrent. .. p.. Puis il croix renversée. le magicien Jes brûla à la flamme de aspergea de sang la l'un des flambeaux. OccLiUes. trancha la gorge de l'innocente victime. le petit juif tendit ses lèvres blémies vers l'hostie blanche que lui pré- senta le moine-sorcier.. Délicatement.. 309. laissant échapper par la blessure béante le corps décapité roula sur un ruisseau de sang qui entoura bientôt Tautel.. et ' (1) Pierre de l'Ancre déjà cité et Ciiriosilés des Sciences par P.-L. Arrachant plusieurs pages à son grimoire. disposa le deux lumièprononça l'invocation finale d'après le Télragammaton traditionnel: Corbeau noir!. Aussitôt empoigna ment sur la communion terminée. le magi- sur la grande hostie noire qui fond de la Deux des cierges patère d'argent. furent rallumés. Prenant la tête cien la plaça couvrait le toute palpitante encore. Comme il avait été convenu que le roi poserait plat contenant la tête au milieu des res...

Et parvinrent aux oreilles du consultant. Puis il s'évanouit dans son fauteuil. suppôt des enfers protection Quoi Vim : refusait désormais reine-mère et aux siens ? paraît qu'aussitôt que Char- ces deux mots. dit la tête Que signifiait voulait-il dire. la il brève Ta prétendu un auteur. un tressaillement convulsif s'empara de lui. Alors. Charles IX demanda secrètement au génie des ténèbres ce qu'il désirait obtenir. une voix faible une voix étrange. à peine humaine. éperdu : « Eloignez tête!. on trans- . ses membres d'une voix rauque. ses dents claquèrent. » éloigna la tête sanglante . IX entendit patior. n'osant confier à personne sa pensée. entendre comme sortant de cette pauvre et lointaine. Lorsqu'il reprit connaissance..CATHERmE DE MÉDICIS 289 lui-même la question sur le sujet qui l'intéressait... « j"y suis ? Cela morte. deux mois énigmatiques iolins forcé ». se fit deux mots seulement petite tête de martyre. assurent les documents.. il Eloignez cette se raidirent et. cria. cette tête On !. que sa le les réponse cette comme qu'il en à soit. en hâte.

même temps dant lequel six vint Tenvahir au cours de la il heures environ. : le Éloignez « » Ceux qui n'étaient pas dans la confidence du sacrifice magique^ pensèrent que Charles IX était poursuivi par le remords de la Saint-Barthélémy. et Le véritable trésor des Sciences magiques. 43. qu'un horrible délire pen- ne cessa de répéter. Mais personne ne soupçonna cette agonie agitée. mait tout crime l'effroi inutile cette tête !. Tour du Diable cret (1) dans la véritable cause de l'affreux drame dont la a gardé jusqu'à ce jour le se- (i).. Les Messes noires par les docteurs Cauffeynon et Jal. 235 et 236. p. : . p. 657. Indépendamment du scrit italien précités. II... pp. voir de Jean Bodin et du manuEliphas Lévy Dogme et rituel de livre : : Haute-Magie^ t. pp. durant trente- du la même phrase qui expri- éprouvé devant qu'il avait sorcier de sa mère Éloignez cette tête !.CATHERINE DE 'MEDICIS 2i0 porta le misérable roi dans sa chambre à coucher. et notamment que le fantôme de l'amiral Gaspard de Goligny le tourmentait sans merci. cette scène satanique. qui contient une gravure des plus fantaisistes représentant. d' Alphonse Gall vis.. 90 à 92 Colin de Plancy Dictionnaire infernal. la : . D'autres crurentque ce cerveau malade revivait la scène d'exécution de La Môle et de Goconas. Une fièvre ardente en nuit. sans aucun commentaire.

U . t. n'avait pas encore vingt-cinq ans. au milieu et « de douleurs les plus aiguës tout baigné dans son sang Charles IX mourut 3o mai i574- H 241 le (i) ». I. Pentecôte. jour de la dit Sully.CATHERINE DE MEDICIS Enfin. 83. (1) Mémoires de Sullj. p.

elle avait à nains et naines telles que la la son service. années 1553 et 1559. Archives nalionales. des Turque. K-K. . 125 et 130. Outre des baladins pour sa distraction.CHAPITRE VIII AUTRES FORMES DE LA SUPERSTITION DE CATHERINE ET INFLUENCE DE l'oCCULTISME SUR l'eSPRIT DE SES FILS. la More Jacquette. La croyance de Catherine de Médicis aux mystères occultes et certains objets aux influences heureuses de sur la destinée humaine. K-K. êtres difformes et niais qu'elle et ai- mait. 138. parce que leur présence était réputée pour Téloignement des maladies et l'assurance d'une longue vie en faveur de ceux daient (1) qui les possé- (i). se manifestait encore par des afifections bizarres et le port de talismans étranges.

p. K-K. des robes en menu-vair une place d'honneur à toutes et nomme la Dame les fêtes de la (i). Si à la Turque et à la More.). A cette créadonne des sou- ture d'un idiotisme stupide.elle liers à double semelle. 148. Auguste Romanesque. Jal. cité antér. p. (2) Bibliothèque nationale. Catherine n'accordait que quelques écus pour aller à la foire de Saint. trat De ce mariage. bouffon femelle qui est qualifié de folle en pied dès i556 dans comptes de la reine. nous a laissé un croquis de cette cérémonie nuptiale (2). Jamais Catherine ne se déplace sans La Jardinière. les Dumoustier. dont l'un. ce dernier {1) Archives nationales. 127. autre idiot qui porte dague et épée. Cour. année 1560. De plus. remplissant également les fonctions de V peintre royal. 17 juillet. c'était La 24 principal de ces fétiches le Jardinière. Charlotte Mareille gouver- nante de ce grotesque personnage. elle ne les savait rien refusera La Jardinière. . Catherine en compagnie de Mme signera le con- de Sauves et de ses h deux valets de chambre. son perroquet et sa guenon. Voir aussi le Dictionnaire critique de biographie et d'histoire. cabinet des estampes et Henri Bouchot (ouv. humains.CATHERINE DE MEDICIS Pour Catherine. 77.Germain. de A. elle mariera La Jardinière à l'un de ses nains.

. gages. gratifications des médecins. Pour obtenir des talismans aux vertus extracaires les purgent. p. des valets les servent à table en grand cérémonial. et Henri Bouchot. futé bonhomme. confesseurs. de précepteurs est attaché à ces fantoches vivants. K-K. elle écrit à Gabriel Simeoni et au Milanais Cardan. Catherine leur donne quelques sols de récompense (2). p. Règnes. En plus de La Jardinière et de ces animaux. Canel. 149. sorte de un moinillon de ou le petit même nonnain. de laquais. K-K. 138 et A. (2) astrologues. dont le gouverneur est M. des prêtres les ordinaires. écri(1) historiques sur les vains. : le gnome que surveille dénommé nonneton Tout un monde de lavan- malicieux et rieur. etc. fous et folles des rois et » Archives nationales. historiographes. de Bezon. gardes du cabinet des livre. 138. Une femme ne fait que blanchir leur linge de poupées. Recherches Fous des rois de France.CATHERINE DE MEDICIS 244: animal tout autant aimé que la folle. 138. et dont la main velue porte bonheur {i). ainsi que Madame de Archives nationales. des apothi- sermonnent et s'ils se confessent. Leber. pensions. Extraits des comptes de Vespargne depuis François I" jusqu'à Louis XIII. La Brosse elle s'attache les magiciens et Régnier. elle a des petits chiens dressés et deux fous qui lui viennent de Pologne grand Polacre et le petit Polacron. taille dières. Voir aussi Ch.

223 et 402 du t. p. Dans une note ornée de la conservée à gravure la ici reproduite anonyme (p. in-8. Histoire de 1 vol. édition Lemerre. 1818). (2) Jules Garinet. des scapulaires confectionnés d'après les rituels de haute magie. 148. 187). nous a été transmis par l'abbé Fauvel. pythonisse célèbre pour refficacité de ses sacrifices infernaux de divinations magiques et ses divers modes Alors. des bagues ornées de caractères cabalistiques. . et des cornes de licornes. voir VEstoile. son estomac une dit Garinet. « Elle avait grande confiance dans la magie. des amulettes orientales. 14. (1) Destigny de Caen (ouvrage inachevé ant. VI et pp. dont la tra- duction n'a jamais été faite. et elle portait sur peau (V enfant lettres cette égorgé! semée de caractères. cité). 153 et Henri Bouchot. Pour l'astrologue La Brosse. X. p. p. elle porte (i). et Bibliothèque nationale^ on trouve description suivante de cette étrange médaille: la « Cette princesse (Catherine) jours sur elle. Il étoit de la le portoit tou- façon et fabrique 200. édition de (Paris. p. de Elle s'imaginait que de toute entreprise garantissait criminelle dirigée contre elle (2). et peau la de figures. 1896. » Un autre talisman de Catherine. 94 du t.CATHERINE DE MEDICIS 245 Castellane. la magie en France.

ayant été minutieusement vérifiée par le savant. (( L'original de ce Talisman^ qui fut trouvé et cassé après sa mort arrivée à Blois le 5^ de jan- vier 1689.et en qui elle avoit beaucoup de confiance. b. : bibliothécaire du Sénat. est à présent conservé au cabinet de l'abbé Fauvel qui Ta graver et copier très fidèlement Selon cours (1) le et fait ainsy » Journal des Choses mémorables^ au de l'année Note (1). Mais les récentes études de M. t. . 1577.. I.. L. le Discours merveilleux d'Henri Estienne doit être considéré comme un document important pour l'histoire du seizième siècle. Léon Marlet sur ce livre. de sang de bouc et de plusieurs sortes de métaux fondus ensemble sous quelques (( constellations particulières qui avoient rapport à la nativité de cette princesse. On prétend aussy que la vertu de ce Talisman étoit pour gouverner souverainement et connoître l'advenir. 34 827 B). prouvent qu'au contraire. et qu'il étoit composé de sang humain. fameux mathématicien qui passait pour Magicien.. âgée de 70 ans.CATHERINE DE MÉDICIS 246 du sieur Régnier. selon Barbier et Castel- cité et attribué à ~ nau. à l'apparition d'une gravure ajoutées au Discours merveilleux déjà Henry Estienne. 287. Jusqu'à ce jour. p. Bibliothèque nationale. l'exactitude de chacun des faits qui y sont relatés. les bibliographes étaient d'accord pour considérer cet ouvrage comme un vulgaire pamphlet d'une valeur historique toute relative.

et nous faut craindre C'est peut-êre à ce sa le Que crains-tu. dans les circonstances et avec les recommandations ci-après décrites « : Les princes qui ne consultent que leur pas- sion dominante de régner. Catherine fut envahie par mourir dans « : Quand ciel le geant des la son audacieuse chevelure présa- maux sciente de sa vie coupable. c'est la qu'il tête Si elle destin non sa brièveté vie. crut que réclamait sa Reine ?. la reine-mère remit à M. (1) Journal (Traduction inédite. abhorrée. de Mesme un second médaillon talismanique.. p. minorité de chap... » moment-là que.) la etc.. dit un curieux do- cument. I.. nous menace d'un malheur. longueur de ta quiète de con- futurs.. dicis parvint à la régence Catherine de Mé- pendant des choses mémorables.. le cours de sa témoin ce que nous allons raconter l'on avoit pris tant soin et que de nous cacher jusqu'à ce jour. sacrifient tout pour y parvenir.CATHERINE DE MEDICIS 247 la peur de comète menaçante épandit comète. (i)!. la reine apeurée. très in- destinée.. <( François II étant mort. 25. . Catherine de Médicis fut pareillement possédée de cette criminelle passion tout vie..

homme d3 robbe pour qui elle avoit une estime particulière. luy firent bientôt concevoir que la couronne est un fardeau bien accablant pour une femme. par le moyen de bri- des artifices dont elle se servit. son second gues et fils. de Mesme. « Cette Princesse luy confia alors une boëte d'acier bien fermée à clef et luy dit que la guerre civile luy donnoit de fort mauvais pré- sages de sa destinée et qu'elle avoit jugé à pro- pos de luy remettre entre les mains ce sacré dépôt qui étoit le plus riche trésor qu'elle eût dans ce monde. solitude la et ne voulut qu'aucun de sa cour l'approchât. elle fit appeler M.. avec ordre de ne l'ouvrir jamais. ni de la donner à personne. les guerres civiles qui Taccablèrent d'af- de chagrins faires. comme l'un des plus zélés à son service. et d'inquiétudes. à moins que ce ne fut . p^r les preuves signalées qu'il luy en avoit donné en plusieurs occasions. Au « milieu de ses déplaisirs. Finalement.CATHERINE DE MEDICIS 218 Charles.. Cepen- dant. et qui la ré- duisirent au point de se voir contrainte d'aban- donner au prince de Condé le maniement des affaires du royaume. elle se retira dans son cabinet pour s'abandonner entièrement à pendant quelques jours.

engagea M. La boëte étant ou- on trouva une chose qui verte. fait une médaille de cuivre oVale. « Cette reine étant morte sans retirer la boëte des mains de M. en forme de bouclier ou de rondache semblable à celles C'étoit que les anciens Romains consacroient à leurs faux Dieux. le temps. les héritiers de M. de curieux pour l'ouvrir. de Mesme la gardèrent (la boëte) longtemps dans leur famille sans l'ouvrir. Henri et le duc d'Alençon. qui oublier toutes fait choses. Cependant. dans la Mesme assez pensée d'y trou- ver un trésor inestimable. de Mesme à faire serment et qu'il luy haine tiendroit parole sous peine d'encourir sa et son indignation. rendit les enfants de M. faisant offrande au Démon qui était peint sur un thrône relevé avec des traits les plus affreux et les plus horribles que Ton puisse imaginer. Cette princesse avait à ses côtés ses trois fils : Charles. « La gravure de cette médaille représentoit Catherine de Médicis étant à genoux en forme de suppliante.CATHERINE DE MEDICIS 249 par son commandement signé de sa main. avec cette devise : Soit^ pourvu que je règne ! » . et celui-ci étant pa- reillement décédé après Catherine de Médicis. de Mesme. horreur.

dont est comte d'Avaux cy-devant ambassadeur en Hollande. si le grand Mi- (1) UArt d'assassiner les rois. Charles demanda aux consuls venus pour le recevoir. chez Thomas Fulher. Cette. Bibliothèque nationale. conduisit à Salon-de-Craux. année-là. chez le cé- Nostradamus qui devait établir son thème de nativité. in-12 (pp.CATHERINE DE MEDICIS 250 L'on voit encore cette « même médaille au- Mesme. le renseignés des circonstances de cette histoire secrète. 1696. la propre » Élevés et éduqués dans ces principes. n° 1632. Ne le connaissant pas. enseigné par les Jésuites à Louis XIV et à Jacques II. Charles avait entière confiance dans la science du savant de Salon. Dès i564. en compagnie de sa mère. Les curieux qui voudront être jourd'hui dans la maison de sorti M. les pouront apprendre de bouche de ce ministre (i). on vit Catherine de Médicis livrer son aux astrologues elle le lèbre et fils Charles magiciens. lorsqu'il arriva aux portes de la ville. . il n'est pas surprenant de voir Charles IX et Henri HI partager ces étranges croyances. 1 vol. Londres. 173 à 177 inclusivement).

et il jamais que chose qui plaise à qui que ce il résolut dans les dits deux horoscopes de flatter le roi et la reine. On le lui donnant la main à l'astroétait logue. et VHisloire et chronique de Provence. p.CATHERINE DE MEDICIS de Nostredame €liei présenta aussitôt et. parmi eux. quand reine. par le marquis <I'AuBAis et pp. 2« partie. par César . Elle lui ordonna de tirer l'horoscope du roi -c'est ne l'homme dit soit. 1759. Comme plus malicieux du monde. 1789. Paris. elle a passé par appeler et l'a fait — que je dirai où le lieu lui vit la Nos- a assigné deux cents écus de gages. in-4) Voir aussi. 15641565. lui assignant un plus li. ©E Nostradamus. 801 et 802. le et celui de la reine. la . au sujet de cette visite des souverains français au célèbre devin.156J^ que Charles IX et Catherine allèrent visiter Nostradamus. 11 et 12. pp. t. MÉNARD (Paris. I. Charles exigea durant tout le de « parcours des portes de ici. Pour que Votre Majesté léger ses côtés l'avoir à ^ux appartements du château qui préparés 251 écrit voit combien on est l'ambassadeur d'Espagne à son maître. de sorte qu'ils lui ordon- nèrent de suivre leur cour. 3 vol. Journal du voyage de Charles IX à travers la France. lui la ville avaient été (i). tradame. C'est exactement le 17 octobre de l'année. Vie de Michel Noslradanius. publié en 1566 et réimprimé dans les Pièces fugitives sur VHisloire de France. par Abel Jouan. 72.

L^'on Marlet. [Documenl inédit . Archives nationcle?. part secrètement un gentilhomme envoyé à la reine d'Angleterre. Le premier jour que le roi et la reine virentNostradame. comme je lui qu'avec l'aide de Dieu que de l'entrevue (future entrevue de Bayonne) sortirait un grand bien pour (( la chrétienté : « Savez-vous. écrit-il. une paix générale régnerait sur le monde et que le royaume de France serait très « six (( (( tranquille et que la situation s'affermirait? Et disant cela. nous si donne de curieux détails complémentaires « Demain. que m'a affirmé qu'en l'année soixante- Nostradame (i566). car déjà cet Dépêche de Don Frances de Aldia au roi d'Espagne. 4: février 1565. » Quinze jours plus tard. Je sais que cet ambassadeur (celui d'Angleterre est jaloux.) (1) Toulouse . don Frances de Alava.CATHERINE DE MEDICIS '2-)'2 grand traitement jusqu'à ce de qu'ils se séparèrent La reine m'a dit disais que j'espérais lui et le laissèrent à Arles. revenant sur cette consultation occulte. tradaclion de M. 1503. Il se pour- rait que cela donnât naisj^ance à u:ie négocia- tion pour l'amener à leur dévotion. n° 30. K. aujourd'hui.a que le roi se ma: riera avec la dite reine (d'Angleterre).il leur affinr. dit-elle. elle avait l'air aussi » pénétrée que on lui avait cité saint Jean ou saint Luc (i).

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et envoyé secrètement à gleterre.. qu'une diplomatie en faveur de la reine d'Ecosse. juste au-dessus de ceux saiuture belle-fille. Alava écrit en- : L'ambassadeur d'Angleterre jourd'hui me voir et a causé avec est venu au- moi un moment (1) Même source.. traduction deM.) (2) Brrtv. envoyé cet » Catherine comprend bien que ce projet de mariage est une absurdité jouvenceau de quatorze ans à une : unir un vieille fille. cour d'An- la accomplit donc sa mission cependant Catherine se qire cité fait préparer de nouveaux appar- teriients^au Louvre. jeune ménage royal moyen certain de dominer de le Mais l'ambassadeur anglais qui ne voyait dans cette union projetée (2). core (( Le 4 avril i56'5. elle s'incline devant Tavertissementdu prophète de Salon.. (i). ni l'opposition qu'il était décidé à faire pour empêcher ce pro- jet d'aboutir. 11° 37. LÉON Marlet.. (Extrait des comptes du Louvre.) . ne cacha ni son mécontentement. Pourtant. et continue ses essais de né- gociations dans cette voie. La Région du Louvre et des Tuileries. Le gentilhomme par Alava.254 CATHERINE DE MEDICIS ambassadeur (celui d'Angleterre) a horoscope à sa maîtresse A priori. [Documenî ïnédil.

Mais cet échec ne diminua enrienlaconfîarce du prophète de Salon. savoir aura plus que jamais inimitié avec que les la qu'il y France.t essais de rapprochement. . les Français pensent avoir trompé sa dite maîtresse. en effet. ce qui peut-être nuirait à la reine d'Ecosse et à eux (i). la était trop . les choses en restèrent là. mais que je verrai ce qui se prépare.CATHERINE DE MEDICIS au sujet de la rein^ d'Ecosse. paix annon- cée. pour leur en donner d'autres plus susceptibles d'influence heureuse sur leur (1) de la Dépêche de Don Frances de Alava. ii« Ô6. elle tomba bientôt dans les promesses de lonomatomancie et entreprit de changer les nojnis de ses fils. » Après quelques nouveau. la reine d'An- gleterre ayant répondu habilement à l'ambassa- deur de France que pour devenir son époux Charles IX Ainsi prédiction de Nostradamus fut nulle. [Document source précitée. Toujours sur les conseils de Nostrada- qu'elle avait en la divine parole mus.) inédil. grand sauf pourtant en ce qui concerne et la trap petit. fort calme. 11 avec prophétie de Nostradamus suivant laquelle la le roi doit épouser sa maîtresse. 255 dit que. l'année i566 ayant été. et Français se sont de nouveau mêlés des affaires d'Ecosse.

duc d'Angoulême. elle sous donne le nom mars de Tannée i565. au cours d'une procession solennelle organisée à Toulouse. rOnomaîomancie. ajoute cet ambassadeur. dit encore don Frances de Alava. roi trois Maximilien.CATHERINE DE MEDICIS 256 destin. . de ses fils. de Vendôme. 193. que Catherine dit nom de Louis. Puis. p. le 17 comme A ». « de quoi. année 1907. son troisième le nom de Charles. à ses prédécesseurs. revue mensuelle de sciences psychiques. les hérétiques ont éprouvé un grand dépit et surtout de ce qu'on a changé Jusqu'ici il parrains : s'appelait le roi nom du dit d'Orléans. qui ont été tous braves et généreux Catherine changea donc autres enfants dans le le même nom but. duc heureux sort duc d'Orléans. qui devint de Charles IX. Edouard comme ses deux le Edouard d'Angleterre M. les Louis. étude publiée (1) dans les Forces mentales. Maintenant on lui a donné et le Eugène Defrance. second fils. 271 du présent livre. ainsi que démontrent le les calculs de Cornélius Agrippa groupés dans sa roue de forlune avait Déjà. Brantôme nous donné à cet enfant le « pour lui être un d'Orléans. Voir gravure p. en i548. reine a ordonné que Mme Marguerite et le la nou- veau duc d'Orléans fussent publiquement confirmés. à la naissance de son (i).

de perdre un œil. mais. 29 mars 1565.CATHERINE DE MÉDICIS nom d'Henri (futur Henri HI) el il a fait quelques bon catholi- démonstrations publiques d'être que ». K 1503. n° 52. du fameux astrologue appelé Nostradamus. en annonçant que la reine doit les voir tous sur le trône (2). « lui créer pour plaire ». qui cessa de s'appeler François pour porter le nom pas d'Hercule. » Et Brantôme ajoute en manière de conclu(1) Dépêche de Don Frances de Alava au roi d'Espagne. I. Archives nationales. Léon Marlet. raconta à Alava les ins- tances que Henri de le d'hui débaptisé. (T. sort Ce avait faites autrefois auprès cour d'Angleterre pour qu'Edouard VI la acceptât d'être un II (i) dit-il. traduction de M. [Document inédit. ce qui pelle le pronostic très populaire en France. pp. qui menace la vie de tous les princes.) .) véni(2) Giovanni Michieli. La chose ne 257 plut pas à l'ambassadeur d'An- gleterre qui. Bordeaux. duc d'Alen- çon. Relations des ambassadeurs tiens. fut ensuite le tour de François. au pape parrain de cet enfant aujour- non seulement pour heureux. Mais V onomaiomancie ne fut plus l'avait été favorable à ce aux précédents dernier. 422 et 423. : « qu'elle ne Maintenant. ce pauvre prince risque fort. furieux. dit Giovanni Michieli. me rap- à ce qu'on dit.

Un jour (1) Brantôme. les V. Grands elle crut voir Capilaines français. nommé Vieilliot. j'ai ouï dire à au- cuns que cela porte malheiar. mariée à fille d'un boucher de Ver- un maître-tailleur de l'endroit. elle allait prier siir la sans confession quelques années avant l'événe- ment qui nous occupe. survinrent. et et persista toujours ne fut pas plus heureux que longueur de vie (i). an les cette singu- Catherine de Médicis Charles IX s'intéressèrent tout particulière- ment. » à Salon-de-Graux. et été. Le roi François ne changea jamais. Voici et II sien.^ mort Souvent. tombe de son grand-père maternel. son Édition . p. t. de Vervins. à laquelle dans la satanique de Nicole Aubry. Nicole Aubry était vins.CATHERINE DE MEDICIS 258 sioB : (( La changements de noms reine par tels pensoit leur baptiser la Yous voyez ce qui en a fortune plus longue. Deux ans après mus autres en les la consultation de Nostrada- les troubles causés par la ville possession comment documents du temps nous content lière aventure. Lalaune. 293.

selon eux. institateur. se déclarait être le bon ange du défunt. Alors. Pierre Delamotte^ religieux jacobin et exorciste renommé. au cours . Après un nouvel exorcisme. conjurèrent de quitter le corps de Nicole. celle-ci était maléfîciée. et un moine se fouetta même publiquement pour obteen personne. ïïioiSj la Mais au bout de quelques maladie de la jeune femme ne diminuant pas d'intensité. des macérations. Nicole Aubry. on nir l'expulsion de Belzébuth du corps de Nicole Aubry. Avec cisme.. tomba gravement malade et toute la ville s'intéressa à elle. l'esprit qui. on pensa que la forme de que Vieilliot. des jeûnesy. saisie de frayeur. curé de Vervins. malade. et le diable avait pris grand-père de Nicole. dit Boulvèse. dans il le fut les appelé et on lui présenta la cérémonies ordinaires de l'exor- réussit à faire avouer au démon enfermé corps de Nicole qu'il était Belzébuih ordonna des prières publiques. l'esprit fui jugé ange mauvais des ténèbres et satanique. et Claude Lautrichet.CATHERINE DE MEDICIS grand-père sortir du tombeau où 251) il reposait. Mais à se& paroles et à ses effets. et elle entendit distinctement que le mort lui demandait des messes poux le repos de son àme qui était en purgatoire. maître Guillaume Lourdet.

vin- rent renforcer Belzébuth. che. Un médecin protestant vint pour visiter la malade mais Jean de Bourg s'opposa à cet examen et ordonna à Spifaime. aussitôt^ maître Gonin. la un dimanche. L'un des elle cessa officiants. fît. près du pieux évêque. de Peu de jours donner asile à Nicole. prêtres possédée. Vingt-six furent heu- reusement chassés du corps de Nicole à NotreDame-de-Liesse. les Vervins conduisirent Nicole Aubry à moines de Laon. qui se le de joie devant transporté cet heureux résultat. Et tordait sous membres l'action du maudit. en la cathédrale de Laon. évêque et duc de Laon. Satan revint et paralysa les de Nicole. . Un troisième exorcisme révéla bien d'autres phénomènes la : « Vingt-neuf démons noirs forme de chats gros et sous comme des moutons. s'écria enfin te voilà vaincu! dit de gambader. valier de Saint-Jean.» Le lendemain de cette séance. on communier chroniqueur. un autre prit la fuite à Pierrepont en déclarant que le reste de la meute démoniaque ne délogerait du corps de la possédée que devant messire Jean de Bourg. après.CATHERINE DE MEDICIS 260 d'une messe solennelle. : Mais lorsque l'hostie fut digérée.

et n'était plus pait le corps et i'àme de Nicole. monde observa que Nicole Seulem. tout le pas complètement débarrassée et que deux autres personnages infernaux étaient encore en elle. ses ordres. Puis il confec- tionna. et 15. ses prières. et le démon Cer- bérius s'échappa de la cathédrale sous la forme d'un gros chien. à l'aide d'une relique de saint martyr. elle fut rendue à la presque santé par une oraison de saint Bernard que Jean de Bourg récita sur la tête de la malade. et le diable disparut enfin dans ce brouillard. Cependant. en criant que bien réelle Puis. elle était morte. on entendit deux grands coups de tonnerre et un brouillard opaque enveloppa tous les clochers et pignons de la ville.•CATHERINE DE MEDICIS Jean de Bourg exorcisa reconnu que ce la 2C1 possédée. il dans s'éleva le la la forme d'un présence de Jésus était sacrement de l'Eucharistie. un talisman qu'il attacha au col de Nicole.ent. une épaisse fumée. Jean de Bourg réussit cependant à ger dès « Belzébuth qui occu- le faire délo- commencement de son exorcisme. pendant que le fameux Belzé- buth s'échappait également sous taureau. plus dangereux encore que Ton le chacun mais un démon nomme Astaroth. Quant à Nicole Aubry. Alors Jean de Bourg multiplia ses n'était gestes. .

et s'en faire conter l'histoire par les paysans de l'endroit. ses démons Après » . t. citée : curieuses de VHisioire de France. (Brantôme. en Poitou. p. fontaine du château. venir se baigner dans les eaux de En la 1576. Nicole Aubry entourée de tout le personnel ecclésiastique qui avait parti- cipé à l'expulsion de au « roi et à Catherine. p. Histoire de la possession qui arriva à par Garinet.CATHERINE DE MEDICIS 262 après une journée de jeûne et de prières. édit. de Montpen- sier. La superstition de Catherine a peut-être encouragé la s^uperstition générale de BouLvÈSE. du Panthéon. ils voyaient Mélusine sous la forme d'une belle femme ayant la fin du corps en serpent. pour y visiter l'antique demeure de la fée Mélusine. qui affirmèrent à la reine que. où Nicole se firent Dans arrivée. mardi 27 août i566. Les événements de Vervins et de Laon ne constituent pas un fait isolé dans Thistoire du seizième siècle. Charles IX fit en re- mettre dix écus d'or au mari de la possédée (2). I. t. fut présentée s'être fait conter détails le miracle de Nicole. Boulvèse était alors professeur de langue hébraïque au collège de Montaigu. VI. le ils était parc de Marchais. V^ série. chaque nuit. 485. Catherine se rendit spécialement au château de Lusignan. 127. pp. elle fut » Aussitôt que Catherine de Médicis et Char- IX eurent connaissance de les récemment le cette démence. transporter à Laon.) . défînitivementsauvée(i). Vie de M. 261 à 267. Voir aussi Histoire du Diable de Laon dans les Archives (1) et Laon en (2) 1566.

. la comme Ambroise Paré magistrats comme Henri Boguet. Mais quel jugement feronsruous de France ? Il la est bien difficile de croire qu'elle . « Des incrédules osent dire qu'il n'y a point de sorciers. qu'il en soit. car elle«ou& envoie tous les jours infinité de personnes qui sont possédées du démon. verrons tous fourmiller de cette malheu- reuse et damnable engeance. Ces idées existaient dans notre pays avant la venue de Catherine rester et elles devaient implantées longtemps encore après sa Quoi disparition. mais en tout cas elle ne Ta certaine- ment pas créée par rintroduclion d'Italie en France d'une armée d'astrologues et de magiciens-envoùteurs. celles de Charles y avait.CATHERINE DE MEDICIS 2G3 l'époque.. d'autant que nous les si nous jetons les yeux sur nos voisins. La Savoie n'en •est une point vide. quant à moi. A de il côté des pratiques occultes de Catherine. déclare sentencieusement ce jurisconsulte. médecins parole des €t celle des grand' juge de la terre de Saint. toute la cour et la ville croyaient fermement à la puissance des sorciers. l'exemple étant donné en haut lieu. IX et plus pour autoriser tard de Henri III.Claude en Franche-Comté. je ne fais nul doute. telles croyances.

pourquoi les endurons- nous davantage? En nous rendant désobéissants à majesté du Très-Haut. quand nous ne ressentirions en rien de ce qui est de l'homme. car les bêtes. Car. n'aurions autre chose que l'exprès ment de Dieu de les faire tous le quand nous commande- mourir comme ses plus grands ennemis. même les plus déraisonnables. « Non. par milliers. et qu'ils se baignent dans la mort des personnes et du bétail. et multiplient en terre tout ainsi que des chenilles en nos jardins. non. ce qui est une raison pour laquelle nous sommes poussés naturelle- ment à les punir. purgée. auxquels appartient châtoi des crimes et délits. les sorciers marchent partout. ce qui est une honte aux magistrats. . si toutefois chés de quelque humanité nous sommes touJe dis de plus que. attendu la grande quantité de sorciers qu'elle contenoit du temps de Trois- Echelles. (( Je laisse aussi que les sorciers ne se plaisent qu'à mal faire. nous faisons pire la qu'eux. puisque la désobéissance est à l'idolâtrie et à la sorcellcTie comparée par Samuel.CATHERINE DE MEDICIS 264 en soit. par- lant au roi Saûl. ne souffrent pas entre elles celles qui se boudent et se mutinent contre les aultres.

et la tels que hommes et que nous ne fassions foudroyer sur nos testes Tire et d'indignation du Dieu vivant. les sorciers. rechercher commencent à s'adonner à faire j'augure que Satan. que par . la terre en seroit bientôt repurgée. commencent par une grâce spéciale de Dieu.CATHERINE DE comme de nous le MICDICIS voyons par expérience. et afin nous avons que chacun prête main spécialement ceux qui sont que nous en montrions été créés. Mais. L'auteur nature nous imprime ce la 265 commun dans Pâme. car aussi sans cela. c'est-à-dire politiques. si les effets correspondaient à ma volonté. Par ces considérations. Ces messieurs. guerre. en un seul Je m'efforcerai cependant de leur faire la feu. Je veux bien qu'il sache que. car je désirerois qu'ils fussent tous unis en un seul et pour les faire brûler à une fois mesme corps. office. donc il à est bien nécessaire un si bon en charge. le devoir monde ne pourrait subsister. y en a qui ne se sont pas voulu persuader que tout ce qu'on disoit des sorciers étoit véri« 11 table. tant par la justice que j'en procurerai. dis-je. d'oii dans peu de jours. à revenir de leur erreur leur a dessillé les et ils Dieu yeux que Satan leur avoit bandés pour augmenter son règne. se verra terrassé avec ses suppôts.

Récits effroya- dans les veillées. pour la carbonisation des sorciers. Lyon. Aux dénonciations nombreuses succédaient les questions. abbé de Saint-Oyan-de-Joux. les tortures et les supplices de tous genres qui ne faisaient qu'accroître le nombre des bles narrés disciples de Satan. livres clandes- tinement vendus. 1602. en maiière de sorcellerie. la délation antidémoniaque tels étaient les plus ordinaires moyens de propagande involontaire. par Tautel. Ce discours est suivi du Code des Sorciers rédigé en soixante-dix articles qui est un la cruauté employée de bonne foi par la jurisprudence des quinzième et seizième siècles. pieuses neuvaines et pèleri- nages organisés en faveur des paroissiens atteints de la griffe du diable^ menaces d'excommunication lancées par les prédicateurs contre les impratiquants de imposée. La présomption de pour arrêter les sorcellerie suffît personnes soupçonnées de sor- (1) Henri Boguet. pratiquée en faveur du culte des ténèbres. Par toute la France de la fin du seizième siècle les bûchers flambent. Préfaee-dédieace à Fernand de Rye. beau modèle de .CATHERINE DE MEDICIS :266 mes petits écrits. Discours des Sorciers. prince du Saint-Empire romain. » Ainsi la crédulité publique était-elle entrete- nue par le trône. comme j'ai déjà fait (i). parla magistrature et par la science.

« les sorciers conseils ». le diable assiste en prison et peut les sauver par ses D'ailleurs. s'il si regarde à terre. Si l'accusé n'avoue pas. faut le mettre dans gens lui doit raser le une dure prison affidés qui tirent de lui la vérité.CATHERINE DE MEDICIS 207 sellerie.pêche le sorcier d'avouer. dit Boguet. L'interrogatoire suit aussitôt l'arrestation. un chirurgien pour chercher diable. et avoir Il y a des . « Si le sorcier a sabbat. blasphème contenance des la prévenu ne jette point de le s'il barbotte à part. Le juge pour les sont rigoureusement demander doit ne doit en comme Et Boguet prescrit qui observées par ses confrères « qu'il « : à l'accusé s'il a des enfants. chargé d'une affaire rien procéder dans son instruction une affaire mesures ordinaire suivantes ». s'il « adviser à doit bien « Il voir sorciers. parce que. il est bien stipulé au juge de magie. larmes. et le greffier caché pour écrire les réponses. On de mettre à découvert faut le visiter avec les il il marques du un compagnon du le sorcier à sort de taciturnité. cela est indice. fin Il devant se trouble. : Souventla honte em. c'est pourquoi ^vec le il est bon que le juge soit seul sorcier.

Les témoins à fils reprochables doivent être entendus autres. Les le comme dices graves sont. le sorcier est est sûreles varia- regard effaré. On les La peut aussi étrangler les sorciers et les brûler après. Le juge peut employer elle «: pardon le ne fait rien sur mais en général la torture. mais les On con- loups-garous doivent être brûlés vifs. Si l'accusé se trouve saisi de graisses. on pend. blasphème. tions dans les réponses. Instruclion pour un juge en fait de sorpubliée à la fin du livre précité. . peine On tel cas est comme doit surtout entendre les enfants. bruit public l'accuse de sorcellerie. Les éditions de ce la famille de Boguet en curieux ouvrage sont très rares ayant fait détruire la majeure partie à la mort de l'auteur survenue en 1619. (1) cellerie. damne toujours justement.CATHERINE DE MEDICIS promette juges qui veulent qu'on et qui ne laissent pas de passer à l'exécution. s'il admis déposer contre son père. » plein de clémence et de sentiments Henri Boguet. même sur des con- jectures et des présomptions brûle pas. est le supplice du feu. si le enfant de sorcier. exemple il Les indices légers sont. Le juge mais alors on ne . ment sorcier. la naissance. . le sorcier. doit assister aux exécutions suivi de son greffier Ce code si (i). Le en in- si par s'il est marqué.

se l'était attaché sirs. présomptions pour condamné au dernier et (1). tection. Un jour. Ce Trois-Echelles était un charlatan fort habile en tours de passe-passe et scènes magiques . jusqu'au jour où. pendez. il disait Pendez. et loi- les le sei- Henri Estienne parle d'un juge de son temp. Daniel théologie^ De Romanez la Barre. Aussi el simples conjectures de et être accusé de supplice magie suffisait-il. car il en a bien fait d'autres! » Si l'inculpé était jeune. reçut en 1601 l'approbation géné- des juristes français.s qui en matière de procès démoniaque « Si le prisonnier était vieux. ils per- daient la confiance de leurs maîtres par quelque insuccès survenu dans leurs expériences ou leurs prédictions. devant lui accordant sa pro- pour charmer ses le roi. il « Pendez. maréchaux de Montmorency Ambroise Paré. sorcier précité par Boguet. pendez. et en effef. Seuls les magiciens royaux étaient à l'abri de ces poursuites. de Retz. notamment d'un avo- rale cat de Salins.CATHERINE DE MEDICIS 2C9 humanitaires. c'est pourquoi Charles IX. pourtant. c'est précisément ce qui arriva à Trois-Echelles. du docteur en quidéclaraitmême quele de Boguet était rempli de plusieurs belles livre bonnes doctrines. car il en ferait bien d'audisait encore (1) n'avait qu'une formule : : tres ! » .

. Trois- mis en demeure de dépossédés qu'il connaissait. fit rune mourir deux gentilshommes efîet. et que durant trois années cet esprit devait rester son allié. IX de lui accorder sa grâce. confirma la déclaration de Trois-Écheiles ea rapportant qu'en de ces poudres.qui assistait à cet interrogat3ire. Goligny ajouta qu'après leur mort. ces deux gentilshommes furent trou- vés noirs et enflés. en saupoudrant de poison les lits dans lesquels ces deux personnages cou- chaient ordinairement. hommes et crifices femmes. de Mazille. ce Mais peu de temps après. un valet. ainsi que les paillardises auxquelles se livraient les possédés. Mais cela ne fut pas du goût de Charles IX qui détestait les possédés. ayant re- . unis au diable. Le Echelles fut arrêté et noncer tous sorcier cita les des noms. disait-il. Trois-Echelles affirma qu il lui était donné d'opérer des merveilles magiques ^râce à un esprit infernal auquel il s'était voué. Il donna également la formule de poudres et onguents magiques. alors premier médecin du roi. Trois-Échelles supplia Charles qu'il obtint.CATHERINE DE MEDICIS 270 g-iieur de Lansac et M. et Famiralde Goligny. sabbat auquel exposa il les sa- qu'on y faisait. utilisant de sa connaissance. décrivit le assistait régulièrement. Cependant.

il fut mis à 271 mort en place Table onomatomancienne de Cornélius Agrippa. 375 à 377. auteur de ce récit que confirma (I) Ambroise Paré. . au cours de Fannée 1571 (1). chap. Ambroise Paré. pp.CATHERINE DE MEDICIS commencé ses folies. de grève à Paris. ia Déniono manie des Sorciers.XXX. Des Monstres. et Jean Bodin. édition de 1598.

livre contient toute une série d'histoires de ce genre. par F. A Lyon. Des Monstres.CATHERINE DE MEDICIS 272 Bodin. . et Il dans s'enflamber. Ambroise Paré. les docteurs ques. plus sérieusement du n'est certes pas la Ce médecin nous raconte le monde. DE Belleforest Comingeois. charnellement avec ties génitales mort le feu copula tout aussitôt ses par- commencèrent sembloit avoir la elle. chez Michel Jove. parmi lesquelles celle du valet par amour » présence la « ensorcelé moins curieuse. A p. L. B. Le nombre des personnages s'occupant cultisme et attachés à la delà reine- Un document du temps nous montre monarque malade très chrestien et et vivant parmy très appris en l'école de Calvin « ce aymé de Dieu. 1568. 33 214. « qu'un domestique de sa connaissance. estant profondément plongé en vaines cogitations de luxure. était absolument convaincu de du démon dans Son le corps des malades psychiques. Il lui sathany- des blasphèmes (2) ». XXVIII. (2) . nommé Boucher. cliap. {Bibliothèque nationale. à le corps lorsqu'enfin vint l'arracher à ses tourments (i) ». disputans et vomissans (1) d'oc- personne de Charles IX égalait presque en importance celui mère. vit soudain paraître un diable sous forme d'une belle femme. Discours des présages et miracles advenus en la personne du roy et parmy la France dès le commencement de son règne. 7).

Mais une du même groupe. au bout d'une huitaine dejours. Après quelque hésitation. p. Jean Gauthier se mit au travail. 542. ouvr. à part la liste des dépenses d'habillement soldées par Charles IX. sur la vie duquel nous avons peu de détails. cité antérieurement. ap- partenait le médecin-astrologue Bernard Abatia. c'est Jean Gauthier. et aussitôt pendu (1) Archives nationales. seulement. à l'occasion d'une grande fête(i). sur laquelle nous sommes mieux renseigné. tournoi. magicien-alchimiste. . qui fut rejoint aux environs de Beauvais. baron de Plumerolles. (2). 332. et la la marche de préparation de ses ses premiers essais. [Comptes de r ar- gentier royal. il prenait la fuite en emportant les cent vingt mille livres. donnée à la cour en i565 autre personnalité mais qu'une lui était somme de cent vingt mille livres nécessaire pour appareils. Vers 1569. Charles IX lui fît compter la somme demandée. 130. Charles IX envoya à la poursuite de l'alchimiste. p.CATHERINE DE MEDICIS A 278 cette catégorie de docteurs spéciaux. il persuada Charles IX qu'il possédait un infaillible moyen pour faire de l'or. K-K . Furieux.) (2) CoLLiN DE Plancy.

accompagné de deux ou trois personnes seulement. le roy. pour mieux fouiller aux bourses des bourgeois de Paris c'est pourquoi on luy donna tous ces titres Henry. les documents et pamphlets qui nous présentent Henri HI comme sorcier « visiteur des monastères de plaisirs nonnains diaboliques sacrilèges ». dit mémorables^ gagner les alloit à le Journal des choses pied par rues de Paris pour pardons du Jubilé envoyé en France par Grégoire XIII.CATHERINE DE MEDICIS 274 De tous Henri le les de Gatherme de Médicis^ fils HT fut assurément celui auquel elle légua Nombreux sont plus de sa superstition. tenant en main de grosses patenostreSj disant et On afin marmotant par les rues. disoit qu'il le faisoit par conseil de sa mère de faire croire au peuple qu'il estoit fort dévot et bon catholique. inutile Boy de France et de : . et autres lieux de Ses hypocrites manifes- tations religieuses ne furent jamais goûtées peuple. (( En ce temps. et n'apparurent que comme du des péni- tences que ce roi s'imposait pour se laver de ses luxures et de ses pratiques en sorcellerie. . par la grâce de sa Mère.

faisoient quasi publiquement pro- fession de sorcellerie estant commune à la cour entre iceux et plusieurs aultres personnes dé- voyées de la foy et religion catholiques. Gaudronneur des collels de sa et femme frisear de ses cheveux. voici ce livre rare quelques extraits de : Henry de Valois etd'Épernon. avec « Ires ses aul- mignons. p. 19. Un ouvrage publié peu de temps avant Tas- sassinat de Henri III contient diverses anec- dotes relatives aux sortilèges de ce roi licencieux et incapable. roy de France el de Pcligne année 157G règne Ce Henry m Dis meurtres. (1) Journal des choses mémorables advenues durant tout le III. hérésies. Plusieurs schismes. Concierge du Louvre. Visiteur d^estuves. Amy du Diable. hyposcience. Marguillier de Sainl-Germain-VAuxerrois.> Pologne imaginaire. . Mercier du Palais. car du crisies. parricides. injusti- d'aoït. Gardien des quatre mandians. Basteleur des Églises de Paris. Père conscript des Blancs-battus et Protecteur des Capuchins (i). . Gendre de Colas. H n'a pas été instruit en France de cette abominable temps du feu roy François P% la France n'était pas empoisonnée de telles abominations. simonies.CATHERINE DE MEDICIS 27.

esquels à l'entour escritures. et que deux anges ou simples chandeliers y eussent été plus décens que ces satyres estimés par les païens pour être les dieux des forêts. Christ. même il y avoit diverses figures et des miroirs. Mais ce qui fait croire le contraire. onguens et dro- gues. que l'on a incontinent brûlées pour Thorreur qu'on en avait.. de de quatre pieds. Les politiques disent que c'étoient des chandeliers.. sies n'y étoient ni chez d'Epernon un coffre plein de papiers de sorcellerie auxquels mots d'hébreu. des rondeaux ou carmes.. avec des verges blanches. chaldaïques. où l'on tient que les mauvois esprits se trouvent plutôt qu'en . « On a trouvé sodomies et aposta- connus. il n'y avoit pas d'ai- pour y mettre un cierge ou une petite chandelle. paillardises. incestes. et que (ces satyres) tour- guille qui passoit noient le derrière à la dite vraie croix. et plusieurs caractères inconnus.. ni entretenus.CATHERINE DE MEDICIS 276 ces. Ils étoient la boys de hauteur au-devant d'une croix au milieu de laquelle y avoit enchâssé du bois de la vraie croix de Notre Seigneur Jésus d'or. lesquelles sembloient estre de couldre. il y avait divers latins. On (( a trouvé aussi dernièrement au Vincennes deux satyres en argent. c'est que dans ces vases.

et suricelle mots de sorcellerie et y plusieurs caractères. chez Didier. pp. 1589.Millot. nous apprend que le « quinzième jour d'avril. Ces monstres diaboliques ont esté vus par messieurs de Vient ensuite la ville (i). et que tout chacun l'allàt durant (1 et 2) Les Sorcelleries de qu'il faisoit aa diable dans le 16 . s'émerveiller si. Le Journal des choses curieuses. » Henri de Valois. Dieu ne Tait aussi délaissé. n'étoit que pour entendre à ses sorcelleries. (Voir cet ouvrage passim. représente les deux satyres d'argent sus-décrits. on a trouvé une peau d'enfant. le roy fit publier aux prosnes de toutes les paroisses de Paris. semblable à celle qui devoit estre à la Sainte-Chapelle de Paris. A Paris.CATHEHINE DE MEDICIS 277 aultres lieux. Lorsque plusieurs (hommes et femmes) dans les années i586et 1687. et qu'en icelle il avait fait enchâsser une partie d'une grande pièce de la vraye croix de JSostre seigneur. gardée en une aultre grande croix double au thrésor de ladite Sainte-Chapelle. qui avoit esté dérobée l'année précédente. qu'ilavoit fait faire une croix de nouveau.) Une curieuse gravure. il (Henri III) avoit aussi plusieurs les faisoit renvoyer absous. déjà cité. et non pour prier Dieu (2). continue le narrateur. avoient esté condamnés pour sorcellerie. et les ohlations boys de Vincennes. » description la d'un talisman semblable à celui attribué à Catherine: Outre u ces deux figures diaboliques. Il ne faut donc pas ayant délaissé Dieu. jour de Pasques flories. Tout ce qu'il alloit souvent au boys de Vincennes. 16 et 17. illustrant ce livre.

pour mieux instruire. p. détenir libres escoles ez chambres de vostre Louvre et même dans vostre cabinet. sous forme de loup-garou. Un autre pamphlet nous présente Henri III instituant une école de magie au Louvre. Henry à vous en vous savés qu'aussitôt que vous vîtes ce Terragon. un certain Jacques RoUet ayant été accusé de sorcellerie et de lycanthropie. et s'entretenant avec un mauvais génie du nom de Terragon. et con- vaincu d'avoir. chacun d'iceux une heure le jour. vous savés qu'ils vous ont donné un esprit familier nommé Terragon. la saincte . Henri III le laissa parfaitement condamner au supplice du feu (1).. 785.CATHERINE DE MEDIGIS 278 Il se peut en effet que Henri III ait accordé sa grâce à plusieurs sorciers. mais cependant en 1578. man- gé bonne partie d'un petit garçon qui lui tomba sous la dent. vous l'appelâtes vostre frère en l'accolant semaine et auUres jours de dévotion baiser et adorer comme de coustume. Arrêts notables de Paris. ris « « esprit tiré des soixante esprits en l'école de Soliman nour- ». (1) De Lancre. de quoy le peuple de Paris fut fort joyeux et content ». Henry vous savés que lorsque vous donnâtes liberté à tous sorciers et enchanteurs et auitres devinateurs.

seul avec mit sur icelle Cjue dans âme figurée. et ce matin pierre de cet anneau. Terragon vous et. et sa main liée dans la vostre et fut le matin vostre main trouvée comme toute ceinte. 28 janvier 1589. C'est par charme et sortilège que vous avés donné pour espoux à la comtesse de Foix vostre démon favori. Vous savez aussi qu'il tint sur vostre nombril un anneau. de quoi icelLe cuida mourir suivant récit qu'elle a fait à ses privés amis. Terragon la voulût ne sçut endurer sa chair si chaude et alors elle icelui qu'elle étoit. parce que son corps est trop chaud et trop brûlant. vous montra était là votre Henry vous savés bien que cedit Terragon eut affaire un jour à une fille de joie en la cham« bre secrète. la un applic. . dépuceler . in-8. chez Jacques Grégoire. 1 vol. certifiant que Nogaret ou Terragon n'est point un homme naturel. et puis le matin se trouva couché près d'elle.CATHERINE DE ^lEDICIS 27Î) il coucha dans vostre chamvous dans vostre lit. la nuit suivante^ bre. et dont le jour ensuivant ne cessa de plorer devant sa tante (i). Elle a dit que la première nuit de ses noces ce fut Terragon qui la fît évanouir. passini. » (1) Remontrances à Henry de Valois sur les choses horribles envoyées par un enfant de Paris.

avec le serment et promesse du roy à son aduènement à la Couronne. « C'est III fit tituée qu'il livra à pauvre fille par cette accusation de sorcellerie. Garinet. A Paris. guidé par Louis IX. et rencontrant : : l'assassin de son prédécesseur au milieu des démons [collec- tion de l'auteur). ni d. « Discours entier secrettes faites et véritable contre la des entreprises et conspirations personne de Henry de Valois. 134. qu'on mit le poignard dans Jacques Clément (i).. 8. on obtenait la phrase suivante Cesl l'enfer qui m'a créé ! Une curieuse gravure du temps représente Henri IV descendu aux enfers. rare). parce qu'en transposant les lettres de Frère Jacques Clément. Sur ce même sujet. 1539. et : — pièce in-8. à l'aide de statuettes de cire le représentant. Tabart. (2) art. » (1) Les Cabalistes contemporains de la mort de Henri III. Derniers propos du roy consolant avant sa mort ses fidèles sujets. déclarèrent que Jacques Clément était prédestiné pour le crime. in-8. Véritable fatalité de Saint-Cloud. Histoire de la magie en France. lequel est décédé le 2« jour de ce présent mois d'août 18. à Sa Majesté (S. voir également les curieux ouvrages ciaprès Le Discours au uray sur la mort et trespas de Henry de Valois. 1.CATHERINE DE MEDICIS 230 D'autres chroniqueurs prétendirent aussi que Henri un jour venir au Louvre une prosson diable familier^ et que la pensa en mourir de frayeur. très .59. dit l'Estoile. etc. Pierre DE l'Estoile.. suivy du serment réciproque des princes du sang et aultres ducs. pairs. et qu'un prêtre piquait chaque jour au cours d'une messe dite sur un autel chrétien (2). et que les mains du moine les Ligueurs avaient auparavant tenté d'envoûter ce roi. pièce rare. p. chez F.

fol. 1589. 34. vain que la persévérance cruelle en C'est d'un Henri Boguet. Le recueil de Pierre de l'Estoile intitulé Les belles figures de la Ligue a. (S. ont été le ai troubles au fils début de démoniaque qui devait il Charles IX et la grande fièvre se manifester avec tant dix-septième siècle. pièce in-8. plans).) « Charmes et caractères de sorcellerie de Henry de Valoys. contient également le Portrait des charmes et caractères de sorcellerie de Henry de Valoys. « Cette publication est également. de l'Imprimerie de J. ni d. in-fol.19. donl est ensuyuie sa mort parla main d'un jeune jacobin. section Vï. insérée dans piano). MKDICIS à faire. rare. n° 6. 17. son premier médecin et conseiller privé. ceci ne peut être mis en doute. La sorcellerie de Jean d'Espernon. le V" d'août 1589. § 19. in-fol. . Parent. faits rap- portés. le recueil : in. II. sect. 15s9 {pièce in-8. (S. de Pierre de l'Estoile précité Les belles figures de la Ligue. VI. 1. Mais que est aussi certain la superstition de Cathe- rine de Médicis et celle de ses Henri III. Il. chap. f. (A Caen. (A Paris chez J. Paris. pièce in-8. jadis roy de France.u chap. rare). jointe à celle des Bodin. 2S1 dans ces la fantaisie et l'exagération des récits. rare). jointe aussi France et de Polongne. chreslien roy de : « Les Prophéties merveilleuses advenues à l'endroit de Henry de Valois. fol. trouvez en la maison de Miron. ni d. avec les lamenl. 15. chez du Breuil. 1589. des de Lancre et autres juges anti-démoniaques.CATHIIRINE Qu'il pour y ait une part DI-. 1.ations d'iceluy et du roi de Navarre sur la mort de Henry de Vallois A. troisième du nom. | . dans la série L. troisième du nom. Toutes ces brochures rarissimes sont conservées à la Bibliothèque nationale. Brenouzet.

fut pourtant l'un de ces raisonneurs éclairés . Botel et Leroi. au démon. mais c'est en osant des pro- une faible mino- médecin-chirurgien de rité. Pierre Pigray. domestique. une roi fille III fré- avaient chez jugée démo- en ayant eu connaissance. et qui cependant possédait un savoir au moins égal à celui du chirurgien célèbre. elle ne nous répondit que par des sornettes. pour examiner la malade Nous fîmes quelques demandes à la fille. les autres s'élève parfois testations timides . comme niaque. en- voya Pierre Pigray. Nous prîmes la mère de cette : (( . Tout ce que savait expliquer. accompagné de deux autres médecins. Henri III.Office. en voici deux preuves que je prends au hasard des écrits laissés par ce médecin. tenteront démence tion d'une telle aux arrêts du et d'enrayer î Henri la propaga- III a donné le branle durant tout son règne et l'élan ne pouvait aller qu'en progressant jusqu'à l'avènement de Louis XV. dont Henri quentait assidûment eux.CATHERINE DE MEDICIS 282 dom Calmet à la parole d'un Saint. Les capucins de Paris. Gà et que était la science d'alors ne immédiatement attribué une intelligence plus vaste là. moins connu qu'Ambroise Paré. Le le couvent. dit Pigray.

CATHERINE DE MEDICIS 283 fille en particulier. promu au la place L'évêque de siège de Paris. Là. chaude-pisse en la était bien la meilleure preuve. un jeune que cette fille cette ville avait été étions prêts à faire homme vint m'avertir auparavant. vint dire au roi qu'il se rappelait fort bien cette et tenait la porte il avait été fouettée sur d'Amiens^ deux ans il et fille que cette fait que et sa famille étaient venues à Amiens. Le prieur du couvent fit des interrogations en latin. la avoir reconnu fille répondit fort mal en cette langue. ce qui se passerait entre nous possédée. et la entr'ouverte. il favait venir à févêché. Quand nous notre rapport.' fille ayant fait la possédée. que là un de ses valets dé-. de Saint-Germain découvrit tre Ce prince se présenter fit Un prê- fraude au la peu éloignée de Tabbaye Saint-Antoine. guisé en prêtre ayant commencé tres de Cicéron. et caché. nous reconnûmes tous les symptômes d'une gonorrhée virulente. Le roi désira voir par lui-même. et elle nous avoua fille. était malade. dans une ferme la fille elle sages-femmes qui déclarèrent qu'elle n'était pas pucelle . par suite de débauche. fut visitée par des roi. que nous appelons chaude-pisse en français. Après que sa le fait. cette fille avait à lire les épî- convulsionné et .

diligemment. de la peine de prononcée contre elles. » parlement de Paris s'était réfugié à Tours. Nous les interropoints. VII. le ordonna (i). Faileseau. premiers juges les avaient condamnés sous prétexte qu'ils avaient des marques diaboliques insensibles sur le corps. Paris 1609. Quatorze personnes condamnées au bûcher pour sorcellerie appe- lèrent devant ce parlement. Pierre Pigray. le roi enfin d'enfermer la prétendue possédée Au début de l'année iSSg. fut faite en présence de deux conseillers de la Les cour. .) ChaX du liv. Nous les visitâmes fort les faisant dépouiller tout nus. le il l'avait fait fouet- rapport de cet évêque. les uns qui ne se souciaient guère de mourir. tous quatre ses médecins particuliers. (1 vol. dit Pigray. traduction de Garinet. Et nous n'y reconnûmes que 3e pauvres gens stupides. avaient le geâmes sur plusieurs les mais ils sentiment fort aigu. les autres qui le dési- raient.CATHERINE DE MEDICIS 281 pour faire connaître la fraude. La Visitation des « sorciers. Sur ter. comme on fait pour mélancoliques. Notre avis fut qu'il leur fallait plutôt bailli) pitre Chirurgia Pet ri Pigrei. Henri III mort nomma pour commissaires chargés de l'examen médical des condamnés. Ils furent piqués en plusieurs endroits. Leroi et Renard. in-8.

nuit le roi 21 au matin. arrivé. changer l'opinion publique et les pratiques de suffire dégénéré auxquelles se Satan jojr. classe parmi le il Dans le occupe un service de. Comptes de l'Espargne Archives nationales. revint au (2) de Nigeon. UO. K-K rov. hommes dit le (1) du il donna cent escus. santé. les valets de chambre et les cinq chirurgiens Au cours de Tannée i583. il fit tirer à le roy coups Chirargia Pétri Pigrei. » démontrations ne pouvaient certes telles pour enrayer cette évolution bizarre. . Le roi a conservé l'astrologue de son frère Char- les IX. après une pliquer des tourments. maison royale. livrait Henri Prince des iniques^ le Chaque III. après les deux barbiers. après avoir communié et fait ses prières et dévotions au couvent des bonsj. auquel Louvre où. dit Eustorg de Beaulieu. les renvoya tous chez eux sans leur infliger aucune punition De (i). ce Bernard Abatia personnel de rang qui le la déjà cité.CATHERINE DE MEDICIS ier 2S5 de l'hellébore pour les purger que de leur ap- Le parlement. Le « la de Henri 111(2). est de plus en plus puissant. déjà cité. mûre délibération. : année 1580. du 20 au 21 janvier de eut un terrible cauchemar. Journal des choses mémorables.

. Le livre Et Compagnie de Jésus. combattre avec ses dogues: taureaux et pour nourrir faisoit qu'il et ce. ) . la d'accord avec les Guises. 63 et 61. et lui en lui dit demanda l'explication. une Saint- commence son action du jésuite Jean Mariana constitua l'une des premières attaques directe- ment lancées contre Henri IIL Dans cet ouvrage. de violentes imprécations sont prononcées à démoniaque Mais la Sorcondamné par la Fa- l'égard du roi en raison « du culte s'adonne avec paillardise auquel il bonne veillait.286 CATHERINE DE MEDICIS • d'arquebusades tous semblables autres les lions. intitulé « De RegetRegio. n'assistât à dans l'ombre. Le devin sur ce sujet. pp. » imprimé àMayen: ce. Dès cette année i583. ours. mais tous les grands seigacurs du temps qui estoient contre son Estât et contre son service que Ton peu s'en fallut Barthélémy nouvelle. dogues et ours le niangeoient et le dévoroient. à l'occasion advenu par lequel il luj sembla que les lions. » Après cette scène d'un songe qui luy étoit de boucherie. que n'est. le livre fut (1) Journal des choses mémorables. . (i) ». etc.oient pas ces lions (( ou ces animaux-là qui luy en vouloyent. Henri conta son rêve à son astrologue.

Pleriri le tout le danger qui III sentit entourait son trône/ la mai.) Dans ce livre. . à son réveil en sa chambre de Biois. S'il trembla en face des menaces de Jean Mariana. . Henri a III reconnaîtra que décidément vaincu (1) Louis le Vat't d'assassiner les Sathan le grande Jéhovah des Prêtres roys. et brûlé par du bourreau vis-à-vis Dès 287 lors. Londres. 1696.) publié à Frère JosuÉ Garducci. Jean Juvregni et Yenero utiliseront plus tard à Anvers contre Guillaume III "d'Angle- Et lorsqu'il constatera les étranges circonstances qui marqueront la mort de sa mère. il n'eut pas moins peur. XIV Fulher. un malin. sans date. Hymne à Saian (2) Turin. chez Thomas in-12 de 184 pages.DICIS culte cle théologie de Paris. (Voir p. enseigné par (2) » les jésuites î à à Jacques II . terre (i).CATHEfJlNE DE MI. (p. 84. « el Henri III est accusé d'avoir ordonné le massacre de la Saict-Barthélemy.t porche de Notre-Dame. devant une chandelle de cire verte piquée et imenvoûtement d'un de cinq clous disposés en forme de croix. 135. primée de signes gnostiques : nouveaugenre qu'à Tinstigationdesjésuitesespagnols.

elle en éprouve un profond chagrin. Pour réagir . au lendemain de la fameuse journée des Barricades^ semblent avoir épuisé sonextraordinaire énergie. et les négociations qu'elle a dû traiter avec les Ligueurs. Puis. au commencement de sep- tembre i588. apprenant soudain que Henri III a brusquement congédié de la cour les ministres qui avaient été pour elle des conseillers amis. Durantquelques mois. Elle approche de sa soixante-dixième année. mais sans aucune ac- tion marquée.CHAPITRE IX LES PRÉSAGES ASTRONOMIQUES POUR l'aNNÉE IDSq ET LA MORT DE CATHERINE DE MÉDICIS L'an i588 constitue une période pénible pour Catherine. elle habite encore Paris.

A peine s'est-elle occupée d'envoyer Jérôme de Gondi en Italie. et à l'affection qu'elle accordait à ses serviteurs dévoués. de grandeur. ce aimé parmi tous ses enfants. 17 . pleines de discussions oiseuses et n'intéressent ment Catherine. elle d'amphysème. Henri III la soupçonnant de favorisersourdement soutîre le parti cart. les mêmes regrets. toute C'est pour elle le la cour la tient à l'é- retour de l'isolement subi dans ses débuts à la cour de France. Ayant pris beaucoup nulle- d'embonpoint. Après trente ans de règne. le 20 sep- tembre. avec une mission assez mal définie. et des recommandations pour tous les hauts personnages de la péninsule italique. elle se trouve face à face avec les inquiétudes. elle se rend à Blois. alors qu'elle avait à lutter contre l'influence de tière maîtresse l'al- de son mari. Aussi ne sort-elle pas du château où elle se soigne depuis son arrivée à Blois.CATHERINE DE MEDICIS 289 contre cette atteinte portée à sa dignité de reine- mère. Ces séances sont monotones. les çons. de luttes habilement diri- mêmes mêmes soup- gées. L'ingratitude flagrante de Henri fils qu'elle a le plus III. pour assister aux séances des Etats-Géné- raux qui se tiendront en cette ville à partir du 16 octobre. des Guises.

et d'être disgracié à Le jour où Miron. le Quinze jours plus 20 décembre. publiées par M. Même source. son ambassadeur « c'est tout(i). . : elle » Trois jours après.. elle entend un bruit inaccoutumé. de fièvre et rhume mais en est à présent.. Dieu mercy. et espère que dans peu de jours du tout guérie sera (2). 18 et (a) le lit. Henri III écri- lettre suivante au marquis de Pisany. lui est une chose cruelle et stérilisante.CATHERINE DE MEDICIS 290 celui auquel elle a tout sacrifié. Elle n'écrit plus. Catherine tard. p. garantie elle qui m'a tenu un peu en peine de danger. noie. IX. Introduction. le de Puchesse. elle envoie pourtant un mot decondoléance à Robert Miron qui vient son tour. Sa correspondance minutieu- sement entretenue et rédigée est complètement suspendue. Baguenault pp. T. exactement vait la s'alitait. évoquait sa dernière lettre à elle Rome à : Vous pourrez ouyr parler de quelque indis- position qu'à eu la* royne ma dame et mère. suivi {!) dans tout Lettres comte château d'une agitation extra- de Catherine de Médicis. Le 6 décembre. 395. de grand matin. étant cou- chée dans une chambre située au-dessus du cabinet du roi.

ainsi que nous greffier Jacques Garorguy: transporta sur l'heure (le « l'a Le rapporté le roy. Avec effroi elle 291 demande passe mais aucun de ses gens n'ose . p. » Gatherine en ressentit une impression terrible qui avança certainement sa fin. ce qui lui se répondre. en une scène violente. tement après l'assassinat de Guise). cité. note.CATHERINE DE MEDICIS ordinaire. malgré les dissensions politiques. Enrentrant dans sa chambre se mit au (1) lit « la goutte lui remonta ». . le cardinal sort de son frère. Dans le même jour. soirée du la de Lorraine subissait le Deux jours passèrent et Gathede Bourbon dans rine alla visiter le cardinal rappartement du château où il était gardé à vue. vers sa mère qui estoit malade. La reine-mère sortittoutémotionnéede cetcntretien. elle et elle devait ne plus se relever. A quoy elle soupirant. la il royne fist en- répondit en vous avez mis royaulme en proye(i). Le vieux prélat. elle afTectionnait particu- lièrement duc de Guise. C'est Henri III qui devait bientôt lui apprendre la cause de ce tumulte. immédia- fils. à laquelle tendre qu'il estoit mort. car. otzi». l'accusa injustement de la mort des Guise. BagueNault de Puchesse. 28 décembre. 395. en ces mots Mon vostre personne et le : se dit-il.

le et en plusieurs endroicts principalement sur la ville de nostre de Bloys. où nous avons perdu les deux lumières et pilliers de nostre France (les Guises) par une meschante et malheureuse trahison. comme nous en avons jà veu un commencement devant nos yeux en la ville de Bloys. jour de Noël dernier tomba un flambeau de . Après l'assas- remarqué au ciel divers % « Si nous ne nous amendons et faisons pénitence de nos péchez et iniquitez. dit une relation anonyme du temps. Je vous jure qiie la main sinat des Guise on avait signes de mauvais augure me tremble. prions Dieu qu'il luy plaise de nous amender et nous amener tous à pénitence car si ne nous amendons et faisons pénitence et nous . Messieurs. et le : cœur me fond en larmes en vous recitant ces deux vertueux personnages. convertir à Nostre-Seigneur Jesus-Christ. que certainement nous voirrons Pyre de Dieu nous accabler de toutes parts. voyant les signes horribles et espouvantables qui se sont apparuz France.CATHERINE DE MEDICIS 292 A ces événements sanguinaires succédait une vive terreur dans la ville de Blois. lesquels nous devons bien regretter avec pleurs et lamentations.

) Cette brochure rarissime a été réimprimée à un petit nombre d'exemplaires en 1876 à Lyon. 1589. comme voyez par ce présent pourtraict. » ça. desquelles nous sommes menacez dur les années 1588 à 1590. ble les signes et pp. deux les sept ou huict hommes armez en hlanc. puis jour des Sains-Innocents aussi enssuivant le (28 décembre). .CATHERINE DE MEDICIS 293 feu ardent. voulant quasi regar- là à les desmontrer par là. (Sans nom d'imprimeur. et qui tous les jours s'y Si Catherine eut connaissance de cette prédiction. cela (1) dut encore bouleverser ses esprits. dédié au roy de France et de Pologne pet. astrologue auquel on doit le Pronostique et prévoyance des choses rares et est ranges demonstrées par les corps et influences célestes. lequel se perdit en un instant. par Louis Perrin. s'apparut sur heures au soir. lesquels l'œil hommes durèrent peu à des personnes qui estoient der.) {Collection de Vauteur. ni indication du Ireu d'impression. Ensem- comètes apparuz près Paris le douzième de janvier 1589. L'auteur de cette prédiction est sans doute Maistre Pierre de la Carquillarde. 5 et 6. la mort de quelque grand prince ou princesse pour meschancetez et trahisons qui s'y sont commis depuis peu de temps en commettent (i). ayant en main dextre une espée tranchante ensanglantée. in-8 également réimprimé à Lyon par Louis Perrin en 1876. . Signes merveilleux apparuz sur la ville et chasieau de Bloys en la présence du roy et Vassistance du peuple. médecin et astrologue natif de La Roche-en-Savoy e et deumeur à Gyensur-Loyre.

! ce tout espoirfut perdu. Et pour a et porte à la bonne amitié qu'elle (Catherine) Mme Chrestienne. vient et reçoit la confession (1) demande un de l'agonisante. » Cette rédaction terminée. P*" petite-fille. pour l'avoir nourrie sa propre fille. on lui fit rédiger son testament lors. Selon l'usage de l'épo- que. fièvre se la qu'une pneumonie dont progrès sont rapides. Par ce testament. grand-duc de Toscane de Claude. l^e Quartier des Halles. 1867 Voir aussi Edmond Bonnaffé. Paris. attaché au château. lui a donné palais qu'elle a en nances à et la ville dépendances sur la comme maison et légué sa et de Paris. mariée de Médicis. Inventaire de Catherine de Médicis Paris. elle prêtre. princesse de Lor- raine. Aubry. son mal s'aggrave déclare en les même temps . . 79. Unjeune abbé. et CAMrLLi: Pjton. 1874.. bagues et joyaux qu'elle aura et se trouveront luy appartenir lors de son décès (1). 97 et 395.) . sa petite-fiUe. appartemoitié de tous et chacuns ses meubles. sa Ferdinand et fille « . cabinets.CATHERINE DE MÉDICIS 294 Jour par jour. et 18G9 (note 2.. c'est-à-dire le jeudi i5 janvier 1589 avant midy. elle léguait la majeure partie de sa fortune à Ghres- tienne de Lorraine. aux pp. Quand elle L'Abbé Chevalier. septième enfant de Catherine. Debîes et Créanciers .

pour n'y en avoir au- De Thou. elle pria le nom. dit non plus de compte que d'une chèvre morte. p. (1) Abbé p. Chevalier. » Et Pasquier mentionne que « Vrai est. édition de Londres. elle expi- sans grande souffrance. « Elle n'eust pas plus tôt rendu le dernier soupir. X.r CATIIEHINE DE MEDICIS eut achevé sa 295 confidence suprême. confesseur du roi qui l'avait doté de la riche abbaye de Charlieu. elle s'était rappelée qui lui avait spécifié de craindre Saint-Germain. sentir depuis l'a^^partement a été contraint de l'enterrer en pleine non dans une voûte. et CJamii^le Piton. t. qu'on n'en fit : la ville de Blois n'est guère fournie de drogues et épices pour cet effet. c'est à fit pour ses funérailles nie traditionnelle de l'exposition la cérémodu corps. quier. Mézeray. 358. était plus crainte qu'aimée. n'ayant été bien embaumée. quelques jours après. Histoire de France Jlenri III . 502 Etienne Paschap. Celui-ci déclara se nommer Julien de Saint-Germain. 1. XII. : . . ! morte s'écria Subitement ! Cosme Ruggieri diction de Catherine. Le rait Je suis la pré- soir. on nuit. 1. car l'Estoile. Debtes et Créanciers . simplement entourée de ses femmes Comme elle peine Ton si (i). commençant de mal du roy. prêtre de lui dire son Ah mon Dieu.

(François Méglat).CATHERINE DE MÉDICIS 296 cune de prête. (1) roi). un prélat de cour. Trois semaines plus tard. (2) Apothéose ou harangue funèbre de la royne douairière. prédicateur en renom et docteur en théologie. archevêque de Bourges. le (2). François Méglat. in-8. Gunicestre. de la royne. est la condition humaine ! » . etc. en présence du roy. Misérable. Messire Regnault de Beaune. M. mais encore et plus de mal que de bien : ». lieu de l'église où il que mêmement en un terre. prononça sur sa tombe l'oraison funèbre exigée par les convenances (i). Paris. Regnault de Beaune.. mère du par. 1601. . à Bloys le III^ jour de Feuurier 1589. ne se gêna pas pour dire à ses auditeurs fait beaucoup de bien que. rédi- geait une apothéose ou harangue dans laquelle il eut le courage de dire toute l'admiration que Ton devait à la défunte Mais à Paris.. mais en pleine le moindre de nous tous. cependant qu'un avocat du parlement de Paris. elle avoit fort Sur quoi il conclut souvent favorisé résie par sa politique aussi bien l'hé- que par ses su- Oraison funèbre faicte aux obsèques de la royne. Par F. comme « qu'elle avoit de mal. la parfaicte amitié et les consolations de la morte. Plus la paranymphe de justice. tant ainsi et n'y a aucune apparence qu'elle soit. P. certes. chez Prenosteau. in-12.

noir et desséché. » seize. était d'une finesse et d'un ensemble de lignes admirables.CATHERINE DE MÉDICIS perslitions et son astrologues. Michel Félibien. receveur des domaines à Saint-Denis. pp. Nous avons une relique curieuse de Catherine de Médicis : c'est sa jambe. cette jambe n'est plus qu'un débris informe. si vous voulez bien luy donner à venture. Histoire de Paris. Ainsi. . inventa une selle munie d'un arçon spécial qu'utilisent encore nos amazones modernes. conservatrice du Musée de Pontoise. décrite et vantée par Brantôme. fut recueillie en 1793 par Bruley. m'a démontré l'indiscutable authenticité de cette curiosité historique... dit Félibien. servira Les que si il lui (i). montant à cheval. ajouta ce prédica- « que teur. héros ». et qui repose aujourd'hui dans l'une des vitrines du Musée Tauet à Pon- jambe. déclarèrent « l'on ou dans la rivière ils le jetteroient de Seine à la voi- ». Mme veuve Tavet. Cette Complaisamment. cette jambe qui fut la première en France gainée d'un bas de soie fin et bien tiré et pour l'exhibition de laquelle Catherine. 1175 et de 1725. 1176. II. « il commerce avec 297 les sorciers et ne sçavoit vraiment pas devoit prier Dieu pour elle Je vous diray pourtant. Je laisse tout cela à votre liberté rie si l'on ». coupée au genou. cette jambe qui. par charité. un pater et un ave. t. (1) l'ad- toujours de ce qu'il pourra. édition hautement apportoit son corps à Paris pour l'inhumer à Saint-Denis. au dire de Brantôme. « Et j'ai pesé dans ma main la cendre des naires. a dit Lamartine. lors de la violation des tombes royales par les hordes révolution- toise.

devait at- tendre durant vingt années. s'y estant en- cores sur la fin adjousté une pleurésie je luy estois tenu . lors de la mort de son époux (i). près d'un pilier en. Archives nalionales : K. fait édifier sépulture la sous ses yeux par Germain Pilon en la basilique de Saint-Denis. du château de Blois à labbaye de Saint-Denis. Quant à Henri III. quoi qu'en pense Baguenault de Puchesse. qui passa à plus heureuse vie le IIP de ce mois après une maladie de fièvre et d'une grande defluxion dans l'estomac. et comme non seulement du devoir com- (1) Lettres de Henry et Diane de Fiance. Le 19 janvier. pièces oris^inales.CATHERINE DE rMEDICIS 298 Devant Ca- cette haine publique. qui luy avoit duré quinze ou seize jours. le corps de plomb. therine. il annonçait en ces termes de sa mère au marquis de Pisany « de la mort : Je laisseray ce propos des affaires publics mon royaume pour ticulière de laquelle pour dame la perte et que il vous dire l'affliction par- me a pieu à Dieu de j'ai faicte la visiter feue royne ma mère. duchesse d'Angoulême. c'est très sincèrement qu'il comprit l'importance de cette disparition. relatives au transport du corps de Catherine de Médicis. . dans son cercueil de l'église Saint-Sauveur de royale qu'elle avait Blois. 108 11° lOé .

et la maison . en comparaison le ne reçoit ressentiment qui suit natu- rcllem^ent la perte des personnes qui attouchent de semblable degré. envoya-t-il ses condoléances à dès qu'il apprit la mort de Catherine. fr Costa de Beauregard. tant pour la bonne volonté qu'elle me porte. aussi le deuil et regret que m'apporte la privation du bien de sa présence. » malgré l'assassinat des Guise que et la part active ma les agents de Philippe II mouvement parisien. le roi d'Es- pagne n'avait pas complètement cessé ses tions diplomatiques avec la Aussi Philippe Henri (1) IIÏ. n.CATHERINE DE MEDICIS mun de la 299 nature pour n'avoir mis sur terre. vous rant que tuy donnerez cest advis de Malgré la ligue. Bibliothèque nationale. Telle néantmoins a esté de Dieu. m'asseu- et Sa Sainteté participera à mon déplaisir. comme en toutes choses je le doids faire mère la la . archives de î1'\ngennes. acq. citées par Bagiienfiult de Puchesse. à laquelle il me fault volonté conformer. du royaume. man^ f. que pour le respect et honneur que méritoit de soy une si grande et vertueuse princesse. pouvant à bon droict estre nommée avec le tiltre de mère du roy. II cour de France. mais de tout bonheur que le j'ay jamais eu en ce monde. collection rela- : n° 2743. avaient prise au part(i).

. 1578. si nom- A. à vous déclarer comme les autres affaires plus partyculièrement dont je lui instruit antandre de ma pour part. CATHERINE DE MEDICIS 300 A cette par « la marque la lettre suivante : Monsieur. Henri III répondit la comme je feue roine j'ai faicte ma bonne en mère. l'extrême perte que mort de sera courtoise. les vous représenter et Et sur ce. je prye à Dyeu vous conserver. « De Tours. icy dès je remettrai doncques à ce crétaire d'Estat mien se- nommé Forget. » Catherine de Médicis laissait plus de dix millions de dettes. aussy ressans-je le comme regret qu'il vous a pieu m'an tesmoigner. France-Espagne) 5 avril 1589. n» 72. {Négocia- . dont je ne seaurois comme obliguation. vous m'aseure en l'âme pour proxi- la mité qui est entre nous avecques beaucoup de desplaizir. B. en très bonne et par- faicte santé. K. « Vostre bon frère. et les contestations qui s'élevè- rent au sujet de sa succession furent (1) tions Archives nationales. car que ressentir ceste ne sçau- je n'avois ni rois avoir rien de plus cher. Monsieur. le cinquième jour d'Avryl 1689 « Henry (1). 66.

bois de cèdre. Brantôme. que son héritière ne put jamais entrer en possession des biens qui Que malheureux « royne mourut. en effet et Catherine mourut juste à temps pour ne pas subir . tous objets ayant appartenu à Catlierine de Médicls. pp. Les événements se pressaient.: CATHERINE DE MEDICIS 301 breuses. ensemble de la France. écrit fut lui étaient encor le Brantôme. Vie frères. plus grande des douleurs que la pu lui réserver : la le destin aurait chute des Valois qu'elle eût été impuissante à éviter. (1) Arrêt du parlement donnant commission aux lieutenants civil et particulier du Chàtelet pour faire estimer les livres rares. illustres. beaux marbres et antiquitez. Car nul qu'elle n'a pu luy donner assistance (2). foi. pierres taillées estants allentour et es environs du chasteau de Saint-Maur. des dames l B. Et de reynes aussy. E. 98 et 100. quoi qu'en dise Bran- tôme. Mourut lors qu'on avoit d'elle le plus d'affaire. jour que telle et sur le poinct que nous en avions plus de nécessité encor et en avons Cette royne qui fut de tant de roys la mère.) édition Garnier . échus (i). et dont le prix est revendiqué parles créanciers de ladite (2) dame [Archives nationales. 136 R.

qu'à sept mois d'intervalle. même Mais de qu'elle fut frappée à sa der- nière heure par l'étrange coïncidence qui rappelait la lui funeste prédiction relative à Saint- Germain. s'éteignit-elle sans avoir vu mourir une politique qui avait absorbé toute sa vie. peut-être aussi se rappela-t-elle l'oracle du miroir magique.CATHERINE DE MEDICIS 302 Ainsi. du moins. . toute son œuvre la suivait au tombeau. annonciateur de la catastrophe qui fit.

C est que dominée par le désir de gouverner. Aussi intrigante que diplo- cruauté. à . il est tout disposé à la Mais à mesure que cette figure se révèle. se précise à son examen. qui insensiblement s'atténue et disparaît pour céder la place à même une complète admira- tion. correspond une circonstance politique. haïr.CONCLUSION Lorsqu'un historien entreprend l'étude da caractère et de la vie de Catherine de Médicis. et qu'à chacune des manifestations de sa comme chacune des manifestations de ses étranges croyances. môme sans parti pris. Catherine ne fut nullement méchante par esprit. il sent en son for intérieur la diminution du premier sentiment.

catholique et huguenote. combats politiques incontes- ni les et religieux. De là. mystères du destin.304 CATHERINE DE MEDICIS . mate. des voyons tour pourquoi c'est à tour indulgente et impla- cable. hazards des . superstitieuse et incrédule. fut elle impéné- trable à la discussion. sa et sa confiance dans les oracles rendus par ses as- trologues et magiciens. De si cette personnalité dont la vie fut si agitée. ses pensées comme ses | actions variaient et changeaient de formes selon 1 le cours nous la Et événements. tourmentée par une ambition sans borne. Toujours aussi redouté siècles avant axiome: elle a redouté les humains et peut dire que deux l'avenir. De aussi son atta- là chement pour certains animaux et sa foi en l'influence protectrice des talismans. elle n'eut jamais de plan ni d'opinion nettement déterminés. ïnais toujours comme l'œil. timide impénétrable à et astucieuse. s'échappent tables pourtant denergie. Et l'on « Vauvenargues. que tout l'on doit tout attendre et hommes craindre du temps et des lutte sans trêve elle avait établi cet avec les ». clairvoyance qualités d'intelligente qui lui craindre ni les des finesse et de permirent de ne jamais dangers.

a résumé les (i). a été cours l'asile des des savants et des littérateurs distingués de l'époque. 18. Les poètes auxquels elle avait accordé ses largesses ne l'oublièrent pas après En une l'un mort. rue d'Anjou-Dauphine. fantasque et fort : La reyne qui cy-gît fut un diable et un ange. Notice anonyme et sans date. Pinard. n° S à Paris. maints accords et pas moins de débats. qui fut la plus brillante des européennes de son temps. Fionsard. Indépendamment des Baïf.CATHERINE DE MEDICIS 305 Catherine de Médieis eut aussi des sentiments artistiques dont nous goûtons encore aujourd'hui l'heureuse application dans la construction de plusieurs chefs-d'œuvre d'architecture. nombreux sont genres qui vécurent de les intellectuels la de tous munificence de Cathe- rine. qui se- ront toujours l'ornement de Paris et de divers coins de France. avec une paisible tuelle ironie. sa épitaphe composée de deux quatrains de ces rimeurs. Toute pleine de blâme et pleine de louange. de VImprimerie J. et spiri- principaux actes de ce caractère intrépide. Dorât. artistes. Sa cour. . Elle soutint l'État et l'État mit à bas Elle (1) fît .

Fit bien dé bonnes loys et de mauvpis Souhaite-lui.CATHERINE DE MEDICIS 3Ud Elle enfanta trois roys et cinq guerres civiles^ Fit bâtir des chasteaux et ruiner des viles. passant... enfer et paradis édits. ! .

TABLE DES MATIERES .

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MORT DE HENRI MONTGOMMERY LA MORT DE FRANÇOIS II ET MORT DE 47 II. INTRODUCTION . CONCLUSION 145 . . . LE DOCTEUR JEAN FER- NEL ET LES BREUVAGES MAGIQUES 26 LES ORACLES ASTROLOGIQUES DE LUC GAURIC ET DE NOSTRADAMUS. LE SACRE DE CHARLES IX 400 ET l'astrologue SIMEONI LE MIROIR MAGIQUE 125 l'envoûtement ET l'assassinat des chefs protestants l'envoûtement de CHARLES IX ET COSME RUGGIERI L oracle de LA TÊTE SANGLANTE ET LA MORT DE CHARLES IX AUTRES FORMES DE LA SUPERSTITION DE CATHERINE ET INFLUENCE DE l'oCCULTISME SUR l'eSPRIT DE SES FILS LES PRÉSAGES ASTRONOMIQUES POUR - l' 171 230 242 ANNÉE 1589 ET LA MORT DE CATHERINE DE MÉDICIS. 9 LA STÉRILITÉ DE CATHERINE.% TABLE DES MATIERES Pages. 288 303 .

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ARRAULT ET A TOURS pour le MERCVRE DE FRANCE â839 O^ .t171^''-<. ACHEVÉ D'IMPRIMER le trenle avril mil neuf cent onze P\R E.

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{Sceau A.Catherine de Médicis à la fin de sa vie. N.) .

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University of Connecticut Libraries iiiiiiiiiiiii 39153029272863 .